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Pambazuka News 29: Assassinat de Thomas Sankara / Négociation sur les APE
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Elections & gouvernance, 11. Afrique & Chine, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. Environnement, 17. Média & liberté d'expression, 18. Plaidoyers & campagnes, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie
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Sommaire de cette édition
Sommaire du n°29 de Pambazuka News
2007-10-12
CHRONIQUE : Assassinat de Thomas Sankara, ou la chronique d’une tragédie annoncée
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Négociation sur les Ape : la date butoir du 31 décembre 2007 annulée
- Les impacts des Ape sur les recettes fiscales et les investissements publics
- Les impacts des Ape sur les économies africaines
- Les producteurs sénégalais de tomate et d’oignon rejettent les Ape
- Impact des Ape sur la fiscalité : le Sénégal pourrait renoncer à ses grands travaux
- Bénin : les recettes douanières sous la menace des Ape
- Bénin : l’avenir de la filière ananas en question
MONITEUR DE L'UNION AFRICAINE : La participation de Mugabe au sommet Union africaine-Union européenne est une question de principe
FEMMES ET GENRE : Une chef d’entreprise à la tête de dirigeantes sans frontières
CONFLITS ET URGENCES : Nouvelles de Centrafique, de Guinée, de Côte d’Ivoire, etc.
DROITS HUMAINS : La Gambie libère les responsables d’Amnesty International accusés d’espionnage
MOUVEMENTS SOCIAUX : Des militaires burkinabés manifestent dans les rues de Ouagadougou
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : La Belgique refuse les régularisations massives
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Centrafrique, Bozize ramène l’opposition dans les négociations
AFRIQUE ET CHINE : Un nouveau partenariat noué avec la Chine
COORUPTION : Le Burkina à la 105e place des pays corrompus
DEVELOPPEMENT : L’aide au commerce pour assister les producteurs africains
SANTE ET VIH/SIDA : Des chercheurs sud-africains séquencent le génome d’une tuberculose résistante
EDUCATION : L’Afrique représente 2,4% du budget mondial
ENVIRONNEMENT : 79 millions pour l’approvisionnement en eau potable
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Huit mois de prison pour offense à un ancien ministre angolais
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Alerte contre la fuite des cerveaux en Centrafrique
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Offensive du gouvernement contre les chasseurs bushmen
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Femmes africaines et Internet, une lutte de tous les clics
Chroniques
Assassinat de Sankara : Chronique d’une tragédie organisée
2007-10-11
Cheriff M. SY
Le destin tragique de Thomas Sankara est lié au combat pour l’avènement d’une démocratie sociale. Ce combat ne pouvait plaire à la "Mafiafrique" composée des groupes d’affairistes et leurs collaborateurs qui gouvernent l’Afrique. Alors, il fallut l’exterminer. On trouva le bras armé dans les relais locaux et la machine se mit en branle. Retour sur les causes d’un jeudi macabre.
« A la faveur des méandres de l'histoire, cet autocrate s'est hissé à la tête de notre Révolution pour mieux l'étouffer de l'intérieur. Cette haute trahison s'est illustrée par le bafouement de tous les principes organisationnels, les reniements divers des nobles objectifs de la RDP (Révolution démocratique et populaire), la personnalisation du pouvoir, la vision mystique, quant aux solutions à apporter aux problèmes concrets des masses, toutes choses qui ont engendré la démobilisation au sein du peuple militant.”. Extrait de la Proclamation du 15 Octobre 1987.
“Peuple du Burkina Faso, l'accélération de l'histoire fait souvent défiler les événements à une allure telle que la maîtrise par l'homme des faits devient impossible, rendant celui-ci artisan de situations non désirées. Les instants tragiques que nous avons vécu le 15 octobre courant font partie de ce type d'événements exceptionnels que nous fournit souvent l'histoire des peuples. En tant que révolutionnaires, nous devions avec courage assumer nos responsabilités. Nous l'avons fait à travers la proclamation du front populaire. Nous continuerons à le faire sans faille et avec détermination pour le triomphe des objectifs de la Révolution d'août. Ce dénouement brutal nous choque tous en tant qu'êtres humains et moi plus que quiconque pour avoir été son compagnon d'armes, mieux, son ami. Aussi, pour nous, il reste un camarade révolutionnaire qui s'est trompé. »
In Message à la nation du président du front populaire, le camarade capitaine Blaise Compaoré le 19 octobre 1987.
Le jeudi 15 octobre 1987, le processus de la Révolution démocratique et populaire qui avait cours au Burkina était brutalement arrêté sur le coup de 16 heures. Dans l'après midi de ce jeudi là, plus d'un militant de la RDP a été atteint d'une stupeur indicible. Après la pétarade des kalachnikov qui a duré toute la soirée, la proclamation signée d'un front populaire est tombée drue comme une pluie mêlée de grêle, surprenant de la même façon certains militants de la RDP tout comme ceux qui ne trouvaient pas d’intérêt à la Révolution et se tenaient à distance d'elle.
Depuis un certain temps, on savait qu'une crise grave minait le Conseil national de la révolution (CNR). Ses principaux dirigeants, jadis unis, n'arrivaient plus à s'entendre sur l'orientation et la stratégie d'action. Les quatres chefs historiques (Thomas Sankara, Blaise Compaoré, Boukary Lingani, Henri Zongo) de la RDP paraissaient de plus en plus « trop nombreux » pour diriger le mouvement révolutionnaire.
Mais la grave crise qui secouait les dirigeants de la RDP restera en grande partie cachée aux militants de base, à tel point qu'ils seront surpris par l'ampleur et la brutalité du dénouement du 15 octobre. Aussi, beaucoup de militants sincères regrettent-t-ils encore aujourd'hui, le dénouement du 15 octobre tel qu'il s'est présenté, se disant que les instances où des débats d'idées auraient dû se tenir ne manquaient pas pour que l'on en arrive là. Mais ceux qui ont fait le coup couraient un risque important en laissant la parole à Thomas Sankara dans quelque cadre de concertation que ce fût, car il avait une telle force d'argumentation qu'il en serait sorti peut-être « victorieux ».
C'est cette même capacité de persuasion qui aboutissait à certaines décisions, jugées à posteriori « spontanéistes, volontaristes » alors qu'en son temps, il n'y eut pas de critiques conséquentes. Et c'est ce même trait de personnalité du défunt président qui sauva la tête de plus d'une personne que de proches collaborateurs voulaient une fois de plus sacrifier sur l'autel de la contre- révolution.
En fait, il faut convenir d'une chose : le 15 octobre et la rectification sont intervenus précisément parce que les camarades qui avaient commencé la RDP avec Thomas Sankara, étaient essoufflés (déjà) et qu'ils ne se sentaient ni la force ni l'âme de continuer. Et comme les adversaires du processus existaient et étaient influents, tant en dehors que dans les rangs même des révolutionnaires, ils n'ont pas eu de la peine à rallier à eux tout un monde pour contrebalancer la RDP. La raison toute trouvée de la « trahison de la voie initiale » a été vite évoquée.
Or le capitaine Thomas Sankara a été le premier à se rendre compte de la nécessaire démocratisation du processus, lui qui professait en août 1987 à Bobo Dioulasso qu’il « fallait au Burkina, un peuple de convaincus et non un peuple de vaincus, de soumis qui subissent leur destin ». Il avait commencé ainsi la véritable " rectification " de la RDP marquée du reste par l'élargissement de plusieurs détenus politiques et de droit commun. Les sanctionnés à tort retrouvaient la possibilité de reprendre leur carrière.
Mais cette politique initiée par Thomas Sankara a vite été « court-circuitée » par le 15 octobre et revendiquée par le front populaire. Il fallait laisser l'image d'un Sankara fermé et hostile aux ouvertures. Aussi, les choses s'accélérèrent très vite après le discours de «réconciliation » d'août 87 à Bobo Dioulasso où Sankara disait notamment : « Dans le proche passé, nous avons parfois commis des erreurs. Cela ne devra plus se produire sur la terre sacrée du Faso. Il doit y avoir de la place dans le cœur de chacun de nous pour ceux qui ne sont pas encore parfaitement en harmonie avec le discours d'orientation politique et les objectifs de notre plan quinquennal. Ce sera à nous d'aller à eux et de les gagner à la cause révolutionnaire du peuple… Nous devons préférer un pas ensemble avec le peuple plutôt que de faire dix pas sans le peuple ». (In Thomas Sankara, oser inventer l'avenir p.264 Ed Pathfinder et l'harmattan 1991).
Après ce discours, il fallait se dépêcher d'arriver au pouvoir, car laisser le temps à Thomas Sankara d'amorcer réellement la démocratisation de la RDP, ce serait se priver de prétexte justificatif d'un coup d'Etat. La commémoration du discours du 2 octobre à Tenkodogo sera l'occasion pour les comploteurs d'accélérer leurs manœuvres de liquidation de la révolution et d'entreprendre ce faisant, le 15 octobre 1987.
La crise qui prévalait depuis un certain temps sur le terrain politique a gagné, comme à l'accoutumée le terrain militaire, et il fallait dès lors que les armes parlent pour la dénouer. Telle a toujours été la tactique des hommes politiques au Burkina Faso. Ils créent une pourriture qui oblige les militaires à intervenir. Dans le cas du CNR, il faut y ajouter le fait que la rigueur prônée n'était pas du goût de tout le monde, notamment de certains commandos, artisans du coup d'Etat révolutionnaire du 4 Août 1983 . Ceux-ci revendiquaient avec insistance une bonne part du gâteau. Chose à laquelle Thomas Sankara aurait opposé une constante fin de non recevoir, arguant que le militaire doit « vivre avec les masses » et prônant « un quart de poulet par jour et par militaire ». C'était mal connaître ceux-là qui revendiquaient qui une villa, qui un galon afin de jouir du fruit du risque encouru dans la nuit du 4 Août.
Il nous revient à cet effet que ces derniers lors des réunions régulières avec leur chef posaient constamment cette doléance. Ce à quoi le chef en question répondait qu'il n'y voyait pas d'inconvénient mais que « c'est Sankara qui s'oppose ». Les miliaires répliquaient : « pourquoi ne l'enlève-t-on pas ? ». A force de se répéter tous les jours, on finit par « enlever » Thom’ Sank le 15 octobre 1987.
Que s'est - il passé ce jour là ?
Gilbert Diendéré déclare, dans « Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè » de Ludo Martens, aux pages 65 et 66 : « le 15 octobre donc, à la réunion des officiers, des éléments du palais ont accusé les militaires de Pô d'être venus pour tramer un complot . L'atmosphère a chauffé. Nous nous sommes séparés sans qu'un accord soit réalisé. Il paraît qu'au même moment, une autre réunion se tenait à la présidence, à laquelle Sigué et d'autres chefs de corps assistaient. Mais le registre de la présidence a disparu après le 15.
Comme les soldats de la garde présidentielle appartiennent à notre bataillon, tous n'étaient pas partisans de l'affrontement. Ainsi le chauffeur de Sankara, le caporal Der et d'autres sont venus nous prévenir que Compaoré, Lingani et Zongo seraient arrêtés ce soir. Pendant la réunion de l'OMR (ndlr : Organisation militaire révolutionnaire), le conseil serait encerclé par les troupes de la FIMATS (ndlr : Forces d'intervention du ministère de l'administration territoriale et de la sécurité) et de l'ETIR (ndlr : Escadron du transport et d'intervention rapide). Un groupe de militaires devrait mettre les trois en état d'arrestation, tandis que le gros des forces devrait se tenir prêt à toute éventualité.
Bien qu'on ne nous eût pas exactement parlé de liquider les trois, nous étions convaincus qu'une tuerie ne pourrait être évitée. Les trois ne se laisseraient pas prendre sans réagir et des hommes comme Sigué et Koama n'hésiteraient pas une seconde à les descendre. Notre réaction a été qu'il fallait arrêter Sankara avant que l'irréparable ne se produise. La décision a été prise dans un climat général d'inquiétude proche de la panique. Nous n'avions pas vraiment le choix.
