Abonner!

Abonner gratuitement!



DONNEZ!

Pambazuka Press

La verite cover La vérité aux puissants
Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

Visiter Pambazuka Press

PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
Visitez le site de Surveillance de l'Union

Pambazuka Press

Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

Visit Pambazuka Press

DONNEZ POUR QUE SURVIVE PAMBAZUKA !

Aidez les abonnés africains à recevoir Pambazuka News gratuitement : chaque $5.00 assurent un abonnement d’un an, alors donnez généreusement pour faire en sorte que le meilleur bulletin sur la justice sociale d’Afrique parvienne là ou l’on en a besoin.

Cette édition

Pambazuka News 250 : Impérialisme, crises identitaires et visées politiques

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Maintenez Pambazuka libre et indépendant ! Rejoignez maintenant les Amis de Pambazuka

http://www.pambazuka.org/fr/friends.php

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Elections & gouvernance, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. LGBTI, 12. Racisme & xénophobie, 13. Environnement, 14. Justice Alimentaire, 15. Média & liberté d'expression, 16. Conflits & urgences, 17. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Géopolitique du Sahara, crise du capitalisme, crises identitaires et avenir de l’Etat-nation
COMMENTAIRES & ANALYSES : Dix points sur le leadership des femmes africaines
ARTS ET LIVRES : Afrique du sud : Quand Shakespeare circulait sous le manteau à Robben Island.
POUVOIRS EMERGENTS : Afrique : La banque Mondiale propose un contrôle sur les investissements chinois.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : L’élection de Mme Zuma soulage l’UA mais laissera des traces.
FEMMES ET GENRE : Afrique : Les femmes les plus puissantes d’Afrique.
DROITS HUMAINS : Burundi : Le journaliste Hassan Ruvakuki fait appel de sa condamnation à perpétuité.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique du sud : Joyeux 94e anniversaire à Nelson Mandela.
DEVELOPPEMENT : Afrique : 41% des jeunes sont sans emploi dans les pays arabes.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : 1,7 millions de personnes infectées par le Vih en 2011.
LGBTI : Libéria : Le Sénat interdit le mariage homosexuel dans la Constitution.
RACISME ET XENOPHOBIE : Tunisie : Les noirs feront-ils leur révolution ?
ENVIRONNEMENT : Afrique : L’Adn de la vapeur d’eau dévoile les rouages de la mousson africaine.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : Crise alimentaire dans le Sahel aggravée par le conflit malien.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Egypte : Hillary Clinton huée au Caire.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Des armureries flottantes dans l’Océan.




Chroniques

Géopolitique du Sahara, crise du capitalisme, crises identitaires et avenir de l’Etat-nation

Le cas du Mali

Issa Ndiaye

2012-07-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/83847

L’offensive foudroyante du MLNA au Nord du Mali, saluée par le tonitruant ministre français des Affaires étrangères de Sarkozy, et la proclamation de l’indépendance de l’Azawad sur le sol français, ouvrirent brutalement les yeux à beaucoup de Maliennes et de Maliens sur les complicités françaises récurrentes à la crise que traversent les régions sahariennes en Afrique. Juppé n’en était pas à son premier essai. Les tentatives de dépeçage des pays des Grands lacs et le génocide rwandais ne sont qu’une des nombreuses illustrations des coups tordus de la France durant plus d’un siècle de domination qu’elle continue à exercer en Afrique. La crise actuelle au Mali ne s’inscrit-elle pas dans la même logique ?

L’historiographie coloniale française a toujours présenté les espaces conquis comme des territoires où des populations ‘barbares’ se livraient à des guerres tribales incessantes. Ils auraient été pacifiés par la colonisation française présentée jusqu’à une date récente comme une oeuvre de civilisation. On passe volontiers sous silence la déstructuration brutale de ces sociétés, la perte de leur équilibre interne, le ferment de la division semé par les nouveaux maîtres consacrant ainsi le fameux principe du diviser pour régner.

Dans l’imaginaire collectif ainsi créé, les touaregs ont souvent été présenté comme un peuple de guerriers détestant le travail manuel et vivant de razzias, ce qui leur permettait de vivre des bien produits par les populations avoisinantes. Ainsi sont sommairement expliquées les rebellions successives auxquelles ils se sont livrés.

On se rappelle aussi toutes les constructions idylliques sur les ‘hommes bleus du désert’ et les dénonciations vigoureuses et répétées du prétendu génocide dont ils étaient l’objet de la part des Etats africains de la région. Bien sûr, de nombreux actes condamnables ont été posés dans la gestion de ces régions par les Etats africains nouvellement indépendants. Mais les Touaregs n’en furent pas les seules victimes. Les populations du Sud, de l’Est comme de l’Ouest et les autres populations du Nord, toutes ethnies confondues, furent aussi des sacrifiées de la mal gouvernance étatique, des décennies durant. Certaines régions de l’Ouest du Mali sont aujourd’hui plus mal loties à tous points de vue que celles du Nord, sans compter les sommes colossales destinées au Nord détournées, pour une grande part, par les mêmes ressortissants du Nord, Touaregs pour la plupart et plus précisément par certaines personnes qui ont eu à porter auparavant des armes contre leur pays.

Les conflits armés successifs dans la région ont fait la fortune de bien de petits seigneurs de guerre, le fusil étant devenu le gagne pain le plus sûr dans ces contrées traversées par les différentes crises mondiales et les convoitises géopolitiques et économiques orchestrées depuis les pays du Nord. Le projet français de création de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) bien avant les indépendances en est un témoignage éloquent.

De nombreux analystes ont souvent présenté les différentes rebellions touarègues comme étant l’expression d’une crise identitaire, le résultat de conflits ethniques récurrents dans l’espace saharien. Mais au lieu d’en être la cause, n’en seraient-elles pas plutôt l’une des conséquences? Peut-on réellement parler d’identité touarègue spécifique construite tout au long de l’histoire du Mali ? A-t-elle servi de base à la construction d’un Etat touarègue quelque part dans l’espace concerné ? L’histoire n’en fait nulle part mention et l’Azawad auquel fait allusion le MLNA ne fait qu’à peine 380 km2 autour de Tombouctou sur plus de 850.000 km2 occupés aujourd’hui. Le MLNA lui-même n’est qu’une fraction ultra minoritaire des Touaregs qu’il prétend représenter.

Par contre, l’histoire du Mali a vu, dans les mêmes espaces et au-delà, se croiser, se chevaucher et s’interpénétrer des royaumes et empires qui ont brassé entre elles des entités multi-ethniques. Peut-on parler de nos jours d’identité songhaï, d’identité peuhle, d’identité bamanan, d’identité Sarakollé, d’identité sénoufo, bozo, dogon, etc. ? Existe-t-il aujourd’hui un seul endroit déterminé où ne vivrait qu’une seule ethnie ? Dans le moindre village ont toujours existé plusieurs ethnies tout au long de l’histoire. Les grands empires qui ont couvert l’espace géographique malien et au-delà, ont permis bien avant la colonisation, le brassage multi ethnique des populations. L’espace sahélo-saharien en serait-il l’exception?

Si dans certains pays voisins comme la Côte d’Ivoire, et de manière générale dans certains pays de l’Afrique centrale, les conflits ethniques sont restés récurrents, les crises identitaires qui ont conduit à des guerres civiles parfois violentes, les brassages opérés par l’histoire ont épargné pareilles mésaventures au Mali.

Mais à y regarder de près, on se rend compte que ces crises identitaires ont été dans les faits, largement suscitées par les puissances coloniales et entretenues par les politiciens locaux qui ont pris les commandes des Etats lors des indépendances. On ne saurait donc dire qu’à l’origine, les crises identitaires sont intra ethniques comme si elles étaient innées, consubstantielles même à certaines ethnies, les Touaregs à l’occasion. En réalité, elles sont pour la plupart introduites à dessein, cultivées et entretenues à l’occasion pour servir de visées politiques. Tel semble être le constat fondamental.

Par ailleurs, peut-on parler aujourd’hui d’identité ethnique propre dans un monde de plus en plus mondialisé et soumis partout à la dictature du capital et du marché ? Que reste-t-il des cultures autochtones, des identités locales et nationales ?

Que signifie aujourd’hui être Bamanan, Peulh, Sonraï, Dogon ou Touareg ? Cela leur confère-t-il une identité singulière ? L’identité propre dans chaque cas n’est-elle construite de couches multiples et enchevêtrées faites d’emprunts, de mélanges, de synthèses entre différentes cultures endogènes et parfois exogènes, de rencontres avec d’autres valeurs venues parfois hors d’Afrique, introduites parfois de force par la colonisation et les religions venues d’ailleurs comme l’islam et le christianisme ? Que reste-t-il alors de la notion même d’identité ? Se pose-t-elle aujourd’hui en termes d’ethnie ou de nation ? Quel serait alors le contenu de cette identité nationale ? Quel rôle peut-elle jouer aujourd’hui dans la reconstruction de l’Etat au Mali ? S’agit-il d’une crise d’identité nationale ou simplement d’une crise de l’Etat au Mali ?

Auparavant, revenons un moment à la question touarègue.

Il y a en réalité une sorte de théâtralisation mythique de la question touarègue. Elle fut essentiellement opérée par certains ethnologues européens qui ont souvent présenté le Sahara comme un espace réservé exclusivement à des populations nomades, alors que l’essentiel de la vie dans ces grands espaces désertiques s’est toujours développé autour d’oasis où vécurent des siècles durant des populations le plus souvent sédentaires. Elles ont été toujours plus nombreuses que les populations nomades parcourant les espaces de transhumance et les routes commerciales. Et parmi les populations nomades, la composante touarègue a elle-même toujours été minoritaire. Le rapport du GRIP (Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix) du 22 mai 2012 estime que sur les 1,5 millions de Touarègs, seulement 550 000 vivraient au Mali et 850 000 au Niger. Ils constituent à peine 10% de la population totale partageant le même espace et n’ont jamais exercé un pouvoir politique quelconque au nom d’un Etat spécifique tout au long de l’histoire. Ils ont su d’ailleurs, au fil du temps et pour la plupart d’entre eux, vivre en bonne intelligence avec les autres populations dans les différents pays de l’espace sahélo-saharien malgré les quelques rebellions successives qui furent souvent suscitées par des mains extérieures profitant des erreurs administratives des nouveaux Etats indépendants.

L’étude de André Bourgeot, anthropologue et chercheur au CNRS français publiée en 2000, « Sahara : espace géostratégique et enjeux politiques (Niger) », donne un aperçu assez complet de la question. En analysant les fondements politiques et ethniques des tentatives françaises de création ou de recréation de l’OCRS, Bourgeot nous fait comprendre que « l’esprit qui a présidé à l’élaboration de l’OCRS dévoile une conception ethnique du territoire dont un des objectifs était de créer une barrière politique définissant une « chasse gardée française » susceptible d’éviter des contacts entre une Algérie qui avait engagé une guerre pour acquérir son indépendance et une Afrique noire traversée par l’opinion des leaders indépendantistes. Cette barrière ethnico-politique pouvait se dresser en jouant sur une série d’oppositions classiques telles que nomades et sédentaires, Touaregs/Arabes, Touaregs/populations noires et bien sûr Blancs/Noirs. À l’évidence, cette conception ethnico-territoriale, voire cette «arme ethnique » utilisée par les services français, ne pouvait qu’exacerber les relations interethniques déjà tendues.

Ces oppositions furent habilement et facilement utilisées par des services de la puissance coloniale. On se rappellera en effet que les gouvernements du Niger et du Mali actuels étaient essentiellement composés d’hommes politiques et de personnalités noires liées, au demeurant, à l’administration coloniale dont ils avaient été les principaux bénéficiaires. Il était donc aisé de dresser les « populations blanches », notamment les Touaregs, contre les pouvoirs émergents, d’autant qu’elles avaient été sensiblement marginalisées à l’époque coloniale.

Par delà l’opposition globale Arabes/Berbères et plus précisément Arabes/Touaregs, il importe de souligner que cette opposition n’est pas systématique. En effet, elle fluctue selon les conjonctures historiques et peut même se modifier en alliance conditionnée par des enjeux politiques dans lesquels l’opposition Noirs/Blancs devient déterminante. C’est ainsi qu’au moment des indépendances et à la faveur de la création de l’OCRS, une alliance s’était nouée au Mali entre Maures, notamment Kounta, et certains Touaregs, singulièrement les kel Antassar, soutenant une partition territoriale du Soudan (incarnée par l’OCRS) afin d’éviter d’être commandés par des Noirs. Cette même alliance resurgit au moment de la rébellion touarègue au Mali.»

Les propos de Bourgeot mettent en évidence ce que nous disions plus haut, l’exploitation systématique à des fins politiques des différences entre populations, leur aiguisement pour en faire des contradictions permanentes et de ce fait un facteur d’instabilité chronique servant les desseins des puissances extérieures et de leurs relais locaux actuels. On comprend mieux l’acharnement en Mauritanie contre les populations noires, les oppositions Hutus/Tutsis dans les pays des Grands lacs, les ravages causés en Côte d’Ivoire par la politique de l’’ivoirité’ et bien d’autres théories funestes qui ont été à la base de bien de génocides tout au long de l’histoire de l’humanité. Les fondements des rebellions touarègues rappellent étrangement ceux de la politique d’apartheid en Afrique du Sud.

L’exploitation de la question raciale à des fins politiques apparaît comme une donnée permanente des rebellions à caractère ethnique. Dans son étude Bourgeot affirme que « l’opposition Noirs/Blancs permet de transcender les rivalités entre Arabes et Touaregs. Elle est efficiente et politiquement redoutable lors des crises politiques qui se manifestent aux moments des changements de pouvoir qui interviennent lors de l’affaiblissement sensible du pouvoir et de l’autorité d’État. Cette opposition s’appuie sur des phénotypes différents ; elle complète ou transcende, sur des bases explicitement racistes, l’opposition ethnique Arabe/Touaregs attirant les antagonismes ethniques. Que ce soit en Afrique saharienne ou saharo-sahélienne, les relations entre Blancs et Noirs, au gré des circonstances, n’ont pas cessé d’influer sur les rapports, les pratiques et les décisions politiques.

Ce n’est qu’à partir des années cinquante que la politique coloniale tend à privilégier les Touaregs en les intégrant dans l’armée et dans le corps du maintien de l’ordre. C’est peut-être aussi à cette époque que s’élabore et s’exerce une véritable politique coloniale à l’égard des populations nomades assimilées aux populations blanches et, finalement, réduites à dessein aux Touaregs blancs. Par exemple, au moment des indépendances, lors de la formation de nouveaux États assortis de l’émergence d’une nouvelle élite politique ; au moment de la démocratisation des régimes lors des conférences nationales souveraines, on assiste à l’irruption des rébellions touarègues.»

Apparemment les rebellions touarègues cycliques ne semblent pas être accidentelles. Elles surgissent à des moments déterminés et semblent servir des motivations autres que simplement identitaires. D’où leur éventuelle manipulation par des constructions géopolitiques à l’échelle mondiale. Ces desseins politiques et leur vernis ethnique cachent mal des raisons plus profondes qui sont d’essence économique et géostratégique.

Bourgeot poursuit : « La naissance de l’OCRS, dont un des objectifs était d’unifier le Sahara afin de permettre aux capitaux français de fructifier, fut précédée par la création d’institutions multiples, d’organismes de recherche tels que, par exemple, le Bureau de recherche du pétrole (BRP), le Bureau de recherches minières de l’Algérie (BRMA) en 1945, par l’émergence d’associations de techniciens, notamment l’association de recherches techniques pour l’étude de la mer intérieure saharienne et par la constitution de comités politiques tels que le fameux Comité du Sahara français fondé en 1951.»

« Sur le plan des recherches minières, « des mégaprojets sont hâtivement élaborés, dont la création des “zones d’organisation industrielle africaines” (ZOIA) pour concevoir, coordonner et contrôler les programmes de prospection et de mise en valeur du Sahara. Les perspectives paraissent immenses. »

Pour ce faire, « les limites de l’OCRS, sur le plan géographique, concernaient les deux départements du Sud algérien (Saoura et Oasis), la partie saharienne des cercles de Goundam, Gao et Tombouctou au Soudan, ceux de Tahoua et Agadès au Niger et enfin, le Borkou, l’Ennedi et le Tibesti au Tchad. L’adhésion de la Mauritanie, du Maroc et de la Tunisie y était prévue. »

« La mise en œuvre d’une telle politique obligeait à trouver des élus qui soient favorables à l’amputation de l’intégrité territoriale ainsi qu’à celle des prérogatives politiques conférées par le statut d’autonomie. C’est ainsi qu’à la faveur du 28 septembre 1958, les autorités politiques françaises réussirent à écarter les opposants au profit des partisans du «oui», dont, au Niger, Diori Hamani, premier président élu, et Mouddour Zakara, chef touareg de Filingué dont les attaches avec les milieux OCRS sont bien connues. Il était considéré par G. Cusin, haut commissaire de la République en AOF, comme « un des éléments nomades les plus valables de toute l’AOF » [lettre n° 280 du 15 janvier 1958, adressée au ministre de la France d’outre-mer]. Au Mali, on s’appuya par exemple sur Mohamed Ould Cheikh dit « le cadi de Tombouctou ».

« La guerre de libération en Algérie, l’arrivée au pouvoir de Modibo Kéita au Mali et de Djibo Bakary au Niger constituèrent de sérieux obstacles à la nationalisation du Sahara dont l’importance économique et stratégique est évidente. »

Le spectacle donné par le septentrion malien et son extrême médiatisation actuelle cache mal une réalité plus nauséabonde qui ne concerne pas seulement le Mali. Il existe d’autres enjeux plus importants et bien au-delà.

Empruntons de nouveau à Bourgeot certains éléments de son étude. « En effet, pendant les années de rébellion, l’espace saharien nigérien a été le lieu de bien des trafics (armes, drogue, cigarettes). Il a fait l’objet récemment de menaces proférées par les Groupes islamistes armés algériens (GIA) sur le rallye automobile Paris-Dakar-Le Caire qui a dû annuler, le 11 janvier 2000, les étapes nigériennes prévues et procéder à un transfert aéroporté en Libye.

Il est aussi admis que certains éléments du GIA, surnommés « les Afghans », ont été formés par une agence de contre-espionnage pour lutter contre le communisme lors de la guerre entre l’Union soviétique et l’Afghanistan. Par delà les controverses engendrées par cette décision qui, selon les concernés, a nui à des intérêts privés et à l’image de marque du Niger, il convient de rappeler qu’à la fin de l’année 1998 la présence du GIA sur le territoire nigérien avait fait l’objet d’articles de presse. C’est ainsi que l’hebdomadaire Le Républicain, dans les deux premières livraisons du mois de décembre 1998, titrait : «Arrestation dans la communauté arabe. Un imbroglio politico-religieux » et «Démantèlement du GIA au Niger. Zones d’ombre ». Dans ce dernier article, le journaliste s’interroge : « La région de Tamesna – à cheval entre le Mali, l’Algérie et le Niger – est-elle devenue une zone de prédilection des éléments du Groupe islamiste armé – GIA algérien ? » Répondant à la question, il poursuit: « L’opération engagée pour déloger les intégristes algériens et détruire leur base sur le mont Tazerzait où se trouvait également leur grotte a coûté la vie à quatre soldats nigériens dont un officier, le lieutenant Aboubacar Barmou Batouré » De telles précisions dans les faits sont éloquentes. À propos de ces « zones d’ombres », ce dernier numéro donne des éléments d’information sur la présence de l’armée algérienne en territoire nigérien.

Quoi qu’il en soit, il convient de mentionner qu’il s’agit d’éléments présumés GIA. En l’absence de preuves formelles, certains considèrent qu’il peut s’agir d’Arabes armés, issus de Comités de vigilance de Tassara (CVT). Ces comités ont été souvent présentés comme étant une émanation des autorités gouvernementales nigériennes de l’époque visant à contrecarrer la rébellion touarègue (1991-1996) »

Il est patent que bien avant le Mali, le Niger a été le foyer initial du sanctuaire djihadiste. Pourquoi ce foyer initial a-t-il fini par s’implanter en territoire malien ? De quelles complicités a-t-il bénéficié ? Pourquoi la question touarègue est-elle devenue de nos jours un enjeu stratégique majeur ? Pourquoi représente-t-elle une menace majeure pour l’ensemble de la sous-région ? En quoi intéresse-t-elle l’Europe et les Etats-Unis ? Pourquoi est-elle perçue comme un danger pour leur sécurité et la stabilité du monde?

En réalité les rebellions ethniques un peu partout à travers le monde n’ont jamais constitué une menace pour les intérêts stratégiques des Occidentaux. La plupart du temps, elles ont été suscitées ou accompagnées par leurs services spéciaux et les réseaux plus ou moins maffieux construits par leurs multinationales. On sait qu’au Biafra, en Angola, au Cabinda, au Congo, dans l’ex Zaïre, au Libéria, en Sierra Léone, au Soudan et ailleurs les guerres civiles ont fait la fortune des multinationales du pétrole et d’autres minerais stratégiques. Les industriels de l’armement y ont fortement prospéré. Aujourd’hui l’élément nouveau, ce sont les réseaux islamistes qui s’y sont greffés. Ils ont fait jonction avec toutes sortes de multinationales des trafics, drogues, cigarettes, otages, etc. Derrière le masque de la religion, on fait de juteuses affaires. De nouvelles puissances financières émergent à travers la crise généralisée du système capitaliste mondial, les nouveaux marchés à conquérir et les nouvelles alliances stratégiques créées à l’occasion.

