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La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 247 : Pillage des ressources, accaparement des terres, fausses solutions agricoles

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. LGBTI, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Média & liberté d'expression, 16. Nouvelles de la diaspora, 17. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Voisins complices : Le Rwanda, l’Ouganda et la RD Congo orientale.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Sénégal : Présidentialisme, parlementarisme et participation aux législatives.
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES :
ARTS ET LIVRES : Global : Cinq joyaux africains candidats au patrimoine mondiale de l’UNESCO.
FEMMES ET GENRE : Egypte : Les viols et agressions de femmes se multiplient Place Tahrir.
DROITS HUMAINS : Algérie : 8 mois de prison avec sursis pour un blogueur anti-élections.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Global : Ultimatum d’Israël aux immigrés ivoiriens.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : La bataille pour la tête de l’Union Africaine fait rage.
CORRUPTION : Egypte : Un ex-ministre condamné pour avoir vendu du gaz à Israël.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Un leadership politique fort pour soutenir la croissance.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : La consommation de cocaïne augmente.
LGBTI : Afrique du sud : Demande d’asile pour un homosexuel africain
RACISME ET XENOPHOBIE : Global : Balotelli, un bonheur contre les barrières raciales.
ENVIRONNEMENT : Afrique : La lutte s’intensifie dans le trafic d’Ivoire.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Tunisie : Peine confirmée pour la publication de caricature du Prophète sur facebook.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : La diaspora prête à apporter sa compétence au développement.
CONFLITS ET URGENCE : Global : La guerre secrète des Etats-Unis en Afrique.




Chroniques

Voisins complices : Le Rwanda, l’Ouganda et la RDC orientale

Antoine Roger Lokongo

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83322

La troïka composée du Rwanda, de l’Ouganda et de la communauté internationale continue de déstabiliser le Congo oriental en tout impunité, installant de manière endémique un massacre des populations. Est-ce que le Tribunal Pénal International n’existe que pour les Charles Taylor et Laurent Gbagbo mais pas pour Tony Blair, George W. Bush, Museweni et Kagame ?

Le carnage, qui est le lot quotidien de la population congolaise du Congo oriental. Une réalité que le quotidien congolais "le Potentiel" désigne sous le terme de "génocide oublié"[1] de par la volonté de la communauté internationale. En fait, la communauté internationale a été le témoin des atrocités commises au Congo oriental, aussi bien par les troupes congolaises que par les groupes armés tutsis et hutus, avec la complicité de certains Congolais, depuis que les Casques bleus ont été déployés en RDC, il y a plus d’une décennie.

La Grande Bretagne, les Etats-Unis et l’Union européenne ne peuvent ignorer plus longtemps la complicité du Rwanda et de l’Ouganda qui, tous deux, fournissent des armes et des soldats au chef rebelle tutsi Bosco Ntaganda (lui et son prédécesseur ont déjà été inculpés par le TPI) dans la région troublée du Nord Kivu en RDC. La Grande Bretagne, les Etats-Unis et l’Union européenne ont maintenant été pris en flagrant délit et ne peuvent prétendre ne pas être au courant du complot qui est en train d’être manigancé par le Rwanda et l’Ouganda au Congo oriental (l’annexion du Congo oriental par le Rwanda et l’Ouganda, selon le précédent du Soudan)

Trois rapports officiels établis par les Casques Bleus en mission au Congo et rendus publics par la BBC [2], par Human Rights Watch [3] et par le gouvernement congolais (suite à une enquête approfondie qui comprend des entretiens avec des combattants rwandais capturés sur la ligne de front [4]), ont tous confirmé que le Rwanda, pour la énième fois et une fois de plus, se trouve sur la ligne de front au Congo oriental. Selon le ministre congolais de l’information, Lambert Mende Omalanga : "200 à 300 rebelles ont été recrutés par le Rwanda afin d’infiltrer le Congo. Ils ont été soumis à un bref entraînement militaire avant que d’être déployés contre les forces armées de la RDC" [5]

De toute façon, pour la population congolaise il n’y là rien de nouveau. Une année avant que le Rwanda ne rejoigne le Commonwealth (novembre 2009), le quotidien The Telegraph, proche du parti conservateur britannique et donc de la Couronne, révélait que le chef rebelle tutsi congolais, le général Laurent Nkunda, avait été recruté du sein de l’armée rwandaise. Le Rwanda permettait donc que son territoire soit utilisé comme lieu de recrutement pour le mouvement rebelle responsable du sang versé en RDC, selon des informations de première main et les preuves accumulées par The Telegraph

Un combattant de 27 ans du mouvement de Kunda a dit qu’il avait servi comme commandant de compagnie dans l’armée rwandaise. " Il y a beaucoup d’anciens soldats rwandais dans le CNDP (les rebelles du général Kunda). Lorsque j’étais encore dans l’armée rwandaise j’ai été en contact avec eux. Ils voulaient que je rejoigne le CNDP", a-t-il déclaré. "J’ai décidé de les rejoindre parce que combattre pour le CNDP c’est comme combattre pour le Rwanda" [6]

Il est dit que le département d’Etat américain a mis sévèrement en garde [7] les gouvernements contre le soutien apporté aux groupes rebelles et aux mutins qui opèrent en RDC orientale, sans toutefois nommer le Rwanda. Dans une déclaration du 6 juin 2012, intitulée "Situation in the Democratic Republic of Congo", le porte-parole du département d’Etat américain, Marck C. Toner a déclaré : "Les Etats-Unis sont préoccupés par une mutinerie persistante des officiers et soldats, précédemment membres des forces armées de la République démocratique du Congo (RDC), qui opèrent maintenant dans le Nord Kivu en tant que groupe armé sous le nom de M23, et par des rapports récents qui allèguent des soutiens extérieurs au M23" [8]

L’Union européenne pour sa part, dit être" grandement préoccupée" par les mutineries dans l’armée de la République démocratique du Congo orientale, selon le blog de la chef de la politique étrangères Catherine Ashton. "L’Union européenne pour sa part, dit être gravement préoccupée par les récents développements au Kivu et la détérioration de la situation sécuritaire. Les développements actuels requièrent l’attention de tous les pays de la région. La récente coopération entre le Rwanda et la RDC sur ces questions est nécessaire et positive. L’Union européenne est préoccupée par le fait que cette dynamique pourrait être en danger", a soutenu Ashton dans sa déclaration. [9]

Après toutes ces larmes de crocodiles, le Rwanda va simplement faire le dos rond et recommencer demain, aussi longtemps qu’il sera nécessaire de fournir des minerais à l’Occident.

Kagame, Museweni et leurs soutiens occidentaux ont été découverts. Le monde entier peut maintenant voir ce qui alimente ce conflit. Comme l’a écrit Jacqueline Umurungi, quelques-uns des plus grands admirateurs de Kagame sont Bill Clinton, Tony Blair et le magnat de Starbucks, Howard Schultz. L’évangéliste américain, Rick Warren le considère comme approchant du modèle et même Bill Gates a investi dans ce qui a été nommé une "success story" africaine. Oui, les libéraux occidentaux, les évangélistes réactionnaires et les capitalistes profiteurs voient en Kagame le héraut d’une nouvelle Afrique, autosuffisante et prospère. La Grande Bretagne subventionne 50% du budget national du Rwanda. [10] Maintenant, vous comprenez pourquoi la guerre au Congo, avec ses riches gisements, ne prendra jamais fin et pourquoi "les Congolais ne sont pas près de sécher leurs larmes" [11]

Kinshasa a intégré les Congolais de l’ethnie des Tutsis dans l’armée nationale. Même ceux recherchés par le TPI pour crimes contre l’humanité comme le général Bosco Ntaganda, "né au Rwanda où il a combattu avec les rebelles tutsis qui ont porté l’actuel président Paul Kagame au pouvoir et mis un terme au génocide en 1994", selon la BBC [12]. Le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), un ancien mouvement rebelle, a été transformé en parti politique et intégré dans la coalition du président Kabila au pouvoir.

Le président Kabila les a mis à la tête des opérations militaires contre les milices accusées d’avoir commis le génocide au Rwanda en 1994. Kinshasa a même passé un accord avec Kigali afin de permettre à l’armée rwandaise de poursuivre les milices hutues sur territoire congolais. Soit dit en passant, le TPI a récemment innocenté Calixte Mbarushimana, un Hutu responsable d’atrocités en République démocratique du Congo en 2009 [13]. Alors les Congolais ont compris que les Tutsis continueront de faire usage de la guerre contre les génocidaires hutus comme prétexte pour occuper et exploiter systématiquement les concessions minières. Raison pour laquelle les soldats tutsis refusent catégoriquement d’être transférés dans d’autres parties du Congo. Ils veulent juste être postés au Congo oriental, à proximité de la frontière rwandaise. Mais l’armée congolaise est supposée être une armée nationale et non une armée ethnique. Lorsque le président Kabila a donné l’ordre de transférer tous les soldats du Congo oriental afin de servir dans d’autres parties du Congo, la rumeur a couru que Ntaganda allait être arrêté et livré au TPI (Kabila a dit qu’il devait être jugé au Congo). Ntaganda avait incité à une mutinerie connue sous le nom de Mouvement du 23 Mars (un nouveau nom pour le CNDP), parce qu’ils avaient rejoint l’armée congolaise dans le cadre d’un accord de paix survenu en mars 2009 mais ont fait défection se plaignant "d’être médiocrement traités"

Assez c’est assez ! Les régimes Tutsis du Rwanda et de l’Ouganda, bien armés et soutenus par l’Occident doivent comprendre qu’il y a un dicton qui dit "Mentez ! Mentez ! il restera toujours quelque chose à propos de quoi mentir, notamment la vérité". "La communauté internationale" attestera une fois de plus de sa complicité dans le complot contre la République démocratique du Congo si une fois encore le Rwanda et l’Ouganda tirent leur épingle du jeu. Est-ce que le Tribunal Pénal International (TPI) n’existe que pour les Charles Taylor et Laurent Gbagbo mais pas pour Tony Blair, George W. Bush, Museweni et Kagame ?

REFERENCES:

[1] Le Potentiel. 2012. Face à l’indéniable implication du Rwanda dans la guerre au Kivu, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’UE… mis devant leurs responsabilités !, Kinshasa, 11/06/2012.

[2] BBC. 2012. Rwanda ‘supporting DR Congo mutineers. BBC News Africa. 28 May 2012.
http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-18231128

[3] Smith, David. 2012. Rwandan military 'aiding war crimes suspect' in Congo – Human Rights Watch. The Guardian, World News, Rwanda. 4 June 20. http://www.guardian.co.uk/world/2012/jun/04/rwandan-military-war-crimes-suspect

[4] Groupe L’Avenir. 2012. Est de la Rd Congo : Enfin le Rwanda démasqué. lundi 11 juin 2012. http://www.groupelavenir.cd/spip.php?article45903

[5] Le Potentiel. 2012. Face à l’indéniable implication du Rwanda dans la guerre au Kivu, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’UE… mis devant leurs responsabilités !, Kinshasa, 11/06/2012.

[6] Blair, David. 2008. DR Congo rebels recruited from Rwanda army. The Telegraph. 20 Nov 2008. 
http://bit.ly/MHp9pI 

[7] AfroAmerica Network. 2012. US Government Warns Governments Supporting Rebellions in DRC. 8 June 2012. http://bit.ly/Kvzquo

[8] Toner, Mark C. 2012. Situation in Eastern Democratic Republic of the Congo. Press Statement. US Department of State, 6 June 2012. http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2012/06/191902.htm

[9] AFP. 2012. EU 'concerned' over army mutiny in DRC. News24. 8 August 2012. http://www.news24.com/Africa/News/EU-concerned-over-army-mutiny-in-DRC-20120607

[10] Umurungi, Jacqueline. 2012. The Untold Stories: Again Rwanda is on the front line in the Congo Conflict.Who is fooling who? Inyenyeri News. NYENYERI NEWS, 28 May 2012. 
http://bit.ly/OFjumW

[11] Hubert, Thomas . 2012. Havoc as Congolese flee the 'Terminator'. BBC News Africa. 11 May 2012.
http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-17994753

[12] BBC. 2012. Congo warlord Bosco 'Terminator' Ntaganda 'replaced'. BBC News Africa, 8 May 2012.
http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-17992994

[13] Reuters. 2012. ICC confirms release of Congo war crimes suspect.
http://yhoo.it/K46RxR



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** Antoine Roger Lokongo est journaliste et doctorant à l'Université de Beijing – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Enquête : Areva en Afrique ou la loi de la jungle

Eva Lacoste

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83320

Depuis la fermeture de la dernière mine d’uranium en France durant l’année 2001, l’Afrique reste aujourd’hui indispensable au fonctionnement de son parc électronucléaire. Avec le soutien de l’État, jusqu’à présent actionnaire majoritaire, le groupe Areva y poursuit une activité lucrative dans un climat d’omerta et d’ingérences politiques. Au mépris de l’environnement et des populations qui en paient le prix fort.

Présent dans une centaine de pays, Areva dispose de la maîtrise de l’ensemble de la chaîne du nucléaire : exploitation de l’uranium, enrichissement et retraitement, ingénierie, fabrication de réacteurs et de systèmes de contrôle, maintenance. Ce « fleuron de l’industrie française » naissait le 3 septembre 2001, de la fusion de deux acteurs majeurs du secteur de l’énergie nucléaire : la Cogema (Compagnie générale des matières nucléaires) à laquelle le Commissariat à l’énergie atomique transférait en 1976 ses activités d’exploitation minière et d’enrichissement de l’uranium ; le second, Framatome, spécialisé depuis 1958 dans la fabrication de chaudières pour centrales nucléaires. Tout est en place pour la poursuite de l’exploitation de l’uranium, avec le soutien de l’Etat français et l’appui des réseaux de la Françafrique aux méthodes bien huilées.

Mais l’histoire d’Areva ne commence pas en 2001, et se présente bien davantage comme le prolongement du développement du nucléaire en France et de l’institution chargée de le promouvoir : le Commissariat à l’énergie atomique, impulsé en 1945 par Charles De Gaulle, dans le but de susciter la recherche et d’obtenir la maîtrise de l’arme nucléaire. Les matières premières, l’uranium en particulier, deviennent une priorité pour la France qui se tourne vers l’Afrique. Mais comme on le verra par la suite, le nucléaire civil, destiné à la production d’électricité, est à l’origine d’autres dangers dont les populations des pays producteurs feront les frais.

Le premier gisement d’uranium important a été découvert à Mounana au Gabon en 1956, alors colonie française de l’Afrique équatoriale. L’exploitation démarre en 1961 et se poursuivra pendant près de quarante ans, parfois sous la menace des armes, comme ce fut le cas lors du déclenchement de l’une des premières grèves des mineurs en 1965 après un accident mortel. Au total, plus de 26 000 tonnes du précieux métal ont été extraites, non sans laisser des traces.

La population cohabite toujours avec les effets radioactifs de l’uranium, par inhalation de l’air, absorption d’eau et d’aliments, et dans de nombreux logements construits avec des remblais provenant de l’ancienne mine. Deux millions de tonnes de déchets radioactifs ont été déversés dans les cours d’eau et quatre millions dans les carrières abandonnées exploitées par la COMUF (Compagnie des mines d’uranium de Franceville), filiale gabonaise de la COGEMA, « ancêtre » d’Areva.

Ancien directeur diocésain de Caritas, l’abbé Bruno Ondo nous a apporté son témoignage : « Treize ans après la fermeture du site de Mounana, les riverains et les anciens mineurs en subissent toujours les conséquences. Les zones radioactives se trouvent à l’intérieur du champ d’activité des populations, là où les habitants viennent tremper le manioc, où elles vont pêcher, à proximité des habitations. Le prix véritable de l’uranium est celui payé par les populations. » La COMUF avait mandaté le laboratoire français Algade, une ex-filiale de la COGEMA, pour l’assister dans la surveillance radiologique à Mounana sous le contrôle du CNPPRI (Centre national de prévention et de protection contre les rayonnements ionisants). Mais il s’avère que le scénario de la COMUF, présenté depuis 2008, est en retrait de la réalité, ne prend pas en compte toutes les expositions et ne se présente pas en adéquation avec celui du CNPPRI. « Le manque d’informations concernant la situation radiologique est inacceptable », poursuit Bruno Ondo. « Depuis dix ans, cette surveillance est menée par la COMUF et le CNPPRI, mais ni les autorités locales ni les populations, premières concernées, n’ont vu le résultat de ce suivi. Ce qui fait lever des soupçons légitimes sur des déclarations qui se veulent rassurantes. » Où l’on retrouve une tradition d’omerta et de mépris des populations qui est une constante d’Areva.

LE VERITABLE PRIX DE L’URANIUM EST CELUI PAYE PAR LES POPULATIONS

Au Niger, l’exploitation d’Arlit était lancée en 1966. Situé entre le Sahara et le Sahel, dans la région d’Agadez, capitale du peuple touareg, le site a permis d’extraire à ce jour plus de 100 000 tonnes d’uranium. En 2008, le chiffre d’affaires d’Areva était de 13,2 milliards d’euros, cinq fois le PIB du Niger. Mais pour l’ancienne colonie française, c’est une véritable catastrophe environnementale, sanitaire et sociale. Accumulation des déchets, pollution des sols, de l’air et de l’eau... Areva affirme qu’elle « met en œuvre tous les moyens disponibles pour limiter l’exposition au risque » (Areva : Nos dix engagements) et se prévaut d’un rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRNS), organisme dont le manque d’indépendance à l’égard de l’exécutif français a été plusieurs fois épinglé. L’accès aux soins est assuré par Areva, dont les médecins ne détectent pas, étrangement, des pathologies liées aux radiations. C’est aussi l’épuisement des nappes aquifères, puisqu’Areva pompe, en plein désert, la nappe du Tarat. Depuis 1966, 270 milliards de litres d’eau ont été utilisés à Arlit et Akokan, l’autre ville minière, et des millions de litres d’eau continuent à être utilisés quotidiennement.

Cinquième producteur d’uranium, le Niger fait partie des pays les plus pauvres du monde et l’espérance de vie y dépasse à peine 50 ans. Le bénéfice annuel d’Areva tourne autour de 770 millions de dollars, tandis que le budget du Niger est de 320 millions de dollars.

Areva représente une présence industrielle dans quarante-trois pays et un réseau commercial dans une centaine de pays. Mais dans une logique insatiable de profits, la société rachetait à prix d’or (2,5 milliards de dollars), en 2007, la société canadienne UraMin, qui lui ouvrait des nouveaux gisements en Afrique. UraMin, rebaptisée Areva Resources Southern Africa, est immatriculée à l’ombre du paradis fiscal et judiciaire des îles Vierges britanniques, classé parmi les plus opaques et les plus nocifs. Etonnant pour un groupe qui se déclare au-dessus de tout soupçon. Curieusement, le titre d’UraMin avait vu sa valeur multipliée par quatre durant les six mois ayant précédé l’offre d’Areva... D’où les soupçons qui ont coûté en juin 2011 son poste à Anne Lauvergeon, PDG du groupe depuis 2001. Pour la petite histoire, c’est elle qui a choisi le nom d’Areva, inspirée par l’abbaye d’Arevalo en Espagne. On peut dire qu’elle aura caché jusqu’au bout son côté mystique. Les promesses de l’achat d’UraMin sont pour l’instant au point mort. Fin 2011, arguant des difficultés du marché après l’accident de Fukushima, Areva décidait le gel de ses projets miniers en Centrafrique, en Namibie et même à Imouraren au Niger, particulièrement prometteur, provoquant la colère des chefs d’Etat,... pour renforcer ses positions au Kazakhstan, en Jordanie, au Maroc ou en Mongolie.

En 2007, Nicolas Sarkozy se rendait à Tripoli, officiellement pour « resserrer les liens entre les deux pays ». Outre des accords militaires tenus secrets, la France promettait à Kadhafi la fourniture par Areva d’un réacteur nucléaire, officiellement pour dessaler l’eau de mer. Mais comme le déclarait Jacques Attali (« Economie et apocalypse, trafic et prolifération nucléaire », Fayard, 1995) : « Il n’y a pas de distinction valable possible entre les matières nucléaires militaires et civiles (...) Le caractère dual de presque toutes les technologies permet de vendre des savoir-faire ou des technologies en feignant de croire aux intentions pacifiques du client. » La vente de centrales se poursuit...

