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Pambazuka News 231 : Algérie 50 ans après : De la révolution à l'accaparement du pouvoir
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Elections & gouvernance, 8. Corruption, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Éducation, 12. LGBTI, 13. Environnement, 14. Justice Alimentaire, 15. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Algérie : Le militaire et le politique dans la guerre d’indépendance et ses suites
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Tchad : Un député incarcéré, un président criminel accueilli à Marseille
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : L’eau, Bien commun de l’humanité, un enjeu pour le droit à la ville
ARTS ET LIVRES : Afrique : Les Africains et leurs responsabilités dans la traite des noirs.
DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : Thabo Mbéki poursuit l’ex-conseiller de Zuma.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Mali : 72 000 personnes en situation critique.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Côte d’Ivoire : Déception à Abidjan après le remaniement.
CORRUPTION : Afrique : Les 10 pays africains les plus corrompus.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Comment profiter de l’insécurité énergétique mondiale.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Les gouvernements invités à s’engager dans la prévision du Sida.
EDUCATION : Bénin : Les enseignants forcés de choisir entre grève et chômage.
LGBTI : Sénégal : Wade freine la polémique sur l’homosexualité dans la campagne.
ENVIRONNEMENT : Afrique : L’Onu s’engage contre les déchets électroniques.
JUSTICE ELIMENTAIRE : Afrique : Un nouveau système d’information agricole pour la CEDEAO.
CONFLITS ET URGENCE : Burkina Faso : Une paix fragile.
Chroniques
Algérie : Le militaire et le politique dans la guerre d’indépendance et ses suites
Sadek Hadjerès
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/80858
Dans tous les conflits (internes ou externes) à composante militaire plus ou moins importante, la question de la finalité, des orientations et des moyens politiques mis en œuvre est incontournable.
C’est une problématique, récurrente dans le monde arabe au cours des décennies écoulées (à l’exemple des guerres de résistance palestiniennes et libanaises).
Elle a connu en 2011 un regain d’actualité à l’occasion des récents soulèvements antidictatoriaux (légitimes ou artificiellement provoqués). La lutte du peuple algérien pour son indépendance nous apporte à ce sujet quelques éclairages [1].
C’est un des exemples dans lesquels un rapport de forces écrasant (en moyens militaires et répressifs) cherche en vain à dissuader les peuples et les sociétés de renoncer à leurs aspirations démocratiques, sociales et culturelles. L’indépendance algérienne fut en effet le résultat d’une guerre militairement asymétrique : ses objectifs politiques primordiaux ont été réalisés malgré la disparité des forces en termes militaires classiques.
On a qualifié à juste titre les immenses manifestations populaires de décembre 1960, de Dien Bien Phu politique. Le piège géopolitique qui s’était refermé en Algérie sur une grande puissance économique et militaire adossée à l’OTAN était à trois dimensions : l’abnégation et les sacrifices du peuple et des combattants algériens, puis le soutien multiforme international, dans un rapport de force mondial favorable à la cause de l’indépendance des peuples, enfin les évolutions de l’opinion dans la société française et les besoins du redéploiement économique et stratégique de l’Etat gaulliste.
Les généraux et colonels revenus du Viet Nam, ivres de revanche, avaient eu l’illusion de retourner contre nos aspirations nationales des techniques de « contre guérilla », comme le tenteront plus tard leurs émules américains en faisant visionner par leurs cadres le film de Pontecorvo sur la « Bataille d’Alger » de 1957. Mauvais élèves en Histoire et mauvais interprètes de Clausewitz, ils oubliaient les uns et les autres un B-A-BA stratégique : la force irremplaçable que donne aux combattants leur légitimité politique, démocratique et sociale.
La défaite des impérialo-colonialistes était programmée à court ou long terme dès 1930 (centenaire de la colonisation) par l’impitoyable et raciste « code de l’indigénat », par le rejet arrogant des « réformes » démocratiques élémentaires des années trente et quarante, par les hécatombes du 8 mai 1945, par les élections à « l’algérienne » du tristement célèbre gouverneur socialiste Naegelen, prolongées par les lâches abandons de ses successeurs des « pouvoirs spéciaux » de 1956. Leur puissance militaire se révèlera impuissante malgré le renfort des « démocratiseurs » à la Tocqueville ou des civilisateurs humanistes à la Victor Hugo, précurseurs de leurs pâles imitateurs contemporains à la BHL. Leur capacité de nuisance aux rapports algéro-français était condamnée à l’échec par leur autisme occidentalo-centré, au service d’intérêts financiers et géostratégiques cyniquement avoués.
Dans un autre registre, du côté algérien on a pu constater les impacts positifs ou négatifs du politique, selon que les orientations et les comportements dans la conduite de la lutte armée s’avéraient conformes ou non aux buts démocratiques, sociaux et d’unité d’action nationale, que la proclamation du 1er novembre 1954 assignait à la guerre d’indépendance.
Pour cette raison, les communistes algériens se sont efforcés, tout au long de la guerre, de préserver et consolider le fil conducteur suivant dans leur pratique unitaire et autonome avec ses deux volets dialectiquement liés : tout à la fois, le soutien ferme de toutes les actions et orientations répondant à l’esprit de la proclamation fondatrice de 1954, à partir de laquelle le FLN et l’ALN acquirent un rôle initiateur et dirigeant ; et en même temps, la démarcation et la critique constructive des orientations qui nous paraissaient s’en éloigner.
Cette ligne à la fois unitaire et de principe était conforme aux intérêts de la lutte libératrice comme aux réalités du terrain. Elle a été longtemps méconnue ou déformée par des politiciens ou un certain nombre d’historiens de l’immédiate génération d’après guerre, complaisants envers l’unanimisme hégémoniste qui imprégnait les sphères dirigeantes du FLN (elles mêmes en proie à des rivalités féroces dans leur cadre unique). La participation et l’esprit unitaire communistes ont été ensuite (pendant et surtout après la guerre) mieux connus et reconnus au fur et à mesure qu’avec l’expérience, un regard plus objectif et documenté a été porté sur les évènements qui ont démythifié bien des événements et des acteurs. Au cours du demi-siècle écoulé, nombre de positionnements et d’initiatives qui étaient d’abord reprochés au PCA ont été au contraire portés à son crédit comme autant de contributions au contenu démocratique et social des luttes pour l’indépendance nationale.
