Cette édition
Pambazuka News 196 : Sénégal : Les nouveaux défis après les manifestations du 23 juin
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. Environnement, 11. Justice Alimentaire, 12. Média & liberté d'expression, 13. Nouvelles de la diaspora, 14. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Sénégal : Retour sur la journée mémorable du 23 juin.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Frantz Fanon, 50 ans plus tard.
ARTS & LIVRES : Afrique : Le RAFEC, pour une nouvelle vision de la culture africaine.
POUVOIRS EMERGENTS : Afrique : Les relations sino-africaines basées sur le «win win».
DROITS HUMAINS : Afrique : Pourquoi la justice importe tant ?
REFUGIES & MIGRATIONS FORCÉES : Libye : Les victimes délaissées de la guerre.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Les 5 plus gros mensonges sur le continent.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La Banque mondiale pour une croissance plus rapide.
SANTE & VIH/SIDA : RD Congo : 153 décès sur 2 787 cas de choléra.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Le défi de l’accès à l’eau potable pour les mégalopoles.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Ethiopie : Les pressions sur les médias privés s’intensifient.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : L’affaire DSK et le fardeau de l’homme blanc.
CONFLITS & URGENCES : Afrique du Sud : Vingt ans après la fin de l’apartheid, la réconciliation reste difficile.
Chroniques
Sénégal : Retour sur la journée mémorable du 23 juin
Demba Moussa Dembélé
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/74590
Après cette journée mémorable du 23 juin, le peuple sééngalais a retrouvé sa fierté et reconquis sa dignité. Il a montré qu’il savait être à la hauteur des grands moments quand le destin de la Nation est en jeu. Je ne sais pas si l’on peut parler de changement du cours de l’histoire, mais sans aucun doute, le 23 juin 2011 a donné une accélération magistrale à l’histoire politique de notre pays. Et cette accélération a fait ressortir dans tout son éclat la grandeur de notre peuple.
Pendant, longtemps on a spéculé sur « l’apathie », la « peur », « la docilité » du peuple sénégalais, accablé par le chômage, les délestages, les inondations et les tracas quotidiens d’une vie de plus en plus insupportable. Le tout dans un contexte marqué par l’obscurantisme distillé à longueur de journée par des charlatans qui se font appeler « marabouts ». Le 23 juin 2011 a apporté un cinglant démenti à cette perception et balayé au passage les analyses pessimistes des sociologues et autres politologues sur la jeunesse sénégalaise.
Oui, le peuple sénégalais éprouve, à juste titre, une fierté pour sa jeunesse. Une jeunesse qui a fait preuve de bravoure, de courage et de détermination qui ont forcé le respect. Cette jeunesse que le monde entier a vu à l’œuvre ce jeudi 23 juin n’a plus peur de rien. Elle a fait preuve d’héroïsme et montré que l’on pouvait compter sur elle quand l’avenir de la Nation est en jeu. En effet, les sacrifices qu’elle a consentis, avec les arrestations, les blessés et les tortures, tout cela a été fait dans l’abnégation, au service de la justice, de la démocratie, du respect du droit inaliénable du peuple sénégalais à choisir en toute liberté ses dirigeants.
Un Sénégal nouveau, qui était en gestation depuis de nombreuses années, a enfin vu le jour le jeudi 23 juin. Et le visage de ce Sénégal nouveau c’est cette jeunesse héroïque qui dit non à l’arbitraire, non à la corruption, non à l’usurpation de la volonté populaire. Et alors, plus rien ne sera comme avant.
LA CAPITULATION DES DEPUTES FACE A LA COLERE POPULAIRE
La plupart des députés de la majorité, aveuglés par leur soutien inconditionnel au président Wade, n’ont pas compris, comme leur maître, que le pays avait profondément changé, que le peuple était arrivé à un point de non retour après avoir trop subi et avalé trop de couleuvres de la part du pouvoir libéral. Ils n’avaient pas bien décrypté le message des élections locales de mars 2009. Ils n’ont pas compris la colère sourde et l’opposition massive et déterminée contre le projet de Loi, une opposition incarnée par la jeunesse, qui était prête à en découvre avec le régime s’il voulait forcer sur le peuple cette révision inacceptable. Mais l’entêtement du vieillard et les mauvais conseils de son noyau dur ont empêché le Palais et les Députés de la majorité de sentir venir le danger, le piège qui allait se refermer sur eux.
Cela explique les déclarations arrogantes de certains leaders de cette majorité, minimisant l’opposition au projet de Loi. Et le jeudi 23 juin, pendant quelques heures, le peuple médusé assista à un débat surréaliste à l’Assemblée nationale alors que celle-ci était encerclée par des milliers de manifestants et que d’autres manifestations avaient lieu dans le reste du pays !
Mais en fin de compte, la réalité a fini par prendre le dessus. Face à la mobilisation sans précédent du peuple, les députés de la majorité ont dû capituler. Ils ont fini par comprendre que respecter la volonté populaire passe avant la loyauté à l’égard d’un président complètement coupé des réalités du pays.
POURQUOI LE PRESIDENT WADE DOIT PARTIR MAINTENANT !
Maintenant, il leur reste à persuader leur président de faire ses bagages et de partir sans délai dans la paix et afin de préserver ce qui lui reste encore de respect au sein de la population à cause de son grand âge. En effet, ce qui s’est passé le 23 juin est l’expression d’une lame de fond, d’un rejet franc, massif et sans appel de son régime et de sa manière de gouverner ce pays. C’est un référendum sur son bilan et sa manière d’envisager l’avenir du pays. D’ailleurs, s’il a osé proposer l’élection d’un président avec seulement 25% des voix, cela signifie qu’il a pris conscience de l’ampleur de son impopularité et qu’il sait que l’écrasante majorité de ses compatriotes l’a abandonné. Définitivement.
Le projet de loi montre que même la ruse a définitivement déserté son camp. C’est la peur et le désespoir qui y règnent désormais. L’horizon s’est assombri davantage. Le peuple n’en veut plus. Le roi est vraiment nu. « Buur Saloum » a été abandonné par ses « sujets ». Il doit partir, dégager sans délai, dans son intérêt et celui du Sénégal. Il doit comprendre que personne n’acceptera de mourir et de mettre le Sénégal à feu et à sang pour satisfaire les caprices d’un vieillard de 90 ans. Les accents fascisants de son ministre de la Justice à l’Assemblée nationale et les quelques déclarations de certains de ses inconditionnels ne sont que l’expression d’une profonde amertume devant l’ampleur de leur défaite, de l’humiliation sans précédent de leur chef.
S’il y a encore un peu de lucidité qui l’habite, il doit savoir que le jeu est vraiment fini. Il a perdu et doit l’accepter. Il ne peut plus ruser avec le peuple. Dans leur écrasante majorité, les Sénégalais n’en veulent plus. Il a commis l’erreur fatale et doit en tirer la seule conséquence logique: partir pendant qu’il est encore temps. S’il s’entête, il risque de subir le même sort que Ben Ali ou Moubarak.
Ceux qui ont encore une influence sur lui et qui ont le courage de lui dire la vérité les yeux dans les yeux doivent essayer de le raisonner. Son régime est fini et bien fini. Son maintien au pouvoir –même pour les huit mois qui lui restent- ne pourra qu’exacerber la rancœur contre son régime et sa propre personne. Il ne pourra plus rien dire ou faire qui puisse rétablir la confiance du peuple. Cette confiance est définitivement perdue. Il a fait trop de petits calculs politiciens, il a commis trop d’erreurs dans son rapport avec le peuple, il a trop cru dans la toute-puissance de l’argent et la « docilité » du peuple sénégalais pour obtenir tout ce qu’il veut. C’est tout cela qui l’a perdu.
Si ses députés l’ont abandonné c’est parce qu’ils ont compris que le peuple est le vrai dépositaire du pouvoir et qu’il est plus fort que Wade et tout son argent. Aucun pouvoir n’est éternel, quelle que soit sa puissance apparente. Les exemples de Ben Ali et de Moubarak sont encore frais dans les mémoires. Mais eux n’ont pas eu l’outrecuidance de se considérer comme « éternels, comme l’avait cru Mobutu, ex-dictateur de l’ex-Zaïre. Certains d’entre nous se souviennent d’un documentaire intitulé « Mobutu, roi du Zaïre ». Il retrace le parcours de celui-ci, depuis sa participation à l’arrestation et à l’ignoble assassinat de Patrice Lumumba, sous l’instigation de la CIA, jusqu’à sa fuite et la fin de son régime face à l’avance des troupes de Laurent-Désiré Kabila en 1997.
A une certaine période de son règne de 32 ans, Mobutu s’était senti tellement puissant qu’il se crut « éternel ». Une chanson avait d’ailleurs été composée en son honneur dont le refrain reprenait cette idée insensée. Mais quand les choses ont commencé à mal tourner, il était revenu sur terre et s’était rendu compte que ni lui ni son régime n’étaient « éternels ». Mais quand les choses ont commencé à mal tourner, il était revenu sur terre et s’était rendu compte que ni lui ni son régime n’étaient « éternels ». Le documentaire d’ailleurs se termine sur la mort de Mobutu au Maroc, loin de son pays et abandonné de tous ceux qui l’avaient adulé et lui avaient fait croire qu’il était « éternel ». Seuls les peuples sont éternels!
COMPTER AVEC LE PEUPLE
Comme dit plus haut, rien ne sera plus comme avant après ce 23 juin 2011. Un Sénégal nouveau est né, avec des citoyennes et citoyens conscients de leurs droits et déterminés à les défendre. Ils ne permettront à personne de les confisquer. Ce sont des citoyennes et citoyens majeurs et conscients. Ils entendent être traités comme tels. Ils entendent participer comme tels à la recherche de solutions aux énormes défis auxquels le pays est confronté. Les politiques sont avertis. Ils sont en face d’un peuple mûr qui a trop subi et qui n’entend plus confier son sort au premier venu. C’est un peuple exigeant qui va demander des comptes à celles et ceux qui vont solliciter ses suffrages. C’est un peuple qui comprend les enjeux et les défis autant, sinon mieux, que les politiques et les « experts ».
Avec une jeunesse aussi déterminée, consciente de sa force, de ses droits et de ses devoirs, aucun dirigeant ne pourra plus gouverner comme bon lui semble. Une opinion publique est née et elle a de beaux jours devant elle. Tant mieux pour le Sénégal!
* Demba Moussa Dembélé est économiste
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur Pambazuka News
Sénégal : Le triomphe du peuple pour une République debout
Mamadou Diallo
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/74585
Il n’est point besoin de se livrer à de savantes analyses pour savoir dans quel état de déclin, de faiblesse, d’abaissement et d’humiliation, le président Wade et sa majorité ont enfoncé la République et ses institutions depuis l’alternance politique survenue en 2000 au Sénégal.
En prenant trop de liberté avec la Constitution, Wade a fini par réunir les conditions d’une présidentialisation monarchique. Son hymne africain joué à la place de l’hymne national du Sénégal et la modification des emblèmes du pays (l’étoile à la place du baobab), constituent des actes qui démontrent suffisamment le degré de banalisation des institutions et les atteintes à notre identité historique. La prestation de serment des ministres témoigne à elle seule le fonctionnement des allégeances et sa nomination discrétionnaire de 65 sénateurs sur les100 composant le Sénat accentue la configuration monarchique de son pouvoir.
Et voilà qu’en ces temps troublés où les horizons se dérobent, ce mot d’équilibre que constitue ce que mous appelons la sagesse, devant être signe et sens, le chef de l’Etat nous sort son inacceptable projet de ticket présidentiel. Ce fut la provocation de trop pour que cette journée du 23 juin 2011, une date devenue historique, tout un peuple déterminé et plus combatif que jamais ne descende dans la rue pour cracher son zénith de dédain contre les innombrables détricotages constitutionnels, les tripatouillages électoraux, les laisser-faire, les laisser-passer, l’unilatéralisme, l’autisme, les intimidations, les menaces, les violences, l’intolérance, l’impunité…
Désormais, le peuple sénégalais entend signifier qu’il ne serait plus là pour recevoir l’action, la subir sans en être en tous points, les collaborateurs. Des concitoyens ont été longtemps ravalés à la condition d’instrument, quelle que soit leur valeur et leur compétence. Cette politique cherchait à les traiter comme des choses puisqu’il s’agit de disposer d’eux. On découvre jusque dans des médias d’Etat, attributs du pouvoir, qu’il y a une constante : le président et des variables : nous, pauvre peuple
Le personnage de chef d’Etat et de parti est devenu le seul possesseur de la plénitude de l’action, absorbant toutes les valeurs dans la sienne. Louis XIV a laissé un nom, une trace dans l’Histoire de France. Il a porté à son apogée, la monarchie absolue. Chacun retiendra sa célèbre formule : «L’Etat, c’est moi. »
La folie ne commence-t-elle tant pour les individus que pour les peuples quand ils commencent à s’arroger le privilège dont on ne sait quelle surhumanité ? Quand ils ignorent que toute politique implique quelle idée de l’homme et quelle idée d’une société ? Comment imaginer un seul instant, la modification de toute une série de textes majeurs de notre Loi fondamentale du 07 janvier 2001 dont on est par ailleurs l’inspirateur (articles 6, 26, 27, 28,31, 33, 34, 36, 37, 39,41 et 101), sans passer par la voie référendaire, ni susciter un minimum de débats au niveau national.
Une Constitution n’est pas une balançoire aux mouvements gracieux, permettant de faire ce que l’on veut et quand on le veut, sans tenir compte de la volonté de son peuple ni des recommandations de la CEDEAO. La force essentielle de toute Constitution réside dans sa permanence et quant à la loi, elle ne doit être modifiée que pour une raison juridique ou technique. Mais sûrement pas à des fins politiques. En réalité, l’Exécutif accorde peu de considération aux parlementaires de sa majorité (députés et sénateurs). Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble de ces députés. Certains sont respectables. Ils ont eu le courage de ne pas voter la loi Ezzan, la suppression d’un texte sur le blanchiment ou le ticket présidentiel.
