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Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 210 : Mort de Khadafi : Un assassinat signé OTAN !

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Femmes & genre, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Développement, 9. Santé & VIH/SIDA, 10. Éducation, 11. Racisme & xénophobie, 12. Justice Alimentaire, 13. Média & liberté d'expression, 14. Conflits & urgences, 15. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : L’Otan a assassiné Khadafi !
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Sahara Occidental : Historique d’un conflit qui dure depuis 35 ans
RESUME DE L'EDITION ANGLAISE : Mort de Khadafi : Un assassinat planifié.
NECROLOGIE : Afrique : Décès de Marie Dedieu, la française otage en Somalie
FEMMES ET GENRE : Burkina Faso : La 2e édition du prix de la meilleure journaliste burkinabé lancée
DROITS HUMAINS : Côte d’Ivoire : Le parlement panafrican veut promouvoir la cohésion sociale
REFUGIES ET MIGRATION : Madagascar : Émigration des femmes vers le Koweit inquiète
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Les conséquences de la mort de Khadafi
DEVELOPPEMENT : Afrique : Des projets approuvés par la BADEA
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Des résultats concluants sur un vaccin anti-palu
EDUCATION : Afrique : L’UA enverra des jeunes volontaires au Sud-Soudan
RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Des métis accusent le gouvernement de discrimination raciale
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Des conséquences multiples à la confiscation des terres
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : Un expert de l’Onu appelle à protéger la liberté d’expression sur l’internet
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Des soldats américains à la traque des rebelles en Afrique centrale
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Le Doing Business relève la difficulté d’accéder aux barèmes des prix




Chroniques

L'OTAN a assassiné Khadafi !

Demba Moussa Dembélé

2011-10-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/77351


cc J Emery
Le 18 octobre, Hillary Clinton visite Benghazi et déclare à propos de Khadafi : « J’espère qu’il sera bientôt capturé ou tué ». Deux jours après, ce dernier est assassiné. On ne peut trouver meilleure preuve de préméditation. L’OTAN est ainsi arrivé à ses fins, mais la mort de Khadafi, pour Demba Moussa Dembélé, porte un message et une leçon pour l’Afrique. Elle annonce aussi «de sombres perspectives pour l’indépendance et la sécurité du continent».

Les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne ont enfin atteint leur but en Libye : assassiner Kadhafi ! Les mensonges visant à faire croire que ce sont les « forces du CNT » qui ont commis ce crime ne tromperont personne. D’ailleurs, l’OTAN a reconnu avoir bombardé « un convoi pro-Kadhafi » le jeudi 20 octobre au matin. Et comme par hasard, quelques heures après, on annonce « la capture » ou «la mort » de celui-ci

Un assassinat de sang froid
Il ne fait donc guère de doute que c’est l’OTAN, assistée par les Forces Spéciales des pays occidentaux, qui a assassiné Kadhafi. De sang froid. On remarquera que ce crime est intervenu deux jours après la visite de la secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Mme Hillary Clinton à Tripoli, au cours de laquelle, elle a dit à propos de Kadhafi : « J’espère qu’il sera bientôt capturé ou tué ». C’est donc un crime d’Etat dont la responsabilité repose sur les épaules de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron, les principaux chefs de guerre de l’agression impérialiste occidentale contre un régime souverain.

On se souvient que dès le début de cette agression, l’OTAN avait cherché à plusieurs reprises à assassiner le dirigeant libyen, dont un des fils et trois des petits-enfants furent tués lors d’un bombardement sur leur résidence. Ainsi, cet assassinat de sang froid expose-t-il à la face du monde la nature barbare, tyrannique et cruelle de cette alliance impérialiste. Il faut voir le concert de discours de « satisfaction » de ses dirigeants, certains se disant même « fiers » d’avoir contribué à cet ignoble assassinat. Les dirigeants occidentaux ont ainsi montré leur nature sanguinaire, perverse et despotique. Ce sont des individus immoraux, qui n’hésiteront pas à mentir, à tuer et à massacrer pour arriver à leurs fins.

LA COMPLICITE DES NATIONS UNIES

Ce qui également saute aux yeux de l’opinion mondiale, c’est le rôle peu glorieux joué par les Nations Unies. Ban Ki-Moon, le secrétaire général, s’est empressé de lire une déclaration pour parler « d’une transition historique » pour la Libye et surtout proposer les services de l’ONU pour « aider » l’OTAN et ses mercenaire s! On sait déjà que les Nations Unies avaient été complices de l’assassinat d’un dirigeant africain, en la personne de Patrice Lumumba, au Congo, en 1961. Mais on pensait que cela ne se répéterait plus jamais. Le 20 octobre 2011 restera donc un autre jour d’infamie dans l’histoire de l’organisation onusienne.

QUEL AVENIR POUR LA LIBYE ?

L’élimination physique de Kadhafi va peut-être mettre fin –pour combien de temps ?- à la résistance à l’occupation du pays par l’OTAN et ses mercenaires. Mais on peut affirmer que l’avenir ne s’annonce pas des plus heureux pour le peuple libyen. Le pays est déjà en voie de recolonisation. Les forces de l’OTAN et les Forces Spéciales ne sont pas près de quitter la Libye. Les pays membres de l’OTAN, qui ont installé le CNT, vont imposer leurs exigences. Non seulement pour le partage et l’exploitation des ressources naturelles du pays, mais également et surtout pour l’octroi de « facilités militaires ». Autrement dit des bases militaires terrestres, navales et aériennes. Faut-il rappeler que c’est Kadhafi qui avait fermé les bases militaires opérées par les yankees après sa prise de pouvoir en 1969 ? Ainsi, la Libye risque-t-elle de se transformer en une nouvelle colonie, devenant ainsi une menace pour ses voisins.

LES LEÇONS POUR L’AFRIQUE

En osant défier la horde impérialiste de l’OTAN tout seul pendant des mois, sans le moindre soutien de la part d’un Etat africain, essuyant même des trahisons comme celle du président sénégalais Abdoulaye Wade, Kadhafi a donné une leçon magistrale aux dirigeants africains : une leçon de courage, de bravoure et de dignité dans l’épreuve. Il avait dit et répété qu’il ne quitterait jamais le pays de ses ancêtres et qu’il préférait y mourir plutôt que d’aller en exil. Il a tenu parole et est entré dans la légende. Jusqu’au bout, il a refusé d’accepter le moindre ultimatum, la moindre injonction de la part des despotes occidentaux.

Quel contraste avec le comportement de nombre de dirigeants africains, surtout parmi ceux qui ont été les premiers à le trahir, comme Abdoulaye Wade. Ils subissent quotidiennement des humiliations de la part de leurs maîtres occidentaux, recevant des avertissements, des ordres à propos de tout et de rien. Ils vivent dans l’indignité et le mépris de ces maîtres. Ce sont des individus prêts à satisfaire le moindre caprice de ces derniers. Comme le remarquait à juste titre, feu le Professeur Joseph Ki-Zerbo, des gens qui ne savent qu’imiter et obéir, ne méritent pas d’être appelés « dirigeants »
Kadhafi n’était certes pas un démocrate, loin de là. C’était un dictateur à bien des égards, un dirigeant parfois imprévisible. Mais c’était un dictateur éclairé qui aimait son pays et l’Afrique. Il se sentait africain et avait une vision et une grande ambition pour celle-ci. Aucun chef d’Etat du continent n’a fait autant pour faire avancer l’unité africaine, pour l’indépendance et la sécurité du continent.

C’est pourquoi on peut affirmer que la chute et l’assassinat de Kadhafi vont sonner le glas efforts entrepris pour former les Etats-Unis d’Afrique, du moins dans un avenir prévisible. Des avancées qui avaient été faites dans la construction de l’unité économique du continent seront sans doute mises en veilleuse, voire abandonnées. C’est le cas de la Banque centrale africaine, du Fonds monétaire africain et de la Banque africaine d’investissement. Cette dernière devait justement être établie à Tripoli ! Kadhafi était la force motrice derrière ces projets et était prêt à utiliser les réserves de change de son pays dans ce sens.

Les attitudes racistes du CNT, illustrées par les massacres contre les Libyens noirs et les ressortissants des pays d’Afrique au Sud du Sahara, montrent que les dirigeants installés par l’OTAN ont d’autres priorités que la construction de l’unité africaine.

La conquête de la Libye par les pays membres de l’OTAN annonce de sombres perspectives pour l’indépendance et la sécurité du continent. Elle risque d’ouvrir grandes les portes de celui-ci à AFRICOM – le projet de militarisation du continent par les Etats-Unis - qui, jusque-là, n’avait pas trouvé de pays d’accueil sur le sol africain. Donc, la mise sous tutelle de la Libye par les occidentaux et l’assassinat de Kadhafi risquent d’être le point de départ de la militarisation de l’Afrique et de l’accélération de sa recolonisation.


* Demba Moussa Dembélé est économiste

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Le pacte colonial et l’assassinat de Khadafi

Ababacar Fall «Barros»

2011-10-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/77352


cc A M F
On le camoufle sous le terme d'«Accords de coopération et de sécurité». Dans les faits, il s’agit d’un «pacte colonial» d’asservissement et de domination pour la perpétuation desquels Sankara avait été assassiné, Gbagbo liquidé et Khadafi également assassiné. Pour Ababacar Fall «Barros», cela durera tant qu’il n’y aura pas, sur le continent, « des hommes, des femmes et des groupes d’hommes et de femmes conscients des intérêts des peuples africains et prêts à les défendre à tout prix».
Ce qui arrive à notre continent est pénible si l’on observe les dégâts en Côte d’Ivoire et en Libye. Mais ce n’est pas difficile à comprendre, abstraction faite des gros mots dont nous devons faire l’économie : «Kadhafi, Gbagbo dictateurs.» Sachant que d’autres dictateurs sont bien au chaud en Arabie Saoudite et à Charmel-Cheik.

Je soulignais récemment, dans le cadre d’une réflexion au sujet des «pensées économiques du Sud » : « Il ne faudrait pas chercher de midi à quatorze heures pour trouver les causes de notre mal développement, sous tendu par la mal gouvernance. Les causes sont d’abord la corruption de l’essentiel de l’élite des indépendances au pouvoir, acquises à la vision, aux thèses politiques et économiques des anciens colonisateurs, pour perpétuer l’exploitation de notre continent. Cela, malgré une opposition farouche d’une autre catégorie d’élites de patriotes composés des Lumumba, Nkrumah, Sékou Touré, Modibo Keita, Mamadou Dia, Djibo Bakary etc.»

C’est le lieu de souligner que l’Afrique qui tend la main est à situer au niveau de cette première catégorie d’hommes liges du néocolonialisme qui ont signé les accords secrets dits de coopération et de défenses. L’illustration de cet état de fait est ce fameux « Pacte colonial» toujours en vigueur dans tous les Etats africains francophones.

Sur ce « Pacte colonial » (appelé pompeusement accords de coopération et de sécurité), le Dr Assoa Adou du Front Populaire Ivoirien apportait les précisions suivantes, lors d’une conférence tenue en 2006, à Paris : « La Côte d’Ivoire, si elle a du pétrole, n’a pas le droit de le vendre au plus offrant, sur le marché international, sans l’accord de la France. De même, elle ne peut pas en acheter sur le marché international sans l’Accord de la France ». Le Dr Assoa poursuit en précisant qu’il en allait de même pour l’assistance militaire : « La République de Côte d’ivoire en vue d’assurer la standardisation des armements s’adressera en priorité à la République française pour l’entretien et le renouvellement des matériels et équipements de ses forces armées ». (Alinéa 2 de l’article 5 et alinéa 1 de l’article 3 du chapitre 5 des accords).

Si l’on considère ce qui précède, on ne peut qu’être pessimiste par rapport à la volonté de la classe dirigeante africaine au pouvoir de répondre favorablement aux pays d’Amérique du Sud qui appellent à l’unité du Tiers-Monde, pour recouvrer la souveraineté politique, économique et social. D’autant que la vassalisation du franc CFA au Trésor public français, système qualifié de « Nazisme monétaire » par un autre économiste ivoirien, le Pr Nicolas Agbohou, ainsi que la présence des bases françaises, ne faciliteront pas les choses.

Donc tant que n’émergeront pas des hommes et de groupes d’hommes politiques conscients des intérêts des peuples de notre continent, l’Afrique sera toujours à la traine. C’est le lieu de souligner que dans le cadre des agressions contre la Cote d’Ivoire et la Lybie, Jacob Zuma a plutôt écouté Sarkozy, Obama et consorts, que Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Cabral où Sankara, s’agissant de la défense des intérêts supérieurs de l’Afrique.

On peut se demander pourquoi, l’Afrique du Sud, l’Algérie, la Guinée Bissau, Cap-Vert, l’Angola, le Mozambique, en tant que pays ayant joué un grand rôle par rapport à la libération de l’Afrique, n’entendent pas faire de même actuellement dans le concert des nations. Pour l’Afrique francophone, où Senghor et Houphouët sont en passe d’être considérés comme des héros, n’en parlons même. L’élite actuelle de ces pays n’est pas sensible au drame que vit leur peuple. Elle est charmée par la vision de développement de l’Occident où ils ont des châteaux, des comptes bancaires des actions, des amis communs qui les déconseillent d’être des « radicaux ». C'est-à-dire de ne pas exiger le traitement d’égal à égal quand il faut simplement ‘’signer des contrats’’.

Donc le Ba BA d’un changement véritable en Afrique, c’est d’avoir des hommes, des femmes et des groupes d’hommes et de femmes conscients des intérêts des peuples africains et prêts à les défendre à tout prix.

Cela dit, il convient de souligner que l’Amérique du Sud, sous l’impulsion de Cuba, de Castro et du Venezuela de Chavez, montrent la voie avec la mise sur pied de cette organisation d’intégration de solidarité, qu’est l’ALBA (Accord bolivarienne des Amériques). Une organisation qui, à coup sûr, donne une peur bleue aux animateurs des autres organisations telles que la CEDEAO, UMEOA inféodées aux organisations de domination que sont la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques) et à l’ACP (l’Afrique, Caraïbe, Pacifique), tous deux tournés vers l’exploitation des richesses agricoles, minières et la force de travail des peuples des pays du Sud.


