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Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 251 : Dettes, élections, résistances : Nouveau cycle dans la trajectoire des luttes globales

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Moniteur de l'Union Africaine, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Justice Alimentaire, 16. Nouvelles de la diaspora, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Sommet des Peuples de Rio+20 pour la Justice sociale et environnementale
COMMENTAIRES & ANALYSES : Djibouti : Solidarité avec les luttes légitimes des jeunes de Tadjourah
PLAIDOYER & CAMPAGNES : Sénégal : Les femmes parlementaires dessinent leur feuille de route.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : L’Ua adopte une nouvelle feuille de route sanitaire.
FEMMES ET GENRE : Afrique : Rendre obligatoire l’entrée des femmes au Parlement.
DROITS HUMAINS : Afrique : Le Sénégal et l’UA propose un tribunal spécial pour Habré.
R2FUGIES ET MIGRATION FORCEE : Global : Paris et Rabat veulent renforcer leur coopération l’immigration.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Ghana : Le parti au pouvoir s’interroge sur son candidat à la présidentielle.
CORRUPTION : Burundi : Prison ferme pour un militant anti-corruption.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le vice de la politique d’aide au développement.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Des mécanismes pour combler le déficit de financement sur le Vih.
EDUCATION : Bénin : Des milliers d’adolescents retrouvent l’école.
RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du sud : Un extrémiste blanc reconnu coupable de haute trahison.
ENVIRONNEMENT : L’Afrique en guerre contre les sacs plastiques.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Zimbabwé : Plus d’un zimbabwéen sur dix va avoir besoin de l’aide alimentaire.
NOUVELLES DE LA DISPORA : Afrique : Les Lembas d’Afrique australe, juifs noirs sans synagogue.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Le Marc invitée à s’impliquer dans la crise au Mali.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : La vague orange déferle sur le continent.




Chroniques

Sommet des Peuples de Rio+20 pour la Justice sociale et environnementale

Déclaration finale

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84013

Le document final du Somment des peuples synthétise les principaux axes discutés durant les plénières et assemblées, ainsi que l’ont exprimé les fortes mobilisations entre le 15 et le 22 juin, qui soulignent les convergences autour des causes structurelles et des fausses solutions, des solutions des peuples face aux crises, ainsi que les principaux axes de lutte pour la période à venir. Les synthèses approuvées dans les plénières intégrent et complètent ce document politique pour que les peuples, mouvements et organisations puissent continuer à converger et approfondir les luttes et la construction d’alternatives dans leurs territoires, régions et pays dans le monde entier.

Les mouvements sociaux et populaires, syndicats, peuples, organisations de la société civile et écologistes du monde entier présents au sommet des peuples de Rio+20 ont impulsé dans les campements, à travers les mobilisations massives et les débats, la construction des convergences et des alternatives, conscients que nous sommes les sujets d’une autre relation entre êtres humains et entre l’humanité et la nature, et assumant le défi urgent de stopper la nouvelle phase de recomposition du capitalisme et de construire à travers nos luttes de nouveaux paradigmes de sociétés.

Le Sommet des Peuples est le moment symbolique d’un nouveau cycle dans la trajectoire des luttes globales qui produisent de nouvelles convergences entre mouvements de femmes, indigènes, noirs, jeunes, agriculteurs et agricultrices, familles, paysans, travailleurs et travailleuses, peuples et communautés traditionnelles, quilombolas, défenseurs du droit à la ville, et religions du monde entier. Les assemblées, les mobilisations et les grandes marches des peuples ont été les moments d’expression les plus fortes de cette convergence.

Les institutions financières multilatérales, les coalitions au service du système financier comme le G8 et le G20, la capture « corporative » de l’ONU et la majorité des gouvernements ont démontré leur irresponsabilité face au futur de l’humanité et de la planète, et ont fait la promotion des intérêts des transnationales dans la conférence officielle. Au contraire la vitalité et la force des mobilisations des débats au Sommet des Peuples ont renforcé notre conviction que seul le peuple organisé et mobilisé peut libérer le monde du contrôle des transnationales et du capitalisme financier.

Il y a vingt ans, le forum global réalisé lui-aussi à l’Aterro do Flamengo, avait dénoncé les risques que courait l’humanité et la nature avec la privatisation et le néo-libéralisme. Aujourd’hui nous affirmons que, en plus de la confirmation de notre analyse, nous observons des reculs significatifs concernant les droits humains déjà reconnus. A Rio+20 le scénario voué à l’échec des fausses solutions défendues par les mêmes acteurs qui ont provoqué la crise mondiale se répète. A mesure que cette crise s’amplifie, les corporations avancent contre les droits des peuples, la démocratie et la nature, séquestrant les biens communs de l’humanité pour sauver le système économico-financier.

Les multiples voix et forces qui ont convergé au Sommet des Peuples dénoncent la vraie cause structurelle de la crise globale: le système capitaliste patriarcal, raciste et homophobe.

Les transnationales continue à commettre ses crimes en violant systématiquement les droits des peuples et de la nature dans l’impunité la plus totale. De la même façon, elles avancent leurs intérêts à travers la militarisation, la criminalisation des modes de vie des peuples et des mouvements sociaux en promouvant la déterritorialisation dans les campagnes et dans les villes.

De même nous dénonçons la dette écologique historique qui affecte majoritairement les peuples opprimés du monde, et qui doit être assumée par les pays hautement industrialisés, qui en fin de compte, sont ceux qui ont provoqué les multiples crises que nous vivons aujourd’hui.

Le capitalisme conduit aussi à la perte du contrôle social, démocratique et communautaire sur les ressources naturelles et les services stratégiques, qui continuent à être privatisés, transformant les droits en marchandises et limitant l’accès des peuples aux biens et services nécessaires à la survie.

La dite « économie verte » est une des expressions de la phase financière actuelle du capitalisme qui utilise d’anciens et de nouveaux mécanismes, comme l’augmentation de l’endettement public-privé, l’encouragement à la surconsommation, l’appropriation et la concentration des nouvelles technologies, les marchés du carbone et la biodiversité, la privatisation et l’aliénation des terres et les partenariats public-privé, parmi d’autres.


PROPOSITIONS ET RÉSUMÉS

Les alternatives se trouvent dans nos peuples, notre histoire, nos coûtumes, nos savoirs, pratiques et systèmes productifs, que nous devons entretenir, revaloriser pour passer à l'échelle d'un projet contre-hégémonique et transformateur.

La défense des espaces publics dans les villes, avec une gestion démocratique et la participation de la population, l'économie coopérative et solidaire, la souveraineté alimentaire, un nouveau paradigme de production, distribution et consommation, le changement de la matrice énergétique, sont des exemples d'alternatives réelles face à l'actuel système agro-urbano-industriel.

La défense des biens communs passe par la garantie d'un ensemble de droits humains et de la nature, par la solidarité et le respect des visions cosmiques et croyances des différents peuples, comme par exemple, la défense du "Bien Vivre" comme forme d'existence en harmonie avec la nature, ce qui présuppose une transition juste qui doit être construite avec les travailleurs et les peuples.

Nous exigeons une transition juste qui suppose une amplification du concept de travail, la reconnaissance du travail des femmes et un équilibre entre la production et la reproduction, pour que celle-ci ne soit pas une attribution exclusive des femmes. Cela passe encore par la liberté d'organisation et le droit à la négociation collective, ainsi que par la création d'un système de sécurité et de protection sociale, compris comme un droit humain, ainsi que des politiques publiques qui garantissent un travail décent.

Nous affirmons le féminisme comme instrument de construction de l'égalité, la liberté pour les femmes de disposer de leur corps, une sexualité et le droit à une vie libérée de la violence. De même nous réaffirmons l'urgence de la redistribution des richesses et des revenus, du combat contre le racisme et contre l'ethnocide, de la garantie du droit à la terre et au territoire, du droit à la ville, à l'environnement et à l'eau, à l'éducation, à la culture, à la liberté d'expression et à la démocratisation des moyens de communication.

Le renforcement des économies locales diversifiées et des droits territoriaux garantissent la construction collective d'économies plus dynamiques. Ces économies locales permettent des modes de vie locaux et soutenables, la solidarité communautaire, composante vitale de la résilience des écosystèmes. La diversité de la nature et sa diversité culturelle associée est le fondement d'un nouveau paradigme de société.

Les peuples veulent déterminer pour quoi et pour qui sont destinés les biens communs et énergétiques, en plus d'assumer le contrôle populaire et démocratique de sa production. Un nouveau modèle énergétique est fondé sur des énergies renouvelables décentralisées et qui garantissent l'accès à l'énergie pour la population et non pour les entreprises.

La transformation sociale exige des convergences d'actions, articulations et agendas à partir des résistances et alternatives contre-hégémoniques au système capitaliste qui sont en cours aux quatre coins de la planète. Les processus sociaux accumulés par les organisations et les mouvements sociaux qui ont convergé au Sommet des Peuples ont résulté sur le choix des axes de lutte suivants :

- contre la militarisation des Etats et des territoires;
- contre la criminalisation des organisations et mouvements sociaux;
- contre la violence envers les femmes;
- contre la violence envers les lesbiennes, gays, bissexuels, transsexuels et transgenres;
- contre les multinationales;
- contre l'imposition du paiement de dettes économiques injustes et pour l'audit citoyen de celles-ci;
- pour la garantie du droit des peuples à la terre et aux territoires urbains et ruraux;
- pour la consultation et le consentement libre préalable et informé, fondé sur les principes de la bonne foi et des effets qui en découlent, conformément à la Convention 169 de l'OIT;
- pour la souveraineté alimentaire et une alimentation saine, contre les produits agro-toxiques et transgéniques;
- pour la garantie et la conquête de droits;
- pour la solidarité avec les peuples et les pays, principalement ceux qui sont menacés par des coups d'Etat militaires ou institutionnels, comme cela s'est produit récemment au Paraguay;
- pour la souveraineté des peuples sur le contrôle des biens communs, contre les tentatives de marchandisations de ceux-ci;
- pour le changement de la matrice et du modèle énergétique en vigueur;
- pour la démocratisation des moyens de communication;
- pour la reconnaissance de la dette historique sociale et écologique;
- pour l'établissement d'une journée mondiale de la grève générale;

Nous rentrons dans nos territoires, régions et pays, animés par la volonté de construire les convergences nécessaires, de poursuivre la lutte, en résistant et en avançant contre le système capitaliste et ses anciennes et nouvelles formes de reproduction.

Levons-nous et poursuivons la lutte!
Rio de Janeiro, du 15 au 22 juin 2012


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Abstention, déficit démocratique et légitimité des pouvoirs

Moustapha Kassé

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84011

Le phénomène de l’abstention est, aujourd’hui, une caractéristique de toutes les démocraties qu’elles soient jeunes ou adultes. La désillusion politique atteint de plus en plus de citoyens qui souvent se demandent, avec angoisse ou du moins une certaine gêne, à la veille d’une élection, pour qui voter. Ce désintérêt croissant de la population envers la politique menace-t-elle véritablement le système démocratique ou plutôt anéantit-il la légitimation des pouvoirs ?

Selon Anne Muxel (L’abstention : déficit démocratique), l’abstention progresse quel que soit le type d’élection, dans nombre de pays européens et africains. Comme un baromètre, l’abstention est un indicateur du climat de l’opinion, du lien entre les citoyens et leur représentation politique, et plus largement de l’état de santé du système démocratique. Un autre auteur comme Mark N. Franklin, examinant l’évolution de la participation électorale dans vingt-deux pays sur une longue période – de 1945 à nos jours –, constate qu’elle a augmenté en moyenne de 5,5 points.

La problématique est quasi récurrente dans tous les pays et pour la majorité des élections, en dehors des présidentielles, pour lesquelles la mobilisation électorale est souvent très forte et peut varier de 70 à 80%. Toutes les autres élections, sans exception, accusent des taux élevés d’abstention. En prenant le cas de la France, aux régionales de 2004, l’abstention était de 38% au premier tour, aux municipales de 2008, elle était de 35% et en 2010 le taux était encore plus élevé. Il est souvent souligné qu’en 2002, le candidat du Parti socialiste a été éliminé au premier tour à cause d’une abstention massive. Les élections législatives dernières, en France comme au Sénégal, n’ont point dérogé à ces constats. Pour mémoire, au Sénégal, aux élections législatives de 2007, le taux d’abstention avait frisé les 70%, même si l’opposition avait boycotté les urnes.

Le débat mené actuellement sur l’abstentionnisme est très mal engagé : les considérations politiciennes et ultra partisanes l’emportent sur des réflexions robustes, animées par des chercheurs spécialisés (sociologues, politologues, statisticiens et économistes) qui s’appuient sur des faits quantitatifs et qualitatifs avérés. Le phénomène étant à la fois permanent et massif, il mérite une réflexion profonde pour en savoir le niveau, les causes, les relations avec le déficit démocratique et la légitimité des pouvoirs et enfin les solutions. Cet article est une simple introduction au débat et se propose de lancer quelques pistes autour de deux questions centrales : Quelles sont les causes profondes de l’abstention ? Que faire pour améliorer son niveau ?

LES CAUSES DE LA MONTEE DE L’ABSTENTION, UNE CARACTERISTIQUE DE TOUTES LES DEMOCRATIES

A l’analyse, l’abstention électorale est un phénomène extrêmement complexe qu’il est difficile de décrypter sans s’appuyer sur des faits obtenus par des sources officielles appropriées (ministère de l’Intérieur) et des sondages réalisés sur des échantillons représentatifs. Pour beaucoup de chercheurs, l’abstention traduit une crise de la politique dont l’élément majeur est celle de la représentation. Généralement considérée comme la non-exécution d’un droit, les théoriciens de la science politique la présente comme une sorte de pathologie du fonctionnement démocratique. Pourtant, à y regarder de près, les auteurs ne s’entendent ni sur la signification du concept, ni sur son évaluation quantitative, encore moins sur la portée effective de ses implications. Dès l’instant où des millions d’électeurs se délestent volontairement de leur devoir de voter, il faut s’interroger sur les raisons profondes d’une pareille attitude. Ce comportement qui, certes, n’a rien d’énigmatique, tire ses racines, sans doute, dans plusieurs séries de facteurs dont trois, au moins, méritent d’être analysées.

La première série de facteurs concerne la crise actuelle de légitimité qui frappe la représentation d’une institution comme le Parlement, dans lequel le citoyen électeur ne se reconnait plus. Comment expliquer la discordance entre les fonctions présumées des Parlements et le désintérêt ou la résistance par l’abstention électorale ? Les raisons sont diverses.

D’abord, les Assemblées nationales sont devenues progressivement des caisses de résonnance de l’Exécutif ; elles sont en fait des chambres d’enregistrement dont les membres sont proposés au suffrage universel par le président de la République violant ainsi le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Les preuves ne manquent pas : à titre illustratif, les multiples modifications de la Constitution sénégalaise adoptées, sans la moindre objection, par l’Assemblée nationale, la dernière relative au ticket (Ndlr : élection du président et d’un vice-président sur même ticket) a failli emporter la République, le 23 juin, par une révolution citoyenne qui a complètement disqualifié les fonctions de député. Il en va de même pour beaucoup de lois scélérates (comme la loi Ezzan qui a blanchi des criminels patentés).

Ensuite, cette sujétion à l’Exécutif transforme les députés en brigades d’applaudissement sans grande initiative et adoptant tous les textes gouvernementaux. El Hadj Falilou Mbacké (ancien khalif général des Mourides), avec son bon sens légendaire, en avait cette claire lecture lorsqu’il avait proposé à l’inscription comme député son porte-parole qui, affirmait-il, avait un excellent profil d’« applaudisseur » : il en a apporté la preuve séance tenante. Ensuite, ce discrédit de l’Assemblée nationale est renforcé par l’absentéisme au sein de l’hémicycle qui est la meilleure manifestation du peu d’intérêt que les députés accordent à leur propre fonction de professionnel de la représentation populaire. Le prestigieux professeur Raymond Barre disait que son meilleur dortoir était l’Assemblée nationale.

