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Pambazuka News 262 : Drame au Congo - Echec en Libye et bouleversements dans l'armée américaine
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Droits humains, 5. Elections & gouvernance, 6. Corruption, 7. Développement, 8. Santé & VIH/SIDA, 9. Environnement, 10. Terres & droits fonciers, 11. Justice Alimentaire, 12. Média & liberté d'expression, 13. Conflits & urgences, 14. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : RD Congo : Silence les troupes rwandaises massacrent !
COMMENTAIRES & ANALYSES : Solidarité avec le peuple malien : Le Mali, c’est un peu l’Afrique.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Fsm 2013 : Préparer les mobilisations sur les enjeux centraux de l’heure.
DROITS HUMAINS : Algérie : 27 enfants agressés sexuellement chaque jour.
ELLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique du sud Pas de vote urgent d’une motion de censure contre Zuma.
CORRUPTION : Afrique : Le bon exemple venu de la commission de l’Uemoa
DEVELOPPEMENT : Afrique : La zone Franc invitée à redéfinir le rôle de la Bceao et de la Beac.
SANTE ET VIH SIDA : Centrafrique : Les éleveurs confondent la vaccination contre la poliomyélite à celle des bovins.
ENVIRONNEMENT : Gabon : Libreville primé pour la réduction des gaz torchés.
TERRES ET FONCIERS : Burundi : Des réfugiés de retour d’exil découvrent leurs terres occupées.
JUSTICE ALIMENTAIRE : Global :
L’Onu annonce une crise alimentaire mondiale pour 2013.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Bénin : Le président fait suspendre des émissions sur une télévision privée.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Réunion d’urgence entre Kabila et Kagamé en Ouganda.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Fibre optique pour relier l’Algérie eu Nigéria.
Chroniques
RD Congo : Silence les troupes rwandaises massacrent !
Mohamed Mboyo Ey’ekula
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/85584
L’occupation depuis dimanche de la ville congolaise de Goma par l’armée rwandaise, muée en pseudo-rébellion M23, a ouvert la voie à d’atroces massacres des civils congolais sans défense. Des femmes enceintes que l’on éventre après les avoir violées, des petits enfants abandonnés à eux-mêmes que l’on martyrise et des corps mutilés jonchant les rues, l’horreur est à son comble. Mais le silence de la communauté internationale sur ces massacres sonne comme un permis de tuer les Congolais chez eux donné aux troupes rwandaises. Silence donc les Rwandais déciment les Congolais !
Insoutenables sont les images des massacres des paisibles citoyens congolais perpétrés dans leur propre pays par les troupes rwandaises. Des images qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux et sur les quelques rares médias occidentaux qui tiennent encore à rester humains : comme celle de cette femme enceinte violée puis tuée à coups de baïonnette ou celle de cet enfant découpé à la machette, si ce n’est cet homme qui étêté et dont on a enfoncé le sexe dans la bouche. Bien entendu, pour se donner bonne conscience, l’ONU a rapporté ces faits dans un nouveau rapport.
Mais la communauté internationale, fort concentrée sur la situation au Proche-Orient, a brillé par une indifférence qui pousse aux questionnements. Une indifférence qui montre clairement que les valeurs véhiculées par les Nations unies sont à géométrie variable. Un seul citoyen français enlevé par des terroristes au Mali a plus d’importance que des milliers des Congolais que l’on égorge dans ce qui est devenu une boucherie à ciel ouvert. Et les Rwandais s’en donnent à cœur joie. Ils massacrent comme bon leur semble !
Bénéficiant de la complicité du pouvoir « vichysant » de Joseph Kabila, un sujet rwandais notoire, les troupes de Kigali ne font pas dans la dentelle. A Goma, depuis seulement trois jours, elles ont fait les ménages. Selon des sources proches des ONG basées dans la province du Nord Kivu, au moins 1000 personnes ont été tuées, pour des milliers gravement blessés qui meurent comme des mouches faute de soins. Mais pire, la capitale du Nord-Kivu a été vidée de ses populations, avec des dizaines de milliers des personnes qui ont pris les routes du désespoir pour éviter la furie rwandaise.
Mais venant du Congo-Kinshasa, transformé depuis la chute de Mobutu en un théâtre d’expérimentation d’atrocités les plus ignobles, ces scènes sont loin d’émouvoir. Les chaînes internationales occidentales comme France 24, Rfi, Bbc et autres jouent leur jeu favori : faire la bonne place aux criminels qui paradent avec des armes ‘’High Tech’’ plutôt que de parler et montrer des images d’apocalypse des femmes mutilées et des enfants martyrisés dont les Rwandais, dans une rare cruauté et sans retenue, écourtent la vie.
Certes, les condamnations fusent de partout, mais elles sont plus convenues. Entre les Américains qui soutiennent l’entreprise criminelle du Rwanda au Congo-Kinshasa, mais s’empressent timidement de condamner l’action belliqueuse de leur sous-traitant Kagame et les Français qui, en retard et sans efficacité, remuent le Conseil de sécurité qui a fait du même Rwanda un membre non permanent, on ne sait plus où est le vrai. Seule vérité : les populations du Congo-Kinshasa triment depuis 1996. Plus de 7 millions de morts. Massacres à répétition, génocide et déportation provoquée, tout ça semble passer au compte des pertes et profits. Fermez les yeux, on ne tue que des Congolais.
Les Rwandais, grands barbares devant l’Eternel en profitent. Chaque fois que leurs humeurs l’exigent, ils agressent le Congo-Kinshasa sans défense, malgré le déploiement de la plus grande force onusienne dans le monde pour y garantir la paix et protéger les populations civiles. Les troupes rwandaises vident des localités congolaises de leurs populations autochtones et les remplacent par des ressortissants rwandais, une stratégie de colonie de peuplement qui leur permet de brandir des revendications les plus fallacieuses sans se gêner et sous les applaudissements de John Major et Hillary Clinton, épouse Bill Clinton : ‘’the brain behind DRC’s destabilisation’’ pour le dire en anglais.
MAIS QUE FONT ENCORE LES CASQUES BLEUS LA-BAS ?
Dans un précédent article je me suis demandé ce que faisaient les casques bleus onusiens au Congo-Kinshasa (http://pambazuka.org/fr/category/features/85500). La réponse semble couler de source : ces sont de paisibles voyeurs qui ignorent le sens de leur mission. Car on ne peut être chargé de garantir la paix et permettre des troubles sans broncher ; on ne peut protéger des populations civiles en les regardant se faire massacrer. Justes bons pour pondre des rapports que personne au Conseil de sécurité des Nations Unies, où les intérêts les plus odieux sont privilégiés, ne tient à considérer.
Alors que reste-t-il aux Congolais ? La mort ou se défendre. Là aussi, les choses ne sont pas simples. Les casques bleus, qui ne sont pas capables d’assurer leur mission de paix et de protection des populations civiles, interdisent aux Congolais -Je parle du peuple congolais- de se défendre contre les envahisseurs. Chaque fois que les Congolais, surtout dans la capitale, veulent défendre leur pays, ce sont des chars menaçants que l’on déploie à travers la capitale congolaise. De quoi imaginer que leur vraie mission consiste à soumettre le Congo-Kinshasa à la domination du Rwanda surarmée par les Américains et les Belges.
Mais, comme dans les années 60, les calculs de grande puissance, qui se cachent derrière l’arrogance du Rwanda vis-à-vis du Congo-Kinshasa, risquent de produire des résultats catastrophiques. Car, les Grands Lacs, la bestialité des Rwandais faisant, sont désormais entrés dans la période des affrontements entre peuples. A Bruxelles, des Congolais s’en sont pris violemment aux Rwandais alors qu’à Kinshasa, même la ressemblance le simple faciès tutsi est devenu une cause de guerre. Les congolais se mobilisent -encore, une fois, je parle du peuple congolais- pour se défendre.
Partout où se trouvent des Congolais, la colère monte. La rage au cœur, ils n’ont qu’une idée en tête : défendre la terre de leurs ancêtres et les manœuvres du M 23, notamment son invite à la diaspora congolaise, n’y feront rien. La plaie est tellement béante pour la souder avec quelques propos hypocrites. ‘’Aux armes Congolais’’ est devenu le cri de ralliement des tous, mêmes ceux qui, il y a peu, étaient divisés par les blessures causées par le hold-up électoral de l’imposteur ‘’Joseph Kabila’’. Advienne que pourra donc ! Aux armes Congolais !
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** Mohamed Mboyo Ey’ekula est un journaliste congolais
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Kampala : Un sommet sur la Rd Congo pour ça?
Jean Roger Mboyo
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/85587
Pour ceux qui ne savent pas analyser les manières diplomatiques, le déplacement de Joseph Kabila à Kampala avait suscité des espoirs. Mais un coup d’œil dans le rétroviseur pour se pencher sur les sommets passés aurait mieux renseigné. Depuis le déclenchement de l'invasion du Congo par les troupes rwandaises sous le couvert de M23, une pseudo-rébellion made in Rwanda - du déjà vu - tout se passe comme si, derrière l'agenda des vrais ''tireurs des ficelles'', il fallait distraire, encore distraire et toujours distraire.
En effet, le timing de ces sommets, leurs effets et contre effets et surtout les principaux acteurs augurent plus d'un bal des vampires que d'apartés sérieux devant aborder un problème crucial et aboutir à une solution. Comment pouvait-il en être autrement lorsque le mélange des genres est l'ingrédient principal que proposent ces fameux sommets ?
Kagame, Museveni et Kabila autour d'une table, mais pour discuter de quoi lorsque le rapport des experts de l'Onu indexe les deux premiers cités comme étant instigateur et soutien du M23 ? Du coup, pour bien des Congolais, le doute n'est plus permis : on distrait pour préparer une mauvaise surprise. Et la prise de Goma par les troupes rwandaises, sans combattre, est comme pour rappeler que l'avenir du Congo-Kinshasa se joue dans la distraction.
Lors des précédents sommets, Kabila avait fait semblant de se montrer déterminé. Aux exigences de la partie rwandaise (le M23 si vous voulez), il avait opposé un refus catégorique. Pas de dialogue avec ''la rébellion'' était la ligne de son gouvernement. Mende Omalanga avait tranché : ''Nous ne négocierons pas avec des rebelles''. Mais le 24 novembre, comme par enchantement, le langage a varié. Plus de détermination. En déclarant sur Rfi que ''Kabila (sic, même pas « le président Kabila »), a accepté de négocier sans condition avec le M23'', Jean Marie Runiga n'a pas boudé son plaisir. Celui d'un homme qui n'ignore rien de la redistribution de cartes qui est en train de s'opérer et qui tient le bon bout.
Cette concession (ou probablement imposition) a-t-elle fait l'objet d'une consultation en règle du peuple congolais via ses ''supposés députés'', même mal élus ? C'est là toute la question. Mais comme les Kabila sont des spécialistes des accords secrets, il y a fort à parier que la distraction a donc permis de faire passer une idée que le peuple congolais ne veut pas entendre : négocier avec les agresseurs.
Finalement on a tiré en longueur, pris son temps et fait dans la roublardise pour un tel résultat ! Et quel résultat ? La reconnaissance d'une rébellion qui n'en est pas une et, aussi, l'engagement de payer le tribut à Kagame. Une capitulation en règle. Mais qui a dit que la Rd Congo ne pesait plus face au Rwanda ? Les errements et les contradictions d'un gouvernement sans légitimité le démontrent.
