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Pambazuka News 227 : Spécial élection au Sénégal - n°2 : Les responsabilités de la gauche
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Plaidoyers & campagnes, 3. Courrier
Sommaire de cette édition
Le 26 février, les Sénégalais sont allés voter pour contraindre Abdoulaye Wade à un second tour pour lequel il affrontera Macky Sall le 25 mars. L’expérience démocratique sénégalaise fait ainsi face à un nouveau tournant décisif. Un moment de rupture dont Pambazuka News va aider ses lecteurs à saisir les enjeux. A partir d’aujourd’hui, une édition française consacrée aux enjeux de cette élection vous parviendra les mardis et les jeudis, en plus du bulletin traditionnel du lundi, avec des informations factuelles, des analyses, des interviews d’acteurs porteurs d’idées de changement.
CHRONIQUES
Urgences et responsabilités histoires de la gauche sénégalaise
Un premier tour entre enseignements et prévisions
Trois scénarios avant que Wade ne dégage i
Parler moins et agir pour un Sénégal en marche dans une Afrique debout
PLAIDOYERS & CAMPAGNE
L’opposition des Assises nationales aux côtés de Macky Sall
COURRIER
Le Sénégal insulté
Chroniques
Urgences et responsabilités historiques de la gauche sénégalaise
Mamadou Ndoye
2012-03-06
http://pambazuka.org/fr/category/features/80511
Pour préserver la lettre et l’esprit de sa Constitution, le peuple sénégalais a opposé un non catégorique à un troisième mandat présidentiel de Wade. Celui-ci a, malgré tout, forcé le passage en s’appuyant sur un Conseil constitutionnel aux ordres. Depuis, Wade et les siens n’ont cessé, face au combat du M23, d’appeler à l’arbitrage du peuple à travers les urnes. Le verdict vient de tomber : plus de 65 % des électeurs ont rejeté la candidature du président sortant au premier tour du vote.
Pour qui connaît les ressources et les capacités d’influence électorale dont disposent les pouvoirs en place en Afrique et dont Wade a plus qu’abusé, ce chiffre traduit, au-delà d’une simple défaite électorale, une humiliation politique. Il confirme en tout cas la volonté sans équivoque exprimée par le peuple depuis le 23 juin et sans cesse réitérée par les actions de masse de la forte résistance populaire qui a provoqué, dans tout le pays, une situation préélectorale quasi-insurrectionnelle.
Tout homme politique, de surcroît d’Etat, doté d’un minimum de sens des responsabilités et de dignité, voire simplement de raison et de décence, en aurait tiré la conséquence qui s’impose : retirer purement et simplement sa candidature. En choisissant de participer au second tour, Wade prouve une fois de plus que sa conception et sa pratique de la politique font fi de la légitimité et de toute valeur d’ordre éthique ou simplement humain. Ce qui rend urgente et impérieuse la tâche du moment : chasser Wade du pouvoir d’Etat.
La gauche sénégalaise ne peut qu’être partie prenante de cette urgence et de cette nécessité. Comme l’ont déjà exprimé ses principaux leaders, il ne subsiste aucun doute sur la détermination de la gauche à jeter toutes ses forces dans le « référendum contre Wade ». Mais pour quel changement ?
L’interrogation n’est pas pour atténuer la mobilisation pour le changement mais plutôt pour la motiver et la renforcer en lui donnant un sens allant au-delà de l’alternance du personnel politique. Les Assises nationales ont créé une jonction historique exceptionnelle entre les forces politiques patriotiques et les forces citoyennes de la société civile pour développer une réflexion collégiale et construire un consensus national sur le devenir du Sénégal. Dans la continuité de cette prise en mains par le peuple sénégalais de sa destinée, le M23 s’est constitué comme un mouvement de lutte de masse pour défendre et promouvoir cette nouvelle citoyenneté consciente, active et exigeante quant à l’exercice de ses droits et devoirs démocratiques.
C’est bien dans ces foyers et processus de réflexions et de combats que s’est forgé le nouveau rapport de force entre le peuple et l’Etat, rapport de force qui a contraint Wade à subir des élections transparentes et à accepter sa défaite du premier tour en attendant la chute définitive.
