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La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 266 : Mali : Des fausses négociations à la vraie guerre

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Plaidoyers & campagnes, 4. Arts & livres, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. LGBTI, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Média & liberté d'expression, 17. Conflits & urgences, 18. Internet & technologie, 19. Collecte de fonds & ressources utiles




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Nord-Mali : A quoi jouent les « salafistes » d’Ansar Dine ?
ANALYSES & COMMENTAIRES : Sénégal : Après la politique, le développement.
CAMPAGNE & PLAIDOYER : Code foncier et domanial au Bénin : 7 300 acquéreurs fonciers pour toutes les terres agricoles du Bénin
ARTS ET LIVRES : Global : «Comme un Lion», ou le chemin de croix des footballeurs africains.
FEMMES ET GENRE : Egypte : Harassmap, la meilleure arme contre les agresseurs sexuels.
DROITS HUMAINS : Burundi : A peu près 800 prisonniers bénéficient de la Grâce présidentielle.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Mali : Les déplacés maliens se cherchent un nouveau chemin.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Algérie : Ahmed Ouyahia quitte le Rassemblement National Démocratique.
CORRUPTION : Bénin : Boni Yayi, capitaine d’un bateau à la dérive.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Quand le Bénin se trouve être la lanterne rouge.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Les enseignements tirés du choléra.
EDUCATION : Egypte : L’éducation, le parent pauvre de l’Egypte.
LGBTI : Nigéria : Le club gay de Lagos ne voit pas l’avenir en rose.
RACISME ET XENOPHOBIE : Libye : La minorité chrétienne sous le choc après l’attaque contre une église.
ENVIRONNEMENT : Global : L’interdiction des sacs en plastique se mondialise.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : Une pétition pour soutenir Hassan Ruvakuki.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Le Congo envoie 120 soldats en Centrafrique.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Mozambique : La révolution de la santé par le téléphone mobile.




Chroniques

Négociations Nord-Mali : A quoi jouent les « salafistes » d’Ansar Dine ?

Bakary Sambe

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/features/85959

Le conflit dans le nord du Mali est entré dans une phase extrême avec les affrontements entre l’armée malienne et les djihadistes, mais surtout avec l’intervention de l’armée française qui donne une nouvelle dimension à cette crise. Les prémices de cette escalade se dessinent depuis des semaines.

J’ai toujours défendu la thèse, aujourd'hui confortée par les faits et selon laquelle, Ansar Dine dont les groupes salafistes ont repris la destruction des mausolées et les exactions, n'a jamais eu de bonnes intentions en direction de la paix. Ses déclarations antérieures avaient pour simple but d'« endormir » la communauté internationale afin de gagner du temps sentant que l'étau semblait se resserrer autour de ses troupes après la réunion de concertation des ministres des Affaires étrangères de la Cedeao.

Cette stratégie connue chez tous les mouvements islamistes est appelée "Hudna", en arabe, consistant à marquer une trêve stratégique lorsque le rapport de force n'est pas favorable pour s'imposer. Cela répond à une logique de double jeu et de duplicité dans le discours. La guerre n’est-elle pas, après tout, une affaire de duperie ? (Khid‘a)

De plus, les prémisses de préparatifs de la force africaine annoncés en grande pompe avec autant de détails sur la logistique et la stratégie n'auguraient rien de bon. On n'annonce pas une guerre aux issues incertaines avec un calendrier aussi détaillé surtout en face d'un ennemi diffus, ultra-mobile et irresponsable en termes des répercussions éventuelles sur les populations de la sous-région.

Le texte de la "plateforme politique" d'Ansar Dine, publié le 2 janvier, introduit maintenant une dimension ethnique dangereuse pour les équilibres sociopolitiques dans tout le Sahel en parlant, pour une première fois, de manière officielle, d'un "projet diabolique visant l’autodestruction totale de la société arabo-touarègue du Mali". Cette ethnicisation prononcée, puisée, certes, dans le discours fondateur du Mnla, venue se greffer sur l'idéologie islamiste radicale, est un précédent dangereux pour l'intégrité du Mali et des pays voisins comme le Niger.

De ce fait, il faut reconnaître que la médiation burkinabé semblant donner du crédit aux "gages" d'Iyad Ag Ali n'a pas permis d'avancée notable. Et je reste encore plus perplexe sur les retombées éventuelles des négociations entamées le 4 janvier par l'Algérie avec le Front arabe pour la libération de l'Azawad (Fnla). Bien que visant à isoler les islamistes d'Aqmi et d'Ansar Dine, il faut craindre que d'éventuelles compromissions avec ce mouvement "irrédentiste" ou son renforcement, affecterait l'équilibre et l'intégrité territoriale du Mali comme du Niger tous concernés par la brûlante question touarégue.

Les négociations ont-elles échoué avant d’être entamées ? Le communiqué d'Ansar Dine signé par Iyad Ag Ali précise que le mouvement djihadiste décide de retirer l’offre faite à Alger de cessation des hostilités concomitamment avec les négociations menées à Ouagadougou. Au même moment, Iyad Ag Ali soumettait une "plateforme" pour une "solution politique" au gouvernement burkinabé, prétextant cette fois-ci d'une supposée mauvaise volonté du Mali accusé de "recruter des mercenaires" - entendez la force militaire internationale - pour la reconquête du Nord.

Il faut se rendre à l’évidence : dans la tête des leaders d'Ansar Dine, l'Afrikanistan tant rêvé est déjà une réalité au Nord du Mali. Pour eux, le vrai combat est aujourd'hui d'empêcher les "forces impies" de "souiller" son sol. Pendant ce temps la communauté internationale tergiverse dans la dispersion de ses énergies, les pôles de négociations se multiplient. Aujourd'hui on valse entre Alger et Ouagadougou. Et tout prochainement le Maroc, sur fond de rivalité avec l'Algérie, va essayer de mettre à profit son positionnement continental en termes d'influence, son islam dit « modéré » mais surtout sa capacité revendiquée à lutter efficacement contre le terrorisme.

On peut légitimement se demander s'il y a encore sur ce conflit un positionnement international concerté. Les Etats-Unis, de plus en plus tournés vers les affaires du Pacifique, sont encore dans leur doute persistant sur la capacité et la volonté réelle des Africains à mener une opération militaire. La France qui exclut toute participation directe à une éventuelle opération militaire malgré ses énormes intérêts stratégiques dans la sous-région, est, en même temps, préoccupée par le sort de ses otages aux mains d'Aqmi (Ndlr : l’armée française est s’est engagée dans une intervention le 11 janvier). Pendant ce temps, à part le président Issoufou du Niger, en ligne de mire des séparatistes, les dirigeants africains semblent attentistes et surtout impuissants face à un fléau rampant, incapables, cette fois-ci, de miser sur les partenaires stratégiques (Ue, Usa) qui sont dans une extrême prudence. L'Algérie que rien n'arrive à presser, quant à elle, est toujours dans l'indécision. Peut-être qu'une implication marocaine plus marquée que souhaitait déjà Cheik Modibo Diarra avant son éviction pourrait pousser Alger à plus de réactivité ne serait-ce que pour maintenir son confortable positionnement diplomatique.

Les gesticulations se multiplient mais les résultats probants sont moins visibles. Un mini-sommet de la Cedeao pour faire le point des derniers développements survenus dans la crise au Mali dans la perspective de la tenue du prochain sommet de l`Union africaine, vient encore d'être annoncé pou les 23 et 24 janvier à Bamako suite à la dernière tournée de Diango Cissoko, dans certains pays de l`Afrique de l`Ouest. Sur le dossier de l'intervention militaire, les Maliens semblent faire plus d'ouverture à l'idée d'une force internationale mais la situation politique interne est comme une épine dans le pied de tous les diplomates, malgré les récentes déclarations de Moussa Sinko Coulibaly, le ministre de l'Administration territoriale, invitant à l'implication de "tous les partenaires".

Peut-être que la situation sécuritaire qui se détériore dans la frontière sud de l'Algérie pourrait pousser ce pays-clé à de meilleures dispositions pour une intervention dont il serait l'un des principaux soutiens. Il faut savoir que hormis Aqmi qu'Alger semble maîtriser, il y a le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui, le 31 décembre dernier, a pris le contrôle des alentours d’Al-Khalil, (une localité située à environ 3 km de la frontière sud de l’Algérie) en s'associant à la Katibat al-Mulathimîn (phalange des enturbanés ) un mouvement djihadiste dissident d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi).

Ce signal fort sur le plan sécuritaire devrait être de nature à convaincre l'Algérie de la nécessité de libérer le Nord du Mali du joug des groupes terroristes et de leurs multiples trafics et tout l'intérêt qu'elle a à y participer.

Dans le même temps, pendant que les sommets se suivent et se ressemblent, le Mujao qui a établi son quartier général à Gao et recrutant dans toute l'Afrique de l'Ouest n'épargne aucun pays dans sa stratégie djihadiste. Une raison supplémentaire pour plus de solidarité et surtout de détermination, dans la résolution de cette crise désormais ouest-africaine voire sahélo-saharienne.



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** Dr. Bakary Sambe est enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions (Cer) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis

*** Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur le site de Pambazuka News


Maroc : Des « mots » aux « regrets » : qu’est devenu le « Péril noir » ?

Nadia Khrouz

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/features/85958

Les représentations qu’on se fait des immigrés dans les médias se basent sur « clichés » dont il est difficile de se défaire. A un moment où le Maroc attire des étrangers du nord et du sud et compte une forte communauté de Marocains résidents à l’étranger, les catégorisations, qui sont souvent perçues comme des définitions de situations ou des « faits », traduisent bien des abus.

Les différentes (et nombreuses) réactions ayant suivi la diffusion par l’hebdomadaire Maroc Hebdo International, le 2 novembre 2012, de son dossier le « Péril noir »[1] sont révélatrices d’un malaise et d’une difficulté à appréhender non seulement la présence des étrangers au Maroc, mais également les réactions que cette présence, et en particulier celle des subsahariens, peut susciter. De l’article de Zoubeïrou Maïga, paru en 2005 dans Jeune Afrique l’Intelligent, intitulé «Racisme au Maroc : ‘Singes, olives et chocolats’ »[2], à aujourd’hui, ces questionnements ont été régulièrement portés sur la place publique par la presse ou certains acteurs de la société civile.

Dans l’édition du journal 2M du 4 novembre [3], Mohamed Selhami limitait la « polémique » au titre du dossier, qu’il présentait comme « condamnable », en affichant sa surprise quant aux réactions suscitées. En le mettant en lien avec certains éléments de la réponse écrite du rédacteur en chef [4], je voudrais ici davantage analyser le contenu du dossier «Le péril noir », la présentation des « aspects relatifs à ce flux migratoire » et en particulier les catégorisations des subsahariens. J’omettrai donc ce qui touche à l’apparition de comportements xénophobes.

DE QUI PARLE-T’ON ?

Si le titre « Le Péril noir » laisse entendre que tous les Noirs seraient concernés, le sous-titre restreint la population envisagée aux « milliers de subsahariens clandestins au Maroc ». Que recoupe cette catégorie de « clandestins subsahariens » ?

La première page du dossier montre des Noirs qui semblent être arrêtés par des agents des forces de l’ordre. Nous ne savons ni qui ils sont, ni pourquoi ils sont arrêtés, ni s’ils sont détenteurs de documents d’identification, ni s’ils sont entrés irrégulièrement sur le territoire. A première vue, cette image peut être associée par le lecteur ordinaire aux régulières arrestations de migrants subsahariens en vue de les refouler à la frontière. Cette photographie fait donc écho au sous-titre, mais également à la dimension sécuritaire de la présence « subsaharienne clandestine » au Maroc.

Sous le titre « péril noir », apparait une série d’éléments qui semblent être associés : « Des milliers de subsahariens clandestins au Maroc »/ « ils vivent de mendicité, s’adonnent au trafic de drogue et à la prostitution » / « ils font l’objet de racisme et de xénophobie » / « ils posent un problème humain et sécuritaire pour le pays… ». Ces éléments sont répétés (et donc renforcés) en chapeau de la première page de l’article.

« DES MILLIERS DE SUBSAHARIENS CLANDESTINS AU MAROC »

Les estimations des subsahariens en situation administrative irrégulière reprises par différents chercheurs, Ong et articles de presse, depuis 2006, oscillent entre 10 000 et 25 000 individus. Ce chiffre passe dans cet article à environ 40 000 personnes, selon « les associations des droits de l’Homme et les sources policières ». Il est toutefois dit qu’une récente étude sur la migration irrégulière subsaharienne au Maroc (Ccme, Ippr et Ue) estime la présence des Subsahariens en situation irrégulière à un nombre qui « ne devrait pas excéder les 10 000 ». Le journaliste explique ce chiffre nettement moins élevé par les « refoulements qui ont lieu pratiquement chaque semaine »[5]. Et celui-ci d’ajouter que ce nombre est « susceptible d’augmenter assez rapidement compte tenu du flux continu des migrants ». Je veux souligner ici non seulement qu’il est impossible d’obtenir des statistiques valables sur les « clandestins » dans un pays, mais que se baser sur le fait qu’il s’agisse de flux pour en supposer l’augmentation exponentielle semble absurde, ne serait ce que du fait que les flux peuvent opérer dans le sens des entrées mais également des sorties qui ne sont pas à négliger.

ILS S’ADONNENT … AU TRAFIC DE DROGUE ET A LA PROSTITUTION

Le journaliste fait le choix de commencer son article en évoquant l’exemple d’un Nigérian mort pour avoir transporté de la drogue : « Après un séjour au Maroc », dit le journaliste, « il s’était converti en passeur de drogue, faute d’atteindre les rives sud de l’Espagne ». Ce postulat est en lui-même surprenant. Comment le journaliste – ou même les agents de la sureté aux frontières ou de la lutte contre le trafic de drogue –a-t-il pu être informé des projets migratoires de cet étranger ?

Le lien est donc fait entre trafic de drogue et subsahariens « clandestins ». Pourtant, bien que nous ne connaissions rien du statut administratif de ce Nigérian, il faut, pour pouvoir prendre l’avion à l’aéroport Mohamed V, que l’étranger soit détenteur d’un passeport et d’un visa l’autorisant à séjourner au Maroc ou d’un laissez-passer l’autorisant à sortir du Maroc pour rejoindre son pays. Pour obtenir ce laissez-passer, l’étranger doit se présenter à l’administration qui le lui délivre. Peut-il dans ce cas être clandestin, alors que ce terme désigne une personne enfreignant les règles relatives au séjour dans un pays dont elle n’a pas la nationalité et se soustrayant à la surveillance de l'administration ?

S’en suivent un ensemble d’éléments appuyant le lien entre Subsahariens et trafic de drogue. La catégorie semble s’élargir, d’« une Subsaharienne » à « de nombreux cas de ressortissants africains », à «de plus en plus d’Africains »[6]. Rien ne nous est dit de la situation administrative des concernés. De plus, le lecteur risque l’amalgame en « apprenant » que « de plus en plus d’Africains se recyclent en dealer ».

SUBSAHARIENS EN TRANSIT PAR LE MAROC

Un autre postulat est posé : « Les Subsahariens en quête d’un passage vers l’Europe empruntent les terres marocaines comme chemin de transit » [p15]. Différentes informations semblent pourtant confirmer l’existence d’autres voies de passage pour les Subsahariens désireux de se rendre en Europe. Certains partent régulièrement, directement de leur pays d’origine ou transitent par un autre pays. D’autres partent régulièrement ou irrégulièrement et quitte irrégulièrement des pays comme la Tunisie, la Libye, la Turquie, etc. Comment alors interpréter cette affirmation ? Le Maroc aurait-il le monopole du passage vers l’Europe alors même que certains Marocains se rendent justement dans d’autres pays de la rive sud de la Méditerranée pour rejoindre l’Europe ?

