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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 174: Tunisie : Un mois pour effacer 23 ans de dictature

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Annonces, 3. Commentaires & analyses, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Mouvements sociaux, 8. Elections & gouvernance, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Environnement, 12. Média & liberté d'expression, 13. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUES : Tunisie, les raisons de la colère, de la révolte et de la révolution.
ANNONCES : Lancement du Prix Samir Amin par Pambazuka.
COMMENTAIRES & ANALYSES : France-Côte d’Ivoire : Les représailles de l’empire.
FEMMES & GENRE : Maroc : 63% des femmes auraient subi des violences.
DROITS HUMAINS : Afrique : L’immolation par le feu se répand au Maghreb.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Angola : Appel à la lutte contre l’émigration illégale.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Gbagbo teste sa «monnaie nationale ivoirienne».
DEVELOPPEMENT : Angola : Réouverture d’une ligne ferroviaire vitale pour l’économie.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : L’OMS s’inquiète de la résistance du paludisme.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Directives mondiales pour réduire les rejets de poisson.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Gambie : Une radio communautaire fermée par les autorités.
CONFLITS & URGENCE : Angola : Plus de 20 mines anti-chars désactivées en 2010




Chroniques

Tunisie : Les raisons de la colère, de la révolte et de la révolution

Basel Saleh

2011-01-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/70174

Comment un mois de fronde sociale a emporté une dictature qui maintenait depuis 23 ans la Tunisie dans un corset d’acier ? C’est simplement parce que la Tunisie de Ben Ali, malgré le regard complice des puissances occidentales qui en faisaient un modèle d’allié, était minée de l’intérieur. Un système corrompu, tranquillisé par la férocité de la répression, se sentait serein dans son insouciance. Mais dans cet article du Centre for research on globalisation, Basel Saleh montrait, avant la fuite de Ben Ali et la chute de son régime comment celui-ci courait à sa perte.

Des manifestations massives et spontanées ont éclaté le 17 décembre dans la ville de Sidi Bouzid (au centre du pays) après que Mohammed Bouazizi, âge de 26 ans, se soit aspergé de pétrole avant que de s’immoler par le feu. Ceci après qu’une agent de police l’a giflé et lui a craché dessus. Le seul crime de Bouazizi était d’être un marchand des rues qui vendait fruits et légumes sans permis dans un pays où les politiques néolibérales n’ont fourni aucune opportunité économique à Bouazizi et à des milliers d’autres comme lui. (1)

La tentative de suicide de Bouazizi, qui survient immédiatement après les humiliations infligées par la police et la confiscation de son unique source de revenus, est révélatrice du désespoir absolu qui prévaut aujourd’hui au sein de la population tunisienne, en particulier chez les jeunes diplômés. Vingt quatre ans de corruption, de dictature impitoyable et de politiques économiques néolibérales ont permis la concentration de richesses dans les mains de quelques rares familles connectées au président Zine el Abidine Ben Ali et à celle de la famille de sa femme.

Bouazizi, un jeune diplômé, (2) s’efforçait de vivre dans la dignité et pourvoir aux besoins de sa famille en devenant un marchand des rues, bien qu’il vive dans un pays considéré comme un miracle économique et un des lions de l’Afrique, selon les analystes et les évaluateurs économiques occidentaux. (3)

Les conditions économiques misérables à l’intérieur du pays, le manque d’emplois et de liberté politique ont poussé Bouazizi, à l’instar de milliers d’autres jeunes gens et jeunes femmes dans les pays du Maghreb, vers les marges de la société. Les chiffres officiels de chômage en Tunisie- qui sous représentent la réalité- sont de 14%. (4)

Toutefois le chômage des jeunes (entre 15 et 24 ans) est de 31%. La part de revenu des 10% supérieur de la société est d’environ 32% et les 20% supérieurs de la société contrôlent 47 % du revenu de la Tunisie. En Tunisie, l’inégalité est si grave que le 60% des échelons inférieurs ne gagnent que 30%. (Les 40% supérieurs encaissent les 70% du revenu) (5)

Néanmoins, le FMI décrit la gestion gouvernementale de l’économie et de la croissance inégalitaire, qui a profité principalement au nord et aux villes côtières tout en marginalisation l’intérieur du pays, comme une‘’gestion macroéconomique prudente’’ (6)

Le comportement méprisable de l’agent de police décrit plus haut n’est pas exceptionnel en Tunisie et est accepté par un Etat policier qui ignore les Droits de l’Homme, ne manifeste aucun respect pour la dignité de ses citoyens et ne tolère aucune manifestation d’opposition. La pauvreté, le chômage et l’oppression ont poussé un autre jeune homme au suicide quelques jours après la tentative de Bouazizi. Malheureusement, le 22 décembre, Hussein Nagi Felhi, également au chômage, a réussi à se donner la mort en grimpant sur un pylône supportant des lignes à haute tension. Il a été électrocuté et est mort sur le champ. Des témoins rapportent que le jeune homme criait ’’Non à la misère, non au chômage’’ en grimpant sur le pylône. (7)

Le chômage endémique des jeunes, l’inégalité, la répression politique et le manque de moyens significatifs des libertés ont enflammé la solidarité de la population qui est descendue dans la rue sans aucune organisation préalable, spontanément, pour manifester. En l’espace de quelques jours, dans la foulée de la tentative de suicide de Bouazizi et du suicide de Felhi, les protestations se sont étendues à tout le pays, pour atteindre la capitale, Tunis, et se sont poursuivis malgré le silence total imposé au média et la brutalité policière qui a conduit à la mort d’un jeune de 18 ans. Ce n’est pas la première fois, en 24 ans de règne que le dictateur de Tunisie, Zine el Abidine Ben Ali, a eu à faire face à la colère de la rue sur des questions de chômage et de misère économique, mais jamais le défi n’avait été aussi importance.

Il y a environ 3 ans, en janvier 2008, son appareil de sécurité avait écrasé une manifestation dans une ville minière du sud, Redhayef, où les travailleurs et des jeunes gens avaient protesté contre les bas salaires et le chômage. (8) Quelque 300 personnes avaient été arrêtées suite à cette manifestation. (9)

Toutefois, cette fois-ci le désespoir a mis la population en ébullition. Aidés par des médias sociaux, certains des contestataires ont lancé un Facebook pour documenter les émeutes et faire circuler les nouvelles bien que le gouvernement ait promptement fermé les site web liés aux protestations. (10) Les manifestations ont gagné en intensité et ne semblent pas vouloir faiblir Les manifestants ne veulent plus du status quo d’une famille corrompue qui accapare les richesses qui est le système de facto de gouvernement au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

Un allié occidental : l’hypocrisie des politiques étrangères et néolibérales occidentales.

Le respect des Droits de l’Homme et la liberté de la presse sont pratiquement inexistants en Tunisie. L’index de la liberté économique de la Fondation Héritage qualifie la Tunisie de ‘’principalement non libre’’ et bien près de la répression, ce qui est le bas de l’échelle des qualifications. (11) Transparency International situe la Tunisie parmi les pays sérieusement corrompus avec un résultat de 4,3 sur 10 (10 signifiant sans corruption et 1 totalement corrompu) et la Tunisie n’est pas non plus considérée comme libre par le Freedom House Index. (12)

Ceci n’est guère surprenant dans un pays où le gouvernement contrôle à peu près tous les aspects de la vie des gens. Les jeunes sont particulièrement contrôlés et surveillés. Même dans le domaine des études supérieures, la décision concernant le cursus suivi par un étudiant est décidé par le ministère de l’Education, des Etudes supérieures et de la Recherche scientifique. (13)

(…) Le dictateur tunisien et sa famille sont présentés par les gouvernements occidentaux comme un exemple d’une nation nord-africaine musulmane stable et progressiste. Les politiques économiques néolibérales sont louées par le FMI comme prudent et sage. Pourtant ces politiques ont surtout profité à sa famille, à celle de sa femme ainsi qu’à quelques riches Tunisiens bien connectés. Dans une affaire de corruption relatée par Wikileaks, le gendre du président a acquis 17% des actions d’une banque sur le point d’être privatisée, qu’il a ensuite revendues en en tirant un grand bénéfice. Les câbles diplomatiques américains tels que rapportés par Wikileaks remarquent que la réussite de l’économie tunisienne est directement liée aux connexions avec la famille présidentielle. Les inégalités régionales des revenus sont en augmentation en Tunisie. La création d’emplois et la prospérité générale promises par les termes de politiques économiques orthodoxes caduques, et desquelles devaient profiter les masses, ne se sont jamais matérialisées pour la plus grande partie des jeunes diplômés pour lesquelles la migration a constamment augmenté allant de 16 000 en 1980 à 80 000 en 2005.

Le gouvernement tunisien est un allié important des Etats-Unis pour leurs guerres coloniales motivées par l’accaparement des ressources en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Un rapport des Nations Unies sur les lieux de détention secrets cite la Tunisie comme ayant des prisons secrètes où les prisonniers n’ont pas d’accès à la Croix Rouge Internationale. (14) Les services de renseignement en Tunisie ont coopéré avec les efforts américains dans la guerre contre le terrorisme et ont participé aux interrogatoires de prisonniers à la base aérienne de Bagram en Afghanistan et en Tunisie.

Selon Wikileaks, des câbles diplomatiques américains faisaient état, il y a peu, de leurs préoccupation à propos de la colère croissante de la rue et de la corruption de Ben Ali et de la famille Trabelsi (la famille de sa femme) qui traitent tout le pays comme leur appartenant en propre. Une liste des câbles émanant de l’ambassade américaine fournis par Wikileaks au Guardian, et qui se trouvent sur le site web de ce dernier, montre que les Etats-Unis considèrent la Tunisie comme un Etat policier’’, sans beaucoup de liberté d’expression ou d’association et avec de sérieux problèmes en matière de Droit de l’Homme’’ et qualifie la famille Ben Ali de ‘’quasi mafia’’. (15)

Néanmoins, le Département d’Etat se vante du soutien américain actif aux forces de sécurité tunisiennes, malgré le fait que le gouvernement de Ben Ali se soient rendus coupables de graves violations des droits humains.

Selon le site Web du Département d’Etat : ’’ Les Etats-Unis et la Tunisie ont un calendrier en vigueur pour des manœuvres militaires conjointes. L’assistance américaine dans le domaine de la sécurité a historiquement joué un rôle important dans la consolidation des relations. La US-Tunisia joint Military Commission tient une réunion annuelle afin de discuter la coopération militaire, le programme de modernisation de la défense tunisienne et autres questions de sécurité.’’ (16)

(…) Le FMI a continué de pousser la Tunisie pour qu’elle prenne des mesures d’austérité économique, recommandant que le gouvernement ne subventionne plus les denrées alimentaires et les produits pétroliers, réforme la sécurité sociale, un nom de code pour dire privatiser le système des pensions en Tunisie qui profite à la masse des pauvres Tunisiens. (17) Comble de l’hypocrisie, le FMI recommande cette politique au nom de plus d’emplois et de croissance et qui est la recette ‘’ couper/coller’’ appliquée à toutes les nations qu’il étudie.

La communauté internationale occidentale est restée généralement silencieuse à propos des manifestations. Les médias dominants sont comme de coutume occupés à vendre de la publicité aux multinationales qui veulent profiter des vacances de Noël tout en augmentant leurs prix afin d’extraire le plus d’argent possible à leurs clients. (18)

Le New York Times et le Wall Street Journal n’ont fait aucune mention des manifestations en Tunisie. Le Département d’ Etat américain est resté bouche cousue sur la question et n’a émis aucun communiqué. Le silence assourdissant du gouvernement américain confirme l’hypocrisie inhérente aux politiques diplomatiques et étrangères qui sont bien connues et détestées et confirmées par les câbles diplomatiques récemment révélés par Wikileaks



NOTES:

[1] See Aljazeera story in (Arabic), 23 December 2010: 
http://www.aljazeera.net/NR/exeres/D2ACC91E-B225-411B-8073-AC6C79845D77.htm 

[2] There are conflicting reports on whether Mohammad Bouazizi is a college graduate or not. But most news sources indicate that he is. See: 
http://dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=10&categ_id=2&article_id=123016#axzz19WbaUTRj 

[3] ‘African lions’ is a term used by Boston Consulting Group to describe the eight countries driving growth on the continent: South Africa, Algeria, Botswana, Egypt, Mauritius, Libya, Morocco and Tunisia. See Florence Beaugé, Economic power of the 'African lions' tallied. , The Guardian Weekly, 10 June 2010: http://www.guardian.co.uk/business/2010/jun/09/morocco-southafrica
[4] Julian Borger, Tunisian President Vows to Punish Rioters After Worst Unrest in a Decade. The Guardian, 29 December 2010: 
http://www.guardian.co.uk/world/2010/dec/29/tunisian-president-vows-punish-rioters 

[5] World Bank Indicators: http://data.worldbank.org/indicator/SL.UEM.1524.MA.ZS/countries/TN?display=graph
[6] Joël Toujas-Bernate and Rina Bhattachary, Tunisia Weathers Crisis Well, But Unemployment Persistsa. IMFSurvey Magazine: Countries & Regions , 10 September 2010: 
http://www.imf.org/external/pubs/ft/survey/so/2010/car091010a.htm 
[7] Amro Hassan, Tunisia: Apparent Suicide Triggers Youth Protests Against Unemployment. The Los Angeles Times, 23 December 2010: 
http://latimesblogs.latimes.com/babylonbeyond/2010/12/tunisia-suicide-triggers-youth-protests-against-unemployment.html 

[8] Human Rights Watch, World Report Chapter: Tunisia, January 2009: http://www.hrw.org/en/node/79260
[9] Amnesty International, Behind Tunisia’s Economic Miracle: Inequality and Criminalization of Protests, June 2009: 
http://www.amnesty.org/en/library/asset/MDE30/003/2009/en/2e1d33e2-55da-45a3-895f-656db85b7aed/mde300032009en.pdf 

[10] The facebook page for protesters can be accessed via http://www.facebook.com/yezzifock?v=photos#!/yezzifock?v=wall
[11] The Heritage Foundation, 2010 Index of Economic Freedom: http://www.heritage.org/Index/Ranking
[12] Freedom House, Freedom in The World Country Report , 2010 edition: 
http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=363&year=2010 , and Transparency International Corruption Index 
http://www.transparency.org/policy_research/surveys_indices/cpi/2010/results 

[13] Housa Trabelsi, Unemployment Haunts Tunisia’s College Graduates. The Megharebia, 30 July 2010: 
http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/en_GB/features/awi/features/2010/07/30/feature-01 

[14] See United Nations report on secrete detention practices 
http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/docs/13session/A-HRC-13-42.pdf 

[15] US embassy cables: Tunisia - a US foreign policy conundrum, The Guardian, 7 December 2010:
http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/217138

[16] Background Note: Tunisia, U.S. State Department, 13 October 2010: 
http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/5439.htm#relations 

[17] See note 4

[18] Matthew Boyle, Wal-Mart Raising Prices on Toys, Squeezing More Out of Holidays. Bloomberg News, 15 December 2010: 
http://www.bloomberg.com/news/2010-12-15/wal-mart-raised-prices-on-toys-this-month-squeezing-more-out-of-holidays.html


* Dr Basel Saleh est professeur assistant en économie à l’université de Radford, Virginie (Etast Unis) - Cet article, rédigé avant la fuite de Ben Ali, le 14 janvier, est initialement paru dans Centre for Research on Globalisation –Texte traduit par Elisabeth Nyffenegger (le titre est de la rédaction de Pambazuka News)

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Les duplicités françaises à propos de la Tunisie

Faraniaina Ramarosaona

2011-01-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/70173

Il a fallu du temps pour que la France se détermine dans le sens de l’histoire, à propos de la révolution tunisienne. Des dizaines de mort n’y avaient pas suffi. Jusqu’à la fuite de Ben Ali, Paris s’est emmuré dans un silence assourdissant, au milieu des positions équivoques qui montaient ça et là. Faraniaina Ramarosaona rappelle les duplicités françaises que le soutien aujourd’hui apporté au peuple tunisien en lutte ne saurait faire oublier.

Ce qui se passe en Tunisie suscite des questions de fonds : elle est un pays dont on reconnaît le développement économique : fort taux de scolarisation, infrastructures élevées, croissance économique stable...

