Archives
Pambazuka News 25: Le sommet du G8 : non intérêt pour l’Afrique?
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org
Si vous ne souhaitez plus figurer sur la liste de nos abonnés, veuillez écrire à desabonnez@pamabazuka.org et votre adresse sera aussitôt retirée.
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Nécrologie, 4. Arts & livres, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Elections & gouvernance, 11. Afrique & Chine, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. Racisme & xénophobie, 17. Environnement, 18. Média & liberté d'expression, 19. Plaidoyers & campagnes, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie
Soutenez la lutte pour la justice sociale en Afrique.
Faites généreusement don à : www.pambazuka.org/en/donate.php
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Moussa Faye fait le point sur les enjeux (ou non-enjeux) du sommet du G8 pour l’Afrique
COMMENTAIRES ET ANALYSES :
- Henning Melber regrette les fausses attentes du NEPAD et le manque évident de soutien du G8
- Seule la valorisation de nos langues nationales peuvent faire sortir l’Afrique du sous-développement, démontre le prince Ndumbe III
NECROLOGIE : Fathia Krumah n’est plus
CULTURES ET LIVRES : Une nigérianne, prix Orange de Littérature en Angleterre
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : CEEAC, œuvrer pour les E.U.A
FEMMES ET GENRE : Burkina, de la volonté politique contre les MGF
CONFLITS ET URGENCES : Nouvelles d’Algérie, Côte d’Ivoire, Kenya, Ouganga…
DROITS HUMAINS : Winnie Mandela privée de visa canadien
MOUVEMENTS SOCIAUX : G8, l’Afrique attend toujours…
REFUGIÉS ET MIGRATION FORCÉE : Libéria, plus de 100 000 rapatriés
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Abdelaziz Belkhadem reconduit en Algérie
AFRIQUE ET CHINE : Chine, le cacao ivoirien arrive
CORRUPTION : Les présidents africains sont des ‘corrompus’ !
DEVELOPPEMENT : Les bailleurs de fonds ne s’intéressent pas à l’Afrique
SANTÉ ET VIH/SIDA : Besoin criard d’ARV en Afrique
ÉDUCATION : Au Cameroun, les mères prônent l’éducation des filles
RACISME ET XENOPHOBIE : Les noirs américains discriminés
ENVIRONNEMENT : Burundi, déchets solides transformés en Charbon
MEDIA ET LIBERTÉ D’EXPRESSION : CNBC, 1ère chaîne africaine continue d’information
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Haro sur les violences contre les femmes
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Cameroun, le téléphone passe à 8 chiffres
PLUS : Informations sur les cours, séminaires, ateliers et offres d’emploi…
Chroniques
Le sommet du G8 a Heiligendamm : Non intérêt pour l’Afrique?
2007-06-07
Moussa Faye
La grande messe des 8 pays les plus riches au monde se tiendra cette semaine à Heiligendamm en Allemagne. Et comme à chaque rencontre de ce club comptant parmi les nations les plus favorisées au monde un vague espoir sera entretenu pendant quelques jours chez les nations pauvres, particulièrement chez les activistes de la lutte contre la pauvreté et l’iniquité qui caractérisent le monde d’aujourd’hui. Mais pour Moussa Faye, les Africains doivent cesser de ce leurrer car pour le G8 l'Afrique n'est même pas une sous-priorité.
Le G8 n’est pas une instance de gouvernance internationale à l’instar des instances de l’ONU, l’OMC ou des organisations régionales telles que l’Union Africaine ou encore l’Union Européenne, il n’a pas un mandat émanant des nations. Mais il s’est proposé lui-même comme but d’apporter une réponse concertée aux questions qui secouent le monde d’aujourd’hui, les pays membres du G8 étant réputés être les plus influents de la planète. Qui définit ces questions importantes ? Qui en établit la hiérarchie et les priorités ? Le G8 lui-même.
Et nous voilà au cœur du débat sur la légitimité du G8 en tant qu’instance qui décide pour le monde. Cette question a été soigneusement occultée ces dernières années particulièrement sous l’enthousiasme et l’euphorie nés de la présidence du G8 par Tony Blair qui de façon volontariste et politicienne avait place la pauvreté et la question de l’assistance à l’Afrique au centre du sommet de Gleneagles il y a deux ans. Le sommet de Saint Petersburg l’année dernière avait coupé court cet élan Blairiste en opérant un recentrage du G8 sur les préoccupations des pays riches et puissants : l’énergie (c'est-à-dire son contrôle par les riches), le terrorisme, les maladies infectieuses (formulation qui renvoie la question vitale pour l’Afrique du VIH/ SIDA derrière celle de la grippe aviaire par exemple).
Angela Merkel n’a fait que renforcer cette tendance en annonçant quelques mois après Saint Petersburg que l’Afrique ne sera pas une priorité à Heiligendamm. Les protestations de la société civile mondiale qui s’en sont suivies ont certes amené la Chancelière à nuancer cette position sans pour autant changer dans le fond.
Jusqu'à cet instant, il n’y a pas de consensus sur le communiqué concernant l’Afrique et l’Italie et le Canada refusent même de réitérer les promesses faites à Gleaneagles d’amener l’aide publique au développement a 50 milliards de dollars d’ici 2010 et de consacrer la moitié de cette aide à l’Afrique.
Tout indique par ailleurs que cette promesse ne sera pas tenue par le G8 car il y a un gap de 6 milliards de dollars chaque année par rapport à l’aide promise depuis 2005. En fait d’augmentation de l’aide au développement il faut beaucoup relativiser ce qui est pompeusement appelé « augmentation de l’aide » car un tiers de l’augmentation de l’aide est constitue par l’annulation de la dette injuste qui a mis les économies africaines à genou.
L’aide ou l’augmentation de l’aide dans beaucoup de cas ne correspond pas du tout à des rentrées d’argent pour l’Afrique. Par exemple 50% de l’augmentation de l’aide de la France aux pays pauvres est constituée de l’assistance apportée aux demandeurs d’asile et aux réfugies sur le territoire français. Cette augmentation d’aide n’a évidemment aucune incidence sur la lutte contre la pauvreté en Afrique
Le commerce international, principal mécanisme d’appauvrissement de l’Afrique a travers les subventions des pays riches à leur agriculture qui leur permettent de déverser sur le continent des produits bon marché qui concurrencent et étouffent la production locale, reste une pomme de discorde entre le Nord et le Sud. L’Europe comme les USA cherchent à ouvrir davantage les marchés du continent tout en se gardant farouchement de libéraliser leur agriculture. Cette intransigeance et cette schizophrénie des pays riches ont mené le cycle de négociations de Doha à l’impasse qui est tant décriée aujourd’hui.
70% de la population africaine composée de producteurs paysans ne peuvent pas faire face à l’importation massive de produits vendus en dessous de leur coût de production. Ce dumping qui a fortement contribué à la crise de l’exploitation agricole familiale, base du système de production africain, a déjà poussé des millions d’Africains à abandonner leurs terres et bon nombre d’entre eux cherchent aujourd’hui à entrer illégalement sur le territoire européen. Comble d’ironie l’assistance apportée aux naufragés africains sur les côtes espagnoles et autres immigrés illégaux africains est fortement comptabilisée au titre de l’aide au développement de l’Afrique. Le G8 va occulter toute cette problématique.
Ainsi l’Afrique est en train d’être moins qu’une sous priorité pour le G8 qui ignore aussi les véritables mécanismes à actionner pour aider le continent noir à se passer de l’aide. Le G8 semble préférer la charité en lieu et place de la justice et l’équité pour l’Afrique. Aux leaders africains d’en tirer toutes les conséquences!
* Moussa FAYE est le Représentant Résident de ActionAid Senegal, basé à Dakar.
* Commentaires à envoyer à editor@pambazuka.org ou en ligne en visitant le site www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
Le G8, l’Afrique et le Nepad : Evaluation critique
2007-06-07
Henning Melber
Les Africains continuent de rester les non-nantis en bas de la pyramide mondiale. Même si « leurs » dirigeants baignent dans l’abondance de richesses et de privilèges. Il est raisonnable de conclure, selon Henning Melber, que jusqu’à présent, ni le NEPAD ni son appui de la part du G8 et d’autres qui prétendent en être préoccupés, n’est parvenu à donner une contribution susceptible de causer le changement.
Depuis le début de ce siècle, le G8 a commencé à cultiver des relations intimes spéciales avec les représentants d’une « nouvelle Afrique » en réponse à leur courtisanerie.
Ce n’est pas par hasard que la Chancelière Allemande Angela Merkel a annoncé que l’épanouissement accru de cette liaison en « partenariats de réformes » figurerait officiellement parmi les priorités à l’ordre du jour du prochain sommet à Heiligendamm sur la mer Baltique.
Cependant, ceci ne signifie pas nécessairement que ça va se passer réellement. Nous avons déjà vu de cas où l’accent sur l’Afrique annoncé au départ a été rendu invisible par d’autres dossiers à Kananaskis, où les événements au Moyen-Orient ont remplacé l’Afrique comme une priorité, et à Gleneagles après les attaques de bombes à Londres; et les représentants africains se voyant obligés de paraître invisibles.
Cette fois-ci, il semble que le changement climatique va de nouveau pousser l’Afrique hors de vue- même si ses gens pourraient être parmi les plus grandes victimes des effets de la pollution non-contrôlée de l’environnement ; rabaissant ses dirigeants et les poussant à l’ombre.
Mais malgré cela, les chefs d’Etats africains favorisés semblent se sentir en quelque sorte à l’aise en jouissant de petits profits marginaux résultant du fait de s’asseoir à table pour partager le déjeuner avec les puissants. Après tout, depuis Gênes, le déjeuner a été le minimum qu’ils aient reçu de chaque sommet du G8. Même quand cela, en plus de la photo de groupe, était parfois la seule reconnaissance accordée.
Merkel s’est servie de son discours au Forum Economique à Davos pour déclarer que pendant les présidences allemandes du G8 et de l’UE, l’accent serait mis sur comment l’Afrique pourrait être mieux intégrée dans l’économie mondiale.
Son représentant personnel au G8, Bernd Pfaffenbach, a confirmé lors d’une débat sur l’Afrique au même lieu de ski des Alpes suisses, que le camp de l’été à la mer Baltique à Heiligendamm chercherait à encourager un partenariat entre le G8 et les dirigeants africains.
Ces intentions déclarées du programme par les hôtes de cette année ne devraient pas paraître comme soulageantes. Elles devraient plutôt sonner comme des cloches d’avertissement. Les deux priorités de l’intégration accrue dans l’économie mondiale et du partenariat plus rapproché avec les dirigeants africains dans l’interaction prévue méritent la question qui est en train d’être soulevée : où résident les intérêts des gens du continent?
