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Pambazuka News 234 : Droits humains, développement et justice internationale
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Annonces, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Courrier, 5. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Environnement, 15. Justice Alimentaire, 16. Nouvelles de la diaspora, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Démocratie et développement
ANNONCES : Fanon. Et après ?
PLAIDOYERS & CAMPAGNE : Droit à l’eau et droits humains.
POUVOIRS EMERGENTS : Afrique : L’Inde a prévu des investissements de 250 000 milliards.
FEMMES ET GENRE : Rd Congo : Pourquoi les Congolais obligent les femmes à porter le pagne.
DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : La police s’attaque à la criminalité contre les ressortissants chinois.
REFUGIES ET MIGRATION : Global : Cinq morts dans un bateau au large de Lampedusa.
ELLECTIONS ET GOUVERNANCE : Guinée-Bissau Appels à annuler la présidentielle, crainte de violences.
CORRUPTION : Afrique du Sud : L’opposition autorisée à consulter le dossier corruption de Zuma.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La croissance économique africaine ralentie en 2011.
SANTE ET VIH/SIDA : Côte d’Ivoire : 90% des malades de sida dépendent de l’aide extérieur.
EDUCATION : Afrique : La Francophonie perd son latin.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Bientôt plus de déchets « électroniques » générés sur le continent d’en Europe.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : La crise alimentaire pourrait s’aggraver.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global La France va-t-elle extrader un opposant vers l’Algérie ?
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : ne parle-t-on plus de la Libye.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Cameroun : Environ 7% de taux de pénétration en 2011.
Chroniques
Démocratie et développement
Sahondra Rabenarivo est
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/81084
Au risque de surprendre, je suis moins démocrate que légaliste, car Etat autoritaire ou démocrate : gouverner c’est édicter - faire la loi, réglementer la vie, et punir tout contrevenant. Tout est après, entre démocratie et dictature, question de nuance et de degré.
Deux grands ouvrages viennent d’être publiés en 2011 sur les « modernisateurs » de la Corée du Sud (Park Chung Hee) et de la Chine (Deng Xiaoping). Ce n’étaient surtout pas des démocrates. Mais sur une vingtaine d’années au pouvoir, ils ont emmené leurs pays respectifs d’un état de pauvreté sans doute similaire au nôtre vers l’ère moderne (avec tout ce que cela implique aussi, surtout en Chine). Tous deux l’ont fait par la loi et par la politique petit « p » (policy).
Park Chung Hee est mort assassiné en 1978 et Deng Xiaoping en 1997. Ce n’est que maintenant, à l’aide d’un travail méticuleux de chercheurs respectivement coréens et chinois, que ces ouvrages d’analyse sortent. Parce que, semblerait-il, les gens veulent comprendre le « secret du succès » et, il faut le dire, s’il y a alternative fiable et imitable au modèle occidental.
Dans les deux cas, une chose est certaine. Le pouvoir s’est reposé sur une bureaucratie forte. La Corée du Sud, colonisée par le Japon, était dotée d’une bureaucratie fière, professionnelle et compétente, d’une part, et d’un secteur privé nationaliste et performant, d’autre part. Les épargnes importantes et « forcées » par l’Etat (comme nos 13% de cotisations CNAPS) ont été acheminées vers l’industrialisation « forcée » de la Corée, et le secteur privé en a fait bon usage (en général) : Hyundai, Kia, Samsung viennent dominer aujourd’hui les marchés mondiaux, même à Madagascar… ce sont leurs grands-pères que Park a « utilisés » pour son programme tenace, implacable, nationaliste et fier de modernisation.
L’ouvrage sur Park consacre un chapitre à la comparaison avec un dictateur de même âge, de la même ère et dans le voisinage : Ferdinand Marcos des Philippines. Le chapitre conclut que Park aurait échoué en Philippines, la bureaucratie technocratique n’y existait pas, mais aussi que le parcours culturel et historique y était différent. Les Philippines avaient une longue tradition de leaders kleptocrates, la politique était avant tout la bataille pour les richesses, le clientélisme dominait sur l’intérêt général, l’armée était destinée à défendre contre les insurrections internes (contrairement à la Corée du Sud, fixée sur le Nord et donc hyper-professionnalisée et moderne), la machine politique dispensait les faveurs, le régime était personnalisé, et la dictature y était même dite conjugale vu l’important rôle joué par son épouse Imelda. Nous qui nous ventons d’être asiatiques n’avons peut-être pas choisi les bons cousins pour le parallélisme.
Deng Xiaoping avait, lui, décidé de changer les formules de taxation des producteurs ruraux, en fixant un plafond au-delà duquel la récolte n’est plus taxée, laissant le reste au paysan et donnant ainsi des incitations pour produire plus et mieux encore. Mais sans la bureaucratie immense du Parti Communiste et l’efficacité et charisme de Deng à la tête de cette dernière, ce type de réforme pragmatique n’aurait jamais fait ses preuves.
Chez nous, les élections viendront tout ou tard. La tendance à confondre élections avec démocratie se perpétuera. Post-crise, la nouvelle vague sera la gouvernance. Certes, dans une démocratie encore fort imparfaite et pour améliorer la qualité des élus, une insistance sur la gouvernance donnera aux citoyens un moyen pour faire pression. Mais comment allons-nous faire pour la modernisation ? A en croire l’histoire, il faut au moins 20 ans, avec sacrifice, travail, chance et leadership pour y arriver. Mais avant tout, il faut la machine administrative, le professionnalisme et les institutions fortes pour promouvoir les objectifs de développement. Pour Park Chung Hee et Deng Xiaoping, il s’agissait de galvaniser les talents/ressources privés vers des objectifs publics, en ayant une relation symbiotique avec le secteur privé et en construisant des institutions étatiques fortes et performantes. Démocratie viendra après….
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Sahondra Rabenarivo
est est juriste
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NOTES
1) The Park Chung Hee Era, The Transformation of South Korea, edited by Byung-Kook Kim and Ezra F. Vogel, Harvard University Press, 2011.
2) Deng Xiaoping and the Modernisation of China, Ezra F. Vogel, Harvard University Press, 2011.
Les Congolais votent, mais ne décident pas !
Georges Nzongola-Ntalaja
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/81086
Dans son excellente contribution au blog électronique Possible Futures du 15 février 2012, Joshua Marks écrit qu'«il est difficile de s’expliquer la réaction de nombreux gouvernements occidentaux et des acteurs internationaux concernant les élections désastreuses en République démocratique du Congo (RDC) du 28 novembre 2011. » (1) Pour ceux d'entre nous qui avons suivi les actions des gouvernements occidentaux et des acteurs internationaux, depuis leur complicité dans la révocation illégale de Patrice Lumumba de sa position de Premier ministre démocratiquement élu du Congo en septembre 1960 et son assassinat sur ordre des gouvernements américain et belge en janvier 1961, leur mépris total pour le droit démocratique du peuple congolais de choisir ses propres dirigeants est parfaitement compréhensible. Il est symptomatique de l'hypocrisie et du double jeu qui régissent les politiques étrangères de ces promoteurs autoproclamés de la démocratie et des droits de l'homme.
Dans un exposé au congrès annuel de l'Association américaine des études africaines à la Nouvelle Orléans, en 2009, j'avais fait la critique suivante de la politique étrangère du président Barack Obama, basée sur son discours du 4 juin 2009 au Caire: « L'espoir en Afrique est que les gouvernements étrangers qui prétendent avoir à cœur les intérêts des peuples africains, comme semble le dire l'administration Obama, soutiennent les luttes populaires pour la démocratie sur le continent. Cela implique que ces gouvernements s’en tiennent aux mêmes critères pour tous les régimes, et ne recourent pas à la pratique des deux poids, deux mesures ni ne se montrent complaisants vis-à-vis des alliés stratégiques favoris. A titre d’exemple, le régime du président égyptien Hosni Moubarak est notoirement connu pour ses violations flagrantes des droits de l'homme et sa conduite d'élections frauduleuses. Et pourtant Washington est très timide à faire pression sur son allié sur cette question. Dans son discours du Caire au monde musulman, le président Obama avait peu à dire sur la démocratie en Egypte. » (2)
Un mois plus tard, après le discours du Caire, la politique de deux poids, deux mesures était très manifeste avec l’allocution d’Obama devant le parlement ghanéen, le 11 juillet. Le président américain adopta ici une attitude condescendante vis-à-vis des Africains, auxquels il a donné des leçons sur les vertus des institutions puissantes au lieu des hommes forts ou leaders autocratiques. Au Caire, par ailleurs, il n'avait pas eu le courage de rappeler à son auditoire que l'Egypte, comme tant d'autres pays sur le continent africain, était gouverné par un autocrate. Tant que l'autocrate était en plein contrôle du pays et de son peuple, il n'y avait pas besoin de rappeler à l'ordre cet allié stratégique. La même chose s'applique au Bahreïn et à l’Arabie Saoudite aujourd'hui, deux pays dont la pratique de la démocratie et des droits de l'homme est ignoble, mais dont les régimes demeurent pourtant parmi les meilleurs alliés de Washington au Moyen-Orient.
Pour en venir au cas de la République démocratique du Congo (RDC), l'administration Obama a déçu tous ceux qui avaient fondé tous leurs espoirs sur un retour à des politiques basées sur les principes pour la promotion de la démocratie et des droits de l’homme amorcées par l'administration du président Jimmy Carter. En tant que sénateur, Barack Obama eut à son crédit l’adoption d’une loi majeure, qui fut également soutenue par la sénatrice Hillary Rodham Clinton. Il s’agit du projet sénatorial de loi 2121, qui est devenu loi publique 109-456 intitulée « Acte de 2006 pour la promotion du secours, de la sécurité et de la démocratie en République démocratique du Congo ». Une des dispositions de cette loi exige au gouvernement américain d'imposer des sanctions contre les pays engagés dans le pillage des ressources de la RDC. Aujourd’hui qu’Obama est président et Hilary Clinton secrétaire d'État, ils n’ont rien fait pour mettre en application cette loi, malgré plusieurs rapports de l'ONU sur le pillage des ressources naturelles et d'autres formes de richesse congolaises par le Rwanda et l'Ouganda. La raison de cet échec est claire : dans la région des Grands Lacs, le Rwanda et l'Ouganda sont les principaux alliés des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme international, considéré par Washington comme la principale menace de l'ère post-communiste. C’est dans ce cadre que le Rwanda dispose des troupes au Darfour, de même que l'Ouganda joue le rôle de chef de file dans le rétablissement de la paix en Somalie.
Le rôle de l’ancien président Jimmy Carter dans le processus de démocratisation en RDC fut d'autant plus important parce que ceci eut lieu avant la fin de la guerre froide. Suite à la Première Guerre du Shaba de 1977, Carter envoya à Kinshasa l'ambassadeur Donald McHenry auprès du président Mobutu Sese Seko, dans une mission de rappel à l’ordre qui avait pour but de faire comprendre à l’ancien dictateur zaïrois la nécessité de libéraliser le système. Mobutu y répondit positivement en nommant pour la première fois un Premier ministre chargé de s’occuper de la gestion quotidienne du gouvernement, et par la tenue des élections parlementaires les plus libres possibles que le Congo ait jamais connues sous un système de parti unique.
Des individus étaient libres de se porter candidats au parlement de leur propre gré au lieu d'être désignés par le bureau politique du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de la révolution (MPR). Le résultat fut un parlement où l’on comptait des voix indépendantes, un parlement qui eut le courage de mettre en branle des interpellations musclées, au cours desquelles les ministres devaient expliquer leurs politiques et justifier leurs dépenses.