Les sous-catégories semblent se multiplier au travers des propos de l’article : ceux qui arrivent de l’autre côté et sont reconduits au Maroc, ceux qui finissent noyés en mer et ceux qui attendent l’occasion de franchir le détroit de Gibraltar, séjournant dans des villes comme Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech et « même » Agadir. Cela sous-entendrait-il donc que le journaliste ne prend en compte que les « Subsahariens en quête d’un passage vers l’Europe » ? Ces Subsahariens ne seraient que ceux coincés au Maroc, dans un provisoire qui dure, « sans porte de sortie vers Sebta et Melilla ». A aucun moment ne sont envisagés les Subsahariens qui parviennent à passer en Espagne. Pourtant, selon l’Agence Frontex, Sebta et Melilla auraient enregistré 3 345 arrivées clandestines en 2011[7], un chiffre qui viendrait contredire pour l’Agence européenne la tendance décroissante des années précédentes.

L’encadré intégré à cette page semble être en complet décalage avec le contenu de l’article, citant le président du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (Ccsm) qui déclare : « Nous voulons que l’on nous donne les mêmes droits qu’ont les Marocains résidant à l’étranger dans leurs pays d’accueil », sous-entendant donc que certains Subsahariens percevraient le Maroc comme un pays de résidence à plus ou moins long terme. L’article n’envisage pas que les Subsahariens puissent chercher à venir au Maroc comme destination finale. C’est ce que laisse entendre Mohamed Selhami dans sa réponse, quand il parle de « ce flux migratoires dont nous sommes les récipiendaires involontaires ».

Ainsi donc, la migration clandestine subsaharienne serait un flux et celui-ci ne serait pas souhaité des Marocains. Il le confirme d’ailleurs quand il dit que « le point de chute annoncé de ce vaste mouvement de déplacement humain du sud vers le nord est l'Europe ». Cette question reste confuse. A la page 17, le dossier mentionne les données d’une étude universitaire qui souligne que seulement 2,5% des migrants originaires d’Afrique subsaharienne décident de rester au Maroc. Mais à quelle(s) catégorie(s) fait-on référence et quelle est la temporalité de ce chiffre ? A quoi renvoie le fait de « vouloir rester » ? S’y ajoute l’ambigüité introduite par l’affirmation que « 15 à 20% de la population marocaine est d’origine subsaharienne ». Qui sont ces « Marocains d’origine subsaharienne » et ne font-il pas partie, au moins partiellement, statistiquement des 2.5 % de « migrants originaires d’Afrique subsaharienne » qui décident de rester au Maroc ?

En reprenant certains chiffres officiels fournis par les autorités marocaines, il y avait, en 2010, selon la Dgsn, 74 316 étrangers résidant au Maroc (donc régulièrement et avec titre de séjour), dont 28 021 Africains (intégrant 11 066 algériens) et 32 518 Européens. Au-delà de la complexité à lire ces chiffres qui recoupent des réalités différentes et renvoient à des catégories qui pourraient être à interroger, ces chiffres n’intègrent ni les étrangers restant au Maroc pour de courts séjours (parfois régulièrement répétés), ni les 686 réfugiés statutaires de l’Unhcr, au 31 mai 2012, qui ne disposent pas de titre de séjour au Maroc (demandeurs d’asile non compris). Pour ce qui est de l’accès à l’emploi formel, pour le premier semestre 2010, le « nombre de contrats visés pour les salariés africains a atteint 653 (soit 14,87% de l’ensemble des contrats visés) », sachant que 314 des contrats concernent des salariés originaires des pays liés au Maroc par des conventions d’établissement (Algérie, Sénégal, Tunisie)[8]. Pour ce qui est des étudiants, parmi les 9000 étudiants étrangers inscrits dans les établissements publics en 2010-2011 selon l’Amci, 7000 étaient « Africains » et « ils seraient autant, sinon plus, dans les établissements supérieurs privés »[9].

SUBSAHARIENS ENTRES IRREGULIEREMENT

Concernant les voies de passages pour atteindre le Maroc, le journaliste évoque l’Algérie, pour la majorité, ou les « sentiers mauritaniens ». Celui-ci ajoute que, « pour ceux qui arrivent à amasser la somme d’argent nécessaire », ils peuvent aussi passer par avion. De qui s’agit-il ? Sommes-nous encore dans la catégorie des « clandestins subsahariens » ? Parle-t-on des différents subsahariens arrivant légalement par la frontière aérienne (étudiants, travailleurs, touristes, etc.) mais également par la frontière terrestre maroco-mauritanienne ?

De l’ensemble des Subsahariens ? Le journaliste met en avant les subsahariens entrés irrégulièrement, mais l’évocation de ceux qui « tout bonnement » arrivent légalement par avion est suivie d’une déclaration des « services marocains de police » qui pointent « certains » qui « se font inscrire dans les écoles privées marocaines, qu’ils fréquentent pendant deux ou trois mois, avant d’aller se perdre dans la nature ». Nous en revenons à l’image du fraudeur. Pourtant, différentes nationalités de Subsahariens sont dispensées de visa pour se rendre au Maroc pour une durée de 3 mois et la plupart des visas délivrés sont d’une durée de trois mois. Pourquoi alors s’inscrire dans une école privée « pendant deux ou trois mois » ?

Par ailleurs, l’irrégularité administrative n’est à aucun moment rapportée aux difficultés à régulariser la situation administrative ; difficultés qui pourraient découler notamment d’entraves à l’obtention d’un contrat de travail, d’un contrat de bail ou d’une autorisation de mariage. De même, à aucun moment ne sont envisagés les critères et déterminants de l’obtention du visa ou les entraves à l’entrée pour ceux disposant de visa.

PETITS BOULOTS…

Sous cet intitulé, le journaliste parle des tentatives de passage vers l’Europe, des naufrages, des morts, et revient sur l’obligation des « immigrants subsahariens » de « survivre sur place ». Alors que l’intitulé de ce chapitre est « petits boulots », les seules « activités génératrices de revenus » évoquées sont la mendicité, la prostitution ou le trafic de drogue.

C’est dans la partie suivante qu’apparaissent d’autres « petits boulots » que pratiquent ceux que le journaliste appelle désormais « immigrés » : « masseurs dans des hammams publics, hommes de peine dans les cafés et les restaurants, porteurs dans les marchés ». Et pour « les plus chanceux », « postes de gardien dans des villas, voire de chauffeurs pour emmener les enfants à l’école ou accompagner madame faire ses emplettes ». Les « femmes africaines » quant à elles seraient recrutées comme femmes de ménage. L’utilisation des vocables « clandestin » ou « immigré » notamment, qui véhiculent des représentations différentes, interroge…

Si cette énumération peut sembler limitée, la question de l’emploi des Subsahariens est évoquée de nouveau, en lien avec l’apparition de comportements xénophobes, autour du chômage des jeunes Marocains et du travail « au noir » des Subsahariens. Comme illustration, le travail accepté au rabais par des Sénégalais. Le choix des Sénégalais est en soi d’un intérêt particulier, quand on sait que ceux-ci ont formellement accès au territoire marocain sans visa et au marché du travail sans avoir à fournir d’autorisation de travail, contrairement à tous les autres ressortissants subsahariens.

Dans la partie suivante intitulée « tour d’écrou », Abdelhak Najib évoque la situation d’un couple de Congolais qui travaillent « chez des gens » et dont le père congolais se dit inexpulsable parce qu’ayant eu des filles sur le territoire marocain qu’il qualifie de « marocaines ». Le journaliste ajoute : « le droit du sol prévaut dans ce type de situation ». Cette affirmation est fausse aussi bien en théorie qu’en pratique. Par contre, le journaliste ne parle à aucun moment des différents droits dont disposent formellement les étrangers au Maroc, selon les catégories auxquelles ils sont juridiquement rattachés, qu’ils soient en situation administrative régulière ou, dans une moindre mesure, lorsqu’ils sont en situation administrative irrégulière.

Mon souci n’est pas d’attaquer tel ou tel journal mais bien de revenir sur ces catégorisations, couramment usitées et dans d’autres écrits, tout en admettant que non seulement certaines données sont difficiles à obtenir, laissant place au fantasme et à l’interprétation, mais que la migration est une réalité, ou plutôt des réalités difficiles à appréhender. Elles drainent souvent des représentations ou « clichés » dont il est difficile de se défaire, en particulier pour la rédaction d’un article au nombre de caractères limités. A un moment où le Maroc attire effectivement des étrangers, du nord et du sud, et compte une forte communauté de Marocains résidents à l’étranger (Mre), les médias, à travers ces catégorisations, transmettent des représentations qui sont souvent perçues comme des définitions de situations ou des « faits ». Chacune de ces catégories d’ « étranger » et de Mre peuvent être distinguées en plusieurs sous-catégories sur lesquelles le contexte influe. L’usage de l’une ou l’autre de ces catégories est révélateur tant de la manière dont ces réalités sont perçues que du manque de clarté dans les perceptions que peuvent en avoir les différents acteurs, politiques et médiatiques en particulier. « Produit du réel social, les représentations sont également productrices du réel social »[10] et il semble donc important de les analyser …

NOTES

[1] Disponible sur http://www.maroc-hebdo.press.ma/index.php/component/content/article/21-accueil/5228-le-peril-noir
[2] Ou SOUDAN François, "Les Maghrébins sont-ils racistes", enquête dans Jeune Afrique l’Intelligent, n°2266, du 13 au 19 juin 2004, p42.
[3] Deux jours après la publication du dossier. Disponible sur : http://www.2m.ma/Infos/Info-Soir/2012/Novembre/Info-Soir-Dimanche-04-Novembre/(date)/20121104
[4] Selhami Mohamed, « Des mots et des regrets », Maroc Hebdo International, n°999, du 9 au 15 novembre 2012, p20-21
[5] Il utilise indifféremment les notions de « refoulement », de « reconduite à la frontière » et « d’expulsion » qui ne renvoient pourtant pas aux mêmes qualifications et procédures juridiques ou pratiques.
[6] « La même semaine, la police marocaine a arrêté une Subsaharienne pour trafic de drogue »/ « on a de nombreux cas de ressortissants africains qui rentrent chez eux avec de la drogue » (agent de la police des frontières) / « de plus en plus d’africains se recyclent en dealers. D’abord, ils écoulent la drogue dans leur communauté. Ensuite, ils arrosent les Marocains, selon des procédés bien rodés » (officier de la brigade des stups de Casablanca).
[7] FRONTEX, FRAN Quarterly, Issue 4, October–December 2011, p20 - http://www.frontex.europa.eu/assets/Publications/Risk_Analysis/FRAN_Q4_2011.pdf
[8] Source : Brahim Habriche, « Le ministère de l'emploi a validé 4602 contrats d'étrangers au premier semestre, La Vie Economique, 27-09-2010 », sur http://www.lavieeco.com/la-vie-eco-carrieres/17628-le-ministere-de-l-emploi-a-valide-4602-contrats-d-etrangers-au-premier-semestre.html
[9]Voir notamment Jaouad Mdidech, « 15 000 étudiants africains font leurs études supérieures au Maroc », La Vie économique, 26-04-2011, sur http://www.lavieeco.com/news/societe/15-000-etudiants-africains-font-leurs-etudes-superieures-au-maroc-19315.html
[10] DUPRET Baudouin, Au nom de quel droit, Paris, Maison des sciences de l'homme, coll. Droit et Société, 2000, p18



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** Nadia Khrouz, doctorante au Centre Jacques Berqué pour les études en Sciences humaines et sociales au Maroc (www.cjb.ma)


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Le modèle des guerres de capture pour comprendre la militarisation de la question migratoire

Captures (1)

Marc Bernardot

2013-01-15

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Depuis quelques décennies, le contrôle des frontières et de l’accès à la citoyenneté a été considérablement renforcé en Europe et ailleurs. Alors même que se poursuit et s’accélère un puissant processus de globalisation, les mobilités humaines sont pour partie entravées. Cet ouvrage (1) propose d’interpréter, à la lumière des anciennes guerres de capture d’esclaves, les dispositifs antimigratoires et d’analyser l’émergence de la figure du « sans-papiers » ou du « clandestin » qui n’est en fait qu’un étranger privé de ses droits. Ce modèle permet de résoudre la double contradiction apparente, d’une part entre les besoins avérés de main-d’œuvre des pays occidentaux et ces politiques et, d’autre part, entre les fondements humanistes des démocraties et le recours à l’internement et à l’expulsion de civils.

Depuis quelques décennies, les pratiques étatiques de contrôle des frontières se sont considérablement renforcées. Alors même que se poursuit et s’accélère un puissant processus de globalisation qui se traduit entre autres par un déplacement continu de capitaux, de marchandises et d’informations, les mobilités humaines sont pour partie entravées. Si l’hypermobilité des élites mondiales est facilitée, valorisée et favorisée, les circulations migratoires des populations exposées aux forces du marché, de la nature et des armes sont rendues plus ardues par des dispositifs de sélection et de répulsion.

Le contrôle des circulations est dorénavant matière au développement d’une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et internationale. 
Partout ont été érigés des murs, des check points et des camps surveillés par des patrouilles et des technologies de détection. Partout se sont libérés puis amplifiés les propos hostiles aux populations migrantes venant des pays des « Suds » ou des pays pauvres et aussi aux citoyens des pays des Nords perçus comme déviants ou menaçants parce que désignés comme étrangers.

Les conditions d’accès au droit au séjour, au regroupement familial et à la citoyenneté ont été systématiquement durcies. Des discours n’ont cessé de mettre en scène un inéluctable affrontement de l’Ouest contre l’Orient et le Sud, entre la chrétienté et l’islam, entre la civilisation et la barbarie, entre la richesse et la pauvreté. 
Certes les représentations raciales largement partagées et diffusées par les élites occidentales depuis le XIXe siècle ont été, un temps, mises en sommeil après la seconde guerre mondiale.

Les politiques publiques de « Welfare », en matière d’enseignement, de santé ou de logement ont pu bénéficier ici et là aux migrants anciennement installés ou déplacés. Mais cette relative ouverture a fait long feu. Dès les années 1960, en Europe et ailleurs, des théoriciens militaires ou policiers et des intellectuels de l’extrême droite raciste ont réintroduit l’idée d’une menace d’invasion des pays riches et blancs par les populations venues du Sud. 


Depuis quelques années, les idées et représentations anciennes, réaménagées au prix de quelques adaptations conceptuelles et de glissements lexicaux, ont repris une place centrale dans les débats occidentaux. L’influence des pensées xénophobes, racistes et différentialistes est flagrante à l’heure actuelle tant au plan politique qu’au niveau culturel dans de nombreux pays européens, ainsi qu’aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Japon. 
Cette nouvelle idéologie raciste s’articule selon les moments et les lieux avec des courants de pensée variés. Elle peut se détecter dans les discours de défense de l’environnement, dans les sciences du comportement, dans les expertises de la vulnérabilité.

En tant que schéma narratif principalement structuré autour du risque d’invasion, de contamination et de subversion migratoires, elle est utilisée indifféremment pour la défense de la chrétienté ou de la laïcité en Europe, des valeurs traditionnelles du Japon ou des caractères ethniques essentiels de l’Australie et de l’Amérique blanches. 
Toute une série de conflits locaux, comme l’affrontement entre Israël et Palestine, les guerres en ex-Yougoslavie et en Irak, ou les mouvements démocratiques du Maghreb sont l’occasion de leur donner une matérialité. N’importe quel fait divers constitué en délit ou en transgression, le port d’un vêtement, une pratique alimentaire, l’arrivée d’un boat people sur une côte, la composition d’une équipe sportive, peut aussi faire l’affaire.

