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La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 208 : Naissance d'une nouvelle citoyenneté et démocratisation en Afrique

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Arts & livres, 5. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Justice Alimentaire, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Les défis de la démocratie participative : Quand l’Afrique réinvente la citoyenneté locale.
COMMENTAIRES & ANALYSES : A qui profite l’or du Burkina ?
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : Un numéro sur le Sahara occidental.
ARTS & LIVRES : Afrique : Les lauréats africains du Prix Nobel.
POUVOIRS EMERGENTS : Global : Les USA critiquent les condition de l’aide de la Chine à l’Afrique.
FEMMES & GENRE : Liberia : La reconstruction passera par le féminisme.
DROITS HUMAINS : Afrique : Le Tchad veut faire juger Habré au Rwanda.
REFUGIES & MIGRATIONS : Algérie : Expulsion de 600 subsahariens en situation irrégulière.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : 23 pour un fauteuil présidentiel.
DEVELOPPEMENT : Afrique : L’UEMOA, une épine au pied du bloc ouest-africain ?
EDUCATION : Afrique : Une industrie du livre au bénéfice du système éducatif.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Le continent lutte l’extermination de ses peuples.
RACISME & XÉNOPHOBIE : Mauritanie : La révolte de la communauté noire s’amplifie.
ENVIRONNEMENT : Afrique : 11,4 milliards de francs de l’UE pour la biodiversité.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Des initiatives de financement qui sortent de l’ordinaire.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Global : Bourgi dit ne rien savoir des biens mal acquis.
CONFLITS & URGENCES : Afrique du Sud : Jour de grosse colère.
INTERNET & TECHNOLOGIE : Afrique : C’est Nokia et non Apple qui domine.




Chroniques

Les défis de la démocratie participative : Quand l’Afrique réinvente la citoyenneté locale 



Mamadou Bachir Kanouté

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77020

Dans les villes africaines, en cours de paupérisation, de nouvelles pratiques sociales bousculent les rapports de pouvoir. 
 Devant la rupture de la cohésion sociale, note Mamadou Bachir Kanouté, «l’approche du budget participatif favorise l’équilibre entre les quartiers centraux et les quartiers périphériques surpeuplés». Elle amène aussi les municipalités à se plier au principe de « redevabilité » qui oblige les élus à rendre des comptes aux électeurs

C’est en Afrique que la mise en commun des ressources en vue de l’action publique est la plus faible. Nulle part les prélèvements fiscaux et parafiscaux n’y excèdent les 17 % du produit intérieur brut (10 % en général), alors qu’ils se situent par exemple aux environs de 20 à 25 % en Amérique latine, et de 40 à 50 % dans les pays occidentaux.

Les dépenses des collectivités locales africaines ne représentent pas plus de 3,5 %des budgets publics. En outre, elles sont consacrées à 80 voire 85 % aux frais de fonctionnement (salaires des agents municipaux, carburant, etc.), ne laissant qu’une très faible portion à l’investissement de base (éducation, santé, eau, assainissement, etc.) et à la satisfaction de la demande sociale (sécurité, insertion socio-économique, entre autres).

Cependant, depuis la démocratisation du continent dans les années 1990, les populations s’impliquent de plus en plus dans la gestion de leurs cités. C’est ainsi que le budget participatif est apparu en Afrique au début des années 2000. En 2010, lors du sommet des villes d’Afrique (Africités 5), à Marrakech, on dénombrait cinquante-trois collectivités territoriales ayant adopté cette approche. En février 2011, le Forum social mondial de Dakar en recensait cent cinquante-trois, soit une centaine de nouvelles adhésions. Le Sénégal, le Cameroun et Madagascar sont à la pointe de cette évolution. Antananarivo a responsabilisé le fonds de développement local (FDL) pour encourager un mouvement qui concerne cinquante-neuf communes en 2011 et trois cents en perspective pour 2012.

Mais le mouvement s’étend progressivement à tout le continent. Au Cameroun, une cinquantaine de villes sont impliquées. En République démocratique du Congo (RDC), six municipalités dont les bourgmestres sont pourtant nommés par l’Etat central sont en train d’expérimenter le budget participatif déjà effectif dans la capitale Kinshasa et dans le Sud-Kivu. En Afrique anglophone, c’est l’Afrique du Sud et le Kenya qui font figure de moteurs. Le Mozambique et le Cap-Vert, avec six villes, rejoignent le mouvement en Afrique lusophone.

L’approche du budget participatif permet une meilleure allocation des ressources communales aux besoins essentiels des populations, surtout les plus défavorisées. C’est ainsi qu’à Madagascar les entreprises d’extraction minière ont été contraintes de rendre publiques les redevances qu’elles versent à l’Etat. Les ressources financières ainsi récupérées ont été consacrées aux besoins en salles de classe, en postes de santé et, d’une manière générale, à une meilleure prise en charge des Objectifs du millénaire pour le développement.

Dans les villes africaines, souvent marquées par une rupture de la cohésion sociale, l’approche du budget participatif favorise l’équilibre entre les quartiers centraux, qui sont considérés comme une vitrine et qui font l’objet de toutes les attentions des autorités, et les quartiers périphériques surpeuplés. Constitués de taudis sous-équipés, ces derniers ne bénéficient pas des services sociaux de base adéquats. La ville de Dakar a ainsi instauré un Fonds de développement et de solidarité municipal (Fodem) destiné à relever les défis urbains tels que l’emploi des jeunes, la promiscuité, l’insécurité, la dégradation du cadre de vie, l’aggravation de la vulnérabilité des ménages. On note également une meilleure inclusion sociale des groupes vulnérables et/ou marginalisés que sont les jeunes et les femmes, dans la formulation et la prise en charge des besoins.

Au plan politique, le budget participatif accroît la transparence de la gestion municipale. Celle-ci acquiert par ce biais une plus grande crédibilité aux yeux des populations. Ainsi plusieurs communes africaines ont-elles adopté le principe de « redevabilité », qui oblige les élus à rendre des comptes aux électeurs. Au Mali et au Sénégal, il existe notamment des « journées de dialogue » au cours desquelles le maire installe son bureau dans la cour et consacre la journée à discuter avec les citoyens. A Dakar, le maire se soumet aux interrogations de la population à travers la radio communautaire. Via Internet, il maintient également le dialogue avec la diaspora. C’est un enjeu important en Afrique, où les émigrés contribuent parfois d’avantage que l’aide publique à l’essor de leur commune d’origine.

Pour autant, l’institutionnalisation des processus de budgétisation participative reste un défi. A Madagascar, après une expérimentation dans neuf communes pilotes, le gouvernement encourage l’extension du processus à cinquante communes pour l’exercice 2011 et prévoit de le généraliser dans trois cents communes en 2012. Au Sénégal, le ministre de la décentralisation et des collectivités locales s’est prononcé en faveur du vote d’une loi ; au Mozambique, des lignes directrices sont élaborées par le gouvernement pour la modélisation de la budgétisation participative.

En effet, dans la majorité des pays, la législation est en retard sur les pratiques. L’exemple le plus manifeste est celui de la RD Congo, où les autorités locales sont encore nommées, et non élues. Elles n’ont à rendre compte qu’à l’administration centrale qui les a installées. Dans les pays d’Afrique francophone dont les textes sont inspirés de la France, on note un fossé entre ceux qui datent, pour la plupart, des années 1960, période de leur indépendance, et les aspirations actuelles des citoyens qui réclament l’approfondissement de la démocratie. Un toilettage est donc nécessaire.

Les processus participatifs se révèlent très volatils : beaucoup se perdent à la suite des alternances locales, d’autres ne résistent pas aux premières difficultés rencontrées sur le terrain. En effet, il s’agit in fine d’un partage de pouvoir entre des autorités dotées de la légitimité que confèrent les urnes et d’autres types de forces qui se sont imposées sur le terrain social, communautaire, etc. Les processus sont donc très mouvants. En outre, il existe une contradiction manifeste entre la volonté de décentralisation affirmée par les gouvernants et la faiblesse, voire l’absence, de transfert des ressources concomitantes.

Enfin, l’un des défis majeurs reste le suivi et l’évaluation des expériences engagées. Le cloisonnement des initiatives, souvent liées à des microprojets ad hoc non coordonnés, ne facilite pas ce processus. Il apparaît nécessaire de renforcer les échanges entre pays africains et entre l’Afrique et le reste du monde.

* Mamadou Bachir Kanoué est coordinateur d’Enda Tiers-monde Ecopop

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Réflexions sur Durban 2001 et après : Les urgences à combattre le racisme

Pierre Sané

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77019

Une décennie après l’historique Conférence mondiale contre le racisme, à Durban, les questions soulevées restent urgentes et pertinentes en dépit de l’opposition occidentale. Pour Pierre Sané, «Durban a clos une ère commencée par Christophe Colomb et a demandé une nouvelle lecture de cette période de notre histoire commune.» Ceci en tenant compte du fait que, sous des formes et justifications diverses, « le racisme qui persiste à réinventer sa justification et son mode d’expression».

Les Nations Unies étaient prêtes à tenir une conférence de suivi lors de l’Assemblée générale de septembre, afin de commémorer, le 22 septembre, le 10ème anniversaire de la Conférence mondiale contre le racisme (CMR). La rencontre de 2001 avait eu lieu à Durban (Afrique du Sud) à la fin août et au début septembre 2001. C’était quelques jours avant l’attaque terroriste du 11 septembre qui a démoli les deux Tours de Manhattan, New York, et causé presque 3000 morts. Dix ans plus tard, la controverse fait toujours rage.

Les Etats-Unis n’avaient pas manqué d’annoncer qu’ils ne participeraient pas à la conférence de suivi, arguant qu’il s’agissait d’une conférence de la "haine". Le Canada et Israël avaient également annoncé qu’ils boycottaient le Sommet. Aucune autre réunion des Nations Unies n’a causé des réactions aussi négatives de la part de l’Occident.

Il y a dix ans, la conférence de Durban s’était terminée par le retrait spectaculaire des délégations des Etats-Unis et d’Israël, outrées, apparemment, par le fait qu"Israël était seule à être pointée du doigt" et par le faire de voir dire que sionisme rimait avec racisme. Les pays européens ont aussi menacé de se retirer mais avaient fini par négocier une déclaration et un plan d’action auquel ils pouvaient s’accomoder.

A cette conférence, j’ai conduit à une délégation de l’UNESCO, après avoir participé à sa préparation en ma qualité de secrétaire général d’Amnesty International (AI). A ce dernier titre j’ai aussi conduit d’autres délégation d’AI à d’autres conférences sur les droits humains, y compris celles de Vienne (1993), de Beijing pour le droit des femmes (1995) et de Rome pour la création du Tribunal Pénal International (TPI) en 1998. Toutes ces conférences se sont achevées avec des déclarations et des plans d’action, adoptés par consensus après des débats nourris. Ce fût également le cas pour Durban. Alors, où est le problème ?

A mon avis, ces attitudes s’expliquent par le fait que pour la première fois les pays occidentaux ont été mis sur la défensive. Alors que dans les conférences précédentes ils se voyaient comme les champions des Droits de l’Homme, occupés à promouvoir un programme de droits humains globaux progressiste, à Durban il leur a été demandé des comptes pour les atrocités du passé perpétrées contre les peuples du Sud. Le génocide des populations autochtones dans les Amériques, la traite transatlantique des esclaves, les guerres d’occupation coloniale et l’expropriation, autant de fait à propos desquels il a été démontré que leurs actes reposaient sur une idéologie raciste qui ont structuré le monde inégal que nous habitons aujourd’hui. La persistance du racisme de nos jours est considérée comme étant l’héritage de siècles d’expansion et de brutalité européennes. L’Europe et l’Amérique du Nord ont donc été sommées de présenter des excuses et de payer des dommages et intérêts aux descendants des anciennes victimes, ce à quoi ils ont objecté.

L’autre grand contentieux est lié aux résultats des débats du forum de la société civile et à leur rejet par la Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, en raison de "langage inapproprié". Le forum des organisations non gouvernementales (ONG) a déraillé principalement en raison du conflit israélo-palestinien, au cours duquel les débats ont généré des accusations "d’antisémitisme" qui ont entraîné le retrait de quelques-unes des ONG internationales et juives présentes.

Ceci, ajouté aux retrait des Etats-Unis et d’Israël, a été amplifié par les médias occidentaux qui se sont empressés de qualifier tout le processus de Durban "d’échec", sans attendre le résultat de la conférence gouvernementale. Il s’en est suivi que les travaux de quelques 6000 groupes qui ont participé à la préparation de la conférence n’ont pas été soumis et examinés par le forum intergouvernemental, qui a finalement omis de reconnaître les discriminations endurées par les Palestiniens, ou par ceux provenant de pays à systèmes de castes comme l’Inde, le Japon ou l’Afrique de l’Ouest. Le forum a également omis de considérer le sort des Noirs vivant dans les pays arabes.

Néanmoins, de nombreuses victimes "invisibles" se sont montrées à la Conférence mondiale. Apparemment sans importance, mais néanmoins significative, une délégation de pygmées est venue rendre publique la menace que font peser sur leurs sociétés les guerres en Afrique centrale. Les Afros-Latinos ont aussi parlé de leurs souffrances. La présence de délégations de Rom, de Gitans, de Sindis et d’autres gens du voyage – tous victimes d’un racisme ignoré par la communauté internationale- ont pu, grâce à leurs liens avec des ONG , se faire entendre lors de la déclaration finale et le plan d’action. De nombreuses autres victimes ont été clairement identifiées. C’est maintenant le tour des gouvernements et des ONG de faire quelque chose pour elles. Pour ces victimes-là, il y a eu un progrès notable grâce à la conférence de Durban.

La conférence de Durban a été la troisième conférence mondiale contre le racisme. Elle fait suite à deux précédentes conférences concentrées sur la lutte contre l’Apartheid. La conférence de Durban en Afrique du Sud devait donc être une célébration de la fin du racisme institutionnalisé en même temps que la reconnaissance du fait que le racisme était en hausse dans différentes régions du monde sous diverses formes d’apartheid social et urbain, basé sur la discrimination structurelle qui est de nature raciste, que ce soit explicite ou implicite et même sans en référer aux aspects raciaux. En d’autres termes le racisme réinvente ses justifications et modes d’expression à l’heure où il est défait par la science, l’éducation et la raison. La mobilisation s’avère donc cruciale parce que, au bout du compte, le racisme est l’expression du doute quant au principe de l’égalité des humains et que nous avons tous à rendre compte pour chaque vie. Le racisme est la négation des droits humains et l’expression la plus dangereuse de ce déni parce qu’il peut mener au crime le plus abominable qui est celui du génocide. Raison pour laquelle, à l’orée du 21ème siècle qui s’ouvre sur toutes sortes de dangers et de confrontations, cette conférence était tellement importante.

