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Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 260 : Obama, Hollande et l'Afrique : les fausses illusions

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Droits humains, 4. Réfugiés & migration forcée, 5. Elections & gouvernance, 6. Corruption, 7. Développement, 8. Santé & VIH/SIDA, 9. Éducation, 10. Environnement, 11. Justice Alimentaire, 12. Média & liberté d'expression, 13. Conflits & urgences, 14. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Obama ne défendra jamais les intérêts des Africains.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Françafrique : Lettre ouverte au président François Hollande.
DROITS HUMAINS : Afrique du sud : 40 ans de prison pour un trafiquant de cornes de rhinocéros.
REFUGIES ET MIGRATION : Afrique : Des centaines de réfugiés sans solution en Tunisie.
ELLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique du sud : Jacob Zuma contesté par toute l’opposition.
CORRUPTION : Algérie : L’association de lutte contre la corruption non agrée par l’Etat
SANTE & VIH/ SIDA : Burundi : Appel à s’aligner sur le modèle rwandais en matière de PF.
DEVELOPPEMENT : Cinq raison désespérer d’un Cameroun émergent en 2035.
EDUCATION : Centrafrique : La craie jetée pour réclamer l’intégration dans la fonction publique.
ENVIRONNEMENT : Nigéria : Montée des eaux d’une rivière à la frontière nigéro-nigérianne.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Zambie : Des fermiers étrangers sapent la sécurité alimentaire.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : Hassan Ruvakuki continue de clamer son innocence.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Polémique après un accrochage entre armées du Rwanda et de RDC.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Les Etats invités à accélérer le processus de transition vers le numérique.




Chroniques

Obama ne défendra jamais les intérêts de l'Afrique

Ley-Ngardigal Djimadoum

2012-11-13

http://pambazuka.org/fr/category/features/85422

Si certains Africains soutiennent Obama dans sa campagne inter capitaliste pour la couleur de sa peau noire, c’est faire preuve d’une myopie politique dangereuse pour l’avenir de l’Afrique car Obama défend les intérêts des multinationales prédatrices capitalistes.

A l’approche de l’élection présidentielle aux USA, certains africains lancent des plaidoyers pour la réélection le 6 novembre prochain du président sortant et candidat à la présidentielle M. Barack Obama. Cette personnalité politique au pouvoir depuis quatre ans, pur produit du capitalisme aurait-il fait du bien à l’Afrique, dont son père Obama du Kenya était originaire ? Dans l’affirmative, quelles seraient ses actions aux conséquences positives sur le processus de paix, de démocratie, de développement économique de l’Afrique ? Pourquoi un tel engagement et engouement en faveur du président Obama ? Les élections présidentielles dans les pays occidentaux ont-elles permis de sortir l’Afrique de la domination, des pillages de l’exploitation impérialiste ou de mettre un terme aux humiliations récurrentes ?

L’ATTRIBUTION DU PRIX NOBEL DE LA PAIX A BARAK OBAMA, UN BLASPHEME A LA MEMOIRE DES MORTS AFRICAINS

A l'appui de leur thèse de soutien au président Barack Obama, certains Africains évoquent notamment la prétendue paix mondiale qu’aurait instaurée Obama depuis 4 ans, suite aux multiples guerres déclenchées par ses prédécesseurs, les présidents Bush (père et fils) dans le Golfe, en Iran, Irak et en Afghanistan.

Pour notre part nous avions contesté d'emblée l’immoralité du prix Nobel de la paix attribué au président Barak Obama le 9 octobre 2009. En effet, c'est bien sous sa présidence que les guerres de recolonisation et de balkanisation de l'Afrique ont connu leur essor actuel. Ces drames qui frappent l’Afrique ne doivent jamais réjouir aucun Africain conscient que ce premier président noir de l’histoire des Usa a été intronisé par le cercle des puissants capitalistes pour servir leurs intérêts présents et futurs au cours de son mandat de quatre ans.

Les puissances impérialistes envoient leurs petits nègres de service exécuter leurs crimes en Afrique et au Moyen orient : le président Paul Kagamé en RD Congo, l’ex-secrétaire général de l’Onu Kofi Annan et l’ex-secrétaire d’état américain Colin Powell pour la destruction de l’Irak. Au demeurant, rappelons que l’ancien secrétaire d’Etat américain Colin Powell a menti au cours d’une réunion du 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité de l’Onu, pour dire que l’Irak de Saddam Hussein détenait des armes de destruction massives (Adm) et que les Usa frapperaient militairement le pays afin de détruire ces Adm. A cet effet, il avait exhibé ridiculement un tube à essai contenant une poudre de couleur blanche. Depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003, par l’armée étatsunienne forte d’environ 200.000 hommes sur le terrain, elle n’a trouvé aucune trace, si minime soit elle, d’Adm que le président Saddam Hussein détiendrait. De plus, la démocratie qu’ils prétendaient instaurée n’est pas au rendez-vous et le pays est toujours secoué par des affrontements et autres attentats faisant chaque jour des centaines de morts.

La diplomatie de mensonges institutionnalisés dans les relations internationales par les puissances impérialistes, ont depuis lors repris le haut du pavé: après l’assassinat du président Saddam Hussein en 2003, ce fut le tour du Guide Kadhafi le 20 octobre 2011. Quant au président Laurent Gbagbo, insoumis aux diktats des impérialistes comme Saddam Hussein et Kadhafi, il fut capturé et déporté par l’armée d’occupation française à La Haye pour y être jugé par la Cpi, un tribunal foncièrement raciste au service des impérialistes, qui est plutôt spécialisé dans le jugement des africains.

Un brève historique des événements tragiques auxquels le président Obama a été l’un des principaux acteurs pendant ces quatre dernières années, battrait en brèche le faux visage idyllique et pacifique que ce dernier s’attribuerait ou que les crédules le lui décerneraient.

Le président Obama a soutenu le président français Sarkozy dans sa guerre de recolonisation de la Côte d'Ivoire. Ce dernier a initié et fait adopter la résolution scélérate n°1975 du Conseil de sécurité qui a légitimé les bombardements du palais du président légitime Laurent Gbagbo par l'armée coloniale française. Ces troupes d'occupation ont capturé puis déporté le président Laurent Gbagbo à La Haye pour y être jugé par la CPI, un tribunal créé et dominé par les impérialistes. Il conviendrait d’insister que ce la Cpi s’est de surcroît spécialisée dans le jugement des africains.

Ce comportement raciste ne pourrait échapper à aucune personne animée de peu d'esprit d'observateur soit-il, car elle est aveugle et s’oppose à tout jugement des dirigeants des puissances impérialistes, auteurs des crimes contre l'humanité en Irak, en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, en Libye, en l'occurrence les présidents Bush, Sarkozy, Obama, Tony Blair, Cameron. Ces criminels de guerres se pavent en toute quiétude à travers le monde sans qu'aucun mandat d'arrêt international ne soit lancé contre eux par la CPI. Des millions de victimes ont péris sous les bombes de leurs aviations. Cette forfaiture intellectuelle des impérialistes est insupportable.

Le président Obama a apporté le même soutient au président français Sarkozy et à l'Otan dans la croisade guerrière contre la Libye. Le résultat de cette tragédie est l'assassinat du héros et digne fils d'Afrique, le Guide Mouammar Kadhafi. Plus de 100 000 libyens ont été tués suite à ces bombardements otaniens de nuit mois de la Libye. Ce trophée macabre ne militerait jamais en faveur d’un soutien africain à sa réélection le 6 novembre.

C'est bien sous la présidence d'Obama, que le M 23, mouvement rebelle de la Rd Congo (créature du Rwanda), a déclenché sa dernière offensive au Kivu depuis avril 2012 contre la patrie de Patrice Lumumba. Au demeurant, il serait judicieux de rappeler la terrible coïncidence de cette offensive rebelle avec la période où la secrétaire d’Etat américain Hillary Clinton était en tournée dans la sous région de l’Afrique orientale. Cette guerre d'occupation du Kivu ou de balkanisation de la Rd Congo menée par le Rwanda et l'Ouganda soutenus par les Usa, ont permis aux deux pays agresseurs d'échapper à toutes condamnations, et ce malgré le dernier rapport du 26 juin 2012 accablant le Rwanda pour son agression militaire caractérisée contre la Rd Congo pour son soutien au M23.

Le comble de ce soutien des USA au Rwanda, a permis d'octroyer à ce pays belliqueux le siège de membre non permanent pour l'Afrique au Conseil de sécurité en octobre 2012. Une prime attribuée par Obama au Général-président Kagamé pour le génocide des Congolais. Cela est insupportable !

En Afghanistan, la guerre a été déclenchée et entretenue par les présidents Bush. Cependant, Obama qui avait promis lors de sa première campagne 2008, d’arrêter immédiatement la guerre en rapatriant les troupes étatsuniennes, n’a pas tenu ses engagements. Il a en effet, plutôt renforcé de 30 000 soldats les troupes en Afghanistan retirés d’Irak. Les lourdes pertes infligées par les Afghans aux troupes d’occupation, ont contraint le président Obama qui a promis de rapatrier tous ses soldats à partir de 2014 du bourbier afghan.

Sur le plan économique, la présidence d’Obama n’a pas conduit aux investissements importants pour le développement de l’Afrique comme c’est le cas de la Chine dont les investissements sont en constante progression.

De plus, les multinationales étatsuniennes, qui pillent les richesses minières du Kivu occupé par le Rwanda, chien de garde des Usa, n’ont jamais été empêchées par le président Obama pour leurs activités criminelles en symbiose avec le M23. La guerre de rapine continue à l’Est de la Rd Congo avec comme lourd bilan entre 5 millions et 7 millions de morts depuis 1995. Alors quelle paix dans le monde aurait instauré Obama pour pouvoir mériter le prix Nobel de la paix ?

De ce qui précède, l’Afrique ne doit rien attendre de positif de la part des dirigeants occidentaux, quelle que soit leur option politique. En effet, ces derniers sont imposés par le système capitaliste à la magistrature suprême. Ils doivent par conséquent continuer à soutenir le mécanisme d’exploitation, de pillages des ressources naturelles et humaines de l’Afrique.

Si certains Africains soutiennent Obama dans sa campagne inter capitaliste pour la couleur de sa peau noire, c’est faire preuve d’une myopie politique dangereuse pour l’avenir de l’Afrique car Obama défend les intérêts des multinationales prédatrices capitalistes.

Ce qui devrait guider notre choix politique, serait avant tout la réponse à la question suivante : Quels intérêts de classe sociale servira ou sert un homme politique ? Evidemment, nous ne soutiendrons jamais la classe des prédateurs capitalistes qui voudrait maintenir pour l’éternité l’asservissement colonial de l’Afrique.

La crise économique qui frappe les puissances impérialistes depuis 2008, perdure. Afin de maintenir leur niveau de vie et leurs rangs de puissances sur la scène politique internationale, les prédateurs capitalistes se lancent aujourd’hui dans des croisades guerrières de recolonisation de l’Afrique, illustrées notamment par les cas ivoirien et libyen.

Quel Africain conscient de ces humiliations et de cette domination impérialiste, infligées à notre continent, continuerait-il à faire l’apologie du système capitaliste, de ses dirigeants politiques formatés pour perpétrer la servitude coloniale de l’Afrique ?

Ces mêmes Africains qui font l’apologie de la présidence du candidat Obama et du capitalisme, affirment aussi leur hostilité à l’égard de la coopération Sino-africaine.

A propos de la prétendue «colonisation» de l’Afrique par la Chine, il serait judicieux de savoir la genèse de cette expression. En effet, ce sont bien les puissances impérialistes capitalistes qui, de la traite négrière à nos jours, continuent de dominer le monde, en pillant l’Afrique. Ayant perdu progressivement leur marché exclusif africain face à la Chine émergeante, ces puissances occidentales se sont lancé dans une campagne de guerre médiatique de dénigrement de la Chine, en stigmatisant sa «colonisation de l’Afrique », de « concurrence déloyale».

Pourquoi ces impérialistes occidentaux qui se seraient mus subitement en avocats de l’Afrique contre la Chine ne l'ont pas été pendant leur période faste où ils avaient l’exclusivité du marché africain ? Pourquoi n’avaient-ils pas été des mécènes de développement de l’Afrique pendant la période coloniale ? Dans l’affirmatif, pourquoi persistent-ils à piller nos ressources naturelles, à imposer militairement des dictateurs aux peuples grâce aux interventions de leurs armées ?. Dans ces derniers cas, il conviendrait de citer les interventions de l’armée française au Tchad qui ont permis de sauver le tyran Déby face aux révoltes des masses populaires et l’expédition coloniale punitive des troupes de l’hexagone pour introniser Ouattara en Côte d’Ivoire...

Selon la doctrine du système capitaliste qui est basée sur la libre entreprise et la concurrence, la compétitivité, le profit…, n’est-il pas ridicule pour ces puissances occidentales de lancer une campagne de dénigrement économique contre la Chine alors que ce pays émergeant applique leur propre doctrine commerciale en Afrique ? Ne devraient-ils pas au contraire se réjouir que leur doctrine économique a fait un émule de taille alors qu’ils combattaient la doctrine économique du communisme ?

L’économie chinoise est compétitive sans que ce pays ait colonisé l’Afrique ni pillé notre continent. Les Africains ne doivent pas se laisser prendre au piège de cette campagne anti chinoise des puissances occidentales qui voient leurs intérêts menacés par la puissance émergeante chinoise. Nous ne devons pas hurler avec les loups prédateurs qui voudraient maintenir pour l’éternité l’Afrique dans la servitude coloniale occidentale, ni d’où qu’elle vienne.

Les puissances occidentales s’opposent aux investissements directs chinois en Afrique, cependant, elles les accueillent à bras ouvert. Voici ce que nous livre l’hebdomadaire français L'Express : « Malgré la détérioration des perspectives économiques dans la zone euro, les investissements directs de la Chine en Europe ont plus que doublé en 2011 pour atteindre 6,7 milliards de dollars » [Cf.L’Express du 5 février 2012]. Toujours selon le même journal, les Etats européens doivent de l’argent à la Chine [La Chine détiendrait pour plus de 550 milliards de dollars de dette souveraine européenne].

Les puissances occidentales acceptent de coopérer avec la Chine mais sont par contre foncièrement hostiles que cette dernière fasse la même chose avec l’Afrique. Il appartient à l’Afrique de se débarrasser de la domination coloniale occidentale afin d’amorcer un tournant décisif dans son développement. L’Afrique ne doit pas se laisser prendre au piège des colonisateurs d’hier qui s’autoproclament subrepticement « avocats » de la cause africaine pour garantir leurs intérêts. Nous devons choisir librement nos partenaires et leurs investissements conformément à nos intérêts de développement économiques et politiques. Il appartient donc aux Africains de tirer profit de la coopération impulsive de développement avec la Chine.

Nous avons une seule certitude, c’est que la coopération chinoise en Afrique a permis la réalisation des grandes infrastructures (ponts, Autoroutes, chemins de fer, constructions des établissements scolaires et universitaires, hôpitaux, des usines de productions, des fermes agricoles…). La Chine aide aussi à la formation de quelques 30 000 cadres africains dans tous les domaines et offre plus de 18 000 bourses d’études aux jeunes africains. [Le Nouvel Observateur du 25 juillet 2012]

En guise d’illustration des résultats de la coopération chinoise avec l’Afrique, nous pouvons citer le chemin de fer «Tanzam» entre La Tanzanie et la Zambie, construit en 1970 et long de 1 860 kilomètres. Grâce à la Chine, le Tchad dispose depuis juin 2011 de sa première raffinerie de pétrole, en mars 2012 de sa première cimenterie et enfin en 2015 le pays sera désenclavé par sa première ligne de chemin de fer d’une longueur de 1.344 kilomètres …

Combien de ces structures de bases indispensables à l’amorçage du développement des pays africains ont été construites par ces puissances impérialistes occidentales depuis la traite négrière à nos jours en passant par la période coloniale? Si ces colonisateurs occidentaux étaient si soucieux du développement de l’Afrique et du bien-être de ses populations, alors pourquoi n’avaient-ils pas posé les bases élémentaires dans les territoires dominés pendant des siècles de domination et d’occupation?

En si peu de temps, la Chine qui n’a jamais colonisé l’Afrique a considérablement investi dans des projets concrets, utiles au bien-être des populations et au développement des Etats africains. En effet, les investissements directs de la Chine (deuxième puissance économique mondiale depuis 2010) en Afrique ont atteint 30 milliards de dollar entre 2000 et 2005.

Il appartient aux Africains de tirer les leçons des affres de la domination des impérialistes occidentaux depuis la traite négrière à nos jours afin d’éviter toute nouvelle colonisation d’où qu’elle vienne.

Les investissements chinois dans les infrastructures lourdes sont une véritable opportunité et les fondements sur lesquels les Africains devraient s’appuyer pour impulser un début de développement accéléré de notre continent à l’instar de celui de la Chine. Grâce à la Chine, l’Afrique obtient d’importants capitaux à des taux très bas, tandis que les banques occidentales refusent de lui prêter ou lui accordent des prêts à des taux très élevés. Ces liquidités, ont permis aux Etats africains de réaliser de nombreux projets. La coopération Afrique-Chine est une coopération « gagnant-gagnant » car la patrie de Mao qui a une croissance économique à deux chiffres a besoin des matières premières de l’Afrique, notamment du pétrole, et inversement l’Afrique qui a besoins des capitaux pour investir à besoin de la Chine.

Les Africains devraient plutôt profiter de la coopération avec les Chinois en s’appropriant de leur savoir faire qui a fait ses preuves dans l’accélération inédite du développement de leur pays. Nous devons apprendre à construire, à maîtriser les sciences et technologies que les Chinois apportent à l’Afrique afin que notre continent ne soit pas seulement maintenu au rang de consommateur des produits fabriqués ailleurs, mais que l’Afrique soit aussi capable d’exporter les produits « Made in Africa ».

Afin de faire face à la mondialisation, il serait indispensable que nous œuvrions pour la création des Etats-Unis d’Afrique (EUA), projet cher au Guide Kadhafi et qui fut aussi l’une des causes de son assassinat par les puissances impérialistes occidentales (France-Usa-Grande Bretagne). Les dirigeants criminels Sarkozy, Obama et Cameron qui ont lancé la croisade guerrière contre la Libye luttent pour maintenir l’Afrique dans la servitude coloniale occidentale.

Les dirigeants politiques des puissances impérialistes occidentales, issus de la matrice du système capitaliste qui maintient dans la servitude coloniale l’Afrique, ne doivent jamais bénéficier d’un quelconque soutien des africains. En effet, quelle que soit leur étiquette politique, et les alternances des présidents, notre continent demeure exploité, pillé et humilié par ces puissances occidentales.

En conséquence, l'élection présidentielle aux Usa, avec l’affrontement des candidats démocrate Barak Obama et républicain Mitt Romney, sont un non-événement. Le marathon électoral inter-impérialiste n’est autre chose que le choix du meilleur défenseur de l’exploitation capitaliste de l’Afrique pour les quatre années à venir.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



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** Dr Ley-Ngardigal Djimadoum est secrétaire général de l’African-Libyan Action Committees)

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Présidentielle américaine : les minorités et le social sauvent Obama

Mohamed Mboyo Ey’ekula

2012-11-13

http://pambazuka.org/fr/category/features/85416

Les résultats des élections américaines étaient annoncés très serrés et certaines prédictions donnaient même Romney vainqueur. Mais les minorités, les femmes et d’autres groupes n’ont pas voulu replonger dans les affres d’une administration républicaine affairiste. La reforme du système de santé a également eu son mot à dire.

Alors que l’on s’attendait à des résultats serrés, voire au retour des Républicains aux affaires, la victoire d’Obama est limpide. Près de 100 grands électeurs de plus que Mitt Romney et le gain dans la majorité des Etats. Les Etats clés n’ont donc pas ‘’swingué’’. Un vrai triomphe pour « Barack l’Africain » qui a dû batailler jusqu’à la dernière minute, faisant même tomber la chemise pour prendre le téléphone et inciter les électeurs indécis à aller voter.

