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Pambazuka News 240 : Luttes pour la terre promise : Lettres entre deux soeurs d'Afrique
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Environnement, 14. Terres & droits fonciers, 15. Média & liberté d'expression, 16. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Luttes pour la terre promise : Lettres entre sœurs d’Afrique de l'Ouest.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Ali Bongo : un gangster protégé !
PLAIDOYERS & CAMPAGNE : Guinée-Bissau : Les urgences de l’heure.
ARTS ET LIVRES : Afrique : Campagne contre la famine au Sahel.
POUVOIRS EMERGENTS : Global : Le leadership chinois en Afrique fait des émules.
FEMMES ET GENRE : Algérie : Les femmes grandes gagnantes des législatives.
DROITS HUMAINS : Burkina-Faso : L’affaire Thomas Sankara bientôt devant les juges.
REFUGIES ET MIGRATION : Afrique : Le nombre des réfugiés en hausse pèse sur les efforts humains dans le Sahel.
ELLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Le continent malade de son élite politique.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La révolution énergétique pourrait profiter au secteur pétrolier et gazier.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : La mortalité infantile en baisse.
EDUCATION : Afrique : Somaliland et Puntland misent sur l’éducation pour créer un avenir.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Le sport et la musique au secours d’une jeunesse abandonnée...
TERRES ET FONCIERS : Afrique : Les droits de propriété, clé de la réduction de la pauvreté.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Egypte : Al-Jazira interdite pour faire taire le peuple.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Le Soudan rejette les démarches de l’UA et le l’ONU pour la paix.
Chroniques
Luttes pour la terre promise : Lettres entre sœurs d’Afrique de l'Ouest
Assénatou et Maria
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/82147
Note de l'éditeur:
Les lettres qui suivent font partie d'un échange émouvant et d’une rare perspicacité entre deux femmes qui ont été, pendant des décennies, des leaders respectés de mouvements citoyens en Afrique de l'Ouest. Deux femmes connues pour leur sagesse, leur courage, leur créativité et leur engagement sans faille pour la justice, la paix et le bien-être de leurs pays respectifs, la Guinée-Bissau et le Mali. Cette semaine, Pambazuka est heureux de partager une partie de ces correspondances personnelles, échangées à la suite des coups d'Etat survenus d’abord au Mali en mars, puis en Guinée-Bissau en avril. Les lettres ont été traduites du français et sont signés avec des noms d’emprunt pour la sécurité de ces femmes, de leurs camarades et de leurs familles en ces moments difficiles qu’ils sont en train de vivre.
Bissau, le 5 mai, 2012
Chères amis et amies de Pambazuka,
Merci pour l’invitation de partager une partie des échanges entre mon amie du Mali, Assénatou, et moi. Assénatou et moi nous nous sommes rencontrées autour des causes et des combats communes au Mali et en Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest. Nous nous sommes connues dans le cadre des mouvements citoyens pour plus de justice sociale dans notre continent, plus de ressources et des moyens de vies stratégiques sauvegardés pour le bien-être de nos populations et des générations futures. C’est à partir de ces combats que nous sommes devenues des grandes amies, des vraies sœurs que nous sommes aujourd’hui.
J’aimerais partager avec vous combien Assénatou, avec sa lucidité, sa sagesse et son grand courage, a réussit à nous insuffler ce même courage et conscience, partageant avec nous son parcours et son combat d’aujourd’hui au Mali et ainsi, elle alimente et inspire aussi notre combat en Guinée-Bissau.
J’aimerais expliquer que cette correspondance ne s’est pas arrêtée là. Elle continue et se poursuivra entre nous, par des e-mails et des appels téléphoniques, au fur et à mesure que les situations dans nos respectifs pays évoluent et que nous sentons le besoin de se renforcer mutuellement, de se partager de l’amitié et de la tendresse. Ainsi, nous nous encourageons mutuellement, nous nous inspirons et nous gardons confiance dans l’avenir même s’il est lointain.
Nous souhaiterions partager ce témoignage, non parce que nous trouvons notre histoire originale ou spéciale. Non, c’est parce que nous savons qu’elle est si banale et se passe généralement dans l’ombre. Avec nos témoignages, nous souhaiterions rendre visibles ces échanges entre deux simples citoyennes de l’Afrique qui se partagent leur rêve, leur souffrance, leurs espoirs et leur action civique pour que notre continent devienne notre terre promise, la terre où nos enfants et nos petits-enfants pourront vivre en paix et justice, solidarité et prospérité. Et nous souhaiterions encourager davantage d’échanges et plus de manifestations de solidarité entre les citoyens de l’Afrique, pour que la chaleur et l’étreinte de l’amitié et de la fraternité des nôtres soient plus intenses, plus proches et plus perceptibles que celles d’autres peuples qui nous témoignent déjà leur sympathie et leur solidarité, un peu partout dans le monde.
Si les chefs d’États de l’Afrique se réunissent en sommet dans le cadre de la CEDEAO et de l’Union Africaine pour chercher des solutions pour nos pays victimes des coups d’États qui ressurgissent en force dans notre continent, alliés à toute sorte de violence, d’affaires sales et, surtout, de privation des droits civiques et politiques de nos populations, les intellectuels, les simples citoyens d’Afrique devraient, à leur tour, trouver des formes plus visibles et tangibles de se témoigner leur solidarité et leur engagement, de prendre le devant et parler d’une seule voix. Pour dire haute et fort que nul n’a le droit, au nom d’aucune justification, sous l’emprise d’aucune idéologie, d’aucune foi, nul n’a le droit de prendre son peuple en otage pour en faire son bouc émissaire, pour se donner la force de négocier et d’imposer des conditions et des solutions qui ne le sont pas du tout et qui ne servent d’aucune façon les besoins, les intérêts et les droits des peuples qu’ils disent représenter et défendre, mais qu’en réalité ils martyrisent, ils sapent l’avenir de leurs enfants, minent leurs espoirs et détruisent leurs rêves les plus chers !
Le cri du ras-le-bol c’est pour tous ces attentats contre les droits des générations présentes et future à une patrie en paix, en sécurité où on puisse bâtir notre future et notre bien-être, avec nos mains, nos têtes et nos cœurs.
Maria
COUP D’ETAT AU MALI LE 21 MARS, 2012
BISSAU, LE 22 MARS 2012
Ma très chère copine Assénatou,
J’ai essayé à plusieurs reprises de t’appeler au téléphone, mais tu étais successivement en communication.
Depuis hier soir qu’on est inquiet avec les nouvelles de ton pays, le Mali, une référence ouest-africaine en démocratie, prise, à son tour par un coup d’État. Ce n’est jamais gagné pour toujours, malheureusement. Mais cela nous étonne toujours, car notre mémoire est si courte.
Maman demande de tes nouvelles, car elle aussi a appris par la radio ce qui est en train d’arriver au Mali. Ma famille me demande tes coordonnées pour t’envoyer un mot. Après des essais successives pour te rejoindre par téléphone sans réussite, je me suis décidée à te faire ce message pour te souhaiter du courage, beaucoup de courage et de la patience. Il y a un dicton créole qui dit : « Tous ce qui commence, se terminera un jour ». Le Mali va retrouver à nouveau les voies pacifiques et démocratiques pour résoudre les différends parmi les siens. Que Dieu souffle de la tolérance, de la générosité et de la sagesse dans les cœurs de touts les leaders et de toutes les forces vives du Mali, pour ouvrir les voies au dialogue démocratique et inclusif, pour refonder les piliers de la démocratie au Mali en tenant compte des aspirations légitimes de progrès des Maliens, des plus jeunes en particulier. On prie et on va continuer à prier pour le Mali, pour l’Afrique. Pour toi et ta famille, pour tous les Africains et Africaines qui embrassent leurs pays avec cœur.
Tout le monde chez nous t’embrasse et te souhaite bon courage et paix à ton pays. De ma part, je t’embrasse avec toute mon amitié et ma plus profonde solidarité,
Maria
v
MALI, LE 5 AVRIL 2012
Chère Maria,
Merci pour ton amitié et ta solidarité. Comme on dit, c'est dans les moments difficiles qu'on connait véritablement ses vrais amis. Je savais la sincérité de nos liens, mais ces temps ci m'ont donné assurément confiance en nos liens.
Ma soeur, les Maliens ont mal dans leur coeur et dans leur chair. Mais nous n'avons pas droit au découragement et à la lamentation.
Mes journées commencent très tôt et finissent très tard entre les réunions, les concertations pour que, ensemble, nous puissions lever la tête. C'est dur, très dur quand, au nord du Mali qui est entre les mains des Touaregs et des islamistes, les femmes sont violées et brulées vives pour n'avoir pas couvert leur visage.
L'embargo de la CEDEAO n'arrange rien. Au contraire, il complique davantage la situation. Les Maliens deviennent du coup un peuple martyr qui subit une rébellion, une invasion islamiste et un embargo.
Je pense que d'ici le weekend un consensus serait fait entre la junte militaire, la société civile et les politiques.
Merci pour vos prières, votre élan de solidarité grâce auxquels notre pays se relèvera.
Merci pour tout ma sœur
Je vous embrasse tous.
Assénatou
v
BISSAU, LE 9 AVRIL 2012
Bonjour ma très chère amie Assénatou,
Merci pour ta réponse que je viens de recevoir, car j’ai voyagée ce weekend pour passer 2 jours avec la famille dans la campagne. Cela nous a fait du bien à tous, pour nous ressaisir de la situation de tension que nous vivons ces jours ci à Bissau. Nous sommes rentrés le samedi soir pour passer le dimanche de Pâques avec maman.
Merci pour nous avoir envoyé de vos nouvelles malgré le malheur d’une situation telle que celle que les Maliens et le Mali sont en train de vivre. C’est incroyable, troublant, qu’un pays comme le Mali connaisse une détérioration si rapide et si violente de la situation des droits de l’Homme. C’est révoltant, ahurissant que ce soit toujours les femmes qui subissent les pires violences et les outrages faites aux populations sans défenses. Je n’en reviens pas ! Des femmes violées et brulées vivantes pour n’avoir pas porté le voile au Mali ! Nous sommes en train de connaitre encore des régressions irréparables en matière de droits de l’Homme et des Peuples qui ont couté beaucoup de sang, de sueur et des siècles à construire…
Que pouvons-nous faire pour stopper tous cela?
Comme tu dois le savoir, par ici aussi les choses ne se passent guère bien. Nous sommes bloqués avec une élection que tous les politiciens ont voulu rapide pour respecter les délais prévues dans la Constitution et que maintenant presque tous remettent en cause, soi-disant pour fraude électorale. J’en ai mare des politiciens qui se mettent toujours d’accord pour ne pas être d’accord, mais qui jamais ne se mettent d’accord pour nous proposer une sortie, une solution.
Tous les candidats se disent candidats pour la paix et la stabilité du pays, mais tous sont d’accord pour bloquer le résultat du 1er tour de ces élections, alors que tout le monde sait que même s’il y a eu des fraudes on aurait toujours les 2 candidats (Cadogo et Kumba Yalá) pour le deuxième tour !
Mais à force de s’y opposer farouchement, on donnera aux militaires ce qu’ils ont toujours voulu, c’est-à-dire une attestation de droit d’intervention parce que les politiciens n’ont pas été capables de se mettre d’accord sur une sortie politique de la crise et le pays s’en trouve paralysé… Après, ce sera trop tard pour faire quelque chose afin d’éviter des dérapages majeurs… Et de dérapage et dérapage, on risque d’aller dans la même direction du chaos que le Mali connaît à présent et qui ne sert qu’aux hommes aux cœurs durs, otages de la haine et de la violence…
Quand les hommes ne se montrent pas à l’hauteur pour trouver des solutions aux problèmes qu’ils ont créés, on se tourne vers Dieu… C’est pour cela que nous prions sans cesse que Dieu Tout puissant souffle de la compassion et de la sagesse dans les cœurs de nos dirigeants et de nos leaders, ainsi que des hommes et des femmes capables d’influer sur le cours de l’histoire en faveur de nos peuples les plus diminués, de ceux qui souffrent avec cette course chaque fois plus insupportable vers plus d’intolérance et plus de violence.