Par exemple, il est devenu plus évident aujourd’hui que les mobilisations et les meilleures traditions politiques du mouvement national, social et culturel d’avant guerre avaient créé des conditions plus favorables au soutien et au succès de la lutte armée. Cette réalité avait été longtemps niée par ceux qui opposaient l’activisme armé à la lutte politique, essentiellement pour justifier les pratiques arbitraires et d’étouffement de la vie politique durant la guerre et après l’indépendance. Or après 1954, le soubassement patriotique et politique était resté vivace au sein de la base populaire. La prise en charge par l’insurrection des aspirations unitaires, démocratiques et sociales a permis le dépassement au moins provisoire de la grave crise des formations nationalistes et un large consensus des partis (y compris communiste) autour du soulèvement, malgré les premiers mois critiques. L’élan s’amplifiera tant que les orientations les plus positives du « Congrès et de la plate-forme de la Soummam » (août 1956) seront mises en oeuvre sur le terrain. Dans la foulée de cette sage orientation, défendue notamment par des dirigeants du FLN comme Larbi Ben Mehidi et Ramdane Abbane, furent conclus les accords FLN- PCA (mai-juillet1956) négociés, pour le PCA et les CDL, [2] par Bachir Hadj Ali et moi-même.
Après que ces orientations positives furent délaissées et contrecarrées, la prise en main du politique par les chefs de guerre a ravivé les pratiques hégémonistes et les situations de division nationalistes anciennes. Elles se manifestèrent de façon plus aiguë et destructrice à partir du moment où les protagonistes ne les réglaient pas par le débat, l’écoute des attentes populaires, les efforts consensuels pour une plate-forme sociale et démocratique concrète, à l’image des textes élaborés par les mouvements unifiés de résistance à l’occupation nazie en Europe. Les intrigues et complots allèrent jusqu’aux assassinats dont furent victimes nombre de combattants et militants nationalistes ainsi que des militants et cadres communistes de valeur, sur qui s’abattait par surcroît la malfaisance des préjugés et manigances anticommunistes.
Ces pratiques porteront un lourd préjudice à la conduite de la guerre et seront suivies de graves conséquences sur la nature du régime politique après l’indépendance. Les intérêts étroits d’argent et de pouvoir ont accentué cette partie négative de l’héritage des maquis et des réseaux clandestins. Les dirigeants en place après l’indépendance se sont auto proclamés « famille révolutionnaire », une famille multi-clanique confondant « thawra » (révolution) et accaparement du pouvoir par les armes, sous la façade du parti et de la pensée uniques. Ils y ajoutèrent la connotation d’un « socialisme spécifique », en concession à l’idéal et à la revendication de justice sociale, mais avec l’objectif réel déjà avoué en temps de guerre de maintenir le mouvement démocratique social (caporalisation syndicale par le biais de l’UGTA-CISL) et communiste dans un « cocon de chrysalide ».
A l’indépendance, l’interdiction du PCA dès novembre 1962, l’élimination et la marginalisation de nombreux militants et responsables du FLN et de l’ALN étoufferont les efforts d’éducation politique et de mobilisation des bases populaires et laborieuses. Le PCA et ses militants pour leur part n’avaient pas épargné en temps de guerre les efforts souhaitables dans ce sens. Ils ont prêché par l’exemple, s’efforçant d’accompagner chacune de leurs actions armées par des explications sur leur signification, dont les déclarations, les comportements et les témoignages des Maillot, Iveton, Ahmed Inal, Mustapha Saadoun, Nouredine Rebah, Abdelhamid Boudiaf, pour ne citer qu’eux, ont été parmi les plus édifiants. Ils ont déployé des actions à côté de la lutte armée pour compléter et appuyer cette dernière en mobilisant dans tous les domaines la majorité du peuple non directement combattant. Ils ont déployé une constante activité de propagande dans leurs publications diffusées abondamment et de façon continue sur le sol national et à l’étranger. Ils ont appelé et travaillé à initier et faire fructifier la solidarité des pays socialistes, laissée à l’abandon ou même évitée durant toute la première moitié de la guerre par illusion envers le bloc atlantique.
Consulter ces documents permet de juger à un demi-siècle de distance la pertinence des orientations pratiquées et préconisées. Parmi elles, la déclaration du 2 novembre 1954, les lettres adressées à la direction du FLN consignant les résultats des accords FLN-PCA du printemps 1956, les lettres adressées au GPRA en 1958-1959, la brochure « Notre Peuple vaincra » à la veille des manifestations de décembre 1960, le Programme du PCA (avril 1962) ainsi que « l’Essai sur les perspectives de la démocratie dans l’Algérie indépendante » (mai 1962).
Il suffit de consulter l’article de Larbi Bouhali, premier secrétaire du PCA rédigé dans la dernière année de guerre dans la revue « Kommunist » du PC de l’Union Soviétique, pour mesurer si l’appréciation qu’il portait sur les perspectives algériennes après l’indépendance a été ou non confirmée par les faits. Cette évaluation lui avait valu les imprécations virulentes de thuriféraires inconditionnels des orientations et pratiques FLN, camouflant leurs fallacieuses sentences derrière l’épopée du douloureux et fervent combat armé algérien. C’est toute la différence entre une sérieuse analyse de classe des réalités sociales et politiques et le verbiage démagogique, opportuniste et pseudo-socialiste. Comme Frantz Fanon inquiet et lucide pour l’avenir des peuples du Tiers Monde, Bouhali appelait à la vigilance et la lutte résolue pour protéger le contenu des indépendances contre le risque de confiscation.
Faute de traitement politique judicieux et démocratique suffisamment à temps, la cause nationale et sociale algérienne a sombré lors de la décennie 90 dans de nouveaux affrontements armés, fratricides cette fois et ravageurs pour la nation.
Au Politique de reprendre la main démocratiquement aujourd’hui, pour conjurer le troisième embrasement antipopulaire dont l’impérialisme néocolonial et les courants réactionnaires menacent l’Algérie et toute sa région moyen-orientale et africaine.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Sadek Hadjerès est un communiste algérien, combattant de la guerre pour l’indépendance. Cet article publié dans un numéro hors série de l’“Humanité”, daté mars 2012, intitulé : “Algérie, 50 ans d’indépendance”, en vente en kiosque et accompagné d’un DVD : film de René Vautier “ Peuple en marche”.