Les Etats Unis viennent donc de mettre fin à un suspense qui a duré jusqu’au jour ‘’J’’ et, surtout, tourner la page d’une présidentielle qui a failli diviser le pays en deux blocs : entre les ‘’boursicoteurs’’, passez-moi l’expression et les trimeurs. Entre les Américains d’en haut qui ont choisi le camp républicain et ceux d’en bas qui n’attendaient, pour rien au monde, hypothéquer quelques privilèges que leur a consentis par l’administration sortante. Alors, on a bataillé ferme !

C’est à raison que dès la proclamation des derniers résultats lui donnant la possibilité de rempiler, Barack Husein Obama s’est empressé d’appeler Romney à travailler avec lui ‘’ pour faire avancer les Etats-Unis’’. Le président américain à également dit haut et fort que ‘’nous sommes une famille qui doit rester unie’’ comme pour apporter un soin radical à la fissure que la campagne à occasionnée et qui a vraiment mis en adversité ‘’deux Usa’’.

Obama a bien fait de recadrer la situation. Car les quatre prochaines années qu’il passera à la Maison Blanche, avec une Chambre des représentants dominée par les Républicains, risquent d’être épiques. Il lui faut donc toute la diplomatie nécessaire pour rassembler et centrer sa politique pour pouvoir mener à bien ses nombreuses promesses de premier mandat qui attendent toujours des débuts de solution. Il reste fort à parier que le premier président des Etats-Unis devra dépoussiérer ses rapports avec les Républicains qui ont été très tendues durant son premier mandat.

QUAND LES MINORITES FONT LA DIFFERENCE

Obama doit sa réélection aux minorités : aux hispaniques surtout, aux noirs, aux asiatiques et j’en passe, mais aussi aux femmes et d’autres groupes comme les lobbies homosexuels. En difficulté face à un Romney disposant d’arguments économiques solides et misant à fond sur un bilan quasi-négatif de son adversaire, Obama ne doit son salut qu’à la ruée de dernières minutes de ces catégories qui généralement votent à gauche. ‘’Grâce à Obama, j’ai droit à une couverture médicale’’, me disait dame basée à boston. ‘’Je n’entends pas la perdre et je vote et appelle à voter Obama’’.

Comme cette dame, de nombreux électeurs ont pris conscience de l’enjeu à la toute dernière minute. ‘’Nous ne pouvons laisser les Républicains revenir au pouvoir pour servir les riches de Wall Street et nous dépouiller des avantages que nous avons eus grâce à la persévérance d’Obama. Nous devons donc tout faire pour barrer la route à Romney’’, s’époumonait un Hispanique que les mesures d’Obama sur l’immigration ont permis à des membres de sa famille de régulariser leur situation aux Etats-Unis, après de nombreux années de peur d’expulsion.

Parmi les mesures salutaires d’Obama figurent en bonne placee la légalisation de la situation des homosexuels, la loi autorisant l’avortement et la couverture médicale universelle pour des millions des citoyens américains. ‘’Sans ces lois, qu’il a très souvent fait passer au forceps, Obama n’avait aucune chance de se faire élire face à un Mitt Romney qui avait tout misé sur le bilan économique médiocre du président’’, croit savoir John Barns, un sociologue américain qui estime que ‘’dans ces résultats inattendus pour l’hôte de la Maison Blanche, le social a écrasé l’économie’’.

LE SOCIAL CONTRE L’ECONOMIE

En somme, hormis la mise à mort de Ben Laden, le bilan de Barack Obama était à désirer au plan politique comme économique. La preuve, lors du premier face-à-face avec Romney il avait été mal à l’aise au point de laisser son adversaire prendre le dessus. Face à un adversaire qui avait fait monter les enchères en plaçant l’économie au cœur de la présidentielle, l’espoir était mince de convaincre autrement les Américains. Une posture qui a permis au candidat républicain de galvaniser ses troupes et de remonter dans les sondages.

Mais, en gardant l’angle sur ses acquis sociaux et en recourant à fond au levier de ‘’Commander in Chief’’, Obama a limité les dégâts à un moment crucial, la période entre les trois débats. La reforme du système de santé a ratissé large et Sandy est venu faire le ménage, lui permettant ainsi, toujours dans le registre social, notamment par sa solidarité et sa compassion remarquées vis-à-vis de ses compatriotes touchés à plein fouet par la catastrophe, de redresser le front. Les Américains en ont tenu compte et ont opté pour le social plutôt que l’économie. Ouf ! Qu’il vient de loin le premier président africain-américain aux Etats-Unis.


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Le temps des festivaliers : Les requins du Renouveau africain

Adama Gaye

2012-11-13

http://pambazuka.org/fr/category/features/85417

Un boulevard s’ouvre pour les tenants du renouveau africain. Mais, leur discours grandiloquent camouffle les menaces qui pèsent sur lui. Disons-le : nous sommes en face d’opportunistes qui se servent d’un puissant vecteur pour vendre leur produit, et continuer, à moindres frais, d’exister sur le dos du pauvre continent.

«Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions» (proverbe français)

L’Afrique est sur une dynamique plus prometteuse que par le passé, assurent, d’une voix proche de l’unanimisme, plusieurs organes de presse prestigieux, dont le Financial Times, en soulignant que les marchés de capitaux commencent à s’ouvrir à elle et que de nombreux Etats africains ont des taux de croissance remarquables. Porté par cet élan, les théoriciens du renouveau africain, vent en poupe, ne ratent aucune occasion, comme ils le feront cette semaine dans les rues de Dakar, pour mettre en vitrine leur nouvel excès de confiance. Ces festivaliers sont venus parler de bonne gouvernance, de démocratie et de presse.

La plupart sont ici, disent-ils, à la suite de la Fondation Mo Ibrahim, pour célébrer la démocratie sénégalaise, le rôle des jeunes et des femmes. Sans même se soucier d'avoir ou non une grille de lecture pertinente des réalités de notre pays. Car, très rares, parmi eux, sont ceux qui pourront se rendre compte que le label démocratique local ressemble à un hivernage traversant une longue période sans ondées, après un démarrage en… trombe (s).

Ils s'en fichent pas mal, en vérité. Car en apôtres d’une parole qui proscrit le doute, ils sont sourds aux mises en garde. Leurs certitudes sur le Sénégal, bâties sur on-ne-sait quels critères, ne sauraient être questionnable. Mais au-delà, c’est toute leur imagerie du continent qui est déjà coulée dans du marbre. Pour eux, le réveil de l’Afrique a sonné. C'est un verdict définitif ! Emettre une quelconque voix dissonante sur la posture intellectuelle qu'ils adoptent équivaudrait à s’inscrire en faux contre cette pensée unique hostile à toute contradiction véritable qui structure leur entreprise. Rétifs à toute critique du nouveau narratif africain, ils ne lésineront pas sur les moyens pour faire passer leur message. Y compris, au moyen d’un argent gagné dans des conditions non élucidées, pour aguicher des acteurs - journalistes, universitaires, représentants de la société civile - dont beaucoup sont attirés par le goût du gain facile.

AFRO-EUPHORIE

Remettre en question, ou encadrer par des guillemets, le récit optimiste sur l’Afrique ne peut se faire, dès lors, qu’au prix d’une audace coûteuse. Et pourtant… un bémol sur la déferlante de cette afro-euphorie est indispensable. Peu importe qu’elle ait pu mettre sur le bas-côté de l’histoire l’autre courant puissant qui s’identifiait à l’Afrique des années 70 jusqu’à la fin des années 90 quand le nom du continent renvoyait à un afro-pessimisme pur et dur. C’était, ne l’oublions pas, l’époque où l’Afrique se déclinait en néo-patrimonialisme, en terres de conflits, en génocide, en espaces anti-démocratiques, en régimes monocratiques.

Son sort, peu enviable, lui avait valu une entrée dans la postérité, à la Une du célèbre magazine The Economist, sous le titre : «Le continent sans espoir !… » En le décrivant, il y a moins d’un an, comme le continent qui monte, le même magazine est revenu sur son cinglant verdict de l’an 2000. Du même coup, il a donné au discours afro-optimiste l’imprimatur de choix qui lui manquait. C’est dire qu’un boulevard s’ouvre pour les tenants du renouveau africain. Mais, leur discours grandiloquent camouffle les menaces qui pèsent sur lui. Disons-le : nous sommes en face d’opportunistes qui se servent d’un puissant vecteur pour vendre leur produit, et continuer, à moindres frais, d’exister sur le dos du pauvre continent.

En cela, ils sont les dignes héritiers du cynique Moamar Kadafi. Lequel, en voulant faire oublier ses bêtises passées, en particulier l’attentat de Lockerbie, en 1988, avait pris le drapeau du panafricanisme pour en faire son cri de ralliement en vue d’assumer le leadership continental. Les nouveaux croisés de la bonne gouvernance, de la démocratie et de l’épanouissement des médias s’inscrivent dans la logique de cet héritage fait de froid calcul. Il n'est donc pas étonnant que, comme ils l'ont fait, hier, avec le Guide Libyen ou le défunt dirigeant autocrate éthiopien, Meles Zenawi, ces champions du réveil de l'Afrique sont si à l’aise avec les nouveaux voleurs et brigands qui sont arrivés à la tête des Etats du continent, ces dernières années, par les armes ou par le viol des coffres-forts nationaux…

Il ne faut, par conséquent, pas se laisser impressionner par les noms de ces avocats du renouveau africain. C’est que derrière les discours, prétendument au service du continent, la plupart d’entre eux sont plutôt préoccupés par leur volonté de se refaire… un nom en se drapant de concepts consensuels. Leur démarche n’est, pour beaucoup d’entre eux, qu’un cours de rattrapage. Elle est motivée par leur souci de faire oublier que dans une vie antérieure, alors qu’ils pouvaient agir concrètement pour la matérialisation des idéaux qu’ils saluent aujourd’hui, ils n’avaient été que l’ombre d’eux-mêmes. Alors qu’ils occupaient des postes stratégiques, ces grands noms, parfois emblématiques, avaient frappé par leur inaction. Souvent, ils avaient été en contradiction avec les valeurs qu’ils professent maintenant. N’ayant pas fait beaucoup pour le continent, ni pour l’affermissement de la démocratie ou de la paix, s’étant déjugés sur des positions de gouvernance, notamment en matière de respect des limites constitutionnelles à la tête des Etats, ou s’étant enrichis par des «deals» souterrains en faisant du business avec des régimes criminels, les voici donc, anciens cadres de l’Onu, chefs d’Etat ou patrons d’entreprises, qui se posent comme les porteurs de la bonne parole.

Malins, ils savent qu’en épousant ce discours d’espoir, leur message fera mouche auprès d’un peuple africain en attente d’une rédemption. Bien plus, ils gagnent sur un spectre qui s’étend au-delà des frontières du continent. Les soutiens au combat pour la bonne gouvernance, la démocratie et la liberté de presse ne manquent pas. Au près des partenaires traditionnels au développement de l’Afrique, en particulier. Les organisations internationales, dont la légitimité est pointée du doigt, sont obligées de se mettre à l’école de la gestion axée sur les résultats dans leurs rapports avec les pays africains récipiendaires de leurs financements. Pour leur part, les pays développés, dont les leaders sont sous la pression d’une opinion publique gagnée par le cartiérisme, savent leurs marges de manœuvres très étroites… Le message d’espoir concernant l’Afrique sert de viatique à ses propagateurs. Il légitime la présence des bailleurs de fonds étrangers en même temps qu’il est un moyen de rapprochement avec des peuples presses d’en finir avec les ajustements politiques ou économiques sans fin.

Mais il comporte un grave danger en ce qu’il pousse à faire baisser la garde et, pis, en considérant la renaissance de l’Afrique comme un acquis définitif, empêche de voir les intentions, pas toujours louables, de nombre de ses promoteurs. Pour s’en convaincre, il faudrait revisiter le dévoiement du discours sur le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). A ses débuts, en 2001, la sincérité de ses promoteurs avait conquis la plupart des partenaires au développement du continent. De sorte que les pays les plus industrialisés du monde, membres du G8, conviaient régulièrement, à leur rendez-vous annuel, un groupe de dirigeants africains, dont le tristement célèbre Abdoulaye Wade, mais aussi d’autres prédateurs de la démocratie et de la gestion publique. On sait ce qu’il advint de cette confiance. Le dialogue au Sommet entre le continent et les pays industrialisés tourna à l’eau de boudin. Résultat : les engagements des pays industrialisés, traduits en termes d’annulation d’importantes dettes, n’ont pas provoqué les améliorations des processus démocratiques ni la transparence dans la gestion des deniers publics sur le continent. Des criminels à col blanc ont même profité de la naïveté des partenaires du continent ayant cessé de jouer leur rôle de vigiles. A trop se fier au discours sur la bonne gouvernance et la démocratie, ils ont laissé prospérer des monstres, sous leurs yeux, face à des peuples impuissants.

RABAT-JOIE

Chat échaudé craignant l’eau froide, il n’est donc pas interdit de penser que le nouveau vent d’espoir qui souffle sur le continent, activé surtout par des membres du secteur privé et d’anciens officiels africains, pourrait aussi cacher des desseins justiciables d’un examen rigoureux, afin que les malversations et escroqueries d’hier ne soient rééditées au détriment des pauvres pays africains. Ce n’est pas jouer les rabat-joie que de rappeler qu’un simple examen des parcours des différents protagonistes de ce discours enchanteur prouverait à suffisance que leur crédibilité souffre de nombreux points sombres. A élucider.

En outre, un coup d’œil sur l’actualité africaine rappelle avec acuité que sous ce soleil d’Afrique les défis restent nombreux. Malgré des taux de croissance parmi les plus impressionnants au monde, l’engouement pour ses matières premières et le potentiel des sociétés civiles, voire politiques, la réalité africaine est ternie par de nombreuses dynamiques négatives. Quelques exemples, au pif, l’attestent : les mineurs sud-africains, lassés de leur sort, font face aux forces policières ; dans la banlieue dakaroise, les foules mijotent des plans insurrectionnels pour revendiquer leurs droits à l’eau, à l’électricité et à un… espoir d’une vie meilleure ; les violences, sur fond ethnique, reprennent en Côte d’Ivoire ; le culte du mysticisme s’intègre dans la vie nationale au Benin au point que le président Yayi Boni a échappé récemment à une tentative d’empoisonnement ; au Kenya, les parlementaires s’adjugent des paies qui frôlent la folie au point que le débonnaire président Mwai Kibaki a dû taper sur la table…

De fait, c’est l’ensemble du continent qui vit de telles contradictions. Même les «Lions», identifiés comme tels par la firme McKinsey, notamment la Libye, la Tunisie ou l’Egypte, ont fini par être l’objet d'une vive contestation des jeunes, à travers ce qui est devenu le Printemps arabe. En un mot, comme en mille, pendant que certains jubilent, la vaste majorité des Africains, sans emploi ni espoir, est prise par le doute. Par millions, les indignés du continent sont sur le pied de guerre…

L’étincelle peut venir de nulle part. Notamment de ce front de la démocratie que l’on célèbre ici à Dakar dans la précipitation, en oubliant qu’elle est en train de perdre ses charmes à travers toute l’Afrique. La récession démocratique n'est pas une vue de l'esprit. Les résultats de la démocratie multipartite sont bien maigres depuis sa réintroduction sur le continent vers la fin des années 1980. Captée par des forces occultes, sous le contrôle d’élites vénales, ou instrumentalisée par des puissances locales ou étrangères, elle n’enthousiasme plus. C’est qu’elle est soit devenue la voie pour créer des autocraties civiles indéboulonnables, assises qu’elles sont sur de l’argent sale détourné des deniers publics, soit le levier pour la reprise en mains virtuelle de divers pays du continent par des forces extérieures, étatiques ou privées.

Les festivaliers qui viennent la célébrer peuvent devenir, sans s’en rendre compte, les complices de ces dynamiques, personnelles ou structurelles, à l’œuvre, qui plombent l’horizon africain. Pendant qu’ils évoqueront les nouvelles couleurs gaies, à leurs yeux, qui seraient sur le ciel africain, ils pourraient hélas finir par raboter les derniers fondements des sociétés africaines. L’heure, en somme, n’est pas à l’excès d’enthousiasme. A la vigilance, plutôt. Pour éviter que, comme après la désillusion du Nepad, des foules africaines ne soient obligées de se jeter dans la rue pour reprendre leurs destins en main. Entre-temps, les festivaliers auront déjà planté leurs tentes ailleurs. Pour vendre ce qui sera devenu leur nouvelle camelote…

Il convient dès lors d’empêcher, dès à présent, que le discours sur le continent ne soit privatisé au profit de ces saisonniers dont le silence a été assourdissant quand il a fallu parler des turbulences affectant le continent, de la mal gouvernance wadienne, à la politique de la canonnière occidentale en Libye, des détournements des deniers, de l’intrusion des prédateurs étrangers, y compris la Chine, de la reconquête, sous parapluie onusien, par la France de la Côte d'Ivoire, des risques d’une recolonisation a distance du continent, et des incertitudes sur les sorts des immigres, des jeunes et des populations les plus déshérités.

Le discours de salon, dans des cadres souvent huppés, qu’ils affectionnent fait de ces maîtres des nouveaux index sur l’Afrique de dangereux candidats à la notation de l’Afrique ou à la désignation de ses champions, des vedettes sélectionnées souvent sur des bases non démocratiques ni méritocratiques. Autant dire que la démocratisation du débat africain exige que le projet de ces festivaliers cesse de ressembler à un forcing pour capturer (à quelles fins ?) l’Agenda africain. Surtout que ces acteurs privés, prenant l’espace public laissé vacant par une classe politique en pertes d’initiatives, ne sont toujours aussi... blancs que neige ! Les laisser faire, c’est une fois encore permettre au marché, cette fois-ci celui des idées, après celui de la haute finance, de poser des actes dont les conséquences pourraient être aussi néfastes que l’ont été celles provoquées par la crise financière actuelle.

Le besoin d’une régulation - par l’Union africaine, la classe politique africaine, les Etats, la société civile ? - devient nécessaire. Pour pointer du doigt les nombreuses zones d’ombre que ces Pangloss des temps modernes tentent de masquer tant bien que mal. C’est aussi l’occasion de se défier de leur rhétorique sur l’honnêteté et la bonne gouvernance. Pour avoir vu mon idée d’un Forum sur le Développement Africain être détournée par la CEA et observé combien les instances privées africaines restent un espace où ne prospèrent souvent que les requins, il me semble particulièrement risqué de se fier au tableau idyllique de l’Afrique que les festivaliers présents à Dakar ces jours-ci présentent. Il ne faut surtout pas se fier à leur verbiage...


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** Adama Gaye est journaliste et Consultant sénégalais

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A la recherche de la paix et de la sécurité à Madagascar : Les évènements du Sud en 2012

Dimensions juridiques

Raymond Ranjeva

2012-11-13

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La mondialisation a introduit de nos jours un aspect jusque-là inconnu la prise en compte des droits de l’homme et du droit humanitaire pour l’éligibilité aux crédits internationaux et facilités. Cette dimension éthique du droit justifie l’examen des relations entre la population et les forces de l’ordre.

La maîtrise des dimensions juridiques est un des enjeux fondamentaux de la question de la paix et de la sécurité dans les opérations dites du Sud liées au phénomène, dit Remenabila. Contrairement à une opinion commune erronée, le tout répressif ne recouvre pas l’ensemble de la question dans l’entièreté de sa dimension juridique et ne facilite même pas le retour à la paix sauf celle des cimetières. Le chaos général survient lorsque la force se substitue à la force du droit.

Dans cette perspective, les dimensions juridiques du problème amènent à envisager successivement : la problématique des rapports violence et droit ; la question de la qualification juridique des problèmes ; les interrelations entre usage de la force et relations entre les forces de l’ordre et la population.

LA PROBLEMATIQUE DES RAPPORTS VIOLENCE ET DROIT

La violence est une donnée d’évidence dans les évènements contemporains. Pour un juriste, l’analyse de ces phénomènes de violence dans le Sud amène à souligner quelques observations de base.

