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FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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VOIX AFRICAINES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA JUSTICE SOCIALE

book cover EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004
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Pambazuka News 18: La Somalie sur la croisée des chemins

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Nécrologie, 4. Moniteur de l'Union Africaine, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Terres & droits fonciers, 16. Média & liberté d'expression, 17. Plaidoyers & campagnes, 18. Nouvelles de la diaspora, 19. Conflits & urgences, 20. Internet & technologie, 21. Collecte de fonds & ressources utiles, 22. Cours, séminaires, & ateliers, 23. Forum Social Mondial 2007

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Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Hassan Harun prévient que malgré l’apparente déroute des milices islamistes, la guerre est loin d’être terminée

COMMENTAIRES ET ANALYSES :
- Si on y prend garde, la Somalie sera un nouvel Irak + Afghanistan, met en garde Issa Shivji
- Retour sur le Forum social mondial (Fsm) de Nairobi : faits et sujets à l’ordre du jour
- Bakari Fofana estime que les APE sapent les efforts de développements des pays pauvres
- La dette, un éternel fardeau pour les pays pauvres, selon Bréhima Touré
- Lovinsky Pierre-Antoine demande le retrait de Haïti de la MINUSTHA auteur de graves violences contre les populations locales

NECROLOGIE : Abbé Diamacoune, le rebelle casamançais n’est plus
FORUM SOCIAL MONDIAL : Retour sur Nairobi 2007
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Les Etas-Unis d’Afrique à l’ordre du jour
CONFLITS ET URGENCES : Nouvelles de la Côte d’Ivoire, Guinée, Somalie…
DROITS HUMAINS : Ndayizeye acquitté au Burundi
FEMMES ET GENRE : Cameroun, célébration de mariages collectifs
REFUGIÉS ET MIGRATION FORCÉE : Des sans-papiers défilent en Espagne
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Burundi, le pouvoir discrédité
DEVELOPPEMENT : Philanthropie rime t-elle avec développement ?
CORRUPTION : Enquête su les agents publics au Cameroun
SANTÉ ET VIH/SIDA : Algues brésiliennes, un espoir de remède contre le sida ?
ÉDUCATION : l’Afrique perd 20000 qualifiés par an
RACISME ET XENOPHOBIE : Les Noirs discriminés en France
ENVIRONNEMENT : La planète suffoque
TERRES ET DROITS FONCIERS : Le Zimbabwe en manque de fertilisants
MEDIA ET LIBERTÉ D’EXPRESSION : Maroc, un journaliste démissionne sous la pression
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Annan rentre au Ghana
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Le Président chinois à nouveau en Afrique
INTERNET ET TECHNOLOGIE : La censure toujours en Afrique du Nord
PLUS : Informations sur les cours, séminaires, ateliers et offres d’emploi…




Chroniques

La Somalie à la croisée des chemins

2007-01-31

Harun Hassan

Le gouvernement somalien et ses alliés éthiopiens –cette fois-ci appuyés par l’armée américaine, ne peuvent pas en finir sans un règlement politique, indique Harun Hassan dans le présent article tiré de www.opendemocracy.net. Pour l'auteur, la Somalie, l’Ethiopie (et les Etats-Unis) ont déjà commis une erreur politique majeure, en installant quatre seigneurs de guerre (dont aucun n’est membre du gouvernement somalien) comme gouverneurs des zones qu’ils ont dirigées avant que l’Union des Tribunaux Musulmans (UTM) ne les détrônent.


Le conflit énigmatique de la Somalie a de nouveau pris un tournant dramatique. Au moment où l’an 2006 s’achève et à l’aube de 2007, après six mois d’impasse politique et de manœuvres militaires de chaque côté, la situation a explosé en une totale confrontation armée.

Le résultat fut une victoire éclaire de l’armée éthiopienne et de ses alliés somaliens, à savoir le Gouvernement Fédéral de Transition(GFT)basé à Baidoa et les seigneurs de guerre « freelance » qui le soutiennent. Leurs adversaires, les miliciens de l’Union des Tribunaux Musulmans (UTM), furent vaincus et mis en débandade (et, dès le 7 janvier 2007, assujettis à de lourds bombardements de la part de l’armée de l’air des Etats-Unis). Dans l’espace de dix jours, les prospections politiques de la Somalie se sont renversées dans les circonstances les plus imprévisibles.

Un conflit qui, au départ, était un petit conflit local, a maintenant éclaté et a passé à la une des informations écrites et télévisées de la presse mondiale, reflétant la réappropriation « mondiale » soudaine du conflit somalien dans une version d’histoire plus vaste de la « guerre des Etats-Unis contre le terrorisme » ou bien de « longue guerre »

Les tous derniers développements sur le terrain, et les commentaires faits par les autorités américaines, confirment le nouveau statut de la Somalie en tant qu’un troisième « théâtre » dans cette guerre (après l’Irak et l’Afghanistan). Les avions américains ont lancé une nouvelle vague de bombardements aériens dans le sud de la Somalie le 10 janvier, après des raids par bombes ayant pour cibles (selon lesdites autorités) les dirigeants d’al-Qaida qui auraient trouvé refuge parmi les éléments de ces forces de l’UTM dans la région. Dans un mouvement significatif, l’Union Européenne et les Nations Unies ont critiqué la tactique américaine.

Les Etats-Unis ont nommé trois hommes qu’ils accusent d’être impliqués dans les bombardements en août 1998 des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, bombardements qui ont coûté la vie à 250 personnes : Fazul Adullah Mohamed (des Iles Comores) ; Abu Talha al-sudani (un Soudanais) et Saleh Ali Saleh Nabhan (un Kenyan). Il n’y a pas eu de confirmation que ces trois hommes ont été vus en Somalie, même si les informations suggèrent que Fazul Abdullah Mohamed fut tué lors du tout dernier raid ; dans tous les cas, l’anarchie qui règne dans le pays et le manque de gouvernement central fort ont exposé ses frontières (aériennes, maritimes et terrestres) à toutes sortes d’abus pour une longue période.

La zone que les avions américains sont en train de bombarder est une vaste jungle qui s’étend sur environ 20 kilomètres le long de la frontière entre la Somalie et le Kenya où les milices de l’UTM ont dressé une résistance farouche. L’objectif principal de l’armée américaine est d’écraser irréversiblement les résidus de l’UTM. L’UTM pourrait toujours disposer de plus de 2.000 combattants qui sont prêts pour la bataille. Les médias somaliens indiquent que les troupes éthiopiennes sur terrain ont subi des pertes lourdes les 7 et 8 janvier et ainsi demandé le bombardement américain. Les avions MIG de l’Ethiopie eux-mêmes avaient bombardé cette zone pendant environ dix jours mais ils ne semblent pas avoir la capacité de faire des attaques ciblées que la haute technologie américaine peut garantir.

Dans toute cette escalade militaire, il est très aisé d’oublier que des civils innocents – y compris ceux déjà déplacés par la guerre et fuyant cette dernière – sont en train d’être tués, peut-être en nombres importants. Certains fermiers de la région sont également en train de perdre des animaux qui sont la base de leur source de revenus. Cette situation a des ingrédients d’un désastre humanitaire qui rend complexe l’insécurité humaine déjà endémique de la Somalie.

Dispersion et retraite

La guerre pour la Somalie est ainsi entrée dans une nouvelle phase. Même il y a moins d’un mois, la situation actuelle aurait paru comme un dénouement surprenant. Le 12 décembre 2006, confiant à l’époque, le commandant des miliciens de l’Union des Tribunaux Musulmans a donné aux troupes éthiopiennes soutenant le gouvernement somalien un ultimatum d’une semaine pour quitter le pays ou être forcées à le faire. Mais même pendant qu’il annonçait cela, l’Ethiopie avait (au milieu des dénis moqueurs d’une quelconque activité du genre à Addis-Abeba) a déployé plusieurs brigades mécanisées à l’intérieur de la Somalie et les a préparées à la guerre.

Le 20 décembre, un jour après que le délai de l’UTM eut été dépassé, des coups de feu ont éclaté à la ligne de front entre les deux côtés tout près de la base temporel du gouvernement somalien à Baidoa. Une nouvelle phase de la guerre avait commencé. Huit jours plus tard, l’armée éthiopienne avait (avec ses alliés somaliens) capturé la capitale Mogadishu et d’autres principaux centres urbains antérieurement contrôlés par l’UTM. Les militants de l’UTM en effondrement, qui perdaient ville après ville, furent forcés à s’enfuir davantage vers le sud dans la zone dominée par la jungle à la frontière avec le Kenya.

Il y a eu deux facteurs cruciaux dans la bonne fortune inattendue du gouvernement somalien, qui avait été la partie ayant subi de sérieuses pertes en hommes juste avant le dernier conflit. Le premier fut le fait que l’UTM a sous-estimé la puissance de l’armée éthiopienne. Il a été indiqué qu’entre 8.000 et 10.000 hommes de troupes éthiopiens furent impliqués dans la bataille, étant armés d’hélicoptères de combat et de tanks de fabrication américaine, d’avions de combat et d’artillerie lourde. Aidée par 3.000 miliciens du gouvernement, cette force était presque le double de la taille des miliciens de l’UTM, qui n’était armés que d’AK-47, de machine guns et de bazookas.

Le second facteur fut que le plan tactique de l’UTM – pour capturer Baidoa et transformer la bataille en une guerre urbaine et de rue qui est familière à la plupart de ses combattants) – a échoué de manière désastreuse, puisqu’ils furent forcés à affronter une armée conventionnelle dans un contexte de ligne de front ouverte. Même en dépit de cela, aucun côté n’avait réalisé de conquête territoriale majeure pendant sept jours jusqu’à ce que les défenses de l’UTM dans les régions centrales de la somalie tombèrent.

A ce stade, les forces éthiopiennes et somaliennes ont pris l’initiative et forcé les milices de l’UTM à se retirer de Baidoa. Sans tarder, les villes tombèrent les unes après les autres et l’UTM ne reçut aucune chance de se regrouper. Le 27 décembre, les éthiopiens et leurs alliés somaliens marchèrent sans aucune résistance jusque dans la capitale. Les combattants de l’UTM avaient été supposés se battre à Mogadishu et dans la ville australe de Kismayo ; ils optèrent plutôt de se retirer, et ce, peut-être, afin de mener une guérilla à partir de la brousse.

Le 28 décembre 2006, la Somalie est entrée dans une nouvelle ère.

Vainqueurs et vaincus

Il se dégage trois vainqueurs et trois vaincus de la toute dernière bataille pour la Somalie. Le premier vainqueur est le gouvernement somalien de transition lui-même. L’on s’attend à ce que ce corps déménage vers Mogadishu (pour la première fois depuis sa formation au Kenya en 2004) afin de combler le vide politique, avec le soutien d’un contingent de troupes de l’Union Africaine qui doit être bientôt déployé dans le pays.

Le deuxième vainqueur est le gouvernement éthiopien, qui a exécuté une stratégie politique et militaire décisive en cassant la potentialité de l’émergence d’un voisin puissant et hostile. Tout au moins, l’Ethiopie a évité (peut-être pour plusieurs années) l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement somalien dirigé par des individus qui combinent de fortes croyances religieuses et des tendances nationalistes.

Le troisième vainqueur ce sont les Etats-Unis, qui pour la première fois ont gagné leur guerre indirecte contre les dirigeants musulmans de la Somalie qu’ils accusent d’avoir des liens avec al-Qaeda et de cacher des terroristes recherchés (accusations qui restent à prouver effectivement).

Le premier des trois perdants dans ce conflit c’est l’Union des Tribunaux Musulmans. L’UTM a payé le prix de son immaturité politique et de ses décisions hâtives. La force - même de ses milices comparée aux forces du GFT, et le vaste territoire qu’elle parvint à contrôler au cours de 2006, s’est révélée comme étant une arme à double tranchant en termes de sa capacité d’être flexible et de se compromettre (voir « Somalia’s new Islamic leadership », le 13 juin 2006).

Le deuxième élément vaincu c’est l’Erythrée, qui a perdu un allié clé dans ses bousculades indirectes avec l’Ethiopie pour la domination régionale. Toutefois, l’on a appris que l’Erythrée n’avait pas de personnel militaire en Somalie (contrairement aux accusations onusiennes selon lesquelles plus de 2.000 hommes de troupes érythréens étaient présents).
Le troisième perdant c’est la diplomatie internationale, qui a cédé la place à la violence et à la préférence de l’action militaire. La plus récente confrontation armée de la Somalie aurait pu être évitée s’il y avait eu une diplomatie honnête et solide aux moments cruciaux. Cet échec fait tomber la honte sur la communauté internationale ainsi que sur les combattants immédiats.