Peu importe l’évaluation que l’on fait de la conférence de Durban. Elle a eu le mérite de mobiliser au niveau international sur la question du racisme au début du 21ème siècle en établissant un cadre permettant de combattre les formes contemporaines de racisme et de les inscrire dans l’agenda global, deux éléments moraux et politiques liés, qui influenceront les débats et la lutte contre le racisme pour les années à venir : "assumer la responsabilité du passé" et " la structure raciste des Etats occidentaux"

En réponse à la demande de réparations, contenue dans le document préparatoire de la conférence, la réaction de nombreux gouvernements occidentaux peut être résumée de la façon suivante : "Il ne devrait pas être attendu des générations actuelles d’assumer la responsabilité de crimes commis par le passé". Ceci est compréhensible, compte tenu du fait que la liste des crimes et injustices non réparées commis par l’Europe remonte à la période de l’assaut donné suite à la"découverte du nouveau monde", qui a permis l’énorme enrichissement des nations occidentales au détriment du Sud global et des inégalités persistantes qui résultent du passé. Toutefois, pour les nombreux descendants et successeurs des victimes, les griefs historiques sont devenus le point focal de leurs exigences de réparation et le besoin de restitution est devenu une partie importante du débat national politique et de la diplomatie internationale.

Dans ses riches travaux, [1] Janna Thopmson argumente que les obligations historiques de réparation s’enracinent dans le concept selon lequel une société ou une nation, en tant que "communauté intergénérationnelle", a des obligations intergénérationnelles d’honorer les engagements de leurs prédécesseurs et de réparer leur actes passés et leur manque de respect à l’égard d’autres nations. C’est ce lien moral entre les générations qui permet à une société politique d’agir justement dans le monde des nations. Comme nous acceptons aujourd’hui avoir des devoirs à l’égard des générations futures, en particulier en ce qui concerne la durabilité de la gestion de l’environnement, nous devons assumer la responsabilité pour les actes et les engagements de nos prédécesseurs.

En ce qui concerne les descendants des victimes, ils ont droit à l’héritage qui a été confisqué à leurs ancêtres (par exemple la terre) en raison de "l’intérêt transcendant une vie" des individus et en raison des torts subis par leur lignée. De plus, l’équité demande que ceux qui bénéficient des résultats d’interactions injustes partagent avec ceux qui ont subi les pertes. Ceci est un requis moral qui gagne du terrain

Cette problématique a été mise sur la table dans une arène mondiale pour la première fois, avec la conférence de Durban. Dès lors elle va planer sur tous les débats de droits humains et va affecter négativement l’autorité morale des pays occidentaux à moins que la question soit traitée de façon à promouvoir la justice et la réconciliation. A cet égard, la conférence de Durban peut être considérée comme le début formel d’un processus, compte tenu du fait que la déclaration finale reconnaît que la traite des esclaves et l’esclavage constituent une crime contre l’humanité et qu’il y a donc "une obligation morale" à payer des réparations financières pour les injustices commises.

Ceci est à l’origine de nombreuses actions. Les Hereros de Namibie ont intenté un procès au gouvernement allemand pour génocide et pour ce qu’ils considèrent comme une répétition générale des camps de concentration nazis en Allemagne au cours de la 2ème Guerre Mondiale. Les familles des Mau Mau ont poursuivi en justice le gouvernement britannique pour les crimes coloniaux commis dans les années 1950 et 60. Les Américains noirs exigent des excuses et des réparations pour l’esclavage, un crime qualifié lors de la conférence de Durban de crime contre l’humanité et donc imprescriptible. Le gouvernement algérien a fait de la reconnaissance des crimes commis au cours de la période coloniale une condition à l’amélioration des relations avec la France. Les peuples autochtones en Australie et en Nouvelle Zélande ont repris le combat pour la restitution de leurs terres avec une nouvelle vigueur.

La conférence de Durban a clos une ère commencée par Christophe Colomb et a demandé une nouvelle lecture de cette période de notre histoire commune. La nouvelle ère commence avec l’ouverture de toutes les archives comme l’a demandé l’UNESCO lors de la conférence.

Le deuxième point concerne la tendance migratoire du Sud au Nord et la gestion de la diversité. Allant au-delà des extrêmes du nazisme et de l’Apartheid sud africaine, Goldberg, dans son livre intitulé "The racial state" [2], définit le rôle de l’Etat moderne (occidental) comme la production et la reproduction d’une homogénéité politique, sociale et culturelle et d’une identité pour garantir la reproduction d’une communauté de même nature face à l’hétérogénéité globale croissante. Afin de parvenir à ses fins, l’Etat fait usage de son pouvoir pour exclure (la forteresse Europe) et, par extension, pour inclure, toutefois selon des termes d’ordre raciaux, assisté par les moyens offerts par la loi et la politique ainsi que par un appareil bureaucratique, inventant des histoires et des traditions, des cérémonies et un imaginaire culturel. Ceci est même plus nécessaire lorsque l’individualisme croissant combiné à une culture globalisée qui qui menace l’identité nationale" conduit des Etats (France) à organiser un débat public sur l’identité nationale.

Les récents débats en Europe sur le multiculturalisme (Allemagne et Grande Bretagne), la place de l’islam (Pays-Bas), le voile en France et l’intégration de migrants de deuxième génération, pointe vers une pratique persistante qui consiste à considérer "l’autre comme une menace" contre la cohésion sociale fondée sur le soi-disant identique préalable. Dans ce processus, la contradiction des classes est transcendée afin de protéger une inégalité croissante dans la distribution de la richesse en faveur des riches en créant, au travers de l’identité construite et reconstruite, les catégories de "nous" et "les autres". En ce qui concerne "les autres", ils sont sommés de s’intégrer, de renoncer aux attributs de leur identité, de répudier leur "communauté" et leur religion et de devenir invisible. Ils sont confinés dans des ghettos, peuplent les prisons et forment une nouvelle catégorie de citoyens de deuxième zone. Ceci s’accompagne bien sûr du coup de projecteur sur les quelques individus qui émerge de la "diversité", en politique et dans d’autres domaines de la sphère publique (média, la mode, le sport, etc.) Ce sont là, après tout, des démocraties libérales et l’illusion des droits égaux doit être maintenue

La question de la réglementation et l’intégration des migrants est resté un point central du processus post-Durban comme le montre un récent rapport d’un groupe de travail qui préparait la commémoration de Durban+10. Les recommandations formulées dans ce document (de la ratification de la gestion des migrations, à l’approche de la gestion de la migration sous l’angle des droits humains, des campagnes d’informations visant à éliminer les stéréotypes à quelque chose de plus que les conditions d’emploi) continue de poser de sérieux défis au concept fixe et statique de la citoyenneté et donc à l’Etat racial.

Goldberg déclare que ce sont là des défis qui remettent en cause les fondements même des conditions constitutives de l’Etat et il demande : "Le prédicat d’un Etat peut-il être une supposition d’hétérogénéité ? Un Etat peut-il être ouvert au flux, pas seulement de capital, mais d’êtres humains reconnus égaux aux sensibilités identiques, dans des termes d’égalité, comme faisant partie du corps politique ?" Ceci ne se produira pas à moins d’un mouvement social vigoureux défendant l’intérêt général. La conférence de Durban, avec son impressionnante mobilisation des organisations de la société civile, qui a débattu passionnément et construit un réseau transnational, est une manifestation claire de l’avènement d’un tel mouvement.

On le voit, la conférence de Durban a fait confluer le passé, le présent et le futur en prenant à bras le corps le problème du racisme et de la discrimination. Même si au cours de ces réflexions, je me suis surtout intéressé à l’Europe - où je vis actuellement- les participants au processus de Durban, en particulier les représentants de la société civile, ont abondamment éclairé les diverses formes de discrimination qui continuent de défigurer les relations sociales dans toutes les parties du monde. La lutte n’est donc pas seulement une lutte globale qui a cours dans tous les pays qui forment et dominent les relations globales, mais aussi un combat qui doit se dérouler localement.

La conférence de suivi de 2009 a produit un document édulcoré. Celui résultant de la conférence de septembre 2011 ne devrait guère être meilleur. Mais au final, ce qui importe c’est la mobilisation continue des organisations de la société civile, et plus important encore, la mobilisation des victimes du racisme afin qu’elles défendent leurs droits humains et rejettent la déshumanisation

En dernier lieu, permettez-moi de citer Nadine Gordimer, le célèbre écrivain d’Afrique du Sud, citation extraite de son roman "The house gun", concernant Harold et Claudia Lindgard : "Les Lindgard n’étaient pas racistes, si par racisme on entendait la révulsion qu’on aurait éprouvée au vu d’une couleur de peau autre que la sienne, croyant ou voulant croire que quiconque n’est pas de votre couleur, de votre religion ou nationalité est intellectuellement ou moralement inférieur. Pourtant aucun d’entre eux n’a rejoint un mouvement, n’a protesté, manifesté ouvertement pour défendre ces convictions. Ils se considéraient simplement comme n’étant pas ce genre de personne comme s’il s’agissait là d’une détermination immuable, comme un groupe sanguin, plutôt qu’un manque de courage".

De même Martin Lüther King était indigné par le silence des "bonnes gens" face à d’innommables injustices. L’indignation et l’action de tous seront requises si l’on veut défaire le racisme et protéger les droits humains basés sur la dignité et l’égalité.

C’est ce que signifie être humain.


* Pierre Sané est un distingué professeur invité à Doshisha University, à Kyoto, au Japon – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne à Pambazuka News

Notes :
[1] Janna Thompson. Taking responsibility for the past Polity Press 2002
[2] David Goldberg : the racial state. Blackwell 2002


«Y’en a marre»: Ce que la jeunesse sénégalaise dénonce

Moustapha Kassé

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77025

L’urbanisation mal gérée et accéléré à créé des espaces où les jeunes grandissent et étalent un mal vivre qui à force de s’accumuler explose. La précarité et la pauvreté ont généré des maux multiples que Moustapha Kassé recensent en sept points, qui, entre autres, structurent la révolte politique des jeunes au Sénégal.

Bien avant le printemps arabe actuel, entre les années 80 et 90, les rues de l'Afrique de l’Ouest s’étaient enflammées au Bénin, au Mali, au Togo, au Sénégal, en Côte-d'Ivoire, au Nigeria, mais aussi au Gabon, au Congo, au Cameroun, au Zaïre (devenue RD Congo). A partir de 1992, les jeunesses urbaines et estudiantines et joints parfois par les syndicats des travailleurs avaient poussé certains régimes politiques à organiser des Conférences nationales qui avaient alors débouché sur des tendances lourdes et irréversibles de démocratisation des systèmes politiques.

Dans certains pays, ces mouvements de contestation avaient emporté les régimes (civils ou militaires) et dans d’autres, ils ont déstabilisé et sérieusement perturbé l’ordre sociopolitique. Toutefois, ces luttes ont été récupérées, comme du reste celles en faveur des indépendances dans les années 60, par les classes moyennes les plus conservatrices qui n’étaient intéressées qu’au volet strictement politicien, en ravalant les aspects socio-économiques au second rang. Cette orientation traduisait parfaitement un consensus politique implicite faisant de la démocratie un simple instrument de circulation des élites car celles qui étaient au pouvoir depuis les indépendances s’y étaient trop fortement incrustées. Pour beaucoup d’entre elles, le mot élection était soit inconnu, soit sans grande signification.

Dans une recherche internationale dirigée par l’Institut FEBRAIO (Rome) en 1986, il m’a été confié l’étude relative à «l’état des lieux de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest». Dans cette recherche, il était apparu que celle-ci était déterminée, entre autres éléments, d’abord par son caractère à la fois chaotique et accélérée qui fait que les villes sont des volcans en ébullition. Ensuite, le phénomène sécrète un processus ample de banlieusardisation qui prend selon les contextes les appellations de bidonville, taudis, gourbi, casbah, ghetto, slum, township, favela, mocambo… Et enfin, l’urbanisation révèle le début de formation et de consolidation des «économies d’archipel», produit d’une part des effets d’attraction et de polarisation de la ville comme lieu de pouvoir, de production, vitrine des richesses et d’autre part de la surcharge du noyau urbain avec son processus de modernisation à coup de déguerpissement (Guediawaye, Wakhinane, Parcelles Assainies, Khar Yalla, Ginaw rail….).

Il s’est alors formé des espaces qu’on pourrait qualifier d’infra-urbains et qui sont les produits de l’exode rural issu de la crise de l’économie agricole et de la pauvreté rurale. Dans ces espaces apparaissent les grandes dualités économiques et sociales avec la coexistence entre les plus grandes fortunes et les plus grandes misères et manques.

La jeunesse vit dans ces espaces traversés par mille problèmes. La prédominance de la précarité se mesure par la pauvreté de masse et le mal vivre, la faible densité de services collectifs et des biens publics, les déficiences des infrastructures de base (école, santé, routes, électricité), les litiges fonciers, la crise du logement, l’étalement spatial et la fragmentation du tissu urbain, les difficultés des transports pour les classes populaires qui, rejetées en périphérie, accèdent difficilement au cœur du centre pour y exercer leurs activités marchandes informelles, les problèmes d'environnement avec les pénibles accès à l'eau potable, à l’évacuation ou au traitement des déchets, les diverses insécurités corporelles, sanitaires et foncières qui planent sur les quartiers.

I/ Ce que la jeunesse dénonce, c’est d’être la «génération galère» coincée entre malaise social et mal vivre.

Les problèmes soulevés par les jeunes sont à la fois nombreux, complexes et souvent inédits et assez mal posés. Précisons de prime abord, en écartant tout débat sémantique sur la jeunesse, qu’elle ne constitue pas une classe mais un groupe social non homogène dont les composantes viennent de classes sociales ayant des origines, des orientations et des façonnements différents. Toutefois, elles sont reliées par des problèmes transversaux dont les plus importants sont le chômage et le sous emploi, la crise du système éducatif et de formation, la pauvreté et la déliquescence des filets de protection, les déficiences ou l’absence du service public et des infrastructures de promotion et d’épanouissement, le développement de la délinquance et de la toxicomanie et le déficit d’information.

