Cette édition
Pambazuka News 189: De Soweto 1976 à Tahrir 2011 : Les continuités d'une lutte
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Arts & livres, 4. Les écrivains africains, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. LGBTI, 12. Environnement, 13. Justice Alimentaire, 14. Média & liberté d'expression, 15. Conflits & urgences, 16. Collecte de fonds & ressources utiles, 17. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUES : Les leçons de Soweto et de la place Tahrir.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES.
ARTS & LIVRES : Vérité sur Sankara : 12 députés burkinabé écrivent au Parlement français.
ARTS & LIVRES : Afrique : Symposium sur le devenir culturel.
LES ECRIVAINS AFRICAINS : Oh Guantanamo !
FEMMES & GENRE : Afrique du Sud : Un bac high-tech pour bébés abandonnés.
DROITS HUMAINS : Afrique : Droits de l’homme et printemps arabes.
REFUGIES & MIGRATION FORCÉE : Global : Lampedusa, prison à ciel ouvert.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Alassane Ouattara chez son «frère» Wade.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La responsabilité endogène dans l’aliénation économique et politique.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : L’OMS souhaite un Fonds africain pour les urgences.
LGBTI : Afrique : Les homosexuels, de boucs-émissaires.
ENVIRONNEMENT : Afrique : L’ONU mobilise face aux risques de catastrophes.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Bénin : L’importation de viande va se poursuivre.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : Le complexe des leaders pour la presse occidentale.
CONFLITS & URGENCES : Côte d’Ivoire : 120 civils tués par des mercenaires pro-Gbagbo.
COLLECTE DE FONDS & RESSOURCES UTILES : Rapport sur «Agroécologie et droit à l’information».
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Bourses pour l’Université de Sapienza.
Chroniques
« Aller au travail à pied » : Les leçons de Soweto et de la place Tahrir
Mahmoud Mamdani
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/features/73311
Ceux d’entre vous qui viennent de l’extérieur ont peut-être entendu parlé de la nouvelle forme de protestation en Ouganda connue sous le nom de ‘Aller au travail à pied’. Mais l’opposition qui a commencé à aller au travail à pied et le gouvernement qui est déterminé à mettre un terme à la marche sont tous deux portés par le souvenir du même évènement.
Le souvenir de la place Tahrir alimente les espoirs de l’opposition et les craintes du gouvernement. Pour les membres de l’opposition, l’Egypte est devenue le symbole de la terre promise, la page qui se tourne. Pour de nombreux membres du gouvernement, l’Egypte représente une défiance fondamentale du pouvoir, à laquelle il s’agit de résister, quel qu’en soit le prix.
Les choses en sont au point où même la suggestion de protestation provoque une réaction maximale du gouvernement. Au point que le gouvernement qui vient d’être élu avec une majorité écrasante de voix semble aujourd’hui manquer de flexibilité et n’a pas de stratégie de sortie.
Pour les civils, les supporters et les sceptiques, la vue des moyens militaires déployés pour maintenir l’ordre dans les rues brouille la distinction entre police civile et forces militaires, compte tenu du fait que ceux au pouvoir s’obstinent à considérer la moindre contestation civile comme une rébellion armée.
Si le gouvernement semble perdre la cohérence et l’unité affichées pendant les élections, l’opposition commence à trouver un semblant d’unité et de vision qui semblait lui faire défaut pendant la période électorale. Si vous gardez à l’esprit que de nombreux membres de l’opposition, dont ceux qui ont fait partie du dernier parlement, étaient complices des péjorations de gouvernance, alors vous vous émerveillez de la nature de ce changement.
Comment se fait-il que ceux qui, hier seulement, considéraient le parlement comme un passeport vers le favoritisme et le pillage, se découvrent subitement la détermination morale et le courage, pour rejoindre cette même opposition, bien qu’aucune élection ne soit en vue et que les temps sont relativement durs ? Cette situation est source de contradictoires dans le domaine de la politique, générant aussi bien l’optimisme que le scepticisme.
Mon propos aujourd’hui ne vise pas à idéaliser l’opposition ni à diaboliser le gouvernement. Je veux parler du souvenir qui semble pousser beaucoup vers l’opposition et hante de nombreux autres au gouvernement. C’est le souvenir de la place Tahrir. Ce n’est pas une exagération de dire que la grande révolution égyptienne à commencé en Tunisie. Où va-t-elle aboutir ? Dans une décennie la considèrerons-nous comme un évènement local, continental ou global ? Comment devons-nous comprendre sa signification aujourd’hui ?
Les historiens reconnaissent qu’il n’y a pas de récit objectif unique d’un évènement donné. Le récit dépend en partie de la localisation de l’observateur. Pour beaucoup, en Europe, les évènements en Tunisie et au Caire sont la preuve que la révolution qui a commencé en Europe de l’Est avec l’effondrement de l’Union Soviétique et a fini par s’étendre au-delà de cette région.
En Afrique de l’Est, il y a eu pléthore de commentaires, principalement dans la presse. Beaucoup se sont demandé si la révolution égyptienne allait s’étendre au sud du Sahara. Ils ont répondu, sans une arrière pensée : non. Pourquoi ? Parce que les experts des médias disaient que les sociétés subsahariennes étaient tellement divisées le long de lignes ethniques, tellement déchirées par le tribalisme, qu’aucune d’entre elles ne seraient capables d’atteindre le degré d’unité requis pour permettre à une confrontation avec le pouvoir d’aboutir.
Pour moi, cette réponse n’a pas beaucoup de sens. Elle ressemble à une caricature. Il n’y a pas de trace dans l’histoire de lutte aboutie entreprise par des gens uni au préalable. Pour la simple et bonne raison que l’un des résultats d’une lutte qui aboutit est l’unité. L’unité est forgée par la lutte.
Pour illustrer cet aspect, et quelques autres, je veux examiner la révolution démocratique en Egypte dans le contexte d’une histoire de lutte démocratique qui dure depuis plus longtemps sur le continent. Je veux commencer avec un évènement qui a eu lieu, il y a plus de trois décennies, en Afrique du Sud. Je fais référence au soulèvement de Soweto en 1976, qui a fait suite à la formation de syndicats indépendants à Durban en 1973. Ensemble, ces deux développements ont inauguré une ère nouvelle dans la lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Le soulèvement de Soweto était le fait des jeunes. A une époque où les adultes croyaient qu’un changement significatif ne pouvait se produire que par une lutte armée, Soweto a inauguré un mode de lutte alternatif. Ce nouveau mode substituait la lutte populaire à la lutte armée. Il a mis un terme à l’idée que la lutte est le fait de combattants professionnels, de la guérilla, avec la population qui applaudit depuis la périphérie, mais qu’il s’agit bien d’un mouvement de gens ordinaires comme agents déterminants. La force d’un mouvement populaire réside dans le nombre qui est guidé par une nouvelle imagination et de nouvelles méthodes de lutte.
La signification de Soweto est double. D’abord, comme je l’ai déjà dit, Soweto a vu naître la croyance en la puissance d’un peuple organisé face à l’oppression, plutôt qu’en la puissance des armes. Deuxièmement, Soweto a forgé une nouvelle unité. Le règne de l’Apartheid a divisé la société sud-africaine en de multiples races (blanche, indienne, de couleurs) et en de nombreuses tribus (Zoulou, Xhosa, Pedi, Venda et ainsi de suite) et en soumettant chaque groupe à des lois différentes. Avec pour conséquence que lorsqu’ils ont voulu s’affranchir des lois en question, ils l’ont fait séparément.
Dans ce contexte est survenu un nouveau venu, Steve Biko, un leader visionnaire à la tête du mouvement de la Black Consciousness Movement (Le mouvement de la conscience noire). Le message de Biko a miné la construction étatique de l’Apartheid. Noir n’est pas une couleur, avait dit Biko. Noir c’est une expérience. Si vous êtes opprimés, vous êtes noir. Ceci était un message révolutionnaire. Pourquoi ? Dès l’élaboration du Freedom Charter (la Charte de la liberté) au milieu des années 50, l’ANC a refusé le racisme. Mais l’absence de racisme n’a touché que l’élite politique. Les individus blancs, indiens ou de couleur ont rejoint l’ANC a titre individuel. Mais les gens ordinaires sont restés confinés et piégés par des perspectives politiques délimitées par les frontières tribales. Biko a forgé une vision qui faisait éclater ces frontières.
A peu près à la même époque, un autre évènement a eu lieu qui lui aussi signalait une nouvelle ouverture. C’était l’Intifada palestinienne. Ce qui était connu sous le nom de la ‘Première Intifada’ avait un potentiel du type de Soweto. Comme les enfants de Soweto, les enfants palestiniens ont eu l’audace d’affronter des balles réelles avec rien de plus que des pierres. Face a des mouvements de libération en conflit les uns avec les autres, chacun prétendant être le seul représentant des opprimés, la jeunesse de l’Intifada a exigé une plus grande unité.
Bien que la révolution égyptienne soit survenue plus de trois décennies après Soweto, elle évoque puissamment le souvenir de Soweto. Ceci pour au moins deux raisons.
Avoir recours à la violence ? D’abord, à l’instar de Soweto en 1976, la place Tahrir de 2011 a fait table rase de la romance de la violence chère à une génération. La génération de Nasser ainsi que celle qui a suivi ont intégré la violence comme un élément clé pour des changements fondamentaux en politique et dans la société. Cette tendance était laïque dès le début. Plus Nasser a opprimé l’opposition, en usant du langage du nationalisme laïc, plus l’opposition a eu recours à l’idiome religieux. La mouvance politique la plus importante qui voulait rompre avec le passé utilisait maintenant le langage de l’islam radical. Son principal représentant en Egypte était Said Qutb.
J’ai commencé à m’intéresser à l’islam radical après le 11 septembre et c’est là que j’ai lu le livre le plus important de Said Qutb, intitulé ‘ Signposts’. Il me rappelait la rhétorique de la politique radicale à l’université de Dar es Salaam où j’enseignais dans les années 1970. Dans son introduction, Said Qutb explique qu’il a écrit ce livre pour l’avant-garde islamique. Je croyais que j’étais entrain de lire une version de ‘What is to be done ?’ (Que faire ?) de Lénine. L’argument principal de Said Qutb, dans le texte principal, était qu’il fallait distinguer entre ses amis et ses ennemis, parce qu’avec les amis on use de la persuasion cependant qu’avec les ennemis on use de la force. Je crois lire Mao Tsétoung ‘ on the correct handling of contradictions amongst people’ (de la façon correcte de gérer les contradictions entre les gens).
Je me suis demandé comment je devais comprendre Said Qutb. Comme faisant partie d’une tradition linéaire appelée islam politique ? L’histoire de la pensée était-elle plus facilement compréhensible avec des contenants étiquetés ‘civilisation, islam, hindouisme, confucéen, chrétien ou encore, européen, asiatique ou encore africain ?
L’apologie de la violence politique de Said Qutb n’était-elle pas en phase avec l’extension des mouvements de lutte armée dans le sillage des libérations nationales des années 50 et 60 ? L’hypothèse centrale n’était-elle pas que la lutte armée était, non seulement, la forme la plus effective de lutte mais le seul mode authentique de lutte ? Plus je lisais à propos de la distinction de Said Qutb entre les amis et les ennemis, qu’on use de violence à l’égard de ses ennemis et de persuasion à l’égard de ses amis, plus je comprends que Said Qutb faisait partie de son temps. Aucun doute. Said Qutb, comme chacun d’entre nous, était impliqué dans une multitude de conversations et de débats et pas seulement avec des intellectuels islamiques, mais se confrontait aussi à des intellectuels inspirés par d’autres modes de pensée politique. La principale compétition provenait du marxisme léninisme, une idéologie militante laïc qui a influencé aussi bien le langage de Qutb que son organisation et sa lutte.
La première signification de la Place Tahrir a été de se défaire de l’emprise de Said Qutb et de sa romance avec la violence révolutionnaire. La deuxième ressemblance entre la Place Tahrir et Soweto a trait à l’unité. Et comme la lutte anti-Apartheid a reproduit sans discrimination les divisions de races et de tribus institutionnalisées par l’Etat, de même la division entre religions est devenue partie intégrante de la convention politique dominante en Egypte.
La Place Tahrir a innové de nouvelles politiques. Elle a exclu le langage de la religion du domaine politique sans toutefois s’adonner à une laïcité militante qui aurait totalement banni la religion de la sphère publique. Elle appelait ainsi à une plus grande tolérance des identités culturelles dans l’espace public, un espace où il y aurait de la place aussi bien pour la laïcité que pour les tendances religieuses. Le nouveau contrat dit que pour participer à la sphère publique vous devez pratiquer une politique inclusive qui respecte les autres.
* Prof Mahmoud Mamdani est le directeur de l’Institut de recherche en sociologie à l’université de Makerere en Ouganda.
Cet article est paru pour la première fois dans le Daily Monitor - Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Les crises civiles et le crime social
La tuerie et l’humiliation sociale n’ont aucun brin de légitimité légale et sociale
Pascal Oudiane
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/features/73313
Il n’est plus besoin de revenir sur la conceptualisation du crime qui se fonde essentiellement sur la sanction comme effet d’entraînement. Mais ce qui est intéressant dans les conflits civils, c’est la dimension sociale du crime. Celui-ci revêt deux aspects importants dans l’existence individuelle ou collective. Il s’agit de la tuerie et de l’humiliation ; lesquelles bafouent la dignité humaine. Elles portent un cachet social dés l’instant qu’elles impliquent un groupe social ou suscitent chez celui-ci des ressentiments favorables ou hostiles. Les communautés politiques, ethniques et nationales participent de ces groupes en question.
La guerre semble légitimer les crimes d’une envergure pareille. Mais toujours est-il que c’est l’humanité qui en est offensée. Aucune conscience humaine ne peut se convaincre de pouvoir perpétuer la vie dans un contexte conflictuel. Par voie de conséquence, la tuerie et l’humiliation ne peuvent que constituer une menace pour la survie de l’homme. Ils deviennent automatiquement condamnables à cet effet, dans les sociétés humaines voire intelligentes. De ce fait, ils reçoivent à nouveau le caractère criminel qui sembla les quitter en temps de guerre. Tuer ou humilier un humain est un crime et le crime n’a jamais cessé d’être un crime. Nous nous permettons cette redondance pour insister sur le sens et la portée que revêt cet acte, qu’importe le contexte où il est pratiqué.
La guerre ne justifie pas le crime. Les considérations racistes et xénophobes non plus. Aucune société ne doit cautionner les massacres, les génocides entre autres fléaux sociaux. Les sociétés ne survivent pas au crime social.
