Cette édition
Pambazuka News 203: Après AFRICOM, l'offensive militaire canadienne en Afrique
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Plaidoyers & campagnes, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. Environnement, 11. Justice Alimentaire, 12. Média & liberté d'expression, 13. Nouvelles de la diaspora, 14. Conflits & urgences, 15. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
DEUX SEMAINES DE PAUSE
La parution de l'édition française de Pambazuka News est interrompue pour deux semaines, le temps des vacances. La prochaine édition sera diffusée le 12 septembre. Merci de nous rester fidèles.
CHRONIQUE : Projet de base militaire canadienne au Sénégal : enjeux et perspectives.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Somalie : L’aide humanitaire détournée ?
PLAIDOYERS ET CAMPAGNE : Du riz toxique au port autonome de Lomé
DROITS HUMAINS : Côte d’Ivoire : 5 ans après le probo koala, des victimes toujours pas indemnisées
REFUGIES ET MIGRATION : Le Congo : le casse-tête de la question des réfugiés
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Cap-Vert : Alternance politique en douceur, un libéral succède à un socialiste
DEVELOPPEMENT : Afrique : La croissance soutenue par l’émergence d’une classe moyenne
SANTE & VIH/SIDA : Sénégal : Des moustiques résistants aux insecticides
ENVIRONNEMENT : Afrique : Riche en uranium, le continent est tenté par l’énergie nucléaire
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : La Fao s’insurge contre la famine dans la corne de l’Afrique
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Côte d’Ivoire : Un «journaliste critique» aux côtés de Ouattara
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Recul sur les quotas d’immigrants au Canada
CONFLITS ET URGENCE : Libye : Les dernières heures du régime de Kadhafi
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Les Tic au service de la lutte contre la famine
Chroniques
Projet de base militaire canadienne au Sénégal : enjeux et perspectives
Ameth Lô
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/75911
Le journal « Le Devoir » de Montréal, dans son édition du 2 juin 2011, fait part de la volonté du Canada d’implanter au Sénégal une base militaire dans le cadre de son projet de « Réseau de soutien Opérationnel ». Certains analystes des questions internationales semblent justifier ce projet par le besoin du Canada d’avoir une présence à certains endroits du globe d’où ses militaires pourraient partir en cas de besoin.
Cependant, ce projet canadien doit être analysé sous l’angle plus large d’une tentative de redéploiement militaire de l’impérialisme à différents endroits du globe (dont le Sénégal), afin de renforcer son hégémonie, et continuer à assurer sa domination sur le reste du monde.
Ce projet, présenté comme un accord classique de coopération bilatérale, ne peut être seulement abordé sous l’angle technique. Il est un sujet éminemment politique, avec des enjeux géostratégiques énormes. En effet, depuis plusieurs années, les Etats Unis tentent de faire la même chose pour mettre en place leur projet d’implantation d’AFRICOM (United States African Command) à l’intérieur du continent africain. Un projet qui a été rejeté presque unanimement par tous les pays, même par les alliés les plus proches des Etats Unis comme l’Ouganda, le Rwanda et le Liberia.
Par ailleurs, la France qui, à un certain moment, avait pensé retirer certaines bases, s’est ravisée par la suite en optant pour une rationalisation et un redéploiement sélectif. C’est donc dire que toutes ces démarches (américaine, française et aujourd’hui canadienne, etc.) ne visent qu’une chose : avoir pied sur le continent pour continuer à le contrôler politiquement et économiquement, car l’accès (quasi-libre) aux ressources énergétiques africaines va être déterminant dans les décennies à venir.
La ville de Toronto est la capitale des multinationales et firmes canadiennes évoluant dans le domaine des mines. Elle abrite le TSE (Toronto Stock Exchange) où sont listées toutes ces sociétés (Barrick Gold etc..) qui s’activent de plus en plus en Afrique souvent en parfaite collision avec des pouvoirs locaux dans une entreprise de spoliation des richesses du continent.
Le système mondial, tel qu’il est configuré aujourd’hui, tend à vouloir dépolitiser ces questions fondamentales (présence de base militaire, etc.), pour les présenter comme des problèmes classiques de coopération donnant – donnant profitant à tout le monde. Il se trouve que ce système, pour se pérenniser au niveau mondial, doit maintenir sa suprématie sur le plan militaire, sur le contrôle des média de communication et sur le plan financier. Ainsi, toute stratégie de sa part, sera articulée par rapport à ces objectifs, qui lui permettent de continuer à maintenir sa position dominante.
La remise en cause de ces monopoles par les nouveaux pays émergents (Brésil, Inde, Chine, Russie, etc.), explique cette nouvelle phase de redéploiement militaire et la nervosité de l’Occident à bout de souffle (Europe –Amérique du nord). Par conséquent, l’enjeu fondamental demeure un enjeu de domination de nos pays. Les maigres miettes de retombées de telles stratégies ne doivent pas nous faire perdre de vue ces questions qui, dans une certaine mesure, détermineront l’avenir de nos populations dans les décennies à venir.
Il est clair aujourd’hui que les enjeux relatifs aux questions sécuritaires, comme la lutte contre le terrorisme et contre la circulation de la drogue en transit dans la sous région africaine ne sont en fait que l’emballage d’une stratégie savamment orchestrée pour s’implanter militairement sur le continent africain afin de pouvoir le contrôler politiquement et économiquement. En effet, les richesses naturelles de l’Afrique seront déterminantes dans les décennies à venir.
C’est pourquoi les populations africaines ont intérêt à se battre pour une démocratisation approfondie des institutions internationales telles que l’ONU qui, il faut le déplorer, tend de plus en plus à sous traiter certaines opérations à dimension militaire à des acteurs motivés juste par leur propres intérêts géostratégiques (l’OTAN en Lybie et la Licorne en Cote d’Ivoire). De telles organisations doivent être restructurées pour être plus démocratiques et refléter mieux, les vues des différentes composantes de l’humanité plutôt que de continuer à être instrumentalisé par les tenants de l’ordre mondial actuel qui l’utilisent de façon variable en fonction de leurs intérêts du moment.
L’ALTERNATIVE PANAFRICANISTE
D’un point de vue sécuritaire, il nous faut démasquer d’abord ce projet occidental s’appuyant sur de faux alibis de coopération. Faut-il le rappeler, l’Occident est dans bien des cas à l’origine des conflits les plus meurtriers que le continent ait connu. L’exemple le plus patent étant le Congo, avec plus de 4 millions de morts en presque dix ans et un pillage systématique de ses ressources minières dont les nouvelles industries de télécommunications et de biens de consommation ne peuvent se passer.
Notre proposition porte sur la mise en place de mécanismes de sécurité collective au niveau du continent, avec l’établissement, par exemple, de cinq zones géographiques dans les espaces Maghreb, CEDEAO, SADC et EAC, avec des forces militaires africaines pré positionnées dans ces zones et la mise en place de mécanismes de prise de décisions politiques adéquates pour pouvoir intervenir et servir d‘élément dissuasif dans le cadre de la prévention des conflits, tout en étant prompts à intervenir militairement en cas de besoin pour rétablir la sécurité collective de nos populations.
Ces forces militaires devront être constituées par les pays africains proportionnellement à la taille de leurs armées nationales. Aussi, en période de paix, elles doivent être mobilisées pour des taches de développement (construction de ponts, de routes, d’écoles de poste de sante de reboisement etc.). Ceci pouvant se faire en parfaite synergie avec les populations civiles de la zone d’implantation de ses bases.
La sécurité, avec AQMI (Al Qaida au Maghreb) aux portes du Sahara, les nouvelles routes de la drogue en provenance de l’Amérique latine pour l’Europe, avec comme points de transit l’Afrique de l’Ouest, sont des problèmes sous-régionaux. Donc la réponse doit l’être tout autant.
Une base militaire Canadienne dans un quelconque pays de la sous région ne pourra au mieux que faire déplacer les problèmes dans ce pays vers ses voisins. En outre, les supposées retombées économiques au niveau du pays d’accueil resteront toujours minimes. La priorité en Afrique doit être la lutte pour l’avènement de régimes démocratiques, progressistes, capables créer les conditions idoines de sortie du continent des affres du sous-développement. Il appert que seuls de tels régimes seront en mesure de faire progresser le processus d’intégration africaine et permettre l’érection d’un bloc politiquement soudé pour faire cesser le pillage systématique dont l’Afrique est victime de façon continue depuis des décennies.
* Ameth Lô est membre du Groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (section de Toronto)
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Pambazuka ou la possibilité d’un dialogue entre générations panafricaines
Aboubakr Tandia
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/75901
Les bâtisses du panafricanisme que Pambazuka a permis d’ériger pour les Africains sont déjà nombreuses et ont fait l’objet des différentes contributions dans le numéro 200 (en français) de cette plateforme d’information, de communication et de dialogue panafricains. Grâce à des espaces d’expression tels que Pambazuka, les cathédrales et les remparts d’une Afrique conquérante et en renouveau sont, entre autres, la conquête d’un nouvel ordre mondial de la pensée, la déconstruction du capitalisme en Afrique et dans le Sud, la cyber-prise de voie des sociétés africaines et la nouvelle conscience politique de l’intelligentsia panafricaine, etc.
Nous voulons insister ici sur un des aspects importants de l’espace Pambazuka qui est la possibilité d’un dialogue entre les générations panafricaines ainsi que les modalités d’extension et de consolidation de ce dialogue indispensable pour le devenir de l’Afrique.
Bien souvent, il s’est avéré difficile de relier entre elles les générations africaines, notamment au plan du militantisme et de l’engagement politique au-delà des Etats et des ensembles régionaux, voire continentaux. Les trajectoires empruntées par les politiques d’éducation et les politiques scientifiques et culturelles, qui devaient assurer la continuité idéologique et intellectuelle entre générations, ont été de plus en plus éloignées des exigences d’un enracinement culturel et des priorités de progrès scientifique et socioéconomique, tel que les premiers panafricanistes en avaient jetés les jalons dans la première moitié du XXème siècle.
Les politiques mises en place par les gouvernements postcoloniaux, dans ces domaines vitaux de l’émancipation et de l’émergence des sociétés et des peuples africains, ont été déviées de leur rationalité et vidées de leur essence dans le contexte de l’ajustement structurel tri-décennal et de l’autoritarisme politique qui lui est caractéristique. Le besoin de réprimer les populations, pour asseoir des pouvoirs personnels et néopatrimoniaux aptes à perpétuer l’extraversion (1) idéologique et économique de notre continent a justifié la mise en place de politiques d’éducation assimilationnistes ainsi que des politiques scientifiques d’apprentissage et de rattrapage dont le fondement évolutionniste déterminait en même temps les politiques culturelles prétendument traditionnalistes pour ne pas dire « traditionnistes » et hyper folklorisées. Cette situation n’a pas été sans conséquence sur l’état actuel des relations entre les générations d’africains et de panafricanistes.
En effet, ayant abouti au sous-développement endémique et à l’extrême paupérisation de nos sociétés, du fait de leur évidement culturel et scientifique, ces politiques ont produit une jeunesse sous-cultivée, sous-instruite, désarmée scientifiquement et culturellement, et dépourvue d’une conscience politique essentielle pour confronter les défis du XXIème siècle. Contrairement à la première génération de (pan)africains, imbue des idéaux féconds et puissants d’un engagement libérateur qui ont porté le rêve de l’émancipation et des indépendances, et posé les fondements d’une démocratisation politique par une deuxième génération, la troisième génération (2) des années 1980 et 1990 se trouve aujourd’hui écartelée entre une globalisation désétatisant et dénationalisant d’un coté, et un nationalisme qui ne mobilise plus de l’autre, tant au niveau national qu’à celui continental.
Telle qu’elle est décrite dans la littérature sur les jeunes cette troisième génération est celle de l’ambivalence (3) : tantôt elle est cette victime de la mal gouvernance et de la pauvreté, tantôt elle est cette jeunesse oisive, complexée, extravertie et occidentalisée. Sur le plan fondamental de l’action sociale et de l’activité économique, cette jeunesse se caractériserait plutôt par le goût pour les choix faciles – la fuite dans l’émigration, la musique et la danse à longueur de journée, l’économie souterraine et la violence des situations de (post)conflits – dont le caractère suicidaire interpelle cependant les politiques de gangsters (4) qui les précipitent chaque jour dans ces options radicales du suicide ou de la résignation.