C’était dans le contexte de ce parlement élu dans la foulée du Shaba I qu’émergèrent Etienne Tshisekedi et le Groupe des Treize Parlementaires en décembre 1980, avec la publication de la lettre de 52 pages adressée à Mobutu et exigeant une démocratie multipartite. À plusieurs reprises arrêtés, torturés et emprisonnés sous le règne de terreur de Mobutu, Tshisekedi et nombre de ses camarades toujours en déperdition persévérèrent avec défi dans leur résistance farouche à la kléptocratie mobutiste soutenue de l’extérieur par une certaine communauté internationale. Malgré l'interdiction des partis d'opposition, ils fondèrent l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) en février 1982, faisant de cette dernière le plus ancien parti politique pro-démocratie en RDC aujourd'hui.
Le courage exemplaire de Tshisekedi face à l'adversité et son engagement indéfectible envers les idéaux de la démocratie et du progrès social sont des qualités que les Congolais ordinaires admirent chez une personne qui incarne leurs aspirations les plus profondes pour la liberté et la prospérité matérielle. En tant que délégué à la Conférence nationale souveraine (CNS) en 1992, je me souviens encore des accolades et des applaudissements que nous avions reçus de la population de Kinshasa à la sortie du Palais du Peuple aux petites heures matinales du 15 août à la suite de notre vote de Tshisekedi comme premier ministre de la transition vers la démocratie. On nous félicitait d’avoir voté en faveur du «candidat du peuple". Pour la plupart des Congolais aujourd'hui, il ne fait aucun doute dans leur esprit que face à un choix entre les politiques néolibérales des centres dominants du capitalisme mondial et les meilleurs intérêts du peuple congolais, Tshisekedi n'hésitera pas à se mettre du côté de son peuple.
On ne peut pas dire autant de Joseph Kabila, un dirigeant extrêmement faible qui, malgré onze ans au pouvoir, est encore incertain de ce qu’implique son travail de chef de l’Etat. Il est plus à l'aise derrière le volant d'un véhicule ou sur une moto qu’à s’impliquer au-devant du jeu des acteurs de l’Etat. Pour quelqu'un qui avait été nommé major-général à vingt-cinq ans, sans une véritable formation d'officier ou une carrière militaire significative, il fait preuve de déficit en stratégie militaire et dans l'art de gouvernance. Son humiliante défaite militaire à Pweto, le 3 décembre 2000, fut un événement traumatisant aux conséquences fâcheuses pour lui et pour le pays. D'une part, cette défaite le lia d’amitié avec feu Augustin Katumba Mwanke, alors gouverneur du Katanga, qui envoya un hélicoptère pour exfiltrer le jeune général de Pweto ; le protégea contre la colère du président Laurent-Désiré Kabila, son père ; et devint son incontestable éminence grise dès que le jeune Kabila accéda à la présidence. D'autre part, selon Gérard Prunier, la chute de Pweto et l'effondrement des forces pro-gouvernementales, y compris plus de 300 soldats zimbabwéens furent « l'une des causes conduisant finalement à l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila. » (3) En tant que bénéficiaire de cet assassinat, Joseph Kabila est arrivé au pouvoir considérant la communauté internationale comme étant sa base politique, (4) et celle-ci tomba amoureuse de lui comme «un homme qui semblait disposé à jouer le jeu politique suivant leurs conditions. » (5)
Étant donné l'importance stratégique de la RDC comme une terre de richesses naturelles considérables située au centre de l'Afrique et nantie des ressources fort recherchées au niveau international telles que l’eau douce, la forêt tropicale, l'hydroélectricité, les terres arables et de nombreux minéraux, les grandes puissances dans la communauté internationale préfèrent des dirigeants qui n'ont pas une réelle base nationale et qui sont facilement manipulables comme Joseph Kabila par rapport à ceux, comme Etienne Tshisekedi, qui sont des nationalistes sans complexe et engagés à servir leurs peuples.
En onze années de pouvoir, Joseph Kabila n'a pas réussi à s'acquitter de son mandat dans la restructuration de l'État et des forces de sécurité. La RDC est probablement le seul pays au monde dont les forces armées regorgent des officiers militaires généraux et supérieurs ne pouvant pas lire une carte, comme certains d'entre eux sont analphabètes. Au lieu d'une armée nationale professionnelle disciplinée, on y trouve des unités composées d'anciens rebelles et des groupes des miliciens qui continuent à harceler la population civile et à commettre des atrocités odieuses tels que le viol et le travail forcé. Les forces congolaises sont également la seule armée au monde à intégrer une milice indépendante fidèle à un pays étranger (le Rwanda), le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui a été commandée par un général ayant refusé l'ordre de déployer sur une partie du pays autre que sa propre région d'origine (Laurent Nkunda) et un autre pour lequel il existe un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (Jean-Bosco Ntaganda). Par ailleurs, on notera que d’après des informations non-confirmées, la garde présidentielle, qui est l'unité la mieux équipée, la mieux formée et la mieux payée inclurait des mercenaires en provenance d'Angola, du Burundi, du Rwanda, d'Afrique du Sud, de la Tanzanie, de l'Ouganda et du Zimbabwe.
Dans le domaine économique et social, les énormes richesses du pays en ressources naturelles n'ont jamais été utilisées au profit de la majorité du peuple. Au contraire, le produit de ces ressources est allé à l’enrichissement des dirigeants du pays et leurs partenaires politiques et économiques locaux et étrangers. Dans le Rapport 2011 du PNUD sur le développement humain, la RDC est classée dernière sur 187 pays étudiés en termes de l'Indice de développement humain, une mesure du bien-être basée sur l'espérance de vie, le revenu personnel, la santé et l'éducation. Dans ce contexte d'un « État raté » ou en faillite, le peuple congolais était peu enclin à voter pour un candidat qui n'avait rien fait pour eux depuis plus de dix ans au pouvoir. Joseph Kabila et ses commanditaires étrangers étaient sûrement au courant de cela dans l'élaboration de sa stratégie électorale.
Pour assurer la victoire de Kabila, la Constitution fut modifiée l’année même des élections par un parlement qui lui était loyal, supprimant l'obligation d’un deuxième tour au cas où personne n'obtenait la majorité absolue des suffrages exprimés ; dix-huit nouveaux juges furent nommés à la Cour suprême en plein milieu de la campagne électorale et le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, un proche et allié politique du président, fut nommé comme président de la soi-disant Commission électorale nationale indépendante (CENI). En plus de ces mesures, une formidable machine de violence et d'intimidation, de corruption et de fraude électorale fut mise sur pied pour veiller à ce que Kabila sorte comme vainqueur. Maintenant que les évêques catholiques de la RDC ont demandé à la CENI de corriger leurs mensonges ou démissionner, je me demande ce que diront aujourd’hui les responsables du département d'Etat des Etats Unis qui rejetaient les plaintes au sujet de Ngoy Mulunda et défendaient son intégrité !
À cet égard, il est étonnant que certains observateurs affirment qu’ « il n'y a pas de données permettant de fournir une idée avec un degré raisonnable de certitude quant à savoir qui a vraiment gagné les élections. » (6) Si l’intention des organisateurs des élections était que le processus soit compétitif, pourquoi ont-ils recouru à la corruption, l'intimidation, la violence et la fraude massive, y compris des bureaux de vote fictifs, des bulletins de vote en quantité insuffisante dans certains bureaux de vote, les bulletins truqués, l'expulsion des observateurs électoraux de l'opposition et de la société civile de certains bureaux de vote au moment du dépouillement, et la falsification des résultats électoraux dans les soi-disant centres de compilation ? En outre, pourquoi le refus de la CENI pour permettre aux équipes techniques de l'Institut national démocratique (NDI) et la Fédération internationale des systèmes électoraux (IFES) envoyés par les États-Unis pour les aider à recompter les votes? Or, le recomptage des votes sur la base des résultats de chaque bureau de vote est le seul moyen d'établir la vérité des urnes. Les chiffres en possession de l'Eglise catholique, qui avait déployé 30.000 observateurs ou près de la moitié de tous les bureaux de vote, devrait être en mesure d'aider dans ce processus. Les évêques doivent démontrer leur fidélité à la vérité en publiant les résultats obtenus par leurs observateurs.
Un autre commentaire de la part des observateurs externes est que la population est restée en grande partie passive face à l'élection truquée par Kabila et ses proches, ce qui constituerait une indication que la population a accepté le résultat. Rien ne pouvait être plus éloigné de la vérité. Partout dans le monde, la diaspora congolaise a proclamé Tshisekedi le vainqueur de l'élection présidentielle, manifestant ainsi contre les résultats frauduleux et leur acceptation apparente par la communauté internationale. L’Afrique du Sud, la Belgique, la France et le Royaume-Uni sont maintenant en voie d’expulser des immigrés congolais non en règle, en réalité en représailles pour leur participation à des manifestations parfois violentes. Si la RDC avait été un pays dans lequel les gouvernants et les forces de sécurité respectaient l’État de droit et les libertés civiles, des millions de Congolais seraient aussi descendus dans les rues de nos villes et petits centres urbains pour protester de la même façon que leurs compatriotes vivant dans les démocraties libérales.
Pendant la campagne électorale, quand il était relativement facile aux populations de manifester leurs sentiments politiques, Tshisekedi était le seul candidat à attirer les plus grandes foules de personnes lors de ses meetings à travers tout le Congo, dans chacune des onze provinces, y compris dans les zones prétendument hostiles, comme le Katanga et le Maniema. Le 26 novembre 2011, le dernier jour de campagne, la police le prit en otage pendant près de six heures à l'aéroport de Ndjili à Kinshasa, l’empêchant ainsi de tenir son dernier meeting à Kinshasa. Plus de dix partisans de l'opposition furent tués ce jour-là par les forces de sécurité.
Environ six millions de personnes ont été tuées à la suite des guerres du Congo de 1996-97 et 1998-2003, ainsi que de leurs conséquences économiques et sociales dans les zones touchées. D'autres parties du pays ont également connu des épisodes de terrorisme d'État, notamment la répression brutale du groupe politico-religieux Bundu-dia-Kongo (BDK) au Bas-Congo ; les nettoyages et refoulements ethniques des ressortissants du Kasaï dans la province du Katanga et des représailles meurtrières à la violence antiétatique et communautaire dans la province de l’Equateur. Un dossier complet des plus importants crimes commis entre 1993 et 2003 a été compilé dans le rapport cartographique publié le 1er octobre 2010 par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme. La responsabilité de l'État pour certains des actes criminels est bien établie, et cela inclut le massacre des adhérents du BDK, ainsi que les assassinats de journalistes tels que Mwamba Bapuwa en 2006 et des militants des droits de l'homme, dont Floribert Chebeya (2010) est le plus connu.
La Cour pénale internationale ne fait rien pour tous ces crimes contre l'humanité. Et pourtant, les procureurs de la CPI ont été amenés à Kinshasa pour intimider Tshisekedi et d’autres leaders de l'opposition qu'ils seraient tenus pour responsables de violences liées aux élections. Depuis le 26 novembre 2011, la police et les forces de sécurité à Kinshasa et ailleurs au Congo ont continué à harceler et à enlever des jeunes, dont la destination et le sort demeurent inconnus. Le 16 février 2012, quand l'Église catholique a demandé à ses fidèles à commémorer la Marche des Chrétiens de 1992 et en signe de protestation contre la fraude électorale de 2011, la police et la milice du parti au pouvoir, le Parti populaire pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), sont entrées dans les églises bien avant la marche pour s’attaquer aux fidèles en prière aux moyens d’armes diverses, y compris le gaz lacrymogène et de gourdins. Pourquoi est-ce que la CPI n’engage-t-elle pas des poursuites judiciaires contre le président Kabila et ses forces de sécurité responsables des violences liées aux élections ?