Bon courage pour nous tous, pour vivre ces temps difficiles avec sérénité en jouant le rôle qui est à notre portée, pour semer la paix et l’espoir.
Je t’embrasse avec toute ma solidarité.
Maria
COUP D’ETAT EN GUINEE BISSAU, LE 12 AVRIL 2012
MALI, LE 23 AVRIL 2012
Bonsoir ma sœur Maria,
Je n'ai pas pu t'appeler ces derniers temps à cause des réunions interminables.
Notre situation évolue très lentement au plan politique, mais aux plans humanitaire et sécuritaire c'est vraiment la catastrophe surtout pour les régions du nord, où les viols et les attaques armées continuent. Nous espérons d'ici demain avoir un gouvernement pour prendre en charge ces questions brulantes.
Je suis aussi inquiète pour ma seconde patrie la Guinée Bissau et prie fortement pour tous les hommes et femmes de là-bas.
Maria, je t'en prie, prends cette situation avec beaucoup de recul. Je suis persuadée que c'est un passage obligé pour nos pays qui n'ont jamais eu leur indépendance et par conséquent pas de souveraineté. Dans ces conditions, la démocratie, qui veut dire la participation responsable et citoyenne à la gestion de nos pays est une pure fiction. Car les conditions de la participation et la responsabilisation sont l'éducation et l'information. Il y a bien longtemps que l'éducation, l'information, la réflexion critique sont devenues des denrées rares dans nos pays. Dans ces conditions, les coups d'Etat et autres formes de violence sont possibles.
Au Mali ce n'était pas la démocratie qui faisait marcher les choses. Ce sont plutôt les valeurs culturelles et l'action des hommes et des femmes courageuses proches des plus vulnérables qui soutenaient le Mali. Les responsables politiques pouvaient continuer leur comédie démocratique tant que la drogue, les armes et la corruption n'avaient pas eu raison de ce rempart culturel. Malheureusement ils ont eu raison de ce rempart et ce sont les femmes et les enfants qui sont les premières victimes. Les Maliens simples et tous ceux qui sont loin de cette réalité macabre, cachée par le voile démocratique, sont pris de court par ces évènements.
Aujourd'hui nous devons avec lucidité comprendre tout cela, non pas à partir des coups d'Etat mais en allant plus en profondeur afin de se mettre au dessus de la mêlée, pour donner un autre sens à ce moment crucial de notre histoire.
Je suis optimiste pour nos pays. Nous devons comprendre que c'est dans les grandes épreuves que la cohésion nationale se fortifie de façon durable.
Je sais que tu vis ton pays comme tu vis ta propre famille. Je t'en prie, relativise tout cela ; prends les bonnes décisions par rapport à Maman, tes enfants et tes petits enfants.
Restons calme dans nos réflexions, dans nos actions. Evitons les informations négatives qui encombrent nos têtes et nous empêchent de réfléchir par nous mêmes.
Ma sœur, dépense toi moins. Restons positives dans nos pensées, nous survivrons.
Que Dieu nous garde ensemble.
Je t'embrasse fort.
En toute fraternité.
Assénatou
V
BISSAU, LE 23 AVRIL 2012
Ma très chère copine Assénatou,
Merci pour tes conseils sages, ma sœur. Je m’occupe de ma famille tant que je peux. Mais mon cœur est dans une tristesse profonde, à cause de ce qui se passe dans mon pays.
Mes enfants sont bien, se sont engagés en plusieurs combats, avec les armes à leur portée (beaucoup d’Internet et de Facebook avec des amis un peu partout dans ce monde) pour leur pays. Ils disent qu’ils ne veulent pas se laisser voler leurs rêves avec leur pays…
Nous vivons des temps difficiles où touts les rats d’égouts ont quitté leur trous pour s’acharner sur leur part du gâteau. Certains habillées en tenue militaire, d’autres en costume et cravate, ou encore en costume traditionnel, mais tous puant à la cupidité et tous avec le nom du peuple dans leurs discours plus ou moins patriotiques…
Ah ! Je me donnerai du temps, un de ces jours, quand les urgences seront moins urgentes et me demanderont moins de mon temps, pour faire sortir la douleur et la révolte que mon âme cache sous forme d’écriture, en guise de testament d’une femme comme mille autres de mon pays qui ont enfanté, porté et allaité leurs bébés en rêvent d’un avenir dans le pays de leurs ancêtres, dans la paix, la dignité et la prospérité. Ces jours sont encore bien lointains, malheureusement.
Je vois les mêmes histoires se répéter de génération en génération, car ce que j’ai vécu avec mes enfants suite au conflit du 7 juin 1998, de peur, de révolte dans l’impuissance presque totale, ma fille est en train de le revivre avec ma petite fille… Et cela me fait trop de mal, trop de peine. Et c’est pour cela que je crie au plus profond de moi-même, ça suffit ! ça suffit ! Et je ferai entendre ma voie partout, en criant que ça suffit, ensemble avec d’autres femmes, hommes et jeunes qui manifestent ainsi publiquement leur ras le bol !
Je t’embrasse avec toute mon amitié
Maria
v
BISSAU, LE 7 MAI 2012
Ma très chère sœur Assénatou,
Hier soir, avant de me coucher j’ai écouté les nouvelles sur RFI à propos des crimes historiques, culturelles et religieux qui sont en train d’être commis à Tombouctou, la cité sainte. Quelle tristesse ! Quel désarroi ! Je sais que tout cela te cause, à toi et à tous les Maliens de la souffrance et de la révolte la plus profonde…
Quoi te dire, comment te dire un mot qui puisse vous apporter un peu de réconfort ? Ah ! Que des temps difficiles un peu partout dans le monde, en Afrique Occidentale et dans nos pays en particulier. Mais t’es si brave, si courageuse, si engagée, que je suis sûre qu’en cet instant tu n’es pas en train de te plaindre de ton sort, mais plutôt sur le vif du combat, avec d’autres Maliens engagés et déterminés autant que toi, dans la plus grande discrétion et dans l’intimité de vos concitoyens !
Bon courage et bonne chance, ma sœur ! Nous restons avec vous dans la pensée, avec toute notre tendresse.
Je vous embrasse avec toute mon amitié,
Maria
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** Assénatou et Maria sont des noms d’emprunt pour des leaders des sociétés civiles maliennes et bissau-guinéennes ?
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Mali : Aux côtés des populations
Paul Martial
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/82149
LA SITUATION AU NORD MALI
La faiblesse de l’État dans la région du Nord Mali est notoire, puisqu’elle est devenue au fil du temps une base de repli pour les organisations islamistes radicales plus ou moins liées à AQMI et une plaque tournante des trafics en tous genres y compris celui de la drogue. En effet, on se souvient, en novembre 2009, de l’affaire du Boeing, provenant d’Amérique Latine avec plus de 10 millions de tonnes de cocaïne, qui s’est posé et ensuite a été abandonné à Taskint.
Indéniablement, le Mali s’est révélé le maillon faible dans la crise sahélienne qui a considérablement empiré depuis la chute de Kadhafi. Les conséquences dans la région sont nombreuses, la première est l’afflux important de réfugiés subsahariens qui ont fui les nombreuses exactions racistes en Libye. La plupart étaient des travailleurs immigrés qui subvenaient aux besoins de leurs familles restées au pays. Aujourd’hui, cette manne financière est supprimée et des pays comme le Niger, le Mali, le Tchad ou le Burkina Faso doivent faire face à cet afflux de travailleurs, rendant encore plus précaires des économies déjà chancelantes.
La seconde est la diffusion massive des armes dans la région. En effet, la Libye possédait en grand nombre des stocks d’armes allant des fusils d’assaut aux missiles très sophistiqués tel que des SAM7 en passant par des roquettes. Nombre de ces stocks ont été pillés fournissant ainsi les combattants. [1] Cette situation explique la puissance militaire du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad), résultat du regroupement de plusieurs organisations touarègues, qui possède un armement supérieur à l’armée malienne et compte des combattants aguerris qui connaissent parfaitement le terrain.
Même si la presse internationale s’en fait peu écho, la troisième conséquence est la crise alimentaire qui s’annonce et risque de déboucher très rapidement sur des situations de famine dans certaines régions. Les organisations humanitaires estiment que, dans la région sahélienne, neuf millions de personnes dont trois millions de Maliens sont victimes de l’insécurité alimentaire due aux mauvaises récoltes de 2011 et à la hausse des prix alimentaires qui est du niveau de 2008, date des émeutes de la faim.[2] Rappelons que le Sahel reste l’endroit où la mortalité infantile est la plus élevée du monde.
LA GUERRE AVEC LE MNLA
Beaucoup ont reproché à ATT de n’être pas intervenu et d’avoir laissé les combattants surarmés venant de Libye s’installer tranquillement au Nord Mali. Quant à la diplomatie française, elle caressait l’idée de se servir de ces combattants bien armés et bien entraînés pour faire le coup de force contre les islamistes d’AQMI, suppléant ainsi à l’inefficacité de l’armée malienne. Cette mansuétude s’est révélée désastreuse et le MNLA a vite montré que son principal objectif était l’indépendance de l’Azawad et sa principale cible le pouvoir central de Bamako.
Le Mali est en guerre, une guerre qui ne dit pas son nom et a révélé l’incapacité de son armée à faire face aux offensives. Les officiers supérieurs sont accusés d’être corrompus et de détourner l’argent destiné aux soldes des soldats, mais aussi à l’achat du matériel. Ainsi les soldats maliens sont dans l’incapacité de résister aux assauts des troupes du MNLA par manque de munitions, incapables de mobilité du fait des déficiences en fourniture de carburants. Seule solution pour les soldats la fuite, camouflée dans les communiqués de presse officiels, par l’expression de « retraits tactiques ».
Mais les officiers supérieurs sont aussi accusés d’être les complices des différents trafics qui ont lieu dans la région, ce qui leur permet d’afficher à coup de villas et de véhicules 4/4 flambant neufs, une richesse insolente comparée aux conditions de vie des hommes de troupes. Aujourd’hui, les troupes du MNLA mais aussi celles d’Ançar Din, groupe islamique, avancent inexorablement gagnant villes et villages un par un. Un des porte-parole du MNLA annonçait même que l’armée malienne n’existe plus dans le Nord Mali [3].
LES PAYS OCCIDENTAUX ET AMADOU TOUMANI TOURE
Si ATT a été adoubé par les pays occidentaux pour son comportement de démocrate quand il a rendu le pouvoir aux civils après avoir renversé la dictature de Moussa Traoré, il est nécessaire de rappeler que ce coup d’État s’est déroulé dans un climat de lutte et de mobilisation populaire intense contre le pouvoir et c’est précisément cette situation qui a rendu possible politiquement le renversement de Traoré.
Mais ATT a vite agacé d’abord par son refus d’entériner l’accord de gestion concertée des flux migratoires, dont le but est de faciliter les reconduites à la frontière, par les flics français, des ressortissants maliens sans papiers. Ce refus-là doit aussi être placé dans le contexte de la lutte des expulsés maliens qui rencontre la sympathie de la population du pays. ATT est considéré comme un « extrémiste de l’indécision » par les chancelleries occidentales, États-Unis et France, pour des raisons légèrement différentes. L’un voit d’un mauvais oeil ses objectifs d’éradiquer le terrorisme islamiste obstrués par un ATT qui considère que cette guerre n’est pas celle du Mali, l’autre veut préserver son assise sur la région et accepte difficilement qu’ATT ait toujours refusé obstinément d’accueillir des troupes françaises sur le sol national. Le président malien a toujours préféré la négociation, voire même un modus vivendi avec les différentes organisations armées du Nord Mali.