* Ababacar Fall-Barros est le coordonnateur général au Sénégal du Groupe de Recherche et d'Initiative pour la Libération de l'Afrique

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La presse africaine et la mort de Kadhafi

2011-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/features/77354


cc S A
La mort de Khadafi a fait l’objet de commentaires et d’éditoriaux dans la presse africaine. Avec des réactions diverses. Pour les uns l’Afrique compte un dictateur en moins. D’autres saluent un martyr qui a su mourir avec le «sens de l’honneur».
L’HOMME EST MORT, LE MYTHE EST VAINCU
L’Observateur Paalga (journal burkinabé)

« Kadhafi a disparu, l’homme est mort, le mythe est vaincu, mais on gardera de lui qu’il a tenu promesse ne serait-ce que sur un point : il avait promis qu’il ne quitterait pas son pays et qu’il avait choisi d’y mourir en martyr ; il aura rendu l’âme en Libye (…) La mort de Kadhafi aura fait œuvre utile si elle parvenait à convaincre timoniers, pères des nations et autres présidents bien-aimés, de sagement savoir réviser leurs folies des grandeurs ».



IL L’AVAIT PROMIS, IL L’A FAIT
Guinée Conakry info (site d’informations guinéen)

« Kadhafi et ses enfants avaient dit qu’ils mourraient en Libye. Comme il l’avait promis, il se sera battu jusqu’à la mort. Ses adversaires ne savoureront donc pas le plaisir grisant de l’humiliation d’un procès à la Moubarak (…) Les Libyens regretteront un jour Kadhafi ».


KHADAFI N’EST RIEN
Connectionivoirienne (site d’informations ivoirien)

« Dans l’émotion, nous avions voulu voir hier Kadhafi en héros, jusqu’au bout : un leader authentique, assumant ses engagements et ses révoltes contre l’ordre injuste, comme le font tous ces révoltés qui défient la mort, et qui s’immolent ! Un leader se tirant une balle dans la tête ou faisant exploser son bunker, pour éviter l’humiliation des images de sa mort, comme tout humain. Or, Kadhafi n’est rien. Il est comme tout le monde, comme vous, comme moi : un simple mortel ! Tout ça en fait pour rien »,

« Critiquons certes l’Europe, l’Occident et la France. Mais qui a pris la peine d’écouter les derniers messages de Kadhafi ? »,

«Un Africain authentique, un vrai panafricaniste, s’il doit vraiment pleurer la mort de Kadhafi, doit également déplorer le fait qu’il n’ait songé à l’Afrique que pour sa propre gloire, et non pour l’épanouissement de son peuple en Libye et des peuples d’Afrique. Adieu Kadhafi, viva Libya, viva Africa ! »


MORT D’UN PANAFRICANISTE
Sud Quotidien (journal sénégalais)

« L’OTAN, qui a permis au CNT de renverser puis tuer Mouammar Kadhafi, a porté un combat plus économique et idéologique que de défense des droits de l’homme ».

«Le Guide libyen ne cachait pas son penchant panafricaniste. Question trop sensible dans un contexte de mondialisation où le diviser pour régner n’a jamais été aussi présente dans les stratégies de ceux qui veulent s’approprier les ressources d’un continent dont les dirigeants sont peu portés à défendre les intérêts de leurs peuples ».

«L’Egypte de Hosni Moubarak et, surtout, la Tunisie de Zine el Abidine Ben Ali, n’avaient quasi rien de commun avec le pays de Mouammar Kadhafi (…) Le fondateur de la Jamahiriya Arabe n’avait pas oublié son peule dans les retombées du pétrole dont regorge le sous-sol libyen. Au fil des années, le niveau de vie de la population s’est nettement amélioré. Logement, Education, Santé… la satisfaction de la demande sociale, s’agissant notamment des besoins primaires était une donnée unanimement reconnue dans le monde comme point positif sous le règne du Colonel ».


NAISSANCE D’UN MARTYR
Le Républicain (journal malien)

« l’image du Guide au visage ensanglanté est dure à voir mais il faut bien plus qu’une annonce du CNT, une photo de l’AFP ou un communiqué de l’Otan pour que Bamako, Ouaga et bien d’autres capitales africaines, acceptent la mort de leur héros. L’efficace fabrique de légendes que sont nos chaumières avait, de toutes façons, décerné toutes les palmes au Guide. Celle de l’invincibilité, celle de l’ubiquité, celle du courage ».

« La propagande qui veille à ce qu’il ne soit pas un martyr prétend qu’il s’était mis à genoux pour demander pardon aux Libyens. Mais il n’a pas été capturé dans un trou de rat comme Saddam Hussein. Il n’a pas succombé à un duel d’honneur contre Jibril. Il a été pilonné par l’Otan (…) Si le coup a tué un dictateur, il peut bien avoir donné naissance à un martyr »


UN MORT SUR LA CONSCIENCE
Le Pouce (journal malien)

«Ils sont enfin arrivés à terme de la mission qu’ils se sont assignés depuis la fameuse résolution 1973 du conseil de sécurité des Nations Unies (…) La seule vie humaine qui hantait la paix et la sérénité nécessaires à l’expansion impérialiste de ceux qui se partagent aujourd’hui l’or noir de la Libye, vient d’être enlevée au grand dam de la jeunesse africaine éprise de l’idée des Etats-Unis d’Afrique. »

« A la vue de ces scènes de liesse, l’impérialiste occidental se rira toujours de la naïveté de l’Africain qui se glorifie de la perte d’un des leurs qui plus est natif de la patrie pour laquelle le CNT dit se battre. On aurait aimé que le sort de Kadhafi soit décidé par les libyens sans aucune ingérence quelconque ».

« En tous cas, tous les assassins du guide libyen se souviendront que le printemps arabe a mis plus de temps pour se dénouer en Libye qu’ailleurs en Tunisie et en Egypte. Ces assassins se diront désormais à l’abri de l’âme qui puisse leur donner du fil à retordre. Cependant ils auront éperdument une mort sur la conscience quoique leur victime ait été pire dans sa vie ».


UN PANAFRICANISME TROMPEUR
Le Quotidien (journal sénégalais)

«L’aventure de Kadhafi avec les Noirs reposait sur une tromperie, en même temps qu’il cherchait à nous faire avaler… sa pilule d’une union des Etats africains immédiate et sans conditions, les frontières de son pays se fermaient à tous les ressortissants des pays de cette zone ».


LE SEUL A TENIR DEBOUT
Vibeghana.com (site d’information ghanéen)

« Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, l’histoire retiendra tout de même qu’il fut le seul leader africain à tenir debout contre la politique de la canonnière des Occidentaux, il fut le seul a utiliser les ressources de son pays pour améliorer l’économie et le niveau de vie de ses compatriotes ».


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L’indignation des Africains face à l’assassinat de Khadafi

2011-10-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/77353


cc S A
Le matraquage de la presse occidentale n’y fait rien. On a beau dépeindre Khadafi sous les traits d’un dictateur sanguinaires, un roi Ubu des temps modernes, son assassinat par l’OTAN et ses supplétifs du CNT a créé un courant d’indignation à travers le continent et la diaspora. Quelques réactions.

NE PLUS ACCEPTER LES RESOLUTIONS DE L’ONU

Je ne sais pas comment vous vous sentez ce soir... Du courage et n'abandonnez jamais. Je voulais juste partager avec vous ces moments, nous réconforter. Pas pour me plaindre du sort de Khadafi, de ses qualités ou de ses défauts. Mais juste pour dire, que nous ne devons plus accepter les résolutions de l'ONU. J'en fais un combat personnel, en ce qui me concerne.

Nous devons être déterminés et prêts pour affronter la lutte, quel que soit le pays qui est attaqué. C'est en frappant ensemble que nous pouvons interdire ces injustices sociales. Nous devons agir maintenant en groupe de différents pays pour faire entendre notre voix unifiée et nous faire respecter. Soyez prêts chers amis !

* Khady Faye, Fondation internationale d’appui au développement


LA COLERE, LA HAINE, LE MEPRIS

Il était exactement 8h du matin, je dormais encore parce que je ne travaille pas ce jour, lorsqu'un compatriote m'a appelée pour m'annoncer la nouvelle. J'ai sursauté de mon lit, puis les larmes m'ont coulé le long des joues. Je ne disais plus rien. Lui continuait de me donner les détails. A un moment, il m'interpelait pour savoir si j'étais toujours en ligne; j'était si triste que les mots me manquaient.

Et ma journée fut faite. J'avais des courses à faire; mais je suis allée sur l'ordi pour avoir les commentaires sur facebook.

La colère, la haine, le mépris et toutes sortes de sentiments me traversaient que j'ai vite quitté les groupes de discussion des résistants africains sur facebook, pour retourner dans mon lit parce que la migraine me gagnait.

Mais dans le lit, je n'y arrivais pas. J'ai quitté le lit et je tournais en rond dans la maison sans savoir exactement ce qui m'arrivait. Ma journée a été gâchée complètement avec cette triste nouvelle.

«Si l'Eternel ne bâtit la maison,
c'est en vain que travaillent les bâtisseurs»
PS: 127,1 de la Bible

* Mireille Akpo, épouse Prud'homme est membre du Collectif des Ivoiriens de la diaspora


DU PETROLE ET DU SANG DES AFRICAINS

Le monde est cynique. Kadhaffi n'était certes pas un saint. Mais ceux qui l'ont tué le sont-ils eux-mêmes? La libye redeviendra-t-elle le pays prospère et stable qu'il était ? Une chose est certaine : le pétrole continuera de couler..., avec le sang des africains. C'est démoralisant tout cela.

* Jean-Hilaire Yapi


Au delà de nos émotions que peut-on faire ? Je suis pour l'action de groupe car je suis certaine que la Libération de l'Afrique ne viendra que de ses propres filles et fils. (…) A part (…) quelques personnes, quels sont les autres africains qui s'intéressent aux problèmes des autres pays africains à part les leurs. Tant que nous de la diaspora, nous ne nous affranchissons pas de cela, la lutte panafricaine tant réclamée sera vaine. Nos aînés ont pu s'unir en Europe, mais notre génération en est incapable. La majorité des Africains vivant en occident sont des opposants de salon.

Hier, c'était la Côte d'Ivoire, aujourd'hui c'est la Libye. Je ne suis pas une supporteure du dictateur Khadafi, mais je ne suis pas pour une intervention occidentale en Afrique car je sais que les Occidentaux et l'impérialisme ne sont pas pour le bien de l'Afrique. Tant que nos soeurs et frères ne comprendront pas cela, la lutte sera longue.

* Christine Paré est membre du la Société québécoise de la rédaction professionnelle.


Le troisième âge de la démocratie

Thomas Coutrot

2011-10-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/77343


cc T B
Depuis trente ans que le néolibéralisme étend ses tentacules, ce fut pour pervertir la démocratie et la mettre au service du capital afin de mieux conforter sa domination. Mais les consciences s’éveillent et les masques ne peuvent plus tenir. Le mouvement des «indignés» qui secoue le monde se nourrit ainsi du rejet de la confiscation et de la perversion des souverainetés populaires et pour l’expression d’une plus grande justice sociale. Thomas Coutrot en parle comme du «trosième âge de la démocratie».

Le mouvement des indignés n’est pas un feu de paille. Son extension rapide sur le planisphère – entre la révolution tunisienne de décembre-janvier et l’occupation de Wall Street il se passe moins d’un an – atteste qu’il touche des ressorts profonds dans la conscience des citoyens du monde entier ; les pouvoirs iraniens ou chinois craignent eux aussi comme la peste une révolution Twitter.

Ce mouvement passera par des hauts et des bas. Il connaîtra des tentatives de récupération – M. Trichet qui « interprète le message » des indignés et Mme Merkel qui les « comprend »... - Il aura des points forts et des points faibles (comme la France en ce moment). Mais il est appelé à durer et à marquer profondément le climat politique mondial des années à venir.

La raison en est simple : la crise actuelle met à nu les mécanismes de confiscation du pouvoir et des richesses construits depuis trente ans par le néolibéralisme, sous couvert de formes politiques démocratiques. La fusion des élites financières et étatiques – nulle part aussi institutionnalisée qu’aux USA avec l’achat en toute transparence des hommes politiques par les lobbyistes des multinationales – éclate au grand jour avec les plans faramineux de sauvetage de la finance et leurs corollaires, les plans d’hyper austérité imposés aux peuples.

Ces plans suscitent bien sûr des résistances sociales. Grèves, émeutes, manifestations syndicales se succèdent dans les pays les plus touchés. Mais le mouvement des indignés n’est pas un simple mouvement social. Il n’exprime pas seulement le point de vue de catégories spécifiques de la population – jeunes, retraités, salariés, femmes… – touchées par des politiques régressives. Il n’agrège pas des individus appartenant à des groupes sociaux aux intérêts communs et qui chercheraient à faire pression sur les décideurs politiques pour infléchir leurs décisions en leur faveur. C’est avant tout un mouvement citoyen radicalement démocratique, dont le sens profond est clair : le compromis entre capitalisme et démocratie permis depuis deux siècles par le système représentatif est aujourd’hui épuisé.

Reprenons les trois principales critiques adressées au mouvement, pour montrer les incompréhensions qu’il suscite et en creux, son caractère radicalement novateur.

1 - « Ils n’ont pas de revendications » !

Même si des assemblées populaires ont pu élaborer des listes de revendications très variées, le mouvement en lui-même ne porte aucune exigence positive fédératrice. Sa critique de la domination des banques et des politiciens ne s’accompagne pas de mots d’ordre simples qui définiraient des buts à atteindre. L’important n’est pas là : il est dans le refus par les simples citoyens que des représentants élus prennent des décisions contraires à la volonté populaire. Il est dans l’exigence que chacun (e) puisse peser, contrôler, participer aux décisions. Il est dans l’exigence de la démocratie réelle.

2 - « Ils n’ont pas de porte-paroles » !

Justement… Les indignés expriment une critique radicale de la confiscation « démocratique » du pouvoir par des élites autoproclamées et (en général) confirmées par le vote. Ils ont compris le caractère antidémocratique de toute représentation, où les représentants, aristocratie légitimée par l’élection, s’érigent en pouvoir sur le peuple (ou, dans les syndicats ou associations, sur les adhérents…). Le refus de tout porte-parole permanent, le souci obsessionnel d’éviter qu’un ou plusieurs individus s’élèvent au-dessus du mouvement en prétendant – avec malheureusement son assentiment - le représenter, reflètent une compréhension très profonde des mécanismes de la domination politique dans tout système représentatif.