Etant donné qu’ils intègrent le populisme, la tuerie et l’humiliation populaire sont–elles une solution à la résolution d’une crise sociale voire politique? Peuvent - elles être une forme de justice sociale lorsqu’elles sont perpétrées dans le cadre d’un règlement de compte? Quel rapport entre une justice légale et une justice sociale ? Le social est il une chose distincte de la loi ou la loi est elle une entité du social ou s’échapperait-elle de celui-ci ?
LES REFERENTS SOCIAUX ET LEGAUX DU CRIME SOCIAL
La subsistance et la convoitise ont été l’objet de conflits depuis les hordes, en passant par les communautés agraires, jusqu’à nos jours ; ou pour faire plus réducteur depuis les civilisations conçues comme primitives. Mais la traditionalité humaine, dans sa diversité régionale, a connu l’érection de règles de conduite sociale. Lesquelles, à travers la distinction du normal et du pathologique, a déterminé les membres des différentes communautés au profit de la survie de celles-ci.
Au départ, le problème a été de trouver une convention sociale qui régulerait les comportements. L’Etat a été, jusque-là, à notre avis, la forme de convention sociale la plus parfaite. Il n’est pas un monopole occidental toutefois, puisque les chefferies, royaumes et empires recensés en Afrique, en Amérique et sur le continent asiatique ont développé cette forme d’organisation conventionnelle. La particularité est que chez ces derniers non occidentaux, l’Etat était d’abord fondé sur des bases ethniques, tribales ou claniques.
Dans le cas des empires, les peuples conquérant dominaient la vie politique et administrative. L’orientation collective était régie et formée à partir de l’usage de la force. Une opportunité, par conséquent, qui laissait libre cours aux révoltes et aux projets d’émancipation sociopolitiques.
La nation est la meilleure trouvaille sociale pouvant pérenniser et améliorer l’existence sociale dans un contexte moderne. Sa réussite repose sur sa capacité à regrouper des communautés traditionnelles différentes au sein d’un même idéal de vie. Cependant, dans certaines parties du globe, elle est gênée par des résistances culturelles. Alors, quel fondement serait convenable pour la nation non-occidentale ? Doit-elle cohabiter avec les traditions locales ou simplement être une exclusive communautaire moderne ? A partir de cette considération, l’orientation de la conscience collective sera déterminée.
Il n’y a pas eu de processus de destruction des acquis socioculturels, comme en Europe, destinés à fonder la nation chez les peuples non occidentaux. Ces derniers ont hérité de la réalité nationale comme fait coercitif auquel il faut se conformer. Cette convention du fait national n’est, par conséquent, qu’un ordre de façade dans la mesure où la nation cohabite avec les acquis traditionnels à travers le vécu individuel des citoyens et ne peut les faire reculer de manière consentante, si ce n’est par l’usage de la force. A propos de cette force, précisons qu’elle est détenue par l’Etat et sa loi. Nous y reviendrons plus en détail.
Si la nation est une convention importée, alors sa loi est une convention importée. Ce qui peut constituer un risque d’ébranlement de son fondement social. La pensée de Solon, le législateur grec, fait l’économie du rapport idéal entre la loi et la société. Il a demandé à ce que les Grecs aient la loi qu’ils méritent. Sous le feu de l’actualité, avec les crises que connaît l’Afrique aujourd’hui, nous avons envie de dire, sans souffrir d’un déficit contextuel, qu’il faut que les Africains aient aussi la loi qu’ils méritent. Celle-ci ne peut pas faire abstraction des dispositifs traditionnels de respect et de préservation de la dignité humaine. Les coutumes africaines connaissent le consensus social à partir duquel elles organisent la société. Elles servent de loi et sont protégées par un fond mythique socialement inébranlable, au risque d’une sanction punitive d’ordre temporel et intemporel.
En tous les cas, il faut une loi acceptée de tous, à laquelle on adhère librement et non par contrainte. La loi ne terrorise pas. Dés l’instant que c’est le cas, il y a donc problème parce qu’il y a des gens qui ne la partagent pas. C’est la loi librement consentie qui sauve la société depuis ses rapports micro sociologiques.
LA LOI EST L’ULTIME DEPOSITAIRE DE LA VIOLENCE
La violence est toujours la résultante de rapports sociaux axés sur des intérêts. De ce point de vue, elle s’inscrit fondamentalement dans la construction des ambitions individuelles visant à s’approprier d’un bien – immatériel ou matériel- précis. Elle se dote ainsi d’une forme sociale. Cette violence est lato sensu physique et se distingue de la violence symbolique que détiennent, par exemple, les instances d’orientation, pour parodier Pitrim Sorokin ou, pour faire plus simple, les institutions d’éducation voire de socialisation.
Les hommes ont très tôt eu conscience de ces deux formes de violence dés l’entame de la première organisation sociale, où l’institutionnalisation du normal et du pathologique s’est déclinée comme essentielle dans les rapports sociaux.
L’émergence des premières communautés agraires, avec la conscience du pouvoir inhérente au regroupement, distingue mieux la singularisation de la loi entre une forme légale voir institutionnelle et une autre forme sociale. Le pouvoir est lié à la violence. Il s’agit d’une violence que l’on porte sur soi grâce à ses capacités physiques, intellectuelles, morales, magiques ou mystiques lorsqu’on est en rapport avec les autres. Rappelons que la violence n’existe que dans un cadre social. L’individu isolé n’est pas capable de violence.
Du fait de la convoitise des biens et la disparité des capacités individuelles, la normalisation des comportements est perçue comme essentielle pour assurer la survie du groupe. Certaines forces émergent au-dessus d’autres grâce à leurs dispositions physiques ou culturelles, se constituent en un pouvoir et imposent leurs normes au groupe. Ce processus a caractérisé forcément la formation des référents intériorisés, ritualisés et traditionalisés du point de vue socioculturel, avec bien évidemment, d’une part, des entrées soutenues par les influences extérieures au groupe et d’autre part des sorties causées par la destruction de certaines valeurs et habitus comme c’est le fait aujourd’hui de la modernisation.
Les normes légales centrent en leur sein la violence symbolique et la violence physique. Elles incarnent ainsi un pouvoir. Quant aux normes sociales, elles sont simplement pourvues de violence symbolique. Les divergences d’intérêt sont plus accentuées dans une institution sociale que dans une institution dite, de nos jours, légales. Les cloisonnements structurels expliquent ce fait. Par exemple, les référents socioculturels des sociétés africaines ne sont pas forcément les mêmes dans les sociétés occidentales. De même que celles d’une ethnie donnée du Sénégal ou de la Cote d’Ivoire ne seront pas les mêmes forcément avec celles d’une ethnie du Niger, de la Libye ou de l’Afrique du Sud. Toutefois, la rationalité formelle arrive à contourner la barrière structurelle et à aller vers la convention. Etablie, celle-ci fait l’objet d’une « loi légale ». Ce concept paraît être un pléonasme pour la littérature, mais demeure socialement significatif.
Seule la convention voire la loi peut extirper la violence physique des dispositions sociales d’un groupe, d’un peuple ou d’une ethnie donnée pour s’en approprier et en demeurer le détenteur ultime et légitime. La loi ne laisse aux normes sociales qu’une violence symbolique qu’elle partage d’ailleurs avec elles. La loi comme les règles sociales traditionnellement ancrées bénéficient de la reconnaissance et de l’observance de tous.
En somme, la loi légale face aux normes sociales est le seul dépositaire de la violence physique et symbolique. Nul, ni aucun groupe politique ou culturel, ne peut se faire justice sous prétexte de la coercition de leurs référents socioculturels pour ne pas dire d’une poussée occasionnée par leurs normes sociales. Cette prérogative revient de droit à la loi légale parce qu’elle se base sur une convention qui subit moins la coercition structurelle des groupes socioculturels traditionnels. Jusque-là, cette expérience a rendu d’énormes services aux sociétés du monde. De ce point de vue, les nations qui n’en disposent pas ou qui se voient saper la leur par des conflits politiques ou socioculturels doivent rapidement se réapproprier ce processus de légalisation au risque du chaos prononcé et chronique. Aujourd’hui, nous avons le cas de la Côte d’Ivoire mais cela est valable pour toutes les entités nationales que la planète connaît. Il faut redonner à la loi ses exclusives prérogatives de détenteur de la violence. Elle en est le seul usager légitime.
L’exemple également du gouvernement d’Obama sur l’élimination de Ben Laden est légitime, dés l’instant qu’elle est menée de par son statut légal et selon ses propres prérogatives. Toutefois, cet acte, de la manière dont il a été fait, s’est appauvri en légitimité dés l’instant qu’il a passé outre la prévention du Pakistan, un pays souverain sur le début des assauts du commando américain sur ses propres terres. Seule une convention, fondement de la légalité, peut rendre légitime l’action américaine en terre pakistanaise au sujet de la traque de ce personnage public, jugé comme criminel de par son activité terroriste. Les rapports actuels, plus ou moins instables, qui s’en sont suivis entre le Pakistan et les USA en disent long.
Enfin, pour revenir à la force de la loi souverainement aménagée et qui monopolise l’usage de la violence, nous précisons qu’elle est toujours phagocytée et devient moins coercitive lorsque le crime s’étale à l’échelle sociale.
LE CRIME SOCIAL ET LA DEMOCRATIE
S’il y a crime, c’est parce qu’il y a une sanction. Sans normes coercitives, un acte ne peut pas être criminalisé. La démocratie prospère à l’ombre de la loi, lorsque celle-ci protège et fonde son assise sur une convention sociale à travers laquelle le crime social ne se définit pas. En effet, le crime social ne repose pas sur un fond de légalité. Il est motivé par des intérêts socioculturels ou politiques. Les individus sont socialisés d’une manière telle qu’ils réagissent spontanément lorsqu’il s’agit de se défendre. Il est une obligation pour eux de protéger leurs intérêts sans forcément consulter la loi, même si celle ci est supposée prendre en compte cet aspect. Par exemple, les gens se font justice eux-mêmes, indépendamment de la justice légale. Il s’agit encore une fois d’une justice sociale. L’acte ou la réaction sociale n’a pas besoin d’une convention légale pour se mettre en place. Autrement dit, le dispositif social n’a pas forcément besoin de la convention légale pour s’affirmer. Par conséquent, la démocratie et le crime social ne peuvent pas être contenus dans un même espace théorique et empirique.
La tuerie et l’humiliation sociale sont des actes qui ont une ampleur populaire et atteignent un groupe précis qui peut avoir une forme familiale, communautaire, politique, ethnique entre autres. De ce point de vue, la dimension sociale de la tuerie ou de l’humiliation surgit et implique obligatoirement des sursauts d’humeurs. Les individus réagissent de manière hostile lorsque leur façon de sentir, de voir et d’agir est fondamentalement atteinte.
Commettre un crime social ou un acte d’humiliation sociale, c’est susciter chez le groupe - qui ressent cet acte comme une offense ou une menace - un sentiment d‘auto protection, lequel s’exprime toujours par un instinct défensif ou offensif. Chacun ou chaque groupe s’approprie la violence par usurpation au détriment de la loi pour se faire justice. C’est cela le couloir destructeur de toute société, de toute nation. La démocratie ne peut prospérer à l’ombre de la criminalité. Celle-ci, lui est foncièrement nuisible.
LE ROLE DES MEDIAS DANS LE RELAI DE L’INFORMATION : STATUER POUR UNE ETHIQUE DU DIFFUSEUR
Les médias contribuent à la popularisation de l’information. Nous constatons avec regret qu’ils deviennent de moins en moins sélectifs face à la montée des intérêts capitalistes ou sociaux. Ils orientent l’opinion privée et publique. En effet, à travers le type d’information, ils arrivent à déterminer le sentiment, la pensée et l’action de l’individu. L’agrégation de ces postures individuelles s’accordant aboutit à une poussée collective. Celle-ci incarne une opinion devenue publique. Cette publication, il importe de le dire, n’est jamais générale. En effet, une opinion publique laisse toujours de côté une minorité qui ne se l’approprie pas. Les intérêts individuels sont fondamentalement divergents et leur collectivisation n’est jamais parfaite en intégralité. Les médias, comme ils savent bien le faire dans une société industrielle, participent allégrement à la formation d’une opinion publique voire sociale.
Il ne faut pas pousser les gens à se délecter du malheur des autres. Diffuser une information violente, c’est pousser les gens à la violence en leur donnant l’opportunité et les arguments de se réjouir, par exemple, de la mort ou de l’humiliation de quelqu’un ou de se nourrir d’un sentiment de haine et de vengeance au profit de la victime. La production de photographies sur la crise ivoirienne à des buts d’information ou de propagande n’a fait que susciter l’horreur, la peur, la haine dans certains milieux, même si elles sont discrètement maintenues.
Je tiens à saluer la grandeur de l’administration Obama à ce sujet. Que des doutes soient émises à propos de la véracité de l’élimination de Ben Laden ne nous concerne pas, mais c’est la manière dont cet événement a été gérée par les leaders américains qui importe. Les Africains, du plus grand leader au plus petit citoyen, devraient en prendre une leçon. Les photos humiliantes et criminelles de la Côte d’Ivoire, celles de la Guinée Bissau avec l’ancien président Nino Vieira, celles du Libéria avec Samuel Do, entre autres, ne méritent pas une telle propagande.
La violence est trop présente dans les médias et cela ne contribue nullement à la résolution des crises. La solution n’est autre que de lutter pour l’institutionnalisation et le respect de l’éthique de la diffusion dans les médias. Si des efforts sont faits, il faut envisager de les renforcer.
La démocratie ne veut pas dire faire n’importe quoi. Elle est une opportunité pour le citoyen de profiter de sa liberté mais pas n’importe laquelle. Il s’agit, pour une société qui se respecte, de celle qui intègre l’éventualité d’amener l’individu à demander pardon. En définitive, nous concevons la démocratie comme une poussée de liberté qui inclut l’obligation de demander pardon.
Avec l’avènement de l’internet, il est bien difficile certes d’arriver à ce résultat. Mais c’est à la loi que revient ce droit et non à n’importe qui.
L’ETAT, GARANT DE LA LEGITIMITE LEGALE COERCITIVE A LA DIFFUSION DE L’INFORMATION IMAGEE
L’extraction des personnages publics de leurs activités despotiques, criminelles, terroristes et dont les actes et les paroles ont une portée collective, sociale voire nationale ou internationale doit se faire de la manière la plus professionnelle possible voire légale, laquelle éviterait de créer un sursaut collectif hostile. De ce point de vue, pour éviter cette éventualité, il faut priver d’images cruelles et traumatisantes les populations.