La deuxième série de facteurs concerne la double déficience des acteurs et des supports du jeu électoral à savoir les partis politiques caractérisés par leur éparpillement, leur personnalisation excessive, leur « poussiérisation », leur « clanisation » en règle dans la plupart des partis de masse. De plus, ces partis et mouvements citoyens sont dépourvus de programme et de schéma de campagne électorale. En effet, en mars 2012, lors de l’élection présidentielle, plus de 65% des sénégalais ont voté pour le changement qu’ils attendent depuis les années 1980 ; nier ce problème ne suffit à le supprimer.

L’analyse sociopolitique révèle que la constellation des candidatures (refus de changement et irréalisme) est expressif de la percée de l’abstention. Quatre faits massifs l’établissent. En premier lieu, les 180 partis politiques sénégalais inscrits au fichier, en dehors de 3 ou 4, ne sollicitent les populations qu’à l’approche des élections : avant, ils ne mènent aucune activité et ne manifestent aucune présence sur les champs politiques. C’est le cas de l’écrasante majorité des 24 partis, coalitions de partis et listes citoyennes qui se sont lancés à la conquête des suffrages des citoyens sénégalais. Leur nombre exorbitant fait que les populations majoritairement analphabètes n’arrivent pas à percevoir les différences d’orientations, le sens des propositions de l’offre politique : ils sont dans l’incapacité totale d’établir les bases de la conflictualité des acteurs en compétition et peinent à opérer un choix.

En second lieu, à part Bennoo Book Yaakar (BBY), la quasi-totalité des acteurs ne présentent aucun discours politique cohérent, aucun projet de société, aucune idéologie. Ils se contentent, dans les professions de foi, de présenter des catalogues de propositions qui sont, la plupart du temps, des promesses démagogiques, des vœux pieux sans rapport avec la réalité : « en veux-tu, en voilà ». En matière de politique économique et sociale aucun de ces acteurs en lice ne s’est risqué à faire des propositions programmatiques techniquement justifiées. Bien que certains d‘entre eux se réclament comme des forces de gauche, ils ont totalement oublié de se battre autour des valeurs de gauche que sont la justice sociale, la solidarité, et la demande d’équité.

C’est la raison pour laquelle, malgré leur verbe haut, ils caracolent en queue de peloton. En troisième lieu, la plupart des leaders ont tablé plus sur des machines électorales que sur la mobilisation effective de militants formés et préparés à la bataille électorale. Toute la classe politique imite sans inintelligence ni discernement le modèle américain de campagne électorale véritable spectacle politique avec ses flonflons ronronnant appuyée par les médias qui rendent compte, à moindre frais, de la théâtralité. En quatrième lieu, l’abstention peut être liée à des questions juridiques comme les modes de désignation des députés sur la liste nationale avec l’application de la proportionnelle qui fait que le candidat ou l’élu n’a aucun port d’attache. Il en va de même pour la liste départementale où le scrutin majoritaire à un tour soulève des problèmes propres à ceux relatifs au scrutin de cette nature.

Au total, les acteurs politiques hétérogènes sans vision de société, ni discours économique cohérent, ni idéologie ne sont pas porteurs d’intérêt pour les populations qui, après les distributions de T. shirts, pagnes et autres médaillons, ont terminé leur part de patriotisme électoral. C’est dire que les politiciens se comportent comme si les sénégalais dont on sollicite les suffrages n’ont pas le droit de savoir comment ils seront gouvernés et comment les politiques prendront en charge leurs diverses préoccupations. On ne gouverne pas avec des vœux, et en la matière on ne dépassera jamais le marchand d’illusion qui avait promis aéroports, centrales nucléaires, autoroutes, métro, ports, chemins de fer et même la construction de Mahanatan au cœur de Dakar : l’électorat n’a pas été dupe de ces foutaises en le renvoyant à ses rêves ampoulés.
QUE FAIRE ? POURSUIVRE LA FRAGMENTATION OU OPERER LA RECOMPOSITION : LES PARTIS POLITIQUES A L’EPREUVE D’UN RETOUR DE RESPONSABILITE DANS LA VIE DEMOCRATIQUE

Sur quels axes les réformes doivent-elles porter pour combattre l’abstention ? Plusieurs pistes de correction peuvent être entrevues dont deux semblent se détacher : d’abord l’utilisation de la loi et ensuite la recomposition politique pour arriver à fortifier les partis politiques. La massification de l’abstentionnisme pouvant entrainer progressivement une délégitimation des pouvoirs politiques, elle peut être corrigée par la loi qui pourrait rendre le vote obligatoire.
La première piste pourrait être la redéfinition des modalités juridiques de la participation politique ainsi que les attributs et les sanctions pour une citoyenneté moderne et plus engagée. Certains pays comme la Belgique ont suivi ces réformes et ont adopté une législation rendant le vote obligatoire. Certains auteurs proposent la mise en œuvre de sanctions diversifiées pouvant comprendre, entre autres, des sanctions pécuniaires. D’autres envisagent la radiation des listes électorales en cas de récidive ou encore impossibilité d’être nommé à des responsabilités publiques. Il faut sans doute creuser toutes ces pistes et prendre les mesures appropriées.

La deuxième piste concerne l’indispensable recomposition politique car les élections ne dépendent pas seulement des lois et règlements mais aussi des acteurs du jeu électoral comme les partis politiques. En effet, les Partis politiques d’un côté défendent un idéal collectif, incarnent une conception de l’économie et des relations sociales, et de l’autre concourent à l’expression du suffrage universel, à la formation de la volonté politique du peuple. Toutefois, trop nombreux (environ 180), sans idéologie claire ni adjuvent sociétal, sans ancrage territorial, faiblement structurés, inefficaces dans la mobilisation des masses, dépourvus de ressources financières, ils sont incapables de jouer les fonctions que la loi leur assigne. N’ayant pas de fonctionnement permanent et régulier, leur organisation interne n’est souvent pas conforme aux principes démocratiques. Ces défaillances font qu’ils sont les mal-aimés des populations et ne servent pas de repère pour les électeurs. Il importe certainement de les mettre en mesure d’exercer leurs missions, leur responsabilité particulière.

CONCLUSION

Le phénomène de l’abstention est, aujourd’hui, une caractéristique de toutes les démocraties qu’elles soient jeunes ou adultes : France, Algérie, Côte d’Ivoire, Guinée, Sénégal pour prendre ces exemples. La désillusion politique atteint de plus en plus de citoyens qui souvent se demandent, avec angoisse ou du moins une certaine gêne, à la veille d’une élection, pour qui voter ? Ce désintérêt croissant de la population envers la politique menace-t-elle véritablement le système démocratique ou plutôt anéantit-il la légitimation des pouvoirs ?

Au regard de tout cet argumentaire, l’abstentionnisme peut faire l’objet d’interprétations diverses et contradictoires. Dans le cas présent des élections législatives sénégalaises, Il est complètement grotesque et sans consistance d’assimiler les abstentionnistes comme représentant les déçus du tout nouveau régime du président de la République. Même avec une baguette magique, il n’est pas possible de résoudre les nombreux et complexes problèmes du pays en 100 jours et cela d’autant plus que les nouvelles autorités ne disposent que de très peu d’instruments et de moyens d’action pour s’attaquer au redressement d’un pays sérieusement abimé par une gestion calamiteuse d’une bonne décennie. Il faut interpeller les analystes, chercheurs et acteurs de la vie politique sur les causes profondes et les messages convoyés par l’abstention, en vue d’apporter les solutions idoines.


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** Moustapha Kassé, est Doyen honoraire de la Faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar

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Dette, extractivisme, gâchis, aux racines de l’injustice globale

Nicolas Sersiron

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84008

Il faut changer toute l’organisation basée aujourd’hui sur l’extractivisme, le productivisme, le consumérisme et les profits. C’est en imposant un prix aux objets, prenant en compte les coûts cachés comme la raréfaction des matières premières, l’augmentation des déchets, des pollutions, du réchauffement, des désastres environnementaux causés par l’extraction et de la pauvreté de plus de la moitié des habitants de la planète, que nous pourrons sortir de ce système.

La société de consommation qui rêve de se transformer en une société de développement durable est comme un sprinter de 100 mètres qui imagine pouvoir conserver la même vitesse pendant les 42 km d’un marathon. Cette civilisation européenne, fondée sur l’extraction de ressources naturelles, doit son exceptionnelle puissance à une accélération du pillage et du gâchis généralisé de toutes les richesses de la planète.

Le pétrole – âge 500 millions d’années - n’est largement utilisé par notre monde que depuis 50 ans et le pic de production est déjà dépassé. La croûte terrestre trouée de toutes parts est comme une outre percée dont nous sommes en train d’aspirer les dernières gouttes sans penser à demain. La rareté qui s’annonce ne pourra que provoquer un effondrement économique et social d’un système qui s’était construit sur l’abondance pour un petit nombre au détriment de la majorité des habitants. Comment imaginer, alors que la consommation moyenne d’un Occidental est de 100 tonnes par an de matières extraites, que ce système puisse être durable.

Le rapport Meadows de 1972, pour le club de Rome, « donnait soixante ans au système économique mondial pour s’effondrer, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement ». Le Smithsonian Institute dans une nouvelle analyse avec de nouveaux outils, le confirme 40 ans après, “tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre” vers 2020-2030.

Notre société de gâchis et d’injustice sociale va s’autodétruire. Basée sur la compétition du chacun contre tous et la privatisation des profits, elle est génétiquement incapable de répartir, économiser, coopérer. Le pillage sans limite des richesses naturelles, est comme une vie sans rêve. En privatisant les biens communs, nous transgressons les fondations sociales ancestrales des hommes, « donner, recevoir, rendre », qui leurs permettaient de vivre les uns avec les autres. La base de notre vie en société est l’échange entre tous et avec la nature, la « terre mère » des indiens d’Amérique du sud. Car, comme le dit Albert Jacquard, « ce sont les autres qui me font ».

Ce ne sont pas les réalisations les plus magnifiques de l’architecture, les tours infinies ou les découvertes de la science, les fusées et les smartphones qu’apprécieront nos lointains successeurs comme nous sommes ébahis par les pyramides d’Egypte, les ruines d’Angkor ou la capsule Apollo. Confrontés au réchauffement climatique, aux mers vides, aux déserts galopants, aux terres agricoles ruinées par le productivisme, aux ressources fossiles et métalliques disparues, aux déchets nucléaires ingérables, au septième continent fait de bouts de plastique qui flottent entre deux eaux au milieu du pacifique, à la pollution généralisée des eaux douces, à l’acidification des océans qui ne peuvent plus absorber suffisamment de C02, à l’effondrement de la biodiversité, à la fonte rapide des grands glaciers qui irriguaient les terres de milliards d’humains en Asie, à la disparition des grandes massifs forestiers qui régulent les pluies, nos descendants seront trop en colère pour apprécier le peu de choses positives que nous leurs laisseront. Pourront-ils survivre moralement à un tel legs ? Je ne sais, mais j’enrage contre cet aveuglement volontaire, cet égoïsme de ceux qui imaginent pouvoir exister sans les autres, sans la nature, abrité par un mur d’argent fait de billets en papier et de bits informatiques.

Nos gouvernements qui prônent encore la croissance économique en 2012 pour sortir de la crise nous chantent de faux rêves. Ils nous poussent encore plus vite vers le grand effondrement de « l’anthropocène », cette nouvelle période géologique commencée il y a moins de trois siècles. La pauvreté chronique de plus de la moitié de l’humanité n’est-elle pas déjà un terrible affaissement moral quand d’autres vivent dans la consommation et le superflu matériel et alimentaire ?

519 ans après l’arrivée de Christophe Colomb dans les Caraïbes, la conquête extractiviste s’amplifie encore. En ce début du 3ème millénaire, le pillage des ressources naturelles et le pillage du travail des hommes qui sont asservis à l’extraction des richesses, n’ont jamais été aussi intenses. Au temps des colonies, l’extractivisme se faisait à la main, aujourd’hui ce sont des machines énormes, abreuvées de pétrole, qui font la plus grande part du travail. Cette comparaison qui montre la différence d’échelle dans le pillage des ressources naturelles, doit être mise en parallèle avec l’augmentation des profits capitalistes obtenus par la financiarisation du monde, un autre moyen d’extraction surpuissant. La dette publique est - comme le bras de ces pelleteuses gigantesques dans les mines à ciel ouvert - le levier qui permet de capter toujours plus de la valeur ajoutée produite par les salariés du nord.

Le gaspillage généralisé aboutit à ce que 20% des habitants consomment 80% des richesses naturelles, quelles soient minérales, fossiles, ou agricoles. Et il en va de même pour l’eau et l’air pollués, le réchauffement et les désastres environnementaux dont 1/5ème de la population est très majoritairement responsable. La vitesse entraîne une immense dépense d’énergie inutile dans les transports comme les aller et retour en avion, surtout là où le train existe. Les TGV électronucléaires sont-ils réellement un progrès quand on sait qu’un train légèrement moins rapide consommerait deux fois moins d’énergie ? Comment comprendre que 90% des voitures, pesant plus d’une tonne de ferraille et de plastique, roulent avec une seule personne à bord, alors que le pétrole se raréfie et qu’elles produisent beaucoup de CO2 ? Quant aux camions ! On connaît le gaspillage incroyable que représentent les divers éléments d’un yaourt qui parcourent souvent 10.000 kms. Mais n’est-il pas encore plus effarant de voir l’immense gâchis d’énergie, de bitumes, de caoutchouc, de matériels de transport qu’entraînent les milliers de camions transportant des automobiles, neuves et quasi semblables, qui se croisent sur les voies montantes et descendantes des autoroutes, nuit et jour ?

Comment accepter que toutes les maisons et autres édifices soient encore des passoires qu’il faut chauffer l’hiver - 30% avec des chauffages électronucléaires, une aberration - et refroidir l’été ! En plus d’être un délire écologique c’est une folie financière : l’essentiel du déficit commercial de la France en 2011, 72 milliards d’euros, est du à l’importation de pétrole et de gaz, cela sans prendre en compte les conséquences dramatiques qu’entraîne le réchauffement du climat. Alors qu’il n’y a aucun problème technique pour construire des bâtiments qui ne nécessitent quasiment ni chauffage, ni refroidissement, et que l’on peut très largement améliorer l’habitat ancien, tout en créant des centaines de milliers d’emplois.

Et que penser de l’obsolescence programmée qui nous oblige à renouveler tous les objets, volontairement non réparables, que nous utilisons, alors que l’on sait parfaitement faire autrement. Une automobile, un téléphone, un frigo, une machine à laver pourrait rendre des services pendant 20 ans, voire beaucoup plus en se réservant la possibilité de leur greffer des améliorations, sans nouvelles extractions de ressources naturelles. Mais dans un système où la consommation de masse fait les profits des détenteurs de capitaux et les emplois des salariés, c’est évidemment impossible.

Il faut donc changer toute l’organisation basée aujourd’hui sur l’extractivisme, le productivisme, le consumérisme et les profits. C’est en imposant un prix aux objets prenant en compte les coûts cachés comme la raréfaction des matières premières, l’augmentation des déchets, des pollutions, du réchauffement, des désastres environnementaux causés par l’extraction et de la pauvreté de plus de la moitié des habitants de la planète que nous pourrons sortir de ce système. Pour éviter la catastrophe, nous devons aller vers une société post-extractiviste qui protège autant les ressources naturelles que le climat, l’environnement et qui saura répartir les richesses entre tous les humains. Décroissance matérielle volontaire ou effondrement, un choix indispensable est à faire pour éviter la grande catastrophe.