« Le nombre d’Etats nucléaires pourrait être d’une vingtaine dans trente ans », annonçait un rapport de la Délégation aux affaires stratégiques remis le 20 avril 2011 au ministère de la Défense. La multiplication des risques nucléaires, comme la déstabilisation et l’enfoncement dans la dette des pays africains, devraient rassembler largement face à la stratégie d’Areva, entreprise constituée à plus de 80% de capitaux publics.

L'INDEPENDANCE ENERGETIQUE, A QUEL PRIX ?

Au moment où était commémoré en 2011, à grands renforts de discours humanistes, le cinquantenaire des indépendances africaines, perdurait un système hérité de la domination coloniale : soutien militaire, diplomatique et financier apporté aux dictatures et régimes autoritaires qui, en retour, favorisent un accès privilégié aux ressources naturelles. Le tout assaisonné de violence, affairisme et corruption.

Le groupe Areva symbolise à lui seul le poids des réseaux de la Françafrique qui ont toujours su saborder les dynamiques démocratiques africaines. Ses mines nigériennes représentent toujours un tiers de sa production d’uranium, tandis que le pays est enfoncé dans la dette. Une lampe sur trois est éclairée en France grâce à l’uranium nigérien, mais la plupart des Nigériens n’ont pas l’électricité. Elle n’est pas produite localement, mais importée du Nigéria pour une minorité.

Le mythe de l’indépendance énergétique française a un prix. Et ce prix est celui payé par les populations, spoliées de leurs terres, atteintes dans leur santé, leur environnement, leur espoir dans un devenir meilleur. L’eau elle-même, indispensable à la vie, est polluée, et la surexploitation de la nappe phréatique a contribué à la désertification de la zone d’Arlit au Niger en pays touareg.

L’enlèvement de cinq Français fin 2010, sur le site même, n’est sans doute pas étranger à la frustration des populations locales et au partage des bénéfices liés à l’exploitation de l’uranium. Force est de constater que le débat de fond est évité et Areva pas égratignée le moins du monde. Contrats dont certaines clauses sont tenues secrètes, négation des risques sur le long terme, une constante des industries extractives... qui évoque irrésistiblement l’exploitation des gaz et huiles de schistes qu’on entend nous imposer. Le marché n’a pas de frontières, il serait bon de nous en souvenir.- Golias

Les mines d'uranium tuent
Pour chaque tonne de minerai d’uranium utilisable, il faut jusqu’à 2000 tonnes de déblai radioactif rejeté dans l’environnement. Le radon, gaz radioactif libéré lors de l’extraction, touche la santé des mineurs et des habitants autour des sites.

En Allemagne, l’exploitation des mines de la Wismut constitue un exemple typique. En raison de la forte contamination radioactive, on a enregistré des taux de cancers particulièrement élevés. Pas moins de 7000 cas de cancer du poumon ont été attestés et on estime à plus de 20 000 les victimes reconnues de l’extraction de l’uranium.

En Afrique, il est difficile d’établir des estimations en raison du manque de statistiques et du climat d’omerta entretenu. Mais les conséquences sanitaires sont catastrophiques. Alors qu’Areva prétend avoir mené des opérations de décontamination sur le site d’Arlit au Niger, des échantillons, prélevés et analysés par la Commission de recherche indépendante sur la radioactivité (Criirad) ont révélé des chiffres deux mille fois supérieurs à la normale. Sans cesse repoussée depuis 2009, la gigantesque mine à ciel ouvert d’Imouraren reproduirait les mêmes conditions d’exploitation qu’à Arlit, mais en pire, compte tenu de son étendue. Areva montre des velléités de retour au Gabon où les conséquences de l’exploitation des mines de Manouna ont laissé des traces dont souffre encore aujourd’hui la population.

En Centrafrique, le projet d’exploitation de la mine de Bakouma, censé être relancé après l’achat d’UraMin en 2007, est gelé. Tout comme celui de Namibie, qui avait déjà alimenté la France en aluminium lorsque le pays était colonisé par l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid... en parfaite contradiction avec les résolutions de l’ONU et la condamnation de la Cour internationale de justice, des transactions commerciales qui impliqueraient une reconnaissance de cette occupation. Le cynisme et le contournement des lois et règles de sécurité ne sont pas franchement une nouveauté.

Sur le site de Trekkopje en Namibie, la teneur en uranium est très faible et ce sont des centaines de millions de roches qu’il faudrait traiter chimiquement, et plus la concentration en minerai est faible plus la pollution est importante. Si l’exploitation de l’une des plus grandes mines à ciel ouvert se concrétisait, ce serait l’annonce d’un nouveau désastre sanitaire et environnemental.


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** Eva Lacoste a publié cet article dans l’édition n°236 de Golias hebdo, du 10 au 16 mai 2012

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Manifeste : Notre révolution n’est pas une rumeur !

Hèla Yousfi

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83313

Nous sommes plus que jamais déterminés à faire chuter le régime. Notre slogan est toujours : Travail, liberté, dignité nationale. Ni RCD, ni Ennahda, ni modernistes, ni salafistes, pour la construction d’une alternative qui réponde aux revendications de la révolution tunisienne.

Quand l’étincelle de la révolution tunisienne a éclaté le 17 décembre 2010, après toutes ces années pendant lesquelles notre peuple n’a cessé de brûler et de se consumer, après que les insatiables lui aient volé et son pain et ses droits, les slogans scandés par les foules étaient on ne peut plus clairs : « Le peuple veut la chute du régime » ; « Travail, liberté, dignité nationale ». L’ennemi aux multiples facettes était quant à lui facile à décrire : « Voleurs de notre pays ; Assassins de nos enfants ».

Aujourd’hui, un an et demi après la fuite de Ben Ali, notre colère ne cesse de gronder. Et pour cause : les alliés réels et virtuels de Ben Ali, à l’intérieur comme à l’extérieur, ceux qui mendiaient sa bénédiction au temps de la dictature, ont non seulement réussi à confisquer les slogans de la révolution, mais plus encore à la dénigrer, à l’exclure des défis actuels voire de l’éradiquer purement et simplement de la mémoire collective, comme il en a été des slogans et des graffitis de l’occupation de la Kasbah en janvier-février 2011. Ces alliés réels et virtuels ont même tenté de pervertir la Révolution de la Dignité en un théâtre des identités meurtrières, dans lequel rétrogrades des Lumières et rétrogrades de l’obscurantisme rivalisent deux à deux pour abrutir la population et détourner son attention des causes qui sont à l’origine de sa révolution. Tout ce théâtre d’ombres se fait au profit d’une guerre fratricide pour la conquête du pouvoir et des privilèges, dont les principaux protagonistes sont les partis politiques, mais aussi les ONG, les associations et les groupes d’intérêt. Tous semblent motivés par la même culture clientéliste anti-patriotique, et rien ne les intéresse plus que le conflit pathétique pour le pouvoir dans les médias et les réseaux sociaux, lors des consultations électorales mais aussi dans les coulisses du pouvoir financier et politique international.

Les deux pôles de cette machine à broyer sont : La Troïka, ou comment rester au pouvoir le plus longtemps possible

ENNAHDA : FER DE LANCE DE LA TROÏKA OU « LA MAJORITE ELECTORALE POPULAIRE, LEGITIME ET PROVISOIRE »

- Elle reproduit sans aucun scrupule le régime du parti-Etat en nommant ses copains, ses proches, sa famille, ses alliés et sa clientèle dans la plupart des postes gouvernementaux et administratifs. Elle ne recule pas non plus pour nouer des alliances avec les RCDistes afin de s’assurer leur aide et ainsi se maintenir au pouvoir en usant de l’argument : « nous sommes bien obligés, le RCD continue de diriger tout l’appareil de l’Etat » ;

- Elle se contente d’importer des modèles politiques, religieux et économiques du Golfe tout en feignant d’ignorer, de manière scandaleuse, les agressions salafistes et en offrant parfois sa protection aux agresseurs ;

- Elle ne manifeste aucun empressement – et c’est un euphémisme – à traiter des dossiers sensibles et urgents qui concernent le jugement des criminels dans les secteurs en lien avec la justice, la police et les finances. Bien au contraire, elle se comporte de manière sélective lorsqu’il s’agit de traiter les dossiers liés à la justice transitionnelle : ceux qui lui assurent leur loyauté et lui offrent leurs services bénéficient d’une immunité dont le parti ne se cache pas ;

- La politique étrangère qu’elle mène est fondée sur le principe « celui qui nous finance est avec nous et est des nôtres », indépendamment de la nature du partenaire et indépendamment des crimes perpétrés à l’égard des siens, de notre peuple, ou du peuple palestinien.

- Bien que la plupart des membres d’Ennahda fassent preuve d’incompétence manifeste à tous les niveaux et sur tous les dossiers, cela n’explique pas le gouffre entre le discours pré-électoral et le discours post- électoral. Cela n’explique pas non plus la schizophrénie entre le discours officiel de la direction et les pratiques d’une base pourtant réputée pour sa discipline.

Les alliés d’Ennahda : « comme une jarre inclinée, ils ne réjouissent ni n’attristent » (« Kîf al-zîr al-mittakkî, lâ ifarrah lâ ibakkî »)

Le Congrès Pour la République et Ettakattol, supposés rééquilibrer les rapports de pouvoir en exerçant une pression sur la majorité afin de réaliser la rupture avec l’ancien régime, ne font en réalité qu’entretenir « à l’insu de leur plein gré » la domination d’Ennahda. Ce compromis qui est devenu compromission a participé à accentuer leurs divisions qui ont fini par affaiblir les deux « partis ». Leurs ministres au gouvernement ne sont en rien différents de ceux d’Ennahda en termes d’incompétence, d’absence de courage et parfois d’abus de pouvoir. L’argument selon lequel ils sont occupés à rédiger la constitution ne peut plus convaincre.

L’opposition ou comment récupérer le pouvoir le plus longtemps possible

LE RCD OU « SOIGNEZ-MOI AVEC L’ORIGINE DU MAL » (« Dâwinî bil-latî kânat hiya al-dâ’ »)

Après avoir été juridiquement dissous de façon à ce qu’une bonne partie de ses dossiers, de ses propriétés et de ses archives soient maintenant en lieux sûrs, et après avoir pris le leadership du pays lors de la « transition », ses cadres se sont mis du jour au lendemain à se gargariser de « révolution » et à qualifier de « régime déchu » celui qu’ils ont contribué à construire et à maintenir pendant des années. Le Rassemblement de la Corruption et de la Dictature a su renaître de ses cendres et s’est démultiplié en un faisceau de partis et d’associations, utilisant sans vergogne ses anciens réseaux que la révolution n’a pas encore réussi à dissoudre. Il est évident que la classe qui nous a gouverné pendant un demi-siècle, la cour de Bourguiba comme celle de Ben Ali, ne lâchera pas facilement.

Cette cour est plus arrogante que jamais – aucune excuse d’aucun responsable du RCD n’ayant été formulée à ce jour, ne serait-ce que symboliquement, au peuple qui a été opprimé, pillé, meurtri. Bien au contraire : les déclarations d’un certain nombre de responsables continuent d’être insultantes à l’égard de leurs victimes ; les intérêts de ses lobbys sont farouchement gardés grâce à la mainmise sur la plupart des médias, mais aussi grâce à la pression exercée sur les juges corrompus afin de libérer celles et ceux qui ont été arrêtés. Tous les responsables du RCD, à différents niveaux, ne cessent de s’activer nuit et jour afin de récupérer et de faire fuir les capitaux volés qu’ils soient publics ou privés, de conclure des affaires suspectes avec les ministres de la Troïka et d’Ennahda en particulier dans le but de garantir leur protection en contrepartie de services douteux (le refus par exemple du ministre de l’Intérieur nahdaoui de publier la liste de la police politique et des indics du RCD).

Aujourd’hui, les Destouriens essaient de se draper dans une « virginité moderniste bourguibiste » bien qu’ils soient les premiers responsables historiques de l’échec de ce projet : celui-ci est resté un projet vide de sens, plaqué sur une société ignorée en tant que telle et qui n’est pas en mesure de se l’approprier. Certes, ils continuent à séduire l’Occident avec des formules tout aussi creuses du type « Etat de droit », « droits de la femme », « Etat-nation ». Mais au-delà, ils continuent d’élaborer une stratégie explicite qui puisse maintenir le même régime politique, économique et social en réduisant le problème économique à un simple problème de corruption, le régime dictatorial et répressif à quelques abus du clan Ben Ali et Trabelsi et enfin la corruption elle-même à des pratiques clientélistes et au pillage. Leur participation à la répression et à la dictature, n’est dans leur bouche qu’une « faute de parcours ».

Tout cela est particulièrement efficace pour détourner l’attention de l’opinion publique des véritables enjeux à savoir le fait qu’ils continuent à s’accaparer les rouages de l’Etat, les rouages économiques et à perpétuer le régime qui continue à protéger leurs privilèges jusqu’à nos jours.

LES PARTIS DEMOCRATIQUES : « AU SECOURS, ILS NOUS ONT TABASSES ! » (« Ijriwûlnâ darbûnâ ! »)

C’est un curieux mélange de libéraux et de bourgeois de gauche qui réduisent leur combat à la protection des libertés individuelles et des droits de l’homme. Certes, c’est un combat ô combien noble et juste mais qui ne peut être déconnecté de la grande cause de la Liberté dans son acception large à savoir celle qui garantit les droits économiques et sociaux. Militer pour les seules libertés individuelles n’a pour nous aucun sens tant que la domination des classes aisées continue d’opérer sur celles qui parviennent à peine à se débrouiller pour survivre (« al-khobza ») et qui souffrent de la marginalisation culturelle et politique. La plupart de ces partis se seraient d’ailleurs contentés du départ de Ben Ali ou même de partager le pouvoir avec lui. Ils ont de ce fait accumulé les erreurs historiques, comme le prouvent leur position au soir du 13 janvier 2011 et la participation de certains de leurs membres aux deux gouvernements de Mohammed Ghannouchi. Sans même s’excuser pour ces erreurs, les membres de cette « opposition » creusent un peu plus le fossé qui les sépare du reste du peuple, qu’ils ont longtemps essayé de dompter avec des slogans largement rabâchés comme « justice sociale » ou « démocratie participative », sans même qu’ils aient la moindre idée ni la moindre vision d’un projet de société qui puissent leur assurer une légitimité auprès des classes populaires.

Cette rupture politique avec les classes populaires a été largement consommée et accentuée avec l’engouement de cette « opposition démocrate » pour le débat envenimé sur l’identité, mais aussi avec toutes les énergies déployées par ses membres dans la défense de la laïcité définie comme une priorité nationale, reléguant au second plan des causes comme le jugement des criminels et des corrompus (« al-muhâsaba »). Ce divorce avec les classes populaires l’a fragilisée au point qu’elle a suscité en elle l’instinct de survie. De ce fait, plutôt que de faire leur autocritique, d’interroger leurs propres positions, de réfléchir aux moyens éventuels de renouer avec la société, les partis qui composent cette « opposition démocrate » se sont précipités de manière suicidaire dans les bras des bourguibistes – leurs pères spirituels. Ils les ont ralliés contre ce qu’ils nomment les « forces obscurantistes », dans un mépris bourgeois du corps électoral et des groupes sociaux qui les ont rejetés ou plutôt qui n’ont pas compris la conception de la « modernité » qu’ils invoquent. Cette conception n’est pas très différente de l’approche moderniste plaquée sur la société et produite par la dictature en tant que mécanisme qui a comme objectif premier la légitimation de son maintien au pouvoir et la promotion de son image en Occident. Cela a nui indiscutablement au projet sociétal émancipateur qui ne peut être construit que sur les bases du sens critique, du dialogue, de la créativité perpétuelle en lien avec l’héritage culturel, la solidarité et la liberté d’expression, autrement dit tout ce qui a été empêché par la dictature avec laquelle les partis « démocrates » d’aujourd’hui sont en train de s’allier.

LA GAUCHE : « SPECTATEURS ET BOUDEURS » (« frâijiyya wu nabbâra, aw khânhâ dhrâ‘hâ qâlat mashûra »)

Une branche de la gauche radicale a choisi la solution facile à savoir l’alliance opportuniste avec les partis « démocrates » et l’engagement à leurs côtés dans la bataille de la « pseudo modernité ». Une autre branche regroupant des partis, des syndicalistes et des indépendants a tenté de dépasser le clivage construit par les forces contre-révolutionnaires et leurs alliés. Cette branche a décidé de continuer la lutte avant d’être elle-même dépassée par les évènements et les faux calculs, ce qui l’a empêchée de poser la question économique, le dossier du jugement des criminels et des corrompus (« al-muhâsaba ») comme la première des priorités. Malheureusement, certains sont encore pris dans des conflits d’egos et dans des querelles de chapelle désuets, victimes qu’ils sont d’une incapacité à produire des idées, des stratégies et des problématisations nouvelles. Ils perpétuent ainsi sans le vouloir des pratiques politiques et discursives qui ont prouvé leur inefficacité, tout en étant l’objet d’une véritable campagne de diffamation, de contrôle policier et financier pratiquée à leur encontre par les deux pôles de la contre-révolution (les islamistes et les modernistes).

L’accumulation de ses échecs enferme ainsi la gauche radicale dans une stratégie d’action-réaction qui l’empêche vraisemblablement de prendre l’initiative, et la cantonne à un rôle marginal dans cette bataille entre les forces de la contre-révolution.

Ce climat politique affligeant traduit l’immensité des dégâts produits par la dictature et l’enracinement de sa culture dans la classe politique. La situation est d’autant plus grave que la lutte qui oppose les élites gouvernantes anciennes et nouvelles – les deux pôles du broyeur – est elle-même alimentée et soutenue par les élites politiques et économiques occidentales, relayées par leurs sbires des pays du Golfe. En contrepartie, ces dernières font tout pour les rassurer et protéger les intérêts économiques et sécuritaires des grandes puissances. En témoigne l’afflux massif de capitaux étrangers qui sont en train de noyer la nouvelle « société civile » sous les financements douteux limitant son indépendance. S’ajoutent à cela l’impunité et le black-out médiatique dont jouissent l’appareil militaro-sécuritaire et la Banque centrale de Tunisie en contrepartie de la préservation du régime politique et économique qui ne sert que les intérêts du pacte « post-colonial » scellé entre les élites locales et internationales.

LA MORALE DE L’HISTOIRE : BEN ALI EST PARTI, MAIS CELUI QUI A LAISSE UN SUCCESSEUR N’EST PAS MORT. L’EXPRESSION « REGIME DECHU » N’EST QUE LA POUDRE AUX YEUX.

La majorité gouvernementale et l’opposition se battent donc pour la conquête du pouvoir afin de s’accaparer et réitérer le même système politique, économique et social qui exploite des classes populaires, brade les ressources du pays, le noie sous les dettes et le maintient dans la dépendance. Ils défendent férocement les privilèges conquis, sans dépasser les dichotomies qui bloquent notre pays depuis plus d’un demi-siècle (la côte/les régions de l’intérieur ; l’élite/le peuple, le tourisme/ l’agriculture etc.).

Ces deux facettes d’une même pièce sont animées par une mentalité opportuniste et une culture dictatoriale identiques. Mais qu’ils soient barbus ou imberbes, en voile ou en mini-jupe, chapelet ou verre de vin à la main, orphelins de la France ou servantes de Qatar, ils restent et resteront les serviteurs des Etats-Unis.