Seule une déclaration et le professionalisme, dont nous avons parlé, que requiert cet exercice s’il est bien fait c'est-à-dire sous le contrôle de la loi légitime, pousse à croire à l’exactitude du fait.
Pousser les gens à se réjouir ou à s’offusquer sous prétexte de la satisfaction d’une demande de restauration sociale ou nationale des sentiments hostiles des porteurs de vendeta, c’est s’engager dans un élan populiste et politique. C‘est à ce dernier niveau que l’instrument politique bat de l’aile. Certains ignorent encore et d’autres oublient toujours que la politique n’est pas une science exhaustive. Elle pêche plus que jamais dans la collectivisation parfaite des intérêts et attentes des citoyens ou populations qui lui sont assignés. Il est inhumain de faire de la politique à partir du malheur d’un être humain même si celui-ci est en situation de déroute. La violence ne doit pas engendrer la violence même si elle en est la conséquence la plus probable. L’être intelligent est assez outillé pour éviter d’en arriver là.
* Pascal Oudiane est doctorant en Sociologie à l'Université Gaston Berger de Saint –Louis
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Quand le négationnisme tue à petit feu
Jacques Depelchin
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/features/73318
L’histoire du développement guerrier et pacifique du nucléaire, surtout depuis Hiroshima/Nagasaki, dérange les consciences. Cette histoire de cloisonnement ou de confinement n’est pas particulière au nucléaire. Tout comme pour l’histoire du capitalisme, le mot d’ordre semble être qu’il ne faut pas s’inquiéter et que tout ira bien pour le meilleur des mondes. Avec le 25e anniversaire de Tchernobyl (Ndlr : le 26 avril), et les informations accumulées depuis cette catastrophe, il est permis de questionner cette manière idyllique de conter l’histoire.
Le refus de partager une information vitale pour la survie d’un groupe (famille au sens restreint ou étendu) aura un effet cumulatif quant aux répercussions négatives. Mais le problème ne se présente pas seulement à Fukushima. A chaque fois que l’histoire avance (recule ou fait du surplace), les forces qui ont tout fait pour qu’il ne sorte qu’une seule narration s’activent pour formater la continuation de cette narration selon leur version. Quelle que soit la crise dont il s’agit, il émergera une version qui a ses racines dans un processus de façonner le monde et comment penser les changements, ce qui doit changer, etc. selon la mémoire/l’objectif des vainqueurs.
Est-ce possible de penser en même temps la Lybie et Fukushima ?
Dans les ceux cas, à Fukushima comme en Lybie, on peut observer l’humanité faisant face à une croisée des chemins. Dans les deux cas, les organes dominant d’information discutent de scénarios et des solutions qui écartent les voies qui pourraient contrarier leurs intérêts à court terme. Habitués à toujours avoir le dessus les pays qui ont toujours dominé la planète cherchent à maintenir le statu quo de leur domination. Au cas où il y aurait résistance, le recours à la solution militaire sera automatique. Dans les deux cas, les organes d’information s’organisent pour présenter l’histoire de la Lybie et celle du nucléaire sous une forme tronquée. Dans les deux cas, on parle de crise qui sera résolue par les forces compétentes en la matière.
Même si les experts apparaissent comme ayant violé les règles les plus élémentaires de recours à la négociation (Libye) à la prudence (Fukushima), aucune des instances en place, au niveau des relations internationales n’ont les possibilités et/ou les moyens de les rappeler à l’ordre. Sauf si des voix, se fondant sur la conscience de l’humanité, rappellent aux tout-puissants le fait, somme toute banal, que cette toute-puissance s’est construite sur le silence consenti et/ou forcé du reste de l’humanité.
L’histoire de la Libye ne commence pas en 1969 ou même avec la colonisation italienne
En Libye, la crise est présentée de telle manière qu’il faille recourir à une solution militaire pour sauver les opposants du colonel Kadhafi. L’argumentaire est celui des droits de l’Homme. Moralement il est sous-entendu que personne ne pourrait s’opposer à une telle entreprise. Cet argumentaire a des racines profondes dans l’histoire des rapports entre l’Occident et les peuples non Européens. Après l’esclavage et le fameux commerce triangulaire entre les Amériques, l’Europe et l’Afrique, l’Europe, par le biais de la Conférence de Berlin s’appropria l’Afrique, au nom de l’introduction de la Civilisation dans l’Afrique obscure.
Les historiens à courte vue, aiment nous dire que le mode de fonctionnement du monde d’aujourd’hui a commencé durant la 2ème Guerre Mondiale. Ce n’est qu’en partie vrai. La Conférence de Berlin est le précurseur de la Conférence de San Francisco qui organise les Nations Unies et, dans la foulée, l’OTAN. Toutes ces organisations furent mis en place pour servir les intérêts de l’Occident.
Pour occuper l’Afrique (avant et après la Conférence de Berlin), il a fallu des campagnes militaires. En RDC, ces campagnes étaient appelées campagnes de pacification ou « promenades militaires ». Elles ont continué jusque dans les années 30. Pour l’Occident dominateur, il ne doit exister qu’une histoire de ses rapports avec l’Afrique, il n’existe qu’une manière de narrer ses rapports avec Haïti. Cette histoire doit être dictée par l’Occident. Un Occident dont la mentalité est structurée par l’histoire d’Etats aux objectifs de colonisation. Un Occident d’où ont surgi les multinationales qui, aujourd’hui, dictent les argumentaires avancés par les Etats.
Il devient de plus en plus clair que les instances mises en place, par des États Nation, durant et à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ne font/feront plus le poids face aux défis actuels et à venir. Le poids des multinationales est tel que la logique et le mode de fonctionnement des institutions étatiques obligent un recours à des accommodements qui renforcent la loi de la jungle alors qu’on est supposé vivre dans un monde civilisé, démocratisé. La défaillance des structures politiques pour régler les relations internationales sera toujours compensée par la mentalité qui a conditionné leur mise en place (à Berlin, Yalta, San Francisco, Bretton Woods).
Pour les puissances qui se sont enrichies en asservissant/colonisant l’Afrique, le sentiment de culpabilité les conduit à se présenter comme les défenseurs de celles/ceux qui souffrent les atrocités commises par Kadhafi. Cependant, la question de savoir quelles sont les forces qui ont façonné l’émergence d’un dirigeant sanguinaire n’est jamais posée ou rarement discutée. Quand il y a discussion de changement de régime, les parrains et partenaires des régimes en question ne sont pas appelés à rendre des comptes.
Dans l’histoire de l’humanitarisme et des droits humanitaires il y a un escamotage systématique des racines non humanitaires des propagateurs de cette religion selon laquelle l’expansion du capitalisme ne peut être vue que sous l’angle des bienfaits. Les effets négatifs sont considérés comme mineurs. Très rarement, pour ne pas dire jamais, assiste-t-on à un examen sans complaisance des effets destructeurs de ce qu’il y a de plus sacré entre les humains, à savoir, l’humanité commune, le respect du principe de vie.
À partir du moment où l’éclatement (appelons-la la fission) de l’humanité s’est produite et que commencèrent à se mettre en place les mécanismes économiques, financiers, politiques, sociaux, culturels et religieux de ce qui en quelques années deviendra le capitalisme, il se développa aussi une narration de cette histoire dont l’objectif a toujours été de rehausser les bienfaits du système. L’histoire de celles/ceux qui furent déclarés (Voir, par exemple, Le Code Noir) non humains, jusqu’aujourd’hui n’a pas été contée telle qu’elle a été vécue par ces témoins incontournables. Face aux dépositaires/héritiers de ces témoins, les descendants des rédacteurs du Code Noir ont appris mécaniquement la règle de toujours les réduire au silence. En vue de parfaire cette réduction au silence, il faut surtout éviter les possibles rapprochements avec d’autres errements.
Les régimes conduits par Hitler, Mussolini sont présentés comme des aberrations. Le tribunal de Nüremberg où seront condamnés individuellement des responsables aura pour effet de blanchir la part qui revenait au système. Et cela malgré les voix qui se sont élevés et qui, aujourd’hui continuent de s’élever. Le Tribunal de Nüremberg eut aussi comme effet collatéral de contenir l’histoire des régimes instaurés par Hitler et Mussolini à l’intérieur d’un conteneur de confinement étanche, afin qu’ils ne soient vus que comme des aberrations. Il ne fallait pas voir dans l’histoire des puissances de l’Axe (Allemagne/Italie/Japon) la pulsion coloniale s’en prenant à une zone et à des populations considérées hors limite.
Par un article du New York Times en date du 14 avril 2011(Nuclear Cleanup Plans Hinge on Unknowns par Hiroko Tabuchi
) nous apprenons que pour les travaux les plus dangereux, la compagnie qui opère les réacteurs de Fukushima (Tepco) recourt à des travailleurs saisonniers par le biais d’une société spécialisée dans ce genre de recrutement de travailleurs. En d’autres termes, et cela ne date pas d’hier, à chaque fois que l’humanité s’est lancée dans une phase qui risquait de ne pas plaire à tout le monde, il a fallu recourir au secret. Dans l’industrie nucléaire, il y a des boulots qui sont tellement dangereux que seuls les candidats inconscients et/ou non informés des risques pour leur santé, sont prêts à se présenter. Est-on tellement loin des pulsions dominatrices apprises à travers l’esclavage Atlantique et la colonisation ?
Le 5 avril, 2011, on nous a annoncé l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon à Paris. Dans ce geste qui est vu par certains comme une consécration des luttes de Césaire contre la déshumanisation, il faut aussi y voir un processus de négation de ce qu’il y avait de plus profond dans les luttes de Césaire. Dans cette négation il y a aussi une manœuvre de désamorçage de ce qu’il y avait de plus radical dans sa pensée. Cette entrée au Panthéon ne coûte rien au système. Tout le contraire, ce geste, dans le contexte actuel, renforcera dans le public français de France la notion que Napoléon [restaurateur de l’esclavage] et Césaire peuvent se côtoyer sans problème. Ce geste renforcera l’idée de la magnanimité des figures napoléoniennes, peu importent les détails qui pourraient donner une image contraire à celle qui maintient l’ordre hiérarchique entre la révolution de 1789/France et celle de 1804/Haïti.
Le Panthéon pour Césaire, l’Académie Française pour Senghor, le Jura pour Toussaint l’Ouverture, le fond de l’océan Atlantique pour la chair à canon de l’esclavage qui refusa la mort à petit feu ? En d’autres termes, il y a, à travers cet acte, la nécessité de maintenir en place une structure automatique de hiérarchisation des consciences. Le Panthéon, c’est Napoléon d’abord. C’est ce dernier qui organisa avec la plus grande férocité possible la restauration de l’esclavage là où elle avait été abolie. À Haïti, cela n’a pas été possible. Et, plus de 200 ans après, Haïti continue de payer pour avoir réussi l’impossible impertinence, aux yeux de ceux qui ne pouvaient accepter alors et qui, aujourd’hui, continuent de ne pas accepter la proposition que les Africains puissent être en avance sur l’universalité de la liberté.
Y a-t-il encore une boussole dans un monde qui semble avoir perdu le nord ?
Depuis l’inauguration de la déshumanisation systématique des segments les plus pauvres de l’humanité qui ont ouvert la voie à ce qui apparaît de plus en plus comme l’extinction de l’humanité, la partie encore saine trouvera-t-elle les moyens d’arrêter un processus qui semble de plus en plus inéluctable ? Or, la partie que l’on pourrait prendre pour saine est précisément celle qui est constamment soumise à un processus de destruction, car, si elle venait à parler, elle risquerait de créer la prise de conscience de l’humanité.
Les preuves de l’inéluctabilité s’accumulent. La catastrophe de Fukushima illustre le parallèle entre le développement du nucléaire et le développement du capitalisme, et, dans la foulée, l’idée que la meilleure façon de régler les conflits est de recourir aux armes et la guerre. De part et d’autre on observe un cramponnage à ce qui a toujours fonctionné pour les tout-puissants alors que la voie de sortie ne sera possible que si les voix des plus faibles sont entendues sans intermédiaires quelle que soit la charité et/ou l’humanitarisme de ces derniers.
* Jacques Depelchin est Directeur exécutif de Ota Benga, Alliance internationale pour la paix en RD Congo
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Nigeria : Élections sur fond de tension sociale
Paul Martial
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/features/73319
Le 18 avril, Jonathan Goodluck a été déclaré vainqueur des élections présidentielles dès le premier tour avec 22 millions de voix contre 12 millions pour son challenger et, en remportant plus d’1/4 des voix dans 2/3 des 36 Etats qui constituent le Nigéria.
Les observateurs, notamment ceux dépêchés par l’Union Africaine, considèrent le vote comme sincère, jugement qui est loin d’être partagé par l’opposition ; ainsi Muhammadu Buhari, arrivé second, dénonce des vols de nuit d’avions remplis de bulletins et met en avant l’existence d’Etats où les résultats pour Goodluck dépassent les 95 %. Dès l’annonce du résultat des émeutes ont éclaté dans le Nord du pays, notamment à Jos provoquant la fuite de milliers d’habitants.
Depuis 1999, le parti démocratique du peuple, le PDP se révèle être une formidable machine électorale et, même s’il a été affaibli par des primaires en son sein, il a réussi son pari de gagner dès le premier tour face à une opposition divisée, mais surtout qui est issue du même sérail que les dirigeants du PDP. En effet, Buhari a déjà été au pouvoir, à la tête d’une dictature pendant deux ans et rien n’a jamais été entrepris pour les populations. Pourtant le pays, comme beaucoup de pays africains, est riche et même très riche, il est le premier exportateur de pétrole du continent.
C’est aussi un pays profondément divisé entre le Nord, musulman, et le Sud, chrétien et si la religion joue un rôle dans cette division, d’autres facteurs doivent être pris en compte ; l’histoire coloniale du pays où l’occupant britannique a soigneusement entretenu l’opposition entre les deux parties du pays et surtout la situation économique du Nord qui reste moins développée et beaucoup plus pauvre que le Sud.
Le trait commun cependant reste que l’immense majorité des 150 millions de Nigérians vivent dans des conditions sociales indignes au vu de la richesse de ce pays. L’élite dirigeante dilapide des sommes provenant de l’exportation du pétrole. En 2007, les comptes de l’Excess crude account (ECA) sur lesquels sont placés les revenus pétroliers, s’élèvent à 20 milliards de dollars ; aujourd’hui, il ne resterait plus que 500 millions de dollars, le reste étant distribué aux différents gouverneurs des Etats afin d’acheter leur soutien au gouvernement fédéral.