Dans le même temps, les multinationales enragent de ne pas pouvoir piller les richesses minérales du fait de l’instabilité politique et sécuritaire. En effet, dans cette région se trouvent de l’uranium, comme au Niger, mais aussi du plomb et du zinc.
LE COUP D’ETAT COMME SOLUTION ?
Provenant de la caserne de la ville de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la mutinerie s’est transformée en un coup d’État, a priori pas ou peu préparé. Un coup d’État mené par les hommes de troupes avec très peu d’officiers, ce qui traduit l’exaspération des soldats envoyés au front, dans une guerre contre le MNLA, totalement impréparée. A l’humiliation des défaites successives s’est ajouté le traumatisme des massacres d’Aguel Hoc, où des soldats prisonniers de guerre ont été égorgés ou tués d’une balle dans la tête. Déjà les prémisses de cette crise existaient quand, fait inédit, des femmes de soldats étaient descendues dans la rue pour exiger des munitions pour les soldats et des nouvelles de leurs conjoints disparus.
Ce coup d’État qui s’est déroulé un mois avant l’élection présidentielle, à laquelle ATT ne concourait pas, divise le Mali tant au niveau politique, syndical que dans la société civile. Deux fronts se sont constitués aux objectifs totalement opposés. Le premier, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la république (FUSADER), est opposé au putsch. Il est composé des partis politiques qui soutenaient ATT à l’Assemblée nationale et des deux principales organisations syndicales des travailleurs dont les locaux à la bourse du travail ont été saccagés et un des dirigeants molesté. L’autre, à l’initiative du parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance), a fondé le Mouvement populaire du 22 février qui se veut le pendant politique du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), expliquant que les putschistes n’ont fait que renverser un simili de démocratie et qu’il s’agit avec ce coup d’Etat de refonder une véritable démocratie politique et sociale.
La manifestation en soutien aux putschistes appelée par les organisations du Mouvement populaire du 22 février a rassemblé entre 20 et 30 000 manifestants, ce qui est important pour Bamako. Cela traduit l’exaspération des populations qui ne bénéficient pas, loin s’en faut, d’une croissance économique qui avoisine les 5% [4].
En effet, les produits de première nécessité ainsi que le prix de l’énergie ont considérablement augmenté, les services publics sociaux, comme la santé ou l’éducation, sont dans un état de délabrement inconnu depuis des années. Alors que dans le même temps une petite caste de privilégiés protégés par ATT s’enrichissait à coup de corruption, de trafic et de spéculation sur les denrées alimentaires, notamment le riz.
Mais cette situation impose prudence et vigilance. En effet, comme le fait justement remarquer le Parti communiste du Bénin [5] dans sa déclaration, les militaires mutins se sont imposés comme les sauveurs au pays et à la population sans que cette dernière connaisse et a fortiori soit partie prenante de l’élaboration d’un programme politique ou du moins des revendications d’urgence à mettre en place. La preuve en est la constitution provisoire qui a été mise en place sans aucune discussion. Ce coup d’État, comme tous les autres, s’est fait au nom des populations, mais en les laissant totalement passives et absentes dans la conduite de leurs destinée. C’est précisément cette erreur originelle qui est dangereuse, car elle ne peut que favoriser l’autonomisation des militaires au pouvoir, et en l’absence de contrôle, de possibilité de révocation par la population, générer une caste prête à tout pour conserver le pouvoir.
Le cas guinéen est symptomatique de cette dérive. La junte, conduite par Dadis Camara, qui a pris le pouvoir à la mort du dictateur Lansana Conté, était acclamée au début par la population, car elle était censée porter un projet populaire Elle s’est vite transformée en junte dictatoriale qui a pris fin dans un terrible massacre de manifestants au stade de Conakry en septembre 2009.
LE RESULTAT D’UNE POLITIQUE
Les avancées récentes, suite aux offensives du MNLA et des islamistes, auraient pu faire bouger les lignes. Du côté du CNRNDE, on se prononce pour le rétablissement des institutions ; les négociateurs de la CEDEAO ne font pas un préalable du retour d’ATT au pouvoir, ils réclament seulement le retour à l’ordre constitutionnel, donc la possibilité d’une transition dirigée, par exemple, par le président de l’Assemblée nationale, après une démission d’ATT qui a lui-même indiqué qu’il était ouvert à toutes solutions susceptibles de régler le problème.
Le front, constitué par des organisations politique, syndicale et de la société civile, est prêt à travailler à une union nationale pour défendre l’unité du Mali. A l’heure où nous écrivons la junte vient d’accepter contre une impunité pour ses membres de revenir à l’ordre constitutionnel.
Les pays occidentaux mesurent la gravité de la situation et le danger d’un vaste territoire contrôlé par les rebelles du MNLA et certains groupes islamiques. Ces mêmes pays, via le FMI et la Banque Mondiale, qui ont passé le plus clair de leur temps à imposer les ajustements structurels qui ont affaibli les États, à soutenir des chefs d’État corrompus et à fermer les yeux sur le sous-développement de régions entières de pays qui ne pouvait générer que frustration et violence voient sous leur yeux le résultat de leur politique. Pour notre part, nous sommes opposés à toute politique qui pourrait aggraver la situation des populations, et l’intervention militaire de la CEDEAO en font partie.
[1] Voir Notes Internacionals CIDOB n°44, janvier 2012
[2] http://www.afriquesenlutte.org/afri...
[3] Interview de RFI au journal Afrique de 8 h 30 le 28 mars 20012
[4] La croissance pro-pauvre au Mali, Agence Française de Développement
[5] http://www.afriquesenlutte.org/afri..
CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS
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** Paul Martial a publié cet article dans www.afriquesenlutte.org/
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Mali : A la recherche d’une solution endogène et inclusive
Lettre ouverte de la société civile à : Blaise, Goodluck, Dioncounda, Cheikh Modibo et Aya Sanogo
Adama Diakité
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/82145
Excellences,
Le peuple malien est conscient de sa dépendance vis-à-vis de la communauté internationale pour relever les défis qui sont les siens aujourd’hui, mais il est en droit d’attendre aussi de cette communauté plus de sollicitudes et de compréhensions comme il l’a aussi témoigné envers d’autres pays membres ayant vécu récemment des difficultés similaires. En tirant les leçons de ce vécu récent, nous sommes convaincus que la CEDEAO, notre organisation commune, gagnerait plus à écouter les espoirs et les attentes d’un peuple meurtri et humilié qu’a vouloir lui imposer des solutions dont la légitimité est contestable.
Excellence Monsieur le président du Burkina Faso, médiateur de la CEDEAO en charge du dossier du Mali,
Excellence Monsieur Goodluck Ebélé Jonathan, médiateur associé de la CEDEAO dans la résolution de la crise institutionnelle et du recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali,
Excellences,
Le peuple malien a suivi, avec beaucoup d’attention et d’intérêt, le dernier sommet extraordinaire des Chefs d’État de la CEDEAO tenu à Abidjan le 26 avril 2012 et a pris acte de ses conclusions. Le communiqué final issu de cette rencontre a, à sa lecture, produit une grande inquiétude chez les populations maliennes et soulevé des questionnements des plus légitimes que nous nous ferons le devoir d’exprimer ici dans la présente lettre ouverte tout en rappelant certains constats.
Excellences, Les forces vives du Mali, réunies sur votre invitation à Ouagadougou, les 14 et 15 avril derniers, étaient parties avec des espoirs de paix, de retour de la quiétude chez les populations au nord du pays, une volonté manifeste d’établissement d’un consensus entre les acteurs et surtout de relance d’un dialogue national susceptible d’aboutir à une sortie de crise pour le Mali.
Il est vrai que les échanges entre les participants, à la rencontre de Ouagadougou, ont été parfois très houleux mais le communiqué final issu de cette rencontre avait eu le mérite d’ouvrir le dialogue entre les acteurs, de relativiser les divergences de points de vue recensées jusque-là et surtout de clarifier le rôle et la place des forces vives du Mali comme acteurs centraux du parachèvement de l’accord cadre du 6 avril 2012 et aussi de définition consensuelle d’une feuille de route pour la transition au Mali.
Ces résultats, très encourageants, devraient déterminer la suite du processus de gestion de la crise institutionnelle au Mali. A la suite de la rencontre de Ouagadougou, l’espoir du peuple malien a été conforté par la nomination, le 17 avril, soit trois jours après Ouagadougou, d’un Premier ministre consensuel pour conduire le gouvernement de transition. La nomination de cet organe de la transition a ouvert la voie pour la mise en place d’un gouvernement de transition, nomination intervenue le 24 avril 2012. Ce qui est remarquable ici, c’est le fait que malgré quelques entorses observées dans la mise en œuvre des dispositions de l’accord cadre du 6 avril, instruisant la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, la grande majorité des acteurs a opté pour l’apaisement du climat et déclaré sa disponibilité à accompagner le gouvernement de « technocrates » mis en place.
Cette attitude positive des acteurs maliens méritait d’être relevée et prise en compte au cours du sommet extraordinaire du 26 avril. En effet, les actes posés par le peuple malien, à la suite de la rencontre des forces vives de Ouagadougou, sont de véritables avancées qui auguraient d’une sortie de crise apaisée pour le Mali.
Cependant, Excellences, Le peuple malien vient d’être totalement surpris par le communiqué final du sommet extraordinaire des chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO du 26 avril qui a ébranlé plus que ses convictions.
En effet, le communiqué, par son ton et son contenu, remet en cause non seulement l’esprit et les dispositions de l’accord cadre du 6 avril en ses articles 6 et 14, mais dépouille totalement les forces vives et le peuple malien de ses prérogatives constitutionnelles et de sa souveraineté. Par ailleurs, le communiqué, au lieu de constituer une avancée dans le dossier institutionnel, a contribué à réveiller les extrémismes, à alourdir le climat social et à préparer le cadre d’un affrontement plus que verbal entre les populations maliennes et entre celles-ci et l’éventuel contingent de la CEDEAO.
Ce communiqué nous a semblé donc très contre productif parce que consacrant un retour sur les engagements pris par la CEDEAO et surtout parce que favorisant l’installation d’un climat de suspicion et de remise en cause des acquis et des certitudes.
Excellences, nous sommes convaincus que votre seul souci est le Mali et le sort du peuple malien et sommes conscients des choix des fois cornéliens auxquels vous êtes confrontés dans la gestion du dossier institutionnel malien : entre la défense d’un principe fondamental et le respect du droit d’un peuple à définir ses orientations et à préserver l’essentiel, c’est-à-dire la paix, la quiétude et l’unité nationale, entre ces deux options, le choix est vite fait.
Excellences, nous, le Forum des Organisations de la société civile du Mali, partie prenante des forces vives du Mali, vous demandons instamment d’accepter de nous donner l’opportunité d’une gestion inclusive de la crise institutionnelle du Mali. Ceci nous permettra d’identifier des solutions constructives de notre nation qui est en péril aujourd’hui et d’éloigner pour de bon le spectre d’une crise sociale aux conséquences imprévisibles.
