Cette édition
Pambazuka News 165: Leçons chinoises pour l'Afrique
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. LGBTI, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Média & liberté d'expression, 16. Nouvelles de la diaspora, 17. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUES : La Chine, quelques valeurs paramétriques du développement économique : leçon pour l’Afrique.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Intégration ou fédération ? Le chemin vers une unité politique africaine.
ARTS & LIVRES : Global : La Guinée équatoriale défend le Prix Obiang.
FEMMES & GENRE : Ne pas ignorer les femmes armées
DROITS HUMAINS : Bénin : 20 ans de prison pour le pilote du crash de Cotonou.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Afrique du Sud : Dupés, des émigrés ougandais dorment à la belle étoile.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Le Burundi retire sa reconnaissance à la RASD.
CORRUPTION : Kenya : Démission du ministre des Affaires étrangères.
DEVELOPPEMENT : Afrique du Sud : Standard Bank limoge 2000 employés.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Echec dans l’accès aux médicaments essentiels.
EDUCATION : Algérie : La qualité de l’enseignement embarasse.
LGBTI : RD Congo : Une proposition de loi sur l’homosexualité divise.
RACISME & XÉNOPHOBIE : Gabon : Des Européens expulsés pour racisme envers des Noirs
ENVIRONNEMENT : Afrique : Le Lac Tchad menacé par la sécheresse.
TERRES & DROITS FONCIERS : Afrique : le droit coutumier empêche l’accès des femmes à la terre.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Maroc : Suspension des activités du bureau d’Al Jazira.
NOUVELLES DE LA DIASPORA :Global : Un Noir maire, une première en Europe de l’Est
CONFLITS & URGENCES : Centrafrique : 21 agents recenseurs enlevés par la CPJP.
Chroniques
La Chine, quelques valeurs paramétriques du développement économique : leçon pour l’Afrique
Dr Boubacar D. Badiane
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/68326
Plus de 30 années de réformes structurelles sous le signe de sa « spécificité culturelle » ont permis à la République Populaire de Chine (RPC) d’enregistrer d’impressionnants résultats en matière de développement économique et de mettre sur pied une économie très concurrentielle en ce début du XXIème siècle. Sans nul doute, la Chine occupe des positions sans cesse gratifiantes sur l’échiquier économique mondial.
Déjà en 2008, la Chine se taillait la 2e part du produit brut mondial (11,4%) et, depuis fin 2009, caracole à la 2e place du classement des pays plus grands exportateurs de biens manufacturés et de services (8,0%). Cette Chine, tout en déployant des efforts substantiels en vue d’éradiquer l’extrême pauvreté, se donne d’ailleurs comme objectif incompressible de jeter les bases d’une société dite de « bien-être minimal », siaokan shehuei. L’exemple chinois paraît bien saisissant et suscite de l’espoir pour bon nombre de pays en développement. Sous ce rapport, une étude attentive de l’expérience chinoise semble s’imposer aux dirigeants africains en quête de meilleures sources d’inspiration pour trouver et chevaucher la monture qui les mènera tout droit à la réalisation des objectifs du développement économique et social du continent.
La Chine qui s’active, avec un enthousiasme sans précédent, à trouver les moyens de pouvoir faire face aux défis cruciaux du développement durable, tire, bon an mal an, son épingle du jeu, à somme nulle des relations internationales (le vainqueur rafle tout au détriment du vaincu), rendu plus complexe par les vicissitudes de la globalisation économique et financière. Aujourd’hui, mieux que quiconque, elle a large accès au marché international des matières premières, de capitaux et de technologie.
Le débat toujours en route sur le retard économique catastrophique de l’Afrique accorde à cette réflexion, axée sur les éventuelles implications du « fracassant » réveil chinois sur l’évolution du monde moderne, toute son actualité et sa pertinence. Par ailleurs, la consistance paramétrique de l’essor économique de la Chine nous renseigne, au plus, sur les méthodes, le contenu et la valeur pratique des réformes économiques conduites en République populaire de Chine (RPC) par une génération de leaders charismatiques.
S’attaquant, non sans succès, aux causes profondes de leur retard économique, scientifique et technologique, les Chinois montrent, avec une conscience visiblement bien futée, aux autres peuples du monde en mal de développement, le chemin bien balisé de la construction économique. Aujourd’hui, il n’est nullement besoin d’emprunter à un quelconque économiste-développementaliste ses lunettes pour voir et se rendre à l’évidence du boum économique et du bien-être social tangibles en Chine.
Jusqu'à la fin des années 70, la Chine présentait pour autant des signes évidents d’un pays sous-développé. En plus du marasme économique et du capharnaüm politique hérités de l’ère coloniale, qui ne lui a laissé ni équipements ni infrastructures modernes, la Chine semblait condamnée à un destin tragique estampillé du sceau des crises sanitaire, alimentaire, hydrique, environnementale, énergétique, etc.
Il a donc fallu l’audace, l’intelligence et le réflexe visionnaire d’un homme à poigne : Deng Xiaoping. Arrivé au pouvoir à la faveur du 3ème Plénum du 11ème Comité Central du Parti Communiste Chinois (CCPPC) de décembre 1978, « l’architecte des réformes », tel qu’on le surnommait, a su très vite faire déplacer le centre de gravité du travail de l’État et du Parti vers les sentiers escarpés de la construction économique de son pays. C’est qu’avec l’éviction de la scène politique de l’extrême gauche communiste, le pouvoir s’est vu précipité dans les mains de réformateurs pragmatiques, avec à leur tête Deng, qui en avaient profité pour donner un coup de fouet à la réalisation des « quatre modernisations » (modernisation de l’industrie, de l’agriculture, de la science et de la défense) arrêtées lors du 3ème Plénum, cité plus haut.
Considéré comme un véritable « turning point » des réformes systémiques, ce plénum a permis cependant le fléchissement graduel de la RPC vers l’économie de marché et l’ouverture au reste du monde. Il s’agit en quelque sorte de la rampe de lancement qui a servi à propulser la Chine vers l’orbite de son émergence économique, de sa stabilité politique et de son rayonnement culturel actuels.
Les bouleversements profonds qui avaient cours à la fin des années 1970, relativement à la vie politique et socio-économique de la Chine, ont eu partout dans le monde une résonnance à la dimension de leur portée. Ainsi, en 1994, l’OCDE avait rendu public un recueil de publications consacré aux réformes économiques en Chine. La question de savoir comment la Chine est parvenue à un tel succès avait intéressé d’éminents économistes et tous s’étaient accordés sur un constat : l’efficacité de la réforme est à chercher aussi bien dans le caractère progressif et graduel de la méthode qui y avait été consacrée que dans la logique de pragmatisme qui la sous-tendait. Conçu dans les décennies 1980 et 90, le modèle chinois est, au fait, la résultante d’une interaction féconde entre une tactique gradualiste, nous l’avons dit, et une pratique potentiellement radicale de réformes et de modernisation économique.
L’une des particularités essentielles de cette réforme, hormis sa circonspection, se trouve être sa mesurabilité, qui suppose avant tout le passage progressif d’une étape simple à une autre encore plus complexe et suivant un plan normé de 10, 15, 30, 50 ans voire plus. Un autre signe distinctif de la méthode chinoise est que chaque projet de réforme est d’abord minutieusement réalisé sur des échantillons plus ou moins réduits, à l’échelle d’entreprise (d’un secteur économique précis), dans une localité-pilote ; sur la base de résultats concluants, il est ensuite étendu sur l’ensemble du pays. L’avantage d’une telle pratique est qu’elle permet d’éviter des erreurs et des dépenses exorbitantes liées aux expérimentations répétées et infructueuses et surtout de générer des économies de temps nécessaire pour la réalisation d’autres nœuds de croissance économique.
En dépit des résultats encourageants qu’elle a permis d’enregistrer et des espoirs qu’elle suscite en perspective, la méthode évolutive et graduelle n’est pas sans écueils : le remplacement d’anciens paradigmes par de nouvelles structures institutionnelles est un processus long et périlleux qui fait souvent place à de nombreuses lacunes et disfonctionnements. Par exemple, à la phase préliminaire de la libéralisation économique, on assiste à des cas multiples de pratiques de corruption favorisées, en général, par une administration lourde, pléthorique et tentaculaire. Autre reproche fait à cette méthode, c’est notamment son incapacité à contenir le tout dirigisme et l’interventionnisme de l’État qui se manifestent par sa monopolisation de l’activité économique nationale, l’accentuation de la fracture sociale (différenciation entre riches et pauvres), la dégradation obsessionnelle de l’écosystème due à une surexploitation des ressources naturelles, entre autres.
Malgré tout, la Chine continue d’augurer, pour elle, des lendemains radieux, et ce au moment où dans certaines parties du monde les espoirs de développement sont torpillés pour manque de cohérence et de pertinence des politiques économiques et sociales.
Conduite selon les principes néolibéraux du Consensus de Washington, la réforme économique en Amérique Latine et en Afrique avait été encouragée par les institutions de Breton Woods. Cette réforme, connue sous le nom de code de Programme d’ajustement structurel (PAS), avait pour objectif d’imposer aux États concernés une certaine rigueur et discipline budgétaire. Conçu et administré très loin du sol africain, à Washington DC, par les experts de la Banque mondiale (BM) et du Fonds Monétaire International (FMI), le PAS était censé faire sortir de l’ornière les économies africaines tout en permettant aux pays concernés d’éviter le gouffre économique auquel ils étaient voués au milieu des années 80. Au fait, l’esprit et la lettre de ce programme rimaient avec la réforme du secteur privé, au désengagement de l’État et à la privatisation d’entreprises publiques, à la libéralisation du secteur financier, etc. L’ère nouvelle de gouvernance s’était alors accrochée à la sacro-sainte formule «moins d’État et mieux d’État».
La libéralisation économique préconisée dans le cadre du PAS visait, d’une part, à assurer une plus grande mobilité des ressources et, d’autre part, à renforcer la compétitivité des économies africaines grâce à un attrait massif de capitaux étrangers. Toutefois, pour n’avoir pas su assimiler certaines réalités spécifiques africaines, son application concrète sur le terrain s’est soldée par un échec relatif qui a, toute de même, accentué la décrépitude du lambeau économique et social africain et précipité la marginalisation du continent des tendances évolutives de l’économie mondiale portées par la globalisation…
Aussi, la vague de privatisations avait-elle engendré une dérégulation préjudiciable, surtout au plan social, des économies concernées et entraîné une hausse conséquente du chômage chronique en Afrique. Ensuite, l’annulation des subventions en faveur d’entreprises publiques et la réduction consécutive du financement par l’État des secteurs sensibles de l’éducation et de la santé - pour résorber le déficit budgétaire persistant - ont eu pour conséquence d’aggraver la situation sociale dans ces pays.
Ailleurs, l’exemple des « dragons asiatiques » et plus prosaïquement du plus impressionnant d’entre eux, de la Chine, nous rassure que le rattrapage économique est, sous certaines conditions, possible…
Le modèle chinois de développement économique tient principalement son essence du «Consensus de Pékin» qui met un accent appuyé sur le développement durable et équilibré et garantit le choix propre de ses politiques économiques et sociales. A la différence du « Consensus de Washington », l’approche pékinoise propose de nouvelles idées et pratiques du développement aptes à répondre aux défis globaux du XXIème siècle.
Dans la plupart des pays d’Afrique, la priorité de l’action gouvernementale est jusqu’à ce jour arrimée à la lutte contre la faim et la pauvreté, l’alpha et l’oméga de la courroie de transmission (et d’explosion) de conflits en tous genres. Dès lors, il paraît hâtif et mal pensé de soumettre ces pays à des réformes ultralibérales, tant les conditions y afférentes étaient loin d’être réunies. La primauté du droit, l’émergence d’une classe moyenne, la généralisation de l’éducation pour tous, sont autant de facteurs essentiels qui manquent drastiquement à la base d’une société africaine émergente. Les échecs répétés des différentes politiques de développement (surtout d’inspiration occidentale) expérimentées ça et là en Afrique confortent l’attractivité du modèle chinois.
Ce modèle, qui présente des avantages spécifiques palpables, ne manque certainement pas d’arguments convaincants face aux problèmes complexes du monde moderne. Toutefois, notons-le, il est hors de question de le « copier » intégralement et aveuglément ; et ce, quel que soit son succès réel en RPC, pays dont les traditions et autres caractéristiques socioculturelles sont bien différentes de celles de l’Afrique. Sans en changer l’esprit ni l’étiquette, ce modèle, il faudra l’étudier soigneusement afin d’en détecter les forces et les faiblesses, jauger la valeur pratique, avant de l’adapter aux réalités culturelles, morales et éthiques, économiques et sociales de l’Afrique.
Les résultats spectaculaires réalisés ces dernières années par la Chine doivent aider à créer, chez nous, Africains, le tilt nécessaire à éveiller nos consciences au sujet du dragon rugissant du XXIème siècle et de ses méthodes économiques. Une étude intéressée du modèle chinois aura, au moins, permis, aux dirigeants africains, d’avoir un référentiel fiable pour la définition et la planification d’axes prioritaires de développement équilibré qui puisse autoriser une prise en charge normale des préoccupations des populations africaines, aujourd’hui estimées à un milliard de personnes.
Ainsi, se fondant sur les aspects positifs du modèle chinois, il semble surtout indiqué d’articuler le travail de construction économique et sociale en Afrique sur les « basiques » que sont:
- La consolidation de la stabilité politique et le renforcement de la puissance publique et de son rôle dans la conduite de réformes structurelles et la redistribution des richesses ;
-La création/restructuration d’entreprises publiques et privées appelées à jouer le rôle de véritable fer de lance de l’économie nationale ;
- L’informatisation de la production et le développement des infrastructures de services;
- L’attrait d’investissements directs étrangers (IDE) et de nouvelles technologies par la création de zones économiques spéciales, zones franches et technopoles industriels;
- La diversification et l’augmentation du volume d’exportation des biens et services et d’importation de biens d’équipements ;
- L’incitation à la consommation grâce à une politique sociale adéquate orientée vers l’augmentation des dépenses publiques en faveur de la création d’infrastructures sociales ;
- Le renforcement du processus d’intégration régionale en vue de l’unification et de l’élargissement de la taille du marché sous-régional et régional ;
- La formation d’une main-d’œuvre polyvalente, disciplinée et qualifiée ;
- La création d’un environnement des affaires attractif et respectueux des équilibres écologique et social;
- L’urbanisation, la réforme du système foncier et la promotion du développement équilibré de toutes les régions, etc.
Le développement ; c’est avant tout, une affaire de volonté, de vision et de vertu !
Dr Boubacar D. Badiane
Madagascar: Déséquilibre et confusion des pouvoirs dans le projet de constitution
Justine Rajanita.
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/68310
Montesquieu disait dans son livre « L’Esprit des lois », publié en 1748 : « Tout serait perdu si le même homme, ou le même corps des principaux ou nobles ou du peuple exercent les trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques et celui de juger les crimes » Tous les juristes du monde savent qu’il est question ici d’indépendance et de séparation des pouvoirs qui constituent les principales garanties des libertés publiques dans un Etat de droit.