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NOTES
[1] Pour l’action politique et armée PCA-CDL et FLN-ALN consulter :http://www.socialgerie.net/spip.php?breve435
[2] CDL : Combattants de la Libération, regroupant les combattants communistes ou sympathisants. Organisation armée créée par le PCA à partir de février 1955. La décision a été prise trois mois après le déclenchement de l’insurrection, suite à l’absence de réponse des dirigeants FLN à nos demandes répétées de contacts en vue de définir des modalités d’intégration des communistes à l’ALN. Ces rencontres au plus haut niveau n’auront lieu qu’au printemps de l’année suivante.
Les Moudjahidine algériens veulent « criminaliser le colonialisme français »
Slimane Khalfa
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/80853
En pleine période de commémoration du 50e anniversaire de la signature des accords d'Evian qui ont mis un terme à la guerre d'Algérie, Saïd Abadou, Secrétaire général de l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM), les anciens combattants algériens de la guerre d'indépendance, a appelé mardi le prochain parlement algérien à adopter « la loi criminalisant le colonialisme français ».
En novembre 2011, le ministre algérien de l'Intérieur avait indiqué que ce « projet de loi », déjà introduit en février 2009, « ne repose pas sur un fondement juridique ». S'exprimant sur les ondes de la radio algérienne, Saïd Abadou a été clair : « Nous souhaitons avec insistance l'adoption par le prochain Parlement de la loi criminalisant le colonialisme français. » Il a jugé cette « revendication réaliste », et a précisé que cette loi « est un devoir national » et « une réponse à la loi glorifiant le colonialisme adoptée par le parlement français en 2005 ».
Cette nouvelle demande intervient la veille de la tenue du 11e congrès de l'ONM, prévu les 17 et 18 mars, et en pleine commémoration du 50e anniversaire de la signature des accords d'Evian qui ont mis un terme à la guerre avec la France.
Adoptée par l'Assemblée française, la loi dite du 23 février 2005 avait soulevé un tollé des deux côtés de la Méditerranée parce qu'elle mettait l'accent sur le caractère « positif » de la colonisation. Devant la bronca, le président Jacques Chirac a fait abroger en janvier 2006 le fameux article 4 qui enjoignait aux enseignants de faire état du rôle positif de la colonisation française.
CRIMINALISER LE COLONIALISME FRANÇAIS
En réponse à cette loi, un groupe constitué de 125 députés algériens a déposé en février 2009 une proposition de loi portant sur la criminalisation du colonialisme français devant le bureau de l'Assemblée algérienne. Moussa Abdi, député du FLN (Front de libération nationale) et l'un des initiateurs de ce projet, souhaitait par ailleurs le jugement des responsables des crimes commis durant la colonisation entre 1830 et 1962. Il avait alors expliqué : « Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux. » Aussitôt annoncée, cette initiative avait suscité une levée de boucliers en France et provoqué un regain de tension entre Alger et Paris. Vingt mois plus tard, les autorités algériennes finissaient par annoncer l'abandon de cette position par la voie du président de l'Assemblée nationale. Ensuite, ce fut au tour du ministre de l'Intérieur de prononcer son oraison funèbre : « Le projet de loi ne repose pas sur un fondement juridique. » « Le fondement juridique d'une loi se construit à partir des dispositions générales d'un Code pénal. Dans notre code pénal, il n y a pas de dispositif, puisque tous les faits et gestes qui sont justiciables d'une procédure de poursuite et d'examen, sont désignés. » Selon lui, le code pénal algérien est postérieur à la période « considérée », en référence à la période coloniale.
DIFFICILE A METTRE EN ŒUVRE
En évoquant le problème des sanctions, il avait laissé entendre que si le texte de loi venait à être adopté, cela impliquerait la condamnation de personnalités françaises responsables des crimes commis à l'époque du colonialisme. Procédure impossible juridiquement ? « On va condamner les gens, comment ? », s'était-il interrogé. « Il n'y a pas d'effet rétroactif dans l'application d'une loi. […] Ce qui n'a pas pu être fait en quarante ans au titre du pénal, on ne peut pas le faire cinquante ans après. »
Refusée dans l'actuelle Assemblée, la proposition de loi a-t-elle des chances d'être adoptée par celle qui lui succèdera le 10 mai prochain ?
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Slimane Khalfa
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Egypte : Les deux légitimités de la révolution
Hicham Mourad Analyse
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/80859
L’Egypte n’a probablement jamais connu d’aussi grands bouleversements en si peu de temps dans son histoire récente. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de régime — qui serait remplacé par un autre ayant plus ou moins les mêmes traits — mais d’une véritable mutation qualitative aux conséquences durables et à la signification profonde.
Il faut remonter de presque soixante ans dans l’Histoire pour retrouver un changement d’aussi large portée. A l’époque, l’armée, représentée par le mouvement des Officiers libres, renverse en juillet 1952 la monarchie, instaure la République et met progressivement en place un socialisme d’Etat, à l’opposé du système capitaliste basé sur le féodalisme des grands propriétaires terriens. L’armée met ainsi un terme au long règne de la famille de Mohamad Ali, fondateur de l’Egypte moderne, qui avait accédé au pouvoir en 1805. Bien que le coup d’Etat militaire des Officiers libres soit transformé par la suite en une véritable révolution — dans le sens où il a complètement changé la face de l’Egypte — il fut au départ, comme c’est souvent le cas dans l’histoire de l’Egypte et ailleurs dans le monde, un mouvement qui venait d’«en haut», suivi ensuite seulement par la population. C’est ici que réside la principale différence avec la révolution actuelle de l’Egypte, menée cette fois d’« en bas », par la population elle-même.
Il faut remonter à 1919 pour retrouver, toutes proportions gardées, un soulèvement comparable. A l’époque, les Egyptiens s’étaient révoltés contre l’occupation de la Grande-Bretagne qui, reniant ses promesses, refusait d’accorder l’indépendance à l’Egypte. La révolte d’aujourd’hui a été certes déclenchée et menée par une élite : un mouvement de jeunes révolutionnaires, essentiellement libéraux et de gauche, mais elle a été immédiatement rejointe par des millions d’Egyptiens qui aspiraient à un avenir meilleur.
Cette large participation populaire a eu, et aura des conséquences de longue portée. Beaucoup de tabous sont ainsi tombés : un chef d’Etat autoritaire est traduit en justice, une première ; l’armée, ossature du régime politique, fait l’objet d’attaques et de critiques acerbes, chose inimaginable en Egypte ; les Egyptiens, qui étaient taxés d’apathie politique, battent des records de participation dans les dernières législatives ; les langues se délient et le pays savoure une liberté retrouvée, un privilège dont la population fut longtemps privée... Et la liste pourrait continuer.