Quant à l’alimentation des 20% les plus riches, deux choses la caractérisent : la première est le gaspillage colossal de nourriture et d’énergie au détriment du scénario de la faim et de la pauvreté pour beaucoup d’autres, la seconde est l’augmentation des maladies modernes - cardiovasculaires, obésité, diabète, cancer – dont la surconsommation de malbouffe est en grande partie responsable. L’économie libérale a réussi à nous convaincre que les protéines animales étaient meilleures, au goût et pour la santé, que les protéines végétales. Elle a fait cela en violant l’imaginaire de sobriété de nos parents et grands parents, au nom d’un pseudo modernisme, grâce à des publicités décervelantes martelées sans arrêt.

Il y a un demi-siècle, la plupart des gens mangeaient en majorité des protéines végétales, aujourd’hui le modèle alimentaire carné a été imposé. Or comme, il faut huit protéines végétales pour en faire une d’origine animale, 70% des terres de la planète sont consacrées à cette production. Il suffit de penser aux massives importations de soja OGM qui servent à nourrir le bétail européen pour s’en convaincre. Mais là où on atteint le délire c’est que 50% de la nourriture mondiale est gâchée du champ à la bouche. Pour couronner le désastre, ce modèle alimentaire à dominante de protéines animales des occidentaux est responsable de 50% des GES émis dans le monde.

Il y a 5 siècles, les forces armées ont permis le pillage des ressources d’Amérique du sud, des montagnes de richesses sont arrivées dans les royaumes d’Espagne et du Portugal. Ensuite l’esclavage et le commerce transatlantique ont élargi l’extractivisme, le pillage des matières premières et du travail des hommes. Ce qui a profité à l’ensemble de l’Europe. Les armées ont été employées ensuite pour étendre la prédation en asservissant les peuples de tous les continents jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Malgré la perte progressive des colonies par les européens et les déclarations d’indépendance, extractivisme et pillages, pollutions et asservissement des peuples n’ont pas cessé. La corruption organisée des nouveaux gouvernants du sud et les assassinats politiques des récalcitrants ont permis aux pays de la Triade et à leurs entreprises transnationales d’assurer la continuité du transfert des richesses naturelles vers leurs usines. Mais c’est la création du grand système des dettes publiques qui a remplacé, dans les années 1980, les armées d’occupation coloniales. Ces dettes, destinées à enrichir les nouvelles bourgeoisies du sud, ont permis un double enrichissement des pays du nord.

Les gouvernements corrompus par le détournement des emprunts ont accepté des remboursements infinis de dettes illégitimes. Ensuite ils ont utilisés le fruit du travail de leurs peuples en prélevant des impôts pour payer les intérêts en dollars exportés vers les pays riches. Cette lourde ponction sur les budgets a entraîné de nouveaux prêts illégitimes du FMI et de la BM. Ces derniers les ont utilisés pour pousser les gouvernements à accroître encore les extractions-exportations de matières premières au nom des indispensables remboursements. Ces ressources étaient surtout nécessaires au développement de la nouvelle société consumériste et gâcheuse du nord, et à la croissance des profits de l’oligarchie.

Ce système dette a tellement bien fonctionné, d’un point de vue extractiviste, que les gouvernements du nord l’utilisent aussi dans leur propre pays. Les dettes publiques ont été accumulées par des gouvernements contraints d’emprunter aux banques privées. Ainsi, par une décision de Pompidou en 1973, confirmée par le traité de Maastricht en 1992, l’Etat, pour combler les trous du budget, ne peut plus emprunter à la Banque centrale publique. Or ces déficits étaient creusés plus profondément chaque année par les cadeaux fiscaux faits aux plus riches. On retrouve le même système d’extraction adapté aux réalités du nord. Là ce ne sont plus des matières premières mais une plus grande part des plus values issues du travail des salariés qui sont en jeu.

Sauver les banques, sauver l’économie capitaliste de la crise en augmentant très fortement le stock de la dette - en France sous l’ère Sarkozy il augmente de 50% - c’est à coup sûr faire croître les impôts payés par les travailleurs. Payer les intérêts supplémentaires va déposséder encore un peu plus les citoyens de leurs services publiques de santé, et de retraite, et finir par une privatisation au nom de la soi-disant bonne gouvernance. Les capitaux étant prêtés par des institutions privées, on retrouve le même transfert de richesses des peuples vers les détenteurs de capitaux, ou pour le dire autrement des plus pauvres aux plus riches, au nord comme au sud. Une dette publique n’a pas à être remboursée si elle n’a pas profité à la population. Ces dettes sont donc illégitimes. Elles ont été accumulées dans le but de déposséder les populations de leurs conquêtes sociales et de renforcer l’exploitation des travailleurs. Au nom de ces remboursements qui prennent chaque année une part plus grande du budget de l’Etat, « les caisses sont vides » les Etats justifient ces dépossessions.

La première chose à faire consiste à imposer aux responsables de la crise des subprimes et de toutes les spéculations, de toutes les banques et autres détenteurs de capitaux qui profitent de l’accroissement de la dette, le paiement des dégâts. Comment ? En annulant les dettes illégitimes. L’audit des dettes publiques est un combat politique, c’est une lutte de nous tous, chacun à sa manière et collectivement qui permettra de sortir de l’asservissement par la finance. De la même manière, nous devons lutter contre l’extractivisme et la dette des pays du sud qui affament et appauvrissent plus de la moitié des habitants de la terre.

Comment pouvons-nous résister ? L’audit de la dette est un mouvement citoyen international qui refuse de payer les remboursements des emprunts illégitimes faits par les gouvernements. Alors qu’ils n’ont profité qu’à une minorité, qui s’est enrichie de façon injustifiée depuis que la contre révolution conservatrice a commencé dans les années 80. L’audit repose autant sur une analyse des comptes publics de nos états et collectivités locales, que sur un travail de déconstruction du discours dominant nous accusant d’avoir vécu dans le luxe et le confort, telles des cigales. Ce qui est faux. Les dépenses publiques en pourcentage du PIB n’ont quasiment pas variées depuis 20 ans. La vérité est que la somme des cadeaux fiscaux faits aux plus riches et aux grandes entreprises estimée à plus de 100 Mds euros, plus l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux équivalant à l’impôt sur le revenu en France, soit 50 Mds euros, font que chaque année 150 Mds euros manquent au budget de l’Etat. Du coup les intérêts de la dette atteignent 50 Mds euros qui le grèvent encore plus. Dire que la dette est illégitime, même si elle est légale, car elle a été votée par le parlement, c’est démontrer qu’elle est un outil au service de l’extraction des richesses des 99% vers le 1% qui échappe à l’impôt, le voit réduit par le parlement ou (et) reçoit les intérêts des sommes qu’il a prêté à l’Etat.

La dette illégitime au sud contraint les pays et leurs travailleurs à extraire toujours plus de matières premières pour la rembourser, la dette illégitime au nord qui ponctionne de plus en plus lourdement les salariés, les oblige à travailler plus pour rembourser plus. Les gâchis, la vitesse, l’obsolescence organisée, la suralimentation les poussent à consommer toujours plus d’énergie, de biens matériels ou de nourriture. Faire de la croissance, c’est extraire encore plus d’énergie pour produire encore plus d’objets inutiles et de nourriture gâchée. Ils iront chercher les dernières gouttes de pétrole à 10.000 mètres de profondeur, tant pis si les eaux sont polluées, si le climat se détraque encore plus, les profits n’ont pas de prix. On veut créer des emplois en détériorant encore plus la planète, quelle courte vue ! Il serait largement préférable de répartir le travail entre tous, d’annuler les dettes illégitimes au sud comme au nord, de diminuer nos besoins, de cesser de faire de la consommation un moyen de se réaliser, et ainsi de pouvoir redonner au milliard d‘humains qui meurent de faim, l’espoir d’une plus juste redistribution des richesses.


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** Nicolas Sersiron (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde)

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Progrès des peuples, contre la tyrannie financière

Déclaration de Casablanca de partis communistes et organisations révolutionnaires

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84006

En 1963, Casablanca avait servi de cadre à une déclaration historique dans l’affirmation du panafricanisme et la naissance de l’Organisation de l’Union africaine. C’est là que des forces de gauche révolutionnaires se sont encore retrouvées, ce mois de juillet, pour s’engager contre les tyrannies financières et pour le progrès des peuples.

Réunis à Casablanca les 13, 14 et 15 juillet 2012 dans le cadre du 3e congrès de la Voie Démocratique, les organisations signataires déclarent ce qui suit :

1 - Nous transmettons notre appui le plus sincère ainsi que notre solidarité avec la lutte menée par la Voie Démocratique aux côtés du peuple marocain en faveur d’une démocratie authentique, pour la justice sociale, la dignité et contre le despotisme du Makhzen.

2 - Nous appuyons la lutte syndicale démocratique contre la bureaucratie mafieuse et la collaboration avec le régime marocain.

3 - Dans un contexte international marqué par la une crise structurelle du capitalisme où, dans chaque pays, frappe régression de la politique économique, sociale et démocratique, nous nous engageons à poursuivre notre travail de défense des droits de la majorité de la population, avec la volonté de construire des espaces de collaboration et un travail unitaire visant à développer des alternatives qui répondent aux intérêts et aux besoins du peuple.

4 - Nous soulignons la progression des peuples, leur prise de conscience, dans le cadre de la lutte contre les tyrannies financières.

5 - Nous appuyons le peuple palestinien dans sa lutte légitime et héroïque pour l’édification de son Etat démocratique, et laïc sur son territoire, l’indépendance nationale et le retour des réfugiés selon le droit international. Nous reconnaissons l’OLP comme représentant légitime du peuple palestinien.

6 - Nous appuyons l’ouverture d’un processus d’autodétermination pour le peuple sahraoui, basé sur la légalité internationale, lui permettant son autodétermination.

7 - Nous appuyons tous les efforts tendant à la résolution du conflit dans le pays basque, kurde … et nous appelons tous les antagonistes à s’impliquer dans un processus de dialogue et de négociation.

8 - Nous soutenons le peuple syrien pour se aspirations à la démocratie et à la liberté en dehors de toute intervention étrangère.

Casablanca, le 14 Juillet 2012

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- Parti communiste révolutionnaire voltaïque (Burkina Faso) Voie démocratique
- Nouveau Parti Anticapitaliste
- Parti des travailleurs de Belgique
- Parti communiste d’Espagne
- Unión des jeunesses communistes d’Espagne
- Partidi communiste des Peuples d’Espagne
- Parti communiste d’Espagne (Marxiste Leniniste)
- Plataforma Construyendo LA IZQUIERDA
- Parti turc du Travail
- SYRIZA Gauche Abertzale
- Front populaire pour la libération de la Palestine
- Front démocratique pour la libération de la Palestine
- Partido del Trabajo de Túnez

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Egypte et Tunisie : annuler les dettes odieuses

Rabab Khairy

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84010

Les dictatures tombent mais les dettes restent. Pourtant, en Egypte et en Tunisie, certaines pourraient être annulées. L’Opération 11.11.11 soutient ce combat.

Début 2011, les départs forcés des présidents tunisien Zine El-Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak ont permis de mettre en lumière l’ampleur de leurs malversations. Ces régimes, caractérisés par une imbrication étroite entre la sphère politique et la sphère économique, ont favorisé un clientélisme à grande échelle et un accaparement des biens publics. L’enrichissement personnel éhonté de leurs clans respectifs a accompagné l’explosion de la dette publique. Aujourd’hui, pour ne pas tomber dans le cycle de l’endettement destiné à rembourser continuellement les dettes contractées jusque-là et se retrouver face au supplice du rocher de Sisyphe, il est prioritaire de soutenir ces pays en transition et leur permettre d’investir dans leur propre développement. Comment ? En annulant une partie de leurs dettes.

BUDGET ASPHYXIE

Depuis la chute des deux régimes, les sociétés civiles égyptienne et tunisienne ont cherché à mettre en lumière la part des dettes contractées de façon abusive, au détriment des intérêts des populations. C’est le cas de RAID (Rassemblement pour une alternative internationale de développement) en Tunisie et de la Campagne populaire pour l’audit et l’annulation de la dette égyptienne en Egypte. Elles sont soutenues par l’Opération-11.11.11, via le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) et son programme de renforcement des réseaux dans le Sud.

En Egypte, Noha el Shoky, chercheuse à l’Université des Nations Unies à Bonn et membre co-fondatrice de la campagne égyptienne, se démène pour mettre toute la lumière sur le gouffre financier de l’endettement. Elle relève ainsi que « depuis 1981, l’Egypte a payé 80 milliards de dollars tandis que la fortune de Moubarak à l’étranger s’élèverait à 70 milliards de dollars ». Les 2/5 du budget sont accaparés par le remboursement de la dette. « Ces sommes qui partent chaque année dans le remboursement de créanciers étrangers, c’est autant d’argent qui pourrait servir à financer des dépenses prioritaires comme l’éducation, la santé, le logement etc. », argumente la chercheuse.

Etat des lieux semblable en Tunisie, la dette s’élevait à 14,4 milliards de dollars en janvier 2011 et son remboursement représente le premier poste budgétaire de l’Etat. Les principaux créanciers sont étrangers. Il s’agit des institutions financières internationales (notamment le FMI et la Banque mondiale), les Etats-Unis, le Japon, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les pays arabes.

ANNULER LA PART « ODIEUSE »

Pour le RAID et la Campagne égyptienne, il faut annuler la part odieuse et illégitime des dettes tunisienne et égyptienne. Ce concept de la dette odieuse a été développé par la doctrine en droit international. Il vise une dette contractée par un gouvernement illégitime pour financer des actions qui s’opposent à l’intérêt des citoyens, ce dont les créanciers avaient connaissance. Dans cette optique, ces dettes sont considérées comme étant celles du pouvoir qui les a contractées, n’engageant que celui-ci (et non l’Etat dans son ensemble) et tombant avec la chute du régime.

SOUTIEN EN EUROPE

Dès février 2011, l’association RAID a entrepris d’interpeller les nouveaux décideurs politiques post-Ben Ali pour que la Tunisie ne rembourse pas la dette contractée par celui-ci tant qu’un audit n’est pas mis en place. Avec l’appui du CADTM, réseau international constitué de membres et de comités locaux basés en Europe, en Afrique, en Amérique latine et en Asie, RAID a également pu adresser son message à Bruxelles à l’intention des créanciers de la dette tunisienne. A cette occasion, 120 députés européens ont lancé un appel pour demander un audit de la dette tunisienne due à l’UE.

En Belgique, le Sénat a adopté le 20 juillet 2011 une résolution reconnaissant « le caractère odieux de la dette tunisienne dès lors que l’on considère celle-ci comme étant une dette contractée par un gouvernement non démocratique, ne respectant pas les droits de l’homme, dont la somme empruntée n’a pas bénéficié aux populations locales » et demandant un moratoire sur le paiement de la dette contractée auprès de la Belgique pour analyser la part qui relève d’une dette odieuse.

Suite au succès de la campagne tunisienne, la Campagne égyptienne a été lancée à la fin de l’année 2011. Elle s’adresse aussi à la société civile européenne pour toucher les pays créanciers. « Un des objectifs est de nous aider à collecter des informations pertinentes sur la dette égyptienne et d’interpeller les créanciers sur le caractère odieux de cette dette. A cet égard, la campagne lancée en Tunisie par RAID et la façon dont le CADTM l’a relayée en Europe est une importante source d’inspiration », explique Noha el Shoky.

VICTOIRES POLITIQUES

Les deux campagnes ont ainsi remporté une victoire politique significative avec la résolution adoptée le 10 mai 2012 par le Parlement européen sur la stratégie de l’UE en matière de commerce et d’investissements pour le Sud de Méditerranée après les « révolutions » arabes. Dans les considérations générales de la résolution, le Parlement « juge odieuse la dette publique extérieure des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient sachant qu’elle a été accumulée par les régimes dictatoriaux, par le biais principalement de l’enrichissement personnel des élites politiques et économiques et de l’achat d’armes, utilisées souvent contre leurs propres populations ».