Et pourtant, les perspectives d'avenir des jeunes pourtant bien scolarisés (le premier jeune à s'immoler était diplômé) sont faibles, l'atteinte aux droits humains et libertés publiques a été si grave que nous en sommes là.

Que dire alors des perspectives d'avenir des pays d' Afrique où il n'y a ni développement économique ni respect des droits de l'homme, où la corruption s'est normalisée, etc. ? Je répondrai sans certitude qu'il faudrait voir comment ça marche au Botswana, à Maurice, qui sont des exemples positifs de gouvernance sur le continent.

En attendant , je vous propose de lire une interview d'un membre de la classe politique française qui aborde de front la relation France-Tunisie. En effet, au début des émeutes, le silence, si ce n'est la frilosité des dirigeants français, est assourdissant et critiqué. Quand ils ne font pas des maladresses comme Mme Alliot-Marie, qui, interpellée par des députés, dit, comme principal élément de réponse : «nous proposons à la Tunisie le savoir-faire de nos forces de sécurité ».

Cette interview de Jean-Pierre Sueur, président du groupe d'amitié France-Tunisie au Sénat (« Les liens entre la France et la Tunisie ne justifient pas le silence sur la répression » (http://tinyurl.com/4jco8bz) nous a intéressé car elle dénote un autre langage que la langue de bois pesante à laquelle nous ont habitué les dirigeants français, qu'ils soient socialistes ou de droite, intérêts de la France (selon leur point de vue) oblige : il est lucide, met le point sur les i, mesuré, sans occulter les choses...

Depuis le début des émeutes sociales en Tunisie, la classe politique française dans son ensemble se distingue par sa frilosité à condamner la violente répression opérée par le régime du président Ben Ali. Au sein du gouvernement, les ministres Frédéric Mitterrand et Bruno Le Maire ont eu des propos conciliants à l'égard du pouvoir tunisien.

Mardi 11 janvier, la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, interpellée sur le silence de Paris, a estimé que la France ne devait pas "donner de leçons" à la Tunisie, lui proposant au contraire d'apporter son savoir-faire en matière de maintien de l'ordre.

A gauche, la condamnation de la répression a tardé à intervenir. Bertrand Delanoë, le maire socialiste de Paris, né en Tunisie, qui s'était montré critique en son temps à l'égard du régime, a fait savoir en début de semaine qu'il préférait mener des contacts avec des militants tunisiens plutôt que de faire des déclarations.

Mercredi 12 janvier, le Parti socialiste, après Europe Ecologie-Les Verts, a finalement publié un communiquécondamnant "la brutalité avec laquelle le pouvoir a répondu aux revendications sociales et politiques des citoyens".


Devoir de vigilance à l'égard de la demande des réparations liées à la Traite atlantique

Bernard Founou Tchuiguoua

2011-01-18

http://pambazuka.org/fr/category/features/70170

«L'apparition du thème de la demande des réparations dans le mouvement altermondiste africain est un indicateur du basculement du rapport de force qui s'est fait au profit du capitalisme impérialiste, à la suite du mal developpement au Sud, de l'échec du socialisme de type soviétique et du succès du capitalisme mixte en Chine post maoïste», constate Bernard Founou Tchuiguoua. Et de s’interroger : Les Africains auraient-ils pu échapper à la traite atlantique ? Quelles leçons doivent-ils tirer de cette période tragique de leur histoire pour comprendre le présent et quelles stratégies mettre en œuvre pour réduire leur vulnérabilité» ?

Les responsabilités de l’Europe impérialiste et capitaliste dans la reproduction des facteurs de l’extrême vulnérabilité de l’Afrique subsaharienne n’est plus à démontrer. Elle commença avec la formation du système mondial moderne dans lequel le fameux commerce triangulaire joua un rôle irremplaçable à travers la déformation des systèmes productifs locaux et l’intégration du travail de ses paysans et des déportés en Amérique dans le travailleur collectif producteur de la plus value à l’échelle mondiale. De ce constat un courant qui milite pour des réparations s’est formé au sein de l’altermondisme africain au tournant du XXIème siècle. Il demande aux puissances occidentales qui avaient participé à ce système, premièrement de reconnaitre qu’elles avaient commis un crime contre l’humanité, ce que nous approuvons, et deuxièmement d’accepter le principe des réparations, ce qui est pour le moins naïf. Quoique ce courant soit en perte de vitesse, il est utile d’en faire l'appréciation pour montrer que la vigilance s’impose dans le choix des thèmes des revendications altermondistes.

Jusqu’à la Conférence de Durban sur le racisme en 2001, le thème des réparations liées à la Traite atlantique était absent des conférences de l'ONU et de l'UNESCO sur le racisme. Les revendications portaient sur la formation d'un nouvel ordre économique international, fondé sur l'élimination de l'échange inégal, le droit à l'industrialisation, la non ingérence dans les affaires internes des pays en voie de développement et le démantèlement des bases militaires étrangères.

C'est dans ce cadre que le Sud put obtenir la valorisation du rôle économique des Nations Unies (formation de la CNUCED en 1964, de l’ONUDI en 1967 et Déclaration sur le Nouvel ordre économique international de 1974), et que, pour la première fois, un groupe de pays décida unilatéralement d'augmenter le prix des produits de base exportés (L'OPEP quadrupla le prix du baril du pétrole brut entre 1973 et 1974). En Afrique, l’offensive anti-impérialiste persista sur le front de l’analyse et des propositions jusqu’en 1980, comme le montre l’adoption du plan d’Action de Lagos par lequel les Etats africains s’engageaient à programmer l’industrialisation et l’appropriation technologique accélérées.

L'émergence du thème des réparations comme mécanisme de soutien des politiques de développement est une des conséquences de l’affaiblissement du front Sud à partir du milieu des années 1970. Face à la crise de la croissance économique, les puissances impérialistes avaient favorisé l’endettement des Etats du Sud non auprès de leurs Etats, mais de leurs Banques privées, du FMI et de la Banque Mondiale. La dette paraissait ainsi dépolitisée, alors qu’il s’agissait de l’augmentation du pouvoir politique des STN financières. Le mal endettement fut en fait programmé comme un moyen économique puissant pour empêcher la cristallisation des forces du socialisme et du nationalisme dans chaque pays et briser le front Sud.

C’est ainsi qu’il faut comprendre l’acharnement, irrationnel pour les peuples mais rationnel pour l’impérialisme, que les Institutions de Bretton Wood et les Agences de coopération bilatérales ont mis à exiger l’ouverture unilatérale des économies et la privation non seulement du secteur économique publique, mais aussi des services de l’éducation et de la santé. Pour semer la confusion mentale, le système a fabriqué à un rythme infernal des projets de développement aussi incohérents avec la dépendance que la croissance réductrice de la pauvreté, l'insertion maximale dans le système comme facteur de développement économique, etc.

Le projet dominant aujourd’hui vise à rendre impossible la réalisation des deux conditions essentielles de l’industrialisation/développement réellement capitaliste en Afrique en bloquant, d’une part, la formation de coalitions industrialisantes dans chaque pays et, d’autre part, en enfermant les Etats dans des logiques d’ensembles sous régionaux créés non pas pour résister aux pressions de l’impérialisme, mais pour faciliter la pénétration des STN et de marchandises souvent directement ou indirectement subventionnées. L’adage "L’union fait la force", devient un simple slogan.

L'apparition du thème de la demande des réparations dans le mouvement altermondiste africain est un indicateur du basculement du rapport de force qui s'est fait au profit du capitalisme impérialiste, à la suite du mal developpement au Sud, de l'échec du socialisme de type soviétique et du succès du capitalisme mixte en Chine post maoïste. Les composantes essentielles de l'impérialisme collectif que sont les STN, les dirigeants politiques et des grandes institutions de recherche en sciences sociales, ont décidé de faire de leur victoire d'étape la fin de l'histoire. Fin qui signifierait la paralysie définitive des forces en lutte contre la polarisation, la surexploitation du travail et des ressources naturelles et pour un système mondial réellement polycentrique.

La période du capitalisme social démocrate dans les centres et de la montée en puissance du tiers monde (1950-1975) est ainsi caractérisée comme une époque insupportable de restrictions à la liberté du capital et de l'impérialisme. Pour assurer la permanence de cette liberté, on s'efforce de dépolitiser et d'affaiblir les sociétés du Sud en promouvant des sociétés civiles animées par des organisations qui ont pour fonction de détruire ou de bloquer la formation de partis politiques et de mouvements organisés par les couches populaires des campagnes et des villes qui pourraient prôner le socialisme ou simplement un protectionnisme économique de transition au sein du système capitaliste. La demande de réparation trouve sa place précisément dans ce cadre parce qu'elle n'a aucune chance d'être prise en considération. Ainsi la Deuxième Conférence de l'ONU sur le racisme (Genève 2009) l'a-telle simplement ignorée pour ne traiter que le seul vrai sujet de l'ordre du jour, à savoir la confirmation ou non de la qualification d'Israël comme état raciste. (1)

Et la Conférence de Genève a été un grand succès diplomatique pour l'Union Européenne qui réussit non seulement à faire adopter une déclaration dans laquelle la question de la responsabilité des Etats membres dans la situation catastrophique des peuples africains n'est pas évoquée, mais aussi sans doute à enterrer tout débat sur la question des réparations dans le futur. Les Africains doivent se poser deux questions cruciales : Auraient-ils pu échapper à la traite atlantique ? Quelles leçons doivent-ils tirer de cette période tragique de leur histoire pour comprendre le présent et quelles stratégies mettre en œuvre pour réduire leur vulnérabilité dans les domaines de la rationalité économique, de la démocratisation des sociétés associée à la transparence dans la distribution des revenus et des responsabilités . (2)

En résumé, il est temps que les ONG africaines qui participent au Forum Social Mondial perdent leur innocence. Nos mots d’ordre devraient être : reconstruction, solidarité, dignité par la sécurité sociale, et égalité des chances en matière d’éducation et de formation pour tous. Dans la division du travail laissons le thème des luttes pour des réparations aux diasporas qui sont des produits du commerce et de la maltraitance d’êtres humains pendant la période de formation des puissances impérialistes. Soutenons les, mais n’en faisons pas une condition de notre émancipation économique et sociale.

NOTES

1) L'apparition du thème de la demande des réparations dans le mouvement altermondiste africain est un indicateur du basculement du rapport de force qui s'est fait au profit du capitalisme impérialiste, à la suite du mal developpement au Sud, de l'échec du socialisme de type soviétique et du succès du capitalisme mixte en Chine post maoïste.
2) Amnesty International, Human Rights Watch(HRW) et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme(FIDH) s'étaient officiellement désolidarisés de cette déclaration dans laquelle Israel était condamné pour sa politique colonialiste


* Bernard Founou-Tchuigoua est directeur des Recherches du Forum du Tiers Monde

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Peuples de Côte d’Ivoire et d’Afrique maintenez votre lucidité

Bernard Founou Tchuigoua

2011-01-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/70158

Dans l'épreuve que traverse la Côte d’Ivoire, la lucidité du peuple ivoirien et des Africains résidents est exemplaire. Nous devons les soutenir par des textes qui mettent l’accent sur les conditions lui permettant de perdurer. Il faut centrer le débat sur la nécessité de la démocratie et sur les obstacles à surmonter pour en faire un objectif réalisable et un processus irréversible.

En Afrique, une démocratisation politique ne peut être défendue durablement par un peuple que si elle est associée à la fois au progrès social, à la mise des ressources naturelles du sol et du sous sol au service du développement économique national ou sous régional autocentré, et au panafricanisme anti-impérialiste. Sinon, c’est l’échec assuré. Je voudrais attirer l’attention sur les techniques que les puissances impérialistes occidentales mettent en œuvre aujourd’hui pour bloquer la convergence de ces trois exigences, en tenant les gouvernements en joue par la présence de bases militaires ou en créant des rebellions.

Pourquoi les Etats Unis ont-ils précipité leur seule colonie africaine, le Liberia, dans le chaos et ont-ils jugé utile avec Londres d’étendre ce chaos en Sierra Leone ? Nous prétendons qu'ils avaient pour objectif majeur de contraindre les Américano-libériens et les Anglos sierra-leonais à partager le pouvoir avec les « Natives » afin d’élargir la base sociale du contrôle sur les mines des diamants et des réserves forestières. Au départ, son appartenance raciale aux deux groupes (mère native et père libéro-américain) et son tempérament ont joué en faveur de Charles Taylor. Mais, en pleine guerre, il a donné l’impression de se rapprocher de Houphouët Boigny et donc de la France. Ils ont donc décidé qu’il ne resterait pas chef d’Etat. Nonobstant son élection selon les règles et sous la supervision de la communauté internationale, il a été contraint de démissionner, contre la promesse de trouver asile au Nigeria. Il est aujourd’hui devant la Cour pénale de La Haye.

Au Nigeria, le projet impérialiste en cours d’exécution se résume en ceci: le pétrole de ce pays doit être mis au service exclusif de la sécurité énergétique des Etats unis. Moyennant quoi les classes dirigeantes peuvent gaspiller la rente à leur guise et inciter les peuples à s’entretuer au nom des différentes manières d’adorer le même dieu. Un mouvement de rébellion fabriqué de toutes pièces tient les entreprises non occidentales et parfois non anglo-saxonnes à distance. Dans ce cadre on peut même reconnaître au Nigeria un rang de puissance régionale, tout en sachant qu’il faut le maintenir dans la situation d’un géant aux pieds d’argile.

Le Sahel, région qui symbolise la famine, est devenu une zone de ressources naturelles stratégiques et donc foyer d’une AQMI dont l’origine remonte aux brigades islamiques recrutée par les USA dans la lutte contre un pouvoir laïc. Le Niger et le Mali sont entrain de servir de terrain d’expérimentation ou mieux de terrain de simulation de la lutte contre des gouvernements qui tenteraient de nationaliser des entreprises minières ou pétrolières ou de laisser des entreprises non occidentales investir dans l’exploitation des minerais stratégiques. Au Niger, le prétexte d’un changement de Constitution a suffi pour justifier un coup d’Etat qui a permis de remettre en question les prétentions chinoises d’investir dans l’uranium, et cela après que, dans le cadre des mini rivalités franco-américaines, le Niger a été accusé de livrer du minerai d’uranium à l’Iran.

Au Soudan, John Garang, qui avait pourtant pour projet de faire du Soudan un Etat confédéral et qui était un allié subordonné à l’impérialisme collectif, a été assassiné dans le but d’une part d’éliminer un "ami qui en savait trop" et d’autre part de transformer son projet de confédération soudanaise en projet de deux Etats souverains, le nouveau devant abriter des bases militaires de l’OTAN.

Dans ces conditions, on comprend que les peuples de l’Afrique de l’Ouest s’opposent à une intervention militaire de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, car ils savent que les Etats-unis et l’Union européenne sont dans la logique de la monopolisation des ressources naturelles de l’Afrique occidentale enrecourant à deux stratégies complémentaires : l’installation ou le renforcement des bases militaires et l’instauration du chaos pour se présenter en sauveur de peuples en péril. L’Afrique de l’Ouest a besoin d’une régionalisation qui soutienne les efforts des peuples pour contrôler leur destin.

* Bernard Founou Tchuigoua – Forum du Tiers monde

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La vérité aux puissants : A l’honneur de Tajudeen Abdul-Raheem

Salim Ahmed Salim

2011-01-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/70160

Pambazuka Press est heureux d’annoncer la publication du livre «La vérité aux puissants: une sélection de cartes postales africaines». Recueil des célèbres chroniques du mardi que publiait le regretté panafricaniste Tajudeen Abdul-Raheem, il est disponible au prix de 14.95 £ sur le site www.pambazukapress.org (http://bit.ly/evMSYn). «La vérité aux puissants» ravive le style inimitable, la finesse intellectuelle et l’humour irrépressible de Tajudeen. L’article ci-dessous est la préface du livre, écrite par l’ancien secrétaire général de l’Organisation de l’Unité africaine, Salim Ahmed Salim, en hommage à l’énorme contribution de Tajudeen au Panafricanisme.

C’est pour moi à la fois un honneur et un privilège d’avoir été sollicité pour écrire une préface à cette indispensable collection de cartes postales panafricaines du regretté Dr Tajudeen Abdul-Raheem, activiste, chercheur, chroniqueur, militant et panafricaniste par excellence, d’origine nigériane.