L’implication d’un groupe musulman a contribué à donner au tout dernier conflit de la Somalie une dimension internationale. Et pourtant pendant des mois, les Nations Unis, les Etats-Unis, l’Union Européenne, l’Union Africaine et la Ligue Arabe ont choisi d’observer l’escalade du danger vers une confrontation armée. Ces agences pourraient avoir eu des intérêts divergents, et des doutes à propos du déploiement par l’Ethiopie de son armée au-delà de la frontière « dans la défense de l’intérêt national » - mais elles ont choisi le silence ou le consentement. Leur attitude est un feu vert à des invasions pré-emptives « semblables ».

L’Ethiopie et la Somalie

Ce conflit a été décrit comme un conflit régional, indirect ou même (en termes idéologiques) comme un conflit mondial. La vérité la plus profonde si pas la moins bonne pour les grands titres de journaux est qu’il y a encore une nouvelle épisode de la longue histoire du conflit entre les deux sociétés de l’Ethiopie et de la Somalie.

Les principaux quotidiens de l’Ethiopie ont utilisé le terme « mission accomplie » après que leurs forces entrèrent dans la capitale somalienne. De la même manière, beaucoup de publications faites par les médias somaliens ont décrit le 28 décembre 2006 comme une journée sombre dans l’histoire de la Somalie. Ceci nous donne une indication sur les raisons pour lesquelles ces deux pays pourraient être les plus grands perdants dans ce conflit.

Il y a une longue histoire de tension entre ces deux territoires. Les anciens royaumes éthiopiens – depuis de 2ème siècle, le royaume d’Aksun – a envahi et régné sur beaucoup de parties de la Somalie. Les Somaliens (ou « Berbères noires » comme les appelait à l’époque) furent poussés vers les zones côtières où ils ont bénéficié de relations proches, basées sur le commerce, avec les anciens Egyptiens. Les dynasties et les sultanats somaliens ont ainsi fait l’expérience de contacts violents avec leurs équivalents éthiopiens ; mais la tension s’est empirée même plus lorsque l’Islam a atteint la Somalie au 9ème siècle.

Au début du 16ème siècle, l’une des guerres les plus catastrophiques se produisit. Un seigneur de guerre somalien ayant le désir d’élargir le règne de l’Islam, l’Imam Ahmed Gurey (ou Ahmed Gran), envahit l’Ethiopie avec l’aide de l’empire Ottoman et vainquit l’armée de son empereur Lebna Dengel. Dans le parcours, il captura de vastes territoires et massacra beaucoup de gens qui refusait de se convertir à l’Islam. Mais les Ethiopiens se regroupèrent et (avec l’aide du Portugal) lancèrent une contre-attaque, vainquirent et tuèrent Gurey.

Quatre siècles plus tard - au réveil de la « bousculade impériale pour l’Afrique » au début du 20ème siècle – un autre seigneur de guerre somalien, Sayyid Mohamed Abdullah Hassan, prit les armes contre les Britanniques qui, à l’époque, occupaient des parties de la Somalie. Afin de sauvegarder les bonnes relations avec les colons européens, l’empereur Menelik II de l’Ethiopie rejoignit la campagne contre le dirigeant somalien en soutien de la Bretagne par l’invasion de la région somalienne d’Ogaden.

Dans une première phase de sa propre ère de retraite impériale, la Bretagne garantissait en 1948 l’Ogaden à l’Ethiopie et demandait à l’ONU de considérer d’autres parties de la Somalie pour l’indépendance. La somalie lança des opérations militaires en 1964 et 1977 en vue de regagner cette région, mais elle échoua.

C’est cette histoire qui couvre l’actuel malheur et la présence de l’Ethiopie en Somalie. C’est un passé qui hante beaucoup de gens des deux pays.

En pratique, ceci pourrait ne pas être une guerre entre deux gouvernements, parce que le gouvernement internationalement reconnu de la Somalie a présentement des rapports mutuellement favorables avec les Ethiopiens. Mais théoriquement et idéologiquement, c’est également une guerre entre les sociétés.

A la lumière de ce qui précède, les bruits politiques et la dimension internationale de la situation actuelle sont moins importants que la présente tache noire dans les rapports entre les deux sociétés voisines. La raison en est que l’histoire ne se rappellera pas de l’opération triomphante de l’Ethiopie en Somalie comme l’œuvre de deux gouvernements alliés, mais plutôt comme l’un des plus grands succès militaires contre la montée de l’Islam politique en Afrique – si pas dans le monde entier.

Guerre et Politique

Le président de la sSomalie, Abdullah Yusuf Ahmed, indique que ce moment-ci constitue un nouveau départ pour la Somalie et une chance pour la communauté internationale de donner son assistance. Les Etats-Unis, l’UE et l’UA ont donné leur réponse. Il est maintenant officiel que les troupes de l’UA seront envoyées – peut-être avant fin janvier – bien que le mandat de leur mission n’ait pas été spécifié.

Le dirigeant de l’Ethiopie Meles Zenawi indique qu’il a l’intention de garder ses troupes à l’intérieur de la Somalie pour seulement quelques semaines, et de quitter les lieux une fois que les troupes de l’UA arriveront – une position soutenue par les Etats-Unis et le gouvernement britannique. Mais le premier ministre somalien qui est vainqueur, en retournant dans la capitale, indique que les Ethiopiens resteront là-bas aussi longtemps que le gouvernement somalien trouvera leur présence nécessaire. Cette option très sensible est une véritable possibilité. Pourrait-elle aussi transformer la victoire en une défaite?

Il y a deux raisons qui font qu’on puisse penser de la sorte. La première est que l’intervention éthiopienne est un cauchemar diplomatique pour la communauté internationale. Lorsque les Etats de la région de l’Afrique de l’Est ont proposé, au départ, après de pénibles négociations qui ont duré deux ans – l’envoi de troupes en Somalie en soutien au gouvernement somalien, ils ont pris le soin d’exclure les pays frontaliers avec la Somalie (le Kenya, l’Ethiopie et le Djibouti) – puisque tous les trois avaient des intérêts divergents sur la Somalie ainsi que de grandes populations d’ethnie somalienne.

Cette opinion fut reprise après la formation du gouvernement somalien en 2004, lorsque le parlement de transition a approuvé le déploiement de troupes africaines mais a spécifiquement exclu les mêmes pays voisins. En décembre 2006 également, quand les Nations Unies ont adopté une résolution autorisant le déploiement en Somalie d’une force africaine composée de 8,000 hommes, ces mêmes trois nations furent encore une fois exclues. Tout ceci prouve à suffisance que l’entrée éthiopienne en Somalie a violé les normes et la loi internationales.

Deuxièmement, les trois gouvernement engagés – somalien, éthiopien et américain – vont trouver difficile de modifier la perception des Somaliens envers les forces éthiopiennes, compte tenu des circonstances de leur entrée, spécifiquement si la situation sur le terrain devient défavorable à cette dernière (si, par exemple, le GFT ne parvient pas à délivrer et que l’insécurité continue de régner, et/ ou l’UTM resurgit de la brousse).

Il y a déjà eu des manifestations anti-éthiopiennes à Mogadishu en protestant contre les tentatives de collecter les armes. Le gouvernement somalien a maintenant retardé indéfiniment la politique de collecte des armes. Entretemps la tension est en train de monter dans la ville centrale de Beletweyne après que les Ethiopiens aient détenu un commandant de haut rang des forces gouvernementales somaliennes après qu’il eut pardonné au président local des Tribunaux Musulmans et refusé de le remettre aux Ethiopiens.

Le problème du gouvernement en ce qui concerne l’UTM vaincue est que celle-ci ne souffre d’autre stigmatisation que l’allégation de liens avec les terroristes par les Etats-Unis et l’Ethiopie. Ainsi s’il ne succombe pas aux attaques actuelles, ce ne sera pas surprenant que certaines autorités de l’UTM réapparaissent dans les villes principales dans quelques mois.

Le Présent et l’avenir

Ceci rend une option diplomatique continuellement pertinente. Le déploiement prospectif des troupes de l’Union Africaine va également nécessiter des initiatives politiques nouvelles et créatives en vue d’atteindre une solution. Le gouvernement somalien devra agir d’une manière réconciliatrice et éviter la vengeance et la politique de boucs émissaires ; les milices et les clans devront être désarmés dans tout le pays et de manière équitable et en retour recevoir des garanties de justice et de sécurité ; le gouvernement devra éviter la désunion tout en essayant d’accomplir des miracles de délivrance.

Le gouvernement somalien et ses alliés éthiopiens ont occupé des endroits où l’UTM a régné pendant plusieurs mois et fait voir un nombre important de réalisations: elle a mis en œuvre la loi et l’ordre, ouvert tous les ports (tout le long de la plus longue ligne côtière en Afrique), reconstruit les institutions gouvernementales essentielles (le palais présidentiel, l’aéroport international de Mogadishu, la cour suprême, la prison, et les immeubles du ministère des affaires étrangères et de l’information – et désarmé tous les seigneurs de guerre. C’est une demande difficile à satisfaire pour le gouvernement, mais même la moitié de ce que l’UTM a réalisé pendant cette période serait perçue par beaucoup de Somaliens comme un pas significatif.

Le succès militaire du gouvernement somalien et des Ethiopiens, et le déploiement de troupes dans l’après-guerre, ne sera d’aucune valeur si l’on ne trouve pas de solution politique à l’un des conflits les plus compliqués de l’Afrique. Tout échec ici va hanter les commandants militaires de l’Union Africaine qui devront s’occuper de l’échec politique, et le peuple somalien continuera de souffrir.

La Somalie, l’Ethiopie (et les Etats-Unis) ont déjà commis une erreur politique majeure, en installant quatre seigneurs de guerre (dont aucun n’est membre du gouvernement somalien) comme gouverneurs des zones qu’ils ont dirigées avant que l’UTM ne les détrônent.

Ceci soulève vivement la question de savoir si oui ou non l’UTM pourrait se ressaisir et redevenir forte. Le processus politique de la Somalie a été stagnant pour la majeure partie des seize dernières années – dominé par les mêmes seigneurs de guerre et dirigeants claniques. La phase dramatique des débuts de l’été 2006 a mené l’UTM dans une position de commandement qu’ils ont perdue au bout de six mois. La phase actuelle verra deux déploiements majeurs de troupes étrangères dans une courte période. Les chances de voir encore davantage de surprises sont réelles. L’une d’entre ces dernières sera –t-elle le retour de l’UTM à travers la guérilla, ou sous une forme d’un autre groupe de résistance ?

Deux scénarios pourraient contribuer au retour de l’Union des Tribunaux Musulmans. Le premier est que le gouvernement fédéral de transition continue de s’appuyer sur le soutien étranger – de la part de l’Ethiopie ou d’autres troupes africaines, ou des deux – mais ne gagne pas la confiance des Somaliens ordinaires. Le second est que le GFT ne trouve pas un mécanisme politique soit pour ménager ou pour anéantir les seigneurs de guerre freelance, rendant ainsi très difficile la restauration de la sécurité. Plus ces seigneurs de guerre restent en dehors du gouvernement, plus les groupes d’opposition sont susceptibles d’augmenter. La bataille a été gagnée, du moins pour le moment. Pourtant rien ne signale que la guerre va se terminer bientôt. La Somalie reste à la croisée des chemins.

Le présent article par Harun Hassan fut initialement publié sur apendemocracy.net sous une licence de creative commons. Si cet article vous a fait plaisir, visitez opendemocracy.net pour davantage. Le lien de l’article original est : http://www.opendemocracy.net/democracy- africa_democracy/ somalia_crossroads_4236.jsp

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Commentaires & analyses

Au rythme du Forum Social Mondial...

2007-02-01

Nairobi 2007 a vécu. Pendant six jours (du 20 au 25 janvier dernier), la capitale kenyane était la capitale du mouvement altermondialiste. Par dizaines de milliers, activistes de divers horizons et défendant diverses causes se sont pour la première fois dans l'histoire du Forum social mondial (Fsm) retrouvés en Afrique. En chantant, en dansant et sous la colère aussi par d'autres moments, ils ont débattu, manifesté et protesté -clouant au pilori l'ordre économique et politique mondial- au centre de sport Kenyatta de Kasarani et dans les rues de Nairobi. Tous leurs slogans convergent vers un seul but : l'avènement d'un autre monde, meilleur et égalitaire. En attendant de revenir sur le bilan de cette édition et sur l'avenir du Forum social mondial, Pambazuka News vous replonge au coeur de l'évènement avec une compilation de brèves relatant certains des points focaux de l'évènement et d'articles traitant de sujets au coeur du débat des altermondialistes.

Les brèves et articles ci-dessus ont été redigés par l'équipe de journalistes de Flamme D'Afrique (Institut Panos AO). Pambazuka News et Panos ont collaboré étroitement durant cette dernière édition du Forum social mondial dans la production et la diffusion d'informations relatives à l'évènement.


