Cette édition
Pambazuka News 215 : Accaparement des terres et résistances paysannes
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Annonces, 3. Commentaires & analyses, 4. Résumé de l'Édition Anglaise, 5. Plaidoyers & campagnes, 6. Nécrologie, 7. Femmes & genre, 8. Droits humains, 9. Réfugiés & migration forcée, 10. Elections & gouvernance, 11. Corruption, 12. Développement, 13. Santé & VIH/SIDA, 14. Éducation, 15. LGBTI, 16. Racisme & xénophobie, 17. Environnement, 18. Justice Alimentaire, 19. Média & liberté d'expression, 20. Nouvelles de la diaspora, 21. Conflits & urgences, 22. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : COP 17 : Alimenter le mouvement pour la justice climatique.
ANNONCES : Forum Social Thématique : Crise capitaliste, justice sociale et environnementale.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Cameroun : Félix Moumié ou la mort oubliée d’un héros camerounais.
RESUME DE L'EDITION ANGLAISE : Enjeux, craintes et attentes de la conférence sur le climat.
PLAIDOYER & CAMPAGNE : Soutien à la résistance et aux prisonniers politiques au Sahara occidental.
NECROLOGIE
Nigeria : Mort du colonel Ojukwu, chef de la rebellion du Biafra
FEMMES ET GENRE : Congo : Propositions de centres d’accueil pour femmes victimes de violences.
DROITS HUMAINS : Algérie : Les chrétiens craignent l’intolérance.
REFUGIES ET MIGRATION : Global : Un nouveau plan pour gérer les migrations.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Combien gagnent les chefs d’Etat.
CORRUPTION : Afrique : La corruption empire dans six pays.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Deuxième dévaluation pour le Franc Cfa, menace ou intox ?
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Cubes Maggi dangereux pour la santé
EDUCATION : Côte d’Ivoire : La mise à mort de l’université
LGBTI : Cameroun : Deux mineurs condamnés pour homosexualité
RACISME ET XENOPHOBIE : Mauritanie : La colère noire gronde en sourdine
ENVIRONNEMENT : Djibouti : Total condamné à verser 204 millions d’euros pour pollution.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Afrique : Demain, un grenier pour la Chine.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSON : Afrique du Sud : «Mardi noir» pour la liberté de la presse
NOUVELLES DE LA DIASOPRA : Rd Congo : La diaspora privée de vote mais pas silencieuse.
CONFLITS ET URGENCE : Egypte : Des milliers de manifestants en faveur de l’armée.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Ouganda : Museveni inaugure la première voiture électronique.
Chroniques
Sénégal : Les populations se soulèvent contre l’accaparament des terres
Révélations autour d’un deal sur 20 000 ha
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/features/78295
Préambule
La Communauté Rurale de Fanaye, située dans l’Arrondissement de Thillé Boubacar, Département de Podor, couvre une superficie totale de 185.100 ha répartie comme suit :
• Terres du walo (tout confondu) : 20.361 ha (soit 11%) ;
• Terres du jeeri : 164.739 ha (soit 89%).
L’ensemble de ces terres est structuré ainsi :
• terres cultivables et parcours du bétail : 62.934 ha (soit 34 %) ;
• forêts réservées : 122.166 ha (soit 66%).
Les populations ne vivent que de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. La Communauté Rurale renferme un nombre très important de cheptel. On dénombre plus de 106.000 têtes bovines et plus de 76.000 ovins caprins.
INTRODUCTION
Les populations de la communauté rurale de Fanaye sont confrontées depuis quelques mois à un sérieux problème d’accaparement de leurs terres. Il s’agit d’une attribution, par le Président du Conseil Rural (PCR), de terres d’une superficie de 20.000 ha à des privés étrangers. Ces terres ont été cédées à 2,5 FCFA le m², dans le but de produire du biocarburant et des denrées destinées à l’exportation par une société dénommée SENETHANOL. Face à ce désastre, les populations se sont mobilisées et ont mis en place un Collectif pour la Défense des Terres de la Communauté Rurale.
Les populations de la Communauté Rurale de Ndiayene/Pendao, voisine de la Communauté Rurale de Fanaye, se sont également mobilisées pour apporter leur soutien et ont intégré le Collectif. L’entêtement du Président du Conseil Rural et des responsables de la société SENETHANOL, ainsi que le silence assourdissant des autorités administratives, malgré les appels incessants des populations, ont abouti à des violences ayant entraîné des pertes en vies humaines et des blessés. Ce mémorandum a pour objectif de faire comprendre le problème de l’accaparement de terres à Fanaye à travers des délibérations abusives et illégales, de monter l’impertinence, l’opacité qui entoure le projet SENETHANOL et la démarche douteuse de ses responsables, ainsi que les diverses actions du Collectif en vue de faire valoir le droit des populations et de faire régner la paix.
DES DELIBERATIONS ABUSIVES ET ILLEGALES
Un groupe de conseillers ruraux a fait savoir que dans le courant du mois de juin, le PCR de Fanaye – M. Karasse Kane – leur a fait parvenir des convocations en vue de délibérer sur l’attribution d’un terrain d’une superficie de 20.000 ha à la société SENETHANOL. Cette société devrait utiliser ces terres pour la réalisation d’un projet de production d’Ethanol à partir de la culture de la patate douce.
Dans sa démarche, le PCR a mis les conseillers et les populations devant les faits accomplis. En effet, les convocations ont été envoyées moins de 24 h avant le jour de la réunion de délibération et le PCR avait déjà réussi à créer sa petite majorité et a pu faire voter le projet avec 23 voix pour et 21 contre. Malgré l’opposition d’une bonne partie des conseillers ruraux pour vice de forme et pour nécessité de se concerter avec les populations et les chefs de villages (qui sont des membres de droit de la commission domaniale), il n’a pas été possible de faire revenir à la raison le PCR.
Il convient de noter que le PCR fut pendant tout le temps assisté par le Sous Préfet de Thillé Boubacar, Ameth Diop, présent le jour de la délibération, le 15 juin 2011. Ce dernier n’a d’ailleurs pas tardé à approuver la décision d’attribution de 300 ha à SENETHANOL seulement cinq jours après la réunion délibération (le 20 juin 2011) sans attendre le délai de contestation légal requis.
Une coalition de dix huit (18) chefs de villages avait aussitôt écrit au président de la République (avec ampliation au sous-préfet, au préfet et au gouverneur) pour dire leur opposition au projet. Ils sont actuellement au nombre de quarante trois (43) chefs de village à s’opposer au projet. Le Collectif pour la défense des terres de Fanaye est alors mis sur pied, avec des représentants de chaque village de la communauté rurale en plus du chef de village. Les populations de la Communauté Rurale se sont fortement mobilisées pour dénoncer ce projet d’accaparement de leurs terres et ont organisé une grande marche le 30 juillet 2011 pour manifester leur mécontentement. Les ressortissants de la Communauté Rurale de Fanaye dans la diaspora (France, Gabon, Etats-Unis) ont manifesté leur désaccord et ont écrit aux autorités pour dénoncer le projet. Les populations ont décidé de s’opposer aux travaux, malgré les intimidations de la gendarmerie qui a eu à emprisonner certaines personnes.
Malgré les contestations de tout bord, Le PCR avait catégoriquement refusé de fournir les documents relatifs au projet (procès verbal de délibération de la Communauté rurale, document du projet, protocole d’accord, etc.). Pire, le PCR et la société SENETHANOL se sont empressés d’aménager la terre et des forêts entières ont été détruites, à quelques kilomètres de l’emplacement de ce qui devra être «la grande muraille verte ». Pour légitimer le projet et forcer la main, ils ont engagé des jeunes de la localité rémunérés à 4000 FCFA par jour pour la coupe des arbustes et la sécurité de leurs différents sites, prétendant ainsi avoir créé des emplois. Ils avaient également offert 40 billets pour La Mecque !
Décidées à mener une bataille judiciaire pour l’annulation de la délibération et l’arrêt des travaux, les populations ont été surprises de constater que les travaux déjà entamés étaient allés au-delà des 300 ha affectés. Le Sous-préfet, interpellé à cet effet, se refusa de tout commentaire en renvoyant les membres du Collectif venus à sa rencontre vers le PCR. La surprise fût totale quand les populations apprirent qu’en fait, une délibération en date du 27 août 2011 attribuait les 19700 ha restants à la société SENETHANOL sans que le Conseil Rural ait siégé à cet effet.
En fait, les responsables de SENETHANOL s’étaient présentés dans un premier temps à la perception de Podor pour verser 500 millions FCFA correspondants aux taxes afférentes à l’utilisation des 20.000 ha de terres sur une durée de 15 ans. Mais le percepteur de Podor avait rejeté l’opération, car la délibération dont ils disposaient portait sur 300 ha, correspondant à la délibération du 15 juin 2011. Face à ce problème, les responsables de SENETHANOL avaient besoin d’une solution d’urgence, car il s’agissait, pour eux, d’une course contre la montre et non d’un problème de légalité. Le 27 août 2011, il s’était tenu une réunion du conseil rural qui avait pour ordre du jour :
- Situation d’exécution du projet SENETHANOL
- Partage d’information (signature de protocole d’accord entre terre des hommes et la communauté rurale ; forum des partenaires)
Cette réunion, non seulement ne portait pas sur une affectation de terres, mais n’a pu faire l’objet de délibération du fait des désaccords entre les conseillers. Seulement, puisque qu’il fallait à SENETHANOL une délibération, le PCR l’a pris comme prétexte pour sortir un « procès verbal » portant délibération des 19.700 ha restants, soi-disant votée à l’unanimité des conseillers présents. On se demande alors comment le sous-préfet, présent à cette réunion, a pu établir un arrêté portant affectation de terres sur la base d’un tel document ?
L’entêtement du PCR à vouloir imposer le projet SENETHANOL et la complicité des autorités administratives ont conduit aux violences qui ont eu lieu le mercredi 26 octobre à l’hôtel communautaire de Fanaye, quand le PCR, après avoir convoqué une réunion, s’est présenté avec son garde du corps et plus de quarante nervis tous armés, recrutés par la société SENETHANOL par l’intermédiaire du PCR. Le bilan fut très lourd et s’établit à ce jour à :
• 2 décès directs (par balles) ;
• 3 décès (crise cardiaque), suite aux évènements ;
• 21 blessés dont 3 ne pourront plus vaquer à leurs occupations habituelles ;
• saccage de la maison communautaire.
D’autre part, il est important de noter que le projet SENETHANOL de 20.000 ha (20 km/10 km) occupe 32 % des terres cultivables et parcours bétail de la communauté rurale et correspond à la totalité des terres se situant dans la zone du walo, dans laquelle se trouvent toutes les cultures irriguées de la Communauté Rurale. En plus, il se situe dans une Zone Agro-pastorale à Priorité Elevage (ZAPE), conformément au Plan d’Occupation et d’Affectation des Sols de la Communauté Rurale adopté le 26 Avril 2006 et toujours en vigueur. On dénombre dans cette zone plus de 106.000 bovins et plus de 76.000 ovins et caprins. L’implantation du projet entraînerait naturellement le déguerpissement de cinquante-six hameaux et de six villages officiels, l’expropriation de populations, et entraînerait la disparition d’espaces de pâture pour le bétail, de champs, de lacs et de forêts classées.
INCOHERENCE ET OPACITE DU PROJET DE SENETHANOL
Le projet de SENETHANOL de 20.000 ha (20 km/10 km) occupe 32% de la zone agro-pastorale à priorité élevage de la Communauté Rurale de Fanaye en violation des règles en vigueur et n’a fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les populations. Les documents obtenus via de tierces personnes suite au refus du PCR d’informer les populations, révèlent les faits suivants :
- 20 juillet 2010 : accord de principe du PCR pour attribuer 20.000 ha de terres à la société SENETHANOL pour la culture de patates douces en vue de produire de l’éthanol.
- 30 mars 2011 : signature du protocole d’accord entre la société SENETHANOL et le PCR, M. Karasse Kane (qui ne sait ni lire ni écrire le français), engageant par cet acte le Conseil rural et toute la Communauté Rurale de Fanaye. Le protocole d’accord est signé par le PCR, assisté d’un monsieur nommé Thierno Ousmane Kane et d’une dame nommée Mariame Datt, tous non résidents de la Communauté Rurale et n’occupant aucune fonction au niveau de la Communauté Rurale de Fanaye leur permettant de signer un quelconque accord ;
- 30 mai 2011 : le ministre de l’Agriculture donne un avis favorable à l’attribution des 20.000 ha sous réserve que celle-ci soit progressive et s’étende de 2011 à 2015.
- 15 juin 2011 : le Conseil Rural, malgré vice de forme, vote l’attribution de 300 ha. La convocation du PCR pour cette réunion portait sur l’attribution d’un terrain d’une superficie de 20.000 ha. Le sous-préfet, représentant l’Etat était présent le jour de la délibération et a conclu la séance en disant : « On a attribué 300 ha, mais on retient le principe de 20.000 ha ». Il a par la suite approuvé la délibération le 20 juin 2011, soit 5 jours seulement de publicité.
• 27 août 2011 : le PCR établit une délibération attribuant à SENETHANOL les 19700 ha restant, sans décision du Conseil Rural, en violation de la décision du ministre de l’Agriculture qui exigeait des attributions progressives jusqu’en 2015.
D’autre part, il faut souligner que l’article VI du « protocole d’accord » entre SENETHANOL et la Communauté Rurale dispose : « La société SENETHANOL s’engage à valoriser ledit terrain dans les deux années suivant l’attribution et à régler à la communauté rurale la somme de 500 millions FCFA sur la durée de la concession, soit 33 millions 333 333 FCFA payable par an au plus tard le 5 janvier de chaque année ». On se demande alors pourquoi la société SENETHANOL s’est empressée de verser d’un seul coût 500 millions au trésor contrairement aux dispositions du « protocole » signé.
L’EXAMEN DE CES FAITS REVELENT QUE :
- Le PCR a toujours agi seul, du juillet 2010 (accord de principe) à août 2011 (établissement d’un faux procès verbal) ;
- Les populations et le Conseil Rural n’ont été informés du projet que le 15 juin 2011, soit près de trois mois après la signature du protocole ;
- Le sous-préfet de Thillé Boubacar Ameth Diop a failli dans sa mission de neutralité et de contrôle de la légalité des délibérations du Conseil Rural ;
- Le PCR a violé l’esprit de la loi des collectivités locales en refusant catégoriquement de se concerter avec les populations ;
- Au lieu d’une production de patate douce par la société SENETHANOL comme indiqué dans tous les documents (lettre du ministre de la décentralisation et des collectivités locales, arrêté du sous-préfet, délibération de la communauté rurale, convocations des conseillers ruraux, plan d’affaire du projet), il s’agit désormais de la production de tournesol pour l’exportation, les résidus des cultures servant à produire du biocarburant.
- La société SENETHANOL n’a pas hésité à utiliser des méthodes non orthodoxes pour acquérir des terres, en violation des règles et procédures en vigueur.
Les populations de la Communauté Rurale de Fanaye estiment qu’il est inimaginable que dans une zone où les gens se nourrissent difficilement, où la majorité des jeunes s’est expatriée, au lieu d’aménager les terres susceptibles de l’être en vu de développer des cultures vivrières, on opte pour la production de biocarburants et de produits destinés à l’exportation, et veuille transformer les jeunes en ouvriers agricoles ou en esclaves, sous le prétexte de valorisation des terres et de création d’emplois. Le projet de SENETHANOL engendrerait d’immenses dégâts, économiques, sociaux et environnementaux. Cinquante six hameaux et six villages officiels devront être déguerpis. Des espaces de pâture pour le bétail, des espaces cultivables, des lacs et des forêts vont tous disparaître.
ACTIONS DU COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES TERRES DE LA COMMUNAUTE RURALE DE FANAYE
Le Collectif pour la Défense des Terres de la Communauté Rurale de Fanaye s’est fixé comme mission de lutter contre l’accaparement des terres de la Communauté Rurale, de sensibiliser les autorités administratives sur le danger du projet de SENENTHANOL et d’œuvrer pour faire régner la paix dans cette localité paisible. Pour bien mener sa mission, le Collectif a tenu des réunions de concertation et de sensibilisation avec les chefs de village, la diaspora, les autorités religieuses et coutumières.
Une lettre d’un collectif des chefs de villages fut d’abord adressée le 22 juin 2011 au président de la République avec ampliation au sous-préfet, au préfet, au gouverneur et à tous les ministères concernés. Une réunion s’est tenue le 30 juillet 2011 à Fanaye en vue de concilier les parties, suivie d’une marche de protestation et de sensibilisation sur les dangers du projet. Le 1er octobre 2011, une autre marche pacifique fut organisée à Fanaye et un mémorandum furent remis aux autorités administratives (gouverneur, préfet, sous-préfet). Le mémorandum fut également transmis par voie de courrier au ministre des Collectivités Locales, l’informant des dangers potentiels du projet. En prenant toutes ces initiatives, le Collectif cherchait à éviter l’irréparable mais en vain.