La société française Total, héritière de la fameuse ELF a pris une longueur d’avance. Avec le concours financier du Qatar, grand bailleur de fonds de la dernière grande expédition guerrière des Occidentaux en Libye, avec la complicité de l’Etat mauritanien selon les dernières informations du journal français « Le Canard enchainé », elle a pris des options sérieuses quant à la future exploitation des ressources pétrolières et gazeuses du Sahara. La présente rébellion touarègue ne trouverait-elle pas là son explication principale et la source principale du financement de son actuelle aventure ? Le rôle du MLNA ne serait-il pas de sanctuariser les espaces convoités par Total, le Qatar et d’autres y compris certains Etats voisins ? Ansar Dine, AQMI et les autres ne sont pas en reste. Les trafics de drogue, de cigarettes et autres qu’ils contrôlent profitent largement au système financier international.

Selon une étude de l’Université des Andes à Bogota en Colombie datant de 2011 et publié le 2 juin dernier par le journal britannique « The Guardian », le négoce de la drogue enrichit principalement les banques américaines et européennes à 97,6%. Seuls les 2,4% restent en Colombie. En 2008 cela a représenté 300 milliards de dollars pour les banques occidentales pour seulement 7,8 milliards de dollars pour les banques colombiennes. Jusqu’ici les politiques répressives des Etats occidentaux contre les trafics de drogue ont ciblé uniquement les maillons faibles et les intermédiaires mais jamais les systèmes financiers qu’ils engraissent à l’évidence. Et si Al Qaeda et AQMI n’étaient que des maillons du vaste réseau du trafic mondial de la drogue dont la prospérité serait justifiée par des complicités au sein même des appareils d’Etats à travers le monde ? Que rapportent aux banques occidentales les trafics de drogue et autres dans l’espace sahélo-saharien ? Quels profits en tirent AQMI et ses alliés touaregs ? N’est-ce pas là le véritable enjeu de la crise actuelle au Sahara?

Il est manifeste que le développement gigantesque du trafic de drogue à l’échelle mondiale ne saurait se comprendre sans une certaine complicité des Etats un peu partout dans le monde. L’argent de la drogue n’a-t-il pas servi à financer certaines entreprises sécrètes de déstabilisation des Etats-Unis en Amérique latine ? Que dire aujourd’hui de l’espace sahélo-sahélien ? Des questions qui font froid dans le dos. La véritable raison de la chute de ATT ne serait-elle pas à chercher dans le fait d’avoir été happé et broyé par un système dans lequel il avait imprudemment mis le doigt par cupidité ? N’a-t-il pas été sacrifié pour protéger d’autres intérêts ? La rébellion touarègue n’est pas elle-même manipulée par des enjeux géostratégiques qui la dépassent ? Ne faut-il pas alors relire les ‘révolutions arabes’ et l’actuel conflit en Syrie et les menaces contre l’Iran à la lumière de ces enseignements ?

Les régimes islamiques n’effraient plus l’Occident dès lors qu’ils acceptent de se mettre au service du capital financier international. L’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et autres pétromonarchies du Golfe arabique sont loin d’être des références en matière de démocratie. Mais qu’importe, les autocraties qui y ont cours ne dérangent point les démocraties occidentales. Ils sont devenus leurs alliés stratégiques. Seuls les dérangent les pays qui veulent s’affranchir de leur pesante tutelle. Saddam Hussein et Kadhafi l’ont payé de leur vie.

Que dire de l’islamisation politique progressive du Maghreb, de la Libye, de l’Egypte et au-delà ? Ne se situe-t-elle dans une stratégie de reproduction du système capitalisme mondialisé en crise à la recherche d’un nouveau souffle ? La victoire des mouvements islamiques au Maroc, en Tunisie, en Egypte et les menaces de Ansar Dine et AQMI au Sahara ne constitue-t-elle pas à terme une menace pour l’Algérie et les autres pays au Sud du Sahara ? Ne faut-il pas situer la crise actuelle au Sahara comme la résultante des visées géostratégiques de l’Occident dans sa volonté de redessiner la carte du monde à son profit exclusif ? La crise des Etats dans le Sahel n’est-il pas la conséquence de leur nécessaire restructuration pour répondre à cette nécessité de domination et de reproduction du capitalisme mondial en crise ? Son renouveau et le dépassement de la crise financière mondiale actuelle ne commandent-ils pas un nouvel impérialisme plus sanglant mais plus subtil qui masque son appétit féroce de domestication du monde sous de prétendues luttes de conquête démocratique en Afrique, au Moyen Orient et ailleurs ? La conquête de nouveaux marchés, le positionnement pour le contrôle de nouvelles ressources stratégiques nécessaires à la survie du système n’expliquent-ils pas largement les agressions multiples et les guerres en préparation contre les peuples du Sud ? ATT a été sacrifié comme Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte et d’autres encore. A qui le prochain tour ?

En définitive, derrière les crises identitaires et ethniques se cachent des luttes féroces pour le pouvoir et les intérêts auxquels il permet d’accéder. Derrière les enjeux de pouvoir se cachent des intérêts économiques patents. CEDEAO, MNLA, Ansar Dine, AQMI, anti-putschistes maliens et autres procèdent tous de la même logique. Aussi les crises qui menacent les Etats africains jusque dans leur existence même, comme celle que traverse le Mali sont à analyser à travers les mêmes prismes. L’affaiblissement systématique de l’Etat par ATT fut une politique délibérée d’enrichissement rapide de son clan en toute impunité. Cette politique arrangeait la rébellion touarègue, ses soutiens extérieurs et en définitive le système financier international. Seule la partition de premier plan que veulent jouer Ansar Dine et son mentor Al Qaeda, perturbe le scénario initial. La défaite militaire et politique programmée du MLNA face à Ansar Dine et ses soutiens djihadistes internationaux inquiètent les Occidentaux qui se rendent compte de la perte envisageable de la maîtresse d’oeuvre de leur projet de restructuration de l’espace sahélo saharien et de sa nécessaire et brutale intégration au marché mondial en quête de renouveau.

Les interventions programmées dans le Sahara sous le mandat des Nations Unies confiées aux armées africaines avec l’appui logistique des Occidentaux constituent la voie royale pour les Etats de la sous région pour se faire hara-kiri. Ils paieront cher un jour leur naïveté tout comme ATT et prochainement le MLNA. La classe politique malienne n’y échappera pas non plus tant qu’elle continuera à se mettre à la remorque d’un système mondial qui à terme fera de nos Etats ‘mondialisés’ une coquille vide et de nos indépendances une chimère. La ‘démocratie’ qu’on nous servira ne sera qu’un vulgaire oripeau pour masquer notre nudité absolue.

Le destin d’une feuille morte n’est-il pas de suivre la direction du vent ? Serait-ce le nôtre ? Sommes-nous en train de devenir des ‘feuilles mortes’, ballottées par la tempête de la crise du capitalisme mondialisé ? Ne sommes-nous pas en train de cautionner une ‘sud-soudanisation’ du Mali avec en plus une ‘ethnicisation’ du pouvoir à l’ivoirienne avec à la clé un nettoyage ethnique prévisible qui balayera immanquablement tout le pays ? L’intervention décidée par la CEDEAO avec la bénédiction de ses parrains occidentaux et la complicité de certains Maliens qui la réclament à cor et à cris risque d’aboutir à une reconnaissance politique de l’Azawad et la partition de fait du Mali. Les négociations déjà entamées par le médiateur burkinabé sans qu’il ait reçu aucun mandat, ni du peuple malien ni de son gouvernement actuel, en est le prélude. Serions-nous aveuglés par nos propres intérêts individuels et immédiats au point d’être complices du dépeçage programmé de notre propre pays ? Est-ce là faire oeuvre démocratique ?

La crise généralisée du capitalisme mondialisé brisera bien des rêves. Elle risque d’être le cimetière de nos espérances. Que faire alors ? La réponse appartient à nos peuples respectifs. Elle ne sera pas facile. Elle provoquera un peu partout des torrents de larmes et de sang. Mais c’est dans la résistance conjuguée du peuple malien dans toutes ses composantes, des peuples de toute la sous région, des peuples d’Afrique, de la conjugaison des luttes des peuples du Sud et du Nord, de leur solidarité qu’ils arriveront à mettre en échec les visées géostratégiques actuelles du capitalisme mondialisé de plus en plus agressif et va-t-en guerre.

La crise actuelle au Sahel sera-t-elle l’occasion d’introduire des hérissions dans nos consciences assoupies ? Nous obligera-t-elle à un réveil brutal pour comprendre les enjeux cachés derrière les conflits d’intérêts, les luttes de classes antagoniques à l’échelle nationale et mondiale, les luttes pour le pouvoir et les bruits de bottes qui balayent la région saharienne ?

L’incendie allumé par le MNLA consumera bien de choses à commencer par le MNLA lui-même. Après le Mali, seront touchés le Niger et la Mauritanie qui ne sera pas sauvée de sa complicité intime avec la France des multinationales. L’Algérie risque gros elle aussi si elle tarde à prendre la mesure exacte du danger global qui nous guette tous. La situation au Sahel nous condamne à créer au-delà des dirigeants actuels de nos Etats plus ou moins vendus à l’Etranger, à construire des solidarités entre les peuples de la sous région, à susciter la compréhension et la solidarité des autres peuples du Sud et de ceux du Nord aussi, à fédérer toutes les luttes de résistance qui se déroulent çà et là en vue de construire un monde nouveau, une humanité nouvelle et à mettre enfin l’humain au centre d’une nouvelle civilisation à construire.

Telle la mission historique qui incombe à notre génération. A nous de l’assumer ou de la trahir comme le disait si bien Fanon !


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS





* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php





** Issa N’Diaye est professeur de philosophie à l’Université nationale du Mali. Il fut ministre de l’Education nationale sous la transition avec ATT (1991-1992), en 1992-1993, il est ministre de la Culture et de la Recherche scientifique dans le premier gouvernement d’Alpha Konaré. De 1994 à 1998, il est contrôleur général d’Etat.



*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Mali : Une crise globale

Paul Martial

2012-07-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/83845

Le Coup d’État du 22 mars 2012 et l’occupation du nord Mali par les forces islamiques et les touarègues du MNLA, plongent le Mali dans la crise la plus grave qu’il ait connu. Mais cette situation reflète les conséquences des politiques impérialistes imposées dans les pays africains depuis leur accession à l’indépendance.

Le Mali ne fait pas exception à la règle de l’instabilité des pays de la zone de l’Afrique de l’ouest. Pour ne parler que des pays qui sont impliqués à des titres divers dans le conflit malien, on peut noter que le voisin immédiat du Mali, le Burkina Faso, qui joue un rôle de médiation dans la crise, a connu une série de mutineries ayant touché la garde présidentielle, au point que Blaise Compaoré, le président du pays, à dû prendre la fuite.

A cela s’ajoutent des manifestations importantes contre la vie chère et les mobilisations lycéennes et étudiantes contre l’impunité policière vis-à-vis du meurtre d’un jeune lycéen. La Côte d’Ivoire est toujours en crise. A l’Ouest du pays, les accrochages armés deviennent de plus en plus fréquents et meurtriers, le dernier en date à causé la mort de sept soldats nigériens de la MINUCI (la force armée de l’ONU). Le pouvoir d’Alassane Ouattara a du mal à asseoir sa légitimité et celui-ci reste, aux yeux de beaucoup, l’homme qui a été installé par l’armée française. De plus, les crimes perpétrés par les milices qui l’ont soutenu restent impunis, pire, ceux-là même qui sont soupçonnés de graves violations des droits humains, restent aux postes de responsabilité. Seuls les partisans de Laurent Gbagbo doivent répondre de leurs forfaits.

Enfin le Nigeria, poids lourd de la région, a connu une grave crise sociale ; en effet, sous l’injonction du FMI, le gouvernement de Jonathan Goodluck a tenté de supprimer les subventions au prix du carburant avec des conséquences pour les populations sur le prix des transports ce qui provoquera une grève générale d’une grande ampleur obligeant le pouvoir à reculer partiellement. De plus le gouvernement nigérian est confronté à une augmentation des attaques de la secte islamique, Boko Haram, qui creuse la division historique du pays entre le sud et le nord.

UNE CRISE SOCIALE ET POLITIQUE

Le Mali fait figure de pays démocratique. Il existe plusieurs partis d’opposition, d’innombrables organisations de la société civile s’activent, la liberté de la presse est garantie. Mais beaucoup de militants progressistes font remarquer que nous sommes seulement dans le paraître, et que ce formalisme de démocratie ne peut occulter la corruption et la déliquescence de la classe dirigeante qui a mis en coupe sombre le Mali : « Lors des dernières élections au Mali, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a eu à dire qu’il n’y avait jamais eu autant de fraudes et d’irrégularités ! Pourtant les résultats électoraux obtinrent le label démocratique. Cependant les Maliennes et les Maliens n’ont jamais eu autant de mépris pour leurs dirigeants et leur classe politique. Aujourd’hui les langues commencent à se délier révélant toute la puanteur d’un système basé sur le mensonge et le pillage des ressources publiques par une minorité de brigands en uniforme et en col blanc. » (1)

En effet, l’application, avec zèle et célérité, des plans d’ajustement structurels préconisés par le FMI et la Banque Mondiale, ont abouti à une déstructuration de l’État. C’est à partir des années 1990 que les populations vont connaître des régressions sociales d’ampleur, notamment au niveau de la santé, de l’école, des infrastructures sanitaires. Les vingt plus grandes entreprises d’État comme la Banque Internationale pour le Mali (BIM), la Société de Téléphonie du Mali (SOTELMA), la Compagnie Malienne de Développement du Textile (CMDT), Énergie du Mali (EDM), etc., vont être bradées et vendues, en partie ou en totalité, pour des bouchées de pain aux multinationales, notamment françaises, comme DAGRIS, Vivendi, Bouygues, Canac-Getma… Maillon faible de la région, le Mali vient d’entrer dans la plus profonde crise qu’ait connu le pays depuis son indépendance.

UNE INDEPENDANCE REPRISE PAR LA FRANCE

L’indépendance fut acquise en 1960 sous la direction de Modibo Keïta, qui reste une référence pour les Maliens. Panafricaniste convaincu, proche des idées socialistes, il ne sera jamais accepté par le pouvoir gaulliste de l’ancienne puissance coloniale. Il sera renversé par un coup d’État militaire, dirigé par Moussa Traoré en 1968. Emprisonné, il sera empoisonné au camp militaire Djikoroni Para.

C’est seulement en 1991, sous l’effet des mobilisations de la population encouragée par la chute du Mur de Berlin et le discours de la Baule de François Mitterrand, qu’un nouveau coup d’État éclate et renverse la dictature de Traoré. Le jeune colonel qui fait chuter la dictature n’est autre qu’Amadou Toumani Touré (ATT) qui laisse le pouvoir aux civils. Il reviendra aux affaires lors des élections de 2002 et restera au pouvoir jusqu’au putsch qui le destituera.

Ainsi le Mali, contrairement à la plupart des pays africains, a une vision différente des coups d’État militaires qui peuvent aussi bien jouer un rôle réactionnaire, comme celui de Traoré, qu’accompagner et aider les mobilisations populaires comme en 1991. C’est un élément à intégrer notamment dans l’analyse du coup d’État du 22 mars 2012 que font les organisations de la gauche radicale.

D’UNE MUTINERIE AU COUP D’ETAT

La débâcle de l’armée malienne vécue comme une humiliation, les manifestations des femmes et des compagnes des soldats, en protestation contre le manque de munition, l’impréparation dans les combats, les carences dans la logistique ont alimenté le malaise de plus en plus perceptible.

Le massacre d’Aguel’hoc, où 82 soldats prisonniers ont été égorgés par les rebelles, a été un traumatisme pour l’ensemble de la société malienne. Cet acte de barbarie a été le détonateur des mobilisations contre le gouvernement et la haute hiérarchie militaire incapables d’organiser la défense du pays. Pire, certains affirment que des numéros de téléphone de généraux maliens étaient en mémoire sur les portables de prisonniers rebelles, ce qui confirmerait la complicité entre les deux camps.

Les soldats du camp militaire de Soundiata Keita à Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako, se sont mutinés. La venue du ministre de la Défense, le général Sadio Gassama, avait pour but de désamorcer ce qui était considéré comme une simple manifestation de mauvaise humeur ; loin de calmer les choses, la mutinerie s’est amplifiée et les soldats se sont dirigés vers le palais présidentiel sur la colline de Koulouba. ATT, ainsi que ses proches, a sous-estimé le danger à tel point que la fuite du président s’est faite, in extremis, dans une situation rocambolesque. ATT a dû fuir en dévalant le versant de la colline, ses gardes du corps ont arrêté une voiture sur la route et se sont dirigés à vive allure vers le camp des parachutistes de Djicoroni (2).

En dépit de quelques résistances de la garde présidentielle, le pouvoir est tombé comme un fruit trop mûr (pour éviter d’employer un terme plus désobligeant). Cette situation montre de manière incontestable la perte de légitimité du gouvernement et le décalage entre la classe politique au pouvoir et la population.

Nombreux sont ceux qui n’ont pas compris l’intérêt d’un coup d’État, cinq semaines avant les élections présidentielles, pour déposer ATT alors que ce dernier n’y concourrait pas. C’est justement parce que les élections, et leurs résultats, n’auraient précisément rien changé. Le pouvoir malien, avec d’autres hommes, aurait continué leur politique de corruption, d’incurie et de misère pour la population.

UNE DUALITE DE POUVOIR

Emmenés par Amadou Sanogo, les militaires qui ont pris le pouvoir créent un Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État (CNRDRE). Ce coup d’État est, avant tout, l’œuvre d’hommes du rang et de sous-officiers motivés par les reproches, faits au pouvoir politique et à la hiérarchie militaire, de corruption et d’incapacité à défendre le pays.

Le coup d’État a profondément divisé la classe politique, mais aussi la société malienne. Dès le début, la gauche radicale, dirigée par le parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance), le soutient sans réserve. Les militants organisent le Mouvement Populaire du 22 mars (MP22) qui se veut une sorte de pendant politique des putschistes. Il regroupe le réseau des radios communautaires KAYIRA, des structures paysannes, comme le syndicat des paysans du Mali (SYPAM TTD) « Terre-Travail-Dignité », l’Association des expulsés maliens (AME) et d’autres organisations de la gauche, de moindre importance. Le MP22 établit une liaison directe entre la révolution de 1991 et le coup d’État :

« Compte tenu de la faillite des partis politiques consensuels, ce coup d’État est l’unique moyen dont dispose le peuple malien pour reconquérir sa dignité et son honneur perdu, rétablir son unité nationale, son intégrité territoriale, sa cohésion et sa prospérité sociale et rénover sa démocratie sur la base de ses intérêts.

« Notre peuple à travers la partie saine et patriotique de son armée a décidé de faire un sursaut historique pour la défense des valeurs liées à la révolution du 26 mars de 1991. A la faveur de cet événement historique, un ensemble de partis et mouvements politiques, d’associations et d’organisations de la société civile, et de personnalités indépendantes ont décidé la mise en place d’un mouvement dénommé Mouvement Populaire du 22 mars 2012 (MP22).

Ce mouvement a pour objectifs :
— Soutenir la dynamique de rupture et de changement déclenchée par le CNRDRE ;

— Veiller à l’approfondissement du processus démocratique ;

— Appuyer le CNRDRE dans toutes ses actions d’assainissement de l’administration nationale ;

— Appuyer le CNRDRE dans la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite ;

— Soutenir le CNRDRE dans la résolution du problème au nord du Mali » (3).

De l’autre côté un Front Uni pour la Sauvegarde de la Démocratie (FDR) se crée contre le putsch, il est composé des partis de la droite malienne qui soutiennent ATT, mais aussi du PARENA qui est une organisation d’obédience sociale-démocrate, qui faisait partie un temps du même groupe à l’Assemblée Nationale que le SADI, ainsi qu’une des deux principales organisations syndicales des travailleurs, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali. L’autre, la CSTM étant favorable aux militaires.

Le coup d’État est certes condamné, mais plutôt de manière formelle tant à l’intérieur, qu’à l’extérieur du pays. Ainsi la démission d’ATT du pouvoir, à la demande de la CEDEAO pour trouver une solution politique acceptable constitutionnellement, n’a posé de problème à personne. En effet, les pays occidentaux n’ont jamais trop apprécié le refus opposé par ATT à la présence de forces armées extérieures au Mali et la France a une raison de plus de lui en vouloir compte tenu de son refus de signer l’accord bilatéral sur la « gestion des flux migratoires », facilitant les expulsions de Maliens en situation irrégulière sur l’Hexagone. Tous lui reprochent sa volonté d’instaurer un modus vivendi avec les troupes armées présentes dans le Sahel et le nord Mali.

La crise politique est, pour l’instant, bien trop forte pour que les partisans d’ATT puissent organiser une reprise complète du pouvoir. Cette tâche sera dévolue à la CEDEAO (la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest) qui va tenter de disputer le pouvoir au CNRDRE, l’organisation des putschistes. Si formellement le CNRDRE se rallie au plan de retour à l’ordre constitutionnel, il tente par ailleurs d’affermir son pouvoir, notamment en arrêtant de nombreuses personnalités du régime, qui seront libérées quelques jours plus tard. Une contre-offensive de la garde présidentielle d’ATT, les bérets rouge, pour renverser les putschistes se terminera par un véritable fiasco.

Le plan de transition prévoit la nomination d’un président par intérim, qui sera le président de l’Assemblée nationale et qui nommera, en accord avec l’ensemble des protagonistes, un premier ministre. C’est ainsi que Dioncounda Traoré désignera Cheikh Modibo Diarra, un ancien astrophysicien de la NASA. Celui-ci s’apercevra rapidement qu’il est plus aisé de piloter un vaisseau sur Mars que de gérer la crise au Mali.

Rapidement le président de transition est mis hors jeu, suite à une agression de manifestants qui parviendront jusqu’à son bureau pour le molester. Dioncounda Traoré est toujours en France, sans que l’on sache réellement l’état de santé dans lequel il se trouve. Quant au Premier ministre il reste invisible.

