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Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Archives

Pambazuka News 209 : 24 ans après son assassinat, que reste-t-il de Sankara ?

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Arts & livres, 4. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. Justice Alimentaire, 11. Média & liberté d'expression, 12. Nouvelles de la diaspora, 13. Conflits & urgences, 14. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Il y a 24 ans était assassiné Sankara !
PLAIDOYERS ET CAMPAGNE : La société civile s’oppose au prêt-programme P4R de la Banque Mondiale
ARTS ET LIVRES : Afrique : Les meilleurs auteurs de la décennie sont des femmes
POUVOIRS EMMERGENTS : Taipeh cajole un de ces derniers amis africains
DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : Les libertés menacées par la nomination d’un nouveau juge
REFUGIES ET MIGRATION : Congo : Le Pam appelle au rapatriement des réfugiés de Dr Congo
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : La démocratie avance-t-elle en Afrique ?
DEVELOPPEMENT : Afrique : L’Afrique du sud championne du PIB
SANTE & VIH/SIDA : Afrique: Les dangers méconnus d’une contraception
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique de L’Est : Famine dévastatrice et sombres perspectives
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Nigéria : Six journalistes arrêtés pour avoir publié une lettre d’Obasanjo
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : La Cour suprême refuse de se prononcer sur l’affaire Mumia Abu-Jamal
CONFLITS ET URGENCE : Guinée: L’ambassadeur d’Ukraine appelle à élucider des cas de pirateries
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : La conquête spatiale africaine garde les pieds sur terre




Chroniques

Il y a 24 ans était assassiné Thomas Sankara !

Guy-Marius Sagna

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77202

Bientôt un quart de siècle que Thomas Sankara a disparu. Au Panthéon des dignes fils de l’Afrique assassinés par les anciens colons et leurs complices africains, il a rejoint les Lumumba, Um Nyobé, Félix Moumié, Osendé Afana, Ben Barka, Outel Bono, Pierre Mulele, etc. Mais aujourd’hui que l’Afrique a plus que jamais besoin de l’esprit et de l’action sankariste, Guy-Marius Sagna regrette que Sankara ne soit pas la référence qu’il aurait dû être.

Quel flambeau anti impérialiste a été éteint !
Quel cœur révolutionnaire dont les battements ont été arrêtés !

En Afrique, les peuples, de Tunis à Ouagadougou en passant par le Burkina et le Sénégal, luttent pour forcer les régimes en place à «dégager» ! Les peuples tentent de sortir une nouvelle fois de ce sommeil qui faisait dire au militant communiste sénégalais Lamine Arfang Senghor : « Les noirs ont dormi pendant trop longtemps. Mais, méfiez vous, Europe ! Ceux qui ont dormi pendant longtemps ne vont pas retourner dormir quand ils se réveilleront. Aujourd’hui, les noirs se réveillent ».

Ces peuples, comme au Sénégal, sont légitimement à la recherche d’un projet collectif de sortie du sous développement. C’est le ras-le-bol généralisé et ils disent : « y en a marre ! » Ces peuples qui ont vu leur chair marquée au fer rouge semi-colonial par 50 ans de trahison et de fausses promesses des élites ont enclenché, en cette année 2011, des processus de remise en cause et de rejet qui frappent de plein fouet les pouvoirs corrompus.

Ces peuples désespèrent de leurs dirigeants, de leurs élites et de leur classe politique. C’est pourquoi il importe de rappeler aux peuples que l’Afrique n’a pas su féconder que des Bokassa, Mobutu, Houphouët, Senghor, Habré, Bongo, Eyadema, Ahidjo, etc. Elle en a fécondé d’autres parmi lesquels Sankara, ce fils qui lui a été brutalement repris un 15 octobre de l’an 1987 il y a 24 ans aujourd’hui.

Il importe de savoir que si aujourd’hui les peuples souffrent le martyr depuis 50 ans avec les Traoré, Diouf, Biya, Wade, Compaoré, Déby,… c’est parce que les dignes fils de l’Afrique, dont Sankara est le dernier d’une longue liste, ont été assassinés par les anciens colons et leurs complices africains.

Um Nyobé assassiné en 1958, Félix Moumié assassiné en 1960, Osendé Afana assassiné puis décapité le 15 mars 1966, Mehdi Ben Barka, le Marocain, disparu à Paris le 29 octobre 1965, son corps ne sera jamais retrouvé, Outel Bono le tchadien assassiné le 26 août 1973 à Paris, Pierre Mulele assassiné le 2 octobre 1968. Ce dernier est certainement celui dont la mort a été la plus cruelle. Vivant, la dictature fasciste mobutiste lui a fait arracher les oreilles, couper le nez, tirer les yeux des orbites, couper les organes génitaux. Toujours vivant, on lui a amputé les bras, puis les jambes avant de jeter ses restes humains dans un sac et immergés dans le fleuve Congo.

Ces hommes ont tous été assassinés par l’Usafric et la Françafric dont un des agents, Bourgi, se livre aujourd’hui à des « confidences » publiques dictées par des stratagèmes électoralistes en France ! Cette françafric qui n’a pas fait que dans le transfert de fonds entre les différents membres de son réseau, mais a aussi tué en Afrique.

Qu’ont fait ces hommes, parmi lesquels Sankara, pour être tous assassinés avant et aux lendemains des indépendances par le hideux et monstrueux impérialisme ?

Sankara a démasqué et dénoncé l’impérialisme : « Nous encourageons l’aide qui nous aide à nous passer de l’aide. Mais en général la politique d’assistance et d’aide n’aboutit qu’à nous désorganiser, à nous asservir et à nous déresponsabiliser. La dette est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, (…) pour que chacun de nous devienne l’esclave financier. C’est tout un système qui sait exactement ce qu’il faut vous proposer. (…) Ce sont des placements heureux pour les investisseurs. La dette, c'est encore le Néo-colonialisme où les colonisateurs se sont transformés en assistants techniques ; en fait, nous devrions dire qu'ils se sont transformés en assassins techniques ; et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement.» Pour mettre fin à cette politique et reconquérir l’indépendance, Sankara a proposé de rompre avec l’assujettissement: «Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles qu’ [on a] essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de (…) développement en dehors de cette rupture. ».

Il a énoncé et commencé une autre façon de faire la politique, consistant à servir le peuple et non à se servir comme ces proconsuls africains parasites qui entravent nos possibilités de développement : « Des Tribunaux Populaires de la Révolution (TPR) sont institués pour juger publiquement les détournements de fonds publics: les procès sont publics et retransmis à la radio et télévision. Les coupables sont condamnés à rembourser l’argent volé. Il diminue le train de vie des dirigeants: Sankara et tous les ministres roulent en Renault 5. Les voitures de luxe du gouvernement sont vendues pour construire des écoles dans les villages. Les ministres et fonctionnaires en mission voyagent en classe économique et louent des chambres d’hôtels peu chères. Les ministres perçoivent leurs salaires de leur échelon d’origine ». Résultat : le budget du pays, déficitaire de 1 milliard en 1983, devient excédentaire de 2 milliards en 1985.

Ces 50 ans ont montré, à travers les cas de Sankara et des autres membres de notre panthéon, que l’impérialisme excuse bien plus facilement une attaque contre 38 des 39 articles d’une Constitution que contre un trente neuvième de ses intérêts en Afrique. « L’impérialisme rationnalisé » a cherché par tous les moyens à arrêter la « roue de l’histoire » jusque et y compris l’assassinat de leaders politiques. Impossible de comprendre la situation actuelle de nos pays et de nos classes politiques sans ce coup d’œil sur le rétroviseur de l’histoire.

Le processus normal de développement endogène a été arrêté à plusieurs reprises en Afrique par l’esclavage, la colonisation, la semi colonisation. Et l’assassinat des Sankara a été une manière de tuer dans l’œuf toute velléité de développement. Ironie des choses, ce sont les média mensonges à la solde des assassins qui nous imposent des grilles de lectures racistes sur une prétendue incapacité congénitale des noirs à se développer et sur la démocratie qui ne pourrait être appliquée en Afrique ! Summum de la tragédie, il y a des africains qui se disent élites qui s’en font l’écho !

Voilà pourquoi il importe que jeunes, femmes, classes populaires et laborieuses, panafricanistes et révolutionnaires connaissent le nom de Sankara et son œuvre. Au-delà de l’extraordinaire admiration que l’évocation de son nom produit notamment au niveau de la jeunesse, il y a ici un enjeu fondamental : Savoir pour comprendre ; Comprendre pour agir ; Agir pour changer ; Changer pour sortir du sous-développement.

Cet attachement de la jeunesse et des peuples à l’endroit de Sankara jure d’avec l’attitude de nos leaders et de l’actuelle classe politique. Quels sont les partis politiques qui entretiennent leurs membres de l’histoire de Sankara ? Quelles sont les organisations politiques qui commémorent Sankara dans leur programme de formation? Qui enseigne la vision et l'action de Sankara ? Qui ont la photo de Sankara dans sa permanence? N’est ce pas là un indice significatif parmi d'autres que la majeure partie de notre classe politique n'a pas Sankara pour référence ?

C'est quoi le contraire de Sankara ? C'est un politicien qui va vivre de l'argent du contribuable, qui va s'enrichir sur le dos du contribuable, qui trouve normal que parce qu'il dirige qu'il soit dans un luxe qu'il n'aurait pas eu en temps normal, qui sera un complice des grandes puissances capitalistes contre le peuple.

Le nouveau type de dirigeant dont nos peuples sont assoiffés sera à l’image de Sankara ou ne sera pas. Cependant face au pessimisme, au fatalisme et à la mésestimation de soi imposés par la domination de l’idéologie coloniale et néocoloniale qui pousse à penser que Sankara est unique et impossible à remplacer, nous disons que Sankara est le résultat nécessaire de l’impérialisme qui engendre forcément la résistance des peuples, laquelle produit forcément des Sankara.


Sankara est un anti corps produit par notre continent malade du cancer qu’est l’impérialisme : « (…) Tout homme, grand ou petit, (…) est le résumé et le produit de tout le peuple dans le sein duquel il vient à la vie », disait Salvador Madariaga.

Ainsi s’est écrit les 50 premières années de notre indépendance. La première année du second cinquantenaire est grosse de l’espoir d’une réécriture, par la jeunesse et les peuples de notre histoire.

En cette 24e commémoration de l’assassinat de Sankara, « revisiter ces évènements historiques à la lumière des évolutions régressives qui s’abattent sur le continent africain, sur les peuples noirs et de façon générale sur les peuples opprimés est aujourd’hui une impérieuse nécessité, non pour faire seulement œuvre « d’historiens », mais pour réarmer la jeune génération des africains qui s’interrogent sur le sort catastrophique des peuples africains et surtout sur les perspectives et alternatives pour que l’Afrique renoue avec le progrès social et l’indépendance nationale. C’est à une réflexion sur ce passé de lutte et sur l’avenir que vous êtes conviés ». (Fodé Roland Diagne, cité par Ferñent).


* Guy Marius Sagna est membre de Ferñent/ Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal


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France : Cinquantenaire d’un crime d’Etat

Emmanuel Terray

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77203

Depuis 50 ans la France couvre un crime d’Etat. Il a eu le 17 octobre 1961, quand la police parisienne s'attaque à des manifestants algériens et fait plus de 200 morts. Certains tués par balles, d'autres noyés dans la Seine. Du général De Gaulle à Sarkozy, ce massacre a été couvert comme une décision politique délibérée. Car jamais elle n’a été désapprouvée. Pour Emmanuel Terray, «il est temps que prenne fin ce silence complice».

Nous allons commémorer le cinquantième anniversaire d’un crime d’Etat : le massacre du 17 octobre 1961. Les plus âgés d’entre nous se rappellent les faits : le 5 octobre, Maurice Papon, Préfet de police, décrète un couvre feu visant tous les « Français musulmans » de la région parisienne. Pour protester contre cette mesure raciste, la Fédération de France du FLN organise le 17 octobre une manifestation pacifique à laquelle participe des dizaines de milliers d’Algériens, dont beaucoup viennent avec leur famille. Cette manifestation est l’objet d’une répression sauvage : des centaines de manifestants abattus par arme à feu, battus à mort ou noyés dans la Seine ; des milliers d’autres seront blessés et laissés sans soins ; les autorités annonceront au total onze mille arrestations.

Qu’il s’agisse d’un crime d’Etat, personne ne peut plus en douter. Le Préfet de police Papon a organisé le massacre de concert avec le ministre de l’Intérieur de l’époque, Roger Frey, et leur action n’a jamais été désapprouvée ni par le Premier ministre Michel Debré ni par le président de la République, le Général de Gaulle. Il ne s’agit donc pas d’une bavure ou d’un dérapage mais d’une décision politique délibérée et assumée par les plus hauts sommets de l’Etat.