Le 12 novembre 2011, le Collectif s’est rendu à Fanaye, pour présenter ses condoléances et échanger avec les populations suite aux événements meurtriers survenus le 26 octobre 2011. Le Collectif compte utiliser toutes les voies de droit et de recours pour l’annulation du projet de SENENTHANOL et fera tout son possible pour que justice soit rendue.
CONCLUSION
Les populations de la Communauté Rurale de Fanaye et Niayene/Pendao font part aux autorités sénégalaises, à l’opinion nationale et internationale, de leur profonde indignation et de leur refus catégorique à l’accaparement de leurs terres par la société SENENTHANOL. Elles jugent inadmissible l’affectation de 32% des terres cultivables et parcours de bétails pour la production de cultures destinées à l’exportation et pour la production de biocarburant, alors que la sécurité alimentaire de la localité (encore moins celle du pays) est loin d’être assurée.
Contrairement aux prétendus 2500 emplois que devra engendrer le projet, c’est plusieurs milliers d’occupants de la zone qui se retrouveront ainsi sans activités, sans ressources, dans le chômage et le désespoir.
Les populations de la Communauté Rurale de Fanaye et Niayene/Pendao n’acceptent pas et n’accepteront jamais que leur patrimoine soit bradé. Il appartient à l’Etat Sénégalais de les protéger, de défendre leur liberté et leurs biens, de préserver leur environnement. Elles tiennent les autorités administratives pour complices des événements meurtriers qui ont eu lieu à Fanaye et pour responsables de tout se qui pourrait advenir, si des mesures ne sont pas prises dans l’immédiat pour le retrait du projet.
Aujourd’hui, pour retrouver la paix de façon définitive, il faut effacer dans la mémoire individuelle et collective des populations, toutes les causes qui ont donné naissance aux tueries du 26 octobre 2011. Compte tenu de tout cela, au nom de la paix, pour la mémoire des disparus et pour panser les blessures physiques et morales, les populations exigent :
- le retrait pur et simple de ce projet qui se révèle porteur de violences, de désolation et de malentendu entre les familles dans la Communauté Rurale de Fanaye ;
• l’annulation des délibérations illégales d’affectation des 20.000 ha de terres;
• la destitution du PCR de Fanaye Karasse Kane et sa poursuite pour faux, usage de faux, abus de pouvoir, incitation à la violence ayant abouti à mort d’hommes ;
• l’engagement de poursuites judiciaires contre les promoteurs du projet pour destruction de forêts entières et incitation à la violence ayant abouti à mort d’hommes ;
• la prise en charge des blessés et le dédommagement des familles des victime
Dakar, le 21 novembre 2011
* Le Collectif pour la Défense des Terres de Fanaye
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Accaparement des terres : Les paysans du monde entier disent stop
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/features/78308
Plus de 250 paysannes et paysans, venus de 30 pays du monde ont créé une alliance internationale contre les accaparements de terres. Cette alliance sera dirigée par les paysans et paysannes, en collaboration avec de nombreux mouvements sociaux et organisations. L'annonce a été faite lors de la clôture de la Conférence internationale: « Stop à l'accaparement des terres » organisée par la Confédération nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP) et La Via Campesina, mouvement paysan international.
L'accaparement des terres est un phénomène mondial dont l'ampleur et la vitesse sont inégalées. Au Mali, au cours des dernières années, plus de 800 000 hectares de terres arables ont été cédés par le gouvernement aux investisseurs par le biais de baux de trente ans, renouvelables. De même, il est estimé qu'en Afrique plus 30 millions d'hectares ont été vendus ou loués. Au niveau mondial, cela atteindrait de 60 à 80 millions d'hectares, mais du fait du caractère secret voire illégal des contrats, il ne s'agit que de la partie visible de l'iceberg.
Ces terres sont déjà transférées aux élites nationales, aux multinationales et aux fonds financiers qui cherchent à faire des bénéfices ou à spéculer au moyen de projets d'agriculture industrielle, d'exploitation minière, de production d'agrocarburants, de marchés du carbone, de tourisme, de grands barrages, etc.
D'aucuns les présentent comme des "investissements" alors que ces accaparements de terre ne sont rien d’autre que du vol. Il s'agit également d'une véritable violation des droits des paysans et des paysannes. Ces accaparements spolient les petits producteurs, les éleveurs, les peuples indigènes, entre autres, de leur patrimoine et de leurs moyens de subsistance. Quand les paysans se défendent pour préserver leurs intérêts vitaux, ils sont battus, emprisonnés, voire assassinés.
Devant la gravité de la situation, les organisations paysannes réunies au Mali ont créé aujourd'hui une alliance qui permettra de renforcer et de soutenir les communautés paysannes dans leurs luttes contre cette offensive.
Nous nous engageons tout particulièrement à:
- Organiser les communautés rurales et urbaines afin de lutter contre les accaparements de terres sous toutes leurs formes.
- Renforcer les capacités de nos communautés et de nos mouvements à revendiquer, récupérer et défendre nos droits, nos terres et notre accès aux ressources naturelles.
- Obtenir et pérenniser, au sein de nos communautés, les droits des femmes pour l'accès à la terre et aux ressources naturelles.
- Sensibiliser le public au fait que l'accaparement des terres est une source de crises qui affectent l'ensemble de la société.
- Construire des alliances entre les différents secteurs, les groupes de population, et les régions afin de mobiliser nos sociétés en vue de mettre fin à l'accaparement des terres
- Renforcer nos mouvements afin de mieux promouvoir et parvenir à la souveraineté alimentaire ainsi qu'à une véritable réforme agraire.
Un plan d'action a été adopté, comprenant notamment un observatoire permettant de collecter et d'échanger les données concrètes concernant les accaparements de terres. Les participants et participantes à cette conférence se sont engagés à travailler ensemble, de toute urgence, pour mettre fin aux accaparements de terres. Ainsi, il sera possible de mettre en oeuvre de vraies réformes agraires et des politiques foncières au service des exploitations agricoles familiales et de remplacer le modèle agro-industriel par l'agriculture paysanne, seule garante de la souverainté alimentaire.
* Signé à Nyéléni, le 19 novembre 2011 - Plus d'info sur le site de La Via Campesina
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COP 17 : Alimenter le mouvement pour la justice climatique
Nnimmo Bassey
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/features/78291
Pambazuka News : Quel rôle Environmental Rights Action (ERA) et Friends of the Earth International vont-ils jouer lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP17) à Durban ? Qu’est-ce que vous voulez obtenir ?
Nnimmo Bassey : Bien que nous n’attendions pas grand-chose de la Conférences des partis (COP 17) à Durban, nous y voyons toutefois une magnifique opportunité de faire cause commune avec des gens engagés, avec le mouvement pour la justice environnementale et exiger un régime climatique qui intègre la gravité de la crise et le fait que son impact se manifeste d’ores et déjà. Nous allons pousser pour que les pays pollueurs réduisent leurs émissions de carbone à la source sans compensation, en profitant ainsi de mécanismes de marché qui leur permettent de profiter des dégâts qu’ils causent. Nous voulons nous efforcer d’obtenir un engagement contraignant pour une réduction des émissions et ainsi garantir que l’augmentation de la température ne dépassera pas 1,5°C par rapport à la période préindustrielle.
ERA demandera une reconnaissance de dette et son paiement pour une dette accumulée suite à des siècles d’exploitation et de colonisation de l’atmosphère. Friends of the Earth International va mettre particulièrment en lumière l’impact négatif du marché du carbone, des énergies sales, des barrages, des biocarburants, des plantations et de l’agriculture industrielles qui, tous, sont financés ou potentiellement financés par le marché du carbone. Nous mettrons aussi en lumière l’accaparement des terres et les questions qui y sont relatives. Le détail de notre intervention est encore en voie d’élaboration. Comme vous savez, nous avons des groupes affiliés dans 76 pays. Chacun étant autonome, nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie en consultations. Vous verrez notre plan détaillé lorsqu’il sera prêt.
Pambazuka News : Si l’on se réfère à la COP 16 de Cancun, au Mexique, l’obtention d’un accord multilatéral de la part de ceux qui sont le plus à blâmer pour le changement climatique, accord par lequel ils assument leurs responsabilité pour les dommages causés à ceux qui sont le plus affectés par le changement climatique, semble peu probable lors du COP 17. Dès lors pourquoi la conférence de Durban reste-t-elle importante pour les militants pour la justice climatique ?
Nnimmo Bassey : Vous avez raison de dire que nous ne pouvons pas attendre un résultat équitable à Durban. Néanmoins, cette conférence sera un grand moment pour intensifier la campagne en vue d’empêcher le retour au contexte de routine dans lequel les négociations ont été conduites jusque-là. Durban a une riche histoire qui va renforcer le mouvement pour la justice climatique. Souvenez-vous que la résistance non violente de Gandhi a plus ou moins commencé à Durban. La résistance la plus intense parmi celles qu’on a connues contre l’Apartheid a été organisée à Durban. Actuellement cette ville est au centre du militantisme pour la justice environnementale en Afrique du Sud. Ceci n’est pas un accident. Durban a un des environnements les plus pollués du pays, avec les raffineries hautement polluantes et l’industrie chimique qui y sont localisées. La rage de construire dans les rues de Durban va inspirer le mouvement pour la justice climatique. Pour moi, résister à l’exploration offshore pour du pétrole, prévue sur la côte au large de Durban, c’est retourner le couteau dans la plaie et cela représente aussi une stimulation additionnelle.
Pambazuka News : D’un point de vue hypothétique, qu’elles sont selon vous les éléments essentiels pour un accord climatique équitable et pourquoi ?
Nnimmo Bassey : Faire en sorte que les pollueurs réduisent leurs émissions de carbone à la source jusqu’à concurrence de ce qui est requis pour maintenir l’augmentation de la température en deçà de 1,5°C comme requis par les scientifiques. Sinon, un accord qui prévoit des objectifs volontaires aurait pour conséquence de réchauffer, voire de griller l’Afrique et de noyer les petites îles avec la montée des eaux.
Pambazuka News : Lors d’autres COP, les militants se sont attaqués aux solutions de marché comme le Clean Development Mecanism (CDM – Mécanismes de développement propre). Quelles sont les genres de fausses solutions à l’encontre desquels nous devrions être vigilants à Durban et pourquoi ?
Nnimmo Bassey : Il est probable que Durban voudra construire sur ces mêmes CDM qui sont discréditées. Nous devons nous attendre à des formes plus vicieuses de Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation in Developing Countries(REDD - Réduction des émissions à partir de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en voie de développement) qui intensifieront l’accaparement des terres qui, déjà, accable l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Nous devons en effet nous attendre à voir s’ajouter à leur plan la question de l’absorption du carbone par le sol, qui permettra aux spéculateurs de commencer un processus d’accaparement des terres en repoussant les petits paysans vers des terres plus ou moins stériles. Ce qui aura pour conséquence d’aggraver la faim et la malnutrition des communautés vulnérables.
Pambazuka News : Le Nord va pousser pour des "économies vertes". Dans quelle mesure le " vert" est-il le vert des dollars et quel devrait être les composantes d’une économie véritablement verte ?
Nnimmo Bassey : C’est là une question vraiment drôle mais en même temps très sérieuse ! Le concept d’économie verte promu lors des discussions de Rio +20 (Conférence des Nations sur le développement durable) et les négociations sur le climat est le modèle pour la lessive verte. Il aidera le secteur brun, comme le secteur de la chimie et du pétrole, à "laver" plus vert en s’embarquant dans divers projets. "L’économie verte" est un concept inquiétant qui nécessite un examen attentif. A défaut on ignorera la valeur intrinsèque de la nature et on permettra la formulation de valeurs d’échange fictives sur la base de système naturel qui favorise le profit au détriment de la population
Pambazuka News : Pouvez-vous nous donner un exemple récent qui illustre l’impact sur le terrain du changement climatique en Afrique ? A ce titre, vous avez récemment écrit sur les inondations au Nigeria. Quelles autres manifestations émergent et quel a été leur impact ?
Nnimmo Bassey : La sécheresse et la famine dans la Corne de l’Afrique constituent un exemple très clair. Ces conséquences tragiques auraient toutes été évitables si les pays concernés avaient élaboré et développé une résilience et des stratégies pour faire face. Les pluies ont été insuffisantes pendant trois ans de suite mais les gouvernements et les institutions ont choisi d’ignorer cela. Les analystes ont remarqué qu’en raison du réchauffement de l’océan Indien, la pluie qui aurait dû tomber sur la terre est allée se perdre dans la mer. Ceci est un avant-goût des désastres à venir. La perte des cultures et de pauvres récoltes ont déjà été notées dans certaines régions. La désertification progresse dans au moins 13 Etats au Nigeria et le désert continue sa progression. L’érosion des côtes, en raison de la montée des eaux océanes, est une réalité.
Pambazuka News : L’idée de la dette climatique – concept selon lequel les pays développés qui ont causé le dommage à l’environnement sont redevables aux pays en voie de développement - a été promue en Bolivie et par les mouvements progressistes de la société civile. Mais dans le même temps la Grande Bretagne, au travers de la Banque Mondiale, prête de l’argent aux pays en voie de développement à des fins d’adaptation, les enfermant dans un autre cycle de dettes. Quel est votre avis sur cette question ?
Nnimmo Bassey : Un temps interminable a été consacré à la question du financement de l’adaptation, qui a constitué une question centrale lors des négociations climatiques, avec des propositions et des plans pour le financement du climat. La dette du climat a été un point central des campagnes menées par les militants pour l’environnement et la justice sociale depuis quelque temps déjà. La promotion de l’idée par des pays comme la Bolivie indique la possibilité d’avoir davantage de points de rencontre entre les Etats et les citoyens. La dette du climat a aussi été un des points principaux à la conférence mondiale sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère, qui s‘est tenue à Cochabamba, en Bolivie, en avril 2010
Si la dette climatique est reconnue et acceptée et surtout payée, elle compenserait de nombreux torts historiques, fournirait des fonds pour l’adaptation et pour renforcer la résilience dans des territoires, des régions et des nations vulnérables. Cette reconnaissance de dette encouragerait aussi les exploiteurs et les pollueurs à rechercher d’autres moyens de conduire leurs affaires et d’entrer en relation avec les autres. Ceci nécessiterait une reformulation de notre livre des comptes global, montrant que lesdits pays pauvres ont, en fait, fait crédit et ont subventionné les pays "riches" et que ces derniers sont plutôt les débiteurs. La question de prêts aux pays en voie de développement ne se poserait pas puisque le remboursement de la dette suffirait largement à payer pour l’adaptation et laisserait probablement un surplus.
En fait, parler d’adaptation, sans remédier aux causes du problème qui nécessite l’adaptation, est simplement inacceptable. L’argument qui soutend cette position est que le changement climatique étant inévitable, tout ce nous pouvons faire c’est nous adapter. Au cœur de ce prémisse il revient à dire que les choses continuent comme avant. Ceci a conduit au fait que certains ne voient pas le changement climatique comme une crise mais bien comme une occasion de faire des affaires.
Pambazuka News : La Bolivie a publié une déclaration des droits de la Terre Mère et a même institué un ministère responsable de la protection de ces droits. Quelles sont les probabilités pour une déclaration similaire en Afrique et que faudrait-il faire pour que cela fonctionne ?
Nnimmo Bassey : D’abord nous devons applaudir la Bolivie pour avoir pris de telles mesures. Pour beaucoup de gens les droits de la Terre Mère sont une notion idéaliste et impraticable. Le concept lui-même crée des barrières et nombreux sont ceux qui ne peuvent les franchir en raison de la prépondérance dans le monde de systèmes légaux hostiles. Lorsqu’ils entendent parler des droits de la nature ou des droits de la Terre Mère, ils se demandent comment la Terre Mère peut revendiquer la protection de ses droits. Si nous nous considérons comme étant les enfants de la Terre, si nous estimons lui appartenir plutôt qu’elle nous appartient, alors la question ne se pose pas. Des enfants peuvent parler pour leur mère.
Est-ce que des nations africaines peuvent faire des déclarations similaires ? Ma réponse est oui ! Ils mettront peut-être du temps pour voir les choses de cette façon, mais la reconnaissance des droits de la Terre Mère fournit l’une des meilleurs tribunes pour la défense de l’environnement en Afrique. Elle donnerait aux citoyens une base pour combattre les actions qui détruisent leur pays. A l’heure qu’il est, même les droits environnementaux ne sont pas des objectifs nationaux inscrits dans certaines constitutions nationales et ne sont pas justiciables. C’est le cas, par exemple, au Nigeria. Le meilleur moyen pour obtenir justice a été le recours à la Charte Africaine pour les Droits Humains et des Peuples, ratifiée et intégrée par de nombreux pays africains.