Un site à moitié plein ou à moitié vide

Le pari du comité d’organisation du 7e Fsm était d’accueillir 80 000 participants. En fin de journée dimanche, ils en étaient à 46 000. Sur le site de l’immense complexe sportif de Kasarani, cela donne une impression de vide. Surtout en comparaison avec la traditionnelle mobilisation de Porto Alegre, ou encore celle par le Forum social indien à Mumbai, en 2004. Cela crée ici ou là quelques déceptions. «Nous nous attendions à un plus grand monde parce que nous sommes en Afrique…», confient des spécialistes en économie sociale, en logement (défense et droit des locataires), en droit des femmes venus du Canada. «Nous sommes ici pour vivre, pour échanger, faire des rencontres et surtout repartir au Québec avec la passion sociale».

Pour l’heure, les manifestations devant permettre de bénéficier de telles opportunités ne sont pas réglées comme sur du papier à musique. Nombre de panels et conférences ont été annulés faute d’assistance ou simplement supprimés du calendrier sans préavis. Sur six manifestations qu’un journaliste de Flamme d’Afrique avait cochées sur son calendrier dimanche, pour les suivre, seuls deux ont pu avoir lieu.


Présences politiques : entre l’acceptable et le répréhensible

Un début de polémique commence autour d’une «politisation» du forum. Il est parti de la présence d’hommes politiques kenyans, dans des manifestions organisées dimanche. Devant ce qui est présenté comme une violation de la charte d’un mouvement altermondialiste qui se veut apolitique, le comité d’organisation du forum n’a pas reculé. Selon son président, Pr Edward Oyugi, ces derniers « n’ont pas été invités comme des leaders politiques, mais comme des personnes qui ont pris une part active dans l’indépendance du Kenya. Ce sont des résistants dont nous sommes fiers».

De même, si la présence du drapeau du Front Polisario qui flotte sur le site dérange certains, le coordinateur du Secrétarait du Forum social africain, Taoufik Ben Abdallah relève : «Plusieurs drapeaux flottent à Kasarani. C’est un parmi tant d’autres. Mais s’ils (les participants sahraouis) se présentent comme un groupe politique, nous n’hésiterons pas à les exclure du Forum social mondial.» La première participation d’éléments du Polisario au Fsm remonte au Forum social mondial polycentrique de Bamako, en janvier 2006.

La présence politique au Fsm n’est pas chose nouvelle. Au dernier Fsm de Porto Alegre les présidents Chavez du Venezuela et Lula du Brésil étaient de la partie. Encore que ces derniers ont des sensibilités qui collent au mouvement social mondial.


L’altermondialisme n’est plus gratuit

Si le site de Kasarani où se tient le 7e Fsm peine à se remplir, cela pourrait tenir à une chose : pour accéder au complexe sportif où se déroule le forum, les intéressés doivent payer. L’entrée est ainsi fixée à 50 Ks (un peu moins d’un dollar) «Sur un budget de 5 millions de dollars, nous n’avons rien reçu du gouvernement», insiste un responsable du Comité d’organisation. Il faut donc combler un budget qui a du mal à s’équilibrer (voir notre bulletin n° 2). Pour une autre membre, Miranda Moema, «chaque chose a un prix. C’est facile d’organiser quand on reçoit l’aide financière du gouvernement. Là, il faut trouver les moyens d’autofinancer les évènements.».

Des manifestants ont cependant dénoncé mardi l’aspect «mercantile» du forum. Ils ont envahi les locaux du Secrétariat du Fsm, avec, sur une pancarte, un slogan pour dénoncer le coût jugé élevé de la restauration sur le site. Les journalistes ont été aussi surpris d’avoir à payer sept dollars pour se faire accréditer.


Une autre image de l’Afrique par la chanson

En 2004 elle était à Oslo pour représenter le Kenya, lors de la remise du prix Nobel de la Paix à sa compatriote Wangari Matali. A la cérémonie d’ouverture du 7e Fsm, Suzanna Owiyo avait aussi été de la partie. Cette adhésion à la mouvance altermondialiste a bien un sens pour elle : « Je veux influencer les mentalités dans mes chansons, promouvoir une autre image de l’Afrique que celle de la pauvreté, des guerres et des famines. Je veux montrer que les gens en Afrique ont de l’énergie pour faire les choses. Et le changement dont je parle commence par moi, toi, lui…», confie-t-elle. A Uhuru Park elle a chanté dans sa langue maternelle, le «luo» (une ethnie de l’ouest du Kenya et le public a vibré avec elle. D’autres artistes africains célèbres sont aussi à Nairobi, comme le rappeur sénégalais Dj Awadi.


Plantation d’arbres : L’altermondialisme prend racine

Des femmes chantent en kikuyu, l’une des langues nationales du Kenya, en cette fin d’après-midi du mercredi 24 janvier 2007. «C’est un grand jour au Kenya, puisque nous avons reçu la visite de nombreux étrangers. C’est surtout un très grand jour parce que nous aurons la possibilité de voir Wangari Mathai», confie l’une d’elles. Elles ne savent pas encore que le Prix Nobel de la Paix 2004, empêchée, ne viendra pas assister à la cérémonie relative à la plantation d’arbres, «symbole du commencement d’un monde alternatif», selon le président du comité d’organisation du Fsm, Pr Edward Oyugi.

C’est finalement le Pr Wafulla Wa Musamia, qui a eu l’honneur de mettre le premier arbre sous terre. En tenant la bouture du «prumus africa», il a déclaré : «en honneur au Forum social mondial, je plante cet arbre». A sa suite, Gérard Cunningham du bureau des Nations unies pour l’environnement s’est également plié à cet exercice. En principe, 300 arbres doivent être plantés autour du stade de Kasarani qui a servi de site au forum.


Homosexuels et lesbiennes donnent de la voix

Parmi les manifestations qui ont marqué le 7e Fsm, mercredi, à Nairobi, on peut retenir celle des homosexuels et lesbiennes africains. Au cours d’un panel organisé sur le site du forum, ils ont réclamé une égalité de traitement et un respect des droits des personnes sans distinction de sexe en Afrique. Le panel qui portait sur le thème «Sexe, loi et droits de l’homme», a été organisé sur initiative de la coalition des homosexuelles et lesbiennes du Kenya. Un pays où l'homosexualité est jugée illégale.


Mobilisation contre les APE

Les manifestants sont sortis mercredi du site du Fsm, pour porter leurs revendications dans les rues de Nairobi. Plusieurs dizaines d’activistes se sont ainsi retrouvés devant la représentation de l’Union européenne au Kenya. Ils entendaient protester contre les accords de partenariat économiques (Ape) qui, selon les manifestants, pourraient aggraver la situation économique des pays en voie de développement.


Marche des femmes pour un autre monde

Les femmes se sont signalées le mercredi 24 janvier sur le site du Fsm, par une marche pour un monde meilleur. Elles étaient quelques centaines, derrière des banderoles affichant «Gender equality to end poverty», «Africa is not for sale! Our world is not for sale, the gender and trade Network in Africa, Putting women and men first not profit”, etc. Le plus visible était cependant ces visières découpées en formes de lèvres aux couleurs rouge-vif, qu’elles portaient au front. Une bouche pour revendiquer et ne plus se taire.

La marche a épousé le pourtour du stade de Kasarani, se terminant par quelques discours et une mêlée joyeuse sur les airs de la célèbre chanson «I will survive».


Le comité d’organisation essuie colère sur colère

Du 24 au 26 janvier, l’accès au site du Forum social mondial a été gratuit. Les nombreuses protestations ont poussé les membres du comité d’organisation à supprimer la décision de faire payer 50 Kenyan Shillings aux personnes désireuses d’accéder au stade de Kasarani, où se tient le forum. Pour eux, la journée a été difficile.

Leur point de presse quotidien a été perturbé par des manifestants qui exigeaient la gratuité de l’entrée. Par la suite, ils ont dû entendre les cris de colère d’un groupe de personnes manifestant contre la cherté des prix pour la restauration sur le site. De même, l’opérateur de téléphonie mobile Celtel, principal sponsor du Fsm 2007, a été pris à partie, sa présence étant jugée contraire à l’esprit d’un mouvement altermondialiste opposé à l’emprise des multinationales.

Ce mercredi matin, des dizaines de jeunes ont encore occupé pendant plusieurs minutes l’un des principaux restaurant du site, pour protester une nouvelle fois contre les tarifs jugés élevés pour la restauration. Après la manifestation, les restaurateurs se sont empressés de vider les lieux.


Mouvement des jeunes : les exclus du forum

Pour les jeunes du mouvement social mondial, les organisateurs du Fsm devraient revoir leur copie. Installé dans un coin reculé de l’immense complexe sportif de Kasarani, ils disent sentir le forum se passer en les excluant de tout. Qui plus est, le camp est payant, réduisant ainsi les possibilités de brassage avec les populations locales et d’animation.

Pour le coordinateur du mouvement des jeunes au sein du Forum social africain, la faute revient au comité d’organisation local qui «a décidé unilatéralement, sans se concerter avec le conseil mondial, sans consulter la commission de la jeunesse d’en faire un camp payant. C’est du jamais vu. Demander aux jeunes de payer 10 dollars, soit près de 700 shillings par jour, c’est exorbitant», se plaint Diakalia Ouattara.

Le camp des jeunes est constitué de cent tentes, dont soixante-dix pour les hommes et trente pour les femmes. Chez les premiers, moins de dix tentes accueillent du monde. Chez les secondes, vingt-huit des trente tentes sont vides. Mille participants étaient attendus, mais on est loin du compte. Le camp est loin de son caractère coloré, joyeux, offrant un brassage de multiples nationalités. Les rares jeunes qu’on rencontre sont Vénézuéliens, Brésiliens, Italiens, Tanzaniens, Ougandais et Kenyans.


Hommage à Ki Zerbo : Celui qui voulait que les Africains dorment sur leur propre natte

A l’occasion de la 7é édition du forum social mondial de Nairobi, le Réseau international des groupes du Sud, a tenu à rendre un hommage posthume au professeur Joseph Ki Zerbo, disparu en décembre. Le panel intitulé « Africans on Africa », organisé mardi et présidé par le premier président zambien, Dr Kenneth Kaunda, a ainsi vu la participation de l’épouse du défunt professeur, Mme Jacqueline Ki Zerbo, ainsi que de nombreuses personnalités du forum social. Pour un panel, l’essentiel s’est dit dans une succession de témoignages sur l’homme, sa vie et une œuvre qu’il a entièrement consacrées à l’Afrique, pour la cause de laquelle il s’est d’ailleurs dépensé jusqu’à son dernier souffle.

De Demba Moussa Dembelé, à Aminata Traoré Ki Zerbo est apparu à tous comme un précurseur. « Panafricaniste jusqu’au bout des ongles, resté hostile toute sa vie durant aux plans de développement imposés à l’Afrique par l’extérieur, il a toujours défendu les valeurs africaines et estimé que le développement du continent ne se fera pas par l’extérieur. Mais par les Africains eux-mêmes en qui il avait foi », a témoigné Aminta Traoré, rappelant une des nombres phrases-culte laissées par l’histoirien : « Dormir sur la natte de quelqu’un, c’est dormir par terre ».

Il n’y avait sans doute pas mieux que Jacqueline Ki Zerbo pour parler de son défunt mari, et son témoigné à remonté la vie de ce dernier pour la dérouler sous tous ses aspects. « Trois traits caractérisent sa personnalité : d’abord l’intellectuel organique qui a toujours demandé aux Africains de penser par eux-mêmes et de chercher les solutions endogènes aux problèmes de l’Afrique au lieu d’accepter docilement les injonctions étrangères pour un hypothétique développement clé en main (…) Ensuite le patriote passionnément et concrètement engagé dans les luttes de libération de son pays (…). Enfin le patriotisme du professeur Joseph Ki Zerbo va bien au-delà de son Burkina Faso natal. Pour lui, aucun des Etats délimités par les frontières coloniales ne saurait se développer sans l’intégration africaine », a dit Jacqueline Ki Zerbo de son défunt mari, exprimant sa reconnaissance à toutes les organisations et les personnalités qui ont voulu lui rendre hommage, à l’occasion de ce forum de Nairobi.

L’émotion a atteint à son paroxysme au moment où elle a voulu partager avec l’assistance une lettre de condoléances de l’écrivain et cinéaste sénégalais, Sembène Ousmane. Elle n’a pas pu contenir ses larmes et a dû arrêter sa lecture de la lettre, plongeant la salle dans un état second.

