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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
Visitez le site de Surveillance de l'Union

Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 164: Haïti et les luttes pour la libération du peuple noir

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Editorial, 2. Chroniques, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Forum Social Mondial 2011, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. LGBTI, 15. Environnement, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

EDITORIAL : Pambazuka News : 500 numéros pour la liberté et la justice.
CHRONIQUES : Aux parents haïtiens, de retour dans le pays de leurs ancêtres.
PLAIDOYERS & CAMPAGNE : Gambie : Appel pour deux militantes des Droits de l’homme en jugement.
ARTS & LIVRES : Tunisie : La 23e édition des Journées cinématographiques de Carthage ouverte.
FORUM SOCIAL MONDIAL : Réunion du Conseil international en novembre.
FEMMES & GENRE : RD Congo : Des femmes du monde entier marchent pour la paix.
DROITS HUMAINS : Afrique : Le ton se durcit contre le travail des enfants.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Burundi : Le HCR a déjà rapatrié 244 personnes.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Alger met en garde contre une sécession au Soudan.
CORRUPTION : Global : Un membre nigérian de la Fifa sous le coup d’une enquête.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Les effets de la fermeture de la frontière terrestre algéro-marocaine.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Urgence contre la pénurie de médecins.
EDUCATION : Afrique : La formation des maîtres, un défi pour l’éducation.
LGBTI : RD Congo : Sur la voie de la criminalisation de l’homosexualité ?
ENVIRONNEMENT : Bénin : 680 000 personnes touchées par les inondations.
TERRES & DROITS FONCIERS : Afrique : le droit coutumier empêche l’accès des femmes à la terre.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Algérie : Une ouverture de la télévision publique en trompe-l’œil.
CONFLITS & URGENCES : Soudan : L’UA aidera à la lutte contre la LRA.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Somalie : Les Shebab interdisent les transferts d’argent par téléphone.




Editorial

Pambazuka news: 500 numéros pour la liberté et la justice

Firoze Manji

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/editorial/68066

Le 500ème numéros de l’édition anglaise de Pambazuka News a été publié le 14 octobre 2010. Dans quelques mois, notre journal célèbre son 10ème anniversaire. Il est difficile de croire que ce qui a commencé comme une initiative informelle, permettant aux militants et aux organisations des Droits de l’Homme en Afrique de se maintenir au courant et de rester en contact les uns avec les autres par courriel, a évolué jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui. Firoze Manji rappelle la vision, les principes et les actions de ce qui est plus qu’un journal.

Qu’est ce que Pambazuka News est devenu ? Ceci est une question difficile parce qu’il représente pour chacun quelque chose de différent. Bien que son nom indique un bulletin d’informations, il n’en est rien. Pourtant il contient des infos et, oui, nous essayons de résumer ce que nous pensons être les développements les plus importants sur le continent dans la section ‘’Liens et Ressources’’ du bulletin électronique. Mais c’est plus que cela.

Le contenu de Pambazuka ne provient pas de journalistes, mais bien d’un nombre croissant de correspondants, d’universitaires, de blogueurs, de militants, d’organisations et de mouvements. De ce point de vue, c’est probablement le journalisme citoyen le mieux établi - et pourtant non reconnu- qui a vu le jour longtemps avec que le terme n’entre dans le jargon usuel. Et pourtant, c’est plus qu’un site pour le journalisme citoyen.

Pambazuka News a été développé afin de cultiver et de soutenir le développement d’un mouvement panafricaniste progressiste, porteur de la promesse aux peuples du continent qu’ils peuvent et détermineront leurs propres destinées. Il a été développé afin ‘’de permettre aux gens d’organiser leur émancipation de toutes les formes d’oppression, de reconnaître leurs responsabilités, de se respecter les uns les autres et de réaliser tout leur potentiel’’. (1)

Ce que nous avons cherché à faire, c’est de fournir une tribune, un espace pour une analyse critique d’un point de vue panafricaniste et émancipateur, qui informe et arme ceux qui sont engagés dans la lutte pour la transformation sociale et qui leur permette de se faire entendre aux milieu de la cacophonie des médias dominants.

Nous avons activement cherché à favoriser l’établissement de connexions de solidarité à travers tout le continent et avec la diaspora. Nous avons cherché à démystifier le ‘’développement’’, en mettant en évidence l’exploitation des peuples africains, le pillage des ressources naturelles par les multinationales et les agences de développement, par lesdites puissances émergentes et par nos élites locales. Nous avons permis à de nombreux mouvements sociaux et des organisations faisant campagne d’utiliser Pambazuka News afin de promouvoir des politiques sociales progressistes. Nous avons fourni un espace de sécurité où des sujets comme la sexualité, les mouvements homosexuels et de lesbiennes peuvent être discutés sans craintes. Et nous avons encouragé les débats et les discussions sur les questions critiques du jour.

Ce faisant, nous avons promu une image de l’Afrique qui va à l’encontre des caricatures superficielles, condescendantes, souvent racistes qui tendent à prévaloir dans les médias internationaux dominants, une image qui contredit la mentalité de mendiant chère aux ONG du développement et de l’industrie caritative qui présentent les Africains comme de pitoyables objets passifs qui attendent leur bienveillance. Mais par-dessus tout, Pambazuka News montre le peuple d’Afrique comme un agent du changement ; ceux qui, malgré les difficultés, écrivent l’histoire de leurs luttes quotidiennes.

Mais si notre but était bien de cultiver le panafricanisme, nous reconnaissons aussi qu’à l’intérieur du mouvement il y a des tendances diverses qui doivent être mises en lumière et discutées. Nous n’avons pas reculé lorsqu’il s’est agi de discuter de thème comme la réforme agraire de Mugabe au Zimbabwe, du Darfour ou du Rwanda. Des discussions ouvertes et non sectaires, qui considèrent des perspectives divergentes, sont une précondition à la clarté et, paradoxalement, à la construction de l’unité.

Un des principes directeurs de Pambazuka News a toujours été de dire : nous n’avons pas de concurrent. Lorsque d’autres développent des bulletins électroniques, créent de nouveaux sites sur le Web ou prennent des initiatives similaires à la nôtre, nous célébrons et nous leur faisons de la pub dans nos pages

Notre lectorat est relativement modeste. Nous avons approximativement 26 000 abonnés et quelque 600 000 visiteurs du site web au cours de l’année passée. Ce lectorat a été principalement établi par ‘’le bouche à oreilles’’. Mais en réalité nous ne connaissons pas la dimension de notre lectorat : des articles de Pambazuka News sont régulièrement publiés dans Africa.com et sur de nombreux autres sites. Notre évaluation du lectorat montre que chaque abonné envoie le journal à cinq autres personnes.

La mesure des possibilités par lesquelles ces 2500 correspondants et les lecteurs ont pu interagir s’est jusque là limitée à l’écriture d’articles, de lettres au rédacteur ou à faire des commentaires en ligne Ceci est une chose que nous cherchons à améliorer. Au cours des prochains mois, nous allons lancer un nouveau site Web qui permettra une plus grande interaction, un espace où les membres pourront afficher les informations les concernant, initier des débats, organiser des campagnes ou participer à des forums en ligne que des intellectuels éminents et des militants seront invités à diriger.

Il y a cinq ans, nous publiions trois à quatre articles originaux chaque semaine. Aujourd’hui, nous recevons tellement d’articles que force nous est de publier entre 20 et 30 articles par semaine. Nombre d’en vous nous ont fait savoir que le volume était trop important, les articles trop longs. Nous-même avons des problèmes à tout lire et à tout éditer.

Sommes-nous juste les victimes de notre propre succès ? En partie, certainement. En raison de la popularité de Pambazuka News, il y a un nombre croissant de gens qui voudraient être publiés dans nos pages. Mais nous pensons aussi que l’augmentation du volume est le reflet de quelque chose qui dépasse Pambazuka News : au cours de nos dix ans d’existence, nous avons pris conscience que nous vivons dans une ère nouvelle où les protestations sont en augmentation, que le militantisme est en recrudescence, que les mouvements sociaux qui refusent de se plier réémergent, que l’époque réclame un autre monde.

Nous pensons que plus grand monde n’accorde de crédit aux mantras de nos ‘’dirigeants’ qui ont tant vendu des fruits durement acquis de l’indépendance, qui ont présidé à la privatisation des services publiques, de la terre, des ressources naturelles, qui ont créé des chômeurs et des paysans sans terre tout en accumulant pour eux-mêmes de vastes fortunes. Le concept de ‘’ développement’’ a été vidé de sa substance au-delà de l’accumulation par la dépossession. Il y a dans l’air du mécontentement, une recherche d’alternative à l’idéologie du pillage. C’est cette humeur qui nous semble être reflétée dans le contenu des articles publiés dans Pambazuka News

Dans les temps à venir, alors que l’économique mondiale capitaliste poursuit sa spirale de crises, alors que la poursuite du profit maximum empêche toute mesure raisonnable pour arrêter et renverser les tendances de changements climatiques et alors que la compétition pour l’accès aux ressources naturelles s’accélère, l’Afrique est menacée de perdre même davantage : le contrôle de sa destinée. Un mouvement efficace en faveur de la justice et la liberté est nécessaire aujourd’hui comme jamais dans l’histoire. Si Pambazuka News contribue à créer un tel mouvement, alors nous aurons vécu des vies qui méritaient d’être vécue

Note
(1) Déclaration de Fahamu-Networks for social justice. http//www.fahamu.org - Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

* Firoze Manji est éditeur de Pambazuka News

* Veuillez adresser vos remarques à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur Pambazuka News





Chroniques

Manifeste du cinquantenaire des indépendances africaines

Jean-Martin Tchaptchet

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/68064

Au moment où les dix pays d’Afrique subsaharienne bouclent la célébration du cinquantenaire des indépendances acquises en 1960, le Bénin ouvre le débat. Du 16 au 20 novembre 2010 est prévu, à Cotonou, un symposium qui se veut « de vérité et d’espérance » pour discuter des défis et réalisations qui devront faire le futur d’une nouvelle Afrique. Jean-Marie Tchaptchet évoque la légitimité historique du Bénin à poser un tel débat et parle de ses contours.

“L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle”. Tel est le grand thème du symposium qui se tiendra à Cotonou du 16 au 20 novembre 2010 à l’initiative de Boni Yayi, président de la République du Bénin. Il a mis sur pied une Commission Indépendante de Réflexion sur le Cinquantenaire des Indépendances Africaines pour concevoir et organiser cette rencontre.

Piloté par le Professeur Albert Tévoédjrè, Médiateur de la République du Bénin, ce forum se veut être « de vérité et d’espérance ». Des personnalités, hommes et femmes, le président de l’Union Africaine, ainsi que des chefs d’Etat en provenance de tous les continents et en particulier d’Afrique, participeront à cette rencontre internationale. Un « Manifeste du cinquantenaire » qui sera proclamé le 20 Novembre 2010 à 13 heures en sera l’Acte final.

Que faut-il attendre de ce Symposium? Certainement des propositions qui ne manqueront pas de marquer l’évolution politique du continent, car le Bénin jouit d’une tradition de rencontres politiques historiques. Je veux en rappeler deux.


Le Parti du Regroupement africain

Les 25-27 juillet 1958 se tint à Cotonou une rencontre des principaux dirigeants politiques des colonies françaises d’Afrique noire. La question majeure qui se posait alors à ces responsables fut de définir une position commune qu’ils allaient défendre devant le Conseil Constitutionnel français chargé de réformer l’Union française comme s’appelait alors l’Empire colonial français.

Dans l’atmosphère anticolonialiste et panafricaniste de l’époque, la réunion de Cotonou se transforma en un congrès constitutif d’un Parti du Regroupement africain (PRA) dont les positions indépendantistes surprirent tout le monde. En effet, la résolution de politique générale votée à l’unanimité à cette rencontre stipula que le congrès : «… adopte le mot d’ordre d’indépendance immédiate et décide de prendre toutes les mesures nécessaires pour mobiliser les masses africaines autour de ce mot d’ordre et traduire dans les faits cette volonté d’indépendance ;

« opte pour la création d’une Communauté africaine solide et progressiste avant la libre et égalitaire coopération politique avec toute autre communauté ;

« demande à la France et à son peuple de contribuer à faciliter la réunion rapide de la Constituante Nationale d’Afrique Noire, que décident les assises africaines de Cotonou, pour organiser la nation nouvelle, fédération sur la base de l’égalité et d’abandons volontaires de souveraineté des territoires actuels, qui doivent, immédiatement et sans délais, être dotés de l’autonomie interne, destinée uniquement à la préparation rapide de cette Constituante Nationale. » (Cité dans L’émergence du néocolonialisme au Sénégal, Abdoulaye Ly, Editions Xamle, Dakar).

Il n’y a aucun doute que les résolutions adoptées à Cotonou en 1958, sous l’impact des développements politiques en cours à la même période au Ghana et en Guinée indépendants, jouèrent un rôle important dans le processus qui aboutit en 1960 à l’accession des autres colonies françaises d’Afrique à l’indépendance. L’aspiration à l’intégration politique exprimée avec force en 1958 ne fut malheureusement pas réalisée. Mais ces pays se joignirent en 1963, puis en 2001 aux autres pays indépendants d’Afrique pour créer successivement l’Organisation de l’Unité Africaine et l’Union Africaine. Et en juillet 2007, ils firent partie de l’unanimité qui a adopté la Déclaration d’Accra concernant les Etats-Unis d’Afrique.


La Conférence Nationale du Bénin

Un autre antécédent qui mérite d’être mentionné est la conférence nationale du Bénin qui siégea les 19-28 février 1990. A cette date, le peuple béninois eut l’audace et le courage de reprendre en mains son destin. Ses représentants résolurent pacifiquement leur crise en choisissant librement de nouveaux repères. Les répercussions de cette Conférence nationale du Bénin firent tache d’huile. Dans les faits comme dans les esprits, elles sonnèrent le glas des régimes autoritaires de parti unique en Afrique.


Les thèmes du Symposium de 2010

Le Symposium de Cotonou s’inscrit nécessairement dans la logique de ces antécédents du Bénin, mais aussi d’autres antécédents intervenus ailleurs en Afrique. Ses résultats dépendront du caractère bâtisseur de ses participants et de la volonté politique des acteurs de son suivi. La Commission Indépendante de Réflexion sur le Cinquantenaire des Indépendances Africaines a libellé les thèmes des quatre panels au sein desquels se dérouleront les travaux de la rencontre.

Panel 1: « Des politiques, des intérêts, des comportements, des mécanismes et des méthodes de gestion des affaires publiques ont conduit à de graves impasses, à des conflits générant des millions de victimes et à l’aggravation de la misère de multitudes d’Africains. Comment les appréhender ? Comment les maitriser ?
L’audace de l’aveu et de la rupture. »

Panel 2 : « L’absence de politiques concertées dans la maîtrise du savoir et des techniques constitue un frein redoutable au progrès et au développement. Il faut un changement radical :
L’audace de la science et de ses multiples applications. »

Panel 3 : « S’organiser pour créer des espaces porteurs de développement et pour mettre à l’oeuvre des acteurs éclairés et déterminés, cela devient urgent et cela tarde à venir.
L’audace du sursaut et de la conquête. »

Panel 4 : « La coopération n’est ni une forme déguisée d’assistance sociale ni un système organisé de mendicité et d’imposture entremêlées. Elle se doit d’être une « mutualité » d’intérêts légitimes, un effort commun d’entraide pour un « Contrat de Solidarité » qui permet la conquête ensemble de moyens efficaces pour une condition humaine plus digne et toujours plus créatrice.
Le triomphe des victoires partagées.»

