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Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Cette édition

Pambazuka News 223 : Rejoignez les Amis de Pambazuka / Enjeux et implication de la rébellion touarègue au Mali

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. RDC analyses, 3. Arts & livres, 4. Courrier, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. LGBTI, 14. Environnement, 15. Terres & droits fonciers, 16. Justice Alimentaire, 17. Média & liberté d'expression, 18. Conflits & urgences, 19. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

EDITORIAL : Oser inventer l'avenir : Les Amis de Pambazuka.
CHRONIQUE : Mali : Enjeux et implication de la rébellion touarègue.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Les nouveaux sans-terre et les leçons du Biafra.
RDC ANALYSES : RD Congo : Attaques contre les paroisses catholiques et la brutalité policière.
ARTS ET LIVRES : Afrique : Du Paul Biya dans les textes.
COURRIER : Massacres inter-ethnique au sud-est de la Libye.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : Une situation sécuritaire « préoccupante » pour l’UA
FEMMES ET GENRE : Afrique : Forum des jeunes féministes à Brazzaville.
DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : 350 arrestations après une manif de mineurs.
REFUGIES ET MIGRATION : Afrique : Des réfugiés touaregs signalés en Guinée.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : L’exemple qui vient du football.
CORRUPTION : Afrique : L’Ile Maurice accusée de blanchir l’argent de Mugabe.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Les barrières commerciales freinent la croissance économique.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique du sud : L’alcoolisme des mères fait des ravages chez les bébés.
LGBTI : Afrique du sud : Le viol qui « guérit ».
ENVIRONNEMENT : Afrique : 15% des déchets d’équipement électriques sont importés.
TERRES & DROITS FONCIERS : Cameroun : Une ONG dénonce un scandale foncier.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : La crise alimentaire au centre d’une réunion.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Maroc : Un journal interdit pour caricature du roi.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Des dirigeants s’inquiètent de l’insécurité dans le Sahel.
INTERNET ET TECHNOLOGIES : Afrique Facebook pour tous.




Chroniques

Oser inventer l'avenir : Les Amis de Pambazuka

Firoze Manji

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80085

Au moment où nous entrons dans une période de crise profonde du capitalisme, au moment où les travailleurs et les pauvres sont obligés de payer les frais de cette crise, les défis auxquels se trouve confronté Pambazuka sont plus que jamais difficiles. Notre tâche, dans la période à venir, sera d'accroître sa capacité à soutenir la croissance des mouvements engagés dans la transformation sociale et politique. Nous vous appelons à vous joindre à nous pour aider à construire et à soutenir ces mouvements. Si vous pensez que Pambazuka est important, si vous trouvez ce que nous faisons utile, si vous aimez les documents que nous publions, rejoignez alors les Amis de Pambazuka en faisant un don dès aujourd'hui. Ensemble, nous allons oser inventer l'avenir.

Aujourd'hui, nous vous invitons, vous nos lecteurs, contributeurs et partisans, à entrer dans le cercle des Amis de Pambazuka (http://www.pambazuka.org/en/friends.php).

Au cours des onze dernières années, Pambazuka News s'est imposé comme un hebdomadaire en ligne qui fournit sans doute la couverture la plus complète sur les luttes africaines pour la dignité, l'autodétermination et partout pour l'émancipation. Nous devons cela, et ce n’est pas des moindres, aux efforts déployés par les plus de 3100 auteurs qui nous envoient des commentaires pointus et des analyses, aux milliers de lecteurs et abonnés qui diffusent largement Pambazuka News et aux traducteurs bénévoles et éditeurs qui nous ont aidé à faire de Pambazuka News la voix la plus importante sur la liberté et la justice en Afrique et les pays du Sud.

Mais Pambazuka est plus qu’un simple hebdomadaire en ligne, plus qu'un simple bulletin. Au fil des ans, il est devenu le moyen par lequel une vaste communauté d’activistes, de bloggers, d’intellectuels, de membres d’organisations et de mouvements sociaux, de communiquer avec le reste du monde et, surtout, les uns avec les autres. Il est devenu l'un des moyens par lequel ils contribuent à construire un mouvement pour la liberté et la justice sociale. Nous sommes ainsi fiers d'avoir fourni les moyens par lesquels les réseaux de solidarité ont fleuri en Afrique et au-delà.

Au moment où nous entrons dans une période de crise profonde du capitalisme, au moment où les travailleurs et les pauvres sont obligés de payer les frais de cette crise à travers les coupes dans les dépenses sociales, la baisse des revenus réels, la privatisation des biens communs, la dépossession des terres et des ressources naturelles, ainsi que la dépossession de leur droit à déterminer leur propre avenir par des gouvernements qui dansent de plus en plus au son des banquiers et des grandes entreprises, les défis auxquels se trouve confronté Pambazuka sont plus ardus que jamais.

Notre tâche dans la période à venir sera d'accroître la capacité de Pambazuka à soutenir les mouvements de transformation sociale et politique et faire de sorte que les «99%» puissent reconquérir leur dignité et contrôler leur destin. Ce n'est pas une tâche facile.

Nous voulons que vous vous joigniez à nous pour aider à construire et à soutenir ces mouvements. Essentielle dans cette tâche sera la nécessité de maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT. Pambazuka News est accessible à tout le monde gratuitement. Mais nous ne pouvons pas continuer sans les moyens financiers nécessaires. Grâce à leur soutien financier, les Amis de Pambazuka News peuvent faire de sorte qu’il continue à prospérer et à appartenir aux mouvements qu'elle dessert.

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Mali : Enjeux et implication de la rébellion touarègue

Déclaration d’intellectuels, hommes et femmes de culture sur la rébellion au nord du Mali

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80079


cc Wikimedia
Le nord du Mali s’embrase à nouveau avec la rébellion touareg, avec une situation de guerre civile qui a fait plus d’une centaine de morts en un mois, menaçant l’intégrité du territoire national et la cohésion sociale. Si les origines de cette crise remontent dans le temps, on ne peut la lire aujourd’hui en dehors des influences du système mondial et de ses crises.

ETAT DES LIEUX

Comment comprendre la rébellion armée qui, aujourd’hui, endeuille le Mali et condamne des dizaines de milliers d’innocentes et d’innocents à l’insécurité et au déplacement forcé, lorsqu’on ne veut pas s’en tenir au schéma réducteur du conflit ethnique ?

La rébellion qui a débuté le 17 janvier 2012 crée dans notre pays une situation de guerre civile.

L’heure est grave : l’intégrité du territoire national et la cohésion sociale sont aujourd’hui menacées.

L’honnêteté intellectuelle et la rigueur qu’exige la gravité de la situation actuelle du Mali imposent de lire cette rébellion à la lumière du système mondial et de ses crises.
Les réformes structurelles mises en œuvre à partir de la décennie 80 en vue de corriger les dysfonctionnements du modèle néolibéral, n’ont pas atteint les objectifs visés en termes d’amélioration des conditions de vie des populations, notamment l’accès à l’alimentation, l’eau, l’éducation, la santé et l’énergie domestique. Ce constat, qui est valable pour l’ensemble du pays, revêt des conséquences particulières au Nord.

ENJEUX

Le Nord Mali se caractérise par l’extrême complexité des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques, sans la compréhension desquels aucune paix durable n’y est envisageable.

Le septentrion malien a souvent été le théâtre de soulèvements d’une partie de la population qui revendique son autonomie par la voie des armes. Tous les régimes, coloniaux et postcoloniaux ont été confrontés à cette situation. De l’indépendance à ce jour, les réponses de l’Etat, qui ont été à la fois militaires, politiques et socio-économiques, n’ont pas pu y instaurer la paix sur une base durable.

La mauvaise gestion, le clientélisme et la corruption que l’on relève dans la gestion des affaires publiques, exacerbent les frustrations et le sentiment d’exclusion à l’échelle du pays sans pour autant justifier la violence armée dans les autres régions.

Par ailleurs, la manière de gérer la libération des otages occidentaux a conforté AQMI dans la création au Mali d’un sanctuaire en liaison avec le terrorisme international.

Nous sommes dans un processus programmé de désintégration de l’Etat et de cristallisation des identités ethniques et régionales. De ce point de vue, nous questionnons même la genèse de l’appellation « régions du Nord ».

N’y a-t-il pas une volonté d’affaiblir des Etats de la CEDEAO et l’Organisation elle-même ? N’allons-nous pas vers une résurgence du vieux projet de l’Organisation des Etats Riverains du Sahara (OERS) ?

Après le découpage du Soudan, nous sommes en droit de nous interroger sur l’intention des pays de l’OTAN de procéder à une nouvelle balkanisation de l’Afrique. Ne sommes-nous pas de fait en présence d’un processus de dépossession des ressources agricoles et minières africaines, qui constituent aujourd’hui une partie importante des réserves mondiales pour la relance de la croissance économique globale ?

De l’approche globale que nous privilégions, il ressort que l’issue à cette guerre fratricide récurrente n’est ni militaire ni financière mais politique, économique, sociale, culturelle et diplomatique.

Face à cette situation :

Nous, intellectuels, hommes et femmes de culture du Mali, signataires de ce document déclarons que :

- L’intégrité du territoire, l’unité nationale et la cohésion sociale du Mali sont des acquis sacrés.

− Le septentrion n’est pas une planète à part, mais bel et bien une région du Mali, particulièrement vulnérable, qui n’en a pas moins subi les politiques néolibérales qui ont aggravé les inégalités, les injustices, la corruption et l’impunité. De Kayes à Kidal, les Maliens paient cher pour le dépérissement de l’Etat que nous voulons plus responsable, comptable et souverain ;

− La Paix véritable et durable dans le Nord de notre pays et sur l’ensemble du territoire, est au prix d’une nouvelle compréhension de la situation du Mali et de la bande Sahélienne qui intègre les enjeux sous-régionaux et mondiaux;

− Nous réfutons le discours réducteur de la guerre ethnique ;

− Nous déplorons le déficit de communication et de dialogue sur les causes internes et externes des questions majeures qui engagent le destin de la nation ;

− Nous condamnons le recours à la violence armée comme mode de revendication dans un contexte démocratique et déplorons les pertes en vies humaines ;

− Nous condamnons avec énergie les agressions physiques, la destruction des biens et la stigmatisation de nos compatriotes Kel-Tamasheq et de peau blanche, nos frères et sœurs, alliés et voisins de quartier, de ville qui aiment et se reconnaissent dans le Mali, leur patrie, notre patrie commune à tous ;

− Nous soutenons résolument nos forces armées et de sécurité dans leur mission sacrée de défense du territoire national ;

− Nous sommes Un seul et même peuple, uni par une longue histoire multiséculaire de rencontres, de brassages et de résistances à l’adversité ;

− La paix s’impose d’autant plus que les femmes et les enfants sont pris dans l’étau dans un conflit qui n’est pas le leur ;

− Les élections de 2012 sont donc une occasion historique de renouveler la réflexion sur un projet de société adapté à nos réalités, davantage fondé sur la culture de l’être et des relations humaines à même de garantir la prospérité, la paix, la stabilité et la sécurité pour tous.

Nous signataires de la présente Déclaration, présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes et à toute la nation malienne. Nous exprimons notre solidarité à toutes les familles déplacées victimes de violences.

Bamako le 07 février 2012

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



Signataires
- Aminata Dramane TRAORE, Essayiste
- Abdoulaye NIANG, Socio-Economiste
- Adama SAMASSEKOU, Linguiste
- Filifing SAKO, Anthropologue
- Hamidou MAGASSA, Socio-Economiste
- Ismaïl DIABATE, Artiste-Peintre
- Jean-Bosco KONARE, Historien
- Mohamédoun DICKO, Historien
- Mariam KANAKOMO, Communicatrice
- Ousmane TRAORE, Administrateur civil, Juriste
- Doulbi FAKOLY, Ecrivain
- Kaourou DOUCOURE, Universitaire
- Abderhaman SOTBAR, Professeur
- Cheick PLEAH, Professeur
- Mohamed COULIBALY, Ingénieur
- Abdoul MADJIDOU HASSAN, Gestionnaire
- Mahamadou H. DIALLO, Imam
- Boubacar COULIBALY, Gestionnaire
- Mme SiSSOKO Safi SY, CAHBA
- Mme TOURE Alzouharata, Gestionnaire
- Mme Awa MEITE VAN TIL, Designer
- Dr Daba COULIBALY, Enseignant-Chercheur





DECLARACIÓN DE INTELECTUALES, HOMBRES Y MUJERES DE LA CULTURA SOBRE LA REBELIÓN EN EL NORTE DE MALÍ

CONTEXTO
¿Cómo comprender la rebelión armada que hoy enluta a Malí y condena a decenas de miles de inocentes a la inseguridad y al desplazamiento forzado, cuando no se quiere someterse al esquema reductor del conflicto étnico?
La rebelión que inició el 17 de enero de 2012 crea en nuestro país una situación de guerra civil.
El momento es grave: la integridad del territorio nacional y la cohesión social hoy están amenazadas.
La honradez intelectual y el rigor que exige la gravedad de la actual situación actual de Malí imponen ver esta rebelión a la luz del sistema mundial y sus crisis.
Las reformas estructurales puestas en ejecución a partir de la década de los 80 con miras a corregir las disfunciones del modelo neoliberal, no alcanzaron los objetivos referidos en los términos de mejoramiento de las condiciones de vida de las poblaciones, particularmente el acceso a la alimentación, al agua, a la educación, a la salud y a la energía doméstica. Este hecho, que es válido para el conjunto del país, reviste particulares consecuencias en el Norte.
LO QUE ESTÁ EN JUEGO
El Norte de Malí se caracteriza por la extrema complejidad de lo que está en juego geopolítica, económica y estratégicamente, sin cuya comprensión ninguna paz duradera es factible.
El septentrión maliense en distintas oportunidades ha sido el teatro de alzamientos por una parte de la población que reivindica su autonomía por la vía de las armas. Todos los regímenes, coloniales y post-coloniales han estado confrontados con esta situación. Desde la independencia hasta hoy, las respuestas del Estado, que han sido a la vez militares, políticas y socio-económicas, no han podido instaurar la paz sobre una base duradera.
La mala gestión, el clientelismo y la corrupción que se constata en la gestión de los asuntos públicos, exacerban las frustraciones y el sentimiento de exclusión comparado con el resto del país, sin justificar por lo tanto la violencia armada en otras regiones.
Por otra parte, la manera de administrar la liberación de los rehenes occidentales le aseguró a AQMI la creación en Malí de un santuario en conjunto con el terrorismo internacional.
Estamos en un proceso programado para la desintegración del Estado y de la cristalización de las identidades étnicas y regionales. De este punto de vista, hasta cuestionamos el génesis de la denominación “regiones del Norte”.
¿Acaso no hay una voluntad para debilitar los Estados de la CEDEAO y a la misma Organización?
¿Acaso no vamos hacia la resurgencia del viejo proyecto de la Organización de los Estados Ribereños del Sáhara (OERS)?
Después de la división de Sudán, tenemos el derecho de examinar la intención de los países de OTAN de proceder a una nueva balcanización de África. ¿Acaso de hecho no estamos en presencia de un proceso de despojo de los recursos africanos agrícolas y mineros, que hoy constituyen una parte importante de las reservas mundiales para la reactivación del crecimiento económico global?
Del enfoque global que privilegiamos, resulta que el surgimiento de esta guerra fratricida recurrente no es ni militar ni financiero, sino político, económico, social, cultural y diplomático.
Ante esta situación:
Nosotros, intelectuales, hombres y mujeres de la cultura de Malí, firmantes de este documento, declaramos que:
- La integridad del territorio, la unidad nacional y la cohesión social de Malí son logros sagrados.
− El septentrión no es un mundo separado, sino más bien una región de Malí, particularmente vulnerable, que no ha sufrido menos las políticas neoliberales que agravaron las desigualdades, las injusticias, la corrupción y la impunidad. Desde Kayes a Kidal, los malienses pagan caro por el decaimiento del Estado que deseamos más responsable, contable y soberano;
− La verdadera y duradera Paz al norte de nuestro país y en el conjunto del territorio, resalta para una nueva comprensión de la situación de Malí y de la banda saheliana que integra lo que está en juego subregional y mundialmente;
− Rechazamos el discurso reductor de guerra étnica;
− Lamentamos el déficit de comunicación y diálogo sobre las causas internas y externas de los grandes asuntos que comprometen el destino de la nación;
− Condenamos el recurso de la violencia armada como método de reivindicación en un contexto democrático y lamentamos la pérdida de vidas humanas;
− Condenamos con energía las agresiones físicas, la destrucción de los bienes y la estigmatización de nuestros compatriotas Kel-Tamasheq y de piel blanca, nuestros hermanos y hermanas, aliados y vecinos de las comunidades y de la ciudades que aman y que reconocen en Malí, su patria, como nuestra patria común a todos;
− Apoyamos resueltamente nuestras fuerzas armadas y de seguridad en su sagrada misión en la defensa del territorio nacional;
− Somos Un Solo y Único Pueblo, unido por una larga historia multisecular de encuentros, mezclas y de resistencias a la adversidad;
− La paz se impone mucho más que a las mujeres y los niños en torno a un conflicto que no les pertenece;
− Las elecciones de 2012 son así una ocasión histórica para renovar la reflexión sobre un proyecto de sociedad adaptado a nuestras realidades, fundado más en la cultura de la sustancia y de las relaciones humanas en condiciones que pueda garantizar la prosperidad, la paz, la estabilidad y la seguridad para todos.
Nosotros firmantes de la presente Declaración, presentamos nuestro más triste pésame a las familias de las víctimas y a toda la nación maliense. Expresamos nuestra solidaridad a todas las familias desplazadas, víctimas de violencias.