Essence de la révolution et pain quotidien de la bande des criminels, les classes populaires ne sont présentes quant à elles que dans les phrases lyriques qui ornent les discours des hommes et des femmes politiques, leurs porte-parole autoproclamés. Absentes de cette guerre produite par la révolution, non représentées politiquement, elles n’ont pour seuls moyens d’exister que l’autodestruction, les barrages routiers, les sit-in et les affrontements avec la police corrompue. Criminalisées par les uns, elles sont appelées par les autres à être jugées par un système judiciaire que personne n’est pressé d’assainir. Dangereusement mais sûrement, les deux pôles tentent de canaliser la colère traduite par les mobilisations vers une spirale de violence identitaire – tribale, régionale, confessionnelle, laïcs/islamistes, etc. –, notamment dans les régions qui regorgent de ressources comme le bassin minier.

En nous fondant sur cette lecture de la situation, nous les Tunisiennes et Tunisiens soussignés, religieux et irréligieux, ouvriers, cadres, étudiants, paysans, chômeurs et travailleurs :

- Nous refusons d’être les otages de deux groupes politiques bien décidés à trahir la révolution en maintenant le régime répressif que notre peuple veut dissoudre et d’être contraints au choix entre la peste et le choléra que sont les deux ennemis de la révolution : Ennahda et ses alliés, Bèji Caïd Essebsi et ses alliés ;

- Nous sommes profondément déterminés à continuer notre vacarme, à ne jamais cesser de déranger en utilisant la plume et en descendant sur le terrain jusqu’à ce que soit formulé un projet alternatif que nous présenterons à notre peuple, à ses forces vives pour le discuter, l’enrichir, et l’expérimenter. Il s’agit ici d’une alternative politique, sociale, économique et artistique que nous voulons co-construire avec celles et ceux qui partagent notre lecture et notre diagnostic du contexte actuel, avec celles et ceux dont nos mots ravivent la souffrance et l’espoir, une alternative qui ne peut être bâtie selon nous que sur les axes programmatiques dessinés par le slogan : « Travail, liberté, dignité nationale ».

- Premièrement, « le peuple veut le jugement des criminels et des corrompus » : il faut mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle, seule garantie d’une rupture avec le régime. Il faut refuser de se contenter de compensations financières, ouvrir tous les dossiers de la police politique, la corruption, les abus de pouvoir, les crimes individuels et organisés. Pas de paix sans justice.

- Deuxièmement, « Le travail est un droit, bande de voleurs » : la lutte des classes existe bel et bien quoiqu’en disent les deux pôles. Tant qu’ils continuent à l’ignorer, la colère ne va cesser d’augmenter, et ne pourra être éteinte par des solutions provisoires. Il ne s’agit pas uniquement d’un problème de corruption, cela concerne un régime économique, social et politique qui doit être revu de fond en comble. La garantie des libertés collectives et individuelles ne peut se faire sans justice sociale.

- Troisièmement, « Le peuple tunisien est un peuple libre, ni Etats-Unis, ni France, ni Qatar » : il faut dévoiler les transactions collusives passées entre les deux groupes d’un côté et les élites économiques et politiques étrangères de l’autre afin de récupérer l’argent du peuple : pas de démocratie réelle sans souveraineté nationale et sans indépendance de la décision dans tous les domaines.

Pour élaborer et construire ce projet, nous refusons l’importation des recettes politiques, du prêt-à-porter intellectuel et des potions magiques étrangères. Nous refusons de répéter des slogans creux du type « plus de justice sociale » ou « réduction des disparités régionales ». Nous sommes conscients de l’ampleur de la mission qui nous incombe, mais bien décidés à unir nos forces pour élaborer un contenu concret pour mettre en place un gouvernement des hommes libre, souverain et juste, alternatif au régime dont nous réclamons la chute.

Nous sommes fragiles, peu organisés, mais remplis d’optimisme, d’idéalisme et de poésie. Nous sommes déterminés dans tous les cas à ne pas laisser tranquilles les forces contre-révolutionnaires, à ne pas laisser notre peuple être la victime consciente ou inconsciente de ses bourreaux à deux visages.

Nous crierons plus fort pour nous faire entendre au-delà des nuisances salafistes et modernistes, au-delà des appels suppliant le retour des dinosaures politiques, afin que personne n’oublie la raison pour laquelle nos martyrs ont donné leur vie : le droit confisqué de notre peuple au travail, à la liberté et à la dignité nationale.


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* Hèla Yousfi, qui veut la vie, et se battra pour que réponde le destin

* Ghassen Amami, citoyen qui veut la chute du régime, le jugement des responsables, la réalisation des rêves, dans la liberté, l’égalité et la paix

* Ghassen Ben Khelifa, citoyen qui considère que la chute du régime est un objectif de la révolution non encore réalisé

* Bassam Bounenni, citoyen avec report de la mise en œuvre

* Choukri Hmed, parce qu’« Il n’y a pas voix plus haute que celle du peuple »

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Dakhla, Sahara occidental ou Maroc saharien ?

Lilia Blaise

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83318

Le conflit du Sahara occidental semble plus que jamais d’actualité lorsque l’on arrive à Dakhla, une des villes des provinces du Sud annexées par le Maroc en 1975. Dynamique et en plein développement, la ville n’a rien des camps de réfugiés de Tindouf. Elle révèle d’autant plus les problèmes liés à la revendication de ces territoires par le Maroc.

« Ici on veut tous être Marocains. Ceux qui ne veulent pas, partent pour les camps ». Cette phrase jetée par Meimouna, accompagnatrice attitrée de la visite de Dakhla, habillée du voile sahraoui et chargée de communication, révèle une première vision de la ville, à l’extrême sud du Sahara occidental près de la frontière avec la Mauritanie. Et la question identitaire n’est pas la seule ambiguïté de l’endroit.

En arrivant sur l’aéroport, on peut déjà voir de l’avion, les constructions encore naissantes, financées par l’Etat marocain. Dès l’atterrissage, l’accompagnatrice, native de Dakhla, prend en charge l’unique journée prévue pour la visite. Un programme de choc attend: visite du nouveau port de Dakhla, visite du musée Sahraoui et de la médiathèque, visite des serres de tomates cerise, du site de l’océan vagabond, entretien avec le Wali, gouverneur de la ville et même une rencontre avec le tissu associatif local. Difficile de caser ne serait-ce qu’une heure de libre dans un programme aussi chargé afin de contacter ceux dont on ne parle pas « les militants revendiquant la libération de ce territoire » ou les membres du POLISARIO.

Une voiture est mise à disposition attend, l’accompagnatrice est là pour faciliter les visites et les trajets au cours de cette journée. Passée la vue aérienne, Dakhla est une petite ville où alternent les couleurs des bâtiments peints et le gris de ceux encore en construction. Très symétriques, les rues sont le cœur de l’activité nocturne ainsi que la corniche qui borde l’océan atlantique. Installée dans la péninsule du Rio de Oro, la ville est peuplée d’environ 60 000 habitants avec un climat désertique équilibré par le vent et la proximité de l’océan atlantique. Les restes de la colonisation espagnole datant du 19ème siècle sont encore visibles dans l’énorme fort militaire à l’entrée de la ville. La ville elle, est neuve, portant les traces du développement récent amorcé par le Royaume du Maroc. Et pourtant Dakhla fait partie des territoires du Sahara occidental et non du Maroc au regard du droit international. Entre aide au développement et exploitation directe, le Maroc joue sur une frontière fragile ; Dakhla est devenue ainsi une région « marocaine » économiquement mais pas juridiquement.

LA PECHE, PRINCIPALE RICHESSE

Dimanche matin, le marathon commence, direction : le nouveau port de Dakhla. Fierté locale, le port de pêche de Dakhla a commencé à être construit en 1998. Depuis, deux extensions sont en cours de construction, l’une notamment pour les bateaux pétroliers. Gagné sur la mer, le terre plein s’étend sur près de 13 ha. Les principales activités du port concernent la pêche pélagique et côtière ainsi que le trafic d’hydrocarbures. Le port est un point d’échange central avec l’Amérique du Sud mais aussi les pays africains. La pêche représente près de 40% de la production nationale marocaine. L’activité bat son plein le dimanche 17 juin, alors que les pêcheurs réparent leurs filets, des centaines de bateaux de pêche créent un effet de congestion.

A qui profitent les bénéfices générés par cette activité portuaire? Au Royaume du Maroc et à l’Europe selon un accord de partenariat de pêche (APP) signé en 1987 entre l’Union européenne et le Maroc et fréquemment renouvelé. Le problème posé par cet accord concerne l’espace où les navires européens peuvent pêcher. L’appréciation de cet espace est laissée à la libre interprétation du Maroc, or Dakhla n’appartient pas juridiquement au Maroc, il est seulement sous « contrôle » marocain. Selon un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies datant du 22 février 2010 (le pillage des ressources halieutiques au Sahara occidental), le Maroc n’a jamais été reconnu par les Nations Unies comme une puissance administrante du territoire. C’est pourquoi, le rapport stipule bien que « d’un point de vue légal, le Maroc n’a pas le droit d'exploiter, vendre ou marchander par le biais de l’octroi de licences les ressources de ce territoire. »

L’accord de pêche se baserait sur une violation du droit international car le Maroc a ouvert la possibilité à ces navires européens de pêcher dans les eaux bordant la zone du Sahara occidental sans déclarer sa juridiction sur les eaux. Cent dix-neuf navires européens de 11 pays membres naviguent ainsi sur ces eaux, reste à savoir s’ils vont jusqu’à utiliser le port de Dakhla comme point d’ancrage. Sur place, pas de drapeau européen à l’horizon. Ces accords de pêche sont sans cesse l’objet de négociations lors de leur reconduction et une manière pour le Maroc d’affirmer à chaque fois la légitimité de sa « souveraineté » sur le territoire. La manière dont le peuple sahraoui profite de ces richesses est plus ambigüe. Un des ingénieurs du port de Dakhla déclare que 10 000 habitants travaillent au port sans donner d’autres détails.

LA CULTURE DES TOMATES CERISE, MONOPOLE FRANÇAIS

Suite de la visite vers les fameuses serres de tomates cerises qui s’étendent sur 60 hectares dans la ferme de Tawarta et dont le principal client est aussi le marché européen. Le secteur de l’agriculture est la deuxième richesse de la ville de Dakhla. Les tomates arrivent en France où elles sont redistribuées dans divers pays européens, avec le label « en provenance du Maroc » ou « sud du Maroc ». La société française Azura cultive aussi des tomates cerises sur le territoire sur près de 76 ha.

Selon un rapport de l’ONG Western Sahara Ressource Watch, en 2012 un nouvel accord de libre-échange entre l’Union-européenne et le Maroc libéralise encore plus les échanges entre les deux pays alors qu’un autre accord commercial entre les Etats-Unis et le Maroc exclue clairement la zone du Sahara occidental. Plus encore, le Ministère de l’agriculture et de la pêche marocain a estimé que près d’un million d’hectares étaient exploitables pour l’agriculture. En 2009, près de deux mille d’hectares étaient exploités ou équipés dans diverses fermes et des projets d’extension sont prévus d’ici 2013. La majorité des récoltes seront destinées à l’exportation. La plupart de ces extensions seront faites sur des zones habitées auparavant par des Sahraouis qui sont partis pour les camps de Tindiouf lors de la guerre, selon le rapport de l’ONG Western Sahara Ressource Watch. Parmi les 11 domaines exploités pour l’agriculture autour de Dakhla, tous appartiennent au roi Mohamed VI, à des hommes d’affaires marocains ou à des multinationales françaises. Aucun n’appartient à un sahraoui.

Dans Dakhla, l’impasse du conflit est ainsi visible dans chaque parcelle du développement de la ville: Le Maroc considère bien que le territoire lui appartient et agit donc en toute légalité selon ses officiels. Excepté qu’aux yeux des Sahraouis, les choses ne sont pas si simples.

L’IDENTITE SAHRAOUIE EN QUESTION

A la radio régionale de Dakhla, le directeur accueille en costume traditionnel Sahraoui. Même le dimanche, l’équipe travaille. Créée en 2005, la radio couvre des sujets culturels politiques et religieux, organise des débats entre les notables et les citoyens. Mais quand il s’agit de la question du Sahara occidental, les sujets sont traités d’une certaine manière. Le directeur dit avoir parlé sur l’antenne des récents évènements comme le retrait de confiance à l’envoyé spécial de l’ONU, Christopher Ross mais quand on lui demande s’il est allé demander le point de vue de ceux revendiquant l’indépendance, ce dernier déclare, qu’il n’y a pas à sa connaissance de «Sahraouis indépendantistes ou séparatistes » à Dakhla.

La journée se terminera par une rencontre avec le « tissu associatif de la ville » composé de nombreuses femmes sahraouies très impliquées. Association pour les femmes et le développement, association pour l’enfance etc. Les problèmes dont parlent ces femmes portent sur le manque d’ « espaces verts », ou d’infrastructures pour les écoles. Tous revendiquent le fait « d’être des marocains à part entière », aucun acteur des associations militant pour l’indépendance n’est présent. Une vieille dame témoigne du calvaire qu’elle a dû endurer dans les camps de Tindiouf ayant déjà subi la torture dans les prisons espagnoles. Elle déclare être venue se « rallier » à Dakhla n’en pouvant plus des conditions de vie du camp de Tindiouf.

Dakhla, la ville où tout le monde se dit « marocain » servirait-elle donc à légitimer l’annexion de ces territoires par le Maroc ? C’est ainsi qu’est présentée l’histoire au petit musée Sahraoui de Dakhla. Accompagné d’une médiathèque, le musée commence par les photos des différentes visites du roi Mohamed VI dans les provinces du Sud puis vient l’histoire en cartes de la colonisation hispano-française. Le saut historique vers le 6 novembre 1975 et le serment de la Marche verte organisée par le roi Hassan II semblent être le pivot de l’histoire sahraouie dans ce musée. Les Marocains considèrent cet évènement « pacifique » comme une récupération de leurs territoires historiques contrairement à la Cour internationale de justice. Celle-ci a déclaré dans un traité du 6 octobre 1975 que s’il existait bien des liens juridiques d’allégeance entre le sultan du Maroc et certaines tribus du Sahara, cela n’était pas suffisant pour établir un lien de souveraineté territoriale entre le Sahara occidental et le Royaume du Maroc.

Très peu d’allusions au Polisario ou à une autre date historique, celle de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) le 27 février 1976. L’identité sahraouie culturelle, elle, semble être préservée à travers ce musée qui présente le costume traditionnel et son évolution à travers les âges, les techniques de coiffures, la tente bédouine. Mais peu d’éléments sur l’histoire réelle des sahraouis avec une étude par exemple des tribus qui composent le peuple : d’un côté les Ouled Dhims, de l’autre, les Rguibats. Pour Meimouna, c’est la permanence d’une société tribale qui rend impossible l’indépendance « vous savez, même si on avait l’indépendance, ces tribus se battraient chacune de leu côté pour régner. Et je ne suis pas sûre que cela serait souhaitable ».

DAKHLA, ELDORADO MAROCAIN ?

Pour le wali de la région d’Oued Eddahab Lagouira, Hamid Chabar, le conflit au Sahara occidental est désormais un problème diplomatique, «un conflit idéologique qui l’emporte sur le reste ». A Dakhla, son ambition est claire : « faire de la région un pôle de prospérité à la porte de l’Afrique Subsaharienne avec un flux d’échanges importants » ; Il base le dynamisme sur l’énergie éolienne afin de préserver l’écosystème particulier de la région et parle de nombreux projets pour le développement du tourisme. Son avis sur le Sahara Occidental semble partagé par le délégué du Ministre des Affaires étrangères à Rabat, Youssef Amrani : « Le Maroc attend aujourd’hui les évaluations du secrétariat des Nations Unies, et un nouveau médiateur qui puisse nous aider à aller de l’avant. » Pour lui comme pour le gouverneur de Dakhla, c’est le « manque d’implication de l’Algérie » qui empêche le compromis.

Quant au plan d’autonomie du Maroc, jugé illégal par un barreau d’avocats à New York, le ministre délégué préfère privilégier l’avis des Nations Unies qui ont jugé le plan «sérieux et crédible». Dakhla semble être donc bien être une ville « marocaine » aux yeux de tous. Youssef Amrani prend bien soin de préciser que les Marocains n’emploient pas la terminologie Sahara occidental, mais « Maroc Saharien » ou « sud du Maroc » ou encore « Sahara ».

Aujourd’hui, en quittant Dakhla, certes bien différente de Tindiouf, une question demeure et génère le malaise, qu’en est-il du peuple sahraoui dans ces consultations internationales ou même dans la manière dont le Maroc gère entièrement la ville? En arrivant à joindre par mail, quelques sahraouis d’un autre avis que celui présenté lors de la visite à Dakhla, le constat est bien différent. Mohamed El Beikom, un sahraoui, déclare qu’en plus de ne pas pouvoir s’exprimer librement, les revendications d’auto-détermination du peuple sahraoui sont sans cesse étouffées. Le cas de violations des droits de l’homme envers les activistes sahraouis reste encore difficile à aborder au Maroc. Mais le plus révoltant selon ce sahraoui reste la question du « pillage » des ressources. « Ce n’est pas le peuple sahraoui qui profite de ces richesses, aussi bien au niveau de la pêche, où peu de pêcheurs locaux sont bénéficiaires des ressources engendrées tout comme dans le secteur de l’agriculture. » Lui et d’autres sahraouis dénoncent le manque d’emploi pour les locaux. Pour le Wali de la ville, ce manque est plutôt du à un problème de formation pour certains travaux apparus avec l’urbanisation de Dakhla, il déclare « mettre en œuvre un travail de sensibilisation afin de changer les mentalités. Pour certains locaux, les travaux de ferme sont considérés comme dégradants, il faut que nous changions cela ».

En attendant, le développement de la ville et l’exploitation de ressources continuent…


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** Lilia Blaise a publié ce reportage dans l’hebdomadaire tunisien Réalités

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Afrique : Des défis anciens mais une lutte renouvelée en faveur du changement

Kwasi Adu-Amankwah

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83319

La montée du chômage et l’insuffisance des services publics, dans un contexte de crise économique et financière mondiale, poussent les forces sociales à se rebeller un peu partout en Afrique. Pour les travailleurs et les travailleuses, ainsi que les pauvres, il ne saurait être question de se soumettre aux diktats des marchés qui voudraient que ce soient les peuples et les pauvres qui paient le prix du sauvetage des économies, au travers de la réduction des dépenses sociales.

L’Afrique a récemment été au cœur de l’attention mondiale car les actions citoyennes ont plus que jamais mis en exergue la nécessité du changement et de la justice sociale. C’est particulièrement en Afrique du Nord que les luttes ont été les plus spectaculaires et que l’on a le plus entendu la clameur et perçu les actions des jeunes hommes et femmes qui sont apparus comme des acteurs incontournables du changement. Pour l’essentiel, ils revendiquent les aspects fondamentaux inhérents au droit des peuples à vivre et à travailler dans la dignité et la pleine liberté.

Le problème croissant du chômage sur le continent, auquel s’ajoute l’insuffisance des services publics qui se tarissent, compose une situation exacerbée par la crise économique et financière mondiale qui a encore accru les privations et la souffrance des populations. Les travailleurs et les travailleuses expriment leur désenchantement devant l’ampleur de l’échec des efforts en faveur d’un véritable développement en Afrique, presque exclusivement à cause de gouvernants faibles et hypocrites. Les travailleurs et les travailleuses, ainsi que les pauvres, s’opposent vigoureusement aux diktats des marchés qui voudraient que ce soient les peuples et les pauvres qui paient le prix du sauvetage des économies, au travers de la réduction des dépenses sociales, ce qui ne peut qu’intensifier la pauvreté.

Pendant ce temps, l’on fait confiance à la démocratie comme vecteur de changement susceptible de mettre les communautés et les populations sur la voie du progrès et d’un plus grand bien-être. Cette conviction a été au cœur des luttes renouvelées que l’on a pu observer dans tout le continent. Cependant, ces luttes comportent des défis variés et réveillent la réaction virulente des gouvernements, des employeurs ainsi que d’autres forces qui ont tout intérêt à maintenir le statu quo. Par exemple, la paranoïa exacerbée de certains cercles gouvernementaux en Afrique a déclenché le déploiement des forces chargées d’étouffer les mouvements de protestation légitimes et pacifiques. Ainsi, au Malawi, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Burkina Faso ou encore au Sénégal, les forces policières et de sécurité ont tiré sur des manifestants sans défense, dont certains sont morts et d’autres ont été blessés, voire mutilés.

