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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 246 : Doctrine sécuritaire, intervention internationale et pillage des ressources en Afrique

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. LGBTI, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Justice Alimentaire, 17. Média & liberté d'expression, 18. Conflits & urgences, 19. Cours, séminaires, & ateliers




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Construire les Etats ou nouvelle frontière de l’ingérence alternatives.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Sénégal : Quel citoyen pour l’Assemblée nationale ?
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Pour la libération des cinq héros cubains.
ARTS ET LIVRES : Burkina : Un photographe de l’Afrique d’aujourd’hui.
POUVOIRS EMERGENTS : Global : Les BRICS envisagent des accords d’échange de devises.
DROITS HUMAINS : Afrique : Les ONG s’inquiètent de l’accaparement des terres.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : Au moins 47 morts dans un naufrage au Malawi.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Ansar Dine négocie au Burkina Faso, le Nord du Mali fête nouveau leader.
CORRUPTION : Rd Congo : La corruption se poursuit malgré les nouvelles lois.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Ce que pèsent les plus riches Africains.
SANTE ET VIH SIDA : Nigéria : La chirurgie esthétique opère discrètement.
EDUCATION : Soudan Les étudiants ne décolèrent pas.
LGBTI : Afrique du sud : Le pays où les préservatifs sot plus grands.
RACISME ET XENOPHOBIE : Maroc : Dans le peau d’un noir.
ENVIRONNEMENT : Afrique : L’avenir se décline en vert.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Les pistes d’une autosuffisance alimentaire.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : Perpétuité pour le correspondant de RFI.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Escalade verbale entre Kinshasa et Kigali.
COURS, SEMINAIRES, & ATELIERS : Bourses offertes pour les journalistes par la Conférence des vaccins du sida




Chroniques

Construire les Etats ou nouvelle frontière de l’ingérence alternative

Amady Aly Dieng

2012-06-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/83188

Le « state building » est depuis quelques années une modalité majeure de l’action des puissances occidentales à la périphérie du système international. Après avoir longtemps appelé au recul ou au rétrécissement des Etats, la communauté internationale se pose dorénavant en architecte de leur construction. Avec les dérives que l’on sait.

Du Sud-Soudan au Cambodge, d’Haïti à l’Afghanistan, en passant par le Liberia, le Rwanda, la Somalie, le Liban, l’Irak, la Palestine, la Libye, les experts en «state building» s’affairent auprès d’Etats «faillis», «en crise», récemment «libérés» ou «nouveaux nés». Côté face, une intention humanitaire : aider des pays déchirés à se doter rapidement d’institutions capables de garantir la paix et le respect des droits de base de leur population. Côté pile, des enjeux économiques et géopolitiques mal cachés, mais aussi la montée en puissance d’une doctrine sécuritaire qui vire à l’obsession. Les zones de «non-droit» étant perçues comme foyers des grandes menaces du nouveau millénaire (terrorisme, pandémies, vagues d’immigration, criminalité, etc.), les doter d’institutions «souveraines» devient motif légitime d’ingérence aux yeux de la communauté internationale…

A l’ambivalence des desseins s’ajoutent les contradictions du terrain. La mise en place d’institutions «pour le bien de la population» est souvent la face civile d’une présence militaire vécue sur le mode de l’imposition par les premiers concernés. Et l’ingénierie institutionnelle mise en œuvre s’inspire davantage des «standards internationaux» que des dynamiques sociopolitiques locales, avec les effets pervers en cascades que cela suppose.

Le « state building » est depuis quelques années une modalité majeure de l’action des puissances occidentales à la périphérie du système international. Après avoir longtemps appelé au recul ou au rétrécissement des Etats, la communauté internationale se pose dorénavant en architecte de leur construction. A ce titre, des bataillons d’experts internationaux s’activent «sur le terrain» à renforcer ou réformer les institutions - forces de l’ordre et armées, processus électoraux, institutions politiques, tribunaux, administrations, société civile… - destinées à composer un nouveau type d’Etat, «démocratique, responsable et efficient».

Si les caractéristiques communes des contextes dans lesquels le « state building » est mobilisé s’imposent de prime abord - déliquescence des Etats, déchirements ethno-religieux, violences multiformes, pauvreté extrême -, il s’agit de ne pas occulter la relative diversité des configurations en jeu, notamment sous l’angle du type de rapports entre «locaux» et intervenants. Dans le contexte des environnements post-conflit caractérisés par l’instabilité, la (re-)construction des institutions étatiques est progressivement devenue le volet «civil» des opérations onusiennes de maintien de la paix, validées par le Conseil de sécurité et éventuellement prévues dans les accords de paix signés par ex-belligérents (Cambodge, Liberia, République démocratique du Congo, etc.).

Mais l’impératif du « state building » a également été mobilisé dans les situations de vide politico-administratif créées suite au renversement de régimes de coalitions occidentales, comme en Irak et Afghanistan. La multiplication des opérations de state building résulte de la convergence de trois agendas internationaux qui confèrent aux Etats du Sud de nouvelles responsabilités en matière de gestion des risques humanitaires, sociaux et sécuritaires. La récurrence des échecs s’explique par les contradictions d’un projet visant à redessiner les systèmes institutionnels pour les conformer aux «bonnes pratiques» et aux intérêts divers des intervenants. Le state building vise moins à universaliser la forme «Etat» qu’à cacher sa désintégration sous les pressions du nouvel ordre international. A rebours de sa justification protectrice, il opère une déconnexion entre «responsabilité» (laissée aux Etats non occidentaux) et «pouvoir» (capté par les puissances interventionnistes). La mise en évidence des effets pervers de la régulation extérieure refonde l’idée même d’autonomie politique.

Dans le jargon, le « state building » renvoie au développement de mécanismes internationaux de régulation censés restaurer la souveraineté d’Etats en déliquescence. Depuis peu, la faiblesse de certains Etats est effectivement considérée comme un facteur dans l’élaboration des politiques de sécurité globale.Comme le déclare le document 2002 de Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis, «L’Amérique est maintenant moins menacée par des Etats conquérants que par des Etats faillis».

L’actuelle «gouvernance mondiale», faible ou tronquée, est un obstacle au « peace building » et au « state building ». En matière de flux financiers, de sécurité, de migration, d’industries extractives et de marchandises nuisibles, un triple déficit (de démocratie, de cohérence et d’application), consécutif à l’asymétrie internationale, à certains intérêts privés et au contrôle public lacunaire, mine les quelques initiatives positives prises. La gouvernance supranationale est un défi pour la construction de la paix et d’Etats forts.

La mise sous tutelle états-unienne des processus de changement de régime, de « state building » et de démocratisation en Irak a conduit à une gestion sécuritaire du pays, subordonnée aux exigences et intérêts des «occupants». Les stratégies adoptées par ces derniers puis par le nouveau régime loin de contribuer à la réconciliation indispensable au projet d’unité nationale et de gouvernance démocratique, ont attisé la fragmentation de la société. En Irak, on est passé de la gestion sécuritaire à la gestion politique.

La reconstruction de l’Etat afghan soulève une série de questions liées aux capitaux investis, aux moyens de coercition et à la légitimité. Les deux premiers termes n’ont pas induit le dernier. Les stratégies mises en place sont apparues limitées, voire contre-productives. Mais dans quelle mesure et jusqu’à quel point le state building peut-il être assisté et dépendant de pouvoirs extérieurs dans un schéma qui emprunte aux pratiques coloniales ? L’entêtement de la communauté internationale à considérer la période post-indépendance comme non conflictuelle, ses efforts pour transposer les «meilleures pratiques» internationales en faisant table rase du passé, et l’application d’un modèle «moins d’Etat, plus de marché» ont participé de facto à un travail de sape de la légitimité du nouvel Etat du Timor-Oriental et contribué à créer les conditions d’émergence de période de crise.

Les transferts de politiques, des institutions internationales vers les pays africains, réduisent de facto l’autonomie des Etats concernés, et participent à la dépolitisation de la gestion publique, à sa standardisation, à la technisation des procédures, à de nouvelles ingérences et au déplacement des centres de décision, à l’émergence d’une technocratie économique, et au-delà, au déclassement de l’Etat au profit du libéralisme économique. Naguère étudiée sous l’angle du mimétisme institutionnel, la question des transferts de politiques devient un objet scientifique à part entière. Il permet non seulement d’interroger les dynamiques politiques et institutionnelles au sein des administrations publiques, mais il constitue aussi un site fécond pour observer et analyser la transformation en cours du rôle de l’Etat dans le contexte de la mondialisation.

Dans les pays africains, le sujet ne manque pas de pertinence en raison des influences multiformes qu’ils subissent dans leurs relations internationales. L’un des terrains privilégiés de ces influences réside dans les questions liées à la réforme de l’Etat dans un contexte de crise. On sait que dans les années 1960 et 1970, au sortir du processus colonial, les problèmes du développement et son institutionnalisation figurent en bonne place dans les agendas des gouvernements africains. Ils ont donné lieu à la production et à la mise en œuvre des nombreuses politiques de construction institutionnelle.

Mais la crise persistante des années 1970, liée notamment au choc pétrolier, permet d’interroger les modèles de développement ayant jusque-là inspiré les gouvernements africains. Cette nouvelle donne met en cause les orientations étatisantes promues par ces pays. La réforme de l’Etat est alors clamée comme voie de sortie de crise, suivant en cela les idées promues depuis le consensus de Washington. Ce débat comporte de nombreuses facettes, en lien avec l’histoire politique et économique de l’Afrique. Sur ce sujet des transferts de politiques, Dominique Darbon montre bien que les regards de la recherche sur l’Afrique se sont le plus souvent polarisés «sur les phénomènes de domination et les conséquences politiques sociales des décalages produits» par la mise en œuvre de modèles d’origine étrangère.

Darbon est ainsi amené à identifier trois vagues de travaux : la première correspond aux «travaux menés au moment des indépendances des années 1960 dans le contexte de domination et de dépendance politique». Prévalent alors les «notions de modèles, mimétisme et emprunts». Ces travaux «s’inscrivent résolument dans une perspective théorique de modernisation et de développement politique». La deuxième vague se veut plus ouverte sur la problématique des transferts, puisqu’elle part du constat d’échec observé dans la vague précédente. Elle s’intéresse «au processus de transfert, à la nature des objets transférés, aux jeux et stratégies d’acteurs, producteurs et consommateurs donnant une part essentielle aux logiques d’appropriation et de réinvention». Une troisième vague porte sur «la diffusion de modèle de management et de gouvernance entretenue aussi bien par les acteurs et les institutions internationales d’aide au développement que par l’extension du mouvement d’intégration européenne et le processus de comparaison systématique des performances institutionnelles qui se répand».
La présente contribution s’inscrit dans cette troisième vague travaux, mais ne perd pas de vue les acquis de la deuxième qui a le mérite de rappeler la nature exogène de l’Etat en Afrique et les complexités liées à son importation (Badié, 1992). Il s’agira d’explorer la dynamique des transferts, tels qu’ils prennent forme dans les pratiques politiques et bureaucratiques des Etats africains à partir des années 1980, sous l’influence des politiques d’aide. Les pays africains se présentent dans ce domaine comme un terrain fécond pour l’observation d’échanges, d’innovations, d’expérimentation et de transferts de modèles institutionnels ou de politiques les plus variées, perçus avant tout comme des voies de sortie de crise. Aux yeux des bailleurs, la réforme du secteur de la sécurité est un élément clé de la stabilisation de la République démocratique du Congo. Ce chantier est cependant caractérisé par sa lenteur et son manque de cohérence. En cause une situation adverse - dénuement socio-économique généralisé, troubles à l’Est, absence de tradition démocratique -, mais aussi et peut-être davantage le volontarisme et l’absence de coordination des intervenants.

Partisans et critiques du projet de la «paix libérale» ont en commun de négliger les jugements des premiers concernés par les interventions internationales. L’étude des opinions des Mozambicains révèle que ceux-ci ne rejettent pas l’idée d’une présence étrangère comme telle, mais tiennent à ce que les intervenants respectent les lois nationales, constitutives d’une souveraineté qui ne peut se réduire à des questions d’efficacité et de besoin.

Le numéro de la revue Alternatives Sud sur «Les non-dits des relations internationales» montre très bien les problèmes posés par le passage de la théorie du state building au Sud à la réalité.


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** Amady Aly Dieng est un économiste sénégalais,
ancien agent de la BCEAO. Ce texte est une note de lecture sur le numéro de la revue « Alternatives Sud » sur « Les non-dits des relations internationales - (Re-) construire les états, nouvelle frontière de l’ingérence » (volume 19-2012/1 éditions syllepse - 180 pages)

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


La dimension internationale du conflit dans le Congo oriental

Gary K. Busch

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/83184

Les profits et richesses à gagner de l’exploitation des ressources naturelles du Congo oriental continuent d’alimenter la violence, le pillage et la souffrance de la population congolaise.

Le territoire africain qui inclut l’Ouganda, le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) a pratiquement été en guerre depuis 1995. Plus précisément en guerre les uns contre les autres, entre ces Etats. Ceci a impliqué des armées nationales, des milices, des groupes de "défense civile", des pillards, des abducteurs et des violeurs d’enfants, des violeurs et des meurtriers. Ces catégories ne s’excluent pas mutuellement. Pratiquement toutes ces catégories contiennent la plupart sinon tous les catégories de sociopathes. A quoi l’on peut ajouter les Casques Bleus des Nations Unies dont la gamme de déficiences sociales reflètent celles de la population pour laquelle ils sont supposés maintenir la paix.

Les guerres dans le Congo oriental ont coûté la vie à des millions de Congolais qui ont payé le prix pour vivre dans un pays très riche, dont toute gestion est absente avec ses institutions civiles en déliquescence si tant est qu’elles existent. Ces guerres centrées principalement sur le Congo oriental (Nord et Sud Kivu et Maniema), ont impliqué neuf nations africaines et affecté la vie de 50 millions de Congolais.

Entre août 1998 et avril 2004, quelque 3,8 millions de personnes sont mortes de mort violente en RDC. Depuis 2004 ce chiffre a presque doublé. Une bonne partie de ces morts est due à la famine ou à la maladie résultant de la guerre ainsi que des exécutions sommaires, de la capture par l’un ou l’autre groupe de maraudeurs. Des millions d’autres sont devenus des déplacés ou ont cherché l’asile dans les pays voisins. Le viol était endémique.

Dès 1996, la guerre et le génocide du Rwanda voisin ont débordé au-delà de la frontière, en RDC. Les forces des milices hutues du Rwanda (Interahamwe) ont été aidées par les troupes françaises de l’Opération Turquoise pour s’échapper du Rwanda. Ceci a permis la création de camps de réfugiés hutus en RDC, plein de fuyards Interahamwe. Il n’est pas surprenant que ceci ait attiré l’attention des Tutsis victorieux au Rwanda et des Tutsis résidents en RDC (les Banyamulenge) qui craignaient que ces camps hutus basés en RDC ne permettent des attaques contre le Rwanda.

En octobre 1996, les Forces patriotiques rwandaises (FPR - les forces de Kagame) sont entrées en RDC, avec une coalition armée menée par Laurent Désiré Kabila, connue sous le nom de Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL). Kabila a été installé au pouvoir suite à la destitution de Mobutu en mai 1997. Il s’est déclaré président, a consolidé son pouvoir et celui de l’AFDL et a renommé le pays République démocratique du Congo (RDC). Les militaires de la RDC ont été renommés Forces armées congolaises (FAC). Pendant que les FAC étaient réorganisées, les troupes rwandaises ont assuré la sécurité dans l’Est. Elles ont été confrontées à différentes milices en compétition :

- Les milices ethniques hutus des Interahamwe, provenant principalement du Rwanda, qui ont combattu le gouvernement dominé par les Tutsis au Rwanda ;

- Les membres hutus des anciennes forces armées du Rwanda, considérées comme responsables du génocide des Tutsis en 1994 qui ont aussi combattu le gouvernement du Rwanda ;

- Les Mai-Mai, une vague association de forces de défense congolaise traditionnelle, qui ont combattu l’influx des immigrants rwandais ;

- The Alliance of Democratic Forces (ADF) composée d’expatriés ougandais et soutenu par le gouvernement du Soudan qui combattait le gouvernement ougandais, et

- Plusieurs groupes hutus au Burundi qui combattaient le gouvernement du Burundi à prédominance Tutsis.