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Libye : Echec de l’OTAN en Libye et bouleversements dans l'armée américaine
Horace G. Campbell
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/85580
Carter Ham a été relevé de ses fonctions de chef de l’US Africa Command (AFRICOM). Le général Petraeus a démissionné de la CIA le 9 novembre. Le 26 octobre, le vice-amiral Charles M. Gaouette a été réorienté vers l’USS John Stennis, groupe d’attaque, comme commandant. Ces trois changements au sommet de l’establishment militaire américain sont tous liés à l’échec de la mission de l’OTAN et de son intervention en Afrique du Nord, avec la guerre qui a suivi et les vagues de tueries opérées par les milices en Libye, particulièrement à Benghazi. Ces changements montrent la nouvelle autonomie et les capacités à mener une guerre qui étaient testées dans des circonstances où la CIA et les dirigeants de structures de commandes militaires comme AFRICOM ou Central Command (CENTCOM) mènent des politiques indépendamment de l’Exécutif et du leadership civil. Ces expérimentations ont échoué, avec des conséquences dévastatrices pour tout l’appareil militaire, piégeant des généraux, des spéculateurs financiers, ainsi que les spécialistes des médias sur les questions militaires et politiques.
Le 18 octobre 2012, le secrétaire à la Défense, Léon Panetta, a annoncé que le président Obama nommera comme commandant de l’AFRICOM le général David Rodriguez, en remplacement de Carter Ham. Ce dernier avait pris le commandement d’AFRICOM des mains du général William "Kip" Ward le 8 mars 2011 et a défrayé la chronique internationale pour être le responsable de l’intervention conduite par l’OTAN en Libye, alors présumée ne devoir durer qu’un mois. Cette guerre s’est prolongée pendant plus d’un an. Une année plus tard, après que les forces de l’OTAN ont annoncé leur "succès" en Libye, les batailles avec les milices sponsorisées ont conduit, le 11 septembre 2012, à la mort de l’ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, et de trois autres personnes (l’une, un spécialiste high-tech du département d’Etat et deux agents de la CIA) dans les "locaux" américains de Benghazi. La réponse à l’enquête interne de l’armée américaine a été la nomination du général David Rodriguez à la tête de l’AFRICOM. Si et quand le Sénat aura confirmé la nomination de David Rodriguez, l’AFRICOM aura connu trois commandants différents en moins de quatre ans.
Le 9 novembre, deux jours après que Barack Obama a été réélu président des Etats-Unis, il a été annoncé qu’un général quatre étoiles à la retraite et directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) donnait sa démission. David H. Petraeus, qui avait courtisé la presse et les universités pour se créer une réputation de soldat-savant couronné de succès, a subitement démissionné de son poste après qu’une affaire extraconjugale ait été révélée dans l’arène publique. A l’intérieur de Washington cette affaire extraconjugale, avec son biographe qui a écrit "All in : the education of General David Petraeus", était un secret de Polichinelle.
Ce livre a été publié en janvier 2012. Lorsque Paula Broadwell est apparue à la télévision en janvier pour en faire la promotion, son propos était plein d’insinuations. Ceux capables de lire entre les lignes pouvaient comprendre ce qu’elle essayait de communiquer. Les média ont rapporté que l’affaire extraconjugale a été découverte par le Federal Bureau of Investigation (FBI) et que ceci témoignait "d’un jugement douteux" de la part du général. Entre le 18 octobre, lorsque le commandant d’AFRICOM a été démis de ses fonctions de commandant de l’AFRICOM, et le 9 novembre, lorsque le général Petraeus a démissionné, il y a eu un effort considérable pour présenter les informations concernant Benghazi de manière à influencer le résultat des élections présidentielles du 6 novembre. En jargon militaire, cet effort des néo-conservateurs visant à mettre la débâcle de Benghazi sur le dos de la Maison Blanche serait considéré comme une opération d’information militaire. La relation étroite et intime entre les médias américains, le monde académique et les militaires a été raffinée dans le nouvelle guerre qui vise à combattre les modèles expérimentés depuis l’adoption du Patriot Act et l’amalgame entre les médias, les compagnies high tech et les armes mortelles, robotisées, sans pilote, nommées drones. Dans la guerre contre ces modèles et avec les gros échecs comme le fiasco complet en Irak, la guerre massive contre la drogue en Afghanistan, les journalistes et le monde académique qui servent les intérêts de l’une ou l’autre branche de l’armée, ont tenté d’étouffer l’affaire.
Ces camouflages ont été renforcés par des comptes-rendus tendancieux sur le rôle des différents généraux. Le récent ouvrage de Thomas Ricks : "The generals : American Military Command from World War II to today" est l’une des représentations de la nouvelle alliance entre les medias et des secteurs de l’establishment militaire. Dans ce livre, de nombreux généraux sont critiqués pour leur incompétence et leur manque de vision. Tom Ricks participait à un débat où il était dit que de nombreux généraux auraient dû être licenciés. En ce qui concerne le général Petraeus, Tom Ricks n’avait que des compliments, notant qu’il "avait démontré une vraie indépendance d’esprit… Il est un général qui s’adapte". Dans ce livre, Petraeus est celui qui est capable de jugement, pendant que d’autres, comme Tommy Frank et le général Casey, sont comparés à William Westmoreland, symbole de l’échec au Vietnam.
Le web est maintenant envahi par des histoires de sexe, intrigues et corruption qui sont désormais révélés au monde entier pour que chacun puisse voir comment des généraux comme John Allen, commandant en chef de l’armée américaine en Afghanistan, supposé être au milieu d’une guerre, trouve le temps et l’espace d’envoyer 20 à 30 000 pages d’e-mail à Jill Kelley, la femme vivant à Tampa (Floride) et considérée par la maîtresse du général Petraeus comme une rivale. Les médias font des gros titres sur "les communications inappropriées" avec Jill Kelley mais ne peuvent détourner l’attention de la réalité des situations actuelles de guerre et d’insécurité en Libye, qui ont coûté plus de 50 000 vies depuis l’intervention de l’OTAN, et sa "responsabilité de protéger".
Pour la population libyenne, les Nations Unies et la communauté pacifique, la révélation du scandale Petraeus a un intérêt particulier en raison des relations étroites entre les compagnies pétrolières, les services de renseignement occidentaux/agences militaires et les milices en maraude qui terrorisent la population libyenne. L’échec de la stratégie de contre insurrection en Irak et en Afghanistan est révélée en Libye. Tout y est. Lorsque les informations concernant l’attaque sur les "locaux" américains à Benghazi ont été données, il y a d’abord eu de la confusion. L’espace attaqué était-il un "consulat" des "locaux" du département d’Etat, un refuge de la CIA ou, en effet, une prison pour des miliciens capturés ? Cette confusion a détourné l’attention du fait que des éléments de l’armée ont formulé une politique d’alignement sur certains groupes de miliciens dans la Libye orientale (parfois appelé jihadistes) qui ont, par le passé, eu des liens avec des groupes que les Etats-Unis désignaient sous le terme "d’organisations terroristes". La France, la CIA et l’AFRICOM se sont alliés à ces jihadistes pour déstabiliser la Libye, geler des milliards de dollars, exécuter Kadhafi et conservé l’alliance en utilisant la Libye comme base arrière pour l’actuelle poussée pour un changement de régime en Syrie.
Les Républicains ont cru pouvoir profiter de la confusion et de la désinformation répandue par les services de renseignement et les militaires sur la cause réelle de la mort de l’ambassadeur américain à Benghazi. Des audiences ont lieu à la demande des Républicains devant le Congrès dominé par les Républicains. Le département d’Etat a fait des déclarations, la CIA a publié un calendrier des évènements de Benghazi la nuit du 11 septembre. Les médias conservateurs tentent de politiser l’affaire en essayant de présenter un tableau démontrant l’incompétence de l’administration Obama. Avec chaque nouvelle déclaration à la presse et le calendrier présenté, de nouvelle informations surgissaient, qui posent de nouvelles questions concernant la pourriture et la corruption dans l’armée américaine. Après sa démission, il a été rapporté dans la presse américaine que le général David Petraeus s’est rendu en Libye à la fin octobre pour mener sa propre enquête (certains diraient pour étouffer l’affaire). Dès la parution de cette information, il a été révélé que la CIA détenait des miliciens libyens dans une annexe de la CIA à Benghazi. Cette information, lâchée par Paula Broadwell dans un discours à l’université de Denver le 26 octobre, a encore compliqué le sac de nœud libyen.
Petraeus a été le commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan à un moment de l’histoire des Etats-Unis où les informations militaires étaient aussi importantes que l’armement. Selon la doctrine militaire américaine, dans cette nouvelle forme de guerre il y a eu une lutte pour le contrôle des récits. Les militaires américains n’ont jamais pu contrôler les récits en Afrique parce que l’histoire de la suprématie blanche et le chauvinisme empêchaient une compréhension claire de la dynamique de l’auto-détermination en Afrique. Au cours des dix ans d’échec absolu des opérations militaires américaines en Irak et en Afghanistan, cet effort de contrôler le récit a impliqué une campagne massive de désinformation à l’égard des citoyens américains. Dans le cas spécifique de la Libye, les média ont présenté "la fin de la guerre" comme la victoire des forces de l’OTAN. La vérité n’a jamais été énoncée. Il n’a jamais été dit que les combats se poursuivaient en Libye avec la bataille la plus récente de Bani Walid, preuve explicite de la poursuite de la guerre.
La "réussite "de l’intervention de l’OTAN a été la version officielle, jusqu’à ce que la mort de l’ambassadeur Stevens montre la nature stratifiée de la guerre.
Entre le licenciement du général Carter Ham et la démission du général Petraeus, il y eu le remplacement du vice- amiral Charles M. Gaouette à la tête du groupe d’attaque l’USS John C. Stennis. Pendant que toute l’affaire concernant Petraeus et la Libye est en train d’être décortiquée, nous voulons cette semaine examiner comment des structures comme l’AFRICOM cherchent à fonctionner dans le monde comme si le commandement était un gouvernement parallèle, avec ses propres accès aux ressources contre le sida, les compagnies militaires privées, les groupes de porte-avions d’attaque comme le John Stennis… On est face à une collusion entre les militaires et les services de renseignements, indépendante de l’Exécutif qui en a perdu le contrôle
CARTER HAM SELECTIONNE PAR LES CRUSADERS AU SEIN DE L’ARMEE AMERICAINE
(Crusaders c'est-à-dire Croisés en référence aux soldats qui, entre le 11ème et le 13ème siècle ; sont partis combattre les Infidèles (musulmans) pour délivrer la Terre Sainte – Palestine - et le tombeau du Christ. ndlt)
Lorsque l’US Africa Command a été établi en octobre 2007, William E. Kip" Ward, un général quatre étoiles américain, a servi comme commandant du 1er octobre 2007 au 8 mars 2011. Afro-américain, il a été relégué au rang de général trois étoiles et va prochainement prendre sa retraite. Il avait été rapidement retiré d’AFRICOM après l’adoption de la résolution 1973 en février 2011, lorsque des huiles de l’OTAN et les services de renseignement américains ont eu connaissance du complot contre le peuple libyen, qui devait être exécuté par l’intermédiaire d’AFRICOM. En sa qualité d’Afro-américain, Ward avait développé des relations étroites avec les généraux et les politiciens africains, même avec ceux qui avaient publiquement pris position contre l’AFRICOM. La relégation de Ward a été basée sur des accusations selon lesquelles il dépensait trop d’argent, permettant aux membres de sa famille de voyager dans des avions du gouvernement. Voilà un officier qui voyageait avec sa femme et sa famille, déshonoré par le haut commandement de l’armée, au moment même où le général Petraeus faisait montre"d’un manque de jugement" avec Paula Broadwell. En novembre 2012, on enlevait une étoile au général William "Kip" Ward pour mauvaise utilisation de fonds militaires alors qu’il était à la tête de l’AFRICOM. Il doit encore s’acquitter de 82 000 dollars.