Bamako el 07 de febrero de 2012
Firmantes

- Aminata Dramane TRAORE, Ensayista
- Abdoulaye NIANG, Socio-Economista
- Adama SAMASSEKOU, Lingüista
- Filifing SAKO, Antropólogo
- Hamidou MAGASSA, Socio-Economista
- Ismaïl DIABATE, Artista-pintor
- Jean-Bosco KONARE, Historiador
- Mohamédoun DICKO, Historiador
- Mariam KANAKOMO, Comunicadora social
- Ousmane TRAORE, Administrador Civil, Jurista
- Doulbi FAKOLY, Escritor
- Kaourou DOUCOURE, Catedrático universitario
- Abderhaman SOTBAR, Profesor
- Cheick PLEAH, Profesor
- Mohamed COULIBALY, Ingeniero
- Abdoul MADJIDOU HASSAN, Gerente
- Mahamadou H. DIALLO, Imán
- Boubacar COULIBALY, Gerente
- Sra. SiSSOKO Safi SY, CAHBA
- Sra. TOURE Alzouharata, Gerente
- Sra. Awa MEITE VAN TIL, Diseñadora
- Dr. Daba COULIBALY, Profesor-Investigador



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Election présidentielle 2012 : Etat d’évolution des rapports de forces

Ibrahima Sène

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80084


cc Seneweb
Le Sénégal s’engage dans la dernière semaine de campagne pour l’élection présidentielle, dans un contexte toujours marqué par les violences et la contestation de la candidature d’Abdoulaye Wade. Il reste que ce dernier, engagé dans la campagne, s’applique à délimiter son espace politique et à conforter ses alliances. Dans cette dernière semaine avant l’élection la mobilisation au sein de l’opposition est appelée à élargir et à renforcer ses stratégies d’actions.

INTRODUCTION

De façon générale, une campagne électorale, qui n’est pas précédée d’élections primaires pour le choix des candidats, sert, dans un premier temps, aux candidats en course, à camper leur camp respectif dans le champ de bataille que compose l’électorat, pour bien délimiter les lignes de démarcation entre eux, afin de pouvoir, dans un second temps, les faire bouger au maximum en sa faveur chacun, avant de procéder, dans un troisième temps, à l’assaut des urnes le jour du scrutin.

Dans la perspectives de la présidentielles du 26 février 2012, ce scénario électoral classique est biaisé au Sénégal par la volonté du chef de l’Etat sortant, qui est décidé à imposer sa candidature à un troisième mandat que la Constitution ne lui permet pas. C’est cette circonstance qui donne au processus électoral encours, un cachet particulier que certains analystes ne veulent pas prendre en compte dans leur évaluation, alors qu’elle est le reflet évident de la volonté du chef de l’Etat sortant de confisquer le pouvoir en se proclamant vainqueur dès la tenue du premier tour de l’élection présidentielle le 26 février. Ils demandent ainsi aux candidats de l’opposition de fermer les yeux sur cette forfaiture et de prendre acte de la validation de la candidature du chef de l’Etat sortant par le Conseil constitutionnel, dont l’indépendance par rapport au pouvoir exécutif est mise en doute même par une délégation d’observateurs de l’Union Européenne qui s’est rendue compte qu’il a sollicité les services du ministère de l’intérieur pour prendre des décisions.

Il est donc étonnant, qu’après un tel constat du manque d’indépendance du juge électoral, que l’on cherche encore à convaincre l’opinion, que le processus électoral est suffisamment fiable pour empêcher le chef de l’Etat sortant d’accomplir son holdup up électoral, tout en sachant en âme et conscience que les éléments consensuels de cette fiabilisation du vote que sont « le bulletin unique et l’utilisation du spray à la place de l’encre qui n’est pas indélébile » , ont été soustraits du code électoral. Mieux, comment peuvent ils ignorer la prise des décrets n° 2012-177 et 178 ; et 2012 -180 et 181, le 26 janvier 2012, soit à un mois de la tenue du premier tour des élections, qui portent nomination et affectation, entre autres, d’instituteurs de la « Génération du concret », comme sous-préfets et sous-préfets adjoints, à la place des secrétaires d’administration formés à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et qui végètent à la Direction de l’Administration Générale et de l’Administration Territoriale (DAGAT) du ministère de l’Intérieur ? Ne savent ils pas que cette « Génération du concret » est une organisation politique sous la houlette du fils du chef de l’Etat sortant, qui cherche à hériter du pouvoir de son père, au lendemain du holdup électoral ?

Comment donc peut on demander aux autres candidats à cette élection, particulièrement ceux regroupés au sein du M23, de faire comme si les conditions sont réunies pour un scrutin transparent, et de laisser le peuple, par son suffrage, décider du sort du chef de l’Etat sortant ? Il est donc évident, dans ces conditions, que le sort du président sortant ne peut pas se régler par les urnes, mais bien par l’établissement d’un rapport de forces, bien avant le 26 février, en mesure de l’obliger, par la négociation ou par la rue, à respecter la Constitution en retirant sa candidature. C’est cette circonstance qui donne à la campagne électorale en cours son cachet particulier. Elle est avant tout une campagne pour sceller le sort du chef de l’Etat sortant, avant d’être une campagne de compétition de programmes économiques et sociaux pour gagner la faveur de l’électorat. C’est cela qui fait la trame qui polarise les rapports de forces entre ceux qui veulent faire fi du projet en cours de confiscation du pouvoir par le chef l’Etat, et ceux qui en font leur point de mire. L’analyse du déroulement de la première semaine de la campagne électorale, sous ce rapport, permet de bien cerner l’état des rapports de forces, et leurs perspectives d’évolution dans la deuxième semaine qui démarre dès lundi 13 février 2012

EVALUATION DE LA PREMIERE SEMAINE DE LA CAMPAGNE ELECTORALE

Le chef de l’Etat sortant est parvenu, depuis la validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel, à stopper, momentanément, l’érosion de son parti politique consécutive à des démissions en cascade de hauts responsables. L’épouvantail de la « prison pour tous, en cas de défaite » et le slogan « le candidat qui rassure », semblent avoir produit les effets escomptés parmi les rangs du Parti au pouvoir et des alliés du chef de l’Etat sortant. Ceux qui se sont enrichis dans l’exercice de leurs fonctions dans l’appareil d’Etat, et ceux qui constituent la « nouvelle classe d’entrepreneurs » que le chef de l’Etat a fabriquée artificiellement à travers les marchés publics et la spéculation foncière, ont repris leurs esprits pour s’engager résolument à ameuter l’opinion pour qu’elle accepte la candidature de Wade, et qu’elle préserve la paix pour la tenue des élections le 26 février 2012, en tentant de faire croire que seul leur suffrage pourra trancher le sort du Président sortant.

De même, après avoir constaté qu’il lui était impossible de faire de la communauté mouride sa base politique exclusive, il a consacré la première semaine de la campagne à tenter de railler le soutien des chefs des autres communautés religieuses et de l’aristocratie coutumière, qu’il longtemps snobés tout le long de son règne.

Mais sachant qu’il ne pouvait pas obtenir, pour le moment, leur soutient direct, il s’est contenté de leur demander de faire, au nom de la préservation de la paix, pression sur le M23 et l’opinion, pour qu’ils acceptent la validation de sa candidature afin d’aller à un scrutin tranquille, qui lui permettrait, sans résistance aucune, de perpétrer son forfait, qu’il faudrait aussi accepter au nom de cette même paix et du respect du suffrage du peuple. Il exploite ainsi à fond, leur tradition légitimiste pour les fixer dans son camp.

Tout laisse croire, qu’il est entrain, de réussir son coup, si l’on se réfère aux discours ambiants de chefs religieux et coutumiers, qui ont ainsi freiné le processus d’exigence du retrait de la candidature du chef de l’Etat sortant qui était enclenché par certains parmi eux.

Ainsi durant la première semaine de la campagne électorale, Wade est parvenu à délimiter son camp.
Son camp vient même d’être renforcé par la décision de Macky Sal, d’aller aux élections en compétition avec Wade, sous prétexte qu’il se réfère, en temps que talibé mouride, à l’appel de son guide qui demande d’accepter la validation de la candidature de Wade par le Conseil Constitutionnel.
Cette décision sort Macky Sal des rangs de ceux qui exigent le retrait de la candidature de Wade, et le place dans les rangs, à combattre, du chef de l’Etat sortant.

Pour ce qui est du camp du refus de la candidature de Wade, il est composé des candidatures les plus significatives de l’opposition qui se sont regroupées au sein du M23, en compagnie de personnalités et d’organisations de la société civile qui ont ratifié les conclusions des Assises nationales. Ce sont des forces issues des couches moyennes intellectuelles, d’artistes, et de milieux d’affaires, qui en constituent la base sociale.

Ce camp a reçu l’appui de forces issues des milieux religieux qui se sont clairement démarquées en exigeant, publiquement, le retrait de la candidature de Wade pour créer les conditions de la paix et de la stabilité nécessaires au déroulement d’une élection transparente.
Les frontières du camp du refus se sont ainsi délimitées.

Ce camp est renforcé par l’attitude des partenaires économiques et financiers du Sénégal et de la plupart des chefs d’Etat africains, à l’exception notoire de celui de Cote d’Ivoire, qui ont demandé au président Sénégalais sortant de se retirer pour préserver la stabilité et la paix dans le pays.
Mais les forces syndicales et rurales organisées, qui ont participé aux assises nationales et qui sont l’objet, depuis lors, d’ostracisme de la part des tenants du pouvoir, ne se sont pas encore impliquées dans le camp du refus. Leur neutralité légendaire en matière électorale est aujourd’hui un obstacle pour les faire participer, au sein du M23, à la création de conditions permettant d’assurer des élections paisibles et transparentes. Fortement mobilisées dans leurs luttes sectorielles, elles ne semblent pas encore prendre conscience que la satisfaction de leurs revendications, dans le contexte de campagne électorale actuelle, dépend en grande partie, du sort du président sortant, et pas seulement de leur détermination dans ces luttes.

Le président sortant, mise sur leur neutralité électorale, pour négliger leurs luttes, afin de mobiliser les ressources disponibles pour acheter la loyauté de la bureaucratie d’Etat en augmentant les indemnités des Présidents de juridictions du pouvoir judiciaire, des Présidents et vice Présidents des conseils ruraux et régionaux, et des adjoints aux Maires, après avoir mobilisé 8 milliards pour la rémunération des chefs de village, qui, sous l’égide des sous-préfets, constituent la cheville ouvrière de l’organisation matérielle des élections.

Les risques d’année blanche, le renchérissement du coût de la vie, et la famine qui s’installe dans le monde rural, sont relégués au second plan par le président sortant, pour s’occuper à parfaire sa machine de fraude.

Ce sont donc ces rapports de force ainsi délimités durant la première semaine de campagne électorale, que les deux camps vont essayer de faire bouger en leur faveur durant toute la deuxième semaine de campagne qui est décisive en direction du scrutin du 26 Février.

PERSPECTIVES D’EVOLUTION DES RAPPORTS DE FORCES DANS LA DEUXIEME SEMAINE

Le camp du président sortant va accentuer son discours d’assurance pour empêcher de nouvelles défections de ses rangs, tout en exploitant, plus à fonds, la culture légitimiste et de paix des milieux religieux et coutumiers, pour mettre le M23, présenté comme fossoyeur de la légalité et de la paix, au banc de la société, et comme cible à réprimer pour faire respecter l’ordre. De même, il va chercher à accentuer les effets que la défection de Macky Sal pourrait avoir sur les candidats membres du M23, pour les pousser à accepter d’aller aux élections en compétition avec lui.

Il compte, pour ce faire, sur l’électoralisme et l’appétit du pouvoir qui pourraient amener, à la longue, certains candidats à vouloir jouer le jeu. Pour cela, il utilisera la corruption, et le deal de « partage du pouvoir », avec sa proposition de « Gouvernement d’Union Nationale », à l’issu de sa confiscation du pouvoir.

Quand au camp du refus, il exploitera au maximum le rejet par l’écrasante majorité des cadres du PDS, du projet de transmission du pouvoir à son fils, une fois son forfait accompli. La rentrée de sa fille dans la campagne électorale, et la violation récente du Code des marchés publics pour permettre à son fils de recourir au « gré à gré » dans l’achat de combustible pour la SENELEC, du carburant pour l’Administration, et du gaz butane pour les ménages, montrent à suffisance, qu’il est décidé à donner à sa famille les moyens politiques et financiers pour mieux s’imposer dans la campagne électorale pour réaliser son projet de holdup électoral. De même, l’épouvantail agité de « chasse aux sorcières » en cas de départ de Wade, devrait être levé pour réconforter tous ceux qui rejettent le projet de Wade, mais restent encore inquiets quand à leur sort en cas de son départ du pouvoir.

En outre, il faudra au camp du refus, s’atteler à faire transcender les chefs religieux et coutumiers de leur tradition légitimiste et de leur souci pour la paix et la stabilité, en les persuadant que la seule garantie pour qu’elles soient réellement préservées, réside moins dans la recherche à conforter Wade dans ses projets de confiscation du pouvoir et de sa transmission à son fils, que dans son retrait, pour ouvrir, dans la troisième semaine de la campagne électorale, des négociations avec le M23 et ses candidats, des conditions de son départ du pouvoir et de création de conditions apaisées pour des élections transparentes. Ces forces religieuses et coutumières ne peuvent pas ne pas avoir tiré les leçons de la première semaine de campagne électorale, et ne sauraient, en conséquence, ne pas être sensibles à de telles perspectives de paix et de stabilité. C’est de cette manière que pourrait redémarrer l’exigence du retrait de Wade qui émanait de leurs milieux et qui s’est arrêtée durant la première semaine de campagne électorale.

Mais c’est surtout, l’implication effective des syndicats des travailleurs et des organisations du monde rural dans le M23, qui est à rechercher durant cette deuxième semaine. La corruption en leur milieu, et la tradition de collaboration avec le pouvoir, ne peuvent être des obstacles insurmontables, si l’on prend en compte l’expérience de l’évolution de leurs collègues en Tunisie et en Egypte, où ces organisations étaient encore plus inféodées et corrompues. Il faudrait donc s’atteler à leur monter toute la place qu’elles devraient occuper auprès des couches moyennes issues des milieux intellectuels, d’affaire et des artistes, regroupées dans le M23, pour sauver la République, la démocratie, et créer les conditions d’un Etat de droit, sans lesquelles, leurs revendications, même acceptées par le pouvoir sous la contrainte, ne sont jamais respectées. C’est ce qui les oblige à se battre régulièrement sans jamais obtenir gain de cause, et qui leur donne le sentiment d’impuissance et d’un éternel recommencement. Il leur est donc indispensable de s’opposer au coup de force électoral mis en œuvre par le Président sortant, en transcendant leur neutralité électorale sur laquelle Wade compte énormément pour arriver à ses fins.

L’alliance des organisations syndicales et rurales avec les couches moyennes dans le M23, est donc l’objectif majeur qui doit être atteint par le camp du refus, durant cette deuxième semaine.
Le sort du scrutin du 26 Février en dépend largement. La fin de la deuxième semaine de campagne électorale devrait donc nous édifier vers quel sens les lignes de démarcations, issues de la première semaine, vont bouger. Cette deuxième semaine de la campagne électorale est donc la semaine de tous les dangers.

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* Ibrahima Sène est membre du Parti pour l’Indépendance et le Travail/Sénégal


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Sénégal : Les fantômes qui hantent la campagne de Wade

Demba Moussa Dembélé

2012-02-20

http://pambazuka.org/fr/category/features/80086


cc T C
Le président Abdoulaye Wade continue de sillonner le pays comme si de rien n’était. Mais dans son for intérieur, il sait que trois « fantômes » continuent de hanter sa « campagne » électorale : la controverse au sujet de la violation de la Constitution ; l’échec de son bilan et son âge avancé.

UNE CANDIDATURE DE TROP QUI VIOLE LA CONSTITUTION

Même si le Conseil constitutionnel a validé la candidature d’Abdoulaye Wade, probablement sous l’emprise de la peur et l’effet de la corruption, celle-ci n’en est pas pour autant légitime. Personne n’a oublié sa propre déclaration de mars 2007 devant le peuple sénégalais, lors de sa conférence de presse après sa « réélection » : « Je ne peux plus me présenter pour un autre mandant, car j’ai verrouillé la Constitution». Et voilà que cinq ans plus tard, après l’échec de son plan de dévolution monarchique du pouvoir, il se dédit devant le peuple sénégalais et l’opinion internationale. C’est cette honteuse volte-face, indigne d’une personne de son âge, et président de la République de surcroît, qui lui a valu d’être la risée de l’opinion publique, qui lui a collé le nom de « Wade Wax Waxeet » ou 3W (NDLR : «Wade qui dit et se dédit» en langue local wolof ! )

Ce reniement de sa parole est une honte pour lui-même, son parti et toute la valetaille qui soutient sa candidature. Celle-ci a incontestablement terni l’image du Sénégal en Afrique et ailleurs dans le monde. Un président de la République, âgé de près de 90 ans, qui regarde ses petits-enfants et arrière-petits-enfants dans les yeux pour leur dire qu’il renie sa parole sur un sujet aussi fondamental que la Constitution a de quoi donner la nausée!

