PambazukaA travers les voix des peuples d'Afrique et du Sud dans sa globalité, Pambazuka Press et Pambazuka News diffusent des analyses et des débats sur la lutte pour la liberté et la justice.

Abonner!

Abonner gratuitement!



DONNEZ!

PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
Visitez le site de Surveillance de l'Union

Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

Visit Pambazuka Press

DONNEZ POUR QUE SURVIVE PAMBAZUKA !

Aidez les abonnés africains à recevoir Pambazuka News gratuitement : chaque $5.00 assurent un abonnement d’un an, alors donnez généreusement pour faire en sorte que le meilleur bulletin sur la justice sociale d’Afrique parvienne là ou l’on en a besoin.

Cette édition

Pambazuka News 168 : Burkina Faso : 23 ans après sa mort, Sankara toujours vivant

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Nécrologie, 4. Arts & livres, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Mouvements sociaux, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Environnement, 14. Média & liberté d'expression, 15. Nouvelles de la diaspora, 16. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUES : Burkina : L’héritage de Sankara face à la présidentielle.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Otages, Areva, Total, Africom : Les enjeux cachés d’une occupation militaire du Sahel.
NECROLOGIE : Maroc : Mort d’Abraham Serfaty, célèbre opposant au Roi Hassan II.
ARTS & LIVRES : Global : Sortie d’un film sur les déchets toxiques d’Abidjan.
FEMMES & GENRE : RD Congo : Une enquête pour stopper les violences sexuelles à l’Université.
DROITS HUMAINS : Afrique : La justice africaine sauve l’ex-président tchadien.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Global : Il faudra parler italien pour obtenir des papiers en Italie.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Le président Bashir sera-t-il l’hôte du Festival des arts nègres.
CORRUPTION : Global : Quatre Africains suspendus des instances de la Fifa.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Les banques manquent de coffre.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique du Sud : De l’eau à partir du brouillard pour les enfants.
ENVIRONNEMENT : Burkina Faso : Une catastrophe écologique redoutée.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Angola : Inquiétudes après la mort d’un journaliste et plusieurs agressions.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : La chasse aux Haïtiens sans papiers reprend en Guyane.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Global : Google tisse sa toile en Afrique.




Chroniques

Burkina : L’héritage de Sankara face à la présidentielle

Hama Arba Diallo

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/68965

Le Burkinabé sont allés aux urnes le 21 novembre pour une élection présidentielle dont l’issue ne fait aucun doute pour la reconduction du Blaise Compaoré. A 59 ans, ce dernier dirige le Burkina Faso depuis le coup d’Etat doublé de l’assassinat de Thomas Sankara, qui l’a porté au pouvoir en 1987. Devant une opposition faible, ce sont surtout les idées et l’action politique de ce dernier qui constituent, vingt-trois ans après sa mort, le véritable adversaire et l’alternative réelle au régime de Compaoré. Car le «sankarisme» vit toujours et sa présence a été réelle dans cette campagne où le diplomate Hama Arba Diallo, soutenus par de petits partis, l’a porté en bandoulière même s’il ne s’en réclame pas directement. Car son compagnonnage avec Sankara aux premières heures de la révolution l’a toujours marqué.
Pouvez nous raconter votre itinéraire jusqu’à l’ONU et quelles sont les conditions qui ont permis votre carrière ?

Arba Diallo : J’ai d’abord été fonctionnaire dans mon pays, après mes études en relations internationales. Puis j’ai occupé quelques postes diplomatiques à l’étranger. A partir de 1980, j’ai été nommé par le PNUD responsable de son agence d’exécution de projets d’appui au Comité inter-Etat de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) pour la lutte de cette organisation contre les effets de la sécheresse dans les pays africains.

En 1983, avec l’avènement de la révolution, je suis rentré dans mon pays où j’ai été nommé ministre des Relations extérieures et de la Coopération, poste que j’ai occupé pendant une année. J’ai ensuite été nommé conseiller diplomatique du président Thomas Sankara. Après l’assassinat de ce dernier, le 15 octobre 1987, je suis resté au même poste pendant environ une année encore puis j’ai été nommé ambassadeur du Burkina Faso à Pékin, d’où j’ai été rappelé en octobre 1989.

En 1990, j’ai pris ma retraite anticipée de la fonction publique burkinabé et j’ai postulé pour un poste vacant du PNUD au Niger à Niamey, d’abord, puis à New York (…)


D’où vous vient votre conscience politique qui vous a fait intégrer le PAI alors dans la clandestinité ?

J’ai vécu directement l’époque coloniale avec ses injustices, ses brimades et j’ai partagé les aspirations de mon peuple à la liberté et à la justice. Mon père était lui-même engagé dans la lutte pour l’égalité sous la colonisation et pour l’indépendance de notre pays. Lorsque le pays a été déclaré indépendant en 1960, j’étais encore aux études mais j’ai pris très tôt conscience du caractère incomplet et insuffisant de cette indépendance, du pacte qui semblait continuer de lier nos dirigeants avec la France et de la nécessité pour les cadres du pays de s’impliquer dans la lutte pour changer cette situation.

Il paraissait évident à cette époque que les révolutionnaires marxistes étaient les plus conséquents dans leur analyse de la situation de nos pays néocoloniaux et dans les solutions préconisées pour une indépendance véritable de nos jeunes Etats. D’où mon adhésion au PAI (Ndlr : Parti africain pour l’indépendance) lorsque j’ai été sollicité par des membres de ce parti.


Vous rappelez-vous de votre première rencontre avec Sankara ?

Les responsables du PAI avaient des liens directs avec lui comme avec Blaise Compaoré, dont il était inséparable. Ils nous en rendaient régulièrement compte. Je crois que ma première rencontre avec lui a eu lieu en février 1983 lorsqu’il a été nommé Premier ministre sous le régime du CSP. Je travaillais déjà à cette époque pour les Nations Unies, mais j’étais basé à Ouagadougou, tout en ayant l’opportunité de voyager beaucoup. Je l’ai rencontré sur l’instruction des responsables du PAI pour discuter de la possibilité d’ouvrir nos relations diplomatiques et d’entretenir de nouveaux rapports avec des pays progressistes d’Afrique et d’Amérique latine notamment.


Avez-vous rejoint le pays en 82, pendant le CSP ou bien après le 4 août 1983 (Ndlr : date du putsch qui a porté Sankara au pouvoir) ?

En 1982 je travaillais au Burkina, mais pour une agence des Nations Unies. La même année, j’ai été affecté à New York, à un poste plus élevé de cette agence. Un à deux mois environ avant le 4 août 1983, j’étais à Ouagadougou, en congé. J’ai ensuite rejoint mon poste à New York. Quelques jours après le 4 août 1983, on m’a demandé de revenir d’urgence à Ouagadougou, ce que j’ai fait. Mais quand je suis arrivé à Abidjan, les frontières aériennes du Burkina étaient encore fermées. J’ai donc dû attendre à Abidjan et ne suis arrivé à Ouagadougou que vers le 13 août 1983, je crois. J’ai alors été nommé ministre des Relations extérieures du régime du CNR.


Quelques souvenirs de réunions internationales en compagnie de Sankara ?

J’ai bien sûr de nombreux souvenirs de ce type de réunions internationales. Par exemple à la première rencontre France-Afrique d’octobre 1983 en France. Notamment aussi, lors de sa première participation à la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies à New-York, et lors de sa première visite à Cuba dans la foulée de cette participation. Ou lors de ses visites au leader Kadhafi, etc. Le président Sankara savait toujours très bien ce qu’il attendait de ces réunions ou rencontres. Il était très direct avec ses interlocuteurs. Sa vivacité d’esprit était remarquable comme son sens de l’humour et de la répartie. C’était souvent étonnant. Il avait beaucoup de charisme, savait capter l’attention de son interlocuteur et se faire des amis parmi ses collègues, même ceux dont on pouvait penser à priori qu’ils étaient très éloignés de ses positions. Ces derniers ne lui refusaient pratiquement rien.


Vous avez senti venir les problèmes avec Sankara et certains de ses amis à partir de quand ?

Malgré son charisme et son ascendant sur la plupart de ses collaborateurs, le président Sankara semblait aussi soumis à des pressions multiples de son entourage. Comme vous savez, il y avait parmi ceux qui soutenaient la révolution des composantes politiques civiles, des composantes militaires avec différentes sensibilités et des forces qui se prétendaient indépendantes et proposaient aussi leurs services dans la révolution. Il y avait aussi toutes ces forces sociales qui étaient réservées vis-à-vis de la révolution et guettaient le moindre faux-pas pour l’exploiter.

Mes responsabilités dans le gouvernement me tenaient souvent éloigné de Ouagadougou, mais j’étais mis au courant de la situation dès que je mettais pied dans le pays. Donc j’étais informé à quelques jours près des difficultés qui surgissaient entre Sankara et certains de ses amis, surtout quand cela concernait le PAI. Avec ce dernier parti, il me semble que les problèmes ont commencé à surgir dès novembre 1983 et se sont confirmés à partir de février-mars 1984.


Quelle est votre analyse de la rupture en 1984 ? Le PAI en partage-t-il quelque responsabilité ?

La rupture qui s’est réalisée en mai 1984 et a été officialisée en août 1984 est due, à mon avis, au fait que les relations privilégiées avaient lieu entre le PAI et le président Sankara, mais pas entre le PAI et le groupe des militaires appuyant la révolution. Ce groupe, dont la composition évoluait constamment, et les représentants du PAI ne se rencontraient que lors des réunions trop souvent improvisées du CNR, qui devaient servir à régler les problèmes qui surgissaient. Le groupe des militaires voulait, je crois, affirmer son hégémonie sur le régime et faisait pression pour faire prévaloir coûte que coûte leurs points de vue. Le PAI, fort de son expérience politique, de son côté, ne voulait pas avaliser n’importe quoi. Entre les deux, je crois que la position du président Sankara était assez inconfortable. Et il ne pouvait que constater les situations de désaccord qui s’exprimaient.

D’après ce que j’en ai appris, dans ces cas-là, il préférait souvent se ranger sur la position de ses frères d’armes.

Le PAI était l’un des deux partis civils alliés à cette époque au CNR. L’autre parti avait choisi d’être complaisant et complice en toute chose avec le groupe des militaires du CNR. Ce n’était pas le cas du PAI, qui estimait que sa responsabilité dans le succès de la révolution lui donnait l’obligation d’être plus critique dans la marche des choses. C’est peut-être là la responsabilité qu’il a dans la rupture de 1984.


Que vous est-il arrivé en 1984 ? Avez-vous été arrêté ?

Après l’éviction du gouvernement 1984 des ministres PAI dont j’étais, j’ai été, semble-t-il accusé de tenir des propos critiques vis-à-vis du CNR. D’autres camarades étaient accusés de la même chose. Et une nuit, les militaires sont venus m’arrêter. J’ai été conduit d’abord à la Direction nationale de la Police où je suis resté quelques jours dans une pièce du 2ème étage avant d’être descendu dans une des cellules du sous-sol. Certains autres camarades du PAI, anciens ministres du CNR comme moi, mais aussi d’autres qui n’avaient pas été ministres ont aussi connu le même sort. Bien entendu, personne ne nous disait rien sur les raisons officielles de nos arrestations. Tant que nous étions dans les locaux de la Police, nos familles étaient autorisées à nous amener à manger. Mais après quelques jours à la police, on m’a nuitamment conduit dans une cellule d’un camp militaire où je suis resté plusieurs mois. Dans ce camp, je ne savais pas qui était là avec moi, j’étais toujours enfermé à double tour, il n’y avait pratiquement pas de lumière dans la cellule. Après plusieurs mois de cette captivité, on est venu un beau jour m’en extraire une nuit, et on m’a ramené à la maison, sans explications.


Vous avez rejoint Sankara comme conseiller à la présidence ? Comment ça s’est passé ?

Quelques semaines après ma libération, j’ai été nommé conseiller à la présidence et je me suis présenté pour y prendre mon poste. J’étais surtout en rapport avec le Directeur du département des relations extérieures de la présidence. Néanmoins, Sankara m’a reçu le jour même ou le lendemain de mon arrivée dans ses bureaux, pour me préciser les responsabilités qui étaient désormais les miennes. Aucun d’entre nous n’a évoqué ce qui s’est passé auparavant.


Quel était alors votre mission ?

J’étais appelé à traiter les dossiers qui m’étaient affectés, à participer à certaines rencontres, ou à me rendre dans mon ancien ministère pour y rechercher des informations pour les besoins de mon travail.

Qu’avez-vous ressenti lorsque Sanakara a été assassiné ?

J’étais de ceux qui travaillaient au bureau cet après-midi là, consacré normalement à la séance du sport de masse. J’étais donc au bureau lorsque les coups de feu ont retenti vers 16h au Conseil de l’Entente tout proche. Nous étions un peu intrigués, sans plus. Mais peu après, un militaire chargé de la sécurité à la présidence est venu nous inviter à rentrer chez nous, sans autre explication. Ce que chacun s’est empressé de faire.

Dans la soirée, vers 18h, j’ai entendu le premier communiqué annonçant la naissance du Front populaire, puis le second qui confirmait que le président en était le capitaine Blaise Compaoré. C’est seulement le lendemain matin que j’ai appris la mort du président Sankara. Evidemment cela m’a touché, car il avait été un temps proche du PAI. Avec la prise du pouvoir, il s’était éloigné de ce parti et avait été jusqu’à laisser les médias d’Etat et les structures du CNR vilipender ce parti à toutes les occasions. Il s’était révélé néanmoins comme un patriote, comme quelqu’un qui voulait vraiment travailler pour changer la situation du pays et celle des plus pauvres. C’était aussi un homme d’une grande intelligence.

La dernière année, il semblait d’ailleurs vouloir revenir sur un certain nombre de méthodes de travail qui l’avaient isolé de beaucoup et avaient écarté de la révolution divers acteurs. Mais il était maintenant mort, dans des conditions tragiques et brutales, sans que l’on sache véritablement pourquoi, dans un affrontement entre militaires, sans que les civils aient pu quoi que ce soit sur les problèmes qui ont conduit à son assassinat en plein jour.


Vos critiques par rapport à Sankara et à la révolution sont moins dures aujourd’hui que dans la période qui a suivi le 15 octobre ?

C’est humainement et politiquement normal. Humainement parce qu’il n’est plus et que le recul nous fait aussi mieux voir ce qu’il était vraiment. Le recul permet de mieux apprécier l’importance relative de ce que nous lui reprochions dans sa conduite des affaires. Nous avons mieux compris qu’il était sous l’influence d’hommes qui étaient loin de partager son idéal et le nôtre pour l’avenir du pays. Tous ces gens ont d’ailleurs presque tous retourné sans scrupules leur veste après sa disparition.

Politiquement parce que ses qualités de patriote, d’homme d’Etat intègre et opposé à la corruption, d’homme politique dévoué à son pays et préoccupé par la situation des masses sont indéniables. En outre, nous pouvons aujourd’hui, comparer l’homme politique et l’homme d’Etat qu’il a été avec ceux qui ont pris sa succession. Un autre élément important est qu’aujourd’hui les sankaristes qui se réclament de lui et de sa politique sont nos alliés dans l’opposition au régime de Blaise Compaoré qui passe son temps à ruser avec le peuple.


On accuse parfois le PAI d’avoir accompagné Blaise Compaoré après l’assassinat de Thomas Sankara.

Le PAI a connu Blaise Compaoré à peu près en même temps que Sankara qui le lui a présenté, à la fin des années 70. Le PAI a travaillé avec les deux hommes avant et pendant la période du CNR. Durant cette période, le PAI n’a jamais eu d’accrochage avec Blaise Compaoré.

Blaise Compaoré a pris le pouvoir après l’assassinat de Sankara le 15 octobre 1987. Il a contacté le PAI quelques jours après sa prise de pouvoir pour expliquer ses divergences avec Sankara et le fait que lui aussi était menacé d’élimination. C’est en 1988 que le PAI a été approché par des émissaires à lui qui l’invitaient à rejoindre le Front Populaire. Le PAI a estimé qu’il ne pouvait le faire avant d’avoir des explications sur les raisons du dénouement sanglant du 15 octobre 1987 et tant que le régime serait dominé par les militaires.

