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Pambazuka News 178: Les femmes rurales africaines se mobilisent pour l'agriculture familiale
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Forum Social Mondial 2011, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUES : Les femmes rurales africaines lancent une campagne pour l’agriculture familiale.
FORUM SOCIAL MONDIAL 2011 : Les altermondialistes «le cul entre deux chaises».
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Sortie de crise à Madagascar : Engagements des acteurs politiques.
ARTS & LIVRES : Afrique : L’Afrique en force au FESPACO.
FEMMES & GENRE : Afrique : Les Femmes des Grands Lacs adoptent un plan d’action.
DROITS HUMAINS : Afrique : Traite des humains et esclavage sexuel progressent en Afrique australe.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : LIBERIA : Le HCR transfère des réfugiés ivoiriens.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Washington dialogue avec la société civile.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Essor de la production de maïs.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : La planification familiale au centre des préoccupations.
EDUCATION : Afrique : L’UNESCO va créer une bibliothèque universitaire virtuelle.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Echec interdit pour le panel de chefs d’Etat sur la Côte d’Ivoire.
Chroniques
Promotion de l’agriculture familiale : les femmes africaines en campagne
Tidiane Kassé
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71075
Douze associations de femmes rurales africaines ont lancé, le 7 février 2011, une campagne de trois ans visant à promouvoir l’agriculture familiale, élément fondamental dans la quête d’une souveraineté alimentaire. Le lancement a eu lieu dans le cadre de la Foire internationale des ressources animales (FIARA), qu’organise chaque année le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA). Une FIARA qui constituait cette année un des événements du Forum social mondial organisé du 6 au 11 février à Dakar.
Dénommée « Nous sommes la solution : Célébrons l’agriculture familiale africaine», la campagne démarre au niveau de cinq pays de la sous-région ouest-africaine : Sénégal, Mali, Guinée, Burkina et Ghana. Douze réseaux d’associations de femmes rurales établies dans ces pays sont appelés à coordonner les activités de mobilisation et de campagne (voir la liste ci-dessous) qui vont impliquer les associations de femmes à la base comme éléments d’impulsion et comme actrices.
La campagne est appelée à s’étendre progressivement à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et à d’autres régions du continent. Elle fait partie d’une campagne panafricaine globale du même nom, que le ROPPA, d’autres plateformes paysannes d’Afrique et des ONG partenaires ont décidé de lancer depuis juillet 2009, à l’issue d’une réunion tenue à Bamako. La démarche a été appuyée par l’Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives en Développement, Food First et Fahamu.
A l’occasion de cette réunion de Bamako, les associations de femmes rurales présentes ont exprimé le besoin de mener, en parallèle et en corrélation, une campagne qui leur serait propre. Pour elles, il s’agit de la meilleure manière d’avoir voix au chapitre et de faire ressortir leurs points de vue, leurs besoins et leurs attentes en matière d’agriculture familiale. Au regard du rôle et de la place que les femmes occupent dans la production et la transformation des productions agricoles, base de l’alimentation familiale, elles entendent ainsi s’approprier cette campagne au mieux de leurs intérêts qui sont avant tout ceux de la famille et de la communauté.
La campagne «Nous sommes la solution : Célébrons l’agriculture familiale africaine» qui vise les objectifs suivants :
- Promouvoir les bonnes pratiques et les connaissances portées à travers les générations en Afrique (agro-écologie, préservation des semences), et qui ont permis d’assurer la souveraineté alimentaire sur le continent ;
- Influer sur les décideurs pour promouvoir une meilleure gouvernance ;
- Valoriser la production de l’agriculture familiale
Par rapport à ces orientations, la campagne des femmes se donne les objectifs généraux suivants :
- Doter des organisations de femmes rurales ainsi que leurs leaders de capacités organisationnelles ;
- Informer, sensibiliser et renforcer les voix des femmes rurales pour les engager dans les processus de prise de décision concernant la campagne globale aux niveaux africain, régional et local
- Organiser, mobiliser et soutenir un réseau panafricain d’échanges d’informations et de plaidoyer
En termes d’objectifs spécifiques, la campagne des femmes vise à :
- Renforcer 12 associations de femmes rurales et termes d’organisation et de capacitation de leurs leaders ;
- Faciliter l’implication de 75 femmes rurales dans des activités de plaidoyer et de diffusion d’informations dans les médias, les engageant ainsi dans les processus de prise de décision pour la campagne globale aux niveaux africain, régional et local ;
- Mobiliser et soutenir un réseau de 1000 organisations actrices pour des échanges d’information, des partenariats et des activités de plaidoyer.
Au final, la campagne devra permettre aux associations de femmes rurales, entre autres, d’améliorer leurs aptitudes, de promouvoir et de partager les connaissances agricoles traditionnelles, assurant ainsi la préservation et la promotion de cet héritage comme alternative aux méthodes vulgarisées par la Révolution verte. Car il est aujourd’hui attesté que les exploitations familiales qui assurent en grande partie la nourriture des populations en Afrique. Au Sénégal, par exemple, l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), a établi que «le panier de la ménagère sénégalaise est à 61% approvisionné directement ou indirectement par les exploitations familiales d’agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs et de forestiers» (2010).
Cette campagne que vont mener les associations de femmes rurales est soutenue et facilitée par Fahamu. Elle se présente comme un élément essentiel dans la quête de plus de justice sociale en Afrique, au regard des crises multiformes (financières, alimentaires) qui impactent le continent et dont le monde rural souffre le plus, alors qu’il constitue quelque 70% des populations. Depuis les années 1980, l’agriculture africaine connaît des crises cycliques qui ont entraîné une constante décroissance de sa production. Une situation qui se traduit par une aggravation de la pauvreté, l’insécurité alimentaire, la détérioration des conditions sanitaires, etc. Au-delà des changements climatiques et des effets de la sécheresse, ces difficultés résultent surtout de stratégies et de politiques agricoles inappropriés de la part des Etats.
Les femmes sont au cœur d’un système de production qui périclite et en subissent le plus fortement les contrecoups. En Afrique subsaharienne, les femmes sont responsables à 70% de la production alimentaire, à 100% de la transformation, à 50% du petit élevage et à 60 % de la vente sur le marché (1). Malgré tout, elles ont un accès limité aux technologies appropriées, à la formation, au crédit, aux fertilisants, à la terre et aux autres facteurs de production.
La campagne «Nous sommes la solution : Célébrons l’agriculture familiale africaine» est une réponse endogène à cette situation, portée par le mouvement paysan à travers le continent. Les 24 organisations qui l’ont conçue à Bamako, en juillet 2009, entendent s’appuyer sur les expériences endogènes africaines pour répondre de manière efficace aux crises alimentaires et montrer qu’il existe des approches plus pertinentes que les politiques agricoles industrielles inspirées par l’économie de marché, qu’AGRA et les institutions de la Révolution verte promeuvent.
Orientations et veille sur la campagne
La campagne menée par les associations de femmes rurales, se fera sous la supervision d’un Comité de pilotage stratégique. En prélude au lancement de la campagne, un groupe de réflexion s’est réuni les 28 et 29 janvier pour se pencher sur sa mission, sa composition et les profils de ses membres.
Les points discutés durant cette réunion ont porté sur :
Sa mission :
- Orienter et donner une vision stratégique
- Superviser, piloter sur la durée de la campagne
- Identifier les alliances possibles
- Gérer les relations politiques avec les acteurs stratégiques extérieurs (bailleurs, gouvernement)
- Administrer et contrôler l’exécution du projet et des ressources
- Participer à la bâtir l’image et la visibilité de la campagne.
Sa composition :
- Représentative par rapport à la zone d’intervention (5 pays où démarrent la campagne)
- Des femmes et hommes avec prépondérance des femmes
- Différente du comité de coordination et d’opérationalisation
- Représentative d’autres régions du continent
Le profils des membres :
- Maîtrise du sujet et des enjeux théoriques, politique et de terrain
- Reconnaissance politique (estime) de la part des organisations de femmes
- Capacité à faire avancer la réflexion stratégique
- Capacité d’interaction, de diplomatie et de négociation avec les acteurs stratégiques
Cette réunion de réflexion sur le comité de pilotage de la campagne des associations de femmes rurales a regroupé :
- Mme Salimata Wade : Réseau d'appui à la citoyenneté des Femmes Rurales d'Afrique de l'Ouest et du Tchad
- Mme Fatou Batta : Fédération nationale des organisations paysanne du Burkina
- Bernard Yangmaadome Guri : Compas Africa - network for Endogenous Development - research institutes
- Mme Agnes Mary Beecham
- Bakari Niary : Réseau pour la Biodiversité en Afrique – ABN
- Mme Djakagbé Kaba : Association Guinéenne pour l'Allègement des Charges Féminines
- M. Mamadou Goita : Institut pour l’Alimentation et le Développement durable en Afrique
- Mme Assétou Founé Samaké : Institut pour l’Alimentation et le Développement durable en Afrique
- Mme Fatou Guèye Cissé : Comité Régional de Solidarité des Femmes pour la Paix en Casamance/Usoforal
- Mme Diouf Mariane Diaffé Ndiaye : Femmes Enfance et Environnement (FEE)
- M. Souleymane Bassoum : Agrecol Afrique
- Mme Aissa Doumara Ngatansou : Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes et aux filles – Cameroun
- Mme Anne Maina : Réseau pour la Biodiversité en Afrique – ABN
- Mme Abdoulaye Fati Soumaila : Rayouwan-Mata - Organisation pour la Promotion et l'Epanouissement de la Femme Nigerienne
- Oumar Seck Ndiaye : Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires, section Afrique (AMARC)
Coordination et d’Opérationnalisation de la Campagne : un atelier sur le leadership pour démarrer
Pour coordonner la campagne, douze associations de femmes rurales ont été identifiées dans les cinq pays concernés. Ce groupe a été constitué sur la base du noyau d’organisations qui, depuis la réunion de Bamako en 2009, se trouve impliqué dans le processus. Il a été élargi pour intégrer d’autres associations issues des réseaux œuvrant pour les intérêts des femmes paysannes à la base, ayant légitimité, influence, capacité de mobilisation et leadership, qui sont basées dans une structure qui permette la logistique de coordination et sont disponibles pour le temps de coordination que requiert la campagne sur les trois ans
En prélude au lancement de la campagne qui a eu lieu le 7 février, un atelier de Formation de Formatrices au Leadership Féminin a été organisée à l’endroit de responsables de ces douze associations. La session, animée par Women’s Learning Partnership for rights, Development and Peace [WLP], s’est tenue du 31 janvier au 3 février 2011. Durant ces quatre jours de formation au Leadership Féminin, les discussions ont tourné autour de trois axes :
- Comment découvrir et développer ses capacités individuelles en matière de leadership,
- Les éléments d’un bonne communication,
- Comment développer et élaborer des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation autour d’une cause.
Cet atelier organisé en prélude à la campagne avait pour objectif de former des formatrices pour la mise en œuvre de la campagne. Pour Rebecca Akua Sabri, directrice du Tanchara Women Farmers Association du Ghana, «les ateliers ont occasionné une prise de conscience réelle quand au besoin de préserver l’agriculture familiale et à l’importance du rôle de la femme rurale dans sa valorisation».
Les associations appelées à coordonner la campagne au niveau des cinq pays sont :
Burkina :
- Réseau d'appui à la citoyenneté des Femmes Rurales d'Afrique de l'Ouest et du Tchad
- Fédération nationale des organisations paysanne du Burkina
Ghana
- Tanchara Women Farmers Association
- Abokobi Farmers Association
Guinée
- Association Guinéenne pour l'Allègement des Charges Féminines
- Fonds commun pour les projets de base
Mali
- Association des Organisations professionnelles paysannes
- Association malienne pour la sécurité et la souveraineté alimentaire
Sénégal
- Syndicat National des Agriculteurs, Eleveurs et Pêcheurs
- Groupe d’initiatives pour le progrès social
- Association des jeunes agriculteurs de la Casamance
* Tidiane Kassé est rédacteur en chef de l'édition française de Pambazuka News
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Campagne pour l’agriculture familiale : la déclaration de Dakar
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71079
A l’issue des concertations entre organisations régionales, plateformes de producteurs africains, partenaires techniques et financiers et certaines organisations de producteurs agricoles et ONG du Nord, qui ont dialogué de 2006 à 2009 sur les questions de souveraineté alimentaire en Afrique, leur analyse fait ressortir que :
- 80% de la population sont nourris par les petits producteurs
- Malgré les ressources naturelles encore importantes et les savoir-faire des millions de femmes paysannes productrices agricoles vivant et travaillant dans leurs exploitations familiales agricoles, la région demeure fortement dépendante de l’extérieur pour son alimentation : l’Afrique est nourrie par les bateaux.