Conclusion : l’espoir des jeunes d’Afrique

Aujourd’hui, les jeunes Africains en sont à se demander si ce sont les maux dont souffre leur continent qui sont incurables ou bien si ce sont les multiples thérapies appliquées jusqu’à ce jour qui ne marchent pas. Le Symposium de Cotonou nous proposera certainement des réponses à cette interrogation. Il est à espérer qu’elles porteront aussi bien sur les priorités tel que le rêve salvateur et incontournable de l’édification de la Fédération des Etats-Unis d’Afrique, que sur l’urgence de changements d’attitudes relatives aux questions d’organisation et de méthodes (la fixation des objectifs des programmes et des projets aux niveaux national et continental et leur mise en œuvre dans le respect des prévisions, la rigueur par les individus et les dirigeants dans la gestion du temps, le respect du bien public, …etc.).

Faudrait-il ouvrir par ailleurs de véritables négociations pour conclure des compromis historiques africains ?

Ha ! Quand les Jeunes Africains créaient l’Histoire.


* Jean-Martin Tchaptchet, écrivain et conseiller en coopération internationale

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Aux parents Haïtiens, de retour dans le pays de leurs ancêtres

Iba Der Thiam

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/68062

Le 13 octobre dernier, le Sénégal accueillait 163 étudiants haïtiens venus poursuivre leurs études dans les universités sénégalaises. Après le tremblement de terre de janvier 2010 qui avait ravagé une partie du pays, ruinant les infrastructures et le système scolaire et universitaire pour une grande part, c’est la contribution que l’Etat du Sénégal a apportée à la reconstruction de Haïti. Au regard de ce que le peuple haïtien représente dans les luttes pour la libération du peuple noir, Iba Der Thiam salue ce retour des fils de la Diaspora sur la terre-mère, par la porte du Sénégal.

Si la République d’Haïti est si chère au cœur du monde noir, c’est parce qu’elle incarne un symbolisme incandescent, un modèle admirable de dignité et de courage, d’humanisme et de grandeur, de fierté et d’audace et une continuité historique de résistance et de stoïcisme, qui a su affronter toutes les épreuves, malgré une conspiration internationale sournoise et obstinée, qui a déployé des trésors d’ingéniosité, pour l’empêcher, à tout prix, d’être une référence et un exemple pour l’Afrique et sa Diaspora.

Ce fut le 6 décembre 1492, que Christophe Colomb, après avoir jeté l’ancre dans l’Île d’Espagnola, y établit l’autorité de l’Espagne. Les premiers Africains ont été débarqués à Haïti, dès 1503. Ce processus connut une accélération, à partir de 1515, lorsque le religieux Las Casas parvint à convaincre Charles Quint, de renoncer à utiliser les indiens, qui occupaient l’île avant l’arrivée des Espagnols, dans les travaux des mines et des plantations et à les remplacer par la main-d’œuvre noire dans la culture de la canne à sucre, de l’indigo et du tabac et l’exploitation de l’or.

Dès 1526, des troubles sont signalés dans les rangs des esclaves noirs, à cause des mauvais traitements que leur infligeaient leurs bourreaux blancs. Malgré la cruauté de la répression, cette forme de résistance n’a jamais cessé. Ce furent les Espagnols qui restèrent les maîtres de l’île jusqu’au début du 17ème siècle, qui en portent largement témoignage. Les Français ne prirent pied sur cette terre qu’en 1625. Quarante ans plus tard, Louis XIV y nomma un Gouverneur. En 1697, date de la signature du Traité Ryswick, consécutive à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, la France obtint de l’Espagne la propriété du tiers de l’Île de Saint Domingue. Pendant tout le 18è siècle, elle est considérée comme « la perle des Antilles » et contribuera, fortement, à enrichir la Métropole.

Un pays comme le Sénégal, a d’autant plus de devoirs, vis à vis de Saint Domingue que, selon Jean Fouchard, sur les 355 navires négriers qui ont jeté l’ancre au Cap Haïtien, entre 1783 et 1789, près d’une cinquantaine, au moins, venaient de notre pays, alors que la traire négrière sévissait, à vaste échelle, sur toute la côte occidentale d’Afrique. Ce fut un fils de Gorée, Jean Baptiste Belley, qui, lors des Assemblées Révolutionnaires, proposa que le mot « Fraternité » soit ajouté à la Devise française qui, à l’origine, se résumait à « Liberté » et « Egalité ».

Cet attachement du peuple haïtien à des valeurs cardinales fortes, a poussé le Contre-amiral d’Estaing à se porter, avec 800 soldats, au secours des troupes de Georges Washington, à la bataille de Savannah, mettant ainsi en échec la contre-offensive que le Colonel Maitland avait déclenchée, pour couper la retraite de l’Armée américaine et anéantir l’essentiel de ses troupes. Ce fut au nom des mêmes valeurs que, pour mettre fin aux injustices, à l’oppression et aux humiliations infligées par les 30 000 colons blancs à l’écrasante majorité du peuple noir, que la révolte armée éclata en 1791, pour gagner, ensuite, peu à peu, toute l’île, avant de connaître son épilogue, par un pacte de sang, à l’occasion duquel les révolutionnaires haïtiens s’engagèrent à mettre un terme à l’esclavage et à libérer leur pays de la domination coloniale, fût-ce au prix de leur vie.

Et c’est pourquoi, lorsqu’en 1793 les révoltés haïtiens décrètent la suppression de l’esclavage (mesure qui ne sera prise par la Convention, en France, qu’un an après, c’est-à-dire, en 1794), les propriétaires d’esclaves se dressèrent comme un seul homme, pour faire échec à cette décision. Le combat du peuple Haïtien n’en triompha pas moins, puisque le 14 décembre 1801, Saint Dominique proclama sa propre Constitution (l’une des plus avancées de l’époque), remplaça le nom de l’île de Saint Domingue, par celui d’Haïti (exemple que N’Krumah va dupliquer, en 1957, en remplaçant le nom de Gold Coast, par celui de Ghana), que les Indiens Harawaks, qui occupaient l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb, avaient donné à leur pays et organisa la résistance, pour faire face au projet de reconquête de Napoléon.

Ce dernier, après le coup d’Etat du 18 Brumaire, qui le nomma 1er Consul, décida d’envoyer plus de 80 vaisseaux, fortement équipés, pour rétablir l’autorité de la France dans l’île, sous la houlette du Général Leclerc. Sa mission consistait à reconquérir Saint Domingue, à y rétablir l’esclavage, par la force, à arrêter tous les meneurs et à les exiler, cela fait, en Métropole. Toussaint Louverture était l’âme de cette insurrection armée. Attiré dans un guet-apens, honteusement arrêté, exilé du Fort de Joux, il y meurt en 1803, dans conditions mal éclairées. Sa disparition, loin d’affaiblir la révolution, la radicalisa, au contraire. Tour à tour, les généraux Leclerc, puis Rochambeau et leurs troupes sont écrasés. A la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803, la révolution haïtienne triompha, définitivement, de la colonisation. Le 31 décembre, les généreux noirs, réunis à Gonaïves, décident de proclamer, le 1er Janvier 1804, l’indépendance d’Haïti.

Ainsi, non content d’avoir sauvé la Révolution américaine, d’avoir terrassé l’esclavage, le grand peuple noir d’Haïti venait, en plus, à bout de la domination coloniale, dès le début du 19è siècle, c’est-à-dire, bien avant la Révolution Industrielle et l’entrée en scène des théoriciens de « la mission civilisatrice », « du fardeau de l’homme blanc » et autres niaiseries, qui servaient de justification à l’aventure coloniale et connaîtront leur couronnement à la Conférence de Berlin de 1884-1885.

On le voit, la trajectoire historique d’Haïti contredisait, dès le début du XIXe siècle, toutes les thèses de légitimation de la colonisation, toutes les théories raciales et racistes et les fausses idées, dont Hegel et Gobineau seront les thuriféraires attitrés sur l’infériorité de la race noire. Cela, l’impérialisme ne pouvait le supporter. Son exemplarité était d’autant plus inquiétante pour lui que la nouvelle République d’Haïti avait décidé, dès sa souveraineté recouvrée, d’encourager, à travers Simon Bolivar et Miranda, la libération de l’Amérique Latine de la domination espagnole. Son action au Venezuela, à Cuba, au Mexique, en Bolivie et ailleurs a été déterminante dans les succès enregistrés par le Mouvement de Libération Nationale, dans cette partie du monde.

Pour éviter qu’Haïti ne soit jamais un symbole vers lequel tout le monde noir allait regarder et une référence à imiter, l’impérialisme organisa, systématiquement, son étouffement politique, économique, culturel et diplomatique. Pour tuer dans l’œuf la nouvelle République noire naissante, l’impérialisme occidental décida, en effet, de poser une chape de plomb sur l’Île d’Haïti. La France, qui ne la reconnaît qu’en 1825, organisa sa faillite économique, par le biais de l’endettement de l’île auprès de la Banque Laffite, dès 1826.

En 1874, ce processus d’endettement s’emballa et permit de mettre le pays en coupe réglée. Allant plus loin, elle imposa à la nouvelle République noire, le paiement de compensations d’un montant de 150 millions de francs or, qui seront ensuite ramenés à 60 millions. Cet endettement visait la recolonisation du pays, par les banquiers étrangers, la mise sous tutelle de ses douanes et de ses recettes diverses, son appauvrissement durable et sa dépendance économique endémique. Ce processus connut son apogée en 1915, avec l’occupation douanière de Haïti par les Etats-Unis, ouvrant ainsi une période de recolonisation qui s’étendit jusqu’en 1934. On connaît la suite.

On oublie souvent que ce sera la même politique d’endettement en vue de la colonisation, qui sera appliquée, plus tard, en Egypte, à travers les Banques Rothschild, Paribas, Société Générale, Oppenheimer, etc., Puis au Libéria et en Ethiopie et, plus tard, au reste de l’Afrique Noire, au point de nécessiter l’instauration de l’ajustement structurel, qui fut un véritable processus de paupérisation. Tous ces mécanismes visaient à plomber l’économie, à retarder le pays, à détruire tout progrès significatif, à promouvoir une culture de sous-développement permanent, de coups d’Etat, de violences institutionnalisées, de violations massives des Droits de l’homme et de contre performances invincibles, dans le domaine de l’Education, de la Santé, de l’Emploi, de l’habitat Social et, en règle générale, du bien-être économique et social, pour culpabiliser la révolution haïtienne, dont l’effet repoussoir serait la démonstration de l’incapacité du monde noir à se gouverner seul et la légitimation de sa mise sous tutelle, par des puissances extérieures.

Haïti devait être puni d’avoir osé défier et triompher de l’impérialisme colonial. Aujourd’hui encore, pour décourager les noirs des Antilles et de la Guyane de réclamer l’indépendance, on leur dit souvent : « Allez voir ce qui passe en Haïti, avant de rêver ». Tout ceci s’accompagne, évidemment, d’un processus de falsification délibérée de l’Histoire. Alors que les Haïtiens ont écrasé les troupes de Leclerc et de Rochambeau dès 1803 et que les Ethiopiens avaient défait les Italiens en 1896, à Adoua, on continue d’enseigner aux écoliers français, par exemple, que ce n’est qu’en 1905 que, pour la première fois, un peuple blanc a été vaincu par un peuple non blanc, lors de la guerre russo-japonaise, comme si ceux qui avaient triomphé des Anglais, des Espagnols et des Français étaient des extra-terrestres.

Malgré la dictature de Duvalier et les exactions des « Tontons macoutes », les fils d’Haïti n’ont jamais baissé la tête, ni courbé l’échine. Debout, fiers, ils ont continué de lutter avec dignité, courage et honneur. Adossées à leur culture, ils nous ont donné des personnes comme Antênor Firmin, qui réduisit à néant les thèses de Gobineau sur l’inégalité des races, ainsi que quelques-uns des pères fondateurs du Panafricanisme et de la Négritude. Ce fut Firmin qui, dès 1885, avait annoncé le triomphe d’Obama. Des Haïtiens, comme Benito Sylvain établirent, dès le début du siècle, des relations entre leur pays et l’Ethiopie. Des Haïtiens comptent parmi les premiers qui ont volé au secours de la Guinée en 1958 et du Congo en 1960, à l’ère des indépendances. Leur rôle dans le Festival Mondial des Arts Nègres, de 1966 à Dakar et de 1977 à Lagos, a été déterminant.

Tout cela fait qu’Haïti occupe dans le cœur du monde noir, une place à part, que personne ne pourra lui ravir. Nous devons à son peuple notre indépendance, parce qu’il nous a montré comment vaincre ceux qui « n’ont pas raison », comme le firent, également, Benkos Bohio, entre 1599 et 1621, en Colombie, dans la Province de Carthagène, Zoumbi, au Brésil, dans l’Etat de Palmarès, entre 1630 et 1667, Nat Turner, aux USA, en 1831. Il nous a donné les plus belles leçons de dignité, de courage, d’abnégation, de refus de la soumission, de résistance contre toutes les formes de domination.

Voilà pourquoi Thabo Mbeki avait tenu à honorer, de sa présence, le bicentenaire de la Révolution haïtienne en 2004. En choisissant de revenir dans la mère-patrie, par le Sénégal, Haïti a honoré notre pays. Il a réconcilié Senghor, Cheikh Anta Dtop et Abdoulaye Wade. Il a définitivement rétabli le cordon ombilical entre l’Afrique et sa Diaspora, pour écrire, ensemble, les nouvelles pages de l’Histoire du Monde Noir, au seuil du XXIème siècle. Le Sénégal doit être, pour les Haïtiens, que nous accueillons ce jour, avec fierté et honneur, une terre de paix, de bonheur, d’amour, de fraternité, de solidarité agissante, de réconciliation, de pardon et de confiance retrouvée ; une seconde patrie, où ils trouveront tout le réconfort auquel, ils ont droit sur cette parcelle de leur continent, qui est, aussi, la leur. C’est pourquoi, nous leur disons, du fond du cœur, « Bissimillah », comme le veut l’usage au Fouta.


* Pr. Iba Der THIAM, Agrégé de l’Université, Docteur d’Etat, ancien ministre et député à l’Assemblée nationale du Sénégal – cette allocation a été prononcée à l’occasion de l’accueil de 163 étudiants haïtiens inscrits l’Etat sénégalais dans ses universités.


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Haïti en Afrique, l'Afrique en Haïti

Jacqueline Scott Lemoine

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/68061

En 1966, le Sénégalais accueillait sa première communauté haïtienne. Il s’agissait d’hommes et de femmes culture venus participer au Festival mondial des arts nègres. Fuyant la dictature de Duvalier, ils ne retourneront pas à Port-au-Prince, entamant ainsi un exil qui ne fut qu’un retour sur la terre-mère d’Afrique. Quand 163 étudiants haïtiens «adoptés» par le Sénégal ont débarqué à Dakar le 13 octobre dernier, une de ces «exilés» était à l’accueil. Et Jacqueline Scott Lemoine, dont il s’agit, leur a dit jusqu’à quel point l’Afrique et Haïti ne font qu’un.