Dans cet esprit, des réflexions sont en cours par des Organisations non gouvernementales et apolitiques, soucieuses seulement du Mali, pour l’organisation d’une concertation nationale des forces vives du Mali sur la question de la dévolution des autres organes de la transition que sont : le président de transition et le Cadre de concertation des forces vives, et sur la feuille de route. Le projet de termes de référence de cette concertation est en élaboration et sera partagé avec toutes les parties prenantes afin de requérir leur adhésion et leur input. Ce processus a l’avantage de responsabiliser les acteurs nationaux dans la recherche de solutions nationalement acceptables et d’atténuer l’exacerbation des contradictions entre les acteurs sociaux du Mali.
Excellences, le peuple malien est conscient de sa dépendance vis-à-vis de la communauté internationale pour relever les défis qui sont les siens aujourd’hui, mais il est en droit d’attendre aussi de cette communauté plus de sollicitudes et de compréhensions comme il l’a aussi témoigné envers d’autres pays membres ayant vécu récemment des difficultés similaires. En tirant les leçons de ce vécu récent, nous sommes convaincus que la CEDEAO, notre organisation commune, gagnerait plus à écouter les espoirs et les attentes d’un peuple meurtri et humilié qu’a vouloir lui imposer des solutions dont la légitimité est contestable.
Excellences, ne privez pas le peuple malien de cette opportunité de se reconstruire en tant que nation et panafricaniste convaincu parce que la sagesse populaire nous instruit que les meilleures solutions sont toujours celles qui sont portées par les acteurs eux-mêmes.
Et, en la matière, nous sommes convaincus que l’organisation d’une concertation des forces vives du Mali sur des questions précises comme le choix du président de la transition, la durée de la transition, le rôle du CNRDRE pendant la période de transition, est de nature à préparer une sortie de crise effective et durable pour le Mali.
Pour ce qui est du problème prioritaire qu’est la résolution de la crise au nord du pays, le Peuple est effectivement demandeur d’une assistance militaire (dont la nature est à déterminer avec les autorités compétentes maliennes) et humanitaire immédiate de la CEDEAO afin d’abréger les souffrances des populations sous occupation dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, mais pas d’une force d’interposition ou d’une force pour « sécuriser la transition ». Tout en vous remerciant pour l’intérêt et l’écoute dont vous avez fait preuve dans ce dossier, nous vous prions de croire, Excellences, en notre engagement pour la paix et la protection de tous les droits.
Fait à Bamako, le 3 mai 2012
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** Adama Diakité est président du Forum des organisations de la société civile malienne
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Mali : La revendication des femmes dans les luttes de l'heure
Traoré Oumou Touré
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/82146
Lettre ouverte au Premier Ministre, chef du gouvernement
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Permettez-nous, au nom de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO), une structure née le 24 mars 1992, regroupant 2295 organisations de base et ONG de femmes, présente sur toute l’étendue du territoire national, dans la sous- région et en Europe, jouissant de deux statuts consultatifs, celui des Nations Unies et de l’Union Africaine, de vous féliciter pour le choix porté sur votre auguste personne pour diriger la transition dans notre pays.
Egalement, Excellence, c’est avec un grand plaisir que nous avons accueilli la mise en place de votre gouvernement. Cependant, la CAFO, toujours fidèle à sa mission de défense des intérêts des femmes, consciente de son rôle de veille et de contrôle citoyen, ainsi que de sa force de participation responsable, voudrait attirer votre attention sur la faible présence des femmes au sein de votre équipe gouvernementale.
En effet, Excellence Monsieur le Premier ministre, nous tenons à vous rappeler que la représentation équitable des deux sexes dans la gestion des affaires publiques est non seulement une exigence fondamentale de développement, mais aussi un droit. C’est pourquoi, pour la CAFO, la présence des femmes aux instances de prise de décision dans le contexte actuel que vit notre pays est un besoin réel et une nécessité absolue.
Excellence Monsieur le Premier ministre, nous sommes conscientes des exigences en termes de résultats que vous devriez atteindre, mais nous sommes également convaincues que des femmes compétentes et douées existent dans notre pays.
L’avantage c’est qu’elles peuvent apporter une valeur ajoutée à la gouvernance de cette Transition qui, en plus de la compétence technique, nécessite des qualités spécifiques que nous retrouvons chez elles à cause du rôle et des responsabilités qu’elles jouent dans notre société.
Excellence Monsieur le Premier ministre, nous savons que cette forme de revendication d’un droit et de dénonciation d’une discrimination faite à l’égard des femmes est souvent perçue dans nos milieux, comme un combat élitiste et importé, or, nous nos références ne sont ni occidentales ni d’ailleurs, seulement nous savons que même les sociétés africaines assignent traditionnellement aux femmes le devoir de participer à la gestion de leur communauté tant au plan social et économique que sur le plan culturel et politique.
En demandant la pleine participation des femmes aux instances de prise de décisions de ce gouvernement spécial de Transition, les femmes maliennes membres de la CAFO n’ont fait que conforter leur africanité. C’est à ce titre que la CAFO s’est contentée de cet avantage socioculturel puisé dans notre terroir pour formuler cette demande en vue d’une participation équitable de tous (citoyens et citoyennes), surtout dans ce contexte de conflit et de trouble démocratique dont les effets pervers sont portés lourdement et injustement par les femmes.
Excellence Monsieur le Premier ministre, il n’y a pas de démocratie, ni d’équité ni de justice sociale dans un pays quand le critère de choix ne prend pas en compte l’équité et l’égalité du genre. C’est contre l’instauration de ce modèle de partage de responsabilités que les Maliennes se sont sacrifiées en Mars 91 et continuent toujours de se battre, car il est temps de joindre l’acte à la parole et de prendre des initiatives pour la promotion des droits citoyens des femmes pour consolider la démocratie nationale. Cela d’autant plus que notre pays a ratifié différents textes, notamment le Protocole Additionnel à la Charte Africaine des droits de l’Homme relatif aux droits des femmes, le Plan d’Action de la CEDEAO sur l’égalité Homme/Femme, les Résolutions 1325 et 1820 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur Femmes–Paix et Sécurité. Le respect de ces engagements pris devrait se refléter impérativement dans le choix qui a prévalu lors des consultations pour la mis en place d’un tel gouvernement.
Excellence Monsieur le Premier ministre, les femmes doivent bénéficier des mêmes chances et opportunités pour faire leurs preuves dans l’action publique, car seule une participation égale des hommes et femmes à tous les paliers de décision peut permettre d’atteindre l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement et à la restauration réussie de notre démocratie actuelle. Aujourd’hui, compte tenu du rôle que jouent les femmes, notre pays doit compter sur le potentiel de sa population féminine pour amorcer vrai changement démocratique.
Enfin, Excellence Monsieur le Premier ministre, en faisant le vœu pieux pour que vous réussissiez cette mission, les femmes de la CAFO espèrent que le courage et le patriotisme, qui vous ont motivé pour accepter cette mission exaltante et difficile, vous guideront dans vos choix et actions futures pour que cette occasion ne soit pas manquée.
La Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO) ne ménagera aucun effort pour vous apporter tout le soutien requis pour la réussite de cette phase très décisive de la vie de notre Nation.
Tout en souhaitant plein succès à vous et à toute votre équipe, nous vous prions, Excellence Monsieur le Premier Ministre, de recevoir l’expression de notre très haute considération.
Bamako, le 30 Avril 2012
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** Mme Traoré Oumou Touré
est présidente de la CAFO, Chevalier de l’Ordre National
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Mali : Les luttes de pouvoir laissent craindre une nouvelle escalade de la crise
FIDH
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/82148
Le lundi 30 avril, plusieurs unités de commandos parachutistes, les Bérets rouges fidèles à Amadou Toumani Touré, ont attaqué plusieurs lieux stratégiques de la capitale et de ses alentours, notamment la ville-garnison de Kati, l’aéroport international de Bamako-Sénou et le siège de la télévision nationale (ORTM). Il semblerait que cette attaque ait été précipitée à la suite d’une rumeur d’arrestation imminente d’Abidine Guindo, le chef des commandos parachutistes.
S’en sont suivis jusqu’au 1er mai au matin, de violents affrontements à l’arme lourde opposant les Bérets rouges aux militaires fidèles à la junte, principalement les Bérets verts et la gendarmerie. Selon la plupart des médias, on dénombrerait une vingtaine de victimes, tandis que l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH)avance un bilan bien plus lourd. Des centaines de blessés ont afflué vers les hôpitaux de la capitale. Une dizaine d’hommes armés présentés comme des mercenaires étrangers se battant aux côtés des Bérets rouges ont été arrêtés et seraient toujours détenus au camp de Kati par les éléments de la junte.
« Le calme est revenu à Bamako, mais l’on retrouve encore des corps gisant ça et là dans les rues », a déclaré Moctar Mariko, président de l’AMDH. « La population civile est la première victime de ce conflit entre factions militaires », a-t-il déploré. « La communauté ouest-africaine, et plus largement, la communauté internationale doivent intervenir, notamment en apportant leur aide à l’armée républicaine malienne, afin de s’interposer entre les belligérants avant que la situation ne tourne au règlement de comptes. La population civile malienne est prise en otage, tant au Nord du pays qu’à Bamako. Les violences et tensions n’ont que trop duré, les pertes humaines ne font que s’accroître. Nous condamnons à nouveau tous ces actes et appelons à un cessez-le-feu durable qui permettra au gouvernement civil d’achever la transition », a-t-il ajouté.
« Les manœuvres pour la prise de pouvoir et le contrôle de la transition politique doivent cesser immédiatement », a déclaré Souhayr Belhassen présidente de la FIDH. « Il faut garantir au gouvernement civil de transition la possibilité de mener à bien ses missions sans que plane le risque permanent d’un coup d’État ou d’un contre-coup d’État », a-t-elle ajouté.
La situation au Nord du pays connaît de nouvelles tensions malgré un calme apparent. Ançar Dine semble contrôler les grandes villes et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) leurs périphéries. D’autres mouvements s’organisent et entrent dans la lutte pour la prise du pouvoir dans cette région. Le 25 avril, un nouveau groupe rebelle créé par des tribus arabes, le Front national de libération de l’Azawad (FNLA), s’est opposé à Ançar Dine à Tombouctou. Ançar Dine leur a déjà ordonné de quitter les lieux et parallèlement, semble vouloir se rapprocher du MNLA pour s’assurer le contrôle de la région et ainsi dissuader tout autre groupe d’occuper la ville.
Au lendemain d’un sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Dakar, nos organisations appellent la communauté internationale à se mobiliser plus massivement pour assurer une gestion de la transition politique par un pouvoir civil dégagé de toute pression des militaires. « Il faut sortir de la passivité. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations Unies doivent imposer aux acteurs de l’instabilité, le respect de la feuille de route pour la sortie de crise qui passe par l’organisation des élections », a déclaré Sidiki Kaba président d’honneur de la FIDH.
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** Cet appel est lancé par Fédération internationale des Droits de l’homme (FIDH)
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Il y a 65 ans, l’insurrection de mars 1947 ou la Troisième guerre franco-malgache
Pierre Sidy
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/features/82150
L’écrivain malgache Raharimanana introduit comme suit son exposition titrée 47, Portraits d’insurgés : « Une sonorité pour commencer : quarante sept. Une graphie pour continuer : 47. Des syllabes qui claquent sur la noirceur et deux chiffres : 4, 7, indissociables, détachés du temps, figeant l’histoire, ramassant la mémoire, troublant le cours des choses et bousculant la compréhension du monde. Sur l’île, on sait, on ne saisit pas toujours. Savoir mais ne pas pouvoir. Pouvoir se rappeler, retracer dans le détail, dans la froideur de la dissection, tenir l’histoire et redire les faits pour héritage. »
Le 29 mars 1947 éclate à Madagascar une grande insurrection nationaliste pour l’Indépendance : sa violente répression par les autorités françaises a produit un traumatisme pour des générations de Malgaches… y compris celles de maintenant…
1947 : l’un des plus grands massacres coloniaux de son époque, un massacre commis par l’un des vainqueurs du nazisme, par ceux qui ont vu de près les horreurs de la guerre… 89 000 morts : chiffre de l’Etat-major de l’armée française en 1949…
1947 c’est l’exacerbation, l’apogée de la série de résistances populaires sur la Grande Île de l’Océan Indien depuis la fin du XIXe siècle, résistances à la conquête impérialiste, puis à l’annexion et ensuite à la domination coloniale.