Un an après, qu’a donc réalisé la révolution populaire ? La question est sur toutes les lèvres et donne lieu à des controverses et des débats passionnés. Tous sont toutefois unanimes sur le fait que le soulèvement n’a pas atteint ses objectifs. Loin de là. Beaucoup, voire l’essentiel, reste à faire. Bien que les forces politiques s’accordent sur les objectifs à atteindre : justice sociale, démocratie, dignité humaine, meilleures conditions de vie, lutte contre la répression policière et la corruption, elles se divisent sur les chemins à suivre pour réaliser ces objectifs.
Les révolutionnaires, fer de lance du soulèvement qui a renversé le régime de Hosni Moubarak, veulent, portés par la fougue de la jeunesse, aller vite dans la réalisation de leurs objectifs. Ils s’indignent de ce qu’ils estiment être la lenteur, les hésitations et la résistance du Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) à aller de l’avant. Ils le soupçonnent de connivence avec les Frères musulmans, grands gagnants des législatives, de vouloir faire avorter leur révolution. Ils citent à l’appui de leur thèse la poursuite de la violence contre les activistes et l’intention prêtée au Parti Liberté et Justice (PLJ), bras politique des Frères, et le fait d’accorder l’immunité juridique aux militaires soupçonnés d’être les auteurs de la répression meurtrière des protestataires. Les jeunes se sentent floués par la tournure qu’ont prise les événements depuis la chute de Moubarak. Leur impression se confirme par la victoire électorale de deux forces islamistes qui n’avaient joué qu’un rôle mineur dans le déclenchement de la révolte populaire, bien qu’elles y aient participé par la suite et profité de ses conséquences. Il s’agit du PLJ et du parti Al-Nour, porte-étendard des salafistes ultra-conservateurs, qui, ensemble, ont raflé presque 75 % des sièges de la nouvelle Assemblée du peuple, chargée de rédiger la nouvelle Constitution.
Quoique ces forces islamistes se déclarent adhérer aux objectifs de la révolution, certaines priorités de leur programme politique risquent d’être sensiblement différentes de celles avancées par les jeunes révolutionnaires. Ceux-ci citent en particulier les questions de l’application de la charia, des droits de la femme et des coptes et de la liberté d’expression. Les islamistes multiplient à cet égard les déclarations rassurantes. Ils seront finalement jugés sur les actes.
Ce débat, jusqu’ici feutré, entre révolutionnaires et islamistes, et notamment les Frères, première force politique du pays avec 45 % des sièges du Parlement, risque de gagner en aigreur au fur et à mesure que le processus de transition avancera. Les révolutionnaires ont, depuis plusieurs mois, le CSFA dans le collimateur. Ils veulent son départ immédiat du pouvoir et le retour des militaires à leurs casernes. C’est leur combat principal du moment. Mais ils divergent sur l’autorité qui devrait le remplacer. Certains avancent l’idée d’une élection présidentielle dès février. D’autres proposent que les prérogatives du CSFA soient transférées au président du nouveau Parlement. Mais beaucoup contestent cette option, de peur de renforcer davantage le PLJ, dont l’un des dirigeants est le tout nouveau président de l’Assemblée.
Un troisième groupe avance enfin l’idée que le Parlement, seul organe élu jusqu’ici, choisisse une coalition gouvernementale de transition jusqu’à l’élection d’un président. Mais les Frères musulmans s’opposent à toutes ces idées et à tout départ anticipé du CSFA. Ils déclarent s’en tenir au calendrier établi par les militaires, qui doivent céder le pouvoir à un président élu vers fin juin prochain.
Ce débat entre révolutionnaires et islamistes marque l’interaction, qui risque de virer en affrontement, au moins sur certaines questions (comme l’Etat civil), entre deux légitimités : celle révolutionnaire, née à la place Tahrir, et celle démocratique, issue des élections post-Moubarak. C’est cette dialectique entre deux logiques, deux légitimités, leur coopération future, ou leur affrontement — ou plutôt l’amalgame coopération/affrontement — qui déterminera la direction que prendra la « révolution » en 2012 et au-delà. Suivra-t-elle le chemin tracé par ses initiateurs ? Ou empruntera-t-elle celui des forces islamistes montantes ? C’est pour répondre à ces questions et à bien d’autres sur l’avenir et le passé récent du soulèvement du peuple égyptien qu’Al-Ahram Hebdo a consacré ce numéro spécial au premier anniversaire du 25 janvier. Il y traite au fil des pages des divers aspects politique, économique, social, culturel, artistique et autres d’un mouvement populaire en passe de modifier profondément le visage de l’Egypte.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Hicham Mourad - Source : http://www.cetri.be
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Terreur salafiste à la Manouba
Habib Mellakh
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/features/80856
De mémoire d'enseignant sur le point d'achever la trente neuvième année de sa carrière, je ne me souviens pas avoir été témoin d'une journée aussi cauchemardesque que celle que je viens de vivre ce mercredi 7 mars. Il m'a été donné d'assister sous le régime de Bourguiba et de Ben Ali à de nombreuses crises, à des moments dramatiques à l'université mais je n'ai jamais vu des scènes aussi terrifiantes où une faculté, des enseignants et des étudiants sans défense ont été livrés par les autorités à l'hystérie d'un groupuscule politique. Des étudiants « rcédistes » ont, certes, pu parfois attaquer des institutions universitaires à l'occasion d'élections des représentants des étudiants au sein des conseils scientifiques mais ces agressions n'ont jamais été perpétrées par des milices « rcédistes » et les enseignants ont toujours été épargnés.
Ce groupuscule politique qui a pris en otage aujourd'hui notre faculté était composé d'une centaine de salafistes et de membres du parti Ettahrir, arborant les drapeaux de leurs partis respectifs. Ces miliciens dont certains ont été reconnus comme des commerçants ayant pignon sur rue dans des quartiers populaires voisins de la faculté et qui rappellent par leur uniforme - habit afghan et brodequin militaire - , leur comportement violent, leurs chants, les groupuscules fascistes et extrémistes qui ont sévi dans d'autres contrées, sont venus réclamer le départ du doyen élu de la FLAHM. Bloquant l'accès à la faculté, ils ont empêché tous les étudiants d'en franchir le seuil et interdit aux voitures d'y pénétrer.