Il faut néanmoins souligner que beaucoup parmi eux sont incapables de faire preuve de détachement, de gagner leurs galons, d’exhiber leurs mâchoires, leurs crocs, de montrer leur goût de la liberté, de l’indépendance et du défi. Ils ont choisi l’alignement, le calcul, la carrière au détriment de l’intérêt national. Leurs artifices, leurs ruses, leurs mollesses et leurs postures ont fini par contribuer à la destruction de la République. Et pour « les assommer », le gouvernement crie haut et fort être sorti de la nasse, cette journée de jeudi, que par le seul salut du corps religieux.
Il est de l’honneur et du devoir de tout député de se mettre en accord avec ses idées et sa conscience. Car la vertu politique doit être une attitude de vie. Et on ne grandit qu’en servant une ambition haute, celle-là même qui doit habiter chacun d’entre nous et nourrir sa légitime fierté d’être citoyen.
La vérité est trop sévère. Le Sénégal est devenu surréaliste, il ressemble trop souvent à un théâtre de boulevard, où la politique ne serait plus qu’une comédie. Voilà des années que ce pouvoir y alterne tous les rôles, même le plus inimaginable avec l’affaire des 25% de suffrages pour être élu président de la République. Le peuple, d’abord amusé, attend désormais qu’il n’en interprète plus qu’un : celui de gouverner avec respect et sérieux.
En définitive, le style de Wade est incompatible avec les institutions et sa méthode de communication davantage horizontale que verticale ne l’aide guère. De peu d’hommes, il est permis de dire qu’ils deviennent une silhouette coulée dans un ton, comme une caricature réussie de ce qu’on leur reprocha d’être et qui finit par faire, surtout l’âge venu et le pouvoir entre les mains sinon leur charme, au moins leur singularité
Le personnage Wade a su prendre toutes les vagues et tous les virages. Tout l’homme est illisible dans ses choix et ses aspirations. Mais il a une obsession : la conservation du pouvoir et la dévolution monarchique. Il refuse de voir que dans un monde concurrentiel, nul ne peut être compétent par onction.
Excès personnels, débauche médiatique. Le style Wade écrase, personnalise, cristallise. Par nature, il n’aura jamais assez la distance et la solennité que revendiquaient de Gaulle.
(…) Est-il capable de changer ? Vraiment. Qui le croit encore ? S’imposer comme l’arbitraire des élégances républicaines ? Rien ne s’arrange avec le temps.
L’hyperactivité se fait brouillonne. Est-ce bien la peine de s’acharner à prendre de la hauteur si c’est pour revenir à sa nature. D’aucuns disent qu’il s’était pourtant appliqué. Afin de se présidentialiser. Il prétendait s’arracher à la mêlée, retrouver l’élan des réformes et fixer enfin le cap sur la demande sociale. Très vite, les moments d’efforts et de contention ascensionnelle sont retombés.
A quoi bon dialoguer avec un pouvoir si arrogant, trompétant, violonant, chantant, flûtant et traitant son opposition de tiède ?
Depuis 2000, il n’y a eu dans ce pays qu’un seul consensus général. Il portait sur la loi créant la Commission électorale nationale autonome (CENA). Le pouvoir libéral décida très vite de le rompre unilatéralement. Le PDS (aujourd’hui Parti-Etat) qui est né, a grandi et prospéré dans les rapports de force, devenu le résultat d’un système cherchant à en perpétuer le modèle, trait par trait, accepte difficilement que la démocratie puisse se nourrir de contradictions
(…) Aujourd’hui, la peur a changé de camp. Des esprits se remémorent que dans l’Histoire de France, à 18 heures,Fouquet était roi, à 2 heures du matin, il n’était plus rien. La réussite de la journée de mobilisation a métamorphosé le Sénégal. Il ne s’agit plus d’avoir des fulgurances. Il faut que Bennoo Siggil Senegaal (coalition de l’opposition) et la société civile s’attèlent à tourner la page de ce pouvoir qui sait maintenant que pour lui chaque espérance devient un purgatoire, chaque tentative une humiliation.
L’Histoire est un cycle et nous sommes parvenus à la fin de ce cycle ouvert par l’alternance. Le moment est venu d’avoir l’élégance de partir juste avant d’être tard. La République debout, vertueuse, démocratique, humaniste est déterminée à être plus haute et plus essentielle que ses fossoyeurs.
* Mamadou Diallo, avocat au Barreau de Paris
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Appel contre un troisième mandat d’Abdoulaye Wade
Amy Niang
2011-07-05
http://www.stopwade.org/
Par une mobilisation qui nous rend notre fierté et rappelle la souveraineté du peuple, les forces citoyennes ont contraint le président Abdoulaye Wade à retirer le projet de loi anti-démocratique par lequel une assemblée nationale et un sénat aux ordres s’apprêtaient à enterrer le second tour de l’élection présidentielle et à favoriser la dévolution monarchique du pouvoir.
Malgré les arrestations arbitraires, les intimidations et une répression policière sanglante, le peuple debout s’est dressé pour défendre notre Constitution contre l’autocratie.
Cette bataille gagnée, il reste celle contre la candidature anticonstitutionnelle du président Abdoulaye Wade à un troisième mandat présidentiel et la sécurisation du processus électoral de février 2012.
Pour mémoire, le président Abdoulaye Wade s’est, à la stupeur générale, déclaré candidat à l'élection présidentielle de 2012, malgré son âge très avancé (plus de 85 ans) et bien que – il l’a reconnu lui-même par le passé – la Constitution interdise formellement un troisième mandat.
En violant de façon délibérée la limite de deux mandats inscrite dans la Constitution, le président Abdoulaye Wade démontre une fois de plus son mépris pour les institutions de la République et son entêtement à considérer notre pays comme son patrimoine personnel.
Nul n’est au-dessus de la loi ! Nous refusons que le président Abdoulaye Wade bafoue les institutions que nous nous sommes données et confisque les libertés démocratiques que nous avons conquises.
Si le président Abdoulaye Wade ne retire pas sa candidature anticonstitutionnelle, le Sénégal sombrera dans la violence et l’instabilité. En seront personnellement responsables le président Abdoulaye Wade et ses complices affidés.
Nous, citoyens et personnes de bonne volonté :
- demandons que le président Abdoulaye Wade renonce officiellement à se présenter aux élections présidentielles de 2012 ;
- exigeons le respect de la Constitution ;
- appelons à la mobilisation nationale et internationale pour la sauvegarde de la démocratie et de la République.
Non à la dictature et à l’arbitraire ! Non à un 3ème mandat !
Priere de signer et d'envoyer au plus grand nombre possible de personnes.
28 juin 2011
* Amy Niang poursuit des études pour un PhD à l’Ecole des Etudes sociales et politiques de l’Université d’Edinburgh
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RD Congo : Cartographie des centres d’inscription et fraudes électorales
Benjamin Stanis Kalombo
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/74589
Notre association (APRODEC Asbl) vous prie de prendre connaissance de la cartographie de centres d'inscription ainsi que du Nombre « réel » de centres d’inscription par provinces :
Situation au 13 juin 2011 (Source : http://www.ceni.gouv.cd/)
- Kinshasa : 438
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251310-223234-467504.html
- Bas-Congo : 88
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251213-158292-467504.html
- Bandundu : 132
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251215-190958-467504.html
- Equateur : 102
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251217-167082-467504.html
- Kasaï-Occidental : 272
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251223-214267-467504.html
- Kasaï-Oriental : 179
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251231-209582-467504.html
- Province-Orientale : 142
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251235-206505-467504.html
- Nord-Kivu : 113
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251237-159840-467504.html
- Sud-Kivu : 99
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251238-159833-467504.html
- Maniema : 80
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251239-156460-467504.html
- Katanga : 245
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-251310-223234-467504.html
Total général : 1.890 centres d’inscription sont réellement prévus pour l’ensemble du territoire congolais.
Observations et conclusions:
L'APRODEC Asbl observe que plusieurs territoires, secteurs et communes n'ont pas de centres d'inscription. Pour illustration, dans la province du Kasaï-Occidental le secteur de Malu Malu situé dans le territoire d'Ilebo n'est pas repris dans la cartographie de centres d'inscription de la CENI. De même, dans la province du Kasaï-Oriental, les secteurs de Tshofa et de Kalebwe, situés dans le territoire de Lubao, district de Kabinda, sont introuvables dans la cartographie de la CENI. Dans le Bas-Congo, aucun centre d'inscription n'a été prévu pour le territoire de Moanda. La CENI n'a pas prévu de centres d'inscription dans les territoires de Rungu, de Watsa et de Aru dans la Province-Orientale. Au Maniema le territoire de Kailo a été ignoré par la CENI.
Par ailleurs, sur les 272 centres d’inscription prévus pour la province du Kasaï-Occidental, 142 centres d'inscription n’ont pas fonctionné. Le pouvoir organisateur n’a tout simplement pas fourni les kits d’enrôlement des électeurs. De même, dans la province du Kasaï-Oriental, 82 centres d'inscription (sur les 179 C.I prévus) ne sont pas opérationnels à ce jour par manque de kits d'enrôlement. Question : "Où sont les 6.917 centres d’inscription mentionnés dans les différentes notes d’information publiées par le trio MONUSCO-CENI-PNUD ? (cf. http://aprodec.blog4ever.com/blog/lire-article-467504-2441680-notes_d_information_sur_les_operations_de_revision.html )
La vérité est que le nombre de centres d’inscription publié dans les notes d’information a été
volontairement exagéré par le pouvoir organisateur. Ceci, en comptabilisant plusieurs fois les mêmes centres d’inscription. Vous pouvez vous en rendre compte via le lien suivant : http://www.blog4ever.com/blog/fichier-249873-173264-467504.html
De notre point de vue, l’exagération du nombre de centres d’inscription pourrait traduire la volonté du pouvoir organisateur de créer, d’une part, des emplois fictifs ainsi que des centres d’inscription fictifs (ndlr, électeurs fictifs) au profit du président sortant et d’autre part, de doper la filière de matériel électoral…
L'APRODEC asbl observe notamment que:
- Le phénomène d'importation des électeurs d'un territoire vers un autre (1);
- la problématique de l'enrôlement des enfants mineurs (2) et des Etrangers;
- les défaillances techniques des kits d'enrôlement fournis par la s.a. ZETES (3);
- les pannes des groupes électrogènes;
- les grèves des opérateurs de saisie pour non paiement des salaires;
- l'insécurité à l'Est du pays ainsi que l'incitation à la violence contre les non originaires du Katanga;
- la disparition de 16 millions 363.494 cartes d'electeur;
- la discrimination à l'égard des électeurs qui atteindront l'âge de 18 ans après la date de clôture des opérations de révision du fichier électoral en 2011,2012 et 2013 (4);
- la discrimination à l'égard des électeurs de la Ville-Province de Kinshasa auxquels le pouvoir organisateur des élections n'a accordé, contrairement aux populations des 10 autres Provinces de la République Démocratique du Congo, que 60 jours pour s'enrôler (5). Pour illustration, dans le Bas-Congo les opérations de révision du fichier électoral devaient s'étendre sur une période de 6 mois, allant du 19 mai 2010 au 16 août 2010. Or, nous constatons que certains centres d'inscription dans cette province sont restés opérationnels jusqu'au 29 mai 2011, soit plus d'un an. De même, au Maniema la période prévue pour la révision du fichier électoral était prévue du 20 novembre 2010 au 17 février 2011 mais, nous faisons remarquer que tous les centres d'inscription y sont restés ouverts jusqu'au 29 mai 2011, soit 6 mois;
- la répartition non équitable et discriminatoire du nombre de kits d'enrôlement en défaveur des provinces de l'ouest et du centre (5);
Ce sont là autant d'éléments pertinents qui prouvent que le fichier électoral de la CENI n'est pas du tout fiable et inclusif.
RECOMMANDATIONS
C’est pour toutes ces raisons que l’APRODEC Asbl réclame non seulement un audit du fichier électoral mais surtout, l’organisation d’un recensement général de la population congolaise tel que prévu par le Décret n° 09/32 du 8 août 2009 prescrivant un recensement général de la population et de l'habitat en République Démocratique du Congo afin de croiser le fichier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (la CENI) avec celui du recensement. (6) A cette fin, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) s'est engagé, en date du 11 juillet 2010, à mobiliser 20 millions de dollars américains pour le recensement général de la population en République Démocratique du Congo. C’est la seule solution pour sauver le processus électoral encours. (7)
NOTES
(1) http://www.lareference.cd/2011/06/phenomene-importation-des-electeurs.html
(2) En violation de l'article 36 de la Convention internationale des droits de l'enfant -ratifiée par la RDC le 20 novembre 1989- lequel stipule que: "Les États parties protègent l'enfant contre toutes autres formes d'exploitation préjudiciables à tout aspect de son bien-être".
Voir les photos :
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-252157-429425-467504.html
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-252253-564159-467504.html
http://www.blog4ever.com/blog/fichier-252504-530338-467504.html
(3)Dénonciation de la s.a. ZETES à la Cellule de traitement des informations financières (CTIF): http://aprodec.blog4ever.com/blog/lire-article-467504-2207055-denonciation_de_la_s_a__zetes_a_la_ctif.html
(4)Pourtant proscrite par l'article 5 de la Constitution du 18 février 2006 lequel énonce que : "La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. La loi fixe les conditions d’organisation des élections et du référendum. Le suffrage est universel, égal et secret. Il est direct ou indirect. Sans préjudice des dispositions des articles 72, 102 et 106 de la présente Constitution, sont électeurs et éligibles, dans les conditions déterminées par la loi, tous les Congolais de deux sexes, âgés de dix-huit ans révolus et jouissant de leurs droits civils et politiques."
(5) Pourtant proscrite par l'article 13 de la Constitution du 18 février 2006 lequel dispose que: "Aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique."