En consultant ce projet de Constitution HAT (Haute Autorité de Transition)- CCC (Comité consultatif constitutionnel), j’ai fait quelques remarques concernant le déséquilibre des pouvoirs, d’une part, et la confusion des pouvoirs, d’autre part qui ne peuvent qu’entraîner le pays vers le chaos et la dictature une fois de plus.
I - DESEQUILIBRE DES POUVOIRS : «RÉGIME PRESIDENTIALISTE»
Cette Constitution n’est que la copie conforme de celle qui est en vigueur actuellement en ce qui concerne les pouvoirs octroyés à un seul individu, à savoir les pouvoirs du président de la République qui n’ont d’égal que les pouvoirs d’un monarque absolu. De tel état de chose a été toujours à l’origine des différentes dérives et d’abus de toutes sortes chez nous à Madagascar. On peut voir tout cela de l’article 55 jusqu’à l’article 61 de ce projet.
Mais à travers les autres articles de ce projet, on peut toujours rencontrer d’autres mesures qui illustrent ces pouvoirs exorbitants du Président de la République.
Aux termes de l’article-55, il est précisé que le président de la République détermine la politique générale de l’Etat en tant que chef de l’Etat, et il nomme aussi aux hauts-emplois de l’Etat (notamment les hauts fonctionnaires, les hauts magistrats, les hauts militaires, les Ambassadeurs), et il dispose du droit de grâce.
Mais ce qui choque le plus les adeptes de la bonne gouvernance des choses publiques (comme par le passé) c’est l’article 55 alinéa 8 qui précise que « le président de la République dispose des organes de contrôle de l’Administration ». Ainsi le Président de la République est juge et partie, car il est le chef de l’Etat et aussi chef de l’Exécutif en matière d’exécution et de contrôle des finances publiques. Avec ce genre de dispositions, tous les présidents de la République qui se sont succédés à Madagascar ont font beaucoup de dégâts au niveau l’argent public. Ce qui justifie la précarité actuelle des 90 % des Malagasy. Donc avec un tel projet de Constitution, gageons qu’une fois encore l’argent public sera toujours mal géré comme dans le passé par le président de la République et ses cliques au pouvoir. En tant qu’ordonnateur principal des dépenses publiques, le Président de la République sera partie, et tant que chef des contrôleurs de l’Administration, il sera juge.
L’autre contradiction de ce projet, sinon l’aberration incompréhensible, c’est que le président de la République dispose des pouvoirs énormes : aux termes de l’article 60, il peut même dissoudre l’Assemblée Nationale, après information auprès du Premier ministre et consultation des présidents des Assemblées (sic), alors que l’Assemblée Nationale ne peut pas le contrôler ni par une motion de censure, ni par une question de confiance, même pas par une simple question écrite.
En effet, aux termes de l’article 94, le message éventuel adressé par le président de la République ne doit donner lieu à une discussion ou débat quelconque au sein de cette Assemblée Nationale. Selon l’article-61 de ce projet aussi, le président de la République peut proclamer la situation d’exception, à savoir l’état d’urgence, l’état de nécessité ou la loi martiale lorsqu’il estime que « les Institutions de la République, l’indépendance de la Nation, son unité ou l’intégrité de son territoire sont menacés et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics se trouvent compromis ». Et la proclamation de telles situations d’exception octroie au président de la République des pouvoirs spéciaux, notamment la possibilité pour lui de légiférer par voie d’ordonnance.
Avec les pouvoirs exorbitants octroyés au président de la République aussi, on peut dire que l’indépendance de la Justice constitue le dernier souci des rédacteurs de ce projet. En effet lors du projet initial, c’était le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) présidé par le magistrat membre le plus gradé, qui est garant de l’indépendance de la justice. On avait modifié cela (comme pour signifier que la Justice doit toujours être soumise au Chef de l’Etat) pour préciser, selon l’article 107, que « le président de la République est le garant de l’indépendance de la Justice. »
L’article 112 met en place également une « Inspection Générale de la Justice qui sera rattachée au président de la République ; l’article 114 fixe que les 3/4 des membres de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) seront désignés par le Président de la République (3 sur les 9). Selon l’article 105 de ce projet également le Conseil économique, social et culturel doit aussi adresser son rapport au Président de la République. L’article 129 précise que la Cour suprême doit adresser un rapport annuel de ses activités au Président de la République.
Le président de la République aura-il le temps de s’occuper de tout, cela et de prêter l’attention qu’il faut à ces rapports qui fusent de toute part ?
Avec tous ces pouvoirs déjà très étendus, les rédacteurs de ce projet trouvent encore important de mentionner à l’article 131 que «le président de la République n’est responsable des actes accomplis liés à l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison, de violations graves ou répétées de la Constitution, de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat.»
Les relations internationales et la diplomatie constituent toujours le domaine réservé du président de la République. En effet, selon l’article 57 de ce projet « le président de la République accrédite et rappelle les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires de la République auprès des autres Etats et des organisations Internationales. Il reçoit les lettres de créance et rappelle des représentants des Etats et des organisations Internationales reconnus par la République de Madagascar. L’article 137 précise qu’il exerce seul la négociation et la ratification des traités internationaux.
Et je me demande à quoi servent les dispositions de l’alinéa-5 de cet article 137 sinon à être adressées directement au Président Marc Ravalomanana et à la SADC : « Tout traité d’appartenance de Madagascar à une organisation d’intégration régionale doit être soumise à une consultation populaire par voie référendaire. » Soumettre à une consultation populaire l’éventuelle intégration régionale de notre pays constitue pour moi une aberration.
L’article 162 donne au Président de la République la faculté de réviser la Constitution par voie référendaire. Face à tous ces pouvoirs de monarque absolu octroyés au président de la République, les autres organes ne sont que de simples figurants : à commencer par le pauvre Premier ministre qui sera tout simplement le dindon de la farce. Il est clair avec ce projet de Constitution, Madagascar va renforcer sa place au sein des pouvoirs dictatoriaux africains avec le « régime présidentialiste » qui qualifie toujours ceux-ci très loin du régime démocratique présidentiel des américains, mais aussi à des années lumières du régime parlementaire des européens.
II - INCOHERENCE ET CONFUSION GRAVES DES POUVOIRS : « UN FAUX REGIME PARLEMENTAIRE »
Selon l’article 54 de ce projet, le président de la République nomme le Premier ministre présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée Nationale. Et dans l’alinéa-2 de cet article, il est précisé aussi qu’il (le président) met fin aux fonctions du Premier ministre soit sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement, soit en cas de faute grave ou de défaillance manifeste.
Cet alinéa 2 de l’article 54 entraîne aussi un certain nombre de questions : et si le Premier ministre ne présente pas la démission, et en cas de « fautes graves ou défaillances manifestes » qui va constater celles là ? Le projet est muet sur ces questions, aussi faut-il attendre une éventuelle jurisprudence de la HCC, donc après l’existence d’une nouvelle crise politico-juridique, pour avoir une réponse claire et précise.
Une autre hypothèse, loin d’être une hypothèse d’école, risque de se poser aussi : Si le parti majoritaire ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée Nationale vient de l’Opposition (suite à une nouvelle élection législative par exemple), on risque d’assister à un autre genre de bras de fer à la française (entre le président de la République et le Premier ministre) c’est-à-dire la Cohabitation avec toutes les conséquences néfastes et les différents blocages possibles et imaginales que tout cela engendrerait.
Dans les pays démocratiques, le véritable régime parlementaire est caractérisé par trois éléments fondamentaux à savoir :
- Un chef de l’Etat qui préside et qui a plutôt un pouvoir symbolique d’unité nationale (donc qui peut dissoudre l’Assemblée en tant que besoin)
- Un Premier Ministre, issu de la majorité parlementaire, qui gouverne, et qui détermine la politique générale à suivre avec le Gouvernement qu’il compose souverainement.
-La possibilité de d’engager la responsabilité de ce Gouvernement devant l’Assemblée Nationale par des procédures spécifiques telles que la motion de censure, la question de confiance l’interpellation ou les enquêtes parlementaires.
Dans ce nouveau projet de Constitution, c’est la confusion totale : un président de la République avec tous les pouvoirs dévolus à l’Exécutif, mais qui est pratiquement Intouchable car irresponsable devant l’Assemblée Nationale - même son message ne doit pas donner lieu à un débat. Et un Premier ministre qui gouverne, mais qui est pratiquement très vulnérable, car il est toujours sous pression entre le marteau (le président de la République) et l’enclume (les parlementaires dont il est issu).
Même si les mécanismes d’un régime parlementaire sont présents dans ce projet de Constitution, on peut dire que ce ne sont que des trompe-l’œil, car ceux–ci ne fonctionnent pas comme il faut ; c’est du faux parlementarisme.
Entre ces confusions graves, les Magistrats de la HCC vont tirer leur épingle du jeu. En effet, l’article 49 précise que la HCC constate les incompatibilités qu’aurait commises le président de la République, particulièrement en exerçant des activités au sein d’un parti politique et « en exerçant des responsabilités au sein d’une institution religieuse » (sic).
Là encore, manifestement on constate que cette Constitution, sensée être une disposition impersonnelle, s’adresse à une personnalité politique particulière à savoir le président Marc Ravalomanana. Le dernier alinéa de cet article-49 précise que la violation de telle disposition constatée par la HCC entraîne l’empêchement définitif du président de la République. Donc, une sanction très sévère. Mais paradoxalement, ce projet ne parle pas du tout d’une éventuelle violation de l’article 48 qui est, à mon humble avis, beaucoup plus grave qu’un exercice d’activités au sein d’une institution religieuse. Car il s’agit d’un parjure c’est-à-dire violation de son serment.
En effet, cet article 48 précise qu’avant son entrée en fonction, le président de la République, en audience solennelle devant la HCC, devant la Nation, et en présence du gouvernement, de l’Assemblée Nationale, du Sénat et de la Cour Suprême, prête serment (…) Ce serment admet la présence de Dieu (Andriamanitra Andriananahary) dans les affaires politiques. Ne serait-ce déjà une contradiction ? Car l’article 1 précise que l’Etat est laïc.
Il est ici question du respect de la Constitution dans cet article, mais elle ne prévoit pas tout de suite les sanctions en cas d’éventuelles violations. Pourtant les activités au sein d’une institution religieuse sont sévèrement réprimées : l’empêchement définitif.
Il faut aussi mentionner la nouveauté apportée par ce projet : le fait que désormais le président de la HCC n’est plus désigné par le président de la République, mais élu par et parmi les 9 membres de cette Haute Juridiction (art.114 alinéa-3).
Pour terminer, il faudrait souligner aussi que l’article 120 illustre le pouvoir important de la HCC. En effet, selon cet article « les arrêts et décisions de la HCC ne sont susceptibles d’aucun recours et ils s’imposent à tous les pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives et juridicationnelles.»
Constitution ou loi sur la décentralisation ?
Enfin en lisant les articles 139 et suivants, jusqu’à l’article 160, on a l’impression qu’on lit plutôt une loi, mais pas une Constitution, une Loi sur les collectivités décentralisées, à savoir : des dispositions sur les Communes, les Régions et les Provinces. (Titre V de ce projet)
Et dans les dispositions transitoires, on constate tout de suite que cette Constitution est loin d’être impersonnelle (caractère fondamental de toutes dispositions législatives dans un Etat de Droit). En effet, dans l’article166 alinéa 4 Il est mentionné que jusqu’à l’investiture du nouveau président de la République, l’actuel président de la Haute Autorité de la Transition continue d’exercer les fonctions de chef de l’Etat. Déjà dans la version première de ce projet, il était même question de mentionner expressément le nom de M. Andry Nirina Rajoelina.
CONCLUSION
Ce projet de Constitution constitue, en fait, l’illustration des crises politiques de 2009 qui opposent le président Ravalomanana Marc et son tombeur par un coup d’Etat militaro-civil, M. Andry Nirina Rajoelina. Donc, force est de constater que de toutes les observations ci-dessus, on peut dire que ce projet de Constitution se soucie peu des véritables intérêts et aspirations profondes du peuple malagasy dans son ensemble, mais institue un verrouillage systématique des pouvoirs au profit des putschistes dirigés par les militaires malagasy et M. Andry Rajoelina qui s’apprêtent à rester au pouvoir de FACTO, et à continuer à perpétrer les dérives de leurs prédécesseurs successifs (en préparant eux-mêmes des simulacres d’élections) pendant leur IVème République bananière.
* Justine Rajanita est juriste
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Côte d’Ivoire: Quelques repères sur l’élection présidentielle
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/68304
Côte d’Ivoire : Quelques repères sur l’élection présidentielle
La première élection présidentielle en Côte d’Ivoire depuis 2000, organisée le 31 octobre 2010, est un rendez-vous crucial. Dans un pays ravagé par un conflit politico-militaire qui avait aboutit à une partition entre le nord et le sud depuis 2002, ces consultations s’avèrent cruciales. Il s’agit d’une étape charnière pour tourner définitivement la page de la guerre ou voir ce pays encore sombrer dans des conflits fratricides. Election sur un tour ou nécessité d’aller au deuxième tour, Pambazuka News vous livre des élements pour suivre ce scrutin.
- Plus de 5,7 millions d’Ivoiriens sont inscrits sur les listes électorales pour voter dans 20 073 bureaux de vote répartis dans 10 179 lieux de vote à travers le pays. Quelques 66 000 agents sont chargés de faire fonctionner les bureaux de vote.
- Pour renforcer la sécurité pendant les élections, le Conseil de sécurité a autorisé, le 29 septembre 2010, le déploiement de 500 casques bleus supplémentaires, dans le but d’augmenter les effectifs militaires et de police de l’ONUCI de 8 650 à 9 150 personnels. Cette augmentation temporaire, pour une période de 6 mois maximum, du nombre de troupes déployées en Côte d’Ivoire devrait permettre de renforcer la ca¬pa¬ci¬té de l’ONUCI de contribuer aux dispositifs de sécurité lors des élections, dont la responsabilité incombe au premier chef aux forces de sécurité ivoiriennes. A cet effet, 200 soldats sénégalais et 150 soldats togolais sont sur le terrain. Des unités de police constituées doivent également être déployées.
- Conformément à son mandat, le Représentant spécial du Secrétaire général (RSSG) a certifié explicitement la liste électorale comptant 5 725 720 électeurs, le 24 septembre 2010. Lors de la dernière élection présidentielle en l’an 2000, alors que la liste électorale comptait 5,5 millions d’électeurs inscrits, la participation au scrutin a été faible, ne dépassant pas un taux de 37, 4 pour cent.
- Des observateurs internationaux de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de l’Organisation Internationale de la Francophonie, du Japon et du Centre Carter vont participer à l’observation du processus électoral.
- L’élection présidentielle ivoirienne a été reportée à six reprises depuis l’an 2000. Cette élection sera la première depuis l’éclatement du conflit ivoirien qui a séparé le pays en 2 zones distinctes : une zone rebelle au Nord et une zone contrôlée par le gouvernement au Sud (2002).
- Selon la constitution ivoirienne, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois.
