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Pambazuka News 20: Sénégal : Réélection de Wade, un vote plus rationnel qu’affectif
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Moniteur de l'Union Africaine, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Afrique & Chine, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Terres & droits fonciers, 17. Média & liberté d'expression, 18. Plaidoyers & campagnes, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie, 22. Collecte de fonds & ressources utiles, 23. Cours, séminaires, & ateliers
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Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Abdoulaye Niang explique le sens du vote des Sénégalais qui ont réélu (avec surprise) le Président Wade dès le premier tour. Wade comme son peuple rêve d’un Grand Sénégal
COMMENTAIRES ET ANALYSES :
- Pour Wole Soyinka, au Darfour l’innommable est encore là, criard : un génocide
- Le microcrédit n’est pas si efficace que cela dans la lutte contre la pauvreté comme la consécration de Muhammad Yunus comme prix Nobel de la paix tend à le faire croire.
ARTS ET LIVRES : Au tour des écrivaines africaines…
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Le Rwanda menace de retirer ses troupes du Darfour
FEMMES ET GENRE : Egypte nomme ses premières femmes juges
CONFLITS ET URGENCES : Nouvelles de Côte d’Ivoire, Guinée, Somalie, Soudan…
DROITS HUMAINS : Les enfants en détention privés de droits
REFUGIÉS ET MIGRATION FORCÉE : Canaries, de nouveaux clandestins débarquent
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Le yoyo de la démocratie en Afrique
AFRIQUE ET CHINE : La Chine veut renforcer ses relations avec l’Afrique
DEVELOPPEMENT : Une Afrique à plusieurs visages
CORRUPTION : Libéria, l’ancien président libéré
SANTÉ ET VIH/SIDA : Un vaccin prometteur contre le paludisme
ÉDUCATION : 1ère école sur l’intelligence économique en Algérie
RACISME ET XENOPHOBIE : La BIT confirme la discrimination à l’embauche en France
ENVIRONNEMENT : L’Afrique perd ses forêts
TERRES ET DROITS FONCIERS : Les Camerounais veulent des subventions agricoles
MEDIA ET LIBERTÉ D’EXPRESSION : L4UE finance les journalistes africains
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Deuil dans la communauté malienne de New York
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : La société civile africaine à l’affût des budgets
INTERNET ET TECHNOLOGIE : ICT et éthique : implications
PLUS : Informations sur les cours, séminaires, ateliers et offres d’emploi…
Chroniques
Sénégal : Réélection de Wade, un vote plus rationnel qu’affectif
2007-03-16
Abdoulaye Niang
Malgré les multiples scandales financiers, la mal gouvernance manifeste et la cherté de la vie sous le magistère de Me Abdoulaye Wade, il vient d’être réélu à près de 56% des suffrages dès le premier tour de l’élection présidentielle de février 2007. Le sociologue Abdoulaye Niang soutient dans cet article que voir se construire le Grand Sénégal de son rêve, tel est le sens du vote de la majorité du Grand peuple du Sénégal. A l’inverse de la majorité des analystes sénégalais, Professeur Niang défend que loin d’être mues par des considérations affectives ou morales, le vote des Sénégalais a été un acte rationel.
Introduction
Le peuple sénégalais avait à choisir le 25 Février 2007 entre 15 prétendants à la magistrature suprême. La liste des candidats à cette élection présidentielle était composée de quatre indépendants, cinq chefs de coalitions de partis et six chefs de partis. Beaucoup d’observateurs et analystes politiques avaient prédit non seulement un second tour inévitable entre le Président sortant Maître A.Wade et un des chefs de partis ou coalition de partis de l’opposition dont les plus en vue étaient Idrissa Seck, Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse, mais aussi la défaite de Maître A. Wade à l’issue ce celui-ci : cette prédiction était basée essentiellement sur la cherté de la vie, des scandales financiers, etc. Mais le peuple sénégalais en a décidé autrement en élisant Maître A.Wade dès le premier tour, avec un score qui frise les 56%.
Le peuple Sénégalais a signifié par son vote massif en faveur de Maître Wade, candidat à sa propre succession, qu’il n’était pas un peuple alimentaire exclusivement préoccupé par les besoins du ventre, mais qu’il était, au contraire, un peuple réfléchi et ambitieux, aspiré par un devenir à venir, mais à construire et dont les premières bases de sa fondation se trouvent déjà dans les réalisations de grande envergure faites durant la période post alternance par Maître A Wade.
Les résultats de l’élection présidentielle de février 2007, par leur caractère surprenant sont riches d’enseignements dans divers domaines et niveaux de réalités qu’il faut explorer.
L’opinion politico-médiatique a soumis l’esprit scientifique
Les résultats de l’élection présidentielle ont été à l’envers de ce qui était prévu par les analystes et observateurs de la chose politique, car tous avaient conclu à l’inévitabilité d’un second tour et à la victoire certaine d’un candidat de l’opposition. Et c’est le contraire, en tout, qui s’est passé. Il y a eu véritablement une insuffisance de rigueur scientifique dans la conduite de l’analyse critique par les intellectuels dont l’esprit scientifique a pu, sur une longue période après l’alternance, être piégé et pollué par une opinion médiatique et politicienne forte construite à partir d’arguments critiques, mais néanmoins tendancieuse et résolument oppositionnel.
Il y a eu une ambiance intellectuelle normative du point de vue de ses orientations qui exerçaient une certaine emprise sur les hommes de science, les prédisposant à réfléchir et à penser d’une façon déterminée sur les choses de la société d’une façon générale. Et alors ne pouvait être considéré comme un vrai intellectuel que l’intellectuel qui pensait suivant le modèle normatif imposé par l’opinion politico-médiatique, laquelle bien que procédant de la démocratie par sa dimension critique et émanant de personnes ayant une certaine hauteur de vue, n’en sont pas moins de simples opinons dont la formation a obéi à des logiques qui sont très éloignés des préoccupations et de la démarche de l’homme de science.
Au cours de la période post alternance, les médias et la politique, tous en enflure, se sont soumis la science et l’esprit scientifique pour les phagocyter, les domestiquer, les asservir aux fins de conférer une légitimité scientifique à ce qui dans ses fondements n’est en fait dans le meilleur des cas que préjugés favorables ou défavorables et dans le pire des cas simples projets manipulatoires des consciences. Que de sondages électoraux supposés être menés avec toute la rigueur scientifique requise en la ma matière, mais aussi que de résultats annoncés absolument invalidés par la réalité des urnes par la suite. C’est toute la problématique de la collusion entre média, politique et science qui se trouve posée ici.
La science en perdant son indépendance par rapport à l’opinion médiatique et à l’opinion politicienne a perdu alors aussi la chose essentielle qui fonde son identité et permet de lui attribuer la valeur la plus élevée en rigueur, en objectivité et en prévisibilité parmi toutes les formes de réflexion et de construction de pensée. C’est en gardant donc son indépendance à ces opinions là que la science et la pensée scientifique pourront se retrouver dans la bonne posture épistémologique qui leur permettront de contribuer à la formation d’une opinion qui reflète le mieux la réalité.
Et c’est seule cette posture qui peut véritablement permettre à la science et à l’homme de science de contribuer au progrès de la société en éclairant ses opinons. Mais par delà ces considérations, le caractère surprenant des résultats de l’élection présidentielle de février 2007 révèle toute la faiblesse de la recherche en sciences sociales au Sénégal, les quelles pour cette raison se trouvent dans l’incapacité manifeste de participer à l’effort de développement, en le motivant, en l’orientant, en éclairant ses dirctions.
La majorité du peuple a désiré voir se terminer les grands chantiers commencés et s’ouvrir de nouveaux
Le peuple sénégalais a choisi comme priorité pour l’action gouvernementale non pas la baisse immédiate des prix des denrées de première nécessité, mais la continuation impérieuse de l’exécution des grands chantiers du Chef de l’Etat déjà annoncés, et l’ouverture de nouveaux chantiers tout aussi ambitieux. Le vote du peuple Sénégalais indique que celui-ci dans sa grande majorité partage la vision ambitieuse de Maître Wade de faire du Sénégal, un pays émergent. Mais, il indique aussi que les entorses supposées faites à la démocratie par le régime de l’Alternance ou encore, les actes de détournement ou de corruption dont seraient coupables certains gestionnaires de la chose publique, pèsent moins lourd dans leur choix, contre toutes attentes, que les possibilités réelles pour un développement émergent qu’offre la vision du développement du Président sortant.
La démocratie dans sa forme d’expression actuelle est considérée par la majorité du peuple comme un champ de bataille politico-médiatique où tous les coups son permis entre les adversaires qui se disputent le pouvoir. Et si la majorité du peule n’a pas sanctionné les entorses supposées faits à la démocratie (les nombreuses convocations adressées par la DIC à des journalistes et des leaders politiques et qui sont des fois suivies d’enferment) par un vote de rejet du candidat Maître Wade, comme d’aucuns le pensaient et l’espéraient, c’est parce que soit elle avait compris que cette démocratie ne s’exprimait pas pour elle, soit elle avait déjà choisi son camp et souhaitait, en particulier, le renforcement du pouvoir de l’alternance contre les attaques qu’il subissait de tous côtés, espérant à tort ou à raison que ce faisant elle allait contribuer à rendre plus efficace les décisions de changement.
N’entendait-on pas dire pendant les moments les plus critiques, en opposition entre les adversaires politiques des deux camps: Gorgui, bayi leen ka mu liiggey’, c’est à dire en parlant du Président de la République sortant :« il faut que ses adversaires politiques le laissent travailler tranquillement».Ceci veut dire pour la majorité du peuple qui n’avaient d’yeux que pour les réalisations de l’alternance qui la fascinaient que ce n’est pas la démocratie qui fait réellement le développement et permet au pays de sortir concrètement de son état de sous développement, mais plutôt des réalisations concrètes, tangibles et significatives, ayant un impact durable certain sur la vie des populations. En effet, la démocratie, tout au plus ne peut-elle être, et seulement dans certaines conditions, qu’un accélérateur du processus de développement : c’est notamment le cas quand elle favorise l’éclosion des initiatives heureuses, la synergie des actions développantes, la recherche collective de l’intérêt national, la critique positive, etc.
Quoi qu’il en soit, l’expression de la démocratie au Sénégal, eu égard à la façon dont elle est perçue par la majorité du peuple, mérite d’être revue, analysée et au besoin corrigée, le but visé devant être de l’adapter à certaines exigences fondamentales : les impératifs d’un développement endogène et durable, la recherche constante d’un compromis durable pour tout conflit et la sauvegarde la cohésion nationale et de l’intérêt national. Le pacte social et le pacte républicain constituent déjà des débuts de réponse à cette interrogation sur ce que doit être la démocratie dans un pays en voie développement où le peuple et ses dirigeants se préoccupent du développement national.
La majorité du peuple a condamné l’agressivité verbale politicienne et médiatique dirigée contre Maître Wade
Le peuple sénégalais a sanctionné négativement une certaine conduite politicienne et médiatique faite de diverses formes d’agressivités verbales frisant par moment l’insolence et l’incivilité, dirigées particulièrement contre Maître Wade durant la période post alternance. Cette conduite tranche d’avec une certaine éthique collective dont les composantes essentielles s’appuient encore sur les valeurs traditionnelles cardinales de notre société : teguinn, yarr, (sérénité, discipline) etc. Certains hommes politiques de l’opposition, ainsi que certains hommes de média, qui se sont montrés particulièrement virulents contre le Président, en réaction à une situation politique ou un événement qui les interpellaient directement sont caractérisés par la conscience populaire comme des personnes yu ñiak-tegginn (c'est-à-dire des personnes qui manquent de tenue).
Un tel jugement devient une condamnation frappant les personnes concernées quand les actions qui leur sont incriminées sont fréquentes, non apparemment justifiées et s’adressent directement aux figures les plus sacrées de la société : les personnes âgées et les chefs charismatiques, notamment. Or, Maître Wade, comme par accident incarne à la fois ces deux figures sociales hautement valorisées par la culture sénégalaise. Et alors, aux yeux de la majorité du peuple, chez qui la morale doit encore se mêler de la politique pour discipliner ses expressions dans un contexte de démocratie, la compétition politique ne saurait ni autoriser, ni excuser un harcèlement moral excessif sur de telles figures, ici confondues dans un seul personnage.