Après tout, ni la mondialisation depuis l’époque de la vente des esclaves, ni la collaboration des dirigeants africains avec les puissants d’ailleurs, quelle que soit leur persuasion politique et idéologique, n’a fourni d’intérêts significatifs et durables aux majorités sur le continent qui luttent chaque jour pour la survie.
L’intégration accrue des sociétés et des économies africaines dans le marché mondial, un processus qui depuis la colonisation était de toute façon beaucoup plus avancé que dans la plupart des autres régions du monde, suggère, au contraire, même une exploitation plus systématique des ressources naturelles du continent, et l’élargissement intensif aux marchés locaux.
Sous les programmes actuels de la « mondialisation » promus et réglementés par l’OMC, l’accès pour que le capital extérieur fournisse des biens et les services publics privatisés, de même que le contrôle de la soi-disant propriété intellectuelle, en rajoute davantage à la réduction de l’autonomie de l’Etat et des capacités locales d’agir dans l’intérêt des gens.
La privatisation ne remplit pas bien certaines des principales tâches d’un Etat qui fonctionne: à savoir la livraison des services de base dans l’intérêt public, notamment celui des pauvres; et pour protéger les plus faibles – non pas que les gens en Afrique n’ont jamais vu ni eu l’expérience d’une grande part de ceci.
Depuis 2001, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad) est devenu la marque déposée africaine pour le genre de collaboration que le G8 et les autres pays OECD favorisent et soutiennent.
En perspective en tant que plan depuis la fin des années 1990, le Nepad a émergé comme un résultat d’une constellation fondamentalement nouvelle sur le continent. Après l’Afrique du Sud – depuis le milieu des années 1990, et le Nigeria –depuis la fin des années 1990, les deux puissances économiques régionales, avaient laissé derrière leur statut paria. Alors que l’apartheid, dans l’un des cas, et les dictatures militaires, dans l’autre cas, limitaient les sphères opérationnelles des régimes africains auparavant, les nouveaux gouvernements représentaient des récits de succès politiquement acceptables – si pas toujours loués – comme quoi la démocratisation marche.
Considéré comme les pays meneurs stratégiques dans la région pour l’Occident, ces deux économies totalisent les quelque deux tiers du PIB de tous les pays de la soi-disant Afrique sub-saharienne. Laissant de côté les économies basées sur les ressources, qui, à travers le pétrole, les minerais stratégiquement pertinents et d’autres biens naturels, tels que les diamants, stimulent le désir de faire des transactions avec les responsables et les oligarchies locaux, ce sont les partenaires potentiels les plus attirants pour le monde extérieur.
Les chefs d’Etats sud-africain et nigérian Thabo Mbeki et Olusegun Obasanjo étaient les deux principaux architectes du Nepad, avec l’autocrate sénégalais Abdoulaye Wade, et le soutien de l’Egypte et de l’Algérie. De fait, tous les trois dirigeants africains de ce triumvirat ont raté seulement un des six sommets du G8 depuis Gênes 2001.
Mais aux yeux de beaucoup d’observateurs critiques, y compris au sein de l’Afrique, le Nepad symbolise essentiellement les nouveaux vêtements de l’empereur. Il revient à la reformulation de la même vieille histoire d’ensemble de conditions, seulement cette fois-ci sous la propriété africaine
.
Perçu comme une politique d’orientation néo-libérale imposée à partir d’en haut, on le met en cause et on le teste à partir d’en bas comme une approche technocrate des élites. Ou autrement comme une version locale du consensus de Washington.
D’après cette vision, les défaillances et les déséquilibres structurels sont légitimés, mais pas mis en cause. Il reflète une coalition entre ceux sur le continent et à l’étranger qui profitent des économies de marché orienté vers l’exportation, sous un régime commercial, qui est avant tout orienté vers l’extérieur.
Ceci pourrait s’ajouter aux avantages relatifs d’une petite élite locale et des plus grands parmi les acteurs subalternes sur le continent. En particulier en élargissant le capital sud-africain, qui est en train de réussir à pénétrer beaucoup d’autres économies africaines. Mais il offre peu ou n’offre rien du tout aux hommes du commun. Ils restent encore une fois exclus des affaires. Ils sont chômeurs et ils continuent de vivre dans la pauvreté extrême.
Alors que certains des critiques plutôt acerbes marmottent des théories douteuses de complot, ce qui pourrait être injuste, ou du moins pas conformes aux intentions réelles de certains des nouveaux dirigeants africains, il est difficile de rejeter en bloc de telles analyses.
Le manque de matière significatif offre peu d’aisance du soutien du G8 pour le Nepad, qui serait obligé de faire correspondre les déclarations presque euphoriques depuis que les dirigeants africains ont toqué à leurs portes à Gênes.
Au milieu du désordre italien, les chefs d’Etats du G8 ont affecté des « sherpas » individuels pour qu’ils se regroupent et préparent un Plan d’Action Afrique. Son adoption une année plus tard, à la mi 2002, dans les montagnes canadiennes à Kananaskis, fut célébrée comme une percée majeure. Bien qu’elle fut (dis-)qualifiée par les critiques modérés tel que le directeur d’alors chargé de la justice et de la paix à la Conférence des Evêques Catholiques Sud-Africains d’ « air chaud » ou de « cacahuètes recyclées ».
Contrairement à de telles conclusions qui poussent à la réflexion, le président sud-africain est rentré triomphalement avec le message comme quoi Kananaskis a marqué un moment décisif dans la naissance d’un système plus juste et plus équilibré de relations internationales. Dans le contexte historique, Kananaskis représentait pour lui la fin de l’ère coloniale et néo-coloniale. Classer ce genre d’interprétation osée comme « un raisonnement de rêve » semblerait le moins que l’on puisse dire.
Sur base de ces soi-disant récits de succès auto-proclamés, les dirigeants africains se sont servis de la transformation de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en Union Africaine (UA) directement après Kananaskis à leur sommet à Durban pour intégrer le Nepad comme un nouveau programme économique de l’organe continental.
Ils l’ont ainsi élevé à un statut officiel pour tous. Par la suite, en septembre 2002, l’Assemblée Générale des Nations Unies remercia le Nepad en lui donnant le titre de cadre général de coopération internationale avec l’Afrique, permettant de la sorte à Thabo Mbeki de déclarer, sans qu’on puisse le contredire, que le Nepad avait émergé comme le point de repère politico-économique dans l’interaction de l’Afrique avec le monde extérieur.
Même les résultats qui donnent à penser du sommet dans l’Evian français en 2003 et l’humble déjeuner offert au sommet américain en Georgie en 2004 ont servi comme plus de légitimité pour le Nepad-troika africaine. Malgré que Wade devenait de moins en moins enthousiaste, et dans l’entretemps ouvertement critique.
Leur patience fut moins récompensée par l’effort personnel de Tony Blair, qui utilisa la présidence du Royaume –Uni pour initier sa Commission pour l’Afrique. Son rapport, qui figura à l’ordre du jour du sommet de Gleneagles en 2005, prétendait présenter, à travers le soutien financier accru et l’annulation de la dette, un apport décisif dans le développement de l’Afrique. En effet, une portion considérable des dettes déjà payées ont lors été annulées pour les pays les plus pauvres parmi les pauvres.
L’élan moral qui est dû, en partie, non seulement au flair personnel de Tony Blair, mais aussi au document de la Commission Afrique, sous-titré « Notre Intérêt Commun », ne devrait cependant pas désorienter.
En effet, les prémisses fondamentales des recommandations reposent sur la supposition que ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent porter la responsabilité d’être si pauvres, et qui ont besoin-avec l’assistance extérieure- d’arriver à agir ensemble.
Les réformes proposées ne citent ni ne blâment les inégalités structurelles qui en découlent en tant que résultat des processus historiques, au cours desquels le colonialisme et l’impérialisme européens se sont répandus jusqu’aux fonds fins de l’Afrique avec des conséquences dévastatrices et durables pour les sociétés là-bas. Elles ne mettent pas non plus en cause la base fondamentale du système mondial existant pour le moment et ses effets néfastes sur les économies africaines et les Africains.
Même si la Commission –avec toutes les réserves nécessaires- était considérée comme un progrès majeur pour au moins une sphère publique plus vaste, et aussi au moyen de la culture des vedettes qui conduit à des performances spectaculaires « fais du bien » (qui en général excluaient les artistes africains en leur refusant une part équitable dans la publicité) ; le sommet du G8 à St Petersburg en 2006 qui s’ensuivit n’a même pas prétendu faire le suivi de ceci de manière sérieuse.
Pour la première fois depuis Okinawa en 2002, seuls trois chefs d’Etats africains avaient décroché le privilège de jouer un rôle d’appui. A part le fait d’être un certain type d’aspect exotique cosmétique, le sommet n’avait absolument rien à offrir.
Selon le gouvernement allemand, les choses devraient être différentes au début de juin à Heiligendamm. Comme le suggèrent les exercices d’évaluation des progrès vers la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire, beaucoup laisse désirer quand il s’agit de la mise en œuvre des cibles définies.
Les Africains continuent de rester les non-nantis en bas de la pyramide mondiale. Même si « leurs » dirigeants – notamment dans les cas comme celui de l’oligarchie du pétrole angolais ou de despotes individuels tel que Mugabe- baignent dans l’abondance de richesses et de privilèges. Il est raisonnable de conclure que jusqu’à présent, ni le Nepad ni son appui de la part du G8 et des autres qui prétendent en être préoccupés, n’est parvenu à donner une contribution susceptible de causer le changement.
Il faudrait cependant reconnaître, en même temps, et ce malgré de telles réserves, qu’une part juste de responsabilité collective et de volonté d’intervenir dans les affaires des Etats membres a fondamentalement changé le programme politique de l’Union Africaine et ses principes directeurs.
Alors que jusqu’à présent ceci a eu peu d’impact en termes de changements nécessaires dans les impasses structurelles socio-économiques, et n’a pas réussi à produire des résultats décisifs quelconques dans plusieurs cas-pas moins au Zimbabwe, aussi politiquement, ça n’affecte pas les facteurs socio-économiques y relatifs tels que la sécurité, la participation politique, la transparence et la responsabilité.
Alors que beaucoup laisse à désirer, on ne devrait pas ignorer les changements fondamentaux, qui en termes d’abandon du saint principe actuel de non-intervention était un résultat direct de la transformation de l’OUA en l’UA.
Le Mécanisme Africain de Revue par les Pairs (MARP) en tant que partie intégrante volontaire, du Nepad, pourrait être là plus en tant que symbole qu’autre chose. Mais le fait de figurer au programme marque un nouveau chapitre dans la politique africaine. A une époque où les révolutions ne sont même pas à l’horizon à quelque distance, ceci semble toujours une vue trop pragmatique, bien que probablement réaliste.
