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La verite cover La vérité aux puissants
Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 206 : L'Afrique face aux stratégie de dominations absolues de l'Occident

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Résumé de l'Édition Anglaise, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Nécrologie, 5. Arts & livres, 6. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 7. Femmes & genre, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Justice Alimentaire, 16. Média & liberté d'expression, 17. Nouvelles de la diaspora, 18. Conflits & urgences, 19. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Appel à l’intelligentsia européenne et nord-américaine devant l’agression contre les peuples africains.
RÉSUME DE L’EDITION ANGLAISE : Hommage à Wambui Otieno : Un patrimoine pour le Kenya !
PLAIDOYERS & CAMPAGNE : Madagascar : Une feuille de route qui ramène l’espoir.
NECROLOGIE : Kenya : Décès de Wangari Maathai, prix Nobel de la paix en 2004.
ARTS & LIVRES : Afrique : Les obstacles à l’essor du cinéma africain.
POUVOIRS EMERGENTS : Global : Les BRICS posent leurs exigences pour aider l’Europe.
FEMMES & GENRE : Afrique : On n’emmerde pas le chef pour des histoires de fesses.
REFUGIES & MIGRATIONS : Afrique : A quand un statut pour les migrants climatiques ?
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Opposants de bouche et repaire d’imposteurs.
CORRUPTION : Global : L’affaire Bourgi et le prix de la corruption.
DEVELOPPEMENT : Afrique du Sud : Une inflation à 5,3%.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : La cigarette fait un tabac.
RACISME & XÉNOPHOBIE : Global : Freeman dénonce le racisme aux USA.
ENVIRONNEMENT : Afrique : La désertification s’intensifie.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Le G20 pour la création d’une réserve alimentaire en Afrique.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : Bras de fer entre les médias et le pouvoir.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Ghana : Kwedu Abodoli, le trader inculpé, se dit désolé.
CONFLITS & URGENCES : Afrique : L’armée américaine crée de nouvelles bases dans la Corne de l’Afrique.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Congo : Et voici la nouvelle tablette numérique africaine !




Chroniques

Appel à l’intelligentsia européenne et nord-américaine devant l’agression contre les peuples africains

Prince Kum’a Ndumbe III,

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76630


cc US Army
L’occident nous fait la démonstration au quotidien, depuis l’agression contre l’Irak, qu’il n’est intéressé ni au destin commun de l’humanité, ni au dialogue entre les peuples. Son seul souci s’est dévoilé être la domination absolue sur le monde, domination militaire, domination financière, domination culturelle et domination de la pensée. Pour Prince Kum’a Ndumbe III, la guerre imposée par l’OTAN en Libye n’est qu’un épisode de plus dans cette stratégie de mainmise sur l’Afrique.


Du financement de la recherche et d’un supposé dialogue scientifique

Prince Kum’a Ndumbe III

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76629


cc US Army
Devant les agressions de toutes sortes dont l’Afrique est victime, portées par la puissance militaire de l’occident, il importe qu’elle se réarme. Et entre autres combats à mener, celui pour la souveraineté et l’utilisation propre de ses diverses richesses. Un combat qui commence, entre autres, par la restauration et l’affirmation de nos mémoires collectives, souligne Prince Kum’a Ndumbe III.


Pour la création d'un état palestinien

Hugo Chavez

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76628


cc D N
Absent de l’Assemblée générale des Nations Unies qui a vu Mahmood Abbas demander au Conseil de sécurité la reconnaissance de l'Etat palestinien, Hugo Chavez n’a pas raté l’occasion de témoigner sa solidarité par rapport à cette initiative. Pour le président vénézuélien, dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, «il s'agit là d'un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde».

Son Excellence
Monsieur Ban Ki-Moon
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

Je m'adresse à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies, à cette grande tribune où sont représentés tous les peuples de la Terre, pour réaffirmer aujourd'hui et en ce lieu l'appui total du Venezuela à la reconnaissance de l'État de Palestine, au droit de la Palestine de se convertir en un État libre, souverain et indépendant. Il s'agit là d'un acte de justice historique envers un peuple qui porte en soi depuis toujours toute la douleur et toute la souffrance du monde.

Le grand philosophe français Gilles Deleuze a dit, empruntant l'accent de la vérité, dans son ouvrage mémorable "La grandeur de Yasser Arafat" : « La cause palestinienne est avant tout l'ensemble des injustices que ce peuple a subies et continue de subir». Elle est aussi - oserai-je ajouter - une volonté de résistance permanente et irréductible qui est d'ores et déjà inscrite dans la mémoire héroïque de la condition humaine. Une volonté de résistance qui naît de l'amour pour la terre. Mahmoud Darwish, cette voix infinie de la Palestine possible, nous parle depuis le sentiment et la conscience de cet amour :

« Qu'avons-nous besoin du souvenir
le Mont Carmel est en nous
et sur nos paupières pousse l'herbe de Galilée
Ne dis pas : Que ne courrions-nous pas comme un fleuve pour le rejoindre
Nous sommes dans la chair de notre pays
Il est en nous»

Contre ceux qui soutiennent à tort que ce que le peuple palestinien a souffert n'est pas un génocide, Deleuze soutient avec une lucidité implacable : « D'un bout à l'autre, il s'agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n'avait jamais été ». C'est là - comment dire ? - le degré zéro du génocide : décréter qu'un peuple n'existe pas ; lui nier le droit à l'existence.

À ce sujet, saluons la raison le grand écrivain espagnol Juan Goytisolo lorsqu'il affirme catégoriquement : « La promesse biblique de la terre de Judée et de Samarie aux tribus d'Israël n'est pas un contrat de propriété entériné par-devant notaire qui autorise à expulser de leur terre ceux qui y sont nés et qui y vivent. » Aussi la solution du conflit du Moyen-Orient passe-t-elle forcément par la justice à rendre au peuple palestinien : telle est la seule voie si l'on veut conquérir la paix.

Nous souffrons et nous nous indignons en constatant que ceux qui ont subi l'un des pires génocides de l'Histoire se sont convertis en bourreaux du peuple palestinien ; nous souffrons et nous nous indignons en constatant que le legs de l'Holocauste est la Nakba. Il est simplement indignant tout court de constater que le sionisme continue de recourir au chantage de l'antisémitisme contre ceux qui s'opposent à ses sévices et à ses crimes. Israël a instrumentalisé et instrumentalise d'une façon éhontée et vile la mémoire des victimes. Et il le fait pour pouvoir agir en toute impunité contre la Palestine. Il va s’en dire, au passage, que l'antisémitisme est une plaie occidentale, européenne, dont les Arabes ne sont pas partie prenante. De plus, n'oublions pas que c'est le peuple sémite palestinien qui souffre de l'épuration ethnique pratiquée par l'État colonialiste israélien.

Qu'on me comprenne bien : une chose est de refuser l'antisémitisme, autre chose, très différente, est d'accepter passivement que la barbarie sioniste impose au peuple palestinien un régime d'apartheid. D'un point de vue éthique, quiconque refuse la première doit condamner la seconde.

Qu'il me soit permis une digression nécessaire : il est franchement abusif de confondre sionisme et judaïsme ; nombre d'intellectuels juifs, tels Albert Einstein et Erich Fromm, se sont chargés de nous le rappeler au fil du temps. Et, aujourd'hui, de plus en plus de citoyens conscients au sein même d'Israël, s'opposent ouvertement au sionisme et à ses pratiques terroristes et criminelles.

Il faut le dire clairement : le sionisme, comme vision du monde, est foncièrement raciste. Ces affirmations de Golda Meir, d'un cynisme atterrant, en sont une preuve criante : « Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n'y a personne à qui les rendre ! Ce que l'on appelle les Palestiniens n'existe pas. Ce n'était pas comme s'il y avait eu un peuple en Palestine, qui se considérait comme le peuple palestinien, et que nous étions venus, les avions jetés dehors et leur avions enlevé leur pays. Ils n'existaient pas. »

Rappelons-nous : c'est dès la fin du XIXe siècle que le sionisme a parlé du retour du peuple juif en Palestine et de la création d'un État national qui lui soit propre. Cette prise de position s'imbriquait parfaitement dans le colonialisme français et britannique, comme il ferait ensuite dans l'impérialisme yankee. L'Occident a, depuis toujours, appuyé et encouragé l'occupation sioniste de la Palestine par la voie militaire.

Lisez et relisez donc ce document qui est connu historiquement comme la Déclaration de Balfour de 1917 : le gouvernement britannique s'arrogeait la faculté de promettre aux juifs un foyer national en Palestine, en dénigrant délibérément la présence et la volonté de ses habitants. Et rappelons que chrétiens et musulmans ont vécu en paix, des siècles durant, en Terre sainte jusqu'à ce que le sionisme ait entrepris de la revendiquer comme sa propriété entière et exclusive.

Rappelons encore que, dès la deuxième décennie du XXe siècle, le sionisme, profitant de l'occupation coloniale de la Palestine par la Grande-Bretagne, a commencé à développer son projet expansionniste. Et qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le peuple palestinien verrait sa tragédie empirer par son expulsion à la fois de son territoire et de l'Histoire. La résolution 181 des Nations Unies - ignominieuse et illégale - recommanda en 1947 la partition de la Palestine en un État juif, en un État arabe et en une zone sous contrôle international (Jérusalem et Bethléem), concédant ainsi - quelle honte ! - 56% du territoire au sionisme pour qu'il y constitue son État. Cette Résolution violait de fait le droit international et bafouait d'une manière flagrante la volonté des grandes majorités arabes : le droit des peuples à l'autodétermination devenait lettre morte.

De 1948 à nos jours, l'État sioniste a poursuivi sa stratégie criminelle contre le peuple palestinien. Pour ce faire, il a toujours pu compter sur un allié inconditionnel : les États-Unis d'Amérique. Et cette inconditionnalité se traduit par un fait bien concret : c'est Israël qui oriente et fixe la politique internationale étasunienne au Moyen-Orient. Edward Saïd, cette grande conscience palestinienne et universelle, soutenait avec force raison que tout accord de paix qui se construirait sur l'alliance avec les USA, loin d'amenuiser le pouvoir du sionisme, le confortera.

Toutefois, contrairement à ce qu'Israël et les États-Unis prétendent faire croire au monde à travers les multinationales de la communication et de l'information, ce qui est arrivé et ce qu'il continue d'arriver en Palestine n'est pas - disons-le avec Saïd - un conflit religieux : c'est un conflit politique marqué du sceau du colonialisme et de l'impérialisme ; ce n'est pas un conflit millénaire : c'est un conflit contemporain ; ce n'est pas un conflit qui est né au Moyen-Orient : c'est un conflit qui est né en Europe.

Quel était et quel est encore le nœud du conflit ? Le fait qu'on privilégie dans les discussions et les analyses la sécurité d'Israël, jamais celle de la Palestine. L'histoire récente le corrobore : il suffit de rappeler la nouvelle équipée génocidaire déclenchée à Gaza par Israël à travers l'opération Plomb durci.

La sécurité de la Palestine ne peut se réduire à la simple reconnaissance d'un auto-gouvernement et d'un auto-contrôle policier limités dans ses « enclaves » de la Rive Ouest du Jourdain et de la bande de Gaza, tout en ignorant non seulement la création de l'État palestinien dans les frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, les droits de ses nationaux et le droit de son peuple à l'autodétermination, mais encore le droit à la compensation et le droit au retour de la moitié de la population palestinienne dispersée dans le monde entier, aux termes de la Résolution 194.

Il n'est pas croyable qu'un pays, Israël, qui doit son existence à une résolution de l'Assemblée générale puisse mépriser à ce point les résolutions émanant des Nations Unies ! Voilà ce que dénonçait le père Miguel D'Escoto quand il réclamait la fin du massacre de la population de Gaza fin 2008 et début 2009.

Monsieur le Secrétaire général ;

Honorables représentants des peuples du monde,

On ne saurait ignorer la crise des Nations Unies. Nous avons soutenu en 2005, devant cette même Assemblée générale, que le modèle des Nations Unies était épuisé. Le fait que le débat sur la question de Palestine ait été ajourné et qu'on soit en train de le saboter ouvertement en est une nouvelle confirmation.

Washington ne cesse de répéter depuis plusieurs jours qu'il opposera son veto, au Conseil de sécurité, à ce qui sera une résolution majoritaire de l'Assemblée générale : à la reconnaissance de la Palestine comme membre de plein droit de l'ONU. Nous avons d'ores et déjà déploré, aux côtés des nations sœurs qui constituent l'Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), dans la Déclaration de reconnaissance de l'État de Palestine, qu'une aspiration si juste soit bloquée par ce biais. L'Empire, nous le savons tous, prétend dans ce cas comme dans d'autres imposer un deux-poids-deux-mesures dans l'arène internationale : c'est là la double morale yankee qui, tout en violant le droit international en Libye, permet à Israël de faire ce qu'il lui chante, devenant ainsi le principal complice du génocide que la barbarie sioniste commet contre les Palestiniens. Je rappelle une phrase de Saïd qui met bien le doigt sur la plaie : compte tenu des intérêts d'Israël aux États-Unis, la politique de ce pays au Moyen-Orient est donc israélocentriste.

Je voudrais conclure en faisant entendre la voix de Mahmoud Darwish dans son mémorable poème Sur cette terre :

« Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre
il y a sur cette terre,
le commencement des commencements,
la fin des fins.
On l'appelait Palestine et on l'appelle désormais Palestine.
Madame, je mérite, parce que vous êtes ma dame,
je mérite de vivre. »

Elle continuera de s'appeler la Palestine. La Palestine vivra et vaincra ! Vive la Palestine libre, souveraine et indépendante !

Miraflores, le 17 septembre 2011


* Hugo Chávez Frías, Président de la République bolivarienne du Venezuela

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Egypte: C'est le moment, pour le pouvoir populaire, d'ouvrir le passage de Rafah !

Haidar Eid

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76632


cc W I
Dans le problème palestinien, note Haidar Eid, Israël a non seulement colonisé les territoires, mais il s’est aussi assuré une mainmise sur «l'histoire et le discours qui la représentent». Le droit international s’en retrouve confisqué. A propos du passage de Rafah comme à propos de la naissance d’un Etat palestinien, les injustices dont souffre ce peuple perdurent.


"Le loup est plus compatissant que mes frères". Mahmoud Darwish

Le fait d’écrire à propos du passage de Rafah, après la réussite spectaculaire de la révolution égyptienne à évincer Hosni Moubarak, nous ramène au souvenir affreux du régime du dictateur déposé. Un million et demi de Palestiniens de Gaza ont eu de grandes espérances après que l’ex-Premier ministre égyptien Nabil el-Arabi ait qualifié de honteuse la complicité du gouvernement Moubarak avec Israël dans le siège de Gaza.

28 janvier 2008, les Gazaouis font tomber le mur de Rafah. Suite à cela, le gouvernement égyptien a annoncé officiellement le 29 mai que le passage de Rafah serait ouvert en permanence. Les Palestiniens détenteurs d’un passeport seraient autorisés à passer en Egypte tous les jours de 9h à 17h, sauf les vendredis et jours fériés. Les femmes palestiniennes et les enfants auraient le droit de quitter Gaza sans restriction, tandis que les hommes de 18 à 40 ans devraient obtenir un visa pour entrer en Egypte. En dépit de ces conditions et de l’interdiction de circulation de biens et d’équipements, les Palestiniens de Gaza ont accueilli favorablement cette évolution.
Néanmoins, cette décision ne fut appliquée que pendant deux jours. Elle fut retirée sans préavis et le nombre de personne autorisées à quitter Gaza a été réduit à 300 par jour.