C’est cela qui nourrit et galvanise l’opposition à un troisième mandat menée par le M23, regroupant toutes les forces vives du pays ayant à cœur de défendre la Constitution du Sénégal. Ce combat est légitime et mérite le soutien et l’adhésion de tout le peuple sénégalais, car c’est un combat pour la démocratie, l’Etat de droit, le respect des citoyens par les élus et pour préserver l’image du Sénégal en Afrique et dans le monde.

C’est cela également qui a amené certains pays occidentaux, comme la France et les Etats-Unis, à exprimer leurs réserves quant à la candidature du président sortant. Ainsi donc, vomi par la majorité du peuple sénégalais, suscitant les réprobations à peine voilées de la part de ses « amis » occidentaux, surveillé par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies, le président Wade a dû se rendre compte que malgré les apparences, son coup d’Etat constitutionnel risque de lui coûter très cher.

LE BILAN DESASTREUX DU LIBERALISME TROPICAL

Le deuxième « fantôme » qui hante la campagne du président Wade est son bilan économique et social catastrophique en dépit de ses propres déclarations et celles de ses thuriféraires. Tout leur discours sur les « réalisations » du régime libéral est construit autour des infrastructures.

On notera d’abord que ces infrastructures sont pour l’essentiel limitées à Dakar et ses environs. Ensuite, le coût de ces infrastructures est estimé exorbitant par la plupart des experts en travaux publics. Le livre d’Abdou Latif Coulibaly «Contes et mécomptes de l’Anoci » fait des révélations fracassantes sur les surfacturations, les dépenses fictives et les marchés de gré à gré portant sur des centaines de milliards. Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu de réponse convaincante à ces révélations de la part de M. Karim Wade et de ses mercenaires de la plume.

En vérité, cette opacité dans la gestion des travaux de l’Anoci et d’autres chantiers, comme le monument de la « Renaissance », a surtout servi à enrichir une minorité d’individus. C’est cette classe de « nouveaux riches » qui pousse le président sortant à s’accrocher au pouvoir au mépris des dispositions de la Constitution.

Sur le plan économique et social, l’expression « Barça ou Barsax» (Ndlr : slogan brandit par les émigrés clandestin pour empruntaient les pirogues pour aller en Espagne) résume à elle seule l’échec du régime libéral. Cette expression traduit le drame de la jeunesse sénégalaise à qui Wade avait promis monts et merveilles en 2000. Mais le libéralisme tropical a détruit le tissu industriel du pays et mis le secteur agricole dans une crise profonde dont il lui sera difficile de se relever. Les privatisations et l’accentuation de la libéralisation du commerce ont fait disparaitre des pants entiers de notre tissu industriel, allant du secteur textile aux industries alimentaires. Les grèves de la faim d’ex-employés de certaines de ces industries ont plusieurs fois fait la une des journaux à plusieurs reprises. .

Le secteur agricole a été à la fois victime d’un libéralisme sauvage et aveugle et des promesses chimériques nommées REVA (Retour vers l’agriculture) et GOANA (Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance). Ces deux initiatives ont servi de prétexte à la spoliation des communautés villageoises et à l’enrichissement illicite de fonctionnaires et lobbies maraboutiques liés au régime. Mais à l’arrivée, elles ont été des faillites retentissantes comme l’illustrent les menaces de famines récurrentes dans le monde rural. Chaque année, le Conseil national de concertation des ruraux (CNCR) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation des petits paysans. .

La crise de l’agriculture paysanne a aggravé l’insécurité alimentaire dans le monde rural. Le Rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation, M. Olivier de Shutter, avait déclaré en janvier dernier, que « la situation de l’insécurité alimentaire au Sénégal est alarmante ». Et il ajoutait que le gouvernement du Sénégal, pour des raisons électoralistes, était réticent à lancer un appel à l’aide internationale, car ce serait reconnaître l’échec de ses politiques agricoles. Mais les agences des Nations-Unies l’ont fait à sa place, car elles viennent de déclarer que la famine menace quelque 800.000 personnes dans les régions de Kaffrine, Louga et Tambacounda. Voilà un démenti cinglant aux affirmations répétées du président Wade selon lesquelles le Sénégal aurait atteint «l’auto-suffisance alimentaire» !

La dégradation de la situation économique et sociale dans le monde rural n’a pas épargné le secteur urbain. La destruction du tissu industriel a fait grimper le chômage à des niveaux sans précédent. On estime que plus de 45% des personnes en âge de travailler sont confrontées au chômage et au sous-emploi.

Le chômage endémique et l’absence de perspectives d’avenir ont jeté la jeunesse dans le désespoir. Au point que son seul espoir réside dans la fuite vers l’inconnu. L’expression « Barça ou Barsax», rappelée plus haut, résume le drame auquel est confrontée la jeunesse de notre pays. Des milliers d’entre eux ont ainsi perdu la vie au fond des mers, en tentant de rejoindre l’Europe dans des embarcations de fortune.

Cette fuite désespérée de milliers de jeunes illustre les espoirs déçus ou trahis d’une jeunesse qui avait joué un grand rôle dans la victoire du président Wade en 2000. Voilà pourquoi l’écrasante majorité de la jeunesse lui a définitivement tourné le dos, une rupture dont le mouvement « Y en a marre » est le symbole le plus visible.

Toujours sur le plan social, le régime libéral a accentué la pauvreté et la précarité dans les centres urbains et surtout dans le monde rural. Les denrées de première nécessité ont vu leurs prix flamber au point de rendre la vie insupportable pour la majorité du peuple sénégalais, y compris pour les classes moyennes. La presse sénégalaise a rapporté de nombreux cas de familles obligées de se rabattre sur le riz donné en aumône aux talibés pour pouvoir se nourrir, parce que le prix du riz est hors de portée des revenus modestes. Plus de la moitié de la population sénégalaise vit en dessous du seuil de pauvreté. Le Sénégal est parmi les pays se situant au bas de l’indice de développement humain du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) et il reste un pays moins avancé (PMA) !

Donc, toutes les déclarations de Wade selon lesquelles le Sénégal est devenu un pays « émergent » ne sont que du délire.

Un autre dossier au passif du régime libéral est la ruée vers les terres des paysans. Le président Wade et son régime se comportent comme si toutes les terres du pays leur appartenaient. Non seulement ils se sont octroyé des milliers d’hectares mais en aussi ont distribué à leurs amis à tort et à travers. Cet accaparement des terres a renforcé la corruption qui est devenue une des caractéristiques principales de ce régime. Face aux abus dont elles sont victimes, les populations se sont organisées pour résister. Cette résistance légitime a connu dans certains endroits un dénouement tragique, comme à Fanaye où deux personnes ont perdu la vie en s’opposant au bradage de leurs terres à une société italienne. Même dans la ville natale du président à Kébémer, des paysans l’ont récemment accusé d’avoir arbitrairement pris leurs terres. Après leur sortie dans les médias, certains d’entre eux ont été tout simplement arrêtés.

SON AGE AVANCE LE DISQUALIE

Le troisième « fantôme » qui hante la tournée du président Wade est son âge très avancé. A près de 90 ans, il est évident que Wade ne peut pas diriger ce pays, quoiqu’il dise ou quoique disent ses flagorneurs. Il n’en a plus les capacités physiques et intellectuelles. D’ailleurs, certaines de ses déclarations illustrent bien cela. Quand il qualifie de « brise » les manifestations contre sa candidature qui ont entraîné la mort de plusieurs personnes et de nombreux blessés, cela dénote non seulement une insensibilité à la douleur des familles endeuillées mais également l’état d’esprit d’un homme qui a commencé à perdre contact avec la réalité.

A supposer même que son âge officiel (87 ou 88 ans ?) soit vrai – ce que certains contestent -, comment peut-on accepter de confier les destinées du pays à un tel homme pour les sept prochaines années ? Beaucoup de Sénégalais se demandent pourquoi sa famille et ses partisans le poussent à entrer coûte que coûte dans cette campagne de trop? L’ivresse du pouvoir sans doute. Mais aussi, la peur de voir venir l’heure de rendre des comptes.

CONCLUSION

Au vu de tout ce qui précède, il est évident que le président Wade est totalement disqualifié pour briguer un troisième mandat. La Constitution, la morale et le bon sens s’opposent à cette candidature. S’il persiste et refuse d’entendre raison, le jour du scrutin, le 26 février, le peuple aura l’occasion de lui ôter ses dernières illusions, en ignorant tout simplement son bulletin.

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Sénégal : Élection présidentielle à hauts-risques

La campagne électorale tourne à la répression, à l'image du bilan « droits de l'Homme » du président Wade

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80080


cc S D
La FIDH et ses organisations membres et partenaires au Sénégal, la RADDHO, l'ONDH et la LSDH, condamnent vivement la répression systématique de toute manifestation pacifique dans le centre de Dakar et les dizaines d'arrestations d'opposants et de manifestants depuis ces dernières 72 heures. Nos organisations exhortent les autorités sénégalaises à cesser immédiatement la répression en cours, à libérer les personnes arbitrairement arrêtées et à se conformer à la législation sénégalaise en autorisant le déroulement des manifestations pacifiques.

Depuis près de trois jours, toutes les manifestations dans le centre de Dakar sont systématiquement dispersées par la force et des dizaines de manifestants sont arrêtés. Mercredi 15 février, la manifestation du mouvement citoyen M23 a été dispersée sans ménagement. Le 16 février, c'était au tour du collectif Y en a marre de subir une répression particulièrement féroce : dispersion dans la violence, arrestation d'une vingtaine de leur membre dont plusieurs de leurs leaders et mauvais traitement des personnes arrêtées. Les 16 et 17 février, ce sont les candidats à l'élection présidentielle et leurs partisans qui ont été la cible de cette répression.

Cheikh Bamba Dieye, candidat du Front pour le socialisme et la démocratie /Benno Jubël (FSD/BJ) a été arrêté quelques heures le 17 février alors qu'il manifestait place de l’obélisque, tout comme Ibrahima Sene, responsable du Parti de l'indépendance et du travail (PIT). Idrissa Seck, candidat du parti Rewmi ("le pays"), a lui aussi été la cible de tirs de grenade lacrymogène tandis que la manifestation d'Ibrahima Fall, candidat indépendant, s'est vu interdite par le préfet de Dakar malgré l'autorisation et les instructions de la Commission électorale nationale autonome (CENA) saisie par le candidat.

« Les autorités sénégalaises ne peuvent pas aller contre la loi sénégalaise » a déclarée Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « Il faut que les autorités reviennent à la raison et autorisent l'expression publique et politique des opposants et des citoyens sous peine d'être assimilée à un régime autoritaire bâillonnant la démocratie » a-t-elle ajoutée.

En effet, le gouvernement justifie la répression des manifestations par un arrêté pris par le préfet de Dakar en juillet 2011 interdisant depuis lors toute manifestation publique dans le centre-ville de la capitale. Outre le fait que ce gel des libertés publiques et individuelles contrevient aux dispositions constitutionnelles, cette interdiction est manifestement illégale au regard de l'article L 61 du Code électoral qui dispose que « tout candidat et tout électeur peut librement organiser des réunions et des manifestations sur toute l'étendue du territoire en respectant les conditions prévues par la loi », à sa voir une déclaration préalable de 24h auprès de l'autorité administrative. Ces conditions ont été respectées par toutes les organisations ayant souhaitées manifester ces derniers jours. La Cour suprême du Sénégal elle-même avait déjà considéré dans un arrêt du 13 octobre 2011 que l'interdiction d'une manifestation similaire de la Radhho en décembre 2010 par un arrêté du préfet de Dakar avait été un « excès de pouvoir » et constituait une « atteinte à la liberté de réunion ».

La situation s'est encore dégradée hier (Ndlr : le 17 février) lorsque une grenade lacrymogène a été lancée dans la grande mosquée El Hadji Malick Sy au quartier du Plateau, à proximité du centre-ville, provoquant la colère de centaines de fidèles et rappelant l'attaque de la cathédrale de Dakar l'année passé. Plus inquiétant encore un journaliste de l'Agence France presse (AFP) a vu, pendant les incidents, un policier sortir son arme de service et ouvrir le feu. Il a ensuite récupéré une douille de 9 mm au sol ainsi qu'une balle non percutée laissant craindre une escalade dans la répression et l'utilisation de moyens contraires aux principes des Nations unies sur l'utilisation de la force.
« A la veille d'une échéance aussi importante pour le Sénégal, les plus hautes autorités du pays doivent faire preuve de responsabilité et d'apaisement en laissant la démocratie s'exprimer librement comme la loi le prévoit » a déclaré Me Sidiki KABA, président d'honneur de la FIDH.

De même, il a été signalé des hommes en civil armés de fusils à pompe circulant à bord de 4X4 banalisés qui pourchasseraient les manifestants. Selon les témoignages, certains avaient le visage couvert d'une cagoule noire, comme l'ont pu aussi le confirmer les correspondants de l'AFP et Reuters sur place.

Outre un policier blessé à la tête, les violences de la journée de vendredi ont fait une dizaine de blessés, dont deux journalistes occidentaux. Le bilan de la répression des manifestions et de la contestation populaire depuis la fin du mois de janvier est de 5 morts dont un policier, des dizaines de blessés et des dizaines d’arrestations.

Nos organisations s'inquiètent aussi du sort réservé aux nombreux manifestants arrêtés pour avoir bravé cette interdiction de manifester. Outre les mauvais traitements constatés lors de leur arrestation, il est à craindre qu'ils soient actuellement torturés comme c'est souvent le cas au cours des détentions dans les commissariats et les brigades de gendarmerie.

La dernière mandature du Président Wade marquée par des régressions en matière des droits de l'Homme

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle prévue le 26 février 2012, nos organisations tirent un sombre bilan du quinquennat qui s'achève en matière de respect des droits de l'Homme. Parmi les nombreuses violations des droits civils et politiques, économiques, sociaux et culturels documentés par nos organisations, le scrutin présidentiel est l'occasion de faire le bilan des trop nombreuses atteintes aux principes démocratiques, aux libertés publiques et à l'indépendance de la justice au Sénégal ces dernières années.

Une de ces atteintes les plus flagrantes aux principes a été la tentative avortée du chef de l’État de modifier la Constitution pour changer à son avantage les règles du jeu de l'élection présidentielle à moins d'un an du scrutin pour finalement renoncer face à la contestation populaire le 23 juin 2011. « Le tripatouillage de la loi fondamentale aurait sérieusement porté atteinte aux principes de l’alternance démocratique. La démarche du président Wade, bien que stoppée, a démontré son peu d'attachement aux principes démocratiques en contradiction avec la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui lie le Sénégal », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Les libertés publiques ont également souffert de restrictions. Des manifestations ont été interdites de manière illégale – comme celle que souhaitait organiser la RADDHO en décembre 2010 et encore dernièrement le 15 février 2012 6 et parfois réprimées – comme celles du M23 de juin 2011 et celle du mouvement Y en a marre ! le 16 février 2012 - par un usage disproportionné de la force par les forces de sécurité, des arrestations arbitraires et de mauvais traitements. « A contrario, les violences perpétrées contre les manifestants du M23 et de Y en a marre ! par des nervis du régime ou des sympathisants du parti au pouvoir n'ont jamais fait l'objet d'enquête », a déclaré Me Assane Dioma Ndiaye, le président de la LSDH. « Quant à l'enquête sur l'agression d'Alioune Tine le 23 juin 2011, elle est piétine alors que toutes les preuves de l'implication des nervis du pouvoirs sont entre les mains de la justice sénégalaise », a ajouté Assane Dioma Ndiaye qui est aussi son avocat.

Nos organisations ont par ailleurs dénoncé les attaques récurrentes contre les défenseurs des droits de l'Homme de la part des autorités : déclarations publiques de membres du gouvernement assimilant les défenseurs aux opposants politiques ; atteintes à la liberté d'expression de représentants de la société civile ; arrestations arbitraires, comme celle en janvier 2012 du président de la Raddho, Alioune Tine, finalement libéré sans charge après 48 heures de détention dans des conditions difficiles et sans accès à son avocat ; expulsion du secrétaire général de la FIDH ; et confiscation en douane des exemplaire du Rapport annuel de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme (FIDH/OMCT). « Ces violations répétées de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs convergent vers l'expression autoritaire d'un pouvoir qui refuse toute critique de sa gouvernance », a déploré Me Sidiki Kaba, président d'honneur de la FIDH.

La pratique de la torture demeure malheureusement toujours d'actualité au Sénégal, la LSDH a ainsi recensé de nombreux cas de tortures par des agents de l'État et a saisi le Comité contre la torture des Nations unies. Ces dernières années une trentaine de cas au moins ont été répertoriées dont une dizaine sont décédées des suites de ces mauvais traitement en détention estime la LSDH.

L'indépendance de la justice a aussi été mise à mal dans le dossier Hissène Habré, ancien président Tchadien, exilé au Sénégal, présumé responsable de violations graves et massives des droits de l'Homme dans son pays. Alors que nos organisations s'étaient félicitées de l'adoption d'un cadre juridique propice à l'ouverture d'un procès et qu'un soutien financier de la communauté internationale avait été accordé à cet effet, le jugement d'Hissène Habré n'est toujours pas d'actualité. Violant l'obligation internationale de juger ou d'extrader Hissène Habré, le président Wade a tenté d'expulser celui-ci en juillet 2011 vers le Tchad avant de se rétracter au dernier moment devant l'opposition des Nations unies et des organisations de défense des droits de l'Homme ; et sous prétexte d'un vice de forme, la Chambre d’Accusation de la Cour d’appel de Dakar a obligé la Belgique – pays où une procédure judiciaire est engagée contre Hissène Habré - à formuler une quatrième demande d'extradition. « Ces procédures dilatoires sont inacceptable dans un État de droit. Les victimes du régime d'Hissène Habré attendent depuis plus de 20 ans que justice leur soit rendue », a déclaré Alassane Seck, vice-président de la RADDHO.