Né le 6 janvier 1961 à Funtua, dans l’Etat de Katsina, au Nigeria, Tajudeen a trouvé la mort dans un tragique accident de voiture sur la route de l’aéroport à Nairobi, au Kenya, le 25 mai 2009, jour de la commémoration de la libération de l’Afrique.

Il a obtenu son diplôme en Sciences politiques avec mention Très bien et félicitations du jury, à l’université Bayero de Kano. Après son service national des jeunes, Tajudeen a reçu une prestigieuse bourse Rhodes et s’est rendu à l’université d’Oxford où il a obtenu un Doctorat.

Sorti d’Oxford, des choix de carrières illimités s’offraient à lui, mais fort de sa détermination, il n’a jamais failli à ses objectifs. Il a choisi de rentrer pour apporter sa contribution à la reconstruction du continent africain. En 1992, Tajudeen a été nommé secrétaire général de l’organisation du 7e Congrès panafricain à Kampala, en Ouganda. Le congrès qu’il a organisé en 1994, avec des délégués venus de 47 pays, s’est avéré l’un des plus grands et des plus dynamiques rassemblements de panafricanistes depuis de nombreuses années. Bien que portant sur le thème «Afrique : faire face à l’avenir dans l’unité, le progrès social et la démocratie», le congrès a été éclipsé par le génocide qui se déroulait alors au Rwanda.

Tajudeen a accompagné une délégation du Mouvement panafricain au Rwanda pour un état des lieux, mais la délégation est tombée dans une embuscade près de Kigali et il a eu la chance de s’en sortir indemne. A la suite du Congrès panafricain de 1994, Tajudeen est resté engagé et dévoué aux causes panafricaines. Il s’est servi de son poste de secrétaire général du Mouvement panafricain mondial pour inspirer toute une génération d’Africains et d’africanistes. Il insistait sur le fait que l’effort panafricain devait se coordonner à partir du sol africain. Son travail avec le Mouvement panafricain comportait des voyages à travers le continent, ainsi qu’aux Amériques et aux Caraïbes. Partout où il se trouvait, Tajudeen s’identifiait toujours aux préoccupations de la communauté locale.

Le dernier poste occupé par Tajudeen a été celui de directeur adjoint de la Campagne du millénaire des Nations unies pour l’Afrique. Depuis ce poste, il veillait fidèlement sur les efforts pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à travers le continent – il s’entretenait avec des présidents, des dirigeants, des étudiants, des jeunes, des groupes de femmes et des Africains « ordinaires ». Il était dévoué à la cause de cette campagne.

Tajudeen prenait le taureau par les cornes ; pour lui il n’y avait pas de vache sacrée, et il pouvait se montrer un critique féroce, même envers ses amis et camarades les plus proches. Avant sa mort, il travaillait sur un récit historique et une analyse politique de quelques mouvements de libération africains et leurs égarements.

Il prenait à partie de façon audacieuse et sans gants les dirigeants africains qui n’avaient pas le courage de leurs convictions, allant jusqu’à aborder les questions en public avec eux.

Ce qui ne cessera jamais d’étonner les amis, les camarades et les connaissances de « Taju », c’est comment il trouvait le temps d’écrire. C’était un auteur prolifique qui écrivait une chronique régulière, la « Carte postale du jeudi », publiée dans de nombreux journaux, notamment le Daily Trust du Nigeria et Pambazuka News. Taju est resté fidèle à sa vocation de politologue et de penseur politique.

Même mort, Tajudeen continue de parler et d’être reconnu pour ses immenses contributions au développement du continent. La prochaine génération ne verra pas Tajudeen en grandissant, et nous devons donc oeuvrer ensemble à la création d’une société telle que nous pourrons dire à cette génération : voici le monde que Tajudeen a aidé à bâtir. Peut-être que si nous prenions un moment pour réfléchir sur le conseil le plus connu et le plus catégorique parmi ceux que Tajudeen a donnés, nous y trouverions des leçons qui nous interpellent encore, nous en tant qu’individus, mais nos pays et notre monde d’aujourd’hui aussi : c’est la signature de son courrier électronique – « Ne vous tourmentez-pas ! Organisez-vous ! »

La publication de ce livre est un pas important pour assurer le maintien de l’héritage de Tajudeen. Il devrait être une lecture essentielle pour tous les activistes panafricains et pour tous ceux qui aspirent à un monde basé sur les principes de justice et de liberté pour lesquels Tajudeen s’était tant engagé.


* Le Dr Salim Ahmed Salim a été Premier ministre de la Tanzanie (1984–1985), secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (1989–2001) et envoyé spécial de l’Union africaine sur le conflit au Darfour (2005–2008). Il est actuellement président de la Fondation Mwalimu Nyerere et membre du Groupe des sages de l’Union africaine.


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Annonces

Lancement du Prix Samir Amin par Pambazuka

2011-01-18

http://pambazuka.org/fr/category/Announce/70171

Pambazuka News a le plaisir d'annoncer son appel à soumissions pour la première édition du Prix Samir Amin. Ce prix annuel, lancé à l'occasion de 80e anniversaire de Samir Amin en 2011, rend hommage à l'extraordinaire contribution faite par ce dernier pour notre compréhension de l'exploitation des peuples d'Afrique et des pays du Sud.

Les participantsau Prix Samir Amin sont appelés à soumettre un essai à partir d’une idée originale, sur le thème suivant : "l'accumulation par dépossession : l'expérience africaine". Les essais ne doivent pas dépasser 10.000 mots. Ils peuvent être centrés sur un ou plusieurs pays, ou sur le continent dans son ensemble. Ils peuvent aborder un sujet thématique (par exemple, le secteur minier, l'agriculture, etc) ou adopter une approche historique. Chaque soumissionnaire ne peut envoyer qu’un seul essai.

Les soumissions sont ouvertes aux citoyens des pays africains qui, à la date de clôture, sont âgés de moins de 35 ans.

Un groupe d'éminents intellectuels africains, à travers le continent, choisira jusqu'à cinq soumissionnaires pour l’attribution du prix de cette année. Les essais choisis seront publiés dans un livre édité par Pambazuka Press ; les résumés paraîtront dans Pambazuka News.

Les lauréats seront invités à une cérémonie (qui se tiendra à Dakar ou à Nairobi), où ils présenteront leurs travaux et pourront rencontrer le professeur Amin, ainsi que les représentants du comité d'attribution. Les lauréats recevront une sélection des publications du professeur Amin dédicacés par lui-même. Ils seront également interviewés par les médias.

Les coûts du voyage et de l’hébergement seront pris en charge par la Fondation Rosa Luxemburg. Les primés pourraient également recevoir des bourses pour des séjours dans des institutions universitaires ou des institutions de recherches en Afrique ; des informations complémentaires seront données à ce sujet ultérieurement.

Vous pouvez soumettre votre essai en français ou en anglais, en utilisant n'importe quel logiciel de traitement de texte usuel, avec un résumé d'au plus 500 mots. Joignez-y une copie de votre CV.

Vous pouvez consulter les directives à l’adresse suivante : http://www.pambazuka.org/
Ou écrire à awards@pambazuka.org pour en obtenir une copie.

Le délai limite pour les soumissions est fixé au 30 avril 2011, 18 heures GMT le 30 avril 2011
Le texte doit être envoyé à : awards@pambazuka.org

Les résultats seront annoncés en septembre 2011.





Commentaires & analyses

France-Côte d’Ivoire : Les représailles de l’empire

Gary K. Busch

2011-01-17

http://pambazuka.org/fr/category/comment/70159

Une fracture est née en Côte d’Ivoire, dont Gbagbo n’est pas l’auteur, mais dont les origines remontent à la présidence de Bédié, avec l’Ivoirité. Le conflit nord-sud s’est nourri de cette division, alimenté par la France pour continuer à assurer sa mainmise coloniale sur les richesses de ce pays. Dès lors, analyse Gary K. Busch, tout le processus électoral a été une succession de putschs contre le régime de Gbagbo.

La dispute qui faite suite aux élections présidentielles en Côte d’Ivoire est dans l’impasse. La commission électorale, liée et financée par la France, a déclaré Alassane Ouattara vainqueur, cependant que la Cour constitutionnelle en a fait de même pour le président sortant Laurent Gbagbo. La ‘’communauté internationale’ des pays occidentaux, les ONG, les colombes des Nations Unies, ainsi qu’une palette de lâches de la Françafrique et autres opportunistes soutiennent Ouattara, malgré les fraudes massives avérées lors du scrutin dans le nord du pays aux mains des rebelles.

Ce résultat électoral ne devrait étonner personne. Il n’y a pas eu de désarmement réel des seigneurs de guerre de pacotille, rebelles du nord, et pas d’unification du pays en anticipation des élections. Une ligne de séparation de ‘sécurité’ entre le nord et le sud a été maintenue par les troupes françaises d’occupation, prétendument des troupes des Nations Unies. Même les soi-disant faiseurs de paix comme Blaise Campaore du Burkina Faso prétendent être neutres. Campaore, un criminel de guerre non inculpé, un profiteur de guerre, avec à son bilan la subversion, du trafic d’armes au Liberia, en Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, a réussi à se présenter comme étant neutre.

Lorsque des armes étaient envoyées en Afrique de l’Ouest par Chirac et Kadhafi, elles parvenaient à destination après être passé dans les mains de Campaore et de Tandja, qui ont tous deux profités de ces livraisons. Ouattara, connu comme étant ‘’ le père de la rébellion’’ en Côte d’Ivoire, a été soutenu en opérant en sécurité depuis le Burkina Faso, lorsqu’il n’était pas occupé à cultiver ses relations personnelles avec la première épouse du président Sarkozy à Paris. Il n’y avait pas de mystère en ce qui concerne les efforts conjoints de Ouattara-Campaore. Il existe plusieurs heures d’enregistrement des réunions convoquées par Campaore au Burkina Faso, qui ont appelé la population du nord à soutenir de Ouattara. En témoigne la manière dont il a activement comploté avec deux officiers français, envoyés par Paris, pour une tentative de coup d’Etat contre le gouvernement Gbagbo

Les tricheries et les fraudes électorales ont été la norme dans le nord depuis plus de sept ans. Même lorsque l’Union africaine a nommé Banny comme Premier ministre par intérim et Thabo Mbeki comme médiateur, les fraudes ont persisté. Le président Mbeki s’est rendu en Côte d’Ivoire et a invité les factions belligérantes à rencontrer le président Gbagbo à Pretoria, où deux séries d’accords ont eu lieu. Ces accords de Pretoria ont permis une résolution qui englobe la majeure partie des questions litigieuses pour les deux parties, parce que le président Gbagbo a fait les concessions nécessaires à cette fin. Le point le plus important de la résolution de Pretoria était le désarmement des rebelles.

Ceci était en effet une précondition pour cessez-le-feu originel singé à Linas Marcoussis. L’article 3 (g) stipule : « Dans le but de restaurer la sécurité des personnes et de la propriétés dans tout le territoire national, le gouvernement de réconciliation nationale organisera le regroupement et le désarmement subséquent de toutes les forces. Il s’assurera qu’il ne restera pas de mercenaires à l’intérieur de ses frontières.»

Telle était la teneur des accords de Linas–Marcoussis et de Pretoria. Néanmoins, aucun désarmement n’a eu lieu. Les rebelles ont accepté les plans, calendriers et procédures du désarmement mais n’ont respecté aucun des délais. Ils ont refusé la médiation du président Mbeki, en raison de son insistance sur le désarmement des rebelles. A ce jour, il n’y a eu aucun désarmement en dépit des appels répétés du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

La résolution 1633 des Nations Unies, qui a repoussé le délai pour une élection présidentielle d’une année, au-delà du 3 octobre 2005 (comme prévu par la Constitution), arguant que des élections libres et justes ne pourraient avoir lieu dans les conditions actuelles, a créé le poste de Premier ministre avec des pouvoir étendus. La résolution exigeait que ‘’toutes les parties signataires des accords de Linas Marcoussis, Accra III, et de Pretoria ainsi que toutes parties ivoiriennes concernées, la mette en œuvre immédiatement’’. Ces responsabilités ont été clairement stipulées plus loin dans la résolution, ainsi qu’il suit :

‘’14. Exige que les Forces Nouvelles se conforment avec diligence aux programmes de désarmement afin de faciliter la restauration de l’autorité de l’Etat dans tout le territoire national, la réunification du pays et l’organisation d’élection aussitôt que possible ;
15. Affirme que le processus d’identification doit commencer sans délai.’’

Depuis lors, il n’y a pas eu de réel progrès en matière de désarmement. Ceci est à la base de la crise ivoirienne.

Un programme avait été mis en place afin ‘d’identifier’ les citoyens ivoiriens et d’établir une liste électorale actualisée. La question identitaire est au cœur de la rébellion. Sans solution, il ne peut y avoir d’élections ni de sérieux espoirs pour que la paix s’établisse entre les deux camps armés.

Depuis 1993, lorsqu’Henri Konan Bédié succéda à Houphouët-Boigny comme président, les musulmans du nord ont lutté pour obtenir des papiers d’identité. Les fonctionnaires les ont accusés de cacher leurs origines étrangères et les abus liés à de constantes vérifications d’identité ont augmenté. Les tensions nord-sud se sont incarnées dans le face à face entre Bédié, qui provient du sud-ouest, et l’ancien Premier ministre d’Houphouët, Allassane Dramane Ouattara (ADO) qui provient du nord et est musulman et un ancien vice-directeur exécutif du FMI.

Konan Bédié a promis le concept nationaliste ‘d’ivoirité’ et a changé la Constitution afin que seul ceux à 100% ivoiriens puissent prétendre à la présidence. Il prétendait que la famille de Ouattara provenait du Burkina Faso et qu’il a falsifié ses papiers d’identité afin de cacher ses origines. Des agents de sécurité ont déchiré les documents d’identité des gens du nord ou ont rendu impossible leur renouvellement, les privant ainsi de leur nationalité. Le premier acte présidentiel de Bédié a consisté en l’expulsion de 12 000 résidents de Côte d’Ivoire, affirmant qu’ils venaient en réalité du Burkina Faso. Ça c’était l’œuvre de Bédié et non de Gbagbo !

Le cabinet de Bédié a approuvé un nouveau processus d’identification, avec des nouvelles cartes d’identité et un nouveau registre électoral. Gbagbo et le FPI étaient en désaccord avec le programme de Banny parce qu’il ne faisait aucune place au désarmement avant les enregistrements. L’insistance sur ce point tient à la Constitution ivoirienne qui prévoit que les enregistrements et l’émission des cartes d’électeur ne peuvent se faire légalement que par des officiers d’état civil formés et nommés par l’Institut National de la Statistique (INS). L’INS était sous la tutelle du ministre de la Planification, l’ancien ministre des finances FPI Paul Bohoun Boubre.

Le projet de Banny reposait sur un office ad hoc d’identification qui n’était pas prévu par la Constitution. Sans désarmement, la sécurité des officiers d’état civil nommés ne pouvait être garantie lorsqu’ils se rendaient dans les régions du nord aux mains des rebelles, afin d’examiner les documents des électeurs potentiels et des citoyens. Banny a déclaré que des conseils villageois pourraient se réunir et procéder aux identifications. Compte tenu du fait que ces conseils étaient dominés et contrôlés par les bandes de rebelles locaux, il s’en suivit que toute personne déclarée ivoirienne par les rebelles le devenait sur le champ. Les fraudes sont devenues la norme.

En fait, ce genre de fraude a été largement rapporté. L’Assemblée Nationale a déclaré que la police avait des preuves selon lesquelles le RDR (le parti de Ouattara) vendait des documents d’enregistrements. Le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, a alors présenté un document d’enregistrement d’un homme qui affirmait être Ivoirien et qui a fait usage, pour s’enregistrer, de documents existants, appartenant à un autre du nom de Sanago Aboubakar. Le véritable Sanago Aboubakar, un délégué FPI d’Abobo, a été très surpris de découvrir le visage de quelqu’un d’autre sur ses papiers d’identité. La police a rapporté que ces documents d’identité falsifiés étaient vendus pour la somme de 15 000 F CFA par les conseillers villageois du RDR dans le nord.

Tout le processus est discrédité en raison de l’impossibilité de ceux nommés et formés de participer à ces ‘conseils de village‘ pour procéder à l’identification. Tout registre électoral établi selon ce processus est sérieusement sujet à caution et n’est guère valide.