- L'élection du président de la République est acquise à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n'est pas obtenue, il est procédé à un second tour, 4 semaines après la proclamation des résultats du premier tour (autour du 28 Novembre 2010).
- Le code électoral accorde aux candidats le droit de contester la régularité du scrutin et le dépouillement des votes en soumettant une requête auprès des sept membres du Conseil Constitutionnel. Le Conseil Constitutionnel est nommé par le président et son mandat est défini par la Constitution : il est chargé de contrôler la régularité de la présentation des candidatures et l'éligibilité des candidats pour les élections présidentielle et législative. Il publie les résultats finaux et officiels pour les élections présidentielle et législative. Il a aussi le pouvoir de vérifier la constitutionalité des lois et traités internationaux et de certifier la bonne conduite des referendums.
- La campagne électorale officielle a commencé le 15 octobre 2010. 14 candidats ont été approuvés par la Commission Electorale Indépendante (CEI) :
- Felix Y Akoto (candidat indépendant)
- Henri K. Bédié (Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire), président entre 1993 et 1999
- Adama Dolo, (Parti du doromikan)
- Laurent Gbagbo (Front Populaire Ivoirien): Président sortant
- Gnamien Konan (Union pour la Côte d’Ivoire)
- Enoh N’Douba (Candidat indépendant)
- Jacqueline L.Oble (Candidate indépendante)
- Alassane Ouattara (Rassemblement Des Républicains)
- Pascal Tagoua (Candidat indépendant)
- Henri Tohou (Union Socialiste du Peuple)
- Mabri Toikeusse (Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire)
- Francis V. Wodie (Parti Ivoirien des Travailleurs)
- Le président de la Commission Electorale Indépendante, Youssouf Bakayoko, a été nommé par le Président Gbagbo. D’autres organisations nationales ont participé à la préparation de la liste électorale finale.
* Source : http://www.un.org/en/peacekeeping/missions/unoci/
http://www.onuci.org/
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Les enfants aussi ont des droits
Fatou Kiné Camara
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/features/68311
Quel que soit son âge, son origine sociale, sa couleur de peau, ses croyances, son appartenance religieuse, son état de fortune, son sexe, sa nationalité, … l’être humain a, en vertu de cette seule qualité d’être humain, des droits appelés «droits de la personne humaine» ou «droits de l’homme». Ces droits partagent les caractéristiques suivantes :
- Inaliénabilité : ils ne peuvent être ni vendus, ni donnés, ni échangés,
- Indivisibilité : ils ne sont pas négociables, on ne peut pas respecter ceux qui nous plaisent et rejeter ceux qui nous déplaisent, heurtent notre sensibilité ou nos croyances,
Imprescriptibilité et universalité : ils existent par-delà l’espace et le temps, on ne peut ni les perdre, ni y renoncer en quelque lieu ou à quelque époque que l’on soit, ils sont attachés à la personne comme la peau et les os.
L’enfant est une personne et pour cette seule raison, il a droit à la reconnaissance et à la protection de ses droits d’être humain. Face à un droit humain, l’Etat de droit démocratique a une triple obligation de protection, de promotion et de réalisation. L’Etat du Sénégal a signé, ratifié et intégré au corpus même de sa Constitution la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (Cadbe) dont le préambule déplore la situation suivante : «Notant avec inquiétude que la situation de nombreux enfants africains due aux seuls facteurs socio-économiques, culturels, traditionnels, de catastrophes naturelles, de poids démographiques, de conflits armés, ainsi qu’aux circonstances de développement, d’exploitation, de la faim, de handicaps, reste critique et que l’enfant, en raison de son immaturité physique et mentale, a besoin d’une protection et de soins spéciaux.»
L’article 3 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, intitulé Non-discrimination, apporte la précision suivante : «Tout enfant a le droit de jouir de tous les droits et libertés reconnus et garantis par la présente Charte, sans distinction de race, de groupe ethnique, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’appartenance politique ou autre opinion, d’origine nationale et sociale, de fortune, de naissance ou autre statut, et sans distinction du même ordre pour ses parents ou son tuteur légal.»
En conséquence, les Etats parties à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant ont pris l’engagement selon lequel : «Toute coutume, tradition, pratique culturelle ou religieuse incompatible avec les droits, devoirs et obligations énoncés dans la présente Charte doit être découragée dans la mesure de cette incompatibilité» (article 1er §3 Cadbe).
L’article 21 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant intitulé Protection contre les pratiques négatives sociales et culturelles énonce très clairement l’engagement pris par le Sénégal :
«1. Les Etats parties prenantes à la présente Charte prennent toutes les mesures appropriées pour abolir les coutumes et les pratiques négatives, culturelles et sociales qui sont au détriment du bien-être, de la dignité, de la croissance et du développement normal de l’enfant, en particulier : a) les coutumes et pratiques préjudiciables à la santé, voire à la vie de l’enfant».
L’article 29, intitulé, « Vente, traite, enlèvement et mendicité », pose explicitement la règle suivante : «Les Etats parties prenantes à la présente Charte prennent les mesures appropriées pour empêcher : a) l’enlèvement, la vente ou le trafic d’enfants à quelque fin que ce soit ou sous toute forme que ce soit, par toute personne que ce soit, y compris leurs parents ou leur tuteur légal ; b) l’utilisation des enfants dans la mendicité.»
Dans un contexte où l’Islam est parfois invoqué pour légitimer le fait d’apprendre aux enfants à mendier et de les mettre à la rue dans ce but, il est utile de rappeler les dispositions de l’article 19 de la Déclaration islamique universelle des droits de l’homme de 1981 selon lesquelles : «Tout enfant a le droit d’être entretenu et correctement élevé par ses parents, et il est interdit de faire travailler les jeunes enfants et de leur imposer toute charge qui s’opposerait ou nuirait à leur développement.»
C’est donc conformément à sa Constitution et à ses engagements régionaux et internationaux que l’Etat du Sénégal se doit d’appliquer la disposition suivante de l’article 3 de la loi de 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes (loi N°02/2005, adoptée par l’Assemblée nationale le 29 avril 2005, Jors du 30 mai 2005 p. 225 ; Chapitre I : De la traite des personnes et de l’exploitation de la mendicité d’autrui ; Section II : De l’exploitation de la mendicité d’autrui) :
«Quiconque organise la mendicité d’autrui en vue d’en tirer profit, embauche, entraîne ou détourne une personne en vue de la livrer à la mendicité ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle mendie ou continue à le faire est puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 500 000 francs à 2 000 000 francs Cfa.
Il ne sera pas sursis à l’exécution de la peine lorsque le délit est commis à l’égard d’un mineur, d’une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge ou de son état de santé ayant entraîné une déficience physique ou psychique, de plusieurs personnes, recours ou d’emploi de contrainte, de violence ou manœuvres dolosives sur la personne se livrant à la mendicité.»
Nota Bene : L’article commence par le terme général et impersonnel «Quiconque», cela sert à mettre en avant le fait que la loi s’applique à tous sans discrimination ni exception aucune, qu’elle tienne au statut social, à l’appartenance ethnique, à la profession, à la confession religieuse, etc. Tous les citoyens sont égaux devant la loi et l’interdiction qu’elle pose.
La multiplication des conventions régionales, continentales et internationales, combinée à la réalité de la globalisation, fait que plus aucun Etat de la planète ne peut se permettre de vivre en autarcie sur quelque plan que ce soit. Un Etat n’est plus libre d’ignorer, sans être inquiété ni rappelé à l’ordre, les droits humains de sa propre population. La société civile, interne et internationale, organisée en associations nationales et transfrontières a arraché de haute lutte des concessions sous forme de traités, chartes et conventions qu’elle n’est pas prête de laisser les Etats ignorer une fois qu’ils les ont signés et ratifiés.
En tant qu’invitée du Département d’Etat américain, dans le cadre du International visitors leadership program, j’ai eu la grande chance de rencontrer, en compagnie de onze autres activistes africaines, le lundi 21 septembre 2009, le juge à la Cour suprême du Nevada, Justice Nancy Saitta. Elle est le troisième juge de sexe féminin à servir à la Cour suprême de l’Etat du Nevada. Elle s’est présentée à nous de la manière suivante (ma traduction) : «J’ai fait carrière en étant une activiste connue pour défendre les droits des enfants. J’ai fait ce choix car les enfants n’ont pas de voix dans le sens où elle n’est pas entendue par ceux qui font/appliquent les lois (…) Les enfants n’ont pas de voix, nous devons donc chacune de nous, partout où nous sommes et à tout instant être leur voix.»
A la question de savoir comment efficacement protéger les droits des enfants, Justice Saitta a donné la réponse suivante : La branche législative et la branche exécutive doivent créer un bureau ou un organe qui ne s’occupe que de l’Enfant. Il ne faut pas prendre une approche conciliante (soft approach) en matière de droits des enfants. Et surtout il faut continuer à éduquer, à former, à infatigablement faire passer son message. Finalement elle nous a renforcées dans notre conviction que nous devons tous et toutes être partout et à tout moment les ambassadeur(e)s courageux (courageuses) et déterminé(e)s de la cause des enfants.
* Fatou Kiné Camara, est Docteure d’Etat en Droit, chargée d’enseignement à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
Intégration ou fédération? Le chemin vers une unité politique africaine
Dani W. Nabudere
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/68294
L’intégration régionale est un projet économique avec une surimposition de structures politiques. La fédération, par contre, est un projet politique qui fait partie d’une stratégie d’émancipation politique et économique. Pour Dani W. Nabudere, il s’agit de deux idées qui, dans leur conception actuelle, sont incompatibles. Comment donc la communauté de l’Afrique de l’Est peut-elle avancer ? En répondant à la question, Pr Nabudera propose une démarche qui pourrait aussi s’adapter à d’autres régions du continent.
L’intégration régionale et la Fédération de l’Afrique de l’Est, dans leur conception actuelle, sont incompatibles. La raison tient au fait que le concept actuel d’intégration est compris et mis en œuvre dans des arrangements régionaux. C’est un projet économique dont les structures politiques sont imposées par le sommet d’un système autoritaire. D’autre part, la fédération politique est comprise dans le contexte du panafricanisme comme un projet politique conçu dans le cadre d’une stratégie d’émancipation politique et économique. Ce postulat repose sur la reconnaissance d’une unité culturelle et sociale des peuples africains et a été à la base du nationalisme africain. (Kwame Nkrumah, 1963)
Une étude de l’histoire politique de l’Afrique de l’Est et du Centre montre que les nationalistes de la période précédant l’indépendance croyaient en une fédération panafricaine comme en témoigne la création d’organisations panafricaines comme Pan Africa Federal Movements of East and Central Africa (PAFMECA), ou le Pan African Federal Movement of East. Central and Southern Africa (PAFMESCA) ainsi que l’Union africaine.
Le concept d’intégration régionale est une adaptation de la théorie des unions douanières proposées par Jacob Viner (1950), tel qu’elle est appliquée à l’union douanière du BENELUX, le précurseur de l’Union européenne. Une union douanière est un groupe de pays qui pratique des tarifs extérieurs communs et à l’intérieur duquel le marché libre et la libre circulation des travailleurs ainsi que du capital sont promus. La théorie examine l’impact de l’abolition des tarifs douaniers entre les pays sur le commerce, ainsi que l’impact sur ceux avec lesquels les douanes sont maintenues. Cette théorie remonte au concept économique classique proposé par l’économiste écossais Adam Smith, l’économiste anglais David Ricardo ainsi que Robert Thorrens. Jacob Viner n’a fait que mettre à jour cette théorie dont celle sur l’intégration régionale est dérivée. C’est le modèle qui a été imité lors des tentatives de formation de groupements économiques régionaux.
Comme l’a souligné Adedeji Adebayo, l’indépendance de l’Afrique a vu le jour au cours de la période d’intégration régionale. Il relève que suite à la deuxième guerre mondiale, la promotion de l’intégration régionale est devenu un phénomène global qui a culminé dans l’établissement de la Communauté Economique Européenne (CEE) en 1957, l’Association de Libre Echange de l’Amérique latine (1960), le Marché Commun d’Amérique centrale en 1961, l’Association of South East Asian Nations (ASEAN) en 1967, The Caribbean Free Trade Association (CARIFTA) en 1968, etc. Il déclare encore que ce sont ces développements qui ont renforcé la détermination de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique à promouvoir la régionalisation du développement socioéconomique en Afrique. Mais leur agenda différait considérablement de celui voulu par les dirigeants nationalistes africains concernant l’unité politique de l’Afrique.
L’idée de la fédération
L’idée de fédération n’est en effet pas une idée africaine. Il est par conséquent nécessaire de distinguer entre trois tendances dans l’évolution du concept de ‘’fédération’’ depuis la colonisation européenne de l’Afrique de l’Est. Le premier est un concept colonial, le deuxième est un concept panafricain et le troisième est un concept néocolonial. Le premier concept a été promu dans une perspective de domination et l’autre a été élaboré comme un outil de résistance à l’exploitation et la domination, en somme une réponse à la balkanisation de l’Afrique par les Européens. Le troisième, un concept néocolonial, exploite l’idée panafricaine de fédération afin de promouvoir un projet d’intégration impérialiste sous couvert de ‘’ construction de nation’’ et ‘’d’intégration régionale’’, à l’instar des projets néocoloniaux sous l’égide de l’hégémonie impérialiste britannique et plus tard sous l’égide de la globalisation néolibérale. (Nous explorons ces thèmes plus profondément dans un manuscrit principal que nous publions séparément)
Un point doit néanmoins être soulevé ici. La situation en Afrique de l’Est a montré que ces trois tendances sont réelles au vu de la façon dont la fédération panafricaine de l’Afrique de l’Est a été abandonnée au profit d’un programme d’intégration régionale , et ce en raison de la réalité de la domination néocoloniale. Pour preuve, en 1963, les trois dirigeants africains (Kenyatta, Nyerere et Obote), dans leur Déclaration de Fédération par les gouvernements de l’Afrique de l’Est, à Nairobi le 5 juin 1963, ont clairement parlé de l’urgence qu’il y avait à mettre en place une fédération politique afin d’éviter que leur petites différences prennent des proportions irréconciliables en raison du facteur territorial. Dans leur déclaration, ils ont souligné :
‘’Nous, les dirigeants des peuples et gouvernements de l’Afrique de l’Est, rassemblés ici à Nairobi en ce 5 juin 1967, nous nous engageons en faveur de la fédération politique de l’Afrique de l’Est. Notre réunion de ce jour est motivée par l’esprit panafricain et non par les seuls intérêts régionaux. Nous sommes des nationalistes et rejetons le tribalisme, les distinctions raciales, les politiques d’exclusion. Nous croyons que le jour de la décision est arrivé et à tous nos peuples nous disons qu’il n’y a plus de place pour les slogans et les discours. Ceci est notre jour d’action en faveur d’une cause en laquelle nous croyons et l’unité et la liberté pour laquelle nous avons souffert et fait tant de sacrifices (Hugues, 1963)’’
Cette déclaration était l’expression d’un désir panafricain de rassembler les peuples d’Afrique en une entité politique. Les dirigeants ont été plus loin lorsqu’ils ont déclaré croire que la Fédération de l’Afrique de l’Est pouvait être un pas concret vers le but de l’unité panafricaine. Ils faisaient référence à la déclaration des chefs d’Etat et de gouvernements lors de la conférence d’Addis Abeba et ont ajouté : ’’Des mesures concrètes doivent être prises chaque fois que possible afin d’accélérer le cheminement vers notre but commun.’’ Les dirigeants ont reconnu l’existence de ‘’certains facteurs territoriaux’’ et que ceux-ci devaient être pris en compte et pouvaient trouver leur solution dans le contexte de la Fédération de l’Afrique de l’Est.’’