Par ailleurs, si cette ambigüité de la condition juvénile n’a jamais interrompu le rapport critique des jeunes à l’ordre politique , (5) la présence et l’engagement de cette troisième génération dans les productions artistiques et la culture populaire (6) de manière générale leur ouvre de nouveaux espaces de prise de parole politique et d’inventivité sociale et économique. Il est clair que sans un usage particulièrement adapté, « socialisé » ou « populaire » des technologies de l’information et de la communication, les révoltes arabes auraient eu beaucoup de mal à prendre corps et à aboutir aux changements en cours. Il en est de même en Afrique subsaharienne où les usages des réseaux sociaux et du téléphone portable font de la jeunesse un acteur politique de premier plan dans les bouleversements timides qui s’y déploient petit à petit sous la forme d’un effet de contagion . (7)
Cela dit, malgré cette ardeur et cette capacité d’adaptation, la troisième génération qui a tiré profit du travail et des sacrifices des générations précédentes – décolonisation, démocratisation politique, panafricanisme politique – a besoin encore de « s’armer de science jusqu’aux dents » comme l’avait fortement recommandé Cheikh Anta Diop. En effet, l’économie de marché tout comme les technologies du cyberespace globalisé restent des lianes qui ont tissé la « natte des autres » (8) sur laquelle nous sommes encore assis ; moins qu’une fin, elles demeurent des moyens et pas les seuls qui soient mobilisables, encore moins les plus originaux pour sortir de l’ornière.
Le hiatus culturel et le recul scientifique de l’Afrique s’expriment encore par une baisse inquiétante du niveau d’éducation de la dernière génération malgré des chiffres en hausse, au grand bonheur des bailleurs et des tenants de la croissance, du nombre d’écoles, de collèges, d’universités, de salles de spectacle, etc. L’autre hiatus entre la jeunesse expatriée et celle du continent et de la diaspora demeure un obstacle à la formation des communautés épistémiques et culturelles nécessaires à la consolidation d’un panafricanisme véritablement post-nationale . (9) La fuite des cerveaux des décennies précédentes peine encore à être convertie en « mobilité des cerveaux », de sorte que l’intelligentsia expatriée puisse sérieusement être constamment mobilisée au service du continent et de ses nombreux défis.
Pambazuka est en train déjà de se constituer en cet instrument de la jonction entre ces deux pôles historico-politiques et du « retour méthodique » à la maison dont parlait Ali Mazrui . (10)
Par l’écoute, la lecture et l’écriture, le géni culturel et scientifique de l’Afrique pourra faire sienne les technologies de l’information et de la communication. En même temps que les réseaux sociaux, les journaux et revues en ligne tels que Pambazuka peuvent démultiplier et dynamiser davantage le rassemblement qu’ils ont déjà fait éclore entre les différentes générations de panafricains. Le dialogue entre ces générations de militants de l’émancipation, de l’émergence et de l’unité des africains est symbolisé dans l’espace « Pambazuka» par la rencontre entre de très jeunes contributeurs comme Amy Niang, Guy Marius Sagna, etc., et les anciens comme Samir Amin, Paul Tiyambé Zeleza, Horace Campbell, Issa Shivji, Yash Tandon, Amady Ali Dieng, etc.
Sur le plan thématique, on retrouve chez les anciens des lectures prenant en charge les dimensions scientifiques et idéologiques des dynamiques conservatrices qui influencent les processus politiques en Afrique (démocratie, développement, politiques publiques, coopération internationale) face à des analyses plus « révoltées » et actualisées chez les plus jeunes. Toujours est-il que l’accent émancipateur des deux discours, jeunes et anciens, apparaît dans le postulat anticolonialiste des analyses. Cela se retrouve notamment dans la remise en cause des symboles et des structures du (néo)colonialisme et l’attitude des puissances étrangères, anciens colonisateurs et superpuissances. Il suffit de voir les réponses ponctuellement ajustées que les opinions panafricaines ont apportées à la crise en Côte d’Ivoire et leur extension à l’invasion de la Lybie. Enfin, le caractère multilingue de l’espace Pambazuka favorise déjà un degré élevé de militantisme et de diversité dans la communication, donc l’intercompréhension qui seul pourra démolir les clivages dressés entre les peuples panafricains.
Cependant, si les réflexions des jeunes et des anciens s’ouvrent à l’activisme citoyen de la nouvelle génération et au contexte politique global et continental, l’historicisation de cette analyse partagée demeure encore le fait des plus anciens. Or ces derniers seront de moins en moins nombreux à se faire entendre. Autrement dit, la connaissance de l’histoire qui permet de mieux appréhender le présent et le futur reste encore à améliorer chez les jeunes. On pourrait dire qu’il y a, dans le militantisme révolté des jeunes, un rejet de l’auto-flagellation qui pouvait caractériser l’attitude quelque peu nostalgique des vieux. Il ya également une volonté de ne pas verser dans l’ego-histoire dans le sens critique de Moniot . (11) Il s’agit encore de la question de l’enracinement culturel et de la confiance en soi et en son chez-soi. Et les politiques culturelles et scientifiques qui peuvent aider à relever ce défi de la connaissance et du militantisme historicisé ne font pas souvent l’objet de réflexion dans l’espace Pambazuka et dans le débat public citoyen en général.
L’Afrique et les forces progressistes du monde ont encore une faible prise sur les agrégats sociopolitiques globaux ; il est donc tout à fait compréhensible que les préoccupations les plus largement exprimées et traitées dans cet espace soient la liberté et le dynamisme de la presse, la vigueur de l’espace public, la démocratisation politique, le néocolonialisme, l’intégration régionale, la paix et la sécurité, la gouvernance, etc. Mais la grammaire profonde des injustices et des anomalies de cet univers de l’inégalité et de l’exploitation est constituée par la civilisation ambiante de la sous-culture et de la mal-instruction favorisée par le néolibéralisme. Avec sans doute davantage de soutien des uns et des autres, plus de coopération et d’échanges, de fréquentation médiatisée entre anciennes et nouvelle générations, l’espace Pambazuka s’affirmera davantage comme l’un des socles inébranlables du dialogue panafricain productif et libérateur.
En vue de l’expansion du « levez-vous » pour la « décolonisation mentale » (12) dont parlait Ngugi Wa Thiong’o, Pambazuka pourrait aller à l’assaut des institutions culturelles et scientifiques africaines à travers des numéros axés sur le dialogue intergénérationnel panafricain et les politiques culturelles et scientifiques. L’idée essentielle est de former des citoyens-pèlerins, afin d’éviter ce qu’une brillante collègue appelle « l’atrophie de la vertu civique ». Nous suggérerions très vivement des tirages périodiques sous forme de compilations thématiques et régionales, annuelles ou semestrielles, qui pourraient à la fois générer des ressources et disséminer l’esprit et la lettre de Pambazuka !
NOTES
1) Lire Bayart, Jean-François, 1999, « L’Afrique dans le monde : une histoire d’extraversion », Critique internationale, No 5 (automne), p. 97-120 ; Clapham, Christopher, 2005, Africa and The International System. The Politics of State Survival, Cambridge: Cambridge University Press.
2) Il est possible de parler de troisième génération justement parce qu’elle se démarque, dans son ensemble, par son absence de conscience panafricaine. Les vieilles générations ont en cela une responsabilité grande, celle de n’avoir pas su ‘transmettre’ la fièvre de la lutte aux jeunes générations.
3) Diouf, Mamadou, Collignon, René, « Les jeunes du Sud et le temps du monde : identités, conflits et adaptations, » Autrepart (18), 2001 : 5-15.
4) Basenka, Cage, 2006, « Des adieux douloureux à la patrie : la mauvaise gouvernance facteur d’accélération de l’émigration africaine », Bulletin du CODESRIA, No 3 & 4, p. 36-37.
5) Mbembe, Achille, Les jeunes et l’ordre politique en Afrique noire, Paris : L’Harmattan, 1985.
6) Lire Dangarembga, Tsitsi, The Popular Arts and Culture in the Texture of the Public Sphere in Africa, Dakar, CODESRIA, Lectures Series No 4, 2010, 11 p.; Child and Youth Studies in Africa, CODESRIA Bulletin, Nos 3 & 4, 2009.
7) Guy Marius Sagna, « Les révolutions de Tunis à Ouagadougou : Ou de la réponse des masses africaines à « There is no alternative » (TINA) », Pambazuka, Numéro 197, 12 Juillet 2011, http://pambazuka.org/fr/category/features/74830
8) Ki-Zerbo, Joseph, 1992, « Le développement clés en tête », La natte des autres : Pour un développement endogène en Afrique, Dakar : CODESRIA.
9) Nesbitt, Francis Njubi, 2005, « Globalization and The Political Economy of African Migration to the North », in Eliso Salvado Macamo (ed.), Negotiating Modernity. Africa’s Ambivalent Experience, Dakar, London & New York: CODESRIA, Zed Books and USAP, p. 135-158.
10) Mazrui, Ali, 2002, Africanity Redefined, The Collected Essays of Ali A. Mazrui, Vol. 1 [Series Editor: Toyin Falola; Editors: Ricardo Rene Laremont & Tracia Leacock Seghatolislami], Trenton, NJ and Asmara, Eritrea: Africa World Press; 1999, The African Diaspora: African Origins and New World Identities [Co-editors Isidore Okpewho and Carole Boyce Davies], Bloomington: Indiana University Press.
11) Il faut noter par ailleurs que c’est une jeunesse dont le potentiel d’engagement est étouffé par une vieille génération de politiciens (non-militants) qui n’ont pas su assurer « l’extension du domaine de la lutte » initiée par les panafricains de la période de lutte pour l’indépendance. L’autre contrainte est l’absence d’idéaux à la mesure d’un projet social fondé sur un système de gouvernance humaniste.
12) Ngugi Wa Thiong’o, James, 1986, Decolonizing The Mind: The Politics of Language in African Literature, London—Nairobi—New Hampshire: James Currey—Heineman Kenya—Heineman New Hamsphire.
* Aboubakr Tandia, est doctorant en Science Politique, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal.
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Crise des marchés et dettes souveraines : une régression sociale à marche forcée
Omar Benderra
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/75906
Les marchés font la loi et imposent la primauté de leurs intérêts sur ceux des États et des sociétés. Les politiques de rigueur que les gouvernements mettent en œuvre sont en réalité une accélération du processus, déjà entamé, de remise en cause des avancées sociales arrachées après la Seconde Guerre mondiale. Un discours d’ordre fondé sur des menaces intérieures et des dangers externes fantasmatiques sert à faire passer la pilule.
Ceux qui ne détiennent pas d’actions en Bourse, soit la majorité du genre humain, auraient tort d’observer avec une indifférence narquoise les fortes turbulences boursières qui marquent l’actualité du mois d’août. N’étant pas impliqués dans la spéculation sur les marchés, ils peuvent en effet considérer que l’univers virtuel de la finance globalisée est irréel et sans rapport avec les réalités concrètes du quotidien. Et pourtant ! La chute globale des bourses est un phénomène inquiétant. La panique des acteurs du marché a des conséquences concrètes sur l’activité économique et sur l’emploi. Derrière l’effondrement boursier, c’est la menace d’une récession planétaire qui se profile, avec son cortège de fermetures d’usines, de chômage massif et de pertes de ressources pour des millions de personnes. L’histoire en témoigne, la perte de confiance des spéculateurs par effet de contagion et de ricochet — tous les segments du marché et tous les acteurs étant liés d’une manière ou d‘une autre — peut provoquer une paralysie catastrophique du système. Le ralentissement profond de l’activité, s’il provoque des faillites et des banqueroutes (tout en faisant des heureux parmi ceux qui spéculent à la baisse et sont les bénéficiaires immédiats de la crise), est d’abord synonyme de paupérisation et de misère.
La spéculation à la baisse vécue par l’Occident ces jours derniers, qui mène au quasi-krach, pousse ceux qui détiennent des capitaux à les garder par-devers eux ou à les mettre en sécurité dans des placements sûrs, en général improductifs, comme l’or ou l’immobilier. Ces énormes masses de capitaux retirés de la circulation économique accentuent le ralentissement général de l’activité. C’est la lourde menace que font peser les convulsions boursières sur l’économie mondiale.
LE MARCHE, SOCIETE ANONYME
Ces acteurs anonymes qui animent les marchés et tiennent en haleine une presse tour à tour alarmiste et « apaisante » sont identifiables : les multinationales, les banques, les fonds spéculatifs (les notoires hedge funds), les fonds souverains et les gestionnaires de fortunes… à côté desquels les nuées de petits boursicoteurs pèsent de peu de poids. La base idéologique qui sert de substrat à la théorie économique imposée par ces forces financiaro-politiques est construite autour du « consensus de Washington », crédo de la religion du marché libéré de tout encadrement.
Les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique qui ont fait les frais des plans d’ajustement structurels, aujourd’hui appliqués à des pays de l’Union européenne, sous le nom de « réformes » ou de « programmes d’austérité » en gardent un amer souvenir. Au tour des européens et aux américains d’être traités comme des peuples « périphériques » soumis et méprisés ?
Ces opérateurs du marché sont de grands consommateurs d’informations et d’analyses économiques et financières. Ils suivent avec attention ce que produisent les agences de notation, ces sociétés privées qui évaluent la crédibilité des États et des grandes entreprises. Ces agences de notation, tout comme le gouvernement des États-Unis, le FMI, la Banque mondiale et la BCE, sont les gardiens du temple libéral. Leur notation vaut sésame pour les États afin d’entrer sur les marchés des capitaux et « lever » les fonds nécessaires à leur fonctionnement. Mieux, ces États sont notés et plus ils peuvent emprunter à bas prix. En somme, plus ils sont proches de l’idéologie antisociale dominante et mieux ils sont considérés par les marchés comme éligibles au crédit.