La Bolivie fait aussi la promotion de la Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère auprès des Nations Unies. Si et quand celle-ci sera adoptée, les nations africaines vont considérer et accepter cette tribune. C’est une occasion pour les mouvements socioéconomiques, écologistes et autres du continent de mener campagne pour l’adoption de cet important droit fondamental.
Pambazuka News : Les précédentes réunions climatiques - Copenhague en 2009 et Cancun en 2010 - ont été sévèrement critiquées pour leur tendance à vouloir réduire au silence les voix des pays du Sud et les organisations de la société civile. Avez-vous le sentiment que cet aspect sera amélioré à Durban ou est-ce que ce sera du pareil au même ?
Nnimmo Bassey : Le gouvernement sud-africain a surnommé le COP 17 "le COP des peuples". Nous attendons de voir. Je m’attends à ce que ces forces soient très audibles à Durban. Seront-elles entendues ? Ceci est une autre question ! A Copenhague elles ont été étouffées. A Cancun nous avons été dispersés dans l’espace. Il est possible qu’à Durban il y ait une autre barrière structurelle mise en place par ces malins de néolibéraux, capables de tout. Nous serons agréablement surpris si les voix dominantes permettent à d’autres de se faire entendre.
Pambazuka News : Alors qu’une bonne partie du Sud global est face aux même défi en ce qui concerne le changement climatique, il est souvent difficile de réaliser une unité politique et de parler d’une même voix. Est-ce que vous entrevoyez des unions politiques puissantes entre des pays en voie de développement sur ce thème ou est-ce que les pays sont susceptibles de poursuivre le chemin du "chacun pour soi" ?
Nnimmo Bassey : De puissantes alliances politiques vont certainement se nouer. Mais pas à Durban. Il y en aura bien qui chanteront faux pour apporter une note discordante. Le jeu de ces faux-jetons est de ramasser les miettes qui tombent des tables des pays puissants. Il est regrettable qu’au lieu de prendre des positions morales pour la justice et l’équité, les dirigeants du Sud préfèrent courber l’échine devant les nations puissantes, tendre des bols pour récupérer les miettes et porter des badges de "vulnérabilité" comme des décorations. Des pays seront honorés d’être invités dans la "chambre verte" et faire des demandes d’aide ou tout autre assistance.
Ceci dit, il faut reconnaître les efforts consentis par la société civile pour démontrer, aux divers camps de négociations existants, la convergence de leurs besoins et la raison pour laquelle ils doivent faire cause commune pour sauver la planète. Malheureusement, il semble que les nations se concentrent sur de petits intérêts qui ne reflètent même pas les attentes de la masse de leur population. Il semble que des voix puissantes se feront entendre lorsque les dirigeants apprendront à écouter et à entendre ceux qu’ils dirigent.
Pambazuka News : Comment définiriez-vous le degré de compréhension du changement climatique chez les structures gouvernementales chargées de représenter ses citoyens au COP 17 ?
Nnimmo Bassey : Malheureusement le degré de compréhension du changement climatique au sein des départements gouvernementaux n’est pas basé sur un questionnement rigoureux et sur une véritable compréhension du problème. Même dans les gouvernements où l’on trouve d’excellents technocrates et négociateurs, il y a un mur infranchissable entre eux et les politiciens. Ce clivage nuit aux acquis en terme de connaissance disponible dans ces départements. D’autre part les politiciens et les ministres ont moins d’expérience et représentent souvent des intérêts particuliers qui ne coïncident pas avec ceux des citoyens. Ceci sera, hélas, manifeste une fois de plus lors du COP 17 à Durban.
Pambazuka News : A votre avis, les sociétés civiles africaines et les gouvernements ont-ils réussi à transmettre les défis liés aux changements climatiques à des groupes sociaux plus larges sur le continent ?
Nnimmo Bassey : Les groupes de la société civile, par des campagnes de mobilisation et de rencontres communautaires ont fait un énorme effort pour communiquer ces défis climatiques. Je connais les efforts faits en direction des enfants et de la jeunesse et vers des groupements de femmes. Les gouvernements doivent faire beaucoup plus. Les gens sont encore et toujours surpris par l’impact du changement climatique. Les gens ne sont pas préparés pour faire face aux immenses défis qui les attendent. Il reste énormément à faire à tous les niveaux.
Pambazuka News : Quel sera le rôle de l’Union Africaine lors de la conférence ?
Nnimmo Bassey : L’Union Africaine devrait jouer un rôle central pour atteindre les aspirations des peuples africains durant la réunion. L’Afrique est le moins préparé pour faire face aux impacts des catastrophes induites par le changement climatique. Mais rien n’est clair pour savoir si l’Union africaine va être utile lors de la conférence. Des informations révélées par Wikileaks, montrent à quel point certains des dirigeants africains de l’Union Africaine, qui devraient participer aux efforts de négociations, sont compromis. Il n’y a aucune raison pour nous de nourrir l’espoir que l’Union Africaine va défendre fortement une position morale qui aiderait le continent. Nous devons nous préparer à entendre des demandes d’assistance charitable plutôt qu’une position claire qui exige le paiement de la dette climatique et que les pays riches mettent un terme à l’alimentation des conflits sur le continent qui réduisent encore davantage notre capacité à faire face aux changements climatiques.
Pambazuka News : Les débats dans les médias dominants concernant la consommation d’énergie, en relation avec le changement climatique, tend à se focaliser sur la responsabilité des individus. Or ce sont souvent les activités des multinationales industrielles qui usent d’une part considérable de l’énergie nationale. Quelle sera la latitude du COP pour débattre de la consommation d’énergie des multinationales ?
Nnimmo Bassey : Cette discussion aura lieu à l’extérieur, dans l’espace réservé à la société civile. C’est dans ces espaces que les actions futures seront construites. C’est là que les causes fondamentales du changement climatique seront disséquées et les réelles résolutions pour une civilisation post énergies fossiles seront prises. A l’intérieur du COP, l’accent continuera d’être mis sur le comment permettre aux multinationales de faire de meilleurs investissements. On y discutera les moyens pour les multinationales d’avoir accès à une électricité meilleur marché. Elles rechercheront - et probablement obtiendront - les bases qui vont leur assurer davantage d’énergie fossile, davantage de subsides par l’intermédiaire de la Banque Mondiale, leur alliée qui joue un rôle central dans les questions sur le changement climatique. Ce sera aussi la tribune pour l’élaboration de stratégie pour plus de compensation de carbone et autres mécanismes mercantiles qui permettent aux multinationales d’intensifier encore leurs aventures profitables, laissant dans leurs sillages encore plus de misères humaines et de dévastations écologiques.
Récemment les Nations Unies ont pris langue avec les huit plus grandes compagnies d’électricité, afin que celles-ci les conseillent sur la façon d’étendre le partenariat public/privé que les Nations Unies entrevoient comme le moyen de résoudre le problème de la pauvreté énergétique dans le monde. Cet espace interne du COP fournira le cadre pour le juste "risque = récompense" au profit des compagnies et contribuera à la consolidation des compagnies d’électricité actuelles et d’autres à venir.
Pambazuka News : A l’instar de la menace des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le domaine du système alimentaire mondial, les militants sont de plus en plus préoccupés par l’appui des multinationales aux solutions technologiques drastiques comme la technologie qui envahit le ciel. Y aura-t-il des discussions sur ces technologies à hauts risques au COP ?
Nnimmo Bassey : Il y aura probablement des discussions sur les technologies dangereuses lors du COP, en particulier lorsque elles évolueront vers un nouveau genre de REDD. Ils ne citeront probablement pas nommément les géo-techonologies, mais les discussions génériques prépareront la voie aux crédits de carbone qui s’obtiendront par l’absorption du carbone par le sol, par exemple. En fait, il y a des tentatives de promotion des OGM dans l’environnement africain sous prétexte de fourniture de cultures capables de résister à des évènements climatiques sévères. Les mensonges concernant les biotechnologies modernes se poursuivent sans relâche, propulsés par les multinationales avec l’aide des gouvernements qui sont à leurs pieds.
Il y aura lors du COP des discussions franches et des débats intenses concernant ces technologies, mais une fois encore elles auront lieu principalement à l’extérieur. Un des grands défis de cette conférence et des rencontres suivantes consiste à trouver des convergences entre l’intérieur et l’extérieur. En fait, il s’agira de voir comment faire entrer l’extérieur à l’intérieur, afin que les gouvernements puissent être des structures du peuple, par le peuple et pour le peuple.
* Nnimmo Bassey est un militant écologiste nigérian et un poète. Elu président de Friends of the Earth International, il est le directeur exécutif de Environmental Rights Action. Il a été co-nominé pour le Right Livelihood Award en 2010
Traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Sénégal : La bipolarisation politique facteur historique de la division de la gauche
Guy Marius Sagna
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/features/78296
« Cela ne peut signifier qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir, mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes » (celles qui nous ont conduit au naufrage actuel de notre famille politique). - Aimée Césaire
Le Sénégal vit, à quelques mois de l’élection présidentielle de février 2012, la crise préélectorale la plus grosse d’incertitudes de son histoire. Populations éprouvées, République menacée, corruption généralisée et naufrage morale engendrent un ras le bol généralisé. Les graves menaces qui planent sur notre pays exigent un front uni du peuple pour juguler et écarter la destruction des conquêtes démocratiques par le principal bénéficiaire de l’alternance conquise de haute lutte par le peuple en 2000. Cette tâche nationale du moment, imposée par les projets funestes du pouvoir, n’est nullement opposée au nécessaire travail d’unir notre famille politique, la gauche, pour en faire une force indépendante alternative au service des classes populaires.
Le Comité National Préparatoire du Cinquantenaire du Manifeste du PAI (CNP-50e) nous a fait l’honneur de nous convier à la grande exposition internationale sur le thème: « Sénégal : regards sur les luttes pour l’indépendance et les libertés démocratiques 1944-1980. » et aux conférences qu’il organise du Samedi 19 au Vendredi 26 Novembre 2011 à la Maison de la culture Douta Seck.
(…) En effet après plus de 50 ans d’expériences de lutte, nous constatons que la gauche sénégalaise n’a toujours pas l’initiative. Et c’est légitimement que se posent à nous un certain nombre de questions. Qu’est ce qui n’a pas marché ? Que faire ? L’heure d’un nouveau manifeste n’a-t-elle pas sonné ?
Les émeutes de la faim et de l’électricité, la révolte des marchands ambulants, celles des jeunes de Kédougou contre la main basse sur les ressources minières nationales en 2008, celle des paysans contre l’accaparement de leurs terres comme récemment à Fanay, à Sangalkam et à Mbane, celle des populations sinistrées par les inondations et la mobilisation nationale du 23 juin 2011 contre un seizième viol de la Constitution constituent autant d’éléments montrant que l’élément objectif est prêt.
Si les mouvements « Y en a marre », « Bess du niak », « Dafa doy », (1) « Wade dégage » sont des manifestations salvatrices légitimes de la résistance du peuple, la multiplicité des déclarations de candidatures, notamment de la société civile, sont la preuve de l’horrible vide laissée par la gauche sénégalaise dans l’arène politique. Portes ouvertes à tous les marchands d’illusions et au choix de l’embarras pour le peuple. L’élément subjectif n’est pas prêt. Le peuple, après 50 ans de patience douloureuse, devra encore attendre sur le parvis de l’église avec son bouquet de fleurs fanées à la main. Que de rendez-vous manqués car non préparés ! Que de rendez-vous non préparés parce la gauche a été piégée par l’inextricable labyrinthe de la bipolarisation politique sénégalaise.
Le piège suppose trois éléments : le piégeur, le dispositif, le piégé.
D’abord, une réflexion sur le piégeur pose la question des ambitions poursuivies par celui-ci. Les deux faces du semi colonialisme que sont impérialistes d’une part et collaborateurs bourgeois locaux d’autre part sont les piégeurs. L’impérialisme a besoin de réservoirs de matières premières et de déversoirs de produits manufacturés pour éviter la révolution en son centre. Cécile Rhodes, en 1895, disait : « J'étais hier dans l'East-End (quartier ouvrier de Londres), et j'ai assisté à une réunion de sans-travail. J'y ai entendu des discours forcenés. Ce n'était qu'un cri : Du pain ! Du pain ! Revivant toute la scène en rentrant chez moi, je me sentis encore plus convaincu qu'avant de l'importance de l'impérialisme... L'idée qui me tient le plus à cœur, c'est la solution du problème social, à savoir : pour sauver les quarante millions d'habitants du Royaume-Uni d'une guerre civile meurtrière, nous, les colonisateurs, devons conquérir des terres nouvelles afin d'y installer l'excédent de notre population, d'y trouver de nouveaux débouchés pour les produits de nos fabriques et de nos mines. L'Empire, ai-je toujours dit, est une question de ventre. Si vous voulez éviter la guerre civile, il vous faut devenir impérialistes » (cité par Lénine, chapitre VI de Impérialisme stade suprême du capitalisme).
La permanence de la « question de ventre », encore aujourd’hui, comme en Grèce, en Irlande, en Italie, en France, aux Etats Unis, comme le posent les indignés et les travailleurs en lutte des pays du centre du capitalisme mondial, entraine la nécessité des guerres coloniales de l’impérialisme comme en Libye, en Irak, en Afghanistan, en ex-Yougoslavie.
Ensuite, la hardiesse, l’enthousiasme et la témérité du semi-colonialisme, qui flaire des bénéfices raisonnables pouvant aller jusqu’à 50%, voire 300% pour parler comme Marx dans Le Capital, incite celui-ci à mettre en place un piège pérennisant le pillage du Sénégal en subordonnant ce dernier à l’impérialisme par l’arrimage de la gauche aux collaborateurs et complices locaux des impérialistes pour avoir un semi colonialisme parfait.
Avant et pour cela, l’impérialisme et ses suppôts avaient opté pour la répression et le maintien dans la clandestinité des forces politiques opposées au consensus semi colonial. Des camarades comme Sadio Camara, Madické Wade, Alla Kane, etc., en rendent compte. Maître Babacar Niang révèle que « du mois de mars 1962 au mois d’octobre 1975, la juridiction d’exception sous Senghor a prononcé plus de trois cents années d’emprisonnement, plus de deux cents années de travaux forcés à temps, plusieurs condamnations à perpétuité, dont deux condamnations à mort exécutées ». De hautes luttes, la gauche patriotique, anti impérialiste et panafricaine arracha le droit à l’existence légale par la conquête du multipartisme.
La répercussion des divergences et luttes idéologiques du mouvement communiste international sur le plan national, le subjectivisme et la mauvaise gestion des divergences, la faiblesse de la composition ouvrière, la jeunesse du mouvement révolutionnaire national… ont d’abord constitué les maladies infantiles de la gauche sénégalaise durant ce premier cinquantenaire après les indépendances. Maladies qui ont provoqué le démembrement du PAI (Parti Africain de l’Indépendance) qui avait réussi jusqu’à un certain point à conjurer la bipolarisation politique datant de l’époque de Blaise Diagne.
Au « tassaro » (dispersion des forces) qui en résulta, le semi colonialisme ajouta des mesures qui ressuscitèrent la bipolarisation que, sinon seule l’unité, du moins un grand parti de gauche pouvait à nouveau conjurer. Parmi ces mesures on peut citer la création d’un parti de contribution, la fixation de caution censitaire, l’attitude de la presse publique (dont se fait complice une partie de la presse privée), les fraudes électorales et comme le disait le doyen Magatte Thiam, les stratégies d’Abdou Diouf consistant à « détourner les votes au profit du PS (…), mais aussi au profit des partis de l’opposition dont il veut artificiellement entretenir la crédibilité ».
Malgré quelques intermèdes vains d’unité qui ne surent dépasser le cadre électoral, la gauche sénégalaise passa du « tassaro » au « benno » (unité) autour des libéraux dans l’opposition avant 2000 et autour de la social-démocratie après 2000. La maladie du réformisme, de la collaboration de classe et de la lutte des places a laminé et jeté un discrédit sur la classe politique y compris notre famille politique dans la dernière période. Résultat : après 2000 notre famille politique éclatée s’est encore plus émiettée que les scissions connues par le PAI.
Résultat : l’extrême faiblesse électorale de nos organisations mesure comme le disait Engels du niveau de conscience du moment de la classe ouvrière. Mesure de notre travail en direction des masses ouvrières, paysannes et populaires.
Résultat : la gauche a une prise insuffisante sur la réalité des luttes comme le montrent les mobilisations populaires du 23 et 27 juin 2011.