3 - « Ils rejettent la politique ».

Aberration suprême que cette accusation, qui revient souvent chez des militants d’extrême-gauche déçus de voir qu’ils sont l’objet de la même méfiance que les politiciens sociaux-démocrates ou de droite. Ces militants sont indignés… que leurs tentatives de faire prévaloir la juste ligne dans les assemblées populaires se heurtent à la volonté farouche des citoyens de ne pas abdiquer leur libre-arbitre au bénéfice d’un groupe politique constitué, qui les instrumentaliserait dans sa conquête de places ou dans la compétition politique institutionnelle. Comme si le fait que des citoyens s’emparent des places publiques et y mettent en débat les affaires communes n’était pas une manifestation éclatante de leur passion de la politique au sens noble du terme !

C’est ainsi, du moins, que les Anciens voyaient la démocratie, et ce jusqu’aux révolutions bourgeoises du XVIIIè siècle. Les historiens de la démocratie (Manent, Sintomer, et même Rosanvallon…) ont montré comment les révolutionnaires avaient pour la plupart une peur bleue de la démocratie. Celle-ci signifiait pour eux le pouvoir de la populace, le rejet des hiérarchies sociales fussent-elles basées sur la propriété ou le talent, exigence de participation directe de chacun aux affaires de tous. Ils ont montré le lent processus par lequel la bourgeoisie a fini par accepter le suffrage universel, après l’avoir dépouillé de presque tout caractère subversif. La participation directe des citoyens, le tirage au sort des titulaires de charges politiques pour éviter la confiscation du pouvoir par sa professionnalisation, qui étaient jusqu’en 1789 unanimement associés à l’idée originelle de démocratie (Montesquieu écrivait « le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’oligarchie »), sont devenus des aberrations incompréhensibles pour des « Modernes » tout occupés à accumuler le capital et les jouissances matérielles. Le capitalisme parlementaire, ce deuxième âge de la démocratie, a largement dépouillé celle-ci de son contenu égalitaire et subversif.

Mais les indignés rejettent les ersatz de démocratie. La crise sociale, la crise écologique, l’affaissement des imaginaires consumériste et productiviste intimement liés au capitalisme ne permettent plus la légitimation des notables, possédants ou experts, fussent-ils choisis par des électeurs formatés par des systèmes éducatif, productif et médiatique générateurs de résignation et de passivité sociales. Face à l’effondrement de ce monde confisqué par des élites qui montrent chaque jour davantage leur irresponsabilité, l’exigence qui monte chez les citoyens est celle d’imposer une démocratie réelle, c’est-à-dire le pouvoir du peuple et pas des oligarchies.

Ce cadre d’interprétation définit alors des tâches assez précises pour les amis de l’émancipation. Les aspirations des indignés ne peuvent se concrétiser que par l’introduction de réformes politiques fondamentales qui abolissent la privatisation de l’État non seulement par la finance mais par la classe politique elle-même. L’impulsion pour imposer ces réformes ne peut naître que de la rue, mais leur concrétisation suppose une révolution institutionnelle. Les places publiques sont aujourd’hui les laboratoires où les citoyens-chercheurs construisent des pratiques radicalement démocratiques pour éviter la confiscation représentative : tirage au sort des animateurs d’assemblées générales ou des orateurs parmi des volontaires, rotation systématique des charges fonctionnelles, construction d’une pensée collective par l’écoute active et le refus de la dictature de l’urgence, préservation d’une structure horizontale d’organisation…

Ces pratiques s’ancrent dans des expériences historiques nombreuses, quoique souvent refoulées, en particulier dans la tradition libertaire et autogestionnaire du socialisme. Elles prolongent bien des innovations portées par le mouvement altermondialiste depuis dix ans. Elles ne visent pas la tâche, impossible dans des sociétés vastes et complexes comme les nôtres, d’éliminer toute représentation, de généraliser la démocratie directe pour toutes les décisions. Ces innovations doivent et peuvent déboucher, dans les années qui viennent, sur des innovations institutionnelles radicales qui arracheront l’État des mains des oligarchies. Sur l’invention d’un troisième âge de la démocratie, où la représentation serait enserrée dans l’étau du contrôle populaire.

Le paradoxe qu’il faut lever est alors le suivant : comment introduire des innovations institutionnelles sans passer par des mécanismes représentatifs, comme par exemple une Assemblée Constituante élue au suffrage universel ? C’est le paradoxe de toute révolution : abolir illégalement mais légitimement l’ancienne légalité. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il faudra nécessairement mais de façon aujourd’hui imprévisible en passer par de tels paradoxes. En attendant, la tâche qui se présente à nous aujourd’hui est favoriser la maturation au sein du mouvement social et citoyen, mais aussi dans les partis politiques progressistes et dans l’opinion publique en général, d’un ensemble de pratiques sociales et de propositions institutionnelles aptes à refonder la démocratie. Qu’on pense par exemple au travail idéologique colossal qui consisterait à réhabiliter l’idée selon laquelle le tirage au sort constitue un mécanisme institutionnel décisif de la lutte contre la professionnalisation du pouvoir et la confiscation représentative !

Ce projet représenterait un élargissement substantiel du projet d’Attac. Notre légitimité repose aujourd’hui essentiellement sur notre capacité à décrypter les mécanismes de la domination de la finance et à lui opposer, par la théorie et par l’action citoyenne, des alternatives démocratiques, sociales et écologiques. Il faudrait alors ajouter à cela une capacité à décrypter les mécanismes de la confiscation représentative et à lui opposer des alternatives théoriques et pratiques (en commençant par notre fonctionnement interne !). Pour résumer par une formule : faire d’Attac un « Greenpeace de la démocratie ». Nos statuts nous donnent pour objet de « reconquérir les espaces perdus par la démocratie ». Pour faire image, il s’agirait simplement de prendre acte du fait que cette perte remonte non pas aux débuts du néolibéralisme, mais à la destruction de la démocratie athénienne…


* Thomas Coutrot est co-président d'Attac France.

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De l’occupation de Wall Street à l’occupation des Etats-Unis : l’émergence d’un mouvement de masse

Dan La Botz

2011-10-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/77348


cc E K
Pour une fois les effets ne trompent pas sur la cause. Le mouvement des indignés qui enfle aux Etats Unis n’est pas seulement une contestation des conséquences de la crise économique. C’est pour «une vie meilleure, un pays meilleur, un monde meilleur» que manifestent les centaines de milliers de personnes qui forment chaine à travers les Etats-Unis. Un mouvement qu’aucun extrémisme ou centrisme ne récupère et qui perturbe la classe politique américaine.

Une poignée de jeunes gens ont commencé à occuper Wall Street à la mi-septembre pour protester contre l’enrichissement des banques et des grandes sociétés, pendant que la plupart des Américain(e)s devenaient plus pauvres. Au cours des semaines suivantes, ils-elles ont été des centaines, puis des milliers, à participer à des marches et à des manifestations à New York – l’une d’elles débouchant sur l’arrestation de centaines d’entre eux-elles sur le pont de Brooklyn.

La chanson du mouvement « Nous sommes les 99 % » ne résonne pas seulement dans le canyon de Wall Street, mais dans tout le pays. Maintenant, des groupes d’occupant(e)s dans l’ensemble des Etats-Unis campent dans les espaces publics et organisent des marches contre la voracité des grandes compagnies.

Occupy Wall Street a pris le large et ses émules, au début presque toujours de jeunes Blancs, se sont non seulement multipliés, mais aussi diversifiés, attirant des gens de tous les groupes ethniques et de toutes les couches sociales, à l’image de leur chanson : « Voilà à quoi ressemble la démocratie ». Alors que certains jeunes ont été inspirés par l’occupation de la place Tahrir et par les « indignados » espagnols, c’est un mouvement essentiellement états-uniens avec des objectifs états-uniens. Les Occupant(e)s sont furieux contre les grandes sociétés et nombre d’entre eux-elles sont fâchés aussi contre le gouvernement ; ils-elles sont généralement hostiles aux Républicains et déçus par les Démocrates. Frustrés par la situation économique et politique, ils-elles veulent taxer les riches, arrêter les saisies de logements, du travail pour tous les chômeurs(euses). Ils-elles sont nombreux à demander la fin des guerres en Irak et en Afghanistan.

UNE ORGANISATION IMPRESSIONNANTE

Tandis qu’une grande partie des occupant(e)s du Zucotti Park de Manhattan sont de New York, d’autres sont arrivés rapidement de tout le pays pour manifester contre la voracité des grandes sociétés. Leur organisation est impressionnante : la cuisine, le centre médical, l’antenne médias, les conférences quotidiennes avec des intellectuels illustres, comme Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque Mondiale, Jeffrey Sachs, professeur de Harvard et conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies, et Barbara Ehrenreich, féministe et auteure. Ils-elles disposent maintenant d’un journal, The Occupied Wall Street Journal, qui devrait devenir national bientôt. Des dizaines de milliers de dollars ont été collectés auprès de petits contributeurs par Occupy Wall Street et son journal.

Ce mouvement pacifique s’est heurté à la police, autant à New York que dans les autres villes, pourtant il a continué sa marche en avant. Il y a eu des dizaines d’arrestations, non seulement à New York, mais aussi à Boston, Seattle, Des Moines, mais cela n’a pas empêché la croissance du mouvement. Durant le week-end des 8 – 9 octobre, une très grosse manifestation de 10 000 personnes s’est rassemblée à Portland, et une autre plus modeste de 750 personnes à Cincinnati. Comme toujours, les choses vont plus vite, sont plus massives et plus radicales sur les deux côtes, mais ce mouvement a aussi touché le pays profond du Midwest. A Chicago, les manifestations prévues depuis un certain temps par le Syndicat international des employés des services (SEIU), ainsi que par d’autres syndicats et collectifs, ont réuni des milliers de personnes contre les institutions financières, qui ont rejoint Occupy Chicago, une issue qui peut renforcer le mouvement, mais peut aussi le noyer.

UTOPISTE ET ENTHOUSIASMANT

Occupy est en partie une affaire de militant(e)s. Il suffit d’observer ses manifestations dans n’importe quelle ville, n’importe quel jour, pour voir passer des vestes et des t-shirts avec les logos de tous les mouvements qui ont touché le pays durant la dernière décennie : contre la guerre, LGBTQ, contre les saisies, pour les droits civiques. Parmi eux-elles, il y a cependant des forces nouvelles, ouvriers et employé(e)s, jusqu’ici sans leurs logos, slogans et drapeaux, portant des pancartes avec des mots d’ordre comme « Créer des emplois, réformer Wall Street, taxer plus les riches », et « le peuple est trop grand pour faire faillite » (une référence à l’argument qui veut que le gouvernement a dû sauver les banques parce qu’elles étaient « trop grosses pour faire faillite »). Le sens de l’espoir que ce mouvement est en train de susciter est bien rendu par cette inscription aperçue à Wall Street : « C’est la première fois que j’ai senti l’espoir renaître depuis bien longtemps ».

Ce mouvement a un caractère utopiste. Bon nombre de participant(e)s ne veulent pas seulement venir à bout des effets de la crise économique – ils veulent une vie meilleure, un pays meilleur, un monde meilleur. Ce mouvement en tant que tel n’a pas d’idéologie propre. Il exprime quelque chose comme un populisme de gauche : le peuple contre le « big business » et le mauvais gouvernement. Bien qu’il y ait des anarchistes dans ses rangs, et qu’ils lui aient donné quelques-unes de leurs marques, ce n’est pas un mouvement anarchiste. Bien qu’il y ait quelques socialistes en son sein, il n’est pas socialiste. Ce qui est peut-être le plus excitant, c’est la convergence de différents mouvements sociaux, le mélange de manifestant(e)s des classes moyennes et de la classe ouvrière, venus à Wall Street pour dire : « Ça suffit ! ». Le caractère utopiste de ce mouvement a poussé des gens ordinaires à dire : « Nous pouvons, nous devons et nous voulons vivre différemment ».

Après un mois, les syndicats ont commencé à s’intéresser à ce mouvement. A New York, ils ont rassemblé des milliers de leurs membres pour une grande manifestation au mois d’octobre. Au même moment, Richard Trumka, le dirigeant suprême de l’AFL-CIO a pris la parole en faveur du mouvement, comme l’ont fait d’autres leaders de syndicats locaux ou nationaux. Cependant, l’AFL-CIO et Occupy restent méfiants l’un envers l’autre. Le principal objectif de l’AFL-CIO dans l’année qui vient, c’est d’aider Obama et les Démocrates à gagner les élections de novembre 2012, et tant l’AFL que les Démocrates seraient ravis de trouver le moyen de tirer parti d’Occupy dans cette perspective. Nombreux sont ceux-celles, dans le mouvement Occupy, qui aimeraient pouvoir compter sur un investissement plus important des travailleurs-euses et des syndicats, mais ils-elles craignent la main mise de la bureaucratie. D’autres craignent plus encore de perdre leur indépendance politique au profit des dirigeants syndicaux et des Démocrates.

OCCUPY WALL STREET ET LA POLITIQUE

Le Parti républicain est bien entendu opposé à Occupy. Le leader de la majorité de la Chambre, Eric Cantor, a traité les occupant(e)s de foule enragée. Faisant allusion au président Obama, il a dit : « Certains dans cette ville poussent les Américains à se monter les uns contre les autres ». Mitt Romney, le principal prétendant à l’investiture républicaine a même affirmé : « Je pense que cette guerre de classe est dangereuse ». Quoi qu’ils en disent aux médias, la réelle crainte des Républicains, c’est que Occupy Wall Street puisse booster les Démocrates, même s’ils espèrent que la radicalité du mouvement déportent les Démocrates à gauche et leur fasse perdre des voix au centre.