En novembre 2010, le Sénat a confirmé la nomination du général Carter Ham pour le commandement de l’AFRICOM, mais la vague révolutionnaire en Tunisie et en Egypte a accéléré sa prise de fonction et il a pris son poste le 8 mars 2011. A ce moment, les militaires américains étaient partagés entre ceux que j’ai désigné sous les noms de Rock et Crusaders (voir "US military and Africom : between the rocks and the crusaders"Pambazuka News le 31 mars 2011 http://pambazuka.org/en/category/features/72174)
Dans cet article, j’avançais que le chef d’AFRICOM était choisi par les Crusaders. On doit le terme de Crusaders à Seymour Hersh qui l’a utilisé pour un public peu préoccupé par la paix et la justice sociale, dans un article paru dans le Foreign Policy Magazine. Dans cet article, Hersh révélait qu’une faction à l’intérieur de l’armée américaine, connue sous le nom de "Crusaders", avait pris le pouvoir dans l’armée. Hersh affirmait que les Crusaders étaient déterminés a intensifier la guerre contre l’islam et se considéraient comme les protecteur de la chrétienté. Selon cet article, Hersh maintient que les éléments néo-conservateurs dominent les échelons supérieurs de l’armée américaine, y compris des personnages comme l’ancien commandant des forces américaines en Afghanistan, Stanley McChrystal et le vice-amiral William McRaven. Hersh a déclaré : "Ce que je vous dis c’est que 8 ou 9 néo-conservateurs, des radicaux si vous voulez, ont renversé le gouvernement américain, ont pris le pouvoir".
En mai 2009, quatre mois après la prise de fonction du président Barack Obama, le Harper Magazine a publié un long rapport qui mettait le général David Petraeus au cœur des Crusaders. L’article du magazine, intitulé "Evangelical proselytization still rampant in the US military" (Le prosélytisme évangélique sévit dans l’armée américaine) donnait force détails sur le rôle des Crusaders. L’article discutait d’un livre du lieutenant colonel William McCoy dont le titre est "Spiritual handbook for military personnel" (manuel spirituel pour le personnel militaire). Selon l’article, le livre soulignait les "tendances anti-chrétiennes " aux Etats-Unis et tentait de contrer cette tendance en défendait "la nécessité pour les chrétiens d’avoir une armée qui fonctionne correctement ". Le livre de McCoy a été adopté par le général David Petraeus qui a déclaré : "Sous les drapeaux ce livre doit se trouver dans chaque sac à dos pour les moments où les soldats ont besoin d’énergie spirituelle".
La guerre en Libye a fourni aux Crusaders l’opportunité de détruire une société stable en Afrique du Nord et a permis la déferlante de 1700 milices sur la société. Non seulement l’invasion libyenne a permis aux Crusaders de créer le chaos mais elle a généré de grandes tensions à l’intérieur de l’Afrique. Des répercussions qui ont semé l’instabilité dans tout le nord ouest de l’Afrique. Carter Ham a pris la responsabilité de l’AFRICOM après que le général Stanley McChrystal a été limogé. Petraeus soignait les médias et le monde académique et nous savons maintenant que son arrogance et sa morgue garantissait une grande tolérance pour l’idée de l’exception européenne et la supériorité innée du citoyen américain d’ascendance européenne.
AFRICOM a approfondi le concept du général Petraeus de mobiliser les forces "sombres" pour mener la guerre. Ce concept était basé sur la mobilisation de ressources financières et de personnel extérieur à la structure formelle de l’armée américaine et faisait grand usage de la Central Intelligence Agency (CIA) et de compagnies militaires privées. Nick Turse a documenté cette nouvelle orientation de la planification et des combats de l’establishment militaire dans le livre : " The changing face of the empire : special ops, drones, spies, proxy fighters, secret bases and cyberwarfare" (la face changeante de l’empire : opérations spéciales, drones, espions, combattants délégués, bases secrètes et guerre cybernétique - Haymarket Books, 2012). Plus tôt dans l’année, Turse a participé à un débat avec le colonel Davis d’AFRICOM sur la question de savoir si la présence militaire américaine croissait rapidement en Afrique (Voir : fast growing US military presence in Africa). Le débat avec le directeur du Command Office of Public Affairs portait avec force détails sur un nombre de points soulevés par Turse et montrait à quel point la bureaucratie d’AFRICOM est devenue sensible concernant les nouvelles formes de guerre, avec des combattants délégués, les opérations spéciales et les drones (Voir le débat à http://www.tomdispatch.com/Blog/175574)
Le général Petraeus a trouvé le parfait espace pour mettre sur pied une unité alternative militaire/renseignement pour élaborer des politiques lorsqu’il a demandé le poste de chef de la CIA et fuir le réseau de drogue et de corruption en Afghanistan en 2011. Selon le New York Times, Petraeus a brouillé les lignes entre espions et soldats en mission secrète à l’étranger.
"La nomination du général Petraeus et de M. Panetta sont les dernières preuves en date d’un changement significatif au cours de la dernière décennie sur la façon dont les Etats-Unis livrent leurs batailles - brouiller les lignes entre soldats et espions dans des missions américaines secrètes à l’étranger… Le général Petraeus a jeté l’armée dans les bras de la CIA, faisant usage de troupes pour des opérations spéciales et des compagnies de sécurité privées pour mener les missions d’espionnage. En tant que commandant du United States Central Command, il a aussi signé en septembre 2009 un ordre confidentiel autorisant les troupes des opérations spéciales à récolter du renseignement en Arabie saoudite, en Jordanie, en Iran et d’autre endroits encore, en dehors des zones de guerre traditionnelles" (voir http://tinyurl.com/c8olk9f)
CARTER HAM LIMOGE SUITE A BENGHAZI
C’est l’alliance des Crusaders qui a piégé le département d’Etat et la diplomatie américaine dans cette guerre en Libye. L’ambassadeur Stevens était devenu un champion de la coopération entre le Commandement des Opérations spéciales et les compagnies militaires privées. Christopher Stevens avait quitté son poste à l’ambassade à Tripoli en février 2011 afin de coordonner ce genre de guerre à Benghazi. Lorsque l’OTAN a déclaré la victoire en octobre 2011, Christopher Stevens a été choisi comme ambassadeur en Libye et en mai 2012 il était de retour en Libye. Néanmoins, la principale base pour les Opérations Spéciales et les intrigues en faveur de la sécurité privée était à Benghazi où la CIA avait une base pour le recrutement "d’extrémistes" destinés à la Syrie. Stevens s’est trouvé pris dans une bataille entre les milices et la CIA. L’ambassadeur J. Christopher Stevens, l’officier de la gestion de l’information Sean Smith et les agents de la CIA Tyrone Woods et Glen Doherty ont été tués lors de l’attaque à Benghazi dans la nuit du 11 au 12 septembre. Lorsque la nouvelle est parvenue, il a d’abord été dit que Woods et Doherty avaient été identifiés comme des contractants de sécurité privés afin de détourner l’attention de la CIA dans la bataille de Benghazi.
Sean Smith, le gestionnaire de l’information du département d’Etat, était le symbole de ces drôles de types qui ont été mobilisés pour une nouvelle posture militaire des Etats-Unis. Après son décès, la communauté "branchée" était en deuil. Selon le New York Times : "M. Smith était un joueur en ligne invétéré d’un jeu à joueurs multiples nommé Eve Online, dans lequel des centaines de milliers de participants du monde entier jouaient le rôle de pirates ou de diplomates dans un décor de science fiction. M. Smith avait, en ligne, le nom de "vile rat" (vilain rat)" Son expérience est indicative de la manière dont les militaires ont mobilisé l’expérience aussi bien dans le monde réel que dans le monde virtuel. Des messages codés étaient échangés dans ce monde virtuel pour servir les intérêts du renseignement militaire qui opérait en-dehors du cadre politique gouvernemental.
Sean Smith a été appelé "maven" par ses compagnons de jeu qui ont pris le deuil lors de son décès.
Me basant sur le livre de Malcolm Gladwell sur le "Tipping Point" (point de rupture), Smith a été comparé à ces "maven" ou connecteurs qui sont des "spécialistes de l’information", ou "ou des personnes sur qui on se repose pour nous mettre en relation avec de nouvelles informations". Ces mavens ou connecteurs sont devenus essentiels pour la nouvelle forme de guerre où la ligne entre guerre virtuelle et guerre réelle s’estompe. De plus en plus, les joueurs s’inspirent énormément de situations réelles au point que de nombreux jeux vidéo sont en vérité des simulations de scénarios possibles de guerre. Les militaristes conservateurs qui conçoivent ce genre de distractions macho ont juste récemment sorti le Call of Duty (l’appel du devoir) : Black Ops II qui montre un David Petraeus virtuel comme Secrétaire à la Défense.
Sean Smith a appris tragiquement que la guerre réelle n’est pas un jeu
Le livre de Bob Woodward nous apprend que l’ancien général Jack Keane (maintenant membre du conseil de l’Institute for the Study of War) est l’un des supporters plus énergiques de l’establishment militaire/renseignement de Petraeus. Le fait que Jack Keane est venu à la National Public Radio (NPR), comme principal présentateur, expliquer le calendrier des évènement à Benghazi (où Stevens et Smith ont perdu la vie) révèle l’importance de l’implication de Petraeus dans les évènements de la nuit du 11 au 12 septembre. (http://m.npr.or/news/World/164207549)
C’est dans cette interview du 2 novembre que Jack Keane a dit au monde la décision du général Carter Ham de demander à la National Mission Response Force (NMRF) de se déployer à Benghazi. Le NMRF est une unité secrète basée sur la côte Est des Etats-Unis, en état d’alerte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, l’unité la plus rapide d’intervention disponible pour se rendre n’importe où dans le monde. Dans cette interview, Keane a déclaré au public américain :
" Ces forces sont des forces terrestres. Il n’y avait aucune autre force disponible et c’est la raison pour laquelle il a dû demander du renfort extérieur à AFRICOM. Le général Ham a sollicité des forces similaires du commandement européen qui est une autre force secrète prévue pour des opérations spéciales. Elles étaient à l’entraînement en Europe centrale. Ils les ont déplacées vers une base, les ont équipées pour le combat et les ont envoyées à Sigonella. Lorsque ces forces sont arrivées, elles ont été informées que l’annexe de la CIA avait été évacuée. Le problème que nous avons est qu’AFRICOM n’a pas de forces assignées à la région de la Libye. Ainsi nous avons dû dépendre - il a dû alerter des troupes pour qu’elles viennent depuis l’Europe et du continent Nord Américain afin de venir au combat."
Cette information concernant le déploiement de forces par le commandant d’AFRICOM était voilée mais suffisante pour que l’on comprenne le fait que Carter Ham a été entraîné dans une bataille pour laquelle AFRICOM n’était pas équipée. Lorsque le Pentagone a mené son enquête sur les évènements de Benghazi, Carter Ham a été démis de ses fonctions de commandant d’AFRICOM. Il n’avait pas servi pendant les trois années habituelles. Le général Petraeus s’est rendu en Libye après le départ de Carter Ham, espérant sauver sa réputation et les forces guerre et de destruction qu’ils avaient mises au point.
ASCENSION ET CHUTE DE PETRAEUS : BENGHAZI UN ENJEU ELECTORAL
Le général Petraeus a été un officier ambitieux, qui a atteint la notoriété internationale parce qu’il a su courtiser les médias de sorte que ces derniers fassent de lui un portrait élogieux. Petraeus était connu pour être un officier ambitieux depuis l’époque où il était à West Point, lorsqu’il a compris que d’épouser la fille du surintendant de l’académie militaire de West Point favoriserait sa carrière. Holly Knowlton provient d’une famille américaine à la tradition militaire. Son père, le général William A. Knowlton, a été le chef de l’académie militaire de West Point lorsque Petraeus n’était encore qu’un cadet. Petraeus a obtenu son diplôme de l’académie de West Point (NY) en 1974, deux mois après avoir épousés Holly. Petraeus se considérait comme un soldat érudit et donc il a suivi des études à Princeton et a écrit une thèse dont le titre est "The American military and the lessons of Vietnam".