Dans le dernier quart du XIXe siècle, le trop-plein de capitaux des puissances industrialisées occidentales doit être exporté vers le reste du monde « retardataire » (du point de vue du développement du capitalisme). L’exportation des capitaux, c’est-à-dire la mainmise du capital financier sur l’économie des pays non-industrialisés devient l’objectif central des menées colonialistes. Désormais, la concurrence se transforme en son contraire, le monopole : la compétition inter-impérialiste caractéristique de la phase de la libre concurrence joue moins que la recherche d’un accord entre les puissances industrielles monopolistiques pour le partage du monde… et, dans ce contexte, l’erreur de la monarchie malgache était de penser pouvoir continuer de louvoyer entre impérialisme anglais et impérialisme français…
La Conférence de Berlin de 1885, ponctuant cette évolution, sert aux puissances européennes à se partager (en dépit de leurs différends) l’Afrique dans sa totalité.
La première guerre franco-malgache de cette fin de siècle éclate en 1885… À la fin de celle-ci, l’Angleterre accepte les prétentions de la France à exercer son influence sur Madagascar et un traité d’alliance franco-malgache est signé le 17 décembre 1885 par la reine malgache Ranavalona III. Le 5 août 1890 est signée la convention franco-britannique (simple accord entre impérialistes) qui, contre le protectorat anglais sur Zanzibar et Pemba, reconnaissait celui français sur Madagascar. Des désaccords sur l’application du traité de 1885, servent de prétextes à l’invasion française de 1895, dans le cadre de ce qui sera la deuxième guerre entre les deux pays.
Le développement de guérillas de résistance paysanne, celles des Menalamba dans le centre de l’Île, puis celles des Sadiavahy dans le sud, conduisent la France à dépasser en 1896 le protectorat et à imposer l’annexion de Madagascar et l’exil de la reine à Alger. La « pacification » menée par le général Gallieni (1896-1905) est brutale. Au total, les conséquences de la répression se traduisent par la disparition d’environ 100 000 personnes, sur une population totale de moins de trois millions d’habitants. Gallieni s’applique à réaliser sa « politique des races », opposant les groupes ethniques entre eux. Les autochtones, soumis au régime de l’indigénat, perdent tout droit et toute représentation spécifique. Les écoles subissent une francisation forcée et perdent une bonne partie de leurs effectifs. Le pouvoir colonial entame la mise en dépendance totale de l’économie malgache et la « mise en valeur » de la nouvelle colonie pour le profit des colons et de la métropole.
Les guérillas paysannes sont vaincues vers 1910. En 1915 apparut un mouvement de résistance d’une autre nature, celui des VVS (Vy-Vato-Sakelika ou Fer-Pierre-Ramifications) – mouvement résistance légaliste d’intellectuels – qui défend la culture malgache, revendique l’accès des autochtones à la citoyenneté et subit aussitôt une violente répression. Le 19 mai 1929, une grande manifestation de Malgaches et de progressistes français à travers les rues de la capitale exprime pour la première fois la revendication d’indépendance. Puis ce sera l’éveil du mouvement ouvrier qui culminera, dans la foulée du Front populaire, avec la légalisation des syndicats. Le déploiement du mouvement syndical va favoriser l’émergence des organisations politiques dont le PCRM/SFIC (Parti communiste de la région de Madagascar/Section française de l’internationale communiste) en 1938, parti qui va vite être sabordé pour des raisons encore à déterminer…
C’est tout cet héritage de résistance que capitalise à sa création, en 1946, le jeune MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache) dirigé notamment par Joseph Raseta, Joseph Ravoahangy et Jacques Rabemananjara, qui vont devenir les premiers députés malgaches de l’Assemblée constituante française alors que la crise du colonialisme donne toute sa mesure et que des perspectives réformistes de décolonisation commencent à se dessiner : le MDRM est d’ailleurs vite débordé sur sa gauche par des organisations radicales entristes, le JINI (Jeunesse nationaliste) et le PANAMA (Parti national malgache). Pour contrer l’implantation rapide du MDRM qui couvre en très peu de temps toute l’Île, les autorités françaises encouragent le développement du PADESM (Parti des déshérités de Madagascar), un parti qui va regrouper la partie de l’élite acquise quelques formes de tutelle française.
L’insurrection qui a éclaté le 29 mars 1947 est matée par une violente répression et servira de prétexte à la dissolution du MDRM par les autorités françaises. Cette insurrection pour l’indépendance est active à travers le MDRM et les activistes du JINI et du PANAMA. Elle débute dans le quart sud de l’île et sur la côte-sud-est. Elle s’étend jusqu’à la région de Tananarive dans le centre et à toute la région des hautes terres, de Fianarantsoa au Lac Alaotra, au nord de Tananarive, en avril 1947. Les insurgés voient rapidement leur nombre augmenter. Les paysans du sud de l’île les rejoignent. Les insurgés s’en prennent aux Français mais aussi aux Malgaches travaillant pour l’administration coloniale (forces de l’ordre et autres).
Les troupes françaises sont environ 8 000 dans l’île au début de l’insurrection. En un an, le contingent est porté à 18 000 hommes et, dès mai 1947, l’insurrection recule. La répression est typique de celle des guerres coloniales : nombreux massacres touchant largement la population civile dont les femmes et les enfants. Un haut fonctionnaire évoquera un « Oradour malgache » à propos du massacre commis dans la petite ville de Moramanga (dans le centre-Est).
Les troupes coloniales, renforcées notamment par des « tirailleurs sénégalais », mettent un an pour venir à bout de la guérilla. Des élus du MDRM, parti pourtant légaliste et hostile à l’insurrection, députés malgaches à l’Assemblée nationale, Joseph Ravoahangy et Joseph Raseta sont arrêtés, déchus de leur immunité parlementaire et condamnés à mort. Peine commuée par la suite en prison à vie. L’évaluation officielle des victimes de la « pacification » après-1947 continue à faire débat jusqu’à aujourd’hui.
Une mission d’information de l’Assemblée de l’Union française fin 1948 établit un premier bilan à 89 000 morts (plus de 2% de la population malgache de l’époque). Révisé « officiellement » à 11 000 quelques temps plus tard par l’Etat colonial. Mais à l’époque, personne ne remet en question la terrible violence de la répression infligée par l’armée française au peuple malgache. Certains analystes malgaches et étrangers avancent le chiffre de 100 à 200 000 morts. Pour les historiens révisionnistes, de tels chiffres sont loin de la réalité : « Il a pu y avoir jusqu’à 40 000 morts à Madagascar en 1947-1948. Mais plus des trois-quarts sont imputables à la maladie et à la malnutrition qui ont frappé des populations en fuite, le plus souvent sous la contrainte des insurgés. »
Les victimes comprennent une grande majorité de Malgaches, tués lors des affrontements, fusillés avec ou sans procès, morts dans les camps d’internement, d’épuisement ou de faim, dont beaucoup de femmes et d’enfants, après avoir fui leur village pour se réfugier en forêt, quelques milliers de membres des forces de l’ordre ou de l’administration coloniale tués par les insurgés, des centaines de tirailleurs sénégalais, souvent envoyés en première ligne, ainsi que des colons français.
L’insurrection malgache de mars 1947, un des événements les plus sombres de l’histoire coloniale française. D’aucuns considèrent sa violente répression comme le modèle de la « guerre révolutionnaire » qui va être appliquée par Mesmer au Cameroun neuf ans plus tard pour détruire l’UPC (Union des populations du Cameroun). Elle est aussi souvent considérée comme l’un des signes avant-coureurs de la décolonisation en Afrique francophone.
En janvier 1951, quand l’ordre colonial régnait de nouveau sur la Grande Île, François Mitterrand, alors ministre de la France d’outre-mer, indique dans un discours que l’« avenir de Madagascar est indéfectiblement lié à la République française ». Après la défaite française en Indochine en 1954, la loi-cadre Defferre de 1956 prévoit le transfert du pouvoir exécutif aux autorités locales. Dans le cas malgache, ceci permet en juillet 1958 l’accès à la tête du gouvernement de Philibert Tsiranana, un ancien leader du PADESM, devenu député en 1956. Le 14 octobre de la même année, la République malgache est instituée par le pouvoir colonial, suivie le 26 juin 1960 de la proclamation de l’indépendance.
L’insurrection défaite de 1947-1949 est commémorée par un jour férié à Madagascar chaque 29 mars depuis 1967 seulement.
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** Pierre Sidy a publié cet article dans le site de NPA (http://www.npa2009.org/)
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Cameroun : Lettre d’Afrique au futur président français
Patrice Nganang
2012-05-14
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Monsieur le futur président,
Dans quelques jours, les électeurs français vous auront élu comme leur nouveau président. Indistinct encore parmi ces candidats qui bataillent, vous aurez bien vite la signature du pouvoir. Il est tout aussi certain que vous aurez devant vous une question qui ne se pose plus avec autant d’acuité dans les palais d’anciennes puissances coloniales africaines. Cette question, la voici : quelle doit être la politique africaine à adopter ? Une question bien française, s’il en est encore. Une question qui est d’autant plus brulante aujourd’hui. Avec l’effondrement du Mali, l’espace démocratique en Afrique d’expression française s’est réduit à trois pays en réalité : le Benin, le Niger et le Sénégal. Un bien maigre palmarès que vous voulez, nous avons lu, encourager. C’est sans doute le signe que vous souhaitiez émettre lors de vos entretiens au sujet de l’Afrique.
LE TRIANGLE DE L’INFAMIE
Pourtant, tout est question de perspective. Votre erreur, Monsieur le président, serait, pour ce qui concerne l’Afrique, d’être aveuglé par le cache-sexe que sont ces trois pays démocratiques, car l’espace francophone est devenu le temple de la tyrannie en Afrique. Ce serait une erreur fondamentale de jugement parce que l’Afrique bouge, change, évolue, se démocratise, s’enrichit, certes. Comparées à celles des pays d’expression anglaise, arabe ou portugaise, les populations d’Afrique d’expression française n’ont jamais été aussi rançonnées et prises en otage par des tyrans qu’aujourd’hui. Quand comparés aux pays non-francophones, les pays dits francophones n’ont jamais été aussi pauvres qu’aujourd’hui. Et finalement, du génocide sur les Tutsi rwandais en 1994 à celui qui eut lieu en République démocratique du Congo et à la guerre récente en Côte d’Ivoire, ces pays n’ont jamais été autant plombés par des conflits armés et dévastés par la violence d’Etats devenus assassins.
Jamais, depuis les indépendances africaines, la langue française n’a autant été synonyme de tyrannie, de pauvreté, et de violence pour les Africains. Ces trois éléments sont liés comme une malédiction, car ils constituent le véritable triangle de l’infamie qui devrait être votre préoccupation première pour ce qui concerne l’Afrique : ils devraient définir votre politique africaine donc. Faire de la politique c’est prévoir, nous dit-on, bref c’est anticiper sur le futur par la manufacture patiente et raisonnée aujourd’hui, de la réalité de demain.