Le comité de campagne du Parti démocrate et le Centre pour un Programme Américain (un think tank démocrate) voudraient lier les Démocrates à Occupy Wall Street, dans l’espoir que ce mouvement puisse mettre de l’air dans les voiles du parti pour 2012. D’autres leaders craignent qu’une identification avec ce mouvement tire les Démocrates trop à gauche et leur fasse perdre le contact avec le Centre, où ils pensent que l’élection se décidera. Plus important encore, certains leaders démocrates affirment que le soutien à un groupe qui attaque Wall Street pourrait conduire à une réduction des dons des banques et des grandes compagnies qui financent leur parti. Bernie Sanders, le seul indépendant du Sénat, qui se définit comme socialiste (bien qu’il participe au caucus démocrate), s’est adressé au mouvement dans une tribune où il appelle le gouvernement à briser le pouvoir des banques, à soutenir les petites entreprises, et à arrêter de spéculer dans le secteur pétrolier. C’est le programme du Parti progressiste de 1912, le programme traditionnel du populisme américain, mais il passe à côté de l’esprit radical de ce mouvement.

Quelques Démocrates aimeraient faire d’Occupy Wall Street leur Tea Party – ce groupement de droite qui a donné un regain de vitalité aux Républicains. Mais les activistes d’Occupy Wall Street ont gardé leurs distances avec les Démocrates, refusant de servir de tremplin à leurs candidat(e)s. De leur côté, les anticapitalistes travaillent à nourrir ce mouvement, à défendre son indépendance et à permettre que ses implications, potentiellement radicales, émergent pleinement.


* Dan La Botz est enseignant, écrivain et militant, il est actuellement engagé dans Occupy Cincinnati. Article écrit en anglais pour Solidarité (Suisse) et traduit par la rédaction de Europe solidaire.

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Commentaires & analyses

Sahara occidental : Historique d'un conflit qui dure depuis 35 ans

Australia Western Sahara Association

2011-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/comment/77378


cc T E
Plus de trente cinq ont passé, depuis que le Maroc a envahi le Sahara occidental. La colonisation d’un derniers territoires africains à libérer se poursuit, malgré la guerre et les résolutions des Nations Unis. La Australia Western Sahara Association présente un court historique de l’invasion marocaine du Sahara Occidental et de ses effets sur la population.

Avant la colonisation du Sahara Occidental, la partie occidentale du désert du Sahara au nord ouest de l’Afrique était historiquement habitée par une société de nomades du désert qui faisaient paître leurs troupeaux de chameaux et pratiquaient un peu d’agriculture. Lorsqu’en 1884 l’Espagne a commencé à coloniser cette région, le Sahara était habité par ces populations nomades qui, du point de vue politique et social, étaient organisées en tribus avec des chefs qui avaient le pouvoir de les représenter. L’Espagne a acquis ces terres du Sahara Occidental, non parce qu’elles n’appartenaient à personne, mais au travers d’accord conclus avec les chefs locaux

Certes l’Espagne était la puissance coloniale, administrant le territoire, mais elle n’a jamais véritablement contrôlé ces populations. Les Sahraouis ont résisté à cette colonisation, avec des affrontements sanglants qui ont duré jusqu’en 1934, année à laquelle ils ont été"pacifiés". Il reste que les Espagnols n’ont alors administré qu’une poignée de villages, dont le plus grand était de taille moyenne. El Aaiun (Laayoune), aujourd’hui capitale du Sahara Occidental, n’existait pas avant 1940. Entre 1956 et 1964, les émeutes se sont multipliées au Sahara occidental avec des batailles sanglantes entre les Espagnols et la résistance sahraouie.

C’est en 1963 que les Nations Unies ont mis le Sahara Occidental sur la liste des pays à décoloniser, affirmant le droit des Sahraouis à l’autodétermination. En 1966, elles adoptaient une résolution, la première d’une série, appelant à l’autodétermination au travers d’un référendum. En même temps, des organisations sahraouies faisant pression pour l’indépendance dans les années 1960 et au début des années 1970, tout ceci a conduit à la création du Front du Polisario en 1973 et au début de la lutte armée. L’année suivante, l’Espagne annonçait son intention de tenir un référendum en 1975, avant de le surseoir suite à la requête du roi Hassan II du Maroc.

Cette même année, l’Assemblée Générale des Nations Unies consulte la Cour Internationale de Justice (CIJ) sur la question du Sahara Occidental. Le documentaire "True Wars and Fake Peace" (vraies guerres et paix factice) met l’accent sur cette période. L’avis rendu par la CIJ, le 16 octobre 1975, la Cour Internationale de Justice a rendu son avis dans le volume 59 de l’International Law report, à partir de la page 13, avec cette citation à la page 85 : "La conclusion de la Cour, sur la base du matériel soumis, n’a pas établi de lien de souveraineté territoriale entre les territoires du Sahara Occidental et le royaume du Maroc ou l’entité mauritanienne. Aussi, la Cour n’a trouvé aucun lien légal de nature à mettre en cause la mise en œuvre de la résolution 1514 (XV) dans le Sahara Occidental décolonisé et, en particulier, le principe d’autodétermination au travers d’une libre et véritable expression de la volonté des populations de ces territoires "

L’INVASION MILITAIRE MAROCAINE DU SAHARA OCCIDENTAL ET "LA MARCHE VERTE"

Le roi Hassan II a ignoré les conclusions de la Cour Internationale de Justice et le 31 octobre 1975, les troupes marocaines ont passé la frontière. Elles auront maille à partir avec la guérilla sahraouie qui s’était constituée en mouvement de libération, le Front du Polisario, dans le nord est du Sahara Occidental. Le roi avait préparé cette invasion bien avant que la Cour de Justice ne rende son avis. Le 6 novembre 1975, il avait donné l’ordre à 300 000 marcheurs qu’il avait rassemblés près de la frontière du Maroc et du Sahara Occidental d’entreprendre la "Marche Verte", ainsi nommée parce que le vert est la couleur symbolisant l’islam. Au moins 160 000 marcheurs sont ainsi entrés au Sahara Occidental et Hassan II de mettre l’Espagne en demeure de commencer immédiatement des négociations directes avec le Maroc. A défaut, il menace de continuer son avancée. Madrid céda. Ainsi, les négociations entre le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne commencent à Madrid le 14 novembre 1975, aboutissant à la signature des Accords de Madrid, connus aussi sous le nom de l’Accord Tripartite.

L’ESPAGNE ABANDONNE LE SAHARA OCCIDENTAL

Devant l’agonie du général Franco, le dictateur qui a gouverné l’Espagne pendant des décennies, son gouvernement sera amené à abdiquer ses responsabilités de puissance coloniale. C’est ainsi que Madrid procède au partage du Sahara Occidental entre le Maroc et la Mauritanie. Les deux pays se partagent le territoire, mais assez vite Nouakchott y renonce et s’engage dans une dynamique de paix avec le Front Polisario. Par contre, la lutte continuera contre le Maroc.

Dès le 6 novembre 1975, le Conseil de Sécurité "déplorait" cette action et avait sommé Hassan II de retirer ses marcheurs. Avec son refus d’obtempérer, l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc se poursuit à nos jours. La résolution du Conseil de Sécurité no 380 (1975) disait :

"Le Conseil de Sécurité
• exprime sa grave préoccupation quant à la situation au Sahara Occidental qui s’est sérieusement détériorée,
• note avec regret que, en dépit de la résolution 377 (1975) du 22 octobre et 379 (1975) du 2 novembre 1975, des appels du président du Conseil de Sécurité sous son autorité, qui a urgemment requis le roi du Maroc de mettre un terme immédiat aux marches annoncées au Sahara Occidental, ladite marche a quand même eu lieu,
• Agissant sur la base des résolutions précédemment mentionnées :

1. Déplore la poursuite des marches,

2. Fait appel au Maroc afin qu’il retire immédiatement tous les participants à la marche dans les territoires du Sahara Occidental,

3. Demande au Maroc et à toutes les parties concernées et intéressées, sans préjuger d’une action que l’Assemblée Générale pourrait entreprendre selon les dispositions de la résolution 3293 (XXIX) du 13 décembre 1974 ou de négociations que les parties concernées et intéressées pourraient entreprendre selon les dispositions de l’Article 33 de la Charte des Nations Unies, de coopérer pleinement avec le Secrétaire Général dans la réalisation du mandat qui lui a été confié par la résolution 377 (1975) et 379 (1975)"

LES EFFETS DE L’INVASION MAROCAINE

Nombreux sont les Sahraouis qui ont fui devant les tanks et les bombardements aériens de napalm et l’usage de bombes à fragmentations. Réfugiés dans un camp près de Tindouf en Algérie du sud ouest, ils sont plus de 160 000 personnes à y vivre actuellement. La situation est à peine viable dans l’austère désert du Hamada où vivent des réfugiés sans moyens de subsistance propres. Pris en charge par le Programme Alimentaire Mondiale (PAM), ils dépendent aussi d’autres aides humanitaires dues à la générosité d’organisations non gouvernementales et de groupes de pression internationaux.

Néanmoins, les Sahraouis ont établi leur propre gouvernement, la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui non seulement administre les camps, s’occupe de la scolarité des enfants et des soins de santé de chacun, représente les intérêts du peuple sahraoui aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs, fait du lobbying auprès des Nations Unies, de l’Union européenne et des gouvernements dans le monde entier. La RASD est reconnue par au moins 80 nations et membres fondateurs de l’Union africaine.

Les Sahraouis restés sur leurs terres ancestrales (connu maintenant sous le nom de Territoires Occupés par le Maroc) sont constamment confrontés aux menaces d’arrestations, d’emprisonnement et de mort, mais aussi aux risques de "disparition" entre les mains des forces d’occupation marocaines. Il leur est impossible de s’échapper, face à un mur long de 2400 kilomètres qui divise le Sahara Occidental entre la zone côtière occupée par le Maroc et l’intérieur aux mains du Front du Polisario.

LE CESSEZ-LE-FEU, MINURSO ET LE REFERENDUM POUR L’AUTODETERMINATION

La guerre entre le Maroc et le Front du Polisario s’est poursuive jusqu’au cessez-le-feu signé en 1991, négocié sous l’égide des Nations Unies et de l’Union africaine. La Mission des Nations Unies pour un référendum au Sahara Occidental (MINURSO) a alors été établie afin d’organiser, sous les auspices de l’institution onusienne, un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui en 1992, comme prévu par le plan de paix entre le Maroc et le Font du Polisario. Mais, dès 1996, le plan de paix se retrouve dans l’impasse.

En 1997, le secrétaire d’Etat du président Georges H. Bush, James Baker, devient l’envoyé spécial des Nations Unies. Il élabore un nouveau plan pour le référendum (le Framework Agreement and the Status of Western Sahara - un accord cadre pour le statut du Sahara Occidental), mais le Maroc refuse de collaborer. En 2003, Baker a produit un nouveau plan intitulé le Peace Plan for Self Determination of People of Western Sahara (Le plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental), unanimement approuvé par le Conseil de Sécurité et la RASD. Mais le Maroc a continué de faire la sourde oreille.

Les Nations Unies ont pris toutes les mesures pour que le référendum ait lieu, mais le Rabat persiste dans son refus. Tous les six mois les Nations Unies votent une résolution afin de conserver la MINURSO en place et chaque année une autre résolution vient soutenir le droit des Sahraouis à l’autodétermination. Plus de trente ans ont ainsi passé depuis que le Maroc a envahi le Sahara Occidental, empêchant les Sahraouis d’accéder à l’autodétermination.


PETITS DOCUMENTAIRES CONCERNANT LES REFUGIES SAHRAOUIS:

- Trailer for a Documentary about the Saharawi refugees, directed by Tamás Polgár. 

- United Nations video called ‘Crossing the Divide’. 

- Al-Jazeera’s Inside Story documentary on the Saharawi: Part One and Part Two.

- ‘Children of the Clouds’ documentary by Spanish film maker Carlos González: Part One and Part Two.



LIENS VERS LES PHOTOS ET LES VIDEOS DES ANNEES DE GUERRE
http://www.youtube.com/watch?v=9BsG4BpGd4A&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=V_QXHZJnj1E&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=i7vb3fCx4_s&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=c_YL2heiBOI&feature=related



BIBLIOGRAPHIE
- International Court of Justice, Reports on Western Sahara (1975)


- Stephen Zunes and Jacob Mundy, ‘Western Sahara: War Nationalism & Conflict Irresolution’, Syracuse University Press, 2011. 


- Jacob Mundy, ‘Neutrality or Complicity? The United States and the 1975 Moroccan Takeover of the Spanish Sahara’, 11 Journal of North African Studies, 2006.


- Anna Theofilopoulou, ‘The United Nations and Western Sahara: A Never-Ending Affair’, US Institute for Peace, Special Report No. 166, July 2006. 

- John Damis, ‘Conflict in Northwest Africa: The Western Sahara Dispute’, Stanford, Hoover Institution Press 1983.


- Tony Hodges, ‘Western Sahara: The Roots of a Desert War’, Westport, Lawrence Hill, 1983. 


- Yahia H. Zoubir and Daniel Volman (eds), ‘International Dimensions of the Western Sahara Conflict’, Westport, Praeger, 1993. 


- Thomas M. Franck, ‘The Stealing of the Sahara’, 70 American Journal of International Law 694, 1976. 


- Kamal Fadel, ‘The Decolonization Process in Western Sahara’, Indigenous Law Bulletin, 1999, p. 66. 


- Ian Williams and Stephen Zunes, ‘Self Determination Struggle in the Western Sahara Continues to Challenge the UN’, Foreign Policy in Focus, 17 September 2003, found at www.fpif.org


* Australia Western Sahara Association est association engagée pour la justice en faveur du peuple sahraoui. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Sahara Occidental : La dernière colonie en Afrique

Konstantina Isidoros

2011-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/comment/77379


© Paulo Nunes dos Santos
Dernière colonie à libérer en Afrique, envahi par le Maroc qui refuse depuis de 35 ans de sacrifier aux résolutions onusiennes qui devraient mener à l’autodétermination et à l’indépendance de son peuple, le Sahara Occidental est l’objet d’un numéro spécial de l'édition anglaise de Pambazuka News. Comme l’écrit Konstantina Isidoros dans ce texte d’introduction, ce numéro spécial donne la parole aux Sahraouis autochtones des deux côtés du Berm (le mur de la honte marocain) et à leur chagrin d’être divisé de force. Des militants sahraouis des droits humains des territoires occupés par le Maroc, dont certains sont actuellement incarcérés pour leurs opinions, ont écrit depuis leur prison. D’autres écrivains sahraouis nous ont envoyé des descriptions des nombreuses façons dont leur vie quotidienne est perturbée par le déni de leur droit à la parole, du droit d’association et du déni de leurs moyens de subsistance sur leur propre terre. Quelques articles de cette édition spéciale (http://www.pambazuka.org/en/issue/551) sont traduits et publiés dans ce numéro.
"Il n’y a pas de plus douloureuse épreuve que la perte de sa terre natale". Euripide 431 av. J-C

Les nomades sahraouis du désert du Sahara Occidental attendent depuis 1975 que l’on respecte leur droit fondamental à voter une seule fois : un vote pour leur autodétermination. Alors que l’Espagne commençait à retirer sa présence coloniale du Sahara Occidental dans le chaos, le Maroc a brutalement déclaré que ce territoire était le sien, menaçant de l’envahir.

