Cette édition
Pambazuka News 198 : Moneytheism et monothéisme ou l'internationale de l’obscurantisme
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Arts & livres, 4. Droits humains, 5. Réfugiés & migration forcée, 6. Elections & gouvernance, 7. Développement, 8. Santé & VIH/SIDA, 9. Éducation, 10. Environnement, 11. Justice Alimentaire, 12. Nouvelles de la diaspora, 13. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : L’internationale de l’obscurantisme
PLAIDOYERS & CAMPAGNE : Tunisie : Contre tout sabotage des élections à l’étranger.
ARTS & LIVRES : Afrique : Le continent est aussi divisé dans les arts.
DROITS HUMAINS : Afrique : Hissène Habré prêt à se présenter devant une justice internationale.
REFUGIES & MIGRATIONS FORCÉES : Global : Le Canada s’ouvre aux réfugiés somaliens du Kenya.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Bienvenue au 54e pays.
DEVELOPPEMENT : Afrique : L’Afrique sub-saharienne n’atteindra qu’un des OMD
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Seulement 5 % des travailleurs couverts par la sécurité sociale.
EDUCATION : Afrique : Des investissements en hausse pour garantir l’éducation pour tous.
ENVIRONNEMENT : Afrique : L’aide s’organise à Toronto contre la sécheresse.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : La France veut une réunion d’urgence sur la sécheresse en Afrique de l’Est.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Les Africains Américains vivent plus vieux en prison qu’en dehors.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : Les 10 pays les plus dangereux du continent.
Chroniques
L’internationale de l’obscurantisme
Samir Amin
2011-07-18
http://pambazuka.org/fr/category/features/74991
Le terme de spiritualité appartient à la langue religieuse. Il implique l’adhésion à la croyance dans l’existence d’une force extérieure à l’être humain qui lui insuffle la vie, la conscience et la distinction morale du bien et du mal.
Ce terme est, de ce fait, inacceptable pour les athées et les agnostiques. La réalité de la spiritualité ne peut être « prouvée », ni son contraire, comme l’existence ou la non existence de Dieu (dont le terme est synonyme) ne peut l’être. Cette preuve est impossible par définition : le supra-naturel (au dessus de la nature, méta-physique), s’il « existe », ne peut être conçu par les moyens dont la nature a pourvu l’humain.
La théo-logie (science de Dieu) est un oxymore. Dieu ne peut être l’objet d’une connaissance, terme qui doit être réservé à la science, c'est-à-dire à la connaissance de la nature, dont les résultats sont toujours limités et relatifs et acceptent de l’être. La science ne cherche pas à connaître la vérité absolue.
Le refus de se poser la question de l’existence du supra-naturel n’implique en aucune manière celui d’ignorer celle de l’éthique. Car celle-ci peut être conçue comme un produit naturel, sans origine externe, « insufflée » par la spiritualité. L’éthique et la morale athées ou agnostiques existent et ne sont en rien « inférieures » aux morales d’essence religieuse.
L’âge européen des Lumières (de la Renaissance à la Révolution française, en particulier le XVIIIe siècle) s’est construit dans et par la critique de la religion, en l’occurrence du christianisme. Refuser le principe de l’affirmation dogmatique antérieure et indépendante de la pensée scientifique critique s’attaquait en première ligne à l’affirmation de la spiritualité (de Dieu). La religion devenait de ce fait synonyme d’obscurantisme, un terme d’ailleurs inventé par les Lumières dans sa critique de la religion.
Les deux discours – celui de la religion (le terme de spiritualité se substituant progressivement au premier) et celui des Lumières (le terme de science – discours de la science – se substituant lui également au premier) – se sont développés en parallèle. Ils ne se sont jamais ignoré, puisqu’ils se sont développés dans et par leur conflit même.
Mon sentiment (je ne puis le qualifier d’une manière plus précise) est que ces deux discours continueront, longtemps (ou pour toujours ? je l’ignore) à coexister. Car l’être humain est probablement (c’est là mon « sentiment ») un être métaphysique au sens qu’il se pose des questions relatives au sens de la vie et de la mort, propres à la « nature du supra naturel » (un bel oxymore !), auxquelles il ne trouve pas de réponse dans ce que la science peut lui proposer. Il peut donc inventer sa propre réponse, « sa » religion, ou – c’est moins difficile – adhérer à l’une des réponses que la religion, ou une lecture théologique particulière de celle-ci, lui offre, ou encore (et c’est encore plus difficile) renoncer à se poser la question.
Les deux discours ne doivent pas être l’objet d’un jugement de valeur. Ils sont tout également respectables et doivent être respectés pour ce qu’ils sont, indépendants l’un de l’autre.
Les discours des religions ont été contraints d’intégrer dans leur formulation la prise en considération des transformations dans la société réelle, nouvelle et « moderne » (en fait capitaliste). Ces ajustements sont importants, mais néanmoins seconds, sinon secondaires.
Prenons l’exemple de la « création ». La spiritualité immanente à la conviction religieuse est toujours accompagnée, dans les religions historiques, de dogmes imagés concrets, comme précisément celui de la « création » (chez les Chrétiens l’image biblique de celle-ci). Il n’est plus possible aujourd’hui à un esprit « non obscurantiste » de soutenir la réalité du mythe de la création formulé de cette manière. Beaucoup de Chrétiens modernes l’acceptent sans que cela ne leur paraisse gênant. D’autres (aux Etats Unis en particulier) maintiennent leurs positions dogmatiques et rejettent Darwin qu’ils invectivent même comme le Diable. D’autres enfin réinventent un nouveau dogme créationniste qui donne l’apparence d’intégrer les découvertes scientifiques. Le « big bang » en est l’exemple. Il s’agit là non de science mais de para-science c'est-à-dire d’un corollaire inspiré par l’acquis scientifique – possible, mais sans plus – non établi avec le même degré de « certitude » (toujours relative) que celui qui permet de qualifier une proposition de scientifiquement établie.
Prenons l’exemple complémentaire de l’ajustement des dogmes religieux des Juifs et des Musulmans concernant l’organisation sociale – le droit pénal, le mariage et l’héritage entre autres. Les termes précis à l’extrême dans lesquels sont formulées les règles de cette organisation chez les Juifs et les Musulmans (ils sont largement identiques) ont été parfois abandonnés au bénéfice d’assouplissement jugés nécessaires, en réponse entre autre aux droits des femmes. Mais jusqu’à présent, dans l’ensemble, la résistance victorieuse à ces ajustements l’emporte encore. Il reste que les « réformateurs » qui en défendent la nécessité ne se considèrent pas nécessairement comme des « hérétiques », comme les qualifient leurs adversaires.
Le triomphe apparent de l’adhésion à la croyance à la « spiritualité » ne garantit pas celui de règles éthiques autres que celles que « l’ordre moral » (hypocrite et mensonger) impose.
Le cas des Etats Unis est, sur ce plan, exemplaire. La presque totalité des habitants de ce pays adhèrent à la croyance religieuse. Cela n’empêche pas la société d’être simultanément dominée par la pratique de la compétition sauvage (et immorale) entre des individus qui se croient de ce fait « libres », même s’ils sont, en réalité, intégralement soumis aux exigences de cette compétition. La schizophrénie qui les caractérise s’explique sans grande difficulté : l’insupportable (la compétition sauvage) est compensé par une évasion complémentaire dans l’imaginaire religieux. Le moneytheism et le monothéisme vont de pair.
Le cas des sociétés musulmanes, d’aujourd’hui est voisin, bien que distinct. En apparence l’adhésion à la croyance religieuse est générale. Mais celle-ci est, ici, imposée par la force de l’ordre politique/policier, et non « spontané » (« libre ») comme elle paraît aux Etats Unis. Et de ce fait également l’adhésion requise est simplement rituelle et formelle ; le pouvoir n’est pas intéressé par le contenu théologique et éthique de la croyance. Et c’est la raison pour laquelle je parle ici d’Islam politique et non d’Islam tout court. Le wahhabisme de l’Arabie saoudite, dont l’expansion en sa prétention de dogmatique musulmane exclusive bénéficie des pétrodollars et de l’amitié politique de Washington, en constitue la forme la plus archaïque et la plus réactionnaire.
Toutes ces situations sont par bien des aspects l’analogue de « l’ordre moral » officiel qui avait dominé dans l’Europe pré-moderne.
Il n’est donc pas faux de qualifier le recours à la « spiritualité » dans ces situations de synonyme d’obscurantisme. De surcroit un obscurantisme archi-réactionnaire, utile et efficace pour assurer le pouvoir des classes dominantes, exploiteuses et oppressives, d’hier (« les féodalités ») et d’aujourd’hui (le capitalisme des monopoles aux Etats Unis, le capitalisme compradore dans les périphéries).
Le capitalisme des monopoles contemporain, en crise, dans le désarroi, développe une offensive idéologique massive et systématique assise sur le recours au discours de la « spiritualité ».
La « défense » du Dalai Lama en constitue le plus bel exemple. Le Bouddhisme des moines était assis sur la réduction au servage de la majorité des Tibétains, contraints d’assurer la vie opulente des moines et de leurs prélats. Le fonctionnement de ce système d’exploitation et d’oppression était renforcé par la violence extrême : mettre en doute le pouvoir surnaturel du Dalai Lama était puni de mort (après sept jours de torture). La Révolution chinoise, en abolissant le servage et la loi sur le blasphème, a fait ses « victimes » : les moines et le Dalai Lama (mais elle n’a pas intégralement aboli leur pouvoir, ayant substitué à la ponction sur les serfs une subvention budgétaire, trop modeste au goût de ses bénéficiaires). Le Dalai Lama n’est pas un « chef spirituel », mais simplement un despote obscurantiste. Pa s’étonnant qu’il soit devenu simultanément l’instrument de Washington contre la Chine. Les ripostes de Pékin peuvent paraître – et même être – critiquables, voire condamnables. Mais c’est là une toute autre question.
Washington et ses alliés s’emploient à contribuer à la constitution d’une « internationale de l’obscurantisme (archi réactionnaire) » à son service. Et le processus est bien en cours. Les recours au discours de la « spiritualité », complétés par le discours de la « tolérance » sont les éléments constitutifs de cette stratégie. Les partenaires de cette internationale sont faciles à identifier. Parmi eux, bien sûr, l’Eglise Catholique dans son courant « officiel » (la Papauté et les Conciles, renforcés par l’Opus Dei), toujours dominante (en Amérique latine entre autre). Les extrémistes dits « intégristes » ou « fondamentalistes » rallient ce camp obscurantiste et réactionnaire qui ne se réduit pas à eux. Les Eglises protestantes, les « sectes » – les unes chrétiennes ou para chrétiennes, les autres « païennes » – ne se distinguent pas sur ce plan de l’Eglise Catholique du Pape, tout comme dans leur ensemble les Eglises orthodoxes « nationales ». L’Islam politique, sa version wahabite archaïque en tête, le Bouddhisme, également politique, du Dalai Lama, la rhétorique de l’hindouisme participent à cette Internationale de l’obscurantisme.
L’obstacle majeur à la constitution effective de ce front obscurantiste est constitué par la tendance naturelle des uns et des autres au fanatisme. L’adhésion sans réserve à la religion sociale qu’ils exigent de leurs « peuples » mobilise à cet effet le mépris et la haine de l’autre, qui ne partage pas la seule vraie religion à leurs yeux. Le discours de la tolérance vise à réduire ces conflits et fortifier l’alliance de tous les obscurantistes archi-réactionnaires.
La question de la laïcité doit être discutée en conservant présent à l’esprit l’avancée de l’obscurantisme.
La laïcité est, comme on le voit, l’objet d’attaques systématiques à la fois du camp des obscurantistes et des puissances dominantes du capitalisme des monopoles et de ses serviteurs compradore.
L’attaque est construite sur une définition de la laïcité comme synonyme de négation de la « spiritualité ». Ce qu’elle n’est pas. La laïcité est simplement le rappel que le déploiement du potentiel progressiste de la modernité (à ne pas confondre avec le modernisme, je reviendrai sur ce point) exige la séparation rigoureuse, radicale, de l’exercice du pouvoir (de l’Etat en premier lieu, mais également de pouvoirs sociaux plus diffus, raison pour laquelle l’école doit être laïque) et de la religion.
Cette laïcité radicale est restée l’exception dans l’histoire moderne, celle du capitalisme réellement existant. Il en est ainsi parce que le pouvoir de la bourgeoisie se trouve consolidé par l’adhésion sociale à la religion – ici « opium du peuple » au sens strict de l’expression.
La laïcité radicale a été conçue pour la première fois dans la France montagnarde et jacobine, elle-même produit d’une révolution populaire (paysanne et plébéienne) qui dépassait les objectifs de la bourgeoisie, encore naissante et faible. Elle a été alors contrainte de s’affirmer contre la religion catholique, celle du camp des Rois et de l’Empereur, ennemis en guerre contre le peuple français. Elle a été remise au placard jusqu’à 1905, sa renaissance étant alors le produit combiné de la Commune de Paris (1871) et de la volonté d’une fraction de la bourgeoisie de mettre un terme au compromis avec les aristocraties encore en place, et l’Eglise toujours à leur service.