Ironiquement, avec les nouvelles tendances multipolaires, et les pays BRIC (le Brésil, la Russie, l’Inde et en particulier la Chine) à travers leurs partenaires bilatéraux qui cherchent avec agressivité à explorer et à exploiter le continent africain avec peu de préoccupation ou sans du tout se préoccuper de la « bonne gouvernance »-quelle que soit la signification de ceci, les gains des économies africaines, selon leurs mesures en termes d’équilibres commerciaux et la croissance du PIB, sont remarquables.
Bien entendu, ceci ne veut pas dire que les économies africaines et les populations locales vont automatiquement en bénéficier. Il reste à ce niveau une question ouverte de savoir s’ils pourraient avoir une part modeste de la nouvelle bousculade pour les ressources africaines et comment cela pourrait se passer. Mais il est peu probable que le sommet du G8 à Heiligendamm va rendre plus proche la solution à ce défi.
*Henning Melber était directeur de la Branche Namibienne de la Recherche en Politique Economique- The Namibian Economic Research Unit (NEPRU) à Windhoek, Namibie, de 1992 à 2000. Il était directeur de la Recherche à l’Institut Nordique Afrique9The Nordic Africa Institute), Uppsala, Suède, 2000-2006. Il est actuellement directeur exécutif de la Fondation « Dag Hammarskjold ».
*Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org .
Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° 303. Voir : http://www.pambazuka.org/en/category/comment/41299
Langue, libération et développement
Méthodes d’approche pour une Afrique postcoloniale
2007-06-07
Kum’a Ndumbe III
Existe-t-il un lien entre la langue, le statut d’esclavage, de dépendance ou de liberté d’un peuple et sa capacité de développement politique, économique, militaire ou culturelle ? Quelle est l’expérience acquise par les pays africains après les indépendances politiques jusqu’en cette année 2006, année des langues africaines ? Le Prince Kum’a Ndumbe III s'en explique dans cet article et présente en même temps les méthodes d’approche que la fondation AfricAvenir a essayé de mettre en application pour contribuer à clarifier le rapport entre langue et développement dans la conscience des populations et des décideurs.
1- Langue, pensée et situation coloniale
Langue et articulation de la pensée
Quand un enfant naît et que sa langue reste « attachée ou comme collée », tant que cette langue n’est pas déliée, l’enfant ne parviendra pas à articuler correctement la parole. L’organe qui nous permet de moduler les sons de notre parole, qui nous permet d’articuler les mots que nous voulons prononcer, cet organe lui-même doit impérativement être libre pour remplir sa mission d’articulation de notre parole. Si cette libération de langue ne s’opère pas, alors nous restons handicapés pour la vie. Dans ma tradition duala, on procède assez tôt à cette opération bénigne, et quand on veut qu’un enfant devienne particulièrement éloquent plus tard, il est de tradition qu’on lui casse une noix spéciale dans sa bouche de bébé (ba bo mo kasso o mudumbu).
La langue que nous utilisons nous permet d’articuler notre pensée, nos entiments, notre foi, nos rêves, notre vision du monde. C’est la langue qui nous permet de dire notre quotidien, d’interpeller notre passé, de projeter notre futur, c’est elle qui nous permet d’articuler la pensée créée. Or la pensée est porteuse de développement ou de régression.
C’est grâce à la création de la pensée et à sa mise en application pratique, technique ou technologique que les réalisations se font, que des acquis sont conservés, que les mutations initiées s’opèrent, que les prévisions et les probabilités sont programmés, que les dangers éventuels sont prévenus. Mais c’est aussi grâce à la pensée que la haine est matérialisée, que les destructions et les guerres se font. La pensée et son articulation sont donc au centre de notre existence humaine, elles déterminent la qualité et le rythme de notre progression sur terre.
L’expérience coloniale des pays africains a mis un frein déterminant dans l’articulation de la pensée collective des peuples africains. En imposant la langue du colonisateur comme seule langue officiellement reconnue, en rejetant les langues africaines dans le domaine folklorique de « langues vernaculaires » ou « patois », la pensée elle-même pouvait continuer à s’articuler au niveau de chaque individu dans son « patois » non reconnu et marginalisé. Mais l’articulation collective de la pensée d’un peuple africain donné ne pouvait plus s’identifier à cette pensée transportée par la langue officielle du colonisateur. Dans la rencontre entre l’Europe et l’Afrique sur terre fricaine, l’articulation de la pensée devenait ainsi subitement une question de pouvoir politique.
Le choc des rencontres dans le contexte colonial africain ne
put admettre de compromis dans l’articulation de la pensée. La langue du colon s’arrogeant l’exclusivité dans la vie publique en terre coloniale, la pensée exprimée en langue africaine autochtone devenait marginalisée, elle reçut l’étiquette de pensée primitive, barbare, arriérée, incapable d’esprit scientifique, incapable d’apporter progrès ou développement. Le savoir
véhiculé par les langues africaines reçut ainsi le qualificatif de non-savoir par le maître colonial. Dans la réalité, une pensée qui s’exprimait dans la langue africaine portait un caractère subversif, elle ne pouvait être ni comprise, contrôlée, ni maîtrisée par le maître colonial et devait être combattue et réduite au silence.
Or, les populations africaines n’ont pas arrêté de penser et d’articuler leurs pensées dans leurs propres langues, malgré la présence du colonisateur. Mais comme ces populations ont vécu en peuples vaincus, dominés et dont les territoires sont demeurés occupés militairement souvent pendant plus d’un siècle, tout support public fut supprimé à l’articulation de ces pensées qui sont devenues comme inexistantes dans tout espace public, à savoir dans l’administration, l’école, les médias, et dans une certaine mesure dans les églises, etc.
Langue et transformations en période postcoloniale
Les Africains eux-mêmes qui passeront par le filtre de l’administration, de l’école, des séminaires de l’église, oui les Africains qui n’auront plus d’autres sources d’informations que les médias s’articulant dans la langue du colonisateur, finiront par être convaincus que l’Afrique n’aurait pas produit de pensée originale digne de progrès et de développement, que la pensée qui mène au progrès ne saurait s’articuler que dans la langue du colonisateur
européen.
Ce sont ces Africains qui prendront le pouvoir dans les pays africains après les indépendances des années soixante et soixante dix. Ils continueront l’application de l’œuvre coloniale en imposant à la population africaine l’articulation de la pensée dans la langue de l’ancien colonisateur. Malgré l’indépendance formelle que les pays asiatiques aussi ont acquise, la pensée en Afrique demeurera coloniale dans l’articulation linguistique de son expression. La pensée dans le domaine public africain demeurera donc embrigadée dans les normes de la langue européenne, dans les structures de diffusion de la pensée prévues par ces langues des métropoles européennes.
Or pour ces mêmes métropoles européennes, l’Afrique n’est qu’un continent en marge, un continent de la périphérie, un élément très secondaire dans la stratégie globale du partage du pouvoir dans le monde. Dans cette stratégie, l’Afrique doit être sévèrement contenue dans la marginalisation, contrôlée, affaiblie, dominée, pour que les vainqueurs de la mondialisation continuent à y puiser ce dont ils ont besoin pour asseoir leur pouvoir et leur suprématie mondialisée.
Les populations africaines, continuant dans leur écrasante majorité à vivre au quotidien avec leurs langues privées de support de communication et de supports administratifs, ne savent même pas vraiment dans quels jeux stratégiques elles sont embarquées, demeurent pour la plupart ignorantes des concepts, discours, programmes élaborés pour elles, aussi bien au niveau national que mondial. Ces populations demeurent dans un état de dépendance paternaliste, elles ne conçoivent pas, elles n’ont même pas accès au débat sur le sort qui leur
est réservé dans la grille de la compétition mondialisée.
La langue officielle du domaine public fonctionne comme une barrière insurmontable pour ces populations africaines qui, dans une erreur fatale, ont parfois fini par intérioriser que tous ces discours dans la langue du blanc qu’elles ne comprennent qu’approximativement ne les concernaient pas, que l’élite africaine au pouvoir et les organisations internationales scellaient le sort des populations qui n’ont pas droit à la parole. Dans cet engrenage, on entend souvent les populations dire qu’elles sont devenues impuissantes face au destin et que seule une force divine viendrait à bout de la conjuration de puissance créée par l’implication des intérêts de l’élite locale postcoloniale
avec les puissances et les organisations étrangères.
2- L’état postcolonial et la schizophrénie linguistique
Violence structurelle permanente et confiscation du discours
Les populations africaines vivent ainsi dans leur grande majorité dans une violence structurelle permanente, violence qui confisque toute élaboration de la pensée, tout discours fondamental sur la vie et le devenir d’une nation africaine donnée. La petite minorité passée par le filtre de l’école occidentale et qui est devenue incapable d’articuler pensée et discours dans sa propre langue maternelle africaine partage le discours étranger sur l’Afrique ou tente de s’y opposer avec des moyens dérisoires, cette opposition elle-même étant articulée dans une langue que la population comprend à peine ou ignore.
Ainsi, un soutien structurel manquera à cette opposition qui va réclamer l’articulation de la pensée et du discours dans la langue utilisée tous les jours par les populations, car ces populations, quoique concernée, n’auront pas accès à ce discours de l’opposition articulée en leur faveur dans la langue du
blanc. Certains pourraient m’opposer que le français, l’anglais, le portugais et l’espagnol seraient devenues des langues africaines puisque ces langues jouissent dans la plupart des cas de l’exclusivité à l’école, dans l’administration, dans les médias, bref dans la vie publique de tous les jours, et ceci depuis plus d’un siècle.
Les statistiques comptabilisent souvent le nombre des populations africaines d’un pays et les considèrent tout simplement comme locuteurs de l’ancienne langue coloniale. Le Nigéria avec ses 470 langues africaines devient ainsi un pays anglophone, les deux Congo avec leurs 221 langues pour la République Démocratique et les 60 langues pour le Congo Brazaville deviennent ainsi deux pays francophones. Certaines rencontres en Afrique aujourd’hui tentent de démontrer avec de plus en plus d’insistance que les langues européennes comme le français, l’anglais et le portugais seraient devenues des langues africaines et devraient bénéficier de ce statut, compte tenu aussi d’un développement linguistique particulier qui aurait permis l’enrichissement de ces langues européennes grâce au terroir africain. Seulement, l’imposition des langues européennes en Afrique n’a pas réussi à effacer l’utilisation au quotidien des langues africaines par les populations.
Schizophrénie linguistique et développement
Les Africains d’aujourd’hui vivent ainsi dans une situation de schizophrénie linguistique permanente dans laquelle les choses intimes et personnelles peuvent être articulées dans les langues africaines à la maison, lors des rituels, des séances de guérison, dans l’espace strictement privée, alors que les choses reconnues importantes se dérouleront dans l’espace public dans les langues européennes peu maîtrisées ou ignorées. La violence structurelle
engendre une schizophrénie linguistique qui écarte le citoyen de la sphère de l’élaboration de la pensée et du discours sur les enjeux de la nation.