Enfin, en Tunisie, un pas décisif vient d’être franchi par l’actuel gouvernement : fin juin, le président Moncef Marzouki a refusé de signer un accord passé avec le FMI tant qu’un audit de cette dette n’était pas mené conjointement pour vérifier quelle partie était à la charge de l’Etat tunisien ou de l’ancien régime. Un projet de loi vient également d’être déposé ces jours-ci par un député du parti de M. Marzouki, le Congrès pour la République, afin que la Parlement tunisien remette en cause la dette de la dictature dont « le remboursement représente chaque année, six fois le budget de la santé, trois fois celui de l’éducation, et six fois celui du développement régional » (Le Monde, 17 juillet 2012).

SANS CONDITIONS

Si les deux campagnes ont marqué des avancées notables en termes de reconnaissance du caractère odieux des dettes contractées avec l’Egypte de Moubarak et la Tunisie de Ben Ali, une attention particulière doit être portée aux négociations en cours pour l’annulation de ces dettes. En effet, les pays européens pourraient proposer à l’Egypte et à la Tunisie des programmes d’échanges de dette. Il ne faudrait pas qu’un pays créancier renonce à recouvrer une dette en échange de l’engagement du pays endetté à rediriger le montant de la dette vers des projets d’investissements conclus avec le pays prêteur. Le risque encouru serait que ces investissements servent avant tout les intérêts de l’Etat prêteur et ne cadrent pas avec les plans de développement de l’Etat endetté. Il est donc de la plus grande importance que l’annulation des dettes tunisienne et égyptienne se fasse sans conditions et que toute négociation avec les créanciers soit réalisée dans la plus grande transparence afin que l’attention soit portée aux besoins du développement.


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** Rabab Khairy est chargée du dossier Moyen-Orient pour le Centre national de coopération au développement

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Lettre ouverte à Obama

Hakima Abbas

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84005

"Te voilà pris, mon frère, dans les rouages de l’Histoire, participant à un processus qui transforme le monde et participant à un système qui le détruit"

Au président Barack Obama

Monsieur le Président,

J’espère que vous ne m’en voudrez pas de vous adresser ces lignes directement. Je voudrais vous appeler "mon frère" comme j’ai coutume de le faire. D’aucuns objectent - les amis parce que vous nous avez quittés et les ennemis parce qu’ils craignent que vous soyez resté. Peu importe. Je le ferai parce que nous sommes les mêmes.

Peut-être que je devrais commencer par vous dire qui je suis et la raison pour laquelle je m’adresse à vous. Je suis l’enfant d’une génération malmenée. L’enfant d’une génération qui a participé aux guerres avec courage, à un coût énorme ; une génération qui a vu ses jeunes envoyés au gibet, exécutés et punis pour leur intrépidité. Je suis d’une génération enchaînée à son lit dès la naissance, en punition pour la rébellion de nos parents, qui a été nourrie de drogues et de capitalisme pour nous réduire au silence.

Vous connaissez cette génération parce que vous aussi vous appartenez aux âmes perdues, qui ont grandi au milieu des os dispersés de révolutions passées et des crânes remplis de vaines promesses. Les mouvements de libération des années 1960 étaient évanescents et effacés lorsque nous avons vu la lumière. Ne restaient que les regards douloureux des martyrs et des survivants.

Nous avons grandi dans les halls évidés des régimes néocoloniaux où Mobutu et Moi étaient appelés " leader", se moquant des noms de Machel, de Cabral et de Nyerere. Où Sankara et Bishop faisaient une tentative désespérée pour faire prévaloir la vérité face aux représailles sauvages de Thatcher et Reagan. Où Cuba était le dernier bastion de l’alternative. Mais même l’image d’Ernesto a été la proie de la rapacité mercantile d’un empire affamé qui trouvait de nouveaux moyens tordus pour apaiser la révolte.

« Je suis Noir… » ne se dit plus avec fierté et résistance. Mais "je suis Noire" et c’est comme cela que je me comprends ? Je suis une femme, une lesbienne, une Africaine. Pourtant les nations arc-en-ciel qui déguisent le capitalisme patriarcal me diront que toutes ces vérités divisent. Beaucoup préféreraient que je cache, taise, glisse sur tout ou partie de moi. Mais ce sont mes vérités, mon ancrage dans le passé et le présent, un foyer et des adversaires. Je m’adresse aujourd’hui à vous de ce point de vue comme une sœur, une combattante, une femme qui veut toujours être du côté de la justice.

Lorsque vous réalisiez vos grands progrès au cœur de la machinerie que sont les Etats-Unis, j’observais depuis la terre de votre père au Kenya. Initialement j’observais avec une grande crainte, alors que ceux autour de moi jubilaient. Je me trouvais lâche d’avoir si peur. Je craignais qu’à l’instar de nombreux autres avant vous, vous deveniez un symbole opportun pour ce que vous ne représentez pas. Je craignais pour la dignité de millions de frères et de sœurs africains aux Etats Unis pour qui les promesses de démocratie, de réparation attendent de devenir réalité.

Et je craignais pour votre vie. Nous avons entendu dans vos propos le ton de King, les mots de Malcolm et les gestes subtils qui ont fait que même les nationalistes noirs chantaient vos louanges. Et je craignais leur optimisme sans faille, tout en comprenant dans votre mobilisation sans pareil, combien inefficaces nous avions été.

C’était une dure vérité à avaler. Mais ces jours m’ont tant appris sur moi-même, sur qui je suis et ce à quoi je m’accroche. J’ai appris qu’une ancre peut vous maintenir mais ne peut vous conduire. J’ai appris que la pertinence de Malcolm ne réside par dans notre salut d’adepte du Black Power d’une autre époque, pas plus que notre rhétorique, même pas notre résistance sans compromis à un système d’oppression vieux de 500 ans, mais que sa pertinence est dans notre capacité de nous approprier ses propos, aujourd’hui, à cette heure, dans nos actes.

Alors que vous étiez dans la course contre l’élite politique américaine, le masque libéral des Blancs a été soulevé et tout le monde a vu. Ceux d‘entre nous assez beaux pour être des femmes noires dans leur essence n’ont pas été surpris par son aristocratique crise de colère qui faisait appel à notre allégeance et l’arrogance qui voulait aveugler la race et la classe avec de la féminité.

Je n’y ai pas cru : "Ils ne sont pas prêts pour un président noir" ai-je dit avec confusion chaque fois que vous aviez franchi une étape. Je les connais et je nous connais et dans mon registre de nous et eux, ils ne sont pas prêts. J’avais tort. Vous avez gagné. Et nous avons joué le "Black President" de Brenda parce qu’il était temps de nous joindre aux célébrations de notre peuple. Et le parallèle avec Mandela était puissant. Bien que vous n’aviez jamais été un combattant de la liberté, que vous n’avez été ni torturé ni emprisonné pour être entré en opposition. Madiba et Barack semblaient être deux faces conciliantes de fausses nations contraintes, déchirées en leurs racines par la suprématie blanche.

Et malgré mes inquiétudes, je ne pouvais m’empêcher de sourire lorsque vous offriez le sourire que j’avais vu sur les visages des combattants fatigués, y compris ma propre mère qui, encore aujourd’hui, a un portrait de vous dans l’entrée de sa maison avec, en caractère gras, les mots "Mr President". Vous avez offert l’espoir que vous aviez dit vouloir apporter à la génération vaincue et à la génération de notre époque. Ceux d’entre nous de l’époque intermédiaire regardions autour de nous incrédules, nous souvenant que malgré le lourd fardeau des églises et des promesses brûlées, nous pouvions nous permettre d’espérer, que le scepticisme et la vigilance, qui nous ont pourtant sauvé de la terreur et des assauts, ne pouvaient nous élever vers la lumière. Nous avons été braves et ceux qui ont poursuivi le combat, ont seuls porté le flambeau évanescent de la libération sur les ruines du sida, des ajustements structurels, des guerres contre la drogue et l’évangélisme. Sachant que notre peuple méritait la réalisation et non seulement de l’espoir. Oubliant comment faire flamber l’imagination.

A ce moment j’ai osé regarder. Non pas pour ce que vous pourriez faire pour une maison en feu mais pour ce que peut-être vous pourriez offrir au monde depuis un empire de plus en plus belliqueux. Le monde était agité, en équilibre instable au bord de la destruction. Un simple "Assalam Alaikum" a résonné au-delà des océans. Et malgré ce geste d’ouverture vous n’avez pas réussi à tenir une position ferme de la main ouverte, la preuve encore une fois que le système est plus puissant que les personnes qui le composent. Votre agressivité a crû dans vos discours, les menaces dans votre voix et a libéré les démons qui veulent conduire par la violence. La parenthèse s’est refermée lorsque vous avez refusé aux Palestiniens leur autodétermination. Et lorsque nous avons pleuré Troy Davis, nous avons aussi pleuré chaque victime et survivant de l’impérialisme américain, de la Palestine à Oakland, de la RDC à l’Iraq.

Et voilà où tu en es, frère, tu fais partie d’un système qui transforme le monde et d’un système qui le détruit. Je me demande qui des deux dans cette chasse écrira l’histoire, le chasseur ou le lion ? Que nous progressions ou que nous reculions, vous aurez participé à un mouvement historique vers une attaque blanche longtemps attendue contre le capitalisme : Occupy Wall Street. Montrer son désaccord à l’égard d’un système qui travaille contre la majorité (bien que ce soit le même désaccord qui a donné naissance aux factions fascisantes comme le Tea Party), il semble que la population blanche des Etats-Unis s’associe enfin à la résistance globale et par sa focalisation sur Wall Street, s’est abstenue de vous dépeindre comme un oppresseur, reconnaissant que le capitalisme qui alimente l’empire dépasse les présidents. Mais je les ai en effet vus occuper l’espace organisationnel et leurs tactiques des révolutions des pauvres, des Noirs et des peuples de couleur et déjà entendu les murmures qui veulent décoloniser les Occupy

Ils disent que vous êtes le premier président homosexuel. C’est peut-être pour garder à Clinton son titre de premier président noir, comme si de jouer du saxophone tout en agrandissant le complexe de prison industriel, de s’en prendre aux mères noires qui travaillent, en dépit du Rwanda et de la Somalie, faisait de quelqu’un un Noir. Frère, je ne peux pas dire que les progrès dans "l’égalité" qui permet l’intégration des homosexuels et des lesbiennes blancs de la classe moyenne dans l’institution patriarcale du mariage, ou l’armée, me donne le sentiment de liberté.

Je suis certaine qu’ils gagnent et que vous luttez vaillamment contre l’homophobie. Mais au plus profond de moi, il y a le refus d’entrer dans leur moule, même s’il a l’air brillant et neuf et combien on me dit qu’une partie de moi est acceptable (jamais le tout). Ce que recherche ma politique de lesbienne est que nous tous nous nous libérions de toutes les notions qui emprisonnent notre imagination dans une oppression normative. Pour que chacun d’entre nous puisse faire l’expérience pleine et entière d’une vie libre, respectueuse, positive et aimante dans toutes ses dimensions, acceptant la pluralité, la complexité et l’autodétermination du corps à la nation.

Alors lorsque vous avez donné l’ordre (ou cédé aux ordres ?) de bombarder la Libye en Afrique du Nord, je sais que vous n’êtes pas le premier président homosexuel. J’ai pleuré en voyant les images de ces vies perdues, de ces villes entières et les infrastructures du continent détruites. Sachant que les empires qui frappaient avec un dédain affiché seront les mêmes qui offriront leur aide, un endettement écrasant "pour contribuer à la reconstruction" de ce qu’ils ont tous détruit. Et maintenant, j’espère que le peuple libyen ne se laissera pas diviser le long de lignes ethniques, divisions qui ont effrité le continent, couche après couche. Mais mon espoir a bientôt été déçu lorsque des factions et des groupes dissidents se sont manifestés dans l’histoire, ô combien commune à l’Afrique, cependant que nous pleurions la vision de notre puissante unité

Les peuples africains subissent un assaut frontal aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur de l’empire. La crise financière qui, aux Etats-Unis, a causé un vent de panique et de révolte, sont les mêmes conditions économiques dans lesquelles vit la majorité de la population noire pendant la période de prospérité économique. Une femme, un homme et un enfant noirs sont tués toutes les 40 heures sous votre présidence. Notre potentiel de révolte a rencontré des forces d’occupation armées qui encerclaient les communautés, sous prétexte de maintien de l’ordre, comme les groupes de vigilants qui patrouillaient les villages pendant la révolte des Mau-Mau. Et chaque fois qu’un Oscar Grant est tué, que les meurtriers de Sean Bell sont acquittés, que les parents de Trayvon Martin demandent justice, qu’une autre femme noire est emprisonnée, nous nous souvenons que Herman Bell, Léonard Peltier et Sundiata Acoli sont toujours en prison.

Sur le continent, des terres entières sont volées au nom des investissements, avec un slogan choquant ajouté au signe "à vendre" qui est terrus Nullus. Notre diversité fait l’objet de patentes et le non durable nous est fourgué comme étant notre "futur" Les Européens nous vendent des "partenariats", des accords sans vergogne qui permettent au libre échange d’exploiter nos ressources et de nous refiler leurs marchandises. La mention de réparation a disparu depuis belle lurette et la machine paternaliste de l’aide nous écrase sous une dette odieuse.

Les Chinois nous offrent des alternatives "win -win" mais aucun de nos soi-disant dirigeants ne jugent utiles de négocier au-delà de leurs intérêts personnels, une proposition bénéfique pour notre population et notre futur. Dans l’intervalle, nous, le peuple, sommes tellement occupés à nous opprimer les uns les autres au nom de la moralité, que nous ne savons guère devant quels intérêts nous nous agenouillons. Raison pour laquelle il y a des générations comme la nôtre dont la destinée évidente, semble-t-il, est de nous souvenir. De transmettre de nos grand’mères à nos filles le cri de résistance de générations.

Maintenant, frère Obama, le vent du changement soulève lentement la poussière. Et nous avons vu des gens en mouvement, qui ébranlent le fondement de l’injustice. Vous avez joué un rôle dans cet acte déterminant du théâtre de l’humanité. Alors que le rideau descend sur le réveil africain qui s’étend de la Guinée, à Madagascar, du Mozambique à l’Afrique du Nord, le monde commence à prêter attention. C’est maintenant que nous décidons comment l’histoire va tourner et qui, du lion ou du chasseur, vivra pour raconter l’histoire. Je connais votre position et je sais quelle sera la mienne

Paix


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** Hakima Abbas est la directrice exécutive de Fahamu. Cet article a d’abord été publié dans Feminist Wire Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Lula à Chavez : «Ta victoire sera notre victoire»

Ignacio Lula da Silva

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84012

L'ex-président du Brésil Lula da Silva a eu à envoyer le message qui suit au président Hugo Chavez et aux 600 délégués de la gauche latino-américaine et mondiale réunis à Caracas dans le cadre du Forum de Sao Paulo, le vendredi 6 juillet 2012.

« Compagnes et compagnons,

En 1990, quand nous avons créé le Forum de Sao Paulo, aucun d'entre nous n’imaginait qu'en seulement deux décennies nous arriverions au point où nous sommes. A cette époque la gauche n'était au pouvoir qu'à Cuba. Aujourd'hui nous gouvernons dans un grand nombre de pays, et même là où nous sommes dans l'opposition, les partis du Forum ont une influence croissante dans la vie politique et sociale.

Les gouvernements progressistes sont en train de changer le visage de l’Amérique Latine. Grâce à eux, notre continent se développe de manière accélérée, avec croissance économique, création d’emplois, distribution de la richesse et justice sociale. Aujourd’hui nous sommes une référence internationale d’alternative victorieuse au néolibéralisme.