Cette corruption se rencontre partout, le Nigaria comparé à l’Afrique du Sud est 27 fois moins développé en ce qui concerne la distribution de l’électricité, ce qui permet ainsi au PDG de Zenon oil, principal fournisseur de diesel pour les générateurs électriques, d’amasser des fortunes considérables. Il est l’un des principaux soutiens de Goodluck et fait pression pour ralentir au maximum le déploiement de l’électricité à travers le pays.
Ces élections font apparaître les grandes difficultés à faire émerger une candidature se réclamant des travailleurs et de la jeunesse. A l’image du système britannique, les syndicats ouvriers sont partie prenante de la constitution du parti travailliste, mais ce dernier a refusé de se présenter au prétexte que ces élections lui reviendraient trop cher ; c’est surtout une manière, pour les bureaucrates syndicaux, de monnayer auprès des différents partis de la bourgeoisie leur soutien lors des différentes élections.
Même faible, l’existence de plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire est un point d’appui pour construire une réelle alternative à la politique de pillage organisée par la bourgeoisie nigériane au plus grand profit des multinationales occidentales.
* Paul Martial est membre du Nouveau parti anticapitaliste
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Madagascar : Passer de la crise à la transition
Charlotte Larbuisson
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/features/73316
Depuis quelques mois, la possible sortie de crise malgache a pris une nouvelle forme avec la dernière feuille de route proposée par l’équipe de médiation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Acceptée par les autorités, mais rejetée par une partie de l’opposition, elle fait encore débat et n’a pour l’instant pas permis de tracer la voie vers une transition apaisée. Dans quelques semaines, la SADC devra se prononcer sur le texte et l’accepter, le rejeter, ou l’amender. Il existe aussi des possibilités de modifier le cours des événements sans toucher au texte, qui doivent être explorées le plus rapidement possible.
Une nouvelle feuille de route controversée
Depuis plus de six mois, les autorités de fait avancent dans la mise en place de leur transition. (1) Le 17 novembre 2010, elles organisent un référendum constitutionnel, boycotté par l’opposition et sur lequel la communauté internationale s’abstient généralement de commentaire, qui aboutit à l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale et à la mise en place de la 4è République. Les tentatives de médiation entre les autorités et l’opposition, menées par la société civile, semblent alors avoir atteint leur limite et les discussions sont au point mort. Mais alors que la Haute autorité de la transition (HAT) annonce ne plus vouloir faire de compromis, elle revient finalement à la table des négociations à la fin de l’année (2) et la SADC revient au devant de la scène. (3)
Le 31 janvier, après avoir mené des consultations avec tous les acteurs locaux, l’organisation régionale propose un plan de sortie de crise. (4) Celui-ci envisage la mise en place d’une transition consensuelle devant mener à l’organisation d’élections. Il prévoit l’élargissement des institutions pour y inclure l’opposition, ainsi que la nomination d’un Premier ministre de consensus chargé de former un gouvernement d’union nationale. Les tendances politiques doivent être représentées de manière équilibrée. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) est mise en charge de l’ensemble du processus électoral. Le texte prévoit des mesures d’apaisement ainsi qu’une large amnistie. Une seconde partie de l’accord porte sur l’engagement de la communauté internationale à soutenir le processus électoral.
L’opposition rejette cette proposition, qu’elle juge trop en faveur des autorités. (5) Le texte octroie de nombreuses prérogatives au président de fait Andry Rajoelina, notamment en l’autorisant à nommer les membres des institutions (sur proposition des partis signataires de la feuille de route) sans imposer de quota de représentation pour chacun d’eux. Il autorise également Rajoelina à se présenter aux élections. (6) Le texte est revu deux fois et sa dernière version paraphée début mars par les partis proches du pouvoir ainsi que par des « dissidents » de l’opposition. La plupart des amendements demandés par l’opposition ne sont pas incorporés dans la dernière version de la feuille de route, que les chefs des trois mouvances jugent toujours déséquilibrée. Ils refusent donc d’adhérer au processus.(7)
Peu après, le gouvernement est dissout et Rajoelina renomme Camille Vital comme Premier ministre de consensus. Si cette nomination respecte la lettre de la feuille de route, puisque Vital ne fait pas partie de la plate-forme de partis qui soutient Rajoelina, elle s’écarte cependant de son esprit, Vital ayant toujours été un soutien fidèle du président depuis sa nomination en décembre 2009. (8) Un nouveau gouvernement, dit d’union nationale, est formé peu après. Si plusieurs membres importants de l’opposition font leur entrée, Rajoelina conserve la plupart des ministères clés tels que la Justice, les Finances, la Décentralisation ou encore les Mines, à la tête desquels se trouvent de fidèles alliés. Avec la nomination de Vital et la formation du gouvernement, il manque donc des opportunités d’afficher sa volonté d’ouverture.
Pendant ce temps, l’opposition tente de s’organiser, quelque peu divisée sur la stratégie à adopter. La possibilité de la mise en place d’institutions parallèles est évoquée, (9) alors que d’autres membres privilégient le dialogue et l’indiquent clairement en se présentant à la cérémonie du paraphe de la feuille de route. Certains acceptent même de parapher le texte et de rejoindre le gouvernement. L’opposition veut également démontrer ses facultés de mobilisation le 19 février, lorsque l’ancien président Ravalomanana annonce son retour au pays mais n’est finalement pas autorisé à prendre l’avion pour Madagascar. Plusieurs milliers de partisans l’attendent alors aux abords de l’aéroport. En parallèle, les trois mouvances envoient des représentants dans les pays de la région pour défendre leur cause à l’approche du sommet de l’organe de paix et de sécurité de la SADC, la Troïka, qui doit se prononcer sur la feuille de route.(10)
L’endossement du texte par l’organe régional serait la première étape vers la reconnaissance internationale de ce plan de sortie de crise et donc vers le soutien au processus électoral nécessaire à la crédibilité des élections. Alors que pour bon nombre d’observateurs le soutien de la SADC était une évidence, celle-ci ne prend finalement pas de position claire lorsqu’elle se réunit le 31 mars. Si elle indique soutenir les efforts de ses médiateurs, elle ne fait que « noter » le récent développement que constitue la feuille de route et demande l’organisation d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat pour en discuter. (11)
En s’abstenant de prendre une position claire, la SADC ouvre la porte à toutes les interprétations et l’opposition comme les autorités entendent présenter les faits à leur avantage. Pour les trois mouvances de l’opposition, cette décision signifie que le texte ne peut pas être accepté tel quel. Les autorités, de leur côté, affirment qu’il s’agit du feu vert pour mettre en place les dispositions du texte. Cependant, certains de leurs représentants expriment aussi l’impression de s’être « fait avoir » : après avoir inclus des membres de l’opposition dans leurs rangs, il leur semblait évident que le texte serait approuvé. Ce délai est alors interprété comme un manque de reconnaissance de leurs efforts et laisse entrevoir la possibilité de se retrouver « coincés » avec des ministres qui ne leur sont pas entièrement acquis, mais sans reconnaissance internationale. De plus, la mise à l’écart de plusieurs proches du président a été mal perçue par certains qui lui reprochent d’avoir accepté des concessions. L’absence de reconnaissance internationale pourrait donc mener à un durcissement des autorités, sous pression d’une partie de leurs (anciens) membres, soucieuses d’éviter la possibilité d’un coup de force. (12)
A nouveau, le reste de la communauté internationale réagit de manière dispersée. Si certains se montrent prudents et attendent en silence le nouveau sommet de la SADC avant de déterminer les étapes suivantes, d’autres s’engagent davantage. L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) s’investit dans la préparation des élections, (13) alors que la Commission de l’océan Indien (COI) estime la feuille de route incontournable dans la sortie de crise et demande au reste de la communauté internationale de s’engager dans le soutien au processus électoral. (14) Les ambassadeurs d’Inde, de France et de Turquie rendent également visite aux nouvelles autorités peu après leur prise de fonction.
BESOIN D’UNE SOLUTION EQUILIBREE
La SADC est maintenant confrontée à un choix difficile. Son équipe de médiation a posé les bases d’un accord perçu comme inégal, que les autorités n’entendent pas modifier fondamentalement maintenant qu’elles l’ont accepté. Pour l’équipe de médiation, il s’agit du meilleur compromis qu’il était possible d’obtenir. Si l’opposition ne peut éternellement bénéficier d’un droit de veto et refuser tout compromis, il faut aussi lui fournir la motivation de signer un accord. Il semble difficile de revenir sur l’ensemble de la feuille de route, mais certaines mesures peuvent être prises pour inciter l’opposition à intégrer la transition, ou au moins à former une opposition officielle, sans pour autant modifier le texte.
L’essentiel aujourd’hui est de parvenir à une solution équilibrée, qui offre à tous les acteurs une motivation à adhérer au processus. Celle-ci implique une équité de traitement entre tous. Si celle-ci était garantie, il appartiendrait ensuite à l’opposition de choisir d’entrer ou non dans les institutions remaniées. Dans ce contexte, cette décision ne serait pas prise par défaut, comme c’est le cas actuellement, et ne pourrait pas être justifiée par le déséquilibre de l’accord proposé. Un refus des autorités de garantir cette équité serait le signe d’un manque de bonne foi face à une solution simplement équilibrée. C’est donc sur cette équité que la SADC doit maintenant insister dans ses discussions avec les autorités avant d’endosser la feuille de route. Celle-ci est également jugée nécessaire par bon nombre de partenaires internationaux qui, bien qu’ils se rangeraient derrière l’avis de la SADC, se réengageraient plus volontiers dans un contexte jugé équitable pour toutes les parties. (15)
Le premier volet pour construire cette équité concerne la crédibilité du processus électoral. Si des dispositions importantes figurent dans la feuille de route à ce sujet, elle pourrait cependant être renforcée par des signes de bonne volonté des autorités, notamment par rapport au calendrier électoral. La feuille de route stipule que la date des élections devra être choisie conjointement par la CENI et les Nations unies. Si la CENI affirme publiquement pouvoir organiser des élections sans financement international en seulement quelques mois pour répondre aux exigences politiques du jour, certains de ses membres indiquent cependant que même avec un financement international la tenue d’élections cette année ne serait pas évidente. (16)
D’après le rapport des experts des Nations unies, (17) un délai de onze mois est nécessaire pour l’organisation d’un scrutin crédible. (18) Si les autorités déclaraient publiquement qu’elles acceptent ce délai et qu’elles renoncent à l’organisation d’élections en septembre prochain, cela pourrait constituer un premier signe de bonne foi. Les récentes déclarations de Rajoelina indiquant que la date des élections serait définie par les partis politiques (19) est non seulement contraire à la feuille de route, mais représente aussi une politisation d’un événement qu’il s’agit de rendre le plus neutre possible.
Le deuxième volet de cette équité de traitement concerne la candidature d’Andry Rajoelina aux élections. Pour les autorités, il est impossible d’envisager le retour de Marc Ravalomanana avant les élections. Mais en tant que principal opposant au régime en place, l’empêcher de se présenter face à Rajoelina s’oppose à la tenue d’une campagne libre et équitable. Pour pallier ce déséquilibre, il semblerait approprié que Rajoelina renonce également à se porter candidat. De plus, même si la feuille de route l’autorise à se présenter, la possible candidature du président de la HAT augure d’une campagne qui sera difficilement apaisée. Par ailleurs, la possibilité pour l’auteur d’un changement de pouvoir non constitutionnel de se présenter aux élections enverrait un signal potentiellement dangereux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays et serait contraire aux normes que l’Union africaine s’est fixée.
La déclaration de Rajoelina indiquant qu’il se présentera à l’élection présidentielle s’il est sûr d’être élu (20) soulève de nombreuses questions quant à sa volonté de voir le processus se dérouler librement. Il estime aujourd’hui ne pas être lié par sa déclaration de mai 2010 sur sa non candidature aux élections car la communauté internationale n’a pas « tenu ses promesses ». Ceci implique que cette annonce ne s’adressait qu’aux partenaires internationaux de Madagascar et non à ses citoyens, qui sont pourtant ceux qui ont véritablement besoin d’un climat apaisé pour élire leurs représentants.
DES RISQUES ET DES OPPORTUNITES
Renforcer la neutralité de la transition et la crédibilité du processus électoral est d’autant plus crucial que cette période présente de nombreux risques, qu’elle soit ou non soutenue par la communauté internationale. Si elle est organisée sans soutien international, elle ne pourra mener qu’à l’isolement de Madagascar sur la scène internationale et maintiendra le pays dans l’équilibre financier précaire dans lequel il se trouve depuis deux ans. (21) Cela signifie également que le futur régime issu des urnes continuera à être contesté et pourra difficilement mettre en place les réformes de fond dont le pays a besoin si sa légitimité est toujours remise en question. (22) Le risque d’un renversement de pouvoir dans quelques années ne peut pas non plus être exclu si le régime est mal élu. De plus, alors que les forces armées ont exprimé par deux fois leur mécontentement au cours de l’année écoulée, une situation considérée comme unilatérale pourrait être à nouveau contestée de manière plus ou moins violente. (23)
Si la feuille de route est endossée par la communauté internationale et que celle-ci soutient le processus électoral, il est important que l’opposition soit encouragée à participer aux élections et qu’elle ne s’enfonce pas dans une logique de boycott systématique, qui ne ferait que l’isoler davantage et qui réduirait le champ démocratique. Il est crucial que le prochain régime soit issu d’élections disputées par un large panel de candidats afin de renforcer sa représentativité et sa légitimité, toujours dans la perspective de réformes de fond qui auront besoin d’une base solide.
Par ailleurs, même si les aides financières reprennent, le processus sera inévitablement très progressif. La situation économique restera donc fragile, mais au lieu de chercher des financements non officiels, les autorités feraient mieux de maintenir leur politique d’austérité budgétaire et de collaborer avec les institutions financières internationales.
Si la période de transition est porteuse de risques, elle présente également des opportunités qu’il s’agit pour tous les acteurs de saisir. Si la SADC choisit d’accepter la feuille de route, avec peut-être certains amendements ou engagements du régime en place, la communauté internationale ne devrait pas se montrer trop frileuse dans son soutien au processus, sous peine de le voir échouer. Il est néanmoins évident qu’elle devra se montrer particulièrement attentive à son évolution et pourra ajuster son soutien si des abus sont observés.
