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book cover EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004
Édité par Firoze Manji & Patrick Burnett
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Pambazuka News 39: Kenya : L’alternance brisée et colère politique

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Moniteur de l'Union Africaine, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Elections & gouvernance, 11. Afrique & Chine, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. LGBTI, 17. Média & liberté d'expression, 18. Plaidoyers & campagnes, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie

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Sommaire de cette édition

Dans ce numéro

2008-01-16

http://www.pambazuka.org/fr/category/highlights/45446

CHRONIQUE : Kenya : L’alternance brisée et colère politique
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Kenya : Les origines de la crise
ARTS ET LIVRES : Afrique : Les Etats invités à intégrer la culture dans la microfinance
ZIMBABWE : Toujours pas de maison, quatre ans après l’opération Murambatsivana
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Le successeur de Konaré élu au prochain sommet de l’UA
DROITS HUMAINS : Liberia : Un témoin charge Taylor à son procès
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : 85 Maliens expulsés du Mozambique endommagent l’avion
MOUVEMENTS SOCIAUX : Gabon : Les grèves se multiplient.
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Sarkozy appelé à rompre avec la politique de la Françafrique
AFRIQUE ET CHINE : Afrique : Le président de l’UA loue la coopération africano-chinoise
CORRUPTION : Afrique du Sud : Démission du directeur d’Interpol
DEVELOPPEMENT : Afrique : Entrée en vigueur de la zone de libre échange de la SADC
SANTE ET VIH/SIDA : Bénin : Prise en charge des orphelins et enfants vulnérables du sida
EDUCATION : Burkina : Des associations tentent d’assurer l’éduction des enfants séropositifs
EDUCATION : Afrique : Près de 100 millions d’analphabètes dans le monde arabe
LGBTI : Egypte : Un baiser lesbien provoque un scandale
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Centrafrique : Arrestation d’un directeur de publication
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Guinée : Déclaration de la société civile sur la crise au sommet de l’Etat
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : Grève de la faim de sans-papiers à Paris
CONFLITS ET URGENCES : Côte d’Ivoire : Le désarment, un espoir de vie meilleure pour les ex-rebelles
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Retrait du partenaire clé du projet «un enfant, un ordinateur portable»





Chroniques

Kenya : L’alternance brisée et la colère politique

2008-01-16

Dominique Connan et Florence Brisset-Foucault

http://www.pambazuka.org/fr/category/features/45443

Les violents affrontements qui frappent le Kenya depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 27 décembre 2007 ont bien souvent fait l’objet d’un traitement médiatique imprécis voire erroné. L’emploi de registres d’analyse tels que celui de la « guerre inter-ethnique » relève davantage du cliché essentialiste que d’une analyse sérieuse des événements. En plus de donner une image univoque des violences, cette approche estompe les responsabilités politiques dans le déclenchement de la crise. Par ailleurs, l’emploi de termes tels que « génocide » ou « nettoyage ethnique » par certains protagonistes relève de la stratégie politique bien plus que d’une analyse du conflit en cours.

Le déroulement du vote et de la campagne électorale ainsi que l’histoire politique kenyane permettent de mieux appréhender les événements qui viennent illustrer de manière tragique la remise en cause du modèle de l’alternance à la kenyane tout en témoignant de manière paradoxale des exigences démocratiques des électeurs.

Les déceptions d’une première « alternance »

Les élections générales de 2002 virent l’avènement de la première « alternance » au Kenya : Mwai Kibaki, à la tête la NARC, une coalition de partis d’opposition, était élu avec 63,35 % des voix. Cette élection mettait fin aux vingt-quatre années du régime autoritaire de Daniel Arap Moi. Raila Odinga, fils d’une des grandes figures politiques du Kenya des années Kenyatta et ancien prisonnier politique, aujourd’hui candidat malheureux à la présidentielle, était alors allié de Kibaki et membre de la NARC.

À l’annonce des résultats, l’allégresse gagnait les rues de Nairobi : la transition entamée dans les luttes de la fin des années 1980 semblait enfin achevée. Les militants des Droits de l’homme, des membres du clergé et des journalistes engagés dans la lutte pour l’ouverture de l’espace politique estimaient la bataille gagnée. Certains s’associèrent au régime de l’alternance, d’autres délaissèrent leurs activités militantes. Les bailleurs internationaux revinrent, la croissance économique reprit. L’école primaire devint gratuite et les médias audiovisuels se multiplièrent.

Cependant, dès les premiers mois du nouveau régime, les Kenyans déchantèrent. La NARC fut élue sur la base d’un Memorandum of Understanding (MoU) qui prévoyait un partage du pouvoir entre les différentes composantes de la coalition. Il fut rapidement brisé. Une partie de la coalition fut écartée au profit d’une autre, dominée par l’entourage de Kibaki. En 2003 et 2004, des discussions furent organisées afin de mettre en forme un projet de nouvelle Constitution, soumis à référendum. Cependant, un texte différent du projet originel, largement amendé par les Parlementaires, fut présenté aux Kenyans.

La campagne qui précéda le référendum de novembre 2005 donna lieu à des remaniements des alliances partisanes. La rupture était consommée entre le président Kibaki et Raila Odinga, qui prit la tête d’une coalition militant contre l’adoption du projet de Constitution. Cette coalition, qui prit le nom d’Orange Democratic Movement – ODM, rassemblait certaines personnalités de la NARC et de la KANU. En novembre 2005, les électeurs kenyans rejetèrent le texte, ce qui représentait un échec majeur pour l’administration Kibaki.