Au cours de 1997, les relations entre Kabila et ses anciens supporters (Museweni en Ouganda et Kagame au Rwanda) se sont détériorées. En juillet 1998, Kabila a ordonné le départ de toutes les troupes étrangères sur sol RDC. Elles ont refusé, avec pour argument que les troupes congolaises étaient incapables de défendre leurs intérêts contre les groupes d’exilés qui opéraient dans le Congo oriental. Le 2 août 1997, des combats ont éclaté dans toute la RDC alors que les troupes rwandaises se "mutinaient" et que des troupes rwandaises et ougandaises fraîches entraient au Congo. Kagame a ordonné à ses troupes d’attaquer Kinshasa afin de destituer Kabila, dans l’espoir que ses alliés tutsis des Banyamulenge, du nouveau groupe rebelle soutenu par Kigali, connu sous le nom de Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD), prendrait le pouvoir. Peu après, Museweni a créé un groupe rebelle appelé le Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) afin de combattre pour les intérêts de l’Ouganda et a envoyé des milliers de soldats ougandais au Congo. Cette campagne a été arrêtée par les troupes angolaises, namibiennes et du Zimbabwe qui sont intervenues du côté de la RDC.

Néanmoins, ceci a laissé le Congo oriental (où se déroulait la guerre) aux Ougandais et aux Rwandais, avec certains secteurs aux mains des Mai-Mai et du Burundi. Ceci a créé une situation dans laquelle les forces d’occupation ont eu tout le loisir de piller les richesses de l’Est de la RDC. De nombreux récits et documents font état que, dès 1997, une première vague de "nouveaux hommes d’affaires", ne parlant que l’anglais, le kinyarwanda ou le kiswahili, ont commencé leurs opérations dans le Congo oriental. Le vol de cheptel, de café en grains et d’autres ressources a commencé à être fréquemment rapporté.

Lorsque la guerre a éclaté en août 1998, les officiers supérieurs rwandais et ougandais et leurs associés avaient une connaissance approfondie du potentiel en ressources naturelles, en particulier le coltan, et de leur localisation en RDC.

La décision ougandaise prise en août 1998 d’entrer en guerre était défendue par des officiers supérieurs qui avaient servi au Congo oriental au cours de la première guerre et qui avaient goûté au potentiel de richesse. Les forces ougandaises souhaitaient vivement occuper les régions où il y a de l’or et des diamants. En septembre 1998, ce pillage a été attribué au général Salim Saleh (né Caleb Afande Akandwanaho, le 14 janvier 1960), le frère de Museweni, un blanchisseur d’argent et trafiquants de drogues avéré, voleurs et pilleur de talent. Salim Saleh a créé une compagnie qui ravitaillerait la RDC orientale en marchandise, en échange de ressources naturelles. Le projet ne s’est jamais matérialisé sous cette forme mais est devenu du pillage pure et simple sous la protection du président ougandais Yoweri Museweni

Bien qu’ils prétendaient être préoccupés par des questions de sécurité en RDC, les officiers supérieurs avaient clairement un agenda caché, économique et financier. Quelques mois avant que la guerre de 1998 n’éclate, le général Salim Saleh et le fils aîné du président Museweni auraient visité le Congo oriental. Un mois après le début du conflit, le général James Kazini était également impliqué dans des activités commerciales. Il connaissait déjà les secteurs les plus profitables et a immédiatement organisé les commandants locaux afin qu’ils servent ses intérêts économiques et financiers.

La Rwanda n’était pas en reste. Au cœur des arrangements financiers se trouvait la Banque du Commerce, du Développement et de l’Industrie (BCDI) basée à Kigali. C’était initialement le moyen par lequel transitaient tous les revenus rwandais et ougandais résultant de leur engagement en RDC. Lorsque la guerre a éclaté, le Rwanda a conservé ce moyen, pendant que l’Ouganda mettait sur pied son propre système. Lorsque les hostilités ont commencé, l’extraction des minerais s’est accélérée, sans égard pour la sécurité et des méthodes rationnelles d’extraction.

En septembre 1999, le commandant local de l’UPDF a exigé l’extraction de l’or des galeries de Gorumbwa dans lesquelles il a été fait usage de dynamite. La galerie s’est effondrée causant la mort d’un grand nombre de mineurs congolais. Quelques mois plus tard, les soldats ougandais venus exploiter les mines ont contracté des maladies respiratoires. Lorsque les commandants locaux ont été informés des dangers de ces activités, ils ont estimé que le nombre de morts et de malades étaient à un niveau acceptable.

Des Congolais locaux ont miné avec des méthodes artisanales, pour leurs propres bénéfices pendant des années. La nouveauté de leur implication réside dans le fait que certains ont été utilisés comme "travailleurs qu’on peut persuader" d’extraire de l’or, des diamants et du coltan. Dans la localité de Bondo, dans la province d’Equateur, des jeunes hommes entre 12 et 18 ans ont été recrutés par Jean-Pierre Bemba. Les Ougandais alliés ont formé les recrues et leur ont fait partager l’idée que l’armée ougandaise était une " armée de développement" dont l’objectif était d’améliorer les conditions de vie du citoyen ordinaire. Après une heure d’entraînement physique, ils étaient envoyés dans les mines pour extraire de l’or en faveur des Ougandais et de Bemba.

A Kalima, le commandant Ruto du FPR a enrôlé deux équipes locales de Congolais afin d’extraire du coltan. Ces Congolais travaillaient sous la garde de soldats rwandais lourdement armés. Dans le district riche en minerais de Kilo-Moto, les commandants ougandais locaux et quelques-uns des soldats qui gardaient les différents points d’entrée des mines permettaient et encourageaient la population locale d’extraire du minerai. L’arrangement entre les soldats et les mineurs était que chaque mineur laisserait à l’entrée/sortie de la mine un gramme d’or par jour. En moyenne, environ deux mille personnes minaient cette très grande concession six jours pas semaine. C’était une affaire bien organisée et qui roulait sans accroc. En moyenne, 2 kg d’or étaient livrés chaque jour à la personne à la tête du réseau.

L’autre forme d’extraction organisée du minerai par les forces d’occupation impliquait l’importation de main d’œuvre. Les forces d’occupation ont amené leur main d’œuvre de leur propre pays et ont fourni la sécurité et la logistique. En particulier, le Rwanda a utilisé des prisonniers pour extraire le coltan en échange d’une réduction de peine et une quantité limitée d’argent pour de la nourriture. Il y avait 1500 prisonniers rwandais rien que dans la région de Numbi de Kalehe. Ces prisonniers ont été vus entrain d’extraire du coltan sous la garde de soldat rwandais

L’exploitation illégale de ressources naturelles ne s’arrêtait pas aux minerais et aux produits agricoles. Elle avait aussi l’aspect de transactions financières, de taxes et d’emploi de main d’œuvre bon marché. Les banques et les assurances locales de Goma, Bukavu, Kisangani, Bunia et Gbadolite étaient en relation directe avec Kigali ou Kampala. Un système de collecte d’impôts - forcé et contraint dans certains cas - a été mis en place par le MLC, le RCD-ML et RDC Goma avec leurs homonymes ougandais et rwandais établis. Selon les mots des rebelles, ces taxes servaient à "financer ou à soutenir l’effort de guerre".

En effet, une partie des fonds récoltés était envoyée à Kigali (dans le cas de la RCD-Goma). Dans le cas des anciens RCD-ML et MLC, non seulement une partie des taxes étaient envoyée à Kampala, mais aussi certains colonels se servaient au passage. A Bunia et à Bukavu, la population a protesté, manifesté et dénoncé cette pratique abusive. Dans les régions contrôlées par Bemba, un paysan qui transportait de l’huile de palme sur sa bicyclette devait payer une taxe sur la bicyclette. Dans le secteur de l’extraction du minerai, les choses pouvaient se passer de trois façons : (a) par des soldats individuels pour leur propre bénéfice, (b) par des personnes locales organisées par les commandants rwandais et ougandais et, (c) par des ressortissants étrangers pour le bénéfice de l’armée ou d’un commandant.

Ceci a été le système d’exploitation de la RDC, de ses ressources humaines et de ses richesses minérales malgré les accords de paix signés à Lusaka, qui devaient mettre un terme à la guerre. Les armées belligérantes ont été remplacées par des seigneurs de la guerre et des milices dont l’exploitation a pris la forme du pillage, du viol et du meurtre. La plupart de ces groupes ont des affinités avec les gouvernements du Rwanda et d’Ouganda qui gèrent les aspects physiques du marché des richesses qui sont exportées. Le Rwanda a soutenu des "rebelles" comme les seigneurs de guerre Laurent Nkunda et Bosco Ntanganda. Ceux-ci sont la feuille de vigne pour le pillage continu du Congo par le Rwanda. D’autres font de même en Ouganda. Ils ont opèrent en toute impunité.

Les gens responsables pour des atrocités interminables sont protégés. Sont inclus : Yoweri Museweni, Salim Saleh, Paul Kagame, James Kazini, Moses Ali, James Kabarebe, Taban Amin, Jean-Pierre Bemba, Laurent Nkunda, Bosco Ntanganda, Meles Zenawi en plus d’une longue liste de personnes dont la culpabilité ne fait aucun doute. Beaucoup d’entre eux sont reconnus coupables d’atrocités répétées. Bemba a finalement comparu devant le TPI. La raison en est plus son opposition politique à Kabila junior et à la République centrale africaine que les déprédations au Congo oriental.

En théorie, les Nations Unies ont des équipes de Casques Bleus en RDC comme la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) qui doivent maintenir la paix. Depuis le 1er juillet 2010, la MONUC a été renommée la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Le bilan de la MONUC n’est pas très impressionnant. Selon les propos d’un général du Zimbabwe : "Ils sont comme des mésanges sur le dos d’un taureau. Ils sont là mais ne servent à rien !" Deux raisons inhérentes à leur manque de succès sont les suivantes :

(1) au début ils comptaient sur la présence militaire française retranchée à Ituri et qui refusait de quitter la ville parce deux officiers français avaient été tués par des rebelles dès la première sortie,

(2) parce qu’ils ont attendu des forces rwandaises qu’elles coordonnent la lutte contre les rebelles qu’ils soutiennent sous le couvert d’aider la MUNUSCO. Ce programme n’offre aux Congolais que peu de raison d’espérer. En fait, de nombreux Casques Bleus s’adonnaient aux viols, pillage et meurtres pour leur propre compte. Certains ont été traduits en justice et renvoyés. Leur présence en RDC ajoute à la peur de la population.

Alors que ce conflit se poursuit, le monde a tourné son regard vers une autre bataille dans la région : la lutte contre le Lord’s Resistance Army (LRA). La LRA est une organisation ougandaise à la réputation sanguinaire. La réaction du gouvernement ougandais a été également brutale. En septembre 1996, le gouvernement ougandais a mis en place une politique de déplacements forcés des Acholis vers des camps de personnes déplacées dans le district de Gulu. Depuis 1996, cette politique s’est étendue pour englober toute la population acholie de quatre districts - un million de personne. Ces camps de déplacés sont marqués par une des plus fortes mortalités au monde, avec 1000 décès par semaine selon les estimations. La LRA a obtenu la majeure partie de son soutien des Acholis déplacés, dominés, chassés de leur maison et dont la famille demeure dans des camps de déplacés.

Joseph Kony (né en 1961) est à la tête de la Lord’Resistance Army (LRA). Il a déclaré que la LRA conduira une campagne politique, militaire et spirituel afin d’établir un gouvernement théocratique en Ouganda, basé sur les Dix Commandements. La LRA dit que Dieu lui envoie des esprits afin de communiquer directement à Kony sa mission. La LRA a acquis une réputation de violence sans limite contre la population de plusieurs pays, y compris l’Ouganda, la RDC et le Soudan. Il est estimé qu’elle a enlevé et contraint environ 60 000 enfants à combattre pour elle et aussi forcé plus de deux millions de personnes à l’exode depuis le début de la rébellion en 1986. Il y a eu de nombreuses tentatives internationales en faveur de la paix et pour mettre un terme à l’enlèvement d’enfants par la LRA entre 1996 et 2001. Toutes ont échoué à mettre un terme aux enlèvements, aux viols, aux enfants-soldats et aux victimes civiles, y compris les attaques sur les camps de réfugiés. Suite à l’attaque du 11 septembre, les Etats-Unis ont désigné la LRA comme groupe terroriste et Joseph Kony comme terroriste.

Suite à l’échec des négociations de paix à la fin 2008, le Conseil national de Sécurité a autorisé AFRICOM à soutenir les opérations militaires (une des premières opérations d’AFRICOM publiquement reconnue) contre la LRA, dont on pense qu’elle était au Congo à ce moment-là. AFRICOM a entraîné les troupes et a fourni 1 million de dollars en termes de soutien financier à l’"Operation Lightning Thunder" (Opération tonnerre fulgurant) - un effort conjoint des forces ougandaises, congolaises et du Sud Soudan en territoire congolais qui ont lancé une opération en décembre 2008 afin "d’éliminer la menace posée par la LRA". Selon les Nations Unies, cette opération a eu lieu "sans concertation avec le terrain pour ce qui concerne la protection des civils". Etalée sur une période de trois mois, la mission a échoué. La LRA s’est dispersée et a exercé des représailles contre la population congolaise. Plus de 1000 personnes ont été tuées et plus de 200 000 ont été déplacées.

Cette bataille contre la LRA doit être vue comme la continuation des batailles dans le Congo oriental. En octobre 2011, le président américain Barack Obama a autorisé le déploiement d’une centaine d’hommes équipés des forces américaines en Afrique centrale. Ils vont aider les forces régionales "à retirer du champs de bataille" Joseph Kony et ses principaux lieutenants. " Bien que les forces américaines soient équipées pour le combat, elles ne feront que fournir du renseignement, des conseils et de l’assistance aux nations partenaires. Elles n’engageront pas le combat avec la LRA à moins de se trouver dans une situation d’autodéfense, a dit Obama dans une lettre au Congrès.

Il n’y a pas de doute que la LRA est une organisation vicieuse, sociopathe, coutumière des comportements brutaux. Toutefois, les personnes qui mènent le combat contre la LRA (Yoweri Museweni et Paul Kagame) ont commis et continuent de commettre des crimes également outrageants et des attaques de nature similaire, en particulier contre les réfugiés de long de la frontière du Congo oriental. Mais ils sont quand même fêtés et récompensés par le gouvernement américain pour leur volonté de fournir des mercenaires pour la "guerre contre la terreur" et la protection des nouvelles industrie pétrolières émergentes dans leur pays et dans la région. Malheureusement, la région où la LRA s’adonne à ses atrocités est précisément celle où de nouvelles et importantes nappes pétrolières ont été découvertes.

Ce qui motive l’intérêt de l’Occident dans la région est la découverte de pétrole sur les rives du Lac Albert au Kenya et en Ouganda. La guerre entre le Soudan et le Sud Soudan a rendu impérative la nécessité de trouver une route alternative pour acheminer le pétrole vers les ports de l’Océan Indien puisque l’oléoduc du Soudan est inaccessible. Ces routes passent toutes à travers le territoire occupé par les vestiges de la LRA (il reste moins de 600 combattants). Cette lutte contre la LRA a servi de prétexte aux Etats-Unis pour poursuivre sa politique qui vise à constituer des armées africaines de mercenaires pour mener leur combat contre "la terreur globale" au Soudan, en Somalie, au Yémen et au Kenya. Les Etats Unis fournissent les armes, les instructeurs et les moyens de communication aux armées ougandaise et rwandaise afin de combattre la LRA et de lutter contre les ennemis des Américains en Somalie. Malheureusement ceci a aussi permis aux Ougandais et aux Rwandais de piller le Congo oriental sous prétexte de combattre la LRA.

En 2009, Heritage Oil a découvert du pétrole en Ouganda. Il y aussi eu des découvertes conséquentes au Kenya. En mai 2012, le Kenya annonçait la découverte d’une deuxième nappe de pétrole profitable en deux mois ainsi que d’importants gisements dans la région éloignée du Lac Turkana. Le Kenya est le dernier des pays africains à rejoindre le grand boom pétrolier africain et fait suite aux découvertes en Ouganda et en RDC. Même le Rwanda et le Burundi vont profiter de cette manne grâce à l’East African Community (EAC).

L’EAC peut compter sur un meilleur futur énergétique suite aux découvertes au Kenya, qui s’ajoutent aux réserves substantielles découvertes en Ouganda et du gaz de Tanzanie. Il y a également des explorations dans les profondeurs du Lac Kivu au Rwanda. Le Sud Soudan, avec ses grosses réserves de pétrole, a demandé à devenir membre de l’EAC. Il y a de grands champs pétroliers et gaziers en Somalie.