Résultat : après avoir porté les libéraux au pouvoir en 2000, la gauche, pour n’avoir pas suffisamment pris en charge la tâche stratégique de construction de son unité, s’investit aujourd’hui encore dans le choix difficile du candidat de l’unité et du rassemblement entre deux prétendants de la social-démocratie pour l’élection présidentielle de 2012.
Aujourd’hui encore, comme le constataient les 23 signataires du manifeste du PAI en 1957, « (…) la réalité s’est chargée de démontrer qu’on ne va pas en guerre en laissant ses armes de côté. Elle fait justice de cette erreur. » La persistance, jusque là, de la gauche sénégalaise à s’inscrire stratégiquement dans la bipolarisation politique est une acceptation du système d’alternance unique entre sociaux-démocrates libéraux et libéraux, entre deux fractions de la bourgeoisie. Système-piège qui, dès lors qu’on y participe, n’autorise aucune alternative.
Il nous faut débipolariser l’esprit de notre famille politique qui s’est figée sur l’idée selon laquelle il n’y a pas d’alternative pour la gauche que d’être souteneur des autres familles politiques. C’est le triomphe définitif d’un piège quand le piégé participe consciemment au traquenard.
La gauche est mat pour n’avoir pris, sinon aucune initiative sérieuse pour son unité et son rassemblement, du moins pour n’avoir eu pour seule initiative que l’unité autour des autres familles politiques. C’est pourquoi nous pouvons dire avec force que l’heure d’un nouveau manifeste a sonné. Un manifeste pour l’unité à retrouver de tout ou partie de notre famille politique après l’avoir perdu depuis les scissions du PAI. Un manifeste pour l’unité autour de l’anti-impérialisme, du panafricanisme des ouvriers, des paysans, des travailleurs de l’informel et des couches populaires. Un manifeste pour l’unité autour d’un journal, l’unité autour d’un programme de formation politique et idéologique. Un manifeste qui privilégie l’unité stratégique autour de notre famille politique tout en nous impliquant, comme nous savons si généreusement le faire, dans les unités tactiques pour préserver les acquis démocratiques.
Ce manifeste pour l’unité permettra d’œuvrer à la recherche pour élaborer un projet collectif de gauche de sortie du sous développement ; une unité autour de l’édification d’une organisation forte de gauche ; une unité autour de notre implication dans les luttes des sections de notre peuple ; une unité pour mettre nos forces ensemble dans les entreprises, les villages et les quartiers, les villes au niveau national en passant par les niveaux départemental et régional, tout en préparant les conditions d’émergences d’un parti de gauche panafricain.
C’est pourquoi les initiatives comme le Collectif des 6, espace gauche de Benno (Ndlr : Bennoo siggil Senegal est une coalition de partis d’opposition et de la société civile), CNP, CNP/CNG,… doivent être considérées comme des étapes et sont à saluer. Mais l’avenir c’est d’aller résolument vers la confédération ou la fédération de gauche, étape vers l’édification du grand parti de gauche, le parti des ouvriers, des paysans, de l’intelligentsia progressiste du pays. C’est là que réside toute la signification de l’adoption le 24 août 2011 de la feuille de route « pour la fondation de la Confédération des partis et organisations de la gauche révolutionnaire au Sénégal, Confédération de la gauche panafricaniste du Sénégal».
Cette volonté déjà exprimée par le RND (Rassemblement National Démocratique), YAW (Yoonu Askan Wi) et F/MTP-S (Ferñent/ Mouvement pour les Travailleurs – Sénégal) doit être poursuivie et renforcée jusqu’à la tenue de la conférence nationale de lancement de cette confédération/fédération. Jusqu’à la publication, ce jour-là, du nouveau manifeste avec symboliquement 23 nouveaux signataires personnalités et responsables d’organisations acquises à l’unification de notre famille politique la gauche Sénégalaise section de la gauche Africaine.
NOTE
1) « Y en a marre », « Bess du niak » (un jour viendra), « Dafa doy », (Ça suffit) sont des mouvements de contestation du pouvoir d’Abdoulaye Wade, réclamant son départ du pouvoir.
* Guy Marius Sagna est membre du Secrétariat politique de Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Sénégal
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La Chine, meilleure alliée stratégique de l’Afrique
Le cas du Cameroun et de la Côte d'Ivoire
Jean-Paul Pougala
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/features/78297
Les douze derniers mois ont été très intenses sur le continent africain avec d'importantes élections qui ont suscité beaucoup d'intérêts même hors d'Afrique, parce que l'issu de chacune d'elle marquait les nouvelles frontières du partage des zones d'influence qui sont en train de se renégocier entre les anciens maîtres du monde, l'Occident et le nouveau, la Chine. En paraphrasant un classement qu'on a vu en Ukraine, ont peut dire qu'en Côte d'Ivoire, en Zambie ou au Libéria, ce sont les Pro-Occident qui ont gagné la partie. Au Cameroun ou République Démocratique du Congo, ce sont les pro-Chine qui ont gagné.
Depuis les indépendances africaines, il y a environ 50 ans, dans la logique de la guerre froide, les pays africains étaient tous sous l'une des deux bannières : pro-occident ou pro-Union Soviétique. A la chute du Mur de Berlin en 1989 et la conséquente fin de la période de la guerre froide, toute l'Afrique était devenue, de gré ou de force pro-Occident. Le tandem Fond Monétaire International et Banque Mondiale avait de fait pris le pouvoir en Afrique, décidant de tout ou partie de la politique économique, financière, sociale et même juridique de bon nombre de pays africains. Après ces 20-30 ans de ce pouvoir en Afrique, il n'existe à ce jour aucune exception de pays qui aurait réussi grâce à ces recettes venues tout droit de Washington. Ce qui a amené certains pays à entrer en dissidence, à entrer en rébellion contre ce pouvoir ultralibéral FMI-BM qui a une particularité et c'est que lorsqu'il échoue, le chapeau n'est porté que par le dirigeant africain rebaptisé pour la circonstance en "dictateur africain" afin de détourner l'attention de la vraie paternité de l'échec : l'ultralibéralisme occidental. Cette tragi-comédie continue de nos jours, puisque ce sont ces mêmes recettes qu'on prescrit aujourd'hui à la Grèce, au Portugal et à l'Italie qui ont toutes échoué il y a 20 ans en Afrique.
Ces dissidents africains ont regardé ailleurs vers l'Orient, vers la Chine. Ils ne sont pas très nombreux, parce qu'il fallait du courage pour braver les pressions occidentales, lorsque cela ne se terminait pas par des coups d'Etat bien pilotés par l'entremise des rebelles qui n'ont jamais expliqué comment et par qui ils avaient été financés. Et c'est dans ce contexte que s'inscrit désormais tous les rendez-vous électoraux sur le continent africain, où le seul vrai projet de société est de savoir si le pays se contente du statu quo habituel avec le niveau de misère qu'on connait depuis 50 ans au service de l'Occident ou alors s'il fera le saut dans le vide en choisissant la Chine, pour émerger avec elle, sans savoir où on va atterrir.
Aujourd'hui, je vais prendre en examen deux pays africains qui ont fait deux choix opposés, l'un, la Côte d'ivoire, a choisi de rester comme avant, sous l'Occident et l'autre, le Cameroun, qui a fait le choix de se jeter dans le vide avec la Chine. Lequel des deux pays a fait le bon choix ? pour répondre à cette question, je me garderai bien de donner des jugements de valeur à une élection ou à une autre. Je ne vais pas refaire l'histoire ici. Mais il me plait de revoir les événements sous la loupe purement géostratégique.
Le Cameroun et la Côte d'Ivoire sont deux pays africains qui ont récemment connu des élections et le point commun des deux élections c'est que les deux géants mondiaux, la Chine et l'Occident avaient fait leur choix et apporté leur soutien. En Côte d'Ivoire, on peut être d'accord ou pas d'accord sur les méthodes utilisées, mais chaque contemporain a pu assister en direct à l'intronisation par la France et les Etats-Unis d'une administration africaine. Il n'est donc pas erroné d'affirmer que le pouvoir en place est pro-Occident.
Au Cameroun, M. Biya a été le chouchou de Pékin, cette ville étant devenue au cours des années sa seule destination officielle hors des frontières camerounaises. Lors du dernier congrès de son parti, le RDPC, le parti de Sarkozy, l'UMP, n'était pas invité comme d'habitude. A sa place, c'est le Parti Communiste Chinois qui a été convié et désigné comme le "meilleur parti ami" du Cameroun. Et que dire du fait que les résultats des élections présidentielles au Cameroun ont été rendus publiques à Pékin, 4 heures avant la proclamation par la Cour Suprême du Cameroun. Ce qui nous amène à dire, sans nous tromper, que le positionnement du Cameroun est pro-Chine.
Etait-ce un simple hasard, la décision conjointe de Pékin et Yaoundé, de choisir la date du 8 octobre 2011, un jour avant les élections, pour la cérémonie présidée par Biya et le représentant chinois pour poser ensemble la première pierre du chantier du port en eau profonde de Kribi avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars versés par la Chine ? N'était-ce pas un vrai défi lancé aux Occidentaux qui eux sont dans une profonde crise financière ? Dans tous les cas, l'électorat camerounais a approuvé ce choix de ses dirigeants, le lendemain, dans les urnes, en élisant Biya avec 78% des voix. En comparaison, on est très loin de la gestion calamiteuse des Occidentaux de la situation ivoirienne quelques mois auparavant.
QUI DU CAMEROUN ET DE LA COTE D'IVOIRE A EU RAISON DE SON CHOIX ?
S'il est encore trop tôt pour parler du Cameroun on peut déjà tirer les premières conclusions sur la Cote d'ivoire et constater que la situation aujourd'hui est de loin pire que celle qui prévalait durant la crise sous Laurent Gbagbo. Le FMI vient d'avancer un chiffre de -7,5 % de croissance du pays pour l'année 2011, faisant ainsi de la Côte d'Ivoire le seul pays en récession de tout le continent africain, c'est-à-dire, pire que la Somalie où même sans gouvernement stable il y aura eu 1% de croissance pour 2011, c'est-à-dire une croissance somme toute positive. Les mêmes sources nous informent des contre-performances de toute l'économie ivoirienne où l'Etat doit aux entreprises la rondelette somme de 900 milliards de FCFA. Et la totalité du budget 2012 à peine voté ne pourra être financé que de l'étranger.
Prenons au hasard une date commune dans les deux pays, la date du 23 novembre 2011. Quelle est l'actualité principale en Côte d'Ivoire ? C'est le porte-parole du président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso qui nous annonce qu’Alassane Drame Ouattara se trouve a Bruxelles où il va rencontrer, dans la journée, Karel de Gucht, commissaire Européen chargé du Commerce, pour parler des exportations du cacao ivoirien vers les pays de l'Union européenne.
Au même moment, au Cameroun, c'est Martin Yankwa, Inspecteur général du ministère camerounais de l'Industrie, des Mines et du Développement Technologique qui annonce la signature d'un accord pour la création d'une usine, la SITRACO, d'une valeur de 1,6 milliard de FCFA pour la transformation à Douala de 40% du coton camerounais pour alimenter les nombreux hôpitaux que la Chine construit un peu partout au Cameroun, avec des consommables comme les compresses médicales et des rouleaux de gaze hydrophile de coton.
Dans le premier cas, il s'agit de l'énième visite en Occident depuis la prise de pouvoir au mois de mai 2011 dernier. La première visite était le 26 mai 2011 au sommet du G8 à Deauville en France, où l'ami Sarkozy, président de la France l'a présenté comme un trophée, il avait une grande envie de célébrer la victoire militaire de sa présidence mais avait oublié d'informer son protégé Monsieur Ouattara que lui-même se trouvait en pleine tempête financière avec les 3 principales banques qui venaient de perdre en bourse près de 40% de leur valeur, ce qui atteindra très vite les jours suivants, 65% pour la plus grande. Il y a eu le 27/07/2011 la visite à Washington pour demander de l'argent. Malheureusement ici aussi, Monsieur Obama était en pleine querelle avec la nouvelle majorité républicaine au Congrès qui ne voulait pas lui octroyer une rallonge pour de nouvelles dettes; et du coup, accompagné des autres Présidents Africains qui semblaient tous à la Maison Blanche comme des écoliers dans le bureau du Directeur d'école, les photos que la Maison Blanche a publiées de cette rencontre donnent l'amère impression de se trouver à une cérémonie de funérailles.
COMMENT LIRE CES DEUX EVENEMENTS ?
EN COTE D'IVOIRE
La démarche ivoirienne est erronée. A mon avis, le cacao et le café, comme la malaria, doivent tout simplement être éradiqués du continent africain. C'est la seule certitude de mettre fin à la sombre époque de la soumission coloniale avec toute son économie, comme la culture de certaines plantes que les principaux journaux financiers en Occident continuent de classer en cette fin de l'année 2011 comme "produits coloniaux". Plus de 50 ans après l'indépendance, ce n'est pas normal qu'un dirigeant africain se rende en Europe pour négocier en faveur d'un produit colonial, c'est-à-dire pour continuer volontairement à cultiver ce produit qui correspondait à la vision et aux intérêts européens de cette Afrique coloniale. C'est une faute politique, historique et surtout, économique, car aucun pays du monde ne s'est jamais enrichi en continuant la production d'un produit colonial. Même le Brésil a été obligé de renoncer à sa place de premier producteur mondial du café pour passer à la production de viande qu'elle exporte désormais vers Europe parce qu'elle est 100 fois plus rentable et sa production est hebdomadaire et non annuelle comme le café.
En d'autres termes, la Côte d'Ivoire doit se spécialiser en "Intelligence" pour compter et pour commander en Afrique et non plus retourner aux sombres heures des travaux champêtres de la période coloniale, aux heures du travail manuel pour remettre le vieux tablier de domestique et reprendre, comme le veut le maître européen, sa place dans les plantations de cacao et café du pays tropical.
AU CAMEROUN
La démarche camerounaise est à encourager, parce la décision de créer une usine de transformation du coton camerounais présente deux avantages : d'abord parce que la vraie plus-value d'un produit agricole réside dans sa transformation en produit fini, ensuite parce que le produire pour satisfaire un besoin national permet de dynamiser une demande locale et mettre sur pied le cercle vertueux de la création de la richesse. Il est prévu que dans les prochains dix ans le Cameroun passera du pays importateur de coton, à pays exportateur, du même coton pour satisfaire la demande des hôpitaux camerounais et ensuite africains.
Ce que les dirigeants Camerounais ont compris c'est la leçon même de Laurent Gbagbo. C'est-à-dire que désormais c'est en Afrique même qu'il faut aller chercher l'argent. La SITRACO est l'arbre qui cache la forêt du vaste projet de développement du business de la santé au Cameroun pour attirer les malades non plus uniquement des pays voisins, mais venant de beaucoup plus loin. A travers ses hôpitaux, le Cameroun veut récupérer le très lucratif pactole des évacuations sanitaires vers la France depuis les pays d'Afrique francophone notamment pour des spécialités bien précises : cardiovasculaire, traumatologique, neurochirurgical, ontologique, ophtalmologique. Selon les incroyables chiffres fournis par Monsieur le ministre Burkinabé de la Santé, Bedouma Alain Yoda, le gouvernement d'un petit pays comme le Burkina Faso règle à la France la bagatelle de 900 millions de FCFA (1,372 million d'euros) chaque année pour évacuer une cinquantaine de patients par an. cette information a été rendue publique par le quotidien burkinabé Le Pays, dans son édition du 19 septembre 2007. Yaoundé veut une partie de ce gâteau. L'histoire ne nous dit pas si Paris est très content de l'activisme de ce nouveau concurrent inattendu.
Un autre domaine dans lequel les dirigeants de Yaoundé cherchent des palabres avec la France de Sarkozy, reste celui de la formation. On peut facilement imaginer la scène à l'intérieur du Palais d'Etoudi (demeure du président camerounais) où son hôte prend un stylo et sa calculette pour voir combien l'Europe encaisse chaque année des étudiants africains qui y affluent. Un vrai magot, se serait-il exclamé. Et toutes les réflexions successives ont dû porter sur le fait de savoir comment intercepter une partie de cette somme. Les universités publiques et privées sont en train de sortir de terre comme des champignons avec des cités universitaires et son lot de chantiers chinois pour livrer les œuvres dans les plus brefs délais afin, non seulement d'éviter que les Camerounais quittent le pays, mais aussi pour attirer les autres étudiants africains qu'ils soient francophones ou anglophones, profitant au passage de sa position privilégiée d'être le seul pays bilingue français/anglais du continent africain.
Alors que l'hôte de l'Elysée (demeure du président français) compte sur la stigmatisation de ces étudiants africains pour remonter dans les sondages, on peut parier que lui enlever un tel alibi sera vécu comme un crime. Déjà depuis le mois de mai 2011, un décret intime à ces étudiants Africains de laisser la France le lendemain de leur soutenance de thèse.