Aucune raison n’a été donnée à ce changement. Les simples habitants de Gaza restent les victimes de cette volte-face politique, leur droit à la liberté de mouvement réduit une fois de plus sans qu’ils aient d’indication sur quand ils pourront espérer voyager librement. Rien ne justifie la fermeture.

Le droit international est parfois cité de façon sélective, y compris par certains militants solidaires de la Palestine, pour justifier la fermeture de Rafah. Leur argument est que Gaza n’est pas un Etat indépendant et que, depuis que l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, reconnue au niveau international, a signé l’accord de Rafah 2005 sur les déplacements et l’accès, seule cette entité a le droit de surveiller ce qui passe du côté palestinien de Rafah.

Même les grands média israéliens libéraux font la morale aux Palestiniens de Gaza sur ce qui est le mieux pour eux.

La journaliste Amira Hass fait partie de ceux qui critiquent l’ouverture du passage de Rafah, en se positionnant contre d’éminents signataires de la « Campagne internationale pour l’ouverture du passage de Rafah » tels que Desmond Tutu et Ronnie Kasrils ou le rapporteur spécial des Nations Unies pour les Territoires occupés, Richard Falk. Des écrivains de renommée mondiale, Alaa al Aswani, Adhaf Soueif, Tariq Ali, Radwa Ashour, Mike Marqusee et Benjamin Zephania, pour n’en mentionner que quelques-uns, et les principaux groupes de la solidarité internationale et syndicats ont également apporté leur soutien à l’appel pour l’ouverture de Rafah.



L’argument d’Amira Hass est que l’appel pour l’ouverture permanente et inconditionnelle est « encore une initiative qui se dit elle-même militante et qui est une épée à double tranchant » parce qu’elle n’est pas articulée à une demande de liberté de mouvement entre Gaza et la Cisjordanie – comme si l’ouverture du passage de Rafah nécessitait la fermeture de tous les autres points de passage entre Gaza et Israël.
Confondant tactique et stratégie, Amira Hass ignore simplement le fait que ces six points de passage sont contrôlés par des soldats israéliens à la gâchette facile. Pour elle, « l’initiative apparemment progressiste et militante » pour l’ouverture de Rafah fait de la coupure entre Gaza et la Cisjordanie une « réalité incontestée ».



Pour les tenants de la solution à deux Etats, cette conclusion est évidemment acceptable. Ne pas être capable de voir l’immensité de la souffrance due à la fermeture de Rafah et ignorer que les Palestiniens de Gaza n’ont actuellement pas d’autre sortie, dépasse l’entendement.
Plus important encore, A. Hass semble même ignorer que l’appel pour l’ouverture permanente et inconditionnelle de Rafah émane de la société civile de Gaza et d’organisations de base et que des révolutionnaires égyptiens et des organisations de base ont soutenu l’appel dès sa parution.



RELIRE LE DROIT INTERNATIONAL



La Déclaration universelle des droits de l'homme stipule que : 

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.



Le droit international n'est pas opposé à l'ouverture du passage de Rafah, et même s'il l'était, ce serait à nous, les gens ordinaires, la société civile et les organisations populaires, de créer une nouvelle réalité sur le terrain.
Mais le droit international est très clair : en cas d'urgence, comme par exemple pendant le siège et les massacres à Gaza, les pays voisins tels l'Egypte doivent ouvrir leurs frontières. La Bosnie est un bon exemple récent, où les pays européens voisins ont tenu compte des appels à ouvrir leurs frontières pour les Bosniaques, conformément au droit international. On peut aller plus loin et dire que tout gouvernement imposant, ou aidant à imposer ce siège meurtrier sur Gaza devrait être poursuivi pour crimes de guerre.

Cette question devrait être adressée à l'actuel Secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, en tant qu'expert en droit international, et parce que ses déclarations sur les relations de l'Egypte avec Israël ont suscité de faux espoirs parmi les Palestiniens assiégés de Gaza.
La réalité est qu'Israël, tant avant qu'après 2005, est la seule puissance qui décide quand ouvrir la frontière et comment interpréter le droit international, s'assurant que ses propres intérêts et ceux des Etats-Unis, ainsi que de l'Occident en général, soient protégés.
Le droit et les accords internationaux peuvent être utilisés, et défendus, comme cadre de lutte pour la garantie et la protection des droits palestiniens (comme la résolution 194 des Nations Unies, qui garantit le droit au retour des réfugiés palestiniens) et si cette utilisation soutient la résistance et la libération nationale.

Ce que je comprends, c'est que le droit international doit servir la liberté, l'égalité et les droits de l'homme.
La restriction de la circulation palestinienne au passage frontalier de Rafah est cependant une décision politique puisque le gouvernement palestinien d'unité nationale, qui a survécu un court laps de temps en 2007 et qui représentait pratiquement toutes les organisations politiques palestinienne, a indiqué à l'Egypte et au Quartet (les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations Unies) qu'il acceptait les principes du passage de Rafah de 2005. Cette adhésion palestinienne aux principes n'a jamais été acceptée par le régime égyptien ni par le Quartet, ce qui a eu pour conséquence l'impasse actuelle qui a conduit directement aux morts de plus de 650 Palestiniens à Gaza parce qu'ils ont été dans l'incapacité d'accéder à des traitements médicaux à l'étranger. 



Il est important de noter qu'avant 1967, la Bande de Gaza sous administration égyptienne n'avait aucune frontière contrôlée avec l'Egypte, et les Gazaouis pouvaient circuler à travers le Sinaï jusqu'au Canal de Suez sans aucun blocage. Cette liberté de circulation n'a jamais servi de prétexte pour nier aux Palestiniens de Gaza leur droit à lutter pour revenir dans les villages et villes d'où ils ont été ethniquement nettoyés. Gaza était toujours considérée comme une partie de la Palestine historique. Le même principe s'applique aujourd'hui au sujet des appels à ouvrir Rafah : ouvrir Rafah ne signifie pas qu'on accepte le reste du régime de bouclage d'Israël.



IGNORER LA COLONISATION



Le problème avec la (fausse) interprétation dominante du droit international est qu'elle transforme la question Palestine dans son ensemble en un jeu de langage décontextualisé et post-moderne. Le droit international auquel elle se réfère est vu comme anhistorique et prend en considération l'interprétation de la partie dominante, Israël. Ce discours ignore qu'Israël a colonisé non seulement la terre, mais aussi l'histoire et le discours qui la représentent.

Comme le dit Ilan Pappe dans un contexte différent, Israël a employé son appareil puissant pour propager son récit officiel.
Nous, Palestiniens, sommes engagés dans une lutte de libération nationale et le contexte à Gaza, en particulier avant et après le massacre, requiert un changement complet de paradigme dans notre compréhension des outils de lutte et du programme politique qui doit être utilisé. Le temps est venu du pouvoir du peuple, comme en témoignent les rues du Caire, de Damas, de Sana'a, de Manama et de Tunis.

La population d'Egypte, avec les Palestiniens de Gaza, peut ouvrir la frontière de façon permanente et inconditionnelle, quoi qu'en pensent Israël et ses soutiens à la Maison Blanche et au 10 Downing Street. Leur homme à Sharm El-Sheikh est derrière les barreaux, grâce au sacrifice et au courage de gens ordinaires comme Khaled Said et Ahmed al-Shabat, et ceux des hommes, des femmes et des enfants de Gaza, qui ont réussi à faire tomber par deux fois les murs de ciment à la frontière palestino-égyptienne.

Il y a des leçons à tirer de Gaza 2009.

Nous avons perdu confiance dans la soi-disant communauté internationale qui prétend soutenir le droit international, tant ses organes représentatifs tels que les Nations Unies, l'Union Européenne et la Ligue Arabe sont globalement restés silencieux devant les atrocités perpétrées par Israël-Apartheid. Elles sont donc du côté d'Israël.



Israël déclare Gaza "entité hostile" ? Et alors ? Les messages des officiels citant le droit international pour justifier la fermeture de la frontière, et de quelques activistes et journalistes mal informés, sont une interprétation mécanique du droit qui ne prend pas en compte les vies humaines.

La fermeture de la seule sortie des Palestiniens de Gaza vers le monde extérieur équivaut à un crime contre l'humanité, étant donné le siège israélien et le bombardement continuel sur Gaza. L'Egypte a l'obligation morale et politique d'ouvrir le passage de Rafah de façon permanente, et 24h/24. L'Egypte ne peut pas continuer à soutenir les interprétations opportunistes du droit international qui justifient la privation des médicaments, du lait, de la nourriture et autres produits essentiels à la population de Gaza.

Le caractère sacré des vies humaines devrait primer sur les frontières et les traités, et c'est aux activistes de la solidarité de prendre les devants en portant ce point devant le gouvernement égyptien et les autres

Selon les Conventions de Genève, les Palestiniens, comme tous les autres peuples, ont droit à la liberté de mouvement et la protection contre les punitions collectives comme la fermeture arbitraire du carrefour frontalier.
Aucune fausse interprétation du droit international ne peut passer outre le droit des Palestiniens à la liberté de circulation en et hors Egypte juste parce qu'ils sont aussi, en même temps, engagés dans une lutte contre l'occupation, la colonisation et l'apartheid israéliens.


* Haidar Eid est professeur associé de littérature anglaise à l’Université Al-Aqsa, à Gaza (Source : Electronic Intifada)

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Révolution démocratique salutaire dans le monde arabe ou première crise sociale majeure de la mondialisation ?

Patrice Allard

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76635


cc J J
Printemps arabe, « révolutions salutaires », les mouvements populaires qui secouent le monde arabe et ont font tomber ici et là des régimes dictatoriaux sonnent comme l’aube d’un nouveau jour. Mais derrière ce que l’occident dessine comme des ruptures vers de nouvelles perspectives, des questions fondamentales demeurent.

De manière soudaine, des mouvements populaires de contestation ont traversé et traversent les pays du Maghreb et du Machrek. Le refus de la misère et de la dictature anime ces mouvements qui, très vite, ont pris une ampleur sans précédent. Le succès de la « révolution tunisienne » qui renversa le régime de Ben Ali a ouvert le champ de nouveaux possibles : les pouvoirs établis, pris entre des concessions tardives et illusoires et l’usage sans limite de la répression, peuvent s’effondrer. Fort de ces nouveaux espoirs, d’autres mouvements, dans d’autres pays de la région, se sont développés. La chute du régime de Moubarak en Égypte en est l’exemple. Cette contestation massive transmise d’un pays à l’autre connaît aujourd’hui des suites incertaines, qu’il s’agisse, pour les uns, de construire un nouveau régime politique et, peut-être, social ou bien, pour d’autres de ces pouvoirs établis, de « lâcher du lest » en s’engageant dans des programmes de réformes. Plus tragique est la situation de certains où violence et répression ont conduit à la guerre civile, avec ou sans intervention étrangère. Peut-être obnubilés par la toute relative imprévisibilité de ces événements, les médias occidentaux les ont présentés comme des « révolutions salutaires », une rupture historique qui ouvre de nouvelles perspectives. Mais de quelle rupture s’agit-il ?

En mettant l’accent sur les seules aspirations à la démocratie de ces peuples, les médias occidentaux font la part belle au schéma classique de la « bonne gouvernance », exercée dans le seul cadre légitime d’un régime de démocratie parlementaire. N’est-ce pas illusoire ? Nombre de ces pouvoirs contestés ou renversés aujourd’hui n’étaient-ils pas, il y a peu, considérés comme « de bons élèves » ? Dans leurs analyses, les chroniqueurs n’ont-ils pas oublié l’importance des revendications sociales qui ont accompagné et donné toute leur étendue à ces mouvements populaires ? En effet, pour que ces mouvements aient pu s’étendre aussi massivement, presqu’à l’ensemble d’une région, pour que les revendications avancées en Tunisie aient pu être entendues et partagées ailleurs, il était nécessaire que celles-ci correspondent aux attentes des peuples de cette région. Quelles sont donc ces conditions communes, économiques, sociales ou politiques, partagées ?

La liste des pays ayant connu ou connaissant des mouvements de contestation populaire puissant est longue. Ce qui frappe avant tout est leur diversité. En effet, deux de ces dix pays, le Bahreïn et la Libye, pays principalement exportateurs d’hydrocarbures, présentent des caractéristiques assez proches de celles de pays développés. Deux autres, la Mauritanie et le Yémen, appartiennent à l’ensemble des moins développés. Les six autres enfin se situent dans les perspectives moyennes de pays en voie de développement. En matière de croissance, si l’ensemble a échappé à la récession transmise depuis les pays centraux en 2009, mais pas à un net ralentissement, leurs performances sont diverses, allant d’une croissance restant rapide en Égypte, au Maroc ou au Yémen, à une croissance très ralentie en Algérie, Mauritanie ou en Libye. Un même constat peut être fait en ce qui concerne les hausses de prix, une moitié d’entre eux connaissant une inflation assez conséquente, avec des hausses supérieures à 5 % l’an (allant jusqu’à 9,9 % en Égypte), alors que celle-ci reste modérée (inférieure à 4 % l’an) dans l’autre moitié. Ainsi les éléments habituels de conjoncture économique ne constituent guère des caractéristiques communes à l’ensemble de ces pays.

Il en va tout autrement de l’insertion de ces différents pays dans l’économie mondialisée. Ce qui les caractérise est justement l’ampleur de celle-ci et non leur mise à l’écart. Il n’est pas simple de mesurer une telle insertion. Sur la base des éléments statistiques disponibles, deux indicateurs peuvent être utilisés. Le premier, très classique, est le rapport simple entre les exportations et le produit intérieur brut (PIB). Le second est le rapport entre les investissements directs étrangers reçus (IDE) et l’investissement intérieur (formation brute de capital fixe ou FBCF). Le tableau ci-dessous en présente les résultats pour ces dix pays. Pour éclairer ce tableau, nous lui adjoignons les résultats comparables obtenus par 5 pays développés et 5 pays émergents bien intégrés dans l’économie mondiale (2).

Ainsi, de manière schématique, nous pouvons dire qu’un pays comme la Tunisie a le quart de son investissement intérieur assuré par des investisseurs étrangers et exporte plus du tiers de sa production, chiffres qui sont supérieurs à ceux du Mexique ou de la Chine. Globalement, en comparant les chiffres des deux groupes de pays, il est assez facile de voir que chacun des pays concernés se trouve largement impliqué dans la circulation globalisée des capitaux productifs et/ou dans la division internationale mondialisée du travail.

Ces pays sont différents de par leur mode d’intégration à l’économie mondialisée. Le Bahreïn et la Libye le sont sur le modèle de pays exportateurs d’hydrocarbures. Les autres le sont comme fournisseurs de produits bruts (Mauritanie, par exemple), ou comme bénéficiaires des déplacements d’activités manufacturières des pays du nord vers ceux du sud (Égypte, Jordanie ou Tunisie, par exemple), ou encore du fait de l’essor d’activités de services (tourisme, par exemple). Ils diffèrent également suivant l’insertion récente ou plus ancienne de leur économie. L’Égypte, la Jordanie, le Maroc ou la Tunisie sont caractéristiques d’une insertion déjà ancienne. Pour d’autres, cette insertion qui se manifeste par la libéralisation du code des investissements étrangers et des opérations en capital, par un assouplissement du code douanier et par des encouragements au développement du secteur privé souvent accompagnés par des privatisations d’entreprises publiques, est plus tardive. Il est possible de la situer à partir de 2004 pour la Syrie (3), de 2006 pour le Yémen où l’ouverture de l’économie yéménite fait suite à un programme d’ajustement structurel assez sévère. Elle est enfin très récente en Libye.