Ailleurs en Europe les « révolutions » bourgeoises, ou ce qui en a rempli les fonctions, précoces (associés aux protestantismes anglais et écossais), ou tardives (les « unités nationales » d’Allemagne et d’Italie, par faute de radicalité), ont accepté le compromis avec les aristocraties des Anciens régimes et parfois même, comme l’illustrent les luthérianismes, « nationalisé » l’Eglise à leur profit. Aux Etat Unis la laïcité n’a jamais existé, mais seulement la tolérance des versions diverses du christianisme (en particulier protestant), étendu par la suite aux autres religions. Les pèlerins du Mayflower fuyaient l’intolérance, ils n’imaginaient pas la laïcité. Or ce sont précisément ces modèles de « laïcité tronquée » qu’on présente aujourd’hui comme exemplaires, la dénonciation de la laïcité radicale étant devenue un thème obligatoire de la nouvelle pensée dite « post moderne ».
L’imbrication du débat sur la spiritualité, la religion, la laïcité d’une part et celui qui concerne la « modernité » d’autre part, aggrave la confusion.
J’ai défini la « modernité » comme l’invention de l’idée – nouvelle – que les êtres humains font leur histoire. C'est-à-dire que celle-ci n’est pas l’accomplissement d’une volonté qui leur est extérieure, celle de Dieu ou des Ancêtres. Que cette modernité – amorcée en Chine cinq siècles avant l’Europe – ait trouvé sa forme accomplie en Europe en concomitance avec la naissance du capitalisme ne devrait pas surprendre. Mais celle-ci, de ce fait, été façonnée par les exigences du déploiement capitaliste et ses limites et contradictions déterminées par elles.
Je distingue donc la « modernité », qui n’est pas achevée, potentiellement capable de se poursuivre à travers le dépassement du capitalisme par le socialisme, du « modernisme » qui admet la modernité dans sa forme et ses limites capitalistes pour en faire la « fin de l’histoire ». Les partisans de ce modernisme se rangent dans leur grande majorité dans le camp du capitalisme, pour eux parfaitement légitime, même quand ils déplorent certains de ses débordements. Leur adhésion, assez générale, à la relance de la « spiritualité » vient en complément à cette défense du capitalisme. Mais ils se retrouvent également dans les rangs du socialisme, conçu alors comme un « capitalisme sans capitalistes » plus juste et plus efficace, et non comme un stade plus avancé de la civilisation humaine. L’adhésion à une perspective radicale (définie précisément comme la conception du socialisme comme avancée dans la civilisation) implique la défense de la modernité inachevée, mais, d’évidence, pas celle du modernisme. Le combat pour la modernité toujours inachevée est alors indissociable du combat pour la démocratisation, elle aussi toujours inachevée, à la fois condition et produit d’avancées socialistes. Et cette démocratisation en marche continue implique à son tour la pratique radicale de la laïcité.
Je ne m’étendrai pas ici sur ces questions pour lesquelles le lecteur trouvera des développements soutenus dans d’autres de mes écrits, en particulier dans la ré-édition augmentée de l’Eurocentrisme (sous le titre de « Modernité, Démocratie, Religion »). Mais l’imbrication de tous ces débats impose, à mon avis, ce rappel.
L’offensive de l’obscurantisme, nécessaire pour la survie du capitalisme sénile des monopoles généralisés, avait été précédée du déploiement d’un premier moment de la stratégie de recomposition du camp du capitalisme, au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Des segments dominants des classes bourgeoises européennes avaient collaboré avec l’occupant nazi, lorsqu’elles n’avaient pas déjà sympathisé avant guerre avec le fascisme. La résistance donnait aux classes ouvrières et aux partis communistes une légitimité dont elles n’avaient jamais bénéficié jusqu’alors. Il fallait à tout prix réhabiliter la bourgeoisie et le capital. Washington a alors conçu le projet « européen » et apporté son appui à la création systématique de « nouveaux partis chrétiens-démocrates » chargés de briser l’unité issue de la résistance, un peu comme il l’a fait plus tard avec les « partis islamistes » pour briser les fronts nationaux populaires anti-impérialistes. L’anticommunisme – qui constitue le dénominateur commun de ces partis – trouvait un argument majeur dans le recours à la religion. Le MRP français (acteur majeur dans l’exclusion des communistes du pouvoir, avec le soutien des socialistes), la démocratie chrétienne en Italie avec de Gasperi, celle d’Adenauer en Allemagne ont rempli des fonctions analogues. Les partis démo-chrétiens constituent aujourd’hui la colonne vertébrale de la droite européenne.
Le succès de ce premier temps de déploiement du projet réactionnaire du nouvel impérialisme collectif en construction préparait celui des avancées ultérieures du front de l’obscurantisme. Le mouvement à droite qui allait finir par réhabiliter le fascisme, avait été amorcé avec celui du franquisme, béni par l’Eglise. Et dans le débat sur le projet de constitution européenne la mention du « christianisme » comme l’une des sources de la « civilisation européenne » a été avancée (heureusement sans succès, du moins immédiat), tout comme l’est celle de l’Islam, de l’hindhouisme ou du Bouddhisme ailleurs. Adieu la laïcité ! L’offensive contre les Lumières était déclenchée.
Références :
Tony Andreani, Dix essais sur le socialisme du 21 ième siècle, Le Temps des Cerises, 2011
Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza, La Fabrique, 2010
Samir Amin, Démocratie, religion et modernité, Critique de l’eurocentrisme et des culturalismes, Parangon, 2008.
Samir Amin, Délégitimer le capitalisme ; Contradictions, Bruxelles, 2011
Mahmoud Mohammed Taha, Un Islam à vocation libératrice, Harmattan 2002
François Houtart, Religion et modes de production précapitalistes, Ed. Université de Bruxelles, 1980.
* Voir la suite du texte, dans cette édition, sous le titre « La lutte des opprimés et l’inspiration de la religion »
* Samir est le directeur du Forum du Tiers monde
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur Pambazuka News
La lutte des opprimés et l’inspiration de la religion
Samir Amin
2011-07-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/75007
L’histoire est riche de révoltes contre l’oppression portées par des renouveaux religieux. Les exemples sont notoires en Amérique latine avec la théologie de la libération, là où ceux qui se dessinaient dans le monde musulman ont été étouffés dans l’œuf avec la complicité de tous les pouvoirs, rappelle Samir Amin. Mais aujourd’hui qu’on note un renouveau des luttes populaires, le vent souffle dans le sens contraire des arguments religieux. Et Amin de s’interroger : «ce reflux est-il l’indicateur des limites de ce modèle de légitimation des luttes ?» (Lire la première partie de ce texte dans cette édition, sous le titre : L’internationale de l’obscurantisme)
Si les religions établies ont toujours – ou presque – été associées au pouvoir des exploiteurs (d’hier et aujourd’hui du capital des monopoles), on commettrait une erreur fatale en passant sous silence le fait que des mouvements importants de lutte des opprimés contre leurs oppresseurs ont été inspirées par la religion.
Le Christianisme des origines en a fourni un très bel exemple, dont François Houtart a donné une analyse d’une puissance inégalée. Il y avait un précurseur illustre … Engels, qui était allé jusqu’à comparer le Christianisme des origines et le mouvement communiste, sans cacher sa sympathie pour le premier. Et cela ne lui paraissait pas gênant, en dépit de sa position matérialiste et anti-spiritualiste dont il ne s’est jamais séparé.
Et à travers l’histoire ultérieure des peuples européens chrétiens, de ceux de l’Orient musulman et de la Chine, des mouvements « millénaristes » de révoltes contre l’oppression associés à des renouveaux religieux n’ont pas manqué de se reproduire.
Mais, dira-t-on, tous ces mouvements ont échoué et l’interprétation religieuse conservatrice et respectueuse du pouvoir l’a finalement toujours emporté. Je n’en déduirai pas trop rapidement la conclusion que leur échec tenait précisément à leur recours à la religion. Je suis davantage convaincu par la thèse (« marxiste ») qui attribue ces échecs aux conditions objectives de l’époque qui ne permettaient pas d’imaginer possible l’émancipation des travailleurs et des peuples. Mais à leur tour ces conditions objectives ne sont-elles pas à l’origine de l’option religieuse des acteurs concernés ? S’il en était ainsi on pourrait penser que les mouvements de luttes modernes contre le capitalisme ne peuvent aboutir (cette fois au socialisme, rendu possible pat la maturité des conditions objectives) que s’ils parviennent à se libérer des « illusions religieuses ». J’ai tendance – personnellement – à le penser. Mais je me garde d’en déduire que les mouvements de lutte inspirés par la religion sont désormais « impossibles », ni même condamnés à l’échec fatal.
La preuve du contraire – que de tels mouvements sont possibles – est donnée par les mouvements inspirés par la théologie de la libération contemporaine. Il est difficile d’imaginer les avancées de l’Amérique latine contemporaine sans donner toute sa place à la préparation de leur terrain par l’écho de la théologie de la libération dans les classes populaires du continent.
Mais il n’est pas non plus possible d’ignorer que le reflux de ce mouvement est amorcé et que le vent souffle aujourd’hui dans l’autre direction, avec la reprise en main de la direction des Eglises par les prélats conservateurs d’une part, la floraison des « sectes » dont le succès ne peut être rapporté exclusivement à leur soutien par la CIA (qui est un fait) d’autre part. Ce reflux est-il l’indicateur des limites de ce modèle de légitimation des luttes ? Le recours au religieux implique-t-il nécessairement le rétablissement de la religion dans sa fonction « d’opium du peuple » ? Cette question fort complexe mériterait davantage de débats.
La théologie de la libération paraît strictement limitée au monde catholique des périphéries (Amérique latine et Philippines).
Dans le monde musulman son équivalent (Mahmoud Taha) a été assassiné dans l’œuf avec la complicité de tous les pouvoirs. Dans certains pays de la région un renouveau des luttes populaires est déjà visible. On constate que ces mouvements s’écartent de l’Islam politique – qui les dénonce – et, sans adhérer à une « weltanschaung » laïque, voire marxiste, ne font pas référence à l’argument religieux. Les pouvoirs en place, avec le soutien actif de Washington, s’emploient à dresser en contrepoint d’autres « mouvements », dévoyés sur des cibles faciles (les minorités chrétiennes), fanatisés par l’Islam politique.
En Chine les mouvements d’apparence inspirés par la religion (le bouddhisme du Dalai Lama, les « sectes » qui font une réapparition remarquée) se situent tous sur les terrains d’une critique de droite du régime, « pro capitaliste ». Ils sont en cela semblables à ceux des « dissidents » dont on met en exergue la répression par le pouvoir. Par contre d’autres mouvements de lutte, de bien plus grande ampleur, se déploient en Chine sur les terrains des défis sociaux concrets réels (emplois, salaires, logement, écoles, santé, prix de vente des productions agricoles etc.) Ces mouvements se situent dans la tradition politique du communisme et vont même jusqu’à se qualifier de « maoïstes ».
Les théologies de la libération, chrétiennes ou autres possibles, font donc appel à un concept de spiritualité qui n’est pas celui qui fait ici l’objet de notre critique. Pour moi les choses sont claires sur ce sujet. Houtart et Dierckssens par exemple emploient ce terme dans un sens qui intègre ce lui d’émancipation, auquel je me limite, parce que je suis agnostique. Mais un croyant ne se heurte à aucune difficulté pour intégrer les deux concepts. Il faut le dire. Mais il faut dire aussi que le même mot de spiritualité est utilisé par d’autres pour évacuer la question de l’émancipation. Et ils sont nombreux, ces parfaits réactionnaires qui, croyants sincères ou manipulateurs (il y a les deux), entendent ne rien remettre en question de l’exploitation du travail et de l’oppression des peuples en cours. Le Pape des Catholiques, les fondamentalistes des Tea parties, Cheikh el Azhar, le Dalai Lama, les défenseurs de la légitimité des castes au nom de l’hindouisme sacré, ne sont pas des « spiritualistes » comme il leur plait de se présenter, mais des propagandistes au service des exploiteurs.
Il est temps de conclure par une réflexion centrée sur l’action politique.
Le partage des camps ne se fait pas sur la base du critère philosophique opposant pro « spiritualité » / pro « matérialisme historique ». Il se fait sur le terrain des défis concrets où s’opposent les défenseurs du système capitaliste dans ce qu’il implique d’essentiel (la propriété privée sacrée etc.) et leurs victimes. Il y a dans chacun des deux camps des croyants et des athées. Et les athées pro-capitalistes ne sont pas moins virulents dans leurs positions réactionnaires que leurs amis croyants.
« Celui qui croyait au Ciel et celui qui n’y croyait pas » ont mené avec succès un combat solidaire jusqu’à la mort contre les nazis. Leur succès impliquait que le débat concernant leurs options philosophiques n’a pas été retenu dans l’agenda de leurs programmes, dans lesquels ne figurait aucune exigence d’adhésion à la spiritualité ou au marxisme par exemple.