Voir. Le Communiqué de presse de la CENI du 6 mai 2011: http://aprodec.blog4ever.com/blog/lire-article-467504-2402836-communique_de_presse_de_la_ceni_du_06_05_2011___pr.html
(6) http://aprodec.blog4ever.com/blog/lire-article-467504-2445722-decret_n__09_32_du_8_aout_2009_prescrivant_un_rece.html
(7) voir les notes d'information et le trafic de cartes d'électeur: http://aprodec.blog4ever.com/blog/lire-article-467504-2441680-notes_d_information_sur_les_operations_de_revision.html
Fait à Bruxelles, le 21 juin 2011
* Benjamin Stanis Kalombo est président et administrateur-délégué de l’Association pour la promotion de la démocratie et du développement de la République démocratique du Congo (APRODEC Asbl)
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Madagascar dans le Collier de perles chinois
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/74588
La crise malgache s’enlise et se sédimente sur ses contradictions. Mais il serait erroné de la confiner dans le seul espace de la grande île. «Si on lève un peu les yeux, en considérant les problèmes dans un cadre global, planétaire, le continent africain est actuellement en phase de mutation et surtout en passe de négocier un nouveau virage historique, virage provoqué par des forces étrangères pour certains». Madagascar ne sort pas de cette spirale, dans laquelle on ne prête pas trop attention au positionnement stratégique de la Chine.
Nul n'ignore la difficulté du traitement du cas de transfert de pouvoir survenu à Madagascar en mars 2009. Ce pays est même devenu « l’épine dans le pied » de la Communauté Internationale, qui n’a pas bougé d’un iota sur sa considération du cas malgache : oui, il y a eu « coup d’Etat » à Madagascar, d’où le maintien des sanctions et toutes les déconsidérations qui en découlent. Nous n’allons plus réciter le parcours suivi par les politiciens malgaches, imposé par la Communauté Internationale qui a mandaté la Communauté économique des Etats de l’Afrique australe (SADC) pour le cas Madagascar.
Le dernier revirement du 17 juin 2011, après la décision commune des chefs d’Etats de la SADC, à Sandton, le 11 juin, a divisé davantage l’opinion. « Mais où veut-elle (la SADC) en venir », « La SADC se dédit », etc., titrait la presse malgache. Si la SADC et l’opinion en général se sont concentrées sur le cas du retour, avec ou sans conditions, de Ravalomanana, le régime transitoire fait le dos rond. Car, à tort ou à raison, il s’est fixé un cap sans condition pour régler la crise : les élections. Mais il y a un inconnu de taille : le calendrier électoral.
La réunion du 17 juin des trois communautés africaines, SADC, EAC et COMESA, a accouché d’une autre forme d’exclusion pour Madagascar. En effet, la Grande Ile était absente de cette réunion pour la création et la mise en place d’un axe économique fort partant de l’Afrique du Sud jusqu’en Egypte, traçant une zone de libre échange pour l’Afrique. L’objectif est que l’Afrique parlera désormais « d’une même voix » lors de ses échanges et négociations auprès des partenaires d’autres continents.
Jacob Zuma, le président sud-africain, appelle « la responsabilité commune des 26 pays concernés par ce projet pour la création d’un marché commun africain porteur d’une valeur économique réelle ». « Cela ne peut se faire du jour au lendemain, il y a beaucoup d’obstacles et de barrières à affronter », indique le Roi Mswati du Swaziland. Les plus grands de ces obstacles sont les pays africains instables, quatre exactement et qui sont invités à intégrer totalement le projet : Libye, Madagascar, Soudan et Zimbabwe. Le projet de cette zone de libre échange est appelé à voir le jour d’ici trois ans, délai fixé par les dirigeants des Etats membres de cette communauté désormais tripartite (SADC – EAC – COMESA).
Si on lève un peu les yeux, en considérant les problèmes dans un cadre global, planétaire, le continent africain est actuellement en phase de mutation et surtout en passe de négocier un nouveau virage historique, virage provoqué par des forces étrangères pour certains. Ce pourrait être le cas de la Libye, de Madagascar et du Soudan.
Pour le cas particulier de Madagascar, un appel d’air très fort se fait actuellement sentir dans la région de la Grande Ile et du Canal de Mozambique. Plus personne n’ignore la volonté réelle de la Chine de contrôler le bassin de l’Océan Indien. La Transition malgache en a fait son premier partenaire financier à travers des projets d’extraction de minerais, des projets d’infrastructure et d’équipement, à l’image du puissant groupe chinois CIF en Angola. Discrètement, la Chine a aussi installé des unités commerciales et armées dans plusieurs zones portuaires de l’Asie du Sud et au large de l’Océan Indien pour accompagner et sécuriser sa croissance effrénée.
Une vague de navires chinois a colonisé l’autoroute maritime Afrique – Asie et on compte actuellement plus de 6000 navires de fort tonnage chinois qui appareillent dans les ports de l’Océan Indien. Mais le plus troublant est la véracité de la crainte de l’Inde et des Etats-Unis évoquant la présence de navires de guerre chinois dans la Mer de Chine du Sud dans laquelle l’Empire du Milieu s’arroge une largeur dépassant les accords internationaux. Pas plus tard que le 6 juin 2011, des centaines de vietnamiens ont manifesté devant l’ambassade de Chine à Hanoï en accusant des navires chinois d’avoir sectionné un câble d’un navire pétrolier vietnamien dans la Mer de Chine du Sud.
Dans la même semaine, les Philippines ont protesté auprès des Chinois à propos d’un projet de la Chine concernant une installation de plates-formes pétrolières toujours dans la zone de la Mer de Chine du Sud, zone souveraine revendiquée par les Philippines. La Chine a émis une fin de non recevoir en invoquant « une souveraineté incontestable de la Chine sur la majorité de la Mer de Chine ».
L’inévitable affaire « Ben Laden », conclue par sa chute a encore envenimé les rapports sino-américains. Le 1er mai 2011, un commando américain a fait une incursion dans la ville d’Abbottabad, au Pakistan, opération facilitée par des drones. Cette incursion américaine constitue pour beaucoup de pays une violation flagrante de la souveraineté territoriale pakistanaise. « Times of India » a affirmé dans ses colonnes les propos de parlementaires pakistanais citant que la Chine, « un allié puissant du Pakistan », « a prévenu clairement qu’une attaque contre le Pakistan, un pays souverain, serait considérée comme une attaque contre la Chine ». Et le ministre pakistanais de la défense de surenchérir que « le Pakistan est appelé à répondre sans hésitation par la force à toute forme d’atteinte à sa souveraineté ».
Ce double avertissement constitue la première menace réelle de risque de conflit ouvert contre les Etats-Unis « depuis la guerre froide contre l’URSS sur la crise de 1958 à Berlin », selon le Pentagone. Le Pakistan est une « puissance nucléaire de fait », comme l’Inde, les deux pays ayant intégré le groupe restreint des puissances nucléaires « officielles » constituées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine. L’Arabie Saoudite s’est invitée elle aussi « au bal » en finançant la défense pakistanaise, déjà forte de 50 avions de chasse JF17 chinois envoyés dans la zone le 18 mai 2011 pour « éliminer les drones américains » et appuyer les positions chinoises dans le port de Gwadar dans le détroit d’Hormouz au Pakistan.
Selon plusieurs observateurs, une information capitale constitue les raisons de cette montée de tension : la Chine possède 66 missiles intercontinentaux capables de frapper directement les Etats-Unis, 118 missiles de moyenne portée dont certains sont installés chez des « pays amis » dans le Moyen Orient dont le Pakistan, et 36 missiles qui peuvent être lancés à partir de sous-marin. C’est la logique du « Collier de perles » chinois dans l’occupation de l’Océan Indien et de l’Est de l’Afrique comme le surnomme les observateurs géopolitiques. Et le 23 juin 2011, les Etats-Unis et la France font une annonce officielle commune pour accélérer le retrait de leurs soldats postés en Afghanistan et aux frontières du Pakistan. Ce qui fait réfléchir, c’est que le cas des drones américains qui pullulent dans la région qui n’a pas été évoqué dans ce communiqué…
En parlant de sous-marin, l’Océan Indien et les côtes africaines seraient « infestés » de sous-marin et de navires de guerre chinois, selon l’observatoire Indien au nord de Madagascar et ceux américains dans l’Océan Indien. Ces postes avancés dans ce bassin ont déjà accusé ouvertement la Chine d’appuyer les pirates des eaux territoriales somaliennes et internationales de l’Afrique de l’Est. Entre janvier et mai 2011, quelque 117 navires ont été attaqués au large de la Somalie, 20 bateaux ont été détournés, 338 personnes prises en otage et 7 marins tués. Le groupe CMA CMG affirme avoir essuyé une douzaine d’attaques en moins de trois mois dans l’axe Kenya – Mozambique. MSC, AP Moller Maersk, Cosco et Evergreen ont rejoint CMA CGM dans l’éventualité pressante de prendre le chemin plus long pour contourner l’Afrique au cas où la question des pirates ne serait pas résolue. Ce qui renforce le choix de la Chine sur l’autoroute maritime Afrique – Asie… et le « Collier de perles ».
Aux mois de mai et juin 2011, nous avons assisté, impuissants, à une Afrique et un Moyen Orient qui « brûlent ». Les pays de ces zones passent un à un dans une situation de conflit ou de transition politique difficile : Côte d’Ivoire, Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Bahreïn, Yemen, Madagascar, Zimbabwe, Soudan,… et au même moment, un navire de guerre chinois s’engouffre dans la Mer Méditerranée prétextant vouloir sécuriser ses navires commerciaux utilisant le Canal de Suez. Le 17 juin 2011, l’Afrique se réveille pour lancer le projet d’Alliance tripartite SADC – EAC – COMESA pour la zone de libre échange. Pour qui, et pourquoi maintenant ?
Le 29 avril 2011, suivant la ratification, le 22 avril 2001, de la Convention Internationale sur le Droit de la mer et donnant 10 ans aux signataires, jusqu’au 21 septembre 2011 pour le cas de Madagascar, ce dernier a soumis aux Nations Unies un document d’une importance capitale pour le pays et ses voisins. Document apporté par Zina Randrianarivelo Razafy, ambassadeur de Madagascar auprès de l’ONU, en présence de M. Rajal, directeur adjoint de la division des Affaires maritimes et du Droit de la mer et secrétaire de la Commission de l’ONU des limites du plateau continental, il revendique la possession, par Madagascar, de certaines des îles éparses françaises dans le Canal de Mozambique et des îles occupées par les américains dans l’Océan Indien, dossier manifestement appuyé par l’île Maurice, le Mozambique et les Comores, qui sont eux aussi contre la présence de la France et des Etats-Unis dans la région. Souvenons-nous de la prise de position de l’île Maurice, des Comores et du Mozambique pour la Transition malgache actuelle. Andry Rajoelina a même été le seul président présent aux Comores pour installer Ikililou Dhoinine, le nouveau président des Grandes Comores, aux cotés de représentants diplomatiques étrangers dont les présences chinoise, qatarie et saoudienne ont été très remarquées.
Cette question des îles éparses sera examinée à partir du mois d’août au sein de la Commission de l’ONU des Limites du plateau continental et risque de s’ajouter aux questions qui maintiennent déjà Madagascar au milieu d’une tension sur les débats et les positions géopolitiques dans l’Océan Indien et en Afrique.
* Cet article a été publié par Archipel News Madagascar (http://archipelnews.blogspot.com/2011/06/geopolitique-ocean-indien.html)
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L’après-Gbagbo : Les relations franco-ivoiriennes renaissent de leurs cendres
Jean-Jacques Konadjé
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/features/74587
Depuis l’avènement du président Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire, on assiste à une décrispation des relations franco-ivoiriennes. Les nuages qui obscurcissaient le ciel des relations de ces deux pays semblent progressivement se dissiper. La présence du président Sarkozy à l’investiture du nouveau président ivoirien et l’accueil triomphal qu’il a reçu des partisans de Ouattara à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, sont autant de signes parmi tant d’autres qui marquent le retour politique de la France en Côte d’Ivoire.
Il faut dire que ces deux pays amis ont entretenu ces dix dernières années, des relations très complexes et parfois orageuses. En effet, après son accession à la magistrature suprême en octobre 2000, le président Gbagbo avait voulu donner une nouvelle orientation à la coopération franco-ivoirienne. Et c’est dans cet esprit que dès les premières années de sa mandature il va bâtir son pouvoir sur la carte nationaliste en s’affirmant comme le défenseur de la souveraineté nationale ou encore le véritable symbole de la lutte contre l’impérialisme français en Côte d’Ivoire et partant, dans toute l’Afrique subsaharienne francophone.
Ainsi, pour joindre l’acte à la parole, le président Gbagbo remet en cause plusieurs contrats signés de longue date entre Paris et Abidjan, exige la fermeture de la base militaire française et le départ des soldats tricolores du territoire ivoirien. Il demande par ailleurs la révision des accords de défense signés en avril 1961 et diversifie ses partenaires dans l’attribution des marchés publics après des appels d’offres internationaux. Toutes ces initiatives ont jeté un froid sur les relations franco-ivoiriennes et ne sont pas allées sans susciter grincements de dents, méfiance et tension entre les deux pays.
Le 19 septembre 2002, quand a lieu la tentative de coup d’Etat qui se mue en une rébellion armée, le président Gbagbo voit la main de son homologue français dans cette tentative de déstabilisation de son régime. La gestion controversée de la France dans cette crise et les accusations récurrentes et publiques du camp Gbagbo à l’égard de Jacques Chirac, soupçonné de soutenir la rébellion, avaient dégradé davantage les relations entre l’ancienne puissance coloniale et son pré-carré africain.
Le point culminant de cet imbroglio politico-diplomatique et militaire fut les évènements douloureux et malheureux de novembre 2004, à la suite desquels le sentiment anti-français dans le pays montera d’un cran. Ainsi, lors de gigantesques manifestations des jeunes patriotes, l’on pouvait entendre scander des slogans hostiles comme « A chaque Ivoirien son Français ».
RESPECT MUTUEL ENTRE SARKOZY ET OUATTARA…
Depuis l’arrestation du président Gbagbo, le 11 avril dernier, et la prise de pouvoir effective par le président Alassane Ouattara, les relations tendues entre les deux pays semblent désormais appartenir au passé. Ce sentiment est partagé par Nicolas Sarkozy qui ne manque pas de souligner que l’élection d’Alassane Ouattara ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et des relations franco-ivoiriennes. Cela est d’autant vrai que ces deux hommes se connaissent très bien et entretiennent des relations amicales depuis des décennies. Alassane Ouattara que Laurent Gbagbo a qualifié de « candidat de l’étranger » en référence au concept de l’ivoirité, lors de la dernière élection présidentielle a toujours bénéficié du soutien de Nicolas Sarkozy.