En premier lieu, les actes de violence exprime sur le plan juridique le refus de l’ordre établi qui est perçu comme injuste et illégitime. A l’analyse, face au degré d’intensité de la contestation, à l’extension géographique personnelle et sociale du refus de l’autorité, la violence représente la réponse considérée comme appropriée devant d’une part l’importance de la distorsion entre l’ordre légal et la réalité vécue par ces populations et de l’autre le dépassement du seuil de l’acceptabilité de l’équilibre politique instauré pour obtenir la paix sociale. Cette remarque de caractère commun dans tous les systèmes juridiques est partout valable lorsqu’il s’agit des relations entre droit et politique et de l’avènement du caractère injuste de l’ordre. Mais aucun ordre pérenne ou légitime n’a pour autant été établi sur un fait de violence brutale ou même politique. Le tout répressif reste dans ces conditions une fausse solution et une fuite en avant sur le plan politique.

En deuxième lieu, le rejet dans la violence de la légitimité de l’autorité apparaît lorsque l’autorité est incapable d’assurer la première des fonctions attendue du pouvoir en contrepartie de l’obligation d’obéissance qui pèse sur les citoyens : le respect du droit à la sécurité. Le refus de l’obéissance civique observé dans les évènements actuels amène, alors, à faire les constatations suivantes.

D’abord le fait générateur de ces évènements est bien connu. Il s’agit d’un fait culturel le traditionnel vol de bœufs pratiqué par le dahalo. Dans la coutume, le caractère initiatique de ce rite limite la prise à quelques têtes de zébu.

Actuellement, le phénomène Malaso, dont on parlait déjà dans les années 1970, a introduit une pratique de nature différente de celle du dahalo coutumier. Sur le plan quantitatif, les vols concernent un ensemble de bétail, de préférence de la taille d’un troupeau. Sur le plan personnel, les acteurs ne sont plus des individus en quête de preuves de virilité ; on a affaire à des groupes organisés et structurés. La description du mode opérationnel des malaso leur confère, au regard la jurisprudence internationale, la qualification de groupes paramilitaires.

Cette mutation de nature du vol de boeufs pose directement des questions de fond concernant la violence dans ses rapports avec le droit. A l’examen, ce vol à très grande échelle doit être analysé en termes économiques. Alors que ce vol s’inscrit dans le cadre d’une économie d’échanges, voire monétaire, et constitue dès lors une d’accumulation de capital par l’usage de la violence. Le recours à la violence pour la formation du capital interpelle le juriste, bien que cette pratique ne soit pas exceptionnelle à Madagascar. La violence, de fait, juridique ou même relationnelle, se retrouve dans les pratiques de corruption, d’accaparement des terres ou de spoliation foncière. La constitution du capital en cheptel s’inscrit dans cette logique de pratique. L’incapacité des institutions à garantir l’Etat de droit ou à assurer la sécurité juridique et physique des personnes et du patrimoine explique le refus de l’obligation d’obéissance à la loi et aux autorités. Le recours à la violence paramilitaire est, dans ces conditions, liée à une économie et à une politique plus proche d’une pratique néo-patrimoniale mafieuse que d’une véritable politique. Il est considéré comme une réponse à la destruction de la force du droit avec l’espoir que la force assure la paix civile, économique et sociale.

LA QUALIFICATION JURIDIQUE DE L’OPERATION REMENABILA :

La qualification juridique des opérations est une question cruciale, car elle assoit la détermination des responsabilités et des droits en cause. Dans un Etat de droit, le respect de cette qualification juridique assure la garantie de sécurité des autorités et personnes chargées de la conduite des opérations. Depuis le jugement des chefs nazis par le Tribunal de Nuremberg, la soumission aux ordres de l’autorité supérieure n’est pas une excuse absolutoire s’agissant des ordres; la désobéissance aux ordres illégaux est un devoir. Après la seconde guerre mondiale, en France, des magistrats ont été condamnés à mort pour avoir accepté de se soumettre à des injonctions illégitimes de l’exécutif. Le traité de Rome, sur la Cour pénale internationale, a confirmé en droit conventionnel ces dispositions.

En droit interne, la qualification des opérations résulte d’une manifestation publique et non équivoque de la volonté et de la décision de l’autorité compétente. Il ne s’agit pas d’une simple formalité : la qualification n’est pas un acte déclaratif mais il est constitutif de droits qui affectent la jouissance et l’exercice de droits substantiels. La théorie des circonstances exceptionnelles est souvent invoquée pour justifier les actions intempestives et attentatoires aux droits de citoyens au nom du principe selon lequel la fin justifierait les moyens. Contrairement à une idée reçue erronée, la théorie des circonstances exceptionnelles concerne l’interprétation de la règle, compte tenu du principe de son adaptation au regard de l’environnement de la conduite des opérations. Les circonstances exceptionnelles n’affranchissent pas l’autorité de l’obligation de respecter le droit ; elles n’ouvrent pas la voie à l’arbitraire des autorités.

La qualification de l’objet des opérations est régie par la distinction fondamentale entre d’un côté les opérations relatives à l’ordre public : maintien (MOP) ou rétablissement (ROP) de l’ordre public et de l’autre la guerre, c’est-à-dire l’instauration de rapports de belligérance et d’hostilité. Dans les opérations portant sur l’ordre public, la responsabilité des opérations relève des forces de police, civiles ou militaires ; alors que dans l’état de guerre, il revient aux forces armées de réduire les actes d’hostilité.

La qualification des adversaires est une conséquence des options retenues s’agissant des opérations. Dans les opérations relatives au maintien ou au rétablissement de l’ordre public, les adversaires sont des citoyens en rupture de légalité. Les forces de police doivent neutraliser ces citoyens en procédant à leur arrestation et à leur déferrement à la police et aux autorités judiciaires. En état de guerre, les forces armées ont le droit de recourir aux armes et au besoin de tuer les ennemis. Alors que dans le premier cas il s’agit de mission de police administrative et de police judiciaire, dans le second on a à faire à de véritables actes de guerre soumis au droit pertinent.

On se rappellera qu’en 1971, le président Tsiranana a qualifié les évènements de « petite guerre » ou de révolte et replacé les difficultés sur le terrain des relations de parentèle. Cette volte-face allait à contre-courant de l’idéologie dominante d’un « Fanjakana tsy ananan-kavana ». Les précédents historiques malgaches sont concluants : l’utilisation de l’armée pour les opérations relatives à l’ordre public a eu des conséquences désastreuses (les massacres de populations, la pratique de la terre brûlée, etc.), les renvois de responsabilité. Cette situation trouve une explication : il ne s’agit pas de rejeter sur l’armée la responsabilité des crimes, mais d’imputer la responsabilité politique de l’utilisation des membres des forces armées dont la mission est la réduction des ennemis par usage des armes ! Le militaire tue pour ne pas être tué, tel est le principe.

La confusion qui singularise la situation actuelle représente également un facteur d’aggravation de la gestion des opérations. On a évoqué l’envoi de l’armée dans le Sud à la suite d’une décision du « Président de la Transition ». On a affaire à un cas original de décision et de responsabilité juridique lorsqu’on sait que la qualité de chef suprême des armées a été refusée par la juridiction constitutionnelle. Dans ces conditions, toute opération armée ne peut être qu’acte de police dont la responsabilité relève du premier responsable de l’administration. Le non respect des règles d’attribution en matière de compétences ne peut instaurer que la confusion et favorise la dilution des responsabilités, réduit l’efficacité des décisions. En d’autres termes, le non respect de l’Etat de droit en matière de gestion des évènements illustre l’existence d’une crise politique profonde qui ne peut que détruire la confiance que recherche à tout prix tout politique pour perdurer et réussir.

En d’autres termes, les différentes méprises tant substantielles que formelles ne peuvent que favoriser la désobéissance du citoyen qui n’espère pas de l’appareil une réponse à ses problèmes existentiels.

Sur le plan du droit international, la qualification juridique n’est pas liée par celle retenue au regard du droit interne. Seul est pris en considération le caractère armé ou non des opérations, c’est-à-dire l’usage ou non des armes pour la réduction des adversaires. En effet, au regard du droit des relations internationales, deux questions différentes sont envisagées : d’une part le problème de la paix et de la sécurité internationales et de l’autre la question du droit de la guerre ou de la conduite des hostilités.

D’une façon générale, les conflits transfrontaliers ainsi que les difficultés afférant aux questions ou matières stratégiques sont susceptibles d’affecter la paix et la sécurité internationale (la navigation et la liberté de circulation, les matières stratégiques, etc.) La prolongation d’une situation de crise peut aussi constituer une menace à la paix ou à la sécurité internationales et dans cette hypothèse l’application des dispositions du Chapitre VI de la Charte des Nations Unies n’est pas à exclure. La force attractive exercée par l’idée de lutte contre le terrorisme international devrait amener les autorités et les forces politiques à faire preuve de vigilance face à l’enlisement des situations de crise qui confirment sur la place publique les limites de l’effectivité d’un pouvoir devant un mouvement de révolte qui se généralise.

S’agissant de la conduite des opérations, les règles pertinentes sont constituées d’abord par les prescriptions du droit de la guerre, plus connues sous le nom de conventions de Genève. Ensuite il y a les règles du droit international humanitaire et enfin celles relatives aux droits fondamentaux ou Droits de l’homme. Ces normes du droit des hostilités, enseignées dans les facultés et les académies militaires, sont les plus célèbres. Elles donnent lieu à la plus large exploitation sur le plan médiatique et des communications. Sur le plan politique, les régimes en flagrant délit de violation de ces normes sont soumis à une véritable attaque en règle devant les instances internationales ; la puissance de démolition des images diffusées sur la toile dépasse l’entendement et ne doit pas être sous-estimée.

Le combat pour le respect du droit humanitaire et des Droits de l’homme est le moins onéreux des actions politiques ; en termes d’hostilités, ce militantisme zélateur est le plus subversif pour les régimes politiques en raison de la professionnalisation croissante des interventions. Ainsi, à propos des évènements que nous vivons, la toile est inondée d’images atroces, les chaînes audiovisuelles ne se sont pas privées d’émission, les échanges d’information se multiplient. On se souviendra qu’en 1971 l’image d’un régime politique débonnaire s’est effondré sur le thème des violations des Droits de l’homme. En 2012, on voit se développer une véritable bataille politique autour de la question du droit humanitaire et des Droits de l’homme, domaines privilégiés affectés au droit dans le cadre de la mondialisation et de la globalisation.

L’autonomie des deux espaces, national et international, se traduit par l’internationalisation voire la globalisation ou la mondialisation de la prise en considération des questions du jus ad bellum et du jus in bello. La mondialisation a introduit de nos jours un aspect jusque-là inconnu la prise en compte des droits de l’homme et du droit humanitaire pour l’éligibilité aux crédits internationaux et facilités. Cette dimension éthique du droit justifie l’examen des relations entre la population et les forces de l’ordre.

RAPPORTS ENTRE LES POPULATIONS ET LES FORCES DE L’ORDRE.

L’examen des dimensions juridiques des évènements actuels implique une connaissance de l’état des relations entre les populations et les forces de l’ordre, pour qu’on puisse évaluer l’effectivité et le respect de l’Etat de droit. Dans cet exposé introductif, on n’accordera pas une attention particulière aux carences et forfaits des forces de l’ordre qu’il faut condamner avec la dernière énergie si on veut favoriser le retour de la confiance et faciliter le rétablissement de la paix civile et de la sécurité.

La libération de la parole et par la parole chez les sans voix victimes des exactions et des tueries est incontournable si on veut rétablir la confiance et le sens de la solidarité et briser le sentiment d’isolement, d’exclusion. Je suis heureux de voir parmi nous des témoins et victimes directs de ces crimes. Aussi l’accès à la tribune de l’Académie doit-il être considéré comme un acte de thérapie pour la guérison de la Nation.

Pour cet exposé préliminaire au débat, on se limitera à évoquer trois points cruciaux : l’image des forces de l’ordre et des gendarmes en particulier, la corruption et la question existentielle pour les forces de l’ordre.

Dire que les gendarmes ont une image négative dans le sud de l’île en particulier n’est pas un scoop ni une calomnie ; cette assertion relève du lieu commun. A l’examen, ce n’est pas un problème inédit. Le colonel Richard Ratsimandrava, alors commandant de la Gendarmerie nationale et le capitaine Richard Andriamaholison en étaient parfaitement conscients. L’explication trouvait une base historique liée à la mise en place de la gendarmerie. Les vieux gendarmes étaient enclins à traiter sans ménagement la population pour obtenir soit des aveux soit la coopération de communautés hostiles aux représentants du pouvoir. L’image du gendarme était liée au régime de l’indigénat dont l’application relevait de la garde indigène. A côté, les premiers officiers malagasy de l’indépendance, en partie issus du corps des sous officiers de l’armée française, avec les assistants techniques, avaient vécu la guerre d’Algérie, au cours de laquelle le respect des Droits de l’homme n’était alors la première des priorités. [voir Etude sur les rapports entre la Gendarmerie et la population à Madagascar (1971) de G.Roy et R.Rakotonirina in F.Raison-Jourde et G.Roy :Paysans, intellectuels et populisme à Madagscar ;Paris Editions Karthala.2010 pp 102-119] .

La conséquence était l’assimilation de la gendarmerie au pouvoir politique de l’époque. La révolte contre les forces de l’ordre était envisagée comme l’expression du rejet de l’ordre politique injuste et inique à qui on imputait les maux concrets de la société. Dans une conférence de presse célèbre, le Colonel Ratsimandrava, alors ministre de l’Intérieur du Général Ramanantsoa, s’est expliqué : « La Gendarmerie comme la Police doit obéir aux autorités en place. Elle fait respecter la loi. Mais les autorités peuvent édicter des lois injustes qui provoquent le peuple à la révolte. »… « Les autorités… nous ont obligés à intervenir, alors que ce sont elles qui, par des lois injustes, ont poussé à bout les populations du Sud » (ibid. p.243).

Ces propos permettent de comprendre l’affranchissement du Colonel Ratsimandrava du devoir absolu d’obéissance envers l’autorité supérieure ; cette question a été évoquée subrepticement au cours du procès du siècle de 1975. Ce rappel du précédent de 1971 interpelle face aux critiques actuelles qui stigmatisent sans complaisance les forces de l’ordre et les autorités malagaches ; les relations de la population avec les forces de l’ordre sont-elles différentes ou non de ce qui existait en 1971 ? Le rêve du Colonel était pourtant de donner aux gendarmes l’image d’enfants de la patrie !

La corruption représente une menace directe contre le Pouvoir et l’Etat de droit ; car elle est une technique qui assure la confiscation de droits, du pouvoir et de l’autorité. La justice et la gendarmerie sont présentées par le Bianco comme les institutions les plus corrompues dans l’Etat Malagasy. Mais cette corruption des forces de l’ordre dépasse le domaine de la moralité individuelle ; elle revêt une dimension institutionnelle. Avant la Révolution socialiste, les détournements au sein des forces de l’ordre avaient un caractère principalement individuel et donnaient lieu à de sévères répressions.

La Charte de la Révolution socialiste avait modifié la nature et la vocation des forces armées et des forces de l’ordre lorsqu’elle a conféré aux militaires le statut de militants de la révolution en uniforme. En faisant de la révolution la référence absolue, le livre rouge a substitué aux valeurs traditionnelles républicaines, démocratiques et nationales l’obligation de s’aligner sur les positions politiques non nécessairement cohérentes des piliers de la Révolution. L’absence de cohérence entre les forces politiques, s’agissant des finalités de la Révolution, des options fondamentales en matière de projets ou de programme, et une conception du budget en termes de moyens et d’objectifs, ont eu pour conséquence la corruption des forces armées.

L’alignement partisan en était la conséquence, avec comme sanction l’accès aux avantages et privilèges liés au pouvoir politique. L’abandon de l’option révolutionnaire et la démocratisation du régime n’a pas eu pour effet le retour aux casernes et au respect de l’Etat de droit, car l’accès aux privilèges économiques et financiers était considéré comme acquis pour les militaires. Le résultat est le drame actuel dans un contexte économique où sont alliées l’accumulation du capital par la violence et la détention d’armes!

Enfin, l’évocation de l’Etat de droit dans l’examen des dimensions juridiques du phénomène interpelle directement l’institution des forces de l’ordre dans leur dimension existentielle.

Une incompréhension d’abord résulte du silence des autorités alors que dans une question aussi cruciale le droit à une information crédible est un droit élémentaire du citoyen et une condition de succès de l’action politique. L’accent a été mis sur l’insuffisance des moyens mis à la disposition de forces d’opérations : au regard du droit budgétaire, a-t-on pris des libertés avec les dispositions de la loi organique sur les finances publiques alors que, au regard de la classification des crédits, les dotations pour le maintien de l’ordre ne sont pas soumises à la règle du couperet ? L’affranchissement du citoyen à l’égard du devoir d’obéissance est considéré alors comme le prix de l’incapacité du pouvoir d’assurer son premier devoir la sécurité des personnes, des biens et des activités.

En droit l’importance à accorder aux données de fait pose le problème de la réalité du personnage Remenabila ou s’agit-il d’un mythe ? Il est vain de lutter contre un mythe surtout lorsqu’il lui fait incarner une rupture avec un ordre de violence et d’injustice. Le caractère paramilitaire de la révolte, l’absence de confiance dans les relations de la population avec les forces de l’ordre, l’extension géographique et personnelle des zones rouges ainsi que la représentation politique des enjeux soulèvent la double question de la légitimité et de l’effectivité du pouvoir!

En conclusion, les dimensions juridiques de la révolte Remenabila ramènent aux fondamentaux du droit pour l’instauration de l’Etat de droit, seule garantie de la sécurité des personnes, des biens et des activités, seule protection des forces militaires en opération. L’Etat de droit épargne la polémique idéologique et fait l’économie d’une compétition partisane. L’agencement des idées en projets, la mobilisation des ressources et compétences et la gestion de l’appareil d’Etat ne se réduisent pas à une simple ingénierie, le droit et la politique n’ont de sens que moral car ils doivent élever l’homme vers des fins supérieures partagées. Il est temps face au coût de la note de siffler la fin du cauchemar !

Antananarivo, 07 Novembre 2012


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** Raymond Ranjeva est un juriste malgache, qui a notamment occupé les fonctions de magistrat et de vice-président au sein de la Cour internationale de justice.

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Des paysans béninois disent non à l’accaparement des terres

Synergie Paysanne

2012-11-13

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C’est la nouvelle démarche de la Banque mondiale pour rendre « socialement acceptable » l’accaparement de terres qui se développe comme une gangrène en Afrique. Comme naguère il était question de « développement à visage humain » pour masquer les politiques iniques de l’ajustement structurel, les principes aujourd’hui promues par la Bm ne sont qu’un écran de fumée pour tenter de faciliter et légitimer l’acquisition à grande échelle de terres agricoles appartenant à des communautés rurales. Ce qui sapera l’autodétermination des peuples et leur souveraineté alimentaire.
En réponse à la nouvelle vague d’accaparement des terres, par laquelle des investisseurs privés, louent ou achètent des dizaines de millions d’hectares de bonnes terres agricoles en Asie, Afrique et Amérique Latine, pour produire de la nourriture ou des combustibles, la Banque mondiale (BM) est en train de promouvoir un ensemble de sept principes afin d’assurer le succès de ces investissements.

La FAO, le FIDA et la CNUCED ont accepté de rejoindre la BM pour, ensemble, faire avancer ces principes. Leur point de départ est que la course actuelle du secteur privé pour l’acquisition de terres agricoles est risquée. Après tout, la BM vient juste de finaliser une étude dans vingt (20) pays, dont le Bénin, montrant la magnitude de cette tendance et le point central mis sur le transfert de droits sur les terres agricoles des pays en développement en faveur des investisseurs étrangers.