Bien qu'ils se soient abstenus à condamner les violences par l’État congolais, y compris les violations de la loi électorale par Kabila et la CENI, ou juste publié des déclarations molles condamnant ces crimes, les gouvernements occidentaux et les acteurs internationaux ne se sont pas montrés si tendres envers Tshisekedi. Chacune de ses déclarations est minutieusement examinée et condamnée, chaque fois que pareille déclaration est jugée politiquement incorrecte. Par exemple, Tshisekedi fut condamné pour avoir fustigé la violation de la loi par Kabila et son gouvernement. Il fut tenu responsable des ‘’déclarations incendiaires’’ susceptibles de provoquer des violences. Cependant, les personnes responsables des violences réelles contre les citoyens, y compris des violences ayant causé la mort, n’ont jamais été dénoncées publiquement, et ces personnes circulent librement au vu et au su de tous.
En plus du président Kabila, les gens dans cette catégorie ont inclus Gabriel Kyungu wa Kumwanza, l'architecte du nettoyage ethnique au Katanga à partir de 1992 et John Numbi, l'inspecteur général de la police, qui a été suspendu mais n'a jamais été inculpé ni accusé pour l'assassinat de Chebeya. Le général Ntaganda, commandant du CNDP recherché par la CPI, est protégé par Kabila comme un officier de haut rang dans l'armée, tandis que Jean-Pierre Bemba est poursuivi devant la CPI pour crimes qui auraient été commis par ses troupes en son absence à Bangui, capitale de la République Centrafricaine.
En reconnaissant Kabila comme le président de la RDC après les résultats électoraux frauduleux, les puissances occidentales et la communauté internationale ont montré que leurs intérêts stratégiques étaient plus importants que leur prétendu engagement pour la démocratie et la justice. Dernièrement, la communauté internationale a reconnu Alassane Ouattara comme président de Côte d'Ivoire, nonobstant la décision de la Cour constitutionnelle de ce pays en faveur du président sortant, Laurent Gbagbo. A la suite d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la protection des civils libyens contre le régime de Kadhafi, les grandes puissances occidentales dirigées par l'OTAN ont reconnu les rebelles libyens en tant que représentants légitimes du peuple libyen et de leurs aspirations pour le changement. Le refus de reconnaître Tshisekedi comme le vainqueur de l'élection présidentielle et le représentant légitime des aspirations profondes du peuple congolais pour la démocratie et le progrès social relève à la fois de l’hypocrisie et du recours habituel à la pratique des deux poids, deux mesures de la part de ces mêmes États, qui prétendent défendre la démocratie et les droits de l'homme. Quoi qu’il en soi, ceci permet au peuple congolais de savoir qui sont nos vrais amis et qui sont nos ennemis dans le monde d'aujourd'hui.
En s’accrochant au pouvoir par la fraude électorale, Kabila commet ni moins ni plus une usurpation. Il est donc en violation à la fois de la Constitution de la RDC et de la résolution de l'Union africaine contre le changement anticonstitutionnel de gouvernement. Conformément à l'article 64 de la Constitution de la RDC, qui reconnaît le droit et le devoir des citoyens congolais de résister à l'usurpation ou la saisie du pouvoir par des moyens inconstitutionnels, des manifestations pacifiques de la résistance se poursuivront en RDC et à l’étranger au sein de la diaspora contre le régime illégal de Joseph Kabila.
Pour prévenir de nouvelles violences et de pertes de vie inutiles en raison de l'impasse actuelle, Kabila doit être obligé d'accepter une sortie honorable similaire à celle de Fredrick De Klerk dans la période post-apartheid en Afrique du Sud. Pour lui, la meilleure voie de sortie honorable consiste à devenir président du Sénat, ce qui est la deuxième fonction politique en importance après celle du président de la république. Il doit accepter le verdict des urnes et le choix par le peuple de Tshisekedi comme étant la personne qui a gagné les élections et qui doit présider au processus de changement et de reconstruction au Congo. Une formule de partage de pouvoir semblable à celles du Kenya ou du Zimbabwe n'est tout simplement pas viable, compte tenu de l'histoire des vingt dernières années depuis la Conférence nationale souveraine. Le partage des postes ministériels, des entreprises publiques et des postes d’ambassadeur entre les différents partis politiques n'est pas nécessairement un moyen de résoudre le problème le plus important auquel fait face la RDC aujourd'hui, à savoir, la restructuration de l'État pour renforcer sa capacité en termes du maintien de l'ordre et de la sécurité, la mobilisation des revenus internes, la fourniture des services et le développement économique.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Professeur d’études africaines à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, USA. Cet article a été initialement publié dans la rubrique African Futures du forum électronique Possible Futures, un projet du Conseil pour la recherche en sciences sociales (Social Science Research Council) des Etats-Unis, dont le siège se trouve à New York. On trouvera l’original en anglais au site web suivant : http://bit.ly/african-futures-georges-nzongola
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De la renaissance africaine
Gaston Kelman
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/81088
« Lorsque les Romains considéraient l’Afrique, ils la voyaient comme un réservoir de main-d’œuvre gratuite ou comme le ressort de leurs jeux de cirque. Ils accueillaient aussi des caravanes qui leur apportaient de la poudre d’or ». Cette phrase tirée du livre d’un illustre Africain de la diaspora m’a interpellé.
Qu’est-ce donc qui aurait changé depuis les Romains ? Mieux, qu’est-ce qui aurait changé depuis Cham ? On nous dit – vous avez le droit d’en rire – que s’étant moqué de la nudité de son père Noé ivre, il aurait été condamné, par la malédiction de ce dernier, à devenir à jamais l’esclave de ses frères. Voilà comment un authentique Sémite – blanc, bien sûr – est devenu noir pour la paix des consciences chrétiennes. Quelle place occupent les trouées civilisationnelles, les pyramides égyptiennes, les fastes localisés et ponctuels des grands empires, dans ce tableau sombre de servitude, qui semble être admis par tous comme portrait de l’esse du Noir ?
Ce préambule ne nous détourne nullement de notre propos qui est la renaissance. Mais nous posons ici les bases d’une réflexion dont nous souhaiterions qu’elle fasse l’objet d’un débat plus général sur le destin de la négrité. Les ethnologues et autres anthropologues noirs – Dieu merci, je n’en fais pas partie - se rendent-ils compte à quel point leur tâche est ardue ? Espérons que tel est le cas.
Pour le moment, la mienne de tâche me ramène au concept de renaissance, nouveau point de ralliement, sinon d’achoppement de toutes les passions contradictoires – le gentil pléonasme – qui secouent le landerneau intellectuel africain. Où est donc passé l’autre concept fondateur de la pensée africaine contemporaine, je veux parler du panafricanisme ? Qu’importe ! Si j’en parle, c’est parce que je compte bien y revenir dans une autre tribune.
L’un des problèmes de la pensée africaine réside dans la propension à manipuler avec légèreté des concepts que personne ne juge nécessaire de définir au préalable. Le concept souche lui-même – Afrique – n’a aucune définition consensuelle, qui serve de base au débat. Pour certains – Anta Diop en tête -, Africanité rime avec négrité. C’est-à-dire la terre au-dessous du Sahara, sans toutefois être sûr que l’Afrique du Sud en fasse partie. Pour d’autres, l’Afrique est la terra continens qui va du Cap au Caire. Dans mon livre « Les hirondelles du printemps africain » (Lattès), j’ai écrit : « L’Afrique n’existe pas et c’est pour cela que je crois en elle ». Volée de bois vert, vous pouvez aisément l’imaginer.
Reprenant une de mes récentes contributions, je définirai ainsi la renaissance : « Le temps où un groupe — clan, tribu, ethnie, nation, continent — en se fondant sur son histoire, se tourne résolument vers le futur pour bâtir un monde nouveau ». Pour une tribu, il faut plusieurs clans, pour une ethnie plusieurs tribus, pour une nation plusieurs ethnies et pour un continent plusieurs nations. S’il est communément admis que les trois premières entités découlent globalement d’une même souche, d’un même ancêtre, à partir de la nation, les choses ne sont plus soumises à cette logique. La même ethnie peut se retrouver dans des nations différentes et plusieurs ethnies dans la même nation. Que dire alors du continent !
La nation est une construction aux frontières souvent conquises, parfois imposées. Mais cet héritage sera respecté vaille que vaille et au fil du temps, la cohabitation rapprochera les groupes vivant à l’intérieur des mêmes frontières, dirigés par le même Etat, assujettis aux mêmes règles et aux mêmes attributs culturels, dont la langue – généralement une seule, parfois deux, à peine plus - qui en est le symbole le plus fort. La nation est une construction et cet acte s’appelle Renaissance. Dans certains cas, l’ethnie obéira aussi à cette logique de construction. On assistera parfois à un combat lexical. Certains parleront de nation et d’autres d’ethnie. Le compromis courant est la notion de peuple – peuple corse, antillais, basque, bassa, baoulé. Pour ma part, je pense, à la lumière des illustrations qui vont suivre, que l’on ne saurait parler de nation, une caractéristique essentielle de la nation étant l’Etat central, même si dans le cas des fédérations, il peut y avoir des Etats intermédiaires. Les exégètes peuvent se faire plaisir et disserter sur les notions de confédération, fédération et régionalisme. Mais une fois les ego plus ou moins sécessionnistes satisfaits, un fait reste, têtu et inébranlable : la suprématie d’un Etat central. Nous allons maintenant illustrer notre propos par trois types de renaissances : ethnique, nationale, continentale.
L’ethnie, avons-nous suggéré, se fonde sur le biologique : ancêtre commun. L’indisponibilité d’une telle référence conduira à l’acceptation d’une référence subjective. Les renaissances des Antilles et de Harlem ont obéi à un critère subjectif, la couleur de la peau, renforcé par un destin partagé, la servitude. Des femmes et des hommes venus d’horizons divers – bambara, congo et aussi différents qu’un Viking peut l’être d’un Grec -, mais unis par la couleur et la condition d’esclave, ont décidé, une fois libres, de construire un groupe homogénéisé. Une langue est née aux Antillais. Ce qui était possible pour eux, du fait qu’ils étaient majoritaires, ne l’a pas été pour les Noirs étatsuniens, minoritaires sur le territoire. Ensuite, pour les uns et les autres, il y a eu naissance d’une culture : habit, gastronomie, musique, littérature, arts plastiques. Cependant, la couleur de la peau et la condition d’esclave n’étaient pas suffisantes pour qu’Antillais et Américains édifiassent une même ethnie. Il fallait aussi le territoire partagé.
La renaissance est donc historielle certes, tournée – un peu - vers le passé, mais bien moins qu’elle n’est perspective et construction à partir de groupes divers, axée sur un destin nouveau. Seules des postures afrocentristes, mythologisantes, naïvement nostalgisantes ont voulu trouver dans le blues et le jazz, plus de références africaines que judéo-chrétiennes ou irlandaises. Le mythe de l’Afrique mère a fait le reste. La renaissance de Harlem, ce n’est pas le réveil d’un Africain, mais la création d’un Américain.