Cette interdiction a suscité la rage de beaucoup d'étudiants désireux de rejoindre les salles de cours, très critiques à l'égard de l'autorité de tutelle accusée de connivence avec les partisans du niqàb, mais impuissants devant les menaces des salafistes, impressionnants par leur force physique, grossiers à souhait et dont le regard, les gestes et les propos arrogants dissuadaient de nombreux étudiants à persévérer dans leurs tentatives de forcer le blocus. Ce barrage humain érigé par les salafistes semblait plaire à quelques étudiants arabisants auxquels on a fait accroire que la détermination des enseignants à refuser les niqabées avait engendré l'impasse, les avait privés de cours et qu'il fallait les faire plier en recourant à la politique du pire.
Vers dix heures et demie, l'obstination de la majorité habituellement silencieuse renforcée par des militants de l'UGET a fini par avoir raison du blocus. Mais seuls quelques cours ont eu lieu à cause du forfait de nombreux étudiants craignant dès le départ de se mesurer aux salafistes et préférant rentrer chez eux et en raison de la décision prise par les militants de l'UGET d'organiser une assemblée générale devant l'administration centrale pour contrecarrer la démonstration de force des salafistes.
La joute verbale, par assemblées interposés, opposant salafistes et ugétistes se transforme en une altercation sur le toit de l'ancien poste de police lorsque des salafistes ont enlevé le drapeau tunisien et l'ont remplacé par le drapeau noir du parti Ettahrir. Cette profanation de l'emblème national, perçue comme une atteinte à l'unité de la Nation et un affront à ses valeurs et au sang versé par ses martyrs a suscité une réaction très noble et très héroïque chez une jeune étudiante qui, contrant le sectarisme du salafiste, s'est précipitée pour hisser à nouveau le drapeau national et qui, bien que sauvagement bousculée est parvenue à ses fins avec l'aide d'autres camarades.
Ce sacrilège n'est pas sans rappeler une autre scène où l'un des sit-ineurs, en tenue de combat, brandit dans une attitude iconoclaste, après s'être hissée sur le socle élevé de la sculpture baptisée «Michket el Anouar » (la lanterne du savoir) et située au milieu du parc, ce même drapeau noir du parti Ettahrir. Cette scène qui s'est déroulée à la fin des examens semestriels, et qui est emblématique des enjeux de l'affaire du niqàb, signifie la politisation de l'université, son asservissement aux idéologies, l'intention d'en faire l'instrument d'une idéologie sectaire, d'une propagande pour un nouveau projet de société inspiré d'une lecture dogmatique de l'Islam qui exclut les autres interprétations considérées comme des hérésies. L'élément nouveau aujourd'hui qui réside dans la profanation de la bannière nationale confirme ce projet sectaire.
Ces salafistes, après un échange d'accusations et d'insultes mutuelles avec les ugétistes, pourchassent ces derniers à l'extérieur de la faculté, blessant deux d'entre eux selon des témoignages concordants. De retour à la faculté, ils essaient de semer l'épouvante à l'intérieur de l'établissement. Alors que j'étais en train de discuter de la situation avec un groupe de trois collègues, l'un des salafistes qui semble avoir mis les pieds à la faculté pour la première fois, plus hystérique que les autres et suivi par une horde déchaînée, courant à une allure vertigineuse vers l'administration centrale qui abrite le bureau du doyen, toise notre groupe et nous dit : « L'un d'entre vous est-il le doyen mécréant ? » et il nous aurait agressé sans l'interposition énergique de l'un des étudiants qui a craint le pire. Une niqabée vocifère : « Où est le doyen ? Je vais le frapper d'un coup de couteau »,. Et le groupe de continuer sa course folle vers le bureau du doyen à qui je téléphone et qui m'apprend qu'il n'est plus dans son bureau.
A peine sorti de la faculté, je suis témoin de la cavalcade d'un groupe conduit par une jeune fille et pourchassé par un groupe de barbus. Bien qu'essoufflée et en proie à une grosse panique, elle m'informe qu'elle est journaliste freelance, qu'elle travaille pour la BBC et qu'elle est poursuivie, elle et son groupe, pour avoir filmé les salafistes en train de tabasser un étudiant de l'UGET, l'objet de la poursuite étant bien entendu la confiscation de la caméra du groupe pour récupérer le film accusateur. Un citoyen remarquant le désarroi arrête sa voiture et nous avons le temps de nous y engouffrer.
Que les salafistes sèment la terreur à la faculté, qu'ils menacent de mort le personnel, qu'ils cherchent le doyen pour l'agresser ou le poignarder, tout cela n'émeut nullement les autorités qui se murent dans un silence complice. Les requêtes du doyen auprès des autorités sollicitant l'intervention des forces de l'ordre pour mettre fin à l'attaque des salafistes et au chaos qu'elle a générée n'ont pas été prises en considération. Nous sommes devenus coutumiers de cette attitude qui n'étonne plus venant d'autorités qui nous ont aussi habitués à prendre la défense des agresseurs ou qui nient le réel en évoquant la fabulation des enseignants ou le déforment en parlant de l'amplification des faits. Vers dix sept heures, le sit-in est levé par les sit-ineurs eux-mêmes selon les informations qui me sont parvenues.
Cette journée dramatique a entamé, il faut l'avouer, le moral des collègues les plus jeunes mais la détermination à sauver l'année universitaire et à défendre les valeurs universitaires a pris le pas sur la fatigue constatée chez le personnel enseignant un peu éprouvé par trois mois d'un combat stoïque. C'est le constat qui a pu être fait à l'occasion de l'assemblée syndicale tenue aujourd'hui qui sera suivie d'autres assemblées générales d'évaluation lors des prochains jours.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Habib Mellakh est universitaire, syndicaliste. Département de français, Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie) – Sources : http://www.leaders.com.tn/article/terreur-salafiste-a-la-manouba?id=7866
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Commentaires & analyses
Tchad : La famille d’Ibni Oumar Mahamat Saleh dépose plainte en France
Ophélie Latil et Aurélie Chatelard
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/comment/80860
Quatre ans après l’enlèvement à son domicile à N’Djamena - la capitale du Tchad - de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh par des éléments des forces de sécurité tchadiennes, sa famille, assistée par son avocat Maître William Bourdon, a décidé de déposer une plainte en France avec constitution de partie civile pour enlèvement, séquestration, torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Cette plainte a été déposée le 7 février 2012 devant le tribunal de grande instance de Paris. Elle est l’aboutissement logique d’une défaillance de la justice tchadienne.