- Cette contradiction est le produit de politiques agricoles nationales encore insuffisamment adaptées, d’insuffisance dans la mobilisation sociale et dans l’organisation des paysans et producteurs agricoles. Elle résulte également d’une trop faible efficacité des espaces et des mécanismes de dialogue entre les acteurs nationaux.
- Cela a conduit à rendre les pays et les populations plus vulnérables face aux aléas climatiques (sécheresse, pluie tardives, pluies précoces…)
- Cela a également engendré une pauvreté plus profonde et plus massive des paysans et des producteurs agricoles faisant d’eux les premières victimes de l’insécurité alimentaire.
- La pauvreté et l’insécurité alimentaire dans lesquelles végète l’Afrique de l’Ouest peuvent être jugulées avec des politiques basées sur la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire le « droit pour tout pays ou ensemble de pays à définir sa politique agricole dans l’intérêt de ses populations, à développer et protéger ses productions et ses marchés afin que ceux-ci puissent satisfaire les besoins d’une alimentation saine, suffisante, culturellement et cultuellement acceptable et qu’ils soient également le socle pour une rémunération juste du labeur des exploitations familiales agricoles. »
Conscients des rôles et responsabilités qui sont les leurs vis-à-vis des populations qu’elles représentent, accompagnent et appuient dans leurs efforts quotidiens, les organisations africaines de femmes rurales chargées d’opérationnaliser la campagne «Nous sommes la solution : célébrons l’agriculture familiale africaine» ont adopté le présent document qu’elles ont intitulé « La Déclaration de Dakar»
- Considérant que le secteur agricole en Afrique est la base du bien-être de la majorité de la population, de la richesse régionale, de la préservation des ressources naturelles, de l’avenir de la jeunesse, des sociétés et de la paix sociale ;
- Considérant que le développement agricole de la sous région ne peut être fondé que sur le développement de l’agriculture familiale avec une forte connotation agro-écologique mettant en valeur les savoirs traditionnels et les pratiques endogènes agricoles;
- Préoccupés par l’insuffisance de la prise en compte de la dimension genre dans les politiques agricoles ;
- Convaincus que notre agriculture est la base de la promotion industrielle et économique à travers ses multiples secteurs que sont la production végétale, l’élevage, la pêche, l’exploitation forestière et la transformation de produits agricoles ;
- Convaincus que l’agrobusiness, les OGM et les politiques agricoles conçues de l’extérieur ne font qu’accroître la pauvreté et les tensions sociales en créant des ouvriers agricoles et une forte dépendance ;
- Convaincus que les pratiques agricoles traditionnelles et les savoirs locaux sont une solution aux crises agricoles et économiques dans le monde rural ;
- Convaincus que les femmes jouent un rôle primordiale dans tout le processus de production, de transformation et de commercialisation agricole ;
- Convaincus que la souveraineté alimentaire ne saurait être atteinte sans une forte implication des femmes rurales ;
Les leaders des associations féminines rurales africaines et leurs réseaux sont déterminés et engagés à œuvrer pour prouver que « Nous Sommes La Solution ».
Nous, leaders d’associations de femmes rurales africaines du Burkina Faso, du Ghana, de la Guinée, du Mali et du Sénégal sommes déterminées et engagées à :
- Œuvrer à côté du ROPPA, de l’IRPAD, de l’AFSA, de la COPAGEN et des plateformes de producteurs africaines pour :
o Promouvoir les bonnes pratiques et savoirs agricoles connus et transmis pendant des générations en Afrique et qui ont préservé la souveraineté alimentaire sur le continent
o Influencer les décideurs et promouvoir une meilleure gouvernance, notamment agricole
o Valoriser la production de l’agriculture familiale
- Œuvrer pour la poursuite du dialogue et la construction de réseaux féminins ruraux africains, afin de mettre en œuvre des alternatives agro écologiques à la révolution verte ;
- Œuvrer pour contre carrer toute politique/initiative agricole visant à prendre nos Etats en otage, à anéantir le petit producteur ou à le transformer en ouvrier agricole.
- Nous disons nos aux OGM, Non au brevetage du vivant et Non à l’agrobusiness
Vive La femme Rurale ! Vive l’agriculture familiale africaine
Fait à Dakar, le 07 Février 2011
Le Comité d'opérationnalisation et de coordination
Burkina :
- Réseau d'appui à la citoyenneté des Femmes Rurales d'Afrique de l'Ouest et du Tchad
- Fédération nationale des organisations paysanne du Burkina
Ghana
- Tanchara Women Farmers Association
- Abokobi Farmers Association
Guinée
- Association Guinéenne pour l'Allègement des Charges Féminines
- Fonds commun pour les projets de base
Mali
- Association des Organisations professionnelles paysannes
- Association malienne pour la sécurité et la souveraineté alimentaire
Sénégal
- Syndicat National des Agriculteurs, Eleveurs et Pêcheurs
- Groupe d’initiatives pour le progrès social
- Association des jeunes agriculteurs de la Casamance
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La résistance de nos agricultures !
Yaya Dia
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71083
Les agricultures ne peuvent être valorisées que dans le cadre du développement global, lequel développement est lié à la base culturelle et cultuelle de nos sociétés. Notre combat est de faire de l’agriculture une composante essentielle de l’environnement écologique et social, une base de l’autosuffisance alimentaire et une source de bien être et de richesse pour toutes les populations.
Je voudrais profiter de cet auditoire pour lancer un appel pour la formation de formatrices du monde rural. Dans le monde rural, les hommes sont pratiquement seuls à apporter l’appui-conseil aux exploitations agricoles. Beaucoup de thèmes ont été mal vulgarisés parce que la femme ne peut pas tout dire à l’homme. Je donne l’exemple des foyers améliorés qui n’ont pas connu le succès escompté dans certaines zones parce que la mystique qui consolide l’entente du couple est sous les trois pierres ! Dans certains villages soninké les femmes ne cultivent pas le piment et préfèrent donner les semences aux femmes peulh et acheter la production après ; la raison est simple : dans la croyance soninké la culture du piment déstabilise le ménage. Des exemples de ce genre foisonnent dans la vulgarisation agricole au sens large.
Pour combler cette distorsion, il y a de cela 23 ans nous formions la première promotion de Conseillère en Promotion Féminine (CPF) dans la vallée du Fleuve Sénégal. Elle est malheureusement la dernière promotion. Je lance un appel pour la formation de nouvelles promotions de CPF dans tous nos pays. Le contenu de cette formation aurait comme fil conducteur les principes de durabilité, d’équité, de stabilité et de productivité.
Je lance un second appel cette fois-ci pour la domestication de nos produits locaux, surtout de nos fruits qui sont exploités dans le cadre d’une économie de cueillette. Si nous continuons à laisser nos plantes à l’état sauvage, nous n’apporterons pas grand-chose au rendez-vous du donner et du recevoir !
Célébrer l’exploitation familiale Africaine c’est avant tout célébrer la femme africaine ! La femme africaine, en effet, a la redoutable charge de l’alimentation de la famille : des enfants, du mari et des hôtes. Elle s’est toujours comportée en capitaine du bateau familial ! Qui parmi vous, représentantes d’organisations de femmes d’Afrique, n’a pas dormi la faim dans le ventre après avoir servi le repas aux enfants, aux invités et au mari ?
Femmes d’Afrique vous avez une attitude de capitaine ! Ce n’est pas un hasard si les femmes s’occupent de la production, de la transformation et de la conservation des aliments.
Célébrons donc la Femme Africaine ! Célébrons l’agriculture familiale africaine pour son passé glorieux fait de combat contre la famine, contre les changements climatiques et les guerres tribales. Célébrons l’agriculture familiale africaine pour son présent laborieux parce que concurrencé par les multinationales et l’agro business. Célébrons l’agriculture familiale africaine pour son avenir que nous souhaitons radieux.
C’est sur cette note d’espoir que je déclare lancée officiellement, la campagne : « La solution est en nous ! » Célébrons l’Agriculture familiale africaine.
* Yaya Dia est sénateur sénégalais, président de la Commission du Développement rural du Sénat – Ces propos sont extraits du discours qu’il a prononcé à l’occasion du lancement de la campagne «Nous sommes la solution : célébrons l’agriculture familiale africaine».
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Après Moubarak : quel futur pour l’Egypte?
Khadidja Sharife
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71077
Les leçons apprises par les autorités au Caire font écho à celles apprises trop tard par les autorités à Tunis : la répression de la dissension n’est pas si facile lorsque les réseaux sociaux et les blogueurs citoyens peuvent accéder à une audience globale en quelques jours. Mais quel est le point de vue des militaires égyptiens qui ont gardé profil bas quant aux changements qui actuellement déferlent sur le pays ?
Il était sans doute impossible pour les autorités égyptiennes d’empêcher le soulèvement de millions de citoyens dans un pays caractérisé par de stupéfiantes inégalités, par des violations des Droits de l’Homme et par la corruption. Ceci était particulièrement vrai après le soulèvement dans la Tunisie voisine, qui a entraîné si vite la chute du régime du président Zine el Abidine Ben Ali. Selon les estimations, il pourrait y avoir eu jusqu’à deux millions de protestataires lors de certaines manifestations pour la seule ville du Caire. Une nation, qui ne cherche pas habituellement la confrontation, s’est réveillée pour revendiquer ses rues, ses droits humains, sa dignité.
A beaucoup d’égard, la résistance soutenue des jeunes qui tiraient leur force de leur courage et de leur conviction, de leur rage et de leur désespoir, est une véritable Intifada née de l’ancien et du nouveau. Les méthodes de communication traditionnelles comme les pamphlets, les fax, le téléphone fixe et les réunions clandestines dans les foyers, au coin des rues et dans les mosquées, ont été augmentées par les congrégations virtuelles sur les sites des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.
Ces réunions cybernétiques ont l’avantage évident d’éviter les dangers liés à des points de rencontre géographiques fixes. A une époque où l’information circule à la vitesse de la lumière, l’Internet a permis à l’ensemble du corps social de montrer les dents. A l’inverse, Internet est aussi le moyen par lequel les Etats répressifs peuvent identifier les militants et les combattre.
En Iran où le taux de pénétration d’Internet est estimé à 35%, la plupart de ses services ont été interrompus pendant la période de troubles. Néanmoins, le gouvernement a généralement permis à ses citoyens l’accès continu à Twitter, comme moyen de rassembler des informations sur les contestataires.
En Tunisie, Facebook a joué un rôle déterminant lorsque le vendeur de fruits de 26 ans, Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu en protestation au harcèlement continuel de la police, a laissé un message sur le réseau social demandant pardon à sa mère. Après que le réseau d’info de Al Jazeera ait relevé le message, la prise de conscience globale s’est accélérée et la rébellion tunisienne ainsi générée a connu un momentum rapide.
Les écrits des citoyens versus le contrecoup du gouvernement
Les évènements extraordinaires qui se sont déroulés récemment en Tunisie et en Egypte ont été documentés largement grâce aux réseaux sociaux citoyens - un substitut pour le reportage traditionnel suite à la suspension de nombreuses publications - qui ont permis aux citoyens ordinaires de raconter leur propre lutte. De plus, les médias traditionnels ont souvent utilisé les récits des citoyens comme méthode de transmission de l’information, nivelant le terrain de jeux dans des pays comme l’Egypte, l’Arabie saoudite, l’Iran et Israël où les infos sont grandement influencées, sinon à la solde du régime au pouvoir.
Ä la différence de la Tunisie, où environ un tiers de la population a accès à Internet, le taux de pénétration en Egypte est inférieur, autour des 15%. Par ailleurs ceux en Egypte. Tels les adeptes du Mouvement Facebook du 6 Avri (April 6 Facebook Movement), qui voulaient accéder à ces sites, ont eu à faire face à de nombreux obstacles. Parmi ceux-là, le plus important découle du fait que l’octroi des licences aux opérateurs des services Internet est l’apanage du gouvernement, ce qui lui permet d’accéder aux données des utilisateurs et de connaître l’endroit où ils se trouvent. Il peut alors aussi interrompre la connexion sans préavis.
Ceci rend la vie difficile pour des personnes comme Wael Ghonim, le patron du marketing de Google pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord. Ghonim a été libéré après une semaine en prison, pour avoir participé, le 25 janvier, à des manifestations organisées par le April6 Movement. Il a rejoint les contestataires de la place Tahrir et est reparti en ligne droite sur Twitter.