Bien sûr il reste beaucoup à faire. Les faits survenus, par exemple, au Honduras et au Paraguay montrent qu'il faut encore beaucoup lutter pour que la démocratie prévale dans notre région. L’existence de colonies dans notre continent, comme c’est le cas des îles Malouines, qui sont évidemment argentines, sert à nous rappeler qu’il reste beaucoup à faire pour que la souveraineté nationale et régionale prévale, et pour cela nous devons approfondir l’intégration latino-américaine et caraïbe.

Nos pays restent marqués par la pauvreté et par l’inégalité. Nous avons besoin de plus de croissance économique, de politiques sociales et de réformes structurelles pour construire la société développée, juste et fraternelle dont nous rêvons. Dans tout ce que nous avons fait jusqu’à présent, qui est beaucoup, le Forum et les partis du Forum de Sao Paulo ont eu un grand rôle qui pourrait être beaucoup plus important si nous réussissons à maintenir notre principale caractéristique : l’unité dans la diversité.

Je veux conclure en vous disant combien je voudrais être parmi vous. Non seulement comme membre de la délégation du Parti des Travailleurs, mais aussi pour donner un fort « abrazo » à mon compagnon Hugo Chavez. C’est seulement grâce au leadership de Chávez que le peuple vénézuélien a obtenu des conquêtes extraordinaires. Les classes populaires n’ont jamais été traitées avec autant de respect, de tendresse et de dignité. Ces conquêtes doivent être préservées et consolidées.

Chavez, compte sur moi, compte sur le PT, compte sur la solidarité et sur l’appui de chaque militant de gauche, de chaque démocrate et de chaque latinoaméricain. Ta victoire sera notre victoire. Un fort abrazo, un abrazo fraternel et merci, compagnon, pour tout ce que tu as fait pour l’Amérique Latine.

Ignacio Lula da Silva


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** Ignacio Lula da Silva est ancien président du Brésil. Son texte a été traduit par Thierry Deronne

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Protestations au Soudan : Censure et arrestations à grande échelle

Katamat Monitor

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/features/84014

A l’insu du monde extérieur, les autorités soudanaises ont fait preuve d’une extrême brutalité pour réprimer les protestations qui ont balayé le pays, en réaction au coût élevé de la vie et en opposition croissante à la dictature de Al Bashir.

INTRODUCTION

A la mi-juin, une série de protestations ont jailli dans différentes régions du Soudan, devant la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques aggravées par l’abolition des subventions sur le carburant. Les manifestations, appelant à la chute du régime, ont été décrites par les Soudanais comme étant la 3ème Intifada. Elles surviennent une année après la séparation du Sud Soudan, le 9 juillet 2011, épisode qui a gravement affecté l’économie du Soudan.

Khartoum a perdu environ 75% de sa production pétrolière et 65% de ses revenus totaux. Les deux gouvernements n’ont pas encore réussi à se mettre d’accord sur le coût du transport du pétrole à travers les oléoducs soudanais, depuis la région de production dans le sud. La situation s’est même dégradée au point que le Sud Soudan a arrêté sa production de pétrole. De plus, en avril, un violent conflit a éclaté dans les champs pétrolifères de Hijlij.

Le budget du Soudan a aussi été affecté par la violence dans le Nil Bleu et le Kordofan du Sud, après que le président a rejeté un accord signé par Nafie Ali Nafie, son assistant, et Malik Aggar, dirigeant du SPLM-Nord. L’accord prévoyait que le SPLM-N s’établisse et soit enregistré comme parti politique et clarifiait les arrangements militaires et sécuritaire dans les deux régions.

La violence a aussi coûté cher au gouvernement, affectant l’élevage et la production agricole dans ces régions en plus d’un déplacement massif de population. Le budget s’en est retrouvé chargé d’un fardeau économique additionnel.

En mai, le taux d’inflation a atteint son plus haut niveau, passant de 28,6 en avril à 30,4. Le marché a vu les prix de l’alimentation et des boissons grimper. Le déficit du budget national a été compensé par l’annonce d’un paquet de mesures d’austérité, dont la plus importante est l’abolition de la subvention sur le carburant qui a entrainé l’augmentation des prix à la pompe et pour nombre d’autres biens de consommation.

Une autre mesure qui a également contribué à l’augmentation des prix a été la hausse des impôts. Des mouvements de jeunesse et des mouvements estudiantins ont organisé des manifestations, après que le mot d’ordre a été donné sur les médias sociaux pour demander un changement pacifique du régime. L’élément déclencheur est venu des étudiants de l’université de Khartoum qui protestaient pacifiquement dans les établissements hôteliers entourant le campus central, le soir du samedi 16 juin. Elles manifestaient contre la hausse des prix et les difficultés économiques au Soudan. Les protestations se étendues aux alentours de l’université pour gagner la ville et le voisinage de Khartoum State, avant de se répandre dans des localités comme El Jazeera, Kosty, El Gadarif, Kasala, Port-Soudan et El Obeid. Ce qui montre bien qu’une grande partie des citoyens soudanais est mécontente de la situation actuelle.

Ce texte documente les mouvements de protestation conduits par les étudiants, les jeunes, les militants politiques et d’autres citoyens. Il couvre la période du 16 au 28 juin et fournit un résumé de la montée des mouvements de protestation ainsi que des différentes violations commises par les forces régulières du gouvernement soudanais ou par les milices à sa solde.

PROTESTATIONS

Les protestations du 16 juin ont commencé le soir dans un foyer hébergeant des étudiantes au campus central de l’université de Khartoum. Le mouvement estudiantin condamnait l’abolition des subventions sur le carburant et la hausse des prix. Le lendemain matin, les protestations se sont étendues à d’autres campus, les manifestants scandant des slogans comme "Non à la hausse des prix" ou "Les gens veulent des prix plus bas".

Peu après, de nombreuses autres universités et d’autres secteurs ont rejoint les manifestants à Khartoum, parmi lesquels l’Université du Soudan et l’Université d’Omdurman Al Ahleya. Les protestataires ont tôt fait d’établir le lien entre la détérioration économique et le régime politique. Les slogans ont alors changé et du "Non à la hausse des prix" on est passé à "Changez, changez El Bashir", "Les gens veulent renverser le régime", "Citoyens ! Exigez vos droits" et "Proteste Khartoum, nous ne serons pas gouverné par le voleur de Khafori".

Nombre d’organisations de jeunesse et estudiantines, des partis et des organisations politiques (l’un d’entre eux étant le National Consensus Forces qui inclut les partis et mouvements d’opposition) se sont ensuite lancés dans la mouvance, à travers des déclarations soutenant les étudiants et demandant la chute du régime. La police a réagi en réprimant les manifestations, le Central Reserved Police Unit et le Anti Riot Police (police anti-émeute) faisant usage de gaz lacrymogène et de bâtons pour réprimer des manifestants dont certains ont été incarcérés et d’autres poursuivis en justice.

Malgré tout, les manifestations ont pris une tournure populaire plus grande, les résidents de Khartoum Bahri City (El Sayid Ali Str.) se joignant aux manifestants. Des protestataires ont ainsi surgi d’Omdurman Al Ahleya pour se diriger vers la région de Umbadda, qui est parallèle à la région de Hamad el Neil. On comptait jusqu’à deux mille étudiants mobilisés qui, après une "Discussion corner" (endroit du campus où les étudiants discutent de questions politiques), se sont dirigés vers le rond-point de El Mansoora, en direction de Umbadda Street, où ils ont été rejoints par d’autres manifestants.

Au quatrième jour des manifestations, les forces de sécurité ont commencé à demander du renfort pour faire face aux protestations. Des civils s’y sont mis, portant des armes rudimentaires (des barres de fer, des épées, des hachoirs et des tubes à eau), pour participer à la répression.

Le 20 juin, les manifestions se sont étendues après que le Parlement soudanais se soit prononcé en faveur du discours du président exposant les mesures d’austérité. Ce même jour apparaissent les premières déclarations de la communauté internationale concernant les manifestations. Le gouvernement américain exprime alors sa grave préoccupation face à la répression de protestations pacifiques par le gouvernement soudanais et à la censure de la presse. Ce jour-là, les manifestations se sont poursuivies à l’université de Khartoum Al Ahleya et devant Institutions for Banking Studies. A quoi s’ajoute une manifestation lancée au terme d’un symposium public qui a eu lieu dans les bâtiments de la Umma Party à Omdurman, suivie d’une courte manifestation dans la région de Ryadh tard ce soir-là.

La violence policière à l’encontre des manifestants s’est alors accrue. La police a arrêté nombre de membres de la Umma et des participants au symposium restés à l’intérieur jusqu’à trois heures du matin. Ils ont détruit le pare-brise de la voiture d’un membre de la Umma et des agents de sécurité ont jeté des gaz lacrymogène à l’intérieur du bâtiment du parti et battu les participants.

Au 6ème jour, le jeudi 21 juin, la sécurité s’en est prise aux blogueurs et aux journalistes dont les activités, au cours des six premiers jours des manifestations, ont aidé à augmenter la prise de conscience sur ce qui se passait au Soudan. Mais de nombreux groupes avaient appelé à de grandes manifestations pour le lendemain vendredi, désigné sous le nom de "Kataha Friday" (le vendredi de la tempête de sable). Le mouvement s’est ainsi élargi et a gagné en soutien public, avec de nombreux quartiers de la capitale qui se sont joints aux manifestants : El Diem, El Geref West, El Fetehab, El Haj Yousif et d’autres. Des manifestions ont aussi éclaté dans d’autres villes comme Sinnar, Port Soudan (la capitale de l’Etat de la mer Rouge) et El Gadarif. La police réprimait les contestataires en faisant usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Le type de gaz lacrymogène devenait plus puissant à chaque manifestation et les arrestations se multipliaient, parmi lesquels des militants politiques, des photographes et des journalistes.

La plus grande des protestations a eu lieu le dimanche 24 juin, avec des manifestations à l’université de Khartoum, Shambat, Centre et au complexe d’Omdurman. Des manifestations ont également eu lieu à El Diem, Eid Hesein, El Safia, El Masalma (à Omdurman), Arkaweet, El Mamoora, Umbadda et Soba. Et d’autres encore à Port Soudan et à El Dowem. La répression s’est accentuée à l’encontre des photographes, deux d’entre eux étant arrêtés alors qu’ils photographiaient lors de la manifestation à El Diem. L’un a été relâché le même jour et l’autre gardé en détention pendant quatre jours. Son nom, Mohamed El Toum. La vague d’arrestation visait également des membres du Popular Congress Party, de l’Umma party et du parti communiste. Une trentaine de personnes, tant des femmes que des hommes, ont été arrêtés pendant cette seule journée. Certains ont été relâchés.

A partir de là, on a noté un plus fort déploiement de la sécurité et de la "Rabbata" (sécurité à la solde de l’Etat) présente sur le terrain depuis le 18 juin, avec une augmentation du nombre de voitures avec des vitres fumées qui circulaient à l’intérieur de Khartoum ainsi qu’une augmentation de la concentration d’agents de sécurité dans les quartiers et les zones résidentielles. A partir des voitures blindées, les forces de sécurité s’employaient à répandre des gaz lacrymogènes et à tirer des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants, occasionnant de nombreuses blessures. Un rapport médical du Dr Hala Abuzed, le chef des services d’urgence de l’hôpital de Khartoum, précise : "Nous avons reçu jusqu’à 17 heures aujourd’hui (le 24 juin) plus de 20 blessés". Tous étaient des étudiants de l’université de Khartoum.

Les manifestations ont pris de l’ampleur les 25, 26 et 27 juin, de plus en plus de localités se joignant au mouvement révolutionnaire, comme Port Soudan, El Gadarif, Kasala et Atbara. Le 28 juin, un groupe d’avocats s’y est mis en organisant une marche de solidarité devant le complexe de la Cour d’Omdurman, en guise de protestation contre les politiques de répression du régime à l’égard de manifestations pacifiques. Ce même jour, les forces de sécurité ont dispersé les protestataires et des volontaires qui travaillent avec des enfants malades du cancer devant la tour El Amal, dans l’Etat de Khartoum. Ces derniers demandaient des médicaments anti-cancéreux pour les enfants, mais les autorités en ont arrêté quelques-uns.

LA MILICE INFORMELLE (RABBATA)

Au cours des récentes manifestations, on a vu apparaître de nouveaux types de violations soutenus par le gouvernement soudanais. A l‘université de Khartoum et dans les rues avoisinantes, lorsque les manifestations ont commencé, des membres du NCP (aile estudiantine) ont attaqué d’autres étudiants avec des barres de fer, des épées, des hachoirs et des bâtons. Des témoins oculaires confirment que de nombreux étudiants ont été grièvement blessés dans l’attaque perpétrée par la Rabbata. Cette milice à la solde de l’Etat, a aussi attaqué des étudiants à Omdurman, à l’université Al Ahleya, à l’université de Khartoum et au complexe d’Omdurman. Des témoins confirment que des membres de la Rabbata ont agressé des étudiants sans que la police intervienne.

Dans son discours du 24 juin aux étudiants du NPC, dans le Friendship Hall, le président Al Bashir déclarera : "Nous sommes capables d’envoyer de véritables combattants, des moudjahiddines de la rue, pour repousser les contestataires, mais nous ne l’avons pas fait parce que nous sommes un gouvernement responsable". Et d’ajouter : "Nous sommes capables d’envoyer un million de moudjahiddines dans la rue". Pour les analystes, ce discours était la confirmation que le NCP préparait et entraînait ses cadres pour repousser et réprimer les manifestants.

Suite aux manifestations, de nombreuses arrestations de manifestants ont été opérées par le NISS, la police et la Rabbata, utilisant cette détention pour réprimer et intimider des protestations pacifiques. Cela avait commencé immédiatement après le début des manifestations et s’est poursuivi. Les détenus n’ayant pas le droit de communiquer avec leur famille ou d’obtenir leurs médicaments.

ARRESTATIONS

Les arrestations ont eu lieu dans différents localités : Khartoum, de Kasala, El Gadarif, El Obied, la Mer Rouge, Atbara, le Nil Bleu, Madani et Kamlien. Mais surtout à Khartoum, quartier général des partis politiques et des mouvements de jeunesse. Un précédent a même été établi lorsque les forces de sécurité ont arrêté des avocats qui défendaient des détenus. Selon nos informations, le jour où ce rapport a été établi, le nombre de détenus était entre 800 et 1000.

TORTURES

Les forces de sécurité ont fait usage de différentes formes de torture en cours de détention : violence physique et verbal, principalement de nature sexuelle à l’égard des femmes. La torture a été utilisée pour terroriser et intimider les détenus afin de décourager leur participation aux manifestations et pour les contraindre à incriminer d’autres personnes impliquées dans l’organisation des manifestations.

"J’ai été détenu suite à l’une des manifestions qui ont eu lieu dans les rues de Khartoum. Avec un collègue photographe et un ami journaliste, nous avons été pourchassés et avons eu un horrible accident qui a causé la destruction complète de la voiture du photographe. Nous avons été violemment extraits de la voiture et battus au visage, à la tête et sur toutes les parties de nos corps, avec des poings et des bâtons. Ensuite nous avons été jetés au fond d’un pick-up. Nos visages sur le sol, il nous était interdit d’ouvrir les yeux. Ils ont continué à nous battre tout au long de la route jusqu’au bureau de la sécurité. Ils ont confisqué nos téléphones mobiles, nos clés de voiture et tout ce que nous avions. Mais je n’ai pas vraiment vu parce que j’étais couché face contre terre. Lorsque nous sommes arrivés dans les locaux de la sécurité, ils nous ont interdit d’ouvrir les yeux et nous avons été brutalement poussés hors de la voiture. Nous avons été battus et insultés, en particulier nous les femmes. On nous a dit que nous étions des personnes immorales qui n’avons pas de famille, que nous sommes de mauvaises personnes (saaleeg) tout en nous regardant dans les yeux et répétant sans cesse : "Si vous appartenez à une famille qui vous a bien élevé, qu’est-ce qui vous a amenée à participer aux manifestations ?"