Mais de Ki Zerbo il reste l’avenir. Demba Moussa Dembelé s’est penché sur sa vie, son militantisme et son œuvre de feu Ki Zerbo, pour montrer en quoi son parcours et ses enseignements doivent continuer d’inspirer les intellectuels africains et tous ceux qui luttent pour la libération de ce continent. Pour Dr Kenneth Kaunda, le défunt professeur était un combattant modèle de la cause africaine qui ne peut jamais être oublié. Il est parti mais vit toujours parmi nous à travers son œuvre monumentale sur l’histoire de l’Afrique et ses multiples essais aussi bien en politique que dans le domaine social et culturel, dira-t-il.

Selon lui, l’Afrique recèle d’importantes potentialités tant humaines qu’en ressources qui peuvent lui permettre d’amorcer son décollage socioéconomique sans compter sur l’extérieur. Mais, il revient aux Africains d’en pendre conscience et de se battre eux-mêmes pour assurer le développement de leur continent.

Accès à l’eau en milieu rural : Salée et amère, mais de l’eau quand même
Le désastre a commencé avec la sécheresse des années 70. La nappe phréatique s’est asséchée et l’eau de mer a pollué les puits. Les forages n’ont guère permis d’améliorer la situation, et à Mbane, village sénégalais, cette eau indispensable à la vie, bien que disponible, n’est pas sans effet sur la santé des populations.

Par une déviation, la 4X4 quitte la Nationale I, à la sortie de Fatick, à quelque 150 km de Dakar. Le goudron a fait place à la latérite. Mbane est au bout 5 km. Une atmosphère inhabituelle règne dans le village. Des ouvriers d’une société de construction mettent un tapis de goudron à la nouvelle route qui doit déboucher sur la ville de Bambey, distante de 40 km. Il y a dix ans, c’est un forage qui sortait Mbane de ses crises de soif répétées.

La route, l’eau, on aurait dit un paradis dans ce milieu rural sénégalais où de telles commodités ne courent pas les villages. « C’est grâce à l’entregent d’un ministre, fils du terroir, qu’on a pu avoir un forage en 1996 », révèle le directeur de l’école du village. Doublé de sa casquette d’agent releveur et de percepteur au sein de l’Association des usagers du forage de Mbane (Asufor), M. Wagane Faye loue l’arrivée de ce château d’eau d’une capacité de 100 m3. « Les trois puits disponibles dans le village sont presque à sec à cause du manque de pluies durant ces dernières années », dit-il. Pour le millier d’habitants de Mbane, ce fut donc une aubaine… même si elle est fort salée.

Mbane a de l’eau, mais une mauvaise eau, avec une forte teneur en sel. Chef de la Division régionale de l’Hydraulique de Fatick, Babacar Sarr ajoute que « la concentration de fluor (3 mg/l) est presque trois supérieure à la norme admise par l’Organisation mondiale de la santé (0,7 à 1,5mg/l) ». Depuis la sécheresse des années 70, les Mbanois se sont habitués à cette boisson. Faute de mieux. Le goût n’est pas des meilleurs, mais la qualité est au moins assurée, se satisfait M. Faye. Mais le risque de fluorose est présent à cause de la coloration marbrée des dents et des maladies osseuses. « Cette affection des dents le fluor est un moindre mal, avoue M. Sarr. Dans certaines zones comme Fimela, les gens vieillissent très rapidement à cause de la fluorose ».

Cultivateur de son état, Emile Faye, pense qu’il s’agit d’un moindre mal. « Il y a quelques années, les femmes se réveillaient tôt le matin pour aller puiser de l’eau loin des concessions, mais la présence du forage a relégué ces problèmes loin derrière nous ». Désormais les bornes fontaines desservies par le château d’eau allègent les travaux domestiques. « Nous avons construit, avec l’aide des pouvoirs publics, quarante-sept bornes fontaines dont huit relèvent du domaine privé, c’est-à-dire installées dans des maisons », explique le directeur de l’école.

Pour la gestion efficiente de ces ressources en eau, l’Asufor joue un rôle de contrôle et de percepteur. « A chaque fin de mois, je parcours le village pour relever la consommation d’eau au niveau des bornes fontaines et pour mobiliser les sommes générées par la vente d’eau ». En effet, selon une tarification fixée par l’association, l’eau est cédée aux populations à des prix qui sont diversement appréciés. En chœur, Fatou Faye et Amy Diouf, qui partagent la même concession jugent les prix de la bassine et du seau d’eau hors de portée de leur maigre bourse. Une bassine à ras bord revient à 10 F Cfa et un seau à 5 F. « Pour notre consommation quotidienne, il nous faut en moyenne treize bassines d’eau », explique Fatou Faye qui s’empresse d’ajouter : « Faites le calcul ! », comme pour montrer que pour une famille de 8 personnes, l’eau devient chère.

Qui plus est, pour des chefs de ménages sans revenus fixes. Voire inexistants.
Mais pour le secrétaire général du Comité de gestion du forage, l’eau est à son « juste prix », en rapport avec les charges de fonctionnement. « L’argent collecté sert à payer les salaires du conducteur du forage et des fontaniers, à résoudre les ennuis mécaniques en cas de fuite d’eau et à prendre en charge le fonctionnement de l’association », fait-il remarquer. Mais pour l’Asufor, l’eau a moins ouvert de nouvelles pistes. « Nous allons bientôt tenir une réunion au cours de laquelle il sera question de l’installation d’un télécentre, d’une boutique voire d’un moulin à mil électrique », décline M. Faye.


Accès à l’énergie : Dormir sur de l’uranium dans l’obscurité

Leur pays est quatrième producteur mondial d’uranium. Un minerai exporté pour alimenter les centrales électriques en Occident et fournir de l’énergie à ses populations. De cette richesse qui vient de leur pays, les Nigériens ne voient rien.

A cette 7e édition du forum social mondial de Nairobi, plusieurs panels ont été consacrés à la question de l’accès à l’énergie, qui se pose avec acuité dans les pays du Sud, en particulier en Afrique. D’un panel à l’autre, la préoccupation a été débattue tantôt sous l’angle de la souveraineté alimentaire, tantôt sous celui de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement, tantôt sous celui de l’exploitation des ressources minières comme l’uranium, par exemple, qui sert à faire tourner les centrales nucléaires en Occident et satisfaire la demande en énergie électrique des populations, alors que dans certains pays africains où le minerai est extrait l’accès à l’électricité continue d’être un luxe.

Le débat est d’actualité au Niger, 4e pays producteur mondial d’uranium, où seuls 9% de la population ont accès à l’énergie électrique. Alternative espace citoyen, organisation nigérienne, a saisi l’opportunité offerte par ce forum pour poser ce paradoxe qui a valeur de scandale pour certains. Depuis l’accession du Niger à l’indépendance, son uranium est sous coupe réglée, contrôlée par Areva, une compagnie française qui dispose du monopole pour l’exploitation de ce minerai avec des partenaires japonais et canadiens.

Depuis la fin des années 60 que l’exploitation de l’uranium a commencé, le Niger ne recevait que 30% des recettes générées par la vente du minerai, contre 70% pour les compagnies exploitantes. De tout cela les Nigériens n’en savaient rien. Ce qui est visible, c’est la dégradation de l’environnement et les maladies auxquelles l’exploitation de l’uranium exposait les populations de la région minière. C’est au cours de ces deux dernières années que le mystère a commencé à se lever, grâce à l’action de certaines Ong locales, qui ont décidé de dénoncer le « drame silencieux » et d’interpeller les décideurs politiques par rapport à leur silence complice.

Mamane Sani Adamou, le premier conférencier du panel d’hier, a souligné que le gouvernement nigérien ne décide ni du tonnage à extraire, ni de son prix de vente encore moins de ce qui doit lui revenir dans l’exploitation de l’uranium. « Il se compte des miettes qui lui sont versées ». Selon le conférencier, le premier président nigérien, feu Diori Hamani, a été débarqué de son fauteuil à travers un putsch militaire, parce qu’il a osé poser le problème de l’uranium dont il trouvait dérisoire le revenu pour le pays. C’était un crime de lèse majesté et ça continue encore d’être perçu comme tel par les dirigeants en poste. « Mais le plus choquant dans l’affaire, c’est que ces habitants de la zone où s’exploite l’uranium n’ont pas accès dans leur écrasante majorité à l’énergie électrique », déplore Moustapha Kadi, président de Sos Kandadji, une Ong nigérienne qui lutte pour l’accès à l’énergie pour tous au Niger.

Seuls 9% de la population nigérienne, mais au niveau mondial « la situation touche environ 2 milliards de personnes », selon le président de Droit à l’énergie Sos Futur, Pierre Jean Coulon, qui introduisait un autre panel sur la question, mardi. Pour lui, l’accès à l’énergie est une question d’importance qui conditionne l’atteinte d’au moins six des huit objectifs de développement du millénaire.

Pour l’heure, les Africains n’enregistrent que les effets néfastes. Le Nigérien Moustapha Kadi parle ainsi de la déforestation qui engendre la désertification. Le souhait est de voir les Ong occidentales partenaires prendre la question en charge et la poser à l’occasion de la prochaine élection présidentielle en France. Il est aussi demandé aux Nations Unies de s’impliquer davantage dans le combat pour l’accès à l’énergie pour le plus grand nombre.


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Dette et pauvreté : Le fardeau de tous les temps ?

2007-02-01

Bréhima Touré

Le Mali, à l’instar des autres pays de l’Afrique subsaharienne vit une situation d’extrême pauvreté engendrée par les politiques néolibérales de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. L’annulation de la dette multilatérale de certains pays, dont le Mali, par le G8, aura-t-il son effet escompté sur les secteurs sociaux de base au Mali ? Bréhima Touré est sceptique…

Les progrès de l’économie malienne, ces dernières années, n’ont pas amélioré les conditions sociales des populations. En particulier celles des groupes les plus vulnérables tels que les femmes, les enfants et les personnes âgées. Les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau potable, de l’assainissement et de la nutrition demeurent un luxe accessible à une minorité. L’accès des populations à ces services essentiels reste encore insuffisant.

C’est pourquoi l’annonce, le 11 juin 2005, de l’annulation de la dette multilatérale de dix-huit pays pauvres africains, dont le Mali par les pays du G8, avait été accueillie comme une bouffée d’oxygène. Après que la décision est tombée, Bamako se retrouvait en effet à devoir bénéficier d’une économie de 1042 milliards de francs Cfa dont 42 milliards pour la seule année 2005.

« Ce montant qui constituait, selon Boubacar Sidiki Walbani, directeur général adjoint de la dette publique du Mali, l’encours de la dette multilatérale, représente 60 % du total de la dette du Mali ». « Notre pays devait environ 681,246 milliards de francs à la Banque africaine de développement et à la Banque mondiale. Nous étions redevables auprès du Fmi d’une somme de 61,333 milliards de francs », ajoute-t-il.

Et de poursuivre : « Si cette décision d’annulation n’était pas intervenue, le Trésor public malien aurait remboursé en 2005-2006 à l’Ida la somme de 6,78 milliards de francs. Pour ce qui concerne les fonds prêtés par la Cee à travers l’Ida, nous devions rembourser 178 millions de francs. Enfin, le Fmi attendait de nous, cette année là, plus de 8 milliards de francs ».

Le sourire était sur les lèvres. « Le Mali peut ainsi consacrer une bonne partie du remboursement de sa dette aux investissements dans les secteurs sociaux comme l’éducation, la santé, l’adduction d’eau », expliquait Bakary Koniba Traoré, économiste, ancien ministre et précédemment directeur général de la Dette publique. Le ministre de l’Economie et des Finances Abou-Bakar Traoré y voyait aussi de quoi financer les infrastructures.

Par contre, dans la société civile on faisait la moue. Présidente de la Coalition des alternatives africaines/dette et développement (Cad-Mali), ex-Jubilé 2000, Mme Barry Aminata Touré parlait d’une décision salutaire, pour y ajouter un « mais… ». « L’annulation ainsi décidée donnera un souffle nouveau au budget de nos Etats, mais tant que le commerce n’est pas juste et équitable, les pays africains ne s’en sortiront jamais. Les pays du Nord subventionnent leurs agriculteurs et fixent à vil prix le prix de nos matières premières », dénonce-t-elle.

Il y a plus d’un an que la mesure d’annulation est tombée et les Maliens attendent encore de sentir que « quelque chose a changé ». « En tout cas, dans les collectivités de Koutiala, nous n’avons encore bénéficié en rien de ce qui a été dit. Nos écoles, nos centres de santé, nos problèmes d’eau et d’infrastructures, c’est nous qui les gérons avec les moyens du bord et avec l’aide de certains de nos partenaires nationaux et étrangers. Mais on attend, car il faut toujours espérer », explique le président du Conseil de cercle de Koutiala, dans la 3e région administrative du Mali.