Le Mali se trouve donc actuellement dans une situation où aucun des deux partis ne peut l’emporter. Le MP22 a élargi sa base en lançant une nouvelle organisation, la COPAM (Coordination des Organisations Patriotiques du Mali) ainsi qu’une conférence nationale de transition, mais cette dernière initiative n’emporte pas l’adhésion espérée d’une grande majorité des Maliens. De l’autre côté, la CEDEAO n’a pas de réels points d’appui pour dissoudre effectivement le CNRDRE et imposer sa volonté. Aussi la situation reste, pour l’instant, bloquée bien que les fronts anti et pro putschistes aient commencé à se rencontrer pour tenter de trouver des solutions à une situation, au Nord, qui ne fait qu’empirer.

LE NORD MALI A UNE HISTOIRE SINGULIERE

D’une superficie de 3 000 000 km², le nord du Mali fait partie de la bande Sahélo-Saharienne qui a toujours été une terre de résistance, difficile à contrôler. A l’indépendance des pays africains, la colonisation française a légué des frontières artificielles, imposées aux populations. Une situation qui s’est généralisée sur tout le continent où l’OUA, (ancêtre de l’Union Africaine), a décrété l’intangibilité des frontières héritées de la période coloniale pour éviter une généralisation des conflits.

Lors de la décolonisation, dans une adresse portée par Mohamed Mahmoud Ould Cheikh, dirigeant de Tombouctou le 30 mai 1958, les représentants Maures et Touarègues demandent en vain au gouvernement français ne pas intégrer leur territoire dans les pays subsahariens (4).

Le territoire du nord Mali n’est pas peuplé que de Touarègues, bien au contraire ces derniers y sont minoritaires et sont estimés à 600 000 personnes à côté d’autres populations comme les Maures, les Songhaï, les Peulhs... Le point commun de tous est la difficulté de vivre dans une région enclavée où l’État malien, peu présent, n’a jamais investi de manière pérenne dans les infrastructures, ni aidé les activités agricoles et pastorales des populations.

De nombreuses révoltes ont eu lieu, celle de 1963 violemment réprimée par le pouvoir, puis celles des années 1990, qui déboucheront sur les accords de Tamanrasset, en 1991, et prôneront la démilitarisation de la région. Celle de 2006 est importante. En effet les accords d’Alger, qui mirent fin au conflit, entérinèrent le retrait de l’armée malienne de la région, au profit « d’unités spéciales de sécurité, rattachées au commandement de la zone militaire et composées essentiellement d’éléments issus des régions nomades » ainsi que la « création d’un fond de développement et de réinsertion socio-économique des populations civiles » (5). Le résultat est que les populations ont peu bénéficié des 700 milliards de FCFA, pourtant votés le 5 novembre 2009 par l’Assemblée Nationale. De plus le nord Mali s’est vite transformé en zone grise où les différents groupes militaires ont élaboré et imposé leur propre loi.

Le Sahara est souvent présenté comme une frontière difficilement franchissable. En fait le Sahara, depuis fort longtemps, est une zone d’intense activité de commerce, de négoce avec ses routes transsahariennes empruntées depuis des siècles, mais aussi ses pistes connues seulement de quelques initiés : « Parmi un grand nombre de possibilités, seuls sont utilisés les tracés jugés, à un moment donné et en fonction du contexte local ou régional, les plus pratiques et les plus sûrs. Ce qui signifie qu’il en existe beaucoup d’autres disponibles pour des usages exigeant la plus grande discrétion. De plus, chaque groupe ne connaît, ne contrôle et n’exploite qu’un segment du trajet, ce qui entretient la fragmentation territoriale et complique encore l’éventuel relevé des parcours. Les déplacements et les trafics s’en trouvent très difficilement contrôlables » (6). Cette situation permet des activités de trafic autour des cigarettes, du carburant, de la drogue, mais aussi des êtres humains venant des pays subsahariens et cherchant à rejoindre l’Europe, via les pays du Maghreb.

C’est dans les années 2005-2006 qu’une accélération, dans l’activité de contrebande, s’est produite. En effet le choix, des narco-trafiquants d’Amérique Latine d’utiliser la bande sahélienne pour acheminer de la drogue en grande quantité, a changé la donne. Ce trafic ira croissant. En témoigne le cas d’un Boeing 727 qui s’écrasera, en novembre 2009, à une quinzaine de kilomètres de Gao après avoir déchargé sa cargaison estimée à 10 tonnes de drogue. Il est révélateur de l’ampleur de ce commerce illicite et de l’importance de la corruption ainsi que des sommes en jeu. C’est ainsi que le nord Mali devient une des sources de corruption des élites maliennes et l’argent permet d’entretenir des milices, soit purement maffieuses, soit religieuses et/ou politiques.

LA PRESENCE ISLAMISTE

La frontière est loin d’être hermétique entre les groupes armés islamiques et ceux purement maffieux. Historiquement, trois groupes islamiques sont présents au nord Mali.

Le premier, le plus connu, est AQMI (Al-Qaeda au Maghreb Islamique) issu en 2007 du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), organisation algérienne. Il est pour un djihad global avec des kadibats (brigades) dont les objectifs sont précis, le plus important étant la création d’une place forte essentielle dans la stratégie d’AQMI. Elle est située dans la zone de Timétrine dans la région de l’Adrar qui permet le repérage d’unités armées mobiles réduites et/ou d’otage(s), ainsi que toute action militaire. D’autant que le contrôle des points hauts offre d’excellents postes d’observation d’où détecter toute colonne gouvernementale en mouvement. Bref, il paraît très difficile de réussir une opération surprise, terrestre et/ou héliportée (7) AQMI est financé par de généreux donateurs du Moyen-Orient et par les rançons d’otages payées par les gouvernements occidentaux pour la libération de leurs compatriotes.

Le deuxième groupe est une dissidence d’AQMI sur une base nationaliste, c’est le MUJAO (Mouvement pour l’Unification du Djihad en Afrique de l’Ouest), dirigé par le Mauritanien Hamada Ould Khaïrou. Son financement vient essentiellement du trafic, notamment, de drogues et de cigarettes.

Enfin le troisième groupe est Ansar Eddine, c’est un groupe de Touarègues très proches d’AQMI, dont le dirigeant Iyad ag Ghali est un ancien combattant touareg des conflits de 1990 à Ménaka qui se prolongeront, par intermittence, jusqu’en 2006 avec les accords d’Alger. Il a eu de nombreuses fonctions officielles, y compris comme conseiller d’ATT, mais aussi comme ambassadeur en Arabie Saoudite, ce qui lui a permis de nouer de nombreux liens avec les fondamentalistes islamistes. Cette dernière force a eu des relations avec les forces touarègues notamment le MNLA.

L’EMERGENCE D’UNE NOUVELLE FORCE TOUAREGUE

La chute brutale du colonel Kadhafi a été un des éléments de déstabilisation de la région, car celui-ci excellait dans son rôle de pompier pyromane, attisant les crises dans la région sahélienne pour, ensuite à coup de pétrodollars, acheter la paix et installer un modus vivendi entretenant ainsi son pouvoir de nuisance pour les gouvernements des pays voisins. Sa chute a eu plusieurs conséquences qui ont influé directement sur la crise malienne. Une absence de possibilité de médiation dans le conflit avec les Touarègues comme auparavant, un afflux de combattants aguerris libyens au Mali et une circulation dans la région sahélienne d’armes provenant du pillage des dépôts de Libye, dont certaines extrêmement sophistiquées. C’est cette venue sur le territoire malien des Touaregs, anciens combattants de la légion islamique, qui a permis une recomposition des forces politico-militaires touarègues, à partir du Mouvement National de l’Azawad (MNA) et du Mouvement Touareg du Nord-Mali (MTNM) pour donner naissance au MNLA qui se définit ainsi : « Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) est un mouvement populaire qui vise la réalisation des objectifs du peuple de l’Azawad, à savoir la libération totale, l’unité nationale, la sécurité et le développement sur toute l’étendue du territoire de l’Azawad. » (8)

LA CONQUETE DU NORD

A la chute de Kadhafi, les Touarègues du nord Mali reviennent avec les armes, les pick-up équipés de mitrailleuses pour rejoindre leurs régions. Ils doivent traverser le Niger et ainsi parcourir des milliers de kilomètres. Beaucoup s’étonnent qu’ils aient pu faire ce voyage sans la moindre embûche de la part des autorités des États. Plusieurs spécialistes ont émis l’idée que la France aurait tenté de convaincre le MNLA, de jouer les forces supplétives contre les islamistes de la région pour pallier aux carences de l’armée malienne, ceci en échange d’une neutralité bienveillante. Rien n’est pour l’instant prouvé mais le positionnement diplomatique de la France du début corrobore cette hypothèse (9).

Le 17 janvier débute la première attaque du MNLA contre la ville de Ménaka. Il est faux de présenter une armée malienne qui n’a pas résisté à ces attaques. Pendant plus de deux mois les batailles ont fait rage autour des principales villes de la région : Kidal, Gao et Tombouctou. Fin janvier les attaques du MNLA sont conjointes avec celles des organisations islamistes, Ansar Eddine, mais aussi AQMI. Dans un premier temps, le MNLA réfute ces informations, mais devant l’évidence il les confirme tout en continuant à se proclamer contre toute alliance avec les islamistes et demande la reconnaissance de l’indépendance de l’Azawad en échange de leur combat contre eux.

SITUATION OUVERTE AU NORD

Progressivement le MNLA va perdre le leadership dans le nord Mali au profit des organisations islamistes. Il va connaître toute une série de scissions dont, du fait de l’isolement de la région, il est difficile d’apprécier la portée. Ainsi vont se créer le FNLA, regroupant essentiellement des Maures et des Arabes qui se prononcent contre l’indépendance de l’Azawad. D’autres groupes se forment comme le Mouvement des Patriotes pour la Résistance et la Libération de Tombouctou (MPRLT), animé par des Songhaï, le Front de Libération du Nord-Mali (FLNM)… La plupart du temps ces organisations se fondent sur une base tribale. Certains membres du MNLA vont rejoindre les organisations islamistes. Pour conjurer cette hémorragie le MNLA propose la fusion avec l’organisation de Ansar Eddine, une partie des militants MNLA de l’intérieur y sont favorables, car l’organisation n’a plus beaucoup de fonds et connaît de réelles difficultés d’approvisionnement en vivres et en munitions. La plupart des militants de l’extérieur sont contre. La fusion, un temps annoncée, est annulée. Ce qui achoppe c’est la question de l’instauration stricte de la Charia sur l’ensemble de l’Azawad.

Au Mali, nord compris, les populations sont très largement musulmanes, mais si la croyance est profonde, la pratique religieuse est tolérante. Ainsi la Charia entre en complète contradiction avec les modes de vie où la musique, la danse, les rencontres dans les endroits mixtes sont la règle, d’autant plus que les femmes jouent un rôle important dans la cité. C’est ainsi que des manifestions de femmes et de jeunes se sont déroulées pour exprimer leur exaspération face à l’interdiction, faite par les milices islamiques, de jouer au foot, d’écouter de la musique ou la radio, de regarder la télévision ou simplement la mixité dans les lieux publiques.

Depuis les attaques du MNLA, en début d’année, plus de 380 000 personnes ont fui la région, soit vers les pays limitrophes, soit vers le sud du pays. La situation sanitaire pour les réfugiés est catastrophique d’autant que les pays d’accueil souffrent, eux aussi, d’une crise alimentaire. Dans la région du Nord, cette crise alimentaire est amplifiée par la situation politique, mais aussi par les problèmes de ravitaillement en énergie, en eau et en médicaments.

Les principales villes sont tenues par les islamistes avec un afflux des militants de Boko Haram du Nigeria, mais aussi des islamistes de Somalie et du Pakistan.

LES DANGERS DE L’INTERVENTION DE LA CEDEAO

Une intervention militaire pour quoi faire ? Pour quels objectifs ? Les choses ne sont pas claires. Les uns sont pour une intervention qui sécurise le retour à l’ordre constitutionnel, c’est-à-dire qui fasse contrepoids à l’emprise des militaires du CNRDRE, avec la tentative d’étouffer tous les soutiens et toutes les mobilisations de la gauche radicale en faveur des putschistes. Il y a donc bien un risque que l’intervention de la CEDEAO ne revienne, dans les faits, à remettre en selle l’élite corrompue du Mali symbolisée par ATT, une sorte « d’ATTcratie » sans ATT.

D’autres défendent l’idée que l’intervention devrait seulement se centrer sur le nord Mali pour libérer le pays, mais cette position présente beaucoup de faiblesse. En premier lieu une intervention qui arriverait à déloger les différents groupes armés serait confrontée à une absence ou une faiblesse de l’État qui ne permettrait pas de garder sous son contrôle cette zone. Ce qui impliquerait le stationnement permanent de troupes étrangères et ceci dans l’attente que l’État malien puisse jouer pleinement ses fonctions, ce qui risque de prendre du temps et de l’argent. Il est d’ailleurs significatif que le Conseil de sécurité de l’ONU n’ait pas donné son aval à la demande formulée par l’Union Africaine et la CEDEAO pour une intervention militaire.

D’autres problèmes se posent. L’Algérie, de par son poids économique et militaire, est dans cette région un acteur incontournable. En 2009 son budget militaire s’élève à 5,3 milliards de dollars, en comparaison aux 180 millions de dollars pour le Mali (10). Le gouvernement algérien n’est pas favorable à une intervention militaire de la CEDEAO, surtout si elle est appuyée par la France. Car, et c’est un secret de polichinelle, ceux qui agissent dans cette crise au nom de la CEDEAO sont deux piliers de ce que l’on appelle la Françafrique pour désigner une relation néocolonialiste particulièrement forte, entretenue par des réseaux politiques économiques et militaires français. En effet Ouattara est un obligé de la France, c’est grâce à son intervention militaire qu’il a pu accéder au pouvoir à l’issue d’élections contestées. Quant à Blaise Compaoré, il joue les médiateurs en Afrique de l’Ouest pour le compte et l’intérêt de Paris, depuis son accession au pouvoir après l’assistanat de Thomas Sankara.

L’Algérie ne s’y trompe pas et elle entend rester maître du jeu. C’est d’ailleurs ce qui explique le silence du CEMOC (Comité d’état-major opérationnel conjoint), structure de coordination militaire des pays du Sahel pour lutter contre le terrorisme qui, en toute logique, aurait dû être la pointe avancée dans ce combat.

L’impérialisme français, tellement décrié sur le continent africain pour ses interventions militaires en Libye et en Côte d’ivoire, tente de se montrer plus discret, ce qui correspond à la ligne du nouveau président français, le socialiste François Hollande : mener une politique semblable à celle de ses prédécesseurs, mais sans signe ostentatoire. Ainsi, lors de la visite du président de la République du Bénin, Boni Yayi (encore un élu dans des conditions douteuses), Hollande à joué le rôle de donneur d’ordre, lui indiquant qu’en tant que président de l’Union Africaine il devait saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour une intervention militaire et la France appuierait cette requête et aiderait au niveau de la logistique l’envoi de troupes. Aussitôt dit, aussitôt fait, l’UA déposait une requête.

Seulement deux pays de la CEDEAO ont une réelle capacité militaire : la Côte d’Ivoire et le Nigéria. L’armée de Côte d’Ivoire ressemble plus à une addition de milices, dont certaines se sont rendues coupables de crimes de guerre, notamment contre les civils. Quant à l’armée nigériane, il est peut être nécessaire de rappeler que l’extrême violence de son intervention en 2009, contre Boko Haram, fit au moins 700 morts dont certains exécutés après avoir été fait prisonniers, ce qui a contribué grandement à la radicalisation et à la politique meurtrière de cette secte islamiste (11).

UNE AUTRE POLITIQUE

La crise malienne nous montre les effets collatéraux de la politique impérialiste qui enserre les pays africains à travers les paiements de la dette, la déstructuration de l’État, la destruction du tissu économique par les privatisations des grandes entreprises nationales et les Accords de partenariat économique (APE) qui, sous prétexte de libre concurrence, étouffent les petites entités économiques artisanales ou agricoles.
Le nord du Mali souffre de cette politique, mais aussi de l’absence d’investissement minimal au niveau social, sanitaire et de santé pour les populations. Aider les populations dans leur activité agricole et pastorale, développer un tourisme responsable et d’échanges, permettraient un développement de la région et supprimeraient la base sociale que tentent de se construire les différentes organisations islamistes en direction d’une jeunesse désœuvrée.

La conquête et la libération du Nord des forces islamistes est avant tout politique, articulée sur le respect des différentes identités des populations du Nord, le développement humain et économique. La partie militaire doit être d’abord subordonnée à une volonté politique partagée par l’ensemble des populations du Mali. Les politiques des gouvernements impérialistes, et de leurs alliés dans la région, sont à l’opposé de cette exigence-là et ne peuvent qu’aggraver la situation.

NOTES
1) Voir Issa N’DiayeI in http://www.afriquesenlutte.org/afri..
2) http://www.jeuneafrique.com/Article..
3) Déclaration du mouvement populaire du 22 mars 2012 in http://www.afriquesenlutte.org/afri..
4) Les rébellions touarègues du Niger : Combattants, mobilisations et culture politique, thèse de Doctorat par Frédéric Deycard, p. 153.
5) Accords d’Alger pour la restructuration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal.
6) Al Qaida au Sahara et au Sahel. Contribution à la compréhension d’une menace complexe par Patrice Gourdin in http://www.diploweb.com/spip.php?ar..
7) ibidem
8) Communiqué de Presse n°17 du 4 juin 2012
9) La lettre du Continent n°628 du 2 février 2012.
10) Enchevêtrement Géopolitique autour de la lutte contre le terrorisme par Antonin Tisseron in Hérodote N°142 3° trimestre 2011 p. 103.
11) http://www.slateafrique.com/12301/n..
Source : http://orta.dynalias.org

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Paul Martial a publié ce texte dans www.afriquesenlutte.org

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Lettre aux journalistes maliens

Hamadou Tidiane SYy

2012-07-23

http://pambazuka.org/fr/category/features/83849

Au Mali les journalistes ne sont plus en sécurité. Dans un pays marqué par la confusion politique et déstabilisé par l’occupation de sa partie nord, la presse est devenue une cible des ennemis de la libre expression. Or c’est ainsi que naissent les dictatures.

A Alexis Kalambry, Thiégoum B. Maïga, Hamèye Cissé et à tous les autres

CC. Capitaine Sanogo, à Kati (Mali)

Chers amis,
Ainsi donc, ce 17 juillet 2012, vous avez décidé avec l’ensemble des confrères et consœurs du Mali, de descendre dans les rues de Bamako pour dire non à l’arbitraire et refuser que votre pays soit transformé en une dictature ou en une Somalie-bis. Les échos que j’ai eus de votre action me disent que ce fut un succès total. J’espère qu’en haut lieu, à Bamako et à Kati, où, nous dit-on, siège le capitaine Amadou Haya Sanogo, votre message sera bien reçu et perçu pour ce qu’il signifie. La liberté de presse n’est pas négociable. Il veut aussi dire qu'il n'est pas acceptable de laisser prospérer quelque attitude liberticide dans ce secteur là.

Or en s’en prenant aux confrères Keïta et Haïdara ils ont posés les premiers pas vers le bâillonnement total de la presse. C’est ainsi que naissent les dictatures. Heureusement vous l’avez si vite compris. Vous avez raison de dire halte au bon moment, c'est-à-dire dès maintenant!

Au-delà de la presse malienne, tous les confrères et consœurs d’Afrique se sentent concernés.

Je sais que comme moi, et tous ceux qui choisissent ce métier, vous n’êtes pas des suicidaires. En embrassant la profession, votre projet n'est ni de vous faire tuer, ni de vous faire violenter. Votre devoir est d'informer. Hélas, il arrive que parfois dans la pratique du journalisme, les circonstances vous mettent dramatiquement sur le front, sans que vous ne l’ayez forcément cherché. Alors il faut assumer.

Dans de telles circonstances, il n’est donc que normal et naturel, que de Dakar à Niamey en passant par Ouagadougou, Abidjan, etc., nos voix viennent en écho aux vôtres pour également dire « Halte ».

Halte aux auteurs des agressions contre les journalistes, halte aux militaires qui ont intérêt à retourner dans leurs casernes, halte aux commanditaires, qui qu’ils soient. Bref, halte à la dérive totalitaire et à la destruction d’un pays dont l’histoire, de l’ancienne à la plus récente, a souvent donné à l’Afrique des raisons d’être fière.

Si le capitaine Amadou Haya Sanogo est interpellé ici, c’est pour lui rappeler, qu’à défaut de trouver les vrais coupables de ces agressions, tous les regards accusateurs continueront de se tourner directement vers lui. En grande partie, il reste celui par qui la déchirure, qui nous fait si mal, est arrivée.

A Bamako comme à Dakar et ailleurs dans le monde, on n’oublie pas que c’est lui qui, par son acte posé le 22 mars 2012, a mis le Mali dans cette situation chaotique : impasse politique à Bamako, occupation totale du Nord par des groupes armés, insécurité pour l’ensemble des citoyens. Passons outre les difficultés économiques pour les entreprises et les populations, dans un pays déjà bien mal en point.

Alors qu’à Tombouctou, Gao, Mopti et les autres localités du Nord du Mali, le monde, ahuri, observe les scènes impardonnables qui s’y déroulent, aucun militaire malien digne de ce nom ne veut être aujourd’hui envoyé dans des « semblants » de front. Attaquer des journalistes ou s’en prendre à des civils qui ne font qu’exprimer leurs idées ou revendiquer leurs droits, ne peut constituer un champ de bataille pour un militaire qui se respecte.

Aujourd’hui pour le Mali et pour l’armée malienne, nous savons tous où se trouvent le vrai front et les vrais champs de bataille. Je sais que des milliers de soldats, des sous-officiers, officiers ou officiers supérieurs, engagés sous les drapeaux pour servir leur patrie, trépignent d’en découdre avec les occupants, pourvu que ceux qui sont supposés leur donner des ordres le fassent et leur en donnent les moyens.

