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Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 176 : Comment sortir la Somalie du chaos

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Annonces, 3. Arts & livres, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. LGBTI, 11. Environnement, 12. Média & liberté d'expression, 13. Nouvelles de la diaspora




Sommaire de cette édition

CHRONIQUES : Y a-t-il une solution aux problèmes de la Somalie.
ANNONCES : Pambazuka lance le Prix Samir Amin.
ARTS & LIVRES : Quelle place pour les médias dans la diversité culturelle.
FEMMES & GENRE : Mauritanie : Un centre d’écoute au profit des victimes de violences.
DROITS HUMAINS : Afrique : Le pétrole épargne des critiques en matière de droits de l’homme.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Afrique : Les réfgiés congolais déchus de leur statut au Gabon.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Après l’Algérie et la Tunisie, la Maroc ?
DEVELOPPEMENT : Afrique : La concurrence entre multinationale s’accentue.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Campagne de vaccination synchronisée contre la polio.
LGBTI : Cameroun : Levée de boucliers contre l’homosexualité.
ENVIRONNEMENT : Nigeria : Deux ONG accusent Shell de masquer ses responsabilités dans la pollution.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Egypte : Internet et le mobile coupés pour contenir la révolte.
Afrique : Les immigrés en Europe, un potentiel de développement.




Chroniques

Y a-t-il une solution aux problèmes de la Somalie ?

Samir Amin

2011-02-01

http://pambazuka.org/fr/category/features/70591

L’effondrement de l’Etat somalien résulte d’un processus inéluctable. Ravagé par un conflit que nourrissent les guerres claniques et les prédations des seigneurs de guerre, ce pays s’enfonce dans un écho qui semble irréversible. Une solution est certes possible, mais elle ne viendra pas des pays occidentaux, notamment des Etats-Unis que cette situation arrange pour justifier son engagement dans une lutte contre le terrorisme. Il faut plutôt l’espérer, pour Samir Amin, «de la renaissance d’une Ethiopie unie, forte, indépendante, capable de prendre des initiatives et d’entraîner dans cette voie les autres pays de la région».
L’ouvrage de Afyare Abdi Elmi, Understanding the Somalia Conflagration (Pambazuka, Pluto, 2010) fournit une documentation sans équivalent à ma connaissance, concernant les acteurs du drame de la Somalie. L’explication de ce drame – la décomposition de l’Etat qui se déploie depuis 1992 (la chute de Syad Barre) – impose un retour sur l’histoire du pays, depuis son indépendance (1960) jusqu’à la chute de Barre. Et sur ce point Afyare est laconique (voire la page 17) pour le moins qu’on puisse dire.

LES DEUX TEMPS DU REGIME DE SYAD BARRE (1960-1992)

La « première République » – de 1960 à 1969 – était-elle une « démocratie » ? Oui, si l’on s’en tient à sa pratique politique électorale pluripartiste et à la liberté relative d’organisation et d’expression. Mais c’était une « démocratie néocoloniale » comme l’étaient beaucoup de pays africains à l’époque. Son économie, ouverte, dominée par les intérêts coloniaux traditionnels de l’Europe (en particulier de l’Italie et de la Grande Bretagne) dépendait à l’extrême de « l’aide » (européenne et internationale). La première République décevait tous ceux qui attendaient mieux et plus de l’indépendance et de l’unité (de l’ex-Somalie italienne et du Somaliland britannique), pratiquement tout le « peuple », classes moyennes – à l’époque embryonnaires – comprises.

Le coup d’Etat de Syad Barre (1969) a été de ce fait fort bien reçu par le pays dans son ensemble. Car il promettait de réaliser ce que la formule néocoloniale n’avait pas permis : un « développement » au bénéfice du pays et de son peuple. Sa qualification de « socialiste » – qu’Afyare adopte – est un peu trop succincte et rapide. Oui le régime se proclamait tel, comme beaucoup d’autres en Afrique à l’époque – celle de l’ère de Bandung et du Non Alignement. Oui, il a été plus ou moins « reconnu » comme tel par l’Union Soviétique, qui soutenait le Non Alignement dans lequel les puissances occidentales voyaient un « adversaire dangereux ».

Le régime était en fait ce que j’ai qualifié de « national populaire » et ses réalisations – au cours de la première phase de son déploiement, de 1969 à 1982 – ont été réelles et ont largement fondé sa crédibilité et sa légitimité.

Le régime n’a pas seulement développé un « discours nationaliste » sur l’unité du peuple somali, laissant ouvert le dossier de la « récupération » de Djibouti, de l’Ogaden éthiopien et du Somaliland kényan. Il a jeté les bases d’une rénovation de la nation somali par l’adoption officielle de sa langue et par un développement marqué de l’éducation dans celle-ci. C’était par là-même reconnaître la réalité fondamentale de cette dimension de l’identité nationale : les Somali ne sont pas des « Arabes » ; ils constituent une nation africaine avec sa langue et sa culture propres, par ailleurs musulmane. Le développement économique – si modeste ait-il été –,celui des services administratifs et sociaux (éducation, santé, infrastructures) fournissait une base – certes fragile – à l’urbanisation accentuée et surtout à la constitution de classes moyennes, donnant au régime de ce fait une bonne légitimité.

Certes ce régime n’était pas « démocratique ». Il ne l’était pas au vu du critère « occidental », puisque fondé sur le parti unique, mais surtout non intégralement « ouvert » au capitalisme comme l’étaient d’autres régimes africains de parti unique (Côte d’Ivoire, Malawi) non qualifiés, eux, de « non démocratiques » ! Car si dans la langue en usage aujourd’hui démocratique et marché sont censés constituer les deux mamelles de la « bonne gouvernance », dans les faits – aujourd’hui comme hier – les puissances occidentales sont satisfaites dès lors que l’ouverture du marché (à l’extrême) est garantie, avec ou sans démocratie !

Mais le régime n’était pas non plus « démocratique » dans un autre sens, plus élevé. Il était confronté à une réalité historique : l’importance des clans dans la définition des identités multiples de la nation somali. Comme beaucoup d’autres régimes africains confrontés à la multiplicité « ethnique » le régime se contentait de nier le fait et, à partir de là, de traiter les résistances claniques » par le mépris et la répression. Il en allait de même concernant l’Islam, auquel le régime – sans être « laïc » au sens vrai du terme, en dépit d’avancées dans cette direction sur les questions du code de la famille, moins défavorable aux femmes – refusait le droit d’être politique.

J’ai qualifié ce modèle de comportement de « despotisme éclairé » ! Je pense même que, dans les conditions du pays et de l’époque on ne pouvait guère aspirer à beaucoup mieux. Ce « despotisme éclairé », s’il avait été soutenu par l’extérieur – au lieu d’être combattu par lui – aurait sans doute créé des conditions moins défavorables pour une évolution possible en direction de la démocratisation de la société et de la politique.

A l’époque l’Ethiopie de Mengistu, le Yémen du Sud, les résistants érythréens, se proclamaient tous « socialistes » et l’étaient plus ou moins avec les mêmes limites. Ce dénominateur commun – anti impérialiste et populaire – aurait pu constituer un atout pour les rapprocher. Ce que Fidel Castro avait alors proposé était de construire une grande « confédération » (Ethiopie, Erythrée, Somalie, Yémen) équilibrée en termes nationaux et religieux. Des avancées dans cette direction, qui étaient loin d’être « impossibles », auraient à la fois renforcé la position de cette région (les portes de Suez) dans sa confrontation avec les ambitions des puissances impérialistes et donné plus d’ampleur à sa base de développement.

Cela n’a pas été la voie choisie par les partenaires de la région. En réponse à l’épuisement rapide des possibilités de leur développement dans le cadre fragile de la Somalie d’une part et de l’épuisement infligé à l’Ethiopie par la guerre d’Erythrée d’autre part, les régimes ont préféré choisir la carte du « nationalisme » étroit pour redorer leur blason, s’engageant dans la guerre de l’Ogaden de 1981.

C’est alors que Syad Barre a brutalement « retourné sa veste », abandonné le « socialisme » (et le soutien soviétique) troqué contre celui du rapprochement avec l’Arabie Saoudite et des Etats Unis. Ce retournement dit certainement quelque chose sur la fragilité des convictions antérieures apparentes de l’individu ! Il est vrai que dans la guerre de l’Ogaden en question, l’Union soviétique avait pris position en faveur de l’Ethiopie et rendu la Somalie responsable, par son soutien armé au Mouvement de libération (Somali) de l’Ogaden. L’URSS voyait certainement, non sans raisons valables, que l’Ethiopie constituait, par sa masse démographique et son attachement historique et ferme à l’indépendance, un atout bien supérieur comparé aux autres pays de la région. De leur côté les Etats Unis pensaient de la même manière que l’Ethiopie était – précisément de ce fait - le véritable ennemi à abattre dans la région.

Le second temps du régime de Barre (1982-1992) ne peut donc être confondu avec son premier temps, comme malheureusement Afyare le fait (régime « non démocratique » sans autre qualification). Le régime glissait vers « l’ouverture » (notamment aux capitaux saoudiens) tant appréciée par les puissances impérialistes. En même temps ces puissances cessaient de lui reprocher ses méthodes de répression violente, qui pourtant s’aggravaient, incitant à la révolte les clans exclus du pouvoir. La pénétration de l’Islam politique, soutenue par le nouvel allié saoudien allait alors pouvoir s’épanouir, avec, encore une fois, la bénédiction de Washington.


LA DECOMPOSITION DE L’ETAT

Ce qui a suivi était inéluctable : l’effondrement de l’Etat, les guerres claniques et les seigneurs de guerre, l’implantation de mouvements se réclamant de l’Islam politique, la dégradation des conditions de vie élémentaires, la destruction des classes moyennes, et en fin de compte la piraterie.

Doit-on alors se résigner et penser qu’un « compromis » intégrant les clans et les mouvements islamiques est la seule réponse possible au défi ? C’est oublier que les clans ne veulent plus d’Etat et que les seigneurs de guerre constituent de ce fait la véritable puissance qui sait les manipuler. C’est oublier que l’Islam politique n’est pas capable, à lui seul de gouverner un pays quelconque. En dépit des apparences, celui-ci est toujours au service d’intérêts sociaux dont il ne sert qu’à masquer la réalité : dans les pays du Golfe le pouvoir véritable est celui des aristocraties claniques archaïques qui contrôlent les rentes pétrolières et non celui des ulémas qui ne sont guère que leurs couvertures idéologiques. Dans un pays pauvre comme la Somalie, les tribunaux islamiques peuvent bien se donner l’apparence de gouverner et se contenter à cet effet de couper les mains des petits délinquants et de soumettre les femmes à l’oppression masculine ; le « petit marché » fait le reste. La formule n’implique pas la reconstruction de l’Etat.

Ce chaos – durable – est-il « acceptable » par les puissances et par les voisins ?

Les puissances occidentales prétendent, dans leurs discours, vouloir aider à mettre en place des régimes associant la démocratie politique pluripartite et électorale et l’ouverture des marchés ; et prétendent même que ces deux objectifs sont complémentaires l’un de l’autre.

Cette complémentarité n’est évidemment en rien établie, ni en théorie, ni en pratique. En fait le seul objectif réel poursuivi est l’ouverture des marchés, avec ou sans « démocratie » (sacrifiée au nom de la « stabilité »). Cela exige un « Etat », au moins dans les pays intéressants pour des investissements importants (miniers par exemple) ou pour leur marché potentiel. Dans certains cas, comme on le voit en République Démocratique du Congo, il suffit de s’assurer du contrôle des zones minières intéressantes, par l’intermédiaire de seigneurs de guerre associés ou par l’intervention militaire étrangère (celle du Rwanda en l’occurrence). Mais pour les autres, comme la Somalie ?

Les Etats Unis sont néanmoins intervenus en Somalie, mais pourquoi et comment ? Et quels en ont été les résultats ?

Washington prétend que le chaos, sans doute acceptable dans d’autres conditions, ne l’est plus, dès lors qu’il ouvre des possibilités aux « terroristes » (al Qaida en l’occurrence) avec lesquels les Etats Unis sont en guerre. Mais peut-on faire crédit à cette thèse ? Le « terrorisme » est venu bien à propos pour donner l’apparence de la légitimité à un projet d’une toute autre nature : le contrôle militaire de la planète et par ce moyen en celui de l’accès exclusif à ses ressources. Telle est la raison pour laquelle les Etats Unis n’insistent pas beaucoup dans le cas de la Somalie et laissent donc faire les seigneurs de guerre, les clans et les Islamistes.

Les Etats Unis ont tenté une première intervention directe. Mais celle-ci a seulement démontré leur incapacité militaire et politique à mener à bien, avec succès, cette « opération de police ». Douze GIs tués et ce fut la débandade ! Washington a alors eu recours à l’Ethiopie, passée dans son camp après la chute de Mengistu. Mais bien que l’entrée des armées éthiopiennes en Somalie ne se heurtait à aucun obstacle sérieux, les nouveaux occupants qui s’avéraient une fois de plus incapables de répondre avec efficacité au harcèlement des résistants (qu’on les qualifie de « terroristes » ou autrement), encore moins de mettre en place un gouvernement stable, ont été contraints à leur tour de se retirer.

Les résultats de toutes ces tentatives de « stabiliser » la Somalie ont donc été nuls. Mais pour autant la persistance du chaos n’est en fait guère gênante pour les Etats Unis. Peut-elle-même, tout au contraire, elle est fort utile car elle permet à Washington de donner crédit à sa poursuite de sa « guerre contre le terrorisme » ailleurs, et pour d’autres objectifs !

Ce chaos somalien ne gêne pas davantage les pays de la région. Peut-être même au contraire contribue-t-il à faire accepter le pouvoir d’Addis Abeba et de Nairobi aux Somali de l’Ogaden et de la frontière kenyane, qui pourraient préférer ce pouvoir au chaos qui accompagne celui des seigneurs de guerre, des clans et des mouvements islamiques.

Sans doute la piraterie dans l’Océan Indien fait-elle désormais problème. Encore doit-on rappeler ici – ce qui n’est jamais dit dans les médias dominants – que cette piraterie vient en réponse à une autre qui l’a précédé : le pillage des ressources halieutiques et leur destruction par la pollution de l’Océan Indien désormais sans restriction faute d’Etat somalien pour faire respecter les lois internationales. Les populations somaliennes de pêcheurs, qui en sont les victimes, n’avaient alors guère d’autre alternative que de se livrer à leur tour à la piraterie. Certes, dans les conditions du chaos qui règne dans le pays, de nouveaux seigneurs de la guerre se sont trouvés en mesure de racketer cette piraterie. Mais cet argument est accessoire et on aimerait bien voir sur le banc des accusés, non seulement les « acteurs immédiats » (les « pirates »), voire les Seigneurs de guerre qui les rackètent, mais tout autant les pirates étrangers qui pillent et saccagent les ressources dont vivent les pêcheurs somaliens.