QUE FAIRE LORSQU'ON S'EST TROMPE DANS LE CHOIX DES ALLIANCES ?
Aujourd'hui, le développement de l'Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L'alliance avec l'Occident sur le point de déposer le bilan me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d'avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert. Le Guide libyen Kadhafi est l'exemple de ce choix suicidaire. Il avait opté pour l'alliance avec l'Occident, en snobant autant la Chine que la Russie et en mettant ses Services Secrets sous le contrôle de la CIA dès 2006. Ce qui lui sera fatal, puisque ce sont ces mêmes Services Secrets devenus américains qui feront qu'il ne soit plus en sécurité nulle part sur le sol libyen, encore moins son dauphin. Dans la nature, les mammifères cherchent les males jeunes et forts pour s'accoupler et assurer la descendance, garantir l'avenir. Parce que les males vieux sont faibles, souvent aigris et génèrent d'autres faiblesses qui ne laissent pas beaucoup de chance à la race de survivre longtemps, ne présageant aucun futur.
En ce moment, l'Occident est cet animal devenu vieux et faible et pour cette raison, devenu plus dangereux pour lui-même et pour ses alliés. Sa faiblesse le rend aigri. Un jour arrivera, lorsqu'ils comprendront que leur trophée de la victoire ivoirienne n'était qu'une pure illusion et qu'ils ne seront pas sauvés de leur profonde crise financière et sociétale par la Côte d'Ivoire, qu’ils n'auront plus besoin de Ouattara. Ce jour là, il sera très vite rebaptisé en "Dictateur Africain". Dès lors on n'a pas besoin d'être un magicien pour prédire que des ONG prétendument expertes de l'Afrique sortiront de partout pour nous expliquer comment il est méchant et s'enrichit sur le dos du peuple. On trouvera très vite un autre Africain pour le remplacer. Et ce jour là, nous serons présents pour le soutenir avec toutes nos forces, exactement comme nous l'avons fait pour son prédécesseur, exactement comme nous l'avons fait pour le Guide libyen, Kadhafi. Parce que la tradition africaine veut que nous n'abandonnions jamais les nôtres, quoi qu'ils aient fait dès lors qu'ils sont en mauvaise posture avec nos bourreaux de toujours.
Nicolas Machiavel (1469-1527) ne dit-il pas que "pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats" ?
Combien serons-nous pour répondre "présent" au soutient de Ouattara lorsque son heure de disgrâce sera arrivée ? Qu'est-ce que l'histoire retiendra de lui au delà de la page peu glorieuse qu'il a écrite avec sa fameuse "Communauté Internationale" ? Lui seul et son équipe pourront répondre à ces questions, à travers les actes et les décisions qu'ils pourront mener en utilisant leur cerveau pour ne pas insister avec des recettes qui ont démontré leurs limites. Le plus grave n'est pas de commettre des erreurs, mais de persister dans l'erreur. Et le geste le plus sage à mes yeux est celui d'avoir le courage et la force d'aller contre ceux qui l'ont mis au pouvoir et de libérer son frère Laurent Gbagbo. Il sortirait alors ainsi de "l'Afrique de la traitrise et des sous-préfets" pour entrer dans l'Afrique du courage et de la défense de la dignité humaine.
Nous sommes différents des Européens. Pour construire l'Union Européenne, ils ont recouru à un catalogue de conditions à être toutes satisfaites avant d'entrer dans l'Union et des pays comme la Turquie, depuis 1993, n'ont toujours pas réussi à satisfaire à ces conditions. En Afrique nous privilégions d'autres valeurs que l'argent. C'est pour cela qu'il n'y a jamais eu un quelconque catalogue de conditions pour adhérer à l'OUA hier ou à l'UA aujourd'hui et demain dans les Etats-Unis d'Afrique en construction. Ce qui nous unit est avant tout est un idéal, celui de soustraire l'Africain de l'esclavage européen, à travers la lutte contre l'humiliation que l'Occident continue de nous infliger depuis 5 siècles. Le Tribunal Pénal International (TPI) n'est-il pas la preuve évidente de cet acharnement contre la dignité humaine en Afrique ?
Comment expliquer sinon qu'avec les 3 millions de morts au Cambodge, pour le génocide perpétré par les 'Khmers rouge', le tribunal spécial se passe en terre cambodgienne pour juger ses auteur 30 ans après les faits, alors que pour l'Afrique le TPI devient l'énième instrument de domination et de la xénophobie contre l'Afrique ?
Le dénominateur commun du peuple africain est l'anticolonialisme. C'était même le fondement de l'OUA. Et nous ne pourrons pas construire les Etats-Unis d'Afrique sans associer tout le monde, sans prendre conscience de la capacité de nuisance de ceux qui veulent nous diviser jusqu'à chasser nos chefs d'Etat du pouvoir, jusqu'à tuer nos Présidents. Nous sommes très indignés de ces actes de barbarie et si ceux qui ont le pouvoir en Afrique n'ont pas conscience de cela, nous devons être doublement indignés.
CONCLUSION
Le déclin de l'Occident est paradoxalement une chance pour l'Afrique, à condition que nous soyons conscients de l'importance de la place que nous pouvons occuper dans cette nouvelle ère avec la redistribution des places. L'Occident ne peut pas nous aider parce qu'il ne peut pas s'aider lui-même. Obama a visité le Ghana et présenté ce pays comme la vitrine d'un allié de l'Occident qui réussit, mais la vérité est plus amère. C'est que ce pays pour sa croissance s'est tourné vers la Chine et a reçu 10 milliards de dollars, montant qu'aucun pays occidental ne pouvait lui offrir. Pour l'histoire, le 23 novembre 2011, pour la première fois, même l'Allemagne, le pays européen le plus vertueux et le plus riche n'a pas pu emprunter l'argent sur les marchés, leurs propres opérateurs étant les premiers à parier sur leur chute inexorable.
Au 21ème siècle c'est la fin des Etats-Nations et le triomphe des Etats-continent. Je ne me réjouis pas pour le début de la prospérité de mon pays, le Cameroun, tant que l'économie d'un autre pays africain comme la Côte d'Ivoire est en berne, parce que la Côte d'Ivoire comme la Somalie, c'est aussi mon pays et le comprendre c'est avoir la force pour résister à nos agresseurs et pour construire la base d'une prospérité stable, continentale. Et pour le faire, nous avons besoin des alliances, nous avons besoin de compter nos amis, nos vrais amis. Pour l'instant, le meilleur ami de l'Afrique est la Chine et nous devons tous nous indigner lorsque l'Europe va à Pékin parler de l'Afrique, parler de nous sans nous. Ne sommes-nous pas suffisamment sortis de l'adolescence ?
Toujours plus de chefs d'Etats Africains seront encore humiliés, d'autres seront encore assassinés. Mais le pire qu'un Africain puisse faire c'est qu'il soit de près ou de loin complice des ces actes tous dirigés contre les nôtres, tous orientés contre nous. Parce que chaque président africain qu'on humilie, c'est nous tous qu'on humilie, chaque chef d'Etat africain qu'on tue, c'est nous tous qu'on tue. Défendre les nôtres, c'est défendre nous-mêmes aujourd'hui, c'est défendre nos enfants demain. Et identifier avec précision contre qui, nous avons à nous défendre en priorité, nous aidera à mieux choisir nos alliances. A ce jour, aucun Africain n'est mort tombé sous les balles de l'armée chinoise.
* Jean-Paul Pougala est Economiste, Sociologue, Politologue et Professeur l’Université de la Diplomatie de Genève.
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Forum social thématique : Crise capitaliste, justice sociale et environnementale
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/Announce/78292
« Occupy Wall Street » gagne les Etats Unis. Mouvements de protestation et mobilisations indigènes suscitent une profonde fermentation dans la région andine propice aux orages. Des pays connus pour leur stabilité sociale voient s’intensifier des mouvements populaires. Le 15 octobre, on comptait plus d’un millier de manifestations dans les villes de quatre-vingt deux pays. L’indignation suscitée par les inégalités et les injustices sociales constitue le symbole commun de ces mouvements qui défient le « système » et les « pouvoirs », en affrontant leur puissance destructrice et la passivité des décennies néolibérales.
Les politiques d’austérité laissent entrevoir un surcroît de misère et poussent les jeunes à se mobiliser pour leur avenir. Sur tous les continents, des secteurs jadis apathiques voient se mettre en mouvement une protestation à l’adresse du pouvoir qui est pacifique, démocratique, pluraliste, unitaire et autonome !
Après trois décennies de mondialisation néolibérale, ces mouvements surgissent en réponse aux besoins et aux aspirations qui en découlent. Les mobilisations sont porteuses de valeurs telles que l’empathie pour la souffrance des autres, la solidarité, la défense de l’égalité, la justice, la reconnaissance de la diversité, la suprématie contestable des lois du marché sur la vie, l’importance de la nature – toutes ces idées sont essentielles pour la reconstruction urgente d’un nouveau monde qui est possible !
Un seul message : Nous devons réinventer le monde. Or, les pouvoirs établis ne semblent pas proposer de vraie réponse. Les Nations Unies (ONU) ne s’intéressent pas à la crise environnementale et les grandes puissances sont en train de précipiter l’humanité dans un scénario catastrophique. La chosification de la vie et le détournement d’une part toujours plus importante de la biomasse de la terre imposent une pression destructrice croissante sur les différents écosystèmes et amoindrissent rapidement la biodiversité.
La crise sociale qui s’approfondit dans les économies centrales, l’indignation qui se manifeste contre les inégalités croissantes ne trouvent d’autre réponse de la part des gouvernements et des multinationales que dans les privatisations et la défense des privilèges. La montée de l’exploitation des sols, l’achat des terres va continuer à apporter de l’eau aux luttes de résistances pour la défense de la nature, des biens communs, des styles de vie. Par ailleurs on voit s’accroître le nombre de gens qui pensent qu’on ne peut pas trouver de parade à ces menaces qui pèsent sur la réponse globale à un système dont la crise affecte toute l’humanité. Il s’agit en fait de défendre les 99% de gens contre le 1% d’entre eux qui veut profiter de la crise sur le dos des autres. Nous devons réinventer le monde.
Le temps est venu pour sauver à la fois l’alter-mondialisme et le Forum Social Mondial. Nous avons lancé, en 2009 à Belém, la recherche d’alternatifs au développementalisme et au consumérisme qui s’enracineraient dans le socio-environnemental. Or, les luttes sociales sont à la fois oxygénées et renouvelées par le mouvement qui recherche autonomie et contrôle du pouvoir dans le monde arabe et les vastes expressions de colère devant le capitalisme financier et les corporations en Europe et les Etats Unis. Si un autre monde était possible, fondé sur la convergence des volontés politiques, alors sa quête susciterait un idéal, une identité, une vision future communes.
Porto Alegre et la Zone métropolitiaine en 2012 constitueraient le point de convergence de l’expression indignée des peuples indigènes et des mouvements antisystèmes de toute origine qui veulent trouver une solution pour la crise, pour poser des limites à ceux qui ont le pouvoir et à faire campagne dans le monde entier à cette fin. Cela ne se réalisera que si nous pouvons formuler et transmettre un modèle alternatif de société, nous accorder sur un vocabulaire commun pour traduire les exigences d’un grand nombre de gens.
En reprenant ce thème, le Forum Social Thématique sera à même d’élaborer une réflexion et un programme stratégiques. Présentés au Rio +20, en mai et juin 2012, ceux-ci attireront les foules vers Rio de Janeiro.
Cette perspective nous invite tous, hommes et femmes, à participer au Forum Social Thématique – Crise capitaliste, Justice sociale et environnemental à Porto Alegre et dans sa Zone métropolitaine du 24 au 29 janvier 2012.
Il s’agira d’un forum qui se conçoit comme différent. En créant des groupes thématiques on pourra ainsi tenir compte de la multiplicité des expériences et des apports des divers acteurs sociaux portant sur les larges thèmes qui mobiliseront les acteurs des divers mouvements. C’est ainsi que l’on envisage des groupes thématiques portant sur un programme de durabilité et de justice sociale et environnementale. Il est prévu le recours systématique aux débats sur forums électroniques, tout en ouvrant la participation aux personnes parlant différentes langues pour élargir ainsi le public concerné. Les groupes thématiques se retrouveront à Porto Alegre pour une entrée en matière systématisée des thèmes les premiers jours (25 et 26 janvier 2012).
Par la suite, les jours suivants (27 et 28 janvier 2012) on articulera les divers débats entre eux selon quatre axes :
a) éthique et philosophique : subjectivité, domination et émancipation ;
b) droits humains, peuples, territoires et défense de la Terre Mère ;
c) production, distribution et consommation, l’accès à la richesse, aux biens communs et aux économies en transition ;
d) les sujets politiques, l’architecture du pouvoir et la démocratie.
Le Comité organisateur (GRAP et le comité local) et les animateurs des groupes assureront la marche des travaux.
Les décisions collectives joueront un grand rôle dans l’organisation comme dans l’évolution future des Forums sociaux thématiques qui fera l’objet d’un forum consacré au développement méthodologique. D’autres initiatives faciliteront cette élaboration collective, tels la table-ronde sur le climat et la systématisation des indicateurs.
www.dialogos2012.org - Cette plateforme prend effet à compter du 15 novembre, avec les apports des divers groupes thématiques. Tous ceux qui sont enregistrés dans les groupes thématiques pourront accéder aux débats du Forum en quatre langues : anglais, espagnol, portugais et français. Vous recevrez, en temps voulu, des suggestions pour les groupes thématiques par courrier électronique: grupostematicosfst@gmail.com
Après vérification de la conformité avec les conditions préalables et les agrégats, adressez un mail en confirmant la création du GT et en proposant la plateforme pour le groupe.
Rejoignez-nous, préparez-vous à venir à Porto Alegre and la Zone Métropolitaine.
Nous continuerons à réinventer le monde !
Le Comité Organisateur
* Pour tous renseignements concernant la préparation du Forum Social Thématique, l’enregistrement, la gestion autonome des activités et toute autre question on propose le site web : www.fstematico2012.org.br On peut écrire à fstematico2012@gmail.com
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Commentaires & analyses
Cameroun : Félix Moumié ou la mort oubliée d’un héros camerounais
Idriss Linge
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/comment/78293
L’attention de nombreux Camerounais est attirée, le jeudi 3 novembre, par la cérémonie de prestation de serment du président Paul Biya. Une cérémonie qui occulte un anniversaire désormais oublié, celui de la disparition brutale à Genève, en Suisse, d’un des visages de l’indépendance au Cameroun, Félix Roland Moumié. Officiellement les causes exactes de sa mort ne sont pas clairement définies. Mais de nombreuses recherches ont permis d’établir l’implication des dirigeants français de l’époque, qui voyaient en lui un obstacle à leur volonté d’hégémonie.
Félix-Roland Moumié est né en 1925 à l’hôpital protestant de Njissé à Foumban, de Samuel Mekou Moumié, évangéliste à la mission protestante et de Suzanne Mvuh. Il commence ses études primaires à l’école de Bandjo, les poursuit à l’école protestante de Njissé, puis à l’école publique de Bafoussam (CMI), et les achève à l’école régionale de Dschang (CMII) où il obtient avec brio le certificat d’études primaires. En 1941, il est reçu au concours d’entrée à l’École Supérieure Édouard Renard de Brazzaville. Élève très brillant, il poursuit ses études et s’oriente vers la médecine en s’inscrivant à l’école professionnelle William Ponty à Dakar en 1945. Il retourne au Cameroun en 1947 où il entame une carrière professionnelle de chirurgien.
A son retour au Cameroun, en 1947, le médecin Moumié est affecté à Kribi, ville côtière de la région du Sud. C’est dans cette ville qu’il va rencontrer pour la première fois Ruben Um Nyobe. En effet, en 1948, Ruben Um Nyobé, de retour de la conférence du Rassemblement démocratique africain (RDA), avait pu obtenir de M. Darbousier, ancien professeur de Dr Moumié, une lettre de recommandation. L’objectif d’Um Nyobé était clair : faire de ce jeune médecin un membre de l’UPC. Les deux hommes se rencontrent et échangent longuement. Ils discutent de tous les sujets préoccupants et Moumié adhère à l’UPC. Cette visite constituera le début d’une brillante carrière politique.
En 1952, Moumié sera élu président de l’UPC lors du congrès d’Éséka (le deuxième du parti), malgré son absence lors du scrutin pour des raisons professionnelles. Une brillante campagne, dont le slogan était « Résolution des problèmes fonciers, l’encouragement des cultures de rente, la revitalisation de l’art bamoun », ne lui permettra pas de gagner de siège à l’Assemblée territoriale du Cameroun (ATCAM) contre le roi Bamoun. En 1954, la lutte se poursuit. Ruben Um Nyobe est invité à s’exprimer aux Nations unies les 24 et 25 novembre 1955. Cette intervention soulève beaucoup de questions et a pour effet la création d’une mission de visite au Cameroun.