Nous n'avons jamais pu croire que Sankara allait s'en prendre à ses trois compagnons. Blaise était à la maison, malade. Nous n'avons pas voulu le prévenir parce que nous savions qu'il ne serait pas d'accord pour arrêter Sankara. C'était une décision grave, mais il faut s'imaginer la panique qui régnait à ce moment parmi nos soldats.
Nous savions que Sankara avait une réunion au conseil à seize heures et nous avons décidé d'aller l'arrêter là-bas…
Peu après seize heures, la Peugeot 205 de Sankara et une voiture de sa garde sont arrivées devant la porte du pavillon ; une deuxième voiture de la garde est allée stationner un peu plus loin. Nous avons encerclé les voitures. Sankara était en tenue de sport. Il tenait comme toujours son arme, un pistolet automatique, à la main. Il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle …
Après les événements, j'ai téléphoné à la maison de Blaise pour le mettre au courant. Quant il est arrivé, il était fort découragé et mécontent, surtout quand il a constaté qu'il y avait treize morts ».
Le coup a été donc fait à l'insu de Blaise Compaoré !
Ce dernier d'ailleurs, déclare dans le livre précité à la page 67 : « lorsque je suis arrivé au Conseil de l'entente après la fusillade et que j'ai vu le corps de Thomas à terre, j'ai failli avoir une réaction très violente contre ses auteurs. Cela aurait sans doute été un carnage monstre dont je ne serais certainement pas sorti vivant. Mais quand les soldats m'ont fourni les détails de l'affaire, j'ai été découragé, dégoûté. Je suis resté prostré pendant au moins vingt-quatre heures …
Quand j'ai demandé à mes hommes pourquoi ils avaient arrêté Sankara sans me le dire, ils m'ont répondu que s'ils l'avaient fait, j'aurais refusé. Et c'est vrai. Je savais que mon camp politique était fort. Thomas ne contrôlait plus l'Etat. Je n'avais pas besoin de faire un coup d'Etat. Mais, mes hommes ont pris peur quand ils ont appris, l'après- midi, que nous devions être arrêtés à vingt heures ».
Et pourtant !
Le « Matin de Paris » en date du 27 octobre 1987, repris dans « Il s'appelait Sankara » de Sennen A. cite le témoignage d'un élément commando qui dit : « Le Lieutenant nous a prévenu le matin seulement de nous préparer pour anéantir le président parce que maintenant, il était insupportable. Blaise le connaît mieux que quiconque : il sait que même si on allait l'enfermer, il allait sortir par un trou de fourmi ».
Et pourtant !
En vérité, ce jour-là, Thomas Sankara se trouvait en réunion de travail avec quelques-uns de ses collaborateurs dans une salle au Conseil. A 70 mètres de là, toujours dans le Conseil, une 504 blanche démarra. A son bord, 7 personnes. Le véhicule arrive sur le lieu de la réunion. Les quelques éléments de la garde devant la salle ne s'en inquiètent pas outre mesure, parce que ce sont leurs collègues. Le véhicule se gare, en descendant : K.Y ; O.A.O ; N.N ; N.W ; O.N ; T. ; K.M. Ils ouvrent le feu immédiatement. Un gendarme et deux chauffeurs sont fauchés. Ils s'écroulent.
Thomas Sankara dans la salle où il se trouve entend la fusillade et se lève, son pistolet à la main et dit à ses collaborateurs : « Restez, restez, c'est moi qu'ils veulent » !". A peine a-t-il franchi la porte qu'il est pris par la mitraille nourrie d'un des "anéantisseurs". Il s'écroule. S'arrête-t-on là ? Non. Les assaillants rentrent dans la salle et exécutent ses collaborateurs.
Bref, supposons -difficilement- que la thèse qui veut que le capitaine Blaise ait été mis devant le fait accompli soit vraie. Cela le disculperait-il pour autant ? N'aurait-il pas été de façon indirecte à la base des événements tragiques du 15 octobre ? N'en est-il pas le grand bénéficiaire ?
L'homme, s'il n'a jamais eu vraiment soif du pouvoir comme il le prétend, laisse tout de même sceptique l'observateur de la scène politique burkinabè. En effet, après le 15 octobre, il a prouvé que le pouvoir ne se partage pas. L'apprendra à son dépend toute la cohorte d’intellectuels qui constituait le «comité insurrectionnel» qui a préparé psychologiquement l'avènement du 15 octobre par une série de tracts orduriers et d'intrigues de bas étage. L'apprendront à leur dépend le commandant Boukary Lingani et le capitaine Henri Zongo.
Aujourd'hui 20 ans après que retenir ?
Au- delà de toute rhétorique «dialecticienne », Sankara est mort pour avoir été un paquet de convictions patriotiques et progressistes mais aussi pour avoir empêché de par la synergie entre sa théorie et sa praxis, certains de ces camarades civils comme militaires de manger goulûment, de boire frais et pétillant, de roter gras, de dormir mou et de se la couler royalement au détriment de leur peuple.
L’Homme
Quand l'Homme est venu, son pays était une "synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l'humanité". Ainsi son pays détenait un triste palmarès :
- Record mondial de mortalité infantile
- Balance agricole constamment négative
- Balance commerciale permanemment déficitaire
- Dette publique extrêmement élevée
L'Homme voulut faire de son pays une terre de dignité et de liberté.
Alors courageusement, il sut redéfinir la somme du possible et du pensable par laquelle le développement d'un pays comptant parmi les plus démunis du monde pouvait être envisagé.
Partant de l'évidence que le sous-développement et la dépendance ne pourraient trouver d'issue sans l'intégration des habituels exclus du jeu social: les paysans, les femmes et les jeunes, l'Homme s'engagea dans un processus de transformation social progressiste et progressif.
Sa révolution ?
Simple : travailler plus, dépenser moins et mieux, et produire plus en se préoccupant des besoins prioritaires de son pays ! Il le dit lui-même : " Notre révolution est et doit être permanente, l'action collective des révolutionnaires pour transformer la réalité et améliorer la situation concrète des masses de notre pays. Notre révolution n'aura de valeur que si en regardant derrière nous, en regardant à nos côtés et en regardant devant nous, nous pouvons dire que les Burkinabé sont, grâce à la révolution, un peu plus heureux, parce qu'ils ont de l'eau saine à boire, parce qu'ils ont une alimentation abondante, suffisante, parce qu'ils ont une santé resplendissante, parce qu'ils ont l'éducation, parce qu'ils ont des logements décents parce qu'ils sont mieux vêtus, parce qu'ils ont droit aux loisirs ; parce qu'ils ont l'occasion de jouir de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de dignité. Notre révolution n'aura de raison d'être que si elle peut répondre concrètement à ces questions. "
L'Homme, qui faisait ce qu'il dit et disait ce qu'il fait, décida de trouver des solutions adaptées aux questions existentielles précitées. Il s'engagea à la fois sur plusieurs chantiers :
- L'orientation économique en fonction des nécessités et des besoins réels du peuple et non selon les impératifs et les intérêts de l'économie capitaliste mondiale
- La réforme agraire par laquelle la terre appartient à celui qui la cultive
- La réforme administrative pour assurer une bonne gouvernance
- La libération de la femme par la participation à la vie politique et économique, la lutte contre la prostitution, l'adoption d'un code de la famille, l'interdiction de l'excision…
- La protection de l'environnement par la lutte contre la désertification
- Etc.
En quelques années, l'Homme fit faire à son pays un bond qualitatif. Mais il restait conscient que les questions essentielles de son peuple étaient celle de tout son continent et de tous les peuples exploités et opprimés. Panafricaniste et anti-mondialiste, il su devenir la voix des sans voix.
Rigueur morale... Intégrité...
Naïveté… Courage suprême.
La félonie eût raison de l'Homme.
Par un après midi, l'Homme fut fauché par des balles assassines.
L'Homme est tombé, mais il avait eu le temps de semer la graine et l'arroser de son sang ; il avait eu le temps d'enlever un maillon de la chaîne libérant ainsi les opprimés, la jeunesse africaine. Il aura été un précurseur d'une politique alternative à la dépendance et à l'asservissement que les institutions économiques mondiales continuent d'encourager par leur modèle de développement fondé sur l'endettement. Mais plus important, l'Homme aura contribuer à faire comprendre à son peuple et à tous les opprimés qu'il ne peut y avoir d'alternative crédible venant d'ailleurs pour les sauver. C'est en comptant d'abord sur eux-mêmes, sur leurs capacité intrinsèques à " oser inventer l'avenir " qu'ils trouveront les clés de leur développement et de leur liberté.
Aujourd'hui, en chacun de nos mouvements pour l'épanouissement social, politique et culturel, l'Homme vit en nous. L'Homme restera à jamais gravé dans la conscience collective.
Et, son exemple servira toujours de bréviaire aux combattants de la libération humaine.
L'Homme s'appelait Thomas Sankara.
* Chériff Sy est le directeur de publication de Bendre, un hebdomadaire paraissant au Burkina Faso
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Commentaires & analyses
Négociations sur les Ape : la date-butoir du 31 décembre annulée
2007-10-12
Tidiane Kassé
La réunion du Comité ministériel de suivi des négociations sur les Accords de partenariat économique (Ape), tenue le vendredi 5 octobre à Abidjan, a abouti à la décision prise par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de ne pas les signer à la date butoir du 31 décembre 2007. A trois mois de l’échéance finale, ces discussions entamées depuis 2002 connaissent ainsi un coup de frein.
Les positions ne sont pas uniformes au niveau de la Cedeao, avec des pays «prêts à y aller» comme la Côte d’Ivoire, et d’autres que l’Union européenne cherche à engager dans une démarche individuelle comme le Nigeria, mais le camp du refus semble l’emporter. Au point qu’au niveau de l’Union européenne, le Directeur général de la Commission au commerce, David O'Sullivan, a soutenu qu’il n’était pas possible de «conclure les Ape avec les six régions du groupe des pays ACP avant le 31 décembre» (www.afriquenligne.fr/actualites/international/ l'union-europeenne-renonce-aux-ape).
Au niveau de la société civile africaine, la nouvelle a été accueillie avec satisfaction. Mais pour un responsable de la campagne anti-Ape au niveau du Collectif national des Ong africaines pour le développement (Congad) du Sénégal, M. Mignane Diouf, qui s’exprimait sur une radio sénégalaise le 11 octobre, il importe de rester «vigilant». Car la position de la Cedeao n’est pas la même au niveau de tous les pays Acp, voire de toutes les organisations régionales.
La Cedeao, par la voix de son président de Commission, M. Ibn Chambas, s’est opposée à la signature des accords en décembre 2007, en raison du fait que, entre autres, ils risquent de fragiliser le processus d’intégration régional. D’autres raisons économiques et sociales ont été avancées par les organisations de la société civile et les Etats, en vue de s’opposer à ces accords dont les impacts multiples constituent des menaces pour la stabilité et le développement des économies africaines. Celles-ci risquent de se retrouver dans une situation de dépendance et de vassalité par rapport aux leurs «partenaires» de l’Union européenne.
Le dossier que vous propose Pambazuka News, dans cette édition, porte sur les impacts des Ape. Pour appuyer la mobilisation de la société civile africaine contre ces accords, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest et Oxfam ont eu à mobiliser des journalistes africains pour les former, afin de mieux informer et sensibiliser les opinions publiques sur les négociations qui se menaient en leur nom, et souvent dans une totale opacité.
Des formations ont été organisées dans ce cadre pour les journalistes. Appuyés et documentés par des spécialistes des Ape, ils ont mené des enquêtes et des reportages pour aider à faire mesurer au public les impacts pouvant découler d’une signature des Ape. Les textes proposés sont des illustrations extraites de leurs articles.