Le débat philosophique s’impose néanmoins, dans le respect mutuel et même au-delà par ce qu’il peut apporter aux uns et aux autres, leur permettant non seulement de construire ensemble des fronts de lutte efficaces, mais encore d’apporter de meilleures contributions à la définition des stratégies et des perspectives politiques des peuples en mouvement vers le socialisme.
Ce débat philosophique s’impose dés lors qu’on conçoit la marche de la civilisation humaine comme toujours inachevée et le communisme (à venir) comme une étape supérieure de celle-ci. Supérieure en quoi donc ? Le capitalisme et la modernité capitaliste (il n’en a pas d’autre jusqu’ici) tirent leur puissance de l’émancipation de l’individu qu’ils promeuvent, bien que cette émancipation reste inachevée et dévoyée par l’inégalité fondamentale qui oppose les propriétaires du capital aux vendeurs de leur force de travail. L’aliénation marchande, inhérente au système, annihile alors la portée transformatrice de l’émancipation des individus. En contrepoint le socialisme réellement existant produit par la première vague des luttes contre le capitalisme (le 20e siècle) a nié le pas en avant en direction de l’émancipation de l’individu produit par le capitalisme pour lui substituer l’affirmation exclusive de la collectivité.
Les vagues à venir dans ces luttes devront associer l’émancipation de l’individu et l’affirmation de la collectivité, renforcée par la disparition progressive de l’exploitation capitaliste, dans une dialectique positive comme Tony Andreani et Frédéric Lordon l’ont formulée. Ce vrai débat concernant la culture et l’idéologie donne toute sa place à l’éthique, sans réduire celle-ci à la spiritualité religieuse, mais en y intégrant l’éthique matérialiste. Le faux débat qui semble opposer « l’individu » (dévoyé par le capitalisme) et les « communautarismes » (religieux ou autres), mais qui en fait les associe sans problème en les soumettant aux exigences du déploiement du capital, et qui occupe le devant de la scène, s’inscrit dans la reproduction de l’obscurantisme.
Références :
- Tony Andreani, Dix essais sur le socialisme du 21 ième siècle, Le Temps des Cerises, 2011
- Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza, La Fabrique, 2010
- Samir Amin, Démocratie, religion et modernité, Critique de l’eurocentrisme et des culturalismes, Parangon, 2008.
- Samir Amin, Délégitimer le capitalisme ; Contradictions, Bruxelles, 2011
- Mahmoud Mohammed Taha, Un Islam à vocation libératrice, Harmattan 2002
- François Houtart, Religion et modes de production précapitalistes, Ed. Université de Bruxelles, 1980.
* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers monde
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Quand la danse du « fou » interroge les maux du corps
Amy Niang et Aboubakr Tandia
2011-07-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/75009
Selon une socialisation traditionnelle assez ancrée, le corps de la femme était modelé, dans beaucoup de sociétés africaines, en tant qu’objet de jouissance esthétique et sexuelle pour l’homme. Les technologies du corps proprement mobilisées à cet effet faisaient du corps de l’homme un outil de travail manuel, mais aussi intellectuel et moral. En d’autres termes cette division sexuelle du travail s’accompagnait d’une distribution des positions de pouvoir dans la société.
La femme était ainsi restreinte dans l’intimité de la sphère privée familiale alors que dans la totalité de l’espace publique s’exerçait la domination masculine. Cette situation a prévalu jusqu'à récemment dans beaucoup de pays africains, avant que les processus de démocratisation et du système-monde ne prennent le dessus sur les apories des Etats postcoloniaux. De nouveaux imaginaires sociopolitiques et économiques prévalent aujourd’hui dans la désignation et les usages du corps. Plus particulièrement la « révolution du genre » a projeté les sociétés contemporaines, y compris africaines, devant une irruption-exhibition de la femme dans l’espace public, laquelle s’accompagne irrémédiablement d’une remise en cause des institutions et des structures sociales de l’hégémonie sexiste masculine, notamment la sexualité, l’Etat, l’économie, l’usage du corps.
Selon les cas, le corps de la femme évoque, de plus en plus, un certain nombre de rapports symboliques qui marquent les contradictions, mais aussi les fissures de sociétés qui accompagnent l’entrée de la femme dans l’espace public. Dès lors, on pourrait se trouver en face d’une dramatisation quelque peu subversive des rôles traditionnellement distincts. D’une part, le corps de l’homme est conçu pour les joutes aussi bien physiques, telles que le lamb (lutte traditionnelle), que politiques et économiques, et celui de la femme comme appendice paré, mais aussi comme un instrument stratégique dans ces luttes.
Le corps de la femme est ainsi le creuset sur lequel sont projetées les dimensions personnelle, psychologique et collective de la compétition politique. C’est aussi le baromètre de la quête collective de ressources et de sens, de prestige et d’extase, dans un contexte d’économie de marché où la réalisation sociale est incarnée, plus que tout autre symbole, par la présence de la femme ornée des atours de la réussite de son bienfaiteur. Dans notre analyse le corps est perçu comme l’iconographie d’une nouvelle sexualité, celle de la crise, de la déviance (1) dans laquelle le langage, le chant, la danse et toute expression corporelle, ou médiatisée par le corps, véhicule des désirs et des projets fantasmés de pouvoir et de signification sociale et politique.
GOUVERNEMENTALITE DU CORPS ENTRE PUBLIC ET PRIVE
L’argument principal est qu’on ne peut lire et analyser les transformations sociales et politiques au Sénégal et ailleurs en Afrique postcoloniale sans rendre compte de la manière dont le corps, dans toutes ses formes, est gouverné. Les gouvernementalités du corps ne se résument pas cependant aux modes d’intervention du politique sur celui-ci, mais évoquent également, dans un contexte de la « privatisation de l’Etat » (2) et des relations politiques, les gouvernementalités privées. Celles-ci renvoient aux modes de « gouvernement privé indirect » par lesquels l’individu, seul ou dans des groupuscules d’allégeance infra-sociétale, exerce une capacité à peser sur le cours des choses en commençant par les ressources les plus accessibles telles que le corps.
Le gouvernement privé du corps admet ce que Foucault a appelé les « technologies du soi », c’est-à-dire que dans l’appropriation privée des technologies du corps, les individus sont souverains dans la détermination « par leurs propres initiatives, ou par la médiation des autres, d’un certain nombre d’opérations sur leurs propres corps et leurs ames, leurs idées, leur conduite, et une manière d’etre, de sorte à se transformer en vu d’accéder à un certain niveau de bonheur, de pureté, de sagesse, de perfection ou d’immortalité. » (3) Cependant, il convient de le noter, les initiatives privées sur le corps tendent paradoxalement à accentuer le caractère redondant de l’instrumentation de l’action publique sur celui-ci.
Ainsi, l’importance du corps en tant que lieu de reconnaissance des passions collectives, mais aussi des tensions et des contradictions sociales, relève de sa capacité à représenter, à exprimer et à mettre en scène et en sens le malaise, la quête d’extase collective sur un mode convulsif qui confère un caractère incertain au progrès social. L’imagination des formes et des possibilités d’usage du corps humain devient alors le cadre mental qui subsume les catégories du pouvoir, de l’accomplissement et de la réussite, ainsi que de la santé matérielle et morale du groupe, le corps social. Les métaphores du corps deviennent autant d’éléments de la sphère privée transposés dans la sphère publique sans que cela implique nécessairement une quelconque médiation.
Plus fondamentalement, les usages du corps comme modalités d’expression politique et de présence dans l’espace public rendent compte de la transformation des relations entre l’Etat et la société, et au sein de la cité, des imbrications complexes et des rapports conflictuels entre le public et le privé, le collectif et l’individuel. Le corps est alors conceptualisé, institutionnalisé, circonscrit, déplacé, déconstruit, élaboré, équipé non pas explicitement par l’état, mais à travers des modèles de réalisation sociale, des modèles d’être et de faire qui impulsent une mise en convergence des différents corps les uns avec les autres.
Le corps est tout ce qui reste comme bien dans un contexte de rareté économique et de désenchantement social et politique post-alternances. On comprend pourquoi il peut représenter un support, un canal privilégié, un capital personnalisable pouvant être investi dans l’ajustement, l’accommodement et la mise en sens par les individus de la conjoncture et des dynamiques structurelles sociopolitiques sous-jacentes. Cela est d’autant plus frappant que le corps devient également la cible privilégiée des stratégies de résistance et de survie face à une institution politique qui souffre d’un déficit de légitimité et d’autorité. Les événements du 23 juin 2011 (Ndlr : violentes manifestations populaires au Sénégal, pour empêcher une réforme de la Constitution engagée par le président Wade) démontrent que la résistance des corps comme recours de la contestation peut décréter la mort métaphorique de l’autorité qui fait s’effondrer le fondement de l’ordre et de l’obéissance.
Puisqu’il demeure le seul recours ou la seule arme pour des citoyens désenchantés se débattant dans la débrouille sociale et les luttes politiques, donc une menace pour l’autorité publique en faillite, le corps doit être contre carré.
Certes le corps constitue une modalité d’expression et/ou de participation politique, laquelle peut prendre une forme conventionnelle ou transgressive, pacifique ou violente, chez les jeunes comme chez les adultes, et il importe de le noter, de plus en plus chez les femmes. Mais l’usage du corps semble obéir à certains profils ou catégories précises. Autrement dit, les imaginaires mobilisés, les stratégies dégagées dans ces usages forment ce qu’on peut voir comme une figuration, c’est-à-dire des manières de figurer, de (se) représenter et leurs effets. Eu égard à l’ubiquité des figures qu’elles peuvent impliquer, il nous parait utile de souligner qu’en réalité les figures d’acteurs et les usages du corps et des modes d’expression politique auxquels elles renvoient à la fois subissent et rendent comptent des transformations sociales qui ont marqué le Sénégal depuis trois décennies au moins.
LE « YOUZA » : QUAND LE « FOU » DANSE CONTRE LA REPUBLIQUE
Le youza (Ndlr : une danse en vogue au Sénégal) s’inspire beaucoup du champ sémantique de l’utilisation du corps, du grotesque, de l’érotique, du vulgaire, du provocateur. C’est une danse qui se caractérise par un frottement nerveux des parties du corps ; elle se prolonge par une contorsion forcenée du corps entier comme si ce dernier devait être débarrassé de tics insupportables à force d’être secoué. L’habileté du danseur est jugée par sa capacité à se frotter le pubis, les aisselles, les seins et à se moucher de la manière la plus vulgaire.
Par son intensité et son répertoire sordide, le youza évoque une forme paroxystique de démence (collective) qui peut aussi se lire comme l’expression d’une imagination qui cherche malgré tout à évacuer des impulsions pressantes. La popularité de la danse est d’autant plus grande qu’elle suscite un débat des plus soutenus sur sa paternité, (4) une controverse qui reflète l’agitation émotionnelle, psychédélique d’une société qui vit de spectacle, c’est-à-dire d’une série d’exhibitions théâtralisées visant primordialement à divertir. Le fait est que dans le registre du « sujet fantomatique » ce spectacle est un champ de fantasme pour les individus en figuration qui y déploient ce qu’Achille Mbembe a appelé les « expériences spéculaires ». Il s’agit « pour l’essentiel, poursuit Mbembe de formes de l’existence [qui] naissent d’expériences singulières […] de « formes extrêmes du vivre humain » où les mondes de l’envers et les mondes de l’endroit ne font qu’un, la frontière qui les sépare s’étant évanouie » . (5) De façon plus significative « dans notre contexte africain, note Mbembe, ces formes extrêmes du vivre humain passent aussi bien par la corruption des sens et la jouissance du corps que par l’horreur qui accompagne les grandes flambées de terreur ». Le youza n’est pas un rite qui évacue entièrement, et naïvement, les maux du corps, c’est une caricature qui interroge, au-delà de sa fonction divertissante, avec une relative violence, le malaise de l’inconscient dans chaque corps possédé par cette forme de démence partielle.
Le « youza » révèle une société en extase mystique devant sa propre capacité à mettre en scène sa déliquescence. En même temps qu’on répugne de s’y adonner, il y a comme une force irrésistible qui pousse à l’indocilité, voire la transgression, cette dernière étant entièrement simulée par des tortillements toujours plus déments, et la possibilité infinie d’improviser et d’apporter, chacun à son tour et à sa manière, une touche toujours plus « créative » à ce ndeupp (7) d’un genre moderne qui aurait perdu sa fonction thérapeutique et cathartique.
Sous un mode populaire, la floraison de styles, la création artistique – si tant est qu’on peut appeler cela création – est provoquée par un désarroi suscité par la désintégration irrésistible, la sclérose de toute une société dont la majorité jeune ou très jeune reste désœuvrée, sans alternative. Une société déroutée où « les moindres hochets procurent autant de distractions». (8) Ainsi, le corps virevolte, il tourne autour de lui-même sans pour autant arriver à raccorder les membres disjoints et épars, et à reconstituer l’unité défaite du corps désagrégé. En ce sens qu’elle n’aboutit souvent qu’à une libération immédiate et momentanée, voire illusoire, l’usage privé du corps n’arrive donc pas toujours à opérer une (re)mise en cause convaincante de la puissance publique qui promeut le spectacle comme filière peu couteuse d’allocation de valeurs et de légitimation politique.