En effet, à l’instar des dirigeants actuels qui, en 2005, ont décidé par le biais d’un Fast track Committee « d’accélérer le processus d’intégration afin que le but ultime de la fédération politique soit réalisé’’, les dirigeants en 1963 ont aussi décidé d’établir un groupe de travail supposé préparer le cadre d’un projet de constitution pour la fédération de l’Afrique de l’Est. Comme le Wako Fast Track Committee, le groupe de travail de 1963 a été appelé à présenter un rapport à la conférence plénière des gouvernements de l’Afrique de l’Est au cours de la troisième semaine d’août de cette année, afin que la conférence examine les propositions du groupe de travail.
Mais ceci ne s’est pas produit. Dans l’intervalle, les questions économiques pressantes émanant de la gestion des économies territoriales ainsi que les ‘’ facteurs territoriaux et ‘’les problèmes’’ ont surgi et ont englouti le groupe de travail. Les dirigeants ont dès lors abandonné l’initiative politique pour une fédération politique. Ces ‘’problèmes territoriaux’ et les pressions sont issus de l’intérieur de l’East African Common services Organisation (EACSO) qui a remplacé le Haut Commissariat de l’Afrique de l’Est colonial afin de se préoccuper des intérêts d’un Tanganyika indépendant qui précédait l’indépendance de l’Ouganda et du Kenya (Nabudere, 1982)
En d’autres termes, les dirigeants africains ont été empêtrés dans les problèmes coloniaux dont leur territoire respectif (maintenant appelé nation) avaient hérité, et se sont détournés du noble but qui consistait à déclarer l’union politique de ces trois pays en une nation africaine de l’Afrique de l’Est, à l’intérieur de laquelle ils auraient pu résoudre collectivement les problèmes coloniaux dont ils héritaient. Ce faisant, ils se sont rendus au projet néocolonial que les colonisateurs étaient en train de perfectionner sous le prétexte de ‘’construction nationale’’, faisant des dirigeants africains les gestionnaires de leurs anciens territoires, des nouveaux gouverneurs en somme. Même l’offre unilatérale de Julius Nyerere de surseoir à l’indépendance politique du Tanganyika jusqu’à ce les deux autres pays soient prêts pour une confédération, a été abandonnée.
Cependant que l’idée de panafricanisme se poursuivait dans l’esprit des Africains de l’Est, les problèmes économiques émanant de l’EACSO sont devenus la nouvelle réalité qui a retenu toute l’attention. La gestion des problèmes économiques que les Britanniques ont laissés derrière eux, au sein de cette nouvelle organisation, a pris le pas sur toute considération concernant la Fédération politique de l’Afrique de l’Est telle qu’envisagée lors de la Déclaration de Nairobi. Ainsi, la fédération africaine ne s’est jamais matérialisée pour ces dirigeants. Les différends entre Nyerere et Amin trouvaient leur source dans l’incapacité des dirigeants de les dépasser, dans l’intérêt de l’unité des peuples de l’Afrique de l’Est et le respect des principes démocratiques dont le peuple d’Ouganda avait été privé. Ainsi, malgré la réunion du groupe de travail à Kampala, le 30 mai 1964, afin de produire une constitution pour la fédération panafricaine de l’Afrique de l’Est, cette réunion n’a pas produit grand-chose hormis clore le livre de la fédération panafricaine de l’Afrique de l’Est. (Frank 1964)
Il est évident que le nouveau ‘’ processus accéléré’’ en faveur de la fédération politique se terminera de la même façon, compte tenu qu’actuellement ils sont tous embourbés dans la détermination de qui tirera le plus de bénéfice de l’union douanière et du marché commun..
Pour avancer
Il est déjà évident que la vraie raison pour laquelle le but de la fédération politique panafricaine de l’Afrique de l’Est n’a pas été atteint réside dans le pouvoir néocolonial qui occupe toujours notre espace politique. Ce qui signifie que le pouvoir souverain du peuple a été nié et rejeté à l’arrière-plan. Au lieu de garantir le respect du pouvoir du peuple de l’Afrique de l’Est, les trois dirigeants et leur gouvernement (cinq maintenant que le Rwanda et le Burundi ont été admis) sont occupés à sensibiliser la population afin qu’elle accepte le processus accéléré qui ne produira pas de résultats positifs.
Ce qui est maintenant requis de la part des dirigeants de l’Afrique de l’Est c’est de lancer un référendum avant le début du processus. Ils doivent formuler une unique question à laquelle toute la population de la région doit répondre le même jour. La question devrait être :’’ voulez-vous que les frontières entre les Etats existants soient abolies afin que l’Afrique de l’Est devienne un Etat fédéral ?’’. Ceci parce qu’abolir les frontières actuelles est la seule façon pour ces trois pays, de démanteler la souveraineté du peuple basée sur la domination étrangère et les intérêts de l’élite. Il est vrai que les peuples de l’Afrique de l’Est ont clairement exprimé le désir de s’unir, comme les dirigeants aiment à le répéter, et il est donc clair que la réponse au référendum sera OUI.
Suite à une telle réponse, les dirigeants devraient le même jour mettre une résolution devant leur Parlement respectif afin de donner corps à la décision du peuple, en prenant la résolution de dissoudre irrévocablement les frontières coloniales existantes et de constituer un seul Etat fédéral avec des frontières inviolables, lesquelles ne peuvent être modifiées que pour y intégrer le reste de l’Afrique par étape. Cette décision aura une importance capitale parce que, pour la première fois, les peuples d’Afrique de l’Est auront exprimé leur volonté souveraine de se constituer en un Etat qui leur est propre et en phase avec la réalité moderne.
Avant le référendum, il doit y avoir un processus de discussions et de consultations dans les villages à propos des implications de l’abolition des frontières et cette discussion doit inclure la question de savoir quelle forme donner à ces nouveaux Etats qui constitueront la fédération. Ceci est leur droit souverain. Ces discussions incluront la question de savoir quoi faire lorsque les frontières coloniales seront abolies. La population discutera des effets de l’abolition des frontières, de l’anarchie qui pourrait surgir et comment l’éviter. Ils détermineront qu’une fois les frontières coloniales dissoutes, les nouvelles frontières de l’Afrique de l’Est ne pourront être altérées sous aucun prétexte autre que, de temps en temps, leur expansion pour inclure d’autres pays africains en vue de la réalisation des Etats-Unis d’Afrique.
Comme le soulignait le professeur Cheick Anta Diop, ‘’la permanence de la structure fédérale doit être inviolable. Ce principe doit prévaloir, que la situation soit, comme au Nigeria, une fédération régionale ou continentale. Une fois des structures fédérales élaborées, confirmées et consolidées, les successions de toute nature doivent être empêchées. Toutefois, la contrepartie doit être la liberté culturelle et l’autonomie des différentes communautés. L’Afrique doit être protégée de l’anarchie, mais nous ne pouvons néanmoins pas accepter l’autre extrême qui mène à l’étouffement de la liberté culturelle et de l’autonomie des différentes communautés qui peuplent le continent. Chaque communauté doit avoir la liberté totale compatible avec le désir de réaliser la plénitude culturelle et linguistique à laquelle elle aspire.’’ (Diop in Sertima, 1986)
Ainsi, après avoir renoncé à leur souveraineté au profit de l’Etat fédéral, les communautés auront le droit de se regrouper en ignorant les anciennes frontières coloniales et pourront décider si elles veulent constituer un nouvel Etat linguistique qui leur soit propre et qui leur permettra de jouir de l’autodétermination et de l’autonomie à l’intérieur de l’Etat qu’ils auront formé et dans lequel ils seront tous citoyens, en leur qualité de membre libre de l’Etat fédéral. Le droit de reconstituer leur propre Etat représente l’annulation de l’injustice coloniale qui a fragmenté et démembré les communautés selon des lignes ‘’tribales’’ déterminées par les puissances coloniales. Ceci créera de plus grands espaces culturels et linguistiques, au-delà des anciennes frontières coloniales, qui leur permettra de développer leur culture y compris la langue de leur choix.
La question de la souveraineté est une considération importante lorsqu’il s’agit de déterminer ce que les populations de l’Afrique de l’Est veulent vraiment. Il n’est pas nécessaire de convaincre un Masaï de Laikipia au Kenya et un Masaï du Cratère de Ngorongoro en Tanzanie que l’abolition de la frontière entre le Kenya et la Tanzanie est un risque, alors que dans leurs activités quotidiennes ils ignorent cette frontière pour mener leur bétail aux pâturages et pour cultiver leur identité culturelle et leur solidarité. Ils se comportent ainsi parce qu’ils n’ont jamais accepté les frontières imposées par les colonisateurs entre le Kenya et la Tanzanie. C’est la raison pour laquelle ils passent la frontière tous les jours sans carte d’identité, sans passeport, pour affirmer leurs droits souverains sur ces territoires. Donc à moins de considérer des populations autres que celles présentes en Afrique de l’Est, l’abolition des frontières et des Etats souverains coloniaux ne peut pas être considérée comme un risque pour la population concernée.
Il s’ensuit que la question qui doit être débattue dans les communautés n’a rien à voir avec de la sensibilisation ou de la mobilisation concernant les bénéfices d’une fédération politique. Le débat doit porter sur les décisions audacieuses et irrévocables des dirigeants qui abolissent les frontières coloniales existantes séparant les peuples de l’Afrique de l’Est. Ceci donnerait le pouvoir à la population de l’Afrique de l’Est, lui permettrait de prendre en main sa propre destinée pour la première fois depuis la colonisation et la décolonisation. Cette donne établie, les dirigeants engagent des ‘experts’ provenant des communautés et des élites afin d’ébaucher une Constitution pour l’Afrique de l’Est qui octroiera du pouvoir aux Etats locaux et qui définira aussi le pouvoir au niveau fédéral. Les Constitutions de chaque Etat seront rédigées de sorte à prendre en compte les volontés des différentes communautés (y compris les droits de minorités dans chaque Etat) qui ne concordent pas nécessairement.
Les ultranationalistes pousseront des cris d’orfraies et diront que ce processus ramène au tribalisme. En réalité les ultranationalistes sont précisément ceux qui pratiquent le tribalisme, même à l’intérieur de leurs propres partis politiques derrière lesquels ils se retranchent, prétendant représenter le peuple même si ils achètent les votes pour rester au pouvoir. Abolir les frontières c’est abolir aussi les tribus coloniales réinstituer des communautés linguistiques et culturelles qui sont un aspect de toutes les nations modernes. La plupart des Constitutions européennes reconnaissent les identités culturelles et linguistiques des populations vivant à l’intérieur de leurs frontières. Les Etats africains postcoloniaux, en raison de leur caractère colonial, sont la seule exception.
Ainsi, la Constitution intérimaire entrera en vigueur le de temps nécessaire aux nouveaux Etats de se constituer et fournira pour un court terme les institutions et les mesures qui remplaceront l’ancienne Constitution nationale, sans ouvrir la porte à l’anarchie. Ceci comprendra :
- La création d’un Conseil présidentiel qui reconnaîtra les dirigeants au pouvoir au moment de la déclaration et qui continueront à assumer le pouvoir sur la base d’une rotation annuelle, jusqu’à ce que la Constitution et les mécanisme légaux soient en place pour que l’élection populaire du chef de l’Etat de la fédération de l’Afrique de l’Est puisse avoir lieu à la date qui sera décidée par le Conseil de l’Etat.
- Les chefs traditionnels et les Conseils des Anciens dont le rôle sera de conseiller le Conseil présidentiel de l’Etat et le Parlement de la fédération de l’Afrique de l’Est, en particulier dans le domaine de la formation des Etats, prenant en compte les héritages culturels et linguistiques des peuples de l’Afrique de l’Est et autres éléments qui leur importent.
- Un Parlement fédéral intérimaire de l’Afrique de l’Est constitué à partir des parlements territoriaux existants, chaque Parlement se transformant en un collège électoral qui élit 100 de ses membres (avec une parité du point de vue des genres) qui rejoindront l’Assemblée Législative de l’Afrique de l’Est existante. Ils formeront le Parlement fédéral de l’Afrique de l’Est composé de 327 membres qui légifèreront sur les problèmes qui leur sont posés par les institutions qui émergeront au cours de la période de transition.
- Une Assemblée Constituante de l’Afrique de l’Est, représentant toutes les nationalités et les communautés de base identifiées par les chefs traditionnels et les Conseils des Anciens, en consultation avec le Conseil présidentiel ainsi qu’avec certains des membres des parlements qui n’ont pas trouvés leur place dans le Parlement de l’Afrique de l’Est, discutera de la nouvelle constitution fédérale basée sur la formation des nouveaux Etats.
- Des forces armées et de sécurité, sous le commandement d’une structure unique, seront constituées à partir des armées et des forces de sécurités existantes. Un tiers de chacune des trois armées sera positionné dans l’un des trois autres Etats existants. En attendant une nouvelle Constitution, ces forces garantiront la sécurité du nouvel Etat fédéral et une transition paisible pendant que les communautés s’occuperont de créer les nouveaux Etats qui le composeront.
D’autres mesures administratives et de sécurité seront prises conformément aux besoins de transition vers un nouveau système politique. Ceci comprendra la fusion des banques centrales existantes pour faire une Banque centrale de l’Afrique de l’Est qui aura la responsabilité de gérer les trois monnaies qui continueront à évoluer sur le marché jusqu’à ce que l’une d’elle émerge comme étant la plus forte et la mieux à même de servir les communautés de la nouvelle fédération.
La question de l’union monétaire sera régulée par les marchés et le marché commun naîtra de la fusion des Etats qui entraînera l’union douanière et une pratique commune des droits de douanes extérieurs, sur lequel on travaille actuellement- protégeant ainsi le marché de l’Afrique de l’Est dans son entier, au regard de l’extérieur et non de l’intérieur. Aucune industrie à l’intérieur de la fédération ne sera protégée et elles devront opérer sur une base compétitive. Seules les entreprises capables de fournir des biens et des services peu onéreux pourront occuper tout le marché.
Le processus de formation de l’Etat qui mènerait à la fédération politique de l’Afrique de l’Est proposé ci-dessus, quoique plus lent, résoudrait l’approche en quatre étapes prévue à l’art. 5 (2) du Traité de l’Afrique de l’Est. Il éliminerait aussi le processus accéléré qui ignore les droits souverains des peuples de l’Afrique de l’Est et les exclut de la participation et de l’appropriation du processus d’unification politique. A notre avis, à la place de l’approche bureaucratique, il aurait dû y avoir une participation de la population de l’Afrique de l’Est à la création du nouvel Etat dans lequel elle aurait pu se reconnaître. Ceci serait en conformité avec le nouvel éclairage du droit international qui reconnaît le droit des communautés autochtones à déterminer leurs instances de gouvernance et à disposer de leurs ressources.