La nation étant construction, elle passe par le processus de renaissance. La France est un cas d’école : plusieurs ethnies – Celtes, Phocéens, Italiens, Basques, Antillais… - ; une langue initialement dialectale sinon barbare, imposée par un prince, François 1er à Villers-Cotterêts, codifiée par des intellectuels nationalistes comme Du Bellay ; une culture partagée et enfin un Etat. Il en va de même pour les nations africaines, conglomérats d’ethnies hier indifférentes les unes envers les autres ou même antagonistes. La renaissance française n’avait pas pour but de réveiller le Gaulois, mais de créer le Français. Il en va de même des renaissances nationales africaines qui ont vu la naissance de l’Ivoirien, du Camerounais, du Sénégalais, et non la résurgence d’une Lucy à jamais enfouie.
Que dire de la renaissance que nous qualifierons de «continentale» - africaine, européenne – faute de mieux ; le travail accompli pour la renaissance européenne : ouverture des frontières avec voyages, créations musicales, picturales, architecturales, scientifiques ; travail qui a commencé longtemps avant l’acte toujours inachevé de l’Europe des nations !
Il découle de cette analyse que la renaissance précède le panafricanisme ou paneuropéanisme. La renaissance est construction intellectuelle d’une unité culturelle. D’avoir placé le panafricanisme avant la renaissance, est un non-sens – issu d’une recherche mythologique noire américaine - dans lequel beaucoup d’esprits africains se sont engouffrés.
Pour que l’Afrique cesse d’être ce qu’en pensaient le Romain, le Chamisant, l’esclavagiste, le colonialiste, le Noir Américain, qu’elle devienne ce qu’en feront les Africains. Les choses sont bien engagées. Il suffit de sortir des fantasmes et de définir, avant tout, de quoi on parle.
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* Gaston Kelman est écrivain franco-camerounais, auteur du best-seller « Je suis noir et je n’aime pas le manioc » - Ex-conseiller chargé de l’identité nationale du ministre français Eric Besson. Cet article a été publié dans le journal Fraternité matin.
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Que dire élections sénégalaises ?
Jean-Paul Pougala
2012-03-26
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L'histoire continentale africaine retiendra que Maître Wade est celui-là qui a mis les battons dans les roues de la fédération africaine avec son célèbre Plan Omega sorti du chapeau tout simplement pour barrer la route au plan que l'Algérie et l'Afrique du Sud avaient préparé pour un véritable décollage de l'économie africaine. La fusion des deux plans fera naître une coquille vide dénommée NEPAD.
Ce qu'il nous faut en priorité c'est un changement de système. Par exemple, Macky Sall, sera -t-il capable de de remettre en question le Franc CFA ? Dans mon article sur le Franc CFA, j'ai expliqué comment Madagascar a mis fin au Franc CFA par décret présidentiel pour créer sa propre banque centrale. De même pour la Tunisie, le Maroc et l'Algérie. Ces quatre pays Africains vivent-ils pire que le Mali, le Niger ou Burkina Faso, ou le même Sénégal ?
Sera-t-il capable de remettre en question le financement de la CEDEAO par l'Union Européenne qui de fait en réduit la souveraineté ?
Passée l'euphorie des premiers jours, il faudra bien se rendre à l'évidence que rien ou pas grand chose ne changera dans la vie des Sénégalais, tout simplement parce que les manettes du commandement sont ailleurs et que Sall, devra lui aussi se comporter en simple administrateur. A moins qu'il décide de faire la révolution et de décréter le vrai début de l'indépendance du Sénégal. Ce n'est pas une question d'argent ou de moyens, mais de volonté. On nous a fait croire que nous avions si besoin de l'Europe. Ce qui n'est pas vrai dans l'absolu.
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* Jean-Paul Pougala
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Panafricains et le Tribunal Pénal International
Horace Campbell
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/81087
Des informations récentes relatent des prières organisées dans tout le Kenya par les aspirants à la candidature à la présidence. Il est fait état aussi d’un langage incitateur au génocide utilisé dans ses rassemblements politiques. Le tout est si moralement répugnant que tous les humains décents doivent se montrer attentifs. Comme s’il ne suffisait pas d’abuser de la prière et de la réflexion spirituelle, il s’y ajoute des discours incendiaires tenus par des individus inculpés par le Tribunal Pénal International (TPI) pour crimes contre l’humanité. Les accusations sont fondées sur les crimes commis à l’encontre du peuple kényan suite aux élections de 2007 et aux fraudes qui y sont associées, faisant plus de 1100 morts lors d’attaques organisées et plus de 300 000 personnes chassées de leur foyer ou qui ont fui la violence.
La violence au Kenya n’est que l’une des manifestations du terrorisme économique général perpétré contre la population par une cabale associée à de nombreuses formes d’accumulation primitive au Kenya depuis que ses peuples ont lutté pour l’indépendance. Il y a un cartel de type mafieux qui est devenu riche et ces forces se considèrent au-dessus de la loi. Il existe de nombreux rapports qui font état de relations entre les fraudes, le blanchiment d’argent, le trafic de drogues, la violence, les produits pharmaceutiques frelatés et la déformation du secteur financier. Les Kényans sont conscients de ces crimes et la lutte contre l’impunité a atteint son apogée en 2010, lorsque la nouvelle Constitution a été ratifiée. Les Kényans ont compris qu’il doit y avoir une fin à l’impunité et que, par conséquent, le système judiciaire du pays devait être purgé si l’on voulait voir la fin des cartels d’accumulateurs qui font usage de la violence pour rester au pouvoir. Ces Kényans qui veulent la justice et la paix doivent être soutenus par tous les Panafricains.
Que le système judiciaire en Afrique et que l’Union africaine se soient trouvés incapables de poursuivre ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité est l’une des faiblesses de l’Union africaine à ce moment de l’histoire. Mais comme je vais le démontrer, les Panafricains doivent se trouver à l’avant-garde de la dénonciation des crimes contre l’humanité. Les Panafricains de la base ne peuvent se contenter d’attendre que les processus légaux du TPI s’organisent contre la criminalité et le génocide en Afrique. Il est justifié que des voix africaines se soient élevées pour dénoncer l’usage qui a été fait du TPI contre l’Afrique actuellement. Dans ces lignes, je continue de défendre que les militants pour la paix et la justice doivent prendre l’initiative afin de garantir que ceux coupables de crimes à caractères génocidaires et de crimes contre l’humanité soient discrédités dans l’opinion publique et totalement isolés.
Ainsi, toutes les ressources disponibles au sein du mouvement panafricain doivent être déployées afin de garantir que les membres d’associations criminelles qui s’adonnent au trafic d’armes et de drogues et le blanchiment d’argent ne peuvent utiliser leurs ressources pour corrompre le processus politique. Je soutiens aussi que la forme et le contenu des discussions entre les Panafricains et le TPI ne peuvent détourner les forces pour la justice et la paix de la nécessité de développer des réseaux pour la paix, la justice et la solidarité sociale.
Nous voulons attirer l’attention sur les origines du TPI. C’est en effet des Caraïbes qu’est venu l’appel pour l’établissement d’une Cour internationale de justice pénale. L’ancien Premier Ministre de Trinidad et Tobago, A.N.R Robinson a, sa vie durant, lutté pour l’établissement d’une telle Cour. Les Caraïbes ne pouvaient lutter seul contre les cartels internationaux de la drogue et bien que ce domaine, ainsi que le blanchiment d’argent, aient été exclus des statuts du TPI, le mouvement panafricain doit livrer bataille afin de renforcer la pression en provenance de la base pour qu’un jour la puissance africaine soit si considérable qu’aucun prétendant au pouvoir ne pourra avoir de passé criminel.
FAUX DEBATS ENTRE LA PAIX ET LA JUSTICE
Dans les moments révolutionnaires, la clarté du devoir de ceux qui aspirent aux changements avec force fera que les vieilles conceptions et divisions seront rapidement exposées. L’Afrique l’a clairement vu en Egypte où la destitution rapide de Hosni Moubarak et de son régime a démasqué ceux qui proclamaient que l’Egypte était le modèle de la "réforme" et de la "bonne gouvernance".
Les écrits de Samir Amin, dont la lucidité a clarifié l’essence de la corruption, tout en appelant à l’audace dans le processus de socialisation des moyens de production, sont un des éléments qui ont conduit à cette clarté. Sans moraliser son propos sur la corruption, Samir Amin a démontré qu’elle est "une composante organique et nécessaire de la formation de la bourgeoisie". Ce n’est pas un hasard s’il a inclus le thème de la corruption dans son analyse sur la façon dont l’Afrique et le Moyen Orient sont pris dans la tempête anti-capitaliste. En d’autres termes, la clé de la violence et de la corruption dans les pays exploités se trouve dans le système global d’accumulation. Comme il l’a affirmé, "si une bourgeoisie comprador doit être formée, la seule possibilité pour que cela se produise c’est en association avec l’appareil étatique. Je maintiens qu’au stade du monopole capitalistique généralisé, la corruption est la composante de base du modèle de reproduction de l’accumulation : des monopoles en quête de rentes requièrent la complicité active de l’Etat. Son discours idéologique (le virus libéral) proclame que "l’Etat ne touche pas à l’économie", alors qu’en pratique c’est "l’Etat au service des monopoles".
Ce qui signifie que la violence et les crimes perpétrés dans la majeure partie du monde ne peuvent être dissociés des activités criminelles de l’oligarchie financière internationale. Les soi-disant "surveillants" de la corruption comme Transparency International n’incriminent jamais les banquiers comme principaux responsables de la corruption. Toutefois, en cette période de crise financière, des livres comme "13 bankers : the Wall Street take over and the next financial meltdown" ont mis en lumière l’épicentre de la corruption et les aspects les plus corrompus ainsi que le credo du système capitaliste contemporain. Ce credo est que le libre échange et les opérations sans restrictions des grands systèmes financiers sont ce qu’il y a de mieux pour la société. Michael Hudson a poussé plus loin que Simon Johnson son analyse de la corruption de ces credo. Hudson a détaillé les crimes des banques et a écrit que"les grandes banques sont des gang de criminels".
Les Panafricains ont toujours associé, dès la période de l’esclavage, des banques comme Barclays et Lloyds avec les crimes contre l’humanité les plus haineux. C’est dans cet esprit qu’Eric Williams a écrit le livre "Capitalism and slavery". Aujourd’hui, les mêmes institutions qui sont nées dans la période de l’esclavage ont été intégrées dans la financiarisation de l’économie globale. Récemment, des informations ont filtré, montrant comment les banques américaines ont procédé au blanchiment de milliards de dollars provenant des cartels mexicains. Raison pour laquelle Samir Amin maintient que dans des sociétés comme la société égyptienne, la bourgeoisie comprador locale "crée le support actif pour que l’Egypte se place comme allié inconditionnel des Etats-Unis dans la globalisation impérialiste contemporaine. On compte dans ses rangs de nombreux généraux militaires et de la police, "des civils" avec de bonnes relations avec l’Etat et le Parti national Démocratique dominant."