VOIR MOURIR LA FRANÇAFRIQUE
Le meilleur politique c’est un général de la paix. Pourtant quelle paix peut être cultivée quand les pays d’expression française réunissent aujourd’hui en Afrique un grand nombre de dictatures ? Avec le Cameroun, où par un coup d’Etat constitutionnel, le 9 octobre 2011, Paul Biya, après trente ans passés au pouvoir, a imposé au peuple un mandat de sept ans, mandat plus long que le vôtre, l’espace francophone est ainsi en tête de liste en terme de durée au pouvoir en Afrique. Avec le Togo, le Gabon que vous célébrez, et la RDC, il nous offre, en plus, des dynasties en pleines Républiques !
De pays où la limite du nombre de mandats à la présidence aura été gommée, la plupart sont d’expression française : le Gabon, le Togo, l’Algérie, le Burkina Faso, le Tchad, le Cameroun, le Sénégal. Votre politique serait empoisonnée, si elle croyait que telle ignominie durerait encore plus longtemps quand dans le voisinage, la Zambie, le Ghana, l’Afrique du sud, le Nigeria, le Mozambique se démocratisent systématiquement !
C’est que les pays africains d’expression française sont aussi les plus pauvres du continent ! Comment croire que par un coup de malchance impériale, durant le dépeçage de l’Afrique en 1884, la France seule se soit retrouvée avec les pays les plus damnés de la terre ? Un regard rapide sur la classification des pays du monde basée sur le bien-être des populations vous montrerait qu’en bas de l’échelle, c’est le français qui est leur langue commune d’expression : Tchad, Mali, RDC, Cameroun, RCA, etc. La culture est cette valeur symbolique qui, longtemps, a été miroitée par la politique française en Afrique, et reprise par les premières générations de politiciens africains depuis Léopold Sédar Senghor.
VENTRE AFFAME N’A POINT D’OREILLE
De quelle culture peut-on parler à un être qui a faim ? Car, c’est évident : un système politique qui écrase la classe moyenne sous le poids de la bureaucratie, qui est centralisé à outrance au point de légiférer à Paris les choses les plus importantes pour tout Etat —monnaie, armée—, répète les mêmes tares du système soviétique où le diktat de Moscou faisait loi. Tel système est plantation de la misère. Tel système ne peut que répéter l’erreur du sud esclavagiste des Etats-Unis, parce qu’il condamne les classes productrices à la fainéantise en faisant de l’Etat la seule matrice du bien être.
Nous savons que l’effondrement du royaume esclavagiste est inscrit dans la paupérisation de l’esclave. Mais nous savons aussi, Monsieur le futur président de France, que le royaume esclavagiste français en Afrique se maintient grâce à des milliers de soldats français stationnés ici et là sur le continent : au Sénégal, au Tchad, au Gabon, en Côte d’Ivoire. Nous savons que n’était ce soutien militaire, les tyrans, ces commandeurs qui maintiennent des peuples en servitude, seraient déjà balayés par les populations : et cela, le cas de la Côte d’Ivoire et du Mali, ces deux pays où les contrats militaires avec la France n’avaient pas été fermes, nous le montre.
Une Afrique francophone militarisée par la France ne peut pas être démocratique. C’est parce qu’il se sait protégé par le parapluie militaire français qu’un Paul Biya peut impunément exécuter ses concitoyens comme il l’a fait en février 2008 ; c’est parce qu’il se sait à l’abri derrière un triangle militaire français qui va du Tchad au Gabon et au Congo, qu’il peut se passer impunément du vote de ses concitoyens, tripatouiller la Constitution du Cameroun à sa guise, écrire un Code électoral qui fait une moquerie des 70% de Camerounais. C’est parce qu’il sait que Paris interviendra militairement pour le soutenir qu’il passe plus de la moitié de l’année dans un hôtel en Suisse aux frais d’une population camerounaise jamais autant paupérisée.
UN NOUVEAU DISCOURS DE LA BAULE
Il est temps pour la France de s’accommoder d’une Afrique démocratique. L’Africain libre n’a aucune raison de haïr la France. Bien au contraire, c’est quand la France soutient les tyrans qu’elle devient haïssable ! François Mitterrand, a pu, avec un peu de volonté, donner une impulsion significative au mouvement démocratique en Afrique en 1990, en retirant au-dessus de la tête de quelques tyrans le parapluie qui leur faisait transformer l’Afrique en un jardin sanglant. De même, au Caire, après avoir pris le pouvoir, le président américain Barack Obama a secoué les palmiers de la tyrannie qui pendant des décennies étranglait le monde arabe : Hosni Moubarak, l’ex-président égyptien devant qui il tint son discours du Caire, est actuellement en prison, lui qui, il y a deux ans, se disait pharaon et préparait son fils à la succession.
Monsieur le futur président de France, nous vous savons heureux des succès de la démocratie : l’heure en Afrique francophone n’est pas à la célébration, mais à la destruction systématique de la tyrannie et à la fabrication d’un futur de liberté effective. Nous vous savons attentif aux élans de démocratie et aux droits humains quand ils se manifestent : nul autre espace que celui qui partage le français avec vous n’est autant assoiffé de démocratie qu’aujourd’hui.
De vous, nous attendons donc plus que de l’indignation devant les tyrannies qui étranglent le Cameroun et les autres pays francophones. De vous, nous attendons un retrait du soutient trop évident que Paris a toujours accordé à certains dictateurs africains. De vous, nous attendons un retrait militaire en Afrique. Mais, de vous, nous attendons également des gestes forts ainsi qu’un soutien concret à la société civile africaine torpillée par des années de dictature et de corruption. Les tyrans d’Afrique francophone seront anéantis s’il leur manquait la couverture rassurante du président de France.
Nous attendons de vous plus que le refus de les recevoir à l’Elysée ou de leur rendre visite. Monsieur le futur président de France, soyez plus que le Mitterrand de La Baule ; soyez plus que l’Obama du Caire : soyez un ami de la démocratie en Afrique.
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** Patrice Nganang, écrivain est écrivain camerounais : Source : JournalduCameroun.com
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Commentaires & analyses
Ali Bongo : un gangster protégé !
Bruno Ondo et Régis Marzin
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/comment/82153
En décembre 2011, Ali Bongo organisait une nouvelle mascarade électorale. Des législatives surtout destinées à installer durablement son régime deux ans après s’être installé à la place de son père Omar. L’opposition réelle avait donc choisi de ne pas participer à ce scrutin législatif et le boycott a été soutenu par la société civile engagée contre la dictature emmenée par le Mouvement « Ça suffit comme ça » ! Résultat : une Assemblée nationale monocolore représentative d’une minorité politique de 5% du corps électoral.
Ali Bongo a donc plus que jamais la mainmise sur des institutions aux ordres et plus personne ne se fait d’illusion sur la véritable nature de la « démocratie gabonaise ». Ainsi, Ali Bongo a profité des dernières élections législatives pour renouveler son gouvernement. Il a opté pour un nouveau Premier ministre qui incarnerait le changement : Raymond Ndong Sima. Ce théâtre relève de la distraction politicienne. Le changement d’acteurs politiques ne règle en rien le problème du Gabon essentiellement lié à la confiscation du pouvoir par une famille qui a mis sur pied, depuis cinquante ans, le pillage organisé du pays. Pour tenir et garantir le système, le régime gabonais a donc aussi besoin de soutiens extérieurs et notamment en France.
LA FAUTE POLITIQUE DE FABIUS
Si Nicolas Sarkozy a bien accepté de recevoir son homologue congolais, Sassou N’Guesso, Ali Bongo a dû lui se contenter de la visite de Laurent Fabius, potentiel futur ministre des Affaires étrangères d’une présidence Hollande. L’ancien Premier ministre socialiste s’est rendu naïvement au Gabon, pour une conférence d’HEC, alors qu’il est devenu hautement suspect de fréquenter le pouvoir gabonais à quelques mois des élections françaises. Il faut dire que l’affaire des mallettes est dans toutes les têtes. En tous les cas, la visite de Fabius a été perçu par les Gabonais comme la traditionnelle caution française au potentat, même s’il s’agissait d’une initiative personnelle, selon certains socialistes.
Il faut dire que les déclarations de Fabius ne sont pas passées inaperçues. En affirmant que les relations entre la France et le Gabon étaient « excellentes » et souhaiter « qu’elles se développent dans le futur », au moment où la Cour constitutionnelle, menée par la belle-mère d’Ali Bongo, venait de « valider » le résultat des législatives, Fabius a découvert, à ses dépens, qu’il ne fait plus bon de s’afficher avec Bongo.
A QUOI A SERVI L’ARGENT DU FOOT ?
Ali Bongo a aussi tenté de profiter de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée conjointement par le Gabon et la Guinée-Equatoriale pour faire oublier les élections truquées du 17 décembre. Le 12 février, à Paris, devant un parterre d’invités qui assistait à la finale, l’ancien ministre de l’Économie du Gabon a annoncé une réforme de la fiscalité à l’avantage exclusif des investisseurs, une réforme du code du travail gabonais, et a parlé des garanties pour les investisseurs français pour rapatrier ses capitaux. Il imite ainsi Sassou N’Guesso, venu lui-même à Paris pour rencontrer les entreprises françaises. Depuis la fin de la CAN, les Gabonais s’interrogent sur le bilan de l’enveloppe de l’évènement, estimée à 400 milliards de francs CFA, soit 610 millions d’euros.
Un premier scandale a éclaté autour de l’achat de vingt bus jamais arrivés au Gabon, pour une valeur de 3,6 milliards de francs CFA. Par ailleurs, certaines infrastructures réalisées pour la circonstance appartiennent déjà à certains dignitaires du régime, sachant que le principal stade réalisé est un don du gouvernement chinois. Quels sont les comptes exacts de la CAN ? Voilà une affaire qui pourrait intéresser la justice française puisque les principaux détournements réalisés laissent souvent des traces sur le sol français, à l’instar des révélations du « Parisien » (n°20985) dans son article intitulé « détournement de fonds des présidents africains au train de vie scandaleux », mettant en relief les scandales financiers du couple Ali Bongo.
BONGO EST BIEN UN DICTATEUR
La justice française vient également de rejeter la plainte d’Ali Bongo contre le porte-parole d’Eva Joly, Yannick Jadot, qui l’avait traité de dictateur dans les colonnes de « Libération ». Comme pour la plainte d’un autre président visé par la plainte sur les « biens mal acquis » (BMA), le président de Guinée Equatoriale, Obiang, contre le CCFD, la justice exprime une nouvelle fois son refus d’être instrumentalisée par des dictateurs. L’affaire des « biens mal acquis » rebondit d’ailleurs en ce début d’année, avec la perquisition de l’hôtel particulier du fils Teodorin. Une affaire n’en finit pas de secouer le petit monde de la Françafrique et d’inquiéter les présidents kleptocrates au grand dam de la diplomatie française.
Cette actualité concerne particulièrement le Gabon à quelques mois des élections en France. L’excellent livre de Xavier Harel et Thomas Hoffnung, « Le scandale des biens mal acquis », sorti en décembre 2011, cite (p 202) l’ancien directeur adjoint de cabinet du président Ali Bongo, Mike Joktane : « Ce que dit Robert Bourgi au « JDD » est vrai, mais incomplet : Omar Bongo a contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 du candidat Nicolas Sarkozy. » Démenti immédiat de la présidence gabonaise, mais il n’empêche que le révérend évêque pentecôtiste subit des représailles politiques et judiciaires pour avoir reconnu la réalité des mallettes d’argent.