L’Afrique moderne assiste comme impuissante à un génocide intellectuel devenu structurel, car perpétré au quotidien par l’administration, l’école, les médias, etc.. Celui qui n’arrive pas à se détourner de façon fondamentale de sa langue et de sa culture africaines et qui ne parvient pas à une maîtrise de
la langue du blanc (bwambo bwa mukala) est rejeté du système. Ce citoyen-là sera condamné à survivre ou pas dans le secteur dit informel délaissé par les structures administratives et la coopération internationale car ce n’est que dans ce secteur dit informel ou secteur de la « débrouillardise » que l’articulation de la pensée et du discours est permise au quotidien dans
les langues africaines.
Ainsi, seuls ces Africains passés avec succès au filtre de la violence structurelle linguistique sont en mesure de lire et peut-être de comprendre le discours étranger sur le développement des pays africains, discours articulé exclusivement dans les langues européennes. Le discours sur le développement de l’Afrique reste un discours conçu, élaboré, prononcé dans des langues que l’écrasante majorité des populations africaines ne comprend pas ou maîtrise à
peine. Ces populations ne peuvent ainsi pas participer à ce discours, elles ne peuvent pas le comprendre, le critiquer, l’amender ou le rejeter, et pourtant, ce sont elles qui sont invitées à le mettre en application.
Nous vivons dans ce cas d’espèce un discours anti-démocratique dans son essence même, puisqu’il n’est ni porté, ni partagé par la majorité de la population. Il s’impose tout simplement par le jeu de la violence structurelle. Le discours sur le développement de l’Afrique aura du mal à devenir un discours africain sur le développement de l’Afrique, tant qu’il ne saura être conçu, élaboré, critiqué, amendé ou rejeté par les populations africaines elles-mêmes dans les langues qu’elles utilisent au quotidien et maîtrisent. C’est terrible comme situation, car il y va de la vie de plusieurs centaines de millions de personnes qui devraient, mais n’arrivent pas vraiment à se prendre en charge.
Le nouveau cadre politique et juridique international
La situation historique actuelle met l’élite africaine au pouvoir dans un profond dilemme. Pour rester ou accéder au pouvoir, elle doit se conformer aux règles de jeu qui régissent le système de domination sur le continent africain, elle sait qu’elle doit gérer le pouvoir et l’administration en s’efforçant à plaire à ceux qui, hors du continent, déterminent celui qui peut ou qui ne doit pas rester au pouvoir dans un pays africain donné. Cette donne demeurant
primordiale dans la plupart des cas aujourd’hui encore, l’acteur politique africain se gardera par sagesse de trop forcer sur la nécessité des populations africaines à se réapproprier l’articulation de la pensée dans les langues africaines, certains refuseront tout simplement de soutenir la revendication d’une réappropriation africaine du discours sur le développement de l’Afrique. Ils y percevront plutôt un signe de déstabilisation de leur propre poste politique.
Les résolutions des conférences internationales, les conventions signées par les Etats et ratifiées par les parlements comme la convention de l’UNESCO sur le patrimoine culturel immatériel du 17 octobre 2003, la déclaration de l’Union africaine qui a fait de l’année 2006 l’année des langues africaines ou les programmes actuels de la francophonie en faveur des langues partenaires africaines à l’école primaire offrent des bases politiques et juridiques
nouvelles, elles permettent de donner un cadre d’action reconnu et au-dessus de tout soupçon de déstabilisation des régimes en place. Mais comme nous l’indique la réalité, peu de leaders politiques africains montent vraiment au créneau pour rendre à leurs peuples le pouvoir de l’articulation de leur destin.
Les directives de l’Union Africaine sont pourtant suffisamment claires aujourd’hui, grâce à la détermination de certains pays comme le Mali, l’Afrique du Sud, le Nigéria, etc. A côté de ces mesures des instances officielles, les actions de courage civil et l’engagement de la société civile africaine permettent de concevoir des initiatives menant à une réappropriation du discours sur le destin collectif des peuples africains
3 - Méthodes d’approches expérimentées par la Fondation AfricAvenir
C’est dans cette perspective que notre modeste structure, la fondation fricAvenir, Fondation pour la Renaissance de l’Afrique, le Développement, la Coopération internationale et la Paix à Douala tente depuis quelques années de provoquer un débat médiatisé sur l’insertion des langues africaines dans le domaine public, tout en suggérant quelques méthodes d’approche. Les forums de dialogue et palabres africaines. Les forums de dialogue organisés à Douala et les palabres africaines qui se sont déroulés dans les villages environnant de 2004 à 2006 ont démontré l’engouement des populations pour leurs langues camerounaises et surtout la volonté des citoyens à contribuer personnellement à
leur promotion. Ils demandent cependant un cadre institué par une volonté politique, afin de rassembler et canaliser les efforts individuels.
Le concours des langues africaines dans les établissements scolaires
Les concours de langues camerounaises organisés par la fondation AfricAvenir en 2004/2005 ont confirmé l’engouement des 1600 élèves représentant 16 établissements scolaires qui ont pris part aux concours. Pour la première fois de leur vie, ces élèves scolarisés exclusivement en français ou/et en anglais participaient à un concours dans lequel ils devaient articuler leur pensée, leurs sentiments dans leur langue camerounaise à travers expressions de rhétorique, traduction, lecture, chants, poésie, lecture, danse, etc.. Cependant, aussi bien les élèves participant au concours que leurs parents qui les accompagnaient prirent conscience de la gravité des lacunes dans la connaissance de leur propre patrimoine culturel, et il naquit une détermination générale à plus utiliser sa langue au quotidien.
Les après-midi et les soirées de contes
Les après-midi de contes dans les établissements scolaires et les soirées de contes à la Fondation AfricAvenir en 2004 et 2005 ont fait découvrir un monde merveilleux africain auquel la jeunesse scolarisée camerounaise d’aujourd’hui n’avait plus accès. Les contes racontés dans les langues camerounaises avec une courte traduction en français donnée au début de la séance éveillaient plus que de la curiosité, les élèves se retournèrent vers leurs parents pour demander des soirées de contes dans leurs langues à la maison. Le conte nous révéla aussi que une fois le bref résumé fait en français, le même public suivait attentivement des contes en duala, en tpuri ou en ewondo pendant plus de trois heures !
Les chorales religieuses, le rap et les soirées de chansons
Les chorales chrétiennes invitées à la Fondation chantent dans les langues camerounaises les dimanches à l’église, ceci est déjà une tradition bien établie. Les chanteurs camerounais eux-mêmes utilisent surtout les langues camerounaises dans leurs chansons, la langue duala étant privilégiée dans ce domaine. Lors de ces manifestations à caractère religieux ou mondain, les
populations se retrouvent pleinement. Le phénomène nouveau que nous avons eu à constater lors des manifestations à AfricAvenir est le rap chanté en langues camerounaises. Les jeunes nous ont demandé d’organiser un concours de rap dans nos langues.
Les mois de cinéma dans les langues africaines
Le cinéma dans les langues africaines nous a permis en 2005 et surtout en 2006 de dépasser le cadre camerounais et de montrer plusieurs films africains, dont p.e. ceux du sénégalais Sembène Ousmane, films en woolof, sous-titrés en français. Les auditeurs constatèrent qu’on pouvait parfaitement faire un film dans une langue africaine et avoir une audience internationale. Le film du Camerounais Bassek ba Khobio « Sango Malo » révéla au public que plusieurs langues camerounaises pouvaient être utilisées dans un même film, sans que
cela gène le moins du monde. Au contraire, quand on entendait sa langue parlée dans le film, on s’y reconnaissait plus et on appréciait le multilinguisme du Cameroun.
La collection des livres et CD à la bibliothèque Cheikh Anta Diop
Pour soutenir l’apprentissage des langues nationales, la Fondation AfricAvenir a entrepris de collectionner les contes en langues camerounaises qui ont été édités dans des revues spécialisées de par le monde depuis la fin du 19è siècle. Une recherche fut donc entreprise dans les bibliothèques européennes des anciennes puissances coloniales, et ces contes parfois édités avant l’an 1900 ont été photocopiés et classés dans deux gros chronos aujourd’hui
consultables à la bibliothèque Cheikh Anta Diop à la Fondation à Douala.
Une deuxième action fut entreprise pour cette bibliothèque de la Fondation. Une équipe fut chargée de chercher dans des librairies, les foyers culturels, les centres linguistiques et les centres religieux à Douala et Yaoundé tout livre et brochure édité en langues camerounaises. Ce travail s’avéra fastidieux, car les librairies et messageries diffusent les livres dans les langues officielles, en français et en anglais uniquement. Nous avons cependant réussi à rassembler actuellement 251 livres dans 81 langues camerounaises à la bibliothèque Cheikh Anta Diop. Le résultat de cette action sera médiatisé cette année.
L’édition d’ouvrages illustrés de contes multilingues
Une autre équipe de la fondation AfricAvenir est entrain de préparer l’édition d’un livre du conte « Masomandala » ou « Jeki la Njamb’a Inono ». Cette épopée éditée en langue duala et en allemand en Allemagne à l’époque coloniale allemande a été reprise par notre équipe composée d’une Camerounaise professeur d’Allemand, d’un spécialiste de la langue duala, d’un spécialiste de la langue ewondo, d’un écrivain et d’un illustrateur de livres. L’épopée « Masomandala » d’une cinquantaine de pages A4 existe actuellement en version duala, en version ewondo, en version française et en version allemande. Il est prévu une édition illustrée trilingue en deux tomes duala-français-ewondo pour le Cameroun, ainsi qu’une édition illustrée allemande.
En effet, cette épopée collectée vers l’an 1901 nous fait vivre un monde de l’Afrique profonde avec ses mythes, ses croyances, sa philosophie, son organisation politique et sociale, sa résolution des conflits, ses mécanismes économiques. Nous nous retrouvons interpellés par une Afrique d’une richesse insoupçonnée qui revendique sa place dans notre espace de modernité. Ces différentes méthodes d’une approche globale pratiquée par la fondation AfricAvenir n’ont pu être mises en application que grâce au soutien essentiel du ministère autrichien de la culture et de la science bm :bwk depuis 2004, et du Land Steiermark en 2006. Sans eux, nous serions restés au niveau purement théorique. Qu’ils trouvent ici notre profonde reconnaissance.
Comme nous l’avons constaté dans cet exposé, la langue est un support primordial pour l’articulation de la pensée individuelle et collective. Quand une langue est prise à son peuple, qu’elle lui est interdite ou qu’elle devient marginalisée dans la vie publique, la pensée de ce peuple est elle aussi marginalisée, le peuple perd ses mots et son pouvoir de conception et d’articulation de son devenir. La langue étrangère qui dès lors occupe l’espace public est accompagnée d’une violence structurelle politique et linguistique, elle importe sa vision du monde, ses projets du moment et de l’avenir, sa philosophie, ses valeurs, ses rêves et soumet le peuple dominé à l’accomplissement de ses besoins étrangers, souvent opposés aux besoins du peuple dominé.