(...)Le cœur partagé, cela fait longtemps que c’est à la fois mon mal et mon bonheur. Quarante cinq ans sur ce sol (du Sénégal) devenu ma patrie. Ce sol qui nous a recueillis, mon époux (Ndlr : feu Lucien Lemoine) et moi-même, alors que nous étions battus par tous les vents de l’errance. Ce sol où repose à présent celui qui fut ma Vie, jusqu’au moment du revoir.

Le premier Festival Mondial des Arts nègres, voulu par le Premier président du Sénégal, a été notre premier décor sur ce sol. Le présent Festival, dans quelques semaines d’ici, sera aussi le vôtre, de décor. Je considère cet augure faste. Et faste aussi, l’émotion qui m’étreint d’être seule, sans l’autre moitié de moi-même qui aurait dû être à mes côtés pour vous accueillir.

Bien peu de gens ont connu ce que j’ai vécu. Comme la grande Joséphine Baker, je pourrais chanter, moi aussi, « j’ai deux amours, le Sénégal et Haïti » ; deux pays, celui de mes souvenirs d’enfance et d’adolescence. Le coin de terre où j’ai fait mes premiers pas, et prononcé mes premiers mots. Et ici, où j’ai tout de même vécu plus longtemps que sur ma terre natale, où patiemment, merveilleusement, j’ai réappris à vivre et à me sentir libre. Et, lorsque je chante :

Pour le Pays pour les ancêtres
Marchons unis, marchons unis,
Dans nos rangs point de traîtres
Du sol soyons seuls maîtres.
Marchons unis, marchons unis,
Pour le Pays pour les ancêtres
Marchons, marchons, marchons unis,
Pour le pays pour les ancêtres.

je peux enchaîner ensuite, sans heurts, et sans désaccord avec moi-même, ce qui pour moi est le même rêve, le même amour, la même existence, c'est-à-dire :

Pincez tous vos koras, frappez les balafons
Le lion rouge a rugi. Le dompteur de la brousse.
D’un bond s’est élancé, dissipant les ténèbres
Soleil sur nos terreurs, soleil sur notre espoir.
Debout frères, voici l’Afrique rassemblée
Fibres de mon cœur vert, épaule contre épaule
Mes plus que frères oh Sénégalais debout,
Unissons la mer et les sources, unissons la steppe et la forêt
Salut Afrique mère.

Au fond de moi, c’est la même résonance, la même fièvre et les mêmes profondes attaches.

Le 10 avril 1966, le Sénégal nous accueillait, bras fraternels, grands ouverts, et nous avons connu la « teranga » (Ndlr : hospitalité), avant même de rencontrer le mot qui la désigne. Lentement, mais sûrement, nous avons creusé notre route, pas à pas, naviguant entre nuages et lumières, entre bonheurs et heurts, entre grandes marées, et douceur des Alizés. Nous nous sommes fait d’abord des connaissances, des sympathies, puis de véritables amis. Au gré du temps, les frères sénégalais nous découvraient, les aînés, tout comme ceux que nous avons connus en culottes courtes et qui, à présent des parents et même, des grands parents.

Nous avons poursuivi notre route toujours avec enthousiasme, mais également avec beaucoup de modération. Et puis, un jour que j’étais à Dakar, en voiture avec une de nos amies haïtiennes qui venait juste d’arriver pour une ONG, je ne sais quelle erreur de conduite lui a valu d’être sifflée par le policier de service. Elle s’arrête, le policier lui demande ses papiers et pour cela, il se penche un peu à l’intérieur de la voiture. Et puis, avec un large sourire, il rend les papiers à mon amie en disant : « Vous avez de la chance, vous êtes avec ma mère. »

J’ai compris à ce moment-là que c’était arrivé, que nous étions adoptés, mon époux et moi, et par tous, connus et reconnus. Croyez moi, croyez-en ma vieille expérience, si vous avez l’opportunité de parcourir quelques pays d’Afrique (j’ai eu cette chance grâce au Théâtre National Daniel Sorano), et si, par une double chance vous vous destiniez à des études ethnographiques, alors, vous serez servis. Car, il n’est pas un seul pays de ce continent que j’ai pu visiter, qui ne m’ait rendu au moins un seul de nos rythmes, de nos similitudes, des signes évidents de notre propre culture.

Jugez-en. Lorsqu’un haïtien dit « mrin cé sél borom campé nan kay-la » il veut signifier qu’il est le seul maître chez lui. Ei bien, au Sénégal, le « borom » c’est le maître, tout comme nous. J’ai retrouvé les rythmes de notre danse Congo, évidemment au Congo. Tous ceux du rituel Rada, à Allada, au Bénin, où le grand tambour s’appelle aussi assotô. En République de Centrafricaine, j’ai trouvé le Banda. Tout ce qui nous vient du Pays Yoruba, je les ai trouvé au Nigeria.

Et au Festac 77 (Ndlr : Festival des arts nègres et de la cultures, en 1977, au Nigeria), le village du Festival était à Badagri. Or, vous savez qu’en Haïti, Badagri c’est la demeure des Ogoun. Ogoun Badagri, c’est le plus fin politique du Panthéon Vaudou haïtien. Et parfois, je me demande si le président Wade n’aurait pas quelque accointance d’Ogoun dans son ascendance. Les Kaplao sont en Côtes d’Ivoire. Toussaint Louverture était le petit fils du Gaou de Guinou, au Bénin. Henri Christophe était un esclave bambara, Jean-Jacques Dessalines, fondateur de l’Indépendance d’Haïti était de l’ethnie Toma en Guinée. Ce qui vous permettra de comprendre pourquoi les Haïtiens, du plus cultivé au plus inculte, se désigne en ces termes :« Moi d’Haiti-Toma ».

Vous avez beaucoup de chances, mes jeunes frères, d’être accueillis ici dans ce pays ouvert, libéral et libéré, ce pays de tolérance. J’en suis témoin, je l’ai profondément senti le long des jours et des années, et en particulier, aux funérailles de mon époux, où j’ai vu les chapelets musulmans glisser le long des doigts, avec la même cadence que nos chapelets chrétiens, afin de prier pour un même disparu. Cela, c’est le trésor que je possède, plus important que n’importe quel compte bancaire, et que je n’échangerais pas pour un empire.

Ces 45 ans de vie, ce n’est pas un conte de fées, croyez-moi, mais une réalité conquise, à force de bonne volonté de part et d’autre, de force et de douceur aussi, de moments partagés, bons ou mauvais, durs ou lumineux. Je dis nous, car en dépit de son absence, Lucien Lemoine est toujours présent à mes côtés. La citation de Montesquieu, tirée de ses Lettres Persanes, qui coiffait les moindres actions de notre vie, et que nous avons essayé de transmettre à tous les jeunes qu’il nous a été donné d’encadrer, soit au Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI – école de journalisme) pour lui, ou à l’Atelier de Recherche et de Pratiques théâtrales de l’Univeristé Cheikh Anta Diop, pour nous deux, nous a servi de garde-fou, tout le long de nos jours. Je vous la laisse et qu’elle vous serve de sujet de réflexion, le temps que vous devrez demeurer sous ce ciel d’accueil.

« En quelque pays que j’aie été, écrivait Montaigne, j’y ai vécu comme si j’avais dû y passer ma vie : j’ai eu le même empressement pour les gens vertueux, la même compassion, ou plutôt la même tendresse, pour les malheureux, la même estime pour ceux que la prospérité n’a point aveuglés (…) Partout où je trouverai des hommes, je me choisirai des amis. » Faites-le et vous saurez quel bien-être en découlera.

Moi, il ne me reste plus qu’à remercier à mon tour, pour tout ce que nous avons reçu, partagé, recherché, et finalement trouvé. Mais, puisque je crois plus à la parole des poètes qu’aux miennes propres, puisque les poètes sont bien les législateurs non reconnus de l’univers (Shelley dixit), je vais puiser dans le beau poème de Jean Fernand Brierre, qui a été l’hôte du Sénégal plus de 28 ans, et une fois retourné en Haïti, nous écrivait : « ce second exil est le plus dur ». Ce poème s’intitule Dieureudief, merci en langue wolof. Il exprime, mieux que je ne saurais le faire, la profondeur de mes sentiments, de mon attachement et de ma reconnaissance.

MERCI

Avant que la nuit tombe
que derrière les marécages herbeux
de mon regard,
lotus,
chavire la lumière,
je veux dire : MERCI.

Pour les horizons rêvés,
les horizons approchés,
Pour Gorée la douloureuse,
mon escale et ma patrie,
Gorée où des enfants jouent à la marelle
sur la terre battue des calvaires,
négrier ensablé où geint une guitare,
Je veux dire : MERCI.

Pour le pain, le toit, le soleil partagés,
pour les longs crépuscules sur la Corniche,
le sourire neigeux de la nubile noire
flottant dans l’harmattan,
je veux dire : MERCI.
Pour la paix offerte,
l’offrande du havre,
la route des ténèbres et le bout du chemin du jour,
le miracle du sang coagulé et des larmes converties en vin,
le Bois sacré et la paillote de boue rose
du roi pourpre d’Oussouye,
je veux dire : MERCI.

Pour les palétuviers et les mangroves
où nichent les oiseaux du vent
pour la Sicap,
le riz cassé,
l’agape des Almadies,
Pour la seconde initiation
à la cadence de l’Afrique sans mesure,
au nom de la diaspora haïtienne
rencontrée, reconnue, identifiée
dans la ferveur des jours fastes,

pour le Vert, le Jaune étoilé et le Rouge,
pour la culture de la table et celle du verbe,
la voix franche du frère et l’avenir à bout de bras
comme un ciel étoilé dru
je veux dire : MERCI,

au nom de ma mère de la montagne Noire,
au nom d’une femme douloureuse restée en véronique dans le tissu rugueux de l’exil,
au nom des rosiers morts de notre jardin,
au nom de ceux qui ont tout perdu.
je veux dire : MERCI.

Un merci houleux comme la mer,
droit comme la voile vent debout,
un merci profond,
hallucinant comme l’appel auroral du muezzin dans
l’acoustique des berceuses insomnieuses du balafon,
un merci d’altitude,
un merci de plaine heureuse et de vallées inviolées,
MERCI

avant que la nuit tombe,
que chavire la lumière
derrière les marécages herbeux
de mon regard,
lotus

(Poème) JEAN Fernand BRIERRE
DIEUREDIEF (Extrait)


* Jacqueline Scott Lemoine, ancienne comédienne du Théâtre national Daniel Sorano du Sénégal, et son époux feu Lucien Lemoine, font partie du groupe de Haïtiens venus au Sénégal participer au Festival mondial des arts nègres de 1966 et qui ont fait de ce pays leur terre d’exil pour fuir la dictature des Duvalier.

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2 - Qu’a-t-on fait des cinquante ans d’indépendance

2010-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/features/68058

Des 17 Etats africains qui ont acquis leur indépendance en 1960, il ne reste que la Mauritanie pour marquer ce Cinquantenaire qui a été célébré avec plus ou moins de fastes, d’un pays à un autre. A Nouakchott, on le fera le 28 novembre 1960. Sur ce demi-siècle d’histoire, les espoirs trahis ont davantage marqué le continent que les lendemains enchanteurs dont rêvaient les peuples d’Afrique. Dans la suite du dossier publié la semaine dernière, en collaboration avec l’Institut africain de gouvernance (www.iag-agi.org), nous publions les analyses faites sur les évolutions politique, sociale et économique de la Côte d’Ivoire et du Tchad.


Côte d’Ivoire : Est donc arrivé le temps d’assumer l’héritage

Ginette-Ursule Yoman

2010-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/features/68059

En ce cinquantenaire des indépendances, la principale attente des ivoiriens concerne ces élections pour enfin désigner celui qui refera l’unité de la nation. Ce sera le 31 octobre. Les enjeux sont énormes, écrit Ginette-Ursule Yoman. Ils portent sur la réappropriation par le peuple de son destin en faisant le choix indispensable d’un Etat promoteur d’une gouvernance saine, empreinte de justice sociale et de démocratie, et soutenue par la promotion des compétences, afin de relever avec ingéniosité et audace, les nombreux défis. Est donc arrivé le temps d’assumer l’héritage, y compris sur l’aspect essentiel de la «multiculturalité» de la nation.

30 avril 1959. Félix Houphouët-Boigny. Discours d’investiture devant l’Assemblée législative de Côte d’Ivoire : «Je me présente devant vous, animé par la seule volonté de faire de notre jeune République un Etat moderne soutenu par une agriculture rénovée, une économie libérale et des finances saines, offrant à ses travailleurs de toutes catégories la pro¬motion sociale qu’ils méritent et à tous ses enfants l’instruction indispensable à leur évolution ». Le 7 août 1960, jour de l’indépendance, il dira : «Voici arrivé pour toi, mon pays bien aimé, l’heure tant attendue… Armons-nous contre la mi¬sère, contre les incompréhensions, mais de grâce ne portons aucune arme contre notre prochain. Parce que c’est notre frère».

Vingt ans après, on parlera de «miracle ivoirien». Quadruplement du Produit intérieur brut avec une croissance annuelle d’environ 7%, doublement de la production du café et de cacao, croissance moyenne annuelle de 20% des infrastructures, quintuplement du niveau de vie avec un PIB/tête de 200.000 FCFA contre 40.000 en 1960, etc. Cette période d’embellie verra l’afflux des ressortissants de la sous-région, faisant de la Côte d’Ivoire un creuset de nationalités avec un taux unique d’immigrés de 26%. Les avancées décisives réalisées l’ont été dans le cadre du parti unique, le PDCI-RDA qui, s’il a permis de garantir la stabilité politique - Houphouët aimait à rappeler que même les Etats-Unis avaient commencé leur développement par un parti unique -, a néanmoins réprimé et parfois violemment, les velléi¬tés de déstabilisation. II en fut ainsi des complots de 1963, des révoltes du Sanwi en 1962 et du Guébié en 1967.

En 1990, la Côte d’Ivoire s’ouvre au multipartisme avec les premières élections présidentielles pluralistes. L’avènement de partis d’opposition, dont le Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo, et d’une presse d’opposition, fait souffler un vent salutaire de démocratie. Le «miracle ivoirien» s’estompe néanmoins, laissant entrevoir les failles d’un système désormais confronté à une forte demande sociale non satisfaite du fait de la baisse des revenus agricoles, des dysfonctionnements dans la gestion publique et des restrictions incluses aux programmes d’ajustement.

La mort d’Houphouët, le 7 décembre 1993, marque la fin de la stabilité politique de la Côte d’Ivoire. Son héritage incontestable aura été d’avoir réussi, par sa pratique du dialogue, à préserver son pays de changements constitutionnels violents. A compter de 1995, le miracle vire au mirage avec le «boycott actif» de l’élection présidentielle par l’opposition et plus tard, le dévoiement du concept de l’«ivoirité» qui, selon ses concepteurs, devait à l’origine rassembler tous les habitants du pays. En 1999, le coup d’Etat perpétré contre le Président Henri Konan Bédié met fin au programme dit de l’«Eléphant d’Afrique», visant à faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent ! Sur la scène politique, Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, unique Premier ministre d’Houphouët, et Laurent Gbagbo, opposant historique élu en 2000 sous le régime de la Refondation, dans des conditions dites calamiteuses, se livrent une lutte permanente.