Accablée par toutes ces épreuves, la jeunesse rame pour entrer dans la vie active, et si elle n’est pas une génération sacrifiée, elle est bel et bien une génération galère dont le problème le plus lancinant est le chômage. Beaucoup de jeunes vivent au quotidien la galère du chômage et de la précarité. Certains d’entre eux ont entrepris et réussi des études dures dans les universités les plus huppées mais risquent de se retrouver au seuil de l’âge de la retraite sans jamais travailler. Pour eux tout se passe comme s’ils sont condamnés à ne jamais « gagner leur vie à la sueur de leur front.»

La réflexion sur les problèmes que soulève la jeunesse est rendue difficile suite aux insuffisances et imperfections des statistiques concernant les jeunes. Nulle étude complète et crédible n’est disponible sur la dimension quantitative, sur la répartition spatiale par âge, par sexe, par secteur d’activité, sur la stratification sociale, sur le degré d’insertion dans les activités productives et les mouvements associatifs, sur le taux de chômage, sur ses liens avec les réseaux familiaux, encore moins, sur la protection sociale. Depuis le temps que les politiques publiques s’intéressent aux jeunes, elles n’arrivent pas encore à produire des enquêtes statistiques et sociologiques fiables comme cela est fait sur la pauvreté, qui est un problème au moins d’égale importance.

1°) Le premier problème le plus lancinant que l’on peut qualifier de bombe politique est le chômage des jeunes.

Par sa dimension et sa progression, le chômage est une menace beaucoup plus forte que celle du présumé terrorisme. Il est, aujourd’hui, avec la pauvreté un couple infernal à la base d’une nouvelle prise de conscience des organisations internationales comme l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la Banque mondiale (Bm), la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) qui s’accordent, dans plusieurs de leurs rapports, pour reconnaître l’ampleur de la nouvelle dimension du chômage pour les «générations futures». Ces organisations vont même plus loin en mettant en garde les Etats sur les conséquences de tous ordres de cette calamité sociale de plus en plus massive. Dans un rapport de la Banque mondiale intitulé «Les jeunes et l’emploi en Afrique : le potentiel, le problème, la promesse», il est observé que «Les jeunes connaissent davantage le chômage et le sous-emploi que les adultes et ils sont beaucoup plus représentés qu'eux dans le secteur informel». Pis encore, «ils ont plus de probabilité d'avoir des journées de travail plus longues et d'occuper des emplois intermittents ou précaires, caractérisés par une productivité et une rémunération faibles».Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), les chiffres 2006 indiquent que «trois chômeurs africains sur cinq seraient des jeunes et 72 % des jeunes en moyenne vivraient avec moins de 2 dollars par jour». Dorothea SCHMIDT, économiste au BIT et co-auteur du rapport explique : «un seul jeune sur dix gagne assez pour s’élever au-dessus du seuil de 2 dollars par jour ».

Evaluant les issues du chômage, Eric ZUEHLKE expert de la Banque mondiale souligne que «l’emploi et le sous-emploi des jeunes représentent un risque potentiel d’instabilité sociale dans beaucoup de régions du monde». Dans la même veine, le BIT note que cette situation «traduit un sentiment d’exclusion et d’inutilité chez les jeunes pour qui les autorités ne sont guère préoccupées par leur sort, mais plutôt par leur poche. Ces jeunes qui sortent des écoles, bardés de diplômes et sans perspectives, sont, de surcroît, contraints de rester auprès de leurs parents qui, malgré leur maigre revenu, doivent les prendre en charge. Au grand mépris du gouvernement qui fait la sourde oreille».

Cependant, nonobstant l’importance capitale du phénomène, le BIT estime «qu’il est difficile à l’heure actuelle de quantifier avec exactitude le taux du chômage des jeunes en Afrique. Les chiffres et les statistiques étant en effet considérés comme un indice de propagande électorale que l’on brandit toujours à la veille des grandes échéances». Ainsi, le taux de chômage au Sénégal, comme ailleurs en Afrique, est la boîte noire des statistiques officielles: il varie d’un chiffre officiel fantaisiste de 6.8% à évaluation privée de 67% en passant par le taux de 38 % du Bureau Régional de la CEA qui ajoute «bien que le pays ait enregistré au cours de ces cinq dernières années de bonnes performances économiques, cela n’a pas suffi pour générer suffisamment d’emplois décents en particulier pour les jeunes : pour preuve, le taux de chômage reste élevé pour se fixer à 38%.»

Manifestement, ce fléau affecte aujourd’hui la tranche des 15-25 ans dans laquelle on retrouve les diplômés de l’enseignement supérieur et du secondaire. Faut-il s’y résigner, d’autant que les politiques publiques s’avèrent globalement inefficaces et inopérantes? Pour tous ces pays, la crise financière mondiale a rendu les accès aux marchés du travail encore plus difficiles et a exacerbé la situation volatile pour les jeunes. Résultat global, pour l’ensemble de l’Afrique alors que la population de jeunes augmente rapidement, l’accès aux emplois décents continue d’être problématique : Il existe un taux endémique de chômage élevé car, d’après certaines projections, 3 personnes au chômage sur 5 en Afrique sont des jeunes. Cette situation risque de ne point s’améliorer dans le long terme car au rythme actuel d’évolution des données sur la population active et sur la population salariée, le taux d’occupation des travailleurs salariés pourrait ne se situer qu’à 2 ou 3% au maximum dans les 25 prochaines années.

Cette bombe du chômage qui fait peur aux autorités politiques est la pierre angulaire des revendications des mouvements des jeunes du Sénégal, d’Afrique et d’ailleurs. Elle accroît la fragilité des jeunes et fait naître en eux un sentiment d'exclusion et d'inutilité qui les pousse à «des activités nuisibles pour eux-mêmes et pour la société. Tant que le potentiel des jeunes ne sera pas exploité de manière productive, ni eux ni la société ne pourront prétendre à un avenir satisfaisant", affirme Juan Somavia, Directeur général du BIT. L’expert du PNUD pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement, Jeffrey Sachs, fait du chômage la racine la plus profonde des révolutions arabes actuelles : il devrait être un des enjeux majeurs des politiques à venir. Paradoxalement, ces pays ont des besoins énormes de médecins, de professeurs, d’ingénieurs, de techniciens et cela crée au sein de la jeunesse un profond sentiment d’injustice et de colère contre un système qui, de fait, la prive d’emplois.

Dès lors, la jeunesse, moins installée dans la vie, ne perd rien devant un changement véritable de société car elle ne possède ni maison, ni enfant, ni voiture, même pas d’emploi. Logiquement, toutes ces exclusions la pousse à se mobiliser massivement pour affronter l’Etat, sa police, ses institutions et à monter à l’assaut de l’ordre politique qu’elle qualifie de «République des parvenus». Alors, il se forge une volonté d’en finir avec des systèmes démoralisants qui ne leur réservent que de sombres perspectives. N’ayant subie ni les humiliations des intellectuels et des élites qui ont échoué à accomplir leurs missions spécifiques d’émancipation des peuples, ni les défaites du mouvement ouvrier suite à l’extrême dégradation des conditions de vie qui ont affaibli la capacité de mobilisation des salariés, la jeunesse se présente comme la force «debout» et déterminée à arpenter le chemin des luttes révolutionnaires. Elle proclame se battre, exclusivement et sans intermédiaire, pour le peuple dont elle porte la voix : « askaan we ma taxa jok » rythment les rappeurs. C’est une véritable réhabilitation et l’appel au retour du peuple comme sujet de l’histoire.

2°) Le second problème que la jeunesse soulève concerne le système éducatif et de formation qui est priorité collective.

Les revendications des étudiants et des lycéens sont identiques et comportent trois volets : le premier concerne le contenu, le second les conditions de travail et le troisième le chômage des diplômés des universités malgré l’ampleur de besoin de compétence. Elle met en cause la crise des contenus et des missions du système éducatif, l’absence de lisibilité des savoirs, la croissance des flux ni prévue, ni préparée mais subie alors même que l’encadrement et les infrastructures stagnent. Paradoxalement la massification de l’enseignement n’a pas gommé le caractère très inégalitaire du système scolaire : les nombreux jeunes qui quittent le primaire, le secondaire et l’université sans aucun titre scolaire, n’ont pour horizon immédiat que des recherches incessantes de travail ou, au meilleur des cas, des allers-retours entre chômage et prospections de stages et de petits boulots.

C’est pourquoi, les jeunesses scolaires et universitaires se révoltent d’abord contre les conditions de vie et de travail fortement dégradées et les allocations budgétaires insuffisantes et mal utilisées pour ensuite dénoncer les universités qui sont devenues des fabriques de chômeurs. Les raisons découlent d’une part des faibles liens que les universités entretiennent avec la vie productive et les entreprises et d’autre part de l’absence d’adéquation entre les savoirs dispensés et les profils des compétences. L’université ne s’adresse presque plus à la fois aux étudiants et aux entreprises.

3°) Le troisième problème qui se pose concerne l’accentuation de la vulnérabilité, de la dépendance de la jeunesse vis-à-vis de la famille qui est le principal filet de protection.

La famille africaine en générale et sénégalaise en particulier a subi de profondes mutations au cours de ces dernières décennies suite à un ensemmble de facteurs pervers comme l’urbanisation et son corollaire l’individualisme, les crises économiques et sociales qui ont abaissé le niveau de vie, la pauvreté et la chéreté des services sociaux de base marchandisés et privatisés. Ces facteurs ont mis à très rude épreuve les solidarités traditionnelles jadis fondées sur l’atruisme et l’économie de don.

Ces facteurs sont les éléments constitutifs d’une détérioration de la condition sociale (la montée de la paupérisation de masse) et d’un affaiblissement progressif des réseaux familiaux de filet de protection. Dès lors, les plus précaires des jeunes, sans allocation chômage, plongeront dans la pauvreté, parce que les mécanismes traditionnels de solidarité ne peuvent jouer du fait de la dégradation des conditions sociales des couches populaires : même s’ils le veulent, les individus n’ont rien à partager. Le paradoxe est que, l’assistance publique n’a pas pris le relai et l’Etat n’est même pas garant des solidarités, dans la situation de panne de l’ascenseur social. Il ne prévoit aucun mécanisme de réduction des inégalités choquantes et nuisibles. Environ une personne sur trois en ville, et une sur deux à la campagne, ne peut faire face aux dépenses nécessaires à la satisfaction des besoins de base : se loger, se nourrir, se vêtir. Cette situation est aggravée par la pression démographique, le chômage endémique et bien d’autres facteurs. Il va en résulter une explosion de la demande sociale qui s’exprime à l’échelle macroéconomique par le très faible niveau de l’Indice du Développement Humain (IDH). Cela commande l’urgence d’une analyse des politiques publiques et privées de protection sociale intégrale surtout en faveur de la jeunesse.

Malgré l’importance de la protection sociale, le débat sur la question est d’une affligeante pauvreté, aussi bien au niveau des gouvernements qu’à celui des bailleurs de fonds. Ce débat a été ramené aux caisses de sécurité sociale du secteur formel et à la nécessité de la restauration de leur équilibre financier. Or, ces institutions dont les élites se disputent les ressources n’intéressent que les salariés et les fonctionnaires du secteur formel qui représentent, à peine, 10 % de la population active. Les questions fondamentales sont éludées comme l’impérieuse nécessité de la protection sociale dans ces périodes de crises de récession sévère, l’absence de couverture de la majorité écrasante des populations, la démographie galopante qui produit chaque année des cohortes de primo-demandeurs d’emplois, l’omniprésence d’un secteur informel hypertrophié qui ne dispose d’aucun système de protection sociale, la montée de la pauvreté de masse qui a délité, avec l’urbanisation accélérée, les formes traditionnelles de solidarité des réseaux familiaux, l’exode rural qui entraîne les jeunes vers les villes de plus en plus surchargées.

Les gouvernements comme leurs bailleurs de fonds sont passés à côté d’une analyse pertinente de la problématique qui concerne essentiellement les jeunes. Au demeurant, c’est seulement en 2011 que la Banque mondiale a lancé sa première stratégie en matière de protection sociale pour la région Afrique et que l’Union Africaine vient à peine de redécouvrir le phénomène en élaborant une nouvelle approche portant sur la protection, la prévention, la promotion, la transformation et la contribution au développement. A y regarder de près, cette approche multidimensionnelle est simplement le prolongement des fameux «3 P» de la banque mondiale : Prévention, Protection et Promotion.

4°) Le quatrième problème sur lequel bute encore la jeunesse est relatif aux déficiences du service public destiné aux jeunes et les insuffisances des infrastructures de promotion et d’épanouissement.

La pratique de sports et la participation à la créativité artistique, culturelle, scientifique et de tourisme permettent aux jeunes de développer l’insertion sociale, le goût de la réussite et du travail collectif et surtout de briser l’isolement des jeunes en difficulté. L’accomplissement de ces fonctions appelle des infrastructures physiques et des ressources humaines et financières importantes. Il faut alors offrir à la jeunesse, par une démarche concertée, participative et dynamique, des conditions de vie et d’épanouissement en adéquation avec les besoins exprimés que ce soit en matière d’emplois ou de moyens de communication modernes, en matière d’environnement, de sports et de loisirs. Il est vrai que les espaces jeunes multifonctionnels qui viennent d’être créés au Sénégal avec les objectifs de «faciliter l'accès des jeunes aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, de renforcer les capacités d'intervention des organisations de jeunes, de promouvoir des rencontres et échanges des jeunes par l'organisation de séminaire et d’améliorer l'offre de service en matière de santé de la reproduction, sont importants». Toutefois certaines dimensions font défaut comme des moyens financiers substantiels et des ressources humaines conséquentes, un fonctionnement démocratique, la sectorialisation et la décentralisation plus poussée des activités et enfin la mise en œuvre et la gestion de projets pouvant soutenir et développer des activités économiques existantes et favoriser la création d’entreprises nouvelles, petites ou moyennes, de service et de production.

Généralement, au Sénégal comme en Afrique de l’Ouest francophone, les politiques publiques sont dispersées et sans grande imagination, ni envergure. Leurs orientations n’ont pas fondamentalement changé depuis les indépendances. Elles sont toujours conçues du dehors, par une sorte de délégation implicite de pouvoir et prétendent toujours penser et décider en lieu et place des jeunes. Il est alors, tout à fait logique et normal que les jeunes, exclus de fait de la conception des programmes qui les concernent, s’en détournent superbement. Rappelons ce fameux propos du premier Président de l’Assemblée Nationale, Maître Lamine Gueye, soutenant que «Tout ce que l’on fait pour nous, mais sans nous, est certainement contre nous». Observons que les secteurs où l’Etat a laissé l’initiative et la liberté d’organisation aux jeunes, comme les «navétanes», ceux-ci se sont mobilisés tellement massivement et de manière enthousiaste et chaotique, qu’ils ont fini par éveiller des peurs. Sous très haute surveillance, leur moindre velléité de protestation ou de contestation est perçue comme un danger réel de trouble à l’ordre public.