Cette amitié de longue date entre ces deux hommes peut d’ailleurs expliquer le soutien sans faille que Paris a apporté à Alassane Ouattara dans le bras de fer politico-diplomatique et militaire qui l’a opposé à son rival Laurent Gbagbo et qui s’est soldé par la capture de ce dernier. Même si Paris soutient avoir agi conformément au mandat des Nations Unies en Côte d’Ivoire et en vertu des résolutions 1962 et 1975 du Conseil de sécurité, le président Ouattara n’a pas tari d’éloges à l’égard de la France et de son président à l’occasion de son investiture le 21 mai dernier. Signe de sa redevabilité et de sa reconnaissance à l’endroit de l’ancienne puissance qui lui a permis de neutraliser son rival politique et d’accéder à la plénitude de ses fonctions. « Monsieur le président Sarkozy, le peuple ivoirien vous dit un grand merci. Oui, un grand merci pour votre engagement dans la résolution de la crise ivoirienne sous mandat des Nations Unies qui a permis de sauver de nombreuses vies. Nous vous serons toujours reconnaissants », a-t-il souligné dans son discours.
Notons que le renouveau de la coopération franco-ivoirienne marque dans le même temps la fin du sentiment anti-français entretenu depuis des années par les médias pro-Gbagbo. Ce changement de climat majeur est symbolisé par le maintien de la base militaire française du 43e BIMA (Bataillon d’infanterie maritime) dans le pays. Nicolas Sarkozy l’a lui-même annoncé à l’occasion de son discours prononcé à Port-Bouët devant la communauté française vivant en Côte d’ivoire. Pour le président français, il est important de garder « une présence militaire en Côte d’Ivoire pour protéger nos ressortissants ». Dans le même temps, il lève toute équivoque sur la base militaire dans le pays: « Je veux que les choses soient claires entre nous : l’armée française n’est pas là pour assurer la stabilité de quelque gouvernement que ce soit, fut-il un gouvernement ami. […] L’armée française n’a pas vocation, c’est une nouvelle époque, à soutenir ou à intervenir dans les affaires des Etats africains».
Au-delà de la sécurisation des ressortissants français, le maintien des troupes françaises en Côte d’Ivoire répond sans aucun doute à une demande des autorités ivoiriennes. Cela peut s’analyser à termes d’enjeux aussi bien endogènes qu’exogènes. D’une part, au regard de l’insécurité qui règne à Abidjan, la capitale économique et dans l’Ouest du pays, les nouvelles autorités ivoiriennes auront certainement besoin des militaires tricolores pour aider les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) à assurer le maintien de l’ordre. A cela s’ajoute la réforme de la nouvelle armée. Il faut dire que la Côte d’Ivoire bénéficiera de l’expérience et de l’expertise des militaires français dans formation des militaires ivoiriens et la constitution de la nouvelle armée ivoirienne.
D’autre part, on peut dire que la présence des militaires français en Côte d’Ivoire répond beaucoup plus à des préoccupations d’envergure régionale. En effet, à l’instar des autres pays ouest-africains, le pays n’est pas à l’abri de menaces extérieures et transfrontalières telles que le terrorisme international. Donc, la présence de militaires français sur le sol ivoirien pourrait contribuer à juguler ces menaces terroristes à l’échelle internationale.
RELATIONS DECOMPLEXEES ET… NORMALISEES ?
A en croire le président Ouattara, le maintien de la base militaire française sur le territoire ivoirien est une volonté des autorités ivoiriennes : « Le président Bédié et moi avions saisi déjà les autorités françaises en son temps pour que la base soit maintenue. Sous prétexte de choses que je ne qualifierai pas, mon prédécesseur avait demandé le départ de la base militaire du 43e BIMA. La Côte d’Ivoire est un lieu très important en Afrique de l’Ouest. Nous sommes tout de même au centre de l’Union économique et monétaire. Nous sommes la 2e puissance au sein de la CEDEAO. Nous avons une coopération très étroite avec des pays comme le Burkina et le Mali où il y a des menaces de terrorisme. Donc, nous pouvons dire que l’influence collective avec nos partenaires va jusqu’aux frontières de l’Algérie et d’autres pays où le terrorisme est qu’en même une menace. Alors, pourquoi retirer la base militaire de la Côte d’Ivoire ? Je trouve que c’est un instrument important pour lutter contre le terrorisme. Il faut que cette base soit renforcée. Il faut que toute cette sous-région soit en paix et soit protégée parque nous n’avons pas les moyens de renseignement et de suivi pour régler les problèmes terroristes ».
Cependant, certains militants de l’ex-parti au pouvoir continuent de dénoncer cette coopération franco-ivoirienne qu’ils qualifient de paternalistes. Ainsi, pour Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale et par ailleurs président par intérim du Front populaire ivoirien, Il n’est pas admissible qu’aujourd’hui encore les choses se passent entre Paris et Abidjan comme elles se sont passées en 1945-1946 ou 1960. Pour lui, l’assistance permanente de la France est de nature à infantiliser les Etats. Face aux détracteurs qui voient dans le maintien de la base militaire française en Côte d’Ivoire, un retour de la France-Afrique, le nouvel homme fort de la Côte d’Ivoire soutient qu’il n’y pas de complexe à solliciter la France : « Pourquoi voulez-vous chaque fois singulariser l’Afrique ? Les Etats-Unis ont des bases dans d’autres pays. En quoi cela gène ? Il y a des bases au Moyen Orient, cela ne gène pas. Quand il s’agit de protéger l’Afrique, on en fait un complexe. Nous, nous n’avons pas de complexe. Nous voulons travailler à protéger les ivoiriens, à protéger les africains ».
Le retour de la Côte d’Ivoire dans le concert des Nations est désormais effectif. Les relations décomplexées dont parlent les présidents français et ivoiriens marquent-elles la fin d’un certain monopole de la France en Côte d’Ivoire ? Alassane Ouattara, qui pendant longtemps fut considéré par l’Elysée comme le candidat le plus américanophile ne va-t-il pas se tourner vers les Etats-Unis ? Cet ancien haut fonctionnaire du FMI (Fond monétaire international), libéral de surcroit a de nombreuses entrées dans le milieu des affaires au pays de l’Oncle Sam.
Une chose est sûre, la Côte d’Ivoire représente désormais un enjeu géopolitique aux yeux du monde. Et les Etats-Unis n’hésiteront donc pas à s’y positionner de façon stratégique.
* Jean-Jacques Konadjé est docteur en Science politique, Il enseigne la communication à l’Université de Rouen.
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Commentaires & analyses
Frantz Fanon: 50 ans plus tard
Richard Pithouse
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/comment/74593
Fanon est né en 1925 en Martinique dans les Caraïbes françaises. L’île a été colonisée par la France qui a exterminé la population autochtone, y a introduit des esclaves d’Afrique et a contracté des travailleurs indiens pour les plantations de canne à sucre. Le réveil politique de Fanon a eu lieu lorsqu’il avait 14 ans et, en 1939, il a eu l’extraordinaire bonne fortune d’avoir pour enseignant le poète et grand intellectuel anticolonialiste Aimé Césaire.
L’année suivante, les Martiniquais noirs, qui se sont souvent considérés comme Français, ont été confrontés au débarquement de 5000 marins, des loyalistes de Vichy, et se sont soudain trouvés aux prises avec un racisme agressif et mesquin de saoulards. Le Fanon adolescent a surpris ses amis lorsque, à l’âge de 17 ans, il s’est porté au secours d’un de ses concitoyens battu par les marins français. Plus encore, lorsqu’il s’est échappé de l’île pour rejoindre les Résistants de la France Libre dans leur lutte contre le fascisme. Un des enseignants du garçon l’avait mis en garde, lui disant que la guerre entre les Blancs n’était pas sa guerre. Fanon l’a ignoré en le traitant de noms d’oiseaux et a déclaré à ses amis : “Chaque fois que la liberté sera menacée, je m’engagerai.’
Mais les Forces de la France Libre n’ont pas fait preuve du même engagement à l’égard de ses soldats noirs. Fanon a été décoré de la Croix de Guerre pour bravoure dans la bataille, mais les soldats noirs ont toujours été traités comme des citoyens de deuxième catégorie et on leur a même nié leur place sur le champ de la victoire finale.
Après la guerre, Fanon a étudié la médecine pour ensuite se spécialiser en psychiatrie. En 1952, à l’âge de 27 ans, il a publié son premier livre ‘Peau noir et masque blanc’. Le livre parle de l’expérience de ceux qui sont noirs et vivent dans un monde anti-noirs. Il commence en Martinique, puis se déplace en France où il examine le langage, le désir sexuel, la présence incarnée dans le monde, la psychologie et la politique de la reconnaissance à la lumière de faits sociaux tels qu’ils ont cours dans une société raciste. C’est un livre extraordinaire, à la fois magnifique et virulent et d’une totale fidélité à l’idée que humanité signifie liberté.
Fanon a soumis le texte à ses professeurs. Mais le monde académique est souvent plus préoccupé par le formatage des jeunes intelligences que par un réel encouragement à l’éclosion de la liberté. Tant et si bien que son livre a été rejeté à priori. Son éditeur était perturbé par certains des aspects de son style poétique. Lorsqu’il a été interpellé, Fanon lui a répliqué : « Je ne peux pas explique la phrase davantage. J’essaie, lorsque j’écris de telles phrases, de toucher une fibre sensible chez le lecteur. C'est-à-dire irrationnellement pour ne pas dire sensuellement ». Il est maintenant reconnu par les grands intellectuels que le racisme a été un élément essentiel dans la construction du monde moderne et donc que ‘ Peau noir et masque blanc’ est un livre important des temps modernes.
En 1953, Fanon a pris un poste dans un hôpital psychiatrique en Algérie coloniale. Sa collègue, Alice Cherki, qui deviendra sa camarade et son biographe, se souvient que le racisme en Algérie était ‘habituel’, ne faisait pas de vague, était compris et considéré comme entièrement naturel. De plus, l’hôpital était géré bien plus selon les normes d’une prison que d’un hôpital où l’on guérit les gens. Fanon a immédiatement fait enlever les chaînes aux patients et a tenté d’organiser l’hôpital comme un lieu thérapeutique.
1954 fût l’année du début de l’insurrection anticoloniale et Fanon a commencé à travailler clandestinement avec le mouvement national de libération de l’Algérie., le FLN, dès le début de l’année suivante. Deux ans plus tard, il renonçait à son poste, écrivant dans la lettre de démission que la société coloniale était plus folle que ses patients. On lui a donné 48 heures pour quitter le pays et il est parti en exil à Tunis où il publiait le journal produit par le FLN et a continué à travailler comme médecin. En 1959, il a écrit un livre’ Un colonialisme à l’agonie’, livre qui examine la façon dont la lutte donne du dynamisme aux cultures. Le chapitre le plus connu considère le rôle changeant du voile dans la lutte contre le colonialisme.
En 1960, Fanon est nommé ambassadeur du FLN au Ghana et il s’est rendu dans de nombreux pays nouvellement indépendant au sud du Sahara pour représenter le mouvement algérien. A la fin de cette année est tombé le diagnostic de leucémie. Il a immédiatement décidé d’écrire un nouveau livre, son dernier. Ce livre, ‘Les damnés de la terre’ a été écrit en dix semaines. Il commence avec un récit de la ville coloniale, ‘unn monde divisé en deux’, et poursuit par la description de la mutation de la conscience qui développe la lutte contre le colonialisme pour finalement examiner la crise des Etats post-coloniaux dans lesquels, ceux qui ont amené ces nouveaux régimes au pouvoir sont exclus de la vie politique active, cependant que les anciens mouvements de libération deviennent un instrument pour contenir les aspirations populaires et pour organiser et légitimer les machinations d’une nouvelle élite plus prédatrice que rédemptrice.
Dans la vision de Fanon, la promesse de lutte nationale de libération ne pouvait pas trouver de rédemption si la conscience nationale ne faisait pas place à une conscience sociale. Il entrevoyait une deuxième lutte dans laquelle les perspectives humaines sont essentielles. Dans son dernier livre comme dans son premier, il a conservé une absolue fidélité à la valeur de la liberté humaine. Le livre a été immédiatement banni et Fanon est décédé dans les semaines qui ont suivis. Il a été enterré au cours des dernières batailles de la guerre d’Algérie, dans une forêt dans les montagnes qui séparent l’Algérie de la Tunisie.
Les travaux de Fanon ont inspiré les mouvements en Afrique du Sud, les intellectuels emprisonnés en Amérique et les gens du monde entier qui voulaient lutter contre le racisme et la colonisation ou qui offraient de la résistance aux nouvelles élites qui ont accaparé et perverti ces luttes à leur propre petit profit.
Fanon n’aurait certainement pas souhaité être canonisé comme une autorité en dehors du contexte dans lequel il a lutté et écrit Au contraire, de son premier à son dernier livre, il a toujours soutenu, qu’une pensée vivante doit toujours être un engagement dans une situation donnée.
Mais 50 ans après sa mort, notre monde est toujours spectaculairement similaire et différent de celui dans lequel Fanon a vécu et lutté avec une passion incandescente. Ses remarques concernant le pétrole iraquien qui ‘a fait tomber toutes les prohibitions et incarne les vrais problèmes’ et ‘les Marines qui sont périodiquement envoyées pour rétablir ‘’l’ordre’’ en Haïti’ sont autant de propos qui ne sont guère étranger à notre époque. Sa description de la dégénérescence des luttes nationales pour la libération en un pillage organisé, est qualifiée généralement de prophétique par les nouveaux lecteurs d’Afrique australe.
Mais les printemps politiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et les remous précédents en Amérique latine ont certainement perturbé la tranquillité des trente dernières années et on est fort éloigné de l’Afrique en mouvement décrite par Fanon. Il semble que beaucoup de temps s’est écoulé depuis que des gens comme Fanon ou Patrice Lumumba considéraient comme parfaitement raisonnable de se voir comme participant à une large lutte pour accoucher d’une Afrique nouvelle. Ici en Afrique du Sud, notre génération de géants s’en va et est remplacée par un mélange de bouffons impitoyables qui président un Etat de plus en plus violent et prédateur et de technocrates obtus qui pourraient se soumettre à une révision politique mais jamais à la liberté.