La décennie 1990-2000 voit voler en éclats le principal acquis de la Côte d’Ivoire, la paix intérieure. Le 19 septembre 2002 éclate la rébellion ivoirienne, avec à sa tête un des acteurs de la période de contestation 1995¬-2000, Guillaume Sore, pour, dira-t-il, combattre «l’ivoirité» que continuerait de propager la Refondation… Huit années après, la Côte d’Ivoire scindée en deux et qui n’a pas tenu d’élections présidentielles depuis 2000, a fait un recul de plus de 20 ans. De 10% en 1985, les pauvres représentent en 2008 la moitié de la population, le taux brut de scola¬risation est tombé à 65% contre 74% en 2001 et le chômage des jeunes a atteint le niveau record de 16% contre 6% auparavant…

En ce cinquantenaire, la principale attente des ivoiriens concerne ces élections pour enfin désigner celui qui refera l’unité de la nation. Les enjeux sont énormes : ils portent sur la réappropriation par le peuple de son destin en faisant le choix indispensable d’un Etat promoteur d’une gouvernance saine, empreinte de justice sociale et de démocratie, et soutenue par la promotion des compétences, afin de relever avec ingéniosité et audace, les nombreux défis. Est donc arrivé le temps d’assumer l’héritage, y compris sur l’aspect essentiel de la «multiculturalité» de la nation.

«On ne peut se permettre d’oublier que l’ordre public, la sécurité individuelle, le progrès économique et social ne sont pas dans l’ordre naturel des choses, mais sont le résultat d’efforts incessants et d’attentions permanentes émanant d’un gouvernement honnête et efficace que le peuple aura élu ». Les cinquante prochaines années de la Côte d’Ivoire dépendent de la constance avec laquelle ses citoyens feront de cette assertion de Lee Kuan Yew, Père fondateur de la Cité-Etat de Singapour, une réalité.


* Ginette-Ursule Yoman est économiste du développement, ancien ministre (lire dans le bulletin de l’IAG : http://www.iag-agi.org/spip/IMG/pdf/Bulletin-IAG-_Francais_septembre.pdf)

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Tchad : Les défis majeurs de gouvernance

Tordeta Ratebaye

2010-10-25

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En cinquante ans d’indépendance, aucune transition ne s’est déroulée au Tchad selon les règles constitutionnelles: la violence et le factionnalisme armé ont toujours prévalu dans ces moments déterminants.Et après dix-huit ans de multipartisme, l’image des partis politiques de l’opposition n’est pas celle des structures aptes à apporter le changement. Affaiblis par les efforts de cooptation du régime, dépourvus de moyens d’expression et confrontés à la lassitude de leurs militants, leurs principaux leaders ont assez souvent accepté des mariages précaires en entrant dans le gouvernement, souligne Tordeta Ratebaye.

Territoire militaire en 1900, puis civil en 1920, le Tchad a été rattaché jusqu’en 1958 au gouvernement de l’Afrique
Equatoriale française (AEF). En 1946, un Conseil représentatif doté de pouvoirs administratifs et financiers est constitué. Il prend, en 1952, le nom d’Assemblée territoriale. La colonie du Tchad devient territoire d’Outre-Mer en 1946. Elle élit un député (1945-1956), puis deux (1956-1958) à l’Assemblée nationale, deux sénateurs et trois conseillers de l’Union française. La loi-cadre du 23 juin 1956 et ses décrets d’application du 4 avril 1957 élargissent les pouvoirs de l’Assemblée et créent un Conseil de gouvernement présidé par le gouverneur et composé de ministres élus par l’As-semblée. Gabriel Lisette est vice-président.

A la suite du référendum du 28 septembre 1958, l’Assemblée territoriale proclame, le 28 novembre 1958, la République du Tchad, Etat autonome membre de la communauté. Lisette, Sahoul¬ba et Koulamallah sont successivement présidents du gouvernement provisoire. Une Constitution est mise en vigueur le 31 mars 1959. Le 11 août 1960, le Tchad devient indépendant et accède à la souveraineté internationale. Ngarta Tombalbaye, chef de l’Etat en 1960, est élu président de la République le 22 avril 1962. Une Constitution est établie le 28 novembre 1960, une seconde promulguée le 16 avril 1962 sera modifiée le 29 décembre 1965 et le 7 février 1967. Ngarta Tombalbaye sera réélu président de la République le 15 juin 1969 et renversé par un coup d’Etat militaire le 13 avril 1975.

Un Conseil Militaire Suprême est institué sous la présidence du général Félix Malloum. Celui-ci, devenu Président de la République, partage le pouvoir avec Hissein Habré, Premier ministre, aux termes de la Charte fondamentale du 29 aout 1978. A la suite des troubles du 12 février 1979, des conférences inter africaines ont eu lieu à Kano et à Lagos et ont abouti à la constitution de deux gouvernements successifs d’union nationale et de transition. Le premier présidé par Lol Mahamt Choua (29 avril-29 aout 1979) et le second par Goukouni Weddeye (10 novembre 1979).

En 1982, une période de dictature s’instaure avec la prise du pouvoir par les forces armées du nord (FAN), avec à leur tête Hissein Habré. Période très sombre de l’histoire du Tchad où l’on a dénombré plus de quarante mille assassinats (Amnesty International). Chef d’Etat-major des Armées sous Hissein Habré, Idriss Déby prendra la route des montagnes de l’Est (refuge des mouvements de rébellion par excellence) pour revenir un 1er décembre 1990 - aucune transition ne s’est déroulée au Tchad selon les règles constitutionnelles: la violence et le factionnalisme armé ont toujours prévalu dans ces moments déterminants. Cette date marquera pour le Tchad, une nouvelle ère de gouvernan¬ce appelée la démocratie (« Je ne vous apporte ni or ni argent mais la liberté », extrait du discours de Deby, le 3 dé¬cembre 1990).

Une série d’événements vont poser les jalons d’un nouveau départ tant sur le plan politique, économique que social. Une Conférence Nationale Souveraine (CNS) s’est tenue du 15 janvier au 7 avril 1993 et a conduit à l’adoption, par référendum, d’une Constitution, le 31 mars 1996, puis à des consultations populaires démocratiques (présidentielles et législatives) en 1996 et 1997. Ces différentes consultations ont vu la victoire Mouvement Patriotique du Salut (MPS) avec Idriss Deby toujours comme Président de la République et une majorité à l’Assemblée Nationale. Ces résultats se confirmeront encore en 2001 et 2002. Des institutions viables existent et fonctionnent (la Cour Suprême, le Conseil Constitutionnel, le Parlement…).

La volonté du régime en place de se maintenir au pouvoir par la modification de la Constitution (article 61), ayant abouti en 2005, cela a créé d’une part une impasse politique interne sans précédent, d’autre part elle a alimenté la rébellion en hommes et matériels de guerre (désertion dans les rangs de l’armée mais surtout de la garde présidentielle).

La crise du Darfour (2003) a été un facteur amplificateur de l’instabilité institutionnelle du Tchad. Les relations avec certains Etats voisins (notamment le Soudan), à travers des guerres par « procuration » ou, en d’autres termes, le soutien inconditionnel (armes, moyens financiers et logistiques) qu’apporte chaque régime aux rebelles de l’autre côté des frontières, ont été des plus exécrables ces dix dernières années. La présence des forces internationales (Résolution 1778 du Conseil de Sécurité) n’a pour autant pas apporté les résultats escomptés.

Sur le plan interne, et en réponse la décision du MPS d’amender la Constitution pour conserver le pouvoir, l’opposition politique a choisi, en 2002, de se constituer en une Coordination Pour la Défense de la Constitution (CPDC), prônant le boycott de toutes les consultations électorales. Cette situation à donc débouché sur une impasse. Faute d’obtenir un dialogue inclusif avec les trois acteurs (la majorité, l’opposition démocratique et les partis politico-militaires) du conflit (le camp présidentiel refusant cette possibilité), le CDPC a consenti à négocier seul avec le gouvernement, négociations qui ont abouti à la plateforme politique du 13 août 2007.

Notons au passage, qu’après dix-huit ans de multipartisme, l’image des partis politiques de l’opposition n’est pas celle des structures aptes à apporter le changement. Affaiblis par les efforts de cooptation du régime, dépourvus de moyens d’expression et confrontés à la lassitude de leurs militants, leurs principaux leaders ont assez souvent accepté des mariages précaires en entrant dans le gouvernement.

Les cinquante années d’indépendance ont produit, sur le plan socio-économique, des résultats mitigés. Avec une population estimée à 2,5 millions d’habitants en 1960, le pays compte 9,9 millions en 2009 (PNUD). Le Tchad demeure une économie fragile de par la faiblesse de son PIB par habitant ($,646) et son classement IDH en 2009 (170ème/179). Selon les dernières estimations de l'Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED), le taux de croissance de l’économie se situerait à 1,9% en 2009, contre +0,01% en 2008. Au demeurant, pays à vocation agro-sylvo pastorale, le Tchad est entré dans le club des pays producteurs de pétrole (2003, date de commercialisation) grâce à ses gisements de brut dans le sud (Doba et environs) faisant naître de grands espoirs de changements et de développement, délaissant de ce fait les mamelles traditionnelles de son écono-mie (coton, élevage…).

Le projet de construction du pipe-line Doba-Kribi (Cameroun) était alors l’investissement terrestre le plus élevé de l’Afrique. L’accord signé avec la Banque Mondiale et le consortium (Exxon, Chevron et Pétronas) confiait à l’Etat tchadien un rôle d’arbitrage et de redistribution qui aurait pu lui permettre de restaurer son image et d’améliorer ses services publics. Fort malheureusement, la remise en cause du modèle initial de gestion (voir la Loi 001/ PR/99 du 11 janvier 1999 portant gestion des revenus pétroliers) a aggravé la crise de confiance en l’Etat.

Après un demi-siècle d’indépendance, des défis majeurs de gouvernance se posent avec acuité : la qualité du système de santé, d’éducation (leur accessibilité), les infrastructures (routes), la réforme du secteur de la sécurité (en particulier la mise sur pieds d’une armée républicaine), la transparence dans la gestion et le devoir de rendre compte, l’indépendance du pouvoir judiciaire (consacrée théoriquement par la Constitution). Loin de paraître une occasion de faste, le 11 août 2010 doit être pour les Tchadiens une étape importante non pas seulement pour faire un bilan de cinquante années, mais bien plus un moment pour diagnostiquer les multiples obs¬tacles au développement de leur pays.


* Tordeta Ratebaye, Diplomate de Formation, diplômé de l’ENA de Paris (Gestion Internationale des Conflits) et de l’Institut des Relations Internationa¬les du Cameroun (IRIC), membre du CODESRIA. (lire dans le bulletin de l’IAG : http://www.iag-agi.org/spip/IMG/pdf/Bulletin-IAG-_Francais_septembre.pdf)

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Madagascar : Contribution à la recherche de solutions de sortie de crise

Raymond Razafindrakoto

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/68063

Depuis dix-huit que Madagascar est empêtrée dans une crise, ses dimensions dépassent le querelles politique pour mettre en péril les fondements de l’Etat et les perspectives de développement. Pour Raymond Razafindrakoto les moyens du redressement passent par la réinstauration d’«une gouvernance qui s’appuie sur un processus participatif visant à rendre effective une réelle démocratie conduisant de façon efficiente au développement de l’homme et de tout homme».

(…) J’avais été chargé par le PNUD pour participer à la rédaction des documents de base ayant permis d’organiser la Table Ronde des Bailleurs de fonds en vue de financer la reconstruction du Rwanda (dans les années 1990). Les thèmes développés dans ces documents de base s’articulaient autour de la nécessité d’assurer la restauration de la paix civile et la réconciliation nationale ainsi que de mettre en place les soubassements d’une gouvernance démocratique et efficiente à travers une vision globale, systémique et à long terme de tous les facteurs du développement et une mobilisation efficace de l’ensemble des acteurs : leur créativité, leur esprit d’initiative, leur sens des responsabilités et d’obligation de résultats.

La mise en œuvre de nos recommandations a permis au Rwanda de sortir de la crise et d’assurer la relance de son développement économique et social. En effet, lors d’une autre mission que le PNUD m’avait confiée, au Burundi et dans ce pays en 1997, j’ai constaté que sa reconstruction était en très bonne voie et le taux de croissance de son PIB était aux environs de 14%.

Cet avant propos est nécessaire pour souligner le fait que Madagascar devrait pouvoir mieux faire que le Rwanda qui ne dispose pas d’autant de ressources humaines et matérielles que notre pays et dont la guerre civile avait occasionné des centaines de milliers de morts et détruit d’importants ouvrages d’infrastructure. Cela dépend cependant de l’effectivité d’une réelle volonté politique à mettre en œuvre des mesures appropriées de sortie de crise dont les orientations stratégiques sont présentées ci-après.


1 - Renforcer la mise en place des soubassements d’une gouvernance démocratique et efficiente qui passe d’abord par la restauration de l’Etat de droit et de la paix civile ainsi que la réconciliation nationale.

Tous les régimes qui se sont succédé à Madagascar ont méconnu la nécessité de renforcer la mise en place des soubassements d’une gouvernance démocratique et efficiente. C’est-à-dire, les soubassements d’une gouvernance qui s’appuie sur un processus participatif visant à rendre effective une réelle démocratie conduisant de façon efficiente au développement de l’homme et de tout homme (DHD). C’est un concept qui s’appuie sur trois thèmes lancés depuis les années 1990 par le PNUD et la Banque Mondiale, à savoir la Gouvernance, la Démocratie et le Développement qui sont inter reliés et ont pris de plus en plus de l’importance dans le monde et particulièrement à Madagascar où les événements sociopolitiques et la trajectoire économique qui ont prévalu, au cours de ces dernières années, ont montré dans quelle mesure les questions y relatives sont primordiales pour le développement du pays.

Il importe de souligner, en effet, qu’au cours des années 1990, Madagascar a choisi de s’engager dans la voie démocratique et a connu des avancées notoires par rapport à la situation qui prévalait jusqu’à la fin des années 1980. Le pays s’est progressivement doté du cadre et des mécanismes institutionnels d’une démocratie formelle. La situation dans le domaine de la liberté d’association, d’expression et des médias ou en matière de processus électoral, a été globalement enviable, relativement, par rapport à celle qui prévalait dans beaucoup de pays Africains. Madagascar a été, en effet, un des rares pays du continent à avoir effectué une triple transition électorale (1993, 1996 et 2002).

Toutefois, par la suite, si un certain nombre de principes semblent avoir été acquis en termes de démocratie et plus globalement de gouvernance, leur mise en application a été toujours loin d’être évidente. La phase de consolidation du processus de démocratisation est demeurée hésitante. Les germes qui ont été à la base de l’insatisfaction de la population relative à ses attentes, en termes de démocratie et de gouvernance et qui sont à l’origine des mouvements de contestation de grande ampleur en 1991 et en 2001, n’ont pas encore été totalement anéantis.