5°) Le cinquième problème concerne la délinquance et la toxicomanie.

A ce niveau aussi les analyses officielles passent complètement à côté des réalités. Effectivement, ces deux phénomènes ravageurs sont perçus comme des perversions venues de l’extérieur par les fameux effets d’imitation. Cette vision est totalement erronée car à l’analyse, les motivations de la consommation de drogue sont totalement différentes. Il s’agit d’un désir puissant d’évasion d’un ordre social oppressif qui n’offre aucune perspective d’émancipation: les uns se suicident en s’immolant par le feu et d’autres se détruisent par la drogue. Ce marché est exploité par des réseaux d’organisations mafieuses, financièrement trop puissantes et qui ont de multiples anicroches avec la haute finance mondiale. Il ne faut pas oublier que le PIB mondiale de cette criminalité génère environ plus de 1500 milliards de dollars. Si l’on veut lutter contre le phénomène, ce n’est pas à la jeunesse qu’il faut s’en prendre mais au système qui l’engendre, l’amplifie et le commercialise.

6°) Le sixième problème concerne l’énorme déficit d’information qui est en fait une exclusion de la modernité et le maintien de l’obscurantisme.

Partout dans le monde, la jeunesse est montée à l’assaut des nouvelles technologies de l’information (TIC), Internet, téléphone portable et multimédias qu’elle utilise davantage et mieux que leurs parents. Les jeunes sont devenus les fers de lance du milliard de personnes abonnées à Internet. Ces TIC apparaissent comme des outils efficaces qui permettent aux adolescents une libération de la parole, une intégration aux réseaux sociaux pour capitaliser les expériences et mettre en place une véritable mémoire collective, un accès à toutes les informations relatives à la vie pratique, aux droits individuels et collectifs, à l’emploi, à la culture, aux loisirs et divertissements. Les dites informations sont à la fois complètes, relativement impartiales et actualisables. Ces nouveaux outils ont révolutionné l'univers de la communication, des relations sociales et même celui de l'éducation dans la mesure où ils ont détrôné les bibliothèques pour beaucoup d'étudiants. Pourtant en Afrique, ces outils des temps modernes sont souvent hors de portée pour l’immense majorité des jeunes qui n’ont guère les moyens d’avoir un microordinateur et parfois même pas la petite bourse pour surfer dans un cybercafé si celui-ci a le bénéfice d’exister. Cela soulève alors un énorme problème de démocratisation de l’accès aux informations qui intéressent leur vie quotidienne et l’exercice de leurs droits.

7°) Enfin, le septième problème est lié à l’insertion des jeunes dans les lieux décisionnels et d’influence.

La jeunesse dans son immense majorité est en dehors des partis politiques. Les organisations les plus structurées de ces Partis ont souvent de faibles bases de masse. Il en est ainsi parce que la jeunesse craint, par dessus tout, l’embrigadement et l’instrumentalisation par les professionnels de la «représentation populaire». Elle a cessé de faire confiance à la classe politique. En réponse, celle-ci va la tenir en dehors des instances décisionnelles et des espaces d’influence.

La jeunesse possède souvent ses propres organisations bien implantées dans leur propre milieu et qui prennent en charge certaines de leurs propres préoccupations. Les réseaux sociaux permettent aujourd’hui une démultiplication de ces organisations. Egalement elle a ses formes particulières d’expression et de communication. La participation des jeunes dans les instances de décision doit se réaliser par l’entremise de ces organisations de masse.

Au terme de cette revue des problèmes, on retiendra que ce sont tous ces éléments qui mettent la jeunesse dans un profond sentiment d’injustice et de colère qui l’amène perpétuellement à contester et même paralyser tout le système social. Pour y faire face, les gouvernements utilisent en général, les discours de la flatterie, celui des promesses faramineuse d’un côté et de l’autre les armes de la corruption et de la répression.

La situation faite à la jeunesse avait fortement contribué en 2000 à la première alternance politique sénégalaise. Pour l’histoire, le pouvoir socialiste sénégalais à été victime, entre autres facteurs, de la demande sociale dont les jeunes étaient la première victime. Cela semblait bien paradoxal pour un Parti social démocrate dont le modèle de société est, par principe, construit autour des valeurs de solidarité, de justice sociale et de répartition équitable des fruits du travail. Dans une société, même à minima socialiste, la justice sociale, l’égalité des chances devrait être une condition du développement économique de même que la répartition équitable rattachant le revenu au mérite, à la compétence et à l’efficacité. Car comme le note J.DELORS «mieux le gâteau est réparti, plus il est gros». Pour n’avoir jamais su concilier efficacité économique et équité, le Parti Socialiste ne pouvait jamais réaliser « une société plus douce pour les faibles et plus exigeante pour les forts» (Olof PALM). C’est cela qui explique que la jeunesse en révolte s’est apprêtée comme le fer de lance des programme de changement de l’opposition et a offert les heures de gloire du «sopi» (changement). C’est elle qui obstruait toutes les rencontres des responsables gouvernementaux et qui a mis hors jeu la mouvance présidentielle. Elle avait même réussi à pousser le Président de la République de l’époque à la faute politique fatale à Thiès lorsqu’il a qualifié, en pleine campagne électorale, «cette jeunesse de malsaine».

A suivre (voir la première partie : http://pambazuka.org/fr/category/features/76835)

* Professeur Moustapha Kassé est doyen Honoraire de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Daker, membre des Académies



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Libération de l'Algérie : Vérité et justice sur le 17 octobre 1961

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77022

La France n’a jamais voulu assumer et faire face à ses responsabilités dans le crimes commis à travers ses guerres coloniales. Mais la vérité ne reste guère enfermée dans les méandres de l’histoire. Elle est plutôt en marche. Le 17 octobre 2011, un des épisodes dramatiques de la lutte de libération algérienne est commémorée à travers campagnes et colloques contre l’oubli voire la falsification de l’histoire.

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

Cinquante ans après, la vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées – en particulier la guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’État que constitue le 17 octobre 1961. Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, et le pouvoir encourage les nostalgiques de l’Algérie française et de l’OAS.

La « Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie », dotée de plus de 7 millions d’euros, créée en application de l’article 3 (dont l’abrogation est demandée) de la loi du 23 février 2005 vantant les « aspects positifs de la colonisation », est sous la coupe d’associations nostalgiques qui voudraient pouvoir exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de certains « témoins ».

Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, d’échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et de travailler ensemble, avec leurs homologues des deux rives de la Méditerranée. La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS, que certains, au sein même du parti du président de la République, cherchent à réhabiliter. Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyens ou de ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Cinquante ans après, il est temps :
• que les plus hautes autorités de la République reconnaissent les massacres commis par la police parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants comme un crime d’État ;
• que la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie soit supprimée ;
• que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;
• que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

Contact signatures : contact@17octobre61.org

RAPPEL DES NOUVEAUX FILMS ET LIVRES DISPONIBLES

Deux films :
- Octobre à Paris (1962) de Jacques Panijel, diffusé pour la première fois en salles avec une préface filmée de Mehdi Lallaoui,

- Ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961, documentaire long métrage de Yasmina Adi, site : www.icionnoielesalgeriens-lefilm.com
sortiront tous les deux en salles le mercredi 19 octobre. Des avant-premières auront lieu. Dans les cinémas, des débats en collaboration avec les organisations du collectif pourront accompagner leur diffusion en salles. Le Maghreb des films, dont le site est : http://maghrebdesfilms.fr/Commemoration-et-hommage-aux
peut être contacté à l’adresse : contacts@maghrebdesfilms.fr
Plusieurs livres :

- Octobre noir, BD de Didier Daeninckx, Mako et préface de Benjamin Stora,

- une nouvelle édition augmentée, en collection de poche (Pluriel), de Octobre 1961, un massacre à Paris, de Jean-Luc Einaudi,

- Le 17 Octobre 1961 par les textes de l’époque, anthologie à l’initiative de l’association Sortir du colonialisme (préface de Gilles Manceron, postface de Henri Pouillot, éditeur Les petits matins),

- Le 17 octobre, 17 écrivains se souviennent, dirigé par Mustapha Harzoune et Samia Messaoudi, à l’initiative de Au nom de la mémoire,

- Le 17 octobre des Algériens, texte inédit (1962) de Marcel et Paulette Péju, préface et suivi d’un texte de Gilles Manceron, « La triple occultation d’un massacre »,

- La Police parisienne et les Algériens (1944-1962), Emmanuel Blanchard, Nouveau Monde Éditions.


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Mobilisation algérienne à Paris pour les 50 ans de la répression de 1961

2011-10-11

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Dans la lutte pour la libération peuple algérien, la date du 17 octobre 1961 figure parmi celle qui sont marquées d’une pierre blanche. Cinquante ans après, la répression, par la police parisienne, de manifestants algériens et algériennes, qui finit des dizaines de morts, fait l’objet d’un colloque.

Le 17 octobre 1961 se produisait à Paris et dans les communes de banlieue avoisinante un fait exceptionnel dans l’histoire des mobilisations politiques en France. Dans le cadre de la lutte pour l'indépendance, environ 20 000 Algériens et Algériennes défilent dans les rues de la capitale française à la nuit tombée pour protester contre le couvre feu mis en place par le préfet de police Maurice Papon, le 5 octobre 1961, à l’encontre des seuls « Français musulmans d’Algérie ». La répression policière est d’une violence inédite et cause la mort de plusieurs dizaines d’Algériens. Si l’évènement suscita l’effroi des observateurs et une véritable campagne de protestation dans les jours suivants, il fut cependant rapidement occulté et resta longtemps un point aveugle de l’histoire de France.

Ce colloque, organisé le 17 octobre par la mairie de Nanterre, l’association Les Oranges, la Société d’histoire de Nanterre, le MRAP, l’Université Paris-Ouest Nanterre la Défense et la Bibliothèque internationale de documentation contemporaine (BDIC), se propose de revenir, à l’occasion du cinquantenaire de la manifestation, sur ces évènements et leurs traces dans la France d’aujourd'hui.

Le nouveau documentaire de Yasmina Adi sera projeté pour l’ouverture du colloque, le vendredi soir, qui permettra de mettre des mots et des images sur les évènements et de lancer un premier débat avec le public.

Le samedi 15 octobre, une première session sera consacrée à l’état de la recherche sur l’évènement 17 octobre. Plusieurs spécialistes interviendront pour décrire la situation des « Français musulmans d’Algérie » en métropole pendant la guerre d'Algérie, l’appareil policier à l’origine de la répression et le rôle du Front de libération nationale (FLN) dans l’organisation de la manifestation.

Le deuxième panel reviendra sur l’émergence tardive d’une mémoire collective, et les acteurs de cette reconnaissance. Longtemps confiné à une mémoire militante d’extrême-gauche, le souvenir de la répression du 17 octobre a connu un renouveau depuis les années 1990, et bénéficie aujourd'hui d’une reconnaissance institutionnelle croissante. Les acteurs de ce combat et des chercheurs reviendront sur ce processus.

Enfin, une dernière partie sera composée de témoignages, dont celui Monique Hervo qui partageait alors le quotidien des habitants des bidonvilles de Nanterre. Ceux-ci abritaient une très importante population algérienne qui prit part à la manifestation.

Les intervenants :

Première partie, « Contexte : l’Automne 1961 en région parisienne »

Animée par Sylvie Thénault, chargée de recherches au CNRS
• Emmanuel Blanchard, maître de conférences à l'UVSQ et chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), auteur d’une thèse intitulée « Encadrer des citoyens diminués. La police des Algériens en région parisienne, 1944-1962. », Université de Dijon, 2008.
• Neil macMaster, maître de conférences honoraire à l'Ecole d'études politiques, sociales et internationales de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni), co-auteur de Paris 1961, les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire, Tallandier, 2008.
• Daho Djerbal, maître de conférences à l’université d’Alger-Bouzareah, directeur de la revue Naqd.

Deuxième partie, « Les mémoires du 17 octobre 1961, du local au national »

Animée par M’Hamed Kaki, président de l’association Les Oranges
• Medhi Lallaoui, co-réalisateur du Silence du fleuve, 1991 et de Un siècle d’immigration en France, 1997, président de l’association Au nom de la mémoire.
• Mohamed Harbi, historien, auteur de FLN, mirage et réalité, Jeune Afrique, 1980 (sous-réserve).
• Victor Collet, doctorant à l’Université Paris-Ouest Nanterre la Défense. Thèse en cours : « Mémoire de l'immigration et luttes immigrées à Nanterre. Contribution à l'analyse des redéfinitions de l'espace militant (1935-2010) ».
• Jean-Luc Einaudi, auteur de La Bataille de Paris, 17 octobre 1961, Seuil, 1991 ; Octobre 1961, Seuil, 2001 et Scènes de la guerre d’Algérie en France, Automne 1961, Cherche Midi, 2009.

Troisième partie, « Témoins et acteurs à Nanterre »

Animée par Marie-Claude Blanc-Chaléard, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Ouest Nanterre la Défense
• témoignage de Monique Hervo, établie au bidonville de la Folie à Nanterre entre 1959 et 1971.
• témoignage de Nicole Rein, avocate de plusieurs membres du FLN à l’époque de la guerre d’indépendance algérienne.
• projection du film Octobre à Paris, de Jacques Panijel, 1961, 70 minutes.

Un espace sera dédié au recueil de témoignages des manifestants ou témoins qui souhaiteraient laisser une trace. Ces archives audiovisuelles seront déposées à la BDIC et à la Société d’histoire de Nanterre.

Contact : colloque 17octobre-mairieNanterre@hotmail.fr
Le colloque se tiendra à la Maison de la Musique de Nanterre, les 14 et 15 octobre 2011
Maison de la musique: 8, rue des Anciennes mairies, 92000 Nanterre (à 2 minutes du RER A Nanterre-Ville)


Wangari Muta Maathai : 1940-2011 - Les arbres l’acclameront

Nnimmo Bassey

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77015

Le militant écologiste nigérian Nnimmo Bassey retrace la vie de Wangari Maathai, la fondatrice du Green Belt Movement décédée le 25 septembre. Une vie de laquelle jaillit une phrase qui éclaire et donne sens à son engagement : "Quiconque a réalisé quelque chose est tombé plusieurs fois. Il s’est relevé et a poursuivi son chemin et c’est ce que j’ai toujours essayé de faire".