C’est après le retour à un Etat de droit en 1991, et face à la constitution d’un bloc de droite condamnant globalement la révolution que le PAI a infléchi sa position, et accepté, en avril 1991, une alliance avec l’ODP/MT, le parti créé par Blaise Compaoré. Cette alliance a à peu près fonctionné, entre mi-1991 et fin 1993. Dans ce cadre, le PAI a accepté de rentrer dans le gouvernement de transition de juillet 1991 à juin 1992. En février 1993, le PAI a accepté de se charger du poste de président du Conseil économique et social. Cependant, à partir d’octobre 1994, cette alliance n’avait plus de réelle signification, l’ODP/MT n’y étant manifestement plus intéressé et le PAI constatant qu’il ne pouvait apporter aucune inflexion à la politique du régime. C’est donc normalement que la séparation est intervenue en 1996 et le PAI depuis s’est positionné dans l’opposition.

C’est l’exacte réalité des rapports entre le PAI et le régime de Blaise Compaoré.


Votre parti a participé à la rédaction de la constitution de 1991. Vous étiez contre la convocation d’une conférence nationale ?

C’était en 1990 et non en 1991. Lorsque la Commission constitutionnelle a été mise en place en avril 1990, personne ne parlait encore de conférence nationale. La commission a donc élaboré un projet de Constitution et les représentants du PAI y ont joué un rôle actif afin que cette constitution soit le plus démocratique. Le projet de Constitution réglait aussi les problèmes de la période transitoire. Toutes les forces politiques et sociales qui avaient pris part à la commission se félicitaient du résultat auquel on était parvenu.

Mais voilà qu’après le référendum constitutionnel qui adoptait la constitution en juin 1991 et pour lequel tous les partis politiques avaient appelé à voter « Oui », certains partis se sont mis à exiger que l’on mette de côté la Constitution fraîchement adoptée et que l’on tienne une conférence nationale. C’était se renier. Le PAI a préféré rester logique dans son soutien à la Constitution et dans l’acceptation de ses dispositions transitoires. Nous continuons à croire que c’était logique.

Comme vous savez, en 1998, le pouvoir s’est appuyé sur l’un des responsables du PAI pour tenter de changer la position du PAI dans l’opposition et à défaut pour casser ce parti. Cette manœuvre a placé depuis 2000 le PAI dans une situation de non légalité qu’il conteste depuis cette date devant la justice qui lui donne raison, mais le pouvoir refuse d’en tenir compte.


Comment caractérisez-vous le pouvoir et le régime actuel ?

Le régime actuel a progressivement évolué jusqu’à être aujourd’hui le pouvoir d’un seul homme, s’appuyant sur une administration entièrement à son service, sur des hommes qui lui sont entièrement soumis, et gouvernant essentiellement avec les hommes et les femmes de son clan familial. Les élections qui se sont déroulées depuis 1991 ont montré que le régime et ses hommes ne reculaient devant aucune fraude ou manipulation pour les gagner. Leur préoccupation semble essentiellement être de garder le pouvoir le plus longtemps possible, et tous les moyens pour cela leur paraissent bons. Le peuple et ses préoccupations quotidiennes sont oubliés dans une telle vision. Son interventionnisme au sein des partis d’opposition, en recourant à la corruption notamment est une de ses méthodes, et le PAI en est affecté comme expliqué plus haut, depuis 2000. Pour toutes ces raisons, et malgré sa situation actuelle de non légalité, le PAI reste un parti actif de l’opposition.


Que pensez-vous des activités de médiateur de Blaise Compaoré ?

La plupart des chefs d’Etat de la sous-région sont dans des difficultés telles dans leur pays qu’il est l’un des rares à être disponible pour de telles médiations. Il a pu connaître dans le passé, sous le CNR notamment, de nombreux hommes politiques de pays voisins qui se considèrent comme redevables au Burkina, et cela lui est profitable. C’est pourquoi, grâce à la bonne volonté des protagonistes, il peut atteindre certains succès apparents. On peut toutefois remarquer que ses médiations ménagent toujours les dirigeants qui sont au pouvoir.


Certains demandent une amnistie pour Blaise Compaoré pour qu’il accepte de laisser le pouvoir. Qu’en dites-vous ? Pensez-vous qu’il devra être jugé ?

Pourquoi pas, si cela peut débloquer la situation politique au Burkina ? S’il bénéficie d’une amnistie, on ne peut en même temps le juger. Mais la question est aussi de savoir si cette transaction politique s’appliquerait ou non à ses hommes de main.


Pensez-vous qu’il devrait être jugé devant des juridictions internationales aux côté de Charles Taylor pour son engagement à ses côtés ?

Il faudrait d’abord que l’on ait la preuve ou des soupçons suffisamment étayés sur ses complicités avec Charles Taylor dans les crimes qu’on reproche à ce dernier. (…)


De quoi faut-il s’inspirer de ce qui s’est passé pendant la révolution ? Quelles erreurs ne faut-il pas reproduire ?

La révolution de 1983-87 a montré que si l’on a la volonté de changer les choses, et de s’appuyer pour cela sur une équipe de gens convaincus et déterminés, on peut aboutir. Il faut s’en inspirer. La révolution a commis l’erreur de vouloir parfois faire le bonheur des hommes sans leur consentement, même si dans le même temps elle a brandi le slogan « Pas un pas sans le peuple ». Il faut prendre le temps de convaincre et d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre : ce n’est jamais du temps perdu. Beaucoup de gens sont des patriotes et veulent apporter leur contribution à la construction du pays. Il convient de ne pas les laisser pour compte, mais plutôt d’obtenir qu’ils participent, évoluent et avancent avec vous. Le président a été tué par des gens qui étaient en principe proches de lui, parce que les contradictions entre eux sont devenues subjectivement importantes : l’unité dans son camp est toujours fondamentale. (…)


* Hama Araba est diplomate, ministre des Relations extérieurs sous Thomas Sankara. Il a été investi pour la présidentielle du 21 novembre par une coalition de partis. Ses propos ont été recueillis par les animateurs du site thomassankara.net

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



L’ombre de Houphouet-Boigny sur la Côte d’Ivoire

Augustin Douoguih

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/68966

L’œuvre du premier président ivoirien, Félix Houphouët Boigny, oscille entre le meilleur et le pire, selon Augustin Douoguih. Il lui trouve le mérite d’avoir bâti un Etat stable et prospère, mais lui reproche un style de gouvernance qui a pu «produire» un Alassane Dramane Ouattara, l’«étranger» qui dispute aujourd’hui le pouvoir à Laurent Gbagbo, pour le second tour de la présidentielle qui aura lieu le 28 novembre.

La célébration du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire est une réflexion sur ce premier demi-siècle d’indépendance du pays. Cette réflexion, pour Augustin Douoguih, se résume en réalité à l’analyse de la politique du premier président ivoirien, le rôle de cette politique dans la crise que traverse la Côte d’Ivoire et les enseignements qu’il faut tirer de cette crise.

Si Félix Houphouët-Boigny avait dirigé un pays occidental ou un pays beaucoup plus grand que la Côte d’Ivoire, tel que la Chine, l’Inde ou le Brésil, il serait aujourd’hui une référence internationale à l’image d’un Nelson Mandela, et pas seulement de sa Côte d’Ivoire natale. Il avait un rare génie politique qui lui a permis, dans le contexte historique de son temps, de mettre la France suffisamment à l’aise pour lui donner une marge de manœuvre qui lui a permis de faire de la Côte d’Ivoire la première économie de la sous-région et de mettre en place un système d’éducation susceptible d’armer les futures générations pour revendiquer leur vraie souveraineté.

Les Ivoiriens sont donc en droit de rendre un vibrant hommage au président fondateur Houphouet-Boigny. Mais un hommage ne peut être vraiment crédible et sincère que s’il reconnaît les faiblesses humaines de son sujet. Il faut donc analyser quelques-unes des qualités de l’homme qui lui ont permis de mettre son pays au premier plan dans la sous-région, mais également quelques compromis ou compromissions qui auraient pu hypothéquer l’avenir du même pays qu’il aimait tant, et voir dans quelle mesure les deux aspects de l’homme peuvent avoir contribué à la crise des dix dernières années ou aider le pays à s’en sortir.

1. Le génie politique
Le Président Houphouet-Boigny a réussi dans un contexte post colonial très difficile à convaincre la France que sa politique de développement de la Côte d’Ivoire était compatible avec les intérêts de la France. Mais il a réussi cet exploit non seulement parce qu’il a perçu la nécessité d’apaiser l’ancienne puissance coloniale, mais surtout parce qu’il avait une vision claire de ce qu’il voulait pour son pays. Cette vision était basée sur son amour pour son pays et sa connaissance de la Côte d’Ivoire profonde. En sa qualité de médecin africain, il a exercé son métier dans le milieu rural, en particulier dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il a donc vécu avec les réalités quotidiennes des paysans et s’est imprégné de leurs aspirations profondes. Il connaissait parfaitement le système français aussi pour avoir servi comme député et ministre sous la Quatrième République française.

Le vrai génie d’Houphouet-Boigny consiste à avoir su utiliser sa connaissance de son pays et de l’ancien colonisateur pour articuler une vision de l’avenir de son pays, élaborer un programme pour aider à atteindre cette vision et à négocier une formule de collaboration avec la France qui a permis le développement économique de la Côte d’Ivoire. Il savait aussi que pour un développement économique et une prospérité durables, il faut former des cadres compétents dans un climat de paix et de solidarité. C’est pour cette raison qu’il prêchait inlassablement la solidarité et la paix à ses concitoyens. Et quoi que l’on puisse dire d’autre de la politique d’Houphouet-Boigny, depuis son ascension à la présidence de la République à l’indépendance jusqu’à sa mort, la Côte d’Ivoire était en paix et prospère malgré la crise des années 1980, même si la solidarité, elle, a toujours été un peu suspecte.

2. Le prix de la stabilité
Il n’est pas trop osé d’argumenter que la stabilité de la Côte d’Ivoire sous Houphouet-Boigny a été acquise à un prix fort. Dans presque tous les postes importants du gouvernement, il y avait des Français soit en position de responsabilité, soit en qualité de conseillers incontournables. La conséquence immédiate de cette situation était qu’en cas de conflit entre les intérêts de la Côte d’Ivoire et ceux de la France, ce sont les intérêts de cette dernière qui l’emportaient. Souligner cet aspect de la politique d’Houphouet-Boigny n’est pas nécessairement le critiquer ; il est possible, voire probable, qu’il n’avait pas le choix, mais c’était néanmoins une faiblesse de la formule Houphouët ! Cette politique a marginalisé pendant longtemps les cadres ivoiriens dont certains ont développé un complexe d’infériorité vis-à-vis des Français et des Européens en général.

Le président Houphouët avait également une politique de grande ouverture pour les Africains d’autres pays. Cette politique a attiré beaucoup de ces Africains, dont certains ont occupé des postes de très haute responsabilité dans le gouvernement ivoirien. Cette politique, louable du reste, a, par moments, créé chez l’Ivoirien, la méfiance vis-à-vis de ses compatriotes et une confiance souvent injustifiée, en l’étranger.

Finalement, pour mieux asseoir son pouvoir et accomplir ce qu’il jugeait être dans l’intérêt de son pays, Houphouët a eu recours au parti unique et à la dictature, même si cette dictature était plutôt pacifique et souvent éclairée. Beaucoup de décisions économiques se prenaient maintes fois sans l’avis des responsables ivoiriens à qui incombait directement la responsabilité de telles décisions. De façon plus générale, des décisions politiques étaient prises sans un débat franc et ouvert, même quand un intérêt vital du pays était en jeu. Il n’est pas nécessaire d’être un opposant ou un adversaire d’Houphouët-Boigny pour admettre que les conditions dans lesquelles il a négocié et géré la stabilité de la Côte d’Ivoire étaient susceptibles de causer la crise que ce pays vit depuis bientôt dix ans.

3 - Les causes de la crise et les perspectives d’avenir.
Sans rentrer dans les détails de la crise que traverse la Côte d’Ivoire, il est aisé d’argumenter que sans attribuer la totalité de la crise au Président Houphouët-Boigny, les aspects de son régime que nous venons d’évoquer ont contribué à sa sévérité. En effet, s’il avait un système politique avec une opposition réelle où un débat franc et ouvert était permis, du moins en ce qui concerne les questions de sécurité nationale, il n’aurait jamais pu nommer un Burkinabè comme Premier ministre; le Parlement ne l’aurait pas accepté et son gouvernement le lui aurait déconseillé.

Dans les débats qui ont servi de cadre à l’élaboration de la constitution américaine et qui ont été consignés dans ce qui est connu en Amérique sous le nom de «Federalist Papers» les auteurs raisonnaient, en ce qui concerne la magistrature suprême, que le candidat a besoin d’être américain de naissance et d’avoir grandi dans le pays pour au moins deux raisons :
(1) pour qu’il connaisse le pays dont il sera appelé à défendre les intérêts et
(2) pour que ses compatriotes, y compris ceux qui ont grandi avec lui, puissent le juger et le comparer aux autres candidats. Les Ivoiriens savent que l’actuel président, Laurent Gbagbo, a passé trente ans dans l’opposition et a connu l’exil et la prison sans jamais revendiquer ou avoir recours à la violence. Henri Konan Bedié non plus n’a pas eu recours à la violence pour défendre son régime quand les militaires lui ont arraché le pouvoir. Seul l’ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny, Alassane D. Ouattara, a encouragé, revendiqué et rationalisé la violence en Côte d’Ivoire. Qui lui en a donné l’opportunité?

Le complexe d’infériorité vis-à-vis des Français et la méfiance de certains Ivoiriens envers leurs compatriotes et leur aise avec les étrangers expliquent en partie que ces Ivoiriens aient parié contre le président Gbagbo dans sa résistance à la France et leur soutien au burkinabè Alassane Ouattara même lorsque son origine étrangère est maintenant bien établie. La crise que traverse la Côte d’Ivoire aurait certainement eu lieu parce qu’elle provient de la volonté de l’ancienne puissance coloniale d’empêcher sa nouvelle ouverture vers d’autres partenaires étrangers, mais il lui aurait été certainement plus difficile de recruter et instrumentaliser un Ivoirien prêt à mettre le feu à sa propre maison.

Quelles sont donc les perspectives d’avenir ? Je suis optimiste quant à l’issue de la crise et à l’avenir de la Côte d’Ivoire. Nul ne peut prédire l’avenir mais, si le pays sort de cette crise pour continuer son évolution vers une réelle émancipation politique et économique pour atteindre enfin sa vraie souveraineté, ce sera à cause de deux gros atouts dont seule l’histoire donnera les vrais dimensions : Félix Houphouët-Boigny et Laurent Gbagbo.

Le président Houphouët-Boigny, malgré les aspects moins positifs de son régime, fut un homme politique qui a dominé son temps par son amour pour son pays, son génie politique et sa vision exceptionnelle. La Côte d’Ivoire a eu la chance de l’avoir comme premier président car il a mis en place les bases d’un développement économique solide et soutenable. La Côte d’Ivoire a eu aussi la chance d’avoir Laurent Gbagbo comme président pendant cette période de crise non seulement pour défendre l’acquis de la politique de son prédécesseur, mais surtout pour bâtir sur cet acquis et conduire la Côte d’ivoire à sa vraie souveraineté basée sur un modèle de développement économique qui utilise les ressources humaines et naturelles du pays et s’appuie sur la méritocratie comme instrument de recrutement et de promotion des cadres.

La Côte d’Ivoire a la chance de l’avoir parce que, un président africain francophone qui n’a pas de comptes bancaires à l’étranger, qui n’a pas de château ou d’hôtel particulier en France, c’est rare. Encore rare est ce président africain dont le pouvoir ne repose pas sur son ethnie. Le président Gbagbo a toutes ces qualités et bien d’autres encore. Il incarne toutes les qualités de l’Ivoirien dont rêvait Houphouet-Boigny pour arracher la souveraineté et l’indépendance économique aux puissances occidentales. La Côte d’Ivoire est bénie pour avoir eu Laurent Gbagbo pour continuer et améliorer la politique d’Houphouet-Boigny.