La BM semble convaincue que tout flux de capital privé visant l’expansion de l’agrobusiness transnational là où il n’a pas encore pénétré est bon et doit être autorisé à avancer afin que le secteur privé puisse retirer plus de richesse du milieu rural. Comme ces investissements sont liés à une privatisation massive et un transfert de droits sur la terre, la BM veut respecter un certain nombre de critères afin de réduire les risques d’explosions sociales non souhaitées : « respect » des droits des utilisateurs actuels de la terre, de l’eau et autres ressources (en les indemnisant), protection et amélioration des conditions de vie au niveau des familles et des communautés (en fournissant des emplois et des services sociaux), et respect de l’environnement.

Ce sont les idées centrales qui se cachent derrière les sept principes de la BM pour permettre un accaparement de terres « socialement acceptable ». Mais pour nous, ces principes sont plutôt un écran de fumée pour tenter de légitimer l’acquisition de terres à grande échelle. Faciliter le contrôle à long terme par des acteurs étrangers sur des terres agricoles appartenant à des communautés rurales est totalement inacceptable, quelques soient les principes suivis.

Les principes de la BM, qui seraient totalement volontaires, visent à créer diversion autour du « nécessaire » qui est une régulation radicalement nouvelle et effective des investissements en réponse aux crises globales financière, alimentaire et climatique.

L’accaparement de terres a commencé à s’intensifier dans de nombreux pays déjà au cours des dix ou quinze dernières années, avec l’adoption de politiques de dérégulation, d’accords commerciaux et d’investissements, et des réformes de gouvernance tournées vers le marché. Les récentes crises alimentaire et financière ont fourni le prétexte à cette vague d’accaparement de terres par les gouvernements et les investisseurs financiers pour essayer de garantir la capacité productive agricole et les futurs stocks alimentaires, ainsi que des actifs qui à coup sûr leur fourniront de grands dividendes.

LA RUEE SUR LES MEILLEURES TERRES EST UNE REALITE AU BENIN

Trois grandes zones constituent la cible des investisseurs. Au Sud, hormis Calavi et Tori qui sont des réserves résidentielles, le reste est dans le collimateur des « intermédiaires » qui ont acquis d’importantes superficies pour les revendre.

Le même phénomène s’observe d’Allada à Zogbodomey, en passant par Sèhouè, Massi où environ 10.000 ha sont spéculés, Djidja avec près de 46.000 ha, Zakpota dans le Zou, Ouèssè et Tchaorou avec 25.000 ha de jatropha ne sont pas épargnés. 
Des Chinois, avec le soutien de certaines Ong opèrent à Sèhouè, avec la culture du maïs et des fruits rapatriés vers l’extérieur. 
A Massi, un opérateur économique béninois a acquis 1370 ha négociés à 450 000 F Cfa/ha contre 200 00 F Cfa versés au vendeur.

A ce jour, en plus de l’escroquerie, l’intermédiaire est en cavale avec plus de 16 millions de francs d’impayés aux paysans. Parallèlement, des sociétés recherchent des concessions à long terme pour une agriculture de plantation, pour produire de l’agrocarburant, des huiles, etc. C’est le cas de la Société Italienne Green Waves à Ouèssè qui a obtenu près de 20 000 ha pour produire du jatropha.

Avec cet actuel accaparement de terres agricoles à grande échelle, le paradigme de la mondialisation a atteint une nouvelle étape qui sapera l’autodétermination des peuples et leur souveraineté alimentaire. La BM voit la terre et les droits à la terre comme une base cruciale pour les corporations en recherches de gros dividendes sur leurs capitaux. Pour eux, la terre n’est pas seulement la base pour produire de la nourriture, mais aussi la pierre angulaire pour exploiter les réserves d’eau et pour promouvoir l’économie des énergies nouvelles.

Il est donc plus important que jamais que les ressources restent disponibles pour ceux qui en ont besoin pour se nourrir de manière durable et pour survivre en tant que communautés et individus, plutôt que pour ceux qui s’enrichissent en produisant pour les riches. L’accaparement de terres à grande échelle – même quand il n’est pas accompagné d’expulsions forcées – retire la terre aux communautés locales, détruit des modes de vie, détourne les politiques agricoles vers l’agriculture industrielle et les marchés vers une concentration toujours plus grande des intérêts de l’agrobusiness et du commerce global, plutôt que de promouvoir une agriculture paysanne durable, tournée vers les marchés locaux et nationaux pour les générations futures. Cela accélérera aussi la destruction des écosystèmes et le changement climatique.

Promouvoir ou permettre l’accaparement de terres à grande échelle est une violation au Pacte international relatif aux Droits économiques sociaux et culturels. C’est en contradiction avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples. L’accaparement de terres à grande échelle ignore les principes adoptés par la Conférence internationale sur la reforme agraire et le développement rural (Ciradr) en 2006 et les recommandations faites par l’Evaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement (Iaastd en anglais).

L’accaparement de terres à grande échelle doit cesser immédiatement. Les principes de la BM visent à diluer cette conclusion en essayant de créer l’illusion qu’ils peuvent éviter les conséquences désastreuses. Les organisations paysannes et la société civile reconnaissent largement que ce qu’il faut à la place, c’est :

- maintenir la terre entre les mains des communautés locales et mettre en œuvre une véritable reforme agraire afin d’assurer un accès équitable à la terre et aux ressources naturelles ; 

- soutenir fortement l’agriculture paysanne agro-écologique, la pêche et l’élevage à petite échelle, des programmes de recherche agronomique participative et des programmes de formation, afin que les producteurs à petite échelle puisse produire des aliments en abondance, sains et sûrs pour tous et toutes ; 

- changer en profondeur les politiques agricoles et commerciales en vue d’adopter la souveraineté alimentaire et soutenir les marchés locaux et régionaux auxquels les gens puissent participer et en tirer profit ;
- promouvoir des systèmes agricoles et alimentaires tournés vers les communautés et basés sur le contrôle des peuples sur les ressources telles que la terre, l’eau et la biodiversité. Mettre en œuvre des régulations strictes et obligatoires qui limitent l’accès des entreprises et autres acteurs publics et privés aux terres agricoles, aux zones côtières et humides, aux pâturages et aux forêts.

Aucun principe au monde ne peut justifier l’accaparement de terres ! Et pour cela, disons NON aux principes promus par la Banque mondiale sur des investissements « responsables » de la part d’entreprises agro-alimentaires !


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Les Bantous : Entre dispersion, unité et résistance

Tidiane Ndiaye

2012-11-13

http://pambazuka.org/fr/category/features/85418

Dans l'état actuel des connaissances, les universitaires sont loin d'avoir défriché toute l'histoire du continent africain. Tidiane N'Diaye, chercheur spécialisé dans l'histoire des civilisations africaines, propose une analyse approfondie de la dispersion des tribus bantouphones.

Le vocable de Bantou désigne un concept ethnique, s'appliquant de nos jours, à un groupe de populations qui parlent des langues assez proches. Ceci depuis le sud du Cameroun jusqu'à l'Afrique australe, couvrant au passage l'Afrique orientale et l'Afrique centrale. Les Bantous se sont divisés en deux branches linguistiques majeures : celle de l'est et celle de l'ouest. Les Bantous de l'est ont migré à travers les hauts plateaux, au Zimbabwe et au Mozambique, jusqu'en Afrique du Sud. Les Bantous de l'ouest se sont établis dans la forêt et la savane jusqu'en Angola, en Namibie et au Botswana. La terminologie de "langue bantoue", quant à elle, a subi des transformations, conséquences du long mouvement migratoire de ces nomades. Mais toutes ses dérivées présentent une telle parenté, que leur unité de civilisation est évidente. L'histoire de ce peuple est intimement liée à un gigantesque mouvement de populations, qui s'est opéré sur l'ensemble du continent noir. Un phénomène appelé La Grande dispersion des Bantous.

Ce mouvement s'est étalé, sur une très grande échelle d'espace et de temps, du fait de l'exubérante et l'impénétrable grande forêt équatoriale, qui constitue un obstacle des plus difficiles à franchir. La dispersion des Bantous aurait commencé au début de la formation du Sahara. À partir de 5 000 ans avant notre ère, le climat devenu aride au Nord du continent, a entraîné l'abaissement de la nappe phréatique et la détérioration subséquente du milieu. Ce changement modifia le modèle économique de la région, précédemment fondé sur l'exploitation des ressources naturelles, surtout aquatiques, comme la chasse, la pêche et la cueillette.

Les ancêtres des Bantous y vivaient dans la partie du Haut-Nil, comprise entre les 17e et 21e parallèles. Ces lointains cousins des actuels Noirs soudanais, formaient même, une partie des populations des royaumes de Koush, de Napata et de Méroé vers le VIIe siècle avant notre ère. C'est après la perte de leurs terres fertiles, qu'ils exercèrent une pression progressive sur leurs voisins du sud, les contraignant à envisager à leur tour, un déménagement sur de longues distances. La paléontologie et l'anthropologie attestent en fait, que les Sahariens mésolithiques d'Asselar étaient des "Noirs de type bantou". On trouve donc leurs traces, dans toutes les régions faisant tampon, entre le Nord du continent et l'Afrique subsaharienne. De nombreux objets dont des vases, ont été découverts dans l'Aouker préhistorique, une région située dans l'actuelle Mauritanie. Ils sont identiques en tout point, à ceux qui sont encore utilisés par les peuples bantous d'Afrique du Sud. Dans leurs premiers mouvements migratoires, la plupart des groupes bantouphones prirent d'abord la direction du sud-ouest et du sud-est du continent. D'autres, furent contraints d'affronter la forêt tropicale, pour se fixer plus loin. Le groupe qui occupe actuellement l'Afrique du Sud, se serait d'abord établi aux cours du Ve siècle avant notre ère, aux confins du Cameroun et du Nigeria. Puis durant leur longue progression, des populations originaires de la région comprise entre le sud de la Bénoué (Nigeria) et l'actuel Cameroun, auraient migré par étapes vers le reste de l'Afrique centrale et vers l'Afrique orientale et australe. Elles s'installèrent dans un premier temps autour du bassin du fleuve Congo et plus à l'est près des Grands Lacs. Ces populations forment jusqu'à nos jours, les unes le "noyau bantou occidental" et les autres le "noyau bantou oriental". C'est à partir du XIe siècle, qu'elles développèrent à l'Est, notamment au Kenya, l'élevage des bovins et de puissants royaumes.

Nombre de groupes bantouphones avaient continué leur marche des siècles plus tôt, pour atteindre le territoire du Grand Zimbabwe. Cet ancien siège d'une importante formation économique et politique médiévale, fut bâti par le peuple "autochtone" shona, au cours d'une période se situant entre 400 avant notre ère et le XVe siècle. Zimbabwe (Dzimba dza mabwe) signifie "Grandes demeures de pierre" en langue shona, ou "Tombeaux de chefs" par extension. Des découvertes relativement récentes, nous apprennent que le Grand Zimbabwe connut son essor entre les IXe et le XVe siècle. Ses structures sont avec celles de l'Égypte et de la Nubie, les plus imposantes découvertes architecturales en Afrique. La cité trônait sur une montagne située au sud-est d'Harare. Le site classé Patrimoine mondial par l'Unesco, est un véritable Acropole africain, qui se compose de blocs de granit reliés les uns aux autres, ou raccordés par des murs formant de petits couloirs et de multiples enclos. Ses ruines dominent de quatre-vingts mètres la savane environnante. Elles sont entourées de collines sur lesquelles, d'autres constructions ressemblantes ont été bâties et se trouvent à une quinzaine de Km, au sud de la ville de Musvingo au Zimbabwe. Le capitaine de garnison portugaise Vicente Pegado, décrivait la cité en 1531 :

À proximité des mines d'or de l'intérieur, entre le Limpopo et le Zambèze, il existe une forteresse de pierre d'une taille extraordinaire, sans qu'il semble que du mortier ait été utilisé. Cette construction est entourée de collines, sur lesquelles se trouvent d'autres constructions similaires, n'utilisant pas de mortier, et l'une d'entre elles est une tour de plus de 12 brasses (22 mètres) de haut. Les habitants de la région appellent ces constructions Symbaoe, qui signifie en leur langage "cour".

En fait tous ceux qui l'ont visitée, étaient impressionnés par les vestiges de la cité, témoignant qu'il existait au sein de ses bâtisseurs, l'équivalent d'astronomes avertis. L'édifice jouit d'une orientation précise. Leurs concepteurs avaient aussi des talents d'architectes doués, d'ingénieurs en construction en pierre et en génie civil. Et c'est le commerce de l'or, qui donna au Grand Zimbabwe les moyens de son développement et de sa puissance. Les origines de cette mystérieuse découverte, au XIXe siècle, furent au centre de bien des polémiques. De nombreux chercheurs refusaient de croire, qu'une civilisation aussi avancée, pouvait être l'œuvre de populations négro-africaines. Les théories les plus fantaisistes furent formulées et avaient toutes un élément en commun : le Grand Zimbabwe n'était pas l'œuvre des Africains. Le naturaliste et géologue allemand Carl Mauch, un des premiers chercheurs européens à visiter le site, écrivait en 1871 : « La cité n'a pas été construite par des Africains, car le style de construction est trop élaboré ; c'est l'œuvre de colons phéniciens ou juifs. »

Les Portugais, quant à eux, après avoir supplanté les négociants arabes, firent le rapprochement entre ces ruines et les mentions bibliques des mines du Roi Salomon ou de l'antique royaume de la Reine de Sabah. Ceci inspira à un jeune officier colonial britannique, Henry Rider Haggard, un roman publié en 1895, sous le titre Les Mines du roi Salomon. Bien entendu, dans toutes ces spéculations, un peuple du Sud de l'Afrique était dépossédé de son héritage, au profit de "visiteurs inconnus." Elles allaient cependant être balayées par le travail de Gertrud Caton-Thompson. Envoyée en 1931 par l'Association britannique archéologique, l'éclairage de cette grande spécialiste permit d'attester que la cité était bien l'œuvre d'une civilisation négro-africaine et non de "visiteurs inconnus.

Le Grand Zimbabwe s'était totalement désintégré à partir du XVe siècle. Le site fut progressivement abandonné à cause de la sécheresse et du tarissement des mines d'or de la région. C'est après cela, que la plupart des descendants d'immigrants bantouphones, reprit sa progression toujours vers le Sud, non sans avoir traversé les fleuves Zambèze et Limpopo. Il est communément admis que le développement de la métallurgie et du fer constitue le point de départ de toutes les civilisations avancées. Les peuples, bantouphones originaires du Nord connaissaient l'usage du fer depuis des siècles. Leurs ancêtres étaient des rois-forgerons, qui fabriquaient des outils, pour défricher les clairières. Agriculteurs et pasteurs, ils tiraient de l'usage du fer, une supériorité écrasante. Grâce à des outils et des armes forgés de ce métal, ils purent conquérir de nouvelles terres et dominer quantité de peuples sur leur chemin.


LES BANTOUS PREMIERS COLONS D'AFRIQUE DU SUD

Aussi, dès leur arrivée en Afrique du Sud, les Bantous ont bousculé les "autochtones" Khoïs et San, pour s'emparer de leurs pâturages. Cependant ni la tradition orale, ni l'archéologie ne signalent d'affrontements dévastateurs dans le pays avant le XVIIe siècle. Les ethnies vaincues, se réfugièrent dans les forêts ou migrèrent vers des régions plus arides. C'est la plus importante branche bantouphone, les N'Gunis, qui a poussé sa marche plus au sud, pour se sédentariser en Afrique du Sud. Elle comprend les Sothos, les Tswanas, les Ovambas et les Khosas. Ces derniers ont constitué l'avant-garde de la grande migration, ayant atteint la rivière Mtata. Beaucoup plus tard, sous l'apartheid, ils seront également à l'avant-garde de la lutte pour l'égalité. On y compte les principaux meneurs, dont Nelson Mandela, Chris Hani, Oliver Tambo, Walter Sisulu et Govan Mbeki (père de l'ancien président Thabo Mbéki.) Les Khosas sont aujourd'hui encore nombreux dans les milieux dirigeants de ce pays.

Arrivés au terme de leur longue migration, les Sothos et les Tswana ont occupé la majeure partie du plateau, depuis le désert du Kalahari jusqu'à la montagne du Khahlamba. En fait, depuis le IVe siècle, de plus en plus de populations bantouphones, se fixaient dans les espaces du plateau. Tandis que d'autres continuaient encore jusqu'au XVIIe siècle - et non au XVe, comme on l'a longtemps cru - leur progression par le couloir côtier longeant l'Océan indien, pour se fixer plus loin. Mais le peuplement de l'Afrique du Sud étant une histoire de migrations croisées, elles réalisèrent très vite qu'elles n'étaient pas seules dans ces espaces. Les Bantous furent par conséquent, obligés d'arrêter leur marche.

L'histoire atteste que c'est à ce moment-là, qu'eut lieu la première grande rencontre entre les populations noires d'Afrique du Sud et d'étranges immigrants blancs, arrivés en ces lieux au XVIIe siècle. En fait des siècles avant l'arrivée de ces immigrants européens qui se qualifiaient de Boers (mot néerlandais qui signifie paysans), les descendants de migrants bantouphones évoluaient pacifiquement, entre voisins partageant une culture commune. Ils avaient conservé les valeurs de leur civilisation d'origine, tout en acquérant de nouvelles. Jusqu'à nos jours, des mythes et des légendes représentent leurs genèses dans le temps. Ils ont survécu par la tradition orale, qui joue un rôle primordial dans leur civilisation. Par cet antique média, ils les ont entretenues et transmises, de génération en génération. Leurs voisins blancs refusaient pendant longtemps, de croire qu'un tel vecteur puisse permettre comme l'écriture, une restitution exacte d'événements et l'établissement d'une chronologie fiable, au sens de la discipline historique universellement convenue aujourd'hui. Le passage à l'écrit, est indiscutablement une étape fabuleuse dans l'évolution de l'humanité.

Pour autant, les peuples ne sont pas nés avec l'écriture. Dans la civilisation bantoue, la parole est depuis toujours à la fois connaissance, transmission de valeurs ancestrales, divertissement et science de la nature. Elle y reflète l'histoire, l'organisation économique, politique et le vécu socioculturel des peuples. L'homme y est en tout temps et en tout lieu engagé par "la parole donnée." De nos jours la plupart des chercheurs africains arrivent à croiser les apports ou "données exogènes", avec celles de leur tradition orale, pour pallier les carences de la documentation écrite. Aussi place est de plus en plus faite aux gardiens du patrimoine culturel des Bantous, qui sont leurs généalogistes, poètes, historiens et récitants (ou griots ailleurs), qui nous apprennent que des siècles avant l'arrivée d'immigrants européens leurs ancêtres s'étaient divisés en clans. Chaque clan occupait un emplacement particulier, sans se mêler aux autres.

Un clan bantouphone constitué, comprenait plusieurs centaines de personnes. Il avait ses chefs politiques, spirituels, ses juges qui formaient un conseil et quelques spécificités culturelles. Le chef était la plus grande autorité morale chez les Bantous. Deux conseils l'assistaient dans ses fonctions, un conseil restreint et un conseil plus large (ou assemblée.) Le premier comprenait ses confidents, qui l'aidaient dans les tâches quotidiennes de gestion matérielle et culturelle de la chose publique. L'assemblée quant à elle, était composée de tous les notables subalternes, ayant néanmoins quelque importance. On y débattait des problèmes touchant à l'organisation de la vie du clan. Tout homme adulte y participait librement. Le chef pouvait être critiqué au cours de ces assises. Ce guide supervisait toutes les affaires religieuses, économiques, sociales et judiciaires. Il était considéré comme le symbole de l'unité, bien avant même les puissantes confédérations qui verront le jour dans le pays. Car après avoir vécu dans une grande stabilité et sans conflits, tous ces clans n'auront plus d'autres choix que de s'affronter. Certains historiens coloniaux qualifient ces conflits de guerres d'extermination entre Noirs et qui avaient laissé la voie libre aux Boers. Alors que des facteurs sociodémographiques bien identifiés depuis, sont à l'origine de ces "bouleversements."