Tous les partis d’opposition, à commencer par l’APR (NDLR : parti de Macky Sall, challenger d’Abdoulaye Wade pour le second tour de la présidentielle) qui en est aujourd’hui le principal bénéficiaire, doivent donc rendre à César ce qui appartient à César. Il ne s’agit point ici d’exprimer des sentiments de gratitude. Ce qu’exige la nouvelle citoyenneté, ce sont des pas en avant décisifs dans la construction de la République et de la démocratie pour précisément donner un sens au changement.
C’est ici que pointe le premier rendez-vous de la gauche sénégalaise. Elle doit, dès aujourd’hui, peser de tout son poids pour obtenir avant ce deuxième tour un accord politique clair et précis avec le candidat Macky Sall. Non pour satisfaire des intérêts étroitement partisans ! Encore moins pour obtenir des portefeuilles et autres poste de pouvoir ! Mais pour répondre aux revendications fortes de la nouvelle citoyenneté par le référendum sur la nouvelle constitution et par l’institutionnalisation de la Charte de gouvernance démocratique. Ces deux textes ont déjà fait l’objet d’un large consensus national sur l’essentiel. Il ne s’agit donc pas de les rediscuter. L’accord politique à conclure entre la gauche et le candidat Macky Sall doit porter sur les modalités concrètes et le calendrier de mise en œuvre.
«PARLER D'UNE SEULE ET MEME VOIX»
A ce premier rendez-vous, il est essentiel que la gauche parle d’une seule et même voix pour peser. Ce qui pose la nécessité et l’urgence de tirer les leçons de la période écoulée. La gauche sénégalaise globalement prise a joué un rôle central dans les processus de réflexion et d’action des Assises nationales et du M23, mais ne recueille pas les dividendes électorales qu’elle était en droit d’en attendre. Elle ne peut ici s’en prendre qu’à elle-même pour au moins deux raisons.
La première est qu’elle s’est enlisée dans un agenda du Benno Siggil Senegal (BSS), guidée certes par des soucis de progressivité et de construction patiente mais complètement en déphasage avec le temps électoral. Le résultat est que la date choisie pour désigner le candidat de l’unité et du rassemblement ne laissait plus de temps à une préparation approfondie et à une mise en œuvre adéquate des tâches électorales : mobilisation de ressources, élaboration des messages, confection des supports, cartographie électorale, évaluation des options stratégiques, planification opérationnelle de la précampagne et de la campagne etc. C’est là un handicap lourd qui explique en partie les scores relativement faibles des deux premiers candidats de gauche (environ 13% et 11%) comparés aux deux premiers candidats libéraux (environ 34% et 26%).
La seconde est de n’avoir apprécié à sa juste mesure l’exigence d’unité pour pouvoir se poser aux yeux de l’opinion nationale en alternative incontournable au pouvoir de Wade. L’option finale de se diviser a, d’une part, ouvert la vanne pour d’autres candidats qui puisent dans le même vivier électoral en les encourageant à se présenter, et d’autre part, détourné le vote utile qui était promis au BSS vers d’autres horizons. Cette division a été certainement sanctionnée négativement par un électorat déçu parce qu’ayant fortement rêvé d’une candidature d’unité et de rassemblement.
Aujourd’hui, chacun peut observer le gâchis car, plus que l’arithmétique des voix de la gauche, l’effet synergique du candidat de l’unité et du rassemblement aurait pu multiplier par deux le total des votes obtenus séparément par les candidats de gauche.
Ce regard rétrospectif n’est pour fixer sur des regrets. Il invite plutôt à tirer les leçons de ce passé tout récent pour réussir les rendez-vous du présent et du futur. De l’analyse faite, au moins deux enseignements principaux se dégagent. Reconstruire l’unité de la gauche au sein du BSS originel est une condition de succès. La tâche est urgente et la différer conduit au risque de rater encore des rendez-vous historiques et de compliquer plus la recherche de solutions progressistes pour relever les défis posés au pays. Car ces rendez-vous ne peuvent être vraiment une réussite que si la gauche est unie mais ils n’attendent point que nous soyons unis. Autrement dit, c’est l’agenda de l’unification qui s’adapte à ces rendez-vous et non l’inverse.