Si nous remplaçons le nom d’Egypte par Nigeria, Kenya, Maroc ou Angola alors nous pouvons comprendre que la corruption provient de Wall Street, les institutions financières internationales et le nombreux personnel politique et de sécurité d’une vaste entreprise criminelle. Le Kenya est un allié inconditionnel des Etats-Unis comme l’a été l’Egypte en Afrique du Nord. Comme en Egypte, la jeunesse et les artistes culturels travaillent durement pour mettre un terme à toutes les formes de manipulations et de divisions. En ce moment révolutionnaire, le défi pour les progressistes doit être de casser les vastes entreprises criminelles au Kenya, lesquelles ont été très bien documentées dans les pages du Kenya Law Review. Les révélations et les preuves d’accumulation de fortune corrompue sont devenus un lieu commun au Kenya, au point que les pauvres ne s’en émeuvent même plus. Toutefois, ces militants qui ont débusqué ces voleurs ne peuvent se reposer parce que ces biens mal acquis alimentent le processus politique. A
u cours des quarante dernières années, les déplacements forcés, la haine ethnique et la perte de pouvoir par les fraudes politiques se sont parfaitement conciliés. Suite aux gros efforts consentis par des militants sincères au Kenya, il est absolument clair que les crimes et la violence à caractère génocidaire ne sont pas des crimes passionnels ou relatifs à des différences ethniques ou religieuses, mais bien les composantes d’un effort délibéré de division des travailleurs. C’est le cas du Kenya.
Les questions concernant les cartels de types mafieux qui dominent l’appareil étatique, y compris les organes de l’information, sont systématiquement escamotées par certains, et les institutions d’enseignement supérieur déversent des torrents d’informations sur les "conflits interethniques". Certaines sections des ONG pour la paix et la justice sont alors déployées dans des exercices de résolution des conflits qui détournent les pauvres de toute organisation contre la violence de l’Etat. Les activités organisées par les travailleurs eux-mêmes sont dénigrées et lorsque la population fait la grève afin de défendre ses droits, les manipulateurs entre sur la scène politique afin de saboter les actions politiques des classes ouvrières. Des millions sont dépensés par certains malfrats internationaux au Kenya, dans le cadre d’organisations dont le seul objectif est de démobiliser la classe des travailleurs kényans, en particulier les jeunes. Il est fait appel aux humanitaires internationaux afin qu’ils se retirent de ces ONG qui n’ont ni la justice ni la paix pour objectif.
Il y a des groupes sociaux autochtones qui luttent afin de faire du bon travail au Kenya. Ceux-ci ont été cultivés dans des sociétés où le potentiel de la classe ouvrière était très élevé et ce n’est pas un hasard si le Kenya peut se vanter d’abriter l’une des plus fortes concentrations d’ONG en Afrique. C’est dans ces ONG qu’on parle de la fausse dichotomie entre la paix et la justice et où l’on discute de savoir si les politiciens associés à une économie et à une politique génocidaire devraient être isolés. Certains intellectuels versés dans le panafricanisme attirent l’attention sur l’ancrage impérialiste d’organisme comme le TPI. Dans la plupart des cas, les arguments contre le TPI sont très pertinents. Mais en tant que révolutionnaires panafricains, notre tâche ne s’arrête pas à la critique du TPI, mais nous devons au contraire être plus clair dans notre opposition aux crimes contre l’humanité en Afrique, en imaginant des stratégies multiples et variées. Les progressistes doivent informer sur des formations comme Boka Al Aram, le trafic d’armes et de drogues et le blanchiment d’argent.
Lorsque l’idée du TPI est apparue, la question des cartels de la drogue était la préoccupation centrale de ceux qui voulaient un organisme international qui puisse mettre un terme au trafic international de drogue. Cet objectif est encore plus urgent au moment où les tempêtes révolutionnaires déferlent sur l’Afrique. Ceux pourvus de ressources militaires et financières en faveur de ce type d’accumulation, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour diviser les travailleurs qui veulent de meilleures conditions sociales.
Les Panafricains doivent s’opposer aux cartels criminels. Ainsi nous pourrons construire la solidarité avec les forces qui étaient à l’avant-garde de l’établissement d’une Cour Internationale de Justice. Nombreux sont les Africains qui ignorent que ce sont les juristes des Caraïbes qui étaient à la pointe de la revendication pour une Cour Internationale de Justice.
LES CARAÏBES ET L’ETABLISSEMENT DU TPI
A.N.R Robinson, de Tobago dans les Caraïbes, était étudiant à Oxford lorsqu’il a rencontré Robert Kurt Woetzel. Tobago est l’île jumelle dans l’Etat de Trinidad et Tobago. Peuplée d’une société africaine homogène, la population est passionnée par le crime de l’esclavage passé et présent. Robinson a œuvré pendant la majeure partie de sa vie pour la mise sur pied d’une Cour Pénale Internationale et a pris l’initiative de mettre la question à l’agenda de l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1989, lorsqu’il est devenu Premier ministre de Trinidad et Tobago. Robert Kurt Woetzel d’origine juive et allemande avait fait sa thèse de doctorat sur le procès de Nuremberg et avait publié un livre "The Nuremberg Trial in International Criminal Law".
Opérant depuis New York, Woetzel avait fondé l’International Criminal Law Association et a beaucoup écrit sur la faisabilité de l’établissement d’une Cour pénale internationale. Pendant plus de trente ans Robinson et Woetzel ont poussé à la roue en faveur de la paix et du droit. Woetzel voulait une Cour de justice qui préviendrait les conflits et criminaliserait les Etats agressifs et Robinson voulait une instance qui permettrait d’éradiquer le narcotrafic dans les Caraïbes. A.N.R Robinson était impliqué dans plus de trois cents ONG internationales de la base qui faisaient partie d’un mouvement pour la paix et qui demandaient une Cour pénale internationale.
L’urgente nécessité de mettre sur pied un organe international capable d’affronter les banques et de s’attaquer au narcotrafic est devenue évidente au cours de la décennie des années ‘80’, lorsque l’administration Reagan s’est mise à utiliser les Caraïbes comme lieu de transbordements de grandes quantités de narcotiques. Le rôle de la Maison Blanche a été clairement établi lors de l’enquête du Comité du Sénat américain dans le scandale Iran-Contra. Le pic de la distorsion des activités économiques de la région a été atteint lorsque les banques internationales ont organisé les banques offshores des Caraïbes comme centres internationaux de blanchiment d’argent. Au jour d’aujourd’hui, ces banques sont dépositaires de trillions de dollars du trafic illicite de drogue. Les juristes des Caraïbes étaient conscients de la nécessité d’un organisme international qui puisse contrôler ces banques et les trafiquants de Wall Street. Lors de la réunion des chefs de gouvernement de CARICOM, ceux-ci ont passé une résolution qui dit que "la communauté internationale doit coopérer à l’établissement d’une force de frappe internationale multilatérale et d’une Cour pénale internationale afin de gérer les questions de l’adjudication et de l’interdiction des narcotiques ce qui est très souvent au-delà des capacités des Etats des îles ".
Lorsque Robinson est devenu Premier ministre de Trinidad et Tobago, en 1989, il a utilisé les ressources de l’Etat afin de mettre le trafic international de drogues à l’agenda de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Ensemble avec Michael Manley, Premier ministre de la Jamaïque, les sociétés des Caraïbes ont pris la tête des groupes de pression pour l’établissement d’une Cour pénale internationale. David Kreiger, dans sa citation du travail de A.N.R Robinson et le pouvoir d’un seul individu, souligne : " Je crois au pouvoir, en la capacité d’un seul individu de faire une différence importante dans notre monde. A beaucoup d’égard cela peut paraître être un acte de foi, ancré dans l’espoir. Mais en réalité c’est plus qu’un acte de foi, parce qu’il est des personnes dont la vie a fait une différence significative dans l’amélioration de notre monde. Une de ces personnes est Arthur N.R. Robinson qui a servi comme Premier ministre et président du pays. Il a eu une vie remarquable, bénie des dieux et il a changé le cours de l’histoire par son extraordinaire leadership dans la création de la Cour Pénale Internationale".
Lorsque la Cour a finalement été établie, les forces bancaires se sont assurées que la question du blanchiment d’argent et l’interdiction du trafic de drogues n’entreraient pas dans la juridiction de ce tribunal. Aujourd’hui, les Caraïbes sont paralysées par les cartels criminels qui dominent le narcotrafic et des individus combattent toujours les barons de la drogue et leurs soutiens financiers de Wall Street. Pour les progressistes des Caraïbes et d’Amérique latine, il est maintenant clair que la question du narcotrafic ne relève pas de la corruption mais fait intégralement partie du système capitaliste international.
LE TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL ET SA JURIDICTION
Avant l’entrée en vigueur des Statuts de Rome, la proposition soumise aux Nations Unies concernant la juridiction et le mandat du Tribunal Pénal International, la question de l’interdiction du narcotrafic a été l’objet de vifs débats. Au cours de ceux-ci, un consensus a émergé qui veut que la juridiction du TPI s’étende au génocide, aux crimes contre l’humanité, aux violations des droits et aux coutumes de la guerre. La définition de crimes contre l’humanité était principalement basée sur la jurisprudence de Nuremberg et inclut les meurtres commis systématiquement ou à grande échelle, l’extermination, la réduction en esclavage, la torture, le viol et d’autres abus sexuels. Spécifiquement, la définition du crime de guerre inclurait des crimes comme le meurtre délibéré, la torture, les traitements inhumains et dégradants, les expériences biologiques, la déportation illégale ou la détention ainsi que la prise d’otages.
Le contentieux portait sur la question de savoir s’il fallait inclure le crime d’agression, la fabrication de certaines armes chimiques, le terrorisme ainsi que le narcotrafic. Il est important de revisiter les débats qui ont entouré l’établissement du TPI tout comme il est important de revisiter le Freedom Charter qui a donné naissance à la nouvelle Afrique du Sud. Le fait que les actuels dirigeants de l’Afrique du Sud ne se sont pas montrés à la hauteur du Freedom Charter ne devrait aucunement diminuer l’importance de la lutte contre l’Apartheid. Il en va de même avec le TPI. Le fait que les forces qui ont miné la victoire contre l’Apartheid sont les mêmes que celles qui minent le TPI ne doit pas décourager les forces pour la justice et la paix de travailler encore plus durement pour la réalisation d’un organe international qui peut lutter contre les crimes contre l’humanité et le génocide.
Le TPI est maintenant un tribunal permanent qui inculpe des individus pour génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes d’agression. Le TPI a vu le jour le 1er juillet 2002, le jour où les Statuts de Rome, le traité fondateur, sont entrés en vigueur, et il ne peut poursuivre que les crimes commis ce jour-là ou ultérieurement. Le siège officiel de la Cour est à La Haye, au Pays-Bas, mais elle peut procéder n’importe où. Il est important de noter que pendant que 120 Etats sont des Etats membres et parties aux Statuts de la Cour, des Etats comme Israël, le Soudan et les Etats-Unis ont retiré leur signature aux Statuts de Rome, indiquant ainsi qu’ils n’ont plus l’intention de devenir des Etats parties et, par conséquent, ne sont pas liés par les obligations résultant de la signature de leurs anciens représentants. Il y a 32 pays qui ont signé mais pas ratifié les Statuts de Rome.
Un développement important pour le TPI a eu lieu lors de la Review Conference à Kampala, en Ouganda, en 2010. La Review Conference a adopté une définition du crime d’agression permettant ainsi au TPI d’exercer sa juridiction pour ce crime pour la première fois. Elle a également adopté une extension de la liste des crimes de guerre. Bien que la décision concernant le crime d’agression ne s’appliquera pas avant 2017, elle représente un progrès important du droit international.