Les débats sur les actes terroristes, les épidémies, le réchauffement climatique au niveau global ou sur l’identité nationale, l’insécurité ou les dépenses sociales à l’échelle locale sont autant d’opportunités de brandir les problèmes que représenteraient les migrants anciens, présents ou futurs pour les sociétés d’accueil. 
Ici, ces idées sont portées par des groupes conservateurs et là, par des partis libéraux ou progressistes, comme le montre le programme du Labour britannique de 2010, associant explicitement criminalité et étrangers. Car, depuis les années 1980, ces débats et les mots qui y sont associés ne sont plus l’apanage des seuls partis d’extrême droite ou nationalistes de plus en plus présents dans les représentations parlementaires. La plupart des partis dits de gouvernement ont au minimum intégré ces représentations qui font de l’étranger un problème. Au pire, ils les ont fondues dans leurs programmes d’action.

Ce renouveau de la pensée et des politiques racistes, même si l’on parle à leur sujet de « racisme sans race », pose une question centrale à des sociétés qui se présentent comme « ouvertes », par opposition aux modèles autoritaires et totalitaires, et dont une part importante des résidents sont soit étrangers soit d’origine étrangère ou post-coloniale. En effet, la plupart des sociétés occidentales sont dorénavant multiculturelles au moins dans les grandes agglomérations. 
Ces transformations de grande ampleur s’articulent avec d’autres tendances liées à mutation de la souveraineté des États, à la prégnance du phénomène urbain, à la dérégulation des marchés économiques et aux révolutions scientifiques notamment en matière génétique et informatique. Elles s’accompagnent d’un changement du traitement politique des migrations et des étrangers. En effet les dispositifs de lutte contre les migrations, dont les bases actuelles ont été jetées par les administrations dès les décolonisations, mais qui n’étaient jusque dans les années 1980 que partiels, intermittents et peu structurés, se sont partout, aux échelles nationales comme continentales, mués en politiques systématiques de protection des frontières et des sociétés dites d’accueil. 


Les pays occidentaux se sont dotés de législations permettant le développement de réseaux de surveillance des étrangers. Des forces militaires et policières, publiques et privées, sont associées pour le contrôle des frontières terrestres, maritimes et aériennes présentées comme permettant de lutter contre des menaces combinées des terrorismes, des criminalités organisées, des pandémies et des migrations.

Le monde occidental dispose maintenant d’un authentique système internemental à grande échelle qui fonctionne en lien avec d’une part des moyens de détection et d’arrestation des étrangers et des migrants rendus illégaux par des changements légaux et d’autre part avec des solutions de déportation de ceux-ci pour les renvoyer hors des frontières. Cet ensemble de camps qui concerne principalement des étrangers, mais pas seulement, prend des formes extrêmement variées, allant des plus rudimentaires aux plus sophistiquées.


En renouvelant et étendant des pratiques anciennes de l’internement et de la traque policière, les politiques actuelles de chasse, de rétention et de déportation des étrangers ont des conséquences considérables sur les sociétés des pays d’arrivée, de départ et aussi de ceux qui sont traversés. Dans les pays d’arrivée, elles visent à la fois à rassurer les sociétés civiles blanches face à une menace artificiellement constituée par les autorités dans une logique de peur et à réamorcer les principes ethniques refondant historiquement les romans nationaux élaborés par les États nations.

Cela concourt à renforcer progressivement des frontières raciales qui parcourent déjà les corps sociaux en prolongeant les lignes de discrimination à l’œuvre dans les différents domaines de l’exercice de la citoyenneté, de l’accès à l’emploi, à l’éducation et au logement à l’encontre de groupe présentés, plus ou moins explicitement, comme étrangers ou suspects – migrants, nationaux postcoloniaux ou d’origine étrangère, binationaux, autochtones infériorisés, groupes parias…
Les appareils militaro-policiers administratifs et privés qui conduisent ces politiques interviennent non seulement pour empêcher le franchissement des frontières par des migrants mais aussi pour traquer, arrêter et expulser des étrangers installés de longue date, illégalisés par des restrictions du droit au séjour.

Les nationaux eux-mêmes peuvent être la cible de ces logiques de suspicion, à l’occasion d’un renouvellement de documents d’identité par exemple, ou d’un contrôle policier sur des bases ethniques ou religieuses. De manière générale, les politiques anti-étrangers constituent des laboratoires de dispositifs de contrôle des sociétés civiles dans leur ensemble.


Dans les sociétés des pays de départ, les conséquences sont lourdes également. Les difficultés rencontrées pour les déplacements transnationaux compliquent les relations familiales et éducatives, culturelles et économiques alors même que les distances se sont contractées du fait du développement rapide des technologies de l’information, des transports et de la globalisation culturelle. Le coût humain des migrations s’accroît sans cesse en raison des risques encourus lors du franchissement des frontières et de la dégradation des conditions de vie des migrants, des exilés et des réfugiés. 
Les ensembles continentaux occidentaux se sont non seulement fortifiés mais ont de plus enrôlé les pays frontaliers d’abord et les pays de passage des migrations ensuite dans leur lutte contre ces circulations, quelle que soit la nature des régimes politiques en place. Cette « externalisation » a un impact sur les sociétés civiles concernées qui voient se développer simultanément une xénophobie institutionnelle, l’importation des technologies juridiques et policières de contrôle et de surveillance les plus perfectionnées, et la transplantation d’expulsés traumatisés par la guerre qui leur est faite.

Cette transformation des relations des pays occidentaux avec les migrants en particulier et plus largement avec ceux qui sont perçus comme étrangers est d’autant plus paradoxale que, du point de vue du paradigme utilitariste dominant en Occident, ils sont indispensables au fonctionnement actuel et futur des économies avancées. Il est avéré que les migrations depuis les années 1950 ont permis de réaliser des gains de productivité. Il a été maintes fois démontré que le « système de la noria », déterminant dans les migrations transnationales, y compris après l’annonce de la fermeture des frontières en Europe dans les années 1970, était très bénéfique aux sociétés d’accueil n’ayant pas à prendre en charge les coûts de formation et d’entretien des migrants hors de leur période d’activité économique. Elles profitaient de surcroît de la manne financière constituée par les migrants pour le compte des sociétés de départ sous forme d’achat de biens de consommation et d’entretien des États locaux inféodés. 
Dans la période actuelle, la plupart des travaux de prospective de l’Union européenne ou du Japon considèrent que les besoins de travailleurs migrants ne cesseront de s’accroître dans les prochaines décennies pour faire face au vieillissement démographique.

Ces besoins sont non seulement considérables en ce qui concerne les migrants travaillant légalement, mais aussi ceux qui sont illégalisés. Car, en Europe comme aux États-Unis, plusieurs secteurs d’activité dépendent pour une large part de l’emploi de « clandestins ». On peut citer rapidement l’agriculture, les travaux publics, l’industrie textile et du nettoyage, la restauration et les services aux personnes, y compris sexuels, pour les principaux domaines de ce capitalisme invisible. Soit les gains de productivité sont notables en raison des faibles coûts de cette main-d’œuvre dépendante, soit ces activités ne peuvent être externalisées pour des raisons pratiques et sont alors « délocalisées sur place ».
 En outre, la radicalisation des politiques migratoires pose question du point de vue des valeurs humanistes et démocratiques prônées par les sociétés occidentales. De la même manière que la traite, l’esclavage et l’impérialisme colonial ont sérieusement remis en question les principes des Lumières, sans pour autant contrarier leur développement, comme l’a montré Eleni Varikas, la gestion actuelle des migrations interroge les fondements démocratiques des sociétés qui se présentent comme ouvertes et pacifiées.

Toute l’architecture morale, légale et constitutionnelle issue de l’après-seconde guerre mondiale est remise en cause par les politiques de restriction migratoire et leurs conséquences concrètes en matière de protection des droits humains, des libertés civiles et politiques dans les démocraties.
 Ces politiques restreignent toujours un peu plus la liberté d’aller et venir ou de vivre en famille, l’accueil des réfugiés et des exilés, l’assistance aux personnes en danger et les principes de justice rejetant l’arrestation arbitraire, l’internement administratif, l’expulsion de masse ou les discriminations et les ségrégations légales.

Alors que les pays occidentaux brandissent les Droits de l’homme à l’encontre de certains régimes autoritaires, et prétendent les faire appliquer y compris par la force armée du droit international, qu’ils conduisent des programmes humanitaires, certes souvent pour des raisons géostratégiques, et qu’ils réclament la libre circulation transparente des capitaux et des informations, ils ont développé et légalisé des politiques répressives jusque-là réservées aux circonstances de crise.


La supposée realpolitik des migrations qui vise à sélectionner les migrants utiles et à repousser ou chasser ceux qui ne le sont pas ou plus, a notamment pour conséquence d’avoir installé l’arrestation et la détention administratives au centre du dispositif légal en temps de paix. Et non seulement les forces policières ou militaires sont incitées à se concentrer sur ces objectifs, et à y parvenir par tous les moyens, c’est l’ensemble des sociétés qui participe potentiellement à cette guerre civile au quotidien. Le fait d’être étranger ou de sembler l’être expose à la suspicion, à la discrimination et à l’arrestation. Les professionnels de santé, de l’éducation, des transports, de l’emploi et d’autres secteurs encore, sont sommés de détecter et de dénoncer de supposés illégaux et déviants. Des milices sont ici parties prenantes de ces chasses à l’étranger, par exemple en Italie, à Mayotte ou à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Là des sociétés privées prennent en charge la gestion de ce nouveau complexe carcéralo-industriel d’immigration.

LES GUERRES DE CAPTURE COMME METAPHORE : DE L’IROQUOISIE A L’OCCIDENT CONTEMPORAIN

La nouvelle gestion des étrangers en Occident s’opère dans un contexte inédit de remise en question de la souveraineté étatique par des structures et des relations de production marquées par la globalisation et la dérégulation. Pour comprendre cette transformation du rapport à l’étranger dans les sociétés occidentales et ses conséquences, pour en dépasser les paradoxes apparents entre changements démographiques et besoins de main-d’œuvre, entre raison humanitaire et politique répressive, je propose de m’inspirer du modèle anthropologique des guerres de capture.
 Les arrestations et les expulsions de masse d’étrangers illégalisés dans les pays occidentaux ont pris de telles proportions ces dernières années que l’on ne peut plus les considérer comme des politiques répressives conjoncturelles.

Elles s’apparentent désormais à un niveau global à ces guerres locales qui se sont déroulées principalement dans les confédérations iroquoises (nord-est du continent nord-américain) aux XVIe et XVVIIe siècles et dans l’ancien Dahomey (Bénin actuel) aux XVIIe et XVIIIe  siècles – ou encore en mer Rouge et sur la côte est-africaine jusqu’au XIXe siècle. 
L’ampleur actuelle des arrestations et l’importance économique de ces captures leur donnent désormais une place centrale dans la définition du rapport d’altérité entre majoritaires et minoritaires. Jadis, ces guerres de capture visaient à l’assujettissement d’êtres vivants et requéraient des méthodes spécifiques. Dans le cas des sociétés occidentales contemporaines, elles ne sont pas exclusives d’autres formes de conflits tels que la destruction de masse, l’urbicide, la prédation et le maintien de l’ordre néocolonial. En reprenant les termes de Dominique Colas, ces nouvelles guerres « exprime[nt] la vérité d’une politique dont le secret est dans le rôle des moyens de destruction comme modes de production » (p. 278).


Les guerres iroquoises étaient basées jusqu’au XVIIe siècle sur la captation des fourrures et des scalps, et les prisonniers étaient souvent sacrifiés. Elles ont pris ensuite une autre justification, moins symbolique et plus économique. Les pertes liées à ces conflits entre tribus nécessitèrent la capture d’un plus grand nombre d’hommes qui étaient soit adoptés soit asservis pour remplacer les guerriers morts. Les scalps, ancienne pratique autochtone, et les fourrures étaient devenus l’objet et l’enjeu d’une traite et d’échanges avec les Anglais, les Français et les Hollandais. Les Iroquois, une fois épuisées leurs ressources en castors, se sont mis à attaquer les territoires environnants pour marauder les convois de fourrures et s’adjoindre de nouvelles recrues. Ils purent, forts de ces richesses en peaux, négocier des armes avec les colons et ainsi accroître leur puissance, mais durent remplacer leurs guerriers morts par l’introduction massive de captifs de guerre dans leurs rangs.


La systématisation des razzias et l’enrôlement de toute la société iroquoise, y compris les captifs algonquins, comme chaînon d’un commerce global, provoquèrent une destructuration sociale, agissant sur les frontières entre le licite et l’illicite et la capacité du groupe à contrôler les formes de déviance. Outre la dimension guerrière et économique de cette guerre du castor et des conflits qui suivirent, l’affrontement et le traitement des prisonniers ont été l’occasion d’une opération de définition de soi (autoethnonymie) par opposition aux prisonniers subissant une dépersonnalisation soit par destruction rituelle soit par adoption. L’humanité de ceux qui n’appartenaient pas au groupe de base était niée et seuls les Iroquois étaient de « vrais hommes », alors même que l’apport démographique des capturés au groupe ne cessait de croître.


Dans l’ancien Dahomey, certains des éléments structurant les guerres de capture étaient similaires au cas iroquois. Le royaume, en contact avec la côte, négociait avec les Européens des esclaves capturés dans les aires voisines et des armes. Il fallut bientôt plus de soldats pour pouvoir capturer plus d’esclaves et plus d’esclaves pour reconstituer les troupes.

Pour Claude Meillassoux, ces guerres de capture établissaient un mode de production structuré autour de quatre pôles articulés : sociétés pourvoyeuses d’esclaves, sociétés aristocratiques pratiquant la guerre de capture, sociétés marchandes négociant les captifs et sociétés esclavagistes exploitant la main-d’œuvre. Pour qu’il y ait esclave il faut qu’il y ait capture. C’est celle-ci, selon l’anthropologue, qui justifie l’existence des États aristocratiques rendant possible la transformation des êtres humains en objets et qui établit le rapport d’altérité infériorisant l’esclave. Quel que soit son statut, qu’il soit esclave de peine ou esclave de cour, il doit subir un quadruple processus de désocialisation, de dépersonnalisation, de désexualisation et de décivilisation.

Pourquoi opérer une transposition du modèle des guerres de capture des sociétés traditionnelles soumises à ces bouleversements guerrier, colonial et marchand, aux sociétés contemporaines aux prises, elles aussi, avec des changements très rapides et de grande ampleur ? Parce que leur structure est homologue. Les guerres de capture contemporaines peuvent être décrites selon un même schéma. Les actuels modes de gestion des circulations migratoires consistent à prélever de la main-d’œuvre dans les zones périphériques, le durcissement concomitant des frontières et la déportation d’une fraction des migrants visant à les contrôler et à les insécuriser. 
Il peut paraître étrange de considérer que les expulsions de « sans-papiers » actuelles ont pour objectif non de chasser une partie des non-citoyens considérés comme des indésirables, mais au contraire de les retenir et d’en tirer profit.