Grâce au combat des Africains pour une renaissance profonde ducontinent, grâce aussi aux nouvelles conventions interafricaines et internationales, un cadre plus propice se met en place pour permettre aux peuples africains de se réapproprier l’articulation de leur pensée dans leurs propres langues, même si leurs populations, multilingues par tradition, utiliseront aussi des langues de communication internationales. Cette transformation, si elle est accompagnée d’une volonté politique conséquente, ouvrira une voie nouvelle pour le projet de développement articulé par les Africains eux-mêmes. La coopération internationale n’y gagnera qu’en qualité et en efficacité.
* Le Prince Kum’a Ndumbe III est Professeur à l’Université de Yaoundé (Cameroun). Il est le président de la fondation AfricAvenir (Voir : www.africavenir.org,).
Cette communication a été faite à l'occasion du symposum sur les langues africaines tenu en octobre 2006 à l'Université de Vienne, Autriche.
* Commentaires à envoyer à editor@pambazuka.org ou en ligne en visitant le site www.pambazuka.org
Nécrologie
Ghana : Décés de la veuve de Kwame Nkrumah
2007-06-05
http://www.grioo.com/info10432.html
Mme Fathia Nkrumah, la veuve du premier président du Ghana indépendant, "l'Osagyefo" Kwame Nkrumah, est morte jeudi dans un hôpital au Caire, la capitale égyptienne, a t-on appris vendredi de l'Agence ghanéenne de presse. Le président du Ghana, John Agyekum Kufuor, est passé voir Mme Fathia au cours d'une visite qu'il a effectuée la semaine dernière en Egypte.
Arts & livres
Nigéria : Prix Orange de litérature
2007-06-07
http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2007/06/070607_nigeria_prixorange.shtml
Une Nigérianne vient de remporter le prix de la meilleure fiction féminine, décerné en Grande Bretagne. Chimamanda Ngozi Adichie, devient ainsi la plus jeune lauréate du Prix Orange de littérature avec son oeuvre 'Half of a Yellow Sun'. Une histoire qui se déroule pendant la guerre du Biafra dans le Nigéria des années 1960.
Afrique : Deux mille langues vivantes
2007-06-05
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4704
Les langues vivantes sont un élément clé de compréhension et de rapprochement entre les peuples. En dehors des langues de souche non africaine (afrikans, anglais, arabe, créole, espagnol, français, malgache, pidgin), les linguistes en comptent pas moins de 2 000 en Afrique, rassemblées en groupes de langue au sein de quatre grandes familles.
Somalie : La musique à l'assaut des traditions
2007-06-05
http://www.bbc.co.uk/french/highlights/story/2007/05/070525_somaliamusic.shtml
Vous trouverez le groupe pop somalien Waayah Cusub à Nairobi, au Kenya, au cœur de ce quartier qu'on surnomme la "petite Mogadiscio". Le nom du groupe veut dire "ère nouvelle", et son but est de briser les barrières imposées par les normes traditionnelles de la communauté somalienne. Les membres de Waayah Cusub sont âgés d'une vingtaine d'années, et vivent au Kenya, où ils sont réfugiés, depuis plus d'une décennie.
Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : CEEAC, favoriser le processus de création des E.U.A
2007-06-07
http://www.africatime.com/afrique/
Le conseil des ministres de l’Intégration économique de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) tenue au Congo du 4 au 5 juin pour jeter les bases de la tenue prochaine la 13ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC, a recommandé mardi que « l’ensemble des Etats membres de cette institution adoptent le projet de déclaration sur l’édification des Etats-Unis d’Afrique ».
Madagascar : Le pays cherche à se joindre au NEPAD
2007-06-07
http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-06/07/content_438957.htm
Madagascar cherche à se joindre au Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), comme le pays est en quête d'aide financière pour mettre en oeuvre le plan économique du gouvernement, rapporte mercredi le quotidien local MIDI. Un atelier national sur le NEPAD organisé conjointement par le secrétariat du NEPAD et le gouvernement malgache a commencé mardi à Antananarivo, selon le journal.
Soudan : L'UA et L'ONU d'accord sur le commandement africain
2007-06-07
http://www.africatime.com/afrique/
Les Nations unies et l'Union africaine ont résolu leur différend sur le commandement de la force de paix hybride devant être envoyée au Darfour. L'accord a été envoyé mercredi aux Conseils de sécurité des deux organisations, ainsi qu'au gouvernement soudanais qui doit maintenant l'approuver. L'envoi d'une force de paix ONU-UA de 23.000 hommes est la dernière étape d'un plan en trois phases de l'ONU.
Femmes & genre
Global : Violée, torturée, sa famille d’adoption condamnée
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11858.html
L’ancien footballeur nigérian Godwin Okpara et son épouse ont été respectivement condamnés, vendredi, en France, à 13 et 15 ans de réclusion criminelle pour esclavage domestique et viols aggravés à l’encontre de leur fille adoptive, Tina. Elle avait tout juste 13 ans à l’époque des faits. Amély-James KOH BELA a tenu à nous livrer son sentiment sur l’affaire.
Burkina Faso : ''L'éradication des MGF manque de volonté politique''
2007-06-06
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3660
Le célèbre livre de l'auteur sénégalais Khady Koita ''Mutilée'' est sorti en librairie au Japon le 19 mai et a été un succès immédiat. Ecrit à l'origine en français, il rappelle l'expérience de l'auteur par rapport à l'horrible coutume de la mutilation génitale de la femme (MGF) et son travail contre la pratique. Le correspondent de IPS, Suvendrini Kakuchi, a rattrapé Khady il y a quelques jours.
Ethiopie : Les femmes redécouvrent leur rôle de conciliatrices
2007-06-05
http://www.oxfam.org/fr/programs/development/hafrica/ethiopie_femmes_conciliatrices
Les allées et venues des chèvres et des membres de la famille ont fermement damé la terre rouge à l’entrée de la case ronde en banco de Tato Boru. On imagine que d’autres visiteurs empruntent tout aussi fréquemment le chemin de sa case en vue de profiter de sa douceur et de ses conseils. Tato Boru, 48 ans et mère de cinq enfants, est une conciliatrice.
Mozambique : Lutter contre les pratiques illégales et discriminatoires
2007-06-05
http://www.fidh.org/article.php3?id_article=4346
La FIDH et son organisation affiliée, la Ligue mozambicaine des droits humains (LMDH), publient conjointement un rapport issu d’une mission internationale d’enquête effectuée au Mozambique du 11 au 18 mars 2007. Le rapport met en exergue le fait que si l’on peut saluer les efforts d’harmonisation du droit interne mozambicain avec les dispositions régionales et internationales de protection des droits des femmes.
Namibie : La majorité des victimes de viol connaissent le violeur
2007-06-06
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72569
Au moins deux tiers des victimes de viol et de tentative de viol en Namibie connaissent leurs agresseurs, a révélé un rapport publié ce mois-ci avant la tenue de conférence nationale sur la violence envers les femmes et les enfants. Le rapport, 'Viol en Namibie' (‘Rape in Namibia’) a également noté qu’entre 2000 et 2005, 99 pour cent des victimes de viols répertoriés étaient des femmes.
Nigéria : Première femme élue présidente du parlement
2007-06-07
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34759
Mme Patricia Etteh, représentant l’Etat du sud-ouest du Nigeria, a été élue mardi présidente du parlement nigérian, faisant d’elle la première femme du pays à occuper ce poste, a constaté APA à Lagos. Mme Etteh, qui avait été portée par le People Democratic Parti (PDP, au pouvoir) a été élue à l’unanimité en même temps que M. Babangida Nguroje de l’Etat de Taraba comme vice-président, tous deux membres du PDP, parti majoritaire au parlement.
Droits humains
Afrique du Sud : Winnie Mandela interdite d’entrée au Canada
2007-06-07
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34818
Le gouvernement canadien a refusé d’accorder un visa d’entrée à Winnie Madikizela-Mandela, célèbre activiste de la lutte contre l’apartheid et ancienne épouse du premier président noir de l’Afrique du Sud, à cause de son « casier judiciaire ». En 1991, Madikizela-Mandela avait été condamnée à 6 ans de prison pour son rôle dans l’enlèvement et le meurtre d’un jeune garçon de 14 ans, accusé d’être un informateur de la police.
Global : Convention pour les travailleurs migrants
2007-06-05
http://www.fidh.org/article.php3?id_article=4351
Avec l’entrée en vigueur de la Convention pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, des membres de la société civile ont décidé de créer la Plateforme internationale des ONG sur la Convention pour les travailleurs migrants (IPMWC)- dont fait partie la FIDH - pour faciliter la promotion, la mise en oeuvre et la surveillance de la Convention.
Libéria : Taylor refuse de comparaître à La Haye
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11854.html
Charles Taylor a refusé de comparaître, ce lundi, à La Haye (Pays-Bas), devant la justice internationale qui le juge pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’il aurait commis pendant le conflit en Sierra Leone. L’ancien chef de l’Etat libérien estime qu’il n’aura pas droit à un « procès équitable ». Onze chefs d’inculpation ont été retenus contre Charles Taylor.
Rwanda : TPIR, Bagosora demande à être réhabilité
2007-06-05
http://www.grioo.com/info10452.html
Le principal accusé du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le colonel Théoneste Bagosora, accusé d'être le cerveau du génocide, a appelé, vendredi après-midi, les juges à le "réhabiliter". "Vous seuls pouvez me réhabiliter (…) J'ai été et je reste victime d'une propagande ignoble du Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion actuellement au pouvoir) et de ses alliés".
Rwanda : Un tribunal gacaca condamne un militant à la prison
2007-06-05
http://hrw.org/french/docs/2007/05/30/rwanda16030.htm
Le tribunal populaire qui a condamné François-Xavier Byuma, un militant rwandais des droits humains, à 19 ans de prison suite à des accusations liées au génocide a violé tant le droit rwandais que le principe fondamental en vertu duquel les accusés doivent bénéficier d’un procès équitable devant un tribunal impartial, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Réfugiés & migration forcée
Liberia : Le cap des 100.000 rapatriés
2007-06-07
http://fr.allafrica.com/stories/200706050964.html
Avec l'arrivée aujourd'hui d'un convoi de rapatriement depuis la Sierra Leone, le nombre de rapatriés, assistés au retour par l'UNHCR vers le Libéria, atteindra le seuil des 100.000, a annoncé aujourd'hui le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). C'est l'une des plus grandes opérations en Afrique depuis deux ans et demi et devrait prendre fin le 30 juin.