Les Nations Unies avaient alors sollicité l’avis de la Cour Internationale de Justice afin qu’elle enquête. La plus haute cour de justice du monde a donné son avis, pour dire qu’il n’y a aucune base légale à la prétention du Maroc pour revendiquer le territoire souverain du Sahara Occidental. Et dire aussi que la population autochtone sahraouie est l’héritière légitime de ce territoire. Mais le Maroc a ignoré le droit international et a envahi le Sahara Occidental. Pendant toute la période où le mouvement de libération des nomades sahraouis, le Front du Polisario, était engagé dans une guerre féroce avec le Maroc, les Nations Unies ont émis nombre de messages alarmés, réitérant que les actions du royaume chérifien étaient intolérables.

Aujourd’hui encore, le Sahara Occidental reste le dernier pays d’Afrique à n’avoir pas été correctement décolonisé et le droit du peuple sahraoui à l’indépendance demeure bafoué. A cet égard, le Maroc a violé le droit international de manière flagrante à deux reprises. D’abord en envahissant de façon illégale un territoire souverain, ensuite par l’occupation qui se poursuit à nos jours. Les Sahraouis ont ainsi passé ces 36 dernières années à se battre contre la présence illégitime du Maroc sur leur sol sahraouis, contestant aussi le refus du Maroc de collaborer au processus des Nations Unies pour leur autodétermination. Rabat sait que s’il permet le vote pour l’autodétermination, les Sahraouis vont très probablement choisir l’indépendance plutôt que de rester sous le joug d’une occupation coloniale militaire illégale.

La lutte pour l’indépendance des Sahraouis frappe au cœur même de nos principes de droit et des droits humains. Sont-ils applicables universellement sur toute la planète afin de sauvegarder les droits humains ou est-il tolérable que certaines sociétés soient privées de ces principes ?

Compte tenu du silence médiatique sur l’importance géopolitique du conflit du Sahara Occidental et de l’ignorance de la situation dramatique de la population sahraouie, ce numéro spécial de Pambazuka News a été élaboré afin d’accélérer la prise de conscience internationale concernant la tromperie de certains gouvernements occidentaux, de l’Union européenne et de l’échec des Nations Unies à faire appliquer son mandat. J’espère que le lecteur voudra approfondir l’histoire des Sahraouis et rejoindre les groupes internationaux de pression et les ONG et que les étudiants en droit, en science politique, en anthropologie étudient, le cas du Sahara Occidental et se joignent à un groupe d’intellectuels respectés qui objecte avec véhémence au vol d’un territoire souverain par le Maroc, perpétuant la confiscation des droits humains et l’exploitation des ressources naturelles d’un pays qu’il occupe brutalement.

Ce numéro spécial de Pambazuka News donne la parole aux Sahraouis autochtones des deux côtés du Berm (le mur de la honte marocain : des murs de sable sévèrement militarisés et minés) et à leur chagrin d’être divisé de force. Des militants sahraouis des droits humains des territoires occupés par le Maroc, dont certains sont actuellement incarcérés pour leurs opinions, ont écrit depuis leur prison, des articles et des histoires courtes qui mettent en lumière la brutalité de l’oppression par les militaires marocains. D’autres écrivains sahraouis nous ont envoyé des descriptions des nombreuses façons dont leur vie quotidienne est perturbée par le déni de leur droit à la parole, du droit d’association, du déni de leurs moyens de subsistance sur leur propre terre.

Ce qui transparaît dans tous ces textes est l’espoir et les rêves d’un peuple et de ses enfants. La jeunesse sahraouie et les étudiants sont devenus très actifs sur YouTube et Facebook, qui aspirent à la liberté, à l’indépendance, à la fin des"disparitions" et des incarcérations prolongées, à la fin d’une justice partiale et de la torture menée par les forces de sécurités et des services secrets. Voyez le documentaire de la BBC " Tropic of cancer : Western Sahara" et suivez sur "BBC story" comment un informateur est battu par les Marocains après que l’équipe de tournage de la BBC est partie.

De l’autre côté du Berm, vivent les Sahraouis qui "résident" dans les camps de réfugiés à la frontière algérienne. Dans ces textes nous entendons la nostalgie de la patrie et l’impatience du retour. Là, nul besoin de soulèvement contre l’envahisseur pour cette moitié de la population sahraouie, la proximité de la frontière algérienne étant dissuasive pour les forces marocaines. Plutôt, les Sahraouis sont libres d’être des combattants pour la liberté et les camps fournissent la structure symbolique d’une nation, d’un Etat en exil. La vie est dure en exil. Ce n’est pas facile pour un peuple digne et autosuffisant de dépendre de l’aide humanitaire, d’être réfugié. Le documentaire de la BBC" We are Sahrawies" offre un aperçu de cette vie.

Entre les histoires personnelles en provenance des deux côtés du Berm, on trouve des photos puissamment évocatrices et des films documentaires en ligne qui permet au lecteur d’approcher le monde extraordinaire du désert et la topographie dans laquelle évoluent les Sahraouis. J’espère que ce numéro spécial rendra vivantes les histoires du peuple sahraoui et que leur rêve de liberté vous touchera

J’ai aussi invité des voix autres que sahraouies, qui se font entendre dans des écrits centrés sur le droit international et les sciences politiques parce que l’histoire du Sahara Occidental est un cas école en matière de droit international. Chaque Etat/nation africain a ce droit et c’est un symbole de la persévérance de l’Etat sahraoui que d’adhérer au droit international en devenant, dès 1984, un membre à part entière de l’Union africaine dont 80 pays ont reconnu l’Etat/nation sahraoui, la République arabe sahraouie démocratique (RASD)

Je remercie particulièrement Anthony Pazzanita d’avoir écrit une suite à son article de 1994 sur les tactiques raffinées de propagande marocaine. Jacob Mundy a aussi contribué avec un nouvel article, avec les recherches menées pour son doctorat et qui montre combien la brutale répression marocaine a alimenté la résilience et le combat pour les droits humains des Sahraouis.

J’ai été submergée d’offres provenant du réseau international d’analystes et d’observateurs qui offraient de joindre leur voix à ce numéro spécial. L’espace étant limité, tout n’a pas pu être publié. Néanmoins c’est un témoignage de solidarité avec les Sahraouis que de si nombreuses personnes aient répondu promptement.

J’ai soulevé ces trois points en espérant que lecteur saura distinguer entre les deux versions si différentes de l’histoire de ce conflit. Peu importe ce que dit le Maroc, le critère est le droit international qui est en désaccord avec la thèse politique contemporaine de Rabat et n’accepte pas davantage la revendication historique de sa souveraineté sur le Sahara Occidental. Je voudrais mentionner à ce propos le livre de Stephen Zunes et Jacob Mundy "Western Sahara: War Nationalism & Conflict Irresolution", Syracuse University Press (2011).

Enfin, le Maroc use continuellement de moyens raffinés pour dépeindre les Sahraouis sous un mauvais jour, en particulier le Front du Polisario (le représentant politique du peuple sahraoui, pourtant reconnu par les Nations Unies). Le lecteur sera intéressé de savoir que le Front du Polisario a été constitué à la fin des années 1960, d’abord comme mouvement de libération du colonisateur espagnol. Par la suite ses objectifs ont changé et son but était de combattre l’invasion marocaine, la "Marche Verte". La constitution du Front du Polisario contient des dispositions qui prévoient sa dissolution dès lors qu’il a atteint son but de libération et obtenu le vote pour l’autodétermination. Je voudrais donner au lecteur l’occasion d’entendre quatre représentants du Polisario de par le monde afin de juger par eux-mêmes.

Lamin Baali a récemment été interviewé par "Think Africa Press" (August 2011). Au cours d’une de ces discussions, Baali a souligné l’immense hémorragie financière que représente l’effort de guerre pour le Maroc en vue de poursuivre son occupation militaire illégale. Le Maroc a en effet récemment acquis 24 avions de combat F16 aux Etats-Unis, argent qui aurait pu être plus judicieusement utilisé pour le développement économique et social de la population marocaine elle-même.

Lors de la conférence de l’UNISA sur le droit international et le Sahara Occidental, qui s’est tenue à Pretoria en 2008, le Dr Sidi Omar a livré un discours analytique : "The legal claim of the Saharawi people to the right to self-determination and decolonisation" (la revendication légale du people sahraoui à l’autodétermination et à la décolonisation).

Emhamad Khadad a parlé de "Sovereignty & Self-Determination in Western Sahara" (Souveraineté & autodétermination au Sahara Occidental) à l’université de Durham Kamal Fadel a été interviewé par le syndicat des travailleurs australiens qui ont par la suite visité les camps de réfugiés


* Konstantina Isidoros est une doctorante à l’université d’Oxford – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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GROUPES DE PRESSION INTERNATIONAUX
- Free Western Sahara Network

- Western Sahara Campaign UK

- Western Sahara Resource Watch

- Australian Western Sahara Association

- War on Want

- Sandblast 

- Fish Elsewhere 

- Norwegian Support Committee

- Belgium Western Sahara Solidarity Group 

- ARSO (Association de soutien à un référendum libre et régulier au Sahara Occidental)

- France APSO (Amis du Peuple du Sahara Occidental)
– Spain Sahara Libre

- Western Sahara Action Ireland

- Germany Project Gruppe Westsahara

SOURCES D’INFORMATION CONCERNANT LES SAHRAOUIS
-ASVDHRun from the occupied territories. Ce site web de l’Association sahraouie des victimes de violations graves des droits humains commises par l’Etat marocain est une source très importante d’information concernant les violations des droits humains au Sahara Occidental
-Sahara Press Service: The Polisario Front's e-mail based news service. 


- Malainin Lakhal’s Saharawi Journalist and Writers Union 


- AFAPREDESA Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis
- CODESA: Collectif des défenseurs des droits humains sahraouis


Malainin Lakhal : Coup de projecteur sur un militant sahraoui

Malainin Lakhal

2011-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/comment/77380


cc M Benericetti
Malainin Lakhal a pris la dangereuse route de l’évasion par le Berm marocain. C’était il y a 11 ans. Sa présente contribution fournit des informations sur ce dangereux chemin que tant de Sahraouis sont contraints de suivre, lorsque leur vie devient gravement menacée par les forces de sécurité marocaines.
Je me considère comme un combattant pour la liberté avec un laptop. Je suis un militant, un rêveur, un poète et un journaliste dans les camps de réfugiés sahraouis. J’ai organisé avec quelques amis la Sahrawi Journalists and Writers Union (L’union des écrivains et des journalistes sahraouis) afin de dire au monde l’histoire de la résistance et de la survie du peuple sahraoui (des médias incluent le service de presse SPS RASD et la nouvelle télévision locale financée et assistée par une ONG espagnole du nom de RASd TV) Mais les Marocains m’ont désigné comme "fauteur de troubles". Je suis né et j’ai grandi dans la ville occupée de El Aaiun. J’avais quatre ans lors de l’invasion marocaine.

En l’an 2000, j’ai été contraint de fuir le Sahara Occidental occupé par les Marocains parce que le régime me pourchassait en raison de mes activités de résistance et de militant pour les droits humains. J’ai fait une traversée très dangereuse du Berm (route non carrossable.ndlt) pour parvenir à la sécurité des camp de réfugiés, à travers les murs de sables minés que les Marocains ont construit pour diviser mon pays. S’ils m’avaient attrapé, j’aurais été emprisonné et battu sinon torturé. J’aurais aussi pu disparaître pour toujours.

Ils en avaient après moi parce que j’étais actif au sein de mouvements estudiantins sahraouis dans des universités marocaines. J’avais étudié la langue et la littérature anglaises à l’université Ibn Zuhr à Agadir. Ils m’avaient arrêté plus de trois fois et j’ai goûté à leurs méthodes de tortures et essuyé leur haine. En 1999, j’ai contribué à l’organisation du plus grand soulèvement populaire du Sahara Occidental et pendant plus de trois mois nous avons pu " libérer" notre ville du contrôle marocain. Nous avions fait des sit-in et des manifestations quotidiennes. Mais il y a eu beaucoup de violence de la part des militaires marocains et des services secrets.

Pendant un peu plus d’une année j’ai travaillé clandestinement. Puis ma famille et mes amis m’ont dit qu’il était l’heure de partir. En arrivant au camp de réfugiés j’ai commencé par travailler comme enseignant, puis comme traducteur et enfin j’ai trouvé une occasion, en 2003, de rejoindre le service de presse sahraoui afin de lancer la page anglaise du SPS. Dès lors j’ai continué de me concentrer sur mon travail de journalistes et mon militantisme afin d’aider les gens à l’intérieur des territoires à se faire entendre et à faire connaître leur histoire au vaste monde

Cette histoire a commencé en 1975 lorsque l’invasion marocaine a commencé. Ils voulaient nos côtes atlantiques, nos terres et nos ressources. Leurs guerres rendaient évidentes qu’ils voulaient exterminer le peuple sahraoui. Ceci a été clairement exprimé par le roi du Maroc lors de son discours au cours duquel il a annoncé la "Marche Verte". Mais Dieu merci ! le Front du Polisario et le peuple sahraoui étaient organisés dès avant l’invasion.

Notre mouvement de libération a été constitué en 1973, ce qui nous a permis de résister à l’invasion marocaine. Le Maroc a désigné cette invasion du nom de la "Marche Verte". Y participaient des citoyens marocains ordinaires, trompés par la propagande ou contraints de participer le 6 novembre 1975

Mais six jours avant la marche, les tanks des militaires marocains éradiquaient déjà toute résistance. Les bombes au phosphore, les avions de combat, les soldats et les services secrets ont fait le sale boulot pour préparer le terrain. L’administration espagnole n’a pas résisté. Elle a signé ce qui a été dénommé l’Accord Tripartite avec le Maroc et la Mauritanie qui ont partagé le pays entre eux. Les Marocains ont commencé à envoyer des colons - des Marocains ordinaires récompensés, pour s’installer sur nos terres afin d’en changer la démographie.