Wangari Muta Maathai, entourée de sa famille, a quitté cette vallée de larmes le 25 septembre 2011, à l’hôpital, à Nairobi. Elle sera regrettée pour de multiples raisons, elle qui a mené une vie active, s’est opposée au pouvoir, a soutenu les opprimés et a combattu pour le respect de la nature.

Wangari Maathai est née le 1er avril 1940 dans le village de Ihithe, près de Nyeri, au Kenya. Elle a fini son cycle secondaire à l’école des filles de Loreto Girl’s High School en 1959, pour ensuite aller poursuivre ses études au Mount Scholistica (maintenant le Benedictine College) à Atchison (Kansas), où elle est a obtenu une licence en biologie. En 1966, elle obtint un Master de l’université de Pittsburgh. Toujours en quête de savoir, elle va obtenir un doctorat en médecine vétérinaire de l’université de Nairobi en 1971. Pour la première femme en Afrique de l’Est et du Centre, une femme réussit alors un tel parcours. Elle a également été la première à être nommée professeur dans son domaine.

Alors qu’elle était impliquée dans des organisations humanitaires et écologistes dans les années 1970, Maathai a pris conscience de la détérioration des conditions sociales et environnementales qui affectaient les pauvres des zones rurales. Elle découvre à quel point les femmes manquent de bois de feu pour cuisiner et chauffer. La lutte qu’elles mènent pour trouver de l’eau potable et la pénurie de denrées de hautes valeurs nutritives l’interpellent également. C’est là que lui est venue l’idée que la plantation d’arbres était une solution à la multitude de problèmes auxquelles les femmes et les pauvres des zones rurales étaient confrontés.

C’est là qu’a germé l’idée qui, par la suite, est devenu le Green Belt Movement (Mouvement de la ceinture verte) vers 1977. Les femmes ont appris que les arbres fournissaient du bois de feu, de la nourriture pour le bétail, des matériaux pour ériger des palissades, de même qu’ils stabilisaient le sol et protégeaient les sources d’eau. Maathai a ainsi mobilisé des hommes et des femmes qui ont planté plus de 47 millions d’arbres au cours de sa vie. Des arbres qui ont contribué à la restauration d’un environnement dégradé et à améliorer la qualité de vie de beaucoup de gens.

La lutte pour un environnement meilleur a poussé Maathai dans l’arène politique où elle a affronté le régime dictatorial de Daniel Arap Moi dans les années 1980 et 1990. Un combat qui le pousse en particulier à mener campagne contre l’érection d’un gratte-ciel dans le Uhuru Park à Nairobi et contre l’accaparement de terrains publics dans la forêt de Karura près du centre de Nairobi. Solidaire à la cause des mères de prisonniers politiques, elle participe pendant une année à des veillées qui ont fini par aboutir à la libération de 51 personnes détenues par le gouvernement.

Dans son combat pour la démocratie au Kenya, Mathai a subi des attaques personnelles, des arrestations, des incarcérations et des insultes. En 2002, elle gagne les élections parlementaires pour la région de Tetu, élections célébrées par certains comme étant la première consultation libre et juste au Kenya depuis une génération. Sa carrière politique s’est poursuivie par sa nomination en 2003 au poste de vice ministre pour l’environnement par le président Mwai Kibaki. Pendant la période de violence qui a suivi les élections contestées de 2007, elle a fait entendre sa voix pour la paix, la responsabilité et la justice. Mais aussi, avec d’autres alliés, pour garantir que la nouvelle constitution kényane, ratifiée par un vote public en 2010, soit élaborée selon un processus consultatif et qu’elle intègre le droit de tous les citoyens à un environnement sain et propre.

En 2006, Maathai a rejoint le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) en vue de lancer une campagne de plantation d’un milliard d’arbres dans le monde entier. Ayant atteint cet objectif en moins d’une année, un nouveau défi porté sur 14 milliards d’arbres est alors fixé.

Maathai était une femme hors du commun qui a donné un lustre positif à l’Afrique tout en luttant pour améliorer le sort de la population et de l’environnement. En 2004, elle a été la première lauréate africaine du prix Nobel de la Paix. Ecologiste notoire, scientifique, parlementaire, la fondatrice du Green Belt Movement a défendu la justice sociale et les droits humains. Elle a promu la paix et a reçu plusieurs prix, dont certains lui ont été octroyés par des gouvernements : Ordre of the Rising Sun (Japon 2009), Légion d’Honneur (France 2006), Elder of the Burning Heart et Elder of the Burning Spear (Kenya 2004,2003). Maathai a aussi reçu de nombreux prix de la part d’organisations et institutions de par le monde : Nelson Mandela Award for Health and Human Rights (2007), Kenya National Commission of Human Rights Lifetime Achievement Award (2006), Sophie Price (2004), Goldman Price (1991), Right Livelihood Award (1984) et des honoris causa d’institutions académiques de l’université de Yale, de Morehouse College aux Etats-Unis, de l’université d’Ochanomizu au Japon, de l’université de Norvège, parmi d’autres.

Ses livres révèlent les étapes de sa vie et de sa lutte, notamment "The green belt movement : sharing the approach and the experience" (2003), "Unbowed"(2006), son autobiographie, "The challenge for Africa" (2008) et "Replenishing the earth : spiritual values for healing ourselves and the world" (2010)

Maathai laisse trois enfants: Waweru, Wanjira, et Muta ainsi qu’une petite-fille, Ruth Wangari

"Quiconque a réalisé quelque chose est tombé plusieurs fois. Il s’est relevé et a poursuivi son chemin et c’est ce que j’ai toujours essayé de faire".

"Vous ne pouvez pas protéger l’environnement si vous ne donnez pas de pouvoir aux gens. Vous les informez et les aidez à comprendre que ces ressources sont les leurs et qu’ils doivent les protéger"

Si personne n’acclame cette grande dame africaine, les arbres le feront sûrement.


* Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Wangari Muta Maathai : Un combat faveur de la justice pour les gens et pour la planète

Margaretta wa Gacheru

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77016

Les feux de la rampe, elle a souvent été dessous. Jamais elle n’a cherché à les attirer, mais les dimensions de son combat étaient telles, sa détermination si forte que Wangara Maathai ne pouvait laisser indifférent. Dans sa quête perpétuelle de justice et d’équité, elle « a réalisé dans sa courte vie plus que la plupart des gens ne peuvent imaginer », souligne Margaretta wa Gacheru.

La nouvelle du décès de Wangari Maathai, le dimanche 25 septembre, s’est répandue dans le monde comme une traînée de poudre. J’ai appris le décès de la lauréate du Nobel de Paix en lisant les infos de CNN.com de bonne heure le lundi matin. C’était une nouvelle principale reprise par tous les grands médias, de Moscou à Muscat en passant par Madrid.

Ce qu’il y a de frappant, c’est que Dr Maathai, de son vivant, pour le meilleur ou pour le pire, a attiré une grande couverture médiatique. Pas seulement à son décès, ce qui est rare. Généralement, on attend la nécrologie de quelqu’un pour apprendre tous les extraordinaires aspects de sa vie. Mais pas Wangari. Elle était de ses personnes dont on parlait. Une dirigeante charismatique, aux prises de position controversées pour une noble cause, qu’elle soit populaire ou non. On l’a trouvée à la "Une" des journaux au Kenya dès 1970 et dans les médias internationaux très souvent depuis le début du millénaire.

Non pas que Wangari recherchât les feux de la rampe. Non ! Elle était simplement en quête de justice, d’équité et des " meilleurs pratiques" dans tous les espaces, en particulier dans le gouvernement où elle a défendu les femmes en disant qu’elles avaient droit au même traitement que les hommes, comme elle soutenait le fait que les chômeurs avaient autant droit à un travail que n’importe quel autre être humain. Le Green Belt Movement est ainsi né du sens de la justice de Wangari ainsi que de la conscience de la nécessité de prendre soin aussi bien de la planète que de la population qui subit les conséquences de la déforestation, la pauvreté et pâtit des médiocres politiques sociales qui ignorent les difficultés de la vaste majorité de la population.

Le premier engagement de Wangari a été en faveur de la population kényane, en particulier les femmes des zones rurales. Cela, je l’ai découvert à la fin des années 1970 alors qu’elle était présidente du National Council of Women of Kenya (NCWK) et à la tête de l’Environment Committee qui est par la suite devenu le Green Belt Movement.

Lorsque nous nous sommes rencontrées pour la première fois, l’engagement de Wangari pour la justice sociale et en faveur de la planète était déjà perceptible. Raison pour laquelle, à la fin de notre entretien (à cette époque je travaillais au Nairobi Times), j’ai eu le sentiment que cette femme, un jour, pourrait non seulement devenir présidente du Kenya, mais même la présidente de toute l’Afrique si une telle fonction devait voir le jour. Elle aurait été parfaitement à sa place. Elle avait la vision, la conviction, les idées brillantes et la passion brûlante d’être l’instrument de l’amélioration des conditions de son peuple.

A cette époque, Wangari m’a dit clairement que le leadership n’était pas une fonction qu’elle prenait à la légère. Au contraire. Les nonnes lui avaient enseigné de bonne heure que la bénédiction qui lui était donnée sous forme d’un bon enseignement et les occasions d’exceller, étaient des cadeaux dont elle devait faire usage pour le bénéfice des moins favorisés.

Son mélange de sincérité, de conviction et d’humilité était impressionnant, alors qu’à l’époque elle détenait déjà des postes à responsabilité, étant à la tête du département d’anatomie vétérinaire à l’université de Nairobi et la présidente du NCWK (une fonction qui générait de la jalousie et de l’envie à l’encontre de Wangari qui avait déjà commencé à déplacer des montagnes et à faire des vagues). Il était déjà clair qu’elle avait déjà commencé à réaliser ses immenses capacités de leadership. Aujourd’hui, j’affirme que Wangari, malgré sa réputation internationale pour son rôle d’environnementaliste, de militante sociale de terrain et d’ancienne députée au parlement kényan, a à peine effleuré la surface de tout ce qu’elle aurait pu faire si elle n’en avait pas été empêchée par des personnes de petite envergure, jalouses, envieuses, intimidées et menacées par son honnêteté, son intelligence, son autorité et son leadership charismatique.

Wangari a réalisé dans sa courte vie plus que la plupart des gens ne peuvent imaginer. Elle a fondé l’un des plus importants mouvements écologiques du monde, un mouvement qui a démontré la capacité des femmes des zones rurales à résoudre les problèmes de la planète. Elle a gagné des élections au parlement (et a été grandement sous-utilisée par le gouvernement Kibaki). Elle a gagné une bataille contre un dictateur civil qui a tenté d’accaparer un terrain public en plein cœur de Nairobi pour servir ses propres intérêts.

Le Nobel de Paix de 2004 lui a été attribué pour la démonstration par laquelle il a montré que le pillage des ressources, la pauvreté et la guerre étaient liés. Elle a été honorée pour avoir montré que la protection des ressources naturelles de la planète est une importante stratégie dans le cheminement vers la paix. Ma déception a été de la voir en 1992, lorsque la National Commission on the Status of Women a fait appel à elle pour qu’elle se présente à l’élection présidentielle, elle a refusé. Appartenant au même district électoral que Mwai Kibaki, elle avait déclaré ne pas vouloir causer une dispersion des votes. Que ce serait-il passé s’il elle avait posé sa candidature et avait gagné ? Je suis convaincue qu’elle aurait pu gagner. Où en serions-nous aujourd’hui ?

Spéculer sur ce qui aurait pu être n’a pas de sens. Mais nous savons que l’esprit de Wangari règne dans nos cœurs et nous accompagne.


* Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Wangari Maathai : L’Afrique a perdu une grande dame

Thandika Mkandawire

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77017

Wangari Maathai était une personne merveilleuse. Thandika Mkandawire, qui témoigne ainsi, raconte comment elle a défié le gouvernement kenyan et ses tentatives pour l’empêcher de se rendre en Ouganda pour participer à une "conférence subversive".

Wangari Maathai était une personne merveilleuse. Je l’ai rencontrée pour la première fois lors du symposium pour la liberté académique organisée par le CODESRIA. Elle est arrivée un jour après le symposium. J’ai été informée de sa présence et de son besoin de logement. Je l’ai trouvée dans le lobby de l’hôtel avec un petit sac contenant les effets qu’elle avait emportés avec elle. Lorsque j’ai exprimé l’évidence, c'est-à-dire qu’elle arrivait trop tard pour le symposium, elle m’a répondu avec son grand sourire caractéristique : "Je sais, mais j’y suis arrivée".

A l’époque, au Kenya, toute personne travaillant pour une institution étatique (y compris les universités) devait obtenir la permission de quitter le pays pour participer à une conférence. En cette occasion, le gouvernement avait simplement interdit aux universitaires kényans de se rendre à une conférence qu’il percevait comme subversive. Ainsi Wangari a voyagé par voie terrestre. De toute évidence, il n’y avait aucun moyen pour arrêter Wangari.

L’Afrique a perdu une grande dame et une voix inspirante.


* Tandika Mkandawire est ancien directeur du CODESRIA et professeur en Développement africain au Département du développement international à la London School of Economics à Londres – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Wangari Muta Maathai : L’humilité d’une femme exceptionnelle

Odhiambo Orlale

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/features/77018

A 71 ans, c’est un cancer qui a emporté Wangari Maathai. Ainsi s’est terminée une vie de lutte pour une Afrique meilleure et un monde meilleur. Odhiambo Orlale y ajoute, après avoir déroulé son fabuleux parcours : « En dépit de sa réputation internationale et de son influence, elle a continué à être humble, accessible et à demeurer la championne inconditionnelle des laisser pour compte.»

Le 26 septembre le monde s’est réveillé avec la nouvelle du décès de la lauréate du prix Nobel de la Paix, le professeur Wangari Muta Maathai, une militante politique kényane pour l’environnement et les questions de genre. Agée de 71 ans, Maathai a succombé à un cancer ovarien, la sixième principale forme de cancer chez les femmes. Alors que je cherchais des citations de Maathai sur Internet, j’en ai trouvée une qui disait :"Les femmes africaines en général doivent savoir qu’elles sont bien comme elles sont, que leur façon d’être est une force et qu’elles doivent se libérer de la peur et du silence". Pour moi, cette citation est ce qui résume le mieux la vie de Maathai. Elle qui a défié les valeurs patriarcale de notre village global.