Un des secteurs sociaux les plus malades du Mali, qui espère tant de ces programmes, reste l’école. Les enfants maliens étudient dans des conditions difficiles caractérisées par le manque d’infrastructures et d’enseignants. Le pays comptait en tout 17 000 enseignants pour 10 millions d’habitants en 1999. La Belgique, avec la même population, disposait de 250 000 enseignants. Souvent 140 élèves sont entassés dans la même salle de classe d’une trentaine de mètres sur quinze. Aucune école fondamentale au Mali ne dispose de sa propre bibliothèque.

Le Fmi et la Banque mondiale n’ont pas épargné l’école de programmes d’ajustement structurel. Ils y ont introduit plusieurs catégories d’enseignants : vacataires, volontaires, enseignants-parents, contractuels et autres. Les enseignants professionnels furent encouragés à aller à la retraite volontaire anticipée et de nouvelles politiques impopulaires furent introduites : double-division, double-vacation, méthodologie convergente…

Le lexique est sans doute loin d’être épuisé au fur et à mesure de l’évolution des politiques néolibérales. « Pour renforcer la capacité de remboursement obligatoire de la dette par notre gouvernement, les créanciers voraces comme al Banque mondiale, le Fmi et leurs complices ont contraint l’Etat malien à se désengager de l’école qu’ils qualifient de secteur budgétivore non productif, déniant ainsi le droit à l’éducation universellement reconnu.

Ce désengagement de l’Etat fait supporter les charges de construction de classes, de leur équipement, de paiement des salaire des enseignants sur la base de politiques impopulaires et irraisonnables. Que ce soit les écoles communautaires, les écoles de base et autres », déplore la présidente de Cad/Mali.

Comme l’école, les politiques néolibérales ont contraint l’Etat à se débarrasser de la santé publique en la mettant entièrement à la charge de la population. Ce désengagement a aussi occasionné l’émergence dans tout le pays de pharmacies privées, de centres de santé communautaire, de cliniques et cabinets privés inaccessibles à plus de 70 % de la population vivant en dessous du seuil de la pauvreté. « Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs, car ils manquent du minimum d’équipement médical, de personnel bien formé. Depuis la dévaluation du F Cfa en 1994, le coût des médicaments est devenu exorbitant, obligeant la majorité des malades à faire recours aux « pharmacies par terre », ajoute Mme Barry.

Au Mali, les taux de mortalité infantile, infanto-juvénile et maternelle sont respectivement de 117/1000, 127/1000, et 577/1000. Pendant la vingtaine d’années de politique d’ajustement structurel, on a assisté à une recrudescence des maladies endémiques comme la tuberculose, la poliomyélite, la méningite… Des affections qu’on croyait appartenir au passé.

Le sida prend aussi des proportions inquiétantes, avec un taux qui dépasse les 3%, seuil d’une affection généralisée. « Nous saluons l’annulation de notre dette. Mais encore faudrait-il que cet argent soit investi comme il se doit. Désormais, les bénéficiaires doivent être impliqués fortement dans l’élaboration des politiques de développement si on veut que celles-ci réussissent. Fini le temps où l’on vient nous imposer des projets ou programmes non conformes à nos aspirations », souligne Mme Traoré Oumou Touré, secrétaire exécutive de la Coordination des associations et Ong féminines du Mali (Cafo).

La paysannerie est également appauvrie par les cultures d’exportation et par la détérioration des termes de l’échange. « Nos marchés sont envahis par les riz subventionnés importés de la Malaisie dont le prix est moins cher que la production locale du paysan de la zone Office du Niger », déplore Hamed Tessougué de l’Ong Action contre la faim. Le Mali était 2e producteur de coton en 1999, mais plus de 80 % de paysans producteurs de coton vivent dans des situations de pauvreté extrême, car le coton ne profite qu’au marché mondial et aux chambres de négoce.

Principale source de remboursement de la dette, cette activité se mène au détriment des cultures vivrières et a appauvri toutes les terres à cause de l’usage abusif des engrais chimiques qui constituent aussi un danger pour la santé publique, car intoxiquant les sources d’eau potable. Près de 40 % des enfants de la zone cotonnière de Sikasso vivent dans la malnutrition.

Ce tableau montre l’impact de la dette. Jugée illégitime par beaucoup, ses effets dramatiques sont visibles dans des pays où le minimum vital de bien-être social est une quête quasi impossible.

* Bréhima Touré est un journaliste malien. Il est le correspondant au Mali de Syfia international, une agence de presse basée à Montpellier, et de l’Institut Panos, une ONG qui travaille dans le domaine des médias.
Cet article a d’abord paru dans Flamme d’Afrique, quotidien d’informations publié par L’Institut Panos (Afrique de l’Ouest), à l’occasion des forums sociaux mondiaux.

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La MINUSTHA, un cadeau empoisonné

2007-01-31

Lovinsky Pierre-Antoine

La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haiti (MINUSTHA) est accusée de violences répétitives à l'encontre des populations. Le dernier massacre contre des habitants d'un quartier populaire, cité Soleil, la nuit du 21 au 22 décembre 2006 a sonné la révolte chez Lovinsky Pierre-Antoine pour qui il est temps que les Haitiens regagnent leur souveraineté. En somme, il appelle tous les combattants de la liberté à lutter contre l'occupation et la mise sous tutelle de Haiti.

Les derniers rayons d’un soleil jaunâtre qui avait déjà disparu, balayait l’horizon. Il était 6:30 heures du soir environ. La route 9, région nord-ouest de Port-au-Prince et un des 34 quartiers de Cité Soleil, était bien tranquille. Les habitants du quartier se promenaient calmement sur le macadam. Des fillettes jouient aux “osselets” devant ce que nous osons appeler leur maison, alors qu’un goupe de petits garçons, se servant chacun d’un morceau de bois, en guise de pistolets, jouaient aux “Cow-boys”.

Sur un score de un à zéro, d’autres jeunes, une équipe au torse nu, ruisselant de sueurs, l’autre à chacun son t-shirt, achevaient, avec fair-play, une partie de foot-ball sur l’autre côté de la route, tandis que les marchands de “fritailles”, de cannes à sucre, de surettes, de “bega” …etc s’étaient entourés de gens qui s’achetaient leur souper pour quelques gourdes qui avaient du mal à sortir de leurs poches presque vides. Des parents rentraient du marché.

Un imposant poster, à l’éfigie de Emmanuel Wilmain, dit Dread Wilmain, “bandit” pour les faiseurs de coup d’état, héros national 2004, pour les habitants de Bois Neuf et des autres quartiers populaires, assassiné, comme Charlemagne Péralte, par les occupants, suivait, imperturbable, la scéne. “Son ombre veille sur nous”, disait le jeune Edouard qui avait perdu ses parents lors de l’attaque du 6 Juillet 2005.

En ce 21 Décembre 2006, tout a commencé au moment où 6 blindés des troupes d’occupation ont laissé la base de la MINUSTHA au marché de Cité Soleil et sont venus, en ligne de combat, se positionner en face de la petite ruelle qui débouche sur le quartier de Bois-Neuf. Inquiets, les riverains suivaient, du coin de l’oeil cette parade de Noel d’un mauvais gout, mais sans savoir que cela allait être leur cadeau de Noël, un cadeau empoisonné. L’atmosphère était devenue subitement maussade.

Soudain, une des mastodontes, paresseusement se détacha de la “flotille” et pour une trés rare fois depuis l’occupation, s’engagea dans la petite ruelle de Bois-Neuf. Un groupe de jeunes y compris des enfants s’y opposèrent et se mirent à bombarder la mastodonte de pierres et de bouteilles vides et d’injures. Après quelques minutes, de la fumée commençait à sortir de l’intérieur de la masse de feraille, tandis que les canons ds 5 autres blindés crachèrent le feu sur tout ce qui bougeait.

En un clin d’oeil, quatre soldats de la MINUSTHA, des uruguayens, disent lers gens du quartier, ouvrirent les portes du blindé déjà en flammes, en tirant et en s’enfuyant, couvert par un tir nourri provenant des gros canons des 5 autres blindés qui leur ont donné refuge.

Amputé d’un blindé, le reste de la flotille repartit vers la base alors que l’autre mastodonte abandonnée, continue de brûler, La population de la zoneen fit le reste. Tout le monde alla se coucher, un oeil fermé, un oeil ouvert. Les gens se rappelèrent le massacre du 6 Juillet 2005 qui a couté la vie à enfants en bas age, femmes et hommes dont Dread Wilmain.

Cette nouvelle hécatombe des occupants débuta réellement le lendemain vers 3:00 heures du matin lorsque le crépitement des balles réveilla en sursaut les gens de Bois-Neuf et de ses environs. Ce fut la pagaille, ce fut le carnage. Des gens couraient en toutes directions. D’autres essayaient de s’abriter derrière des murs incapables de résister à ces projectiles de fort calibre. Un hélicoptère immatriculé : UN (Nations Unies) survolait Cité Soleil, alors qu’au moins une quinzaine de blindés et des troupes à pied de la MINUSTHA tiraient sur hommes, femmes et enfants. Des gens qui, généralement, commencent tôt leur activité, étaient déjà dans les rues. Ils ont été surpris par l’attaque qui s’est poursuivie une bonne partie de la journée du 22 Décembre 2006.

Le bilan est lourd. Enfants, hommes, femmes, dont certaines enceintes sont tombées sous la vague de cette violence sans commune mesure. Des journalistes sur place dénombrent une quarantaine de morts emmenés ça et là soit dans des morgues privées, soit à l’hopital. Ils étaient visiblement choqués par ce déchainement de violence. Selon ce que rapportent des témoins, empêchés par les soldats de la MINUSTHA, les journalistes n’ont pas pu voir une quarantaine d’autres cadavres qui ont été emportés par des riverains pour être enterrés sur place.

Il faut signaler également que les soldats eux-mêmes ont ramassé certains cadavres et sont partis avec eux, on ne sait où.Une centaine de blessés sont allés se faire soigner soit en cachette, soit dans certains centres santé de la zône, soit à l’hopital Sainte Catherine, tenu par MSF, Médecins Sans Frontières. Une cinquantaine de maisonnettes ont été soit détruites soit endommagées. Les cadavres n’ont pas été retrouvés avec des armes à leur côté. Donc, il n’y avait pas d’échange de tir ou d’affrontement comme le disent les médias de haine.

Le Coordonnateur des activités du CICR, Comité International de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, à Cité Soleil, Monsieur Pierre Alexis a publiquement dénoncé le comportement des soldats de la MINUSTHA qui ont empêché son équipe d’aller porter assistance à des personnes grièvement blessées qui avaient sollicité de l’aide.

“Cette attitude de la part des Forces de la MINUSTHA, Force de l’ON U, Institution Internationale dont la mission est de promouvoir la paix et le respect des droits de l’homme dans le monde, est intolérable et inacceptable,” selon un communiqué publié après le massacre par le CARLI et signé de son Secrétaire Général Maitre Renan Hédouville, Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles. Le CARLI rappelle l’article 20 de la Convention de Genève du 12 Août 1949, relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre : “Le personnel régulièrement et uniquement affecté au fonctionnement ou à l’administration des hôpitaux civils, y compris celui qui est chargé de la recherche, de l’enlèvement, du transport, et du traitement des blessés et des malades civils, des infirmes et des femmes en couche, sera respecté et protégé.”

A part le CARLI, des dénonciations publiques ont été émises par d’autres organisations des droits l’homme, comme la CONODH, Coordination Nationale des Organisations des Droits de l’Homme, La Fondation Trente Septembre, organisation regroupant des victimes de violence organisée, qui a effectué une première visite d’évaluation, avant d’organiser au début de la nouvelle année une journée de solidarité avec les victimes de la MINUSTHA à Bois Neuf.

Néanmoins, pour bien comprendre, dans toutes ses dimensions ce qui s’est passé en cette nuit des 21 et 22 Décembre 2006, il importe de se rappeler certains faits. Qui prouveront que cette attaque est préméditée et a été psychologiquement et soigneusement préparée. Elle est la manifestation de la volonté de poursuivre le génocide contre la population pauvre d’Haiti.

Comme éléments au niveau des préparatifs, nous retrouvons, le service de communication des occupants, la presse de l’ANMH, des membres de l’ancienne opposition, certains, par concours de circonstances, au pouvoir actuellement, d’autres au parlement.

A travers différents communiqués et plusieurs points de presse, le service de Communication des Forces d’Occupation de la MINUSTHA n’a jamais manqué de fustiger les habitants de Cité Soleil. Récemment, pour combattre l’insécurité grandissante à la Capitale, la MINUSTHA a annoncé le lancement d’une série d’Opérations dénommées ”Opération Crimes Majeurs” qui ciblent Cité Soleil.