Et après le premier pour l’accord à sceller avec Macky au second tour, le deuxième rendez-vous est dans un futur proche : les élections législatives pointent déjà à l’horizon. La gauche ne peut faillir une fois de plus à la responsabilité de réussir une liste unitaire. Elle le doit à elle-même et au renforcement de la teneur idéologique et politique des positionnements des différents partis sur l’échiquier. Ce double objectif, pris séparément ou ensemble, ne peut se réaliser sans l’unité de la gauche ainsi que la recomposition et la délimitation subséquentes des familles idéologiques et politiques libérales communément appelées droite et progressistes dites de gauche.
Le jeu démocratique y gagnera en transparence et en maturité en plaçant au premier plan les batailles d’idées fondées sur les projets de société et en mettant sous le boisseau les va-et-vient alimentaires entre pouvoir et opposition qui discréditent les partis et hommes politiques accusés à raison de manquer de conviction et de cohérence.
C’est dans cette perspective que se situe le troisième rendez-vous : construire un grand parti de la gauche sénégalaise unifiant organiquement tous les partis dans un projet fondateur et ouvert à l’expression démocratique interne des différentes sensibilités. Les militants sincères de la gauche y sont certainement tous attachés mais doivent y œuvrer avec plus de conséquence et de détermination en prenant toutes les initiatives opportunes et nécessaires à cet effet.
En conclusion, l’unité de la gauche s’avère être une tâche impérieuse et une condition sine qua non de succès des luttes qu’entreprennent les partis et mouvements qui s’en réclament. Aujourd’hui, les leçons à tirer des élections présidentielles et les missions qu’imposent les perspectives immédiates et futures offrent des opportunités exceptionnelles à saisir pour accomplir des avancées significatives vers sa réalisation. La gauche doit se hisser au niveau de ses responsabilités de l’heure.
Moustapha Niasse et son équipe de BSS, Tanor Dieng et son équipe de BAT et les autres leaders qui se sentent concernés sont donc interpellés. Ils sont concrètement et instamment invités à initier des rencontres et un processus de concertation pour identifier les défis posés, les inscrire dans l’agenda de discussions en fonction des échéances qui interpellent la gauche et à les traiter en ayant à l’esprit le sens de l’urgence et de la nécessité. C’est la voie pour la transformation sociale vers un Sénégal de progrès et de justice sociale. Mais l’expérience récente nous rappelle aussi que l’unité est un combat et que les militants ne peuvent se fier uniquement aux conciliabules de leurs dirigeants. Ils doivent les accompagner et les appuyer par une action vigilante et offensive pour conquérir l’unité de la gauche.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Mamadou Ndoye est membre du Bureau politique de la Ligue démocratique
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Un premier tour entre enseignements et prévisions
Mamadou Ly
2012-03-06
http://pambazuka.org/fr/category/features/80522
Trois scénarios avant que Wade ne dégage !
2012-03-06
http://pambazuka.org/fr/category/features/80513
Le peuple attend l’annonce officielle du second tour qui tarde. L’autocratie libérale mafieuse wadiste assommée et paniquée concocte un nouveau plan après l’échec patent du premier qui consistait à se proclamer « vainqueur dès le premier tour ».
Or il est évident que seuls ces trois scénarios s’offrent au roi féodal Wade et sa cour monarchiste :
1) Contre le bon sens même se proclamer « vainqueur » au second tour pour effacer l’échec du premier tour (on attend toujours que le conseil constitutionnel valide), ce qui signifie que Wade finira comme Ben Ali ou Moubarack ;
2) Se désister vue la situation sans issue de vol « crédible » pour un second tour entre Macky Sall et Moustapha Niasse, mais connaissant l’arrogance monarchiste aveugle de Wade, c’est certainement trop lui demander ;
3) S’entêter en allant au second tour face à Macky Sall pour être électoralement écrasé et humilié grâce à la vigilance et à la mobilisation populaire.