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Négociations sur les APE : Ces pertes fiscales qui risquent de déstabiliser les Etats ACP
2007-10-11
Eric Hazard
La plupart des gouvernements ACP sont fortement dépendants des rentrées douanières pour augmenter leurs recettes publiques. La Banque mondiale estime qu’en Afrique sub-saharienne les recettes douanières représentent en moyenne entre 7 et 10% des revenus fiscaux de l’Etat (1) . Les gouvernements de Gambie et Cap Vert tirent par exemple jusqu’à 20% de leurs recettes des droits de douane. Les produits de l’UE représentant 40% des importations totales de l’Afrique sub-saharienne, éliminer les droits de douane sur les produits européens réduirait considérablement les recettes douanières de ces pays. Selon le scénario le moins favorable, la Gambie et Cap Vert perdraient près de 20% de leurs recettes fiscales totales, tandis que le Ghana et le Sénégal subiraient une chute de leurs revenus de 10 à 11%.
Ces pertes auraient probablement des conséquences sérieuses sur le budget de l’Etat, car s’ils ne parviennent pas à compenser ces pertes en augmentant d’autres sources de prélèvements, les pays ACP auront à réduire leurs dépenses globales. Cela pourrait mettre en danger les programmes sociaux et aboutir à des coupes dans les investissements en matière de santé et d’éducation. Ainsi, au Congo la perte de recettes douanières due aux APE est à peu près équivalente à l’ensemble des dépenses publiques de ce pays en matière d’éducation.
Si d’un côté les consommateurs des pays ACP pourraient bénéficier d’une gamme plus large de biens et services bon marché devenus accessibles grâce à la libéralisation commerciale, d’un autre côté les APE mettraient en danger les moyens d’existence.
Mais au-delà des pertes de recettes fiscales, on oublie souvent de souligner le coût de la mise en œuvre des APE. Des études ont estimé qu’ils pourraient représenter 900 millions d’Euros pour la région Afrique de l’Ouest. Ce coût de mise en œuvre représente les coûts d’ajustement pour disposer de systèmes comptables, douaniers, sanitaires… qui répondront aux normes établies d’accord partie par les pays signataires.
900 millions d’euros additionnels viendront s’ajouter en terme de coûts d’ajustement. Partant les 500 millions d’Euros promis a la CEDEAO par l’UE dans le cadre du PIR ( Programme Indicatif Régional) ne combleront pas les coûts des APE d’une région qui comptent pas moins de 13 PMA, dont des pays comme la Gambie dont le PNB est de 400 millions par an ! Dans ces conditions les 2 milliards d’Euros promis a l’ensemble des Pays en Voie de Développement pour de l’Aide au Commerce représentent eux aussi une goutte d’eau dans un océan de coûts extrêmement lourd et coûteux.
Par ailleurs, les APE n’ont de sens, y compris aux yeux de la Commission européenne, que s’ils permettent de mettre en place le cadre commercial et économique nécessaire au développement durable et a la réduction de la pauvreté dans chaque pays et région ACP. La redéfinition de la relation avec l’UE, dans le contexte d’un APE et de l’Accord de Cotonou, n’en est qu’un des axes. Pour qu’un APE puisse offrir des opportunités nouvelles, il doit s’insérer dans une stratégie de développement claire et s’appuyer sur un processus de transformation économique, institutionnel et structurel au service des populations, et ce aussi bien au niveau national que régional. Faute de quoi, non seulement les APE ne seront pas en mesure de tenir leurs promesses, mais ils pourraient être la source de sérieux déséquilibres, allant à l’encontre des objectifs de développement des pays et régions ACP.
Or, en l’état actuel des négociations, l’APE entre l’AO et l’UE ne semble pas encore s’insérer dans une dynamique de développement et de réformes clairement définies que les acteurs nationaux de la région se seraient appropriés. Pour beaucoup, les risques liés à la mise en œuvre d’un APE sont encore mal définis et ne semblent pas encore faire l’objet de réponses permettant de rassurer les opérateurs privés, les représentants de la société civile ou encore ceux de certains Etats membres de la CEDEAO.
A titre d’exemple, la CEDEAO est en train d’élaborer son Tarif Extérieur Commun (TEC) et tente d’identifier les produits agricoles et agro-industriels sensibles qui pourraient être exclus de l’agenda de libéralisation de l’économie régionale (tant au niveau des APE, que de l’Organisation mondiale du commerce- OMC) ou de tout autre accord commercial avec une tierce partie). Au regard des procédures internes, de la nécessité de disposer d’une méthodologie qui prenne en compte les particularités de la région (faiblesse des outils statistiques, limites des données disponibles, nécessité de prendre en compte des dimensions autres que fiscales et commerciales…), mais aussi de l’importance de partir d’exercices nationaux pour aboutir a des positions cohérentes, ces deux exercices ne pourront décemment aboutir avant la fin de l’année 2007. Des lors on peut se demander comment les prendre en considération dans le cadre d’Accord de Libre d’échange qui doivent être mis en œuvre au 1er janvier 2008, sans hypothéquer la qualité du travail d’analyse a réaliser ?
Cette sous estimation, voire ce retard accumulé dans les réformes préalables a mettre en œuvre pour créer les conditions d’un APE à somme positive pour les deux parties est pourtant essentielle dans une région qui demeure faiblement intégrée, en dépit des nombreux textes formels adoptés par les décideurs politiques (2) .
Ainsi, le rythme actuel des négociations ne permet nullement de garantir l’implication, voire même l’accès à l’information, du plus grand nombre. A ce jour, l’AO n’a pas su proposer un texte d’APE et ne semble pas en mesure de le faire avant la fin du mois de septembre, voire octobre 2007, ce qui retarde d’autant plus le calendrier des négociations. Ce faisant, la conduite des négociations apparaît en totale contradiction avec les objectifs de participation fixés par les accords de Cotonou et pose un problème de cohérence interne pour l’Union Européenne.
Plus inquiétant, bien que les négociations continuent à progresser, l’APE tel qu’élaboré par les négociateurs ne fait pas l’objet d’une réelle appropriation au niveau national reposant sur une stratégie de développement intégrée sur le long terme. Ainsi, les questions relatives à la dimension développement des APE continuent de faire l’objet de dissensions entre les deux parties. Partant, il semble difficile d’imaginer qu’en l’état des discussions, la forme actuelle des APE puisse répondre de manière satisfaisante aux objectifs de développement et de renforcement de l‘intégration régionale, tels qu’ils étaient indiqué dans la feuille de route établie a Accra par les deux parties en 2004.
Mais au delà de la question de la coopération au développement, telle la mise en place de programmes de renforcement de la compétitivité et de mise à niveau, les pays d’AO n’ont pour la plupart pas inséré l’APE dans leurs projets de réforme et de transformation nationaux. Alors que les négociateurs semblent surtout parer au plus pressé : mettre en place un APE d’ici la fin de l’année 2007, on assiste dans nombreux pays de la région à une dichotomie entre le projet de mise en place d’APE d’une part, (confiné aux ministères du commerce et des finances pour les questions liées à la perte de recettes douanières, et de l’agriculture pour l’identification des produits sensibles), et d’autre part les politiques économiques, sociales et de réforme destinées en principe à assurer le développement durable au niveau national et régional.
Dans ce contexte, la volonté affichée de l’UE d’aboutir à un APE avec l’Afrique de l’Ouest d’ici la fin de l’année 2007 apparaît en contradiction avec les réalités économiques et politiques de la région. A vouloir trop pousser dans ce sens, la Commission européenne risque d’être perçue comme dirigiste, usant de sa puissance politique et économique pour imposer sa propre vision dans les négociations. Elle pourrait ainsi se voir accusé de pratiquer la politique «de la carotte et du bâton », utilisant les promesses d’aide et la menace de la perte des préférences commerciales, en vue « d’acheter » ou « de forcer », selon le cas, la conclusion coûte que coûte d’un APE d’ici la date « fatidique » du 31 décembre 2007.
Dans ce contexte, il importe que l’UE tienne compte des difficultés rencontrées par la région AO et qui ont été souligné dans la revue a mi-parcours. Ces difficultés devraient notamment permettre de redéfinir des stratégies plus cohérentes. Dans le même temps, il est crucial que les dirigeants des pays d’Afrique de l’Ouest prennent toutes leurs responsabilités. Ils peuvent le faire d’abord en exprimant clairement et au plus tôt leurs difficultés à mener à terme les négociations d’un APE d’ici la fin 2007 (3) , afin que des mesures appropriées puissent être prises, y compris parmi les pays européens qui soutiennent leur démarche. Mais surtout, ils importe qu’ils prennent leurs responsabilités politiques en mettant en place un programme cohérent de développement de leur pays sur le long terme, dans lequel un APE, dont ils auront eux-mêmes définis le contenu, pourra prendre place. Faute de quoi, les défis de la mise en œuvre d’un APE pourraient fort bien se révéler insurmontables.
Seule une solide volonté politique en Europe et en Afrique de l’Ouest peuvent permettre la mise en cohérence du cadre de coopération économique et commerciale entre les deux régions et les objectifs à long terme de développement au profit des 240 millions d’habitants d’une région parmi les plus pauvres du monde
* Eric Hazard est le responsable de la Campagne sur la Justice économique pour Oxfam International. Cet article a été proposé comme documentation de base à des journalistes mobilisés dans le cadre d’une campagne d’information et de sensibilisation du public sur les négociations autour des Ape.
Notes
1 _ L. Hinkle et al., « Beyond Cotonou: Economic Partnership Agreements in Africa », in R. Newfarmer, Trade, Doha, and Development: A Window into the Issues, Banque mondiale, Washington DC, 2005, pp.267-280.
2 _ Le coefficient d’intégration demeure extrêmement faible, la part des échanges intra régionaux étant de l’ordre de 15 a 20% du commerce total des pays d’AO.
3_ A ce titre, la revue à mi-parcours de l’APE conclue en mai 2007 est une occasion manquée.
* Veuillez envoyer vos commentaires a editor@pambazuka.org, ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Impact des Ape : les menaces qui pèsent sur les économies africaines
2007-10-11
Eric Hazard
A quelques mois de la date annoncée de la fin des négociations de nombreuses difficultés et questions demeurent en suspens. L’Union européenne (UE) est le premier partenaire commercial de la CEDEAO. En tant qu’économie industrialisée avancée, elle est aussi un de ses principaux concurrents. Partant, que ce soit d’un point de vue économique ou social, les enjeux des APE sont extrêmement élevés pour les pays de la région Afrique de l’Ouest
Les négociations APE se déroulent entre, d’un côté, les 25 pays membres de l’UE, qui ont un PNB combiné de 13 300 milliards de dollars, et de l’autre, six groupes de pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dont 39 font partie des 50 pays les moins avancés (PMA) au monde. Le groupe le plus petit, les Iles du Pacifique, a un PNB combiné de 9 milliards de dollars – soit 1400 fois moins que celui de l’UE. Même le groupe le plus grand, la région d’Afrique de l’ouest, a un PNB plus de 80 fois inférieur à celui de l’UE.
Ces difficultés ont été ouvertement évoquées dans une revue a mi-parcours publiée avec les sceaux de l’UE et des pays ACP (1) . Or si un « partenariat » implique sans conteste que les deux parties bénéficient de l’accord qui les lie. Avec les APE, si les gains pour l’UE sont clairs, il est difficile de voir quels vont être les bénéfices pour les pays ACP. Tout en soulignant l’iniquité des ressources disponibles, au bénéfice de la partie européenne, cette revue a mi parcours (2) rappelle en terme policée que « très peu d’études d’impact ont abordé la question de l’impact de l’APE sur les secteurs de production, sur les ménages et sur l’emploi ».
En filigrane, de nombreuses critiques émises par les organisations paysannes, les syndicats ou Organisations Non Gouvernementales ouest africaine sont corroborées par le contenu de cette tardive revue a mi parcours (3).
Ainsi, le système actuel de Préférences de Cotonou, qui offre aux exportateurs ACP un accès préférentiel au marché de l’UE, arrive à expiration fin 2007. Si aucun nouvel Accord n’est trouvé dès le 1er janvier 2008, les 13 pays les moins avancés (PMA) de la sous région accéderont au marché européen dans le cadre de l’initiative Tout sauf les armes (TSA), qui fournit un accès en franchise de droits de douane et sans quota. Les pays non PMA, que sont la Cote d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria, compteront eux sur le Système généralisé de préférences (SGP) normal, que l’UE prévoit pour tous les pays en développement. Ce système offre pourtant des préférences bien inférieures à celles de Cotonou. Il pourrait notamment obliger les exportateurs de ces trois pays à payer des droits tarifaires extrêmement élevés à l’entrée sur le marché européen. Alors que le calendrier des négociations accuse un retard extrêmement important, l’approche de la date butoir renforce donc les inquiétudes de ces exportateurs.