Y A-T-IL UNE SOLUTION POSSIBLE ?

Le chaos sans solution se dessinant à l'horizon visible se prolonge en Somalie. Cela ne gêne ni les puissances occidentales, ni les voisins. Mais le « peuple somalien » sera-t-il capable, par lui même, de « s'en sortir » ? Il n'est pas interdit d'en douter. Les exemples de peuples s'étant engagés dans une véritable autodestruction fatale existent dans l'histoire. En imaginant même que les puissances et les voisins laissent les choses évoluer par elles mêmes en Somalie – ce qui n'est pas garanti – les forces en place dans le pays sont toutes incapables de reconstruire l'Etat et la nation. Les mouvements islamiques ne sont pas mieux placés sous cet angle que les directions claniques et les Seigneurs de guerre.

L'Islam que propose l'Islam politique, dans toute la diversité de ses organisations (« extrémistes », voire « terroristes » et « modérées », ou dites telles) est forcément un Islam obscurantiste, incapable d'aider à comprendre la nature des défis du monde contemporain. Car il est un Islam au service du maintien de formes brutales et primitives de l'exploitation des faibles (« le peuple ») par les « forts » (les cliques dirigeantes qui instrumentalisent le recours à la religion). Et ces « forts » ne sont rien d'autre que des courroies de transmission de l'intégration du pays dans le système mondial dominé par les monopoles de la triade (Etats Unis, Europe, Japon). Le « petit marché » somalien n'offre aucun moyen de résistance à cette domination, et les dirigeants des mouvements islamiques n'en sont peut être même pas conscients.

Or les possibilités de cristallisation d'une force nouvelle « progressiste » qui puisse le comprendre sont faibles, depuis que les chances de développement du modèle de « despotisme éclairé » du premier Syad Barre ont été ruinées. C'est la raison pour laquelle j'ai exprimé le point de vue que même si un « accord » parvenait à être réalisé par les forces en action sur le terrain (les clans, les seigneurs de la guerre, les mouvements islamistes), ou même si l'une d'entre elles parvenait à s'imposer militairement (et les deux hypothèses sont peu réalistes), aucune solution viable n'en sortirait.

Les développements précis présentés par Afyare dans son livre, le récit détaillé des conflits, constituent à eux seuls la démonstration qu'il n'y a rien à attendre de l'ensemble des forces qui occupent la scène somalienne.

Alors ? La « communauté internationale » pourrait-elle imposer une autre solution ? J'en doute fort. D'abord parce que cette « communauté internationale » autoproclamée n'est rien d'autre que Washington, soutenu par ses alliés subalternes européens et japonais et Washington n'est pas gêné par le chaos somalien ; celui-ci lui est même utile pour les raisons que j'ai données. Ensuite parce que même si pour une raison curieuse qui appellerait à l'intervention (improbable à mon avis) et même si Washington en décidait ainsi les Etats Unis sont en fait incapables d'en gérer le défi avec succès. L'establishment de Washington est, sur ce plan, proche de la nullité, composé « d'élites » incapables de comprendre les sociétés de la Planète autre que la leur. L'écart qui les sépare sur ce plan de ce que furent les classes dirigeantes des Empires coloniaux est gigantesque.

De son côté la capacité d'intervention de l'ONU qui est la seule institution légitime pour parler au nom de la « Communauté internationale » est annihilée par sa soumission aux volontés du G7 (dirigé par les Etats Unis). La seule solution possible au chaos somalien ne peut être apportée que par la communauté africaine, en particulier celle qui pourrait être constituée par les pays de la région. Les propositions qui avaient été faites en leur temps par Fidel Castro paraissent de ce fait d'une actualité évidente. Mais ici encore les conditions ne sont plus ce qu’elles étaient à l’époque où ces propositions furent avancées.

Dans l’état actuel des choses Addis Abeba n’est pas intéressé par la reconstruction d’un Etat somalien viable. Or l’Ethiopie est, et restera, le centre de gravité de la région. C’est le seul Etat digne de ce nom par sa masse et la tradition de sa culture politique. La preuve en a été donnée par l’échec du projet d’éclatement du pays sur des bases « ethniques », comme Washington l’avait envisagé. Ce projet n’a pas été mis en échec par le régime issu de l’alliance entre les rebelles du Tigré et les Erythréens, aujourd’hui en place (et à nouveau en conflit avec Asmara !), un régime rallié un moment au projet de démembrement de l’Ethiopie. Il a été mis en échec par le « peuple » éthiopien, si vague soit le sens de ce terme. Une renaissance éthiopienne reste, de ce fait, possible. Je dirai même probable, sinon certaine.

Bien que la formulation puisse paraître paradoxale, la reconstruction d’un Etat somalien viable dépend largement de la renaissance d’une Ethiopie unie, forte, indépendante, capable d’aller de l’avant dans une ligne de développement populaire, une Ethiopie capable de ce fait de prendre des initiatives et d’entraîner dans cette voie les autres pays de la région.

NB : Lire en complément à cet article les chapitres VI et VII (ce dernier écrit par Joseph Vansy) de mon ouvrage ancien, L’Ethnie à l’assaut des Nations (L’Harmattan, 1994), qui traite de l’Ethiopie et de l’Erythrée. L’ouvrage de Iqbal D. Jhazbhay, Somaliland : an African Struggle for Nationhood and International Recogniton (South African Institute of International Affairs, Pretoria 2009) confirme mon analyse : pour échapper au chaos que l’Islam politique a créé sur le territoire de la Somalie ex italienne, les citoyens du Somaliland ex-britannique ont fait sécession et ont ainsi préservé chez eux la paix ; preuve que l’Islam politique est à l’origine du désastre pour la nation somali.

* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



France-Monde arabe: La politique de l’homme providentiel en question

René Naba

2011-02-01

http://pambazuka.org/fr/category/features/70596

Avant Ben Ali il y a eu Mobutu. Il y a eu tant d’autres dictateurs que les puissances occidentales ont porté à bout de bras, fermant les yeux sur les violations des droits humains au noms d’intérêts stratégiques, de coteries et de compromissions. Mais aujourd’hui, les potentats et leurs alliés ont de plus en plus de quoi apprendre des leçons de l’histoire. A savoir, entre autres, comme le souligne René Naba, que « l’homme providentiel ne saurait plus être une fin en soi».

«Lorsqu’un peuple veut la vie,
Force est au destin de répondre,
Aux ténèbres de se dissiper,
Aux chaînes de se rompre
Au peuple de triompher
Nous mourrons pour que vive la Patrie» (Hymne national de la Tunisie, paroles du grand poète tunisien Abou El Kacem Chabbi)

La recherche constante de l’homme providentiel ne saurait constituer une fin en soi, encore moins tenir lieu de politique dans le domaine international. N’en déplaise aux publicitaires de pacotille, la déconfiture de la France en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Liban devrait conduire les prescripteurs d’opinion à répudier ce travers français et aux citoyens de sanctionner ces pratiques dans leurs choix électoraux.


Après avoir porté aux nues l’irakien Saddam Hussein, le saladin dumonde arabe, l’ivoirien Félix Houphouët-Boigny, le sage de l’Afrique, le tunisien Zine el Abidine Ben Ali, le «rempart contre l’intégrisme» en Afrique du Nord, le Mozart de la finance, Jean Marie Messier (Vivendi), le Paganini de l’équarrissage des entreprises en difficulté, Bernard Tapie, les coqueluches des nuits parisiennes, les hommes d’affaires William Kazan, Akram Ojjeh et Samir Traboulsi, le publicitaire Raghid Al Chammah, le magicien du clavier électronique, Imad Lahoud, faux décrypteur du listing Clearstream. Auparavant, en Afrique, le général Mobutu Sessé Seko du Zaïre, puis pour cause de pétrole les présidents Omar Bongo (Gabon) et Gnassingbé Eyadema (Togo).

La France a jeté son dévolu au début de la décennie 1990 sur Rafic Hariri, puis sur son héritier Saad Hariri, avant de succomber devant le nouveau petit génie de la République, Nicolas Sarlozy, seul homme à pouvoir restaurer la sécurité de la France, à redresser ses finances publiques en état de faillite, le principal barrage à l’extrême droite française, le tombeur de la gauche et le redresseur de la France, le champion de la lutte contre l’antisémitisme et de la discrimination positive, le sauveur suprême en somme.



La suite est connue pour l’un comme pour les autres, avec pour deux des chouchous français, Mobutu et Ben Ali, une interdiction du territoire français à leur éviction du pouvoir, après plusieurs décennies de bons et loyaux services. L’ingratitude est la loi suprême des états pour leur survie. Avis donc aux apprentis dictateurs.


II • La France intoxiquée par son propre poison

A l’instar des autres pays arabes, le Maghreb souffre de l’absence d’un projet viable de société, d’une déperdition d’énergie et d’un autoritarisme bureaucratique. Un quart de siècle après le vent de fronde qui a soufflé sur le Maghreb, en 1984, alimenté par un mécontentement populaire diffus et par le marasme économique mondial, dans un monde arabo musulman en crise d’identité, un nouvel élan populaire risque de mettre à bas le savant édifice mis sur pied sur la rive sud de la Méditerranée en vue de pérenniser l’hégémonie occidentale sur la zone. De maintenir le Maghreb en situation de marché captif, un défouloir de la société occidentale pour son tourisme de masse, son atelier au rabais pour le maintien de la compétitivité internationale de l’Europe, le refuge de ses retraités en fin de vie, le glacis stratégique du pacte atlantique face à la percée chinoise en Afrique, son arrière cour économique et sa basse cour politique.

Débordant les relais traditionnels du pouvoir, tant les partis politiques que les syndicats, la «révolte des ventres creux» a frappé en janvier 2011 la Tunisie, le plus homogène démographiquement mais le plus démuni de ressources de ce qu’il est convenu d’appeler le Maghreb central. Avec l’Algérie et le Maroc, ces trois pays forment un ensemble régional de plus de trois millions de km, dont les perspectives, à en juger par les statistiques, paraissent sombres. Avec 80 millions d’habitants, le Maghreb verra sa population augmenter d’un tiers pour atteindre les cent vingt millions à l’horizon de l’an 2020.

Ce partenaire de premier plan de l’Europe, dont il borde le flanc méridional, à la jonction du monde arabo berbère et africain, a vu son économie sinistrée par la kléptocratie, le népotisme, la prédation de son économie, les tares propres aux dictatures, et, dans un contexte de mondialisation accélérée et de concurrence exacerbée, par la prépondérance des échanges avec l’ancienne métropole sur la coopération Sud Sud, les échanges interarabes et arabo africains.

La chute de la dictature tunisienne porte la condamnation de la complaisance de la classe politico-médiatique française à l’égard de Ben Ali : du vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, au résident de Sidi Bou Saïd, le bi-national Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, à Pierre Lellouche, ministre de l’Industrie, à Charles Pasqua, dont le fils y trouva refuge pour échapper à la justice de son pays, à Guillaume Sarkozy, frère aîné du président français, à l’entrepreneur Pierre Besnainou, candidat potentiel à la présidence du CRIF, toute la cohorte des intellectuels médiatiques, pensionnaires gracieux des sites balnéaires de la Tunisie, qui ont assuré sa promotion, celle de son paradis d’enfer et la survie de son dictateur.



La diplomatie occidentale, particulièrement française, paraît déconnectée des réalités de la société arabe, en ce que son contact se réduit aux élites locales vieillissantes sans rapport avec le bouillonnement de sa propre jeunesse, dont les analyses, de surcroît, se fondent sur des présupposés idéologiques.

Si personne, selon l’expression des dirigeants français, n’a rien vu venir des événements de Tunisie, la première révolution démocratique du XXIe siècle, c’est pour l’évidente raison que les Français se sont aveuglés eux-mêmes, s’intoxiquant de leur propre poison. Les principaux intervenants dans les médias français étaient recrutés dans le cercle des thuriféraires du régime tunisien. La fréquence des apparitions médiatiques du directeur des « Cahiers de l’Orient », Antoine Sfeir, était ainsi proportionnelle à l’importance de sa production laudative sur la Tunisie. De même pour le directeur de l’Observatoire des Pays Arabes, Antoine Basbous, à la mesure du torrent de boue qu’il a déversé sur le Monde arabe, l’arabisme et le nationalisme arabe, comme en témoigne sa philippique ânonnée dans la revue néo conservatrice proaméricaine «Le meilleur des Mondes».

Il en va de la Tunisie, comme du bunker de Saddam Hussein, comme de l’analyse haririenne de la situation libanaise, qui présente le chef du clan saoudo américain au Liban comme «le rempart de la modernité face à l’obscurantisme» dont il a longtemps été, pourtant, le financier occulte via ses parrains wahhabites. Deux cautions exotiques à des analyses rétrogrades et à des élucubrations fantaisistes. Une fonction assumée, au même titre, par les amazones gadgets de la diversité sarkozyste, Rachida Dati, ancien ministre de la justice, Rama Yade, ambassadeur de France à l’Unesco et ancien ministre de la jeunesse et des sports, et Fadela Amara, ancien secrétaire d’état à la ville.


III • L’offre de Michèle Alliot Marie, non un lapsus, mais un réflexe pavlovien

Intimer l’ordre à l’ivoirien Laurent Gbagbo de déguerpir dans la semaine sous peine de sanction et proposer, dans le même temps, l’expertise policière française pour la répression d’un soulèvement populaire en Tunisie relève, à tout le moins, d’une aberration mentale sans doute unique au monde, à l’effet de discréditer durablement la France de tout crédit moral.

Que l’on se détrompe toutefois. L’offre du ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot Marie, de prêter main forte au régime tunisien face aux manifestants, ne relève pas d’un lapsus, mais d’un réflexe pavlovien.

Elle traduit la coopération franco-tunisienne «exemplaire » dans le domaine de la police, non pas en Tunisie, mais en France même, où, pas moins d’une centaine de commissaires et inspecteurs de la police tunisienne étaient « insérés » dans le dispositif de surveillance de la communauté arabe en France, sévissant au nom de la prévention du terrorisme, en tant qu’auxiliaires de la police politique tunisienne avec son cortège de filatures, d’écoutes téléphoniques et d’accès au fichiers.

Et plutôt que de se gargariser des vertus de la démocratie à la tunisienne, plutôt que de nous avoir gargarisé avec les sempiternelles ritournelles sur le rempart contre l’islamisme que représente cette «dictature éclairée», ces grands défenseurs autoproclamés de la démocratie auraient dû se plonger dans la lecture salutaire d’ouvrages critiques publiés, tel «la Régente de Carthage» de Nicolas Beau et des révélations quasi quotidiennes de son site «Bakchich», de même que le livre de Mohammad Bouebdelli « Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté » (www.bouebdelli.org) et les mémos révélés par WikiLeaks, en décembre 2010, un mois avant la chute du tyran, qui constituaient une véritable radioscopie des turpitudes du régime, un exposé des dérives de cet état policier, chouchou de l’Occident.