Depuis 50 ans, non seulement ce crime d’Etat est resté impuni, mais il n’a même pas été reconnu par les pouvoirs publics qui se sont longuement efforcés de le dissimuler. Jugé pour ses activités sous l’Occupation, Maurice Papon n’a jamais eu à rendre compte de la partie « algérienne » de sa carrière criminelle, à Constantine et à Paris.

Il est temps que prenne fin ce silence complice. En 1996, Jacques Chirac s’est honoré en reconnaissant la part prise par l’Etat français à la déportation des Juifs durant l’occupation et chacun sait que cette reconnaissance n’a nullement porté atteinte à la réputation de notre pays, bien au contraire. Il en est de même pour le 17 octobre : la France se grandirait en reconnaissant sa responsabilité dans ce crime colonial et elle manifesterait ainsi sa volonté de rompre à jamais avec un passé dont les traces subsistent aujourd’hui encore dans les esprits et dans les pratiques.


* Emmanuel Terray (né en 1935) est un anthropologue français, ncien directeur du Centre d'études africaines (EHESS-CNRS)

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Rwanda : Une justice illégitime pour juger Hissène Habré

Samuel Hakizimana

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77205

Le dossier Habré s’enlisant au Sénégal, l’Union Africaine (UA) explorerait une nouvelle piste visant à confier son procès aux autorités rwandaises. Kigali aurait accepté l’offre. Mais pour les ressortissants de ce pays réfugiés au Sénégal, le Rwanda n’a pas les attributs d’un Etat de droit lui permettant de juger l’ancien dictateur tchadien.
L’Union des Ressortissants Rwandais au Sénégal (URRS) a appris avec étonnement que le gouvernement Rwandais se proposait de juger l’ancien président tchadien, Mr. Hussein Habré au Rwanda. Notre association est totalement opposée à cette initiative de l’Union Africaine pour cinq raisons fondamentales.

Le Rwanda n’est pas du tout un Etat de Droit et ne devrait donc pas servir de modèle pour une justice équitable. A titre de rappel :

1 - Le Rwanda a refusé de ratifier la convention créant la Cour Pénale Internationale (CPI).

Le 1er octobre 2010, la Commission des Nations Unies aux Droits de l’Homme a publié un rapport sous le nom de Mapping report, relatant et documentant les massacres et les exactions perpétrés sur les réfugiés rwandais et les civils congolais en RD Congo de 1993 à 2003 par les hauts responsables de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise). Ces massacres ont été qualifiés de « génocide » par les experts des Nations Unies.

Il a été par ailleurs prouvé dans ce rapport que les autorités rwandaises actuellement au pouvoir sont sérieusement impliquées dans ces massacres. Ces mêmes experts ont recommandé, dès lors, de poursuivre les enquêtes en vue de l’inculpation des coupables. En 2006, le magistrat français M.Bruguière avait recommandé des poursuites contre le président Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour sa « participation présumée » à l’attentat contre l’avion présidentiel le 6 avril 1994.

Faisant fi du principe de la séparation des pouvoirs, le Rwanda avait préféré rompre les relations diplomatiques avec la France. Et pourtant, Dr Théogene Rudasingwa, secrétaire général du FPR au 6 avril 1994, ancien ambassadeur aux Etats-Unis et ancien Directeur de cabinet du président Kagame, vient de désigner ce dernier comme celui qui a donné l’ordre d’abattre l’avion de Habyarimana, déclenchant ainsi le génocide.

A nos yeux donc, tant que la justice internationale n’a pas encore tranché, les autorités rwandaises ne sont pas bien indiquées pour juger l’ancien président tchadien Hussein Habré.

2 - Il est à signaler que l’actuel président de la République Rwandaise a déclaré publiquement que l’espace politique de son pays est saturé. En fait, il est verrouillé et l’on en a pour preuve, l’emprisonnement de Mme Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU-INKINGI) dont le seul tort est d’avoir voulu se présenter candidate aux élections présidentielles de 2010 contre Kagame. Elle est inculpée sous des lois non rétroactives, pour des prétendus crimes commis en dehors des limites territoriales des juridictions rwandaises.

3 - La liberté d’expression est inexistante au Rwanda et nous doutons de la transparence des autorités actuelles qui n’admettent aucune voie discordante (les journalistes en prison, en exil et tués pour leurs opinions).

4 - Le système judiciaire du Rwanda, que l’Union Africaine voudrait présenter comme modèle, est totalement dépendant du pouvoir exécutif et il est devenu inopérant. Il s’avère que le modèle des « Gacaca », ou Tribunaux populaires, que l’on avait salués au début de leur fonctionnement, sont devenus des tribunes de règlement de comptes à la solde du pouvoir (voir rapport Human Rights Watch sur le fonctionnement de ces tribunaux).

Ces tribunaux sont une arme redoutable utilisée par le système répressif pour se débarrasser des adversaires politiques indésirables dans l’arène en les accusant « d’idéologie génocidaire ». Les résolutions de la dernière session de la commission onusienne des droits de l’homme ont recommandé la révision de cette législation.

6 - Enfin, les organisations de défense des droits de l’homme sont interdites au Rwanda, seules sont opérationnelles sur le terrain celles qui se mettent à la solde du pouvoir en place parce qu’elles lui sont inféodées. Il serait malvenu pour l’Union Africaine (UA) de chercher à donner un certificat d’honorabilité à un pays avec un aussi triste Record en matière d’état de droit.


* Samuel Hakizimana est président de l’Union des Ressortissants Rwandais au Sénégal

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Cameroun : Mascarade et escroquerie électorales à grande échelle

Pierre Sidy

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77207

Paul Biya est reparti pour un troisième mandat. Un système électoral bien verrouillé lui offre une réélection sans coup férir. Ainsi l’autocrate camerounais s’est repris après le mouvement populaire qui l’avait déstabilisé en 2008, dont la répression avait causé quelque 140 morts. Pour Pierre Sidy, l’opposition politique a failli pour n’avoir «pas pris la direction politique de ces mouvements sociaux et n’a pas réussi à les structurer et à les ancrer dans les quartiers populaires».

Election présidentielle à un tour le 9 octobre 2011 au Cameroun. Sur 52 dossiers enregistrés à Elections Cameroon (ELECAM), la commission électorale nationale (un chiffre inédit par son ampleur depuis l’avènement du multipartisme au Cameroun en 1991), 23 candidatures ont été validées par la Cour suprême. Paul Biya, celui-là même dont l’élection en 1992 a procédé d’une véritable arnaque contre son principal adversaire (John Fru Ndi) et dont les réélections (dans des scrutins boycottés par l’opposition) en 1997 et en 2004 ont été plus que contestables, est candidat à sa propre succession.

À 78 ans, cet autocrate en place depuis 29 ans – et qui est donc le plus ancien du pré-carré néocolonialiste français – brigue un nouveau mandat après avoir obtenu en 2008, par un vote favorable d’une Assemblée nationale aux ordres, une modification de la Constitution pour lui permettre une rééligibilité sans limite lui assurant l’immunité à vie

AU SERVICE DE L’IMPERIALISME

Re-voici donc les Camerounais soumis à une nouvelle frasque de Biya transformant l’élection présidentielle en faire valoir de son régime aux abois qui ne permet pas qu'on remette en cause son autorité et réprime avec force toute velléité de contestation politique ou sociale, un pouvoir qui – pour consolider sa position – exacerbe les rivalités tribales et régionales pour apparaître comme le seul garant de la paix. La clef de ce forcing ? La défense des intérêts impérialistes (dont françafricains) au Cameroun et de ceux des clientèles locales ethniques et affairistes auxquelles il est lié. Entreprises étrangères comme camerounaises sont en grande attente d’une « amélioration du climat des affaires » : entendre « amélioration de leurs profits », « facilitation des pillages des ressources du pays et de l’exploitation des populations »…

Héritier de ceux qui ont lutté militairement avec les colonisateurs français dans la guerre, entre 1955 et 1970, contre le mouvement d’indépendance nationale incarné, à l’époque, par l’Union des populations du Cameroun, une guerre qui fera des milliers de morts et où l’armée française n’hésitera pas à utiliser le napalm, Biya est aussi là pour tout cela… Et la dose et la marche doivent être forcées dans un contexte où les organisations populaires et les forces progressistes voudront être à la hauteur des enjeux.

Rappelons juste que, du 23 au 29 février 2008, le Cameroun a été le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, à la fois « émeute de la faim » et soulèvement populaire à caractère politique : la conjonction de la provocation d’une hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires et de l’ignoble projet de modification constitutionnel pour prolonger son mandat au pouvoir. En grève contre la hausse du prix du carburant, la population a pris d’assaut les rues des principales villes des cinq provinces du Sud avec des revendications socio-économiques, civiques et politiques. Dans ce contexte, les forces de sécurité se sont livrées à une répression sanglante contre la population et ont commis de graves violations des droits de l’Homme, causant la mort de quelques 140 personnes, le Rapport de l’Observatoire national des droits de l’Homme évoquant des exécutions sommaires de civils. Des milliers de personnes ont été arrêtées arbitrairement pendant et après ce mouvement social et traduites en justice. Aucune commission d’enquête n’a été constituée afin d’établir la vérité sur cette répression violente et disproportionnée.

Rappelons que dans une période encore toute proche, le musèlement de la presse et les intimidations et persécutions contre les journalistes se sont multipliés. Des journalistes ont été arrêtés, inculpés de « faux et usages de faux » et écroués ; il y eut des décès de journalistes à la prison centrale Yaoundé, « après tortures et privation de soins » notaient plusieurs websites et journaux camerounais.

Jusqu’ici, l’opposition politique n’a pas pris la direction politique de ces mouvements sociaux et n’a pas réussi à les structurer et à les ancrer dans les quartiers populaires. L’enjeu est d’être capable d’offrir une alternative aux luttes populaires afin qu’elles ne soient pas dévoyées, par des fractions du clan Biya, vers des conflits ethniques. Ce défi peut être relevé, d’autant que dans les débats de l’opposition, des ailes de gauche se dessinent.

En tout cas, le contexte est aujourd’hui à une tension qui accélère la crise attisée par la modification constitutionnelle de 2008. Les conditions pouvant générer des contestations post¬électorales potentiellement explosives car, au-delà de l’impréparation, de l’inexpérience et de l’incapacité d’ELECAM à organiser des élections apaisée et crédibles, il y a au moins la réintroduction anticonstitutionnelle de l’administration dans le processus électoral et la violation flagrante, par le pouvoir en place, des lois et règlements qui régissent les élections et dont la plus récente est l’occupation illégale des panneaux publicitaires par le parti gouvernemental RDPC, etc.

INTIMIDATIONS ET FRAUDES MASSIVES

Les irrégularités et dysfonctionnements dans l’organisation de cette présidentielle tels que les doublons et les absences dans les listes électorales, les retards dans le calendrier (au regard de la loi, ELECAM aurait dû afficher les listes électorales et distribuer les cartes 25 jours avant la date de tenue du scrutin soit exactement depuis le 14 septembre, or elle n’a commencé l’affichage que le 23 septembre, soit 16 jours seulement avant le vote), etc., sont de nature à hypothéquer gravement le bon déroulement de l'élection et la sincérité du scrutin… Assez pour tronquer les résultats du vote et assurer odieusement une réélection de Paul Biya.

Dans l’ordre de l’abominable, l'administration sert obséquieusement la campagne de Biya (des accompagnements logistiques « au nom de la continuité du service public », a assuré sans rire le Premier ministre Philémon Yang) et, dans le même temps, un candidat a été interdit de campagne dans la localité de Mvomeka, village d'origine de Biya, sous prétexte que ce dernier y séjournait à ce moment-là et des militants d'opposition en campagne pour leur candidat ont été violemment interpelés par les gendarmes.

« Paul Biya must go », « No Paul Biya »« Carton rouge à Paul Biya » « Touche pas à ma constitution ! », furent quelques messages lancés par les manifestants dans les différentes villes affectées par la grève de février 2008. La célèbre chanson du parti au pouvoir « Paul Biya toujours chaud gars » s’est transformée en « Paul Biya, maintenant va t’en ». Il est temps effectivement de leur faire partir pour de bon…

Le régime de Paul Biya (la « Popolie », comme on la caricature) et Biya lui-même doivent être tenus pour responsables de la situation chaotique vers laquelle le pays s’achemine de plus en plus. L’opposition et la société civile estiment que Biya a verrouillé le système électoral pour s’assurer une réélection sans difficultés. Biya espère, ni vu ni connu !, se faire réélire dans l’indifférence de la société internationale via la mascarade électorale qu’il a concoctée cette fois-ci après avoir réussi à exclure du jeu ses concurrents potentiels dans son camp grâce à l’Opération anti¬corruption Épervier… En France, il nous incombe de faire notre part de travail dans la solidarité avec le peuple camerounais et de dénoncer inconditionnellement le soutien du gouvernement français, depuis des décennies et jusqu’à maintenant, à Biya.