Face à ce bilan peu flatteur, nos organisations appellent les futures autorités sénégalaises issues des urnes à faire cesser toutes ces atteintes et respecter strictement les engagements du Sénégal en matière de protection des droits de l'Homme.


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* Communiqué signé par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), la
Rencontre africaine de défense des droits de l'Homme (RADDHO), l’Organisation nationale des droits de l'Homme (ONDH)
et la Ligue sénégalaise des droits de l'Homme (LSDH)


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Le petit dictateur sénégalais est une création de l’Occident

Toby Moorsom

2012-02-20

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cc UN Photo
La forte mobilisation contre le régime du président Abdoulaye Wade cache des faiblesses qui empêchent le mouvement contestataire de constituer une véritable force alternative. Car aussi bien le M23 que le mouvement Y en a marre peinent à développer une idéologie de rupture, pour mieux prendre en charge les désirs de rupture qui montent au sein des populations.

Pendant que les gouvernements des nations occidentales commencent à prendre leurs distances avec le président sénégalais Abdoulaye Wade, le fait non reconnu est qu’il est leur création. Wade le sait certainement, raison pour laquelle il se montre si déterminé à rester au pouvoir et réprime l’opposition si durement, faisant 6 morts au cours de la première semaine des récentes manifestations (Ndlr : on en est à 14 morts après la deuxième semaine).

Les changements que Wade a apportés à la Constitution lui ont permis d’incarner l’Etat, mais aussi d’ouvrir le pays à plus d’investissements étrangers. Le fait que ceci ne figure pas dans les préoccupations des membres de l’opposition qui mènent les manifestations sous la bannière du Mouvement M23 constitue une indication de ses limites à le destituer ou à offrir les changements désirés par la population.

Les médias qui couvrent l’opposition croissante à Wade mentionnent souvent le scandale de la statue que celui-ci a fait ériger, pour un coût de 23 millions de dollars. Non seulement la statue offense les valeurs musulmanes, Wade prélève 35% du prix des billets d’entrée payés par les touristes sous prétexte qu’il s’agit de "sa propriété intellectuelle". Au vu de l’attachement que Wade porte à ce projet, on comprend le comportement de plus en plus dictatorial de l’homme avec lequel le monde doit composer. La construction de la statue fournit aussi un aperçu significatif de la gestion de l’administration Wade qui est profondément insérée dans une économie globale multipolaire. Ces connections ont alimenté l’émergence d’une catégorie d’hommes d’affaire qui travaillent main dans la main avec des politiciens largement critiqués pour leur corruption et le détournement des finances de l’Etat.

Si l’ego de Wade se compare aisément à ceux de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Egypte, la puissance politique des mouvements d’opposition est beaucoup moindre que dans ces pays. Le M23 sénégalais et le mouvement Y en a marre sont tous deux dotés de capacités d’analyse limitées, de positions idéologiques faibles voire inexistantes et de relations superficielles avec une frange étroite de la société. Fort heureusement, les membres de Y en a marre commencent à exprimer leur insatisfaction quant aux pratiques d’un M23 dominé par des figures de proue qui pratiquent une politique semblable, à s’y méprendre, à celle du président Wade. Il reste à voir s’ils sont capables de produire une analyse meilleure et si leur pratique avec la base politique vaut mieux.

La statue et la "renaissance "du FDI sénégalais

La statue de Wade, par laquelle le scandale est arrivé, a pour nom "Renaissance africaine", en association idéologique avec l’ancien président sud africain Thabo Mbeki qui, en 1997, à lancé une campagne pour la renaissance africaine. Laquelle, selon Mbeki, doit produire une plus grande cohésion sociale, la démocratie, la croissance économique et faire de l’Afrique un acteur significatif dans les affaires du monde. Mbeki a alors, conjointement avec Mouammar Kadhafi, pris la tête de l’initiative qui transformait l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en Union africaine (UA). Nombreux sont ceux qui ont souligné que ce processus impliquait l’abandon de nombreux objectifs du panafricanisme en matière de justice sociale. L’exemple le plus parlant a été l’orientation politique officielle de l’Union africaine, en particulier le New Partnership for Africa’s Development (NEPAD) devenu un moyen pour augmenter les possibilités du libre échange néolibéral sur tout le continent. En résumé, le NEPAD a ouvert le continent à davantage d’investissements étrangers. Il a entériné le droit de propriété, traite les firmes étrangères à la même enseigne que les firmes autochtones, diminue les impôts, permet l’expropriation pour le profit, crée des ports francs et d’autres limitations des droits des travailleurs.

En 2009, le ministre sénégalais de l’Intérieur, Me Ousmane Ngom déclarait « D’une part ces réformes visent à créer une environnement plus favorables pour le business, d’autre part à moderniser le cadre légal et les infrastructures géologiques afin d’attirer et de développer les investissements étrangers directs". Il n’est dès lors pas étonnant que les intérêts économiques internationaux aient chanté les louanges du gouvernement de Wade pendant des années. Ousmane Ngom se vantait de la position du Sénégal dans le dernier rapport de la Banque Mondiale "Doing business", dans lequel le pays occupait une position proéminente, la première en Afrique et la cinquième au monde.

Il est donc juste que la statue de la "Renaissance africaine" ait été érigée par une firme sud-coréenne plutôt que sénégalaise. Plus grande que la Statue de la Liberté, elle représente un homme herculéen, torse nu, un enfant sur son épaule gauche, pointant son doigt, vraisemblablement vers le futur (ce qui, curieusement est la direction de l’Europe). Sur sa droite, il tient une femme légèrement vêtue, que sa poigne soulève de terre tout en lui imprimant une mouvement vers l’avant. Le mensonge idéologique consiste à nier ce que près de 40 ans de recherche ont montré : la femme africaine fait la plus grande partie du travail sur le continent. Si la statue voulait montrer quelque chose plus proche de la réalité, elle devrait représenter une femme, un bébé sur le dos, du bois de feu sur la tête et de la nourriture dans la main, pendant que l’homme, assis quelque part dans le fond, attend son repas. Ceci n’est pas pour dire que les Sénégalais ne font pas de leur mieux pour apporter des revenus au foyer, mais le taux de chômage est de 48%, signifiant ainsi une âpre compétition pour des emplois sous-payés et un pouvoir d’achat en diminution constante. Il n’est guère surprenant que beaucoup d’entre eux soient habités par un profond désespoir et soumis à une humiliation quotidienne.

En examinant les réalisations que le gouvernement de Wade affirme avoir mené à bien, on peine à savoir d’où provient cette image d’un homme africain musclé qui s’avance vers la science, la technologie et les arts qui sont sûrement des éléments essentiels de toute "renaissance". Il semble que le talent principal de Wade ait été de signer des chèques en faveur de compagnies étrangères. Mais sa réalisation la plus importante de Wade, et de loin, a été de permettre l’exploitation des minerais dans la région de Toumbacounda, liés à un projet de construction du plus grand port d’Afrique de l’Ouest pour 527 millions de dollar. Le port est en construction dans le cadre d’un partenariat public/privé avec DP World, une filiale de Dubaï World Group, une compagnie qui a aussi encaissé 800 millions de dollars afin de construire et gérer une zone économique particulière basée à Jebel Ali Freetrade Zone à Dubaï. Le port facilite l’extraction de l’or par une compagnie canadienne et saoudienne : Sobadala Mining et Iamgold Group. Celles-ci sont rejointes par une compagnie londonienne, enregistrées par Jersey Channels Incorporated sous le nom de Rand Gold. La multinationale Arcelor Mittal exploite également un gisement de fer au niveau de la Falémé. De nombreux autres métaux de valeur se trouvent dans la région, tels que du cuivre, du chrome, du lithium, de l’uranium. Les quantités semblent moins importantes que leurs propriétés sont rares pour des alliages utilisés pour de nouveaux composés. métalliques.

Ces minerais arriveront au port par des routes qui devront être restaurées ou construites, projets qui ont été octroyés à des compagnies comme SGS Industrials basé en Suisse, la Henan Industrial Corporation chinoise et l’APIX. Beaucoup de Sénégalais estiment insultants que 50 ans après l’indépendance ils ne peuvent toujours pas construire leurs propres routes. Sous la pression de la Banque Mondiale, le Sénégal a aussi été impliqué dans la privatisation des services de l’eau, quand bien même la privatisation préalable de l’électricité, impliquant Hydro Québec et plus tard Vivendi, s’est avérée un échec et annulé. Vivendi est une société absolument détestée en Afrique du Sud pour son système de prépaiement (connue en Afrique du Sud sous le nom de Veolia Environment). Ces processus de privatisation ont eu pour résultat une augmentation des coûts pour les ménages des travailleurs, alors que les salaires stagnent. Ainsi, au Sénégal un fossé de plus en plus profond s’est creusé au sein de la population, entre ceux qui peuvent payer et ceux qui ne le peuvent pas. Des routes à péage (…) transportent les riches vers les faubourgs, pendant que les autres rentrent chez eux d’une façon qui rappelle l’Apartheid.

Dans la propagande gouvernementale, Wade se présente régulièrement comme une personnalité du genre de Martin Luther King ou de Nelson Mandela, comme s’il partageait leur souci de la justice sociale. Pourtant, au lieu de se préoccuper du nombre croissant de sans abris qui vivent dans des cadres délabrés avec la puanteur des égouts, il met son énergie dans des projets prestigieux qui, au mieux, profitent aux riches. Des projets qui ne sont rien de plus que des imitations bon marché, un peu comme les imitations des montres Gucci qui se vendent à tous les coins de rue. Le Grand Théâtre National, construit récemment par une compagnie chinoise, en est un bon exemple. L’intérieur du bâtiment est magnifique, mais on se demande comment trouver au Sénégal assez de gens ayant les moyens d’acheter le billet qui permettra de remplir la salle. Une visite aux toilettes montre une plomberie médiocre et une robinetterie kitch mal assemblée. A n’en pas douter, ce genre de travail va conduire à de nombreuses fuites d’eau dans quelques années, à l’instar de ceux que l’on trouve dans ces immeubles d’appartements de luxe qui se construisent à toute vitesse en ville. Il est probable que dans deux décennies le théâtre rejoindra les bâtiments qui, comme d’anciennes reliques, entourent la place de l’indépendance. Construits dans l’enthousiasme du début de la période post indépendance, ils sont maintenant la manifestation d’un rêve qui ne s’est pas réalisé.

LES CONDITIONS DECLINANTES DU COMMERCE

Bien que la ruée globale sur la richesse sénégalaise ait contribué à enrichir les compagnies étrangères et une petite catégorie de compradors, le reste de l’économie a souffert. L’agriculture reste la source principale d’activité pour 77% des forces de travail. Elle reste néanmoins hautement dépendante d’une météo de plus en plus erratique. La production locale d’arachides – la principale denrée d’exportation - a décliné, en partie en raison de la privatisation de Sonacos, la compagnie étatique de commercialisation et de conditionnement, mais aussi en raison du changement climatique et de la dégradation du sol. L’industrie halieutique décline en raison de la diminution des bancs de poissons due aux bateaux étrangers qui braconnent en toute impunité dans les eaux d’Afrique de l’Ouest. Les mauvaises perspectives d’emploi ont alimenté un courant de migration illégale vers l’Europe parmi ceux qui aspirent à un monde meilleur, même si à l’arrivée ils risquent la mort aux mains d’hommes armés racistes.

Les données les plus récentes de la Banque Mondiale montrent une balance commerciale négative pour le Sénégal, avec - 1,113 milliards de dollars. Le pays exportait en 2009 pour 1 652 milliards et importait pour 3864 milliards de dollars. Les exportations sont bien sûr beaucoup plus conséquentes en termes de volume. Ce qui signifie que plus de cargos quittent le pays, mais ce sont principalement des matières premières. Il s’en suit que la valeur des produits importés est importante, parce qu’étant souvent des biens de consommation manufacturés (téléphones cellulaires, vêtements, électronique). C’est précisément contre ce néocolonialisme que des gens comme Amilcar Cabral ont mis en garde.

LA FORCE ET LES LIMITATIONS DE L’OPPOSITION

A certains égards, l’opposition pourrait s’avérer plus puissante que ce que Barnaby Philips écrivait dans les pages du AJE il y a quelques jours. Ses impressions de Philips concernent Dakar, alors qu’il est intéressant de noter que les manifestations ont pris de l’ampleur dans des villes plus petites à travers tout le pays, là où Wade avait sa base.

Néanmoins, l’opposition est plutôt déconnectée de la lutte quotidienne des travailleurs. Au cours des années précédentes, il y a eu nombre de contestations dans le monde du travail, souvent vaguement relatée dans les médias alors qu’ils ont eu un impact puissant. Il est souvent difficile d’établir si ces disputes sont des grèves des travailleurs ou du capital. Par exemple, récemment, en protestation contre l’augmentation du prix du carburant, les harcèlements de la police et la corruption, il y a eu une grève des taxis et des employés des transports qui ont réussi à perturber le service pendant trois jours avec presque 100% de participation. Précédemment, le syndicat des journalistes au niveau du service public de l’audiovisuel a participé à une protestation et interrompu le travail, dénonçant son utilisation par Wade à des fins de propagande plutôt qu`à maintenir des standards de journalisme. Ce sont là des acquis impressionnants, or les manifestations ne révèlent pas de lien avec les syndicats qui mènent ces luttes.

Dès lors, l’opposition ne parvient pas à procéder à une analyse qui aiderait à comprendre les fonctions de l’économie et à procurer des alternatives. L’homme de la rue ne peut que déclarer que "Wade est trop vieux", pendant que les autres candidats vantent leurs atouts pour assurer sa succession. Pour la plupart d’entre eux, ces atouts ont été acquis dans le parti de Wade, le PDS. Il s’avère en fait qu’ils se montrent plutôt opportunistes et intéressés, allant et venant dans le PDS selon ce que Wade leur offre, sans annoncer de principes politiques. Sans une base, leur rhétorique se limite à des dénigrements personnels plutôt infantiles.

La réalité plus profonde est que l’économie globale néolibérale se défait de sa brève association avec les démocraties libérales. Dans les pages du Financial Times, Wade lui-même a vilipendé l’Occident et a vanté sa capacité à travailler avec les Chinois dans une logique de capitalisme libre imposée au Sénégal par l’Europe et l’Amérique du Nord. Il a suivi leurs injonctions qui, au final, miné leur contrôle qu’ils avaient sur lui et il a maintenant de nombreux partenaires commerciaux fort peu préoccupés par la façade cérémonieuse de la démocratie.

Les Sénégalais eux-mêmes ne devraient pas rechercher plus longtemps un modèle héroïque, mais plutôt reconsidérer l’idée sous-jacente à la lutte pour l’indépendance. Les dirigeants, liés par une idéologie qui a échoué, ne peuvent amener le changement et ne pourront séduire leurs citoyens que par des statues et du spectacle.

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* Toby Moorsom enseigne à la Queen’s University au Canada et est le rédacteur du Nokoko Journal of African Studies. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger


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L’autocratie financière et son clergé médiatique

Samir Amin

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80083


cc P P
Dans leur fonctionnement, les médias dominants dans le monde contribuent à conforter une pensée unique. Leur démarche s’entoure de critères d’indépendance et de professionnalisme, mais dans le choix des informations et les orientations des commentaires, le parti-pris s’avère évident pour légitimer l’ordre en place. C’est dans cette dynamique que le pouvoir de l’aristocratie financière appelle en complément celui du clergé médiatique.

J’ai emprunté ce titre à une phrase que j’ai entendu prononcée au colloque du M’PEP organisé en octobre 2011. Je pense que l’idée qu’elle exprime valait la peine d’être développée.

Un parallèle saisissant me paraît en effet s’imposer entre notre monde d’aujourd’hui et l’état de la France à la veille de 1789. Alors, le pouvoir décisif était celui de l’aristocratie foncière (la noblesse, rangée derrière son Roi). Aujourd’hui, c’est celui de la « ploutocratie » financière aux postes de commande dans le capitalisme des monopoles généralisés. Ce pouvoir était servi par une « noblesse de robe » - une bourgeoisie drapée dans les habits de l’aristocratie. Aujourd’hui le pouvoir des monopoles est servi par une « classe politique » constituée de véritables débiteurs (y compris au sens financier banal du terme), où se retrouvent associés les politiciens de la droite classique et de la gauche électorale.

A son tour le pouvoir politique aristocratique/monarchiste de l’Ancien Régime était soutenu par un clergé (catholique en France) dont la fonction était de lui donner l’apparence de légitimité par le développement d’une rhétorique casuistique appropriée. Aujourd’hui les médias sont chargés de cette fonction. Et la casuistique qu’ils développent pour y parvenir et donner l’apparence de légitimité au pouvoir dominant en place est caractéristique des méthodes traditionnelles mises en oeuvre par les clergés religieux.