L’honneur de la France est de restituer à la Tunisie l’argent ponctionné au peuple tunisien pour les besoins de la propagande du dictateur. Qu’il s’agisse des politiques, des nombreux journalistes ou des personnalités publiques, la restitution de l’indu constitue une mesure de salubrité publique et la disqualification des laudateurs, une mesure de décence devant de telles dérives, tant il est vrai que le plus grand camouflet infligé à ces propagandistes aura été que celui qui était présenté comme un rempart contre l’Islamisme n’a trouvé refuge qu’au sein du principal foyer de l’intégrisme, l’Arabie saoudite.


IV • Le pays du Jasmin, miroir déformé de l’Occident

Décrié pour son usage abusif du népotisme, de la répression, de l’intimidation et de la corruption, la Tunisie a bénéficié, sous Ben Ali, pendant 23 ans, d’une étonnante mansuétude de la part des pays occidentaux, plus prompts à dénoncer les violations des droits de l’Homme en Iran ou en Syrie que dans l’arrière cour de la France (Tunisie, Maroc, Gabon, Tchad), plus prompts à s’enflammer pour le Darfour que pour Gaza, pour le Tibet que pour le Yémen.

Plus prompts à fustiger la fraude électorale en Iran, à grands renforts de campagne médiatique que le trucage massif en Afghanistan, ou la parodie de la démocratie à la tunisienne ou encore la vénalité de la féodalité politique du bloc parlementaire du milliardaire libano-saoudien Saad Hariri au Liban. Plus prompts enfin à carboniser un chef d’état coupable d’avoir prolongé son mandat de trois ans, rien que trois ans, le libanais Emile Lahoud, que leurs clients arabes multirécidivistes de la reconduction, l’Egyptien Hosni Moubarak (28 ans de pouvoir) ou le tunisien Ben Ali (23 ans de pouvoir) ou encore les dinosaures de la Françafrique.

Doté d’une coterie familiale agglomérant des trafiquants de drogue, des écumeurs des mers et des prédateurs des banques, le roitelet tunisien a trôné, en partage avec son envahissante épouse Leïla, sur le pays du jasmin, devenu, au fil des ans, le royaume putride de la corruption, une parodie de démocratie, l’alibi occidental à la lutte contre le fondamentalisme religieux, le miroir déformé de l’Occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.

Tout le monde garde présent à l’esprit la prestation de Nicolas Sarkozy, prônant depuis Tunis une division raciale du travail sur le pourtour méditerranéen, sur la base des stéréotypes coloniaux de la France. «Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation. (…) Ensemble, avec votre main-d’oeuvre, avec nos écoles, nos universités, avec ce que nous échangerons, nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier», avait soutenu le 29 avril 2008, à Tunis, le président français devant un parterre de cinq cents patrons français et tunisiens.

La conjugaison de la main-d’oeuvre arabe et de l’intelligence française constitue une variation sur le thème récurrent de la pensée subliminale française, la traduction du rêve extatique d’une fraction de la population française depuis plusieurs générations qui se résume par cette formule lapidaire mais hautement expressive: «faire suer le burnous». Une rengaine orchestrant une mauvaise réédition d’une mauvaise émission de télévision «la tête et les jambes», le mauvais remake d’un mauvais film qui a ponctué tout le long du XXe siècle l’imaginaire français de la «chair à canon», au «bougnoule», au « sauvageon», à la «racaille», au «karcher», à la toute dernière saillie sarkozienne de Tunis.

En renvoyant Ben Ali, le «manuel» Tunisien a administré un magistral coup de pied au «cérébral» français, le renvoyant dans ses pénates toute honte bue de tant de dévoiement.



« Overseas officer » des services américains, Ben Ali a été un observateur privilégié du soulèvement syndical de Gdansk, dans la décennie 1980, en sa qualité d’ambassadeur de Tunisie et observateur pour le compte des services occidentaux de la contestation minière en Pologne. De retour dans son pays, en sa qualité de ministre de l’Intérieur, il a fait de la Tunisie, en complémentarité avec le Maroc, la plateforme opérationnelle majeure des services américains et israéliens, dont il sera leur interface au plan local. Un rôle dévolu par la suite à Kamal Morjane du temps de son passage au ministère de la Défense, avant son basculement vers le ministère des Affaires étrangères et sa promotion au rôle de caution du régime post Ben Ali.



Depuis 2002, Tunis est le siège du bureau régional du MEPI (Middle East Partnership Initiative), dont la couverture philanthropique de ses objectifs masque un soubassement sécuritaire. Bien qu’antérieur à l’installation du MEPI, l’assassinat en Tunisie des deux principaux adjoints de Yasser Arafat, Khalil Wazir, alias Abou Jihad, le chef militaire, et Salah Khalaf, alias Abou Iyad, le chef du renseignement, ne relève pas d’un pur hasard. Infligeant un dégât considérable au leadership palestinien, leur élimination a favorisé la promotion d’un bureaucrate poussif, en la personne de Mahmoud Abbas.


V • LES PREMIERES EMEUTES GLOBALES DE LA MONDIALISATION

« La montre Rolex avant cinquante ans », brandi comme un signe de réussite sociale par le publicitaire tapageusement ostentatoire Jacques Séguéla, ne constitue pas un impératif de vie pour une large fraction de la planète. L’immolation, loin de revêtir un phénomène de mode, constitue, dans cette optique, la forme la plus aigue d’une protestation non bureaucratique, qui témoigne du degré d’exaspération et de l’intensité de la désespérance humaine des «laissés pour compte» de la société d’abondance.

Au-delà du cas spécifique de la Tunisie, force est de constater que les émeutes populaires qui ont eu lieu simultanément, en 2010-2011, en Algérie, en Tunisie, en Egypte, en Jordanie, au Yémen, en Iran, en Chine, dans les banlieues françaises, constituent les premières émeutes globales de la mondialisation.

Ces explosions de violence, sur tous les continents, démontrent le caractère explosif de la combinaison de la corruption et des difficultés économiques, su fond de hausse des prix des matières premières. Ces explosions de violences retentissent comme autant de symptômes qui portent la marque du dysfonctionnement d’un système d’un monde mu par une économie mondialisée.

Le consensus de Washington et son prolongement européen, le consensus de Bruxelles, avec leur cortège de programme d’ajustements structurels, de délocalisation, de privatisation, de libéralisation et de spéculation a provoqué une perte colossale de l’ordre de 25.000 milliards de capitalisation boursière, soit un coût infiniment plus élevé que le budget prévu pour la réhabilitation et la dynamisation de l’ensemble des économies du Tiers-monde.

La modernité a un corollaire que le sociologue Zygmunt Bauman qualifie de «coût humain de la mondialisation»: une production croissante de larges zones de rebut de l’humanité, la version moderne du lumpen prolétariat.

Mais loin de participer d’un effet domino, le basculement de la Tunisie relève d’un effet boomerang. La défaite arabe de 1967 a provoqué la chute de la monarchie libyenne, la perte de la base américaine de Wheelus et la base anglaise de Benghazi entraînant la perte pour l’Otan de la façade occidental de la Méditerranée au bénéfice du camp arabe. Elle s’est prolongée par le coup d’Etat du Soudan, avec Gaâfar Al Noumeiry et du coup d’Etat en Irak.

Le traité de paix israélo-égyptien de mars 1979 a été compensé par la chute de la dynastie Pahlévi ; l’invasion américaine de l’Irak avec l’éviction d’un pouvoir sunnite dans l’ancienne capitale des abbassides a provoqué un séisme dupliqué par l’élimination du chef du clan saoudo-américain au Liban, Rafic Hariri; le démembrement du Soudan, la chute du rempart de l’intégrisme de l’Afrique du Nord ; la capitulation de Barack Obama face au diktat israélien dans les négociations de paix israélo palestiniennes, la chute du gouvernement pro américain de Saad Hariri au Liban.

Tous les dirigeants pro occidentaux du Tiers monde arabo musulman sont sous perfusion américaine: Hamid Karzai (Afghanistan), Noury al Malki, (Irak), Mahmoud Abbas (Palestine), Hosni Moubarak (Egypte), y compris la dynastie wahhabite et naturellement leur enfant chéri, Saad Hariri. En intronisant Rafic Hariri «martyr de l’Occident » et son héritier politique, Saad Hariri, comme «le rempart de la démocratie en terre arabe», il est à espérer que les dirigeants occidentaux ne s’en mordent pas le doigt très prochainement. La servilité à l’égard de l’Amérique ne constitue en aucune manière un gage absolu de pérennité.

La focalisation égyptienne sur la levée d’une milice sunnite au Liban, non pour participer au combat pour la libération de la Palestine, mais pour faire contrepoint au mouvement chiite libanais Hezbollah, en plein démembrement du Soudan, sur fond de grogne électorale et de contestation populaire en Egypte, a constitué la marque d’une aberration mentale absolue, un acte de dévoiement suicidaire du régime égyptien qui risque d’obérer grandement les chances successorales de l’héritier Moubarak, dans la foulée du collapsus tunisien.



Hosni Moubarak, en Egypte et Saad Hariri au Liban se doivent de bien intégrer dans leur raisonnement les évènements de Tunis et réfléchir aux conséquences de leur acte et que l’Égyptien garde bien en mémoire le précédent de son prédécesseur, Anouar El Sadate, et Saad Hariri celui de son propre père.

La Tunisie a constitué un avertissement sans frais pour les gérontocrates arabes (Hosni Moubarak d’Egypte, Ali Abdallah Saleh du Yémen, Abdallah d’Arabie) et la visite du sous secrétaire d’état américain Jeremy Feltmann à Tunis, a signé le primat de la diplomatie américaine dans cette ancienne chasse gardée de la France, déconsidérée désormais par son comportement en porte à faux. La cécité politique a un prix, la suffisance aussi.

Aux apprentis dictateurs arabes, de méditer le sort funeste d’Anouar El Sadate (Egypte), de Bachir Gemayel (Liban), d’Abdallah 1er de Jordanie, de Wasfi Tall, le Premier ministre jordanien bourreau des Palestiniens durant le septembre jordanien, Noury Saïd (Irak) premier ministre anglophile d’Irak, Benazir Bhutto (Pakistan), interface des néo conservateurs américains et du Commandant Massoud Shah (Afghanistan). Et aux aspirants dictateurs de méditer le sort funeste du Chah d’Iran Reza Pahlévi, de Mobutu Sessé Seko (Congo Kinshasa) et de Ben Ali (Tunisie), tous trois, une fois leur prestation achevée, interdits de séjour dans des pays dont ils ont été les sous traitants officieux.
Errare Humanum Est, Perseverare Diabolicum.


* René Naba est ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information - Ce papier est publié en simultané dans la Revue Golias (février 2011 à Lyon)




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Pourquoi le Gouverneur de la BCEAO ne devait pas démissionner

Jean Paul Dias

2011-02-01

http://pambazuka.org/fr/category/features/70592

Dans la crise politique ivoirienne, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest est devenue une arme de pression contre Laurent Gbagbo. Et comme effet collatéral, elle a conduit le Gouverneur de cette institution financière régionale à démissionner. Pour Jean-Paul Dias, la décision du Conseil des ministres de l’UEMOA qui a conduit à cette issue «est triplement illégale».

M. Philippe-Henri Dacoury-Tabley, Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), n’a pas démissionné de ses fonctions car la démission consiste en un acte libre, volontaire et express. Si son geste revêt le dernier caractère, il ne s’avère ni libre ni volontaire. Il y a été forcé. Le Gouverneur Dacoury-Tabley de Côte d’Ivoire a été mené vers la «démission» par Abdoulaye Wade, coutumier du fait au Sénégal et qui a poussé à la roue ; les autres (NDLR : les chefs d’Etat de l’UEMOA) se sont contentés d’accompagner par le silence.

Ceci dit, même si nous désapprouvons cette «démission» - nous y reviendrons plus loin - nous la comprenons, la respectons et, quelque part, marquons une admiration certaine envers l’attitude du Gouverneur. Car quand on sait ce qu’il y a derrière cette fonction en termes financiers, matériels et d’influence, on ne peut que lui tirer le chapeau. A l’époque où, en l’absence de la Guinée-Bissau, les membres de l’Umoa étaient au nombre de sept, Famara I. Sagna, ancien ministre des Finances du Sénégal, taquinait à peine le Gouverneur Charles Konan-Banny, lorsqu’il lui répétait qu’avec sa BCEAO, il représentait, de fait, le 8e Etat. Tellement le Gouverneur de la BCEAO est puissant.

Nous devons reconnaître que le Gouverneur Dacoury-Tabley a adopté une posture de véritable «garçon» (expression ivoirienne pour désigner un homme courageux et de refus). Il a refusé de se laisser humilier en Afrique après avoir été l’objet de menaces injustifiées en Europe. Le gel des avoirs vis-à-vis de personnalités africaines qui ont gagné honnêtement leur argent et n’ont rien fait de mal contre l’Europe (drogue, terrorisme, etc.) nous paraît comme tout à fait illégal et abusif. Il serait utile d’engager une action auprès de juridictions compétentes comme la Cour européenne des Droits de l’Homme pour amener à l’adoption d’une décision judiciaire seule apte à faire cesser ce genre d’excès de pouvoir qui s’assimile à un chantage. A l’ère de la mondialisation, circuler et investir librement constitue un segment des droits humains.

Venons-en au fond du débat.

Le 23 décembre 2010, le Conseil des ministres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) se réunit à Bissau à l’effet de se «…prononcer sur les événements de Côte d’Ivoire». Le Conseil finira par prendre la «…décision politique que l’Union monétaire reconnaît M. Alassane Ouattara comme président légitime de la Côte d’Ivoire». D’où acte pris par la BCEAO et mise en œuvre pratique de ladite décision se traduisant par l’introduction des représentants Ouattara. Sous réserve d’intervention de textes nouveaux que nous pourrions ignorer, nous soutenons, à l’examen combiné des traités de l’UMOA (Union monétaire ouest-africaine, qui existe toujours) et de l’UEMOA, que cette décision du Conseil des ministres est triplement illégale. Ici, illégal signifie non conforme aux dispositions pertinentes des deux traités, UMOA et UEMOA qui cohabitent et se complètent.

D’abord, dans les deux traités ainsi que dans les statuts de la BCEAO, les attributions du Conseil des ministres sont limitativement listées et, nulle part, il n’est permis au Conseil de se prononcer sur ce type de sujet et de prendre ce genre de décision. Donc en agissant comme il l’a fait, le Conseil des ministres a outrepassé ses attributions. Nous l’avons déjà dit en interview, nous le confirmons ici. Les organes de l’Union ne peuvent agir que dans la limite des attributions à eux conférées.