L’Afrique est le principal continent du monde où de fréquentes et substantielles découvertes de gisements de pétrole et de gaz sont faites. Un rapport conjoint de la Banque africaine de dévelopement, de l’Union africaine et du Fonds africain de développement remarque que depuis la fin des années 1980 les réserves pétrolières africaines ont augmenté de plus 25%, pendant que celles du gaz ont augmenté de 100%

Ce "nouvel horizon" pétrolier et gazier a attiré les gros requins de l’industrie pétrolière internationale comme Chevron, Shell, Exxon, Total et les géants pétroliers chinois. Les processus d’extraction et de raffinage nécessiteront d’énormes quantités d’argent à mettre sur la table, argent que les Africains n’ont pas. Il y a une symbiose entre les activités des "Big Oil" et l’Afrique. Big Oil a de l’argent et l’Afrique a du pétrole et du gaz non exploités et, très important, les militaires pour protéger les investissements à venir. Les Etats-Unis n’ont pas le soutien public pour envoyer des troupes de combat en Afrique de l’Est et du Centre. Ils ont l’équipement, les liquidités et les formateurs pour créer une force qui agit par procuration dans la région. Dans un tel cas, le fait d’avoir un ennemi commun, comme la LRA, est un hameçon opportun auquel accrocher une politique commerciale. La LRA n’a pas besoin d’être forte. Elle doit être considérée comme vicieuse, totalement infréquentable. Elle correspond à ces critères. Les intérêts américains et les ambitions militaires de l’Ouganda et du Rwanda coïncident et les deus armées reçoivent de vastes sommes d’argent afin d’agir par procuration pour les Américains. Museweni et Kagame sont fêtés en Occident malgré leurs activités en RDC.

Cette politique de pillage illimité dans le Congo oriental, maqué par un conteste de misère, de pauvreté, de peur et de violence par et contre les Congolais est susceptible de perdurer. Les Congolais reprennent à leur compte la question que Tiberius Gracchus posait à la Tribune du Peuple : "quis custodiet ipsos custodes ?" (qui va nous protéger de nos protecteurs ?)


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** Dr Gary K. Busch est un syndicaliste international, un académique, un homme d’affaire et un consultant en matière d’affaires politique et commerciales. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Togo : Début d’insurrection liée à l’impunité

Yves Ekoué Amaïzo

2012-06-26

http://pambazuka.org/fr/category/features/83190

Au lieu de voir les revendications s’exprimer de manière sectorielle ou catégorielle comme auparavant, au lieu de laisser les partis politiques s’exprimer en son nom, la société civile togolaise s’est prise en charge en créant le « Collectif Sauvons le Togo ». Entre manifestations et insurrection populaires, elle a engagé la lutte contre l’impunité, pour la justice sociale et l’Etat de droit

Au Togo, au moins deux faits majeurs d’incivilité du pouvoir de Faure Gnassingbé sont en train de faire monter le niveau de défiance entre les dirigeants et la population togolaise. La conséquence des troubles, des marches pacifiques à répétition, des revendications… En face, des falsifications de rapports, de l’impunité, de l’unilatéralisme dans un monologue inclusif, et des militaires antirépublicains qui font la pluie et le beau temps. Une organisation de la société civile, « Collectif Sauvons le Togo » a choisi de manifester ce mécontentement publiquement. Faure Gnassingbé répond avec la force des armes et des jeunes « casseurs » passent aux aveux et affirment avoir reçu des sommes variant entre 2 000 et 12 000 FCFA (3 à 20 Euros) pour semer le trouble et la casse afin d’accuser la marche pacifique du mouvement pacifique des citoyens.

LE RAS-LE-BOL DU PEUPLE TOGOLAIS S’EXPRIME

L’un des premiers faits remonte à février 2012 où un rapport commandé par le gouvernement (ministère de la Justice) à l’ONG togolaise la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Togo (CNDH) a conclu à la responsabilité de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) dans des actes de tortures perpétrés contre 33 présumés-accusés, dans un coup d’Etat de 2009 non réellement prouvés. A la suite de la parution du rapport original, le gouvernement a produit un deuxième rapport falsifié et en a profité pour rejeter les accusations de tortures à l’endroit de l’ANR.

Après avoir été confondus par les médias, le gouvernement togolais et Faure Gnassingbé ont fini par avouer indirectement la falsification du premier rapport original. Ils sont sortis de cette affaire embarrassante et honteuse avec une volonté de réforme des services sécuritaires du pays, réformes confiées à ceux-là même qui sont soupçonnés être à l’origine des exactions identifiées par des enquêteurs neutres et objectifs de la société civile (CNDH). C’est donc bien le refus de mettre en application les recommandations du rapport de la CNDH qui a conduit une grande partie de la population de Lomé à procéder à une marche vers le centre des affaires de la capitale (quartier Deckon).

Le deuxième fait majeur d’incivilité du gouvernement de Faure Gnassingbé consiste en la mise en œuvre de sa technique favorite consistant à faire « semblant de discuter », puis d’imposer unilatéralement ses points de vue, tout en prenant soin de s’assurer le soutien indirect et mou des chancelleries occidentales, lesquelles préfèrent rester aveugles ou sourdes à la vérité des faits. C’est ainsi que l’Assemblée nationale du Togo, sous la menace et le contrôle des militaires acquis au pouvoir togolais, a adopté des dispositions non consensuelles sur un code électoral. Tous les partis d’opposition sérieux ont considéré cet état de fait comme un coup de force parlementaire. Mais comme les instructions viennent de l’exécutif togolais avec à sa tête, Faure Gnassingbé et que ce dernier est celui-là même qui a souhaité que le dit « dialogue inclusif » aboutisse au même résultat qu’un « monologue inclusif », il ne faut pas s’étonner qu’une partie de la population togolaise exprime son ras-le-bol avec près de 500 000 citoyens togolais pour défendre le retour d’un processus transparent et sain des représentants du peuple togolais.

INSTITUTIONNALISATION DE L’IMPUNITE : LA CVJR

Les nombreuses séances de conversation organisées par la Commission vérité, justice et Réconciliation (CVJR), sur les crimes au Togo avant l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005, ont eu un rôle néfaste sur le retour de la paix au Togo. Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan, président de la CVJR, qui a produit un rapport-livre d’histoire, a empêché le système judiciaire de prendre en charge les sanctions à apporter aux actes de tortures et de morts sur de nombreux citoyens togolais. De nombreux proches de Faure Gnassingbé, notamment Yotrofeï Massima, Directeur de l’Agence nationale du renseignement (ANR), le lieutenant-colonel Atcha Mohamed Titikpina considérés par de nombreux témoins comme les principaux commanditaires d’actes de tortures et de non-respect des droits humains au Togo.

Au lieu de voir les revendications s’exprimer de manière sectorielle ou catégorielle comme auparavant, au lieu de laisser les partis politiques s’exprimer en son nom, la société civile togolaise s’est prise en charge en créant le « Collectif Sauvons le Togo ». Cette organisation de la société civile togolaise regroupe dix-sept organisations de défense des droits de l’Homme, des associations de la société civile et des partis politiques d’opposition et dispose d’un réseau très important de soutiens au sein de la diaspora togolaise. Il est donc demandé à toutes les représentations diplomatiques de considérer le CST comme une contrepartie légitime qui s’exprime au nom d’une grande majorité de la population togolaise, enfermée dans le silence du fait d’un système civilo-militaire s’organisant pour rester durablement au pouvoir.

A ce titre, ce système que Faure Gnassingbé est en train de restructurer avec le nouveau parti UNIR (Union pour la République), en remplacement de l’ancien parti RPT (Rassemblement du Peuple togolais), rencontre encore quelques difficultés pour s’imposer aux populations. Il faut donc des élections transparentes qui expriment la vérité des urnes et dont les résultats ne sont pas abusivement inversés par une cour constitutionnelle, pour savoir véritablement ce que souhaitent les populations togolaises.

Mais voilà, la communauté internationale, dès lors que les autorités togolaises satisfont, au moins en apparence, leurs désidérata, ou tout simplement s’inscrivent dans une logique de politique néo-libérale mettant les intérêts étrangers au-dessus de ceux des populations togolaises, alors on assiste lors des élections présidentielles au Togo, en 2005 comme en 2010, à la légitimation d’une démocratie de façade seulement, sous contrôle de militaires non-républicains

Il est donc très difficile pour le peuple togolais de s’exprimer et de faire passer sa volonté de peuple souverain. Le silence de nombreux médias étrangers sur plus de 15 mois de manifestations de partis d’opposition mettant en cause les conditions non transparentes des élections présidentielles passées et récemment des manifestations de rue d’une large majorité des populations togolaises, ce dans plusieurs villes du pays, témoigne de la partialité organisée de certains médias internationaux comme nationaux du reste.

RESPONSABILITE INDIRECTE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Il faut bien constater que les chefs de missions diplomatiques présents au Togo, à savoir l’Union européenne, la République fédérale d’Allemagne, la France, les Etats-Unis d’Amérique ainsi que le système des Nations Unies, ont tous « noté avec préoccupation » le retard pris dans la mise en œuvre des opérations préparatoires pour les élections législatives et locales prévues mais non confirmées pour fin 2012. Il n’y a même pas de Commission électorale nationale indépendante (CENI) en place sur une base paritaire, avec l’opposition pour s’assurer que l’organisation des élections se fera dans la transparence.

Les responsables des missions diplomatiques, qui informent tous les jours leur capitale constatent aussi qu’il n’a même pas encore été prévu de mettre en place le processus de « sécurisation des bulletins de vote, de transmission, de compilation et de publication claire des résultats ». Faure Gnassingbé refuse toujours de recenser les Togolais de l’étranger. Ce n’est pas la dernière et énième réforme du code électoral, qui exclut la Diaspora togolaise, unilatéralement exclue des listes électorales et donc des votes futurs, et le découpage électoral sur mesure pour les représentants du parti UNIR, ce à la veille des élections législatives, qui va permettre de retrouver la confiance entre les dirigeants actuels et le peuple togolais.

La communauté internationale constate donc bien « l’échec des différentes tentatives de dialogue politique » au Togo et l’unilatéralisme des méthodes de passage en force choisi par Faure Gnassingbé sous la pression des militaires non-républicains. Ce point est d’autant plus important que les recommandations proposées par les missions d’observation de l’Union européenne lors des élections législatives en 2007 et présidentielles en 2010 sont, soit systématiquement ignorées, soit très partiellement mises en œuvre juste pour permettre au Gouvernement de Faure Gnassingbé de faire bonne figure devant des Chancelleries occidentales. Celles-ci oublient qu’elles ont légitimé ce régime depuis les élections de 2005 et sont co-responsables des formes de contestations et d’insurrection populaires qui prennent de plus en plus de l’ampleur. A moins qu’elles n’aient été toutes « ensorcelées » au point de ne plus voir les entorses aux droits humains, à la vérité des urnes et à la vérité des comptes publics.

La capitale togolaise, mais aussi de nombreuses grandes villes de l’intérieur du Togo (Afagnan, Kara,…), n’ont pas connu de tels mouvements de protestation de citoyens togolais dans les rues depuis les émeutes de 1990. On ne peut comprendre les interventions musclées des forces de sécurité alors que la manifestation a bien été autorisée, comme le soutient Zeus Ajavon, avocat de son état. Donc, Faure Gnassingbé ne respecte pas les engagements de l’Etat envers les mouvements citoyens. Il fait même de l’ingérence et de l’interventionnisme estimant lors d’une entrevue avec Zeus Ajavon, le coordinateur du « Collectif Sauvons le Togo » que le point de conclusion de la marche « était inapproprié ». Il n’a donc rien proposé en retour, ni indiqué qu’il enverra ses services militaires empêcher le déroulement pacifique de la marche autorisée. Les tirs de gaz lacrymogène et des échauffourées entre les « militaires » et « les manifestations » ont fait des nombreux blessés dont des journalistes, des dirigeants politiques et de simples citoyens 2. C’est donc avec des jets de pierres que les manifestants ont répondu aux tirs de gaz lacrymogène des hommes du Colonel Damehame Yark, Directeur de la gendarmerie nationale, présent lors de ces manifestations. Il a lui aussi déploré des blessés.

LE COLLECTIF « SAUVONS LE TOGO » : EN FINIR AVEC L’IMPUNITE

Peut-on croire que l’objectif du « Collectif Sauvons le Togo » est de paralyser les activités économiques, ou de trouver un vrai moyen de pression pour faire entendre pacifiquement les positions et la volonté du peuple togolais ? Lorsque Pascal Bodjona, le ministre de l’Administration territoriale, et le colonel Latta Gnama, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile se contentent de menacer les manifestants en rappelant qu’ils subiront toute la « rigueur de la loi » s’ils ne s’abstiennent pas de « tout acte de vandalisme », il n’y a manifestation d’aucune volonté de négocier une sortie de crise pacifique.

En définitive, la cause profonde de la révolte de tout un peuple au Togo est bien liée à ce qu’il convient d’appeler l’impunité – une absence de droit chronique – institutionnalisée par le système RPT, où la mise en cause de la responsabilité pénale des auteurs des violations des droits humains ainsi que leurs responsabilités civiles, administratives ou disciplinaires sont effacées dès lors que l’on appartient ou travaille pour le système RPT devenu UNIR. Ce système empêche toutes enquêtes sérieuses les remplaçant par des « confessions-pardons » avec la complicité d’une Commission Vérité Justice et Réconciliation qui n’a de nom que ce qu’elle prétend atteindre. Sans enquête sérieuse, il n’y a donc pas de mise en accusation, d’arrestation, ni de jugement. Et s’il s’avérait que les présumés coupables sont reconnus responsables par des rapports indépendants des associations de la société civile, ils ne sont jamais considérés comme coupables, ni condamnés à des peines appropriées, encore moins à réparer les préjudices subis par leurs victimes, surtout quand ces préjudices sont d’ordre physique, moral ou financier.

De toutes les façons, encore faut-il être vivant pour réclamer quoi ce soit, d’où les techniques qui consistent à faire disparaître les morts, relativement fréquentes au Togo. Cet absence de droit pour certains, un abus de droit pour d’autres, est une caractéristique du système RPT depuis des décennies et la communauté internationale a systématiquement fermé les yeux, a joué au sourd-muet, quand elle n’a pas, parfois pour de sombres intérêts égoïstes, choisi de s’éloigner des valeurs universelles que sont le droit à l’autodétermination des populations et le libre choix de leurs dirigeants. L’impunité peut aussi apparaître dans le domaine économique avec une absence de sanction à l’encontre de ceux qui ont contribué à faire mourir une partie importante du peuple togolais par la pauvreté et les inégalités. Les auteurs, individus comme institutions, se cachent tous derrière la volonté d’éradication de la pauvreté, alors que ce crime contre le peuple togolais est établi, il s’agit tout simplement de l’éradication du pauvre togolais. Il n’y a pas de pardon au sens de la CVJR, ni d’excuse légale de responsabilité.

Au fond, l’impunité n’a pas de limites spatiales, ni des limites temporelles et ne peut trouver une solution que lorsqu’un régime fondé sur la vérité des urnes et des comptes succède à un régime falsificateur de la démocratie.

RECOMMANDATIONS DU CVU-TOGO-DIASPORA

Le système que conteste le « Collectif pour la Vérité des Urnes » est le même que conteste « le Collectif Sauvons le Togo ». C’est un système qui dénie le droit à la justice, le droit à la vérité, le droit à la mémoire, le droit à une réparation et donc le droit à s’autodéterminer. C’est un système négativiste. Le peuple togolais, patient et pacifique, a fini par le comprendre et les mouvements de « ras-le-bol » ne peuvent que s’amplifier.

Tous les responsables sérieux se doivent d’en prendre conscience et organiser un processus pour corriger des décennies de contre-vérités des urnes et des comptes publics pour sauver le Togo.

Pour réaliser des élections libres et transparentes dans le Togo de Faure Gnassingbé, il faut nécessairement que la préparation se fasse avec la société civile et que les militaires togolais soient désarmés afin de ne pas s’immiscer dans les affaires qui ne les concernent pas. Il n’y a aucune obligation de faire des élections dans les conditions institutionnelles actuelles qui donneraient une prime à la fraude et à la non transparence alors qu’il n’y a aucun consensus entre le pouvoir de Faure Gnassingbé et les partis politiques d’opposition, ni avec la plus grande majorité des mouvements indépendants des citoyens togolais.