La réaction française est immédiate : Roland Pré, gouverneur français d’Outre-mer, est nommé nouveau haut-commissaire au Cameroun et il sera installé dans ses nouvelles fonctions le 2 décembre 1955. L’objectif français semble de briser l’UPC quel qu’en soit le prix. Pour mener à bien sa tâche, Pré décide de garder un œil sur tous les leaders du parti, en les regroupant tous dans la ville de Douala. C’est ainsi que le 23 janvier 1955 Moumié est muté dans la ville de Douala pour exercer à l’hôpital Laquintinie. C’est dans cette ville que sa carrière politique prendra un tournant décisif. Cinq ans plus tard, face à son charisme et sa faculté de mobilisation, Félix Moumié, en exil à Genève, trouvera la mort dans un hôpital local. C’est bien des années plus tard que des révélations historiques permettront de rendre publique l’implication de la France.
Le 16 janvier 1991, une loi nationale camerounaise a fait de lui un héros du pays. Mais rien de plus. Dans l’esprit des jeunes, son action et son implication pour un meilleur Cameroun restent confus. « C’est dommage, parce que voilà des personnes qui à mes yeux devraient être présentées comme exemple pour les nouvelles générations, parce qu’ils avaient la rage et avaient la foi en leur pays, ce qu’on ne retrouve plus dans ce pays », commente très souvent le chanteur camerounais Valséro
* Idriss Linge - Cet article est paru dans le site : http://journalducameroun.com
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Gabon : Il y a des moments historiques où l’opposition doit parler d’une seule voix !
Mengue M'Eyaà
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/comment/78294
Le conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon déplore le désordre interne à l’Union du Peuple Gabonais, consécutif à la disparition, dans des conditions suspectes, de Pierre Mamboundou, charismatique leader de l'Union du Peuple gabonais. Sa mort est une “aubaine” pour le régime, puisque l'Union nationale a été dissoute ; comme si l'on pouvait dissoudre la volonté du peuple. Il savait aussi que la question de la succession et celle du leadership allaient se poser, comme elle se pose chaque fois qu'un responsable d'un parti d'opposition disparaît brutalement. On le voit notamment avec les stratégies divergentes de ceux qui se jettent, tels des vautours, sur la succession faisant fi des dernières positions de Pierre Maboundou sur les conditions de transparence et de sincérité des élections, dont les législatives.
N’oublions pas que le parti-Etat est lui-même en crise avec l’incapacité interne à rassembler ses partisans tenus par les postes, l’argent ou par la résignation. Si elle avait eu lieu, l’entrée au gouvernement de Pierre Mamboundou était le défi que le régime s’était donné pour se donner un semblant de crédit au plan international.
Ce désordre est préjudiciable à tous les démocrates gabonais. Une infime minorité des membres de l'UPG est partisane de la participation aux élections, l'important pour elle étant d’être « élue » à l’Assemblée nationale. La majorité de la population gabonaise et des militants de l’UPG considèrent, à juste titre, qu’il est, au contraire, temps de mettre un terme à une participation électorale dont les résultats sont systématiquement faussés par le régime. Ce n’est pas « pratiquer la politique de la chaise vide » que de refuser d’aller aux élections, il s’agit simplement d’imposer un haut niveau d’exigences démocratiques.
Les temps ont changé. Instaurées par le régime quarantenaire, les vieilles recettes de la corruption sont terminées. La majorité des Gabonais souhaite le changement y compris de la part des responsables politiques de l'opposition. Encore une fois, l'utilisation des différences ethniques est improductive. Le tribalisme est la maladie infantile du régime depuis sa naissance, or il est une forme de racisme. Sans distinction d'ethnies, les populations ont conscience que la misère les touche tous, alors que le Gabon est producteur de pétrole et compte un pleu plus d'un million d'habitants
Il ne faut donc pas laisser croire qu'il y a, au Gabon, un “danger fang” contre lequel les autres ethnies doivent se coaliser. Cette “géopolitique”, tentante pour les opportunistes, ne fait que dissimuler les intérêts du clan. Il faut au contraire “détribaliser l'Etat “… et “détribaliser” la façon de penser la politique au Gabon. Il y a aussi une exigence de sincérité des scrutins et, dans cet objectif, il a été demandé que la biométrie soit mise en œuvre. Comme à son habitude, le régime a tergiversé puis a finalement préféré organiser les élections dans la précipitation, comme il l’avait déjà fait au moment des élections présidentielles. Sans doute, la crainte de perdre la majorité à l’Assemblée nationale gabonaise lui a fait faire ce choix afin de profiter de la présence de Nicolas Sarkozy et de Guéant, leurs protecteurs, au pouvoir en France pour quelques mois encore. Ils ne seront pas trop regardant sur les fraudes du pouvoir illégitime.
Depuis 1990, et la conférence nationale, le parti-Etat n’a cessé de revenir sur les quelques acquis en matière de libertés publiques. Encore une fois, les institutions sont occupées au plus haut niveau par des gens qui sont redevables au clan Bongo avec d’énormes conflits d’intérêts financiers, moraux, professionnels, ou familiaux et ethniques…
Comment a-t-on pu croire que l’on ait pu avoir une élection présidentielle à un seul tour ? Existe-t-il dans le monde un pays semblable et quel peuple peut l’accepter ? Le fétichisme du droit n’est pas non plus d’une grande utilité, car il n’y a pas d’Etat de droit, même si de temps en à autre des juristes remarquables considèrent insensées les décisions rendues par ce que l’on ose plus qualifier de « cour constitutionnelle ». Comme le régime est en deçà du droit, il est donc logique que les démocrates sincères refusent de participer à de nouvelles élections, puisqu’elles sont fausses du début à la fin, et qu’il est insupportable pour eux d’être des cautions à usage des bailleurs internationaux, de la France, du FMI et de l’Union européenne.
Le conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon souhaite également rappeler qu’il ne peut y avoir une action politique efficace sans que les responsables politiques aient une idée de leurs missions face aux manquements moraux et à l’incompétence liberticide du régime. L’opposition doit retrouver le chemin de « l’intelligence », et faire des propositions de développement, comme elle le faisait au début du gouvernement formé par André Mba Obame.
Les populations gabonaises sont épuisées par les coupures d'électricité, les routes sinistrées, l'urbanisme anarchique, la santé dévastée, l'abandon de 99 % du territoire pour 1 % richement dévolu au bien-être du pouvoir illégitime alors que le régime prétend à l'extérieur qu'il fait des “réformes”. De qui se moque t-on ? Seul un contexte démocratique permettra de contrarier le non-développement actuel et ses conséquences en matière de pouvoir d'achat, d'environnement et de qualité de vie des Gabonais. C’est en effet par le combat de l’intelligence que le régime illégitime sera écarté Il est anormal qu’un régime puisse régulièrement réussir à subvertir les membres des partis constitutifs des oppositions exclues du pouvoir au Gabon. Cette situation est d’autant plus dommageable que la chute de Nicolas Sarkozy est prochaine.
Le MCG est donc pleinement solidaire des milliers de militants et de la population gabonaise désireuse d’un changement, constitutifs d’un front de refus au régime illégitime ! Il y a des moments historiques au Gabon où il est important de parler d'une seule voix. Nous avons déjà gagné le pari de la non-participation aux élections législatives précipitées.
* Mengue M'Eyaà est présidente du conseil exécutif du Mouvement civique du Gabon
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Résumé de l'Édition Anglaise
Enjeux, craintes et attentes de la conférence sur le climat
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/summaryen/78313
COP 17 Un an après les négociations de Cancun et Durban
Pour Pablo Solón, toutes les négociations de 2011 sur le changement climatique sont concentrées sur la forme plutôt que sur le contenu. À Durban, les négociateurs voudront défaire le protocole de Kyoto et selon lui ce serait suicidaire.
http://pambazuka.org/en/category/features/78162
COP 17 est une conférence de pollueurs
Les sociétés se sont entendues avec des gouvernements pour orienter les négociations sur changement climatique dans le sens de leur propre intérêt. Au début de «Dirty Energy Week» en Afrique du Sud, les participants ont réclamé le vrai engagement pour guérir la terre.
http://pambazuka.org/en/category/features/78176
La paralysie des négociations sur le changement climatique
Pour l'Afrique, écrit Yash Tandon, la libération de l'impérialisme passe avant toutes les autres questions. Dès lors, voir les négociations sur le changement climatique comme une question isolée, ainsi que les activistes de gauche ont tendance à le faire, relève d’une dangereuse myopie, selon lui.
http://pambazuka.org/en/category/features/78175
La révolution égyptienne
Huit mois après le départ de Hosni Mubarak du pouvoir, les protestateurs égyptiens sont revenus à la place Tahrir. Sokari Ekine analyse les réflexions des bloggueurs sur les derniers développements.
http://pambazuka.org/en/category/features/78187
Manifeste de Martha : Le rêve d’une femme éthiopienne
Martha Mebrahtu est morte jeune, tuée par le régime éthiopien tandis qu'elle essayait, avec d’autres, de libérer leur pays du désordre. Mais comme le montre Elyas Mulu Kiros, son rêve a inspiré les révolutionnaires éthiopiens pendant des décennies.
http://pambazuka.org/en/category/features/78157
Ethiopie : La liberté ou la mort !
L'immolation récente d'un activiste éthiopien des droits de l'homme éclaire les nombreux abus du régime de Zenawi, mais également sa prétention démesurée et son indifférence devant les demandes du peuple aux niveaux local et régional, constate Alemayehu G. Mariam.
http://pambazuka.org/en/category/features/78167
Plaidoyers & campagnes
Soutien à la résistance et aux prisonniers politiques au Sahara Occidental
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/78298
de plus loin.
Bravo et merci à tous ceux qui ont contribué à son succès.
Cet engagement a été salué dans les salons de l’Hôtel de ville de Caen, où nous a reçus Philippe Duron, son député-maire. Ce fut l’occasion d’évoquer les engagements anciens de l’agglomération et d’ouvrir des perspectives tant en direction des campements qu’en soutien au respect des droits de l’homme au Sahara occidental.
M. Duron a pris acte de notre demande d’élire Aminatou Haïdar, citoyenne d’honneur de sa ville, il en fera la proposition au prochain Conseil municipal. M. Omar Mansour, représentant du Front Polisario présent s’en est chaleureusement félicité !
En perspective aussi le concours international de plaidoiries du mémorial au mois de janvier 2012, qui nous l’espérons évoquera dans une de ses plaidoiries présentées, la question du Sahara occidental.
La carte postale « écrire pour les libérer » renvoyant au sitehttp://www.ecrirepourlesliberer.com a été ces deux jours largement diffusée ! Espérons que de nouveaux parrains et marraines vont prendre leur plume pour écrire aux 82 prisonniers politiques sahraouis (et non plus 64).
FONDS DE SOLIDARITE POUR LES GREVISTES DE LA FAIM SAHRAOUIS
A l’occasion de la Semaine Internationale de la Solidarité, le comité Val de Marne de l’Association des Amis de la RASD et le CORELSO ont invité une délégation sahraouie venue à la fois des campements et du Sahara occidental.
Seul Mustafa El Machdoufi, frère d’un des prisonniers de Salé et responsable à Salé et El Aïoun du comité de suivi des grévistes de la faim a pu honorer cette invitation. Pendant toute une semaine, il a sillonné Paris et le Val de Marne à la rencontre de la presse (Jeune Afrique et le Figaro en particulier), des associations de jeunesse (UNEF, JC, PS, NPA etc) des associations des droits de l’homme (ACAT) et humanitaires (CCFD). Il a été reçu à Créteil à l’Hôtel du département pour la cérémonie d'ouverture de la SSI et dans plusieurs villes du Val de Marne .Il a reçu amis et invités sous la khaima installée le week-end à Vitry/Seine et Ivry sur Seine où le Sahara Occidental était à l'honneur commentant vidéos et photos du Camp de Gdeym Izik. Partout son témoignage sincère a martelé les conditions cruelles qu’ont à vivre ceux qui au Sahara Occidental, s’opposent aux autorités marocaines.
Nous l’avons rencontré pour avec lui faire le point de la grève de la faim des 24 de Salé. Les prisonniers sont aujourd’hui à leur 23 éme jour de grève et en dépit de leurs difficultés très sérieuses de santé, ne lâchent rien sur leurs revendications : conditions décentes d’emprisonnement mais surtout procès équitable ou libération immédiate.
Aussi alors que les Sahraouis des campements comme ceux du Sahara occidental commémorent le mouvement populaire formidable du camp de Gdeim Izik (octobre novembre 2010) ces 24 hommes qui s’abstiennent depuis le 31 octobre de toute nourriture pour imposer aux autorités marocaines leur exigence de justice, renouvellent avec courage l’engagement des milliers de Sahraouis de Gdeim Izik.
Cette grève de la faim est aussi un appel à la Communauté internationale et aux citoyens du monde épris de justice. C’est un appel aux autorités françaises qui persistent dans leur soutien complaisant aux positions marocaines en s’opposant à l’élargissement du mandat de la MINURSO au contrôle du respect des droits de l’homme.
Pour la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis, devenez acteur à leurs côtés en leur écrivant et en participant au fonds de solidarité, dont chaque euro rassemblé leur sera reversé.http://www.ecrirepourlesliberer.com
* Association des Amis de la RASD -
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur Pambazuka News
Nécrologie
Nigeria : Mort du colonel Ojukwu, chef de la rebellion du Biafra
2011-11-28
http://tinyurl.com/c2evyos
Emeka Odumegwu-Ojukwu, chef de la guerre de sécession du Biafra, à la fin des années 60, héraut de la communauté Igbo, est décédé à l'age de 78 ans en Grande-Bretagne, a annoncé le 26 novembre la présidence nigériane. Ancien étudiant d'Oxford, le colonel Ojukwu avait lancé en mai 1967 une tentative de sécession alors qu'il était gouverneur militaire de région. Il accusait le pouvoir fédéral dominé par les musulmans du nord de marginaliser sa communauté, notamment après l'assassinat en juillet 1966 du seul président d'origine Igbo, le général Thomas Aguiyi-Ironsi. Deux ans et demi plus tard, après plus d'un million de morts de faim et de maladie, la république du Biafra était rayée de la carte en janvier 1970.
Femmes & genre
Congo : Proposition de centres d’accueil pour femmes victimes de violence
2011-11-28
http://tinyurl.com/co95c3f
La société civile congolaise a demandé au gouvernement congolais, à l'occasion de la célébration de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, d'assurer une meilleure protection et des recours aux femmes victimes des multiples violences. Au Congo, le viol a été utilisé comme arme de guerre à la suite des années de conflits armés (1997-2002) au cours desquelles ce fléau a été mis en lumière. Malgré l'existence d'un cadre juridique, des actes de viol sont encore perpétrés sur des nombreuses femmes et filles à cause de l'insuffisance des mécanismes de protection et l'impunité devenue la règle.
Droits humains
Algérie : Les chrétiens craignent l'intolérance
2011-11-28
http://tinyurl.com/d7e6pfg
Le récent procès d'un converti accusé d'«injures envers le Prophète» illustre le retour en force des islamistes en Algérie. Depuis la loi de février 2006 réglementant «les cultes autres que musulman», plusieurs convertis au protestantisme ont été jugés pour « prosélytisme». Le procès de Habiba K., arrêtée en mai 2008 en possession d'une bible, avait ému l'opinion et suscité un large mouvement de solidarité, en Algérie et à l'étranger. Après une trêve de plusieurs mois, le procès d'Oran inquiète les partisans d'une société plurielle.
Lybie : Seif al-Islam Kadhafi sera jugé par les Libyens
2011-11-28
http://tinyurl.com/c9c7btw
La CPI a accepté que le fils du Colonel Kadhafi, accusé de crimes contre l'humanité, soit jugé à Tripoli. Le CNT a promis un "procès équitable". Concrètement, la justice internationale pourrait donc intervenir dans ce procès, mais dans des conditions qui restent à préciser. Une question demeure. Pourquoi la CPI envisage-t-elle de participer au jugement de Seif al-Islam? En effet, sa charte stipule qu'elle ne peut poursuivre des auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre que lorsque la justice nationale ne veut pas ou ne peut pas mener une enquête ou des poursuites à leur encontre ? Ce qui n'est pas le cas ici.