L’ACAT-France et Amnesty International France soutiennent l’initiative de la famille d’Ibni Oumar Mahamat Saleh dans leur quête de vérité et de justice. Ces deux associations ont, à de nombreuses reprises ces dernières années, interpellé les autorités tchadiennes et françaises pour que toute la lumière soit faite sur cette disparition forcée.
Après quatre années passées, force est de constater que la procédure judiciaire en cours au Tchad n’a conduit à aucune révélation quant au sort qui a été réservé à Ibni Oumar Mahamat Saleh. Elle n’a également pas permis à ses proches de connaître la vérité. Selon Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France : « Faute de réelle volonté politique, le Tchad n’a jamais véritablement engagé de procédure judiciaire sur cette affaire. Aucun des auteurs et responsables présumés de cette disparition n’a eu à répondre de ses actes devant la justice plus de quatre ans après la disparition forcée d’Ibni Oumar Mahamat Saleh ».
« Après tout ce temps passé, les autorités tchadiennes auraient pu croire que l’affaire Ibni allait être enterrée comme bien d’autres affaires semblables au Tchad. Cette impunité a, au contraire, poussé sa famille à se mobiliser encore plus fortement. Aujourd’hui, dans une suite logique de quête de la vérité, la justice française est saisie de ce dossier » affirme Clément Boursin, responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France.
L’ACAT-France et Amnesty International France espèrent qu’une instruction sera rapidement ouverte en France et que la justice pourra faire son travail en toute indépendance, sans interférences politiques et diplomatiques.
L’ACAT-France et Amnesty International France appellent les autorités françaises, notamment le ministère de la Défense, à répondre favorablement aux éventuelles demandes de déclassification de tous les documents, y compris ceux classés « secrets-défense », relatifs aux événements de février 2008 à N’Djamena, qui pourraient être effectuées dans le cadre de la plainte déposée en France.
Dans le même temps, l’ACAT-France et Amnesty International France, conformément aux recommandations de la commission nationale tchadienne chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme commises en janvier-février 2008, appellent les autorités tchadiennes à traduire en justice, dans les délais les plus brefs, les responsables d’homicides illégaux, de viols, de tortures, d’arrestations arbitraires et de détentions illégales, perpétrés lors de ces événements, dans le cadre de procès respectant les normes internationales d’équité et sans recours à la peine de mort.
L’ACAT-France et Amnesty International France tiennent à rappeler que ces graves atteintes aux droits de l’homme commises, tant par les forces de sécurité tchadiennes que par les groupes armés d’opposition, pourraient faire l’objet au regard du droit international d’une enquête préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) en cas d’absence de progrès significatif au Tchad.
RAPPEL DES FAITS
Ibni Oumar Mahamat Saleh a été arrêté le 3 février 2008 à son domicile de N’Djamena par des membres des services de sécurité tchadiens, après que l’attaque menée par une coalition de groupes armés d’opposition contre N’Djamena eut échoué. Les autorités tchadiennes n’ont toujours pas révélé ce qu’il est advenu de lui ni traduit en justice les responsables présumés de sa disparition forcée.
Lors des évènements de février 2008, la France a appuyé les autorités tchadiennes pour repousser les forces d’opposition armées. La présence d’officiers français auprès de la présidence tchadienne à la date le 3 février, date à laquelle trois opposants politiques dont Ibni Oumar Mahamat Saleh, ont été enlevés, serait avérée. Les autorités françaises doivent dès lors faire preuve de toute la transparence nécessaire afin de contribuer à l’établissement de la vérité dans cette affaire, qu’elles ont publiquement et à plusieurs reprises appelée de leurs vœux.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Ophélie Latil est contact presse d’ACAT-France et Aurélie Chatelard est contacts presse d’Amnesty International France
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Tchad : Un député incarcéré, un président criminel accueilli à Marseille
Stéphanie Dubois de Prisque
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/comment/80855
Le député d’opposition tchadien Gali N’Gothé Gatta a été arrêté le 4 mars par les forces de défense et de sécurité de son pays et placé en garde à vue. Jugé le 6 mars pour braconnage et tentative de corruption, il a été condamné à un an d'emprisonnement ferme malgré des vices de forme dans la procédure et surtout, en dépit de son immunité parlementaire.
L'arbitraire de cette inculpation suscite l’émotion et la colère au sein de l'opposition tchadienne, régulièrement victime d’intimidations, menaces et même d’exactions. Rappelons en particulier l'arrestation et la disparition en 2008 d’Ibni Oumar Mahamet Saleh, très probablement assassiné sans que l'enquête internationale diligentée n’ait à ce jour permis de faire complètement la lumière sur cet épisode, ni à ce que cette affaire soit jugée.
Si Nicolas Sarkozy s'était engagé à peser sur l'État tchadien pour que la vérité sur cette disparition apparaisse enfin, il n'y a eu à ce jour aucune démarche engagée à l'initiative du gouvernement français.
Le harcèlement des parlementaires est une technique récurrente du pouvoir tchadien, comme l’atteste la procédure de levée de l’immunité parlementaire qui pèse sur un autre député tchadien, Saleh Kebzabo.
L'État français et son président actuel, qui n'ont jamais marqué la moindre réticence face à ces atteintes manifestes aux droits humains, ont accueilli comme un «héros du bien commun» le président Déby au Forum Mondial de l’eau, à Marseille, ce lundi 12 mars 2012. Ce dernier, comble de l’ironie, était censé mener un débat international sur la sauvegarde du Lac Tchad, lui qui n’a jamais défendu que les intérêts de son clan, et accessoirement ceux de la France.
Les intérêts stratégiques et militaires français au Tchad sont, il est vrai, très anciens, et défendus en toute opacité par l'opération Epervier, « provisoire » depuis 1986, qui a permis à plusieurs reprises à Idriss Déby de conserver le pouvoir par la force.
Cette collaboration ostentatoire de l'État français avec une dictature criminelle qui se moque des aspirations de son peuple suscite de nombreuses réactions de protestation, y compris au sein de la classe politique et du Parlement français, car elle ne fait pas honneur à notre pays.