Le CVU-Togo-Diaspora invite le peuple togolais et les représentants de la Communauté internationale au Togo :

- à considérer le « Collectif Sauvons le Togo » comme une entité représentant les aspirations du peuple togolais et de l’inviter officiellement dans les pourparlers portant sur les décisions devant affecter le peuple togolais ;

- à confirmer leur volonté de financer ou pas le processus électoral togolais portant sur les élections législatives et communales. Dans l’affirmative, il importe que la gestion de ces fonds ne puisse se faire que sur une base paritaire avec la présence des représentants de la société civile togolaise, notamment le « Collectif Sauvons le Togo » ;

- à arrêter de financer le matériel, la formation, les armes et les équipements qui sont utilisés par des forces dites de sécurité dont les responsables connus sont impliqués dans des tortures et autres exactions à l’encontre des droits humains. A arrêter de fermer les yeux sur les préparatifs avancés du système de Faure Gnassingbé sur l’organisation d’une prochaine contre-vérité des urnes. Celle-ci n’a pour objet que pérenniser au pouvoir celui qui n’a jamais été élu par la représentation de la vérité des urnes, et s’organise avec l’aide de militaires non-républicains, pour essayer de refaire deux autres mandats à la tête du Togo ;

- à œuvrer systématiquement de concert avec les organisations de la société civile au Togo pour une renaissance de la transparence du processus électoral avec une organisation des missions d’observation de longue durée confiées à la société civile y compris la Diaspora. Ceci en coopération avec les missions d’observation de l’Union européenne, l’Union africaine, afin de permettre une réelle sécurisation et une publication instantanée et simultanée dans les bureaux de vote des résultats électoraux détaillés, ainsi que la sécurisation absolue du contrôle parallèle du comptage des résultats, sans la présence des militaires togolais dans un périmètre d’au moins 20 mètres ;

- à ne pas considérer les rapports de la CVJR sous la présidence de Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan comme une forme d’amnistie qui « impose » d’oublier tout et de ne rien faire sur tous les crimes qui se sont déroulés au Togo jusqu’en 2005. A défaut, la CVJR aura servi à légitimer une imposture que les ancêtres et les générations futures du Togo rejetteront à savoir une CVJR qui a servi à légitimer l’impunité au Togo ;

- à parler à Faure Gnassingbé pour que son système accepte de voir la vérité en face avant que ce ne soit trop tard et ouvre de véritables discussions togolo-togolaises (sans la médiation de Blaise Compaoré du Burkina Faso) où les différentes sensibilités et parties géographiques du Togo seront représentées pour proposer un processus transparent de sélection des dirigeants du peuple togolais et une feuille de route pour les cinq années à venir ;

- à ne plus considérer les peuples, togolais et africains en général, comme des êtres vivant dans des espaces où l’absence de régulation et l’impunité ne sont pas graves tant que cela ne les concerne pas. La communauté internationale rendrait un grand service au peuple togolais si elle arrêtait de financer en catimini les armes dont se servent les militaires non-républicains pour maintenir des dirigeants ne reflétant pas la vérité des urnes au pouvoir.

Mais le meilleur service que Faure Gnassingbé peut rendre au Togo, c’est de démissionner librement. L’alternative de la démission sous la force des militaires républicains ne peut être exclue puisque la gouvernance du « passage en force » est légitimement mis en cause par un nombre de plus en plus important de citoyens togolais, ce pacifiquement. Cela permettra de revenir à la Constitution d’octobre 1992 que le Peuple togolais avait massivement approuvé par référendum.

Par ailleurs, cette démission facilitera la mise en œuvre des recommandations de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Togo (CNDH) dont la fin de l’impunité au Togo et un retour à la « normalité » des négociations entre l’opposition, la société civile et le parti au pouvoir vers l’organisation de conditions adéquates pour permettre l’émergence de la vérité des urnes. Il n’est jamais trop tard…


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** Dr Yves Ekoué Amaïzo est coordinateur Général

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Venezuela : Afrique, mère patiente de la révolution bolivarienne

Thierry Deronne

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/83181

L’élite qui rêve de chasser Hugo Chávez du pouvoir « par tous les moyens » considère comme illégitime l’élection à la présidence de la République d’un « zambo », mélange d’Indien et d’afro-descendant. Mais quand les dirigeants de cette opposition, minoritaire dans les urnes à l’issue de scrutins validés internationalement, répètent « nous sommes la majorité », ils ne mentent pas. Ils réaffirment sincèrement leur vision du monde.

Le 16 mars 2012 le journal d’opposition Tal Cual, dirigé par l’ex-ministre néo-libéral des années 90 Teodoro Petkoff, publiait une caricature accusant le gouvernement bolivarien de distribuer de l’eau sale aux usagers. Le dessin montre un homme coiffé d’un béret incarnant Hugo Chávez accompagné d’enfants et regardant l’eau jaillir d’un robinet sur lequel s’est posée une mouche. L’homme au béret dit : « Assez de suprématie blanche, maintenant nous avons des eaux afrodescendantes ».

Dans « Le Général dans son labyrinthe », Gabriel García Márquez raconte comment les peintres du XIXème siècle « blanchirent » les traits de Simón Bolívar jusqu’à effacer ses traits africains. Cette obsession raciste des « mantuanos » – l’aristocratie coloniale d’origine européenne – n’a pas disparu. L’élite qui rêve de chasser Hugo Chávez du pouvoir « par tous les moyens » considère comme illégitime l’élection à la présidence de la république d’un « zambo » (mélange d’Indien et d’afro-descendant). Le mythe fondateur de la société coloniale puis censitaire postulait que les millions de « morenos », « pardos », « zambos », n’appartenaient pas au genre humain.

Pour les historiens Mario Sanoja et Iraida Vargas-Arenas [1] : « Aujourd’hui, dans les salons de coiffure des quartiers chics de Caracas, les clientes qui dénigrent à voix haute le “singe Chávez” et les singes en général oublient que les “choses noires” qui leur lavent les cheveux, leur soignent les pieds, leur vernissent les ongles, sont des “singes” qui habitent des quartiers populaires comme Santa Cruz ou Las Minas, tout comme les “cachifas” (domestiques) qui s’occupent de leurs enfants, leur font la cuisine, lavent leur linge et s’occupent de leurs jardins ».

Après avoir fui la misère de leur Europe originelle, devenues élite sociale par la négation de l’Autre, ces communautés d’origine européenne voient soudain leur statut se banaliser et nourrissent une rage raciste décuplée contre Hugo Chávez. Mais quand les dirigeants de cette opposition (minoritaire dans les urnes à l’issue de scrutins validés internationalement) répètent « nous sommes la majorité », ils ne mentent pas. Ils réaffirment sincèrement leur vision du monde. Eux seuls appartiennent au genre humain, eux seuls peuvent être comptés. Ils sont donc, très logiquement, « majoritaires ».

Vargas et Sanoja : « Bien avant l’élection de Hugo Chávez et la démocratisation progressive du champ politique, les “singes” étaient pourtant bien là, pas encore citoyens mais déjà constructeurs de tout un pays : majorité sociale d’employés, de domestiques, d’ouvriers, de journaliers que l’historiographie de l’oligarchie ignorait systématiquement, considérant comme naturelle l’exploitation des “untermenschen” indiens, métis, blancs pauvres ainsi que leur maintien dans des conditions de vie dégradantes ».

Eduardo Galeano a rappelé que les premières insurrections d’Africains en Amérique latine eurent lieu au Venezuela, lorsque se soulevèrent les mineurs de Buria (1533) sous l’impulsion du Rey Miguel. Simon Bolívar avait douze ans lorsque, près de trois siècles plus tard, à deux pas de chez lui, les mantuanos exécutèrent sur une place publique de Caracas un autre rebelle : José Leonardo Chirinos, dont le corps écartelé fut exposé aux quatre coins du pays pour rappeler aux esclaves ce qui les attendait en cas de récidive.

Sanoja et Vargas : « Vers la fin du XVIIIème siècle, les Métis et Africains réduits en esclavage totalisaient les 72% d’une population dominée par une bourgeoisie (27%) de commerçants, artisans, producteurs agricoles et des premiers métis, indigènes et noirs affranchis. Au sommet de cette pyramide, 3000 oligarques « mantuanos » de Caracas (1%) accaparaient plus de 50% de la richesse per capita ».

« Comme le montrent leurs nombreuses appellations – Angola, Cabindo, Carabalí, Congo, Fuló, Wolof, Mandinga, Malembe –, les esclaves capturés en Afrique occidentale provenaient de sociétés complexes structurées autour du commerce, de l’agriculture et de l’élevage, de l’extraction minière, de la forge et de la fonte du métal. Cette « main d’œuvre » fut enrôlée dans les mines de cuivre de Cocorote, dans l’état de Ya­racuy, au XVIIème siècle ».

« Bien que la structure des grandes plantations absorba la majeure partie de cette force de travail culturellement déracinée, les traditions de la musique, de la magie et de la médecine survécurent avec une intensité qui permit aux afro-descendants de conserver leur identité sociale. Les femmes réduites en esclavage eurent une immense importance dans la vie sexuelle des maîtres de l’oligarchie coloniale et républicaine, soumises aux viols illimités, fait qui explique l’énorme population de mulâtres qui forment le secteur social des « pardos ». Les Africains d’origine mandinga, réputés plus rebelles, étaient associés dans l’esprit des maîtres à la représentation du diable, comme l’est Chávez aujourd’hui ».

« Beaucoup ignorent que le premier drapeau brandi par Bolívar en signe de rébellion contre la couronne espagnole était un drapeau noir appelant le peuple réduit en esclavage à se rallier à la cause de l’indépendance et, par la suite, de l’Égalité. Mais si Bolivar décréta l’abolition de l’esclavage dès 1816, respectant ainsi la promesse faite aux « jacobins noirs » d’Haïti à qui il devait pratiquement tout, l’exploitation de cette main d’œuvre lui survécut. Certes les républiques « indépendantes » qui s’ensuivirent étaient faites pour « les citoyens », mais les afro-descendants n’étaient pas encore considérés comme « citoyens ». C’est pourquoi nombre d’entre eux répondirent à l’appel « Terres et Hommes Libres ! » du général Ezequiel Zamora (1859-1863) dont l’assassinat repoussa une fois de plus l’émancipation espérée ».

Jesús Chucho García [2] : « Au Venezuela l’intellectuel Arturo Uslar Pietri réclamait une immigration européenne pour « améliorer la race et le niveau culturel », expliquant que les Antillais n’avaient rien à apporter au développement de notre pays. Dès 1937, Pietri proposait à la Chambre de commerce que le Venezuela, pour devenir un pays moderne, renonce à ses composantes indigènes et afro-descendantes. Le marxisme vénézuélien, importé d’Europe comme signe de distinction sociale, refoula lui aussi les thèmes indigènes et afro-descendants ».

Mario Sanoja et Iraida Vargas-Arenas : « À partir de 1936, avec le boom pétrolier et la fin de la dictature de Juan Vicente Gómez, s’effondrèrent les relations de production de type semi-féodal qui maintenaient les paysans enfermés dans leurs ghettos. Tous ces paysans sans terre, mulâtres, indigènes et noirs se joignirent à l’embryon de prolétariat urbain rejeté à la périphérie des grandes villes, en particulier à Caracas : une population essentiellement jeune, souvent désœuvrée, souvent obligée de recourir à la délinquance pour subvenir à ses besoins. La démagogie électorale des années 60 et 70 stimula davantage encore l’exode rural, gonflant les ceintures de misère de millions d’habitants qu’on cherchait à manipuler à travers le média politique central : la télévision, avec sa vision d’une société blanche comme modèle incontournable du développement ».

« Le boom pétrolier permit à la classe moyenne de passer d’une vie austère à un vie aisée, condition qui s’améliora encore avec la hausse du pétrole dans les années 70. C’est à cette époque aussi que la bourgeoisie de gauche comme de droite, s’autoproclama soit comme avant-garde de la révolution mondiale soit comme bouclier anticommuniste, et dans les deux cas, comme garante des intérêts populaires ».

« Aujourd’hui ces secteurs se sentent trahis par “leurs sujets”. Ils n’ont pas vu venir les élections de 1998 où une majorité de “singes” leur a préféré Hugo Chávez. Cette inclusion soudaine de nouveaux sujets devenus citoyens à part entière, qui proposent des lois, se forment, s’organisent, participent à la vie politique, explique la convergence de certains secteurs marxistes des années 80 avec la droite de la classe moyenne, surtout parmi les universitaires irrités de perdre le monopole du discours critique, et qui défendent leurs intérêts de classe face à l’ “insurrection des singes”. »

La révolution bolivarienne, elle, a rompu avec le mythe officiel du métissage en vigueur sous les gouvernements antérieurs et a promulgué en 2011 une Loi contre la discrimination raciale. Recueillant une proposition exprimée lors de la IVème Rencontre internationale des mouvements sociaux afro-descendants d’Amérique latine et des Caraïbes (juin 2011), le président Chávez a également décrété, en mai 2012, la création du Conseil national des Communautés afro-descendantes dont le rôle est de « concevoir les politiques publiques et d’articuler les différents ministères pour apporter des réponses concrètes et mettre fin aux asymétries et discriminations qui affectent encore ces communautés ». Norma Romero Marín a été nommée responsable de cet organisme lancé lors d’un acte officiel dans la région de Caucagua, berceau historique de rébellions et de communes libres organisées par les esclaves fugitifs.

Récemment c’est autour de la figure du rebelle José Leonardo Chirinos que s’est ouverte la Semaine de l’Afrique (21-25 mai 2012). Des étudiants originaires d’Afrique de l’ELAM (École latino-américaine de Médecine « Salvador Allende »), de l’Université expérimentale des Forces armées (UNEFA), ou encore les étudiant(e)s du Lycée Andrés Bello ont débattu avec le vice-ministre des affaires étrangères pour l’Afrique, Reinaldo Bolivar (photo), également créateur d’un Centre des savoirs africains (« Centro de saberes africanos »). Parmi les thèmes abordés : le racisme encore présent dans de nombreux médias privés, l’impact de la Loi contre la discrimination raciale et l’analyse des contenus éducatifs.

Comme ces « bourgeoisies » locales historiquement fondées sur la négation de l’Autre, les empires actuels rendent invisibles, déshumanisent, via les médias, les civilisations qu’ils veulent détruire. Cette réduction de l’Autre, doté de « moins de subtilité intellectuelle, moins de richesse historique » réapparaît parfois curieusement dans la gauche occidentale (avec la puissance du refoulé colonial et sous des dehors apparemment progressistes comme la « laïcité » ou les « droits de l’homme »). Le cliché souvent entendu (« Ah ! quel dommage que Chávez soit trop primaire pour comprendre que les ennemis de ses ennemis ne sont pas forcément des amis ») exprime la difficulté de comprendre que l’Autre est capable de penser subtilement, d’avoir une stratégie à long terme et une Histoire assez dense pour qu’on ne le définisse pas en creux.

Comment ignorer encore le mouvement profond d’une diplomatie qui procède en droite ligne de Simón Bolivar et de son projet de réunir « les trois quarts de l’Humanité » lors d’un vaste congrès à Panama (1826) pour bâtir « l’équilibre du Monde » ? Rêve multipolaire saboté par les grandes puissances de l’époque mais souvent repris depuis par les nations du Sud (Bandoeng 1955) ? Au-delà des contingences de qui gouverne chacun des États (combien de despotes ici ou là à l’époque de Bolivar, à l’époque de Bandoeng, aujourd’hui ?), la stratégie bolivarienne consiste à préparer, par des accords d’État à État, le jour où comme en Amérique latine, et peut-être sous son influence, l’intelligence collective des peuples finira par démocratiser les institutions politiques et permettra des relations internationales enfin basées sur les principes de souveraineté, d’égalité, de respect et de coopération. Caracas accueillera le prochain sommet des non-alignés en 2015.

Jesus « Chucho » García : « Le Venezuela fait un grand travail pour resserrer les liens avec l’Afrique : nous avons commencé à faire venir des étudiants de là-bas et à nouer toutes sortes d’accords : commerciaux, culturels, etc. Pendant trop d’années et malgré tout ce que nous avons en commun nous avons tourné le dos à l’Afrique, au moment où l’impérialisme mène une guerre de reconquête pour s’emparer de ses ressources naturelles. Nous ne nous identifions pas pour autant à la religion afro-centrée ni à une certaine forme d’auto-ségrégation du mouvement noir états-unien. Nous sommes Américains et sur ce continent américain a eu lieu un long processus d’innovation, de création. Nous ne voulons pas nous paralyser dans le temps. Notre objectif final est que nous soyons tous égaux et que l’on comprenne que le racisme fut inventé pour justifier un système d’exploitation mondiale ».


Notes
[1] Ricardo Sanoja et Iraida Varga, anthropologues et historiens vénézuéliens, article « El Origen de “Monos” y “Escuálidos” ». Voir aussi http://www.dailymotion.com/video/xm..
[2] Jesús « Chucho » García, intellectuel vénézuélien et fondateur/activiste du mouvement afro-descendant, auteur de nombreux ouvrages sur ce thème (http://www.globalcult.org.ve/pub/Cl...).


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* Thierry Deronne a publié ce texte pour la première fois sur le site : http://venezuelainfos.wordpress.com..
Traduction des citations : Thierry Deronne.

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Destination les oubliettes : l’échec des politiques occidentales en Somalie

Ahmed M.I.Egal

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/83182

Pourquoi la paix a-t-elle été aussi fragile en Somalie ? Une chose reste essentielle pour une réelle pacification de ce pays : expulser les puissances occidentales et leur Feuille de route qui ne mène nulle part.