Dans tous les cas :
- l’ensemble des candidats, y compris ceux et celles déboutés par l’infâme conseil constitutionnel, les forces politiques doivent se rassembler sur la base des conclusions des Assises Nationales (ANS) ;
- le M23, en tant que sentinelle garante du respect de l’Etat de droit et cadre organisé de la mobilisation populaire, doit poursuivre ses actions de luttes citoyennes autour du mot d’ordre : Wade dégage !
Toute autre considération en dehors de l’exigence de clarté et d’engagement sur les conclusions des Assises Nationales et de la nécessité impérieuse que Wade dégage est à reléguer après l’accomplissement de cette tâche devenue aujourd’hui historique : empêcher Wade le bénéficiaire de la première alternance démocratique sur la base de la volonté populaire en devenir le fossoyeur !
On ne peut laisser électoralement impuni ce précédent scandaleux, alors à la mémoire de nos morts, chassons Wade et sa clique !
Fait le 1er mars 2012
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Ferñent / Mouvement des travailleurs panafricains-Sénégal
« Union libre des peuples libres d’Afrique. Solidarité internationaliste des travailleurs »
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Parler moins et agir plus pour un Sénégal en marche dans une Afrique debout
Sékou Diabaté
2012-03-06
http://pambazuka.org/fr/category/features/80521
«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» Jean Jaurès »
On ne cessera de revenir sur les enjeux et la signification de la journée du 23 juin 2011 au Sénégal. C'est le jour où le président de la République Abdoulaye Wade a perdu son rôle de régulateur de l'espace politique qu'il téléguidait ou télécommandait selon son humeur et son état, selon son programme et ses ambitions sur fond de déroulement d'une gestion solitaire du pouvoir après l'élimination progressive d'une série d'acteurs de la vie publique avant de s'attaquer en interne à tous ses « enfants pressés» qui avaient été instrumentalisés pour liquider les premiers mais dont la survie en tout cas dans le PDS était conditionnée à une guerre fraticide qui a même très souvent secoué les tréfonds de la République.
C'est le jour où le peuple a tordu le bras au camp libéral afin de déjouer un coup d'Etat qu'Abdoulaye Wade voulait perpétrer, lui-même pris en otage par de puissants lobbies affairistes et occultes aux interêts d'ailleurs opposés mais tous pensant et agissant contre les travailleurs, la jeunesse, les chômeurs sans oublier nos valeureux paysans dont la transformation en des chefs d'entreprise à été un échec lamentable !
Devrions-nous dès lors accepter plus de souffrances avec « le ticket de l’élection simultanée au suffrage universel du président et du vice-président de la République » à « l'américane » et par riccochet, l'aggravtion de la confusion institutionnelle et de la superpuissance d'un Président aux pouvoirs déjà exorbitants?
Pour notre part, malgré la création d'une économie népotiste, de parti, de copains, de coquins et d'une base parasitaire tous orientés pour « l'alternoce», nous ne nions pas les réalisations des libéraux car comme le dit un adage bien compris de chez nous, « Weedi, guiss bokou ci ! » (On ne peut nier ce qui est visible).
Seulement, beaucoup de ces infrastructures semblent ne pas être aux normes mais s'avèrent être une juteuse opportunité de créer un noyau de milliardaires sortis de nulle part, au mépris et au détriment des interêts de la Nation, d'où ces innombrables marchés de gré à gré qui devaient avoir un autre contenu conforme à la rigueur de la législation en la matière !
Malgré les gesticulations et les saupoudrages sur un bilan qui s'est donc avéré « inutilemement coûteux », nous avons assez de recul pour apprécier le travail de maquillage en cours, comme s'il est possible de se cacher derrière son doigt pour ne pas dire faire du « niawalaté » et dans certains cas du« maatay » au dépend de la masse grandissante des « goorgorlu » !