« Ça Suffit Comme ça ! » a dénoncé ces attaques, dans un communiqué du 22 février, « une imposture, une manipulation éhontée et par-dessus tout à une transgression inacceptable des normes de droits aux fins de règlements de compte contre les adversaires politiques. » Aujourd’hui, la société civile gabonaise s’interroge sur la focalisation des médias sur la Guinée- Equatoriale. Le mouvement « Ca suffit comme ça » constate en effet qu’il y a eu une forte mobilisation sur les différents procès du président de la Guinée Equatoriale, ou le rejet de ses offres de don à l’Unesco. La société civile gabonaise, qui a multiplié des actions pour dénoncer la dictature gabonaise en lien avec les questions des BMA et des détournements de l’argent du pétrole, a été très peu entendue. Pourtant, les multiples scandales, tant sur le plan de la démocratie, du respect des Droits de l’homme que dans les détournements massifs qui entachent le régime Bongo, mériteraient aussi toute l’attention des médias.
Y aurait-il plus de mansuétude pour des dictatures « amies de la France » comme au Congo-Brazzaville et au Gabon ? La situation politique du Gabon suscite beaucoup d’inquiétudes et ne cesse de se dégrader depuis la succession dynastique d’Ali Bongo. Quel crédit à donner à un gouvernement que 90% des Gabonais ne reconnaissent pas ? Le silence tant des politiques que des acteurs de la société civile internationale, notamment de défense des droits humains, en devient donc assourdissant. Faudra-t-il attendre une effusion de sang considérable pour que l’on prête attention à ce petit peuple ?
LA VOIX DE SON MAITRE FRANÇAIS
En attendant la libération, le Gabon reste toujours aux mains de la Françafrique. En sus de ses fonctions de tiroir-caisse, elle donne toute sa dimension dans la guerre diplomatique qui l’oppose en ce moment avec l’Afrique du Sud. Car la bataille a été féroce pour contrer la réélection du gabonais Jean Ping à la présidence de la Commission de l’Union africaine. L’Afrique du Sud qui entend jouer sa partition de puissance régionale a très peu goûté l’instrumentalisation de l’Onu par la France dans les interventions en Côte d’Ivoire et en Libye. Le dossier malgache est aussi source de conflits, la France protégeant toujours le putschiste Andry Raojelina. L’Afrique du Sud avait donc pour objectif d’imposer son candidat Kosazana Dlamini-Zuma, ancienne ministre et ex-épouse du président sud-africain. Ce qu’elle n’a pas réussi à faire à l’issue du vote du dix-huitième sommet de l’organisation qui s’est tenu les 29 et 30 janvier à Addis-Abeba. L’élection a dû être reportée faute de vainqueur des deux côtés.
La France dont le journal sud-africain Daily News évoquait « les interférences [qui] ont couté le poste à Ping a encore montré l’étendue de son influence jouant de la concurrence politique entre l’Afrique du Sud et l’autre géant africain, le Nigéria d’une part et de la fidélité sans faille des présidents dictateurs amis. Bongo, comme les autres servent aussi à cela. Au final, l’intérêt des gabonais important peu.
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** Bruno Ondo et Régis Marzin ont publié cet article dans « Billets d'Afrique » n° 211 - mars 2012.
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Gabon : Pour une nouvelle élection présidentielle anticipée
Mengue M’Eyaà
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/comment/82152
Aux citoyen-ne-s libres du Gabon,
Aux membres des organisations de la société civile,
Aux adhérent-e-s des partis politiques,
Mesdames et Messieurs,
L’élection présidentielle au Gabon s’est déroulée dans la plus parfaite confusion en août et septembre 2009, à la suite de laquelle, profitant du contexte de fraude et de confiscation par le clan, le régime s’est auto-désigné « vainqueur » et s’est maintenu avec le soutien ferme de Nicolas Sarkozy, et de ses bras armés, Claude Guéant et Robert Bourgi, venus l’un et l’autre aux fins de normaliser le coup d’Etat électoral.
Il est donc acquis que M. Bongo n’a jamais été élu par le peuple gabonais et qu’à tout le moins l’opposition a remporté l’élection présidentielle, le degré d’insincérité du scrutin n’ayant pas permis de départager le numéro 1 et le numéro 2, entre André Mba Obame et Pierre Manboundou, ce dernier étant récemment mort dans des conditions inexpliquées.
Depuis cette date, le pays vit une situation bloquée pire que pendant les 42 années précédentes. Les quelques acquis obtenus en 1990 sont remis en cause de manière quotidienne. Le multipartisme a été aboli par l’interdiction de partis politiques, dont l’Union nationale, vainqueur probable de l’élection présidentielle. Les syndicats font l’objet de harcèlement de la part de la police politique. Les médias sont avec régularité interdits d’émettre (radios et télévisions) tandis que les journaux sont empêchés de paraître dès lors qu’ils informent sur la situation au Gabon. Les manifestations pacifiques sont interdites qu’elles concernent des étudiants ou bien des salariés méprisés et réprimés dans le sang.
Cette situation ne peut plus durer. La fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy permet de soulever un nouvel espoir pour la population du Gabon. En effet, les multiples affaires politico-financières du clan Bongo, avec certaines personnalités françaises, démontrent, s’il le fallait, que les aspirations démocratiques du peuple gabonais n’avaient aucune chance d’aboutir.
François Hollande, mais aussi la plupart des candidats de gauche à l’élection présidentielle, ont promis la fin de la Françafrique, qui sonnera le glas du régime gabonais en place sans discontinuité depuis 1967. C’est pourquoi, nous, intellectuels, femmes et hommes politiques, acteurs du changement, nous lançons cet appel soumis à vos signatures pour l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle anticipée au Gabon qui sera remis au président de la République française, issu de la gauche française, dès lors qu’il sera élu le 6 mai 2012.
La situation du Sénégal a démontré que la pression internationale peut empêcher un putsch électoral.
Par nos signatures et notre mobilisation, nous montrerons à la communauté internationale, que fondé sur des principes démocratiques, le Gabon peut s’en sortir s’il peut organiser des élections enfin libres et transparentes sous l’égide des Nations unies et des pays européens.
Nous porterons ce message aux Français désireux de faire avancer le continent africain vers le développement et la démocratie, notamment au Gabon.
Ce pays doit se relever. Les Gabonais doivent vivre décemment avec des écoles de qualité pour leurs enfants, des hôpitaux dotés de moyen suffisants pour les soigner avec décence, des fonctionnaires respectés. Chaque Gabonais en âge de travailler doit pouvoir obtenir un emploi en fonction de ses compétences alors que règnent dans ce domaine, comme dans bien d’autres, la loi du favoritisme et des privilèges insensés du clan. Accéder à l’eau potable ou à l’électricité ne doit plus être un luxe dans ce pays pour l’ensemble des populations.
Il faut introduire une éthique de gestion de l’Etat, mettre fin au brigandage et aux rapines aux niveaux les plus élevés, et qu’enfin la Justice ne soit plus au service de la corruption. Il faut aussi que le Gabon soit enfin prêt pour affronter les multiples enjeux écologiques, ce qu’il n’est pas en mesure de faire aujourd’hui en raison de l’incompétence notoire et de la gouvernance illégitime qui le caractérise. Le Gabon est aujourd’hui la deuxième réserve de biodiversité mondiale après l’Amazonie.
Nous pouvons changer le Gabon, mais, pour cela, il faut une véritable élection présidentielle transparente anticipée sous l’égide des Nations unies, des pays européens et le soutien du nouveau président de la République Française, issu de la gauche, François Hollande, pour en finir avec le noyau dur de la Françafrique qu’est aujourd’hui le Gabon.
Le Mouvement Civique du Gabon est une organisation politique qui propose à tous de signer ce texte que chacun doit s’approprier sous le timbre de sa propre organisation. Il ne s’agit nullement de sa propriété même s’il l’a mis en forme. Toutes les organisations politiques, associatives et de la société civile sont les bienvenues, et figureront parmi les signataires sans hiérarchie particulière. Les citoyens gabonais libres sont également appelés à le signer.
C’est en étant nombreux, unis et déterminés, que nous pourrons imposer le respect du vote du peuple gabonais pour une alternance démocratique attendue depuis plus de 45 ans.
Signez cet appel qui est le vôtre en envoyant votre accord, vos noms et prénoms et coordonnées à l’adresse suivante :
E-mail : pourunepresidentielleaugabon@yahoo.fr
(Précisez si vous ne souhaitez pas que vos coordonnées soient publiées)
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** Mengue M’Eyaà est présidente du Conseil exécutif du Mouvement Civique du Gabon
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Plaidoyers & campagnes
Guinée-Bissau : Les urgences de l’heure
Déclaration d'un groupe d’ONG nationales et internationales concernant le coup d'État du 12 avril 2012
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/82143
Réunis du 25 au 27 avril 2012, un ensemble de d’organisations non gouvernementale (ONG) nationales et internationales :
- Préoccupées par la situation politique et militaire créée par le coup d'État du 12 avril ;
- Préoccupées par les conséquences politiques, sociales et économiques, mais aussi des répercussions de cette action en ce qui concerne le fonctionnement des institutions nationales et la sécurité alimentaire et sanitaire des populations dans leur ensemble,
- Reconnaissant que l'aggravation de cette situation est à l'origine de la pénurie des produits de première nécessité et de la hausse des prix, des déplacements de population à la recherche de la sécurité hors de la capitale avec de fortes répercussions sur la santé publique et sur le système éducatif, à un stade où la saison des pluies approche et avec elle de haut hauts risque de propagation du choléra et autres épidémies,
- Considérant que sans la décrispation de cette situation les conditions de vie des communautés seront encore aggravées par les capacités limitées d’intervention des ONG,
- Tenant compte du fait que la conjoncture actuelle conduit à l'isolement international du pays,
- Gardant à l'esprit que le maintien ou la détérioration de la situation actuelle conduira à une situation d'urgence qui mettra en péril les efforts de développement en cours et conduira à un recul en termes de réalisations déjà opérées dans ce cadre,
Les ONG nationales et internationales signataires, par la présente :
- Condamnent le coup d'État,
- Lancent un appel pour la libération immédiate de toutes les personnes détenues dans le cadre de ce processus, la fin des persécutions politiques et le respect des Droits de l'homme, à savoir ceux de nature politique et civique,
- Plaident pour la restitution du droit constitutionnel et de l'ordre,
- Appellent tous les acteurs nationaux et internationaux impliqués dans la résolution de la situation actuelle à s'engager dans la recherche de solutions durables à travers le dialogue,
- Réaffirment l'engagement et le dévouement à leur travail vers la promotion du développement communautaire en vue du bien-être national,
- Demandent à toutes les ONG d’articuler et de coordonner leurs efforts, au niveau régional et thématique, afin de minimiser les risques et les impacts de la situation actuelle politique et militaire,
- Demandent aux communautés et à la population en général de maintenir la paix, la cohésion sociale et la solidarité qui caractérisent le peuple guinéen, même à travers des situations complexes et des crises,
- Plaident pour que les opérateurs économiques nationaux et internationaux se mettent aux côtés des populations pour éviter des hausses de prix des produits de première nécessité devant la situation qui prévaut,
- Appellent les médias nationaux et internationaux à relayer davantage l’image du pays, dans un sens qui reflète les réalités vécues par les populations et leu donner voix,
- Plaider pour que la communauté internationale poursuive ses efforts en vue de la promotion de la paix, de la sécurité et du développement en Guinée-Bissau.