Les faits et chiffres montrent pourtant qu’il s’agit bien de la réalité de ces politiques. Non seulement cette catégorie « d’étrangers illégaux » a été créée par des séries de lois restrictives depuis 1965 aux USA et les années 1970 en Europe, mais tant en Amérique du Nord qu’en Europe occidentale, les déportations de ces 20 dernières années n’ont pas eu d’impact sur le nombre d’étrangers dits « illégaux » (estimé actuellement à 11 millions pour les seuls USA). La plus grande partie des arrestations se soldent par des libérations – la Cimade considère pour la France qu’un tiers seulement des décisions de reconduites à la frontière sont effectives – et, parmi les déportés, les retours sont fréquents. C’est donc que, au-delà de leur dimension spectaculaire, ces dispositifs d’arrestation et d’expulsion ont permis la constitution de ce que Deepa Fernandez nomme un « complexe industriel d’immigration » devenu très lucratif et qui a tout intérêt au durcissement sans limite des politiques migratoires.


De plus, ces politiques ont été l’occasion de renforcer l’emprise économique et les pouvoirs d’élites oligarchiques, y compris sur les populations nationales locales. Des acteurs nationaux et transnationaux ont trouvé là l’occasion d’augmenter leurs gains de productivité par la dérégulation du travail et de conquérir de nouvelles parts de marché, notamment dans le secteur de la sécurité par la privatisation des fonctions régaliennes.

En effet cette conflictualité artificiellement entretenue donne lieu à une hybridation accélérée des acteurs, des techniques et des discours entre secteurs public et privé qui rend compatible la double logique, apparemment contradictoire, d’un renforcement des pouvoirs policiers et militaires et de leur transfert progressif aux entreprises du marché de la coercition. L’illégalisation d’une partie croissante des résidents des sociétés occidentales coïncide avec la capacité de ces politiques à conférer à ceux-ci une valeur d’usage inversement proportionnelle à la perte de leur légitimité, que ce soit dans les travaux de force, de soin ou de sexe.


La production culturelle, elle-même dominée de conserve par les politiques d’identité et de protection nationales et par les mêmes groupes industriels et de services, alimente des processus de panique civilisationnelle et participe à la redéfinition restrictive des contours de l’autochtonie. Les manières de représenter les minorités assurent une fonction décisive à la fois dans le contrôle et la détection de l’altérité, la trivialisation de son traitement violent et la socialisation des agents de la coercition. La culture des guerres de capture atteste de la perpétuation de modèles coloniaux et impériaux tant en matière de gouvernementalité et d’exploitation qu’en termes de rapports de classe, de « race », de genre et de rapport à l’espace.


On peut appréhender ces ensembles sociaux et politiques à partir du modèle triangulaire proposé par Dominique Colas, composé d’un mode de souveraineté oppressif, d’un mode de production prédateur et d’une manière pour ces sociétés de se définir elles-mêmes. Ce schéma structurel triangulaire est applicable terme à terme aux sociétés occidentales contemporaines.

Dans cet ouvrage (1), je conduis donc mon argumentation en trois temps. Une première partie aborde les transformations concomitantes des structures étatiques et de la gestion des étrangers. J’étudie tout d’abord comment la guerre aux migrants s’est institutionnalisée, notamment à travers la systématisation de l’emploi des techniques policières de l’internement et de la rafle (chapitre 1). Une des caractéristiques de ce processus d’institutionnalisation tient au fait que la gestion des questions relatives aux étrangers et aux migrants a été un enjeu déterminant pour le développement des structures policières au sein des ensembles étatiques et pour l’enrôlement des sociétés civiles dans ce conflit intérieur (chapitre 2). Les conséquences de cette conflictualité, notamment en termes d’usage de la violence à l’égard des civils, se font sentir d’une part sur la structure étatique elle-même et d’autre part sur le corps social dans son ensemble (chapitre 3).


La deuxième partie traite de la manière dont le système économique capitaliste a initié ce processus guerrier depuis une cinquantaine d’années. Je montre comment la privatisation des guerres de capture a permis à la fois la constitution d’une nouvelle industrie de la contention en profitant d’intérêts convergents avec les institutions répressives d’État et la remise en cause des souverainetés étatiques (chapitre 4).

L’autre enjeu pour les acteurs initiateurs de cette lutte globale porte sur la possibilité de constituer une nouvelle infanterie légère du capital, formée de travailleurs illégalisés et déportables et adaptée à la dérégulation des systèmes économiques (chapitre 5).

Ce nouveau prolétariat genré et globalisé est utilisé comme une armée de confort au profit des élites mondiales pour remplir les tâches exposées et dégradantes et servant à redéfinir les frontières intimes et sexuelles d’un nouvel ordre racial (chapitre 6).


La troisième partie s’intéresse à la dimension culturelle de ces guerres de capture. J’analyse d’abord la manière dont sont générées les représentations invasives et les figures de l’altérité qui justifient l’usage de la violence et le recours à l’exception à l’encontre des populations capturées ou dominées (chapitre 7).

J’observe ensuite les formes drastiques de limitation d’accès de ces minorités à la citoyenneté et à la parole publique, qui n’empêchent pourtant pas la captation des ressources culturelles de celles-ci, exploitables par l’industrie globale de l’entertainment (chapitre 8).

J’étudie enfin comment est diffusée la culture de la capture favorisant la tolérance à l’usage de la violence contre les capturés et mettant en valeur les attributs du chasseur blanc (chapitre 9). En conclusion, j’envisage différentes modalités de résistances et d’accès à de nouvelles formes de citoyenneté ouvertes et protectrices à la fois, susceptibles de contrecarrer cette guerre globale de quelques oligarchies contre le commun.

Notes
1) Marc Bernardot, Captures, Bellecombe-en-Bauges, éditions du Croquant (collection Kriticos), 2012


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** Marc Bernardot est professeur de sociologie à l’université du Havre. Il est membre du laboratoire CIRTAI et coanime l’équipe éditoriale du réseau Terra. Spécialiste de sociologie historique de l’État et de l’espace, il travaille actuellement sur les politiques antimigratoires. Il est l’auteur de deux ouvrages de référence sur les institutions de gestion des migrations en France, « Camps d’étrangers » et « Loger les immigrés. La Sonacotra 1956–2006 », publiés aux éditions du Croquant en 2008.

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Sénégal : L’État Providence

Pathé Mbodje

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/features/85965

En fonction de l’expert du moment, la pauvreté est présentée sous son aspect purement biologique ou physiologique, ou purement économique, avec une prédominance de la tendance économiste. Ces deux extrêmes simplistes passent sous silence la problématique d’exclusion du processus de développement et les inégalités sociales dont souffrent ceux qui sont compris dans les études. Devant la politique d’Etat providence qui se dessine au Sénégal, cette question est soulevée.

Macky Sall a inventé la… bourse familiale pour lutter contre la pauvreté au Sénégal et incidemment rendre la joie de vivre aux pères de famille. Ainsi, sur un échantillon à terme de 250.000 familles (sur les 777.931 chefs de ménage comprenant 20% de femmes - Enquête sénégalaise auprès des ménages, Esam 1991), cinquante mille familles ont été retenues pour recevoir 100 000 francs par an pendant 5 ans pour lutter contre la pauvreté au Sénégal. Ce raccourci vers une solution de la demande sociale repose sur le même postulat suranné visant à contenir l'explosion sociale, d'où le pessimisme de techniciens et scientifiques sénégalais en la matière (1).

Le Millenium Project des Nations unies, qui lui sert de substrat épistémologique, plus connu sous son appellation française d'Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) visait la même recherche de bonheur. Il a été adopté en septembre 2000 comme un engagement collectif de la communauté internationale en faveur du développement durable et de la réduction de moitié de la pauvreté en 15 ans (2015). Tout le monde reconnaît aujourd’hui que ces théoriciens de la richesse des nations avaient les yeux plus gros que la panse.

Les Omd n'innovent en rien, en effet ; bien au contraire, ils reprennent les thèses philosophiques éculées combattues depuis le milieu des années 1970 pour éviter l'invasion de la moitié nord de l'humanité par les ressortissants du sud et que l’immigration clandestine permet de vérifier partiellement.

Dans la réalité, en effet, l'analyse fine des propositions émises par les tenants de cette ligne estiment qu'il faut lutter contre la fertilité galopante dans le Tiers-monde : les principaux indicateurs portent plus, à la vérité, sur la taille de la famille et ses conséquences dans le secteur de la santé et de la nutrition qu'ils n'ouvrent de réelle perspective de lutte contre la pauvreté (2).

La bourse sociale, promesse électorale du candidat Macky Sall, repose sur une réalité autre quand le taux de pauvreté est en baisse réelle, malgré la reproduction induite et la féminisation des classes sociales pauvres. Les données officielles de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) renseignent en effet que le taux de pauvreté était en dessous des 50 % en 2011 (46,7%), ayant ainsi connu une baisse de plus d'un point et demi (48 % en 2005 qui représentait lui-même le plus fort taux depuis le début de l'alternance avec Wade, soit 55%).

La position du président de la République, rappelée dans son message à la Nation du 31 décembre, reposerait alors sur d'autres considérations puisque toutes les données scientifiques de ces vingt dernières années tendent à affirmer une diminution de la pauvreté en termes relatifs, malgré les apparences d'une demande sociale accrue et souvent fatale aux politiques (Abdou Diouf en 2000, Wade douze ans plus tard). La progression notée entre 2005 et 2011 explique peut-être le souci de Macky Sall d'intervenir, qui aurait cependant une portée plus morale avec l’approfondissement de la crise que physique avec une augmentation de la taille de la famille en baisse même chez les pauvres, dans un réflexe de survie et de réalisme économique vérifiable depuis Ricardo.

Transposées dans la réalité d'aujourd'hui, les données des années 2000 réactualisées révèlent en effet que la proportion de la population pauvre a baissé de 10,8 points de pourcentage entre 1994 et 2002 (Direction de la prévision et de la statistique : La pauvreté au Sénégal : de la dévaluation en 1994 à 2001-2002, janvier 2004). Ainsi, au plan national, "la part de la population en situation de pauvreté a diminué de 67,9 % en 1994-1995 à 57,1 % en 2001-2002", selon le document qui présente des estimations comparables de la pauvreté au Sénégal en utilisant les données des enquêtes sur les ménages (Esam I, 1994-1995 et Esam II, 2001-2002, section 1). De façon similaire, la part des ménages en pauvreté a diminué de 61,4 à 48,5 %, soit une baisse en termes relatifs de l’incidence de la pauvreté de 16 %. Les niveaux de pauvreté sont plus élevés en zones rurales qu’en zones urbaines et plus élevés dans les autres zones urbaines qu’à Dakar, rapporte la Direction de la prévision et de la statistique (Dps), sur la base des estimations qui montrent aussi que la pauvreté a diminué davantage en zones urbaines qu’en zones rurales. "Les autres mesures de la pauvreté (écart de la pauvreté et sévérité de la pauvreté) ont évolué dans le même sens que l’incidence de pauvreté", souligne le document qui relève par ailleurs une croissance du produit intérieur brut en moyenne annuelle de l’ordre de 5 % entre 1994 et 2002.

Pourtant sur la période, signale-t-on, "la croissance moyenne de l’activité du secteur primaire (4,8 %) où sont concentrées les activités rurales est similaire à celle du secondaire et du tertiaire (4,7 %) où sont concentrées les activités urbaines". "La croissance du secteur primaire n’a pas bénéficié aux ménages ruraux autant qu’on aurait pu l’espérer", conclut la Dps.

Le Millenium Project aboutit sensiblement aux mêmes conclusions sur la concentration de la pauvreté en milieu urbain et rural, sur la pauvreté et la taille de la famille (10 en moyenne, dans 25% des ménages les plus pauvres et 8 dans les ménages des riches) et sur l'accès aux soins de santé et à la couverture vaccinale. Prudent, il se promet de lutter contre la pauvreté ; non point tant comme on promettait jadis le plein emploi que par une avance en demi-teinte d'ici à 2015.

Le Millenium Project des Nations-Unies a vu le jour vingt ans après la Convention de Washington qui visait l'accélération de la privatisation du monde (3), dans la même logique de liquidation des États-nations avec les Programmes d'ajustement structurel des années 70 qui visaient le "Moins d'Etat pour mieux d'Etat" (4), pour aboutir à terme au Stateless Global Governance de Ziegler. Comment comprendre alors le retour de l’État providence à la Macky Sall lorsqu’on sait que les secteurs sociaux de la santé et de l’éducation, principalement, ont été passablement désarticulés avec le refus des institutions de Bretton Woods d’accepter tout investissement dans ces secteurs ? Surtout que ces secteurs sont ceux qui permettent de dépasser le sous-développement en armant à la vie et en assurant la vie.

Depuis plus de quinze ans, les théoriciens se sont mis d’accord sur un point : la pauvreté est un concept complexe, expression d’une réalité multidimensionnelle. L’absence d’une étude pluridisciplinaire sérieuse limite une vision d’ensemble cohérente. Ainsi, tour à tour, en fonction de l’expert du moment, la pauvreté est présentée sous son aspect purement biologique ou physiologique (moins de 2.400 calories nécessaires à un adulte), ou purement économique (moins d’un dollar/jour), avec, toutefois, une prédominance de la tendance économiste. Ces deux extrêmes simplistes passent sous silence la problématique d’exclusion du processus de développement et les inégalités sociales dont souffrent ceux qui sont compris dans les études.

Le forum africain pour le sommet mondial sur le développement durable, tenu à Dakar, les 12 et 13 mars 2001, et la rencontre avec les techniciens du ministère de l’Economie et des finances (Le Soleil n° 9268 des 21 et 22 avril 2001) renseignement que le Sénégal est revenu à son niveau économique de 1960. Le programme national de lutte contre la pauvreté, qui s’appuyait sur le Programme intérimaire du secteur agricole (Pisa), montrait déjà un écart entre l’importance des investissements et la faiblesse des performances du secteur. Une enquête sur les priorités (Esp) et sur les activités des ménages (Esam) fait apparaître que 30% des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté considéré comme la dépense nécessaire à l’acquisition de 2.400 calories/jour et par personne dans le ménage. En se basant sur cet indicateur, l’enquête concluait que 75% des ménages pauvres sont localisés en milieu rural et que 58% des ménages ruraux sont pauvres (R. Sénégal, ministère des Finances, Direction de la statistique, 1991).

Etudié sous l’angle de dépenses alimentaires, le seuil de pauvreté est évalué en 1992 à 3.324 francs Cfa par habitant et par mois, alors que, dans la réalité, cette dépense était située à 2 247 francs Cfa, soit 32% en deçà du minimum jugé vital pour la satisfaction des besoins en calories. C’était deux ans avant la dévaluation du franc Cfa intervenu en janvier 1994. L’analyse technique de la pauvreté invitait à des pratiques plus globalisantes en dépassant le cadre purement épidémiologique pour investir les aspects socio-anthropologiques, ethnographiques et politiques. Un volume de travail réduit dû à des conditions climatiques difficiles à cause de la rareté de l’eau a conduit à une migration intérieure et vers l’extérieur. Aujourd’hui, un Sénégalais sur cinq vit dans les villes, pour fuir une baisse de consommation et le recours à des produits de substitution moins riches. Ces migrants sans qualification vivent à la périphérie des villes et accélèrent le processus de bidonvilisation ; ils vivent d’expédients et sont réceptifs à la délinquance, au grand banditisme, au proxénétisme, à la prostitution, à la pédophilie, à la drogue, aux maladies (Vih, Mst, etc…)

Cette migration est favorisée par un régime foncier imprécis, perpétuellement réajusté (Cf. Le Soleil n° 9066 des 19 et 20 août 2000). Elle est observée au Sine, ancien bassin arachidier, et tout au nord du Sénégal, zones où le régime hydrique est préoccupant depuis le début du XXème siècle. La pauvreté a également eu pour conséquence une responsabilisation plus accrue des femmes qui ont marqué une présence plus prononcée sur la scène économique lorsque le chef de famille perd ce qui faisait la source principale de son autorité : l’argent. Ainsi, sur une population majoritairement féminine (4 millions 123 759 contre 3 millions 760 498 hommes), les 777 931 chefs de ménage comprennent désormais 20% de femmes (Esam, 1991). Les récentes données ne se signalent pas par le genre, malgré la lutte contre les inégalités basées sur le sexe et le succès du Sénégal dans le domaine de la parité (5 millions 746 837 pauvres, en 2005, contre 6 millions 367 733 en 2011).