* Augustin Douoguih, avocat, est membre des Barreaux de New York et de Washington, DC, membre de l’Association du Barreau Américain

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Leçon de l’histoire pour la présidentielle ivoirienne

Venance Konan

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/68967

Il fut un temps où il n’y avait en Côte d’Ivoire ni nord ni sud autres que les points cardinaux. La bêtise politique a fait de ces axes d’orientation des axes de crises et de division sanglante du pays. Au moment où les Ivoiriens se cherchent un nouveau futur avec la présidentielle dont le second tour se tient le 28 novembre, Venance Konan rappelle comment le nord et le sud ne furent qu’un pour écrire l’histoire.

Connaissez-vous Ouezzin Coulibaly ? Nos enfants et nos jeunes frères et sœurs certainement pas. Il est né vers 1909 à Pouy, dans l’actuel Burkina Faso. Il a fait ses études primaires et secondaires à Ouagadougou, puis à William Ponty. Il en est sorti instituteur et a enseigné à Ouagadougou, Bobo Dioulasso et Banfora, toujours dans l’actuel Burkina Faso. Puis il s’est lancé dans la politique et s’est présenté en 1945 à l’élection à l’Assemblée constituante. Il avait face à lui Félix Houphouët-Boigny. A la demande du Moro Naba, empereur des Mossi, il a retiré sa candidature pour permettre à Houphouët-Boigny d’être élu. Et ce dernier a été élu, principalement avec les voix du nord.

En 1946, Ouezzin Coulibaly est devenu député de la Côte d’Ivoire avec 125 752 suffrages sur 125 752 exprimés. En 1953, après le décès de Victor Biaka Boda, il a été élu sénateur de la Côte d’Ivoire. Election confirmée en 1955. En 1957, il devient vice-président du conseil de gouvernement de la Haute Volta, puis meurt en 1958, peu de temps avant l’indépendance de nos pays. Il avait consacré sa vie à servir à la fois la Côte d’Ivoire et la Haute Volta d’alors. La jeunesse du RDA de l’époque avait écrit ces mots en guise de condoléances : « Tu es mort pour l’Afrique, nous jurons de vivre pour elle jusqu’à la mort. »

Telle est succinctement résumée la vie de cet homme que vous pouvez lire dans tous les livres d’histoire, dans ses propres livres, dans ses biographies ou celles d’Houphouët-Boigny, ou tout simplement sur internet.

Quelle leçon tirer de son histoire ? Hier, le fils du nord s’était désisté au profit du fils du sud, pour le triomphe de leurs idéaux communs. Aujourd’hui, l’histoire qui aime parfois faire des clins d’œil, nous met face à face un fils du nord et un autre du sud. C’est le sud qui est aujourd’hui appelé à soutenir le fils du nord, pour le triomphe des idéaux communs.

Henri Konan Bédié, qui a la grandeur des hommes qui savent entrer dans l’histoire même après une défaite, comme Churchill, a appelé les fils du sud à soutenir celui du nord. Vont-ils rester sourd à cet appel, et ne pas payer la dette qu’Houphouët-Boigny, le père tutélaire dont tout le monde, même ses ennemis d’hier, se réclament aujourd’hui, doit à ce nord ?

Aujourd’hui nous sommes face à notre histoire et à notre avenir. Hier, le natif de Pouy en Haute Volta fut député, puis sénateur de la Côte d’Ivoire. Et aujourd’hui, en 2010, nous allons refuser au fils du nord nos suffrages sous le prétexte rétrograde qu’il ne serait pas notre frère ? Hier, nous avons voulu exclure ce fils du nord de notre famille. L’histoire nous a châtiés en nous envoyant les refondateurs. Elle nous donne aujourd’hui l’occasion de nous racheter. Allons-nous laisser passer cette occasion unique ?

L’histoire nous regarde. L’avenir de nos enfants aussi. Nous connaissons notre présent. Il est hideux, à l’image des ces déchets qui encombrent nos rues et intoxiquent nos populations, de ces rues et routes défoncées, boueuses et impraticables à la moindre ondée, de cette jeunesse nourrie à la haine et à l’intolérance. Nous avons le choix entre sortir de ce présent et y rester pour le léguer à nos enfants.

Un de mes amis qui vit au Kenya m’a appelé. J’étais passé rapidement dans cette ville il y a quelques mois. J’avais vu une ville propre, hérissée de gratte-ciels aux côtés desquels nos immeubles délabrés du Plateau donnent envie, soit de pleurer soit de rire. Je me souviens avoir vu à l’aéroport de Nairobi qui fait au moins dix fois la taille du nôtre, une vingtaine d’avions de Kenya Airways. Je crois qu’Air Ivoire n’en a que deux ou trois. Mon ami m’a expliqué que ce que j’avais vu n’était qu’un échantillon de ce qu’est le Kenya, un pays qui, il y a une trentaine d’années, avait pour modèle la Côte d’Ivoire.

Les dernières élections présidentielles se sont terminées dans le sang. Mais les Kenyans ont mis de côté leurs rancœurs, se sont réconciliés, et ont doté leur pays d’une nouvelle Constitution qui les met désormais à l’abri de telles mésaventures. Et le pays repart. Nos jeunes frères, ainsi que tous ceux qu’on intoxique dans les Agoras et autres « parlements », eux qui n’ont pas beaucoup voyagé et ne se cultivent que dans les maquis ou dans les temples, ne voient pas que leur pays qui était le premier de la classe, est en train d’en devenir le dernier. Je comprends qu’ils ne réalisent pas qu’il y a mieux que ce présent blafard que les refondateurs leur offrent.

Je comprends qu’on les a tellement appauvris, aussi bien sur le plan matériel qu’intellectuel, qu’ils sont devenus très fragiles devant les discours qui flattent leurs sentiments les plus primaires, et devant le moindre billet de banque. C’est à nous, adultes à l’esprit ouvert, de leur faire comprendre qu’ils peuvent sortir de ce présent nauséabond, de cette pauvreté. C’est à nous, adultes de notre époque, de les faire sortir de leurs villages qu’ils ont transportés en ville ou même en Europe, pour leur montrer le monde réel, le monde où ce que l’on recherche chez un candidat à la présidence ou à n’import quel poste, ce n’est ni son ethnie, ni sa couleur de peau, mais sa compétence.

Expliquons leur que jusqu’à nos indépendances, il était interdit aux Etats-Unis aux Blancs et aux Noirs de s’asseoir sur le même banc, de manger dans les mêmes restaurants et que les Noirs n’avaient même pas le droit de vote. Aujourd’hui, cette même Amérique a élu à sa tête un Américain dont le père est Kenyan, parce qu’il leur a paru plus compétent que l’autre candidat, qui était Blanc.

Expliquons-leur que dans un pays qui veut avancer, lorsqu’un pouvoir échoue aussi lamentablement comme ont échoué nos refondateurs, on se donne tout simplement de nouveaux dirigeants. Si Obama échoue aux Etats-Unis, il sera remercié. Si Ouattara est élu et qu’il échoue en Côte d’Ivoire, il sera remercié de la même façon, dans les urnes. Faisons ce travail de pédagogie aussi en direction de leurs élites qui, malgré leurs diplômes, malgré leurs voyages autour du monde, en sont encore dans leurs têtes à l’ère où l’on communiquait par le tam-tam et où le ressortissant du village voisin était un étranger.

Expliquons-leur que le monde a changé plus vite qu’ils ne le réalisent, que nos enfants sont les frères des enfants du monde entier avec qui ils échangent sur internet dans les cybercafés, que nos enfants regardent les chaînes de télévision du monde entier. Aidons les à enlever les ornières tribales avec lesquelles ils avancent dans la vie, avec lesquelles ils voyagent, sans rien voir autour d’eux, sans rien retenir, sans tirer aucune leçon, ni de l’histoire des autres, ni de leur propre histoire que certains d’entre eux ont enseignée ou continuent d’enseigner.


* Venance Konan est journaliste et écrivain ivoirien

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Madagascar : les raisons de mon Oui au référendum constitutionnel

Robivelo Marie Michel Raphaël

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/68961

A 74%, les Malgaches ont voté Oui au référendum du 17 novembre dernier pour une nouvelle Constitution. Dans le débat qui fait rage entre les deux camps, Robivelo Marie Michel Raphaël ne s’est pas embarrassé pour adopter une position tranchée en faveur du camp du Oui dont il fait une question de souveraineté et d’indépendance face au «diktat» de la communauté internationale.

J’avoue que je me suis senti quelque peu humilié et offusqué en regardant l’émission-vedette du vendredi d’une TV privée, lorsque l’animatrice, peut être de façon maladroite, et dont, j’admire la perspicacité et la pertinence pourtant, a dit à ses téléspectateurs que les intellectuels voteraient : Non (le conditionnel est de rigueur !). En d’autres termes, ceux qui voteront : Oui, ne seraient que des ignares irresponsables !

Certes, ce projet de referendum n’est pas la perfection, il comporte quelques lacunes, dont certaines risquent effectivement d’être à l’origine de certaines crises, voire crises certaines. Cependant, j’estime que si crise y a , dans la mesure où cette crise n’est que politique, mais ni sociale ni économique, elle aurait plutôt lieu dans les travées des divers palais des Institutions de la République, au lieu d’être dans les rues. Par conséquent, ces crises n’affecteraient la vie quotidienne du peuple que de façon réduite. D’où mes premières raisons de voter et d’inciter les citoyens, d’aller aux urnes, le 17 novembre 2010, puis de voter Oui.

Par ailleurs, puis-je affirmer que les diverses lois organiques prises sous l’empire du présent projet de Constitution, lorsqu’elle entrera en vigueur, permettraient la correction de certaines lacunes et rassureraient les citoyens à propos de certaines incertitudes. Concernant les propos, tout en faisant miennes certaines idées du jeune sociologue, invité de l’émission du Vendredi, je m’empresse de dire qu’au-delà de sa vision pessimiste, à savoir l’instabilité juridico-institutionnelle que traduisent les nombreuses futures lois organiques, celles-ci, à mon avis d’observateur en sciences politiques, ne sont pas seulement des marques d’instabilité. Elles sont aussi signe de vivacité et surtout de la dynamique d’une société qui vit intensément la dialectique et l’historique des contextes ; ces derniers étant appelés à évoluer dans le temps et dans l’espace.

Le scrutin étant référendaire (accepter ou rejeter le projet de Constitution), il n’y a pas lieu, en conséquence, de tromper le peuple, en lui mentant que ce referendum est un choix entre un tel et un tel. Ne voir dans ce referendum que sa signification politique, la légitimation ou le rejet d’une tendance, est erroné. D’ores et déjà, je suis en mesure de confirmer, et selon la logique de l’exercice du pouvoir, et au risque d’offusquer certains esprits, que si le « Non» l’emporte, cela voudrait simplement dire que le calendrier et la feuille de route vers la Quatrième République seraient modifiés ; ainsi, le comite technique constitutionnel devrait refaire sa « prep » pour « pondre » un projet ou plusieurs projets de Constitution ou Loi fondamentale qui seraient de nouveau soumis au verdict du peuple, et pourquoi pas, cette fois-ci, via une Assemblée constituante, pour la seule et unique raison, que ce référendum fait parti des maillons de tout un processus malgacho-malgache dans la résolution de la crise.

Aussi ai–je la conviction qu’aller voter le 17 novembre 2010, quel que soit le choix de l’électeur, est un signe de rejet de tout retour en arrière quels que soient la condamnation, le scepticisme et la réticence de la communauté internationale. Aussi ai-je le regret de dire tout haut que la position obstinée de la SADC et du GIC qui lui est inféodé ne fait que favoriser les tergiversations et semer les doutes, tant parmi le public national qu’international. Une telle obstination partisane dénature le sens pragmatique de la consensualité et de l’inclusivité, puisque, à notre avis, la consensualité et l’inclusivité ne signifient pas adhésion à « 100% ».

D’ailleurs, d’une part, comment les obtenir lorsque certains n’ont dans la bouche que le mot « boycott » et d’autre part, dans quelle démocratie, une minorité se doit elle d’imposer des diktats à la majorité ? Hormis, évidemment dans certains Etats bananiers d’Afrique, notamment membres du SADC, qui ambitionnent de nous donner une leçon de démocratie !

Quoiqu’il en soit, Madagascar, ne faisant partie de l’Afrique que pour des raisons de proximité géographique physique, (et non humain), l’on ne saurait pas trop lui dicter les solutions continentales, celles des insulaires de la COI, dont les habitants semblent plus proches de la réalité et de la culture malgaches. Ainsi, c’est en intellectuel, et en tant que tel, conscient de mes devoirs, que j’invite mes concitoyens, quelle que soit la couleur de sa peau, de son âge et le degré de décrépitude de ses cheveux, d’aller d’abord, aux urnes le 17 novembre prochain et, ensuite, de voter utilement : Oui.

Certes, ce referendum du 17 novembre ne va pas entraîner automatiquement la reconnaissance internationale. Cependant, faisant parti de ce processus que j’ai cité plus haut, il entraînera, ipso facto, dans un temps, cette reconnaissance. Aussi je réfute catégoriquement les positions de cet intellectuel, vedette de quasi toutes les chaînes de TV privées de la capitale, qui semble, à mon humble avis, faire trop de la reconnaissance internationale son credo dans la recherche de la voie du salut, comme épouvantail au profit de son internationalisme et de sa conception de la mondialisation.

Dois-je avouer que je suis autant que lui, conscient de l’utilité de la reconnaissance internationale ? Je suis d’autant plus conscient en tant que juriste qu’en adhérant à un accord international l’on accepte volontiers de perdre une partie de sa souveraineté. Mais, cela ne veut pas toutefois dire qu’il faut tout « gober » ! Souffrez que j’ai le devoir de mesurer à sa juste valeur la morale des principes doctrinaux tels que « pacta sunt servanda » (un traité lie les parties), mais aussi ceux de l’ « omnia conventio intelligitur rebus sic stantibus » (c'est selon laquelle un changement fondamental des circonstances affecte la validité des traités). Néanmoins, raisonnant en bon Malgache, je dois aussi tenir compte de certaines vérités proverbiales se référant aux préceptes philosophiques malgaches : « na fy aza ny trondro, ny lela tsy atao fitana » (succulent que soit le poisson, ne te sers pas de ta langue comme hameçon), « na tiana aza ny zanaka, akifika rehefa manaikitra nono » (si chéri que soit le bébé, quand il mord le téton, il faut le repousser) !

Il me semble, dès lors, d’un coté, qu’altérer la souveraineté de tout un peuple est un changement fondamental aux heures de la liberté et de l’égalité. De l’autre, je dois tirer la conclusion suivante comme « mon seul credo » :cle droit d’ingérence a ses limites dans les relations internationales, car, croyant aux vertus du droit moderne et civilisé (et non celui de la jungle), je crois fermement que si nous avons accepté de réduire notre souveraineté dans un contrat, la réciprocité, celle limitant le droit d’autrui dans le cadre de ce même contrat, existe tout autant !

En conclusion, voter Oui est une façon de prouver au monde que nous sommes souverains, N’ai-je pas raison d’avoir la conviction que voter Oui à ce projet n’est pas nécessairement un signe de fatalisme et d’obéissance aveugle au pouvoir, en place, et que voter Non, au-delà d’un certain sens, relève de l’esprit chagrin, du sentiment rebelle et contestataire, voire friserait l’anarchisme ?

J’ai la foi que ne pas aller voter est paradoxalement un signe de soumission aux diktats et bon vouloir d’une nouvelle race de nouveaux colons, venus d’outre canal Mozambique et d’outre-Atlantique. Voter Oui est une affirmation de notre identité, aller voter et voter Oui nous permettent de réduire la durée de cette Transition qui ne fait que trop durer. Allons gaiement aux urnes puisque nous ne sommes pas des Ivoiriens pour vivre une transition de complaisance de la durée d’un mandat. Une fuite en avant n’est-elle pas mieux qu’un retour en arrière ? Ne dit-on pas que seul le chien revient sur ce qu’il a rejeté ?