Tanzanie : Huit condamnés à mort pour meurtres d'albinos en quatre ans
2011-11-28
http://tinyurl.com/cbaacva
Huit personnes ont été condamnées à la pendaison depuis 2007 pour meurtres d'albinos en Tanzanie, indique un rapport du Premier ministre. "Quatre-vingt-quatorze suspects ont été arrêtés, 11 affaires pour meurtres d'albinos ont été déférées devant les tribunaux (...) Huit accusés ont été condamnés à la pendaison", précise le rapport consacré à tous les secteurs de la vie du pays. La Tanzanie a été submergée par une croyance selon laquelle les organes d'un albinos peuvent être source de richesse. "Cela a sali le nom et l'image de la Tanzanie", selon le Premier ministre.
Réfugiés & migration forcée
Global : Un nouveau plan pour gérer les migrations
2011-11-28
http://tinyurl.com/c2ykexv
Des représentants d'une soixantaine de pays africains et européens ont adopté le 23 novembre à Dakar une nouvelle stratégie commune de gestion du phénomène migratoire, à l'issue d'une conférence sur l'immigration et le développement. La Stratégie de Dakar repose sur trois piliers: organiser la migration légale, renforcer les synergies entre migration et développement et lutter contre la migration irrégulière. Objectifs : la garantie du respect des droits des migrants et des réfugiés, l'amélioration de la mobilisation des transferts d'argent des migrants au bénéfice du développement des pays d'origine, la facilitation des échanges entre les services chargés de la mobilité.
Ghana : Le plus grand camp de réfugiés ivoiriens se vide
2011-11-28
http://tinyurl.com/bsm46fq
Le camp des réfugiés ivoiriens d’Ampain, au Ghana, s’est considérablement vidé de ses pensionnaires ces derniers mois. Situé à 57 kilomètres sur l’axe Elubo-Takoradi, ce premier centre d’accueil de milliers d’Ivoiriens qui fuyaient la guerre dans leur pays, a officiellement ouvert ses portes le 20 mars 2011. Au plus fort de la crise post-électorale et surtout de ce qui a été appelé «la bataille d’Abidjan», le camp d’Ampain hébergeait jusqu’à plus de 10 mille âmes.
Rwanda : Les réfugiés devront-ils rentrer ?
2011-11-28
http://tinyurl.com/cyamq36
Le Rwanda étant devenu un pays « sûr », le régime de Kigali pousse le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à invoquer la « clause de cessation » prévue par la convention de Genève de 1951. En clair, les 114 000 réfugiés rwandais, dont la majorité vit dans la région des Grands Lacs, pourraient perdre leur statut et être forcés de rentrer au pays dès juin 2012. En Belgique, la plupart des Rwandais possèdent la double nationalité, mais il n'en va pas de même pour ceux établis dans des camps limitrophes du Rwanda. Même si des dérogations sont possibles, des milliers d'entre eux ont déjà été rapatriés de force.
Soudan : Afflux de réfugiés vers l'Ethiopie et le Sud-Soudan
2011-11-28
http://tinyurl.com/blhuqfo
Des milliers de réfugiés soudanais sont arrivés depuis août dernier en Ethiopie et au Sud-Soudan, a déclaré le vice-directeur du Bureau pour l'Afrique, en charge de l'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique au HCR (Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU). Si cet afflux devait se confirmer dans les prochaines semaines, le HCR s'attend à un nombre de 100.000 réfugiés soudanais en Ethiopie et au Sud-Soudan d'ici la fin de l'année.
Elections & gouvernance
Afrique : Combien gagnent les chefs d’Etat ?
2011-11-28
http://tinyurl.com/d34dal
Au classement mondial des hommes politiques par salaire, publié en 2010 par The Economist, le Kenya et l’Afrique du Sud se distinguent pour leur salaires présidentiels élevés, par rapport au Produit national brut (PNB) moyen par habitant. Jacob Zumaa bénéficié en septembre d’une augmentation de 5%, comme en 2010. Son salaire mensuel est ainsi passé à 18.900 euros net. Au Sénégal, Abdoulaye Wade gagne officiellement 568.000 francs CFA (soit 866 euros)…
Afrique du Sud : Pretoria va devenir Tshwane
2011-11-28
http://tinyurl.com/7dx4e6k
La capitale sud-africaine Pretoria sera rebaptisée Tshwane d'ici à la fin de 2012, annonce son maire, Kgosientso Ramokgopa, le 22 novembre, à la "une" du quotidien Pretoria News. Le Congrès national africain (ANC, au pouvoir depuis 1994) souhaite depuis longtemps adopter le terme africain de Tshwane, car le nom actuel de la capitale honore le héros afrikaner Andries Pretorius, qui a écrasé une dizaine de milliers de Zoulous en 1838. Les principales artères portant des noms de héros afrikaners et de dignitaires du régime de l'apartheid sont concernées.
Egypte : Des milliers de manifestants en faveur de l'armée
2011-11-28
http://tinyurl.com/ceamm9n
Des milliers de partisans de l'armée, au pouvoir en Egypte, étaient rassemblés le 26 novembre dans le quartier d'Abbassiya au Caire, à quelques kilomètres à peine de la place Tahrir occupée depuis une semaine par des protestataires réclamant la chute du Conseil militaire. Durant la révolte populaire de janvier/février qui avait chassé le président Hosni Moubarak, les chars de l'armée avaient été applaudis par la foule des militants pro-démocratie. Mais aujourd'hui alors que l'Egypte est appelée à voter le 28 novembre pour les premières législatives depuis la chute de Hosni Moubarak, le pouvoir militaire est la cible de vives attaques.
Egypte : Kamal El-Ganzouri nommé nouveau Premier ministre
2011-11-28
http://tinyurl.com/c2rc7tn
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige les affaires courantes de l'Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak, a désigné l'ancien chef du gouvernement, Kamal el-Ganzouri comme nouveau Premier ministre. Avant d'être à la tête du gouvernement sous M. Moubarak, il avait occupé le poste de ministre du Plan, où il a notamment oeuvré pour une amélioration des relations entre son pays et la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. L'Egypte doit connaître à partir du 28 novembre ses premières élections législatives depuis la chute de Hosni Moubarak en février dernier.
Egypte : L’armée promet de quitter le pouvoir d’ici l’été
2011-11-28
http://tinyurl.com/ca4h6js
Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, président du Conseil suprême des forces armées (CSFA) a annoncé l’accélération du transfert de pouvoir aux civils, avec une élection présidentielle prévue en juin. Mais derrière le discours, les violences continuent, avec 36 personnes tuées dans les violences des derniers jours. Histoire de jeter de l’huile sur le feu, Israël a apporté son soutien au maréchal Tantaoui, estimant qu’il était le garant du traité de paix de 1979.
Gambie : Jammeh rééelu avec 72% des voix, l'opposition conteste
2011-11-28
http://tinyurl.com/coc6qbl
Le président gambien Yahya Jammeh a remporté l'élection présidentielle à tour unique oganisé le 24 novembre avec 72% des voix, le taux de participation ayant été de 83%, selon des résultats officiels aussitôt contestés par son principal opposant Ousainou Darboe, responsable du Parti démocratique uni (UDP), qui a dénoncé des fraudes. Leader de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), Yahya Jammeh, 46 ans, va ainsi effectuer son quatrième mandat de cinq ans à la tête de ce pays de quelque 1,7 million d'habitants. Porté au pouvoir en 1994 par un coup d'Etat militaire sans effusion de sang, il avait été élu pour la première fois président en 1996, réélu en 2001 puis en 2006.
Gambie : Derrière la façade constitutionnelle, le pouvoir d’un seul homme
2011-11-28
http://tinyurl.com/d7r4tam
Les électeurs gambiens étaient appelés aux urnes le jeudi 24 novembre 2011 pour choisir un président. Jammeh est le grand favori de ce scrutin, en grande partie parce qu’il tient le pays d’une main de fer depuis 1994. Sous Jammeh, les espaces de liberté et de contestation sont réduits au minimum en Gambie. D’après le chercheur Ebrima Jogomai Ceesay, qui vit en exil en Grande-Bretagne, derrière des institutions de carton-pâte, on voit immédiatement surgir un pouvoir concentré entre les mains d’un seul.
Global : Européens, quand on parle de l'Afrique, tendez l'oreille...
2011-11-28
http://tinyurl.com/c3kek3o
Les derniers développements de l’actualité devraient faire réfléchir les Européens, et les amener à tourner leurs regards vers «le continent de la moindre importance », selon l’expression du journaliste Stephen Smith, auteur de «Négrologie», pamphlet racialiste. Que vivent en ce moment des pays comme la Grèce ou l’Italie, si ce n’est tout simplement ce que l’Afrique a commencé à subir il y a un quart de siècle, c’est-à-dire les fameux plans d’ajustement structurel ?
Global : La peur de l’islamisme envahit l’Europe
2011-11-28
http://www.fratmat.info/component/content/article/78/12858
Depuis que le parti islamiste Ennahda a remporté les élections en Tunisie et que le président du CNT en Libye a déclaré que la charia sera la base de la législation dans son pays, de nombreux intellectuels et hommes politiques européens se demandent s’ils n’ont pas fait une grosse bêtise en soutenant les révolutions en Tunisie et en Libye, deux pays qui sont à un jet de pierre de l’Europe. De nombreux Européens sont convaincus qu’Islam, démocratie et respect des droits de l’homme, surtout de la femme, sont antinomiques, et enfin parce que de nombreux Européens définissent leur civilisation comme étant essentiellement de souche chrétienne. D’où cette peur de voir les islamistes prendre le pouvoir en Tunisie et en Libye, deux pays si proches de l’Europe.
Global : Les nouveaux maîtres de l’Afrique
2011-11-28
http://www.afrik.com/article24191.html
Dans l’esprit de certains Occidentaux, le continent africain ne constitue qu’une seule et unique entité homogène, sans spécificité particulière. Peut-on avoir la même représentation du continent européen, asiatique ou américain, sans être considéré comme un inculte ? Ces derniers, dans leurs ignorances ou peut-être dans une forme de mépris, ont consacré toute leur énergie intellectuelle à avoir une vision globale de l’Afrique, enracinée dans des théories panafricanistes. Certains d’entre eux ont fini par constater, bien que tardivement, qu’il n’en était rien.
Maroc : Les jeunes attendront pour les premiers rôles
2011-11-28
http://tinyurl.com/7yeopqv
Le scrutin du 25 novembre au Maroc est le premier depuis l'adoption de la nouvelle Constitution. Mais les pratiques des politiciens n'ont pas changé. Les caciques tiennent toujours le haut du pavé et les jeunes restent à l'écart du jeu politique. Voulue par le souverain dans le sillage du printemps marocain, cette nouvelle donne n'a pas modifié d'un iota le comportement de la classe politique. Comme à chaque fois, la Constitution des listes électorales tient du mercato. Barons locaux et chefs de clans "achètent" les positions éligibles sur les listes en échange de la mise à la disposition de leurs moyens et de leurs réseaux.
Rd Congo : Un coup d'Etat contre le président Kabila déjoué
2011-11-28
http://tinyurl.com/ccgb8ot
Un coup d'Etat contre le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et contre certaines institutions du pays a été déjoué avant sa mise en exécution, a rapporté le 25 novembre la presse de Kinshasa. Les présumés auteurs du coup seraient des ex-soldats des Forces armées zaïroises de l'ancien président Joseph Mobutu, et de la DSP (Division spéciale présidentielle). Leur attaque devait viser la résidence du chef de l'Etat, la prison centrale de Kinshasa, la prison militaire de Ndolo, tandis qu'à Matadi les présumés comploteurs devaient s'en prendre à la prison centrale de Matadi pour en libérer tous les prisonniers.
Sénégal : Des milliers de manifestants pour exiger la libération d'un opposant
2011-11-28
http://tinyurl.com/d38d4mh
Des milliers de personnes ont manifesté le 27 novembre dans le calme à Tambacounda, dans l'est du Sénégal, pour exiger la libération d'un opposant au régime du président Abdoulaye Wade emprisonné dans cette ville. Malick Noël Seck, dirigeant de Convergence socialiste, mouvement affilié au Parti socialiste (PS, opposition), a été condamné le 20 octobre à deux ans de prison ferme pour menace de mort et outrage à magistrat. D'abord incarcéré à Dakar, il a ensuite été transféré à Tambacounda. Il avait remis le 10 octobre au Conseil constitutionnel une lettre dans laquelle il estimait immorale la candidature de Wade et dénonçait le silence des cinq magistrats du Conseil à ce sujet, menaçant d'organiser des manifestations devant le Conseil constitutionnel à Dakar.
Tunisie : L’étrange jeu américain
2011-11-28
http://tinyurl.com/cxks8xs
Cela fait des années que l’Oncle Sam est régulièrement accusé de vouloir favoriser l’émergence de pouvoirs islamistes «soft» en lieu et place de régimes dictatoriaux qui ont démontré, comme ce fut notamment le cas pour la Tunisie ou pour l’Egypte, qu’ils étaient de plus en plus impopulaires. Mais la récente victoire électorale du parti islamo-conservateur Ennahdha en Tunisie et celle annoncée des Frères musulmans en Egypte – en attendant que le nouveau régime libyen ne clarifie ses intentions – ont renforcé la thèse d’une main étasunienne agissant secrètement dans les coulisses pour imposer aux peuples arabes un nouvel ordre islamiste.
Tunisie : L'Assemblée constituante élit Ben Jaafar
2011-11-28
http://tinyurl.com/cv7meuc
L'Assemblée constituante issue du premier scrutin libre en Tunisie le 23 octobre a ouvert le 22 novembre ses travaux et élu à sa tête un homme de gauche Mustapha Ben Jaafar, dix mois après la fuite de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali. Chef du parti de gauche Ettakatol, âgé de 71 ans, la candidature de l’ex-opposant à Ben Ali. avait été proposée par les trois partis vainqueurs du scrutin, Ennahda, Congrès pour la République (29 élus) et Ettakatol (20 sièges).
Corruption
Afrique : La corruption empire dans six pays d'Afrique australe
2011-11-28
http://tinyurl.com/cojvo2g
La corruption s'est aggravée dans six pays d'Afrique australe, en particulier en République démocratique du Congo (RDC), selon une enquête publiée le 23 novembre par Transparency International. L'étude porte sur l'Afrique du Sud, le Malawi, le Mozambique, la RDC, la Zambie et le Zimbabwe. Six mille personnes ont été interrogées en 2010-11 à propos de neuf services publics : police, justice, douanes, cadastre, santé, impôts, eau et électricité, éducation et service des permis (de construire, de créer une activité, etc). Environ 56% ont confié qu'elles avaient dû payer un backchich dans l'année écoulée.
Cameroun : Un pays gangréné par la corruption
2011-11-28
http://tinyurl.com/bqct576
Au Cameroun la corruption est de notoriété publique et son éradication une vieille rengaine politique. Pourtant, le premier rapport d’activité de la Commission nationale anti-corruption (Conac) n’en finit pas de faire des vagues. Il détaille les détournements de fonds au grand dam des agents de l'Etat cités. C’est donc un bilan sévère que dresse la Commission nationale anti-corruption tout au long de ce pavé de 300 pages, recommandant même l’ouverture d’informations judiciaires sur de hautes personnalités.
Global : Bongo père a financé la campagne de Sarkozy
2011-11-28
http://tinyurl.com/czmwv3a
Les affirmations d'un proche d'Omar Bongo, selon qui le défunt président gabonais a "contribué au financement" de la campagne de Nicolas Sarkozy, justifient l'ouverture d'une information judiciaire, a estimé le 22 novembre l'avocat de Transparency International. L'accusation émane de Mike Jocktane, conseiller personnel d'Omar Bongo depuis 2005, promu directeur adjoint de son cabinet en janvier 2009, avant de rejoindre l'opposition à Ali Bongo, qui succède à son père en août de la même année.
Développement
Afrique : Deuxième dévaluation pour le franc CFA, menace ou intox ?
2011-11-28
http://www.afrik-online.com/?p=9933
Une rumeur a parfois le mérite de faire jaillir la vérité. Celle qui nous est parvenue est tellement grave et insistante qu’il nous paraît important de la mettre sur la place publique, afin que les experts veuillent bien s’expliquer. Il se raconte que la parité Euro/Franc CFA risque d’être revue en défaveur du franc CFA, passant de 1 €= 655,957 francs CFA à 1 €= 1000 francs CFA, soit une dépréciation de le monnaie à hauteur de -25% de sa valeur actuelle. Cette mesure est censé juguler la crise qui sévit en zone euro, pour éviter à la France de connaître la faillite, comme en Grèce, Italie, Espagne ou Portugal.