En fait les populations augmentaient rapidement et les pâturages devenaient rares entre les montagnes et l'océan. La précocité des mariages et la polygamie, engendraient un fort taux de natalité. Cette croissance démographique était entretenue par un faible taux de mortalité. Des méthodes de médecine traditionnelle de plus en plus efficaces, permettaient de guérir de nombreuses maladies de l'époque, participant ainsi à l'allongement de l'espérance de vie. C'est ainsi que sans méthodes de régulation efficaces des naissances, les clans finiront par se disputer la terre, pour nourrir des populations à croissance exponentielle. Au début, ces conflits étaient peu nombreux et relativement peu meurtriers. Dans la tradition des Bantous, ils se réduisaient souvent en un combat singulier et ritualisé, entre les deux hommes les plus forts de chaque clan. Quelquefois ils opposaient deux groupes d'hommes forts, comme pour symboliser chacun une armée. Mais l'affrontement cessait, dès que l'un des deux camps reconnaissait sa défaite.

L'issue de ces conflits décidait des rapports d'allégeances entre chefs de clans, l'occupation d'espace vital et de terres cultivables. Ils allaient cependant commencer à s'intensifier dès les années 1780. Chaque clan perfectionnait de plus en plus ses moyens et méthodes de combat. Puis, de simples conflits ritualisés on passa à la guerre. Très vite quelques grandes figures ont émergé de cette mêlée. Elles fondèrent de véritables puissances guerrières. Les Swazis du chef Sobhuza, les Ndwandés de Zwidé et les Abatetwas du roi Dinguiswayo, s'imposèrent comme principales forces dans la région. Zwidé, ne pouvant tolérer la concurrence, réussira à battre et à chasser Sobhuza, qui ira se replier dans une autre région d'Afrique australe. Celle-ci portera à sa mort en 1838, le nom de son fils Swazi. Cet État reconnu par les traités internationaux est resté depuis, le Swaziland. Les deux puissances qui allaient donc s'organiser, pour s'installer durablement, étaient les Abatetwas et les Ndwandés, avec un léger avantage pour les premiers. Elles mirent sur pied des structures fortes et très centralisées. Dans un esprit d'unification, elles rassemblèrent autour d'elles, en une confédération économique, politique et guerrière, les clans les plus faibles, pour leur offrir assistance et protection. Au début du XIXe siècle, la plupart des clans bantouphones localisés aux abords immédiats du fleuve Mfolozi Mhlophé, étaient ainsi placés sous la protection de Dinguiswayo, chef de la confédération des Abatetwas ou de celle de Zwidé, roi des Ndwandés. Les autres royaumes évoluaient dans une anarchie indescriptible.

Les Abatetwas étaient un peuple de guerriers. Tandis que leurs voisins sédentaires, comme les Ifénilenjas, monopolisaient dans la région le commerce du tabac et du bois sculpté. Ce clan constituait l'une des entités les plus faibles de la région. Pendant longtemps son nom était à peine connu. Seuls quelques commerçants nomades s'aventuraient sur son territoire. Les Ifénilenjas étaient dirigés par le roi Senza N'Gakona, père de Chaka, futur conquérant et bâtisseur de nation. Né en août 1790, dès son jeune âge dit-on, Chaka avait l'étoffe d'un héros. Mais sans l'éducation et la chance de se réaliser que le souverain abatetwa, Dinguiswayo, lui donnera par la suite, personne n'aurait sans doute jamais entendu parler de lui. C'est sous la direction personnelle du souverain abatetwa, que Chaka fit son initiation, puis une carrière guerrière, avant de devenir son plus brillant général. C'est donc sans surprise, qu'il fut désigné, pour assurer la succession de Dinguiswayo, tué au combat en 1816. Chaka était de ces hommes charismatiques qui, au XIXe siècle, avaient décidé de dire non à l'occupation coloniale de leurs pays. Ils refusaient toute forme d'oppression et ce qu'ils considéraient comme une tentative d'aliénation culturelle.


L'UNITE BANTOUE PAR LA DIALECTIQUE DE LA SAGAIE

D'une manière générale, ces résistants africains, étaient d'une trempe exceptionnelle. Ils étaient souvent religieux mystiques, grands seigneurs en mal d'aventures ou bâtisseurs d'empires comme Chaka. En recoupant toutes les descriptions faites par la plupart de ceux qui l'ont approché, il se dégage une image précise de l'homme. Il avait la peau fine et d'un brun foncé. Il se tenait toujours droit, le port élancé et d'une grande prestance. De constitution robuste, sa force physique était impressionnante. Il pouvait diriger des exercices militaires ou des danses collectives durant des heures, sans aucune trace de fatigue.

Chaka était réputé avoir mauvais caractère. Le regard perçant, il était précis, rigide et doué d'un remarquable sens de l'analyse et de l'organisation. Sa vivacité d'esprit était peu commune et son intelligence riche et claire. Les ordres que ce souverain charismatique donnait à ses conseillers civils et aux chefs commandant ses troupes, ainsi que les objectifs qu'il leur fixait étaient sans aucune ambiguïté. Dès le début de ses campagnes, Chaka savait avec précision, ce qu'il voulait et par quels moyens l'obtenir. Après avoir pris le pouvoir en 1816, il décida dès l'année suivante d'agrandir les structures civiles et guerrières de la confédération dont il avait hérité. Les projets du jeune chef, adepte de la méthode martiale, étaient d'aboutir à réaliser un ensemble beaucoup plus vaste et plus puissant encore, que celui mis sur pied par Dinguiswayo. Les Anglais avaient déjà pris pied dans le pays, avec une puissante force militaire coloniale. Au cours de cette époque, selon l'analyse de l'historien burkinabé Joseph Ki-Zerbo, «face aux visées colonialistes européennes du XIXe siècle, beaucoup de géants africains ont échoué, faute de n'avoir pu opposer une riposte efficace. Parce que ces résistants évoluaient dans des structures affaiblies par l'absence de frontières naturelles, une grande hétérogénéité des populations et des conflits internes ».

L'histoire retient que Chaka quant à lui, avait d'abord compris le danger d'anarchie, de tribalisme, d'éclatement et tenté de l'éviter. Ceci en menant d'abord de vastes campagnes d'unification des peuples bantouphones. Du point de vue stratégique, le terrain accidenté de la région lui permit de s'engager une guerre d'usure contre beaucoup de clans bantouphones restés indépendants jusqu'alors. Il réussira à battre, intégrer ou à écraser sans pitié, nombre de mini-royaumes qui évoluaient dans une anarchie indescriptible. D'autres mieux organisés lui ont échappé en s'enfonçant dans les forêts et les grottes qui parsèment le pays. Cependant il réduira avant de soumettre définitivement tous les clans qui composaient la grande confédération de Zwidé. On était en plein M'fécane (ou Difecane), qui signifie en langue sotho, "le grand broyage." Ce vocable désigne aussi dans la mémoire zouloue « Le temps lointain où la sagaie tuait les hommes et la famine meurtrissait la terre ».

Durant cette période, la vague déferlante des combattants de Chaka instaurait un climat de terreur et d'insécurité dans le pays. De vastes portions de territoires situées entre la rivière Umzimvubu et le lac Nyassa au Nord, l'Océan indien à l'Est et le désert du Kalahari à l'Ouest, ont subi au cours du M'fécane des ravages ayant pratiquement dépeuplé toute la zone. Le décor de l'Afrique du Sud était celui d'un pays aux villages brûlés, aux récoltes détruites, aux terribles carnages avec des têtes d'ennemis fichées sur des pieux. Les survivants qui échappaient au conquérant sud-africain s'enfuyaient en pillant et en détruisant ,à leur tour, d'autres clans sur leur passage. Les famines et les épidémies, conséquences de ces actions, furent aussi meurtrières que les campagnes guerrières elles-mêmes. Ainsi, de nombreux clans qui avaient refusé, à tort ou à raison, d'épouser les objectifs du jeune conquérant bantou, ont disparu. La mémoire africaine a aujourd'hui oublié jusqu'à leurs noms.

Impitoyable et déterminé, Chaka volait de conquêtes en conquêtes, pour étendre sa puissance, sur une grande partie de la région, en modifiant durablement la carte de l'Afrique australe. Si avant lui les conflits entre clans étaient grandement motivés par des nécessités d'espace vital et de terres cultivables, Chaka, dans un esprit d'unification des peuples, avait conquis en quatre années de campagne un territoire plus vaste que la France. La conception que cet homme avait de la vitesse - comme il l'avouera plus tard - est qu'elle est une synthèse instinctive de toute force en mouvement. Aussi, il avait agi avec une rapidité phénoménale, pour éviter de laisser se reformer dans le pays les entités réactionnaires qui avaient tant paralysé les Bantous. Ensuite, l'administrateur s'emploiera à recomposer les débris de tous ces peuples survivants, en quête de refuge et d'habitat, pour les intégrer dans un grand ensemble moderne et homogène, comme il n'en existait pas en Afrique du Sud avant lui. Ce battant avait toujours pensé que N'Gunis, Khosas, Tswanas, Sothos, Ovambas, etc., étaient des noms laids et affligeants, pour peuples conquérants. Pendant qu'il parlait à son état-major, un grondement de tonnerre venu des montagnes du Sud, couvrit sa voix. Il leva les yeux vers le ciel et dit : « Je regarde les peuples et ils tremblent. Voilà pourquoi je ressemble à ce grand nuage où gronde le tonnerre. Alors mon peuple qui me ressemble et s'identifie à moi s'appellera Zoulou, c'est-à-dire les fils du ciel. »

C'est par ces phrases, que Chaka proclama officiellement en novembre 1820, la naissance de la nation zouloue. Ses sujets décideront de s'appeler entre eux Ama Zoulous, qui veut dire les célestes (ou ceux du ciel.) Quant à leur souverain, il s'était longuement confié à son visiteur favori, le marchand, ethnologue occasionnel et grand voyageur britannique, Henry Francis Fynn : « Dans ce pays disait-il, les clans étaient à la recherche d'unité, d'idéal et de véritables guides, face aux menaces venues de l'extérieur. Ils faisaient du surplace et s'interrogeaient depuis trop longtemps sur leur avenir. »

C'est par le cyclone infernal, que l'impitoyable conquérant bantou a fait souffler sur son passage, qu'il aura bâti un immense empire fort et homogène, en intégrant la plupart de ces peuples. Il avait réussi à les fédérer durablement en une alliance objective - par la dialectique de la sagaie certes - autour d'un idéal commun. Puis l'organisation socio-économique et militaire qu'il mit en place gommait les différences, en favorisant l'esprit de corps et la loyauté envers la nation zouloue et son souverain. Par le creuset d'une société disciplinée les hommes étaient tous astreints à l'Amabutho. Cette obligation nationale impliquait l'incorporation, la formation civique et guerrière de toutes les classes d'âge, pour forger leur intégration sociale et identitaire. Avant Chaka Zoulou, les mobilisations étaient épisodiques chez les Bantous. Lorsqu'ils passèrent d'affrontements rituels pour la possession de terres cultivables à de véritables guerres, les différents clans constituaient certes des unités combattantes. Mais leurs chefs constamment engagés dans ces conflits fratricides, démobilisaient les troupes après chaque campagne. Avec Chaka, ces unités, mieux formées et professionnalisées, seront maintenues en permanence au service de l'empire. Sous son commandement les armées zouloues disposaient de plusieurs divisions, dans lesquelles étaient réparties des Impis (régiments). Chacun d'eux comptait trois ou quatre bataillons, composés de cinq compagnies ou plus et placé sous le commandement de l'équivalent d'un général (Indouna.) quant aux bataillons et compagnies, il revenait à des chefs nommés par les Indounas l'honneur de les commander. Une cinquantaine de guerriers étaient affectés à chaque compagnie.

Une autre innovation de taille est que, dans ces sociétés de vieilles traditions matriarcales, Chaka formera des Impis, d'un millier de guerriers des deux sexes. Les Impis uniquement composés de jeunes filles, avaient pour mission de prendre en charge la logistique des forces de l'empire. Elles s'occupaient de l'approvisionnement des troupes, de la cuisine et du transport du bétail. Ces jeunes filles devaient nourrir les combattants avec de la viande, des céréales et du lait. Leurs Impis étaient logés dans un Séraglio (caserne féminine) qui pouvait accueillir jusqu'à 5 000 enrôlées. Il était interdit aux hommes d'y pénétrer sous peine de mort. Quant aux guerriers mâles, leurs casernements étaient bâtis comme des "villages militaires" où vivaient environ 40 000 hommes. L'empereur zoulou demandera à chaque Impi, de cultiver sa spécificité par des chants, des signes distinctifs, des tenues de guerre, des bandeaux, la couleur des boucliers et des plumes d'animaux fixées aux cheveux. Ceci permettait au souverain de manœuvrer aisément sur le terrain, en distinguant les différentes formations. Pour gagner du temps, Chaka décida de supprimer les cérémonies traditionnelles de circoncision. Ses campagnes devenant de plus en plus fréquentes, elles ne pouvaient qu'affaiblir une force de combat à un moment critique.


CHAKA ZOULOU OU LE GENIE MILITAIRE AFRICAIN

C'est ainsi que ces rites traditionnels d'initiation furent transformés en préparation militaire pour les adolescents zoulous. L'espace de temps ainsi dégagé, permit de constituer des classes d'âges, qui se transformaient en unités de combat chaque fois que cela était nécessaire. Au temps qui correspondait à la période de la circoncision, dès qu'il y avait un nombre suffisant de jeunes gens âgés de 16 ans, ils étaient convoqués au commandement des forces de l'empire. L'état-major du souverain et ses principaux collaborateurs civils choisissaient un nom pour constituer un nouvel Impi. Ensuite, ils nommaient un Indouna à la tête de chaque nouvel Impi. Les autorités militaires veillaient à éviter tout contact au début, entre les jeunes enrôlés et les anciens. Chaque Impi nouvellement constitué se voyait bâtir une caserne sur un emplacement désigné. Ces novices étaient ensuite soumis à une discipline de fer, en même temps qu'à un entraînement intense et permanent. On leur apprenait à marcher et à courir sans sandales. Pour cela, les chefs militaires les obligeaient à danser pieds nus sur des branches d'épines. C'est seulement au bout de quelques mois, d'un entraînement aussi éprouvant, qu'ils étaient initiés au maniement des armes et aux techniques de combat.

Au début de l'empire, Chaka a conçu et enseigné à ses hommes l'art des danses guerrières. Selon la tradition zouloue, un soir de pleine lune, il entraîna ses Impis sur les champs d'épines. Ensuite, il se mit à danser levant très haut les jambes, et frappant du talon la terre rouge de toutes ses forces. Il dit à ses guerriers : « Dansez avec moi. Frappez très fort le sol pour endurcir vos pieds. Ainsi vous pourrez évoluer au-devant de vos ennemis. Jusqu'au dernier, vous les battrez. À la prochaine pleine lune nous danserons à nouveau tous ensemble. »

Durant tout son règne, Chaka a veillé personnellement à ce que les guerriers zoulous ne restent jamais sans rien faire. Les unités de combats effectuaient en permanence de longues marches et de grandes manœuvres guerrières. Ces activités très pénibles, pour les combattants mâles comme pour les jeunes filles qui suivaient pour assurer la logistique, étaient toujours coupées de danses collectives. Dans l'organisation zouloue, les sujets mobilisés étaient soumis à une période de service militaire pouvant durer une vingtaine d'années et dans un célibat total. Le mariage n'était autorisé qu'aux seuls combattants qui faisaient leurs preuves au service de la nation et après 15 ans d'active. Les jeunes filles échappaient à la règle. Lorsque l'une d'elle acceptait d'épouser un des combattants, elle était automatiquement démobilisée, pour rejoindre le clan familial du mari. Ceci a permis au souverain zoulou, d'opérer plus facilement une véritable militarisation des structures sociales de la nation.

C'est ainsi que Chaka fit d'une armée de métier le principal pivot de la société zouloue, révolutionnant les anciennes structures qui, traditionnellement, avaient toujours privilégié, chez les Bantous, les activités d'élevage et de cultures vivrières. L'objectif était de s'appuyer sur cette force militaire, comme principal ciment d'un empire, afin de souder des clans différents et longtemps tiraillés, autour de valeurs morales, culturelles et un idéal commun, pour l'épanouissement et la défense de leur civilisation assiégée. Une telle organisation a engendré, chez les Zoulous, une mémoire collective faite de nationalisme exacerbé, de conquêtes et de domination, au détriment de toute forme de particularité ethnique.

Cette puissante force sud-africaine avait contraint, pendant des décennies, les colons britanniques à rester l'arme au pied et forgé l'admiration de nombre d'observateurs européens. Cependant, au regard du résultat, le prix payé par les peuples bantous à ce projet d'unification a été démesuré. C'est l'une des raisons pour lesquelles, les appréciations sur l'oeuvre de Chaka Zoulou sont aussi tranchées. Pourtant, en y regardant de plus près, dans l'histoire des conquêtes et sur tous les continents, on croirait assister à la répétition d'une pièce déjà vue. Seul le décor et les motivations changent. Beaucoup de conquérants et grands meneurs d'hommes de la trempe de Chaka Zoulou ont prétendu agir dans un intérêt collectif, en y mettant les moyens. Aussi, selon les camps ou les intérêts historiques, ils sont qualifiés de héros par les uns ou de monstres par les autres, notamment les victimes. Ils restent cependant, invariablement, des surhommes aux yeux de leurs camps respectifs.

Pour les Sud-Africains, Chaka représente encore, celui qui a forgé l'âme de la résistance à l'invasion étrangère. Mythe ou réalité, il est même devenu, à tort ou à raison, le symbole de la grandeur, voire d'une certaine fierté des peuples noirs. Une des mystifications de l'histoire humaine est que les peuples ont toujours perçu leurs meneurs comme des êtres d'une supériorité qui les placent au-dessus de tout. Alors que ce concept de surhommes, développé par Nietzsche, relève plus de la fiction grammaticale que d'une quelconque réalité. Ces grandes figures, dont l'œuvre passe souvent pour être d'une dimension hors du commun, n'en demeurent pas moins l'image ou le reflet de l'homme ordinaire.

Le souverain zoulou n'était pas que ce héros, bâtisseur de nation et révolutionnaire sociale. Il était aussi l'homme ordinaire poussé à ses extrêmes et qui a révélé tout ce qu'il avait de bestialité inspirée et de démesure. S'il fut incontestablement un génie militaire, visionnaire et un grand rassembleur, l'homme n'en demeurait pas moins un impitoyable cavalier nègre de l'apocalypse et ce quels qu'aient été ses objectifs. Chaka a associé son nom à ceux qui peuvent évoquer carnages et brutalité. À la tête de ses armées, il n'a eu recours qu'à la force. Par celle-ci, comme moyen ou comme fin, il a piétiné des peuples. Sa route est jalonnée de cadavres. Aussi, exposée au jugement de l'histoire, sa sanglante épopée devait inévitablement servir à nombre de témoins partisans pour justifier la colonisation britannique, qui aurait selon eux rallumé la flamme de la civilisation, qu'avait éteinte le souffle des hordes barbares zouloues.

Ce commentaire de Georges Mac Call Theal, dans son History of South Africa, est du même cru : « La question qui était posée était très simple : qui, dans ce pays, de la barbarie ou de la civilisation, allait l'emporter ? » Et Bernard Lugan, grand spécialiste de l'histoire africaine, d'enfoncer le clou : « Génial politique et fou sanguinaire, Chaka accumule les crimes les plus révoltants (...). Le génocide est donc total. Le crime est parfait ». La mémoire zouloue, quant à elle, retient que l'objectif de Chaka, au cours du M'fécane, n'était pas que destructions, morts et chaos. Ce mouvement apocalyptique était presque inévitable. Tous les clans concernés par le phénomène avaient vécu pendant trop longtemps sclérosés et repliés sur eux-mêmes dans des structures archaïques. Ils n'en sortaient que pour s'entre-tuer. Les Bantous de cette époque hésitaient énormément sur leur avenir. L'intervention d'un homme dans l'événement historique, était venue apporter la réponse à des sociétés figées dans une stérile incertitude. L'organisation qu'il mit en place, aura permis aux peuples bantous, de résister des décennies durant à l'occupation coloniale de leur pays. En outre, Chaka n'était pas le seul acteur, voire même l'unique responsable des calamités du M'fécane. Cette série de guerres remonte à la fin du XVIIe siècle.