Ensuite, parce que dans le traité de l’UEMOA, il est spécifié (nous citons de mémoire) : «Pour les questions politiques et de souveraineté, les ministres des Affaires étrangères doivent siéger aussi lors de la réunion du Conseil des ministres». Ce n’était pas le cas à Bissau, d’où violation des termes du Traité.

Enfin, les décisions du Conseil des ministres se prennent à l’unanimité. Il se trouve que seuls sept pays sur huit étaient présents. La Côte d’Ivoire (version Gbagbo ou Ouattara) n’y prenait pas part. Donc décision illégale.

Pour toutes ces raisons, le Gouverneur aurait dû ne rien appliquer du tout, tandis que le gouvernement de Côte d’Ivoire - en droit international public, la notion de gouvernement légitime n’existe pas sauf dans des appréciations subjectives - aurait dû, immédiatement, saisir la Cour de justice de l’Union plutôt que de se lancer dans des démarches diplomatiques infructueuses.

«Mutatis mutandis», la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement aussi a failli à son devoir en méconnaissant les limites de ses attributions. Elle savait parfaitement que tout limogeage du Gouverneur revêtirait un caractère illégal car fondé sur des exigences illégales. Elle n’ignorait pas que son rôle consiste, pour l’essentiel, «…à définir les grandes orientations de la politique de l’UEMOA». Or cette politique ne saurait être politicienne. Il s’agit, strictement, de politiques de développement, d’intégration économique, de politiques économique, financière, monétaire, sectorielles (transport, agriculture, fisc, douanes…), etc.

L’on nous rétorquera qu’il est prévu que lorsqu’une question n’a pas été résolue par accord unanime au Conseil des ministres, celle-ci peut être tranchée par la Conférence des chefs d’Etat. Certes, mais dans la limite des domaines de compétence de l’UEMOA, ce qui n’était pas le cas en l’espèce. La Conférence des chefs d’Etat n’est ni la Cour internationale de justice ni une Cour arbitrale internationale ni encore un supra Conseil constitutionnel international. Elle n’a pas compétence pour dire qui est président de tel ou tel pays membre. Sa posture se révèle donc illégale.

Voilà pourquoi, même si nous saluons la décision courageuse de Monsieur le Gouverneur Dacoury Tabley de «démissionner», nous aurions préféré - nous l’annoncions plus haut - qu’il n’en fit rien et qu’il laissât la Conférence des chefs d’Etat prendre la responsabilité de le limoger. Cela aurait renforcé la saisine de la Cour par les autorités ivoiriennes, car le mandat du Gouverneur est dit «irrévocable», surtout qu’il n’a pas été auteur de faute grave ainsi que démontré ci-dessus. Nous sommes d’autant plus réservé sur l’opportunité de cette «démission» qu’elle ne règle rien, car nous demeurons bloqués par cette affaire de signature.

De quoi s’agit-il ? Aucun chef d’Etat ne signe quoi que ce soit à la BCEAO. Donc, parler de signature de Gbagbo ou de Ouattara est une évocation impropre. C’est un haut fonctionnaire (ex : Directeur du Trésor ; Directeur de la Comptabilité publique, Trésorier Payeur Général ou autre Directeur Général, etc.) qui détient la signature pouvant mouvementer le compte de son pays auprès de la BCEAO. A cet effet, la BCEAO-siège est informée du nom du signataire (ou des signataires) par lettre, télex, fax, mail, message chiffré selon une identification claire de la source par la BCEAO. En d’autres termes, c’est le ministère des Finances à Abidjan qui peut donner l’information, pas un courrier ou un message provenant d’une auberge ou d’un palace. Même dans les pires situations de coups d’Etat (et Dieu sait qu’il y en a eu dans l’Union), la BCEAO a toujours fonctionné ainsi en traitant avec le détenteur effectif du pouvoir.

Nous allons nous limiter à la question des salaires (des fonctionnaires ivoiriens) pour ne pas alourdir le texte en dissertant sur les autres considérations touchant la relation financière Etat-BCEAO (ex : anticipations sur les bénéfices nets, bons du Trésor, concours à l’économie (Etat et secteur bancaire), concours globaux divers, décaissements sur facilités Banque mondiale, FMI et autres bailleurs de fonds, etc.). Cette histoire de salaires préoccupe tout le monde et d’aucuns comptent dessus pour étouffer le gouvernement de Côte d’Ivoire avec, pour conséquence, provocation d’un soulèvement populaire contre les tenants du pouvoir. Nous avons déjà indiqué que c’est le Trésor public ivoirien et non la Banque centrale qui paie les salaires.

Si ce Trésor venait à avoir besoin d’un complément ponctuel, un delta, pour s’acquitter de sa tâche, pourquoi devrait-on le bloquer, l’empêcher de mettre en œuvre tel ou tel mécanisme ou de tirer sur son compte simplement parce qu’un différend politicien oppose des gens ? Pourquoi l’infirmier de Yamoussoukro, la secrétaire du préfet d’Abengourou, le greffier du Tribunal de Bouaké, l’instituteur de Dimbokro, le gendarme en service à Gagnoa devraient-ils être privés de leur salaire parce que le titulaire de la signature séjourne dans un hôtel plutôt que dans une structure du ministère des Finances ? Pourquoi devrait-on se situer en position de pénaliser le fonctionnaire ou agent de l’administration ivoirienne qui, tout un mois, a travaillé pour ses concitoyens et son pays, simplement parce que des «en haut de en haut» (les chefs) s’étripent sur la politique politicienne alors que lui, a une famille à nourrir et des engagements de toute nature qui le pressent. Pire, c’est quand on atteint le retraité.

Imposer le transfert de signature aux mandataires de Ouattara qui ne se trouvent pas dans les locaux publics relevant du ministère des Finances n’est pas opérationnel et c’est bien ce que le Gouverneur a objecté à juste titre. Il n’est fautif de rien du tout. Nul ne peut mettre en œuvre une décision illégale et matériellement impossible à appliquer sur le terrain tandis qu’elle s’avérerait injuste vis-à-vis du citoyen qui n’a rien à voir dans ce conflit politicien. A moins que nous soit démontré comment seraient payés les salaires et pensions de retraite par les mandataires de Ouattara. Signalons que, depuis le lundi 24 courant, les salaires ivoiriens sont payés. Aucun Etat ne l’a fait dans l’Union.

On tire trop sur la corde et si l’on recherchait le retrait de la Côte d’Ivoire de l’Union et la création de sa propre monnaie, on ne s’y prendrait pas mieux. Même s’il s’agit là d’un autre débat, ce n’est pas une vue de l’esprit et des gens sérieux insistent là-dessus à Abidjan. Ce serait la mort de notre Cfa ouest africain.

Dans le monde entier, la considération d’une Banque centrale repose sur son indépendance, socle de son efficacité qui fonde sa crédibilité. Cette intrusion sauvage et inédite de la politique politicienne dans le fonctionnement de la BCEAO n’augure rien qui vaille. Le mieux serait que la Cour de justice infirme, rapidement, les décisions illégales et rejette la «démission» qui ne remplit pas les critères de liberté et de volonté ; que le Gouverneur Dacoury- Tabley soit invité à poursuivre sa mission, tandis que le dialogue permette de trouver solution à la crise politique en question.


* Jean-Paul DIAS est Ancien Membre du Conseil des ministres de l’UMOA

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Sénégal : Comment contraindre l’Etat à se mettre au service des populations ?

Sidy Diop

2011-02-01

http://pambazuka.org/fr/category/features/70594

La «Révolution du Jasmin», en Tunisie, en a donné une parfaite illustration et Sidy Diop le souligne : «Aucun Etat ne peut se vanter d’être démocratique si sa population est en majorité dans le dénuement, alors qu’une minorité devient de plus en plus riche, avec l’appui des pouvoirs publics, à travers des options économiques qui ne sont pas le résultat d’une consultation spécifique des citoyens». Cette fracture prévaut dans la quasi totalité des pays d’Afrique subsaharienne, même si leurs dirigeants essayent de faire de ce qui se passe en Tunisie et en Egypte une réalité d’un «autre monde». Sidy Diop le souligne à travers l’exemple du Sénégal.
La politique de planification conduite par l’Etat du Sénégal pour, dans le principe, favoriser l’investissement structurant, à partir d’une perception qui embrasse l’ensemble des activités et des secteurs, a cédé la place au libéralisme au bout des 25 premières années. Ce changement fut la conséquence de l’avènement de l’ajustement structurel (apparaissant comme la sanction d’une gestion inefficace), qui a placé le Sénégal sous la tutelle des institutions financières internationales, réduisant ainsi les pouvoirs publics à leur rôle de puissance publique, au détriment de leur vocation de service public et leur enlevant toute responsabilité dans la direction du développement du pays. Depuis l’alternance en 2000, un régime qui se proclame ouvertement libéral est aux commandes et n’a pas profondément modifié la donne dans ce domaine.

D’autre part, les partis politiques qui sont censés définir les options économiques et accompagner les différents gouvernements dans la mise en œuvre de ces dernières, n’ont pas réellement été à la hauteur de leur mission : leur attitude a principalement été marquée par le respect aveugle de la pensée unique du chef, l’absence de réelles discussions concernant les orientations, l’inexistence de contrôle et de sanction et l’exécution d’un simple rôle d’enregistrement au Parlement.

Et le présidentialisme, renforcé par la personnalisation du pouvoir qui interdit le débat, a empêché de tirer profit de toutes les compétences et a contribué à affaiblir la capacité d’analyse et de conception, qui aurait pu aider à mieux cerner les besoins et à établir d’autres ordres de priorités. Et même dans les cas où certaines priorités sont tenues en compte, la conduite des actions de développement est, souvent, gravement compromise par l’impunité que confère l’appartenance au parti du Président.

Nous sommes donc face à une situation préoccupante, qui est la conséquence des insuffisances constatées dans l’action de l’Etat, aggravée par l’absence de perspective politique claire, susceptible d’apaiser les appréhensions des uns et des autres. Par exemple, parce que Dakar et sa banlieue sont un concentré exacerbé de toutes les difficultés du pays, certains identifient dans cette agglomération une véritable poudrière. Cette impression est partagée par une grande partie de l’opinion, et les autorités, elles- mêmes, ont dû faire ce constat qui les a conduites à prendre certaines mesures : création d’un office pour s’occuper du chômage des jeunes de la banlieue, réduction des délestages de la SENELEC (Société nationale d’électricté) dans l’agglomération du Cap vert pour les déplacer vers les villes de l’intérieur où les protestations ont moins d’écho ; création de magasins de référence dans la banlieue, pour en partie, juguler la montée des prix des denrées de première nécessité, etc.

Mais toutes ces décisions ne sauraient venir à bout du problème. En l’absence d’une grande industrie qui opérerait un transfert de nombreuses populations rurales vers les usines et augmenterait radicalement leur productivité, la seule issue est dans l’investissement massif dans le secteur primaire (dans l’agriculture, l’élevage, la pêche, notamment). L’objectif visé serait, ici, d’allonger la durée des activités de production, de réformer les modes d’exploitation et de cibler l’augmentation de la valeur ajoutée par l’accroissement des rendements et par l’intégration, dans les unités de production, des premiers stades de la transformation.

Comme conséquence de cette nouvelle orientation, on verra, en particulier, tous ces jeunes de la banlieue de Dakar, mais aussi des autres villes, se replier vers la campagne, s’ils réalisent que c’est là qu’ils pourront désormais s’occuper utilement. Il ne faut pas, en effet, oublier que cette jeunesse des banlieues est issue de parents qui ont constitué les vagues de migrants, venus de l’intérieur du pays, pendant les années 1970, pour échapper aux difficultés créées par la sécheresse dans leur région d’origine.

La prochaine élection présidentielle en 2012, quel que soit son résultat, en particulier si un parti ou une coalition l’emporte, ne garantit pas que le même cheminement dans la conduite de l’Etat ne sera pas poursuivi, et cela pour encore un mandat. La démocratie dans sa forme actuelle a ceci de curieux que, une fois que l’on dépose son bulletin dans l’urne, l’on se dessaisit en même temps du pouvoir que l’on avait, au profit d’autres personnes sur lesquelles l’on ne dispose d’aucun contrôle, ni d’aucun moyen de sanction, avant la fin du mandat qui leur est donné.

José Saramago (Ecrivain portugais, prix Nobel de littérature 1998) a eu cette pensée, dans un article intitulé « Que reste-t-il de la démocratie ? », publié dans le « Monde Diplomatique » d’août 2004 : « Voter, une forme de renonciation ? Les instances du pouvoir politique tentent de dévier notre attention d’une évidence : à l’intérieur même du mécanisme électoral se trouvent en conflit un choix politique représenté par le vote et une abdication civique. N’est-il pas exact que, au moment précis où le bulletin est introduit dans l’urne, l’électeur transfère dans d’autres mains, sans autre contrepartie que des promesses entendues pendant la campagne électorale, la parcelle de pouvoir politique qu’il possédait jusqu’alors en tant que membre de la communauté de citoyens ? » L’auteur poursuit : « Cette renonciation peut constituer, pour la minorité élue, le premier pas d’un mécanisme qui autorise souvent, malgré les vaines espérances des électeurs, à poursuivre des objectifs qui n’ont rien de démocratiques et qui peuvent être de véritables offenses à la loi… Parler de démocratie deviendra de plus en plus absurde si nous nous obstinons à l’identifier à des institutions qui ont pour noms partis, Parlements, gouvernements, sans procéder à un examen de l’usage que ces derniers font du vote leur ayant permis d’accéder au pouvoir. Une démocratie qui ne s’autocritique pas se condamne à la paralysie. »

Au Sénégal, nous l’avons vu, les politiques économiques ne sont pas conduites, depuis cinquante ans, pour relever le niveau des revenus de la majorité de la population, qui restent inférieurs à 15 % de la richesse nationale ; et pourtant c’est cette majorité qui, par son vote, forme le parlement, élit le Président de la République.

Tout le monde sait que le budget d’investissement, qui maintenant se chiffre à plusieurs centaines de milliards (les chiffres réels disponibles sont ceux du budget 2008 et se montaient à 594 milliards dont 314 sur ressources internes et 280 sur concours extérieurs ; source : Situation Economique et Sociale du Sénégal publiée par l’ANSD), s’il était utilisé pour financer des actions ciblées, aurait pu en quelques années, faire doubler le produit intérieur du secteur primaire, c'est-à-dire faire évoluer dans les mêmes proportions, le revenu des populations concernées. Mais pour cela, on ne le répétera jamais assez, il est d’une nécessité absolue de revenir à la planification et de modifier l’ordre des priorités, car on ne peut pas diriger un pays comme le nôtre et l’engager sur la voie du progrès, sans mener une action volontariste, pour allouer aux secteurs dont dépend son développement, la part la plus importante des ressources disponibles. On ne peut, non plus, se contenter d’actions « au coup par coup », n’obéissant à aucune cohérence entre elles.