En effet, le SGP pourrait notamment être désastreux pour les secteurs d’exportation des pays ACP. La Commission européenne a fait ses propres calculs : «Pour la région de l’Afrique de l’Ouest, par exemple, il pourrait y avoir des pertes de plus d’un milliard d’euros dans les échanges commerciaux, car le droit tarifaire moyen à verser dans le cadre du SGP est en moyenne de 20% à 36% des exportations en provenance de la Côte d’Ivoire (700 millions d’euros), ce pays se verrait imposer un droit tarifaire de 27%, contre 0% dans l’Accord de Cotonou et des APE ; pour le Ghana, ce serait sur 25% des exportations (240 millions d’euros). Pour l’Afrique centrale, il pourrait y avoir une perte d’environ 360 millions d’euros en exportations. (54)» Concrètement, cela signifie que les producteurs de banane de Cote d’Ivoire paieront 13.5 euros pour exporter un carton de bananes contre 10 euros actuellement. Cette augmentation de 35% grèvera la compétitivité de cette filière et hypothéquera son avenir.
Ces coûts additionnels, liés au nouveau système d’accès au marché européen (le Système Généralisé de Préférences standard), seraient supportés par quelques secteurs d’exportation. Au Ghana et en Côte d’Ivoire, plus des deux tiers des coûts de la perturbation des échanges dans le cadre du SGP standard seraient supportés par les secteurs de l’horticulture, de la pêche et du bois (5).
Accès aux marchés pour les exportateurs des pays ACP
Bien que l’UE ait promis d’augmenter l’accès aux marchés pour tous les producteurs des pays ACP, rien ne laisse présager qu’il en sera ainsi. En 2001, l’UE a établi le programme « Tout sauf les armes » (TSA) pour les PMA, y compris les 39 PMA appartenant, à cette date, au groupe des pays ACP. Dans le cadre de ce programme TSA, les pays éligibles ont un accès sans droit de douanes pour la très grande majorité de leurs exportations vers l’UE.
Il est par contre peu probable que le reste des pays ACP, les « non-PMA », bénéficient d’un accès aux marchés plus favorable que celui octroyé par le système de préférences des Conventions de Lomé. Il est également peu probable que soient supprimées les barrières qui limitaient l’impact positif des accords préférentiels. Même avec un APE, les exportateurs des pays ACP devront probablement toujours faire face non seulement à des règles d’origine très strictes, qui limitent le nombre d’exportations pouvant bénéficier d’un traitement préférentiel, mais également au renforcement continu des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) qui entravent l’accès de leurs exportateurs aux marchés européens, ainsi qu’à la progressivité des tarifs sur certaines productions clés, qui conduit à l’imposition de droits de douane plus élevés sur les produits transformés (comme le café instantané) que sur les matières premières (telles que les grains de café) et décourage donc les pays ACP de transformer leurs propres produits.
En outre, la lenteur des réformes des politiques agricoles européennes signifie que, même s’ils parviennent à exporter vers l’UE, les exportateurs des pays ACP restent confrontés à la concurrence de producteurs européens hautement subventionnés.
En résumé, en matière d’accès aux marchés les pays PMA qui appartiennent à la catégorie des pays les moins avancés ne bénéficieront pas notablement d’un APE car l’UE leur a déjà promis un accès équivalent avec le programme TSA, tandis que les autres pays non PMA ( Cote d’Ivoire, Ghana, Nigeria) négocient uniquement pour pouvoir préserver l’accès aux marchés dont ils bénéficiaient déjà avec l’Accord de Cotonou.
Accès aux marchés pour les exportateurs de l’UE
Pour ce qui concerne l’ouverture des marchés ACP, la signification exacte de « l’essentiel » du commerce est vivement débattue. Dans le cas des APE, la Commission européenne a déclaré qu’elle considère que le « délai raisonnable » pour la période de transition est de dix ans mais que celui-ci pourrait être prolongé dans des cas exceptionnels. La Commission européenne s’est montrée plus réservée au sujet de l’étendue que devrait couvrir la libéralisation dans les pays ACP. Il est néanmoins généralement entendu que si l’UE libéralise 100% de son commerce, les pays ACP devront en libéraliser 80%, ce qui limiterait à 20% la marge de protection des produits locaux face à la concurrence des biens et services européens.
Ce degré de libéralisation correspondrait à la conception de la Commission selon laquelle, pour être compatible avec l’OMC, il faut en moyenne libéraliser 90% du commerce (6). Mais cela mettrait les gouvernements ACP dans la position de devoir choisir entre maintenir des droits de douane sur les importations sources de recettes fiscales essentielles comme les voitures ou l’électronique, protéger des denrées de base telles que le maïs, mettre quelques industries existantes à l’abri de la concurrence européenne, ou maintenir leur capacité à soutenir le développement industriel futur du pays.
La suppression des barrières douanières à l’importation de produits européens mettra en effet en concurrence directe les produits (souvent hautement subventionnés) (7) d’une des régions les plus avancées économiquement avec ceux des producteurs de certains des pays les plus pauvres du monde. Bien que les pays ACP et l’UE s’attendent à ce que la libéralisation de certains secteurs ait des conséquences dramatiques, les études d’impact ont jusqu’ici été superficielles et de qualité très inégale. Ces études ne fournissent en particulier aucune évaluation quantitative de l’impact des APE sur les niveaux de production et d’emploi ou sur la compétitivité future des secteurs productifs des pays ACP. Selon l’évaluation de l’impact des APE sur le développement durable réalisée par la Commission européenne, « si la libéralisation pourrait permettre [aux consommateurs d’acheter des produits bon marché], elle pourrait également accélérer l’effondrement du secteur industriel moderne [sic] en Afrique de l’ouest » (8).
Non seulement les APE menacent les secteurs existants mais ils pourraient aussi considérablement saper la capacité des gouvernements ACP à soutenir le développement économique futur de leur pays. A ce jour, pratiquement tous les pays qui se sont développés ont mis en oeuvre une politique tarifaire pour aider leurs petites entreprises à progresser vers des stades plus avancés dans la chaîne de production de valeur, évoluant progressivement vers des industries de transformation et de fabrication. Cela implique de faire varier les droits de douane en fonction des besoins de l’économie et des priorités de développement au niveau national ou régional.
Les APE vont fortement restreindre la capacité des pays ACP à user ainsi de la politique tarifaire. Les pays ACP ne pourront probablement pas modifier considérablement leurs choix de produits faisant l’objet d’une exemption, même si l’évolution de leur structure industrielle exige de protéger d’autres secteurs que ceux de départ. Les pays ACP n’auront donc que peu ou pas de marge de manoeuvre pour inclure sur la liste des secteurs protégés d’autres secteurs agricoles ou industriels qui pourraient avoir un potentiel de croissance à l’avenir. Le gel des niveaux de droits de douanes découlant des APE risque donc d’enfermer les pays ACP dans la production de matières premières et d’entraver leur développement économique futur.
Un autre intérêt offensif de l’UE est de libéraliser le commerce des pays ACP dans le domaine des services. L’Accord de Cotonou rappelle les engagements pris dans le cadre de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) et confirme que les pays ACP doivent bénéficier d’un traitement spécial et différencié. Mais le mandat de négociation de la Commission européenne est plus offensif que l’Accord de Cotonou et que l’OMC puisqu’il affirme que les négociations en matière de services devraient « commencer dans tous les secteurs au plus tard en 2006 » (9).
L’impact sur le développement de l’inclusion des services dans les négociations APE est encore largement ignoré et seules quelques rares études ont examiné de façon approfondie les secteurs de services des pays ACP. Les pays ACP eux-mêmes ont fermement demandé « que soit respecté le droit des membres du Groupe ACP de réglementer et de libéraliser le commerce des services en fonction de leurs orientations nationales » . Il reste à voir si ces pays parviendront à conserver, au terme de ces négociations, la capacité de réglementer leurs services.
Dans ce contexte on peut imaginer les difficultés que rencontreront certaines sociétés locales (notamment dans le BTP et les services) pour gagner des appels d’offres face à des concurrents européens disposant d’un environnement plus favorable avec des coûts des facteurs moindres moindre (accès a l’électricité, Internet…). Comment un infographiste ou un provider de services d’un pays de la sous région disposant de quelques heures d’électricité par jour et d’un accès a faible débit pourra entrer en compétition avec une société européenne bien installer et capable de pratiquer le dumping pour gagner des marches ?
* Eric Hazard est le responsable de la Campagne sur la Justice économique pour Oxfam International. Cet article a été proposé comme documentation de base à des journalistes mobilisés dans le cadre d’une campagne d’information et de sensibilisation du public sur les négociations autour des Ape.
Notes
1 _ ACP-EU, Economic Partnership Agreement Negotiations, Cotonou Agreement Article 37.4 review, Council of EU General Secretariat, ACP MD no:115/07 ACP, 16 May 2007, Origin European Commission for discussion.
2 _ Ibid
3 _ Réellement lancée en 2004 en Afrique de l’Ouest, les négociations portant sur les APE devaient faire l’objet d’une revue à mi parcours consensuelle. Cette revue arrive malheureusement à quelque mois de l’échéance prévue des négociations et permettra donc difficilement aux parties en présence d’en tenir compte de manière constructive pour réorienter les négociations en fonction des insuffisances notées.
4 _ Accord de partenariat économique : Questions et réponses, Commission européenne, 6 mars 2007.
5 _ TWN Africa, Oxfam International, Une question de volonté politique, Briefing paper, Avril 2007, 31 p., www.oxfam.org.uk Pour une analyse plus complète, lire ODI. 2007. The Costs to the ACP of exporting to the EU under the GSP. Final Report, March 2007. London: Overseas Development Institute. Available on-line: www.odi.org.uk
6 _ S. Bilal et F. Rampa, APE Alternatifs et alternatives aux APE: scénarios envisageables pour les futures relations commerciales entre les ACP et l’UE, Rapport ECDPM 11, Maastricht, 2006.
7 _ En 2005, l’UE a dépensé 1,43 milliards d’euros en subventions à l’exportation pour du lait et des produits laitiers déversés, à des prix bradés, sur les marchés mondiaux, ce qui aboutit à la destruction des moyens d’existence des populations dans certains des pays les plus pauvres du monde. Voir Milking the CAP: How Europe’s dairy regime is destroying livelihoods in the developing world, Oxfam International, décembre 2002.
8 _ Etude d’impact sur le développement durable des négociations commerciales sur les Accords de Partenariat Economique UE-ACP, Rapport Intermédiaire, 1er octobre 2003 (en anglais uniquement). www.sia-gcc.org/acp/download/summarised_mid-term_report_final_doc_light.pdf
9 _ Recommandations autorisant la Commission à négocier des Accords de partenariat économique avec les pays et régions ACP, texte adopté par le Conseil des affaires générales de l’UE, le 17 juin 2002.
10 _ Déclaration ACP relative à la cinquième Conférence ministérielle de l’OMC, Bruxelles, 1er août 2003.
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Négociation sur les APE : Les producteurs sénégalais de tomate et d’oignon refusent l’ouverture
2007-10-11
Mohamed GUEYE
Les producteurs de tomate de la vallée du fleuve Sénégal regardent avec inquiétude leur calendrier, au fur et à mesure qu’approche la date fatidique du 31 décembre. Ils se demandent ce que va devenir leur activité, et par voie de conséquence, leur vie, si les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) venaient à signer les Accords de partenariat économique (Ape) qui doivent lier la région avec l’Union européenne (Ue). Ibrahima Fédior, le président du Conseil interprofessionnel de la filière tomate, le syndicat qui regroupe les différents acteurs de la tomate, signale que l’ouverture au marché sénégalais des produits européens, va contribuer à aggraver une situation déjà trop difficile.