C'est là qu'apparaissent l'incohérence et l'ambiguité de la classe politique et de ses candidats dans les« Benno » et le M23, non pas qu'ils n'aient réussi pour des raisons toujours incompréhensibles à réduire au maximum le nombre de leurs candidats « historiques », mais tout simplement parce qu'aller à l'élection présidentielle sans que les points de contestations qu'ils avaient eux-mêmes soulevés et dénoncés n'aient été pris en compte pour ne pas déboucher sur un douloureux contentieux électoral, même sans WADE! Cela est à la fois un suicide et une trahison, pour ne pas dire un autre coup d'Etat contre le peuple ! Le « Na Wade dem » (Wade dégage !) ne saurait être un programme en soit! Est-ce alors une occasion de cacher le manque criant d'un frémissement programmatique et surtout d'engagements aux côtés du peuple au sujet de ses doléances et revendications, y compris de la diaspora qui est tout de même une partie intégrante de notre pays au point d'avoir demandé à ce qu'elle soit considérée comme 15e région ?
Faisons pression pour que la volonté populaire soit respectée en mettant à nu l'ambition de ces leaders qui veulent aller aux élections sans condition !
Développons des actions communes et fédérées pour gagner le temps perdu par des réunions interminables et sans résultat qui ont plus divisé qu'uni comme si un plan pouvait se décréter pour le peuple et sans le peuple dans ce nouveau cycle naissant !
Au-delà des partis, comptons beaucoup sur les mouvements citoyens et démocratiques, laiques et ouverts qui ont par leur activisme positif créé paradoxalement les bases du refus de la continuité d'une politique honni par les masses, par la pertinence et le courage de leur démarche et de leurs actions mais dont la faiblesse a découlé de leur refus de prise du pouvoir en association !
Aidons Wade à partir dignement avant qu'il ne marche sur encore plus de cadavres en tentant de rester au pouvoir alors qu'actuellement ledit pouvoir ne réside plus au Palais et n'a pas été restitué au peuple !
Ouvrons dans la mesure du possible mais de manière urgente le débat sur la sécurité populaire pour qu'il ne porte pas seulement et simplement sur « Na Wade dem » afin que nous ne soyons pas dans cette situation ubuesque d'« Ôte-toi que je m'y mette ! » au mépris de notre peuple à travers ses revendications essentielles inassouvies depuis 52 ans !
Actionnons les leviers de la mobilisation générale sans violence politique ni casse en résistant sereinement aux autres oukazes, après celui du coup d'Etat constitutionnel qui a validé une candidature inatendue et a éliminé pour des raisons politiciennes des patriotes au moment où le camp libéral par des tours de pase passe s'apprête, si nous n'y prenons garde à valider les résultats d'une élection gagnée d'avance par tripatouillage informatique, si elle devait avoir lieu !
Démarquons-nous du faux et dangereux débat sur « l'alternance générationnelle » mais battons-nous pour que la classe politiicienne et les acteurs politiques n'institutionnalisent la transhumance en donnant aux vaincus les moyens de rester dans leur camp !
Participons à la refonte de nos institutions en les adaptant à notre système politique en partant des réalités de notre environnement immédiat et pour que nos priorités épousent et obeissent à la satisfaction de nos besoins et pas comme un marché dont la vocation est d'être un maillon du rouage global et exogène qui foule aux pieds la réalité qui fonde notre existence !
C'est pour cela, nous appelons les candidats à se poser les questions ayant trait à une rupture qualitative dont voici quelques-unes que nous leur exposons :
1°) Quels types de rapports devrions-nous avoir avec la France en particulier et l'extérieur en général pour ne pas être un simple marché où nous restons une sorte d'appendice qui perpétue le fameux « échange inégal » sur les plans économique et culturel au moins?
2°) Êtes vous prêts à la renationalisation de l'eau, des transports et des télécommunications tout en maintenant les énergies dont l'électricité dans le giron de l'Etat ? Sinon, que proposez-vous ?
3°) Dans le programme de « Benno », et sans doute du M23 il est question d'une refondation des institutions. Pourtant l'essentiel des organisations politiques qui les composent ont activement participé à l'instauration de cette situation institutionnelle de super pouvoir au Président ! Êtes-vous-prêts, au-delà d'une démarche qui mette fin au profond déséquilibre institionnel à la création d'un système qui donne voie et voix au peuple et permette le mandat impératif ?
4°) Êtes-vous disposés, aux delà des Assises nationales qui pourraient être considérées comme un entrainement dans la cour de la démocratie participative de vous engager pour la définition et la mise en oeuvre du pouvoir constituant afin d'avoir l'état de tout en tout aux fins de créer l'espoir à partir de nos forces et faiblesses ?