Ce témoignage a été publié en ligne par une détenue au cours des manifestations à Khartoum. Son nom est Karima Fathalrahman.

Les manifestations ont été suivies par les procès des militants arrêtés par la police et accusés "d’atteinte à la paix". Ils se sont déroulés dans différentes villes comme Omdurman, Khartoum, Khartoum Bahri et El Balafon ainsi que dans d’autres localités soudanaises. Certains avocats, qui préfèrent garder l’anonymat ont dit que les juges ont ignoré les conditions d’un procès équitable. Les sentences varient d’un condamné à l’autre, allant jusqu’à 20 coups de fouets pour un manifestant. L’intention est d’humilier, de porter atteinte à la dignité des manifestants qui exerçaient leur droit constitutionnel de manifester. D’autres manifestants ont été condamnés à des peines de prisons de 3 à 6 mois. Créant un étrange précédent, les juges ont ordonné aux accusés reconnus innocents de signer un engagement de ne plus participer à des manifestations à l’avenir. Dans un tribunal de Kharoum North, un juge, du nom d’Ibrahim, a condamné deux jeunes à 20 coups de fouets sur la base du seul témoignage d’un policier. Certains des accusés étaient mineurs

Les forces de sécurité, au cours des manifestations, ont ciblé les quartiers généraux des partis politiques en violation du droit à des rassemblements pacifiques et du droit à la liberté d’organisation garantis par la Constitution. Les forces de sécurité ont attaqué de nombreux quartiers généraux de partis politiques ainsi que les domiciles de certains dirigeants politiques, dans la capitale aussi bien qu’en province. Certains dirigeants et membres de partis politiques ont été arrêtés et pour la plupart n’ont pas été libérés.

Le NISS a eu à entrer dans le quartier général du New Democratic Forces (HAQ) dans la région de Khartoum 2, le soir du 18 juin. Tout le monde a été arrêté y compris des dirigeants comme M. Ahmed Shakir (vice-président du parti) et des administrateurs, ainsi que des invités qui participaient à une célébration pour l’annonce de la mise sur pied de Youth Alliance for Change. Selon des témoins oculaires, il y a eu plus 50 personnes détenues parmi lesquelles : Ahmed Shakir, Mohamed Mahjoub, Hasabo Ibrahim Abdallah, Kamal Gasm El Sied, Rashida Shams El Dien

Elles ont également pris d’assaut les locaux du Sudanese Congress Party à Abbaseya à Omdurman et ont arrêté le secrétaire politique du parti, Mastor Ahmed, ainsi que huit autres membres. Les dirigeants du Sudanese El Ba’ath Party (Sate’e Mohamed El Haj et Mohamed Dia El Dien) ont aussi été arrêtés ainsi qu’un groupe de jeunes. Les forces de sécurité ont même pénétré dans les locaux de National Unity Parti.

Le samedi 23 juin, deux officiers du NISS ont fait savoir au secrétaire général du parti Umma que toutes les activités politiques du parti étaient suspendues. Le quartier général du Popular Congress Party à Khartoum - Ryadh - étaient encerclé et certains des cadres du parti arrêtés. La police a attaqué des participants à un symposium qui se tenait dans le quartier général du parti le 25 juin et a fait usage de gaz lacrymogène afin de disperser les manifestants qui demandaient la chute du régime.

REPRESSION DE LA LIBERTE D’EXPRESSION

Les autorités ont violé la liberté d’expression de diverses façons. Elles ont continué à exercer leur censure les journaux, à arrêter des journalistes et toute personne parlant avec des médias internationaux. Certains détenus ont raconté que la police leur avait demandé leur nom d’utilisateur et leur mot de passe pour le compte Facebook et leur courrier électronique, en les avertissant que s’ils en changeaient ils pourraient être à nouveau arrêtés. Ils ont également dit que leurs téléphones portables ont été contrôlés et que la police a effacé les photos prises pendant les manifestations.

La samedi 16 juin, le NISS a fermé le journal El Tayar qui avait publié un certain nombre d’articles sur la corruption et une critique d’un entretien télévisé avec le président. L’auteur de cet article a été détenu. Le journal El Midan n’est pas paru plus de deux mois et 13 numéros ont été confisqués sur ordre du NISS. Des informations provenant de la presse disent que le NISS a envoyé une circulaire aux journaux et agences de presse le dimanche 17 juin, leur enjoignant de ne pas publier d’info concernant les manifestations et les protestations pacifiques résultant de l’annulation des subventions sur le carburants et la hausse continue des prix.

Le 17 juin, les autorités ont confisqué trois journaux indépendants sans préavis : El Ahdath, El Watan, et El Mustaquilla. Le journal Al Tayar, lui, a été suspendu pour une durée indéterminée. Le 19 juin, les forces de sécurité ont arrêté Martelli, le correspondant de l’agence française AFP. Sa licence lui a été retirée et il a expulsé du Soudan.

Depuis le 21 juin, le NISS a ciblé des blogueurs et des journalistes. Les forces de sécurité ont arrêté Maha El Sanosi, une militante du mouvement Girifna et une blogueuse et journaliste égyptienne du Bloomberg Network, Selma El Wardani. Elle a été expulsée vers le Caire le 26 juin, parce qu’elle couvrait les évènements à l’université de Khartoum.

Le blogueur Ousama a été arrêté pour avoir publié des infos sur Twitter et avoir envoyé des images à l’édition anglaise de Al Jazeera . Ousama Abdallah, qui était une des blogueuses les plus éminentes pour avoir utilisé #Sudan Revolts est devenu une sources importantes d’infos pour les médias extérieurs. Le 25 juin, les autorités ont fermé des sites web comme El Rakoba, Sudaneseonline et Hurryat qui publiaient des infos concernant la révolution. Elles ont arrêté les journalistes Khalid Ahmed et Ibtihaj Motwakil, qui tous deux travaillaient pour le journal El Sudani, alors qu’ils couvraient les manifestations à Khartoum. Le NISS a confisqué leurs caméras.

Les autorités ont arrêté toute personnes possédant une caméra disant que ceci affectait la sécurité nationale. La journaliste Najlaa Sid Ahmed a été convoquée au bureau de NISS et a été menacée afin qu’elle cesse de couvrir et de documenter les violations. Le NISS a aussi détenu nombre de journalistes photographes lors des manifestions. Parmi eux : Mohamed Toum, Mohamed Sukki et Sari Dafa-Allah.

Les rapports qui nous sont parvenus font part de l’intrusion des forces de sécurité dans la maison de Yasir Fathi, un militant du parti Umma et l’ont arrêté. Le gouvernement a clairement fait fi du respect de la sphère privée des militants et des citoyens, qui est pourtant garanti par des conventions internationales signées par le gouvernement et intégré dans la constitution soudanaise.

CONCLUSION

Les forces de sécurité ont systématiquement étouffé les voix de la rue et muselé les médias. Ils ont monté une immense campagne d’arrestations à l’encontre des militants, des membres de partis politiques, des journalistes, des photographes, des groupes de jeunes et des contestataires. Certains ont été détenus pour de longue période et n’ont pas encore été libérés. Des détenus ont été soumis à différentes formes de torture.


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Commentaires & analyses

Djibouti : Solidarité avec les luttes légitimes des jeunes de Tadjourah

Nous sommes tous des Tadjouriens !

Awad Ali et Kassim Halloyta

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/comment/84009

Le régime du président Guelleh est un danger public pour Djibouti. L’avenir des enfants de ce pays est pris en otage, laissant en héritage un champ de ruines et des communautés en lambeaux, divisées entre elles qui auront du mal à recoller les morceaux à l’instar de ce qui se passe en Somalie.

Une évidence d’abord. Ce régime ne cache pas sa volonté de mener une lutte frontale contre la moitié de la population du pays, traitée en ennemi. Pour fêter le 35ème anniversaire de l’accession de Djibouti à l’indépendance, qu’il considère comme autant d’années de victoires sur le peuple et en particulier sur la population du Nord et du Sud-ouest, Ismael Omar Guelleh s’est livrée à une provocation à l’égard des habitants de Tadjourah le 1 juillet 2012.

Sur 200 travailleurs recrutés pour la construction du port de Tadjourah, deux seulement sont originaires de cette région, ce qui constitue un acte d’une extrême gravité et d’une irresponsabilité inouïe.

Ce régime est un danger public non seulement pour cette population discriminée depuis 35 ans, mais pour l’ensemble du peuple et pour l’avenir de ce petit pays. Guelleh est en train de prendre en otage l’avenir des enfants de ce pays, en laissant en héritage un champ de ruines et des communautés en lambeaux, divisées entre elles qui auront du mal à recoller les morceaux à l’instar de ce qui se passe en Somalie.

C’est pourquoi, il est du devoir de tous les citoyens djiboutiens de refuser de tomber dans ce piège en soutenant les justes revendications des jeunes de Tadjourah pour l’accès à l’embauche sans discrimination. La lutte des jeunes Tadjouriens est légitime et mérite respect et solidarité. Nous sommes tous des Tadjouriens aujourd’hui !

C’est le chant du cygne du pouvoir de Guelleh !

Que conclure, sinon qu’il faut mettre hors d’état de nuire Guelleh et sa clique, et qu’il faut une alternance, un changement non d’une personne, mais du régime ?

Sans donner des leçons, l’AJDD estime qu’il est temps pour les forces qui veulent le changement de préparer l’après dictature pour empêcher la « Somalisation ».Ces forces doivent être capables de reconnaître les crimes de la dictature durant ces 35 ans et ses conséquences.


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** Awad Ali et Kassim Halloyta sont membres de l’Association des Jeunes Démocrates Djiboutiens (AJDD)

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Plaidoyers & campagnes

Sénégal : Les femmes parlementaires dessinent leur feuille de route

2012-07-31

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/84007

Les élections législatives du 1er juillet ont permis une entrée massive des femmes à l’Assemblée nationale du Sénégal. Toutes sensibilités politiques confondues, elles se sont retrouvées pour s’accorder sur les défis qui les interpellent par delà leurs divergences, pour une représentation parlementaire respectueuse des attentes des populations

Sous l’égide du Réseau Siggil Jigéen, du 19 au 24 juillet 2012, les femmes, issues de toutes les coalitions et partis politiques nouvellement élues députés à l’Assemblée nationale du Sénégal se sont réunies à Dakar. Cette rencontre avait pour objectif de sensibiliser les femmes nouvellement élues sur le statut du député (e), le fonctionnement du parlement et les enjeux de la nouvelle législature. Elle a également permis aux femmes élues de se connaitre, de partager leur expérience et d’affiner leurs stratégies en vue d’une meilleure efficacité de leur intervention dans leur travail de parlementaire notamment envers les populations qu’elles représentent.

A la suite de cette rencontre, la déclaration qui suit a été adoptée

Nous femmes parlementaires de la douzième législature,

- Saluons l’existence du cadre juridique (loi sur la parité dans les instances électives et semi électives) qui garantit désormais la parité au Sénégal et qui a permis un taux de représentativité de 43% de femme élues à la douzième législature. Ce qui constitue un score historique et sans précédant dans l’histoire politique du Sénégal ;

- Remercions les citoyens sénégalais, l’ensemble des structures de la société civile et des partis politiques qui nous ont accompagnés par des encouragements, des formations et conseils ;

- Réitérons notre engagement à défendre l’intérêt des populations sénégalaises surtout pour l’amélioration de leur condition de vie que nous savons difficiles ;

- Sommes déterminées à renforcer le leadership et la légitimité de la représentation nationale en vue d’exercer efficacement notre mandat dans le respect des règles de bonne gouvernance et de transparence ;

- Sommes attentives à l’application de la parité dans les instances internes et externes de l’Assemblée nationale y compris son bureau et ses commissions conformément à la loi n° 2010 -11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue Homme Femme et à son décret d’application n° 2011 819 du 16 juin 2011 ;

- Sommes engagées à travailler la main dans la main pour construire le Sénégal nouveau qui offre l’égalité de chances à toutes et à tous les citoyens.

Fait à Dakar, le 25 juillet 2012


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Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : L’UA adopte une nouvelle feuille de route sanitaire

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/aumonitor/83984

L’Union africaine (UA) et l’Agence du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) prennent l’initiative de la transformation de la physionomie des ripostes sanitaires en Afrique. Une feuille de route adoptée le 16 juillet dernier par les chefs d’État et de gouvernement africains trace une nouvelle voie pour les ripostes du continent au sida, à la tuberculose et au paludisme. Elle met l’accent sur l’importance de cadres politiques, de supervision et de responsabilisation solides pour les investissements dans la lutte contre ces maladies. D’après les estimations de l’Onusida, la riposte au sida de l’Afrique nécessitera un budget de 11 à 12 milliards de dollars en 2015, et le déficit de financement devrait atteindre 3 à 4 milliards de dollars.

http://bit.ly/Pf6m5y





Femmes & genre

Ghana : Rendre obligatoire l'entrée des femmes au parlement

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/83928

Beatrice Boateng, une députée du Nouveau parti patriotique, l'opposition officielle du Ghana au parti au pouvoir, le Nouveau congrès démocratique, a gagné sa place parmi les législateurs du pays. Elle prend son siège au parlement après avoir surmonté de nombreux obstacles auxquels sont confrontées toutes les soi-disant femmes politiques au Ghana, notamment la diffamation et les difficultés financières. Il n'est guère étonnant, lorsque les visiteurs observent les législateurs ghanéens en action, qu'une chose soit immédiatement claire - il y a très peu de femmes qui siègent au parlement de ce pays d'Afrique de l'ouest.

http://bit.ly/OTXK7X





Droits humains

Afrique : Le Sénégal et l'UA proposent un tribunal spécial pour Habré

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83991

Pour juger Hissène Habré le Sénégal et l'Union africaine se sont mis d'accord sur l'architecture d'un tribunal spécial. Une juridiction composée de quatre chambres présidées par des experts africains, composées de magistrats sénégalais et d'un représentant de l'UA. Ces propositions doivent être validées par l'UA et Dakar. Le Sénégal s'est engagé à démarrer la phase d'instruction avant la fin de l'année. Parmi les questions en suspens figure le financement du procès. Il y a deux ans, les bailleurs de fonds s’étaient engagés à le financer à hauteur de 8 millions d’euro. Un montant que les autorités sénégalaises tentent aujourd’hui de faire confirmer de nouveau.

http://rfi.my/NRVApT


Afrique du Sud : L'avenir des enfants pauvres hypothéqué

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/rights/84002

Les inégalités menacent la cohésion sociale en Afrique du Sud, les enfants nés dans des familles pauvres - surtout noirs - risquant de ne jamais échapper à la pauvreté, estime la Banque mondiale. Dans une étude, la Banque montre que le sexe et l'origine ethnique d'un enfant, de même que le manque d'éducation, déterminent en grande partie ses chances de succès dans la vie, même dix-huit ans après la fin de l'apartheid. La moitié de la population sud-africaine vit avec moins de 8% des revenus du pays.

http://bit.ly/PaJggD


Ghana : Maris, soyez généreux avec vos femmes, ou c'est la prison

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83933

Se montrer trop pingre peut coûter cher. Le ministère ghanéen de la Femme et de l’Enfant a décidé que les époux qui privent leurs épouses de moyens financiers seront passibles de poursuites judiciaires. Madame Ankamah, repose son argumentation sur l'article 732 de la loi sur les violences domestiques de 2007, a déclaré que «dans un ménage, tout acte privant le conjoint des nécessités de base de la vie constitue une violation des droits humains, rendant ainsi l'auteur punissable par les tribunaux.» Interprétant de façon large la loi de 2007, elle estime que cette attitude s’assimile à une «violence économique.» En revanche, la secrétaire ne dit pas comment elle compte appliquer cette nouvelle mesure.