Côte d'Ivoire : Retour des déplacés, mais leur vie est à refaire
2007-06-06
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3657
En attendant une saison pluvieuse, encore hypothétique, Drissa Paré, 43 ans, tente de réhabiliter sa petite case à Zou, un village de la sous-préfecture de Toulepleu (ouest de la Côte d'Ivoire), où il est revenu après quatre années passées dans un centre de déplacés à Guiglo, plus au sud. Selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), le CATD de Guiglo a accueilli quelque 7.000 personnes recensées en avril 2006.
Rwanda : Gishwati victime du retour des victimes du génocide
2007-06-05
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3664
Gishwati, située dans le nord-ouest du Rwanda, ne ressemble plus à la région boisée qu’elle était il y a dix ans. Les magnifiques forêts naturelles garnies de grands arbres ont disparu, victimes de la folie dévastatrice des réfugiés retournés chez eux au lendemain du génocide. Tout commence en 1996 avec le retour massif au pays d’environ deux millions de réfugiés dont beaucoup se sont installés dans la région de Gishwati.
Soudan : Rendre le travail humanitaire plus sûr
2007-06-06
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72539
Le Comité permanent inter-agences (CPIA), un forum destiné à l’élaboration de politiques humanitaires, a récemment publié Saving Lives Together [Ensemble pour sauver des vies], un ensemble de lignes directrices concernant la sûreté et la sécurité du personnel des agences des Nations Unies et des ONG. Bien qu’un « éventail d’options » existe depuis 2001.
Mouvements sociaux
Afrique : Sommet du G8, l’Afrique attend toujours
2007-06-07
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=74701
Les pays les plus riches du monde se réunissent à Heiligendamm, en Allemagne, pour dresser un état des lieux de notre planète et proposer des solutions. Cette année encore, l'Afrique figure sur l'agenda de la réunion et plusieurs chefs d'Etat africains – dont le président sénégalais Abdoulaye Wade – ont été invités à y participer. Sud Quotidien de Dakar fait le point sur les attentes et les déceptions du continent noir.
Afrique : Collusion politique entre G8 et Breton Woods
2007-06-07
http://www.africatime.com/afrique/
Le sommet du G8 qui réunit les pays les plus industrialisés, débute ce mercredi 06 juin à Heiligendamm (en Allemagne). Il fait suite à celui tenu il y a de cela deux ans à Greanagles en Ecosse. Le Sommet du G8 s’est au fil des années transformé en spectacle politique et médiatique de grande ampleur, que d’aucuns ont fini de qualifier de plus grande rencontre politique du monde.
Global : Du Mali à l’Allemagne, les Alter contre le G8
2007-06-07
http://www.rfi.fr/actufr/articles/090/article_52415.asp
Le « Sommet des pauvres » réunissant un millier d’altermondialistes a débuté lundi à Sikasso, dans le sud du Mali, parallèlement à celui du G8 prévu du 6 au 8 juin à Heiligendamm, dans le nord-est de l'Allemagne. Ce sommet alternatif va présenter ses propositions en faveur de l’annulation de la dette mais aussi d'alternatives à la Banque mondiale et au FMI. Un contre-sommet dont l’ordre du jour est calqué sur celui du G8 est aussi privé aux environs de Heiligendamm.
Guinée : Des dizaines d’étudiants interpellés
2007-06-05
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34734
Des agents de la police anti-gang guinéenne ont fait irruption mardi dans l’enceinte de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry et interpellé une dizaine d’étudiants de la faculté de médecine après avoir tiré pendant près d’une demi heure des coups de feu et lancé des grenades lacrymogènes pour réprimer une manifestation estudiantine, a appris APA de source bien informée.
Mali : Retrouvailles des mouvements sociaux d’Afrique de l’Ouest
2007-06-07
http://www.africatime.com/afrique/
Les représentants de trois mouvements sociaux de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso et Côte d’Ivoire) prennent part aux travaux du « Forum des peuples » de Sikasso (370 km au sud-est de Bamako), en attendant l’arrivée, annoncée pour mercredi soir, des délégations de la Guinée-Conakry et du Sénégal, a constaté APA.
Les Burkinabè, au nombre d’une trentaine de personnes, ont rallié par la route Sikasso.
Elections & gouvernance
Algérie : Bouteflika reconduit Abdelaziz Belkhadem
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11866.html
Le président Bouteflika a confirmé hier Abdelaziz Belkhadem dans son poste de chef de gouvernement et nommé un nouvel Exécutif. M. Belkhadem était à la tête du gouvernement depuis mai 2006. Cette décision du chef de l’Etat, annoncée par la présidence de la République intervient quatre jours à peine après la nomination d’un gouvernement d’intérimaires dont la mission a été limitée à la gestion des affaires courantes.
Burkina Faso : Recul des femmes aux législatives
2007-06-06
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3662
Malgré un tapage médiatique sans précédent pour accorder plus de place aux femmes lors des dernières élections législatives au Burkina Faso, la moisson est faible pour elles qui n'ont obtenu que 13 députés sur les 111, soit 11,71 pour cent. Elles étaient 14 femmes dans le parlement sortant. "Les résultats sont en deçà de nos attentes", déclare déçue à IPS, Mariam Sirima, la coordonnatrice de la Coalition burkinabé des droits de la femme (CBDF).
Burkina Faso : Tertius Zongo, nouveau Premier ministre
2007-06-05
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34704
Tertius Zongo a été nommé nouveau Premier ministre du Burkina Faso, en remplacement de Ernest Paramanga Yonli, a appris APA, mardi de sources officielles à Ouagadougou. Il succède à M. Yonli qui a présenté dimanche soir la démission de son gouvernement, à la suite des élections législatives du 6 mai dernier.
Cameroun : 41 partis en lice aux Législatives et Locales
2007-06-05
http://www.grioo.com/info10406.html
Quelque 41 partis politiques sur les 270 que compte le Cameroun prendront part aux élections législatives et municipales prévues le 22 juillet prochain dans ce pays, annonce-t-on de source officielle à Yaoundé, la capitale. Selon le ministère de l'Administration territoriale et de la décentralisation, 1.274 candidats brigueront les 180 sièges de l'Assemblée nationale.
Niger : Un exemple de vitalité démocratique
2007-06-07
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=74534
Le 31 mai, l'opposition a renversé le gouvernement dirigé par Hama Amadou en déposant une motion de censure. Elle s'est opposée le 3 juin à la nomination d'Oumarou Seynou au poste de Premier ministre. C'est une leçon mémorable de vitalité démocratique et surtout de dignité que le Niger vient de donner à tous ceux qui l'ont toujours considéré comme un petit Poucet de la politique en Afrique de l'Ouest.
Sénégal : Faible taux de participation aux législatives, ils ont tous perdu
2007-06-07
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34616
Pour compter de ce lundi 4 juin, Macky Sall devrait logiquement être en train de faire ses bagages. Peu importe son prochain point de chute. De primature, il ne devrait plus être question, le concernant. Pour la législature à venir tout au moins. Sauf mauvaise compréhension d’une parole de politicien jouant avec le contexte, l’engagement pris récemment par François Fillon, mériterait d’inspirer l’actuel Premier ministre du Sénégal.
Afrique & Chine
Côte d'Ivoire : Le cacao vise le marché chinois
2007-06-07
http://www.africatime.com/afrique/
La Côte d'Ivoire, en tant que premier producteur mondial de cacao, souhaite renforcer l'exportation directe de cacao vers le marché chinois qui compte 1, 3 milliard de consommateurs potentiels, a dit mardi à Beijing l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en Chine Coffie Alain N. Papatchi. La semaine de promotion de la coopération économique et commerciale de la Côte d'Ivoire en Chine aura lieu du 23 au 26 juin à Beijing.
Zimbabwe : Une entreprise chinoise lance la technologie CDMA
2007-06-07
http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-06/06/content_438191.htm
Le fournisseur chinois de réseau de télécommunications Huawei Technologies a lancé lundi le premier réseau CDMA (Code Division Multiple Access), sans fil, au Zimbabwe, offrant la possibilité aux usagers locaux de se connecter directement depuis la station de base comme pour le système de téléphonie GMS (Global Messaging Service), a-t-on appris mardi à Harare.
Corruption
Afrique : Chefs d’Etat traités de "corrompus", par un expert
2007-06-07
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34839
La plupart des chefs d’Etat africains post-indépendance ont été pris en flagrant délit de corruption et sont, par conséquent, responsables des problèmes auxquels l’Afrique fait face aujourd’hui, selon une appréciation faite de la situation du continent par un exêrt ghanéen. George Ayitteh a affirmé que "sur les 200 présidents ayant dirigé l’Afrique post-coloniale, seuls 20 d’entre eux ont eu à faire preuve de patriotisme".
Global : La corruption dans l'éducation est un problème mondial
2007-06-07
http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-06/07/content_438943.htm
Perception illégale de droits d'inscription, fraude aux examens, détournements de fonds, appels d'offres truqués et autres pratiques malhonnêtes nuisent gravement aux systèmes d'éducation du monde entier, a estimé mercredi l'Unesco dans un rapport. Dans le document intitulé "La corruption à l'école et à l'université: quelles situations", l'Unesco analyse la nature et l'ampleur de la corruption dans le domaine de l'éducation.
Nigeria : Quatre anciens gouverneurs en fuite
2007-06-05
http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2007/05/070530_nigeria_exgouverneur.shtml
Pour les quatre gouverneurs concernés la fin de leur mandat a entraîné l'arrêt automatique de leur immunité. C'est pour ne prendre aucun risque qu'ils ont préféré ne pas assister mardi aux cérémonies de passation de pouvoirs organisées dans les Etats où une nouvelle administration a pris ses fonctions. Le président de la commission anti-corruption reconnaît qu'il sera difficile de poursuivre en justice les présumés suspects.
Zimbabwe : Dégradation des services, prolifération de la corruption
2007-06-06
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72435
Outre les fuites des canalisations et les fréquentes coupures de courant, les citadins zimbabwéens se voient en plus contraints de graisser la patte à certains fonctionnaires pour s’assurer l’accès à ces services qui fonctionnent mal. « En tant que résidents, nous sommes confrontés à un double problème: d’une part, un système de service public qui ne cesse de se détériorer, d’autre part, des fonctionnaires corrompus...»
Développement
Afrique : Peu d'intérêt pour les bailleurs de fonds
2007-06-05
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34731
L’augmentation de l’aide et de libération des échanges s’effectuent à un rythme très lent du fait des engagements pris par les bailleurs, a annoncé mardi la Banque mondiale à la veille de l’ouverture du sommet du G-8 à Heiligendamm, en Allemagne du 6 au 8 juin. Les bailleurs de fonds ne vont pas vite et malgré leurs promesses faites il y a deux ans, ils traînent toujours les pieds, regrette la Banque mondiale.
Global : Fonds de solidarité islamique pour le développement
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11828.html
Dix milliards de dollars. C’est la manne que la Banque islamique de développement (BID) espère réunir pour son nouveau Fonds de solidarité islamique pour le développement (FSID). L’initiative a été lancée mardi, à Dakar, en marge de la 32e réunion annuelle des gouverneurs de cette institution financière. Le FSID est « une contribution volontaire des pays membres de la (BID).