LE G8, BRAS EXECUTIF DES MARCHES LIBRES
La lecture de la presse spécialisée suggère l’explication paradoxale que la déprime des marchés serait fondamentalement due aux mauvaises perspectives de croissance des économies occidentales et aux déficits publics. Pourtant, l’atonie économique est le résultat de choix de politiques économiques qui traduisent précisément la doxa des marchés. La priorité donnée à la lutte contre l’inflation et à la politique des « grands équilibres » favorise en effet les spéculateurs et interdit de fait une approche de relance fondée sur la création d’emplois. La seule variable d’ajustement dans ces circonstances est donc la réduction des budgets sociaux et la hausse des impôts, notamment ceux qui frappent de manière indiscriminée riches et pauvres. L’évocation par certains économistes d’une augmentation de la TVA (taxe sur la consommation qui pénalise surtout les plus pauvres) en France est très significative de ce point de vue.
Les marchés qui déplorent la faible croissance ne veulent en aucun cas que les États sortent du cadre de la politique économique qui en est responsable. Cette crise provoquée par la défiance des marchés vis-à-vis d’États qu’ils estiment dangereusement endettés confirme la soumission des gouvernements du G8 aux décideurs en dernier ressort : les « market makers » qui font et défont les marchés au gré de leurs intérêts. Les doigts de cette dameuse « main invisible » à qui les politiques du monde entier viennent religieusement prêter allégeance chaque année à Davos.
Depuis le déclenchement de la phase « dette souveraine » de la crise financière globale, aucun dirigeant occidental n’évoque une réorientation de la politique économique et financière en faveur des pauvres qui payent et de proposer des mesures concrètes pour que les peuples et la planète aient enfin la priorité sur les profits scandaleux d’une minorité. Il n’est jamais question de contrôle démocratique des marchés financiers. Il n’est même plus question, comme en 2008 avec la crise des subprimes, de réguler ces marchés ou de bannir les paradis fiscaux. C’est tout juste si les deux principaux leaders européens, le dos au mur, évoquent, sans plus de précision, une taxe sur les transactions financières.
Au contraire se font entendre fortement des voix, comme celle du président de la BCE, appelant à l’application urgente des plans de rigueur et au découplage des salaires de l’inflation. Quand on sait que c’est largement la demande qui entraîne l’activité, on peut se poser des questions sur les intentions véritables de ceux qui conduisent les politiques économiques. S’agit-il d’incompétence comme le disent les dirigeants de pays émergents, les Chinois en tête ? On peut en douter.
LE NEW DEAL MIS EN PIECES
De fait, la mise en pièces du New Deal et des derniers éléments de l’héritage keynésien en Occident est l’axe principal d’une stratégie affichée : effacer les acquis sociaux concédés après la Seconde Guerre mondiale pour aligner les sociétés occidentales sur les niveaux des pays émergents et permettre ainsi de retrouver une compétitivité en berne ainsi que d’accroitre les niveaux de profit des bénéficiaires du système. Le mouvement de déconstruction du Welfare State engagé depuis les années 1980, de fait depuis le déclin et la fin du communisme bureaucratique, devrait donc s’accélérer avec l’approfondissement de la crise.
Dans cette perspective, les dirigeants occidentaux ont bien peu de moyens politiques à leur disposition pour faire passer la pilule d’un ajustement drastique dans une spirale de récession. Ils sont convaincus cependant qu’en l’état actuel du rapport de forces sociopolitique, les perspectives d’un soulèvement généralisé des populations dans une dynamique révolutionnaire sont de pures vues de l’esprit. Le banc d’essai grec le montre, les troubles et émeutes suscités par des mesures particulièrement brutales sont gérables par les forces de l’ordre.
En Angleterre, les émeutes parties de Tottenham, quartier défavorisé au nord de Londres, ont fait l’objet d’un traitement médiatique révélateur : se fondant sur les pillages et agressions de certains, très abondamment documentés, les médias ont littéralement réduit le mouvement à une dimension purement criminelle et ont culpabilisé d’emblée toute tentative d’analyse socioéconomique des troubles. La révolte des jeunes, selon l’establishment, conservateurs et travaillistes mêlés, relèverait purement de la délinquance et ceux qui tenteraient d’en décrypter les causes sociales et politiques ne seraient que des apologistes de la délinquance. Ou d’irresponsables nostalgiques du bolchévisme…
LA CRIMINALISATION DES CONTESTATIONS SOCIALES
La criminalisation des révoltes populaires ou du quart-monde européen, facilitée par l’absence de cadre politique, joue opportunément sur le réflexe de peur des classes moyennes et la demande de sécurité renforcée qui en découle. C’est également sur ce registre utilisé sans cesse depuis des décennies que s’articule un système de représentation inlassablement martelé par la propagande des relais idéologiques du marché. La stratégie de diversion et de mise en avant de fausses contradictions s’appuie d’abord et très évidemment sur la part d’héritage empoisonné de la culture européenne.
Le racisme, officiellement réprouvé, revient insidieusement sous les nouveaux habits des replis identitaires et des nationalismes criminels. Il s’exprime par la mise en scène du leurre, nourri de manière obscène, d’une prétendue invasion de populations immigrées réputées inassimilables au nom d’un déterminisme ethnique et religieux aussi imbécile que vide de substance. Cette stratégie d’abrutissement et de diversion est d’autant plus aisée à mettre en œuvre que les pauvres et les exclus se recrutent majoritairement dans les catégories de citoyens d’origine étrangère, africaine ou arabe. Et à côté des rationalités de guerre civile en Occident même, les théoriciens néoconservateurs qui orientent l’idéologie actuelle du marché fournissent l’argumentaire pour les conflits de civilisation et le discours belliciste qui l’accompagne.
Les crises majeures du capitalisme débouchent sur la guerre. Détruire massivement pour reconstruire est l’option « classique » pour relancer une machine économique grippée. Les mois qui viennent seront donc décisifs. Si la récession s’installe et s’accélère le monde s’engagera dans une spirale éminemment dangereuse.
Il est clair cependant que de plus en plus de femmes et d’hommes à travers la planète prennent conscience de l’impasse du libéralisme et de l’échec d’un modèle économique et social qui fabrique la misère, l’injustice et le gaspillage des ressources. Le système capitaliste dans sa déclinaison ultralibérale mondialisée s’avère au fil de ses crises et de ses guerres comme une forme achevée – et particulièrement perverse – de barbarie. L’exploitation des plus vulnérables, la relégation dans la misère de catégories entières du genre humain pour maintenir la prospérité d’une minorité est de moins en moins acceptée. La crispation sécuritaire pour maintenir un ordre inepte menace directement les libertés et les fondements même de la démocratie. Mais l’éveil citoyen qui se manifeste notamment par les révolutions arabes et les mouvements de jeunes « indignés » en Europe, le rôle nouveau et croissant des pays émergents, malgré leurs contradictions, dans les relations internationales sont peut-être les signes avant-coureurs d’un changement dans le sens de la solidarité, contre les égoïsmes et pour les intérêts communs de l’Humanité. Crise de la dette ou non, le combat pour l’émancipation et la justice continue.
* Omar Benderra est économiste (source : Frantz fanon foundation
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Sénégal : Dissiper les malentendus sur la société civile et le M23
Cheikh Tidiane Dièye
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/75910
Les processus de reconfiguration des espaces sociaux et politiques qui sont en cours au Sénégal depuis maintenant plusieurs années ont atteint, avec les événements du 23 juin 2011, une étape décisive. Cette étape annonce de profondes mutations non seulement dans les rapports entre l’Etat et les citoyens mais aussi dans les positions et les rôles de différents groupes d’acteurs au sein de l’espace public.
Certes, nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour bien cerner les contours de ces transformations et pour analyser leur réalité sous-jacente. C’est pourquoi une partie importante du débat entretenu au niveau des spécialistes ou des acteurs politiques sur l’avant et l’après 23 juin, en particulier le rôle de chacun des groupes d’acteurs impliqués, repose, me semble-t-il, sur des bases théoriques et conceptuelles approximatives.
Je voudrais proposer une grille de lecture supplémentaire pour dissiper un flou entretenu et questionner le jeu de brouillage destiné, peut-être, à amoindrir la portée du M23 et confiner la société civile durablement et définitivement dans une posture de neutralité et d’équidistance vis-à-vis du pouvoir et de l’opposition.
Je voudrais tout d’abord commencer par les événements du 23 Juin que certains ont qualifié de phénomène spontané qui a vu le peuple descendre dans la rue pour s’opposer, de manière tout à fait ponctuelle, au projet de loi sur l’élection simultanée du Président et du vice-président. Les tenants de cette thèse estiment qu’il est peu probable qu’un tel mouvement puisse se reproduire, car les conditions de sa mise en branle pourraient ne plus se réunir. Cette lecture n’est pas fondée. Le 23 juin a été le point de confluence de dynamiques politiques et sociales petites ou grandes, éparses ou organisées, souterraines ou visibles portées par des acteurs institutionnels ou individuels depuis plusieurs années.
Si on accepte l’hypothèse que l’esprit, ou le sursaut citoyen, qui a guidé les événements du 23 juin 2011 est, toutes proportions gardées, le même que celui qui avait rendu le 19 mars 2000 (Ndlr : élection du président Wade et alternance au pouvoir) possible, on peut considérer que les dynamiques que j’évoque plus haut viennent au moins d’avant 2000. Le 23 juin 2011 n’est pas un point d’achèvement des processus de construction de la République des citoyens. C’est une étape sur le chemin vers une nouvelle République. Il a ceci de particulier qu’il s’est manifesté à travers un mode d’expression qui a conjugué la résistance physique des citoyens, une détermination inédite et une jonction intelligente des forces politiques, sociales et citoyennes. Cette expression de la « force du peuple » entre de la même trame symbolique que les Assises nationales (Ndlr : conclave réunissant la société civile et les partis politiques pour élaborer un programme un charge de gouvernance), qui peuvent être tenues pour être l’étape de la construction intellectuelle d’un projet de société, et les élections locales de 2009 (Ndlr : Le PDS, parti pouvoir, avait perdu l’essentiel ds grandes villes) que l’on peut considérer comme étant la première réponse du peuple sénégalais au projet de dévolution monarchique du pouvoir.
Le Sénégal connaitra sûrement d’autres événements de cette nature. Leur ampleur dépendra de la lecture que le pouvoir fera des forces en présence ainsi que de la qualité des réponses qu’il apportera aux demandes citoyennes. Réduire les dynamiques actuelles à de simples éléments de jeux politiques entre le pouvoir et l’opposition et le M23 à un simple « regroupement politique » est une erreur de jugement du pouvoir et de certaines organisations de la société civile qui ont fait le choix de ne pas adhérer à ce mouvement, au motif que la société civile ne peut marcher avec les politiques.
Le M23 n’appartient ni aux partis politiques de l’opposition ni à la société civile, ni à aucune des 130 organisations et personnalités indépendantes qui le composent. C’est le réceptacle qui couve l’esprit du 23 juin. Je peux concéder à ses détracteurs l’idée selon laquelle le M23 ne saurait représenter tout le peuple qui était devant l’Assemblée nationale le 23 juin 2011. Peut-être ont-ils raison. Mais je ne crois pas que ce mouvement ait revendiqué une telle représentativité. Je ne crois pas non plus que le M23 ait demandé autre chose que le respect de la constitution et tous les principes, lois et règlements qui garantissent l’Etat de droit et l’effectivité d’une gouvernance vertueuse. Ce qui correspond, me semble-t-il, à la volonté de ceux qui étaient dans les rues le 23 juin et à celle des millions d’autres Sénégalais.
Ceci m’amène à mon deuxième point. De nombreux acteurs du pouvoir et de la société civile sont montés au créneau pour reposer le débat sur le rôle de la société civile en démocratie et en République. J’ai observé que la plupart des analyses et réflexions sur la société civile sont faites à partir de cadres théoriques et de concepts pour le moins biaisés. Ceux qui appellent les organisations de la société civile à se démarquer du M23, en arguant qu’en s’y engageant ces organisations font alliance avec l’opposition au détriment du pouvoir et violent ainsi leur devoir de neutralité et d’équidistance vis-à-vis des acteurs politiques, ne saisissent pas toutes la réalité de la société civile.
Procédons à une analyse avec des éléments simples. Si nous sommes d’accord sur le fait que la politique est « l’art de gérer les affaires de la cité », peu d’activités humaines pourraient sortir de la politique. A partir du moment où une organisation de la société civile est créée autour de l’ambition de veiller sur la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits humains et des citoyens entre autres, elle prend ipso facto pied dans le champ politique. Elle devient un acteur politique au même titre que n’importe quel autre acteur qui s’intéresse aussi à la façon dont la cité est gérée. La seule différence entre des catégories d’acteurs qui interagissent dans l’espace politique et qui fait que certaines sont classées société civile tandis que d’autres sont estampillées « politiques » - par abus de langage d’ailleurs puisque j’ai dit que tous font de la politique – tient à leur intentionnalité immanente qui se manifeste à travers leur objet, leur but et leurs ambitions ainsi que leurs méthodes.