Pour qui connaît le Mali, les Maliens et leur sens de l’honneur et de la dignité, ces moments-ci doivent être des moments difficiles. Le peuple dans sa grande majorité est meurtri de voir son sol occupé et son leadership s’entredéchirer.

Inutile donc de répéter qu’en s’en prenant à la presse, les auteurs de ces agressions font fausse route. Les priorités pour le Mali et les Maliens sont bien ailleurs. Au moment où ce pays qui nous est cher s’interroge sur son avenir, compromis par la faute de quelques aventuriers et l’incompétence de sa classe politique, il serait dramatique de détruire le dernier bastion, le seul qui lui reste, pour que ceux qui aiment ce pays puissent encore continuer à s’y intéresser . Je veux nommer sa presse.

Une fois n’est pas coutume, on me pardonnera, à travers le trio de confrères nommés dans le titre, de m’adresser à tous les autres confrères et consœurs du Mali pour leur apporter notre solidarité agissante et notre sentiment de fierté de les voir au front. A commencer par mon frère Alexis, directeur des Echos.

Les lecteurs seront moins surpris si je leur dis qu’il fut là, aux premiers jours lorsqu’Ouestaf n’était que balbutiement. Mieux entre lui et l’auteur de ces lignes, c’est une longue histoire faite d’estime réciproque et de loyauté, qui a commencé sur les bancs de l’école de journalisme et qui se poursuit depuis... Puis, mes nombreux déplacements au Mali m’ont permis de découvrir les autres confrères cités ici, et d’apprécier leur courage et leur amour du métier. Tout combat dans lequel il s’engage est aussi forcément le mien.

Quant au capitaine Sanogo, il sera surpris que je le mette en CC, alors qu’il peut à bon droit, dire que lui et moi « n’avons pas gardé les vaches ensemble » pour que je me permette une telle liberté… C’est vrai, je le lui concède. Toutefois il faut aussi qu’il sache que, comme moi, tout le monde l’observe. Et en ces temps de revendications citoyennes et de liberté recouvrée partout dans le monde, le conseil le plus amical que l’on puisse lui donner c’est de retourner dans le rang et de se mettre humblement au service de son pays… Toute autre option ne serait qu’un leurre qui pourrait bien se retourner contre lui.

Pour que vive le Mali uni, dans une Afrique prospère.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Hamadou Tidiane Sy, est un journaliste sénégalais, fondateur d'Ouestaf News. il est également un Fulbright New Century Scholar et a été reconnu "News & Konowledge Fellow" par les fondations Ashoka et Knight. b[

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


La démocratie contre la paix

Guillaume de Rouville

2012-07-24

http://pambazuka.org/fr/category/features/83851

Les preuves de l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à des fins géopolitiques, notamment dans les conflits libyen et syrien, s’amoncellent, et pourtant l’opinion publique occidentale continue à soutenir l’idée que nos dirigeants défendent la démocratie contre la tyrannie dans ces régions du monde.

L’Occident peut ainsi s’allier ouvertement avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, principaux pourvoyeurs de fonds aux mouvements terroristes islamistes dans le monde, leur fournir des armes, un appui logistique, des images satellites, des informations stratégiques et un soutien diplomatique sans faille, les opinions publiques refusent de voir la réalité en face et préfèrent penser que ces actions sont motivées par les valeurs démocratiques qui fondent nos sociétés.

Pour ces opinions publiques, mettre en avant le jeu pervers des Occidentaux en Orient ce n’est pas dire la vérité, c’est soutenir Assad ou Kadhafi et faire le jeu des dictatures. Ce n’est pas expliquer le monde tel qu’il fonctionne devant nos yeux avec ses complexités et ses manipulations, ses enjeux géopolitiques et les calculs cyniques de ses principaux acteurs, c’est prendre parti contre des mouvements démocratiques.

Quand les démocraties occidentales soutiennent et répandent la guerre et la terreur, comme en Libye ou en Syrie, avec les pires alliés que l’on puisse imaginer pour aller planter le drapeau de la démocratie en terres étrangères, ne faut-il pas être du côté de la paix et lutter contre les dérives de la démocratie occidentale au nom même des valeurs qu’elle est sensée représenter ? La paix n’est-elle pas un bien commun tout aussi important que cet autre bien commun qu’est la démocratie ? Quand la démocratie n’est qu’un prétexte pour des appétits prédateurs sans limite (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie), appétits qui se traduisent par des massacres de masse de populations civiles innocentes, quand la démocratie sert d’appât pour attraper un peuple à la gorge et le jeter dans un cycle de violences dont ne sortiront que la misère, le chaos et l’asservissement généralisés, ne faut-il pas prendre la défense de la paix contre la démocratie, quoiqu’il en coûte pour sa propre réputation ?

Car il ne s’agit évidemment pas de défendre des dictateurs (comme d’habiles rhéteurs aiment à le répéter), nos dirigeants le font très bien à notre place, aussi longtemps d’ailleurs que ces dictateurs financent leurs actions ou hochent de la tête au pillage des ressources naturelles de leur pays. Il s’agit de répondre au bourgeois cultivé (celui qui lit Le Monde, le Guardian ou le New York Times et croit y trouver une description de la réalité) vivant dans les beaux quartiers de Paris, de Londres ou de New York, qui ne comprend pas que l’on puisse s’horrifier des stratégies employées pour faire tomber un dictateur. Il n’a jamais eu à se battre pour la démocratie, il l’a reçue en héritage et on l’a gavé depuis sa plus jeune enfance avec des valeurs démocratiques qui sont pour lui plus une jouissance qu’un devoir ou une obligation. Pour se sentir un citoyen méritant il n’a qu’à se soumettre avec nonchalance à la société de consommation et du spectacle et à aller voter de temps à autre pour le bonimenteur le plus présentable. Il n’y a pas de mal à cela ; c’est ainsi que vont les choses en démocratie et nous ne revendiquons pas d’autre régime politique pour gouverner le troupeau de consommateurs que nous sommes.

Ce que nous souhaitons simplement souligner, c’est que les rentiers de la démocratie (dont nous faisons partie) n’ont aucun mérite particulier dans l’essor ni dans l’existence de la démocratie occidentale et de ses valeurs. Alors, quand sans aucune nuance, tel ou tel d’entre eux approuve des guerres qui apportent la ruine, la terreur et le chaos dans des pays non démocratiques, on a envie de lui dire, “va là-bas, va t’engager aux côtés des rebelles salafistes et va admirer les massacres, les haines ethno-religieuses s’élever sur le cadavre de la laïcité, va contempler les enfants se faire trancher la tête et dis-moi s’il faut nécessairement en passer par là pour mériter la démocratie” ? Car, apparemment, pour ces rentiers, pour ces enfants gâtés de la démocratie, il s’agit juste de la mériter, pas de l’avoir, ni d’en profiter.

Si seulement cette démocratie était la promesse du sang versé et des souffrances endurées, on pourrait, en effet, comprendre l’envie du bourgeois cultivé de clouer le bec aux diseurs de mauvaise fortune et autres trouble-fête ou rabat-joie qui prennent la démocratie trop au sérieux pour jouer avec elle. Mais elle n’est, comme on l’a dit, que le prétexte d’un jeu géopolitique où l’Occident s’est allié avec des islamistes radicaux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar pour détruire des États-nations laïcs sur des bases ethno-religieuses afin, notamment, de contrer l’influence chinoise et russe et de s’assurer l’accès à un certain nombre de ressources naturelles.

On ne bâtit pas la démocratie sur le sectarisme religieux, sur le démembrement des États-nations, en envahissant un pays, en ruinant son infrastructure, en y apportant le libéralisme le plus pur (comme en Irak et en Libye), en donnant le pouvoir aux légions wahhabites qui défendent un islam intolérant et moyenâgeux. C’est mensonger et criminel de le prétendre ou de feindre de l’ignorer. À la place de la démocratie nous avons installé des fosses communes dans lesquelles nous avons jeté pêle-mêle des civils innocents et le cadavre de la paix.

Créer des guerres civiles dans des pays en paix : voila en un mot la responsabilité morale du bourgeois cultivé, rentier de la démocratie qui, dans le confort de ses certitudes sans conséquences pour lui, soutient l’impérialisme humanitaire de nos grands commis. Il y a beaucoup d’irresponsabilité et de morgue dans cette attitude qui consiste à soutenir la terreur wahhabite au nom des valeurs des Lumières et à faire de la démocratie occidentale un instrument de jouissance pour soi et de malheur pour les autres.

Comment expliquer l’aveuglement volontaire des bourgeois cultivés qui forment la masse inerte de nos opinions publiques, celle dont l’élite se joue pour fabriquer le consentement général ?

Peut-être que l’explication se trouve dans ce que nous appelons “l’ambiguïté démocratique” ou le “paradoxe démocratique” : la démocratie est à la fois le meilleur régime et celui qui permet le mieux de faire la guerre au nom de la paix, de tuer au nom des droits de l’homme, de persécuter au nom de la liberté individuelle, de conquérir des pays au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il semble qu’il y ait un caractère orwellien inhérent à la démocratie, en raison de l’image de vertu qui lui colle à la peau et qui permet, sans forcer les gens, de leur faire accepter l’inacceptable. La domination d’une élite y est discrète, invisible, sans violence excessive. On peut limiter la répression à quelques individus, torturer essentiellement ceux qui n’ont pas la qualité de citoyens (10 000 musulmans étrangers torturés pour un Bradley Manning).

L’élite démocratique ne dépend pas d’un tyran identifiable dont il suffirait de couper la tête pour remettre en cause l’ordre établi. En démocratie, la domination d’une minorité semble être le résultat d’un consentement général que l’on appelle souveraineté du peuple.

L’oligarchie parvient à vendre à l’opinion publique son credo libéral, la financiarisation de son économie qui tue ses emplois, des guerres d’agression qui ne profitent qu’à une minorité, des explications du monde qui ne résistent pas à l’examen critique (11-Septembre, guerre contre le terrorisme), etc. La démocratie semble ainsi être, entre les mains de nos élites, l’instrument le plus efficace qui leur permet de se maintenir au pouvoir et d’accomplir des politiques contraires à l’intérêt général au nom même de cet intérêt général. Comme nous l’exposons dans La Démocratie ambiguë (1) : le sentiment commun est que la démocratie est infaillible, que les dirigeants ne nous trompent pas, que les médias ne nous manipulent pas. Nous évacuons toute pensée contraire comme ‘théorie du complot’, absurde paranoïa d’illuminés du Web. Le simple questionnement de la version officielle est synonyme de folie.

Il est quasiment impossible de démontrer aux citoyens d’un régime démocratique que leur pays peut, dans telle ou telle situation, incarner le mal. Les citoyens vivant en démocratie ne parviennent pas à être soupçonneux de leurs dirigeants ; ils sont de candides consommateurs qui ne peuvent pas admettre que la démocratie puissent faire le mal, car, si elle le faisait, ils ne vivraient plus dans cette démocratie immaculée qu’on leur vend, ils devraient, par conséquent, douter de la nature du régime dans lequel ils vivent, et cela, ils en sont psychologiquement et moralement incapables. À force de leur répéter qu’ils vivent en démocratie on leur a ôté l’appareil critique qui leur permettrait de voir les limites de cette affirmation.

L’esprit critique semble impuissant à renverser cette image trop flatteuse que nous avons de nos propres démocraties. Il faut avoir un esprit dissident, et pas seulement critique, pour ne pas se satisfaire de l’apparence démocratique et pour exiger que la chose corresponde au mot.

Ainsi, pour revenir sur le cas syrien, il est difficile pour la Russie ou la Chine de soutenir Bachar el-Assad car on assimile leur soutien à celui d’un régime dictatorial qui commet des crimes contre l’humanité. En revanche, et c’est là que le paradoxe apparaît, il est semble naturel et moral pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux de soutenir les légions wahhabites (qui commettent également des crimes contre l’humanité - 2), car étant des démocraties, les États-Unis et leurs alliés ne pourraient pas vouloir le mal. Qu’importe que l’Occident utilise la guerre comme moyen de domination (en Afrique et au Moyen-orient par exemple) et que la Russie et la Chine aient principalement recours au développement économique, la morale semble toujours du côté de la ‘démocratie’.

Souligner la complexité d’une situation et expliquer l’instrumentalisation de l’idéal démocratique par les élites occidentales, plutôt que de proposer une vision monolithique d’un conflit, c’est faire honneur aux valeurs démocratiques de discussions et de libre réflexion. Que ceux qui se posent des questions se fassent insulter et traiter d’auxiliaires des dictateurs par les bourgeois cultivés est certainement triste, mais ne doit pas les décourager de continuer à faire des efforts de compréhension et d’explication et à défendre la paix contre les fausses promesses des apprentis sorciers de la démocratie qui promeuvent, sur le mode orwellien, la paix éternelle par des guerres perpétuelles et les vertus démocratiques par des crimes de masse.

NOTES
(1) La Démocratie ambiguë, Guillaume de Rouville, Éditions Cheap, juin 2012.
(2) Et sans doute de manière plus systématique.
URL de cet article 17088
27 juin 2012
http://www.legrandsoir.info/la-democratie-contre-la-paix.html


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Guillaume de Rouville (http://lidiotduvillage.org)

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Comment sortir le Gabon de la crise ?

2012-07-24

http://pambazuka.org/fr/category/features/83852

Depuis le coup d’Etat électoral qui l’a porté au pouvoir en 2009, Ali Bongo Odimba s’est engagé dans un processus de monarchisation du pouvoir, qui s’accompagne d’une politique d’accaparement et de prédation des richesses du Gabon. Las de voir le peuple subir, l’opposition s’est engagée dans un processus de mobilisation et de lutte pour les droits fondamentaux du peuple gabonais

Après la Conférence Nationale de 1990, le Gabon avait connu une amorce de démocratisation avec la mise en place du multipartisme, et devait davantage continuer ce processus indispensable dans un Etat de droit. Mais l’observation objective du contexte politique gabonais depuis 2009 fait constater que les conditions minimales pour un choix électoral libre par les citoyens n’ont jamais été réunies après l’usurpation de la légitimité du peuple par Ali Bongo Odimba qui s’autoproclamait président du Gabon en 2009.

En dépit de ce contexte de crise, et au-delà des considérations partisanes, la Société Civile, à travers un Mémorandum, la Diaspora gabonaise de France par une proposition de concertation commune à Paris, et les représentants des partis politiques de l’opposition, en soutien à ces projets, ont mené une réflexion pour rechercher ensemble les causes profondes de cette situation et y apporter les réponses idoines pour instaurer la paix et la stabilité du pays.

Ainsi, il s’est tenu, du 30 juin au 3 juillet 2012 à Paris, une réunion des groupes politiques de l’opposition plurielle, de la société civile, et la Diaspora gabonaise de France, pour une concertation démocratique ouverte à tout citoyen gabonais convaincu de trouver une issue à la crise que le Gabon traverse depuis la confiscation des droits fondamentaux du peuple gabonais par Ali Bongo-Odimba.

CONTEXTE ET JUSTIFICATION

SUR LE PLAN POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL
L’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009 offrait au pays l’occasion d’un nouveau départ. Le 3 septembre 2009, Jean-François Ndongo, ministre de la Défense et de l’Intérieur du gouvernement intérimaire, assurant la transition suite au décès du président de la République le 8 juin 2009, aidé par les forces de défense, a interrompu brutalement le processus électoral et organisé l’installation au pouvoir d’Ali Bongo Odimba. Ce 3 septembre 2009, alors que les candidats à l’élection présidentielle attendaient que l’assemblée plénière de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP), seul organe de décision compétent en période électorale, achève ses travaux et communique au ministre de l’Intérieur les résultats de l’élection, ce dernier, escorté par un détachement de parachutistes avec à leur tête, le général Jean Claude Ella Ekogha, chef d’état major général des Forces armées gabonaises, a interrompu le travail de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) pour annoncer des résultats non validés. Cette présence insolite de militaires armés dans la salle des travaux de l’assemblée plénière de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) n’avait ni plus ni moins pour objectif que l’accomplissement d’un coup d’état électoral que la Cour Constitutionnelle validera plus tard en proclamant Ali Bongo Odimba vainqueur de l’élection.

Le coup d’État électoral qui a conduit à la prestation de serment d’Ali Bongo-Odimba, le 16 octobre 2009 a, été rendu possible par la complicité des hommes et des femmes qui avaient en charge la Direction des institutions de la République. Le président de la République par intérim et son gouvernement, le président de la Cour Constitutionnelle, le président du Conseil National de la Communication et le président de la Commission Électorale Nationale Autonome et Permanente qui devaient être les arbitres de la transition ont, par leurs agissements, par les actes qu’ils ont posés et par les décisions qu’ils ont rendues, entrepris d’organiser une succession de type monarchique au Gabon.

Dès le 3 septembre 2009, les autres candidats à l’élection présidentielle ont démontré la forfaiture devant la Cour Constitutionnelle et dénoncé le coup d’État électoral. Les requêtes en annulation de l’élection d’Ali Bongo Odimba ont montré, de manière indiscutable, l’étendue des fraudes orchestrées à son profit. Le recomptage contradictoire des voix demandé par les requérants, conformément à la lettre de la procédure contentieuse, n’a jamais été accepté par la Cour Constitutionnelle.

Le président de la République française, le président de la Commission de l’Union Africaine et le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies ont été formellement saisis de cette situation. Le 24 février 2010, le Mémorandum remis à Nicolas Sarkozy au nom de l’opposition gabonaise indiquait : "…Le peuple gabonais s’est clairement exprimé pour le changement dans son vote du 30 août 2009, un pouvoir illégitime, bénéficiant d’une forme d’ingérence extérieure, s’est installé au mépris de la réalité des urnes avec la complicité interne des institutions de la République et l’instrumentalisation des forces de défense et de sécurité."

Le 1er juillet 2010, les deux principaux groupes de l’opposition, la CPPA et l’ACR, adressaient au secrétaire général de l’ONU un Mémorandum qui indiquait lui aussi que "depuis le décès du président Omar Bongo Ondimba, le 8 juin 2009, et le coup d’État électoral du 3 septembre 2009 qui a imposé au Gabon une succession de type monarchique, la transition politique est compromise par la volonté clairement exprimée du PDG de confisquer le pouvoir au mépris des règles de l’État de droit et de la volonté du peuple Gabonais."

Au mois de février 2011, la société civile a produit un Mémorandum sur la crise sociopolitique et une étude sur l’analyse du fonctionnement des institutions républicaines. Ces deux contributions ont abouti à la formulation de treize propositions sur la restauration de la démocratie et de l’Etat de droit au Gabon. Ali Bongo Odimba sait qu’il n’a pas été élu et a conscience de la contestation de sa forfaiture. La conscience qu’il a de cette situation pour le moins inconfortable explique le recours systématique à l’armée, sa présence permanente dans les artères de Libreville, la répression et les nombreuses atteintes aux libertés que l’on observe depuis environ trois ans au Gabon et dont la révision constitutionnelle de décembre 2010, non consensuelle et contestée par l’Opposition, a constitué un acte de régression démocratique majeur.

Depuis le coup d’État électoral du 3 septembre 2009, des partis de l’opposition, dont l’Union Nationale et la Société Civile, n’ont jamais reconnu le pouvoir illégitime d’Ali Bongo Odimba. Ils l’ont affirmé publiquement, en argumentant méthodiquement sur la justification de ce rejet. Ils ont saisi pour cela les institutions internationales, et plusieurs pays amis dont la France. Il s’agit donc là d’une démarche constante.

En effet, la crise politique que traverse le Gabon est profonde. Jamais l’on n’aura autant assisté au recul de la démocratie et de l’Etat de droit. Ceci se manifeste notamment par la dissolution de l’Union Nationale, première force politique de l’opposition, par l’organisation de procès politiques contre les leaders de l’opposition et de la société civile, par l’interdiction ou la répression de toute manifestation publique ou marche pacifique de l’opposition ou tout simplement des citoyens pour protester contre les injustices, par l’interpellation abusive et les arrestations arbitraires des journalistes indépendants, par l’assimilation des revendications sociales des étudiants à des velléités de déstabilisation politique puis par les descentes musclées sur les campus universitaires de l’armée ou de la police suivies d’arrestations d’étudiants, par la censure de la presse et les médias audiovisuels neutres et apportant une information objective, par l’interdiction ou la limitation des entrées et sorties des opposants ou jugés comme tels du territoire national. Cette liste bien sûr n’est pas exhaustive.

Aussi, la modification de la constitution pour renforcer les pouvoirs et prérogatives de M. Ali Bongo Odimba, la non limitation des mandats présidentiels, la publication de décrets et d’ordonnances réduisant considérablement le champ de participation des Gabonais à la vie politique ainsi que les droits de l’opposition, la dénaturation systématique du rôle de la Commission Nationale chargée de gérer le processus électoral et la partialité de la Cour Constitutionnelle sont autant d’éléments ayant consacré la régression démocratique et républicaine au Gabon. Aujourd’hui, la quasi-totalité des pouvoirs est concentrée dans les mains d’un seul homme. Le gouvernement de la République est dépossédé de ses prérogatives au profit des agences nouvellement créées et dépendant uniquement de la présidence de la République. La monarchisation du Gabon est effectivement en marche !

Les élections législatives du 17 décembre 2011 ont été boycottées par une partie de l’opposition et vigoureusement dénoncées par la société civile. Effectivement, après avoir depuis le début de l’année 2011 demandé au gouvernement de renforcer la transparence du processus électoral par l’introduction de la biométrie dans l’enrôlement des électeurs afin d’éviter des querelles postélectorales inutiles, l’opposition s’est vue répondre par une décision du gouvernement selon laquelle la transparence électorale ne serait envisageable qu’à l’horizon 2013, à l’occasion des élections locales. Le PDG, parti au pouvoir s’est attribué 114 sièges de députés sur 120. Ce scandale a consacré le retour du monopartisme à l’Assemblée Nationale où il n’y a plus qu’un seul groupe parlementaire contre cinq auparavant. Le peuple qui a suivi le mot d’ordre de l’opposition et de la société civile regroupé dans le mouvement ça suffit comme ça s’est abstenu de se rendre aux urnes à hauteur de 92%.