C’est aussi en conformité avec les principes du panafricanisme adoptés par les pères de l’indépendance en Afrique avec Kwame Nkrumah au Ghana et ceux de la diaspora comme Marcus Mosiah Garvey, parmi d’autres. C’est la raison pour laquelle nos avis divergent d’avec l’approche du professeur Shivji en ce qui concerne la réalisation de l’unité du projet panafricain. Dans ses écrits, le professeur Shivji demande quelles sont les forces motrices d’un nouvel anti-impérialisme panafricain. Il demande aussi où il faut commencer. Il propose de commencer par ressusciter le discours panafricain et d’en faire une catégorie intellectuelle et de suivre le chemin de Mwalimu Nyerere qu’il a énoncé dans son discours sur le dilemme du panafricanisme et dans lequel il a posé un défi aux étudiants et aux enseignants des universités africaines.
Le dilemme de Nyerere consiste à découvrir ’’qui a le temps et les compétences de trouver des solutions aux problèmes pratiques consistant à réaliser l’unification, si ce n’est ceux qui ont l’opportunité de réfléchir et d’apprendre les responsabilités dans les affaires quotidiennes’’. Sa réponse a été de dire que les universités pouvaient elle-mêmes progresser dans cette direction en servant les intérêts de la nation en même temps que ceux de l’Afrique. A partir de cette formule, le professeur Shivji conclut que ‘’lier nos vies intellectuelles de façon indissoluble afin de générer le discours panafricain est la tâche de la génération d’intellectuels africains de la génération post néolibéral.’’(1)
Si je suis d’accord aussi bien avec le président Nyerere qu’avec le prof Shivji que le discours anti-impérialiste est nécessaire à la réalisation du projet d’union politique panafricaine, il n’y a pas de doute qu’une telle capacité intellectuelle a toujours existé depuis que la panafricanisme a été articulé sur le continent. Ce n’est pas la capacité de penser cette réalisation qui fait défaut, mais bien la volonté de réaliser le désir d’unité des peuples de l’Afrique de l’Est. Nous, la présente génération d’intellectuels, nous devons découvrir pourquoi l’idée du panafricanisme proposé par les fondateurs n’a jamais été réalisée ? Notre rôle est de nous relier aux communautés et de garantir que leurs droits souverains soient promus et protégés. C’est seulement alors qu’une fédération panafricaine peut être réalisée.
NOTES
[1] Référence est faite aux écrits du Professeur Shivji’s que j’ai eu l’occasion de commenter en qualité de discutant lors du 10ème Anniversaire of the East African Community, à laquelle nous avons tous deux participé
REFERENCES
Hughes, A. J (1963): East Africa: The Search for Unity: Kenya, Tanganyika, Uganda and Zanzibar, Penguin
African Library, London:“Appendix: Declaration of Federation by the Governments of East Africa.”
Nabudere, D. W (191982): Imperialism in East Africa, Volume II: Imperialism and Integration, Onyx Press, London
Nabudere, D. W (2005): “The East African Community and NEPAD: Prospects for Collaboration” in Rok Ajulu:
The Making of A Region: Revival of the East African Community, Institute for Global Dialogue, Midrand, South Africa.
Franck, T. M (1964): East African Unity through Law (New Haven, Yale University Press}, p. 1963.
Sertima, I V (1986): Great African Thinkers: Cheick Anta Diop, Transaction Books, New Brunswick, USA & Oxford, UK.
Viner, J (1950): The Customs Union Issue (New York and London)
* Professeur Dani W. Nabudere est le directeur exécutif de l’Institut panafricain Marcus Garvey à Mbale en Ouganda - Cet article est basé sur le texte ‘Pan-Africanism and the Challenges of East African Integration: Discussion of Professor Issa Shivji’s Presentation’, qui a été présenté par le professeur Dani W. Nabudere lors du symposium marquant le 10ème anniversaire de l’East African Community, Arusha, 13-14 November 2009
* Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Enfin Rama Yade répond à Sarkozy sur le discours de Dakar
El Hadji Gorgui Wade Ndoye
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/68303
Elle a dit, finalement, la phrase première, à mes confrères français : " L'Homme Noir est le premier à être entré dans l'Histoire". Et de marteler à propos de Nicolas Sarkozy : « Je ne suis pas son professeur. Qu'est-ce-que vous voulez que je fasse, que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République ? J'y peux rien. C'est le président de la République, c'est le président de tous les Français." Ces propos ont été rapportés par Le Figaro et seront diffusés par Radio France Internationale (RFI). Rama Yade s’est décidée donc à lâcher la vérité qu’un être humain digne de raison ne devrait ignorer : « L’Homme noir est le premier à être entré dans l’Histoire ».
Une vérité si simple
Cela lui semblait pourtant difficile à dire publiquement, le 11 mars 2008. J’interpellais, en ce jour, Mme Yade sur le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. La chargée des droits humains de l’Etat français, qui effectuait sa première visite officielle aux Nations-Unies à Genève dans le cadre du Conseil des droits de l’Homme, prônait le dépassement face aux propos très ignorants de son chef qui disait que les Noirs étaient dans la répétition, c'est-à-dire l’image même de l’homme archaïque, pour qui connaît l’Histoire des religions.
Sarkozy avait dit à Dakar à l’Université Cheikh Anta Diop que «l’Homme noir n’était pas encore entré dans l’histoire». Des intellectuels africains ont du lui porter la dragée haute. Les chefs d’Etat s’étaient, eux, emmurés dans un silence troublant ! Bref, pourquoi donc, Rama Yade a–t- elle changé de posture ? A Genève, elle avait prôné sur le discours de Dakar un dépassement. Elle me confiait devant la presse internationale : « Je crois que sur le discours de Dakar, le président de la République s’est déjà expliqué. Je crois que c’est lui qui est le mieux à même de donner sa position. Personnellement, je ne crois pas qu’il était venu dans un esprit polémique. Il faut maintenant passer à l’apaisement. Entre l’Afrique sub-saharienne et la France, il y a beaucoup mieux que d’entretenir des polémiques.
Le président a un immense respect pour l’Afrique. Il l’a montré lors de son déplacement au Tchad et en Afrique du Sud. Son déplacement au Tchad montre qu’il est dans la rupture face à la France-Afrique. Il n’a pas hésité à parler du sort des opposants qui ont encore disparu. C’est une position qui est à son honneur et dont je me félicite. En Afrique du Sud, il a tenu un discours fort sur la question des accords de défense. Ça aussi c’est une mise en œuvre de sa politique de rupture. Je crois au delà des polémiques et des mots, il faut regarder la réalité de ce qu’il fait. Ce qu’il fait, est une mise en réalité de la rupture en matière de France Afrique » (Walfadjri-12 mars 2008).
Veut-elle se rapprocher des Africains pour les échéances politiques à venir ? Est-elle sur le départ ? Veut-elle continuer à marquer une certaine différence et s’imposer à Sarkozy ? S’est-elle dit enfin, je suis quand même une Noire d’Afrique même si je suis vraiment française ? A-t- elle été touchée par le courage de la journaliste Audrey Pulvar qui a apporté une réplique cinglante au riche industriel Guerlain ? etc ….
L’élite noire se réveille !
Le charbon de bois, a beau séjourner dans un marigot il ne sera jamais un crocodile, dit l’adage africain ! Et parfois, c’est du haut de sa structure qu’on doit assumer certaines missions. Beaucoup de Noirs et d’originaires d’Afrique avaient ou ont oublié leur responsabilité individuelle dans la lutte contre le racisme et pour la Dignité des Nègres. Récemment, les propos de Guerlain sur les Nègres (voir : Guerlain se parfume au racisme et au négationnisme) ont sorti Audrey Pulvar de sa réserve qui dans un texte court et fort a pulvérise le parfumeur entraînant dans la foulée une cascade de réactions comme celle de Henry Roselmack et des manifestations de la diaspora africaine. France 2 a présenté ses excuses pour les propos racistes proférés sur les plateaux du 13 heures par Jean Pierre Guerlain.
C’est dire que si insulter les Nègres était devenu un sport facile qui rapporte gros, c’est que certains Noirs, surtout une certaine élite, dans une extraordinaire lâcheté et un égoïsme suspect, avaient laissé le terrain à certains bien pensants qui devaient encore, comme leurs ancêtres, leur dire leur tordue vérité. Il n’est pas rare de voir certains Africains, parce qu’ils sont plus ou moins réussi économiquement, cautionner tout le mal qu’on dit sur le Continent premier et sur ses habitants.
Je voudrais soutenir que défendre sa dignité n'est pas une affaire d'émotion épidermique! Aujourd’hui, la guerre la plus féroce menée contre les peuples est une guerre d’image. Par le déni, on réfute jusqu’à l’humanité à son prochain ! Un jour viendra où personne n'osera plus insulter les Noirs! L’exemple du peuple juif est là qui doit nous édifier. Ce peuple martyrisé meurtri a, en faisant face courageusement à ses bourreaux, réussi à mettre des lignes rouges inviolables sur leur dignité d’être, leur histoire et leur existence parce qu'il sait qu'il vient de loin. Je salue l’efficacité et la solidarité des juifs qui quand ils sont attaqués dans leur chair, savent oublier leur divergence pour faire face comme un seul homme.
Mais il y a des Noirs qui aiment bien se laisser flageller ! Au lieu de se battre, ils se jalousent par la médisance et l’indifférence. Celles et ceux qui osent dire Non, ça suffit, sont catalogués comme des aigris ou des gens qui veulent tout simplement se faire connaître. C’est trop facile ! Surtout beaucoup s’appuient sur la médiocrité de nos chefs d’Etat qui n’ont aucun amour pour leur peuple pour laisser suinter leur mépris envers leurs propres frères et sœurs impropres parce que pauvres, faisant ainsi le lit à l’expression hideuse de la haine que portent certains envers l’homme noir. Ce dernier, je ne sais pas s’il faut en rire ou en sourire, on lui reproche presque d’avoir survécu après tant de siècles d’esclavage, de colonialisme, de Code Noir, d’assassinats bien ciblés, etc.
Je ne crois pas personnellement que Nicolas Sarkozy est un raciste. Il semble bien évident que son discours de Dakar, il ne l’a pas du tout lu avant de le débiter comme un possédé. Ceux qui sont vraiment dangereux pour les Africains, nous les connaissons, c’est une horde d’avant-gardistes qui se croient intelligents. C’est le cas d’Alain Finkelkraut, d’Hèlène Carrère d’Encausse, de Guaino, de certains journalistes comme Stephen Smith qui pue la contradiction, de certains partis politiques ouvertement racistes et anti Noir, etc.
(…) Nous connaissons bien l’Histoire des Lumières ! Nous connaissons bien notre Livre des Morts ! Nous savons aussi comment nos indépendances ont été acquises. Nous n’ignorons pas comment le commerce international se moque des règles élémentaires de fair-play dans la compétition. Nous savons, O combien, que les enjeux électoraux dans un pays donné peuvent freiner ou faire échouer les négociations internationales. Nous savons, O combien, que la peur de voir les autres s’en sortir sans tendre la main, peut effrayer certains bienfaiteurs qui ont eux-mêmes peur de perdre leurs privilèges dans certains pays! Nous n’ignorons pas non plus les richesses que porte l’Afrique mère dans son ventre éternellement généreux malgré ses multitudes césariennes.
Nous connaissons, évidemment nos tares, l’impact de certaines pratiques traditionnelles préjudiciables. Nous connaissons notre Histoire. Nous connaissons l’étendue de nos hectares de possibilités non encore exploitées. Mais ce dont nous sommes, le plus sûrs, c’est que nous sommes les fils–aînés de la terre, ceux sans qui la terre ne serait pas terre. N’est ce pas Césaire ?
Merci à nos parents de nous avoir envoyé chercher l’alphabet lettre par lettre de nous avoir inculqués les sagesses infinies d’une Afrique porteuse d’Humanité et d’avenir. Merci à eux de nous avoir appris les vertus du Pardon, du Courage, de la Générosité, de l’Amour tout court. Il ne s’agit pas d’apprendre l’art de convaincre sans avoir raison. N’est pas Cheikh Hamidou Kane ? Il s’agit d’être chaque jour le plus humain possible malgré les vicissitudes de la vie. Car demain ce sera l’humain !
Il faudra noter enfin que si le combat pour la Dignité des Noirs est à portée d’engagement et de constance en Occident, il faudra encore davantage d’énergie et de dévouement pour libérer les Noirs des chaînes féroces qui les attachent encore dans certains pays arabes. Osons affronter cette situation. Notre génération a là une mission à assumer devant l’Histoire.
Humiliés hier, aujourd’hui, sans rancœur, nous demandons tout simplement le Respect.
NDLR : Face aux réactions politiques suscitées par sa déclaration en France, Mme Yade a précisé ses propos "étaient ironiques parce que sans objet" et qu’il n’y a pas lieu d’en «faire une surinterprétation». Elle se dit auss victime d'un "malentendu".
* El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur du magazine panafricain en ligne ContinentPremier.Com
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Guerlain se parfume au racisme et au négationnisme
Claude Ribbe
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/68300
Du «dérapage» qui émaille les discours officiels aux petits mots «innocent» qui émaille les propos de certaines célébrité, la France laisse suinter un racisme ambiant qui traduit une mentalité dont les sédiments se sont accumulés au cours des siècles. Les excuses et les explications n’y changent rien. Claude Ribbe réagit ainsi aux derniers propos du parfumeur Guerlain sur le «nègre paresseux».
Depuis Port-au-Prince, où je me trouvais vendredi 15 octobre, les propos tenus en direct par Jean-Paul Guerlain, invité du journal de France 2 – « Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… » avaient quelque chose de particulièrement odieux. La France a en effet déporté en Haïti, pendant cent cinquante ans, plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants, laissant près de six millions de morts en Afrique (cinq morts pour un déporté selon les estimations les plus optimistes).
L’espérance de vie de ces « nègres » dont M. Guerlain doute qu’ils aient jamais beaucoup travaillé, était de cinq ans en moyenne. Le mot «nègre», dans la bouche de certains Français de la génération de M. Guerlain, renvoie à l’esclavage. D’où l’expression « travailler comme un nègre » ou « nègre littéraire » (celui qui travaille pour le compte d’un autre, lequel ramasse l’argent et les lauriers). L’angle d’attaque de celles ou de ceux - bien rares - qui se sont insurgés : le racisme du propos.
Oui, M. Guerlain est raciste, c’est évident. D’abord parce que pour lui les «nègres» formeraient un groupe à part dont il ne pense pas un seul instant qu’il puisse y trouver aucun consommateur de ses parfums. Il a tort. Ensuite parce que ce groupe n’aurait que des défauts. Des tares particulières. La «paresse» des « nègres », coupables de n’en faire jamais assez pour leurs maîtres et de ne pas mourir assez vite au travail : un poncif colonial et esclavagiste répandu dans les esprits européens depuis le XVIIIe siècle.