* Robivelo Marie Michel Raphaël est Juriste et Economiste

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Manifeste du Cinquantenaire des indépendances

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/68962

Du 16 au 20 novembre 2010 s’est tenu à Cotonou un symposium sur le cinquantenaire des indépendances africaines. Il s’agissait d’un moment de bilans, mais surtout de projection vers le futur pour jeter les bases d’une Afrique nouvelle. En cinquante points, pour les cinquante ans à venir, il en est sorti ce Manifeste du Cinquantenaire.

“Et si nous voulons remonter, voyez comme s’impose à nous, le pied qui s’arc - boute,
le muscle qui se tend, les dents qui se serrent, la tête, oh! la tête, large et froide!
C’est d’une remontée jamais vue que je parle, Messieurs,
et malheur à celui dont le pied flanche!”

Cette sommation d’Aimé Césaire dans « La Tragédie du Roi Christophe » résonne aujourd’hui à nos oreilles avec une urgence singulière. Elle a la valeur d’un appel au sursaut dans un monde en profonde mutation, dont l’Afrique est un pôle crucial d’interrogations, mais aussi d’espérances.

1 - Témoins d’hier et acteurs du présent, venus de tous les horizons d’Afrique et du monde, réunis à Cotonou, au Bénin, du 16 au 20 novembre 2010, nous retenons, au terme de la commémoration du cinquantenaire des indépendances, que l’audace reste l’unique défi pour une Afrique nouvelle.

2 - Comme tous les peuples du monde, nous venons, nous aussi, des profondeurs et des lointains de l’histoire humaine.

3 - Nous avons connu la tragédie de l’humiliation, puis celle de nos propres échecs. Mais nous avons aussi connu des triomphes de l’intelligence et des victoires sur nous-mêmes.

4 - Cinquante ans durant, notre mission aurait dû être de lutter pour l'émancipation de la société vis-à-vis des pouvoirs, l'émancipation des hommes et des femmes et construire des relations humaines plus égalitaires. L’intelligentsia africaine n’a pas toujours été à ce rendez-vous.

5 - Les luttes de libération ont enfanté, dans la douleur, l’Afrique d’aujourd’hui, et, en dépit des mille et une raisons que nous avons de nous plaindre de notre sort, nous reconnaissons que cette liberté, acquise les armes à la main ou sournoisement octroyée, a ouvert à tous de nouveaux horizons.

6 - Plus aucun d’entre nous ne vit à l’heure actuelle dans le même monde que celui de ses parents. C’est pourquoi, au terme des commémorations qui ont jalonné ici et là ce cinquantenaire, nous faisons de cette étape un rendez-vous de l’Afrique avec elle-même et avec l’Histoire, une heure de vérité qui concerne le continent tout entier.

7 - Au nom de cette vérité, nous osons confesser que l’Afrique va mal, très mal. Nous n’avons d’autre choix que de nous résoudre au sursaut salvateur de dernière heure, fondé sur des valeurs positives incompatibles avec la médiocrité et la fatalité. A cette seule condition, notre continent pourra échapper au chaos qui le guette.

8 - C’est pourquoi, aujourd'hui, l'Afrique est appelée à emprunter de nouveaux chemins de liberté et de développement.

9 - La construction d’une Afrique unie en Fédération des Etats-Unis d’Afrique est un objectif prioritaire. Aujourd’hui, nous relancerons l’espoir en une coopération internationale, une coopération autrement vécue et autrement gérée parce que privilégiant les grands ensembles africains mis à mal par les indépendances « octroyées » à des espaces balkanisés, morcelés ou fragmentés.

10 - Notre marché intérieur, fort de plus d’un milliard de consommateurs, reste la première chance de production de biens et d’échanges rémunérateurs pour chacun des Etats du continent. Nous devons promouvoir une coopération qui renforce les capacités de maîtrise de ce marché intérieur africain. Le secteur privé est le maillon faible des économies africaines. L’heure a sonné de rompre avec les pratiques publiques handicapantes, et de soutenir un secteur privé fort et compétitif, capable de tenir la concurrence dans le contexte actuel de la mondialisation.



11 - Nous croyons en l’Afrique indépendante, souveraine et unie. Nous croyons en sa place irremplaçable dans le monde. Nous croyons en l’enjeu majeur qu’elle y représente tant par la richesse unique de ses ressources minières et naturelles, que par la diversité culturelle qui caractérise ses immenses potentialités humaines. Nous croyons en la parole singulière qu’elle a à prononcer.

12 - Ce cinquantenaire des indépendances est aussi l'occasion d'affirmer collectivement, toutes générations et tous pays africains confondus, que l'essentiel de l'avenir d'un peuple est dans sa capacité à valoriser la personne humaine dans toutes ses dimensions. Sur ce chemin du développement au XXIème siècle, nulle région du monde ne peut vouloir donner de leçon à l'Afrique. Elle porte en son sein des richesses singulières. Malgré nos blessures, nos fragilités et nos doutes, les hommes et les femmes, les fabuleuses richesses dont nous disposons ainsi que nos cultures, constituent des ressources à la mesure de notre volonté de puissance continentale. Nous apporterons ainsi, à nous - mêmes et à l’humanité, notre part, dans la construction d’une mondialisation civilisée, à visage humain.

13 - Nous avons puisé dans les cultures d'Occident et d'Orient. Nous offrons, à notre tour, la possibilité à tous les autres peuples de puiser dans les nôtres. Il y aurait tout à gagner pour le développement humain, que les cultures traditionnelles, les sciences, les arts, les spiritualités, la littérature soient valorisés dans la diplomatie des Etats. L'Afrique peut apporter une dimension multiculturelle dans les instances internationales. Par la voix d’Alioune Diop, les écrivains et artistes noirs nous y invitaient déjà, lors de leur congrès en 1956. « Nous sommes concernés par la culture mondiale quel que soit le niveau de notre équipement moderne... Il importe que les grands problèmes soient accessibles à toutes les consciences et que toutes les originalités culturelles soient accessibles à chacun…»

14 - Pour que l'Afrique prenne véritablement son envol économique, il y a urgence à construire des ensembles régionaux. Le développement est tributaire d’un environnement économique et monétaire favorable aux investissements. En Afrique, au cours des cinquante dernières années, de nombreuses analyses, expertises et études ont évalué les expériences de monnaie faites ici et là sur le continent. Nous disons aujourd’hui que l’heure a sonné pour faire le saut, en toute connaissance de cause, de la construction accélérée de zones monétaires régionales en vue d’une zone monétaire africaine.

15 - La classification des pays en catégories dites pays moins avancés, (PMA), pays pauvres très endettés (PPTE) induit des conditions spécifiques d’aide que nous ne saurions considérer comme une panacée à perpétuer mais plutôt comme un mécanisme de subordination qui appelle rupture. La majorité des pays ainsi classés sont africains. Le nouveau cap du cinquantenaire se fixera un objectif : réduire, dans les plus brefs délais, grâce à une discipline économique vigilante et une gouvernance éclairée, le nombre de pays africains ainsi stigmatisés.

16 - Les défis à relever sont encore immenses. Des chantiers gigantesques restent ouverts : la sécurité et la paix, la santé, l’éducation, la recherche scientifique et technologique, la gestion de nos villes et de nos campagnes, la mise en valeur de nos terres grâce à une politique agricole appropriée qui redonne à l’Afrique sa souveraineté alimentaire, la sauvegarde de l’environnement, la réforme du système judiciaire, la formation et l’emploi, la culture, la promotion des langues africaines etc.

17 - En matière de gouvernance, le spectacle qu’offrent nos pays est à plus d’un titre, désolant. Le mensonge, la manipulation, la corruption, le meurtre, la dictature, les atteintes les plus graves aux libertés publiques, les violations des droits de la personne humaine, l’impunité, le népotisme et ses excès, et autres dérives ahurissantes sont érigés en règles de commandement. La société civile elle-même se trouve minée par des pratiques répréhensibles telles que : la tricherie, la fraude, la recherche effrénée de l’ascension personnelle. S’agissant des média, la tentation est grande de succomber au pouvoir de l’argent et à l’attrait du gain facile en sacrifiant le droit du public à une information juste et équilibrée.

18 - Les solutions viendront principalement de nous, hommes et femmes d’Afrique résolus à prendre nos responsabilités. Nous voulons construire, en ce début du XXIe siècle et un demi - siècle après l’accession à l’indépendance politique, une Afrique audacieuse, juste et prospère, nourrie par le dialogue pacifique de ses identités multiples et en pleine conscience de la place qui lui revient dans les défis de la mondialisation.

19 - Dans la géopolitique mondiale en cours de redéfinition, notre continent a rendez-vous avec lui-même, avec l’édification de sa propre modernité. La double question de la démocratisation et du progrès économique durable se pose à un profond niveau historique et stratégique pour l’Afrique qui possède tous les moyens d’occuper une place centrale dans la communauté internationale et de répondre, avec dignité, aux responsabilités qui lui incombent par rapport à son histoire, à ses ressources matérielles et à la mobilisation de ses capacités humaines.

20 - Nous n’avons pas la prétention d'imposer un modèle de développement inédit. Nous veillerons cependant, à ce qu’aucune rupture ne vienne entraver les avancées de la démocratie, l’évolution scientifique, le progrès économique et social et les valeurs culturelles qui constituent le terreau humain primordial et le but ultime de tout développement.

21 - Les impasses auxquelles conduit la crise des modèles dominants de croissance du XXIème siècle, posent la question de l’articulation entre les dimensions de la vie humaine et sociale. Nous n’échapperons pas, à notre tour, à l’obligation d’apporter notre solution à cette question. Nous aurons l’intelligence d’intégrer les impensés des économies dominantes en recomposant nos connaissances, nos certitudes, nos héritages sous un jour nouveau, afin d’adjoindre à toutes nos initiatives de développement économique et politique, la capacité à toujours créer de l’humain.

22 - Nous aurons à cœur de reconsidérer nos propres richesses, de questionner notre conformisme par rapport au modèle dominant, d’évaluer nos partenariats en prenant en compte tous les paradigmes en présence. Cette évaluation et les ruptures qui s’ensuivront, devraient nous permettre de tracer notre voie singulière dans le concert des nations. D’autres continents autrefois colonisés et dominés ont opéré ces ruptures. Cela est donc possible, à force de vision, de travail et de volonté persévérante.

23 - Nous ne pouvons passer sous silence l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux pôles de décision à l’influence croissante qui ont changé la donne géopolitique et qui forcent leur entrée sur l’échiquier international. Ces nouveaux acteurs qui élargissent nos horizons investissent massivement notre continent, en quête de matières premières et de nouveaux marchés. Par rapport à ce nouveau défi, il nous faut, avec intelligence, définir une stratégie concertée de gouvernance de tous nos partenariats.

24 - La priorité endogène créatrice d’emplois par millions et génératrice de biens doit déterminer les rapports interafricains aussi bien que les relations avec les pays du Nord et ces nouveaux acteurs. Nous voulons que cette priorité des intérêts vitaux de l’Afrique soit formellement adoptée aussi, comme stratégie de gouvernance et effectivement inscrite dans la pratique quotidienne de nos Etats.

25 - Nous considérons la solidarité de la diaspora historique et récente comme un des ferments de la politique de développement endogène de l’Afrique. Elle représente aujourd’hui la sixième région du continent. Le poids de son apport, notamment financier, est incontournable pour le développement de l’Afrique.

26 - Pour nous-mêmes, dans l’intérêt de nos populations, il nous faut tout mettre en œuvre pour atteindre les objectifs du millénaire. Car il s'agit moins d'atteindre un standard de développement, que de permettre aux aspirations individuelles et collectives de se réaliser concrètement.

27 - A cet égard, la poursuite de l'amélioration de la qualité de vie est un défi central. En ce sens, il faut placer au premier plan, la santé et la sauvegarde de l'environnement. Notre rapport respectueux à la nature, notre patrimoine culturel, notre sens communautaire constituent des richesses exceptionnelles à préserver. De même, l’éducation pour tous, filles et garçons, reste une priorité. Mieux, il convient désormais d'affirmer haut et fort que tous doivent ressentir les bénéfices de l'instruction aux plans individuel et collectif. Dans la même logique, nous demandons avec force que toutes les femmes d’Afrique, bâtisseuses inlassables au quotidien du devenir de notre continent et du monde, jouissent du respect de leur intégrité physique qui découle de leur statut de mère de l’homme et de l’humanité, trouvent la place qui valorise leur rôle, accèdent en nombre aux responsabilités de décision et bénéficient des fruits d’une gouvernance qui humanise leur condition.

28 - Les langues africaines constituent le socle du patrimoine humain de l’Afrique. Nous voulons qu’elles soient systématiquement inscrites dans les programmes scolaires et enseignées dans tous les cycles scolaires et qu’elles servent de vecteur dans les technologies de l’information et de la communication. De leur appropriation par les africains dépend aussi le rayonnement de l’Afrique dans le monde.

29 - En cette année 2010, proclamée «Année de la Paix et de la sécurité » par l’Union Africaine, forces politiques et sociales, pouvoirs économiques, intellectuels, acteurs culturels et médiatiques, nous mobiliserons, grâce à une culture du dialogue, tous les moyens nécessaires à la prévention, à l’alerte précoce, à la médiation, et à la résolution des conflits interethniques et des affrontements politiques. La priorité est de mettre un terme à l’explosion dommageable et criminelle des manquements au droit et des tragédies répétées qui, en paralysant les avancées du continent, nous décrédibilisent gravement.

30 - Nous appelons nos dirigeants politiques, au pouvoir ou dans l’opposition, à accroître leur capacité de consultation, de négociation, de réconciliation et de décision en favorisant une diversification des lieux de pouvoir. Cette exigence permettra de réunir les conditions d’un véritable contrat de solidarité entre tous les partenaires sociaux, du sommet à la base. C'est l'appropriation et l'acceptation des politiques de développement par les populations concernées qui est ici en jeu.

31 - L’éthique se remet à l’ordre du jour et s’impose comme facteur de rupture par rapport à l’action publique de ces cinquante dernières années. Il nous faut placer le deuxième cinquantenaire de l’Afrique et de son développement, sous le signe de l’éthique et de la responsabilité. L’économie aura assurément besoin de l’éthique dans le combat pour enrayer l’extrême pauvreté et pour la conquête du minimum social commun au bénéfice des populations les plus démunies.

32 - L’Afrique, dans son ensemble, n’a pas fait le bond technologique et scientifique indispensable à son positionnement dans la compétition moderne. La fuite des cerveaux qualifiée avec justesse d’hémorragie, alimente les acquis scientifiques exogènes et prive notre continent d’un atout majeur. Nous voulons qu’à l’échelle du continent, soit substituée à cette saignée, une politique scientifique audacieuse et coordonnée. Une telle politique appelle de la part des pouvoirs publics et en particulier des chefs d’Etat, le financement d’initiatives de formation et de recherche susceptibles de retenir nos scientifiques en Afrique, de créer les conditions favorables au retour et à l’insertion de nos étudiants envoyés ou retenus à l’extérieur, dès leurs études terminées.

33 - Nous osons rêver après les grandes figures de la diaspora historique noire, pères d’inventions scientifiques qui ont révolutionné le monde, que l’Afrique ramène la science et la technologie au bercail. Il nous faudra pour cela, mettre en réseaux les femmes et les hommes de science d’Afrique dispersés dans le monde et déjà engagés dans une expérience de partage de technologies avec leur continent, ou renforcer de tels réseaux là où ils existent.

34 - Les réussites et les efforts du continent ont été jusqu’ici peu remarqués. L’Afrique levait la tête sans être vue. Pourtant, elle dispose de formidables capacités de savoirs et de savoir - faire techniques, scientifiques et technologiques sur son sol, où les populations démontrent au quotidien, même dans les conditions matérielles les plus précaires, des aptitudes renouvelées à l’adaptation de savoirs traditionnels et à l’innovation scientifique, notamment, par la rapide percée des technologies de l’ information et de la communication et dans l’exploitation des ressources de la biodiversité.