Le papier développe cette analyse concernant le « clergé médiatique » contemporain. La question de la « noblesse de robe » que la classe politique d’aujourd’hui représente pourrait faire l’objet d’un traitement parallèle.

LE POUVOIR MEDIATIQUE EXISTE-T-IL ?

Un regard rapide sur la réalité du monde, à toutes ses époques, révèlerait la coexistence de pouvoirs multiples. Par exemple, dans notre monde moderne, le pouvoir économique des grandes entreprises et les pouvoirs politiques – législatifs exécutif, judiciaire – exercés dans un cadre institutionnel défini, « démocratique » ou non. Par exemple les pouvoirs que les idéologies et les croyances (religieuses entre autre) exercent sur les peuples. Par exemple, enfin, le pouvoir des médias qui diffusent les informations, les sélectionnent, les commentent.

La reconnaissance de cette pluralité relève de la banalité extrême. Car la vraie question qui doit être posée est la suivante : comment ces pouvoirs, dans leur diversité, s’organisent pour se compléter dans leurs effets de construction du tissu social, ou au contraire entrent en conflit sur ce terrain. Bien entendu la réponse à cette question ne peut être que concrète, c'est-à-dire concerner une société de donnée à un moment donné de son histoire. Les réflexions qui suivent concernent l’articulation entre les pouvoirs médiatiques et les autres dimensions des pouvoirs sociaux dans le capitalisme contemporain.

Un mot encore concernant le pouvoir médiatique. Une littérature abondante s’emploie à analyser, parmi les qualifications diverses de l’être humain celle de son caractère d’homo comunicans. On tend par là que le volume et l’intensité des informations auxquels l’homme moderne a accès, sans commune mesure dit-on avec ce qu’ils étaient dans le passé, auraient véritablement transformé l’individu et la société. C’est peut être aller un peu vite car, depuis les origines, l’être humain se définit précisément par l’usage de la parole, moyen de communication par excellence. Il reste que l’affirmation de ces propositions concernant le volume et l’intensité de l’information est par elle même correcte et qu’elle donne de ce fait aux médias, qui sont à son origine, une puissance et une responsabilité, morale, politique et sociale décuplées. Mais cette constatation n’élude pas la question fondamentale posée : comment s’articule ce pouvoir avec les autres.

Le pouvoir médiatique dans le capitalisme contemporain, mythe et réalités

Le pouvoir médiatique, pas plus que les autres, n’est pas – n’a jamais été, ne peut pas être – « indépendant ». Je n’entends certainement pas par là qu’il est « aux ordres », l’exécutif d’un autre pouvoir (politique, religieux ou économique). Non le pouvoir médiatique peut être – et même est – largement autonome. J’entends par là qu’il est soumis dans son fonctionnement à l’autonomie de la logique qui est la sienne, et qui est distincte des logiques de reproduction des autres pouvoirs. C’était le cas des modes de fonctionnement du clergé catholique dans la France de l’Ancien Régime, comme de tous les autres clergés religieux de l’époque. C’est aujourd’hui le cas des modes de fonctionnement du nouveau clergé médiatique.

Cette autonomie des médias se manifeste également par ses règles propres de déontologie. Et dans ce sens, s’il existe des médias « aux ordres », il en existe tout également qui ne le sont pas. Néanmoins cette autonomie – vantée par l’idéal démocratique sinon toujours sa pratique – n’est pas synonyme d’indépendance, qui est un concept absolu, alors que l’autonomie implique l’articulation (l’interdépendance) entre les différents pouvoirs, dont le médiatique. La question de cette articulation reste donc centrale, incontournable.

Or je prétends que dans le capitalisme contemporain (celui dans lequel nous vivons tous depuis, disons, une quarantaine d’années) un pouvoir suprême tend à s’imposer à tous les autres, qu’il subordonne en les articulant aux exigences de son propre déploiement. Je parle bien entendu d’une tendance – forte – et non d’un état de fait accompli. Car les résistances au déploiement de cette tendance sont puissantes et peut être même se renforcent-elles au fil du temps.

Le pouvoir suprême auquel je fais référence ici est celui des « monopoles généralisés, mondialisés et financiarisés ». Je renverrai le lecteur pour plus de précision concernant chacune de ces qualifications à mon ouvrage récent (La crise, sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise, Le Temps des Cerises 2008).

Pour faire court, je dirai qu’il s’agit d’un pouvoir économique et que ce pouvoir est le produit d’une évolution qui a conduit à une centralisation extrême de la propriété et de la gestion du capital, sans commune mesure avec ce qu’elle était encore il y a un demi siècle. Ces monopoles (ou oligopoles si vous voulez) contrôlent directement ou indirectement l’ensemble des systèmes productifs (et cela est nouveau) et cela non pas seulement à l’échelle des centres capitalistes traditionnels dominants (les pays « les plus développés », rassemblés dans la triade Etats Unis/Europe/Japon) mais tout également à l’échelle mondiale. Certes ici cette tendance – qui se concrétise par des stratégies d’action économique et politique – se heurte à la résistance des pays émergents (la Chine et quelques autres).

Cette transformation qualitative a réduit l’espace d’autonomie relative dont bénéficiait traditionnellement le pouvoir politique dans la triade concernée (laquelle autonomie donnait son sens et sa portée à la « démocratie bourgeoise », les visions de la vie, les idées courantes, les « consensus » voire même les conceptions religieuses, en un mot « l’air du temps »).

Autrement dit ce qui est en construction ce n’est pas comme on le dit vulgairement « une économie de marché », mais bel et bien une « société de marché ».

Dans ce cadre les médias – tout comme le politique – voient les espaces de leur autonomie relative rognés. Sans devenir nécessairement des instruments « aux ordres », ils se trouvent invités (et contraints) à remplir des fonctions utiles et nécessaires pour assurer le succès du déploiement du pouvoir suprême des monopoles généralisés.

Nous ne vivons donc pas un moment d’avancées démocratiques, mais au contraire nous assistons à sa défiguration et au recul de la démocratie. Le citoyen capable d’appréhender la réalité est soumis à un bombardement qui le dépolitise or il n’y a pas de démocratie sans citoyens politisés, de ce fait capables d’imagination créatrice, de production d’alternatives cohérentes et différentes. On lui substitue l’individu passif (dépourvu donc de toute liberté authentique) réduit au statut de consommateur/spectateur. On lui propose de s’aligner sur un consensus, en réalité un faux consensus qui n’est que la traduction des exigences du pouvoir suprême et exclusif des monopoles généralisés. L’élection tourne à la farce dans laquelle s’affrontent des « candidats » (dont le style présidentiel de l’organisation du pouvoir accuse le caractère « para-personnel ») alignés sur ce même consensus. Le stade suprême de la farce est désormais atteint dès lors que des « agences de notation » (c'est-à-dire des employés de ces mêmes monopoles) tracent les frontières de ce qui serait « possible ».

Or, hélas, les médias dominants participent activement à la distillation de cette pensée unique, le contraire absolu de la pensée critique. Certes ils ne le font pas en pratiquant le mensonge. Les médias respectables s’en gardent bien. Mais ils sélectionnent et leurs commentaires s’inscrivent dans ce qu’on attend d’eux. Leur autonomie se réduit alors à la mise en œuvre d’une casuistique fonctionnelle pour légitimer l’ordre en place. C’est donc ce sens que je prétends que le pouvoir de l’aristocratie financière appelle en complément celui du clergé médiatique. On pourrait multiplier les exemples de cette casuistique, qui permet de présenter un juge criminel (celui qui en Lybie avait condamné à mort les infirmières bulgares) comme un champion de la démocratie ; de placer au devant de la scène du front « démocratique » arabe le sultan de Qatar et le Roi d’Arabie Séoudite. Pourrait-on imaginer une farce plus accomplie !

Exemple de la casuistique du clergé médiatique : la question des interventions (militaires, humanitaires, sanctions économiques, etc.) des puissances impérialistes dans les affaires des pays du Sud. Il est interdit d’ouvrir le débat sur les objectifs réels de ces interventions, comme l’accès aux ressources naturelles des pays en question, ou l’établissement de bases militaires. Il faut accepter à l’avance que les motifs invoqués par les puissances sont les seules raisons de leurs interventions. S’agissant de « pouvoirs démocratiques » il faut les croire sur parole : les « démocrates » ne mentent pas ! Il faut accepter de croire – ou faire semblant de croire – que ces interventions sont décidées par la « communauté internationale », étant entendu qu’il est interdit de rappeler que celle-ci n’est représentée par personne d’autre que l’ambassadeur des Etats Unis, suivi dans les minutes qui suivent par ceux de ses alliés subalternes de l’Union Européenne/Otan, parfois soutenu par quelques comparses, comme le Qatar ! Il faut croire, ou faire semblant de croire, que les objectifs réels de l’intervention sont ceux dans lesquels se drapent les interventionnistes : libérer un peuple d’une dictature sanglante, promouvoir la démocratie, venir en aide « humanitaire » aux victimes de la répression. Les médias acceptent d’emblée de se situer dans ce cadre d’ « analyse » (en fait de non analyse de la réalité). On acceptera alors de discuter pour savoir si les objectifs proclamés ont été atteints ou pas, s’il y a eu « bavures », si des obstacles « imprévus » ont empêché d’atteindre les objectifs. Belle casuistique qui évite de porter le débat sur son terrain réel : quels sont les objectifs véritables de ces interventions.

DES MEDIAS TRAVAILLANT A LA RE-POLITISATION DES CITOYENS, SONT NECESSAIRES

Dans la Révolution française des représentants du « bas clergé » s’étaient désolidarisés des hiérarchies débitrices de l’aristocratie de l’époque pour contribuer à la construction du nouveau citoyen doté d’une capacité de pensée critique réelle. Un processus analogue se dessine peut être dans les médias contemporains. Sans doute les militants du renouveau des médias authentiquement démocratiques sont-ils confrontés à la concurrence inégale des « grands médias », bénéficiaires de moyens financiers fabuleux. On ne peut donc ici que saluer – et soutenir – les contributions de cette minorité.

Un pouvoir médiatique honorable conçoit sa responsabilité comme celle de citoyens indépendants et politisés, contribuant par là même à la construction de ce que j’ai appelé, avec les collègues du Forum Mondial des Alternatives, la convergence des luttes dans le respect de leur diversité. Il ne s’agit pas de substituer à une pensée unique – celle qui s’emploie à légitimer les pratiques des monopoles généralisés – une « autre pensée unique ». Il ne s’agit pas non plus de « juxtaposer » des pensées et des projets divers qualifiés d’emblée d’également légitimes. Il s’agit, par un travail patient et continu, de contribuer au développement de la pensée critique, capable de ce fait, de donner un sens aux luttes sociales et politiques qui s’inscrivent dans la perspective d’émancipation des esprits et des êtres humains, pris dans leur individualité et dans les collectifs qu’ils créent par leurs luttes. La diversité en question ne concerne pas exclusivement le choix des champs de bataille, forcément spécifiques. Elle concerne tout autant l’appréciation des instruments de la théorie sociale proposée pour l’approfondissement de l’analyse du monde réel. Elle concerne aussi le sens donné par les uns et les autres à la perspective d’émancipation recherchée.

Alors et alors seulement les médias peuvent acquérir un pouvoir responsable qui doit leur être reconnu dans la recherche et la définition des objectifs immédiats des luttes et dans celle de la perspective à plus long terme dans lesquelles celles-ci veulent s’inscrire.


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* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers monde

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Idéologie coloniale, mission civilisatrice et hiérarchie des cultures

Mireille Fanon-Mendès France

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80082


cc S Silke
Sur le terreau empoisonné du racisme qui se développe en France, le musulman a remplacé le juif. Avec des dérapages verbaux clairs ou sens entendus, la classe politique joue sur les basses pulsions d’une population française au sein de laquelle on cultive la haine de l’autre, la haine de la différence. La sortie récente du ministère de l’Intérieur Claude Guéant, évoquant une hiérarchie entre civilisations participe de l’idéologie imprégnant une classe qui ne se s’embarrasse plus de nuances

Le racisme de l’establishment politique français est un fait qui ne se discute pas. Avec l’approfondissement de la crise et la montée du désespoir, le racisme institutionnel prend aujourd’hui un tour dangereusement offensif. Malgré ses dénégations, l’élite politique, qu’elle se proclame de droite ou de gauche, de l’UMP ou du PS, est l’héritière, plus ou moins assumée, de l’idéologie coloniale fondée sur la mission civilisatrice et la hiérarchie des cultures. Il n’y a pas de rupture dans le continuum raciste.

Aujourd’hui, cette élite fondamentalement conservatrice, au-delà de nuances formelles, est confrontée à une très grave crise économique et sociale. Cette élite « de gouvernement », est globalement d’accord sur le maintien de l’ordre racial hiérarchique remis en question par la transformation démographique française et la place dans l’espace public occupée par des populations d’origine non-européenne. Cette contestation de l’ordre raciste n’est pas relayée par les acteurs politiques conventionnels.

Au contraire, il existe un consensus politique contre ces minorités que l’on voudrait confiner à la périphérie des centres urbains, à la périphérie du pouvoir, à la périphérie de l’économie. Dans un contexte d’aggravation de la crise et de préparation d’une agression militaire contre l’Iran, ces populations marginalisées et exclues sont placées au centre d’une surenchère démagogique. Il s’agit, par le martèlement du mensonge et de la diabolisation, de nourrir les diversions et de fabriquer de faux ennemis. Les médias sont réduits de plus en plus ouvertement à une mission de propagande.

De dérapages en aveux candides, la droite « décomplexée » n’hésite plus à reprendre directement le discours de la hiérarchie des civilisations historiquement connotés de la droite nationale-fasciste. Dans ce système, le musulman a bel et bien remplacé le juif.

Mais le paravent le plus utilisé par les élites de pouvoir est celui d’une conception dévoyée de la laïcité républicaine pour stigmatiser, exclure davantage et mettre à l’index des catégories entières de Français coupables d’être de religion musulmane et de ne point s’en cacher. La campagne anti-islam n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel d’été, il s’agit d’un développement de la campagne anti-immigrés impulsée par l’extrême-droite dès les années soixante. C’est sur terreau empoisonné, mais avec un argumentaire plus « politiquement correct », que les propagandistes néoconservateurs cultivent inlassablement la haine de l’autre, la haine de la différence pour mieux imposer leurs guerres contre la société toute entière. C’est au nom d’une laïcité dévoyée et du respect de soi-disant « valeurs » que le combat est mené contre des musulmans présentés, sur tous les registres, comme obscurantistes, antirépublicains et violents. Le commentaire du philosophe Finkielkraut en 2005, qui prétendait que les jeunes des banlieues qui « ne se sont pas révoltés parce qu’ils sont pauvres mais parce qu’ils sont musulmans », exprime clairement l’articulation idéologique dominante.

De manière parfaitement claire, en dépit de précautions oratoires et de professions de foi hypocrites, l’offensive contre l’islam englobe bien entendu tous ceux dont les apparences trahissent une altérité originelle irréductible. Et ce ne sont pas les quelques Arabes ou Noirs « de service » que l’on exhibe qui peuvent masquer une sordide réalité. A mesure que le pays s’enfonce dans la crise et que les tambours de guerre battent crescendo, la surenchère islamophobe prend de l’ampleur. Et il est plus que regrettable qu’une partie de la gauche radicale succombe à la pathologie essentialiste, en la niant ou en ne lui donnant qu’une importance secondaire dans la bataille idéologique en cours.

La dernière sortie de l’extrémiste Guéant sur la hiérarchie des civilisations renvoie précisément au vieux fond commun suprématiste des élites politiques françaises et à la guerre civile de basse intensité comme moyen de gestion de la société. L’abjecte loi « foulardière » défendue au Sénat par le PS n’en est qu’une autre déclinaison. Gestionnaire d’un système politique verrouillé et n’offrant aucune alternative réelle, la classe politique française de gouvernement, libérale et néoconservatrice, n’a plus rien à proposer en dehors d’un discours de haine et de guerre. En alimentant le racisme et en jouant sur les plus basses pulsions, cette classe politique prend la responsabilité d’une dérive extraordinairement dangereuse. La souillure sur le visage de la République est bien de son fait.

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Mireille Fanon-Mendès France, présidente de Fondation Frantz Fanon, est experte de l’ONU pour le groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine - Ce texte de a été prononcé lors du meeting organisé le 9 février à Paris le Collectif Mamans Toutes Égales. Cette organisation soutient les mamans musulmanes, victimes de discriminations à l'école au mépris de la Loi de 1905 sur la laïcité.


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Quelle politique extérieure pour la France

Rémy Herrera

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/features/80078


cc BB M
La politique étrangère de la France peut se lire sous des paramètres structurants comme la recherche d’un impérialisme économique et militaire, avec des tendances néocoloniales qui se manifestent à travers la Françafrique. On se trouve ainsi face à une machine infernale actionnée par la haute finance, à laquelle il faut une alternative.

En matière de politique étrangère, nombreux sont les problèmes qui se posent aujourd’hui à la gauche – ou, disons plutôt, pour être sûrs de parler des forces progressistes, à la gauche de la gauche. Quels sont-ils, en ne retenant que ceux qui s’imposent de façon urgente et délicate ?

Quels sont les problèmes ?