Comme dans le cas de la Tunisie, Wikileaks a révélé des informations qui disent que les Etats-Unis ne considèrent pas Ben Ali comme un allié et préférerait sa destitution. Washington a longtemps collaboré avec les principaux dirigeants du April 6 Movement. Les révélations de Wikileaks confirment qu’un changement de gouvernement avait été prédit pour 2011 qui permettrait des négociations avec d’autres partis.
Généralement décrit dans les médias américains comme étant un moindre mal, le règne du président Hosni Moubarak a longtemps été justifié par les Etats-Unis le fait qu’il dirige un pays considéré comme un bastion contre l’islam militant. Mais au cours de ces dernières années, les blogueurs qui revendiquaient des changements démocratiques ont battu en brèche ce mythe. Un des blogueurs égyptien anglophone les plus connus, Sandmonkey, a été arrêté le 2 février alors qu’il apportait du matériel médical sur la place Tahrir. Il dit avoir été brutalisé en prison et son blog a été suspendu jusqu’à sa libération le lendemain.
Les militants peuvent accéder à une notoriété globale
Dans un de ses précédents blogs, il décrivait son extrême fatigue pour avoir couru pendant des jours. Il écrit : ‘’ la situation est sombre ici, pour le moins qu’on puisse dire. Cela n’avait pourtant pas commencé comme ça. Le mardi 25 janvier, tout avait commencé très paisiblement. Contre toute attente nous avons réussi à rassembler des centaines de milliers de personnes et à les amener à la place Tahrir, malgré les attaques de la police anti-émeute qui faisait usage de bâtons, de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc à notre encontre.’’
Sandsmokey continue : ‘’ On m’a tiré dessus deux fois ce jour-là. Une fois par un clampin avec une arme semi-automatique dans une voiture sur laquelle nous, le peuple, prenions plaisir à taper. Le gouvernement a annoncé que de toutes les prisons, les prisonniers s’étaient échappés et que, d’une façon ou d’une autre, ils avaient réussi à se procurer des armes et ne faisaient rien d’autres que d’attaquer les gens sans discrimination aucune. Un jour, nous nous sommes faits attaquer par une bande de voyous en uniforme qui a ouvert le feu contre nous. Le jour suivant ils avaient disparu et ont été remplacés par une bande de voyous sans uniforme qui faisait feu sur nous. Curieusement personne n’a fait le rapprochement.’’
Il était aussi supposé que Ahmed Maher, un des dirigeants du April6 Movement, dont les plans de manifestations ont été régulièrement interceptés par les agents de sécurité, a été arrêté et détenu. Dans un entretien du 2 février avec Wired Magazine, Maher nie avoir été arrêté et refuse de dire s’il a été brutalisé par la police.
Revenez deux ans en arrière. Le 6 février 2009, Philip Rizk, un cinéaste égypto-allemand a été enlevé par des agents des services secrets alors qu’il était dans un commissariat de police dans la ville de Qalyubia au nord du Caire. Rizk a été arrêté alors qu’il faisait campagne pour le soutien humanitaire en faveur de Gaza. Il dit avoir été emmené dans un endroit secret, trois étage en sous-sol et constamment interrogé sur ‘’mon militantisme, mes écrits et tout’’. Il a été libéré après avoir été détenu pendant 4 jours.
Il est peu probable que Rizk ait été libéré si tôt - si même il l’aurait été - si tous ses amis et collègues n’avaient pas monté une campagne internationale qui a attiré l’attention du New York Times. Ces enlèvements n’ont rien d’extraordinaire en Egypte où les détenus sont régulièrement emprisonnés sans procès et sans représentation légale.
Quel est le rôle actuel des militaires en Egypte ?
Sous le couvert de réforme au niveau de l’Etat, les militaires se sont encore davantage implantés dans le Cabinet égyptien nouvellement nommé. Lorsqu’on l’interroge sur l’élévation au rang de vice-président d’Omar Souleymane, ancien chef du renseignement égyptien et bras droit de Moubarak, Rizk confie à « Africa Report » que ‘’ les Egyptiens appréhendent la situation pour ce qu’elle est, c'est-à-dire une absence de changement. Aussitôt sa nomination annoncée, les protestataires étaient dans les rues pour manifester contre Souleymane identifié comme un homme du régime.’’
Si les militaires ont été dépeints par les médias internationaux comme sympathisant avec les protestataires et les protégeant, on ne sait pas grand-chose sur qui contrôle les militaires. Spécialiste de l’Egypte, Joshua Stacher de l’université de Kent State a récemment confié à CNN que ’’ le refus des militaires d’agir est un acte hautement politique, qui montre qu’ils permettent au régime égyptien de se reconstituer au sommet. Dès lors, se positionnent absolument et complètement contre les protestataires’’.
Mais est-ce que les Etats-Unis vont avoir une bonne lecture de la situation ? Si les militaires soutiennent le pouvoir et reçoivent annuellement environs 1,3 milliard de dollars des Etats-Unis - la deuxième contribution la plus importante de Washington, la première allant à Israël- qui est responsable de la dictature de Moubarak ?
Selon Na’eem Jeenah, directeur exécutif du think tank Afro-Middle East Centre, basé à Johannesburg,’’ l’idée même qui a circulé ces jours derniers, selon lequel les soldats sont des protecteurs bienveillants, est un mythe. Dans les échelons inférieurs et moyens, il y a sans doute un potentiel de mutinerie. Mais ce à quoi nous assistons véritablement c’est à l’éviction des hommes d’affaires et le retranchement des militaires qui leur permet de s’assurer du contrôle du nouveau gouvernement.’’ Pour Jeenah, qui s’est confié à Africa Report, les militaires ont longtemps contrôlé les secteurs-clé de l’économie politique du pays et ont ‘’ un plan bien élaboré aussi bien en ce qui concerne le rythme que le moment du changement afin de pouvoir jouer un rôle dans le gouvernement et l’économie.’’ Et d’ajouter : ‘’Une fois le soleil couché, l’armée ira chasser les protestataires.’’
Même sans Moubarak, sa figure de proue, la machine qu’il a mise en place continuera sur sa lancée et reproduira les mêmes tactiques répressives et brutales. Les médias sociaux peuvent servir de chiens de garde, à la condition que le gouvernement égyptien l’accepte, mais qui en Egypte réagira aux chiens de garde ?
* Cet article de Khadidja Sharife a d’abord été publié dans The Africa Report - Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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L’Egypte: une démocratie libérale ou une démocratie africaine?
Patricia Daley
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71078
En observant les scènes de protestations révolutionnaires en Egypte au moment où on notait une réticence des nations occidentales, ces champions autoproclamés de la démocratie, à soutenir la volonté du peuple égyptien, j’ai commencé à m’interroger aux raisons pour lesquelles le terme de ‘ démocratie libérale’ m’a toujours mis mal à l’aise. Cela, bien que je sois opposée à la dictature, au règne du parti unique et autres systèmes de gouvernance qui excluent la participation des citoyens.
Dans le discours politique contemporain, la démocratie est généralement considérée comme l’étalon-or. Pourtant, lorsqu’ils sont confrontés au pouvoir populaire, ceux qui appliquent la démocratie chez eux et justifient la guerre en son nom, restent sans voix. L’humanité et la dignité du peuple égyptien sont en porte à faux avec des intérêts géopolitiques, même lorsque ceux-ci sont sous le feu de la rampe. Il semble donc que l’empire est nu.
Ces évènements en Egypte nous obligent à considérer les relations entre les démocraties libérales, l’empire, la domination économique globale et le darwinisme social. L’intellectuel nigérian Claude Ake examine, dans son livre ‘’ Democracy and developement in Africa’’, la démocratie dans le contexte de l’histoire coloniale et post-coloniale. Considérant l’attitude du Nord à l’égard des démocraties en Afrique, Ake note : ‘’ Dans le meilleur des cas, la démocratie libérale n’aime pas l’idée des peuples qui auraient un pouvoir décisionnel réel. L’essence même de la démocratie libérale consiste en l’abolition du pouvoir populaire et le remplacement de la souveraineté populaire par l’autorité de la loi (pp.130)’’
Depuis son origine dans la Grèce antique, l’évolution de la démocratie a été bien documentée et ses variantes ont occupé les philosophes de la politique. En particulier ses manifestations dans les sociétés occidentales. Ake examine comment les constantes clarifications, par les sciences sociales occidentales, de la signification de la démocratie ont fini par la redéfinir au détriment des valeurs démocratiques. Ainsi, dans la théorie de la démocratie protectrice, le peuple est protégé de l’Etat au travers d’une société civile vibrante. La stabilité politique dépend du renoncement de la participation du peuple et l’apathie politique est interprétée comme le signe d’un peuple satisfait de ses dirigeants.
Ake se montre critique à l’égard de la conditionnalité des années 1990 et de l’accent qui est mis sur des élections multipartistes, peu importent les manipulations dont elles sont l’objet, comme marque de la démocratie. Cette démocratie rudimentaire est toutefois minée par l’autoritarisme politique des ajustements structurels, les stratégies de réduction de la pauvreté et la militarisation continue des sociétés africaines par la vente d’armements et les politiques interventionnistes militaires tel AFRICOM. De telles formes de démocratie renforcent l’idée selon laquelle les résidents des pays en voie de développement ont moins le droit aux bénéfices du développement.
Comme le souligne l’écrivain caribéen, CLR James, les Africains de la diaspora ont compris depuis des siècles la limite de la démocratie bourgeoise. Et Ake conclut en énonçant le genre de démocratie dont l’Afrique a besoin : ‘’…Une démocratie dans laquelle le peuple a un véritable pouvoir décisionnel, supérieur au consentement des élus… Une démocratie qui met l’accent sur des droits politiques, sociaux et économiques concrets en opposition avec les démocraties libérales qui mettent l’accent sur des droits politiques abstraits… Une démocratie qui met l’accent sur les droits collectifs comme sur les droits individuels… Une démocratie d’incorporation (pp.132)’’
De l’avis d’Ake, la seule façon par laquelle cette démocratie peut être réalisée dépend de la capacité des Africains à s’emparer du processus. Mais il ne s’agit pas des élites qui, argumente-t-il, ont ‘’cédé l’initiative à la communauté internationale du développement’’ et apparaissent comme ’’ne sachant jamais quoi faire face à une crise qui prend de l’ampleur, et se trouvent incapables de contrôler le cours des évènements… Elles ont été affaiblies par leur manque d’autorité, la pauvreté de leurs idées et leur humiliation’’ (pp 132)
Afin de réaliser la démocratie, il est nécessaire d’aborder les politiques de développement et les idéologies militaristes qui laissent des masses de gens sans emploi et appauvris, pendant que l’élite amasse des richesses pour avoir facilité des contrats avec des multinationales et l’achat d’armements. Malgré les milliards que l’Egypte a reçus de l’Occident, la majeure partie de sa population continue de vivre dans la pauvreté. Dans ce cas particulier, l’aide au développement a consisté à soutenir un régime autocratique qui soumet son peuple à la volonté des puissances hégémoniques globales et régionales au détriment de leur bien-être.
Le rapport du Human Development Index sur l’Egypte de 2010 est instructif lorsqu’il note : ‘’… L’un des résultats des plus frappants et des plus inhabituels de ce rapport est le degré d’exclusion de la participation civique et politique des jeunes, compte tenu que la définition de jeunesse dans ce rapport concerne ceux de 18 – 29 ans (au nombre de 30 millions), âge auquel les jeunes ont le droit de vote et le droit de prendre des décisions sociales importantes. (http://www.undp.org.eg/Default.aspx?tabid=227)
Le rapport fait état du vide dans lequel les jeunes se trouvent - un temps d’attente-, où ils attendent de commencer à vivre, d’avoir des ressources afin de devenir des adultes. Cet aspect de la vie contemporaine n’est pas spécifique à l’Egypte et, bien que le rapport fasse référence à des facteurs culturels et politiques, il omet de reconnaître les réformes économiques qui ont détruit les structures dans lesquelles la société était ancrée. La diminution de l’approvisionnement des services sociaux, la privatisation de l’enseignement, la réduction du secteur public, le niveau élevé de chômage, alliées aux politiques économiques d’extraction, ont détruit les perspectives d’avenir de la jeunesse.