Cependant, la lutte continue et 50 ans après sa mort Fanon nous appelle encore à participer à la lutte dans cet espace social dans lequel des femmes et des hommes ordinaires remettent les choses en question et assument la force et la raison d’une urgence politique réelle.
Depuis le décès d’Edouard Glissant en février de cette année, il semble juste de dire que Patrick Chamoiseau, le romancier si extraordinairement inventif, est probablement l’intellectuel martiniquais contemporain le plus respecté. Dans son ouvrage le plus connu, « Texaco », il écrit à propos ‘d’un prolétariat sans usine, des ateliers et des travaux sans patrons, dans la confusion des petits boulots, qui se noient dans la survie et qui mènent une existence comme un chemin dans la braise.’ C’est sur ce chemin, un chemin littéralement couvert de braises, sous les balles réelles, des balles tirées par les Etats, et des sacs en plastique plein de merde, que la fidélité de Fanon à l’humanité, à toute l’humanité, doit être réaffirmée par notre génération avec la plus grande urgence
* Richard Pithouse enseigne à l’université de Rhodes en Afrique du Sud – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Contexte des remarques de Hillary Clinton sur la “nouvelle colonisation» de l'Afrique
Isaac Odoom
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/comment/74594
En mi-juin, Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine s’est embarquée pour un périple africain qui l’a menée en Zambie, en Tanzanie et en Ethiopie. Lors d’une conférence de presse à Lusaka, elle aurait mis en garde le continent hôte contre la ‘nouvelle colonisation’ en Afrique par des acteurs extérieurs et des investisseurs soucieux uniquement d’extraire les ressources naturelles africaines. (voir le Huffington Post)
‘Nous avons vu que pendant la période coloniale, il était très facile de venir et de prendre les ressources, de payer les dirigeants et de repartir… Nous ne voulons pas d’un nouveau colonialisme en Afrique’, a déclaré Mme Clinton à Lusaka. ‘Lorsque les gens viennent en Afrique pour investir nous leur souhaitons de réussir dans leurs affaires mais aussi de faire le bien… Nous ne voulons pas qu’ils sapent la bonne gouvernance en Afrique’, a-t-elle ajouté. La secrétaire d’Etat américaine n’a pas nommément cité la Chine, mais comme l’ont confirmé par la suite certains de ses conseillers à des journalistes, elle voulait souligner que les pays africains devraient se méfier de la Chine et exiger des standards élevés de la part des investisseurs. Ainsi donc, les Etats-Unis sont préoccupés par les pratiques et l’assistance étrangère chinoise en Afrique et le fait que celles-ci ne seraient pas toujours conformes aux normes de transparence et bonne gouvernance internationalement acceptées.
Les commentaires de Clinton sur la ‘nouvelle colonisation’ chinoise et l’offre des Etats-Unis comme meilleur partenaire pour aider les pays africains à s’améliorer généreront des réactions diverses chez les différents observateurs, y compris les dirigeants et investisseurs africains et chinois. A tort ou à raison, pour certains des afro-sceptiqes, les remarques de Clinton sont hypocrites. Comme politicienne occidentale, il lui manque le droit moral de formuler de tels commentaires à propos d’acteurs extérieurs, compte tenu des pratiques de politique étrangère et des priorités des Etats-Unis et de l’Europe en Afrique au cours des années.
Les dirigeants chinois peuvent fulminer à propos de ses commentaires qui semblent impliquer que la Chine n’investit pas sur le long terme mais n’est intéressée qu’à investir dans la frange étroite de l’élite africaine. Les dirigeants chinois peuvent répliquer que leurs nombreuses visites sur tout le continent au cours des cinq décennies écoulées, les nombreux projets d’infrastructure et d’investissements commerciaux dans de multiples secteurs de l’économie africaine sont la preuve d’un intérêt profond et large, qui s’inscrit dans la durée. Ce que Clinton ne semble pas reconnaître.
Quelle que soit la façon dont on choisit d’interpréter les commentaires de Clinton ses audacieux conseils aux dirigeants africains sont impressionnants. En fait, ses préoccupations concernant la gouvernance politique et économique de l’Afrique sont dignes d’éloges. Néanmoins, de nombreux observateurs des relations internationales africaines auraient souhaité qu’elle fasse preuve de la même sollicitude à propos des pratiques de politique étrangères d’autres agents extérieurs, y compris l’assistance et les pratiques d’investissements américains en Afrique. On est tenté de demander : pourquoi les Etats-Unis sont-ils si préoccupés par le rôle de la Chine en Afrique ? La Chine est-elle le seul ‘chenapan’ dans la ville ? Certains acteurs occidentaux ne sont-ils pas coupables des mêmes activités en Afrique ? (Deborah Brautigam pose les mêmes questions dans son livre ‘The dragon gift : the real story of China in Africa)
Il est évident qu’il y a beaucoup à critiquer dans les pratiques chinoises en Afrique et le bilan de la Chine dans le domaine des droits humains. Autant sur son propre territoire qu’en Afrique, il y a beaucoup de choses à améliorer pendant que les dirigeants chinois cheminent timidement et avec inconstance dans le sens d’un partenariat africain responsable. Mais, à mon avis, les commentaires de Clinton doivent être placés dans le contexte plus large de l’évolution du discours sur l’ascension de la Chine sur la scène globale, en particulier en ce qui concerne son engagement croissant dans les pays africains au cours de la dernière décennie.
Il est certain que les relations sino-africaines, aux multiples facettes, sont complexes. Toutefois, dans les discours de nombreux observateurs, y compris les politiciens et les intellectuels occidentaux, il y a une tendance à réduire la politique sino-africaine à dire « La Chine c’est ce qu’il y a de pire » ou « La Chine c’est ce qu’il y a de mieux ». Avec une approche aussi réductionniste, certaines questions importantes restent dans l’ombre et plus encore, les intentions réelles de certains commentateurs sont obscurcies. Par exemple, les dirigeants chinois et les médias s’efforcent de présenter une vision en rose des relations sino-africaines, basées sur l’amitié et le bénéfice mutuel. Et alors que certains journalistes africains et hommes d’affaires locaux sont beaucoup plus sceptiques, certains dirigeants africains ont une vision positive concernant les bénéfices d’une relation étroite avec la Chine (BBC survey)
Il est important de noter que les remarques de Clinton à Lusaka sont de la même veine que ceux des médias et des politiciens occidentaux concernant les relations sino-africaines, qui sont généralement négatives. La Chine a été décrite comme un ‘donateur voyou’, qui offre de ‘l’aide toxique’ aux Africains. Dans un des câbles révélés par Wikileaks à la fin de l’année dernière, l’ambassadeur américain Johnnie Carson a décrit la Chine comme un ‘compétiteur économique très agressif et pernicieux en Afrique,… dépourvu de morale.’ (voir le blog de la BBC.co.uk) Est-ce là vraiment tout ce qu’il y a dire sur les relations sino-africaines ?
Certains, sinon la majorité des politiciens occidentaux, suite aux conclusions hâtives et (parfois) aux manifestations d’ignorance de l’impact réel de l’engagement de la Chine en Afrique, ’ font état de l’expansion agressive des intérêts chinois dans les sociétés et les pays africains, en même temps que leur collaboration avec des élites locales autocratiques et les despotes, avec une hypocrisie qui porte les marques de l’amnésie… On serait dès lors tenté de se demander si le souci exprimé n’a pas beaucoup plus à voir avec les intérêts occidentaux qu’avec le bien-être des peuples africains, compte tenu du fait que ce que nous voyons aujourd’hui n’est rien de nouveau ni dans la forme ni dans les effets’ (Henning Melber, 2007 p.6)
Ceci ne signifie pas que l’on ne peut critiquer certaines pratiques stratégiques chinoises en Afrique, simplement parce les commentaires sont le fait d’acteurs occidentaux. Mais il est certain que la légitimité du propos dépend des intérêts sous-jacents de celui qui critique. Il n’est pas réaliste de supposer que la politique étrangère et l’aide au développement chinoises sont plus motivées par les intérêts de la Chine que dans le cas des autres pays.
On peut accepter que ces critiques se fondent sur le souci du bien-être des populations africaines, mais l’auto-légitimation de ce discours, au travers de la rhétorique « on se soucie des Africains » ne peut être un motif crédible pour s’opposer aux pratiques chinoises en Afrique. L’expérience historique, qui montre que les préoccupations humanitaires de l’Occident sont opportunistes et liées à des intérêts stratégiques, détermine la crédibilité de toutes ses voix officielles qui maintenant articulent leurs préoccupations à propos de l’impact possible de ces ‘nouveaux’ acteurs en Afrique, en particulier la Chine.
Clinton a justement souligné que’ l’assistance étrangère de la Chine et ses pratiques d’investissements n’ont pas toujours été conforme aux normes internationales de transparence et de bonne gouvernance.’ En effet, la Chine a fort à faire pour rationaliser et améliorer ses engagements aux multiples aspects dans les pays africains, mais elle n’est pas la seule dans son cas. Les Etats-Unis (et d’autres acteurs occidentaux y compris les banques multinationales et les compagnies pétrolières) ont eux aussi à examiner et à réviser leurs pratiques. Des pays pauvres comme l’Egypte et l’Ethiopie ne sont –ils pas les récipiendaires de l’aide américaine depuis des années ? N’est-il pas vrai que les considérations de sécurité énergétiques prévalent sans considération de la bonne gouvernance dans le cas des relations du gouvernement américain et de la Guinée équatoriale ? Sont-ce là des pratiques compatibles avec la bonne gouvernance ?
On pourrait dire que les objectifs et intérêts stratégiques de la Chine diffèrent peu des autres acteurs extérieurs prêts à s’impliquer en Afrique, contrairement à ce que Clinton essaie de nous faire accroire. Une analyse plus approfondie et soigneuse des relations sino-africaines révèlerait peut-être que la Chine mène sa politique de manière apparemment similaire mais aussi de façon étonnamment différente.
Une fixation excessive sur le ‘particularisme chinois’ et une façon de légitimer ses propres intérêts et objectifs stratégiques en Afrique n’est pas une démarche à suivre. De telles mises en garde seraient plus crédibles pour les Africains si les Etats-Unis et d’autres acteurs extérieurs mettaient leurs affaires en ordre. A défaut, ces critiques vont non seulement faire fulminer certains observateurs, en considérant les intérêts sous-jacents de ceux qui critiquent, mais peut aussi enhardir la Chine.
Ceci dit, les Africains ne devraient avoir aucune illusion quant aux objectifs de la Chine des Etats-Unis ou de l’Union européenne dans leur pays. Les Chinois, comme tous les acteurs extérieurs, agissent de façon ‘réaliste’, c'est-à-dire qu’ils servent leurs propres intérêts. Mais précisément parce que la Chine agit selon ses propres intérêts et que pour des raisons historiques elle ne peut appliquer ces stratégies de sauveur à la manière dont l’Occident légitime ses interventions en Afrique, il y a un potentiel crédible pour un grand partenariat entre les Chinois et les Africains. Les Africains doivent débloquer ce potentiel.
L’Afrique ne peut pas se permettre de laisser aux Chinois dicter les termes. Ces termes doivent être édictés par nous. Nous n’avons nul besoin d’être mis en garde ou que des acteurs intéressés nous fassent la leçon avant d’agir. La Chine est réelle. Il est temps de demander ce que l’Afrique fait à propos de la Chine et non pas ce que la Chine fait ou ne fait pas en Afrique.
* Issac Odoom est diplômé de l’université d’Alberta au Canada.
Contact : kojo.odoom@gmail.com Texte Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Sauver l’Ouganda de la malédiction de son pétrole
Jason Hickel
2011-07-05
http://pambazuka.org/fr/category/comment/74592
En 2006, l’existence d’énormes réserves de pétrole commercialement exploitable a été confirmée en Ouganda, autour du Lac Albert près de la frontière occidentale du pays. Depuis lors, les géologues ont apporté la preuve d’au moins deux milliards de barils. Seul 25% de la région ayant été explorée, certains rapports laissent à croire qu’il pourrait y avoir au moins trois fois cette quantité. Suffisant pour faire de l’Ouganda un acteur majeur de l’industrie pétrolière africaine. Ce pétrole est prêt à couler plus tard dans l’année, peut-être au début de l’année 2012, avec une production qui vise les 200 000 barils par jour.
Cette découverte marque le début d’une ère nouvelle dans l’histoire de l’Ouganda et il y a un grand espoir dans tout le pays que la production du pétrole donnera le coup d’envoi au développement et à la lutte contre la pauvreté. En considérant l’histoire, force est de reconnaître que ces espoirs sont terriblement mal placés. La découverte de pétrole en Afrique n’a que rarement apporté des changements socioéconomiques positifs. En effet, c’est tout le contraire qui est vérifiable : les régions avec une abondance de ressources non renouvelables souterraines ont presque toujours fait l’expérience d’un recul du développement et d’une moindre croissance économique que les pays avec moins de ressources.
Le Nigeria offre un exemple perturbant de cette tendance. Depuis que la production a commencé au milieu des années 1960, la manne pétrolière à rapporter quelque 340 milliards de dollars au Nigeria. Mais l’économie reste en ruine complète : plus de 70% des Nigérians vivent en dessous du seuil d’une pauvreté irrémédiable- gagnant moins d’un dollar par jour- et le taux de mortalité infantile est parmi les plus élevé du monde. En effet, les Nigérians sont significativement plus pauvres qu’au début de l’exploitation du pétrole lorsque ‘seulement’ 36% de la population vivaient sous la ligne de pauvreté. En dépit de revenus pétroliers gigantesques, le revenu per capita en l’an 2000 était à peu près équivalent à celui de 1965. Des problèmes similaires assaillent d’autres pays africains qui sont de grands producteurs de pétrole : le Tchad, l’Angola, le Gabon, la Guinée équatoriale.