35 - Nous voulons que soit instaurée ou poursuivie la distinction des inventeurs, innovateurs dans tous les domaines du développement, par l’attribution de prix à caractère national, régional et continental.

36 - Continent des symboles, continent créateur de sens, l’Afrique est présente sur la scène internationale dans tous les domaines de l’art et de la culture. L’art africain contemporain s’est imposé dans les grandes galeries du monde.

37 - L’Histoire a toujours été écrite et illustrée par les vainqueurs. L’Afrique a commencé à écrire et à illustrer la sienne. Nous voulons que soient instaurées, partout où elles n’existeraient pas encore, des distinctions pour encourager et récompenser la création littéraire et artistique pour qu’enfin l’Afrique soit dite par elle - même.

38 - Le destin de l’Afrique est lié au destin du monde. Notre indépendance désormais acquise, nous devons construire et gérer plus intelligemment nos interdépendances de manière à valoriser l’humanité.

39 - Nous n’oublions pas d’où nous sommes partis ni les épreuves subies par nos devanciers, Africains illustres ou anonymes, piétinés et souvent sommairement exécutés, tous ceux à qui nous devons les indépendances.

40 - Rêveurs impénitents, nos pères n’étaient pas dupes des circonstances ambiguës dans lesquelles nos pays accédaient à l’indépendance. Mais ils voyaient dans cette indépendance non une fin en soi mais un élan, le premier pas vers la réalisation de fins supérieures. Sans eux la décolonisation n’aurait jamais eu lieu.

41 - Il nous faut sans cesse rappeler que la marche vers l’indépendance n’a nulle part été facile. Il est essentiel aujourd’hui de nous souvenir que c’est pour nous et nos enfants que sont morts dans des conditions atroces, Sylvanus Olympio, Patrice Lumumba, Félix - Roland Moumié, Ernest Ouandié, Dedan Kimathi, Amilcar Cabral et bien d’autres.

42 - Le cinquantenaire est aussi l’occasion de dire notre immense gratitude à des penseurs de grande envergure et à des hommes d’action courageux dont les noms sont à jamais gravés dans le cœur et dans la tête des Africains de toutes les générations : Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, Alioune Diop, Kwame Nkrumah, Julius Nyerere, Gamal Abdel Nasser, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Agostino Neto, Joseph Ki - Zerbo, Nelson Mandela, Mongo Beti, Wole Soyinka parmi des dizaines d’autres que nous ne savons même plus entendre, en ces temps d’inertie où le manque d’audace semble avoir plombé jusqu'à nos âmes. Entremêlant leurs voix en un formidable hymne à la dignité de l’homme africain, ils ont donné corps au rêve d’une Afrique debout, pleinement elle-même, apportant sa parole et son génie au développement et à l’humanisation de notre planète.

43 - Nous nous engageons à faire en sorte que cette Histoire soit enseignée à tous les enfants d’Afrique, dès l’école primaire, de génération en génération.

44 - Héritiers d’aujourd’hui, c’est à vous jeunes, qu’il revient de vous saisir de cette flamme, de la porter haut sur les cimes les plus élevées, de la laisser réchauffer votre cœur, forger votre intelligence, nourrir votre volonté.

45 - Tous ces héros de l’indépendance de l’Afrique vous passent aujourd’hui le témoin avec pour instruction de franchir le cap de leurs balbutiements. C’est vous qui offrirez aux Africains, dans un avenir très proche, les larmes de joie de voir enfin leurs rêves devenir réalité.

46 - Tous les dirigeants sont comptables de leurs actes devant l’Histoire. A ce titre, vous avez le droit de demander des comptes. Mais le temps qui passe et les urgences de ce temps, vous appellent déjà à la tâche. Vos aînés auront laissé à l’histoire moins de bravoure et d’abnégation que les héros de la libération de l’homme noir de l’esclavage et de la colonisation.

47 - Vous dites « non » à l’instrumentalisation dont vous êtes l’objet. Vous exigez le droit à la parole. Vous cherchez votre place et une identité entre la modernité et les pratiques ancestrales que vous souhaitez libératrices. Vous aspirez à une cohabitation féconde avec les ainés pour tresser une corde nouvelle et solide autour de l’ancienne corde.

48 - Nous ne voudrions pas que s’éteigne dans nos mains, le flambeau qu’ont tenu nos pères et qui a pour noms : Sacrifice, Patriotisme, Valeurs du travail et de la discipline, Don de soi, Ethique comme règle de vie.

49 - « L’heure de nous - mêmes a sonné ». Cela veut dire que nous prenons l’engagement de travailler, avec tous, pour que, ce qui hier, nous paraissait insupportable, ne soit plus considéré aujourd’hui, comme insurmontable.

50 - Des pénombres des cinquante dernières années, nous surgissons, résolument debout. Hommes et femmes d’Afrique et de la diaspora, réunis ici en terre africaine du Bénin , nous proclamons ce samedi 20 novembre 2010, notre engagement à prendre des initiatives audacieuses, à faire nôtre, pour les cinquante années à venir, la culture de la paix , de la discipline et du travail soutenu pour un développement accéléré centré sur notre humanité en progrès.

Nous décidons de mettre un terme au destin de l’ombre et de l’effacement.
Nous réaffirmons l’audace de notre unité et de notre renaissance.

Cotonou, le 20 novembre 2010


* Le symposium était organisé à l’initiative de Boni Yayi, président de la République du Bénin.

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Commentaires & analyses

Otages, Areva, Total, Africom : Les enjeux cachés d’une occupation militaire du Sahel

Diagne Roland Fodé

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/comment/68964

Des prises d’otages se multiplient dans le Sahel. Après la libération de P. Camatte contre de l’argent, Michel Germaneau a été tué suite à une attaque militaire franco-mauritanienne en territoire malien et dans des conditions non éclaircies si l’on en croît des journaux africains (Algérie, Mali, etc.). Sept autres ont été enlevés au Niger. Chaque enlèvement a été l’occasion d’un accroissement de la présence militaire française, maintenant doublée d’un appui de troupes d’élites et de la technologie spatiale de surveillance américaine. C’est à se demander si, après avoir perdu la bataille d’Alger, les terroristes islamistes armés qui ont ensanglanté l’Algérie dans les années 1990, ces «combattants de la liberté» financés, armés, entraînés par les Américains contre l’Afghanistan laïque et progressiste soutenu par l’ex-Urss, ne se sont pas repliés dans les pays du Sahel ? Mais justement, la prise d’otages d’Arlit au Niger des employés du monopole capitaliste Areva Françafricain ne lève t-il pas un coin de voile sur les dessous cachés par la presse bourgeoise impérialiste ?

Niger : une néo-colonie Françafricaine qui fournit 40% de l’énergie consommée en France

Le Niger, c’est une superficie de 1 million 267.000 km², soit 2,3 fois la France et 13,5 millions d’habitants dont plus de 60% vivent dans la pauvreté extrême, privée de l’accès à la nourriture, à l’eau, aux installations sanitaires, aux infrastructures et à l’instruction (71% des femmes sont analphabètes). L’espérance de vie y culmine à 43 ans.

Comme tous les autres peuples d’Afrique, le peuple nigérien a subi dans les années 1980 les affres du diktat libéral du FMI et de la Banque Mondiale qui l’ont contraint à rembourser une dette inique et à brader toutes les entreprises nationales privatisées après une dévaluation du franc colonial, le Cfa, arrimé hier au franc et aujourd’hui à l’euro.

Le Niger occupe maintenant la 182e place sur les 182 pays classés, avec un indice de 0,340, précédé de l’Afghanistan (181ème) en guerre contre l’armada agressive occidentale, de la Sierra Leone (180ème), de la République centrafricaine (179ème), du Mali (178ème) et du Burkina Faso (177ème).

Le pillage qu’exerce Areva sur le pays est ainsi démasqué : «Selon nos estimations, le Niger a produit entre 100 000 et 150 000 tonnes depuis 1960 au prix moyen de 27 300 F Cfa le kilo (soit 42 euros). Nettement en dessous du cours mondial moyen qui était de 122. 000 F Cfa le kilo (187 euros) sur la période. Sur la base de ces prix moyens et d’une production oscillant entre 100 000 et 150. 000 tonnes, l’on peut dire que la vente de l’uranium du Niger est chiffrée entre 4,2 milliards et 6,3 milliards d’euros. Si le prix international avait été appliqué, les actionnaires (Etat et partenaires) se seraient partagés entre 18,7 milliards et 28 milliards. C’est dire que depuis l’indépendance, et sur la base de ce calcul simple ne tenant pas compte de la différence de cours entre le marché spot et celui des contrats, les actionnaires de l’uranium du Niger ont perdu entre 14, 5 milliards d’euros et 21 milliards de dollars. Enorme pour un pays qui compte à peine 2 milliards de dollars de Pib et dont le modeste budget est ‘généreusement’ alimenté par l’aide publique au développement pour plus de la moitié » ( Mondialisation.ca).

Le cynisme d’Areva va encore plus loin : « Les 100% de l’électricité (225 million de kWh) proviennent d’énergie fossile et sont largement importés du Nigeria voisin. Selon Areva, en 2006, la compagnie a atteint le seuil des 100 000 tonnes d’uranium extrait. Le gouvernement du Niger a reçu 300 milliards de Cfa sur un total de 2 300 milliards de Cfa de revenu des ventes » (idem). Pour en arriver là, il a fallu réprimer et écarter, à la veille de l’indépendance, le 3 août 1960, le patriote panafricaniste Djibo Bakary du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) qui avait le soutien des progressistes Kwamé Nkrumah et Sékou Touré et Abdou Moumouni, l’un des fondateurs Marxistes-Léninistes du Parti Africain de l’Indépendance (Pai).


LA STRATEGIE D’OCCUPATION MILITAIRE DU SAHEL

Comme le déclare un rapport du Conseil américain sur les Relations étrangères de 2005, « à la fin de la décennie, l’Afrique subsaharienne est susceptible de devenir une source d’importations énergétiques américaines aussi importante que le Moyen-Orient L’Afrique de l’Ouest disposerait de quelques 60 milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Les échecs flagrants des guerres prédatrices américaines et de l’UE en Afghanistan et en Irak conduisent à projeter la mainmise sur le pétrole en Afrique et que la part provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015 » (idem) .

Ainsi, dès «2003 a été lancé un programme de contre-terrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales américaines ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement américain pour l’Europe est en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée. Il prévoit aussi la construction d’une base militaire navale américaine à São Tomé et Principe qui, selon, le Commandement américain, pourrait rivaliser avec la base navale de Diego Garcia dans l’Océan indien. Le Pentagone est donc est en train de se mouvoir agressivement pour établir une présence militaire dans le Golfe de Guinée qui permettra le contrôle de la partie occidentale de la route transafricaine du pétrole et les réserves vitales de pétrole qui y ont été découvertes.

«L’Opération Flintlock (“Pistolet à pierre”), une manœuvre militaire de mise en route, a impliqué, en 2005, quelque 1000 membres des Forces spéciales américaines. L’été prochain (2006), le Commandement pour l’Europe va conduire des manœuvres de sa nouvelle force de réaction rapide pour le Golfe de Guinée. En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire américain pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon, en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes américaines» (idem).

Les Etats Unis et UE ont mis en place un projet militaire d’intervention rapide, l’Africa Com installé en Allemagne, dont le centre de commandement peine à trouver un QG en Afrique.

A y regarder de près, cette soudaine fièvre de prises d’otages n’est-elle pas tout simplement une véritable stratégie de « manipulation des masses » pour paraphraser Noam Chomski qui consiste à « créer des problèmes, puis offrir des solutions », afin que, dans le sillage des interventions militaires des impérialistes américaines et française dans le Sahel, soit étendue la mainmise des entreprises monopolistes américaines, européennes et françaises sur les matières premières. N’est-ce pas la nouvelle stratégie néo-coloniale françafricaine, eurafricaine et usafricaine ?


CONTRE LA COOPERATION CHINOISE…

Il est à remarquer que la Chine devenant « l’atelier du monde » et l’Asie drainant 60% du commerce mondial, l’Etat somalien a été liquidé par une intervention militaire américaine et les petits pêcheurs de la corne de l’Afrique et de la Mer rouge sont ainsi devenus, pour survivre, des « preneurs d’otages ». Le combat pacifique contre les pollueurs et destructeurs de l’environnement que sont BP, Shell, Total prend la forme de « prises d’otages » dans le Golfe de Guinée. La Chine desserrant l’étau du FMI sur l’Angola, gros producteur de pétrole, par un prêt de 4 milliards de dollars à des taux d’intérêts très bas, c’est aussitôt l’attentat qui va coûter la vie à des joueurs de l’équipe de football du Togo, tentative de « réveil du mouvement du Cabinda sécessionniste».

Ces coïncidences sont-elles le simple fait du hasard ? Ou ont-elles un lien avec le fait que les matières premières et le pétrole dont manque la Chine pour son développement fulgurant l’ont amené à devenir le premier partenaire commercial et le premier investir en Afrique ?

Lénine disait, lors de la Première Guerre mondiale impérialiste en 1915, que « l’impérialisme a développé les forces productives au point que l’humanité n’a plus qu’à passer au socialisme ou bien à subir pendant des années et même dizaines d’années la lutte armée des grandes puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à l‘aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature» (le socialisme et la guerre).

C’est parce que la re-mondialisation capitaliste actuelle a besoin du « maintien artificiel du capitalisme à l’aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature » que l’impérialisme dominant américain a accompagné la défaite de l’ex-Urss en se lançant dans un programme de conquêtes militaires pour la mainmise sur les matières premières stratégiques, notamment le pétrole dont un mémorandum du Département d’Etat américain de septembre 1950 disait déjà que « le contrôle de cette source d’énergie, le pétrole, importante dans la paix comme dans la guerre est un objectif souhaitable en soi ».

Après l’attaque militaire contre la Serbie pour parachever le démantèlement de l’ex-Yougoslavie en 1999, l’instrumentalisation médiatique et politique des attentats du 11 septembre 2001 a servi à concrétiser ce projet par les occupations militaires coloniales de l’Afghanistan puis de l’Irak en 2003 et l’installation de bases militaires dans les ex-pays de l’ex-Urss ou les tentatives d’en intégrer dans l’Otan. Contrôler les matières premières stratégiques, notamment le pétrole et le gaz, pour maintenir la dépendance d’éventuels rivaux dans le but de préserver son hégémonie mondiale, c’est l’équation à laquelle est confrontée l’impérialisme américain.

Ce que confirme le sénateur David L. Boren, qui fut président de la commission chargée de l’espionnage : « Nous avons eu des relations étranges et symbiotiques avec l’Urss ( …). Le déclin de l’Union Soviétique… pourrait tout aussi bien entraîner le déclin des Etats-Unis (…). Les pays européens, le Japon et d’autres pays ont volontiers accepté la direction américaine au cours des décennies passées. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient besoin de nous (…). Seront-ils désireux, dans ce nouveau contexte, d’accepter la direction des Etats-Unis, comme c’était le cas il y quelques mois ? Je ne le penses pas» (Le Monde Diplomatique, avril 1991).

La stratégie de l’hégémonie mondiale américaine et les offensives militaires de l’Otan ont commencé peu à peu à montrer leur limite face aux résistances des peuples. Les économies émergentes des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), caractérisées par le capitalisme d’état opposé au capitalisme libéral, ont continué leur croissance alors que celles libérales des pays impérialistes américains et européens entraient en crise et en décadence.

Les résistances nationales afghanes et irakiennes ont commencé à mettre en échec les troupes d’occupation de l’Otan. Et les expériences anti-libérales et anti-impérialistes en Amérique du sud se sont frayées la voie en s’appuyant sur l’héroïque résistance de Cuba. Ces facteurs ont été déterminants dans l’élection de Barack Hussein Obama comme premier président noir d’une puissance capitaliste-impérialiste aussi raciste que les Etats Unis. Cette élection est au fond une tentative de préserver l’hégémonie sans partage du partenariat stratégique Etats-Unis/UE en couvrant la façade odieuse de l’agressivité militariste arrogante par le vernis du ramage et du plumage charmeur du souriant Obama, premier président noir au service des intérêts de l’impérialisme américain.