Le nœud du problème réside dans le fait que plus de la moitié des forces rebelles regroupées sous le nom de ‘Forces Nouvelles’ ne sont pas des Ivoiriens et ne l’ont jamais été. Ils ont été enrôlés par les Français comme mercenaires et bandits à gages et recrutés au Burkina Faso, au Liberia, au Mali, en Sierra Leone avec d’autres bandes de malfrats assortis engagés dans les guerres civiles de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont été transportés en Côte d’Ivoire et armés par les Français, avec le soutien et la participation de Blaise Campaore du Burkina Faso, Touré du Mali et Tandja du Niger.

Il y avait un traité de paix en place en Côte d’Ivoire depuis 2003. Dans l’intervalle, la ‘’communauté internationale’’ est intervenue dans le processus politique de la Côte d’Ivoire. Elle a extorquée des concessions à Gbagbo et au gouvernement FPI et a passé des accords formels avec les bandes rebelles. A ce jour, les engagements pris par les bandes rebelles sont restés lettres mortes. La communauté internationale a usé de beaucoup de ressources pour mettre Gbagbo sous pression, mais a refusé de traiter de façon un tant soit peu sérieuse la question des rebelles.

Ces rebelles n’ont pas introduit la bonne gouvernance dans leurs fiefs. Ils ont détruit les infrastructures. Ils vivent au détriment de la population résistante, ont volé ses maisons, ses voitures, ses enfants, ses boulots, ses opportunités. Tout ceci se passe au mépris de la loi, des traditions coutumières, et des normes supposées des Nations Unies. Les rebelles ne paient ni impôts ni loyers, pas plus que des taxes d’importation. Toutefois, ni les Nations Unies ni la communauté internationale n’ont fait quoi que ce soit pour les en empêcher ou assister les citoyens du nord déchus, démunis, spoliés qui n’ont le choix que de courber l’échine.

Les rebelles volent le cacao, le coton, la laine et se constituent de petites fortunes qu’ils vont mettre sur des comptes en banque à Ouagadougou. En toute justice, il faut reconnaître que la communauté internationale n’aime pas beaucoup les rebelles, mais elle a été entraînée pas la France qui a de grands intérêts en jeu dans le pays.

Cinquante ans après l’indépendance, la France contrôle toujours la plus grande part des infrastructures et détient les réserves de devises étrangères, constituant ainsi une zone ‘’franc’’ comprenant quatorze nations. La compagnie d’aviation, le téléphone, l’électricité et la compagnie des eaux ainsi que certaines grandes banques sont contrôlées par la France. Les ‘’accords de coopération’’ signés après l’indépendance par feu le président Félix Houphouët-Boigny et le Premier ministre français d’alors, Michel Debré, sont techniquement toujours valides. La France garde une mainmise sur le commerce ivoirien et la monnaie qui inhibent les initiatives nationales en faveur de l’indépendance.

Les privilèges de la France sont confirmés dans un rapport d’une commission des Nations Unies : ’’ Les témoignages que nous avons rassemblés nous ont permis de voir que la loi de 1998 qui concerne la propriété rurale découle de la position dominante de la France et des intérêts français en Côte d’Ivoire.’’ Selon ces sources, les Français possèdent 45% des terres et, curieusement, les bâtiments de la Présidence et de l’Assemblée nationale ivoirienne sont l’objet de baux à loyer avec la France. Il est dit que les intérêts français contrôlent le secteur de l’eau et de l’électricité. ‘’ Le rapport ne fait qu’effleurer la question de la domination des intérêts français en Côte d’Ivoire mais ils ne sont pas difficiles à identifier.

Ci-après, les principaux acteurs du monde des affaires français en Côte d’Ivoire :

- Bollore, la compagnie de transport maritime française dominante et principal opérateur des transports maritimes en Côte d’Ivoire avec Saga, SDV (Switched Digital Video), Delmas, contrôle le port d’Abidjan, le principal port de transit de l’Afrique de l’Ouest. Bollore contrôle aussi le chemin de fer ivoirien burkinabé, Sitarail. Bien qu’elle se soit récemment retirée du cacao, elle garde une position dominante dans le tabac et le caoutchouc.

- Bouygues (chef de file dans la construction et les travaux publics), domine les projets de construction ivoiriens des autoroutes et des barrages, financés par des fonds publics et construit par le gouvernement. Depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire elle a été la principale compagnie dans le domaine de la construction et des travaux publics (on trouve également Colas, au troisième rang des constructeurs de route en France). Bouygues, grâce à la privatisation, a obtenu des concessions additionnelles comme le contrôle de la distribution des eaux (Société des eaux de Côte d’Ivoire), de la production et de la distribution de l’électricité au travers de la Compagnie ivoirienne d’électricité et de la Compagnie ivoirienne de production d’électricité. Elle a aussi été impliquée dans l’exploitation récente du pétrole ivoirien.

- Total, la plus grande compagnie pétrolière française, détient un quart des actions de la Société ivoirienne de raffinage pétrolier (numéro un en Côte d’Ivoire), possède 160 stations à essence et contrôle le ravitaillement en bitume.

- France Telecom (au septième rang des compagnies en France et chef de file dans le secteur des Télécom) est le principal actionnaire de Télécom de la Côte d’Ivoire et de la Société ivoirienne des Mobiles (elle détient 85% des capitaux) depuis l’octroi des concessions dans ce secteur, dans le contexte de la privatisation des entreprises publics.

- Dans le secteur bancaire et des assurances, on trouve la Société Générale (6ème banque française, la Société Générale a 55 succursales en Côte d’Ivoire) ainsi que le Crédit lyonnais et BNP-Paribas. Axa, 2ème compagnie la plus importante de France et leader du secteur des assurances, a été présente en Côte d’Ivoire depuis la période coloniale.

- Des compagnies établies depuis le plus longtemps en Côte d’Ivoire, il y a le Groupe de Compagnies françaises de l’Afrique de l’Ouest de Côte d’Ivoire (CFAO-CI). Il opère dans de nombreux secteurs (automobiles, pharmaceutiques, nouvelles technologies, etc.). Pendant longtemps le CFAO a exercé un monopole sur les exportations et le commerce de détail et ses profits (pas une seule année avec des pertes depuis sa création en 1887) a conduit récemment le groupe Pinault-Printemps-La Redoute à s’en rendre acquéreur.

- Il y a aussi le patron des chefs d’entreprises, le baron Ernest Antoine Seilleres, au travers de Technip (dans le domaine pétrolier) et Bivac (qui a récemment installé un nouveau scanner dans le port d’Abidjan).

La présence du capital français montre à quel point la Côte d’Ivoire est profitable. Et bien que l’investissement français direct se monte seulement à quelque 3,5 milliards d’euros - les anciennes entreprises étatiques ayant été acquises à vil prix- le profit annuel est astronomique. Malgré la fuite de certains ressortissants français au cours de la guerre récente avec les rebelles, les Français sont revenus et les affaires ont repris de plus belle.

Une des principales influences sur le secteur économique et politique, dans les Etats africains qui avaient été des colonies françaises, s’exerce du fait de la monnaie commune : la Communauté Financière de l’Afrique, le Franc ‘’CFA’’. Il y a présentement deux différents francs CFA en circulation. L’un est celui de l’Union monétaire et économique de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) qui comprend 8 pays de l’Afrique de l’Ouest (Le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo). L’autre est la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui comprend 6 pays d’Afrique centrale (Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, Guinée équatoriale et Gabon). Cette division correspond à l’Afrique occidentale française de l’époque coloniale, à l’exception de la Guinée Bissau qui est une ancienne colonie portugaise et la Guinée équatoriale qui était aux mains des Espagnols.

Chacun de ces deux groupes produit ses propres Francs CFA. Le franc CFA de l’UEMOA est émis par la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le franc CFA de la CEMAC est émis par la Banque centrale de l’Afrique centrale (BEAC). Au départ, ces monnaies avaient une parité fixe avec le Franc français, mais après que la France a rejoint la zone Euro de la Communauté européenne et que le taux ait été fixé à 6,65957 Franc pour un euro, le taux du franc CFA a été fixé à 665,957 pour un euro, maintenant ainsi la proportion de 100 pour 1. Il est important de noter que c’est la responsabilité du Trésor français de garantir la convertibilité des Francs CFA.

La gouvernance d’une telle agrégation de pays est sans complication, parce que, de fait, c’est le Trésor français qui opère, sans en référer aux autorités fiscales centrales d’aucun des pays de UMEAO ou de la CEMAC. L’accord contient des dispositions qui établit ces banques et le CFA ainsi que la banque centrale dans chacun de ces pays qui sont obligés de garder au moins 65% de leur réserve monétaire dans des ‘’comptes opérationnelles’’ détenu par le Trésor français, ainsi que 20% pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA maintiennent aussi un strict contrôle sur les crédits alloués à chaque Etat membre, qui se montent à 20% des revenus publics de ce pays au cours de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO puissent avoir un découvert, celui-ci est conditionnel et dépend du consentement du Trésor français. La décision finale appartient au Trésor français qui investit les réserves monétaires des pays africains, en son nom propre, à la Bourse de Paris.

La création et la maintenance de la domination française sur l’Afrique francophone sont le résultat d’une longue colonisation française et de la dépendance apprise par les pays africains. Il n’a été alloué qu’un pouvoir limité à la plupart des banques centrales de l’Afrique francophone. Ce sont des économies dont la vulnérabilité, dans une globalisation économique accrue, augmente chaque jour. Il ne peut y avoir de politique commerciale sans une politique monétaire, pas plus qu’il ne peut y avoir d’investissements sans référence à des réserves.

Les politiciens africains et les partis élus pour promouvoir la croissance, la réforme, les changements des politiques commerciales et fiscales ont tôt fait d’être rendu inopérants, sauf s’ils obtiennent le consentement du Trésor français qui rationnent leurs finances.

Au cœur de tout cela, il y a un accord signé entre la France et ses anciennes colonies africaines nouvellement libérées qui emprisonnent ces dernières dans l’étreinte économique et militaire de la France. Ce Pacte colonial a non seulement créé l’institution du franc CFA, mais également un mécanisme légal par lequel la France obtient une place privilégiée dans la vie politique et économique de ses colonies.

Les accords du Pacte Colonial ont entériné une préférence marquée pour la France dans tout processus politique, commercial et militaire (défense) des pays africains. En matière de défense, l’accord prévoit deux types de contrat. Le premier de ces accords est un contrat ouvert pour la coopération technique militaire (CTM) qui n’est pas légalement contraignant et qui peut être suspendu selon les circonstances. Ils incluent la formation et l’entraînement des soldats et des forces de sécurité africaines. Les deuxièmes, secrets et contraignants, sont des accords de défense supervisés et appliqués par le ministère de la Défense français et ont servi de base légale à l’intervention française. Ces accords permettent à la France de maintenir des troupes de réserve en Afrique. En d’autres termes, ils permettent la présence permanente d’unités militaires françaises en rotation dans des bases et des installations militaires en Afrique, entièrement en mains françaises.

En résumé, le Pacte Colonial a maintenu le contrôle de la France sur les économies des Etats africains. Il lui a permis de prendre possession de leurs réserves de devises étrangères, de contrôler leurs matières premières stratégiques, de stationner des troupes ainsi que le droit de libre passage. Ce pacte exigeait en outre que tout l’équipement militaire soit acquis en France, laquelle a aussi pris en charge la formation de la police et de l’armée. Elle a encore exigé que le commerce français puisse maintenir un monopole sur les entreprises dans des secteurs cruciaux (l’eau, l’électricité, les ports, le transport, l’énergie, etc.). Il est difficile d’imaginer quels sont les changements entre l’époque coloniale et le présent, qui soient plus que cosmétiques.

La guerre civile, qui a éclaté entre le nord et le sud de la Côte d’Ivoire, est largement le résultat des efforts du gouvernement Gbagbo pour réaliser une véritable indépendance, pour se défaire de la domination coloniale française qui contrôle presque tous les aspects de la vie nationale. Il avait le soutien du peuple ivoirien. Néanmoins, à l’heure actuelle, après tous ces combats et cette souffrance par les deux parties, la présente politique de Gbagbo semble s’éloigner de la confrontation pour revenir au statu quo ante, c'est-à-dire au néocolonialisme français. Mais ceci n’a pas fonctionné, générant une grande amertume et beaucoup de rancœur chez la population qui voit le joug se remettre en place. Malgré l’apathie et le découragement, après des années de combats et de sacrifices, elle comprend, au nord comme au sud, qu’elle n’a rien à perdre en faisant table rase des Français noirs et en installant d’authentiques patriotes ivoiriens à leur place.

Malheureusement ce n’était pas une option lors du scrutin. La difficulté qu’il y a à essayer de résoudre le problème par la négociation réside dans un gouvernement en guerre avec lui-même. Suite aux accords de Linas Marcoussis et aux accords subséquents de 2002, qui ont culminé dans les accords de Ouagadougou, le Cabinet a été composé de représentants de partis légitimes du passé (FPI, PDCI, RDR, PIT) et une bande de seigneurs de la guerre promus, appartenant aux mouvements rebelles. Chacun avait son ou ses propres ministères à sa disposition. Des remaniements ministériels n’ont guère amené de changements, hormis celui des personnalités. Il n’y a pas de cabinet et il ne règne une anarchie compétitive. Ces membres imposés du Cabinet avaient des salaires substantiels, tous frais payés et circulaient dans des limousines avec chauffeur, cependant qu’ils complotaient la chute de leurs collègues de Cabinet et la paupérisation de leurs concitoyens.

L’Assemblée nationale n’a pas été élue depuis l’an 2000 et de nombreux députés sont morts, mourants ou ne se sont pas rendus dans leur circonscription depuis des années. Ils ne représentent aucun espoir pour la population.

Il reste le vol et le désordre dans le nord et les choses ne sont pas mieux dans le sud. Dans les années qui ont suivi la rébellion, les courtiers du pouvoir se sont accommodés avec les compagnies qui prospèrent grâce aux riches récoltes de café et de cacao. Plus grave encore, ils accaparent une bonne part du marché pétrolier et gazier en pleine expansion. Une nouvelle raffinerie est en construction. De nouveaux oléoducs sont connectés. Les rebelles du nord qui n’ont aucune chance d’obtenir une part du gâteau puisent dans les deniers publics en toute bonne conscience, considérant ce que les politiciens du Sud se mettent dans la poche.

A l’instar des rebelles du nord, peu susceptibles de renoncer à leurs entreprises pirates au profit de la paix et de l’unité nationale qui les verraient redevenir cordonnier ou chauffeur de camions, les gros pleins de soupe du sud ne vont pas renoncer au profit rapide de la communauté des affaires et mettre leur argent pour des routes, des écoles, l’électricité et des hôpitaux. Raison pour laquelle ces élections ont été un simulacre sans conclusion claire.

Les Français, encouragés par leur succès lors de leur intervention en Guinée où ils ont réussi à promouvoir leur candidat, Alpha Condé, jusqu’à la présidence, étaient certains que leur manipulation des listes électorales et la protection qu’ils offraient aux dirigeants des rebelles du nord leur donneraient un avantage imparable lors des élections. Toutefois, les fraudes électorales flagrantes dans plusieurs circonscription du nord (où il y a eu plus d’électeurs que de personnes sur les listes électorales) et où les rebelles ont encerclé les bureaux de vote, s’assurant que les électeurs votaient ‘’correctement’’, étaient tellement criantes qu’il n’a pas été possible de procéder au dépouillement des bulletins dans les délais.

La Cour constitutionnelle a examiné la situation et la procédure d’élection et a déclaré que le président Gbagbo était réélu. Ceci en opposition avec la commission électorale de Ouattara qui a déclaré ce dernier élu. Et maintenant, il y a deux présidents putatifs. L’armée est restée loyale à Gbagbo malgré les offres alléchantes faites aux officiers supérieurs par l’armée française et des diplomates.

Les Français ont réussi à convaincre la ‘’communauté internationale’’ (un euphémisme pour désigner ceux qui ne veulent pas vraiment s’impliquer au-delà de propos tièdes) que les élections ont été libres et justes. Ceci est bien entendu grotesque. Dans un pays divisé en deux camps, occupé par un groupe de militaires étrangers de ‘’ soldats pour le maintien de la paix’’ à la solde de l’ancienne puissance coloniale, en même temps qu’armés jusqu’aux dents, de quelles élections ’’libres et justes’’ est-il question ? Les Français ont usé de leur influence sur les pays francophones voisins afin qu’ils reprennent à leur compte les conclusions de la France. Et encore plus bizarre : Comment se fait-il que des criminels de guerre avérés mais non inculpés du Burkina Faso, Niger et Mali, qui ont accordé leur soutien ouvertement aux rebelles du nord sur les injonctions de leurs maîtres français, soient pris au sérieux par la communauté internationale.