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** Pathé Mbodje est journaliste, sociologue

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ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
1) EnQuête n° 468 du janvier 2013, page 10, n° 469 du 3, L'Observateur n° 2786 du 3 mars 2013, page 10
2) L'Observateur N° 217 du 09/06/04, Page 4.
3) Jean Ziegler : Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent, Fayard, 2002, pages 64-65.
4) Guy Roustang : Ramener le travail à sa juste valeur, in "Travail", Magazine de l'OIT, N° 14, Déc. 95) Arnaud Sales : Sociologie de l'économie, cours-année, Université de Montréal, Automne 81.


Agression du Congo-Kinshasa par le Rwanda : Une deuxième guerre régionale se prépare…

Jean Roger Mboyo Ey’ekula

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/features/85956

La énième agression du Congo-Kinshasa par le Rwanda va-t-elle, comme sous Laurent Désiré Kabila, déboucher sur une régionalisation du conflit ? A voir les soutiens des uns et des autres, mais aussi le double jeu de la communauté internationale, tout laisse présager que si le Rwanda, via son satellite le M 23, passait de nouveau à l’offensive, les alliés de ‘’Joseph Kabila’’, le Zimbabwe en tête, risquent d’entrer en danse. Malheur au peuple congolais, pris en étau, qui paie un lourd tribut d’une crise ‘’éternelle ?’’.

Les experts des Nations Unies ont été clairs dans leurs conclusions : le M 23 est une œuvre du Rwanda. Ceux qui ont préparé cette affaire sont des officiers rwandais dont les identités ont été citées sans détour et les premières recrues de ce supposé mouvement rebelle, qui cache mal une agression, sont des Rwandais et l’ont été sur le territoire rwandais. Par ailleurs, à l’étape de Goma, les mêmes experts sont revenus à la charge en mettant en exergue l’implication des renforts venus du Rwanda mais aussi de l’Ouganda. Mais la communauté internationale n’a pas été assez courageuse pour exiger le désengagement immédiat de ces deux pays du territoire congolais.

Une analyse objective des rapports desdits experts ne laisse augurer qu’une seule interprétation : comme en 1996, le Rwanda et l’Ouganda, auxiliaires des grandes puissances mues par une volonté de déstabilisation qui date de 1996 et dont l’administration Clinton est comptable, sont de nouveau en mission au Congo-Kinshasa. Mais pourquoi ? C’est un secret de polichinelle que, au-delà des velléités hégémoniques que l’on prête à Kagame - qui n’est d’ailleurs rien sans l’appui de l’administration américaine - les Etats Unis sont les véritables maîtres d’œuvre de cette entreprise de prédation que les statistiques horrifiantes - entre 6 et 8 millions de morts - ne font rien pour arrêter.

Si le retrait des troupes rwandaises de Goma a eu lieu, ce n’est pas par la volonté de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (Cirgl) qui a chapeauté la prise de langue entre pseudo-belligérants -M 23 et ‘’Joseph Kabila’’- mais, plus, par l’embarras que les rapports successifs des experts ont réussi à créer à l’Onu et aux Etats Unis où des Ong ont dû monter au créneau pour exiger à Obama de cesser tout appui au Rwanda pointé ouvertement du doigt par la Belgique, ancienne puissance colonisatrice du Congo-Kinshasa et du Rwanda. Mais, cette pause censée freiner Kigali dans sa volonté de matérialiser la balkanisation du voisin congolais, semble n’avoir servi à rien. Au contraire, la mi-temps a permis aux camps adverses de renforcer leur dispositif, rendant davantage précaire une situation déjà explosive.

Pendant que son excroissance, le M 23, négociait avec le gouvernement de Kinshasa à Kampala, Kigali a pris soin de s’installer énergiquement sur le territoire de son voisin. Des troupes, des armes et surtout des faux arguments pour faire passer l’agression de son voisin pour un conflit interne ont été renforcés. Jean Marie Runiga, ancien prêtre rwandais portant mal le profil d’un Congolais au sein de la communauté internationale, mais surtout chez les Congolais, Kigali a vite fait de recruter Roger Lumbala, un seigneur de guerre congolais sous la menace de la Cpi, pour en faire un porte-flambeau mieux vendable.

Du côté du régime de Kinshasa, on n’a pas non plus chômé. N’étant pas parvenu à créer l’unanimité des Congolais pour combattre les envahisseurs rwandais -rêve brisé de recouvrement de légitimité populaire- ‘’Joseph Kabila’’ s’est tourné vers les alliés naturels de son prédécesseur pour tenir. Les Zimbabwéens, les Tanzaniens et d’autres alliés tapis dans l’ombre ont donc été appelés à la rescousse. Mais, il s’est également attaché le service des affreux pour assurer ses arrières. Avec une seule logique dans la tête : garder un pouvoir plutôt mal acquis.

Dans ce contexte, les négociations que les uns et les autres prétendent mener ne servent qu’à une chose : gagner du temps. Gagner du temps pour surprendre et surtout déjouer les écueils qui sont nombreux pour un camp comme pour l’autre. Du conflit créé de toutes pièces par le Rwanda, on évolue vite vers une régionalisation d’une crise qui n’a rien de congolaise mais que l’on s’évertue à régler, quoiqu’il coûte, sur le territoire congolais. Mais sachant que les deux camps sont au service des mêmes maîtres, deux questions me viennent à l’esprit. Pourquoi les Américains, Susan Rice ne me démentira pas, ne prennent-ils pas le courage de matérialiser eux-mêmes leurs noirs desseins ? Faire souffrir des populations civiles en utilisant des hommes des mains qui s’embrouillent, mais pourquoi ?


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Commentaires & analyses

Sénégal : Après la politique, le Développement !

Cheikh Tidiane Dièye

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/comment/85957

En politique, les Sénégalais ont réussi là où de nombreux autres peuples ont échoué. En économie, ils échouent là où des peuples moins bien dotés réussissent. Ce statut peu enviable ne relève d’aucune fatalité. Comme le disent les économistes, les nations tirent leur richesse du travail, de la terre et du capital. Le problème, c’est plutôt la gestion de la richesse, son affectation efficace entre les secteurs économiques et sa répartition équitable entre les différentes couches de la population et entre les générations actuelles et futures.

2012 a été une grande année pour nous tous. Elle n'a pas été grande parce qu'elle aurait permis à certains d'entre nous d'accomplir quelque projet personnel important, quoiqu’il aurait été plus que légitime de poursuivre un tel but, mais bien parce qu'elle nous a vu porter et mener à bon port, ensemble et en tant que peuple, un projet collectif de transformation sociale et politique, initié des années plus tôt. Un tsunami a déferlé sur le Sénégal, emportant avec lui le clan Wade, ses clients et courtisans qui, pendant douze années, ont œuvré jour après jour à pervertir les mœurs politiques, affaisser la République, détourner l’économie de sa vocation et déstructurer les bases sociales du Sénégal. Ce tsunami politique et citoyen est né de la rencontre des rivières et torrents de frustrations et de colères, qui se sont agrégés pour donner des fleuves de volonté, d’engagement et d’énergie populaire savamment canalisés et organisés.

Aucun parti ou coalition de partis, aucune organisation de la société civile, mouvement religieux, syndicat, groupes hégémoniques ou autres, n'aurait pu réussir seul à relier les volontés les unes aux autres pour en faire le moteur de notre sursaut national. Nous avons pensé, agi et réussi ensemble, en dépit de nos différences et nos divergences. Tel a été notre génie. Le génie sénégalais. Mais quelle que fut la grandeur du défi que nous avons relevé, nous ne sommes qu'au commencement d'une nouvelle ère qui nous en imposera d'autres encore, plus complexes et plus grands. En politique, nous avons réussi là où de nombreux autres peuples ont échoué. En économie, nous échouons là où des peuples moins bien dotés que nous réussissent. Telle est la dialectique de la vie me direz-vous! Mais nous savons tous que la pauvreté de notre pays (près de 57% de la population) ne se justifie pas quand on sait tout ce que nous sommes en mesure de faire grâce à nos ressources humaines.

Après la politique, attaquons-nous tous ensemble à l'économique et au social. Je comprends bien que ces trois réalités ne sont pas détachables, car l'économique est un aspect de la politique et tous deux sont enchâssés dans le social, pour parler comme Polanyi. Parler de « l’après politique » n’est donc qu'une façon de parler et d'appeler tout le monde à l'action pour créer la richesse nécessaire à la satisfaction des besoins de nos populations, dont les plus saisissants sont l'emploi des jeunes, la santé, en particulier dans le monde rural, et l'éducation. Il y a un temps pour la politique, surtout lorsque celle-ci n’est le plus souvent qu’invectives, disputes stériles, sarcasmes et quolibets, plutôt qu’échanges structurés et productifs sur des projets de société, des stratégies de développement et des projets et programmes de création de richesses. Mais il y aussi un temps pour le travail, la production et le progrès. Le Sénégal est l’un des quarante huit pays les moins avancés du monde. Ce statut peu enviable ne relève d’aucune fatalité. Et nous devons avoir l’ambition commune de nous hisser sur la rampe de l’émergence dans les cinq prochaines années, avant de nous installer durablement dans l’ère du progrès économique et social irréversible.

Nous devons créer de la richesse. De plus en plus de richesses, en comptant avant tout sur nos ressources propres, notre force de travail et nos stratégies. Et croyez-moi, créer de la richesse dans un pays comme le Sénégal, ce n’est pas sorcier. Comme le disent les économistes, les nations tirent leur richesse du travail, de la terre et du capital. Nous aurons le capital si nous avons un leadership suffisamment crédible pour convaincre les sénégalais d’investir leur épargne dans la production. Nous avons aussi la terre, des milliers d’hectares de terres arables, de l’eau et du soleil. Et le travail, n’en parlons pas ! Des millions de jeunes qui ne demandent qu’à travailler.

Notre problème, c’est plutôt la gestion de notre richesse, son affectation efficace entre les secteurs économiques et sa répartition équitable entre les différentes couches de la population et entre les générations actuelles et futures. Si les dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ont une qualité, c’est bien celle d’être des champions du monde toute catégorie en matière d’enrichissement rapide, sans cause et illicite. Pour la plupart des acteurs publics, l’entrée en politique n’est qu’un moyen d’accéder à des ressources publiques et de les drainer durablement et massivement vers leurs clients politiques, leurs familles, les membres de leurs milieux et communautés d’adhésion ou d’appartenance. Des ressources qu’ils n’auraient jamais pu acquérir grâce à leur intelligence ou leur génie propre.

C'est pourquoi les initiatives en cours du gouvernement dans la traque des biens mal acquis et pour l'instauration de la culture du mérite, de la redevabilité et de la bonne gouvernance doivent être les grands chantiers de 2013. Le gouvernement doit agir sans faiblesse. L’heure de la vraie rupture a sonné. L'intégrité, la compétence et la responsabilité des dirigeants sont les piliers essentiels à la refondation d'une République. La bonne gouvernance est un impératif de développement. Et c'est pour ces principes que nous nous sommes tant battus en 2011 et 2012. Restons donc plus que jamais déterminés et mobilisés. Ne laissons plus jamais notre pays à quelques individus, jeunes ou vieux politiciens, pour qu'ils vivent dans l’opulence pendant que des malades meurent aux portes des hôpitaux faute de soins, que des femmes accouchent sur des charrettes sur les pistes cahoteuses de nos brousses ou que des enfants aillent à des écoles manquant de tout, avec le ventre vide.

Les acteurs politiques partisans, dont la plupart ne rêve d’ailleurs que de privilèges, sont certes des acteurs politiques importants, mais tous les citoyens sont aussi des acteurs politiques. Plus importants encore dans une République. Et cette dernière est un bijou trop précieux pour qu'on la laisse entre des mains inexpertes et immorales sans veille. Le combat citoyen ne fait que commencer, car nous avons un Futur à Construire.

En ce début d’année 2013, je convoite de Dieu qu'il nous donne la force, l'engagement et la conscience de toujours mettre notre pays au dessus de tout. Je convoite de Dieu qu'il nous aide et accompagne nos actions et nos œuvres pour bâtir un futur de prospérité et de paix pour notre peuple. Je convoite de Dieu qu'il nous protège tous et toutes et répande sa miséricorde sur nous et nos proches. Que 2013 soit une année encore meilleure pour chacun et chacune d'entre nous.

Pour l’avenir du Sénégal et de l’Afrique!



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** Cheikh Tidiane Dièye est Docteur en Etudes du développement


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Plaidoyers & campagnes

Code foncier et domanial au Bénin : 7 300 acquéreurs fonciers pour toutes les terres agricoles du Bénin

Agence Afrique Performance

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/85962

Des députés béninois sur le point d’arracher la terre aux petits producteurs et de tuer l’agriculture familiale. Les organisations de la société civile du Bénin lancent un cri d’alarme pour préserver les générations à venir des moments de grandes difficultés qui risquent de survenir.

Dans une lettre ouverte adressée l’Assemblée nationale et transmise à la presse vendredi 11 janvier 2013 à Cotonou, les organisations de la société civile du Bénin regroupées au sein de l’Alliance pour un code foncier et domanial consensuel et socialement juste dénoncent certaines dispositions du code foncier et domanial que les députés s’apprêtent à voter. Elles estiment que la dernière version du projet de code soumise au vote des députés par la Commission des lois est une aubaine juridique pour permettre à quelques 7 300 acquéreurs fonciers d’arracher l’ensemble des terres agricoles du Bénin au détriment de l’agriculture familiale et des millions de petits producteurs.

A en croire les Présidents de la Plateforme des acteurs de la société civile du Bénin (Pascib) et de la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (Pnoppa) du Bénin, Aurélien Atidégla et Léopold Lokossou, cette lettre ouverte est un dernier appel au Parlement béninois pour le vote d’un "code foncier et domanial consensuel et socialement juste et éviter aux Honorables députés de faire l’erreur historique de prendre un texte de loi qui arrache la terre à des millions de producteurs au profit de quelques 7300 acquéreurs fonciers".

Pour René Sègbénou de l’Ong Jinukun, certaines dispositions du projet de code méritent d’être revues pour sauvegarder l’agriculture familiale et garantir la souveraineté alimentaire, sur lesquelles se fondent la politique agricole commune de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Dans la lettre, l’Alliance remercie le Parlement d’avoir associée la société civile aux débats en cours sur le projet de code foncier et domanial soumis à son examen. Elle salue l’esprit d’ouverture, qui lui a permis de débattre avec les députés à plusieurs reprises sur des préoccupations concernant un certain nombre de dispositions du code foncier et domanial. Cette alliance coordonnée par Simon Bodéa de Synergie paysanne regroupe plusieurs plateformes et organisations faîtières de la société civile du Bénin.

Ci-dessous un extrait de la lettre

« Nous avons ainsi été honorés de recevoir quelques parlementaires dans un atelier que nous avons organisé les 25 et 26 septembre 2012 à Possotomè. Les 15, 16 et 17 novembre 2012, une délégation de l’Alliance a eu l’opportunité de partager avec toute la Représentation nationale, nos préoccupations à propos d’un certain nombre de dispositions du code foncier et domanial que nous trouvons préjudiciables aux populations rurales de notre pays, en particulier, les paysans petits producteurs. Enfin l’Alliance a été invitée à participer aux travaux en commission sur le projet de code foncier et domanial.