* Pierre Sidy est rédacteur d’Afrique en lutte - Bulletin d'information du groupe de travail « Afriques » du Nouveau parti anticapitaliste – Texte paru dans le numéro 14

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Libéria : L'octroi du Nobel de la paix 2011 vise-t-il à changer le résultat d’une présidentielle ?

Jean-Paul Pougala

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77200

Il y a longtemps que le Prix Nobel de la paix est dénoncé comme un instrument de manipulation et de subordination. Une prime à la fidélité pour ceux qui s’attachent aux «valeurs» de la «Communauté internationale» et contribuent à construire un ordre de domination, d’asservissement et d’exploitation des peuples. Dès lors, pour Jean-Paul Pougala, attribuer le Nobel de la paix à Mme Ellen Johnson Sirleaf, à quatre jours de la présidentielle libérienne, relève d’une opération préméditée, à des fins évidentes.
C'était connu que les Occidentaux, (récemment re-baptisés en "Communauté Internationale") aiment installer au pouvoir en Afrique les hommes et femmes des plus médiocres. Mais qu'ils soient prêts à tout faire pour les maintenir au pouvoir jusqu'à leur octroyer un Prix Nobel, relève d'une originalité des plus macabres que mêmes le cerveau tordu des plus cyniques ne pouvait imaginer comme simple hypothèse. C'est pourtant arrivé. C'est ce que la soit disant "communauté Internationale" va inventer pour améliorer les performances de leur candidate dans les élections présidentielles au Libéria, lui offrant un Prix Nobel de la Paix à 4 jours seulement du scrutin. En Occident, le ridicule ne tue plus.

L'histoire commence en juin 2009, lorsque la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) publie son rapport dans lequel elle met en cause la présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf pour crime de guerre et crime contre l'humanité pour son financement destiné aux multiples massacres de la guerre civile qui ont fait 250.000 morts entre 1998 et 2003 et intime son "éloignement de toute responsabilité officielle pendant 30 ans". En théorie, à la fin de son mandat, pour réconcilier les Libériens entre eux, elle aurait dû prendre sa retraite et se retirer de la politique. Donc, elle n'aurait donc pas dû être candidate au élections présidentielles du 11 Octobre 2011. Mais c'était oublier que lorsqu'on a servi certains intérêts situés en Occident, il y a le retour de l'ascenseur au moment des difficultés.

Mme Ellen Johnson Sirleaf est la chouchou de Washington et de tout l'Occident. Le long marathon médiatique de propagande pour réhabiliter son image, qui s'est terminée avec le prix Nobel de la Paix, va démarrer avec un déjeuner de travail qu’Obama improvise à New York en septembre 2009 avec quelques chef d'Etat de l'Afrique Subsaharienne. En réalité, c'est une occasion pour que Mme Johnson se présente en experte aux autres chef d'Etat présents puisque c'est elle qui mène la discussion sur la création d’emplois. Après cette rencontre, Obama lui envoie un courrier le 28 octobre 2009, rendu public sur le site de la Maison blanche, dans lequel il affirme : "J’apprécie l’attention que vous avez accordé à l’éducation et la formation basée sur les compétences, en particulier dans les situations post-conflit ». Quel génie ! On a envie de se demander pourquoi n'a-t-elle pas appliqué ces recettes à son propre pays le Libéria ? Qu'importe. Elle sera de nouveau reçue par Obama le 27 mai 2010, cette fois-ci à la Maison blanche où elle est présentée comme l'exemple pour tous les présidents africains avec une décoration dont les Libériens ont du mal à comprendre encore aujourd'hui ce qu’elle récompensait.

Jusqu'au Prix Nobel de la paix du vendredi le 7 octobre 2011, à quatre jours seulement des élections, alors qu'elle accuse dans les sondages un retard de 10 à 20 points de ses principaux adversaires, à cause de sa gestion calamiteuse du pays qui a permis, en 6 ans, à l'ancienne étudiante de la prestigieuse université américaine de Harvard, fonctionnaire de la Banque mondiale et de Citygroup de battre un record mondial du plus important nombre de chômeurs durant un mandat présidentiel : 80% de la population active. Même le Zimbabwe de Mugabe, sous embargo de l'UE, n'a pas atteint les performances de Mme Johnson, qui ajoute à son piteux palmarès le taux de violence sexuelle sur les femmes le plus élevé d'Afrique, dépassant de loin la République Démocratique du Congo qui est pourtant la seule qui intéresse la secrétaire d'Etat Américain Hillary Clinton lorsqu'elle dénonce les viols en Afrique. `

C'est pour la battre qu'a été formé le ticket entre Tubman (fils de l'ex-président Tubman), arrivé 4ème en 2005, et l'ancien footballeur Georges Weah, arrivé second lors élections de 2005 et très populaire chez les jeunes plus touchés par le chômage à 94%. Mme Ellen Johnson Sirleaf n'avait donc aucune chance de l'emporter. Qu'importe, l'Occident adore les dirigeants africains lorsqu'ils sont serviles. Et c'est pour lui donner ce coup de main inespéré qu'on va lui décerner un Prix Nobel des plus contestables quatre jours seulement avant l’élection.

Le Libéria est la preuve même de l'échec de la politique américaine en Afrique. Si les USA pouvaient aider un pays africain à se développer, ce pays serait le Libéria, car c'est leur création (en 1816 pour accueillir les anciens esclaves libérés), c'est leur seule colonie en Afrique. C'est leur seul bébé, leur seul bijou sur le continent africain. C'est la vitrine même des USA en Afrique. Le Libéria, où les descendants d'anciens esclaves revenus des Etats-Unis d'Amérique ne représentent que 5% de la population, sont les seuls, depuis l'indépendance du pays en 1847, à détenir le pouvoir politique. C'est une sorte d'apartheid entre Noirs (divisés entre Américains et Africains), une division bien entretenue par Washington qui a toujours fait et défait tous les gouvernements de cette minorité américaine dans un pays en Afrique.

Comme tous les présidents qui l'ont précédée, Ellen Johnson Sirleaf provient de la minorité dite des "civilisés", parce qu'originaire des USA. Elle a étudié aux USA, elle y a travaillé. Aujourd'hui, la présidente du Libéria tant adulée est celle-là même qui reconnait avoir financé et porté au pouvoir en 1997 Charles Taylor dont elle a été la collaboratrice intime. A Oslo étaient-ils au courant de ce rapport ? Ou bien, comme en Côte d'Ivoire, les décisions des instances mises sur pied pour gouverner et gérer les conflits ne comptent-elles pas ? N'empêche, la mère patrie américaine a su lui redonner sa sainteté et, alors que Taylor, qui doit répondre de onze chefs d'inculpation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité et est aujourd'hui sous les verrous à La Haye, aux Pays-Bas, Mme Johnson, bien soutenue par Washington, peut tranquillement concourir pour un deuxième mandat à la présidence de la République, et même devenir un prix Nobel de la Paix, démontrant par là l'exemple emblématique de la contradiction et de l'incohérence de la politique occidentale en Afrique.

Ceci me fait dire qu'en Afrique il n'existe pas de dictateur. Il y a d’un côté les saints, parce qu'amis de l'Occident ; peu importe leur bilan, peu importe leur popularité, peu importe leur rejet par la population. De l’autre, il y a les mauvais qui tentent de ne pas se mettre au pas ; ceux-là sont priés de jouer le jeu de la démocratie en cédant leur place.

Ce n'est pas la première fois qu'un Prix Nobel est purement et simplement utilisé comme instrument de politique étrangère de l'Occident. Prenons l'exemples du dernier avant celui examiné plus haut, le Prix Nobel 2010, le Chinois Liu Xiaobo.


EN CHINE, UN PRIX NOBEL POUR TENTER DE DESTABILISER LE PAYS

Pourquoi le dissident Chinois Liu XiaoBo a-t-il gagné le prix Nobel de la Paix 2010 ? En quoi s'est-il particulièrement distingué des autres nombreux dissidents chinois ? Pour sa fâcheuse tendance à insulter son pays et célébrer l'asservissement de la Chine à l'Occident. Voici ce qu'il déclare dans une interview en 1988, alors qu'il travaille comme critique littéraire à la Columbia University à New York: «S'il a fallu 100 ans de colonisation à Hong Kong pour être ce qu'elle est, alors il faut 300 ans de colonisation à la Chine pour devenir comme Hong Kong mais je ne suis pas sûr que 300 ans suffiraient » pour développer le pays. Comme si cela ne suffisait pas, il ajoute : «La modernisation est synonyme d'occidentalisation totale ». Et encore, notre cher génie de conclure : «Choisir de vivre signifie choisir le mode de vie occidental. La différence entre le mode de gouvernement occidental et le mode de gouvernement chinois, c'est la même que celle entre l'humain et le non humain, il n'y a pas de compromis. L'occidentalisation est le choix non pas de la nation mais de la race humaine ».

En d'autre termes, selon Liu, les pays qui ne choisissent pas le mode de gouvernement occidental sont des races animales. Ce que Liu ignore alors, c'est qu'il n'existe pas de mode de gouvernement occidental, chaque pays ayant un système différent de son voisin. Pire, personne n'avait jamais expliqué à Liu les contre-performances des Chicago Boys au Chili, dans les années 1970. Encore moins les guerres civiles répétitives que ce modèle avait instauré en normalité au Libéria depuis sa création en 1847, à cause d'un pouvoir entre les mains de 20.000 Noirs Américains avec des noms britanniques, face à la population locale avec des noms africains.

En 2004, Liu apporte son soutien à l'agression américaine contre l'Irak avec ces mots : « La guerre contre Saddam Hussein est juste, la décision du président Bush est la bonne (...) un Iraq libre, démocratique et paisible va naître ». En mars 2008, il soutient la position du Dalai-Lama sur le Tibet. A savoir que la Chine devrait faire ce que lui demande l'Occident : se désengager du Tibet. Parce que pour Liu, le monde devrait être sous la conduite des Etats-Unis d'Amérique et la Chine son élève. Il trouve pour cela justifiable toutes les guerres que les Américains peuvent déclencher sur la planète, même contre la Chine, pour asseoir sa domination. Il affirme : " Toutes les guerres importantes menées par le gouvernement américain sont défendables sur le plan éthique »

Voilà en clair pourquoi cet illustre Chinois a été sélectionné parmi ses 1,3 milliards de ses concitoyens comme le tout premier prix Nobel de la Paix de l'Empire du Milieu.

La malchance c'est que le pays qui distribue ces bons et mauvais points a aussi besoin de la Chine pour vivre. Quelque part, à Oslo, ils ont dû imaginer, en attribuant ce prix à Liu, qu'ils avaient à faire à un pays africain où les dirigeants finissent toujours par se mettre à genou devant l'Occident et leur donner raison parce qu'ils sont des pays autoproclamés riches, autoproclamés développés, autoproclamés démocratiques et autoproclamés généreux. Erreur ! Ils avaient à faire à la Chine qui a tout simplement coupé toute relation au haut niveau. Le jour de la remise de ce prix en décembre 2010, par exemple, la Chine importait 1.000 tonnes par mois de saumon norvégien. Deux mois plus tard, en février 2011, on est passé à 75 tonnes. Comme par hasard, les contrôles vétérinaires de la douane chinoise à l'entrée du poisson norvégien en Chine ont subitement découvert que ce poisson n'était pas adapté à la consommation des Chinois. Et depuis un an, la Norvège s'est retrouvée toute seule à gérer son conflit avec le colosse chinois.

La solidarité de toute l'Occident, qui avait suivi la proclamation du Prix Nobel, s'est faite plus discrète, personne ne voulant risquer de voir retomber sur lui la foudre chinoise. Pire, des pays comme le Royaume Uni ont plutôt cherché à tirer profit du faux-pas norvégien pour exporter vers la Chine plus de saumon écossais. La même Norvège, pour contrer l'offensive britannique, a tenté de faire transiter son poisson vers d'autres pays, sans succès. Lorsque ce pays scandinave, abandonné à son triste sort par toute l'Europe, a écourté sa participation aux bombardements de l'Otan contre la Libye, elle a clairement expliqué qu'elle était à court d'argent du fait des manques à gagner de ses échanges avec la Chine qui, paradoxalement, a vu ses exportations vers la Norvège augmenter de 43% pendant la même période. Les petits Norvégiens ne voulaient pas renoncer au dernier smartphone ou à la dernière tablette, bien évidemment made-in-China.

QUELLES LECONS POUR L'AFRIQUE ?