Les syndicats africains et leurs membres, tout comme d’autres défenseurs des droits humains ainsi que des journalistes, ont aussi été victimes d’attaques verbales, physiques et psychologiques d’intensité croissante. Dans certains cas, comme en Éthiopie, en République centrafricaine ou au Rwanda, ces attaques peuvent passer par l’adoption de dispositions juridiques qui interdisent à de nombreux travailleurs et travailleuses de constituer des syndicats de leur choix ou d’y adhérer.

Cette année encore, le droit de négociation reste nié, supprimé et réprimé, comme on l’a vu au Kenya, au Togo et en Guinée. C’est par exemple le cas du secteur hospitalier, des services d’approvisionnement en électricité et en eau et du contrôle du trafic aérien. Les grèves y sont soumises à des restrictions, voire interdites.

Voir le Guide des droits syndicaux internationaux de la CSI afin d’y inclure des services qui n’ont rien d’essentiel a été l’une des stratégies antisyndicales de prédilection auxquelles doivent faire face les syndicats du Ghana, du Nigeria, du Botswana et de l’Ouganda, pour ne citer que ceux-là.

L’insuffisante reddition de comptes, le déni de justice ou les retards dans le traitement des affaires liées aux violations des droits syndicaux ou d’autres droits humains contribuent au renforcement de l’impunité. Les nombreux meurtres commis par les forces de sécurité durant les différentes actions de protestation n’ont pratiquement donné lieu à aucune enquête, et ceux qui s’en sont rendus coupables ne sont pas poursuivis. La sécurité des journalistes et des employés des médias est un autre sujet de préoccupation grandissant, car leur contribution est vitale pour la survie de la démocratie et la poursuite des aspirations des peuples africains au développement.

En dépit de ces défis, les travailleurs et travailleuses d’Afrique poursuivent inlassablement leur action en vue de défendre, de protéger et de promouvoir leurs droits syndicaux et d’autres droits humains !


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** Kwasi Adu-Amankwah, est secrétaire général de la Confédération syndicale internationale-Afrique

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L’accaparement des terres ou comment la loi expulse les gens de leurs terres

Tomaso Ferrando

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83316

L’Etat, en tant qu’instrument des intérêts du capital, fournit de la main d’œuvre corvéable à merci, des terres et des privilèges fiscaux à ceux qui se saisissent des terres. Mais la quête du développement n’est pas une finalité qui justifie les abus et les violations. Elle est plutôt un processus qui doit être considéré comme un droit, une dialectique entre l’Etat et la population où tous les droits, c'est-à-dire sociaux et culturels ainsi que civils et politiques, sont réalisés ensemble.

Pervertissant la vision classique du rapport de pouvoir public/privé, certains pays africains ont repris à leur compte le slogan d’un journal de l’Europe de l’Est lors d’une visite du Chancelier allemand en 1999 : "Nous pardonnons aux Croisés et attendons les investisseurs".[1] Comme l’a souligné Ulrich Beck " dans un contexte global où le capital est libre de circuler sans restriction et où la compétition entre pays est la règle plutôt que l’exception, la menace ne provient plus du risque d’être absorbé par le paradigme dominant, mais bien plus d’en être ignoré". Il n’est donc pas surprenant que, restreints aux plans économiques et idéologiques, les participants à la compétition globale pour les investissements, qui sont surtout subventionnés par des taux d’intérêts bas et par des alchimies financières, participent à une course globale régulatrice qui nivelle tout, où tout est à vendre y compris la terre.

En particulier, il y a deux façons légales qui permettent aux investisseurs d’acquérir différents droits sur la terre, dépendant de leurs homologues et du régime foncier du pays hôte. Sans faire de différence entre le droit public et le droit privé, ces deux mécanismes pourraient se nommer "accaparement public" et "accaparement privé". Indépendamment de la méthode choisie, les évènements actuels et la comparaison historique montrent que la terre, qu’elle soit expropriée, déclarée inoccupée, ou exposée à une compétition croissante entre les petits fermiers et les exploitants commerciaux, le fait que la population régionale est passée de 230 millions à 860 millions entre 1960 et 2010, que la terre cultivée per capita est de 0,3 hectare [2] et que la demande globale pour de la terre et sa production est loin de décroître, nous fait dire que le déplacement paradigmatique du petit paysan à l’agriculture industrielle, aura inévitablement un impact sur les pays à bas revenus, les plus pauvres, les plus vulnérables et les secteurs les plus marginalisés des populations. Si telle est la réalité des faits, l’histoire de l’Afrique montre que les déplacements et les migrations, surtout intra-régionaux, représentent la réponse aux risques présents ou perçus et c’est donc ce à quoi nous devons nous attendre.

Accaparement public des terres comme méthode d’expulsion directe

Considérant plus loin les détails de "l’accaparement public", qui sur la base des données disponibles semble plus diffus, [3], la terre, au centre de l’accord, est considérée par le pays hôte comme étant " publique ou nationale" en vertu de son propre ordre légal ou exproprié sur la base de "l’intérêt public" ou "de la nécessité publique". Dans les deux cas, des Etats souverains maximalisent leur pouvoir interne afin de définir le contenu et les limites de leur système légal interne. Ils donnent un sens à de grands concepts comme "domaine public" et développement, ou définissent clairement l’occupation légale et illégale, de terres occupées ou inoccupées, disponible ou indisponible et déterminent qui a le droit à un titre de propriété formel. La façon dont ces actes souverains sont menés peut ouvrir deux voies divergentes, deux extrêmes dont l’une peut aller vers le bien commun et l’autre vers une subordination totale aux besoins du marché global et des agents exogènes.

Ce que j’affirme ci-après, c’est que la souveraineté de plusieurs pays subsahariens, aux prises avec le dilemme du prisonnier et de l’homogénéisation idéologique, s’exerce de sorte à tendre vers cette dernière extrémité, tournant résolument le dos à la diversité légale et aux formes alternatives de développement.

QUELLE EST LA PART DU "PUBLIC" ET DE "L’INTERET" DANS INTERET PUBLIC ?

Prenons par exemple le rapport 2012 de Human Rights Watch sur la villagisation en Ethiopie, qui fournit une reconstitution dramatique du processus en cours de transfert qui a lieu dans la région de Gambella et au-delà de la frontière entre l’Ethiopie et la Somalie, sous les auspices du gouvernement éthiopien et son projet de villagisation pour le développement rural. Entrepris officiellement pour garantir à la population un "meilleur accès aux infrastructures socioéconomiques de base" […] et afin d’induire une transformation socioéconomique et culturelle de la population, le plan pour Gambella entre dans un programme plus vaste de transferts de population qui concerne 1,5 millions de personnes dans quatre régions (Gambella, Afar, Somali et Benighangul-Gumuz), dont plus de 100 000 personnes ont vécu ou vivent toujours dans la région de Gambella.

Sur la base des données contenues dans le rapport, la décision du gouvernement fédéral d’exercer son pouvoir souverain de façon aussi drastique sur la terre et la population [4] soulève sans aucun doute des questions concernant le respect des procédures nationales et internationales pour les transferts de population, l’existence d’un consentement préalable, libre et informé, de la population locale, le transfert accepté, l’efficacité du plan de compensation et la subordination des intérêts de la population aux intérêts des besoins et volontés des investisseurs globaux. Mais surtout, il démontre clairement le potentiel de la souveraineté comme moyen légitime de coercition de la population.

Bien que le rapport insiste peu sur la relation entre des développements agricoles à large échelle et les transferts de population et qu’il n’y a pas de connexion directe entre les 100 000 hectares de terre que le gouvernement fédéral a déjà loués à Karuturi Global LTD, [5] le cas de la région de Gambella apparaît d’ores et déjà comme emblématique d’une utilisation fonctionnelle des prérogatives souveraines. De fait, la Constitution éthiopienne octroie à l’Etat fédéral le pouvoir d’exproprier et de transférer des populations après avoir identifié et déclaré l’existence d’un objectif public. En particulier, la Proclamation 455/2000 a codifié, dans la législation fédérale, les dispositions constitutionnelles qui protègent la population d’expropriations injustifiées et garantissent le droit aux compensations. [6]. Plus précisément, la Proclamation no 455/200558 révèle la logique qui sous-tend l’expropriation et nous donne une image claire de comment la notion de développement comble la case vide de l’intérêt public et lui donne son sens.

Du point de vue des petits fermiers, l’objectif public est une arme à double tranchant qui, par le passé, a certainement été utilisé par certains gouvernements au profit des paysans locaux et des non propriétaires et contre les droits et intérêts des propriétaires terriens. Toutefois, ceci est maintenant devenu un moyen légitime de l’expulsion forcée, processus alimenté par des contraintes, une idéologie économique de marché et un cadre politique de la classe dirigeante. Le cas éthiopien, conjointement avec une série interminable de projets de développement qui ont été entrepris sur des terres inhabitées ou dont la population a été transférée de force, représente en fait l’exemple classique de la monopolisation de "l’objectif public" au nom du "développement", afin de poursuivre des objectifs qui sont clairement contraire au développement tel que prévu par le droit international.

Selon le rapport du Conseil Economique et Social des Nations Unies de 2004, "Review of progress and obstacles, implementation, operaliszation and enjoyment of the right to development", et sur la base de l’art.1 et du Préambule de la Déclaration au Droit au développement, celui est décrit comme une situation dans laquelle " tous les droits humains et les libertés fondamentales peuvent être pleinement réalisés". [7] Rechercher le développement plutôt que de poursuivre, ce qui n’est rien de plus qu’un processus économique, a permis à la population d’atteindre les droits et libertés déclinés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme dans leur totalité, comme un tout intégré.[8]. En d’autres termes, la quête du développement n’est pas une finalité qui justifie les abus et les violations, mais un processus qui doit être considéré comme un droit, une dialectique entre l’Etat et la population où tous les droits, c'est-à-dire sociaux et culturels ainsi que civil et politique, sont réalisés ensembles.

Toutefois, et sans considération pour les limites déterminées par le droit international comme obligation supranationale, les Etats continuent de se référer au "développement" comme étant le mot clé pour légitimer une acceptation idéologique et législative pour des investissements à grande échelle dans la terre, comme dit précédemment, qui clairement violent les droits les plus fondamentaux de la population concernée. D’autre part, les institutions financières internationales ignorent le fait que "si l’on exclut la performance de la Chine, il y a eu entre 1987 et 1999 une augmentation du nombre des pauvres qui est passé de 880 millions à 945 millions" [9], et restent sourdes aux critiques, persistent à poursuivre une stratégie de développement économique et de jouer le rôle fondamental de financier pour des investissements considérables en Afrique subsaharienne, surtout pour "contribuer à attirer des investisseurs et forger les politiques et les lois qui permettent des contrats lucratifs et rationalisés". [10]

Bien que parfois quelques mesures soient prises afin de minimiser l’impact négatif des transferts forcés de populations ou pour obtenir un consentement préalable libre et informé, il est néanmoins tout aussi vrai que le nombre de cas dans lesquels les règles ont été violées, sont infinis, faisant des transferts déjà réalisés des actes illégaux. L’idée qui sous-tend la possibilité de compensation repose sur la notion selon laquelle du point de vue du paysan une terre en vaut une autre, faisant fi du fait que certaines terres sont commercialement plus attrayantes que d’autres, c'est-à-dire plus productives que d’autres. De plus, elle ignore totalement les études anthropologiques et sociologiques qui ont démontré la relation spécifique entre la terre, la culture et l’identité. Les preuves les plus flagrantes en sont apportées par le cas de Gambella. Bien que les autorités éthiopiennes affirment que tout le processus de "villagisation" est volontaire, des familles entières retournent dans leur village d’origine, démontrant ainsi, sans équivoque, le fait que la terre n’est pas une commodité qui peut être échangée contre n’importe quel autre bien.

En définissant comme "intérêt national" ou "bien national" des projets de développement liés à la terre, qui ne respectent pas la notion du droit au développement, qui génèrent des migrations et aboutissent à des violations inextricables des droits fondamentaux de la population et des communautés locales, les Etats abusent du pouvoir qui leur est octroyé aussi bien par la communauté nationale qu’internationale. Si la distinction entre souveraineté intérieure et extérieure est artificielle, et si la souveraineté intérieure ne peut s’exercer que dans le respect du droit international, il s’en suit que d’user de la discrétion interne pour définir les projets "d’intérêt national", qui ont un impact négatif sur la population locale et violent les obligations internationales, même avec la mise ne place de procédures d’atténuation, sont de fait un abus de souveraineté qui peut être condamné dans les fora appropriés.

Pour conclure et comme le rappelait récemment Liza Alden [11], l’actuelle ruée sur la terre n’est rien de nouveau sur notre planète pas plus que le recours à la souveraineté et à la légalité comme instrument de pérennisation de l’injustice et de l’accumulation de richesses par des particuliers. L’Etat, comme instrument au service des intérêts du capital, fait usage de ses prérogatives afin de fournir à ce dernier de la main d’œuvre corvéable à merci, des terres et des privilèges fiscaux. Si l’on prolonge ce qu’Erik Hobsbawn affirmait déjà dans les années ‘50 du siècle passé concernant l’intérêt public, nous pouvons conclure que dans de nombreuses situations les prérogatives souveraines ne sont rien de plus que "des forces en quête de profits pour des entreprises privées" qui s’efforcent de transformer "la terre en une commodité", "de transmettre la terre à une classe d’hommes poussés par la raison, c'est-à-dire un intérêt personnel éclairé et du profit", et de "transformer la grande masse des populations rurales en une masse de salariés librement mobiles" (1962,184)

Dans un système de droit international et national basé sur la fragmentation et la maximisation des prérogatives nationales en faveur d’intérêts égoïstes, la réponse légale ne peut guère espérer prévaloir si elle reste individuelle. Ce qui est requis c’est un réseau qui sème la semence d’une résistance globale
REFERENCES:

[1] Beck U., 2010, 'Reframing Power in the Globalized World', Organization Studies 29(05)
[2] Int'l Fund for Agric. Dev., Doc. EB 2008/94/R.2, 'Policy on Improving Access to Land and Tenure Security', 17
[3] Liz Alden Wily, 'Looking back to see forward: the legal niceties of land theft in land rushes', 39 Journal of Peasant Studies 751–775 (2012).
[4] Article 51 (1) de la Constitution fédérale confie au gouvernement fédéral la tâche d’appliquer les lois "pour l’utilisation et la conservation des terres".. Article 52(2)(d) donne aux Etats régionaux le pouvoir et la fonction "d’administrer les terres et autres ressources naturelles en accord avec les lois fédérales"
[5] Article 1.1 of the Land Rent Contractual Agreement établi entre le ministère de l’agriculture et le développement rural et Karuturi Agro Products PLC, signé le 25 octobre 2010, déclare que: ' L’étendue de ce contrat de location est d’établir une location à long terme de terres pour le développement de la production de palmes, de céréales et de légumineuses sur les terres d’une surface de 100 000 hectares (Itang 42,088 hectares and Jikao 57,912 hectares), situées dans les régions de Gambela, Nuer Zone, Jikao District and Itang Special District, avec un certificat de location No. EIA-IP 14584/07 avec tous les droits pour l’aménagement des facilités, installations structures, et propriété ou l’amélioration des objets existants , à la compagnie incorporée pour les buts décrits ci-après par le preneur dans la République Fédérlae Démocratique d’Ethiopie '. See Stebek E.N., op. cit.
[6] 'A Proclamation to Provide for the Expropriation of Land Holdings for Public Purposes and Payment of Compensation', Proclamation No. 455/2005, Federal Democratic Republic of Ethiopia.
[7] First report: E/CN.4/1999/WG.18/2; second report: A/55/306; third report: E/CN.4/2001/WG.18/2; fourth report E/CN.4/2002/WG.18/6 and E/CN.4/2003/WG.18/2
[8] UN Economic and Social Council
[9] UN Economic and Social Council, op. Cit., p. 9
[10] Oakland Institute, 2011, 'Understanding Land Investment Deals in Africa. The Role of the World Bank Group', The Oakland Institute, Oakland, USA
[11] Alden Wily, supra note 3.



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** Tomaso Ferrando est doctorant à l’Ecole des Sciences Po et du droit à Paris – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Rio +20 : “Economie verte” et autres fausses solutions

Via Campesina

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83314

En prélude à Rio+20, Via Campesina sortait une déclaration. Elel mettait l’accent sur le fait que l’économie verte ne cherche à atténuer ni le changement climatique ni la détérioration de l’environnement mais bien plutôt à généraliser le principe donnant à ceux qui en ont les moyens le droit de polluer.

Du 20 au 22 juin 2012, des gouvernements du monde entier vont se rassembler à Rio de Janeiro au Brésil dans le but de commémorer les 20 ans du "Sommet de la terre", la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable (CNUDD) qui, pour la première fois en 1992, établit un calendrier mondial pour le "développement durable". C’est lors de ce sommet qu’ont été adoptées la Convention sur la Diversité biologique (CDB), la Convention des Nations Unies sur le Changement climatique (CNUCC) et la Convention sur la Lutte contre la Désertification. Chacune de ces conventions promettait de mettre en place un ensemble de mesures destinées à protéger la terre et la vie sur la planète tout en contribuant à la dignité de tous les êtres humains.

A cette époque, de nombreux mouvements sociaux avaient salué ces nouvelles conventions porteuses d’espoirs. Vingt ans plus tard, nous nous rendons compte que les causes réelles de la détérioration environnementale, économique et sociale n’ont pas été touchées. En outre, nous constatons avec une inquiétude profonde que cette prochaine réunion de juin renforcera les politiques néolibérales et les processus d’expansion capitaliste, de concentration et d’exclusion qui nous entraînent dans une crise environnementale, économique et sociale aux proportions démesurées. Sous le nom trompeur et mal intentionné d’ “économie verte”, de nouvelles formes de pollution et de destruction de l’environnement vont être annoncées ainsi que de nouvelles vagues de privatisation, de monopolisation et d’expulsion de nos terres et de nos territoires.

La Via Campesina va se mobiliser lors de cet événement et fera entendre la voix paysanne dans le débat mondial. Le mouvement international défendra une nouvelle voie de développement, fondée sur le bien-être de tous et toutes, une voie qui assure l’alimentation de chacun, qui protège les biens communs et les ressources naturelles, garantissant qu’ils servent au “bien vivre” de tous et toutes et non au désir d’accumulation d’une minorité.

20 ANS PLUS TARD: PLANETE ET HUMANITE EN CRISE

20 ans après le Sommet sur la Terre, la vie est devenue plus difficile pour la majorité de ses habitants et habitantes. Le nombre de personnes souffrant de la faim approche maintenant du milliard, ce qui signifie qu’une personne sur six a faim, les enfants et les femmes paysannes étant les plus touchés. Les expulsions de nos terres et de nos territoires se sont accélérées. Elles ne sont pas seulement dues aux conditions désavantageuses imposées par les traités commerciaux et le secteur industriel, mais aussi à de nouvelles formes d’accaparements de la terre et de l’eau, à l’imposition mondiale de nouvelles législations sur la propriété intellectuelle qui nous volent nos semences, à l’invasion des semences transgéniques, à l’avancée des plantations de monocultures, des mégaprojets d’infrastructure et d’extraction minière.

Les grandes promesses de Rio 92 se sont avérées vaines. La Convention sur la Diversité biologique n’a pas mis fin à la destruction de la biodiversité. Au contraire, elle a contribué à de nouveaux mécanismes destinés à la privatiser et à la convertir en marchandise. La désertification continue à avancer de pair avec l’agriculture industrielle et l’expansion de l’agro-industrie et des plantations de monocultures. Le réchauffement de notre planète – avec son cortège de désastres et la souffrance qui en découle - n’a pas été diminué, mais il s’est plutôt accéléré et aggravé.