L’échéance prochaine du mandat du Gouvernement fédéral de transition (Transitional Federal Governement - TFG) de Sheikh Sharif Ahmed, en août de cette année, a donné lieu à une précipitation indécente des puissances occidentales pour établir un gouvernement "permanent"et donc "légitime " en Somalie. Ce faisant, les puissances occidentales aimeraient que "le problème somalien" disparaisse et que ce malheureux pays et sa population tombent dans les oubliettes pour rejoindre d’autres peuples et nations périphériques aux intérêts et aux desseins formatés par les Occidentaux. Toutefois, l’émergence d’Al Shabaab (filiale de Al Qaeda, dans la Corne de l’Afrique) et les bandes de pirates qui écument les corridors internationaux de navigation dans le golfe d’Aden et dans l’Océan Indien ont vite eu raison de la solution de facilité qui consistait à faire l’impasse sur la Somalie dans les arènes internationales. Voilà donc l’Occident contraint de trouver une sorte de "solution"

Dans sa manifestation actuelle, le TFG a été créée en 2009 sous la direction et selon les desseins Occidentaux, sur les décombres de l’invasion et de l’occupation éthiopienne de la Somalie (2006-2009) qu’ils ont soutenues sinon fomentées. A la lumière de l’échec retentissant du TFG pour établir une gouvernance effective, même dans les petites parties du pays sous son contrôle, les puissances occidentales se sont présentées avec une Somalia End of Transition Roadmap (feuille de route pour la fin de la transition, ci après dénommée Feuille de route) qui prétend exposer les étapes nécessaires à l’établissement d’un gouvernement permanent pour la Somalie et mettre un terme aux cycles de "gouvernements" de transition successifs qui ont prévalu depuis l’effondrement de la dictature de Siyad Barre et la République qu’il a gouvernée depuis 1991.

La procédure de la Feuille de route, qui prévoit l’établissement d’un "gouvernement"permanent, est le reflet de celle qui a prévalu lors de l’établissement du TFG en 2004 lors de la conférence de Embagathi, quand feu Abdillahi Yusuf a accédé à la présidence. Il est donc peu évident que le "gouvernement" à établir soit plus permanent et légitime que le TFG qu’il doit remplacer.

De plus, les principaux acteurs de cette farce politique, c'est-à-dire les seigneurs de la guerre d’antan, les sbires de Siyad barre, les dirigeants autoproclamés de la société civile, des anciens des clans nouvellement appointés et les vendeurs de tapis de la diaspora - ou les "habituels suspects" comme je préfère les désigner - prendront leur place habituelle dans le drame, choisissant les membres du "parlement " et "élisant" le président à travers un marchandage lors duquel le plus offrant gagne la mise des sièges parlementaires et s’assure la présidence. Les candidats aux positions politiques en Somalie et leurs soutiens sont passés maîtres dans ce processus de marchandage visant la formation d’un gouvernement, pendant que la population pour laquelle ce "gouvernement"est soi-disant formé ne trouve dans ce processus qu’une diversion distrayante et bienvenue qui change des feuilletons d’Amérique latine et turcs sous titrés en somali, les retransmissions des matches de football européen qui composent l’essentiel du menu des divertissements télévisés.

Ce qu’il y a de frustrant, c’est que la situation en Somalie est différente de ce qu’elle a été en l’an 2000 lorsque le malheureux TNG a été formé à Arta et lorsque le TFG a été formé en 2004, et lorsque, en 2008, le TFG a été formée dans sa forme actuelle avec à sa tête Sheikh Sharif Ahmed.

La situation actuelle se prête plus, pour plusieurs raisons, à l’établissement d’un véritable gouvernement national et légitime. Premièrement, pour la première fois, la nouvelle formation étendue de l’AMISOM a obtenu des succès militaires durables contre les nihilistes de Al Shabaab qui se désintègre lentement de l’intérieur. C’est un fait indéniable qu’avec la totalité de Mogadiscio libérée des forces de Al Shabaab, et avec la dégradation significative des forces militaires capables de prendre et de tenir un territoire, la campagne militaire contre les nihilistes de Somalie se présente mieux qu’elle ne l’a été au cours de la décennie écoulée

Deuxièmement, il y a une double dynamique à l’intérieur de la société civile qui alimente un momentum croissant vers l’établissement d’un authentique processus de réconciliation nationale, partant de la base et de l’établissement d’un gouvernement légitime. On n’a jamais vu en Somalie cet optimisme prudent qui règne dans le public, prégnante de tant de possibilités désirables pour la fin de deux décennies d’anarchie et de misère indicible, depuis la brève et enivrante période de la déroute des seigneurs de la guerre devant l’Union of Islamic Courts (UIC) en 2006. Ceci est manifeste à travers l’influx d’argent venant de la diaspora, en particulier dans le domaine de l’immobilier, alors que les gens ont commencé à reconstruire leur maison.

D’autre part, il y a une véritable fatigue généralisée et irréversible à l’endroit du féodalisme brutal des nihilistes de Al Shabaab, mais aussi de la corruption endémique et des machinations cyniques du TFG et de la classe politique. Pour preuve, l’évolution du sentiment public quant aux forces d’AMISOM, perçues au départ avec hostilité et résistance comme des forces d’invasion/occupation étrangères il y a seulement quelques années, pour ensuite passer à une acceptation résignée, et que la plupart des gens ont fini par considérer comme un mal nécessaire pour défaire les nihilistes et stabiliser le pays sur le plan militaire.

Le sentiment public positif doit maintenant être canalisé en faveur d’un véritable processus de construction et de reconstruction nationales mené par les Somaliens. Mais c’est précisément sur quoi la Feuille de route fait l’impasse, en favorisant l’établissement d’un nouveau "parlement" fantoche, composé de membres qui ont soit acheté leur siège ou qui ont déjà été achetés et payés. Ce "parlement", en temps utile, ratifiera une Constitution qui n’aura pas été soumise au peuple qu’il prétend gouverner et "élira" un président qui aura réussi à acheter le plus grand nombre de votes en espèces sonnantes. Un président qui fera appel à la solidarité tribale et promettra des patronages et de l’argent pour des aides à venir.

Tel a été le processus en vigueur lors de chaque conférence pour l’établissement d’un gouvernement en Somalie, depuis celle d’Arta en 2000 jusqu’à la Feuille de route. Il est temps de casser ce moule stérile et corrompu, ce système de construction de la Somalie, en faveur d’un processus capable de rétablir un consensus politique et de produire un gouvernement véritablement légitime.

Dans le but de développer un tel processus, il est nécessaire de déplacer l’attention de la création d’un "gouvernement" vers l’élaboration d’une base pour un consensus politique favorisant un Etat national. Les puissances occidentales refusent obstinément de voir et - chose incompréhensible - continuent d’ignorer que la désintégration de l’Etat somalien, suite à l’effondrement de la dictature de Siyad Barre, est due principalement à l’effondrement du consensus politique dans le pays qui est antérieur à la chute de la dictature.

La sauvagerie et la violence qui ont suivi la chute de la dictature, alors qu’on réglait de vieux comptes et que de nouvelles vendettas surgissaient, témoignent de la division et de la toxicité de la politique du régime et de son système de gouvernance. Siyad Barre a bien pu être chassé de Somalie, il n’en laisse pas moins un héritage d’anarchie, d’animosités tribales et de violence. Il est important de comprendre l’histoire parce qu’elle est sous-jacente, elle informe et colore l’esprit du temps politique en Somalie jusqu’à nos jours et il n’est pas possible d’aborder la question du consensus politique sans une appréciation claire de l’histoire et de son impact sur les dynamiques sociales et politiques. L’idée que l’adoption d’un modèle fédéral, avec un centre relativement faible et des régions fortes et autonomes, annihilera les effets corrosifs de l’histoire, est futile et constitue un signe d’ignorance du fond du problème.

L’unité principale et fondamentale de l’organisation sociopolitique de la société somalienne est le clan et le sous-clan. L’interaction politique et la médiation ont lieu au niveau du clan et du sous-clan. Suite à la désintégration du consensus politique, dans le sillage de la chute de la dictature tribale de Siyad Barre et la violence et les règlements de compte qui ont suivi au cours des deux dernières décennies, il est ridicule et dangereusement naïf de supposer qu’un "gouvernement" et un Etat peuvent simplement être greffés sur le corps politique de la Somalie, sans aborder les griefs sous-jacents, les hostilités et les dettes de sang des différentes communautés, aussi bien à l’intérieur des clans qu’entre les clans, résultant autant de l’histoire qui a précédé la chute que de celle qui a suivi.

Aussi longtemps que les questions profondes et fondamentales ne seront pas abordées ouvertement et réglées entre les parties, aussi longtemps que les crimes et les atrocités du passé ne seront pas regardées de face et que les revendications quant aux dettes de sang et à l’honneur n’auront pas été entendues et satisfaites, il n’y aura pas de véritable réconciliation et de consensus politique pour le rétablissement d’un Etat et le gouvernement national restera un rêve inatteignable.

Un tel processus authentique de réconciliation et renaissance nationale ne peut être réalisé par les machinations intéressées de la Feuille de route et ne peut certainement être promu par une bande disparate de politiciens auto-promus, de chefs de clan nouvellement appointés et payés, de vendeurs de tapis de la diaspora et leurs soutiens financiers (somalien et étranger), tous apparus pour mettre en œuvre la Feuille de route. L’expérience du Somaliland, pionnier de cette approche de la réconciliation nationale et sage-femme de la renaissance du consensus politique au travers de processus ad hoc, au petit bonheur la chance, a été concluante comme cela a été démontré lors de la conférence de Burao en 1991 et celle de Borama en 1993. Elle peut ainsi servir de guide précieux.

La situation en Somalie est rendue plus difficile du fait que le clan majoritaire des Hawiye est fracturé et connaît autant de divisions à l’intérieur qu’à l’extérieur du clan. Ainsi la réconciliation doit être entreprise à ces deux niveaux. Ceci va requérir beaucoup de diplomatie traditionnelle, la restauration attentive de la confiance entre les parties, de la patience. Néanmoins le sentiment public propice en Somalie et l’espace politique libéré suite à l’élimination des nihilistes procure un créneau unique pour qu’un tel exercice porte des fruits.

Le Somaliland pourrait être d’une grande aide en facilitant, en faisant la promotion d’un authentique processus de réconciliation pour le rétablissement d’un consens politique en faveur d’un nouvel Etat somalien. Toutefois les puissances occidentales continuent de considérer une collaboration formelle avec le Somaliland comme un obstacle à leurs efforts de stabilisation de la Somalie, plutôt qu’une condition essentielle, et la conséquence logique d’un véritable effort.

L’Union africaine pour sa part considère le succès de la construction de l’Etat du Somaliland et sa démocratisation comme une menace et un défi au statu quo des frontières coloniales, en dépit des précédents de l’Erythrée, du Sud Soudan et du Sahara Occidental. Ainsi elle poursuit la politique de l’autruche en ignorant des vérités évidentes concernant l’Etat/nation du Somaliland. Par conséquent et malheureusement pour la population somalienne, cette occasion pour les Somaliens eux-mêmes de rechercher une véritable solution à l’anarchie et à leurs souffrances fera long feu. A la place nous aurons droit à une farce politique où les habituels suspects vont se pavaner, pontifier et établir un autre "gouvernement" fantoche qui sera illégitime, incapable de vraie gouvernance mais qui continuera à enrichir la classe politique tout en fournissant une feuille de vigne à l’abject échec des puissances occidentales.

La Turquie est une nouvelle arrivée dans le groupe des puissances étrangères qui se sont impliquées dans la stabilisation de la Somalie et son arrivée en sa qualité de puissance régionale et économique émergente, à majorité musulmane, doit être saluée. Toutefois la Turquie, si son intervention doit porter des fruits, doit éviter de suivre le chemin tracé par l’esprit myope et stérile des puissances occidentales. La Turquie n’a pas été partie aux vains efforts de ses alliés occidentaux au cours des deux dernières décennies pour trouver une solution à l’effondrement de l’Etat somalien et n’a donc pas investi cette histoire d’échecs. Elle doit rejeter le discours conventionnel de ses partenaires occidentaux et faire usage de son regard neuf pour explorer de nouvelles avenues. Ä défaut, ces interventions ne serviront qu’à grandir sa stature en tant que puissance musulmane de premier plan, sans rien contribuer de substantiel à la stabilisation de la Somalie et au sauvetage de sa population de la misère persistante et des oubliettes internationales.


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** Ahmed M. I. Egal a travaillé comme banquier à Londres et dans la région du Golfe. Il a beaucoup écrit sur la Somalie comme sujet de politique africaine et dans le cadre des relations internationales. Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Madagascar : La population actrice souveraine du processus de réconciliation

Lily Razafimbelo

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/features/83187

Dans le processus de sortie de crise que Madagascar doit entreprendre, la population reste la principale actrice à qui il revient de restaurer la confiance. C’est à elle d’imposer les valeur qui doivent fonder la réconciliation.

Nous sommes tous conscients que se réconcilier est impérieux à l’heure actuelle pour le pays. Le retour cyclique des crises à Madagascar démontre un malaise profond qui révèle un fossé entre différentes couches de la société mais aussi l'inadéquation du système actuel à la construction d'une véritable Nation Malagasy. Aussi, si nous voulons mettre un terme définitif aux crises et construire un avenir commun et un Vivre Ensemble, une mise à plat de tous ces clivages et différends à travers un processus de réconciliation doit être entreprise dès maintenant.

QUI DOIT – ON RECONCILIER ?

Cette crise a montré la nécessité de :

a) Réconcilier le Malagasy avec ses valeurs, sa langue et son Histoire :

- la prise de pouvoir anticonstitutionnelle, source de la crise actuelle, a mis à mal les valeurs fondamentales qui régissent la société et le Vivre Ensemble (Fihavanana, respect entre les citoyens, respect de la vie humaine), ce qui explique la montée de l’insécurité et de la violence ;

- Des points de notre Histoire lointaine et proche restent sombres, handicapent ainsi la mise en place d’un climat serein et apaisé et empêchent la construction d’un avenir commun (1975, 1991, 2002, 2009…) ;

- De même, l’histoire officielle actuelle renie des pans d’histoires régionales, empêchant ainsi une appropriation collective de celle-ci ;

b) Réconcilier les ethnies et castes: consolider le vivre ensemble des ethnies de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud !

c) Réconcilier la population avec les gouvernants et la classe politique dans son intégralité : non - respect du rôle de politicien envers la population ; manque de redevabilité sociale; absence d’humilité ; appropriation des patrimoines et ressources publiques; perte de confiance de la population envers la classe politique considérée comme inutile ;

d) Réconcilier les politiciens entre eux : pas de respect de l’autre ; pas de respect de la parole donnée.


COMMENT ? RESTAURATION DE LA CONFIANCE COMME PREALABLE

La Réconciliation Nationale est un processus de longue haleine mais qu’il est primordial de commencer dès maintenant pour initier le climat d’apaisement nécessaire pour sortir définitivement de la crise et pour ne pas y retomber (cf exemple du Mali).

Pour que les individus ou les entités puissent se réconcilier, il est nécessaire que la confiance soit réinstaurée entre les parties. Cette confiance, qui lèvera tout doute, toute suspicion, toute perception d’insécurité et de peur, ne peut se réinstaurer que dans :

- La reconnaissance de ce qui s’est produit, c’est –à-dire la reconnaissance de la vérité sur les dérives, les abus et les exactions de toutes sortes sur les personnes et les biens publics commis par les dirigeants successifs et responsables;

- L’établissement de la responsabilité de chacun ;
- La reconnaissance de leurs torts par les coupables ;
- La fixation des compensations ;
- L’assurance que ce qui s’est passé ne se reproduira plus ;
- L’arrêt de tout abus de pouvoir et de l’impunité face aux diverses dérives ;

La restauration d’une vraie justice est impérative, que l’on peut envisager au-delà des tribunaux traditionnels. Ainsi, la commission chargée de la Réconciliation Nationale devra:

- Faire la lumière sur tous les conflits à travers des enquêtes indépendantes ;
- Etablir la responsabilité de chacun ;
- Appeler les coupables à reconnaître leurs fautes ;
- Ne pas accorder le pardon à ceux qui refuseront d’adhérer au processus de réconciliation ;
- Fixer les modalités de compensations que les coupables devront acquitter ;
- Déclarer publiquement que tout contrevenant à la Loi sera désormais sanctionné ;
- Initier les réflexions sur le système adéquat au Malagasy.

LA POPULATION : ACTEUR SOUVERAIN DE LA RÉCONCILIATION ET DE LA COHÉSION SOCIALE

Quelles que soient les situations, les crises, les changements qu’un pays est amené à vivre ou à subir, les hommes et les femmes qui le composent sont prioritairement ceux qui les initient ou les subissent, tout simplement parce que c’est sur la population que tous les actes et actions politiques ont, directement ou indirectement, le plus d’impact.