Le problème avec le « youza » n’est pas tant dans sa popularité (ravageuse) — car un effet de mode s’évanouit avec le temps — que dans sa capacité transformative et signifiante, en ce qu’il devient un système de valeurs qui gouverne les membres d’un corps qu’on arrive plus à maîtriser, et au-delà, une citoyenneté vide qui ne demande qu’à être imprégnée de contenu, une fébrilité sexuelle qui s’extirpe d’une intimité condamnée, et enfin une pratique politique qui s’absout de toute retenue éthique. Dans ce sens également, le « youza » est une expression de résistance, contre tout ce qui émeut, et contre toute contrainte morale. C’est une célébration, une représentation de la libération du corps de ses angoisses multiformes, à défaut d’une liberté morale et d’une dignité sociale.
Hommage est donc fait à la libération, en outre seul objet de cette parodie, une libération du corps qui est aussi une métaphore de la liberté politique, économique et sociale des défavorisés et des désenchantés de manière générale. Voila pourquoi elle peut impliquer une certaine violence, celle du fantasme, du miroir ou de l’effet miroir que produit le spectacle, dans laquelle le rêve est pris pour réel, le désir devient irrépressible et urgent mais il n’est plus cramponné aux impératifs du phallus déjà consumé d’épectase. Au contraire, le mode libre et sans retenue du registre de contorsions admises dans le « youza » renvoie à une «invagination du sens », (9) autrement dit un retour à la féminitude après l’échec de la posture phallique. Même si la danse du fou a été vulgarisée pour la plupart du temps par les hommes, dans le répertoire du « mbalax » (Ndlr : genre musical sénégalais), les mouvements du « youza « renvoient à l’origine à une danse « féminine ».
A partir du moment où le sens se désagrège devant un horizon et un univers politiques inaccessibles, qu’on ait du mal à faire du sens tout court, l’insensé et le loufoque s’introduisent par une logique tragiquement banale, et s’imposent comme éléments acceptables, et acceptés, d’un répertoire comportemental totalement déstructuré. C’est un phénomène d’autant plus puissant qu’il s’enrichit de faits quotidiens, de courants populaires, et d’effets novateurs, et elle s’approprie la soif collective d’espaces nouveaux d’expérimentation des possibilités d’escapade, qu’importe leur violence sous un mode spéculaire et le risque de s’enfermer dans une bulle, celle que constitue le corps ainsi réduit à de fidèles gesticulations des fantasmes et des désirs avortés. « L’espace ainsi créé par le chant, la danse et le tambour est donc celui du spectacle généralisé » (10) dans lequel l’intrusion démagogique de l’Etat dépouille ce dernier de son aura et de son autorité.
La nouvelle gouvernementalité du corps, au delà « des analyses qui se déclinent en termes de pathologie, de dysfonctionnement ou d’écart par rapport à une norme universelle ou de spécificité radicale » , (11) désigne un processus de renégociation, sous le mode de la continuité non permanente ou atemporelle, des imaginaires et des procédures de légitimation et de régulation des sociétés africaines. C’est en ce sens que, reprenant Achille Mbembe, nous dirons que les figurations, appropriations des techniques et des possibilités du corps dans l’espace public, constituent « des manières de vivre, c’est-à-dire de se raconter son être-au-monde qui, soit se situent au-delà du politique en tant que langue vernaculaire du lien social, soit en déplacant les frontières au point de reléguer le politique à une zone des confins ; ou encore, l’ignorant tout simplement, finissent par en dévoiler l’extraordinaire vulnérabilité et à en affaiblir l’autorité et la centralité ». (12) Cette gouvernementalité de l’écartèlement, du conflit en réalité, entre publicisation opportuniste ou autoritaire et privatisation catastrophiste, s’installe de façon violente dès lors qu’elle implique une agression aussi bien de l’Etat que de la société et ses composantes. A l’image du youza, sa violence réside aussi dans son caractère clinique, fantasmatique, voire instable et convulsif.
* Amy Niang est chercheuse en Science Politiques basée à Edimbourg
* Aboubakr Tandia (doctorant en Sciences Politiques à l’UCAD, Dakar)
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1) Cette sexualité conçoit le corps comme un site de contestation sociale, politique, économique et envisage les rapports entre le sexuel et le pouvoir.
2) Luc Rouban (1998). « Les États occidentaux d’une gouvernementalité à l’autre », Critique internationale n°1, p. 131-149 (p. 133).
3) Michel Foucault (2000). Ethics, Subjectivity and Truth (Essential Works of Michel Foucault 1954-1984). Vol 1, Penguin Books, p. 227).
4) Le youza porte le nom d’un malade mental, le « fou » dans l’imaginaire social, qui l’aurait créé et qui danse pour distraire son monde, soutirer des pièces et d’autres faveurs à ses sympathisants, ou défier ses contempteurs par moment.
5) Achille Mbembe, « Politique de la Vie et Violence Spéculaire dans la Fiction d’Amos Tutuola », Cahiers d'Etudes Africaines. 2003/4 - n° 172, p. 791 à 826 (p.791).
6) A. Mbembe, « «Politique de la Vie » 2003 : 791.
7) Le ndeupp (lire /ndëp/) est une cérémonie rituelle traditionnelle chez les lébous du Sénégal et qui est destinée à soigner un malade ou une personne possédée ou à qui un sort ou une malédiction est jetée. Ici on peut lui attribuer le sens d’un purgatoire. Le ndeupp repose sur le postulat de la possession du corps par un corps étranger, autrement dit l’occupation de l’espace du corps et l’effacement de la subjectivité de l’individu et de la collectivité. Son traitement rituel implique dès lors la manipulation du corps des corps sacrifiés ainsi celui de la personne possédée afin de chasser les éléments maléfiques du monde matériel et spirituel, rétablir l’intégrité du corps et l’équilibre social.
8) Georges Bataille, « Lieux de pèlerinage, Hollywood », Documents, 1929, n° 5, p. 280
9) Michel Maffesoli, Matrimonium. Petit Traité D’Ecosophie. Paris, CNRS, 2010.
10) A. Mbembe, « Politique de la Vie » 2003: 808.
11)M. Diouf, « «Privatisation des Economies » 1999: 18.
12)A. Mbembe, « Politique de la Vie » 2003: 791.
Repères historiques contre les violences faites aux femmes
Aline Murin-Hoarau
2011-07-18
http://pambazuka.org/fr/category/features/75005
Si les violences faites aux femmes sont tant ancrées dans les mentalités, c’est parce qu’elles reposent sur des rapports de domination sociale et de discrimination raciale qui, dans l’histoire, a laissé peu d’espaces de liberté aux femmes. Au sortir d’une rencontre au niveau des pays de l’océan Indien, Aline Murin-Hoarau souligne que pour combattre ce phénomène et «agir sur les mentalités et les actes qui en découlent, la connaissance de son histoire est aussi incontournable».
Pendant trois jours une délégation de femmes de l’océan Indien se sont rencontrées au Conseil général. Ces représentants des Comores, des Seychelles, de Rodrigues et de Madagascar ainsi que les institutions de la Commission de l’océan Indien et de l’ONU ont travaillé sur une plate forme régionale pour accompagner les femmes, les filles et enfants victimes de violence dans l’océan Indien.
Cette plate forme régionale pour bien fonctionner devra tenir compte des spécificités de chaque pays qui vit dans l’océan Indien.
Depuis plusieurs décennies, les États membres ont pris divers engagements pour parvenir à l’égalité de genre entre tous les citoyens.
En effet, l’oppression et la violence contre les femmes, les filles concernent tous les pays et toutes les cultures.
Deux millions de femmes victimes de violence conjugale et plus de 400 décès sont recensés chaque année en France.
Ces violences s’inscrivent-elles dans les gênes de la gent masculine ?
Je voudrais, je souhaiterais dire non.
Mais les faits divers sont trop nombreux à l’égard des femmes et des filles. Ils sont vendus et sont affichés dans les médias comme des faits dignes d’intérêt. C’est devenu banal, normal dans les discussions d’entendre « que fem là la gagne béseman avec son boug ».
Chez nous les crimes passionnels défraient les chroniques.
Beaucoup d’hommes considèrent que sa femme devient sa propriété une fois qu’ils vivent en couple.
L’évolution de l’humanité doit aussi se construire par le respect de la femme, de l’homme et des enfants issus de cet amour.
Il serait grand temps que la femme soit acceptée comme un être à part entière en non pas entièrement à part et qu’elle soit respectée partout dans le monde.
Hommes, femmes doivent trouver l’équilibre le plus harmonieux sur tous les plans pour avancer ensemble sur le chemin de l’humanité et de la spiritualité.
Pendant ces trois jours, dans l’hémicycle du Conseil général, j’ai entendu parler de loi cadre. Les représentants de certains pays ont cité les dispositifs législatifs existants et à améliorer pour lutter contre les violences faites aux femmes et filles dans la région de l’océan Indien.
Mais la distribution de ces nombreuses trousses de secours ne suffira pas à faire changer les mentalités.
Pour pouvoir agir sur les mentalités et les actes qui en découlent, la connaissance de son histoire est aussi incontournable.
Dés le premier siècle de notre ère, les femmes de l’océan Indien ont été l’objet d’un trafic commercial.
Avec la colonisation européenne des îles de l’océan Indien, très vite on a eu besoin de femmes pour peupler des îles à sucre. De nombreuses femmes africaines, malgaches et indoportugaises sont arrachées de leurs villages puis transportées vers les colonies de l’océan Indien tout au long du XVIIIème siècle.
Sur les boutres, elles sont conduites aux Comores, à Madagascar et à l’île Bourbon et vendues ensuite aux colons.
Esclaves, ces femmes deviennent une denrée rare au début de la colonisation.
Cette société coloniale qui repose sur des rapports de domination sociale et de discrimination raciale a laissé peu d’espaces de liberté aux femmes. Ces femmes évoluent dans une société coloniale où les inégalités sont criantes et où le mot de liberté n’a pas de sens.
La femme fait partie du patrimoine du maître au même titre qu’un meuble. En réalité, la condition d’asservissement de la femme esclave la transforme plus facilement en objet de débauche et de plaisir pour les maîtres.
Certaines femmes préféreront le suicide à cette servitude.
Certaines déjà bien rebelles à l’époque ont préféré se battre pour leur liberté, pour préserver leur cellule familiale aux côtés de leurs compagnons.
Ces femmes comme Héva, Rahariane, Simangavole optent pour le marronnage dans nos Pitons Cirques et nos Remparts.
Elles participent aux réunions politiques pour affronter dignement l’ennemi esclavagiste et affichent avec autant de courage que les hommes leur volonté de dire non aux injustices, aux violences.
Après l’abolition de l’esclavage, punitions, brimades, humiliations s’effacent progressivement. Mais leur condition de vie reste difficile. Le courage de ces femmes, la volonté farouche et évidente de réagir contre les injustices et les discriminations tracent un combat qui doit aujourd’hui continuer pour que toute forme de violence cesse à son égard.
Notre histoire nous rappelle que les hommes et les femmes ont combattu ensemble des injustices, des inégalités, des violences.
Aujourd’hui et demain pour mettre fin à toutes violences dans la famille, il convient que les Femmes et les Hommes s’unissent comme dans le passé pour construire ensemble une société respectueuse des êtres humains au travers de ses lois.
Aujourd’hui, demain, comme hier, Femmes et Hommes doivent dépasser les sentiments de jalousie, de supériorité pour pouvoir travailler ensemble, équitablement dans les hémicycles.
* Aline Murin-Hoarau est conseillère régionale de la Région Réunion
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La France contre la démocratie en Afrique
Paul Martial
2011-07-18
http://pambazuka.org/fr/category/features/75006
La vantardise de Robert Bourgi a confirmé un secret de polichinelle. En révélant, lors d’une interview sur RTL en septembre dernier comment les réseaux néocolonialistes avaient réussi à virer Bockel, secrétaire d’État à la Coopération, Bourgi provoque un malaise. Les chroniqueurs de droite feignent de découvrir le pouvoir de ces réseaux et s’en offusquent. Malaise aussi du côté du gouvernement qui, sans démentir les faits, se contente de réaffirmer que Bourgi n’occupe aucune fonction officielle. Quant aux experts qui nous annoncent, à longueur de pages, que la Françafrique n’existe plus, ils en sont de nouveau pour leur frais. Il est vrai que certaines situations prises isolément pourraient le faire croire.
Depuis la fin du Giscardisme, deux tendances existent sur la manière de conduire la politique africaine de la France. Elles ont un socle commun – celui de pérenniser et optimiser la relation impérialiste que la France impose à l’Afrique – mais divergent sur les manières d’y parvenir. La première tendance est celle des réseaux africains mis en place par Foccart, qui rassemblent hommes d’affaire, barbouzes, militaires et hauts fonctionnaires autour de liens d’affaires, d’amitiés, de faits d’arme et/ou de loge maçonnique, etc. La seconde, qui se veut moderniste, pense que la France doit, non pas rompre, mais prendre ses distances avec ces réseaux, jugeant leur action néfaste à sa réputation et l’entraînant dans des situations préjudiciables au niveau de la politique étrangère. Ces deux approches ne sont pas liées à un courant politique particulier et traversent les gouvernements de droite comme de gauche.