LA MALEDICTION DES RESSOURCES
Les économistes appellent ce paradoxe de la pauvreté au milieu d’énorme richesse la ‘malédiction des ressources’. Alors que les économies se reposent toujours davantage sur les industries d’extraction, les cours de change se renforcent, rendent l’importation de moins en moins cher au point que celle-ci mine les producteurs locaux, paralysant la diversification économique, un scénario connu sous le nom de ‘maladie hollandaise’. De plus, lorsque les Etats tirent la majeure partie leurs revenus de loyers plutôt que des impôts, le contrat social entre un gouvernement responsable et ses citoyens s’érodent et les administrateurs n’ont plus d’incitations pour investir dans les ressources humaines, pour encourager l’industrie ou promouvoir le développement d’une classe moyenne qui garantirait pourtant la rentrée régulière des impôts. De tels Etats tendent a devenir sévèrement répressifs : les pays producteurs de pétrole dépensent trois fois plus pour les forces armées que les pays développés et dix fois plus que les pays en voie de développement (en proportion du PIB).
Si des contrôles précis ne sont pas rapidement mis en place, l’Ouganda subira le même sort. Au lieu de produire des résultats positifs de développement, l’exploitation du pétrole en Ouganda (par Tullow Oil, Total, et la China Offshore Oil Corporation) est susceptible d’aggraver l’inégalité des revenus, de renforcer la pauvreté et de contribuer à la dégradation économique et à la dévastation de l’environnement. Plus grave encore, la robuste communauté de petits paysans qui fournit environ 70% des emplois, pourra être sérieusement menacée par l’influx attendu de devises étrangères.
Alors que ces préoccupations gagnent du terrain, les politiciens ougandais se sont empressés de construire un cadre législatif qui gère la production pétrolière et ses revenus, pour le jour où le pétrole commencera à couler dans les oléoducs. En 2008, le gouvernement a approuvé un nouveau cadre national pour les politiques gazières et pétrolières, ostensiblement afin ’d’utiliser les ressources gazière et pétrolière pour d’éradiquer rapidement la pauvreté et créer des valeurs durables pour la société.’
Compte tenu de la corruption dans laquelle baigne le gouvernement de Yoweri Museweni, le cadre proposé est un document étonnamment progressiste. Il se trouve en effet que le ministre du pétrole et du développement des minerais a esquissé ce cadre en consultation avec des experts norvégiens qui sont les pionniers d’une des meilleures pratiques du monde dans le domaine de l’industrie pétrolière. Par exemple, les revenus pétroliers de la Norvège alimentent massivement un ‘Fond pour les générations futures’, qui soutient les services de la sécurité sociale et maintient le taux de chômage à environ 3%, l’un des plus bas du monde.
Un observateur superficiel serait dûment impressionné par le langage inclus dans le document. Il parle de protection de l’environnement, propose des revenus pour les générations futures et promet de garantir aux Ougandais le bénéfice de nouveaux emplois. Il suggère également que les compagnies pétrolières doivent investir dans les ressources humaines locales (il manque actuellement à l’Ouganda la main d’œuvre qualifiée requise par l’industrie pétrolière) et se conformer aux standards de l’Extractive Industries Transparency Initiative (EITI)
LES PETITES LETTRES
Un examen plus approfondi montre toutefois que le National Oil and Gaz Policy est dangereusement vague et totalement inefficace. Le document n’a pas de poids légal et n’inclut aucun mécanisme qui rendrait les règles proposées contraignantes. Mais si cette proposition de loi devait entrer en vigueur, elle ne comprend rien que les compagnies pétrolières n’incluraient de leur propre initiative dans une tentative de présenter une façade de légitimité et de redorer le blason d’une industrie assiégée par le cauchemar des relations publiques. En fait, le document est beaucoup plus soucieux de créer un climat propice aux investissements par des compagnies étrangères que de garantir le bien-être des Ougandais.
Le document manque une magnifique occasion de prévenir la malédiction et de faire en sorte que le pétrole fasse le bonheur des Ougandais. Une politique élaborée à cette fin pourrait emprunter le langage de la Constitution de l’Alaska, qui requiert que toutes les ressources naturelles « soient utilisées pour le bénéfice de la population et seulement selon des critères de durabilité ». De telles dispositions fourniraient une arme puissante aux Ougandais pour s’assurer que la richesse commune du pays sert les citoyens pendant des générations.
En terme de réglementation, celles-ci devraient inclure une clause qui exige que toutes les multinationales réservent, pendant une période, au moins 80% des emplois et des contrats à la population locale et investissent dans la formation locale jusque et y compris la formation d’ingénieurs locaux. Le gouvernement devrait également augmenter les exigences de régulations environnementales afin de les mettre en conformité avec les normes internationales et exiger que les compagnies étrangères et nationales établissent un fond de compensation pour les pollutions aux hydrocarbures et autres dommages à l’environnement.
Du point de vue des revenus, le gouvernement devrait imposer les profits des compagnies pétrolières à un niveau relativement élevé, en commençant, à l’instar de la Norvège, avec 78% d’impôts sur le revenu net avec un ajustement légèrement dégressif en raison des infrastructures sous-développées et les risques géopolitiques pour les investisseurs. Ces revenus devraient être versés dans un compte faisant l’objet d’un audit indépendant, rendu public chaque trimestre. Au moins 10% des revenus devraient être versés dans un « Fond pour les générations futures » à l’instar des modèles norvégiens et de l’Alaska - afin de mettre en place un fond d’investissement pour les jours où il n’y aura plus de pétrole. Ce fonds devrait être solidement protégé contre les abus des fonctionnaires gouvernementaux. Les intérêts dégagés devraient être reversés à la population sous forme de caisse de retraite. Comme en Norvège, le Fonds devrait se prévaloir d’un conseiller en éthique afin de garantir que les investissements soient conformes aux normes environnementales et aux lois du travail et servent à promouvoir la croissance chaque fois que possible.
A hauteur de 20%, les revenus devraient être destinés spécifiquement à la diversification de l’économie. Utiliser l’argent du pétrole pour subventionner des secteurs économiques durables comme l’agriculture ou la manufacture préviendrait la ‘maladie hollandaise’, créerait largement de l’emploi localement (ce que l’industrie pétrolière ne fait pas). Il faut aussi sevrer graduellement le gouvernement de sa dépendance aux revenus provenant de loyers pour introduire à la place un système fiscal qui repose sur la classe moyenne en expansion. Enfin et suivant les recommandations formulées à l’égard du Tchad, 50% des revenus devraient être destinés à des secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, les infrastructures et le développement rural. Cette allocation devrait être rigoureusement supervisée par des instances démocratiques.
Une politique selon ces termes devrait être clairement inscrites dans le Petroleum Exploration, Development and Production Act proposé et le Public Finance et Accountability Law que le gouvernement est entrain d’amender. On regrettera que le processus d’élaboration de ces lois a eu lieu principalement dans le secret avec peu de participation des partis d’opposition et ou des dirigeants de la société civile.
EVITER LE PILLAGE
Pour que les Ougandais puissent bénéficier de la production pétrolière, le pays doit recevoir les revenus auxquels il a droit. En son état actuel, le document cadre ne protège pas l’Ouganda du pillage par les compagnies multinationales qui auront tôt fait de dominer l’économie. Une nouvelle étude menée par le Global Financial Integrity montre que l’évasion fiscale commerciale et la falsification des prix sont responsables de 65% de la fuite illégale des capitaux hors de l’Afrique, face aux 3% résultant de la corruption locale. Depuis 1970, qui marque le début de l’ère de la déréglementation du marché global, 1,17 trillions de dollars ont disparu du continent par le biais de l’évasion fiscale et la falsification des prix. Cette tendance est très évidente dans les pays exportateurs de pétrole, où les multinationales étrangères ont une forte présence, avec en tête de liste, le Nigeria et l’Angola.
Ce vol de 1,17 trillions de dollars représente plusieurs fois tout ce que le continent a reçu en terme d’aide. De telles chiffres démontrent qu’il n’y a rien de naturel ou d’inéluctable à la pauvreté du continent : c’est le produit de l’extraction systématique et sur le long terme de la richesse. Appliquer le EITI serait un bon premier pas en direction de la solution du problème, compte tenu du fait qu’il exige la publication régulière des audit indépendants concernant toutes les transactions financières entre les compagnies pétrolières et les gouvernements. Mais le EITI ne peut pas prévenir la falsification des prix, pas plus qu’il ne peut empêcher le blanchiment d’argent à l’interne qui permet d’annoncer des bénéfices imposables réduits. Afin de combler ces lacunes, l’Ouganda devrait solliciter les services d’une agence de surveillance avérée comme le Tax Justice Network.
Franz Fanon, une des plus grandes voix du mouvement anti-colonial africain, reconnaissait que ‘pour un peuple colonisé une des valeurs essentielles, parce que la plus concrète, est d’abord et encore et toujours la terre : la terre qui lui donnera du pain et, par-dessus tout, la dignité. « Si les Ougandais ne prennent pas immédiatement des mesures afin de protéger les revenus de leur terre, le pays prendra bientôt le même chemin que le Nigeria et deviendra un autre exemple de cette situation qui fait que, des décennies après la fin du colonialisme formel, des compagnies prédatrices continuent de piller les ressources africaines, ne laissant rien dans leur sillage que la pauvreté, des promesses rompues et des trous vides dans la terre.
* Jason Hickel enseigne dans le cadre du programme des études africaines à l’université de Virginia tout en travaillant à son doctorat en anthropologie. Cet article a d’abord été publié dans Foreign Policy in Focus - Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Arts & livres
Afrique : Le Rapec, pour une nouvelle vision de la culture africaine
2011-07-03
http://tinyurl.com/5uol4q3
Créé en 2007 à l’initiative des acteurs et entrepreneurs culturels d’Afrique et de sa diaspora, le RAPEC milite pour un nouveau dynamisme de l'activité culturelle du continent africain. À quelques exceptions près, rares sont les acteurs culturels africains qui parviennent à vivre de leur métier. Les raisons de cette situation sont multiples : manque d’organisation de tous ces corps de métiers, absence de politique adéquate des gouvernements et des États pour mieux cadrer les activités culturelles. Le président du RAPEC décrit sa vision de la place de la culture dans les politiques de développement, avant le premier congrès* de l’organisation, prévu du 11 au 13 octobre 2011 à Libreville au Gabon.
Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique
Afrique : Les relations sino-africaines basées sur le «win win»
2011-07-03
http://tinyurl.com/6gnyr8w
L’amitié sino-africaine remonte loin dans l’histoire et repose sur un socle solide. Ayant vécu dans le passé le même sort, la Chine et l’Afrique se sont toujours témoignées sympathie et soutien dans la lutte pour la libération nationale et ont noué entre elles une amitié profonde. La coopération économique et commerciale n'a cessé de s'approfondir. En 2008, le volume des échanges commerciaux sino-africains a franchi la barre de 100 milliards de dollars US. On compte maintenant 53 pays africains qui ont des échanges commerciaux avec la Chine. Les implantations d'entreprises chinoises en Afrique ont avoisiné 1 600, dont les investissements directs ont totalisé 7,8 milliards de dollars. La prise en charge forfaitaire des travaux et la coopération en matière de main d'œuvre ont connu une extension constante, tandis que la coopération financière a poursuivi son essor.
Soudan : La Chine déroule le tapis rouge pour Béchir
2011-07-03
http://tinyurl.com/6as5ogo
Placé sous mandat d’arrêt international, le président soudanais a été accueilli en grande pompe en Chine, où il effectue une visite officielle. Un séjour qui suscite l'ire des organisations qui militent pour son extradition à La Haye. Aux yeux de Simon Foreman, responsable des questions de justice internationale à Amnesty International, le choix des autorités chinoises de recevoir le chef de l'État soudanais est un “coup dur” pour la CPI. Malgré l’épée de Damoclès sur sa tête, Omar el-Béchir n’a cessé de défier la justice internationale, en se rendant à maintes reprises à l’extérieur de son pays.
Droits humains
Afrique : Pourquoi la justice importe tant ?
2011-07-03
http://tinyurl.com/6hesyfx
Les dirigeants africains se retrouvent ce 30 juin à Malabo, en Guinée équatoriale, à l’occasion du sommet de l’Union africaine (UA), pour discuter des nombreux défis auxquels le continent est aujourd’hui confronté. Nul doute que les enjeux économiques et sociaux vont occuper une place centrale dans les discussions. Cependant, la justice internationale se retrouvera aussi probablement sous les projecteurs. Plus de 125 organisations basées en Afrique et provenant de 25 pays ont uni leurs voix pour appeler les dirigeants africains à saisir l’opportunité de démontrer leur soutien à la Cour pénale internationale (CPI) et encourager la coopération avec cette institution. Toutefois, les organisations de la société civile considèrent que l’Afrique devrait renforcer son soutien à l’obligation de rendre des comptes au lieu de revoir son engagement à la baisse.
Côte d'Ivoire : Mandats d'arrêt contre Blé Goudé et d'autres pro-Gbagbo
2011-07-03
http://tinyurl.com/5vnuohf
La justice ivoirienne a délivré des mandats d'arrêt internationaux contre Charles Blé Goudé, figure de proue du régime déchu de Laurent Gbagbo, et d'autres proches de l'ancien président. Les personnes visées par des mandats d'arrêt sont recherchées dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "vol aggravé, détournement de deniers publics, pillage, concussion et atteinte à l'économie publique". Quinze personnes ont déjà été inculpées et placées en détention préventive la semaine dernière pour ces faits, ainsi que pour "attentat contre l'autorité de l'Etat, constitution de bandes armées", "rébellion", "tribalisme et xénophobie ».
Egypte : Mickey Mouse, l’islam et le milliardaire égyptien
2011-07-03
http://tinyurl.com/5t93wpa
Naguib Sawiris est accusé d’« insulte envers l’islam » pour avoir diffusé l’image de Mickey et Minnie en tenue islamique. Plusieurs avocats islamistes ont porté plainte contre le richissime homme d’affaire pour insulte envers l’islam. Sur internet, de nombreuses pages ont été créées sur les réseaux sociaux appelant à boycotter la compagnie de téléphonie mobile du milliardaire, Mobinil. Le 27 juin, les actions de Mobinil et d’Orascom, le conglomérat fondé par le patriarche de la famille, Osni Sawiris, ont chuté à la bourse égyptienne.