Cette période représente une réelle opportunité de commencer à développer le système électoral du pays et les bailleurs de fonds devraient se montrer disposés à apporter tout leur soutien aux différentes étapes du processus. La CENI devrait particulièrement bénéficier de ces aides, afin de lui permettre de se détacher définitivement de la tutelle financière des autorités et d’exercer ses fonctions en toute indépendance. (24) L’opposition devrait occuper les sièges qui lui reviennent afin de contrôler le processus et d’avoir la possibilité d’émettre des remarques si un écart par rapport aux normes était constaté.
Cette transition devrait également permettre l’adoption de textes de loi en discussion depuis des années, tels que la loi sur les partis politiques, sur la communication ou encore sur le statut de l’opposition. Ceux-ci ne devraient cependant pas être élaborés dans la précipitation et pourraient bénéficier du conseil d’experts en la matière.
Enfin, le soutien international devrait également se concentrer sur le développement de la société civile, afin de lui permettre de mieux jouer son rôle dans le futur. Il s’agit bien évidemment d’un travail de très long terme, mais qui devrait reprendre le plus rapidement possible. Comme indiqué dans la feuille de route, elle devra jouer un rôle de gardien du bon fonctionnement du processus et elle devrait être soutenue techniquement et financièrement dans cette tâche. Son rôle et son mode de fonctionnement dans cette fonction gagneraient cependant à être précisés dans la version finale du texte.
DE LA CRISE A LA TRANSITION
A l’approche de la décision de la SADC, il est important qu’elle porte toute son attention sur les mesures qui permettent de garantir l’équité de traitement entre les protagonistes. Sans modifier le texte de la feuille de route, les autorités ont la possibilité de prouver leur volonté de garantir la neutralité du processus, afin que l’opposition soit libre de faire le choix d’entrer ou non dans cette transition sur une base équilibrée. Le rejet des autorités de ces mesures exposerait leur absence de volonté de voir se dérouler une transition et des élections crédibles. Il démontrerait également leur choix de plonger le pays dans l’instabilité plutôt que d’accepter des mesures qui renforcent la transition. Le refus de l’opposition d’adhérer au processus ne pourrait plus être justifié par un déséquilibre de la solution proposée.
Même si ces mesures sont acceptées et que le processus est reconnu par la communauté internationale, il est évident que la transition et les élections ne permettront pas de résoudre tous les problèmes dont souffre Madagascar. Mais elles permettront au moins d’enclencher un processus de réformes nécessaires et de rétablir l’ordre constitutionnel indispensable à des changements de fond. Aussi imparfaite soit-elle, la transition doit représenter la première étape d’un travail qui durera des années. Il n’existe pas de solution facile et rapide pour sortir de cette crise, mais il est évident que les mois qui viennent doivent être mis à profit pour éviter les suivantes.
NOTES
(1) Voir le Rapport Afrique de Crisis Group N°156, Madagascar : sortir du cycle de crises, 18 mars 2010.
2) Des discussions sont entamées entre des représentants de la HAT et de la mouvance Ravalomanana. Les besoins de reconnaissance internationale et de financement sont évoqués comme des raisons du retour à la table des négociations. Entretiens de Crisis Group, janvier 2011.
3) Elle avait été absente pendant plusieurs mois, laissant la société civile mener les négociations. Ses relations avec les autorités étaient assez tendues.
4) « Feuille de route pour la sortie de crise à Madagascar ».
5) Pour l’opposition, le texte permet à Rajoelina de « sauver la face », mais pas à l’opposition, ce qui est considéré comme une « provocation ». Entretien de Crisis Group, membre de l’opposition, Antananarivo, 6 avril 2011.
6) Le texte lui impose (de même qu’aux ministres candidats) de démissionner 60 jours avant le scrutin.
7) La mouvance Ravalomanana avait notamment demandé que le rôle des trois mouvances soit mentionné plus clairement dans la nomination du Premier ministre et souhaitait des clarifications sur le retour de Marc Ravalomanana. Elle réclame la mise en place d’un vrai contre-pouvoir avec un Premier ministre issu des rangs de l’opposition. Entretien de Crisis Group, membre de l’opposition, Antananarivo, 6 avril 2011.
8) Plusieurs membres de la HAT estiment d’ailleurs que Camille Vital est le seul en qui Rajoelina a une totale confiance. De plus, Vital a indiqué à plusieurs reprises qu’il n’a pas d’ambition politique et ne compte se présenter à aucune élection. Entretiens de Crisis Group, Antananarivo, mars 2011.
9) « HAT et Trois mouvances font un forcing », L’Express de Madagascar, 4 mars 2011.
10) Marc Ravalomanana rencontre même le médiateur de la SADC Joaquim Chissano à plusieurs reprises. Voir leur communiqué conjoint du 26 février 2011.
11) Voir le communiqué de la Réunion du sommet de la troïka de l’organe de coopération en matière de politique, défense et sécurité de la SADC, 31 mars 2011.
12) Entretiens de Crisis Group, conseillers de ministre, Antananarivo, 4 et 5 avril 2011.
13) « Andry Rajoelina accélère les élections », L’Express de Madagascar, 14 avril 2011.
14) « La COI plaide pour les élections », L’Express de Madagascar, 11 avril 2011.
15) Certains estiment même que la feuille de route représente une « capitulation » face au régime en place. Entretiens de Crisis Group, diplomates, Antananarivo, février-mars 2011.
16) Entretien de Crisis Group, Antananarivo, mars 2011.
17) « Rapport final – Processus électoral. Mission d’appui Conseil à la médiation de SADC (Tananarive du 30 janvier 2011 au 11 février 2011) », Nations unies.
18) L’OIF propose un délai de sept mois. « Rapport de la mission francophone d’évaluation du processus
électoral de sortie de crise à Madagascar. Du 9 au 22 février 2011. », Organisation internationale de la francophonie.
19) « Les partis dans le flou », L’Express de Madagascar, 19 avril 2011.
20) « Andry Rajoelina : “Candidat à l'élection présidentielle si” ... », Midi Madagasikara, 18 avril 2011.
21) Voir à ce sujet « Madagascar economic update: Fiscal policy - managing the present with a look at the future », Banque mondiale, 24 janvier 2011. En effet, si l’aide internationale est loin d’avoir disparu, les circonstances actuelles ne permettent pas de l’exploiter pleinement. « Madagascar economic update: Aid effectiveness during political instability –a look at social sectors », Banque mondiale, 17 mars 2011.
22) Voir à ce sujet le Rapport Afrique de Crisis Group N°156, Madagascar : sortir du cycle de crises, 18 mars 2010.
23) Entretiens de Crisis Group, militaires, Antananarivo, février et avril 2011.
24) Les relations entre le ministère de l’Intérieur et la CENI sont qualifiées de « pas saines » et de « bras de fer permanent » par un membre de la CENI, qui estime que le personnel du ministère souhaite leur mettre des bâtons dans les roues. Lors du référendum, le ministère avait beaucoup contribué aux préparatifs, notamment à l’élaboration des listes électorales, pour pallier l’absence de moyens de la CENI. Sur le terrain, il y aurait peu de collaboration entre les représentants du ministère et de la CENI. Entretien de Crisis Group, Antananarivo, février 2011.
* www.crisisgroup.org
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Plaidoyers & campagnes
Vérité sur Sankara : 12 députés burkinabé écrivent au parlement français
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/73314
Depuis octobre 2007, soit depuis plus de 3 ans, des procédures judiciaires ont été lancées au Burkina Faso pour que soit élucidé l’assassinat de Thomas Sankara à travers le comité International Justice pour Thomas Sankara. Devant les tergiversations de la justice burkinabé, une procédure avait été lancée auprès du comité des droits de l’homme de l’ONU.
En avril 2006, le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, saisi par le Collectif Juridique de la Campagne internationale Justice pour Thomas Sankara (CIJS) au nom de la famille, donnait raison aux plaignants et, demandait à l’Etat burkinabé d’élucider l’assassinat de Thomas Sankara, de fournir à la famille les moyens d’une justice impartiale, de rectifier son certificat de décès, de prouver le lieu de son enterrement, de compenser la famille pour le traumatisme subi, et de divulguer publiquement la décision du comité.
Le 21 avril 2008, le comité des droits de l’homme de l’ONU, en contradiction totale avec la décision précédente, a clos le dossier sans qu’une enquête n’ait été diligentée.
Une nouvelle procédure a été lancée en octobre 2009 pour demander le relevé des empreintes génétiques du corps présumé de la tombe présumée de Thomas Sankara. L’Etat en a rejeté la demande.
Parallèlement à ces procédures lancées devant la justice burkinabé, des documentaires, des articles de presse et des témoignages évoquent la responsabilité de la France dans cet assassinat.
En décembre un collectif d’associations lance une nouvelle campagne intitulé « Justice pour Thomas Sankara Justice pour l’Afrique » appuyée par un appel (voir à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article866) qui réclame notamment l’ouverture des archives de plusieurs pays dont la France. Cet appel a été signé par 6600 personnes et a déjà reçu le soutien de nombreuses personnalités, associations en provenance de différents pays. On note en France la signature des partis NPA, Les Verts Europe Ecologie, PCF et Parti de Gauche aux côtés de très nombreuses associations et personnalités.
La lettre, datée du 26 avril 2011, demande l’ouverture une enquête parlementaire. Elle est déjà parvenue aux présidents du Sénat, de l’Assemblée Nationale et des différents groupes parlementaires. Les initiateurs de la pétition ont entamé des démarches avec certains parlementaires français afin que soit maintenant demandée officiellement l’ouverture d’une information parlementaire, la première étape vers une éventuelle commission d’enquête parlementaire.
* Source site thomassankara.net
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Arts & livres
Afrique: Symposium sur le devenir culturel en fin mai
2011-05-15
http://tinyurl.com/6yje3sv
La maison d'édition "Le nègre international" organise, du 25 au 30 mai prochain à Saint-Louis du Sénégal, la seconde édition du Symposium sur le devenir culturel de l'Afrique (Nord). Ce symposium, qui verra la participation de 36 intellectuels sénégalais, portera sur le thème : "Penser l'Afrique dans les temps actuels du monde".
Burkina Faso : Le Prix Zongo ouvert à tous les journalistes africains
2011-05-15
http://tinyurl.com/5vydq9h
Le Prix Norbert Zongo du journalisme d'investigation, initié en 2004 par le Centre de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) du Burkina Faso, va s'ouvrir aux candidats de tout le continent africain, à partir de l’édition 2011, qui vient d’être lancé à Ouagadougou. Selon ses promoteurs, le prix ‘’vise à promouvoir la pratique d’un journalisme d’investigation, de recherche, d’enquête, sur des sujets politiques, économiques, sociaux et culturels pertinents et à récompenser le courage, la détermination et le respect des principes déontologiques en matière de journalisme’’.
Ethiopie : Fidélité confirmée à Bob Marley
2011-05-15
http://tinyurl.com/64c5blb
Il y a trente ans, la communauté rastafari du monde entier perdait son messager: Bob Marley. Aujourd'hui, les rastas éthiopiens veulent lui rendre ses vrais galons. La culture rastafari s'appuie sur la Bible. Les rastas croient en Dieu, au Créateur et en la Trinité. Mais pour eux, le messie est Hailé Sélassié, l'ancien et dernier empereur d'Ethiopie au pouvoir de 1930 à 1974. Et si Hailé Sélassié est le Dieu, Bob Marley, en prêchant la philosophie rasta, est devenu le messager.
Global : Un seul Africain membre du Jury à Canes
2011-05-15
http://tinyurl.com/6cs5yyh
Le Tchadien Mahamat Saleh Haroun seul Africain membre du Jury de la 64ème édition du Festival de cinéma de Cannes - Le cinéaste tchadien Mahamat Saleh Haroun est le seul Africain membre du jury de la 64ème édition du Festival de cinéma de Cannes, en France, qui a démarré le 11 mai. Sous la présidence de l’acteur américain Robert de Niro, lui et ses compagnons auront à désigner le film qui va remporter la Palme d’or parmi 20 longs-métrages en compétition officielle de ce festival qui se poursuit jusqu'au 22 mai. Malgré son exil, il reste toujours très engagé pour son pays où il a, récemment, contribué à la réouverture de la dernière salle de cinéma couverte de Ndjaména.
Madagascar : Nouveaux films sur le changement climatique
2011-05-15
http://tinyurl.com/6yv279e
IRIN Films annonce le lancement de deux nouveaux épisodes de la série Avis de tempête, de court-métrages sur le coût humain du changement climatique. Cette série traite des conséquences du changement climatique en Afrique et en Asie. Le premier de ces films, s’intéresse à l’industrie du charbon de bois dans le sud de Madagascar, pour découvrir comment la sécheresse prolongée a poussé les paysans, que leurs champs desséchés ne peuvent plus nourrir, à chercher dans les forêts un moyen de subsistance. Le résultat est que des régions comme celles de la forêt d’Afaty n’ont plus de forêt que le nom.
Les écrivains africains
Oh Guantanamo !
Jacques Depelchin
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/African_Writers/73315
Oh Guantanamo (1)
Qui aurait pu penser
Que tu deviendrais une des anti-chambres
De la mort de l’humanité
Destination de gens
Enchaînés, déclarés
Biens meubles
Plate-forme de lancement
Projet Manhattan
Pour mettre fin à jamais
Au vagabondage de celles/ceux
Prenant abolition pour liberté
Non
Oui, liberté de soumission totale
Au régime suivant car pour
Biens meubles n’existe point
Changement de régime
Oui, les maîtres changent
Les propriétaires des biens meubles
O Guantanamo
Destination de l’inconnu où
Fut mise à nu l’horreur
Inaugurale d’humains
Tout-puissants
O Guantanamo
Substitut de tout ce qui
A amené l’humanité
à Hiroshima
Oh Guantanamo
Geôle dictée
Bastion de la défense de la liberté
Par un segment de l’humanité
Engraissé, noyé, asphyxié
Déboussolé
Oh Guantanamo
Serais-tu devenu
Le pôle nord nouveau
Des Tout-Puissants
Réduits à l’impuissance
Par excès, abus
De charité par refus
De solidarité ?