Mitterrand, proclamé candidat du changement, tentera de prendre ses distances avec les réseaux africains, notamment après les frasques de Giscard et de Bokassa en Centrafrique. Jean-Pierre Cot au Ministère de la coopération en 1982 tentera d’instaurer une certaine moralisation en développant une relation plus conforme au standard international avec les anciennes colonies. La suite est connue : démission de J.P. Cot du gouvernement et victoire des réseaux africains qui auront défait, pour longtemps, la tendance moderniste. Mitterrand rentrera dans le rang. Il fera parrainer par les réseaux africains son fils qui deviendra ainsi le responsable de la cellule africaine de l’Élysée et sera connu, sur le continent, sous le sobriquet de Monsieur « Papamadit ». Ensuite il continuera une carrière classique, identique à celle de ses parrains trafiquant d’armes, notamment vers l’Angola, avec son collègue Pasqua. Quant au père, il impliquera la France, son armée et ses barbouzes dans le génocide des Tutsis au Rwanda ; sa femme, Danièle Mitterrand, s’occupera de l’humanitaire avec « France.-Libertés » (Par égard à la culture, on n’évoquera pas le neveu).
Sarkozy, proclamé candidat de la rupture, lui aussi décide de prendre ses distances avec les réseaux africains. Ainsi, le secrétaire à la coopération, Jean-Marie Bockel, entame une timide avancée dans une interview au Monde en janvier 2008, sous couvert d’appliquer la politique de Sarkozy. Il prend soin de n’attaquer aucune personnalité et pense qu’il fera mieux que Cot. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Bockel sera débarqué quelques semaines plus tard.
L’IMPOSSIBLE RUPTURE
Il est de bon ton de relativiser l’intérêt économique de la France pour l’Afrique, mais la réalité des chiffres démontre le contraire. Les échanges économiques en 2008 s’élevaient à plus 52 milliards d’euros. Le CIAN (Conseil Français des Investisseurs en Afrique) annonce 40 milliards d’euros de chiffre d’affaire pour les 80 entreprises adhérentes à cet organisme. Les principaux secteurs économiques (logistiques, le bâtiment, les transports, eau, télécom…) sont aux mains des filiales françaises. En bref, comme le résume en avril 2008, sur le site Linternationalmagazine.com, le patronat français et les financiers anglophones : « L’Afrique reste très rentable ».
Mais l’impérialisme français est confronté directement à la concurrence des autres impérialismes. Les Chinois tout d’abord : la valeur des échanges passe de 817 millions de dollars en 1997 à 10 milliards en 2000 pour dépasser les 100 milliards en 2008. La courbe est identique pour l’Inde : en 1991 les échanges commerciaux étaient de 967 millions de dollars pour culminer à 35 milliards en 2008. Il est vraisemblable que ce volume augmente peu car l’économie indienne est beaucoup moins tournée vers l’exportation contrairement à sa voisine asiatique. A cela s’ajoute la volonté des États-Unis de diversifier leurs sources d’approvisionnement, notamment en pétrole. Les pays visités par Hillary Clinton comme l’Angola et le Nigeria montrent l’importance de cette voie considérée comme un des éléments de la sécurisation énergétique du pays. Cette volonté états-unienne est, pour la France, une réelle menace.
Le seul avantage concurrentiel de la France – pour parler comme les économistes libéraux – réside justement dans les réseaux néocolonialistes qui ont construit un système simple mais efficace : les dirigeants africains favorisent les entreprises françaises qui, à leur tour, les subventionnent. Le « plus » réside dans la protection politique et parfois militaire de la France. En d’autres termes, faire du Bizness avec les entreprises françaises c’est la garantie de s’enrichir, mais c’est aussi la garantie de rester au pouvoir ou de le conquérir ! C’est ainsi que la politique française en Afrique agit sur deux fronts : préserver le personnel politique acquis aux intérêts de la France et encourager la déstabilisation de ceux qui ont une quelconque velléité d’autonomie vis-à-vis des exigences de l’ancienne puissance coloniale.
Les crises récentes qui secouent l’Afrique francophone témoignent de cette situation. Le Niger vient de passer un accord avec Areva pour l’exploitation d’Imouraren, la plus grande mine d’uranium. En contrepartie, le président nigérien Tanja peut dissoudre l’Assemblée nationale puis le Conseil constitutionnel, interdire les manifestations, réviser la Constitution par un vote truqué frôlant les 98 % et emprisonner les opposants. La France se contente d’appeler… à la « retenue ».
Au Congo Brazzaville, un des fiefs de Total et Bolloré, les élections ont eu lieu le 12 juillet. Quelques mois avant, le 28 mars, Sarkozy déclarait : «Grâce au Président Sassou Nguesso, le Congo a retrouvé la stabilité et la sécurité ». Après ce soutien officiel, des députés UMP se sont transformés en observateurs électoraux et ont affirmé que les conditions d’élection étaient bonnes, légitimant les 78.6% de voix recueillies par Nguesso. Ils sont allés jusqu’à protester contre le « néo-colonialisme » du représentant de l’Union européenne, Miguel Amado, qui doutait de la sincérité du scrutin.
A Madagascar, la France soutient l’homme d’affaire Rajoelina qui a fomenté un coup d’État contre l’autre homme d’affaire Ravalomanana qui avait développé une politique plus indépendante que ses prédécesseurs. Ce soutien à Rajoelina se double d’un soutien à la mouvance plus indépendante de Didier Ratsiraka qui bénéficie des avions de l’ETEC pour se rendre aux conférences de sortie de crise à Maputo.
En Mauritanie, après avoir officiellement condamné le coup d’Etat qui a démis le président élu, Sarkozy l’a justifié, pour ensuite soutenir, sans réserve, un processus électoral entaché de fraudes pilotées par Bourgi et le représentant local de la DGSE. Le but : faire entériner par la communauté internationale le fait accompli du putsch.
Au Gabon, la plupart des candidats aux élections présidentielles, après le mort de Bongo, n’avaient jamais manifesté de volonté de rupture avec Paris. En toute logique, la France aurait dû respecter une totale neutralité. Et pourtant Bourgi a défendu la candidature du fils Bongo, Ali. Et une fois proclamé vainqueur, Sarkozy s’est précipité pour le féliciter, alors que les preuves de fraudes s’accumulaient.
L’analyse détaillée de la relation impérialiste de la France vis-à-vis de l’Afrique montre que ces officines africaines restent un passage incontournable pour la défense des intérêts des multinationales françaises. Plus la concurrence s’aiguise et plus ces réseaux vont se resserrer et s’opposer frontalement aux exigences de démocratie des peuples africains. Non que la démocratie risque de changer un tant soit peu la nature des relations impérialistes françafricaines. Elle risque simplement de marginaliser un système construit depuis des années. En ce sens, la politique de la France est l’obstacle majeur à la démocratie en Afrique. C’est sur cette compréhension que se développe notre solidarité anti-impérialiste avec les peuples d’Afrique.
* Paul Martial est membre du Nouveau Parti Anticapitaliste, rédacteur d’«Afrique en lutte»
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Centenaire de Mamadou Dia : Un Africain dans le temps
Tidiane Dia
2011-07-18
http://pambazuka.org/fr/category/features/75004
Il y a des hommes dont la vie, vouée à un destin de servir, est pleine de vertus et d’enseignements. Mamadou Dia (18 juillet 1911-18 juillet 2011) est de ceux-là. Il était, par excellence un homme pétri d’humilité, qui avait mis au premier rang de son action le service.
Ce sacerdoce avait marqué ce «monument incontournable», tout au long de sa vie presque centenaire et « remplie comme un œuf». Une vie traversé par les structures et les statuts les plus contrastés et les plus opposés, face auxquels il est demeuré stoïquement égal à lui-même.
Sculpté dans un bloc de granit familial, enraciné dans les vertus terriennes de droiture, de franchise, de rigueur, d’intégrité et de fidélité, vertus scellées par une spiritualité excluant tout esprit d’orgueil, il se distinguera par une passion farouche pour la cause des exploités de toutes sortes, en particulier celle liée au combat pour la décolonisation du continent africain et l’avènement de la République du Sénégal.
Mamadou Dia a toujours été sensible, depuis sa jeunesse aux problèmes économiques et sociaux des paysans auxquels il s’était frotté depuis 1946. Comme conseiller général à Fatick, avec la création de coopératives, puis à partir de 1948 comme sénateur français impliqué dans diverses commissions techniques de cette Assemblée.
Après le vote de la Loi-cadre, Mamadou Dia fut investi par l’Assemblé territoriale, comme vice président du gouvernement, le 18 mai 1957. Il présida ainsi le premier gouvernement sénégalais. Dans son discours d’investiture, il exprima ainsi clairement sa résolution : «Opposer une résistance farouche à toute tentative d’ingérence dans nos affaires intérieures, à toute pressions directe ou indirecte, à toute manœuvre tendant à aliéner l’indépendance du gouvernement local.»
Cette déclaration n’alla d’ailleurs pas sans conséquences de tous ordres sur le fonctionnement des appareils de l’Etat. Ses premières confrontations nées de la dyarchie des pouvoirs au sommet de l’Etat viendront de là.
Durant la période de la Loi-cadre, période de semi autonomie, une autre question cruciale se posa, celle du transfert de la capitale de Saint-Louis à Dakar. C’est pleine connaissance de cause, conscient de sa responsabilité d’homme d’Etat, que le vice-président Dia, en accord avec Léopold Sédar Senghor et avec son parti, prit la décision stratégique d’opérer le transfert, pour prévenir le risque d’une départementalisation d’une partie du Sénégal qui aurait rendu impossible la marche unie de la nation sénégalaise vers l’indépendance.
Par ailleurs, si Mamadou Dia s’est volontairement absenté de Dakar à l’occasion de la visite du général De Gaulle, le 26 août 1958, c’est en réaction au comportement cavalier de ce dernier. Après avoir défini et tracé les grandes lignes de son discours de réception du général, conformément aux directives de son parti et de son gouvernement, il le confia à son ministre de l’Intérieur, maître Valdiodio Ndiaye, qui délivra le message au général en y ajoutant une phrase au discours qui irrita fortement le général De Gaulle.
Me Lamine Guèye et Gabriel Darboussier, face au général De Gaulle et devant l’enjeu du moment, eurent le même langage que le gouvernement du Sénégal, en des termes plus apaisés : «Un oui n’a de sens que dans la mesure où celui qui le dit a également la possibilité de dire non» (Lamine Guèye).
D’ailleurs, le président Dia eu sa «rencontre historique» à Saint-Louis avec «L’homme du 18 juin». En effet, comment ne pas évoquer le face à face du 12 décembre 1959 entre deux acteurs de la vie politique d’alors, au destins croisés, à l’occasion de la réunion du dernier comité exécutif franco-africain à Saint-Louis ? A ce titre, cette ville fut le lieu ou la dernière page d’une longue épopée coloniale fut tournée par les mains d’un célèbre bâtisseur d’empire, reconverti en évangéliste des temps modernes. Quel destin singulier pour la ville de Mame Coumba Bang qui, trois cents ans après la pénétration coloniale, fut le haut lieu où se célébra la messe solennelle des derniers jours de présence française en en Afrique Noire.
Désormais ce fut la marche forcée vers l’indépendance.
C’est ici le lieu de remercier le conseil municipal de Dakar d’avoir eu la pertinence d’esprit rebaptiser le «Boulevard de la République » en «Boulevard Mamadou Dia». Car, en réalité, « le Maodo » (cette autre appellation de Dia) a été le principal acteur de la proclamation de République du Sénégal, le 20 août 1960, après avoir été, avec feu le président Modibo Keïta du Soudan (actuel Mali), le négociateur des accords qui ont conduit à l’indépendance de la Fédération du Mali, le 4 avril de la même année.
Au lendemain de l’éclatement de la Fédération du Mali et la proclamation de la République du Sénégal, c’est donc à juste titre que cet artisan de l’indépendance de notre pays fut désigné pour assurer la charge effective de l’Exécutif de notre première République, en qualité du président du Conseil du gouvernement à qui la Constitution conférait des pouvoirs étendus : celui de choisir les ministres du gouvernement, de déterminer et de conduire la politique de la nation, etc.
Mamadou Dia, investi chef de l’Exécutif, chausse des bottes de plusieurs lieux. En septembre 1960, il va à Paris et signe avec les autorités françaises le transfert des compétences de souveraineté internationale entre le Sénégal et la France. Le 8 décembre 1960, il est à New York devant l’Assemblée générale des Nations Unies ou il déclare : « J’ai l’honneur de vous faire part de notre joie d’entrer pleinement dans le concert des nation et de contribuer à la construction commune d’un nouveau monde ». D’où la reconnaissance du Sénégal comme membre des Nations Unies.
Sur le plan national, il initie le premier plan quadriennal de développement afin de résoudre une double équation. La première consistait à conceptualiser une approche susceptible de générer un développement qui serait pris en charge par les larges masses de la population sénégalaise. La seconde équation était d’élaborer une stratégie de développement centrée sur l’homme, qui génère la croissance, en répartit les fruits et libère le jeune Etat sénégalais de la domination économique étrangère.