Une caractéristique commune aux pays de la région n’est pas seulement l’entrée de leurs économies dans la mondialisation, en cours ou assumée depuis plusieurs années, mais surtout, par les conséquences sociales de celle-ci, assez semblables d’un de ces pays à l’autre.

La première d’entre elles tient en la simultanéité d’un certain progrès en matière de conditions de vie, affaibli par des inégalités sociales criantes. Le rapport annuel 2010 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) offre un outil précieux pour l’observation de ce phénomène (4). Il s’agit de l’ajustement du classique indicateur de développement humain (IDH) à la mesure des inégalités constatées dans chaque pays. La comparaison entre l’IDH traditionnel et l’IDH ajusté rend ainsi compte de l’effet négatif de ces inégalités sur les conditions de vie de la population.

Si la progression de l’IDH est indéniable, assez rapide au Maroc et au Yémen, ces progrès sont profondément remis en cause par l’ampleur des inégalités, comme le montre l’IDH ajusté. Ainsi la Tunisie, que l’indicateur brut situe parmi les pays à développement humain élevé, verrait-elle son rang ramené à celui de pays à développement humain moyen aux yeux de l’indicateur ajusté. Il en irait de même de l’Égypte qui passerait de la catégorie de pays à développement humain moyen à celle de faible. De plus, à l’exception de la Jordanie et de la Syrie, chacun des pays recensés connaît une dépréciation de son niveau de développement humain supérieur à la moyenne des pays comparables. Ceci conduit à penser qu’au nord comme au sud, les progrès potentiels de la mondialisation sont vite remis en cause par l’aggravation des inégalités.

Une seconde conséquence commune aux pays de la région est la précarité que connaissent les travailleurs salariés. La présence commerciale ou productive des entreprises occidentales s’accompagne de « l’exportation » de leur mode de gestion de la main d’œuvre. La multiplication des contrats de travail temporaires s’ajoute aux emplois précaires du secteur informel et conduit à la pauvreté d’une partie importante de la population.

Enfin, la crise devenue économique qui frappe en 2009 les pays des centres n’a pas manqué de toucher ces pays de la région, d’autant plus durement que leurs économies étaient devenues dépendantes de leurs clients ou donneurs d’ordres occidentaux. Au besoin plus ou moins mal satisfait de créer des emplois pour absorber les nombreux entrants dans la vie active, s’est ajouté le chômage d’une conjoncture devenue défavorable. Globalement, le niveau de ce chômage varie d’un de ces pays à l’autre. L’importance de leur dépendance, la spécificité de leurs structures productives comme la fiabilité des informations statistiques n’y sont pas étrangers. Cependant le chômage de chacun présente des similitudes en ce qu’il est inégalement réparti sur l’ensemble des actifs. Il frappe plus durement les jeunes que leurs ainés, les diplômés plus que les sans diplômes. Ainsi, en moyenne sur les années 2000-2008, le chômage, en Algérie, concernait 45,3 % des diplômés de l’enseignement secondaire ou supérieur et seulement 19 % des actifs ayant reçu une formation limitée à l’enseignement primaire (5). Au Maroc, la différence (54,2 % contre 8,8 %) est encore plus marquée. Pour cette raison, ne soyons pas étonnés de voir les jeunes, et particulièrement les jeunes diplômés, jouer un rôle important dans le déclenchement de ces puissants mouvements politiques et sociaux.

Précarité et chômage ne sont pas nouveaux pour la grande majorité des habitants des pays de cette région, pas plus que les protestations sociales qu’ils ont suscitées. En effet, un autre trait commun à ces pays est l’existence de mouvements sociaux, tantôt locaux et diffus, tantôt plus massifs, depuis 2007. Il convient de rappeler que, un à deux ans avant l’éclatement de la « bulle financière » en Occident, les dérèglements de l’économie mondiale frappaient déjà durement les pays des périphéries (6). Les populations de ces pays ont subi le renchérissement des prix de l’énergie puis des produits alimentaires d’autant plus sévèrement que les orientations libérales des gouvernants freinaient la mise en place de politiques sociales correctives. Partout aux protestations habituelles contre le chômage se sont ajoutées des manifestations contre les hausses de prix des produits de première nécessité, des salaires toujours trop faibles et, parfois, l’impossibilité de trouver à se loger.

« Émeutes de la faim » accompagnées de grèves dans les industries textiles en Égypte, manifestations locales multiples et répétées en Algérie, mouvement social dur, tournant à l’émeute et à la répression à Gafsa, en Tunisie, sont des épisodes connus, même s’il est parfois utile de les rappeler. Ils ne doivent pas faire oublier que vie chère, bas salaires et chômage ont détérioré le climat social dans tous les pays de la région, tout particulièrement au Maroc ou en Jordanie. Dans ce dernier pays s’ajoutaient des protestations contre le manque de transparence des privatisations en cours. En Syrie, le détonateur fut la nouvelle politique gouvernementale de réduction des subventions aux produits de première nécessité. En Égypte, l’ampleur des « émeutes de la faim » a même contraint le pouvoir à rétablir des subventions aux produits alimentaires de base, en complète opposition avec les orientations libérales qu’il suivait. Ainsi, si des mouvements d’une toute autre ampleur ont éclaté à partir de décembre 2010, il convient de remarquer que les revendications sociales qu’ils portent étaient déjà clairement exprimées deux ans auparavant.

Comparée à d’autres pays périphériques (Afrique subsaharienne par exemple) la situation sociale des pays de la région depuis 2008 n’est pas la pire. Comment comprendre alors que seule la région Machrek Maghreb et deux pays de la Péninsule arabique aient connu des mouvements d’une telle force ? La réponse est évidente : parce qu’aux revendications sociales ont pu s’ajouter des revendications politiques radicales. Le climat est devenu révolutionnaire sans doute parce que le pouvoir politique en place avait ou a perdu toute légitimité aux yeux de son peuple. Dans le cas de l’Égypte ou de la Tunisie ou de bien d’autres, il s’est agi de pouvoir autoritaire, autocratique ; mais n’est-ce pas le cas d’autres pays, hors de la région ? On ne saurait par ailleurs minorer les effets mobilisateurs d’une répression vite devenue féroce.

Pourtant le contexte de montée des inégalités sociales, évoqué ci-avant, mérite aussi d’être pris en compte. Si cette montée signifie pour la grande majorité les difficultés sociales que nous avons évoquées, elle implique, de l’autre côté, qu’une minorité ait trouvé de multiples occasions de s’enrichir. L’insertion des économies dans l’économie mondiale, c’est-à-dire ici les politiques de libéralisation, ont créé des « canaux d’enrichissement » au seul profit d’une infime minorité. Les nombreuses solidarités qui ont pu s’établir ou se renforcer entre les détenteurs du pouvoir politique et les « affairistes » qui tiraient de ces solidarités une partie de leur pouvoir économique n’ont pas manqué de fusionner revendications sociales et politiques.

Si l’aspiration à plus de démocratie est l’un des moteurs qui a pu mobiliser une partie de la population, la dérive oligarchique du pouvoir politique en place reste significative en ce qu’elle a rendu possible la mobilisation d’une large part de cette population et la radicalité de ces mouvements. C’est sans doute parce que cette dérive oligarchique était devenue évidente dans certains de ces pays que des mouvements de cette envergure sont devenus possibles. En ce sens ils apparaissent bien comme les premiers mouvements politiques et sociaux majeurs issus de la mondialisation.

Les pays du nord l’ont compris et ne lâchent rien. La fermeture même partielle aux échanges de marchandises et à la circulation des capitaux d’un ou de plusieurs pays serait par trop catastrophique dans une économie mondiale en crise. La défense de l’ordre politique et économique international reste pour eux une priorité qu’ils s’emploient à assurer, tantôt par la manière douce qui consiste à favoriser l’émergence d’un nouveau pouvoir politique qui adhère au credo libéral et pourrait ainsi devenir un allié, tantôt par l’emploi de la force exercée soit directement (Libye), soit par délégation (intervention saoudienne au Bahreïn).

Par ses enjeux comme par ses perspectives d’avenir, le « printemps » que connaissent certains pays de la région s’inscrit donc au cœur des relations centres / périphéries. La remise en cause de l’ordre politico économique intérieur constitue un premier défi que ces peuples ont affronté avec bravoure. Cependant la satisfaction de leurs aspirations sociales constitue un second défi qui impose d’autres relations avec les pays des centres. Ce défi pourra-t-il être relevé ?


* Patrice Allard est rédacteur en chef de la revue Informations et Commentaires (source : ritimo.info)

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NOTES
(1) Nous limitons cette liste aux pays suivants : Algérie, Bahreïn, Égypte, Jordanie, Libye, Maroc, Mauritanie, Syrie, Tunisie et Yémen. Le manque d’informations statistiques imposera souvent de laisser de côté Bahreïn et la Libye.
(2) Le rapport IDE/FBCF constaté dans les pays centraux, calculé à partir de flux nets d’IDE, sous-estime manifestement la réalité.
(3) Ainsi, en 2007, le secteur bancaire syrien a connu une profonde transformation, exemplaire du caractère brusqué de ces insertions récentes. 13 banques privées ont été établies cette année-là, s’ajoutant aux 6 banques publiques en place.
(4) Programme des Nations-Unies pour le développement, Rapport sur le développement humain 2010, New York, 2010.
(5) PNUD, op. cit. 2010.
(6) Voir Informations et commentaires, numéro 143, avril-juin 2008.


Nigeria: Le malheur des Ogonis

Nnimmo Bassey

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76631


cc Amnesty Int'l
Le récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) sur la pollution de l’Ogoniland est la"première confirmation officielle" que "nous avons une tragédie majeure sur les bras", écrit Nnimmo Bassey. Sauf que toute la vérité n’a pas été dite sur cette pollution, ainsi que sur les complicités qui l’ont permis et la soutiennent encore.

Lorsque le peuple Ogoni demandait une fin aux actes malfaisants de la Shell Production and Development Programme (SPDC ou Shell) et de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), le gouvernement nigérian les a insultés et a lâché ses agents de sécurité pour mutiler, violer, tuer et le pourchasser afin de le contraindre à l’exil. Le rapport sur la pollution de l’Ogoniland, préparé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) et rendu public le 4 août 2011, est la première confirmation officielle que nous avons une tragédie majeure sur les bras. Le rapport est sans équivoque et montre que le Movement for the Survival of the Ogoni People (MOSOP), sous la direction clairvoyante de Ken Saro-Wiwa, ne criait pas au loup lorsqu’il affirmait que de graves injustices avaient été commises au détriment de l’Ogoniland.

Les fonctionnaires de l’UNEP disent que le rapport a été publié en réponse à des insinuations. Pour un coût de 9 millions de dollars, cela devrait être la réponse la plus coûteuse de l’histoire à des insinuations. Il n’est pas clair si les insinuations sont responsables du rapport ou de sa publication. Mais si le rapport est un prélude à la reprise de l’exploitation pétrolière dans l’Ogoniland, il n’a certainement pas amélioré la situation.

Il est choquant que face à l’environnement tragique des Ogonis, le rapport de l’UNEP suggère une possible reprise de l’exploitation pétrolière dans l’Ogoniland. C’est comme de vouloir prélever du sang à un homme mourant.

Le rapport reprend largement ce qui a déjà été dit et ce qui était déjà connu auparavant. Mais il s’agit d’un document officiel et de grande valeur. Lorsque Shell a produit l’argent pour l’étude, il a été proclamé que c’était sur la base du principe du pollueur/payeur. Vrai. Shell a pollué l’Ogoniland, à l’instar d’autres compagnies, et continue de le faire dans tout le delta du Niger.

Les affirmations de Shell, selon lesquelles la majeure partie des fuites de pétrole sont le fait de la population locale sont contredites par les observations contenues dans le rapport de l’UNEP. Le rapport dit, par exemple, que les raffineries de brousse ont pris de l’importance à partir de 2007. Il semble évident qu’une des conclusions aurait dû être que, au vu de la destruction des moyens de subsistance, une partie de la population devait trouver d’autres moyens de survie et a choisi ce moyen malencontreux et illégal. Mais l’UNEP, de toute évidence peut soucieuse d’antagonisme avec Shell, n’a pas poursuivi cette voie.

Dans sa critique du rapport de l’UNEP, Richard Steiner de Oasis Earth Organisation Alaska écrit : "Le rapport de l’UNEP consacre plusieurs pages (161-166) spécifiquement au raffinage artisanal dans les champs pétroliers de Bodo West et relate correctement sa regrettable augmentation entre 2007 et 2011. Toutefois, dans son analyse de la pollution dans la région, UNEP passe entièrement sous silence une autre fuite pétrolière beaucoup plus importante au cours de la même période : la double rupture du Trans Niger Pipeline (TNP) résultant des négligences de Shell en 2008 et 2009. Conjointement, ces fuites ont déversés entre 250 000 et 300 000 barils de pétrole, ce qui représente considérablement plus que le raffinage illégal. Une bonne partie du pétrole déversé dans le Bodo West provient probablement de la fuite du TNP." Comment comparer ces fuites au raffinage artisanal ?

Le professeur Steiner se demande aussi pourquoi l’étude de l’UNEP dit qu’"aucune source clairement identifiée et continue n’a été observée ou rapportée au cours de la visite des sites par l’UNEP" quand bien même la fuite massive à Bodo s’est produite au moment de l’étude et que le volume combiné des fuites représente probablement davantage même que le volume déversé par l’Exxon Valdez en Alaska en 1989.

Beaucoup d’encre a déjà coulé à propos du contenu du rapport et de l’état désastreux de l’environnement des Ogonis. Un problème d’importance qui pourrait mettre en échec les efforts pour un nettoyage acceptable de l’Ogoniland est le manque de capacité ou de volonté des organes régulateurs nigérians d’appliquer la loi et d’agir en toue indépendance. Indépendance affectée par le fait de l’infiltration profonde et totale du ministère du pétrole par Shell (souvenez-vous des câbles de Wikileaks). Si le gouvernement entend sérieusement réglementer le secteur, il doit s’assurer que ceux appelés à appliquer le règlement ont coupé le cordon ombilical d’avec Shell.

Comment, par exemple, est-il possible que des fonctionnaires du gouvernement certifient qu’il a été remédié aux fuites pétrolières alors qu’il n’en est rien ? Selon UNEP, 10 sites qui ont été "complètement nettoyés" portent des signes de pollution. La gestion des fuites pétrolières par Shell a aussi été épinglée pour incompétence des contractants supposés accomplir des tâches requérant du savoir faire, du savoir et de l’équipement. La confirmation que Shell apporte une réponse médiocre aux fuites pétrolières et que nos agences de régulation endossent leurs procédés soulèvent des interrogations la situation dans d’autres parties du delta où l’impunité effrénée continue d’avoir cours.