Ghana : « Notre mère nous a vendus pour 60 dollars »
2007-06-06
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72464
Adjoa Nyenyanu avait sept ans lorsque sa mère l’a vendue, avec ses trois jeunes frères et sœurs, à environ 60 dollars, pour qu’ils travaillent avec des étrangers dans des villages de pêcheurs situés le long du lac Volta, au Ghana. « Ma mère m’a appelée un soir pour me dire qu’elle voulait m’inscrire à l’école mais qu’elle n’avait pas les moyens de me payer les frais de scolarité », s’est souvenue Adjoa.
Mali : Une "banque du Sud" pour faire contrepoids à la BM
2007-06-07
http://www.africatime.com/afrique/
Les altermondialistes rassemblés à Sikasso (370 km au sud de Bamako) au Mali pour un sommet des "pauvres" parallèlement à celui du G8 en Allemagne, ont proposé mardi la création d'une "Banque du sud". Il s'agit de faire contrepoids à la Banque mondiale (BM). "Nous souhaitons la mise sur pied d'une banque des 'pauvres', contre celle des 'riches' qui tirent nos économies vers le bas".
Niger : Vendre la ferraille récupérée pour survivre
2007-06-06
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3658
Arrivés tôt le matin, munis de pioches et de pelles, Habou Kadri et ses deux coéquipiers délimitent d'abord un périmètre sur le site d'une ancienne décharge publique d'ordures ménagères, à la périphérie de Niamey, la capitale du Niger. Puis ils se mettent à creuser après s'être enturbannés, pour chercher des pièces métalliques jetées, a constaté IPS sur place.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : 7,1 millions de personnes ont besoin d’ARV
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11862.html
"Sur quelque 25 millions de cas de SIDA en Afrique, seuls 7,1 millions ont besoin de traitements. Les autres sont dans des situations cliniques qui ne permettent pas la mise sous Anti retro Viraux (ARV)", a affirmé, lundi à Paris, Mme Teguest Guerma, directrice adjointe au Département VIH/SIDA de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En sus, huit personnes sur dix ne savent pas, dans le monde, qu’elles sont séropositives.
Afrique : La pénurie d'infirmières "tue les Africains"
2007-06-05
http://www.bbc.co.uk/french/highlights/story/2007/05/070525_healthstaff.shtml
A cause d'une pénurie de médecins et d'infirmières, des malades du VIH/Sida meurent en Afrique australe, alors que leur décès aurait pu être évité, selon un rapport. Dans certaines zones, des médicaments sont disponibles, mais il n'y a personne pour les administrer, selon Médecins sans Frontières. MSF criticique aussi les donateurs qui financent de nouvelles cliniques, mais pas les salaires des infirmières.
Gabon : Mère séropositive, un parcours semé d'embûches
2007-06-06
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72568
Souvent rejetées par leur époux, les mères séropositives au Gabon se battent seules pour élever leur enfant et suivre leur traitement, tout en gérant les difficultés financières et le sentiment de culpabilité qu’elles éprouvent parfois vis-à-vis de leur enfant. Il y a à peine deux ans, Marie (un nom d’emprunt) n’aurait jamais imaginé qu’elle partagerait bientôt sa vie avec un petit garçon.
Madagascar : ruée sur le dépistage oral du sida
2007-06-05
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4700
Les Malgaches, jusque là très méfiants à l'égard des tests sanguins de dépistage du VIH-sida, se ruent à présent dans les centres de santé pour se faire contrôler par un simple prélèvement dans la bouche. Avec cette méthode, le diagnostic tombe en moins d'une heure. Même des personnes assez âgées ont été séduites par cette méthode plus simple et plus rapide que le test sanguin.
Mozambique : Légaliser l'avortement pour sauver des vies
2007-06-07
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP12157lgaliseivse0
"Ma fille avait à peine 15 ans et je l'ai définitivement perdue", raconte Laurinda Chirindza, en pleurant cette adolescente morte en 2006 à l'hôpital de Maputo, après un avortement clandestin. Une centaine de femmes meurent chaque année au Mozambique à la suite d'un avortement. "Beaucoup d’autres en gardent de graves séquelles", indique un rapport du ministère de la Santé.
Éducation
Cameroun : Les mères pour l'éducation des filles
2007-06-07
http://www.unicef.org/french/infobycountry/cameroon_39815.html
Dans ce petit village du nord du Cameroun, un groupe de femmes, jeunes et moins jeunes, se sont réunies récemment sous un manguier. A Gayak, qui se trouve dans la région la plus pauvre du Cameroun, 4 personnes sur 10 vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce jour-là, les femmes débattent énergiquement de l'avenir de leurs filles. Dans ce village pauvre, une fille sur deux seulement peut aller à l'école.
Congo : Création d'un site Internet destiné aux élèves
2007-06-07
http://www.french.xinhuanet.com/french/2007-06/07/content_438959.htm
Le ministère congolais de l'Enseignement primaire, secondaire et de l'alphabétisation a créé récemment un site Internet destiné aux élèves congolais : www.congo- site.net/execo, a rapporté mercredi la presse locale. Ce site Internet permettra notamment aux élèves congolais d'accéder directement à leurs résultats aux examens d'Etat. Il facilitera également les relations à distance entre le ministère et les élèves.
Côte d’Ivoire : Session unique et simultanée des examens au nord et au sud
2007-06-07
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34673
Les élèves du nord ivoirien sous contrôle des Forces Nouvelles (ex rébellion) et ceux du sud resté sous l’autorité du pouvoir d’Abidjan, passeront cette année, leurs examens de fin d’année en une session unique, a annoncé lundi à APA le ministre de l’éducation nationale, Gilbert Bleu Lainé. « Les accords de Ouagadougou donnent de l’espoir aux Ivoiriens », a-t-il déclaré.
Madagascar : La crise reprend au campus
2007-06-07
http://fr.allafrica.com/stories/200706060716.html
Certains établissements sont encore secoués par des revendications, alors que les responsables respectifs tentent de redémarrer les cours souvent suspendus à l'occasion des grèves estudiantines. La tension semble reprendre dans les campus. A Mahajanga, les étudiants réclament le paiement de la totalité de leurs allocations mensuelles, en début de semaine.
Racisme & xénophobie
Global : Les Noirs Américains, toujours victimes de discrimination
2007-06-05
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34679
Les Noirs continuent d’être une minorité jouissant de très peu de leurs droits aux Etats-Unis où ils représentent 10 % de la population, selon le Pr Judith Scales-Trent, professeur de Droit à l’Université de Buffalo, à New Yorkqui. Scales-Trent a invité à « comprendre la vie Etats-Unis de la même façon que l’Afrique du Sud pendant l’apartheid ».
Global : L’exception malienne et nègre de la France
2007-06-07
http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1784&PHPSESSID=184c0dd98fe5831179ebd0763b931d1c
L’axe Paris-Bamako vient encore de s’illustrer dans le registre désormais trop bien documenté des violences, du mépris, de l’humiliation gratuite infligés à potentiellement tout élément nègre, à priori suspect, foulant le sol français en provenance d’Afrique, ou en cours d’expulsion de l’hexagone.
Environnement
Burundi : Transformer les déchets solides en charbon
2007-06-05
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3667
Les ménages burundais utilisent depuis peu pour leur cuisine du charbon fabriqué à partir de déchets ménagers. C’est grâce à une nouvelle technique importée du Rwanda voisin par une jeune association dénommée Association pour le développement et la lutte contre la pauvreté (ADLP). C’est ainsi que l’ADLP est devenue la première organisation privée à s’impliquer dans la gestion des déchets urbains.
Cameroun : Cigales et fourmis sur le tracé de l'oléoduc
2007-06-05
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4702
Mirage sans lendemain pour les uns, bénédiction pour les autres. Dans les villages de l'est du Cameroun, le passage du pipeline qui va du Tchad au sud du pays, a diversement marqué la vie des habitants. Ce matin, il est à peine 9 heures et déjà des villageois affluent dans les deux principales huttes où on vend le vin de palme. Par groupes de trois, ils commencent à s'enivrer.
Ethiopie : Coup d’envoi des festivités du millénaire
2007-06-05
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34724
Les festivités marquant le lancement de la célébration du millénaire en Ethiopie ont débuté mardi à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, avec le projet de faire planter d’ici 2000, au moins deux arbres à chaque éthiopien, a constaté APA sur place.L’Ethiopie utilise le calendrier julien de l’Empereur romain, Jules César en 46 avant Jésus-Christ. Il est en retard d’environ sept ans.
Sénégal : la mangrove revient, la "richesse" aussi
2007-06-05
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4703
La disparition de la mangrove n''est pas inéluctable. Au sud-est du Sénégal, dans l''estuaire du Sine Saloum, des villageois retroussent leurs manches pour faire revivre ce milieu aquatique, très généreux quand on prend soin de lui. Dans ce terroir, une dizaine de villages vivent traditionnellement de la mangrove, ce milieu très particulier où se mélangent l'eau salée et l'eau douce et où poissons et coquillages foisonnent entre les racines des palétuviers.
Tchad : Le parc de Zakouma, atout touristique
2007-06-05
http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2007/05/070531_chad_zakouma.shtml
Le Tchad n'est peut-être pas une destination de voyage évidente dans le contexte du conflit du Darfour, l'autre côté de la frontière au Soudan, et d'affrontements réguliers entre les groupes rebelles et les soldats. Pourtant un endroit attire de plus en plus de touristes étrangers : le parc de Zakouma. Les amateurs estiment que c'est le meilleur endroit en Afrique pour observer les éléphants.
Média & liberté d'expression
Afrique : CNBC, première chaîne africaine d’information en continu
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11838.html
La chaîne américaine CNBC lance, ce vendredi, à Johannesburg (Afrique du Sud), la première chaîne africaine d’information en continu. CNBC Africa sera dédiée aux informations économiques concernant le continent sera alimentée par des bureaux africains et le réseau de CNBC. Pendant neuf heures par jour fournira des informations économiques et financières sur le monde mais dans une perspective africaine.
Centrafrique : Première station de radiotélévision privée commerciale
2007-06-05
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=34711
La première station de radiotélévision privée commerciale en Centrafrique, dénommée TROPIC RTV, a reçu mardi à Bangui l’autorisation d’émettre sur toute l’étendue du territoire national, a constaté APA sur place. TROPIC RTV vient agrandir un paysage médiatique centrafricain occupé surtout par des stations confessionnelles.