«La campagne qui vient de s’écouler, la production nationale a été de 52.000 tonnes de tomate fraîche, pour 71.000 tonnes en 2006. Alors qu’en 2005, la production a été de 76,5 mille tonnes. Vous voyez donc que, depuis quelques années, la production de tomate dans la Vallée connaît une baisse drastique. Et cela est dû principalement à l’entrée massive, sur le marché sénégalais, de concentrés de tomates de contrebande, en provenance d’Italie ou du Portugal.». Le président du regroupement des producteurs de tomates, qui parlait au téléphone depuis Dagana, a indiqué que, pour l’année dernière, le manque à gagner pour les producteurs de tomate de la Vallée a été de 7 milliards de francs Cfa.
«Etant obligés de réduire les surfaces cultivées, les paysans gagnent moins d’argent qu’espéré», explique-t-il. Et s’ils sont obligés de cultiver moins, c’est parce que la Socas, l’usine de transformation de tomate établie dans la Vallée, et qui rachète leur production, ne veut se pas permettre d’acquérir une quantité supérieure à ce qu’elle peut écouler. Et ces cinq dernières années, la compagnie lutte fortement contre la tomate de contrebande, qui réduit considérablement ses parts de marché.
Par conséquent, Ibrahima Fédior et ses amis appréhendent fortement que les produits européens, qui pour le moment, pénètrent majoritairement à travers la contrebande venant des pays voisins, soient autorisés à venir massivement concurrencer la production locale. «Les Ape vont alors signifier la mort de la filière tomate». Et le désarroi pour de nombreux soutiens de famille, qui vivent de cette activité. Pour illustrer la catastrophe que cela serait, M. Fédior indique que la part de la tomate concentrée importée serait actuellement d’environ 20.000t par an, ce qui représente la moitié de la consommation actuelle du Sénégal. «Cela fait environ l’équivalent de ce que nous produisons à l’heure actuelle. Donc, des pertes de revenus de l’ordre de 20 milliards de francs Cfa pour nous», soupire-t-il.
Le secteur de la tomate locale est la seule filière intégrée de l’agriculture sénégalaise, signale M. Papa Samba Diop, le directeur commercial de la Socas, l’usine de transformation de la tomate. M. Diop affirme que, dans le cadre du contrat qui lie l’entreprise aux agriculteurs, ces derniers travaillent en harmonie avec les transformateurs, de manière à chercher la satisfaction de toutes les parties. Les gains importants que les producteurs de tomate tiraient d’une activité où ils avaient des prix garantis, leur permettaient de faire face au marasme qui affectait les autres cultures auxquels ils se consacrent, comme le riz, l’oignon ou d’autres produits de maraîchage. En dehors du riz, la tomate est la seule activité qui emploie le plus de monde dans la vallée du fleuve Sénégal.
Environ 3000 ménages s’adonnent pleinement à cette culture. Ce chiffre ne tient pas compte des ouvriers de deux usines de la Socas, les distributeurs, les fournisseurs d’engrais et autres transporteurs. tout ce monde a déjà d’ailleurs commencé à ressentir les effets de la crise qui affecte la filière, du fait d’une forte réduction de la production, ces dernières années.
Les producteurs de tomate ne sont d’ailleurs pas les seuls producteurs qui expriment leurs inquiétudes devant l’éventualité d’une ouverture des frontières aux produits venant de l’Europe. Moussé Diongue, membre du comité exécutif de l’Association des unions des producteurs maraîchers des Niayes (Aumn), structure spécialisée dans la production de l’oignon, ne tient pas un discours différent. M. Diongue révèle : «Depuis près de 7 ans, les producteurs d’oignon des Niayes se battent pour améliorer la qualité de leur produit, de manière à être compétitifs sur le marché national et sur le plan extérieur. Nous avons fait des efforts remarquables dans l’organisation des producteurs, surtout pour qu’ils respectent les normes techniques. Nous avons, après des années d’effort, pu obtenir la création d’un label de qualité, dit Soblé Niayes (Oignon des Niayes, Ndlr) Or, tout cela sera très rapidement remis en cause, si l’on veut procéder à une ouverture des marchés trop précipitée.». Un fonctionnaire de l’Agence de régulation des marchés (Arm), qui fixe le prix des produits maraîchers, particulièrement de la tomate et de l’oignon, explique que l’oignon sénégalais n’est pas encore en mesure d’entrer en compétition avec ses concurrents de Hollande ou d’ailleurs.
Le Sénégal, qui produit annuellement 80.000 tonnes d’oignons, en consomme environ 100.000. Mais, faute de moyens de conservations adéquats, une bonne partie de la production nationale, environ la moitié, se détériore avant de pouvoir être consommée. Ce qui fait que, régulièrement, les autorités sénégalaises sont obligées de laisser entrer une part importante d’oignons de Hollande, pour compléter le déficit de production. Cependant, ces produits étrangers, subventionnés à la production et à l’exportation, viennent faire de l’ombre aux produits locaux, vendus souvent plus chers.
Les oignons sénégalais doivent alors attendre que les produits importés soient épuisés, avant de pouvoir se vendre. En réaction, les producteurs nationaux se tournent régulièrement vers l’Etat, pour lui demander de fermer les frontières à la production étrangère, à certaines périodes de l’année, afin de permettre l’écoulement de la production nationale. Cela entraîne parfois un renchérissement des prix, que les consommateurs supportent mal. Les agents de l’Arm expliquent que «les Sénégalais ne savent souvent pas que l’oignon qui est importée et qui est vendue à des prix très compétitifs, a été déjà subventionné dans son pays d’origine, ce qui lui permet d’être parfois deux fois moins cher que la production nationale».
Le directeur de l’agence, Oumar Cissé, est convaincu que si le Sénégal entrait dans un système de libre-échange qui supprimerait les barrières douanières à certains produits, ce sont les producteurs nationaux qui perdraient la protection dont ils bénéficient avec plus ou moins de bonheur. Ce qui signifierait la mort de leurs secteurs d’activité, et la prolétarisation de nombreux agriculteurs. «De plus», ajoute M. Cissé, rien ne nous dit que si les Européens avaient le monopole de la fourniture de notre marché, ils n’augmenteraient pas les prix en ce moment-là, pour nous étouffer encore plus.
* Mohamed Guèye est journaliste au journal sénégalais Le Quotidien. Il fait partie d'un groupe de journalistes sénégalais invités par l'Institut Panos Afrique de l'Ouest et Oxfam à un atelier de formation et de sensibilisation sur les Ape, pour ensuite assurer une production régulière d'informations sur ces négociations.
Cet article est paru dans Le Quotidien du 1er septembre 2007
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Impact des APE sur la fiscalité : Le Sénégal pourrait renoncer à ses grands travaux
2007-10-11
Mohamed Guèye
Les grands travaux auxquels le gouvernement s’est lancé depuis quelques années, n’ont pu se faire que parce que l’Etat avait les moyens de collecter suffisamment de recettes, par ses moyens propres, pour les financer. Or, un pays aussi pauvre que le Sénégal, compte principalement que sur les recettes douanières pour financer les activités de l’Etat. Réduire ces dernières comme le prévoir le projet d’Ape qui doit lier la Cedeao à l’Europe, c’est rogner, considérablement, l’autonomie financière de l’Etat, et son pouvoir de décision.
Les opposants à la signature des Accords de partenariat économique qui doivent lier les pays d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique (Acp) à l’Union européenne (Ue) développent des arguments de plus en plus divers et qui touchent plusieurs domaines de l’activité économique. Même des officiels de l’Etat se mêlent plus ou moins ouvertement au concert. Un douanier sénégalais, qui indique s’exprimer en son nom propre, marque l’inquiétude de son corps sur les conséquences d’un éventuel désarmement tarifaire sur les recettes de l’Etat. Et des fonctionnaires des finances et des travaux publics appuient ses préoccupations en la matière.
Un colonel de la Douane sénégalaise, basé à Dakar, signale que «les recettes douanières sont actuellement, l’une des sources les plus importantes des recettes de l’Etat. Au moment où l’Agriculture est à la traîne et que les unités industrielles ferment une à une, ce serait suicidaire pour le Sénégal de devoir renoncer à une grande part de droits de douane.» Le colonel Guèye estime à plus de 100 milliards de francs Cfa le manque à gagner en termes de recettes douanières, que l’ouverture des marchés va coûter aux finances du pays. Ces chiffres ne sont pas très éloignés de ceux de l’Ong Oxfam, qui a calculé dans une étude à paraître bientôt que pour le Sénégal, «les pertes de recettes douanières consécutives aux Ape sont comprises entre 85,8 à 89,7 millions de dollars, soit une baisse de 10,4% à 10,9% des recettes fiscales correspondant à 1,85% et 1,93% du Pib ou près de la moitié des dépenses de santé».
Cette perte de recettes, si elle n’est pas compensée d’une manière ou d’une autre, va coûter très cher au pays, surtout dans un contexte, comme celui actuel, de pénurie de finances. «Actuellement, si le gouvernement s’est lancé dans de grands travaux d’infrastructures, c’est parce qu’il en a les moyens financiers. Mais, ces ressources sont si limitées qu’il ne peut, à l’heure actuelle, renoncer à une part d’entre elles.» Cet avis est partagé par un haut fonctionnaire du ministère de l’Economie et des finances. Thierno Seydou Niane, responsable de la Cellule de suivi du programme de lutte contre la pauvreté indique : «Aujourd’hui, grâce à la bonne tenue de nos finances, le gouvernement a les moyens de consacrer près de 45% du Budget consolidé d’investissement, le Bci, à la construction des infrastructures comme l’autoroute à péage, pour désengorger Dakar, ou de décider de construire l’aéroport.
A l’époque où des parts importantes de ces ressources venaient des partenaires étrangers, ce sont ces derniers qui décidaient de leur utilisation.» Une manière de souligner le danger qu’il y a à ne plus se donner les moyens de cette indépendance.
Le Sénégal, en tant que pays membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), est partie prenante des négociations qui se mènent entre cette instance et la Commission de l’Union européenne, pour la signature, au plus tard à la fin de cette année, d’un Accord de partenariat économique (Ape) qui doit ouvrir, réciproquement, les marchés des deux entités aux produits de l’autre, sans droit de douane ni restrictions autres que sanitaires.
A l’heure actuelle, les échanges de part et d’autre se font de manière non réciproque. L’Europe, qui est le principal partenaire économique du Sénégal et des autres pays de la région Acp, ne bénéficie pas, en théorie, des mêmes facilités d’accès aux marchés des pays en développement que ces derniers sur le sien. Cependant, cette architecture est appelée à disparaître à la fin de cette année, et les acteurs des pays pauvres se rendent, de plus en plus, compte qu’ils seront les plus grands perdants dans cette affaire.
RESISTANCES
L’opposition à la signature des Ape n’est pas que financière, et ne se limite pas au corps des douaniers et autres fonctionnaires. Les aviculteurs sénégalais, par exemple, mettent en avant la question de la sécurité alimentaire, à côté des risques de perte d’emploi. M. Idrissa Kama, le secrétaire général de l’Union nationale de la filière avicole (Unafa), qui regroupe aussi bien des éleveurs de poulets que des fabricants d’aliments ou des vétérinaires, ne cache pas son souhait de voir sa filière épargnée de toute concurrence de la volaille européenne.
M. Kama rappelle la situation que la filière a connue jusqu’en 2005, avant l’éruption de la grippe aviaire dans des poulaillers de certains pays d’Afrique. «Du fait de la concurrence déloyale de cuisses de poulets et d’ailes de dindes vendues à vil prix sur nos marchés, parce que subventionnés dans leurs pays, le secteur avicole, qui faisait un chiffre d’affaire de 25 milliards en l’an 2000, avait perdu jusqu’à 80% de ses capacités de production, et le secteur a dû mettre au chômage plus de 5000 employés, dans différents secteurs.»