Il est également grand temps de sortir des conduites minimalistes que sont les politiques dites de « réduction de la pauvreté », concept sorti de l’imagination de certains experts qui ne semblent pas vouloir reconnaître à l’Afrique une plus grande ambition. Nous devons rester vigilants et ne pas nous laisser envelopper par cette idéologie pernicieuse, qui laisse entendre que notre continent ne serait apte qu’à fournir des matières premières aux autres, ensuite à recevoir des aides pour diminuer la pauvreté de ses habitants et ainsi tenter de retarder une explosion sociale qui menace.

D’un autre côté, si des politiques sectorielles semblent avoir la faveur du gouvernement et de certains bailleurs de fonds, les secteurs eux-mêmes doivent faire l’objet d’une attention différenciée en fonction de critères objectifs : efficacité du capital investi, certes, mais aussi, importance de la population concernée et impact sur le progrès du pays dans son ensemble. Au Sénégal qui pourrait contester que l’agriculture, à côté de l’énergie et de l’éducation, est actuellement la plus grande priorité ? L’agriculture pour vaincre la pauvreté, instaurer une souveraineté alimentaire et libérer les populations des contraintes que constituent le poids des besoins primaires ; l’énergie pour assurer la possibilité d’utiliser les capacités de production déjà installées et celles à venir, tant dans l’industrie que dans les services ; l’éducation qui, par une réforme des itinéraires, doit garantir la formation, en très grand nombre, des cadres scientifiques et techniques, des chercheurs de niveau international, dont la fonction sera principalement, de favoriser à terme, l’éclosion au Sénégal, d’une économie tirée par l’innovation, ceci étant la condition nécessaire pour que le pays ne reste pas en dehors de l’évolution du monde.

Les pays développés ont tous compris en effet, qu’après une forte productivité sectorielle enregistrée dans l’industrie et certains services, le tassement observé dans la croissance de l’économie ne pouvait être dépassé qu’au moyen d’une nouvelle productivité, celle-là intensive, qui recourt à une combinaison de l’innovation, de la capacité entrepreneuriale et des capitaux à risque. C’est en tout cas l’opinion des nouveaux économistes de la classe de Christian Saint Etienne (cf. son ouvrage intitulé « Guerre et Paix au XX1e siècle, comprendre le monde de demain »)

Il est donc devenu indispensable de hiérarchiser, à partir d’une vision globale, les objectifs du développement. Pour illustrer ce propos, l’on pourrait citer la fameuse Stratégie de Croissance Accélérée (SCA), qui n’a point visé les secteurs où s’exprime la plus grande pauvreté, ne retenant que les grappes dites « porteuses ». Par exemple, quand cette stratégie s’intéresse à l’agriculture, ses cibles ne sont ni les cultures sous pluie, ni la grande masse des pauvres qui s’y activent Nous citons à ce sujet les lignes du rapport de l’IRAM (Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de Développement), publié en mai 2009 et consacré à l’examen de la Stratégie de Croissance Accélérée : « L’analyse détaillée du plan d’action à court terme de la SCA montre qu’aussi bien les filières ciblées que les zones auxquelles elles renvoient, ne permettent pas le développement d’un secteur agricole inclusif, permettant aux agricultures familiales (représentant plus de 96% des exploitations) d’accéder au marché » La croissance n’est pas alors le développement.

En somme, la majorité de la population, qui accorde sa confiance à un ou plusieurs candidats selon la nature du scrutin, a vu régulièrement cette confiance trahie par ceux qu’elle avait chargés de soigner ses intérêts. Et c’est peut-être l’impuissance totale dans laquelle se trouve ce corps électoral devant pareille situation, qui le pousse à une abstention de plus en plus forte, qui atteint désormais plus de 50 %.

La politique économique doit donc profondément être réformée. Mais pour garantir un tel changement, les élites (partis, société civile)- et ce sera là le meilleur test de leur vrai attachement à l’intérêt du pays- doivent s’entendre sur les modifications qui nous semblent indispensables à apporter au système politique :
- D’abord, ainsi que nous l’avons déjà proposé, il est nécessaire de corriger certains effets pervers de la démocratie représentative, par le recours à des formes d’expression appartenant à la démocratie directe, en institutionnalisant les initiatives populaires ou pétitions. Ainsi, il sera possible de contourner le comportement mécanique des majorités parlementaires, et faire droit à des revendications légitimes des populations, qui ne peuvent pas attendre les élections suivantes.

- Ensuite, tenir compte de la situation réelle du Sénégal et des besoins de ses populations, en inscrivant, dans le serment du Président de la République, en plus de l’engagement à respecter et à faire respecter la constitution et les lois, l’obligation de consacrer les moyens de l’Etat, en toute priorité, aux actions devant permettre l’augmentation des revenus de la majorité de la population et l’amélioration de ses conditions d’existence. Il ne sert à rien de recopier des formules de serment si elles ignorent la réalité qui est vécue par la nation. Et l’enjeu est tel, qu’il ne saurait dépendre d’une idéologie plutôt que d’une autre : pour un pays dont la population double tous les vingt cinq ans et qui se trouve dans la situation de pauvreté que l’on connaît, il s’agit simplement d’une question de survie.
De plus, les manquements aux obligations figurant dans ce serment n’ont jamais donné lieu à des sanctions, sur le plan juridique : il nous semble donc parfaitement opportun, par une disposition constitutionnelle, de qualifier de telles violations, d’actes de haute trahison et d’en tirer, le cas échéant, toutes les conséquences.

- enfin, la durée des mandats présidentiel et parlementaire ne devrait plus dépasser quatre ans, car l’inefficacité de l’action des élus n’est que plus dommageable si ceux-ci restent plus longtemps au pouvoir.

Pour conclure, nous devons admettre qu’aucun Etat ne peut se vanter d’être démocratique, si sa population est en majorité dans le dénuement, alors qu’une minorité devient de plus en plus riche, avec l’appui des pouvoirs publics à travers des options économiques qui ne sont pas le résultat d’une consultation spécifique des citoyens. Un pays sous développé, comme le Sénégal, ne trouve pas la vraie solution à ses difficultés, à travers une démocratie simplement représentative, dont la grande faiblesse réside dans le dévoiement, quasi inévitable, du mandat populaire. En effet, même quand une majorité est sanctionnée et laisse la place à une autre, rien ne garantit que l’intérêt partisan, les logiques d’appareil et le clientélisme, considérés par les politiques comme les seuls facteurs pouvant permettre leur maintien au pouvoir, ne continueront pas d’empêcher que l’Etat se mette au service du plus grand nombre.


* Sidy Diop dirige le mouvement « Convergence patriotique – le Sénégal d’abord

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org



Que faire pour que le Sénégal renoue avec le progrès ?

Sidy Diop

2011-02-01

http://pambazuka.org/fr/category/features/70595

Le Sénégal, indépendant depuis cinquante ans, n’a jamais connu de coup d’Etat et a bénéficié d’une stabilité que toute la sous région lui envie. Au moment de son accession à la souveraineté, il était le pays le mieux loti en Afrique de l’ouest du point de vue des infrastructures et des ressources humaines (personnel administratif notamment). Cette longueur d’avance ne semble avoir été ni suffisamment exploitée, ni maintenue, d’autres pays nous ayant largement rejoints sinon dépassés.

Le Sénégal, indépendant depuis cinquante ans, n’a jamais connu de coup d’Etat et a bénéficié d’une stabilité que toute la sous région lui envie. Au moment de son accession à la souveraineté, il était le pays le mieux loti en Afrique de l’ouest du point de vue des infrastructures et des ressources humaines (personnel administratif notamment). Cette longueur d’avance ne semble avoir été ni suffisamment exploitée, ni maintenue, d’autres pays nous ayant largement rejoints sinon dépassés.

Le principal trait caractéristique du Sénégal est, sans doute, que la majorité de la population (environ 60 %) est employée dans le secteur primaire dont les activités sont marquées par une productivité des plus faibles, entrainant la persistance d’une grande pauvreté. Lorsqu’on examine une période récente, celle comprise entre 2000 et 2009, on constate que la croissance de ce secteur n’a été en moyenne que de 1,16 % (source : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie-ANSD- Comptes nationaux 2007 -2009 Graphique n° 2), c'est-à-dire très inférieure au taux d’accroissement de la population qui s’établit à 2,5 %.

Cette situation d’une population chaque année plus nombreuse, face à des revenus qui, déjà très bas, augmentent deux fois moins vite, appelle une modification urgente des politiques économiques. Il faut en effet renverser rapidement une tendance qui ne peut conduire que vers une instabilité grandissante et des conflits sociaux multiples dont les effets sont imprévisibles Dans cette perspective, il pourrait être d’un certain intérêt de rappeler les atouts dont a toujours disposé notre pays, de signaler les insuffisances du système politique qui n’ont fait qu’ajouter aux difficultés que rencontrent les populations.

UN POTENTIEL RICHE ET VARIE

Les régions naturelles du pays lui offrent une diversité substantielle de possibilités : un grand cours d’eau – le fleuve Sénégal- qui charrie vers la mer, chaque année entre 15 et 20 milliards de m3 d’eau douce, permettant en conséquence de disposer, même en partage égal avec la Mauritanie voisine, de 8 à 10 milliards de m3, c'est-à-dire largement de quoi irriguer la totalité des productions nécessaires à l’autosuffisance en céréales et à l’exportation d’importants excédents. Là où le Mali, s’appuyant sur le réseau hydrographique que constitue le delta intérieur du Niger, s’est engagé dans l’exécution d’un vaste plan d’aménagement et a produit, en 2009 déjà, 1,7 million de tonnes de paddy (soit 1,2 million de tonnes de riz blanc), le Sénégal qui, depuis 20 ans, bénéficie d’une maîtrise des eaux du fleuve grâce aux deux barrages de Diama et Manantali, n’est même pas parvenu à aménager 15% des 250 000 hectares qui étaient prévus lors du lancement du projet.

Plus inquiétant, la salinisation des terres se poursuit et de l’avis même des services du ministère de l’Agriculture, les pointages et recensements effectués avec l’appui de l’Inde, il y a environ quatre ans, révèlent qu’il ne resterait que 157 000 hectares cultivables en riz, ce qui signifie que 50 000 hectares ont été perdus. Ainsi, le Sénégal demeure encore tributaire des importations pour les 4/5 de ses besoins en riz. Il n’est pas d’ailleurs exclu que, à partir de 2013, le pays achète du riz au Mali, car celui-ci deviendra exportateur à partir de cette date!

En outre, est bien avérée la présence des nappes souterraines recelant des réserves d’eau douce, pour la plupart d’entre elles (celles qui ne le sont pas étant susceptibles de le devenir grâce à de nouveaux procédés dûment éprouvés), dont le volume est estimé à plus de 500 milliards de m3 et qui, exploitées à hauteur simplement du renouvellement annuel apporté par la pluviométrie (entre 1,5 et 2 milliards de m3), assureraient la production de fruits et légumes sur 300 000 hectares( le plan REVA ne vise comme objectif que 15 000 ha !).

Les eaux maritimes, malgré le pillage perpétré sur plusieurs décennies (pêche illicite, accords léonins conclus avec l’Union européenne), peuvent encore voir leurs ressources se régénérer, moyennant la mise en œuvre rigoureuse d’un plan de reconstitution approprié. Ce dernier comprendrait à la fois l’installation d’aires marines protégées recouvrant d’importantes surfaces, suivant un système de rotation entre plusieurs zones de pêche (20 % des eaux sénégalaises, qui recouvrent 23 000 km2, pourraient de façon alternée, être réservés, tous les cinq ans à ce programme de mise en défens) et l’affectation de fonds substantiels aux dispositifs de surveillance. L’objectif serait que la pêche, passée de 2,5 à 1,5% du PIB retrouve, sinon dépasse son importance antérieure.

Les régions sud et sud-est bénéficient d’un isohyète autorisant à la fois foresterie, cultures industrielles et vivrières des plus rentables, mais encore faut-il que la paix soit rétablie en Casamance et qu’un réseau suffisamment dense d’infrastructures routières y soit construit.

Plusieurs zones d’élevage s’étendent sur de larges superficies et le cheptel présente un potentiel qui est loin d’être suffisamment mis à profit : les tentatives d’amélioration des races sont encore trop timides et n’obéissent pas à un plan directeur ambitieux et précis ; par exemple, on aurait pu songer à mettre en place un projet d’insémination qui intéresserait 2 millions de vaches sur 4 ans (le programme en cours ne porte que sur le quart de cet objectif), avec toutes les mesures d’accompagnement nécessaires (production généralisée et décentralisée de la semence, choix d’un échelon le plus proche des exploitations pour la conduite des opérations, fourniture gratuite d’aliments appropriés, à titre incitatif, pendant les périodes de soudure, suivi vétérinaire efficace, etc.).

Une telle action, qui aurait pour effet de multiplier par deux ou trois les performances du cheptel en production de viande et lait, ouvrirait la possibilité, à moyen terme, de couvrir les déficits dans ces deux produits qui contraignent actuellement le pays à des importations coûteuses pour satisfaire la demande .

Les régions centre et ouest abritent la grande majorité d’une population indubitablement besogneuse, portée à l’effort, mais pauvre, parce que dépourvue de travail le plus clair du temps, ou réduite à des activités offrant peu de revenus et qui continue d’alimenter, malgré elle, les flux de l’émigration clandestine.

D’ailleurs la gestion de l’économie arachidière n’est pas étrangère aux difficultés que vivent les habitants de ces régions : la culture de cet oléagineux dépend principalement de la disponibilité des semences et de la pluviométrie ; cette dernière, depuis plusieurs années maintenant, s’est avérée suffisante et l’existence de réserves semencières a permis l’obtention de récoltes dépassant souvent 750 000 tonnes. Malheureusement le labeur qui a permis ce résultat n’a pas été rémunéré justement, parce que les paysans ont été laissés seuls face à l’industrie, dont les préoccupations et la logique d’exploitation sont totalement opposées aux intérêts des producteurs.