Quelles que soient leurs formes les politiques des impérialistes obéissent à la nécessité « d’assurer le maximum de profit capitaliste en exploitant, en ruinant, en appauvrissant la majeur partie de la population civile d’un pays donné, en asservissant et en dépouillant de façon systématique les peuples des autres pays, notamment des pays arriérés ; enfin en déclenchant des guerres et en militarisant l’économie nationale en vue d’assurer le maximum de profits » (JV Staline, Les problèmes économiques du socialisme, 1952).

C’est le projet du «grand moyen-orient » sous contrôle améraicain qui s’élargit du Yémen en Asie et de l’est de l’Afrique (la Corne et la Mer rouge ) au Golfe de Guinée et à l’équateur (Congo, RD Congo). C’est le même projet prédateur qui s’étend au Sahel et à l’ouest-africain maintenant.

La crise capitaliste systémique, la faillite du libéralisme et la décadence des impérialismes des Américains et de l’UE conduisent à la confrontation avec les pays émergents, notamment ceux d’entre eux qui ont jadis appartenu au camp socialiste vaincu par la contre révolution bourgeoise dans les années 1990 : Chine, Corée du Nord, Cuba, Vietnam auxquels il faut ajouter les pays anti-libéraux et anti-impérialistes d’Amérique du sud. C’est cela aujourd’hui qui constitue le camp progressiste contre l’impérialisme.

Et contre une solution panafricaine aux problèmes de l’Afrique

La colonisation militaire du Sahel s’est manifestée récemment par une attaque franco-mauritanienne sur le territoire malien sans que le gouvernement de ce pays n’en soit informé. Des informations font état que la Banque Africaine pour le Développement (Bad) participe au financement de l’Africom, ce dispositif d’intervention rapide de l’Otan en Afrique dans lequel les armées africaines jouent le rôle de « tirailleurs » comme à l’époque coloniale.

Les néo-colonies africaines dirigées par les bourgeoisies compradores apatrides libérales ou sociales-démocrates libérales agissent en proconsuls de la Françafric, de l’Eurafric et de l’Usafric. La cellule panafricaine de Tamanrasset en Algérie, censée mettre en place des actions coordonnées contre les groupes fascistes intégristes armés, le narcotrafic, est une coquille vide et un trompe-l’œil pour les masses africaines. Les pétro-dollars du bouffon Khaddafi viennent s’ajouter à la corruption des féodaux, bourgeois et chefs de clans locaux, par les impérialistes. L’inexistence d’une politique panafricaine fondée sur les principes démocratiques de la libre disposition des Touaregs et l’union libre des peuples libres d’Afrique rend la situation actuelle explosive dans tout le Sahel.

C’est le contexte global dans lequel les forces patriotiques et panafricaines de gauche doivent élaborer un programme et développer une action anti-libérale et anti-impérialiste. C’est aussi dans cette perspective que les Forums des peuples, notamment de Bandiagara au Mali et les Forums sociaux africains et mondiaux doivent devenir des espaces de mobilisation panafricaine et internationaliste contre les menées déstabilisatrices et colonialistes des impérialistes.

Au moment où l’Asie prend le chemin du développement économique et social, au moment où l’Amérique du sud s’engage par l’anti-libéralisme et l’anti-impérialisme dans la voie de la libération du joug étatsunien et du développement social et économique, l’Afrique doit retrouver le chemin de la lutte pour l’indépendance, la souveraineté anti-libérale et anti-impérialiste.

Sur ce plan l’exemple sud-américain est à méditer : les indépendances politiques obtenus au 19e siècle après les luttes héroïques de Haïti avec Toussaint Louverture et JJ Dessalines, de J. Marti à Cuba, de S. Bolivar ont été dévoyées par l’impérialisme américain en un système néo-colonial avec des dictatures à la Pinochet durant tout le 20e siècle. Aujourd’hui, la gauche anti-libérale et anti-impérialiste impulse un nouveau cours progressiste inspiré par l’héroïque résistance de Cuba socialiste.

Les « armées battues sont à bonne école » disait Lénine. C’est ainsi que dans le combat d’aujourd’hui pour une seconde décolonisation, la gauche révolutionnaire panafricaine, antilibérale et anti-impérialiste fera honneur aux prédécesseurs partisans de l’indépendance et de l’union panafricaine des peuples libres d’Afrique qui ont été assassinés et vaincus par l’impérialisme, le colonialisme et son poison fatal l’ethnicisme lors de la première phase de la décolonisation entre 1945 et 1960.


* Diagne Roland Fodé est membre de Ferñent/ Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



L’Afrique et le piège de la guerre des monnaies

Sanou Mbaye

2010-11-23

http://pambazuka.org/fr/category/comment/68968

Demande anémiée, disette économique et déficits colossaux ont aiguisé les élans protectionnistes des pays occidentaux. Ils accusent la Chine de manipuler délibérément le taux de change de sa monnaie, le yuan, pour avantager ses exportations, ce que l’«empire du milieu» nie. Cet antagonisme pourrait déboucher sur une «guerre des monnaies» qui aurait de sérieuses conséquences pour les pays africains, comme en témoignent les précédents historiques.

Les joutes monétaires des années 1930 avaient conduit aux débâcles économiques et monétaires qui avaient servi de tremplin à l’ascension d’Hitler et conduit à la seconde guerre mondiale. Des centaines de milliers d’Africains furent mobilisés pour combattre, auprès des alliés, l’armée nazie. Beaucoup ont été tués et certains de ceux qui ont survécu, ont été bombardés par les forces françaises dans le camp sénégalais de Thiaroye pour avoir eu l’outrecuidance de réclamer un traitement similaire à celui accordé à leurs compagnons d’armes français. Toutefois, leur engagement ne fut pas vain : l’éveil politique qui en a résulté avait été à l’origine des revendications de souveraineté et aux déclarations d’indépendances qui ont suivi.

Une nouvelle «guerre des monnaies» ne tarda toutefois pas à éclater. Elle a consisté en l’abolition, par le président américain Richard Nixon, au début des années 1970, de l’étalon or, de la dévaluation du dollar et de la levée d’une taxe de 10 % sur les importations américaines. De cette décision a résulté une création monétaire totalement assujettie au volume des crédits accordés aux banques, aux Etats, aux entreprises et aux particuliers et à l’émergence de l’économie mondiale d'endettement.

La quasi-totalité des pays du monde fut inondée de crédits à bon marché, sauf ceux d’Afrique jugés insolvables par les agences de notation financière, à l'exception de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie du Nord (Zimbabwe), administrés alors par des gouvernements à minorité blanche. La consolation des pays africains est venue du fait que, n’étant pas détenteurs d’actifs toxiques en raison de l’ostracisme boursier dont ils étaient l’objet, ils se sont vus épargner les pires effets de la débâcle financière de Wall Street de 2008 et la disette économique qui s’est ensuivie.

La nouvelle guerre monétaire qui se profile, prend le visage de l’impression massive de monnaie-papier. La Réserve Fédérale des Etats Unis, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon se sont lancées dans une politique de «quantitative easing» (Qe) - l’impression de centaines de milliards de dollars de monnaies électroniques - dans le but déclaré de stimuler les économies moribondes qu’elles supervisent.

Toutefois, étant donné que les taux d’intérêts qu’elles pratiquent avoisinent zéro, les investisseurs à la recherche de placements rentables inondent les marchés financiers étrangers - qui pratiquent des taux d’intérêts plus élevés - d’une grande partie de cet argent. Les pays émergents considèrent donc que le QE est une forme d'intervention sur le marché de change ayant pour finalité la dépréciation des monnaies occidentales et l’appréciation des monnaies des autres pays.

En Afrique du Sud, l’économie phare du continent, une rentrée massive de ces fonds attirés par des taux d’intérêt bien supérieurs à ceux pratiqués dans les pays du Nord, entraîne une appréciation du rand, la monnaie locale, dont la parité par rapport au dollar a atteint 6.76 rands en octobre dernier, son plus haut niveau depuis trois ans - ce qui nuit aux industries d’exportation.

Les économies de la Zone franc sont particulièrement exposées. Le franc Cfa est vulnérable, car il est librement convertible en devises étrangères, à un taux de change fixe arrimé à une devise au taux de change variable, l’euro, une monnaie en état de siège. Une couverture de risque de change portée de 20 à 110 %, des taux d’intérêt usuraires, une inflation sous contrôle et la libre circulation des capitaux alimentent une fuite massive de capitaux au bénéfice du Trésor français et des compagnies françaises telles que Bouygues, Areva, Total, Sonatel (France Telecom), Bici (Bnp-Paribas), Société Générale, Air France, etc.

Le franc Cfa est également très attractif aux placements des capitaux spéculatifs. Les taux d’intérêts élevés de la zone assurent à ces dépôts des rémunérations substantielles exonérées d’impôts. Les spéculateurs ont beau jeu de transférer dans ces comptes des sommes énormes d'argent : ils collectent leurs gains exempts de taxe tous les trois mois, et répètent la même opération à l’envie.

La perspective d’une «guerre des monnaies» est d’autant plus dommageable pour l’Afrique que ses perspectives économiques sont encourageantes. Selon le prestigieux bureau international de consultation McKinsey, l’Afrique a été, en 2009, le troisième contributeur à la croissance économique mondiale derrière la Chine et l’Inde. Le continent est également celui où les taux de rentabilité sur investissements sont les plus élevés comparés aux autres régions en développement.

De nombreux facteurs ont contribué à cet essor. La jeunesse de la population africaine représente un actif-clé pour la région. Avec 40 % des Africains vivant dans les villes, l’urbanisation rapide du continent a fait naître un secteur informel dynamique agissant en marge de l’économie moderne. Même marginalisée par les autorités et n’ayant quasiment pas accès au système bancaire, cette économie de trésorerie emploie jusqu’aux neuf dixièmes de la main d’œuvre, et les trois quarts des détaillants. Ses petites et moyennes entreprises sont les acteurs les plus dynamiques des échanges commerciaux intra-régionaux. L’intégration économique est menée tambour battant par les hommes d’affaires du secteur informel, et non par les politiciens ou les acteurs économiques étrangers.

En 2015, l’Afrique sera la seule région du monde où la population jeune continuera de croître. Le nombre des ménages dont le revenu dépassera 5 000 dollars - considéré comme un seuil pour les dépenses de consommation - passera de 85 millions à 128 millions dans la prochaine décennie. En 2050, le continent comptera 2 milliards d’habitants, dont 60 % vivront dans les villes. Il y aura un milliard cent millions de jeunes en âge de travailler - plus qu’en Chine et en Inde.

L’ascension économique de puissances émergentes telles que la Chine, l’Inde et le Brésil a créé une dynamique d’augmentation des cours des matières premières et d’accroissement des recettes d’exportation.
Les réformes mises en place ces trente dernières ont amélioré les agrégats macro-économiques et donné naissance à un environnement favorable aux affaires. Les investissements directs étrangers ont connu une évolution également spectaculaire, passant de 9 milliards de dollars en 2000, à 62 milliards en 2008 - ramenés au Pib, c’est presque tout autant que les flux de capitaux entrant en Chine.
Ces lendemains pleins de promesses risqueraient d’être mis en péril si la «guerre des monnaies» qui se profile, se matérialisait. L'Afrique se trouve de nouveau prise entre deux feux. Elle sait d’expérience que quand les éléphants se battent, elle est susceptible d'être piétinée. Toutefois, elle pourrait trouver du réconfort dans le fait que, lorsque les économies du monde sont en difficulté, les investisseurs se précipitent sur les valeurs refuges que sont les métaux précieux : or, argent, platine et autres matières premières tels que le pétrole et les autres produits de base dont l'Afrique regorge.


* Sanou Mbaye est un économiste sénégalais basé à Londres, ancien Haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement Auteur de ‘L’Afrique au secours de l’Afrique’ (Edition de l’Atelier, 2009).

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org






Nécrologie

Maroc: mort d'Abraham Serfaty, célèbre opposant au roi Hassan II

2010-11-20

http://tinyurl.com/35etfgb

Abraham Serfaty, l'un des plus célèbres opposants de gauche au régime du roi Hassan II, est décédé jeudi 18 novembre à Marrakech (sud) à l'âge de 84 ans, après avoir consacré sa vie à militer contre l'absolutisme monarchique. Ancien membre du Parti communiste marocain, Serfaty avait participé à la fondation dans les années 1970 de l'organisation d'extrême gauche Ila Al Amam (En Avant). En 1972, il avait été arrêté une première fois et accusé les autorités de l'avoir "sauvagement torturé". Proche à l'époque des thèses indépendantistes du Front Polisario sur le Sahara occidental, il aura passé au total 17 ans en prison à Kénitra (nord de Rabat).





Arts & livres

Global : Sortie d’un film sur les déchets toxiques d’Abidjan

2010-11-20

http://tinyurl.com/3ahl82x

Un film d’investigation documentaire sur le déversement des déchets toxiques à Abidjan en 2006 suscite une grande attention aux Etats Unis, point de départ du pétrolier à l’origine du scandale, et où la catastrophe environnementale du 19 août 2006 est totalement méconnue du grand public. Le film qui donne la parole aux victimes, explore notamment les graves conséquences sanitaires qui ont suivi le déversement des déchets toxiques. Dans le film, le journaliste britannique David Leigh, chef de l’unité d’investigation du journal le Guardian explique les dessous de cette histoire des déchets toxiques, une affaire qui a également traumatisé les medias britanniques.





Femmes & genre

Rd Congo : Une enquête pour stopper les violences sexuelles à l'université

2010-11-20

http://tinyurl.com/38bs65x

Quelque 29 pour cent d'étudiantes en Rd Congo abandonnent leurs études à la suite des violences et harcèlements sexuels, selon un rapport validé à la fin-octobre par le ministère de la Promotion de la Femme sur les violences sexuelles dans les établissements d'enseignement supérieur de Brazzaville. Cette étude, réalisée par Yolande Berton-Ofoueme du département de géographie de l’université, entre mai et juillet 2010 dans les établissements d'enseignement supérieur de Brazzaville, montre aussi que 42 pour cent de filles, sur un échantillon de 1.467 étudiants interrogés, sont victimes de harcèlements sexuels. L'Université Marien Ngouabi compte 20.427 étudiants au total.





Droits humains

Afrique : La justice africaine sauve l'ex-président tchadien

2010-11-22

http://tinyurl.com/25rajm8

Droits humains



Au terme de deux renvois successifs, la Cour de justice de la Cedeao s'est enfin prononcée sur la requête d'annulation des poursuites contre Hissène Habré, en faveur de ce dernier. Aujourd'hui, le Sénégal s'est vu interdit de juger Habré, d'organiser le procès. Ce sont les avocats de Habré qui avaient introduit la demande d'annulation, le 18 juin dernier. Ils estimaient que les juridictions sénégalaises s'étaient déjà déclarées incompétentes pour juger l'ancien président du Tchad.


Algérie : Plus de 4.600 enfants victimes de violence en 2010

2010-11-22

http://tinyurl.com/2d6mtab

Plus de 4.600 enfants ont été victimes de différentes formes de violences en 2010 en Algérie, selon des données fournies par les services de la Police judiciaire.
Parmi le nombre global de victimes de violences, 1.359 enfants ont été victimes de violences sexuelles dont 781 filles, et 374 autres ont été victimes de maltraitances. De même, 17 enfants et adolescents ont été victimes d'homicides volontaires et 157 autres ont été victimes de détournement".


Gambie: Peine de mort pour le trafic de drogue et la corruption

2010-11-20

http://tinyurl.com/2dx4r9m

L'Attorney général et ministre gambien de la Justice, Edward Gomez, a justifié le 17 novembre l'application par son pays de la peine de mort pour les délits de trafic de drogue et de corruption en expliquant qu'elle visait à mettre fin à ces crimes dans le pays. « Si vous ne voulez pas risquer la peine de mort pour trafic de drogue, quittez la Gambie », a-t-il déclaré à l'ouverture de la 48ème Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples à Banjul.