En 2004, Maathai a été la première femme africaine a recevoir le convoité prix Nobel de la Paix "pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix". Dans son discours d’acceptation à Oslo, elle a déclaré :"Comme première femme africaine à recevoir ce prix, je l’accepte au nom du peuple kényan et de l’Afrique et même du monde entier. J’ai particulièrement à l’esprit les femmes et les petites filles. J’espère que le prix les encouragera à faire entendre leur voix et à prendre plus de place dans le leadership. Je sais aussi que l’honneur qui m’est fait remplit d’une grande fierté nos hommes, jeunes et vieux. Comme mère, j’apprécie la stimulation que le prix donnera aux jeunes et je leur demande instamment de l’utiliser pour poursuivre leur rêve". Elle est devenue un modèle et une icône pour beaucoup de femmes et d’hommes sur le continent africain et au-delà.

Maathai a reçu plusieurs autres prix internationaux. En avril 2009, le Japon lui a attribué sa suprême reconnaissance, le Grand Cordon de l’Ordre du Soleil Levant. La campagne que Maathai a mené pour "diminuer (la consommation), réutiliser, recycler et réparer" afin de protéger l’environnement l’a rendue populaire au Japon. En 2010, elle a reçu, avec deux autres femmes, l’actrice Eva Longoria et la pionnière des droits civiques Dorothy Cotton, l’International Freedom Award du National Civil Rights Museum à Memphis, Tennessee.

En dépit de sa réputation internationale et de son influence, elle a continué à être humble, accessible et à être la championne inconditionnelle des laisser pour compte. Les Kényans se souviendront toujours de son assaut de la forêt de Karura en 1999, lorsqu’elle a conduit des écologistes et des militants des Droits de l’Homme afin de mettre un terme à l’accaparement et à la destruction de la forêt. L’ancien professeur de l’Université de Nairobi a essuyé des gaz lacrymogènes de la part de la police anti-émeute qui l’a attaquée et lui a arraché les cheveux au vu des médias.

Dans un autre incident, elle a traduit en justice le président du Kenya d’alors, Daniel Arap Moi, en raison de son projet visant à amputer le Uhuru Park à Nairobi d’un bout de terrain afin d’y construire un bâtiment de trente étages qui devait loger le quartier général de son parti.

Une des principales empreintes qu’elle laisse reste le Green Belt Movement, une organisation de femmes de la société civile établie en 1971 et qui, entre autres, défend les Droits de l’Homme, soutient la bonne gouvernance et les changements démocratiques pacifiques par le biais de la protection de l’environnement. Ce programme a planté plus de 40 millions d’arbres en Afrique et reste un véhicule de valorisation des femmes. Face au défi du changement climatique, le programme reconnaît le rôle que les femmes peuvent jouer pour éviter les effets du réchauffement global. Il les encourage à participer aux décisions concernant l’environnement et à jouer un rôle dans sa protection.

Sa conviction selon laquelle les questions environnementales font partie intrinsèque de la bonne gouvernance a conduit Maathai à s’impliquer dans la démocratie et le processus politique. En 1997, elle était candidate aux élections parlementaires et à la présidence sous l’étendard du Parti Libéral, mais a perdu les élections. Elle s’est présentée une nouvelle fois en 2002 sous la National Rainbow Coalition pour se faire élire et voir le président Kwai Kibaki la nommer vice-ministre pour l’environnement et les ressources naturelles.

Comme militante des questions de genre, Maathai a été la présidente du National Council of Women entre 1981 et 1987. Elle s’est adressée aux Nations Unies à plusieurs reprises et se prononçait au nom des femmes lors de session spéciale en marge de l’Assemblée Générale. Maathai a fait partie du conseil de plusieurs organisations, y compris le Conseil pour le Désarmement du Secrétaire Général des Nations Unies.

Maathai a été diplômée en biologie au Mount St Scholastica College à Atchinson, dans le Kansas. Par la suite elle obtenu un Master en Sciences de l’université de Pittsburgh (1966), faisant d’elle la première femme africaine à obtenir un Master en biologie. En 1971, elle a obtenu son doctorat à l’université de Nairobi, devenant ainsi la première femme africaine à obtenir un doctorat dans ce domaine. Elle a enseigné l’anatomie vétérinaire dans cette université.

Maathai a emporté le drapeau vert dans sa tombe, ayant demandé à ne pas être enterrée dans un cercueil en bois. Son oeuvre lui survit dans le Green Belt Movement dont le mandat est de répondre aux besoins identifiés par les femmes des zones rurales, comme le manque de bois de feu, d’eau potable, d’un régime alimentaire équilibré, de logement et de revenus.

Alors que nous combattons le changement climatique, souvenons-nous de cette femme remarquable qui voyait dans le désastre écologique qui nous menace, une occasion pour valoriser les femmes et l’opportunité de promouvoir la paix dans la monde. Nous célébrons Maathai pour avoir défendu une Afrique meilleure et un monde meilleur.


* Odhiambo Orlale est consultant en matière de média au Kenya. Cette nécrologie est tirée de Gender Links Opinion and Commentary service –Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Commentaires & analyses

A qui profite l'or du Burkina ?

Maurice Oudet

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/comment/77023

« Je crois que le Burkina est en train d’entrer dans le cercle des pays producteurs d’or », a déclaré, Salif Kaboré le ministre burkinabè des Mines, des Carrières et de l’Énergie, au dans une interview accordé à « Le Pays », quotidien d'information burkinabè. Dans cet interview le ministre donne plusieurs informations intéressantes. Mais plusieurs questions restent en suspens.

Le ministre bukinabé des Mines en a fait la révélation : « nous avons produit 24 tonnes et demi en 2010 ; si nos objectifs se réalisaient, nous atteindront environ 27 tonnes en 2011. Cela veut dire que quelque part, la production d’or prend de l’ampleur. L’or est devenu le premier produit d’exportation. En 2010, les sociétés minières ont versé à l’État environ 440 milliards de FCFA. L’or contribue à hauteur de 7,28 % au niveau du PIB (Produit intérieur brut). Il y a aussi des perspectives d’ouverture de nouveaux sites miniers dans notre pays ».

A priori, c'est une bonne nouvelle pour le Burkina. Surtout si on met cela en perspective. D'après l'atlas du Burkina Faso (Éditions Jeune Afrique) de 2001 de 1996 à 1999 la production d'or au Burkina tournait autour de 1 tonne par an, et l'or valait beaucoup moins moins qu'aujourd'hui.

Ces dernières années la production d'or est en croissance rapide : 5 tonnes en 2008, 11,6 tonnes en 2009, 25,6 tonnes en 2010, et donc 27 tonnes en 2011. Mais d'autres annoncent 33,7 tonnes pour cette même année 2011, et 40 tonnes en 2012. A cela il faut ajouter que la valeur de l'or à été multiplié par 3,5 depuis les années 2000-2004, et par 2 depuis 2008. C'est dire qu'en devise la progression est très forte. Si les sociétés minières ont versé à l’État 440 milliards de FCFA en 2010, on peut espérer 600 milliards en 2012.

Il est intéressant de comparer ces chiffres aux montants des derniers budgets du Burkina. A savoir :
- 2009 : 919 milliards de FCFA
- 2010 : 891 milliards de FCFA / 2011 : 1 002 milliards de FCFA. C'est dire qu'avec, en principe, si le prix de l'or se maintient assez haut, le gouvernement aura ne nouvelles possibilités dans les prochaines années.

A QUI VA PROFITER CET OR ?

La question reste posée. On aurait pu penser que pour commencer (et pour éviter des catastrophes pour l'environnement) le réseau routier allait être le premier bénéficiaire, au moins pour les routes qu'empruntent les camions remplis de cyanure en provenance du Ghana. Or le 29 juillet dernier un camions de 40 tonnes de cyanure s'est renversé et a pollué le barrage de Djibo. Dans la presse burkinabè, on peut lire : « on le sait, le mauvais état du barrage de Djibo explique cette chute de l’un des camions qui transportait 40 000 tonnes de cyanure pour la mine d’or d’Inata. »

Il y a quelques années quand le coton « se portait bien », le réseau des pistes rurales des régions cotonnières en a profité. Il est difficile de comprendre pourquoi l'argent de l'or ne profite pas au réseau routier qu'emprunte les camions de cyanure qui vont ravitailler les mines du Burkina pour les sécuriser.

Ce n'est pas tout. « Le reporter » une publication burkinabè spécialisé dans les enquêtes et reportages vient de publier le résultat de leur enquête sur ce qui s'est passé en 2009 dans le village de Kouna, de la commune de Markoye, près de la mine d'or d'Ekkassane. Cette mine est actuellement exploitée par la société IAMGOLD. Mais en 2008 cette société était en phase de construction. Mais elle a trouvé sur place des déchets encombrants (laissé par les sociétés minières qui ont exploité le site avant l'IAMGOLD). Elle a interrogé l'État sur « la question des déchets de la CEMOB (c'est ainsi que l'on appelait la montagne – colline - qui abritait les déchets). Devant le silence de l'état, la société a renvoyé le gardien et quelques semaines après, elle a fait raser le lieu. » Et quelques mois plus tard, 198 bœufs, 231 moutons, 321 chèvres et un chameau (chiffres de la Direction provinciale de l'élevage) sont mort d'une maladie mystérieuse. …/... Aujourd'hui, à la question : « d'où viennent les métaux lourds qui ont empoisonné le barrage de Kouna provoquant la mort de centaines d'animaux ? » des sources (qui souhaitent rester anonymes) au sein du ministère de l’Énergie et des Mines sont formelles : la société IAMGOLD a fait déverser les déchets qu'elle a trouvés à Essakane dans la « brousse » de Markoye.
Est-ce parce que les éleveurs n'ont pas manifesté (avec violences) à Ouagadougou que ces éleveurs n'ont pas encore été indemnisés ?
L'or du Burkina fera-t-il le bonheurs des uns et le malheurs des autres ?
Tout espoir n'est pas perdu. Le pire n'est jamais sûr !



* Maurice Oudet
 est président du SEDELAN

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Résumé de l'Édition Anglaise

Un numéro spécial sur le Sahara occidental

2011-10-11

http://pambazuka.org/fr/category/summaryen/77024

Les Sahraouis du Sahara occidental: La dernière colonie en Afrique

«Le Sahara occidental est le dernier pays en Afrique dont le processus de décolonisation n’est pas arrivé à terme - le droit du peuple sahraoui à l'indépendance post-coloniale a été figé dans le temps», souligne Konstantina Isidoros dans l'introduction de cette édition spéciale de Pambazuka News. «Si nous voulons prendre la règle de droit international comme ligne directrice, force est de constater que le Maroc a ouvertement défié le droit international à deux reprises, par son invasion illégale d’un territoire souverain et par son occupation illégale qui se poursuit encore aujourd'hui."
http://pambazuka.org/en/category/features/76907


Une histoire du conflit du Sahara occidental

Australia Western Sahara Association offre un bref historique de l'invasion militaire du Maroc sur le Sahara occidental et ses effets sur la population.
http://pambazuka.org/en/category/features/76871


34 ans à attendre

En 2007, Nikolaj Nielsen a entrepris un voyage clandestin dans le territoire marocain occupés du Sahara Occidental pour rencontrer certains militants de premier plan et les étudiants diu mouvement sahraoui pour les droits mouvement humain.
http://pambazuka.org/en/category/features/76870


Malainin Lakhal: Pleins feux sur un militant sahraoui

Malainin Lakhal a fait le voyage périlleux pour sauver sa vie, il y a 11 ans. Sa contribution fournit un aperçu sur ce voyage dangereux que de nombreux militants sahraouis sont obligés de faire quand leurs vies sont mises en danger par les forces de sécurité. Regarder une vidéo de Malainin Lakhal ou écouter le podcast.
http://pambazuka.org/en/category/features/76895


Maroc contre le Polisario en 2011 : La lutte continue pour étendre son influence

Depuis 1994, le Maroc a rapidement augmenté son exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental, qui constitue une violation du droit international. Pazzanita a fait une mise à jour de son article datant de cette époque, qui confirme que la machine diplomatique du Maroc est depuis devenu une très sophistiquées RP pour la guerre.
http://pambazuka.org/en/category/features/76900





Arts & livres

Afrique : Les lauréats africains du prix Nobel

2011-10-09

http://tinyurl.com/6dgqw6k

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et sa compatriote militante pacifiste Leymah Gbowee, à qui a été décerné le prix Nobel de la paix 2011, portent à 16 le nombre de personnalités africaines à obtenir un Nobel toutes catégories confondues, depuis sa création en 1901. Les deux Libériennes partagent le prix conjointement avec la Yéménite Tawakkol Karman.


Global : Un film sur l’esclavage primé

2011-10-09

http://tinyurl.com/6yy38lf

Le prix du meilleur long métrage du 7e Festival international du film black de Montréal (FIFBM). a été décerné au réalisateur britannique Gabriel Range pour son film «I Am Slave et A Lot Like You». Le film aborde la condition d’une jeune Africaine enlevée dans son village du Soudan à l’âge de 12 ans, vendue à une femme de Khartum qui la battait, avant d’être envoyée à Londres sans passeport. Le Festival a pour mission de favoriser le développement de l'industrie du cinéma indépendant et de mettre en valeur plus de films sur les réalités des Noirs de partout dans le monde.





Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique

Global : Les USA critiquent les conditions de l'aide de la Chine à l'Afrique

2011-10-09

http://tinyurl.com/6yk54b8

Une responsable du Trésor des Etats-Unis a critiqué, le 5 octobre, les conditions de l'aide de la Chine à l'Afrique, affirmant qu'elle n'offrait pas les mêmes garanties que celles des institutions multilatérales notamment en matière de lutte contre la corruption. L'alternative au financement par les banques multilatérales de développement dans de nombreux pays, en particulier en Afrique, est d'emprunter à des pays comme la Chine. Le gouvernement américain a demandé au Congrès de financer la première augmentation de capital depuis 1988 dans quatre de ces institutions dont les Etats-Unis sont actionnaires. A savoir la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque interaméricaine de développement et Banque européenne de reconstruction et de développement.