L’espace politique est le lieu de production des normes et des règles destinées à codifier les relations et à organiser le jeu des acteurs et la compétition autour du pouvoir, pouvoir dont la finalité est de gérer la société dans l’intérêt de tous. Cet espace politique est subdivisé en deux sous-espaces qui doivent être distincts : le premier est l’espace politique partisan qui est composé de tous les partis et regroupements qui, soit exercent le pouvoir, soit cherchent à le conquérir pour l’exercer. Dans ce sous-espace le facteur d’identification est la volonté commune de tous (pouvoir et opposition) à exercer le pouvoir à travers des regroupements privés que sont les partis. Le second est l’espace politique non partisan. Il regroupe tous ceux qui ne cherchent pas à exercer directement le pouvoir, mais revendiquent le droit de le contrôler et d’influencer les décisions publiques dans un sens conforme à ce qu’ils estiment être l’intérêt général. On retrouve dans cet espace non partisan une large palette d’acteurs logés dans la catégorie générique de société civile. Cette catégorie regroupe les associations, les organisations non gouvernementales, les leaders et groupes religieux, les syndicats -lorsque leurs actions se manifestent hors de l’entreprise – et les intellectuels, etc.
Il ne peut donc y avoir d’amalgame entre les catégories si on considère leurs objets respectifs et leurs ambitions. Il y a d’une part la société civile qui agit dans l’espace politique à partir d’un d’ancrage dans le sous-espace non partisan et il y a ensuite les partis et regroupement « politique » qui interviennent dans le même espace à partir d’un ancrage partisan assumé. Il arrive que ces catégories aient des objectifs et de buts communs à des moments situés et datés si les circonstances historiques le dictent. C’est exactement ce qui s’est passé le 23 juin et qui se poursuit depuis, à travers le M23, autour de la défense de la Constitution. Mais chacune de ces catégories garde son indépendance et sa sensibilité.
On peut d’ailleurs citer comme exemple le choix du mouvement Yen a marre (Ndlr : Un mouvement lancé et animé par des rappeurs) qui, quoiqu’étant membre du M23, n’en épouse pas forcément toutes les méthodes et les décisions d’actions. Il poursuit dans bien des cas ses propres stratégies et retrouve ses alliés du M23 à chaque fois que c’est nécessaire. Loin d’affaiblir le M23, une telle démarche contribue au contraire à le renforcer.
La société civile qui fait aujourd’hui cause commune avec des partis politiques de l’opposition dans le cadre du M23 sait bien que ce n’est que par cette stratégie qu’elle peut asseoir un pouvoir citoyen capable d’arrêter celui de l’Exécutif. Car seul le pouvoir arrête le pouvoir. Chacun de leur côté, ni la société civile ni l’opposition n’aurait pu déclencher le mouvement du 23 Juin, encore moins réussir un mois plus tard, la formidable mobilisation du 23 juillet à la place l’Obélisque.
Avant 2000, la société civile avait partagé nombre de combats avec ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir. Et ces combats communs société civile-opposition de l’époque étaient menés contre le pouvoir socialiste. Le fait que cette même société civile se retrouve encore dans la même posture montre qu’elle n’a pas changé de camp. Les partis politiques qui cheminent avec la société civile dans le M23, autour d’objectifs communs, pourraient d’ailleurs connaitre un réveil brutal si, une fois au pouvoir, ils se mettaient aussi à reproduire les mêmes modalités de gouvernance vicieuse. C’est ainsi que marchent les démocraties.
On ne peut pas, au motif que la société civile doit être équidistante, la pousser à se confiner dans un rôle d’observateur ou d’arbitre neutre. La vocation première des organisations ou associations dites de la société civile n’est pas de servir d’arbitre aux acteurs de l’espace politique partisan ni de préserver une neutralité qui leur permettrait d’occuper des positions dans des structures et institutions de l’Etat, que celles-ci soient liées aux questions électorales ou à d’autres. Dans une vraie démocratie, il existe des mécanismes et des instruments politiques, juridiques et administratifs qui règlent le jeu des acteurs, organisent les débats et les consensus, rendent possibles les décisions et opèrent les arbitrages nécessaires ainsi que les sanctions quand c’est nécessaires.
Le rôle d’une organisation de la société civile, c’est de prendre position autour de ce qu’elle estime être la vérité et ce qui lui parait conforme à l’intérêt général. C’est aussi de faire face, dans les domaines dans lesquels elle s’est positionnée, à l’arbitraire du pouvoir.
Chacun est libre d’avoir sa propre lecture et de pendre la posture qui lui semble la plus appropriée face au M23. Il faut toutefois respecter tous les choix et éviter de croire que ceux qui sont avec les partis politiques de l’opposition dans le M23 incarnent moins les principes de la société civile ou sont moins aptes à agir au nom de l’intérêt. Car on pourrait aussi rétorquer aux organisations qui se sont démarqués du M23 et qui seraient tentés de jeter l’opprobre sur celles qui s’y engagent que leur posture de neutralité supposée est de nature à renforcer le pouvoir dans ses choix. Mais à ce jeu, vous en convenez, nul ne saurait tirer profit.
Dans le contexte actuel, s’allier avec les forces politiques et sociales pour contraindre le président de la République à respecter la Constitution et renoncer à se présenter pour un 3ème mandat pourrait éviter à notre pays bien des dangers. Et s’il faut aller à Touba, à Tivaouane (Ndlr : deux fiefs confrériques influents dans l’espace politique) ou auprès de l’église pour obtenir ce résultat, il faudrait le faire plutôt dix fois qu’une.
Je voudrais dire un mot sur le rôle des marabouts pour finir. Suite au voyage du M23 à Touba, de nombreux acteurs avaient fustigé l’attitude de la société civile en avançant qu’elle serait peu républicaine et que cet acte pourrait contribuer à ramener les marabouts dans l’espace politique. Cette position découle encore, à mon avis, d’une mauvaise lecture et d’une méconnaissance des réalités sociopolitiques. Si je comprends bien qu’il soit nécessaire de réduire et de supprimer l’influence des leaders religieux dans le choix des citoyens lors des élections, je comprends bien moins pourquoi on cherche à les exclure de l’espace politique et citoyen. Les exclure de l’espace politique n’est ni possible ni souhaitable, car le faire reviendrait à les sortir aussi de l’espace social puisque ces deux réalités se confondent. Rien de ce qui est social n’échappe à la politique et rien de ce qui est politique n’échappe au social.
La gouvernance est un construit social et culturel. Elle suggère l’existence de multiples acteurs ayant conscience de leurs droits et obligations et décidés à créer des espaces de négociation et de dialogue sur les principes fondateurs de l’Etat, les modalités d’exercice du pouvoir, la gestion des biens communs et la façon d’assurer la paix, la stabilité et la cohésion de la société. Une telle démarche s’inscrit nécessairement sur les systèmes de valeurs, les références symboliques et les croyances de chaque société.
Si les leaders religieux sont appelés à jouer un rôle au quotidien dans la société, ils ne peuvent pas ne pas jouer un rôle dans la gouvernance des relations et des interactions sociopolitiques. En tant que régulateur sociaux, je les vois bien aider à décrisper les tensions, apaiser les rancœurs et servir de liant intercommunautaire dans le respect strict de la vérité de Dieu et de l’intérêt général. En agissant hors de tout cadre sectaire, partisan ou communautariste, ces leaders pourraient jouer un rôle irremplaçable pour garantir la stabilité et la cohésion sociale. Telle a était la posture de feu Dabakh Malick (ndlr : khalif général de la confrérie tidjane, disparu en 1997) et nul n’a jamais contesté l’utilité de cette posture. C’est une telle attitude qui est prêtée à Serigne Sidy Moctar Mbacké (Ndlr : khalif général des mourides) qui, jusqu’à preuve du contraire, a agi et agira encore non pas dans le sens de l’intérêt strict de sa communauté ou d’un quelconque camp politique, mais dans celui de la nation toute entière. C’est ce qu’incarne aussi, je crois, Serigne Mansour Sy (Ndlr : khalif général des tidjane) et le Cardinal Adrien Sarr.
C’est peut-être en reconnaissance de ce rôle que le M23 est allé à Touba. Et c’est en cela que le voyage me parait justifié. Le message était simple et le marabout devait l’entendre. Cela ne signifie pas que le M23 renoncera à mener son combat pour le respect de la constitution. Cela signifie simplement que ses membres sont prêts à marcher jusqu’aux confins de l’univers si ce qui doit sauver notre pays se trouvait à cet endroit.
* Cheikh Tidiane Dièye est sociologue, Docteur en étude du Développement
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Madagascar : Sauvegarder le dernier souffle...
Ndimby A
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/features/75909
Le Dr. Simao est donc de retour, pour tenter encore une fois de faire avaler sa potion sous forme de Feuille de route (1). Et le devenu illustre et incontournable personnage voit grand : le document devrait être signé à Antananarivo en présence du président de l'Union africaine, du président de la SADC, du président de l'organe de la SADC et du président de la Commission de l'Union africaine, sans oublier une brochette de hauts responsables internationaux.
Finalement, Rajoelina aura peut-être son Sommet international, après avoir été privé de sommet de l’Union africaine en juin 2009 pour cause de coup d'Etat. Et il aura même l’autorisation de parler, et n’en sera donc pas empêché comme à New-York en septembre 2009. De quoi faire une belle photo pour montrer à ses enfants, et leur raconter que maintenant les Africains aussi l’appellent Monsieur le « Prrrrésident » Ce revirement à venir de la communauté internationale ne sera pas un scoop : votre serviteur l’avait annoncé dès le début de l’année (http://www.madagascar-tribune.com/2011-une-grande-annee-pour-le,15315.html), au vu de la perte progressive d’influence de l’opposition, comme des membres en mal de viagra.
Quatre personnes doivent commencer à faire fonctionner ce qui leur sert de neurones en vue de cette signature. Primo, la Ministre des affaires étrangères Yvette Sylla, sur les épaules de qui l’organisation de l’événement va reposer. Secundo, le ministre de la Communication Rolly Mercia, pour voir comment optimiser la propagande, et comment compter le nombre de vazaha présents. Tertio, le tailleur de l’ex-DJ, dont la créativité sans limite doit déjà cogiter pour savoir si pour cette grande occasion, il va déguiser son client en Radama, en Mickael Jackson, en maréchal des logis, ou bien en Momota. Et quarto, le photographe attitré du Grand Hâtif, doit déjà compter le nombre de murs à Iavoloha sur lesquels il n'y a pas encore de portait géant du chef d'Etat parvenu, afin de compenser. Cela m'étonne encore que 'jusqu'à présent Rajoelina n'ait pas pensé à mettre une bâche injetisée avec son portrait géant sur la colline d'Ampamarinana.
SAUVER CE QUI PEUT L’ETRE…
(…) Certes, la Feuille est encore loin d'être signée, car le consensus sur ce fameux amendement concernant Ravalomanana est encore dans le ventre du zébu, comme dirait un bon malgache intellectuellement colonisé. Mais je suis prêt à parier qu'à terme, on va se retrouver avec le schéma que j'avais prédit depuis des mois : consensus impossible entre les quatre mouvances et forcing du régime hâtif sur un accord à minima avec les groupuscules et les défroqués qui lui sont inféodés. A défaut de la qualité, on se contentera donc de la quantité. En d'autres termes, un rassemblement de copains et de coquins dans le style de l'Accord politique d'Ivato : inclusivité bancale, consensualité tordue. Et au final, une sortie de route façon Quasimodo. Reste à savoir avec quoi la communauté internationale va se cacher les yeux pour ne pas voir que cette feuille de route mal fichue ne peut que servir de bouillon de culture à une future crise.
Il est vrai toutefois qu’il n’y a plus beaucoup de choix. L’enlisement de la crise montre que Madagascar s’approche dangereusement du point de rupture. Au mois d’octobre 2009, j’avertissais sur le spectre du « failed state » qui guettait Madagascar. Et il y a trois semaines, Olivier de Schutter, Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, lançait lui aussi un avertissement à la communauté internationale sur l’impact des sanctions : « nous sommes en train de recruter Madagascar dans la liste des Etats fragiles ». Certes, M. de Schutter est venu à Madagascar à l’invitation des autorités de transition, et ses conclusions anti-sanctions arrangeaient bien ses hôtes. Toutefois, il serait stupide de nier la réalité des faits contenus dans son diagnostic, juste pour ce motif.
Regardons objectivement la situation : telles qu’elles étaient conçues et appliquées, les sanctions ont fait plus de mal à la population malgache qu’aux dirigeants hâtifs. On dira même que l’atmosphère de semi-autarcie dans lequel le pays vit depuis 2009 ont renforcé les dirigeants de transition, qui ont eu l’occasion de faire ce qui leur plaisait, sans que qui que ce soit ne puisse poser des questions sur la corruption, la bonne gouvernance ou les violations des règles démocratiques. Et Dieu sait qu'il y avait des sujets d'interrogation.