Afrique : Les 20 Africains les plus riches
2011-11-28
http://tinyurl.com/cmcbw52
Pour la première fois, le magazine américain Forbes a établi le classement des plus grandes fortunes du continent africain. Si les richesses de l'Afrique ne profitent pas à tous les habitants du continent, plusieurs individus sont parvenus à devenir millionnaire, voire milliardaire (en dollars ou en euros) dans des secteurs divers (télécommunications, immobilier, pétrole, mines). Avec 10,1 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros), le Nigérian Aliko Dangote, 54 ans (marié, trois enfants), siège à la première place. Il est aujourd'hui le roi du ciment en Afrique et possède des usines de nombreux pays dont la Zambie, le Sénégal, la Tanzanie et l'Afrique du Sud.
Afrique : Le transport aérien peine à décoller
2011-11-28
http://tinyurl.com/cs3n3ha
Alléger les taxes, résoudre les déficits en ressources humaines, casser les monopoles des aéroports, renouveler les flottes et surtout augmenter son trafic. Les défis qui attendent les compagnies aériennes africaines sont de plus en plus grands. L’Afrique représente à peine 4,5% du trafic aérien mondial. Un des défis majeurs qui attend l’industrie de l’aviation civile africaine est d’ordre sécuritaire. Plusieurs compagnies africaines sont inscrites dans les listes noires de l’UE et interdites de vol dans le ciel européen suite à des crashs ou encore à une déficience des systèmes de sécurité des compagnies.
Global : L’Angola veut aider le Portugal à traverser la tourmente économique
2011-11-28
http://tinyurl.com/bqyfbhf
L'Angola est prêt à aider le Portugal face à la crise financière, a déclaré le 17 novembre 2011 à Luanda le président José Eduardo Dos Santos. Les milieux financiers à Lisbonne ont salué les futurs investissements de l'Angola notamment dans les secteurs de la banque, du pétrole et de l'énergie. L’économie angolaise enregistre actuellement un taux de croissance de 12%, tandis que l'économie du Portugal devrait subir une récession de près de 3% l'année prochaine. L’analyste Francisco Saarsfield Cabral a aussi fait état d'un paradoxe entre Luanda et Lisbonne. « On dit que le Portugal a colonisé l'Angola et que maintenant c'est l'Angola qui va coloniser le Portugal.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Cubes Maggi dangereux pour la santé
2011-11-28
http://tinyurl.com/coqj8rs
Ce n’est pas la première fois que de telles critiques sont apparues en Afrique contre les cubes Maggi. Au Bénin, leur consommation est ainsi de plus en plus critiquée, y compris par des médecins. Dans sa composition, outre le sel, le glutamate, un exhausteur de goût chimique, qui donne aux plats ce délicieux goût de viande, est aussi montré du doigt, car il serait dangereux à forte dose. L’Afrique de l’Ouest est devenue complètement accro à ses cubes, après des années de matraquage publicitaire à haute dose.
Afrique : Du positif dans la lutte contre le Vih/sida
2011-11-28
http://tinyurl.com/btn55k3
En 2011, près de 50% des personnes séropositives bénéficient de traitements antirétroviraux capables de leur sauver la vie et le nombre de nouvelles infections à VIH a chuté de façon significative, selon un nouveau rapport publié le 21 novembre par l’ONUSIDA). En 2011, il y avait 21% de nouvelles infections de moins par rapport à 1997, et le nombre de décès de maladies liées au sida a chuté de 21% depuis 2005. Les baisses des nouvelles infections à VIH s'expliquent aussi par des changements dans les habitudes sexuelles, particulièrement chez les jeunes qui se protègent mieux en utilisant le préservatif.
Global : Les personnes âgées vieillissent dans l'incertitude
2011-11-28
http://tinyurl.com/cw5lwhp
Les personnes âgées sont en augmentation en Afrique. C'est ce que révèle un rapport de la Banque africaine de développement. Mais les auteurs du document signalent que les autorités africaines auront des difficultés pour faire face à cette augmentation du vieillissement de la population. Selon ce document, les personnes âgées pourraient ‘représenter 4,5 pour cent de la population du continent d’ici 2030, et près de 10 pour cent à l’horizon 2050’. Les principales préoccupations concernent les prestations de santé et les retraites.
Afrique : Epidémie de diarrhée dans la Corne de l'Afrique
2011-11-28
http://tinyurl.com/blu9uyq
L’OMS a déclaré le 22 novembre que la sécheresse récurrente, l'hygiène insuffisante et la persistance de conflits régionaux ont provoqué l'irruption d'une épidémie de diarrhée aqueuse aiguë à travers la Corne de l'Afrique. Le porte-parole de l’organisation a indiqué que plus de 50.000 cas de diarrhée aqueuse aiguë ont été enregistrés cette année à Djibouti et en Somalie, provoquant la mort de plus de 700 personnes. La propagation de la maladie est facilitée par la situation générale dans la Corne de l'Afrique ; la sécheresse récurrente a affaibli la population et l'expose à la contagion.
Afrique : Une souche nouvelle de HIV circule en Afrique de l'ouest
2011-11-28
http://tinyurl.com/c6d67kg
Identifiée à Paris chez un malade français de retour du Togo, une souche nouvelle de HIV impose d’élargir le dispositif de surveillance épidémiologique. Le groupe N est génétiquement le virus du sida le plus proche d’un virus voisin (ou SIV) isolé chez des chimpanzés vivant à l’état sauvage. Il a initialement été identifié en 1998 chez une Camerounaise atteinte du sida. Tout laissait jusqu’à présent penser qu’il était circonscrit au Cameroun. Pour les auteurs de la communication du Lancet il ne fait guère de doute que la contamination du malade français s’est produite au Togo. Ce qui sous-entend que Ce virus a d’ores et déjà franchi les frontières du Cameroun.
Cameroun : Des préservatifs féminins chez le coiffeur
2011-11-28
http://tinyurl.com/cyamdbr
Pour vulgariser les préservatifs féminins au Cameroun, des associations les déposent dans des salons de coiffure, des ateliers de couture et des échoppes. Mais au lieu de les vendre, les gérants les donnent gratuitement aux clientes – pour pouvoir vider leurs stocks. Ils ont été introduits et vulgarisés depuis 2009 par le projet Universal Access to Female Condom (UAFC), basé aux Pays-Bas, en partenariat avec l’Association camerounaise pour le marketing social (ACMS).
Éducation
Côte d’Ivoire : La mise à mort de l’université
2011-11-28
http://tinyurl.com/78tfuz5
Les malheurs de l’université ivoirienne, en passe d’être détruite aujourd’hui, remontent pourtant plus loin : comme pour l’ensemble du pays, la zone rebelle a servi, depuis le coup d’Etat manqué de 2002, de banc d’essai; l’université de Bouaké, dans le fief de la rébellion ouattariste, a en effet été complètement pillée et rendue inutilisable. Tout se passe comme si l’Université ivoirienne, ses professeurs et ses étudiants étaient devenus l’ennemi collectif du nouveau régime ; dans une déclaration faite à Lomé, Alassane Ouattara ne vient-il pas d’annoncer la fermeture pour deux ans des établissements publics ivoiriens d’enseignement supérieur ?
Maroc : La renaissance berbère
2011-11-28
http://tinyurl.com/d44x8r8
La nouvelle Constitution marocaine, adoptée par référendum en juillet dernier, inscrit le tamazight comme langue officielle, aux côtés de l’arabe. Un acquis revendiqué depuis longtemps par les militants de la cause berbère. Ecrasés sous le Protectorat français, complexés et discriminés par l’État marocain pendant de longues années, les Imazighen, « les hommes libres », premiers habitants du Maroc, retrouvent leur fierté. L’enseignement du berbère en primaire est devenu obligatoire, avec pour objectif sa généralisation en 2012. Pour les « puristes », l’arabe classique serait seule garante de la nation et de l’unicité de l’islam. Parmi eux, les islamistes, qui voient d’un mauvais œil toute référence à une civilisation antérieure à la venue du Prophète, d’essence païenne de surcroît.
LGBTI
Cameroun : Deux mineurs condamnés pour homosexualité
2011-11-28
http://tinyurl.com/cpgur6c
Deux mineurs camerounais ont été condamnés le 22 novembre à cinq ans de prison ferme pour homosexualité. Le tribunal de Yaoundé a assorti sa condamnation du versement d'une amende de 200 000 euros, ainsi que des frais de justice non payés qui entraineront douze mois de détention supplémentaire. Un co-accusé absent à ces audiences a été condamné à cette même peine. Un jugement considéré comme particulièrement sévère.
Racisme & xénophobie
Mauritanie : La colère noire gronde en sourdine
2011-11-28
http://tinyurl.com/brpzz67
Après avoir dénoncé les dérives du processus de recensement, les porte-parole de la communauté négro-mauritanienne revendiquent un meilleur partage des richesses et du pouvoir. Paradoxalement, la Mauritanie a depuis retrouvé un semblant de paix. Les manifestations, nombreuses en juillet, août et septembre, sont plus rares. Mais le feu couve. Sur 13 gouverneurs, seuls 3 sont noirs. On compte un ministre noir sur 5. Sur 44 ambassadeurs ou consuls, 5 sont noirs. Sur 95 députés, 15 sont noirs… »
Global : Un Nigerian tué et ses oreilles coupées à Moscou
2011-11-28
http://tinyurl.com/cvdhwh6
Le cadavre lardé de coups de couteau d'un jeune Nigerian, dont les oreilles ont en outre été coupées, a été retrouvé dans le sud de Moscou, ont annoncé le 2 novembre les enquêteurs. Le jeune homme a été poignardé à au moins huit reprises. Il faisait ses études à Arkhangelsk, dans le nord-ouest de la Russie, et le meurtre ne semble pas être lié à un vol, ses papiers et sa mallette ayant été laissés sur les lieux du crime. Le nombre des crimes et délits à caractère raciste a augmenté de près de 20% en 2010 en Russie par rapport à 2009.
Environnement
Djibouti : Total condamné à verser 204 millions d'euros pour pollution
2011-11-28
http://tinyurl.com/d4k553u
Total a été condamné à 200 millions d'euros de dommages et intérêts ainsi qu’à 4 millions d'euros d'amende par un tribunal de Djibouti dans une affaire de pollution marine, selon un porte-parole du groupe pétrolier français. Les faits concernent une pollution pétrolière du port de Djibouti qui remonte à 1997, du fait d'une fuite dans un vieil oléoduc. Une troisième société, Oil Libya Djibouti, a également été condamnée à 100 millions d’euros de dommages et intérêts et à 2 millions d’euros d'amende, pour les mêmes faits de pollution reprochés à l'ancienne société Shell Djibouti qu'elle a depuis rachetée.
Global : C'est parti pour la Conférence de Durban sur le climat
http://www.tdg.ch/actu/monde/parti-conference-durban-climat-2011-11-28
2011-11-28
http://pambazuka.org/fr/category/environment/78290
La conférence de l’ONU sur la lutte contre le changement climatique s’est ouverte lundi à Durban (Afrique du Sud) pour 12 jours pour tenter de redonner du souffle à des négociations à la peine et tenter d’esquisser un avenir au protocole de Kyoto. Sur les 194 pays membres du processus onusien, 183 participent à cette conférence dont la cérémonie d’ouverture a débuté à 08H40 GMT au centre international des conférences de Durban, en présence du président sud-africain Jacob Zuma. Quelque 12’000 délégués, ministres, experts, ONG et journalistes sont attendus jusqu’au 9 décembre.
Mali : Impact des Pesticides sur la Santé et l’Environnement
2011-11-28
http://tinyurl.com/cbowq8f
Le réseau Pesticides Action Network (PAN-Mali) et certaines de ses ONG membres ont réalisé des enquêtes sur le terrain à Sikasso, Koutiala, Fana et Kita, à l’issue desquelles il est apparu que les producteurs sont plus que jamais exposés aux effets pervers des pesticides à travers les mauvaises pratiques et les conditions d’utilisation de même que la gestion anarchique des emballages vides. Ceci pourrait conduire à des risques élevés d’accidents si rien n’est entrepris.
Justice Alimentaire
Afrique : Demain, un grenier pour la Chine
2011-11-28
http://tinyurl.com/clsz8kl
L'Afrique va jouer un rôle de plus en plus important dans le programme de sécurité alimentaire à long terme de la Chine au cours de la prochaine décennie, selon les analystes de la Standard Bank. La Chine est confrontée à des tensions croissantes sur son approvisionnement en vivres, alors que l'urbanisation et l'industrialisation font disparaître les terres arables et réduisent les nappes aquifères, écrivent les deux chercheurs. En Afrique deux éléments essentiels attirent la Chine. Premièrement : l'apport d'une aide technique et au développement permet à Beijing de construire des relations bilatérales plus profondes. Deuxièmement, le potentiel immense et largement inexploité de l'Afrique subsaharienne est de plus en plus considéré par la Chine comme un rouage de sa stratégie de sécurité alimentaire.
Média & liberté d'expression
Afrique du Sud : "Mardi noir" pour la liberté de la presse
2011-11-28
http://tinyurl.com/cqo5e78
Les Sud-Africains ont été appelés le 22 novembre à participer à un "mardi noir" pour protester contre l'adoption d'une nouvelle loi sur l'information classant secrets des documents d'Etat et menaçant d'envoyer en prison les journalistes qui les révèleraient. La loi dite de "Protection des Informations d'Etat" est en projet depuis 2008. Le gouvernement affirme que la loi est destinée à dépoussiérer un texte de 1982 et contrer la menace d'espionnage. Mais bien qu'il en ait limité la portée, le monde de la presse, soutenu notamment par le prix Nobel de littérature Nadine Gordimer et le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, estime que la liberté de la presse est menacée.
Côte d’Ivoire : Trois journalistes d'un quotidien pro-Gbagbo en garde à vue
2011-11-28
http://tinyurl.com/cxydrp2
César Etou et Boga Sivori ont été entendus pour offense au chef de l`Etat Alassane Ouattara. Dans l’article en cause, publié le 21 novembre, le journal affirmait que, "pendant que les Ivoiriens meurent de faim et de maladies, Ouattara s’offre 40 Mercedes à 1,04 milliard de FCFA" (1,6 million d`euros). Selon le journal, les véhicules sont destinés aux membres du gouvernement. Il est reproché à Didier Dépry d`avoir évoqué une prochaine dévaluation du franc CFA dans l’édition du 22 novembre, malgré les démentis des banques centrales d’Afrique de l’Ouest et Centrale. Ils sont accusés de diffusion de fausses nouvelles.
Rd Congo : Jeune Afrique non grata à Kinshasa
2011-11-28
http://tinyurl.com/c8ng9ee
Le journal Jeune Afrique s’est vu signifier par les autorités de la République démocratique du Congo l’interdiction de fait de venir couvrir sur place les élections générales du 28 novembre. Le journal raconte le processus qui a mené à cette interdiction, avec un refus de délivrance d’un visa d’entrée sur le territoire à l’envoyé spécial du magazine.
Nouvelles de la diaspora
Rd Congo : La diaspora privée de vote mais pas silencieuse
2011-11-28
http://tinyurl.com/d48374p
Le samedi 19 novembre, ils s’étaient donné rendez-vous à Bruxelles pour une marche pacifique contre le régime en place à Kinshasa. Les Congolais de Belgique, de France ou d’ailleurs en Europe, ne sont pas habilitée à remplir leur devoir civique d’électeur lors du scrutin du 28 novembre. Mais ils réclament quand même à être entendue. Ce qui les réunit, c’est leur hostilité face au pouvoir de Kinshasa et tous ceux qu’ils accusent de faire ses éloges et honneurs. Non seulement sur toute l’étendue de la RDC, aussi parmi la diaspora, le ton monte.
Conflits & urgences
Sénégal : Plusieurs civils tués dans une attaque armée en Casamance
2011-11-28
http://tinyurl.com/cozxm8c
Plusieurs civils ont trouvé la mort en Casamance le 21 novembre 2011. L’attaque armée, perpétrée dans une forêt, près du village de Diagnon, à une trentaine de kilomètres de Ziguinchor, principale ville de la région sénégalaise, aurait été menée par des rebelles du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance, un groupe indépendantiste fondé en 1982). Depuis une trentaine d’année, la Casamance est le théâtre d’un conflit larvé. Les accords de paix signés entre Dakar et le MFDC, ils n’ont jamais permis de trouver une issue à ce conflit.
Internet & technologie
Ouganda : Museveni inaugure la première voiture électrique
2011-11-28
http://tinyurl.com/d5s8vxr
Le président ougandais Yoweri Museveni a inauguré le 24 novembre la première voiture électrique du pays. Révélant cette voiture électrique à l'Université nationale de Makerere, il a fait valoir que l'absence de l'Afrique dans le paysage technologique des siècles écoulés avait entraîné pour ce continent l'esclavage, le colonialisme et la marginalisation. Baptisée KIIRA EV, cette voiture à deux places utilise des batteries au lithium spécialement conçues qui lui permettent de parcourir 80 kilomètres entre deux recharges.
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