Lorsque nos femmes et nos enfants ont fui vers l’est, en direction de l’Algérie, ils ont établi le premier camp de réfugiés. Une année plus tard, en 1976, nous avons proclamé notre nation, un Etat en exil, la République arabe démocratique sahraouie. Nous sommes le seul Etat au monde constitué seulement de camps de réfugiés. Notre population est partagée en deux : une moitié vit dans des camps de réfugiés et l’autre vit dans les territoires occupés par le Maroc qui nous élimine et nie tous nos droits humains.

A ce jour, le gouvernement du Maroc a refusé toutes les solutions pacifiques au conflit. Selon le droit international et toutes les résolutions des Nations Unies, un référendum devrait apporter la solution au problème. Tout ce que nous, peuple sahraoui voulons, c’est l’exercice de notre droit fondamental à l’autodétermination à laquelle nous aurions dû accéder lorsque l’administration coloniale espagnole a commencé à plier bagage. D’autres colonies ont eu ce droit de décider. Sauf nous. A ce jour, le Maroc continue de refuser de collaborer avec les Nations Unies grâce au soutien inconditionnel de la France et des Etats-Unis. C’est à cause de ces deux puissances et aussi de l’Espagne que le Maroc a réussi à se soustraire au droit international. Cette dynamique peut être observée dans le documentaire d’investigation Democracy Now! dans lequel on peut voir d’immenses manifestations de la société civile espagnole dont le célèbre acteur Javier Bardem.

Le peuple sahraoui n’a pas d’animosité à l’égard du peuple marocain. Nous le voyons comme un peuple opprimé qui vit sous la férule d’une monarchie absolue, qui dépense des milliards de dollars pour son budget militaire afin de voler notre terre, plutôt que de dépenser cet argent pour son propre peuple et des infrastructures. La question du conflit du Sahara Occidental concerne le roi lui-même. Nous savons que le peuple marocain lui-même, en particulier les colons dans les territoires occupés, ne sont pas responsables de l’occupation. Ils sont instrumentalisés afin de changer la démographie de façon substantielle. Donc nous n’avons pas de querelle avec le peuple marocain et les colons marocains. Le Front du Polisario l’a clairement fait savoir à la tribune des Nations Unies lors de discussions pour la paix.

Mais le Maroc veut nous faire taire, il veut que nous partions, que nous abandonnions nos terres. Il veut nous effacer de la géographie du désert. Nous, nous ne faisons que manifester pour avoir le droit de vote et le droit de choisir notre destinée. Nous voulons que le Maroc cesse de violer nos droits humains et nos droits territoriaux. Nos organisations des Droits de l’Homme font état de plus de 500 disparus, de 151 prisonniers de guerre dont les autorités marocaines n’ont pas donné de nouvelles, de 20 000 victimes d’arrestations arbitraires et des milliers de victimes de tortures. Ceux-là ne sont que les cas documentés par les organisations des droits de l’Homme. Il y en a de nombreux autres qui ne sont pas documentés. Mais maintenant nous avons un réseau de défenseurs des droits humains et d’étudiants universitaires qui risquent leur vie afin de passer les informations à des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch.

Nous avons toujours été en guerre contre le colonialisme marocain. La seule différence c’est que nous avons maintenant des armes nouvelles : des manifestions, des sit-in, le monde. Les prisonniers politiques et les militants donnent leur sang et leur corps en sacrifice pour la liberté. Et ils ont besoin d’aide. Ils ont besoin qu’on les protège, qu’on les soutienne et que le monde entende leur histoire. La jeunesse doit savoir plus sur notre histoire, nos traditions, nos valeurs et notre culture parce que c’est là une autre arme dans notre combat. Le régime marocain s’est donné beaucoup de mal et a investi des millions afin de détruire la culture sahraouie, son identité et ses valeurs.

Voterons-nous pour l’indépendance ou pour l’intégration au Maroc ? Peut-être que la réponse est l’intégration ? Mais le fait est que la moitié de la population endure résolument les dures conditions prévalant dans les camps de réfugiés et l’autre moitié, dans les territoires occupés par le Maroc, risque leur vie avec des séjours réguliers en prison marocaine, la menace de la torture. Ceci parle plutôt en faveur d’une indépendance pleine et entière. C’est ce que le Maroc redoute tellement. C’est la raison pour laquelle le Maroc embrouille tellement les discussions pour la paix.

Nous voulons juste le droit de vote. Et alors, finalement, nous connaîtrons la réponse à la question du Sahara Occidental. Nous devons tout le temps lutter pour nos droits parce que des gens comme moi ne sont pas seulement des journalistes, mais aussi des militants des Droits de l’Homme et des combattants pour la liberté. Nous luttons pour le respect de nos droits humains, pour le droit à l’autodétermination, à la démocratie, la liberté d’expression, pour le droit à une vie de sécurité, à l’indépendance et pour ces droits dont tous les humains doivent pouvoir jouir et doivent défendre. Et vous devez savoir que si nous les perdons aujourd’hui parce que nous sommes faibles et parce vous ne vous en êtes pas souciés, vous les perdrez demain parce que notre cas aura créé un précédent.


* Malainin Lakhal est le secrétaire général de l’Union des écrivains et journalistes sahraouis basé dans le camp de réfugiés sahraoui près de Tindouf en Algérie. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Résumé de l'Édition Anglaise

Khadafi : Un assassinat planifié

2011-10-24

http://pambazuka.org/fr/category/summaryen/77390

Réaction immédiate à l'assassinat de Gaddafi

Khaddafi a été assassiné par les partisans de l’impérialisme américains et de leurs subalternes au sein de l'OTAN. Le jugement qui devait avoir lieu dans le cadre d’un procès ne se tiendra jamais. Cela aurait dérangé les patrons du système impérialiste. L'assassinat a été donc prévu, sinon planifié, écrit Samir Amin.
http://pambazuka.org/en/category/features/77293

La mort de Gaddafi

La mort de Khadafi - avec tous les éléments d'un «assassinat» coordonné - constitue une étape de plus dans cette guerre de l'OTAN en Libye et en Afrique du nord. La remilitarisation de l'Afrique et le nouveau déploiement d'AFRICOM va constituer une nouvelle étape dans la politique africaine, souligne Horace Campbell.
http://pambazuka.org/en/category/features/77292


La Somalie : Fabrication d'une famine

Comment la crise est devenue une occasion de mobilisation de fonds
Le PAM a conduit une campagne agressive de collecte de fonds pour parer aux besoins du sud et du centre de la Somalie jusqu’à la fin de l’année. Mais quels sont ces besoins, et qui les évalue, se demande Rasna Warah.
http://pambazuka.org/en/category/features/77259



Démenti allemand de génocide de Herero

Le restitution des crânes de Namibiens par l’Allemagne rallume des souvenirs douloureux du colonialisme européen en Afrique et la lutte continue pour rendre le continent vraiment libre. L'Afrique doit maintenant soutenir la Namibie pour exiger des excuses et des réparations d'Allemagne, analyse Saunders Jumah.
http://pambazuka.org/en/category/features/77234

Un printemps sénégalais ?

Ella Scheepers se demande si le mouvement du 23 juin au Sénégal ne suggère pas la reconnaissance croissante que la réalisation du changement social et politique exige une conscience collective et une organisation, plutôt que de compter seulement sur l'impact à court terme des protestations de rue ou les différents efforts de n'importe quelle parti.
http://pambazuka.org/en/category/features/77235

L'Egypte : Journal intime d'une révolution

Gabriele Habashi fait une narration passionnante de son expérience pendant les derniers jours de protestations qui ont renversé l'ancien président égyptien Hosni Mubarak. C'est l'histoire d'un peuple qui avait détesté l'oppression et avait décidé de se libérer
http://pambazuka.org/en/category/features/77237
Réaction immédiate à l'assassinat de Gaddafi

Khaddafi a été assassiné par les partisans de l’impérialisme américains et de leurs subalternes au sein de l'OTAN. Le jugement qui devait avoir lieu dans le cadre d’un procès ne se tiendra jamais. Cela aurait dérangé les patrons du système impérialiste. L'assassinat a été donc prévu, sinon planifié, écrit Samir Amin.
http://pambazuka.org/en/category/features/77293

La mort de Gaddafi

La mort de Khadafi - avec tous les éléments d'un «assassinat» coordonné - constitue une étape de plus dans cette guerre de l'OTAN en Libye et en Afrique du nord. La remilitarisation de l'Afrique et le nouveau déploiement d'AFRICOM va constituer une nouvelle étape dans la politique africaine, souligne Horace Campbell.
http://pambazuka.org/en/category/features/77292


La Somalie : Fabrication d'une famine

Comment la crise est devenue une occasion de mobilisation de fonds
Le PAM a conduit une campagne agressive de collecte de fonds pour parer aux besoins du sud et du centre de la Somalie jusqu’à la fin de l’année. Mais quels sont ces besoins, et qui les évalue, se demande Rasna Warah.
http://pambazuka.org/en/category/features/77259



Démenti allemand de génocide de Herero

Le restitution des crânes de Namibiens par l’Allemagne rallume des souvenirs douloureux du colonialisme européen en Afrique et la lutte continue pour rendre le continent vraiment libre. L'Afrique doit maintenant soutenir la Namibie pour exiger des excuses et des réparations d'Allemagne, analyse Saunders Jumah.
http://pambazuka.org/en/category/features/77234

Un printemps sénégalais ?

Ella Scheepers se demande si le mouvement du 23 juin au Sénégal ne suggère pas la reconnaissance croissante que la réalisation du changement social et politique exige une conscience collective et une organisation, plutôt que de compter seulement sur l'impact à court terme des protestations de rue ou les différents efforts de n'importe quelle parti.
http://pambazuka.org/en/category/features/77235

L'Egypte : Journal intime d'une révolution

Gabriele Habashi fait une narration passionnante de son expérience pendant les derniers jours de protestations qui ont renversé l'ancien président égyptien Hosni Mubarak. C'est l'histoire d'un peuple qui avait détesté l'oppression et avait décidé de se libérer
http://pambazuka.org/en/category/features/77237





Femmes & genre

Burkina Faso : La 2e édition du prix de la meilleure journaliste burkinabè lancée

2011-10-24

http://tinyurl.com/5ujxl8s

Dans le cadre de la journée nationale de la liberté de la presse, célébrée le 20 octobre de chaque année au Burkina Faso, le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ), a procédé au lancement de la 2e édition du prix de la meilleure journaliste dans la soirée mercredi 19 octobre dernier à Ouagadougou. «Le prix de la meilleure journaliste burkinabè» va encourager, selon ses organisateurs, les femmes à embrasser la profession de journaliste au Burkina Faso et celles qui y sont déjà à cultiver l'excellence. «Toute journaliste professionnelle, conformément à la loi portant régime juridique au Burkina Faso, est éligible à ce prix», a expliqué Alima Fanta Ouédraogo, membre du jury de l'édition 2010.





Droits humains

Côte d’Ivoire : Le Parlement panafricain veut promouvoir la cohésion sociale

2011-10-23

http://tinyurl.com/6x8z7kk

La Commission permanente de la coopération, des relations internationales et du règlement des conflits du Parlement africain recommande aux nouvelles autorités ivoiriennes la mise en place d’une institution nationale d’éducation civique pour réorienter la mentalité des ivoiriens et les éloigner de toute pratique discriminatoire et de division à la base, selon elle, des grains de discorde. Les députés africains souhaitent aussi la création d’une institution nationale efficace pour dispenser l’éducation civique, faire la promotion de la participation des femmes à la gouvernance, ainsi qu’un "chien de garde constitutionnel" pour faire respecter les droits fondamentaux dans le pays qui a été paralysé par une crise politico-militaire depuis 2002.


Global : Réhabiliter les victimes de trafic humain

2011-10-23

http://tinyurl.com/6acu4ju

Le Fonds d'affectation volontaire des Nations unies pour les victimes du trafic des êtres humains a remis le 18 octobre la première tranche de 300.000 dollars américains à des organisations dans 12 pays afin d'aider les victimes de la traite humaine à obtenir justice, à retourner chez elles et à se remettre de leurs épreuves. Les fonds sont gérés par le Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Le fonds d'assistance comprend l'autonomisation des victimes du trafic d'êtres humains pour qu'elles prennent en charge leur avenir, un soutien juridique pour leur permettre de demander justice contre ceux qui les ont asservis, des structures pour leurs identités, la formation et le soutien afin de s'assurer qu'ils sont en mesure de reconstruire leurs vies.


Mauritanie : Les esclaves représentent 20% de la population

2011-10-23

http://tinyurl.com/6ldw8al

Les esclaves représentent 20 pour cent de la population de la Mauritanie qui est estimée à trois millions d’habitants, a déclaré le 18 octobre, à Nouakchott, le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Birame Ould Dah Ould Abeid. S’exprimant au cours d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de lutte contre l’esclavage, il a indiqué que ces statistiques ressortent d’une large enquête menée dans toutes les communes du pays. Il a réaffirmé la détermination de l’IRA à poursuivre le combat «jusqu’à l’éradication de l’esclavage, du racisme et l’exclusion». La Mauritanie a adopté en 2007 une loi criminalisant les pratiques esclavagistes.





Réfugiés & migration forcée

Madagascar : L'émigration des femmes vers le Koweit inquiète

2011-10-23

http://tinyurl.com/6cws3wu

A Madagascar, des voix s'élèvent pour dénoncer une nouvelle filière de migrations de femmes vers le Koweit. Des femmes qui partent là bas pour devenir domestiques. Cela rappelle la filière libanaise quand de nombreuses travailleuses malgaches avaient été maltraitées par leurs employeurs. Mais cette fois tout ira bien assure le gouvernement malgache. L’approbation des autorités malgaches pour la destination Koweït augmentera sans doute encore le nombre de candidates au départ, attirées par l’espoir d’un avenir meilleur. Deux cents dollars par mois, c’est quatre fois plus que le salaire moyen sur la Grande île.