La communauté internationale se trouve donc à la croisée des chemins. Soit elle décide de continuer à mettre la pression pour aboutir à une hypothétique gestion consensuelle et inclusive de la Transition. Dans ce cas, le risque est que l’attente supplémentaire aggrave les dommages collatéraux, sans pour autant s’assurer d’un résultat positif : l’échec de Maputo, deux ans après leur signature, en est une illustration. Soit elle décide de faire contre mauvaise fortune bon cœur, et pour parler trivialement, faire avec ceux qu’il y a, et tant pis pour les autres. Dans ce cas, le risque est alors de bricoler une mauvaise sortie de crise, avec un fort potentiel de réplication plus tard. La tendance au sein de la communauté internationale va plutôt vers la seconde option : sauver ce qui peut l’être, pour éviter d’aller vers une situation vraiment ingérable. Et pour ce qui risque de se passer dans quelques mois ou années, on verra bien le moment venu. Ce ne sont pas les diplomates oisifs qui manquent pour s'enrôler comme médiateurs…
Bien sûr, au nom de la foi qui déplace les montagnes et de l’éthique démocratique, beaucoup vont s’offusquer en arguant que le seul sentiment qu’on devrait légitimement éprouver envers un pouvoir putschiste, c’est un mépris éternel. Cela n’est pas faux, à condition que l’opposition ait de quoi justifier son assise réelle et l’adhésion de la population à sa cause. Or, dans les deux cas, c’est niveau presque zéro. La communauté internationale est pressée de se débarrasser de la gestion de la crise de Madagascar, et se dit qu’une mauvaise feuille de route vaut mieux qu’une bonne guerre civile. Les Malgaches de Madagascar en ont marre, car finalement, que ce soit Rajoelina, Ratsiraka, Ravalomanana ou Toto le Django qui pose son fondement dans les fauteuils d’Ambohitsorohitra, ce qu’ils veulent surtout, c’est que leurs entreprises fonctionnent, que leurs enfants aillent à l’école, et que leurs salaires soient payés à la fin du mois.
Finalement, il n’y a plus que les Malgaches de la Diaspora qui continuent à animer la flamme de la résistance. Mais malheureusement pour eux et pour la Grande Île, un combat politique efficace doit se dérouler dans le pays concerné, et non sur Internet comme le télé-enseignement.
« Tsy hanaiky an’io feuille de route io mihintsy izahay » m’avait dit un ami basé aux États-Unis. Et quand je lui ai rétorqué « tsy hanaiky ary rangaha, dia hanao inona ? », il m’a répondu : « tsy manaiky fotsiny ka… ». Mais le roi des pitres fut celui qui me disait lors d’un chat sur facebook : « ce qu’il faut c’est des actes, pas des éditos. Il ne faut pas qu’on aie peur d’utiliser la violence contre les putschistes ». Avant que je ne découvre que ce théoricien de la révolution habitait à Toulouse, et avait donc le vaillant courage de celui qui est à 10.000 kms du théâtre des opérations.
EVITER UNE TRANSITION A LA MODE TITANIC
Tous les indicateurs montrent que le bateau hâtif prend eau de toute part, et la propagande lénifiante et même stalinisante d'autrefois commence à ne plus faire effet. Si la sortie de crise ne se dessine rapidement, la IVème République pourra être baptisée « le Titanic ». Après deux ans de blabla pour tenter de faire croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que la révolution orange avait le soutien de toute la population, le dernier Conseil des ministres reconnaît enfin l'existence de graves problèmes d'insécurité, de détérioration sociale et de baisse de la confiance de la population envers les autorités. Je suis mort de rire que les hâtifs reconnaissent enfin qu'ils ne sont pas à la hauteur, même si je présume que dans ce qui leur sert de cervelle, les vrais coupables du marasme actuel seront systématiquement du coté du voisin, et jamais chez eux.
L’ex-DJ, qui comprend donc vite, à condition qu’on lui explique longtemps, a donc fini par se rendre compte que faire un coup d’État pour voler le pouvoir à la tête d’un pays est une chose, mais le diriger avec efficacité en est une autre. Et ça ne s’apprend pas sur les dance-floors.
Le problème, c’est que si la transition sombre comme le Titanic, il n’y aura pas que les hâtifs et leurs griots dedans, mais également les autres mouvances, l'ensemble de la population et la communauté internationale. Je n’ai aucun scrupule à dire que si un partisan de la révolution orange a perdu son entreprise, son emploi, ou même plus, à cause de la crise, ce sera bien fait pour lui. Mais il ne faudrait pas que tout le monde subisse le même sort. C'est sans doute le genre d'arguments dans la tête de ceux qui vont s'intéresser à la feuille de route, même à reculons.
Andry Rajoelina a donc un grand intérêt à ce que la signature de la feuille de route se fasse vite. Cela ouvrira les vannes internationales, et lui permettra de marcher vers ses élections unilatérales, mais au moins sous le contrôle de la communauté internationale. Avant de crier à l’hallali, les trois mouvances et leurs griots se souviendront que les élections sous Ravalomanana ou sous Ratsiraka étaient loin d’être des modèles de vertu. On gardera également à l’esprit que le régime Rajoelina est incapable, par vocation et par essence, d’organiser des élections fiables, transparentes et aux résultats acceptables, si on le laisse tout seul organiser les scrutins avec son incompétence, son amateurisme et son absence de probité. Le référendum de novembre 2010 en est la démonstration. Comme l’avait dit avec pertinence Sahondra Rabenarivo lors de l’émission « invité du zoma » sur TV Plus, les élections organisées sans balises par le régime de transition, c’est comme un examen dans lequel l’élève qui le passe rédige le sujet et procède aux corrections. Sans oublier, pour reprendre les mœurs des groupes qui profitent de l’ambiance sans contrôle de ce régime, que les parents de l’élève sont aussi les fournisseurs des fournitures nécessaires à l’examen.
Pendant ce temps, d’autres « stratèges » ne restent pas inactifs. Comme à chaque fois qu’une tentative sérieuse de sortie de crise pointe à l’horizon, ne voilà-t-il pas qu'un nouveau pseudo-complot est révélé. Cette fois encore, on se demande avec curiosité qui va être désigné coupable à la vitesse de la lumière par les super-enquêteurs de la Haute autorité du tondro-molotra, et emprisonnés par ses super-juges. Après les pseudo-bombes artisanales, les pseudos-attentats contre Rajoelina et les pseudos-sabotages d’avion, il faudrait quand même que les cervelles d’écrevisses derrière ce genre de cirque trouvent autre chose pour continuer à nous intéresser. Et en attendant, on s'étonne que les super-enquêteurs et super-juges soient incapables de mettre fin au banditisme, d'arrêter le pédophile dénoncé par nos confrères de la Gazette, de trouver les gros bonnets du trafic du bois de rose, ou de mettre le hõla aux attaques de convois sur les routes nationales. Il est vrai qu'en voyant les chefs ventripotents de notre gendarmerie, on peut comprendre qu'il soit plus facile d'arrêter des journalistes et des opposants, que de courir après les vrais malfrats.
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NOTES
(1) Il faudrait quand même qu'un jour on se pose la vraie question du revirement du Dr Simao, qui a concocté derrière le dos de tout le monde au premier trimestre 2011 une feuille de route qui faisait la part belle au régime de transition, prenant ainsi le contrepied de la position que la SADC tenait auparavant. Comme dans les mariages, on devrait lui demander s'il a proposé cette feuille de route (ou de doute, ou de déroute) de sa propre volonté, et s'il n'y a pas été contraint ou forcé.
* Ndimby A. est éditorialiste sur le blog http://fijery.wordpress.com
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Commentaires & analyses
Téléphonie mobile : Miracle ou mirage ?
Olivier Sagna.
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/comment/75907
En ce mois de juillet 2011 où l’actualité a été largement nourrie par les rebondissements de l’affaire DSK, la guerre d’agression contre la Libye, le 93ème anniversaire de Nelson Mandela, le feuilleton de la dette grecque, la famine en Afrique de l’Est ou encore l’abyssal déficit budgétaire américain, la célébration du vingtième anniversaire de la première communication téléphonique émise sur un réseau téléphonique de type GSM par le Premier ministre finlandais, Harri Holkeri, le 1er juillet 1991, est passé pratiquement inaperçue.
Au Sénégal, la téléphonie mobile fêtera bientôt le quinzième anniversaire de son introduction suite au lancement du réseau GSM Alizé par la Sonatel en septembre 1996. A l’époque peu nombreux étaient ceux auraient prédit que la téléphonie mobile connaitrait le succès qui est le sien aujourd’hui. Ainsi, l’Union internationale des télécommunications (UIT) prédisait-elle, dans une étude publiée en 1998, que le seuil des 30 000 d’abonnés ne serait pas atteint avant l’an 2000. En fait, l’engouement pour ce nouveau moyen de communication fut tel que non seulement la barre des 200 000 abonnés fut franchie lors du changement de millénaire mais que par ailleurs le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile dépassa par la même occasion celui des abonnés à la téléphonie fixe pourtant introduite dans le pays depuis 1901.
Il faut dire que l’annonce de l’arrivée de Sentel sur le marché avec une formule prépayée, en avril 1999, obligea Alizé à investir ce créneau qu'il avait négligé dans un premier temps. L’introduction de la formule prépayée eut pour conséquence une explosion du nombre d’abonnés et de service réservé à une élite, la téléphonie mobile devint un service de consommation courante. La croissance du marché prit alors des proportions impressionnantes avec un million d'abonnés en 2004, trois millions en 2006, quatre millions en 2007 entre les opérateurs et l’on vit le nombre d’abonnés passer à six millions cette même année puis à plus de sept millions en 2010.
En ce milieu d’année 2011, le seuil des 9 millions d’abonnés est en passe d’être atteint pour une population avoisinant les 13 millions d’habitants soit un taux de pénétration dépassant les 70%. Avec le passage au standard GPRS, puis à l’EDGE et tout dernièrement à la 3G, les réseaux de téléphonie mobile ont multiplié les services offerts à leurs abonnés ajoutant à la voix, les SMS, les MMS et aujourd’hui le transfert de données avec l’Internet mobile. Les taux de couverture du territoire comme de la population ont fortement progressé et il reste peu de zones blanches dans lesquelles aucun réseau ne peut être capté.
L’accroissement phénoménal du nombre d’abonnés a été rendu possible grâce à la conjonction de différents facteurs tels la baisse du prix des terminaux, la baisse du prix de vente des cartes SIM, la baisse du prix des télécommunications mais également la multiplication des promotions offrant des bonus de 50%, voire de100%, sur les recharges de crédit téléphoniques. A cela il faut ajouter toute une série d’innovations telles la baisse de la valeur faciale des cartes de recharge téléphoniques, l’achat de crédit au micro-détail, l’échange de crédit voire l’emprunt de crédit !
Enfin, il faut signaler que le transfert d’argent par mobile a été lancé par La Poste avec son produit Poste One et qu’il a été étendu au paiement par mobile par Orange avec Money Transfer et la Société générale de banques au Sénégal (SGBS)avec Yoban’tel. Malgré les nombreux progrès enregistrés, les problèmes ne manquent cependant pas dans le secteur. Depuis une décennie l’Etat est en contentieux avec Tigo quant au montant de sa licence, la couverture des zones rurales laisse encore à désirer, la qualité de service n’est pas toujours au rendez-vous, la 3G est loin d’être disponible partout, le niveau de la concurrence reste faible du fait notamment de la non-portabilité des numéros, en dehors des applications à caractère ludique (téléchargement de sonneries et de logos, jeux, connexion au réseaux sociaux, etc.), les services permettant de régler des problèmes pratiques sont quasi inexistants et ce quel que soit le secteur d’activité dans lequel on se place.