Pour satisfaire ses ambitions, Petraeus était adepte du recours à l’académie, en particulier les sociologues, pour satisfaire ses "ambitions". Ce fût la relation avec l’un de ces publicistes qui a révélé l’étendue de ses ambitions manœuvrières. A l’intérieur de l’armée, Petraeus était connu des officiers traditionnels comme quelqu’un qui ferait n’importe quoi pour promouvoir sa carrière. Sa relation étroite avec Georges W. Bush et le "succès" de l’augmentation des troupes en Irak ont contribué à sa réputation. Petraeus était un personnage controversé en raison de sa proximité avec les néo-conservateurs. Un officier à la retraite pose ainsi la question : " Le général Petraeus est-il le héros tel que suggéré par ses déclarations à la presse ou est-il une fiction créée, emballée et présentée au peuple américain par l’administration Bush et ses alliés néo-conservateurs dans les médias et l’académie, comme l’icône de la contre-insurrection ?" (Voir Col. Douglas MacGregor, Ret., the Petraeus saga : épitaph for a four star. http://www.counterpunch.org/2012/11/14/epitaph-for-a-four-star)
Toute l’histoire du général Petraeus est maintenant dans le domaine public. Mais ce qui est encore inconnu c’est de comment il était devenu véritablement une oeuvre de fiction créée, emballée et recommandée au public américain. La majeure partie des citoyens américains ne sait pas l’immense souffrance infligée aux peuples d’Irak suite au renforcement des troupes voulu par le général Petraeus. Ä l’intérieur de l’armée, il y eu de grandes différences entre les différents corps d’officiers, dans leur effort de compréhension de l’expérience en Afghanistan et en Irak. Ceci a conduit à la publication d’importantes études sous le titre de Decades of war. L’étude des guerres qui ont suivi le 11 septembre, par le Joint Staff, représente un effort des militaires pour comprendre pourquoi l’armée américaine a échoué et se trouve embourbée dans le marécage de corruption, de guerre contre la drogue en Irak et en Afghanistan.
Il n’y a certainement pas eu de pénurie d’écrits qui ont exploré en détail la façon dont les Etats-Unis ont corrompu l’Afghanistan. Un auteur publié dans le Washington Post est explicite lorsqu’il écrit "la corruption afghane et comment les Etats-Unis l’ont facilitée" : "Il est temps que nous autres Américains - du gouvernement, dans les médias et les analystes et les intellectuels - portions un regard acéré sur les causes de la corruption en Afghanistan. Le fait est que nous sommes au moins autant à blâmer pour ce qui est arrivé. Les Afghans et nous avons grandement tardé pour soit admettre nos efforts ou pour les corriger" (http://tinyurl.com/befw7p5). D’autres spécialistes militaires réputés comme Anthony Cordesman ont écrit extensivement sur le pillage et le gaspillage en Afghanistan. Un auteur pour la paix comme Alfred McKoy a eu à écrire : "Y a-t-il quelqu’un pour pacifier l’Etat no1 de la drogue ? Les guerres de l’opium en Afghanistan" (http://tinyurl.com/yzmuu8q).
Bien que le nom de Petraeus ne soit pas spécifiquement apparu dans ces rapports sur la drogue et la corruption, sa position de commandant en chef en Afghanistan et de chef de l’US Central Command (CENTCOM) a forcément tourné les projecteurs dans sa direction. En tant que grand expert de la présentation d’informations expurgées d’opérations militaires aux médias, Petraeus a pris grand soin de la presse. L’une de ses plus claires manifestations peut être trouvée dans le nouveau livre de Thomas Ricks : "The generals : American military Command from World War II to today". Dans ce livre des généraux comme Tommy Franks ont été vilipendés cependant que Petraeus était porté aux nues. Petraeus a eu la même attitude de flagorneur dans sa relation avec Paula Broadwell. Petraeus avait rencontré Broadwell en 2006, alors qu’elle opérait entre la CIA et Harvard. Mais cette relation n’a pas pu être approfondie avant le décès du général William A. Knwolton en 2008.
LE GENERAL PETRAEUS ET LE MANQUE DE RESPECT POUR BARACK OBAMA
Petraeus s’est rendu populaire auprès des néo-conservateurs et fondamentalistes chrétiens pour être un bon exemple du Code d’honneur des Cadets de West Point. Le Code d’honneur est simple. Il dit : "un Cadet ne ment pas, ne triche pas, ne vole pas et ne tolère pas ceux qui le font".
En raison de son soutien au "Under Orders : a spiritual handbook for military personnel" du lieutenant colonel William McCoy, Petraeus était sur le radar de la droite. Ce n’est pas un hasard si des politiciens comme Georges W. Bush ont fait appel à lui. Bob Woordward, dans son livre Obama’s war (les guerres d’Obama) a documenté le manque de respect de la part d’un secteur des militaires (les Cruisaders) à l’égard d‘Obama. Il est important pour le lecteur de bien comprendre la profonde arrogance de Petraeus à l’égard d‘Obama. La formulation de Petraeus a été particulièrement révélatrice, lorsqu’il a tenté de "coincer" le président sur la question du déploiement de troupes en Afghanistan. Bob Woodward relate les allées et venues entre Obama et Petraeus et le général Stanley McChrystal. Stanley McChrystal avait manigancé la divulgation de la corruption en Afghanistan en faisant des commentaires explicites sur le président Obama, sachant que ceux-ci lui vaudraient d’être tenu hors de la guerre de l’opium en Afghanistan.
Barack Obama l’a immédiatement nommé au poste de commandant en Afghanistan. Petraeus comprenait les enjeux de l’héritage des généraux et c’est en raison de son sens de l’histoire qu’il a approuvé le projet de Paula Broadwell qui voulait écrire sa biographie. Douglas MacGregor décrit la chose ainsi : "Petraeus et Broadwell sont simplement deux personnes avec des agendas qui convergent".
Entre la biographie de Broadwell et le livre de Thomas Ricks, Petraeus est persuadé que la postérité retiendra son nom. A l’intérieur de l’armée il y a eu un débat intense au sein du corps des officiers sur la question de savoir si des officiers comme Petraeus doivent rendre des comptes. Lt Col Paul Yingling a écrit un article largement discuté dans le Armed Forces Journal : "A failure in generalship". Avec les Crusaders qui prennent le pouvoir chez les militaires, les officiers qui suivent la ligne de Petraeus sont considérés favorablement.
Selon un article dans le New York Times, "M. Petraeus a été le militaire américain le plus éminent de la dernière décennie, l’architecte du renforcement des troupes en Irak. Il a remplacé le général Colin L. Powell comme étant le visage des militaires, devenant un personnage porté aux nues des deux côtés de la "ligne de démarcation" de Washington. Le New York Times est pleinement conscient de la division entre les Rocks et les Crusaders et de la manière dont Obama s’est reposé sur Colin Powell pour rallier les Rocks pour mettre en échec les Crusaders.
Nous savons maintenant que l’équipe d’Obama n’a pas fait preuve de complaisance à l’égard des activités du général Petraeus qui étaient surveillées. Les huiles de l’administration l’avait à l’œil et étaient parfaitement au courant des ambitions présidentielles de Petraeus. Lequel a assuré Rahm Emmanuel qu’il n’était pas candidat à la présidence en 2012.
Dans le profil favorable dressé par le New York Times, nous apprenons que "Miss Broadwell est devenue une présence permanente dans les alentours du quartier général de la coalition conduite par les Américains à Kaboul, peu après que le général Petraeus a pris ses fonctions en juin 2010. Elle était considérée comme une ambitieuse dont le but était de se faire admettre dans l’élite nationale pour la sécurité à Washington. Elle avait du ressentiment lorsque des officiers faisaient remarquer qu’elle profitait de ses relations avec leur patron ".
Six mois après que le général Petraeus ait pris ses fonctions au quartier général de Kaboul et servait de mentor à son biographe, l’administration a nommé Holly Knowlton Petraeus au poste d’assistante du directeur de US Consumer Financial Protection Bureau, dont la tâche consiste à défendre les membres de l’armée et leur famille. L’histoire révèlera plus tard le degré des contacts entre Michèle Obama et Holly Knowlton, à un moment où les initiés à Washington avaient parfaitement compris les insinuations de Paula Broadwell lorsqu’elle est apparue au Daily Show.
BENGHAZI ET LA LIBYE S’INVITENT AUX ELECTIONS
Des semaines après les combats entre des milices en compétition à Benghazi qui a coûté la vie des agents de la CIA et l’ambassadeur américain, les médias sympathisants des Crusaders "se sont emparés d’une série de rapport des agences de presse conservatrices afin de porter des accusations incendiaires peu avant les élections, disant que quatre Américains sont morts à cause de la négligence de l’administration".
Le général Petraeus n’a pas fait de déclaration publique. Mais les comptes-rendus dans les médias et le voyage rapide de Petraeus en Libye sont la preuve qu’il y avait un grand projet pour limiter les dégâts. Des sections des médias conservateurs étaient si sûrs du récit qui accusait l’administration de négligence, que William Kristol, le rédacteur conservateur du Weekly Standard, a conclu que l’agence pointait du doigt la Maison Blanche. Laquelle, suggérait-il, doit avoir refusé l’intervention demandée. "Petraeus jette Obama aux loups" avait-il été ttiré dans le blog du Weekly Standard.
Avec le calendrier de l’incident de Benghazi, le blog de William Kristol et l’histoire racontée à la National Public Radio par Jack Keane, il n’y avait qu’une seule autre chose qui aurait pu protéger le général Petraeus de la révélation complète. C’était les élections du 6 novembre 2012.
Benghazi et la Libye n’ont pas été un thème lors des élections comme l’espéraient les conservateurs et les Crusaders. L’alliance des forces pour la paix et la justice a réélu Barack Obama le 6 novembre. Deux jours après sa réélection, Petraeus a démissionné.
Les médias nous informent que le président a entendu parler pour la première fois de l’enquête sur la relation entre Paula Broadwell et David Petraeus le jeudi 8 novembre, lorsque Petraeus a présenté sa démission. Comment Eric Cantor connaîtrait-il le détail de la saga Broadwell/Petraeus pendant que le président n’était pas au courant ? Selon les médias, le procureur général Eric Holder était déjà informé dans le courant de l’été. Il est donc difficile de croire que le président ne sache pas que le FBI était entrain d’enquêter sur le général David Petraeus.
"Des officiels à la Maison Blanche ont dit n’avoir été informés que le mercredi soir où le général Petraeus envisageait de démissionner en raison de son affaire extraconjugale. Le jeudi matin, juste avant une réunion du personnel à la Maison Blanche, le président a été informé. L’après-midi même : Petraeus est allé voir le président pour lui dire qu’il croyait sérieusement devoir démissionné. Ce que le président n’a pas accepté. Mais le vendredi, il a appelé Petraeus et a accepté sa démission".
Les historiens militaires comprendront pourquoi le président voulait dormir avant de prendre la décision d’accepter la démission du général américain le plus renommé. Après tout, l’influence de Petraeus sur les journalistes et les Crusaders était bien connue. Petraeus a été le général commandant à Fort Leavenworth, Kansas et du Combined Arms Centrer (CAC) qui s’y trouve aussi. En tant que commandant du CAC, Petraeus supervisait le Command and General Staff College et 17 autres écoles, centres et programmes de formation, de même qu’il travaillait pour le développement des manuels de doctrine de l’armée, la formation des officiers et la supervision des centres de l’armée pour la récolte et la diffusion des leçons apprises.