Les Etats-Unis ont été le principal opposant au TPI. Lors de la discussion sur l’inclusion du terrorisme dans les crimes contre l’humanité, les Américains ont objecté sur la base que ceci pourrait compromettre les informations collectées par leurs services de sécurité. Pourtant, les Etats-Unis veulent que le monde entier accepte leur définition du terrorisme. De même, lorsque les Nations Unies voulaient un contrôle strict du narcotrafic international et du blanchiment d’argent, c’est le secteur bancaire des Etats-Unis qui a objecté. Les barons de la finance ne voulaient du moindre contrôle sur les banques offshore parce qu’elles sont au centre d’une nouvelle forme de capitalisme. Une année après que les Etats-Unis ont lancé leur guerre globale contre le terrorisme, le gouvernement américain s’est retiré du traité de la Cour internationale. C’est ce même gouvernement américain qui n’est pas partie au TPI, et qui fait usage de sa position au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour mettre en accusation les dirigeants en Afrique.
Le TPI a reçu des plaintes concernant des allégations de crimes dans au moins 139 pays, mais actuellement le Procureur de la Cour n’a ouvert des enquêtes que dans sept situations en Afrique : la République démocratique du Congo, l’Ouganda, la Jamahiriya arabe libyenne, la République Central Africaine, la République du Kenya, le Darfour et Soudan et la république de la Côte d’Ivoire. De ces sept, trois ont été déférée au TPI par des Etats-parties (Ouganda, République démocratique du Congo et la République Centrafricaine), deux ont été déférées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies (Darfour et Libye) et deux procédures ont été entamées proprio motu, par le procureur lui-même (Kenya et Côte d’Ivoire)
Autant par la forme que par le fond, l’actuel procureur du TPI a offensé de nombreux Panafricains et il y a eu un vif et nécessaire débat en Afrique sur les mises en accusations d’Africains par le TPI. Après la mise en accusation du président du Soudan, le débat s’est intensifié et la majeure partie des Panafricains est d’avis que le TPI est maintenant devenu un bon instrument de l’impérialisme international à l’encontre de l’Afrique. Cette opinion a encore gagné en force après que Kadhafi a été mis en accusation par le TPI. Le but spécifique de cette démarche était de saboter les négociations de l’Union africaine et de discréditer sa feuille de route pour la paix en Libye. Lorsque l’ancien président de la Côte d’Ivoire a été dépêché à La Haye, la nature arbitraire du TPI est devenue apparente et a suscité la réaction de nombreux Panafricains.
Les questions sont nombreuses : pourquoi les dirigeants africains et pas George W. Bush ou Donald Rumsfeld ? Pourquoi Laurent Gbagbo devrait-il être jugé à La Haye plutôt qu’en Côte d’Ivoire ? Pourquoi le système judiciaire kényan n’est-il pas adéquat pour l’inculpation de ceux responsables des violences post-électorales de 2007-2008 ?
Confronté à ces défis en provenance de l’Afrique, le TPI a choisi de remplacer le Procureur général Luis Moreno-Ocampo par un juge africain. En portant leur dévolu sur Fatou Bensouda de Gambie, la première Africaine à occuper un emploi au sommet du TPI, les Occidentaux du TPI espéraient limiter les critiques qui accusaient l’institution d’être biaisée en ce qui concerne l’Afrique.
Je partage entièrement avec le point de vue que le TPI est tendancieux, mais cet aspect des choses ne doit pas dissuader les progressistes de débusquer les criminels de nos sociétés. Les points d’interrogation concernant le TPI persistent au-delà de la nomination de Fatou Bensouda. Comme l’a montré l’histoire des Africains à la tête d’organisations capitalistes occidentales, l’africanisation de la face des institutions ne change pas automatiquement leur mission. Toutefois, dans le cas du TPI et parce que les Africains ont travaillé à sa création, il doit y avoir moyen d’influer sur l’organisation et sur Fatou Bensouda.
Du point de vue de cet auteur, on doit s’opposer autant à l’impérialisme qu’aux crimes de guerre commis en Afrique. Je me souviens de l’époque où Idi Amin Dada en Ouganda commettait des crimes contre les peuples ougandais et d’Afrique de l’Est. Ses supporters dans le monde panafricain argumentaient que chaque fois qu’un impérialiste s’opposait à un "frère", alors ce frère méritait d’être soutenu. Walter Rodney et moi-même étions d’accord que les Panafricains progressistes devaient prendre la tête de l’opposition contre Idi Amin, peu importe qu’il soit vilipendé par les impérialistes. Notre argument était qu’Amin faisait le travail des impérialistes en déstabilisant l’Afrique.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un besoin similaire de clarté. S’il y a des éléments au Kenya ou en Côte d’Ivoire qui ont perpétré des crimes contre l’humanité, il incombe au mouvement panafricain de prendre l’initiative pour démasquer ces éléments. Ceci en gardant en mémoire que ces crimes font partie des crimes du capital contre le peuple. Le jeu politique des élections et la compétition pour le contrôle de l’appareil de l’Etat sont maintenant imbriqués dans des relations avec des cartels de type mafieux qui dominent les sociétés africaines. La soi-disant "carte ethnique" est immédiatement disponible pour manipuler la jeunesse afin de perpétuer le contrôle de l’espace politique par des cartels criminels. Raison pour laquelle ceux associés à des forfaits ont immédiatement à leur disposition des millions de dollars afin de "louer une foule" qui apparaît lors d’une réunion de prière dont le but est de semer la division et la confusion.
LE PANAFRICANISME ET LE JUGEMENT DE L’OPINION PUBLIQUE
D’après ce que j’ai compris des cas des Kényans déférés au TPI, l’opinion publique a déjà fait son jugement. Elle est en quête de nouvelles tribunes afin de purifier la société kényane. La lutte pour la Constitution de 2010 était une lutte qui devait renforcer la tribune permettant de créer une base nouvelle pour la justice sociale et la participation démocratique.
Le nouveau juge suprême du Kenya a pour tâche de mobiliser le verdict résiduel de l’opinion publique du Kenya afin de pouvoir travailler au long processus de purification du système judiciaire kényan. Les institutions religieuses, les médias, les universités, les institutions culturelles et les organes politiques seront positivement affectés par ce nettoyage et la fin de l’impunité. Ce sont les Britanniques qui ont commencé la tradition de l’impunité et les mêmes forces de gang et de contre gang déferlent maintenant sous le prétexte de défendre des enclaves ethniques qui sont, en réalité, la couverture pour des vols massifs. Les Panafricains dans toutes les sphères d’interactions sociales ont le devoir de travailler pour éradiquer l’impunité des cartels criminels dans toutes les parties de l’Afrique, y compris au Kenya.
Pour illustrer le fait que les individus et les organisations ne doivent pas reculer devant le devoir de se faire les champions de la cause de la justice, je voudrais utiliser le cas de la Guyane. En Guyane, la société a été sous l’emprise des barons de la drogue. Un baron, en particulier, était de mèche avec le gouvernement. Un ancien, Eusi Kwayana, s’est donné la tâche d’exposer les liens entre les barons, les cartels et les différentes forces qui ont été attirées dans cette guerre qui a détruit des communautés guyanaises. Tout seul, à l’âge de 80 ans, Kwayana a entrepris une enquête sur les réseaux et a écrit un livre pour démasquer ces associations. Le livre était intitulé "The morning after".
Ce livre a beaucoup contribué à saboter les plans de ceux qui voulaient affaiblir le peuple en dépeignant la guerre en Guyane comme étant une confrontation entre les Indiens et les Africains. Suite à la publication de ce livre, les révélations étaient si embarrassantes pour les Etats-Unis que l’un des principaux barons de la drogue a été intercepté à Trinidad et extradé aux Etats-Unis. Il a été jugé et condamné à New York. Kwayana a démontré alors que A.N.R Robinson et Michael Manley affirmaient que l’interdiction du narcotrafic et du blanchiment d’argent étaient au-delà des capacités de petits Etats insulaires, qu’il y avait beaucoup qui peut être fait par des individus ou des groupes d’individus.
De même en Jamaïque, le récent cas d’extradition de Dudus Coke a exposé la complicité entre les dirigeants politiques au plus haut niveau. Lorsque l’information concernant le lien international est devenu trop évident, les Etats-Unis ont demandé son extradition pour être jugé à New York. Ces mêmes politiciens pro-impérialistes qui appartiennent à la formation politique qui étaient à l’avant-garde de l’alliance de Ronald Reagan pour envahir Granada, ont commencé à faire des déclarations anti-impériales concernant la souveraineté nationale. En Jamaïque, des individus et des groupes continuent d’écrire et de dénoncer les liens entre l’Etat et les infâmes groupes qui travaillent à paralyser les capacités des travailleurs pauvres à s’organiser pour une vie meilleure.
Le troisième cas concerne Allan Stanford à Antigua. Pendant près de 20 ans, il s’est présenté comme un financier texan s’efforçant de dominer les Caraïbes orientales. R. Allen Stanford a été condamné et a vu la confirmation de 13 des 14 chefs d’accusation porter sur un Ponzi Scheme qui lui a permis de frauder les investissements de plus de 7 milliards de dollars, dans l’un des plus important Ponzi Schemes de l’histoire des Etats-Unis. Les progressistes des Caraïbes se sont opposés des années durant à Stanford qui avait une compagnie aérienne sur l’île d’Antigua. Basée sur la bruyante opposition des radicaux des Caraïbes, un écrivain comme John Le Carré a écrit un roman, "Our kind of traitor", qui illustre Antigua comme un centre de blanchiment d’argent. Est-il possible que sa condamnation pour les Ponzi Schemes fasse partie d’un effort plus général pour passer sous silence le vrai rôle qu’il jouait aux Caraïbes ?
L’UNION AFRICAINE ET LE TPI
Ce qui peut arriver de mieux c’est que l’actuelle tempête qui déferle balaie les éléments comprador qui sont devenus parties intégrantes du système international. Que ce soit en Angola, au Ghana, au Kenya et en d’autres endroits de l’Afrique, les institutions financières ont été corrompues par les narcotrafiquants.
L’Union africaine a été établie afin d’améliorer les conditions de vie des Africains. Les principes au cœur de l’Union africaine répètent l’appel pour mettre un terme aux génocides, aux crimes contre l’humanité et d’autres crimes de cette nature. A ce jour l’Union africaine a établi le Committee of Eminent African Jurists (CEAJ - Comité des juristes éminents), mais ce comité ne sera pas plus puissant que le mouvement démocratique en Afrique.
A court terme, les Africains doivent travailler à mettre un terme à l’exploitation de leur société. Pendant que ce processus est en cours, les Africains progressistes doivent dénoncer les politiciens qui utilisent la couverture des réunions de prière afin de diviser la classe ouvrière et prêchent la haine. Les Panafricains progressistes n’ont pas à attendre les inculpations du TPI. Ceux qui ont commis des crimes doivent être dénoncés, marginalisés et exclus de l’espace de l’interaction sociale. L’opposition aux crimes contre l’humanité doit prendre une forme légale, sociale, économique et culturelle. Nos artistes doivent écrire des chansons qui font de ces forces négatives des exclus sociaux.
Cet auteur partage l’avis de Mahmoud Mamdani qui dit qu’"il n’y a aucun doute que ceux qui ont perpétré la violence doivent rendre des comptes. Mais quand, comment est une décision politique qui ne peut appartenir au procureur du TPI. Plus que la culpabilité ou l’innocence du président du Soudan, c’est la relation entre le droit et la politique, y compris la politisation du TPI, qui pose un problème plus large, un problème qui est de la plus grande importance pour les gouvernements africains et les populations".