Global : Premières contributions au Fonds pour les victimes de la traite des êtres humains

2010-11-20

http://fr.allafrica.com/stories/201011180841.html

Deux semaines après sa création, le nouveau fonds de l'ONU spécialement destiné à soutenir les victimes de la traite des êtres humains, reçoit un soutien international de plus en plus important, avec les premières promesses de dons de six gouvernements et d'un bailleur privé. Ces promesses de contribution ont été faites par le Bélarusse, l'Egypte, la Malaisie, le Luxembourg, le Qatar et la Thaïlande. L'ONU estime que plus de 2,4 millions de personnes sont actuellement exploitées après avoir été victimes de la traite par des passeurs sans scrupules. Le Fonds des Nations Unies pour les victimes de la traite des personnes a été créé après l'adoption par l'Assemblée générale, en juillet dernier.


Mauritanie: grâce présidentielle pour 17 islamistes

2010-11-20

http://tinyurl.com/3ac7ca7

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a gracié 124 détenus dont 17 jihadistes à l'occasion de l'Aïd-el-Kébir, une des plus importantes fêtes musulmanes célébrée le 16 novembre en Mauritanie. Le président Aziz a également gracié 117 prisonniers de droit commun dont 21 étrangers. La remise en liberté des 17 jihadistes porte à 52 le nombre d'islamistes présumés graciés et libérés en deux mois. Elle entre dans le cadre de la politique encourageant le repentir des extrémistes musulmans liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a multiplié ses actions en Mauritanie ces derniers mois, avec des enlèvements et exécutions d'Occidentaux.


Niger : Le chef d'état-major de l'armée de l'air placé en détention

2010-11-20

http://oulmahomet.hautetfort.com/

Nouveau rebondissement dans l’affaire des quatre colonels arrêtés à Niamey. Le chef d’état-major de l’armée de l’air, le colonel Hassane Mossi, a été mis aux arrêts le 17 novembre au soir. Sa détention fait suite à une plainte contre lui pour « déclaration mensongère, faux témoignage et fausse accusation » émise l’épouse de l’ancien ministre de l’Équipement, le colonel Amadou Diallo, arrêté le 14 octobre. Celle-ci réclame une confrontation avec le colonel Mossi, qu’elle suspecte d’être à l’origine de l’affaire qui a entraîné l’arrestation des quatre officiers.


Rd Congo : Jean-Pierre Bemba détenu jusqu'à un réexamen

2010-11-22

http://tinyurl.com/27vmwt2

ean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), accusé de crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine entre 2002 et 2003, restera détenu à la Cour pénale internationale (CPI) jusqu'à un réexamen de la décision sur sa détention. La Chambre d'appel de la CPI a demandé le 19 novembre à la Chambre de première instance III de faire le réexamen. Selon la CPI, Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire, de crimes contre l'humanité (meurtre et viol) et de crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), qui auraient été commis sur le territoire de la République centrafricaine au cours de la période comprise approximativement entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.


Rwanda: quatre anciens proches de Kagame cités à comparaître

2010-11-20

http://tinyurl.com/37u67v9

Kigali a cité à comparaître, notamment pour "atteinte à la sécurité de l'Etat", quatre anciennes personnalités du régime du président Paul Kagame dont l'ex-chef d'état-major de l'armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa exilé en Afrique du Sud. Tous les quatre sont inculpés de "trouble à l'ordre public, atteinte à la sécurité de l'Etat, injures et diffamation, sectarisme et création d'une association de malfaiteurs". Ils sont cités à comparaître "devant la Haute cour militaire au plus tard le 15 décembre 2010", faute de quoi ils seront jugés par contumace. Les quatre anciens proches du chef de l?Etat avaient, dans un document publié début septembre, dressé un bilan très négatif des libertés dans leur pays après le génocide des Tutsi de 1994.


Sénégal : réunion des donateurs pour le procès d'Hissène Habré

2010-11-20

http://tinyurl.com/32ranm6

Une réunion internationale des donateurs est prévue à Dakar le 24 novembre pour organiser le financement du procès de Hissène Habré. Les promesses de dons attendues devront atteindre approximativement le budget global présenté par l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE), fixé à 11,7 millions de dollars (8,5 millions d'euros). En juillet 2006, l'UA avait demandé au Sénégal, où Hissène Habré vit en exil, de le juger "au nom de l'Afrique", ce que le président sénégalais avait accepté. Mais le Sénégal avait refusé d?entamer les démarches nécessaires au procès tant qu’il ne recevrait pas de la communauté internationale un financement estimé, selon les autorités sénégalaises, à 27 millions d’euros.





Réfugiés & migration forcée

Global : Il faudra parler italien pour obtenir des papiers en Italie

2010-11-22

http://tinyurl.com/2dujk54

A compter du 9 décembre prochain, tous les émigrés qui aspireront à une carte de séjour d’une durée indéterminée seront soumis à une épreuve de test de niveau en italien. Les candidats devront, pour être admis démontrer un niveau de langue « A2 » qui est selon les normes européennes une maÎtrise acceptable de la langue. Ceci est une barrière qui vient s’ajouter à longue liste de tracasseries liées à l’obtention d’un titre de séjour à longue durée en Italie.





Mouvements sociaux

Haïti: Des émeutes du choléra à Port-au-Prince

2010-11-20

http://tinyurl.com/32ty989

La fièvre monte en Haïti et plus seulement à cause du cholera. Cette fois, ce sont des centaines de personnes qui ont affronté à la pierre, des soldats de la mission onusienne à Port-au-Prince. Coupable désigné par la population, la force internationale est accusée, d’avoir introduit le choléra sur l'île. Des rumeurs prétendent que le choléra se serait propagé à partir des latrines d'un cantonnement de soldats népalais. Elles auraient été colportées par l’ambassadeur de Suède à Port-au-Prince et très rapidement niées par l’ONU. La pandémie a fait à ce jour, plus de 1.100 victimes.





Elections & gouvernance

Afrique: Le Président Bashir sera-t-il l'hôte du Fesman ?

2010-11-20

http://tinyurl.com/37kw7wo

Le communiqué du Conseil des ministres du Sénégal a annoncé le 4 novembre que le président Abdoulaye Wade s'est rendu à Khartoum et qu'il a discuté avec son homologue soudanais, Omar Hassan Al Bashir, entre autres sujets, de la participation du Soudan à la troisième édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman) qui aura lieu à Dakar du 10 au 31 décembre 2010. Cette information a créé, une nouvelle fois, des rumeurs sur un possible déplacement du président soudanais au Sénégal, premier pays à ratifier le statut de Rome de la Cour pénale internationale et tenu par l'obligation de l'arrêter et de le livrer à la Cour qui a lancé un mandat d'arrêt international contre lui pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.


Burkina faso: plus de 20 ans après sa mort, Sankara fascine encore

2010-11-20

http://tinyurl.com/3422swm

L'expérience Sankara n'aura duré que quatre années (1983-1987) mais sur des posters, des tableaux, des T-shirts et même des motos dans les rues de Ouagadougou, son visage juvénile est reproduit à foison, lui donnant des airs de Che Guevara sahélien. Une foule de petits partis et d'associations prétendent faire vivre l'esprit du révolutionnaire, tué lors du coup d'Etat qui porta au pouvoir son frère d'armes et ami, le président actuel et favori de dimanche Blaise Compaoré. Deux candidats invoquent cette année le patronage de Sankara: Bénéwendé Stanislas Sankara (sans lien de parenté avec le disparu), deuxième au scrutin de 2005 (4,88% des voix), et Boukary Kaboré, dit "le lion", l'un de ses anciens compagnons d'armes.


Côte d’Ivoire : Ouattara investi candidat de l’opposition

2010-11-20

http://tinyurl.com/343zr6g

Henri Konan Bédié, défait au premier tour de la présidentielle le 31 octobre dernier, et ses partisans ont investi Alassane Ouattara comme candidat de l’opposition au cours d’une cérémonie à Abidjan. Il représentera le Rassemblement des Houphouetistes (RHDP) au second tour de la présidentielle, un scrutin initialement prévu le 21 novembre, mais qui a finalement été reporté au dimanche 28 novembre 2010, par le Conseil des ministres ivoirien réuni le 9 novembre dernier.


Côte d’Ivoire : des craintes pour le second tour de la présidentielle

2010-11-20

http://tinyurl.com/2w42n4q

Les Ivoiriens se préparent pour un second tour des présidentielles assez tendu, le 28 novembre, et espèrent que le calme fragile qui a entouré le premier tour le 7 novembre pourra se maintenir. Mais ils craignent que les fissures de plus en plus évidentes ne fassent s’effondrer la façade. Pour le président de la Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI), une coalition, il ne faudrait pas que l’absence relative de problèmes sérieux liés à l’élection jusqu’à maintenant crée une fausse impression de sécurité.


Côte d’Ivoire : Echauffourées à la veille de la campagne du second tour

2010-11-20

http://tinyurl.com/27u5l7l

Des échauffourées sont survenues à Abidjan à la veille de l'ouverture officielle de la campagne du second tour. Environ 300 membres de la Fesci (proche de Laurent Gbagbo) armés notamment de gourdins, avaient pris position le 19 novembre devant le siège du RHDP, la coalition pro-Ouattara. Ils ont jeté des pierres dans l'enceinte du bâtiment, entraînant une riposte des militants du camp adverse. La police s'est interposée, il y a eu une vingtaine de blessés. Qui a commencé et comment ? Chacun se renvoyait la balle.


Côte d’Ivoire : Ouattara « propose » le poste de PM au PDCI

2010-11-22

http://tinyurl.com/24jkg3t

Alassane Dramane Ouattara, candidat du Rassemblement des républicains (RDR), que soutient la coalition de l’opposition, le Rassemblement des Houphouëtiostes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), se propose de confier le poste de Premier ministre au PDCI après cette élection. Il a pris cette décision lors de la première réunion du Conseil Politique qui coordonne la campagne pour le second tour de la présidentielle qui l’opposera au président Gbagbo le 28 novembre.


Egypte : Les Frères musulmans traqués par la police

2010-11-20

http://tinyurl.com/3xxjllt

Selon Mohammed Moursi, membre de la direction politique des Frères musulmans et directeur de leur campagne, le pouvoir refuse de voir l’opposition islamiste participer à la bataille pour les élections législatives égyptiennes, qui se tiendront le 28 novembre. Depuis le lancement de l'offensive des Frères musulmans, le 9 octobre, près de 600 de leurs membres ont été arrêtés, puis emprisonnés ou relâchés. En Égypte, il est interdit de former des partis politiques religieux, et les Frères musulmans ne sont pas reconnus officiellement. Pour pallier cette interdiction, le mouvement présente ses candidats comme des « indépendants », ce qui lui a déjà permis de remporter un cinquième des sièges en 2005.


Guinée: après élection d'Alpha Condé, rires et pleurs à Conakry

2010-11-20

http://tinyurl.com/3xck9qn

Conakry qui danse, Conakry qui se soulève : la capitale guinéenne avait deux visages après l'annonce, le 15 novembre au soir, de l'élection à la présidence de l'opposant historique Alpha Condé (52,52%), devançant de 143 007 voix l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo (47,48%). Dans les quatre communes sur cinq remportées par M. Condé à Conakry, des centaines d'électeurs chantaient et dansaient. Mais dans la seule commune où M. Diallo était en tête, Ratoma, des groupes de jeunes avaient, dès le matin, violemment affronté les forces de l'ordre et monté des barricades, persuadés qu'il y avait eu "tricherie". Bilan de la répression de source policière: au moins un manifestant tué par balles, des dizaines de blessés.


Guinée : l'état d'urgence décrété

2010-11-20

http://tinyurl.com/2utcnwt

Le président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, a décrété le 17 novembre "l'état d'urgence", "sur l'étendue du territoire", alors que la tension persiste. Cet état d'urgence sera en vigueur jusqu'à la proclamation des résultats définitifs de l'élection présidentielle, que la Cour suprême devait annoncer le 26 novembre. ". Cette vague de violences a secoué plusieurs zones du pays, malgré l'appel, le 17 novembre, du candidat Dalien Diallo à éviter "les violences de toute nature" dans l'attente que ses "réclamations" pour "fraudes" soient examinées par la Cour suprême.


Guinée : Sékouba Konaté veut le ministère de la Défense

2010-11-20

http://tinyurl.com/2b6kx9d

Contre toute attente, ou presque, le président par intérim de la Guinée, Sékouba Konaté, a déclaré qu'il était intéressé par le portefeuille de la Défense dans le futur gouvernement qui sera mis en place après la proclamation définitive de l'élection présidentielle. Il y a peu, il menaçait de tout quitter, de « claquer la porte » et de partir loin, bien loin de la Guinée. Il disait à qui voulait l'entendre que le pouvoir ne l'intéressait pas, et encore moins la politique. Mais aujourd'hui, ce n'est plus la même musique.


Global : Le Maroc va faire suite à toute demande d'enquête de l'Espagne

2010-11-20

http://tinyurl.com/36g39xo

Le Maroc s'est engagé à faire suite à toute demande d'enquête que lui présenterait l'Espagne après les récents événements au Sahara occidental, a déclaré le 16 novembre le ministre espagnol de l'Intérieur, après un entretien avec son homologue marocain. Les autorités espagnoles veulent des éclaircissent sur les circonstances de la mort d'un citoyen espagnol durant les violences qui ont suivi le démantèlement du camp de protestataires sahraouis près de Lâayoune, le 8 novembre.


Madagascar: Une nouvelle Constitution pour stabiliser la démocratie

2010-11-20

http://tinyurl.com/33vq4n3

Le nouveau projet de Constitution à Madagascar, soumis le 17 novembre à référendum, ne modifie pas fondamentalement la forme de l'Etat malgache mais vise à prévenir les "dérives dictatoriales", selon ses rédacteurs. Le régime est présenté comme semi-présidentiel et semi-parlementaire, notamment car le président nomme son Premier ministre sur proposition du "parti ou groupe de partis majoritaires à l?Assemblée nationale", ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. L’âge minimum pour pouvoir être candidat à la présidence est abaissé de 40 à 35 ans, ce qui autorise désormais l'homme fort du pays, Andry Rajoelina, 36 ans, à se présenter au prochain scrutin présidentiel. Un statut de "chef de l’opposition" est créé.


Madagascar: mutinerie militaire le jour du référendum constitutionnel

2010-11-20

http://tinyurl.com/2uru9n4

Un groupe d'officiers a affirmé le 17 novembre avoir renversé le régime d'Andry Rajoelina à Madagascar, dans une déclaration restée cependant sans effet apparent dans la capitale Antananarivo. Le gouvernement malgache a de son côté minimisé cette déclaration, faite le jour même de la tenue d'un référendum sur une nouvelle Constitution voulu par le régime en place. Parmi les putschistes figurent le général Noël Rakotonandrasana, ancien ministre des Forces armées limogé le 7 avril dernier, déjà sur fond de rumeur de tentative de coup d'Etat.





Corruption

Global : quatre Africains suspendus des instances de la Fifa

2010-11-20

http://tinyurl.com/3ae6b98

À moins deux semaines du vote qui désignera les pays organisateurs des Mondiaux 2018 et 2022, la Fédération internationale de football (Fifa) fait le ménage. Le 18 novembre, elle a décidé de suspendre de ses instances dirigeantes six de ses membres soupçonnés de corruption, dont quatre sont africains. L’un d’eux, le Nigérian Amos Adamu, président de l’Union des fédérations ouest-africaines (Ufoa), aurait accepté le deal en réclamant, en échange de son vote, quelque 580 000 euros.





Développement

Afrique : Les banques manquent de coffre

2010-11-20

http://tinyurl.com/33f7yn9

Les commentaires sur la réforme du système bancaire en cours en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale tiennent plutôt du réquisitoire. Décidée en septembre 2007, cette nouvelle réglementation doit faire passer le capital social des banques – sous peine d’un retrait de leur agrément – de 1 milliard de F CFA (1,5 million d’euros) à 5 milliards au 31 décembre 2010. Et à 10 milliards au 31 décembre 2012. Ces mesures ont également pour dessein d’éliminer les canards boiteux. « C’est une manière indirecte d’inciter les banques à se regrouper pour créer des groupes plus puissants et plus solides », complète Martin Djedjes, PDG de la BIAO.