La trajectoire de l’économie qui commençait à être ascendante au moment de ces événements, n’a pas suffi pour cautionner le pouvoir en place. La population a dénoncé les inégalités et l’injustice, en particulier la corruption (à grande échelle), et a exigé une meilleure prise en compte de ses aspirations ainsi que de ses « choix». La crise politique de 2001-2002, comme celle de 1991, a eu des effets très néfastes du point de vue économique.

Si le renversement du pouvoir en place et le règlement de la crise en 2002 ont engendré un immense espoir du côté de la population, la majorité de cette population a attendu de la part des Autorités des réponses fermes et sans faille, à renforcer leurs capacités pour opérer de réels changements en termes de gouvernance afin d’inscrire le développement dans un rythme rapide et durable, susceptible d’améliorer significativement les conditions de vie de la population et réduire l’incidence de la pauvreté qui reste très élevée.

La majorité des citoyens aspire, en effet, à ce que les changements rapides en termes de gouvernance se traduisent par la satisfaction de leurs besoins vitaux, lesquels, pour plus des trois quarts d’entre eux, consistent à avoir un logement (en tant que locataire ou propriétaire), prendre trois repas par jour, pouvoir se soigner quand on est malade, avoir un travail stable et durable, pouvoir envoyer les enfants à l'école, avoir accès à l'eau et à l’électricité.

Une réelle démocratie répondrait également aux attentes de la majorité des citoyens. Cette soif de démocratie ne peut cependant être satisfaite sans la mise en place des soubassements d’une gouvernance démocratique et efficiente, sans lesquels, le pays restera toujours en équilibre instable du fait du manque de solidité des différents piliers qui le portent, situation favorable à la récurrence de crise.

Dans le livre « Développement rapide et durable de Madagascar. Est-ce une utopie ? », que j’ai écrit en 2006, j’ai insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures drastiques et d’adopter une attitude prospective faite de préactivité et de proactivité ainsi que de vision globale, systémique et à long terme pour extirper les racines du mal qui sont à l’origine de la récurrence des crises cycliques à Madagascar et de l’impossibilité d’assurer le développement rapide et durable de notre pays.

Hélas ! Voilà encore que nous sommes plongés dans la crise et les affres de la division avec ses graves conséquences : déception et désespoir d’une large couche de la population dont les conditions de vie ne cessent de se détériorer. D’après les calculs qui ont été faits par des experts malgaches assistés de ceux de la Banque Mondiale dans le cadre de la rédaction du Mémorandum Economique sur le Pays, publié en décembre 2008, il ressort que si Madagascar avait pu croître à un taux moyen annuel de 5% au cours de ces 40 dernières années, on aurait atteint un revenu par habitant de l’ordre de 3000 dollars, c’est-à dire assez proche de celui du Pérou, de la Thaïlande et de la Tunisie. Mais à cause du temps perdu suite à ces crises cycliques, notre revenu par habitant se situe actuellement aux environs de 300 dollars, nous classant parmi les dix derniers pays les plus pauvres de la planète.

Il faut alors que tous les responsables de la vie politique, sociale et économique fassent taire leurs ambitions personnelles et montrent qu’ils sont vraiment animés par le sens du patriotisme et le souci de promouvoir la fierté nationale afin de sortir notre pays des gouffres de la pauvreté et de la honte dans lesquels il est plongé maintenant. Et ce, en s’engageant à mettre en œuvre cette orientation stratégique.

1. Initier, dans les plus brefs délais, de façon inclusive et consensuelle, le déclenchement d’un processus itératif visant la mise en place des fondamentaux d’un Etat fort et juste.
Cette orientation stratégique est complémentaire de celle évoquée supra et s’inspire d’un extrait des pensées de Blaise Pascal à savoir « La Justice sans la force est impuissante, mais la force sans la justice est tyrannique ». Elle s’inscrit aussi dans ce qu’a déjà souligné le Professeur Raymond Ranjeva dans l’une de ses interventions. Il importe, en effet, de souligner que les actions à mettre en œuvre pour asseoir les soubassements d’une gouvernance démocratique et efficiente doivent s’inscrire dans le cadre d’un processus participatif et dans la durée pour leur conférer la pertinence et la pérennité des résultats positifs acquis. Et pour cela, il faut des moyens forts, justes et efficaces.

Il y a lieu de mettre en exergue, aussi, le fait qu’il s’agit, dans ce domaine, d’un travail de longue haleine qui ne concerne pas seulement la refonte de textes de lois (Constitution ; Code électoral ; Code de la Communication ; Statut des partis politiques…) pour les rendre plus appropriés, facilement opératoires, applicables et objectivement vérifiables, mais aussi et surtout de changement de mentalité et de comportements. Des actions d’éducation civique et de culture de la participation citoyenne et de l’Intégrité, impliquant tous les acteurs de la vie politique, économique et sociale et d’une manière générale, tous les citoyens sont, à cet effet, indispensables.

Il est donc d’autant plus urgent, dans l’intérêt supérieur de la Nation, de mettre en œuvre un processus impliquant toutes les parties des diverses tendances, ainsi que les Forces Armées et les Organisations de la Société Civile afin de gérer de façon réellement consensuelle et négociée la Transition. C’est la condition sine qua non pour que règne la paix sociale indispensable à la relance rapide des activités économiques et le fonctionnement efficace de l’ensemble de l’appareil administratif civile et militaire dont tous les membres doivent être astreints à des obligations de résultats et d’intégrité, ainsi qu’au respect de la discipline et des règles strictes en matière de déontologie.

2. Mettre en place les mécanismes et les structures nécessaires pour assurer le management rationnel de la coopération technique et financière Internationale
Cette troisième orientation stratégique revêt également une importance primordiale eu égard au fait que pour assurer la relance, à un rythme rapide et durable, de notre développement, d’importants moyens financiers sont indispensables. Pour cela, nous avons besoin la coopération technique et financière internationale, contrairement à ce qu’affirment certains politiciens. Il faut, en effet, souligner que le fonctionnement rationnel de l’appareil administratif civile et militaire ainsi que la réalisation des infrastructures nécessaires pour booster et rendre compétitif l’ensemble des activités de production et de service nécessitent, chaque année, la disponibilité d’au minimum quelques milliards de dollars que notre épargne nationale est très loin de pouvoir dégager.

Certes, nous dépendons trop des ressources extérieures qui représentent actuellement de l’ordre de 70% de notre Programme d’Investissement Public. Il importe donc absolument d’y remédier grâce à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie appropriée qui doit nous permettre de diminuer progressivement cette trop grande dépendance. C’est ce qu’un groupe d’experts malgaches dont je faisais partie avait toujours recommandé au cours des années 1990. Mais c’était une bouteille jetée à la mer.

Certes aussi, les résultats et les impacts de l’apport technique et financier de nos partenaires ne sont pas toujours à la mesure des attentes, eu égard à l’importance de cet apport. Mais là aussi, l’initiation au cours des années 1990 du processus UNDAF par le PNUD, auquel j’ai pris une part importante, aurait dû permettre la mise en place de structures et mécanismes efficaces devant permettre d’assurer la rationalisation du management de la coopération technique internationale. C’est ce à quoi, il importe maintenant et de façon urgente, de s’atteler en renforçant les démarches qui ont été engagées de façon hésitante.

Pour rattraper le temps perdu, il faudra alors, en fonction de ce qui précède, renégocier, avec nos partenaires techniques et financiers, le financement d’un programme d’urgence articulé sur la nécessité de réformer les finances publiques, de stimuler l’investissement privé, de mettre en place les ingrédients de la « Révolution Verte », de restaurer la sécurité publique, d’augmenter les ressources en faveur de la santé et de l’education et d’améliorer le fonctionnement de la justice.


* Raymond Razafindrakoto, Ingénieur Statisticien Economiste, est ancien Economiste Principal du PNUD

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Plaidoyers & campagnes

Gambie : appel pour deux militantes de Droits de l’homme en jugement

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/68067

Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho deux femmes défenseurs des droits de l’homme libérées sous caution avec des conditions contraignantes. Une coalition d’organisation de défense des droits humains lance un appel pour l’annulation des poursuites

Après avoir passé dix jours en détention deux femmes défenseurs des droits de l’homme en Gambie, Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho, ont été libérées sous caution le mercredi 20 octobre après avoir été entendues par les juges du Tribunal de Banjul, dans une salle pleine à craquer. Le montant de la caution est fixé à 1,5 Million de Dalasi, soit 50, 000 dollas environ pour chacune, plus une propriété foncière.

Dr Isatou Touray, Directrice exécutive et Amie Bojang-Sissoho, Coordonnatrice des programmes pour le Comité de la Gambie sur les Pratiques Traditionnelles (GAMCOTRAP), ont été arrêtées le lundi le 11 octobre 2010 par les forces de sécurité gambiennes, gardées à vue au Commissariat de police Banjul puis présentées aux juges du Tribunal de Banjul qui leur a refusé la liberté sous caution avant de les envoyer à la Prison Centrale de Mile Two, le mardi 12 octobre 2010. Elles ont été accusées du vol de 30, 000 euros reçus d'une ONG espagnole, Yolocamba Solidaridad.

Pour rappel, en mai 2010, la présidence de la République avait mis en place une commission d’enquête suite à des allégations de mauvaise gestion des fonds de l’ONG espagnole Yolocamba Solidaridad. La commission composée de huit personnes qui avait pu accéder à toutes les pièces comptables, et avait conclu dans son rapport que « l’allégation selon laquelle GAMCOTRAP avait détourné de l’argent n’était pas fondée. Il ressortait des éléments fournis par la commission, que Yolocamba Solidaridad a tout simplement voulu peindre GAMCOTRAP comme une organisation qui n’avait pas les capacités requises pour mettre en œuvre un projet d’une telle ampleur, uniquement dans le but de créer une organisation concurrente pour lui confier le projet».

Le rapport a également mentionné que « Yolocamba Solidaridad avait reçu tous les rapports financiers aux échéances dues, avant de préciser que Yolocamba Solidaridad doit envoyer 151, 277 euros à GAMCOTRAP pour effectuer la deuxième phase du projet parce que les fonds ont été levés suite à la proposition de projet préparée par GAMCOTRAP ».

Suite à la présentation du rapport, la commission d’enquête a été dissoute, certains de ses membres licenciés de l’administration gambienne et une deuxième commission mise en place. Cette dernière n’a pas encore déposé son rapport.

Ce qui est surprenant, c’est l'intérêt du gouvernement gambien pour une affaire privée entre deux organisations non gouvernementales, d'autant plus que le rapport de la commission fait état de divergences comme étant à l’origine des allégations. Le gouvernement aurait dû simplement laisser les deux organisations non gouvernementales traiter elles-mêmes tout problème qui puisse exister entre elles. En l’espèce, c’est plutôt une procédure civile qui aurait dû être enclenchée, avant toute action pénale.

Comme tenu du communiqué rendu public le 17 octobre et supposé provenir de l’ONG espagnole elle-même, il n’y a aucune raison pour que la procédure enclenchée contre les deux femmes se poursuive. Selon Maria Jésus Gayol Rodrigez, présidente de Yolocamba, «Yolocamba Solidaridad exige la libération immédiate des membres de l'organisation GAMCOTRAP, Dr Isatou Touray et Amie Bojang Sissoho et le respect des Droits de l'homme. Le problème qui a causé leur arrestation a trait à une affaire administrative et ne peut être résolu par une cour pénale ». Elle a par ailleurs exigé que «des dispositions soient prises pour éviter toute influence politique dans le traitement de l’affaire et pour ne pas porter atteinte à GAMCOTRAP qui œuvre pour la défense des droits des hommes et des femmes gambiennes».

Le gouvernement doit accéder à la demande formulée par Yolocamba en annulant la procédure judiciaire, pour amener les deux organisations à trouver une solution à ce problème.

Dr Isatou Touray et Mme Amie Bojang-Sissoho ont pendant plusieurs d'années été actives dans la promotion du genre, des droits des femmes et des enfants, en particulier dans le combat contre les mutilations génitales féminines (MGF) et d'autres pratiques discriminatoires. Dr Touray est aussi secrétaire général du Comité Inter-africain contre les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants (CIAF). Elle a été nommée « Personnalité de l'Année » en 2008 par l’hebdomadaire « The News and Report » pour son action autour des MGF et la promotion des droits de femmes et des enfants. Dr Touray est membre de l’organisation Femmes sous Lois Musulmanes et toutes les deux ont été actives dans le réseau qui promeut et protège les droits de femmes, particulièrement dans des contextes de communautés musulmanes.

Amie Bojang Sissoho est journaliste et a contribué significativement au développement des femmes et des enfants en particulier dans le cadre des programmes éducatifs de Radio Gambie et des Services de Télévision (GRTS).

Les deux femmes devront se présenter à nouveau devant le Tribunal le 3 novembre 2010.

La Coalition pour les Droits Humains en Gambie invite le Gouvernement gambien à respecter les droits humains et constitutionnels du Dr Isatou Touray et Amie Bojang Sissoho en leur accordant la relaxe pure et simple. La Coalition recommande vivement aux autorités gambiennes de garantir leur droit à un procès juste et équitable en vue de préserver leur sécurité et leur dignité.

* Organisations signataires
- Réseau Interafricain des femmes, Médias, Genre et Développement (FAMEDEV)
- Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)
- Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS)
- Rencontre Africaine pour le Défense Des Droits de l’Homme (RADDHO),
- Amnesty International, Section Sénégal
- Radio Alternative Voice for Gambians-Radio AVG
- Article 19
- Organisation Nationale des Droits de l’Homme (ONDH)
- Réseau Presse et Parlement du Sénégal (REPPAS)
- Union des Journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO).


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Grands barrages : L’eau pour la vie, non pas pour la mort !

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/68065

La rencontre des peuples affectés par les barrages et leurs alliés, tenue du 1er au 6 octobre 2010 à Temacapulín, au Mexique, a été conclue par une déclaration. Au regard des conséquences destructrices pour l’écosystème, de l’érection des grands barrages, leur cri de ralliement a été de dire : «Un autre modèle d'énergie et de gestion de l'eau est possible! L’eau pour la vie, non pas pour la mort ! Des rivières libres, pour des peuples libres»

Solidarité Avec Temacapulín, Acasico et Palmarejo

Nous, plus de 320 personnes de 54 pays dans le monde entier affectées par des barrages, combattants contre les barrages destructeurs et activistes pour une gestion plus écologique et équitable de l’eau et de l’énergie, l'autodétermination des peuples, la défense des territoires, la justice environnementale et climatique et le respect pour des droits de l'homme, sommes rassemblés à Temacapulín. Nous nous sommes réunis dans une ville menacée d'inondation par le barrage El Zapotillo. Nous sommes solidaires avec nos hôtes généreux de Temaca et soutenons leur demande d’annulation du barrage d'El Zapotillo. Temaca doit vivre et leur lutte est la nôtre.

Nous sommes aussi solidaires avec la lutte du Mouvement mexicain des Peuples Affectés par les Barrages et à la Défense des Rivières (MAPDER) et avec les communautés, des villes et cités partout dans le Mexique qui ont récemment subi l'inondation, ou ont été enterrées sous la boue à cause de l’effondrement de barrages, ou l'ouverture soudaine de portes d’accès au barrage. La crise climatique lâche sa fureur avec des pluies torrentielles, faisant déborder les rivières et les barrages qui sont remplis à leur capacité maximale, menaçant les populations vivant en aval. Nous dénonçons donc la politique désuète de construction non restreinte de barrages.