La grande tromperie de 1992 a été le “développement durable”. Alors que les mouvements sociaux le voyaient comme une possibilité de traiter l’origine des problèmes, cela n’a finalement été qu’une recherche de nouvelles formes d’accumulation. Aujourd’hui il s’agit de légitimer ce qu’ils appellent “l’économie verte”.

“L’ECONOMIE VERTE” ET LES AUTRES FAUSSES SOLUTIONS: UN NOUVEL ASSAUT SUR LES PEUPLES ET LES TERRITOIRES

L’économie capitaliste a causé la plus grande crise systémique depuis 1929. Depuis 2008, le système hégémonique s’efforce de trouver des sorties à la crise structurelle, tout en recherchant de nouvelles possibilités d’accumulation dans la même logique. C’est dans ce contexte que le secteur financier s’est emparé des conventions sur la diversité biologique et le changement climatique et a développé cette nouvelle ingénierie financière appelée Capitalisme vert.

Gouvernements, secteur industriel et organes onusiens ont passé les dernières années à construire le mythe de “l’économie verte” et du “verdissement de la technologie”. Présenté comme le point de rencontre entre la planète et le monde des affaires, il s’agit, en réalité, d’une nouvelle façon de faire avancer le capitalisme jusqu’à ce que toute la terre soit sous le contrôle du grand capital. De nombreux mécanismes sont mis en œuvre par cette économie verte qui, tous, nous entraînent vers davantage de destructions.

L’économie verte ne cherche à atténuer ni le changement climatique ni la détérioration de l’environnement mais bien plutôt à généraliser le principe donnant à ceux qui en ont les moyens le droit de polluer. Jusqu’à présent, on a utilisé le ridicule achat de bons carbone (compensation carbone) afin de pouvoir continuer à émettre des gaz à effets de serre. Maintenant ce sont des bons pour la biodiversité qu’on invente. Ce qui signifie que les entreprises pourront continuer à détruire les forêts et les écosystèmes dans la mesure où elles paient quelqu’un qui est supposé conserver la biodiversité ailleurs. Il est bien possible que demain des bons pour l’eau, le paysage et l’air pur soient ainsi créés.

Ces systèmes de paiement en échange de services environnementaux aboutissent à l’expropriation des terres et des territoires des paysannes, paysans et des peuples autochtones. Les gouvernements et les entreprises donnent une forte impulsion aux mécanismes REDD et REDD+. Ils sont présentés comme des mécanismes qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre provenant du déboisement et de la dégradation des forêts. Mais en réalité, on les utilise pour imposer des projets qui empêcheront les familles et les communautés rurales d’accéder à leurs terres, leurs forêts et leurs sources d’eau en échange d’un paiement dérisoire. De plus, ces mécanismes garantissent au secteur industriel un accès sans restriction aux zones forestières communes, rendant possible des actes de biopiratage. Des contrats sont imposés liant les communautés paysannes à ces projets de développement pour 20 ans ou plus; les terres autochtones et paysannes sont alors hypothéquées et risquent d’être saisies. L’objectif de ces services environnementaux est de prendre le contrôle des réserves naturelles et des territoires de nos communautés.

Une autre initiative de l’économie verte consiste à transformer les plantes, les algues et tous les déchets organiques (paille, fumier, etc.) en sources d’énergie afin de remplacer le pétrole. Il s’agit de “l’utilisation de la biomasse”. Avec les agrocarburants, des millions d’hectares qui devraient être couverts de forêts ou produire des aliments, sont désormais consacrés à une production agricole qui alimente des machines. Si l’utilisation énergétique de la biomasse se développe nous constaterons que la vie maritime sera encore plus réduite car une partie importante des espèces marines ne trouvera plus à se nourrir. Nous constaterons que nos sols ne récupèrent plus la matière organique qui est indispensable à leur fertilité et à leur protection contre l’érosion et la sécheresse. Il deviendra ainsi impossible de nourrir nos animaux, les aliments devenant de plus en plus chers et rares. Les réserves aquifères s’épuiseront encore davantage soit à cause des cultures d’agrocarburants, soit que, par manque de matière organique, nos sols auront perdu la capacité d’absorber l’eau et de la retenir.

On nous parle maintenant d’une “agriculture intelligente pour le climat”, qui entraîne une nouvelle révolution verte –probablement avec des OGM- et qui nous pousse à accepter des paiements dérisoires sur la même base que les REDD au lieu d’exiger un soutien efficace pour nous défendre contre les effets du réchauffement climatique. On cherche aussi à nous imposer des systèmes dépendant des pesticides, tel que le semis direct avec des pulvérisations aériennes de Round up: et c’est appelé une “agriculture faible en carbone”! On va nous obliger à faire un certain type d’agriculture où nous risquons de perdre le contrôle de nos territoires, de nos écosystèmes et de notre eau.

L’un des aspects les plus pervers des fausses solutions promues lors des négociations internationales est la restriction de l’accès à l’eau. Prétextant la rareté de l’eau, il est proposé qu’elle soit réservée aux “cultures de grande valeur”, c’est à dire d’arroser uniquement les cultures d’exportation, les agrocarburants et autres cultures industrielles et non les cultures destinées à l’alimentation.

La promotion de solutions technologiques qui n’apportent aucune solution se trouvent aussi à l’ordre du jour des discussions de Rio. La géoingénierie et les cultures transgéniques sont parmi les plus dangereuses. Jusqu’à présent aucune des solutions proposées par la géoingénierie ne s’est avérée avérée capable de résoudre les problèmes climatiques. Bien au contraire, certaines formes de géoingénierie telle que la fertilisation des mers, sont si dangereuses qu’un moratoire international a été décrété. Dans le but de nous faire accepter les cultures transgéniques, on nous a dit qu’elles résistaient à la sécheresse et à la chaleur, mais la seule nouveauté des OGM est leur résistance aux herbicides ce qui crée un marché de produits très toxiques, comme le 2,4,-D.

Le projet le plus ambitieux et celui que certains gouvernements identifient comme “le plus grand défi”, consiste à mettre un prix à tous les biens de la nature (l’eau, la biodiversité, le paysage, la forêt, les semences, la pluie...) dans le but de les privatiser (sous couvert que les conserver coûte cher). Et ensuite, nous faire payer leur utilisation. Cela s’appelle l’Économie des Écosystèmes et de la Biodiversité (TEEB The Economics of Ecosystems and Biodiversity en anglais). C’est l’assaut final contre la nature et la vie mais aussi, contre les moyens de subsistance et la vie des peuples qui vivent de l’agriculture, de la chasse et de la pêche

Ce capitalisme “vert” dirige sa convoitise vers les espaces ruraux communs, l’agriculture, la terre et l’eau. Nous en souffrons déjà les effets lors des accaparements de terre et de la privatisation de l’eau, des océans, des territoires indigènes, des parcs nationaux et des réserves naturelles. Tout cela va de pair avec les expulsions forcées des communautés paysannes et autochtones.

LA SOLUTION REELLE: PLACER LES AGRICULTURES PAYSANNES ET AUTOCHTONES AU CENTRE DES POLITIQUES

Les communautés paysannes et autochtones vivent dans la plus grande pauvreté car leurs terres ont été volées. Des législations ont été créées pour les empêcher de cultiver et d’échanger librement leurs semences. Cependant, nous sommes des peuples qui résistons à l’expulsion et nous représentons encore 90% de la population rurale. Notre système agricole refroidit la planète, respecte les écosystèmes et assure l’alimentation des plus pauvres.

Toute solution réelle doit aller à l’encontre de la recherche effrénée de profit du capital, elle doit mettre fin à la complicité des gouvernements et soutenir les systèmes de production qui respectent la planète. La souveraineté alimentaire est au cœur de tout changement nécessaire, c’est la seule voie afin d’alimenter l’humanité. Nos propositions sont claires et apportent des solutions réelles:

Nous devons remplacer le système alimentaire industriel agro-exportateur par un système basé sur la souveraineté alimentaire qui rend à la terre sa fonction sociale de terre nourricière, donnant une place prépondérante à la production locale d’aliments, aux circuits de commercialisation et de transformation locaux. La souveraineté alimentaire permet d’en finir avec les monocultures et l’agro-industrie, de promouvoir un système de production paysan qui se caractérise par une plus grande productivité et intensité; la création d’emplois, le respect des sols et une production saine et diversifiée. L’agriculture paysanne et autochtone est aussi celle qui peut refroidir la planète car elle peut éviter la production ou absorber jusqu’à 2/3 des gaz à effet de serre émis chaque année.

La terre qui est entre les mains de paysannes, de paysans ou de peuples autochtones représente environ 20% de la surface agricole mondiale. Cependant, sur ces terres, les familles et les communautés paysannes et autochtones produisent au moins la moitié de l’alimentation mondiale. Nous avons donc entre nos mains la forme la plus sure et la plus efficace d’éradiquer la faim dans le monde.

Pour nourrir l’humanité et restaurer la normalité climatique, l’agriculture doit retrouver sa place au sein des communautés paysannes et des peuples autochtones. Dans ce but, des reformes agraires intégrales de grande amplitude doivent être entreprise dans les plus brefs délais, afin de mettre fin à la concentration extrême et croissante de la terre qui affecte l’humanité. C’est grâce à ces réformes agraires que les conditions matérielles seront réunies pour que l’agriculture paysanne et autochtone remplisse la fonction nourricière pour l’humanité. Il est donc nécessaire d’arrêter immédiatement toutes transactions et concessions qui conduisent à des concentrations ou accaparements de terres ou à des déplacements de communautés rurales.

Les systèmes d’agriculture paysanne ou autochtone, de chasse, de pêche ou d’élevage qui protègent la terre et produisent l’alimentation doivent être soutenus de façon adéquate par des fonds et des moyens publics sans condition. Les mécanismes de marché – vente de carbone et de services environnementaux – doivent être annulés immédiatement et remplacés par des mesures réelles telles que celles mentionnées ci-dessus. Arrêter la pollution est un devoir auquel nul ne peut échapper en achetant des droits de continuer à détruire.

Ce que les organismes internationaux et le secteur industriel nomment biomasse doit légitimement servir à alimenter les êtres humains et retourner à la terre afin de restaurer sa fertilité. Les émissions provenant du gaspillage d’énergie doivent être réduites par des économies d’énergie et en arrêtant le pillage. Nous avons besoin de sources d’énergie renouvelables décentralisées, à la portée des peuples.
MOBILISONS-NOUS TOUS AFIN DE DEMASQUER RIO+20 ET LE CAPITALISME VERT

Nous paysans et paysannes, sans-terres, peuples autochtones, migrants et migrantes, nous opposons fermement à la marchandisation de la terre, de nos territoires, de l’eau, des semences, des aliments, de la nature et de la vie humaine, nous répétons ce qui a été dit au Sommet des Peuples de Cochabamba en Bolivie: “L’humanité est aujourd’hui à la croisée des chemins: poursuivre sur la voie du capitalisme, de la mise à sac et de la mort ou emprunter le chemin de l’harmonie avec la nature et du respect de la vie.”

Nous répudions et dénonçons “l’économie verte”, elle n’est qu’une façade qui cache la convoitise du secteur industriel et de l’impérialisme agroalimentaire dans le monde. C’est une couche de peinture verte sur le capitalisme qui n’impose que de fausses solutions: le commerce du carbone, le mécanisme REDD, la géoingénierie, les OGM, les agrocarburants, le biochar et toutes les solutions à la crise de l’environnement basées sur le marché.

Notre défi est de retrouver d’autres types de relations avec la nature et entre les peuples. C’est notre devoir et notre droit et voilà pourquoi nous continuons à lutter sans trêve pour la construction de la souveraineté alimentaire, pour la réforme agraire intégrale et la récupération des territoires autochtones, pour mettre fin à la violence du capital et pour la restitution des systèmes paysans et autochtones basés sur l’agroécologie.

NON AUX FAUSSES SOLUTIONS DU CAPITALISME VERT POUR AGRICULTURE PAYSANNE!


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Transfert de technologie vers l’Afrique : quel enfumage !

Jean-Paul Pougala

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/features/83321

Il existe un domaine dans lequel la propagande occidentale excelle particulièrement au sujet de la manipulation de l'opinion publique en Afrique, et ce, à travers ses ONG complices et ses gouvernements, c'est le domaine inexistant et mensonger dit du "transfert de technologie". Car faut-il le rappeler, dans la configuration actuelle du monde et des relations internationales, il n'existe pas de transfert de technologie. et cela pour plusieurs raisons.

LES REGLES DE L'UNION EUROPEENNE

La Commission de l'Union Européenne, à travers le Règlement (CE) n° 772/2004 du 7 avril 2004, interdit le transfert de technologie entre les entreprises, et en fixe les exceptions, parce qu'elle juge que cette pratique fausse la concurrence et empêche le progrès de la société. Parce qu'à partir du moment où une entreprise attend que sa concurrente lui livre ses secrets de fabrication, elle n'innove pas, elle ne se bat pas pour remonter son retard, son handicap. De l'autre côté, cette même pratique pousse celle qui donne à dormir sur ses lauriers et à se comporter en patron, décidant et manipulant les règles du marché.

En d'autres termes, si une entreprise suédoise communique ses secrets de fabrication à sa concurrente malienne, comme minimum, elle est en train de transformer cette dernière en un rôle de simple spectatrice et destinée à disparaître tôt ou tard, ou à ne demeurer que marginale ou un banal satellite de la suédoise, puisqu'elle aura été poussée à la passivité, à ne pas faire de recherches, à ne pas se battre pour maintenir sa place et conquérir de nouveaux marché.

La Commission Européenne va plus loin dans sa propre définition du "savoir-faire", qui selon elle n'est tel que si cela comporte obligatoirement un élément secret. C'est-à-dire que le fait de communiquer à quelqu'un une information, une technique, une technologie qui n'est pas secrète ne peut être considéré comme un transfert de "savoir-faire", mais une banale opération de sortir quelqu'un de l'ignorance coupable dans laquelle il se trouve.

Voici en détail comment la Commission Européenne décrit le savoir-faire, le Know-How :

"Savoir-faire (know-how): un ensemble d’informations pratiques non brevetées, résultant de l’expérience et testées, qui est secret (c’est-à-dire qu’il n’est pas généralement connu ou facilement accessible), substantiel (c’est-à-dire important et utile pour la production des produits contractuels) et identifié (c’est-à-dire décrit d’une façon suffisamment complète pour permettre de vérifier qu’il remplit les conditions de secret et de substantialité)".

Si une ONG enseigne à des agriculteurs burkinabés à utiliser un tracteur pour labourer leur champ afin d'avoir moins de fatigue physique et obtenir une plus grande productivité, et qu'elle parle de transfert de technologie, elle ment, et elle le sait. Parce que les techniques qu'elle enseigne sont disponibles au domaine public depuis des siècles. La question qu'il faut plutôt se poser c'est pourquoi cette communauté burkinabé n'a pas eu accès à une technique agricole disponible dans le domaine public ? Soit parce qu'elle n'a pas les moyens de se la procurer soit parce qu'elle n'en n'a pas été informée.

Dans un cas ou dans l'autre on a deux problèmes spécifiques bien identifiés à résoudre et qui en aucun cas ne sont liés à une quelconque problématique d'opération de transfert de technologie. En d'autres termes, dans le premier cas, l'ONG qui vient avec le tracteur brûle les étapes et empêche de poser convenablement le problème en amont de comment créer les richesses pour avoir accès à un niveau acceptable de l'appropriation des techniques modernes. Dans le deuxième cas, le problème de la formation en Afrique se pose plus clairement. 70% de la population africaine vit dans les zones rurales et agricoles. Dans les pays francophones en Afrique, il n'existe pas de collège agricole, il existe rarement de lycées agricoles. Il n'existe pour la plupart que la formation universitaire pour devenir ingénieur agronome, mais il manque toute la panoplie de formation initiale et intermédiaire à travers lesquelles on démocratise les techniques agricoles.

Pour la Commission européenne, tout transfert de technologie ne doit pas violer les règles de concurrence de l’Union européenne, à l'instar de l’article 101 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Et cette simple formulation signifie qu'il ne peut pas y avoir de transfert de technologie d'une entreprise située dans un pays Européen et son concurrent installé dans un pays africain, puisque les deux entreprises se battent pour conquérir les mêmes clients, les mêmes profits. Et si le système est à somme zéro, c'est-à-dire que ce que gagne l'un est automatiquement perdu par l'autre, pour quelle raison une entreprise florissante doit-elle se mettre des bâtons dans les roues en vendant à son concurrent ses propres secrets de fabrication ?

Même si au paragraphe 3 de ce fameux article 101, mais aussi aux articles 3 et 4, la commission Européenne pose clairement les conditions d'exemption à l'interdiction de transfert de technologie à l'absence d'un accord avec "des effets anticoncurrentiels graves", dans la pratique il existe une technique pour mettre les entreprises africaines hors d'état de nuire, hors de tout risque de devenir un jour des menaces potentielles ou des concurrentes des entreprises européennes.

UNE VERITABLE MANIPULATION

La machination consiste à mettre la notion de "transfert de technologie" dans toutes les sauces afin de faire croire aux entreprises africaines que leur salut viendrait uniquement de la bienfaisance d'un "Blanc" particulièrement bon qui leur indiquerait la route pour qu'eux aussi puissent voir le soleil de la modernité industrielle. Une fois les défenses des victimes abaissées, on passe à la deuxième étape qui consiste à faire de l'Afrique le dépotoir de l'obsolescence européenne, le vide-ordures de la désuétude occidentale. De l'industrie à l'armée, en passant par l'habillement et l'automobile, tout est fait pour inonder l'Afrique des produits, des machines, des armes qui vont contribuer à garantir que le continent ne sera jamais un danger, un concurrent ou une menace pour l'Europe.

Lorsqu'une entreprise espagnole décide de se séparer d'une machine, c'est le plus souvent parce qu'elle représente un gouffre financier dans la consommation électrique ou le coût trop élevé de son entretien et dans tous les cas, elle limite la compétitivité de l'entreprise par rapport à ses concurrents. La céder à une entreprise marocaine, c'est condamner cette dernière à s'endetter énormément pour un moyen de production qui depuis le jour de son achat ne peut pas tenir le pas de la concurrence. C'est un achat nuisible pour le portefeuille de l'entreprise marocaine et une affaire inespérée pour la vendeuse parce qu'elle réussit à obtenir de l'argent pour une machine sortie depuis longtemps de son tableau d'amortissement. Encore mieux, si elle avait décidé de la mettre à la poubelle, elle serait obligée de payer une entreprise spécialisée pour démonter l'ensemble de la machine et traiter différemment chaque déchet, pour éviter que les parties polluantes se retrouvent dans la nature.

En cédant sa poubelle à l'entreprise marocaine, elle réalise un double profit : tenir son potentiel concurrent dans l'état de ne pas lui nuire et économise l'argent de la dépollution.

C'est dans le même esprit que les véhicules-épaves ont été déversés en Afrique avec l'objectif bien affiché d'empêcher l'émergence des marques concurrentes africaines de voitures, capables de mettre à risque le juteux marché européen de l'automobile. Et ceci faisant, on contraignait par là même l'Afrique à être un marché certain pour les voitures françaises et britanniques. Et ceci a duré jusqu'au troisième larron que personne n'attendait, le Japon qui est venu perturber ce magot.

Dans le secteur de l'industrie du vêtement, les habits-chiffons déjà portés jusqu'à épuisement par les Européens appelés "friperie" et envoyés ensuite en Afrique, pour une deuxième vie avaient pour principal objectif d'empêcher qu'une véritable industrie de l'habillement voie le jour en Afrique. Ce faisant, l'Europe pouvait compter sur une main d'œuvre africaine corvéable à volonté pour lui garantir la disponibilité à très bon marché du coton africain, puisqu'il ne pouvait être transformé localement, aidé dans cela par le financement publique aux producteurs américains de coton. Réduisant à néant toute marge de négociation des producteurs africains de leur coton.

QUELLES LEÇONS POUR L'AFRIQUE ?