5°) Nos parcours respectifs nous ont enrichis et nous donnent les moyens de militer souvent pour l'amélioration de nos conditions de vie et de travail. Cela s'est traduit entre autres par le combat pour le droit de vote et même d'une innovation à encourager pour aussi le droit d'éligibilité pour ceux d'entre nous qui résidons en France depuis un certain temps. Pouvez-vous nous garantir que pour tenir compte des intêrets de nos frères et soeurs d'autres pays africains au moins, qu'il leur sera accordé le droit de vote et d'éligibilité dans des élections autres que celles présidentielles et législatives ?
6°) Nos consulats et nos ambassades sont une sorte de relais économiques et administratifs qui semblent plus défendre les intêrets du pays d'accueil que ceux de nos compatriotes et du Sénégal. Quelles sont vos propositions pour changer cet état de fait humiliant et indigne ?
7°) Accepteriez-vous l'annulation de nos dettes iniquement contractées et qui ont produit dans le meilleur des cas à des détournements de deniers publics et d'objectifs sinon d'installer et d'aggraver en tout temps la concussion, la gabegie et la corruption ?
8°) Quels sont vos plans de sortie de crise en Casamance et vos actions de solidarité pour l'Unité Africaine consolidée par le bas et le sommet, de manière horizontale et verticale?
9°) N'est-il pas urgent de se pencher sur la question des conditions d'entrée et de séjour de nos compatriotes migrante-s, de leurs retraites, de leurs biens et services, mais aussi et surtout de leur vie au-delà des communiqués diplomatiques ? 10°) N'est-il pas temps enfin de créer des mesures légales incitatives pour faciliter le retour des compatriotes à l'étranger à partir d'accords tripartites entre nous les migrant-e-s, vous nos dirigeant-e-s et les responsables des pays d'accueil mais dont le travail et le logement seront entre autres, au coeur de votre politique ?
Tels sont notre analyse et nos questions auxquelles nous souhaiterions en tant que citoyens libres, des réponses claires.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Sékou Diabaté est consultant en Développement social et Culturel, Président de la Coordination des Associations des Sénégalais de l'Extérieur, Cachan (France)
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Plaidoyers & campagnes
L’opposition des Assises nationale aux côtés de Macky Sall
2012-03-06
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/80510
Déclaration des Assises nationales sur l’élection présidentielle
Le Comité National de Pilotage (CNP) des Assises nationales en séance extraordinaire le samedi 3 mars 2012 en son siège.
Dès l’ouverture de ses travaux, le CNP a rendu hommage à la mémoire de tous les membres des Assises nationales décédés depuis sa dernière réunion ainsi qu’à Celles de toutes les victimes des évènements survenus au cours du processus électoral conduisant au premier tour de l’élection présidentielle. Des prières ont été formulées à leur intention.
Le CNP a fait ensuite les constats ci-après et adopté les résolutions suivantes :
1 - position adoptée par les Assises nationales tout au long du processus électoral a permis de maintenir la cohésion de toutes les parties prenantes ;
2 - L’assemblée se réjouit que la pluralité des candidatures en compétition n’ait pas empêché la tenue d’une campagne électorale apaisée entre les candidats ayant signé la Charte de gouvernance démocratique. Les efforts énormes consentis par tous ont permis aux dits candidats d’obtenir un suffrage cumulé d’environ 55% des votants du premier tour ;
3 - Parmi ces candidats, les Assises nationales félicitent tout spécialement le candidat Macky Sall pour les succès électoraux obtenus à l’issue du premier tour de scrutin ;
4 - Le CNP prend acte de l’engagement du candidat Macky Sall à mettre en œuvre les dispositions contenues dans la Charte de gouvernance démocratique ;
5 - Dans le souci de voir le prochain scrutin se dérouler dans des conditions de transparence et de sincérité notées en général au premier tour, le CNP a salué le travail de tous les observateurs et de celui de tous les média qui y ont contribué. Il les encourage à poursuivre leurs efforts et à étendre leur action dans les zones les moins couvertes.