Cela étant, la bonne nouvelle est qu’il existe bon nombre de jeunes Sénégalais qui s’attèlent au développement d’applications mobiles et il faut espérer qu’un certain nombre d’entre eux seront capables de créer les applications qui demain feront fureur au Sénégal, en Afrique et pourquoi pas dans le monde. Enfin, on ne peut faire l’impasse sur le fait que le marché est dominé par des multinationales étrangères à l’Afrique…
* Olivier Sagna est secrétaire général de l’Observatoire des Systèmes d’Information et des Inforoutes au Sénégal (Osiris)
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Résumé de l'Édition Anglaise
Les révoltes dans les pays arabes et au Royaume Uni
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/summaryen/75917
L'avenir de révoltes arabes : Entretien avec Samir Amin
Cet article est réalisé à partir d'entretiens de Zine Zerrouky Hassane avec Samir Amin. Pour ce dernier, rien ne sera plus comme avant dans le monde arabe: les mouvements de protestation vont défier à la fois l'ordre social interne des pays arabes et leurs places dans l'échiquier politique régional et mondial politique.
http://pambazuka.org/en/category/features/75771
L'agonie des Ogoni
Le récent rapport sur la pollution de l'Ogoniland, publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement, marque «la première confirmation officielle" qu'«une tragédie majeure» pèse sur nos mains», écrit Nnimmo Bassey.
http://www.pambazuka.org/en/category/features/75777
Somalie: la guerre mondiale contre le terrorisme et la crise humanitaire
Les activités antiterroristes et «humanitaires» d'assistance du gouvernement américain en Somalie et dans la Corne de l'Afrique donnent un fil conducteur pour expliquer es problèmes enracinés dans la région, écrit Horace Campbell.
http://www.pambazuka.org/en/category/features/75805
Sociétés transnationales, prix de transfert et l'évasion fiscale
Comment font les multinationales et les entreprises non éthiques pour dissimuler et déplacer des capitaux à l'étranger ? Principalement grâce à la manipulation des prix à l'importation et à l'exportation, souligne Charles Abugre dans la troisième partie d'une série en quatre sur le flux de l'argent sale ».
http://www.pambazuka.org/en/category/features/75801
Lettre à M. Cameron: Diriger, ne pas diaboliser
Gus John exhorte le Premier ministre britannique, David Cameron, de diriger une nation et ne pas diaboliser ni exposer la le patrimoine de la communauté africaine à des racistes et à des fascistes, dans la foulée des récents troubles civils violents.
http://www.pambazuka.org/en/category/features/75804
Plaidoyers & campagnes
Du riz toxique au Port autonome de Lomé
Bernard Dodji Bokodjin
2011-08-22
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/75898
Lorsque ce navire accostait en cet après midi du 8 août 2011 au Port Autonome de Lomé, personne ne se doutait qu'il transportait dans ses entrailles la mort ! C'est lorsque les experts et les manutentionnaires sont montés à bord pour leur inspection de la marchandise avant débarquement qu'ils ont découvert, abasourdis et outrés, l'horreur.
En effet la cargaison de 9501 T de riz en vrac l'équivalent de cent quatre vingt dix mille (190 000) sacs de riz 50kg que se préparait à débarquer le navire Vanessa C était couverte en sa surface de produits de fumigation. Et ces produits de fumigation étaient jetés directement sur les grains de riz. Or, selon les documents de fumigation reçus à bord du navire le produit n'était autre chose que du Fumitoxin, une matière hautement toxique.
Selon nos recherches, le Fumitoxin est disponible en comprimés et en gélules et ces derniers contiennent des agents actifs comme des phosphides d'aluminium qui libèrent des phosphines selon la réaction chimique suivante : AIP+3H2O----AI(OH)3+PH3. Le gaz de phosphine est hautement toxique pour les insectes, les humains et être vivant. Mélangé à d'autres matières la phosphine devient corrosive. En outre le Fumitoxin contient également du carbonate d'ammonium qui peut réagir et libéré du dioxide de carbone selon la réaction suivante: NH2COONH4-2NH3+CO2.
Comme vous l'aurez sans doute remarquez c'est cette substance qui est purement et simplement déversée sur les grains de riz en vrac dans les deux cales du navire. Les agents du service phytosanitaire venus inspectés la cargaison ont à l'unanimité déclaré le caractère impropre de la marchandise et ont décidé à son rapatriement. Mais peine perdue !Au grand dame de ces agents le riz en vrac se débarque actuellement au Quai3 du Port Autonome de Lomé.
Selon nos investigations de sources sûres la marchandise appartient à Melle Julie Béguédou, directrice des établissements Elisée Cotrane, proche du président de la République et spécialisée dans l'importation de riz au Togo et dans l'Interland. Début mars, Mlle Beguessou s'est vue accordée le monopole del'importation de riz au Togo.
* Bernard Dodji Bokodjin est sociologue, journaliste, activiste de Droits de l'Homme au Togo
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Droits humains
Côte d'Ivoire : 5 ans après le Probo Koala, des victimes toujours pas indemnisées
2011-08-22
http://tinyurl.com/3pfdjoq
Amnesty International a appelé le 19 août le nouveau gouvernement ivoirien à "agir fermement" pour que des milliers de victimes des déchets toxiques déversés en 2006 à Abidjan perçoivent l'indemnisation prévue, et mis en cause l'association chargée de la répartir.
"Plus de 6.000 personnes n'ont toujours pas reçu ce qui leur est dû, (...) après un accord obtenu difficilement auprès de Trafigura", l'affréteur du cargo Probo Koala. Dénonçant, cinq ans après le déversement des déchets, les "retards répétés et (le) manque de transparence" qui ont marqué l'opération de dédommagement, Amnesty a appelé les autorités à "agir fermement pour montrer que la corruption et le détournement de fonds ne seront pas tolérés".
Côte d’Ivoire : Le couple Gbagbo inculpé de «crimes économiques»
2011-08-22
http://tinyurl.com/4xw63gw
Quatre mois après avoir été renversé du pouvoir et mis au secret, l'ex-président Laurent Gbagbo a été officiellement inculpé de «crimes économiques» et placé en détention préventive. Ce sort a également été réservé à son épouse Simone. Le procureur de la République d'Abidjan accuse les époux de «vol aggravé, atteinte à l'économie nationale, détournement de deniers public et pillage». Détenu depuis son arrestation le 11 avril, l'ex-couple présidentiel se trouvait dans un vide juridique qui commençait à poser problème. L'inculpation des Gbagbo par le parquet d'Abidjan ouvre désormais la voie à un procès en Côte d'Ivoire.
Ethiopie : Qui sont les Éthiopiens-Israéliens ?
2011-08-22
http://tinyurl.com/3o48k5t
Vingt ans après l'opération Salomon, qui a permis d'évacuer en 48 heures 14.000 juifs éthiopiens vers l'État hébreu, l'intégration économique de cette communauté de 130.000 âmes laisse à désirer. «La communauté éthiopienne est fortement mobilisée par la "révolte des tentes". Si la classe moyenne israélienne se plaint de la flambée des prix et du manque de logements abordables, la situation est encore plus insupportable pour ces Éthiopiens-Israéliens, qui font partie des couches les plus défavorisées du pays. Près de 60% des familles d'origine éthiopienne dépendent de l'aide sociale, plus de la moitié vivent sous le seuil de la pauvreté (contre une moyenne de 14,5% pour les Israéliens de souche), tandis que les problèmes de drogue et d'alcoolisme sont en hausse chez les jeunes.
Global : Un homme d’affaires français s’engage pour le voile
2011-08-22
http://tinyurl.com/3rjykcb
Un homme d’affaires français s’oppose à l’interdiction du port du niqab et de la burqa dans les lieux publics. Pour marquer son désaccord, il a décidé de financer toutes contraventions pouvant être infligées aux femmes portant le voile intégrale en France et en Belgique. Le 17 août il a, pour la première fois, payé les amendes de trois femmes portant le niqab à Bruxelles et à Roubaix. Il envisage aussi de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre les Etats belge et français pour violation des libertés fondamentales.
Somalie : Tous les protagonistes accusés d'abus des droits humains
2011-08-22
http://tinyurl.com/3czkj7e
Tous les protagonistes du conflit en Somalie, y compris la force africaine de maintien de la paix (Amisom), les troupes gouvernementales et les rebelles islamistes d'Al Chabaab, ont commis des crimes de guerre et tué des civils, a déclaré le 15 août Human Rights Watch (HRW). Selon HRW, la force de maintien de la paix de l'Union africaine a régulièrement riposté à des attaques d'Al Chabaab en ouvrant le feu sur des zones résidentielles. Le gouvernement somalien a démenti les accusations, affirmant que les rebelles étaient responsables de la plupart des crimes de guerre.
Réfugiés & migration forcée
Congo : Le casse-tête de la question des réfugiés
2011-08-22
http://tinyurl.com/3gr52ua
Une page supplémentaire vient de s'ouvrir au chapitre de la gestion des migrations pour le gouvernement de la République du Congo avec la cessation, le 31 juillet dernier, du statut des réfugiés congolais au Gabon. Il réalimente le dossier dans lequel les cas des réfugiés de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda actuellement présents au Congo préoccupent déjà les esprits à Brazzaville. En Afrique centrale où aucune instance ne semble se préoccuper du sujet, la question des migrations ne reste pas pourtant sans importance. Elle empoisonne même, de quelque manière, les relations entre Etats.
Rd Congo : Des déplacés de guerre sans assistance humanitaire
2011-08-22
http://tinyurl.com/4yaa4lb
Le drame est loin d'être extirpé! On ne cessera jamais de le dire, la guerre qui sévit à l'Est de la République Démocratique du Congo continue de causer d'énormes dégâts matériels et provoquer des cas socio humanitaires par le déplacement massif des masses qui fuient les affres de guerre dans le village de Kiliwa précisément. Ces personnes déplacées passent la nuit à la belle étoile, soit dans les écoles publiques ou dans des cases, dépourvus de tous les biens de première nécessité. Notamment, une carence en eau potable, manque des médicaments et des vivres.
Elections & gouvernance
Afrique : ATT fait la leçon d’alternance à ses pairs
2011-08-22
http://tinyurl.com/42jvhmu
La volonté de s’éterniser au pouvoir, si fréquente en Afrique et souvent source de graves conflits, n’a jamais habité le président malien Amadou Toumani Touré (63 ans) qui achève en 2012 un deuxième et dernier mandat à la tête de son pays. « Moi je sais partir. Je suis déjà parti une fois, donc je ne fais que repartir, c’est pourquoi ce problème ne s’est jamais posé dans ma tête », a-t-il déclaré. En mai 2002, Amadou Toumani Touré qui avait auparavant bénéficié d’une retraite anticipée de l’armée avait remporté la présidentielle avec 64 % des voix, avant d’être réélu en 2007 dès le premier tour avec 70 % des voix.
Afrique du Sud : Nelson Mandela muséifié de son vivant
2011-08-22
http://tinyurl.com/3hlz54p
L'Afrique du Sud transforme en musées tous les lieux qui ont marqué la vie de son héros Nelson Mandela. Quitte à verser dans le culte de la personnalité. On peut désormais passer plusieurs jours, rien qu'à Johannesburg, à suivre les traces du grand homme. Ses visiteurs? A 20% des touristes étrangers, et à 60% des enfants des écoles. Ils peuvent visiter la chambre qu'il a louée dans la township d'Alexandra, l'endroit où il se cachait avant son arrestation en 1962, la cellule du fort où il a été ensuite incarcéré... Sans parler de l'immeuble où il eut son cabinet d'avocat dans les années 1950 et qui, fraîchement restauré, attend sa muséification.
Cameroun : Des millions de Camerounais de la diaspora privés du droit de vote
2011-08-22
http://tinyurl.com/3zu9moj
L’Etat camerounais a pris une décision historique en accordant, début août, le droit de vote aux Camerounais vivant à l’étranger. Cependant, il a entouré cette mesure de plusieurs restrictions qui au final privent du droit de vote les personnes en situation irrégulière dans leur pays d’accueil et celles qui ont changé de nationalité. L’opposition dénonce une manœuvre politicienne. Cependant, ce ne sont pas tous les Camerounais de l’étranger, ayant atteint l’âge requis et jouissant de leurs droits civiques et politiques comme la loi l’exige, qui pourront voter.
Cameroun : Enfin le droit de vote pour les Camerounais de l'étranger
2011-08-22
http://tinyurl.com/42hrx65
Après la promulgation de la loi les autorisant à prendre part aux scrutins nationaux, les réactions des Camerounais de la diaspora oscillent entre soulagement, méfiance et frustration. La loi votée, reste encore le timing. Les inscriptions aux listes électorales prennent fin le 31 août 2011, soit une quarantaine de jours après son adoption. Si jusqu'ici, c'était le flou total quant aux modalités d'application de cette loi, le décret signé le 8 août par le président Biya fait savoir que les électeurs camerounais à l'étranger devront disposer d'une carte consulaire en cours de validité. Toute la difficulté sera de mettre à jour les fichiers dans les temps impartis.
Cap-Vert : alternance politique en douceur, un libéral succède à un socialiste
2011-08-22
http://tinyurl.com/3qtq6md
L'opposant libéral Jorge Carlos Fonseca a remporté le second tour de l'élection présidentielle du 21 août Cap-Vert, selon des résultats presque définitifs, et succèdera au socialiste Pedro Pires à la tête de ce pays lusophone salué comme modèle de démocratie en Afrique. Selon les résultats issus de 99,28% des bureaux de vote, M. Fonseca, candidat du Mouvement pour la démocratie (MPD), a obtenu 54,09% des voix. Son adversaire Manuel Inocencio Sousa, candidat du Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, socialiste), est arrivé deuxième avec 45,91% des suffrages.
Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara réveille le spectre des médias d’Etat
2011-08-22
http://news.abidjan.net/h/407612.html
En Afrique particulièrement, le rôle des médias d’Etat, considéré comme ‘’public’’ est devenu trop utopiste. En 1994, Alassane Ouattara reprochait au régime Henri Konan Bédié de ‘’s’accaparer’’ des médias d’Etat. En 2011, aujourd’hui chef de l’Etat dans le même statut que Henri Konan Bédié, il goûte au rôle des médias d’Etat. Avec éclat, à peine 3 mois d’exercice présidentiel, il limoge le directeur de la télévision ivoirienne. En deux mots, Ouattara sait maintenant que les médias d’Etat appartiennent à celui qui est au pouvoir.
Côte d’Ivoire : Le pays peut tourner la page
2011-08-22
http://tinyurl.com/3gw9mlm
Selon un responsable d'International Crisis Group, les Ivoiriens peuvent se réconcilier. Mais il faut que le gouvernement mette en place un espace de dialogue entre tous les partis politiques. La Côte d’Ivoire peut tourner la page, redevenir la locomotive économique de la région et un pays où le niveau d’insécurité au quotidien est «acceptable». Selon lui, il faut maintenant que le gouvernement mette en place un espace de dialogue entre tous les partis politiques afin de discuter des conditions techniques d’organisation des élections législatives et du calendrier des opérations électorales.
Gabon : Bongo confirme la tenue de législatives sans biométrie
2011-08-22
http://tinyurl.com/3w5obvj
Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a réaffirmé le 9 août, dans une adresse à la Nation, à la veille de la fête nationale, que les législatives se dérouleraient sans biométrie et a promis de lutter contre la vie chère, dénonçant "les commerçants véreux". Le président a aussi annoncé des mesures dans les domaines de la santé et de l'éducation. La Cour constitutionnelle a refusé de décaler les élections d'octobre 2011 à 2012 pour permettre l'introduction de la biométrie. L'opposition gabonaise a suspendu depuis juillet sa participation à la Commission électorale nationale autonome (Cénap), refusant de participer au processus électoral sans l'utilisation de la biométrie.
Guinée : un mémorandum de l'opposition pour des élections "apaisées"
2011-08-22
http://tinyurl.com/4xggqvw
L'opposition guinéenne a remis au gouvernement un mémorandum sur les prochaines élections légilslatives, réclamant qu'elles se déroulent "dans un climat apaisé". Un geste qui ressemble à tentative de normalisation de ses rapports avec Alpha Condé, après la libération d'une quarantaine de ses membres. Selon le texte de son mémorandum, le Collectif souhaite « aller à des élections libres, transparentes, dans les meilleurs délais et dans un climat apaisé ». Il demande pour cela que des accords de principe soient trouvés sur « la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), la révision du fichier électoral », et plaide aussi pour « la neutralité de l'administration publique et l'accès égal des partis politiques du Collectif aux médias ».
Maroc : sommes-nous sortis de la monarchie exécutive ?
2011-08-22
http://tinyurl.com/3gmk38l
Le 1er juillet dernier, 98,5% d’électeurs marocains ont voté par un oui massif pour la nouvelle Constitution. Un plébiscite qui a été salué par les autorités marocaines mais aussi par la communauté internationale comme un vrai modèle de réforme. Il est clair qu’au regard de la violence qui a émaillé les révoltes arabes, il y a indéniablement exception. Mais au-delà du caractère pacifique ou non, peut-on véritablement parler d’une Constitution rompant avec la monarchie exécutive puisque, en cumulant de nombreux pouvoirs, le Roi biaise la séparation des pouvoirs, ingrédient nécessaire pour le bon fonctionnement de toute démocratie ?
RD Congo : le parti au pouvoir choisit Kabila comme candidat à la présidentielle
2011-08-22
http://tinyurl.com/3o3ycwz
"Le camarade Joseph Kabila est désigné et investi candidat" du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a déclaré le secrétaire général de cette formation, au dernier jour du congrès du PPRD. Joseph Kabila, 40 ans, le plus jeune président du pays, a succédé à son père Laurent-Désiré Kabila assassiné le 16 janvier 2001. Il devrait se présenter à la présidentielle prévue le 28 novembre, à la même date que les législatives. En 2006, le PPRD l'avait déjà désigné comme candidat mais il s'était présenté en indépendant. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a débuté jeudi la réception et le traitement des candidatures pour la présidentielle et les législatives -- les deux à un seul tour.
Sénégal : Fin des inscriptions sur les listes électorales de la présidentielle
2011-08-22
http://tinyurl.com/3jjb2ta
La période d'inscription sur les listes électorales de la présidentielle sénégalaise, prévue en 2012, est close depuis le 17 août 2011. Nombreux sont les Sénégalais qui ont attendu le dernier moment pour accomplir les formalités. Le processus entamé le 4 janvier dernier n'a pas été entouré d'une campagne de sensibilisation suffisante de la part des autorités, estiment les mouvements de citoyens qui demandent de proroger le délai de six semaines. L'élection présidentielle sénégalaise doit avoir lieu le 26 février 2012.
Tunisie : à deux mois des élections, les sondages de plus en plus décriés
2011-08-22
http://tinyurl.com/4y59at3
Autrefois cantonnés au marketing et aux audiences télé, les instituts de sondage tunisiens découvrent, grâce à la révolution, un nouveau terrain : la politique. Mais à deux mois de l’élection du 23 octobre, leur crédibilité est sujette à caution, faute de cadre légal. Une critique qui rejoint celles formulées à l’encontre des instituts de sondage sur une méthodologie jugée opaque : notification aléatoire du commanditaire, échantillonnages peu représentatifs, questionnaires orientés...
Zimbabwe: 13 sociétés étrangères sommées de céder la majorité à des locaux
2011-08-22
http://tinyurl.com/3w5yn5o
Le gouvernement zimbabwéen a lancé un ultimatum à treize sociétés étrangères, leur demandant de céder la majorité de leurs parts à des intérêts locaux, sous peine de saisie, rapporte le quotidien d'Etat The Herald du 20 août. Un ultimatum expirant dans deux semaines a été lancé à la Barclays Bank, la Standard Chartered, à six compagnies minières et à cinq autres firmes. Nestlé et British American Tobacco figurent sur cette liste. Si les sociétés (visées par l'ultimatum) ne se mettent pas en conformité avec leurs obligations, le ministère est autorisé par la loi sur l'indigénisation à ouvrir une procédure pour faire annuler leurs licences.
Zimbabwe : Mugabe fixe un ultimatum aux sociétés étrangères
2011-08-22
http://tinyurl.com/44utcth
Après un précédent ultimatum au mois de juillet, le gouvernement du Zimbabwe vient de lancer un nouvel avertissement à treize sociétés étrangères. Il leur demande de céder la majorité de leurs parts à des Zimbabwéens noirs, sous peine d’être expulsées. Ainsi, un ultimatum expirant dans deux semaines a été lancé à la Barclays Bank, à des compagnies minières ou encore à Nestlé ou British American Tobacco. Si cette loi est défendue par le président Robert Mugabe, elle est contestée depuis sa promulgation par son opposant, le Premier Ministre Morgan Tsvangirai. En revanche, son opposant, le premier ministre, Tsvangirai, a toujours contesté cette loi. Il redoute qu'elle décourage les investissements directs étrangers.
Développement
Afrique : La croissance soutenue par l’émergence d’une classe moyenne
2011-08-22
http://tinyurl.com/42rr5ry
Un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) révèle qu’un nombre croissant de grands investisseurs parient sur l’émergence de la classe moyenne dans les économies africaines. L'augmentation des investissements dans les infrastructures, les services et le commerce de détail devrait bénéficier au continent. À la différence des industries extractives, les investissements dans le secteur de la consommation mènent plus souvent à la création d'emplois tout en stimulant les dépenses des ménages. Tout comme l'Inde, l'Afrique compte environ 50 millions de ménages appartenant à la classe moyenne (c'est-à-dire disposant d'un revenu annuel d'au moins 20 000 dollars). Une étude de l'Agence française de développement affirme pour sa part qu'un Africain sur 10 est déjà un consommateur solvable.
Afrique : Il naît chaque année plus d'enfants au Nigeria qu'en Europe
2011-08-22
http://tinyurl.com/3hfyzof
L'étude de l'Ined 2011 confirme les grandes tendances de la démographie mondiale, mais réserve aussi quelques surprises. Sans surprise, l'Afrique compte nombre de pays aux plus forts taux de fécondité. Le Niger arrive en tête avec une moyenne de 7 enfants par femme. À titre de comparaison, le taux de fécondité moyen dans le monde est de 2,5, et est dans l'Union européenne de 1,6. Le Nigeria est actuellement le 7e pays par son peuplement avec 162,3 millions d'habitants. Selon les projections, à l'horizon 2050, il sera le 3e après l'Inde et la Chine, avec 433 millions d'habitants. Pourtant, il est le 2e pays par le nombre de décès annuels d'enfants de moins de un an mais 3e en nombre de naissances annuelles, devant l'Union européenne, avec presque 8 fois plus de naissances qu'en France.
Afrique : Une vague d'orpaillage se déclenche dans plusieurs pays
2011-08-22
http://tinyurl.com/3gzpv8o
La crise de la dette américaine et européenne a ébranlé la confiance des gens envers le marché financier mondial. Les investisseurs se sont tous rués vers le marché des métaux précieux pour éviter des risques. C'est la raison pour laquelle le prix des métaux précieux ne cesse d'augmenter sur le marché international. Le prix mondial de l'or a même établi plusieurs records pour dépasser maintenant 1 700 dollars par once, soit une augmentation de plus de 20% par rapport au début de l'année. En tant qu'une des importantes régions productrices d'or du monde, l'Afrique a vu se déclencher une nouvelle vague d'orpaillage.
L'Afrique du Sud revoit à la baisse sa politique de l'emploi
2011-08-22
http://tinyurl.com/3wqqdyo
L'horizon économique s'assombrit en Afrique du Sud. Le ministre des Finances a annoncé le 15 août que le gouvernement ne pourra pas tenir ses promesses en matière de création d'emplois. Ce sujet est pourtant le grand thème de travail du gouvernement cette année, comme l'a défini le président Jacob Zuma. Selon les chiffres officiels, plus du quart de la population est sans emploi et chez les jeunes, le taux d'inactivité atteint les 50%. Dans la province du Kwazulu-Natal, 10 000 emplois dans le textile sont menacés. Les chefs d'entreprises disent vouloir déplacer leurs usines au Botswana ou au Lesotho, s'ils doivent payer un salaire minimum.
Cap Vert : l’économie est en difficulté
2011-08-22
http://tinyurl.com/3vhs5ct
La banque du Cap-Vert (BCV) vient d’annoncer que le pays a enregistré une hausse de 23% du déficit de la balance commerciale au cour du deuxième trimestre 2011 par rapport au premier. Ce qui a donc fait passer le gap commercial du pays de 54 millions de dollars environ, montant au premier trimestre, à 100 millions de dollars au deuxième trimestre. Au deuxième trimestre, le pays a dû faire face à la diminution des investissements directs étrangers et ce n’est que grâce à l’endettement public, qui est de 58%, qu’il a pu financer son économie.
Ethiopie : lancement de la production de vin
2011-08-22
http://tinyurl.com/3zj8wa3
L'idée de produire du vin en Ethiopie ne date pas d'hier. Les soldats italiens, qui ont partiellement occupé le pays de 1936 à 1941, avaient planté quelques vignobles aux alentours de la capitale, Addis-Abeba, et dans le Sud-Est, mais uniquement pour leur consommation personnelle. Le projet est cette fois différent, notamment parce qu'il devrait permettre au pays de gagner quelques devises. C'est finalement à quelques encablures de la ville de Zeway, à 170 km au sud d'Addis-Abeba, que 750 000 pieds de vigne ont été plantés en 2008. L'opération a nécessité l'emploi de 750 personnes, principalement issues de la région.
Global : Nous serons 7 milliards avant la fin de l'année
2011-08-22
http://tinyurl.com/3kgqrfz
La population mondiale, qui aura franchi le cap de sept milliards d'ici à la fin de l'année, devrait continuer à croître jusqu'à la fin du siècle pour culminer autour de 10 milliards, estime l'Institut national d'études démographiques (INED) dans une étude publiée le 18 août. Cette moyenne cache cependant d'importantes disparités, car l'essentiel de la croissance démographique d'ici à la fin du siècle sera concentrée sur l'Afrique subsaharienne, la péninsule arabique et les régions allant de l'Afghanistan au nord de l'Inde. A l'horizon 2100, un habitant du globe sur trois habitera probablement l'Afrique et ce malgré le sida, contre un sur sept actuellement.
Guinée : des investissements chinois annoncés dans la bauxite
2011-08-22
http://tinyurl.com/3nv7oar
Le groupe public chinois China Power Investment Corporation, spécialisé dans la production de l'énergie, a l'intention d'investir en Guinée plus de 6 milliards de dollars (plus de 4 milliards d'euros) pour l'exploitation de la bauxite, a annoncé le 21 août, à Conakry un de ses responsables. Le projet se double d'une usine de production d'alumine. L’investissement pourrait "aller au-delà de 10 milliards" de dollars (près de 7 millions d'euros), a indiqué le vice-président de CPI.