La démocratie est un leurre que certains pays utilisent pour s'octroyer un instrument de pouvoir sur les autres, mettant ainsi le costume de donneurs de leçons. Mais dans les faits, aucun pays n'est démocratique. Rousseau disait : "les Anglais croient qu'ils sont libres parce qu'ils élisent des représentants tous les cinq ans, mais ils ne sont libres qu'un jour tous les cinq ans : le jour de l'élection". La vérité c'est que le résultat qui sort des urnes est d'abord fonction du système électoral adopté par le petit groupe des politiciens aux affaires du moment, système méticuleusement élaboré avec le seul objectif non pas de faire parler le peuple, mais de se pérenniser au pouvoir. En voici quelques exemples :

- Aux USA, le parti Républicain créée le 28 février 1854 a gagné les premières élections de 1856. Avec un système électoral qui lui est favorable, il a remporté 23 des 39 élections présidentielles aux Etats-Unis d'Amérique, dont 7 sur 11 durant les derniers 40 ans. Or, sur le papier, les Démocrates sont plus nombreux que les Républicains. Selon le recensement de 2004, 72 millions d'Américains se sont enregistrés comme Démocrates et 55 millions comme Républicains et 42 millions comme ni à droite ni à gauche, appelés "Indépendants". Voilà la preuve même qu'un système électoral peut donner des résultats différents de la volonté populaire. Cherchez l'erreur. Il reste que dans le système électoral les politiciens peuvent tripoter pour faire dire au peuple ce qu'ils veulent. Pour l'élection présidentielle de 2000, par exemple, le candidat démocrate Al Gore avait en effet obtenu 550 000 voix de plus que son adversaire républicain George Bush, mais l'histoire retiendra que c'est ce dernier qui a été choisi par le peuple américain.

- En France, sous la 5ème République, depuis la prise du pouvoir par le Général De Gaulle, le 8 janvier 1959, comme président de la République, à nos jours, hormis la parenthèse de François Mitterrand, tous les cinq présidents français ont été de droite. Idem pour le Sénat qui est de droite depuis sa création en 1958. En septembre 2011, pour la première fois de son histoire, il y a une majorité de gauche. Le plus grave ici est que 53% de ses membres proviennent des communes de moins de 1.500 habitants qui ne sont que 33% de la population française. Encore une fois, la loi électorale en vigueur fait que seulement 33% s'approprie la décision de choix du peuple français.

- En Italie, le système électoral proportionnel à un tour, élaboré à la sortie de la deuxième guerre mondiale, privera de pouvoir, pendant 46 ans, les résistants contre le fascisme qu’est le Parti communiste, parce que pendant la guerre froide, pour Washington, le plus puissant Parti communiste de l'Occident, avec 40% de l'électorat, ne devait pas accéder au pouvoir. Encore une fois, le peuple n'a jamais eu son mot à dire. Même lorsqu'il a voté en masse, son vote a été orienté vers le résultat déjà voulu.

En conclusion, si la "communauté Internationale" croyait dans la démocratie qu'elle professe et cherche à exporter, elle serait la première à l'appliquer à la majorité de la population autochtone dite africaine du Libéria. Mais c'est juste une manœuvre de diversion, une propagande pour asseoir la domination économique sur les autres peuples du monde. Il s'agit de mettre les administrations publiques de la planète au service d'une poignée de multinationales très actives à financer les élections américaines et se garantir la mise au pas de toute l'administration américaine, pour assurer le profit de leurs entreprises sur la planète entière. Dans tout cela, nulle part le peuple n'a son mot à dire.

C'est raté, parce que la Chine qui avance en sachant que les règles de ce jeu sont truquées d'avance, a décidé d'inventer son propre jeu, sa propre danse que l'Occident a un mal fou à suivre. Il serait temps qu'il change vite de logiciel pour l'adapter au nouveau monde avec les nouvelles règles de jeu dictées par la Chine. Le plus difficile à admettre pour Washington dans la question libérienne c'est que le seul élément positif des 6 ans de Mme Johnson à la tête du Libéria est d'avoir réussi l'exploit d'un afflux de capitaux étrangers. Malheureusement ces investissements, évalués à environ 20 milliards de dollars, sont pour 75% chinois et pour 25% partagés entre l'Inde et le Brésil. Peut-on prétendre commander l'Afrique et le monde sans en avoir les moyens ?


* Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.



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Durban +10 : Les ennemis de la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance n’ont pas désarmé.

Mireille Fanon-Mendès-France

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77206

Durban+10 est passé dans une quasi indifférence de la part des médias internationaux. Pas étonnant quand on sait que les Etats qui régulent le monde et avaient voulu vider de tout son contenu, il y a dix, la Conférence contre le racisme, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance associée, continuent de s’enfoncer dans la même logique. Derrière leurs masques de vertu, le racisme, la xénophobie et l’intolérance continuent de les nourrir. «Certains, note Mireille Fanon-Mendès-France, n’hésitent pas à faire revenir à la surface la théorie de la suprématie de la ‘race’ blanche qui seule pourrait sauver l’humanité». Et des interventions comme celle menée par l’Otan en Libye ne se justifient pas autrement.

Dans la semaine du 20 au 24 septembre, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies, se sont tenus deux événements lourds de conséquences pour le monde entier. Le premier concerne le 10e anniversaire de la conférence de Durban sur le racisme, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance associée dont aucun média parlé. Le second, le monde entier l’a écouté, concerne la demande de la Palestine à être reconnu comme de l’État. Mais a-t-il entendu ?

Dans quel monde vivons-nous 10 ans après Durban en 2001 ? Il ne faut pas oublier que, juste deux jours après la fin de la conférence de Durban, le 11 septembre 2001 a plongé le monde face à une violence qui n’a d’égale que celle que porte en lui le système capitaliste. 
Le réveil fut brutal. Dix ans après, le fait le plus marquant reste la crise systémique qui ne cesse de montrer la faillite du système capitaliste libéral que les Etats se forcent à ne pas admettre. Ces Etats, ainsi que les institutions multilatérales internationales, ne sont pas dupes et savent parfaitement que pour assurer leur survie en l’état, ils doivent user du double langage et du double jeu.

D’un côté, maniant les bons sentiments et les trémolos dans la voix –à tel point que les peuples seraient presque enclins à les croire et à les suivre -, ils dénoncent le racisme, la xénophobie, la discrimination et l’intolérance associée. Pour y répondre « avec plus de détermination, d’humanité et d’efficacité », ils organisent des conférences internationales car ils ont bien « noté que malgré les efforts de la communauté internationale, les principaux objectifs des trois dernières décennies de lutte contre le racisme n’ont toujours pas été atteints ».

D’un autre côté, ces mêmes Etats, tentant de toutes leurs forces de passer pour des parangons de vertu, participent activement à la résurgence d’un racisme qui jusqu’alors avançait masqué, à la réapparition de la xénophobie en votant des lois excluant une partie de leur population sur des bases sociales et religieuses - se trouve ainsi particulièrement visée l’Islam avec un nombre invraisemblable d’erreurs, de méconnaissance et de mensonges sur cette religion - ou de leur origine, au prétexte du droit à la souveraineté compris dans toute son étroitesse et à lutter contre l’invasion des migrants. De plus, ils sont les premiers à faire le lit de l’intolérance en ne supportant pas l’altérité et en accusant l’Autre de tous les maux et de tous leurs errements politiques.

Pourtant, la non-discrimination, avec son corollaire qu’est l’égalité, devrait avoir une place particulière dans les dispositifs des droits humains. De plus, en tant que norme relevant du « jus cogens », elle ne peut, de ce fait, souffrir aucune dérogation. Cela engage les Etats à la respecter, la protéger et lui donner effet dans des mesures législatives, administratives ou juridiques.

Signalons que ce sont ces mêmes Etats qui ont décidé de boycotter le processus de la conférence de Durban+10 (Allemagne, Australie, Autriche, Bulgarie, Canada, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Israël, Italie, Nouvelle Zélande, Pays Bas, République tchèque). Certains n’hésitent pas à faire revenir à la surface la théorie de la suprématie de la ‘race’ blanche qui seule pourrait sauver l’humanité car elle a ‘fourni’ au monde un cadre de pensée ‘jamais égalé’.

C’est au nom de cette pensée hégémonique que la Libye a été envahie par les forces de l’OTAN, dans une totale illégalité sur le plan du droit international, que Khadafi est pourchassé par ces mêmes forces comme un bandit alors que les valeurs de la démocratie demanderait qu’il soit jugé selon les règles d’un procès juste et équitable ; ce qui ne s’est fait ni pour Saddam Hussein ni pour Ben Laden.

L’OTAN, qui a démontré ce que valent les résolutions de l’ONU, inaugure le nouveau rôle de « chevalier blanc » de la guerre mondiale pour l’or noir. Le message est d’une limpidité impitoyable : les amitiés de l’Occident ne durent que le temps de leurs intérêts. Le Guide de la Jamahiriya, habitué à ce que ses clients endurent ses foucades, doit en méditer l’amère leçon. 
Le pétrole qui a construit son régime inepte est précisément ce qui a précipité sa chute.

L’histoire montrera si la guerre humanitaire pour les hydrocarbures peut déboucher sur un régime viable et efficace pour le malheureux peuple libyen. Et si les dépenses assumées par les Occidentaux dans leur guerre contre Kadhafi seront compensées par les nouveaux dirigeants qui sont effectivement débiteurs. 
L’évolution de la situation en Libye montre que l’autocratie est devenue, derrière un discours révolutionnaire creux, une menace grave pour la souveraineté du pays et pour son unité. Même s’il ne faut pas taire les visées occidentales, il ne faut pas non plus occulter la responsabilité de ceux qui ont dirigé et dirigent encore la Libye. Sans le système Kadhafi, dont le caractère brutal et humiliant pour les Libyens n’a rien d’une propagande, il n’y aurait pas eu de prétexte à une intrusion militaire occidentale. 
Ce cas doit être lu comme une riposte du centre – qui réagit pour canaliser le mouvement et lui enlever toute dimension révolutionnaire - contre le printemps arabe et non un soutien, même si les Français et les Anglais ont justifié leur intervention sous le prétexte de la « responsabilité de protéger » adoptée contre les principes de la Charte de l’ONU –cette résolution déconstruit la norme fondamentale qu’est le droit à l’autodétermination.

On est dans la problématique fanonienne, des ébauches de mouvements issus de la société qui bousculent un ordre politique néocolonial.... et le centre qui réagit pour canaliser le mouvement afin de lui enlever toute dimension révolutionnaire. 
Les soulèvements populaires dans le monde arabe, appelés d’une manière générique « révolutions arabes » ou « printemps arabe », ont surpris l’Occident convaincu que la soumission des masses et leur soi-disant fatalisme était la garantie de la pérennité des régimes policiers. Cette surprise et cette incompréhension se sont clairement exprimées lors des différentes interventions des officiels occidentaux. L’exemple le plus éloquent étant celui de l’ancienne ministre des Affaires étrangères française, Mme Alliot-Marie, qui proposait au gouvernement tunisien l’envoi de gendarmes pour l’aider à maintenir l’ordre. 
Les insurrections populaires ont fait tomber des régimes qui, derrière des chefs différents, ont profondément affaibli la résistance populaire face aux visées expansionnistes et hégémoniques de l’impérialisme. L’évolution de ces pouvoirs antipopulaires, corrompus et brutaux a été parfaitement pressentie et décrite par Fanon dans les « Damnés de la terre [1] ».

Les composantes les plus réactionnaires des nouvelles bourgeoisies, en s’emparant du pouvoir, se sont employées à vider les indépendances de leur contenu politique, à orienter et à écraser toutes les revendications de droit, de justice et de développement. 
Dans le même temps, le droit à l’autodétermination –principe fondateur de la Charte des Nations Unies - est refusé à la Palestine qui le revendique, depuis 63 ans. La Cour internationale de Justice a précisé [2] à propos du Kosovo que sa déclaration unilatérale d’indépendance ne violait pas le droit international, ce qui devrait conforter la position des peuples revendiquant le droit à disposer d’eux-mêmes. 
Refuser à la Palestine son droit à l’autodétermination revient, ni plus ni moins, à faire preuve de discrimination à l’égard du peuple palestinien. Aucun argument de refus ne peut se justifier devant cette demande présentée, comme par hasard, le lendemain de l’anniversaire de Durban + 10. 


Rappelons juste que c’est en partie sur la Palestine que certains, en 2001, ont justifié leur départ et ne cessent depuis de réclamer et d’oeuvrer pour l’abandon définitif du processus de Durban. L’autre point étant la question des réparations suite à l’esclavage et à la traite négrière. 
La Charte des Nations Unies comporte en elle le principe d’égalité et de non-discrimination entre les peuples, conforté par l’article 1 des deux Pactes internationaux [3] portant, l’un, sur les droits civils et politiques, l’autre, sur les droits économiques, sociaux et culturels, auxquels devraient être ajoutés les droits environnementaux. 