Un autre aspect du rapport de l’UNEP qui requiert un suivi immédiat concerne l’étude non concluante sur la santé publique, quand bien même un grand nombre de dossiers médicaux ont été étudiés. Il en va de même pour la végétation et l’eau de pluie dont use la population compte tenu du fait qu’elle vit au bord de cours d’eau, de criques et de voies navigables pollués. Nous avons maintenant la confirmation que les Ogonis boivent de l’eau avec un degré de pollution 900 fois plus élevé que ce qui est admis par l’Organisation Mondiale de la Santé. Nous savons aussi que le sol est pollué jusqu’à une profondeur de 5 mètres en certains endroits. Nous savons encore qu’il y a des éléments cancérigènes dans l’eau et dans l’air. Comme nous savons que des déchets toxiques sont jetés dans des fosses dépourvues de capacité de rétention en Ogoniland. Ces problèmes se trouvent dans le delta du Niger. Mais ils sont amplifiés dans ces régions en raison des torchères qui émettent des gaz hautement toxiques.

Ogoniland- entendez le delta du Niger- est l’un des endroits les plus pollués du monde. Ce qui est requis de toute urgence est que le gouvernement déclare l’état d’urgence environnemental dans cette région. Les problèmes écologiques ne connaissent pas de frontières communautaires ou politiques. La façon dont le gouvernement va gérer ce cas en dira long sur le peuple que nous sommes.


* Nnimmo Bassey est un militant environnementaliste et un poète. Il a été élu président de Friends of the Earth International et directeur exécutif de Environmental Rights Action. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Somalie: La guerre globale contre le terrorisme et la crise humanitaire

Horace Campbell

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/76644


cc Oxfam EA
Les activités antiterroristes du gouvernement américain et "l’assistance humanitaire" en Somalie et dans la Corne de l’Afrique expliquent dans une large mesure les problèmes qui prévalent avec persistance dans cette région, écrit Horace Campbell. Pour lui, «il est devenu plus apparent que la sécheresse n’est que la cause immédiate de la famine actuelle en Somalie. La raison cachée et principale reste la déstabilisation du pays par les politiques américaines qui, sous couvert d’aide humanitaire, promeuvent leurs intérêts militaristes au nom de la guerre contre la terreur dans la région.»

En Somalie, la moitié de la population risque la famine. Dans la Corne de l’Afrique, ils sont 11 millions de personnes à être en péril. La dimension de cette crise soulève des questions. Qu’est-ce qu’une famine au jour d’aujourd’hui ? Comment est-il possible d’avoir une famine alors que règne l’abondance ? Comment est-il possible, presque 20 ans après l’opération Restore Hope , que le secrétaire au développement du Royaume Uni, Andrew Mitchell mette en garde pour dire que « l’humanité est engagée dans une course contre la montre" en Somalie ? La famine sonne le réveil pour nous tous, afin que nous comprenions que certaines de nos priorités sont fausses.

Au Ghana, Andrew Adasi, un garçon de onze ans, a démontré sa compassion et son souci du sort des gens lorsqu’il est allé quêter de l’argent auprès des populationsen faveur des enfants de Somalie. La démarche de ce jeune garçon devrait nous stimuler tous à faire montre de considération pour les enfants menacés de la Corne de l’Afrique. L’Union africaine a nommé un autre Ghanéen, l’ancien président Jerry Rawlings, pour la représenter. Seuls quatre pays africains ont fait des dons et jusqu’à maintenant la réponse africaine n’a pas été à la hauteur de la tragédie. L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) a aussi promis 350 millions de dollars pour assister les victimes de la famine en Somalie.

Pourtant, au milieu de cette crise, nous devons porter nos regards au-delà de la frénésie des collectes de fond et approfondir la question. Les famines et sécheresses sont bonnes pour les affaires des ONG et les organisations internationales dont les actions humanitaires ont des visées ultérieures. Je dois réaffirmer le point de vue selon lequel seule une confédération de sociétés démocratiques peut protéger la population d’autres désastres comme des famines dans la Corne de l’Afrique. C’est aussi dans le contexte de l’Union africaine qu’il sera possible de poser les fondations pour des conditions qui préviennent les famines futures et le militarisme qui prend pied dans le sillage des famines et des mouvements de population.

Il y a des entrepreneurs qui se sont rendus dans la région afin de vendre à la population une technologie qui génère la pluie. Ceci est une mascarade. La coopération internationale en vue de mettre un terme à la sécheresse et à la famine ne doit pas être l’occasion pour certains de s’enrichir. Je veux me référer à mon propre parcours dans la lutte pour la paix en Somalie afin d’élever ma voix en soutien aux peuples somalien et d’Afrique de l’Est à l’heure de leur détresse.

Militarisme et opportunisme en Somalie

La Somalie est le pays le plus homogène de l’Afrique. Mais il a été porté atteinte à cette homogénéité par les impérialistes lorsqu’ils ont divisé la population somalienne en cinq endroits différents : Djibouti, Ethiopie, Kenya ainsi que les différentes parties de la Somalie (l’une dominée par la colonisation britannique et l’autre par l’Italie). Ces divisions coloniales et partitions ont été aggravées par le colonialisme interne des Bantous somalis pratiqué par d’autres Somalis. L’indépendance de la Somalie, survenue pendant la Guerre froide, a été compromise par elle. Suite à l’indépendance obtenue en 1960, le coup d’Etat de Siad Barre en 1969 a introduit un régime populiste qui s’est proclamé socialiste et s’est aligné sur l’Union soviétique. Le même dirigeant est devenu un supporter déclaré de l’Occident après la révolution éthiopienne de 1974.

Siad Barre a envahit l’Ogaden, région éthiopienne, en 1977 et les Etats-Unis et l’Union soviétique ont immédiatement changé de camps. Les Etats-Unis qui était le soutien principal de l’Ethiopie se sont mis à soutenir Siad Barre. Avant la révolution éthiopienne l’Union soviétique soutenait Siad Barre. Le seul dirigeant et le seul pays qui aient préservé des principes ont été Fidel Castro et Cuba. C’est à ce moment que la décomposition de la Somalie a commencé. L’influence islamique a crû en raison du soutien financier et idéologique de l’Arabie saoudite pour les dirigeants politiques à Mogadishu.

La décomposition de la classe politique s’est accélérée après qu’elle ait été affectée par les intrigues et le militarisme des USA et de l’Arabie saoudite dans la Corne de l’Afrique et sur les bords de l’Océan indien. Depuis lors les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ont soutenu, dans cette région, les forces antidémocratiques. Que ce soit à Djibouti, en Ethiopie, au Kenya ou au Yémen.

Siad Barre a laissé un héritage de manipulations ethniques et régionales. La manipulation des loyautés de clans a été aggravée par l’opportunisme intellectuel d’une partie de l’intelligentsia somalie et a persisté au-delà de la destitution de Siad Barre en 1991. Dès lors, la militarisation de la société a fait en sorte que les ressources du pays soient dirigées vers les chefs de faction qui menaient campagne pour le destituer. Lorsqu’il a été destitué, aucun de ces chefs n’a été à même d’étendre son leadership au pays tout entier. Militarisme et sécheresse ont conjointement mené à une famine massive en 1991-92. Ce factionnalisme persiste encore aujourd’hui et est le plus manifeste dans le Transitional Federal Government (TFG – Gouvernement fédéral de transition) soutenu par les Etats-Unis.

L’OPERATION RESTORE HOPE

Je me souviens précisément de décembre 1992 lorsque le président Georges Herbert Bush a décidé de lancer l’opération restore Hope en faveur des "victimes" de la famine en Somalie. Le mouvement panafricain était opposé à la dite opération parce que, à notre avis, une intervention humanitaire ne doit pas être militarisée. En décembre 1992, nous avions convoqué une réunion à l’université de Syracuse afin d’en clarifier la signification. Lors de cette réunion, j’ai dit à mes étudiants que je pensais qu’une intervention humanitaire en Somalie nécessitait la mobilisation de médecins, d’enseignants, d’agriculteurs, d’ingénieurs, et d’infirmiers, mais certainement pas de soldats.

Ali Khalif Galaydh était à cette époque professeur assistant en administration publique à la Maxwell School à l’université de Syracuse. Il a fait l’éloge de l’opération Restore Hope et a suggéré avec force qu’elle ramènerait la paix et la fin de la famine en Somalie. Il était évident qu’il cherchait à plaire aux politiciens américains et par la suite, et pour une courte période, il est devenu Premier ministre de la Somalie. Mais même soutenu par les Américains, il ne pouvait faire face à l’intensité de la politique somalie.

Avant le lancement de l’opération Restore Hope, le gouvernement américain, par l’intermédiaire de son secrétaire d’Etat assistant pour les Affaires africaines, Herman Cohen, avait clamé l’importance des Droits de l’Homme et de la démocratie. Smith Hempstone, ambassadeur américain au Kenya, a pris au sérieux les déclarations du département d’Etat et a travaillé étroitement avec une section des forces pro-démocratiques en opposition à Arap Moi. Ce dernier a usé de tactiques dictatoriales pour se maintenir au pouvoir jusqu’en 1990 et, au Kenya, diverses forces de libération ont bataillé afin de le destituer.

Les Etats-Unis étaient préoccupés par l’attraction politique et morale de Mwakenya et le soutien aux militants légaux faisait partie d’un plan visant à isoler la gauche dans l’opposition kényane. Lorsque Smith-Hempstone a intensifié son activité, les militants des Droits de l’Homme kényans y ont tellement bien cru qu’ils se sont mis à faire des plans pour un gouvernement d’après Arap Moi. Mais une fois l’opération Restore Hope en route, le gouvernement américain a changé de position et s’est mis à soutenir Moi lors des élections de 1992. Ce soudain changement de position était basé sur le calcul qu’il était préférable d’avoir dans la place un dictateur connu comme lui au pouvoir au Kenya, que des forces inconnues qui luttent pour la démocratie.

Avec Moi, les planificateurs américains de la sécurité étaient certains que le Kenya fournirait une base arrière sûre pour les activités militaires américaines en Somalie. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, le Kenya a été intégré dans les opérations militaires américaines en Afrique centrale et de l’Est. Ainsi Moi a réussi à voler les élections et le Kenya demeure une tête de pont pour les opérations américaines en Somalie. Lorsque les Etats-Unis se sont adonnés à cette volte-face au Kenya, il est devenu évident que l’opération Restore Hope en Somalie n’avait pas de but humanitaire, mais faisait partie d’un plan des Etats-Unis pour garder un pied dans l’Océan indien

LA SOMALIE, UN ETAT RATE

Lorsque les troupes américaines de l’opération Restore Hope ont pris pied en Somalie, l’opération a alimenté les journalistes et ceux qui écrivaient sur les "Etats ratés" en Afrique. En Afrique de l’Ouest, un autre militariste semait la pagaille après s’être échappé d’une prison du Massachusetts. Ce fut la saga de Charles Taylor et la déstabilisation de l’Afrique de l’Ouest. Robert Kaplan a ainsi écrit son célèbre article " The coming anarchy in Africa" en utilisant les situations de la Somalie, de la Sierra Leone et du Liberia comme exemples. Je dois dire ici que c’est le travail diplomatique patient et prolongé, ainsi que les opérations pour la paix de la CEDEAO qui ont finalement mis un terme à l’instabilité au Liberia. On peut comparer cette expérience de rétablissement de la paix avec celle des Etats-Unis et du Kenya en Somalie

De nombreuses factions en compétition tentaient de plaire aux Américains, cependant que les Etats-Unis, sous couvert des Nations Unies, dominaient l’espace politique. Le chaos subséquent entretenu par des chefs de clans armés a entraîné la création de factions politiques armées, "les seigneurs de la guerre", dont les activités politiques ont conduit à l’association du nom de la Somalie avec le mot "chaos". Certaines agences qui se sont alignées sur les factions politiques ont commencé à proclamer que la Somalie était un " Etat raté". Je n’ai pas trouvé la formule utile comme outil d’analyse.

Bien que le terme soit utilisé par des journalistes et des intellectuels, il est utilisé de telle sorte qu’il est devenu vide de sens. Noam Chomsky a écrit un livre désignant les Etats-Unis comme un Etat raté. Le titre du livre est " Failed States: the abuse of power and the assault on democracy". Chomsky déclare que les Etats-Unis sont le principal Etat raté du monde. Je ne peux être d’accord avec lui, bien qu’il argumente que le gouvernement américain se complait dans l’anarchie et l’agression militaire hors tout cadre légal ; le concept de faillite (raté) est démobilisateur et détourne de la lutte pour le rétablissement de la loi

On ne peut affubler la Somalie du nom "d’Etat raté" parce qu’un Etat ne peut pas être raté. Les conditions en Somalie reflètent la faillite d’un gouvernement ainsi que celle de la classe politique. Le peuple somalien a cherché à dépasser les manipulations internes et externes. Dans la société somalie, les gens pouvaient toujours acheter de la nourriture, aller à l’école, importer et exporter des biens et opérer un semblant de service postal. Dans mon école de pensées, la formule "Etat raté" est un autre instrument de guerre psychologique destiné à créer l’impression que la population est invalide, composée seulement de ratés, nécessitant une quelconque forme d’assistance militaire ou d’intervention humanitaire militarisée.

En dépit de l’estampillage de "ratés" qui lui a été collée, le peuple somali a résisté à l’occupation militaire américaine et cette résistance était claire après que les Américains ont qualifié le dirigeant politique Mohammed Farah Aidid de seigneur de la guerre. Cette nouvelle propagande contre les "seigneurs de la guerre" était censée attirer aux Américains la sympathie de la population. En moins de six mois, l’opération Restore Hope s’est transformée, faisant d’un exercice humanitaire supposé nourrir la population aux prises avec la famine, en une guerre contre ceux que les Etats-Unis qualifiaient de seigneurs de la guerre. Les militaires américains n’ont jamais pu gagner le soutien de la population en raison de leurs comportements grossiers qui ont inspiré des sentiments anti-impérialistes auprès des gens de la rue. Des jeunes gens dans leur camionnette les ont mis en échec à Mogadishu. Une des plus cuisantes défaite que les Etats-Unis aient subi en Afrique a eu lieu lorsque ces jeunes gens ont descendu un hélicoptère Black Hawk en octobre 1993. Cette expérience a tellement choqué le public américain qu’en l’espace de quelques jours, le président Clinton a ordonné le retrait du personnel militaire américain.

Ceci a clairement démontré que l’intervention n’avait rien à voir avec une action humanitaire. Chester Croker, le doyen de la politique de déstabilisation en Afrique s’est cependant empressé d’affirmer, dans un long article dans Foreign Affairs, "The lessons of Somalia : not everything went wrong "(Les leçons de la Somalie : tout n’est pas allé de travers)

Parce que les présents acteurs de l’actuelle famine et sécheresse sont les mêmes que lors du désastre militarisé de 1991-92, il est important d’aller au-delà des apparences pour comprendre la continuité des stratégies militaires américaines en Somalie. Il y a un magnifique livre écrit par Michael Maren, intitulé " The road to hell : the ravaging effect of foreign aid and international charity" (Le chemin vers l’enfer : les effets dévastateurs de l’aide étrangère et la charité internationale). Dans ce livre, Maren relate son expérience personnelle de la manière dont la majeure partie des soi-disant organisations internationales travaillant en Somalie ont aggravé la situation en perpétuant une économie de guerre qui ne sert que les intérêts des agences d’aide étrangères et les militaristes.