SUR LE PLAN ECONOMIQUE ET SOCIAL
La situation économique et sociale du Gabon aujourd’hui est caractérisée par une paupérisation de plus en plus croissante d’une grande partie de la population, et ce malgré l’importance de ses ressources financières, et par une faible attractivité de l’investissement, et une croissance de mauvaise qualité. L’évolution observée depuis trois ans est inquiétante à bien des égards. Selon le rapport annuel d’activité de la Commission Nationale de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (CNLCEI) de 2010, qui s’appuie sur les données de l’ONG Transparency International (TI) (2010), le Gabon a été classé au 110e rang du baromètre de la corruption (sur 178 pays évalués) avec un indice de corruption évalué à 2,9 sur 10.

Ce classement, qui range le pays parmi ceux qui enregistrent un niveau de corruption endémique, est en hausse de quatre places sur celui de 2009 qui est pire que celui de 2007 qui plaçait déjà le Gabon à la 84e place avec un indice évalué à 3,3 sur 10 toujours selon la même ONG. S’agissant de l’assainissement des finances publiques, annoncé avec fracas par Ali Bongo Ondimba, celui-ci portait principalement sur la réduction du train de vie de l’État, l’audit de la Fonction publique et le traitement de la dette publique.

- Alors qu’il prétendait réduire le train de vie de l’État, Ali Bongo Ondimba a effectué, à ce jour, des centaines de déplacements à l’étranger. À raison de 3 milliards de FCfa en moyenne par voyage. Pour les années 2009 et 2010 ceci représentait environ 300 milliards de FCfa payés par le contribuable gabonais.

- Alors qu’il prétendait réduire le train de vie de l’État, Ali Bongo Ondimba s’est offert un hôtel particulier à Paris pour la somme colossale de 65 milliards de FCfa payés par le Trésor public mais non inscrite au budget de l’Etat.

- Alors qu’il prétendait réduire le train de vie de l’État, Ali Bongo Ondimba s’est offert un parc automobile de 29 voitures de luxe pour la somme de 10 milliards de FCfa payés avec l’argent des Gabonais mais non inscrite au budget de l’Etat.

- Alors qu’il prétendait réduire le train de vie de l’État, le Gouvernement s’est offert successivement deux parcs automobiles de luxe en dix mois. Un parc de véhicules 4x4 de marque Mitsubishi en novembre 2009 et un parc de berlines de marque Mercedes en août 2010 payés avec l’argent du contribuable.

- Alors qu’il prétendait réduire le train de vie de l’État en supprimant quelques fonctions et en diminuant certains émoluments Ali Bongo Ondimba a, dans le même temps, créé d’autres fonctions et relevé certaines soldes fonctionnelles. Enfin, le Pouvoir a profité du cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays pour engager 63,364 milliards de FCfa de dépenses somptuaires alors que seuls 35 milliards étaient prévus dans le budget.

S’agissant de l’audit de la Fonction Publique, il annonçait les objectifs suivants :

- optimisation du fonctionnement de l’administration et de son efficacité ;

- amélioration de la productivité et du rendement de l’agent public ;

- réalisation d’économies budgétaires et efficience de l’administration publique.
Trois ans après, on se demande toujours où sont les résultats du recensement des agents publics présenté par ses promoteurs comme inédit et achevé depuis de très nombreux mois ? Où sont les résultats des audits de la masse salariale et des emplois achevés depuis fin mars 2010 ?

En réalité, au lieu de « trouver des poches d’économie » et de rendre plus efficace l’administration publique, l’on a assisté, au cours de l’année 2010 à :

- une hausse de la masse salariale de 55,2 milliards de FCfa, passant de 370 milliards de FCfa en 2009 à 425,2 milliards de FCfa dans le projet de loi de finances rectificative 2010. Soit 15% d’augmentation en un an ;

- une démobilisation totale de l’administration du fait de l’amateurisme, de la journée continue, de la chasse aux sorcières, des intimidations et des règlements de compte du Pouvoir. A propos de la dette publique, nous nous rendons compte qu’en juin 2009, celle-ci était de 1320,2 milliards de FCfa, dont 223,7 milliards de FCfa de dette intérieure et 1096,5 milliards de FCfa de dette extérieure. En un an, l’État a été endetté de plus de 1000 milliards de FCfa supplémentaires, soit une augmentation de 75% de l’endettement du pays en une seule année, à travers plus de 100 conventions et contrats d’endettement en tous genres.

Le budget de l’État gabonais peine à être exécuté et les différentes administrations manquent cruellement de moyens pour remplir leurs missions. Par contre, le pouvoir use et abuse des procédures extrabudgétaires, pour assécher les ressources publiques qui en sont réduites à financer principalement des dépenses personnelles. C’est cette situation qui explique pour l’essentiel les tensions de trésorerie que le gouvernement ne parvient plus à dissimuler et que le Fonds Monétaire International a confirmé dans son rapport du mois de juillet 2010.

Contrairement à ce qu’affirme le pouvoir, ces tensions de trésorerie conduisent l’Etat à différer le paiement des PME gabonaises, ce qui les condamne soit à licencier massivement soit à disparaître. Entre autres mesures de relance de l’économie, le pouvoir avait présenté : L’arrêt brutal et illégal des exportations de bois en grumes ; L’instauration totalement improvisée de la journée continue de travail ; Un budget d’investissement porté à 897 milliards de FCfa ; L’assainissement de l’environnement des affaires pour accroître l’attractivité du Gabon. Concernant le bois, lors du Conseil des ministres du 05 novembre 2009, le pouvoir annonçait " l’interdiction, dès 2010, de l’exportation du bois en grumes au profit de la transformation locale de nos essences forestières en vue de créer davantage de richesse nécessaire à juguler le chômage notamment des jeunes et des femmes et d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée."

Un an après, la production nationale de bois a été fortement réduite et la transformation locale n’a pas augmenté. Par contre, des milliers d’emplois ont été détruits. De nombreuses entreprises du secteur forestier ont déjà connu la faillite et d’autres s’apprêtent à le faire. Ainsi que nous le disions dès le départ, cette mesure précipitée a un coût économique et social très lourd pour le Gabon.

L’instauration intempestive de la journée continue de travail est, elle aussi, une véritable catastrophe. Dans l’administration, la journée continue de travail s’est purement et simplement transformée en demi-journée de travail, avec les conséquences que l’on sait en termes de productivité, de qualité de service, de santé publique, et de cohésion familiale.

On assiste depuis trois ans à la création d’établissements publics, les agences rattachés à la Présidence la République et à la gestion desquelles sont associés ou impliqués des sujets étrangers. C’est le cas de l’Agence Nationale des Parcs nationaux, de l’Agence de l’Informatique, de l’Agence gabonaise d’études et d’observation spatiales et de l’Agence des Grands travaux. Ces agences sont, en réalité, un gouvernement parallèle placé à la Présidence de la République qui échappe totalement au contrôle du Parlement et qui dans la pratique, entraîne des conflits d’attribution.

En outre, le projet de Zone Economique Spéciale (ZES) de Nkok est la propriété du Groupe Olam. L’accord de partenariat signé avec cette multinationale détenue par un fonds d’investissement basé à Singapour, pour le développement de ce projet est aujourd’hui un secret d’État. Cette zone économique spéciale apparaît de plus en plus comme une zone de non-droit pour l’économie, la fiscalité et les travailleurs.

Dans cet environnement, nombreux sont les investisseurs qui s’interrogent chaque jour un peu plus sur le risque réel qui pèse désormais sur leurs investissements au Gabon.

En matière de logement, le Pouvoir avait pompeusement annoncé la construction de 5000 logements par an, trois années plus tard les Gabonais attendent toujours. Par contre, des destructions massives de logements ont été effectué sans qu’aucune politique de dédommagement ne soit mise ne place.

Une rupture s’impose. Il y a lieu de fonder l’activité civile, notamment dans la vie publique, sur des valeurs à même de garantir la mise en place d’une gouvernance de qualité.

La réhabilitation de la morale civique autour des valeurs de Probité, de Liberté, de Justice, de sécurité et de Travail est une nécessité impérieuse pour rétablir la prééminence de l’intérêt général sur les intérêts particuliers, et pour créer un environnement propice aux investisseurs. La loi et la justice doivent s’imposer à tous, sans exception et toujours pour protéger les plus faibles et pour sécuriser les affaires. Elles doivent contraindre ceux qui enfreignent les règles et promouvoir ceux qui les respectent. Ces principes de base qui sous-tendent les comportements économiques et la croissance des Nations qui « gagnent » doivent être rétablis au Gabon.

SORTIR DE LA CRISE

La Constitution gabonaise stipule :

Article 117 : La forme républicaine de l’Etat, ainsi que le caractère pluraliste de la démocratie sont intangibles et ne peuvent faire l’objet d’aucune révision.

Le coup d’Etat électoral qui est à la base de la crise politique profonde que traverse le Gabon est une violation flagrante des principes définis ici. Celui qui exerce à ce jour la fonction de Président de la République Gabonaise n’ayant pas reçu le suffrage majoritaire du peuple gabonais ne peut par conséquent jouir d’aucune légitimité.

Aussi, la dernière révision constitutionnelle du 12 janvier 2011 qui n’a eu pour but que de renforcer les pouvoirs d’Ali Bongo Odimba est elle inconstitutionnelle parce que violant très clairement à la fois l’esprit et la lettre de l’article 117 sus cité. La forme républicaine de l’Etat a été altérée et la démocratie est en forte régression.

Dès lors, il est de la responsabilité de chaque citoyen gabonais de s’engager dans le combat en faveur de la restauration des Valeurs Républicaines et Démocratiques dans un sursaut patriotique national. Le Gabon n’est pas et ne sera pas une monarchie.

La loi fondamentale précise notamment dans son Article 3 « qu’aucune section du peuple, aucun groupe, aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale. » En cherchant à consolider le pouvoir acquis frauduleusement, Ali Bongo Ondimba viole chaque jour la Constitution.

En conséquence, il doit être mis fin sans délai et par tous les moyens au processus de monarchisation en cours au Gabon. A cette fin et pour respecter le caractère pacifique du peuple gabonais, priorité doit être donné à une initiative impliquant toutes les gabonaises et tous les gabonais à travers une Conférence Nationale Souveraine.

CHRONOGRAMME

Juillet-août 2012 : 
 Préparatifs de la Conférence Nationale Souveraine 
 Dissolution de l’Assemblée Nationale 
 Réhabilitation de l’Union Nationale 
 Réhabilitation de tous les fonctionnaires et étudiants victimes de suspension arbitraire de salaires et de bourses pour des questions d’ordre politique 
 Abandon de toutes les tracasseries et poursuites judiciaires à caractère politique en cours au Gabon 
 Restauration de la couverture nationale de TV+ et restitution de son matériel confisqué à ce jour par la Garde Présidentielle

Septembre 2012 : Tenue de la Conférence Nationale Souveraine à Libreville avec une facilitation internationale de haut niveau.

Octobre 2012-Décembre 2013 : Période de transition - Mise en place des institutions de transition issues de la Conférence Nationale Souveraine 
 Adoption d’un nouveau code électoral 
 Introduction concertée de la biométrie 
 Adoption par référendum de la nouvelle constitution 
 Elections Générales (présidentielle, législative, locale et sénatoriale)

31 décembre 2013 : Fin de la période de transition

1er Janvier 2014 : Entrée en fonction des nouvelles institutions de la République Telle est notre démarche pour sortir le Gabon de la crise profonde qu’il traverse depuis l’élection présidentielle anticipée du 30 aout 2009. Pour son aboutissement, nous demanderions à la France qui connait parfaitement cette situation de concourir, notamment avec le Nations Unies, à la mise en oeuvre de cette démarche gage de paix, de stabilité et de développement harmonieux, équilibré et équitable de notre pays.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Cette déclaration a été publiée par l’opposition plurielle gabonaise à travers le Groupe Politique, le Groupe Société Civile et le Groupe Diaspora

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Les crises, les révolutions et les lois iniques : la volonté populaire s’impose

Ibrahim Bignoumbe-Bi-Moussavou

2012-07-24

http://pambazuka.org/fr/category/features/83850

Révolution populaire dans les pays arabes, insurrection un peu partout en Afrique, la réalité montre que la volonté des peuples peut s’imposer. Il suffit de leaders courageux pour mettre fin à l’injustice, changer les lois iniques, pousser les gouvernants à prendre des mesures exceptionnelles pour la sauvegarde de la justice ou à quitter le pouvoir.

« A côté de la difficulté est, certes, une facilité ! », dit la sagesse divine : la nature de l’homme, tel qu’il a été créé, l’amène toujours à rechercher les voies et moyens, pour faire face à la difficulté, aux crises politiques, économiques et sociales.

L’histoire nous enseigne que les crises engendrent les révolutions et les révolutions engendrent les mesures exceptionnelles contre les lois iniques ou injustes, pour la sauvegarde de la justice, gage de paix sociale.Face aux crises politiques, qui perdurent, et à la crise financière qui s’aggrave, au chômage des jeunes (sans espoir), les révolutions sont inévitables.

Le changement voulu et attendu, dans les nations, est synonyme, pas de résignation, mais de changement de l’ordre établi, de changement des lois à Bruxelles, à Berlin, au Caire, à Paris, à Londres, à Washington (…). Le président américain Barack Obama l’avait compris en adoptant, face à la crise financière, le « plan Paulson », pour le sauvetage du système bancaire américain : Barack Obama décidait alors, en 2008, d’injecter 700 milliards de dollars dans l’économie américaine. De plus, les Etats-Unis et son peuple (souverain) attachent du prix à la protection du secteur agricole en Amérique, un secteur (vital) auquel une aide (exceptionnelle) est accordée lorsque la situation économique l’exige ! En Europe et en Afrique, au regard de la réglementation en vigueur, dictée par le « capitalisme régnant », cette mesure exceptionnelle, rendue possible par la volonté du président américain, aurait-elle été envisageable ? Quelles ont été les sanctions en Europe contre les auteurs des faux chiffres en Grèce, avec la complicité des experts, au service de l’économie spéculative contre l’économie réelle ?

En Afrique, les terres fertiles sont vendues aux multinationales au détriment des paysans et le « retour à la terre » n’est pas organisé, avec un habitat rural moderne, alors que des milliers de jeunes sont sans emplois dans les villes.

En Afrique, continent le plus pauvre de la planète où une minorité de personnes (les familles les plus riches) s’approprient les richesses nationales, les produits de l’impôt, les recettes pétrolières et minières, les recettes de l’Etat, avec des épargnes (en milliards de dollars) dans les paradis fiscaux, au détriment du plus grand nombre, mal nourri, mal logé, mal soigné (…), des enquêtes parlementaires (indépendantes) permettraient de faire la lumière sur ces crimes économiques. Et « la réduction de moitié, d’ici à 2015, du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté » (objectif du millénaire) n’est plus qu’une illusion. En outre, les successions monarchiques et les guerres civiles, pour la conquête ou la conservation du pouvoir, en Afrique, marginalisent encore plus les élites et les plus faibles.

Il est aujourd’hui établi, au regard des crises post-électorales en Côte d’Ivoire et au Gabon, que la communauté internationale, qui aura été très active en Côte d’Ivoire, est incapable de garantir la transparence dans l’organisation des élections parce qu’elle n’aura pas été capable d’identifier les causes de ces crises pour pouvoir proposer des solutions idoines, avec la participation des forces démocratiques en place (les syndicats, les partis politiques, les ONG…).

Il n’est pas possible d’organiser une élection dans la transparence lorsque les listes électorales et les cartes d’électeurs ne sont pas régulières et les procès-verbaux (le document essentiel), dans les bureaux de vote, infalsifiables !

Une conférence internationale sur « la consolidation du processus démocratique, dans les jeunes démocraties », devrait être organisée, après les crises post-électorales enregistrées ces dernières années !

Au Gabon, le régime en place, depuis plus de 43 ans, repose, pas sur des valeurs, mais sur l’argent et la force. Et il sait entretenir les illusions et donc le mensonge d’Etat. Comment croire qu'un pays (le Gabon), qui n'a pas la base de l'économie (l'agriculture), et qui est obligé, pour nourrir sa population, d'importer des produits vivriers principalement du Cameroun voisin, puisse être un « pays émergent » en 2025 ? Avant le Cameroun qui lui aussi voudrait être un « pays émergent », mais en 2035 !

Il est aussi établi que la démocratie ne s’épanouit que dans une société qui a banni la guerre et avec elle la dictature. L’Occident est aujourd’hui une démocratie parce que justement la guerre a été bannie sur ses terres. Dans le même esprit, il est également établi que la paix au Proche-Orient conditionne largement la sécurité internationale et la paix dans le monde. La démocratie n’est pas un système politique parfait, mais elle est le système qui ne légitime pas le coup de force, pour la conservation ou la conquête du pouvoir, et qui garantit le pouvoir du peuple, quand la dictature l’avilit.

L’Europe et Bruxelles viennent de prendre des mesures exceptionnelles, pour la croissance économique, avec un financement exceptionnel de 120 milliards d’euros, mais ces mesures devront être renforcées !

En Egypte, dans le monde arabo-musulman, en vertu d’une loi dite constitutionnelle, l’Assemblée nationale (l’Assemblée du peuple), issue de la révolution, une révolution exemplaire (sans les armes), ne peut pas se réunir. Et un bras de fer opposerait les militaires et le président élu, Mohamed Morsi, qui estime, à juste titre, qu’aucune loi n’est au-dessus de la souveraineté du peuple. Bruxelles, Berlin, le Caire, Paris, Londres, Washington (…), Abidjan et Libreville (noyaux durs de la Françafrique, avec des lobbies, pour la corruption et les transferts des mallettes d’argent, dénoncés par Maître Robert Bourgi, avocat français), ont-ils compris qu’aucune loi n’est au-dessus de la souveraineté du peuple, de la volonté populaire ?

Les peuples, en France et en Europe, après la révolution française de 1789, qui a permis aux nations, dans le monde, de conquérir des droits et libertés, regarderont-ils leurs entreprises s’effondrer sans réagir ? La France des libertés, la mère du principe de « la séparation des pouvoirs » (Montesquieu), renoncera-t-elle à son leadership dans la conduite de la révolution (salutaire), pour la justice sociale dans le monde ?

En Espagne, un mouvement populaire est né, pour la justice et contre les lois iniques, le mouvement des indignés. Et les indignés, dans le monde, sauront toujours réagir aux injustices ! En Tunisie, le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, le martyr, s’est immolé par le feu… Et les révolutions, dans le monde arabo-musulman, ne font que commencer ! L’Internationale démocrate, ONG dont l’objectif est d’œuvrer à la préservation de la paix sociale par la promotion du dialogue inter-religieux, de la culture de la tolérance et la lutte contre la pauvreté ou l’exclusion sociale, appelle à un sursaut, dans les nations, pour des mesures exceptionnelles (salutaires), face aux crises politiques et à la crise financière.

Il est à noter que la croissance économique, en Afrique, n’est qu’une illusion, sans la sécurité alimentaire. De plus, l’économie mondiale est un TOUT. Et donc l’Afrique subira, si elle ne subit pas déjà, les conséquences de la guerre en Libye, de la guerre en Côte d’Ivoire, de la guerre (sans fin) en Somalie (une honte pour l’Afrique et la communauté internationale), et de la crise pétrolière en Iran et les conséquences de la crise financière aux Etats-Unis et en Europe.

L’Internationale démocrate propose un Manifeste contre la guerre, avec « un avant-projet de résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies, contre l’assassinat politique, l’attentat terroriste et l’agression extérieure », un avant-projet de résolution soumis aux chefs d’Etat américain et français, avant son examen par les Nations Unies.

L’Internationale démocrate propose aussi une Police de secours, dans le cadre de la prévention de la violence en milieu urbain et la lutte contre le chômage des jeunes, dans les pays riches et pauvres, avec « un avant-projet de loi portant création, organisation et fonctionnement de la Police de secours…. » : les gouvernements tunisien et égyptien, issus des révolutions (sans les armes), dans le monde arabo-musulman, ont déjà reçu les copies de cet avant-projet de loi… Et leur réaction est attendue, car ils devraient montrer la voie.

L’Internationale démocrate propose également des manifestations pacifiques (initialement prévues en 2011), dans toutes les nations, le 15 septembre 2013, Journée internationale de la démocratie, contre le terrorisme, le conflit israélo-palestinien, le coup de force, la violence politique et donc contre la guerre : les manifestations pacifiques seraient organisées sous le parrainage de Monsieur François Hollande, président de la République française, et avec le concours des Nations Unies.

L’Internationale démocrate propose un projet agricole pilote (un site par région ou province), au bénéfice des associations de jeunes planteurs en Afrique, continent le plus pauvre de la planète, un projet agricole soumis au gouvernement français, pour la coordination de sa réalisation, via les Missions diplomatiques françaises, avec le concours de la communauté internationale.

Si les hommes d’aujourd’hui n’ont pas la volonté d’agir, la volonté d’inventer l’avenir, après l’invention, par les hommes d’hier, de l’avion, du navire, de l’automobile, des machines agricoles (…), de la monnaie, de la démocratie et des institutions politiques, économiques, sociales et culturelles et l’invention des sports, quel héritage allons-nous laisser aux hommes de demain ?

L’Internationale démocrate est une invention, une initiative africaine, inspirée pour restaurer la dignité des peuples d’Afrique et du monde, après l’esclavage, la colonisation, les travaux forcés, l’exploitation de l’homme par l’homme...