Pour sortir de cette situation, les autorités doivent comprendre que le marché international de l’huile d’arachide est essentiellement déterminé par la production sénégalaise ; quand la récolte locale atteint 800 000 tonnes/ coques, son équivalent en huile, soit environ 280 000 tonnes, couvre presque totalement les besoins du marché et provoque une baisse immédiate des cours. La bonne stratégie consisterait donc, chaque fois que la production est aussi bonne, à réduire fortement les quantités d’huile à placer sur le marché extérieur, en couvrant en priorité la demande locale qui n’est pas loin des 100 000 tonnes. Une telle démarche va contribuer à soutenir les cours mondiaux de l’huile, sinon à les relever vigoureusement, mais elle implique que l’industrie renonce à ses importations d’huile végétale. Pour le reste, c’est à dire la question du prix de vente intérieur de l’huile d’arachide, il sera nécessaire d’envisager une péréquation que rendra possible un arbitrage de l’Etat, car si grâce à cette nouvelle politique, les prix mondiaux demeurent élevés, les marges ainsi créées pourraient assurer une subvention des prix aux consommateurs locaux (soit par l’application d’un rabais direct sur le prix par l’industriel, soit par une subvention de l’Etat financée par une taxe sur les huiles exportées)

Enfin, le souci d’une bonne communication devrait amener les autorités à annoncer, en cas de bonne récolte, ceci dès le mois d’octobre, les quantités d’arachide que le Sénégal compte réserver à sa propre consommation, de manière à entraver toute tendance baissière du marché.
Le secteur minier ne présente plus seulement des promesses, mais des richesses prouvées. Toutefois, si l’on n’y prend garde, il est en passe de connaître le même sort que la pêche, voire pire, du fait du caractère non renouvelable des ressources concernées. Ici, on est en droit d’exiger que des experts indépendants soient commis pour dresser, à l’intention de toute l’opinion, un état exact des lieux, en exposant clairement le niveau des prospections, les résultats, les productions au cours des cinq dernières années, ainsi que la situation et le statut des différents intervenants. Il serait d’autre part hautement souhaitable, dans le cadre d’une telle étude, que soit évalué l’impact réel, présent et à venir, de ces activités minières sur le pays, à savoir notamment leur incidence sur l’emploi et les prestations sociales, sur les recettes de l’Etat, sur la balance des payements, sans compter leurs effets sur l’environnement. L’enjeu est tellement stratégique qu’il est inconcevable que la gestion de ce secteur reste confinée dans le secret des cabinets ministériels.

Ces données dont on réclame l’établissement et la publication, fourniront, en effet, la possibilité de déterminer le moment où l’extraction/exportation devra céder la place à une industrie qui transformera les produits miniers jusqu’à atteindre le stade semi fini et fini. Car il est indéniable que le Sénégal peut trouver, dans ses ressources minières, le moyen d’assurer son vrai décollage économique, s’il opte vigoureusement pour la transformation et s’il s’oriente vers l’installation, en aval, d’un tissu dense d’industries manufacturières.
Dans le domaine de l’énergie, il est devenu un lieu commun de dire que le rayonnement solaire dont bénéficie le Sénégal, devrait lui permettre, en raison du caractère illimité du potentiel, de couvrir une très grande partie de ses besoins en électricité ; mais d’aucuns estiment qu’une telle orientation se heurtera toujours à l’obstacle que constituent les intérêts du lobby pétrolier et des ses alliés plus ou moins occultes.

La situation de grande pauvreté que connaît notre pays, ne peut être dépassé que si, au lieu de privilégier les causes externes (avec lesquelles il faudra toujours compter), nous faisons l’effort d’identifier les responsabilités propres aux Sénégalais et en particulier à leurs gouvernants qui ont eu entre leurs mains le levier qu’est le pouvoir politique. Si ce sont les hommes, les organisations politiques, mais aussi les options, qui sont en cause, l’on est obligatoirement conduit à s’interroger sur la pertinence du maintien intégral de ce système.


COMMENT CARACTERISER LA GOUVERNANCE DE CES CINQUANTE ANNEES ?
Pour conclure, nous devons admettre qu’aucun Etat ne peut se vanter d’être démocratique, si sa population est en majorité dans le dénuement, alors qu’une minorité devient de plus en plus riche, avec l’appui des pouvoirs publics à travers des options économiques qui ne sont pas le résultat d’une consultation spécifique des citoyens. Un pays sous développé, comme le Sénégal, ne trouve pas la vraie solution à ses difficultés, à travers une démocratie simplement représentative, dont la grande faiblesse réside dans le dévoiement, quasi inévitable, du mandat populaire. En effet, même quand une majorité est sanctionnée et laisse la place à une autre, rien ne garantit que l’intérêt partisan, les logiques d’appareil et le clientélisme, considérés par les politiques comme les seuls facteurs pouvant permettre leur maintien au pouvoir, ne continueront pas d’empêcher que l’Etat se mette au service du plus grand nombre.

Le tableau que nous avons dépeint plus haut et présentant les divers atouts de notre pays, incite à se demander pourquoi nous en sommes, encore aujourd’hui, à ce niveau de pauvreté qui fait le lit de tous les conflits sociaux, de toutes les crises affectant plusieurs secteurs et branches de l’économie, mais aussi les relations entre l’Etat et ses propres agents, entre l’administration et les populations. La détérioration des termes de l’échange qui était souvent montrée du doigt jusqu’en 1980, la dévaluation de 1994, maintenant la mondialisation, ne peuvent satisfaire l’esprit quand il s’agit d’expliquer les vraies causes de l’état actuel du pays.
Un Etat organisé, structuré, ayant assuré l’ordre, dans une parfaite stabilité a toujours existé, qui a efficacement prélevé des ressources sur les revenus des populations pour couvrir ses charges, a contracté des emprunts en principe destinés à équiper le pays. Mais, à l’heure des résultats, cette action des pouvoirs publics s’est révélée bien insuffisante, sous le rapport du niveau des revenus du plus grand nombre et de l’accès aux services sociaux.

Tout d’abord, d’aucuns ne manqueront pas de mettre en cause le profil des différents chefs d’Etat qui ont présidé aux destinées du pays. Certes un Houphouêt Boigny, à la fois médecin et planteur, parfaitement informé de l’économie réelle de la Côte d’Ivoire, irriguée par les revenus, entre autres, du cacao, du café, de l’hévéa et de l’huile de palme, était mieux préparé pour définir les actions nécessaires au progrès de son pays. Alors qu’au Sénégal, les premiers cadres n’étaient que la reproduction des catégories qu’étaient les fonctionnaires et les auxiliaires des maisons de commerce françaises : l’on a ainsi eu droit à un professeur de Lettres et poète en la personne de Senghor (issu d’une famille rurale et dont l’obédience chrétienne a favorisé, dans le cadre de l’enseignement catholique, l’orientation du jeune élève vers la formation littéraire), à un administrateur civil, dont la vocation est plus conforme à la gestion d’un Etat gendarme, en la personne de Abdou Diouf. Le troisième président, Abdoulaye Wade, est un professeur d’économie, doublé d’un avocat : ces deux qualités devraient en faire un homme très proche des réalités et bien au fait des besoins et des solutions à apporter.

Mais comme il a eu à le reconnaître lui-même, la science économique enseignée dans les facultés est quelque peu décalée par rapport aux paramètres qui commandent l’action de développement : ainsi Maître Wade a –t- il dit avoir constaté que les théories économiques ne faisaient pas assez de place à l’importance du rôle des infrastructures, celles-ci constituant dans les Etats en développement, le préalable à tout investissement destiné à accroitre les capacités de production.

Mais ce qui est à craindre avec l’actuel président, c’est que l’avocat prenne le pas sur l’économiste. Comme on le sait, l’avocat, pour tirer d’affaire ou d’embarras son client, a pour arme principale son éloquence. Or celle-ci, par ses différentes techniques, privilégie l’esthétique, la beauté du discours, elle doit éblouir, séduire pour espérer convaincre ; elle doit briller par le style, la richesse et le raffinement de l’expression, la variation des formes (interrogation, exclamation), sans compter ce qui est appelé dans la profession l’effet de manche, la gestuelle ; par le recours à différents registres qui simulent le doute, la surprise, parfois la tristesse, voire l’indignation, ou l’usage de l’ironie, on cherche à transmettre des états d’âme au prétoire. Et pourtant, normalement, seule la pertinence des idées, la solidité de l’argument, la rigueur et l’architecture du discours devraient emporter la conviction.

Ainsi, dans l’action conduite par l’actuel président, quand on édifie des infrastructures, la priorité est accordée d’abord à ce qui est beau, ce qui embellit Dakar, qui frappe les yeux ; c’est le sublime à travers des monuments ou autres édifices imposants (Grand Théâtre National) qui est recherché. Les souverains et les féodaux de la vieille Europe ont édifié d’immenses palais, de splendides châteaux qui encore aujourd’hui brillent de mille feux. Mais, il s’agissait pour eux, par le luxe et l’apparat, d’impressionner le peuple (composé par des sujets et non par des citoyens), d’accroître la distance qui les séparait de ce dernier et ainsi, espérer être mieux à même d’asseoir et de pérenniser leur autorité.

Dans nos pays, l’infrastructure, pour jouer son rôle dans le développement, doit être étroitement liée à la production et aux échanges: on aurait aimé que, par exemple, l’aménagement des terres de la vallée du fleuve Sénégal, qui est la condition sine qua non de l’extension de la production rizicole, soit préféré à la Corniche ouest de Dakar et à la Voie de dégagement nord (100 000 hectares aménagés en régie n’auraient pas coûté plus de 150 milliards de francs) ; que, pour remplacer l’actuelle route des niayes complètement délabrée, soit construit un axe à trois voies, hautement économique, qui mènerait de Dakar à Diogo, voire Lompoul, en passant par Sangalkam, Bayakh, Notto, Mboro, Fass Boye pour assurer, dans les meilleures conditions, l’évacuation des produits de la mer obtenus sur les lieux de pêche situés au large de cette zone, ainsi que les excellentes récoltes maraîchères et fruitières de ces terroirs si fertiles.

L’aéroport Blaise Diagne, soit ; mais pourquoi ne pas l’avoir installé à Tivaouane ou Mboro et en faire, en plus d’un site d’embarquement et de débarquement de voyageurs, un lieu privilégié d’expédition, vers les marchés extérieurs, des produits de la pêche et des légumes de contre saison ?

Nous souhaiterions exhorter ceux à qui la direction de l’Etat est confiée, à songer à construire d’abord le plus utile, avant de penser au beau, d’édifier le contenu avant de définir le contenant. Au demeurant, la relative rareté des ressources, qui nous contraint à faire appel à des aides destinées aux Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) ainsi qu’à l’Initiative d’Allégement de la Dette Multilatérale ( IADM), rend surréaliste la construction de certains édifices ou voieries de nature on ne peut plus somptuaire.


* Sidy Diop dirige le mouvement « Convergence patriotique – le Sénégal d’abord

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Annonces

Lancement du Prix Samir Amin par Pambazuka

2011-02-01

http://pambazuka.org/fr/category/Announce/70599

Pambazuka News a le plaisir d'annoncer son appel à soumissions pour la première édition du Prix Samir Amin. Ce prix annuel, lancé à l'occasion de 80e anniversaire de Samir Amin en 2011, rend hommage à l'extraordinaire contribution faite par ce dernier pour notre compréhension de l'exploitation des peuples d'Afrique et des pays du Sud.

Les participantsau Prix Samir Amin sont appelés à soumettre un essai à partir d’une idée originale, sur le thème suivant : "l'accumulation par dépossession : l'expérience africaine". Les essais ne doivent pas dépasser 10.000 mots. Ils peuvent être centrés sur un ou plusieurs pays, ou sur le continent dans son ensemble. Ils peuvent aborder un sujet thématique (par exemple, le secteur minier, l'agriculture, etc) ou adopter une approche historique. Chaque soumissionnaire ne peut envoyer qu’un seul essai.

Les soumissions sont ouvertes aux citoyens des pays africains qui, à la date de clôture, sont âgés de moins de 35 ans.

Un groupe d'éminents intellectuels africains, à travers le continent, choisira jusqu'à cinq soumissionnaires pour l’attribution du prix de cette année. Les essais choisis seront publiés dans un livre édité par Pambazuka Press ; les résumés paraîtront dans Pambazuka News.

Les lauréats seront invités à une cérémonie (qui se tiendra à Dakar ou à Nairobi), où ils présenteront leurs travaux et pourront rencontrer le professeur Amin, ainsi que les représentants du comité d'attribution. Les lauréats recevront une sélection des publications du professeur Amin dédicacés par lui-même. Ils seront également interviewés par les médias.

Les coûts du voyage et de l’hébergement seront pris en charge par la Fondation Rosa Luxemburg. Les primés pourraient également recevoir des bourses pour des séjours dans des institutions universitaires ou des institutions de recherches en Afrique ; des informations complémentaires seront données à ce sujet ultérieurement.

Vous pouvez soumettre votre essai en français ou en anglais, en utilisant n'importe quel logiciel de traitement de texte usuel, avec un résumé d'au plus 500 mots. Joignez-y une copie de votre CV.

Vous pouvez consulter les directives à l’adresse suivante : http://www.pambazuka.org/
Ou écrire à awards@pambazuka.org pour en obtenir une copie.

Le délai limite pour les soumissions est fixé au 30 avril 2011, 18 heures GMT le 30 avril 2011
Le texte doit être envoyé à : awards@pambazuka.org

Les résultats seront annoncés en septembre 2011.





Arts & livres

Afrique : Quelle place pour les médias dans la diversité culturelle

2011-01-30

http://tinyurl.com/6bmcmng

Le colloque international organisé à Ouagadougou, sur le thème "Médias de la diversité culturelle en Afrique : entre traditions et mondialisation", a insisté sur l’utilisation des langues nationales pour favoriser la promotion des initiatives culturelles en Afrique. Le constat a été fait selon lequel l’usage de "nos" langues sur les antennes n’excède pas 15% des programmes. Le colloque était organise par l’Institut panafricain d’étude et de recherche sur les médias, l’information et la communication (IPERMIC), en partenariat avec la chaire UNESCO de l’Université de Strasbourg. Il a pris fin le 26 janvier 2011.


Cameroun : Un livre sur la guerre coloniale française

2011-01-30

http://tinyurl.com/47tk6jr

Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l’on enseigne toujours que la décolonisation de l’« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd’hui d’évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature... C’est dire l’importance du livre «Kamerun», qui retrace pour la première fois l’histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s’incarnaient en un mot : « Kamerun ! »


Global : Un jeune talent Sénégalais frappe à la porte d'Hollywood

2011-01-30

http://tinyurl.com/5rje3pj

Il est venu aux Etats-Unis en 2004 pour y obtenir un diplôme d'ingénieur programmeur. Il a fini cinéaste comme son père laissé au Sénégal, Cheikh Ngaïdo Bâ, président de l'Association des cinéastes de son pays et membre de plusieurs structures cinématographiques africaines. Il ne tarde donc pas à faire des études de cinéma et finit par devenir un acteur réalisateur, cinq ans après son arrivée au pays de l'Oncle Sam. Il a réalisé un court-métrage grâce auquel il a été retenu par les organisateurs du festival Urban World.