La proposition consistant à inclure les jeunes en créant des institutions politiques séparées n’a pas eu d’écho parce qu’elles devaient faire partie du système économique qui les excluait. Un développement authentique et la démocratie sont les deux côtés de la même médaille. Les deux doivent être participatives afin d’être effectives et doivent être centrées sur le principe d’autonomie et d’action directe de la part des gens, les principaux agents du changement.
Récemment, j’ai de nouveau regardé un épisode de la série des années 1980 de feu Basil Davidson concernant l’Afrique. Cet épisode particulier portait sur les premières communautés africaines et leurs façons de conquérir le continent. Davidson a examiné ces systèmes de gouvernance qui fonctionnaient et généraient la stabilité dans les communautés. C’était un système qui rassemblait les communautés afin d’assurer la survie de chacune d’entre elles et de chaque membre. Ce que les Africains désigneNT par le terme de Ubuntu. L’historien Walter Rodney, dans son livre ‘’ How Europe underdeveloped Africa’’, considère ainsi le concept de développement : Interdépendantes, ‘’ ces sociétés se sont unies pour lutter contre les dangers naturels et pour protéger leur liberté. Sur cette base, elles ont développé des outils et organisé leur travail afin de permettre le développement social (p2)’’ Le développement personnel de l’individu est imbriqué dans celui de la collectivité.
Le développement capitaliste, centré sur les choix individuels, peut sembler octroyer des bénéfices matériels à nombre de personnes dans les pays industrialisés mais ceci a émergé suite à la lutte des classes ouvrières qui luttaient pour de meilleures conditions de vie et de travail. De telles luttes, que Karl Marx a désigné sous le terme de lutte des classes, se poursuivent et sont susceptibles de prendre de l’ampleur au terme de l’ère néo-libérale, cependant que la couverture sociale s’amincit dans certaines sociétés jusque là protégées. Comme l’ont montré David Harvey et Samir Amin, les inégalités et le développement inégal sont inhérents au système capitaliste. L’accumulation par le dépouillement du Sud global et des anciens territoires coloniaux se poursuit sans relâche, avec l’aide des élites bourgeoises de ces pays. De telles pratiques sont destinées à s’intensifier suite à la crise économique qui a récemment déferlé sur les économies capitalistes avancées.
Les défenseurs de la justice sociale en Afrique et ailleurs doivent affûter leurs outils d’analyse afin de prendre la direction des révolutions non violentes et pour créer les organisations sociopolitiques authentiquement représentatives. La focalisation des institutions internationales de développement sur les communautés a cherché à dépolitiser et à démobiliser les actions collectives transformantes dans de nombreux Etats. Bien qu’après 1989 la vieille idée du socialisme ait perdu de sa pertinence et de son pouvoir rassembleur, les principes de l’action collective, de justice sociale et de participation populaire demeurent des points de ralliement pour les révolutionnaires. La leçon du récent soulèvement en Afrique du Nord montre que la quête humaine pour la liberté est indestructible.
Les demandes des populations égyptienne et tunisienne pour la fin de la dictature, la fin de la brutalité militaire et ses revendications pour l’autodétermination obligent les théoriciens de la justice sociale à réfléchir à la mise en pratique des principes démocratiques tels qu’énoncés par Ake et longtemps contenus dans la philosophie de Ubuntu. Les gens savent ce qu’ils veulent mais nous, théoriciens des sciences sociales, est-ce que nous savons comment leur donner ce qu’ils veulent ?
Bibliographie
1) Ake, Claude (1996) ‘Democracy and Development in Africa’. Washington DC: The Brookings Institution.
2) Amin, Samir (2010) ‘Ending the Crisis of Capitalism or Ending Capitalism’. Pambazuka Press.
Davidson, B. (1980s) ‘Africa: Mastering a Continent’. Channel 4, UK
Harvey, David (2006) ‘Spaces of Global Capitalism: Towards a Theory of Uneven Geographical Development’.
3) Grimshaw, A. (1992) ‘The C.L.R. James Reader’. Oxford: Blackwell.
Rodney, Walter (1972) ‘How Europe Underdeveloped Africa’. London: Bogle L’Overture
* Dr Patricia Daley enseigne la géographie humaine à l’université d’Oxford et préside le Fahamu Trust - Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Les Frères musulmans dans la révolution égyptienne
Samir Amin
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71081
La révolution égyptienne en cours illustre la possibilité de la fin annoncée de ce système dit « néolibéral », remis en cause dans toutes ses dimensions politiques, économiques et sociales. Ce mouvement gigantesque du peuple égyptien associe quatre composantes : les jeunes « re-politisés » par leur propre volonté et dans des formes « modernes » qu’ils ont inventées, les forces de la gauche radicale , celles rassemblées par les classes moyennes démocrates, les segments des Frères Musulmans.
Les jeunes ont été le fer de lance du mouvement et ont initié ce mouvement, immédiatement rejoints par la gauche radicale et les classes moyennes démocrates. Les Frères Musulmans qui avaient boycotté les manifestations pendant les quatre premiers jours (persuadés que celles-ci seraient mises en déroute par la répression) et qui restent minoritaires dans le mouvement, n’ont rejoint les cortèges que plus tard.
Les jeunes et la gauche radicale poursuivent trois objectifs communs : la restauration de la démocratie (la fin du régime militaire), la mise en œuvre d’une nouvelle politique économique et sociale favorable aux classes populaires (la rupture avec la soumission aux exigences du libéralisme mondialisé), et celle d’une politique internationale indépendante (la rupture avec la soumission aux exigences de l’hégémonie des Etats Unis et du déploiement de son contrôle militaire de la planète). Ils font de cette révolution démocratique une révolution démocratique anti-impérialiste. Les classes moyennes se rassemblent dans l’ensemble autour du seul objectif démocratique, sans sérieusement remettre en cause le « marché » (tel qu’il est) et l’alignement international de l’Egypte.
Les Frères Musulmans constituent la seule force politique dont le régime avait non seulement toléré l’existence, mais dont il avait soutenu activement l’épanouissement. Les Frères Musulmans n’ont jamais été, et ne peuvent être « modérés », encore moins « démocratiques ». Leur « chef » – le « mourchid » (traduction arabe de « guide » – « fuhrer ») est autoproclamé et l’organisation repose sur le principe de la discipline et de l’exécution des ordres des chefs, sans discussions d’aucune sorte. La direction est constituée exclusivement d’hommes immensément riches (grâce, entre autres, au soutien financier de l’Arabie Saoudite, c'est-à-dire de Washington), l’encadrement par des hommes issus des fractions obscurantistes des classes moyennes, la base par des gens du peuple recrutés par les services sociaux de charité offerts par la confrérie (et financés toujours par l’Arabie Saoudite), tandis que la force de frappe rconstituée par les milices sont recrutés (et payés) dans le lumpen.
Les Frères Musulmans sont « modérés » dans le double sens où ils ont toujours refusé de formuler un programme économique et social quelconque et que de ce fait ils ne remettent pas en cause les politiques néolibérales, réactionnaires et qu’ils acceptent de facto la soumission aux exigences du déploiement du contrôle des Etats Unis dans le monde et dans la région. Ils sont donc des alliés utiles pour Washington (y a-t-il un meilleur allié des Etats Unis que l’Arabie Saoudite, patron des Frères ?) qui leur a décerné, pour légitimer cette alliance, le titre honorable de « démocrates » !
Mais les Etats Unis ne peuvent avouer que leur stratégie vise à mettre en place des régimes « islamiques » dans la région. Ils ont besoin de faire comme si « cela leur faisait peur ». Par ce moyen, ils légitiment leur « guerre permanente au terrorisme », qui poursuit en réalité d’autres objectifs : le contrôle militaire de la planète destiné à réserver aux Etats Unis – Europe – Japon, l’accès exclusif aux ressources. Avantage supplémentaire de cette duplicité : elle permet de mobiliser « l’islamophobie des opinions publiques. L’Europe, comme on le sait, n’a pas de stratégie particulière à l’égard de la région et se contente de s’aligner au jour le jour sur les décisions de Washington.
Il est plus que jamais nécessaire de faire apparaître clairement cette véritable duplicité de la stratégie des Etats Unis, dont les opinions publiques – manipulées avec efficacité – sont dupes. Les Etats Unis (et derrière eux l’Europe) craignent plus que tout une Egypte réellement démocratique qui, certainement, remettrait en cause son alignement sur le libéralisme économique et la stratégie agressive des Etats Unis et de l’OTAN. Ils feront tout pour que l’Egypte ne soit pas démocratique et, à cette fin, soutiendront, par tous les moyens, mais avec hypocrisie, la fausse alternative Frères Musulmans qui ont montré n’être qu’en minorité dans le mouvement du peuple égyptien pour un changement réel.
* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde
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Egypte : Les États-Unis en quête d’un modèle pakistanais
Samir Amin
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/features/71082
Les événements qui secouent la Tunisie et l’Égypte constituent des révoltes sociales potentiellement porteuses de la cristallisation d’alternatives, qui peuvent à long terme s’inscrire dans une perspective socialiste. C’est la raison pour laquelle le système capitaliste, le capital des monopoles dominants à l’échelle mondiale, ne peut tolérer le développement de ces mouvements. Il mobilisera tous les moyens de déstabilisation possibles, des pressions économiques et financières jusqu’à la menace militaire. Il soutiendra, selon les circonstances, soit les fausses alternatives fascistes ou fascisantes, soit la mise en place de dictatures militaires.
Il ne faut pas croire un mot de ce que dit Obama. Obama, c’est Bush, mais avec un autre langage. Il y a là une duplicité permanente. En fait, dans le cas de l’Égypte, les États-Unis soutiennent le régime. Ils ont pu finir par juger plus utile le sacrifice de la personne de Moubarak. Mais ils ne renonceront pas à sauvegarder l’essentiel : le système militaire et policier. Ils peuvent envisager le renforcement de ce système militaire et policier grâce à une alliance avec les Frères musulmans.
En fait, les dirigeants des États-Unis ont en tête le modèle pakistanais, qui n’est pas un modèle démocratique mais une combinaison entre un pouvoir dit islamique et une dictature militaire. Toutefois, dans le cas de l’Égypte, une bonne partie des forces populaires qui se sont mobilisées sont parfaitement conscientes de ces visées. Le peuple égyptien est très politisé. L’histoire de l’Égypte est celle d’un pays qui tente d’émerger depuis le début du XIXe siècle, qui a été battu par ses propres insuffisances, mais surtout par des agressions extérieures répétées.
L’Égypte de Nasser disposait d’un système économique et social critiquable, mais cohérent. Nasser a fait le pari de l’industrialisation pour sortir de la spécialisation internationale coloniale qui cantonnait le pays à l’exportation de coton. Ce système a su assurer une bonne distribution des revenus en faveur des classes moyennes, mais sans appauvrissement des classes populaires. Cette page s’est tournée à la suite des agressions militaires de 1956 et de 1967 qui mobilisèrent Israël.
Sadate et plus encore Moubarak ont œuvré au démantèlement du système productif égyptien, auquel ils ont substitué un système totalement incohérent, exclusivement fondé sur la recherche de rentabilité. Les taux de croissance égyptiens, prétendument élevés, qu’exalte depuis trente ans la Banque mondiale, n’ont aucune signification. C’est de la poudre aux yeux. La croissance égyptienne est très vulnérable, dépendante du marché extérieur et du flux de capitaux pétroliers venus des pays rentiers du Golfe. Avec la crise du système mondial, cette vulnérabilité s’est manifestée par un brutal essoufflement. Cette croissance s’est accompagnée d’une incroyable montée des inégalités et du chômage, qui frappe une majorité de jeunes. Cette situation était explosive, elle a explosé. Ce qui est désormais engagé, au-delà des revendications initiales de départ du régime et d’instauration des libertés démocratiques, c’est une bataille politique.
Dans ce contexte, les Frères musulmans tentent de se présenter comme des « modérés » parce qu’on leur demande de jouer ce jeu. Ils n’ont jamais été des modérés. Il ne s’agit pas d’un mouvement religieux, mais d’un mouvement politique qui utilise la religion. Dès sa fondation en 1920 par les Britanniques et la monarchie, ce mouvement a joué un rôle actif d’agent anticommuniste, antiprogressiste, antidémocratique. C’est la raison d’être des Frères musulmans et ils la revendiquent. Ils l’affirment ouvertement que s’ils gagnent une élection, ce sera la dernière, parce que le régime électoral serait un régime occidental importé contraire à la nature islamique. Ils n’ont absolument rien changé sur ce plan.