Maren nous informe du nombre de ces ONG qui sont financées par l’USAID qui est elle-même subordonnée au Pentagone. Ce sont ces ONG qui ont fait appel aux militaires américains et à des contractants de l’USAID afin d’être protégées. Aujourd’hui, nous savons, grâce au récent témoignage de Don Yamamoto (du département d’Etat) sur Capitole Hill, que l’USAID est intégré dans l’AFRICOM, qui se présente comme une agence de développement, de diplomatie et de sécurité. Ceci est une nouvelle entourloupe dans le sillage de l’échec américain à propos de "la guerre contre la terreur " et l’inflation de la menace qui a fait que la Somalie demeure un espace d’instabilité en Afrique.

Samir Amin a correctement résumé le rôle des USA en Somalie, 19 ans après l’opération Restore Hope lorsqu’il a écrit dans Pambazuka : "Au final, tous ces efforts pour ‘stabiliser’ la Somalie se sont avérés vains. Mais la persistance du chaos n’incommode pas particulièrement les Etats-Unis. Peut-être même le contraire dans la mesure où c’est très utile, parce que cela permet aux Etats-Unis de justifier la poursuite de sa "guerre contre le terrorisme" ailleurs et à d’autres fins. Le chaos somalien ne préoccupe guère les autres pays de la région. Peut-être qu’il favorise l’acceptation des autorités d’Addis Ababa et Nairobi dans l’Ogaden somali, à la frontière du Kenya. Il se peut qu’il préfère ce pouvoir au chaos qui accompagne les seigneurs de la guerre, les clans et les mouvements islamiques ".

Ceux qui veulent soutenir la population somalie doivent se distinguer de ces ONG qui sont intégrées dans les plans du Pentagone, d’AFRICOM et de l’USAID. Il est important de retracer le rôle des agences humanitaires en Somalie depuis cette période, afin que le nouvel effort international qui veut venir en aide aux victimes de la famine ne soit pas compromis.

L’INFLATION DE LA MENACE ET LA JUSTIFICATION DE LA GUERRE GLOBALE AMERICAINE CONTRE LE TERRORISME

L’expérience de « Black Hawk Down » a effrayé les Américains au point que lorsque le génocide au Rwanda est survenu en 1994, Washington est activement intervenu afin d’empêcher un soutien humanitaire à ceux que l’on assassinait. Il y avait une situation où une véritable assistance humanitaire était requise, mais le Pentagone était tellement terrifié qu’il a empêché les Nations Unies d’intervenir. Ce n’est qu’après les attaques des ambassades américaines à Nairobi et à Dar Es Salaam, en 1998, que les Etats-Unis ont recommencé à sonner l’alarme contre ce qu’il appelait le "terrorisme" en Afrique de l’Est.

Pendant trois ans la population kényane a tenté d’obtenir une aide pour les blessés ou les familles de ceux tués en 1998, mais les Etats-Unis n’ont pas considérés les attaques au Kenya et en Tanzanie comme des menaces sérieuses. Jusqu’au jour des attaques sur le World Trade Centre en septembre 2001. Le problème pour les Etats-Unis était que beaucoup de gens au Kenya ne faisaient pas la différence entre les attentats à la bombe et la réalité de la terreur vécue du fait du gouvernement de Arap Moi soutenu par les USA. Au cours de la même période où ont eu lieu les attaques sur les ambassades, des centaines de personnes ont été tuées dans la Vallée du Rift, dans des violences instiguées par l’Etat et qui devaient déstabiliser la population.

L’environnement et les conditions favorables au terrorisme ont été amplifiés par la nouvelle implication en Somalie de l’administration de Georges W. Bush, après le 11 septembre 2001. La situation en Somalie s’est compliquée encore davantage lorsque Bush a intégré cette société divisée dans le cadre élaboré par son administration pour sa guerre globale contre le terrorisme, faisant du pays un point dans l’arc de la guerre globale à mener. Ceci était une stratégie qui visait à étendre l’accès global à l’Afrique dans ladite guerre, par le biais de ce qui a été désignée comme "la théorie bananière du terrorisme". Autant le Kenya que la Somalie ont été entraînés dans la géographie glissante de la terreur qui s’étendait de l’Afghanistan au Maghreb, en passant par l’Irak et l’Afrique de l’Est.

Les tentatives de solutions politiques internes à la Somalie sont devenues confuses devant cette déstabilisation régionale et internationale. Des factions politiques locales se sont armées, rendant la compétition politique à Mogadishu complètement militarisée. Les Etats-Unis considéraient la Somalie comme le terreau de ce qu’il a été convenu d’appeler Al Qaeda, dont la menace a été montée en épingle afin de permettre aux Etats-Unis de garder un pied en Afrique de l’Est. Il est vrai que quelques-uns des chefs politiques qui étaient armés étaient une menace, mais cette menace était dirigée contre la population locale somalie. Cette menace interne a été enflée par l’administration Bush.

Contrairement à ce que prétendent de nombreux analystes américains de la sécurité qui disent que les combattants somalis locaux sont liés à Al Qaeda et qui affirmaient que le conflit en Somalie était une menace pour la sécurité nationale américaine, la contradiction inhérente au conflit interne représente en réalité une dynamique qui ne peut être résolue que par le peuple lui-même avec les autres peuples de l’Afrique de l’Est. Cette dynamique régionale a été engluée dans une lutte internationale plus large pour le pouvoir, où les Etats-Unis prétendaient que les terroristes de Al Qaeda migraient du Pakistan et de l’Irak vers des refuges au Yémen et en Somalie.

En 2006, la guerre éclata en Somalie suite à un plan orchestré par les Etats-Unis qui voulaient créer une coalition des chefs de milice (Alliance for the restoration of peace and Counter-Terrorism - ARPCT) qui devait aider à pourchasser ceux soupçonnés d’être des agents de Al Qaeda. La défaite de l’ARPCT face aux combattants locaux a donné naissance aux Islamic Courts Union (ICU), une coalition de groupes politiques qui a pris la couleur politique de l’islam.

Le gouvernement ICU a rétabli la sécurité et l’autorité de la loi dans la majeure partie de la Somalie, pour la première fois en 16 ans. Le ICU a été largement approuvé par beaucoup de Somalis, y compris par ceux opposés à une domination islamique. Les contradiction contenues dans les dispositions d’un niveau acceptable de gouvernance par l’ICU et la contestation de la fraction de la population opposée à la domination islamique (en particulier les islamistes purs et durs à l’intérieur de l’ICU) étaient locales. Dès lors, la dynamique régionale voulait que ces contradictions soient résolues par les peuples somalis et leurs voisins. Mais afin de combattre les forces politiques qui se sont désignées sous l’appellation de ICU, les Etats-Unis ont appuyé quelques-uns des militaristes les plus détestables de Mogadishu.

Abid Samatar a écrit longuement sur les dangereuses conséquences de l’opportunisme militaire américain et a appelé à la collaboration avec l’ICU afin que l’abandon de la violence puisse gagner toute la Somalie. Mais les islamophobes, les éléments néo-conservateurs et les guerriers à l’intérieur de l’administration Bush, déterminés à enfler la menace afin que celle-ci corresponde au modèle de la guerre globale contre le terrorisme et le contre-terrorisme, sont restés enthousiastes pour une guerre prolongée en Somalie.

Après quelques ingérences dans les négociations de partage du pouvoir entre les dirigeants somalis, les Etats-Unis ont soutenu l’invasion éthiopienne de la Somalie en décembre 2006. Voilà un régime éthiopien discrédité, qui a fait usage de la menace, de l’intimidation et du meurtre afin de rester au pouvoir, servant de tête de pont pour une opération militaire en Somalie à l’instigation des Etats-Unis.

Le groupe Al Shabaab a joui d’une certaine notoriété parce qu’il s’était autoproclamé défenseur de la Somalie face à l’invasion éthiopienne. Al Shabaab a usé de la rhétorique anti-impérialiste afin de dominer et d’intimider la population et accéder à la reconnaissance internationale en 2006. Et en vue de monter une publicité maximale destinée à renforcer la notion de terrorisme en Somalie, les occidentaux ont eu recours à une firme de relation publique, Bell Pottinger. Les lecteurs intéressés peuvent maintenant établir la relation entre Bell Pottinger, News Corp., le scandale des pirates informatiques et les médias corrompus.

Grâce à la propagande de Bell Pottinger, beaucoup de citoyens avaient de la peine à distinguer entre le militarisme de Al Shabaab, les éléments soutenus par les Etats-Unis et les troupes ougandaises engagées dans la défense du Transitional Federal Government (TFG) de Somalie, revenu à Mogadishu suite à des années d’intrigues corrompues dans la capitale kényane.


Après avoir fait référence aux "seigneurs de la guerre" comme argument de destruction de la tentative la plus réussie pour sortir de la folie en Somalie en 2006, on a fait sombrer ce pays dans l’abîme des crises humanitaires et du terrorisme contre le citoyen ordinaire. Autant les seigneurs de la guerre soutenus par les Etats-Unis que les groupes islamistes comme Al-Shabaab, terrorisent la population.

La déstabilisation de la Somalie par les militaristes américains, sous couvert de contre-terrorisme, est bien connue. Un groupe de réflexion américain a écrit en 2008 : "Par conséquent, le soutien américain au contre-terrorisme ne consiste pas en la reconstruction d’un Etat. En fait il mine le processus, selon certains observateurs, en finançant et en offrant un support logistique aux paramilitaires armés qui résistent au commandement et au contrôle du TFG, même sil porte le chapeau du TFG… Le partenariat pour le contre-terrorisme a aussi miné les efforts de construction de la paix en encourageant les fauteurs de guerre dans le camp du gouvernement.

« Les politiques américaines de contre-terrorisme ont non seulement compromis d’autres agendas internationaux en Somalie, mais ils ont aussi généré un haut niveau d’antiaméricanisme et contribuent à radicaliser la population "

Le genre de résistance anti-impérialiste et ce que les analystes américains désignent sous le nom d’antiaméricanisme et de radicalisation, qui résultent de la déstabilisation née des efforts des Etats-Unis, doivent sans doute servir de justification pour la poursuite de la guerre contre le terrorisme en Afrique et pour l’enracinement de programmes comme AFRICOM. Le Kenya a été pris dans ces intrigues militaristes complexes et le processus démocratique a souffert du fat de la guerre américaine en Somalie. Ceci était évident lors de la campagne électorale de 2007. Je me suis aventuré dans le district électoral de Kamkunji et j’ai été témoin de l’enthousiasme de l’électorat pour un changement démocratique. C’est le district électoral de Nairobi où réside un grand nombre de Somalis. Lorsque les gens se sont enregistrés afin de signifier la nécessité de changement, cette élection a été déclarée invalide et jusqu’à aujourd’hui, 3 ans après ces élections, Kamkunji est sans représentant.

J’étais assis dans le Centre de Conférence Kenyatta pendant le dépouillement du scrutin et j’ai été surpris par le vol éhonté des votes lorsque les résultats ont été annoncés, qui ne correspondaient pas aux suffrages exprimés dans les districts électoraux. Lorsqu’il a été annoncé que le président sortant, Mwai Kibaki, avait remporté les élections, il y a eu des actes spontanés d’opposition dans tout le pays.

Une partie du leadership politique kényan a mobilisé des équipes basées sur des considérations ethniques afin de semer la terreur, alors que le secrétaire d’Etat assistant américain pour les affaires africaines, Jendayi Frazier, arrivait pour soutenir l’accord de partage du pouvoir entre les gagnants et les perdants. Suivi bientôt par Condi Rice, la secrétaire d’Etat, qui voulait s’assurer que l’infrastructure américaine de contre-terrorisme restait en place au Kenya.

Aujourd’hui, le US Africa Command s’enquiert, au cours de ses recherches, des causes de la violence de 2007-2008 au Kenya, sans examiner la peur d’une véritable démocratie et de la démocratisation au Kenya. La question de la paix et de la démocratie au Kenya et en Somalie sont intimement liées.
Ce sont en effet les Somalis qui ont subi la majeure partie de l’assaut des Etats-Unis et des politiciens armés qui ont terrorisés la population en Somalie. C’est cette terreur qui a compliqué la situation humanitaire et perturbé les compétences de la population dans la gestion de la sécheresse persistante qui ont maintenant causé une crise alimentaire sévère. Mais les dirigeants corrompus du Kenya ont toujours profité des sécheresses et des famines qui représentent une nouvelle opportunité en or de se faire de l’argent à Nairobi et à Mogadishu.

A ce stade il est devenu plus apparent que la sécheresse n’est que la cause immédiate de la famine actuelle en Somalie. La raison cachée et principale reste la déstabilisation du pays par les politiques américaines qui, sous couvert d’aide humanitaire, promeuvent leurs intérêts militaristes au nom de la guerre contre la terreur dans la région. Cette même politique a affecté les peuples de la région de telle sorte qu’il y a une sécheresse à Djibouti, là où les Etats-Unis ont leur base.

A Djibouti, un gouvernement compromis se préoccupe davantage de servir les intérêts des Etats-Unis que ceux de sa population. La sécheresse et la famine sévissent en Ethiopie, mettant en péril des millions de vies, mais les militaires éthiopiens ont été les pions des militaires américains en Somalie, pays qu’ils ont envahi pour combattre l’IUC.

La politique américaine a aussi affecté négativement la population kényane où le gouvernement redoute une démocratie authentique parce que les Kényans refuseraient que leur pays soit utilisé comme centre d’interrogatoires et de base militaire américaine pour des opérations en Somalie. Les militaires américains ont aussi perturbé l’Ouganda qui a envoyé des troupes à Mogadishu pour participer aux efforts de maintien de la paix de l’Union africaine. L’Union africaine a certainement besoin d’éléments en Somalie, mais Yoweri Museveni s’est maintenu au pouvoir en adoptant les mêmes tactiques que les Etats-Unis, c'est-à-dire en maintenant des activités militaires dans le nord du pays plutôt que de rechercher une solution politique qui isolerait le Lord’s Resistance Army.

Au final, la famine pointe du doigt les priorités des Etats-Unis dans la Corne de l’Afrique. Après dix neuf ans de présence en Afrique de l’Est à travers l’opération Restore Hope, la famine est un rappel sinistre que la militarisation déplace les gens qui ne peuvent cultiver la terre et donc nourrir leur famille. Elle réduit la capacité de mobilisation régionale entre voisins pour gérer la crise de la famine persistante.

L’impact de la militarisation a été si sévère que même des organisations pro-impérialistes comme Human Rights Watch ont rejoint les rangs de ceux qui condamnent les tactiques des Etats-Unis en Somalie. Cette organisation ne pouvait que reconnaître la réalité : les activités des Etats-Unis exacerbaient la situation. Dans une tentative d’impartialité elle a distribué les blâmes.

Dans un rapport de 58 pages " You don’t know who to blame : war crimes in Somalia", Human Rights Watch a documenté de nombreuses violations au cours de la dernière flambée de violence de l’année écoulée, menées par les différentes parties au conflit. Le groupe islamique Al Shabaab, le Somali Transitional Federal Government (TFG), les forces de maintien de la paix de l’Union africaine (AMISOM), ainsi que les milices soutenues par le Kenya ou l’Ethiopie sont tous cités dans le rapport. Il cite aussi des violations et des crimes commis par la police du Kenya contre des réfugiés somalis. Même la BBC a exprimé sa condamnation de la politique américaine en Somalie. Son correspondant Andrew Harding a déclaré que la politique américaine concernant la piraterie, le pétrole et la lutte contre le terrorisme sont les causes principales pour lesquelles il n’a pas été possible de gérer la sécheresse qui a mené à la famine. (http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-14291581)

Human Rights Watch ne pouvait guère faire autrement compte tenu du fait que moins d’un mois auparavant Jeremy Scahill avait dénoncé la CIA pour ses prisons secrètes et ses centres d’interrogatoires en Somalie. Il a aussi accusé les autorités du Kenya d’avoir envoyé des Kényans dans les prisons secrètes en Somalie (http/www.thenation.com/article/161936/cias-secret-sites-somalie). Famine et dictature sont deux des résultats des stratégies du contre-terrorisme en Afrique.