Guinée : Réactions mitigées sur l’affaire DSK
2011-07-03
http://tinyurl.com/6fmkhcl
Si aux Etats-Unis la presse se montre plus clémente envers DSK à la lumière des rebondissements de l'affaire, en Guinée, la rue a du mal à digérer le revirement de situation. DSK a profité de sa première soirée de liberté pour aller dîner dans un restaurant italien Présent au sommet de l'UA à Malabo, le président guinéen Alpha Condé a confié à RFI sa réaction plutôt mitigée : « Nous sommes tous les deux membres du Parti socialiste, le PS français est membre comme nous de l'Internationale socialiste, donc je suis très heureux pour lui. Et j’espère que des souffrances ne vont pas le marquer. Par contre, évidemment, la dame est une Guinéenne. Il est du devoir du chef d’Etat de la Guinée de défendre tous les citoyens guinéens ». A Conakry, on accepte difficilement le retournement de l'affaire DSK, comme en témoignent plusieurs Guinéens.
Tchad : Début du procès à Paris sur l’affaire Brahim Déby
2011-07-03
http://tinyurl.com/5tdcdkl
La Cour d’assises des Hauts-de-Seine a ouvert le procès sur l’assassinat de Brahim Déby (27ans) fils du président Tchadien, Idriss Deby Itno, assassiné le 02 juillet 2007 dans son parking à Courbevoie banlieue parisienne). Un dossier judiciaire « géré avec prudence » sur l’axe Paris-NDiaména. Selon des sources bien informées, le président Déby est attendu à Paris le 4 juillet prochain et devrait être reçu en marge de l’ouverture du procès de son fils, par son homologue, Nicolas Sarkozy. Lequel s’est illustré par une position neutre, laissant à la justice française de faire son travail.
Réfugiés & migration forcée
Lybie : Les victimes délaissées de la guerre
2011-07-03
http://tinyurl.com/6co6phn
Le camp de Shousha compte 4 000 anciens travailleurs immigrés de retour de Libye. Ils sont nigérians, soudanais, somaliens, ivoiriens, maliens, érythréens… Il y a beaucoup d’hommes, mais aussi des femmes et des enfants. La majorité de leurs compatriotes ont été rapatriés vers leur pays d’origine. Pas eux. Ils disent ne pas pouvoir regagner leur patrie, du fait de l’insécurité, de la guerre, ou de la peur de discriminations. À l’intérieur des centres d’accueil de réfugiés italiens, 18 000 personnes sont dans le même cas de figure. De nombreux récits portent aussi sur des persécutions antérieures au conflit. Les sans-papiers passés par les centres de rétention pour migrants en Libye parlent de conditions de vies inhumaines, de violences sexuelles ou de mauvais traitements.
Tchad: Les retombées de la situation libyenne
2011-07-03
http://tinyurl.com/6kzp86u
Alors qu’elles tentent de faire face à la perte des envois de fonds des parents qui sont rentrés de Libye, les familles tchadiennes sont confrontées à une insécurité alimentaire croissante, s’endettent encore davantage et vendent leurs biens personnels. Le prix des aliments de base a augmenté : A Mao, la capitale du Kanem, le blé importé coûtait 43 pour cent de plus en avril 2011 qu’en avril 2010 ; l’huile d’arachide avait augmenté de 44 pour cent et le riz de 6 pour cent ; le prix du millet avait baissé. On ne sait pas encore clairement combien de Tchadiens sont susceptibles de rentrer de Libye.
Elections & gouvernance
Afrique : Les 5 plus gros mensonges sur l'Afrique
2011-07-03
http://tinyurl.com/5rg62qv
L'Afrique évolue plus vite que l'image que beaucoup ont d'elle. Des préjugés sur le continent noir persistent. Démenti sur 5 idées reçues. Avec 68 conflits actuels répertoriés dans le monde en février 2011, 27 seulement se déroulent en Afrique, contre 36 en Asie.Sur les quelques 200 millions de migrants dans le monde, qui vivent en dehors de leur pays de naissance, il n'y a que 15 millions d'Africains subsahariens résidant en dehors du continent, et seul 1 africain sur 30 a choisi de vivre en France. Ce n'est pas le continent le plus peuplé. Il l'est beaucoup moins que l'Asie, avec ses 3,9 milliards d'habitants; aussi peuplé que le continent américain (900 millions); et un peu plus que l'Europe, avec ses 922 millions d'habitants estimés en 2005.
Afrique : L'UE va se doter d'un émissaire spécial pour l'Afrique du Nord
2011-07-03
http://tinyurl.com/6jqzp2h
L'Union européenne va se doter d'un émissaire spécial pour l'Afrique du Nord afin de densifier sa politique dans la région et tenter d'accroître son influence dans le contexte de mutations rapides issu du «printemps arabe». Bernardino Leon, haut conseiller en matière de politique étrangère au sein du gouvernement espagnol, est pressenti pour ce poste qui couvrira notamment la Tunisie, le Maroc, l'Egypte, la Libye et l'Algérie. Les Vingt-Sept souhaitent renforcer leur influence dans ces pays géographiquement proches et adopter une politique méditerranéenne plus claire, eux qui ont souvent été accusés de fermer les yeux sur les régimes autoritaires en place avant le début du «printemps arabe».
Congo : Une liste noire d’opposants sème le trouble dans la diaspora en France
2011-07-03
http://tinyurl.com/62e5njc
Une liste noire d’opposants congolais attribuée au ministère des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC) suscite inquiétudes, réprobation et scepticisme au sein de la diaspora congolaise à Paris. 'Je ne comprends pas comment mon nom a pu se retrouver sur cette liste. Signée par Freddy Sombo, conseiller au ministère congolais des Affaires étrangères, la liste noire présumée comprend une cinquantaine de noms parmi lesquels des journalistes, des opposants et même des artistes en exil.
Côte d'Ivoire : Audits des sociétés d'État qui ont soutenu Laurent Gbagbo
2011-07-03
http://tinyurl.com/6gxzxct
Au moins quarante-trois sociétés d’État en Côte d’Ivoire seront auditionnées par le gouvernement ivoirien, a annoncé le porte-parole du gouvernement ivoirien. Dans le viseur du gouvernement, les sociétés publiques qui ont soutenu Laurent Gbagbo pendant la crise postélectorale. Selon le porte-parole du gouvernement, ces audits « permettront au gouvernement de prendre des mesures de redressement au cas par cas et de proposer de nouvelles orientations et une meilleure gouvernance des entreprises publiques ». Ils devraient être menés par quatorze cabinets inscrits au tableau de l’ordre des experts comptables de Côte d’Ivoire. Leurs rapports sont attendus au plus tard fin septembre.
Egypte : Les Frères musulmans prêts à des contacts avec Washington
2011-07-03
http://tinyurl.com/5r9hb48
Les Frères musulmans égyptiens se sont dits ouverts à des contacts avec les Etats-Unis "dans un contexte de respect" des valeurs de la confrérie, a déclaré jeudi 30 juin un de leurs porte-parole. Le responsable islamiste a ajouté qu’à ce jour il n’y avait "pas eu de contacts directs entre les Frères musulmans et les Etats-Unis", et précisé que depuis le renversement du président Hosni Moubarak le 11 février "il n’y a pas eu de rencontre, directe ou indirecte". Il a toutefois reconnu des contacts par le passé avec des députés, à l’époque où la confrérie disposait d’un groupe parlementaire, et en présence d’élus d’autres formations.
Ghana : La fille de Nkrumah s’engage pour la présidentielle
2011-07-03
http://tinyurl.com/6kepbkh
La fille du premier président ghanéen Kwame Nkrumah, Samia, est candidate à l'investiture du parti fondé par son père, le CPP, dont elle est également la seule députée. Samia Nkrumah, 51 ans depuis le 23 juin, devra affronter deux autres candidats au sein de son parti, populaire à l’arrivée de Nkrumah pouvoir mais tombé en disgrâce à cause de l’autoritarisme dont le père de l’indépendance a fait preuve. Depuis la chute de ce dernier, en 1966, son exil en Guinée et son décès, le parti peine à se rétablir dans le paysage politique ghanéen, dominé par le NDC du président John Atta Mills et le Nouveau parti patriotique (NPP) de l'opposant Nana Akufo-Addo.
Global : Cheikh Modibo Diarra à la tête de la Fondation Forrest
2011-07-03
http://tinyurl.com/6493ghq
Ex -fonctionnaire de la NASA et Président de Microsoft Afrique depuis 2006, le Malien Cheikh Modibo Diarra, (59 ans) va désormais diriger la Fondation de l’homme d’affaires belge, Georges Forrest. Un défi pour un capitaine volant qui est déjà en piste pour la présidentielle malienne de 2012. A Bruxelles où réside l’homme d’affaires belge, jusqu’à un passé récent courtier du groupe nucléaire français Areva en RDC, l’information sur les tenants et les aboutissants de cette fondation est tenue secrète.
Global : Christine Lagarde succède à DSK à la tête du FMI
2011-07-03
http://tinyurl.com/6g9no8r
La Française Christine Lagarde a été désignée mardi pour succéder à DSK au poste de directrice du FMI. Elle sera la première femme à diriger l'institution et prendra ses fonctions dès le 5 juillet. Une nouvelle approuvée par l'ensemble de la communauté internationale. Même si l'Union africaine avait émis le souhait de voir un Africain à la tête du FMI, la candidate française avait le soutien du continent.
Maroc : Victoire écrasante du "oui" au référendum constitutionnel
2011-07-03
http://tinyurl.com/67sas4u
Les Marocains ont voté le 1er juillet à une écrasante majorité pour le Oui au référendum sur le projet de révision constitutionnelle, selon les résultats quasi définitifs communiqués dans la nuit par le ministère de l’Intérieur. Plus de 98% des électeurs ont voté pour le « oui » dans 94% des bureaux de vote, a déclaré le ministre de l’Intérieur marocain. Ce dernier a également indiqué que le taux de participation a atteint 72,65% dans les 94% des bureaux de vote où le dépouillement a eu lieu. Le Mouvement des jeunes contestataires du 20 février, qui revendique plus de 62.000 membres et qui avait appelé au boycott, a contesté ce résultat.
Sao Tomé : Neuf candidats en lice pour l’élection présidentielle
2011-07-03
http://tinyurl.com/6gpwfqp
Neuf candidats sont en lice pour l’élection présidentielle du 17 juillet 2011 à Sao Tome. Cinq des quatorze candidats ont été mis hors jeu. La campagne électorale a commencé le samedi 2 juillet autour d’un thème commun : garantir la stabilité politique du pays. L’ancien président a souligné que son pays a connu 20 gouvernements lors des 20 dernières années faisant ainsi la démonstration de « l’instabilité qui domine la vie politique nationale » et en proposant « une coopération institutionnelle avec le gouvernement pour assurer la stabilité gouvernementale ». Même tonalité chez les autres candidats qui appellent tous à cette stabilité gouvernementale pour mieux attirer les investisseurs dans le pays et offrir une vie meilleure à la jeune population.
Sénégal : Wade n'a pas dit son dernier mot pour se faire succéder par son fils
2011-07-03
http://tinyurl.com/5wwek55
L’octogénaire président du Sénégal ne se décourage jamais. Dans sa quête de succession dynastique, a-t-il prononcé son dernier mot ? Pas sûr. En 2008, son fils Karim se voit d’abord confier l’organisation du 11e sommet de l'Organisation de la conférence islamique. De quoi lui coudre, sur mesure, une envergure internationale et une réputation auprès des très influentes confréries sénégalaises. Mais dans l’opinion, la popularité du fils Wade ne décolle pas. Quelques stratégies s’offrent encore au vieux lion (sans crinière) du pays de la teranga (terre d'accueil, surnom du Sénégal). Liste et modes d’emploi.
Tunisie : Adoption d'un "pacte républicain"
2011-07-03
http://tinyurl.com/64bvz92
La commission de réforme politique tunisienne a adopté un "pacte républicain", qui affirme notamment le refus de toute normalisation des relations avec Israël. Les principes fondamentaux évoqués dans le pacte portent sur la séparation des champs politiques et religieux ; des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ; l’indépendance des citoyens quant à leurs croyances et la liberté de pratique religieuse. Les droits de la femme font également l’objet d’une réaffirmation, afin de garantir les acquis obtenus par les Tunisiennes.
Développement
Afrique : La Banque Mondiale pour une croissance plus rapide
2011-07-03
http://tinyurl.com/6cqcqla
Faire en sorte que la croissance de l’Afrique soit plus rapide pour ainsi engendrer des emplois, tel est entre autres l’objectif de la nouvelle stratégie de la Banque Mondiale vis-à-vis du continent africain. C’est ce qu’a déclaré le directeur général du département de la pauvreté et gestion économique de la région d’Afrique de cette institution, M Marcelo Giugalé, qui participait à une conférence sur l’avenir de l’Afrique et le soutien de la Banque Mondiale organisée par Leadership Afrique.
Afrique : Le réveil pour la croissance
2011-07-03
http://tinyurl.com/6clt5w8
On ne peut plus dire aujourd'hui, comme avec René Dumont en 1962 que « l'Afrique noire est mal partie ». L'Afrique a eu en 2008 un PIB proche de 1.600 milliards de dollars, l'équivalent de celui du Brésil ou de la Russie, mais c'est aussi 60 % des terres arables non exploitées du monde, 52 villes de plus de 1 million d'habitants. Avec un taux de croissance de près de 5 %, le PIB va doubler ou presque dans les dix ans à venir. Enfin, même si le continent noir reste le plus pauvre de la planète avec deux Africains sur trois vivant avec 2 dollars par jour, l'émergence d'une classe moyenne va jouer dans la décennie un rôle social stabilisateur permettant le décollage économique.