A Madagascar, plus qu’ailleurs, d’une part, c’est la mobilisation de la population qui a favorisé le départ des présidents lors des différentes crises que le pays a connues depuis 1972. C’est la population qui subit directement les conséquences de la mal gouvernance, cause principale de ces crises, notamment celle qui perdure depuis trois années. D’autre part, c’est la population qui constitue l’électorat qui « décide » celle ou celui, ceux qui vont gouverner. Ainsi, la population est, fondamentalement, celle qui est à la fois l’objet et le centre de tout acte citoyen ou politique.

Ce ne sont pas des groupes de citoyens (politiques/économiques/sociaux) ou des élites qui pourront à nouveau relever le pays mais la population toute entière : c’est elle qui peut garantir, à travers la prise de responsabilité de chacun, que les décisions prises sont effectivement le reflet des aspirations de la majorité.

La population est le premier acteur majeur dans cette restauration de la confiance : pour que la Réconciliation Nationale ait véritablement une force morale et exécutoire, la population doit impérativement se l’approprier et soutenir le processus.



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** Lily Razafimbelo, Faraniaina Pierre Bernard, Hony Radert, Jean Pierre Rakotofiringa sont membres du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) de Madagascar

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Commentaires & analyses

Sénégal : Quel citoyen pour l’assemblée nationale ?

Ababacar Fall-Barros

2012-06-26

http://pambazuka.org/fr/category/comment/83189

Le 25 mars 2012 les Sénégalais faisaient dégager Abdoulaye Wade et son pouvoir prédateur. Mais ils n’avaient alors effectué que la moitié du chemin. Face aux défis qui attendent le pays et aux mutations qui s’annoncent à grandes enjambées, tant au plan national qu’international, les élections législatives du 2 juillet constituent un autre défi.

Des citoyens vont bientôt solliciter le suffrage d’autres citoyens sénégalais, avec les élections législatives du 1er juillet 2012, pour nous représenter à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi il importe à l’heure de ce grand choix d’attirer l’attention de nos compatriotes sur la nécessité de s’armer de vigilance afin que leur choix ne soit pas pris à défaut.

Il est plus que vital, au début de cette législature, que de véritables représentants siègent à notre Assemblée nationale. Il doit être hors de question d’y envoyer des citoyens aptes uniquement pour à aller dormir, à l’hémicycle. Au sens figuré comme au sens propre, qu’ils ne « tremblent » devant les ministres. Aussi devrions-nous surtout avoir en mémoire les images affligeantes de la télévision renvoyant aux téléspectateurs des plans d’une Assemblée nationale vide aux trois quarts, pour décider de qui doit nous y représenter dignement. Car depuis 40 ans notre Assemblée nationale a été considérée par un bon nombre de Sénégalais, comme une chambre d’enregistrement. Chambre d’enregistrement, mais également une institution qui constitue une des pièces maitresses à la base du drame politique sénégalais depuis les années 60, du fait du mandat parlementaire qui a transformé la fonction de député en une sinécure, alors qu’elle devrait être chez nous un véritable sacerdoce.

C’est pourquoi il n’est pas étonnant de constater que toute l’histoire politique du Sénégal est jalonnée de drames sans fin avant, pendant et après les élections législatives. Donc l’institution de l’indemnité de session, pour payer les députés, que soutiennent certains de nos compatriotes, nous parait indispensable. Comme ce fut le cas à l’époque de l’Assemblée Territoriale, sous la loi cadre. Aujourd’hui, au niveau de chaque formation politique, la période d’investiture est l’occasion de crocs en jambe, d’empoignades de batailles rangées plus âpres les unes, les autres, non pas pour servir le peuple, mais pour se servir du mandat parlementaire. Le pouvoir pour les citoyens de contrôler ce que l’on fait avec leurs impôts, c’est ça la politique, disait quelqu’un. Mais connaitre bien l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, contrôler son mandat « sur pièce et sur place », c’est également faire la politique.

Par ces temps de toutes les crises ou règnent le roi argent dans tous les coins de rue, des buildings aux chaumières, il est difficile de faire comprendre aux Sénégalais qu’il y a une bonne et une mauvaise politique étant donné que la colonisation, en maintenant la pratique, rime avec roublardise, corruption et mensonge aux yeux de la population. C’est pourquoi, autant que faire se peut, nous devons veiller à envoyer l’Excellence à notre Assemblée nationale. Et c’est possible.

Que l’on se comprenne bien, pour être député, il ne suffit pas d’être un universitaire bardé de diplômes, être riche comme Crésus ou être un descendant d’un ‘’yax bu rey’’ (grande famille). Bien que dans notre Sénégal d’aujourd’hui, il soit difficile de retirer ces critères (qui relève de l’idéologie féodale/colonialiste), parmi ceux qui sont à la base des choix de nos concitoyens. Mais, nous croyons que le vrai représentant du peuple, le député, doit d’abord être quelqu’un qui est « au courant » et non « non au courant ». Autrement dit, quelqu’un qui est au diapason des dossiers brulants qui hantent le sommeil des Sénégalais depuis la nuit des temps.

Au lieu d’assister à des dissertations oiseuses de certains de nos compatriotes qui ont à la bouche « la mondialisation » et les slogans creux de lutte contre la pauvreté de la Banque mondiale et du Fmi , ou de vouloir singer ce prince qui n’hésite pas à construire un palais des milles et une nuit de ‘’1788 pièces’’ , ou offrir un Airbus à sa fille le jour de ses 18 ans’’ , les Sénégalais aimeraient voir nos hommes politiques , les députés en premiers, se « bagarrer » autour des problématiques tels que : l’agriculture sénégalaise doit être une agriculture nourricière au profit de la nation ou une agriculture au service des multinationales de l’agro-business ? La santé dans le contexte d’un pays appauvri, comme le notre, doit-elle être totalement privatisée ou supervisée par la puissance publique ? L’école doit-elle être démocratique nationale, ou au service des forces de domination porteuses d’une certaine culture aliénante ?

Nous croyons que des Sénégalais généreux à tout point qui peuvent siéger valablement à l’Assemblée nationale, vivent par milliers parmi nous et dans les partis. Il suffira tout simplement de les « dénicher » et de les désigner. D’autant qu’il est impérieux de s’atteler au renouvellement, par rajeunissement, du personnel politique constitué, il ne faut pas se lasser de le dire, d’hommes du « paléolithique » et du « néolithique ». Il est donc indispensable que 50% des futurs députés de l’Assemblée nationale soient constitués de jeunes (hommes et femmes), face aux défis qui attendent le pays dans la perspective des mutations qui s’annoncent à grandes enjambées, tant au plan national qu’international.

Hormis ces critères énoncés pour être député, il y en a d’autres et non des moindres, pour prendre à bras le corps le problème du développement intégral du pays : c’est être un patriote et un démocrate. Car un patriote ne doit jamais transiger devant les intérêts supérieurs de la patrie. Un démocrate ne doit jamais transiger par rapport aux droits et libertés du citoyen. A ce propos on est tenté de demander à l’homme citoyen pour paraphraser notre regretté Mara Kounta de Louga : ‘’Entre le bourgeois, le féodal patriote conséquents, et le « Révolutionnaire réaliste », qui rebrousse chemin au premier coup de semonce de l’adversaire, qui tu préfères ?’’

Nous pensons que rien ne vaut la démocratie et que sa pratique conséquente et effective par tous les acteurs sociaux, au bénéfice du grand nombre, constitue un rempart à toutes les dérivées qui ont ruiné aujourd’hui notre pays.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



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** Ababacar Fall-Barros est membre de GRILA-Sénégal

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Plaidoyers & campagnes

Pour la liberation des cinq héros cubains

Daouda Faye

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/83183

Le 12 septembre prochain, cela fera quatorze ans que cinq Fernando González Llort, René González Sehwerert, Antonio Guerrero Rodríguez, Gerardo Hernández Nordelo et Ramón Labañino Salazar, mieux connus internationalement comme les «Cinq», sont en prison pour avoir défendu Cuba contre les attaques terroristes planifiées à partir des États-unis. La mobilisation n’a pas cessé pour leur libération.

A Monsieur Eric Holder, General Attorney
US Department of justice
950 Pennsylvania Av. NW
Washington DC 20530-0001


Monsieur le Procureur Général,

Le dimanche 17 juin, dans beaucoup des pays du monde, on célèbre la fête de pères. Une date sacrée dans le cœur de chaque famille, un jour de rencontre, de communion, d’amour. Une fête qui est née officiellement au États-Unis.

Pour la quatorzième fois consécutive les cinq héros cubains passeront ce jour derrière les barreaux, loin de leurs familles et amis.

Par ailleurs, Fernando et Gerardo, n’ont même pas eu la possibilité d’avoir des enfants, et l’emprisonnement injuste qu’ils sont en train de subir, risque de les priver, à jamais, de cette aspiration, tellement humaine.

Les cinq héros cubains n’ont pas fait atteinte aux intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis, tout au contraire, ils sauvaient des vies, en alertant leur pays à propos des plans criminels que des terroristes avères, organisaient depuis le territoire des États –Unis.

Il est vraiment révoltant que Luis Posada Carriles, auteur de plusieurs attentats criminels, dont la destruction en plein vol d’un avion de la compagnie« Cubana de Aviacion », attentat qui a coûté la vie à 76 passagers, parmi lesquels, toute la délégation de l’équipe d’escrime de ce pays, soit libre de toute responsabilité pénale dans votre pays.

Cette année les cinq héros et leurs familles passeront une nouvelle « fête de pères» dans la tristesse.

Lors de la célébration de ce jour, je vous prie de ne pas oublier les cinq et les peines inutiles, qu’ils endurent. En rendant ces cinq hommes à leurs familles et en donnant à deux d’entre eux, la possibilité de devenir pères, tous les pères du monde se sentiront un peu plus libres et soulagés.

Respectueusement,


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** Daouda Faye est membre du Comité sénégalais pour la libération des cinq héros cubains

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Arts & livres

Burkina : Un photographe de l’Afrique d’aujourd’hui

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/books/83139

Un chapeau sur la tête et la main sur le cœur. Le photographe burkinabè Nyaba Léon Ouedraogo vit à Paris, mais son corps et son esprit restent souvent en Afrique. Ses séries de photos prises au Burkina Faso, au Ghana ou au Mauritanie concernent au même titre Africains et Occidentaux. Il est lauréat du prix de l’Union européenne pour sa série sur L’Enfer du cuivre qui vient d’être exposée à La Galerie Particulière à Paris. Aujourd’hui, il travaille sur les bateaux carcasses du fleuve Congo qui seront exposés en 2013 au musée Dapper à Paris.

http://rfi.my/L95X9s


Maroc : Les tendances vers inquiètent les artistes

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/books/83153

Franche hostilité ou méfiance, en tout cas les relations ne sont pas au beau fixe entre les islamistes et les artistes au Maroc. Certains s'inquiètent déjà du spectre d'un "ordre halal". Une situation qui pousse de nombreux artistes et militants culturels à tirer la sonnette d'alarme, même si la situation est moins préoccupante qu'en Tunisie, où de violents incidents ont récemment interrompu une exposition d'art contemporain, ou encore qu’au Nord-Mali, avec les récentes attaques contre la culture à Tombouctou (et les scènes de flagellation en place publique). La polémique est d'ailleurs nourrie par les récentes condamnations d'artistes proches du mouvement du 20 février.

http://bit.ly/LGCgaS





Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique

Global : Les BRICS envisagent des accords d'échange de devises

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/83132

Les économies émergentes des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) vont étudier la faisabilité d'accords d'échange de devises pour protéger leurs relations commerciales des remous des marchés financiers, a annoncé lundi 18 juin le Brésil. Les principaux échanges de devises se font pour le moment entre les Etats-Unis et le reste du monde pour obtenir des dollars. Le real, le rouble, la roupie, le yuan et le rand sont aujourd'hui des monnaies relativement peu utilisées dans les échanges commerciaux mondiaux. Le groupe s'est fixé pour objectif que le projet voie le jour d'ici à la réunion de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, en avril.

http://bit.ly/Nv4VU1





Droits humains

Afrique : Les ONG s’inquiètent de l’accaparement des terres

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83137

L’accaparement des terres n’est pas à l’ordre du jour de Rio + 20, mais les ONG ont décidé de le porter à l’agenda. Les membres du Réseau Climat et Développement, qui regroupe plus de 65 ONG francophones et notamment africaines, demandent dans une déclaration commune que l’accent soit mis sur le récent phénomène d’accaparement des terres. Selon eux, il faut au contraire « promouvoir l’accès à la terre des agriculteurs familiaux ». Sur un continent où la sécurité alimentaire n’est pas assurée, ce phénomène est un non-sens, pire il hypothèque l’avenir.

http://bit.ly/MKshAm


Ethiopie : Un employé de l'ONU jugé coupable de "terrorisme"

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83140

Un employé éthiopien des Nations unies a été déclaré coupable lundi 18 juin à Addis Abeba de "participation à une organisation terroriste". M. Hassan avait été arrêté en juillet dans l'Ogaden après avoir négocié la libération de deux membres du Programme alimentaire mondial de l'ONU (Pam), kidnappés dans cette région reculée, à majorité somali. Il a été jugé aux termes d'une législation anti-terroriste que, selon des groupes de défense des droits de l'Homme, l'Ethiopie utilise pour étouffer la dissidence politique et la liberté de la presse.

http://bit.ly/PaTK1Z


Liberia : La défense veut faire appel dans l’affaire Charles Taylor

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83144

L'accusation et la défense de Charles Taylor souhaitent interjeter appel de la condamnation de l'ex-président du Liberia à 50 ans de prison, a-t-on appris mardi auprès du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). L'accusation avait recommandé le 3 mai une peine de 80 ans de prison contre M. Taylor, 64 ans. M. Taylor doit purger sa peine en Grande-Bretagne en vertu d'un accord avec le TSSL, mais ses avocats ont assuré qu'il resterait écroué à La Haye jusqu'à ce que la procédure en appel soit achevée, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

http://bit.ly/PkHwUI


Mali : La charia fait fureur à Tombouctou

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83164

C'est une scène moyenâgeuse que l'on pensait exclusivement réservée à l'Iran, l'Arabie saoudite ou l'Afghanistan. Pourtant, trois mois après avoir pris le contrôle de la ville de Tombouctou, les islamistes touaregs d'Ansar Dine mettent à exécution leur volonté d'imposer la charia dans tout le Mali. Cent coups de fouet : c'est le châtiment qu'ils ont infligé à Hamaradane, 23 ans, et à sa fiancée Zebou. Leur crime ? Avoir entretenu une relation hors mariage, qui a donné un enfant. Majoritairement musulman, le Mali n'en reste pas moins un pays laïque.

http://bit.ly/KVRclY


Maroc : Les relations sexuelles avant le mariage divisent

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83155

L’association Marocaine des Droits Humains (AMDH) a appelé mardi 19 juin les autorités à abroger la loi du code pénal qui interdit les relations sexuelles avant le mariage sous peine d’emprisonnement. L’organisation dénonce « l’hypocrisie » du système juridique. C’est l’article 490 du code pénal qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage. Il dit texto : «Tout Marocain ayant des relations sexuelles avant le mariage écopera d’une peine d’emprisonnement. » Il est parfois difficile de dissocier ce que dit la loi et ce que dit l’Islam, car le Maroc, en dépit d’une relative liberté dont jouissent ses citoyens comparativement aux pays reconnus tels quels, le Maroc est loin d’être un pays laïc et c’est la constitution qui le dit.

http://bit.ly/LPlPxL


Ouganda : Interdiction des ONG de défense des homosexuels

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83151

L’Ouganda s’apprête à interdire 38 organisations non gouvernementales accusées de « recruter » des enfants ougandais pour promouvoir l’homosexualité. C’est ce qu’a annoncé, mercredi 20 juin, le ministre de l’Ethique. Il n’a pas donné la liste des ONG visées mais il a précisé qu’il s’agissait d’organisations ougandaises et internationales. Les ONG rejettent les accusations. Pour la coordinatrice des programmes nationaux en faveur des minorités sexuelles en Ouganda, cette annonce du ministre ougandais est un moyen pour « détourner l’attention des vrais problèmes auxquels l’Ouganda est confronté, à savoir une pauvreté et une corruption rampantes ».

http://rfi.my/NZRXjy


Rwanda : clôture officielle de ses juridictions populaires "gacaca"

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83136

Le Rwanda a officiellement mis un terme lundi 18 juin aux "gacaca", juridictions populaires créées en 2001 pour juger la plus grande majorité des auteurs présumés du génocide de 1994 dans ce pays. La fermeture de ces juridictions controversées, dont des organisations de défense des droits de l'Homme ont dans le passé déploré qu'elles ne respectaient pas les normes judiciaires internationales, avait initialement été programmée pour 2007. Quelque 12.100 gacaca (prononcer "gatchatcha"), inspirées des anciennes assemblées pendant lesquelles les sages du village réglaient les différends assis sur la pelouse, ont au total jugé près de deux millions de personnes, pour un taux de condamnation de 65%.