La majorité du peuple, en votant pour la réélection de Maître Wade a voulu symboliquement se substituer à ce dernier et le venger politiquement contre ses détracteurs et ses adversaires considérés comme inciviles. D’ailleurs dés la sortie des premiers résultats provisoires donnés par les bureaux de vote, n’entendait-on pas dire à l’adresse des candidats qui avaient de très bas scores et qui se trouvaient être aux de la majorité du peuple les plus redoutables adversaires du Président sortant : niaaw c'est-à-dire : c’est très bien fait pour eux. De ce point de vue, le vote de la majorité du peuple en faveur de Maître Wade doit être considéré à la fois comme un acte morale et politique.
Mais il est en plus pour la majorité des sénégalais, une véritable déclaration d’opposition contre cette idée véhiculée durant des années après l’alternance par les adversaires politiques de Maître Wade âgé d’environ 80 ans et selon la quelle : « un vieillard ne peut et ne doit diriger un pays parce qu’il est un moribond». Idée à finalité stratégique dont la visée était de faire douter le peuple des capacités cognitives et de maîtrise de la situation nationale de Maître A.Wade.
Mais cette idée considérée par nombre de sénégalais comme wox bu niaw (c'est-à-dire comme de mauvaises paroles) a eu sur la majorité du peuple un effet tout à fait contraire à celui qui était attendu, car non seulement elle était massivement condamnée, mais en plus elle se trouvait à l’opposée à ce dicton populaire, à visée morale et politique, bien ancré dans la mentalité collective, comme une vérité sociale, et qui dit : mak meet na bayi ci rew, c'est-à-dire : une personne de troisième âge est bien utile à la communauté, au pays. Ici la morale politique s’est opposée à la morale sociale et cette opposition a porté préjudice dans une certaine mesure à l’opposition.
La majorité de peuple a eu davantage confiance au candidat de la coalition Sopi
L’absence de confiance aux capacités des leaders de l’opposition et autres candidats à l’élection présidentielle pour construire le Grand Sénégal du rêve de la majorité des citoyens a certainement amené celle-ci à jeter son dévolu sur le candidat Maître A. Wade, déjà accrédité de plusieurs réalisations de grande envergure durant son septennat. En fait, depuis l’alternance, le Sénégalais est habité par une nouvelle citoyenneté faite certes de la conscience qu’il peut, par son vote, peser sur le destin politique de son pays, mais aussi de rêve de grandeur pour son pays alimenté par des promesses électorales titanesques (celles de Maître Wade lors de l’élection présidentielle de février 2000) qui faisaient rêver d’aucuns, mais dont certains de ses adversaires disaient qu’elles n’étaient que des éléphants blancs, tant les projets auxquels elles renvoyaient semblaient hors de portée de la capacité et de l’intelligence des sénégalais.
C’est ce Maître A. Wade qui dans l’imaginaire de la majorité des sénégalais porte et incarne ce rêve de grandeur pour le Sénégal, ce rêve d’un Grand Sénégal, que les sénégalais dans leur majorité ont choisi en février 2007 pour occuper à nouveau la magistrature suprême. Le rêve du Grand Sénégal doit être prolongé, mais surtout réalisé par celui-la qui l’incarne le mieux : Maître A.Wade, par ses nombreuses distinctions honorifiques reçues de par le monde, ses multiples projets modernistes et ambitieux pour le Sénégal, etc., a reçu une aura qui le place nettement au dessus de beaucoup d’hommes politiques de son temps dans le monde et qui a fait grandir la confiance des sénégalais en lui, en ses capacités. Par les distinctions reçues par Maître Wade et qui attestent de la reconnaissance de ses mérites par la communauté internationale, c’est aussi le citoyen sénégalais qui gagne en valeur de par le monde, comme cela fut aussi le cas du temps du L.S. Senghor, premier Président de la République du Sénégal, dont le prestige était mondial.
Par les réalisations de Maître Wade, c’est aussi le citoyen sénégalais qui gagne en ferme croyance en la possibilité de développement de son pays : les changements rapides et bénéfiques qui caractérisent le développement sont observés quotidiennement par le citoyen qui pour la première fois fait l’expérience personnelle du développement. Celui-ci désormais sait que par la volonté politique, s’étayant sur une vision ambitieuse et réaliste et le prestige qui ouvre les portes des bailleurs de fonds, tout leader politique peut en s’appuyant sur des hommes déterminés et compétents construire le développement de son pays. L’alternance de ce point de vue apparaît alors comme une vaste pédagogie du développement.
Mais une question se pose malgré tout : comment un peuple atteint par la pauvreté dans une proportion de 60% de sa population peut-il adhérer à des projets aussi grandioses qui semblent éloignés de ses préoccupations quotidiennes de survie? Véritablement la majorité du peuple a été fascinée par l’ampleur des grands travaux et les qualités de l’homme qui incarne la vision qui leur a donné jour. Cette fascination du peuple a amené celui-ci à refouler progressivement ses pulsions les plus alimentaires, ou à tout le moins à différer le moment de leur satisfaction, et à s’élever spirituellement pour participer à la construction d’un destin national qui le dépasse, un destin de rêve, un destin d’aspiration, mais un destin devenu petit à petit accessible et auquel il croit de plus en plus.
En participant à ce grand rêve d’un Grand Sénégal à construire, le peuple a sublimé la demande sociale alimentaire, même si cette opération de sublimation peut n’être que provisoire : la demande sociale alimentaire se confond provisoirement dans une demande de Grand Sénégal à construire et ne s’inscrit plus alors de ce fait même pour sa satisfaction dans une urgence qui ne peut attendre. Sa satisfaction s’inscrit désormais dans un processus qui requiert patience et engagement du peuple, même s’il faut le dire le gouvernement a tout intérêt pour pouvoir continuer à bénéficier de la caution du peuple à alléger le plus rapidement possible les charges domestiques du citoyen.
Le peuple, en faisant sien le rêve de grandeur de Maître Wade pour le Sénégal, va développer des comportements collectifs cohérents par rapport à son engagement, mais qui soient néanmoins susceptibles d’être interprétés dans un sens opposé à celui qu’il leur donne intimement, ce qui peut tromper des analystes.
En effet, au cours des sept dernières années, le champ social était fortement agité par de nombreuses grèves de revendications accompagnées de critiques plus ou moins acerbes des leaders syndicaux contre l’Etat, surtout si ce dernier tardait à réagir dans le sens voulu. Une telle situation a pu faire penser à l’existence d’un mouvement de contestation d’opposition du front social qui allait déteindre négativement sur le comportement électoral des travailleurs concernés, lesquels allaient naturellement sanctionner Maître A. Wade lors de l’élection présidentielle. Mais, cela ne fut pas évidemment pas le cas, car Maître A. Wade contre toutes attentes a été plébiscité.
Ce paradoxe dans le comportement électoral de la majorité des Sénégalais s’explique dans le fait que les divers mouvements sociaux de contestation dans le front social exprimaient plus l’espoir que l’opposition : la contestation apparaît ici comme un appel au secours adressé à un homme, Maître A. Wade notamment, dont on a pensé à tort ou à raison qu’il était disposé et avait la capacité d’y répondre favorablement et efficacement. Ces contestations étaient donc motivées non pas par un procès d’intention avec des clichés négatifs sur la personne de Maître A.Wade, mais plutôt par un immense crédit d’intention qui les sous-tendait. D’ailleurs, le port de brassards rouges, en beaucoup de situations tensionnelles, exprimait le même sens : l’espoir et non l’opposition.
La deuxième conséquence qui découle de la situation de fusion entre Maître A. Wade et une partie importante du peuple est le rejet inconscient par celui-ci des leaders d’opinion et leaders politique dont l’action est perçue comme une entrave à la réalisation du rêve du Grand Sénégal ou comme un facteur de détérioration de l’image de Maître A. Wade. Dans l’esprit de beaucoup de Sénégalais, tous ceux qui ne portent pas le rêve du Grand Sénégal, tel que présentement incarné par Maître A. Wade, sont des empêcheurs de développement et méritent à ce titre d’être neutralisés, rejetés.
Mais, ce rejet comporte diverses modalités dont deux méritent d’être mentionnées : il y a le rejet manifesté par des signes d’engagement partisan qui sont visibles dans des comportements conséquents( ceux du militant par exemple) et il y a le rejet discret non exprimé de façon visible, parce que tout simplement, le sentiment qui le porte est refoulé dans le quotidien , l’environnement de l’individu étant peu propice à son expression , laquelle va alors être différée à ce moment ultime où il sera seul dans l’isoloir, moment où sa voix, jusque-là étouffée sera enfin audible et aura la même portée que n’importe quelle autre voix. C’est précisément ce moment là que le citoyen silencieux, effacé en politique, non écouté et anonyme, aura choisi pour enfin prendre sa revanche sur les autres, et notamment sur tous ceux qui se sont opposés à Maître A.Wade qui est sa figure d’identification.
La majorité du peuple a fait un choix de vote sur la base de considérations plus rationnelles qu’affectives ou morales
Les citoyens ont opéré un choix plutôt rationnel en plébiscitant Maître A.Wade. En effet, plusieurs faits indiquent que le choix du peuple a été plus rationnel qu’affectif ou moral, même si des considérations affectives ou morales ont pu aussi influencer leurs votes. Si l’alternance a été le moment d’aboutissement d’un long processus de recomposition mentale sanctionnée par l’émergence d’une volonté collective de rupture totale par rapport à l’ancien régime socialiste, la période post-alternance, apparaît elle, comme un temps de gestation pour la formation et la consolidation de nouveaux repères: l’alternance a détruit les anciens repères et la post-alternance ouvre une période de conquête et de construction de nouveaux repères.
Et parmi ces derniers, trois méritent d’être discutés en raison de leur rapport avec l’élection présidentielle et le choix effectué par la majorité du peuple au cours de celle-ci :
* la fermeture du citoyen à des influences électoralistes de type alimentaire, les quelles se présentent le plus souvent à travers des propos de campagne tenus par des candidats de l’opposition, du genre : le gaz, l’électricité, le riz, etc. sont chers et le seront de plus en plus si vous réélisez Maître A. Wade. Mais de tels propos n’ont pas fait mouche apparemment, même si partout les populations ont admis et déploré la cherté de la vie. Cherté qui d‘ailleurs les aura obligées pour jouir des nombreuses gratifications électoralistes, en argent ou en nature, distribuées à des fins d’achat des consciences par des candidats à l’élection présidentielle de prendre tout offre qui leur sera fait et indifféremment de la couleur politique de l’offreur.
Cependant elles resteront toujours, ou à tout le moins le plus souvent, habitées par une volonté de fidélité à leur intime choix de vote, effectué antérieurement à cette tentative d’achat de conscience. Ainsi le citoyen pourra t-il accepter de l’argent de tous les acheteurs de conscience, mais dans la solitude de l’isoloir voter selon son intime choix, comme un citoyen tout à fait libre;
* la quête par le citoyen de l’information contradictoire par tous les moyens à sa disposition : les radios, les journaux, la télévision, la bouche à oreille, l’observation directe sont autant de sources sollicitées par le citoyen afin de pouvoir progressivement construire sa propre opinion sur les choses touchant les affaires du pays et en définitive fonder ses critères de jugement, ses repères, ses convictions. Nous avons affaire à un citoyen de moins en moins pulsionnel et naïf, superficiel et affectif, et de plus en plus vigilant et surtout rationnel dans la détermination de son choix de vote.
D’ailleurs, lors de la campagne, ce sont les mêmes citoyens, dans diverses localités qui formaient l’auditoire des leaders politiques en compétition qui s’y rendaient, ce qui était la traduction de la volonté des citoyens d’aller s’informer à la source sur les programmes et projets de société des divers candidats qui briguaient la magistrature suprême, afin de pouvoir les évaluer et le moment venu faire un bilan évaluatif global ; de même dans les maisons, le journal de la campagne(qui est diffusé à la télé)était massivement suivi pour les mêmes motifs. Partout, le citoyen s’informait sur les candidats et leurs programmes ou projets de société, échangeait avec d’autres citoyens sur les mêmes questions, faisait le bilan de ses observations et informations reçues en matière de changements survenus depuis l’alternance dans son environnement proche ou lointain.