Pendant le temps passé au CAC, Petraeus et le Lt Général de Marine James Mattis ont conjointement supervisé la publication du Manuel de terrain 3-24, dont l’essentiel a été écrit par un groupe d’une extraordinaire diversité incluant des officiers militaires, des intellectuels, des défenseurs des Droit de l’Homme et des journalistes.
L’auteur de ces lignes reste sceptique concernant la décision d’Obama de refuser la démission de Petraeus qui serait basée sur une approche graduelle des militaires, tactique adoptée depuis 2009. L’auteur s’abstiendra de juger la récente effusion de louanges à l’égard de Petraeus de la part d’Obama lors de la conférence de presse du 14 novembre 2012.
Il y a de nombreux généraux en fonction qui sont liés du point de vue militaire et social au général Petraeus et les conséquences du réseau de Petraeus commencent à être connues. L’information que le commandant en chef en Afghanistan, John Allen, a eu "des communications inappropriées" de 20-30 000 pages d’e-mail n’ont fait que contribuer à susciter l’intérêt des citoyens à mesure que l’histoire est révélée. La chose importante est que John Allen a suivi les doctrines militaires de Petraeus en Irak et en Afghanistan. Plus significatif encore reste le fait qu’Allen soutenait la nouvelle forme de déstabilisation qui consiste dans une contre-insurrection qui implique des compagnies militaires privées.
LA GUERRE LIBYENNE ET LA NECESSITE DE DEMANTELER LES COMPAGNIES MILITAIRES PRIVEES
L’affaire Petraeus s’est focalisée sur les détails salaces de l’affaire extraconjugale du général Petraeus, laissant de côté la question plus fondamentale des formes de destruction militaire qui se sont déchaînées sur l’Irak, l’Afghanistan et maintenant la Libye. Il y a eu un débat passionné au sein de l’establishment militaire sur la question de savoir si les généraux devaient rendre des comptes à un leadership civil. La démission du général Petraeus, le limogeage de Carter Ham d’AFRICOM et la nouvelle affectation du vice-amiral Charles M. Gaouette ont remis sur le tapis la question du contrôle civil sur les militaires. Malgré le nouveau livre de Tom Ricks, qui a été élaboré pour sauvegarder la réputation de Petraeus, et la biographie supposée placer Petraeus sur le même piédestal que les généraux historiques américains, la nouvelle forme de guerre incontrôlée a fait tomber les officiers, principaux artisans de la COIN stratégie de Petraeus et les Crusaders.
Dans le cadre d’une société démocratique, les militaires sont supposés fournir des conseils aux dirigeants militaires et les officiers militaires ne sont pas supposés envoyer des troupes au combat avec des milices sans l’autorisation du leadership civil. L’intervention de l’OTAN en Libye et la base subséquente de la CIA à Benghazi ont été des expérimentations coûteuses de nouvelles formes de guerre qui ont entraînés la destruction et la mort de milliers de personnes. Les révélations sur les centres de détention de la CIA pendant la guerre en Irak ont généré l’indignation concernant ces prisons privées. Il y a des citoyens en Libye qui peuvent se manifester pour révéler la vérité concernant les accusations de Paula Broadwell que la CIA détient des prisonniers dans ses locaux en Libye.
Les politiciens des affaires étrangères américains ont résisté à l’appel d’une partie du Conseil de Sécurité qui voulait passer en revue les opérations militaires de l’OTAN en Libye. Au travers du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, il y a eu un immense effort de la part des militants pour la paix du Sud Global pour que les compagnies militaires privées soient mises sous contrôle international. Le Conseil a mis sur pied "un groupe de travail intergouvernemental, sans limite dans le temps, pour examiner les possibilités d’élaborer un cadre international de régulations pour la réglementation, le monitoring,et la supervision des activités des compagnies militaires et de sécurité privées " (http ://tinyurl.com/cubkbwl).
Les Etats-Unis et la Grande Bretagne ont pris la tête de l’opposition à la surveillance des compagnies militaires. Les commandants de CENTCOM et d’AFRICOM se sont comportés ces dernières années comme s’ils étaient un gouvernement parallèle. La guerre contre le terrorisme a généré un climat intellectuel de contre terrorisme et une logique pour une structure bureaucratique pour un commandement unifié qui ont permis aux militaires de devenir la source de créations politiques indépendantes.
Il n’y a pas eu de supervision lorsque le budget militaire a mis à la disposition des commandants militaires des sommes illimitées. Pourquoi AFRICOM creuserait-il des puits en Afrique de l’Est et distribuerait-il des livres scolaires ? Ces activités faisaient partie d’une démarche de relations publiques qui devait implanter l’idée que l’AFRICOM faisait du travail humanitaire en Afrique. L’audience de confirmation du général Rodriguez devrait fournir une autre occasion pour exposer l’échec de la CIA/AFRICOM en Libye. Les intellectuels africains ont largement écrit pour dire qu’AFRICOM a été mise sur pied comme force auxiliaire de protection des compagnies pétrolière américaines. Dans ce jeu de protection, il y a eu des secteurs du sommet de l’appareil militaire qui se sont aventurés à dire qu’AFRICOM servait de contrepoids à l’influence de la Chine en Afrique.
Le général Petraeus a jeté l’armée sur le terrain de la CIA, faisant usage des troupes pour les opérations spéciales et les compagnies privées de sécurité pour mener à bien des missions de renseignements secrètes et pour le combat. En sa qualité de commandant de l’United States Central Command. Il a raffiné l’astuce qui consiste à combattre avec un groupe pour ensuite se retourner contre lui. Ce double jeu était en train d’être mis en place en Libye afin de retarder la paix et la reconstruction de la Libye afin que celle-ci devienne une autre Somalie.
Avec les millions de dollars à disposition pour suborner les journalistes et le monde académique, le récit des succès d’AFRICOM a été largement répandu aux Etats-Unis. C’est cette tentative de contrôler le récit qui a permis d’accréditer l’idée aux Etats-Unis que l’opération de l’OTAN en Libye a été un succès. La mort de l’ambassadeur Stevens a détruit ce mythe. Le limogeage de Carter Ham a dévoilé la façon dont la CIA et les militaires prenaient des décisions politiques indépendamment du leadership civil
Lorsqu’on relie les points financiers entre les compagnies de couverture de la CIA comme IN-Q-Tel, les compagnies et les producteurs de pétrole, on voit que le capital global est aussi un partenaire du complexe militairo-industriel et du besoin d’une guerre perpétuelle contre le terrorisme. C’est le cercle qui doit être brisé par ceux qui recherchent la paix.
Petraeus et ses supporters étaient confiants du fait que le cycle de la guerre et de la destruction se poursuivrait pendant des générations. Petraeus était confiant qu’avec l’aide des médias l’image complète de la destruction en Libye et l’alliance avec les milices resteraient dans l’ombre, loin du regard public. L’histoire complète est en train d’être révélée. Les forces pour la paix et la justice doivent intensifier leur appel pour un démantèlement d’AFRICOM. L’Afrique a besoin de coopération et de soutien pour la reconstruction. La Libye a besoin du soutien de la communauté internationale dans son entier pour contrôler les milices et reconstruire la société. Il est temps que le mouvement pour la paix se recentre sur les véritables activités du général Petraeus et non sur son affaire extraconjugale.
En fait, certains commentateurs européens racontent qu’en Europe certains généraux mettent de telles informations dans le circuit des ragots pour augmenter leur prestige.. Les forces pour la justice et la paix doivent se concentrer sur les connexions entre le départ de Petraeus, Carter Ham et le vice-amiral Charles. M. Gaouette
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** Horace Campbell est professeur d’études afro-américaines et de sciences politiques à l’université de Syracuse. Il est aussi professeur spécialement invité à l’université Tsinghua, à Pékin. Il est l’auteur du livre à paraître "Global NATO and the catastrophic failure in Libya" - Texte trraduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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Les enjeux économiques et géopolitiques mal cachés du State Building
Amady Aly Dieng
Amady Aly Dieng
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/features/85585
Du Sud-Soudan au Cambodge, d’Haïti à l’Afghanistan, en passant par le Liberia, le Rwanda, la Somalie, le Liban, l’Irak, la Palestine, la Libye, les experts en «State building» (1) s’affairent auprès d’Etats «faillis», «en crise», récemment «libérés» ou «nouveaux nés». Côté face, une intention humanitaire : aider des pays déchirés à se doter rapidement d’institutions capables de garantir la paix et le respect des droits de base de leur population. Côté pile, des enjeux économiques et géopolitiques mal cachés, mais aussi la montée en puissance d’une doctrine sécuritaire qui vire à l’obsession. Les zones de «non-droit» étant perçues comme foyers des grandes menaces du nouveau millénaire (terrorisme, pandémies, vagues d’immigration, criminalité, etc.), les doter d’institutions «souveraines» devient motif légitime d’ingérence aux yeux de la communauté internationale…
A l’ambivalence des desseins s’ajoutent les contradictions du terrain. La mise en place d’institutions «pour le bien de la population» est souvent la face civile d’une présence militaire vécue sur le mode de l’imposition par les premiers concernés. Et l’ingénierie institutionnelle mise en œuvre s’inspire davantage des «standards internationaux» que des dynamiques sociopolitiques locales, avec les effets pervers en cascades que cela suppose.
Le «State building» est depuis quelques années une modalité majeure de l’action des puissances occidentales à la périphérie du système international. Après avoir longtemps appelé au recul ou au rétrécissement des Etats, la communauté internationale se pose dorénavant en architecte de leur construction. A ce titre, des bataillons d’experts internationaux s’activent «sur le terrain» à renforcer ou réformer les institutions - forces de l’ordre et armées, processus électoraux, institutions politiques, tribunaux, administrations, société civile… - destinées à composer un nouveau type d’Etat, «démocratique, responsable et efficient».
Si les caractéristiques communes des contextes dans lesquels le «state building» est mobilisé s’imposent de prime abord - déliquescence des Etats, déchirements ethno-religieux, violences multiformes, pauvreté extrême -, il s’agit de ne pas occulter la relative diversité des configurations en jeu, notamment sous l’angle du type de rapports entre «locaux» et intervenants. Dans le contexte des environnements post-conflit caractérisés par l’instabilité, la (re-) construction des institutions étatiques est progressivement devenue le volet «civil» des opérations onusiennes de maintien de la paix, validées par le Conseil de sécurité et éventuellement prévues dans les accords de paix signés par ex-belligérents (Cambodge, Liberia, République démocratique du Congo, etc.).
Mais l’impératif du «state building» a également été mobilisé dans les situations de vide politico-administratif créées suite au renversement de régimes de coalitions occidentales, comme en Irak et Afghanistan. La multiplication des opérations de «state building» résulte de la convergence de trois agendas internationaux qui confèrent aux Etats du Sud de nouvelles responsabilités en matière de gestion des risques humanitaires, sociaux et sécuritaires. La récurrence des échecs s’explique par les contradictions d’un projet visant à redessiner les systèmes institutionnels pour les conformer aux «bonnes pratiques» et aux intérêts divers des intervenants.
Le «state building» vise moins à universaliser la forme «Etat» qu’à cacher sa désintégration sous les pressions du nouvel ordre international. A rebours de sa justification protectrice, il opère une déconnexion entre «responsabilité» (laissée aux Etats non occidentaux) et «pouvoir» (capté par les puissances interventionnistes). La mise en évidence des effets pervers de la régulation extérieure refonde l’idée même d’autonomie politique.
Dans le jargon, le «state building» renvoie au développement de mécanismes internationaux de régulation censés restaurer la souveraineté d’Etats en déliquescence. Depuis peu, la faiblesse de certains Etats est effectivement considérée comme un facteur dans l’élaboration des politiques de sécurité globale. Comme le déclare le document 2002 de Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis, «l’Amérique est maintenant moins menacée par des Etats conquérants que par des Etats faillis».