Les Etats sont dans l’obligation [4] de respecter les principes de la Charte des Nations Unies car ils établissent la loi internationale. En utilisant le droit de veto –dans ce cas précis où la Palestine subit de la puissance occupante « l’usage de la force » et la « menace de l’usage de la force » alors que cela est interdit dans les relations internationales au regard de l’article 2§4 de la Charte -, les Etats violent leurs obligations à l’égard des principes de la Charte et de la Palestine qui revendique son droit à l’autodétermination. 


Devant cette incurie du Conseil de Sécurité qui ne répond pas à son obligation de garantir à l’ensemble des peuples la paix et la sécurité internationales, l’Assemblée générale de l’ONU se doit de pallier cet état de fait et d’admettre la Palestine en tant qu’Etat au regard de la Résolution 377, plus communément appelée « United for Peace ». 
Le fera-t-elle ? Reprendra-t-elle à son compte les éléments de la Déclaration et le Programme d’action de Durban 2001 qui réaffirme « le principe d’égalité de droits et de l’autodétermination des peuples… » ?

Le rapport de forces ne semble, pour l’heure, pas s’inscrire dans une indépendance de pensée ; il faut aussi déplorer que des peuples, qui ont subi la colonisation et ses nombreux méfaits, aient la mémoire si courte sur la lutte qu’ils ont menée pour gagner leur droit à l’autodétermination en refusant de reconnaître ce droit à la Palestine. La colonisation a pris des formes plus subtiles mais elle est toujours là. 
Une question se pose : les Palestiniens devaient-ils faire appel à l’ONU ? Rappelons juste ce que Fanon disait à propos de l’assassinat de Lumumba qui avait sollicité l’intervention de l’ONU : « L’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur ». 


Mais en l’état des rapports de force, les Palestiniens ont-ils d’autre choix face aux Occidentaux qui, entretenant la fable d’Israël « seule démocratie au Proche-Orient », craignent comme la peste une démocratisation des pays arabes et connaissent parfaitement, entre autres, le sentiment de l’écrasante majorité des Egyptiens à l’égard de l’état d’Israël et de la politique américaine dans la région ? 


Une démocratisation contraindrait les responsables de ce pays à tenir compte de ce sentiment majoritaire et à cesser de complaire aux Américains et à l’Etat d’Israël. On en a eu un exemple peu glorieux après les élections palestiniennes. On peut imaginer leurs réactions si un grand pays comme l’Egypte basculait dans la démocratie et bousculait de ce fait l’ordre oppressif que l’empire impose dans la région. 
Deux événements dont on aurait pu attendre des changements. Il n’en sera rien. Le vieux monde se meurt avec une lenteur impitoyable pour les peuples opprimés. 
Si les sociétés arabes ne parviennent pas à imposer elles-mêmes un vrai changement de systèmes, le rapport de domination entretenu par le centre sera reproduit avec quelques aménagements… Et quand elle le pourra, ce sera l’Otan qui décidera du futur de ces pays.

Devant l’ampleur des enjeux stratégiques, il reste à ceux qui détiennent encore les commandes dans nos pays de comprendre que la menace est pressante. Et que seules les nations formées de citoyens libres peuvent se défendre, d’abord en ôtant toute substance à la propagande d’un Otan « libérateur », ensuite par le droit et l’effectivité des libertés.

La marche des peuples arabes vers la modernité politique est un mouvement naturel de l’histoire dont la portée reste encore à évaluer. Mais émancipation, Etat de droit et libertés, pour essentiels qu’ils soient, ne constituent pas le seul agenda des peuples qui se dressent contre la tyrannie. Ce que nul ne conteste dans le continuum arabe est que ce mouvement est également porté par une revendication puissante de justice pour un peuple spolié par le dernier Etat colonial de la planète. Le printemps arabe n’a de sens que parce qu’il intègre le grand hiver palestinien. Le reste n’est que – mauvaise - littérature.


* Mireille Fanon Mendès-France est présidente de la Fondation Frantz Fanon,

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NOTE
[1] Les Damnés de la terre, chapitre 3, Frantz Fanon, Ed. François Maspéro. Paris. 1961
[2] avis du 22 juillet 2010, rôle général n° 141
[3] 1966
[4] Article 24.2, Charte des Nations Unies


Indignés pour le droit au logement !

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/features/77201

Un mouvement d’indignation commence à balayer le monde pour dénoncer les recettes néolibérales et secouer les bases d’un système dont Wall Street reste l’épicentre. Mais il ne s’agit pas seulement d’un combat contre la haute finance. Les convergences qui se dessinent à travers les continents portent le besoin de justice sociale en divers domaines. Comme l'Alliance Internationale des Habitants qui pose l’urgence d'un nouveau Pacte Social Urbain.

La convergence de plusieurs initiatives globales par ce chaud mois d'octobre n’est pas un hasard : entre autres, la Semaine globale d’action contre la dette et les Institutions financières internationales, le Cri des Exclus et, justement, l'étape du 15 octobre, Tous ensemble pour un changement mondial. Ce n'est pas par hasard, non plus, qu’en même temps et dans tous les continents, pour la première fois, les organisations et les réseaux d'habitants sont mobilisés à l'unisson pour les Journées mondiales pour le droit à l'habitat.

Toutes et tous mobilisés pour refuser une dette odieuse qui n'est pas à nous et pour exiger des Etats, à sa place, le payement de la dette sociale dont nous sommes les créanciers légitimes.

Après le printemps arabe, la révolution d'Islande et les résistances des peuples de Grèce et d'Espagne, désormais les indignés font école partout, y compris au cœur de l'empire USA : les luttes s’attaquent aux recettes néolibérales proposées par les responsables de la crise globale et revendiquent des alternatives systémiques, fondées sur la responsabilité des hommes et des femmes de construire et de gouverner une planète durable de droits humains, de fraternité et solidarité, et non pas un énorme marché auto-anéantissant.

UNE CRISE EXPLOSEE SUR LA BULLE DU SECTEUR IMMOBILIER REDUIT A MARCHANDISE

Les habitants, notamment, sont au cœur de cette crise, qui a explosé quand la bulle immobilière est devenue insoutenable, victimes d'un système politique et financier vautour qui, de façon mensongère, propose la recette « tous propriétaires » pour répondre au retrait de l'Etat des politiques du logement et d'urbanisme. Un système-vautour qui offre des recettes fondées sur la destruction des logements vacants, recensés par dizaines de millions, afin d’imposer des prix élevés, ainsi que sur l’accaparement des terres communautaires et publiques, au lieu de politiques de redistribution sociale qui pourraient aisément permettre d’héberger le milliard de personnes sans abri et mal logées au niveau global.

A la base de ces recettes, un Pacte Social Urbain, largement fondé sur l'immobilier et le foncier réduits à des marchandises, dont certains effets ont été certes contestés, mais jusqu'ici largement acceptés. Mais, accepter encore ces recettes envenimées signifie accepter des plans d’ajustement structuraux, assortis de conditions qui démantèlent les conquêtes sociales, violant les obligations légales assumées par les États qui ont ratifié la Charte des Nations Unies, dans laquelle on trouve, notamment aux articles 55 et 56 : «Les membres s’engagent, à agir pour […] le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et des conditions de progrès et de développement dans l'ordre économique et social […], le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ».

En outre, compte tenu que plus de la moitié de la planète est urbanisée, et qu'environ 70 millions de personnes sont menacées d'expulsion à cause des politiques du capitalisme alimentées par les chocs (bulldozers et déportations pour raisons de guerres, de politiques d’urbanisme, de construction d’infrastructures, de réponses aux catastrophes naturelles et des changements climatiques), ces recettes vont accroître de 700 millions le nombre de précaires du logement d'ici 2020.

FAIRE FACE A LA CRISE SYSTEMIQUE, CHACUN AVEC SES PROPRES COMPETENCES MAIS SOLIDAIRES

Les habitants sont en train de jouer un rôle essentiel, en résistant aux expulsions, occupant des terres et recyclant des logements vacants, pour relancer l'utilisation sociale des territoires, expérimenter et proposer des politiques publiques, mais avec la conscience croissante et responsable qu'il s'agit des fondements d'un nouveau Pacte Social Urbain, basé sur la priorité donnée aux droits humains et de l'environnement.

Les luttes globales en cours n'ont donc pas comme seul objectif de faire face à des recettes politiques néolibérales qui dessinent le plus grand saccage jamais conçu, fondé sur le déni de la démocratie, insoutenable pour l'humanité et la planète. Cette fois ci l'horizon des luttes est plus ambitieux, défiant les racines de la crise systémique du capitalisme. Les habitants sont en train de jouer un rôle essentiel, en résistant aux expulsions, occupant des terres et recyclant des logements vacants, pour relancer l'utilisation sociale des territoires, expérimenter et proposer des politiques publiques, mais avec la conscience croissante et responsable qu'il s'agit des fondements d'un nouveau Pacte Social Urbain, basé sur la priorité donnée aux droits humains et de l'environnement.

Il s'agit en effet de faire face à cette crise systémique, chacun avec ses propres compétences mais de manière solidaire, car les « créanciers » continuent à proposer leur prêts aux « endettés » avec pour seuls objectifs son remboursement par l'obligation de céder à prix soldé la souveraineté sur les biens communs (terres, immeubles, secteurs stratégiques) et de transférer les richesses des nations et des pouvoirs géopolitiques dans quelques mains.

LES RESSOURCES ? TAXER LES RICHESSES, COUPER LE BUDGET MILITAIRE, ANNULER LA DETTE, PARTOUT

Les ressources ? Il s’agit de couper les dépenses militaires et faire payer les taxes sur les transactions financières et immobilières spéculatives.

Pour la première fois, la demande d’annulation de la dette devient une revendication commune à tout le Sud global dévoilé par la crise, car les pays réellement appauvris sont désormais partout, non seulement en Afrique, en Amérique Latine et en Asie, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. Oui, l’annulation de la dette, odieuse car contractée sous le joug des plans d’austérité imposés notamment par le FMI, la BM, la BCE, la BAD, contre l'intérêt des citoyens et dont les créanciers avaient connaissance, devient de plus en plus une étape considérée comme stratégique pour libérer les ressources nécessaires pour payer la dette sociale contractée par les états signataires du PIDESC.

LES CONVERGENCES DES HABITANTS INDIGNES, FORCE DE CHANGEMENT SYSTEMIQUE

Difficile de croire que les 99% de la planète proposent d'ores et déjà la révolution nécessaire pour renverser cette pente, mais il devient de plus en plus évident pour les personnes mobilisées et leurs alliés potentiels qu'il faut commencer quelque part. L'Assemblée Mondiale des Habitants (AMH), qui s’est tenue lors du FSM de Dakar, a contribué grandement à faire murir cette conscience. La Via Urbana et Communautaire, issue de l'AMH, constitue la réponse en cours de construction et d’enracinement dans les territoires, pour transformer l'indignation des habitants en force de changement systémique.

Parce que les organisations et les réseaux d'habitants ressentent de plus en plus l'importance stratégique des convergences, d’un espace commun et solidaire d'échange d'expériences, d’élaboration de stratégies, de mise en œuvre d'outils, de luttes et de la solidarité globale pour faire face à ce défi global.

Bien sûr, alliés avec tous les indignés, sans frontières.


* l'Alliance Internationale des Habitants est composée d'associations et mouvements sociaux d'habitants, communauté, locataires, propriétaires de son habitation, sans abri, de bidonvilles…

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Plaidoyers & campagnes

La société civile s’oppose au Prêt-Programme P4R de la BM

Mohamed Coulibaly

2011-10-17

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/77204

En novembre, le conseil de la Banque mondiale siègera sur une nouvelle forme de financement, le « Financement-programme pour les résultats (Prêt P4R) ». Cette initiative pourrait anéantir des décennies de travail pour établir des normes de protection environnementale et sociale et les mécanismes de responsabilité à la Banque. Des organisations de la société civile africaine invitent le Conseil d'administration de la BM à rejeter le projet P4R et à prendre un engagement fort à respecter les sauvegardes solides pour toutes les formes de financement que la Banque accorde.

Nous, les organisations soussignées, représentant la société civile des pays XX, écrivons pour exprimer nos préoccupations à propos du Projet de Politique Opérationnelle 9.00 de la Banque Mondiale sur le nouvel instrument de financement « Prêt-Programme pour les résultats (Prêt P4R) ».