L’Eau pour la vie, non pour la mort! L'appel fait à la Première Rencontre Internationale des peuples affectés par des Barrages, tenus à Curitiba, en Brésil en 1997, a été répercuté à la Deuxième Rencontre Internationale en 2003 en Rasi Salai en Thaïlande et a rassemblé une force nouvelle pendant des jours intenses de la semaine passée à Jalisco, dans la communauté de Temacapulín.


NOS REALISATIONS

Depuis la rencontre de Rasi Salai, nous avons continué étant unis, travaillant à confronter l'industrie de barrage et les gouvernements et les bailleurs qui promeuvent leurs activités destructives. Nos luttes ont vaincu les barrages et ont aidé à réhabiliter et protéger des rivières. Nous avons aussi gagné des victoires importantes dans la lutte pour le consentement préalable en connaissance de cause sur des projets dans nos pays et pour une réparation et un repeuplement juste et digne.

Nous mettons en œuvre avec succès des technologies de communauté à base équitable, effective et écologiquement responsable et des programmes pour répondre à nos besoins en énergie, en eau, en assainissement et la protection des flots destructives.


NOS DEFIS

Dix ans après la sortie des recommandations de la Commission Mondiale sur les Barrages, les Droits de l'homme continuent d’être violés par les barrages. Les rivières sont endiguées et détournées, des forêts inondées, les poissons et d'autres espèces anéanties. Dans la violation ouverte d'accords internationaux et des lois nationales, des peuples indigènes et tribaux, des minorités ethniques et des communautés traditionnelles sont, d'une façon disproportionnée, affectés par l'exploitation sauvage de leurs territoires, pays et ressources. En beaucoup d’endroits, ils doivent se battre pour empêcher leur annihilation physique et culturelle. Les barrages détruisent aussi les moyens d’existence et les modes de vie des riverains, le petit exploitant et les communautés urbaines.

Les femmes souffrent en particulier de la crise dans la famille et dans la vie associative causée par les barrages. En beaucoup d’endroits, elles sont discriminées dans les processus de repeuplement et de réparation. De plus, l'afflux de milliers d'ouvriers pendant la construction est souvent accompagné par la prostitution, la maladie et la détérioration de l’éducation et la Sécurité Sociale qui impactent directement et sévèrement la vie des femmes. Les jeunes et les vieillards sont aussi particulièrement vulnérables aux changements économiques, sociaux et culturels causés par des barrages.

La répression de communautés et des organisations résistant aux barrages et la militarisation de leurs territoires, constituent des violations flagrantes des Droits de l'homme. Nos morts et nos persécutions nous racontent la triste histoire de la violence des constructeurs de barrage et du combat héroïque des peuples affectés et leur décision courageuse de continuer la lutte pour une nouvelle façon de gérer des ressources en eau et produire et utiliser l'énergie au service du peuple.

Les processus de privatisation poussés par la Banque mondiale et le FMI ont transformé la production d'énergie et des ressources en eau dans des grandes entreprises. Les sociétés font des profits exorbitants construisant des barrages, vendant l'eau, dans l’industrie agroalimentaire et l'extraction. Beaucoup de pays retournent à une situation semi coloniale pour fournir des ressources pour le capitalisme de consommation qui domine notre société.

De grands barrages réduisent la capacité de sociétés et des écosystèmes à s'adapter au réchauffement climatique. Le climat changeant cause un mal grave aux peuples et à des écosystèmes, rendant les barrages encore moins sûrs, moins économiquement viables et à courte expérience de vie. De grands réservoirs sont une source significative de gaz à effet de serre.

Nous nous opposons à l’appellation erronée "Mécanisme de Développement Propre" promu par des gouvernements puissants et le capital privé pour leur permettre de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, y compris en construisant des barrages. Nous soutenons des actions organisées par le mouvement mondial pour la justice climatique dans le cadre de la conférence climatique de L'ONU, qui aura lieu à Cancun au Mexique en fin de cette année.

Nous nous joignons avec solidarité aux luttes de La Via Campesina pour la souveraineté alimentaire, qui est inséparable du contrôle communautaire d'eau et d'énergie. Nous nous joignons aussi avec solidarité à ceux qui luttent contre l'extraction et la privatisation de l’eau.


NOS EXIGENCES

Nos expériences partagées et nos cinq jours d'échanges riches nous ont menés à cet accord :

- Nous réaffirmons les principes et les demandes des déclarations de Curitiba et Rasi Salai.

- Nous nous opposons à la construction de tous barrages destructifs sur le plan social et environnemental. Nous nous opposons à la construction de n'importe quel barrage qui n'a pas été approuvé par les peuples affectés, à travers un processus de prise de décision informé et participatif et ne respectant pas les besoins prioritaires des communautés.

- Les gouvernements, les institutions financières et les sociétés doivent respecter le droit des peuples affectés tant en amont qu'en aval au consentement d'acceptation public et des consentis informés, tel que recommandé par le WCD.

- Les services fournis par des barrages existants doivent être optimisés et leurs maux sociaux et environnementaux réduits au minimum et indemnisés, avant la construction de n'importe quel nouveau projet.

- Nous exigeons un respect total de la connaissance traditionnelle et la gestion usuelle des territoires de peuples indigènes et tribaux, des communautés traditionnelles et des petits exploitants et leurs droits collectifs à l'autodétermination et le consentement libre, antérieur dans la planification de l'eau et de l'énergie et la prise de décisions.

- Les réparations doivent être faites par des négociations envers les millions de personnes qui ont souffert à cause des barrages, y compris par la disponibilité de fonds, de terre, d’hébergement et d’infrastructure sociale. Les bailleurs des barrages et les promoteurs ainsi que ceux qui profitent des barrages devraient porter les coûts des réparations. Aussi, il devrait y avoir des plans communautaires contrôlés et des programmes de réadaptation sociale et économique et de développement.

- Nous rejetons la militarisation de nos territoires et l'usage forcé d'eau et des barrages. Il doit y avoir une halte à l'utilisation de toutes les formes de violence et d'intimidation contre les peuples affectés et menacés par les barrages et les organisations opposées aux barrages.

- Nous exigeons que les gouvernements et les organisations internationales respectent et protègent les Droits de l'homme et cessent la persécution des défenseurs des Droits de l'homme.
- L'égalité des sexes doit être soutenue dans toutes les politiques de l’eau et des énergies, des programmes et des projets.

- Les actions, y compris la mutation de barrages, doivent être prises pour rétablir les écosystèmes et les conditions de vie endommagés par des barrages. Tous les opérateurs de barrage doivent mettre de côté des fonds pour payer la mise hors service finale de leurs projets.

- Nous nous opposons à la privatisation de la fourniture d'énergie et d’eau. Nous exigeons un contrôle public démocratique, responsable et effectif et nous nous approprions le règlement des utilités d'électricité et d'eau. L'Eau et l'énergie ne doivent pas être commercialisées puisqu'ils sont un bien public. Comme reconnu par l'Assemblée Générale de l'ONU, l'eau est un droit humain. Les gouvernements doivent donc assurer l'accès universel à l’eau adéquate et potable et la protection de sources d'eau contre la contamination.

- Les Politiques de l'eau et de l'énergie doivent être soumises à une consultation publique ouverte et démocratique. Dans certains pays, les dialogues de multi-partie-prenante en exécution des recommandations WCD peuvent y faire une contribution importante.

- Les gouvernements doivent garantir la sécurité des peuples en aval des barrages existants et en amont des réservoirs incluant des investissements suffisants dans la sécurité des barrages, une opération responsable et participative de barrage et le développement de plans participatifs pour l'avertissement et des évacuations en cas d’effondrement de barrages, ou des sorties d'eau de secours.

- Les Peuples affectés par des barrages construits dans un autre pays ont le droit de pleine consultation sur leur construction et opération. Les autorités nationales et internationales de bassins fluviaux doivent inclure des mouvements sociaux et des ONG et doivent être participatives et transparentes.

- Les gouvernements doivent investir dans la recherche et la mise en œuvre de technologies d'énergie juste et écologiquement responsables et la gestion de l'eau. Les gouvernements doivent mettre en œuvre des politiques qui découragent le gaspillage et la surconsommation et garantissent la distribution équitable de richesse.

- Nous nous opposons aux subventions pour des projets d'hydro-électricité destructifs venant du Mécanisme de Développement Propre et nous dénonçons tous les mécanismes de commercialisation du carbone.

- Les eaux de navigation devraient suivre le principe "adapte le bateau à la rivière, non pas la rivière au bateau."

Notre engagement :

- L'Intensification de nos luttes et campagnes contre des barrages destructifs et des usines d'hydro-électricité, pour les droits des peuples affectés ou menacés et pour la réparation complète de leurs pertes et la restauration de ligne de partage des eaux et la rivière.

- Travailler pour mettre en œuvre des méthodes durables et appropriées de gestion d'eau et d'énergie comme la récolte d'eau de pluie et des plans d’arrangements d'énergie renouvelable gérés par les communautés.

- Campagne contre la défense du consommateur et la consommation intensive des produits d'énergie;

- La poursuite de la discussion pour construire collectivement les principes et les directives d'un modèle d'énergie et la gestion de ressources en eau, responsable sur le plan environnemental et au service des peuples.

- Échanges intensifs entre activistes et mouvements travaillant sur les barrages, l’eau, l’énergie, la justice environnementale et climatique, y compris les visites réciproques de peuples affectés de pays différents.

- Renforcer nos mouvements en nous joignant à d'autres peuples luttant contre le développement destructif et pour la justice sociale et écologique globale.

- Célébrer chaque année le 14 mars comme la Journée Internationale d'Action Contre les Barrages et pour les Rivières, l'Eau et la Vie.


Notre lutte contre des barrages destructeurs et le modèle actuel de gestion d'eau et d'énergie est aussi une lutte contre un ordre social dominé par l'impératif pour maximiser des profits et une lutte pour une société basée sur l'équité et la solidarité.

Un autre modèle d'énergie et de gestion de l'eau est possible! L’eau pour la vie, non pas pour la mort ! Des rivières libres, pour des peuples libres


* Déclaration de Temaca - Adopté à « Rivières pour la Vie 3 » : 3ème Rencontre Internationale des Peuples Affectés par les Barrages et leurs Alliés- Temacapulín, Etat de Jalisco, Mexique, du 1er au 6 octobre 2010

* Le comité d’élaboration de la déclaration: Sena Alouka (JVE, Togo), Mars í Un González (IMDEC, Mexique), Patrick McCully (International Rivers, EUA), Juan Pablo Soler Villamizar (Redlar, Amérique Latine), Carlos Vainer (Université Fédérale de Rio de Janeiro, Brasil), En mai Vargas (Panalipdan/Defend, Phillipines)





Arts & livres

Tunisie : la 23e édition des Journées cinématographiques de Carthage ouverte

2010-10-25

http://tinyurl.com/266atx4

Les Journées Cinématographiques de Carthage, organisée en Tunisie depuis 1966, se tiennent du 21 au 31 octobre. Vu la richesse de leur programme, les JCC version 2010 devraient marquer un grand tournant dans leur histoire et faire beaucoup parler d’elles dans le monde arabo-africain. Le comité de sélection des longs métrages en a choisi une bonne quinzaine pour la course vers le Tanit d’Or, exception faite, néanmoins, des films tunisiens. L’Egypte proposera « Microphone » de Ahmed Abdallah ; l’Algérie, « Voyage à Alger » de Abdelkrim Bahloul ; l’Afrique du Sud, « Etat de violence » de Khalou Matabane et « Chirley Adams » d’Olivier Hermanus ; le Kenya « Soul Boy » de Hawa Essuman ; la Syrie « Once Again » de Joud Saïd ; le Liban, l’Ouganda « Imani » de Caroline Kampa, etc.





Forum Social Mondial 2011

Forum pour la Santé, l’Environnement et la Terre, vers l’action collective

2010-10-25

http://tinyurl.com/392xddh

Du 23 au 25 octobre, le Caire, en Égypte accueillera le Forum pour la Santé, l’Environnement et la Terre, vers l’action collective. Les organisations de la société civile et les mouvements sociaux du Maghreb sont à l’origine de cette initiative, qui est conçue comme la suite du premier Forum pour la Santé et l’Environnement, tenu en 2008. Lancé par l’Association pour la Santé et le Développement Environnemental, avec le soutien du Mouvement pour la Santé des Peuples (People’s Health Movement) et organisé en lien avec la Société Palestinienne de Secours Médical, le « Palestine and Arab Resource Collective » du Liban, 182 personnes, en provenance de 18 pays y avaient participé. En outre, ce forum s’inscrit dans les suites du « Forum pour la Terre », organisé par Habitat International Coalition du Moyen Orient et d’Afrique du Nord il y a deux ans


Pour un agenda commun aux peuples Pan-amazoniens

2010-10-25

http://tinyurl.com/34k2brm

Le 5ème Forum Social Pan-amazonien marquera une étape supplémentaire dans la jonction des résistances des peuples indigènes, des communautés traditionnelles, riverains, quilombos, forestiers, paysans, travailleurs urbains et agricoles dans la construction d’une Pan-Amazonie qui appartiennent effectivement à ses peuples. C’est la conviction des organisateurs. Ces groupes se rassembleront du 25 au 29 novembre 2010 à Santarem, dans l’État du Para, dans l’Amazonie Brésilienne, pour construire un agenda commun de lutte, élaborer des stratégies et approfondir leur vision du développement.


Réunion du Conseil international en novembre

2010-10-25

http://pambazuka.org/fr/category/Dakar2011/68074

La réunion du Conseil International du FSM, prévue du 9 au 12 novembre 2010 à Dakar, sera la dernière avant la tenue du FSM 2011 en février prochain. C’est donc une étape cruciale dans le processus préparatoire de ce grand évènement de dimension mondiale.

La réunion du CI sera précédée de la rencontre des mouvements sociaux (5-7 novembre) et de celle du Conseil du Forum Social Africain (8 novembre). Toutes ces rencontres sont destinées à évaluer le processus préparatoire sur le terrain et surtout à tester le niveau de préparation du Comité d’Organisation du Sénégal (COS) à gérer un tel évènement.

L’un des objectifs du Séminaire est de permettre aux Commissions, aux Comités et à toutes les composantes du COS de faire le point sur l’état réel des préparatifs. D’un autre côté, il faudra évaluer l’état des rencontres et activités menées par des membres du COS, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur et analyser leur impact sur le travail préparatoire. En particulier, les relations avec les autorités étatiques et municipales (degré de collaboration ; niveau d’assistance matérielle et financière, etc.). Par ailleurs, le Séminaire devrait discuter et définir un programme de travail pour le COS pour la période allant de novembre 2010 à fin janvier 2011.

De manière spécifique, le Séminaire devrait avoir une idée plus précise de l’état des préparatifs et des plans de travail envisagés durant le Forum dans les domaines suivants:

1) La logistique : hébergement ; transport ; restauration ; accueil ; préparation du site du FSM, dispositions envisagées pendant le Forum ; etc.

2) La Culture (contacts effectués ; initiatives en cours en Afrique et hors d’Afrique ; programme prévu pendant le FSM)

3) La Communication (plan de communication dans la phase préparatoire ; problèmes des langues africaines ; agenda durant le FSM, etc.)