Santé & VIH/SIDA
Sénégal : Des moustiques résistants aux insecticides
2011-08-22
http://tinyurl.com/4xexosn
Les moustiques sont des insectes intelligents, qui s’adaptent rapidement. Un peu trop rapidement. Une étude publiée le 18 août par des chercheurs sénégalais montre que les Anopheles gambiae —une des espèces responsables de la transmission du paludisme à l’homme— deviennent résistantes aux moustiquaires imprégnées d’insecticide. Entre 2007 et 2010, la proportion des insectes ayant acquis une résistance génétique à un type de pesticide est passé de 8 à 48%.
Somalie: Le choléra frappe les camps surpeuplés de Mogadiscio
2011-08-22
http://tinyurl.com/3sdgr6w
La propagation rapide d'une épidémie de choléra est à craindre parmi les centaines de milliers de personnes qui vivent dans des conditions sanitaires déplorables à Mogadiscio après avoir fui la sécheresse, la famine et l'insécurité. Ã- l'hôpital Banadir, le plus grand centre de santé de Mogadiscio, 4 272 cas de diarrhée aqueuse aiguë « symptomatique du choléra ont été recensés depuis le mois de janvier, causant la mort de 181 personnes. Les enfants de moins de cinq ans, affaiblis par la malnutrition, représentent trois quarts des cas. Sur l'ensemble des cas recensés, 1 633 l'ont été au mois de juin et juillet.
Environnement
Afrique : Riche en uranium, le continent est tentée par l'énergie nucléaire
2011-08-22
http://tinyurl.com/3fbtunu
Près des deux tiers de la population de l'Afrique subsaharienne vit sans électricité. Pour y remédier, plusieurs gouvernements africains se tournent vers le nucléaire, à l'heure où plusieurs pays européens comme la Suisse et l'Allemagne veulent débrancher leurs centrales atomiques. Le Maroc ambitionne de faire son entrée dans l'énergie atomique en 2017 et la Namibie en 2018. Au Nigéria et en Égypte, les premières centrales électronucléaires devraient fonctionner d'ici à 2020. Le gouvernement kényan, de son côté, a investi dans la construction d'un réacteur qui devrait produire 1000 mégawatts d'ici à la fin de cette décennie. Le Ghana, l'Angola, l'Algérie, la Tunisie et l'Ouganda envisagent aussi d'opter pour l'énergie nucléaire.
Nigéria : En pays Ogoni, les Nigérians respirent, boivent et maudissent le pétrole
2011-08-22
http://tinyurl.com/44gdmw2
Une odeur de pétrole étourdissante flotte sur la jetée. Les pirogues, l'eau, le sable et les mangroves sont recouverts d'une couche brunâtre visqueuse. Un tableau quotidien pour les habitants de Bodo, dans le sud du Nigeria. Comme tant d'autres villages du royaume Ogoni, Bodo a vu son environnement se dégrader au cours de 50 années d'exploitation pétrolière marquées par des fuites. On est en plein coeur du delta du Niger, une région pauvre et volatile, richissime en hydrocarbures, où opèrent de nombreuses multinationales. Dans un rapport sans précédent, l'ONU a récemment établi l'ampleur et l'impact de la pollution en pays Ogoni.
Somalie: Erdogan à Mogadiscio pour rencontrer des victimes de la sécheresse
2011-08-22
http://tinyurl.com/42ow5ga
Le Premier ministre turc est arrivé le 19 août à Mogadiscio, pour une visite sans précédent au cours de laquelle il doit rencontrer des victimes de la plus grave sécheresse en Somalie depuis deux décennies. Il est accompagné notamment de quatre de ses ministres. La Turquie a déployé une grande activité humanitaire et diplomatique pour répondre à la sécheresse en Somalie. Istanbul a déjà envoyé quatre avions remplis de dizaines de tonnes de vivres et de médicaments destinés aux Somaliens.
Justice Alimentaire
Afrique : La FAO s'insurge contre la famine dans la Corne de l'Afrique
2011-08-22
http://tinyurl.com/3hzf5md
La famine dans la Corne de l'Afrique est "inadmissible" avec les ressources financières et les technologies dont dispose la communauté internationale, a estimé le 18 août le directeur de la FAO, Jacques Diouf. La veille, les pays membres de l’OCI se sont engagés à Istanbul à verser 350 millions de dollars à la Somalie. Le 15 août, l'ONU avait lancé un appel d'urgence à davantage de contributions à son fonds de lutte contre la famine dans la Corne de l'Afrique, pour lequel elle juge nécessaires des aides de 2,4 milliards.
Global : Hausse record des prix des produits alimentaires
2011-08-22
http://tinyurl.com/3p6m3gz
Les cours mondiaux des produits alimentaires ont connu une forte hausse, avec des prix plus élevés en juillet que ceux de l’année dernière, de l’ordre de 33%, a indiqué l’organe de la Banque mondiale, chargé de la surveillance des prix des produits, le 16 août à Nairobi au Kenya. Selon cet organe, les prix des denrées sont plus élevés, à l’image de celui du maïs (84%), du sucre (62%), du blé (55%t) et de l’huile de soja (47%) qui contribuent ainsi à la hausse généralisée. Les stocks alimentaires dans le monde restant faibles, les fluctuations attendues des prix du sucre, du riz et des produits pétroliers pourraient avoir des conséquences sur les prix des autres denrées alimentaires au cours des prochains mois.
Maroc : Plaidoyer pour la création d'une Banque Africaine de Solidarité Alimentaire
2011-08-22
http://tinyurl.com/4x4cwgp
Le Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères et de la coopération a plaidé le 18 août à Rome pour la mise en place d'une Banque Africaine de Solidarité Alimentaire. Les conditions climatiques ne peuvent expliquer, à elles seules, ce drame humanitaire. gouvernements des pays en développement se sont vus obligés de faire des ponctions budgétaires pour maintenir, au détriment de la croissance économique, les prix à des niveaux raisonnables, a-t-il noté.
Somalie: L'aide humanitaire détournée?
2011-08-22
http://tinyurl.com/436ad6j
L'insécurité et les détournements de l'aide humanitaire en Somalie rendent encore plus vulnérables les 3 millions de victimes de la pire sécheresse depuis 60 ans. L'aide humanitaire est bloquée par les rebelles islamistes Shebab, qui combattent le gouvernement de transition. De son côté, le gouvernement fédéral de transition somalien a démenti les accusations selon lesquelles certains responsables de l’administration publique auraient détourné l’aide humanitaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) reconnaît cependant qu’une partie de l’aide est détournée. Il réfute en revanche les chiffres avancés.
Média & liberté d'expression
Côte d'Ivoire : Venance Konan, un "journaliste critique" au côté de Ouattara
2011-08-22
http://tinyurl.com/3phd87k
Journaliste de 52 ans a pris fin avril les rênes de Fraternité-Matin, qui fut un virulent relais des partisans de l'ex-président Gbagbo contre les "rebelles" pro-Ouattara et leurs alliés durant la sanglante crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011. Venance Konan avait quitté "FratMat" en 2006 après sa reprise en main par le pouvoir. Il s'était dans la foulée imposé dans d’autres journaux en procureur implacable du régime Gbagbo. Partisan de Ouattara, il entend aujourd’hui mettre ses convictions politiques de côté pour faire un journal dans lequel se reconnaîtraient tous les Ivoiriens.
Nouvelles de la diaspora
Global : recul sur les quotas d’immigrants au Canada
2011-08-22
http://tinyurl.com/3vnyja6
Consciente que sa politique de « rééquilibrage » de l’immigration au Québec a été largement perçue comme hostile aux nouveaux venus d’Afrique du Nord, la ministre Kathleen Weil a carrément décidé d’abandonner cette impopulaire mesure. Les critiques ne viennent pas uniquement des représentants des immigrants maghrébins. Un large pan des milieux économiques et sociaux a mal reçu la politique.
Global : Susana Baca, premier ministre noir du Pérou
2011-08-22
http://tinyurl.com/4yc83zf
Premier ministre noir de l’histoire du Pérou, la célèbre chanteuse Susana Baca incarne tous les espoirs d’une communauté longtemps marginalisée. Dans un pays où le racisme reste très répandu et où la minorité afro-péruvienne a longtemps été ignorée, sa nomination est un symbole fort. Associés aux conquistadors espagnols du XVIe siècle, les descendants des esclaves africains n’ont jamais gagné la reconnaissance de leurs concitoyens indiens. Il y a deux ans, le Pérou a toutefois été le premier pays sud-américain à s’excuser auprès d’eux pour des siècles d’exclusion.
Conflits & urgences
Libye : les dernières heures du régime de Kadhafi
2011-08-22
http://tinyurl.com/3ec8usu
Les rebelles libyens sont entrés, le dimanche 21 août, dans Tripoli la capitale. Lundi matin, ils affirmaient contrôler toute la ville, exceptée la résidence de Mouammar Kadhafi, autour de laquelle les combats s'intensifient. Le règne de 41 ans du dirigeant Libyen Moammar Kadhafi était, ce 22 août au matin, entré dans son épilogue à une vitesse qui a surpris les observateurs, alors que la plupart d'entre eux s'attendaient à une longue bataille pour le contrôle de la ville. Une offensive victorieuse d'autant plus surprenante qu'elle allait avoir pour première conséquence symbolique l'arrestation de Saif al-Islam, un des fils du colonel libyen, le plus en point sur le plan politique et qui était considéré comme un potentiel successeur de son père.
Libye : en difficulté, Kaddafi propose une trêve
2011-08-22
http://tinyurl.com/44pbqnx
Tout en excluant le départ de son leader Mouammar Kaddafi, le régime libyen a de nouveau proposé un cessez-le-feu après la prise de contrôle par les rebelles de la raffinerie du port stratégique de Zawiyah. Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a cependant rappelé que, pour la rébellion, le départ de Mouammar Kaddafi était un préalable à toute discussion. Mais des informations contradictoires circulent quant à la tenue à Djerba et à Tunis de négociations non-officielles entre représentants du régime et de l'insurrection.
Nigeria : craintes grandissantes de liens entre les islamistes et Al-Qaïda
2011-08-22
http://tinyurl.com/3cu9gqt
Une série d'indices fait craindre l'existence de liens entre une violente secte islamiste active au Nigeria et des groupes extérieurs, notamment la branche maghrébine d'Al-Qaïda, estiment des analystes. L'éventualité d'une telle connivence fait peur à de nombreux pays occidentaux. Puissance régionale, le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec 150 millions d'habitants, en est aussi le premier producteur de pétrole. La secte a affirmé vouloir instaurer un Etat islamique au Nigeria, qui compte environ autant de musulmans, majoritaires dans le nord, que de chrétiens, plus nombreux dans le sud. Son insurrection en 2009 avait été violemment réprimée par les forces de l'ordre, faisant plus de 800 morts en quelques jours.
Internet & technologie
Afrique : Les TIC au service de la lutte contre la famine
2011-08-22
http://tinyurl.com/3rtsewo
Dix millions d’euros pour venir en aide aux victimes de la famine au Kenya, c’est la somme amassée en quelques jours seulement par des blogueurs kenyans. Véritable caisse de résonance des aspirations démocratiques pendant les révolutions arabes, les réseaux sociaux servent aujourd’hui les grandes causes humanitaires. A Nairobi, l'initiative de Kenyans4kenya est partie des cercles de blogueurs du pays. Avec la nouvelle phase de sécheresse qui traverse le pays et la famine qui rôde, l'idée est venue de lancer un appel à la solidarité nationale en offrant de faire des donations par l'intermédiaire de systèmes de transferts de fonds par téléphone mobile.
Cote d'Ivoire: Les partenaires de l'école se concertent sur la Cybercriminalité
2011-08-22
http://tinyurl.com/3h2nte5
Le fait qu'un nombre important de cybercafés sont aux abords des écoles est perçue comme un danger en Côte d’Ivoire. Selon un membre du comité inter ministériel de l'Education nationale, l'école est devenue un espace criminogène. La jeunesse ivoirienne âgée de 12 à 25 ans est la plus impliquée dans les activités de cybercriminalité comme l'anarque par héritage, la demande d'aide des Ong fictives. Près de 87% des jeunes en milieu scolaire et universitaire ont été pris dans la cyber délinquance.
Djibouti: Un pays en construction
2011-08-22
http://tinyurl.com/3ul5uzz
Avec l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), Djibouti veut développer de nouvelles pages de coopération qui permettront d’accompagner le boom des Ntic dans le pays (entre 2002 et 2010, le nombre d’abonnés à Internet est passé de 0 à 200 000). Le pays veut s’équiper pour accueillir prochainement ses 400 000 abonnés soit près de la moitié de la population. En septembre 2008, les bonnes performances économiques de Djibouti ont favorisé l’octroi par le FMI d’une nouvelle FRPC, d’une durée de trois ans (2008-2011) et d’un montant total de 20 millions de dollars US. Le revenu par habitant relativement élevé (1235 dollars en 2009) place Djibouti parmi les pays à revenu intermédiaire tranche inférieure.
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