Le Prêt P4R est un nouveau mode de financement qui pourrait anéantir des décennies d’efforts dans l’établissement de normes environnementales et sociales solides, et de mécanismes de responsabilité au sein de la Banque Mondiale. Sous la noble catégorie des prêts accordant plus de flexibilités financières aux gouvernements dans le domaine de la santé, l’éducation et d’autres programmes sociaux, le financement P4R permettra, en réalité, à la Banque de financer plus de projets et d’activités qui sont potentiellement nuisibles et qui spécifiquement seront exclus du champ d’application des politiques de sauvegardes, y comprises celles portant sur les peuples indigènes, la réinstallation involontaire, la sécurité des habitats naturels et des barrages, ainsi que d’autres politiques non moins importantes, comme celles relatives à la supervision et le suivi des projets.

Le projet de politique 9.00 reconnait que les prêts P4R pourraient être utilisés pour financer des activités avec des impacts négatifs importants sur l’environnement et sur les communautés, et même certaines avec des impacts irréversibles, tout en excluant l’application des politiques de sauvegardes. En conséquence, un prêt P4R pourrait, par exemple, être accordé à un gouvernement pour un programme forestier qui aboutit à l’accaparement des terres, et à des violations des droits des indigènes.

Avec le financement P4R, la politique de la Banque mondiale sur les peuples indigènes ne serait pas applicable à ce prêt, ni les règles normales de divulgation de l’information. En outre, bien que le document de politique indique que le mécanisme de responsabilité de la Banque pourrait être utilisé pour les prêts P4R, sans normes claires au niveau du projet, il est impossible de tenir les emprunteurs responsables du respect de ces garanties.

Enfin, nous notons avec inquiétude que le projet de Politique P4R est le développement le plus récent dans une tendance alarmante à la Banque Mondiale, dans laquelle l'institution a créé de nombreuses formes de financement auxquelles les normes de sauvegarde et de responsabilité sont très difficiles à appliquer, si elles ne sont pas complètement exclues. De facto, Le résultat est qu’aujourd'hui, les normes environnementales et sociales que la Banque a conçues avec soin pendant plus de vingt ans s’appliquent à une proportion de plus en plus réduite de prêts accordés par la Banque. La politique P4R va exacerber ce problème en encourageant les clients à rechercher les prêts P4R comme un moyen d'échapper au respect des normes de sauvegarde environnementale et sociale et de la responsabilité.

Avec ses exemptions hâtives, le P4R proposé représente probablement le développement le plus radical de cette tendance inquiétante vers la dilution des sauvegardes sociale et environnementale. Pour cette raison, nous exhortons le Conseil de la Banque à rejeter P4R, et à prendre un engagement fort pour l'application des sauvegardes solides à tous les types de financement du Groupe de la Banque Mondiale.


Pour plus d'informations sur P4R voir: www.p4rcomments.org

Pour endosser cette lettre, veuillez remplir le formulaire sur
https://docs.google.com/spreadsheet/embeddedform?formkey=dGdPMXhxS0JCUWV5MjgtR0E3WG5QMVE6MQ


* Mohamed Coulibaly - Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives en Développement/ Afrique (IRPAD/ Afrique)

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Arts & livres

Afrique : Les meilleurs auteurs de la décennie sont des femmes

2011-10-16

http://tinyurl.com/6kbrcbw

Le dramaturge camerounais Eric Essono Tsimi dresse un classement des meilleurs talents, selon lui, de la littérature africaine de ce début de XXIe siècle. Au sens du présent classement, les écrivains africains sont ceux qui se réclament du continent, soit par leur thématique soit par leurs déclarations. La production littéraire africaine «intra muros» reste outrageusement débile (au sens premier de «faible») et imbécile (au sens étymologique de «sans force»). L’écrivain africain n’est-il qu’un écrivain du désarroi et de la confrontation, qui peine à séduire son monde quand il ne se complait pas dans la complainte et ne parle pas de négritude, d’anthropophagie, de violence, de traumatismes, d’exotisme et de folklore? Dans ce contexte, l’écriture a été investie par les femmes, ce n’est pas un hasard si elles sont d’une si écrasante majorité dans notre classement.


Afrique du Sud : Des artisans étaient là il y a 100 000 ans

2011-10-16

http://tinyurl.com/63q9vko

Des kits d'artisans datant de 100 000 ans ont été découverts dans la caverne de Blombos, en Afrique du Sud. Deux contenants rappelant la boîte à outils moderne et un ensemble pour produire de la poudre fine riche en ocre, conservée dans deux coquillages, ont été mis au jour dans la cavité située à 300 km à l'est du Cap. En outre, ces découvertes montrent que ces hommes avaient la capacité conceptuelle pour trouver, combiner et entreposer des substances. Cette découverte est l'objet d'un article publié dans le magazine Science.





Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique

Burkina : Taipeh cajole un de ses derniers amis africains

2011-10-16

http://tinyurl.com/6fcj65o

Le Burkina Faso et Taïwan ont signé un accord portant sur la suppression réciproque des frais de visas entre leur deux pays, dans le but de renforcer leurs relations bilatérales. Les deux pays ont tenu en juin 2010, leur huitième commission mixte et au sortir de cette rencontre où ils ont exprimé leur « satisfaction » des planifications portant sur la période 2010-12 ont été faites dans les « secteurs de l’éducation, de la politique, de la santé, de la défense, de l’environnement, de l’agriculture, de la formation professionnelle, de l’information et de la communication, du transfert de technologie ».





Droits humains

Afrique du Sud : Les libertés menacées par la nomination d’un nouveau juge

2011-10-16

http://tinyurl.com/6bgrkkj

Des inquiétudes pèsent sur l’avenir des libertés publiques en Afrique du Sud avec la nomination d’un juge critiqué pour son homophobie et son conservatisme, à la tête de la Cour constitutionnelle. Avant son audition par ses pairs, l’ensemble de la presse et l’opinion publique nationale ont tous dénoncé le fait que, selon eux, le juge Mogoeng Mogoeng représentait une menace sérieuse sur la démocratie et les libertés acquises avec la Constitution post-apartheid de 1996.


Côte d’Ivoire : Le procureur de la CPI promet une enquête « impartiale »

2011-10-17

http://tinyurl.com/3w6z45j

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a promis le 15 octobre à Abidjan une enquête "impartiale" sur les crimes commis durant la crise post-électorale ivoirienne, qui devrait viser entre trois et six responsables. Luis Moreno-Ocampo, était arrivé en Côte d’Ivoire pour une visite de 24 heures, six mois après une crise qui a fait quelque 3.000 morts. Ses enquêteurs, déjà déployés sur le territoire, "se concentreront sur les crimes les plus odieux et les personnes qui ont les plus grandes responsabilités", a-t-il expliqué, les autres crimes devant être traités par la justice ivoirienne, une collaboration selon lui inédite.


Gambie : 50 ans de prison pour trafic de cocaïne

2011-10-16

http://tinyurl.com/65ujkzl

En Gambie, 8 étrangers ont été condamnés, ce mercredi 12 octobre, à 50 ans de prison et à une amende de plus d'un million d'euros pour trafic de cocaïne. Parmi ces condamnés figurent des Vénézueliens, des Néerlandais, un Nigérian et un Mexicain. Tous ont été arrêtés en mai 2010. Des arrestations qui avaient permis d'effectuer quelques jours plus tard une saisie record en Afrique de l'Ouest : plus de 2 tonnes de cocaïne pour une valeur marchande de plus d'un milliard de dollars. La région est devenue ces dernières années une plaque tournante dans le trafic de cocaïne en provenance d'Amérique du Sud et à destination de l'Europe.


Lybie : Les prisonniers torturés de la «nouvelle Libye»

2011-10-16

http://tinyurl.com/6xs36yb

L'image de la «nouvelle Libye» est ternie par les vieilles méthodes d'arrestations arbitraires qu'utiliseraient le Conseil national de transition (CNT). C'est le constat du nouveau rapport d’Amnesty International sur la Libye publié le 13 octobre, qui dénonce les mauvais traitements et même la torture que subissent de milliers d’hommes incarcérés ces derniers mois par les forces anti-Kadhafi. Selon AI, entre un tiers et la moitié des 2.500 personnes détenues par la milice d’opposition à Kadhafi sont des Africains subsahariens suspectés d’être des mercenaires. Mais aucun d’entre eux ne portait d’uniforme ou n’avait d’armes sur lui au moment de son arrestation.


Madagascar : Une coutume discriminatoire contre les jumeaux

2011-10-16

http://tinyurl.com/64usbeq

A Mananjary où élever des jumeaux est interdit, la tradition mène la vie dure. Des enfants jumeaux continuent d’être abandonnés, au grand dam des organisations de défense des droits de l’Homme et des droits de l’Enfant. Des bébés déposés au pied d’un arbre ou laissés au bord de la route dans un carton ou un panier. Des pratiques dont seraient encore victimes des jumeaux nés à Mananjary chez les Antambahoaka, où il est interdit d’élever des jumeaux. Ces derniers, semble-t-il, attireraient malheur et malédiction sur ceux qui les élèvent. Quant à l’État malgache, depuis l’interpellation lancée par le Comité des droits humains, des mesures législatives ont été adoptées.


Maroc : L'avortement bientôt légalisé dans certains cas

2011-10-17

http://tinyurl.com/3awynnr

Une légalisation de l'avortement au Maroc dans des "cas extrêmes", notamment le viol et l'inceste, n'est plus tabou et fait partie de réformes prévues par le gouvernement, a déclaré le 14 octobre la ministre du Développement social et de la Famille. C'est la première fois qu'un membre du gouvernement marocain dit être favorable au recours à l'avortement légal "dans des cas extrêmes". "Il y aurait plusieurs centaines d'avortements illégaux par jour au Maroc.


Maroc : Vers l’abolition du travail des enfants ?

2011-10-17

http://tinyurl.com/3eenp62

Le gouvernement marocain a voté mercredi un projet de loi qui devrait interdire le travail des mineurs. Employer des enfants reste monnaie courante dans le royaume chérifien même si le fléau a fortement diminué ces dernières années. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le nombre d’enfants au travail âgés de 7 à moins de 15 ans s’élevait à 147 000 en 2010 contre 517 000 en 1999 ! Et il y aurait entre 60 000 et 80 000 enfants employés en tant que domestiques.


Rd Congo : Marche pacifique des femmes pour dénoncer la violence

2011-10-16

http://tinyurl.com/6gldetk

Depuis plusieurs semaines, Kinshasa vit au rythme des manifestations d’opposition qui tournent en affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Le 12 octobre 2011, ce sont les femmes de l’opposition qui se sont lancées dans la rue. Elles n’étaient pas très nombreuses, mais ont donné l’exemple. Elles sont parvenues jusqu’au bureau du ministre de l’Intérieur sans accrochage, ni bousculade. Elles accusent le pouvoir de mobiliser des voyous contre l’opposition. Toutes coiffées d’un bandeau blanc, elles ont traversé le centre de la capitale jusque devant le bureau du ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu.


Soudan : Omar el-Béchir traqué par la CPI

2011-10-16

http://tinyurl.com/6laleon

La chef de la diplomatie de l’Union européennea demandé, le 14 octobre, aux autorités du Malawi, d’interpeller le président soudanais, Omar el-Béchir, en visite dans le pays à l’occasion de la tenue du sommet du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa). Le chef d’Etat soudanais est en proie depuis 2009 à un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, est le premier chef d’Etat en exercice inculpé par la CPI ;


Tchad : L'Etat réclame 6,3 millions d'euros dans l'affaire Arche de Zoé

2011-10-16

http://tinyurl.com/62qdthq

Une association a réclamé le 13 octobre, au nom de l'Etat tchadien, 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts à Philippe van Winkelberg, médecin de l'association L'Arche de Zoé, devant un tribunal parisien, qui rendra sa décision le 27 octobre. Six membres de L'Arche de Zoé avaient été condamnés à N'Djamena à payer "solidairement" aux familles de 103 enfants, présentés comme des orphelins du Darfour et qu'ils avaient tenté d'exfiltrer vers la France fin 2007.





Réfugiés & migration forcée

Congo : Le PAM appelle au rapatriement des réfugiés de la Rd Congo

2011-10-16

http://tinyurl.com/63e5arm

Le représentant du PAM au Congo a appelé au rapatriement d'urgence des ressortissants de la RD Congo (RDC) réfugiés au nord de la République du Congo, dans le département de la Likouala. Le PAM a annoncé la fin de son aide, après une distribution de vivres pour environ 1.400 personnes dans la localité de Bokona, près de la ville d'Impfondo, précisant que «le dernier stock de vivres, d'environ 900 tonnes, est limité et prendra fin au cours de ce mois d'octobre». Selon le HCR, environ 80% des 115.000 réfugiés enregistrés avaient adhéré au rapatriement volontaire, au cas où les conditions sécuritaires étaient réunies.