Le transfert de technologie n'existe pas. c'est un terme purement virtuel qui ne peut pas trouver son application dans un monde réel de l'entreprise où la compétition est sans merci. La vraie différence entre les nations se mesure aujourd'hui en nombre de brevets déposés chaque année. L'Afrique doit refuser cette marginalité psychologique dans laquelle elle est enfermée pour copier les Brésiliens, les Indiens et les Chinois qui passent tout leur temps à scruter les brevets arrivés à échéance pour gommer très vite leur retard sur le plan technologique. Ceci est valable dans tous les domaines, de la mécanique à la pétrochimie en passant par la pharmaceutique.

Tous les brevets détenus par les forts d'un moment finissent un jour par tomber dans le domaine public et c'est là qu'il faut aller arracher son propre transfert de technologie, c'est là qu'il faut aller puiser soi-même ce que leurs anciens propriétaires ne sont pas contents qu'on leur prenne. Il faut partir de ces brevets ainsi gratuitement arrachés à l'échéance pour se lancer dans cette concurrence internationale de l'intelligence que sont les brevets, les droits d'auteur, les copyright. Chaque année des centaines de brevets sur les médicaments de cardiologie, neurologie, etc., tombent dans le domaine public et n'importe qui peut les reproduire à volonté et tout à fait légalement. Des milliers de logiciels, de pièces mécaniques, de systèmes hydrauliques etc. entrent dans le domaine public et n'importe quelle start-up peut démarrer son activité à Lagos, à Kinshasa, à Niamey ou à Lusaka en les copiant sans payer un seul centime de recherches ou de droit d'auteur.

L'Italie avant hier, le Japon hier, la Chine aujourd'hui se sont tous levés en réduisant leur retard technologique en copiant systématiquement tous les brevets à peine tombés dans le domaine public pour ne pas démarrer de moins de zéro. C'est ce qui les a mis dans une position privilégiée pour dépasser les anciens propriétaires de ces brevets. L'Afrique ne peut pas se contenter d'attendre de recycler les technologies obsolètes et inutiles que l'on décide de venir lui vendre à prix d'or. Tous les bureaux des brevets en occident pullulent des œuvres, des détails sur les vieux secrets de fabrication qui sont désormais à disposition et gratuitement. Il faut juste avoir le courage d'aller les prendre où ils sont.

Le transfert de technologie s'il existe n'est pas un acte d'angélisme mais relève tout d'abord d'une vigueur, d'une force morale et d'une détermination sans faille de vouloir fréquenter la cour des grands de ce monde, non plus comme larbin, comme valet, comme serviteur, mais comme concurrent, comme cerveau, comme intelligence. et en la matière, l'Afrique n'a rien à envier à d'autres nations, à d'autres continents. Aux pouvoirs publiques africains de comprendre tout ce qu'ils ont à gagner en facilitant et en encourageant les jeunes à la création des "start-up" innovantes par des procédures administratives simplifiées. C'est aussi par cette appropriation de la technologie que passera notre véritable indépendance.


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** Jean-Paul Pougala est un écrivain Camerounais, Il enseigne géopolitique à l'Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.

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Commentaires & analyses

Sénégal : Présidentialisme, Parlementarisme et participation aux législatives

Ababacar Fall - Barros

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/comment/83315

La mobilisation notée chez les Sénégalais lors de l’élection présidentielle qui a fait « dégager » Wade n’a pas été notée lors des législatives. Mais plutôt qu’un désintérêt pour la politique, c’est la sanction populaire d’un système parlementaire aux antipodes des valeurs démocratiques.

On a longuement épilogué, ce 1er juillet 2012, sur le manque d’engouement des électeurs sénégalais, le faible taux de participation, à l’occasion des élections législatives. Nous pensons qu’il ne faudrait pas chercher très loin pour se faire une idée de ce phénomène. Depuis notre indépendance, c’est le présidentialisme et non du parlementarisme qui a régenté l’activité politique, économique et sociale de notre pays. Et les masses, pour ne pas dire les populations, considèrent, ici et ailleurs, le président de la République, comme le roi qui à l’époque avait droit de vie et de mort sur ses sujets.

Hassan II, Senghor, Bokassa à Eyadema et autres, malgré le vernis démocratique du système politique, se comportaient tous comme les potentats des siècles derniers. Les fonds, politiques, le décret présidentiel (nomination) et l’influence présidentielle ne faisaient que renforcer leurs pouvoirs. C’est pourquoi, les populations n’ont jamais accordé une espèce d’importance à l’Assemblée nationale. Les députés étant vu comme des applaudisseurs voir comme des marionnettes.

D’autant que durant tout une période historique, le ‘’crétinisme parlementaire’’, comme disait Lénine, a fortement marqué les consciences des populations. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler les extravagances et les pitreries de certains de nos ‘’parlementaires’’.

Donc, tout ceci explique la désaffection des électeurs envers les élections. Surtout que, jamais dans l’histoire politique de notre Assemblée nationale, les Sénégalais n’ont assisté à l’utilisation de la ‘’force de frappe’’ des députés, qu’est le vote d’une motion de censure. Excepté l’épisode du 17 décembre 1962, qui renvoie plutôt à un complot qu’à un exercice démocratique.

Au lieu de nous entretenir sérieusement de ces problèmes, un PDG d’une ONG, des professeurs accompagnés par l’Union Européenne (qui supporte 80% du financement de la campagne de sensibilisation à la mobilisation citoyenne. Ah les finances et la démocratie !), le ministre de l’Economie et des finances etc., ont préféré disserter sur des ‘’élections moins passionnées et passionnantes que les présidentielles’’.

Il faut dire que pour changer la donne des révolutions citoyennes et des ‘’printemps arabes’’, toutes sortes de notions seront avancées : ‘’Assemblée nationale de rupture’’, en amalgame avec l’Assemblée de ’’ majorité présidentielle’’. Nous croyons que ces notions sont antinomiques. Une Assemblée nationale de rupture doit être corrélée à la notion ‘’d’Assemblée nationale populaire’’. Qui veut dire que les intérêts des populations doivent se retrouver dans toutes les lois fondamentales encadrant les secteurs vitaux de la nation que voterait la nouvelle Assemblée. Telles que celles encadrant la terre, l’eau, la santé l’éducation l’électricité, le téléphone, le transport etc. Contrairement à ce qui s’est passé durant les années ’80, avec l’incursion du Fmi et de la Banque Mondiale et du Fmi dans ces secteurs précités où place nette a été faite aux intérêts des multinationales, au détriment des travailleurs et couches sociales défavorisées. C’est ainsi que de multiples agressions ont été notées dans le foncier, l’eau, l’électricité, les budgets de l’éducation nationale, de la santé, du code du travail etc.

Par contre, la notion de ’’majorité présidentielle’’ renvoie à l’image des ‘’commandos députés’’ du président de la République qui votaient les lois ‘’sans discussion ni murmure’’. Par exemple : La loi Ezzan, la loi politicienne, pour ne pas dire démagogique de Wade sur la parité, la loi sur la vice-présidence (non appliquée), le projet de loi du 23 juin 2011 qui allait permettre à Wade d’être élu avec 25% des votant. Tout ça était le fait de la ‘’majorité présidentielle’’. Donc il faudrait que les uns et les autres fassent preuve de discernement, par rapport aux concepts.

Maintenant quelle conséquence à tirer de cette situation ? Peut-être que si la cohabitation arrivait à être imposée au nouveau régime on arriverait à poser le principe de valider ou non une élection dont le taux de participation n’atteindrait pas les 50 % des inscrits, comme c’est cas dans certaines démocraties.


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** Ababacar Fall-Barros est membre du GRILA

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Plaidoyers & campagnes

Le moment est venu de repenser et de reprendre en mains l’avenir de la famille humaine

2012-07-04

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/83317

Des dignitaires de l’Église et des responsables de la société civile appellent les gouvernements à se préoccuper des pauvres et à tracer la voie vers un monde juste et durable à l’occasion des pourparlers de Rio+20

Nous, représentants de l’Église catholique et de la société civile de tous les continents, œuvrant à l’éradication de la pauvreté et au développement humain dans toute sa dimension, appelons les dirigeants mondiaux à afficher leur leadership politique lors du sommet de Rio+20 et toutes les personnes de bonne volonté à agir en faveur d’un monde juste et durable.

Il faut sans attendre ré-imaginer et créer un monde plus vert et plus juste, où tous les êtres humains, hommes et femmes, se sentent partie intégrante de la création et vivent en harmonie et dans le respect d’autrui. Il y a urgence, car nous nous sommes permis de construire un monde où trop de gens manquent encore de nourriture, d’eau et d’énergie pour vivre dignement.

Nous travaillons chaque jour avec les plus démunis et nous voulons faire entendre leur voix. Les communautés pauvres se débattent pour avoir accès aux ressources nécessaires à leur propre développement alors qu’elles deviennent de plus en plus vulnérables aux menaces environnementales à mesure que les écosystèmes dont elles dépendent se tarissent ou sont détruits.

Nous assistons à une envolée dramatique de la demande de terres, d’eau, de nourriture, de ressources minérales et d’énergie, qui se traduit par de violents conflits aux quatre coins du monde. Cette tension autour des ressources naturelles est appelée à s’intensifier dans les générations à venir.

Le changement climatique s’accélère et nous ne pourrons inverser la tendance, à moins d’agir dès maintenant. Ce sont les populations les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète qui sont les plus affectées par ce phénomène, alors qu’elles en sont le moins responsables.

Nous devons relever une formidable gageure, car nous avons défini des règles qui permettent au marché de contrôler et de dénaturer nos désirs et notre imaginaire et de classer la diversité de la création divine en « capital naturel » et en « capital humain ». Mus par un intérêt égoïste plutôt que par la solidarité, nous avons laissé nos aspirations et nos désirs humains devenir fondamentalement matérialistes plutôt que généreux.

Ensemble, nous pouvons tracer une nouvelle voie vers un monde juste et durable. Ce changement passe aussi par nous en tant qu’individu ; nous avons tous le devoir fondamental d’œuvrer à une conversion radicale, de promouvoir une autre façon de vivre, une nouvelle culture du respect de la création, de la simplicité et de la solidarité au bénéfice d’un développement humain plus authentique et d’une meilleure qualité de vie. Les pauvres peuvent être marginalisés, mais dans leur combat quotidien pour leur survie, ils font preuve de créativité et trouvent des alternatives qui sont une profonde source d’inspiration et de référence pour l’élaboration des politiques. Nous appelons la Conférence de Rio+20 à décider de changements structurels qui permettront aux femmes comme aux hommes de s’épanouir et de s’accomplir pleinement.

Le moment est venu de repenser et de reprendre les choses en mains ! Le moment est venu de réguler le marché pour le mettre au service du bien commun. Les dirigeants mondiaux considèrent qu’il n’est point de salut hors la croissance économique. Mais à quoi sert une croissance qui oublie les plus pauvres, qui n’améliore pas leurs conditions de vie, qui approfondit les inégalités persistantes ? À quoi sert une croissance qui se fait au prix de la destruction de nos forêts, de nos océans et de nos ressources naturelles ? Si nous devons mesurer ce qui compte, mesurons en quoi l’économie réduit la pauvreté, crée des moyens de subsistance et des emplois décents, améliore la durabilité écologique et la stabilité sociale. Pour nous amener à un véritable développement durable, l’économie doit être juste et équitable, reconnaître comme il se doit le précieux apport social des approches locales et, par-dessus tout, respecter la dignité et les droits humains des femmes et des hommes.

Le développement durable doit être soutenu par un cadre financier conçu et régulé comme il se doit, qui place la dignité humaine, le bien commun et la conservation de la création au cœur de la vie économique. La subsidiarité, le respect de la fonction sociale de la propriété privée et la redistribution par l’impôt sont des caractéristiques essentielles d’un système financier juste. Les petites entreprises informelles, qui constituent une frange significative du secteur privé et une source de revenus et d’emploi pour des millions de gens, devraient être reconnues et soutenues. Quant aux grandes entreprises – au rang desquelles les institutions financières – qui ne constituent qu’une infime partie du secteur privé mais contrôlent la majeure partie des ressources et du pouvoir, elles devraient être tenues de montrer en quoi elles contribuent au développement durable, par le biais de pratiques plus transparentes et l’abandon de leurs pratiques aliénantes et non durables.

Les gouvernements doivent veiller à ce que les cadres réglementaires accordent la priorité aux droits et aux besoins essentiels des communautés et des pays pauvres pour qu’ils aient accès à suffisamment d’eau, de nourriture et d’énergie et pour qu’ils perçoivent les bénéfices de la commercialisation de leurs ressources naturelles.

Il faut accorder la priorité aux femmes, qui constituent la majorité des personnes en situation de pauvreté et qui souffrent des conséquences des iniquités sociale, écologique et économique du moment. Les actions menées par les gouvernements en faveur d’un développement juste et durable devraient être axées sur des mesures fortes en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes, sur le plan économique, social et environnemental.

Un milliard d’individus souffrent de la famine : c’est non seulement une violation du droit humain à l’alimentation mais aussi et surtout un scandale qui ne peut plus durer. Il convient de soutenir davantage les millions d’exploitations agricoles familiales qui créent l’harmonie dans leur environnement ; elles sont la plus importante source de sécurité alimentaire pour les pauvres de cette planète.

Il faut d’urgence redoubler d’efforts pour s’attaquer aux changements climatiques engendrés par l’activité humaine. Cette menace est la plus pressante qui soit, surtout pour les plus pauvres. Une action plus ambitieuse doit être menée, sur la base des principes qui sont au cœur de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Pour conclure, le cadre de développement durable envisagé devrait consolider les acquis, définir les responsabilités et les enjeux des pays développés, des pays en développement et des pays moins avancés et être mesurable et compréhensible pour tous.

Nous attendons du Sommet de Rio qu’il envoie un véritable message d’espoir à ceux qui souffrent et aux générations à venir ! Nous attendons des dirigeants mondiaux qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils soient comptables de leurs engagements. Nous appelons aujourd’hui les dirigeants mondiaux et toutes les personnes de bonne volonté à se rendre compte que nous avons l’occasion de tracer ensemble la voie vers un développement équitable et fondé sur les droits, vers une véritable vie humaine, vers un monde dans lequel nous reconnaissons faire partie de la création qui nous a été confiée pour en prendre soin.


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LISTE DES SIGNATAIRES


Dignitaires de l’Eglise:
• Mgr Pedro Ricardo Barreto Jimeno – Archevêque de Huancayo et Président de la Commission pour la Justice et la Solidarité du CELAM (Consejo Episcopal Latinoamericano) (PEROU)
• Mgr Jean-Claude Hollerich – Archevêque de Luxembourg (Luxembourg)
• Mgr Gabriel Mbilingi – Vice Président du SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar), Archevêque de Lubango (Angola)
• Mgr Paul Ouédraogo – Archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)
• Mgr Werner Thissen – Archbishop de Hambourg (Allemagne)
• Mgr John ARNOLD – Evêque Auxiliaire de Westminster (Angleterre)
• Mgr Paul BEMILE – Evêque de Wa (Ghana)
• Mgr Markus Böchel – Evêque de St. Gall (Suisse)
• Mgr Claude Champagne – Evêque de Edmundston, New Brunswick (Canada)
• Mgr Raymond Field – Evêque Auxiliaire de Dublin et Président du Conseil pour la Justice et la
Paix de la Conférence épiscopale irlandaise (Irlande)
• Mgr Theotonius Gomes – Evêque Auxiliaire de Dhaka (Bangladesh)
• Mgr Richard Grecco – Evêque de Charlottetown, Prince Edward Island (Canada)
• Mgr Bernard Housset – Evêque de La Rochelle (-Saintes) et Président du Conseil pour la Solidarité (France)
• Mgr Aloysius Jousten – Evêque de Liège (Belgique)
• Mgr John Kirby – Evêque de Clonfert (Irlande)
• Mgr Gerard de Korte – Evêque de Groningen-Leeuwarden (Pays Bas)
• Mgr Peter MORAN – Evêque Emerite d’Aberdeen (Ecosse)
• Mgr Alvaro Leonel Ramazzini – Evêque de Huehuetenango (Guatemala)
• Mgr Josef Sayer (Allemagne)
• Mgr Dr. Ludwig Schwarz SDB – Evêque de Linz (Autriche)
• Présidence de la conférence des évêques catholiques brésiliens CNBB (Brésil)

DIRIGEANTS DE LA CIDSE

• Chris BAIN – Président de la CIDSE, Directeur de CAFOD (Angleterre et Pays de Galles)
• Philippa Bonella – SCIAF (Ecosse)
• Ronald Breau – Président de Développement et Paix (Canada)
• Michael Casey – Directeur exécutif de Développement et Paix (Canada)
• Myriam Garcia Abrisqueta – Présidente de Manos Unidas (Espagne)
• René Grotenhuis – Directeur de CORDAID (Pays-Bas)
• Antonio Hautle – Directeur de Fastenopfer (Suisse)
• Lieve Herijgers – Directrice de BROEDERLIJK DELEN (Belgique)
• Heinz Hödl – Directeur de Koordinierungsstelle der Österreichischen Bischofskonferenz für
internationale Entwicklung und Mission (Autriche)
• Jim Hug S.J. – Président de Center of Concern (Etats Unis)
• Justin Kilcullen – Directeur de Trócaire (Irlande)
• Patrick Kranipi Godar – Directeur de la Fondation Bridderlech Deelen (Luxembourg)
• Jorge Libano Monteiro – Directeur de FEC – Fundação Fé e Cooperação (Portugal)
• Sergio Marelli – Secrétaire Général de FOCSIV – Volontari nel mondo (Italie)
• Bernd Nilles – Secrétaire Général de la CIDSE
• Bernard Pinad – Délégué Général du CCFD–Terre Solidaire (France)
• Rafael Serrano Castro – Secrétaire Général de Manos Unidas (Espagne)
• Angelo Simonazzi– Secrétaire Général d’Entraide et Fraternité (Belgique)
• Fr. Pirmin Spiegel – Directeur de Misereor (Allemagne)

PARTENAIRES ET ALLIES DE LA CIDSE
• Firmin Adjahossou– SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar) (Bénin)
• Brian Ashley – AIDC (Alternative Information and Development Centre) (Afrique du Sud)
• Sr. Denise Boyle – Franciscans International
• Camille Chalmers– PAPDA (Plate-forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) (Haïti)
• Mamadou Goïta – ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique
de l’Ouest (Afrique du l’Ouest)
• Pedro Gontijo - CBJP (Comissão Brasileira Justiça e Paz) (Brésil)
• Jenny Gruenberger - LIDEMA (Liga de Defensa del Medio Ambiente) (Bolivie)
• Ivo Lesbaupin– Iser Assessoria (Brésil)
• Fr. Martinho Maulano– SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar) (Mozambique)
• Moema de Miranda – IBASE (Brésil)
• Paul Muchena – SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar) (Zimbabwe)
• Fr. Ferdinand Muhigirwa Rusembuka – CEPAS (Centre d'études pour l'action sociale) (RDC)
• Francis F. Ngang – Inades Formation International (Côte d’Ivoire)
• Br. Rodrigo de Castro Amédée Peret ofm – Franciscans (Brésil)
• Regina "Nanette" Salvador Antequisa – ECOWEB (Ecosystems Work for Essential Benefits, Inc.) (Philippines)
• L.A. SAMY –AREDS (Association of Rural Education and Development Service) (Inde)
• Lorenzo Solis Tito – CIPCA (Centro de Investigación y Promoción del Campesinado) (Bolivie)
• Can Truong Quoc– SRD (Sustainable Rural Development) (Vietnam)
• COPAGEN (Coalition pour la protection du patrimoine génétique Africain) (Afrique)