L’Internationale démocrate est une initiative africaine, soutenue dans la conclusion du livre intitulée « L’Islam au Gabon », contribution à l’épanouissement harmonieux de l’islam dans un monde pacifique. L’Internationale démocrate est née à Bamako, au Mali, le 15 septembre 2001. Et en 2007, les Nations Unies ont déclaré que le 15 septembre, de chaque année, est la Journée internationale de la démocratie : Dieu est le Maître du temps et de l’espace. Cette initiative africaine, au bénéfice de toutes les nations, a été saluée par des hommes d’Etat et les simples gens. Monsieur Jacques Chirac, alors président de la République française, écrivait dans sa lettre d’encouragement : « J’ai été très sensible à l’envoi de votre ouvrage « L’Islam au Gabon ». Votre livre, concis et fort documenté, ouvre des pistes de réflexion originales pour un monde pacifique et ouvert au dialogue. Votre projet « d’Internationale démocrate » est à ce titre digne d’intérêt… ». Monsieur Barack Obama, président des Etats-Unis, avait adressé une lettre d’encouragement, en date du 24 juin 2011, à l’Internationale démocrate et à son fondateur.

L’Internationale démocrate propose toutes ces initiatives pour la paix, parce que son fondateur, militant africain des droits humains (…), est aussi convaincu que le changement en Afrique est nécessaire pour le changement dans le monde : l’Afrique libre, aujourd’hui et demain, avec des partenaires (honnêtes) d’horizons divers, est et sera une force productrice et un marché sûr, un débouché pour les produits finis, les économies d’Europe et du monde.
« Indignez-vous ! » a dit justement Stéphane Hessel, leader d’opinion, diplomate et militant politique français.

« Prenez-le pouvoir ! » a dit justement Jean Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, député au Parlement européen, ancien candidat à la présidentielle de 2012 en France. Et « Le changement, c’est maintenant !» a dit justement François Hollande, ancien candidat à cette présidentielle historique et capitale, pour l’alternance au pouvoir, en France, et la mort de la Françafrique, président de la République française.

Enfin, la volonté populaire s’impose : il revient maintenant aux peuples (souverains), sous la direction des leaders (courageux), d’agir pour mettre fin, pas à l’injustice (sur la terre s’opposeront toujours les justes et les injustes), mais aux excès, de faire changer les lois iniques ou injustes, de pousser les gouvernants à prendre des mesures exceptionnelles, pour la sauvegarde de la justice et donc de la paix sociale, ou à quitter le pouvoir.


Fait à Yaoundé, le 10 juillet 2012


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Ibrahim Bignoumbe-Bi-Moussavou est juge gabonais en exil, militant africain des droits humains, fondateur de l’Internationale démocrate.

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News





Commentaires & analyses

Dix points sur le leadership des femmes africaines

Betty Mould Iddrisu

2012-07-23

http://pambazuka.org/fr/category/comment/83848

En dirigeante accomplie, Betty Mould Iddrisu livre les 10 leçons principales du leadership féminin en Afrique et les difficultés que les femmes doivent surmonter pour atteindre le sommet et y rester.

Il y a une dure réalité attachée au leadership des femmes en Afrique. J’en ai rêvé et je l’ai vécue. Graduellement, les femmes ont passé outre les barrières historiques qui étaient en place jusqu’à une époque récente, barrières qui limitaient leur ascension vers les plus hauts sommets du pouvoir et du leadership dans des secteurs importants de la société. D’avoir l’audace d’aspirer à atteindre des sommets que peu de femmes ont atteints peut être satisfaisant, mais aussi être révélateur d’expériences mixtes, de perspectives uniques et à l’occasion de déceptions inexplicables.

1° PAS ASSEZ AU SOMMET AU NIVEAU NATIONAL ET REGIONAL

Même avec la meilleure réussite de tous les temps, avec deux femmes présidentes, une femmes Premier ministre et des femmes qui occupent 19,7% des sièges au parlement sur tout le continent, tout le monde sera d’accord pour dire que ce nombre de femmes dans les échelons supérieures de la politique - symptomatique de la représentation féminine dans d’autres secteurs de la société - est affligeant en terme d’équité et des principes démocratiques de participation. Il n’y a pas de doute qu’il y a eu des moments de succès significatifs dont il y a lieu d’être fier.

Le Rwanda, l’Afrique du Sud et le Mozambique sont parmi les pays qui ont le plus fort pourcentage de femmes au parlement. Toutefois, il reste un long chemin à faire. Plus j’ai grimpé au cours de ma progression dans le leadership et plus dure la réalité est apparue. Nous devons toujours saluer la valeureuse contribution des échelons moyens et inférieurs, mais nous devons être à la table haute afin de participer, contribuer et partager le pouvoir qui façonne nos destinées nationales et régionales. Peut-être que nous faisons des progrès significatifs, mais je sais avec certitude que le statu quo n’est ni juste ni acceptable.

2° UNE DURE ASCENSION ET LES PLUS GRANDES DIFFICULTES POUR RESTER AU SOMMET

Les femmes africaines souffrent de préjugés systémiques lors de leur cheminement vers le sommet. D’abord on ne nous prend pas au sérieux parce que les hommes sont convaincus que les femmes sont intrinsèquement moins compétentes. Les cas de harcèlement sexuel dans l’éducation et sur le lieu de travail, qui inhibent le progrès des femmes vers le sommet, sont bien documentés. De plus, les devoirs de la maternité peuvent être écrasants s’ils ne sont pas soigneusement gérés.

La plupart des hommes sont convaincus que les femmes doivent prendre la principale responsabilité en ce qui concerne la famille. Il s’en suit que travailler tard le soir, participer à des séminaires le weekend, des voyages d’affaires outre-mer, qui sont autant de contributions pour tout travailleur sur le chemin vers le sommet, s’avèrent souvent très difficiles pour les jeunes épouses et mères qui travaillent. Parvenir au tiers supérieur est rare et lorsque vous y parvenez vous avez à affronter l’hostilité et les doutes quant à vos compétences parce que vous êtes une femme. Une femme au sommet travaille plus durement qu’un homme afin de prouver ses compétences et pourtant elle continue à devoir faire face aux préjugés enracinés et à l’hostilité pour son rôle de patronne et leader dans un environnement de travail largement dominé par les hommes

3° SANS SOUTIEN VOUS NE POUVEZ PAS REUSSIR

La politique, celle des compagnies ou du parti, est cruelle et ne pardonne généralement rien. Ceci n’est nulle part plus évident que pour les femmes en Afrique. Comme il est estimé que le rôle d’une femme consiste à soutenir son mari et sa famille, les coups durs et la politique d’insultes, qui caractérisent généralement le leadership public, ne sont pas acceptables pour la famille d’un politicien et ces femmes sont considérées comme apportant "la honte et l’opprobre" à leur famille.

Les femmes leader et les politiciennes ont besoin du soutien de leurs sœurs, mère, grand’mère, tantes, camarades d’école et ne peuvent progresser sans leur soutien actif et exprimé. Il est généralement considéré que les femmes ne se soutiennent pas les unes les autres et l’expérience de nombreuses femmes confirment cette dure réalité. Cela nécessite beaucoup de force intérieure et une peau de rhinocéros.

4° TROP D’OBSTACLES A SURMONTER EN DEPIT DE PROGRES DANS DIFFERENTS SECTEURS CRUCIAUX

Malgré des progrès remarquables, en dépit des nombreuses percées et d'une prise de conscience croissante et l’acceptation du leadership des femmes en Afrique, il reste bien trop d’obstacles empêchant le leadership des femmes et leur ascension. La société africaine traditionnelle est toujours enfermée dans des myriades de barrières destinées à maintenir les femmes dans un état de subordination dans la société. Des pratiques coutumières, hostiles et cruelles à l’égard des femmes, un accès restrictif aux études qui empêche une petite fille d’aller et de rester à l’école, la pauvreté endémique qui affecte les femmes rurales paysannes sont autant d’obstacles qui contribuent à les maintenir à l’écart du leadership actif sur le continent. La plupart des obstacles légaux empêchant leur progrès ont été surmontés ou abolis sur le continent, en particulier au cours des trente dernières années. Le défi est donc de se défaire des perceptions d’un autre âge du rôle de la femme dans la société et ceci ne peut se produire qu’avec le temps et une attitude positive. Nous allons de l’avant, mais je sais pour sûr qu’il reste de nombreux obstacles à franchir.

5° LES TRADITIONS NE DOIVENT PAS NOUS RETENIR. ELLES PEUVENT SERVIR DE CATALYSEURS

Les traditions ne sont pas supposées être stagnantes. Elles peuvent être utilisées comme instruments du changement. Ce changement est généralement induit par les femmes elles-mêmes. Certains aspects de la tradition africaine tentent de maintenir les femmes silencieuses, subordonnées, des citoyennes de deuxième classe, alors que de nombreuses autres saluent la dignité et le respect sacré de la féminité. Bien que je sois consciente des nombreux aspects délétères de nos traditions, j’ai toujours vu et utilisé la dimension de la culture qui autorise à faire et la tradition comme catalyseur pour un changement positif : autoriser à faire, à légitimer et à promouvoir les femmes africaines dans le rôle de leadership.

La culture peut être utilisée pour nous retenir, mais nous pouvons aussi former les cultures de sorte qu’elles soient libératrices. Toutefois, une bonne partie des traditions africaines, qui ont peut-être leurs racines dans des histoire et cultures glorieuses, ont été récupérées par les hommes pour tendre des embuscades aux femmes, pour les empêcher de réaliser leur plein potentiel de leadership. Mais je sais aussi que nous pouvons trouver la force et les opportunités dans les valeurs et le dynamisme dans nombre de nos cultures.

6° L’EDUCATION, QUOIQUE DESIRABLE, N’EST PAS TOUT

Une éducation supérieure est désirable, mais n’est pas une précondition pour un leadership féminin réussi sur le continent. L’éducation assure une reconnaissance automatique dans la société parce qu’elle permet aux femmes d’avoir un certain cachet. Toutefois, et bien que je ne puisse assez mettre l’accent sur l’importance qu’elle a pour chaque femme leader, je sais aussi qu’une éducation formelle ne suffit pas en elle-même à fournir tous les outils nécessaires à la survie et à la réussite dans les échelons supérieurs de leadership. Surtout l’absence d’éducation ne disqualifie pas une femme et ne l’empêche pas d’exceller.

7° RIEN NE REMPLACE LE DUR LABEUR, LE COURAGE INTERIEUR ET LA DETERMINATION

Compte tenu du scepticisme intrinsèque concernant les capacités des femmes à réussir en Afrique, cela signifie simplement que les femmes leader doivent travailler deux fois plus durement. Le chemin vers la réussite est parsemé d’embûches qui requièrent une énorme somme de courage et de détermination pour ne pas dévier. Je sais avec certitude, qu’avec ou sans défi particulier, un dur labeur est un impératif inévitable pour un leadership réussi. Au vu des défis spécifiques, de préjugés et de scepticisme à l’encontre des femmes dirigeantes, la femme leader africaine n’a aucun choix hormis de travailler durement et avec détermination. Peu importe ses qualifications ou son charme, son degré de motivation ou sa spiritualité, une femme dirigeante en Afrique doit travailler plus durement que ses collègues masculins, si elle veut compter un tant soit peu.

8° CRUCIAL LE RESEAU

Les plaintes abondent dans toute l’Afrique que les femmes dirigeantes ne contribuent pas à améliorer le statut des femmes dans la société. Mais seule une femme qui a été au sommet et a fait de son mieux pour faire une différence peut véritablement comprendre les difficultés qu’il y a à être la seule de son espèce au sommet. Les femmes dirigeantes ont besoin et doivent élaborer leurs réseaux et leurs alliances avec la base et la société civile afin de pouvoir répondre aux besoins des femmes à la base et du leadership. On est tellement solitaire au sommet de l’échelle, mais je sais que des réseaux plus larges et plus solides de la base, des professionnelles et des alliés de la société civile fournissent une force puissante sur laquelle sûrement s’appuyer.

9° PEU IMPORTE VOS COMPETENCES, VOTRE EXPERIENCE ET VOTRE POUVOIR, IL Y A DES DEFIS PARTICULIERS QUI VOUS CONFRONTENT

Vous êtes toujours vue comme une "femme dirigeante" et non comme juste un "leader". Vous êtes une Africaine, une citoyenne et un leader, votre "féminité" reste la mesure prédéfinie de la société quant à votre leadership. Par conséquent, le défi d’être une femme leader est multiplié parce que vous êtes une femme africaine. Mais les dures réalités du leadership féminin en Afrique sont innombrables : la sous représentation des femmes en politique et parmi les dirigeants à tous les niveaux, des pratiques traditionnelles et culturelles négatives et cruelles, le statut subalterne des femmes, le manque d’éducation et le degré de pauvreté sont autant de défis à surmonter pour atteindre le leadership.

10° OUI ! LES FEMMES AFRICAINE PEUVENT !

S’il est une chose que j’ai apprise et que je crois sans le moindre doute, c’est la capacité des femmes de diriger dans n’importe quel secteur et à tous les niveaux. Nous pouvons continuer à exceller au même titre que les hommes. Nous pouvons continuer à trébucher le long du chemin tout comme les hommes. Nous pouvons même échouer de temps en temps, tout comme les hommes ont échoué dans l’histoire. Mais je sais avec certitude que nous sommes capables, nous avons le droit et nous pouvons certainement conduire ce continent. Oui nous pouvons !

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS




* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



* Mme Betty Mould Iddrisu est l’une des dirigeantes africaines les plus accomplie. Elle a été procureur général, ministre de la Justice et ministre de l’éducation dans la République du Ghana. Elle a également été directrice des Affaires légales et constitutionnelles du Secrétariat du Commonwealth ainsi que chargée de cours de droit. Elle a été à l’avant-garde de la lutte pour l’égalité des genres pendant 30 ans. Elle reste très motivée pour qu’une nouvelle génération de femmes africaines s’affirme au niveau du leadership et professionnel. Mme Betty Mould Iddrisu est actuellement une conférencière, une consultante et militante sur les questions de droit, de politiques et de justice des genres, très recherchée au niveau international - www.bettymould.com

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Kenya : Attaques terroristes et tensions ethnico-religieuse

Henry Makori

2012-07-23

http://pambazuka.org/fr/category/comment/83846

Devant les attentats qui se succèdent au Kenya, les accusations à l’endroit d’Al Shabaab tombent comme une évidence. Le gouvernement y trouve un prétexte pour continuer à s’engager dans une « guerre contre le terrorisme »voulue par l’Occident en Afrique de l’Est, et n’avoir pas à s’expliquer devant les populations sur cet engagement en Somalie. Mais d’autres raisons existent, qui pourraient bien expliquer ces flambées de violence, découlant de tensions internes au Kenya.

Le Kenya est encore sous le choc après que des hommes masqués ont ouvert le feu et jeté des explosifs dans deux églises le 1er juillet à Garissa au nord-est du pays, tuant 17 fidèles et en blessant 60 autres. L’attaque a eu lieu peu après 10 heures du matin alors qu’un service religieux était en cours dans l’African Inland Church (AIC) et la cathédrale catholique romaine en ville. Les 17 morts proviennent tout de l’AIC

Le gouvernement a annoncé qu’il envoyait 700 policiers supplémentaires dans la région pour renforcer la sécurité. Des hauts responsables de la police et des administrateurs ont été transférés sans qu’aucune explication ne soit fournie quant à savoir en quoi ces transferts amélioreraient la sécurité des résidents. Ainsi le Kenya tend à devenir un véritable Etat policier. La police a eu à mettre en place des contrôles de sécurité à la plupart des églises dans les villes de tout le pays, fouillant les fidèles à l’entrée. Les dirigeants des églises ont fustigé les autorités pour n’avoir pas pris au sérieux la sécurité aux alentours des lieux de culte.

La double attaque a été attribuée au groupe somali islamiste armé Al Shabaab, que l’armée kényane poursuit à l’intérieur de la Somalie depuis octobre dernier. Plus de 4600 soldats de l’armée kényane sont en Somalie, opérant maintenant sous le commandement de l’AMISOM, la force de l’Union africaine.

Toutes les attaques avec des fusils ou à la grenade qui ont eu lieu au Kenya au cours de neuf derniers mois ont été attribuées à Al Shabaab, bien que seule une personne ait été condamnée pour appartenance à ce groupe terroriste. Souvent, des suspects sont arrêtés et amenés devant les tribunaux et relâchés pour manque de preuves. Mais la police persiste à assurer de façon peu convaincante que la population est en sécurité.

L’argument retenu par le gouvernement, les politiciens, les dirigeants religieux et les médias est qu’Al Shabaab veut créer des turbulences religieuses entre les chrétiens et les musulmans. Ces derniers représentent environs 10% d’une population qui, pour la plupart, est chrétienne ou suit la voie d’une religions africaine (souvent les deux en même temps)

Mais les attaques à Garissa ont soulevé la question de savoir si Al Shabaab est véritablement seul responsable pour ces attaques qui visent principalement des églises ou des lieux de distraction fréquentés par des chrétiens. Dans une déclaration, les évêques catholiques kenyans ont eu à condamner les actes de violence, tout en se demandant pourquoi les églises étaient ciblées. "En réaffirmant que ceci n’est pas une guerre de religion, nous sommes perturbés par le fait que ces attaques ont été perpétrées contre des églises chrétiennes", ont-ils soutenu. Pour la première fois, des dirigeants de l’église suggéraient ouvertement que ces attaques pouvaient avoir une base religieuse n’ayant rien à voir avec Al Shabbab.

Le jour suivant l’incident, le journal Star a cité la police antiterroriste qui disait que, tout bien considéré, Al Shabaab pouvait ne pas être responsable pour ces attaques. Selon le journal, "les enquêteurs antiterroristes ont exclu l’implication de l’Al Shabaab dans les attaques de deux églises de Garissa dimanche. Ils se concentrent sur de nouvelles pistes. Il est question maintenant de savoir si les attaques auraient pu être motivées soit par des tensions locales entre musulmans et chrétiens ou s’il s’agit d’un crime à motivation politique" ?

L’attaque a créé la panique parmi la population non autochtone résidant à Garissa qui craint d’être ciblée, a rapporté le journal. "James Mwangi, un conducteur de tuk tuk, a dit récemment qu’il avait été le témoin de beaucoup d’hostilité de la part des résidents sur la base de leur religion et pour n’être pas Somalis", note le journal. Il s’agit là d’un fait que rares sont les personnes prêtes à admettre. Presque tout le monde souligne la co-existence pacifique entre chrétiens et musulmans, mais il ne s’agit pas d’une totale évidence.

Garissa est une ville surtout musulmane mais au cours de ces dernières années elle a vu affluer un nombre croissant de chrétiens appartenant surtout à des groupes évangéliques. Caractéristiques des prêcheurs évangéliques, des sermons caustiques parsemés de références désobligeantes à l’encontre des autres églises et religions. AIC, qui a été la cible de la dernière attaque, est une église évangélique.

En 2006, Hope FM, une station radio évangélique de Nairobi, a été attaquée avec des cocktails Molotov par des hommes masqués, soupçonnés d’être des militants musulmans, qui sont entrés dans les locaux, tuant l’un des gardes qui était au portail d’entrée et en blessant deux autres. L’attaque est survenue après une émission contestée d’un programme hebdomadaire consacré à l’islam et au christianisme. Des sources informent Pambazuka News que les tensions entre chrétiens et Musulmans à Garissa sont de notoriété publique. Des incidents sont une fois survenus lorsque des musulmans ont interrompu des séances de prières, alléguant des sermons offensifs. Il se rapporte aussi que des musulmans auraient envoyé leurs enfants jeter des pierres sur les toits métalliques des églises durant les services religieux. Il s’ensuit qu’à tout moment des tensions religieuses éclatent entre musulmans et les chrétiens à Garissa.

Les Musulmans ne sont pas seulement en colère en raison des sermons incendiaires à l’encontre de leur religion, ils craignent aussi que les chrétiens ne s’adonnent à un prosélytisme agressif. Sans compter qu’ils les considèrent comme les architectes de la politique qui les a marginalisés depuis l’indépendance. Les trois présidents du Kenya, ainsi que la plupart des hauts fonctionnaires, ont tous été des chrétiens. Le Kenya du nord et de la Côte, où une bonne partie de la population est musulmane, ont été négligés par les gouvernements successifs. "Il y a toujours des tensions entre Chrétiens et Musulmans", a déclaré un journaliste ayant une grande expérience de la région. " Les musulmans ne sont pas en bons termes avec les chrétiens qu’ils voient comme les espions ou les agents de l’Occident".

Mais les tensions à Garissa ne sont pas seulement de nature religieuse. Elles sont également ancrées dans l’ethnicité. Garissa est habitée par des gens d’ethnie somalie, mais ces dernières années ont vu un afflux de population provenant d’autres communautés au Kenya, en particulier des Kambas de l’Eastern Province voisine. Il est instructif de noter que 14 des 17 personnes tuées lors de l’attaque du 1er juillet sont des Kambas.

Dans un commentaire paru dans un journal, Hassan ole Naado, le CEO du Kenya Muslim Youth Alliance (KMYA – Alliance des jeunes musulmans du Kenya) et secrétaire général du Supreme Council of Kenya Muslims (SUPKEM – Conseil suprême des musulmans kenyants) écrivait : "Alors que nous condamnons cette attaque insensée contre des personnes innocentes qui s’étaient en prières, à la merci de Dieu, il y a un sentiment croissant et justifié que des personnes pourraient avoir l’intention de procéder à un nettoyage de Garissa de toute personne provenant d’une autre partie du pays."

Ce point de vue est le reflet des sentiments exprimés lors d’un forum pour la paix et la sécurité organisé par le KMYA et SUPKEM en décembre dernier. Un rapport du forum, faisant référence à de fréquentes attaques à la grenade notait : "Pendant que les agences de sécurité ont été promptes à lier les attaques aux opérations militaires kényanes en Somalie, plusieurs acteurs pensent qu’il y a plus qu’il n’y paraît" Une des préoccupations exprimées lors du forum était, selon le rapport, que les attaques ciblaient un groupe particulier : "KMYA notait que si ces vagues d’attaques contre ceux perçus comme des étrangers à Garissa ne reçoivent pas toute l’attention requise. Elles pourrait facilement éclaeter en un conflit interethnique et interreligieux total au Kenya." Des sources bien informées confiaient à Pambazuka que tel était bien le cas.