En réalité, l’islam politique a toujours été soutenu par les États-Unis. Ils ont présenté les talibans dans la guerre contre l’Union soviétique comme des héros de la liberté. Lorsque les talibans ont fermé les écoles de filles créées par les communistes, il s’est trouvé des mouvements féministes aux États-Unis pour expliquer qu’il fallait respecter les « traditions » de ce pays. Ceci relève d’un double jeu. D’un côté, le soutien. De l’autre, l’instrumentalisation des excès naturels des fondamentalistes pour alimenter le rejet des immigrés et justifier les agressions militaires. Conformément à cette stratégie, le régime de Moubarak n’a jamais lutté contre l’islam politique. Au contraire, il l’a intégré dans son système.
Moubarak a sous-traité la société égyptienne aux Frères musulmans. Il leur a confié trois institutions fondamentales : la justice, l’éducation et la télévision. Mais le régime militaire veut conserver pour lui la direction, revendiquée par les Frères musulmans.
Les États-Unis utilisent ce conflit mineur au sein de l’alliance entre militaires et islamistes pour s’assurer de la docilité des uns comme des autres. L’essentiel est que tous acceptent le capitalisme tel qu’il est. Les Frères musulmans n’ont jamais envisagé de changer les choses de manière sérieuse. D’ailleurs, lors des grandes grèves ouvrières de 2007-2008, leurs parlementaires ont voté avec le gouvernement contre les grévistes. Face aux luttes des paysans expulsés de leur terre par les grands propriétaires fonciers, les Frères musulmans prennent partie contre le mouvement paysan. Pour eux la propriété privée, la libre entreprise et le profit sont sacrés.
Les militaires comme les Frères musulmans acceptent l’hégémonie des États-Unis dans la région et la paix avec Israël telle qu’elle est. Les uns comme les autres continueront à faire preuve de cette complaisance qui permet à Israël de poursuivre la colonisation de ce qui reste de la Palestine.
* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde
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Forum Social Mondial 2011
Les « altermondialistes » une fois encore « le cul entre deux chaises »
2011-02-20
http://tinyurl.com/68jew36
Ce devait être un événement majeur pour les « altermondialistes ». L’organisation à Dakar, en terre africaine, de la 11ème édition du Forum social mondial (FSM). Ce devait être l’expression de la capacité de mobilisation des sociétés civiles autour d’un seul mot d’ordre : « Un autre monde est possible ». L’Histoire en a décidé autrement dès lors que ce sont les événements de Tunis et du Caire qui ont fait la « une » tandis que les « alters », à Dakar, avaient du mal à faire entendre leur voix au niveau mondial. Ce n’est pas que ce ne fut pas un succès. Comme le soulignait « l’altermondialiste » indien P.K. Murphy : « Le FSM gagnerait à mettre davantage l’accent sur des alternatives ouvrant sur l’action »,
Plaidoyers & campagnes
Sortie de crise à Madagascar : Engagements des acteurs politiques
2011-02-21
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/71080
Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route se sont convenus de prendre les engagements ci-après;
1. Continuation du dialogue Malgacho – Malgache entre les Acteurs Politiques Malgaches pour la formation d’un Gouvernement de Transition d’Union Nationale et l’élargissement de la composition des institutions parlementaires de transition et de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), dans le cadre d’un processus de transition neutre, inclusif et consensuel vers des élections libres, crédibles et transparentes à Madagascar;
2. Confirmation d’Andry Rajoelina comme Président de la Transition. En cette qualité, il exerce les fonctions de chef de l’Etat;
3. Formation d’un Gouvernement de Transition d’Union Nationale consensuel et inclusif, dirigé par un Premier ministre de consensus. Le Premier ministre sera nommé par le président de la Transition sur une liste de personnalités proposées par les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route. Il est entendu que le Premier ministre de consensus ne peut être originaire de la même province que le président de la transition, ni être issu des Acteurs Politiques Malgaches s’identifiant ou étant identifiés comme faisant partie de la majorité présidentielle;
4. Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route sont invitées à présenter une liste de personnalités parmi lesquelles le Président de la Transition, sur proposition du Premier Ministre de consensus, nomme les Membres du Gouvernement de Transition. En nommant l’exécutif, le Président de la Transition et le Premier Ministre de consensus s’engagent à opérer une allocation juste et équitable des portefeuilles, en respectant la provenance politique, la représentation de genre et l’équilibre régional. En cas de révocation d’un membre du gouvernement, il sera remplacé par un autre membre de son groupe de provenance politique selon les mêmes règles de procédure de nomination;
5. Pour l’élargissement de la composition des autres institutions de la transition, comme le Congrès de Transition (CT), le Conseil Supérieur de Transition (CST) et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route sont invitées à présenter une liste de personnalités parmi lesquelles le Président de la Transition nomme les membres de ces institutions. En nommant les membres de ces institutions, le Président de la Transition s’engage à opérer une allocation juste et équitable des postes, en respectant la provenance politique, la représentation de genre, l’équilibre régional et aussi l’équilibre de partage entre les Acteurs Politiques Malgaches signataires de la présente Feuille de Route, pour une bonne gestion de la transition;
6. Le Gouvernement de Transition sera chargé de l’administration des affaires courantes du pays et de mettre en place les conditions nécessaires pour des élections crédibles, justes et transparentes, en coopération avec la communauté internationale. Il s’abstiendra de prendre de nouveaux engagements à long-terme, ceux-ci ne relevant que de la compétence du futur Gouvernement à l’issue des élections;
7. Le Parlement de la Transition sera chargé du contrôle du travail du Gouvernement de Transition. Le Parlement de la Transition sera aussi chargé de la ratification des ordonnances adoptées pendant la transition, en particulier celles qui concernent le processus électoral;
8. Elaboration et mise en œuvre, avec l’appui des experts des Nations Unies, d’un cadre électoral crédible, neutre, transparent et indépendant, fondé sur le respect des droits fondamentaux et des normes internationales, notamment par:
a. L’élargissement de la composition de la CENI pour assurer une représentation équilibrée de tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route. La CENI devra être chargée d’organiser toutes les élections, notamment les élections législatives, présidentielles et municipales. Disposant des pleins pouvoirs dans la gestion de l’ensemble du processus électoral, la CENI aura la responsabilité d’assurer que les élections se déroulent de manière libre, juste et transparente. Lesdits pleins pouvoirs de la CENI s’arrêtent à la publication des résultats provisoires des élections;
b. la révision du Code électoral;
c. une nouvelle loi sur les Partis Politiques;
d. promouvoir l’adoption et le respect d’un Code d’Éthique et de Bonne Conduite Électorale des Acteurs Politiques Malgaches;
e. une loi sur le Statut de l’Opposition;
f. une nouvelle loi sur le Statut des Anciens Chefs d’Etat;
g. l’utilisation du système du bulletin unique;
h. éducation électorale;
i. la révision systématique des listes électorales;
j. la révision du calendrier électoral. Le calendrier électoral sera défini sur la base des conclusions d’une mission d’évaluation des besoins électorales organisée par les Nations Unies. Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route s’accordent sur le principe de l’organisation au moins des élections législatives et présidentielles pendant la saison sèche, à savoir le période du 1er Mai au 30 Novembre 2011;
k. l’éclatement au niveau des 119 districts des données et des matériels des centres informatiques régionaux.
9. La Société Civile Malgache est invitée à faire l’observation électorale des élections législatives et présidentielles et à interpeller les Acteurs Politiques Malgaches qui transgressent le Code d’Éthique et de Bonne Conduite Électorale. La communauté internationale sera appelée à soutenir le renforcement des capacités de la société civile;
10. Le Président de la Transition, le Premier Ministre de consensus et les Membres du Gouvernement sont tenus de démissionner de leurs fonctions 60 jours avant la date du scrutin, s’ils décident de se porter candidats aux élections législatives et présidentielles. Toutefois, afin de pallier à toute éventualité de vide juridique, une loi sera adoptée par le Parlement de la Transition pour définir les conditions de mise en œuvre y afférente;
11. Le Président, le Gouvernement, les Chefs d’institutions et l’ensemble de l’administration de la transition doivent rester neutres dans la période de transition, en particulier dans le processus électoral;
12. Le Président, le Gouvernement, l’ensemble de l’administration de la transition et toutes les institutions de transition doivent s’engager chacun en ce qui le concerne à adopter des mesures de sécurité et de confiance pour créer une atmosphère sereine et apaisée, en mettant un terme aux poursuites judiciaires en cours engagées à l’encontre des membres de l’opposition qui pourraient apparaître comme fondées sur des motifs politiques, et en assurant le respect de l’état de droit et du principe de l’égalité de traitement. Ces mesures de confiance ne peuvent pas concerner les poursuites judiciaires engagées dans le cadre des crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crimes de génocide et violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales;
13. Le Président, le Gouvernement de Transition, l’ensemble de l’administration de la transition ainsi que toutes les institutions de la transition doivent s’engager à protéger et promouvoir les Droits de l’Homme à Madagascar, et à respecter les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, d’opinion, d’association et de manifestation, ainsi que la liberté de presse. L’exercice de ces droits doit être fait en respectant les lois du pays;
14. Octroi d’une amnistie large pour tous les événements politiques intervenus entre 2002 et 2009. Sont exclus de l’amnistie les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les crimes de génocide et d’autres violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que les détournements de fonds publics. La loi d’amnistie sera ratifiée par le Parlement de Transition et aucune élection ne devrait avoir lieu avant cette ratification;
15. Marc Ravalomanana ne devrait pas rentrer à Madagascar jusqu’à l’instauration d’un climat politique et de sécurité favorable dont l’appréciation relèvera de la compétence souveraine et exclusive du futur Gouvernement à l’issue des élections. Le Président, le Gouvernement et l’ensemble de l’administration de la transition prennent l’engagement de veiller à la protection de la famille et des biens de Marc Ravalomanana. En échange, il doit s'engager à s'abstenir de toute action déstabilisatrice au cours de la transition;
16. Les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route s’engagent à adopter sans délai un Code d’Éthique et de Bonne Conduite Politique pour régir les activités politiques à Madagascar pendant la période de transition. ils s’engagent également à respecter ce code;
17. Tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route sont invitées à participer de bonne foi au processus de transition. Ils s’engagent également à instaurer un climat de paix et de sécurité pour tous les Malgaches, à éviter l’obstruction du processus de transition et à maintenir une posture constructive et patriotique pour faire avancer la transition;
18. Aucun Acteur Politique Malgache partie prenante à cette Feuille de Route ne peut et ne doit s’arroger un droit de veto à cette Feuille de Route pour la période de transition;
19. Tous les Acteurs Politiques Malgaches parties prenantes à cette Feuille de Route doivent récuser le recours à la violence ou la menace à un tel recours pendant la période de transition. Ils doivent également s’abstenir d’inciter à la haine;
20. Un processus de réconciliation nationale, dirigé par une institution nationale dénommée le Comité du Fampihavanana Malagasy (Comité de la Réconciliation Malagasy) et facilité par la communauté internationale, devra être entamé afin de soigner et commencer à guérir les blessures individuelles et collectives du passé et établir de saines fondations pour l’avenir de Madagascar. La composition, le fonctionnement, la gestion et la compétence dudit Comité seront établis par une loi adoptée par le Parlement de Transition;
21. Les membres de la Société Civile Malgache, dont les Raiamandreny Mijoro, le FFKM, la CNOSC et le FINONA sont chargés du suivi et du contrôle nationaux de l’application de cette feuille de route, jusqu'à la fin de la période de transition. Dans l’exercice de leurs fonctions ils sont invités à préserver leur apolitisme et leur unité;
22. Un Bureau de la Médiation de la SADC sera installé à Madagascar pour y soutenir le dialogue Malgacho – Malgache et le processus de transition. La mission du Bureau de la Médiation s’achèvera le jour de l’investiture du nouveau Président de la République, qui marquera la fin de la transition;
23. Les présents engagements annulent et remplacent tous les engagements pris et ou signés antérieurement concernant la transition à Madagascar.
24. Aucune procédure d’empêchement ou de destitution du Président de la Transition, ni aucune motion de censure à l’endroit du Gouvernement de Transition ni aucune mesure de dissolution du Parlement de Transition ne peuvent être exercée, pendant la transition.
25. Tout conflit dans l’interprétation des dispositions de la présente Feuille de Route sera soumis à l’arbitrage de la Médiation de la SADC.