Femmes & genre

Libéria : La reconstruction du pays passera par le féminisme

2011-10-09

http://tinyurl.com/6lcxodb

Au Liberia, les femmes de la rue prennent la parole et trouvent la force de continuer d’avancer. Deux Libériennes viennent ainsi de recevoir le prix Nobel de la paix. Si vous avez vu le documentaire de 2008 très récompensé, « Pray the Devil Back to Hell”, alors cette histoire vous est familière : un groupe de femmes libériennes —musulmanes et chrétiennes, jeunes et moins jeunes, lasses depuis longtemps des horreurs de la guerre— se retrouvent unies pour militer pour la paix dans leur pays.





Droits humains

Afrique : Le Tchad veut faire juger Habré au Rwanda

2011-10-09

http://tinyurl.com/62bqpxh

L'Union africaine envisage de juger Hissène Habré au Rwanda. Si rien n'est encore fait, des discussions ont été engagées dans la plus grande discrétion. Pour le ministre tchadien de la Justice, l’essentiel est d’abord que le procès ait lieu, de préférence en Afrique ainsi que le préconise l’Union Africaine. Poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, Hissène Habré se trouve au Sénégal. La justice belge voudrait aussi se saisir du dossier mais l’Union Africaine a toujours souhaité que le procès de l’ancien dictateur se déroule sur le continent.


Côte d’Ivoire : La CPI va enquêter

2011-10-09

http://tinyurl.com/3waqrqr

Les juges de la Cour pénale internationale ont autorisé, le 3 octobre, le procureur à ouvrir une enquête sur les crimes commis en Côte d’Ivoire. Si le procureur cible les crimes commis depuis le second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre 2010, cette enquête ne s’arrêtera pas au 11 avril, date de l’arrestation de Laurent Gbagbo par les forces loyales au nouveau chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Les juges précisent que les crimes qui pourraient être commis aujourd’hui ou dans le futur, en lien avec le conflit, doivent aussi faire l’objet d’une enquête.


Gabon : La destruction d’un temple initiatique traditionnel crée un conflit

2011-10-09

http://tinyurl.com/6dh8sye

Toutes vêtues de pagnes blancs, une cinquantaine de femmes, adeptes d’un rite traditionnel dénommé ‘’Ndjembè’’ a observé un sit-in. Elles voulaient ainsi dénoncer la destruction, il y a quelques jours, de leur temple initiatique par le ministère de l’Habitat, aux fins de la construction des logements sociaux. Les victimes de cette opération ont envisagé au cours d’une réunion tenue à porter plainte contre le, ministre de l’Habitat.


Global : Plus d’homicides en Amérique latine et en Afrique

2011-10-09

http://tinyurl.com/6ebvls8

La plupart des 468 000 homicides commis dans le monde en 2010 ont eu lieu en Afrique et en Amérique latine et concernent surtout des hommes, a révélé l'Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans un rapport mondial sur les homicides publié le 6 octobre. Environ 36% d'entre eux ont eu lieu en Afrique, 31% dans les Amériques, 27% en Asie, 5% en Europe et 1% en Océanie. Si les hommes sont en large majorité les victimes et les auteurs des homicides - dans environ 80% des cas -, l'ONUDC souligne que les femmes sont en général les victimes des violences domestiques ou liées à la famille.


Mauritanie : Faire la lumière sur la mort d'un jeune manifestant

2011-10-09

http://tinyurl.com/69nof73

Le Forum des organisations nationales de droits humains (FONADH) exige que toute la lumière soit faite sur la mort d’un manifestant de 19 ans et que les responsables de son décès soient arrêtés et traduits en justice. Le jeune homme a été tué par balle à Maghama, dans le sud du pays, lors d’une manifestation de protestation de négro-mauritaniens contre le recensement de la population qu’ils jugent «discriminatoire et raciste». Formé d’une quinzaine d’ONG, le FONADH accuse les autorités d’être responsables de «cet imprévisible acte de barbarie».


Mali : Un député malien sur la sellette

2011-10-09

http://tinyurl.com/645ymvz

L'Assemblée nationale malienne est en train d'étudier une demande de levée de l'immunité de Deity Ag Sidimou, député touareg de la majorité présidentielle. Il est accusé de trafic de drogue par la justice algérienne. Convoqué par ses pairs, le député ne s'est pas présenté pour être entendu. La marchandise aurait transité par trois pays : le Mali, le Niger et l’Algérie. Les complices auraient été arrêtés et seraient passés aux aveux. Le député malien recherché, membre de l'Union pour la République et la démocratie, a été élu en 2007.


Rwanda : Deux anciens ministres condamnés pour le génocide rwandais

2011-10-09

http://tinyurl.com/43xre7x

Après 12 ans de procès, le tribunal pénal international (TPI) pour le Rwanda a acquitté deux anciens responsables rwandais inculpés pour génocide. Deux autres anciens ministres ont en revanche été condamnés à 30 ans de prison. Les juges ont estimé que Justin Mugenzi et Prosper Mugiraneza avaient été partie prenante dans la décision du gouvernement de limoger le préfet de la ville de Butare, qui s'était opposé aux massacres ethniques.


Zimbabwe : Des crimes surgis du passé

2011-10-09

http://tinyurl.com/6yp3qga

Près de vingt ans après les massacres au Zimbabwe, les victimes de Gukurahundi —un terme qui signifie pluies de printemps en shona— sortent de l'oubli. Un charnier a été récemment découvert dans une école située sur la région de Matabeleland dans le sud du pays. La fosse contenait près de soixante cadavres. C’est en février 1982 que le massacre de Gukurahundi prend corps au Matabeleland. En raison des rivalités politiques avec Joshua Nkomo, grande figure de la lutte pour la libération du pays, Mugabe décide d’exterminer les Nbélélé, l'ethnie dont Nkomo est issu. La Cinquième brigade, Gukurahundi, a commis les pires exactions dans le pays et ces crimes restent jusque-là impunis.





Réfugiés & migration forcée

Algérie : Expulsion de 600 Subsahariens en situation irrégulière

2011-10-09

http://tinyurl.com/5txjfjw

Quelque 600 africains originaires du sud du Sahara, dont l'immense majorité des ressortissants Nigériens, mais aussi des Maliens, qui se trouvaient dans le sud de l'Algérie. Ces expulsions ont eu lieu au cours des derniers jours, elles concernent une majorité d'hommes mais aussi des femmes et des enfants. Ces Nigériens sont tous unanimes sur les conditions sévères de leur expulsion. Entre 500 et 700 expulsés ont été enregistrés à l’heure actuelle. Des centaines d’autres seraient en attente d'êtres expulsés dans les commissariats de Tamanrasset.


Global : Le Brésil, nouvel eldorado des Africains?

2011-10-09

http://tinyurl.com/66gooxb

Entrepreneurs, étudiants, réfugiés, de plus en plus d’Africains immigrent au Brésil et grossissent les rangs d’une diaspora jusqu’alors très minoritaire. La fermeture des frontières européennes n’est pas la seule raison : la législation brésilienne s’assouplit et les opportunités se multiplient. Pour les ressortissants des anciennes colonies portugaises (Angola, Mozambique, Cap-Vert et Guinée-Bissau), la maitrise de la langue est également un atout. Et pour les autres, un réseau de centres culturels dispense des cours gratuitement.





Elections & gouvernance

Cameroun : 23 pour un fauteuil présidentiel

2011-10-09

http://tinyurl.com/5tv6fu3

Quelque 7,5 millions d’électeurs devraient départager les 23 candidats à la présidence camerounaise. Un test délicat pour l’organe indépendant de gestion du processus électoral. Pour beaucoup, il s’agit d’un faux suspense, du moment que Paul Biya, le président-candidat, au pouvoir depuis 29 ans, a nombre d’atout en main pour une reconduction en douceur. Face à l’excès de confiance du camp présidentiel l’opposition espère un effet de surprise lié à l’engouement observé lors de la distribution des cartes d’électeur.


Egypte : La transition se négocie

2011-10-09

http://tinyurl.com/6ghx5p2

Calendrier de transfert du pouvoir aux civils, exclusion de la vie politique des membres de l'ancien régime, levée de l'état d'urgence, adoption de règles «supraconstitutionnelles» pour préserver l'Égypte d'une dérive vers un État théocratique en cas de victoire des islamistes aux prochaines législatives, qui débuteront le 28 novembre. Le débat politique reste fort chargé en Egypte. Certains hauts gradés sont accusés ou soupçonnés d'avoir bénéficié de la corruption à l'époque de Moubarak, notamment dans des affaires de ventes d'armes ou de terrains de l'État. La peur d'avoir à rendre des comptes serait ainsi l'un des freins les plus importants à une rupture complète avec l'ancien système, dont l'armée était un des piliers.


Zimbabwe : Robert Mugabe veut attaquer en justice l'Union européenne

2011-10-09

http://tinyurl.com/66aerg8

L'entourage du président Robert Mugabe aurait l'intention d'attaquer en justice l’Union européenne pour faire lever les sanctions qui sont imposées au président et à ses proches. Mugabe a aussi fait savoir qu’il ne voulait pas d’observateurs envoyés par Bruxelles lors des prochaines élections générales, initialement prévues pour 2013. En fait, les relations entre l’UE et le Zimbabwe sont tendues depuis le début de la réforme agraire. Après le scrutin de 2002 et la réélection contestée de Robert Mugabe, Bruxelles a imposé une série de sanctions.





Développement

Afrique : L'Occident empêche la renaissance africaine

2011-10-09

http://tinyurl.com/6dpja4a

Un enseignant de l'Université d'Afrique du Sud, basée à Pretoria, a accusé l'agenda imposé par ceux qui dirigent le monde d'être un frein à la vision et la mission de la renaissance africaine. Le Pr Shadrack Gutto de l'Institut pour les études sur la renaissance africaine de l'Université d'Afrique du Sud (UNISA) a cependant indiqué que l'esprit et la résistance de l'Afrique étaient intacts, en soulignant que les efforts en faveur de la connectivité et l'intégration intra-africaines gagnaient de l'ampleur.


Afrique : L’Uemoa, une épine au pied du bloc ouest africain ?

2011-10-09

http://tinyurl.com/5vjzxug

L’existence de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa, huit pays) à l’intérieur du bloc que constitue la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao, quinze pays) est l’un des grands obstacles à une intégration pleine et entière de la sous-région, selon un économiste ghanéen. Celui-ci n’est pas le premier à dénoncer cette dépendance trop grande des pays de l’Uemoa à la France, certains intellectuels, y compris dans les pays concernés estimant que cette organisation est inspirée et maintenue en vie pour sauvegarder les intérêts de la France en Afrique.


Global : Première introduction d’une entreprise sénégalaise à la bourse de Paris

2011-10-09

http://tinyurl.com/68u362x

Money Express est devenue la toute première entreprise sénégalaise à être introduite, le 27 septembre, à la Bourse de Paris. Cette cotation au CAC (cotation assistée en continu), qui a été doublée d’une augmentation du capital à 2,8 millions d’euros, augure des ambitions du leader panafricain du transfert d’argent. Active dans 50 pays, dont 24 en Afrique, Money Express, qui compte profiter de ce marché pour la mobilisation de l’épargne, suit dans cette démarche d’autres entreprises africaines, telles que Simat en 2007 et Pétro Ivoire plus récemment.


Madagascar : La croissance économique en 2011 inférieure à la prévision

2011-10-09

http://tinyurl.com/6742hro

La croissance économique à Madagascar pour cette année 2011 a été inférieure à la prévision. Le taux de croissance se situe entre 0.5% et 1% alors que la loi de Finances 2011 a prévu une croissance de 2.8%. Cette baisse est liée aux crises internationales, comme l’augmentation de 30% du prix du baril du pétrole par rapport au dernier trimestre 2010 et la flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché mondial.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Le Continent lutte contre l’extermination de ses peuples

2011-10-09

http://tinyurl.com/63hpdtq

Plus de 25 millions d’Africains sont atteints du sida sur un total de 36,1 millions de personnes dans le monde. Ni l’aridité des chiffres et ni l’émotion contenue de la parole ne suffisent à prendre la mesure de ce cataclysme qui touche l’Afrique subsaharienne. Car cette catastrophe ne perd pas en ampleur. Et les avancées paraissent bien maigres à l’échelle d’un continent, face à l’entreprise de dévastation qui touche 4 millions de nouveaux Africains chaque année, en tuant dans le même laps de temps, deux millions. Autant que les morts italiens et français de la Première guerre mondiale.


Burkina Faso: Lutte contre la pratique de l'excision

2011-10-09

http://tinyurl.com/5wrlqrd

Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l'excision (SP/CNLPE) du Burkina et le Programme national de lutte contre la pratique de l'excision (PNLE) du Mali ont mis en place un projet conjoint de promotion de l'abandon de la pratique transfrontalière de l'excision entre les deux pays. La cérémonie de lancement officiel de cette phase pilote du projet est intervenue le 30 septembre 2011. Les mutilations génitales féminines ont encore cours dans, au moins, 28 pays africains dont le Burkina et le Mali. Les statistiques montrent un taux de prévalence de 85% pour le Mali et 49,5% pour le Burkina Faso.


Sénégal : Les inquiétudes de l'Onusida face au sida

2011-10-09

http://tinyurl.com/3m8gj4f

Le Directeur exécutif de l'Onusida en Afrique s'est félicité hier, mardi 4 octobre, des avancées réalisées dans la lutte contre cette pandémie dans le monde et particulièrement en Afrique. Il a tenu à faire remarquer que si auparavant le Sénégal et la Tanzanie ont été cités comme des pays de référence en matière de lutte contre cette maladie, 33 autres pays du continent africain ont toutefois réalisé des progrès impressionnants dans le cadre de la réponse apportée face à cette maladie. En témoignent les cinq millions de malades africains sous traitement Arv et la réduction de 20 % des nouvelles infections.





Éducation

Afrique: Une industrie du Livre au bénéfice du système éducatif

2011-10-09

http://tinyurl.com/67l67v9

Le groupe de travail de l’ADEA sur les livres et le matériel éducatif (GTLME) ouvre le 10 octobre à Nairobi (Kenya) une conférence internationale à laquelle participe un large éventail de parties prenantes du secteur africain du livre et de l’édition, à savoir, les auteurs, des éditeurs, imprimeurs, libraires (distributeurs), et représentants des bibliothèques et des Conseils pour la promotion du livre (CPL). L’absence d’une industrie du livre endogène dynamique et la disparition progressive de la culture de la lecture en Afrique reste l’un des défis tangibles auxquels sont confrontés les pays africains dans l’acquisition des connaissances et des compétences critiques, en raison de l’insuffisance des livres.