6 - Au cours de leurs interventions, les candidats ayant adhéré à la Charte de gouvernance démocratique des Assises nationales se sont tous engagés non seulement à soutenir la candidature de Macky Sall, mais aussi à mener une campagne électorale commune avec lui en mutualisant toutes leurs ressources en vue de la victoire.
Les Assises nationales appellent donc toutes les parties prenantes et l’ensemble du peuple sénégalais à se mobiliser autour du candidat Macky SALL et à mener activement sur le terrain, en cohésion avec lui, sur le terrain, la bataille finale du deuxième tour qui ouvre la porte au changement.
7- Le CNP a exprimé son inquiétude devant les urgences que constituent, en particulier :
- la persistance de la crise scolaire et universitaire ;
- les menaces liées au retard dans la préparation de la campagne agricole 2012-2013 et de la mise en place des vivres de soudure ;
- la demande générale des populations pour une baisse sensible des produits et services de première nécessité ;
- la résolution définitive de la crise en Casamance.
8 - Le CNP réaffirmant sa position constante consistant à suivre attentivement la mise en œuvre des conclusions des Assises nationales, notamment les recommandations contenues dans la Charte de gouvernance démocratique et dans le Rapport général convient, avec le candidat Macky Sall, de la création, à cet effet, le moment venu d’une structure appropriée.
Fait à Dakar le 3 mars 2012
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Courrier
Le Sénégal insulté
Christophe Aubrun
2012-03-06
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Le Sénégal insulté Il s’est produit, le 26 février dernier, un évènement si choquant, et en même temps si douloureux pour les amoureux de la démocratie qu’il est de mon devoir de citoyen de le dénoncer.
France 24 avait invité pour commenter les résultats des élections présidentielles du Sénégal, Madame Lydie Boka, experte en stratégie financière et politique. Alors que les remarquables commentaires de Fatimata Wane-Sagna, en direct de Dakar, nous apprenaient, pour notre plus grand soulagement, que le déroulement du vote s’était passé dans des conditions exceptionnelles de calme et de dignité, et tandis que les premiers résultats tombaient, doucement, les uns après les autres, Madame Boka n’a pas trouvé mieux, en réponse à la journaliste du studio de France 24, de dire qu’il aurait été une bonne chose de reporter ces élections d’un an pour permettre, en quelque sorte, au président Wade de terminer ses chantiers et d’organiser une transition en douceur !
Comment une soi‐disant experte peut‐elle affirmer, sans sourciller, une telle ânerie ? Comment peut-on, si l’on connaît un tant soit peu le Sénégal et son histoire, insulter les Sénégalais de la sorte ? Le Sénégal a fait preuve, depuis 1960, d’une telle maturité politique qu’il est, en permanence, cité en exemple comme le pays « phare » en matière de démocratie africaine. L’attitude digne et chevaleresque du président Diouf, reconnaissant immédiatement son échec à l’élection présidentielle de 2000, en a été le degré de perfection le plus éminent ! La détermination des Sénégalais aux élections locales de 2009 a montré également qu’ils étaient capables de s’opposer au président Wade et à son fils, en renvoyant notamment ce dernier à la dure réalité du verdict populaire !
Connaît-on d’autres pays africains aussi déterminés dans la maitrise de la démocratie ? Je sais que les rumeurs les plus incroyables et les peurs les plus folles ont été distillées, sciemment et inconsciemment, et qu’elles ont pu déstabiliser certains. Je sais également que des acteurs de la vie politique africaine ont cru devoir soutenir cette théorie « abracadabrante » ! Mais il n’est pas digne d’une soi-disant experte qu’une telle analyse de la politique sénégalaise actuelle soit manifestée de la sorte sur les ondes d’une télévision française ! On n’est plus dans l’analyse mais dans le parti pris. C’est humiliant et blessant vis‐à-vis du vote exprimé par les Sénégalais ! J’invite France 24 à vérifier la qualité de ses invités lorsque des millions de téléspectateurs attendent d’elle une information impartiale !
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Christophe Aubrun est Français expatrié au Sénégal Secrétaire général d’une O.N.G. sénégalaise
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