26. Engagements de la Communauté International
Après la mise en place effective d’un Gouvernement de Transition d’Union Nationale, du Parlement de Transition et d’une Commission Electorale Nationale Indépendante neutre, inclusive et consensuelle, ainsi que la conclusion d’un accord sur une Feuille de Route pour la période de transition, la communauté internationale prend les engagements suivants:
27. L’établissement d’un Bureau de la Médiation de la SADC à Madagascar pour y soutenir le dialogue Malgacho – Malgache et le processus de transition. À cet égard, les Nations Unies sont appelées à apporter une assistance technique, administrative et financière à la Médiation de la SADC;
28. Reconnaissance du Président et du Gouvernement de Transition de Madagascar, après la mise en place des institutions de transition inclusives et consensuelles;
29. La communauté internationale s’engage à apporter son soutien multiforme aux institutions de transition consensuelles et inclusives, notamment le Gouvernement de Transition, le Congrès de Transition, le Conseil Supérieur de Transition et la Commission Electorale Nationale Indépendante et le Comité de Fampihavanana Malagasy;
30. La SADC, l’Union africaine, les Nations Unies, l’OIF, la COI et plus largement la communauté internationale s’engagent à apporter leur soutien politique, technique, matériel, logistique et financier à ce dialogue et à ce processus de transition, pour assurer une transition sans heurts débouchant sur des élections crédibles, libres, justes et transparentes;
31. Octroi d’aide financière, technique, matérielle et logistique au processus électoral;
32. Sous l’égide de l’équipe de médiation de la SADC, appuyé par les Nations Unies, la communauté internationale sera chargée du suivi et contrôle internationaux de la mise en œuvre de cette feuille de route, en collaboration avec les acteurs nationaux et internationaux pertinents;
33. La communauté internationale s’engage à envoyer des observateurs internationaux pour les élections législatives et présidentielles;
34. Suspension et levée progressive et conditionnée des sanctions imposées à Madagascar en fonction de la mise en œuvre des étapes fixées dans cette feuille de route;
35. Les partenaires examineront la possibilité de reprendre leur aide et coopération au développement, humanitaire, financier et économique;
36. Le Médiateur devrait continuer à suivre de près la situation, apporter en tant que de besoin son soutien et sa facilitation aux parties malgaches, et faire régulièrement rapport à la SADC, l’UA et la communauté internationale sur l’évolution de la situation à Madagascar.
(16 Février 2011)
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Arts & livres
Afrique: L’Oif en force au Fespaco
2011-02-20
http://tinyurl.com/6dsj877
L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) marquera sa présence à la 22e édition du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) dont la thématique est « Cinéma africain et marchés », par la présentation de projets innovants de soutien au cinéma africain, l'attribution du Prix spécial jeunesse et par une forte représentation de films soutenus par le Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud dans la sélection officielle.
Afrique : 30 ans après, relire Juletane
2011-02-20
http://tinyurl.com/6as3n8a
Publié en 1982 par Myriam Warner-Vieyra, Juletane raconte l'histoire poignante d'une jeune femme perdant la raison lorsqu'elle arrive au Sénégal et découvre que l'homme qu'elle vient d'épouser est déjà marié. Ce drame familial retrace la lente descente aux enfers de l'héroïne et, comme les romans des premières écrivaines sénégalaises, il évoque une société pleine d'espoirs mais en proie à d'innombrables difficultés: la vie extravagante des « driankées », la dilapidation des ressources familiales, les méfaits de la polygamie, les attentes démesurées de la parentèle, les mariages arrangés, les conséquences tragiques du désespoir, la perception aléatoire des éléments constitutifs d'une « identité noire » et les inégalités régissant les rapports entre les hommes et les femmes. Trente ans après sa publication, Juletane garde toute son actualité.
Congo : Un pays visité par Couleurs Congo
2011-02-20
http://tinyurl.com/6hffypl
Un DVD sur les 12 départements du Congo, doublé d’un CD musical et d’un livret, le coffret Couleurs Congo offre au pays l’une de ses plus belles cartes de visite. Hassim Tall Boukambou, producteur et initiateur du projet, revient sur une aventure humaine qui aura nécessité un an de travail. Une œuvre d’intérêt national qu’il considère comme un outil de promotion pour le pays et même comme un levier de développement. Interview.
RD Congo : Démocratiser la culture à Kinshasa
2011-02-20
http://tinyurl.com/68fplxp
Lorsqu’on observe la situation culturelle de la ville de Kinshasa, on se rend d’emblée compte que la quasi-totalité de salles culturelles sont installées dans la partie nord de la ville. C’est-à-dire au centre ville, salle de spectacle, centre culturel, bibliothèque, etc. Il n’en reste que peu dans les différentes communes périphériques, ceci en dépit de la prolifération des salles de fêtes et des flats-hôtels à travers la cité. Le développement culturel exigeant la participation de tous les habitants aux activités culturelles, d’aucuns pensent qu’il faut démocratiser aussi la culture au risque d’en faire un privilège de quelques-uns.
Femmes & genre
Afrique : Les femmes des Grands Lacs adoptent un plan d'action
2011-02-20
http://tinyurl.com/63fz6d7
Les travaux de la deuxième consultation régionale sur la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs se sont terminés le 15 février à Kinshasa. A l’issue de ces assises, les participantes ont adopté un plan d’action sur la mise en œuvre de ladite résolution. A leurs gouvernements respectifs, les femmes des Grands Lacs recommandent le renforcement des mécanismes de prévention et d’alerte précoce ainsi que des systèmes de médiation impliquant la participation effective de la femme.
Droits humains
Afrique : Traite des humains et esclavage sexuel progressent en Afrique australe
2011-02-20
http://tinyurl.com/69g9o9f
La traite des êtres humains entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud a atteint des proportions alarmantes. En moyenne, 7000 personnes par mois sont touchées. La plupart des victimes sont contraintes à la prostitution par des bandes de trafiquants qui profitent de leur situation d’irrégularité. Le Directeur de ZimRights a déclaré que son organisation appelait tous les Zimbabwéens à voyager avec des documents adéquats et à se méfier des gens sans scrupules qui veulent exploiter leur vulnérabilité.
Egypte :Les violations des droits de l'homme à l'épreuve de la transition
2011-02-20
http://tinyurl.com/4k9kg9a
Des experts indépendants de l'ONU ont souligné le 17 février que «les violations des droits de l'homme qui se sont déroulées en Egypte pendant les protestations ne devraient être éclipsées par le processus de transition ». Quelque 365 personnes avaient été tuées et environ 5500 autres blessées entre le 25 janvier et le 15 février 2011. Le groupe d'expert est composé du Rapporteur de l'ONU sur les exécutions arbitraires et sommaires, le Rapporteur de l'ONU pour la liberté d'opinion et d'expression, le co-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire et le Rapporteur spécial sur la torture et les traitements inhumains et dégradants.
Egypte : Libération prochaine de plus de 200 prisonniers politiques
2011-02-21
http://tinyurl.com/6fr6wfv
Plus de 200 prisonniers politiques vont être libérés très prochainement, a déclaré le Premier ministre égyptien Ahmed Shafigh. Les détenus politiques restants dans les geôles égyptiennes sont au nombre de 487, a ajouté M. Shafigh, précisant que 222 d’entre eux seront relâchés dans un proche avenir sans qu’il fixe une date donnée. Les organisations des droits de l’homme estiment que des milliers d’Egyptiens ont été arrêtés sous la loi de l’état d’urgence et que beaucoup d’entre eux peuvent être considérés comme prisonniers politiques.
Gabon : Volonté d’abolition de la peine de mort
2011-02-20
http://tinyurl.com/4sxe95s
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) salue la volonté du gouvernement gabonais d’abolir, en droit, la peine de mort et appelle solennellement les parlementaires à valider cette intention qui ferait du Gabon le 16e pays africain à ne plus condamner d’individus à cette peine cruelle et inhumaine. Le Gouvernement a par ailleurs annoncé qu’il soutiendrait en tant que "co-auteur" le projet de résolution sur l’abolition de la peine de mort qui sera présenté au cours de la 61ème session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2011 et qui a déjà bénéficié du soutien de 109 États membres en 2010.
Sénégal : Un ancien militaire s'immole par le feu pour dénoncer son chômage
2011-02-21
http://www.walf.sn/politique/suite.php?rub=2&id_art=71222
Un ancien militaire qui s'était immolé par le feu le 18 février devant la présidence de la République à Dakar, est mort des suites de ses brûlures dans la nuit du 19 au 20 février. Il manifestait ainsi sa révolte faute de trouver du travail. M. Bocoum s'était aspergé d'un liquide inflammable et avait allumé un briquet devant le palais présidentiel, en face du siège du gouvernement sénégalais. Il a commis son geste le jour où l'Association nationale des anciens militaires invalides avait prévu de manifester pour réclamer une augmentation des retraites. Devant les événements en cours dans les pays arabes, plusieurs leaders de l'opposition avaient appelé les populations à suivre ces populations pour renverser le régime d'Abdoulaye Wade.
Somalie: les islamistes exécutent deux filles pour espionnage
2011-02-20
http://tinyurl.com/4tlc4rn
Les islamistes shebab ont exécuté par balles, le 16 février à Beledweyne (centre de la Somalie) deux jeunes filles jugées coupables d'espionnage, ont rapporté jeudi des témoins sur place. Les jeunes filles semblaient âgées de 17 ou de 18 ans. Des dizaines d'autres personnes étaient détenues à Beledweyne pour le même motif encourent la même peine. La ville a été le théâtre de violents combats ce mois-ci entre les shebab et des forces pro-gouvernementales.
Réfugiés & migration forcée
Libéria : le HCR transfère des réfugiés ivoiriens
2011-02-20
http://tinyurl.com/4reshn7
Des équipes du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) ont commencé le 18 février au Libéria le transfert de réfugiés ivoiriens depuis la région frontalière vers le nouveau camp de Bahn, qui est situé à environ 50 kilomètres plus loin vers l'ouest. Au total, le HCR a déjà enregistré 38.257 réfugiés dans le comté de Nimba au Libéria. Ils ont tous fui la Côte d'Ivoire dans un contexte d'instabilité suite aux élections présidentielles de novembre dernier.
Rd Congo : les défis du HCR pour 2011
2011-02-20
http://tinyurl.com/6dugkfk
En 2011, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui a lancé un appel de fonds de 143 millions de dollars doit faire face à de nombreux défis en RD Congo. Selon les sources humanitaires, on compte actuellement 1,7 million de déplacés internes, quelque 160.000 réfugiés dans ce pays et 410.000 Congolais réfugiés dans les pays voisins. En plus, de nombreuses personnes sont encore victimes de violences et de violations des droits de l'Homme et sont confrontées à de nombreux déplacements tandis que les violences sexuelles et sexistes à l'encontre des femmes et des femmes filles sont chroniques. Si la situation sécuritaire reste stable dans les zones retour, en 2011, le HCR aidera les réfugiés congolais qui souhaitent à rentrer du Burundi, de la Tanzanie, de l'Ouganda, du Rwanda et de la République du Congo.
Elections & gouvernance
Afrique : Washington dialogue avec la société civile
2011-02-20
http://tinyurl.com/4b5nq9a
Au cours d’une téléconférence organisée le 16 février 2011 depuis Washington, DC, la Secrétaire d’Etat américain Mme Hillary Clinton a annoncé le lancement d’un programme de dialogue avec la société civile en Afrique. Cette campagne de dialogue s’étendra sur une période de 18 mois. Elle vise à soutenir la société civile dans ses efforts pour le respect des droits de l’homme et la promotion de la démocratie et du développement en Afrique.
Tunisie : l’ambassadeur de France dérape
2011-02-21
http://tinyurl.com/5wtlh97
Lors de sa première rencontre avec les journalistes, le nouvel ambassadeur, s’est comporté de manière inattendue et peu diplomatique en traitant de débiles les questions qui lui était posées par une journaliste à propos des déclarations malheureuses de Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères, et de ses liens avec des proches de Ben Ali. 500 manifestants se sont réunis le samedi 19 février 2011 sous les fenêtres de l’ambassade de France, avenue Bourguiba, scandant "Boillon dégage !" Avec cette arrivée en fanfare Boris Boillon aura du mal à changer l’image actuelle de la France en Tunisie.
Afrique : et maintenant la Libye ?