http://bit.ly/Ml2um8


Sénégal : L'ancien ministre de l'intérieur interpellé

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83170

Ousmane Ngom, l'un des principaux responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, l'ancien parti au pouvoir), a été interpellé à Kolda dans le sud du Sénégal, et transféré par avion à Dakar alors qu'il était en campagne pour les élections législatives du 1er juillet. Convoqué au début du mois pour une audition dans le cadre des audits lancés par le nouveau pouvoir, il avait décidé de partir du parquet de lui-même, après, selon lui, une longue attente, sans être entendu. Il avait déclaré qu'il ne déférerait plus à une convocation de la Police, avant la tenue des élections législatives, et avait invité les ex-dignitaires du régime de Wade à en faire de même.

http://bit.ly/NkKohv


Togo : Délivrer les enfants handicapés des traditions paralysantes

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83156

Au nom de la peur, de la honte et de croyances anciennes bien ancrées, les enfants handicapés du Togo sont souvent la cible de railleries, ils vivent cachés dans leur maison pendant des années et sont négligés, mis à l'écart de la vie de la communauté, ce qui aggrave leur situation. Entre cinq et dix pour cent des enfants africains souffrent d'un handicap, en général dû à des problèmes génétiques, des complications à la naissance, des maladies telles que la poliomyélite, la rougeole, la méningite et le paludisme cérébral, ainsi qu'à une santé et une alimentation médiocres.

http://bit.ly/LHRUV0





Réfugiés & migration forcée

Libye : Accord avec l'Italie pour le renvoi de migrants

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83176

C’est en toute discrétion que la ministre de l’Intérieur italienne a signé le 3 avril dernier avec le Premier ministre libyen un accord « en matière de sécurité relatif au trafic des migrants et à leur retour volontaire dans leurs pays d’origine ». Mais le 14 juin, un rapport d’Amnesty International soulignait l’opacité de l’accord et demandait au gouvernement italien d’en publier les détails. En mai 2009, la Marine italienne n’avait en effet pas hésité à renvoyer contre leur gré 11 Somaliens et 13 Érythréens vers les côtes libyennes – et donc vers un danger avéré de maltraitances ou de persécutions.

http://bit.ly/MjupSD


Afrique : Au moins 47 morts dans un naufrage au Malawi

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83150

Au moins quarante-sept migrants sont morts dans le naufrage de leur embarcation surchargée sur le lac Malawi, en Afrique australe, a annoncé jeudi 21 juin la police malawite. Des centaines d'Ethiopiens tentent régulièrement d'entrer au Malawi en passant par la Tanzanie et la frontière relativement poreuse séparant les deux pays près de Karongo, dans le but de parvenir en Afrique du Sud. En 2007, une cinquantaine d'Ethiopiens avaient été découverts au Malawi dissimulés dans la cale vide d'un pétrolier alors qu'ils tentaient de rallier l'Afrique du Sud via le Mozambique, avec la complicité du capitaine corrompu.

http://bit.ly/Li40Yk


Ethiopie :Accusations de déplacements forcés de population

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83138

Le gouvernement éthiopien déplace par la force des dizaines de milliers de personnes au profit de plantations de sucre, selon l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch. Les déplacements forcés ont lieu dans le sud du pays, dans la vallée de l’Omo. Dans son rapport, HRW explique que “des représentants du gouvernement ont procédé à des arrestations arbitraires, à des détentions, des passages à tabac et à d'autres types de violence contre les habitants du sud de la vallée de l'Omo qui remettent en question les plans de développement ou qui s'y opposent”.

http://bbc.in/PdsDU0


Soudan du Sud : Les rapatriés d’Israël se plaignent de mauvais traitements

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83157

Un premier groupe de 700 Sud-Soudanais a été rapatrié d’Israël à Juba, dans le cadre d’une politique d’expulsion des ressortissants africains dont le but est de protéger l’identité juive de l’État. Si certains des 124 passagers du premier vol sont restés très réservés quant à leurs sentiments vis-à-vis de leur retour dans leur pays, plusieurs personnes ont dit que les Sud-Soudanais faisaient l’objet d’une expulsion. Les immigrés qui quittent volontairement le pays reçoivent 1 000 dollars chacun et les employeurs israéliens doivent leur verser tout salaire dû avant leur départ. Israël compte environ 60 000 immigrés africains, la plupart provenant d’Érythrée, du Soudan du Sud et du Soudan.

http://bit.ly/KshoDo





Elections & gouvernance

Afrique : Le nord du Mali fête son nouveau leader

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83141

Le lundi 18 juin, à Gao, dans le nord malien détenu par les rebelles, l'Azawad a célèbré l'investiture de son nouveau président du Conseil transitoire, Bilal Ag Cherif. Sous les youyous des femmes targuies, Bilal Ag Cherif proclame l’indépendance du peuple de l’Azawad, qui est selon lui « l’expression de la victoire d’un combat de libération engagé depuis plus d’un siècle ». Cette investiture s’est déroulée en l’absence de deux autres mouvements armés, à savoir Ansar Dine et le Mujao, ainsi que les habitants de la cité de Gao, qui l’ont boycottée.
http://rfi.my/MoKd5s


Afrique : Barack Obama met le doigt sur la plaie

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83128

En dévoilant, jeudi 14 juin, sa stratégie en faveur du développement de l’Afrique, le chef de l’Exécutif américain, Barack Obama, reste dans la droite ligne de son mémorable discours d’Accra, en juillet 2009. Déjà, Barack Obama a marqué sa différence en focalisant son action en Afrique sur le renforcement des capacités des leaders, des jeunes et de la société civile, afin d’« approfondir les principes de la démocratie et des droits de l’Homme, élargir les possibilités économiques et soutenir ceux qui recherchent la paix là où les communautés souffrent de la guerre et des privations ».

http://bit.ly/MqOK7f


Centrafrique : Santé du président et difficile apprentissage de la démocratie

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83179

Pendant toute l’année 2011 le président Bozizé a traîné des problèmes de santé qui ont défrayé la chronique. Les sources sûres donnant Bozizé pour mort rivalisaient de véracité avec le silence assourdissant et irrespectueux voire méprisant de la pléthore de médecins qui entoure le président. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le président de la République baguenauderait-il encore des problèmes de santé ? Se porte-t-il réellement comme un charme ?

http://bit.ly/MRyV8h


Egypte : La grande confusion

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83169

Robert Malley, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à l'International Crisis Group, analyse la situation politique en Egypte, marquée par une très grande confusion. Dimanche 17 juin, quelques heures après la fin de l'élection présidentielle, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute d'Hosni Moubarak, a dépouillé le futur chef de l'Etat de l'essentiel de ses attributions, alimentant les spéculations sur un coup d'Etat militaire rampant. L'inquiétude n'a fait que croître depuis le week-end, car l'annonce des résultats, attendue jeudi 21 juin, a été reportée sine die par la Haute Commission électorale, qui examine des recours pour fraude.

http://bit.ly/LejyWR


Egypte : L'islamiste Mohamed Morsi élu président

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83186

L'islamiste Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, a été déclaré président de l'Egypte avec 51,7% des suffrages au second tour de l'élection présidentielle de dimanche 24 juin dernier devant l'ancien général Ahmed Chafik. Le premier président de l'Egypte démocratiquement élu succède à Hosni Moubarak, renversé il y a 16 mois après un soulèvement populaire inspiré du "Printemps arabe" en Tunisie. Le nouveau président s'apprête à gouverner avec des pouvoirs récemment réduits par le CSFA. Il devra donc travailler en étroite collaboration avec l'armée sur la nouvelle Constitution dont le pays doit se doter.

http://yhoo.it/LJHHWm


Mali : Les formations politiques maliennes en rupture avec le Premier ministre

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83166

Le Premier ministre malien, Cheik Modibo Diarra, vient d’achever une série de consultations avec les principaux blocs et associations politiques du pays. A des degrés divers, les interlocuteurs du Premier ministre malien ont notamment critiqué son idée de création d'un cadre de concertation avec la classe politique malienne, placé sous son autorité. Ainsi, la vice-présidente de la Copam – une coalition de partis et d’associations soutenant l’ex-junte – ne mâche pas ses mots. Elle n’a pas trouvé auprès du Premier ministre une disponibilité d’écoute des forces vives.

http://rfi.my/LndwHX


Nigeria : Le président limoge deux hauts responsables de la sécurité

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83180

Goodluck Jonathan, le président du Nigeria a limogé vendredi 22 juin son conseiller pour la Sécurité nationale et le ministre de la Défense. Le poste de conseiller à la Sécurité nationale sera désormais occupé par Sambo Dasuki, un colonel à la retraite et un homme influent, originaire du nord du Nigeria et cousin du sultan de Sokoto, le plus haut dignitaire spirituel musulman du pays. Aucune indication n'a été donnée dans l'immédiat sur le nouveau ministre de la Défense. Le gouvernement fédéral va-t-il changer de stratégie avec Boko Haram ? La question est sur toutes les lèvres, après le limogeage des deux responsables de la sécurité.

http://rfi.my/Ku8ghA


Rwanda : L’ex-chef d’Etat-major rwandais dénonce

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83163

L’ex-chef d’Etat-major rwandais Faustin Nyamwasa a affirmé jeudi 21 juin qu’on avait attenté à sa vie en 2010 en Afrique du Sud parce qu’il défiait le pouvoir du président Paul Kagame, au deuxième jour de sa déposition au procès de six hommes accusés d’avoir tenté de l’assassiner. Selon lui, son assassinat a été planifié car il affirmait que M. Kagame avait donné les ordres pour l’attentat contre l’avion de l’ancien président Juvenal Habyarimana, événement déclencheur du génocide rwandais qui a fait 800.000 morts en de 1994. Trois Rwandais, dont son ancien chauffeur de confiance et trois Tanzaniens sont accusés d’avoir tenté de l’assassiner le 19 juin 2010. Il avait reçu plusieurs balles dans l’estomac devant son domicile de Johannesburg en Afrique du Sud, où il avait reçu l’asile quelques mois auparavant.

http://bit.ly/MKtyaz


Sénégal : Il y a un an des émeutes forçaient l'ex-président Wade à plier

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83174

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition d'organisations de la société civile et de partis politiques du Sénégal, a célébré le premier anniversaire des émeutes contre le président Abdoulaye Wade qui ont abouti à sa défaite le 25 mars au second tour de la présidentielle. Les dirigeants du M23, des ministres, ainsi que des centaines de sympathisants du mouvement, se sont rassemblés et ont marché dans le centre de Dakar pour marquer cet anniversaire.

http://oran.ge/O68KjF


Rd Congo : Première sortie publique de Tshisekedi depuis les élections

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83172

L'opposant Etienne Tshisekedi a effectué vendredi 22 juin à Kinshasa sa première sortie publique depuis les élections contestées de 2011, en participant à une messe pour la paix dans l'est de la RDC, où l'armée affronte des mutins ex-rebelles. Après les élections, la police avait réprimé ou empêché les manifestations de l'opposition ainsi que les déplacements du leader de l'UDPS, placé de fait, selon ses partisans, en "résidence surveillée" dans sa maison à Kinshasa.

http://bit.ly/L3byd1


Somalie : Adoption d'un projet de Constitution pour sortir de 21 ans de crise

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83167

La Somalie est privée de gouvernement central et livrée à la guerre civile depuis la chute du dictateur Siad Barre en 1991. Les dirigeants somaliens ont annoncé avoir adopté vendredi un projet de Constitution, présenté comme une clé pour sortir le pays de vingt et un ans d'instabilité et de guerre civile. Ce projet de loi fondamentale sera soumis d'abord à l'approbation d'une Assemblée constituante, qui doit être désignée le mois prochain, puis à une date non précisée à une adoption par référendum par l'ensemble du pays.

http://bit.ly/KDdxbo


Tunisie : Leïla Trabelsi livre « sa vérité » sur la chute de Ben Ali

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83165

Leila Trabelsi fait à nouveau parler d’elle. L’ex-Première dame de la Tunisie confie dans un livre, intitulé « Ma vérité », paru le 21 juin, sa version des faits sur la révolution qui a conduit à la chute de son époux Zine el Abidine Ben Ali. Elle y dénonce le "complot" dont elle et sa famille auraient été les victimes. Elle n’hésite pas à faire preuve de misérabilisme, affirmant avoir dû prendre son courage à deux mains pour conduire sa famille jusqu’à l’aéroport. Selon elle, « les uns et les autres » ont dû se munir du « minimum pour le voyage » ne s’attendant pas à un départ aussi précipité.

http://bit.ly/PIANUL





Corruption

Rd Congo : La corruption se poursuit malgré les nouvelles lois

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/83134

Le conseiller anti-corruption à l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime a affirmé lundi 18 juin que la corruption s’était aggravée en RDC malgré l’adoption de nouvelles lois anticorruption. Parmi les initiatives prises par la RDC dans la lutte contre la corruption, le conseiller anti-corruption à l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, cite les codes minier et forestier, ainsi que la création de l’observatoire de l’éthique professionnel. En RDC, la corruption gangrène l’administration publique, dans le secteur minier et dans les finances publiques.

http://bit.ly/MqOZ23





Développement

Afrique : Ce que pèsent les plus riches africains

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/development/83127

Près de 65 milliards de dollars américains, c’est la fortune des 40 personnalités africaines (entrepreneurs et capitaines d’industrie) les plus riches. C’est le magazine américain Forbes qui vient de le publier, “sur la base de la valorisation de leurs participations dans les entreprises cotées“. Cependant, l’enquête a exclu certaines fortunes d’origine africaines comme Mo Ibrahim, citoyen britannique d’origine soudanaise, Ivan Glasenberg, Ceo de Glencore, citoyen australien né en Afrique du Sud, Donald Gordon, fondateur de Liberty Group South Africa et Liberty International UK. Par pays, c’est l’Afrique du Sud qui occupe le haut du pavé. Crédité de 10,1 milliards de dollars, le Nigérian Aliko Dangote, fondateur et actionnaire de référence de la holding nigériane Dangote Group, “demeure l’Africain le plus riche“.

http://bit.ly/MqrhpB


Afrique : Starwood s’engage dans la rénovation de 15 de ses hôtels africains

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/development/83131

Le groupe américain Starwood, propriétaire de la marque Le Méridien depuis 2005, investit pour renouveler le concept de ces hôtels, dont 15 se trouvent en Afrique. L’opération doit s’étaler sur « 5 à 6 ans », selon le vice-président de Starwood en charge du positionnement de la marque. Sur le continent africain, c’est au Caire, près de l’aéroport, qu'un nouvel hôtel Le Méridien doit ouvrir en avril 2013. Pour les 15 hôtels Le Méridien déjà ouverts en Afrique le calendrier des travaux n’est pas encore connu.

http://bit.ly/Nv4SaA


Global : L’Afrique peut-elle peser sur la marche du monde ?

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/development/83135

Pendant plusieurs décennies, le continent africain, plus spécifiquement l’Afrique subsaharienne, a été considéré comme «un continent naufragé», «un continent mal parti», ou encore «un continent en perdition». Et pourtant de grandes entreprises occidentales prospéraient sur ce continent de «tous les maux». Aujourd’hui, le discours a changé de manière plus significative que dans le passé. Le continent est davantage considéré comme une immense source de matières premières et joue un rôle de premier plan dans l’économie mondiale. Peut-on croiser le fer avec des créanciers qui déterminent même les critères d’exploitation et de ventes de nos propres matières premières? En dépit de nos immenses richesses, nous sommes encore et toujours dépendants de ceux à qui nous vendons nos matières premières.

http://bit.ly/KNBpFK


Global : Pourquoi certains pays sont-ils plus riches que d’autres ?