Oh Guantanamo
J’entends
Sans internet
L’écho
Ota Benga soufflant
Molimo
Sous la lune
écho au Po
Des Dogon
Oh Guantanamo
Qui aurait pu penser
Qu’il raviverait la mémoire
De tristes mémoires
De celles et de ceux
Qui eurent le pot
D’y atterrir il y a des siècles
Suite à une chasse similaire
Aux rôles différents
Quand fut inauguré
Une terreur bien plus féroce
Oh combien durable
Aux souffrances insondables
Incommensurables
Inavouables
Car pour ces crimes il serait impossible de trouver un endroit
Suffisamment sûr pour protéger les proies des vautours
Sans soif
Massacrant l’humanité
Sous le couvert d’humanitarisme charitable
Voulant en finir
Avec les solidaires de la solidarité
Salvador, Brésil
3 mai 2011
Oh Guantanamo (2)
Pour que les fabricants
De Guantanamo
Apprennent
A défabriquer
Guantanamo
Toujours Guantanamo
Toujours maîtriser tout
Toujours maîtriser le futur
Maîtriser
l’espace, le temps, le passé, le présent,
la parole
en somme, ces liquidateurs de l’humanité
pourfendeurs déguisés
de la terreur
s’acharnent à
En finir avec l’histoire
Avec l’homme
Avec la femme
Avec les enfants
Avec les émigrés
Avec les chômeurs
Avec les travailleuses
Avec les handicapés
Avec les pygmées
Avec les violées
Avec les enfants soldats
Avec les enfants de la rue
Avec les sans domiciles fixes
Avec les sans papiers
Avec les réfugiées de l’humanité
Où qu’elle soit, agonisante, menacée d’extinction
Fukushima
Lybie
Tunisie
Egypte
Haïti
Gaza
Question :pourquoi en finir à jamais
Avec les naufragés
De la globalisation
De la crise financière
De la crise du climat
De la peur du futur, du passé, du présent,
De la peur du voisin, du frère, de la sœur
Oh les geôliers
De Guantanamo
Rappelez-vous Santo Domingo
Qui mit fin aux
Maux et aux mots
Infligés par les geôliers
d’une autre époque
à la solde de maître traitres
de l’humanité
bourrés de vanité
telle la grenouille
de la fable
se voyant toute-puissante
intouchable
liquidée par son obésité
Ainsi aussi finira
GUANTANAMO
Telle sa voisine Santo Domingo
Devenue Haïti
Gaza de l’Atlantique
Comme Gaza
Non maîtrisable
Par les fossoyeurs
De l’humanité
La toute-puissance des tout-puissants
Ne maîtrisera jamais
La liberté, mère des
Toussaint, Dessalines, infinissables
Faut-il la preuve ?
Apparaissant quand on les attend le moins
Pierre Antoine Lovinsky
Jean Bertrand Aristide
Fanmi Lavalass
Père Jean-Juste
Héritières connues et inconnues des Antonins
Et des Antoninnes
Bouazizi Mohamed
Messagères toutes et tous
De liberté insatiable de liberté
Indomptable, écrivant, ré-écrivant
Jamais lasses de faire comprendre aux fossoyeurs
Leurs erreurs, leurs errements
Pour que Guantanamo
Cesse de continuer l’histoire,
Sous l’ère nucléaire, de l’esclavage
Pour qu’advienne sans moratoire
une autre histoire
digne de l’humanité.
Salvador, Brésil
3 mai 2011
* Jacques Depelchin est Directeur exécutif de Ota Benga, Alliance internationale pour la paix en RD Congo
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Femmes & genre
Afrique du Sud : Un bac high-tech pour abandonner son bébé
2011-05-15
http://tinyurl.com/6h3yb4s
Début mai 2011, un nouvel engin a fait son apparition devant un planning familial de la ville du Cap, en Afrique du Sud: le Baby Safe (littéralement «coffre-fort à bébé»), une sorte de bac high-tech mis à la disposition des femmes qui souhaitent abandonner leur enfant. Cette initiative est une réponse au nombre croissant de bébés abandonnés dans le pays, le plus souvent laissés dans des poubelles ou des toilettes publiques. Les autorités recensent près de 500 enfants abandonnés chaque année dans la seule province du Cap-Occidental.
Les Africaines prix Nobel de la paix 2011 ?
2011-05-15
http://tinyurl.com/6ajnpns
«L’Afrique marche avec les pieds des femmes». Ce projet, initié conjointement par des ONG italiennes et sénégalaises a pour objectif de proposer une candidature des femmes africaines à cette prestigieuse récompense internationale. En plus d’un comité scientifique dans chaque pays, une caravane sillonnera chacun des 53 Etats africains afin de rencontrer les femmes œuvrant dans différents secteurs d’activités, et sensibiliser l’opinion sur l’importance de faire connaître le rôle majeur des femmes africaines dans les équilibres sociopolitique et économique.
Maroc : Pour l’égalité homme/femme dans la Constitution
2011-05-15
http://tinyurl.com/6zqlt2x
Des associations de femmes au Maroc militent pour que l’égalité des sexes soit inscrite dans la Constitution, profitant en plein printemps arabe de l’annonce de réformes constitutionnelles par le roi Mohammed VI. Ce dernier a annoncé le 9 mars des réformes constitutionnelles visant notamment à renforcer le rôle du Premier ministre. Dans ce discours, il a également appelé à encourager "l’égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives".
RD Congo: Plus de 1100 viols par jour
2011-05-15
http://tinyurl.com/433kyde
Plus de 1100 femmes sont victimes de viol chaque jour en République démocratique du Congo, soit une fréquence de ce type de violences multipliée par 26 par rapport à ce qui était précédemment estimé, selon les conclusions d'une étude publiée aux Etats-Unis. Le directeur de l'ONG Harvard Humanitarian Initiative, souligne dans un commentaire à cette étude que "le viol a métastasé en RDC dans un climat d'impunité, provoquant l'une des grandes crises humaines de notre époque".
Droits humains
Afrique : Droits de l'homme et "printemps arabe"
2011-05-15
http://tinyurl.com/667ryym
La situation des droits de l'Homme dans les pays d'Afrique du Nord, avant le "printemps arabe". C'est cet éclairage à posteriori que nous livre le rapport 2011 d'Amnesty International. Recueillies jusqu'en décembre 2010, les données sur les atteintes aux droits de l'homme permettent de mieux comprendre les origines des mouvements de contestation dans les pays arabes. Quelques exemples.
Afrique : Les forces de l'ordre violent toujours les droits de l'Homme
2011-05-15
http://tinyurl.com/6k74oho
Les forces de l'ordre continuent de violer les droits de l'Homme dans de nombreux pays en Afrique, torturant et exécutant des suspects sans jugement, a déploré Amnesty International dans son rapport annuel publié vendredi. Au Nigeria, la situation dans le delta du Niger s'est détériorée en 2010, avec de nombreux enlèvements de travailleurs du pétrole et de leurs proches, ainsi que des attaques d'installations pétrolières par des groupes armés. Les processus électoraux dans des pays comme le Soudan, l'Ethiopie, le Burundi, la Guinée et la Côte d'Ivoire ont été marqués par des entraves à la liberté d'expression, le harcèlement de militants et des arrestations illégales, constate Amnesty International.
Afrique du Sud : Des lesbiennes sont violées pour être "guéries"
2011-05-15
http://tinyurl.com/6bajdbw
Le 5 mai, une adolescente de 13 ans, qui revendiquait son homosexualité, a été violée sur le chemin de son école, dans le centre de Pretoria, selon le ministère de la justice. En début de matinée du dimanche de Pâques, le 24 avril, c'est le corps d’une lesbienne de 24 ans, qui a été retrouvé dans une ruelle du township de Kwa Thema, situé à l'est de Johannesburg. Peu relayés dans la presse locale, ces deux faits tragiques illustrent un phénomène persistant en Afrique du Sud et même en augmentation selon des associations, baptisé le viol 'correctif'.
Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo auditionné sans ses avocats
2011-05-15
http://tinyurl.com/5s2bou2
Le président ivoirien déchu Laurent Gbagbo a été entendu pour la première fois par le procureur de la République d'Abidjan le 7 mai. L'audition s'est faite dans le cadre d'une enquête préliminaire, à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, où Laurent Gagbo est assigné à résidence. les avocats français de Laurent Gbagbo ayant été refoulés à leur arrivée à l'aéroport d'Abidjan. Leurs visas n'étaient pas en règle. Ils ont dénoncé un "piège" et une "violation des droits de la défense" à leur retour à Paris.
Côte d’Ivoire : Gbagbo pourrait être jugé pour crime contre l’humanité
2011-05-15
http://tinyurl.com/69wt33k
Spécialiste de la Côte d’Ivoire, ex-rédacteur en chef de La lettre du continent (revue de référence sur l’information africaine) et auteur de nombreux ouvrages sur l’Afrique, Antoine Glaser estime qu’Alassane Ouattara pourrait être tenté par la stratégie suivante: laisser la Cour pénale internationale (CPI) instruire le procès du couple Gbagbo et du général Blé Goudé, tandis que les tribunaux ivoiriens jugeraient la nomenklatura de l’ancien régime. Contrairement à ce qui s'est fait dans l'Afrique du Sud postapartheid, la Commission pour le dialogue, la vérité et la réconciliation est, en Côte d'Ivoire, un habillage politique.
Egypte : Hosni Moubarak et son épouse interrogés sur leur fortune
2011-05-15
http://tinyurl.com/3pjegvq
L'ancien président égyptien Hosni Moubarak et son épouse Suzanne ont été interrogés jeudi 12 mai sur leur présumé enrichissement illégal. C'est la première fois que les Moubarak sont interrogés par cette section du ministère de la justice, qui cherche des "preuves qu'ils ont abusé de leur position pour s'enrichir illégalement". Un rapport d'un organisme de surveillance financière, indique que la famille Moubarak serait en possession de nombreux comptes en banque, de biens immobiliers luxueux, ainsi que de terrains un peu partout dans le monde. Certains estiment sa fortune à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ce que M. Moubarak nie.
Global : Les enfants-soldats d'al-Qaïda sur la liste noire de l'ONU
2011-05-15
http://tinyurl.com/67jp4re
Les Nations unies ont publié leur « liste de la honte » des pays et groupes armés qui utilisent des enfants. Le recours aux enfants-soldats reste répandu dans les conflits africains, mais il touche également des pays comme le Yémen et l'Irak où sévit Al Qaeda qui ont été ajoutés cette année à cette liste noire. Le rapport note également l'augmentation des attaques contre des écoles et des hôpitaux. Point positif, les gouvernements d'Afghanistan et de de Somalie se sont engagés à cesser le recrutement de mineurs de moins de 18 ans dans leurs forces armées.
Global : Pourquoi la commémoration de l’esclavage est passée inaperçue
2011-05-15
http://tinyurl.com/69kbknd
Le trentième anniversaire de l'élection de François Mitterrand n'est pas la seule raison qui explique l'absence d'intérêt des médias français pour la commémoration de la traite négrière. Si l’on oublie de commémorer la traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions, c’est malgré tout parce qu’il demeure plus que jamais difficile d’évoquer en France les pages les moins glorieuses de l’histoire.
Kenyan : Lutte contre le tourisme sexuel impliquant des enfants
2011-05-15
http://tinyurl.com/66kuyjk
Quand la police de la ville touristique de Mombasa, sur la côte kenyane, effectue des descentes la nuit, il n’est pas rare qu’une bonne partie des travailleurs du sexe arrêtés soient des mineurs. Selon une étude publiée en 2006 par le gouvernement et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, jusqu’à 30 pour cent des adolescentes des villes côtières de Diani, Kilifi, Malindi et Mombasa se livrent au commerce du sexe de façon occasionnelle. Plus de 10 pour cent de ces jeunes filles ont commencé le sexe transactionnel avant l’âge de 12 ans.
Libye: Situation « catastrophique » dans la région des Montagnes de l'Ouest
2011-05-15
http://tinyurl.com/65nmh4p
Selon des travailleurs humanitaires et des locaux, les affrontements entre les troupes gouvernementales et les forces de l'opposition dans la région des Montagnes de l'Ouest, en Libye, ont bloqué l'accès à des milliers de déplacés, aggravant ainsi la situation humanitaire. D'après Human Rights Watch (HRW), les déplacés brossent tous un tableau semblable des forces gouvernementales libyennes tirant sans distinction sur les villes et les villages de la région.
Global : Dix ans de reconnaissance officielle de l’esclavage
2011-05-15
http://tinyurl.com/66nd3mt
Le 10 mai, la France fête le dixième anniversaire de la loi dite « Taubira » qui reconnaît les traites négrières et l’esclavage en tant que crimes contre l’humanité. C’est également, depuis 2006, la journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. La député guyanaise, à l’origine de la loi qui porte son nom, estime qu’« il reste encore beaucoup de travail à faire notamment gagner la bataille des programmes scolaires », afin qu’ils accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent ».
Ouganda: le débat parlementaire sur la loi anti-homosexualité repoussé sine die
2011-05-15
http://tinyurl.com/654qxn6
Les députés ougandais ont repoussé sine die, le 13 mai, l'examen d'un projet loi anti-homosexualité prévoyant la peine de mort dans certains cas, et qui avait suscité les protestations internationales, dont celles des Etats-Unis jugeant le texte "odieux". Selon l'ONG Human Rights Watch, le comité parlementaire avait recommandé aux législateurs de voter le texte prévoyant, comme dans sa version initiale, la peine de mort en cas "d'homosexualité aggravée". Le comité a par ailleurs suggéré l'ajout d'une nouvelle clause proposant une peine de prison de trois ans pour toute personne "ayant participé à une cérémonie de mariage entre deux personnes du même sexe".
Réfugiés & migration forcée
Global : Lampedusa, prison à ciel ouvert
2011-05-15
http://tinyurl.com/6hrnryy
Le flot d’émigrés clandestins qui tentent d’atteindre Lampedusa, ne cesse de gonfler. Paradoxalement, ce mouvement est consécutif aux révolutions maghrébines. Entre les noyés, les disparus, et ceux qui arrivent, tant bien que mal, à destination et prennent leur mal en patience, dans des prisons à ciel ouvert, c’est tout l’envers de systèmes naguère plébiscités, … mais qui montrent déjà leurs limites. Poussant un peu plus loin, des analystes se demandent qu’elles stratégies mettent en place les Etats-émetteurs pour empêcher leur jeunesse de s’engouffrer dans une hypothétique émigration.
Libye : Dix pour cent des migrants qui fuient mourraient en mer
2011-05-15
http://tinyurl.com/65mzwtm
Dix pour cent des migrants qui fuient par la mer les combats en Libye trouvent la mort pendant la traversée, qui s'effectue le plus souvent dans des conditions effroyables à bord de bateaux impropres à la navigation, selon le Haut Commissariat de l'Onu pour les Réfugiés (HCR). Depuis le début du conflit, 12.000 d'entre eux ont été reçus dans des centres d'accueil à Malte et en Italie; 1.200 autres sont portés disparus et vraisemblablement décédés.