L’économie de ces pays consiste en la main tendue, leurs dirigeants sont des despotes qui gouvernent sans institutions démocratiques. Ils survivent grâce aux subsides français et avec ce qu’ils parviennent à voler à la Côte d’Ivoire. L’élévation de l’assassin d’Abidjan au poste de ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, n’offre de satisfaction à personne. C’était elle, alors ministre de la Défense, qui, en novembre 2006, a donné l’ordre aux soldats français de tirer sur des manifestants désarmés à l’hôtel Ivoire, avec pour résultat la mort de 68 hommes, femmes, et enfants et un grand nombre de blessés,.

Cette situation ne peut pas durer. La crainte existe toujours d’une autre confrontation militaire. La communauté internationale a entravé la préparation militaire ivoirienne par des sanctions et en abattant les forces aériennes ivoiriennes. Toutefois, il n’y a nul besoin de violence si le nouveau gouvernement Gbagbo décide d’entreprendre une action positive pour aborder le problème des rebelles du nord. Ce qui est requis pour remédier à la situation actuelle, ce sont des représailles légales et sans effusion de sang. Le nord survit grâce à la bonne volonté du sud. Il est temps pour le gouvernement Gbagbo d’insister que ceci doit être payé selon contrat. Puisqu’on ferme les aqueducs vers le nord, qu’on coupe l’électricité, qu’on interrompe les communications vers le nord et qu’on arrête le ravitaillement en pétrole du nord par le sud. Le nord ne paie pas pour ces prestations. Pas plus qu’il ne paie des impôts sur le revenu ou le chiffre d’affaires ou les droits douaniers.

Que le gouvernement agisse en privant le nord de ces services. Que les Français amènent l’eau, l’électricité, le carburant et les communications. S’ils veulent le colonialisme, qu’ils paient pour leurs ambitions coloniales. Nul n’est besoin de guerre ni de conflits. Fermer les valves et les interrupteurs sur des bases commerciales. Ceci amènerait certainement le nord et ceux qui tirent les ficelles à une meilleure compréhension. La France n’a pas les moyens pour cela et cherche désespèrent a éviter que la Françafrique ne devienne un thème lors de la prochaine campagne électorale. Il est temps d’agir.


* Dr Gary K. Busch (http://www.nigeriavillagesquare.com/index.php?option=com_content&view=category&id=181&Itemid=177)
Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Côte d'Ivoire : l'intoxication

Venance Konan

2011-01-17

http://pambazuka.org/fr/category/comment/70156

Pour tous ceux qui, à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, se demandent comment les élections ont pu être organisées, alors que les rebelles étaient toujours armés au nord, Venance Konan rappelle des faits. Et montrer que c’est Gbagbo qui a lui-même joué et a été perdu par son propre jeu. Toute autre considération, analyse-t-il, et «mauvaise foi et malhonnêteté intellectuelle».

« Peut-on prendre le risque d’annuler l’élection présidentielle et de nous opposer, nous Conseil constitutionnel, à des millions d’électeurs et ainsi remettre en cause la démocratie ? » Devinez qui a dit cette belle phrase. C’est Roland Dumas, l’actuel avocat du boucher d’Abidjan, lorsqu’il était président du Conseil constitutionnel chez lui en France. C’était le 11 octobre 1995, et c’est le journal Le Monde qui a rapporté cette information. Il s’agissait, pour le Conseil constitutionnel français, de valider les comptes de campagne d’Edouard Balladur. Il s’était avéré que ce compte présentait des anomalies qui devaient l’amener à se justifier devant la loi. Et Roland Dumas a fait remarquer que les comptes de campagne de Chirac, le président élu, présentait encore plus d’anomalies. Si l’on s’y appesantissait, cela aurait pu conduire à l’annulation de l’élection de Chirac. Et Dumas a estimé qu’en le faisant, le Conseil constitutionnel aurait remis en cause la démocratie en s’opposant à la volonté de millions d’électeurs.

C’est dommage que « Super Yao », notre président du Conseil constitutionnel qui compte les PV plus vite que tous les ordinateurs du monde réunis, n’ait pas lu cette décision de Dumas. C’est dommage que ce dernier l’ait lui-même oubliée. Il l’a dit, il n’appartient pas au Conseil constitutionnel de s’opposer ou de se substituer à la volonté des électeurs, ni de s’opposer à la démocratie. Au contraire, le Conseil constitutionnel a été créé dans les Etats démocratiques pour justement renforcer la démocratie, car la démocratie et l’Etat de droit vont de pair. Le rôle de tous les Conseils constitutionnels est de veiller à ce que le droit soit bien dit, que personne ne lui torde le cou.

En Côte d’Ivoire, les électeurs se sont prononcés au cours de l’élection qui a probablement été la plus surveillée du monde. Je ne sais plus combien de journaliste et d’observateurs sont venus en Côte d’Ivoire à cette occasion. Laurent Gbagbo avait dit qu’il voulait des élections propres et transparentes, tellement propres que personne n’aurait à en contester les résultats. Il nous a ainsi promenés pendant cinq ans, sous le motif qu’il fallait patienter pour que personne ne se plaigne après. Et pour cela, il a demandé à l’ONU de certifier toutes les étapes du scrutin, de l’enrôlement sur les listes électorales aux résultats définitifs. Ce que l’ONU a fait. Et nous avons patienté. Certains d’entre nous ont perdu la vie dans cette attente, tombés sous les balles des tueurs de Gbagbo, lorsqu’une étape ne lui convenait pas et que quelqu’un protestait.

Petit rappel pour tous nos amis de l’extérieur (de la Côte d’Ivoire) qui se demandent de bonne foi comment on a pu organiser des élections alors que les rebelles étaient toujours armés au nord. En 2007, Laurent Gbagbo est allé à Ouagadougou signer tout seul un accord avec Guillaume Soro, le chef de la rébellion. On a appelé cela l’Accord politique de Ouagadougou (APO), qui a consacré Soro Premier ministre de la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo est allé jusqu’à la tribune de l’ONU pour déclarer que son APO était le plus bel accord jamais signé sur terre et il avait même proposé qu’il soit enseigné dans le monde entier comme moyen de règlement des conflits. Soro et lui ont signé des accords complémentaires à ce premier accord et, cahin-caha, nous sommes arrivés à l’organisation de l’élection, lorsque Laurent Gbagbo l’a voulu.


A la veille de ce scrutin, Gbagbo disait encore que Soro avait été le meilleur de ses Premiers ministres, et que c’était grâce à son APO qu’on allait voter dans la paix. C’est Soro et lui qui ont mis sur pied le Centre de Commandement Intégré (CCI), composé d’éléments des forces armées de Gbagbo et de Soro, chargé d’assurer la sécurité lors des scrutins. Personne n’a émis la moindre remarque lors du premier tour. Les rebelles étaient pourtant toujours au nord, et toujours armés. Lorsque Gbagbo est arrivé en tête de ce premier tour, personne ne s’est plaint. Ni des rebelles, ni de l’ONU, ni de Sarkozy qui avait félicité tous les Ivoiriens et leurs leaders.

Avant le second tour, Gbagbo a décidé, un, d’envoyer 1500 soldats supplémentaires au nord, deux, d’instaurer un couvre-feu sur l’ensemble du territoire. Qui a signalé des accrochages entre ces soldats et les rebelles ? Les résultats de Ouattara sont sensiblement les mêmes aux deux tours. Qui peut mettre en doute le fait que le nord soit le fief de Ouattara, tout comme Mama ou Adzopé sont ceux de Gbagbo ? Qui, sans être de mauvaise foi, peut s’étonner des résultats de Ouattara au nord ? C’est essentiellement dans le centre, dans certaines régions du sud-ouest et d’Abidjan qu’il a ajouté à ses voix celles de Bédié, ce qui lui a permis de gagner.

M. Dumas peut-il nous dire si juridiquement, politiquement, et moralement il est permis à un Conseil constitutionnel de supprimer d’un trait de plume les suffrages de plus de 600 000 électeurs de sept départements, au motif qu’on aurait découvert des fraudes dans six bureaux de vote, pour ainsi inverser les résultats d’une élection ? Surtout qu’aucun texte de loi ne lui en donne l’autorisation ?

Nous savons que vous êtes venus avec votre compère Vergès chercher un peu d’argent pour assurer vos vieux jours, et surtout pour enquiquiner votre gouvernement et être, peut-être une dernière fois sous les feux de la rampe. Mais de grâce, ne prenez pas les Ivoiriens pour des imbéciles. Certains d’entre nous, comme les Bro Grébé, Blé Goudé, ainsi que les Jacqueline Oble, Georges Armand Ouégnin et tous ceux, qui sans être de la confrérie des refondateurs, ont accepté d’être dans le gouvernement sanctionné de Gbagbo le sont souvent sans aide extérieure. La stratégie de Laurent Gbagbo et de ses conseillers est de dire qu’un mensonge martelé mille fois finit par devenir une vérité. Mais la vérité martelée ne serait-ce qu’une seule fois restera toujours la vérité.

La vérité est connue de tout le monde, à commencer par les partisans de Laurent Gbagbo. Sinon, ils n’auraient pas transformé la RTI en « Télé Pyongyang». S’ils étaient des démocrates, ils auraient laissé des débats contradictoires se dérouler. Cela ne vous choque pas, Dumas ? Que suis-je bête ! Vous n’êtes pas venu en Côte d’Ivoire pour ça. Mais les évêques qui ne voient pas les morts qui s’accumulent tous les jours, les faux juristes et économistes qui défilent à longueur de journée à la télé sans voir leur pays qui s’effondre, ceux qui sont en retard d’une révolution et qui croient voir des révolutionnaires dans tous les opportunistes qui prétendent se battre contre l’Occident, celles qui ont des comptes sentimentaux à régler avec des Français et croient pouvoir se servir de la Côte d’Ivoire pour le faire, tous ces imposteurs auront beau crier, la vérité est toute nue.

Laurent Gbagbo voulait les élections les plus transparentes du monde. Il les a eues. Et le verdict est tombé sous les yeux du monde entier : Laurent Gbagbo a perdu. Le président élu par les Ivoiriens s’appelle Alassane Ouattara, point barre ! Les cris de putois n’y changeront rien. Il faut être complètement idiot pour parler de lutte de libération, de panafricanisme, d’accuser la Françafrique, l’ingérence étrangère, lorsqu’un petit dictateur que le pouvoir a rendu fou ne veut plus le lâcher et préfère voir son pays complètement détruit plutôt que de céder.

Qu’est-ce qu’il y a de révolutionnaire, d’indépendantiste ou de panafricaniste dans le fait de piller son pays comme Gbagbo et son clan l’ont fait, de tuer l’éducation nationale, de soutenir des jeunes mafieux assassins et violeurs appelé FESCI, de se pavaner dans des voitures de luxe comme un ancien pauvre qui vient de découvrir l’argent ? Ceux qui défilent à la télévision pour vociférer et ceux éructent en Europe, où ils sont à l’abri des tirs des mitraillettes des tueurs libériens, savent très bien qui est Gbagbo. Ils sont tout simplement aveuglés par leur mauvaise foi et leur malhonnêteté intellectuelle. Mais nous ne nous laisserons pas distraire. Ils s’empoisonneront tous seuls avec leur propre intoxication.


* Venance Konan est journalite et écrivain ivoirien

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Côte d'Ivoire : Les erreurs qui ont coulé Gbagbo

Cheikh Sidiya Diop

2011-01-17

http://pambazuka.org/fr/category/comment/70154

Pendant les dix ans qu’il a passé au pouvoir, jusqu’aux élections de novembre dernier, c’est Gbagbo lui-même qui a balisé le chemin de sa propre perte. Cheikh Sidya Diop parle d’erreurs politiques aux niveaux interne et international qui l’ont fragilisé et l’ont empêché de nouer les alliances qui auraient pu lui permettre de consolider son pouvoir. Sans compter le fait d’avoir sous-estimé ses adversaires.

Le Président Laurent Gbagbo a été vaincu. Les raisons de la défaite du candidat de la majorité présidentielle ivoirienne ne sont pas à chercher au niveau des aspects techniques de ce scrutin jugé transparent et régulier, mais à travers une série d’erreurs. Parmi lesquels nous pouvons dénombrer son favoritisme de l’expertise européenne, son alliance contre-nature avec les Forces nouvelles, le test inopportun de la Commission électorale indépendante et de la Cour suprême et enfin ses mauvaises relations avec la communauté internationale.

1 - Les sondages de la TNS-SOFRES et les mauvais conseils des sorciers blancs ont leurré le Président Gbagbo.

Le Président Gbagbo a cru aveuglément aux sondages qui l’ont gonflé. Or en politique les statistiques sont incertaines et peuvent ne pas correspondre à la réalité, pour la simple raison qu’une intention n’est pas un vote. Comme nous pouvons le constater dans le numéro 2593 du 19 au 25 septembre 2010 de Jeune Afrique, la TNS-SOFRES a publié son septième sondage réalisé du 24 août au 03 septembre 2010 sur la base de la liste électorale dite définitive, et dont les résultats prédisaient un Laurent Gbagbo en tête au premier tour de l’élection présidentielle, avec 45% des voix, devançant Henri Konan Bédié avec 26% et le Premier ministre Alassane Ouattara doté de 25%. Et au second tour, le président Gbagbo l’emporterait avec 55% face au président Bédié. Une autre étude commanditée par la présidence ivoirienne disait que les candidats Bédié et Ouattara confondus ne totaliseront pas plus de 28 % de l’électorat ivoirien.

En plus de ces chiffres erronés, le Président Gbagbo a manqué de tact en ignorant les avis des politiques ivoiriens. Il a écarté tout au long de sa campagne la plupart ses compagnons de lutte qui, malencontreusement avaient cette stature transethnique pouvant convaincre leurs frères du nord qu’ils faisaient partie intégrante du socle ivoirien, tels que Mamadou Koulibaly, actuel président de l’Assemblée Nationale, Abdourahmane Sangharé, ancien ministre des Affaires étrangères, etc.

In fine, Gbagbo ira défavorablement au second tour avec un ballottage de 38 % contre Alassane Ouattara doté 32 %. La majorité présidentielle sera plombée par le RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la Paix) qui sera naturellement la première force politique du pays avec 62% des voix, puisque composée des candidats de l’UDPCI de Albert Toikeuse Mabri, du PDCI du Président Bédié, du RDR d’Alassane Ouattara et du MFA d’Innocent Kobenan Anaky.

2 - Le mauvais test de la CEI et du Conseil Constitutionnel

Le président Gbagbo devait tester la CEI et la Cour Suprême pour vérifier leur fiabilité, en organisant d’abord des élections avec moins de risques et moins d’enjeux, telles que des législatives ou des locales. Et pour la suite, juger la qualité réelle de ces deux institutions pour, en cas de failles, apporter les correctifs appropriés aux dysfonctionnements et aux irrégularités de ce processus électoral.

3- Le choix malhabile de ses alliances politiques

Le président Gbagbo n’a pas été fin dans le choix de ses alliances. Son rapprochement avec les Forces nouvelles était contre nature et non escompté. Il s’est soldé par un échec parce que, tout simplement, la configuration politique ivoirienne est complexe. Le président Gbagbo devait avoir une lecture prudente et sereine de la donne en décryptant qu’il ne pouvait pas gagner tout seul cette élection aux enjeux multiples. Ensuite, la politique par principe est un fait majoritaire où il faut ratisser large pour maximiser ses chances. De ce point de vue, Laurent Gbagbo devait nouer une alliance soit avec le PDCI, soit avec le RDR, y compris le PIT du professeur Francis Wodié, au lieu de s’allier inutilement avec les Forces nouvelles de Guillaume Soro.