Le «dérapage» est parti de là. M. Guerlain, qui n’a pas l’air d’avoir l’esprit bien délié, flatté d’être encouragé par une interlocutrice complaisante, lâche tout naturellement l’expression « travailler comme un nègre ». Celle de « nègre littéraire » lui a peut-être alors traversé l’esprit, lui qui était venu pour faire la promotion d’un livre qu’il n’a pas forcément écrit tout seul. Ensuite, départ en vrille. Croyant faire un bon mot, comme il en a certainement l’habitude à la fin des dîners, il vient à son esprit gourd l’idée que les « nègres » sont paresseux. Et il se débonde.
Le plus surprenant n’est pas le racisme, dans cette affaire. Le racisme, une certaine France - celle qui a le droit de s’exprimer, celle à qui on tend volontiers le micro et dont on approuve les dérives en gloussant -, semble baigner dedans depuis quelque temps. Mais il y a un autre problème. Voici dix ans, la France a voté une loi reconnaissant que l’esclavage des « nègres » était un crime contre l’humanité. En mettant en doute le fait que les « nègres » aient jamais beaucoup travaillé, le «nez» de LVMH conteste un crime contre l’humanité.
C’est ce négationnisme désinvolte qui doit être avant tout sanctionné. Quant à Guerlain, la société, dont M. Guerlain, l’héritier, était quand même venu faire la promotion, elle a beau désavouer de pareils propos, il sera difficile pour les « nègres » paresseux de continuer à acheter ses parfums. En ce qui me concerne, « Habit rouge », c’est fini. Au moins tant que Guerlain n’aura pas fait un geste significatif de réparation en mémoire des «nègres» esclaves que l’héritier Guerlain a insultés, comme il a insulté leurs descendants.
* Claude Ribbe est un écrivain, historien, philosophe et réalisateur français originaire de la Guadeloupe.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Pour les 500 numéros de Pambazuka news
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/comment/68315
Pour les 500 numéros de Pambazuka news
Pour que Pambazuka continue de naître et faire naître les idées, les pratiques, qui feront renaître l’humanité libre des emprisonneurs
Qui se font passer pour des libérateurs
Fossoyeurs
Sous la cagoule blanche bien connue des intégristes
Qui ont peur
de leur ombre
n’ayant pas la même couleur
que leur masque
Pour que pambazuka continue de dévoiler
Dans l’arène de la non violence
les masquaradeurs
De la liberté
* Jacques Depelchin
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Arts & livres
Global: La Guinée équatoriale défend le prix Obiang
2010-11-02
http://tinyurl.com/34xwbc7
Le président Obiang, qui dirige d'une main de fer depuis un coup d'Etat en 1979 la Guinée équatoriale, avait offert 3 millions de dollars pour cinq ans, à raison de 300. 000 dollars par an à partager entre trois chercheurs (le reste pour l'administration du prix) pour "récompenser la recherche en sciences de la vie". Le 21 octobre, "les 58 membres du conseil exécutif de l'Unesco ont convenu de suspendre le Prix", avait indiqué l'institution. Un conseiller à la présidence équato-guinéenne, qui s'était rendu à Paris dans le cadre de ce dossier, soutient que «ce n'est pas le prix qui est suspendu, c'est l'application de la décision qui a été simplement ajournée».
Tunisie: Un prix du film traitant des causes de la femme arabe
2010-11-02
http://tinyurl.com/2w22ac9
A l'initiative de l’épouse du président tunisien Ben Ali et présidente de l'Organisation de la femme arabe (OFA), un prix a été institué à l'occasion de la 23e session des Journées cinématographiques de Carthage (JCC 23-31 octobre). Ce prix, qui récompense la meilleure oeuvre cinématographique traitant des causes de la femme arabe, concerne les courts métrages. Ce prix est aussi une incitation aux cinéastes à mettre à contribution leur art pour sensibiliser les décideurs et l'opinion publique à la nécessité de rectifier l'image stéréotypée de la femme et de lui conférer la place qu'elle mérite.
Madagascar: Une thèse sur les « Sénégalais » soutenue à Paris
2010-11-01
http://pambazuka.org/fr/category/books/68312
L’étudiant Amadou Bâ, d’origine sénégalaise, a soutenu le mercredi 29 septembre 2010 une thèse de doctorat en histoire sur le sujet : « Des Sénégalais » à Madagascar, militaires ouest-africains dans la conquête et la colonisation de la Grande Île 1895-1960.
Spécialisé en histoire coloniale et contemporaine de l’Afrique, M. Bâ a fait ses études universitaires à Dakar (UCAD) puis à l’université Paris VII (Denis Diderot). Il a choisi de faire des recherches sur les militaires africains de l’armée française pendant les guerres d’expéditions coloniales (fin XIXe-début XXe siècle) et plus précisément sur les soldats recrutés en Afrique occidentale française (AOF) pour conquérir et pacifier Madagascar.
En effet, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, pour retrouver une partie de sa grandeur perdue pendant les guerres napoléoniennes et surtout après sa défaite humiliante contre la Prusse en 1870, la France reprit sa politique de colonisation en Afrique et dans l’Océan Indien. En mars 1895, une expédition lancée contre la Grande Île aboutit à la prise d’Antananarivo en septembre de la même année. Parmi les troupes envoyées dans ce pays, les originaires de l’Afrique occidentale française, généralement connus sous le nom de « tirailleurs sénégalais » - bien que la plupart n’aient pas été originaires de la colonie du Sénégal elle-même mais d’autres territoires - ont tenu une place importante.
Après avoir été utilisées comme éléments de conquête et de « pacification », les recrues de l’A.O.F furent maintenues dans cette colonie de l’océan Indien du Sud-Ouest comme force d’occupation puis reconvertis dans la police. En 1947, une violente insurrection éclata dans la partie est de Madagascar. Pour réprimer ce soulèvement, la France envoya à nouveau des bataillons de tirailleurs sénégalais à partir de sa base de Djibouti, mais aussi de la France. Une partie de ces nouveaux venus furent également maintenus dans la Grande Île en réintégrant notamment la police.
La thèse d’Amadou Bâ qui s’étale sur une période assez longue se présente en trois parties. Dans la première partie, il aborde les principales raisons qui ont poussé la France à se tourner vers l’Afrique de l’Ouest pour y recruter des hommes et les envoyer dans une région très loin de chez eux, alors que les autorités coloniales françaises auraient pu trouver d’autres soldats dans les colonies de l’océan Indien ou de la Corne de l’Afrique. Il analyse également les stratégies et méthodes mises en place pour attirer les jeunes africains dans l’armée coloniale et explique aussi pourquoi les Africains de leur côté n’hésitaient à s’enrôler dans les rangs de tirailleurs.
Dans la deuxième partie, M. Bâ analyse les différentes fonctions des troupes africaines dans la conquête et la « pacification » et surtout comme éléments de répression de toutes les velléités de conquête depuis l’insurrection des Menalamba en 1896 jusqu’à celle de 1947, mais aussi les missions et les tâches qu’on leur faisait faire pendant et après la conquête qui sont souvent différentes de leur métier de soldat (conducteurs, main d’œuvre, gardiens de prisons, etc.).
Enfin dans la dernière partie, il traite des Africains restés à Madagascar : leur devenir après la vie de soldat, leur intégration dans la société locale ainsi que celle de leurs descendants connus sous le nom de Senegaly ou Sônagaly (malgachisation de Sénégal) considérés comme des Africains dans la plupart des cas. Il aborde aussi la question de la stigmatisation et les différentes formes d’intégration des Africains et leurs descendants. Cette partie se termine sur la diplomatie, c’est-à-dire le rôle de médiation de l’État du Sénégal dans la crise malgache de 2001-2002.
Les recherches d’Amadou Bâ s’inscrivent dans le rapprochement entre ces deux aires géographiques éloignées mais unies par la même histoire à travers la France et posent aussi un débat. En effet, selon A. Bâ les Africains doivent étudier et connaître leur continent surtout à l’heure où l’intégration de celui-ci est sur toutes les lèvres. Combien de fois m’a-t-on posé la question suivante, souligne-t-il : « Mais pourquoi voulez-vous vous spécialiser sur Madagascar, c’est loin de chez vous ? Comme si les Africains étaient condamnés à ne travailler que sur leurs régions d’origine ou sur leur propre pays. Pourtant, il n’y a rien d’anormal à ce qu’un Français, une Canadienne, un Britannique ou une Chinoise se spécialise sur le Sénégal, la Colombie ou Sri Lanka, cela ne choque personne ». Pour A. Bâ, le moment est venu donc pour les chercheurs africains de s’investir davantage sur l’histoire des différents pays du contient, mais aussi sur d’autres aires géographiques.
Pour retracer cette histoire qui lie la France et ses anciennes colonies de l’Afrique de l’Ouest et de l’Océan Indien, Amadou Bâ a recouru à diverses sources. Il a utilisé des sources archivistiques (archives de Vincennes et Aix-en-Provence en France, Archives nationales du Sénégal et Archives de la République de Madagascar), des documents iconographiques et films, des enquêtes de terrain réalisées à Madagascar en 2006, au Sénégal (2006 et 2008) et en France, mais surtout des ouvrages et revues sur l’histoire de tirailleurs sénégalais, l’histoire militaire de la France pendant la période coloniale et celle de Madagascar.
Amadou Bâ a réussi à reconstituer une histoire peu connue et négligée par les chercheurs et dont la France se soucie peu. Il a obtenu la mention Très Honorable.
NB : Amadou Bâ est également titulaire d’une maîtrise en Sciences Politiques (option politique africaine) obtenue en 2006 à l’Université Paris Panthéon la Sorbonne.
Publications d’Amadou Bâ :
- Des colonisés au service d’État colonial : quand les Tirailleurs Sénégalais agissent à Madagascar au nom de la France, Cahiers d’Histoire de l’Université de Montréal (Québec, Canada), Volume XXVIII, n°2, Hiver 2010.
- Les représentations du Sénégalais à Madagascar, in N. Dodille, (dir), Idées et représentations coloniales dans l’océan Indien, Paris, PUPS, 2009, pp. 419-436.
- Les ‘Sénégalais’ comme éléments de répression à Madagascar, in C. Jabeur-Chanson, (dir), Colonisations et répressions, Colloque organisé par le laboratoire SEDET de Paris VII du 15 au 17 novembre 2007
- Premiers jalons pour une histoire de tirailleurs sénégalais à Madagascar, in D. Nativel et F. Rajaonah, (dir), Madagascar et l’Afrique : Entre insularité et appartenances historiques, Paris, Karthala, 2007
- Les Ouest-Africains dans l’armée coloniale française de Madagascar de 1895 à 1960, Mémoire de DEA, Université Paris VII (Denis-Diderot), 2005.
* Ce texte a été publié par Madagascar-Tribune.com du 23 0ctobre 2010
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Femmes & genre
Global: Ne pas ignorer les femmes armées
2010-10-31
http://tinyurl.com/39mhre9
L’idée selon laquelle les femmes ne sont que les victimes des conflits ne tient pas compte du nombre important de femmes combattantes, ce qui peut entraîner leur exclusion du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR). Une étude faite par une chercheuse pour le programme genre et sécurité de l’université de Harvard et enseignante à l’université Victoria de Wellington, en Nouvelle-Zélande, indique qu’au cours des 11 années qu’a duré la guerre civile sierra-léonaise, qui a fait rage entre 1991 et 2002 et a donné lieu à des atrocités de grande ampleur perpétrées contre des civils, les femmes ont joué un rôle significatif en tant que soldats et pas seulement en tant que « civiles associées aux troupes » ou « esclaves sexuelles » kidnappées.
Rd Congo: 240 femmes victimes des fouilles recto-vaginales à la frontière angolaise
2010-11-02
http://tinyurl.com/33g4a7q
Deux cents quarante femmes et filles congolaises expulsées de l'Angola ont subi des fouilles recto-vaginales à la frontière angolaise, au cours du premier semestre de l'année en cours. Le président de la Synergie provinciale de lutte contre les violences sexuelles du Bandundu, André Gipoy, l'a indiqué le 27 octobre à Kinshasa, à l'issue d'une mission d'évaluation des violences faites à la femme et à la jeune fille à Tembo, effectuée pendant une semaine dans cette contrée. Ces fouilles pratiquées dans le but de chercher le diamant caché ont été opérées à l'aide des sachets utilisés comme gant, a- t-il dénoncé, précisant que c'est là un mode de contamination du Vih/sida.
Droits humains
Bénin: 20 ans de prison pour le pilote du crash de Cotonou
2010-11-02
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1175114/2010/10/26/Crash-de-Cotonou-20-ans-de-prison-pour-le-pilote.dhtml
La justice libanaise a condamné le 26 octobre, par contumace, à 20 ans de prison le pilote de l'avion qui assurait la liaison Cotonou-Beyrouth et qui s'est écrasé le 25 décembre 2003, faisant au moins 136 morts, en majorité des Libanais. Le pilote libyen ainsi que le Libanais représentant de la compagnie "Union des transports aériens de Guinée" (UTA), ont été condamnés par contumace à 20 ans de prison par la cour criminelle de Beyrouth. Les condamnés devront payer également l'équivalent de 930 000 dollars à titre de compensations personnelles.
Global: Mbarushimana reste en prison à Paris pour génocide
2010-11-02
http://tinyurl.com/2w4dy3e
Callixte Mbarushimana, le secrétaire exécutif des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, reste en prison. La cour d’appel de Paris a rejeté sa demande de remise en liberté le 27 octobre, pour éviter qu’il ne quitte le pays. Exilé en France depuis 2003, où il a obtenu le statut de réfugié politique et occupait un emploi de technicien informatique, Callixte Mbarushimana, 48 ans, a été interpellé le 11 octobre en vertu d'un mandat d'arrêt sous scellés délivré par la Cour pénale internationale (CPI).. La CPI a retenu contre lui onze chefs d’accusation dont 6 de crimes de guerre et 5 de crimes contre l’humanité.
Global: Décision de justice sur la Françafrique le 9 novembre
2010-11-02
http://tinyurl.com/379xnwr
La plus haute instance judiciaire française, la Cour de cassation, dira le 9 novembre si un juge français a le droit ou non d'enquêter sur l'affaire dite des "biens mal acquis", concernant le patrimoine en France des présidents du Gabon, du Congo, de Guinée équatoriale et de leur entourage. Des accusations estiment que le patrimoine immobilier en France des trois chefs d'Etat s'élèverait à 160 millions d'euros. A l'issue d'une enquête préliminaire approfondie, le parquet avait classé le dossier. Puis en décembre 2008, Transparency International avait déposé une seconde plainte, classée elle aussi.
Kenya: Mobilisation contre une nouvelle visite du président soudanais
2010-11-02
http://tinyurl.com/337rfpl
DDes organisations de la Société civile africaine et des organisations internationales présentes en Afrique ont demandé au gouvernement kenyan d'affirmer clairement que le président soudanais Omar el-Béchir sera arrêté, s'il foule de nouveau le sol kenyan. D'après certaines informations, M. el-Béchir pourrait se rendre au Kenya pour une réunion de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en fin octobre ou en novembre, pour discuter du référendum de janvier 2011 sur la sécession du Sud-Soudan.