Egypte: le salaire minimum à 69 dollars fait grincer des dents

2010-11-20

http://tinyurl.com/24bczjr

L'Egypte a décidé de relever le salaire minimum légal, inchangé depuis un quart de siècle, mais au lieu d'être saluée comme une avancée, la mesure crée la polémique: les 400 livres égyptiennes (69 dollars) mensuelles annoncées correspondent au seuil de pauvreté. Avec une inflation annuelle qui frise officiellement les 12%, les revenus des ménages sont mis à rude épreuve. De fortes hausses survenues ces derniers mois sur des produits comme la viande ou les tomates ont aggravé ce mécontentement, et contribué à provoquer des manifestations sporadiques.


Global : la facture alimentaire grimpe

2010-11-20

http://tinyurl.com/34smo2a

La facture mondiale des importations alimentaires "pourrait passer le cap des 1000 milliards de dollars en 2010", ce qui affectera d'abord les pays pauvres, selon la FAO. Présentant le rapport "Perspectives de l'alimentation", l’organisation onusienne prévoit que la facture devrait s'alourdir de 11% en 2010 pour les pays les plus pauvres et de 20% pour les pays à faible revenu et à déficit vivrier. La facture alimentaire mondiale a été de 893 milliards de dollars en 2009 et de 1.030 milliards lors de la crise en 2007/08.


Global : Sarkozy veut une taxe d'aide à l'Afrique

2010-11-20

http://tinyurl.com/385z9ku

Nicolas Sarkozy a réaffirmé le 16 novembre sa volonté de jeter les fondements d'un "nouveau système monétaire international" pendant la présidence française du G20 et d'avancer aussi vers une "taxation sur les transactions financières" pour aider au développement de l'Afrique. . En juillet, un rapport commandé à neuf experts internationaux par une douzaine de pays prônait la création d'une taxe sur les transactions de change entre les banques, plutôt que sur les transactions financières, qui permettrait de dégager 30 milliards de dollars par an au bénéfice de l'aide au développement. L'idée d'une taxe mondiale qui viendrait compléter l'aide publique classique, en baisse dans de nombreux pays développés en raison de la crise financière, fait son chemin depuis plusieurs années.


Maroc : Renforcement de la lutte contre le blanchiment de capitaux

2010-11-22

http://tinyurl.com/26tz5dk

Le Maroc procède au renforcement de ses capacités institutionnelles par la mise en place d’une Unité de traitement du renseignement financier (UTRF), opérationnelle et conforme aux standards internationaux. Calquée sur le modèle français, l’UTRF vient de publier son premier rapport 2009, sur la base des premières déclarations de soupçon effectuées par des établissements bancaires marocaines.


Rd Congo : Le Club de Paris annule la totalité de la dette

2010-11-20

http://tinyurl.com/3ycttro

es créanciers publics membres du Club de Paris et le Brésil ont décidé, le 18 novembre, d'annuler la totalité de la dette de la République démocratique du Congo (RDC) à leur égard, soit 7,35 milliards de dollars. Le Club de Paris et le Brésil ont rencontré les représentants de la RDC le 17 novembre, convenant de cette annulation, au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE renforcée). Les ressources ainsi dégagées ont pour vocation d'être consacrées à réduire la pauvreté.





Santé & VIH/SIDA

Afrique du sud : De l’eau à partir du brouillard pour les écoles

2010-11-20

http://tinyurl.com/35fh993

La fourniture d’eau à l’école primaire de Tshiavha vient du brouillard qui s’élève sur cette partie de la montagne de la province de Limpopo en Afrique du Sud. Le filet capteur de brouillard de l’école recueille 2.500 litres d’eau par jour, une quantité plus que suffisante à boire pour les élèves de l’école. Avant l’installation du filet capteur de brouillard, les villageois étaient obligés de compter sur des sources d’eau insuffisantes, y compris les mares pas que nous pouvions obtenir de l’eau à partir du brouillard. L’eau potable provenant du filet a rapidement entraîné la réduction de l’incidence des maladies d’origine hydrique pour les enfants de cette école.


Afrique du Sud : le savoir-faire nucléaire au service de la médecine

2010-11-20

http://tinyurl.com/32ymz5a

Après avoir volontairement démantelé son programme nucléaire à la fin du régime ségrégationniste blanc en 1994, l'Afrique du Sud est devenue un des principaux producteurs d'isotope médical issu de l?irradiation d?uranium enrichi. Cette substance radioactive, nommée molybdène 99, est utilisée dans 80% des 50 millions de procédures de diagnostic pratiquées chaque année dans le monde, notamment pour déceler maladies cardiaques et cancers.


Gabon : Chasse aux faux médecins

2010-11-22

http://tinyurl.com/2b9ns7d

Trois faux médecins expatriés qui exerçaient clandestinement le métier viennent d’être écroués à la maison d’arrêt de Libreville pour usurpation de titre, a révélé le 17 novembre l’inspecteur général de la Santé. Ce dernier a annoncé également la fermeture de 30 cliniques privées de la capitale gabonaise, lesquelles sont tombées sous le coup de la loi. En effet la plupart de ces cabinets médicaux employaient un personnel sous qualifié, lequel travaillait sans équipements techniques ni structures adéquates. Beaucoup se sont enrichis dans l’illégalité, profitant du vide laissé par les hôpitaux publics régulièrement en grève.


Ouganda : L'OMS enquête sur l'épidémie d'une maladie étrange

2010-11-20

http://tinyurl.com/2enl8af

Les experts de santé de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du ministère ougandais de la Santé enquêtent sur l'épidémie d'une maladie étrange qui a tué à ce jour huit personnes sur vingt contaminées à Abim, district du nord-est de l'Ouganda. Les tests ont déjà écarté la possibilité de l'Ebola ou de toute autre maladie hémorragique virale. Il ne s’agit pas non plus d’une maladie contagieuse. Les experts enquêtent également sur les rumeurs selon lesquelles les patients auraient bu une mixture locale à base de gin brut fort qui a fait des dizaines de morts ces derniers mois.





Environnement

Burkina Faso: Une catastrophe écologique redoutée

2010-11-22

http://tinyurl.com/2fks2ce

Une société russe d'extraction d'or est en pleins travaux d'installation de son arsenal dans le village de Pelegtanga, à 10 km de Yako, dans la province du Passoré. Comme toutes les entreprises de ce type, Pinsapo Gold s'est engagé à offrir certains services aux populations riveraines de son aire d'extraction. Mais depuis le début des travaux proprement dits, certains signaux donnés par l'entreprise ne poussent pas à l'optimisme. Certaines personnes n'ont jamais caché leur scepticisme face au produit toxique de base avec lequel cette société doit procéder à l'extraction de son minerai : le cyanure.


Tunisie: Les grands moyens déployés contre les inondations

2010-11-22

http://tinyurl.com/2aq8djf

Les changements climatiques se caractérisent en Tunisie par des pluies torrentielles qui peuvent causer des inondations. Ces pluies endommagent l'infrastructure (routes, pistes) et les logements, et menacent la population. La Tunisie a connu, au fil des ans, plusieurs inondations dont les plus récentes ont concerné les régions de Gafsa et Tunis. L'Etat a arrêté une stratégie nationale pour en atténuer les effets. Dans l'ensemble, les investissements alloués pour la protection des villes contre les inondations cette année sont de l'ordre de 14.5 MD





Média & liberté d'expression

Angola: inquiétudes après la mort d'un journaliste et plusieurs agressions

2010-11-20

http://tinyurl.com/3xtvx7n

Le syndicat des journalistes angolais (SJA) s'est dit inquiet le 17 novembre après le meurtre d'un journaliste et l'agression de deux de ses confrères au cours des trois derniers mois, des crimes jusqu'à présent non élucidés. Alberto Tchakussanga, journaliste de Radio Despertar, une station proche de l'opposition, a été tué par balles à son domicile le 5 septembre pour un motif inconnu. Fin septembre, un cameraman de la chaîne privée TV Zimbo, Norberto Abias Sateko, a été blessé par balles et le 22 octobre, un animateur de Radio Despertar, Antonio Manuel Da Silva, a été poignardé dans une station service près de Luanda .Lors de cette dernière agression, l'auteur des coups de couteau a mentionné l'émission du journaliste, souvent critique envers le gouvernement, selon le directeur de Radio Despertar, Alexandre Neto.


Guinée : Des médias empêchés de travailler

2010-11-20

http://tinyurl.com/2bo5hjf

Dans le contexte de crise et de violence électorale, la plupart des journalistes de Conakry restent reclus chez eux de peur d’être pris pour cibles, que ce soit par des militants ou par les forces de sécurité. Après avoir été menacé de saccage, le groupe Sabari FM / Le Diplomate a interrompu ses activités depuis le 15 novembre 2010. D’autres médias sont également paralysés par le climat d’insécurité. En ramenant le calme dans la capitale guinéenne, l’état d’urgence va peut-être permettre aux journalistes de reprendre leur activité.


Libye : Quand Kaddafi fait libérer... des journalistes

2010-11-20

http://tinyurl.com/2ugxlxo

Mouammar Kaddafi n’est pas réputé pour son attachement à la liberté de la presse (la Libye est 160e sur 178 au classement de Reporters sans frontières). Le 8 novembre, le « Guide » a pourtant exigé et obtenu la libération de vingt journalistes travaillant pour des publications d’Al-Ghad, groupe de médias détenu par son fils, Seif el-Islam Kaddafi, 38 ans. L’agence de sécurité intérieure les aurait appréhendé nos confrères le 5 et le 7 novembre. Selon plusieurs observateurs, un éditorial de l’hebdomadaire Oéa (du groupe Al-Ghad) daté de septembre pourrait être à l’origine de ce coup de filet. Ledit texte appelait de ses vœux le retour de compagnons de la première heure de Mouammar Kaddafi.


Sénégal: le journaliste Latif Coulibaly condamné à 1 mois de prison avec sursis

2010-11-20

http://tinyurl.com/36ez6we

Le journaliste sénégalais Abdou Latif Coulibaly, très critique à l'égard du pouvoir, a été condamné le 16 novembre à un mois de prison avec sursis par un tribunal de Dakar pour "diffamation" envers un conseiller du président Abdoulaye Wade, "Le tribunal reconnaît coupable M. Coulibaly de diffamation", indique le jugement qui condamne à la même peine deux autres journalistes, Aliou Niane et Alou Badara Coulibaly, collaborateurs de Abdou Latif Coulibaly, pour "complicité de diffamation". L'hebdomadaire La Gazette, dirigé par M. Coulibaly, avait affirmé que "des étrangers, en association avec des nationaux très haut placés dans les structures de l'Etat s'étaient partagé 40 millions de dollars" de commissions, en 2007, dans le cadre de la vente d'une licence de téléphonie au groupe soudanais Sudatel.


Sénégal : Vingt-deux ouvrages censurés en deux années

2010-11-20

http://tinyurl.com/35sjurd

La Ligue sénégalaise des Droits humains a pris la décision d’attaquer l’Etat du Sénégal devant le juge des référés, pour vingt-deux ouvrages censurés en l’espace seulement de deux années. Le dernier cas d’espèce ayant conduit à la saisine du juge concerne l’ouvrage de 155 pages de Sémou Mama Diop, intitulé Thalès-le-fou. Ce livre dont le thème majeur est l’émigration clandestine, traite des raisons de celle-ci avec notamment les misères, l’arbitraire et l’injustice qui règne dans certains quartiers. Le livre qui parle aussi de la vie politique dans le pays.


Tunisie: le journaliste Boukadous cesse sa grève de la faim

2010-11-20

http://tinyurl.com/3aehypn

Le journaliste et opposant tunisien emprisonné Fahem Boukadous a cessé une grève de la faim entamée depuis le 8 octobre pour exiger sa libération et protester contre les conditions de sa détention, a indiqué le 16 novembre son épouse. Le prisonnier a cessé son mouvement après avoir reçu des promesses de la direction de la prison d'améliorer les conditions de sa détention, selon cette dernière. Fahem Boukadous purge une peine de quatre ans de prison à laquelle il avait été condamné le 6 juillet après avoir été reconnu coupable de "diffusion d'information susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens" et de "constitution d'une entente criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et aux biens".


Zimbabwe: La FIJ appelle à la libération d'un journaliste

2010-11-22

http://tinyurl.com/23n87f3

La Fédération International des Journalistes (FIJ) a condamné l'accroissement des menaces, violences et intimidations contre les professionnels des medias après l'arrestation d'un deuxième journaliste en une semaine. Nqobani Ndlovu, journaliste reporter du journal The Standard and Newsday a été arête et détenu le 17 novembre. Son arrestation fait suite à celui du 16 décembre de Dumisani Sibanda, président du Zimbabwe Union of Journalists (ZUJ) et chef du Bureau du même journal. Sibanda a été détenu brièvement à cause d'un article relatif aux forces de police puis libéré par la suite.





Nouvelles de la diaspora

Global : La chasse aux Haïtiens sans papiers reprend en Guyane !

2010-11-22

http://tinyurl.com/23atl7l

Alors qu’Haïti demeure dans une situation critique, l’État français brandit cyniquement des obligations à quitter le territoire français et des arrêtés de reconduite à la frontière aux Haïtiens installés en France, et pour beaucoup d’entre eux dans les départements français d’Amérique (DFA). Le ministre de l’immigration s’était pourtant engagé à suspendre le retour forcé des Haïtiens à deux reprises, en janvier et juin 2010. Dans le même temps, la France a continué à opposer des exigences irréalisables en termeS d’état civil privant des Haïtiens de France de leur droit à y résider et à être rejoints par des proches bloqués en Haïti par l’attente d’un visa alors que leur survie y est menacée.





Internet & technologie

Global : Google tisse sa toile en Afrique

2010-11-20

http://tinyurl.com/347dkpl

S’il est encore embryonnaire, Internet possède un fort potentiel sur le continent africain. Plutôt que d’attendre son heure, Google a décidé de tout mettre en œuvre pour accélérer la maturation du marché. Le 7 octobre, le géant américain a officiellement lancé, avec l’Université du Nigeria Nsukka (UNN), un programme d’appui pour développer l’Internet haut débit dans les facultés. Outre la connexion au réseau, les laboratoires en informatique de l’UNN auront accès gratuitement à des applications développées par le géant américain, ainsi qu’à des formations et à un support en ingénierie. Ce soutien devrait être étendu l’an prochain à six autres pays africains, indique le responsable du bureau de Dakar de la firme californienne.





/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\


Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
www.fahamu.org/

© Sauf indication contraire, tous les contenus publiés ici le sont avec autorisation sous les termes de la licence « Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported »

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org

Si vous ne souhaitez plus figurer sur la liste de nos abonnés, veuillez écrire à editor@pambazuka.org et votre adresse sera aussitôt retirée.

Pour les détails supplémentaires: www.pambazuka.org/fr/about.php

Pambazuka news peut être visionné en ligne: www.pambazuka.org/fr/

Le RSS est disponible sur www.pambazuka.org/fr/newsfeed.php

Pambazuka News est publié grâce au soutien d’un certain nombre de bailleurs de fonds dont les coordonnées peuvent être obtenues en passant par l’adresse www.pambazuka.org/fr/about.php

Pour VOUS ABONNER ou VOUS DESABONNER, allez sur:
pambazuka.gn.apc.org/cgi-bin/mailman/listinfo/pambazuka-news-fr

ou envoyez un message à editor@pambazuka.org avec le mot ABONNER ou DESABONNER dans la case réservée à l’objet selon le cas.

Les points de vue exprimés ici sont ceux des auteurs eux-mêmes et ils ne représentent pas nécessairement ceux de Pambazuka News ou Fahamu.

ISSN 1753-6847

ISSN 1753-6839 Pambazuka News English Edition http://www.pambazuka.org/en/

ISSN 1753-6847 Pambazuka News en Français http://www.pambazuka.org/fr/

ISSN 1757-6504 Pambazuka News em Português http://www.pambazuka.org/pt/

© 2009 Fahamu - http://www.fahamu.org/