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/development/83173

En 2011, l’Américain moyen est neuf fois plus riche que le Sri Lankais moyen et soixante fois plus riche que le Sierra Léonais moyen. Pourquoi de telles différences de niveau de vie existent-elles ? La compréhension de l’origine de ces inégalités est l’un des enjeux centraux, sinon l’enjeu central, de la science économique. La réponse à cette question tient au rôle des institutions dans le développement économique. Certains pays disposent d’institutions de qualité, qui encouragent la prise de risque, le commerce, l’esprit d’entreprise, l’investissement. D’autres pays, en revanche, sont dotés d’institutions qui ne possèdent pas, ou possèdent moins, ces vertus.

http://bit.ly/Mgzc7p


Tanzanie : Un nouveau gisement gazifière découvert

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/development/83142

Suite à une mission d’exploration, Statoil et ExxonMobil viennent de découvrir un nouveau gisement gazier en Tanzanie. Les deux compagnies minières vont de découverte en découverte. Contenant environ 85 milliards de mètres cubes de gaz, il prend place sur une surface de 5500 kilomètres carrés incluse dans le bloc 2, à une profondeur de 2.400 mètres. Sur le même bloc avait été déniché, en février 2012, le gisement de Zafarani. Il n’est distant que de 16 km de Lavani. Les experts pensent, à présent, que Zafarani peut contenir plus de 28 milliards de mètres cubes de gaz.

http://bit.ly/PdYxQn





Santé & VIH/SIDA

Nigeria : La chirurgie esthétique opère discrètement

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83160

Dans un centre médical de Lagos dont le nom est scrupuleusement gardé secret, une jeune femme de 27 ans se fait refaire la poitrine. La chirurgie esthétique au Nigeria reste très marginale mais sur onze ans, la demande a progressé "de 30 à 40%" et a bondi pour ce qui est des soins injectables. L'intérêt naissant pour la chirurgie esthétique semble effectivement s'inscrire dans un engouement plus général des Nigérians pour tout ce qui permet d'améliorer sa silhouette.

http://oran.ge/KWbJqx


Zimbabwe : Des élus se font circoncire

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83161

Des élus au Zimbabwe ont décidé de se faire circoncire, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux risques du virus VIH. Les recherches montrent que la circoncision masculine réduit les risques d’infection au virus VIH de 60%. Plus d’un million de personnes vivent avec le virus VIH au Zimbabwe. C’est dans l’enceinte du Parlement que la clinique a été installée. L’opération ne prend que 10 minutes par député. Blessing Chebundo, président du groupe Parlementaire de lutte contre le SIDA, est le premier à avoir serré les dents.

http://bbc.in/O1CpdJ





Éducation

Soudan : Les étudiants ne décolèrent pas

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/education/83162

Depuis janvier 2011, les étudiants soudanais ont multiplié les manifestations contre le régime. Un étudiant de la faculté de Khartoum, Mohammed Abdulrahman, avait même été tué lors d’une manifestation violemment réprimée par la police le 10 janvier. C’est à la même période que l’Egypte a entamé son soulèvement contre le régime de Hosni Moubarak. Le pays est le théâtre de multiples manifestations contre la vie chère même si elles ne prennent pas d’ampleur pour autant. Les étudiants veulent élargir la contestation mais ils se heurtent à la répression des forces de l’ordre.

http://bit.ly/PHTEiE





LGBTI

Afrique du Sud : Le pays où les préservatifs sont plus grands

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/83129

3XL, ou taille menhirs ... les Sud-africains l’ont voulu, Durex l’a fait. Suite à de nombreuses plaintes de consommateurs quant à la taille des préservatifs, le fabricant anglais a lancé, le 1er août dernier, le « XL Comfort », un modèle extra-large. Réalité anatomique ou argument marketing, tous les moyens sont bons pour gagner des parts de marché. Disponible depuis le 1er août dernier en Afrique du Sud, le « XL comfort », préservatif le plus long sur le marché international, est vendu dans le monde entier.

http://bit.ly/m79Fi1


Zimbabwe : L'homosexualité, sujet de discorde politique

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/83152

Alors que l'Ouganda a décidé d'interdire les ONG qui défendent les droits des homosexuels, au Zimbabwe, l'homosexualité devient de plus en plus un sujet de discorde. Le président Mugabe a publiquement décrit les homosexuels comme étant "pires que les porcs et les chiens". Le Premier ministre Tsvangirai estime que l'on devrait laisser Dieu seul juger. Pendant ce temps, le public est influencé par les camps politiques et leurs proclamations à seule fin de campagne électorale.

http://bit.ly/MgyneN





Racisme & xénophobie

Maroc : Dans la peau d'un noir

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/racism/83145

Il n’est pas toujours simple d’être noir au royaume chérifien. Mépris, insultes, agressivité et humiliations quotidiennes sont bien souvent le lot des Subsahariens. Flâner aux alentours de la résidence universitaire à Rabat, quand j’y vivais encore, relevait d’une aventure dangereuse. De nombreux étudiants subsahariens y ont été victimes d’agressions atroces, certaines ayant même abouti à des hospitalisations.

http://bit.ly/KNosMf





Environnement

Afrique : L'avenir se décline en vert

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83158

L’Afrique peut-elle être en pointe d’un nouveau modèle de développement respectueux de la planète ? C’est ce qu’ont tenté de démontrer les chefs d’État africains, derrière le Congolais Denis Sassou N’Guesso, au sommet de la terre, à Rio, du 20 au 22 juin. Fort d’une richesse naturelle incomparable, le continent a en effet lancé de nombreux projets qui pourraient mettre le continent sur la voie d’un développement économique durable. Les délégations ont assuré que les pays du continent étaient disposés à asseoir leur économie et leur développement sur les nouvelles mesures de protection de l’environnement. A condition que les pays développés respectent leurs engagements financiers.

http://bit.ly/O1zxh9


Cameroun : La mangrove menacée de disparition

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83159

En 26 ans, sa superficie est passée de 300.000 hectares sur l'étendue du territoire nationale camerounais à 200.000 hectares. Selon le rapport 2006 du Pnue, la mangrove en Afrique couvre plus de 3,2 millions d'hectares de superficie. Ce qui représente environ 19% de la superficie mondiale de la mangrove. Sur le plan artisanal, elle est utilisé pour la confection des accessoires et meubles. Dans la ville de Douala, « on estime à plus de 500.000 stères de bois qui est utilisé par an », soutiennent certains environnementalistes qui tirent la sonnette d’alarme.

http://bit.ly/LHRX3a


Global : Les Lacs Ounianga du Tchad parmi les candidats au Patrimoine de l’Unesco

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83185

Un joyau tchadien, les Lacs Ounianga, situé à 1 300 km au nord de la capitale Ndjamena, est candidat à l’inscription sur la liste du Patrimoine mondial. Le comité de l’Unesco se réunit à partir du 24 juin jusqu’au 6 juillet à Saint-Pétersbourg en Russie pour décider qui parmi les 33 nouveaux sites en lice - dont 5 sites africains- peut rejoindre la prestigieuse liste des « valeurs universelles exceptionnelles ».

http://rfi.my/PPT5n7


Madagascar : Une nouvelle ruée vers le saphir

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83146

Dans l’est de Madagascar, en pleine forêt tropicale, une mine de pierres précieuses a vu le jour il y a trois mois. Depuis, ce sont des milliers de personnes, exploitants, intermédiaires, acheteurs, Malgaches ou étrangers, qui se sont installés dans les localités voisines. Mais les forces de l’ordre menacent de les déloger : car la mine se trouve dans une aire protégée. Les injonctions du gouvernement à quitter les lieux ont du mal à faire le poids.

http://rfi.my/MgFJQc





Justice Alimentaire

Afrique : Les pistes d’une autosuffisance alimentaire

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/food/83130

Les cinq membres du bloc de la Communauté est-africaine (EAC) pourraient avoir assez de nourriture si le libre-échange était autorisé pour équilibrer les pays excédentaires et déficitaires, a déclaré lundi 18 juin la Banque mondiale. D'après la Banque mondiale, le Kenya impose plus de restrictions sur ses importations des autres pays de la CEA, y compris l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi, que sur ses importations du reste du monde.

http://bit.ly/LHRhut





Média & liberté d'expression

Burundi : Perpétuité pour le correspondant de RFI

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/media/83154

Le correspondant en swahili de Radio France Internationale (RFI) à Bujumbura, Hassan Ruvakuki, a été condamné, le 20 juin, à la prison à vie pour "complicité avec un groupe terroriste". La même peine a été prononcée à l’encontre de treize de ses co-accusés, tandis que neuf autres ont écopé chacun de quinze ans de prison. La condamnation de Ruvakuki a surpris l’Union burundaise des journalistes. Cette affaire se déroule au moment où les rapports entre la presse et le pouvoir sont tendus.

http://bit.ly/O56JnO





Conflits & urgences

Afrique : Escalade verbale entre Kinshasa et Kigali

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83168

Le chef de l’État rwandais, Paul Kagame, menace de se décharger des questions sécuritaires liées à la stabilité de l’est de la RDC pendant que son pays fait l’objet d’une requête congolaise au Conseil de sécurité de l’ONU. Visiblement excédé par les attaques portées contre son pays, le chef de l’État rwandais n’a pas écarté l’hypothèse d’une suspension totale de sa coopération dans la résolution des crises observées en RDC. Ce coup de gueule du président rwandais n’a pas tempéré les ardeurs des autorités congolaises qui croient dur comme fer que le Rwanda est réellement impliqué dans la résurgence des violences au Nord et au Sud-Kivu via son « appui avéré » aux mutins du M23.

http://bit.ly/POjJNc


Afrique : Pourquoi le Nigeria s'embrase-t-il ?

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83149

De nouveaux heurts entre musulmans et chrétiens frappent le Nigeria depuis le dimanche 17 juin. Une insurrection armée, conduite par le groupe islamiste Boko Haram, est accusée depuis plusieurs mois de vouloir déclencher sciemment une guerre de religion. Mais cela fait des années déjà qu'émeutes et attentats secouent le pays. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chargé de recherche à l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste du Nigeria, explique, lui, que ces tensions sont loin de se réduire à des critères ethniques et religieux : "Il s'agit d'une façon 'facile' d'envoyer un signal au pouvoir. Dans le Nord du Nigeria, lorsque l'on veut s'en prendre à un des symboles du pouvoir, on attaque les chrétiens."

http://bit.ly/MxC4vv


Côte d'Ivoire : 41 Ivoiriens extradés du Liberia

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83178

Le Liberia a procédé à l’extradition de 41 Ivoiriens conformément à une décision d'un tribunal libérien qui avait autorisé, jeudi 21 juin, le gouvernement à procéder à leur renvoi en Côte d'Ivoire où ils devraient être jugés. Ils sont accusés d'avoir été impliqués dans la crise post-électorale ivoirienne qui a fait quelque 3.000 morts après le refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

http://bit.ly/Mh62qY


Global : Polémique sur un rapport de l'ONU

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83171

Human Rights Watch accuse Washington de bloquer la publication d'un rapport de l'ONU sur une rébellion dirigée Bosco Ntaganda, accusé de crimes de guerre, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt la Cour pénale internationale. Les autorités de Kigali ont, dès les premières mentions de l'existence d'un tel rapport, démenti ces accusations. De leur côté les États-Unis nient bloquer la parution dudit rapport. La polémique porte sur un groupe de rebelles, dirigé par le général Bosco Ntaganda et d'anciens rebelles qui avaient été incorporés aux forces armées congolaises. Ces groupes armés contrôlent l'exploitation de minéraux précieux et pillent la population locale. Le rapport des experts de l'ONU donne un tableau détaillé de leurs activités.

http://bbc.in/KWIxzB


Kenya : Mise en garde américaine contre un risque d'attaque à Mombasa

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83175

Dans un message à ses ressortissants reçu samedi 23 juin, l'ambassade des États-Unis à Nairobi dit "avoir reçu des informations sur une menace imminente d'attaque terroriste à Mombasa", la deuxième ville du Kenya. Les États-Unis n'ont pas de consulat à Mombasa, mais ce message s'adresse à tous leurs responsables qui seraient en déplacement dans la ville. Dans la foulée de l'avertissement américain, l'ambassade de France à Nairobi à son tour a "recommandé la plus grande vigilance" à ses ressortissants dans la "ville de Mombasa et ses environs".

http://bit.ly/Mh63Ls


Libye : Plus de cent morts dans des combats entre tribus

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83148

Au moins 105 personnes ont été tuées et 500 blessées dans les heurts entre tribus qui ont duré une semaine au sud-ouest de Tripoli, dans les régions de Cheguiga et Zenten. Le calme est revenu mercredi 20 juin dans cette région montagneuse, a indiqué une source officielle libyenne. Les violences, qui ont débuté le 11 juin autour des localités de Cheguiga et Mezda, opposent des membres de la tribu des Machachia à des groupes armés de la tribu de Gontrar et de la ville de Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli.

http://bit.ly/KshaMv


Mali : Le Conseil de sécurité de l'ONU prêt à intervenir

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83143

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est dit prêt à délivrer un mandat à une force militaire que l'Afrique de l'Ouest envisage de déployer au Mali pour combattre les rebelles touareg et les islamistes armés. La CEDEAO et l'UA devront étroitement collaborer avec les Nations unies et les pays de la région afin de se préparer à plusieurs «options» quant à une action au Mali. Lors d'une réunion à Abidjan samedi 16 juin, le général Soumaïla Bakayoko, chef de l'armée ivoirienne, avait indiqué que la force ouest-africaine servirait à «stabiliser et consolider» les institutions de transition à Bamako et, aux côtés de l'armée malienne, à «engager la reconquête du Nord-Mali».

http://bit.ly/NLy9iD


Nigeria : Trois chefs de Boko Haram sur la liste noire des Etats-Unis

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83147

Washington a annoncé jeudi 21 juin avoir placé sur sa liste noire antiterroriste trois dirigeants du groupe islamiste nigérian Boko Haram. Il s’agit de Khalid al-Barnawi, d’Abubakar Adam Kambar et d’Abubakar Mohammad Shekau. Quant à Barnawi et Kambar, Washington les qualifie de « militants » du groupe islamiste nigérian, « proches d’al-Qaïda au Maghreb islamique ». Mais si cette dernière organisation est inscrite sur la liste noire des Etats-Unis, ce n’est pas le cas de Boko Haram. C’est aussi pour Washington une manière de laisser la porte ouverte au dialogue entre un groupe islamiste et un gouvernement nigérian qui ont eu, jusqu’ici, bien du mal à se retrouver à la table des négociations.

http://rfi.my/LF6Wux


Rd Congo : Défections de soldats pour rejoindre les mutins dans l'Est

2012-06-25

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83177

Les défections de militaires se poursuivent en République démocratique du Congo (RDC) où plusieurs soldats ont déserté dans la nuit de vendredi 22 au samedi 23 juin pour rejoindre la mutinerie d'ex-rebelles que l'armée combat depuis mai dans la province du Nord-Kivu. Selon le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole des mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), 83 soldats, dont six capitaines, ont quitté le territoire de Beni, à l'extrême-nord du Nord-Kivu, pour regagner celui de Rutshuru, au sud de la province, et où les Forces armées (FARDC) combattent les dissidents dans le Parc des Virunga, à la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda.

http://bit.ly/Mh6424


Soudan : Un plan d’austérité débouche sur des violences

2012-06-24

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83133

Face à l’effondrement de ses recettes, l’État soudanais a pris lundi 18 juin le tournant d’une austérité aussitôt rejetée par des manifestants que la police a fermement réprimé. Face à une situation déjà marquée par l’inflation des prix alimentaires, les manifestants ont visiblement été déçus par les annonces du président soudanais. Omar El-Béchir a annoncé des baisses d’effectifs dans la fonction publique, l’augmentation de taxes sur les biens de consommation courante, de la fiscalité pesant sur le secteur bancaire ou des frais de douane à l’importation.

http://bit.ly/Mg6dPv





Cours, séminaires, & ateliers

Bourses offertes pour les journalistes par la Conférence des Vaccins du Sida

2012-06-26

http://pambazuka.org/fr/category/courses/83191

La Conférence des Vaccins contre le Sida de 2012 offre jusqu'à 20 bourses à des journalistes de la presse écrite, audiovisuelle ou en ligne. Les boursiers seront invités à assister à la Conférence à Boston, Massachusetts aux États-Unis (du 9 au 12 septembre, 2012) ainsi qu’à participer à un atelier de deux jours (du 8 au 9 septembre, 2012) sur l'épidémie mondiale du VIH et les derniers développements dans la recherche du vaccin contre le VIH. L'atelier comprendra des présentations et des discussions avec des experts scientifiques, des avocats et des experts dans le domaine.
Date limite des candidatures : le 6 juillet, 2012.
http://www.vaccineenterprise.org/conference/2012/Journalist-fellows
http://www.vaccineenterprise.org/conference/2012/Journalist-fellows


Concours de Technologie pour les femmes

2012-06-26

http://pambazuka.org/fr/category/courses/83192

Intel Corporation et le projet Changemakers Ashoka se sont associés pour trouver des solutions et renforcer le lien entre genre et technologie avec le lancement du concours de technologie « She Will Innovate » (Elle va innover). Ce défi vise à promouvoir des solutions informatiques et de communication qui améliorent la vie des jeunes filles et des femmes. Le concours est ouvert à des propositions en provenance du monde entier, avec un accent particulier pour les innovations développées pour les femmes par des femmes âgées de 18 à 34 ans.
Date limite de candidature: le 15 aout 2012.
Pour plus d’information, visitez http://www.changemakers.com/girltech
http://www.changemakers.com/girltech





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