Maroc: Des ONG réclament la vérité sur Ben Barka
2010-10-31
http://tinyurl.com/32gmoyy
Cinq ONG marocaines ont réclamé le 29 octobre que la vérité soit faite sur la disparition en 1965 de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, dont le sort n'a jamais été élucidé. Cet appel a été lancé lors d'un rassemblement à Rabat de quelque 200 personnes à l'initiative de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH), de l'Assocation marocaine des droits humains (AMDH), du Forum vérité et justice (FVJ), de la Ligue marocaine de défense des droits de l'Homme et de l'Association Addala (justice). Mehdi Ben Barka, chef charismatique de la gauche marocaine et fondateur de l'Union nationale des forces populaires (UNFP), devenue USFP en 1975, avait été arrêté le 29 octobre 1965, en plein Paris, par des policiers. Il n'a pas réapparu depuis, et son corps n'a jamais été retrouvé.
Rd Congo: La pression s’accroît sur Kabila dans l’affaire Tungulu
2010-11-02
http://www.afrik.com/article21100.html
La pression se fait de plus en plus forte sur le gouvernement de Joseph Kabila au sujet de l’affaire Armand Tungulu. La famille kinoise de l’opposant congolais, décédé dans des conditions troubles début octobre, alors qu’il était en détention, a saisit la justice pour savoir la vérité sur sa mort. Le gouvernement de Kinshasa reste pour l’instant sourd à ces pressions. Il avait déjà rejeté une ordonnance prise par le tribunal de première instance de Bruxelles le 11 octobre, lui faisant injonction de rendre à la famille la dépouille mortelle de l’opposant et de la faire rapatrier en Belgique.
Rd Congo: Un ex-agent du Pnud dans les filets de la CPI
2010-11-02
http://tinyurl.com/2ufh76o
L’un des leaders de la rébellion rwandaise, Callixte Mbarushimana, a été arrêté à Paris le 11 octobre. Mbarushimana est poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI), et c’est la première fois que celle-ci fait arrêter un haut responsable des FDLR pour des crimes « commis à grande échelle dans les provinces du Kivu », dans l’est de la RD Congo. Onze chefs d’accusation sont retenus contre lui, dont six de crimes de guerre et cinq de crimes contre l’humanité. Il devra notamment répondre des viols, des meurtres, des persécutions à caractère sexiste et des destructions de biens auxquels se sont livrés les rebelles rwandais en 2009 et 2010.
Rd Congo: Un chef rebelle s’est évadé de prison
2010-10-31
http://tinyurl.com/36vwkpg
Un ancien dirigeant rebelle en République démocratique du Congo (RDC), accusé de graves violations des droits de l’homme, se trouve parmi les 23 détenus évadés de la prison d’Osio, à 17 km de Kisangani, en province Orientale, a indiqué le 25 octobre le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme à Kinshasa. Le colonel "Toms", ainsi qu’on l’appelle, est cité comme commanditaire des viols massifs qui ont eu lieu à Lieke Lesole en 2007.
Rwanda: Maintien en détention de l'opposante Victoire Ingabire
2010-11-02
http://tinyurl.com/35kmyqo
DUn tribunal de Kigali a rejeté, le 26 octobre, la demande de remise en liberté de l'opposante rwandaise Victoire Ingabire et a ordonné son maintien en détention pour collaboration présumée avec une "organisation terroriste". Mme Ingabire a immédiatement annoncé qu'elle ferait appel de cette décision. Le procureur général assure disposer de solides éléments de preuve, dont des preuves de transfert d'argent au profit des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une organisation basée en RDC et présentée par Kigali comme un groupe terroriste, et des témoignages de commandants de cette organisation.
Rwanda: Mandat d'arrêt international contre le héros du film « Hôtel Rwanda »
2010-10-31
http://tinyurl.com/2eqphvz
La justice rwandaise s'apprête à délivrer un mandat d'arrêt international contre un Rwandais ayant inspiré la réalisation du film « Hôtel Rwanda », Paul Rusesabagina, actuellement en exil aux Etats-Unis, accusé de collaboration avec des groupes 'terroristes' pour déstabiliser le Rwanda. Dans le film 'Hôtel Rwanda', un Hutu, ancien gérant de l'hôtel des Mille Collines, situé en plein centre de Kigali, interprète la manière dont il a sauvé des centaines de Tutsis réfugiés dans cet établissement durant le génocide.
Somalie: Les islamistes exécutent deux jeunes filles pour espionnage
2010-11-02
http://tinyurl.com/39qh7v8
Les islamistes shebab ont exécuté par balles, le 27 octobre, à Beledweyne (centre de la Somalie), deux jeunes filles jugées coupables d'espionnage, ont rapporté le 28 octobre des témoins sur place. Cette exécution, une première concernant des femmes sous un tel chef d'accusation, s'est déroulée devant plusieurs centaines de personnes dans cette ville proche de la frontière avec l'Ethiopie. Les jeunes filles semblaient âgées de 17 ou de 18 ans, selon les témoignages.
Tunisie: Un journaliste toujours en grève de la faim
2010-11-02
http://tinyurl.com/34my6p8
Le journaliste et opposant tunisien emprisonné Fahem Boukadous est entré le 24 octobre dans son dix-neuvième jour de grève de la faim pour exiger sa libération et protester contre les mauvaises conditions de sa détention. Le journaliste qui a commencé le 8 octobre une "grève illimitée" est bien décidé à "obtenir sa libération ou à se laisser mourir", selon son épouse.
Réfugiés & migration forcée
Afrique du Sud: Dupés, des émigrés ougandais dorment dans les rues
2010-11-02
http://tinyurl.com/36d9edb
Des centaines d'Ougandais attirés par l'Afrique du Sud avec des promesses d'éducation et des possibilités d'emploi se sont retrouvés, livrés à eux-mêmes dans les rues de Johannesburg. Parmi ceux-ci, certains ont abandonné leurs emplois à domicile pour des salaires plus élevés en Afrique du Sud. Plusieurs témoignages ont révélé ces émigrés sont victimes du racket des escrocs qui ciblent des parents comptnt envoyer leur progéniture étudier à l’étranger.
Global: Israël projette une barrière à sa frontière avec l'Egypte
2010-11-02
http://tinyurl.com/3979kab
Israël va commencer "dans les prochaines semaines" la construction d'une barrière de sécurité le long de la frontière avec l'Egypte pour empêcher l'infiltration d'immigrants clandestins, a annoncé le 27 octobre le bureau du Premier ministre. Le gouvernement a approuvé en janvier la construction de cette barrière, longue de 250 km au coeur du désert, qui bloquerait les principales voies d'entrée des clandestins. Le projet devrait coûter 1,35 milliard de shekels (365 millions de dollars). De nombreux migrants africains entrent illégalement par la frontière séparant l'Egypte d'Israël, notamment des candidats à l'asile politique ou économique, ainsi que des trafiquants de drogue ou d'armes, et Israël a demandé à l'Egypte d'enrayer ce flux.
Elections & gouvernance
Afrique: Le Burundi retire sa reconnaissance à la RASD
2010-11-02
http://tinyurl.com/33mssxh
Le Burundi a décidé de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD, autoproclamée par le Front Polisario), a déclaré le 25 octobre à Rabat le ministre burundais des Relations extérieures et de la coopération internationale. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc. Le Polisario, soutenu notamment par l'Algérie, réclame l'indépendance de ce territoire à travers un référendum d'autodétermination, alors que le Maroc soutient l'option d'une autonomie sous sa souveraineté, refusant toute indépendance.
Côte d’Ivoire: Le décompte des voix sera électronique
2010-11-02
http://tinyurl.com/35efqlh
Le comptage des voix de la présidentielle ivoirienne du 31 octobre prochain sera bien électronique. C’est la conclusion d’une réunion multipartite consacrée au mode de décompte des suffrages. Le Premier ministre Guillaume Soro, le directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd), le représentant spécial du facilitateur du dialogue direct inter-ivoirien, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu y ont participé. En dépit de la polémique, c’est le comptage manuel des voix est donc rejetée. Le Premier ministre a toutefois fortement recommandé la mise en place d’un comité d’experts indépendants.
Guinée: 1.800 Peuls contraints de fuir à cause des affrontements ethniques
2010-10-31
http://tinyurl.com/39hf3wm
Au moins 1.800 membres de l'ethnie Peul ont été contraints de fuir leurs habitations en Guinée, en raison d'affrontements ethniques à l'approche de l'élection présidentielle, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Ce qui devait être la première élection libre et équitable dans le pays est devenu une compétition entre les deux principaux groupes ethniques du pays. Les Peuls soutiennent quasi-unanimement le politicien peul Cellou Dalein Diallo et les Malinké soutiennent Alpha Condé
Guinée: 2e tour de la présidentielle le 7 novembre
2010-11-02
http://tinyurl.com/38k5qqd
Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le général malien Siaka Sangaré, a pour sa part déclaré à la RTG qu'il s'agit "d'une date consensuelle et irrévocable". "J'ose le croire, la toute dernière date de ce scrutin attendu par le peuple guinéen", a-t-il dit. Il avait proposé mardi la date du 31 octobre, rejetée par l'un des deux candidats en lice, Cellou Dalein Diallo, qui, après des violences politico-ethniques, avait souhaite rétablir "la paix" avant le vote.
Guinée-Bissau: La ministre de l'Intérieur suspendue pour "désobéissance"
2010-10-31
http://tinyurl.com/358hpud
La ministre bissau-guinéenne de l'Intérieur, Hadja Satù Camara Pinto, une proche du président Malam Bacaï Sanha, a été suspendue de ses fonctions par le Premier ministre Carlos Gomes Junior pour "désobéissance". Selon ce dernier, la ministre n'a pas tenu compte de son arrêté du 24 juillet 2009 lui interdisant "de nommer ou promouvoir des officiers de son département jusqu'à nouvel ordre", pour éviter "de perturber le processus de réforme dans l'armée et les forces de sécurité" en Guinée-Bissau.
Global: Abdou Diouf réélu à la tête de la Francophonie
2010-11-02
http://tinyurl.com/33mz6zj
L’ancien président sénégalais Abdou Diouf (75 ans) a été réélu à l’unanimité à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pour un troisième mandat à la tête de l’institution. Il était opposé à l’écrivain Calixthe Beyala qui briguait la présidence de l’institution. Calixthe Beyala jugeait sévèrement le bilan d’Abdou Diouf à la tête de l’institution qu’elle qualifiait d’apathique et qu'elle disait vouloir secouer. Elle n’a bénéficié d’aucun soutien officiel, pas même dans son pays natal, le Cameroun…
Nigeria: Amnesty dénonce des évictions forcées de bidonvilles
2010-11-02
http://tinyurl.com/36bmz63
Dans un rapport évoquant le projet de "renouvellement urbain" de la ville portuaire de Port Harcourt, Amnesty estime que les autorités nigérianes violent le droit international et poussent de nombreux citoyens en situation précaire vers davantage de pauvreté. L'organisation évalue "entre 200 000 et 500 000" le nombre de personnes qui pourraient être affectées. Elle demande aux autorités d'"arrêter immédiatement toutes les évictions forcées" et ce jusqu'à ce que ces opérations se déroulent en accord avec "les standards internationaux en matière de droit de l'Homme".
Corruption
Kenya: Démission du ministre des Affaires étrangères
2010-10-31
http://tinyurl.com/2aaykqw
Le ministre des Affaires étrangères du Kenya, Moses Wetangula, a démissionné à cause de son implication dans la mauvaise gestion de deniers publics lors de l'acquisition de terres pour les ambassades du pays à l'étranger. Il a indiqué avoir pris cette décision pour faciliter l'enquête, clamant toutefois son innocence. Sa démission fait suite à celle du secrétaire permanent du ministère, Thuita Mwangi, lui aussi éclaboussé par ce scandale. Il y a une dizaine de jours, le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga avaient suspendu de ses fonctions le ministre de l'Agriculture, William Ruto, accusé de détournement.
Développement
Afrique du Sud: Standard Bank limoge 2 000 employés
2010-11-02
http://tinyurl.com/34te7jp
La première banque sud-africaine, Standard Bank, a confirmé le 2 novembre sa volonté de licencier plus de 2.000 membres de son personnel, dans le cadre d'une vaste politique de réduction des dépenses, après qu'un contrôle bancaire a révélé que ses revenus resteraient sous pression l'année prochaine. Environ 4% des employés concernés, essentiellement des agents de la direction, des cadres et certains employés de bureau risquent d'être renvoyés au début de l'année prochaine.
Afrique du Sud: 5 millions d'emplois à créer d'ici 2020
2010-11-02
http://tinyurl.com/2bldx8e
Le gouvernement sud-africain a indiqué mardi 26 octobre avoir adopté un plan d'action pour créer 5 millions de nouveaux emplois d'ici 2020 et faire reculer un chômage de masse qui concerne officiellement 25% de la population active. La première puissance économique du continent était entrée en récession au dernier trimestre 2008, mais cela a duré seulement neuf mois. Elle devrait enregistrer une croissance de 3,25% en 2010, selon le Fonds monétaire international (FMI). Mais cette reprise ne suffit pas à résorber le chômage qui restait à 25,3% au troisième trimestre 2010, selon des statistiques officielles publiées le 26 octobre.
Côte d’Ivoire: L'économie ivoirienne veut rebondir après la présidentielle
2010-11-02
http://tinyurl.com/36azyal
Après le scrutin présidentiel du 31 octobre, la Côte d'Ivoire espère retrouver la stabilité pour relancer une économie en déclin depuis une vingtaine d'années et encore plus mise à mal par une décennie de soubresauts politico-militaires. Ce déclin économique a précédé la tourmente dans laquelle le pays a été plongé depuis une décennie, du putsch de 1999 au coup d'Etat raté de 2002 qui a coupé le territoire en deux, le nord tombant aux mains de la rébellion rebaptisée Forces nouvelles (FN).
Mali: Faire prospérer le business avec la diaspora
2010-11-02
http://tinyurl.com/34mv3oe
Alors que les transferts d'argent de la diaspora malienne constitue un apport économique indiscutable, la question qui se pose est de savoir comment faire de cette manne financière un investissement productif. Forte de 4 millions de membres répartis sur tous les continents, dont l’Afrique pour les trois quarts (Côte d’Ivoire, Sénégal, Congo, Gabon…), la diaspora malienne représente un apport conséquent pour l’économie du pays. Bien que difficiles à quantifier, les transferts d’argent des Maliens de l’étranger sont estimés par la Banque africaine de développement (BAD) à environ 428 millions d’euros (plus de 250 milliards de francs) par an.
Santé & VIH/SIDA
Afrique: - Echec dans l’accès aux médicaments essentiels
2010-10-31
http://tinyurl.com/3yxd3ju
Le Réseau d'accès aux médicaments essentiels (RAME) indique qu'il organisera prochainement une marche à Ouagadougou pour dénoncer les promesses non tenues, de la communauté internationale, par rapport à la mobilisation de ressources pour le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose. Le 5 octobre 2010 à New York, la communauté internationale n'a réussi à mobiliser, pour les trois prochaines années, que 11,7 milliards de dollars sur les 20 milliards estimés par le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose comme nécessaires pour continuer les mises sous traitements et la prévention des trois grandes pandémies les plus meurtrières.