Mamdani écrivait, suite à l’incrimination du président Bashir du Soudan : "L’Occident a révélé sa duplicité en coopérant avec ce même Bashir lors de la guerre illégale pour le changement de régime en Libye, et ce, après l’avoir inculpé".
Les Panafricains progressistes doivent s’opposer aux crimes contre l’humanité, dépolitiser le TPI et travailler à l’unité africaine afin que le bloc africain soit une force dans la communauté internationale, à même de faire appliquer les Statuts de Rome en ce qui concerne les guerres d’agression et le narcotrafic international. Loin d’affaiblir le TPI, les Statuts de Rome doivent être adaptés aux réalités du 21ème siècle. Les crimes contre l’humanité doivent maintenant inclure les crimes contre la nature. En moins de dix ans, le TPI peut perdre sa raison d’être si les forces pour la paix et la justice internationales ne travaillent pas à éliminer les véritables criminels.
Etant un bras des Nations Unies, le futur du TPI est lié à la démocratisation des Nations Unies. Plutôt que de s’opposer au TPI, les Africains doivent renforcer les mouvements de justice sociale dans leur société afin que la question de savoir où ceux, coupables de la mort de milliers de personnes doivent comparaître devant la justice, soit redondante. Ce travail doit avancer afin que le jour où l’Afrique sera unie, il y ait une nouvelle tribune pour l’application du droit international. Alors les Africains et les populations autochtones démocratiseront l’Amérique latine, en particulier le Brésil.
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Ce texte d’Horace Campbell a été traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Maurice Oudet : Il ne suffit pas de construire un barrage pour offrir l'accès à l'eau !
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/81082
Le 6ème Forum mondial de l'Eau s'est déroulé à Marseille (France) du lundi 12 au vendredi 17 mars. Le jour de l'ouverture, le président du Conseil Mondial de l'Eau, Loïc Fauchon, s'est exprimé dans un discours chargé d'émotion. Loïc Fauchon était présent à Marrakech pour le premier Forum mondial de l'eau, il y a quinze ans. « Que de chemin parcouru. Et que de chemin encore à parcourir pour venir à bout de l'absence d'eau, cette "lèpre des temps modernes" selon sa propre expression. »
Dans un discours chargé de convictions maintes fois affichées mais encore plus porteuses d'émotion dans le contexte, Loïc Fauchon a notamment lancé avec gravité : "Il en va de l'eau comme des libertés : à quoi sert le droit de vote si l'on n'a pas le droit de vivre. Et le droit de vivre, c'est d'abord le droit d'accéder à l'eau!".
Il se trouve que ce samedi 18 mars 2012, le lendemain de la clôture de ce forum, répondant à l'invitation d'un groupement villageois, je me trouvais à Koubry, à 30 km environ au sud de Ouagadougou. Les paysans de ce groupement réunissant des hommes et des femmes n'avaient pas entendu parler de ce forum mondial ! Pourtant, très vite nos échanges ont porté sur l'eau, ou plutôt sur le manque d'eau, le manque d'accès à l'eau. Le quotidien de ces paysans mérite d'être connu.
Le paradoxe, c'est que l'eau est relativement abondante dans cette région. En effet, le village de Koubry abrite depuis des années un monastère bénédictin dont un des frères bénédictin, le frère Adrien, a construit de nombreux barrages. Autour de ces barrages, il est donc possible de faire du maraîchage. A petite échelle, si vous travaillez à la main. A une échelle plus grande, si vous disposez d'une motopompe et que vous pouvez employer des ouvriers agricoles.
Et comme ces terres sont à proximité de Ouagadougou, elles ne pouvaient pas laisser indifférents les « opérateurs économiques » (comme on dit ici !) de la capitale. Ceux-ci ont donc cherché à acheter les meilleures terres, celles qui offrent un accès à l'eau. Le premier maire de Koubry, conscient du danger pour la population locale, a tout fait pour éviter cela. Mais le maire actuel, au contraire, a encouragé les propriétaires à céder ces terres pour « une meilleure mise en valeur ».
C'est ainsi qu'après la réunion, deux représentants du groupement mon conduit au bord d'une des plus grandes retenues d'eau de la région. Là, ils m'ont dit « L'eau va jusqu'au goudron (à 10 km d'ici). Il ne nous reste aucun accès à cette eau. Nous ne pouvons même pas y faire boire nos animaux. »
Pour comprendre comment des paysans peuvent ainsi être privés de l'accès à l'eau, il faut savoir qu'au Burkina, la plupart des paysans ne sont pas propriétaires des terres qu'ils cultivent. Souvent les terres appartiennent à deux ou trois familles dont les ancêtres ont fondé le village. D'autres sont venus ensuite. Ils ont « reçu » des terres pour s'y installer et pour cultiver, mais ils ne sont pas propriétaires des terres qu'ils cultivent.
Ce qui s'est passé à Koubry, c'est ce qui se passe dans la province de la Sissili, et ce qui se prépare un peu partout au Burkina. Les terres, qui ne se vendaient pas, risquent d'aboutir plus ou moins rapidement dans les mains des plus riches. A moins qu'un mouvement paysan fort trouve la parade. Affaire à suivre.
Oui, une fois de plus, on peut dire : « Ça coûtent cher d'être pauvre ! »
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Maurice Oudet
est président du Service d'édition en langues nationales du Burkina Faso
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Annonces
Fanon. Et Après?
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/Announce/81083
Cinquante ans après les luttes de libération africaines, sud-américaines et asiatiques qui ont abouti à la naissance de nations indépendantes, une nouvelle vague de soulèvements et de mouvements sociaux émerge aujourd'hui dans le monde entier afin de renverser les régimes dictatoriaux et les derniers vestiges du colonialisme. Afin de marquer le 50ème anniversaire de la mort de Frantz Fanon et de la publication des « Damnés de la terre », nombreux ont été les évènements dédiés à sa vie, à son œuvre et à l’actualité de sa pensée.
Mais que veut-on faire dire à Fanon ? Quelles sont aujourd’hui les résonnances de sa pensée à la lumière de notre actualité ? Prenant comme point de départ les nombreux travaux récemment réalisés afin d’analyser et de situer sa pensée et sa pratique en tant que psychiatre, révolutionnaire et théoricien anticolonialiste, nous voulons amener ces différentes théories à la rencontre du présent. Que peut on traduire et que doit on rejeter ? Ecrivain radical, engagé dans les problématiques de son époque ; y a t-il quelque chose à actualiser de sa praxis ?
Ses multiples trajectoires (Martinique, France, Algérie, Tunisie, Ghana), son anticipation des problèmes auxquels feront face les Etats postcoloniaux et sa conceptualisation d’un sujet libre et universel, ont tendance à parler plus facilement par delà le demi-siècle qui nous sépare de lui que ses prescriptions normatives à propos de la sexualité ou de sa conception d’un futur qui ne peut qu’advenir par la rupture violente avec le passé. Avons nous vraiment fini de suivre les lignes de sa pensée ?
Parmi les intervenants figurent, entre autres :
- Alice Cherki, biographe et camarade de lutte de Fanon en Algérie, auteur de "Frantz Fanon, portrait" et "La Frontière invisible, violences de l'immigration".
- Nigel Gibson, militant et chercheur, auteur d'un ouvrage récent sur l'influence de Fanon en Afrique du Sud.
- Nacira Guénif Souilamas, chercheuse à l'Université Paris 13, auteur de "Les féministes et le garçon arabe" et "La république mise à nu par le fils d'immigration".
- Ghassan Hage, professeur à l'Université de Melbourne
- Ella Shohat, professeur à New York University.
Mais également David Nowell-Smith moderator, Nils Schott, George Ciccariello-Maher, Feargal Ionnrachtaigh, Alain Anselin, Norman Ajari, Omar El Khairy, Will Hansen & Umma Aliyu, Donna-Dale Marcano, Olivier Haddouchi & Marguerite Vappereau
Pour plus d'informations contactez fanon.at.aup@gmail.com
Pour les détails du programme: http://nomadtranslations.wordpress.com/
Organisation : Sousan Hammad, Lisa Damon, François Huguet). La conférence, ouverte à tous, aura lieu à AUP et au Lavoir Moderne - Parisien.
Vendredi 30 Mars 9: 30 - 17:30, American University of Paris
(http://www.aup.edu/aupmap_directions.htm)
Samedi 31 Mars 10:00 - 17h30, Lavoir Moderne Parisien, 35 rue Léon,
75018 Paris (http://www.rueleon.net/)
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Plaidoyers & campagnes
Droit à l’eau et droits humains
Déclaration des organisations africaines présentes au forum alternatif mondial de l’eau
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/81085
Nous, organisations africaines ayant participé au Forum Alternatif Mondial de l’Eau à Marseille du 14 au 17 mars 2012,
- Considérant les pressions toujours accrues des multinationales sur les ressources en eau en Afrique,
- Considérant la privatisation des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique,
- Considérant les multiples atteintes aux droits des peuples africains à l’accès à l’eau potable,
- Considérant les luttes menées notamment au Maroc, au Ghana, au Kenya pour la défense du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement par les mouvements sociaux et les syndicats,
- Considérant les conséquences des diverses pollutions des ressources en eau en Afrique après un siècle d’extractivisme et d’exploitation minière anarchique sur le continent,
- Considérant la virulente attaque du capitalisme mondialisé contre les terres et les ressources en eau partout en Afrique qui constitue une véritable recolonisation du continent,
- Considérant les luttes des paysans africains contre l’accaparement des terres, des forêts, et des ressources en eau (cas symbolique de Ben S’mim au Maroc),
- Considérant les souffrances des femmes et des jeunes filles africaines pour assurer à leurs familles l’accès à une eau saine,
- Considérant les dommages causés par les barrages existant sur les fleuves Nil, Congo et autres fleuves africains,
Vues les victoires éclatantes des mobilisations populaires des peuples au Maghreb pour la démocratie et l’accès à l’eau pour tous,
Nous saluons la reconnaissance par les Nations Unies du droit à l’eau comme un droit universel.
Nous appelons à ce que :
- Le droit à l’eau soit reconnu dans la charte africaine des droits humains,
- Des politiques publiques soient développées pour éviter que les têtes des femmes et des enfants ne servent de tuyaux d’adduction d’eau.
Nous exigeons :
- La fin des privatisations des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique,
- La reconnaissance de la dette écologique due par les multinationales après des siècles d’exploitation des ressources minières en Afrique,
- La participation des usagers, de la société civile et particulièrement des femmes dans la gestion des ressources en eau en Afrique,
- La fin des prêts de la Banque mondiale et des banques de développement pour les projets d’adduction d’eau en Afrique et l’augmentation des aides publiques sans conditionnalités pour la mise en œuvre de ces projets,
- La fin de la construction des barrages sur les fleuves d’Afrique et le dédommagement de toutes les populations africaines ayant souffert des projets de barrages,
- Davantage de financement pour le développement des toilettes sèches et des structures d’assainissement en Afrique.
Nous appelons les organisations et réseaux de la société civile en Afrique à s’unir pour que l’eau soit à jamais mise hors des marchés financiers et qu’elle ne soit plus source de profit.