Le premier est lié au fait que celles et ceux d’entre nous qui vivent, travaillent et luttent en France, qu’ils soient Français ou étrangers, le font dans un pays que nous aimons tous très profondément pour ce qu’il représente à nos yeux un pays dont le peuple a hérité d’une histoire qui est aussi celle de la Révolution française, de la Commune, de la Résistance et la Libération, des luttes sociales. Mais, dans le même temps, ce pays est aussi l’un de ceux dont les classes dominantes ont fait commettre en son nom des crimes coloniaux et esclavagistes, et qui se comporte encore à l’heure présente, en dehors de ses frontières et en maints endroits du monde, comme une puissance impérialiste et, qui plus est, en guerre, contre des pays du Sud, sous le commandement militaire de l’hégémonie mondiale. Ceci introduit donc une contradiction forte, jusque dans nos stratégies d’alternatives et dans notre conception même de la démocratie.

Un deuxième problème, grave, découle de l’une des conséquences les plus dramatiques de la crise systémique que nous subissons actuellement : c’est l’accentuation de la confrontation (en dépit des cooptations du G20) entre le Nord et le Sud, entre pays du centre impérialiste et pays des périphéries. Et ceci dans un monde où les contradictions se sont complexifiés, non seulement entre classes dominantes et classes dominées dans chaque pays, mais encore entre classes dirigeantes elles-mêmes, comme aussi entre pays du Sud eux-mêmes (avec parfois des phénomènes que l’on peut qualifier de « sous-impérialismes » régionaux). Mais la tendance de fond, lourde, reste celle de l’aggravation de cette confrontation Nord-Sud ; avec comme effets, un peu partout, la montée des extrêmes-droites, dans leurs diverses variantes politiques, religieuses, communautaristes ou « ethniques » – pour la plupart, d’ailleurs, pro-systémiques, pro-capitalistes.

Le troisième problème sur lequel il faut insister est sans doute le plus « problématique »… en tout cas pour la gauche de la gauche. Ce problème, tabou, autour duquel on tourne souvent pour essayer de l’éviter, est le suivant : une – bonne – partie des profits globaux réalisés par les banques et les transnationales du centre du système mondial (plus de la moitié aux États-Unis, par exemple) provient de transferts de surplus du Sud vers le Nord. Ces transferts, qui passent par différents canaux (dette extérieure, investissements directs étrangers ou de portefeuille, échange inégal, fuites de capitaux, corruption…), constituent une « rente impérialiste ». Laquelle rente oblige, malgré elles, certaines directions partisanes et syndicales des forces « de gauche » du Nord, France comprise, à se soumettre ou à adhérer au projet impérialiste.

QUESTIONS, ET PROBLEMES SUPPLEMENTAIRES

D’où les trois questions suivantes. Peut-on accepter :
- que la France se comporte encore comme une puissance impérialiste, voire néo-coloniale ?
- cette confrontation avec le Sud et la montée des extrêmes-droites qui l’accompagne ?
- que la gauche se reconstruise en partie grâce à cette rente impérialiste ?

Les réponses devraient être, selon moi : non, non et non. Soit un triple non, qui vaut mieux pour la France qu’un triple A !

Cet ensemble de difficultés auxquelles font face les forces progressistes françaises, mais aussi européennes et plus largement du Nord, est bien sûr compliqué par d’autres problèmes, eux aussi nombreux, au Sud cette fois. Parmi les plus sérieux figure celui du choix de la voie capitaliste comme « stratégie de développement » adopté par la plupart des classes dirigeantes des pays dits « émergents », comme au Brésil, en Inde, dans une certaine mesure en Chine, et même à l’Est, en Russie. Or, c’est une illusion de croire que le capitalisme est la solution pour les pays du Sud, ou de l’Est. Nous sommes en effet entrés, avec la crise systémique actuelle, dans une période d’effondrement, long, lent et graduel, du capitalisme en tant que système mondial. Le capitalisme ne tombera que sous la poussée des luttes. Mais ce choix de stratégies pro-capitalistes, effectué par nombre de classes dirigeantes du Sud, constitue une menace pour les forces progressistes en lutte – et ce, même là où ont été accomplies de réelles avancées révolutionnaires, comme en Amérique latine. Une menace liée notamment à la tentation des pouvoirs en place dans ces pays de confisquer et freiner les processus de transformation sociale engagés.

QUELLES ALTERNATIVES ?

Alors, si les problèmes, obstacles, blocages sont si divers, nombreux et puissants : que faire ? Il serait faux de penser qu’il existe des recettes miracles ; mais faux également de croire qu’il n’y a pas d’alternatives. Il y a des alternatives, à explorer, à discuter, démocratiquement. Et pour construire ces alternatives, il faut rouvrir le débat sur les options possibles, en se libérant de la propagande médiatique dominante, dont le centre de gravité se situe à l’heure actuelle entre la droite et l’extrême-droite.

D’abord, la priorité, et l’urgence, c’est de stopper la régulation du système mondial capitaliste par la guerre, sous l’hégémonie des États-Unis (pour combien de temps ?). La France ne doit pas être associée à la stratégie de contrôle militaire du globe par les États-Unis. Il faut arrêter l’engrenage des agressions du Sud par les pays impérialistes du Nord. Mais pour cela, il conviendrait de sortir de la composante militaire de l’OTAN.

Ensuite, le principe d’existence de bases militaires d’un pays en dehors de son territoire devrait être rejeté. Il faudrait donc que la France retire ses bases à l’étranger, réparties sur toute la planète, afin d’offrir à ses partenaires du Sud (à commencer par la Françafrique !) autre chose que la présence de soldats, des ventes d’armes et un discours creux sur des droits de l’Homme niés en pratique. Cela devrait être associé à une réorientation complète, dans un sens progressiste, de nos politiques migratoires, de coopération et de développement.

Car, point fondamental, ce qu’il s’agit de bien saisir, ce sont les liens entre guerre et finance. Les guerres impérialistes modernes constituent une forme de dévalorisation du capital, forme extrême certes, mais rendue aussi « nécessaire » que d’autres formes de dévalorisation (telles que les fermetures d’usines ou la massification du chômage) dans les stratégies anticrise mises en œuvre par les classes dominantes – la finance. Ces solutions-là n’en sont pas.

Pour tenter de débrancher la machine infernale de ces guerres, actionnée par la haute finance, nous devrons imposer aux oligopoles financiers nationaux l’obligation d’un contrôle public et démocratique. Il faudra les nationaliser, et avec eux les secteurs stratégiques de l’économie, pour les placer au service des peuples et rouvrir des marges de manœuvre pour des politiques de progrès social véritable.

Faudra-t-il rompre avec certains engagements internationaux de la France (comme le traité de Lisbonne), inscrits désormais dans son bloc de constitutionnalité ? Assurément, oui, si ceux-ci sont des carcans anti-démocratiques. Le peuple français, qui un jour de 1793 se leva pour dire au monde qu’il était « l’ami et l’allié naturel des peuples libres » et donnait « asile aux étrangers bannis de leur pays pour la cause de la liberté », mérite mieux que le sort qui leur est imposé. C’est pour cela que la perspective de transition socialiste et de solidarité internationaliste reste d’actualité.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Rémy Herrera est chercheur au CNRS


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RDC analyses

RD Congo : Attaques contre les paroisses catholiques et la brutalité policière

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/DRCanalysis/80081

La marche pacifique des chrétiens prévue le 16 février en RD Congo a fait l’objet d’une répression policière. Les Ong de défense des droits de l’homme dénoncent les attaques contre les paroisses, ainsi la brutalité policière qui a été déployée pour réprimer cette marche et soutient cette initiative qui a été lancée pour le rétablissement de la vérité des urnes.

Ce 16 février 2012, Les ONGDH ont observé la marche pacifique des chrétiens organisée par le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques Congolais (CALCC) à travers la ville de Kinshasa pour commémorer le vingtième anniversaire du massacre des chrétiens et croyants du 16 février 1992, aussi réclamer la justice et la vérité des urnes et la démission du bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Tôt le matin, les ONGDH ont observé une présence policière aux alentours de certaines paroisses et une circulation des véhicules anti-émeute avec à leur bord des policiers lourdement armés.

Au cours de la marche pacifique, les chrétiens accompagnés de leurs clergés dont certains étaient en soutane blanche portant des bibles, chapelets, crucifix, statuettes de Marie et autres images sacrées, priaient et chantaient des cantiques religieux.

Les ONGDH ont observé des attaques contre les paroisses catholiques à divers endroits de la ville de Kinshasa. A titre illustratif :

- À la paroisse Saint-Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu, les chrétiens scandant des cantiques étaient rejoints par les marcheurs venant de la paroisse Sainte Marie Goretti de KAUKA aux environs de 8 heures. Vers 8h 40, la Police Nationale Congolaise (PNC) s’est mise à lancer intensément des bombes à gaz lacrymogène dans l’enceinte de ladite paroisse ;

- À la paroisse Saint Raphaël, sur le Boulevard Lumumba, dans la commune de Limete, le judoka Munshi alias « Chaleur », de la Ligue des jeunes du PPRD, à la tête d’un groupe des jeunes armés des machettes, menaçait d’entrer dans l’enceinte pour s’attaquer aux chrétiens ;

- À la paroisse Saint Gabriel à Yolo sud dans la commune de Kalamu, les policiers ont lancé des bombes à gaz lacrymogène pour disperser les chrétiens qui étaient dans l’enceinte de la paroisse ;

- A La paroisse Saint Kizito au quartier Kingabwa ; quatre camions lance-eau, deux grands camions transportant les policiers ont encerclé l’église empêchant le mouvement des chrétiens ;

- A la paroisse Saint Dominique de Limete, les policiers ont jeté des bombes à gaz lacrymogènes dans l’enceinte.

La brutalité sur les personnes a été observée dans tous les points de départ de la marche.

- A la Paroisse Saint Joseph de Matonge, des femmes ont été frappées dans tous les alentours de la paroisse. Le bureau des Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains a été violé par des policiers à la recherche des marcheurs. Plusieurs personnes ont été arrêtées dont les Abbés Placide Okalema, Bernard Mimbayi, Leon Matiti ainsi que deux religieuses ;

- Le Curé de la Paroisse Saint Raphaël et les chrétiens qui se trouvaient sur l’avenue de l’Université, ont été brutalisés et repoussés dans l’enceinte de leur paroisse par les agents de la PNC ;

- A la paroisse Saint Dominique de la 13ème rue de la Commune de Limete résidentielle, les chrétiens ont été brutalisés, arrêtés et amenés dans la Jeep 02 0076 de la légion PIR commandée par le Colonel Elvis. Il s’agit notamment de : Madame Suzi, messieurs Paul Kitenge, Bilomba François et Constant Kangudi ;

- Sur l’avenue Kimwenza à Yolo-Sud dans la commune de Kalamu, la PNC s’attaquait à tout passant. M. Robert Ilunga Numbi, Directeur Exécutif de l’ONG Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains (ANMDH) a été brutalisé et son téléphone extorqué ;

- A Saint Benoît au quartier Lemba 9, pendant que les chrétiens sortaient de la paroisse, la police a lancé des bombes à gaz lacrymogènes.

Les ONGDH condamnent fermement tous les actes de violence, brutalité, arrestations arbitraires commis par les éléments de la PNC.

Les ONGDH estiment que les éléments de la PNC devraient protéger la population conformément aux prescrits de la constitution garantissant les libertés fondamentales, notamment le droit d’exprimer son opinion sur la gestion de la chose publique, le droit de manifester publiquement et le droit de demander à ce que sa cause soit entendue.

Les ONGDH font leurs les revendications des croyants et demandent à ce que la leur cause soit entendue, notamment : la démission des dirigeants de la CENI et le rétablissement de la vérité des urnes.

Enfin, les ONGDH recommandent à ce que toutes les personnes arrêtées soient immédiatement relâchées sans condition.

Fait à Kinshasa, le 16 février 2012


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS

Les ONGDH
- Action contre l’Impunité pour les Droits humains (ACIDH)
- Anges du ciel
- Amis de Nelson Mandela pour les Droits Humains (ANMDH),
- Association Africaine de défense des Droits humains (ASADHO)
- CODHOD

LIGUE DES ELECTEURS
- Observatoire des Droits humains (OCDH)
- Œuvre Sociale pour les Développement (OSD)
- Reseau d’Education Civique du Congo (RECIC)
- Toges noires
- Voix des Sans Voix (VSV)



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Arts & livres

Afrique : Du Biya dans les textes

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/books/80017

«Paul Biya parle au Cameroun, à l’Afrique, et au Monde », c’est l’intitulé du livre qui a été commis par Cyrille Kemmegne. Sa sortie officielle et la grande cérémonie de dédicace ont eu lieu lundi 13 février à Yaoundé. Journaliste à la Cameroon radio and télévision, Cyrille Kemmegne publie et analyse la quasi-totalité des discours prononcés par le président de la République, Paul Biya, de sa prestation de serment le 6 novembre 1982 à aujourd’hui. Dans son œuvre, l’auteur retrace non seulement l’histoire du Cameroun, mais il fait également une sorte de regroupement progressif et conceptualisé de l’ensemble des problématiques soulevées par les discours du chef de l’Etat depuis son ascension au pouvoir.

http://tinyurl.com/7w7bp37


Congo : La justice belge rejette la requête contre “Tintin au Congo”

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/books/80024

La justice belge a refusé, la semaine dernière, d'interdire la commercialisation de la bande dessinée « Tintin au Congo », estimant non fondée l'action intentée par un ressortissant congolais qui jugeait l'œuvre d'Hergé raciste. Selon le tribunal, "vu le contexte de l'époque, Hergé ne pouvait pas être animé d'une telle volonté". Lors des audiences en 2011, M. Mbutu Mondodo, qui vit en Belgique, avait estimé que Tintin au Congo était une "BD raciste, qui fait l'apologie de la colonisation et de la supériorité de la race blanche sur la race noire".

http://tinyurl.com/6tdse2w





Courrier

Massacre ethnique au sud-est de la Libye

2012-02-20

http://pambazuka.org/fr/category/letters/80088


Je tiens à vous informer d’un génocide en cours dans le sud Libye. J’ai reçu hier (Ndlr : le message est daté du 15 février) à 11h30 un appel d’un ami Toubou qui voulait m’informer de la mort de 60 personnes à Koufra, issue d’un massacre entre Noirs libyens toubous et « Arabes ».

Voici le mail d'une collègue. Il faudrait le passer dans vos réseaux de journalistes

Bonjour,

Je tiens à vous informer d’un génocide en cours dans le sud Libye. J’ai reçu hier (Ndlr : le message est daté du 15 février) à 11h30 un appel d’un ami Toubou qui voulait m’informer de la mort de 60 personnes à Koufra, issue d’un massacre entre Noirs libyens toubous et « Arabes ».

Il m’a parlé d’une boucherie (majzara), guerre raciale (harb ‘irqi) qui ne cessait pas. Il voulait informer l’opinion internationale. Je remarque que jusqu’à ce matin, les médias n'en parlent pas, si ce n’est quelques dépêches (http://tchadonline.com/affrontements-tribaux-dans-le-sud-est-de-la-libye/) qui, cependant, ne semblent pas refléter l’ampleur de la réalité, d’après le témoignage de l’ami Toubou. Il était à Tripoli où il travaille et ne peut plus joindre personne à Koufra : électricité, téléphone et internet sont coupés. D’où ma crainte d’un véritable génocide. Selon ce même ami, le CNT aurait prémédité et exécuté la tuerie.

Bien amicalement à vous tous,
Stéphanie

Ps : j'ai écrit au journaliste Patrick Haimzadeh, pour info voici sa réponse : 
"Merci pour votre mail.
J'étais informé des affrontements entre Zwaï et Toubous de Koufra par des sites libyens. Bien évidemment la presse française n'en parle pas pour la bonne raison que la Libye n'intéresse plus personne. Les grands média dominants qui ont pris fait et cause pour l'intervention militaire de l'OTAN au nom de "la protection des populations civiles" n'ont plus que faire de ce qui se passe dans ce pays.

J'ai, quant à moi, tenté d'informer sur ce qui se passe en Libye (mon article dans le Monde Diplo de décembre) mais tout le monde s'en fout maintenant que l'objectif de chute du régime est atteint. La situation actuelle était pourtant prévisible dès le départ pour quiconque connait un peu ce pays. Le CNT n'a d'autre légitimité désormais que celle que lui reconnait la communauté internationale. Il n'a aucune prise sur le pays réel et sur les milices qui n'attendent qu'une occasion pour aller s'occuper des Toubous ou d'autres minorités ou tribus qui oseraient contester le nouvel ordre. C'est une bien triste réalité pour ce pays et ses habitants. 


BHL se fait bien silencieux et se fout désormais de ce peuple libyen dont il s'est tellement gargarisé l'an dernier. 
S'agissant maintenant de ce qui se passe à Koufra et des chiffres qu'avance votre ami, je n'ai aucun moyen de recouper l'information de Paris. Je n'en transmettrai pas moins les coordonnées de votre ami à la seule journaliste française présente en Libye pour qu'elle puisse faire son travail sur cette question et alerter par la même occasion les ONG présentes en Libye."