Cameroun: Le choléra, un désastre sanitaire prévisible ?
2010-11-02
http://tinyurl.com/32rzdl5
L’épidémie de choléra qui sévissait essentiellement au Nord du Cameroun depuis le 6 mai 2010, touche désormais Yaoundé, et même Douala, la capitale économique du pays et où tous les 7 districts sont désormais touchés. Selon un récent décompte des autorités sanitaires camerounaises, l’épidémie aurait déjà fait plus de 8678 victimes dont plus de 559 morts, depuis la découverte du premier cas le 6 mai dernier dans l’Extrême-nord du Cameroun. Chiffres à prendre avec des pincettes, compte tenu du fait qu’un grand nombre de victimes décèdent en communauté, faute de moyens pour les transporter dans les centres sanitaires.
Nigeria: Les cas de polio en recul de 98%
2010-11-02
http://tinyurl.com/3xr54hd
Les nouveaux cas de poliomyélite au Nigeria depuis le début de l'année sont en recul de 98% sur un an, a annoncé le 25 octobre la Fondation des Nations unies, qui a également alloué 60 millions de dollars à l'achat de vaccins supplémentaires. Selon cette dernière, seuls huit cas avaient été enregistrés au Nigeria en 2010 contre près de 400 fin 2009.
Sénégal: Lancement du programme de lutte contre la rage
2010-11-02
http://tinyurl.com/3amepwr
La rage animale est endémique au Sénégal. Dans le premier trimestre de l’année, cinq cas de décès occasionnés par des morsures de chiens ont été enregistrés dans les structures sanitaires. Les statistiques de l’Institut Pasteur de Dakar font état de 1000 consultations en moyenne par an suite à des morsures ou des griffures par des animaux suspects de rage. Les autorités ont ainsi lancé un programme spécial de 764 millions de francs Cfa. L’Oms évalue entre 40.000 et 70.000 personnes qui décèdent de la rage chaque année, dans les pays asiatiques et africains.
Éducation
Algérie: La qualité de l’enseignement embarrasse
2010-11-02
http://tinyurl.com/32uu9p2
L’université algérienne croule sous les feux de la critique. Les classements et rapports internationaux la place à un rang peu enviable, les organismes recruteurs dénoncent l’incompétence des diplômés du supérieur, d’autres la qualité de l’enseignement et de l’encadrement. La politique, jadis ambitieuse, de la démocratisation de l’enseignement supérieur a réduit le secteur de l’enseignement supérieur en une machine de production de diplômés. Ils seraient de l’ordre 200 000 chaque année, toutes filières confondues.
Afrique: Les ravages des violences sur les enfants à l'école
2010-10-31
http://tinyurl.com/2w9ubls
Les violences à l'école ont des effets dévastateurs sur les enfants et compromettent l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). C'est ce qui ressort d'une étude commanditée par l'Ong Plan International menée dans 13 pays. Le rapport de Plan International souligne non seulement les effets dévastateurs du phénomène sur les enfants mais aussi son coût économique très élevé pour les Etats d'Afrique de l'Ouest et d'ailleurs. Plan International a décidé d'agir en amont à travers la sensibilisation des différents acteurs sur la question, le renforcement des capacités des enseignants à utiliser des méthodes d'enseignement non-violentes, etc.
Zimbabwe: Une incapacité à faire face aux grossesses chez les écolières
2010-10-31
http://tinyurl.com/3xd97w5
Bien que des données précises sur le nombre d'écolières qui abandonnent les classes pour cause de grossesse ne soient pas disponibles au Zimbabwe, des militants des droits des enfants et des experts en éducation estiment que les problèmes qui conduisent aux grossesses chez les écolières, y compris les violences sexuelles, sont largement restés sans solution. L'inquiétude sur les taux élevés d'infection à VIH et la grossesse soulève également des questions quant à l'efficacité de l'éducation sexuelle dans les écoles.
LGBTI
Rd Congo: Une proposition de loi sur l’homosexualité divise
2010-11-02
http://tinyurl.com/33nwaka
Faut-il oui ou non légiférer sur les pratiques sexuelles contre nature en République Démocratique du Congo ? La question a été en discussion à la plénière de l’Assemblée nationale le 22 octobre 2010. Si, sur le plan de principe, la proposition de loi du député évèque Ejiba Yamapia contre l’homosexualité a été soutenue dans l’ensemble, il s’est posé un problème de savoir comment la couler en moule juridique sans devoir marcher sur la Constitution.
Zambie: Le président banda préoccupé par l’homosexualité
2010-11-02
http://tinyurl.com/3xambk3
Le président de la Zambie, Rupiah Banda, a déclaré le 26 octobre qu'il ne comprenait pas pourquoi on devrait tolérer l'homosexualité, se disant préoccupé par le fait que certains partenaires au développent étaient en train de pousser les jeunes de son pays à l'homosexualité. Le président Banda s'exprimait au cours d'une audience accordée au groupe «Génération sans Sida» qui comprend l'ancien président zambien, Kenneth Kaunda, son homologue du Botswana, Festus Mogae, et l'ancien vice-président de l'Ouganda, Specioza Wandira.
Racisme & xénophobie
Gabon: Des Européens expulsés pour racisme envers des Noirs
2010-10-31
http://tinyurl.com/38lfkjf
Plusieurs Européens qui travaillent dans le secteur pétrolier à Port-Gentil, ont été expulsés fin septembre-début octobre du territoire national pour racisme avéré. Le fléau raciste et la ségrégation sont très perceptibles dans la capitale économique du Gabon. Certains snack-bars et des restaurants, dont les plus célèbres San Lorenzo et le Ranch, sont des milieux où l’entrée d’un Noir est considérée par les autres clients Blancs comme une intrusion.
Environnement
Afrique: Le lac Tchad menacé par la sécheresse
2010-10-31
http://tinyurl.com/2voxjwp
ESécheresse, changement climatique et utilisation de l'eau par l'homme font rétrécir le lac Tchad qui a fait l'objet d'un forum international à N'Djamena rassemblant des dizaines de dirigeants, experts et spécialistes de l'environnement. En 1960, la taille du lac était de 25.000 km2, aujourd'hui, elle avoisinerait 8.000 km2, voire 2.500 km2, selon différentes estimations. Quelque 4.000 personnes, dont des chefs d'Etat et de gouvernement et des représentations des milieux scientifique, économique et social, étaient attendues pour "faire progresser les solutions" et "mobiliser la planète pour cette grande cause".
Bénin: Le HCR à la rescousse des victimes des inondations
2010-11-02
http://tinyurl.com/385jc9d
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a démarré le 26 octobre un pont aérien d’urgence et a lancé un appel aux dons à hauteur de 2 milliards de dollars, en faveur des victimes des inondations qui ont fait une cinquantaine de morts et des milliers de déplacés. Au moins 680 000 Béninois sont victimes de ces inondations. Il est prévu d’acheminer dans un premier temps quelque 3 000 tentes. Ces inondations, causées par les récentes pluies diluviennes, sont telles que des zones jusque-là épargnées sont touchées. A Cotonou, on assiste à un bal de pirogues sur les voies pavées.
Madagascar: Rapatriement de 415 tortues trafiquées en juin
2010-10-31
http://tinyurl.com/3am8dwd
Les 415 tortues malgaches trafiquées en mois de juin à destination de la Malaisie, ont été rapatriées et reçues le 28 octobre par le ministère de l'Environnement et des forêts de la transition malgache. Le rapatriement a été organisé par le Durell wildlife conservation trust (DWCT) qui a investi plus de 7.000 dollars ainsi que la station d'observation et de protection des tortues et de leurs milieux. A noter que ces tortues ont été saisies par les douaniers de l'aéroport international de Kuala Lumpur, en Malaisie lors d'un vol d'Air Mauritius en mois de juin dernier et les deux personnes impliquées purgent déjà leur peine en prison et le troisième a été déjà appréhendé.
Rwanda: Lancement d’un programme de plantes à biodiesel
2010-10-31
http://tinyurl.com/357hyjh
Produire du carburant à base de plantes, comme le moringa, le jatropha ou le palmier à huile : tel est l'objectif du gouvernement rwandais pour limiter la dépendance énergétique du pays au bois et au pétrole. Mais certains Rwandais sont sceptiques craignant que ces cultures n'empiètent sur les cultures vivrières. Depuis l’inauguration de l’usine, les agents de l’IRST sillonnent le pays pour informer les autorités locales, la population et le secteur privé sur la culture des plantes à biodiesel, tels le soja, le moringa et le jatropha.
TCHAD: Mobilisation face au fleuve qui déborde
2010-11-02
http://tinyurl.com/3yllvss
A N’djamena, la montée des eaux de crue – arrivant au beau milieu d’une épidémie de choléra – a englouti les puits et les toilettes des maisons, déplaçant des milliers de personnes et faisant craindre une épidémie. Selon des travailleurs humanitaires dans la capitale, les gens fuyant les zones inondées sont dispersés ; il est donc difficile de surveiller leurs mouvements et cela complique les tentatives de contrôle du choléra. Quelques 1 500 familles ont perdu leur maison dans le quartier de Walia à N’djamena, depuis que les eaux du fleuve Chari ont envahi les rives en fin septembre.
Média & liberté d'expression
Maroc: Suspension des activités du bureau d’Al-Jazira
2010-10-31
http://tinyurl.com/33tw2t3
La chaîne satellitaire Al-Jazira a condamné le 31 octobre la suspension des activités de son bureau à Rabat et affirmé que la décision des autorités marocaines n'influerait pas sur sa ligne éditoriale. Les autorités marocaines reprochent à Al-Jazira la manière dont elle "traite les dossiers relatifs aux islamistes et à l'affaire du Sahara (occidental)", a indiqué un responsable du gouvernement sous le couvert de l'anonymat. Al-Jazira continue en revanche à être diffusée sur le territoire du Maroc.
Togo: La vente de photocopies de journaux dénoncée
2010-11-02
http://tinyurl.com/2vrntky
Les journalistes du réseau d'information Média Togo ont dénoncé le 26 octobre la vente de photocopies de leurs journaux, estimant que ces reproductions et cette forme de commercialisation violent leurs droits d'auteur. La photocopie d'une page ne coûte que la modique somme de 10 FCFA. Le prix moyen d'un journal de 8 pages au Togo se fixe à 200 FCFA et le faussaire peut vendre un journal photocopié à 75 FCFA seulement. A travers des communiqués diffusés sur leur réseau, les journalistes appellent leurs confrères à combattre ce commerce illicite qui leur porte préjudice et les appellent à la vigilance.
Nouvelles de la diaspora
Global : Un Noir maire, une première en Europe de l'Est
2010-11-02
http://tinyurl.com/384yc27
Un médecin originaire du Ghana est devenu le 24 octobre en Slovénie le premier Noir élu maire d'une ville d'Europe de l'Est. Agé de 54 ans, Peter Bossman a été élu à la tête de la ville de Piran. Il a battu le maire sortant de centre-droit au deuxième tour des élections municipales, d'après les résultats préliminaires. Membre des Démocrates sociaux, la principale formation de la coalition de centre-gauche au pouvoir sur le plan national, il est arrivé en Slovénie en provenance du Ghana il y a 33 ans pour suivre des études de médecine.
Conflits & urgences
Centrafrique: 21 agents recenseurs enlevés par la Cpjp
2010-10-31
http://tinyurl.com/382mjd2
Vingt-et-un agents recenseurs ont été enlevés le 28 août 2010 dans la commune de Ouandjia. Selon des sources de Radio Ndeke Luka, ces hommes sont entre les mains des éléments de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), rébellion fidèle à Charles Massi, ancien ministre d’Etat centrafricain disparu en décembre 2009. Pour l’heure, on ignore le sort des prisonniers et la revendication des ravisseurs.
Nigeria: 13 corps brûlés après des violences
2010-11-02
http://tinyurl.com/36do2lw
Les autorités nigérianes ont découvert 13 corps brûlés après des violences liées à un conflit sur des terres opposant depuis des années des villageois du sud-est du Nigeria. Les affrontements avaient commencé dimanche 24 octobre. Des dizaines de maisons et des églises avaient été brulées dans les deux villages dont les communautés sont engagées depuis une vingtaine d'années dans un différend foncier.
Somalie: 60.000 déplacés dans des combats près de la frontière kenyane
2010-11-02
http://tinyurl.com/39vfat4
Des affrontements dans la ville de Bulo Hawo, près de la frontière du Kenya, ont poussé quelque 60 000 Somaliens à abandonner leur foyer. Ces combats, ainsi que ceux, récents, de Beledweyne plus au nord, ont ouvert de nouveaux fronts et ont eu pour conséquence d'étirer les forces des shebab qui se concentraient essentiellement sur la bataille de Mogadiscio. Sur les 60. 000 Somaliens ayant fui les combats de Bulo Hawo, 40. 000 sont restés en Somalie, 5000 ont été enregistrés au Kenya, selon le HCR qui ne sait pas où se trouvent les 15. 000 restants.
Soudan: Des militaires passent du côté de la rébellion
2010-10-31
http://tinyurl.com/34yopby
Quelque 180 soldats de l'armée soudanaise, originaires du Darfour, ont fait défection cette semaine pour passer dans les rangs du plus militarisé des groupes rebelles de cette région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile, a affirmé le 28 octobre la rébellion. Des membres de plusieurs tribus arabes avaient combattu auprès de l'armée soudanaise au début de la guerre civile au Darfour, en 2003. Depuis quatre ans, des tribus arabes du Darfour se sont affrontées et certaines ont progressivement remis en cause leur allégeance au gouvernement soudanais.
/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\
Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
www.fahamu.org/
© Sauf indication contraire, tous les contenus publiés ici le sont avec autorisation sous les termes de la licence « Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported »
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org
Si vous ne souhaitez plus figurer sur la liste de nos abonnés, veuillez écrire à editor@pambazuka.org et votre adresse sera aussitôt retirée.
Pour les détails supplémentaires: www.pambazuka.org/fr/about.php
Pambazuka news peut être visionné en ligne: www.pambazuka.org/fr/
Le RSS est disponible sur www.pambazuka.org/fr/newsfeed.php
Pambazuka News est publié grâce au soutien d’un certain nombre de bailleurs de fonds dont les coordonnées peuvent être obtenues en passant par l’adresse www.pambazuka.org/fr/about.php
Pour VOUS ABONNER ou VOUS DESABONNER, allez sur:
pambazuka.gn.apc.org/cgi-bin/mailman/listinfo/pambazuka-news-fr
ou envoyez un message à editor@pambazuka.org avec le mot ABONNER ou DESABONNER dans la case réservée à l’objet selon le cas.
Les points de vue exprimés ici sont ceux des auteurs eux-mêmes et ils ne représentent pas nécessairement ceux de Pambazuka News ou Fahamu.
ISSN 1753-6847