4) La Santé (niveau de préparation de l’équipe ; état de la collaboration avec les organes publics : municipaux et étatiques ; dispositions envisagées pendant le Forum, etc.)

5) La Sécurité (état des préparatifs avec identification de volontaires ; contacts avec les institutions municipales et étatiques, dispositions envisagées pendant le Forum ; etc.)

6) Contenu et Méthodologie (contenu politique du site ; mise en œuvre de la méthodologie ; dispositif pour analyser et classer les propositions d’activités ; préparation du programme ; tâches durant le Forum, etc.)

7) Les Finances (point sur la mobilisation des ressources ; information sur les frais d’inscription ; capacité à soutenir l’agenda du COS et le fonctionnement du site du Forum, etc.)





Femmes & genre

Rd Congo : des femmes du monde entier marchent pour la paix

2010-10-25

http://tinyurl.com/2w7gs9r

En Rd Congo, des milliers de femmes ont défilé le 17 octobre 2010 dans les rues de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu. Une grande manifestation qui a mis un point final à cinq jours de rencontres rassemblant des associations de tout le pays et des déléguées venues des cinq continents. Cette marche a connu un grand succès à Bukavu. Des milliers de femmes - 20 000 selon les organisatrices - ont défilé dans la ville, en chantant et dansant. Pour la première fois, les associations du Kivu ont vraiment le sentiment que le monde s’intéresse enfin à ce drame.





Droits humains

Afrique : Le ton se durcit contre le travail des enfants

2010-10-25

http://tinyurl.com/387579z

La planification stratégique visant à l’élimination du travail des enfants est une priorité politique et sociale de nombreux États africains. Les pouvoirs publics multiplient les prérogatives et votent des lois qui renforcent la protection de l’enfance dans leur pays. Environ 210 millions d'enfants de 5 à 17 ans travailleraient dans le monde, dont 68% rien que dans le secteur de l’agriculture. Tous les secteurs d’activités sont concernés, comme les mines et l’informel urbain.


Bénin : la disparition d’un fonctionnaire devient une affaire d’Etat

2010-10-25

http://tinyurl.com/3an7ue2

Du simple fait-divers dont raffole le grand public, la mystérieuse disparition d’un agent du ministère béninois des Finances, Urbain Pierre Dangnivo, est devenu au fil des semaines une affaire d’Etat, qui préoccupe les plus hautes autorités du Bénin, le président Yayi Boni en tête. Signe de la gravité de l’affaire, le fonctionnaire quasi-anonyme jusqu’à sa disparition en août 2010, a fait trois mois plus tard, l’objet d’un conseil des ministres « extraordinaire ». LE corps présumé de Dangnivo a été découvert et exhumé le 27 septembre 2010 au domicile d’un charlatan. Mais la famille du disparu affirme que le corps exhumé… n’est pas le bon.


Burundi : L'UE "préoccupée" par les exécutions extrajudiciaires

2010-10-25

http://tinyurl.com/36m35wz

L'Union européenne a demandé aux autorités burundaises que la justice se penche sur plusieurs cas d'exécutions extrajudiciaire présentés par le Bureau intégré de l'Onu au Burundi (Binub). Le représentant spécial de l'UE pour la région des Grands Lacs. Le Binub a présenté 9 cas de personnes qui auraient été exécutées par "la police ou les services secrets, depuis la fin août. Le gouvernement burundais a démenti


Gambie: Des ONG de droits humains dénigrent Jammeh

2010-10-25

http://tinyurl.com/27kunng

Pour que cesse l'impunité en terre gambienne depuis 1994, l’année de l'arrivée du président Yaya Jammeh à la magistrature suprême de ce pays à la suite d'un coup d'Etat, la coalition d'organisations de défense des droits de l'homme en Gambie va battre campagne auprès des chefs religieux du Sénégal. Il s'agira de rendre compte de l'état actuel des violations des droits constitutionnels des citoyens gambiens.


Maroc : La peine de mort attend une décision royale

2010-10-25

http://tinyurl.com/2e3mht2

L’abolition de la peine de mort fait débat au Maroc depuis plusieurs années. Les tribunaux marocains continuent à prononcer des peines de mort mais aucune exécution capitale n’a eu lieu dans le royaume depuis 1993. Depuis cette date le royaume observe un moratoire de fait. De même, le roi Mohamed VI a gracié à plusieurs reprises des condamnés à mort qui ont vu leur peine se transformer en peine à perpétuité. Cette année la pression sur le Maroc pour qu’il abolisse la peine de mort est montée d’un cran.


Rd Congo : Le procès de Bemba fixé au 22 novembre

2010-10-25

http://tinyurl.com/3ykugpq

Deux ans et demi après son arrestation à Bruxelles, une date a enfin été arrêtée pour le début du procès de Jean-Pierre Bemba. À partir du 22 novembre, l'ancien vice-président congolais devrait donc être jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Centrafrique, par la Cour pénale internationale (CPI). La Cour a levé le dernier obstacle le 19 octobre, en rejetant, en appel, l’exception d’irrecevabilité de la procédure réclamée par la défense. Celle-ci réclamait l’annulation du procès en s'appuyant sur le non-lieu dont l'accusé avait bénéficié devant la justice centrafricaine.


Sierra-Leone : Enquête sur des enfants emmenés aux Etats Unis

2010-10-25

http://tinyurl.com/2fxxhbc

Une commission a été mise en place par la Haute Cour de justice de Sierra Leone pour enquêter sur 20 enfants qui auraient été emmenés, il y a 30 ans, aux Etats-Unis, sans l'accord de leurs parents, a annoncé le 22 octobre le ministre des affaires sociales. Les enfants avaient été confiés à une organisation non gouvernementale locale, "Aide à un enfant en détresse international" (Hanci), afin de les éduquer et de les mettre en sécurité alors que la guerre civile était à son paroxysme en Sierra Leone.


Sénégal: Un officiel interpellé à Paris dans l'enquête du Joola

2010-10-25

http://tinyurl.com/33pr7ny

La police française a interpellé à Paris un officiel sénégalais visé par un mandat d'arrêt international émis par un juge français dans l'enquête sur le naufrage du Joola, qui avait fait près de 1 900 morts en 2002. M. Gomis Diédhiou, en service au ministère sénégalais de l'Economie maritime, a été interpellé le week-end du 16 au 17 octobre, à Paris, à l'aéroport Charles de Gaulle. La police française lui a retiré son passeport de service. Il est libre de circuler à Paris mais il lui est interdit de quitter le territoire français. Des personnalités de haut rang, dont l’ancien Premier ministre au moment des faits, font aussi l’objet de mandats d’arrêt dans le cadre de cette affaire.





Réfugiés & migration forcée

Burundi : Le Hcr a déjà rapatrié 244 personnes

2010-10-25

http://tinyurl.com/369jckk

Depuis plus d’une semaine le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) a débuté son programme de rapatriement assisté pour les réfugiés burundais en Rd Congo, avec un premier groupe de 244 personnes qui ont traversé la ville frontière de Gatumba. Selon un reponsable du bureau de relations extérieures du Hcr, les réfugiés rapatriés font partie de 10.000 qui devraient rentrer au Burundi ces prochains mois au rythme d’un convoi par semaine. Ce retour est le tout premier que le Hcr a pu organiser depuis la province du Sud-Kivu en Rdc, où l’insécurité avait jusque-là empêché toute opération de rapatriement. Sur place, il y a au total 15.000 réfugiés.


Global : 80 africains obtiennent la nationalité française

2010-10-25

http://tinyurl.com/3x3mxr2

Près de 80 personnes originaires d'une vingtaine de pays d'Afrique ont reçu le 18 octobre à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie, leur décret de naturalisation française. Parmi ces nouveaux détenteurs de la nationalité française figurent des originaires du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc. Selon le chef du Bureau Nationalité, le délai pour obtenir la nationalité française est désormais ramené à un an, alors qu'il était de trois ans, il y a quelques années.


Global : Une expulsion de sans-papiers tourne au drame à Londres

2010-10-25

http://tinyurl.com/2vrqsv8

Plusieurs députés britanniques réclament une enquête indépendante après le décès, dans des conditions non élucidées, de Jimmy Mubenga, un Angolais de 46 ans, lors de son rapatriement forcé sur un vol commercial. Chaque année, 10 000 sans-papiers sont expulsés de Grande-Bretagne par avion, en charters pour certaines destinations (Iraq, Afghanistan, Nigeria, RDC), sur des vols commerciaux dans la majorité des cas. Mais pour Jimmy Mubenga, le voyage ne s’est pas passé comme prévu.


Mauritanie : 121 réfugiés retrouvent leur terre natale

2010-10-25

http://tinyurl.com/2ch2ehp

Après un exil de 21 ans au Sénégal, 121 réfugiés Négro Mauritaniens ont regagné leur terre natale le 18 octobre. Ils ont ainsi rejoint la région du Trarza, grâce à un convoi acheminé par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Tous ont bien conscience qu’ils devront tout reprendre à zéro. En plus d’un kit de dépannage offert par le HCR, on leur donne un lot de terrain de 200m² et des tentes mauritaniennes. Une fois acclimatés, les réfugiés devront eux-mêmes construire leur habitat et retrouver une activité professionnelle.





Elections & gouvernance

Afrique : Alger met en garde contre une sécession au Soudan

2010-10-25

http://tinyurl.com/32rzyrb

Une éventuelle sécession au Soudan, suite au prochain référendum, pourrait avoir un effet de contagion et provoquer des situations de même nature dans d'autres pays du continent, a prévenu le 21 octobre, à Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères. Il a estimé que cette situation pourrait introduire un élément d'"exacerbation" de l'instabilité que connaît cette sous-région sur une période plus longue et établir un précédent grave.


Guinée : Les violences montent à l'approche de la présidentielle

2010-10-25

http://tinyurl.com/39a364m

La capitale guinéenne, Conakry, a été le théatre de violences, le 19 octobre, entre partisans de Cellou Dalein Diallo, un des candidats au second tour de la présidentielle prévu le 24 octobre (et finalement reportées), et les forces de l'ordre, qui ont tiré sur eux à balles réelles, faisant au moins deux morts et vingt-neuf blessés. Sous couvert de l'anonymat, un médecin a indiqué qu'au moins vingt-neuf personnes, toutes partisanes de Cellou Dalein Diallo, avaient été blessées par balles lors de ces affrontements, parmi lesquelles treize adolescents.


Gabon: Bongo va réviser la constitution

2010-10-25

http://tinyurl.com/3yl4sp7

Le président gabonais Ali Bongo "a décidé d'initier une révision de la Constitution" de son pays, avec modification de "trois paragraphes et 36 articles", notamment sur l'organisation des élections présidentielle et parlementaires. Selon le communiqué du gouvernement, le nouveau projet de révision constitutionnelle a été motivé notamment par le constat "que la Loi fondamentale (du Gabon) se heurte aujourd'hui à des contingences diverses qui l'obligent à s'adapter à la réalité".


Global : L'Ambassadeur ivoirien sommé de quitter les Etats Unis !

2010-10-25

http://tinyurl.com/3yrxnel

Le feuilleton de l'achat illégal des armes par le colonel Yao N'guessan en Amérique pour le compte du Gouvernement Ivoirien n'est pas prêt de prendre fin. Après l'arrestation du colonel Yao, conseiller militaire du ministre de la Défense de Côte d'Ivoire, et son incarcération en Californie, après que le procureur fédéral eut révélé la complicité du ministre de la Défense Amani N’guessan Michel, c'est au tour de l'Ambassadeur ivoirien aux Etats-Unis d'Amérique de faire les frais de la justice américaine. Les autorités américaines auraient sommé l'ambassadeur Charles Koffi de quitter le territoire des Etats-Unis dans les 60 prochains jours.


Global : L'Unesco va enterrer discrètement le prix Obiang

2010-10-25

http://tinyurl.com/32uqzjn

Lors d'une réunion le 18 octobre, les 58 Etats membres du conseil exécutif se sont mis d'accord pour adopter une résolution en plénière qui stipulera que le prix est suspendu jusqu'à ce qu'un consensus soit obtenu. Le président Obiang, qui dirige d'une main de fer ce petit Etat d'Afrique centrale depuis un coup d'Etat en 1979, avait offert 3 millions de dollars pour cinq ans, à raison de 300 000 dollars par an à partager entre trois chercheurs (le reste pour l'administration du prix) pour "récompenser la recherche en sciences de la vie". La nature de son régime répressif a entraîné une polémique sur la recevabilité de ce prix.


Guinée : il ne reste plus qu’à imposer un président par décret !

2010-10-25

http://tinyurl.com/23c6rcr

A l’allure où le climat évolue en Guinée, et les Guinéens ayant suffisamment administré la preuve de leur manque de tolérance entre eux-mêmes, on se demande bien, pour éviter des manifestations postélectorales encore plus dramatiques, si ce n’est pas mieux que le prochain président soit plutôt un autre général nommé par les Nations Unies ou la fameuse communauté internationale pour qu’il n’y ait ni perdant, ni gagnant de l’hypothétique deuxième tour de la présidentielle prévu pour le 24 octobre prochain.


Guinée : Le second tour de la présidentielle reporté

2010-10-25

http://tinyurl.com/33cxan6

Le second tour de l'élection présidentielle en Guinée, prévu le 24 octobre, a été reporté à une date qui reste à fixer, a annoncé le 22 octobre, à Conakry, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Siaka Toumani Sangaré. Le 21 octobre, il avait déjà fait état de retards « déplorables » dans l'organisation du scrutin, «qui ne respectent pas les normes internationales, ce qui entraînerait ensuite la contestation des résultats».


Guinée-bissau : Le Premier ministre accusé d’assassinat

2010-10-25

http://tinyurl.com/34qxxz6

Le richissime Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomis Junior dit ‘Cardogo’ est éclaboussé par un scandale politique qui risque de ternir son image. Il est accusé par des députés et autres membres influents du Parti africain de l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc - au pouvoir), dont il est le président, d’implication dans l’assassinat de deux de leurs collègues. Il s’agit notamment du célèbre député Helder Magno Proença et du major Baciro Dabo abattus, tous deux, dans la nuit du 4 au 5 juin 2009, à Bissau, dans des circonstances non encore élucidées.


Niger : la junte confirme avoir déjoué un coup d’Etat

2010-10-25

http://tinyurl.com/3xuscd3

La junte au pouvoir a confirmé le 21 octobre ce que les récents évènements avaient laissé à penser. L’arrestation récente de quatre hauts gradés était bien liée à une tentative de coup d’Etat. Elle a affirmé avoir écarté une tentative de putsch à la mi-octobre, tout en assurant que cela ne remettait pas en cause la transition vers un régime civil. Depuis le 8 octobre, quatre hauts gradés, dont le numéro deux de la junte le colonel Abdoulaye Badié, ont été mis aux arrêts. Ces arrestations avaient fait basculer le Niger dans l’incertitude, alors que le pays s’apprête à engager avec un référendum constitutionnel prévu le 31 octobre, un processus de transition censé aboutir à une élection présidentielle le 31 janvier 2011.