A toutes les occasions ci-dessus mentionnées, l’Alliance a pu en long et en large présenter ces appréhensions autour du code et proposer des amendements. Nous avons été heureux de constater que nous avons été entendus sur plusieurs points notamment, en ce qui concerne :

· l’article 5 de la version actuelle du projet de code foncier et domanial,
· l’article 14 sur l’accès des non nationaux à la terre au Bénin,
· certaines des dispositions sur e la mise en valeur des terres rurales.

Nous saluons la clairvoyance de la commission sur ces points. Mais il reste encore des avancées à faire, particulièrement sur les articles 360, 366, 368 et 397 du projet de code foncier et domanial.

Tout d’abord, l’article 360 met comme un lien nécessaire entre un projet de développement rural et l’acquisition d’une terre rurale, ce qui fait que le code donne l’impression de prescrire comme nécessaire d’acquérir en propriété 300 ha, 1 000 ha voire 2 000 ha et plus, lorsqu’on est porteur d’un projet de développement rural, alors que le code comporte d’autres dispositions efficaces pour sécuriser l’accès à la terres dans ces cas. Le rédacteur du code a sans doute perçu le problème, puisque vers la fin de l’article 360, il écrit : « En tout état de cause, aucune acquisition de terre ne peut excéder une superficie de mille (1.000) hectares ».

Honorables députés, le Programme de relance du secteur agricole du Bénin dans son état des lieux reconnait que notre pays ne dispose au total que de sept million trois cent mille hectares (7 300 000 ha) de terres agricoles. Si le code foncier et domanial permet à un seul individu d’acquérir en propriété mille hectares (1 000 ha), il faudrait seulement sept mille trois cents (7 300) individus, pour que toutes les terres agricoles du Bénin soient définitivement acquises en propriété privé.

Cette disposition compromet l’objectif premier du code qui est d’assurer à tout citoyen béninois, un accès libre et équitable à la terre. Elle compromet aussi le développement de notre pays, car si on laisse la chose en l’état, les paysans petits producteurs seront privés de terres d’ici quelques décennies. Cela met gravement en danger la souveraineté alimentaire de notre pays, pour ne pas dire tout simplement la souveraineté de l’état béninois. C’est pourquoi l’Alliance recommande de réécrire l’article 360 de la façon suivante :

« L’accès à une terre rurale de plus de deux hectares (2 ha) est conditionnée par l’autorisation du conseil communal après approbation par l’Agence nationale du domaine et du foncier, d’un projet de mise en valeur à des fins agricoles, halieutiques, pastorales, sociales, industrielles, artisanales ou de préservation de l’environnement conformément aux dispositions des articles 387 et suivants du présent code ou d’une manière générale liée à un projet d’intérêt général.

En tout état de cause, nul ne peut acquérir en propriété privée sur toute l’étendue du territoire national, ni séparément, ni cumulativement, plus de cinquante (50) hectares de terres rurales, qu’il soit Béninois ou de nationalité étrangère.

Les personnes morales béninoises ou étrangères, les associations ainsi que les groupements d’agriculteurs ne peuvent, en aucun cas, acquérir ni séparément ni cumulativement, et ce, sur toute l’étendue du territoire national, plus de cent (100) hectares de terres rurales ».

Concernant la jachère et le défaut de mise en valeur abordés dans les articles 366, 368 et 397, l’Alliance estime que cinq (5) années suffisent, au lieu de dix (10) comme prévu dans tous les cas par le projet de code. Par ailleurs, toutes les terres rurales, y compris celles appartenant à l’Etat, aux collectivités locales et aux privés, doivent être cédées pour usage, en cas de défaut de mise en valeur. Tout défaut de mise en valeur d’un fond de terre rurale devra être sanctionné par une amende de 50% de sa valeur actualisée.

Voilà, honorables députés, les préoccupations sur lesquelles l’Alliance pour un code consensuel et socialement juste, souhaite attirer votre attention. Voter le code en discussion à l’Assemblée nationale, sans prendre en considération les préoccupations ci-dessus mentionnées, c’est préparer un avenir de conflit, voire de guerre civile pour les générations à venir dans notre pays. Nous savons ce que cela a couté de malheur dans certaines parties du monde abritant des populations sans terre. Faites en sorte que votre législature soit attachée à un code qui aura évité à notre cher pays de sombrer dans des troubles sociaux préjudiciables au développement et à la paix.

Honorable députés, nous voudrions compter sur vous pour que notre pays soit doté d’un code foncier et domanial qui assure à la nation béninoise, la paix et la prospérité partagée. Si d’ici quelques jours, votre vote sort d’un tel schéma, l’histoire retiendra que votre législature aura préparé pour les générations à venir, des moments de grandes difficultés, où la paix, le développement durable et la prospérité seront menacées.

Enfin, tout en vous exprimant notre gratitude anticipée pour la considération que vous voudrez bien accorder à notre requête, l’Alliance vous prie, Honorables Députés, de croire à ses sentiments les meilleurs.


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Grève de la faim des Sans papiers du Csp 59 : Vals, le Ps et le sarkozisme de gauche

Comité des Sans Papiers 59

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/85961

La décadence en cours de la classe politique française, des élites médiatiques françaises et des patrons voyous et autres exilés fiscaux se reflètent dans la soumission à l’idéologie raciste, ultime recours pour diviser les travailleurs et le peuple de France dans sa diversité, au profit de la dictature des intérêts des actionnaires des grands groupes capitalistes.

La politique de ‘gauche’ en matière d’immigration n’est « ni angélique, ni laxiste », telle est l’enseigne brandie par M. Vals (Ndlr : Dominique Vals, ministre de l'Intérieur français). Ainsi le même, en tant que maire, fait parrainer une sans papier, écrit pour ce dernier une demande de régularisation au ministre de droite qui le lui refuse, puis une fois devenu ministre de l’intérieur le même Vals maintient la décision de son prédécesseur de l’Ump. Ainsi le mandat d’arrêt espagnol et d’extradition européenne de la militante basque Aurore Martin non réalisé par la droite est exécuté par Vals.

Ainsi Vals poursuit la honteuse politique de la droite de démantèlement des campements des Roms, ceux là mêmes qui furent jadis, comme les Juifs, les Slaves, les communistes, etc., génocidés par les Nazis dans les camps de la mort. Ainsi Vals expulse au 59e jour de leur grève de la faim, après avoir forcé la main au pouvoir judiciaire (le billet d’avion est pris avant la décision de la Cour d’appel alors que le juge des libertés les avait libéré en première instance), deux sans papiers Algériens ligotés, scotchés, bâillonnés dans un état de santé lamentable qui nécessite une hospitalisation en Algérie.

Ainsi Vals peut se permettre de tels forfaits inhumains au nom de la « fermeté » et, tenez vous bien, de « l’humanité », dans une omerta inacceptable d’une presse, d’un haut clergé, d’une gauche aux ordres ou bouche cousue.

Avant Vals, le sarkozisme incarné par une libération de la parole xénophobe au plus haut sommet de l’Etat par les ministres de la République Hortefeux, Besson, Copé, Guéant, lequel considère que « les civilisations ne se valent pas », a fini dans un délire raciste entre les deux tours de la présidentielle qui n’a servi qu’à donner sur un plateau plus de 6 millions d’électeurs à la candidate du parti fasciste le Fn.

Maintenant Vals, ministre de l’intérieur socialiste et « métèque » qui se doit de prouver qu’il est un « Français méritant plus français que ceux et celles de ‘souche’» lui-même s’engage dans le marais d’une pratique xénophobe à coups de répression, de subordination de la justice, de certains hospitaliers, de certains évêques, d’arbitraires administratifs, d’abus de pouvoir, et tout cela en reprenant la stratégie sarkoziste d’instrumentalisation du ministère de l’ìntérieur pour préparer la succession de Hollande.

En fait la tragédie qu’a été le tremblement de terre de Le Pen au second tour de la présidentielle dans « le pays berceau des Droits de l’homme » illustre la décadence en cours de la classe politique Française, des élites médiatiques françaises et des patrons voyous et autres exilés fiscaux responsables de ce qu’il faut bien appeler le déclin français dont le fondement et l’expression sont la soumission à l’idéologie raciste du Fn parce que ultime recours pour diviser les travailleurs et le peuple de France dans sa diversité culturelle, de couleur, d’origine, de religion au profit de la dictature des intérêts des actionnaires des grands groupes capitalistes.

C’est J. M. Le Pen lui-même qui mieux que quiconque décrit ce à quoi nous assistons depuis plusieurs décennies sous l’impulsion de la propagande fasciste raciste : « C’est ça la politique, peser sur son temps, sur les décisions du pouvoir, sur la pensée politique. Je pèse en m’exprimant, j’oblige toute la politique française à se droitiser et à se déterminer par rapport à moi. C’est démocratique parce que ce que je pense, c’est ce que pense le pays » (Le Monde du 21/11/84).

Voilà pourquoi Vals fait du sarkozisme de gauche, tout comme Sarkozy a fait du lepénisme de droite ! Voilà pourquoi le Csp59 demande :

- Le retour des deux sans papiers grévistes de la faim expulsés
- La réparation des effets du sarkozisme promesse de Hollande
- La régularisation des sans papiers grévistes de la faim
- Le respect du droit du Csp59 et de tous les Csp à défendre les dossiers en préfecture
- La motivation des décisions préfectorales et l’exercice du droit à la défense argumentée des dossiers sur la base de l’accord Delarue.
- L’abrogation de la loi xénophobe Ceseda et une loi qui empêche par la régularisation globale que les patrons n’utilisent les sans papiers pour déréglementer le marché du travail.

Le Csp59 souhaite à tous une bonne année de lutte pour des papiers pour tous


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Arts & livres

Global : «Comme un lion», ou le chemin de croix des footballeurs africains

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/books/85900

L'envers du décor de la planète foot : désillusion, arnaque des joueurs, argent, un esclavage des temps modernes. Le tout filmé par le réalisateur Samuel Collardey. Mi-fiction, mi-documentaire, « Comme un lion » est au plus proche de la réalité. Le réalisateur a tourné des séquences dans un vrai poste de la police aux frontières, dans un foyer africain de Montreuil ou encore dans le bureau d’un juge pour enfants du tribunal de Bobigny, en région parisienne

http://bit.ly/U3FVW4





Femmes & genre

Egypte : Harassmap, la meilleure arme contre les agresseurs sexuels

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/85937

Huit femmes sur 10 en Egypte ont déjà été victimes de harcèlement sexuel, relève une étude de l’association égyptienne de défense des droits des femmes (Egyptian Center for Women’s rights). Pour un éveil des consciences, le site internet Harassmap.org a été mis au point pour leur permettre d’identifier et de dénoncer leurs agresseurs. Pour lutter contre le phénomène qualifié de véritable «épidémie», les Egyptiennes se sont dotées de cette carte interactive leur permettant de localiser le lieu où elles ont été agressées. Depuis son lancement en 2010, le site a déjà recueilli plus de 800 témoignages.

http://bit.ly/X6eImd





Droits humains

Burundi : 800 prisonniers bénéficient la grâce présidentielle

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85942

Quelque 800 détenus viennent de bénéficier de mesures de libération conditionnelle au Burundi. La décision a été prise en vue d’alléger les peines à tout détenu qui a déjà purgé un quart de sa peine et qui s’est comporté exemplairement durant toute la période d’incarcération. Selon le ministre de la Justice, d’ici fin décembre 2012, avec les 800 détenus nouvellement libérés, près de 7000 prisonniers auront bénéficié de cette remise en liberté provisoire. Ces personnes relaxées sont priées de se présenter tous les débuts du mois devant les officiers de police judiciaire pour que ces derniers prennent connaissance de leur comportement dans les communautés qui les ont accueillies jusqu’à ce que leurs peines soient annulées définitivement.
http://bit.ly/VWoyIF


Ghana : Les handicapés mentaux jouissent enfin du droit de vote

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85897

Pour la première fois dans l'histoire du Ghana, les personnes handicapées mentales ont pu participer à la vie démocratique de leur nation. Ils ont ainsi pu voter lors de l'élection présidentielle de décembre 2012. Une loi passée par le parlement ghanéen, le Mental Health Act, leur a enfin permis de jouir du droit de vote et de participer à la vie politique et civile du pays. Certains gouvernements africains commencent à envisager des moyens d’intégration de leur population handicapée. Mais les initiatives sont encore peu nombreuses et manquent souvent d’audace.

http://bit.ly/WMPhni


Maroc : Le régime des retraites, une bombe à retardement

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85909

Le chef du gouvernement du Maroc, M. Abdelilah Benkirane, a tiré la sonnette d'alarme sur la situation préoccupante du régime de retraites au Maroc qui deviendra encore plus tendue lorsque le gros des actifs arrivera à l'âge de la retraite (60 ans).

En lançant une bombe à retardement à la séance mensuelle de politique générale, mercredi 9 janvier, à la Chambre des conseillers (2ème chambre du parlement marocain), le chef du gouvernement marocain a reconnu qu'une catastrophe guette les Caisses de retraite.

http://bit.ly/ULetLw


Mauritanie : La France doit-elle payer pour avoir pillé les richesses ?

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85947

Mahfouth Ould Mohamed Lemine député de l’Upr, parti de la majorité et Ebnou Ould Heimoudda député de Tawassoul, parti islamique ont fait le procès de la colonisation à l’Assemblée nationale en demandant des indemnisations à la France pour le pillage des richesses de la Mauritanie. Pour les observateurs cette revendication si légitime soit elle est un faux débat et ne fait qu’occulter davantage les véritables problèmes de la Mauritanie, d’abord sur les pillages de ses richesses à l’heure actuelle par un petit lobby local, ensuite sur la résurgence de l’esclavage et enfin sur les crimes impunis jusqu’ici contre les noirs de 1989 à 91 commis par le régime de Ould Taya.

http://bit.ly/Sz2dCk


Sénégal : Trois députés soupçonnés d’enrichissement illicite privés de leur immunité

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85894

Les députés Oumar Sarr, Ousmane Ngom et Abdoulaye Baldé vont devoir rendre des comptes à la justice. La Cour de répression de l’enrichissement illicite, l’Assemblée nationale a voté jeudi 10 janvier la levée de l’immunité parlementaire de ces députés du Pds (ex-parti au pouvoir). Une décision que ne cautionne pas le président du groupe parlementaire « libéral » Modou Diagne Fada. Il compte saisir leurs avocats dans le but de faire annuler la levée de l’immunité parlementaire des députés.

http://bit.ly/13n2VDy


Rwanda : Le calvaire des domestiques

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/rights/85906

Le mercredi 9 janvier 2013, l’Organisation internationale du travail (Oit) a publié un nouveau rapport sur la situation accablante des millions de travailleurs domestiques dans le monde, qui demeurent exclus de la protection dont jouissent les autres travailleurs. Dans un reportage réalisé par la Bbc au Rwanda pour voir la situation des domestiques, le constat est amer : de la violence physique, sous alimentation, abus psychologique, le non-paiement des salaires, aux licenciements abusifs, les domestiques au pays des milles collines sont soumis à tous les abus.

http://bit.ly/SwEfYn





Réfugiés & migration forcée

Mali : Les déplacés maliens se cherchent un nouveau chemin

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85899

Selon le Hcr, au moins 200 000 personnes sont déplacées, depuis le début du conflit dans le Nord-Mali. Des familles qui construisent une nouvelle vie à Bamako. Pour la première fois de sa vie, Béchir a découvert la capitale malienne. Avant ce mois d’avril, il n’avait jamais quitté Tombouctou. Désormais, il faut repartir à zéro dans la capitale, où la crise économique a mis un frein aux activités.