Les gens de l’ethnie somalie sont préoccupés par le nombre croissant "d’étrangers" à Garissa, attirés par les opportunités économiques résultant du développement des infrastructures dans la région. Il y a eu des conflits sanglants suite à des ventes de terrains à des "étrangers" à Garissa. En novembre, des inconnus ont inondé la ville de pamphlets menaçant les nouveaux propriétaires Le Kenya va, peut-être en mars prochain, vers une nouvelle élection pour laquelle on craint de vives contestations. Les politiciens d’ethnie somali se disent préoccupés par l’implication politique des votes des "étrangers" à Garissa

Dès lors, pourquoi Al Shabaab est toujours accusé pour ls violences qui éclatant alors que certaines éléments indiquent une autre direction ? D’abord le gouvernement est soucieux de ne pas changer de discours concernant l’aventure militaire en Somalie qui fait partie de "la guerre contre le terrorisme" voulue par l’Occident en Afrique de l’Est. Afin de maintenir l’intérêt et le soutien des intérêts occidentaux, Al Shabaab doit être dépeint comme un réseau terroriste puissant qui menace non seulement le Kenya mais aussi la région tout entière et les intérêts occidentaux qui s’y trouvent. C’est le même discours que celui utilisé pour justifier le plan occidental de création d’un Etat accommodant dans le sud de la Somalie, appelé Jubbaland

Par ailleurs, l’incursion militaire en Somalie est illégale dans la mesure où elle n’a pas reçu l’aval du parlement comme requis par la Constitution. Toute la propagande menée depuis octobre dernier, justifiant la décision, a pour but d’étouffer un débat critique. De tourner sa veste et de reconnaître qu’Al Shabaab n’est peut-être pas entièrement responsable des attaques à la grenades et aux armes à feu dans le pays, que la violence pourrait être liée à des conflits internes, exposerait le gouvernement à des critiques virulentes concernant la justification de la guerre menée à l’intérieur de la Somalie

Enfin, certains commentateurs ont lié la décision de partir en guerre aux élections de l’an prochain. Les dépenses militaires ne peuvent être l’objet d’un examen public au Kenya. Dès lors, certains hommes du pouvoir peuvent trouver là le moyen de financer leur campagne, grâce à des arrangements sous le couvert de la guerre contre Al Shabaab.

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



* Ne vous faites pas seulement offrir Pambazuka ! Devenez un Ami de Pambazuka et faites un don MAINTENANT pour aider à maintenir Pambazuka LIBRE et INDEPENDANT ! 
http://www.pambazuka.org/fr/friends.php



** Henry Makori est un journaliste kényan et assistant rédacteur de Pambazuka News

*** Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News





Arts & livres

Afrique du sud : Quand Shakespeare circulait sous le manteau à Robben Island

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/books/83778

Quand un geôlier a voulu confisquer les oeuvres complètes de Shakespeare à Sonny Venkatrathnam, compagnon de captivité de Nelson Mandela sur l'île de Robben Island, le prisonnier lui a fait croire qu'il s'agissait d'une Bible. Aujourd'hui âgé de 78 ans, Venkatrathnam ne s'est jamais séparé du livre, qui sera exposé à partir de cette semaine au British Museum de Londres. L'universitaire sud-africain Ashwin Desai, auteur d'un ouvrage sur cette histoire de la littérature à Robben Island, raconte les efforts des détenus pour contourner les rigidités et parfois les absurdités du système de censure de l'apartheid.

http://yhoo.it/MxCfWh


Algérie : Cinquante années d’indépendance artistique

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/books/83809

Une première en Algérie. Une exposition rend hommage aux plasticiens qui ont marqué l’art depuis l’indépendance du pays en 1962. Sous l’impulsion du ministère de la Culture, une exposition, « 50 années d’art algérien », regroupant deux-cent vingt-cinq œuvres a lieu depuis mercredi, et ce, jusqu’au 30 septembre prochain au Musée national des beaux-arts à Alger. Plusieurs styles et expressions ornent les murs du Musée et sont répartis en deux catégories : la vie artistique de l’après-indépendance et les acquisitions de peinture du musée national. Aussi, un hommage tout particulier est rendu aux femmes avec une exposition nommée « la peinture au féminin ». Celle-ci rassemble de grands noms tels que Aïcha Haddad, Souhila Belbahar et Baya Mahieddine. Toutes, nées dans les 30, ont été importantes dans la naissance de l’art algérien moderne.

http://bit.ly/LDEGqp





Pouvoirs émergents dans la veille sur l'Afrique

Afrique : La Banque mondiale propose un contrôle sur les investissements chinois

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/83797

La crise économique mondiale affecte la croissance africaine, mais elle peut être aussi une «opportunité» au moment où les grands émergents cherchent «à investir là où les coûts de production» et salariaux sont plus bas. Les difficultés actuelles de la Chine, du Brésil ou de l'Inde, nouveaux partenaires de l'Afrique, risquent-elles pour autant de tirer le continent vers le bas ? Makhtar Diop, le nouveau vice-président Afrique de la Banque mondiale, voit au contraire «des opportunités» dans la crise. Il propose un soutien de la Banque mondiale aux pays africains qui négocient des contrats de matières premières avec les multinationales, en mettant ses ressources à leur disposition puis en formant des avocats locaux.

http://bit.ly/Mcz5sE


Afrique : La Chine face à la concurrence indienne

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/83763

Le 19 juillet, lors la cinquième conférence ministérielle Chine-Afrique, Pékin a annoncé qu'il doublerait ses crédits alloués à l'Afrique. Selon un chercheur à l'IFRI, spécialiste des relations sino-africaines, la Chine est la puissance économique dominante en Afrique, qui favorise la croissance des pays du continent. Pour l'heure, l'Inde est le seul véritable Etat capable de concurrencer la Chine pour plusieurs raisons : elle dépend plus que la Chine de ses importations de pétrole et de minerai, sa croissance démographique préfigure un accroissement de ses besoins, les entreprises indiennes (Tata, Arcelor-Mittal...) sont de dimension mondiale.

http://bit.ly/LGNNLL


Afrique : Le double bond chinois

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/africa_china/83779

Il ne faut pas s'y tromper : la Chine peut doubler sa mise en Afrique. La stratégie de Pékin, qui accueille 50 pays dans le cadre du Forum de coopération sino-africaine, vise à mettre à profit les bonnes relations économiques et commerciales pour conforter sa stratégie d'influence sur le continent africain, et par là lui permettre de s'affirmer dans le monde comme puissance incontournable. Aucun pays, développé ou émergent ne peut s'offrir le luxe de sous-estimer aujourd'hui l'Afrique et son milliard d'habitants.

http://bit.ly/MwnW8A





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : L'élection de Mme Zuma soulage l'UA mais laissera des traces

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/83794

L'Union africaine (UA) a réussi à doter sa Commission, organe-clé, d'un président, une élection qui permet à l'Afrique d'effacer le catastrophique échec de janvier et d'afficher une unité retrouvée, mais devrait laisser de profondes cicatrices, estiment diplomates et experts. L'élection de Mme Dlamini-Zuma est inédite à plusieurs titres. Pour la première fois, une femme accède à la présidence de la Commission, l'exécutif de l'UA, et pour la première fois le poste échoit à une grande puissance continentale, celles-ci s'abstenant jusqu'ici de postuler conformément à une loi non écrite.

http://bit.ly/OUaE5R


Afrique : Inquiétudes pour la dépendance extérieure des programmes de l’UA

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/83798

La dépendance de la Commission de l’Union africaine (UA) vis-à-vis du financement extérieur dans la mise en oeuvre de ses programmes est préoccupante, selon le commissaire sortant aux Affaires économiques, Maxwell Nkwezalamba. La situation devient plus préoccupante dans la mesure où, en plus de conditionnalités limitant le plus souvent la marge de manoeuvre de la Commission dans le choix de ses priorités et de l’utilisation des fonds octroyés, les délais de mise à disposition des financements des partenaires s’avèrent aussi longs, entraînant des retards dans la réalisation des activités.

http://bit.ly/OyBvEm


Afrique : Vers une zone de libre-échange de plus d’un milliard d’habitants

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/83764

L’Union africaine (UA) a mis en place une commission permanente au niveau présidentiel pour promouvoir le commerce interafricain en œuvrant pour la suppression des barrières commerciales avant 2017, date butoir pour la création d’une Zone de libre-échange au niveau continental (Free Trade Area, FTA). Les dirigeants africains qui se concentrent sur le renforcement du commerce interafricain, ont exprimé leur soutien à la création d’une Union continentale élargie.

http://bit.ly/PAexdC





Femmes & genre

Afrique : Les femmes les plus puissantes d’Afrique

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83784

A la suite du second sommet économique des femmes africaines 2012, tenu à Lagos au Nigeria du 12 au 14 juillet, voici le classement des cinq femmes africaines les plus puissantes de l’Afrique. On y retrouve, entre autres, Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine, ou encore la Gambienne Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale (CPI) et Joyce Banda, la présidente du Malawi.

http://bit.ly/Mwo9IW





Droits humains

Burundi : Le journaliste Hassan Ruvakuki fait appel de sa condamnation à perpétuité

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83786

Après avoir dénoncé, il y a quelques jours, plusieurs entraves judiciaires qui l’avaient empêché de faire appel, l'avocat d'Hassan Ruvakuki a annoncé, mercredi 18 juillet, qu’il venait de le faire. Le 20 juin dernier, Ruvakuki, journaliste d'une station privée burundaise Bonesha Fm et correspondant de RFI en swahili, avait été condamné à la prison à perpétuité pour « acte de terrorisme ». Cette affaire embarrasse de plus en plus le pouvoir. Les autorités tentent désormais de se défausser sur Hassan Ruvakuki et sa défense, qu’elles accusent d’être responsables d’une telle condamnation, par un refus de plaider en première instance.

http://rfi.my/NHLIjf


Côte d’Ivoire : La CPI refuse de libérer provisoirement Laurent Gbagbo

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83816

La Cour pénale internationale (CPI) vient de rejeter la demande de mise en liberté provisoire de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l’humanité et détenu à La Haye. Un rejet qui intervient moins d'un mois avant l'audience de confirmation des charges qui pèsent contre lui, prévue le 13 août. Les réactions en Côte d'Ivoire. Selon un cadre du FPI, il n'y a aucune déception due au rejet de la liberté provisoire pour l'ancien chef de l'Etat. Le parti dit être confiant dans l'issue de l'audience de confirmation des charges, qui doit commencer le 13 août.

http://bit.ly/NFn28S


Global : L'exécution de deux condamnés mentalement déficients fait polémique aux USA

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83787

Deux exécutions qui scandalisent organisations internationales, associations contre la peine de mort, et personnalités: Warren Hill et Yokamon Hearn, deux Noirs américains atteints d’une déficience mentale, attendent -le premier depuis 21 ans, le second depuis 14 ans-leur exécution dans le couloir de la mort de leurs prisons respectives, en Géorgie et au Texas. Yokamon Hearn est atteint d’un désordre mental depuis son enfance, lié à un syndrome d’alcoolisation fœtale, ce dont n’ont pas été informés les jurés lors de son procès. Dans le cas de Warren Hill, un juge de Géorgie avait statué qu’il était bien atteint d’un retard intellectuel, mais à un niveau inférieur à celui requis par l'État.

http://bit.ly/NXD26O


Global : La justice ordonne au Sénégal de poursuivre ou extrader Habré

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83801

Le Sénégal doit poursuivre "sans aucun autre délai" l'ancien président tchadien Hissène Habré, accusé de génocide commis par son régime (1982-1990) ou l'extrader, a ordonné vendredi 20 juillet la Cour internationale de Justice (CIJ). Le Sénégal ne doit cependant poursuivre Hissène Habré que pour les crimes présumés commis après l'entrée en vigueur et la ratification par le Sénégal de la Convention sur la torture, le 26 juin 1987.

http://yhoo.it/ODW7Lz


Côte d’Ivoire : Neuf femmes condamnées à un an de prison pour excision

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83785

En Côte d’Ivoire, neuf femmes ont été condamnées, mercredi 18 juillet, à Katiola dans le nord du pays, à un an de prison et 50 000 francs CFA d’amende pour l'excision d'une trentaine de fillettes. C’est une première, saluée à Abidjan par les Nations unies. Agées de 46 à 91 ans, les 9 femmes condamnés ont été reconnues coupables de « mutilation génitale féminine » pour 4 d'entre elles, et de « complicité » pour les 5 autres. Mais en raison de leur âge, les 9 condamnées ne seront pas incarcérées.

http://rfi.my/LZ0l2m


Côte d’Ivoire : Un procès de l’excision qui fera date

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83812

La Côte d’Ivoire n’est sans doute pas le pays d’Afrique le plus touché par le fléau de l’excision, les dernières statistiques exploitables datant de 2001, donnaient une prévalence sur le plan national de 44,5% de femmes, d’adolescentes et de petites filles excisées, dont 19% chez les catholiques, 33,5% à Abidjan et 74,6% dans le nord du pays musulman. C’est de ce nord, plus précisément de Katiola à 400 kilomètres d’Abidjan, qu’est venue la surprise, quand est tombé le 18 juillet le verdict d’un procès, condamnant neuf femmes âgées de 46 à 91 ans à un an de prison et 50 000 FCFA (75 euros) d’amende, pour l’excision d’une trentaine de petites filles en février dernier, au cours d’une cérémonie rituelle. Il faut maintenant espérer que le verdict prononcé le 18 juillet, fasse date. Les condamnées n’iront sans doute pas en prison en grande partie à cause de leur âge, mais il aura un grand retentissement et fournira des arguments à tous ceux qui luttent contre

http://bit.ly/OMfHBx


Rd Congo : Condamnation des violences sexuelles perpétrées par les rebelles

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83807

Le représentant spécial par intérim du Secrétaire général de l'ONU sur la violence sexuelle dans les conflits a condamné la violence sexuelle qui aurait été perpétrée en RD Congo par un groupe de soldats renégats connu sous le nom M23 et a appelé les autorités à enquêter sur les crimes. Les Casques bleus de la Mission de stabilisation des Nations unies en RD Congo (MONUSCO) assistent le gouvernement dans la protection des civils déplacés ou menacés en raison des activités violentes des groupes armés.

http://bit.ly/OCGqEl


Tunisie : Ben Ali condamné à la prison à perpétuité

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83795

L’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a été condamné par contumace à la perpétuité par le tribunal militaire de Tunis. Il est accusé de complicité de meurtres sur 43 manifestants lors du soulèvement contre son régime en janvier 2011. Depuis son exil, Ben Ali a été condamné à plusieurs reprises pour torture, détournement de fonds, possession de stupéfiants, détention d’armes, recel de pièces archéologiques, corruption, fraude immobilière. Les autorités saoudiennes restent, quant à elles, toujours muettes concernant la demande d’extradition de Ben Ali formulée par Tunis et la Cour pénale internationale (CPI).

http://bit.ly/OuuGDS





Elections & gouvernance

Afrique du Sud : Joyeux 94e anniversaire à Nelson Mandela

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83780

L'Afrique du Sud a souhaité mercredi 18 juillet un joyeux 94e anniversaire à son héros Nelson Mandela, chacun étant invité à multiplier les bonnes actions en hommage au premier président noir du pays. Plus de 12 millions d'enfants ont chanté un "Joyeux anniversaire" doublé par un "We love you Tata" ("nous t'aimons papa") avant d'entrer en classe. La Fondation Mandela, le gouvernement et plusieurs médias avaient invité tous les Sud-Africains à faire de même, l'idée étant de battre le record du plus grand choeur du monde, avec 20 millions de chanteurs.

http://bit.ly/MQtLdW


Ethiopie : Addis Abeba préoccupée par l’hospitalisation du Premier ministre

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83782

Le Premier ministre éthiopien Meles Zinawi a été hospitalisé mercredi 18 juillet à Bruxelles. Il dirige le pays depuis 21 ans d’une main de fer. Son absence pourrait remettre en question l’équilibre du régime en place. Une situation qui préoccupe les autorités. Son absence pourrait en effet avoir des conséquences redoutables sur l’équilibre du régime. A Addis Abeba, on réfléchirait déjà à celui qui pourrait le remplacer. Selon la Constitution, si le Premier ministre ne peut plus occuper ses fonctions, c’est le vice-Premier ministre qui doit reprendre les rênes.

http://bit.ly/OdbVkJ


Gambie : Célébration de l'accession au pouvoir de Yahya Jammeh

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83806

En vue de la célébration dimanche 22 juillet du 18ème anniversaire de l'accession au pouvoir du président gambien, Yahya Jammeh, le principal parti d'opposition du pays, le United Democratic Party (UDP) a annoncé la perte de popularité du président. Après ses défaites subies lors des élections de 1996, de 2001, de 2006 et de 2011, son leader M. Darboe croit encore que son parti peut remporter la présidence lors de l'élection présidentielle en 2016, 'si l'équité est de mise pour tous les partis politiques.

http://bit.ly/M4z9PG


Global : Le Maroc expulse l'ambassadeur de Syrie

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83765

Le ministère marocain des Affaires étrangères a annoncé lundi 16 juillet avoir demandé à l'ambassadeur de Syrie, désormais persona non grata au Maroc, de quitter immédiatement le pays. En réplique à la mesure décidée par Rabat, le gouvernement syrien a annoncé un peu plus tard, le même jour, que l'ambassadeur du Maroc à Damas était désormais "persona non grata" en Syrie. Le ministère marocain des Affaires étrangères n'a pas fourni d'explication à sa décision, se bornant à dire que la situation en Syrie ne pouvait "pas rester ce qu'elle est".

http://yhoo.it/MyCBf5


Madagascar : Tête-à-tête Rajoelina-Ravalomanana aux Seychelles

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83815

Rajoelina et Ravalomanana devront mettre fin à leur rivalité qui date de la victoire du premier aux communales de 2007. Les deux protagonistes, Rajoelina et Ravalomanana, de la crise seront tout seuls lors de la fameuse rencontre prévue aux Seychelles les 24 et 25 juillet. Leurs partisans respectifs devront rester à la maison. La rencontre entre les deux hommes devrait aboutir à un accord pour dénouer la crise. Les huis-clos seront ainsi de mise, une précision qui aurait été imposée par la Troïka de la SADC. Exit les lieutenants qui ont presque systématiquement accompagné, puis assisté les deux personnalités dans leur périple africain, de Maputo à Windhoeck, en passant par d'autres capitales de la région SADC.

http://bit.ly/Qd3HjH


Mali : Vers un gouvernement d’union prêt à "toutes les options" dans le Nord

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83773

Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra a annoncé lundi 16 juillet l’ouverture de "concertations nationales dans les jours à venir" pour un gouvernement d’union. La CEDEAO a exigé la mise en place d’un gouvernement d’union nationale au Mali d’ici le 31 juillet, capable d’unir toutes les forces du pays pour la reconquête du Nord et pour empêcher les nombreuses exactions commises à Bamako contre des personnalités et des journalistes par des hommes armés considérés comme proches de l’ex-junte militaire au pouvoir qui reste très influente.

http://bit.ly/LGO2GB


Maroc : Les absentéistes au Parlement vont payer cher

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83796

Le parlement marocain compte près de 395 députés. Mais, c’est à peine si les sessions parlementaires arrivent à en réunir la moitié, même pour les décisions importantes. A titre d'exemple, lors du vote pour l’adoption de la loi de Finance, seulement 186 députés étaient présents. Le bureau de la Chambre des représentants a décidé d'appliquer le règlement intérieur afin de mettre un terme à ce laisser-aller. Dès le lundi 23 juillet, le bureau va entamer les prélèvements sur les indemnités des députés absents lors des sessions parlementaires. D’après l’article 46 du règlement intérieur de la Chambre des représentants, ce prélèvement est fixé à 1000 dirhams par absence injustifiée.

http://bit.ly/OhMQa3


Tunisie : Le remboursement de la « dette odieuse » souscrite par Ben Ali en question

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83800

La Tunisie se dirige vers l’annulation de ses 15 milliards d’euros de dette contractée à l’étranger durant les années de dictature. Mais il n'est pas certain que le concept de «dette odieuse», imparfaitement reconnu en droit international, soit retenu. D'après la Banque mondiale, ce sont plus de 30,8 milliards de dinars (15 millions d’euros) que la Tunisie a empruntés depuis 1970, dont plus de la moitié sous la présidence Ben Ali.. Issu de la majorité, ce texte semble avoir des chances raisonnables de l’emporter. La conversion de la dette tunisienne en investissements français donne un premier signal a priori positif à cette démarche, suivant par ailleurs la formule choisie en janvier 2012 par le gouvernement allemand

http://bit.ly/QaPnXR


Zimbabwé : Pouvoirs diminués pour Mugabe

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83810

Le projet de nouvelle Constitution au Zimbabwe, péniblement élaboré depuis plus de trois ans, réduira les pouvoirs du président mais sans fixer de limite d'âge, et il interdira la peine de mort pour les femmes, selon le texte consulté samedi 21 juillet. Une loi pourrait autoriser la peine de mort pour les coupables de meurtre avec circonstances aggravantes, mais la peine ne peut pas être appliquée à une femme", ni aux hommes de moins de 21 ans et de plus de 70 ans, indique un chapitre du projet. Selon le texte, issu de longs pourparlers entre le camp du président Robert Mugabe, 88 ans, et celui du Premier ministre, son rival, Morgan Tsvangirai, le président aurait un droit de grâce.