L’actuelle «gouvernance mondiale», faible ou tronquée, est un obstacle au «peace building» et au «state building». En matière de flux financiers, de sécurité, de migration, d’industries extractives et de marchandises nuisibles, un triple déficit (de démocratie, de cohérence et d’application), consécutif à l’asymétrie internationale, à certains intérêts privés et au contrôle public lacunaire, mine les quelques initiatives positives prises. La gouvernance supranationale est un défi pour la construction de la paix et d’Etats forts.
La mise sous tutelle états-unienne des processus de changement de régime, de «State building» et de démocratisation en Irak a conduit à une gestion sécuritaire du pays, subordonnée aux exigences et intérêts des «occupants». Les stratégies adoptées par ces derniers, puis par le nouveau régime, loin de contribuer à la réconciliation indispensable au projet d’unité nationale et de gouvernance démocratique, ont attisé la fragmentation de la société. En Irak, on est passé de la gestion sécuritaire à la gestion politique.
La reconstruction de l’Etat afghan soulève une série de questions liées aux capitaux investis, aux moyens de coercition et à la légitimité. Les deux premiers termes n’ont pas induit le dernier. Les stratégies mises en place sont apparues limitées, voire contre-productives. Mais dans quelle mesure et jusqu’à quel point le «State building» peut-il être assisté et dépendant de pouvoirs extérieurs dans un schéma qui emprunte aux pratiques coloniales ?
L’entêtement de la communauté internationale à considérer la période post-indépendance comme non conflictuelle, ses efforts pour transposer les «meilleures pratiques» internationales en faisant table rase du passé, et l’application d’un modèle «moins d’Etat, plus de marché» ont participé de facto à un travail de sape de la légitimité du nouvel Etat du Timor-Oriental et contribué à créer les conditions d’émergence de période de crise.
Les transferts de politiques, des institutions internationales vers les pays africains, réduisent de facto l’autonomie des Etats concernés, et participent à la dépolitisation de la gestion publique, à sa standardisation, à la technisation des procédures, à de nouvelles ingérences et au déplacement des centres de décision, à l’émergence d’une technocratie économique, et au-delà, au déclassement de l’Etat au profit du libéralisme économique. Naguère étudiée sous l’angle du mimétisme institutionnel, la question des transferts de politiques devient un objet scientifique à part entière. Il permet non seulement d’interroger les dynamiques politiques et institutionnelles au sein des administrations publiques, mais il constitue aussi un site fécond pour observer et analyser la transformation en cours du rôle de l’Etat dans le contexte de la mondialisation.
Dans les pays africains, le sujet ne manque pas de pertinence en raison des influences multiformes qu’ils subissent dans leurs relations internationales. L’un des terrains privilégiés de ces influences réside dans les questions liées à la réforme de l’Etat dans un contexte de crise. On sait que dans les années 1960 et 1970, au sortir du processus colonial, les problèmes du développement et son institutionnalisation figurent en bonne place dans les agendas des gouvernements africains. Ils ont donné lieu à la production et à la mise en œuvre des nombreuses politiques de construction institutionnelle.
Mais la crise persistante des années 1970, liée notamment au choc pétrolier, permet d’interroger les modèles de développement ayant jusque là inspiré les gouvernements africains. Cette nouvelle donne met en cause les orientations étatisantes promues par ces pays. La réforme de l’Etat est alors clamée comme voie de sortie de crise, suivant en cela les idées promues depuis le consensus de Washington. Ce débat comporte de nombreuses facettes, en lien avec l’histoire politique et économique de l’Afrique. Sur ce sujet des transferts de politiques, Dominique Darbon montre bien que les regards de la recherche sur l’Afrique se sont le plus souvent polarisés «sur les phénomènes de domination et les conséquences politiques sociales des décalages produits» par la mise en œuvre de modèles d’origine étrangère.
Darbon est ainsi amené à identifier trois vagues de travaux : la première correspond aux «travaux menés au moment des indépendances des années 1960 dans le contexte de domination et de dépendance politique». Prévalent alors les «notions de modèles, mimétisme et emprunts». Ces travaux «s’inscrivent résolument dans une perspective théorique de modernisation et de développement politique». La deuxième vague se veut plus ouverte sur la problématique des transferts, puisqu’elle part du constat d’échec observé dans la vague précédente. Elle s’intéresse «au processus de transfert, à la nature des objets transférés, aux jeux et stratégies d’acteurs, producteurs et consommateurs donnant une part essentielle aux logiques d’appropriation et de réinvention». Une troisième vague porte sur «la diffusion de modèle de management et de gouvernance entretenue aussi bien par les acteurs et les institutions internationales d’aide au développement que par l’extension du mouvement d’intégration européenne et le processus de comparaison systématique des performances institutionnelles qui se répand».
La présente contribution s’inscrit dans cette troisième vague travaux, mais ne perd pas de vue les acquis de la deuxième qui a le mérite de rappeler la nature exogène de l’Etat en Afrique et les complexités liées à son importation (Badié, 1992). Il s’agira d’explorer la dynamique des transferts, tels qu’ils prennent forme dans les pratiques politiques et bureaucratiques des Etats africains à partir des années 1980, sous l’influence des politiques d’aide. Les pays africains se présentent dans ce domaine comme un terrain fécond pour l’observation d’échanges, d’innovations, d’expérimentation et de transferts de modèles institutionnels ou de politiques les plus variées, perçus avant tout comme des voies de sortie de crise.
Aux yeux des bailleurs, la réforme du secteur de la sécurité est un élément clé de la stabilisation de la République démocratique du Congo. Ce chantier est cependant caractérisé par sa lenteur et son manque de cohérence. En cause une situation adverse - dénuement socio-économique généralisé, troubles à l’Est, absence de tradition démocratique -, mais aussi et peut-être davantage le volontarisme et l’absence de coordination des intervenants.
Partisans et critiques du projet de la «paix libérale» ont en commun de négliger les jugements des premiers concernés par les interventions internationales. L’étude des opinions des Mozambicains révèle que ceux-ci ne rejettent pas l’idée d’une présence étrangère comme telle, mais tiennent à ce que les intervenants respectent les lois nationales, constitutives d’une souveraineté qui ne peut se réduire à des questions d’efficacité et de besoin.
Ce numéro de la revue Alternatives Sud montre très bien les problèmes posés par le passage de la théorie du «state building» au Sud à la réalité.
NOTES
1) Voir «Les non-dits des relations internationales : (Re-) construire les états, nouvelle frontière de l’ingérence» (Alternatives sud - volume 19-2012/1 éditions syllepse, 180 pages)
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Commentaires & analyses
Solidarité avec le peuple malien : Le Mali, c’est un peu l’Afrique
Ababacar Fall «Barros»
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/comment/85581
Manifester notre solidarité au peuple malien, c’est comme faire du pléonasme, Car le Mali c’est le Sénégal, c’est également un peu l’Afrique parce qu’il est frontalier avec sept autres pays d’Afrique de l’Ouest que sont la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire et le Sénégal. Sous ce rapport, pour paraphraser celui qui disait que ‘’les Américains sont les demi-frères du monde’’, nous pouvons dire que ‘’les Maliens sont les demi-frères de l’Afrique l’Ouest, pour ne pas dire de l’Afrique’’.
Le Mali c’est le pays de Soudjata Keita, du lettré d’Ahmet Baba, de Kanka Moussa, l’Empereur dont le voyage vers La Mecque pour un pèlerinage, fit chuter le cours de l’or dans toutes les contrées de son parcours. Tellement il en possédait. Selon M. Albakaye Ousmane Kounta (1), notre hôte, rares sont ceux qui sont informés que le Melli (Mali), a inspiré Rabelais l’auteur de Pantagruel.
Tout ceci pour mettre en évidence le rôle majeur que ce pays a joué et continue de jouer en Afrique, aux plans culturel, économique et social.
Donc seuls les bornés et autres pécheurs en eau trouble, peuvent ne pas souhaiter la paix pour Mali et à son peuple. D’ailleurs, il ne manque pas de Sénégalais qui le font, ouvertement et prient que les jihadistes d’AQMI et leurs ‘’alliés’’ (MNLA, MUJAO et Ansar Dine) arrivent dans nos murs pour y faire la loi. Dans une émission interactive d’une radio privée, un auditeur a formulé un tel souhait le 19 novembre courant, après avoir indiqué que ‘’quiconque ira combattre contre les rebelles, le fera contre l’islam’’.
Mais si certains ne partagent pas cette posture avec notre compatriote, il n’en demeure pas moins qu’ils pensent que ‘’l’enfer c’est pour les autres’’, que nous sommes loin de la zone des tempête. Erreur ! Les jihadistes sont à nos portes, avec leurs orgues de Staline face à la Mauritanie, le Sénégal, le Burkina, la Côte d’Ivoire. Et si le dilatoire continue. Qui nous dit que leurs canons ne feront pas mouche ? Et puis, les infiltrations et les kidnappings ne sont-ils toujours pas ça et là ?
Invité par notre ami, Albakaye Ousmane Kounta, du 9 au 17 novembre derniers, nous avons pu nous rapprocher et saisir les contradictions qui se font jour au niveau du pays, quoique la sérénité est de mise au sein des populations. Néanmoins, il est important d’insister sur quelque chose de primordial, de préjudicielle, à l’heure actuelle. C'est l’unité de tous les Maliens, de quelque bord ils se situent, dans la phase difficile où se trouve le pays, afin de s’accorder sur l’essentiel.
De ce point de vue, ceux qui soutiennent que l’heure n’est pas à la parlotte autour d’élections n’ont pas tort de le dire. Et cela toute la classe politique malienne devrait le comprendre et s’accorder dessus. Car il n’est même pas approprié d’organiser des élections des mois après la sortie de crise. Aussi, personne ne peut connaitre d’avance la tournure des événements et l’état du pays après. Sauf les partisans d’une ‘’élection à l’ivoirienne’’ qui a donné les résultats que l’on sait. Du reste, c’est comme qui dirait que les ‘’élections armées’’ , adossées à une ‘’rébellion armée’’, sont devenues des remèdes en vogue pour résorber les conflits dans notre continent.
Le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra (beau-fils de Moussa Traoré), qui est soupçonné d’avoir un agenda caché, contribue à aiguiser les contradictions, en ce sens qu’il est soupçonné de se préparer à déposer sa candidature pour la présidentielle. Ceci en faisant fi ‘’des règles du jeu d’une transition neutre’’ consacré par ‘’la jurisprudence de la Transition de 1991-1992, où le Président du CTSP Amadou Toumani Touré et le Premier ministre Soumano Sako ont été frappés d’inéligibilité’’(Le Républicain su 09/11/2012).
Une autre contradiction et non des moindres, qui met en mal l’unité souhaitée, est notée là où aucune note discordante ne devait être repérée : l’Armée. Sous ce rapport, un signe qui sonne faux dans la grande muette est ‘’l’arrestation de forteresse de 60 jours à Kayes’’ du lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo, accusé d’avoir manqué à ses obligations de réserve, pour avoir adressé une lettre ouverte au président de la République et avoir fait des déclarations sur certaines radios de la place, à Bamako. La raison en est que le lieutenant-colonel avait formulé comme doléance : ‘’Aller au front pour en découdre avec les djihadistes et les bouter du pays’’. Pour se faire prendre au sérieux, il a entamé une grève de la faim pour voir aboutir sa revendication. D’aucuns pensent que le soldat Seydou Moussa Diallo, pouvait faire l’économie de ces sorties, car ‘’en sa qualité d’officier supérieur de l’armée, il ne devrait pas avoir de problèmes pour rencontrer le chef de l’Etat et lui remettre en main propre, sa lettre ouverte’’. (L’indépendant du 14/11/2012).