Elections & gouvernance
Afrique : Alassane Ouattara chez son «frère» Wade
2011-05-15
http://tinyurl.com/6jb3l82
Arrivé jeudi 12 mai au Sénégal, où il effectue sa première visite en tant que chef d’Etat, Alassane Ouattara a eu droit à tous les honneurs. D’abord, c’est dans l’avion présidentiel sénégalais qu’a voyagé l’Ivoirien. Abdoulaye Wade s’est ensuite déplacé en personne sur le tarmac de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar pour l’accueillir à sa descente de l’avion. Dans un éditorial intitulé « Akwaba, Monsieur le président ! », le quotidien pro gouvernemental Le Soleil ne tarit pas d’éloge sur les relations entre les deux pays et sur cette visite « historique ». La presse privée s’interroge elle sur le choix de Dakar.
Afrique : Que retenir de l'ère Mitterrand
2011-05-15
http://tinyurl.com/6jx2duw
Que retenir de l'ère Mitterrand ? L'Afrique commémore à sa façon, les trente ans de l'accession au pouvoir du défunt président français François Mitterrand. En effet, le contexte est marqué par des consultations électorales intenses sur le continent. Comme il l'avait recommandé dans son célèbre et désormais historique discours de La Baule qui, en 1990, arrima l'aide à la démocratie. Mais aujourd'hui, que reste-t-il de l'effet Mitterrand ? Peut-on se risquer d'affirmer que le continent a avancé au plan de la démocratie ? Mais doit-on tenir Mitterrand pour responsable de ce qu'il est advenu des tentatives de démocratisation en Afrique francophone ?
Afrique : Après la Côte d’Ivoire, le Burkina ?
2011-05-15
http://tinyurl.com/6gs5t4e
Sur le lit de l'injustice, des tâtonnements face aux problèmes sérieux, de la corruption, de l'impunité et de l'absence de recours fiables pour la plupart des citoyens, se sont développés un sentiment de frustration et un désir de se faire justice à soi-même. Le Burkina, est, dans ce contexte "un produit hautement inflammable" et la moindre étincelle peut être fatale.
Afrique : Nouveau départ entre Dakar et Abidjan
2011-05-15
http://tinyurl.com/6k6zdhm
Les quotidiens sénégalais parus le 12 mai analysent la première visite officielle qu’effectue le même jour à Dakar le président ivoirien Alassane Ouattara comme un nouveau départ dans les relations sénégalo-ivoiriennes mais s’inquiètent de ce que ce déplacement pourrait conforter certains Ivoiriens dans leurs convictions comme quoi ADO était le ‘’candidat de l’étranger’’ à l’occasion de la dernière présidentielle face à Gbagbo.
Cote d’Ivoire : Aux sources historiques de la crise ivoirienne
2011-05-15
http://tinyurl.com/6f5572u
Comment comprendre le conflit post-électoral en Côte d’Ivoire ? Une partie de la réponse se trouve dans des raisons historiques liées au modèle économique choisi à l’indépendance, au problème de la propriété et à ce concept dangereux qu’est l’ivoirité. Le concept d’ivoirité a été officiellement abandonné en 2003, à la faveur des accords de Marcoussis, mais il a durablement gangrené le pays.
Côte d’Ivoire : Deuil national de trois jours pour les victimes de la crise
2011-05-15
http://tinyurl.com/5rszeph
Le président ivoirien Alassane Ouattara a décrété un deuil national de trois jours à partir du 12 mai, en hommage aux victimes de la crise post-électorale, qui a fait près de 3.000 morts selon les autorités. Officiellement proclamé président le 5 mai, Alassane Ouattara a pris le pouvoir le 11 avril, après l’arrestation à Abidjan de l’ex-chef d’Etat Laurent Gbagbo, à l’issue de 15 jours de guerre, principalement à Abidjan.
Côte d`Ivoire : La Banque mondiale reprend son service
2011-05-15
http://news.abidjan.net/h/398930.html
La représentation de la Banque mondiale à Abidjan est prête à reprendre son service après quatre mois de fermeture liée à la crise post-électorale. Dans cette mouvance, il annonce une "grande mission" de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Abidjan du 18 mai au début du mois de juin. Il s`agit selon l`institution de préparer un "important" appui budgétaire à la Côte d`Ivoire qui devrait être disponible d`ici quelques mois.
Ouganda : Besigye interdit de rentrer en Ouganda
2011-05-15
http://tinyurl.com/5smqttr
Le leader de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, a été expulsé le 11 mai d'un vol de la compagnie aérienne Kenya Airways à destination d'Entebbe. Les responsables de la compagnie ont forcé M. Besigye, qui devait diriger "une marche de prières" le 12 mai à Kampala, de quitter le vol après avoir embarqué, au motif qu'il était une menace pour la sécurité ougandaise et que le vol ne serait pas autorisé à atterrir. Les partisans de Besigye se regroupaient déjà dans les rues en attendant son retour après deux semaines passées au Kenya pour soigner ses blessures infligées par la Police durant sa série de manifestations d'une semaine contre les prix des denrées.
Tchad : Idriss Déby réélu à la présidence
2011-05-15
http://tinyurl.com/689m8vz
Le président tchadien sortant, Idriss Déby Itno, a été réélu dès le 1er tour de la présidentielle du 25 avril avec 88,66 % des voix, selon les résultats provisoires annoncés le 9 mai par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Cette dernière a établi à 64,22 % la participation à ce scrutin, boycotté par les principaux opposants. Dénonçant une "mascarade électorale", ils avaient appelé au boycott du scrutin.
Togo : La France annule la dette pour 100 millions d'euros
2011-05-15
http://tinyurl.com/3zkyaqo
La France a annulé la totalité de la dette contractée par le Togo, soit 101,1 millions d'euros (plus de 66,3 milliards de francs CFA), ont annoncé, le 12 mai, les autorités togolaises. Cette décision est présentée comme un "encouragement par l'intermédiaire duquel la France incite le gouvernement togolais à poursuivre les réformes engagées depuis 2006 en vue de redresser la situation économique du pays, après la longue crise socio-politique qu'il a traversée".
Tunisie: La démocratie menacée
2011-05-15
http://tinyurl.com/5tjdyt6
Les manifestations sont de retour en Tunisie. Ministres limogés, violences policières, élections reportées... Les Tunisiens ont peur qu'on leur vole leur Révolution. Tout a commencé avec les déclarations incendiaires —d’aucun diront irresponsables— de Farhat Rajhi, magistrat et éphémère ministre de l'Intérieur de l’actuel gouvernement d’union nationale. Il a évoqué le récent voyage du Premier ministre à Alger, dont le but aurait été d’obtenir le soutien de l’Algérie à un coup d’Etat militaire en cas de victoire électorale des islamistes d’Ennahda.
Développement
Afrique : La responsabilité endogène dans l’aliénation économique et politique
2011-05-15
http://tinyurl.com/6arj7o9
Le phénomène de la colonisation et de la domination économiques et politique des pays africains par les Etats capitalistes occidentaux semble cautionner notre tendance à rechercher les causes du mal être africain à l’extérieur de l’Afrique, à identifier les fondements de l’aliénation en Afrique hors d’Afrique. On ne doit pas ici oublier qu’après les Indépendances africaines, résultant des diverses luttes populaires, syndicales, politiques, et dans plusieurs cas, des guerres de libération nationale, les nationaux prirent en main les clefs de leurs destins par la gestion de l’Etat.
Afrique: Ces inventeurs venus d'Afrique
2011-05-15
http://tinyurl.com/6gnt4z6
L’un des arguments qui tend à revenir dans les débats autour du sous-développement de l’Afrique est celui qui réduit le sous-développement à un phénomène culturel voire… génétique. L’Afrique serait ainsi vouée à rester sous-développée et dépendre des pays développés. Selon cet argument, si les Africains n’arrivent pas à se développer c’est qu’ils n’ont ni la culture ni le gène de l’esprit d’entreprise, de l’initiative ou de la créativité. Pourtant la vérité semble – heureusement - ailleurs.
Afrique : Une nouvelle classe d’Africains
2011-05-15
http://tinyurl.com/646fxlz
Le Guardian rapporte les résultats d'une étude menée par la Banque africaine du développement qui révèle qu'un Africain sur trois appartient à la classe moyenne. Mthuli Ncube, le vice-président de l'organisation, espère que ces résultats changeront l'image de pauvreté souvient associée au continent. L'étude comptabilise comme appartenant à la classe moyenne les individus qui dépensent entre 2 dollars et 20 dollars par jour, ce que Mthuli Ncube considère comme étant approprié par rapport au coût de la vie en Afrique.
Afrique : Les Etats invités à ‘’restreindre’’ l’accès aux pêcheries
2011-05-15
http://tinyurl.com/5t477vj
La Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA) recommande que l’accès aux ressources soit "restreint" aux opérateurs qui peuvent démontrer que leurs activités sont conformes aux critères de développement durable des pêcheries. Pour les institutions internationales, régionales et nationales, la CAOPA veut également que les Etats signataires d’accords de pêche puissent "renforcer leurs actions’’.
Afrique : Les assurance à la conquête des ménages
2011-05-15
http://tinyurl.com/5radzp4
Le marché des assurances est un secteur en expansion sur le continent africain. Même s’il reste assez marginal si on le compare au marché occidental, les grandes entreprises du continent et les PME n’hésitent plus à souscrire des contrats auprès des assureurs. En Afrique, le sous-développement de l’assurance tient au faible niveau de vie de beaucoup d’Africains mais pas seulement. Il existe peu de produits adaptés aux besoins des populations. Parmi les besoins longtemps ignorés par la profession, l’assurance santé.
Afrique : Les valeurs africaines séduites par l'étranger
2011-05-15
http://tinyurl.com/638hgrp
Les groupes du continent semblent se sentir à l’étroit sur les Bourses régionales. Ils préfèrent aller chercher leurs financements à Londres, New York ou Toronto. L’objectif ? Capter une partie des milliards qui se destinent chaque mois aux actions des pays émergents mais que les Bourses africaines ont beaucoup de mal à capter. Et pour cause : les deux principaux indices spécialisés dans ces marchés, suivis par la quasi-totalité des gérants de fonds internationaux, incluent une dizaine de Bourses asiatiques, sept à huit places sud-américaines et autant d’Europe de l’Est, mais seulement trois ou quatre Bourses africaines : Johannesburg, Le Caire, Casablanca et, parfois, Lagos.
Afrique : Vers une Bourse ouest-africaine
2011-05-15
http://tinyurl.com/6xr8mdq
La Commission des valeurs mobilières du Nigeria va faciliter la mise sur pied d'une Bourse ouest-africaine. Le président de la Commission des valeurs mobilières du Nigeria (SEC) a annoncé que la commission travaillait avec d'autres organismes de réglementation d'Afrique de l'Ouest à faciliter la mise sur pied d'une Bourse unique qui résoudra les difficultés des cotations transfrontalières dans la sous-région.
Egypte : L’aide du FMI sollicitée
2011-05-15
http://tinyurl.com/6lfzcm8
Une porte-parole du Fonds monétaire international (FMI) a indiqué le 12 mai que l'institution de Washington avait reçu une demande de prêt de la part de l'Egypte et prévoit d'envoyer "sous peu" une équipe au Caire pour discuter de son montant et de ses conditions. "Ils ont approché des partenaires bilatéraux et multilatéraux, dont le FMI, pour qu'ils apportent leur soutien à ce qui est un programme qu'ils ont conçu eux-mêmes, a-t-elle poursuivi. Et nous prévoyons qu'une équipe du FMI se rendra au Caire sous peu pour commencer les discussions avec les autorités égyptiennes sur un accord”, a-t-elle declare.
Global : Un nouveau plan d’action pour les pays pauvres
2011-05-15
http://tinyurl.com/66zreal
La 4eme conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (PMA) s’est ouverte, lundi 9 mai 2011, à Istanbul en Turquie. Pendant cinq jours, cette conférence réunit les représentants de ces pays, des bailleurs de fonds et des organisations internationales. Avec pour objectif : définir un nouveau programme d’action de dix ans en faveur des PMA. On compte aujourd’hui 48 PMA, dont 33 en Afrique, 14 en Asie plus Haïti dans les Caraïbes. Près de 900 millions de personnes vivent dans les PMA, soit 12% de la population mondiale.
Niger : Un Nouveau Pont pour Niamey
2011-05-15
http://tinyurl.com/64z2ne3
La Ministre nigérien des Affaires Etrangères et son homologue chinois ont signé un accord portant sur un financement ; dans le cadre de la coopération technique et économique entre les deux pays. Le Niger bénéficiera d’une enveloppe chinoise de 5,76 milliards de FCFA (14 millions de dollars américains) destinée à prolonger le deuxième pont de Niamey en y construisant des bretelles.
R.D.Congo : Se loger dans la capitale
2011-05-15
http://tinyurl.com/67ajlfo
Selon certaines estimations, la population de la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), Kinshasa, a déjà franchi la barre de 8 millions d’âmes. Et, dans cet état des choses, une pluie de problèmes se pose dont celui du logement. A cause d’une inexistence de politique urbanistique, Léopoldville, laissée par les colons belges, a poussé au rythme des constructions anarchiques pour devenir Kinshasa. Peu à peu, cette fracture se reflète dans le paysage de la ville, avec, à un bout, le festival de lumières des luxueuses villas et, à l’autre, les ténèbres des taudis constamment délestés.
Sénégal : Sortie réussie sur le marché obligataire international
2011-05-15
http://tinyurl.com/5u2uan2
Le Sénégal ne cherchait que 500 millions de dollars sur le marché obligataire international. Au finish, ce sont 2,4 milliards de dollars qui ont été levés. Impressionnant. Il y a un mois, le ministre d'Etat, chargé des Infrastructures, de l'énergie, M. Karim Wade au cours d'une table ronde avec des bailleurs de fonds une requête de financement à hauteur de 1000 milliards de FCFA pour la réalisation d'infrastructures modernes. Pour rappel, via cet emprunt obligataire, l'endettement du Sénégal est porté à près de 38%.