Arts & livres

Global : Cinq joyaux africains candidats au Patrimoine mondial de l'Unesco

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/books/83259

Le patrimoine culturel africain fait parler de lui - pour le pire comme pour le meilleur. Alors que la ville de Tombouctou a été classée "site menacé" par l’Unesco, cinq joyaux du continent pourraient faire leur entrée au patrimoine mondial de l’organisation, dont le comité se réunit du 24 juin au 6 juillet à Saint-Pétersbourg en Russie. Du Maroc au Cameroun, en passant par le Sénégal et le Tchad, tour d’horizon des prétendants.

http://bit.ly/LrYn5y


Mali : Tombouctou, patrimoine mondial en péril

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/books/83268

L'Unesco a placé jeudi 27 juin Tombouctou, aux mains des islamistes depuis la fin mars, sur la liste du patrimoine mondial en péril, alertant la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur cette ville mythique du nord du Mali. L'organisation demande à l'Union africaine et à la communauté internationale de faire "tout leur possible pour aider à protéger Tombouctou et le Tombeau des Askia". Le comité demande aux voisins du Mali de "mettre tout en oeuvre pour prévenir le trafic d'objets culturels en provenance de ces sites", notamment des manuscrits anciens, susceptibles d'être "pillés".

http://bit.ly/NRfGA6


Sénégal : Veilleur de nuit et artiste peintre aux feutres d’or

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/books/83301

Enfant, Mamadou Cissé griffonnait sur des boîtes en carton, en Casamance, au Sénégal. 50 ans plus tard, à Paris, son art explose au feutre, au coeur de villes imaginaires, graphiques et colorées qui peuplent ses longues heures de veilleur de nuit. Vivant en France depuis ses 18 ans, il fait partie de la cinquantaine d’artistes contemporains, dont des Indiens Guarani et Yanomami, du Brésil, exposés jusqu’au 21 octobre dans le cadre d’"Histoires de voir", une exposition radicalement différente d’art contemporain dans un rapport individuel hypersensible à l’universel et à la nature.

http://bit.ly/LXNZn0





Femmes & genre

Egypte : Les viols et agressions de femmes se multiplient place Tahrir

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83300

Le scénario est toujours le même : une femme, place Tahrir, au Caire, vers la fin de l'après-midi, un jour de manifestation. Elle est égyptienne, ou non, voilée, ou pas. Journaliste parfois, souvent militante. Elle se fraie un chemin dans la foule compacte et chamarrée en compagnie de camarades ou de collègues comme elle transportés par la liesse. Projetée à terre, elle voit ses habits arrachés, sent des doigts s'immiscer en elle malgré ses hurlements de terreur. Une foule d'hommes se bousculent en hurlant, tendant leurs bras pour mieux la toucher. D'autres s'interposent, tentent de la protéger. En vain. Pour l'instant, seules les agressions concernant des journalistes étrangères ont fait l'objet de comptes rendus détaillés.

http://bit.ly/Myy7u9


Global : "La femme est l’avenir du foot"

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83255

Tout part d’un constat saisissant : en librairies, aucun ouvrage ne traite du football féminin. De là, va naître une idée qui va aboutir à un livre. L’aventure commence lorsqu’une responsable des relations avec les élus auprès du Défenseur des droits, contacte une ancienne championne de France du 200m en 1993 et conseillère sport et outre-mer auprès du maire de Paris, pour lui soumettre l’idée d’un livre écrit à quatre mains pour parler de la place du football féminin dans notre société. Le résultat de leur travail a enfin été dévoilé le 26 juin avec cet ouvrage : "Football féminin : La femme est l’avenir du foot". En l’espace de 140 pages, les deux femmes posent la question de la parité et de la mixité dans un univers plus fermé qu’on ne le pense.

http://bit.ly/LMiErg


Mali : La révolte des femmes touareg face aux islamistes

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83262

Alors que le Burkina Faso poursuit sa médiation avec les groupes armés au nord du Mali, les femmes touaregs, proches du Mouvement national de libération de l'Azawad, dénoncent les agissements des islamistes d'Ansar Dine. Selon des témoignages, elles auraient été plusieurs dizaines à manifester, mercredi 27 juin. Depuis la chute de Kidal, le 30 mars 2012, le groupe islamiste tente en effet d'appliquer la loi islamique. plus de porter le voile, certaines femmes ont dû cesser leurs activités économiques. Un désastre pour l'économie dans la région.

http://bit.ly/MmiVhn


Maroc : 82% des femmes victimes de violences conjugales

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83304

Au Maroc, 82% des femmes sont victimes de violences conjugales, selon le quatrième rapport du Réseau national des centres d'écoute des femmes victimes de violences (ANARUZ), présenté vendredi 29 juin à Rabat. Les violences économiques et sexuelles touchent respectivement 35% et 13% des femmes marocaines, contre 9% pour la violence juridique. La violence sexuelle dans l'espace public a pris de l'ampleur et est devenue une réalité, ajoute-t-on de même source, précisant qu'elle prend les formes d'harcèlement, d'agression, de tentative de viol et de viol.

http://bit.ly/MJxFIu


Togo : Lever des obstacles aux migrations régionales des entrepreneures

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83292

Un atelier de validation de l'étude sur "les mouvements migratoire des femmes commerçantes et jeunes entrepreneures togolaises dans l'espace CEDEAO à travers les frontières Togo-Bénin et Togo-Ghana" s’est tenu vendredi 29 juin à Lomé. Cette étude qui est le point de départ pour la mise en œuvre du projet "Promotion de la mobilité sous-régionale et du développement entrepreneurial des femmes commerçantes et des jeunes filles entrepreneures au Togo" traite des pratiques économiques des femmes commerçantes aux frontières des pays de l'espace CEDEAO.

http://bit.ly/NOAJjj





Droits humains

Algérie : 8 mois de prison avec sursis pour un blogueur anti-élections

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83272

Un jeune blogueur a été condamné mercredi 27 juin à huit mois de prison avec sursis et 100.000 dinars (1.000 euros) d'amende à Alger pour avoir appelé sur le net à boycotter les élections législatives du 10 mai. Tarek Maméri a été arrêté le 2 mai après avoir diffusé sur le net des vidéos appelant à ne pas voter au scrutin législatif. Le procureur avait requis trois ans de prison ferme le 14 juin dernier.

http://oran.ge/QGaRtk


Burkina Faso : La justice juge la plainte de Mariam Sankara recevable à propos de son mari

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83282

En son audience ordinaire et publique du jeudi 28 juin 2012, la Cour de cassation a statué sur le pourvoi en cassation de la plainte déposée par Mariam Sankara et fils contre X pour « séquestration du président Thomas Isidore Noël Sankara ». La cour a jugé la plainte recevable, en présence de l'avocat de la famille et une foule qui a fait le déplacement. Cette plainte avait été jugée irrecevable par la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Ouagadougou d'où ce pourvoi en cassation. Renvoyée à plusieurs reprises, cette plainte est alors reçue par la Cour de cassation.

http://bit.ly/NfSlDH


Cameroun : Les trois meurtriers du bébé de la République

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83294

Après l’émotion, l’inaction. Quelques mois et des semaines plus tard, l’affaire du bébé « volé » n’est devenue que l’affaire personnelle de Vanessa. Elle a perdu son enfant, mais a gagné une gloire (au sens de reconnaissance internationale de son combat) qui n’a duré que l’instant du positionnement des ONGs que l’on a connues à cette occasion, le temps de la satisfaction des appétits de combattants spontanés, chiens de garde autoproclamés de la morale publique. La vie continue et Vanessa Tchatchou semble n’intéresser plus grand monde. Mais cette affaire a permis de mettre en évidence de graves dysfonctionnements dans la communication du gouvernement camerounais et une absence de solidarité entre ses membres.

http://bit.ly/QIInyY


Côte d’Ivoire : Michel Gbagbo porte plainte en France contre Guillaume Soro

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83261

Adressée lundi 25 juin au doyen des juges d’instruction de Paris par le fils de Laurent Gbagbo, Michel, une plainte vise l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne et ancien Premier ministre, Guillaume Soro, de même que neuf commandants des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pour « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Le 11 avril à Abidjan, Michel Gbagbo avait été arrêté avec son père après plus de quatre mois de crise et dix jours de combats intenses dans la capitale ivoirienne.

http://bit.ly/MHR2k4


Rd Congo : La mystérieuse disparition d'Eugène Diomi Ndongala

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83288

Le président d'un petit parti d'opposition congolais Eugène Diomi Ndongala, de la Démocratie chrétienne (DC),a disparu, ont indiqué ses proches, qui craignent un enlèvement par les services de sécurité, alors que la presse kinoise fait état de son arrestation sous l'accusation de viol ou de sa fuite. La famille de M. Diomi Ndongala craint qu'il ait été enlevé par les services de sécurité qui sont en train de monter des cabales pour le faire taire définitivement".

http://bit.ly/QGbUJE


Rwanda : L’opposante Ingabire risque la perpétuité

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83273

Icône de l'opposition rwandaise, Victoire Ingabire risque la perpétuité pour « divisionnisme » et « terrorisme ».Le verdict a été ajourné au 7 septembre 2012. Les juges ont estimé qu’ils avaient besoin de plus de temps pour délibérer. Résidente aux Pays-Bas à l'époque du génocide de 1994, cette opposante de longue date au président Kagame avait pris le risque de revenir au pays pour concourir à l'élection présidentielle de 2010. Présentée par ses partisans comme une Aung San Suu Kyi rwandaise, Ingabire réfute toutes les charges et prétend n'avoir usé que de son droit à la libre expression.

http://bit.ly/Mx1ehk


Tunisie : Les Ben Ali veulent qu'on leur "rende justice"

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83257

Leïla Ben Ali, la femme de l'ex-président tunisien, aspire à "une justice équitable" dans son pays et transmet un message de son mari qui attend que les Tunisiens lui rendent "justice" pour ce qu'il a accompli, dans un entretien paru dimanche 30 juin dans le quotidien français Le Parisien. Dans cette interview, la première accordée depuis son départ précipité de Tunisie le 14 janvier 2011, chassée avec le président Zine El Abidine Ben Ali par un soulèvement populaire, elle demande "pardon" pour d'éventuelles fautes tout en rejetant fermement toutes les accusations portées contre elle.

http://bit.ly/NdMJMn





Réfugiés & migration forcée

Global : Ultimatum d’Israël aux immigrés ivoiriens

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83289

Le ministre israélien de l'Intérieur, Elie Yishaï, a lancé un ultimatum aux immigrés clandestins originaires de Côte d'Ivoire pour qu'ils quittent Israël. Ces immigrés ont jusqu'au 16 juillet pour s'en aller, faute de quoi ils seront expulsés. Les candidats au départ auront droit à une somme de 500 dollars par adulte et 100 dollars par enfant. Depuis quelques semaines, Israël a durci le ton à l'égard des 60.000 immigrés africains qui vivent dans le pays.

http://bbc.in/QtqjZO


Tanzanie : 42 clandestins retrouvés morts asphyxiés

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83290

Quarante-deux clandestins ont été retrouvés morts, asphyxiés dans un camion bondé dans le centre de la Tanzanie, a-t-on appris, mardi 26 juin, auprès du vice-ministre de l'intérieur, Pereira Silima. Selon lui, les clandestins tentaient de se rendre au Malawi. Selon un responsable local, les victimes ont été asphyxiées dans un camion dans lequel se trouvaient "plus de 100 personnes". Fin décembre 2011, 20 clandestins somaliens avaient déjà été retrouvés morts en Tanzanie.

http://bit.ly/Qdm8kz





Elections & gouvernance

Afrique : La bataille pour la tête de l’Union africaine fait rage

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83251

A la veille de la commission de l’Union africaine (UA), qui se tiendra les 15 et 16 juillet, le nouveau président n’a pas encore été élu. Et pour cause : la bataille fait rage entre la candidate de l’Afrique du Sud Nkosazana Dlamini-Zuma et le président sortant Jean Ping, représentant du Gabon. Qui choisir ? Une femme de l’Afrique australe, ce qui serait une première, ou un homme expérimenté ? Le président sortant de l’UA, commission créée en 2002 à Durban en Afrique du Sud pour remplacer l’Organisation de l’unité africaine (OUA), a fait ses preuves durant son premier mandat.

http://bit.ly/MD1Ku4


Afrique du Sud : Zuma va acquérir un Jet de 700 millions de dollars

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83295

Le président sud-africain, Jacob Zuma, est sur le point d’acquérir un Boeing 777 à 700 millions de dollars américains, selon l’opposition qui a qualifié cette dépense de gaspillage. Cet avion d’affaires est conçu pour assurer le transport de 300 passagers et il détient le record du plus long vol sans escale. Des voix s’élève et le Médiateur de la République a été appelé à enquêter pour savoir si les dépenses pour le nouvel appareil de M. Zuma et celui du vice-président se justifiaient.

http://bit.ly/QIImv5


Burundi : Les autorités dénoncent l'absentéisme dans l'administration

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83293

Le ministre burundais à la présidence chargé de la Bonne gouvernance et de la Privatisation, Issa Ngendakumana, a dénoncé l'absentéisme dans le fonctionnement de l'administration publique. Il a pointé du doigt l'absentéisme au service, l'effritement des valeurs éthiques et déontologiques ainsi que diverses pratiques de corruption et de malversations économiques qui se sont graduellement installés au sein de l'administration publique burundaise.

http://bit.ly/QGcjfk


Global : Comment le Rwanda peut couper le cordon étranger ?

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83303

Plus de 40 % du budget de l'État rwandais est encore alimenté par l'étranger. Kigali fait tout pour réduire cette dépendance et renégocier les conditions d'utilisation de ces subsides, au nom de l'Afrique. Cependant, la voie qui permettrait de remplacer l'aide extérieure par des recettes fiscales est d'autant plus étroite que Kigali ne veut pas augmenter les impôts et taxes, étant donné que sa stratégie de développement économique repose sur les investissements étrangers, que le gouvernement ne veut surtout pas décourager. La seule solution est donc de long terme, avec une croissance très soutenue, en particulier dans les secteurs exportateurs.

http://bit.ly/MJxCfZ


Global : Un candidat d’origine togolaise à la Chambre des représentants aux Etats-Unis

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83252

A l’automne, la prochaine élection de la Chambre des représentants américaine verra la participation de Crédo Amouzouvik, un jeune Togolais de trente six ans. Amouzouvik a quitté le Togo pour les Etats-Unis il y a douze ans, pour poursuivre ses études. C’est avec une expérience déjà importante qu’il va rentrer dans cette course. Ancien militaire blessé en Irak, Crédo Amouzouvik est aussi à la tête de la fondation HOMEFA qu’il a créé en 2007 pour aider les plus démunis et rendre hommage à sa mère. « En tant que «Congressman» aux États-Unis, je vais toujours penser au Togo», confie-t-il.

http://bit.ly/ORY2O7


Egypte : Le Frère musulman et les parrains militaires

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83284

Elu président, l'islamiste Mohamed Morsi a conclu avec l'armée une alliance de circonstance. Quelle est sa marge de manœuvre ? Mû par un désir de modernité, l'élan démocratique accouche d'un pacte entre deux conservatismes. Maintien du statu quo et de l'ordre public pour les militaires; restauration de l'ordre moral et religieux pour les "Frères" et leur champion, qui, en virtuose de la captation d'héritage, prétend incarner les idéaux d'une insurrection déclenchée par d'autres. Pour autant, on voit mal cette alliance de circonstance résister à l'épreuve du temps.

http://bit.ly/NJtrko


Egypte : Le président prête symboliquement serment place Tahrir

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83280

Le président égyptien élu Mohamed Morsi est arrivé vendredi 29 juin sur la place Tahrir au Caire où il a prêté symboliquement serment devant une foule venue l'acclamer. C’était à la veille de son investiture officielle devant la Haute cour constitutionnelle. Le président élu a rendu hommage à "la place de la révolution, la place de la liberté, la place Tahrir.

http://bit.ly/MHRTkO


Libye : Une femme en tête de liste des frères musulmans pour les législatives

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83281

La Libye se prépare aux législatives du 7 juillet. Premières élections libres après quatre décennies de dictature de Kadhafi, elles serviront à désigner une Assemblée constituante. Majda Al Fellah, infirmière, s'y présente. Mais cette candidate est un peu particulière. Elle se présente en tête de liste du parti des Frères musulmans. Les Libyens l'ont découverte commentant leur révolution sur la chaîne de télévision du Qatar, Al Jazeera, pendant la guerre de 2011

http://bit.ly/QyIYmM


Mali : La vidéo du lynchage de Dioncounda Traoré

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83258

De nouveaux témoignages et documents éclairent les circonstances de l’agression dont Dioncounda Traoré, le président de la transition, a été la victime le 21 mai dernier. En particulier une vidéo exclusive que Jeune Afrique s'est procurée. Accablant. Et si une commission d'enquête internationale se penchait sur l'agression de Dioncounda Traoré ? Car, à Bamako, l'enquête piétine. Seulement trois inculpations pour « troubles graves à l'ordre public », début juin. Depuis, rien.

http://bit.ly/LCT6pZ


Maroc : La diplomatie économique à l'assaut de l'Afrique

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83265

La sortie de l’Organisation de l'union africaine a été une erreur stratégique qui a privé le Maroc d’une opportunité pour défendre ses intérêts et l’a empêché de peser sur les grandes décisions prises par l’Organisation. Conscient de cette réalité, le Maroc a opté pour un renforcement de sa diplomatie bilatérale et régionale. Au niveau bilatéral, on compte 25 représentations diplomatiques marocaines en Afrique dont 21 en Afrique Subsaharienne. Enfin, la réussite de la diplomatie économique passe par une nouvelle stratégie agressive englobant une bonne maîtrise de l’information stratégique, une diplomatie des contrats et une meilleure communication des success-stories des entreprises marocaines dans la région.

http://bit.ly/OD4HeX


Sénégal : Faible mobilisation des électeurs pour les législatives

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83250

Les Sénégalais se sont peu mobilisés dimanche 1er juillet pour renouveler les 150 députés de leur Assemblée nationale, des législatives à un tour qui avaient lieu trois mois après une présidentielle remportée par Macky Sall qui espère obtenir désormais une large majorité. Un des premiers enseignements du vote est le faible taux de participation des 5,3 millions de Sénégalais qui étaient appelés à voter à ce scrutin auquel 24 listes de partis et coalitions de partis étaient représentés. Les résultats définitifs sont attendus en fin de semaine.

http://oran.ge/LRR8bM


Soudan : La contestation doit prendre de l'ampleur pour ne pas s'éteindre

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83291

Quand un groupe d'hommes de main du gouvernement soudanais s'en sont pris à des manifestants la semaine dernière, ces derniers ont reçu l'aide inattendue de la police, signe que la révolte gagne du terrain, selon un avocat relatant l'incident. Le plus souvent, les manifestations rassemblent 100 à 200 personnes qui brûlent des pneus, lancent des pierres et bloquent la circulation en réclamant une baisse des prix et la chute de M. Béchir, avant d'être violemment dispersés par les forces de l'ordre. Le président Béchir a estimé que les manifestants étaient manipulés et assuré que le mouvement restait très limité, loin des mobilisations de masse du Printemps arabe.

http://bit.ly/MZGhKp


Soudan : Un millier d’arrestations après des manifestations

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83302

Près d'un millier de personnes ont été arrêtées vendredi 28 juin en marge des manifestations contre la hausse des prix et le président Omar el-Béchir, soit autant que sur l'ensemble des deux premières semaines du mouvement. Parmi les détenus se trouve Talal Saad, un journaliste soudanais correspondant à temps partiel pour l'AFP, arrêté dans les bureaux de l'agence à Khartoum alors qu'il venait d'y apporter des photos d'une manifestation. Le ministre de l'Informationa assuré samedi 30 juin que les Soudanais avaient le droit de s'exprimer pacifiquement mais a appelé la population à ne pas permettre aux émeutiers de menacer la stabilité et la sécurité du Soudan.

http://bit.ly/LWVLff


Togo : 28 OSC se positionnent pour la culture de la citoyenneté

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83270

Quelque 28 organisations de la société civile se sont constituées en "Synergie Citoyenne pour les Elections Démocratiques au Togo (SYCED 2012)", une plateforme d'activités lancée lundi 25 juin, pour asseoir la culture de la citoyenneté dans ce pays. La plateforme se focalise sur la tenue dorénavant de scrutins apaisés, libres et transparents au Togo, pendant que le climat sociopolitique est déjà tendu dans ce pays qui est en année électorale avec des élections législatives et locales en perspective.