2011-02-20
http://tinyurl.com/6dca43k
Toute la presse nord-africaine et même au-delà retient son souffle : le pouvoir du colonel Kadhafi serait-il en train de vaciller ? Et bien pour El Watan, en Algérie, la réponse est oui… « Kadhafi ébranlé », s’exclame le journal. « Des affrontements entre manifestants et agents des forces de l’ordre ont fait 38 blessés à Benghazi dans la nuit de mardi à mercredi. De jeunes Libyens ont scandé des slogans hostiles au régime. Appel à une +journée de la colère+ aujourd’hui. (…) C’est une première dans un pays aussi givré que la Corée du Nord, relève El Watan. (…)
Afrique : La faillite d’une gouvernance dans les pays arabes
2011-02-20
http://tinyurl.com/66qlkjm
Au lendemain de la chute de Zine El Abidine Ben Ali et de Hosni Moubarak, la colère populaire continue de se faire entendre dans plusieurs pays de la région. Les pays du Maghreb ne sont pas en reste, leurs populations commencent à s’agiter. Les peuples arabes partagent les mêmes problèmes, souffrent des mêmes maux, protestent pour les mêmes raisons et poursuivent un même objectif: faire tomber les dirigeants qui ont accaparé le pouvoir depuis des décennies. De leur côté, les dirigeants en place ont en commun nombre de points négatifs dont celui de politiques archaïques qui ne répondent pas aux aspirations de leurs peuples.
Afrique : Quelle démocratie pour nos pays ?
2011-02-20
http://tinyurl.com/4bj7rn9
Le 26 mars 1991, le peuple malien est venu à bout de l’apache régime de Moussa Traoré. Celui-ci a été lâché par la France coloniale dès lors qu’il a osé dire à la face de François Mitterrand, ancien président français, que la «démocratie n’est pas une camisole de force». C’était au sommet de la Baule de 1990. Après Moussa, rien n’a fondamentalement changé : la gabegie, l’escroquerie, les vendettas financières, la délinquance financière, le népotisme, l’achat des consciences, la surfacturation, la flambée illicite de presque de tous les prix des articles de commerce, sont, entre autres, devenus des règles de fonctionnement de la société malienne. Mais il ne pouvait en être autrement quand on sait que le cri de cœur des travailleurs maliens qui n’était autre que le «Kokadjè», a été diabolisé par bien d’acteurs du mouvement démocratique. Tout s’est passé comme si l’on avait dit à Moussa : «Ôtes-toi du trône pour que nous y arrivons».
Afrique : Révoltes arabes et leçon de civilisation
2011-02-20
http://tinyurl.com/63zy32n
Les évictions de Ben Ali et de Moubarak viennent réfuter la thèse de l’exception arabo-musulmane en matière de changement démocratique. Dans cette contribution, Emmanuel Martin explique comment les révoltes tunisiennes et égyptiennes sont non seulement une leçon de civilisation pour les autres pays arabes, mais même pour les occidentaux qui, au nom de la Realpolitik, ont contribué au statu quo et au blocage du processus démocratique dans les pays arabes.
Afrique : Sud-Soudan, nom de la nouvelle nation africaine
2011-02-20
http://tinyurl.com/67k2akn
Le Sud-Soudan sera le nom du nouveau pays africain, né de la partition avec le Soudan, une fois qu'il aura été reconnu par la communauté internationale en juillet, a déclaré un haut responsable du parti au pouvoir. La République du Nil, le Cush, ou le Nouveau Soudan figuraient également sur la liste des noms éventuels. Lors d'un référendum tenu du 9 au 15 janvier, les Sud-Soudanais ont voté à près de 99% en faveur de l'indépendance, divisant ainsi le plus vaste pays d'Afrique. Cette consultation était un élément clé de l'accord de paix qui avait mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile meurtrière entre le Nord, principalement musulman et arabe, et le Sud, majoritairement chrétien et noir. Selon les termes de l'accord, la séparation effective est attendue le 9 juillet.
Côte d’Ivoire : La BECEAO serre la vis
2011-02-20
http://tinyurl.com/6fbocaa
Est-ce l’hallali pour le régime de Laurent Gbagbo avec la fermeture de certaines banques ? L’argument économique va jouer un rôle déterminant dans le dénouement de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. La BCEAO, la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest, vient de durcir sa position à l’égard des banques qui ne respecteraient pas ses directives en soutenant les activités économiques et financières du gouvernement de Laurent Gbagbo. La question est de savoir comment les banques ivoiriennes, livrées au régime de Gbagbo, vont appliquer une telle mesure. D’autant que la représentation nationale de l’institut d’émission de la zone monétaire est désormais sous le contrôle militaire du gouvernement de Gbagbo. Que feront-elles si au moyen de la force, et contre leur gré, elles venaient à enfreindre la fatwa de la BCEAO ?
Côte d’Ivoire : Guillaume Soro appelle une "révolution du Jasmin"
2011-02-20
http://tinyurl.com/4qylw7t
Premier ministre d’Alassane Ouattara, le président reconnu par la Communauté internationale de la Côte d’Ivoire, Guillaume Soro a invité le 17 février son peuple à une révolution à la manière tunisienne ou égyptienne pour bouter dehors Laurent Gbagbo. Il soutient que son peuple n’a plus le temps d’attendre la mise en place des solutions du panel de l’Union africaine, même si l’initiative est à saluer. Il invite les jeunes et les citoyens à utiliser les téléphones portables et tous autres moyens de communication tout en invitant les militaires à refuser toute utilisation de la force contre les citoyens qui ont décidé de prendre la rue pour bouter Gbagbo dehors.
Côte d’Ivoire : Le Franc Ivoirien prête à être mise sur le marché
2011-02-20
http://www.ivoirebusiness.net/?q=node/1586
De plus en plus de voix s’élèvent à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, au niveau des ivoiriens de la diaspora, pour que la nouvelle monnaie de la république de Côte d’Ivoire soit battue dans les plus brefs délais. Au moment où la signature de Laurent Gbagbo est mise en doute par l’UEMOA, ce dernier doit tenir compte des aspirations de son peuple. Car le complot international contre la Côte d’Ivoire est toujours aussi violent.
Côte d’Ivoire : L`Onuci s`arme et se renforce en hommes
2011-02-20
http://tinyurl.com/4tnbqah
L`Opération des Nations Unies en Côte d`Ivoire renforce sa capacité de frappe en se dotant de trois hélicoptères de combat et en maintenant sur place 500 soldats de la mission de l`Onu au Libéria. Ces éléments vont renforcer la « capacité de dissuasion » des forces onusiennes dans une crise ivoirienne où des convois UN sont mis à rude épreuve par une hostilité des manifestants qui réclament le « départ immédiat » de la force onusienne.
Côte d`Ivoire: Laurent Gbagbo porte plainte contre la CEDEAO
http://tinyurl.com/67nojjm
2011-02-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/71000
Laurent Gbagbo a saisi un tribunal ouest-africain pour contester la décision de la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`Ouest (CEDEAO) qui exige son départ de la présidence de Côte d`Ivoire. Au cours d`un sommet le 7 décembre, l`organisation régionale avait exigé le retrait du pouvoir du chef d`Etat sortant ivoirien, reconnu son rival Alassane Ouattara vainqueur de l`élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d`Ivoire de la CEDEAO. Pour Abidjan, cette ingérence “ne relève pas de sa compétence".
Côte d'Ivoire : Nationalisations et nouvelles fermetures de banques
2011-02-21
http://tinyurl.com/6cwcess
Le camp du président sortant Laurent Gbagbo l’a annoncé le 17 février sans préciser quelles banques seraient touchées par sa volonté de nationalisation. Pour l’heure, il semble que seules les institutions françaises soient véritablement concernées. Vendredi 18 février, des soldats et des policiers fidèles à Laurent Gbagbo ont pris position à Abidjan devant les sièges de deux filiales de banques hexagonales. Et Paris a vigoureusement protesté contre cette décision du gouvernement Gbagbo qui concernerait, entre autres, les filiales de BNP Paribas et de la Société générale.
Libye: les manifestants anti-régime menacés
2011-02-20
http://tinyurl.com/5rtwpoa
Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, ont menacé le 18 février les "groupuscules" manifestant contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, d'une riposte "foudroyante", alors que la répression de la contestation a fait au moins 16 morts depuis le 15 février. Des manifestations sans précédent contre le régime libyen ont lieu à l'image d'autres pays arabes et dans le sillage des révoltes qui ont fait chuter les présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak.
Maroc : Manifestation pour limiter les pouvoirs du roi
2011-02-21
http://tinyurl.com/4a8rcah
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées le 20 février à Rabat pour exiger du roi Mohamed VI qu'il transfère une partie de ses prérogatives à un gouvernement élu et prenne des mesures énergiques contre la corruption. Sous une pluie battante, des manifestants agitaient des drapeaux tunisiens et égyptiens, référence aux révolutions qui viennent de chasser du pouvoir les présidents Zine ben Ali et Hosni Moubarak. "Le peuple rejette une Constitution faite pour des esclaves!", "A bas l'autocratie!", scandaient les protestataires qui demandent également pour certains le départ du Premier ministre, Abbas el Fassi. Aucune attaque directe contre le roi n'a, en revanche, été relevée dans les slogans ou sur les banderoles des manifestants.
Ouganda: l'opposant Besigye rejette les résultats de la présidentielle
2011-02-21
http://tinyurl.com/6xm32le
Le candidat de la principale coalition d'opposition en Ouganda, Kizza Besigye, a déclaré qu’il rejette les résultats de l’élection présidentielle, dont les derniers résultats partiels ont été publiés le 20 février. Donné favori du scrutin, le président sortant Yoweri Museveni était crédité de 68,28% des voix à la mi-journée, par la Commission électorale, et est désormais assuré de remporter la victoire dès le premier tour. Besigye, 54 ans, est crédité de 26,12% des votes, selon ces résultats partiels.
Tunisie : faut-il avoir peur des islamistes ?
2011-02-20
http://tinyurl.com/4mumq8k
Ils ont beau multiplier les déclarations rassurantes et jurer leur attachement à la démocratie, rien n’y fait : le retour sur la scène politique des islamistes d'Ennahdha inquiète les partisans d’une Tunisie libre et laïque. Aux élections de 1989, les 30 % d’intentions de vote en faveur des islamistes avaient alarmé le régime de Ben Ali, qui avait aussitôt décidé de neutraliser Ennahdha. D’abord par une répression féroce, ensuite par la mise en place de garde-fous comme le développement d’une classe moyenne consumériste et la séparation entre enseignement coranique et instruction civique. Mais des tendances radicales existent toujours.
Tunisie : Ben Ali dans le coma
2011-02-20
http://tinyurl.com/2bfz2v3
L'ex-président tunisien Ben Ali aurait été victime d'une attaque cérébrale et serait dans un état critique à Djedda en Arabie saoudite, rapportent plusieurs sources. Un peu plus d'un mois après son départ de Tunisie sous la pression de la rue après 23 ans de pouvoir, l'ancien président tunisien a été victime «d'un accident vasculaire cérébral). Le gouvernement tunisien de transition n'a voulu «ni confirmer ni démentir» la gravité de son état de santé. L'ex-président est, comme son épouse, sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
Zimbabwe: pas d'élections en 2011, selon Tsvangirai
2011-02-20
http://tinyurl.com/6elenes
Le premier ministre du Zimbabwe Morgan Tsvangirai a déclaté que de nouvelles élections ne pourraient pas être organisées cette année puisque les négociations pour l'élaboration d'une nouvelle constitution étaient toujours en cours. Il se dit prêt à s’y opposer si Mugabe prenait une décision contraire de manière unilatérale. Lors du dernier scrutin, en mars 2008, le parti de Morgan Tsvangirai avait infligé une défaite historique au camp présidentiel. Une vague de violences politiques s'était alors emparé du pays, faisant 180 morts. Pour sortir de l'impasse, Morgan Tsvangirai et Robert Mugabe ont formé en février 2009, un gouvernement d'union qui doit gérer le pays jusqu'à la tenue de nouvelles élections.
Développement
Afrique : essor de la production de maïs
2011-02-20
http://tinyurl.com/5w5yptn
Le maïs est la culture de céréale la plus importante en Afrique subsaharienne. Elle constitue avec le riz et le blé, une des trois céréales les plus cultivées au monde. Sur le continent africain, 50% de la population dépend du maïs. Depuis quelques années, de nombreux états de l’Afrique de l’Ouest et centrale soutiennent la culture de cet aliment de base et enregistre aujourd’hui des productions records. La moisson est à peine terminée mais on sait déjà qu'un million 200 000 tonnes de maïs seront récoltées au Bénin cette année. 350 000 tonnes de plus que ce qu’il faut pour couvrir les besoins du pays.