La période électorale que la France traverse actuellement doit être l'occasion d'une remise en cause profonde de la politique africaine menée depuis 50 ans, afin d'établir enfin une relation équilibrée et respectueuse des droits humains.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Stéphanie Dubois de Prisque est chargée de communication de Survie
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Plaidoyers & campagnes
L’eau, bien commun de l’humanité, un enjeu pour le "droit à la ville"
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/80854
Sur notre planète bleue, aujourd’hui majoritairement urbaine, « droit à l’eau », « droit à la ville » et « droits de la nature » sont intimement liés. Il n’y a pas de « droit à la ville » et de « droit à la vie » sans un accès démocratique, pour toutes et tous, à l’eau potable et à l’assainissement. C’est un enjeu vital, de santé publique, de vivre ensemble, d’inclusion sociale pour garantir des espaces métropolitains durables, l’avenir de notre planète et le bien être des générations futures. C’est à tous ces titres que l’eau est un Bien commun précieux, un droit humain qui doit être placé sous contrôle démocratique et citoyen, contrôle à propos duquel les pouvoirs locaux (ville, département, région), placés au cœur de ce rapport entre « droit à l’eau » et « droit à la ville », peuvent et doivent jouer un rôle important.
Les défis à relever sont immenses :
Respectivement 1,5 milliards et 2,5 milliards d’êtres humains, notamment dans les grandes aires métropolitaines, n’ont toujours pas accès à l’eau potable et à l’assainissement. Les autorités locales sont par définition dans un rapport de proximité à cette urgence sociale et sanitaire. Si nous nous félicitons que depuis Istanbul, l’ONU ait reconnu l’accès à l’eau comme un Droit, cela appelle une mobilisation générale des Etats, notamment des plus riches, et des institutions financières, sans aucune autre logique que de rendre ce droit fondamental effectif. Nous considérons par exemple qu’une part des colossales dépenses d’armements effectuées chaque année dans le monde par les Etats pourrait être redirigée et consacrée au respect de la vie que représente l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les villes.
Pour nous le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement dans la ville ne peut faire l’objet d’aucun « marchandage », d’aucune appropriation faisant échapper ce service d’intérêt général à la maîtrise publique, citoyenne et démocratique. Nous refusons que les villes et leurs citoyen/nes soient considéré/es comme des « marchés » pour la distribution et la récupération des eaux.
Dans la circulation et l’utilisation de l’eau, monde urbain et monde rural sont plus que jamais interdépendants. Par effet de contamination, leurs pollutions respectives s’alimentent, avec de terribles conséquences sur les écosystèmes, sur la vie, la santé et finalement l’état général de notre planète. En tant que Autorités locales nous souhaitons expérimenter la mise en œuvre de nouvelles relations permettant la promotion d’une agriculture et d’espaces urbains plus économes en eau, préservant sa qualité (réduction des pesticides, des pollutions urbaines, qualités des réseaux, urbanisme approprié…) et son accès pour toutes et tous.
L’eau, les rivières et les fleuves doivent reconquérir toute leur place dans la ville. Nous œuvrons pour l’aménagement, l’urbanisme, la gestion des eaux usées et pluviales, le transport fluvial afin de construire une culture commune de l’eau contribuant à la qualité du vivre ensemble dans la ville.
C’est dans le même esprit que nous refusons que l’exploration et l’exploitation des gaz et pétroles de schistes privatisent et détruisent les nappes phréatiques.
Cette mobilisation pour « le droit à l’eau », « le droit à la ville » et « les droits de la nature » doit s’intégrer aux recherches et à la mise en œuvre des Agenda 21 locaux pour le développement durable comme à la nécessaire transition énergétique du monde urbain pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique causé par les énergies fossiles.
En tant qu’Autorités locales, nous sommes convaincues que le droit à la ville, le droit à des aires métropolitaines solidaires et durables, appelle à considérer l’eau comme un bien commun. Le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement relevant de l’intérêt général ne saurait être négociable. Cela implique une nouvelle culture de l’eau dans laquelle nous souhaitons prendre toute notre part en favorisant la citoyenneté, la responsabilisation individuelle et collective.
Nous relayons à ce titre les exigences formulées par de nombreux mouvements de citoyens/nes afin que les Nations Unies initient un processus multilatéral, transparent et ouvert à la société civile mondiale sur le droit à l’eau et à l’assainissement.
Nous nous engageons, à travers nos différents réseaux, à partager et diffuser les pratiques vertueuses qui vont dans ce sens, notamment celles qui s’inscrivent dans les logiques de gratuité ou de tarification à très bas coût pour les familles modestes ; celles qui s’opposent à la « marchandisation » de l’eau et promeuvent sa réappropriation sociale et démocratique ; celles qui favorisent l’éducation au développement pour apprendre à protéger et économiser ce bien commun de l’humanité.
Le droit à la ville se renforce dans le droit d’accès à une eau de qualité pour toutes et tous.
Aubagne (France), le 13 mars 2012.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Déclaration finale de la Rencontre internationale d’Autorités locales - Adresse au Forum mondial de l’eau / au Forum alternatif mondial de l’eau
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L’état des libertés publiques en Tunisie appelle à la vigilance et à la mobilisation
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/80857
Mercredi 7 mars 2012 a eu lieu, à la Faculté des Lettres de la Manouba, un événement d’une gravité exceptionnelle : un membre d’un groupe dit « salafiste » a escaladé les murs du bâtiment central de la Faculté, a procédé à l’enlèvement du drapeau national et l’a remplacé pour hisser à sa place le drapeau noir de la mouvance salafiste. Les étudiants sont intervenus pour empêcher cet acte anti-tunisien.
Ce n’est pas la première fois que la Faculté de la Manouba fait l’objet d’occupations et de d’exactions de la part de ce groupe salafiste étranger à l’université.
Le gouvernement et en particulier les ministres de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur ont fait preuve d'inaction et d'absence de réaction à l’émotion et à l’indignation générale suscitée par cet affront !
Les autorités politiques, par leur silence et leur immobilisme portent une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation. Les dernières déclarations du Ministre provisoire de l’Intérieur, n'ont pas été objectives concernant le rôle du Doyen de la Faculté de la Manouba et du Conseil Scientifique, dans l'occupation des salafistes de la faculté, elles peuvent que choquer les démocrates de notre pays.
Nous associations, organisations politiques, citoyennes et citoyens Tunisiennes et Tunisiens vivant à l’Etranger exprimons notre inquiétude face à l’attitude des autorités. Nous sommes inquiets de constater qu’on arrête un directeur de journal pour publication de photo « choquante » et en même temps on laisse courir l’auteur d’une violation abjecte à l’égard d’un symbole de la République. Toucher au symbole de la lutte pour l’indépendance nationale pour lequel nos martyrs sont tombés en combattant le colonialisme.