Ce quartier populaire est à l’avant garde de la lutte contre l’occupation du territoire national. Plusieurs manifestations publiques et pacifiques, rassemblant des milliers de personnes, ont déjà été organisées par les habitants de Cité Soleil pour demander le départ des occupants. Cité Soleil a été à plusieurs reprises victimes de la barbarie des forces de la MINUSTHA. D’aucuns pensent que ce déchainement de rage sur Cité Soleil est surtout du au fait que les habitants de ce quartier de la capitale sont également à l’avant garde de la lutte pacifique pour le retour immédiat du Président Aristide.

Une bonne partie de la presse haitienne qui s’était raliée la cause des putchistes et kidnappeurs du 29 Février 2004, s’est rendue compte qu’elle s’était trompée et a commencé à changer son fusil d’épaule. Les plus récalcitrants, au nombre de 4 ou 5, pas plus, tiennent le haut du pavé avec leur campagne désuètte, parce que ne faisant plus école, contre le peuple haitien qu’ils continuent de dénigrer et d’affubler d’étiquettes injurieuses et dégradantes comme: Chimères, Bandits, Kokorat, kidnappeurs…etc. Ces médias de haine comme on les appelle, accusent les habitants des quartiers populaires de tous les maux du pays. Un Proverbe créole dit: “ Se sou chen mèg yo wè pis.”

Bien que membres du gouvernement, des postes clés de l’administration publique, ministères et directions générales, ayant été confiés à des membres de l’ancienne opposition, celle-ci a depuis un certains temps repris ses critiques acerbes contre le pouvoir. “Le pouvoir doit résoudre immédiatement le problème de l’insécurité, ou il doit partir. S’il ne veut pas partir, nous allons l’y obliger” déconnait un Paul Denis, ex-Sénateur, qui était pressenti pour être le Directeur Général du FAES ( Fonds d’Assistance Economique et Soiale).

Des rumeurs persistantes veulent que l’OPL (Organisation du Peuple en Lutte), le parti de Paul Denis rêve, à travers ses représentants au parlement, de donner un vote de non confiance à l’actuel Premier Ministre haitien, l’Agronome Jacques Edouard Alexis, sur le cuisant dossier de l’insécurité. Leur objectif est de pousser, grâce au support de l’occupant, le nom de Paul Denis comme Premier Ministre, pour qu’il puisse être en bonne position au cas où le pire arrive au Président de la République l’Agronome René Préval, dont l’état de santé, à tort ou à raison, a fait couler beaucoup d’encre et de salive ces derniers temps.

Dans cette guerre contre les pauvres, nous retrouvons en première ligne des parlementaires comme Joseph Lambert, Sénateur du Sud-Est, Président du Sénat, très critiqué, Gabriel Fortuné, qui a fait tous les partis politiques, Sénateur du Sud, tous deux partisans farouches de la peine de mort, pour disent –ils, les kidnappeurs (entendez les habitants des quartiers populaires). Plusieurs voix se sont élevées pour demander la démission du Président du Sénat parce que celui-ci a appelé publiquement à la violation de la constitution.

Comme fer de lance de cette campagne contre les pauvres, le nom de Youri Latortue, retient particulièrement notre attention. Nul n’ignore les subterfuges du parachuté de l’Ambassade étasunienne à Port-au-Prince au sein de l’apareil électoral, Jacques Bernard pour hisser Youri Latortue, sinistre figure de la répression durant les deux années du coud’état de 2004 au parlement en tant que 1er Sénateur de l’Artibonite.

Ce trio mène également au nom de la même ambassade une campagne pour le retour des ex-Forces Armées haitiennes ou la formation d’une force militaire haitienne parallèle à la PNH , (Police Nationale d’Haiti) que contrôleraient les tenants de l’occupation. On se souvient que le journal français le Figaro, après une enquète menée en Haiti autour du trafic de la drogue, du crime organisé et de la corruption en Haiti durant les deux ans du régime de facto en Haiti a pointé du doigt ce neveu de l’ex Premier Ministre de facto Gérard Latortue et l’a même appelé: “Monsieur 30% .” Il recevait 30% de toutes les tractations du régime de facto et des affaires louches et ténébreuses.

Ensuite vient le nom du moins connu, Pasteur Andris Riché, Sénateur de la Grand-Anse qui s’est fait remarquer par un subterfuge monté de toute pièce, il y a 2 semaines: La zone et le scénario étaient déjà choisis. Il ne manquait plus que les acteurs. Soudain arrive un truc dénommé la caravane parlementaire venant dont ne sait quelle mission louche et obscure. Tout ce que nous savons est que ce truc tient son financement de l’occupant.

Avant d’atteindre la zonede Ti Tanyen, le cortège parlementaire manque deux voitures, celle de Joseph Lambert et celle d’Andris Riché. Non loin de là, et dans l'obscurité, les phares allumés, les voitures du cortège s’immobilisèrent pour attendre les fameux retardataires. Après quelques instants, en trombe, la voiture de Joseph Lambert dépassa le reste du cortège immobilisé.

On apprenait plus tard que la voiture du Sénateur Andris Riché aurait été interceptée et les passagers dont le Sénateur ont été kidnappés. Que fit son chauffeur? Que firent ses agent de sécurité armés? Qu’est devenue sa secrétaire qui était dans la voiture? Disposaient-ils de radios communication? De téléphones cellulaires? On ne le saura jamais peut-être. Mais, l’on sait que du fond de l’obscurité, au milieu des kidnappeurs et de la végétation sauvage caractéristique de cette zône, le Sénateur Andris Riché s’est héroïquement échappé des mains de ses ravisseurs.

Il existe plusieurs versions légèrement différentes les unes des autres de ce scénario qui est comme un puzzle dont on a du mal à retrouver tous les morceaux. Pourtant, dès le lendemain de ce coup de théatre, le Sénateur Joseph Lambert apparaissant comme le vrai metteur en scène du coup, ne s’est pas ménagé de citer le nom de Bélony, comme étant le principal instigateur de ce soit disant kidnapping. Bélony est un leader populaire de la zonede Bois Neuf.

Après cette mise en scène, la presse rapporta l’histoire de plusieurs scène de kidnapping, dont des autobus détournées qui auraient eu lieu dans cette zoneet dont les auteurs sont des personnes montées à bord des autobus depuis la ville de Saint Marc, bastion du violent groupe de l’ex opposition des 184, le RAMICOSM (Rassemblements des Militants Conséquents de Saint Marc), dont les membres sont devenus depuis un certain temps les plus surs alliés et hommes de main d’un puissant Sénateur de l’Artibonite.

D’un coup des organisations estudiantines comme le FEUH, la Fédération des Etudiants et Universitaires Haitiens, le GRAFNEH, le Grand Front National des Etudiants Haitiens sont montés au crénau pour lancer des mots d’ordre de manifestation contre l’insécurité, qui ont rassemblé une trentaine de personnes. Alors qu’ils ont déjà organisé quelques petites, mais violentes manifestations contre l’occupation, ils appelent les soldats des forces d’occupation à assurer la sécurité de la population.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre que le nouveau massacre des soldats de la MINUSTHA à Bois Neuf, un quartier de Cité Soleil est un cadeau de Noël, mais un cadeau empoisonné qui s’inscrit dans la droite ligne du complot de trahison, un complot ourdi par les tenants de l’occupation pour faire disparaitre Fanmi Lavalas, c’est à dire cet outil que s’est donné les masses populaires pour luttre contre l’exclusion bi-séculaire.

Cependant par voie de conséquence, il nous faut comprendre que se mobiliser, lutter contre la trahison, c’est également se mobiliser et lutter contre l’insécurité et le kidnapping, c’est également se mobiliser et lutter contre l’occupation de notre pays et le projet de sa mise sous tutelle, c’est aussi se mobiliser et lutter contre le kidnapping du 29 Février 2004 et de toute les autres formes de kidnapping, c’est lutter contre le retour des ex-Forces Armées et contre la mise en place de ce qu’ils appellent la gendarmerie, pour que jamais le kidnapping ne se reproduise plus en Haiti et que nous puissions arriver au retour réel de la démocratie dans notre pays


* Lovinsky Pierre-Antoine

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La Somalie : le prochain Afghanistan + Irak ?

2007-01-31

Issa Shivji

A la suite des attaques américaines en Somalie cette semaine, Issa Shivji soutient que les Africains ont constamment signalé le danger d’un plan de l’armée américaine d’attaquer la frontière côtière de l’Afrique de l’Est.

Le 9 janvier 2007, au moment où nous nous étions dans l’ambiance de l’affectation de Dr Migiro, la BBC a publié qu’un avion AC – 130 de l’Armée de l’Air Américaine avait bombardé un site en Somalie tout près de la frontière kenyane. L’excuse était celle que l’on connaît d’habitude – détruire les soi- disants agents d’al-Qaida qui, comme les Américains l’ont constamment diffusé dans leur propagande, font partie de l’Union des Tribunaux Musulmans. Les avions ont effectué leurs vols à partir d’une base aérienne américaine se trouvant dans un autre pays africain, le Djibouti.

Ceci est une tournure très très sinistre des événements. Les Africains ont constamment signalé le danger d’un plan militaire contre la frontière côtière de l’Est. Pourtant, nos « dirigeants » ont, sans réfléchir, soutenu cette puissance militaire vicieuse. Dans la Corne, l’Ethiopie qui est lourdement militarisée est devenue leur « agent sur la scène », assumant la sale besogne du faiseur de guerre américain.

Premièrement, les Américains ont fait une percée à travers une résolution du Conseil de Sécurité d’envoyer une force africaine de maintien de la paix en Somalie. Ceci était uniquement une couverture ; n’importe qui aurait pu s’en rendre compte. La partie la plus importante de cette résolution n’était pas tellement la force de maintien de la paix mais la suppression de l’embargo sur la vente des armes imposées par les Nations Unies (ONU) contre la Somalie. La résolution a donné une certaine légitimité – même si elle est petite, à la présence militaire de l’Ethiopie dans ce pays ravagé par la guerre. Unilatéralement, avec bien entendu le feu vert des Etats-Unis, l’Ethiopie envahit la Somalie ostensiblement pour appuyer le soi-disant gouvernement Fédéral de Transition (GFT).

Le GFT est une blague cruelle. Il est composé d’ex-seigneurs de guerre qui ont entretenu les tueries en Somalie pendant les 15 dernières années. Ces seigneurs de guerre sont soutenus par les Etats-Unis et les Ethiopiens. Il n’a tout simplement pas de base en Somalie. Il n’y a aucun gouvernement en Somalie, même avec les moindres racines, qui aurait jamais eu des alliances avec l’Ethiopie, qui est essentiellement une force d’occupation.

Regrettablement, la Tanzanie a co-sponsorisé la Résolution du Conseil de Sécurité. Pire encore, la Tanzanie est le seul pays africain qui est membre du Groupe International de Contact sponsorisé par les Américains. Les autres membres sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Norvège, la Suède, l’Italie et l’UE. L’UA, la Ligue Arabe et le Kenya ont pris part en tant qu’observateurs. Le groupe de contact … visait clairement de passer à côté…… ???? Qu’est-ce que l’IGAD (IGAD). Ce n’est pas surprenant que le Kenya ait été fâché lorsque la Tanzanie, sans consultations d’usage avec le Kenya, a accepté de faire partie du Groupe de Contact.

L’Ethiopie a rompu ses liens avec l’IGAD quand elle a envahi la Somalie. Les Etats-Unis ont rompu avec le Groupe de Contact quand ils ont frappé la Somalie. Beaucoup à faire pour le maintien de paix collectif au niveau régional et international !
Qui a autorisé les Etats-Unis à frapper au fond d’un territoire se trouvant au cœur-même de l’Afrique ? Ne soyons pas emportés par la soi-disant présence d’Al-Qaeda. Ceci n’est pas la première fois que les Américains racontent un mensonge flagrant. Ils l’ont fait à Shifa Pharmaceutical Plant au Soudan. Les Américains ont dit qu e cette usine était en train de produire du Gaz VX. En réalité, elle produisait des médicaments. Clinton le savait, mais des vies humaines, sauf des vies américaines, comptent peu pour les présidents des Etats-Unis. Encore, Bush a raconté un mensonge comme quoi Saddam cachait des armes de destruction massive. Il a encore menti que Saddam avait des connections avec les terroristes. Nous avons vu les résultats.