Afrique : La Banque Mondiale donne la parole aux africains
2011-02-20
http://tinyurl.com/6znbczx
Afin de définir une nouvelle ligne de conduite dans ses rapports avec l’Afrique, la Banque Mondiale a décidé d’interroger d’abord les premiers concernés, les Africains eux-mêmes donc, et, ensuite, des personnes d’autres continents. La stratégie de l’institution financière, nommée « L’avenir de l’Afrique et comment la Banque mondiale entend y contribuer », a été enrichie de suggestions et de commentaires de plus de deux milliers de personnes. Celles-ci ont pris part, huit mois durant, à des consultations en face à face et sur internet. Dans la même période, des ateliers organisés dans une trentaine de pays africains ont réuni plus de 1000 personnes pour la même cause. Sur base des apports des participants, la Banque Mondiale a décidé de soutenir l’Afrique suivant deux axes, la compétitivité et l’emploi ainsi que la vulnérabilité et la résilience.
Afrique : La sécheresse en Somalie et au Kenya annonce un désastre
2011-02-20
http://tinyurl.com/4g2qh5z
La sécheresse qui frappe la Somalie a exacerbé la crise humanitaire dans le pays et entrainé de nouveaux déplacements de population vers les camps de réfugiés situés au Kenya, a mis en garde le 17 février la Secrétaire général adjointe aux affaires humanitaires. Selon elle, le taux de malnutrition chez les enfants, déjà à des niveaux d'urgence en Somalie, a encore augmenté et environ 2,4 millions de personnes – 32% de la population somalienne - ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence.
Afrique : Le commerce équitable, un secteur en croissance
2011-02-20
http://tinyurl.com/6dceu2n
Les organisations de producteurs et d’artisans actives dans le commerce équitable considèrent qu’elles ne doivent pas limiter leur champ à l’exportation vers le Nord, mais doivent pouvoir se renforcer en développant des filières locales pour leurs produits. L’Organisation mondiale du commerce équitable (OMCE) recense 600 organisations membres dans 70 pays. On dénombre actuellement 355 organisations de producteurs certifiés commerce équitable en Afrique et au Moyen-Orient, une tendance en net développement sur le continent.
Afrique : un fonds d’investissement pour lutter contre l’insécurité alimentaire
2011-02-20
http://tinyurl.com/6jhucbp
Silk Invest a décidé de lancer un fonds spécial dédié à l’alimentation en Afrique appelé African Food Funds. Créé en 2008 seulement, Silk Invest est l’un des rares fonds de la City de Londres vraiment spécialisé sur l’Afrique, faisant des affaires sur le continent, mais aussi sur l’autre marché émergent qu’est le Moyen-Orient. Ce fonds spécialisé sur l’industrie alimentaire visera des marchés comme l’Egypte, l’Ethiopie et le Nigeria, des marchés porteurs en Afrique. Il ne s’agit pas, pour ce groupe d’investissement de la City de Londres, de développer un fonds centré sur le développement de l’agriculture, mais plutôt sur le développement de l’industrie alimentaire sur le continent. L’agriculture africaine reçoit déjà, selon les investisseurs de Silk, beaucoup d’investissements.
Burkina : Des relations commerciales au beau fixe avec l’Inde
2011-02-20
http://tinyurl.com/6a9neag
L’Inde et le Burkina Faso entretiennent de très bons rapports commerciaux. D’après un récent communiqué du Haut Commissariat de l’Inde à Accra (Ghana), ceux-ci, fruit d’une meilleure entente entre les deux nations, n’ont cessé de s’améliorer depuis trois ans déjà. Actuellement, l’Inde met à la disposition du Burkina une enveloppe de 74,97 millions de dollars dans le cadre du Projet de Développement de la Mécanisation Agricole et de Soutien au Secteur Hydraulique (Team 9) et du projet panafricain e-Network. En outre, l’Inde prévoit de soutenir également le domaine agricole burkinabé. Aussi, elle financera, à hauteur de 30,97 millions de dollars, la construction d’un bureau national ainsi que son équipement.
Global : La FAO promeut agrocarburants et cultures vivrières
2011-02-20
http://tinyurl.com/4w33fq5
Une nouvelle étude publiée le 17 février par la FAO plaide en faveur de la mise en place de programme mixte « de production de nourriture et d'énergie afin d'accroître la sécurité vivrière et énergétique des pays tout en réduisant la pauvreté ». L'étude de la FAO, intitulée "Making Integrated Food-Energy Systems Work for People and Climate - An Overview", s'appuie sur une série d'exemples puisés en Afrique, en Asie et en Amérique latine ainsi que dans certains pays développés, qui illustrent comment surmonter les problèmes d'intégration de la production vivrière et énergétique. Les femmes peuvent bénéficier de ces programmes « car elles ne sont plus contraintes à délaisser leurs champs pour aller chercher du bois de feu », indique l'étude.
RD Congo : Un futur grand pays pétrolier ?
2011-02-20
http://tinyurl.com/67quev6
Selon le ministre des Hydrocarbures de la RD Congo, des indices dans l'Est du pays ont mis en évidence la présence de pétrole, en particulier dans les zones frontalières. D'où, un risque de litiges entre voisins que ces proximités peuvent présenter. Avec l'Ouganda, un accord de coopération a été signé en janvier 2008, qui prévoit une exploitation commune dans le lac Albert, à cheval sur les deux pays. Si la présence de pétrole se confirme dans les régions prospectées, outre les retombées financières et économiques pour l'Etat, les provinces et les populations, il est clair que l'exploitation bouleversera la géopolitique interne, les prétendues provinces pauvres d'hier pouvant devenir « riches » dans le futur.
RD Congo : Vers davantage d'autonomie pour l’agriculture
2011-02-20
http://tinyurl.com/4fxswds
Malgré leur potentiel agropastoral et piscicole, les campagnes katangaises ne nourrissent pas la province, contrainte d’importer une grande part de son alimentation. « La moitié de nos besoins en maïs, soit environ 500 000 tonnes par an, est couverte par des importations venant de Zambie, du Malawi et d’Afrique du Sud », explique le ministre provincial de l’Agriculture. De même, une grande partie du poisson et de la viande consommés localement vient de Namibie et du Zimbabwe. Sans compter le blé, le riz, le sucre, l’huile de table et autres produits qui arrivent du Brésil, du Moyen-Orient, de Chine et de Thaïlande. Pour inverser la tendance, le gouvernement provincial s’est donné trois priorités : inciter les petits exploitants à se regrouper en coopératives et de leur fournir des intrants et des outils agricoles plus performants, sécuriser le foncier face aux sociétés minières et, enfin encourager la création de grandes sociétés agricoles.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : la planification familiale au centre des préoccupations
2011-02-20
http://tinyurl.com/6dshey9
La politique des naissances jusque là menée par nos Etats n’est pas appropriée et risque même d’avoir de fâcheuses conséquences sur l’avenir du pays. C’est ce qui ressort du constat fait par des chercheurs Européens, mais aussi africains. Ces derniers l’ont fait savoir à la faveur de la conférence sous régionale sur le planning familiale à Ouagadougou. Des voix autorisées se font désormais entendre pour dénoncer la politique des gouvernements africains sur la question. De leurs cotés, les économistes occidentaux se préoccupent aussi de la situation. Pour eux, l’économie sera affectée par la problématique de la démographie.
Afrique : Nigeria et Niger primés pour l’éradication du ver de guinée
2011-02-20
http://tinyurl.com/6xmpt42
Le Nigeria et le Niger ont reçu un prix international qui les distingue comme étant les derniers pays à célébrer le nouvel an sans signaler un seul patient atteint du ver de guinée, une maladie parasitaire d’origine hydrique. Les deux pays récipiendaires doivent se joindre aux 14 autres nations qui ont déjà donné un coup d’arrêt à cette maladie, depuis le lancement en 1986 de la campagne d’éradication du ver de guinée.
Mauritanie : Exposition sur la médecine traditionnelle
2011-02-21
http://tinyurl.com/5tbkolm
Le musée de Nouakchott abrite actuellement une exposition des plantes médicinales, sous le thème ‘’ les merveilles de la médecine traditionnelle ‘’, dans le but de sensibiliser les populations sur l’importance capitale de certaines plantes pour l’existence humaine sur terre. Organisée sous le haut patronage de la veuve du premier président mauritanien, Marièm Daddah , l’exposition dure dix jours et est initiée par un spécialiste en phytothérapie et membre de la société française d’Ethnopharmacologie.
Sénégal : une société disposée à équiper 10 centres d’hémodialyse
2011-02-20
http://tinyurl.com/6d77dll
Le bureau Afrique francophone de Fresenius Medical Care, a réitéré le 17 février la volonté de son entreprise d’équiper gratuitement 10 centres d’hémodialyse au Sénégal, afin de vulgariser le traitement de l’insuffisance rénale. Ces centres de dialyse seront dotés de générateurs de dernier cri, de salles de traitement d’eau, de fauteuils et des kits de haute performance. Une convention a été signé avec l’Etat qui rembourse les 4/5 du coût du traitement. Le 5-ème, qui incombe au malade, revient à 45.000 francs CFA par semaine, soit 15.000 francs CFA par séance, pour trois jours.
Soudan : Médecins du Monde expulsée du Sud-Darfour
2011-02-20
http://tinyurl.com/6xb28vu
Les autorités de cette province de l'ouest du Soudan ont ordonné à Médecins du Monde (MDM) de cesser ses activités et ont fait arrêter en fin de semaine dernière douze de ses employés. Le gouverneur du Sud-Darfour accuse MDM de soutenir l'Armée de libération du Soudan, d'Abdelwahid Nour, l'un des trois groupes rebelles qui combattent le gouvernement au Darfour.
Éducation
Afrique : L’UNESCO va créer une bibliothèque universitaire virtuelle
2011-02-20
http://tinyurl.com/6az3km9
La Directrice générale de l’UNESCO a signé un accord afin de lancer un projet d’un montant de 12 millions de dollars destiné à renforcer les capacités des universités d’Afrique de l’Ouest, notamment grâce à la création d’une bibliothèque virtuelle interconnectée au niveau régional. D’une durée de trois ans, ce projet financé par l’UEMOA vise à installer des infrastructures d’accès aux TIC, à la fois matérielles et virtuelles, dans les établissements d’enseignement supérieur. Les campus de huit universités, une dans chaque pays de l’UEMOA, seront équipés de la fibre optique et de salles dotées d’accès à internet à haut-débit d’au moins 200 ordinateurs par campus.
Conflits & urgences
Afrique : Echec interdit pour le panel de chefs d’Etat sur la Côte d’Ivoire
2011-02-20
http://tinyurl.com/4ooprzu
Les cinq chefs d'Etat du panel constitué par l'Union africaine (UA) plancheront ce week-end à Nouakchott en Mauritanie sur le dossier de la crise ivoirienne. Ils se rendront ensuite le lundi 21 février à Abidjan pour discuter avec Alassane Dramane Ouattara (ADO), le président élu, et Laurent Koudou Gbagbo, le président sortant. Ces mini-sommets de la dernière chance se tiennent toutefois dans un contexte de sérieux affaiblissement du camp Gbagbo. En effet, à tour de rôle, les banques internationales ferment leurs portes.
Libye : Le bilan des émeutes dépasserait 80 morts
2011-02-21
http://tinyurl.com/6bk9cxa
Les forces de sécurité gouvernementales ont tué au moins 84 personnes en Libye durant les trois jours de manifestations, a affirmé le 19 février l'organisation Human Rights Watch, en s'appuyant sur des témoignages de membres du personnel hospitalier et de témoins. Les affrontements touchent l'Est du pays, notamment Benghazi, où le siège de la radio a été incendié alors que les manifestants ont pendu deux policiers dans la ville d'Al Baïda. Les manifestants réclament le départ de Mouammar Kaddafi, au pouvoir depuis 1969.
Sénégal: deux soldats tués lors d'une attaque en Casamance
2011-02-21
http://tinyurl.com/6at9ttk
Une nouvelle attaque s'est produite contre un cantonnement de l'armée sénégalaise en Casamance, du fait de la rébellion armée. Les affrontements ont faite deux morts, qui portent à 14 le nombre de soldats sénégalais tués depuis le 27 décembre 2010 dans cette région où opère depuis trente ans une rébellion indépendantiste, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), divisée en plusieurs factions politiques et militaires. Des négociations sont au point mort, les dernières remontant à février 2005, un peu plus d'un an après la signature, en décembre 2004 d'un accord de paix présenté comme "historique".
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ISSN 1753-6847