http://bit.ly/10psNkE


Rd Congo : Des réfugiés rentrent au Rwanda

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85907

Le Rwanda s'apprête à accueillir de nombreux réfugiés qui rentrent au bercail après plus de 18 ans passés dans les forêts de la Rd Congo. Une centaine de réfugiés rwandais ont traversé lundi 7 janvier le poste frontalier de Rusizi, proche de la ville de Bukavu du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. On estime à 50.000 le nombre de réfugiés rwandais éparpillés dans les forets de Rdc. Selon un responsable du ministère rwandais des Réfugiés, les camps de transit vont faciliter l’accueil de ces réfugiés. Ils y recevront quelques équipements de base avant d’être acheminés vers leurs villages.

http://bit.ly/13vNxG7


Soudan : 30 000 réfugiés et déplacés à cause des combats au Darfour

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/85908

Les hostilités entre le gouvernement soudanais et une multitude de groupes de rebelles sont en cours au Darfour depuis 2003 et mettent en péril la sécurité de la population civile, ce qui préoccupe la Mission conjointe de l’Union africaine et des Nations unies au Darfour déployée dans la région. Trente mille personnes ont abandonné leurs maisons dans les villes de Golo et de Guldo en deux semaines d’hostilités qui se poursuivent dans la région de Jebel Marra sans discontinuer depuis 24 décembre.

http://bit.ly/ULetLw





Elections & gouvernance

Algérie : Ahmed Ouyahia quitte le Rassemblement national démocratique

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85895

L’ex-Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, "a démissionné de sa fonction de secrétaire général" du Rassemblement national démocratique (RND-nationaliste), mais continuera à militer au sein de cette formation politique, a annoncé, jeudi 3 janvier, le porte-parole du parti. M. Ouyahia faisait face depuis plusieurs semaines à une contestation au sein de son parti. Plusieurs membres de la direction contestaient son leadership et réclamaient son départ.

http://bit.ly/XyDV9d


Algérie : Le FLN perd la majorité au Sénat

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85935

Le parti présidentiel en Algérie, le Front de libération nationale (Fln, nationaliste) a perdu la majorité au Conseil de la nation (Sénat, chambre haute du Parlement) à l'issue d'un scrutin samedi 29 décembre pour le renouvellement partiel de ses membres élus, selon des résultats officiels. Le Fln compte désormais 39 sièges des 144 sièges du Sénat contre 56 auparavant. Le Rnd devient la première force politique représentée au Sénat avec 44 membres sur 96 élus au suffrage indirect. Institué en 1996, le Sénat exerce avec l'Assemblée nationale le pouvoir législatif en Algérie et dispose d'un pouvoir de blocage de la procédure législative.

http://bit.ly/10uvvFz


Global : Le Rwanda accède au Conseil de Sécurité

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85944

Le Rwanda vient d'être élu au Conseil de Sécurité de l'Onu pour deux ans. Comment est-il possible qu'un pays dont l'Onu justement vient de dénoncer la responsabilité dans la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes, un pays accusé d'avoir pratiqué sur des milliers d'individus la torture, d'avoir pillé son voisin, d'avoir monté contre lui la pire des machineries liquidatrices, comment ce pays peut-il accéder au Conseil de Sécurité en tant que membre non permanent et partant influer sur une politique africaine dont il est grande partie responsable du désastre ?

http://bit.ly/VFXjTp


Tchad : L'opposition inquiète

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85910

Au Tchad, les députés ont adopté mercredi 9 janvier un projet de loi portant modification de la Constitution, très critiquée par l'opposition. La modification supprime l'inamovibilité des juges du siège et les incompatibilités de fonction du chef de l'Etat. Le projet de loi a été déposé par les députés du parti au pouvoir le Mouvement patriotique pour le salut, majoritaire à l'Assemblée nationale. Pour l'opposition, cela signifie que si le président de la République choisit effectivement d'avoir un rôle au sein d'un parti politique, en l'occurrence le Mps. il ne respecte plus son devoir de neutralité et rompt ainsi avec son rôle d'arbitre garant de l'unité nationale.

http://bit.ly/X8sZgn


Sénégal : L’ancien Pm démissionne de l’assemblée et vise la Présidence en 2017

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85920

Me Souleymane Ndiaye, l’ancien Premier ministre du gouvernement sous Wade s’est prononcé sur sa récente décision concernant sa carrière politique. Il a déclaré avoir mis un terme à son mandat de député «pour convenance personnelle», pour préciser : « Je ne cherche plus rien, sinon à remplacer le président Macky Sall ».

http://bit.ly/VaDoL1


Rd Congo : Le gouvernement veut renouer avec le FMI

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85926

La République Démocratique du Congo n’entend pas baisser les bras après la rupture du Fmi. Les autorités du pays ont lancé une campagne d’information et de diplomatie pour pousser l’institution financière à revoir sa position. Après un discours mémorable au sénat, une tribune dans un quotidien français et une visite à Paris, le Premier ministre s’est fixé comme objectif de démontrer la contre-productivité de la position du Fmi. Ses efforts du premier ministre congolais semblent avoir trouvé écho au sein des milieux politiques européens.

http://bit.ly/10uv91F


Tunisie : Mœurs, argent et politique créent le scandale

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/elections/85934

Les politiques n’aiment pas les médias en Tunisie et ces derniers le leur rendent bien. L’affaire du Sheratongate comme certains la surnomment, révèle des informations sur le train de vie compromettant du ministre des Affaires étrangères. L’auteur de l’enquête, la blogueuse Olfa Riahi, pointe du doigt la gestion de l’argent public. L’actuel débat autour du budget de la présidence, la polémique sur l’augmentation du salaire des députés, ou encore les récentes factures d’un ministre envoyés dans une ambassade à l’étranger, ces sujet montrent que l’utilisation des fonds publics dans la vie politique est désormais d’actualité en Tunisie.

http://bit.ly/ZWZTI9





Corruption

Bénin : Boni Yayi, capitaine d'un bateau à la dérive

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/85898

Décidément, le Bénin est devenu un terreau fertile à la corruption. Car, c’est dans ce pays que naissent des scandales de tout genre dont l’ampleur dépasse souvent l’entendement. En effet, après l’affaire ICC-services, du nom de cette vaste escroquerie qui avait éclaboussé le pays de Mathieu Kérékou (président de 1972 à 1990 et de 1996 à 2006), il est aujourd’hui question d’une gestion opaque des fonds débloqués au profit du projet de construction de l’Assemblée nationale. Plus de 14 milliards de francs Cfa (plus de 2 millions d'euros), dit-on, ont été engloutis dans les travaux pour des résultats jugés insuffisants. Toute chose qui, à juste titre, a mis les députés hors d’eux-mêmes au point qu’ils ont fini par demander des comptes au gouvernement.

http://bit.ly/UYx243


Gabon : Comment en finir avec la corruption

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/corruption/85933

Le Gabon a mis en place une commission contre l'enrichissement illicite. Rideau de fumée ou vraie prise de conscience des ravages de ce fléau ? En cherchant bien, on devrait trouver que les dirigeants de ces pays possèdent, eux aussi, quelques bien mal acquis en région parisienne. Mais sans doute sont-ils plus discrets et font-ils moins de tapage.

http://bit.ly/ZDbImU





Développement

Afrique : L'envol économique n'est qu'un leurre

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85896

Des taux de croissance élevés et l’augmentation de l’investissement étranger en Afrique laissent entendre au grand public que le continent serait en passe de devenir le prochain moteur économique mondial. Cette idée d’une «Afrique émergente» a surtout été mise en avant dans de récents articles en couverture des magazines Time et The Economist. Pourtant, ces deux publications font une analyse erronée des perspectives de développement économique de l’Afrique — et les raisons de leur erreur en disent beaucoup sur la manière problématique dont nous appréhendons le développement économique des pays, à l’ère de la mondialisation.

http://bit.ly/13iPbe9


Afrique : Quand le Bénin se trouve être la lanterne rouge

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85927

Selon un récent rapport de la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bceao) sur la croissance économique dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Bénin se porterait économiquement moins bien par rapport aux autres Etats de la sous-région. En effet, la plus grande instance bancaire de l’Uemoa prévoirait une croissance économique de 4,5% pour le Bénin à l’horizon 2013. Par rapport à celle des autres pays de l’Union, cette performance économique constituerait la plus faible. Une préoccupation majeure se pose, celle de savoir comment justifier la faiblesse de cette performance économique au Bénin.

http://bit.ly/TQVNPc


Burundi : Impossible d’atteindre les OMD d'ici 2015

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85905

Le Burundi ne pourra atteindre aucun des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d'ici 2015, malgré des avancées dans l'implantation du mécanisme "New Deal" (Nouvel Accord entre les pays donateurs et les pays bénéficiaires), a indiqué jeudi 10 janvier un officiel burundais. Le Burundi fait partie des 18 pays membres du "Groupe 7 +" (G7+ ) dénommés "Etats fragiles". Droits humains.

http://bit.ly/UkCuum


Cameroun : Le cacao menacé d'embargo à l'international

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85945

Le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (Cicc) a lancé une campagne de sensibilisation en direction des producteurs de cacao, sur les dangers de cette méthode qui consiste à sécher du cacao sur le bitume. Et pour cause : cette pratique a des incidences fâcheuses sur la santé humaine. Notamment parce que le goudron contient des substances cancérigènes. Et le Cameroun, dont le cacao a la réputation sur le marché international d’être séché dans de pires conditions, est en décote. Ce qui pourrait avoir des conséquences sur l’économie du pays, et plus précisément sur les producteurs qui vivent essentiellement de la culture du cacao.

http://bit.ly/102g1XY


Congo : Une pénurie de pièces francs Cfa qui inquiète

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85903

La population de Brazzaville fait face à une rareté des pièces de monnaie (5, 10, 25, 50, 100 FCfa) qui ne s'explique pas. Les autorités compétentes ne fournissent, de leur côté, aucune explication, laissant l'inquiétude gagner les esprits, alors que le phénomène semble se généraliser dans tout le pays. La situation est d'autant plus confuse que les autorités en charge de la monnaie ne veulent pas en expliquer les tenants et les aboutissants. La population ne sait plus à quel saint se vouer.

http://bit.ly/102dhtJ


Sénégal : Une aide de la Banque mondiale en vue

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85928

Le Sénégal va bénéficier d’un appui de 55 millions de dollars en provenance de la Banque mondiale. C’est dans le cadre du renforcement de son aide que l’institution financière vient d’approuver ce soutien budgétaire. A travers cette aide, la Banque mondiale espère encourager les pratiques de la bonne gouvernance dans le pays. Les secteurs d’activité qui bénéficieront en priorité de cette aide sont l’éducation, la santé et l’énergie. La somme allouée représente la première partie des trois appuis budgétaires prévus par la BM pour le Sénégal.

http://bit.ly/UkDHSC


Soudan : Le président double le salaire minimum malgré la crise

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/development/85936

Dès le 1er janvier 2013, le salaire minimum sera doublé au Soudan, a ordonné dimanche le président Omar el-Béchir. Il souhaite ainsi faire face à la flambée des prix qui frappe le pays depuis qu’il a fait scission avec le Soudan du Sud et faire taire la grogne à son encontre. En juin, juillet et août, des milliers de Soudanais, dont des étudiants, sont descendus dans les rues de Khartoum pour protester contre la vie et les mesures d’austérité qu’il a prises, dont la hausse des prix des denrées alimentaires et la hausse de 50% du prix du carburant. L’économie soudanaise est très mal au point depuis que le Soudan du Sud a pris son indépendance, le 9 juillet 2011. Le pays a perdu trois quart de ses revenus pétroliers.

http://bit.ly/W4atqk





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Les enseignements tirés du choléra

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/85924

L’épidémie de choléra qui a frappé la Guinée et la Sierra Leone en 2012 est en régression. Que faut-il faire maintenant ? Commencer à se préparer… à affronter le choléra. « La propagation du choléra est favorisée par la désorganisation », a déclaré un spécialiste de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (Wash). Les données récoltées en Afrique de l’Ouest au cours de la dernière décennie montrent qu’un pays ne peut présenter que peu voire aucun cas de choléra pendant plusieurs années, puis être frappé par des centaines de cas

http://bit.ly/WkinL9


Burundi : Vers un centre de santé en faveur des albinos

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/85943

L'Association des femmes albinos espoir (Afae) a initié un projet de création d'un centre de santé en faveur des albinos en collaboration avec Handicap International. L'Afae s'est fixée pour objectif d'apporter son soutien et contribuer à promouvoir le développement et l'intégration de la fille et de la femme albinos dans la société burundaise. Elle compte réunir toutes les filles et femmes albinos et leurs familles autour d'un idéal selon lequel les femmes albinos font partie intégrante de la société malgré la marginalisation qu'elles subissent au quotidien.

http://bit.ly/V671jq


Maroc : Les chiens dangereux deviennent hors-la-loi

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/85938

La première loi régissant «la protection des personnes contre les dangers des chiens», vient d’être adoptée par une commission de la chambre des Représentants au Maroc. Les propriétaires de pitbull, rottweiler, staff ou autres chiens dangereux risquent désormais jusqu'à cinq ans de prison, ainsi qu'une amende pouvant aller jusqu'à 50 000 dirhams (4.500 euros). Avec plus de 50.000 cas de morsure signalés chaque année, la rage canine fait de plus en plus de morts.

http://bit.ly/10YIRbU





Éducation

Egypte : L'éducation, le parent pauvre de l'Egypte

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/education/85932

Les élèves des écoles gouvernementales égyptiennes attendent toujours leur révolution. L'avenir du pays est en jeu. Des semaines et des semaines de débats, de violents accrochages et une Constitution adoptée sans que le mot éducation n’apparaisse une seule fois. Si ce n’est pour rappeler une fois de trop l’ignorance et la crédulité des Egyptiens. Or, la déliquescence des services publics comme celui de l’éducation est un défi pour l’Egypte post-Moubarak. Selon l'Unicef, 95,4% de la population âgée entre six et 18 ans est inscrite à l'école. Malgré cela, l'agence onusienne observe que «la qualité de l'enseignement reste un défi majeur qui entrave la capacité des enfants à développer leur plein potentiel».

http://bit.ly/WITiM0





LGBTI

Nigeria : Le club gay de Lagos ne voit pas l'avenir en rose

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/lgbti/85931

A Lagos, un club underground permet à la communauté homosexuelle de se retrouver et d'échapper le temps d'une soirée aux stigmatisations. Il est menacé par un député nigérian qui s’apprête à examiner une loi interdisant le mariage entre personnes du même sexe au Nigeria. Le texte a déjà été adopté par le Sénat en novembre 2011 et est étudié par la Chambre des représentants. La loi condamnerait les participants à une union homosexuelle à des peines allant jusqu’à 14 ans de prison

http://bit.ly/Y5LFn5





Racisme & xénophobie

Libye : La minorité chrétienne sous le choc après l'attaque contre une église

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/racism/85917

Des dizaines de personnes ont assisté lundi 7 janvier aux funérailles de l'un des deux Egyptiens coptes tués dans une attaque contre une église de l'est de la Libye, où la petite communauté chrétienne a dit craindre une montée de l'extrémisme sectaire dans ce pays. Les chrétiens, toutes confessions confondues, représentaient moins de 3% des 6,3 millions d'habitants à grande majorité musulmans en Libye avant la révolution qui a provoqué la chute et la mort de l'ex-dirigeant Mouammar Kadhafi en octobre 2011. La plupart d'entre eux sont étrangers, dont une grande partie venus d'Egypte, où les Coptes sont la plus importante minorité religieuse.

http://bit.ly/WGSsNC





Environnement

Global : L'interdiction des sacs en plastique se mondialise

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/environment/85918

Bouc émissaire ou calamité environnementale ? Trois décennies auront suffi à faire du sac plastique, merveille technologique capable de supporter une charge deux mille fois supérieure à son poids, le symbole des inconséquences et de l'empreinte écologique de nos modes de consommation. Pour tenter d'enrayer ce fléau qui pollue les paysages et les océans, la Mauritanie et le Mali, après d'autres, ont interdit, le 1er janvier, les sacs en plastique. Les mesures d'interdiction ou de taxation des sacs de caisse – ou sacs à usage unique – se multiplient à travers le monde. La production de sacs en plastique dans le monde a atteint entre 500 et 1 000 milliards d'unités au début des années 2000.

http://bit.ly/TNtHkq





Média & liberté d'expression

Burundi : Une pétition pour soutenir Hassan Ruvakuki

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/media/85904

Trois jours après son lancement, la pétition exigeant la libération du journaliste burundais Hassan Ruvakuki a déjà recueilli 1248 signatures la semaine denière. Correspondant du service en swahili de Radio France Internationale (RFI) et journaliste de la radio Bonesha FM, Ruvakuki a été condamné en appel, le 8 janvier 2013, à trois ans de prison ferme pour "participation à une association formée dans le but d'attenter aux personnes et propriétés".