http://bit.ly/MOFkFH


Mali : Human Rights Watch accuse les putschistes maliens de torture

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83936

Les putschistes qui ont perpétré le coup d'État du mois de mars au Mali seraient responsables de la disparition d'une vingtaine de soldats qui auraient été torturés, accuse l'organisation Human Rights Watch (HRW) dans un rapport rendu public mercredi 25 juilleet. Ces soldats portés disparus sont vraisemblablement morts pendant le coup d'État, selon HRW. Ils ont été vus pour la dernière fois en pleine nuit, les yeux bandés et les mains attachées. Les détenus auraient été battus, poignardés, brûlés et certains auraient été agressés sexuellement.

http://bit.ly/LPiYzG


Maroc : Des marocains trafiquants de clandestins

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83938

Deux hommes d’origine subsaharienne ont été arrêtés par la Garde Civile espagnole alors qu’ils tentaient de passer illégalement la frontière de Melilla. Tous deux étaient cachés dans le coffre de voitures conduites par des Marocains. L’homme originaire des Comores a bénéficié des premiers soins. Plus tard dans la même journée, la Garde Civile de la frontière de Beni-Enzar procéda à un nouveau contrôle d’une voiture de tourisme. Cette fois c’est un homme du Mali qu’ils découvrirent dans le coffre mais l’extraction du clandestin fut plus difficile et nécessita des outils pour le déloger de sa cachette. Les hommes furent tous arrêtés à l’exception de l’un des conducteurs qui a réussi à s’échapper et repasser vers la frontière marocaine.

http://bit.ly/MUBn2r


Ouganda : La traque de Kony compromise

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83947

Le chef de d’une force de l’Union africaine chargée de traquer Joseph Kony, le chef des rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur, la LRA, dit ne pas pouvoir commencer sa mission par manque de troupes, d’équipement et de fonds. La force de l’UA était supposée être opérationnelle depuis mars, avec 5.000 hommes fournis par l’Ouganda, le Sud Soudan le Congo et la Centrafrique, soit les pays affectés par la LRA ces dernières années. Les fonds promis pour financer la mission, de la part des états concernés et de la communauté internationale, ne se sont pas encore concrétisés.

http://bbc.in/Q33oCi


Soudan : Qui peut sauver Laila Ibrahim Issa Jamool de la lapidation?

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/rights/83937

Laila Ibrahim Issa Jamool, jeune soudanaise de 23 ans, vient d’être condamnée à mort par lapidation. La jeune femme serait actuellement emprisonnée dans de sordides conditions avec son bébé de six mois. Le nourrisson aurait besoin de recevoir des soins médicaux. Son crime: être en instance de divorce. Depuis l’année dernière, Mme Jamool et son mari ont engagé une procédure de divorce, après dix-huit mois de mariage. L’association de défense des droits des femmes, Siha, affirme que son mari l’a accusée d’avoir commis un adultère avant la naissance de leur bébé, en 2012.

http://bit.ly/LU5XVw





Réfugiés & migration forcée

Global : Paris et Rabat veulent renforcer leur coopération sur l'immigration

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/83940

La France et le Maroc ont décidé jeudi 26 juillet de renforcer leur coopération en matière de sécurité et d'immigration, à l'occasion de la première visite à Rabat du ministre français de l'Intérieur. Quelque 1,3 million de Marocains résident et travaillent en France, premier pays d'immigration devant l'Espagne. Evoquant les naturalisations, Manuel Valls a indiqué que la France voulait en "faire une très grande priorité", évoquant la possibilité de réduction des délais d'octroi de la nationalité française dans le respect des principaux critères, notamment la connaissance de la langue.

http://bit.ly/PZlWXD


Kenya : Afflux de réfugiés éthiopiens

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/84003

La Croix-Rouge kényane a annoncé que 20.000 personnes ont fui vers le Kenya, suite à des affrontements dans une ville frontalière éthiopienne. Les violences ont éclaté entre deux groupes ethniques autour de la ville de Moyale, faisant au moins 18 morts. Un différend foncier serait à l'origine de ces incidents entre les Borana et les Garri, deux communautés locales. Les forces armées éthiopiennes sont intervenues vendredi 27 juillet pour contenir les violences. Une mesure qui est loin de rassurer les populations. Selon la Croix-Rouge kényane, beaucoup de personnes continuent à fuir vers le Kenya, en dépit des appels lancés par les dirigeants locaux.

http://bbc.in/O9ilTk





Elections & gouvernance

Ghana : Le parti au pouvoir s’interroge sur son candidat à la présidentielle

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83941

Le parti au pouvoir au Ghana se réunissait 26 juillet pour voir comment désigner un nouveau candidat à la présidentielle en décembre prochain après la mort soudaine du président John Atta Mills. La candidature du président par intérim, John Dramani Mahama, 53 ans, est souvent avancée, bien que le NDC ait connu des divisions récemment. Le Ghana est considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest et la transition après la mort du chef de l’Etat s’est déroulée sans accroc avec l’installation dans les heures qui ont suivi du vice-président Mahama, conformément à la constitution. Les représentants de l’opposition ont appelé à l’unité et ont rendu hommage au président défunt, bien que des remarques sur son manque d’énergie et d’initiative – peut-être dus à la maladie – aient été relevées.

http://bit.ly/MUBkDT


Global : L’axe Paris-Abidjan sous Hollande

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83934

Ami de longue date de Nicolas Sarkozy qui l’avait encore reçu à l’Elysée le 7 mai, au lendemain de sa défaite à l’élection présidentielle, Alassane Ouattara, le successeur du très controversé Laurent Gbagbo, s’est entretenu plus d’une heure jeudi 26 juillet avec François Hollande à l'Elysée et a évoqué l’inquiétante situation au Mali. Pour lui, «les négociations continuent mais, si elles n’aboutissaient pas, nous serions dans l’obligation d’utiliser la force pour débarrasser le Nord-Mali de ces groupes terroristes et intégristes.» D’autres questions sont abordées dans une interview accordée à la presse française.

http://bit.ly/QeqYfq


Madagascar : Nouveau face-à-face pour lever les désaccords

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83946

Les deux principaux acteurs de la crise malgache vont se rencontrer à nouveau dans les jours à venir. Ces rencontres, sous l’égide de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), se sont déroulées à huis-clos. Rajoelina et Ravalomana n’ont pas pu trouver d’accord. Pour l’acte deux des négociations, l’organisation régionale les presse de trouver une entente allant dans le sens d’une résolution de crise dans leur pays, sous peine de sanctions.

http://bbc.in/QcR3M9


Tunisie : Ce regard caricatural qu’on projette sur l’islamisme

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83944

Dans une tribune intitulée de manière péremptoire "La Tunisie est aujourd'hui islamiste", Nicolas Clinchamps, spécialiste du droit de l'outre-mer, nous a livré un regard caricatural et simpliste sur la situation en Tunisie. A telle enseigne que la critique de son texte pose d'emblée une question d'ordre moral – l'auteur est-il de bonne foi ? Son texte semble ainsi céder à l'obsession islamiste par une diabolisation stérile, y compris en réduisant la complexité de la Tunisie post-révolutionnaire à l'émergence d'un "Etat islamiste".

http://bit.ly/O8E0ho


Tunisie : Le ministre des Finances démissionne pour désaccord politique

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83926

Le ministre tunisien des Finances, Houcine Dimassi, a présenté sa démission en raison de divergences avec la politique du gouvernement dirigé par l'islamiste Hamadi Jebali, a-t-on appris vendredi 27 juin. M. Dimassi a notamment critiqué le limogeage du gouverneur de la Banque centrale Mustapha Kamel Nabli et "la manière arbitraire" avec laquelle son successeur Chedly Ayari a été désigné par l'Assemblée constituante à l'issue de plusieurs séances de débats enflammés. Un des rares ministres indépendants, M. Dimassi est le deuxième à claquer la porte depuis l'entrée en fonction en décembre 2012 du gouvernement dominé par les islamistes.

http://yhoo.it/PGwo5J


Zimbabwe : L'UE prête à suspendre sous conditions la majorité des sanctions

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/elections/83990

L'Union européenne s'est dite prête à suspendre la majorité de ses sanctions contre le Zimbabwe si ce pays organisait un référendum constitutionnel « crédible » pour préparer des élections démocratiques, une condition aussitôt rejetée par le parti du président Robert Mugabe. Mais l'UE entend désormais encourager la transition politique, prévue dans les accords passés en 2008 entre M. Mugabe et Morgan Tsvangirai. De source diplomatique, l'UE envisage de lever les sanctions visant la plupart des 112 personnes encore soumises à des gels d'avoirs et des interdictions de visa dans l'UE, à l'exception d'un « noyau dur » comprenant M. Mugabe.

http://bit.ly/OwQfC4





Corruption

Burundi : Prison ferme pour un militant anti-corruption

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/83932

Faustin Ndikumana, le président d'une organisation de lutte contre la corruption, le PARCEM, poursuivi pour fausses déclarations contre le ministre burundais de la Justice, vient d'être condamné à cinq ans de prison ferme et plus de 8.500 euros d'amendes et dommages-intérêts, pour lui et son organisation. Il s'agit d'une première au Burundi, pays classé parmi les dix pays les plus corrompus du monde selon Transparency international. Jusqu'ici en effet, les activistes de la société civile avaient subi toutes sortes de pressions, arrestations, convocations intempestives, menaces de mort, mais jamais aucun d'eux n'avait été condamné pour un tel motif.

http://bit.ly/NcAfTu


Global : Les réseaux derrière les multinationales du crime

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/83996

Avec l’ouverture des frontières économiques, le marché du blanchiment d’argent a connu une forte accélération au cours des deux dernières décennies, prenant ainsi de plus en plus d’importance dans l’économie légale. Il est actuellement le secteur qui croît le plus vite, grâce notamment à la drogue et à la criminalité organisée. Selon l’Office de lutte contre la drogue et le crime organisé (ONUDC), cette criminalité transnationale enregistre un chiffre d’affaire annuel de 870 milliards de dollars dans le monde, soit l’équivalent du PIB mondial qui est de 1,5%. La contrefaçon par exemple, rapporte, selon l’ONU, 250 milliards de dollars sans compter la traite des êtres humains qui représente un chiffre d’affaires de 32 milliards de dollars par an.

http://bit.ly/MVt8TP


Rd Congo : Des Chinois arrêtés pour trafic illicite de bois

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/83924

Une dizaine de ressortissants chinois ont été placés aux arrêts à Lubumbashi pour exploitation et importation illicite de bois. Un trafic qui a duré huit mois avec la complicité de personnalités très influentes du pays, et qui font pression pour la libération de ces Chinois. Ils sont venus pour construire et entretenir les routes, puis ils se sont mis à couper du bois. Les Chinois ont alors décimé des pans entiers de la forêt de Kasomeno, à environ 150 kilomètres au nord de Lubumbashi. Face à l’ampleur de la destruction de la biodiversité au mépris des lois congolaises, la population locale a alors élevé la voix.

http://bit.ly/MRVwEx





Développement

Afrique : Le vice de la politique d’aide au développement

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/development/83997

La problématique des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) réside sur le débat de l’antériorité entre la croissance et les institutions, débat qui continue à entretenir la controverse chez les scientifiques entre eux d’une part, et les scientifiques et les décideurs internationaux d’autre part. Et l’orientation de la politique d’Aide au Développement (AD) du 21ème siècle est principalement influencée par ce débat, même si les recherches sur la question sont devenues un vrai football politique. Le problème, en Afrique, n’est donc pas seulement institutionnel, mais aussi et surtout humain. Alors le vrai débat, quant à l’AD, doit se baser sur l’antériorité entre les institutions et les incitations.

http://bit.ly/LCMQ2k


Afrique : Réduire les inégalités pour atteindre les OMD avant 2015

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/development/83942

Pour le PNUD, le développement actuel en Afrique est comme encadré par deux tendances parallèles mais contradictoires. D'une part, le continent enregistre actuellement d'exceptionnels résultats économiques et une forte croissance du PIB par habitant. D'autre part, ces réalisations n'aboutissent nullement à une amélioration générale du développement humain. Il est essentiel d'améliorer la qualité de vie du très grand nombre d'Africains qui vivent toujours en dessous du seuil de pauvreté. La croissance ne fait pas encore sentir ses bienfaits pour de nombreux enfants, en particulier dans les zones rurales et les zones reculées.

http://bit.ly/MMQCMH


Afrique : Voler pour aussi peu que 20 dollars

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/development/83930

Fastjet, qui sera la première compagnie aérienne africaine «low cost», devrait faire décoller ses premiers vols dès le mois d’octobre prochain. Au début, elle desservira une dizaine de destinations dans quatre pays : le Kenya, la Tanzanie, le Ghana et l’Angola. Le coût moyen des billets se situera entre 70$ et 80$, hors taxes, et, pour certaines liaisons, ils seront proposés pour une somme aussi modique que 20$. Un des promoteurs du projet n’est autre que le président fondateur d’easyJet.

http://bit.ly/Ohpc0O


Afrique du sud : Le radiotélescope SKA, un coup de pouce pour la science

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/development/83989

Le plus grand radiotélescope du monde sera très prochainement implanté sur le continent africain. Celui-ci devrait permettre des observations hors du commun qui aideraient à comprendre la formation de l'univers, ainsi qu'une progression de l'intérêt pour la science chez la population africaine. Le centre du radiotélescope se situera en Afrique du sud, mais l'Australie abritera la partie basse fréquence de l'instrument sur son territoire. Les deux continents vont ainsi partager le financement du projet, à hauteur de 2 milliards d'euros. Le projet devrait également permettre le recrutement d'ingénieurs et scientifiques africains. Parmi eux, 400 boursiers sont déjà sur le projet.

http://tinyurl.com/cjbg3mu


Burundi : Projet de taux de croissance de 6% pour l’agriculture

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/development/83929

Le ministère burundais de l’Agriculture et de l’Elevage a lancé mardi 24 juillet les Plans Provinciaux d’Investissement Agricole (PPIA), dont l’objectif est de faire l’agriculture bénéficié d’un taux de croissance annuelle de 6% en 2017, contre 2,6% aujourd’hui. Il s’agit du recours intégral aux bonnes pratiques de protection des ressources en terres et en eaux grâce à l’adoption de l’approche "Bassins versants" qui concerne 500.000 Ha. Au Burundi, l’agriculture est pratiquée d’une façon rudimentaire par 1,2 millions de familles rurales (90% des ménages) sur de très petites exploitations, dont la taille moyenne se situe autour de 0,5 hectares et sa contribution au PIB se situe entre 20 et 50%.

http://bit.ly/QgG0Sa


Congo : Permis d’Exploration de gisements de fer à une société sud-africaine

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/development/83998

Le Congo Brazzaville vient d’octroyer un deuxième permis d’exploration à la société sud-africaine Exxaro. Ce second permis d’exploration sera essentiellement consacré à l’exploration de gisements de fer dans la zone de Ngoubou-Ngoubou (au sud-ouest du Congo). Cette nouvelle collaboration a également pour but de consolider la coopération bilatérale entre le Congo et l’Afrique du Sud. Des résultats positifs de cette exploration motiveraient sans doute plus d’investissements dans ce secteur qui est l’un des moteurs de croissance économique du pays.