Bien cordialement

--


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* Alioua Mehdi est Docteur en Sociologie (PhD), enseignant-chercheur permanent à l’Université Internationale de Rabat


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Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : La candidature de Dlamini-Zuma maintenue pour l’Union Africaine

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/80025

Les Etats d'Afrique australe se sont engagés au Cap à exercer un lobbying intense pour que la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma soit élue à la tête de l'Union africaine (UA) lors d'un nouveau scrutin prévu pour juin. Les quinze membres de la Communauté de développement des Etats d'Afrique australe ont à nouveau soutenu la ministre de l'Intérieur et ancienne ministre des Affaires étrangères sud-africaine au cours d'une réunion de deux jours destinée à mettre au point leur stratégie après son échec à battre le Gabonais Jean Ping lors de l'élection à la présidence de la commission de l'UA, en fin janvier.

http://tinyurl.com/7fmufmd


Afrique : Une situation sécuritaire est "préoccupante" pour l'UA

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/80034

Le nouveau président de l'Union Africaine (UA), le chef de l'Etat béninois Boni Yayi, a déclaré le 14 février à Brazzaville, à l’issue d'une visite de travail de 24 heures, que la situation sécuritaire en Afrique était "préoccupante". « Il y en a qui parle même d’armes chimiques, avec les conséquences sur la bande sahélo-sahélienne et qui affectent aujourd'hui nos pays frères tels que le Mali à qui nous pensons, avec des effets collatéraux sur le Burkina Faso, le Nigeria, etc", a déclaré Boni Yayi. Ces questions de sécurité devaient faire l'objet d'un mini-sommet des chefs d'Etat africains le 18 février prochain à Cotonou au Bénin. Une "réunion de concertation informelle" qui va réunir environ 24 chefs d’Etat.

http://tinyurl.com/7b32qlm


Afrique : Un sommet de l'UE sous influence française ?

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/80046

Des responsables d’Afrique australe affirment que la France se serait opposée à l’élection de la candidate de Pretoria à la présidence de la Commission de l’Union africaine. Le sortant et candidat à sa réélection Jean Ping, élu dès le premier tour en 2008, n’avait pas pu rassembler assez de voix pour faire un nouveau mandat. L’UA se retrouvait donc sans tête, sans leader fort, jusqu’au prochain sommet dans six mois. Pour Francis Kornegay, de l’Institute for Global Dialogue, interrogé par le journal sud-africain Mail and Guardian, le sommet de l’UA a même été «une bataille par procuration entre la France et l’Afrique du Sud».

http://tinyurl.com/6uln6x6





Femmes & genre

Afrique : Forum des jeunes féministes à Brazzaville

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/80014

Un Forum des jeunes féministes d'Afrique centrale de trois jours s’est tenu à Brazzaville en vue de permettre à une quarantaine de jeunes femmes venues du Burundi, du Cameroun, du Congo, de République démocratique du Congo (RDC), de Centrafrique et du Tchad d'engager une analyse critique et féministe sur les questions d'inégalité. L'objectif est également de promouvoir la charte des féministes africaines auprès des jeunes féministes de la sous-région. Ce forum qui s'inscrit dans la continuité des actions dans le pays du Forum féministe africain (AFF) va également permettre aux participantes de dégager les idées d'actions communes à mener aux niveaux sous-régional et national.

http://tinyurl.com/7bku57c





Droits humains

Afrique du Sud: 350 arrestations après une manif de mineurs

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/rights/80060

Au moins 350 personnes ont été arrêtées après les échauffourées qui ont fait un mort dans une mine du groupe sud-africain Impala Platinum, numéro deux mondial du platine, paralysée par une grève illégale. Impala Platinum avait accepté le 12 février de réembaucher ses 17. 200 salariés qui avaient été licenciés pour avoir fait grève alors que le mouvement, lancé le 20 janvier, avait été déclaré illégal par la justice. Quelque 5000 mineurs protestent contre l'accord passé entre la direction et le syndicat national des mineurs (NUM), qui n'a pas réglé le différend pour lequel ils s'étaient mis en grève.

http://tinyurl.com/73mf8lg


Global : Une vie derrière les barreaux pour Umar Farouk Abdul Mutallab

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/rights/80059

Umar Farouk Abdul Mutallab, ressortissant nigérian auteur de l’attentat raté sur un vol ralliant Détroit à Amsterdam en décembre 2009, a été condamné à la perpétuité aux Etats-Unis. Sa famille appelle la justice américaine à réviser la sentence. Il avait tenté de faire exploser un avion ralliant Détroit à Amsterdam le 25 décembre 2011 en cachant 76 grammes d’explosifs dans ses sous-vêtements. Condamné à quatre fois à la perpétuité et à 50 ans d’emprisonnement pour les huit chefs d’inculpation qui pèsent sur lui, il est resté impassible lors du prononcé du verdict.

http://tinyurl.com/7gzacbz


Maroc : Les libertés malmenées

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/rights/80044

Cinq étudiants marocains, militants de l’Union nationale des étudiants marocains, détenus dans les prisons de Taza et de Fès, observent une grève de la faim pour exiger une amélioration de leurs conditions de détention. L’un d’eux, Mohamed Ghaloud, aurait été violé par des policiers lors de son interrogatoire. « Il saignait le jour de son audience devant le juge et sous le regard de sa famille », indique un communiqué du comité de soutien au détenu Ezedine Eroussi qui, selon le même communiqué, est en danger de mort.

http://tinyurl.com/7m7sdsj





Réfugiés & migration forcée

Afrique : Des réfugiés touaregs signalés en Guinée

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/80055

La crise qui secoue le nord du Mali prend de plus en plus d’ampleur. Depuis le 14 février, ils sont des dizaines de touareg à franchir les frontières maliennes pour aller chercher refuge dans les pays voisins. Des sources concordantes indiquent l’arrivée massive en territoire guinéen plusieurs touaregs pour chercher un refuse en Guinée. Ces touaregs dont le nombre varie entre 150 à 200 sont arrivés avec femmes et enfants et quelques sacs. Depuis le début de l’année, un violent conflit oppose l’armée malienne aux rebelles touaregs, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

http://tinyurl.com/722af8g


Somalie : Après la famine, les déplacés hésitent à rentrer chez eux

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/80056

Haweyo Ibrahim ne rentrera pas chez elle. Plutôt faire la queue pour une ration de nourriture à Mogadiscio que revenir là où les rebelles islamistes somaliens ont tué son mari. Elle s'est réfugié à Mogadiscio avec ses dix enfants, dans l'anonymat de cette marée humaine de 185.000 déplacés, selon l'ONU, échoués aujourd'hui dans la capitale somalienne pour fuir la sécheresse, la famine et la répression des shebab, maîtres de la plus grande partie des provinces du sud et du centre.

http://tinyurl.com/7wonfh6





Elections & gouvernance

Afrique : L’exemple qui vient du football !

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80012

La Zambie, a contre toute attente remportée la Coupe d’Afrique des nations de football. En 3 semaines, 16 pays auraient donc pu se choisir en toute quiétude et en toute transparence la meilleure équipe de football du continent. Et, à l’heure actuelle, personne n’aurait le droit de contester la suprématie des « Chipolopolos ». Car les règles du jeu étaient claires, nettes et consensuelles. Mais, l’on se demande bien pourquoi les dirigeants africains tardent à recopier cet exemple qui nous vient du football. Eux, qui contestent tout le temps les « scores » des élections, et plus loin, refusent de sortir de l’aire du jeu, quand le peuple souverain, pourtant seul arbitre du jeu démocratique leur octroi le « carton rouge ».

http://tinyurl.com/7q2upr7


Afrique du Sud : Mandela, une icône sur les billets sud-africains

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80013

Les Sud-Africains portent Madiba dans leurs cœurs. Il sera bientôt au cœur de leurs transactions financières. D’ici fin 2012, les billets de banque seront à l’effigie de Nelson Mandela. L’annonce de cette mesure s’est faite à une date symbolique. Le 11 février est le jour anniversaire de la sortie de prison de Nelson Mandela et des premières élections multiraciales en Afrique du Sud.

http://tinyurl.com/88gpr35


Afrique : Alassane Ouattara nommé à la tête de la CEDEAO

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80049

Le chef de l'État ivoirien Alassane Ouattara a été élu le 17 février à Abuja, président de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Selon le président nigérian Jonathan Goodluck c'est un signe fort parce que la Côte d'Ivoire vient de sortir de la crise post-électorale. C'est une facon de dire "la communauté soutient totalement la Côte d'Ivoire et lui confie les rênes" de l'organisation, dont le siège est à Abuja. Par ailleurs, le Burkinabè Kadré Ouédraogo a été élu président de la commission de la CEDEAO.

http://tinyurl.com/7hjaepw


Burundi : Un an de médiations sociales

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80018

Prévue par les Accords d’Arusha de 2000 entre les parties belligérantes, l’institution de l’ombudsman (médiateur de la République) n’a démarré ses activités qu’en novembre 2010. Elle est chargée, au terme de la loi, « de la médiation entre les administrations et les citoyens, ainsi que du contrôle du bon fonctionnement des entités administratives ». Le but était d’arriver à une paix définitive dans un pays rongé par les rancœurs. D’où la nécessité de résoudre les conflits entre les citoyens et l’administration, ou entre les individus par la médiation qui conduit à une solution acceptée par les deux parties ». Aujourd’hui, on est à l’heure du bilan de la première année.

http://tinyurl.com/6s5hbfa


Lybie : Benghazi célèbre le 1er anniversaire de la «révolution libyenne»

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80045

Des dizaines de Libyens de Benghazi, berceau de la révolte contre Mouammar Kadhafi dans l'est du pays, ont participé à une marche aux flambeaux à l'occasion du premier anniversaire de la manifestation à l'origine de la révolte qui a abouti à la chute du régime. Le 15 février 2011, une manifestation spontanée de proches des victimes d'Abou Slim devant le QG de la police, où était retenu leur avocat, Fathi Tarbel, aujourd'hui ministre de la Jeunesse et des Sports, a lancé la révolte avec deux jours d'avance. La révolte s'est transformée en conflit armé qui a fait des milliers de morts et abouti à la chute de Mouammar Kadhafi fin août et à sa mort le 20 octobre.

http://tinyurl.com/7o9gz5d


Maroc : Qui a osé cambrioler le palais de Mohammed VI ?

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80016

Le roi du Maroc, actuellement en villégiature aux Etats-Unis, aurait été la victime d’un cambriolage. Pas moins de 13 personnes ont déjà été placées en garde à vue par la justice marocaine. Cette affaire n’est pas sans rappeler celle qui avait défrayé la chronique en 2005 dans laquelle des serviteurs des demeures royales avaient dérobé des objets de valeur dans une des résidences de Mohammed VI à Rabat.

http://tinyurl.com/6oztxye


Rd Congo : L’Eglise africaine exige une bonne gouvernance des Etats

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80019

Les chrétiens de la République démocratique du Congo devaient participer jeudi 16 février à une marche, finalement interdite par le gouvernement. Cette initiative destinée à réclamer un État plus juste fait suite à plusieurs interventions vigoureuses des épiscopats africains dans le jeu politique. Dans certains pays, la position des Églises reste toutefois marquée par une proximité avec le pouvoir en place. Comme au Congo, l’Église catholique du Sénégal a décidé de s’impliquer directement dans le jeu politique, à l’occasion de l’élection présidentielle du 26 février.

http://tinyurl.com/7bem2t7


Rd Congo : une marche des chrétiens dispersée

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80051

La grande manifestation prévue le 16 février par l’Eglise catholique pour protester contre les résultats des élections de fin 2011 n’a finalement pas eu lieu. La police a dispersé les fidèles dans les quelques paroisses de la capitale qui avaient décidé de braver l’interdiction décrétée par les autorités. Dans les paroisses qui on tenté de manifester comme dans celles qui ont renoncé, on promet de nouvelles actions dans les jours à venir.

http://tinyurl.com/7evyujm


Sénégal : Obasanjo attendu à Dakar pour une médiation

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80062

L’ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo est attendu le 21 février Dakar où il conduit une mission d’observation conjointe de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), dans le cadre de l’élection présidentielle sénégalaise du 26 février. La mission de l’UA est composée de parlementaires panafricains, de responsables de Commissions électorales nationales indépendantes (CENI), de membres du Comité des représentants permanents (COREP) auprès de l’UA, de représentants des organisations de défense des droits de l’Homme ainsi que de la société civile africaine.
http://tinyurl.com/72crpro


Zimbabwe : Levée partielle des sanctions par l'UE

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/elections/80048

Environ le tiers des Zimbabwéens soumis aux sanctions ont vu leurs noms retirés de la liste de l’Union Européenne, qui espère que cette décision encouragera le gouvernement dans la mise en application des réformes démocratiques auxquelles il s'est engagé après les violences post électorales de 2008. Bien qu'il y ait eu des progrès dans l’élaboration d'une nouvelle constitution et dans la stabilisation de l'économie, l’UE demeure préoccupée. Les réformes promises dans le secteur de la sûreté nationale sont loin d’avoir été entreprises. Le président Mugabe qui va avoir 88 ans ce mois-ci, et son parti, la Zanu-PF sont au pouvoir depuis l'accession à l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1980.

http://tinyurl.com/86vk7b9





Corruption

Afrique : L’Ile Maurice accusé de blanchir l'argent Mugabe

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/80032

Pour Global Witness, une organisation non-gouvernementale internationale basée à Londres, Maurice serait l'un des centres financiers offshore qui sert de paravent au président zimbabwéen pour canaliser l'argent provenant de la vente de diamants. Global Witness fait également état de ses craintes selon lesquelles l'argent provenant de la vente de ces diamants, outre de permettre aux dirigeants zimbabwéens de mener grand train de vie, servirait à financer les plus fidèles sympathisants du parti de Robert Mugabe, la Zanu-PF, en vue des élections annoncées pour cette année.

http://tinyurl.com/6ogozjh


Global : Perquisition au domicile de Teodorin Obiang, la Guinée s'indigne

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/80047

La Guinée-Equatoriale a exprimé le 16 février sa «totale indignation» devant ce qu’elle estime être une «illégitime persécution» après la perquisition et les saisies depuis trois jours à Paris au domicile de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée-Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema. Dans le cadre de l’affaire dite des «biens mal acquis» par des chefs d’Etat africains, deux juges d’instruction et des policiers ont entamé le 14 février une perquisition dans l’hôtel particulier situé dans le très chic XVIe arrondissement de Paris. Selon le journal le Parisien. Cet hôtel particulier, riche de 101 pièces, est évalué à plus de 500 millions d’euros et l’ensemble du mobilier pourrait dépasser les 40 millions d’euros.

http://tinyurl.com/823bmdy


Guinée Equatoriale : Perquisition chez le fils du président à Paris

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/80029

Une perquisition était en cours le 14 février dans l'appartement du fils du président de la Guinée Equatoriale Teodoro Obiang, avenue Foch à Paris. En septembre, plusieurs véhicules appartenant à la famille du président équato-guinéen avaient été saisis au domicile du dirigeant africain, avenue Foch. Les juges enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles les chefs d'Etat africains Denis Sassou Nguesso, du Congo, Teodoro Obiang Nguema, de Guinée équatoriale, et le défunt chef d'Etat gabonais Omar Bongo Ondimba, ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France. Ils veulent déterminer si ces acquisitions relèvent du recel et du blanchiment de détournement de fonds publics étrangers.

http://tinyurl.com/846n8bw


Zimbabawé : Une société autorisée à vendre des diamants controversés

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/80031

L'organisme chargé de réguler le commerce des diamants dans le monde a autorisé une nouvelle société zimbabwéenne à vendre des pierres de mines de Marange, un site de l'est du Zimbabwe où de graves atteintes aux droits de l'homme avaient été constatées en 2008. Le Processus de Kimberley a été lancé en 2003 pour mettre un terme au commerce des "diamants du sang" mais il est critiqué par des militants des droits de l'homme qui l'accusent de manquer de fermeté sur des abus commis à Marange. Sur les cinq sociétés actives à Marange, une seule, une société sino-zimbawéenne, n'a pas encore reçu l'autorisation du processus de Kimberley.

http://tinyurl.com/772xg8k





Développement

Afrique : Les barrières commerciales freinent la croissance économique

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80011

Un rapport de la Banque mondiale estime que les pays africains doivent lever les barrières commerciales sur le continent, particulièrement avec leurs pays voisins, pour réaliser l’intégration économique et accroître les revenus commerciaux. Selon le rapport, de nombreux pays africains perdent des milliards de dollars en revenus commerciaux potentiels chaque année en raison d’importants obstacles nuisant à ces échanges avec leurs pays voisins. Le rapport ajoute même qu’il est plus facile pour l’Afrique de faire des affaires avec le reste du monde qu’avec elle-même.

http://tinyurl.com/7fvne9p


Afrique : Une route pour relier le Congo au Cameroun

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80028

L’Afrique centrale a souvent été critiquée pour son manque d’intégration régionale et le très peu d’activité de son économie. Les échanges transfrontaliers restant très limités en grande partie à cause d’un autre problème aussi décrié, qui est l’insuffisance d’infrastructures. Voulant pallier à ce problème et cherchant à stimuler les échanges commerciaux dans la sous région, le Congo lancera en mars les travaux pour la construction d’une route longue de 312 km à Ouesso (extrême nord) qui mènera au Cameroun en ralliant le Gabon, le Tchad en passant par la Centrafrique.

http://tinyurl.com/7wbmx4g


Afrique : Résistance contre une "dollarisation" de l’économie en Afrique de l’Est

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80052

Les Gouverneurs de Banque centrale des cinq pays de l’Afrique de l’Est (Burundi, Kenya, Rwanda, Tanzanie et Ouganda) ont déploré l’effet croissant de la "dollarisation", que la plupart d’entre eux ont estimé entre 27 et 30 pour cent de tous les dépôts bancaires, qu’ils considèrent comme un facteur de risque pour la stabilité monétaire. Les Gouverneurs se sont réunis pour discuter d’une réponse stratégique à l’inflation, qu’ils ont attribuée à la "dollarisation", à la dépréciation des monnaies locales comme conséquence d’une demande de crédit stimulée localement par les importations et la crise de la dette de l’Eurozone.