M. Kama indique que la revitalisation de l’aviculture date de 2006, avec la décision des autorités sénégalaises d’interdire l’entrée, dans le pays, de toute volaille importée, pour des raisons sanitaires. «Après une longue période de suspicion, les consommateurs sénégalais ont repris la consommation de poulet, rassurés par le fait qu’il n’y a pas eu de cas de grippe aviaire dans le pays, et par les mesures prises par les pouvoirs publics. Une ouverture des frontières aujourd’hui, serait catastrophique, parce que l’aviculture sénégalaise n’est pas encore assez forte pour se défendre contre des produits subventionnés.»
Les producteurs de lait local, comme M. Baghoré Bathily, qui a monté une petite structure de transformation de lait local, nommée, «Laiterie du Berger», juge aussi que l’entrée des produits laitiers européens au Sénégal, sans aucune restriction, va signifier la mort des petites unités comme la sienne, pour laquelle il a investi plus d’un milliard de francs Cfa, et qui travaille avec près de 200 producteurs de lait dans la région de Richard Toll, au nord du pays. «Si nous fermons boutique, tous ces éleveurs, à qui nous versons entre 200 et 500.000 francs par mois, vont retomber dans la pauvreté», signale-t-il. Même des entrepreneurs en travaux publics ne sont pas rassurés par la perspective d’ouverture.
M. Ndiaye, qui s’occupe d’une société chargé de l’assainissement, ne cache pas la crainte de voir une bonne part de la commande publique lui échapper s’il est mis en concurrence avec des sociétés européennes, comme le souhaite le projet européen d’Acp. Mais, il pense avoir trouvé la parade : «J’ai passé un accord de partenariat avec une entreprise du secteur, qui est basée à Rouen. Elle a plus de deux fois les capacités financières et techniques de toutes les entreprises sénégalaises dans le secteur de l’assainissement urbain. Ainsi, si un appel d’offres ouvert est lancé par l’Etat, nous pourrions nous associer pour compétir.» M. Ndiaye juge que ceux de ses collègues qui négligeraient de faire comme lui, doivent se préparer à disparaître à plus ou moins long terme.
REACTIONS
Pour leur part, les dirigeants européens jugent que les Africains n’ont aucune raison de s’inquiéter. Déjà, au mois de juillet dernier, à Accra, le commissaire européen au développement, M. Louis Michel, signifiait que les Européens ont déjà donné toutes les garanties qu’ils prendront en charge tous les coûts nécessaires aux économies des pays de la Cedeao pour qu’elles s’ajustent à la concurrence à venir. Et que l’Europe est prête à compenser les pertes fiscales entraînées par le désarmement tarifaire.
Ce à quoi rétorque Marc Maes, de la Coupole d’Ong flamandes sur le commerce, qu’au lieu de compenser ces pertes fiscales, il faudrait plutôt aider ces pays à ne pas perdre de l’argent. De plus, ajoute-t-il, «cette promesse de compensation est plutôt un moyen de pression de l’Europe, pour inciter les pays d’Afrique à signer les accords». Il en veut pour preuve le fait que, pour la programmation des fonds du 10e Fonds européen de développement : «Nous savons que la Commission européenne a envoyé des lettres à certains négociateurs des régions Acp pour leur dire ceci :’Si vous ne signez pas l’Accord, nous allons réduire de moitié les fonds prévus pour votre intégration régionale. Par contre, si vous signez un Accord qui ne contient pas les clauses de libéralisation des services, nous allons réduire d’un quart cette assistance.»
Comme en réponse à ces résistances, le commissaire au Commerce, Peter Mandelson, de son côté, s’est désolé à Bruxelles, mardi 11 septembre dernier, de ce que «certains, dans la Cedeao, croient qu’ils ont peu à perdre si un Ape n’est pas signé». Il a tenu à dire que dans l’hypothèse de non-signature d’Ape, l’Europe ne garantit pas l’ouverture de son marché aux Acp.
* Mohamed Guèye est journaliste au journal sénégalais Le Quotidien. Il fait partie d'un groupe de journalistes ouest-africains invités par l'Institut Panos Afrique de l'Ouest et Oxfam à un atelier de formation et de sensibilisation sur les Ape, pour ensuite assurer une production régulière d'informations sur ces négociations, afin de sensibiliser le public.
Cet article est paru dans Le Quotidien du 17 septembre 2007
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Bénin : Les recettes douanières sous la pression des APE
2007-10-11
Gnona AFANGBEDJI
L’instauration d’une zone de libre échange entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest, à la faveur des accords de partenariat économiques, constitue une équation pour le Bénin. Ceci à l‘image de tout pays qui alimente son budget à partir ressources essentiellement fiscales. Principaux pourvoyeurs du Trésor public, les recettes douanières contribuent pour environ le tiers du budget national. ‘’Les risques fiscaux associés à l’application des Ape sont certains’’, note donc Toussaint Houeninvo, Expert sur les questions du commerce multilatéral.
Pour M. Houeninvo, la mise en œuvre des APE occasionnera une érosion des recettes douanières. Le manque à gagner pour le Bénin serait globalement de l’ordre de 174,9 milliards sur la période 2008-2019, selon les scénarios prévus par les différentes études d’impact.
S’il est évident que la suppression progressive des droits de douane peut conduire à une baisse des recettes douanières, Epiphane Adjovi, économiste, situe le taux de pertes de droits de douane à une moyenne annuelle d'environ 9,48%. «Mais cette perte de recettes douanière est compensée dans une certaine mesure par le renchérissement des taxes indirectes qui augmenterait de 4,8% en moyenne par an», nuance-t-il.
Les études, tout en reconnaissant l’érosion probable des droits de porte, indiquent par contre une possibilité d’amélioration de la fiscalité intérieure. Ce passage du fléchissement des recettes douanières au renforcement de la fiscalité intérieure sera induit par la baisse des prix des équipements et des facteurs de production, favorable à une amélioration de la compétitivité de certaines filières agricoles et des entreprises en général.
Mais l’hypothèse d’un renforcement de la fiscalité intérieure suscite, de la part de certains analystes, quelques réserves. D’une part, la création d’un marché de libre-échange constitue en elle-même une menace pour les entreprises locales. Akouété Johnson, Responsable de TradeCom Bénin, note que la hausse des importations en provenance de l’Union européenne à la faveur des Ape pourrait générer une perte de compétitivité des branches de production qui aurait pour causes essentielles des difficultés d’adaptation des filières de production à la concurrence des produits extérieurs. Les études d’impact indiquent une contraction de l’ordre de 45,60 % de l’offre globale de production.
D’autre part, la structure de l’économie béninoise, à forte proportion d’entreprises informelles, constitue un facteur limitatif. Une enquête réalisée en 2001 par l’Observatoire africain des statistiques (Afristat) recense, dans la seule ville de Cotonou, capitale économique du Bénin, 201 160 unités de production informelles avec un chiffre d’affaire annuel de 532 milliards de francs Cfa et 154 milliards de valeur ajoutée annuelle. Aujourd’hui, près 90% des entreprises béninoises ne paient pas d’impôt et échappent au contrôle fiscal. Dans un document de position produit à l’issue d’un atelier régional tenu en juin 2007 à Cotonou, le secteur privé a attiré l’attention des Etats sur « le risque d'un accroissement du poids de la fiscalité sur les entreprises du secteur formel en cas de démantèlement tarifaire et de la transition fiscale qui va en découler ».
* Gnona Afangbédji est journaliste au quotidien béninois L'autre Quotidien. Il fait partie d'un groupe de journalistes africains documentés et appuyés par l'Institut Panos Afrique de l'Ouest et Oxfam, pour assurer une production régulière d'informations sur ces négociations, afin de sensibiliser le public.
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Le Bénin face aux Ape : L’avenir de la filière ananas en question
2007-10-11
Hippolyte Djiwan
Les Accords de partenariat économique auront des conséquences lourdes sur certaines filières agricoles, à l’instar de la filière ananas pour le Bénin. Or «l’ananas est un marché en développement sur le continent africain», constatent Jean-Luc Burquier et Stéphane Zeraschi, deux importateurs et experts en commerce international de l’Union européenne. Ils étaient en avril dernier à Cotonou à séance de travail qui regroupait des membres du Projet d’appui au secteur privé (Pasp), des acteurs de la filière dont les représentants des producteurs d’ananas.
« Les exportateurs béninois seront bien inspirés, s’ils envisageaient de s’ouvrir de nouveaux marchés, vers des pays comme la Suède, la Grande-Bretagne, l’Allemagne etc, plutôt que de se cantonner au marché de Rungis en France » soulignait à cette occasion Isabelle Coyssi, expert en communication au Pasp. Seulement, une épée de Damoclès plane avec la signature des Accords de partenariat économique, «dont les effets n’épargneront aucun secteur du développement économique et social», selon Aurélien Atindégla, président du Groupe de recherche et d'action pour la promotion de l'agriculture et du développement (Grapad), une Ong béninoise qui assiste les organisations paysannes au travers des conseils et la formation.
Quels impacts pourraient avoir les Ape sur la filière de l’ananas ? «Il n’y a particulièrement pas une étude d’impact spécifique des Ape sur la filière de l’ananas», fait savoir Abel Gbétoénonmon, secrétaire général de la plate forme du réseau des organisations de la société civile au Bénin (Pascib). Mais si « à court terme, les Ape ne constituent pas une menace pour la filière de l’ananas, ils pourraient se révéler dangereux à long terme» pour ce qui constitue un des créneaux porteurs de l’économie béninoise, au sein duquel les producteurs commencent à s’organiser.
En effet, si seul « 1,6% des 110 000 tonnes produites en 2006 auraient été exportées en France, le reste étant consommé au Bénin et sur le marché régional » (La Nation" dans son édition du 19 avril 2007), les producteurs béninois ambitionnent d’atteindre une production de 300 000 tonnes à l’horizon 2010. Mieux, «nous produirons 400 000 tonnes d’ici à trois ans», précise le coordonnateur du programme d’appui au développement des filières agricoles (Padfa), Antonin Alavo.
Face à ces ambitions quel sera la destination des 400 000 tonnes d’ananas envisagés, lorsqu’on sait que seulement 1,6% des 110 000 produites en 2006 ont été exportées, soit 1 750 tonnes ? La question amène M. Gbétoénonmon à affirmer que « les producteurs béninois doivent dépasser l’étape de la cueillette simple» pour passer à l’étape de la transformation
Actuellement, quelques rares entreprises béninoises produisent du jus d’ananas embouteillé. Dans la perspective d’une production de 400 000 tonnes et avec les faibles capacités d’exportation du marché béninois, le développement du secteur de la transformation s’impose. Mais « si, avec la signature des Ape, on ne prend pas des mécanismes de sauvegarde de façon à maintenir un minimum de protection sur les industries agroalimentaires locales, il est à craindre que ces industries naissantes dans un environnement compétitif libéralisé se retrouvent dans des difficultés et disparaissent face aux fabriques du nord», avertit Abel Gbètoénonmon.
* Hippolyte A. Djiwan est journaliste, collaborateur du quotidien béninois Fraternité. Il fait partie d'un groupe de journalistes africains impliqués dans un atelier de formation sur les Ape, documentés et appuyés par l'Institut Panos Afrique de l'Ouest et Oxfam, pour assurer une production régulière d'informations sur ces négociations, afin de sensibiliser le public.
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Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : Sommet UA-UE, la venue de Mugabe est affaire de principe
2007-10-11
http://www.ouestaf.com/Sommet-UA-UE-pour-les-Africains,-la-venue-de-Mugabe-est-affaire-de-principe_a999.html
Exclue par certains dirigeants européens -au premier rang desquels le Premier ministre britannique Gordon Brown-, la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe au prochain sommet Union européenne-Afrique relève pour l'Union africaine d'une affaire de principe. "L'Union africaine (UA) souhaite que tous les pays africains participent. Ce n'est pas aux Européens de dire qui doit participer ou pas..."a assuré un diplomate de l'UA à Addis Abeba.