Afrique : La richesse ne profite pas aux pauvres
2011-07-03
http://tinyurl.com/6jkau8k
L’économie africaine semblait être au beau fixe depuis quelques années, mais cette apparente bonne nouvelle n’est pas une pour les pauvres, qui ne bénéficieront pas de l’embellie, les investissements s’étant concentrés dans l’industrie de l’extraction minière et non pas dans l’agriculture. Le manque de corrélation entre croissance et réduction de la pauvreté devrait contraindre les gouvernements africains à concentrer leurs efforts immédiats sur la création d’emplois, les services sociaux élémentaires et sur l’égalité homme-femme.
Ouganda : L’économie en bonne voie
2011-07-03
http://tinyurl.com/6bbsfse
L’économie ougandaise se trouve sur la bonne voie en ce qui concerne le maintien de la stabilité macroéconomique et la réduction des contraintes à la croissance. En effet sa croissance économique devrait se renforcer en dépit des risques d’inflation liés principalement à la flambée des prix des dentées alimentaires d’environ 30% dans l’ensemble. L’intensification des investissements dans l’infrastructure sera la clé de la croissance la plus rapide en Ouganda sur le moyen terme.
Santé & VIH/SIDA
RD Congo : 153 décès sur 2.787 cas de choléra
2011-07-03
http://tinyurl.com/69vrwzm
Au moins 153 personnes sont mortes du choléra sur 2.787 cas enregistrés en République démocratique du Congo (RDC), depuis mars dans une province du nord-est et depuis juin à Kinshasa et deux provinces du nord-ouest, a indiqué le 1er juillet l’ONG Médecins sans frontières (MSF). Selon MSF, l’épidémie partie en mars de Kisangani (Province orientale), dans le nord-est, s’est étendue à deux autres provinces de l’ouest (Bandundu et Equateur) et a déjà atteint la périphérie de Kinshasa, où les premiers cas ont été recensés le 20 juin.
Environnement
Afrique : Le défi de l’accès à l’eau potable pour les mégalopoles
2011-07-03
http://tinyurl.com/6bgtb9v
Les problèmes liés à l'approvisionnement en eau connaissent une aggravation proportionnelle au rythme où croissent les villes africaines. Selon une enquête effectuée en 1990, dans 29 pays d’Afrique subsaharienne, huit d’entre eux souffraient d’une insuffisance ou d’un manque d’eau. En 2025, ce nombre pourrait passer à 20 sur 29 si rien n’est entrepris. Il est en outre essentiel de proposer une politique d'éducation des différents types de public de la population pour responsabiliser les individus et favoriser les modifications des modes de vie. Les pouvoirs publics doivent donc parvenir à définir une politique nationale assortie des outils nécessaires en s'appuyant sur une concertation sociale.
Afrique : Un potentiel hydroélectrique exceptionnel à exploiter
2011-07-03
http://tinyurl.com/6xznyv2
Parmi toutes les régions en développement, l’Afrique est sans aucun doute le continent où les besoins en électricité sont les plus urgents: 65% de la population n’a pas accès à cette énergie qui est pourtant un outil essentiel pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Le fait que de nombreux pays africains aient opté pour le développement de l’énergie hydro électrique n’est pas fortuit. L’hydroélectricité possède deux avantages écologiques majeurs : d’abord, c’est une source d’énergie renouvelable et de loin la plus importante: 90% de l’électricité renouvelable mondiale en provient. Ensuite, c’est une énergie propre étant donné que les émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées sont très faibles.
Global : Les pays en développement plus affectés par les feux de forêt
2011-07-03
http://tinyurl.com/6hghbfv
Les feux de forêt détruisent chaque année plusieurs millions d’hectares de végétation dans le monde entier. Ils semblent par ailleurs être de plus en de plus nombreux et couvrir des surfaces de plus en plus vastes. Selon les experts, leur impact sur les pays en développement est particulièrement inquiétant. En 2008, après une saison particulièrement pluvieuse qui a favorisé la pousse d’une herbe abondante (un bon combustible), des feux allumés par l’homme se sont propagés dans la savane herbeuse de Ghanzi, au Botswana. Ils ont continué de brûler pendant 50 jours, détruisant plus de 3,6 millions d’hectares de pâturages appartenant à des tribus et de terres situées dans un parc national, bouleversant considérablement une économie locale fragile basée sur le tourisme et la collecte de chaume indigène.
Global : L’exemple algérien en matière d’hydraulique dans la région Mena
2011-07-03
http://tinyurl.com/5u2zcc2
L’Algérie est "un pays exemple" dans la région Moyen-Orient, Nord Afrique (Mena) en matière de mobilisation et d’utilisation rationnelle des ressources en eau, a affirmé mardi un représentant de la Banque mondiale (BM). Selon des données de la BM, la demande en eau potable dans la région devrait grimper à 417 milliards de mètres cubes (m3) d’ici à 2050 contre 263 m3 actuellement, soit une évolution de 60%, ce qui portera le déficit en la matière à 220 milliards m3 contre 43 milliards actuellement. Ceci nécessitera des investissements annuels de l’ordre de 100 milliards de dollars durant les 30 prochaines années pour tenter de combler ce déficit.
Soudan: Les barrages se multiplient pour exploiter "l'or bleu" du Nil
2011-07-03
http://tinyurl.com/6xznyv2
Le Soudan, dont le Sud riche en pétrole s'apprête à être indépendant, compte sur des projets de barrages pour se développer grâce aux eaux du Nil, dans un contexte incertain sur le partage international du fleuve. Le Soudan met clairement les bouchées doubles dans le domaine agricole en prévision des pertes que va entraîner la séparation d'avec le Sud. De ce point de vue, les barrages sont une question de sécurité économique", estime un expert en environnement basé au Sud. Le barrage de Merowe a pourtant conduit il y a trois ans au départ de 40.000 personnes. Khartoum ne semble toutefois pas être d'humeur à remettre en cause ses plans.
Justice Alimentaire
Afrique : Crise alimentaire dans la Corne de l'Afrique
2011-07-03
http://tinyurl.com/6h2j6gf
L'absence de précipitation qui touche actuellement la Corne de l'Afrique provoque une crise alimentaire affectant plus de 10 millions de personnes. La région n'a plus connu une telle sécheresse depuis 60 ans, affirme l'ONU. Ainsi, les prix des céréales dans les zones touchées au Kenya sont de 30 à 80% supérieurs à la moyenne de ces cinq dernières années. En Ethiopie, l'indice des prix à la consommation pour l'alimentation a bondi de près de 41% en mai sur un an. La sécheresse, s'ajoutant à des situations de conflit, a provoqué des déplacements massifs de populations, notamment en Somalie.
Rd Congo : L’agriculture urbaine prend racine
2011-07-03
http://tinyurl.com/6bqkwzx
En République démocratique du Congo (RDC), des milliers de citadins vivent de l’agriculture urbaine : la culture maraîchère est en effet rentable pour les petits agriculteurs et permet de réduire un taux de malnutrition élevé à l’échelle nationale, selon les responsables agricoles. Les agriculteurs urbains vendent 90 pour cent de leur production sur les marchés et dans les supermarchés urbains, selon la FAO, contribuant ainsi à nourrir une population urbaine de plus en plus importante à mesure que les Congolais quittent la campagne pour s’installer en ville, en quête de sécurité.
Média & liberté d'expression
Ethiopie : Les pressions sur les médias privés s’intensifient
2011-07-03
http://tinyurl.com/6kj369z
Une vague d’arrestations menée actuellement par le gouvernement d’Addis-Abeba à l’encontre de journalistes de la presse privée. Reyot Alemu, journaliste pour l’hebdomadaire en langue amharique Fitih, a été arrêtée le 21 juin 2011. Ces arrestations, effectuées à l’aune de la loi antiterrorisme adoptée en juillet 2009 et d’une redéfinition de la ligne sécuritaire du pays il y a deux semaines, sont extrêmement préoccupantes.
Nouvelles de la diaspora
Global : L’affaire DSK et le fardeau de l'homme blanc
2011-07-03
http://tinyurl.com/6cjpzmb
Aminata Traoré, militante alter¬mondialiste et ancienne ministre malienne de la Culture et du Tourisme, réagit sur l'affaire DSK, exprimant son soutien à la jeune Guinéenne, Nafissatou Diallo, présumée victime d'agression sexuelle : « Cette affaire des temps présents renvoie à des symboles forts de l’histoire de l’Afrique. Une histoire faite de violence. L’homme blanc qui est en situation ici n’est pas n’importe lequel. Dominique Strauss-Kahn (DSK) était le directeur général de la plus puissante institution financière dans le monde, le Fonds monétaire international (FMI). Bien avant d’opérer dans les pays européens actuellement en crise, le FMI a sévi – et continue de sévir – sur le continent avec des conséquences particulièrement graves pour les femmes ».
Global : L’affaire DSK se retourne contre la victime présumée
2011-07-03
http://tinyurl.com/6dqrn5d
L'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn se retrouve aujourd'hui accusée de blanchiment d'argent et d'avoir menti à de nombreuses reprises. Au jeu des «je l’avais bien dit», l’opinion africaine s’en donnera certainement à cœur joie; même ce ministre ouest-africain qui, en off, se faisait le relais de la pudibonderie sahélienne en affirmant: «DSK l’a bien mérité». Dans cette affaire, l’Occident, parfois critique vis-à-vis des immigrés subsahariens, aura découvert que les Africains étaient les plus cruels envers leurs «frères» qui tournent le dos au continent pour rejoindre un eldorado «dépravé». En Afrique, ne condamnait-on pas sans procès une «diaspo qui se comporte sans doute comme toutes les diaspos»?
Conflits & urgences
Afrique du Sud : Vingt ans après la fin de l'apartheid, la réconciliation reste difficile
2011-07-03
http://tinyurl.com/6e2vuak
Le 30 juin 1991, l’Afrique du Sud abolissaient la ségrégation raciale. Mais, aujourd'hui, les tensions raciales restent d’actualité et le pays n’a pas la tête à commémorer cette date. Quelque 48 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, le chômage ne se résorbe pas et les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se creusent. Et, puisqu’il est "difficile de séparer les problèmes sociaux des problèmes raciaux, comme le note un journaliste sud-africain, le pays est régulièrement secoué par des regains de tensions xénophobes.
Côte d’Ivoire : Abidjan attend toujours la paix
2011-07-03
http://tinyurl.com/6fkua8o
Le pays dirigé par Alassane Ouattara reste une poudrière, en attendant l’avènement hypothétique de la confiance entre les anciens combattants des deux camps. Le risque sécuritaire paraît sérieux. «Sous Laurent Gbagbo, il y avait un axe entre le Nord et Ouagadougou, et sous Ouattara, il risque d’y avoir un axe entre le Sud et Accra», souligne un diplomate en poste à Abidjan. En cause: le repli vers le Bénin, le Togo et d’autres pays, via Accra, la capitale du Ghana voisin, de partisans de Laurent Gbagbo interdits de séjour en Europe, et qui pourraient réarmer.
Libye : Jean Ping critique les livraisons d'armes aux rebelles libyens
2011-07-03
http://tinyurl.com/5ud7zkk
Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a critiqué les livraisons d’armes en Libye qui risquent selon lui de déstabiliser les États de la région. La France a reconnu avoir procédé au largage "d’armes légères", mais affirme rester dans le cadre des résolutions de l’ONU. Parlant des armes livrées par «toutes les parties» (y compris Mouammar Kaddafi lui-même), Jean Ping a assuré avoir « la preuve qu'elles sont déjà entre les mains d'Al-Qaïda » à des journalistes dans la capitale équato-guinéenne Malabo, où doit se tenir le sommet des chefs d’État de l’UA.
Libye : Kaddafi menace d'attaquer l'Europe
2011-07-03
http://tinyurl.com/68oxazf
Le peuple libyen est "capable de porter un jour la bataille à la Méditerranée et à l'Europe", a assuré le colonel Kaddafi dans une allocution diffusée le 1er juillet par haut-parleurs sur la Place Verte de Tripoli. Plus de 100 jours après le début des bombardements sur mandat de l'ONU, la rébellion n'est plus qu'à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale, luttant pour s'emparer d'un carrefour stratégique qui a été visé le 1er juillet par l'aviation de l'Otan. En plus de cet appui aérien, les rebelles des montagnes berbères de cette région ont récemment reçu des armes parachutées par la France. "
Lybie : Le départ de Kadhafi au centre du sommet de l'Union africaine
2011-07-03
http://tinyurl.com/6cbcmpp
Le départ de Mouammar Kadhafi était jeudi au centre du 17e sommet de l'Union africaine (UA), notoirement divisée sur la guerre de l'OTAN en Libye, alors que Moscou interpellait Paris sur ses livraisons d'armes aux rebelles libyens. Paris avait reconnu que des avions français ont parachuté au sud de Tripoli des armes légères destinées à la rébellion pour l'aider contre les forces du régime, le conflit s'enlisant malgré plus de trois mois de frappes internationales. Mais la Russie a demandé des explications à la France, à propos de ce qui pourrait constituer une violation grave de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Soudan : Entente en vue de mettre fin aux violences au Kordofan-Sud
2011-07-03
http://tinyurl.com/6b33eby
L'accord, conclu à Addis Abeba sous la médiation de l'Union africaine, est une première étape en vue de mettre fin aux violences entre les deux parties. Selon l'accord, les milliers de nordistes qui ont combattu pour les rebelles sudistes au sein du Mouvement populaire de libération du Soudan seront intégrés dans l'armée nordiste ou seront démobilisés. L’intégration se fera progressivement et selon des modalités à définir, dans les Forces armées soudanaises, dans d'autres institutions militaires et dans la fonction publique.
Tunisie : Inquiétudes après plusieurs incidents impliquant des islamistes
2011-07-03
http://tinyurl.com/6j22qdd
L'attaque récente par des salafistes d'un cinéma de Tunis a catalysé les craintes dans les milieux culturels et associatifs tunisiens qui s'inquiètent d'une montée de la pression islamiste et multiplient les appels à la vigilance. Ces événements ont relancé avec force le débat sur l'islamisme en Tunisie: vrai danger ou faux prétexte pour occulter les véritables problèmes ? Ennahda --le grand parti islamiste durement réprimé sous ben Ali et légalisé après la révolution-- joue-t-il double jeu ou doit-il être considéré comme un partenaire démocratique à part entière ?
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