L’un des actes majeurs posés par Mamadou Dia durant son passage à la tête de l’Etat aura été, incontestablement, la destruction-construction. Il aura initié les réformes des structures économiques, sociales et administratives qui ont abouti au démantèlement de l’économie de traite, sonnant le glas des comptoirs coloniaux, permettant la libération du monde rural et ébranlant à jamais les fondements de l’économie néolibérale coloniale plus que centenaire – j’invite les chercheurs en sciences sociales, avec le recul, de visiter cette période charnière de notre histoire.
Sur le plan extérieur, Mamadou diversifia les relations de coopération internationale entre le Sénégal et les pays de l’Est, les pays scandinaves, les pays arabes, les pays européens et même Israël.
De sa solide culture économique, depuis les années 1950, et après l’échec de la tentative d’intégration politique avec le Mali, Mamadou Dia se lança à fond dans la politique d’intégration économique des Etat africaines sur le plan monétaire, économique et douanier. On peut dire en toute modestie qu’il a été l’âme de ces réformes sinon, un des plus grands pionniers.
De fait, depuis la semi autonomie de 1957, au moins, Mamadou Dia étais positionné comme « le premier bâtisseur de République, l’architecte et le concepteur de l’armature institutionnelle et administrative » de l’Etat. Le savant Djibril Samb, ancien directeur de l’Ifan, qui porte ce témoignage, va jusqu'à affirmer qu’«on pourrait dire que Mamadou Dia est le véritable père de l’Etat sénégalaise moderne.» Ce n’est donc que lui rendre justice en attribuant son nom à cette allée qui conduit ver le palais de la République, ce symbole de cette même République qui restera à jamais son œuvre.
Comme le disait le poète Birago Diop : «Les morts ne sont pas morts». Mamadou Dia nous a laissé plus qu’un message, un testament qui se résume par une phrase très simple, mais d’une profondeur qui relèves de l’œcuménisme des cultures et des valeurs : « Lève toi et marche ».
C’est une invite à toutes les générations du vingt et unième siècle de s’approprier le progrès et la paix. C’est à dire, inventer de nouvelles méthodes de développement pour le bonheur des populations. Mais surtout nous approprier le réaménagement de la terre afin qu’elle soit la terre de l’humanité toute entière et afin que l’histoire soit désormais notre œuvre commune, œuvre commune de tout les hommes.
Tel est le pari fait par un homme de foi et d’engagement qui vient de nous et qui, cinquante ans après les indépendances, n’a pas vu se réaliser sa promesse de développement traduite dans la vie quotidienne de la grande majorité des populations sénégalaises.
* Tidiane Dia est économiste
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Gabon : La Françafrique concède un nouveau bouclier militaire
Mengue M’Eyaà
2011-07-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/75008
Les néo-foccardiens sont en plein préparatif de l’élection présidentielle française, et pour ce faire, multiplient les contacts avec le régime illégitime. Ainsi, signale t-on la présence de l’affairiste Robert Bourgi en mission à Rome ayant eu des entretiens avec le putschiste gabonais (source : Lettre du continent) en déplacement pour un énième sommet de la FAO où les Gabonais du pouvoir n’ont d’ailleurs rien à dire, tant ils sont incompétents. Cette rencontre n’est pas fortuite et Bourgi, dont on se souvient, avec Guéant, du rôle majeur dans le putsch gabonais, n’est pas venu rencontrer leur créature gabonaise sans que cela n’ait de rapport avec la préparation de l’élection présidentielle française. Le sort de Bongo est lié à celui de Sarkozy, qui l’a nommé là où il est.
La démocratie est en recul dans toute l’Afrique francophone, en dehors de la Guinée et du Niger, négligés par Sarkozy, et le départ de Laurent Gbagbo sonne comme l’ultime règlement de compte à l’endroit d’un leader africain « indépendant » d’Afrique francophone. Il serait difficile d’assimiler Laurent Gbagbo à Sankara, mais il y a comme un sentiment de liquidation politique. Comment expliquer que la cour constitutionnelle ivoirienne soit moins légitime que celle du Gabon ? Pourquoi, les massacres perpétrés par les troupes de Ouattara sont-ils minimisés par rapport à ceux des troupes de Gbgabo ? Et les massacres de Port-Gentil, commis par les milices du régime, ville dans laquelle vivent de nombreux Français, n’ont pas donné lieu à intervention de l’armée française, qui stationne en permanence au Gabon. Aucun ordre à l’armée française n’a été donné pour procéder à l’arrestation de Bongo.
Il est clair que l’image internationale nouvelle que veut se donner Sarkozy, sur le thème des valeurs démocratiques, en s’adossant à la notoriété internationale de Barack Obama, est totalement artificielle et ne résistera pas à la campagne présidentielle approchant – même sans Dominique Strauss-Kahn.
La Françafrique évolue-t-elle dans le bon sens ? Les nouveaux accords de coopération sont parus au Journal officiel, dans un silence absolu dans un désintérêt total. Ces nouveaux accords (loi n° 2011- 425 du 20 avril 2011 autorisant la ratification du traité instituant un partenariat de défense entre la République française et la République gabonaise) présentent de prime abord un caractère volontairement technique et c’est à travers une lecture attentive qu’il est possible d’en deviner les conséquences. Ils se veulent non « interventionnistes », c’est-à dire que la France n’est plus engagée à agir militairement dans les pays avec lesquels elle est liée par les accords. L’on peut donc deviner que c’était le cas antérieurement. Mais, il y a une exception : le Gabon.
En effet, dans un article 4, le régime a supplié la France de maintenir une clause qui lui permet de bénéficier du bouclier militaire français, bien utile tant il risquerait de s’effondrer dans de brefs délais si les élections étaient menées à leur terme. Cette clause permet à la France d’intervenir s’il y a menace sur la « paix » au Gabon. Belle trouvaille ! La « paix » est vendue par le régime gabonais depuis une quarantaine d’années et permet au clan Bongo et dépendants de maintenir leur joug au Gabon.
En réalité, qui menace la paix au Gabon si ce n'est le régime lui-même en s'accrochant au pouvoir et surtout aux ressources de celui-ci ?
Ainsi, les nouveaux accords auront pour conséquence de ne rien changer au Gabon. Les élections spoliées par le parti-Etat permettront en cas de soulèvement des populations contre la dictature de faire appel à la force militaire française au motif d’une pseudo menace contre la paix, en réalité le moyen pour le régime de défendre les intérêts du clan Bongo.
Les démocrates fondent l’espoir en 2012 que le changement politique en France mettra, dans l’intérêt des populations gabonaises, un terme au bouclier militaire en faveur du clan Bongo. Il reste aussi à souhaiter que le second mandat de Barack Obama sera un peu plus ambitieux en matière de politique américaine africaine et de démocratie, une fois la France, pays allié, débarrassée des néo-foccardiens.
* Mengue M’Eyaà est présidente du Conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon
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Plaidoyers & campagnes
Tunisie : Pas de sabotage des élections à l’étranger
Tarek Ben Hiba
2011-07-18
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/74990
Malgré toutes les demandes, rappels et mises en garde, il apparait clairement que le ministère tunisien des Affaires étrangères refuse d'apporter les moyens humains et matériels pour permettre aux citoyennes et citoyens tunisiens résidant à l'étranger de s'inscrire sur les listes électorales.
Le ministère des affaires étrangères est encore sous le poids de l'ancien régime dictatorial où les consulats et les missions diplomatiques étaient truffés d'agents du RCD dont la seule mission qui compte était de contrôler les migrants et les militants.
La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) dénonce le refus du ministère des Affaires étrangères de mettre en place les moyens humains et matériels pour que l'inscription sur les listes puisse se faire.
La FTCR soutient toutes les initiatives militantes qui visent à débloquer la situation de toute urgence.
La FTCR demande au gouvernement de prendre ses responsabilités pour que le processus électoral se déroule normalement sans anicroches dans les 6 circonscriptions de l'étranger et ce conformément à la loi électorale qui donne la responsabilité aux missions diplomatique.
La FTCR appelle tous les démocrates tunisiens et leurs amis à se mobiliser pour que le processus électoral issu de la révolution ne soit pas étouffé par les contres révolutionnaires de tous bords.
* Tarek Ben Hiba est président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
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Arts & livres
Afrique : Le continent est aussi partagé dans les arts
2011-07-18
http://tinyurl.com/68p3c8b
En 1885, l'Europe se rencontrait à Berlin pour procéder au partage de l'Afrique comme un gâteau sur un plateau. Les frontières des états ont ainsi été délimitées consécutivement aux intérêts des différents colonisateurs. Un peu plus d'un siècle plus tard, le même partage semble intervenir encore dans le domaine des arts. Pour réussir les arts visuels, il faut impérativement s'aligner sur Dakar avec sa Biennale de l'art africain contemporain. Bamako ne pourrait jamais jouer ce rôle car le choix a déjà été fait et le tour déjà joué. De la même manière, toute l'Afrique se retrouve tous les ans à Brazzaville au Congo pour savourer le Festival panafricain de musique (Fespam).
Afrique : Nuits d’Afrique regarde vers l’avenir
2011-07-17
http://tinyurl.com/5tsospu
Quand on pense à la musique du monde, on pense aux rythmes traditionnels venus d’Afrique, des Caraïbes ou d’Amérique latine. Mais si la tradition est quelque chose que les organisateurs du Festival Nuits d’Afrique ont à cœur, la modernité leur importe tout autant, assure Frédéric Kervadec, responsable de la programmation internationale du festival. Le directeur de la programmation fait aussi remarquer que le public de Nuits d’Afrique est très métissé. «C’est d’ailleurs une de nos forces, croit-il. Depuis le début, on arrive à toucher un public de masse, on rassemble les Québécois de souche et les communautés culturelles.»
Congo : Le Festival panafricain de musique décalé en juillet 2013
2011-07-17
http://tinyurl.com/5tau25o
La 8ème édition du Festival panafricain de la musique (FESPAM) qui n'a vécu qu'une soirée à Brazzaville, a été suspendue et décalée en juillet 2013. Le gouvernement de la République du Congo a décidé de décaler en juillet 2013 le FESPAM après la bousculade à l'entrée du stade Félix Eboué ayant coûté la vie à 7 personnes. Institué en 1996, le FESPAM est une grande manifestation culturelle et scientifique biennale qui vise essentiellement la promotion de la musique africaine et de la diaspora dans sa triple dimension traditionnelle, moderne et religieuse.
Droits humains
Afrique: Habré prêt à se présenter devant une justice internationale
2011-07-18
http://tinyurl.com/6kok4cj
Hissène Habré sort de son silence. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire sénégalais La Gazette, publié jeudi 14 juillet, l'ex-président tchadien, en exil au Sénégal depuis sa chute en 1990, est revenu sur l'annonce de son expulsion vers le Tchad. Il se dit «d'accord» pour se présenter devant «une justice internationale indépendante», au même titre que «tous les Tchadiens à qui on reproche quelque chose». A propos de l'annonce de son expulsion vers Ndjamena, sur laquelle le président sénégalais Abdoulaye Wade est finalement revenu 48 heures plus tard, Hissène Habré estime qu'il n'y a pas de doute : il s'agit d'un complot politique visant à son assassinat.
Global : La CIA utilise des installations secrètes en Somalie
2011-07-17
http://tinyurl.com/6hvj6xq
L'agence de renseignement américaine utilise un complexe secret en Somalie, ainsi qu'une prison située dans la capitale Mogadiscio, pour mener à bien des activités en matière d'anti-terrorisme. Le complexe dispose de son propre aéroport et est gardé par des soldats somaliens, mais ce sont les Américains qui contrôlent les entrées. Certains prisonniers ont été capturés au Kenya ou dans d'autres endroits. La prison est officiellement placée sous l'autorité de la NSA et ce sont des agents de la CIA qui mènent les interrogatoires et versent les salaires du personnel.
Réfugiés & migration forcée
Global : Le Canada s’ouvre aux réfugiés somaliens du Kenya
2011-07-18
http://tinyurl.com/69uew59
Le Canada a déjà annoncé une aide de 11,5 millions de dollars aux réfugiés somaliens du Kenya. Des organisations d'aide internationale et des défenseurs des droits des réfugiés pressent maintenant le gouvernement conservateur d'accepter un plus grand nombre de réfugiés somaliens. Citoyenneté et Immigration Canada a déclaré à l'Agence des Nations unies pour les réfugiés qu'il ne pouvait plus accepter de nouvelles demandes à Nairobi pour 2010 et 2011, ayant déjà atteint son quota de 1450 demandes en attente. Le ministère en a malgré tout accepté 300 de plus en 2010, et annoncé à l'Agence qu'il en accepterait d'autres en 2012.