Récemment le US Africa Command a mené des tests de fragilité dans un nombre de pays africains afin d’évaluer des conditions potentielles qui pourraient mener à des situations révolutionnaires à l’instar de celles en Egypte et en Tunisie. Le fondement intellectuel des tests de fragilité était aussi solide que celui des tests de fragilité menés sur les principales banques américaines, toujours insolvables. La sécheresse, la famine et la crise humanitaire sont des raisons suffisantes pour démanteler le US Africa Command. Ceci parce que de nombreuses agences humanitaires refusent de collaborer avec l’USAID et l’AFRICOM. Les Nations Unies et l’Africa Union Mission en Somalie (AMISOM) doivent résilier le contrat avec Bell Pottinger si des hommes animés de décence doivent considérer sérieusement la nécessité de faire une contribution positive pour sortir de la véritable tragédie de l’Afrique de l’Est.

Lors d’une audience récente au Congrès, le département de la Défense, le département d’Etat et l’USAID ont tous présenté AFRICOM comme une agence de développement, spécifiant qu’elle a les ressources pour mener à bien des programmes d’assistance humanitaire en Afrique de l’Est. Prétendre qu’AFRICOM est une agence de développement apporte de l’eau au moulin de Al Shabaab qui refuse l’assistance humanitaire aux populations déplacées par la sécheresse et la famine.

Selon les reportages des médias, Al Shabaab a quitté Mogadishu. Mais nous sommes d’accord avec Abdi Samatar pour dire que Al Shabaab, le TFG, les forces de l’Union africaine et les militaires américains ont tous contribué à aggraver la situation de la majorité de la population de Somalie.

L’Union africaine et les forces progressistes en Afrique doivent s’impliquer davantage dans la lutte pour la démocratie au Kenya, en Somalie, à Djibouti et en Ethiopie. Des gouvernements dictatoriaux et corrompus sont davantage intéressés à rester au pouvoir qu’à résoudre la crise de la famine ou se préoccuper des problèmes et besoins de leur population. Les forces progressistes ont réussi à s’opposer à la guerre contre le terrorisme, de sorte que le gouvernement américain utilise désormais le terme "opérations d’urgence outremer" au lieu de "guerre contre le terrorisme". De même les forces progressistes doivent collaborer avec ceux qui, véritablement, veulent offrir un soutien humanitaire aux populations d’Afrique de l’Est.

forces progressistes doivent s’assurer qu’avec cette crise nous ne prenons pas un nouveau chemin vers l’enfer.


* Horace Campbell est professeur en études africaines et en science politique à l’université de syracuse. Il est l’auteur de "Barack Obama and the 21st century politics: a revolutionary moment in the USA" voir: www.horacecampbell.net - Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Résumé de l'Édition Anglaise

Hommage à Wambui Otieno: Un patrimoine pour le Kenya !

Awino Okech

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/summaryen/76645

Cette semaine, l'édition anglaise de pambazuka News est une «Spéciale» consacrée à Wambui Otieno, disparue le 30 août 2011. La rédaction a voulu mettre en relief les facettes de sa vie et les possibilités qu'elle offre, en retour, à la compréhension des facteurs sociaux, politiques et économiques qui sont contestées, mais qui influencent et façonnent le Kenya ... A travers ces témoignages, nous pouvons avoir un aperçu de la façon dont le mépris d'airain d'une femme a capturé l'imagination d'une nation, écrit Awino Okech. «Que vous l’aimiez ou que vous la haïssiez, vous ne pouviez pas l'ignorer."

http://pambazuka.org/en/category/features/76625

Une décennie à vivre dangereusement

«Avec sa mort, le 30 août 2011, Wambui Otieno-Mbugua rejoint le panthéon des femmes activistes africaines qui ont consacré leur vie aux luttes contre la colonisation et après l'indépendance contre les régimes politiques et les systèmes qui ont favorisé et favorisent encore les hommes par rapport aux femmes», écrit Elsie Cloete.
http://pambazuka.org/en/category/features/76621

Wambui Otieno: Une histoire d'amour

Wambui Otieno, une «femme solitaire qui a lutté contre les valeurs patriarcales», peut-être «lutté contre l'oppression, mais dont l’histoire est tout simplement une lutte pour l'amour et la dignité», écrit Wandia Njoya.
http://pambazuka.org/en/category/features/76622


La disparition d’une révolutionnaire

Les tensions, les dilemmes et les défis vécus par Wambui représentent les réalités de la période coloniale et post-coloniale du Kenya, écrit Njoki Wamai. Et de soulignes qu'elle a laissé au Kenya un riche héritage de combat courageux pour la liberté personnelle et nationale.
http://pambazuka.org/en/category/features/76640





Plaidoyers & campagnes

Madagascar: Une feuille de route qui ramène l’espoir

Hony Radert

2011-09-26

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/76634

Pour la société civile malgache, la Feuille de route qui vient d’être signée pour une sortie de la crise politique qui dure depuis des années sonne comme une opportunité pour tourner une page difficile. Ce n’est certes pas une fin, mais un début qui « fait renaître l’espoir dans le cœur de tous les citoyens ».

Le Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes (CCOC) constitué d’associations de la société civile, de syndicats, d’opérateurs économiques et de citoyens civils, conscients de la nécessité de se regrouper pour trouver une issue à la crise actuelle, rappelle les principes qui guident son action : la neutralité et l’indépendance, la recherche d’une sortie de crise négociée et non par la force, et la gestion consensuelle de la transition.

Le CCOC salue la signature de la Feuille de Route pour la sortie de crise à Madagascar, qui prévoit une gestion consensuelle de la transition, et ouvre la voie à la mise en œuvre du redressement de la Nation au niveau social et à la relance de l’économie. Cette étape fait renaître l’espoir dans le cœur de tous les citoyens, que la spirale de la paupérisation à laquelle fait face la majorité, le pillage des ressources naturelles et l’insécurité croissante sont sur le point de trouver un début de solution.

Le CCOC souligne, cependant, que la signature de la Feuille de Route ne constitue que le début d’un processus au cours duquel, plus que jamais, l’humilité, l’esprit de conciliation et le patriotisme de tous les politiciens sont une obligation. La société civile se doit de rester vigilante et mobilisée, car Madagascar n’appartient ni à une faction, ni à la classe politique pour que ces dernières prennent à nouveau en otage la population pour préserver des avantages acquis ou à acquérir.

Le CCOC rappelle que l’objectif final est la refondation de la République à travers la remise à plat des règles du jeu et l’organisation d’élections justes, crédibles, transparentes et acceptées par tous. Pour cela le respect de l’esprit, sinon de la lettre de la Feuille de Route est essentiel. C’est ainsi que la classe politique doit œuvrer dans un esprit d’apaisement, et préserver dans la mesure du possible l’esprit de consensus et d’inclusivité, qui préside à la Feuille de Route, conditions nécessaires à une véritable refondation de la République pour enrayer les crises cycliques. Les mesures prises par la HAT, dès le lendemain de la signature de la Feuille de route ne vont pas dans ce sens.

Le CCOC exhorte la classe politique à adopter un profil bas afin de ne pas jeter de l’huile sur le feu et mettre en danger le processus en cours. Nous rappelons que c’est tout le pays qui est en jeu d’abord.

Le CCOC demande une application rapide de la Feuille de Route, car la population n’a que trop attendu et est à bout de souffle.

Le CCOC appelle à l’instauration d’une Justice indépendante et impartiale pour juger tout délit et acte répréhensible que tous les dirigeants et acteurs politiques ont commis devant la Nation.

Le CCOC en appelle au sens de l’intérêt supérieur de la Nation de la classe politique pour que l’espoir de sortie de crise que la Feuille de route a fait naitre dans la population, lasse de souffrir, ne soit pas, une fois de plus, déçu. Il compte sur sa bonne foi et sa sincérité.


* Signataires : Hony Radert, Faraniaina Pierre Bernard, Lalao Randriamampionona, Lily Razafimbelo, José Randrianasolo, Jean-Pierre Rakotofiringa, membres du Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes (CCOC)

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Nécrologie

Kenya: Décès de Wangari Maathai, prix Nobel de la paix en 2004

2011-09-26

http://tinyurl.com/3bozoz5

La Kényane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix en 2004 pour son engagement en faveur de l'environnement, est décédée hier dimanche à l'âge de 71 ans des suites d'un cancer, a annoncé ce lundi 26 septembre le Green Belt Movement, le mouvement qu'elle avait fondé. Cette mort fait la Une des journaux ce lundi matin au Kenya. En juillet de l’année dernière, les médecins avaient diagnostiqué la maladie, et Wangari Maathai a depuis fait des séjours très fréquents à l’hôpital. Elle avait réduit ses déplacements à l’étranger, mais son état de santé fragile a très peu filtré dans les médias.





Arts & livres

Afrique : Les obstacles à l’essor du cinéma africain

2011-09-26

http://tinyurl.com/3tanqo8

Le réalisateur ivoirien Fadika Kramo Lancine, a passé en revue l'évolution du cinéma sur le continent africain, notamment le Mouvement vert dans les années 70 constitué de cinéastes venant de grandes écoles de cinéma, rappelant que ce cinéma était "engagé", "politique" et marqué par "une prise de parole et d'expression individuelle". D'autres participants à ce débat organisé à l’occasion du Festival international du film des femmes à Salé se sont penchés sur le problème de la langue véhiculée dans le cinéma africain, soulignant qu’ « ils existe plusieurs Afriques : l'Afrique française, l'Afrique arabe, l'Afrique anglophone l'Afrique lusophone...etc, qui entravent l'établissement d'un pool de réalisateurs ». Sans compter "la pauvreté" des scénarios, la carence des studios, l'absence de coachs, le nombre réduit de grandes écoles de cinéma.


Cap-Vert: Cesaria Evora met un terme à sa carrière

2011-09-26

http://tinyurl.com/3z2jggh

Après une carrière exceptionnelle, Césaria Evoria, la "Diva aux pieds nus", a décidé de mettre un terme à sa carrière en raison de ses problèmes de santé. Commencée dans les petits-bars de Mindelo, la carrière de Cesaria Evora prend son envol à la fin des années 1980 grâce à José Da Silva, un Franco-Cap-Verdien qui a créé le label discographique Lusafrica. Pour la première fois en 1985, elle quitte son île natale et s’envole pour Lisbonne sur invitation de l’Organisation des femmes cap-verdiennes (OMCP). La sortie de La diva aux pieds nus, titre duquel elle tire son surnom, en 1988, fera d’elle une star internationale.


Maroc: Art, nudité et Islam, un cocktail explosif

2011-09-26

http://tinyurl.com/3fgg3as

Une œuvre d’un jeune artiste franco-marocain mettant en scène des versets du Coran sur son corps dénudé fait scandale au Maroc en marge de la foire Marrakech Art Fair. Un cas qui rappelle que le blasphème à la vie dure, et pas seulement en terre d'Islam. D’ailleurs, d’autres de ses œuvres font référence au christianisme dans un registre similaire. Mehdi-Georges Lahlou n’a pas annulé sa participation à la foire, mais cette image mettant en relation la nudité corporelle et des références religieuses n’y sera pas exposée.





Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique

Global: Les BRICS posent leurs exigences pour aider l'Europe

2011-09-26

http://tinyurl.com/3z93moc

Une aide directe aux pays en difficulté de la zone euro paraît bien aléatoire. Et Brésil, Chine et Afrique du Sud attendent avant tout un rééquilibrage de la gouvernance mondiale. Les BRICS sont d'autant moins enclins à se porter au secours de l'Europe qu'ils ont manifesté leur irritation relativement à leur représentation au sein des institutions multilatérales. Ainsi, pour l'heure, les BRICS demandent expressément aux pays développés de restaurer leur croissance et d'éviter la création de liquidités excessive par leurs politiques monétaires, potentiellement déstabilisatrices pour leurs propres économies. Assurant tout de même leurs homologues des pays développés du fait qu'ils prendraient toute leur part au rééquilibrage de la croissance mondiale, en favorisant leur propre développement.





Femmes & genre

Afrique : On n'emmerde pas le chef avec des histoires de fesses

2011-09-26

http://tinyurl.com/4x3x5gv

La "faute morale" confessée par DSK prouve qu'en Occident les responsables ont des comptes à rendre. Sur le continent noir, la situation est différente, regrette le journal burkinabé sur un mode sentencieux. C'est dire qu'au-delà de la demande d'excuses, qui a tout son mérite, ces excuses publiques de DSK s'inscrivent dans la logique d'un modèle de société qui s'assume. Vu d'Afrique, c'est vraiment un autre monde. L'état de santé comme la sexualité des dirigeants du continent noir sont, pour l'essentiel, des sujets tabous, et qui s'y frotte s'y pique.


Global: La polygamie recule dans le monde musulman

2011-09-26

http://tinyurl.com/4yqhw56

Légale dans la quasi-totalité des pays musulmans mais aussi sous d’autres cieux, la pratique de la polygamie tend cependant à régresser face aux évolutions socioéconomiques modernes. La réforme de la Moudawana (code de la famille) promulguée par le roi du Maroc en 2004 autorise la polygamie « pour des raisons de force majeure, selon des critères stricts draconiens » qui rendent sa pratique presque impossible. En Algérie, la refonte du code de la famille, en 2005, impose le consentement de la première épouse, et le mari doit désormais prouver sa capacité à « assurer l’équité et les conditions nécessaires à la vie conjugale ». Mêmes restrictions en Jordanie, en Irak, en 2008, etc.





Réfugiés & migration forcée

Afrique: A quand un statut pour les migrants climatiques?

2011-09-26

http://tinyurl.com/3omhubg

On rencontre toujours des victimes des transformations de la nature. Elles ne peuvent jamais réclamer quoi que ce soit, car elles n'ont aucune existence juridique. A vrai dire, de qui parlons-nous ? Des nomades d’Éthiopie et de Somalie, qui vont chercher toujours plus loin de la nourriture pour leur bétail et qui se retrouvent face à des frontières érigées par des personnes ? Si nous ne faisons rien, ces gens vont se retrouver totalement sans Etat, ils n'auront aucun statut juridique et aucun pays n'est obligé juridiquement de faire quoi que ce soit pour eux s'il arrive quelque chose.


Global : Ces Africains réfugiés en Amazonie

2011-09-26

http://tinyurl.com/3uqhhn7

Des Africains en Amazonie. Invraisemblable mais vrai. Ils seraient une trentaine à s’être frayés un chemin dans la jungle amazonienne en 2010 selon les Nations unies. Le premier d’entre eux à s’y être réfugié est originaire de la RDC. Il a fui la guerre entre deux tribus rivales de la région de l’Equateur, province du Congo et a ainsi ouvert la voie à d’autre réfugiés africains, qui désormais n’hésitent plus à tenter leur chance dans la jungle amazonienne. Selon l’ONU, 700 autres demandeurs d’asile de différentes nationalités attendent une réponse du gouvernement pour s’installer dans la région.