Et tout ceci donnait évidemment lieu à un climat de grande effervescence intellectuelle mettant en synergie ou en compétition des analyses et des convictions différentes : si certaines positions ont pu rester figées, d’autres par contre ont pu évoluer. La période de la campagne est apparue comme une grande école pour la formation de la conscience citoyenne et d’un choix de vote citoyen fondé sur la raison, l’intérêt bien compris du citoyen et de la nation ;
* la recherche par le citoyen du meilleur profil de candidat pour les exigences du développement auquel il aspire. Le citoyen a une certaine vision du développement et de l’intérêt national et il se met en quête du meilleur candidat pour réaliser cette vision. Et les réponses à cette quête ne sont pas stables, car elles varient et dès fois très vite même, comme c’est notamment le cas au cours des sept dernières années, si l’on en juge par la grande différence des scores enregistrés par les leaders de partis ayant brigué la magistrature suprême en 2000 et 2007 : il y a eu un grand recul pour tous, sauf pour Maître Wade.
En fait, entre ces deux dates, la conscience citoyenne et le vécu de la citoyenneté ont beaucoup évolué : la confiance en la République pour une conduite impartiale des élections et la volonté collective de sauvegarder la paix civile ont fini par prendre le dessus sur le sentiment de suspicion à l’endroit des institutions organisatrices des élections et sur l’intempérance collective pré et post électorale, comme peuvent l’attester le calme et la sérénité des citoyens partout au Sénégal dans la journée du vote du 25 février 2007 et après la proclamation des premiers résultats provisoires.
Ce qui était loin d’être le cas pour les élections passées, les quelles étaient toujours marquées par des violences fondées par la suspicion ; un intérêt accru pour les affaires de l’Etat, dû sans doute à la presse privée très dynamique qui livre des informations ciblant particulièrement les institutions et leurs dysfonctionnement, mais aussi à une plus grande écoute de l’Etat des doléances populaires, ainsi qu’à une curiosité accrue, depuis l’alternance, du peuple sur la manière dont est géré l’Etat. L'Etat de l’alternance issu de sa volonté de rupture ; un sentiment national en enflure, fait de croyance en la nécessité de défendre l’intérêt national et de préserver du Sénégal une bonne image et dont l’un des facteurs explicatifs le plus important se trouve dans cet acte républicain préventif et hautement citoyen de félicitation anticipative de Abdou Diouf, Président de la République sortant, et présumé perdant de l’élection présidentielle de février-mars 2000 au vu du cumul des premiers résultats des divers bureaux de vote, adressé à son challengeur du moment, Maître Abdoulaye Wade, présumé victorieux de cette même élection, avant même la proclamation officielle des résultats électoraux .
Cet acte d’homme plaçant l’intérêt national au dessus d’intérêts partisans a pu sauver le Sénégal d’un chaos post électoral, qui serait né de révoltes populaires de contestation suscitées par une éventuelle manipulation ultérieure des résultats tendant à les inverser. Cet acte qui a été hautement apprécié et loué de par le monde a fortement rehaussé le prestige du Sénégal et grandi celui-ci en image.
La nouvelle citoyenneté qui a émergé de l’alternance et de la période post-alternance peut se définir autour de quatre dispositions attitudinales essentielles pour le citoyen :
· Une plus grande confiance en la République et une plus grande disposition pour la préservation de la paix civile ;
· une vigilance plus soutenue et plus critique sur ce qui concerne la conduite des affaires de l’Etat ;
· une forte aspiration pour un Grand Sénégal et pour la préservation de l’intérêt national ;
· la dominance de la raison sur les sentiments en matière de choix de vote, de l’indépendance sur la servitude.
Deux de ces dispositions citoyennes ont été particulièrement favorables pour la réélection de Maître Wade. Il s’agit notamment de l’aspiration du peuple pour un Grand Sénégal et de sa plus grande confiance en la République, à l’Etat et en ses possibilités pour satisfaire ses doléances, nonobstant certains manquements décriés. Les deux dimensions dominantes de la nouvelle citoyenneté post-alternance sont en fait inspirées par deux modèles de personnalité, devenus des modèles d’identification pour une majorité de Sénégalais : Abdou Diouf et Maître A.Wade qui dans l’imaginaire du peuple incarnent l’un le juste et le sage républicain qui sauva le Sénégal d’une guerre civile postélectorale et l’autre le visionnaire et le bâtisseur qui réalisera le rêve du Grand Sénégal.
L’influence des moyens utilisés et des actions de soutien sur la réélection de Maître A. Wade
D’importants moyens ont du être déployés par le PDS pour la réélection du candidat de Sopi. Mais ces moyens, quoi que constituant un atout certain, ne sont pas déterminants dans l’issue de l’élection : en février-mars 2000 le candidat du parti socialiste qui était le parti au pouvoir avait perdu à l’élection présidentielle face à face à Maître A. Wade, candidat de la coalition Sopi qui regroupait des partis de l’opposition qui étaient peu outillés en moyens. C’est un ensemble d’effets convergents, redondants issus de facteurs différents qui contribuent à faire gagner une élection, surtout quand les champs social et politique sont complexes comme au Sénégal.
Mais pour revenir aux moyens, il faut dire que leur influence est surtout marquante dans les domaines suivants :
o la mobilisation des militants et la diffusion de l’information en leur sein : les réunions de militants, le maintien de contacts répétés avec les leaders, la diffusion de l’information militante, partout dans le pays où il en est besoin, implique la disposition et la mobilisation de moyens importants par le parti concerné ;
* la propagande tous azimuts en vue de l’élargissement de la base du parti nécessite également la mobilisation d’importants moyens en animation pour favoriser l’intégration, en déplacement ;
* les messes politiques de démonstration de force qui nécessitent la mobilisation d’importants moyens logistiques pour transporter les gens de leurs localités vers les lieux de meeting et vice versa constituent un élément très important du marketing politique à cause de son effet d’appel ou de l’influence qu’il exerce sur la mentalité politique ;
* le transport des militants de leurs lieux de résidence aux bureaux de vote et vice versa ainsi que l’assurance de leur restauration constituent une garantie de leur vote effectif en faveur du candidat du parti concerné. Et un parti doit disposer d’importants moyens financiers pour pouvoir le faire sur toute l’étendue du territoire ;
* l’envoi de représentants dans tous les bureaux de vote pour garantir la transparence du scrutin implique également la disposition pour le parti de moyens importants pour la prise en charge de cela.
* la générosité du parti ou de ses leaders à l’endroit de gens nécessiteux de leur entourage contribue à favoriser un élan de sympathie envers ceux-ci, ce qui se traduit le plus souvent un vote en faveur de leurs candidats ;
De tous les candidats en compétition pour l’élection présidentielle en 2007, seuls trois à savoir les candidats de la Coalition Sopi 2007, du Parti Socialiste et de la Coalition And Ligguey Sénégal disposent de moyens permettant à leur parti, et à des degrés divers, de satisfaire en moyens les exigences posées dans les différents domaines précités. Mais dans la hiérarchie des possibilités à satisfaire ces exigences, le candidat de la Coalition Sopi 2007 vient en tête et laisse loin derrière lui les autres candidats.
Quant aux actions de soutien pour la réélection de Maître A. Wade, elles furent nombreuses et se sont développées partout sur le territoire national, avec des niveaux d’organisation et d’emprise différents. Mais ce qu’il y a eu de nouveau par rapport au passé dans ce domaine, c’est surtout l’apparition de nouvelles formes d’action et de nouveaux acteurs caractérisés en particulier pour les unes par leur spontanéité et pour les autres par leur faible envergure d’action ou d’influence due à leur faible prestige social, leur non adhésion au PDS : le rayon de leur action est limité au cercle familial, au voisinage, etc., mais celle-ci est intense et efficace, car s’inscrivant dans un champ de rapports de proximité bien maîtrisés. De tels acteurs que l’on peut considérer comme de nouveaux grands électeurs se divisent en plusieurs catégories :
* les gratifiés du système formel composé d’un coté des salariés, retraités, étudiants et de l’autre de ministres et hauts cadres de l’Etat, lesquels ont bénéficié d’une gratification quelconque leur ayant apporté un haut niveau de satisfaction. De telles personnes, par dette de reconnaissance à l’endroit de l’initiateur de telles mesures salutaires qui se trouvent être le Président de la République développent spontanément des actions de soutien dans leur entourage immédiat en vue de sa réélection : cet entourage est d’autant plus facilement gagné à leur cause qu’elles ont pu faire preuve de générosité solidaire à son endroit, en redistribuant à son bénéfice une partie des gratifications reçues.
En particulier, l’élite composée par tous les ministres, directeurs généraux de sociétés, etc., nommés à ces fonctions dans la période post-alternance et qui ont du s’engager avec des membres de leurs familles, leurs amis dans des actions de soutien pour la réélection de Maître A.Wade, a joué un rôle non négligeable en l’avènement de celle-ci. A ce titre, les nombreux changements de ministres durant les six premières années de l’alternance et qui ont été tant dénoncés et décriés, parce que apparaissant aux yeux de beaucoup d’analystes de la chose politique comme une preuve de mauvaise gestion des affaires de l’Etat, se sont révélés comme des atouts pour la réélection de Maître Wade, en même temps qu’ils constituent pour celui-ci une réserve de cadres expérimentés dans l’exercice du pouvoir et susceptibles donc d’être réutilises à tout moment dans l’intérêt du pays;
* les électeurs communautaires, composés des personnes d’une localité qui a vu s’installer dans ses espaces de nouvelles infrastructures répondant aux besoins de leurs populations. Dans ce cas, la vue par le citoyen de chacune de ces infrastructures exerce sur lui une pression morale de soutien et de vote en faveur de la réélection de Maître Wade ;
* les électeurs d’intérêt public qui sont composés par tous les usagers du service public qui sont satisfaits des améliorations enregistrées dans ce domaine et qui par acquis de conscience citoyenne, et dans l’espoir aussi que de telles améliorations puissent aussi s’étendre plus tard dans de nombreux autres secteurs, sont engagés dans des action de soutien pour la réélection de Maître A. Wade ;
* les électeurs idéologiques qui rassemblent ceux qui partagent, dans l’essentiel, la même vision dans la conduite des affaires du pays que Maître A. Wade. Ils peuvent être des militants politiques du parti de celui-ci, mais ils ne le sont pas toujours forcément, car le lien idéologique est indifférent de l’appartenance organique à un parti. Cependant, leur patriotisme et leur aspiration pour un Sénégal émergent, développé, grâce à une action d’investissement soutenu sont manifestement partagés par tous ;
o les électeurs affectifs qui regroupent des inconditionnels du personnage et de sa vision. Ils se recrutent tant à l’intérieur du PDS qu’à l’extérieur de celui-ci ; ils sont particulièrement fascinés par le personnage qui apparaît à leurs yeux comme un démiurge, par ses qualités ou ses capacités jugées peu ordinaires;
* les électeurs transhumants constitués par tous ceux qui sont venus d’autres partis politiques rallier le PDS, en drainant à leur suite un nombre plus ou moins important de membres de leur ancien parti. Quelque soit le motif qui a pu guider à l’origine l’acte des transhumants, ceux-ci sont en général très engagés pour la réélection de Maître A. Wade : la victoire de ce dernier constitue une source de légitimation et de valorisation de leur nouvel engagement, lequel il faut le dire peut des fois traduire un changement profond dans leur foi politique.
* les électeurs chefs des partis de la coalition Sopi qui ont mobilisé leurs militants, sympathisants, parents, etc. pour faire réélire leur candidat.
Conclusion
Une grande majorité des sénégalais a voté le 25 février 2007 pour la réélection de Maître A. Wade à la tête du pays. Ni durant la campagne électorale, ni pendant le jour du scrutin ou au moment de la proclamation des résultats provisoires donnant victorieux le président sortant, il n’y eut scènes de violences collectives quelconques, ce qui est un témoignage de la maturité et du sens de responsabilité du peuple sénégalais. De ce point de vue, on peut dire que Maître A .Wade a été vraiment bien élu.
Cependant force est de constater 44,1 % des Sénégalais ont voté pour d’autres candidats et contre Maître Wade. Ce qui veut dire que leurs rêves pour un Sénégal Nouveau sont bien portés par d’autres leaders politiques. Si Sopi veut dire changer, Sellal, Jappanté liguey, tekki, (qui veulent dire : rigueur et transparence ; union pour construire le Sénégal ; être utile pour son pays) et j’en passe, qui sont les slogans phares des autres partis ou coalition de paris dont les leaders ont battu campagne, indiquent comment ce changement, dans certains de ses aspects pourraient être pensés dans l’intérêt du Sénégal. Car, chacun de ces slogans cache un diagnostic du mal dont souffre le Sénégal et des solutions supposées les mieux adaptées pour le guérir ou le soulager.