C'est à ce moment-là que les Boers avaient provoqué de sanglantes bousculades ethniques, pour occuper les terres de clans bantouphones vaincus. Ils avaient ainsi inauguré les tueries. Puis ils profitèrent des conséquences des ravages provoqués par les campagnes de Chaka Zoulou et qui avaient créé un grand désordre dans plusieurs régions, notamment sur les hauts plateaux. Ceci y a considérablement facilité leur établissement. À partir de ces bastions, ils tissèrent leur toile pour occuper d'autres espaces. À l'image des Zoulous les Boers ont également assis leur entreprise d'implantation par la force. Et selon d'autres historiens plus nationalistes voire extrémistes, Chaka n'avait pas dégagé assez de temps nécessaire, pour surveiller, voire empêcher la sanglante progression de ses voisins boers. Il aurait, selon eux, sous-estimé leurs mouvements de populations. Et quand ses successeurs ont été réellement prêts à s'en occuper, il était déjà trop tard pour stopper leur avance. En clair regrettent-ils presque, que Chaka n'eut pas mis assez de moyens, pour les "liquider." Alors que les préoccupations du souverain zoulou étaient visiblement à mille lieux de cela. Il avait longtemps espionné les Boers et les Britanniques, tout en étant bien informé par Fynn. Chaka Zoulou avait confié à ce dernier, qu'il n'ignorait rien de l'histoire de ses voisins blancs, comme celle de son propre peuple. Il admettait que les Boers étaient tout aussi immigrants que les Bantous et auraient pu être majoritaires dans ces espaces, dont une grande partie était longtemps restée désespérément inoccupée. Leurs ancêtres venaient certes d'Europe, mais n'étaient pas des colons au sens d'une puissance étrangère occupante comme les Britanniques. C'est sans doute pourquoi il avait concédé Port-Natal (future Durban) à des voisins immigrants néerlandais, pour y établir un grand comptoir au bord de l'Océan indien.

Durant tout son règne, il y eut une relative coexistence pacifique entre leurs deux communautés. C'est seulement sous ses successeurs, notamment son demi-frère et assassin Dingane, que les relations entre Boers et Zoulous tourneront à l'affrontement ouvert. Pour Chaka Zoulou, si les Boers avaient trouvé en Afrique du Sud leur "terre promise", les ambitions des Anglais étaient de coloniser le pays pour soumettre tous ses peuples. Il semblait reconnaître, déjà avant Mandela, la légitimité de leur implantation dans le pays. Les témoignages de Fynn et autres "invités" de Chaka attestent que tout dans son comportement semblait indiquer que le chef de guerre n'était réellement préoccupé que par les ambitions des colons britanniques. Dans les grandes batailles, il tenait toujours à garder Henry Francis Fynn auprès de lui, comme observateur privilégié. Ce n'était visiblement pas fortuit. Ce stratège rusé et qui ne laissait rien au hasard, savait sans doute que les rapports de son confident seraient transmis. Et qu'ils serviraient d'avertissement aux Anglais, contre qui les Zoulous allaient devoir se battre tôt ou tard.

L'histoire semble lui avoir donné raison. Car après sa mort, au plus haut sommet du commandement britannique, ordre fut donné en janvier 1879, de démanteler militairement l'empire zoulou. Cette menace britannique, contrairement à celle des Boers, Chaka en avait donc pris pleinement la mesure et s'y était préparé. Mais selon la mémoire zouloue, de son vivant ce souverain totalement imprévisible n'avait toujours été fidèle, qu'aux seuls rendez-vous qu'il fixait lui-même à l'histoire. Bien qu'absent à celui fixé par les Anglais le 22 janvier 1879, il avait néanmoins légué à ses successeurs, une redoutable machine de guerre pour la circonstance. Et les Zoulous, sous les ordres de leur quatrième souverain Cétiwayo, allaient faire face.


LA RESISTANCE BANTOUE ET L'HUMILIATION DES BRITANNIQUES A HISANDHLAWANA

Les Anglais, s'étaient longtemps méfiés des Zoulous. Ils savaient toutefois, qu'il leur fallait se décider un jour à démanteler cette puissance guerrière, pour finaliser leur entreprise coloniale. En Europe l'empire zoulou inspirait respect et crainte à nombre de monarques, pour la plupart anglophobes. Ceux-ci ne manquaient jamais l'occasion de rappeler aux Anglais, comme un pied de nez, que les Zoulous constituaient une nation bien organisée, disciplinée, militairement puissante et contre laquelle il était risqué de se frotter. Mais avec une force des plus modernes, Londres pensait pouvoir terrasser ce géant.

En janvier 1879, le représentant de la Couronne en Afrique du Sud trouva enfin un prétexte, pour déclencher les hostilités. Quelques guerriers étaient entrés dans leur colonie du Natal, pour capturer et ramener deux épouses adultères d'un chef zoulou. Les Britanniques en profitèrent pour tenter d'abord d'imposer un traité de soumission à Cétiwayo leur souverain. Ils lui dictèrent des conditions qui n'avaient pour principal but que de réduire son empire en vassal de Sa Majesté. L'argument était que les autorités britanniques, ne pouvant continuer à tolérer une puissance insoumise dans leur colonie, exigeaient sa démilitarisation. Condition encore plus humiliante, Cétiwayo devait permettre à ses sujets de se marier sans son consentement et faire allégeance à Sa Majesté Victoria, reine de toute l'Afrique. La réponse du monarque africain à cette injonction, fut brève mais claire :

« De tout temps, répondit Cétiwayo, un Zoulou n'a respecté que les lois zouloues. Si vous avez réussi à vous implanter de l'autre côté du fleuve, vous seriez bien inspirés d'y rester. La seule souveraineté légitime chez les Zoulous est celle incarnée par ses chefs, qui n'ont pas d'ordre à recevoir d'une femme étrangère et qui se prétend Reine de toute l'Afrique. » Puis l'empereur s'adressant à ses Indounas, leur dit : « Ce sont les colons qui sont venus me combattre chez moi. Ils veulent me dicter leur volonté. Ma seule intention maintenant, est de défendre mon propre pays. »

Le gouverneur de Pietermaritzburg dans le Natal, décida de mobiliser toute la puissance de l'armée coloniale britannique, pour une offensive de grande envergure. Ainsi après des décennies d'observation, les soldats de Sa Majesté allaient enfin affronter, les Amas Zoulous, ou ceux qui se disaient "Les célestes fils du ciel". Sous la direction du colonel Danford, ils firent mouvement en direction du pays zoulou. Pour liquider leur principal obstacle colonial, les Britanniques avaient renforcé leur puissance de feu. Les soldats étaient équipés d'un nombre impressionnant de canons et de fusils modernes. À la tête d'une telle puissance, Lord Chelmsford, commandant en chef des troupes britanniques, pensait pouvoir en finir avec un adversaire dont les guerriers en dépit de leur courage légendaire, n'avaient que des sagaies à lui opposer. Ses troupes envahirent le territoire zoulou le 11 janvier 1879, sans avoir procédé à une opération de renseignements fiables. Ce fut sans doute la première erreur stratégique de Lord Chelmsford. Cétiwayo avait déjà lâché dans la nature, des "déserteurs" tombés volontairement entre les mains des Britanniques. Ces faux renégats bombardaient leur État-major, de renseignements tout aussi faux, tant sur la direction des troupes zouloues, que sur les intentions de leur chef. Cétiwayo réussira ainsi, à épuiser les Britanniques, les baladant dix jours durant en différents points du pays. Ensuite cet expert dans l'art des mouvements de troupes et du camouflage, décida de se montrer précisément à Hisandhlawana. Les Britanniques se retrouvèrent nez à nez, avec les guerriers de l'immense armée zouloue surgie de nulle part. Le général Chelmsford et le colonel Danford furent certes impressionnés par cette marée de guerriers remarquablement disposés. Cependant ils ne doutèrent pas un instant, de l'issue de la bataille qui allait s'engager. Rassurés qu'ils étaient par un armement moderne, techniquement supérieur et plus efficace pensaient-ils. En fait, sans le savoir ils venaient de tomber dans un guet-apens. Leur présence à cet endroit était l'aboutissement d'un astucieux piège que leur avait tendu Cétiwayo. Par une suite de balades et de mouvements de retraites délibérées, le chef sud-africain les avait attirés là où il souhaitait croiser le fer. Les troupes britanniques se trouvaient en fait, sur le terrain de manœuvres habituel de ses unités de combat.

À Hisandhlawana, Cétiwayo savait donc qu'il pouvait combattre efficacement et guider ses troupes sur un théâtre d'opérations bien maîtrisé. La seconde erreur de l'état-major britannique fut d'envisager cette bataille par une approche tactique conventionnelle. Ceci parce que les Académies militaires anglaises trop méprisantes, n'étudiaient pas avec leurs cadets les techniques de combat des peuples dits "indigènes." Alors que Chaka avait bien espionné les Britanniques au cours de leurs premières actions armées contre les Boers. Il avait noté leur répugnance à engager des troupes en combats rapprochés. Et cette tactique était la force des Zoulous. Chaka avait mis sur pied une redoutable et originale machine de guerre, qui n'opérait qu'en corps à corps. La phase de confrontation de masse, il l'avait conçue et adaptée d'une technique de chasse africaine baptisée "Rabattage".

Les sociétés du continent noir pratiquent depuis toujours la chasse aux fauves (antilopes ou buffles.) Par des battues, les chasseurs obligent d'abord le gibier à se rabattre, avant de frapper. Aussi, la première manœuvre des Zoulous au combat était de toujours rabattre l'ennemi vers le centre, pour provoquer le corps à corps. Cette tactique baptisée Tête de Buffle, se traduisait non pas par une attaque en ordre dispersé, mais par des Impis disciplinés (équivalent de régiments), qui se déplaçaient en formations soudées en arc de cercle, dans des rangs compacts et martelant lourdement le sol de leurs pieds, pour impressionner l'ennemi. En pointe et toujours sur leurs cotés, étaient déployés les plus jeunes guerriers (16 à 26 ans). Ils formaient de manière imagée, les Cornes du buffle, et étaient chargés de la manœuvre de "rabattage" de l'ennemi. Ils l'assaillaient en permanence sur son flanc, pour affaiblir l'essentiel de ses troupes. Ceci en le poussant toujours vers le centre, face aux unités chargées d'engager le choc frontal. Ces dernières étaient composées des combattants les plus aguerris, les plus expérimentés et qui matérialisaient le Crâne du buffle (centre de l'armée zouloue).

L'ensemble de cette étrange chorégraphie exécutée sur le champ de bataille, représentait les armées zouloues en formation de Tête de buffle, qui fonçaient droit devant, en attirant toujours l'ennemi pour le détruire. Quand celui-ci entrait en contact avec le Crâne, c'est qu'il était déjà, bien cerné par les Cornes et pris au piège du corps à corps cher à Chaka. C'est à cette phase, selon le chef de guerre, que les réelles qualités de courage, de force et d'endurance du guerrier se révèlent. Il peut voir l'ennemi de près, lire dans ses yeux, courage, peur ou lâcheté et sentir l'angoissante froideur du métal de son arme. Cette tactique guerrière avait impressionné tous les clans ayant combattu les Zoulous. Ils les qualifiaient de Liffacanis, c'est-à-dire : « Ceux qui hachent de près et taillent l'ennemi en pièces ».

Les généraux britanniques, quant à eux, connaissaient la puissance des armées zouloues mais ignoraient presque tout de son organisation militaire. Les guerriers de ces armées étaient âgés de 16 à 40 ans. Les sédentaires démobilisés, âgés de plus de 40 ans et encore en état de combattre, constituaient la réserve en cas de besoins. Au combat, ils étaient présents, mais assis et tournaient le dos au champ de bataille. Durant les affrontements, tout recul comme le passage à l'ennemi ou la lâcheté d'un guerrier, étaient punis de mort après la bataille. Cette règle s'appliquait à tous les combattants, quel que soit leur rang. Les guerriers sans grade surveillaient les chefs, comme ceux-ci les tenaient à l'œil. Quant à l'armement zoulou, Chaka avait commencé par supprimer toute arme à lancer. Celle-ci d'après le chef de guerre, pouvait développer des réflexes de peur voire de fuite. On ne conservera donc plus qu'une petite sagaie à hampe très raccourcie et une lame élargie (Mokondo ou Iklwa.) C'est une sagaie d'environ 1 m 20 de long, dont 45 cm de fer. Le premier souverain zoulou la fera allonger, en alourdissant la lame, pour en faire l'équivalent d'une épée à double tranchant, capable de tailler et de transpercer l'ennemi. Toutes les unités en étaient équipées. Les guerriers du Crâne du Buffle, spécialement préparés au choc frontal quant à eux, étaient dotés en plus, d'une hache (Chaké.) Si un combattant perdait son arme sur le champ de bataille, il devenait inutile et était immédiatement mis à mort. Pour leur protection, l'ensemble des guerriers portait un bouclier tressé en peau de vache (Isihlangu), d'une longueur variant entre 1 m 20 et 1 m 40. À Hisandhlawana, la bataille engagée avait été précédée d'une classique mais intense préparation d'artillerie.

Pendant d'interminables minutes les troupes britanniques voyaient tomber sous leurs tirs de canons et de fusils, des dizaines de jeunes guerriers des Cornes en phase de rabattage. Ils en oubliaient presque les formations du centre. Lorsque les troupes britanniques entrèrent directement en contact avec le Crâne, elles furent très vite submergées. Cette armée était pourtant rodée sur tous les champs de bataille du monde. Leurs anciens sous les ordres du général Duc de Wellington, avaient écrasé l'armée de Napoléon Bonaparte à Waterloo le 18 juin 1815. À Hisandhlawana, ils furent décimés par les guerriers zoulous. Les Britanniques laisseront 1 300 morts sur le champ de bataille. Dans une fuite désespérée pour sauver leur drapeau, beaucoup de valeureux soldats britanniques furent rattrapés et massacrés sans pitié. Un des rares officiers ayant survécu à la bataille, écrira : « Aucun soldat, je pense, ne peut s'empêcher d'admirer et de respecter les qualités militaires déployées par l'ennemi ; à l'avenir l'armée zouloue va inspirer le respect et la prudence qui s'imposent, avant qu'on puisse la vaincre. »

Hisandhlawana restera comme la défaite la plus humiliante, jamais infligée aux Britanniques, dans leur histoire militaire coloniale. La tactique conçue en plus de l'orgueil et du courage de ce peuple bantou ont terrassé, ce jour-là, les forces d'une grande puissance européenne moderne. Cette défaite devait provoquer la chute du gouvernement anglais en place. Avant de quitter le Parlement londonien, le Premier ministre Benjamin Disraeli, Comte de Beaconsfield, posa cette question à la fin des débats : « Qui sont ces Zoulous, quel est ce peuple remarquable qui a vaincu nos guerriers, converti nos évêques et qui a mis fin aujourd'hui à une grande dynastie ? »

La dynastie qui prit fin en Afrique du Sud, est celle des Bonaparte. L'héritier de cette lignée, le prince impérial, Eugène Louis Napoléon, fils unique de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie, servait dans l'armée anglaise. Il a été tué par les Zoulous au cours de cette campagne. En pleine époque de concurrence coloniale, les ennemis de l'Angleterre n'étaient pas mécontents d'une telle déconvenue. L'événement fut largement commenté en Europe.


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** Tidiane Ndiaye est un anthropologue, économiste et écrivain – Ce texte est paru dans Africultures (www.africultures.com)

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Commentaires & analyses

Françafrique : Lettre ouverte au président François Hollande

Philippe Noudjenoume

2012-11-13

http://pambazuka.org/fr/category/comment/85421

Dans le «nouveau discours de Dakar», il est questin de suppression du ministère français de la Coopération désormais remplacé par un ministère de Développement. Les peuples africains veulent bien croire. Mais de tels propos ont été déjà servis aux Africains par le passé, sans qu’ils n’aient été suivis d’application concrète. Car, encore une fois, la Françafrique ce n’est pas un simple mot ; c’est d’abord et avant tout, un réseau commis à la tâche de maintenir le système colonial.

C’est avec un sentiment contradictoire fait à la fois d’anxiété et d’espérance qu’au nom de la Convention Patriotique des Forces de Gauche du Bénin (CPFG), je vous adresse cette lettre. C’est spécialement à l’occasion du récent et premier déplacement que vous venez d’effectuer sur le continent africain en tant que président de la République Française et des propos que vous avez tenus dans les différentes étapes de Dakar et de Kinshasa à l’occasion de la tenue du quatorzième sommet de la Francophonie.

Outre des discours sur l’Afrique comme « jeunesse du monde ou continent de l’avenir », discours sur la démocratie et le respect des Droits de l’homme comme « valeurs portées par la Francophonie », la déclaration qui peut être considérée comme distinctive de votre gouvernement par rapport au régime de Sarkozy est la suivante : « Le temps de la Françafrique est révolu. Il y a l’Afrique, il y a la France, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique». Et à l’appui de votre déclaration vous avez parlé de la suppression du ministère de la Coopération désormais remplacé par un ministère de Développement. Soit. Je veux bien croire. Les peuples africains veulent bien croire. Mais je voudrais simplement faire remarquer que de tels propos ont été déjà servis aux Africains par le passé par des gouvernements français, notamment celui de votre modèle, François Mitterand, sans qu’ils n’aient été suivis d’application concrète.

En effet, la Françafrique ce n’est pas un simple mot ; c’est d’abord et avant tout, un réseau d’institutions et de personnes mises en place par la France coloniale depuis les années 60 et commises à la tâche de maintenir dans le système colonial, les anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest et Centrale officiellement indépendantes. Toutes les activités les plus criminelles et les moins recommandables telles les massacres des peuples du Cameroun, du Rwanda, du Congo, de la Côte d’Ivoire, les assassinats ciblés de patriotes tels Félix Moumié, Ouandié, au Cameroun, Boganda en Centrafrique, Olympio au Togo, Sankara au Burkina Faso, les coups d’Etat divers et les agressions de toutes sortes ont été l’œuvre de la Françafrique.

Aujourd’hui la Françafrique, pour ce qui est de la face émergée de l’iceberg c’est :

- le maintien de la monnaie CFA rattachée à l’Euro par le Trésor français et dont les 50% de réserves africaines sont à la disposition de la France qui en use comme elle l’entend, y compris prêtées avec intérêt encore à ces mêmes pays africains qui en sont les propriétaires. Autrement dit, la France garde le porte-monnaie des pays africains ;

- la langue française instituée dans toutes les Constitutions des anciennes colonies françaises d’Afrique comme langues officielles, alors que rien de tel n’existe pour l’anglais dans les Constitutions des anciennes colonies anglaises comme le Ghana et le Nigeria par exemple ;

- le maintien des bases militaires françaises sur le continent africain ;

- le maintien du pacte colonial consistant pour les anciennes colonies françaises d’Afrique à pourvoir la métropole française en matières premières à bas prix (café, cacao, coton, palmier à huile, arachide) et en richesses minières stratégiques comme l’uranium, le diamant, etc. et à importer les produits finis de la même métropole. La conséquence de cette situation, c’est que la plupart des pays les moins avancés d’Afrique sont d’anciennes colonies françaises.

C’est dire que votre déclaration sur la fin de la Françafrique demeurera un vain mot ou une nouvelle tromperie des peuples africains tant qu’elle ne sera pas suivie immédiatement d’actes allant dans le sens du démantèlement du système colonial maintenu 52 ans après les indépendances et décrit plus haut. Et à cet effet, les peuples africains n’ont-ils pas raison de douter de vous et de s’inquiéter ; d’autant plus que, plus de cinq mois après votre élection à la tête de l’Etat français, le personnel diplomatique français dans nos pays et qui sert de couverture à la Françafrique demeure celui mis en place par Sarkozy ?

Monsieur le Président,
En revisitant toute l’histoire coloniale mondiale, la France peut-elle être fière aujourd’hui de son œuvre coloniale à la manière d’une Grande Bretagne à l’égard de ses anciennes colonies telles que les Etats-Unis, l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud, le Nigeria ou le Ghana ; d’un Portugal par rapport au Brésil et à l’Angola, d’une Espagne par rapport aux grands Etats sud-Américains ?