4 - Les relations conflictuelles du président Gbagbo avec la communauté internationale

La politique étrangère conduite par le président Gbagbo a été conflictuelle et truffée de bourdes. Le régime ivoirien a bradé ses relations avec la communauté internationale. Or, la nouvelle diplomatie internationale est fondamentalement guidée par cette globalisation qui rime avec les intérêts et la cohabitation normale. Malheureusement, Gbagbo a entretenu des rapports hypothétiques avec la France, les Etats Unis, l’Union européenne, les Nations unies et les bailleurs de fonds. Dans la sous-région ouest-africaine, il s’est le plus distingué par sa volonté de déstabiliser le Burkina Faso et le Sénégal. Il ne s’est jamais soucié de la mauvaise impression qu’il dégageait auprès de la communauté démocratique internationale, par son implication directe ou indirecte, l’implication de sa femme ou de son entourage dans des dossiers obscurs tels que les escadrons de la mort, l’assassinat du président Robert Gueï, l’assassinat du ministre d’Etat Emile Boga Doudou, de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, du meurtre du correspondant de RFI Jean Hélène, etc.

En somme, le président Laurent Gbagbo a été battu parce qu’il a manqué de conseils. Il ne s’est pas comporté en politique mais en novice ou en amateur. Il a été floué par l’expertise européenne qui ne maîtrise aucunement la réalité africaine alambiquée et imprévisible. Il a sous estimé Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara qui sont deux dinosaures de la politique ivoirienne, avec des partis bien structurés et engagés. En sus, il n’a pas su convaincre la majorité des ivoiriens par un discours sérieux et responsable qui puisse non seulement enjoliver son bilan, mais aussi camoufler ses ratés. Malheureusement, il s’est trop appuyé sur des arguments fallacieux.

Malgré toute cette série d’erreurs malhabiles, le Président Gbagbo continue de s’entêter en restant sourd au dialogue et il continue à défier avec arrogance la communauté internationale qui ne devrait pas tarder à le déloger pour son occupation illégale des institutions de la république ivoirienne.


* Cheikh Sidiya Diop est secrétaire général de la Ligue des Masses

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Obiang: le pseudo humanitaire

Abena Ampofoa Asare

2011-01-17

http://pambazuka.org/fr/category/comment/70157

Grâce aux pressions internationales, les tentatives du dictateur équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, de parrainer un prix UNESCO, ont tourné court. Abena Ampofoa Asare examine comment, en dépit d’un bilan en matière des Droits de l’Homme consternant, Obiang a réussi à éviter la condamnation internationale pendant si longtemps

En octobre dernier, l’UNESCO a suspendu un prix de 3 millions de dollars destiné à la recherche et financé par Teodoro Obiang Nguema, un des pires dictateur au monde. Humiliée par une lettre ouverte de protestation signée par plus de 60 militants de grande notoriété, l’UNESCO a été contrainte de prendre ses distances de l’homme qui a longtemps gouverné la Guinée équatoriale d’une main de fer. Savoir comment un dirigeant de la même veine qu’Idi Amin, Omar Al Bashir ou Nicolas Ceausescu a failli en arriver à financer un prix des Nations Unies est une histoire où la réalité dépasse la fiction.

Au cours des trois dernières décennies, Obiang a fièrement présidé à l’un des désastres humanitaires et politiques les plus dévastateurs en Afrique. Avec le revenu national le plus élevé de l’Afrique subsaharienne, le revenu per capita de la Guinée équatoriale est comparable à celui du Portugal ou de la Corée du Sud. Néanmoins, 60% de la population se débat pour survivre avec moins d’un dollar par jour. Depuis la découverte du pétrole dans ce pays, en 1995, la famille de Teodoro Obiang Nguema et ses proches associés sont devenus fabuleusement riches, alors que la majorité de la population est restée embourbée dans la pauvreté.

La kleptocratie de l’unique pays hispanophone de l’Afrique n’est ni un secret ni une surprise. Bien que des organisations respectées comme Human Rights Watch et Amnesty International ont condamné, à intervalles réguliers, les injustices et la violence du gouvernement d’Obiang, il a fallu une lettre outrée de la main d’exilés soutenus par quelques grosses pointures comme Mario Vargas Llosa, Wole Soyinka, Chinua Acehbe, John Polanyi, Desmond Tutu et Graça Machel, pour persuader l’UNESCO que le prix Teodoro Obiang Nguema pour les sciences de la vie était ’’en contradiction avec sa mission et un affront aux Africains qui partout travaillent à l’amélioration de leur pays.’’

L’étrangeté des difficiles conditions de la Guinée équatoriale est là. Peu importe combien de maisons coûtant des millions le fils d’Obiang acquiert à Malibu, en Californie, grâce à une fortune d’origine douteuse, combien de dissidents sont torturés et tués dans les prisons de Malabo, combien de rapports concernant les Droits de l’Homme sont publiés dans les principaux journaux, lorsque Teodoro Obiang se rend aux Etats-Unis, en France ou aux Nations Unies, il a droit à la grande réception avec tapis rouge. Et cela aussi longtemps qu’il promet de s’améliorer.

L’as dans la manche d’Obiang

Ce paradoxe fou résulte des énormes réserves pétrolières de la Guinée équatoriale qui, selon un membre du sous-comité d’enquête permanent du Sénat, ont créé une ‘’capacité croissante d’acheter de l’influence diplomatique’’. La manière dont les revenus pétroliers faussent le bilan global de la Guinée équatoriale apparaît à l’évidence dans le dernier Index sur le développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Plus que dans n’importe quel autre pays au monde, les chiffres désastreux dans les domaines de la santé, de l’éducation et autres indicateurs sociaux, sont masqués par les immenses revenus pétroliers qui gonflent le revenu national. Lorsqu’on enlève le revenu national du calcul de l’IDH, la Guinée équatoriale plonge dans le classement.

De même, la richesse pétrolière lubrifie les relations bilatérales du pays. L’an dernier, un minutieux rapport de Human Rights Watch a analysé les relations schizophréniques du gouvernement des Etats-Unis avec la Guinée équatoriale, résultant de la dépendance pétrolière américaine.

A l’instar de nombre d’excellents articles de presse, le Département d’Etat américain lui-même condamne la Guinée équatoriale dans les termes les plus sévères. Son dernier rapport fait état de tortures, de meurtres, de conditions de travail inéquitables, de trafic d’enfants et d’autres abus. John R. Bennett (ambassadeur américain de 1991-1994) refusait d’avoir sa photo sur les murs de l’ambassade américaine à Malabo, le bâtiment appartenant à un tortionnaire notoire. De même, Frank Ruddy, ambassadeur pendant l’administration de Reagan, a bruyamment critiqué la relation continue de son gouvernement avec un homme qu’il décrit comme étant un tyran, un voleur et un voyou.

En dépit d’innombrables critiques à un haut niveau, les relations du gouvernement américain avec l’administration d’Obiang Nguema ont poursuivi leur réchauffement. En 2000, sous la pression de l’industrie pétrolière américaine, Georges W. Bush a discrètement renouvelé les liens étatiques avec l’abominable régime. Et au jour d’aujourd’hui, les Etats-Unis sont le principal investisseur en Guinée équatoriale. Malgré les espoirs que le président Obama changerait le cours des choses, force est de reconnaître qu’il n’en est rien. Un document photographique glaçant, de 2009, montre Barack et Michelle Obama souriant largement aux côtés de Teodoro Obiang et de son épouse. Cette image s’étale sur le site web du gouvernement de la Guinée équatoriale.

Dans un article récent dans le New York Sun, le soutien continuel du gouvernement américain à la Guinée équatoriale a été décrit comme une source de tension entre les puristes des Droits de l’Homme d’Obama et les pragmatistes clintoniens qui jugent plus sage de pousser Obiang vers la réforme que de pointer un doigt accusateur dans sa direction. The Sun cite un lobbyiste et ancien conseiller de Clinton, Lanny J. Davis, actuellement payé par Obiang à hauteur de 2,5 millions de dollars, qui explique que ‘’c’est dans les intérêts des Etats-Unis ainsi que de ceux qui sont préoccupés par la démocratie et les Droits de l’Homme de répondre à la demande du président Obiang pour implanter des réformes’’.

Ce point de vue ignore les leçons de la longue histoire politique de la Guinée équatoriale. Dépeindre Teodoro Obiang comme un réformateur crédible ou prétendre que les compagnies pétrolières sont capables de ‘’pousser’’ un dictateur vers les Droits de l’Homme est au mieux naïf, au pire un aveuglement stratégique qui ne veut pas voir le passé troublé de la Guinée équatoriale.

L’attrait tout-puissant du pétrole n’est qu’une partie de l’histoire. Si Teodoro Obiang a réussi à échapper à son statut de paria, c’est aussi en raison de sa capacité de manipuler la rhétorique de la réforme (avec l’aide d’une armée de lobbyistes richement rétribués aux Etats-Unis et en Europe) qui lui a permis d’éviter l’opprobre moral de la communauté internationale. Pendant ce temps, la population de la Guinée équatoriale continue de souffrir sous son régime répressif. Son dernier outrage a été l’exécution par son régime de quatre hommes, sans un procès équitable. Un citoyen de Malabo nommé Robert, cité dans le Christian Science Monitor en 2009, l’a bien exprimé : ‘’Le président ne fait que mentir à la communauté internationale afin que les gens croient qu’il améliore la démocratie et qu’il organise des élections légitimes… C’est un jeu dont il profite.’’

Jouer avec le système

Au cours des 30 dernières années, Obiang a perfectionné une formule qui consiste à donner de la publicité aux petites capitulations rhétoriques en faveur de la bonne gouvernance, tout en laissant intact la construction de son appareil de répression étatique. En 1979, après avoir pris le pouvoir en assassinant son oncle, Obiang a publiquement promis de restaurer la démocratie du pays en difficulté, en échange de quoi, il a reçu l’assistance financière et technique des Nations Unies. Trente ans plus tard, la tant attendue démocratie en Guinée équatoriale reste élusive. Au cours des élections législatives de 2008, les autorités ont arrêté le dirigeant d’un parti d’opposition banni. Il a par la suite a été retrouvé mort dans sa cellule, ‘’soupçonné de s’être suicidé’’. En 2009, Obiang a gagné les élections présidentielles avec 95% des voix en sa faveur ; des élections au cours desquelles tous les bureaux de vote étaient tenus par des soldats, les urnes pas scellées et les observateurs indépendants interdits.

Le fossé entre le discours réformiste de Teodoro Obiang et la réalité de l’injustice enracinée est encore plus flagrant si l’on considère les manœuvres de l’administration, dès lors que l’on examine la question des revenus pétroliers de la Guinée équatoriale. En 1979, Obiang a inauguré la première conférence nationale sur l’économie lors de laquelle il a clamé son intention de transparence et d’utilisation rationnelle des revenus pétroliers. La conférence a recommandé au gouvernement la création d’un organe indépendant, qui répond au Parlement et qui audite les revenus de l’Etat afin d’exposer la corruption et les irrégularités. Dix ans plus tard, cet organe n’existe toujours pas. En 1999, en consultation avec le gouvernement, le PNUD a établi un plan pour promouvoir la transparence et le renforcement des institutions. Ce plan n’a jamais dépassé le stade du papier.

En 2010, dans son discours au Cape Town Global Forum, Teodoro Obiang s’est une fois de plus engagé en faveur des normes présidant à la transparence des revenus pétroliers, en vendant sa relation naissante avec le Extractive Industry Transparency Initiative (EITI), l’organe global de surveillance de l’industrie pétrolière, comme preuve de son programme de réforme en cinq points. En réalité, Obiang a esquivé l’EITI comme il a esquivé les efforts de transparence précédents.

En 2007, Obiang a posé la candidature de la Guinée équatoriale auprès de l’EITI, considérant que dans les deux ans le pays aurait suffisamment progressé vers des normes de base concernant la transparence des revenus pétroliers. Lorsqu’il est devenu apparent que très peu de progrès avaient été réalisés dans la période considérée, il a demandé une extension. Le conseil de l’EITI a refusé et a révoqué la candidature du pays, l’excluant du processus d’évaluation. Moins de deux mois plus tard, Teodoro Obiang se vantait au Cap de ses efforts pour poser sa candidature auprès de l’EITI une nouvelle fois. Ce type d’hypocrisie est la caractéristique de la rhétorique de réforme de Teodoro Obiang. Comme le remarquait un militant de Global Witness, ‘’ la transparence ne nécessite pas dix ans’’

Cette dynamique a longtemps fait partie de la politique de Obiang. En 2002, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme a décidé de mettre un terme à la surveillance particulière de la Guinée équatoriale, en raison de l’amélioration alléguée des conditions. Mais le représentant spécial en place a protesté quant au relâchement de la surveillance. Dans sa lettre de démission, Gustavo Gallon Giraldo a déclaré que ‘’rien n’a changé en Guinée équatoriale. Ce qui a changé,, c’est la composition de la Commission qui accepte des faits et des déclarations qui ne correspondent à aucune réalité’’, déclarait-il. L’exploitation de ce fossé entre le discours et la réalité est au cœur même de la campagne de relations publiques de Teodoro Obiang. Dans son discours au Cape Town Global Forum, ses tentatives de manipulation étaient une fois de plus en évidence lorsqu’il pressait la communauté internationale ‘’de tourner la page’’ pour la Guinée équatoriale.

L’esquive des responsabilités

Le premier pas du président vers l’esquive de la responsabilité consiste à reconnaître la situation consternante du pays et ensuite vite mettre le problème sur le compte de la colonialisation et de l’histoire du début de l’indépendance. Le fait que lui-même était au gouvernail pendant trois décennies et gérait des coffres regorgeant de pétrole n’a évidemment rien à voir dans sa façon de présenter les choses. ‘’Ceci concerne le développement du pays à partir de rien’’, informe-t-il gravement les investisseurs internationaux.

En se référant à l’histoire exceptionnellement sombre du pays, Obiang annonce des efforts, maigres et incomplets, de construction nationale. Après tout, si rien n’existait avant son ‘’règne’’ , que la Guinée équatoriale était une ’’non entité’’, il s’en suit que la moindre amélioration est un succès, même minime, et est considérée comme un acquis plutôt que comme une faillite honteuse.

Le président de la Guinée équatoriale devient très éloquent pour parler de ses efforts continus pour combattre ‘’la mentalité enracinée de sous-développement et des habitudes comme la corruption, l’analphabétisme, le tribalisme, l’opportunisme politique et ainsi de suite’’. Ce raisonnement honteux, qui tourne en rond, attribue le sous-développement de la nation au peuple, plutôt qu’à une injustice qui lui est faite depuis trois décennies du fait de la violence étatique et de la négligence. Se moquer de ‘’l’habitude’’ d’analphabétisme est tout ce qu’il y a de plus cynique, compte tenu du fait que les dépenses de la riche administration d’Obiang pour l’éducation se situe à un quart de la moyenne de celles de l’Afrique subsaharienne. En naturalisant le sous-développement, cette analyse tendancieuse déplace de nouveau la responsabilité et la met sur le dos de la population du pays.

Teodoro Obiang continue et demande à la communauté internationale ’’de se souvenir que la Guinée équatoriale est un pays relativement jeune, sans expérience…’’. ‘’Nous devons prendre en compte que nous sommes un pays qui n’a que 42 ans’’, ajoute-t-il. Tout cela revient à avaliser une exonération fondée sur le retard et l’inefficacité. Et si les conditions ne s’améliorent pas rapidement, le monde ne pourra que sympathiser avec les pauvres Africains empêtrés dans le ‘’nouveau’’ travail de construction de la nation. Après tout, il y a une limite à ce qu’ils peuvent faire. En jouant sur les stéréotypes décourageants des insuffisances africaines, Obiang coupe ainsi court à toute demande pour des droits humains fondamentaux et de réelles réformes.

Le président équato-guinéen Obiang se distingue par ses généreuses contributions lors de l’ouragan Katrina, du tsunami en Asie, de la famine au Niger, de l’explosion de l’oléoduc au Nigeria, de l’explosion volcanique à Victoria Peak au Cameroun et de l’explosion nucléaire de Tchernobyl. Mais peu importe combien il dépense pour les causes humanitaires ou avec quelle conviction il proclame son désir de partenariat avec les démocraties du monde, Teodoro Obiang ne comptera jamais parmi les bons citoyens du monde.

Plus le temps passe pour voir la communauté internationale fixée sur les ressources et le discours d’Obiang, au détriment d’une évaluation pure et dure de sa politique, plus sombre sera le futur de la Guinée équatoriale.