Soudan : Khartoum condamné pour avoir rapatrié des réfugiés érythréens

2011-10-23

http://tinyurl.com/6xe752d

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a condamné le 18 octobre l'expulsion par le Soudan de plus de 300 réfugiés et demandeurs d'asile érythréens après des semaines de détention et en dépit d'un accord précédemment conclu avec les Nations unies. Le porte-parole du HCR a déclaré que l'agence craignait que les droits des réfugiés ne soient pas respectés, même si les autorités soudanaises avaient assuré le contraire. Selon le HCR, le Soudan avait récemment forcé, à plusieurs reprises, des demandeurs d'asile à retourner en Erythrée où ils risquent d’être persécutés.





Elections & gouvernance

Afrique : Les conséquences de la mort de Kadhafi

2011-10-23

http://tinyurl.com/5tldn3h

Kadhafi est mort. Pour certains, le tyran est parti et c’est bien fait pour lui, pour d’autres, la disparition d’un panafricaniste, même fou, est une perte énorme pour l’Afrique. Avec son argent et sa personnalité complexe, Kadhafi avait réussi à rénover la vieille OUA (Organisation de l’unité africaine) pour la transformer en Union africaine dans la ville Syrte qui l’a vu naître et qui l’a vu mourir ce 20 octobre 2011. Kadhafi est intervenu au Tchad, a été reconnu responsable des attentats contre l’UTA, et de Lockerbie. C’était un terroriste pour certains et un combattant contre l’Occident pour d’autres.


Libye : Proclamation de la "libération"

2011-10-24

http://tinyurl.com/5vfzcff

"Déclaration de libération. Levez haut vos têtes. Vous êtes des Libyens libres". C’est ainsi que le vice-président du Conseil national de transition (CNT), Abdel Hafez Ghoga a proclamé la libération de la Libye, lors d'une cérémonie devant une foule en liesse sur la place centrale de Benghazi, le 23 octobre. Cette proclamation tant attendue est cependant assombrie par la polémique autour des circonstances de la mort de Khadafi, tué après avoir été capturé vivant. Pour le Royaume-Uni, cet incident a "un peu terni" la réputation du Conseil national de transition (CNT).


Cameroun : La Cour suprême accusée d’avoir entériné le vote des morts

2011-10-24

http://tinyurl.com/65ty4nb

Le principal parti d'opposition camerounais Le Social Democratic Front (SDF) du leader John Fru Ndi a accusé le 23 octobre la Cour suprême, qui a proclamé, le 21 octobre, la réélection de Paul Biya au pouvoir depuis 1982, d'avoir entériné "le vote des morts". Le SDF a introduit neuf recours en annulation de la présidentielle. Sept de ces requêtes ont été rejetées et les deux autres ont été retirées.


Cameroun : Les Etats-Unis critiquent le processus électoral

2011-10-23

http://tinyurl.com/5vqn69b

Les Etats-Unis sont rentrés dans la danse en critiquant vivement le processus électoral au Cameroun, estimant que l’élection avait été entachée « d’irrégularités à tous les niveaux », a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun. L'une des plus grandes critiques a porté sur la façon dont les listes électorales ont été conçues et gérées, laissant libre cours aux votes multiples. Le manque de formation des agents électoraux et d'éducation des électeurs concernant la manière de voter était apparent. L'encre qui devrait être utilisée pour empêcher les votes multiples n'était pas indélébile, et les responsables des bureaux de vote ne prenaient pas la peine de vérifier les pouces des électeurs. Les Etats-Unis avaient mandaté 14 équipes de deux à quatre personnes dans les différentes régions du Cameroun pour suivre la journée électorale.


Liberia : Prince Johnson arbitre du 2e tour

2011-10-23

http://tinyurl.com/6b6bonu

Candidat malheureux du premier tour de la présidentielle libérienne, Prince Johnson a annoncé, le 18 octobre 2011, qu’il soutiendrait Ellen Johnson Sirleaf pour le second tour de la présidentielle, prévu le 8 novembre 2011. L’ancien chef de guerre se retrouve ainsi au centre des convoitises puisque les résultats quasi complets annoncés pour le premier tour (99,9% des votes) confirment qu’il est troisième avec plus de 11 des voix. Ellen Johnson Sirleaf est donc en tête, avec 43,9% des voix, suivie de Winston Tubman, qui s’est encore un peu rapprochée de la présidente sortante, avec 32,2% des voix.


Sénégal : Un jeune leader de l’opposition emprisonné pour 2 ans

2011-10-24

http://tinyurl.com/6339tuv

Jeudi 20 octobre, le tribunal des flagrants délits de Dakar a condamné Malick Seck, le leader de Convergence socialiste, à deux ans de prison ferme. Il avait été arrêté la semaine précédente après avoir déposé une lettre menaçante au Conseil constitutionnel. La défense a fait appel. Des leaders de l’opposition ont condamné ce verdict.


Madagascar : Démission du gouvernement de transition Camille Vital

2011-10-23

http://tinyurl.com/67d2zna

Le gouvernement de transition à Madagascar conduit par le Premier ministre Albert Camille Vital a déposé sa lettre de démission au président de la Haute Autorité de la Transition, Andry Rajoelina, lors d'un conseil des ministres tenu le 17 octobre. Cette démission fait partie du processus de la mise en œuvre de la feuille de route de sortie de la crise politique dans le pays, qui demande la nomination du Premier ministre du gouvernement de la transition avant le 1er novembre prochain, et celle des membres du gouvernement, avant le 17 novembre ainsi que celle des membres du Congrès de Transition (CT) et du Conseil supérieur de la transition (CST) avant le 30 novembre.


Mauritanie : Accord entre pouvoir et opposition pour des réformes constitutionnelles

2011-10-23

http://tinyurl.com/6kbou3h

Durant un mois, la coordination de la majorité présidentielle et quatre partis de l’opposition ont dialogué autour d’une dizaine de thèmes clés au renforcement de la démocratie en Mauritanie : alternance démocratique, place de l’armée, unité nationale, réformes électorales. Les débats ont abouti à un accord comportant de nombreuses recommandations visant notamment à interdire les coups d’Etat ou créer une commission électorale indépendante. Sur le processus électoral, l’accord suggère notamment de passer de 95 à 146 députés et de créer une liste nationale de 20 sièges réservée aux femmes. Et pour lutter contre le nomadisme politique, tout élu qui quitterait son parti en cours de mandat, perdrait son siège.


Rd Congo : Kabila annonce qu’il part en cas de défaite à la présidentielle

2011-10-23

http://tinyurl.com/6d34d62

Le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, candidat à la présidentielle du 28 novembre, s'est dit "sûr et certain" de "ne pas perdre" les élections, tout en assurant qu'il cèderait son fauteuil en cas de défaite. Le chef de l'Etat faisait référence à des propos de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle pour son parti l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui avait déclaré être "sûr de gagner à 100%" les élections.


Tunisie : Les islamistes se radicalisent face aux élections

2011-10-23

http://tinyurl.com/5vvv6sb

Le parti islamiste Ennahdha menace de renverser le gouvernement en cas de fraude lors de l’élection de l’Assemblée constituante tunisienne prévue le 23 octobre. Il accuse par ailleurs les partis de gauche de vouloir "détruire son mouvement", bien qu’aucun accord officiel n’ait été signé entre les formations progressistes. Sévèrement soumis à la répression pendant le règne Ben Ali, Ennahdha a su jouer de son opposition au dictateur déchu et de ses actions sociales pour obtenir les faveurs de nombreux Tunisiens. Et il ne manque pas de rappeler qu’il est en tête des sondages sur les intentions de vote.


Zimbabwe : Doute sur la mort de Mujuru

2011-10-23

http://www.africa1.com/spip.php?article15529

Depuis la mort le 16 août dans l’incendie de sa maison de Solomon Mujuru, chef historique de l’armée du Zimbabwe, les questions s’accumulent sur les circonstances de ce drame, qui a éliminé de la scène politique un homme de l’ombre à la grande influence sur les actuels dirigeants. A deux reprises, lors d’épisodes clés de l’histoire du Zimbabwe, Mujuru a dit non à Mugabe. Dans les années 1980, il a refusé de s’engager dans l’opération "Gukunrahundi" pour mater dans le sang des opposants des provinces sud. Il y eut au moins 20.000 morts, selon des groupes de défense des droits de l’homme. Durant les élections, "il s’opposait aux violences contre les gens. Il n’avait pas de problème à engager le dialogue avec les opposants de son parti et ne voyait pas l’opposition comme des ennemis de l’Etat".





Développement

Afrique : Des projets approuvés par la BADEA

2011-10-23

http://tinyurl.com/6eynrzm

Le conseil d'administration de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) a approuvé différents projets d'un montant de 48,98 millions de dollars en faveur de plusieurs pays africains. Quelque 46,100 millions de dollars du montant serviront à financer des projets de développement dans six pays africains - Burkina Faso, Bénin, Côte d'Ivoire, Niger, Togo et Tchad. Le reste, soit 2,48 millions de dollars, servira à financer 11 opérations d'assistance technique en République centrafricaine, en Ouganda, au Cameroun, au Liberia, à Maurice, au Mozambique, aux Seychelles, au Sénégal, au Cap-Vert, en Guinée et dans les pays de la région des Grands Lacs. Cette banque soutient des pays africains qui ne sont pas membres des Etats de la Ligue arabe, mais aussi les organisations régionales.


Afrique : On ne mange pas les taux de croissance !

2011-10-23

http://tinyurl.com/688stww

Les experts s’entendent pour appeler « taux de croissance » un indicateur économique qui s’utilise pour mesurer la croissance de l’économie d’un pays d’une année sur l’autre. Interviennent alors dans l’appréciation de ce taux de croissance, différents paramètres dont les produits intérieurs bruts, les ressources naturelles (l’or, le coton, le cacao, le pétrole par exemple). Le drame est que les taux de croissance ne semblent pas coller avec la réalité de la vie chère. Dans des pays aussi pauvres que le Burkina Faso, les gymnastiques auxquelles se livrent les exégètes de l’économie et des finances, intéressent peu le profane.


Afrique : Stratégies d’accélération de la croissance

2011-10-23

http://tinyurl.com/6j9swxh

Depuis plus d’une décennie, la croissance africaine semble persister. La croissance du PIB y a, il est vrai, ralenti à la suite de la crise financière internationale, passant de 4,9% en 2008 à 1,6% en 2009. Mais, elle est vite revenue à la hausse. Cette annonce positive ne devrait pas détourner l’attention des efforts considérables qu’il reste cependant à faire. Selon les projections, avec un rythme des taux de croissance proches de 10 % et une croissance démographique proche de 2 % l’an, il est envisageable que d’ici à 2050 l’Afrique ait, en moyenne, le même niveau de revenu que les derniers pays entrés dans l’Union européenne. Mais pour cela, il faut améliorer le contexte institutionnel africain.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Des résultats concluants sur un vaccin anti-palu

2011-10-23

http://tinyurl.com/6zdx253

Le palu cause la mort de 800.000 personnes par an, notamment en Afrique subsaharienne. Lorsque mi-septembre les premiers résultats d'un essai clinique mené par une équipe internationale chez des enfants au Burkina Faso sous la direction d'un médecin de Pasteur donnaient déjà des résultats prometteurs, un autre vaccin anti-paludéen a livré ses résultats. Des résultats là encore porteurs d'espoir. Ce vaccin dénommé RTS,S réduit le risque de contracter la maladie d'environ 50% chez les enfants africains en bas âge, selon les premiers résultats d'un essai clinique de phase 3 dévoilés le 18 octobre aux Etats-Unis.


Afrique : Les entreprises appelées à s’engager dans la lutte contre le paludisme

2011-10-24

http://tinyurl.com/67t46vs

Le paludisme fait payer à l'Afrique un lourd tribut. Les coûts de traitement, la perte de temps de production liée à la maladie sont évalués à plus de 12 milliards de dollars. «Roll Back Malaria (Rbm), sous l'égide des Nations Unies, préconise une participation accrue des entreprises à la lutte contre le paludisme, qui peuvent ainsi « espérer un retour sur investissement de 20%». L'implication des entreprises a porté ses fruits en Zambie, trois entreprises qui ont dépensé 34 dollars par employé entre 2000 et 2009 ont réussi à diminuer de 94 % le nombre de journées de travail perdues à cause de la maladie.


Congo : 70% des femmes accouchent à domicile

2011-10-23

http://tinyurl.com/6chjzqd

Le conseiller national pour une grossesse à moindre risque auprès de l'OMS, au Congo, a révélé récemment que près de 70% des femmes congolaises accouchent à domicile. Le taux de consultation post-natale en général s'élève à 24% dont 53% en milieu urbain et 25% en milieu rural. Selon le représentant résident des Nations Unies au Congo, l'Afrique subsaharienne détient le taux le plus élevé de mortalité maternelle au monde, avec une moyenne de 640 décès pour 100 000 naissances vivantes.


Global : Haïti, pays le plus touché au monde par le choléra

2011-10-23

http://tinyurl.com/3lkyapv

À peine un an après que la maladie s'est manifestée sur l'île des Caraïbes, Haïti est maintenant le pays le plus touché par le choléra sur la planète. La situation catastrophique est attribuée à l'état du réseau de distribution d'eau potable, pour le moins déficient. Selon Médecins sans frontières, le nombre de personnes atteintes du choléra fluctue toujours de façon dangereuse. Par exemple, le groupe a rapporté avoir traité 281 patients pour le choléra à Port-au-Prince dans la dernière semaine d'août. Seulement un mois plus tard, ce nombre est passé à 840 par semaine.


Swaziland : Les services sociaux menacés de disparition

2011-10-24

http://tinyurl.com/6dqhjcz

Les parlementaires du Swaziland s’interrogent sur le bien-fondé de certaines mesures de protection sociale pour les enfants, les personnes âgées et les handicapés. L’un d’eux a suggéré qu’elles n’étaient qu’un simple exercice de relations publiques. Dans le contexte économique actuel pourtant, les bénéficiaires dépendent souvent de ces maigres allocations pour leur survie. Le Swaziland – un pays qui dépend des bailleurs de fonds – est plongé dans une crise financière depuis que les recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (Southern Africa Customs Union, SACU) se sont taries à la suite du ralentissement de l’économie mondiale en 2008.