http://tinyurl.com/7evyujm


Afrique du sud : Bilan mitigé contre le chômage

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80053

Le président sud-africain Jacob Zuma s’est employé, lors de son discours annuel sur « l’état de la Nation », à défendre son bilan et à rassurer son peuple en dépit du taux de chômage embarrassant que connaît le pays. Si le nombre des emplois a augmenté de 2,8% en 2011, celui des chômeurs recensés a également accru de 2,6%. En clair, il y a autant des sud-africains au chômage maintenant que lorsque le président Jacob Zuma avait promis de faire de l’année 2011 une année de l’emploi. Le gouvernement a promis de créer environ 11 millions d’emplois à l’horizon 2030 et de baisser par la même occasion le taux de chômage de 15%.

http://tinyurl.com/89hwodl


Global : La City de Londres «s’africanise» en douceur

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80021

Dans un environnement économique et financier plutôt difficile, la Barclays Bank et d’autres banques britanniques ont enregistré des performances, souvent en surfant sur la vague Afrique. Au cœur de la City, l’Afrique est à la mode. D’ailleurs la bonne santé financière de la Barclays Bank par exemple serait due en partie aux profits substantiels tirés des investissements réalisés en Afrique depuis quelque temps. Ainsi les bénéfices réalisés en Afrique par cette banque britannique seraient en hausse de 20%.

http://tinyurl.com/866fchs


Kenya : L’économie va croître de 5,3% en 2012

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80027

L'économie du Kenya devrait croître de 5,3% cette année, par rapport à une croissance de 4,6% prévue en fin d'année dernière en raison d’une baisse attendue de l'inflation, la normalisation de la pluviométrie, la baisse des prix internationaux du pétrole et la stabilité de la monnaie locale. L’espoir dans l'économie mondiale reste sur les marchés émergents et en Afrique subsaharienne. Six des 12 premières économies avec les plus rapides croissances dans le monde en 2012 sont en Afrique sub-saharienne.

http://tinyurl.com/6mgdhyh


Nigéria : Le paradoxe de la pauvreté

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80015

Selon une récente publication du Bureau National des Statistiques (NBS), la pauvreté a encore marqué des pas au Nigéria. De 54,7 % à 60,9 %, soit une progression de 6,2 %, c’est la hausse qu’a connu la pauvreté entre 2004 et 2010 au pays de Goodluck Jonathan, d’après le rapport « Analyse de la Pauvreté au Nigéria en 2010 » sorti le 13 février dernier. Ainsi, le PIB nigérian a augmenté de 7,6 %. Ce rapport a aussi été la preuve que les régions et localités éloignées de la capitale économique sont souvent défavorisées sur le continent. Au Nigéria, c’est le Nord-ouest et le Nord-est qui battent les records de la pauvreté.

http://tinyurl.com/7w5sh7s


Soudan : La vie sans pétrole

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/development/80022

La sécession du Sud en juillet 2011 a privé le Soudan des trois quarts de sa production, soit d'environ 350 000 barils par jour. Entre juillet et décembre 2011, la valeur de la production s'est élevée à 3,2 milliards de dollars. La production a été suspendue par le Soudan du Sud, qui se plaignait des redevances exigées par le Soudan, bien supérieures aux normes internationales et au montant d'un dollar par baril que le Soudan du Sud était prêt à payer. Il accusait également Khartoum d'avoir « volé » environ 815 millions de dollars de pétrole brut. Le Soudan du Sud a déclaré qu'il ne relancerait sa production qu'après avoir obtenu le remboursement de cette somme.

http://tinyurl.com/7ky8wz6





Santé & VIH/SIDA

Afrique du Sud : L'alcoolisme des mères fait des ravages chez les bébés

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80057

En Afrique du Sud, l'alcoolisme fait des ravages. Ironie du sort, les Sud-Africains sont en général plutôt sobres. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), près des deux tiers des habitants n'ont jamais bu une goutte. Seuls 27% disent qu'ils ont pris un verre dans les douze derniers mois. Mais beaucoup de ceux qui boivent, boivent beaucoup. Parmi eux, plus de 48% des hommes et 41% des femmes disent consommer au moins l'équivalent de 60 grammes d'alcool pur au moins une fois par semaine.

http://tinyurl.com/7f38bgw





LGBTI

Afrique Du Sud : Le viol qui «guérit»

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/80043

Chaque semaine, une dizaine de lesbiennes seraient violées dans les townships anonymes qui parsèment l'Afrique du Sud. Tout tient dans cette croyance solidement ancrée dans le pays: les lesbiennes peuvent, pour plusieurs, être corrigées de leur homosexualité en ayant une relation sexuelle avec un homme. Il aura fallu que la joueuse étoile et capitaine de l'équipe nationale de football d'Afrique du Sud, Eudy Simelane, soit sauvagement violée et assassinée, au printemps 2008, pour que l'opinion publique réalise l'ampleur du problème du «viol correctif».

http://tinyurl.com/6nw7pvw





Environnement

Afrique : 15% des déchets d'équipements électriques sont importés

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/environment/80041

Un nouveau rapport de l'ONU constate que la consommation intérieure est à l'origine de la majorité (85%) des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) neufs ou d'occasion produits dans la région. Selon l'étude "DEEE ? Où en sommes-nous en Afrique ?", les importations de DEEE provenant d'Europe se poursuivent et viennent gonfler ces tonnages de déchets à traiter. Mais le rapport met également en avant des cas où le recyclage est source d'emploi et de développement. A Accra et à Lagos, le secteur de la remise en état assure un revenu à plus de 30.000 personnes par exemple.

http://tinyurl.com/72dvnks


Afrique du Sud : L'environnement se détériore

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/environment/80026

L'environnement naturel en Afrique du Sud s'est gravement détérioré au cours des 20 dernières années, selon un rapport publié le 13 février. L'environnement sud-africain s'est détérioré presque plus rapidement que ceux de la plupart des pays dans le monde, selon le rapport publié par le journal sud-africain Beeld. Sur 132 pays évalués par les scientifiques, l'Afrique du Sud a été classée 128e, avec l'Irak occupant la dernière place sur la liste. La qualité de l'air et de l'eau, la biodiversité et la gestion et la conservation des écosystèmes en Suisse a été reconnue comme la meilleure dans le monde.

http://tinyurl.com/72w54hp


Cameroun : 200 éléphants massacrés

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/environment/80042

Des braconniers ont massacré au moins 200 éléphants dans les cinq dernières semaines au Cameroun, région de l'Afrique où ils sont le plus en danger de disparaître, selon des militants écologistes. Les profits de la vente des défenses d'ivoire nourrissent des conflits et nuisent au bien-être de la population. Des braconniers du Soudan qui entreraient au Cameroun par le Tchad en seraient les principaux responsables. Le phénomène aurait pris des proportions «massives et sans précédent» cette année.

http://tinyurl.com/7vgzpha





Terres & droits fonciers

Cameroun : Une Ong dénonce un scandale foncier

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/land/80030

Au regard du rapport rendu public le 14 février 2012, à Yaoundé, c’est un scandale foncier que les populations du Sud-Ouest vivent. Selon le Centre pour l’environnement et le développement (Ced), un contrat signé le 17 septembre 2009, entre le gouvernement camerounais et Sg Sustainable oils Cameroon Plc (Sgsoc), une société détenue à 100% par l’Américaine Héraklès farms, octroie à cette dernière des droits sur 73.086 hectares de terres dans les départements du Ndian et du Koupé-Manengouba, sur 99 ans. Pour la mise sur pied d’une grande plantation industrielle de palmier à huile et d’une raffinerie.

http://tinyurl.com/7wx6c8r





Justice Alimentaire

Afrique : La crise alimentaire au centre d'une réunion

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/food/80020

Une réunion sous-régionale de haut niveau s’est tenue le 14 février à Niamey avec pour objectif la définition de stratégies opérationnelles pour juguler les crises alimentaires en Afrique de l'Ouest. Les participants se pencheront sur les mesures d'urgence à prendre pour répondre à la situation de crise alimentaire qui menace les pays de l'Union. Selon la situation agricole et alimentaire dans l'espace UEMOA, élaborée courant février, seuls deux pays (Bénin et Mali) sont excédentaires. La production agricole de cette année est évaluée à 18 millions 431.574 tonnes de céréales contre 22 millions 374 000 tonnes pour la campagne 2010/ 2011, soit une baisse de 18%.

http://tinyurl.com/6mxjvzs


Global : L'ONU demande 725 millions de dollars pour aider le Sahel

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/food/80040

Les agences de l’ONU réunies le15 février à Rome ont demandé environ 725 millions de dollars pour venir en aide à la région du Sahel où quelque 12 millions de personnes sont menacées par la famine. La commissaire européenne chargée de l’aide d’urgence a annoncé pour sa part une aide immédiate de 30 millions d’euros pour nourrir les enfants en bas âge. Cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger) ont déclaré une situation d’urgence. Dans le Sahel, la soi-disant «saison de la faim» démarre normalement à partir de mai/juin mais, cette année, en raison de mauvaises récoltes en 2011 et de la sécheresse qui sévit dans la région, la crise alimentaire risque de commencer «dans les prochaines semaines», a mis en garde il y a une semaine la Commission européenne.

http://tinyurl.com/753brmh


Mali : Les humanitaires confrontés à de nombreux obstacles

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/food/80058

Les travailleurs humanitaires sont confrontés à un triple défi dans le nord du Mali. Ils doivent faire face à une forte insécurité alimentaire et à une pénurie de pâturages en raison de la sécheresse, à un conflit entre les Touaregs et l’armée malienne et au déplacement de milliers de Touaregs qui en résulte. Selon les estimations, environ trois millions de Maliens sont exposés à une forme grave d’insécurité alimentaire. Le pays fait partie des huit États du Sahel pouvant être affectés par l’insécurité alimentaire cette année en raison des faibles précipitations de 2011, de la hausse des prix des denrées alimentaires dans la région et de la vulnérabilité et la pauvreté chroniques.

http://tinyurl.com/85agbcu





Média & liberté d'expression

Maroc : Un journal interdit pour caricature du roi

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/media/80061

La distribution du numéro du quotidien espagnol El Pais, daté du 16 février, a été interdite au Maroc en raison d'une caricature du roi Mohammed VI. La caricature , reprise d'une page Facebook, accompagnait un article du journaliste espagnol Ignacio Cembrero.Selon lui, c'est la première fois depuis l'arrivée au pouvoir en janvier au Maroc du parti Justice et développement (PJD, modéré) qu'un journal étranger est interdit au motif d'une caricature du roi. Ignacio Cembrero a été, avec le directeur d’El País, le dernier journaliste étranger à interviewer le roi Mohammed VI en janvier 2005.

http://tinyurl.com/7kvp62y





Conflits & urgences

Afrique : Des dirigeants s'inquiètent de l'insécurité dans le Sahel

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80037

Des responsables de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se sont inquiétés le 16 février, lors d'un sommet à Abuja, de l'insécurité dans le Sahel, avec notamment l'afflux d'armes issues du conflit libyen. Plusieurs dossiers sont à l'ordre du jour, notamment "la résurgence de la rébellion et du banditisme au Mali et dans d'autres Etats du Sahel. Ce sommet intervient alors que la situation sécuritaire se dégrade rapidement au Sahel. Le Niger, le Mali, la Mauritanie et l'Algérie font face à la menace de la branche maghrébine d'Al-Qaïda (Aqmi) et d'autres groupes criminels, ainsi qu'à l'afflux d'armes, dont de l'armement lourd, issus du conflit libyen.

http://tinyurl.com/7bosazq


Côte d'Ivoire : Trois morts et 20 blessés dans des violences

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80039

Trois personnes ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées au cours de deux journées de violences dans l'est de la Côte d'Ivoire, dans la région d'Arrah. Ces violences, qui ont dégénéré en affrontements ethniques, sont alimentées par la frustration des habitants de la région où continuent de sévir d'anciens rebelles des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) qui ont soutenu l'accession au pouvoir du président Alassane Ouattara.

http://tinyurl.com/7n26qhb


Egypte : Des supporteurs de foot manifestent pour leurs "martyrs"

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80023

Des centaines de supporteurs du club de football cairote Al-Ahly ont manifesté le 15 fevrier au Caire pour réclamer justice pour les plus de 70 personnes mortes après un match à Port-Saïd (nord). Ils ont aussi scandé des slogans contre le ministère de l’Intérieur, accusé de pas avoir agi le 1er février pour arrêter les violences qui ont suivi le match de Port-Saïd (nord), après lequel des dizaines de personnes ont été tuées, en majorité des supporteurs d’Al-Ahly. Ces violences avaient provoqué cinq jours de violences au Caire mais aussi à Suez (nord-est), qui ont fait 16 morts.

http://tinyurl.com/7opaury


Egypte : La révolution laisse les chrétiens au bord du chemin

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80038

Manifestations qui virent au massacre, entrée en politique des partis islamistes, rumeurs... Les chrétiens d'Egypte, qui représenteraient 10% de la population, vivent dans la peur du lendemain... Peur de la montée en puissance des partis islamistes, peur, au quotidien, de l’insécurité liée à leurs statuts de minorité. Tous ici ont en tête le drame de Maspero du 9 octobre dernier, lorsqu’une manifestation devant le siège de la télévision d’Etat, au Caire, a dégénéré. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, à l’issue de ce rassemblement organisé pour exiger des explications après l'incendie criminel des églises de Sohag et Assouan, s’étaient alors soldés par environ 25 morts et 200 blessés.

http://tinyurl.com/6tcplyu


Libye : Des dizaines de morts signalés à Koufra

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80054

Les affrontements entres tribus rivales qui ont éclaté autour de l'oasis de Koufra, dans le sud-est de la Libye, ont fait plusieurs dizaines de morts, rapportent le 16 février les deux parties. Des miliciens de la tribu zwai affrontent des combattants toubous dirigés par Issa Abdel Madjid, qu'ils accusent de vouloir s'emparer de l'oasis avec l'appui de mercenaires venus du Tchad voisin. Les Toubous se disent eux aussi agressés. Plus de trois mois après la chute du régime kadhafiste, le Conseil national de transition (CNT), qui exerce le pouvoir, peine à asseoir son autorité sur les nombreux groupes tribaux et milices régionales qui ont essaimé pendant la guerre civile.

http://tinyurl.com/869zjhf


Libye : Un an après le soulèvement

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80035

Des milices armées en activité à travers la Libye se rendent responsables d'atteintes massives aux droits humains en toute impunité, alimentant l'insécurité et freinant la reconstruction des institutions de l'État, selon Amnesty International. Son rapport intitulé Militias threaten hopes for new Libya, fait état des graves abus systématiques, parmi lesquels des crimes de guerre, commis par une multitude de milices contre des partisans présumés du colonel Kadhafi ; un certain nombre de personnes ont été illégalement placées en détention, puis torturées –parfois à mort. Migrants et réfugiés africains ont également été pris pour cible.

http://tinyurl.com/7c63rx5


Mali : L’Afrique indifférente devant la rébellion touaregue

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80033

Trois mois depuis que les touaregs du MNLA ont lancé les premières attaques dans le nord du Mali. Les jours qui ont suivi, on a pensé qu’il s’agissait d’une des prévisibles conséquences de la chute du Guide libyen. Mais cette première attaque a été suivie d’autres, avec des conséquences diverses et importantes. De sorte que désormais le Mali vit une véritable crise politico-militaire qui pourrait remettre en cause la stabilité et l'intégrité de ce pays qui passait pour un exemple d'expérience démocratique réussi. Malheureusement, comme elles le font souvent, les institutions internationales demeurent plutôt silencieuses et spectatrices. Jusqu’ici, on n’a rien ou presque entendu de la part de l’Union Africaine.

http://tinyurl.com/77vkvo4


Nigeria : Une prison attaquée, près de 200 évadés

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80036

Des hommes munis d'explosifs, suspectés par des habitants d'être membres du groupe islamiste Boko Haram, ont attaqué une prison dans le centre du Nigeria, libérant près de 200 prisonniers et tuant un gardien. En septembre 2010, Boko Haram avait attaqué une prison dans l'Etat de Bauchi (nord), faisant évader plus de 700 détenus. Boko Haram est accusé d'être l'auteur d'une série d'attaques à la bombe et par arme à feu dans plusieurs régions du pays ces derniers mois, particulièrement dans la partie musulmane du nord du pays.

http://tinyurl.com/6s3eo6b





Internet & technologie

Afrique : Facebook pour tous

2012-02-19

http://pambazuka.org/fr/category/internet/80050

Le groupe de télécommunications Orange a annoncé qu'il allait étendre à plusieurs pays africains un service qui permet d'accéder au réseau social Facebook depuis n'importe quel type de téléphone. Le projet d'Orange repose sur une technologie appelée USSD dont des utilisateurs de téléphone portable en Afrique se servent pour alimenter leur crédit et à accéder à leur compte. Il s'agit essentiellement de faire un meilleur usage de connexions Internet de faible qualité en vue de recueillir des données. L'Afrique est avancée dans l'utilisation des applications des téléphones mobiles notamment pour des services bancaires.

http://tinyurl.com/82tz2na





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