Si nous nous taisons à propos des avions militaires américains qui survolent les espaces aériens de l’Afrique, ils vont peindre nos terres en rouge avec le sang. En moins d’une décennie, les Américains ont rasé jusqu’au sol deux pays, prétendument en recherchant des terroristes. Cette frappe aérienne est un prélude à l’expansion du théâtre de la Guerre du Moyen-Orient à l’Afrique. Nous oublions ceci rien qu’à notre péril. La guerre des Etats-Unis contre le terrorisme » est pire que les guerres chaudes indirectes que les Etats –Unis ont soudoyées sur le continent à l’époque de la Guerre Froide. Maintenant, ils sont en train de fomenter et de soudoyer des guerres civiles dans lesquelles des Africains vont combattre des Africains, non seulement à travers des frontières mais à l’intérieur des frontières - Musulmans contre Chrétiens, modérés contre extrémistes, radicaux contre libéraux. Ça ne veut rien dire pour eux. Pendant la guerre Iran - Irak, Kissinger a lancé cette raillerie :« Laisser les deux maisons brûler » ! Et lorsqu’on lui a posé des questions sur la mort d’un demi-million d’enfants irakiens à la suite des sanctions, Madeleine Albright attisa le ton sans aucune honte : « C’est le prix à payer »

Les Etats-Unis viennent juste d’annoncer la formation d’un commandement africain au sein de leurs forces armées pour « entraîner les troupes africaines » à mener la chasse contre les terroristes (ce qui signifie nos propres gens). La vérité est que, et les porte-paroles américains le disent ouvertement – le commandement a été mis en place pour protéger les ressources pétrolières puisque 25 pour cent des besoins américains en pétrole proviennent de l’Afrique.

Aujourd’hui, la Somalie dispose de tous les ingrédients de devenir le prochain Afghanistan ou l’Irak. A Dieu ne plaise ! Le peuple de l’Afrique doit se lever pour condamner sans réserve l’attaque américaine. La jeunesse de l’Afrique doit comprendre que la macDonaldisation du monde est accompagnée par la macDonnersiation (MacDonnel Douglas est une firme américaine qui s’occupe de satisfaire aux demandes en matière de défense) Ne soyez pas ébahis par la mondialisation.

Le mondialisation est la phase la plus militarisée de l’impérialisme, tout comme elle est le visage horrible du capitalisme.

Issa Shivji est professeur de droit en retraite.

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LIENS AUX ARTICLES SUR LA SOMALIE

Les Rédacteurs

- Somalia as a Military Target ( La Somalie en tant que Cible Militaire)
http://www.fpif.org/commentary/2002/0201somalia.html

- Conflict en Somalia: Islamic Courts Abandon Mogadishu as UN Warns of Humanitarian Crisis (Conflit en Somalie: Les Tribunaux Musulmans Abandonnent Mogadishu alors que les Nations Unies signalent le danger d’une Crise Humanitaire)
http://www.democracynow.org/article.pl?sid=06/12/28/1450201

- Why Did Ethiopia Invade Somalia? (Pourquoi l’Ethiopie a-t-elle envahi la Somalie?)
http://www.socialistworker.org/2007-1/614/614_06_Somalia.shtml

- Somalia: Hold the applause (Somalie, attendre d’applaudir)
http://www.zmag.org/content/showarticle.cfm?SectionID=2&ItemID=11811

- War and Reaction in Ethiopia (Guerre et Réaction en Ethiopie)
http://www.zmag.org/content/showarticle.cfm?SectionID=2&ItemID=11767

- Somalia Victimized by U.S., Ethiopia and Their Warlord Allieshttp://www.blackagendareport.com/index.php?
option=com_content&task=view&id=29


L’Ue contre le développement

2007-01-31

Bakari Fofana

Malgré les accords préférentiels, la part de l’Afrique dans le commerce avec l’Union européenne (Ue) est passée de 12% à 4% en 2005, avance Bakari Fofana. Ceci pour dire que les Accords de partenariat économique (Ape) participent à la paupérisation de l’Afrique car ils répondent à la pression des grandes compagnies multinationales. La Guinée en est une parfaite illustration.

Il n’y a pas si longtemps la coopération entre l’Union européenne (Ue) et les pays Afrique, Caraibes, Pacifique (Acp) était vue comme un exemple de relations entre anciennes puissances coloniales et ex-colonies. Les perspectives aidant, il a semblé que l’intégration des nouveaux Etats n’ayant pas de passé colonial allait encore accentuer ce caractère de partenariat réciproque. Il faut déchanter. En effet, l’apparition de l’Organisation mondiale de la santé (Omc), à la suite de la chute du Mur de Berlin, a mis à nu la réalité agressive, unilatérale, dominatrice de l’Ue.

La première traduction a été dans le processus et le contenu des négociations de l’Accord de Cotonou, qui a remplacé les précédents accords de Lomé. Avec plusieurs niveaux.

Campagne médiatique – Il y a eu un chantage d’abord, de 1995 à 2000, dans le discours de l’aide publique au développement. Des phrases telles que «l’Afrique ne veut pas le développement», «la colonisation doit continuer», «le citoyen européen ne peut plus payer» et des slogans éculés comme «la Corrèze avant le Zambèze», etc., ont fleuri. On incrimine la mauvaise conscience des Africains et des leurs dirigeants, etc.

Menaces – Les fonds vont être suspendus, plus de subventions, l’assistance technique arrêtée, des poursuites engagées contre les détournements, etc.
Diplomatiques – Des pays comme la France réduisent leur personnel militaire sur le continent, au moment où la guerre fait rage au Liberia, en Sierra Leone, au Congo, etc. La France abandonne l’Afrique.

Economiques – Les années 1990 constituent un moment de gloire pour la Banque mondiale (Bm) et le Fonds monétaire international (Fmi). Surtout avec la réussite de l’impensable dévaluation du Franc Cfa. Dès lors, la mauvaise conscience s’installe sur le continent. La libéralisation et les privatisations non préparées conduisent à un désordre sociopolitique et économique. Tous les repères sociaux disparaissent avec l’Etat providence.

C’est dans ce contexte de ruine voulue qu’est signé l’Accord de Cotonou, en octobre 2000. Au-delà de l’accord politique, de l’appui au développement avec le Fonds européen de développement (Fed), l’accent est surtout mis sur le futur de la coopération commerciale entre l’Ue et les Acp. Celle-ci prenant la place des accords préférentiels non réciproques de Lomé, histoire d’être en règne avec les principes de l’Omc.

Malgré les accords préférentiels, la part de l’Afrique dans le commerce avec l’Ue est passée de 12% à 4% en 2005. Et dans le commerce mondial, à 20%. Dans le même temps, l’Ue continue de prendre de plus en plus de place comme pôle de ravitaillement essentiel du marché africain. Ainsi l’Afrique finance la production européenne au détriment de la sienne.

Cotonou met l’accent sur une plus grande ouverture aux politiques libérales. Les accords de partenariat économique (Ape) en constituent l’instrument idéal.
Sur les 22 milliards d’exportations africaines en 2006, les produits miniers représentent un peu plus de 60%. Si on y ajoute l’agriculture, on aboutit à 75%. C’est dire que l’Afrique ne produit pas de marchandises. Or le développement passe par la multiplication des capacités endogènes d’offres, ce qui n’est pas le cas en Afrique.

Le montant global des exportations ouest-africaines, y compris le pétrole (un peu plus de 22 milliards) pour les quinze pays, représente à peine 15% de l’enveloppe globale des pays de l’Ocde. Devant une puissance commerciale comme l’Ue, accorder des franchises douanières n’est, ni plus ni moins, que se faire hara-kiri. La souveraineté qui est déterminée par la qualité des tarifs douaniers saute ipso facto.

A regarder de près, on constate que l’Ue ne respecte pas l’accord de Cotonou depuis sa mise en œuvre en 2000. Ou le fait quand il l’arrange. En 2002, alors que Cotonou n’a pas encore été ratifié par l’ensemble des pays européens, l’Ue décide de suspendre sa coopération avec la Guinée en se prévalant de l’article 96 de l’accord. Résultat : le 9e Fed na été signé qu’en décembre 2006, soit après la période légale. Sur les 240 millions d’euros prévus, 100 vont disparaître. Le reste étant à consommer avant l’échéance de fin décembre 2007, soit en un an. Sinon, c’est la perte des fonds. Chantage.

A la suite d’une étude menée par la société civile ouest-africaine, il s’est avéré que plus de 80% des investissements de l’Ue dans la région sont allés vers les infrastructures de transport. Comme si le géant nigérian et le nain cap-verdien ont eu comme soucis commun les infrastructures. C’est oublier les pressions et orientations de l’Ue. L’objectif étant de préparer le terrain à la mise en œuvre des Ape.

Dans le cadre des préparatifs aux négociations sur ces Ape, des études d’impact ont été menées, tant par les gouvernements et l’Ue, que par la société civile. Toutes concordent à dire que les Ape, dans leur version en négociation, ne permettront pas le développement. Au contraire, la pauvreté s’installera durablement.

En Guinée, les études ont révélé que la Fédération des producteurs de pommes de terre, qui regroupe plus de 40 000 paysans, producteurs de l’une des meilleures patates au monde, et qui ont des exploitations au Sénégal, au Mali et ailleurs, risque de disparaître au bout de cinq ans, sous le coup des produits à bas prix de l’Europe.

Malgré ces réalités, l’Ue a poussé les négociations en ne regardant que deux choses : le calendrier dont l’échéance était pour décembre 2007 et son agenda de libéralisation. Le financement de la mise à niveau des économies, demandé par les Etats, balayé par le Fed, a vu son instrumentalisation politique. De même, face aux réserves quant à la conformité de l’accord avec les questions de développement, exprimées par les Etats, l’Ue pense que le temps donnera la solution.

La question qui se pose est : qu’est-ce qui fait courir l’Ue ? Deux réponses : la logique technocratique et la pression des grandes compagnies multinationales.

Si Lomé a été porté par une logique de puissances publiques (Etats européens et africains), Cotonou correspond à une logique technocratique/publique (technocrates européens/ Etats africains). Bruxelles n’est plus contrôlé par les citoyens. C’est un peu le même principe de l’administration bureaucratique de l’Omc, à Genève, qu’on retrouve.

Ces Messieurs de Bruxelles devraient écouter les parlementaires européens, suite à l’étude menée en 2006 sur les Ape. Elle disait que celles-ci constituent «une erreur politique, économique et sociale et n’apporteraient pas le développement au continent africain». On sait, à présent, à quoi s’en tenir.


*Bakary Fofana est un Economiste guinéen. Il est un membre actif du Forum de la Société civile guinéenne. Il peut etre joint à cette adresse : cegid@yahoo.fr
Cet article a d’abord paru dans Flamme d’Afrique, quotidien d’informations publié par L’Institut Panos (Afrique de l’Ouest), à l’occasion des forums sociaux mondiaux.

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Nécrologie

Sénégal : L'abbé Diamecoune enterré à Brin

2007-01-20

http://www.rewmi.com/index.php?action=article&id_article=291805&PHPSESSID=268c0afb661fd14d32f1e732a2843f99

Le président du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), l'abbé Augustin Dimacoune Senghor, a été enterré samedi au cimentière des prêtres de Brin, à quelques kilomètres de Ziguinchor. Après une messe célébrée pour le repos de l'âme du disparu, à la cathédrale Saint-Antoine De Padoue de la capitale sud du Sénégal, l'abbé défunt a été porté sous terre par ses confrères hommes d'église.





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : Les Etats-Unis d'Afrique au menu du prochain sommet de l'Ua

2007-01-31

http://www.rewmi.com/index.php?action=article&id_article=292085&PHPSESSID=ad8f0dba85c12a9918d08dd93adccfdb

Le prochain sommet de l'Union africaine, en juillet prochain à Accra, au Ghana, « aura comme unique point à son ordre du jour, le gouvernement d'Union vers les Etats unis d'Afrique », a révélé, hier, à Addis-Abeba, le ministre d'Etat sénégalais, ministre des Affaires étrangères. Ce dernier a dit avoir défendu cette proposition du président Abdoulaye Wade, au sortir d'une rencontre de près de deux heures des chefs d'Etat et de gouvernement sur cette question.


Afrique : Le Ghana présidera l'UA

2007-01-31

http://www.rfi.fr/actufr/articles/085/article_49248.asp

L’annonce a été faite après une réunion à huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement participant au sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert ce lundi à Addis-Abeba : le Ghana assurera la présidence de l’Union africaine en 2007. Confronté à une forte opposition, le Soudan a renoncé à sa candidature, évitant une paralysie du sommet.


Afrique : OMC, l 'Afrique en bloc contre les subventions dans le " Nord "

2007-01-20

http://fr.allafrica.com/stories/200701180932.html

L'Union européenne et les Etats-Unis sont invités à se plier aux règles du commerce international. " Le principal point des négociations a fini par passer de la question du développement des pays pauvres à la défense des intérêts nationaux égoïstes de la part des pays industrialisés. À la lumière de cette situation, l'Afrique se doit d'adopter une stratégie qui permettra au continent d'avancer". Constat d'échec fait mardi dernier à Addis Abeba par Elisabeth Tankeu, membre de la Commission de l'Union africaine pour le Commerce et l'Industrie.