Si pour construire le Grand Sénégal il faut un grand peuple qui accepte de prendre en charge un tel projet, et ce grand peuple a déjà émergé, il faut aussi de Grands Guides d’Hommes qui acceptent, au nom de l’intérêt national, de mettre en synergie toutes leurs capacités, toutes leurs possibilités, et de s’ouvrir réciproquement à des meilleurs dispositions d’acceptation et de collaboration.
Je dis bien de Grands hommes, car même si Maître A. WADE est incontestablement un Grand Homme et un Grand Guide d’Hommes, la construction à un rythme accéléré du Grand Sénégal exige l’engagement dans cette œuvre de tous ses Grands Fils, de tous ses Grands Hommes contemporains.
L’ambition d’un Grand Sénégal habite en fait tous les Grands Fils du pays. Et il a existé dans le passé des tentatives de conceptualisation de cette ambition collective : majorité d’idées, pacte républicain, gouvernement d’union nationale, etc., témoignent de cette ambition pour un Grand Sénégal, pour un Autre Sénégal qui doit se développer dans un climat de concorde nationale, où la démocratie en tant que volonté commune de vivre ensemble, à travers la recherche constante de compromis et de synergies pour promouvoir et servir l’intérêt national et celui des citoyens sera au cœur des préoccupations de tous.
* Professeur Abdoulaye NIANG est Sociologue. Il enseigne à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Senegal). Il peut être joint à cette adresse : pniangabdou@yahoo.fr
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Commentaires & analyses
Darfour : Le terme indésirable crie toujours haut son nom
2007-03-16
Wole Soyinka
Dans un discours récemment prononcé lors du 50ème Anniversaire de la Première Conférence Internationale des Ecrivains & Artistes Noirs à Paris, Wole Soyinka a lancé une mise en garde contre la négligence de ceux qui demeurent silencieux envers les crimes contre l’humanité à Darfour: «Comme les armées de l’Etat soudanais s’amassent pour le dernier massacre de son plan d’extermination raciale déterminé depuis longtemps, cet avenir va vous stigmatiser tout un chacun, vous appellera collaborateurs et complices si vous abandonnez les gens de Darfour à ce sort terrible, un sort qui, de manière aveuglante, traîne son nom au travers des sables et montagnes suppliantes de Darfour- Génocide ! »
N’est-ce pas ici, sur ce même sol français, dans cette nation fière de sa culture qui parfois apparaît comme renfermer la notion - même de civilisation avec tout ce qui est uniquement français, qu’un combattant culturel a une fois mené sa lutte il y a quelques années ? Sa mission était d’arrêter la marée d’un néo-barbarisme qui, pour les Français, est synonyme de tout ce qui est américain. Perdue sur ce protecteur de pureté culturelle française se trouvait une pensée qui doit avoir chatouillé la mémoire collective des anciennes colonies françaises : la macdonalisation ou la disneyisation du paysage urbain français était une justice poétique dans un jeu inverse de l’histoire. Les Macdonalds étaient arrivés d’une ancienne colonie d’une autre puissance européenne pour défier l’hermétisme culturel d’un ancien colonisateur.
Les circonstances, et l’action directe de la réponse de bulldozer différaient en quelque sorte de la stratégie qu’avaient adoptée le poète et homme d’Etat Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Léon Damas, Diop, René Depestre et d’autres militants culturels-en vue d’adopter la propre expression de Senghor - dans leur propre temps.
Ils protestaient également – étant juste sur le terrain - même de leurs colonisateurs, et en tant que protagonistes d’une civilisation se trouvant à distance – contre l’ascendance des autres en ce qui concerne leurs propres cultures et civilisations. Leur préoccupation était, bien entendu, une protestation à grande échelle, initiée au sein du camp ennemi, contre le dialogue inégal entre la France et ses possessions, un dialogue qui avait tourné l’esprit africain en un pur et simple réceptacle culturel de la France, le collant à l’identité et aux valeurs européennes. Ainsi, la Négritude - pour lui donner son nom - fut contrainte de commencer par une stratégie apparemment séparatiste, celle qui a repris une matrice culturelle africaine en contradistinction avec celle de l’Europe.
L’implication de ceci, sur le plan superficiel, était que les tenants de la Négritude ont commencé avec une proposition de deux cultures distinctes, parallèles, deux monologues - l’une, celle de l’Europe, l’autre, noire africaine. C’était, en langage cru, une stratégie de battre le feu par le feu. Ceux ou celles qui se rappellent de la phase du nationalisme noir aux Etats-Unis et en Afrique du Sud sous l’Apartheid - Back to Africa (Retour en Afrique), Black is Beautiful (Le Noir est Joli), Black Consciousness (Prise de Conscience Noire) etc. - pourront facilement reconnaître en la Négritude l’héritier et le précurseur d’une tradition qui est née du déplacement, de la domination et de la dépossession. Sa stratégie a provoqué des accusations de contre racisme en provenance de la pensée des blancs - formulées peut-être bénignement par Jean-Paul Sartre comme –racisme anti-raciste.
Tout le discours racial existant - toutes les propositions et projets contemporains de séparatisme culturel étaient également bénins, et même, dans le cas présent, propices à l’harmonisation de la race humaine. Car même cette assurance séparatiste était finalement guidée vers le prédicat de convergence avec les autres. Cette vision optimiste, l’insémination mutuelle des cultures, sous l’historicisme inlassable de Léopold Sédar Senghor, s’est élargie pour embrasser le monde arabe et ses réalités, ce à quoi il a donné le nom –Arabite. Ce fut l’annonciation culminante de ce qui résulterait inexorablement - dans la formulation de Senghor- en tant que l’Equilibre de l’Humanisme du Vingtième Siècle, la civilisation l’universel.
Ce serait plus que suffisant, à mon avis, si notre rassemblement aujourd’hui ne réalisait rien de plus qu’une mention de cet optimisme, une réunion d’esprits, une célébration d’identité et d’origine, et une ouverture de la mémoire collective pour interrogation, pour déterminer ce dont on doit se débarrasser, et ce qui doit être renforcé en tant qu’une contribution raciale à la recherche de l’universel. Cela resterait toujours profondément suffisant si nous n’avions que seulement répondu à l’impulsion humaine vers la célébration, en nous taillant une brève pause pour nous-mêmes, des exigences cinglantes d’un monde de plus en plus instable, ses côtés négatifs, ses saisons de crainte et de menace, simplement pour se prélasser, pendant deux ou trois jours dans la bravoure d’une initiative de 50 ans qui cherchait à ôter de ses limites racistes un monde fermé, impérial et agressif.
Ce serait suffisant de célébrer ce moment, il y a cinquante ans, quand les citoyens du continent de dédain, et leurs frères et sœurs de la Diaspora ont rejoint les esprits pour démolir les doctrines sur lesquelles la mission de colonialisme fut soulevée, et défier les écritures - tant religieuses que philosophiques - dont l’autorité de commerce inhumain en chaire noire - arabe et européenne - avait été justifiée. La célébration pourrait choisir de se limiter à l’euphorie de cet événement, mais celle qui pourrait aussi être suivie de sobriété du « matin suivant » lorsque la réflexion prend le dessus, et les convocations expressives ou implicites de l’occasion commencent à resurgir, enjoignant une replanification de l’avenir, un repositionnement d’attitudes, un remplacement de la complaisance par le réengagement, troublant sa paix d’esprit par les convocations d’un impératif familier: une tâche qui demeure non - finie, même après cinquante ans.
La perspective - même d’une telle réunion, même avant l’événement, pourrait cependant avoir provoqué un état d’alerte aux réalités courantes, thématiquement contingentes, réalités qui exposent les provocations - même qui n’ont, en aucun cas, créé la nécessité de ce rassemblement initial, sur et au-delà de la simple volonté d’une rencontre d’esprits. Les réalités qui rendent le bulldozer presque un acte bienveillant, puisque cet agent d’éradication culturelle a depuis cédé le passage aux camions blindés, à la lance-flammes, à l’avion mitrailleur et à la bombe de fragmentation.
Les réalités où- pour ramener tout au présent- un Etat supposé être moderne, avec son armement massif de coercition, a remplacé le franc-tireur local, agit en toute confiance du contrôle de ses propres frontières, et dans un projet d’altération de la démographie d’un espace humanisé, son histoire, le caractère unique de sa culture-en peu de mots, un projet d’éradication de son humanité prospère.
Même pendant que nous parlons, même au moment où le monde est distrait par d’autres zones du globe où la situation est chaude, un tel projet est en train de se dérouler sur le continent noir, avec la complicité passive de ce continent.
Ceux qui ont eu le privilège douteux de lire les manifestes de la pointe d’une politique étatique de nettoyage ethnique, les Janjaweed soudanais, un programme prononcé, sans ambiguïté, comme l’arabisation de la nation soudanaise -vont sûrement se tordre devant le langage nu de l’incitation raciale, ses prétentions de supériorité raciale, complétées par le langage de la haine et du dédain pour l’autochtone africain. Ce n’est pas précisément ce que Senghor avait à l’esprit quand il a embarqué sur sa fraternelle annonciation de l’arabite et sa proposition d’une collaboration nord-sud, négro-arabe entre cultures. Je ne parle même pas d’arabisme….je parle d’arabite, de cet arabite qui est le foyer irradiant des vertus de l’éternal Bedouin.
Comment Senghor, idéaliste humaniste, frissonnerait aujourd’hui devant la perversion de cette vision sur la lecture des tracts contemporains dans lesquels un Etat s’engage -à travers ses substituts- pour l’éradication de partenaires dans cette aventure optimiste, cautionne activement l’élimination de ces partenaires culturels qui, pour en rajouter à la sombre ironie, étaient des autochtones de cette terre longtemps avant l’arrivée des apôtres actuels de la suprématie raciale, une erreur pernicieuse que l’on espérait avoir été rejetée par les criminalités raciales monumentales du passé - l’esclavage arabo-européenne et le commerce de la commodité des peuples africains, par la culture de Jim Crow de la gouvernance par les foules à lyncher et des lois de la ségrégation dans le « nouveau monde brave » de la Grande Amérique, par les leçons de l’Holocauste, les atrocités de l’Afrique du Sud sous l’Apartheid, et même, si récemment, les horreurs du Rwanda.
C’est clairement l’ambition du gouvernement soudanais de battre les records de manque d’honneur, et le monde semble accepter qu’il mérite le succès, qu’il est bon et juste qu’une nation africaine joigne son nom au long catalogue d’infamie raciste. Réjouissez-vous de la sévérité et de la concision des directives contenues dans les documents authentifiés pris du quartier général d’un certain Sheik Musa Hilal, dirigeant reconnu des Janjaweed: changer la démographie de Darfour. Vider cette région de toutes les tribus africaines.
La nation qu’est le Soudan appartient à deux familles de la communauté mondiale-les Arabes et les Africains. Ces dernières sont structurées, et sont mondialement reconnues, en tant que la Ligue Arabe, et l’Union Africaine. Il est déprimant d’observer l’indifférence étudiée de l’une-la famille arabe - face à la criminalité de l’un de ses membres, une nation historiquement placée comme, suivant l’architecture culturelle de Senghor, le monde de l’Afrique du Nord Arabe représente le pont entre l’Afrique et l’Europe. La famille africaine, pour sa part, manifeste une impotence qui pousse à la honte et qui permet une nouvelle promulgation d’une histoire qui a forgé les chaînes coloniales.
Mais il y a aussi une troisième, une famille qui est à cheval sur les deux et qui est commune aux deux côtés – les Nations unies. Lorsqu’une branche déviante de cette famille de nations ignore le reste, et en effet choisit d’abandonner les normes les plus élémentaires de la décence humaine, est-il réellement justifié d’évoquer l’excuse comme quoi il y a un protocole qui exige la permission de cette entité arrogante même, celle qui, sans aucune ambiguïté, fait face à un acte d’accusation au tribunal de censure universelle, avant qu’elle n’aille secourir ses victimes abusées, violées, et traitées de façon inhumaine?