Côte d’Ivoire : L’urgence humanitaire met en péril les retours et la réconciliation

2011-10-16

http://tinyurl.com/6krs7zd

Dans un rapport conjoint publié le11 octobre, les organisations humanitaires internationales, Oxfam, Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et Care, avertissent qu’une crise humanitaire aux proportions significatives perdure six mois après la résolution de la crise politique en Côte d’Ivoire, mettant en péril les retours des exilés et la réconciliation nationale. Parmi les personnes interrogées, l’alimentation est la priorité majeure, avec 77% des personnes retournées et 83% des personnes déplacées. L’abri est un autre défi entravant des retours durables car la moitié des personnes déplacées ont exprimé leur intention de ne pas retourner dans leur lieu d’origine, citant la destruction de leur maison comme raison principale.





Elections & gouvernance

Afrique: La démocratie avance-t-elle en Afrique ?

2011-10-16

http://tinyurl.com/6cehpcy

Les afro-pessimistes voient dans la crise ivoirienne une preuve supplémentaire de l’incapacité de l’Afrique à accepter la démocratie. Cependant, la multiplication d’élections libres dans plusieurs pays du continent laisse croire que les peuples en ont déjà pris le chemin. Citons le cas du Bénin, jadis baptisé « enfant malade de l’Afrique », en raison de coups d’Etat à répétition. En deux décennies, ce pays d’Afrique de l’Ouest en est à sa quatrième élection présidentielle dont les caractères justes et démocratiques ont été reconnus par tous. C’est seulement au prix de luttes et de sacrifices que les peuples ont acquis le droit de choisir ceux qu’ils souhaitent voir présider à leurs destinées.


Algérie : L'âge du feu avec des immolations en série

2011-10-16

http://tinyurl.com/63oo7xn

S'immoler par le feu devient une issue pour certains Algériens. Mais cela ne semble guère inquiéter les autorités. Expulsée de son logement à Oran, une femme s’est immolée par le feu et en est morte. Si les premiers immolés en début d’année ont surpris tout le monde, on ne les compte plus aujourd’hui tellement l’acte, d’un terrible désespoir, est devenu une banalité terrible.


Libéria : Ellen Johnson Sirleaf mérite-t-elle son Nobel ?

2011-10-16

http://tinyurl.com/5vec84d

Le prix Nobel de la paix attribué à Ellen Johnson Sirleaf le 7 octobre dernier, à quatre jours de la présidentielle, a été contesté au Liberia. Plusieurs centaines de jeunes ont investi la rue pour exprimer leur indignation. Si certains jugent que le choix est «amplement justifié», d’autres qualifient de «provocateur» l’attribution de ce prix à la présidente sortante à seulement quatre jours du scrutin dans ce pays traumatisé par huit années de guerre civile. L’opposition crie au scandale. Le parti de Wilson Tubman et Georges Weah, principale formation de l’opposition libérienne, contestent l’attribution de ce prix.


Burkina Faso : N’oublions pas Thomas Sankara

2011-10-16

http://tinyurl.com/5rso9py

Le 15 octobre 1987 Thomas Sankara, charismatique président du Burkina-Faso, est assassiné. Infatigable pourfendeur de l’impérialisme, orateur hors pair, il est pendant ses années de présidence un exemple du renouveau africain. Il reste, 24 ans après sa mort, un modèle pour tous ceux qui aspirent à une Afrique indépendante et son combat est toujours aussi actuel. Aujourd’hui, alors que des Indignés campent devant Wall-Street, que la Tunisie va prochainement connaître ses premières élections libres, que le Mali et le Niger ont connu des élections réussies et une alternance politique, que le Mouvement Y’en a Marre secoue le Sénégal, l’on retrouve l’esprit de Thomas Sankara dans cette jeunesse qui est en train de changer le monde.


Cameroun : Plusieurs candidats exigent l'annulation de la présidentielle

2011-10-16

http://tinyurl.com/6fbkygz

Les candidats à l'élection présidentielle avaient jusqu’à au 12 octobre pour déposer un recours. La Cour suprême du Cameroun étudiera toutes les requêtes avant de prononcer les résultats définitifs du scrutin d’ici une dizaine de jours. Le 9 octobre, l’opposition avait crié à la «cacophonie», pointant de nombreuses irrégularités. Dix partis ont ainsi relevé des fraudes le jour du scrutin. Le parti de Paul Biya demande quant à lui l’annulation partielle du scrutin dans le département de la Mezam, dans le nord-ouest, et fait état d’intimidations, de corruption d’électeurs, ainsi que de menaces à l’endroit des ses scrutateurs.


Guinée : 51 personnes arrêtées pour l’attaque contre Condé

2011-10-17

http://tinyurl.com/3vmscqt

Cinquante et une personnes ont été arrêtées après l'attaque du domicile du président guinéen Alpha Condé le 19 juillet à Conakry, a annoncé le15 octobre le procureur de République près la cour d'appel de la capitale guinéenne, William Fernandez. Le président Condé a accusé plusieurs personnalités, dont un dirigeant de l'opposition, Amadou Bah Oury, d'avoir organisé l'attaque contre son domicile avec la complicité du Sénégal et de la Gambie, ce que ces pays ont catégoriquement démenti. Plusieurs militaires proches du chef de la transition guinéenne de 2010, le général Sékouba Konaté, font partie des personnes arrêtées.


Liberia : Ellen Johnson au coeur de la polémique

2011-10-17

http://www.afrik.com/article23915.html

Ellen Johnson Sirleaf est bien partie pour un deuxième mandat. D’après les résultats provisoires de l’élection présidentielle, la présidente sortante du Liberia âgée de 72 ans arrive en tête avec 44,5% des bulletins de vote déjà dépouillés, devant Winston Tubman (CDC) avec 26,5%, a annoncé la Commission électorale nationale, lors d’une conférence de presse tenue le 13 octobre. Mais cette avance confortable de la présidente sortante fait polémique. Ces contestations ne viennent pas uniquement de l’opposition. Une partie du peuple reproche également à l’ex-présidente d’avoir manqué à ses devoirs.


Libéria : La présidente Johnson Sirleaf en avance

2011-10-16

http://tinyurl.com/65jajsx

La présidente sortante et prix Nobel de la paix 2011, Ellen Johnson Sirleaf, était en avance sur son rival Winston Tubman, le 13 octobre, après le dépouillement d'une première partie des bulletins de vote de l'élection présidentielle libérienne. Un second tour sera toutefois nécessaire pour déterminer le gagnant de l'élection. Avec seulement 195 178 bulletins dépouillés, Mme Johnson-Sirleaf recueille 44,5 % des suffrages (86 874 votes) comparativement à 26,5 % pour M. Tubman (51 771 votes) et 13,5 % pour l'ancien chef de guerre Prince Johnson (26 394 votes).


Libye : Faut-il avoir peur du CNT?

2011-10-16

http://tinyurl.com/67cn37t

«Le Conseil national de transition (CNT) veut une Libye laïque» affirmait, sûr de lui, Bernard-Henry Lévy le 24 mars 2011 au journal Le Monde. Six mois plus tard, le président du CNT Mustafa Abdel Jalil est venu doucher cette assertion en annonçant que l'islam serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye, comme au Qatar ou en Arabie Saoudite. Cette nouvelle a surpris peu d'observateurs mais pose forcément une question: quel visage aura la Libye post-Kadhafi et faut-il avoir peur du CNT?


Sénégal : Le combat des chefs de l’opposition pour la présidentielle

2011-10-16

http://tinyurl.com/62r3ua9

Les Sénégalais connaîtront officiellement le nom du candidat de la principale coalition d’opposition à la fin du mois d’octobre. D’ores et déjà, un face à face entre Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse se profile. Lors d’un séminaire organisé en septembre la coalition d’opposition a décidé de créer un groupe de facilitation chargé de « recueillir les intentions des uns et des autres en vue d’un consensus sur l’équipe et le candidat ».





Développement

Afrique : L’Afrique du Sud championne du Pib

2011-10-16

http://tinyurl.com/6jbtyyk

Dans le Classement des pays africains par Pib durant ces 10 dernières années, l’Afrique du sud occupe la 1ère place suivie par l’Égypte, l’Algérie, le Maroc, la Libye, l’Angola, le Soudan, la Tunisie, l’Éthiopie et le Cameroun. Comme en 2000, Sao Tomé reste la plus petite économie africaine, suivie de la Guinée Bissau et des Comores. L’envolée spectaculaire de l’Éthiopie (10ème) s’explique par le repositionnement sur l’agriculture et la construction de grands barrages sur le Nil. Dans la zone Afrique de l’Ouest, le Bénin réalise une remarquable progression (171%), sans doute grâce à un climat politique apaisé. Notons que parmi les 53 pays africains, il existe un État sans données statistiques officielles, la Somalie.


Afrique : Le continent a-t-il les bons partenaires pour le Nepad?

2011-10-16

http://tinyurl.com/6zjyxsf

Crée en 2001, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) fête son dixième anniversaire. Les différents acteurs de la création de ce projet (responsables africains et Nations unies) ont lancé une série de célébrations. En 10 ans, le NEPAD est devenu un élément essentiel dans le développement du continent africain. Il est issu de la fusion du Plan Oméga et du Plan MAP (Millenium African Plan). Le Plan Oméga a été lancé à l’initiative d’Abdoulaye Wade, président du Sénégal, en janvier 2001, lors du sommet France–Afrique de Yaoundé. Le MAP a été proposé par Abdelaziz Bouteflika, Olusegun Obasanjo, et Thabo Mbeki, respectivement présidents de l’Algérie, du Nigeria, et de l’Afrique du Sud. Ces derniers souhaitaient que l’Afrique soit plus impliquée dans les actions mondiales.


Afrique : Le printemps arabe pourrait s'étendre sur le continent

2011-10-16

http://tinyurl.com/62fs7tx

L'Afrique pourrait connaître «davantage de place Tahrir» si les droits de l'Homme restent à la traîne du progrès économique, a mis en garde l'homme d'affaires Mo Ibrahim lors de la remise à Londres du prix éponyme à l'ex-président du Cap-Vert Pedro Pires. Certes, 38 pays ont amélioré leur score dans le domaine du développement économique et aucun n'a reculé de manière significative. Mais 39 pays ont reculé en matière de droits de l'Homme et 36 «en matière de sécurité et souveraineté du droit». En 5 ans, les progrès les plus remarquables ont été réalisés par le Libéria et la Sierra Leone. Les 5 pays les mieux notés sont Maurice, le Cap-Vert, le Botswana, les Seychelles et l'Afrique du Sud.


Afrique : Les producteurs de coton dans le doute

2011-10-16

http://tinyurl.com/6yvq2z3

Si les prix de la dernière campagne cotonnière en Afrique ont redonné de l'espoir à une filière sinistrée, les perspectives sont encore trop incertaines pour crier victoire. Si elle a repris des couleurs face à des niveaux de prix record sur la campagne 2010-2011, l'incertitude demeure pour la prochaine campagne. Les niveaux de production devraient cependant augmenter de 5% sur le continent, et les surfaces passer de 1,3 million d'hectares à 1,7 million. La part du coton africain sur le marché mondial devrait de fait augmenter, passant de 4 à 5%.


Afrique : Mise en garde contre la réduction de l'aide

2011-10-16

http://tinyurl.com/66yb9h5

La Banque mondiale a averti les pays industrialisés contre les coupures envisagées de l'aide au développement, à un moment de craintes accrues d'une éventuelle récession mondiale. S'exprimant lors du premier sommet africain pour les investissements organisé par la bourse de Londres (London Stock Exchange, LSE) et plusieurs sociétés, le fonctionnaire de la Banque mondiale a déclaré que la réduction de l'aide serait une grave erreur 'non pas parce que l'Afrique a désespérément besoin de l'aide, mais parce que l'économie mondiale attend désespérément de voir une Afrique très performante'.


L'Afrique : Trajectoires vers l’avenir

2011-10-16

http://tinyurl.com/6kjt5jl

Le XXIè siecle sera-t-il africain ? Axelle kabou qui a publié, cette année, un essai intitulé Comment l’Afrique en est arrivée la, chez L’harmattan, tente de clarifier cette question en s’appuyant sur son expérience internationale en prospective. Elle analyse les représentations dominantes des trajectoires de l’Afrique au cours de ce siècle en les situant dans un contexte global. Elle montre qu'à la résurgence du thème de la renaissance africaine répond celle de la régénérescence du monde. Derrière ces paravents, l’Afrique, adossée à ses partenaires étrangers, effectue, par certains aspects inquiétants, un retour au XIXè siècle. Faute d’exister, ce continent n’a, pour l'instant que des avenirs, pas de futurs. Il se peut que l’Afrique, qui abrite actuellement l’essentiel des PMA de la planète, se constitue en puissance mondiale au cours de ce siècle.