Madagascar : L'intégration régionale pas à pas

2007-01-13

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4604

Julien Radanoara, ancien ministre malgache de la Fonction publique et professeur de droit international économique analyse les obstacles et les avantages de l'intégration régionale pour Madagascar. Il suggère une approche prudente pour s'ancrer dans les immenses marchés du Comesa et de la SADC. Madagascar fait partie de la zone de libre échange du Comesa (Marché Commun de l'Afrique Orientale et Australe) depuis 2000 et est membre de de la SADC (Communauté de Développement de l'Afrique Australe) depuis 2005.


Soudan : UA, une présidence soudanaise discréditerait l'UA

2007-01-20

http://fr.allafrica.com/stories/200701190916.html

Les Etats africains devraient rejeter l'offre faite par le Soudan d'assumer la présidence de l'Union africaine, au motif que les attaques de Khartoum contre les civils, son soutien aux milices et l'impunité pour les crimes de guerre perpétrés au Darfour se poursuivent sans l'ombre d'un changement, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Lors de son sommet d'Addis-Abeba qui se tiendra les 29 et 30 janvier, l'Union africaine décidera quel pays occupera la présidence en 2007.





Femmes & genre

Cameroun : Mariage collectif de 52 couples

2007-01-21

http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2007/01/070118_cameroun_mariages.shtml

Le gouvernement camerounais va en lutte contre la pratique du concubinage. Pour encourager le mariage, rendu difficile par le coût élevé de la dot et les tracasseries administratives, une célébration publique de 52 mariages a récemment eu lieu à Yaoundé. Une initiative du ministère camerounais de la promotion de la femme et de la famille. Jean David Mihamlé était sur place pour BBC Afrique.


Global : ONU, une Africaine numéro deux

2007-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN14017uneafxuedor0

Un curriculum vitae envoyé à New York à la demande du nouveau secrétaire général de l’ONU il y a quelques semaines et un coup de fil du chef de l’État tanzanien, Jakaya Kikwete, le 5 janvier, ont changé le destin d’Asha-Rose Mtengeti Migiro. En quelques minutes, la ministre des Affaires étrangères d’un petit pays d’Afrique de l’Est est devenue le troisième vice-secrétaire général de l’ONU.


Mali : Faibles Investissements, Grands Changements

2007-01-20

http://www.oxfamamerica.org/fr/actualite/actualite/mali_epargner_changement

Le programme Epargner pour le Changement (EPC) d’Oxfam America au Mali aide prés de 26.000 femmes à épargner de l’argent, à investir dans le petit commerce et à s’impliquer davantage dans les affaires du village. “Au début nous pensions que les époux devaient tout faire”, a déclaré Djouri Konaré. “Maintenant nous savons que nous devons faire des choses par nous mêmes. Le groupement ‘Epargner pour le Changement’ a changé beaucoup de choses chez moi”.


Sénégal : La solitude des épouses d’émigrés

2007-01-20

http://www.afrik.com/article11008.html

Leur époux est parti à l’étranger pour subvenir aux besoins de la famille. Depuis des mois, parfois depuis des années. Ces femmes restent alors seules avec les enfants et gèrent comme elles peuvent la lourdeur de l’éducation, la belle-famille, le manque d’argent et les exigences de la fidélité… L’exemple du Sénégal.
Le cas de Fatou [1] n'est pas isolé : depuis huit ans, son amour vit et travaille aux Etats-Unis pour offrir une vie meilleure à sa famille.





Droits humains

Burundi : L'ancien président Ndayizeye acquitté

2007-01-21

http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2007/01/070116_burundi_plot.shtml

La Cour suprême du Burundi, la plus haute instance judiciaire du pays, a acquitté Domitien Ndayizeye et quatre de ses six co-accusés. Ils étaient accusés d'avoir préparé un coup d'Etat. Les cinq acquittés devraient être libérés ce mardi après cinq mois passés en prison. En revanche, deux hommes ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de 15 et 20 ans de prison


Liberia : L'ONU accusée d'abus sexuels

2007-01-20

http://fr.allafrica.com/stories/200701200003.html

La Mission des Nations Unies au Libéria a demandé au Bureau des services de contrôle interne (BSCI) d'ouvrir immédiatement une enquête sur les allégations d'exploitation et d'abus sexuels qui auraient été commis par des membres de son personnel. Les Nations Unies sont très préoccupées par cette affaire et souhaitent réaffirmer leur détermination à prendre des mesures contre tout membre de son personnel qui serait reconnu coupable d'un quelconque acte d'exploitation ou d'abus sexuel, a dit porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas.


Rwanda : Abolition de la peine de mort

2007-01-19

http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=9&themeID=1&newsID=5500

Le gouvernement rwandais a approuvé un projet de loi sur l'abolition de la peine de mort, dont l'adoption très probable par le Parlement lèvera le principal obstacle au transfèrement à la justice de Kigali d'accusés du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). "Lors de sa réunion mercredi, le conseil des ministres a approuvé ce projet de loi", a déclaré vendredi le ministre rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama.


Soudan : Engagement à protéger femmes et enfants

2007-01-19

http://www.apanews.net/article.php3?id_article=19177

Le Soudan s’est engagé à respecter toutes les chartes internationales sur les droits de femmes et des enfants, promettant également d’assurer leur protection par les lois du pays, a déclaré jeudi le ministre de la Justice, Mohammed Ali Al Mardi. Le ministre a démenti les accusations selon lesquelles les soldats soudanais du Nord commettaient des crimes sexuels au Sud Soudan où opèrent également d’autres troupes et des milices.





Réfugiés & migration forcée

Global : Un couturier déclenche la controverse en Espagne

2007-01-21

http://www.grioo.com/info9002.html

Antonio Miro a déclenché une controverse en Espagne en faisant défiler des sans-papiers sénégalais lors d'un défilé de mode organisé à Barcelone. Il a même fait figurer dans son défilé de mode un bateau du style de ceux qui sont utilisés pour transporter les candidats à l'immigration clandestine de leurs pays jusqu'aux côtes espagnoles.


Soudan : L'humanitaire au Darfour en danger

2007-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP04857lavenunoled0

L'ONU ne pourra pas poursuivre ses opérations humanitaires au Darfour si la situation sécuritaire continue de se détériorer dans cette province de l'ouest du Soudan, où 12 travailleurs humanitaires ont été tués en six mois, affirment mercredi plusieurs agences des Nations unies. Parmi les quatorze agences signataires du communiqué figurent l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Unicef.


Tchad : L’insécurité persiste dans l’est

2007-01-20

http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=7420

L’offensive rebelle menée à la mi-novembre dans l’est du Tchad avait forcé les agences humanitaires basées dans cette région à évacuer une partie de leur personnel. Les hostilités se sont calmées, mais les activités humanitaires restent réduites en raison de la persistance des vols de véhicules et des attaques armées. En novembre dernier, des rebelles avaient lancé une attaque contre Abéché, ville à partir de laquelle les agences onusiennes et les organisations non gouvernementales (ONG) coordonnent les opérations destinées aux quelque 330 000 réfugiés soudanais et tchadiens.


Tchad : Conflit au Darfour, 100.000 Tchadiens déplacés

2007-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=PAN70027leconsneida0

Le conflit au Darfour a provoqué le déplacement d'au moins 20000 Tchadiens au cours de ces trois dernières semaines, portant à 100000 le nombre de personnes ayant fui l'est du Tchad, la partie frontalière avec le Soudan, indique un communiqué du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié mardi à Paris.





Elections & gouvernance

Burundi : Pouvoir discrédité

2007-01-19

http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=2&themeID=1&newsID=5497

L’acquittement de l’ex-président burundais Domitien Ndayizeye, accusé d’avoir préparé un coup d’Etat, accrédite selon l’opposition et des commentateurs la thèse d’un montage du gouvernement destiné à faire oublier ses déboires mais qui s’est soldé par un échec sous la pression indirecte des bailleurs de fonds. "C’est un coup d’Etat imaginaire...", a relevé M. Ndayizeye après être sorti de prison où il avait passé près de cinq mois.


Madagascar : Deuxieme mandat pour Ravalomanana

2007-01-20

http://fr.allafrica.com/stories/200701180710.html

Marc Ravalomanana, réélu pour un deuxième mandat à la présidence de la République, sera officiellement investi demain. Des personnalités de la communauté internationale sont attendues. La liste n'est pas encore arrêtée. La liste des invités de marque qui assisteront à la cérémonie d'investiture du président de la République Marc Ravalomanana, demain, s'allonge. Outre les quelque 3 700 invites, des personnalités venant de la Communauté internationale sont attendues à Antananarivo.


Nigeria : La succession d'Obasanjo est ouverte

2007-01-13

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4595

Le parti au pouvoir au Nigeria, le Parti démocratique des peuples, a investi dimanche 17 décembre son candidat pour l'élection présidentielle d'avril prochain. À quatre mois de cette échéance capitale, la pré-campagne bat son plein et l'opposition prépare, elle aussi, le terrain. L'outsider a coiffé tous les favoris sur le poteau. Dimanche 17 décembre, Umaru Yar’Adua a contre toute attente été investi candidat du parti au pouvoir au Nigeria.


RDC : Elections de 108 sénateurs ce vendredi

2007-01-19

http://www.apanews.net/article.php3?id_article=19175

Les Congolais élisent ce vendredi 108 sénateurs parmi les 1.124 candidats enregistrés par la Commission électorale indépendante (CEI). L’élection des membres de la future chambre haute du parlement congolais se passe au second degré, car ce sont les assemblées provinciales issues des élections du 29 octobre dernier qui ont la charge de choisir les 108 sénateurs.


RDC : La majorité présidentielle contrôle 7 provinces

2007-01-19

http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=8&themeID=1&newsID=5489

L’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) du président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila contrôle 7 des 11 assemblées provinciales du pays, à l’issue de l’élection des bureaux définitifs des chambres, tenues ces derniers jours. Les onze assemblées comptent au total 690 députés. 632 ont été élus le 29 octobre au suffrage universel direct. 58 autres ont été cooptés en janvier parmi les chefs coutumiers.





Corruption

Cameroun : Soupçons de corruption

2007-01-19

http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=3&themeID=1&newsID=5496

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire le 8 janvier concernant des soupçons de corruption à l’égard de Total dans l’exploitation et la commercialisation de pétrole au Cameroun, a rapporté la presse mercredi. "Le lundi 8 janvier, le procureur de la République de Paris a lancé une enquête préliminaire pour +corruption d’agents publics étrangers+ visant l’exploitation et la commercialisation du pétrole camerounais", selon le quotidien Le Figaro.





Développement

Afrique : La philanthropie peut-elle développer l'Afrique?

2007-01-13

http://www.bbc.co.uk/french/forum/story/2007/01/070105_philantropie.shtml

Une animatrice télé milliardaire aux Etats-Unis, Oprah Winfrey, vient d'ouvrir une école qu'elle a personnellement financée en Afrique du Sud. L'ojectif est d'aider à scolariser des enfants de familles démunies. L'établissement, financé à hauteur de 20 milliards de CFA, doit recevoir 450 élèves. C'est sans doute le dernier exemple en date d'une philanthropie en faveur du continent.


Afrique : Nouveaux défis de développement

2007-01-20

http://fr.allafrica.com/stories/200701190856.html

La Banque africaine de développement (BAD) a organisé, hier à Tunis, sa rencontre annuelle avec les ambassadeurs des Etats membres et des organisations internationales accrédités en Tunisie, pays hôtes de la BAD, afin de leur présenter le bilan de ses activités en 2006. Cette rencontre, qui est à sa quatrième édition, a également constitué une occasion de passer en revue les résultats économiques de l'Afrique en 2006 et ses perspectives d'avenir.


Global : Les affaires ''ignorent'' les droits de l'Homme

2007-01-20

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3455

De l'Irak au Nigeria, des compagnies multinationales ignorent les droits de l'Homme, établissant une culture d'abus et d'impunité qui est difficile à éradiquer, prévient un important militant anti-apartheid. Kader Asmal, un ancien ministre sud-africain de l'Education, indique que les abus vont de la dégradation de l'environnement à travers le monde aux plus de 90.000 sociétés de gardiennage, engagées dans des entreprises de plusieurs milliards de dollars sales, dans un Irak déchiré par la guerre.


Global : Pour Rato, les promesses ne suffisent plus

2007-01-19

http://www.afriquecentrale.info/fr/news/news.asp?rubID=1&srubID=17&themeID=1&newsID=5476

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Rodrigo Rato a appelé mardi à Libreville les pays donateurs à "tenir leurs promesses" d'augmenter leur aide à l'Afrique. "Jusq