L’on trouve bizarre que cet alibi pour le manque d’action n’ait pas été invoqué devant l’intervention rigoureuse dans l’ancienne Yougoslavie, une intervention qui a non seulement délogé un régime aberrant, mais aussi supervisé le retour et la réhabilitation des populations dispersées de personnes d’ethnie albanaise et de Croates Musulmans. Si la vitesse d’éclair avec laquelle l’ONU a répondu à la dernière guerre au Moyen-Orient et à ses conséquences est expliquée par la volonté des belligérants d’accepter, au fait de demander la présence d’agents pour faire respecter la loi de la part des Nations Unies, nous demeurons toujours sans explication pour l’exemple de l’intervention au Centre de l’Europe dans le cas de la résistance vigoureuse des régimes meurtriers.
Dans quelle catégorie exactement cela laisse-t-il la situation africaine? Egaux devant les structures concernant les droits et les responsabilités au niveau de la famille, ou encore une fois, cinquante ans après la première attaque organisée contre un ordre racial, ou des orphelins marginalisés de l’histoire?
Au moment où nous parlons, l’Union Africaine se prépare à abandonner les peuples de Darfour, les laissant à la merci des adeptes de la doctrine raciale qui tuent, qui violent et qui brûlent, en retirant même ses forces de protection dont l’inefficacité est pathétique et qui, tout au moins, assurait une présence morale et un minimum de retenue. Nous parlons d’une nation où le viol en masse est donné comme un compliment à la vision de métissage culturel de Senghor. Ceci est le profil établi d’un régime qui a donné à ses pairs leurs ordres de marche, qui leur a lu la loi sur les grèves et prononcé son ultimatum, et la famille africaine a choisi d’obéir, de battre en retraite, la tête entre les jambes. La Famille Arabe, celle à laquelle appartient la première autorité morale peu importe le lieu de son membre sur le continent noir, a vigoureusement refusé d’appeler le Soudan à l’ordre, au fait elle a placé des obstacles sur la voie plutôt que des sanctions. Mais par quel droit cette personne qui parle impose-t-elle cette responsabilité morale au monde arabe?
Aucune du tout, sauf avec l’autorité des protagonistes de culture arabe eux-mêmes, concernant leurs propres prétentions historiques, tels que l’Arabiste auto-proclamé, le premier ministre soudanais, Ismail Al- Azhari, qui, en 1965, a fait la déclaration suivante:
‘Nous sommes fiers de notre origine arabe, de notre arabisme et d’être Musulmans. Les Arabes sont venus sur ce continent, en tant que pionniers, pour propager une culture authentique et promouvoir des principes qui conviennent qui ont apporté la lumière et la civilisation à travers l’Afrique au moment où l’Europe était plongée dans une abîme d’obscurité, d’ignorance, et de mouvement rétrograde en termes de doctrines et d’éducation. Ce sont nos ancêtres qui ont porté plus haut le flambeau et conduit la caravane de libération et de progrès; et ce sont eux qui ont fourni les meilleurs ingrédients aux cultures grecque, perse et indienne, en leur donnant la chance de réagir avec tout ce qui était noble au sein de la culture arabe, et de les remettre au reste du monde en tant que guides à ceux qui souhaitaient les frontières de l’apprentissage”
Cette belle déclaration,– ne vous souciez pas de ses accents hyperboliques – mais certainement une déclaration que Léopold Sédar Senghor aurait endossée comme l’hymne spirituel de l’Arabite, fut faite juste moins d’une décennie après la première rencontre des écrivains et artistes noirs du monde, forcée également par le besoin de situer adéquatement leur race et leur héritage dans un monde raciste. Les affirmations de la civilisation noire n’étaient pas moins résonantes lors de cette conférence, pas moins fières, la mission de retour à la race pas moins passionnée. Et la question que nous devons poser au gouvernement soudanais est tout simplement celle-ci: comment l’actuel manifeste des Janjaweed, les champions de l’Arabisme, ses projets d’extermination culturelle, correspond-il au manifeste d’illumination d’Al-Azhari – parmi tant d’autres ?
Examinez les contenus des affirmations reprises par les missions des Nations Unies sur la détermination des faits, examinez même les dossiers qui ont eu pour suite des actes d’accusation scellés contre des individus nommés tant au sein du gouvernement qu’au sein de l’ordre autonome des Janjaweed, les frères d’âmes des Milesovics, des Radovan Karavics, des Radkos de l’Est de l’Europe, et dites-nous si l’emblème d’illumination d’Al-Azhari n’a pas été terni par ses apôtres hitlériens.
Et la famille africaine? Je me réfère à la famille de l’idéalisme humaniste sur lequel les poètes et philosophes ont chanté ou prêché – Aime Césaire, Léon Damas, Marcelino dos Santos John Mbiti, Ogotimeli, Tierno Bokar et tous les autres. N’ont-ils pas enseigné que l’humanisme africain n’implique pas une préoccupation, et une responsabilité envers “mon voisin”? Et cette responsabilité se termine-t-elle par la puissance de l’éloquence et la commodité du compromis? Cette famille africaine, qui désire l’honneur culturel de la part de toutes les races du monde, fera l’objet de notre rencontre ici, donc pour l’instant, nous laisserons cette question en suspens: Cette famille a-t-elle fait une quelconque tentative de dénoncer ouvertement ou de rejeter ce membre rebelle?
Ce qui se passe dans des caucus privés à huis clos du soi-disant “mécanisme africain de revue par les pairs”du NEPAD et d’autres structures de restreinte tant vantées, est le confort froid de ceux qui sont violés chaque jour, qui luttent contre le vent chaud et granuleux à cause des haillons couvrant leurs derrières, le soleil impitoyable pour l’humidité, les chameaux pour les touffes sèches d’herbes, qui ont échappé à la colère des arsonistes Janjaweed. Et pendant qu’ils abandonnent leurs camps, purement et simplement par résignation, à la recherche de plus de nourriture, ne voient-ils pas les maraudeurs Janjaweed se jeter sur eux, les abattre, les violer, les laissant mutilés et dépouillés des derniers lambeaux de leur dignité innée?
Pour la famille de tous, les Nations Unies, qui, à plusieurs reprises ont été forcées d’avouer, ‘Plus Jamais’, elle continue de tenir des rencontres impotentes et de mener des débats stériles. Des actes d’accusation scellés contre les violateurs identifiés de l’humanité sont admirables, mais ils ne peuvent pas remplacer la rigueur et l’honneur de la prévention.
Il n’y a pas un seul membre de la famille onusienne qui ait exprimé son mécontentement en renvoyant les diplomates soudanais hors de ses frontières. Il n’y a pas un seul qui ait demandé que des sanctions soient universellement appliquées à la fosse d’aisance de l’impunité pénale. Pour des décennies, la Libye fut déclarée « l’intouchable » de la communauté internationale pour suspicion et / ou preuve de complicité dans des actes de terrorisme, et de cacher des terroristes au sein de ses frontières – elle a été ostracisée. D
e quelle dimension supplémentaire de terrorisme d’Etat le monde a-t-il besoin pour agir lorsqu’un gouvernement lâche ses substituts, armés jusqu’aux dents, soutenus, approvisionnés, et logistiquement rendus capables par ses propres forces et ses services de renseignement, autorisés par des mandats bien documentés de nettoyage ethnique, ses actes vus par des témoins, enregistrés et repris dans les rapports des agences - même des Nations –Unies, ses résultats ont présenté le paysage soudanais comme ayant des terrains formant des cimetières communs, des ruines de villages brûlés, des puits empoisonnés, des bétails massacrés, au milieu d’une armée gonflée de survivants mutilés, de victimes de viols en masse, de camps de réfugiés débordants et frappés par des maladies.
Les mots sont comme notre stock à vendre, et les écrivains ne tardent pas à le constater lorsqu’un mot crie haut à travers son absence et le fait de l’éviter. Maintenant quel est ce mot que les Nations Unies, encore une fois, a scrupuleusement emballé, en l’évitant stratégiquement, un responsable moral qui a conduit, l’on se rappelle très récemment, au - Rwanda? Les protocoles sont clairs. La reconnaissance d’une certaine dimension de criminalité contre un peuple, sa culture, contre l’existence - même du peuple de Darfour, force les Nations Unies d’agir. Mais non, Darfour n’est pas au coeur de l’Europe.
Ce n’est pas le coeur du Liban ou les frontières d’Israël. Il est situé dans la terre du dédain, reconnu uniquement comme le domicile de l’envie et, par occasion,– des ressources matérielles très recherchées. Donc, qu’est-ce au juste ce mot qui accuse, condamne, et ne sera pas réduit au silence? Quel est ce mot pour lequel tant de substituts sont amassés, bien que dérobé de l’impératif inexorable, dans les corridors et les chambres des Nations Unies?
En tant qu’écrivains, nous ne pouvons pas cesser de reconnaître et d’embrasser notre mission de témoigner et de tendre des pièges aux esprits évasifs. Ceux qui sont vivants aujourd’hui pour être témoins de cette perfidie renouvelée, et leurs successeurs vivants ou non - encore nés pour ce qui est de la mission d’avertir et de témoigner, ne vont pas oublier. Permettez que les mots, tout au moins, soient mobilisés vers l’accomplissement des responsabilités de ceux qui sont chargés de la protection des faibles et des sans défense, ceux qui sont temporellement désavantagés, permettez qu’ils persistent en vous disant, tous ceux qui tiennent les premiers contrôles de la direction de l’avenir du continent, que cet avenir ne va pas oublier, ni ne pardonnera pas.
Au moment où les armées de l’Etat soudanais s’amassent pour le dernier massacre de son plan d’extermination raciale déterminé depuis longtemps, cet avenir va vous stigmatiser tout un chacun, vous appellera collaborateurs et complices si vous abandonnez les gens de Darfour à ce sort terrible, un sort qui, aveuglement, traîne son nom au travers des sables et des montagnes suppliants de Darfour – Génocide!
• Le présent document du Professeur Wole Soyinka fut présenté lors du 50ème Anniversaire de la 1ère Conférence Internationale des Ecrivains & Artistes Noirs - Paris, du 19 au 22 septembre 2006. Il est reproduit ici avec l’autorisation de l’auteur. Il a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° : 273.
Voir : http://www.pambazuka.org/en/category/features/37714
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Au-delà de l’évangile du microcrédit
2007-03-16
Patrick Bond
Muhammad Yunus est le fondateur de Grameen Bank qui a promu les microcrédits pour des millions, des prêts aux femmes trop pauvres pour remplir les conditions traditionnelles de prêts auprès des banques. Il est le Prix Nobel de la Paix 2006 pour “…des efforts en vue de créer un développement économique et social à partir d’en- bas”. Mais il y a plus de battage que de substance, indique Patrick Bond, derrière la prétention selon laquelle les programmes microcrédit ont été efficaces dans l’allègement de la pauvreté. Il y a un tas de preuves pour défier les allégations des prétendus bénéfices des programmes microcrédit.
Quelle sorte d’idéologue dogmatique à libre marché utiliserait-il la volonté des gens pauvres (souvent socialement organisés) pour le crédit afin de justifier l’affaiblissement des politiques de bien-être déjà en difficulté des Etats misérables du Tiers-Monde?
Considérons cette revendication outrée: ‘Je crois que le « gouvernement, » tel que nous le connaissons aujourd’hui, devrait se retirer de la plupart des choses à l’exception de l’application de la loi et la justice, la défense nationale et la politique étrangère, et laisser le secteur privé, un “ secteur privé grameenisé”, un secteur privé dirigé par la conscience sociale, prendre en charge les autres rôles.’
Grameen est la « banque des sans –souliers » du Bangladesh qui est spécialisée dans l’octroi de prêts aux femmes à faibles revenus. Et l’économiste formé par Vanderbilt University qui a fait cette déclaration, Muhammad Yunus (dans son autobiographie intitulée « Banker to the Poor), a juste gagné le Prix Nobel de la Paix.
Yunus a immédiatement annoncé à une conférence de presse de Dhaka: ‘Maintenant la guerre contre la pauvreté sera davantage intensifiée à travers le monde. Elle consolidera la lutte contre la pauvreté à travers les microcrédits dans la plupart des pays.’
Pourtant cette tentative apparemment bénigne, qui date de trois décennies, d’encourager l’entreprenariat parmi les femmes frappées par la pauvreté, a attiré des critiques intenses tant à la base que chez les professionnels.