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Egypte : Un humoriste sous le coup d'une enquête judiciaire

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/media/85921

Le procureur général d’Egypte a décidé d’ouvrir une enquête contre le célèbre humoriste égyptien Bassem Youssef. Un avocat islamiste avait déposé une plainte accusant celui-ci d’outrage au président Morsi à travers son émission hebdomadaire satirique sur une chaîne égyptienne. Une émission intitulée « Al Bernamég » et qui bat tous les records d’audimat. De nombreux artistes, intellectuels et journalistes ont annoncé leur soutien à Bassem Youssef qui, pour sa part, a décidé de continuer comme si de rien n’était.

http://bit.ly/Sz0axS


Guinée : Le président Alpha Condé humilie les journalistes de la RTG

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/media/85946

C’est lors d’une cérémonie de présentation des vœux pour la nouvelle année, le chef de l’Etat guinéen a fait le constat de la médiocrité des journalistes de la Rgt. « Quand je regarde la télévision guinéenne, après les informations je ferme parce que ce n’est pas une télévision », a-t-il déclaré. Et de supplier : «Il faut que la télévision soit là pour l’ensemble du pays (…) La télévision doit être au service du développement du peuple de Guinée c’est-à-dire au service des forces vives. »

http://bit.ly/Sz1YHn


Tunisie : Le patron d'Ettounsiya TV reste en prison

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/media/85940

La justice tunisienne a décidé jeudi 3 janvier de maintenir en détention le patron de la chaîne privée Ettounsiya TV, Sami Fehri, et émis des mandats de dépôt à l'encontre de cinq anciens Pdg de la chaîne de télévision publique. Incarcéré en août dernier, M. Fehri est inculpé de complicité de détournement de fonds publics dans le cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Ben Ali, et au sujet de laquelle le gouvernement islamiste est accusé de pressions sur les médias. Il risque 10 ans de prison pour "préjudices financiers causés à la télévision publique" au profit de sa société de production.

http://bit.ly/WGSuVC





Conflits & urgences

Afrique : Le conflit malien fait courir des risques majeurs à toute une région

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85963

Le conflit au Mali, où la France est intervenue et où des troupes africaines sont attendues dans les jours à venir, pourrait avoir des conséquences majeures pour une partie du continent, entre représailles islamistes et risques de crise humanitaire. Les pays ouest-africains sont conscients que, faute d’action, les extrémistes pourraient étendre leur champs d’action et causer encore plus de ravages dans la région. Mais ils savent aussi que l’intervention militaire les expose à des dangers nouveaux. Certains des pays qui participeront à la force africaine de 3.300 hommes censée aider le Mali à combattre les islamistes qui occupent le nord de son territoire pourraient faire face à des représailles d’extrémistes sur leur propre sol, selon les experts.

http://oran.ge/Y7kmsy


Afrique : Le Congo envoie 120 soldats en Centrafrique

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85915

Le Congo a annoncé lundi 7 février avoir envoyé 120 militaires à Bangui, la capitale centrafricaine, menacé par un groupe rebelle. Cette compagnie agira dans le cadre du mandat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale. Elle est envoyée à la demande du président tchadien Idriss Déby, également président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale. Cette Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), mise en place en 2008, avait pour mission d'aider à consolider la paix dans le pays miné par des années de guerres civiles et de nombreuses rébellions.

http://bit.ly/WGSsNw


Afrique : Les monarchies dans le collimateur des révolutions

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85923

Les transitions démocratiques en Tunisie, en Egypte et en Libye sont difficiles depuis la chute de leurs anciens dirigeants. Les tensions y sont vives et la démocratie peine à trouver ses repères. Pourtant, selon Le Monde diplomatique, c’est en Afrique du nord que les perspectives d’avenir paraissent les plus prometteuses. Quant aux contestations, moins remarquées dans les pays où règnent les monarchies, comment finiront-elles par prendre forme ? Selon Moulay Hicham, cousin du roi alaouite Mohammed VI, les monarchies sont les prochaines cibles.

http://bit.ly/WGSu81


Afrique : Pourquoi la crise malienne est plus complexe que la crise en Centrafrique

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85930

En Centrafrique, les forces armées de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac) ont réussi à stopper la progression des rebelles de la Séléka, les contraignant à négocier avec le régime de François Bozizé. En Afrique de l'ouest en revanche, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) ne peut pas se prévaloir d’une intervention autonome pour contrer la présence islamiste au Nord Mali. Une différence qui s'explique, selon le site Guineeconakry.info, par la dépendance de la Cedeao vis-à-vis des autres instances internationales. La crise malienne se révèle plus complexe que la situation centrafricaine et nécessite un soutien logistique et humain considérable. L'intervention en Afrique centrale présente l'intérêt du pragmatisme.

http://bit.ly/UhQbO3


Centrafrique : Bozizé est en train de reprendre le dessus

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85893

Les tractations se poursuivent à Libreville pour mettre un terme à la crise centrafricaine. Les rebelles devraient accepter un cessez-le feu provisoire d’une semaine. Ils ne réclament plus le départ du président Bozizé mais posent plusieurs conditions pour conclurent un accord avec ce dernier.

http://bit.ly/102bWmB


Centrafrique : L'Afrique centrale se mobilise pour éviter la chute de Bangui

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85914

Les pays d'Afrique centrale, déterminés à empêcher à tout prix la chute de Bangui, ont commencé à envoyer des renforts pour protéger la capitale centrafricaine menacée par les rebelles du Séléka qui contrôlent une large partie du pays et réclament le départ du président François Bozizé. Ces renforts devraient porter à 760 hommes les effectifs en Centrafrique de la Force multinationale d'Afrique centrale.

http://bit.ly/10MXhvM


Centrafrique : Les Etats-Unis et la France déploient des troupes

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85916

Les Etats-Unis et la France sont en train d’envoyer des troupes supplémentaires en République centrafricaine (RCA) alors que les milices anti-gouvernementales progressent vers la capitale Bangui. Les Etats-Unis et la France menaient déjà des opérations militaires en Rca avant qu’une offensive des rebelles ne menace de renverser le gouvernement du président François Bozizé. La Rca fait partie de ces quelques pays d’Afrique centrale dans lesquels au moins une centaine de forces spéciales américaines sont actives, prétendument pour combattre les soldats de l’Armée de résistance du Seigneur. La France est intervenue pareillement au motif de protéger ses 1.200 citoyens vivant dans le pays.

http://bit.ly/UZj2DA


Centrafrique: Des renforts sud-africains pour l'armée centrafricaine

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85913

A Bangui, le régime a reçu le renfort d'un important contingent de soldats sud-africains « bien équipé », basé non loin de la résidence du président, selon une source militaire, d'après les informations de l'AFP. Des informations confirmées ce dimanche 6 janvier par la présidence sud-africaine et le ministère de la Défense qui assure avoir déployé 400 soldats pour soutenir l'armée centrafricaine.

http://bit.ly/W0ASFS


Centrafrique : Les boîtes de nuit sont devenues des boîtes de jour

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85948

Dans la capitale centrafricaine, Bangui, couvre-feu oblige, les boîtes de nuit sont devenues des boîtes de jour. Elles ouvrent à midi et ferment à 18h en raison du couvre-feu qui court de 19h à 5h du matin à cause de la menace de la rébellion Séleka, à présent à 160 km de Bangui. Ce n’est pas la grande affluence mais une fois entré dans la salle, rien ne permet de déceler qu’il fait bien jour dehors.

http://bit.ly/ZPQtbQ


Centrafrique : Toujours plus d'enfants soldats dans les milices

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85939

Un nombre croissant d'enfants sont recrutés par les rebelles mais aussi par les milices pro-gouvernementales en Centrafrique, a indiqué l'Unicef, en réclamant l'arrêt immédiat de ces agissements. Selon l'organisation onusienne, environ 2.500 enfants - filles et garçons - se retrouvaient déjà dans des groupes armés, y compris des groupes d'autodéfense, en Centrafrique avant même que le conflit n'éclate en décembre.

http://bit.ly/UoiM4g


Egypte : Les pauvres, principales victimes des tensions politiques persistantes

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85925

Des millions d’Égyptiens apprennent une leçon douloureuse : ils sont les premières victimes des tensions politiques persistantes et de leurs répercussions économiques. Pour la première fois depuis plusieurs mois, Hussein Mohamed, un fonctionnaire de 50 ans qui habite dans le quartier d’Imbaba dans le gouvernorat de Gizeh, au nord du Caire, a dit à sa femme qu’il ne pouvait plus nourrir la famille. Jusqu’à présent il s’en sortait avec son maigre salaire, mais face à l’envolée des prix des produits alimentaires, il a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.

http://bit.ly/102eFws


Global : La France entre en guerre au Mali

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85901

La France entre officiellement en guerre au Mali. Le président français François Hollande a annoncé vendredi 11 janvier que les forces armées françaises combattront aux côtés de l’armée malienne pour contrer la progression des islamistes vers le sud du pays, notamment vers Bamako. « Les forces françaises ont apporté leur soutien à l’armée malienne pour lutter contre les terroristes », a déclaré le dirigeant français, qui a précisé que l’opération durera le temps qu’il faut.

http://bit.ly/VR33ZP


Mali: réunion des chefs d’état-major ouest-africains

2013-01-15

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85964

Les chefs d’état-major ouest-africains étaient réunis mardi 15 janvier à Bamako pour préparer la « libération » du nord du Mali des groupes armés islamistes qui l’occupent, tandis que la France poursuivait ses frappes aériennes et a annoncé le déploiement à terme de 2.500 soldats sur le terrain. La Cedeao doit former une force d’intervention de 3.300 soldats contre les islamistes occupant le nord du Mali, conformément à une résolution de l’ONU qui a approuvé la création de cette unité, la Misma (Force internationale de soutien au Mali), avec un soutien logistique occidental.
http://oran.ge/11wVviQ


Rd Congo : L'opposition rejette l'appel à un dialogue intercongolais «sans condition»

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85922

L'opposition n'est pas convaincue par l'appel au dialogue du président Kabila et a rejeté sa proposition. L'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) affirme ne pas se sentir concernée par cet appel. On affirme que les contours du cadre de concertation et d'échange évoqués par le président sont encore flous. Dans ses voeux adressés au pays, Joseph Kabila a affirmé vouloir renforcer la cohésion nationale face au mouvement des rebelles du M23. Un appel que le président congolais a voulu aussi solennel que celui lancé le 15 décembre, lors de son discours sur l’état de la Nation.

http://bit.ly/UkDoac


Rd Congo : Plus de 3000 rebelles des FDLR veulent déposer les armes

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85929

Près de 3 500 rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) et leurs dépendants, sortis des forêts de Nindja, Kalonge, Bunyakiri, affluent, depuis mardi 1er janvier, vers Luhago-centre, en territoire de Kabare (Sud-Kivu). Selon le chef de groupement de Luhago, ces rebelles ont exprimé la volonté de déposer les armes auprès de la Monusco et de retourner au Rwanda, leur pays d'origine. La Monusco se dit prête à accueillir et rapatrier les candidats volontaires à partir de sa base de Walungu.

http://bit.ly/11uYOqF


Soudan : L'armée tue plus de 50 rebelles dans le sud

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/85902

L'armée soudanaise a annoncé avoir tué vendredi 11 janvier "plus de 50 rebelles" durant des combats qui se sont déroulés dans l'Etat du sud Kordofan, à la suite d'une offensive menée par des groupes rebelles et qui aurait été repoussée par les forces gouvernementales. Situé le long de la nouvelle frontière avec le Soudan du Sud, le Kordofan-Sud, comme le Nil Bleu, est en proie depuis l'été 2011 à des combats entre l'armée soudanaise et des rebelles. Plus de 900. 000 personnes ont été déplacées ou sévèrement affectées par le conflit, selon l'ONU.

http://bit.ly/TVG2V2





Internet & technologie

Mozambique : La révolution de la santé par le téléphone mobile

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/internet/85941

Une infirmière qui travaille dans un centre médical éloigné de Mueda, une petite ville du Plateau de Makonde dans le nord du Mozambique, reçoit une livraison de vaccins du ministère de la Santé. Utilisant un logiciel spécifique sur son téléphone portable, elle envoie un message de masse pour alerter les mères de la zone au sujet de la disponibilité des vaccins. Elle utilise également le téléphone pour planifier des rendez-vous, avoir accès aux dossiers des patients et commander de nouveaux vaccins lorsque le stock s'amenuise. Le ministère de Santé de ce pays de l'Afrique australe s'est associé à l'Alliance Gavi, un partenariat public-privé de vaccination, pour lancer un projet pilote dans environ 100 centres de santé au début de 2013, où des agents de santé testeront l'efficacité et la rentabilité de l'utilisation des téléphones portables pour communiquer avec des patients.

http://bit.ly/13vPanh


Sud-Soudan : Les nouvelles technologies pour répondre aux besoins des réfugiés

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/internet/85919

Le Hcr mène pour la première fois un programme d'enregistrement biométrique au Soudan du Sud en utilisant la technologie numérique qui permet l'automatisation de la prise d'empreintes digitales. Près de 200 000 réfugiés ont été enregistrés dans des bases de données standard, mais la biométrie aidera à identifier les réfugiés encore plus vite pour qu'ils puissent être encore mieux aidés.

http://bit.ly/ULeO0G





Collecte de fonds & ressources utiles

Global : La Fondation Alexia offre des bourses pour les photojournalistes !

2013-01-14

http://pambazuka.org/fr/category/fundraising/85911

La Fondation Alexia offre des bourses professionnelles afin de garantir à un photographe la capacité financière à produire une histoire-photo qui contribue aux objectifs de la Fondation à promouvoir la paix et la tolérance culturelle. La bourse sera décernée à un photojournaliste qui est capable produire un plan d’histoire concis, bien ciblé et profond et qui démontre une capacité à réaliser cette histoire à travers des images fascinantes. Le boursier gagnant recevra un montant de 15.000 dollars américain comme récompense pour la réalisation du projet proposé.
Les candidats doivent soumettre également un résume de leur idée principale ne comportant pas plus de 25 mots; un portefeuille composé de pas plus de 20 photos, y compris les légendes, et un curriculum vitae.
Date limite de candidature: le 18 janvier 2013.
Pour plus d’information, visitez http://www.alexiafoundation.org/grants/professional_rules





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