Par cet appel, nous exprimons notre entier soutien au doyen Habib Kazdoghli, aux enseignants et aux étudiants de l’université de la Manouba ainsi qu’au syndicat national de l’enseignement supérieur et l’Union Générale des étudiants de Tunisie (U.G.E.T.), qui dans ces moments d’affrontement avec l’obscurantisme défendent les justes décisions du conseil scientifique de la faculté.
Nous Tunisien(ne)s exigeons des autorités qu’elles prennent leur responsabilité dans la protection de l’immunité de l’université tunisienne. Lorsque la vie universitaire est menacée par des éléments étrangers, il est du devoir des autorités de tutelle de la protéger.
Il est inadmissible d’empêcher le fonctionnement normal et démocratique de la vie universitaire. Nous ne pouvons accepter l’obstruction faite par un groupe de personnes étrangères empêchant les idées de se confronter en toute liberté et dans le respect mutuel. C’est le sens même de la mission universitaire.
Nous demandons à ce que toute la lumière soit faite sur les auteurs de ces agressions répétées et qu’il soit mis fin à leurs méfaits.
Nous sommes inquiet(e)s parce que chaque jour apporte son lot d’atteinte et de violation des libertés fondamentales.
Nous tunisiennes et tunisiens de l’étranger, signataires de cet appel, sommes inquiet(e)s de la dégradation des libertés acquises et arrachées au prix de sang des martyrs de la Révolution tunisienne dont la revendication essentielle était la liberté ! le travail et la dignité.
Nous rappelons que la démocratie ne peut se construire dans un climat d’intolérance et de violence et en l’absence du respect des libertés fondamentales.
Premiers signataires :
- A.D.T.F
– Association Ali Bach hamba
– A.T.F.
– C.R.L.D.H.T.
– D.C.T.E.
– ETTAJDID/France
– IDEAL/92
– F.T.C.R.
– P.D.M.
– P.D.P./France
– U.T.I.T. /IdF
– W.D.15
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Arts & livres
Afrique : Les Africains et leurs responsabilités dans la traite des Noirs
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/books/80845
Sénégal : Révélations d'un livre sur les accords entre l’Etat et les rebelles casamançais
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/books/80830
Droits humains
Afrique du Sud : Thabo Mbeki poursuit l'ex-conseiller de Zuma
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80807
Algérie : 16 condamnations à mort pour les attentats de 2007
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80817
Algérie : La mémoire vive de la guerre d’indépendance
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80850
Côte d'Ivoire: les charniers de Duékoué passés au crible par la CPI
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80849
Egypte : 75 personnes poursuivies pour le drame au stade
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80848
Global : Mobilisation pour les défenseurs des droits humains
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80838
Global : George Clooney arrêté lors d'une manifestation contre le Soudan
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80841
George Clooney a été arrêté le 16 mars à Washington en manifestant devant l'ambassade du Soudan, dernière action d'éclat de l'acteur américain qui cherche à attirer l'attention sur "les crimes de guerre" et la crise humanitaire qui se déroulent selon lui dans le sud du pays. L'acteur a expliqué devant de très nombreuses caméras qu'il exigeait que le gouvernement soudanais autorise la communauté internationale à envoyer une aide humanitaire "avant que cela ne devienne la pire crise humanitaire à la surface du globe".
http://f24.my/ziqVtJ
Libye : Abdallah al-Senoussi, ex-pilier du régime Kadhafi, arrêté à Nouakchott
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80847
Maroc : Suicide d’une fille et débat national sur le viol et le droit des femmes
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80851
Maroc : Suicide d’une adolescente contrainte d’épouser son violeur
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80818
Rd Congo : La CPI condamne Thomas Lubanga pour crimes de guerre
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80812
Rd Congo : Bosco Ntaganda dans le collimateur de la CPI
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80835
Sénégal : Wade porte plainte contre un journal français
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80809
Réfugiés & migration forcée
Mali : 72.000 personnes en situation critique
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/80846
Rd Congo : Retour au pays du général mobutiste Kpama Baramoto
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/80840
Elections & gouvernance
Côte d'Ivoire : Jeannot Ahoussou Kouadio nouveau premier ministre
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80805
Côte d’Ivoire : Déception à Abidjan après le remaniement
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80806
Gambie : L'opposition boycotte la campagne électorale
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80821
Mali : Election à Kidal en dépit du climat d'insécurité
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80881
Sénégal : Craignant pour sa sécurité, Alioune Tine fuit au Burkina
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80811
Sénégal : Forte abstention chez les militaires pour le second tour
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80880
Zambie : Le plus important parti de l'opposition dissous
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80839
Corruption
Afrique : Les 10 pays africains les plus corrompus
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/80844
Côte d'Ivoire : Une loi contre l’enrichissement illicite
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/80852
Développement
Afrique : Comment profiter de l'insécurité énergétique mondiale
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/development/80808
Mali : La Société des télécommunications bientôt en bourse
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/development/80810
Sénégal : Pillage des ressources halieutiques par des chalutiers
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/development/80815
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Les gouvernements invités à s’engager dans la prévention du Sida
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80833
Afrique : L'obésité, un nouveau fléau en Afrique
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80882
Algérie : La santé en détresse malgré les réformes
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80822
Congo : double peine pour les sinistrés de Mpila
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80826
Global : Une personne meurt du tabagisme toutes les 6 secondes
2012-03-19
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80883
Sénégal : Des outils électroniques menacent la santé des populations
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/80829
Éducation
Bénin : Les enseignants forcés de choisir entre grève et chômage
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/education/80824
Côte d’Ivoire : Aider les enfants à aller à l’école avec un extrait de naissance
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/education/80825
Sénégal : L’année scolaire en passe d’être sauvée
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/education/80836
LGBTI
Sénégal : Wade freine la polémique sur l’homosexualité dans la campagne
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/80832
Environnement
Afrique : L'ONU s’engage contre les déchets électroniques
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/environment/80823
Afrique : Plus de déchets électroniques que l'Europe d'ici 2017
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/environment/80842
Sénégal : Des pêcheurs annoncent une plainte contre le gouvernement
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/environment/80816
Justice Alimentaire
Afrique : Un nouveau système d’information agricole pour la Cedeao
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/food/80834
Conflits & urgences
Mali : Des hommes armés empêchent le CICR de secourir des civils
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80831
Mali : Tessalit aux mains des rebelles du MNLA
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80814
Sud-Soudan : Le pays cherche à éviter une guerre interne
2012-03-18
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80813
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ISSN 1753-6847