Tout cela est vrai. Mais, au regard du contexte délicat où se situe le pays, le président de la République, le ministre de la Défense ou le chef d’Etat major, ne pouvaient-ils pas convoquer le ‘’fautif’’ et lui ‘’remonter les bretelles’’, puis le laisser retourner auprès de ses troupes ? Il a été précisé qu’en faisant ‘’des déclarations dans la presse, Le lieutenant-colonel, ne faisait que saper le moral des troupes’’. Mais son arrêt de forteresse de 60 jours, pour ce qu’on pourrait qualifier d’excès ou ‘’abus de manifestation de patriotisme’’, ne pourrait-il pas, tout autant, saper le moral des troupes ? Les patriotes maliens devraient s’inspirer de l’histoire de la Chine qui nous renseigne que lors de l’invasion de ce pays par le Japon, en 1937, Tchang Kai-check, un pro capitaliste et Mao Tsé Toung, chef du Parti communiste chinois, ont signé la paix des braves, le temps de bouter dehors les envahisseurs, à travers ‘’Le Front uni.
L’unité des patriotes maliens est d’autant plus nécessaire que tout ce petit monde qui grouille et grenouille au niveau (la Cedeao, l’Ua, l’Onu) ne souhaite pas, dans l’absolue, la paix au Mali. Surtout les ‘’loubards-tueurs’’ qui fricotent et dialoguent avec les djihadistes. Un dialogue qui n’apporte aucun résultat probant, sinon faire gagner du temps et du terrain aux comploteurs de tout poil. Sous l’Apartheid, quelqu’un ne prônait-il pas le dialogue ? Actuellement, il est question quelque part, d’envisager de proroger ‘’ce dialogue’’. D’ici-là, va-t-on demander aux populations de Kidal de Gao et Tombouctou de rester sagement pendant qu’on leur coupe les mains, les flageller ?
Cela dit, beaucoup de patriotes africains ne s’expliquent pas l’attitude de l’Algérie, au moment où le complot contre le Mali s’affine et s’amplifie avec le blocage des armes dans les ports de Dakar, de Conakry et d’Abidjan. Cette Algérie (témoigne le cinéaste malien Alou Konaté), que l’ancien président de la République du Mali, feu Modibo Keita, a soutenu de toutes ses forces, vers les années 1960, période où l’actuel président Bouteflika était le responsable politique et militaire du Front Sud. L’aide de l’Algérie au Mali (dans le cadre d’un ‘’Front de salut’’ des deux pays) lui aurait permis, de régler le problème sans lui faire courir le risque de recevoir des barbouzes sur son territoire. Le moins que l’on puisse dire est que l’Algérie a rejoint le peloton des troupes qui ne jouent pas net dans cet imbroglio malien et africain. Toute chose qui semble annoncer un ‘’Berlin 1885’’ sur le Mali. En tout cas Modibo Keita, le gouverneur malien servant au nord du Mali vers les années 1960 et Frantz Fanon, doivent se retourner dans leurs tombes.
Cela dit, si nous nous arrêtons un peu sur les traitements des conflits, à géométrie variable, à la ‘’Nations Unies, à la Union Africaine et à la Cedeao’’ (Kenya, Cote d’Ivoire, Lybie, Syrie, Gaza), on se rend compte que ceux qui s’agitent actuellement pour le Mali, ne le font pas que pour la Paix. Aux peuples du Mali, du Sénégal et d’Afrique, d’en prendre conscience et faire échec à toute ‘’guerre par procuration’’. Mais tout en évitant de permettre à des Maliens d’asservir, tuer d’autres Maliens, afin (au nom d’un ‘’principe de précaution’’ ?), d’éviter que ceux-là ne se fassent tuer dans une guerre par procuration.
Donc, pour toutes ces raisons, nous pensons que les patriotes, les démocrates sénégalais et africains, doivent se mobiliser et faire siennes les difficultés du pays frère, le Mali et considérer son combat, comme le nôtre.
NOTE
(1) Albakaye Ousmane Kounta est né à Tombouctou en 1935, de père sonrai et de mère sénégalaise (Saint-Louis). Il a accumulée une riche expérience pour avoir été enseignant, économiste, membre de la Direction de l’Omvs à Dakar et conseiller dans divers département ministériels de son pays. Ecrivain-poète (voir bibliographie dans le Net), il a côtoyé le martiniquais Guy Tyrolien, Abdou Anta Ka, Senghor, Sékou Touré, Francis Bebey, ses compatriotes Mamadou El Bachir Gologo, Mahmane Tandirma et bon nombre de griots maliens.
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Violence envers les femmes : Une journée mondiale sous silence
Pierrette Herzberger-Fofana
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/comment/85588
En 1999, l'assemblée générale des Nations Unies a décrété le 25 novembre Journée mondiale pour l'élimination de la violence à l'encontre des femmes. Son origine remonte au 25 novembre 1960, date à laquelle les sœurs Mirabal Patria, Minerva et Maria Tereza furent sauvagement assassinées. En effet, ces opposantes politiques ont été victimes « d'un accident de la route» fomenté par le régime du dictateur Rafael Trujillo (1930-1961), Président de la République dominicaine, qui avait jeté son dévolu sur Minerva. Les sœurs Mirabal, « Mariposas », («Papillons », nom affectueux qui leur a été donné) ont payé de leur vie leur engagement alors qu'elles militaient pour leurs droits.
Les trois sœurs Mirabal sont donc devenues les symboles du combat pour éradiquer la violence à l'égard des femmes. Ironie du sort, le 25 novembre est aussi la fête de la Sainte Catherine, et ce jour-là, les civilisations judéo-chrétiennes honorent les filles qui ne sont pas mariées et qui fêtent leur 25 ème anniversaire.
Cependant, cette journée du 25 novembre ne semble pas retenir l'attention de la communauté internationale. Or, les violences et sévices physiques et moraux infligés aux femmes sont nombreux. Les statistiques font généralement état du fait qu’une femme sur trois a été battue par son conjoint, contrainte à avoir des rapports sexuels ou encore victime de violence de la part d'un parent homme. Un regard sur les journaux du monde entier montre que la violence se produit au sein des foyers. Que de fois ne lit-on pas qu'un mari a battu à mort son épouse, que ce soit en Occident ou en Afrique ? Les femmes victimes de violence sont nombreuses.
La violence se manifeste également par l'infanticide des filles dans les pays qui marquent une préférence pour la naissance des garçons. Les mariages précoces ou forcés, les actes de pédophilie sur de jeunes mineures, les viols collectifs en période de guerre, le repassage des seins, le gavage des filles, les disques labiaux, les femmes-girafes, les mutilations génitales féminines, les crimes «d'honneur» et autres formes de violence et pratiques discriminatoires perpétrées contre les femmes font la une de l'actualité mondiale, pratiquement tous les jours.
Cette année, la Journée mondiale contre les violences à l'égard des femmes donnera lieu à une mobilisation de 16 jours consacrée à la sensibilisation des populations. Cette mobilisation se terminera le 10 décembre, Journée Internationale des Droits de l'homme.
La campagne mondiale pour la prévention de la violence (2012-2020) initiée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), met l'accent sur le côté crucial de cette lutte et aussi sur les conséquences économiques de la violence sur les pays. La violence fait peser des charges énormes sur les budgets des pays qui doivent dépenser des milliards d'euros ou de francs CFA en soins de santé. En outre, elle affecte les forces vives d’une nation. Il en découle donc une perte de productivité.
Au Sénégal, les efforts ont porté sur le développement d’une législation appropriée. Ainsi la Loi sur l’élimination des mutilations génitales a suscité beaucoup d'espoirs. Il revient maintenant aux organisations non gouvernementales concernées d'accélérer leurs efforts afin que les diverses formes de violence, notamment, les mutilations génitales reculent de façon notoire.
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** Dr. Pierrette Herzberger-Fofana est professeur de Lettres, chercheur et conseillère municipale en Allemagne
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Burkina : « Thomas Sankara voulait faire de l'agro-écologie une politique nationale»
Maurice Oudet
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/comment/85583
Le 15 octobre dernier, je terminai ma lettre sur la dimension écologique de l'héritage de Thomas Sankara en indiquant mon intention de revenir sur cette question. Aujourd'hui, je voudrais dire que l'intérêt de Thomas Sankara pour l'agro-écologie est dûe en partie à l'influence de Pierre Rabhi, écrivain et pionnier de l’agro-écologie. Pierre en témoigne lui-même dans un film de l'association « Baraka ».
Il dit : « Quand je suis allé au Burkina Faso en 1981, ce n'était pas Thomas Sankara qui était au pouvoir. J’avais commencé à travailler sur l’agro-écologie, je l’avais proposé d'abord dans les institutions nationales et ensuite nous avons crée le centre de Gorom Gorom. C’est parce que le travail que nous faisions a beaucoup animé le pays que Sankara a souhaité une rencontre. Nous nous sommes donc rencontrés. Après ça, il nous a beaucoup soutenu sur la démarche agro-écologique. Il voulait même faire de l’agro-écologie une politique nationale. »
Voici comment Pierre Rabhi lui-même présente, en 10 points, l'agro-écologie : « Issue d’une démarche scientifique attentive aux phénomènes biologiques, l’agro-écologie associe le développement agricole à la protection-régénération de l’environnement naturel. »
• 1 - Un travail du sol qui ne bouleverse pas sa structure, son ordonnancement vital entre surface et profondeur, entre terre arable, siège de micro-organismes aérobies, et terre profonde et souvent argileuse, siège de micro-organismes anaérobies - chaque catégorie microbienne a un rôle spécifique.
• 2 - Une fertilisation organique fondée sur les engrais verts et le compostage : fermentation aérobie des déchets d’origine animale et végétale et de certains minéraux non agressifs, pour la production d’un humus stable, véritable nourriture et remède pour la terre dont il améliore la structure, la capacité d’absorption, l’aération et la rétention de l’eau. Ces techniques ont l’avantage d’être totalement accessibles aux paysans les plus pauvres.
• 3 - Des traitements phytosanitaires aussi naturels que possible et utilisant des produits qui se dégradent sans dommage pour le milieu naturel, et des substances utilisées traditionnellement pour lutter contre parasites et maladies cryptogamiques (le neem, le caelcedra, le cassia amara, les cendres de bois, des graisses animales...)
• 4 - Le choix judicieux des variétés les mieux adaptées aux divers territoires avec la mise en valeur des espèces traditionnelles locales : maîtrisées et reproductibles localement (animaux et végétaux) elles sont le gage d’une réelle autonomie.
• 5 - Eau : économie et usage optimum. L’irrigation peut être accessible lorsqu’on a compris l’équilibre entre terre et eau ;
• 6 - Le recours à l’énergie la plus équilibrée, d’origine mécanique ou animale selon les besoins mais avec le souci d’éviter tout gaspillage ou suréquipement coûteux. La mécanisation mal maîtrisée a été à l’origine de déséquilibres économiques et écologiques parfois graves, mais aussi de dépendances (pannes, énergie combustible importée à coût élevé). Il ne s’agit pas de renoncer au progrès mais de l’adapter aux réalités au cas par cas : l’énergie humaine et animale est parfois préférable à une mécanisation mal maîtrisée, facteur de démobilisation.
• 7 - Des travaux anti-érosifs de surface (diguettes, micro-barrages, digues filtrantes, etc.) pour tirer parti au maximum des eaux pluviales et combattre l’érosion des sols, les inondations et recharger les nappes phréatiques qui entretiennent puits et sources...
• 8 - La constitution de haies vives pour protéger les sols des vents et constituer de petits systèmes favorables au développement des plantes cultivées, au bien-être des animaux, au maintien d’une faune et d’une flore auxiliaires utiles.
• 9 - Le reboisement des surfaces disponibles et dénudées avec diversité d’espèces pour les combustibles, la pharmacopée, l’art et l’artisanat, la nourriture humaine et animale, la régénération des sols, etc.