EAU SOURCE DE VIE PAS DE PROFIT
Fait à Marseille le 17 mars 2012
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
Organisations signataires
:
1 - ATTAC/CADTM - TOGO
2 - ACME MAROC
3 - COMITE MALIEN POUR LA DEFENSE DE L’EAU
4 - LAAWOL DIAM LA VOIE DE LA PAIX - SENEGAL
5 - ENDA RUP – SENEGAL
6 - VISIONS SOLIDAIRES – TOGO
7 - ONG EL WAFA – MAURITANIE
8 - SYNDICAT AUTONOME DES TRAVAILLEURS DE LA SENEGALAISE DES EAUX
9 - PUBLIC SERVICE INTERNATIONAL – AFRIQUE
10 - ONG MARS -TOGO
11 - ASSOCIATION SONG-TAABA (ASFUD) – BURKINA FASO
12- AGDF - MALI
13 - DSF FEGUI - MALI
14 - MIKA KAYES - MALI
15 - ASSOCIATION POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT – SENEGAL
16 - CONGO ACTION – RD CONGO
17 - ONG RAYOUWAN – MATA - NIGER
18 - ASSOCIATION PANAFRICANISTE DES DROITS CIVIQUES DES FEMMES
19 - TUICO- SYNDICAT DES TRAVAILLEURS – TANZANIE
20 - WETUM – SYNDICAT DES TRAVAILLEURS – MALAWI
21 - VILLAGES DURABLES – RD CONGO
22 - RESEAU EAU HYGIENE ET ASSAINISSEMENT (REHA)- RD CONGO
23 - HESHIMA
24 - PLANETE AFRIQUE – GABON / REPUBLIQUE CENTRALE AFRICAINE.
25 - ZANZIBAR WATER AUTHORITY – TANZANIE
26 - ASSOCIATION METOKA – BENIN
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Courrier
Une alternance démocratique dans sa pure forme au Sénégal
Faraniaina Ramarosaona
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/letters/81095
Le second tour des présidentielles au Sénégal voit la victoire certaine de Macky Sall qui sera ainsi le 4e président du Sénégal depuis son indépendance. Il faut rendre hommage à la maturité démocratique de ce pays, dont on avait craint le pire, au vu des manifestations de colère d'une partie de la population, 15 jours avant le 1er tour du 26 février dernier.
Cette maturité démocratique ne s'est pas démentie:
- avec la reconnaissance par le président défait de la victoire de son rival vers 21h 30 (cf le discours ci-dessous)
- avec une population (simples citoyens et classe politique ) qui a voté dans le calme au 1premier tour comme au second tour, tout en se gênant pas de s'exprimer quand il le faut,
- des conditions électorales saines, etc.
L'Afrique a un exemple en son sein. Et l'on ne peut s'empêcher d'exprimer de la tristesse quant à la situation à Madagascar, où les tenants du pouvoir, la classe politique dans son ensemble, la société civile, les citoyens qui sont « sachants » sont bien loin de ce schéma démocratique enviable, chacun dans son rôle. Toutefois, rien n'est fini. Nous pouvons tirer des leçons des autres pays comme le Sénégal et de notre situation interne pour nous relever.
Discours du président sortant Abdoulaye Wade
Mes chers Compatriotes,
A l'issue du second tour du scrutin pour l'élection présidentielle de 2012, les résultats en cours indiquent que M. Macky Sall a remporté la victoire.
Comme je l'avais toujours promis, je l'ai donc appelé, dès la soirée du 25 mars 2012, au téléphone, pour le féliciter.
Vous avez été nombreux, mes chers Compatriotes, à vous rendre aux urnes et à voter librement, dans le calme et la sérénité, conformément à nos valeurs traditionnelles ancestrales et sous la supervision d'observateurs nationaux et internationaux. Je n'en attendais pas moins de vous mes chers Compatriotes. Je vous félicite donc tous et toutes pour la part déterminante que chacun de vous a jouée dans ce processus.
Je n'oublie pas évidemment l'ensemble des structures de l'Administration pour l'excellente organisation des opérations électorales.
Quant à vous, mes militantes, mes militants, sympathisants et alliés, je tiens à vous remercier et à vous féliciter chaleureusement pour votre mobilisation et votre soutien. Je fais une mention particulière pour les jeunes et les femmes.
L'échéance de l'élection présidentielle passée, nous faisons maintenant cap sur celle des législatives de juin prochain.
Je vous demande donc de rester mobilisés avec la même foi, le même courage et la même détermination pour engager cette nouvelle bataille électorale, car c'est dans les circonstances comme celles que nous vivons actuellement que se distinguent et s'affirment les vraies militantes et les vrais militants qui croient aux valeurs qu'ils défendent.
En direction de cette importante échéance, je vous invite donc à renforcer l'unité du parti, taire les querelles et resserrer nos rangs pour relever les défis devant nous.
Vive la République !
Vive le Sénégal !
(fin du discours)
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
* Faraniaina Ramarosaona est membre du Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes de Madagascar
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Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique
Afrique : L'Inde a prévu des investissements de 250 000 milliards
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/81010
Gabon: 180 millions de dollars de Singapour pour la filière caoutchouc
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/81040
Femmes & genre
Rd Congo : Pourquoi les Congolais obligent les femmes à porter le pagne
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/wgender/81009
Droits humains
Afrique du Sud : La police s'attaque à la criminalité contre les ressortissants chinois
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81024
Afrique du Sud : Touristes dans leur propre ville, ils redécouvrent Johannesburg
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81026
Botswana : La réserve du Kalahari, cité perdue des derniers Bushmen San
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81027
Global : L'OTAN appelée à enquêter sur les civils tués par ses frappes en Libye
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81031
Mauritanie : L’extradition d’Abdallah Senoussi vers la Libye démentie
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/80998
Rd Congo : Graves violations des droits de l’homme
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81021
Sénégal : Verdict le 7 mai concernant l'enquête éventuelle sur le Joola
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81022
Zimbabwe : Libérer les activistes de la société civile
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/rights/81016
Réfugiés & migration forcée
Global : cinq morts dans un bateau au large de Lampedusa
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/81039
Elections & gouvernance
Guinée-Bissau : Appels à annuler la présidentielle, crainte de violences
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/elections/81036
Mali : Tensions et incertitude après le coup d'Etat
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/elections/81091
Mali : La Banque mondiale suspend son aide au développement
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80995
Nigeria : La ministre des Finances candidate à la présidence
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80996
Rd Congo : Les projecteurs braqués sur «Kabila»
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/elections/80997
Sénégal : Abdoulaye Wade reconnaît sa défaite et félicite Macky Sall
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/elections/81090
Le président sortant Abdoulaye Wade a reconnu le dimanche 25 mars sa défaite à la présidentielle et félicité son ex-Premier ministre Macky Sall. Wade a appelé son rival pour le féliciter après les premières tendances qui le donnent vainqueur du second tour de la présidentielle. Le rapport de force de ce second tour de 2012, il est vrai, était défavorable au président sortant. Macky Sall avait rallié sous sa bannière les 12 candidats malheureux du premier tour. Il était donc, on l’a largement dit toute cette journée, face à un potentiel de voix de 65% des suffrages, on verra quel est son score après cette journée de scrutin.
http://rfi.my/H3IyD6
Corruption
Afrique du sud : L'opposition autorisée à consulter le dossier corruption de Zuma
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/81038
Côte d’Ivoire : Les ex-barons de la filière café-cacao comparaissent libres à leur procès
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/81023
Nigéria : Lutter contre la corruption
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/81015
Une enveloppe de 7,2 milliards de nairas (46 millions de dollars), c’est le montant que l’Union Européenne (UE) vient de verser au gouvernement du Nigéria pour l’aider à lutter contre la corruption. En effet, la corruption est un fléau au Nigéria comme elle l’est dans plusieurs pays africains. Même l’Agence Nigériane contre la Corruption (EFCC), mise en place pour lutter contre cette tare, est pointée du doigt. Ainsi, de 1960 à l’an 2000, plus de 380 milliards de dollars américains se sont volatilisés du Trésor Public pour corruption.
http://bit.ly/GDMQjz
Développement
Afrique : Des politiques intelligentes pour dévoiler le potentiel énergétique durable
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/development/81094
Afrique : La croissance économique africaine ralentie en 2011
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/development/81011
Afrique : Les assemblées annuelles de la BAD prévues en Tanzanie
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/development/81037
Afrique : Les cabinets canadiens arrivent
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/development/81041
Afrique : Un gisement commun de pétrole entre le Congo et l'Angola
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/development/81042
Global : le Nigeria première destination africaine pour l'Allemagne ?
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/development/81043
Zimbabwe : Plus de fourniture d’électricité venant du Mozambique
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/development/81030
Santé & VIH/SIDA
Afrique : La tuberculose de l'enfant reste négligée
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/81092
Côte d’Ivoire : 90% des malades de sida dépendent de l'aide extérieure
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/81020
Afrique : Campagne de vaccination contre la polio dans 20 pays africains
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/81017
Afrique : Une épidémie de fièvre aphteuse menace
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/81003
Afrique du Sud : Des artistes prêtent leur voix contre les faux médicaments
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/81019
Rd Congo : Les femmes Lambas gagnent la bataille de l’eau
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/81018
SANTE
http://bit.ly/GKo8ct
Éducation
Environnement
Afrique : Le changement climatique s'est accéléré entre 2001 et 2010
2012-03-26
http://pambazuka.org/fr/category/environment/81093
Afrique : Bientôt plus de déchets "électroniques" générés sur le continent qu'en Europe
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/environment/81025
Afrique : Ralentissement de l'urbanisation
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/environment/81028
Global : Des pays africains s’engagent pour l’alimentation en eau
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/environment/81029
Justice Alimentaire
Afrique : La crise alimentaire pourrait s’aggraver
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/food/81035
Burkina Faso : La campagne agricole sèche pourra-t-elle apporter grand-chose ?
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/food/81034
Nouvelles de la diaspora
Global : La France va-t-elle extrader un opposant vers l’Algérie ?
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/diaspora/81001
Conflits & urgences
Afrique : Pourquoi ne parle-t-on plus de la Libye ?
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81004
Egypte : Les Frères musulmans veulent ouvrir la frontière avec Gaza
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/80999
Mali : Les mutins peinent à trouver des soutiens
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81005
Mali : La rébellion d'une partie de l'armée était prévisible
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81012
Mali : Les rebelles touaregs profitent du putsch pour progresser
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81007
Mali : Le mouvement islamiste armé touareg affirme contrôler le nord-est
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81032
Mali : L’UA appelle au respect de l’ordre constitutionnel
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81014
Nigeria : Pourparlers bloqués entre le gouvernement et Boko Haram
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81033
Somalie : Forces éthiopiennes et somaliennes ont pris une ville-clé du sud
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81006
Des troupes éthiopiennes et du gouvernement somalien de transition (TFG) ont pris le 22 mars la localité de Hudur, dans le sud-ouest de la Somalie, évacuée auparavant par les insurgés islamistes somaliens shebab qui la tenaient. Située à environ 90 km de la frontière éthiopienne et à 300 km au nord-ouest de Mogadiscio, Hudur, désertée par une partie de ses quelque 7.000 habitants, est la capitale de la région de Bakol, contrôlée par les shebab qui avaient déjà dû abandonner en février aux forces éthiopiennes leur bastion de Baïdoa, capitale de la région de Bay voisine.
http://bit.ly/GJvOkb
Somalie : Libération de l'otage britannique Judith Telbutt
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/81013
Internet & technologie
Cameroun : Environ 7% de taux de pénétration de l’Internet en 2011
2012-03-25
http://pambazuka.org/fr/category/internet/81002
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