http://bit.ly/PWSoXb


Guinée Bissau : La crise politique nuit à la noix de cajou

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/development/83931

Le président de l’Association des agriculteurs de Guinée Bissau a déploré dimanche 22 juillet la baisse des exportations de la noix de cajou. Une contreperformance liée au conflit politique actuel. M. Mama Samba Embalo en est certain : la Guinée Bissau « va exporter avec peine 100 000 tonnes de noix de cajou cette année ». En 2011, le pays avait écoulé un total de 140 000 tonnes de la même marchandise. Mais, depuis le 12 avril dernier, un coup d’état a perturbé l’ordre institutionnel de la Guinée Bissau et, par ricochet, repoussé les acquéreurs. Quelque 40 000 tonnes de noix de cajou moisissent pour le moment dans les magasins du pays.

http://bit.ly/SZGsHD


Maroc : Comment répondre à l’exclusion économique des jeunes

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/development/84001

Si le dernier rapport de la banque mondiale, paru au mois de mai dernier, sur la jeunesse au Maroc, a le mérite de remettre sous le feu des projecteurs la problématique du chômage des jeunes (30% des 15-29 ans sont sans emploi), les recommandations proposés allant dans le sens d’un renforcement du rôle de l’Etat ne sont pas prêtes de la résoudre. Que doit-on faire ?

http://bit.ly/Om0JYc


Maroc : Un vent froid venu d'Europe souffle sur l'économie

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/development/83999

Tourisme européen en berne, investissements étrangers en recul, gonflement du déficit budgétaire (+6%) et commercial: les effets de la récession de l'Europe, principal partenaire du Maroc, se font ressentir sur l'activité économique de ce voisin d'Afrique du nord. Du coup, le taux de croissance pour 2012 sera inférieur à 3%, en nette baisse par rapport aux 4,8% prévus dans le budget. Au premier trimestre, il a été de 2,8% en glissement annuel contre 5,6% pour la même période de l'an dernier. En cause: la mauvaise saison agricole.

http://yhoo.it/Q2V4W3





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Des mécanismes pour combler le déficit de financement sur le Vih

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83948

Dans plusieurs pays africains, comme le Kenya, la Namibie, la Sierra Leone et l’Ouganda, le budget consacré à la lutte contre le Vih/sida a augmenté de plus de 100 pour cent entre 2006 et 2011. Les gouvernements nationaux ont ainsi décidé de relever le défi de la redistribution des ressources et, pour la première fois, les ressources nationales allouées aux programmes de réponse au sida ont dépassé le financement international, a noté l’Onusida. Le Rwanda et l’Ouganda ont commencé à imposer une taxe sur l’utilisation des téléphones portables pour financer les programmes de santé, et le Botswana, le Gabon et le Malawi, entre autres, examinent actuellement la possibilité d’instaurer une telle taxe pour financer la lutte contre le sida. La taxe sur l’alcool et le tabac pourrait être l’une des mesures les plus ambitieuses instaurées pour permettre un accès universel aux antirétroviraux.

http://bit.ly/QBmvUj


Afrique : La résistance aux antirétroviraux s'accroît en Afrique

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/84000

L'apparition de formes résistantes du VIH en Afrique pourrait remettre en cause les progrès enregistrés ces dernières années en matière de mortalité. En Afrique orientale, elle a augmenté de 29% par an et concerne aujourd'hui 7,4% des malades n'ayant pas encore été traités, contre 1% il y a huit ans. En Afrique australe, la croissance a atteint 14% par an, et les personnes concernées représentent 3% des malades non soignés contre 1% il y a six ans. Pour éviter que les résistances ne continuent de s'étendre en Afrique, les chercheurs invitent les pays concernés à établir des circuits d'approvisionnement sûrs pour éviter les ruptures de stock et par conséquent les interruptions de traitements qui entretiennent la résistance.

http://bit.ly/NN3Asf


Afrique : Première usine publique de médicaments contre le sida

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/83985

La première usine publique de production, emballage et distribution de médicaments anti-rétroviraux d'Afrique a été inaugurée samedi 21 juillet à Maputo, au Mozambique. Elle est le fruit d'une collaboration entre ce pays africain et le Brésil. Actuellement, plus de 2,5 millions de Mozambicains sont séropositifs, soit 12% de la population totale. Pourtant, seuls 291.000 d'entre eux ont eu accès au traitement par antirétroviraux. L'idée de construction de l'usine a été lancée en 2003. Le projet a donc reçu 23 millions de dollars de l'état brésilien et 4,5 millions de dollars de l'entreprise minière brésilienne Vale, implantée au Mozambique.

http://bit.ly/MEfnIX





Éducation

Bénin : Des milliers d'adolescents retrouvent l'école

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/education/83925

Des milliers d'adolescents béninois exclus du système éducatif vont pouvoir retrouver le chemin de l'école grâce au Programme de cours accélérés, le PCA, soutenu entre autres par la coopération américaine et l'Unicef. Avec la signature, vendredi 27 juillet, d'un accord tripartite Unicef-gouvernement-mairies, le Bénin rend officielle l'éducation alternative proposée jusqu'ici à petite échelle par des associations et ONG.

http://rfi.my/N1uRU0





Racisme & xénophobie

Afrique du sud : Un extrémiste blanc reconnu coupable de haute trahison

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/racism/83951

Le leader d'un groupe sud-africain militant pour la suprématie de la "race blanche", accusé d'avoir cherché à tuer Nelson Mandela et renverser le gouvernement par une série d'attentats, a été reconnu jeudi coupable de haute trahison. Le jugement conclut un procès fleuve commencé il y a neuf ans devant la Haute Cour de Pretoria, suite à une série d'attentats en 2002. Le groupe est à l'origine de neuf attentats qui ont fait un mort et plusieurs dizaines de blessés à Soweto en octobre 2002. Avec l'assassinat planifié du héros de la lutte anti-apartheid et d'autres attentats, le groupe voulait provoquer la colère de la communauté noire et semer le chaos afin de fomenter un coup d'Etat dans la nouvelle Afrique du Sud.

http://bit.ly/MUBpYb





Environnement

L’Afrique en guerre contre les sacs plastiques

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83986

Alors que les pays européens ne donnent pas toujours l’exemple dans la lutte contre les sacs plastiques, les États africains font figure de bons élèves. Depuis plusieurs années, de nombreux pays du continent ont décidé de se débarrasser de leurs sacs plastiques pour réduire la pollution et améliorer les conditions de vie des populations. L’Afrique du sud, le Rwanda, l’Érythrée, l’Ouganda, la Tanzanie, le Gabon, et le Kenya mènent depuis plusieurs années une lutte sans merci contre les sacs plastiques.

http://bit.ly/xueR7v


Afrique : Des pays veulent légaliser le commerce de l'ivoire

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83987

Une proposition visant à légaliser le commerce de l'ivoire afin de lutter contre la hausse du braconnage d'éléphants en Afrique devrait dominer les débats dans une conférence de l'ONU sur la conservation de la faune qui se déroule cette semaine à Genève, en Suisse. C'est la première fois qu'une telle proposition est mise de l'avant depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction mondiale du commerce de l'ivoire, en 1989. L'interdiction a mis un terme au braconnage généralisé, mais le problème prend de l'ampleur depuis 2004 avec la hausse de la demande en Asie.

http://bit.ly/T0DXVs


Afrique : Nouveau projet de surveillance des forêts dans dix pays

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/environment/83935

Un nouveau projet va être mis en place dans dix pays d'Afrique centrale pour améliorer les systèmes de surveillance des forêts et renforcer la coopération régionale, a annoncé jeudi 26 juillet la FAO. Les dix pays concernés, qui font partie du Bassin du Congo, sont le Burundi, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tomé et Principe, et enfin le Tchad. Les forêts du Bassin du Congo couvrent environ 200 millions d'hectares et sont, après la forêt amazonienne, l'une des plus grandes forêts pluviales primaires. Elles assurent les moyens d'existence de quelque 60 millions de personnes.

http://bit.ly/MUBjje





Justice Alimentaire

Zimbabwe : Plus d'un Zimbabwéen sur dix va avoir besoin de l'aide alimentaire

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/food/83939

Plus d'un Zimbabwéen sur dix, environ 1,6 million de personnes, aura besoin de l'aide alimentaire pendant la saison sèche au début de l'année 2013, les récoltes n'ayant pas été bonnes, a indiqué le Programme alimentaire mondial (PAM) vendredi 27 juillet. L'agence de l'ONU évalue que la récolte de céréales est cette année un tiers moins importante que l'an dernier, à environ un million de tonnes, le plus bas niveau depuis 2009. Les pénuries alimentaires sont imputés à l'irrégularité des précipitations et aux périodes de sécheresse, à un accès trop limité aux semences et aux engrais, à une réduction de la superficie ensemencée, à de mauvaises pratiques agricoles et à une insuffisante diversification des cultures.

http://bit.ly/M1KIkK





Nouvelles de la diaspora

Afrique : Les Lembas d'Afrique australe, juifs noirs sans synagogue

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/diaspora/83949

Ils sont noirs, ne parlent pas hébreu et n'ont pas de synagogue, mais les Lembas, disséminés en Afrique australe, se disent juifs depuis des siècles, une conviction corroborée par des analyses ADN. Si aucun écrit historique ne témoigne de leur passage du Moyen-Orient au sud de l'Afrique, les Lembas se décrivent eux-mêmes comme originaires d'une zone correspondant au Yémen d'aujourd'hui, d'où ils seraient venus avec une réplique de l'Arche d'Alliance, appelée "ngoma lungundu" et perdue depuis. Mais il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que des analyses ADN identifient chez les Lembas un marqueur génétique propre aux descendants d'une caste de prêtres juifs de l'époque de Moïse, les Cohen, attestant de leur ancêtre juif et de leur lien avec le Proche-Orient d'il y a 3.000 ans.

http://bit.ly/O17Owf





Conflits & urgences

Afrique : Le Maroc invitée à s’impliquer dans la crise au Mali

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83995

Déstabilisé par des mouvements terroristes, le Mali inquiète les pays environnants. Si l'Algérie s'est autoproclamée gendarme du Sahel, c'est son voisin marocain qui tient entre ses mains l'avenir de la région. L’échec d’une gestion sécuritaire algérienne est patent. Il s’explique par le fait qu’Alger s’est ingénié à écarter l’autre grand de la région, le Maroc, de toutes les structures régionales de coopération en matière de sécurité et de défense. Or, rien ne peut se faire sans le Maroc qui est naturellement un pays du champ, puisqu’il a des centaines de kilomètres de frontières avec la Mauritanie.

http://bit.ly/NSiNZ0


Afrique : Des chefs militaires ouest-africains préparent l'intervention au Mali

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83950

Des chefs d'état-major d'Afrique de l'Ouest se sont réunis à Abidjan pour préparer l'envoi d'une force régionale au Mali, afin d'aider l'armée malienne à reconquérir le Nord contrôlé par des islamistes armés. Réunis autour du chef de l'armée ivoirienne, le général Soumaïla Bakayoko, des responsables militaires des pays de la CEDEAO doivent examiner les conclusions d'une «mission d'évaluation technique» associant Cédéao, Union africaine (UA) et ONU, qui s'est rendue du 9 au 18 juillet à Bamako en vue d'arrêter les «modalités pratiques» du déploiement de cette force. La CEDEAO envisage d'envoyer une force régionale de quelque 3.300 hommes au Mali, mais attend un mandat de l'ONU et une demande formelle de Bamako et compte sur une aide extérieure, notamment logistique.

http://bit.ly/OvhxJ2


Mali : Retour de Dioncounda Traoré dans un pays en tourmente

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83943

Après deux mois de convalescence à Paris, le président malien par intérim Dioncounda Traoré est rentré vendredi 27 juillet à Bamako, capitale d'un pays en pleine tourmente où il avait été violemment agressé dans son bureau par une foule de manifestants hostiles à son maintien au pouvoir. Le propre parti de M. Traoré, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), a réclamé la démission de Cheick Modibo Diarra, accusé "d'incompétence et d'amateurisme" face aux immenses défis auxquels est confronté le pays. Le retour à Bamako de Dioncounda Traoré signifie en principe qu'il a reçu toutes les garanties nécessaires quant à sa sécurité personnelle, pour que ne se reproduise pas l'agression dont il a été victime le 21 mai.

http://bit.ly/NBumFk


Rd Congo : Les combats font rage au Nord-Kivu

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83927

Les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) ont repris jeudi 26 juillet. Selon la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco), environ 2 000 personnes fuient ces combats, dont une partie se dirige vers Goma, la capitale du Nord-Kivu. Entre les mois de mai et juin, les combats entre les FARDC et les mutins du M23 ont provoqué le déplacement de plus de 200 000 personnes, dont 30 000 qui se sont réfugiées au Rwanda et en Ouganda, deux pays frontaliers de la RDC. Cette situation commence à inquiéter les pays occidentaux.

http://bit.ly/OSIyo8


Rd Congo : Les hélicoptères de l’ONU ciblent les mutins

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83993

Le lundi 23 juillet, les hélicoptères de l’ONU ont ciblé les mutins du M23 à Kibumba. Ces hostilités feraient suite à l’attaque dont auraient été victimes les Forces armées de la République démocratique du Congo. Selon la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo, environ 2 000 personnes fuient ces combats, dont une partie se dirige vers Goma, la capitale du Nord-Kivu. C’est la deuxième fois que l’ONU attaque les camps des rebelles.

http://bit.ly/OCGUH1


Rwanda : Les Pays-Bas suspendent l’aide

2012-07-29

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83945

La pression internationale monte sur Paul Kagame. Les Pays-Bas ont suspendu une aide budgétaire de 5 millions d’euros en réponse au rapport d’un groupe d’expert de l’ONU mettant en cause plusieurs haut responsables du régime rwandais dans son soutien direct de la rébellion au Nord Kivu, avec des armes, des munitions et des combattants. Les pays scandinaves au Conseil d’administration de la Banque africaine de développement ont également forcé le report d’une décision sur le versement de 39 millions de dollars d’aide budgétaire, signe que Paul Kagame est en train de se mettre à dos des alliés européens. Kigali dépend de l’aide internationale pour plus d’un tiers de son budget.

http://bbc.in/MJU0I5


Rwanda : Protestation contre la suspension de l'aide militaire américaine

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83992

Les Etats-Unis, alliés récents du Rwanda, ont suspendu leur aide militaire en raison du soutien de Kigali, qui s'en défend, à la rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine. Le Rwanda et son président Paul Kagame ont toujours démenti tout soutien aux mutins. La ministre des Affaires étrangères rwandaise annoncé une rencontre avec des experts de l'ONU au cours de laquelle Kigali "réfutera ligne par ligne" le rapport accusatoire de l'ONU.

http://bit.ly/OZxrNA


Soudan : Juba accuse Khartoum de bombardements

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/83994

Le Soudan du Sud a accusé le Soudan d'avoir de nouveau bombardé son territoire, et jugé impossible, malgré la récente poignée de main des présidents soudanais, Omar El Bechir, et sud-soudanais, Salva Kiir, de poursuivre les négociations «bilatérales directes» avec Khartoum. Les pourparlers se poursuivent toutefois, mais sous la médiation de l'Union africaine (UA), dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba. Le Soudan a immédiatement nié toute agression du Soudan du Sud.

http://bit.ly/PaJO6i





Internet & technologie

Afrique : La vague Orange déferle sur le continent

2012-07-30

http://pambazuka.org/fr/category/internet/83988

L'opérateur de télécoms Orange et l'éditeur de logiciels Gameloft ont conclu un partenariat pour développer l'usage des jeux mobiles en Afrique et au Moyen-Orient. Présent dans 22 pays de cette zone, l’opérateur français va proposer à ses clients une offre de jeux sur terminaux mobiles et sur smartphones. Une stratégie qui pourrait s’avérer payante : en 2011, le secteur du jeu sur terminaux mobiles a généré environ 12 milliards de dollars au niveau mondial. Alors que l’Afrique entre dans la danse, Orange prend les devants.

http://bit.ly/Q44elQ





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