Elections & gouvernance
Afrique : Bienvenue au 54ème pays
2011-07-17
http://tinyurl.com/69syyl7
Situé en Afrique de l’Est, le Sud Soudan a acquis son indépendance par référendum organisé du 9 au 15 janvier 2011, accélérant son autodétermination. Le pays est depuis le 9 juillet 2011 séparé de la République du Soudan. Après deux décennies de guerre civile meurtrière entre le Nord et le Sud, les Sud-Soudanais ont voté à 98,83% en faveur de la sécession. Salva Kiir est devenu le premier président d’un État de 589.745 km² et de plus de 8,5 millions d’habitants, dont la majorité est animiste et chrétienne. Les réserves pétrolières du pays sont estimées à 6,7 milliards de barils, mais malgré toutes ces richesses, le pays reste encore à être construit.
Afrique du sud : Mandela retourne dans son village natal pour ses 93 ans
2011-07-17
http://tinyurl.com/6e6bsv9
Nelson Mandela est rentré dans son village d’enfance pour célébrer le 18 juillet son 93e anniversaire à l’abri des regards, alors que toute l’Afrique du Sud et même le monde s’apprête à lui rendre hommage en multipliant les bonnes actions désormais traditionnelles de la "Journée Mandela". Dans toutes les écoles 12,4 millions d’enfants doivent chanter un "joyeux anniversaire" spécial, africanisé pour l’occasion par un compositeur local.
Burkina Faso : Pas de consensus pour réviser la limitation des mandats présidentiels
2011-07-17
http://tinyurl.com/6ygv775
Un comité chargé de proposer des réformes politiques au Burkina Faso a échoué à s'accorder sur une révision de la Constitution qui permettrait au président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat en 2015. Les partisans du chef de l'État demandent la révision de cet article pour lui permettre de briguer sa succession au terme de ce qui est pour l'instant son dernier mandat légal. La constitution limite depuis 2002 à deux le nombre de mandat.
Guinée équatoriale : Leadership naissant pour Obiang Nguema
2011-07-18
http://tinyurl.com/66l89ov
Le président équato-guinéen a profité de la présidence en exercice de l’Union africaine pour affirmer son leadership. Il a ainsi obtenu que son pays abrite deux sièges continentaux, celui du Corps de jeunes volontaires de l’Union africaine et celui de l’Observatoire africain pour la Science, la Technologie et l’Innovation dont la première pierre a été posée le 30 juin dans la Cité de l’Union africaine. Le prix qui porte son nom, qu’il avait offert à l’Unesco et qui fait l’objet d’une controverse, a également reçu le soutien du Sommet de l’Union africaine. Les ambassadeurs africains auprès de l’Unesco vont être instruits de le soutenir pour qu’il ait enfin droit de cité.
Mali: Les présidentiables jouent serré
2011-07-18
http://tinyurl.com/65y2vk8
A 10 mois de la présidentielle de 2012, l'heure est plus que jamais aux supputations sur le prochain locataire du palais de Koulouba, la colline du pouvoir à Bamako. Et la course au positionnement est plus que jamais ouverte entre les présidentiables, qui jouent serré. Mais s'il y a une candidature qui est entourée de bien d'interrogations et qui fait l'objet de toutes les supputations et conjectures, c'est bel et bien celle de Modibo Sidibé, qui était, il y a seulement quelques mois, encore chef du gouvernement au Mali.
Madagascar : L'Union africaine piétine
2011-07-17
http://tinyurl.com/633x2p2
A Madagascar, on attendait une fois de plus que la communauté internationale se prononce sur la sortie de crise. C'était cette fois le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine qui discutait du cas malgache, mais il n'est rien ressorti de neuf de sa réunion du 12 juillet. L'Union africaine s'appuie sur les résolutions énoncées par la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe), mais celles-ci font l'objet de différentes interprétations.
Maroc : L'opposition toujours mobilisée
2011-07-17
http://tinyurl.com/6f2eq64
Plusieurs milliers de Marocains ont manifesté pacifiquement le 10 juillet à Casablanca et Rabat pour demander des réformes allant au-delà des seuls changements constitutionnels proposés par le souverain Mohamed VI. Ces manifestations interviennent dix jours après un référendum populaire sur une réforme constitutionnelle proposée par le roi et adoptée à plus 98% des Marocains.
Sénégal : Wade propose une présidentielle anticipée
2011-07-17
http://tinyurl.com/5vfjgc7
Le président Abdoulaye Wade a reconnu une "erreur d’appréciation" à propos de son projet de réforme constitutionnelle et des violentes manifestations à Dakar le 23 juin. Pour apaiser les tensions, il propose une élection présidentielle anticipée et annoncé sa candidature alors que l’opposition lui conteste une possibilité de se représenter du fait de la limitation des mandats imposés par la Constitution.
Soudan du Sud : Un nouvel Etat dans le concert des nations
2011-07-17
http://tinyurl.com/6ymqh9o
L'Assemblée générale des Nations unies a formellement admis le Soudan du Sud dans ses rangs, le 14 juillet. Le pays devient le 193e à se joindre au concert des nations, et le premier depuis que le Monténégro a accédé à l'indépendance, en 2006. Le Parlement du Soudan a voté en deuxième lecture, le 13 juillet, une loi qui prévoit «Le retrait automatique de la nationalité soudanaise à toute personne obtenant la nationalité de l'État du Soudan du Sud».
Développement
Afrique : L'Afrique subsaharienne n’atteindra qu’un des OMD
2011-07-17
http://tinyurl.com/65mhrsx
Les Nations unies ont publié, le 12 juillet à Johannesburg, leur rapport sur les Objectifs du Millénaire, affirmant que l'Afrique subsaharienne progresse mais qu'elle reste confrontée à des défis difficiles. Aujourd’hui, l’ONU estime que seul l’objectif concernant l’éducation pourrait être atteint dans quatre ans. Il y a nuit Objectifs du Millénaire en tout, qui ont été fixés en l’an 2000 et doivent être atteints en 2015.
Afrique : Déséquilibres dans le développement du secteur manufacturier
2011-07-17
http://www.rfi.fr/node/590611
Selon le rapport 2011 de la Cnuced, le niveau d’industrialisation et l’évolution récente du secteur manufacturier diffèrent beaucoup parmi les 54 pays d’Afrique. De l’Afrique du Sud à la Guinée, la revue par pays note que ceux qui sont « en avance » et « en progrès » possèdent déjà une importante base manufacturière, là où beaucoup en sont encore au stade du rattrapage pour leur industrialisation. Parmi les pays dont la croissance se dégrade et certains qui se désindustrialisent, on note la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Mauritanie .
Afrique : La production de noix de cajou, pécan et macadamia se développe
2011-07-17
http://tinyurl.com/5urx4zl
L'Afrique a toute sa place à prendre sur le marché des noix, en particulier des noix de cajou, de pécan et de macadamia. Un marché en forte croissance grâce à la demande de l'Asie et du Moyen-Orient. Les prix s'envolent s'agissant de la noix de cajou, produite en premier lieu en Inde et au Vietnam car les récoltes étaient moyennes l'an dernier. La production de noix de macadamia, majoritairement australienne, est également en baisse cette année. Dans ce contexte, estiment les négociants européens, l'Afrique peut et doit devenir un acteur majeur non seulement dans la production de ces fruits secs, mais dans leur transformation.
Angola : Luanda, ville la plus chère pour les expatriés
2011-07-17
http://tinyurl.com/69545yb
La capitale angolaise Luanda est, pour la deuxième année de suite, la ville la plus chère du monde pour les expatriés, au sein d'un classement dominé par l'Afrique, l'Europe et l'Asie, selon une étude dévoilée le 12 juillet par le cabinet d'études britannique Mercer. Peu de changements sont intervenus depuis 2010 au sein du Top 10, toujours dominé par Luanda devant Tokyo (2e), Ndjamena (3e), Moscou (4e) et Genève (5e). Deux villes y font toutefois leur apparition, Singapour passant de la 11e à la 8e place et Sao Paulo, première ville américaine, grimpant du 21e au 10e rang, tandis que Libreville (12e) et Copenhague (17e) en sortent.
Congo : Offensive de la diplomatie économique
2011-07-17
http://tinyurl.com/6kyf6dc
Afin d’ouvrir les perspectives économiques de son pays, le président Denis Sassou Nguesso multiplie les voyages à l’international et notamment dans l’océan Indien. Le but : contracter des partenariats et conclure des accords économiques avec de nouveaux pays afin de diversifier l’économie congolaise. Cette stratégie porte aujourd’hui ses fruits, après la signature de deux accords qui visaient à stimuler les échanges économiques entre Maurice et le Congo-Brazzaville en 2010.
Côte d’Ivoire : Paris veut rester le premier partenaire économique
2011-07-17
http://tinyurl.com/5wdo3q2
Le Premier ministre français a affirmé à Abidjan que la France était déterminée à rester le partenaire économique "le plus proche" de la Côte d'Ivoire. La France est le premier partenaire commercial de la Côte d'Ivoire, où opèrent environ 140 filiales de groupes français et quelque 500 PME françaises, un record en Afrique subsaharienne. Paris a déboursé 350 millions d'euros en urgence pour "aider les autorités à financer les salaires de la fonction publique et les dépenses sociales". A cette aide s'ajoutent 100 millions d'euros pour aider les entreprises ivoiriennes et françaises victimes des crises de 2004 et 2011.
Global : L’Afrique du nord, futur fournisseur d’électricité pour l’Europe ?
2011-07-17
http://tinyurl.com/63cvb55
La dramatique catastrophe de Fukushima au Japon a jeté l’opprobre sur l’énergie nucléaire à travers le monde. Suite à cet accident, l'Allemagne a annoncé la première l'arrêt définitif de ses centrales atomiques à l'horizon 2020, suivie par l'Autriche, la Suisse et le Danemark. Au moment où l’Europe se prépare donc à mettre un terme au nucléaire, un projet afro-européen propose de construire en Afrique du nord plusieurs centrales solaires et éoliennes qui fourniront de l’électricité aux pays européens. Reste la polémique, ce projet est-il trop grandiose pour ne pas résister à l'échec? Est-ce simplement une nouvelle entreprise coloniale comme l'affirment ses détracteurs?
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Seulement 5% de travailleurs couverts par la sécurité sociale
2011-07-17
http://tinyurl.com/6d73pul
Sur un continent où les taux de travail décent n'atteignent pas les 10% selon le Bureau international du travail (BIT), 5% de travailleurs seulement et essentiellement du secteur formel sont couverts par la sécurité sociale en Afrique. Le constat établi révèle des faiblesses institutionnelles avec l'absence d'institutions adéquates pour la promotion de la protection sociale.
Cameroun: Le choléra continue de tuer
2011-07-18
http://tinyurl.com/65cbwat
Le gouvernement camerounais veut réorienter sa stratégie de lutte après le «succès mitigé» du plan d'urgence adopté depuis le début de l'épidémie de choléra. Du 1er janvier au 8 juillet 2011, 10 022 cas de choléra étaient officiellement notifiés dans tout le pays, avec 352 décès. C'est la région du Centre qui était la plus touchée à cette date, avec 2.880 cas pour 83 décès. Il est question de parvenir à la mise en place d'un plan opérationnel intégré de prévention, de riposte et de gestion des épidémies du choléra à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.
Global : Un accord qui élargit le traitement au Vih et à l’hépatite B
2011-07-17
http://tinyurl.com/5s3zqpw
Gilead Sciences est le premier laboratoire pharmaceutique à avoir signé un accord de licence avec la Fondation Medicines Patent Pool [Communauté de brevets pour les médicaments], afin d’élargir l’accès aux traitements contre le VIH et l’hépatite B dans les pays en développement. Les licences permettront de distribuer le tenofovir et l’emtricitabine dans 111 pays, le cobicistat dans 102 pays, l’elvitegravir et le Quad, qui contient plusieurs composés médicamenteux, dans 99 pays. Selon Chan Park, conseiller général du Medicines Patent Pool, si l’accord n’est pas parfait, il constitue un début enthousiasmant et encourageant pour la communauté.
Tanzanie : Des chaussettes sales pour lutter contre le paludisme
2011-07-17
http://tinyurl.com/69bt963
Une technique révolutionnaire pour lutter contre la maladie qui ravage l'Afrique pourrait bientôt naître en Tanzanie. Des scientifiques expérimentent actuellement un piège à moustiques à la fois écologique et original : les chaussettes sales. Les tests portent sur trois villages tanzaniens où une personne est en moyenne piquée trois cent cinquante fois par an. Les chercheurs espèrent prouver que les moustiques porteurs du parasite seraient attirés par cette odeur. Ce n'est pas le jus de chaussettes dont ils s'abreuvent qui causera leur mort mais le poison caché dans les pièges.
Éducation
Afrique : Des investissements en hausse pour garantir l’éducation à tous
2011-07-17
http://tinyurl.com/6b2xesc
L'Institut statistique de l'Unesco vient de publier un nouveau rapport qui révèle que des progrès sans précédent ont été réalisés dans le secteur grâce à une importante augmentation des sommes investies par les gouvernements et les aides internationales au cours des dix dernières années. Ainsi, entre 2000 et 2008, le nombre d'enfants scolarisés dans le primaire a progressé de 48 %, passant de 87 à 129 millions. Les inscriptions dans les écoles maternelles, l'enseignement secondaire et supérieur se sont accrues quant à elles de 60 % sur le continent. Malgré ces bons chiffres, on observe des différences entre les pays. Mais si des progrès indéniables ont été accomplis ces dix dernières années, 32 millions d'enfants en âge de fréquenter le primaire ne sont toujours pas scolarisés en Afrique.