Santé & VIH/SIDA
Afrique: L'Oms souhaite un fonds africain pour les urgences
2011-05-15
http://tinyurl.com/6886nlu
La récurrence des épidémies en Afrique de l'Ouest inquiète l'Organisation mondiale de la santé. D'où l'appel de son directeur régional pour l'Afrique, le Dr Luis Gomes Sambo en faveur d'une action urgente pour s'attaquer à ces épidémies récurrentes. Ce qui a conduit à des crises humanitaires complexes influant sur les systèmes de santé et ayant des conséquences sur la continuité de la fourniture des soins, ainsi qu'à des problèmes de nutrition.
Kenya : Vaccin prometteur contre le sida chez les nourrissons
2011-05-15
http://tinyurl.com/6es2kp7
Les nourrissons inscrits en octobre 2010 à l’essai d’un vaccin contre le VIH se portent bien, selon les chercheurs responsables du projet, au Kenya. « Vingt-huit nourrissons ont déjà reçu ce vaccin, et aucun d'entre eux n'a présenté de réaction indésirable jusqu'ici – il est important de savoir que le vaccin est sans risque », a indiqué le chercheur qui dirige l’étude. Si le vaccin s’avérait efficace, les chercheurs ont expliqué qu’un autre vaccin serait testé, à administrer avec la MVA. Le vaccin ainsi créé serait administré aux nourrissons à la naissance comme tout autre vaccin et pourrait grandement contribuer à prévenir les infections VIH chez les enfants, à l’avenir.
LGBTI
Afrique : Les homosexuels, des boucs émissaires»
2011-05-15
http://tinyurl.com/5sarktf
Charles Gueboguo est un sociologue camerounais, auteur de plusieurs ouvrages sur la question de l'homosexualité en Afrique. Actuellement à l'université du Michigan aux Etats-Unis, il analyse les répressions actuelles qui touchent la communauté gay. Projet de loi en Ouganda, viols correctifs des lesbiennes en Afrique du Sud, la situation des homosexuels en Afrique ne semble pas s’améliorer. D’où viennent ces difficultés?
Environnement
Afrique: L’Onu mobilise face aux risques accrus de catastrophes
2011-05-15
http://tinyurl.com/6dnfdp7
A l'occasion de l'organisation du Dispositif mondial pour la réduction des risques de catastrophe à Genève, en Suisse, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé mardi 10 mai les gouvernements à améliorer les mécanismes de préparations aux catastrophes. Le Chef de l'ONU a plaidé en faveur de la mise en oeuvre de politiques de développement qui permettent de résister aux risques, précisant que les pays les moins avancés sont les plus affectées par les catastrophes et les changements climatiques.
Justice Alimentaire
Bénin: L’importation de viande va se poursuivre
2011-05-15
http://tinyurl.com/6xd4oe9
Le Bénin est obligé d’importer de la viande car même s’il a, par rapport à 2009, augmenté en 2010 de 3,29 pour cent, sa production en la matière, il ne peut pas encore satisfaire la demande de sa population en produits carnés, a déclaré le ministre béninois de l’Agriculture. Dans ce même domaine, le niveau de production d’œufs enregistré en 2010 est de 9850,56 tonnes contre 11104 tonnes en 2009, soit une baisse de 11,29 pour cent par rapport aux réalisations de l’année 2009.
GLOBAL : 1,3 milliard de tonnes de nourriture gaspillées chaque année
2011-05-15
http://tinyurl.com/3lylk7h
Environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit un tiers des aliments produits, sont gaspillées chaque année, selon le Fonds des Nations unies pour l'alimentation (FAO) qui a appelé à "réduire les déchets alimentaires pour nourrir le monde". Ce volume équivaut à plus de la moitié de la production céréalière mondiale (2,3 milliards de tonnes en 2009-2010), alors que près d'un milliard de personnes – 925 millions – souffre de la faim.
Sénégal : Les OGM jugés non prioritaires
2011-05-15
http://tinyurl.com/6k7qknx
Le Sénégal n’a pas besoin pour le moment de faire recours aux organismes génétiquement modifiés (OGM) pour booster sa production et productivité agricoles, a soutenu Dr Macoumba Diouf, Directeur général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA). Se prononçant sur les conséquences néfastes des OGM dans l’agriculture, il affirme qu’à cause du niveau de modification des gènes dont ces OGM font l’objet, ces organismes seraient néfastes sur la santé humaine, animale et végétale. Selon le chercheur, leur introduction au Sénégal peut amener à l’extinction de certaines espèces végétales.
Média & liberté d'expression
Afrique : Le complexe des leaders pour la presse occidentale
2011-05-15
http://tinyurl.com/68xgz2k
La plupart des dirigeants africains affichent un réel complexe vis-à-vis des journalistes occidentaux au détriment de la presse locale, a constaté le rédacteur-en-chef du magazine économique Les Afriques. ‘’Moi-même, j’ai été victime de ces comportements déplorables de nos dirigeants tout récemment en Côte d’Ivoire’’, a-t-il révélé. Selon lui, les reporters africains faisaient la queue pour décrocher un mot des acteurs politiques. ‘’Pendant ce temps, a-t-il signalé, les journalistes occidentaux sont reçus presque avec les honneurs par les acteurs impliqués dans la crise ivoirienne’’.
Afrique du sud : Les Guignols de l’info sud-africains réduits au silence
2011-05-15
http://tinyurl.com/5thg8ed
Installé en Afrique du Sud depuis 1998, le producteur français Thierry Cassuto s’est pourtant démené pour transposer les Guignols de l’info en Afrique du Sud. D’autant plus que lorsqu’il était chez M6, les originaux lui étaient passés sous le nez. Dans Zanews, les marionnettes de Nelson Mandela, de l’archevêque Desmond Tutu, du président sud-africain Jacob Zuma ont belle allure. Mais à plusieurs reprises, les chaînes nationales de télévision ont dit non. Critiquer le pouvoir sous couvert d’en rire est-il impossible dans une Afrique du Sud dotée pourtant de l’une des constitutions les plus libérales du monde ?
Nigeria : Le pétrole de l'enfer
2011-05-15
http://tinyurl.com/6etxqut
Thalassa diffuse un reportage choc sur la face cachée de l'exploitation du pétrole au Nigeria. Un tournage à hauts risques, comme l'explique son auteur, le journaliste Philippe Lespinasse. Dans ce vaste pays, le premier producteur d'or noir d'Afrique, les profits sont colossaux, mais dans des conditions extrêmes de violence et d'injustice. Prises d'otages, corruption, trafics et pollution massive représentent la face sombre de son exploitation. Parmi les images fortes, le journaliste a pu filmer des torchages (brûlages des gaz, ndlr) massifs et une incroyable raffinerie clandestine. Tout cela n'aurait pas été possible sans une préparation minutieuse.
Conflits & urgences
Côte d'Ivoire : 120 civils tués par des mercenaires pro-Gbagbo
2011-05-15
http://tinyurl.com/66wakwg
Quelque 120 civils ont été tués les 5 et 6 mai lors d'attaques menées le long du littoral ivoirien par des miliciens fidèles au président déchu Laurent Gbagbo et des mercenaires libériens fuyant Abidjan, selon le ministère de la défense ivoirien. La plupart des victimes ont été choisies en raison de leur appartenance ethnique, parmi les populations "allogènes" (originaires d'autres régions de la Côte d'Ivoire) ou d'origine étrangère.
Global : Ben Laden exposait ses projets terroristes dans un carnet
2011-05-15
http://tinyurl.com/43qq3qe
L'ancien chef d'al-Qaida prévoyait notamment d'attaquer de petites villes américaines, à des dates symboliques. Sans surprise, la cible principale de Ben Laden restait les Etats-Unis. «Ne pas limiter les attaques à New York, peut-on ainsi lire dans son journal. Considérer d'autres endroits tels que Los Angeles où d'autres petites villes. Étendre les cibles». Il conseille d'agir lors de commémorations, comme par exemple le Jour de l'indépendance (4 juillet) et le 11 septembre. Comble du macabre, l'ancien chef s'adonne à des calculs mathématiques pour savoir combien d'Américains il doit tuer pour forcer les Etats-Unis à se retirer ses forces militaires du monde arabe.
Libye : Kaddafi trahi par... son téléphone
2011-05-15
http://tinyurl.com/6ea8gnp
Contrairement à ce qu'elle affirme, l'Otan cherche réellement à éliminer Mouammar Kaddafi. C'est du moins ce que croient savoir des sources proches des services de renseignement de l'organisation atlantiste. C’est bien Mouammar Kaddafi en personne qui était visé dans l’opération de l’Otan qui, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, a tué l’un de ses fils, Seif el-Arab, sa belle-fille et trois de ses petits-enfants. Le numéro un libyen a commis l’imprudence d’allumer l’un de ses téléphones portables. Quarante-cinq minutes plus tard, la maison était pulvérisée par des projectiles de forte puissance.
Libye : Les rebelles demandent à être reconnus par les Etats-Unis
2011-05-15
http://tinyurl.com/6zn8xxf
Le chef de la diplomatie de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, a déclaré le 12 mai qu’il souhaitait que les Etats-Unis reconnaissent officiellement les rebelles libyens, à la veille d’entretiens à la Maison Blanche. A l’inverse de la France, de l’Italie, du Qatar et de la Gambie, les Etats-Unis n’ont pas officiellement reconnu le CNT, qui siège à Benghazi (est de la Libye), comme le représentant légitime du peuple libyen, à la place du régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans à Tripoli.
Ouganda : La marche, nouvelle arme contre Museveni
2011-05-15
http://tinyurl.com/6huebvp
En Ouganda, les opposants à Yoweri Museveni, réélu le 27 février, n'ont pas le droit de manifester. Pour exprimer leur mécontentement, ils vont au travail... à pied. Dès le lendemain de la victoire de l’homme fort de l’Ouganda à l’élection présidentielle du 27 février, une vague de contestation s’est fait entendre. Contre des fraudes électorales massives et la quasi interdiction de critiquer le gouvernement. Au moins deux manifestants sont morts sous les balles de la police à Kampala ce jour-là. Des centaines de personnes avaient spontanément défilé dans la rue pour protester contre l’arrestation, la veille, de Kizza Besigye, président du Forum pour un changement démocratique et principal rival de Museveni lors de l’élection présidentielle.
Collecte de fonds & ressources utiles
Rapport sur « Agroecologie et droit à l’alimentation »
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/fundraising/73310
En mars, le Rapporteur spécial, M. Olivier De Schutter, a présenté son rapport “Agroecologie et droit à l’alimentation” devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Fondé sur l’examen approfondi des plus récentes recherches scientifiques, ce rapport démontre que l’agroécologie peut doubler la production alimentaire de régions entières en 10 ans tout en réduisant la pauvreté rurale et en apportant des solutions au changement climatique.
Le rapport appelle pour un virage fondamental en faveur de l’agroécologie comme moyen de répondre aux défis alimentaires, climatiques et de pauvreté dans le monde. Le rapport contient les évidences qui pourraient être utile à intégrer dans les demandes de subventions aux bailleurs de fonds.
Le rapport peut être téléchargé gratuitement de site de Olivier De Schutter dans un format PDF en français, anglais, et espagnol :
<http://www.srfood.org/index.php/fr/component/content/article/1174-report-agroecology-and-the-right-to-food>
Cours, séminaires, & ateliers
Bourses de l’Université de Sapienza
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/courses/73309
L’Université de Sapienza (Italie) lance son programme de bourse de niveau PhD. Les candidats intéressés trouveront les détails de l’appel d’offre en consultant les liens ci-dessous (Disponibles uniquement en anglais)
Date limite le 31 mai 2011
http://www.uniroma1.it/documenti/Studenti/Laureati/dottorati/2011PhD_Call.pdf
http://www.uniroma1.it/Studenti/Laureati/dottorati/default.php
Voyage d’études en Chine pour francophones
2011-05-17
http://pambazuka.org/fr/category/courses/73317
2. Objectif du voyage
Le présent voyage vise à aider les chercheurs africains à mieux connaître la Chine, à renforcer les échanges directs et la coopération entre les chercheurs et les groupes de réflexion chinois et africains et à approfondir la compréhension mutuelle et l’amitié entre les peuples chinois et africains.
3. Programme du voyage
Le programme de ce voyage comprendra,
Des conférences sur la politique, l'économie et la société chinoises
Des échanges avec les chercheurs chinois
Des visites professionnelles
Des activités culturelles
4. Conditions du voyage
Pour ce voyage en Chine, la partie invitante prendra en charge : vols internationaux en classe économique, voyages à l’intérieur de la Chine, logement en chambre individuelle, trois repas principaux de la journée, frais liés aux activités professionnelles ou culturelles prévues par le programme du voyage.
Les conditions logistiques et financières de ce voyage vous seront précisées dans un document séparé si votre candidature est acceptée.
5. Critères de sélection
- Le candidat doit posséder la nationalité d’un pays africain francophone avec lequel la Chine a noué des relations diplomatiques complètes.
- Etre chercheur ou enseignant-chercheur reconnu en sciences humaines et sociales dans un établissement public d’enseignement supérieur ou de recherche de son pays. Sont prioritaires les chercheurs africains qui se spécialisent en étude de la Chine ou en relations sino-africaines.
- Etre titulaire d’un grade universitaire ou scientifique égal ou supérieur à celui de maître de conférences (« associate professor » dans le système anglo-saxonne).
- Avoir moins de 50 ans en 2011 (55 ans pour ceux qui possèdent un grade de professeur titulaire et/ou un poste administratif égal ou supérieur au Directeur général adjoint).
- Etre en bonne santé.
6. Places disponibles
Au total, 20 chercheurs francophones africains sont attendus pour ce voyage. Un pays peut envoyer au maximum 2 chercheurs.
7. Procédure de sélection
Documents à fournir :
- Un CV complet en français (de format Word)
- Le formulaire d’inscription complété (dactylographié), signé, tamponné et scanné
- La première page du passeport (avec la photo) scannée
- Un article rédigé par le candidat sur les relations sino-africaines, sur une question d’actualité en Afrique ou sur toute autre question ayant trait à l’Afrique que vous jugez importante à traiter (environ 10 pages A4, de format Word)
Date limite : Le lundi 30 mai 2011
Adresses d’envoi des dossiers :
Envoyer en même temps aux deux adresses ci-dessous :
- waiyuxi@cfau.edu.cn
- voyage_en_chine@yahoo.cn
Attention :
1. Les candidats doivent avoir un passeport en cours de validité.
2. Toutes les pièces sont à envoyer par email. La taille des fichiers ne doit pas dépasser 2 Mo.
3.Tout dossier incomplet ou retardé ne sera pas traité.
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ISSN 1753-6847