Les experts comme Alicia Campos Serrano ont mis en garde sur le fait que si les politiques répressives de Teodoro Obiang se poursuivent sans frein, elles feront le lit d’une instabilité future et plus grandes seront les difficultés pour la population de Guinée équatoriale. En développant exclusivement l’économie pétrolière lucrative, l’administration de Obiang a détruit le secteur agricole. Mais, comme pourront en témoigner les populations du Nigeria, de l’Angola ou du Soudan, le pétrole ne se mange pas. Le retard pris par l’agriculture et la migration croissante vers les villes ont généré un cortège de nouveaux problèmes. Serrano décrit comment évoluent les villes qui se sont érigées autour de l’industrie pétrolière qui, dans une large mesure, conserve 50% du salaire des travailleurs. Elle décrit l’augmentation exponentielle du trafic de femmes et d’enfants dans ces régions et souligne le coût politique de l’exploitation par Obiang de l’économie nationale, ainsi que l’énorme profit personnel qu’il en tire.

Une série de rapport, faisant état de tentatives de coup d’Etat et d’assassinats à Malabo, suggèrent qu’il y a une armée de mercenaires et d’autres qui attendent de bénéficier de la manne. La répression présidentielle ne peut contenir ces éruptions de violence indéfiniment.

En adoptant le langage de la réforme et des droits humains, Teodoro Obiang a réussi à dissimuler la dévastation sociale et la répression politique qui sévit en Guinée équatoriale sous couvert de développement post-colonial. Aussi longtemps que les puissants de la communauté internationale continueront de détourner les yeux du fossé qui sépare le discours de la politique, ils seront incapables de mettre sous pression ce gouvernement, ou des gouvernements subséquents, afin qu’ils donnent la priorité aux droits humains, à la sécurité et au développement du peuple de Guinée équatoriale. En minant l’autorité morale des mécanismes internationaux de gouvernance, le blanc seing donné au président Obiang pave le chemin pour davantage d’abus en Guinée équatoriale ainsi qu’en tout lieu où des dictateurs sont au bénéfice de l’impunité.


* Abena Ampofoa Asare contribue au Foreign Policy in Focus et est une doctorante au département d’Histoire de l’université de New York. Sa thèse est centrée sur la justice transitionnelle et les droits humains au Ghana - Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

* Lecture recommandée : Abena Ampofoa Asare. Obiang : the sham humanitarian. (Washington DC : Foreign Policy in Focus. 2 dec. 2010 http://www.fpif.org/articles/obiang_the_sham_humanitarian

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Femmes & genre

Maroc : 63% des femmes auraient subies des violences

2011-01-15

http://tinyurl.com/6yfgtgd

Au Maroc, 62,8% des femmes (soit 6 millions sur une population de 9,5 millions de femmes âgées de 18 à 64 ans), ont été victimes d’un acte de violence sous une forme ou une autre durant les douze mois précédant une enquête menée sur cette question. Ces formes de violences sont psychologiques, physiques, sexuelles et économiques. Les atteintes aux libertés individuelles et aux droits inscrits dans le code de la famille constituent d'autres formes de violence dont sont victimes de nombreuses Marocaines.





Droits humains

Afrique : l’immolation par le feu se répand au Maghreb

2011-01-17

http://tinyurl.com/662afdc

En Tunisie, tout est parti d’un suicide par immolation, avant que la colère populaire ne renverse en quelques semaines le régime de Ben Ali. Ce geste tragique ne cesse depuis de se répéter dans d’autres pays d’Afrique du Nord, en signe de protestation des populations contre les conditions de vie ou contre la politique menée dans leur pays. En Algérie encore, trois autres tentatives similaires ont eu lieu ces derniers jours.


Mauritanie : Des abolitionnistes de l’esclavage condamnés

2011-01-17

http://tinyurl.com/4n2j5sf

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme dénonce le verdict rendu le 6 janvier 2010 contre M. Biram ould Dah ould Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) et chargé de mission auprès de SOS-Esclaves, ainsi que contre MM. Dah ould Boushab, Mouloud ould Boubi, Ali ould Boubarak Fall, Sheikh ould Abidin ould Salem et Bala Touré, tous membres de l’IRA, suite à une enquête qu’ils effectuaient sur un cas présumé d’esclavage. Les six défenseurs étaient accusés de “coups et blessures” contre la police, “attroupement illicite” et “appartenance à une organisation non-autorisée”.


Rwanda : "le boucher de Butare" devant ses juges

2011-01-17

http://tinyurl.com/6f65b7e

C’est un procès historique qui vient de s’ouvrir, le 17 janvier, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha. Surnommé le « boucher de Butare » et accusé d’être le principal responsable du génocide des Tutsi en 1994 dans le sud du pays, le capitaine Ildephonse Nizeyimana est poursuivi pour crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Aujourd'hui âgé de 48 ans, Nizeyimana était commandant en second de l’École des sous-officiers (ESO) de Butare (sud) au moment du génocide. Il est accusé, entre autres, d'avoir ordonné l'exécution d'une ancienne reine rwandaise, veuve du Roi Mutara III, Rosalie Gicanda.


Somalie: interdiction de se serrer la main entre hommes et femmes

2011-01-16

http://tinyurl.com/37vd6pa

Le groupe islamiste al-Shabaab a interdit aux personnes de sexe opposé du district de Jowhar, en Somalie, de se serrer la main, de marcher ensemble et de parler en public s'ils n'ont pas de lien de parenté. Al-Shabaab a déclaré que ceux qui désobéiraient seraient punis selon la charia, c'est-à-dire la loi islamique. La sentence sera probablement la flagellation en public. C'est la première fois qu'une telle interdiction est en vigueur. Toutefois, al-Shabaab interdit la musique dans toutes les régions qu'il contrôle, soit l'équivalent du sud et du centre du pays.





Réfugiés & migration forcée

Angola: Appel à la lutte contre l'émigration illégale

2011-01-16

http://tinyurl.com/6ecaubd

Le vice-président angolais a appelé les autorités traditionnelles de Lunda Norte à participer dans la défense des intérêts économiques et l'intégrité du pays, par la dénonciation des émigrés illégaux à la Police, afin de combattre les chercheurs étrangers des diamants. Le dirigeant faisait allusion à l'entrée illégale des étrangers qui violent constamment la frontière avec la République Démocratique du Congo, dans l'intention d'entrer en Angola pour la recherche des diamants.


Global : des élus locaux américains en campagne contre le droit du sol

2011-01-16

http://tinyurl.com/6y3txk5

Aux Etats Unis, les membres du groupe « Les élus des Etats pour l’immigration légale » reprochent aux sans-papiers de se servir de leurs bébés nés aux Etats-Unis, qualifiés de « bébés-ancre » pour régulariser, à terme, leur statut. Ils demandent donc aux Etats de se doter de législations locales pour les en empêcher, et de deux types d’actes de naissance : les uns pour les parents d’enfants nés d’au moins un parent américain, les autres pour les bébés nés de parents tous deux sans-papiers. Ceux-ci souhaitent décourager les visiteuses, surtout les sans papiers, de venir accoucher aux Etats-Unis pour que leurs enfants bénéficient automatiquement de la nationalité américaine conformément au 14ème Amendement de la Constitution.


Haïti : 400 Haïtiens ont émigré au Québec

2011-01-16

http://tinyurl.com/389th6n

Un an après le séisme, plus de 400 Haïtiens ont immigré au Québec grâce à un programme spécial de parrainage humanitaire pour les victimes de la catastrophe naturelle. Toutefois, le programme était instauré pour accueillir près de 3 000 Haïtiens. Il a été créé conjointement par le gouvernement provincial et fédéral. Le programme a reçu 8 300 demandes et le ministère de l'Immigration a émis 3 300 certificats de sélections jusqu'à maintenant. Or, ce sont seulement 60% des Haïtiens qui ont reçu leur autorisation qui ont immigré.





Mouvements sociaux

Rd Congo : affrontements meurtriers entre étudiants et policiers à Kinshasa

2011-01-15

http://tinyurl.com/658fo6x

Des affrontements se sont produits le 13 janvier 2011 à l'université de Kinshasa entre étudiants et policiers. Ces incidents ont fait trois morts. Ce brusque regain de tension sur le campus de Kinshasa peut être expliqué par des incidents qui sont partis de deux faits-divers successifs, l’un il y a une semaine et l’autre pas plus tard que la nuit du 12 au 13 janvier, avec l’assassinat de deux étudiants dans des circonstances qui sont restées inexpliquées. Cela a déclenché un mouvement de colère contre l’insécurité.


Somalie: Le gouvernement se dit proche de gagner la guerre

2011-01-17

http://tinyurl.com/4da4l84

Le nouveau Premier ministre de Somalie a déclaré le 14 janvier, au Conseil de sécurité de l'ONU, que son gouvernement était en train de gagner la guerre contre les militants islamistes. Il a affirmé qu'environ 60% de la capitale était maintenant sous le contrôle du gouvernement et que 80% de la population vivait dans ces zones. Les observateurs soulignent que les Shebab contrôlent encore de grandes parties du territoire de la Somalie qui connaît la guerre civile depuis deux décennies.





Elections & gouvernance

Cote d'ivoire : Gbagbo teste sa « monnaie nationale ivoirienne »

2011-01-16

http://tinyurl.com/32wtw9k

Alors que les esprits sont tournés vers l’opportunité d’une intervention militaire de la CEDEAO pour faire partir Laurent Gbagbo de la présidence ivoirienne après sa défaite lors du scrutin du 28 novembre 2010 face à Alassane Ouattara, le feu monétaire qui couvait, conséquence logique de la crise politique qui frappe la principale économie de la Zone franc ouest-africaine, est en train de s’embraser. Plusieurs sources ont confirmé la circulation à Bamako, en marge de la rencontre des ministres des Finances de l’Uemoa, d’un billet de banque de 100 francs frappé de l’effigie de l’éléphant avec des inscriptions comme « Banque centrale de Côte d’Ivoire » et « Monnaie de la résistance ».


Côte d’Ivoire : La société civile évoque un nouveau scrutin

2011-01-16

http://tinyurl.com/3y6flnq

La Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) a appelé à "la reprise de l’élection présidentielle" si les négociations entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara échouaient. Elle réclame également la fin immédiate de la confiscation "des médias publics à des fins de propagande" et de la "diffusion de messages de haine et de violence". Ces propositions ont été faite à l’issue d’une réunion les 5 et 6 janvier. Pour la CSCI, un nouveau scrutin doit être organisé si les négociations entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara échouent - ce qui semble être déjà le cas depuis que le second a déclaré qu'il ne voulait pas discuter des résultats du scrutin.


Côte d’ivoire: médiation de l`ex-président nigérian Obasanjo à Abidjan

2011-01-16

http://tinyurl.com/35p6kkg

L'ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo a rencontré le 9 janvier, successivement, Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara, dans une médiation pour tenter de résoudre la grave crise politique en Côte d'Ivoire. Selon une source diplomatique africaine, M. Obasanjo a été envoyé en mission par le président en exercice de la CEDEAO, le chef d'Etat nigérian Goodluck Jonathan. L'ex-dirigeant du Nigeria a expliqué à M. Gbagbo "le caractère inéluctable de l'alternance" au sommet de l'Etat ivoirien, et fait part de "la détermination de l'Afrique à atteindre cet objectif", selon cette source.


Côte d'Ivoire: Odinga porteur d'une "nouvelle offre de paix"

2011-01-17

http://tinyurl.com/4vdzjet

Le Premier ministre kenyan Raila Odinga, médiateur de l'Union africaine pour la crise politique en Côte d'Ivoire, est porteur d'une "nouvelle offre de paix" au président sortant Laurent Gbagbo, a-t-il déclaré le 17 janvier avant son départ pour Abidjan. "Ma mission est un nouveau test pour voir si nous pouvons résoudre pacifiquement la crise. Nous verrons la réaction (de Laurent Gbagbo) à la nouvelle offre de paix que nous lui ferons. Nous avons l'espoir de résoudre la crise", a-t-il dit. La durée de la mission de M. Odinga en Côte d'Ivoire n'a pas été précisée.


Côte d’Ivoire : Paris reconnaît l’ambassadeur nommé par Ouattara

2011-01-15

http://tinyurl.com/63yx6tj

Paris a donné son agrément à la nomination d’un nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, dans la logique de la reconnaissance du pouvoir d’Alassane Ouattara. Le nouvel ambassadeur, Ali Coulibaly, ancien journaliste, était jusqu'à ces derniers jours le conseiller diplomatique d’Alassane Ouattara. Dès l’information connue, la réaction à Abidjan du porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, a été immédiate, pour dire : «Si notre ambassadeur est chassé de France, nous prendrons des mesures nécessaires pour que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire quitte la Côte d’Ivoire».


Côte d'Ivoire : Pas de gouvernement d’union nationale

2011-01-15

http://tinyurl.com/4adm3vd

La formation d’un gouvernement d’union nationale n’est pas à l’ordre du jour en Côte d’Ivoire. La proposition avait été faite le 10 janvier par Alassane Ouattara, le président élu selon la Commission électorale ivoirienne, à Laurent Gbagbo, le président ivoirien sortant. Elle a été rejetée par le camp de ce dernier. Raila Odinga, le Premier ministre kenyan et médiateur de l’Union africaine avait, pour sa part, déjà exclu l’option d’un partage du pouvoir en Côte d’Ivoire.


Global : Le Sud-Soudan pourrait ne pas rejoindre la CPI

2011-01-16

http://tinyurl.com/69szmrz

L'ex-président américain Jimmy Carter a déclaré le 13 février qu'un Sud-Soudan indépendant pourrait choisir de ne pas adhérer à la Cour pénale internationale (CPI) afin de garder un contact direct avec le président Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt international. M. Carter, qui s'est entretenu avec M. Béchir la semaine dernière, a déclaré que plusieurs gouvernements africains ainsi que la Norvège continuaient de traiter directement avec le président soudanais en dépit de ce mandat d'arrêt pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.


Guinée : Les ministres appelés à déclarer leurs biens

2011-01-16

http://tinyurl.com/25wn59j

Le président Alpha Condé a ordonné le 7 janvier à tous les membres du gouvernement de Mohamed Said Fofana de déclarer leurs biens avant leur prise de fonction, conformément à la nouvelle constitution guinéenne. Depuis quelques jours les populations commençaient à s’interroger sur le respect des dispositions de la constitution par les nouvelles autorités du pays. Cette loi qui a été élaborée par le Conseil National de Transition (organe qui joue le rôle d’Assemblée nationale) vise à lutter contre la corruption et le détournement des deniers publics.


Madagascar : les négociations politiques suspendues

2011-01-15

http://tinyurl.com/6dm87sc

Les négociations entre les émissaires de Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT), et ceux de l'ancien président Marc Ravalomanana sont suspendues. Ces négociations formelles laisseront place à des tractations en coulisses dans les prochains jours. Les points de désaccord lors des négociations entre les émissaires de Rajoelina et ceux de Ravalomanana portent entre autres sur la formation du gouvernement, les mesures d'apaisement et les conditions de retour au pays de l'ancien chef de l'État. Le point d'accord signifiant concerne entre autres la clé de répartition des deux Chambres ainsi qu'à la Commission électorale nationale indépendante (CENI).


Niger : L'ex-président Tandja incarcéré pour corruption

2011-01-17

http://tinyurl.com/5wssxfk

L'ex-président du Niger Mamadou Tandja, qui était en résidence surveillée depuis son renversement lors du coup d'Etat de février 2010, a été incarcéré le 16 janvier pour corruption, a-t-on déclaré de source judiciaire à Niamey. Selon les résultats, rendus publics en décembre, d'une enquête diligentée par la junte, au moins 128 millions de dollars d'argent public ont été détournés pendant les dix années où Tanja était au pouvoir, de 1999 au début 2010. Septuagénaire, Tandja avait demandé aux militaires au pouvoir de ne pas engager de poursuites contre lui, eu égard à sa santé fragile.


Soudan : les Sud-Soudanais attendent l'indépendance

2011-01-17

http://tinyurl.com/4tlnkjc

Les Sud-Soudanais ont voté massivement au référendum d'autodétermination qui a pris fin le 15 janvier et attendent maintenant le résultat officiel de ce scrutin qu'ils préparent depuis un demi-siècle avec une certitude en tête: ils auront leur pays indépendant. Selon la commission, plus de 80% des quelque quatre millions d'électeurs inscrits ont participé au référendum. "C'est un excellent résultat au regard de toutes les normes internationales. J'ai vu plusieurs élections dans ce pays et je peux dire que ce scrutin a été le plus pacifique, le mieux ordonné et le plus tranquille", s'est félicité le président de la commission référendaire.