Global : Berlin rejette la demande du Caire de restitution du buste de Néfertiti

2011-01-30

http://tinyurl.com/69rhgar

Le secrétaire d'Etat allemand à la Culture a rejeté la demande égyptienne de restituer le buste de la reine Néfertiti exposé à Berlin, selon un compte rendu d'activité du Parlement paru le 27 jnvier. Interrogé par des parlementaires allemands de la commission des Affaires culturelles, il a expliqué que "le gouvernement allemand refuserait à l'avenir toute demande de la sorte" à propos de cette pièce majeure de l'ère pharaonique. Selon lui, cette demande n'est signée, ni par le ministre égyptien de la Culture, ni par un autre membre du gouvernement égyptien. Et c'est pour cette raison que Berlin ne reconnaît pas cette lettre comme une demande officielle.





Femmes & genre

Mauritanie : Un centre d'écoute au profit des femmes victimes de violences

2011-01-30

http://tinyurl.com/63jev43

L'Association mauritanienne des droits de l'Homme (AMDH) a ouvert un centre d'écoute pour "l'accompagnement juridique, judiciaire et social des femmes victimes de violences". Le centre dispose des services d'un avocat, d'un médecin et va former des actrices de terrain sur "les stratégies de résolution des conflits familiaux". Le contexte d'évolution du Genre en Mauritanie reste marqué par un environnement "difficile au plan politique, économique, social, familial et personnel, avec le poids de la tradition et de fortes discriminations".


Rd Congo : 11 militaires arrêtés après des viols

2011-01-30

http://tinyurl.com/6h62qg7

Onze militaires, dont le lieutenant-colonel Kibibi Mutware et trois majors, ont été arrêtés en relation avec les viols des femmes dans la nuit de 1er au 2 janvier 2011 à Fizi dans la région du Kivu. Au moins 35 femmes ont été violées,. A ce jour, 22 victimes ont été auditionnées par l'Auditorat militaire. Selon s le porte-parole de la Monusco, le Bureau de l’ONU a pu confirmer ces viols d’au moins 32 femmes, y compris deux femmes enceintes et une fille de 16 ans.





Droits humains

Afrique : Le pétrole épargne des critiques en matière de droits de l'homme

2011-01-30

http://tinyurl.com/6yyjghk

Les principaux pays pétroliers d'Afrique échappent largement aux critiques de la communauté internationale malgré des pratiques répressives et une corruption généralisée, regrette Human Rights Watch (HRW) dans son rapport annuel publié le 24 janvier. En Angola, où règne une "corruption endémique", HRW note une détérioration "des droits fondamentaux comme la liberté d'expression et d'information". Mais les partenaires commerciaux hésitent à critiquer le gouvernement pour protéger leurs intérêts économiques, déplore l'association.


Mali : 147 millions pour lutter contre l’esclavage

2011-01-30

http://tinyurl.com/5t4ptz2

Le Mali a lancé le 19 janvier un projet de lutte contre la traite des personnes et les pratiques de l'esclavage au nord du pays. Les pratiques de l'esclavage s’y sont enracinées à travers des facteurs historiques, culturels et socio-économiques. Au cours de la mise en œuvre de ce projet, l'Organisation internationale des migrations fournira une assistance de réintégration à 75% de femmes victime de traite. Aussi, des sessions de formation seront organisées à l'endroit des autorités juridiciaires, des officiers de police et de gendarmerie, dans l'application de la loi concernant la traite des personnes.


Rd Congo : le général Numbi comparaît dans l’affaire Chebeya

2011-02-01

http://tinyurl.com/4fccv7v

L’affaire du militant des Droits humains Floribert Chebeya, en RD Congo, a connu un important développement avec la comparution, le 26 janvier, du général John Numbi, inspecteur général de la police congolaise chef de la police. Floribert Chebeya a été retrouvé mort, le 1er juin de l’année dernière, les mains ligotées, à l’arrière de sa voiture, au lendemain d’une convocation à l’inspection générale de la police, à Kinsahsa. Pendant six heures, le général Numbi a nié toute implication dans le meurtre de Chebeya.


Tunisie: mandat d'arrêt international contre Ben Ali et son épouse

2011-01-30

http://tinyurl.com/4p5k3xn

La justice tunisienne a lancé un mandat d'arrêt international contre le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite, ainsi que contre son épouse Leïla Trabelsi, a annoncé le 26 janvier le ministre de la Justice. Ben Ali a fui le 14 janvier la Tunisie, sous la pression d'une révolte populaire sans précédent, et a trouvé refuge en Arabie Saoudite. La Suisse et la France, qui a ouvert une enquête pour corruption, ont récemment décidé de bloquer d'éventuels fonds appartenant au président tunisien déchu. L'Union européenne a également adopté le principe d'un gel des avoirs de l'ancien président.





Réfugiés & migration forcée

Afrique : Les réfugiés congolais déchus de leur statut au Gabon

2011-01-30

http://tinyurl.com/4ky4u3z

Le ministère gabonais des Affaires étrangères a annoncé le 24 janvier qu’il ne reconnaît plus le statut de réfugiés aux ressortissants du Congo, arrivés en masse lors des trois guerres civiles que ce pays a connues en 1997, 1999 et 2001. ‘’Le Congo, de l’avis de tous, a retrouvé la paix et la stabilité d’antan, les conditions ayant prévalu à l’octroi du statut de réfugié sont donc éteintes’’, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Les demandeurs d’asile congolais qui n’ont pas opté pour un rapatriement volontaire, seront tenus de se conformer à partir du 1er février prochain, au droit régissant les étrangers vivant au Gabon.


Mauritanie : Quelle vie après le retour pour les exilés ?

2011-01-30

http://tinyurl.com/6ebm6j2

Malgré l'aide d'organisations mauritaniennes et du HCR, le retour des exilés négro-mauritaniens, ces "gitans de la Mauritanie", continue à soulever de nombreux problèmes. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Association nationle des immigrés de retour accueillent les familles avec une ration de nourriture pour trois mois, un kit d’insertion (bidons d’eau, couvertures, nattes, marmites), une tente, un terrain, un hangar qui leur servira de maison. Le symbole du retour des « gitans de la Mauritanie » est fort, mais les problèmes sont nombreux.





Elections & gouvernance

Afrique : Après l'Algérie et la Tunisie, le Maroc ?

2011-01-30

http://tinyurl.com/4eccxpd

Le Maroc résistera-t-il à l'onde de choc qui secoue le Maghreb après la révolution tunisienne? Si les mouvements sociaux sont une réalité depuis longtemps dans le royaume, il ne dépend que des autorités de prévenir d'éventuels troubles. Car le Maroc n'est pas à l'abri d'une onde de choc. Des protestations se sont faites virulentes ces dernières années dans le royaume et pourraient repartir de plus belle alors que les prix des denrées alimentaires de base ont flambé comme partout ailleurs.


Afrique : Khadafi demande de tuer Gbagbo

2011-01-30

http://tinyurl.com/4vnq53k

S'il a été plus que fraternel avec Ben Ali balayé par la Révolution des jasmins, Khadafi s'est refusé à toute ambiguïté sur Laurent Gbagbo. Selon plusieurs sources, le Guide a exhorté l'Onuci, les Forces Nouvelles et la Licorne à déloger le locataire du Palais de Cocody par la force. « Allez- y bombarder son Palais, lui et ses soldats, tuez-le s'il le faut. Mais ne laissez plus Gbagbo au pouvoir. Y en a marre. Je ferai face à la facture de la reconstruction», aurait-il déclaré.


Afrique : Qui est le gouverneur par intérim de la BCEAO

2011-01-30

http://tinyurl.com/4zp5pv4

Le burkinabé Jean Baptiste Compaoré, vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), assure désormais l’intérim de la direction de l’institution après la démission du gouverneur, Philippe-Henry Dacoury-Tabley. Entré au COFEB/BCEAO en 1980, il en sort en 1981, nanti d’un Diplôme d’Etudes Supérieures (DES) bancaires et financières, pour intégrer l’Administration de la BCEAO à Dakar. C’est donc un habitué qui tient les rênes de la maison en attendant la nomination dans le premier trimestre 2011 du prochain Gouverneur, un ivoirien qui sera proposé par le président Allassane Dramane Ouattara.


Afrique : Gbagbo, Amin, Bokassa… Les enfants « terribles » du continent

2011-01-30

http://tinyurl.com/4aawju7

Gbagbo, Amin, Bokassa, Habré, Dadis, Mobutu, Tombalbaye... Le dénominateur commun à tous ces “faux héros” de l’Afrique est leur soudaine métamorphose en dictateurs avides de sang et en oppresseurs des libertés individuelles et collectives, dès leur arrivée au pouvoir. Tous, sans exception, commencèrent par le même discours ultra-nationaliste, et se présentèrent en “sauveur” et rétablisseur de “l’honneur et de la dignité baffoués” de l’Afrique. Tous par la suite finirent par accuser la puissance coloniale pour les tueries qu’eux-même avaient perpetrées et continuent de perpetrer sur leur peuple se faisant passer pour des victimes de la situation.


Côte d’Ivoire : Gbagbo dévalise la Bceao

2011-01-30

http://tinyurl.com/5tymh42

Ce que tout le monde redoutait a fini par se produire le 28 janvier en Côte d’Ivoire. A la tête d`importants détachements des Forces de défense et de sécurité, le ministre de l`Economie et des Finances du gouvernement de Laurent Gbagbo a fait irruption dans les locaux de la Banque centrale d`Abidjan-Plateau où il a, sous la menace des armes, obligé deux responsables de la banque à lui ouvrir les portes du caveau afin d`accéder au coffre-fort. Le ministre de Gbagbo s`y est donc introduit pour faire l`état des lieux et se servir. L`acte que vient de poser Gbagbo est d`autant plus grave qu`il viole les principes fondateurs de la Bceao.


Côte d’ivoire : La CPI enquête sur les attaques contre les «casques bleus»

2011-01-30

http://tinyurl.com/63uo5tf

Le procureur Luis Moreno Campo de la Cour Pénale Internationale a pris son bâton pour une démarrer une enquête sur les allegations de violences dirigées contre les forces onusiennes en Côte d’Ivoire avant de lancer des mandats d’arrêt internationaux. Un doute cependant demeure : comment Gbagbo réagirait-il face à cette présence du juge si ses hommes sont accusés ?


Côte d’Ivoire : la guerre financière Gbagbo-Ouattara s’intensifie

2011-02-01

http://www.afrik.com/article21857.html

Le contrôle de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est le théâtre d’une âpre bataille en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara a annoncé le 26 janvier la fermeture des agences ivoiriennes de la banque ouest-africaine. Il réagit ainsi à la décision du président Gbagbo qui, le même jour, a ordonné par décret la réquisition des bureaux de la BCEAO après que la banque avait révoqué son accès aux comptes nationaux le 29 janvier. Ces développements surviennent après la démission forcée du gouverneur ivoirien de la BCEAO, Philippe-Henry Dacoury-Tabley, proche de Laurent Gbagbo et accusé d’avoir autorisé le décaissement de quelque 60 milliards de francs CFA (91,5 millions d’euros) en faveur de son régime.


Côte d'Ivoire : la CEDEAO demande à l'ONU l'usage de la force

2011-01-30

http://tinyurl.com/48u459k

La menace du recours à la force excipée par la CEDEAO contre le régime du président sortant Laurent Gbagbo se renforce chaque jour. Le 24 janvier, l'institution communautaire présidée par le Nigeria a demandé à l'ONU d'approuver une telle éventualité. C'est l'objet d'une lettre ouverte du ministre nigérian des Affaires étrangères Odein Ajumogobia. Elle réclame sans équivoque un soutien international via une résolution spécifique du Conseil de sécurité des Nations unies pour valider l'usage de la force, comme dernier recours.


Côte d’Ivoire: Les Forces nouvelles contre le panel des chefs d’Etat

2011-02-01

http://tinyurl.com/6asdht9

Les Forces nouvelles de Côte d’Ivoire (FNCI, ex-rébellion) récusent l’idée émise le 29 janvier par les leaders de l’Union africaine (UA), selon laquelle un panel de chefs d’Etat sera mis en place pour résoudre pacifiquement la crise en Côte d’Ivoire. Il s’agit des présidents d’Afrique du Sud, du Burkina, de la Tanzanie, de la Mauritanie. Les Forces nouvelles ont interpellé le président sud-africain, Jacob Zuma et l'Afrique du Sud pour "ne pas s'opposer, ni ruser avec la Démocratie en Afrique".


Côte d’Ivoire : Gbagbo engage la guerre des visas contre la France

2011-01-30

http://tinyurl.com/6cxt8g9

La décision de Laurent Gbagbo de mettre fin à l’accréditation de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a beau être considérée comme «nulle et de nul effet », par le gouvernement d’Alassane Ouattara, rival du chef d’Etat ivoirien sortant, autant que par Paris, elle risque de créer quelques désagréments aux voyageurs français. Des Français arrivés à l’aéroport d’Abidjan avec un « visa Coulibaly » — du nom du nouvel ambassadeur ivoirien en France favorable à Ouattara et reconnu par Paris — ont été refoulés à l’aéroport par des policiers qui les attendaient.


Côte d’Ivoire : Les ressources de Gbagbo "en voie d'assèchement"

2011-02-01

http://tinyurl.com/5rbzbx8

Le « Boulanger d'Abidjan » (surnom donné à Gbagbo en raison de son aptitude à rouler son monde dans la farine) cherche avant tout à ne pas s'aliéner le soutien de ses partisans, malgré la stratégie d'étranglement financier déployée par la communauté internationale. Pour payer les fonctionnaires et l'armée, il a besoin d'environ 70 milliards de francs CFA par mois (137 millions d'euros). Afin de ne pas voir ses réserves fondre trop vite, il a décidé de ne plus honorer le service de la dette extérieure.


Afrique : urnes à problèmes ou boîtes à solutions ?

2011-01-30

http://tinyurl.com/65bjkh2

Quand deux élections se suivent, la seconde se cherche ! Surtout lorsque la chaude patate éburnéenne brûle toujours de ses feux contestataires entre la farine du boulanger et la levée de boucliers de la communauté internationale. Le baromètre électoral promet d’être caniculaire cette année 2011 sur le continent... En février, on parlera aussi du Tchad, qui doit organiser des élections législatives. Bénin, Nigeria, Madagascar, République démocratique du Congo, Egypte, Cameroun, Liberia,... c’est à la queue leu leu que les urnes parleront en Afrique cette année. Avec des fortunes et infortunes diverses. Et pendant que le cas ivoirien reste... pendant !