Éducation

Afrique : L’UA enverra des jeunes volontaires au Sud-Soudan

2011-10-23

http://tinyurl.com/6ztagbl

Une partie des 170 jeunes volontaires africains sélectionnés par l’Union africaine (UA) sera envoyée au Sud-Soudan qui a accédé à l’indépendance le 9 juillet dernier, a indiqué le 20 octobre à Rabat un fonctionnaire de l’organisation panafricaine. 'Les jeunes ont déjà reçu la formation de base nécessaire pour être déployés dans les différents pays africains dont le Sud-Soudan qui a besoin de compétences pour mettre en place des structures étatiques. Des représentants des jeunes Africains ont fermement exhorté les dirigeants du continent à les associer davantage à la réflexion et à la mise en œuvre des questions essentielles comme l’éducation, la lutte contre le changement climatique et l’immigration.





Racisme & xénophobie

Afrique du Sud : Des métis accusent le gouvernement de discrimination raciale

2011-10-23

http://tinyurl.com/64ky9v8

Les fonctionnaires exigent du ministère des services pénitentiaires qu'il renonce à ses objectifs nationaux dans la province du Cap occidental (sud-ouest), où les métis, et non les Noirs, constituent le groupe le plus important. Cinq fonctionnaires iront en justice le mois prochain s'ils ne reçoivent pas de réponse satisfaisante du ministère, a précisé Me Bagraim. Les noirs représentent près de 80% de la population sud-africaine, mais les métis --moins de 10% de la population totale-- sont majoritaires dans le Cap occidental, seule province gérée par l'opposition. Les métis furent soumis comme les noirs aux règles racistes de l'apartheid, notamment déplacements forcés et logements distincts, mais ils étaient relativement mieux traités. Depuis l'avènement de la démocratie en 1994, ils sont souvent perçus comme "pas assez noirs" pour bénéficier des mesures de discrimination positive.





Justice Alimentaire

Afrique : Des conséquences multiples à la confiscation des terres

2011-10-23

http://tinyurl.com/5tmtnel

La course aux sols arables d’Afrique et la croissance de l’agrobusiness ont déchaîné les investisseurs. Plusieurs lopins s’arrachent à vil prix depuis une dizaine d’années, mettant à mal non seulement les timides politiques agricoles de nombreux États mais aussi le métier même d’agriculteur. Et ces conséquences sont loin d’être la seule ombre au tableau de ce business sous influences. Sur le plan de la biodiversité, la planète perd la variété de la faune qui permet encore un équilibre désormais précaire. Aux exploitations locales, cultures vivrières en tête, viennent s’imposer les cultures intensives (37%) destinées à assurer la sécurité alimentaire de pays comme la Chine et l’Inde ou devant servir comme biocarburant (35%). Or, 56% de la population africaine vit de l’agriculture. Comment peut-on penser à une reconversion de cette masse dont la moitié n’en a pas les capacités ?


Afrique : La crise alimentaire sévit encore dans la Corne de l’Afrique

2011-10-23

http://tinyurl.com/6bbtb83

Dans un rapport publié le 20 octobre, l’UNICEF rappelle qu'il est nécessaire de redoubler d'efforts pour sauver la vie de plusieurs centaines de milliers d'enfants qui souffrent de malnutrition et de maladies dans la Corne de l'Afrique. L'aide déjà fournie par la communauté internationale commence à porter ses fruits, mais il reste encore beaucoup à faire pour surmonter la crise. Environ 13,3 millions de personnes ont besoin d'aide, plus de 450.000 Somaliens ont trouvé refuge dans les camps autour de Dadaab au Kenya, dont 100.000 après le mois de juin. Quelques 183.000 somaliens ont fui vers l'Ethiopie. Des milliers d'enfants sont déjà morts, et plus de 320.000 souffrent de malnutrition sévère.


Afrique : Risque de diminution du rendement agricole

2011-10-23

http://tinyurl.com/64qjd92

Lors de la récente rencontre réunissant des experts à Addis-Abeba sur les changements climatiques et le développement en Afrique, il a été constaté que nombreux sont les pays africains qui pourraient connaître une réduction de plus de 50 % du rendement de leurs cultures pluviales. En marge de l’industrialisation et son cortège de pollution en particulier les émissions de gaz à effet de serre, l’Afrique devra quand même subir de façon significative des conséquences négatives des changements climatiques d’ici l’horizon 2020. En outre, il risquerait d’avoir une pénurie d’eau qui toucherait quelque 75 à 250 millions de personnes, sur la même période, avec des incidences plus remarquables sur les enfants.





Média & liberté d'expression

Afrique: Un expert de l'Onu appelle à protéger la liberté d'expression sur l'internet

2011-10-24

http://tinyurl.com/6ajbfzx

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d'expression a exhorté vendredi les gouvernements à garantir la liberté d'expression sur l'Internet, et à garantir que l'Internet soit disponible, accessible et abordable pour tous. M. La Rue s’exprimait à l'occasion de la présentation de son rapport annuel devant l'Assemblée générale de l'ONU. Dans son rapport, il souligne le potentiel pour l'Internet d'être un catalyseur de changement.


Nigeria : Un journaliste abattu

2011-10-24

http://tinyurl.com/672h4ay

Un témoin a déclaré que le journaliste local Zakariyya Isa de la chaîne publique NTA de Maiduguri avait été abattu devant son domicile samedi 22 octobre. Le journaliste avait participé à la prière du soir dans une mosquée de son quartier et était reparti à son domicile. Le témoin, un autre fidèle, a expliqué avoir entendu quelques minutes après un tir et vu la victime dans une mare de sang devant son domicile. Il s'agit du dernier en date d'une série d'attentats dans cette ville du nord du Nigeria où règnent des tensions depuis un an environ en raison des attaques de la secte Boko Haram.





Conflits & urgences

Global : Décès de Marie Dedieu, la Française otage en Somalie

2011-10-23

http://tinyurl.com/5tg3da3

Marie Dedieu, 66 ans, l'otage française enlevée au Kenya et détenue en Somalie depuis le 1er octobre, est décédée, a annoncé le 19 octobre le gouvernement kenyan. L'annonce de son décès survient alors que l'armée kenyane une opération en territoire somalien contre les insurgés islamistes shebab désignés comme responsables des récents enlèvements d'Européennes au Kenya. Les shebab ont nié eux toute implication dans l'enlèvement de Marie Dedieu, des Espagnoles Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, et d'une Britannique, Judith Tebbutt.


Afrique : Des soldats américains à la traque des rebelles en Afrique centrale

2011-10-23

http://tinyurl.com/5t9962j

Le président américain Barack Obama a annoncé l'envoi d'une centaine de soldats en Afrique centrale pour aider à combattre l'Armée de résistance du seigneur, un groupe rebelle accusé de meurtres, de viols et de recrutement forcé d'enfants soldats depuis deux décennies. L'Armée de résistance du seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), longtemps considérée comme l'un des groupes rebelles les plus brutaux d'Afrique, a commencé à mener des attaques en Ouganda il y a plus de 20 ans, mais le mouvement a été repoussé vers l'ouest.


Afrique du Sud : Le chef des jeunes de l'ANC appelle à manifester fin octobre

2011-10-23

http://tinyurl.com/64rva6r

Le président des jeunes du Congrès national africain (ANC) a renouvelé le 19 octobre son appel à marcher fin octobre sur le siège du gouvernement sud-africain et la Bourse de Johannesburg, un geste de défi destiné à rendre leur dignité aux Noirs. Nous devons dire au gouvernement que nous voulons être traités avec respect. Nous voulons rendre leur dignité aux Noirs, surtout les Africains, a-t-il lancé dans un bidonville du sud de Johannesburg. Il l'avait lancé début septembre dans le cadre de sa guerre contre la minorité blanche qui domine encore l'économie sud-africaine.


Global : La France projetterait d'intervenir en Somalie

2011-10-23

http://tinyurl.com/6dcd2s5

Paris se préparerait à aider les troupes kenyanes qui interviennent depuis le 16 octobre au sud de la Somalie contre les milices islamistes Shebab. Pourtant, le ministre de la Défense avait précisé, le 20 octobre, que l'armée française ne mènerait pas de "représailles" après la mort de la Française retenue en otage en Somalie, Marie Dedieu. Rappelons qu'un autre otage français est toujours entre les mains des islamistes somaliens : il s'agit de Denis Allex (il s'agit vraisemblablement d'un pseudonyme), agent de la DGSE, enlevé depuis le 14 juillet 2009. La France dispose d'une base militaire à Djibouti, à proximité de la Somalie, avec près de 2.000 troupes terrestres d'élite et des avions de transport et de combats pré-positionnés (dont 7 mirages). Sur cette base, Français et Américains entraînent conjointement les forces gouvernementales somaliennes qui affrontent les Shebab depuis 10 ans.


Global : Les exportations d’armes inondent l’Afrique et le monde arabe

2011-10-23

http://tinyurl.com/69npph6

Les États-Unis, la Russie et plusieurs pays européens ont fourni de nombreuses armes à des gouvernements répressifs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avant les soulèvements de cette année, tout en sachant qu’il existait un risque considérable que ces armes soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public le 19 octobre. Ces recherches mettent en évidence l’échec des mesures de contrôle existantes concernant les exportations d’armes, ainsi que la nécessité d’un traité sur le commerce des armes prenant pleinement en compte le besoin de respecter les droits humains.


Libye : Cadavres et dévastation dans la ville fantôme de Syrte

2011-10-24

http://tinyurl.com/67m92lc

Après des semaines de bombardements quotidiens de l'Otan et de violents combats, des convois de pick-up de combat et de semi-remorques transportant matériel, chars et véhicules détruits quittent la ville de Syrte. Plus près du centre, l'hôtel Al-Mahari, criblé d'impacts, offre un spectacle tout aussi dantesque: plus de 60 corps pourrissent sur la pelouse, certains ligotés, souvent la tête trouée d'une balle. L'odeur est épouvantable.


Libye : Kadhafi et Saddam, sur la parallèle des dictateurs arabes

2011-10-23

http://tinyurl.com/6et7qch

Ils s'étaient rêvés en Saladin des temps modernes et en phare d'un nouveau monde arabe, orphelin de Nasser, le raïs égyptien. Tantôt boycottés et tantôt courtisés, ils pensaient pouvoir se jouer indéfiniment du courroux de leur peuple et de l'irritation des puissances occidentales. Mouammar Kadhafi, le tyran de Tripoli, a terminé sa vie, jeudi 20 octobre, comme le despote irakien Saddam Hussein, son jumeau en imprécations : lâché par ses alliés d'hier, traqué comme une bête sauvage et lynché par ses opposants. Jusqu'au bout pourtant, Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein se sont enfermés dans le déni de leur déchéance.


Libye : La mort de Kadhafi reste entourée de zones d’ombre

2011-10-23

http://tinyurl.com/67ngz54

Capturé vivant jeudi par des combattants libyens près de son fief de Syrte, comme l’attestent plusieurs vidéos prises sur le vif, Mouammar Kadhafi est mort peu après dans des circonstances qui restent encore mystérieuses. Des images montrent l’ex-dictateur, blessé mais vivant, traîné ensanglanté vers un véhicule par la foule surexcitée.Il apparaît le visage à moitié couvert de sang, entouré d’hommes qui le bousculent, le tirent par les cheveux.Visiblement sonné, il est giflé, frappé à l’épaule. Il disparaît ensuite de l’écran sur fond de bruits de tirs. Pour le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, Kadhafi semble bel et bien avoir été abattu.


Mali : La crainte d’une nouvelle rébellion

2011-10-23

http://tinyurl.com/6esxlnj

Le Mali doit-il craindre une reprise de la rébellion touarègue ? Sur le terrain, les signaux sont nombreux. Les actes de banditisme, les braquages et les vols de véhicules se sont multipliés ces derniers mois dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou. Depuis la chute du régime Kadhafi, des milliers de Touaregs sont rentrés au sud et au nord du Mali. Pas seulement des combattants de la dernière heure mais aussi des Touaregs de l’armée régulière libyenne. Beaucoup d’entre eux sont revenus après un séjour de dix ou vingt ans en Libye et après avoir combattu aux côtés des troupes de Kadhafi. De là à parler d'une reprise imminente d'une rébellion, certains affirment que tout est prêt. D'autres estiment, au contraire, qu'aucune rébellion ne peut naître sans coordination de tous ces foyers de contestation. Sur ce point, ils considèrent qu'au Mali, on n'est pas encore là.


Somalie : L'UA dément avoir perdu 70 soldats

2011-10-23

http://tinyurl.com/664nqgu

L'Union africaine a qualifié de "sans fondement" les allégations du groupe islamiste somalien Al-Shabaab selon lesquelles plus de 70 soldats de l'Amisom sont morts lors de combats jeudi le 20 octobre à Mogadiscio. D'intenses combats avaient éclaté près de Mogadiscio, où les troupes du gouvernement de transition somalien et l'Amisom, la force de l'Union africaine, ont progressé vers une position des shebab en périphérie de la ville. A la suite de ces affrontements, les insurgés shebab ont montré des dizaines de corps d'hommes en uniformes militaires et aux visages masqués. Ils ont présenté ces corps comme étant ceux des soldats burundais de la force de l'Union africaine.





Internet & technologie

Afrique : Le Doing Business relève la difficulté d’accéder aux barèmes des prix

2011-10-23

http://tinyurl.com/5rdhgfz

L’accès aux barèmes officiels des prix ou aux documents nécessaires aux démarches est plus difficile en Afrique subsaharienne, selon le rapport Doing Business 2012, qui met en exergue le rôle clé joué par la transparence et l’accès à l’information dans les réformes économiques. ‘Le rapport 2012 établit que les gouvernements de 125 économies parmi les 183 étudiées ont mis en œuvre un total de 245 réformes de la réglementation des affaires, soit 13% de plus qu’il y en avait dans l’édition précédente.


Gabon : Un logiciel sur la propreté intellectuelle

2011-10-23

http://infosgabon.com/?p=13043

Le ministre gabonais délégué au Commerce a présenté le 17 octobre à Libreville, un logiciel sur la propriété intellectuelle dénommé IP Panorama. Selon lui, il s’agit d’un outil multimédia et didactique de formation convivial qui explique dans un langage clair l’importance de la propriété intellectuelle pour les entreprises. Il propose également le développement des produits éducatifs en ligne sur la propriété intellectuelle.





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