•
• 10 - La réhabilitation des savoir-faire traditionnels conforme à une gestion écologique économique du milieu.
Si Pierre Rabhi, Thomas Sankara et bien d'autres ont été des pionniers pour la promotion de l'agro-écologie, aujourd'hui il apparaît chaque jour plus clairement qu'entre l’agriculture conventionnelle (qui utilise abondamment les herbicides, les pesticides et les engrais chimiques) et l'agro-écologie (basée sur une meilleure connaissance du sol et du vivant) le bon choix, c'est le choix de l'agro-écologie. Ils sont nombreux, à travers le monde, ceux qui ont déjà fait ce choix. Le dernier film de Marie-Monique Robin « Les moissons du futur » (avec pour sous-titre : « Comment l'agro-écologie peut nourrir le monde ») en témoigne.
Ils sont nombreux en Afrique, ils sont nombreux au Burkina Faso ceux qui ont déjà fait ce choix , mais pas encore assez !
Oui, le bon choix, c'est l'agro-écologie. Mais les tenants de l'agriculture conventionnelle n'ont pas désarmés. Il est urgent que les tenants de l'agro-écologie mettent leurs forces en commun. C'est pour cela que l'association « Terres Vivantes – Thomas Sankara » a été créée au Burkina Faso, avec pour objectifs :
- l'agro-écologie
- la souveraineté alimentaire,
- la revalorisation de la vie paysanne et de l'agriculture familiale,
- l‘adaptation à la croissance démographique et aux effets du changement climatique,
- la sauvegarde de l’environnement et des ressources naturelles.
Tous ceux qui au Burkina pratiquent déjà l'écologie ou sont intéressés peuvent contacter « Terres Vivantes – Thomas Sankara ». Ceux qui pratiquent déjà l'écologie peuvent également se faire connaître auprès du Sedelan. Nous souhaitons faire quelques reportages sur différentes pratiques écologiques.
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est président du Sedelan (Service d'Edition en Langues )
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Plaidoyers & campagnes
Fsm 2013 : Préparer les mobilisations sur les enjeux centraux de l’heure
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/85586
Chers amis,
C’est avec un grand plaisir que le comité organisateur tunisien et maghrébin du FSM de Tunis qui se tiendra du 26 au 30 mars 2013 s’adresse à vous. Le comité organisateur est composé, entre autres, d’organisations tunisiennes qui ont été motrices dans le processus révolutionnaires qui a permis d’en finir avec la dictature et qui poursuivent aujourd’hui la lutte pour la défense et l’élargissement des droits sociaux et démocratiques.
Pour la première fois le FSM, créé il y a 12 ans à Porto Alegre, au Brésil, se tiendra dans le monde arabe, dans un contexte de bouleversement révolutionnaire dans toute la région. Deux ans de révoltes et de lutte ont renversé quatre régimes dictatoriaux, le premier d’entre eux ayant été le régime de Ben Ali en Tunisie, et le combat contre les dictatures continue dans de nombreux pays. Plus généralement, le FSM de Tunis sera l’occasion de discuter et de préparer les mobilisations sur les enjeux centraux dans la situation internationale actuelle avec tous les nouveaux mouvements qui ont émergé ces dernières années.
Que vous soyez membre ou pas d’un mouvement ou d’une organisation, le site web du FSM vous donnera des informations sur la situation des mouvements en Tunisie et dans la région et sur les moyens de participer au forum, que vous vous rendiez à Tunis fin mars 2013 ou que vous y participiez à distance (1), dans une activité qui se tiendrait dans une autre région du monde. Vous pouvez donc souscrire à la liste mail du Fsm qui vous communiquera toutes les deux ou trois semaines les informations utiles à la préparation du forum : http://www.fsm2013.org/news_inscription
Comme vous le savez certainement, les Fsm sont préparés par les associations, syndicats, mouvements et ONG du monde entier qui proposent des activités et des débats puis se regroupent avec des mouvements d’autres parties du monde qui ont des préoccupations similaires. Pour ce faire, un site web vous permet d’y inscrire les mouvements auquel vous appartenez et d’y proposer des activités, et cela dans les quatre langues officielles de ce forum, l’anglais, l’arabe, l’espagnol et le français : www.fsm2013.org
Jusqu’à mi-décembre 2012 vous pourrez proposer des activités, ensuite, et jusqu’à mi-février 2013, vous pourrez vous regrouper avec d’autres mouvements ou organisations et enregistrer définitivement vos activités.
Avec toute notre amitié militante,
Le comité organisateur tunisien et maghrébin
NOTE
1) Ce format « étendu » du Fsm2013 a été adopté par le comité d’organisation après des expériences positives à Belém 2009 et Dakar2011.
Il a pour but de permettre aux organisations, réseaux, et mouvements de la société civile qui le souhaitent, de participer activement au fsm2013, ou qu’ils se trouvent dans le monde, et quelle que soit la taille de la délégation qu’ils peuvent envoyer à Tunis. Chaque organisation peut préparer une participation combinant : 1/ l'envoi de délégué(e)s à Tunis dans la mesure du possible et 2/ des activités locales participatives et sans utiliser internet, incluant le plus de personnes possible dans le processus du FSM, et 3/ complétées, dans la mesure du possible, par des activités participatives en lien avec Tunis ayant, elles, recours à internet.
- http://www.fsm2013.org/fr/node/454
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Stop à l'exploitation des prisonniers !
ethecon
2012-11-26
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/85582
Aux Usa de grandes firmes (Microsoft, Ibm, Boeing) ont découvert depuis longtemps déjà un moyen bien particulier de maximiser leurs profits. Elles font fabriquer leurs produits à prix de revient minimum dans les établissements pénitentiaires. Les détenus ne perçoivent en général qu’un tout petit salaire, et parfois aucun. En plus, aucun frais annexe (protection sociale, installations de sécurité au travail). En revanche les firmes bénéficient d’avantages fiscaux parce qu’elles donnent du travail aux détenus. Ces activités n’ont en général rien à voir avec une intégration des détenus au marché du travail à leur sortie ; bien au contraire, cette exploitation à l’abri de murs de la prison pousse à la baisse les salaires de tous les travailleurs et détruit massivement des emplois « normaux ».
« Cette exploitation sans scrupules de détenus n’est rien d’autre qu’un esclavagisme moderne », a déclaré Axel Köhler-Schnura, le président d’ethecon. « Les condamnés sont dépouillés de leurs droits fondamentaux et de leur dignité. En prison, le contrôle et la répression s’exercent de manière absolue.» Par exemple, les détenus n’ont pas le droit de se syndiquer en vue d’obtenir des salaires corrects ou de meilleures conditions de travail. De même ils n’ont pas le droit de grève. S’ils refusent de travailler, ils sont soumis aux sanctions prévues par l’établissement où ils se trouvent.
Parallèlement les prisons et les prisonniers se transforment eux-mêmes en source de bénéfices et de profits, grâce à la privatisation des établissements pénitentiaires. Des « fournisseurs de prisons », comme la Corrections Corporation of America (Cca) aux Usa, perçoivent de l’État une somme d’argent pour chaque détenu. Non contente de maximiser ses profits en surpeuplant les prisons, la Cca s’y emploie en ne fournissant pas de soins de santé aux prisonniers, ce qui a déjà induit des décès. Des cas documentés de défaut de surveillance par les gardiens - qui ne sont pas intervenus lors de disputes entre détenus - ont également fait scandale. Tout cela montre clairement que la privatisation érode le contrôle exercé par les instances publiques.
Les détenus sont le groupe de population le plus fortement marginalisé. Loin des yeux du public, leurs conditions de vie et de travail restent très majoritairement ignorées, tant qu’un scandale ne prend pas des proportions telles qu’il devient impossible de le tenir caché. Or la valeur d’une société se mesure à sa capacité de garantir les droits humains même des groupes marginalisés.
Selon Bettina Schneider, directrice d’ethecon, « le plus scandaleux, c’est le lobbying auquel se livre la Cca. » Pour obtenir des lois plus répressives et des peines d’incarcération plus longues, la firme a dépensé, rien qu’entre 2006 et 2008, plus de 2,7 millions de dollars. En l’occurrence elle ne se soucie nullement de réinsérer les condamnés ni de protéger la société, mais uniquement de garantir et d’accroître ses profits. L’an dernier, le chiffre d’affaires de la Cca s’est élevé à 1,7 milliards de dollars. Et la tendance est à la hausse. Parallèlement les Usa remportent de loin la palme du taux de détenus par habitant.
ethecon vous informe sur cette campagne par un tract et fait circuler des pétitions et des protestations en ligne. Ces dernières sont téléchargeables sur le site www.ethecon.org .
* La fondation ethecon est surtout connue par son « Internationales ethecon Blue » et son « Black Planet Award » qu’elle décerne chaque année à Berlin. Ces dernières années, les récompenses d’ethecon sont allées à Diane Wilson (USA, 2006), Vandana Shiva (Inde, 2007), José Abreu et Hugo Chávez (Venezuela, 2008), Uri Avnery (Israël, 2009), Elias Bierdel (Autriche, 2010) et Angela Davis (USA, 2011). Les « black awards » d’ethecon ont stigmatisé les managers et actionnaires des firmes MONSANTO (USA, 2006), NESTLÉ (Suisse, 2007), Blackwater (Xe) (USA, 2008), Formosa Plastics Group (Taiwan, 2009), BP (Grande-Bretagne, 2010) et Tepco (Japon 2011).
Cette année, le Blue Planet distingue l’antimondialiste et auteur suisse Jean Ziegler. Le Black Award va à Ivan Glasenberg, PDG, et à d’autres responsables du groupe de matières premières Glencore. Les deux prix ethecon seront remis au cours d’une cérémonie publique dans le cadre de la réunion annuelle d’ethecon, le samedi 17 novembre sur le Pefferberg à Berlin. Le Professeur Ziegler viendra recevoir son prix personnellement. Celui des managers et actionnaires principaux de Glencore leur sera remis plus tard dans le cadre de journées d’action publiques en collaboration avec des mouvements sociaux internationaux.
À l’inverse de nombreuses fondations créées par des Églises, des familles, des partis ou des États, ethecon est l’une des rares fondations « issues de la base »; ses 31 membres fondateurs et fondatrices actuels se sentent responsables à l’égard des générations futures ; elle a pour devise « Un monde sans exploitation ni oppression ». Cette fondation récente est financée par les membres fondateurs, des dons, et les membres de soutien.
Seule l’élaboration et la mise en place de modèles économiques et sociaux respectueux de l’environnement et de la dignité humaine peuvent éviter les catastrophes écologiques et sociales qui nous menacent. ethecon - Stiftung Ethik & Ökonomie travaille dans une perspective à long terme bien au-delà de la relève des générations.
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** Texte traduit par Michèle Mialane pour Tlaxcala http://www.tlaxcala-int.org)
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Côte d’Ivoire : La CPI a émis un mandat d'arrêt contre Mme Gbagbo
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Gabon : Une loi contre le harcèlement sexuel dans le milieu professionnel
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Maroc : Polémique autour des prélèvements sur les salaires des grévistes
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Elections & gouvernance
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Algérie : Un chef de parti tire à boulets rouges sur le FMI
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Algérie : Bouteflika prépare sa succession
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Egypte : Appel à une grève des juges contre les pouvoirs du président Morsi
2012-11-25
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Egypte : Le président Morsi renforce ses pouvoirs et limoge le procureur général
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Guinée-Bissau : La Cedeao appelle à reconnaître les autorités de transition
2012-11-25
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Guinée-Bissau : Urgence pour la CEDEAO d’intervenir pour les droits humains
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Tchad : Huit semaines de grève des fonctionnaires et situation bloquée
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Gabon : Libreville primé pour la réduction des gaz torchés
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