Sans surprise, la presse des entreprises aime Yunus, à peu près autant que l’aiment Bill et Hillary Clinton. Le journal « The Financial Times » a fait le présent argument, qui n’est appuyé par aucune recherche évidente: ‘La microfinance a joué un rôle central dans le succès du Bangladesh à réduire la pauvreté de presque 10 pour cent pendant les cinq dernières années, à 40%, un taux qui place le Bangladesh en ordre pour réaliser les Objectifs de Développement du Millénaire consistant à réduire de moitié la pauvreté d’ici l’an 2015.’ Bien plus, ‘Le modèle d’affaires de Grameen est impoliment malade.’
Le journal « The Wall Street Journal » a placé le portrait de Yunus sur sa première page il y a cinq ans: ‘Pour beaucoup, Grameen prouve que le capitalisme peut marcher tant pour le pauvre que pour le riche,’ ayant « aidé à inspirer des gens estimés à 7.000 appelés microlenders avec 25 millions de clients pauvres dans le monde entier.’
Pourtant en voyant de plus près, les reporters du journal – dont feu Daniel Pearl (qui fut follement décapité par des extrémistes Musulmans) – ont concédé la prévalence de la comptabilité du style Enron. Un cinquième des prêts de la banque en fin 2001 avaient dépassé leur échéance de plus d’une année: ‘Grameen serait en train d’accuser des pertes aiguës si la banque suivait les pratiques de comptabilité recommandées par les institutions qui aident à financer les microlenders à travers des prêts à faible intérêt et les investissements privés.’
Une astuce typique de Grameen est de reprogrammer les prêts à court terme qui sont non-remboursés pour plus de deux ans, au lieu de les effacer, laissant les débiteurs accumuler les intérêts à travers de nouveaux prêts tout simplement pour faire rêver qu’un jour on va rembourser les anciens prêts.
Même les techniques de pression extrêmes – tel qu’enlever les tôles des toits des maisons des femmes délinquantes, selon le reportage du Journal – n’ont pas amélioré les taux de remboursement dans la plupart des zones les plus cruciales, où Grameen avait auparavant gagné sa réputation mondiale parmi les néoliberaux qui considèrent le crédit et l’ entreprenariat comme les prérequis du développement.
A ce niveau, même l’industrie de la microfinance « qui est pleine de gens peu crédibles » s’est sentie trahie: ‘Grameen Bank avait été inactive, et plus probablement au pire, menteuse dans ses rapports sur sa performance financière’, a écrit le leader des promoteurs de la microfinance J. D. Von Pischke de la Banque Mondiale en réaction aux révélations de WSJ. ‘La plupart d’entre nous dans le commerce avions probablement soupçonné depuis longtemps que quelque chose était louche.’
Ross Croulet de la Banque Africaine de Développement en convient: ‘Moi – même j’ai soupçonné pendant longtemps la véritable situation de Grameen si souvent déguisée par le statut de star du Dr. Yunus sur le plan mondial.’
Plusieurs années auparavant, Yunus ne recevait pas le gros de son soutien international de la part des bailleurs de fonds, qu’on dit être de 5 million de dollars par an, qui avait jusque-là réduit le taux d’intérêt dont il avait besoin pour taxer les débiteurs et pourtant avoir un profit. Grameen était devenu ‘durable,’ auto-financé, avec des coûts entièrement supportés par les débiteurs.
Il s’était aussi battu contre les attitudes patriarcales et religieuses rétrogrades au Bangladesh, et son grand travail élargissait le crédit à des millions de gens. Le secret était que les femmes pauvres sont typiquement organisées dans des groupes de cinq: deux recevaient la première tranche du crédit, laissant les trois autres servir de « chasseurs » devant harceler pour le remboursement, afin qu’à leur tour elles puissent recevoir les prêts suivants.
Mais au moment de nouveaux concurrents, les mauvaises conditions climatiques (spécialement les inondations de 1998) et la réaction brutale des débiteurs qui ont recouru à la puissance collective de non - paiement, Grameen a imposé des augmentations dramatiques au niveau des prix de remboursement de crédits. Et c’est ici que la principale position philosophique de Grameen Bank – ‘Nous considérons le crédit comme un droit humain’ – était réduit simplement à un argument pour l’accès, et non la capacité de l’aborder.
A cet égard, Yunus est entièrement différent de tous les mouvements sociaux basés sur les droits humains qui ont réclamé ‘les droits’ dans le sens d’accès libre aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à la terre, à l’eau, à l’électricité et à d’autres choses du genre.
‘Les microcrédits sont un cas presque parfait d’un phénomène qui en est arrivé à être en grande partie caractéristique de l’assistance au développement – un écart qui s’élargit entre la réalité et la propagande,’ soutient le consultant de la microfinance Thomas Dichter qui travaille à la publication de SA Institute for International Affairs, ‘Hype and Hope: The Worrisome State of the Microcredit Movement’ (Battage et Espoir : La Situation Terrifiante du Mouvement des Microcredits): ‘Le gros de l’Afrique offre un cadre stérile pour emprunter uniquement vu que les seuls clients disponibles aux pauvres sont les autres personnes très pauvres. Dans de tels contextes économiques stériles, les gens de la base sont par définition ceux qui ont le plus besoin de crédit, mais qui peuvent en faire le moins possible.’
Dichter continue, ‘En partie à cause de ce qui a été judicieusement appelé « évangile de la microfinance », la perspective de véritables intérêts des microcrédits mis à la disposition des entreprises solides est devenue moins probable. Ceci c’est parce que ceux qui peuvent réellement modifier les choses par un petit prêt ne sont pas les plus pauvres parmi les démunis… Une imitation supplémentaire est que beaucoup de clients de microcrédits sont réduits au comportement de “copieurs”, tout le monde vendant la même chose, et de plus en plus de vendeurs saturant le marché au fur et mesure que les microcrédits deviennent disponibles. Dans ce sens, l’expansion des microcrédits peut en réalité faire baisser les revenus.’
Qu’en est-il de l’impact de Yunus dans son milieu natal? Au Bangladesh, selon Dichter, ‘Les microcrédits sont tellement une intervention si commune en développement que beaucoup de gens empruntent d’un projet pour rembourser dans un autre. Dans ce cadre, même si une femme qui a pris le crédit augmente ses quantités vendues de 100% disons de 10 régimes de bananes à 20, elle reste limitée par son incapacité d’augmenter la valeur à ce qu’elle vend, limitée par ses propres aptitudes qui sont basses, et la structure de copieur qui a presque toujours prévalu à l’autre bout du secteur informel.’
Même si critiquer Grameen ‘est toujours une opinion de la minorité’ et que Yunus a accompli des ‘miracles’ en faisant rouler le crédit vers les masses, selon Munir Quddus, qui est président du Département d’Economie et de Finances à l’université de Southern Indiana, la publicité nécessite plus d’enquêtes que le comité qui lui a donné le Prix Nobel ne semble avoir faites: ‘La nature – même de créer des groupes laisse dehors les gens réellement pauvres qui seraient perçues par leurs camarades membres comme n’ayant pas l’habileté de générer le revenu et ainsi à haut risque.’
Quddus poursuit: ‘D’autres ont souligné que les micro-crédits approfondissent tout simplement l’exploitation des femmes puisque les taux d’intérêt que taxe la banque en réalité [après l’inflation] sont assez élevés; par conséquent, le crédit empire souvent la situation de dette et donne même aux maris plus d’influence.’
Gagner de l’influence auprès de femmes – au lieu de leur donner une libération économique – est une accusation familière. En 1995, le magazine New Internationalist a enquêté sur Yunus concernant les 16 ‘résolutions’ qu’il exigeait à ses débiteurs d’accepter, y compris ‘des familles plus petites’.
Quand New Internationalist a suggéré cette emprise sur le « contrôle de la population’, Yunus a répliqué, ‘Non, il est très aisé de convaincre les gens d’avoir moins d’enfants. Maintenant que les femmes gagnent aussi de l’argent, avoir plus d’enfants signifie qu’on perd de l’argent.’
Dans l’esprit de rendre commode tout, Yunus a créé des liens avec Monsanto pour promouvoir la biotechnologie et les produits agrochimiques en 1998, ce qui, rapporte le New Internationalist, ‘fut annulé suite à la pression du public.’
Comme l’a reporté Sarah Blackstock dans le même magazine l’année suivante: ‘Loin de leurs foyers, des maris et des ONG qui leur accordent des crédits, les femmes se sentent à l’aise pour dire ce qu’on ne peut pas mentionner au Bangladesh – les microcrédits ne sont pas tout ce qu’on fait croire qu’ils sont… Ce qui a réellement vendu les microcrédits ce sont les aptitudes d’éloquence de Yunus qui sait cajoler.’
Mais cette aptitude, explique Blackstock, permet à Yunus et à ses plus grands imitateurs d’ « attribuer la pauvreté au manque d’inspiration et de la dépolitiser en refusant de voir ses causes. Les propagandistes du microcrédit sont toujours les premiers à défendre que les personnes pauvres ont besoin d’être capable de s’aider elles-mêmes. Le genre de microcrédít qu’ils promeuvent ne consiste pas réellement à gagner le contrôle, mais à assurer les bénéficiaires-clés du capitalisme mondial qu’ils ne sont pas forcés de prendre une quelconque responsabilité pour ce qui est de la pauvreté.’
Même si je n’ai jamais été au Bangladesh et que je n’ai discuté de ces problèmes avec Yunus qu’une seule fois (il y a plus d’une décennie quand j’ai visité Johannesburg), le système astucieux de la microfinance a certainement causé des dégâts en Afrique australe.
Par exemple, en 1998, quand la crise des marchés en émergence a augmenté les taux d’intérêt à travers le Tiers - Monde, une augmentation de 7% imposée pendant deux semaines alors que la monnaie locale perdait sensiblement la valeur a conduit à la faillite beaucoup de Sud - Africains qui avaient des prêts ainsi que leurs créanciers.
La personnalité la plus visible sur le plan local et qui défend les microcrédits est la Première Dame Zanele Mbeki. Mais son projet Womens Development Banking (projet de banque de développement des Femmes) a non seulement financé les femmes rurales, selon la compagnie pétrolière BP, un supporter. Il a aussi fait des ‘investissements dans le domaine des affaires de haute croissance’ telles que Ceasars Gauteng et ‘Siza Water Company, la première compagnie d’eau à être privatisée’ au KwaZulu-Natal – les deux étant, on peut en discuter, des contre-exemples d’éradication de la pauvreté.
Au Zimbabwe, voisin immédiat, un torrent de 66 millions de dollars EU de financement de la Banque Mondiale dans les années 1980 (au lieu des réformes foncières) a revigoré un secteur de microcrédit rural initié sous le régime raciste de la Rhodésie à la fin des années 1940. Le programme de la Banque a finalement atteint 94.000 foyers. Mais sur l’étendue d’une décennie, le résultat fut le taux de défaillance ou d’insolvabilité de 80% chez les paysans dans les « zones communales » (l’équivalent des Bantustans dans le contexte de l’apartheid) .
La capacité de remboursement était un facteur majeur, puisque les frais généraux du bénéficiaire de crédit typique et les dépenses liées à la collecte représentaient de 15 à 22 % du montant pour un petit prêt, y compris l’inclusion d’un taux de défaillance de 4 %. Au Zimbabwe, le remboursement de prêt même juste de quelques centaines de dollars EU représentait des fardeaux énormes lorsque, selon l’une des enquêtes du Ministère de l’agriculture en 1989, le profit net des cultures par heure de travail était juste de 0,15 dollar.