Cameroun : Le cacao camerounais renoue avec sa renommée

2011-10-16

http://tinyurl.com/5smx6qw

Le Cameroun commence à récolter les fruits d’un plan de relance qui a réorganisé la filière cacao et, surtout, misé sur la qualité. Prochaine étape : décrocher des certifications internationales. Entre le milieu des années 1990 et le début des années 2000, la filière a subi les effets pervers du retrait de la protection publique : fin des quotas, du prix minimum assuré, des intrants fournis aux producteurs…En 2002, alertés par les organisations camerounaises, les pouvoirs publics ont décidé de mettre en place un plan de relance du cacao et du café, doté d’une enveloppe de 268 millions d’euros sur dix ans à partir de 2004. «Objectifs»: promouvoir la marque Cameroun, optimiser la récolte, sécuriser les revenus des producteurs, multiplier les plants et produire des intrants ».


Global : La peine de mort recule, mais des bastions résistent

2011-10-16

http://tinyurl.com/6kwn8bj

Comme chaque année, le 10 octobre est la Journée mondiale contre la peine de mort, une initiative créée en 2003 par une coalition d'ONG. Si de nombreux progrès ont été enregistrés ces dernières années puisque 139 pays ont aboli « de fait » la peine capitale, 58 continuent de l'appliquer. Parmi les pays qui exécutent le plus, figure la Chine avec plusieurs milliers d'exécutions en 2010, selon les estimations d'Amnesty International ; des chiffres qui sont toujours secrets d’Etat dans ce pays. Suivent la Corée du Nord, l'Iran avec une forte augmentation du nombre d'exécutions y compris des mineurs et des femmes, le Yémen, l'Arabie Saoudite avec dix décapitations au sabre ces derniers jours, et enfin les Etats-Unis.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Les dangers méconnus d'une contraception

2011-10-16

http://tinyurl.com/6ks9fnz

Une grande majorité des seize millions de femmes aujourd’hui infectées par le virus du sida à travers le monde vivent en Afrique subsaharienne. Et dans cette même région continentale une forte proportion des femmes en âge de procréer a recours à une contraception hormonale dite «retard» conférée par des injections intramusculaires. Rien, jusqu’à présent, ne justifiait de rapprocher ces deux données. Tel n’est plus le cas aujourd’hui avec la publication des résultats d’une étude concluant que cette contraception hormonale féminine est de nature à augmenter fortement le risque de transmission du VIH.


Global : La tuberculose recule pour la première fois dans le monde

2011-10-16

http://tinyurl.com/3uhuo87

La tuberculose recule pour la première fois dans le monde, a annoncé, le 11 octobre, l’OMS, qui a toutefois appelé les Etats à investir davantage dans la lutte contre les formes de la maladie résistantes aux médicaments. La lutte contre la maladie nécessiterait en effet un milliard de dollars supplémentaires en 2012, selon le rapport. Au cours de la décennie écoulée, les progrès les plus notables ont été réalisés au Kenya et en Tanzanie, où les cas de tuberculose ont reculé après s'être envolés parallèlement à l'épidémie de sida.


Mali : Le lavage des mains au savon et le blocage socioculturel

2011-10-16

http://tinyurl.com/6dhtrz9

Au Mali, les maladies diarrhéiques toutes causes confondues demeurent la troisième cause de consultation au niveau des structures de santé après le paludisme et les infections respiratoires aigües. Au regard de toutes ces données, la pratique du lavage des mains au savon apparaît plus que jamais nécessaire pour la santé et le bien-être de la population. Cependant, l'application de cette pratique est confrontée à un certain nombre de problèmes d'ordre socioculturel, même s'il clair qu'on est en train d'enregistrer des progrès notables ces derniers temps. Au Mali, en mangeant, on se lave les mains du plus âgé au plus petit. Ce qui crée un sentiment d'appartenance. Quant au lavage des mains au savon, il est individuel, donc contraire à la vision des ancêtres".





Justice Alimentaire

Afrique de l'Est : Famine dévastatrice et sombres perspectives

2011-10-16

http://tinyurl.com/6cjowk6

La famine qui dure depuis des mois en Afrique de l'Est, principalement en Somalie, en Éthiopie et au Kenya devrait prendre de l'ampleur dès le mois de novembre, prévoit le fondateur de l'organisme Enfants Entraide. Que faut-il faire pour éviter d'autres catastrophes semblables? Il serait réaliste de penser que ce genre de situation ne se reproduise plus si des projets de coopération et les gouvernements incitent la population à s'auto-suffire.


Global : Un rapport identifie 26 pays fortement touchés par la faim

2011-10-16

http://tinyurl.com/6y8wxmz

L'Institut international de recherche sur l'alimentation (IFPRI) s'est associé à trois ONG pour tirer la sonnette d'alarme sur 26 pays, pour la plupart en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, qui continuent d'afficher des niveaux de faim "alarmants". Dans six pays, la faim a empiré entre 1990 et 2011 : la RDC, le Burundi, la Corée du Nord, les Comores, le Swaziland et la Côte d'Ivoire. "Le cas de la RDC ressort particulièrement", note le rapport, qui souligne que le conflit et l'instabilité politique y ont accru le niveau de faim. A l'inverse, entre 1990 et 2011, 19 pays sont sortis des catégories "alarmantes" et "très alarmantes" : parmi eux, l'Angola, le Bangladesh, l'Ethiopie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger et le Vietnam.


Global : Volatilité des prix alimentaires

2011-10-16

http://tinyurl.com/5uc7dlv

La volatilité des prix alimentaires mettant en exergue des prix élevés est susceptible de continuer et éventuellement augmenter, rendant les paysans pauvres, les consommateurs et les pays plus vulnérables à la pauvreté et à l'insécurité alimentaire, a révélé la FAO dans le rapport sur la faim dans le monde publié le 10 octobre. Mais les fluctuations des prix ont eu un impact différent sur les pays, les populations et les ménages, montre le rapport, qui indique que les pauvres et les faibles sont les plus exposés, en particulier en Afrique, où le nombre de sous-alimentés a augmenté de 8 % entre 2007 et 2008, alors qu'il est essentiellement constant en Asie.





Média & liberté d'expression

Afrique : La Cedeao s'engage dans la lutte contre le terrorisme

2011-10-16

http://tinyurl.com/6xm6ypr

Les experts gouvernementaux des pays membres de la CEDEAO sont en conclave à Bamako sur la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Ouest. Ils se penchent sur le projet de stratégie de lutte contre le terrorisme dans l'espace, son plan de mise en œuvre et le projet de Déclaration politique contre le terrorisme. De l'avis du directeur du maintien de la paix et de la sécurité régionale de la CEDEAO, le principal défi reste cependant le manque de coordination entre les Etats membres de la CEDEAO. Mais il estime que la CEDEAO dispose toutefois d'un riche réservoir d'instruments juridiques de maintien et de promotion de la paix et de la sécurité qui, pour la plupart, s'appliquent tout aussi bien à la lutte contre le fléau.


Nigeria : Six journalistes arrêtés pour avoir publié une lettre d’Obasanjo

2011-10-16

http://tinyurl.com/6hxhyrj

Six journalistes nigérians ont été arrêtés après avoir publié une lettre attribuée à l’ex-président Olusegun Obasanjo. La semaine dernière, l’ex-président avait déposé une plainte accusant les journalistes d’avoir inventé cette correspondance en falsifiant sa signature, ce que les accusés ont nié se disant être sûrs de l’authenticité de cette lettre. Au Nigeria, la loi sur le droit d'accès à l’information (Freedom of information Act) a été adopté en mai 2011, après douze années d’attente.


Tunisie : Des islamistes attaquent le domicile d’un directeur de télé

2011-10-17

http://tinyurl.com/3jv4p23

Toujours en colère contre la chaîne privée Nesma TV, plusieurs milliers d’islamistes présumés ont manifesté le 14 octobre dans plusieurs endroits de Tunis. Puis une centaine d'hommes ont attaqué le domicile du PDG de la chaîne, en banlieue de Tunis. Il n'y aurait pas de victimes. Les excuses du président de privée Nessma TV, Nabil Karoui, n’ont pas calmé les ardeurs des islamistes tunisiens présumés. Plusieurs milliers de personnes, essentiellement des salafistes, protestaient contre la diffusion par la chaîne tunisienne du film d’animation franco-iranien Persepolis.





Nouvelles de la diaspora

Global : La Cour suprême refuse de se prononcer sur l'affaire Mumia Abu-Jamal

2011-10-16

http://tinyurl.com/5rhhvca

La Cour suprême des Etats-Unis a rejeté, le 11 octobre, la demande de procureurs de Philadelphie réclamant que Mumia Abu-Jamal, icône internationale de la lutte contre la peine capitale, soit à nouveau condamné à mort alors que la sentence doit être réexaminée prochainement. La peine de mort de cet Afro-Américain, qui clame son innocence depuis près de trente ans pour le meurtre d'un policier blanc, a été suspendue en avril par la cour d'appel fédérale de Pennsylvanie. Cette dernière a ordonné de nouvelles audiences afin de déterminer s'il doit être condamné à la peine capitale ou à la prison à vie sans possibilité de sortie.





Conflits & urgences

Guinée : L'ambassadeur d’Ukraine apelle à élucider des cas de piraterie

2011-10-16

http://tinyurl.com/5we9zjm

La Somalie n'a pas le monopole des actes de piraterie. Dans les eaux territoriales de Guinée, les pirates multiplient les coups. Depuis le début de l'année, six navires ont été attaqués. Face à cette situation, l'ambassadeur d'Ukraine en Guinée a demandé le 11 octobre 2011 au gouvernement de réagir. Une situation qu’il explique par les événements connus par le pays au cours de cette année. Même s’il exclut que ces actes soient organisés par la hiérarchie, il désigne toutefois les forces armées guinéennes.


Mali : Le retour délicat d'ex-combattants libyens d'origine malienne

2011-10-16

http://tinyurl.com/6du2cea

Dans le nord du Mali, plusieurs dizaines d'ex-combattants libyens d'origine malienne sont attendus d'ici quelques jours. Il s'agit de membres de l'armée libyenne pro-Kadhafi, qui ont été défaits et qui cherchent aujourd’hui à retourner dans leur pays d'origine. Mais alors que dans la région bruissent de nombreuses rumeurs et notamment de reprise de rébellion, leur accueil fait l'objet de beaucoup d'attention, de la part des autorités maliennes mais aussi au sein de leur communautés. Or, ces ex-combattants inquiètent. Ils reviennent de Libye pour certains avec un attirail militaire impressionnant. Des armes qui trouveront facilement preneur dans le Sahel où cohabitent désormais bandits, groupes terroristes et apprentis rebelles.


Mali : Le wahhabisme prend de l’ampleur

2011-10-16

http://tinyurl.com/6yv2xuh

Le Mali serait-il en passe de glisser sous le giron du wahhabisme, une pratique orthodoxe de l’islam, tout droit venue d’Arabie Saoudite ? Dans les mosquées et dans la rue, les islamistes entendent appliquer la charia islamique. Le 26 septembre dernier, un groupe d’individus hurlant «Allah Akbar» (Dieu est grand) fait irruption dans une boîte de nuit de la capitale malienne. Ils incendient le bar et disparaissent rapidement. Le gouvernement redoute la mobilisation des islamistes contre lui, comme cela fut le cas en 2009 à propos du Code de la famille. D’autant que dans les nouveaux quartiers de Bamako se construisent de nombreuses mosquées qualifiées de wahhabites par la population.


Nigéria : Mise en garde contre une révolution

2011-10-16

http://tinyurl.com/3u6ovxp

Au Nigeria, un comité nommé par le président à l’issue des violences postélectorales d’avril 2011 vient de rendre son rapport. A l’époque, plusieurs Etats du nord, majoritairement musulmans, de la fédération nigériane, s'étaient embrasés après l'annonce de la victoire de Goodluck Jonathan face à son principal adversaire, Muhammadu Buhari. Ce rapport contient plusieurs centaines de pages d'enquêtes et de recommandations visant à éviter que la situation le dégénère en révolution sociale. Ces heurts, qui ont fait plus de 800 morts en trois jours, ont creusé le fossé entre un nord majoritairement musulman et un sud à dominante chrétienne.





Internet & technologie

Afrique : La conquête spatiale africaine garde les pieds sur terre

2011-10-16

http://tinyurl.com/6xwr3e5

«La conquête spatiale a commencé en Afrique», d’après le directeur de l’Agence spatiale nationale sud-africaine (Sansa). Comme lui, des scientifiques d’Afrique du Sud, du Nigéria et d’Algérie et du Kenya ont plaidé pour le développement d’un programme spatial africain. Pour le moment, le Nigeria, l’Algérie et l’Egypte ont deux satellites chacun et l’Angola en a un. L’Afrique est encore loin de rivaliser avec les puissances spatiales américaine ou européenne. Mais cette année, la première organisation du Congrès international de l’aéronautique par Afrique représente un symbole fort.





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