http://bit.ly/MTRRmY





Développement

Afrique : 41 % des jeunes sont sans emploi dans les pays arabes

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/development/83781

Le défi est immense : 41 % de la population des 15-24 ans d'Afrique du Nord sont sans emploi. C'est le chiffre qui ressort de la publication du rapport annuel sur les « Perspectives économiques en Afrique », commun à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et à la Banque africaine de développement (BAD). Le défi est d'autant plus grand que 9,8 millions de jeunes doivent entrer sur le marché du travail d'ici à 2020. La croissance est une condition nécessaire pour créer de l'emploi, estiment les auteurs du rapport, qui voient cette croissance rebondir à 4 % en 2013 dans les pays d'Afrique du Nord. Une perspective qui reste timide, comparée aux taux de croissance d'Asie du Sud-Est ou d'Amérique latine.

http://bit.ly/NM4nH1


Afrique : Le développement passe par les infrastructures aéroportuaires

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/development/83799

Un rapport d'OAG, média BtoB spécialiste de l’aéronautique, préconise le développement des infrastructures aéroportuaires pour favoriser et accompagner la croissance en Afrique. Si l'étude arrive à la conclusion qu’il est nécessaire d’investir dans les infrastructures aéroportuaires en Afrique, paradoxalement, ce document ne fait pas d’état des lieux des nombreux projets d’infrastructures aéroportuaires en cours de réalisation, au Sénégal, au Burkina Faso, au Nigeria, en Éthiopie…

http://bit.ly/Mhpvoh


Afrique : Le groupe Ecobank élu meilleure banque

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/development/83762

Le groupe bancaire panafricain Ecobank est élu "Meilleure banque en Afrique", pour la deuxième année consécutive, par le magazine anglais de la finance internationale Euromoney de l'entreprise Euromoney Institutional Investor PLC basée à Londres, a-t-on appris lundi 16 juillet. Le groupe Ecobank est présent dans 35 pays, pour la plupart en Afrique, et développe une politique d'expansion sur l'Asie, l’Europe et les Amériques avec déjà quelques représentations.

http://bit.ly/PxbxlR


Burundi : Le taux de fécondité dépasse la moyenne mondiale

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/development/83790

Avec 6,2 enfants par femme, le taux de fécondité du Burundi dépasse la moyenne mondiale de 2, 1 enfants par femme, alors que son taux d'urbanisation (10%) est l'un des plus faibles au monde, a déclaré mercredi 18 juillet le représentant légal de l'ONG locale dénommée "Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l'Evolution des Mentalités" (PARCEM), Suite à cette augmentation de la population, les dépenses publiques du Burundi en termes de transfert aux ménages et subventions représentent actuellement 30% du budget, soit 160 milliards de francs burundais (environ 109 millions USD).

http://bit.ly/OdcwCX





Santé & VIH/SIDA

Afrique : 1,7 million de personnes infectées par le VIH en 2011

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83788

Quelque 23,5 millions de personnes, dont 3,1 millions d'enfants, vivaient avec le VIH en Afrique subsaharienne en 2011. L'Afrique subsaharienne concentre plus de 80% des personnes vivant avec le VIH et la tuberculose, selon le Rapport 2012 publié mercredi 18 juillet par l’ONUSIDA. On estime que durant 2011, quelque 1,7 million de personnes ont été nouvellement infectées en Afrique subsaharienne. Parmi elles, près de 300 000 sont des enfants soit un recul de 26% depuis 2009.

http://bit.ly/NM4zWx


Afrique : Une opération contre la contrefaçon dans 16 pays sera lancée en 2013

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83792

L'opération "Vice GRIPS 2" de lutte contre la contrefaçon dans 16 pays en Afrique ne sera lancée qu'au plus tard fin décembre 2013, soit plus d'un an après que ces pays eurent renforcé, début juillet cette année, leur capacités de lutte à cet effet à Lomé. Selon des sources de l'Administration douanière togolaise, 79 tonnes de faux médicaments ont été saisis en 2011. Selon des experts du ministère de la Santé, la contrefaçon des produits alimentaires et pharmaceutique constitue un problème de santé publique du fait de l'insécurité de ces produits.

CORRUP
http://bit.ly/NzswTM


Afrique : Utilisation stratégique des antirétroviraux contre le VIH

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83808

Une utilisation plus stratégique des médicaments antirétroviraux contre le VIH peut nettement réduire la transmission du virus, selon des propositions de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui seront présentées dimanche à la 19ème Conférence internationale sur le sida à Washington. Le Rwanda et la Zambie mettent déjà en œuvre cette politique et plus d’une douzaine de pays indiquent qu’ils planifient de les rejoindre. Le Malawi, par exemple, propose désormais les ARV à toutes les femmes enceintes séropositives, quel que soit l’état de leur système immunitaire, et leur demande de poursuivre le traitement à vie. En plus de traiter les femmes infectées et de prévenir la transmission à leurs enfants, cette mesure peut aussi protéger les partenaires.

http://bit.ly/ORjFJ7


Afrique : Plus que jamais préparée contre le paludisme

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83789

Les pays africains améliorent de plus en plus la mise à disposition des interventions vitales contre le paludisme, comme les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA), tests de diagnostic rapide (TDR), les pulvérisations intra-domiciliaires (PID) et les moustiquaires imprégnées d'insecticides à longue durée d’action (MILDA). Par exemple, en normalisant les spécifications des MILDA, les pays africains pourraient économiser 630 millions de dollars sur une période de 5 ans. La poursuite des progrès dans la lutte contre le paludisme n'est pas seulement une question de ressources financières, il s'agit aussi de l'innovation technologique.

http://bit.ly/SOVlwg


Afrique du Sud : Les maux de l’alcoolisme

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83791

En Afrique du Sud, l’alcoolisme est à l’origine de milliers de décès sur les routes, de crimes de sang et de très nombreuses malformations fœtales irrémédiables. Les Sud-Africains ne sont pourtant pas de gros buveurs pour une majorité, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé. Ceux qui boivent en revanche, le font sans modération. L’alcoolisme ne date pas d’hier en Afrique du Sud. Ses origines sont à chercher du côté des huguenots français, arrivés dans le pays au XVIIe siècle. Ces derniers ont planté des vignes et payaient leurs ouvriers en alcool. Ce système de rémunération, officiellement interdit dans les années 1920, a perduré jusqu’à la fin de l’apartheid.

http://bit.ly/OdcxXF


Madagascar : Recrudescence des cas de tuberculose

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83811

Selon le ministère de la Santé de Madagascar, plus de 26 700 personnes ont contracté la maladie en 2011, soit une augmentation de 16% depuis 2009, due essentiellement à l'augmentation de la malnutrition. Le renversement de l'ex-président Marc Ravalomanana par le jeune opposant Andry Rajoelina a plongé le pays dans une grave crise économique. Les aides au développement venues de l'étranger on été suspendues depuis 2009. Le nombre d'emplois perdus est estimé à 200 000 et 81% de la population vit avec moins de 1 euro par jour. Environ 9% des patients arrêtent leur traitement prématurément. Et près de 5% des malades meurent.

http://bit.ly/OdeW4l


Sierra Léone : Le détournement de médicaments menace la gratuité des soins

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83814

D’après des enquêtes réalisées par la Sierra Leone Anti-Corruption Commission (ACC - Commission anti-corruption de Sierra Leone), les hôpitaux publics et les dispensaires du pays sont confrontés à une grave pénurie de médicaments destinés au programme de soins médicaux gratuits. En effet, les praticiens détournent ces médicaments pour les vendre. Selon l’UNICEF, en Sierra Leone, une femme sur 21 meurt au cours de la grossesse ou pour d’autres raisons, tandis que plus de 17 pour cent des enfants meurent avant l’âge de cinq ans. Le détournement de médicaments essentiels affecte la qualité des soins médicaux prodigués aux femmes et aux enfants. Beaucoup de médicaments volés sont vendus aux pharmacies ou à des revendeurs ambulants appelés « pepper doctors ».

http://bit.ly/QnZGrz





LGBTI

Liberia : Le sénat interdit le mariage homosexuel dans la constitution

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/83804

Les sénateurs libériens ont voté vendredi 20 juillet à l’unanimité un amendement à la Constitution interdisant le mariage entre personnes du même sexe. Alors que l’homosexualité est un tabou au Liberia, et la sodomie considérée comme un délit, la question du mariage entre personnes du même sexe n’a pas fait l’objet d’une loi, mais d’un amendement à un article de la Constitution. Un autre projet de loi déposé à l’Assemblée nationale vise à considérer comme un crime les relations sexuelles entre personnes du même sexe.

http://bit.ly/QnZg4s





Racisme & xénophobie

Tunisie : Les noirs feront-ils leur révolution ?

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/racism/83767

Minorité silencieuse, les Noirs de Tunisie s’expriment désormais librement sur le racisme. En majorité concentrés dans le sud de la Tunisie, ces citoyens tunisiens, jusqu’à présent discrets, dénoncent leur malaise de citoyens marginalisés. Deux problèmes majeurs les ont fait sortir de ce statut de «minorité silencieuse»: le racisme et la discrimination dont ils sont victimes. Phénomène aussi ignoré par l’Etat, puisqu’aucune étude statistique n’a été menée à ce jour sur le sujet. Pas de noir au journal de la télévision nationale, pas de noir au gouvernement ni même dans les postes élevés. On compte quelques exceptions depuis la révolution comme le présentateur noir Samir Gasrini, qui a animé quelque temps le journal du 20 heures à la télévision nationale: A l’assemblée, un seul député est noir, Béchir Abdel Ali Chamman du mouvement Ennahdha.

http://bit.ly/Q2LWSV





Environnement

Afrique : L’ADN de la vapeur d'eau dévoile les rouages de la mousson africaine

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83783

Cruciale pour la vie de millions de personnes entre le golfe de Guinée et le Sahel, la mousson africaine venue de l'Atlantique connaît des changements importants depuis quelques années. Pour en étudier les rouages, on sait aujourd'hui analyser, de loin, la composition isotopique, signature unique d'une masse d'air, un peu comme notre ADN. Toutes ces données vont maintenant être utilisées pour améliorer les modèles simulant l’évolution des précipitations sur la région du Sahel vers la fin du XXIe siècle.

http://bit.ly/Mwo5Jp


Afrique : Les criquets pèlerins menacent cultures et pâturages au Mali et au Niger

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83768

Les criquets pèlerins, dont la multiplication est favorisée par d'abondantes pluies, représentent un grave danger pour les cultures et pâturages au Mali et au Niger, avertit mardi 17 juillet l'Agence de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture dans un communiqué. Des nuées de ces insectes sont arrivées en juin dans les régions septentrionales des deux pays, en provenance du sud-est de l'Algérie et du sud-ouest de la Libye. Mobilisées au Niger, des équipes terrestres de prospection et de lutte antiacridienne ont depuis début juin traité 1.200 hectares contre ce ravageur. En revanche, dans le nord du Mali, les opérations de lutte sont entravées par le conflit politique.

http://bit.ly/OdaRNz


Global : Saisie en Thailande de près d'une demi-tonne d'ivoire provenant du Kenya

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83766

Les douanes thaïlandaises ont annoncé mardi 17 juilley la saisie près d'une demi-tonne d'ivoire, dont de nombreuses défenses entières, dans des caisses en provenance du Kenya. Les caisses étiquetées comme contenant de l'artisanat venaient du Kenya et ont été ouvertes lors d'un contrôle aléatoire. La convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) a prohibé le commerce international de l'ivoire en 1989, même si elle a fini par autoriser, à partir de 1997, les pays d'Afrique australe à procéder à quelques ventes ponctuelles.

http://bit.ly/ORicSY


Nigeria : Une amende de 5 milliards de dollars à Shell pour pollution

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83769

Le Nigeria a infligé une "amende administrative" de 5 milliards de dollars à Shell pour une fuite de pétrole survenue en décembre 2011 sur une installation offshore du groupe anglo-néerlandais, a-t-on appris mardi 17 juillet. Shell avait été contraint en décembre dernier de suspendre pendant une dizaine de jours ses activités du champ Bonga, situé dans le golfe de Guinée, après le déversement accidentel de quelque 40.000 barils dans l’océan Atlantique en raison d’une fuite sur une conduite entre le navire de production et un tanker.

http://bit.ly/OOVjkj


Rd Congo : Le ministre de l’Industrie interdit les sacs en plastique

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83813

Le ministre de l’Industrie, Petites et moyennes entreprises de la RD Congo a annoncé, jeudi 19 juillet à Kinshasa, l’interdiction de l’importation, la fabrication et la commercialisation des sacs en plastique. Les industriels du secteur ont demandé qu’un délai de trois mois leur soit accordé pour qu’ils épuisent leur stock de production. Mais le ministre leur a demandé de recycler leur stock en emballage biodégradable. Le représentant des fabricants des sacs en plastique a avoué que leur fabrication et leur importation est interdite dans beaucoup d’autres pays africains.

http://bit.ly/LvH0zL


Rwanda : Des gorilles détruisent le piège qui a tué l'un des leurs

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83802

Les gorilles sont non seulement intelligents mais aussi solidaires entre eux. C'est ce que prouve l'observation effectuée mardi 18 juillet par le Dian Fossey Gorilla Fund. Quelques jours après la mort d'un jeune gorille dans un piège de braconnage, deux gorilles des montagnes, âgés d'à peine quatre ans, ont été aperçus travaillant de concert pour détruire les pièges des braconniers. Les deux jeunes courageux, prénommés Dukore et Rwema, ont anéanti le piège dans leur propre forêt d'habitation. Ce comportement n'avait encore jamais été observé.

http://bit.ly/MdkoW7





Justice Alimentaire

Afrique : crise alimentaire dans le Sahel aggravée par le conflit malien

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/food/83771

Plus de 18 millions de personnes sont victimes d'une nouvelle crise alimentaire dans le Sahel, qui atteint actuellement son pic et est aggravée par le conflit au Mali ayant conduit en masse des réfugiés dans des pays voisins déjà fragiles. Avec six millions d'habitants manquant de nourriture, le Niger est pourtant le pays qui s'est le plus tôt mis en alerte - rompant avec un déni souvent pratiqué par le passé -, est l'un des plus durement éprouvés. Pour l'aide, les besoins ont été chiffrés par les Nations unies à 1,6 milliard de dollars, dont quelque 1,07 milliard a pu être mobilisé.

http://bit.ly/MCBIZc


Burkina : Installer des greniers en captant la fraîcheur de la nuit

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/food/83805

La nuit dans le désert, la température baisse, produisant une fraîcheur naturelle idéale pour conserver et stocker fruits et légumes. A partir de ce constat très simple, un Français a développé une technologie de production de froid pour alimenter des "greniers du Sahel" au Burkina Faso. Le hangar en pisé, une terre crue séchée au soleil, est construit en forme de voûtes de 3m de haut avec un toit de 100 m2 sur lequel trois panneaux solaires fournissent l’énergie nécessaire à l’éclairage et la ventilation. Le réservoir thermique est, lui, intégré au bâti. La température à l’intérieur est stable autour de 20° alors que dehors il fait plus de 40°, et en jouant sur la vitesse de circulation de l’air, on peut descendre à 15°

http://bit.ly/NVHEvQ


Somalie : Un an après la famine, 2,5 millions de personnes en danger

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/food/83770

Plus de 2,5 millions de personnes restent en danger en Somalie un an après l’apparition de la famine, et malgré les importants efforts de la communauté internationale pour leur venir en aide, ont affirmé les Nations unies. Quelque 323.000 enfants, ou un cinquième des enfants de moins de cinq ans, souffrent toujours, dans ce pays ravagé par deux décennies de guerre civile et des sécheresses chroniques, de malnutrition aiguë. Selon les estimations, la sécheresse qui a frappé la Corne de l’Afrique l’an dernier, cumulée aux combats incessants en Somalie, a fait des dizaines de milliers de morts dans le pays.

http://bit.ly/LvXf4j





Média & liberté d'expression

Egypte : Hillary Clinton huée au Caire

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/media/83777

Sa visite officielle en Egypte a été pour le moins éprouvante pour Hillary Clinton. Alors que la secrétaire d’Etat américaine se rendait au consulat américain situé à Alexandrie, des manifestants égyptiens lui ont réservé un accueil glacial, scandant des insultes et lançant des tomates, des chaussures et des bouteilles d’eau sur sa voiture. Si Hillary Clinton a été la cible de ces attaques, c’est parce que son entrevue avec le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui assurait jusqu'à fin juin l'intérim du pouvoir, a provoqué les foudres de certains manifestants.

http://bit.ly/PZdoB1





Conflits & urgences

Afrique : Des armureries flottantes dans l’Océan Indien

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83772

Les Nations Unies se déclarent préoccupées de la présence "d'armureries flottantes" au large des côtes de l'Afrique orientales. Ce sont des bateaux chargés d'armes destinées aux gardes de sociétés privées, loués par les propriétaires des bateaux, pour se protéger des attaques de pirates dans cette zone dangereuse. Cependant, cette évolution s'accompagne d'un développement jugé préoccupant par le groupe d'experts sur la Somalie des Nations Unies. Comme la plupart des pays dans cette région n'autorisent pas les activités de sociétés privées de sécurité sur leur territoire, celles-ci recourent de plus en plus à ce qui est qualifié dans le rapport de l’ONU, "d'armureries flottantes".

http://bbc.in/OXLbFG


Mali : Al-Qaïda coordonne les différents groupes islamistes du nord

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83803

Les groupes islamistes armés qui occupent et se partagent le nord du Mali depuis fin mars agissent en parfaite coordination sous la houlette d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), maître du jeu dans la région. Un journaliste de l'AFP a vu à Gao des jihadistes algériens circuler dans de puissants véhicules et plusieurs témoins ont affirmé y avoir régulièrement vu un des principaux dirigeants d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar, un Algérien surnommé "Le Borgne".

http://yhoo.it/PhdDT9


Mali : Comment arrêter les fous de Dieu ?

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83774

Le drapeau noir des salafistes pourrait bien flotter encore un moment dans le ciel sinistre de Tombouctou, Kidal et Gao. Même la destruction des mausolées de saints musulmans de Tombouctou, au nom d'un islam ultraradical, n'aura pas ébranlé le Conseil de Sécurité de l'ONU. Mais si l'ONU tergiverse tant, c'est surtout par crainte d'un enlisement dans les sables des confins du Mali. Elle juge très hasardeux le projet d'opération militaire de la CEDEAO. Lâcher 3 000 hommes dans un désert grand comme une fois et demi la France face à des combattants qui en connaissent la moindre dune et qui ont récupéré dans les arsenaux libyens des missiles pouvant abattre des avions comporte des risques.

http://bit.ly/OU8Ppv


Mali : La CPI saisie pour enquêter sur les crimes dans le nord

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83776

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mercredi 18 juillet un examen préliminaire sur la situation au Mali, préalable à l'ouverture d'une enquête demandée par Bamako sur des crimes commis par des groupes armés islamistes ou touareg dans le nord de ce pays. Dans sa lettre de saisine, publiée par la CPI, le Mali affirme que des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre ont été commis dans le nord du pays. Le procureur Mme Bensouda a indiqué qu'elle prendrait une décision "à brève échéance" sur l'ouverture d'une enquête.

http://yhoo.it/OjTQF7


Mali : Trois Européens relâchés contre la libération de trois islamistes

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83775

Les trois otages européens relâchés mercredi 18 juillt dans le nord du Mali, parmi lesquels un Espagnol a été blessé, sont repartis pour leurs pays jeudi 19 juillet depuis Ouagadougou, après un accord sur la libération de trois islamistes, deux détenus en Mauritanie et un au Niger, contre une rançon de deux à trois millions d'euros. Après les libérations de mercredi 18 juillet, treize otages, dont six Français, restent retenus par des islamistes au Sahel.

http://yhoo.it/OtFrGo





Internet & technologie

Afrique : Le "mail-sms" débarque sur les mobiles africains

2012-07-22

http://pambazuka.org/fr/category/internet/83793

Gmail, le service de messagerie de Google, offre désormais la possibilité à ses utilisateurs nigérians, kényans et ghanéens de recevoir leurs mails, transformés en sms, sur leurs mobiles. "Gmail Sms" peut être utilisé sur les modèles les plus simples sans connexion Internet. "Gmail Sms" n’est pour l’heure disponible que dans trois pays africains : au Ghana, au Nigeria et au Kenya. De même, les mails peuvent être écrits sous forme de sms, puis envoyés. La transformation du mail en sms est un service gratuit mais les sms devraient être facturés au même tarif que les textos traditionnels par les opérateurs de téléphonie mobile.

http://bit.ly/Mai1nb





/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\/\/\//\


Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
www.fahamu.org/

© Sauf indication contraire, tous les contenus publiés ici le sont avec autorisation sous les termes de la licence « Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 3.0 Unported »

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org

Si vous ne souhaitez plus figurer sur la liste de nos abonnés, veuillez écrire à editor@pambazuka.org et votre adresse sera aussitôt retirée.

Pour les détails supplémentaires: www.pambazuka.org/fr/about.php

Pambazuka news peut être visionné en ligne: www.pambazuka.org/fr/

Le RSS est disponible sur www.pambazuka.org/fr/newsfeed.php

Pambazuka News est publié grâce au soutien d’un certain nombre de bailleurs de fonds dont les coordonnées peuvent être obtenues en passant par l’adresse www.pambazuka.org/fr/about.php

Pour VOUS ABONNER ou VOUS DESABONNER, allez sur:
pambazuka.gn.apc.org/cgi-bin/mailman/listinfo/pambazuka-news-fr

ou envoyez un message à editor@pambazuka.org avec le mot ABONNER ou DESABONNER dans la case réservée à l’objet selon le cas.

Les points de vue exprimés ici sont ceux des auteurs eux-mêmes et ils ne représentent pas nécessairement ceux de Pambazuka News ou Fahamu.

ISSN 1753-6847

ISSN 1753-6839 Pambazuka News English Edition http://www.pambazuka.org/en/

ISSN 1753-6847 Pambazuka News en Français http://www.pambazuka.org/fr/

ISSN 1757-6504 Pambazuka News em Português http://www.pambazuka.org/pt/

© 2009 Fahamu - http://www.fahamu.org/