Tunisie : les milliards du Clan Trabelsi

2011-01-17

http://tinyurl.com/4nawc78

Combien de milliards d’euros le clan Trabelsi a-t-il bien pu détourner ? Quelles sont leurs possessions exactes et comment cet argent pourra-t-il être rendu aux Tunisiens ? Voici une question de taille que devra gérer le nouveau gouvernement de Tunisie. En Tunisie comme ailleurs tout le monde connaissait les détournements financiers du clan Trabelsi, du nom de famille de la seconde épouse de Ben Ali qui avait depuis une dizaine d’années la haute main sur l’économie tunisienne. Autour de Leila Trabelsi gravite une famille élargie qui représente une centaine de personnes contrôlant la majorité de l’économie tunisienne.


Tunisie: Pas de présidentielle avant six ou sept mois

2011-01-17

http://tinyurl.com/6ckct4d

Le 15 janvier, au lendemain du départ du président déchu Zine el Abidine ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite, le président du Conseil constitutionnel avait annoncé l'organisation d'une élection présidentielle dans les 60 jours. Le pays est présidé dans l'intérim par le président de la Chambre des députés, Fouad Mebazzaâ. Mais à la question : quand la présidentielle aura lieu, l'ancien opposant tunisien Ahmed Ibrahim, devenu ministre de l'Enseignement supérieur dans le gouvernement d'unité nationale, répond que ce ne sera "pas avant six ou sept mois".


Tunisie : Trois ONG portent plainte en France contre Ben Ali

2011-01-17

http://tinyurl.com/6j5mhn4

Les ONG Sherpa, Transparency International et Commission arabe des droits humains ont annoncé le 17 janvier avoir déposé plainte pour obtenir une enquête sur les biens détenus en France par le président tunisien déchu Zine el Abidine Ben Ali. L'objectif est "d'obtenir rapidement un gel des avoirs de la famille Ben Ali en France pour éviter qu'ils ne soient transférés vers des destinations lointaines", a-t-elle dit. Selon Transparency France, l'ex-président, qui a quitté son pays le 14 janvier, après 23 ans au pouvoir, détiendrait un hôtel particulier à Paris d'une valeur estimée à 37 millions d'euros, ainsi que des avoirs dans plusieurs banques.





Développement

Swaziland: Le pays fait face à une crise financière majeure

2011-01-16

http://fr.allafrica.com/stories/201101130606.html

A l'heure où le gouvernement du Swaziland examine les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) destinées à éviter un désastre économique, les conséquences de la crise financière se font déjà sentir dans les couches plus pauvres de la population. Selon le rapport du FMI, la dette publique risque de passer de 19 pour cent du PIB en 2010 à 31 pour cent en 2011 et à 75 pour cent d'ici 2015 si le gouvernement ne fait rien pour régler ses problèmes économiques.


Angola : Réouverture d’une ligne ferroviaire vitale pour l’économie

2011-01-16

http://tinyurl.com/5tdkgve

L'Angola a rouvert le 13 février une ligne ferroviaire vitale pour le développement de l'intérieur du pays, enclavé depuis la destruction des voies pendant une longue guerre civile achevée en 2002. Les colons portugais avaient lancé à la fin du XIXe siècle la construction de la ligne de Malange, inaugurée en 1909. Les combats intenses de la guerre civile, déclenchée à l'indépendance en 1975, avaient détruit les voies et le train avaient arrêté de circuler en 1992.


Sénégal : A la limite de l'implosion ?

2011-01-17

http://tinyurl.com/4qxqbxt

Dakar est en ébullition : la manifestation autorisée le 8 janvier à Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar, a certes connu un succès mitigé (environ 1 000 personnes), mais elle marque cependant une exaspération grandissante dans la capitale du Sénégal. Depuis deux mois, les prix des denrées de première nécessité connaissent une remontée spectaculaire, dépassant même, parfois, les niveaux atteints en 2008, année de crise alimentaire. Mais au lendemain du Festival mondial des arts nègres (Fesman), objet de polémiques sur son coût et son insuccès, personne ne sait où l'État, surendetté, va trouver les finances.





Santé & VIH/SIDA

Afrique: L'OMS s'inquiète de la résistance du paludisme

2011-01-15

http://tinyurl.com/5trldan

Si rien n'est fait rapidement pour prévenir l'apparition et la propagation de parasites pharmaco-résistants, le monde risque de perdre son traitement le plus efficace contre le paludisme, s'inquiètent l’OMS et l'initiative « Faire reculer le paludisme » (RBM) dans leur nouveau plan d'action de lutte contre la maladie adopté le 12 janvier. L'OMS propose en priorité d'arrêter la propagation des parasites résistants. La seconde priorité serait l'accroissement du contrôle et de la surveillance de la résistance aux artémisinines.


Côte d’Ivoire : La fièvre jaune menace

2011-01-15

http://tinyurl.com/4zx32fm

Alors que la situation politique est toujours critique en Côte d’Ivoire, la fièvre jaune menace. Depuis plus d’un mois, les Ivoiriens subissent le bras de fer entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara qui se disputent la présidence du pays. Une conséquence inaperçue jusqu’à maintenant, en est que cette instabilité politique freine la campagne nationale de vaccination contre cette maladie grave. Initiée par l’OMS et l’UNICEF, celle-ci était prévue fin novembre. Pour le moment, les tensions rendent son organisation impossible.


Sénégal: progression terrifiante du sida en casamance

2011-01-15

http://tinyurl.com/5r2jynj

Dans certaines localités de la Casamance, la progression du Vih/Sida est inquiétante. Avec des taux ahurissants avoisinant les 6 à 11 %, alors que le taux national du Sénégal est estimé à 0,7 %. Certaines pratiques culturelles de la région et la proximité avec des pays, comme la Gambie et la Guinée-Bissau, expliqueraient cette montée en flèche de la maladie. Toute la zone du Fogny est affectée. Et plus on avance vers la Gambie, plus les taux sont élevés.





Environnement

Afrique : Directives mondiales pour réduire les rejets de poisson

2011-01-17

http://tinyurl.com/48gp3dr

Les premières directives mondiales pour la réduction des rejets de poisson ont été publiées le 14 janvier par la FAO, après avoir été avalisées par des experts de 35 pays réunis au siège de l'Organisation le mois dernier. Les directives portent sur toutes les prises accessoires confondues, y compris les rejets, c'est-à-dire le poisson capturé accidentellement puis rejeté à la mer, mort ou mourant. Les prises accidentelles et les rejets sont une menace pour la durabilité de nombreuses pêcheries et portent préjudice aux moyens d'existence de millions de petits pêcheurs et autres métiers de la pêche. Les prises accessoires peuvent comprendre en outre des espèces menacées d'extinction telles que juvéniles, tortues de mer, oiseaux marins, dauphins, etc.


Kenya : la sécheresse menace 3 millions de gens

2011-01-17

http://tinyurl.com/487os2n

En collaboration avec le gouvernement du Kenya, les agences de l'ONU et leurs partenaires sont engagées dans des opérations d'assistance aux victimes de la sécheresse, particulièrement sévère dans les zones arides habitées par des éleveurs nomades et où des pénuries de nourriture et d'eau sont apparues. Liée au phénomène climatique « La Nina », la sécheresse touche près de 3 millions de personnes dans les régions du nord et de l'est du pays. A plus long terme, elle aura un impact négatif sur la production agricole et l'élevage, dont dépendent directement les populations des zones touchées.


Rd Congo : Projet pétrolier dans un parc naturel de la RDC

2011-01-15

http://tinyurl.com/6ldx8ks

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a appelé SOCO et Dominion, deux sociétés britanniques cotées en bourse, à abandonner leur projet d'exploration pétrolière dans le parc national Virunga en République démocratique du Congo (RDC), afin de ne pas compromettre plusieurs décennies d'efforts de sauvegarde de la nature dans le parc. Les menaces pèsent en particulier sur quelque 200 gorilles de montagne vivent dans le parc, soit près d'un quart de l'ensemble des gorilles de ce type sur la planète, qui est l'une des espèces les plus proches de l'homme.





Média & liberté d'expression

Gambie : Une radio communautaire fermée par les autorités

2011-01-17

http://tinyurl.com/4e8sdzb

Le 13 janvier 2011, plusieurs agents de la sécurité d’Etat ont mis à sac les locaux de la radio communautaire Teranga FM avant d’ordonner sa fermeture,. Dans ce pays hostile à la liberté de la presse, les voix indépendante sont déjà rares. De telles mesures n’ont comme conséquence que de réduire encore un peu plus l’accès de la population à des informations autres que celles relatant le quotidien du chef de l’Etat et de son gouvernement. Teranga FM est une radio communautaire, créée en 2009, émettant à Sinju Alajie, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Banjul, la capitale.


Sénégal : Les «propos misogynes des prêcheurs» sur les radios dénoncés

2011-01-17

http://tinyurl.com/4r2yky9

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) du Sénégal vient de sortir son dernier avis trimestriel. Et c’est pour déplorer « l’utilisation des enfants dans les publicités », la « diffusion de clips obscènes par les télévisions » et « certains propos misogynes tenus par des prêcheurs au cours d’émissions religieuses diffusées sur différentes radios ». Face à « ces manquements », le Cnra recommande « le respect strict des dispositions pertinentes de la loi sur la publicité et de la loi (...) relative à la publicité déguisée et à l’utilisation des enfants dans les messages publicitaires ».


Sénégal : Une télé condamnée pour avoir diffusé une émission sur la sexualité

2011-01-16

http://tinyurl.com/68mj3sa

Le groupe Wal Fadjri a exécuté l’amende que lui a infligée le Conseil national de régulation de l’audiovisuel. Il vient en effet de verser, un chèque de 5 millions de francs Cfa au Trésor public. Cette amende infligée à Walf Tv par l’autorité de régulation fait suite au non - respect d’un créneau horaire suggéré à la chaîne de télévision pour la diffusion d’une émission sur le ‘Business du sexe’.





Conflits & urgences

Angola: Plus de vingt mines anti-chars désactivées en 2010

2011-01-16

http://tinyurl.com/6aovsja

Près de 21 mines anti-chars et dix anti-personnels ont été désactivées en 2010, dans la province de Cunene, a révélé le 11 janvier, l'officier de liaison de la Commission Nationale Intersectorielle de Déminage et Assistance Humanitaire (CNIDAH) dans la région. Il a, en outre, informé de la destruction de 119.239 engins explosifs non détonnés durant cette période, conséquence du déminage et nettoyage d'une superfice de 22.150.473 mètres carrés dans cette partie du pays.


Côte d’Ivoire : L`armée quitte le quartier d`Abobo à Abidjan

2011-01-17

http://tinyurl.com/4c9bv7m

Les forces fidèles à Laurent Gbagbo ont levé le 13 janvier leur blocus autour du quartier d`Abobo, à Abidjan, qui avait été le théâtre de heurts entre camps politiques adverses. Six policiers y sont ont été tués le 12 janvier. Il y avait eu cinq morts la veille. D`après le gouvernement mis en place par Alassane Ouattara, les forces de Laurent Gbagbo ont causé la mort d’au moins sept civils dans les heurts survenus à Abobo. Le président sortant a exigé le départ des 10.000 policiers et militaires de l’Onu, mais le Conseil de sécurité a au contraire donné son feu vert à l`envoi de 2.000 hommes en renfort pour l`Onuci, l`opération de l`Onu en Côte d`Ivoire.


Côte d'Ivoire : l'ONU déplore une embuscade contre des Casques bleus

2011-01-15

http://tinyurl.com/6aukfmp

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a déploré le 12 février une embuscade perpétrée contre ses Casques bleus par des forces armées du camp du président sortant Laurent Gbagbo dans la nuit du 11 au 12 janvier, dans la commune abidjanaise d'Abobo. C’est une équipe mixte de militaires et de policiers, de retour d'une patrouille au quartier PK 18 de la commune d'Abobo, qui a essuyé des tirs croisés provenant des deux côtés de la route. Les forces onusiennes ont été obligées de riposter aux tirs. Trois de leurs membres ont été blessés lors de l'incident.


CÔTE D'IVOIRE: Signaux d’alarme à l’ouest

2011-01-17

http://tinyurl.com/47a6cz7

Le Coordinateur humanitaire des Nations Unies, rentré à Abidjan après une mission de deux jours dans l’ouest, avec l’équipe humanitaire de l’ONU, annonce une situation difficile. L’objectif principal de la mission était d’évaluer les besoins de milliers d’Ivoiriens qui ont abandonné leur maison, suite aux tensions croissantes à l’ouest, en particulier autour de la ville de Duékoué, où se sont déroulés au début du mois de terribles affrontements intercommunautaires.


Côte d'Ivoire : l'ONU refuse de se laisser intimider

2011-01-17

http://tinyurl.com/4ezqlve

Face à de nouvelles violences et à l'impasse politique en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé le 14 janvier que « les Nations Unies ne se laisseraient pas intimider » ni « dissuader » de mener à bien leur mission en Côte d'Ivoire. Il a souligné que les Nations Unies avaient des informations crédibles sur des violations graves des droits de l'homme et a rappelé que toutes « attaques contre des civils ou des Casques bleus constituent des crimes de droit international » et que « la Cour pénale internationale a annoncé son intention d'ouvrir des enquêtes ».


Guinée : Le bourreau et la victime demandent à rentrer

2011-01-15

http://tinyurl.com/6xnh9qf

On ne l’avait plus entendu depuis le 16 décembre 2009 lorsqu’il était sorti du bois pour annoncer sur les ondes de Radio France Internationale qu’il refusait de porter le chapeau des massacres et autres violations des droits humains commis le 28 septembre de la même année au stade de Conakry. Mais voilà que le 12 janvier 2011, le lieutenant Toumba Diakité, l’ancien aide de camp du chef de la junte guinéenne d’alors, le capitaine Moussa Dadis Camara, s’est de nouveau exprimé sur les ondes de « la radio mondiale ». Pour dire qu’il veut rentrer en Guinée. En convalescence à Ouagadougou, son ex-mentor manifeste le même désir.


Mali : l'ex-chef rebelle touareg réintègre le processus de paix

2011-01-15

http://tinyurl.com/5s5gdn6

L'ex-chef rebelle touareg malien Ibrahim Ag Bahanga est de retour. Exilé en Libye depuis deux ans, l'homme qui avait repris les armes en 2008 contre l'armée régulière est venu réintégrer le processus de paix dans le nord du Mali. Son retour a été négocié par la Libye, mais Bamako a posé des conditions. D’abord à son retour, l’ex-enfant terrible du Nord-Mali doit rester jusqu’à nouvel ordre à Chibro, nom de son village, situé dans le nord-est du Mali. Il doit ensuite rapidement s’engager à organiser une opération « flamme de la paix » c’est-à-dire rendre son armement qui sera détruit au cours d’une cérémonie officielle.


Niger : Aqmi revendique l'assassinat d'un des deux otages enlevés

2011-01-17

http://tinyurl.com/65hzg4u

Sans surprise, Aqmi tente de provoquer la polémique en France. L'organisation terroriste revendique l'assassinat d'un de deux otages français au Niger et accuse Paris d'être responsable de la mort du second. Mais selon le procureur de Paris, l'autopsie n'a pas encore révélé les causes de la mort du second otage. Si Antoine de Léocour a été tué d'une balle dans la tête, tirée avec une arme automatique « à bout touchant », « les causes de la mort sont plus difficiles à établir pour Vincent Delory », dont tout le bas du corps a été carbonisé et qui présente « cinq plaies par armes à feu ».


Sénégal : des femmes marchent contre les « tueries » en Casamance

2011-01-17

http://tinyurl.com/4a9tcww

Plus d'un millier de femmes ont marché le 14 janvier, à Ziguinchor, pour réclamer "l'arrêt immédiat des tueries" en Casamance et une "reprise immédiate des négociations", après des affrontements meurtriers entre soldats et présumés indépendantistes. Les femmes étaient 1.500 selon une source policière, 2.500 selon les organisatrices. A l'Etat, les femmes réclament "la mise en place de toutes les dispositions pour la reprise immédiate des négociations" et au MFDC "l'unité de tous ceux qui se réclament de ce mouvement pour, d'une seule voix, répondre à l'appel du dialogue".





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