Corruption

Global : Un membre nigérian de la Fifa sous le coup d'une enquête

2010-10-25

http://tinyurl.com/2ea2omf

Les officiels nigérians du football ont réagi avec prudence, le 17 octobre, au rapport selon lequel le membre nigérian du comité exécutif de la FIFA, Amos Adamu, aurait exigé un pot de vin d'un montant de 800.000 dollars américains en contrepartie de son soutien à la candidature des Etats-Unis pour l'organisation de la Coupe du monde. Le rapport indique que la FIFA est en train de mener une enquête. Des journalistes qui se sont présentés comme des démarcheurs de sociétés américaines battant campagne pour le choix des Etats-Unis, l’ont filmé en train de demander de l'argent pour financer des projets. Un Tahitien membre du comité exécutif est aussi accusé des mêmes faits.


Maroc : Croisade contre les dérives du tourisme

2010-10-25

http://tinyurl.com/37d69f4

Prostitution, pédophilie, le Maroc est devenu une destination privilégiée pour le tourisme sexuel. Il se développe sur le terreau de la misère. Le gouvernement du royaume semble enfin vouloir combattre ce fléau. Principale destination touristique du Maroc (2 millions de visiteurs l'an dernier dont plus d'un million de Français), Marrakech, ses palais et son souk, attirent en effet une population qui n'a que faire de la splendeur du site : les touristes sexuels.





Développement

Afrique : Les effets de la fermeture de la frontière terrestre algéro-marocaine

2010-10-25

http://tinyurl.com/3y7mees

Voilà seize années que la frontière entre l’Algérie et le Maroc est fermée. Une fermeture contraire aux aspirations et au combat commun des deux peuples pour la liberté, dans lequel beaucoup ont payé de leur vie. Si cette fermeture semble passer à côté des préoccupations des décideurs politiques des deux pays voisins, n’est-il pas urgent de mettre fin à cette anomalie de l’histoire ? Les acteurs économiques marocains et algériens perdent tout simplement les opportunités de commerce et d’investissement annihilées par la fermeture de la frontière.


Congo : sur le chemin de l'autosuffisance alimentaire

2010-10-25

http://tinyurl.com/2v7e66n

La République du Congo pourrait obtenir la souveraineté alimentaire dans quatre années par le biais du lancement des réformes agricoles à travers le pays. Le gouvernement congolais a fait part d'une ferme volonté pour réaliser l'objectif ambitieux. Depuis son indépendance en 1960, le Congo a vu la baisse de l'apport du secteur agricole au produit intérieur brut (PIB), de 27% entre 1960 et 1970 jusqu'à près de 6% en 2004. Cependant, cette tendance pourrait être renversée alors que le gouvernement congolais a inauguré pas à pas des réformes agricoles…


Ghana : A l’heure de l’or noir

2010-10-25

http://tinyurl.com/2d7vzhy

La production pétrolière est censée débuter fin 2010 au Ghana. Pays le plus stable du golfe de Guinée, il peut, s’il surmonte la malédiction de l’or noir, devenir le centre économique voire politique de l’Afrique de l’ouest. Après des années de prospections, du pétrole en quantité commercialisable a été officiellement découvert en juin 2007. Le pays espère extraire 125 000 barils par jour et porter cette production à 250.000 bpj d’ici 2013, ce qui le placerait parmi les 50 principaux producteurs mondiaux.


Togo : une centrale thermique pour en finir avec les délestages

2010-10-25

http://tinyurl.com/32e9ckt

Fini le délestage ! C’est du moins la promesse qu’a émise le ministre togolais des mines et de l’énergie, Dammipi Noupokou, lors de l’inauguration, le 15 octobre, de la nouvelle centrale thermique d’une capacité de 100 MW. Le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, s’était également déplacé dans la zone portuaire de Lomé pour lancer l’un des six moteurs de marque Wärtsilä, capable de produire annuellement 780 GWh. Si le pari est gagné, la crise énergétique que connait le Togo depuis 2006 appartiendra au passé.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Urgence contre la pénurie de médecins

2010-10-25

http://tinyurl.com/39mznvf

L’Afrique manque cruel¬le¬ment de mé¬de¬cins. Selon l’Or¬ga¬ni¬sa¬tion Mon¬diale de la Santé (OMS), le conti¬nent to¬ta¬lise 22% des ma¬lades mon¬diaux pour seule¬ment 2% des per¬son¬nels soi¬gnants. Consé¬quence: au sud du Sa¬ha¬ra, 36 pays sur 46 souffrent d’une pé¬nu¬rie de per¬son¬nel de santé. Cette pé¬nu¬rie va de pair éga¬le¬ment avec une émi¬gra¬tion mas¬sive des per¬son¬nels de santé. Quelque 20 000 mé¬de¬cins et in¬fir¬miers quit¬te¬raient le conti¬nent chaque année en¬tra¬vant d’au¬tant plus le dé¬ve¬lop¬pe¬ment sa¬ni¬taire afri¬cain.


Cameroun : 372 décès de choléra depuis mai

2010-10-25

http://tinyurl.com/2w8kdom

Le choléra qui sévit dans le nord du Cameroun depuis mai a entraîné la mort de 372 personnes dans deux régions, selon un rapport du ministère camerounais de la Santé. Selon le rapport, "4.351 malades ont été déclarés guéris" depuis la détection du premier cas en mai et sont rentrés chez eux, tandis que 245 restaient hospitalisés mardi. Les autorités redoutent une propagation de la maladie dans le sud du pays, à cause notamment des mouvements de personnes liés à la rentrée scolaire.


Haïti: le choléra aurait déjà tué 135 personnes

2010-10-25

http://tinyurl.com/2bvjwag

Une épidémie de choléra a fait 135 morts ces derniers jours dans le nord d'Haïti, tandis que près de 1.500 personnes sont touchées par cette maladie, vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l'eau potable. Le nombre de morts pourrait être plus important, car certaines personnes seraient décédées à leur domicile dans la région de l'Artibonite et dans le centre d'Haïti, selon plusieurs sources médicales.


Rd Congo : 48 décès maternels enregistrés par jour

2010-10-25

http://tinyurl.com/25pvzeq

Le taux de mortalité maternelle est scandaleusement élevé en République démocratique du Congo. On enregistre 549 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes, soit 48 décès par jour. On note aussi 42 morts pour ce qui est de la mortalité néonatale par 100.000 naissances. Ces chiffres effrayants ont été donnés le 21 octobre dernier par le ministre de la Santé publique.


Sénégal : Des manques dans le dépistage du cancer du col de l’utérus

2010-10-25

http://tinyurl.com/36t8y28

Les spécialistes capables de détecter les lésions précancéreuses du col de l’utérus ne font pas légion au Sénégal. Ils sont en tout et pour tout moins de dix à pouvoir lire le frottis servico-vaginal dans tout le pays. Ce qui est très largement insuffisant au point que les frottis sont parfois envoyés en France pour leur lecture. ‘L’Organisation mondiale de la santé recommande un dépistage de masse pour lutter contre le cancer du col avec le frottis servico-vaginal, en dehors de l’éducation à la santé.





Éducation

Afrique : La formation des maîtres, un défi pour l’éducation

2010-10-25

http://www.afrik.com/article21088.html

Dans le monde, près de 800 millions d’adultes ne savent aujourd’hui ni lire ni écrire, selon l’ONU. Parmi eux, 153 millions d’Africains. Pour pallier à ce problème, les institutions de la francophonie investissent dans les domaines de l’éducation. L’IFADEM a pour objectif principal d’améliorer les compétences des instituteurs, prioritairement en poste dans des zones rurales, dans le domaine de l’enseignement du français. Une opération qui s’appuie sur un dispositif hybride associant formation traditionnelle et utilisation des nouvelles technologies, dans les quatre pays retenus pour une première expérimentation : le Bénin, le Burundi, Haïti et Madagascar.


Bénin : Scolarité gratuite pour des filles

2010-10-25

http://tinyurl.com/2vuxevd

Les filles des classes de 6ème et de 5ème des lycées et collèges publics du Bénin ne paieront plus de frais de scolarité, a annoncé, le 20 octobre, le président béninois, Yayi Boni. Cette mesure entre dans le cadre de la gratuité progressive de l'enseignement public et s'étendra dès la rentrée prochaine aux filles des classes de 4ème et 3ème, puis, les années suivantes, à tout le secondaire et sans distinction de sexe. Le président Yayi Boni a indiqué qu'une étude était en cours qui permettra de prendre les dispositions idoines pour une généralisation de la mesure.


Gambie : introduction des langues nationales dans les écoles

2010-10-25

http://tinyurl.com/2wehf54

Le secrétaire permanent du ministère gambien de l'Education primaire et secondaire, a lancé le 18 octobre un groupe de travail d'enseignement et d'apprentissage des langues nationales pour mener à bien l'introduction des langues nationales dans les écoles primaires du pays. L'enseignement et l'apprentissage des langues nationales débutera lors de la prochaine année scolaire 2011-2012. Le devoir du comité de groupe de travail est d'examiner et de réviser les orthographes existantes des cinq langues afin qu'elles reflètent la façon dont elles sont parlées et utilisées dans le pays.





LGBTI

Rd Congo : Sur la voie de la criminalisation de l'homosexualité ?

2010-10-25

http://tinyurl.com/23xxbjm

Le député évêque Ejiba Yamapia n’y va pas par quatre chemins pour justifier son projet de loi criminalisant les « pratiques sexuelles contre-nature ». Selon lui, «les règles morales nous renseignent que l’homosexualité (lesbianisme), la zoophilie constituent une dépravation des mœurs qualifiées d’abomination, références faites à la bible et autres écrits. […] Cette loi a le mérite de contribuer au redressement des mœurs, à la protection de la famille et à la sauvegarde de l’identité culturelle » de la Rdc. Le projet de loi indique, entre autres, que les relations entre personnes de même sexe consentantes seront passibles de cinq ans de prison et d’une amende de 500 000 francs congolais. Toute activité associative tournée vers les gays et lesbiennes sera aussi interdite et pénalisée. Ce qui laisse craindre le pire en termes de lutte contre le VIH/sida...





Environnement

Bénin : 680 000 personnes touchées par les inondations

2010-10-25

http://tinyurl.com/28vdz89

Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a estimé el 22 octobre à 680 000 le nombre de personnes affectées par les inondations qui touchent le Bénin depuis début octobre. Le HCR s'apprête à lancer un pont aérien pour distribuer de l'aide. Le dernier bilan de l'ONU faisait état, le 18 octobre, de 43 morts et 358 621 personnes concernées. Les inondations ont été aggravées par la manifestation de crues des fleuves Niger, Ouémé et de leur affluents.


Sénégal : 2,624 milliards de l’UE contre les érosions côtières

2010-10-25

http://tinyurl.com/2ehawb3

L’Union européenne vient d’accorder un financement de 2,624 milliards de FCFA au Sénégal destiné au projet de gestion intégrée des zones côtières. Ce financement va notamment permettre de renforcer la lutte contre l’érosion côtière qui reste une importante priorité pour le gouvernement sénégalais. Selon le ministre de l’Economie et des Finances, il s’agit d’un financement qui contribuera à la mise en oeuvre de priorités nationales reconnues à travers le plan national d’adaptation qui désigne les zones côtières, comme zones vulnérables.





Média & liberté d'expression

Algérie : une ouverture de la télévision publique en trompe-l’œil

2010-10-25

http://www.afrik.com/article21066.html

La télévision publique algérienne s’est mise soudainement, depuis début octobre, à traiter des sujets jusque-là proscrits (commémoration du 5 octobre, les familles de disparus, etc). Le président Bouteflika aurait adressé une « instruction ferme » aux responsables de la télévision pour que soient abordées les « préoccupations de la population », selon la presse algérienne. Les partis d’opposition, syndicats autonomes et autres associations n’auront cependant pas droit à l’antenne. L’ouverture a donc vite montré ses limites.


Ouganda: la radio du Buganda reprend ses émissions

2010-10-25

http://tinyurl.com/2d6hwyz

"CBS repart. La radio ougandaise avait été fermée le 10 septembre 2009, quand des partisans du Kabaka, le roi du Buganda, ont été à l'origine d'émeutes à Kampala contre la décision du gouvernement de restreindre les mouvements du Kabaka à l'intérieur du royaume. Au moins 27 personnes ont été tuées lors de ces émeutes. Plusieurs ministres avaient accusé CBS d'encourager les partisans du Kabaka, soutiens du royaume, à mener des attaques contre le peuple Ankole, l'ethnie du président ougandais Yoweri Museveni et de beaucoup de responsables politiques.





Conflits & urgences

Somalie : L'UA demande à l'ONU un blocus aérien et naval

2010-10-25

http://tinyurl.com/36nd8w4

L'Union africaine (UA) a demandé le 21 octobre aux Nations unies de soutenir un blocus naval et aérien de la Somalie ainsi qu'une augmentation à 20.000 hommes des forces internationales dans ce pays ravagé par la violence. Le blocus permettrait d'empêcher les armes de parvenir au groupes insurgés, menés par les islamistes shebab affiliés à Al-Qaïda, qui s'en prennent au gouvernement somalien de transition, a souligné le commissaire pour la paix et la sécurité de l'Union africaine (UA). Le fragile gouvernement en place ne contrôle que quelques rues de Mogadiscio, ville où les insurgés shebab mènent des attaques depuis mai 2009 pour renverser l'administration.


Soudan : L’UA aidera à la lutte contre la LRA

2010-10-25

http://tinyurl.com/28cvf4h

L’Union africaine va s’impliquer dans la mise sur pied d’une force régionale qui sera composée de soldats ougandais, soudanais, centrafricains et congolais, pour mèner des opérations transfrontalières pour venir à bout des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui sévissent dans le triangle Sud-Soudan, République centrafricaine et RD Congo. La LRA a élargi ses opérations au-delà des frontières ougandaises à partir de 1987. Lors des deux dernières années seulement, le groupe a été accusé du massacre de 2 000 personnes, l’enlèvement de 2 600 autres dans des attaques qui impliquent souvent des enfants soldats.


Tchad : des mouvements rebelles assurent continuer la lutte armée

2010-10-25

http://tinyurl.com/3979a4f

Deux mouvements rebelles tchadiens qui appartenaient à la coalition de l’Union des forces de la résistance (UFR) ont affirmé le 22 octobre "poursuivre la lutte armée", après une déclaration contraire d’un porte-parole de l’UFR. Il s’agit du du Front pour le salut de la République (FSR) et de l’Union des Forces pour le changement et la démocratie (UFCD). En mai, des dissensions au sein de l'UFR, créée en janvier 2009 et considérée alors comme la plus importante coalition rebelle, avaient conduit à la création d'une autre coalition, l'Alliance nationale pour le changement démocratique (ANCD).





Internet & technologie

Somalie: les shebab interdisent les transferts d'argent par téléphone

2010-10-25

http://tinyurl.com/3a3zxl2

Les insurgés islamistes shebab ont interdit les transferts d'argent par téléphone portable dans tous les territoires sous leur contrôle en Somalie, indique un communiqué officiel de ce mouvement publié le 18 octobre. « Les compagnies de téléphonie mobile Telesom, Golis et Hormund qui ont jusqu'à présent développé ce service dans le pays doivent y mettre fin », ordonne le mouvement. Il n'existe pas de système bancaire classique en état de fonctionnement en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, où les habitants utilisent en majorité le système de la hawala (système informel d'envois de fonds) pour leurs transferts d'argent.





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