Comores : L'UA impose des sanctions à Anjouan
2007-10-11
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP04057luaimnauojn0
L'Union Africaine (UA) a décidé d'imposer des sanctions - restrictions sur les déplacements et gel des avoirs financiers à l'étranger - contre les autorités de l'île d'Anjouan, a annoncé mercredi le responsable du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, Said Djinnit. "Le Conseil a approuvé les recommandations en faveur de sanctions individuelles contre les personnalités d'Anjouan. Elles dureront 45 jours", a déclaré M. Djinnit.
Soudan : Le manque d'hélicoptères peut entraver la mission du Darfour
2007-10-11
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3831
Les Nations Unies ont reçu des promesses de 16 pays volontaires pour fournir soit des troupes, soit le soutien logistique pour la force hybride de maintien de la paix de 26.000 personnes proposée par les Nations Unies et l'Union africaine et nécessaire de toute urgence dans le Darfour dévasté par la crise, au Soudan.
Femmes & genre
Afrique : Dirigeantes Sans Frontières
2007-10-11
http://www.afrik.com/article12619.html
Khady Cissé Fitoussi, la jeune et dynamique femme chef d’entreprise d’origine Sénégalaise, préside le nouveau club Dirigeantes Sans Frontières, dont le motto s’apparente à « Des femmes pour faire progresser des femmes ». Diplômée des Hautes Etudes en Pratiques Sociales et en Droit International, Khady Cissé mène de front une double activité de chef d’entreprise en France et d’audit-conseil en import/export à Dakar.
Afrique : Pourquoi les femmes restent dans le commerce informel
2007-10-10
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3824
Des exportateurs agricoles dans les nations pauvres ont besoin de fonds et d'assistance technique pour se conformer aux normes de sécurité alimentaire dans le but d'accroître leur part du commerce mondial, selon les représentants de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Mali : Enfin un ministère pour la société civile féminine
2007-10-10
http://malikounda.com/nouvelle_voir.php?idNouvelle=14186
Le ministère de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la famille est revenu enfin à une organisation de la société civile : la Coordination des associa¬tions et ong féminines (Cafo). En effet, la promue n'est autre que Mme Maïga Sina Damba, ci-devant Secrétaire générale de la Cafo. On peut aisément comprendre que cet événement ait suscité de réels espoirs.
Droits humains
Gambie : Libération des responsables d’Amnesty accusés d’espionnage
2007-10-10
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43682
Les deux responsables de l’ONG Amnesty International, Bashir Ayodele Ameen et Tanja Bernath, qui avaient été arrêtés samedi avec leur accompagnateur gambien, Yaya Dampha, un journaliste du journal « Foroyaa », pour présomption d’espionnage, ont été libérés sous caution par la police dans l’après-midi du lundi. Les trois hommes ont été libérés cependant ils doivent se présenter à la police dans la matinée de mardi.
Burundi : On viole en temps de paix comme en temps de guerre
2007-10-10
http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/communiques_de_presse/burundi_aucune_protection_contre_le_viol_en_temps_de_guerre_comme_en_temps_de_paix
Amnesty International et l'Acat Burundi (Action des Chrétiens pour l'abolition de la torture) ont demandé, le mardi 9 octobre 2007, au gouvernement du Burundi, de prendre sans délai des mesures visant à protéger les femmes, les jeunes filles et les fillettes contre le viol et les autres violences sexuelles. Ces derniers sont tres eleves et 60%des viols signalés concernent des mineurs.
Maroc : Que faire pour les quelque 200.000 mendiants ?
2007-10-11
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3829
Le gouvernement marocain a élaboré une stratégie pour faire face aux dizaines de milliers de mendiants qui tendent la main chaque jour dans les ruelles des villes du royaume, a déclaré Abderrahim Harrouchi, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, la semaine dernière, dans un entretien téléphonique avec IPS depuis Marrakech, au sud de Rabat, la capitale.
RDC : Menaces de mort contre une ONG des droits de l’homme
2007-10-10
http://www.societecivile.cd/node/3532
Journaliste pour la promotion & la défense des droits de l’homme (JPDH) et Membre de la Coalition pour la Cour pénale internationale (CCPI) exprime ses inquiétudes au sujet d’incessantes menaces de mort proférées contre les animateurs de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho/Katanga), une organisation non gouvernementale basée dans la province du Katanga.
Sierra Leone : Deux ex- chefs d'une milice condamnés à 6 et 8 ans de prison
2007-10-10
http://afriklive.com/Sierra-Leone-deux-ex-chefs-d-une-milice-condamnes-a-6-et-8-ans-de-prison_a3222.html
Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (Tssl) a condamné, le mardi 9 octobre, à six et huit ans de prison ferme, deux anciens chefs de la milice progouvernementale des Forces de défense civiles (Cdf), reconnus coupables de crimes de guerre lors du conflit civil entre 1991 et 2001. Ces condamnations sont nettement inférieures aux réquisitions de 30 ans ferme du procureur Joseph Kamara.
Réfugiés & migration forcée
Global : Pas d’opération de régularisation massive en Belgique
2007-10-11
http://www.afrik.com/article12660.html
Selon l’accord sur la politique de l’immigration intervenu, dans la nuit de lundi à mardi, entre les négociateurs du nouvel accord gouvernemental, seuls les sans-papiers établis en Belgique depuis au moins le 1er janvier 2006 et pouvant prouver un contrat de travail ou une activité en tant qu’indépendant, seront régularisés.
Global : Israël, Citoyenneté accordée à des réfugiés du Darfour
2007-10-10
http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=1&s=296&d=3&i=980
Cinq cents réfugiés du Darfour qui étaient rentrés illégalement en Israël via l’Egypte obtiendront à titre humanitaire exceptionnel la citoyenneté israélienne. Une décision historique annoncée vendredi par le gouvernement à Jérusalem.
Mauritanie : A la dérive dans l'Atlantique avec les clandestins
2007-10-10
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20071008/tts-mauritanie-clandestins-ca02f96_1.html
Dans son boubou saharien, avec sa barbe et son bronzage, le Français passe pratiquement inaperçu à Nouadhibou, repaire de trafiquants de drogue et de passeurs de clandestins. Dominique Mollard cherche à embarquer avec des émigrants clandestins pour une traversée périlleuse vers les Canaries. Ce journaliste de télévision de 58 ans est à l'affût d'un reportage vécu sur les Africains qui bravent la mort pour le mirifique Eldorado européen.
Somalie : De nombreuses familles fuient pour échapper à la violence
2007-10-11
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=74721
Les opposants armés au Gouvernement fédéral somalien de transition (GFT) ont multiplié leurs attaques contre des cibles gouvernementales à Mogadiscio, la capitale ; au moins quatre responsables ont été tués au cours du week-end, ont révélé plusieurs sources locales, le 8 octobre. Les attaques et la riposte des forces du gouvernement, soutenues par l’Ethiopie, ont abouti à des déplacements de population supplémentaires.
Mouvements sociaux
Burkina Faso : Des militaires dans les rues de Ouagadougou
2007-10-11
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43724
Des dizaines de militaires en tenue, « ont fait mouvement » dans les rues de Ouagadougou mardi, avant de se retrouver à l’Etat major général des armées pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail, a constaté APA dans la capitale, burkinabe. Certains à la retraite, les autres encore en service, les manifestants ont affirmé qu’ils ne s’empêcheraient pas d’user de la violence pour défendre leurs droits.
Egypte: Des journaux en grève pour dénoncer la répression
2007-10-11
http://www.ouestaf.com/Egypte-des-journaux-en-greve-pour-denoncer-la-repression-contre-les-medias_a1004.html
Une vingtaine de journaux indépendants ou d'opposition n'ont pas paru dimanche en Egypte en signe de protestation contre les récentes atteintes à la liberté de la presse par le pouvoir. Cette grève de parution a été suivie par 23 journaux, a indiqué à l'AFP un dirigeant du syndicat des journalistes, Gamal Fahmy. Elle avait été initiée par le conseil des éditeurs de presse pour dénoncer une "campagne acharnée contre la presse libre en Egypte".
Rwanda : Grève de la faim chez les détenus du TIPR
2007-10-11
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43833
Des détenus de la prison du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), une structure de l’Onu ont entamé mercredi une grève de la faim, en signe de protestation contre les demandes de transfert de certains dossiers à la justice rwandaise. Ce mouvement de grève qui concerne 40 des 55 prisonniers a été annoncé par les détenus eux-mêmes et confirmé par un membre du TPIR qui a préféré garder l’anonymat.
Elections & gouvernance
Centrafrique : Bozizé fait revenir l’opposition
2007-10-10
http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=1&s=296&d=3&i=980
Un accord a été trouvé le vendredi 5 octobre en Centrafrique sur la composition du comité préparatoire du futur "dialogue politique" entre le pouvoir de Bangui et l'opposition, qui est donc revenue sur sa décision de ne pas participer à ces assises. Au terme d'une réunion de plus de cinq heures présidée par le chef de l'Etat François Bozizé, la majorité, l'opposition et la société civile ont annoncé que le comité préparatoire comprendrait 23 membres.
Ethiopie : Girma Woldegiorgis réélu président pour six ans
2007-10-11
http://www.afriklive.com/Ethiopie-Girma-Woldegiorgis-reelu-president-pour-six-ans_a3221.html
Le président sortant de la République fédérale et démocratique d'Ethiopie, Girma Woldegiorgis, a été réélu mardi matin par les parlementaires pour un mandat de six ans. En Ethiopie, le président de la République a une position symbolique dans l'organigramme officiel. L'élection à main levée a eu lieu à la Chambre des représentants (chambre basse) en présence de tous les membres du gouvernement du Premier ministre Meles Zenawi.
Togo : Le scrutin de la réhabilitation
2007-10-11
http://fr.allafrica.com/stories/200710100485.html
Les législatives prévues le dimanche 14 octobre devraient permettre un retour en grâce auprès de l’Union européenne. Ouverte le 29 septembre, la campagne électorale en vue des législatives vit ses derniers moments. Elle s’achève le vendredi 12 octobre. Tout se passe jusque là dans la sérénité. Ce qui, en tout état de cause, n’altère en rien le caractère crucial du scrutin.
Afrique & Chine
Afrique : Un nouveau partenariat conclu avec la Chine
2007-10-11
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=XIN00237lachitairan0
En Chine, beaucoup de personnes connaissent l'Afrique à travers le chemin de fer Tanzanie-Zambie construit avec l'aide de la Chine dans les années 1970, et à travers les médecins volontaires chinois en Afrique dans les années 1960.
Zhou, 44 ans, s'imagine l'Afrique comme un désert avec une économie tiers-mondiste, mais il a changé d'avis en 2004 quand il a été nommé chef d'équipe d'un projet visant à concevoir et à fabriquer un satellite pour le Nigeria.
RDC : Des banquiers chinois avec plusieurs milliards Usd
2007-10-11
http://fr.allafrica.com/stories/200710110581.html
Après les 8,5 milliards qui avaient provoqué un tsunami - Des banquiers chinois encore à Kinshasa avec plusieurs milliards Usd ! Gao Jian, Vice-président de China Development Bank (CDB) au capital social de 400 milliards de dollars, est à la tête d'une forte délégation des banquiers pour signer un nouvel accord cadre avec le Gouvernement de la RDC.
Corruption
Burkina Faso : A la 105e place des pays corrompus
2007-10-10
http://www.afrik.com/article12629.html
L’ambassadeur de France au Burkina Faso, François Goldblatt, a regretté vendredi à Ouagadougou, la 105e place sur 173 pays du monde occupée par "Le pays des hommes intègres" dans le rapport 2007 sur la corruption établi par l’ONG Transparency International. Le Burkina Faso occupait la 79ème place dans le classment de Transparency International en 2006.
Guinée Bissau : L’Onu implique le gouvernement dans le trafic de drogue
2007-10-10
http://www.afrik.com/article12628.html
Selon le récent rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la Guinée Bissau, le gouvernement et l’armée de ce pays seraient impliqués dans le trafic de drogue. « Le trafic de drogue risque de déstabiliser le nouveau processus de démocratisation de la Guinée Bissau, d’encourager le crime organisé et de bafouer le principe de l’Etat de droit », peut-on lire dans le rapport publié le 28 septembre.