L’étude détaillée de Michael Drinkwater du Centre du Zimbabwe a montré que l’amélioration de l’accès des fermiers au crédit a placé beaucoup d’entre eux dans de sérieuses difficultés » rendues complexes par « un lancement trop zélé d’un programme de crédits pour groupes » et la viabilité douteuse des offres d’engrais à coûts élevé » qui ne sont pas appropriés pour un climat irrégulier. L’accroissement de l’utilisation du crédit signifie que les fermiers ont davantage à vendre pour rester solvables…Au niveau du ménage, ce sont communément des dettes et non des profits qui sont en hausse. »
Pour affronter la crise, la Banque Mondiale a, en 1991, promu même davantage, mais sans y parvenir, le crédit de groupes de type Grameen, bien qu’avec l’avertissement comme quoi l’expérience du Zimbabwe jusqu’à date pour ce qui est de l’octroi de crédit aux groupes n’a pas été favorable. L’organisation des groupes est initialement chère et prend beaucoup de temps, et « des problèmes majeurs sont devenus apparents. »
Pas loin de là au Lesotho, l’anthropologue James Ferguson a étudié un rapport de la Banque Mondiale en 1975, rapport qui guidait la stratégie de développement du pays. » Dans un Pays Moins Développé ,» où l’économie monétaire est sur une base aussi précaire, il doit y avoir [selon la Banque] « un manque manifeste de crédit pour l’achat des intrants agricoles, » et il est évident que « le crédit va jouer un rôle critique dans tous les projets agricoles majeurs dans l’avenir. »
Comme l’a réfuté Ferguson, « il n’y est jamais expliqué exactement pourquoi la nécessité de crédit est aussi critique. Il est vrai que la plupart de Basotho investissent très peu dans l’agriculture probablement du fait de leur appréciation intelligente du faible potentiel et des hauts risques de l’agriculture intensive capitale au Lesotho, mais d’habitude ceci n’est pas une question d’incapacité d’obtenir les fonds pour faire un tel investissement. La plupart de familles ont accès aux gains de salaires ou à des paiements, et cet argent vient le plus communément en grands montants qui pourraient facilement être utilisés pour les intrants agricoles, mais pour la plupart du temps ils ne le sont pas. Pourtant dans l’image du « développement », la nécessité de crédit est presque un axiome. »
Le technicien ougandais de l’économie politique, Dani Nabudere a également discrédité « l’argument qui soutient que les gens pauvres du monde rural ont besoin de crédit qui leur permette d’améliorer leur productivité et modernise la production .» Pour Nabudere, ceci « doit être rejeté pour ce que c’est – un grand mensonge. »
Même au sein de la Banque Mondiale, ces leçons avaient été évidentes à cette époque. Sababathy Thillairajah a revu les programmes de crédit de la Banque pour le paysan africain en 1993 et conseillé à ses collègues : « Laissez les gens (Fichez - leur la paix !). Quand quelqu’un vient et vous demande de l’argent, la meilleure faveur que vous puissiez lui donner est de dire « non »… Nous apprenons tous à la Banque, Avant nous pensions qu’en apportant de l’argent, l’infrastructure et les institutions financières seraient construites – ce qui n’est pas fait rapidement. »
Mais pas longtemps après, Yunus s’introduisit pour aider la Banque Mondiale par un soutien idéologique, comme cela revigorait la microfinance grâce à 200 millions de dollars en tant que ligne globale de crédit orienté vers les femmes pauvres en août 1995, juste avant la conférence de Beijing sur le genre.
Le groupe Attac du mouvement de justice mondiale possède à Oslo une branche excellente qui, la semaine dernière, a publié un nouveau livre, « Economic Apartheid (L’Apartheid Economique). Ses membres m’ont relevé que Yunus était fortement soutenu par ses amis de la classe dirigeante norvégienne, y compris un ancien bureaucrate du ministère des finances et des autorités officielles de Telenor, la compagnie téléphonique du Norvège. Telenor possède 62 % de Grameenphone, qui contrôle 60 % du marché de cellulaires au Bangladesh.
Au moment où le gouvernement du centre –gauche du Norvège a un haut profil pour
avoir en partie annulé la dette illégitime du Tiers – Monde et menacé de décaisser la Banque Mondiale, les deux actions étant applaudies par les activistes locaux, les gens qui prennent ces décisions étaient conscients de ce qu’il est important que le Norvège projette la possibilité du capitalisme à face humaine.
La question est de savoir s’ils ont examiné assez rigoureusement les conflits générés par les crédits, niant ainsi la signification du Prix Nobel de la Paix – et ce pour la première fois.
* Patrick Bond est directeur du Centre pour la Société Civile à l’Université du KwaZulu-Natal. Son livre le plus récent est Looting Africa: The Economics of Exploitation (Piller l’Afrique: L’Economie de l’Exploitation), disponible auprès de Zed Books et UKZN Press.).
Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° : 275.
Voir : http://www.pambazuka.org/en/category/comment/38007
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Arts & livres
Afrique : Les écrivaines impriment leurs marques
2007-03-15
http://fr.allafrica.com/stories/200703090367.html
Recueils de poèmes, romans, nouvelles... En Afrique, les femmes de plume sont de plus en plus visibles à travers une production régulière et de qualité. 'Les femmes ont des choses à dire et ne se gênent plus pour les dire. Elles savent bien que la littérature est une arme assez forte pour faire entendre leur voix', lance Adélaïde Fassinou. La cinquantaine, ce professeur de français est l'une des figures les plus en vue de la littérature béninoise.
Burkina Faso : "Le soleil ne se couche jamais"
2007-03-15
http://fr.allafrica.com/stories/200703150085.html
Le Trublion du Cinéma africain jette un Diamant dans la mare. « Le soleil ne se couche jamais. C'est l'homme qui s'éloigne de la lumière ». Chaque famille a son enfant terrible. Balufa Bakupa-Kanyindé est le mouton noir de la famille du cinéma africain. Sociologue, historien et philosophe, ce cinéaste est un intellectuel engagé qui a préféré les chemins de traverses aux raccourcis menant à la gloriole et aux salons feutrés tant convoités par l'élite du Continent.
RDC : Eloge à la femme féminine
2007-03-14
http://www.societecivile.cd/node/3256
Femme !
Les temps ont changé.
Le nouveau siècle nous offre l’occasion de rompre avec les vieilles croyances
Les vieux clichés, les vieux préjugés, et les vieilles mythologies sur ton être.
Voici venu le temps de faire triompher la vérité vraie sur les Etres et les Choses...
Moniteur de l'Union Africaine
Rwanda : Menace de retrait des troupes du Darfour
2007-03-15
http://www.grioo.com/info9599.html
Le chef de l'Etat rwandais, Paul Kagamé, a exprimé, mercredi, sa détermination à rappeler les troupes rwandaises en mission de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) dans la région soudanaise du Darfour, en proie à un conflit meurtrier, devant la passivité de la communauté internationale. "Si la présence des troupes rwandaises au Darfour ne donne aucun résultat, je ne vois pas le but de rester dans cette région", a estimé M. Kagamé.
Somalie : L’UA appelle à la réconciliation
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23407
L’Union Africaine (UA) a invité les dirigeants de l’Union des Tribunaux Islamiques (UIC) en Somalie, de retourner dans leurs pays, pour prendre part à la conférence nationale de réconciliation prévue le 16 avril prochain à Mogadiscio. “Nous invitons les dirigeants de l’UIC où qu’ils se trouvent de revenir au bercail afin de participer à la conférence de stabilisation et de réconciliation nationale”.
Femmes & genre
Egypte : Les premières femmes juges
2007-03-15
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=XIN00147legypsegujs0
Un total de 31 Egyptiennes sont devenues les premières femmes juges, après que leur nomination eurent été entérinée par le Conseil suprême judiciaire, a rapporté la télévision nationale égyptienne. Ces premières femmes juges ont été sélectionnées parmi les 124 candidates en fonction de leurs notes aux examens écrit et oral organisés par le Conseil suprême judiciaire.
Guinée : Une femme à la tête de la contestation
2007-03-13
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4647
En Guinée, Rabiatou Serah Diallo, première femme secrétaire générale d’un syndicat national en Afrique, se bat sur tous les fronts : pour le syndicalisme, pour la place de la femme, et surtout contre la pauvreté. En janvier, c'est elle qui a lancé la grève, point de départ de la contestation. Le 22 janvier, elle a été arrêtée avec d’autres dirigeants syndicaux, libérés ensuite sous la pression internationale.
Mali : Une femme investie à la présidentielle
2007-03-15
http://www.grioo.com/depeche.php?d=20070315#642
Mme Sidibé Aminata Diallo, universitaire malienne et présidente d'un petit parti, le Rassemblement pour l'éducation à l'environnement et au développement durable (REDD), a été investie lundi par son parti candidate à l'élection présidentielle dont le premier tour est prévu le 29 avril prochain a appris mardi la PANA, auprès de la direction de ce parti.
Niger : Un député fustige le protocole sur les droits de la femme
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23110
Le député nigérien Sanoussi Jackou a appelé ses collègues parlementaires à faire barrage au projet de loi portant adoption du protocole additionnel à la Charte africaine des droits de la femme, a appris vendredi APA. « Il est inacceptable qu’on demande à un pays comme le Niger de ratifier un protocole qui met la femme musulmane à la même place que la femme chrétienne, juive ou païenne », s’est désolé Sanoussi Jackou.
Zimbabwé : Le Prix international du courage féminin à une zimbabwéenne
2007-03-14
http://fr.allafrica.com/stories/200703090127.html
La secrétaire d'État américaine, Mme Condoleezza Rice, a récompensé la militante zimbabwéenne des droits de l'homme, Jennifer Williams, par le Prix international du courage féminin, qu'elle lui a remis le 7 mars au département d'État. Mme Williams, fondatrice de Women of Zimbabwe Arise (WOZA), qui proteste contre les abus du gouvernement, a accepté le prix au nom de ce groupe qui comprend plus de 45.000 membres.
Droits humains
Burundi : Les violations des droits des enfants en détention
2007-03-15
http://hrw.org/french/reports/2007/burundi0307/2.htm#_Toc161622860
"Mon problème ici, c’est que je me sens très seul. Je suis seul tout le temps. Je viens de loin ; personne ne me rend visite. Cela fait un an que je n’ai plus vu quelqu’un que je connais". C'est Donatien C., 14 ans, qui purge une peine de 10 ans pour viol, prison de Gitega (Burundi), qui parle ainsi le 23 mai 2006. Un rapport de Human Rights Watch examine la violation des droits des enfants en détention...
Cameroun : Triste sort pour les veuves
2007-03-15
http://www.afrik.com/article11333.html
Dans ce pays d’Afrique centrale, la disparition du mari laisse souvent l’épouse dans le désarroi, parce qu’elle devient la cible privilégiée de la famille de son défunt mari. Quelle que soit la tribu ou les coutumes en place, la veuve est une proie pour les uns et les autres, et chaque acte posé sur elle est de nature à porter atteinte à sa dignité.
Madagascar : Les femmes, victimes silencieuses des violences conjugales
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23024
Les violences conjugales à l’encontre des femmes malgaches, constatées en 2006 à Antananarivo, la capitale de Madagascar, ont atteint une ampleur « désastreuse, sinon inquiétante » , selon des statistiques officielles publiées à la veille de la célébration de la journée internationale de la femme. Prés de 54,5% des femmes ont été victimes d’agression dans leur foyer...
Rwanda : La libération des prisonniers inquiète les rescapés
2007-03-13
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4645
Au Rwanda, les témoins à charge dans les procès gacaca et les rescapés du génocide, régulièrement menacés, sont inquiets de la libération provisoire de 9 000 nouveaux en février. Les ex-prisonniers sont, en effet, tenus pour les principaux responsables de ces intimidations. Selon la police, 245 personnes qui ont témoigné dans les procès des gacaca ont été harcelées en 2006, 15 d’entre elles ont été tuées.
Soudan : L'ONU accuse le gouvernement d’atrocités
2007-03-14
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=70675
Le gouvernement soudanais n’a pas protégé les populations civiles du Darfour et a orchestré et commis des atrocités contre son peuple, a accusé la mission spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la situation dans cette région du Soudan. Le rapport a dénoncé notamment les meurtres, tortures, viols en réunion, déplacements forcés et arrestations arbitraires
Réfugiés & migration forcée
Global : 84 clandestins débarquent aux Canaries
2007-03-15
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP15827clandreivna0
Un total de 84 immigrants illégaux africains ont débarqué dans la nuit de mardi à mercredi aux Canaries, portant à 1.400 le nombre de clandestins arrivés sur l'archipel espagnol depuis le début de l'année. Les 84 immigrants, dont une femme et au moins deux mineurs, sont arrivés à 00H40 GMT à bord d'une même embarcation de fortune, après avoir été localisés par un avion de secours aérien et remorqués par un bateau du secours en mer.