La France peut-elle être fière de voir ses anciennes colonies être les Pays les Moins Avancés de la planète à l’image d’un Haïti, l’Etat le plus pauvre du sous-continent américain ou des pays d’Afrique ? Est-elle fière de jouer toujours au gendarme derrière des pays africains « éternels enfants mineurs » que l’on bombarde à l’envi et au nom desquels on doit parler dans les instances internationales comme actuellement le fait votre gouvernement à l’Organisation des Nations Unies dans l’affaire malienne ?

Ces réalités, Monsieur le Président, doivent interpeller toute conscience quelque peu éprise de justice et de liberté et devraient amener tout gouvernement attaché à l’éthique et à la paix à changer de politique. C’est dire que les peuples africains ne se contenteront plus de simples professions de foi, si merveilleuses soient-elles.

C’est à des actes concrets que les peuples africains vous attendent. Ils vous attendent avec d’autant d’impatience et d’espérance qu’ils ont suivi la campagne électorale de vous-même et des forces de gauche qui ont permis votre élection à 51,7% par rapport à Sarkozy, 48,3%.

Je peux parler ici des propositions notamment des « partis et alliances de partis composant le Front de gauche » conduits par Jean-Luc Mélenchon et dont l’essentiel a reçu l’appui de bon nombre de démocrates et de patriotes béninois. Il y était nettement stipulé :

- « La suppression des bases militaires françaises en Afrique ;

- la nécessité de "Rendre aux pays africains l’autonomie de gestion de leur monnaie CFA" ;

- Le transfert de technologie et l’aide au développement d’une industrie de transformation sur place à partir des ressources agricoles et minières …».

Une telle politique au pouvoir en France réconcilierait à coup sûr celle-ci avec les peuples africains qu’elle a asservis, soit par la colonisation, soit par la néo-colonisation.

Si comme cela se dessine, vous tournez dos à ces aspirations des peuples africains, traduites en propositions du Front de gauche, si vous tournez dos à cette frange non négligeable du peuple français qui s’est retrouvé en elles et qui ont porté sur vous son suffrage, si donc votre déclaration de Dakar ne représente qu’un cache-sexe pour couvrir le maintien de la FrançAfrique, alors il ne restera aux peuples africains que le recours à toutes les formes de luttes patriotiques pour accomplir la mission historique, celle de se libérer du néocolonialisme français et arracher leurs droits d’êtres libres, d’êtres souverains sur la terre de leurs aïeux, l’Afrique

Avec le respect dû à votre haute fonction, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République Française, l’expression de nos sentiments patriotiques.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



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** Philippe Noudjenoume est président de la Convention patriotique des forces de gauche du Bénin

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Géopolitique de la francophonie: entre diversité et suicide culturel

Tamsir Anne

2012-11-13

http://pambazuka.org/fr/category/comment/85420

L’idéal francophone c’est une sorte de “soft power” efficace pour pérenniser la domination.
 Derrière une apparente unité et le discours sur les “idéaux en partage” se cache une réalité complexe et des différences marquées quant au degré d’implication et d’engagement des divers pays qui s’en réclament. 


Pourquoi donc la Francophonie, ou la France pour être plus précis, malgré la rhétorique de la rupture, a t-elle choisi, pour tenir son quatorzième sommet un pays aussi manifestement anti-démocratique que le Congo, ravagé par la guerre et miné par l’instabilité politique et la ruée désordonnée vers des richesses presque féeriques? Cela, contre vents et marées et malgré les véhémentes protestations de l’opposition congolaise. La raison nous semble évidente : il s’agit avant tout d’affirmer et de cimenter l’influence de la France dans ce géant africain aux pieds d’argile face aux appétits chinois, américains et rwandais dans une moindre mesure.

L’idéal francophone c’est bien une sorte de “soft power”, mais combien efficace pour pérenniser la domination.
 Mieux encore et c’est cela l’essence de notre propos, la francophonie, derrière une apparente unité et le discours sur les “idéaux en partage”, cache une réalité complexe et des différences marquées quant au degré d’implication et d’engagement des divers pays qui s’en réclament. 


Si nous laissons de côté des pays tels que la France, la Belgique, le Canada, la Suisse ou le Luxembourg dont l’appartenance à la francophonie n’est que trop naturelle, le rôle de la langue française dans les pays membres de cette organisation est loin d’être uniforme.

Sur les trois seuls Etats asiatiques membres de la francophonie (Cambodge, Laos et Vietnam), par exemple, aucun d’entre eux n’a le français comme langue officielle et tous les trois ont leur propre monnaie.
 Les langues officielles de ces derniers pays sont respectivement le khmer, le lao et le vietnamien.

Parmi les 56 Etats membres de la Francophonie, aucun Etat arabophone (Maroc, Mauritanie, Egypte, Liban, Tunisie) n’a le français comme langue officielle, ceci malgré le taux de locuteurs du français supérieur aux autres pays africains. La Tunisie par exemple d’après les chiffres mêmes de l’organisation (www.francophonie.org) comptait, en 2010, quelque 6 millions 639 000 locuteurs du français sur une population de 10 374 000 habitants. Soit un taux de 63% contre, par exemple, 18% seulement de locuteurs au Niger et 24% au Sénégal ! 
Et pourtant dans ces deux derniers pays le français est la seule langue officielle à l’exclusion de toutes les langues nationales africaines ! Andorre compte de même 70% de locuteurs du français mais sa langue officielle est naturellement le catalan !

A l’opposé, pratiquement tous les pays d’Afrique noire qui forment le gros du contingent de la francophonie (Sénégal, Mali, Burkina Faso, Guinée, Guinée équatoriale, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, etc.) à l’exception notoire du Rwanda qui a éliminé le francais comme langue officielle après le génocide ont le français comme langue officielle. 
Mis à part le Burundi avec deux langues officielles (kirundi et français), la Centrafrique (sango, francais), la Guinée Bissau avec le portugais, Comores (arabe, français) tous les autres pays noirs africains ont exclusivement le français comme langue nationale et le Franc Cfa comme monnaie nationale !

Le comble du paradoxe c’est que lorsqu’on regarde de près le nombre de locuteurs du français dans ces pays on se rend compte qu’ils sont toujours une très petite minorité : Niger (18%), Burkina Faso (19%), Sénégal (24%), Côte d’Ivoire (34%)… Encore que ces pourcentages semblent loin de la réalité, car sont souvent considérés comme locuteurs des personnes dont la compétence en français ne va certainement pas au delà d’une conversation courante.

Il y a aussi une corrélation manifeste entre usage exclusif du français et du franc Cfa comme monnaie nationale : tous les pays dont le français et la seule langue officielle ont le franc Cfa comme monnaie nationale, tandis que les autres ont leur propre monnaie.
Il s’y ajoute qu’à l’exception du Gabon et du Congo (pays pétroliers) tous les pays d’Afrique noire francophone ont, d’après les chiffres du Pnud, un faible indice de développement humain et une durée moyenne de scolarisation très basse. En 2011 le Sénégal par exemple était classé 155e sur 187 pays pour son indice de développement humain, la République démocratique du Congo était dernière de la liste, le Niger avant-dernier, le Burkina 181e, etc. (cf. http://hdr.undp.org/)

C’est à la lumière de ces faits qu’il faut faire une évaluation de la Francophonie pour en changer l’orientation en élevant enfin dans ces pays, après un demi-siècle d’indépendance les langues nationales à la dignité de langues officielles, au moins à côté du français. Il est vrai qu’il s’agit là aussi d’une décision souveraine que la France ne peut mais n’a certainement pas non plus intérêt à prendre pour les pays africains francophones! Le développement ne s’octroie pas et l’histoire n’offre point d’exemple d’un développement qui se soit fait sur la base d’un paradigme culturel importé.

Aussi déprimant que cela puisse être, le constat de Cheikh Anta Diop à l’aube des “indépendances” est encore malheureusement toujours à l’ordre du jour : 
“C’est, disait-il, par goût de facilité, par paresse, manque de volonté, manque de décision, par goût morbide de l’asservissement intellectuel et moral que nous cherchons á nous satisfaire des langues européennes et non pas par un calcul pratique”.


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



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** Tamsir Anne ( [email protected])

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Droits humains

Cote d'Ivoire: Accusée de génocide, Simone Gbagbo face au juge d'instruction

2012-11-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85431

L'audition sur le fond de Simone Gbagbo doit commencer ce mardi 13 novembre. Ces auditions sur le fond, effectuées après d'une vingtaine de proches de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont commencé le 31 mai dernier. En février dernier, elle avait été la première à être informée que le crime de génocide avait été ajouté aux autres chefs d'inculpation - crimes de sang, atteinte à la sûreté de l'Etat et crimes économiques.

http://fr.allafrica.com/stories/201211130483.html


Global : Des fausses femmes battues marocaines arrêtées en Espagne

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85361

C’est une première en Andalousie, les policiers ont détecté un réseau qui offrait aux Marocaines une régularisation de leur situation en entretenant une fausse relation amoureuse avec un Marocain qui était accusé de fausses violences conjugales. Les Marocains étaient payés entre 2000 et 4000 euros pour jouer le rôle d’agresseurs présumés de leurs « femmes », une fois les papiers espagnols obtenus, elles s’engageaient à retirer leurs plaintes et à laisser les jeunes hommes avec des casiers judiciaires vierges. Dix-huit personnes ont été arrêtées pour fausses déclarations, simulations, menaces, falsifications et appartenance à une organisation criminelle.

http://bit.ly/T2pkkg


Malawi : Les prostituées s'unissent pour défendre leurs droits

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85332

Les prostituées au Malawi, qui sont environ 20.000, ont formé vendredi 9 novembre une alliance destinée à défendre leurs intérêts face aux tracasseries dont elles disent faire l'objet et qui devrait aussi leur permettre de mieux se protéger contre le sida . "Le temps est venu pour vous de discuter de vos problèmes, de comment la police et les tribunaux vous traitent, et comment vous pouvez accéder sans tracas à des services de santé sexuelle et gynécologique", a lancé l'avocat des droits de l'homme Chrispin Sibande devant 50 prostituées réunies à Lilongwe pour lancer leur alliance. Il a exhorté ses auditrices à "aller de l'avant pour défendre leur travail".

http://bit.ly/SLw19z


RD Congo : La Voix des Sans Voix se retire du procès Chebeya

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85356

Pour l’ONGDH «La Voix des Sans Voix (VSV), le procès en appel sur l’affaire Floribert Chebeya n’a plus sa raison d’être sans l’implication du général John Numbi, suspect principal. 

Dans une conférence de presse tenue mercredi 7 novembre, l’ONGDH «La Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSS)» a annoncé sa décision de se retirer comme partie civile dans le procès qui oppose en appel le ministère public et les parties civiles aux assassins présumés des défenseurs des droits de l’Homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Cela, au motif que l’arrêt avant-dire-droit rendu par la Haute Cour militaire en refusant l’inculpation du général John Numbi est un déni de justice.

http://bit.ly/SV6SeX


Sénégal : Polémique sur l’argent d’Hissène Habré

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85327

En1990, alors que l’actuel Premier ministre du Sénéga, Abdoul Mbaye était directeur général d’une banque, il a accepté les fonds de l’ancien président tchadien en fuite qui arrivait à Dakar en exil. Il réfute tout blanchiment d'argent, puisque la loi qui punit ce délit n’a été adoptée qu’ultérieurement, en 2004. M. Mbaye dénonce une campagne de diffamation à son endroit. Pour le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (RADDHO), « ce qui a été fait, c'est bel et bien du blanchiment(d'argent). Il n'y a pas d'autres termes ».

http://bit.ly/Uf5tN1


Soudan du sud : Appels pour l’abolition de la peine de mort

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85328

Dans une déclaration en date du 5 novembre et dans une lettre jointe adressée au gouvernement du Soudan du Sud, et signée par Amnesty International (AI), Human Rights Watch (HRW), des églises locales et des organisations de la société civile ont demandé un moratoire sur les exécutions, notamment parce que « le Soudan du Sud est aujourd’hui incapable d’assurer les mesures de protection fondamentales ... relatives à l’imposition de la peine de mort ». Selon la déclaration, ces normes sont «le respect des normes d’équité des procès, y compris la présomption d’innocence, le droit à une assistance juridique à toutes les étapes de la procédure, et le droit des personnes condamnées à porter une décision en appel devant une juridiction supérieure».

http://bit.ly/QyWLOr





Réfugiés & migration forcée

Afrique : Des centaines de réfugiés sans solution en Tunisie

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85340

Plusieurs centaines de réfugiés ayant fui la guerre de 2011 en Libye risquent d'être livrés à eux-mêmes alors que le camp qui les accueille dans le sud de la Tunisie doit fermer d'ici la fin 2012, ont dénoncé des ONG. Le camp de Choucha abrite quelque 2.000 personnes, dont 1.200 doivent être accueillies par des pays tiers. Les 800 restantes ne se sont vues proposer aucune solution durable, relèvent les organisations Boats 4 People et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

bitly.com/Tidti7


Afrique : Suppression de visas entre le Gabon et le Burkina

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85318

Les travaux de la première session de la commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et le Gabon, qui se sont déroulés les 5 et 6 novembre 2012 à Ouagadougou au Burkina Faso, ont abouti à la suppression des visas à l'endroit des ressortissants gabonais et burkinabés détenteurs de passeports diplomatiques. Pour sa part, le Ministre burkinabé des Affaires étrangères, M. Djibrill Bassolé a signifié la volonté des deux pays de mieux encadrer l'immigration et définir les modalités de séjour.

http://bit.ly/Zpgtwk


Burundi : Hassan Ruvakuki enfin entendu

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85321

Le journaliste Hassan Ruvakuki, condamné en première instance à la prison à perpétuité pour "terrorisme", a enfin été entendu le 8 novembre 2012 par la Cour d’appel de Gitega. Il aura fallu attendre le cinquième jour d’audience de son procès en appel commencé un mois plus tôt, le 8 octobre, pour que le journaliste de Bonesha FM et correspondant du service en swahili de Radio France Internationale (RFI) puisse s’exprimer et clamer son innocence.

http://bit.ly/VXchjK


Global : Périple meurtrier des migrants aux frontières de l’Europe

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85337

Cinq migrants sont morts par jour en moyenne en 2011 aux frontières de l’Europe, selon le rapport accablant publié jeudi 8 novembre du réseau Migreurop, qui réunit une quarantaine d’associations européennes et africaines militant pour la libre circulation des personnes. Migreurop épingle également l’OTAN qui n’aurait pas répondu au signal de détresse de ceux qui tentaient de fuir le conflit en Libye.

http://bit.ly/UsdVyo


Somalie : Les PDIP de Mogadiscio victimes d’extorsion et d’expulsion

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85329

Déjà confrontées à une aide humanitaire irrégulière et difficile d’accès, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) sont également menacées d’expulsion par les propriétaires de retour dans la capitale somalienne, Mogadiscio, et par des gardiens de camp sans scrupules qui détournent la plus petite quantité d’aide reçue, d’après un nouveau rapport. Si certains gardiens protègent les PDIP en échange d’un paiement, d’autres les exploitent et les considèrent « comme un moyen d’enrichissement personnel », affirme le rapport.

http://bit.ly/SKzrtD





Elections & gouvernance

Afrique du Sud : Jacob Zuma contesté par toute l’opposition

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85335

Le 8 novembre, les huit partis de l’opposition sud-africaine se sont réunis pour déposer, ensemble, une motion de censure contre le président de l’Afrique du Sud, désormais critiqué pour l’ensemble de son action politique. La motion de censure qui a été déposée par les huit partis de l’opposition contre le président de l’Afrique du Sud n’a aucune chance d’aboutir. Car le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), dispose de 264 sièges sur 400 au Parlement sud-africain. Mais l’étau se resserre sur Jacob Zuma. Le président sud-africain n’a jamais été autant critiqué.

http://bit.ly/QyXRK9


Algérie : Abdelaziz Bouteflika, l'homme qui ne meurt jamais

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85347

C'est fait, le 5 novembre, le président Bouteflika a battu le record national de longévité au pouvoir en Algérie : 13 ans et 6 mois. Le précédent record était détenu par Houari Boumediene, qui avait régné sur l'Algérie pendant 13 ans, 6 mois et 8 jours (entre 1965 et 1978). Aujourd'hui, à l'âge de 75 ans, il est le plus vieux président à avoir régné en Algérie et l'un des plus dirigeants d'Afrique et du monde arabe les plus âgés.

http://bit.ly/VCmxmi


Egypte: Des milliers d’islamistes réclament l’application de la charia

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85326

Plus de 2 000 fondamentalistes musulmans ont manifesté vendredi 9 octobre, dans le centre du Caire. Ils souhaitent que la charia soit inscrite dans la Constitution égyptienne qui est actuellement en cours d’élaboration. Ces ultraconservateurs manifestent contre l’article 2 du projet constitutionnel qui stipule que « les principes de la charia sont la source principale de la loi ». Ils font pression pour remplacer dans la future loi fondamentale le terme de « principes » par celui de « préceptes » voire par « charia » tout court.

http://bit.ly/PNzZB4


Cote d'Ivoire : Les soldats racketteurs menacés de sanctions "exemplaires"

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85354

Selon le procureur militaire ivoirien, le colonel Ange Kessy, la pratique du racket se poursuit dans les rangs des forces de sécurité malgré les dispositions règlementaires qui l'interdisent. A plusieurs occasions, les autorités ivoiriennes ont exprimé leur détermination à juguler le fléau du racket dans le milieu des forces de sécurité commis aux contrôles sur les routes. Selon une estimation de la Banque mondiale, le racket fait perdre à l'Etat de Côte d'Ivoire près de 350 milliards de F CFA par an.

http://bit.ly/RNfHr1


Global : L'Afrique attend Obama au tournant

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85350

Barack Obama rempile pour quatre ans. En Afrique, la liesse est de rigueur même si l'Obamania s'est estompée depuis 2008. Tour d'horizon de la presse africaine sur la réélection d'Obama.

http://bit.ly/QnMFQc


Global : La France choisit le 19 mars en mémoire de victimes de la guerre d’Algérie

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85357

Après un débat houleux et une attente de dix ans, le Parlement français a enfin tranché en faveur du 19 mars comme jour pour honorer la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie. Une date aux relents de repentance et de défaite pour une droite nationaliste parfois nostalgique des colonies, mais qui reste, aux yeux de la gauche, celle de l'armistice de 1962, de la paix, et de l'espoir pour tout un peuple.

http://bit.ly/Us1SkE


Mauritanie : Inquiétudes autour de l’absence prolongée du chef de l’Etat

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85346

Le président mauritanien, qui est sorti le 24 octobre de l’hôpital français de Percy-Clamart, en banlieue parisienne, poursuit sa convalescence en France. Les rumeurs les plus folles circulent en son absence. Et l’opposition se mobilise. Et si la Mauritanie basculait à son tour dans le chaos ? La situation inquiète au moment où les préparatifs d’une intervention dans le Nord-Mali s’accélèrent. Ses proches se veulent rassurants et promettent un retour imminent.

http://bit.ly/UfUiK0


Sénégal : Karim Wade sera entendu par la gendarmerie le 15 novembre

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85358

«Karim Wade est convoqué le jeudi 15 novembre devant la section de recherches de la gendarmerie», a déclaré le procureur spécial de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei). Cette convocation de Karim Wade par la gendarmerie n’est pas une première pour le fils de l’ex-président du Sénégal, Abdoulaye Wade. Il avait déjà été convoqué à deux reprises en juillet. Ces investigations, qui concernent par ailleurs d’autres personnalités de l’ancien régime, font suite à la demande faite par Dakar, en juin, à la Banque mondiale (BM) pour l'aider à recouvrer les « biens publics spoliés de l'État et placés à l'étranger ».

http://bit.ly/UzLMAa


Sénégal : 10 millions et une maison aux invalides et familles des victimes dans l’armée