http://bit.ly/N0BEft


Tunisie : Vives tensions au sommet de l'Etat

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83283

Les relations entre le président tunisien Moncef Marzouki et le Premier ministre sont tendues depuis l'extradition le 24 juin vers Tripoli de l'ancien Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi. La violence de la réaction du président Marzouki à l'extradition de l'ancien Premier ministre libyen a été à la hauteur de l'humiliation: la présidence tunisienne l'a qualifée d'illégale, accusant le chef du gouvernement tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, d'être "sorti de ses prérogatives". L'extradition a également été vivement contestée par plusieurs organisations locales et internationales de défense des droits de l'Homme.

http://bit.ly/MxEw8K





Corruption

Egypte : Un ex-ministre condamné pour avoir vendu du gaz à Israël

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/83274

Un ex-ministre égyptien du Pétrole et un homme d'affaires en fuite ont été condamnés jeudi 28 juin à 15 ans de prison chacun dans l'affaire de la vente à Israël de gaz naturel à un prix inférieur au marché. Cinq hauts responsables de la Haute autorité égyptienne pour le pétrole et le gaz ont écopé de peines allant de 3 à 10 ans de prison. L'Egypte, qui selon des estimations fournit 40% du gaz consommé par Israël, a décidé en avril de cesser ses exportations de gaz vers l'Etat hébreu, indiquant ensuite que ces livraisons pourraient reprendre à condition de revoir les prix et les modalités du contrat.

http://yhoo.it/QqkfkD





Développement

Afrique : Un leadership politique fort pour soutenir la croissance

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/development/83267

Un leadership politique fort et des institutions publiques efficaces sont essentielles pour maintenir l'élan actuel de croissance économique et à libérer le potentiel productif de l'Afrique, selon le Rapport économique sur l'Afrique 2012 publié jeudi 27 juin. Le rapport indique en outre que l'échec de diversifier les économies et la dépendance à un produit ont empêché le continent de s'échapper de la fragilité persistante, ajoutant que les perspectives de croissance de l'Afrique et sa capacité à mobiliser des ressources demeure vulnérable aux chocs externes émanant des échanges mondiaux des matières premières et de fortes fluctuations dans les cycles économiques mondiaux.

http://bit.ly/LWntZI


Afrique du Sud : Zuma veut le pouvoir économique pour les Noirs

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/development/83287

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC, a entamé, lundi 25 juin, sa conférence d'orientation politique qui se tient tous les 5 ans. A l’ouverture, le président Jacob Zuma a déclaré qu'il est temps pour le parti au pouvoir, de mettre fin aux inégalités économiques. Le taux de chômage culmine à environ 25 % et montre peu de signes de baisse. S'adressant aux délégués de l’ANC , le chef de l’Etat sud-africain a déclaré que l'économie sud africaine était encore en majorité contrôlée par les Blancs, 18 ans après la chute de l'apartheid et que le gouvernement se devait de prendre des mesures drastiques pour s'assurer que les Noirs puissent bénéficier des richesses du pays.

http://bbc.in/MzeaCh


Côte d’Ivoire : Le Club de Paris efface presque toute la dette

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/development/83286

La Côte d'Ivoire a obtenu vendredi 29 juin l'annulation de la quasi-totalité de sa dette par le Club de Paris, après avoir déjà vu cette semaine sa dette allégée par le FMI et la Banque mondiale. Le Club de Paris, qui regroupe des créanciers publics, et le gouvernement de Côte d'Ivoire se sont entendus pour annuler la dette du pays à l'égard de cette institution à hauteur de 6,5 milliards de dollars. Ceci représente 99,5% de ce que devait la Côte d'Ivoire aux créanciers du Club de Paris, selon un communiqué. L'annulation porte sur 1,77 milliard de dollars de dettes dans le cadre de l'initiative de traitement de la dette renforcée (PPTE).

http://bit.ly/OLz7M0


Niger : 100 millions de dollars pour timuler la croissance

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/development/83308

Par le biais de l’Association Internationale de Développement (IDA), la Banque Mondiale va octroyer au Niger deux crédits. Ce financement est censé permettre à Niamey de stimuler sa croissance en vue de lutter contre la crise. La Banque Mondiale n’y est pas allé par le dos de la cuillère : elle a accordé un prêt total de 100 millions de dollars américains au Niger. Cette somme servira à soutenir des réformes pour induire une « croissance partagée ». C’est vraisemblablement le point d’orgue de l’initiative de la Banque Mondiale : certains secteurs prépondérants de l’économie nigérienne seront particulièrement soutenus. Le domaine minier et l’élevage figurent en haut de la liste.

http://bit.ly/OQ5WZL


RD Congo : De nouveaux billets sur le marché

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/development/83256

De nouveaux billets entre les mains des Congolais. Des coupures de 1 000, 5 000 et 10 000 Francs congolais (CDF) sont progressivement mises en circulation depuis lundi 2 juillet dans les grandes villes de la Congo, et « particulièrement dans les principaux pôles d’activité économique », avant d’être injectées vers les autres centres urbains et ruraux. Actuellement, l’ex-Zaïre ne dispose que de coupures de 50, 100, 200 et 500 CDF. Or leur valeur a dégringolé face au dollar américain. Résultat : les Congolais dépourvus de billets verts doivent régler certaines factures avec des sacs en plastique souvent remplis de plusieurs dizaines de bottes de billets. Peu pratique, guère sécurisant, et chronophage lors des transactions.

http://bit.ly/LKdKok


Zambie : La femme qui sait ce qui déclenchera la 3ème Guerre mondiale

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/development/83305

Née en Zambie de parents économistes, diplômée à Harvard et Oxford, embauchée par la Banque mondiale et Goldman Sachs, Dambisa Moyo l'affirme : la tension autour des ressources naturelles grandit de jour en jour, en particulier face à la montée de la demande chinoise. La demande globale de nourriture et d’eau devraient s’accroitre respectivement de 50% et 30% en 2030. La pression actuelle sur les ressources telles que le plomb, le zinc ou le maïs se révèle extrêmement forte. Difficile de dire d’où viendra toute l’énergie dont nous aurons tous besoin. Et les conséquences pourraient être catastrophiques...

http://bit.ly/N0Jcm1





Santé & VIH/SIDA

Afrique : La consommation de cocaïne augmente

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83278

L'Office contre la drogue et le crime de l'Organisation des Nations Unies (ONU) vient de publier son rapport 2012. Retenons-en quatre enseignements. "Les données pour l’Afrique sont difficiles à obtenir, mais le volume des saisies semble indiquer que l’herbe est aussi la forme la plus répandue du cannabis dans cette région, sauf en Afrique du Nord, où la résine est prédominante." Conséquence ? "C’est le cannabis qui suscite le plus grand nombre de demandes de traitement en Afrique."

http://oran.ge/MfROaB


Afrique du Sud : Projet pour durcir la législation anti-tabac

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83279

Les plus belles plages du Cap seront-elles interdites aux fumeurs ? Pas tout à fait, mais l'Afrique du Sud s'apprête en tout cas à durcir sérieusement sa législation anti-tabac dans un texte soumis à un débat public. Stades, zoos, parcs, aires de pique-nique, terrasses de café : tous les espaces publics les plus fréquentés devraient devenir des zones sans fumée, si la loi est promulguée en l'état du projet, jugé "extrême" et "intrusif" par ses détracteurs. Sur les plages, il faudra être assis à au moins 50 mètres de son prochain pour allumer une cigarette.

http://oran.ge/MfROY2


Gabon : des chiffres alarmants pour le sida

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83297

Six mille nouveaux cas d’infection par an. Deux mille décès chaque année et près de 63 000 personnes vivant avec le virus du sida au Gabon. Ces chiffres donnent le tournis pour une population estimée à 1 million et demi de personnes. Port-Gentil, la capitale économique du Gabon est la ville la plus touchée avec un taux de séroprévalence de 8,7%. La tranche d’âge la plus touchée est celle des 30 à 34 ans, avec 8,3%.

http://bit.ly/LXHgtk


Global : Nouvelle stratégie sur les maladies animales

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83276

Les agriculteurs et les consommateurs seront les bénéficiaires d'une nouvelle stratégie mondiale approuvée par les représentants de plus de 100 pays et bailleurs de fonds internationaux réunis à Bangkok pour la Conférence mondiale FAO/OIE sur la lutte contre la fièvre aphteuse. Les pays en développement sont souvent les plus durement frappés par la fièvre aphteuse, une maladie virale extrêmement contagieuse qui touche plusieurs catégories d'animaux et inflige de lourdes pertes de revenus aux petits agriculteurs. Ses effets se transmettent jusqu'aux consommateurs qui sont confrontés à des hausses des prix du lait, de la viande et d'autres denrées alimentaires.

http://bit.ly/LXdoNR


Nigeria : Le président appelle à limiter le nombre d'enfants

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83277

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a vivement encouragé mardi 26 juin la population du Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, à limiter le nombre d'enfants et avoir recours au contrôle des naissances. Le Nigeria a une population d'environ 160 millions d'habitants et l'ONU estime qu'il atteindra 400 millions en 2050. La population du Nigeria croît de 2,5 % par an, un taux que certains jugent insoutenable dans un pays déjà très densément peuplé et qui manque fortement d'infrastructures.

http://bit.ly/QjjwBF





LGBTI

Afrique du Sud : Demande d’asile pour un homosexuel africain

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/83271

Les demandeurs d'asile africains ayant fui leur pays pour échapper aux préjugés contre l'homosexualité sont loin de trouver une vie rêvée en Afrique du Sud, seul pays du continent qui leur accorde en principe exactement les mêmes droits que les hétérosexuels, selon une étude publiée mardi 26 juin. Les townships, quartiers dortoirs et désargentés, sont considérés comme ultra-dangereuses, et la communauté noire ou métisse comme très intolérante, à quoi s'ajoute la xénophobie ambiante.

http://oran.ge/MZFk4F





Racisme & xénophobie

Global : Balotelli, un bonheur contre les barrières raciales

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/racism/83306

Une belle histoire d'Amour traduite dans cette image... Mario Balotelli et sa mère adoptive s'embrassent avec amour, après le match qui a opposé les équipes italienne et allemande à la coupe d'Europe 2012 en Ukraine. Ce petit garçon noir adopté par ce couple Italien, cette dame et son mari, s'est plusieurs fois fait huer par des cris de singes de certains supporteurs racistes, fascistes et idiots. Mario a supporté cela avec courage et persévérance. Mario est désormais célébré par des milliers d'Italiens qui comprennent aujourd'hui que le bonheur d'un pays peut se faire par un enfant du pays, même n'ayant pas la couleur "juste" de la peau.

http://bit.ly/MJxJIq


Global : Le bus de la honte

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/racism/83275

Avec la promesse d’un emploi au bout du voyage, une organisation andalouse a offert un ticket de bus à une centaine d’immigrés subsahariens pour les faire quitter la région. Ils ont ainsi quitté la ville d’Huelva, la tête pleine de rêves et avec l’espoir de trouver le travail promis. A l’arrivée, c’est la déception et le chômage. L’association andalouse a tout simplement déplacé ces immigrés le plus loin possible de ses terres. Le Maire de Lleida se retrouve pour sa part dans une impasse et demande l’aide du gouvernement pour solutionner ce problème.

http://bit.ly/LLRpgc





Environnement

Afrique : La lutte s’intensifie contre le trafic d’ivoire

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83266

Un vol record de trois tonnes d’ivoire en Zambie ravive les inquiétudes au sujet de la sécurité des stocks d’ivoire en Afrique Australe. La majeure partie de l'ivoire de contrebande en Afrique est exportée clandestinement vers des marchés comme ceux de la Chine, où il existe des marchés légaux qui permettent aux criminels de blanchir très facilement leur ivoire illicite et où la demande est très forte parmi les nouveaux riches. Dans ce contexte de recrudescence du braconnage, le chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba a procédé mercredi 27 juin à l'incinération de 5 tonnes d'ivoire issues des activités de chasse illégale et représentant environ 5000 éléphants.

http://bit.ly/LXd958


Afrique du Sud : Un scientifique déchiqueté par deux chimpanzés

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83296

Un primatologue américain a été attaqué et très grièvement blessé jeudi 28 juin par des chimpanzés dans un sanctuaire sud-africain où sont recueillis des grands singes victimes de mauvais traitement. Il a perdu une oreille, plusieurs doigts et orteils, il présente des blessures très profondes, sa peau et ses muscles ont été totalement arrachés sur une jambe et un bras, et il a des fractures. La victime était chercheur en anthropologie et primatologie, attaché à l'université de San Antonio (Texas).

http://bit.ly/N3oXo0





Média & liberté d'expression

Tunisie : Peine confirmée pour la publication de caricatures du prophète sur Facebook

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/media/83269

La cour d'appel de Monastir a confirmé lundi 25 juin la peine de sept ans et demi de prison pour un jeune Tunisien qui avait posté des caricatures du prophète Mahomet sur sa page Facebook,. "Nous sommes conscients de l'importance du respect de la chose sacrée, mais le jugement est particulièrement sévère et n'est pas conforme aux droits de l'homme", a déclaré l'avocat du jeune homme, qui n'a pas exclu de se pourvoir en cassation.

http://bit.ly/Ofy0Eh





Nouvelles de la diaspora

Burundi : La diaspora prête à apporter sa compétence au développement

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/diaspora/83307

La diaspora burundaise a promis dans une conférence internationale de trois jours organisée cette semaine à Bujumbura d'apporter sa compétence au développement du pays. L'appel de cette diaspora a été bien entendu par le gouvernement burundais qui, dans un contexte de crise financière et économique internationale avec des retombées tentaculaires et après une longue guerre civile et en plein processus de normalisation politique, mobilise toutes les ressources nationales, dont la diaspora, pour participer à la reconstruction économique du pays.

http://bit.ly/N7xoNm





Conflits & urgences

Global : La guerre secrète des Etats-Unis en Afrique

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83299

De la Mauritanie aux Seychelles, les Américains tissent en toute discrétion un vaste réseau de bases militaires. Objectif : surveiller les organisations terroristes, lutter contre la piraterie et assurer la sécurité des compagnies pétrolières. L'existence de ce réseau discret de bases a été révélée le 14 juin par le Washington Post. Selon le quotidien américain, elles sont supervisées par les forces des opérations spéciales, mais gérées en grande partie par des sociétés privées. L'une des plus importantes en termes stratégiques est celle de Ouagadougou, implantée dans la partie militaire de l'aéroport international.

http://bit.ly/N7wQXA


Kenya : 17 tués dans l'attaque de deux églises d'une ville proche de la Somalie

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83254

Dix-sept personnes ont été tuées dimanche 30 juin dans l'attaque de deux églises d'une ville de l'est du Kenya, région frontalière de la Somalie, au cours de l'attaque la plus meurtrière depuis l'intervention de l'armée kényane fin 2011 dans le sud somalien contre les islamistes shebab. Des hommes armés, portant des cagoules, ont ouvert le feu et lancé des grenades sur deux églises à Garissa, au moment où les fidèles étaient rassemblés pour la messe dominicale. Ces attentats coordonnés n'ont pas été revendiqués, mais constituent sans aucun doute de nouvelles représailles à l'invasion kényane toujours en cours contre les shebab.

http://oran.ge/MNn4JK


Mali : Après les mausolées, les islamistes ciblent une mosquée de Tombouctou

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83253

Les islamistes qui contrôlent Tombouctou dans le nord du Mali depuis trois mois, ont poursuivi lundi 2 juillet la destruction de biens religieux en brisant la porte sacrée d'une mosquée du XVème siècle, après avoir démoli pendant le week-end sept des seize mausolées de saints musulmans de la ville. L'un d'eux, ancien guide touristique de la ville a déclaré: "Ils sont venus avec des pioches, ils ont commencé par crier +Allah+ et ils ont cassé la porte. C'est très grave. Parmi les civils qui regardaient ça, certains ont pleuré". Un membre de la famille d'un imam qui a affirmé avoir discuté avec les islamistes du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) qui imposent leur loi dans la ville depuis le 1er avril, a dit qu'ils avaient agi ainsi car "certains disaient que le jour où on ouvrirait cette porte, ce serait la fin du monde et ils ont voulu montrer que ce n'est pas la fin du monde".

http://oran.ge/LRR7Vp


Mali : Les islamistes ont pris Gao, le MNLA déterminé à poursuivre le combat

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83263

D'intenses combats ont eu lieu mercredi 27 juin à Gao. Les premiers vrais affrontements directs entre le MNLA et les groupes islamistes de la ville, tels que le Mujao et Ansar Dine. Très rapidement, les islamistes radicaux du MUJAO ont pris le dessus sur les hommes du MNLA. La situation à Gao inquiète le gouvernement malien, totalement impuissant et qui ne peut que délivrer des messages de soutien à la population de Gao.

http://bit.ly/MIpEn3


Mali : Washington met en garde la CEDEAO contre une opération dans le Nord

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83298

Les Etats-Unis ont mis en garde vendredi 28 juin la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest contre une éventuelle intervention dans le Nord du Mali, tombé aux mains d'islamistes armés. La CEDEAO prépare l'envoi éventuel d'une force de quelque 3.300 hommes au Mali. Mais elle a besoin, avec l'Union africaine (UA), d'un soutien international à une telle opération, et d'un appui notamment logistique des Etats-Unis et de la France. Un premier projet a été jugé beaucoup trop imprécis au Conseil de sécurité de l'ONU, et la CEDEAO revoit sa copie.

http://bit.ly/O3Efdc


Kenya : Quatre humanitaires étrangers enlevés, leur chauffeur tué

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83285

Quatre humanitaires étrangers ont été enlevés et leur chauffeur kényan a été tué vendredi lors d'une attaque contre un convoi du Norwegian Refugee Council (NRC) dans l'un des camps de réfugiés du complexe de Dadaab, au Kenya près de la Somalie, selon la police. Cet enlèvement est le dernier incident en date enregistré dans des camps de Dadaab connus pour leur insécurité et où la plupart des organisations humanitaires se déplacent sous escorte. En octobre dernier, deux employées espagnoles de Médecins sans frontières (MSF) avaient été enlevées à Dadaab, avant d'être emmenées en Somalie voisine où elles sont toujours retenues en otage. Cet enlèvement avait été l'un des éléments déclencheurs de l'intervention armée du Kenya dans le sud somalien.

http://bit.ly/MHS6nP


Soudan du Sud : 900 morts dans les violences de fin 2011-début 2012

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83260

Près de 900 personnes ont été tuées dans une série d'attaques interethniques au Soudan du Sud entre fin décembre et début février derniers, les pires violences dans ce pays depuis l'indépendance il y a près d'un an, a établi lundi 25 juin la mission des Nations Unies sur place. Le rapport onusien exhorte le gouvernement sud-soudanais à accélérer «de toute urgence» les travaux d'une commission d'enquête formée en mars pour enquêter sur les violences dans l'État de Jonglei, alors que certains auteurs des violences avaient signé leur nom par des graffitis sur des murs, ou revendiqué leur action sur internet.

http://bit.ly/MfQXXq


Soudan du Sud : Des armes étrangères utilisées dans les combats

2012-07-03

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83264

Des armes venues de Chine, d’Ukraine et du Soudan alimentent les combats au Soudan du Sud. Selon Amnesty International, ce “flot continu d’armes” inclut des armes soudanaises, des mines chinoises et des chars ukrainiens. Les autorités des pays concernés n’ont pas réagi à ces allégations. Les chars -utilisés par l’armée du Soudan du Sud selon Amnesty- ont été livrés clandestinement à l’APLS, l'Armée populaire de libération du Soudan, entre 2007 et 2009 via le Kenya, dans le cadre d’un transfert impliquant des sociétés ukrainiennes, allemandes et britanniques.

http://bbc.in/QqyDJz





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