Côte d'Ivoire : Rapatriement volontaire de 271 libériens
2007-03-14
http://fr.allafrica.com/stories/200703130769.html
Majoritairement originaires de Nimba County au Libéria et installés dans la région de Danané depuis plus d'une dizaine d'années, les 271réfugiés (118 hommes, 153 femmes, 64 enfants de -5 ans) ont choisi de rentrer au bercail pour apporter leur contribution à la reconstruction nationale amorcée par la présidente du Liberia, Mme Sirleaf. L'opération s'est effectuée, le jeudi 8 mars dernier.
Ethiopie : Deux nouveaux corridors de retour
2007-03-14
http://fr.allafrica.com/stories/200703090886.html
L'ouverture prévue ce samedi de deux nouveaux corridors pour les rapatriements depuis l'ouest de l'Ethiopie vers le Sud-Soudan devrait ouvrir la voie du retour de milliers de réfugiés, indique aujourd'hui le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).« Les deux premiers convois devraient partir samedi, transportant quelque 800 réfugiés soudanais des camps de l'ouest de l'Ethiopie et regagnant ainsi leur foyer ».
Tchad : Un jeu vidéo humanitaire pour les réfugiés
2007-03-15
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP34527uneonsigufr0
Aïssa, réfugiée qui tente de survivre à la violence et aux pénuries, est l'héroïne d'un petit jeu video présenté mercredi par une ONG espagnole, dont les bénéfices iront à des camps de réfugiés au Tchad. Ce jeu téléchargeable sur téléphone portable, baptisé "Refugee", permettra de lever des fonds pour deux camps de réfugiés au Tchad, Djabal et Goz Amer, selon l'ONG Intermon Oxfam, branche espagnole de la Britannique Oxfam.
Elections & gouvernance
Afrique : La démocratie s'enracine dans certains pays, vacille dans d'autres
2007-03-14
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3546
Les avancées de la démocratie en Afrique ont été débattues la semaine dernière à une conférence dans la capitale économique sud-africaine, Johannesburg. Michael Chege, conseiller au ministère de la Planification et du Progrès national du Kenya, a rappelé que les années de Guerre froide ne présageaient rien de bon pour une politique multipartite.
Bénin : Elaboration d’un répertoire des prix
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23247
Le gouvernement béninois vient d’élaborer un répertoire des prix de référence pour les achats des biens au profit de l’administration publique, a appris APA de source officielle, lundi à Cotonou. Selon un communiqué officiel, l’élaboration du répertoire des prix de référence est motivée par les mauvaises pratiques contraires à la bonne gouvernance révélées par l’état des lieux de l’administration pblique.
Ile Maurice : L'aide aux réformes
2007-03-14
http://fr.allafrica.com/stories/200703140862.html
Dans un discours à New Delhi lundi dernier, le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a fait un plaidoyer en faveur de l'aide au commerce afin de faire profiter la libéralisation des échanges aux pays pauvres et en développement. Maurice s'est fait champion du lobbying en faveur des initiatives de l'"aid for trade" (AFT). Il peut trouver là l'expression d'un intérêt au plus haut niveau à Genève pour faire aboutir cette idée dans les faits.
Mauritanie : Le temps des manœuvres
2007-03-14
http://www.sudonline.sn/spip.php?article1194
Les mauritaniens ont tranché dimanche dernier à l’issu d’un scrutin calme et serein qui a vu près de 70% des 1.043 000 inscrits accomplir leur devoir citoyen. Sidi Mohammed Ould Cheikh Abdallahi sous les couleurs des « indépendants » et Ahmed ould Daddah du Rassemblement des forces démocratiques (Rfd). Les deux hommes dans leur camp respectif se sont mis à l’œuvre en appelant à l’alliance et au soutien à leur candidature. Et c’est le temps des manœuvres.
Mauritanie : Ould VALL répond à KHADAFI
2007-03-14
http://www.seneweb.com/news/elections2007/article.php?artid=9181
A quelques jours de la remise du pouvoir aux civils, le président du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (Cmjd), Ely Mohamed Ould Vall nous a expliqué comment il a réussi le processus démocratique entrepris depuis le 3 août 2005, date de sa prise de pouvoir. Il revient, dans l'entretien qu'il nous a accordé, sur les réformes qui ont permis à la Mauritanie de se hisser au rang des pays démocratiques. Entretien.
Sénégal : Des leaders forts, des partis faibles
2007-03-14
http://www.africatime.com/afrique/index.asp
C’est bouclé ! Le Conseil constitutionnel sénégalais a consacré la victoire électorale d’Abdoulaye Wade. Réélu au premier tour avec 55,07% des voix, le “ pape du Sopi ”, qui a accédé au pouvoir en mars 2000, rempile pour cinq ans. Que retenir de ce scrutin ? Fondamentalement qu’en dépit du désenchantement de l’élite urbaine (...), le peuple sénégalais n’a pas eu envie de se débarrasser du “Vieux”.
Sénégal : OTD après le scrutin, un cours d’Etat à Wade
2007-03-14
http://www.mediaf.org/actu.php?actuID=1900
La sortie du candidat du Parti socialiste (Ps) Ousmane Tanor Dieng était l’une des plus attendues après l’issue du scrutin du 25 février dernier qui a réélu le Président sortant Abdoulaye Wade. En effet, il est l’un des deux leaders de l’opposition à contester par voie légale les résultats provisoires avant d’être débouté. Il étrenne les impudicités et incongruités d’un scrutin qu’il classe à l’échelon des plus catastrophiques de l’histoire politique du Sénégal.
Afrique & Chine
Afrique : La Chine réaffirme vouloir renforcer ses relations
2007-03-15
http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-03/15/content_401269.htm
La Chine va travailler avec l'Ethiopie et d'autres pays africains pour édifier un nouveau type de partenariat stratégique ayant pour caractéristiques l'égalité politique, la coopération réciproque et les échanges culturels, a dit mercredi à Beijing un haut responsable du Parti communiste chinois (PCC). "La Chine attache de l'importance aux relations avec l'Ethiopie et elle pense que ces relations seront renforcées grâce aux efforts conjugués".
Afrique : Le Nepad salue les investissements chinois
2007-03-15
http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-03/15/content_401403.htm
Les investissements de la Chine et ses nombreux projets d'infrastructures en Afrique constituent une opportunité pour le continent en croissance, a estimé le chef exécutif du secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), Firmino Mucavele. Le manque d'infrastructures est un grand obstacle à l'expansion des investissement en Afrique, a t-il souligné.
Niger : Pétrole, le pays remplace le Nigeria sur une liste chinoise
2007-03-14
http://www.ouestaf.com/Petrole-le-Niger-remplace-le-Nigeria-sur-une-liste-chinoise_a297.html
La Chine vient de rayer le Nigeria de la liste des pays riches en ressources et pour lesquels les entreprises chinoises bénéficient de subventions financières pour y investir, a appris Ouestafnews de source informée. La décision a été prise par la Commission nationale pour le développement et les réformes et l'Agence nationale de planification économique et politique énergétique extérieure, rapporte le quotidien britannique Financial Times.
Corruption
Liberia : L'ancien président libéré sous caution
2007-03-15
http://www.grioo.com/depeche.php?d=20070315#641
Le tribunal criminel du Libéria a accordé mardi à Monrovia une liberté sous caution à l'ancien président du Liberia, Gyude Bryant, accusé de corruption. Un des avocats de M. Bryant a déclaré à la presse que son client était accusé d'avoir volé plus d'un million de dollars américains quand il dirigeait le Liberia pendant la transition, d'octobre 2003 à janvier 2006.
Global : Une conférence sur la lutte contre la corruption
2007-03-14
http://www.africatime.com/afrique/index.asp
Une conférence internationale a lieu aujourd'hui à Bruxelles (Belgique) sur "l'amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption : nouvelles perspectives pour les partenariats public-privé. Elle est organisée par l'Institut de la Banque mondiale, en collaboration avec le gouvernement belge, l'OCDE et le Réseau GDLN. La Côte d'Ivoire participe aux échanges par vidéoconférence, simultanément au Maroc, au Bénin et en France.
RDC : Le Gouverneur du Katanga s'attaque à la corruption
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=22661
Le Gouverneur élu de la province du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, a décrété samedi une lutte acharnée contre la corruption, la fraude et autres pratiques, reconnues « cause de la misère de la population ». M Katumbi Chapwe a promis de consacrer son mandat de cinq ans à la tête de la province, à une action répressive contre les corrupteurs et les corrompus, a constaté APA.
Développement
Afrique : Les paradoxes socio-économiques
2007-03-14
http://fr.allafrica.com/stories/200703140791.html
Le Rapport de la Banque mondiale sur les indicateurs de développement en Afrique, présenté hier au siège dakarois de cette institution financière internationale par l'économiste brésilien Jorge Saba Arbache a conclu, entre autres idées, à cet effarant constat que « la mortalité et l'espérance de vie ont retrouvé les niveaux des décennies antérieures ».
Afrique : Réduction de la pauvreté, l’action du FMI est ambiguë
2007-03-13
http://www.afrik.com/article11348.html
L’action du Fonds monétaire international en matière de lutte contre la pauvreté en Afrique sub-saharienne est ambigüe et confuse, constate un rapport du Bureau d’évaluation indépendante (IEO), un organe du FMI. Le rapport publié ce lundi suggère à l’institution financière de « clarifier ses engagements ». Le FMI aurait « survendu » ce qu’il est « censé faire et ce qu’il a fait en matière de réduction de la pauvreté ».
Afrique : "Nous n’avons d’autre choix que de signer les APE"
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23279
"Nous n’avons d’autre choix que de signer les Accords de partenariat économique avec notre partenaire, l’Union européenne", a déclaré lundi à APA, Richard L. Bernal, directeur général du staff carribéen de négociateurs à Königswinter. Nos équipes ont bien travaillé en direction de la date butoir de fin décembre 2007 avec l’entrée en vigueur du nouvel accord", a précisé M. Bernal.
Global : Le FMI critiqué par… le FMI
2007-03-14
http://www.africatime.com/afrique/index.asp
Le FMI est souvent critiqué. Par les gouvernements africains, par des associations... Il est beaucoup plus rare que les attaques viennent de l’intérieur. C’est pourtant le cas avec le rapport du bureau indépendant d’évaluation (IEO) rendu public mardi. La charge est assez violente surtout pour un audit interne du FMI...
Bénin : Des turbines à gaz contre les délestages
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23250
Le gouvernement béninois a décidé d’acquérir dans l’immédiat, des turbines à gaz d’une capacité globale de 100 mégawatts, pour mettre un terme à la crise énergétique que traverse le pays depuis près d’un an, indique un communiqué officiel publié lundi à Cotonou. L’offre d’énergie électrique au Bénin provient principalement de trois sources que sont le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria.
Congo : Soucis budgétaires et pétroliers
2007-03-14
http://www.voanews.com/french/2007-03-13-voa1.cfm
Le Congo-Brazzaville n’a toujours pas voté son budget 2007 ; une situation due à l’impasse dans les négociations avec le Fonds monétaire international concernant le budget d’investissement 2007, explique notre correspondant à Brazzaville, Jean-Joseph Nkoua. Le projet de budget d’investissement était estimé à 235 milliards de F CFA, avec la possibilité de le porter à 385 milliards de F CFA.
RDC : Démolition d'une centaine de maisons
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=23406
Une centaine de maisons d’habitation ou en chantier, construites sur le site délimité comme zone de prolongement de l’aéroport international de la Luano, à Lubumbashi, ont été démolies, a constaté APA. Cette opération de démolition des constructions anarchiques érigées dans la zone d’emprise de l’aéroport international de la Luano est menée par la mairie de Lubumbashi (RDCongo).
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Paludisme, résultats prometteurs du vaccin expérimental
2007-03-14
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=22898
Résultats prometteurs du vaccin expérimental contre le paludisme en Afrique Des résultats encourageants viennent d’être obtenus dans l’expérimentation d’un vaccin au Mozambique, mis en service par GSK Pharmaceuticals (Belgique) contre le paludisme, la première maladie mortelle dans les pays africains. L’étude en Tanzanie implique la vérification de l’efficacité du vaccin et sa sécurité dans les essais cliniques, a déclaré le Dr. Mshinda.
Afrique : Les poulets congelés menacent les consommateurs
2007-03-15
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3545
Les poulets congelés expédiés vers l'Afrique de l'ouest menacent la sécurité alimentaire des consommateurs. Des organisations non gouvernementales (ONG) veulent les limiter leur importation pour raison de santé et réclament l'aide des pays exportateurs.


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004