Lybie : l’Ue accusée de non assistance aux réfugiés

2011-09-26

http://tinyurl.com/42nobwr

L'Union européenne abandonne à leur sort les réfugiés d’Afrique subsaharienne qui ont fui le conflit libyen. Une attitude dénoncée par Amnesty International, qui juge que les conséquences de cette inaction pourraient être graves. Pays pétrolier, la Libye de Mouammar Kadhafi comptait entre 1,5 et 2,5 millions d’étrangers originaires d’Afrique et d’Asie. Si la plupart d’entre eux ont cherché à quitter le pays au début de l’insurrection contre le régime du Guide, en février, tous n’ont pas réussi à trouver un nouvel asile. Cet immobilisme est d'autant plus choquant qu'en participant aux opérations de l'Otan en Libye, certains pays européens ont été à l'origine du conflit qui a conduit au déplacement involontaire de nombre de ces personnes.





Elections & gouvernance

Afrique : Opposants de bouche et repaire d’imposteurs

2011-09-26

http://tinyurl.com/3oueuk2

Il est temps de panser une plaie dont la purulence exceptionnelle risque d’endommager gravement la destinée des sociétés africaines contemporaines. Je veux parler d’une sorte de nécrose invisible, de pourrissement intérieur de la parole politique sous l’action de ceux que je nomme les opposants de bouche. Si rien n’est fait contre ces phraseurs sans consistance bénéfique, la parole de l’opposant africain entrera dans la plus terrible des traversées du désert de son histoire. L’opposition politique africaine doit donc être une opposition d’intelligence, de proposition, d’organisation et de résistance planifiée contre la misère, la violence, la ruse, la domination.


Afrique du Sud: Nelson Mandela, personnalité la plus respectée au monde

2011-09-26

http://tinyurl.com/3w86swe

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela occupe la première place selon la première étude menée sur les 54 personnalités les plus respectées dans le monde. L'étude de Reputation Institute révèle que Mandela devance la star du tennis Roger Federer, classé deuxième. Le président sud-africain Jacob Zuma est 35ème au classement, derrière des personnalités comme l'actrice Angelina Jolie (12ème). Le Dalai Lama est 13ème, le président américain Barack Obama (14ème) le fondateur de Facebook, Marc Zuckerberg, (20ème), le footballeur David Beckham (24ème), le Pape (26ème), le Prince Albert de Monaco (28ème), Madonna (29ème).


Algérie : Avenir scellé pour le Front islamique du salut

2011-09-26

http://tinyurl.com/3cfqg5e

Le FIS définitivement condamné en Algérie ? Le projet de loi sur les partis politiques, confirmé le 12 septembre par le Conseil des ministres, interdit le retour du FIS dissous dans le champ politique. Certains politiciens ont également prévenu contre l’exclusion des islamistes du projet de réformes politiques. Le FIS, à sa création, était soutenu par la majorité des Algériens. Nouveau né de la politique algérienne, il avait remporté dès le premier tour des législatives de 1991 à une majorité écrasante face au FLN et au FFS (Front des forces socialistes). Nombreux sont les chefs d’entreprises et les entrepreneurs qui finançaient les activités politiques de ce parti. Mais aujourd’hui, qu’en serait-il si le Front islamique du salut revenait à la politique ?


Cameroun: 23 candidats retenus pour la présidentielle camerounaise

2011-09-26

http://tinyurl.com/3rb8xwa

La Cour suprême du Cameroun a finalement décidé, le 20 septembre 2011, de repêcher deux candidats à la présidentielle. Une vingtaine de recours lui avaient été présentés après une première liste établie par Elections Cameroun (Elecam), l'organisme de gestion des élections. Ils seront donc finalement 23 candidats sur les 52 initiaux à concourir pour la magistrature suprême, le 9 octobre prochain. Une requête visant le rejet de la candidature de Paul Biya, ainsi qu’une plainte contre le président sortant pour inéligibilité et flagrant délit de distraction massive de deniers publics, à l’occasion de son congrès, ont été présentés par deux des requérants. Recours jugé irrecevable par la Cour suprême.


Cameroun: La candidature de Paul Biya toujours contestée

2011-09-26

http://tinyurl.com/3j9tk92

Même si cela continue d’alimenter les conversations de couloir, et bien que déjà ouvertement dénoncé à maintes reprises, l’opposition ne relâche pas d’ardeur dans cette logique et dénie toujours la candidature de Paul Biya. Le Mouvement démocratique de conscience nationale (Modecna) s’est quelque peu mis au devant de la scène politique ce 20 septembre 2011. Ayant en effet depuis un moment entamé des démarches judiciaires en vue de la modification de la Constitution pour y insérer le mode de scrutin d’élection à deux tours, et par la suite la déclaration par la Cour constitutionnelle de l’irrecevabilité de la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle. Malgré cela, la Cour constitutionnelle et le président de la République lui-même n’a pas voulu introduire de requête à ce sujet.


Cameroun : Un portrait au vitriol du Cameroun de Paul Biya

2011-09-26

http://www.rfi.fr/node/669763

A quelques semaines de l’élection présidentielle au Cameroun, la journaliste française Fanny Pigeaud publie aux éditions Karthala Au Cameroun de Paul Biya, un ouvrage décapant. Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’Etat camerounais se représente pour la sixième fois consécutive. A lire le livre de l’ancienne correspondante de l’AFP et de Libération au Cameroun, son bilan est catastrophique à tous points de vue. Sur place, l’ouvrage suscite des réactions passionnées.


Madagascar: Impossible n'est plus malgache

2011-09-26

http://tinyurl.com/3pe5qzw

La signature d’un accord le 17 septembre entre différents partis politiques à Madagascar constitue une avancée sans conteste. Mais l’expérience de la longue crise malgache pousse plus à la prudence qu’à l’enthousiasme face au succès futur de cet accord, le troisième du genre depuis mars 2009, après les épisodes de Maputo et Addis Abeba. L’autre point crucial concerne le retour de Marc Ravalomanana, le président déchu en exil. Lors du sommet des chefs d'Etat de la SADC, à Sandton en Afrique du sud, il avait été qualifié de «sans conditions». A ses partisans réunis à Antananarivo, Ravalomanana a fait savoir qu’il comptait rentrer au plus vite. Une promesse de longue date qui, avec la signature de la feuille de route, devient de plus en plus vraisemblable.


Rd Congo: Le paysage politique avant la campagne pour la présidentielle

2011-09-26

http://tinyurl.com/449synm

Selon les listes provisoires pour la présidentielle en Rd Congo, la CENI a enregistré 11 candidats à la présidentielle pour un seul poste, et 14.000 candidats aux législatives 2011 pour 500 sièges à pourvoir. Cependant, à en croire la CENI, deux à trois autres candidats dont les dossiers n'ont pas été retenus ont saisi la Cour suprême de justice qui devrait se prononcer sur leur cas depuis le 21 septembre. Pour la présidentielle, le paysage est d'ores et déjà connu : un quarté qui sort du lot avec Joseph Kabila Kabange, face aux opposants Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et Kengo wa Dondo.


Sénégal: Quelles chances pour Wade à la présidentielle de 2012?

2011-09-26

http://tinyurl.com/3vx8q4j

À cinq mois de la présidentielle, Jeune Afrique s’interroge : Wade peut-il encore gagner et rempiler ainsi pour un troisième mandat au Sénégal ? En quelques mois, Abdoulaye Wade a réussi le tour de force de se mettre à dos une large frange de la société sénégalaise, de plus en plus jeune et urbanisée. Bref, les derniers atouts du « pape du sopi » paraissent bien maigres. Mais ils sont pourtant réels. D’abord, Wade compte sur les forces traditionnelles et religieuses. Mais dans l’état actuel de la société sénégalaise, celles-ci n’ont peut-être plus envie de se mouiller, pour ne pas risquer de perdre en crédibilité... Et puis il y a le cas Karim Wade, son fils.


Sénégal: Ultimatum à Wade pour renoncer à sa candidature

2011-09-26

http://tinyurl.com/3tq3x9l

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile au Sénégal, a donné le 23 septembre au président Abdoulaye Wade jusqu'à fin octobre pour renoncer à briguer à un nouveau mandat en 2012, lors d'un meeting à Dakar. Selon les dispositions légales au Sénégal, le Conseil constitutionnel doit publier fin janvier 2012 la liste des candidats autorisés au scrutin présidentiel, dont le premier tour est prévu le 26 février 2012. Après deux mandats, le débat est posé sur la possibilité, pour Wade, de postuler à un troisième mandat regard des dispositions actuelles de la Constitution.


Zambie : Soulagement après la victoire de "King Cobra" à la présidentielle

2011-09-26

http://tinyurl.com/3pko5fv

La victoire de Michael Sata est nette, sans appel, et met fin à une période de tensions post-électorales qui menaçait de dégénérer en affrontements. L'opposant a remporté l'élection présidentielle à un tour en Zambie, avec 45 % des voix devant le candidat sortant, Rupiah Banda, qui n'en recueille que 36 % selon les chiffres de la Commission électorale indépendante confirmés par la Cour suprême, le 23 septembre, après trois jours de tension et d'attente suite à un scrutin à risque. Pas quatre fois, l'ex-haut responsable du parti unique recyclé dans l'opposition avait perdu la présidentielle.





Corruption

Global : L’affaire Bourgi et le prix de la corruption

2011-09-26

http://tinyurl.com/3q94q5z

Les accusations de Robert Bourgi - si elles s'avèrent réelles - ne mettent pas seulement à mal la démocratie. La corruption est aussi coûteuse pour les citoyens français et africains. Admettons qu'effectivement, des mallettes bien peu diplomatiques aient circulé ainsi entre Dakar, Ouagadougou, Abidjan, ou Libreville en direction des sièges de partis politiques français, dont le RPR, voire l'UMP. Les populations du sud sont tout à la fois victimes d'un vol de ressources, d'un retard dans leur propre développement économique, mais aussi victimes d'un déni démocratique.





Développement

Afrique du sud: Une inflation à 5,3%

2011-09-26

http://tinyurl.com/3kdq3us

L’Office national des statistiques de l’Afrique du Sud a publié le 21 septembre le taux d’inflation du pays, qui a été enregistré en août dernier et est resté stable sur un an. Ce taux de 5,3% avoisine la limite supérieure de l’intervalle de tolérance qu’avait fixé le gouvernement sud africain pour le taux d’inflation national à savoir entre 3% et 6%. Ainsi la position de la Banque centrale sud-africaine s’avère très délicate puisque celle-ci se retrouve confrontée à concilier le fait de limiter le ralentissement de l’économie tout en évitant de favoriser le retour d’une inflation élevée.


Afrique : Éviter d'être des moutons de Panurge !

2011-09-26

http://tinyurl.com/3dtn9ug

Le développement, c’est quoi ? Nous continuons de penser qu’être développé, c’est être bardé d’une industrie nucléaire, astronomique, automobile, spatiale et, construire des buildings, tout en se dotant d’armes de destruction massive. Or toutes ces vanités, que notre mort inévitable rend plus qu’évidentes, nous harcèlent et nous rendent esclaves, convaincus autant que nous sommes, que tant que nous n’aurions pas atteint le niveau d’avilissement matérialiste du Blanc, nous ne pourront jamais prétendre être développés. Posture de moutons de Panurge, posture de gens qui n’ont rien compris, posture de gens qui pensent qu’il faut suivre bêtement les autres, sans inventer notre propre destin.


Afrique: Le continent dans le peloton de tête de la croissance

2011-09-26

http://tinyurl.com/4ym4ps7

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance soutenue en Afrique pour 2011 et 2012 en dépit de la crise financière et économique mondiale. Depuis 2008, le continent africain échappe à la récession qui frappe la plupart des États de la planète, grâce notamment, à l'intérêt grandissant de l'Inde et de la Chine pour ses matières premières. Pour 2011, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance légèrement supérieure à 5%. Et l'an prochain, ce sera encore mieux. L'Afrique enregistrera un bond dans son activité économique proche des 6%. C'est nettement supérieur à la moyenne mondiale et encore plus aux résultats des pays développés englués dans le marasme et le chômage de masse.


Afrique: Un fort potentiel de d’exportation de charbon

2011-09-26

http://tinyurl.com/3jxjzfh

En matière de charbon les analystes pensent que le Mozambique, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont ensemble un fort potentiel d’exportation estimé à plus de 50 millions de tonne par an, ce qui représente des recettes considérables. Relativement au prix de la tonne qui oscille actuellement entre 250 et 300 dollars, les recettes à générer seraient de l’ordre de 12 à 15 milliards de dollars par an, supérieur aux PIB du Zimbabwe et du Mozambique.


Côte d’ivoire : L’économie se relance

2011-09-26

http://tinyurl.com/3h4nadl

Le peuple ivoirien peut désormais souffler un coup, et oublier la douloureuse expérience de la crise postélectorale qui a plongé le pays dans un chaos socio-économique. En effet les premiers indicateurs établis montrent que l’économie ivoirienne est repartie et promet encore de belles prouesses. Toutefois on annonce une baisse du PIB en 2011, en raison des six mois de crise, mais la récession devrait être moins importante que prévu dans un premier temps. Une baisse de 7,5% du PIB avait d’abord été anticipée; elle pourrait finalement être inférieure à 6%. Mais l’espoir renaîtra en 2012 avec une croissance économique annoncée à 8% contre 2,4% en 2010.


Mali : Kayes tient son nouvel aéroport

2011-09-26

http://tinyurl.com/3lobc9b

Le 18 septembre, le président malien, Amani Toumani Touré, a procédé à l’inauguration de l’aéroport de Kayes Dag Dag (480 Km de Bamako), dont la réhabilitation et la modernisation, lancées à la mi-2009, se sont enfin achevées. Un soulagement tant le chantier a pris plus de temps que prévu. Ainsi, l’aéroport de Kayes Dag Dag peut à présent accueillir 200 000 passagers l’année. Tout cela a coûté 8,3 milliards de FCFA (17 millions de dollars).


Ouganda: 20.000 Ougandais expulsés de leurs terres

2011-09-26

http://tinyurl.com/3ktsqa7

Les transactions sur de vastes surfaces de terres arables par des gros investisseurs, internationaux pour la plupart, ont un impact catastrophique pour les populations locales des pays concernés, essentiellement en développement. Un rapport sur les accaparements de terres agricoles publié par Oxfam en donne une illustration saisissante. Le cas de l’Ouganda présenté dans le rapport révèle que plus de 20.000 personnes ont été expulsées des terres où elles étaient installées depuis plusieurs décennies, se retrouvant ainsi sans abri ni ressources. La situation dramatique des expulsés ougandais n’est pas un cas unique. Le Soudan du Sud, qui a proclamé son indépendance le 9 juillet 2011, pourrait lui aussi se retrouver dans la même situation.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : La cigarette fait un tabac

2011-09-26

http://tinyurl.com/3jjo7a9

L’Afrique est le nouvel eldorado de cigarettiers déprimés. Sa jeunesse est la cible idéale d’un marketing plus qu’imaginatif. Si l’Afrique n’est traditionnellement pas grande consommatrice, elle fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions de la part des grandes sociétés productrices. Éreintées par les campagnes antitabac dans les pays occidentaux, celles-ci entendent bien enfumer les Africains. Après une progression de 62% entre 1995 et 2000, la consommation de cigarettes continue de croître sur le continent africain.