Bissau, 27 Avril 2012
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** LES ORGANISATIONS SIGNATAIRES :
ACEP , ACPP, AD, ADIM, AIDA, AIFA/PALOP, AJPCT, ALTERNAG, AMIC, NAG, CIDEAL, CIDAC, DIVUTEC, COPE, AEPP, EMI, ENGIM, ESSOR, FUDEN, IMVV, IEPALA, KAFO, LGDH, MANITESE, MIDCUSMUNDI, MON-CUMON, NADEL, PAZ Y DESARROLLO, RASALAO, RENARC, SNV, TINIGUENA
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Les industries minières, un danger pour notre vie quotidienne
ADOPT
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/82151
Constatant :
- L’insatisfaction et le mécontentement croissants provoqués par les nuisances des entreprises minières ;
- La méconnaissance des enjeux - environnementaux, sociaux et économiques - des activités minières ;
- Le manque de coordination, de collaboration et de communication entre les entreprises minières, l’Etat central, les autorités locales et les populations impactées par les industries minières;
- L’abus de pouvoir des grandes entreprises, foulant au pied, les valeurs humaines nationales et - les us et coutumes des communautés impactées ;
- Le silence et l’impuissance de l’Etat supposé pourtant défendre l’intérêt supérieur de la nation en rappelant les engagements et la responsabilité sociale des opérateurs miniers ;
- L’écart entre les avantages promis (développement et bien être) et les inconvénients vécus au quotidien (insécurité alimentaire, chômage, inflation, crise du logement, insécurité des personnes et des biens...) ;
- La grande complicité entre les entreprises minières et nos dirigeants, priorisant la satisfaction des intérêts d’une minorité avant l’Intérêt général.
L’association ADOPT a pris l’initiative de rassembler des représentants de la société civile de la Province de Tamatave afin d’amorcer un processus d’investigation et d’implication destiné à corriger toutes les lacunes constatées et ainsi, rechercher les voies et moyens d’optimiser les impacts résultants de la présence des industries minières.
Il ressort de l’atelier sur l’impact des grands projets miniers dans la province de Tamatave, tenu vendredi 23 mars 2012 dernier, que, pour l’instant, seuls les impacts négatifs des industries minières sont les plus palpables dans la vie quotidienne.
Les préoccupations et les inquiétudes exprimées lors de cet atelier étaient, entre autres, les suivantes :
1 - L’accident chimique, la fuite de dioxyde de soufre survenue le 23 février 2012, suite à une négligence de l’usine Ambatovy, a eu un effet direct sur la population et l’environnement riverains et a éveillé une crainte et des questionnements quant à la manipulation et le transport de matières hautement toxiques ;
2 - L’absence de vision globale mûrement préparée se manifeste par la modération de l’Etat central et des autorités locales face à la défense des intérêts des populations confrontées au quotidien aux nuisances des industries minières ;
3 - La timidité de la société civile locale ne remplissant pas son rôle d’interpellation et d’éducation avant, pendant et après des incidents inquiétants ;
4 - La cherté du coût de la vie du fait du manque de préparation économique (adéquation offre et demande de biens et services) des zones d’implantation ;
5 - L’exposition des populations riveraines des installations industrielles aux dangers, par l’inexistence d’IEC sur les divers risques ;
6 - L’insuffisance, l’inexistence ou l’inadaptation de la communication et de la concertation entre les entreprises minières et les communautés impactées aggravent les sentiments d’antipathie et la méfiance vis a vis des entreprises minières ;
7. La non conformité aux normes requises, d’un certain nombre d’installations industrielles pouvant entraîner des conséquences négatives sur les populations environnantes et leur environnement ;
Ce constat amène l’ADOPT et les diverses associations signataires du présent communiqué :
- à tirer à la sonnette d’alarme quant aux abus des entreprises minières en activité,
- à douter de leur volonté de rechercher le véritable développement des populations résidentes dans leur zone d’implantation,
- à affirmer que si les pratiques actuelles continuent, elles seront plus dévastatrices que bénéfiques.
Par conséquent, l’ADOPT et les diverses associations signataires du présent communiqué :
- Émettent leurs doutes sur l’utilité de l’exploitation de nos richesses minières par des firmes étrangères ;
- Se déclarent prêtes à dénoncer et contribuer activement à la remédiation de la situation actuelle ;
- Exigent la prise de responsabilité de la puissance publique ;
- Encouragent chaque citoyen à exprimer son opinion, dénoncer les injustices et contribuer à la recherche de toutes solutions constructives ;
- Urgent les entreprises minières à assumer leur responsabilité sociale ;
- Exigent une réflexion approfondie pour bâtir une vision concertée sur la préservation et l’exploitation du patrimoine national commun: les sols et sous sol, la mer, l’eau, l’air...
- Rappellent que, nous, citoyens malagasy, les seuls dépositaires des ressources naturelles de notre cher Pays, Madagascar, devrions rester constamment vigilants au sujet de leur marchandisation.
- Déclarent solennellement prêts à :
i) consacrer leur plus ferme énergie au possible développement équitable et durable tiré des ressources naturelles de Madagascar.
ii) collaborer avec tous ceux qui partagent les mêmes préoccupations.
Tamatave, ce 5 avril 2012
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** LISTE DES SIGNATAIRES
- ADOPT (Association des Originaires de la Province de Toamasina
- CCT (Collectif des Cadres de Toamasina)
- KMF/CNOE- Education des citoyens
- SAVP – Toamasina (Solidarité- Action- Vigilance- Progrés)
- ACT (Action Citoyenne Toamasina)
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Soutien pour les 39 ans du Front Polisario
2012-05-14
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/82144
En 1973, le 20 mai, des militants sahraouis, pour se débarrasser de l'Espagne, encore puissance coloniale, décidaient à la fois de créer un Front de libération et d'utiliser la lutte armée pour libérer leur territoire. Cette histoire déjà bien ancienne, est toujours présente dans le coeur et la volonté de chaque Sahraoui où qu'il soit et quelque soit son âge, car l'indépendance est encore loin d'être acquise, tant la nouvelle puissance coloniale, le Maroc, ne veut rien céder et impose aux Sahraouis comme à la Communauté internationale son déni du droit.
Cette histoire se retrouve en France aussi ! Ainsi deux associations françaises (association culturelle franco-sahraouie et l'Association de la Communauté sahraouie en France) ont organisé à Mantes la Ville, le samedi 12 mai, une soirée culturelle avec musique et débats, qui leur permettra de se souvenir du 20 mai 1973. Soirée organisée comme n'importe quelle activité associative dans une salle municipale, louée auprès de la mairie de Mantes la Ville.
La communauté d'origine marocaine, nombreuse aussi dans cette banlieue, ne l'a pas entendu ainsi et s'est employée avec l'appui de l'Ambassade du Maroc à empêcher cette soirée. Manifestations, intimidations auprès des élus… comme au Maroc et au Sahara occidental, les Sahraouis n'auraient pas droit à la liberté d'expression ? Les élus de Mantes la Ville et de Mantes la Jolie ne se sont "heureusement" pas laissés intimider et la réunion pourra se tenir !
De telles pressions sont intolérables !
Nous souhaitons bien vivement que notre nouveau président, M. François Hollande, dont nous saluons chaleureusement l'élection, prenne toute la mesure de l'urgence du réglement de la question du Sahara occidental et du nécessaire engagement de notre pays pour faire respecter le droit international.
Pour tous ceux et celles qui veulent soutenir l'initiative des deux associations de Mantes la Ville et profiter d'une belle soirée ce samedi 12 mai : Rendez-vous salle Jacques Brel 21, rue des Merisiers Mantes la Ville à partir de 16h30, au programme concert donné par le groupe de musique Tiris et nombreux débats, en soirée repas traditionnel sahraoui.
La plate-forme solidarité pour le peuple du Sahara occidental soutient également l'initiative comme l'Association des Amis de la RASD !
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** Cet appel est lancé par l’association culturelle franco-sahraouie et l'Association de la Communauté sahraouie en France.
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Arts & livres
Afrique : Le poids des discours sur l’esclavage, la colonisation et l’apartheid
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/books/82096
Global : Un film malien plébiscité lors de la 28ème édition du festival de cinéma
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/books/82093
Nigeria : La voix des tambours s'entend jusque sur les "dance floors"
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/books/82092
Sénégal : Younes Baba-Ali, lauréat du prix Léopold Sédar Senghor
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/books/82107
Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique
Global : Le leadership chinois en Afrique fait des émules
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/82088
Femmes & genre
Algérie : Les femmes grandes gagnantes des législatives
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/wgender/82100
Droits humains
Burkina Faso : L’affaire Thomas Sankara bientôt devant les juges
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/rights/82064
Maroc : Les maris-violeurs toujours protégés par la loi
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/rights/82098
Maroc : Mohammed VI lance le chantier de la réforme de la justice
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/rights/82065
Sénégal : La justice française maintient le cap sur l’affaire du naufrage du Joola
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/rights/82070
Réfugiés & migration forcée
Afrique : La hausse du nombre de réfugiés pèse sur les efforts humanitaires
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/82075
Afrique du Sud : 30 Congolais expulsés vers Lubumbashi
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/82062
Elections & gouvernance
Afrique : Le continent malade de son élite politique
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82066
Afrique du sud : Jacob Zuma, l’insatiable polygame
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82106
Algérie : Participation plus élevée que prévue aux législatives
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82074
Algérie : Plusieurs partis dénoncent une fraude et se font menaçants
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82099
Guinée-Bissau : La drogue et l’Etat-Volcan
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82091
http://www.afrik.com/article25562.html
Rwanda : Paul Kagamé et sa méthode de bonne gouvernance
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82073
Sénégal : Polémique autour de la déclaration de patrimoine de Macky Sall
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82063
Soudan : Le chef rebelle du FRS veut renverser Omar el-Béchir
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82078
Swaziland : Un (très) beau cadeau d’anniversaire pour le roi
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/elections/82069
Développement
Afrique : La révolution énergétique pourrait profiter au secteur pétrolier et gazier
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82089
Afrique : Les patrons africains prennent (enfin) la parole
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82072
Afrique : L'économie Africaine est prévue de croître à 6% en 2012
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82054
Afrique : Maurice et Kenya d’accord pour supprimer le régime de la double taxation
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82056
Afrique : Un réseau social africain dans la cour des grands
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82086
Afrique : Optimisme britannique pour investir sur le continent
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82090
Global : Les 10 pays les plus dangereux d’Afrique
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82097
Global : Un programme américain invite de jeunes professionnels africains
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/development/82055
Santé & VIH/SIDA
Afrique : L'Onu lance une campagne contre les infections des enfants par le VIH
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/82060
Global : Commercialisation du premier traitement préventif du sida
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/82094
Mozambique : Plaidoyer pour la circoncision dans l'armée comme arme contre le sida
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/82061
Éducation
Afrique : Somaliland et Puntland misent sur l'éducation pour se créer un avenir
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/education/82083
Environnement
Afrique : Le sport et la musique au secours d’une jeunesse abandonnée…
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/environment/82058
Afrique : Un véhicule électrique va traverser le continent sur 5.000 km
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/environment/82084
Nigeria : Une conférence internationale sur l'empoisonnement au plomb
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/environment/82085
Terres & droits fonciers
Afrique : Les droits de propriété, clé de la réduction de la pauvreté
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/land/82057
Média & liberté d'expression
Egypte : Al-Jazira interdite pour faire taire le peuple
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/media/82105
Global : Introduire les langues africaines dans les médias turcs
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/media/82104
Conflits & urgences
Afrique : Aqmi et Ansar Dine recrutent au nord du Mali et au Pakistan
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82067
Afrique : Le Soudan rejette les démarches de l’UA et de l'ONU pour la paix
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82082
Afrique : Une force d’intervention rapide pour répondre à la situation
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82081
Ouganda : Le numéro 4 de la LRA capturé en Centrafrique
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82101
Rd Congo : Après les combats, Goma subit l’insécurité et la pauvreté
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82079
Rd Congo : L'armée intensifie les frappes contre les mutins ex-rebelles de l'est
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82102
Rd Congo : Le M23, un nouveau mouvement rebelle
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82080
Soudan : Quel Soudan derrière les destructions du site pétrolier de Heglig ?
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82103
Tchad : Un militaire tchadien tire sur des soldats français, un blessé
2012-05-13
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/82077
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ISSN 1753-6847