Congo: Réforme du secteur de l’éducation
2011-07-17
http://tinyurl.com/66jza3b
Le gouvernement congolais va consacrer 6,6 millions de dollars, à travers l’Unicef, pour une éducation de qualité en faveur des enfants les plus vulnérables. En effet le Ministère de l’éducation congolais met en place un projet de financement qui permettra à plus de 8.000 enfants exclus du système scolaire, de bénéficier de programmes d’éducation de base adaptés. D’une durée de trois ans (2011-2013), il portera, notamment sur l’aménagement de 36 centres communautaires d’éveil du jeune enfant afin de promouvoir le développement des enfants de moins de 5 ans.
Environnement
Afrique : L'aide s'organise à Toronto contre la sécheresse
2011-07-17
http://tinyurl.com/6ed7x8p
La communauté somalienne de Toronto commence à s'organiser pour venir en aide aux victimes de la pire sécheresse en 60 ans à frapper la Corne de l'Afrique et qui engendre une terrible famine. Dix millions de Somaliens, d'Éthiopiens et de Kenyans sont touchés par la sécheresseet les enfants sont les plus menacés. Environ 500 000 d'entre eux sont menacés d'être séparés de leur famille.
Global : Les pays en voie de développement champions de l’énergie propre
2011-07-17
http://tinyurl.com/69kg42g
Selon un rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les pays qualifiés « en voie de développement » sont davantage impliqués dans le financement du développement des énergies propres que les pays « riches ». Ainsi la Chine arrive en tête avec plus de 48,9 milliards de dollars versés dans cette filière alors qu’en Europe les nouveaux investissements dans les énergies propres ont reculé de 22%. Du côté de l’Amérique latine, les investissements sont aussi en progression à 13,1 milliards de dollars. Mais c’est sur le continent africain que la hausse est la plus spectaculaire avec un bond de 104% à cinq milliards de dollars.
Sénégal : Le Delta du Saloum classé patrimoine mondial
2011-07-17
http://tinyurl.com/5s2zwz2
Le Delta du Saloum a été classé patrimoine mondial de l'Unesco. Un statut qui donnera un autre visage au site. De nouvelles infrastructures seront construites sur ce territoire qui s'étend sur 500 mille hectares. Le Delta du Saloum se situe au centre-ouest du Sénégal. Il est composé de près de deux cents îles et îlots, de lacs et de trois fleuves. Le site possède également un environnement maritime et atlantique et une zone sèche, des aires marines protégées et un parc national qui est une réserve mondiale.
Sénégal : Sus aux comportements anti-urbains !
2011-07-17
http://tinyurl.com/6j6puns
Les villes sénégalaises subissent des agressions constantes. Des milliers d'hectolitres d'urine sur les murs, des tonnes de gobelets à jeter et les affreux sachets en plastique noirs parsèment les chaussées et rues, obstruant les réseaux d'égouts et de canalisations, car leurs plaques de protection ont été volées ! Affichage sauvage défigurant le décor, lampadaires pour l'éclairage public heurtés, glissières de sécurité le long de l'autoroute, démantelées par des chauffards indisciplinés. A proprement parler, il faut une éducation à la ville.
Justice Alimentaire
Afrique : La France veut une réunion d'urgence sur la sécheresse en Afrique de l'Est
2011-07-18
http://tinyurl.com/6bswwcg
La France estime que la crise humanitaire engendrée par la sécheresse qui sévit dans la Corne de l'Afrique nécessite une réunion internationale d'urgence. Dans une lettre envoyée au directeur général de la FAO, Paris demande de convoquer avant la fin juillet une réunion des pays membres. Djibouti, l'Éthiopie, le Kenya, la Somalie et l'Ouganda sont frappés par la pire sécheresse depuis les années 1950. Selon la FAO elle-même, au moins 10 millions de personnes auront besoin d'une assistance alimentaire dans ces pays de la Corne de l'Afrique au cours des prochaines semaines.
Afrique : Ban Ki-moon s'alarme de la crise en Afrique de l’Est
2011-07-17
http://tinyurl.com/5vsxjbb
Plus de 11 millions de personnes sont confrontées à la pire sécheresse des dernières décennies en Afrique de l'Est et ont besoin d'une aide urgente pour rester en vie, s'est alarmé le secrétaire général des Nations unies le 12 juillet. L'Unicef affirme que seulement au Kenya, 65 000 enfants risquent de mourir, soit trois fois plus qu'en 2009. En Somalie, un enfant sur six meurt avant d'avoir atteint l'âge de cinq ans, selon l'agence. La pire sécheresse des 60 dernières années dans la région affecte des millions de personnes au Kenya, en Éthiopie, en Somalie, en Érythrée et au Sud-Soudan, selon l'ONU.
Afrique : La sécheresse vient de la main de l'homme, pas de fatalité
2011-07-17
http://tinyurl.com/5rtwqc6
La crise alimentaire en Afrique de l'Est a été déclenchée par une sécheresse exceptionnelle, mais son ampleur s'explique avant tout par des facteurs humains, que ce soit la guerre ou le sous-développement, soulignent plusieurs experts. En Somalie, la guerre civile depuis 1991 a déstabilisé la société. 2,85 millions de Somaliens ont besoin d'une aide humanitaire, mais ils étaient déjà 2,4 millions en janvier. Le nord du Kenya et le sud-est de l'Ethiopie, peuplées de nomades, ont été négligés pendant des décennies par leurs gouvernements.
Afrique : Une crise humanitaire menace l'est du continent
2011-07-17
http://tinyurl.com/5u9ees5
« Crise sans précédent », « tragédie humaine inimaginable », situation au « coût humain catastrophique » : la pire sécheresse qu'ait connue la corne de l'Afrique en 60 ans menace la survie de centaines de milliers de personnes, une situation qui alarme les organisations humanitaires. La situation est particulièrement critique en Somalie, où la guerre civile vient s'ajouter à la sécheresse, ce qui a forcé un grand nombre de paysans à fuir les régions rurales du sud et les plaines avoisinantes.
Guinée: La nutrition trouve une place dans le programme agricole
2011-07-17
http://tinyurl.com/6zr9qyz
La stratégie d’investissement de la Guinée dans le domaine agricole prend désormais en considération la qualité des premiers aliments solides donnés à un bébé et la formation des familles à une alimentation et à une hygiène appropriées. Selon les experts qui travaillent à l’élaboration du programme agricole 2011-2015, qui devrait être finalisé dans les semaines à venir, c’est l’importance de plus en plus reconnue du rôle de l’agriculture dans l’amélioration de la nutrition et de la santé qui a permis pour la première fois d’introduire la notion de nutrition [dans le programme].
Nouvelles de la diaspora
Global : Les Africains Américains vivent plus vieux en prison qu'en dehors
2011-07-18
http://tinyurl.com/6a2yb38
Les détenus noirs américains sont moins touchés par certaines maladies mortelles que leurs semblables libres, alors que c’est le phénomène inverse pour les prisonniers blancs. C’est le résultat d’une étude scientifique réalisée sur 100.000 hommes, âgés de 20 à 79 ans et emprisonnés en Caroline du nord (Etats- Unis) entre 1995 et 2005. L'étude précise que le cancer et les accidents cardiovasculaires sont les premières causes de mortalité à l’intérieur comme hors de la prison. Mais les blancs seraient plus sujets au cancer dans la prison. Et les noirs, au contraire, réduiraient de 30 à 40% leur chance de mourir de ces maladies lorsqu’ils sont incarcérés.
Conflits & urgences
Afrique : Les 10 pays les plus dangereux du continent
2011-07-18
http://tinyurl.com/6cwxwnw
Une dizaine de pays du continent figurent dans le Global Peace Index, un classement des pays gangrenés par la violence. En guerre ou cherchant à en sortir, il est risqué de s'y rendre et souvent dangereux d'y vivre. Le classement 2011 est marqué par le printemps arabe et son impact sur la stabilité des pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ainsi, des pays comme la Tunisie ou la Libye, pourtant présentés dans le précédent classement comme des havres de paix, figurent aujourd'hui dans le tableau noir.
Burkina Faso : L’armée fait le ménage après les mutineries
2011-07-18
http://tinyurl.com/6j8hozd
Après les vagues de mutineries qui ont secoué le Burkina Faso de février à mai, retour forcé à la discipline militaire. Les sanctions au sein de l’armée burkinabè sont tombées. Le chef d’état-major, le général Nabéré Honoré Traoré, a annoncé le 14 juillet la radiation de 566 militaires mutins. Parmi eux, 217 ont été mis aux arrêts. Aucun officier n’a pour le moment été touché par les sanctions. Seuls certains sous-officiers, les militaires de rang et des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), ont vu leurs contrats résiliés.
Global : Droite et gauche françaises autorisent la poursuite de la guerre en Libye
2011-07-17
http://tinyurl.com/5sysymk
e résultat du vote effectué le 12 juillet par le Parlement fraçais, sur la prolongation de l'intervention militaire en Libye est sans appel. A l'Assemblée nationale, 482 députés ont voté pour, et seulement 27 contre. Au Sénat, 314 élus ont voté pour, 24 contre. Après quatre mois de frappes, les troupes du colonel Kadhafi continuent de résister et les insurgés n'ont pas réussi à prendre le pouvoir. Et une intervention terrestre n'étant pas à l'ordre du jour, le Premier ministre l'a rappelé lors du débat, une solution militaire ne paraît pas envisageable.
Lybie : Les jours comptés de Khadafi
2011-07-18
http://tinyurl.com/679xwe5
Le processus du départ de Kadhafi est désormais irréversible. L’offre de dialogue qui avait encore été faite cette semaine par la France, ainsi que les revers militaires apparents, ne constituaient pas un changement de stratégie. Les jours passent certes et semblent longs, mais il est clair, que le colonel au pouvoir à Tripoli, ne pourra plus durablement rester en place. A Malabo, les dirigeants africains ont rejeté le mandat d’arrêt contre le colonel Kadhafi. La vérité de tout cela : un : L’UA n’a pas tiré les bonnes leçons de la crise ivoirienne ; deux : l’Afrique n’existe pas.
Libye : Ces officiers déserteurs qui rejoignent les rebelles
2011-07-18
http://tinyurl.com/6ffuen2
Depuis février, le colonel Abd Elsalam vibre pour la rébellion. D’abord, il a refusé de monter dans l’avion pour bombarder les civils, puis a espionné pendant des mois, avant de mettre sa famille à l’abri et de déserter pour rejoindre les rebelles de l’Ouest libyen. Ils ont tous un peu la même histoire, ces officiers originaires du Djebel Nefoussa qui ont abandonné l’armée régulière pour participer à "la guerre pour la liberté".S elon eux, les militaires restés fidèles au colonel Kadhafi sont attirés par l’appât du gain, ou alors ils ont tellement de sang sur les mains qu’ils ne peuvent plus faire marche arrière.
Libye : Kaddafi prévoit de "faire sauter" Tripoli
2011-07-17
http://tinyurl.com/66es9qg
Le Premier ministre libyen aurait assuré à un émissaire russe qu’un plan était en place pour "faire sauter" Tripoli en cas d’attaque des rebelles. Moscou entend toutefois s’appuyer sur cet homme pour mener des négociations court-circuitant Mouammar Kaddafi. L’hypothèse paraît complètement fantaisiste. Mais du fait de la personnalité, pour le moins instable, du « Guide » libyen et de l’identité de celui qui la rapporte, le doute subsiste... Mikhaïl Marguelov s’était rendu à Tripoli le 16 juin (après avoir rencontré les rebelles à Benghazi) et rapporte donc des propos prêtés au Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi près d’un mois après qu’ils aient été tenus.
Libye : Les rebelles commettent des «violations des droits de l'homme»
2011-07-17
http://tinyurl.com/63m3rgs
Les rebelles libyens se sont rendus responsables d'incendies, de pillages et d'abus sur des civils lors de leur offensive sur Tripoli à partir du Djebel Nafusa (ouest), a accusé le 14 juillet Human Right Watch (HRW). Un commandant rebelle de la région, que l'organisation identifie comme le colonel El-Moktar Firnana, a admis que des abus avaient été commis et que certains combattants ou sympathisants avaient été punis.
Lybie : Tripoli prête à négocier «sans conditions» avec les rebelles et avec la France
2011-07-17
http://tinyurl.com/68fnmyu
Pour le Premier ministre libyen, Baghdadi al-Mahmoudi, l’heure est venue de négocier avec les rebelles et avec la France. Une déclaration qui fait suite à celle du ministre français de la Défense qui appelait les rebelles du Conseil national de transition à entrer en discussion avec Tripoli. Sel Baghdadi al-Mahmoudi affirme que le pouvoir du colonel Kadhafi n’a plus guère de moyens militaires pour tenir ses positions. Pour la première fois également est évoquée l’idée selon laquelle le Guide libyen pourrait être écarté des discussions.
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