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85338

La Journée des Forces armées a été célébrée le vendredi 9 novembre. La cérémonie officielle s’est déroulée sous la présidence du chef de l’Etat qui a annoncé une subvention de 10 millions et une maison aux familles des soldats tombés sur le théâtre d’opérations. Ce sont 17 familles qui ont déjà bénéficié de cette subvention aux parents des soldats de l’Armée sénégalaises décédés. La subvention sera élargie à tous les invalides et le chef de l’Etat a réitéré son soutien à la Coopérative militaire de construction ainsi qu’à la Mutuelle des armées.

http://bit.ly/PNATxq


Sénégal : La colère noire de l'ex-président Wade

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85360

L’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade n’est pas content. A travers un communiqué, Abdoulaye Wade revendique son statut d’ancien chef d’Etat et «refuse d’être installé dans l’illégalité et l’informel». Les droits et avantages pour un ancien président de la République «sont prévus et consignés dans la loi 8101 du 29 Janvier 1981 qui a été votée par l’Assemblée Nationale au moment du départ du président Senghor du pouvoir en 1981», explique Abdoulaye Wade. Je ne demande que l’application stricte de la loi», réclame Abdoulaye Wade.

http://bit.ly/UqAfbS





Corruption

Algérie : L’association de lutte contre la corruption non agréée par l’Etat

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/85341

L’association nationale de lutte contre la corruption (ANLC) en Algérie, qui tout dernièrement s’est vue refuser l’agrément de la part du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, a organisé mardi 6 novembre une conférence de presse pour dénoncer un «refus nul et non avenu » car « non motivé ». La façon dont les pouvoirs publics ont accueilli le projet de l’association a été qualifiée d’ «absurde» par les membres de l’association.

http://bit.ly/Uqgam7


Guinée : Assassinat d’une femme clé dans la lutte contre le détournement de fonds

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/85320

C’est au sortir d’une réunion de plus d’une heure, qui s’est tenue au ministère du Budget, vendredi 10 novembre, que Mme Aïssatou Boiro a été assassinée par des inconnus, dans le quartier chic de Kipé, dans la banlieue nord de Conakry. Un crime qui a tout l’air d’être un règlement de comptes entre cadres guinéens, contre une femme qui a démantelé en mai dernier une tentative de détournement de fonds de plus de 13 milliards de francs guinéens, soit environ 1,5 million d’euros, des guichets de la Banque centrale de Guinée.

http://rfi.my/W017ej


Guinée: L'assassinat d'Aïssatou Boiro entraîne une levée de boucliers

2012-11-14

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/85430

Le président guinéen Alpha Condé s'est dit « choqué » par l'assassinat vendredi 9 novembre à Conakry de la directrice du Trésor public de Guinée, Aïssatou Boiro. Le chef de l'Etat a affirmé que cet assassinat ne le détournera pas de la lutte contre la corruption, dont Aïssatou Boiro était l'un des fers de lance. Rarement, pour ne pas dire jamais, l'assassinat d'une personnalité administrative n'avait autant marqué l'opinion guinéenne que celui d'Aïssatou Boiro.

http://fr.allafrica.com/stories/201211130666.html





Développement

Cameroun : Cinq raisons de désespérer d’un pays émergent en 2035

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/development/85336

Trente ans que nous sommes dans le trente-sixième dessous : à l’occasion des trente ans de Paul Biya à la tête du Cameroun, Le quotidien Le Jour a publié un « dossier » d’un seul article particulièrement riche et documenté sur ce que pouvait être un bilan économique de trois décennies. Cette vision d’ensemble d’auteurs anonymes est ambitieuse (et plus favorable au pouvoir en place qu’il n’y parait). Mais si l’exercice a un certain intérêt théorique, il ne vaut rien dans la pratique tant les situations transitoires, les programmes contradictoires, et la macrostructure du commerce mondial ont varié entre 1982 et 2012.

http://bit.ly/SNUScG


Sénégal : Macky Sall dénonce les ''taux d’intérêt prohibitifs’’ des banques

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/development/85342

Le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, a dénoncé lundi 5 octobre, lors de l’ouverture du symposium marquant le 50ème anniversaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ‘’l’application usurière de taux d’intérêt prohibitifs sur les crédits agricoles, les crédits à l’habitat social et les crédits pour la lutte contre la pauvreté en faveur des femmes et des jeunes’’. Il s’est réjoui que l’un des sous-thèmes abordés au cours des travaux du symposium porte sur le rôle des banques centrales dans le financement de l’économie, en prenant appui sur les expériences enrichissantes des pays émergents.

http://bit.ly/SNVi2R





Santé & VIH/SIDA

Burundi : Appel à s'aligner sur le modèle rwandais en matière de planning familial

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/85355

Le représentant légal d'un consortium d'ONG burundaises s'occupant des enfants en difficultés propose que le Burundi s'aligne sur le modèle rwandais et enclenche un sursaut national pour une réduction drastique d'enfants à mettre au monde dans le cadre du planning familial. Au Rwanda, une législation nationale en vigueur exige de ne pas dépasser quatre enfants par couple familial.

http://bit.ly/TatYfW





Éducation

Centrafrique : La craie jetée pour réclamer l’intégration dans la Fonction publique

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/education/85344

Les cours ont été perturbés le 5 novembre 2012 dans les écoles primaires de la République Centrafricaine. La grève illimitée entamée par les enseignants contractuels en est la principale cause. Ils exigent du gouvernement centrafricain leur intégration dans la Fonction Publique et le payement de leur arriéré de salaire du mois d’octobre dernier. On estime à environ 50% le pourcentage de contractuels dans le corps enseignant centrafricain.

http://bit.ly/RQRNcP





Environnement

Afrique du Sud : 40 ans de prison pour un trafiquant de cornes de rhinocéros

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/environment/85362

Un trafiquant thaïlandais de cornes de rhinocéros, qui était à la tête d'un réseau d'exportation frauduleuse de cornes issues de la chasse légale, est condamné vendredi à 40 ans de prison par un tribunal sud-africain. L'accusé, arrêté en juillet 2011, avait reconnu avoir obtenu frauduleusement des permis de chasse, et avoir ensuite organisé l'exportation de 26 cornes. La chasse au rhinocéros est autorisée en Afrique du Sud, mais la délivrance des permis se fait au compte-gouttes et seuls les chasseurs affiliés à une associations dûment enregistrée peuvent en bénéficier.

http://bit.ly/ThHkqZ


Nigéria : Montée des eaux d'une rivière à la frontière nigéro-nigeriane

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/environment/85330

Les eaux de la Komadougou Yobé, une rivière servant de frontière entre le Niger et le Nigeria sur 150 km continuent de monter, avec un bilan provisoire de 91 villages inondés. Les autorités régionales ont organisé l’évacuation d’environ 1000 personnes via le Nigeria, tandis que plus d’un millier d’autres ont dû s’y prendre par eux-mêmes. Toutes les huit régions du pays sont touchées par les inondations avec une très grande ampleur dans les régions de Tillabéry, Dosso et Niamey (Ouest). Des dégâts importants sont enregistrés sur les infrastructures socio économiques de base et autres biens essentiels à la survie des populations.

http://bit.ly/TCF25y


Rd Congo : Ebola chasse les braconniers

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/environment/85317

La peur d'être contaminé par le virus Ebola a fait chuter fortemenent la consommation de viande de chasse dans le nord de la République démocratique du Congo. L'épidémie du virus d'Ebola déclarée en Province-Orientale depuis mi-août par le gouvernement congolais a fait paniquer la population y compris les destructeurs de la faune. Début septembre, l'Organisation mondiale de la Santé a recensé 28 malades dont 14 sont morts. Les braconniers du parc des Virunga, sans clients, ont rangé leurs fusils, pour le plus grand soulagement des défenseurs de l'environnement.

http://bbc.in/VXhckJ





Justice Alimentaire

Zambie : Des fermiers étrangers sapent la sécurité alimentaire

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/food/85324

Le développement agricole accru en Zambie compromettra en réalité la sécurité alimentaire du pays, puisque des fermiers continuent d’être chassés de leurs terres coutumières pour ouvrir la voie à l’agro-industrie locale et étrangère à grande échelle. C’est l’avis du doyen de la Faculté des sciences agronomiques de l'Université de Zambie. Pour Dr Mickey Mwala, «les accaparements de terres augmentent l'incidence et la prévalence de la pauvreté dans le pays en accroissant le nombre de personnes qui ne peuvent pas produire leurs propres aliments, et qui ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l'école".

http://bit.ly/WUkETm





Média & liberté d'expression

Afrique du Sud : La télévision publique recadre ses journalistes

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/media/85352

Les journalistes de la télévision publique sud-africaine, la SABC, ont reçu pour ordre de leur direction de ne pas utiliser les mots «domaine» ou «Zumaville» pour évoquer la propriété du président Jacob Zuma, dont la rénovation aux frais des contribuables fait scandale. La résidence de Jacob Zuma à Nkandla, dans le Kwazulu natal, défraie la chronique depuis des semaines. Il faut dire qu’il s’agit d’une résidence hors norme, avec un héliport, des bunkers sous terrains, des clôtures, selon le médiateur de la République qui a décidé d’ouvrir une enquête.

http://rfi.my/VFZ6Za


Burundi : Hassan Ruvakuki continue de clamer son innocence

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/media/85349

Le procès en appel du correspondant de RFI en swahili, Hassan Ruvakuki, se poursuit à Gitega au Burundi. Condamné en première instance à la perpétuité pour «actes de terrorisme», pour avoir organisé une attaque lancée par une nouvelle rébellion à partir de la Tanzanie en novembre 2011, puis d'en avoir fait la publicité, alors qu'il ne faisait que son métier de journaliste, Hassan Ruvakuki peut désormais s'expliquer face aux juges. Il ne nie pas être allé en Tanzanie à l’époque, « mais je suis allé, a-t-il expliqué, en tant que journaliste, pour faire mon travail en couvrant la naissance d’une nouvelle rébellion.»

http://rfi.my/VHpr9d


Erythrée : Brouillage de Radio Erena

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/media/85322

Radio Erena, un média érythréen en exil, basé en France, émettant par satellite dans la corne de l’Afrique et soutenu par RSF fait l’objet d’un brouillage le 6 novembre 2012. Selon cette organisation, les enquêtes de géolocalisation consécutives au brouillage du signal indiquent que la porteuse pirate provient d’Erythrée. Asmara serait donc responsable de cette manœuvre visant à bâillonner Radio Erena. Ce média indépendant dérange le gouvernement de ce pays classé, depuis cinq ans, en dernière position du classement mondial de la liberté de l’information

http://bit.ly/T82tUn


Sénégal : L’Etat favorable à la dépénalisation des délits de presse

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/media/85339

Le débat sur la dépénalisation des délits de presse était posé sous le règne d’Abdoulaye Wade. Macky Sall élu le 25 mars 2012 veut parachever le processus enclenché par son prédécesseur. Sur le principe, le chef de l’état est favorable mais exige «une contrepartie» de la part des professionnels des médias afin de prévenir les excès. Le chef de l’Etat s’exprimait au cours d’un dialogue avec les patrons de presse du continent, dans le cadre du 5è Forum des leaders des média africains qui s’est terminé vendredi 9 novembre à Dakar.

http://bit.ly/Q6a0X0


Soudan : Une journaliste menacée a pu fuir le pays

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/media/85323

La journaliste Somaia Ibrahim Ismail "Hundosa", enlevée et torturée par les services de renseignement et de sécurité soudanais, a pu fuir le pays, tard dans la soirée du 6 novembre 2012. La jeune journaliste et activiste avait subi des sévices en raison de son opposition à la politique du président Omar el-Béchir. Ses geôliers lui ont rasé les cheveux parce qu’ils "ressemblaient à des cheveux d’Arabes alors qu’elle n’est qu’une esclave du Darfour".

http://bit.ly/YD7iZZ





Conflits & urgences

Afrique : L’Algérie freine sur l’intervention militaire au Mali

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85315

“L’Algérie ne souhaite pas l’intervention militaire” au Mali, a déclaré le ministre algérien de l’Interieur. Pour Dahou Ould Kablia, “si les gens s’imaginent qu’il faut réinstaurer l’autorité centrale sur le Nord par la voie de la guerre, cela aura des conséquences très graves. (...) Si cette guerre affecte directement ou indirectement les populations touareg du Nord, nous avons chez nous aussi des populations touareg qui ont des liens très forts avec ceux du Nord-Mali et, de ce fait, cela risque de compliquer les choses. C’est ce que l’Algérie tente d’empêcher en demandant à ce que l’on règle d’abord les problèmes politiques.”

http://bit.ly/TCEooy


Afrique : L’Ouganda menace de retirer ses troupes des Forces Africaines

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85345

L’Ouganda menace de retirer ses forces présentes dans trois pays africains que sont la Somalie, la République Centrafricaine (RCA) et la République Démocratique du Congo (RDC). Il s’agit d’une réponse adressée au Conseil de Sécurité des Nations Unies au sujet des allégations de cette institution internationale relative à un éventuel soutien de l'Ouganda aux rebelles congolais du M23. L’annonce de ce retrait a été faite par le ministre de la sécurité.

http://bit.ly/PNBaR6


Afrique : Polémique après un accrochage entre armées du Rwanda et de RDC

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85351

Un soldat congolais a été tué par des soldats rwandais, mais les versions des faits diffèrent. Selon l'armée rwandaise, des soldats congolais ont pénétré en territoire rwandais alors qu'ils étaient en «mission de reconnaissance». Ce que dément le porte-parole de l'armée congolaise à Goma, dans l'est de la RDC. Une enquête des experts régionaux, basé à Goma et chargé de faire la lumière sur ce genre d'incidents, est en cours. Le porte-parole de l’armée congolaise au Nord-Kivu affirme que le soldat congolais tué s’était égaré.

http://bit.ly/Z9DF2t


Côte d'Ivoire : Des ex-combattants déposent leurs armes de guerre

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85331

Des ex-combattants de la région ouest de la Côte d'Ivoire, qui avaient participé aux affrontements armés au plus fort de la crise, ont pris part à une séance de dépôt volontaire d'armes de guerre, vendredi 9 novembre auprès de la Commission nationale de lutte contre les armes légères et de petit calibre. La phase de dépôt d'armes a été suivie d'une phase de sensibilisation visant à amener les populations détentrices d'armes à les rendre de manière volontaire et sans crainte de représailles. A ce jour, plus de 2 000 ex-combattants ont déposé volontairement environ 1 500 armes et plus de 50 000 munitions.

http://bit.ly/UtUIfS


Libye: Traque à l'or de Kadhafi

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85333

Pendant que la Libye peine à se doter d’un gouvernement qui fasse l’unanimité, la communauté internationale elle, se met sur les traces de la fortune cachée du clan Kadhafi. En tout cas, la recherche ne risque pas d’être facile, tellement les comptes de Kadhafi foisonnent. L'autre casse-tête est d’arriver à donner une estimation réelle et réaliste du magot qui tournerait autour du chiffre faramineux de 87 milliards d’euros soit plus de 50.000 milliards de F Cfa. De quoi financer un véritable plan Marshall pour sortir toute l’Afrique de sa galère.

http://bit.ly/TA0y8E


Mali : Ansar Dine craint l’extermination des populations

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85316

Le porte-parole d’Ansar Dine, un des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, a estimé qu’une intervention militaire internationale reviendrait à « exterminer les populations arabes et touareg du Nord Mali ». Mohamed Ag Aharib, déclare « que l’on ne peut s’en prendre à Aqmi ou au Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) — les deux autres mouvements qui occupent le nord du Mali — sans toucher aux populations : comment feront-ils pour distinguer un terroriste d’un simple citoyen ? ».

http://bit.ly/WUkf3j


Mali : Ansar Dine s’engage au dialogue politique

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85343

Reçus dans l’après du mardi 6 novembre 2012 par le président du Faso et médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré, les représentants du groupe Ansar eddine en sont sortis avec une déclaration écrite dont le contenu a été immédiatement livré à la presse par un porte-parole, Mohamed Aharib. Dans cette déclaration, la délégation du mouvement armé réaffirme sa disponibilité à s’engager immédiatement dans le processus de dialogue politique avec les autorités de transition du Mali, en vue d’aboutir à un arrêt complet des hostilités, au respect des droits et des libertés fondamentales, au retour des personnes déplacées et refugiées et à la création d’un environnement propice à l’adoption et la mise en œuvre d’un accord global de paix, qui traite de toutes les causes profondes de la crise.

http://bit.ly/TA0XrR


Mali : D’où viennent les armes des jahadistes ?

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85359

Trafic d'armes et de munitions allaient déjà bon train au Mali. Après avoir chassé l'armée malienne et le MNLA du Nord, les jihadistes n'ont plus eu qu'à se servir... Si la guerre en Libye est systématiquement montrée du doigt, la réalité est plus complexe. Rebelles, jihadistes et bandits n'ont pas attendu la mort de Kaddafi pour prospérer. Bien avant 2012, le Mali était devenu le ventre mou de l'Afrique de l'Ouest, où fleurissaient tous les trafics.

http://bit.ly/SGm1OG


Nigéria : Un couvre-feu militaire étrangle lentement une ville

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85325

Un récent couvre-feu militaire imposé à la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, ravagée par la violence, a non seulement rendu la vie insupportable pour les habitants, mais également réduit leurs chances de survie. Chercheur principal sur l'appartenance ethnique, l'inégalité et la sécurité humaine, Dr Bawa Abdullahi Wase déclare que dans un pays en développement comme le Nigeria, un grand nombre de personnes doivent sortir tous les jours pour chercher de la nourriture dans les marchés et autres lieux.

http://bit.ly/Z1w7Og


Nigéria : Soninka opposé au dialogue avec Boko Haram

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85319

Etablir un dialogue avec le groupe islamiste Boko Haram serait faire preuve d'une "conciliation consternante", a estimé jeudi 8 novembre l'écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature. Le président nigérian Goodluck Jonathan a déjà encouragé Boko Haram à formuler publiquement ses revendications, et le gouvernement a confirmé avoir des discussions "informelles" avec le groupe islamiste. Pour Wole Soyinka, les violences perpétrées par la secte Boko Haram - qui a revendiqué des dizaines d'attentats et pris pour cible des chrétiens dans des églises, les forces de l'ordre et des responsables du gouvernement - sont "complètement incontrôlables".

http://bit.ly/TzZNfZ


Soudan : Le président Béchir assure être en bonne santé et menace Israël

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85348

Le président soudanais Omar el-Béchir a affirmé jeudi 8 novembre être en bonne santé et menacé Israël d'une riposte "douloureuse" après que Khartoum a accusé l'Etat hébreu d'avoir bombardé une usine militaire. Ces propos interviennent alors que M. Béchir a récemment subi une intervention chirurgicale, la seconde en moins de quatre mois. Il s'agit de la première réaction du président après que les autorités soudanaises ont accusé Israël d'avoir envoyé le 23 octobre quatre avions furtifs pour bombarder une usine militaire de Khartoum.

http://bit.ly/RuLXxW





Internet & technologie

Afrique : Les Etats invités à accélérer le processus de transition vers le numérique

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/internet/85353

Les Etats africains sont invités à opérer une transition vers le numérique d'ici à 2015, date- butoir du processus de transition vers le numérique fixée par l'Union internationale des télécommunications. Cette invite à été lancée à la fois par les experts, les acteurs des médias et les politiques à l'occasion d'un séminaire international organisé par le Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM), à Dakar les 6 et 7 novembre. "

http://bit.ly/ZplvZK


Egypte : Les sites pornographiques interdits

2012-11-11

http://pambazuka.org/fr/category/internet/85334

La justice égyptienne a ordonné mercredi 7 novembre l’interdiction des sites pornographiques sur internet pour préserver les valeurs de la société égyptienne. Une mesure qui a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux. La justice égyptienne ne badine pas avec la pornographie. Comment le gouvernement compte mettre en place cette mesure ? C’est la question que se pose notamment les associations de défenses de la vie privée en ligne, qui soulignent les difficultés à mettre en œuvre un tel dispositif.

http://bit.ly/SNUQ4G





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