Plaidoyers & campagnes
Afrique : L’IGAD pour un front contre les violences faites aux femmes
2007-06-07
http://www.apanews.net/article.php3?id_article=33263
L’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD) a appelé lundi, à Addis Abeba, à un effort international pour trouver une solution à la "lancinante" question de la violence contre les femmes en Afrique. L’IGAD, qui organise dans la capitale éthiopienne un forum régional sur la violence à l’égard de femmes a indiqué qu’il faut procéder à la mise en place de mécanismes permettant de minimiser ce problème sur le continent.
Global : Sommet du G8, 2007
2007-06-05
http://www.oxfam.org/fr/programs/campaigns/g8/index.htm
Chaque année, les huit chefs d'état des pays les plus riches et puissants du monde se réunissent pour débattre des plus importants problèmes auxquels est confrontée aujourd'hui notre planète. Cette année, du 6 au 8 juin, ces chefs d'état vont se réunir à Heiligendamm, un petit village de l'Allemagne. Là, Angela Merkel (la Chancelière allemande et hôte de la réunion) présidera une discussion de trois jours sur la pauvreté et l'Afrique, la santé, la paix et la sécurité dans le monde, et la crise des changements climatiques qui nous concernent tous.
Global : Climat, les obligations du G8
2007-06-05
http://www.oxfam.org/fr/news/2007/pr070529_climate_change
Les pays du G8 doivent agir pour maintenir le réchauffement global en dessous de la barre des 2 degrés. Ils doivent aussi soutenir financièrement les pays pauvres afin qu’ils puissent faire face aux conséquences du phénomène. Selon un nouveau rapport d’Oxfam, les pays du G8 doivent fournir 80% des 50 milliards de dollars annuels nécessaires à l’adaptation des pays en développement aux changement climatiques.
Nigeria : 7 milliards de dollars réclamésà Pfizer
2007-06-05
http://www.grioo.com/info10457.html
Le gouvernement nigérian a porté plainte contre la firme pharmaceutique américaine Pfizer à laquelle il réclame 7 milliards de dollars. Selon le Nigeria, Pfizer aurait réalisé en 1996, sous couvert d'aide humanitaire dans le cadre d'une épidémie de rougeole et de méningite, des essais d'un médicament nommé Trovan Floxacin dans l'Etat de Kano, au Nord du Nigeria, mais sans avoir obtenu les autorisations nécessaires.
Conflits & urgences
Algérie : Un attentat en Kabylie fait un mort et huit blessés
2007-06-07
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP90117unattssselb0
Un attentat à la bombe a fait un mort et huit blessés mercredi à Tizi Ouzou (Kabylie, est de l'Algérie), a-t-on appris de sources sécuritaires. Une bombe artisanale a explosé à la gare routière de la ville, proche du palais de justice, où viennent de se dérouler deux procès de l'ancien chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) Hassan Hattab.
Côte d'Ivoire : Scepticisme après la réunification
2007-06-05
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3665
La Côte d'Ivoire, qui retrouve petit à petit son unité territoriale au lendemain de la suppression des zones de confiance entre les belligérants, reste encore confrontée à une économie à deux vitesses contrôlée au nord par les ex-rebelles et au sud par l'armée régulière. Les opérateurs économiques qui avaient fondé commencent à grincer des dents.
Kenya : La police tue 21 membres d'une secte
2007-06-05
http://www.bbc.co.uk/french/news/story/2007/06/070605_kenyacult.shtml
Cette opération fait suite au meurtre de deux policiers, tués dans un bidonville par des membres de la secte Mungiki. Le scenario était digne d’un film rodéo. La fusillade a éclaté dans le quartier de Mathare, à Nairobi une zone industrielle pauvre, peu après le lever du soleil. Deux cents policiers avaient été dépêchés dans le bidonville de Mathare.
Ouganda : Dans les coulisses du conflit avec le Soudan
2007-06-06
http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72520
L’Armée de résistance du Seigneur, petit mouvement rebelle obscur opérant principalement dans le nord de l'Ouganda et critiqué pour sa brutalité et son caractère sectaire, a eu une influence considérable, notamment sur l'aide humanitaire et la politique. Ce mouvement touche directement trois pays : l’Ouganda, le Soudan et la République démocratique du Congo (RDC).
Togo : Accident de la délégation des "Eperviers"
2007-06-05
http://www.afrik.com/article11860.html
Les populations de Lomé ont accueilli avec douleur et émotion le crash d’un hélicoptère, dimanche à Freetown, en Sierra Leone, ramenant des officiels togolais, dont le ministre des Sports Richard Atipoe, du stade à l’aéroport de Freetown, après le match de football Togo-Sierra Leone. L’accident a fait 20 morts. De sources officielles, aucun joueur ne fait partie des victimes.
Internet & technologie
Cameroun : Espoirs autour d'un basculement à huit chiffres
2007-06-07
http://fr.allafrica.com/stories/200706060372.html
Le premier appel téléphonique officiel après le basculement à huit chiffres a été émis dans la nuit du 1er au 2 juin 2007 à Yaoundé par Bello Bouba Maïgari, le ministre des Postes et télécommunications. Annoncé il y a quelques mois, le changement dans la numérotation téléphonique est donc effectif au Cameroun depuis cette nuit là. Ce basculement est dû à une certaine saturation.
Zambie : Un site Internet anti-corruption
2007-06-07
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=XIN00017lazamnoitpu0
Le ministère zambien des Terres a décidé de lancer un site Internet anti-corruption, le premier du genre dans le pays, a rapporté mardi le journal local Zambia Daily Mail. Cette initiative a été co-lancée par le Compte des défis du millénaire et l'Agence américaine pour le développement international.
PAMBAZUKA NEWS EST PRODUIT ET PUBLIE PAR FAHAMU
Fahamu - Réseau pour la justice sociale
Royaume Uni : 2e étage, 51 Cormarket Street, Oxford OX1 3HA
Afrique du Sud : The Studio, 06 Cromer Road, Muizenberg 7945, Cape Town, Afrique du Sud
Kenya : 1e étage, Shelter Afrique Building, Mamlaka Road, Nairobi, Kenya
info@fahamu.org
www.fahamu.org
info@fahamu.org.za
www.fahamu.org.za
Fahamu Trust est enregistrée comme une organisation caritative au Royaume Uni sous le numéro 1100304
Fahamu Ltd est une Société à responsabilité limitée (Sarl) sous la garantie numéro 4241054 au Royaume Uni
Fahamu Ltd est une Société à responsabilité limitée (Sarl) sous la garantie numéro F. 15/2006 au Kenya
Fahamu SA est enregistrée comme une fondation en Afrique du Sud sous le numéro IT372/01
Fahamu est un fonds de soutien global de Tides Foundation, une charité dûment enregistrée, exemptée de la taxation fédérale selon les sections 501(c)(3) et 509(a)(1) du code de revenu interne.
Soutien à la lutte pour la justice sociale : $2 (1 livre sterling) par semaine peut faire la différence.
Les dons par Internet : www.pambazuka.org/en/donate.php
RSS Feed
Retrouvez les grands titres de Pambazuka News sur votre site
Si vous souhaitez avoir les grands titres de Pambazuka News affichés sur votre site Internet, RSS (qui représente la simple publication dans plusieurs journaux) est un moyen simple pour vous de garder des informations récentes de Pambazuka News. Au lieu d’aller sur notre site pour voir ce qu’il y a de nouveau dans l’actualité, vous pouvez utiliser le RSS pour vous permettre de découvrir ce qu’il y a de nouveau.
Visitez le site : www.pambazuka.org/newsfeed.php Vous pouvez choisir les grands titres à partir de toutes les catégories de Pambazuka News, et il y a également un choix sur le format et le style.
Email : editor@pambazuka.org pour plus d’informations.
Visitez le site : www.pambazuka.org/ pour plus de 25.000 nouveaux sujets, éditoriaux, lettres, revues etc. parus dans Pambazuka News au cours des deux dernières années.
Rédacteur en Chef : Firoze Manji
Rédacteur en Chef Internet : Sokari Ekine
Rédacteur en Chef Edition Française : Hawa Ba
Conseiller Editorial : Rotomi Sankore, Patrick Burnett
Revue des Blogs : Sokari Ekine
Liens et Ressources : Joshua Ogada
Rédactrice en Chef Moniteur de l’Union Africaine: Hakima Abbas
Multimédia : Heidi Bachram, Robtel Pailey
Volontaires Internet : Elizabeth Onyango
Responsable du site : Mark Rogerson
Design du site : Judith Charlton
Responsable des publications: Stephanie Kitchen
Actuellement Pambazuka News reçoit le soutien de Christian Aid, Fahamu Trust, la Fondation Ford, Oxfam GB, la Fondation New Field qui travaille en association avec la Fondation Tides, HIVOS, Open Society Initiative, TrustAfrica et beaucoup d’autres donateurs individuels.
L’édition française bénéficie du soutien de la Fondation New Field de la Fondation Tides et de OSIWA.
Pour soumettre des articles, envoyez-les à : editor@pambazuka.org
ABONNEMENT
Le journal parait une fois par semaine et il est délivré aux abonnés par email. L’abonnement est gratuit.
Pour s’abonner, envoyez votre email avec un mot simple « abonner » sur le sujet.
Pour s’abonner par Internet, visitez le site : www.pambazuka.org
LA JUSTE UTILISATION
Ce journal est produit sous le principe de la « juste utilisation ». Nous nous efforçons de donner des sources en établissant des liens directs avec les auteurs et les sites Internet. Lorsqu’un texte complet nous est soumis sans le site, nous le mettons sur notre site avec la mention « pour plus d’information, consultez... »
Contactez : editor@Pambazuka.org immédiatement concernant le problème du copyright.
Pambazuka News comprend des fragments d’information des correspondants d’autres sites, des sites commerciaux et bien d’autres pour focaliser l’attention de nos lecteurs sur des informations utiles sur ces sites. Nous le faisons sur la base de la « juste utilisation » et sur une base non-commerciale et ce que nous croyons être d’intérêt public. Si vous avez des objections sur l’inclusion de nos « fragments » pris à partir de votre site, n’hésitez pas de nous le faire savoir et nous allons nous abstenir d’utiliser votre site comme source d’information.
Ecrivez à editor@pambazuka.org
Les points de vue exprimés dans le journal, y compris les éditoriaux signés ne reflètent pas nécessairement ceux de Fahamu ou des rédacteurs de Pambazuka News. Alors que nous faisons tout pour nous assurer que tous les faits et les chiffres cités par les auteurs sont précis, Fahamu et les rédacteurs en chef de Pambazuka News ne peuvent pas être tenus pour responsables de toute imprécision contenue dans n’importe quel article, et nous nous proposerons de mener l’enquête et d’obtenir le feedback.
(c) Fahamu 2007
Si vous souhaitez interrompre l’abonnement, envoyez tout simplement un message à desabonnez@pambazuka.org
Contactez editor@pambazuka.org au cas où vous souhaiteriez une assistance ultérieure pour l’abonnement ou pour interrompre l’abonnement.


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004