Egypte : ElBaradei promet "une ère nouvelle"

2011-02-01

http://tinyurl.com/4dfl6sp

Mohamed ElBaradei, désigné le 30 janvier par l'opposition égyptienne pour "négocier" avec le régime du président Hosni Moubarak après six jours de révolte, est allé au-devant des manifestants au Caire en promettant "une ère nouvelle". "Je vous demande de patienter, le changement arrive", a-t-il déclaré aux manifestants qui scandaient: "Le peuple veut la chute du président".


Egypte : Moubarak dos au mur

2011-02-01

http://tinyurl.com/4pd3gb8

En dépit du couvre-feu, les Egyptiens occupent toujours la rue. Le président Hosni Moubarak a nommé le 29 janvier un vice-président, Omar Souleimane, et un nouveau Premier ministre, Ahmed Chafik. Mais les manifestants réclament toujours son départ. Au moins une centaine personnes sont mortes depuis le 25 janvier, quand a débuté la contestation. L’armée aura sans doute son mot à dire dans la suite des événements. Elle reste fidèle jusqu’à maintenant au raïs, mais elle n’a pas non plus été hostile aux manifestants.


Gabon : Mba Obame se proclame président, son parti dissout

2011-01-30

http://tinyurl.com/4cpoue3

Le parti gabonais d’opposition Union nationale (UN), dont le secrétaire exécutif André Mba Obame s’est autoproclamé président le 25 janvier et a formé un gouvernement, a été dissous "avec effet immédiat". Le ministère de l’Intérieur a accusé M. Mba Obame, les membres de son "équipe gouvernementale insurrectionnelle" et leurs soutiens d’avoir "violé gravement la Constitution". L’UN a été créée en février 2010 par trois partis et six candidats déclarés battus à l’élection présidentielle d’août 2009, remportée par Ali Bongo Ondimba.


Global : Washington soutient le boycott des exportations de cacao ivoirien

2011-01-30

http://tinyurl.com/4ns9bu7

Les Etats-Unis ont exprimé le 24 janvier leur soutien à l’initiative d’Alassane Ouattara, le vainqueur déclaré de l’élection présidentielle ivoirienne, qui a demandé que soient suspendues pour un mois les exportations de cacao ivoirien.
Le porte-parole du département d’Etat a indiqué que le blocage des ressources du camp Gbagbo, qui lui permettent de “continuer d’acheter le soutien des militaires et des policiers”, fait partie de la stratégie américaine.


Maroc : Rabat dément opérer des mouvements de troupe

2011-02-01

http://tinyurl.com/47qjcok

Rabat a convoqué l'ambassadeur d'Espagne pour protester contre la diffusion de "fausses nouvelles" sur des mouvements de troupes marocaines qui auraient eu pour but de prévenir d'éventuelles émeutes sociales. Un nouvel épisode des rapports conflictuels entretenus par les deux voisins méditerranéens. Des médias espagnols ont fait cas de mouvements de troupes marocaines, qui auraient été ramenées du Sahara occidental de manière à intervenir en cas de troubles consécutifs aux révoltes en Égypte et Tunisie.


Niger : trois favoris, un outsider pour la présidentielle

2011-02-01

http://tinyurl.com/4w8hrqu

Depuis vingt ans, quatre grands acteurs dominent la scène politique nigérienne. Trois d’entre eux - Mahamadou Issoufou, Hama Amadou et Mahamane Ousmane - tiennent l’affiche au premier tour de l'élection présidentielle qui a eu lieu le 31 janvier. Seul manquera l’ancien chef de l’État, Mamadou Tandja. Les quatre favoris font-ils jeu égal ? Non. Le 11 janvier, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) de l’éternel opposant Mahamadou Issoufou a fait une percée lors des élections locales, pour dominer les trois autres forces politiques.


Tunisie : Ghannouchi reste, les caciques de Ben Ali partent

2011-01-30

http://tinyurl.com/623cpbl

Le Premier ministre Mohammed Ghannouchi a remanié son gouvernement de transition tunisien le 27 janvier, à l'issue d'intenses négociations, contesté quotidiennement dans la rue, qu'il a épuré des principaux ministres ayant servi le président déchu Ben Ali. L'annonce de la démission des caciques de l'ancien régime a provoqué une explosion de joie parmi les centaines de manifestants de la Kasbah, qui campent depuis quatre nuits sous les fenêtres du Premier ministre dans le centre de Tunis, bravant le couvre-feu pour obtenir la démission du gouvernement. Ils ont toutefois continué de réclamer le départ de Mohammed Ghannouchi lui-même, qui a été le dernier chef de gouvernement de Zine El Abidine Ben Ali pendant les onze dernières années.





Développement

Afrique : la concurrence entre multinationales s'accentue

2011-01-30

http://tinyurl.com/5vp73g9

L'émergence d'une nouvelle classe moyenne de consommateurs attise les convoitises des multinationales. Les grands groupes africains entrent dans la compétition. De plus en plus de multinationales mettent le cap sur l'Afrique. A commencer par les opérateurs de téléphonies mobiles. Alors que le nombre d'utilisateurs de téléphones en Afrique a dépassé la barre des 500 millions fin 2010, les sociétés se livrent une bataille sans merci pour conquérir de nouveaux clients. Autre secteur soumis à une forte concurrence: les banques. Le FMI mise sur une hausse de 5% du PIB en 2011 et 74% des entreprises françaises présentes en Afriques pensent être bénéficiaires en 2011, selon le baromètre du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian).


Afrique : Guide de la FAO face à l’envolée des prix alimentaires

2011-01-30

http://tinyurl.com/4863szd

La FAO a invité les pays à examiner avec attention les retombées de la hausse des prix alimentaires et à ne pas prendre de mesures gouvernementales paraissant utiles à court terme, mais qui pourraient s'avérer délétères, voire aggraver la situation, à plus long terme. "Les restrictions à l'exportation, par exemple, appliquées par certains pays producteurs d'excédents vivriers, ont exacerbé la situation du marché alimentaire mondial durant la crise de 2007/2008. La FAO déconseille ces mesures qui exacerbent souvent le climat d'incertitude. Elle souligne qu'il n'existe pas de solution universelle pouvant être appliquée dans tous les pays avec la même probabilité de succès.


Côte d'Ivoire : Ouattara fait bloquer les exportations de café et cacao

2011-01-30

http://tinyurl.com/66cpnog

En empêchant les exportations de cacao et de café, Alassane Ouattara tente d'asphyxier financièrement Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir. Certes, le gouvernement Ouattara annonce que tous les opérateurs qui pourraient être tentés de passer outre «seront considérés comme finançant les activités de l'administration illégitime de M. Laurent Gbagbo et s'exposent à des sanctions internationales, sans préjudice des poursuites pénales des juridictions nationales». Seulement, comme l'a aussitôt fait remarquer un porte-parole de l'ancien président, de nombreux acheteurs ont déjà passé leurs commandes et ils vont vouloir être livrés.


Guinée : Lancement d’un projet d’électrification rurale

2011-01-30

http://tinyurl.com/6beollf

Le 21 janvier dernier, un don de 23 millions de dollars a été approuvé par le Conseil d’administration du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque Africaine de Développement, pour financer un projet d’électrification rurale en Guinée. Le taux d’électrification rurale devrait passer de 3% en 2009 à 15% en 2015. Le taux de perte d’énergie sur le réseau de distribution devrait s’en trouver réduit, passant de 48% en 2009 à 20% en 2015. Via ce projet, des études indispensables à la préparation de prochaines interventions du Groupe de la Banque Africaine de Développement et des autres bailleurs de fonds dans le secteur seront réalisées.


Sénégal : le courant ne passe plus !

2011-02-01

http://tinyurl.com/4dckr22

Malgré l’hiver, la température grimpe à Dakar. Habitué aux coupures de courant intempestives, le Sénégal connaît actuellement une crise énergétique sans précédent. Confrontées à une recrudescence des délestages, les populations commencent à perdre patience et manifestent leur colère. Si la direction de la SENELEC (société nationale d’électricité) est évidemment dans la ligne de mire des populations, ils pointent également la responsabilité du président de la République, Abdoulaye Wade, et de son fils Karim, ministre de l’Energie. Face aux délestages, la gronde s’intensifie.


Somalie : l'ONU appelle à la mobilisation internationale

2011-01-30

http://tinyurl.com/4jc29oa

L'ONU a appelé le la communauté internationale à se mobiliser en faveur de la Somalie, menacée d'une nouvelle sécheresse après deux décennies de guerre civile. Pays de la Corne de l'Afrique, la Somalie est en guerre civile, livrée aux milices claniques et chefs de guerre, depuis la chute du régime de Siad Barre en janvier 1991. Les Nations unies vont lancer un plan de "stratégie d'assistance à la Somalie" (UNSAS), qui fixera les objectifs notamment humanitaires à atteindre dans les cinq ans.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Campagne de vaccination "synchronisée" contre la polio

2011-01-30

http://tinyurl.com/4m5brpz

Le Congo et deux de ses voisins, le Gabon et la République démocratique du Congo (RDC), doivent organiser, du 7 au 12 février, une campagne synchronisée de vaccination contre la poliomyélite. La décision a été prise sur proposition d'experts et "de commun accord avec l'OMS et l'UNICEF. Une épidémie au Congo avait provoqué officiellement "220 décès" depuis octobre 2010 et "542 cas" avaient été signalés. Le Congo a reçu 18 millions de doses de vaccins pour toute sa dernière campagne de vaccination ET le gouvernement a évoqué un taux de couverture vaccinale de 100%.


Côte d'Ivoire : Crainte d'une intensification du choléra

2011-02-01

http://tinyurl.com/45r6rnk

A Abidjan, l'insalubrité a atteint la cote d'alerte. Une situation liée à la crise politique. Les poubelles géantes débordant d'ordures ménagères sont visibles aux coins des rues. Lors d'un point de presse convoqué d'urgence, la ministre de la Santé et de la Lutte contre le sida avait fait part aux populations d'une « situation sanitaire grave ». Tout en demandant à la population de garder son calme, elle avait recommandé à celle-ci d'observer des mesures d'hygiène dont la consommation de l'eau potable, la consommation des aliments bien cuits et la protection des aliments contre les mouches.


Côte d'Ivoire : Une épidémie de fièvre jaune se propage

2011-01-30

http://tinyurl.com/4cf9baj

Plus de 800 000 personnes sont concernées par une campagne de vaccination de riposte contre l'épidémie de fièvre jaune qui sévit en Côte d'Ivoire depuis mai 2010. Pour cette campagne, l'appui financier de l'OMS, chiffré à environ 50 millions de francs (soit 100.000 dollars américains) sur un budget global de 87,5 millions (environ 175.000 dollars américains), permettra de supporter les coûts opérationnels et logistiques de la campagne.





LGBTI

Cameroun : Levée de boucliers contre l’homosexualité

2011-01-30

http://tinyurl.com/4sq6egz

« Blasphème », « abomination », « interdit »… Nombre de Camerounais s’insurgent contre l’homosexualité, tandis que d’autres, plus discrets, la tolèrent. Depuis le début de l’année, une importante subvention de l’Union européenne accordée à des associations de défense des homosexuels défraye la chronique. L’Eglise également a été courroucée par l’annonce du don de l’Union européenne. Les prêtres catholiques notamment n’on pas manqué, à la suite du gouvernement, de dire leur indignation et leur désapprobation. Le ministre des Relations extérieures l’a réaffirmé lors de son audience avec le chef de délégation de l’Union européenne au Cameroun : « Le peuple camerounais n’est pas prêt ni disposé à aller dans le sens du développement de ces pratiques sur son territoire. »





Environnement

Nigeria : deux ONG accusent Shell de masquer ses responsabilités dans la pollution

2011-01-30

http://tinyurl.com/4mws3ad

Amnesty International et Les Amis de la Terre (Friends of the Earth) ont accusé le 25 janvier le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell de masquer ses responsabilités dans les fuites de pétrole dans ses installations au Nigeria et les dégâts causés à l'environnement. Selon la loi nigériane, les dégâts causés par les actes de sabotage ne donnent lieu à aucune compensation. Les ONG accusent Shell de "faire état de données trompeuses destinées à montrer que 98% des fuites de pétrole ont été causées par des actes de sabotage". Shell a réagi au communiqué des ONG en soulignant avoir informé de tous les cas de fuites de pétrole depuis 1996. "


Rd Congo : Des centaines de familles expulsées du parc des Virunga

2011-02-01

http://tinyurl.com/4vmsewd

Plusieurs centaines de familles viennent d'être expulsées du Parc national des Virunga, situé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé le 30 janvier l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). L'ICCN accuse ces personnes de se livrer depuis quelques années au braconnage des animaux tels que les éléphants, les antilopes, les buffles, les singes et les autres espèces animales, à l'abattage des arbres et à la destruction de l'environnement du parc.





Média & liberté d'expression

Egypte : Internet et le mobile coupés pour contenir la révolte

2011-02-01

http://tinyurl.com/48suyoh

Le 27 janvier 2011 vers 22h30, les autorités égyptiennes ont coupé le réseau Internet, ainsi que le réseau de télécommunication mobile afin de non seulement briser l’organisation de la protestation en Egypte, mais également la diffusion de cette information à l’étranger. Une décision qui est en contradiction avec le discours du président Hosni Moubarak qui a promis, le 28 janvier, des ‘mesures’ en faveur de la démocratie.


Rwanda : Les pays occidentaux appellent à mieux protéger les journalistes

2011-01-30

http://tinyurl.com/4gzzju7

Le Rwanda doit renforcer la protection des journalistes souffrant d'un manque de liberté d'expression, ont recommandé le 24 janvier les pays occidentaux devant les 47 membres du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Le représentant britannique a reconnu "le rôle des médias dans le génocide de 1994" mais s'est dit "préoccupé quant aux limites relatives à la liberté d'expression en particulier la suspension de journaux indépendants et les rapports de harcèlement de journalistes".


Soudan : Deux journalistes risquent la peine de mort

2011-02-01

http://tinyurl.com/4vd2ysy

Abouicha Kazem et Abdelgader Bakash, de l’hebdomadaire Bar’ut, ont été inculpés d’"atteinte à la Constitution soudanaise" et risquent la peine de mort par pendaison suite à la publication d’un article évoquant la possibilité d’une sécession de l’est du pays.





Nouvelles de la diaspora

Afrique : Les immigrés en Europe, un potentiel du développement

2011-01-30

http://www.africatime.com/afrique/index.asp

L’un des principaux enseignements à tirer de la conférence historique des immigrés africains en Europe, qui s’est déroulée du 15 au 17 janvier à Tripoli, est l’ampleur de la force incarnée par cette frange de la société africaine dont le potentiel humain et matériel peut apporter une grande contribution au processus du développement et de prospérité du continent africain. Cette rencontre initiée paar Kadhafi vise à réunir tous les immigrés africains en Europe et les fédérer au sein d’une union mondiale.





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