Développement
Afrique : L'aide au commerce pour assister les producteurs
2007-10-10
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3825
Des exportateurs agricoles dans les nations pauvres ont besoin de fonds et d'assistance technique pour se conformer aux normes de sécurité alimentaire dans le but d'accroître leur part du commerce mondial, selon les représentants de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Afrique : Le Gabon, 3e producteur de pétrole dans la zone franc en 2006
2007-10-10
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43785
Le Gabon malgré le déclin de sa production pétrolière a occupé la 3ème place derrière la Guinée équatoriale et la République du Congo, selon un rapport de la banque de France. Avec 11,9 millions de tonnes, le Gabon est devancé par la Guinée équatoriale qui reste le premier en Zone franc avec 17,1 millions de tonnes produits en 2006, indique ce rapport. Le Congo avec 13,3 millions de tonnes occupe la deuxième place. Le Gabon est suivi du Tchad (7,9) qui devance à son tour le Cameroun (4,4), précise le même rapport .
En 2007
Togo : Une économie pénalisée par les sanctions
2007-10-11
http://fr.allafrica.com/stories/200710100486.html
Privée d'aide substantielle par les partenaires au développement, notamment l'Union européenne depuis 1993, l'économie du Togo peine à se redresser, victime des mauvaises performances de ses principaux secteurs d'exportations. Premier produit d'exportation et qui représente à lui seul plus de 40% des recettes, le phosphate est aujourd'hui sinistré et la production a chuté de plus de moitié en dix ans. Les productions de coton, cacao et café ont également dégringolé ces dernières années. La croissance annuelle n'a pas atteint 2% depuis 2005.
Santé & VIH/SIDA
Afrique du Sud : Des chercheurs séquencent le génome d'une tuberculose résistante
2007-10-11
http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Des_Sud_Africains_sequencent_le_genome_d_une_tuberculose_resistante.htm
Des chercheurs sud-africains ont annoncé jeudi avoir réussi à séquencer en une semaine le génome d'une tuberculose ultra résistante aux antibiotiques. Ces scientifiques, travaillant pour Lifelab, centre de recherche public, ont décodé et séquencé ce génome en une semaine au lieu d'un an, grâce à un équipement d'une valeur de cinq millions de rands (750.000 USD/520.000 EUR) importé des Etats-Unis.
Benin : A l’assaut du paludisme
2007-10-11
http://www.benininfo.com/111005.htm
Le Chef de l’Etat, le président Boni Yayi, était hier mercredi 10 octobre à l’école primaire publique de Gbégamey Nord de Cotonou. Le président Boni Yayi était allé constater l’état d’avancement des travaux de construction d’Apatam (deux hangars) et de reconstruction d’une salle de classe en ruine.
Gabon : Expérimentation d’un vaccin contre le Vih/Sida
2007-10-11
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43778
La chercheuse Antonia Radelli de l’Université de Milan (Italie) teste depuis une semaine à Franceville, à 750 Km au sud-est de Libreville, la capitale gabonaise, un vaccin contre le VIH/SIDA. Le vaccin est expérimenté sur des singes au Centre international des recherches médicales de Franceville (CIRMF). C’aboutissement d’une collaboration scientifique entre le CIRMF et l’Université de Milan.
Mauritanie : Traitement des maladies mentales, 80% de réussite
2007-10-11
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43882
Le taux de réussite réalisé dans les traitements appliqués aux malades mentaux en Mauritanie est d’environ 80%, a révélé mercredi le directeur général de l’hôpital psychiatrique de Nouakchott. Selon ce responsable qui parlait au cours de la commémoration de la Journée internationale de la santé mentale, son établissement assure annuellement le suivi de 10 000 à 12 000 personnes atteintes.
Zimbabwe : Un pasteur infecté par le VIH révèle sa séropositivité
2007-10-11
http://www.afrik.com/article12646.html
Le révérend Maxwell Kapachawo est le seul pasteur connu à avoir publiquement admis être infecté par le VIH. Il encourage aussi ses pairs infectés ou affectés par la maladie à parler ouvertement du VIH/SIDA. Les Eglises du Zimbabwe ont tendance à appréhender le problème du VIH/SIDA comme une question morale, a indiqué M. Kapachawo.
Éducation
Afrique : Education, le continent represente 2,4% du budget mondial
2007-10-11
http://fr.allafrica.com/stories/200710110824.html
Dans son dernier rapport sur les chiffres de l'éducation dans le monde, l'UNESCO révèle de grandes différences dans l'allocation des budgets publics pour l'enseignement, l'Afrique sub-saharienne ne représentant que 2,4% du budget mondial dans ce secteur, contre 28% aux Etats-Unis et 18% en Asie de l'est-Pacifique. « Les États-Unis sont les premiers investisseurs dans l'éducation ».
Côte D'Ivoire : Les enfants bouviers ont droit à l'alphabétisation
2007-10-10
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3827
Apprendre à lire et à écrire aux enfants habitués à conduire des bœufs attelés pour la culture mécanique dans des champs depuis leur bas-âge, tel est le défi que tente de relever une organisation non gouvernementale (ONG) dans la région nord de la Côte d'Ivoire.
Environnement
Nigeria : 79 millions de dollars pour l'approvisionnement en eau potable
2007-10-11
http://fr.allafrica.com/stories/200710110262.html
Le conseil d'administration du Fonds africain de développement a approuvé mercredi à Tunis un prêt de 51 millions d'unités de compte (79,4 millions de dollars ou 9,9 milliards de nairas) pour financer un important projet d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement en milieu rural au Nigeria.
Au Sénégal : Protéger les tortues marines plutôt que les manger
2007-10-11
http://www.ouestaf.com/Au-Senegal,-proteger-les-tortues-marines-plutot-que-les-manger_a1005.html
Au Sénégal, la tortue marine appréciée pour sa chair et même pour ses prétendues vertus aphrodisiaques, est menacée d'extinction. Mais une campagne de sensibilisation des populations commence à porter ses fruits. Sur la plage de Joal-Fadiouth (à une centaine de km au sud de Dakar), plusieurs panneaux en bois se dressent au-dessus de petits enclos grillagés à quelques mètres du rivage: "Nid de tortues vertes, interdit de toucher".
Média & liberté d'expression
Angola : Huit mois de prison pour offense à un ancien ministre»
2007-10-10
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=23897
Reporters sans frontières est effarée par la peine de huit mois de prison ferme et de 250 000 dollars d’amende prononcée mercredi 3 octobre à l’encontre de Felisberto da Grâça Campos, journaliste et éditeur de l’hebdomadaire angolais Semanario Angolense, par le tribunal de première instance de Luanda. L'organisation de défense des libertés des journalistes juge la peine disproportionnée.
Afrique du Sud : Le Sunday Times veut poursuivre une 'révolution' médiatique
2007-10-11
http://www.ouestaf.com/Le-Sunday-Times-veut-poursuivre-une-revolution-mediatique-en-Afrique-du-Sud_a1003.html
Le journal dominical sud-africain Sunday Times, créateur déjà de la première rédaction multimédia d'Afrique du Sud, ambitionne de poursuivre une "révolution" du paysage médiatique du pays avec le lancement dimanche d'une stratégie marketing visant les supports mobiles.
Global : Publication d'un répertoire des médias des diversités !
2007-10-10
http://www.afrik.com/article12571.html
Le programme Mediam’Rad de l’Institut Panos publie MediaDiv, un répertoire complet des médias des diversités en France. Un ouvrage qui fait office de première dans le genre. Une publication qui permettra au grand public de découvrir des journaux, des radios, des télévisions ou des sites internet dont bien souvent il ignorait l’existence.
Sénégal : Wade se défend de vouloir "contrôler la presse"
2007-10-11
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP11117leprsesserp0
Le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est défendu mardi à Dakar de vouloir "contrôler la presse", en exhortant les journalistes à faire la part des choses entre "le président, le citoyen Wade et le Sénégal" dans leur travail. "Je ne vais pas rater cette occasion pour vous dire ce que je pense", a déclaré M. Wade lors d'une cérémonie de remise de financement et de matériel informatique à des correspondants de la presse locale dans les provinces.
Plaidoyers & campagnes
Botswana : l’offensive du gouvernement sur les chasseurs bushmen
2007-10-11
http://www.afrik.com/article12658.html
Selon l’organisation bushman First People of the Kalahari, six Bushmen ont été arrêtés pour avoir chassé dans le camp de relocalisation de New Xade. Les dernières arrestations portent à au moins 48 – dont la plupart depuis juin dernier – le nombre de Bushmen appréhendés pour avoir chassé depuis leur victoire judiciaire de décembre dernier.
Nouvelles de la diaspora
Centrafrique : Alerte contre la fuite des cerveaux
2007-10-10
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43799
La directrice des affaires académiques et de la coopération (Daac), Mme Georgette Ndébalé, a invité les autorités centrafricaines à réfléchir sur les dispositions à prendre pour éviter la fuite des cerveaux à l’université de Bangui et voir comment attirer au pays l’élite restée à l’étranger. La carence des enseignants serait due au maigre salaire des universitaires.
Global : France, la Cité de l’Immigration inaugurée dans l’indifférence
2007-10-11
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43788
La cité nationale de l’histoire de l’immigration a été ouverte mercredi en milieu de matinée, à Paris dans la discrétion la plus totale et en l’absence de membres du gouvernement français. Intervenue dans un contexte de polémique sur le projet de loi sur l’immigration proposé l’ouverture de ce haut lieu de « reconnaissance de l’apport de l’immigration dans le développement de la France » ne l’a été que dans la plus grande sobriété.
Global : L’affaire de tests ADN crée des polémiques en France
2007-10-10
http://www.maliba.com/index.php?option=com_content&task=view&id=539&Itemid=1
La nouvelle loi française, relative au test ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial en France, a fait l’objet de controverses et de polémiques, tant au niveau national que mondial. Le texte voté par les députés français autorise à titre expérimental, -jusqu’au 31 décembre 2010- les tests ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial.
Global : Sans-papiers et sans soins
2007-10-10
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4791
Un migrant sans-papiers sur quatre seulement a accès à une couverture médicale en Europe, a révélé, fin septembre, Médecins du Monde, à l'occasion du dernier conseil européen des ministres de la Santé. Ils y ont droit, mais le manque d’information et la peur d’être dénoncés constituent autant d’obstacles. "Les sans-papiers sont les plus vulnérables aux maladies...", relève le Dr Teresa Gonzalez, présidente de Médecins du Monde Espagne.
Global : Suisse, l'intégration des étrangers à l'épreuve du transport public
2007-10-10
http://continentpremier.info/
Existe-t-il des sièges pour «gens de couleur» et des sièges pour « gens transparents et incolores» dans les bus de transport en commun à Genève ? L’observation du comportement des passagers dans les bus Tpg (Transport Public Genevois) semble traduire une distance imperturbable entre les africains et les indigènes, ce qui soumet à rude épreuve les politiques d’intégration préconisées par les autorités.
Conflits & urgences
Centrafrique : Une vingtaine de militaires rayés des effectifs de l’armée
2007-10-11
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=43888
Le président centrafricain François Bozizé, qui est également ministre de la défense nationale, a radié mercredi une vingtaine de militaires, dont trois sous-officiers, des effectifs des Forces armées centrafricaines (FACA) pour cause de violations graves et flagrantes des règlements militaires. Ils sont accusés de vols à main armée, consommation abusive du chanvre indien et indiscipline caractérisée.
Côte d'Ivoire : Ban Ki-moon inquiet
2007-10-11
http://www.benininfo.com/01.htm
L'accord de paix inter-inter ivoirien piétine. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon ne s’en est pas caché dans son dernier rapport sur la Côte d'Ivoire publié le 10 octobre. Le secrétaire général s'est dit surtout inquiet du ralentissement de la mise en oeuvre de l'Accord de paix, dont le calendrier d'exécution fixe certains délais.


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004