Sénégal : 80.000 enseignants sénégalais enregistrés en 2011

2011-10-09

http://tinyurl.com/6bmqgoe

Les effectifs des enseignants sénégalais ont plus que triplé en 11 ans, passant de 22.000 à plus de 80.000 agents, entre 2000 et 2011. Selon le Premier ministre, le Sénégal a atteint, en 2011, un taux brut de scolarisation de l’ordre de 93% et un bond significatif pour le taux d’achèvement au primaire, qui est passé de 53,6% en 2010 et 66,7% en 2011.





Racisme & xénophobie

Mauritanie : La révolte de la communauté noire s’amplifie

2011-10-09

http://tinyurl.com/6kxmzc9

Les Mauritaniens noirs en colère. Le climat est de plus en plus tendu à Nouakchott, où les manifestations se multiplient contre le recensement national entrepris par le gouvernement depuis mai 2011. La population noire mauritanienne, qui juge ce procédé discriminatoire à son encontre, craint en effet une remise en question de sa nationalité qui lui est demandée de prouver par des pièces administratives presque « impossibles à réunir », selon des organisations de défense des droits humains.





Environnement

Afrique : 11,4 milliards de francs de l'UE pour la biodiversité

2011-10-09

http://tinyurl.com/3hy2rjz

L'Union européenne et l'UEMOA ont signé le Programme d'Appui aux Parcs de l'Entente, en faveur de la Région Afrique de l'Ouest. L'Afrique de l'Ouest subit depuis plusieurs décennies un contexte d'instabilité climatique, avec pour conséquence, une fragilité écologique, elle-même aggravée par un important accroissement de la population. L'UEMOA, qui est également ordonnateur régional du projet, a pour objectif d'harmoniser les politiques et les règlementations liées à la conservation de la biodiversité et de promouvoir une vision commune pour la durabilité de la conservation en Afrique de l'Ouest.





Justice Alimentaire

Afrique : Des initiatives de financement qui sortent de l’ordinaire

2011-10-09

http://tinyurl.com/5tsphd2

Les organisations humanitaires ont multiplié les appels de fonds afin de venir en aide à plus de 12 millions de personnes qui sont confrontées à de graves pénuries de nourriture dans la Corne de l’Afrique. Les gouvernements donateurs ont contribué à hauteur de plus de 1,46 milliard de dollars sur les 2,48 milliards nécessaires. Ce qui a surpris toutefois, c’est la réaction des gens ordinaires de la région qui ont vu se produire cette catastrophe humanitaire sur leur écran de télévision. Si les entreprises privées ont cherché à se faire remarquer par leurs dons, les citoyens ordinaires ont quant à eux contribué à hauteur de plus de 1,6 million de dollars en utilisant MPESA, un service de transfert de fonds par téléphone portable géré par la société de télécommunications Safaricom.


Afrique : Les femmes peuvent nourrir le monde

2011-10-09

http://tinyurl.com/6hymypf

Si les femmes agricultrices avaient reçu plus d'outils et de ressources, le nombre de personnes affamées dans le monde pourrait être considérablement réduit de 100 à 150 millions. Selon le rapport de la FAO, les femmes dans toutes les régions ont moins de ressources productives que les hommes, telles que l'éducation, la terre, le bétail, la technologie, la main-d'oeuvre, les services financiers et autres.


Sénégal : Expérimentation d’une variété de maïs à forte productivité

2011-10-09

http://tinyurl.com/3zaa338

L’Agence nationale du conseil agricole et rural (ANCAR) du Sénégal est en train d’expérimenter une variété de maïs appelée "Swama" dont la productivité peut aller jusqu’à 4 à 5 tonnes par hectares, a annoncé son Directeur général, Alioune Cissé. Ce programme vise à encourager la diversification des cultures dans une zone où la riziculture domine et à écourter la période de soudure. Il s’agit aussi de contribuer à l’amélioration des pouvoirs économiques des populations, à travers les hauts rendements potentiels du maïs et de promouvoir l’utilisation des engrais minéraux, mal connue des populations.





Média & liberté d'expression

Global : Bourgi dit ne rien savoir des «biens mal acquis»

2011-10-09

http://tinyurl.com/6xsufdr

Robert Bourgi a été entendu le 6 octobre à Paris par la justice dans le cadre de l’enquête de l’affaire des biens mal acquis en France de dirigeants africains. Alors que beaucoup s’attendait à des révélations fracassantes, l’avocat franco-libanais a affirmé ne rien connaître de cette affaire. Transparency International (TI), partie civile dans ce dossier, est à l’origine de la plainte ayant débouché fin 2010 sur une enquête concernant l’acquisition en France d’un important patrimoine par les dirigeants africains, dont Denis Sassou Nguesso, du Congo, Teodoro Obiang, de la Guinée équatoriale, et le défunt chef d’Etat gabonais, Omar Bongo.





Conflits & urgences

Afrique du Sud : Jour de grosse colère

2011-10-09

http://tinyurl.com/6kos3br

Le rire de Desmond Tutu a beaucoup fait pour sa réputation. Mais ses colères gagnent aussi à être connues. Le 4 octobre, ce n'est pas seulement un coup de gueule, mais un coup de sang auquel s'est abandonné le Prix Nobel de la paix sud-africain lorsqu'il lui a fallu admettre que, faute de se voir accorder un visa, son invité, le dalaï-lama, ne pourrait être présent à son anniversaire au Cap, le 7 octobre. Les autorités sud-africaines nient que Pékin ait joué le moindre rôle dans l'affaire, et même tenté une diversion en accusant le dalaï-lama de ne pas avoir formulé convenablement sa demande de visa.


Côte d’Ivoire : Des promesses reniées en matière de justice

2011-10-09

http://tinyurl.com/657264p

Près de six mois après la chute de Laurent Gbagbo qui annonçait la fin prochaine des combats entre les forces fidèles au président déchu et celles d'Alassane Ouattara, le nouveau pouvoir est accusé de renier ses promesses en matière de justice contre les personnes de son propre camp soupçonnées d'avoir commis des massacres. Pire, selon les rapporteurs, les premiers signes sont extrêmement négatifs, Alassane Ouattara ayant promu le 3 août plusieurs commandants fortement soupçonnés d'être les auteurs de violations graves du droit international.


Côte d'Ivoire : Le gouvernement prêt à livrer à la CPI des pro-Ouattara

2011-10-09

http://tinyurl.com/3qj8k29

Le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, a affirmé le 7 octobre, que son pays serait prêt à livrer à la Cour pénale internationale (CPI) des militaires issus des forces du président Alassane Ouattara en cas de "crimes de sang". Le procureur de la CPI a été autorisé le 3 octobre à enquêter sur des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre qui auraient été commis par les auteurs des violences ayant suivi l'élection présidentielle de novembre 2010 en Côte d'Ivoire.


Global : Les archives du parti de Ben Ali livrent leurs secrets

2011-10-09

http://tinyurl.com/5r44xpm

A la fin du mois de mai, plusieurs migrants s’étaient installés au «36 rue Botzaris» dans le 19e arrondissement de Paris. Pour les autorités, l’immeuble abritait un «centre culturel tunisien», mais en réalité l'adresse servait de siège au Rassemblement démocratique constitutionnel (RCD), le parti politique de Ben Ali. Après plusieurs recherches, les occupants de l’immeuble ont mis la main sur des milliers de documents. Les sujets sont variés, et vont du bilan du parc immobilier du RCD en France, aux rapports compromettants, sur lesquels sont cités certains magistrats tunisiens, responsables politiques et journalistes tunisiens et français.


Lybie : Les guerriers invisibles de Kadhafi

2011-10-09

http://tinyurl.com/6ezw8nz

En Libye, la guerre n'en finit plus de finir. Quelle est la potion magique de Kadhafi ? Syrte et Béni Walid, les deux fiefs qui restent fidèles au colonel Kadhafi, continuent de tenir en dépit des assauts répétés des forces du Conseil National de Transition et des aéronefs de l’OTAN. Pourtant, jour après jour, on signale que les derniers vestiges des unités kadhafistes sont aux abois, que le port de Syrte est aux mains des rebelles — qui du reste n’ont plus rien de “rebelles” puisqu’ils représentent désormais le bras armé du pouvoir officiellement reconnu à Tripoli.


Lybie : L'Otan s'inquiète de la disparition de missiles libyens

2011-10-09

http://tinyurl.com/432tfsm

Lors d'une rencontre confidentielle avec des députés allemands à Bruxelles la semaine dernière, le président du comité militaire de l'Otan a confié que 10.000 missiles sol-air avaient disparu des centres de stockage de l'armée libyenne. Après la chute de Tripoli fin août, les entrepôts d'armes ont été ouverts par les rebelles, mais sans la moindre organisation, empêchant tout traçage du matériel qui s'y trouvait. La crainte principale de l'Otan est que ces missiles soient tombés entre les mains de groupes armés en Afrique ou dans les autres pays arabes. Le responsable de l'armement du Conseil national de transition (CNT), a reconnu avoir perdu la trace d'au moins 5.000 missiles sol-air sur les 20.000 munitions achetées par le Guide à la Bulgarie et à l'Union soviétique.


Lybie : Situation «désespérée» pour les civils

2011-10-09

http://tinyurl.com/3hkwcb8

Les habitants de Syrte sont dans une situation «désespérée» selon la Croix-Rouge qui tire la sonnette d'alarme après plus de deux semaines de siège imposé à la ville côtière, par les combattants du CNT. Un représentant du Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) qui a visité la ville de 70.000 habitants, a affirmé que des blessés et des malades ne pouvaient pas rejoindre l'hôpital à cause des combats et des bombardements de l'Otan. Les armes libyennes inquiètent aussi les pays occidentaux qui redoutent leur utilisation par des groupes armés. Près de 5000 missiles anti-aériens SAM-7 issus des arsenaux du «Guide» déchu seraient toujours manquants, selon le CNT.


RD Congo : Nouvelles violences meurtrières dans l'est

2011-10-09

http://tinyurl.com/6hpp58y

Des rebelles actifs dans l'est de la République démocratique du Congo ont tué dix personnes dans deux attaques distinctes contre des véhicules circulant dans la province du Sud-Kivu, rapportent les autorités locales. Les Forces nationales de libération (FNL) sont un groupe rebelle du Burundi basé en RDC. Cette organisation est jugée responsable de l'attaque commise en septembre contre un bar au Burundi, dans laquelle plus de 30 personnes ont été tuées. Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont aussi actives sur le territoire congolais, où elles sont soupçonnées d'atrocités, notamment de viols collectifs.


Somalie : L'action des ONG américaines entravée

2011-10-09

http://tinyurl.com/6coks5o

La Secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a appelé à plusieurs reprises la milice Al-Shabab à autoriser l'acheminement de l'aide alimentaire aux régions de la Somalie affectées par la famine et qui sont sous son contrôle. Si le groupe militant accepte cependant, les travailleurs humanitaires américains craignent de faire l'objet de poursuites s'ils participent à l'opération humanitaire, du fait des lois antiterroristes.


Somalie : La paix impossible ?

2011-10-09

http://tinyurl.com/6z3xtm9

En Somalie, l’expulsion des fondamentalistes d’al-Shabaab de Mo§gadiscio il y a deux mois avait laissé espérer une restauration de la paix par les autorités du gouvernement provisoire. Après le terrible attentat-suicide du 4 octobre, cet espoir n’était-il pas finalement une illusion ? On se trouve en effet devant un changement de stratégie des fondamentalistes, qui veulent se concentrer sur la guérilla, forme de combat plus indiquée pour leurs moyens. Mais les fondamentalistes ne sont pas les seuls ennemis de la Somalie : le mélange d’intérêts locaux et internationaux émerge comme le problème principal à gérer pour le pays.





Internet & technologie

Afrique : C’est Nokia et non Apple qui domine

2011-10-09

http://tinyurl.com/67vg23m

Si la technologie d'Apple a changé le monde, elle ne s’est pas vraiment implantée en Afrique. C’est le constat que fait « How we made it in Africa”, au lendemain de la mort de Steve Jobs, le père de la marque à la pomme. Selon ce rapport, « 87 des 100 premiers modèles utilisés sont des téléphones Nokia. Dans six des dix marchés observés, Nokia occupe les dix premières places du classement». Il s’agit des dix plus grands marchés d’Afrique. Les ventes devraient augmenter de 50% en 2011. Mais Apple n’a pas dit son dernier mot.


Afrique : Internet haut débit et développement en Afrique

2011-10-09

http://tinyurl.com/66g6g6v

L’Afrique représente moins de 5 % des utilisateurs Internet dans le monde. Le développement des câbles sous-marins financés internationalement sont un moyen de désenclaver l’Afrique. Pour continuer sur l’exemple de l’Afrique Centrale, en sus du câble sous-marin SAT3/SAFE/WASC, des projets de construction de nouveaux câbles sous-marins, vont permettre de mieux connecter certains Etats côtiers d’Afrique centrale, Est comme Ouest, au réseau mondial de l’Internet. Ainsi, le projet ACE (« Africa Coast to Europe »), d’une longueur de 12.000 km, relie le Gabon à la France et dessert 17 Etats de la côte Ouest africaine en capacités internationales, dont le Cameroun et le Nigeria.


Maroc : Le Royaume se connecte à grande vitesse

2011-10-09

http://tinyurl.com/5vccdzs

Les efforts du Maroc dans le domaine des Technologies de l'information et de la communication (TIC) ont bien payé. En effet, en deux ans seulement, le Royaume a gagné dix points dans le classement de l'Union internationale des télécommunications (UIT) relatif à l'évolution de la société de l'information dans le monde. La dernière édition de ce classement, qui vient d'être publiée, présente les niveaux d'évolution atteints par 152 pays entre 2008 et 2010. Le classement est établi en se basant sur deux critères de référence : l'Indice de développement des Technologies de l'information et de la communication (IDI) qui comprend trois sous-indices : l'accès, l'usage et les compétences, et le panier des prix TIC (IPB).


Sénégal : Facebook au cœur de la contestation sénégalaise

2011-10-09

http://tinyurl.com/65lxeds

L’apparition du magnétoscope, du minitel ou encore du câble ont été salués comme la culture à la portée de tous. Aujourd’hui, c’est la puissance des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou encore YouTube qui est mis à contribution. Décrié par certains, du fait qu'il donne une porte ouverte sur la vie privée de ses utilisateurs, Facebook s’est trouvé un nouveau rôle au Sénégal. Les groupes de jeunes qui animent la contestation politique totalisent plus de 70.000 membres sur les 4,4 millions de Sénégalais inscrits sur Facebook.





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