Afrique: L'OMS dresse l'état des lieux des maladies non transmissibles

2011-09-26

http://tinyurl.com/3kzp84d

Les maladies non transmissibles (MNT) telles le cancer, cardiopathies, pneumopathies et diabète, sont la première cause de mortalité dans le monde. À l'échelle mondiale, elles sont la première cause de mortalité, avec plus de 36 millions de morts en 2008. Sur l'ensemble de ces décès, 48% sont dus aux maladies cardiovasculaires, 21% aux cancers, 12% aux maladies respiratoires chroniques et 3% au diabète. Selon ces estimations, la proportion des hommes mourant de MNT avant l'âge de 60 ans peut atteindre 67%.


Tunisie: Projet de fabrique d’un traitement palliatif à la chimiothérapie

2011-09-26

http://tinyurl.com/42cnz2u

Cela fait quinze ans que les laboratoires Roche testent un nouveau produit médical, ayant pour but de faire face aux cancers, en stabilisant les cellules cancéreuses à un stade primaire de la maladie. Ce traitement s'annonce, ainsi, comme un palliatif à la chimiothérapie, utilisable en cas de cancer dépisté à un stade précoce et sur une période de deux ans. Ce produit innovant a de fortes chances d'être fabriqué en Tunisie.





Racisme & xénophobie

Global: Freeman dénonce le racisme aux USA

2011-09-26

http://tinyurl.com/3f4g5lr

L'acteur Morgan Freeman, qui a incarné dans "Invictus" de Clint Eastwood le rôle de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid devenu le premier président noir d'Afrique du Sud, assure que dans sa ville de Charleston (Mississippi) "les enfants, encore aujourd'hui, ne se fréquentent pas entre Blancs et Noirs". "Le racisme est toujours bien vivant aux Etats-Unis et pas seulement dans le Sud-Est", souligne l'acteur noir de 74 ans. Dernier exemple en date, le meurtre en juin dernier dans la capitale du Mississippi, Jackson, d'un Noir de 49 ans par un adolescent blanc, qui avec des amis avait décidé de s'en prendre gratuitement à une personne de couleur.





Environnement

Afrique : La désertification s’intensifie

2011-09-26

http://tinyurl.com/3zlle2c

Le réchauffement climatique intensifie la désertification dans le monde, notamment en Afrique subsaharienne, où les zones y sont classées « hyper aride », contre « sec » en Europe et aux États-Unis. L’Asie n’est pas sans reste, le Nord de l’Asie du Sud-Est est classé « aride » et « hyper aride ». Chaque année, 12 millions d’hectares de terres cultivables disparaissent, « soit l’équivalent, au bout de 10 ans, de la taille d’un pays comme l’Afrique du Sud ». D’ici 2020, ce sont plus de 50 millions de personnes qui pourraient être obligées de migrer à cause de l’appauvrissement de leurs terres.


Afrique: Les politiques forestières rwandaises et gambienne primées

2011-09-26

http://tinyurl.com/3jqtrlu

La politique forestière nationale du Rwanda a été proclamée lauréate du Prix 2011 de la politique du futur et la Politique forestière communautaire de la Gambie a remporté une médaille d'argent. Bien qu’étant l'un des pays les plus pauvres du monde avec une population en croissance rapide, la Gambie a réussi à obtenir une nette augmentation du couvert forestier de 8,5 pour cent au cours des deux dernières décennies. Le Rwanda, malgré les pressions démographiques et foncières qui continuent d'exister, est l'un des trois seuls pays d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest à avoir atteint un renversement majeur de la tendance de déclin de la couverture forestière.


Global: Des traces du premier Africain en Australie

2011-09-26

http://tinyurl.com/3pjh6h4

Le séquençage du génome d'un Aborigène d'Australie révèle que ses ancêtres ont quitté l'Afrique pour s'aventurer sur le continent asiatique bien avant les autres colonisateurs de l'Eurasie, prouvant que l'Asie a été peuplée par plusieurs vagues migratoires. Ce séquençage, réalisé à partir d'une mèche de cheveux donnée par un jeune Aborigène au début du XXe siècle, indique que ce peuple pourrait avoir atteint l'Australie voilà 50 000 ans. Il serait ainsi l'une des populations qui, hors d'Afrique, vivent depuis le plus longtemps sur la même terre.


Rd Congo: La population confrontée au manque d’eau potable

2011-09-26

http://tinyurl.com/3m3dczk

Le problème d'approvisionnement en potable demeure dans la ville de Kinshasa, aussi bien que dans les provinces. Le manque d'eu potable fournie par la Regideso est à l'origine des maladies d'origine hydrique. En témoignent le cas de l'épidémie de choléra enregistré le long du fleuve Congo (Province Orientale, Equateur, Bandundu et ville de Kinshasa). Au 2 septembre 2011, un total de 5.724 cas dont 334 décès a été rapporté.


Sénégal : La bouse de vache contre les coupures de courant

2011-09-26

http://tinyurl.com/3sjlkbl

La nature est parfois si bien faite. En Afrique de l’Ouest, une idée a pour ainsi dire le vent en poupe: de la bouse de vache pour produire de l’électricité et du gaz domestique. Un palliatif aux coupures d’électricité intempestives que connaît cette région et qui ont notamment provoqué les violentes manifestations du 23 juin 2011 à Dakar, la capitale sénégalaise. Le projet, baptisé Programme national de biogaz domestique (PNB), a pour objectif d’assurer durablement l’approvisionnement des ménages urbains et péri-ruraux en énergie pour l’éclairage et la cuisson, ainsi que de l'engrais organique pour soutenir les activités agricoles en zone rurale. Mais comment tout cela marche-t-il?





Justice Alimentaire

Afrique: Le G20 pour la création d'une réserve alimentaire en Afrique

2011-09-26

http://tinyurl.com/42xpso8

Le G20 soutiendra la création d'une réserve régionale alimentaire en Afrique de l'Ouest, afin d'éviter le risque de pénuries de denrées dans la zone la plus pauvre au monde, a déclaré le 23 septembre à Washington le ministre français de la Coopération. L'idée est de créer un stock de 67.000 tonnes de vivres permettant de venir en aide en cas de besoin à 11 pays de la Cedeao.


Afrique : Trop de retards dans la réponse à la famine

2011-09-26

http://tinyurl.com/4yz93ox

La communauté internationale a réagi trop tard aux symptômes d’une grande famine dans la Corne de l’Afrique, affirment les salésiens de Don Bosco en Ethiopie. Une famine qui met à genoux la Somalie, le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti, l’Erythrée, le Soudan du sud, l’Ouganda et la Tanzanie, où, selon l’ONU, 13 millions de personnes souffrent de ses conséquences et 75.000 autres sont menacées de mort. Les salésiens de Don Bosco, qui coordonnent les aides destinées aux réfugiés provenant de Somalie et à la population éthiopienne, déplorent que malgré une première alerte d’une catastrophe imminente lancée en décembre 2010, « personne n’a voulu écouter ».


Global : Un milliard de personnes souffrent de la faim

2011-09-26

http://tinyurl.com/3q7k65o

Le nombre de personnes sous-alimentées a culminé en 2010 à 925 millions, principalement dans la région Asie-Pacifique et en Afrique subsaharienne, selon les chiffres de la FAO. Dans le même temps, un milliard et demi de personnes affichent un surpoids, ressort-il du rapport annuel sur les catastrophes mondiales de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge publié le 22 septembre. Les pays "riches" sont également concernés par les problèmes alimentaires: 40 millions de personnes ont reçu des colis alimentaires aux Etats-Unis en 2010.


Mozambique : Lancement d’un projet pionnier alimentation-énergie

2011-09-26

http://tinyurl.com/3m6fjz8

Une société mozambicaine va aider les petits exploitants agricoles à adopter des pratiques agricoles durables, à créer une installation de production de combustible de cuisine à base d'éthanol, et à jeter les bases de communautés économiquement et écologiquement durables en Afrique sub-saharienne. L'initiative va s'attaquer à une série de problèmes, y compris la dégradation des sols, la mauvaise santé et la pauvreté énergétique. Partout en Afrique, plus de 80 % des familles urbaines achètent du charbon pour cuire leurs aliments.


Nigéria : Exploiter les potentialités du manioc

2011-09-26

http://tinyurl.com/3vzgryr

Avec 44 millions de tonnes par an, le Nigéria est le premier producteur du manioc. Mais, cette manne agricole est sous-exploitée. En effet, du manioc découlent plusieurs types d’aliments. C’est pourquoi l’IITA, en synergie avec le CFC, a appelé à plus d’investissements pour la valorisation du manioc au Nigéria. Au-delà même du pays le plus peuplé d’Afrique, le manioc peut être bien exploité en Afrique Centrale où les populations l’utilisent couramment pour fabriquer des bâtons alimentaires ou pour en consommer les feuilles sous forme de légumes.





Média & liberté d'expression

Burundi : bras de fer entre les médias et le pouvoir

2011-09-26

http://tinyurl.com/3eb48tm

Les radios privées burundaises refusent de se plier aux injonctions du gouvernement qui leur avait interdit, le 21 septembre 2011, de parler de l'attaque qui a fait 39 morts à Gatumba, une localité proche de la capitale Bujumbura, le 18 septembre. Ces radios et télévision dénoncent une décision qui viole la loi burundaise et engagent un bras de fer avec le pouvoir. Le gouvernement burundais n’a pas voulu, ou n’a pas pu, intervenir sur-le-champ. Selon la ministre de l’Information cette décision était prise dans l’urgence et doit être respectée.





Nouvelles de la diaspora

Ghana : Kweku Adoboli, le trader inculpé, se dit «désolé»

2011-09-26

http://tinyurl.com/4xaxpc

Kweku Adoboli, le trader d’UBS inculpé le 18 septembre en Grande-Bretagne pour des fraudes ayant fait perdre 2,3 milliards de dollars (1,48 milliard d’euros) à la première banque suisse, a été maintenu en détention à l’issue de sa comparution le 22 septembre devant un tribunal londonien. Selon son avocat Patrick Gibbs, Kweku Adoboli « est désolé de ce qui s’est passé, au-delà ce qu’il peut exprimer. Il est allé voir UBS et leur a dit ce qu’il avait fait, et il est maintenant consterné par l’ampleur des conséquences de ses désastreuses erreurs de calcul ». Le trader de 31 ans, originaire du Ghana, avait été inculpé et placé en détention vendredi 23 septembre à Londres.


Global : Déni de justice et exécution de Troy Davis

2011-09-26

http://tinyurl.com/3t3tjgo

Condamné à la peine de mort, Troy Davis a été exécuté par la justice américaine au pénitencier de Jackson en Géorgie (États-Unis). Comble de la cruauté, il a attendu quatre heures dans le couloir de la mort avant de recevoir l’injection létale. Juste avant de mourir, il a clamé son innocence et souhaité que la vérité soit rétablie. Au-delà de l’aspect inhumain du procédé – dont l’Union européenne a déploré l’exécution - cette nouvelle hésitation dissimule surtout les doutes de la Cour suprême sur la culpabilité de Troy Davis. Et confirme que la Géorgie n’a pas respecté la présomption d’innocence. La culpabilité de Troy Davis n’a jamais été prouvée.





Conflits & urgences

Afrique : L'armée américaine crée de nouvelles bases dans la Corne de l'Afrique

2011-09-26

http://tinyurl.com/3hvevha

Les Etats-Unis bâtissent, dans la Corne de l'Afrique et dans la Péninsule arabique, un réseau de nouvelles bases pour des drones, destinés à frapper des membres d'al-Qaïda en Somalie et au Yémen, selon des informations parues le 21 septembre dans le Washington Post. Enfin, une quatrième base est en construction, à l’Ouest, en Ethiopie, allié des Etats-Unis dans la lutte contre les shebabs de Somalie. L’objectif visé par les autorités américaines est clair : contrôler l’ensemble de la zone, notamment pour éviter la propagation et le renforcement des groupes affiliés à al-Qaïda.


Lybie : L'annonce d'un gouvernement de transition reportée sine die

2011-09-26

http://tinyurl.com/3l466kv

Suite à des divergences, l'annonce de la composition du gouvernement de transition libyen a été reportée à une date indéterminée. Ce gouvernement sera chargé de gérer la transition en attendant des élections et la rédaction d'une nouvelle Constitution. Il sera aidé dans sa tâche par l'ONU, dont le Conseil de sécurité a annoncé la levée partielle du gel des avoirs libyens et l'envoi d'une mission de trois mois en Libye. Reconnu par l'ONU comme représentant du peuple libyen, le CNT a annoncé le 2 septembre qu'il comptait diriger le pays jusqu'à l'élection dans huit mois d'une Assemblée constituante, avant des élections générales un an plus tard.


Lybie : Le conflit dépasse les frontières et menace les pays voisins

2011-09-26

http://tinyurl.com/4x8eq7w

Les derniers incidents armés qui ont opposé l’armée tunisienne à un convoi non identifié près de la frontière algérienne soulèvent le spectre de la menace terroriste. Depuis le début de la crise libyenne, les menaces se font lourdes sur les zones frontalières, difficiles à surveiller, et qui constituent des régions de transit pour ces groupes armés. L’armée de l’air tunisienne a attaqué et neutralisé, le 21 septembre 2011, un convoi armé de batteries anti-aériennes dans le sud de la Tunisie. Le 20 septembre 2011, c’était au tour de l’armée soudanaise de se voir confrontée à un convoi lourdement armé de rebelles du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM).


Libye : L’Otan prolonge son intervention de trois mois

2011-09-26

http://tinyurl.com/3fubjwd

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), qui a engagé une intervention militaire le 31 mars en vertu d’un mandat de l’Onu lui enjoignant de protéger les civils, a décidé de la prolonger de trois mois, avec l’espoir de terminer au plus vite sa mission. L’Otan s’est déclarée déterminée à poursuivre son engagement militaire, aussi longtemps que les civils resteront menacés par les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi.


Somalie : Les islamistes renvoient des milliers de déplacés chez eux

2011-09-26

http://tinyurl.com/423uc44

Les insurgés islamistes shebab ont annoncé le 22 septembre avoir commencé à renvoyer des milliers de déplacés vers leur village d'origine, qu'ils avaient fuis pour échapper à la sécheresse et à la famine. Les shebab, qui récusent l'existence d'une famine en Somalie, ont tenté d'empêcher par la force ces derniers mois l'exode des populations des régions qu'ils contrôlent. Ils accusent également le fragile gouvernement de transition somalien, contre lequel ils combattent, de vouloir profiter de la sécheresse pour les mettre en difficulté politiquement.





Internet & technologie

Congo : Et voici la nouvelle tablette numérique africaine !

2011-09-26

http://tinyurl.com/3b9j5dv

Un article précédent de C4N s'étonnait de ce que les dirigeants politiques africains ne se pressaient pas de tirer profit de la tablette numérique low cost produite par les Indiens. Dans le cas particulier du Congo, on peut peut-être l'expliquer par le fait que son gouvernement a préféré soutenir une entreprise locale de production d'une tablette africaine. Cette innovation technologique venant d'Afrique noire est un démenti cinglant au fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy. En Vérone Mankou, l'Afrique tient peut être son Bill Gates, Steve Jobs ou Sergueï Brin. Mais il y a un hic au joli tableau : le prix du bijou technologique.





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