A ce revers électoral, s’ajoutèrent un immobilisme législatif et plusieurs importants scandales de corruption. La liberté de la presse fut elle aussi menacée, en particulier en mars 2006 lors de l’impressionnant raid policier sur le groupe Standard, qui édite l’un des deux plus importants quotidiens du pays et abrite la chaîne de télévision privée KTN. Au-delà de la continuité législative et constitutionnelle, c’est celle du contrôle du pouvoir économique et des réseaux de redistribution, notamment au sein de l’élite kikuyu, qui caractérise le régime de Kibaki. Elle était potentiellement menacée par l’éventuel accès d’Odinga (originaire de l’ethnie luo) à la présidence.

Par ailleurs, Kibaki est lui-même présent dans la vie politique kenyane depuis les années 1960. Opposant au régime de Moi dans les années 1990, il n’en fut pas moins son vice-président de 1978 à 1988. Plusieurs piliers du régime, dont George Saitoti, étaient également très proches de l’ancien dictateur Daniel Arap Moi. Ce dernier garde une influence importante dans la vie politique du pays. En août 2007, il appela les Kenyans à voter pour son ancien adversaire Kibaki, illustrant par là le fort nomadisme partisan qui caractérise les élites politiques kenyanes.

Une campagne électorale sous surveillance

Le déroulement de la campagne électorale contraste avec la violence des affrontements actuels. En effet, si des violences ont été rapportées, notamment dans la région du Mont Elgon (Ouest du pays), ces affrontements relèvent d’entreprises politiciennes locales et se greffent sur des conflits fonciers anciens. Globalement, la campagne électorale s’est déroulée dans le calme. Elle s’est caractérisée par une implication importante des organisations de défense des droits de l’homme. Comme les associations d’éducation civique, elles ont multiplié les appels à la non-violence et découragé le recours aux critères ethniques dans le choix des dirigeants. La Kenya National Commission on Human Rights (KNCHR) et notamment son président Maina Kiai ont investi les médias pour dénoncer régulièrement les dérives de différents partis. Ils ont notamment pointé du doigt l’utilisation des ressources gouvernementales par les membres du Party of National Unity (PNU), qui soutient le président.

La couverture de la campagne par les médias privés fut par ailleurs relativement équilibrée. Bien que laissant apparaître les penchants partisans de certains journalistes ou éditorialistes (qui reflètent parfois les sympathies des propriétaires de presse envers tel ou tel homme politique), elle a respecté un équilibre formel de temps d’antenne, de volume de texte et d’espace photographique entre les trois principales formations politiques (même si l’ODM-Kenya du troisième homme, Kalonzo Musyoka, fut parfois délaissée). Les autres partis, quant à eux, furent laissés de côté. Cet équilibre a reproduit les tendances énoncées par les sondages, qui ont pris une importance inédite au Kenya. Ces derniers donnaient continuellement Odinga en tête de plusieurs points dans les quatre semaines précédant le vote.

Les incessants débats sur la couverture médiatique de la campagne et les éventuels biais dans les sondages sont autant d’indicateurs de la vigilance d’observateurs et d’électeurs soucieux que de veiller à l’égalité de traitement entre les deux principaux candidats. Bien qu’institutionnellement dépendant du gouvernement, le président de la Commission électorale kenyane (ECK), Samuel Kivuitu, a d’ailleurs fait preuve d’une certaine liberté de ton, en relayant notamment les accusations de la KNCHR et dénonçant les allégeances de certains fonctionnaires au PNU.

Cependant, avant même les élections, les craintes d’une fraude commanditée par le gouvernement étaient élevées. L’ODM a régulièrement saisi la commission électorale sur des allégations de fraude (inscriptions multiples de certains électeurs ou de personnes décédées, impression de faux bulletins de vote, etc.). Quatre jours avant le scrutin, des listes électorales étaient retrouvées dans un immeuble de Nairobi, déclenchant des soupçons de trucage des listes, notamment à Lang’ata, la circonscription de Raila Odinga.

Deux jours plus tard, les médias ont rapporté le départ de Nairobi d’une vingtaine d’autobus, remplis d’agents de la police administrative (AP). Suspectés d’être des outils d’intimidation et de trucage électoral, trois d’entre eux furent violemment extraits de leur chambre d’hôtel et lynchés par la foule, la nuit précédant les élections, dans la région de Nyanza, dans l’Ouest du pays. Cependant, le jour du scrutin à proprement parler (le 27 décembre) a été particulièrement calme et marqué par des taux de participation record, à l’image de ceux des élections de 2002. Les constations de fraudes dans les bureaux de vote ont cependant été rares. Ce sont bien les soupçons d’une fraude généralisée à des échelons bien plus élevés, au moment du décompte, qui ont déclenché les premières violences.

Le « changement », malgré tout

Les résultats des élections législatives sont les plus significatifs. Ils marquent le désir d’une véritable alternance autant que le rejet du règne d’une certaine classe politique sur le pays. En effet, les trois fils de l’ancien président Moi, qui se présentaient sous l’étiquette du parti de Kibaki ont tous été battus : dans le fief paternel de Baringo pour l’aîné, à Rongai et Eldama Ravine (province de la Rift Valley) pour les deux autres. Les anciens pontes du régime Moi, au premier rang desquels le terrifiant Nicholas Biwott, se sont vus infliger des défaites cinglantes, souvent face à des nouveaux venus en politique, qui se présentaient sous les couleurs de l’ODM. De même pour dix-huit ministres de l’actuel gouvernement Kibaki, très proches alliés du président, qui ont perdu leur siège au Parlement. Parmi eux, le vice-president Moodi Awori ; le ministre des Affaires étrangères Raphael Tuju ; le ministre du Gouvernement local Musikari Kombo ; le ministre de l’Information Mutahi Kagwe ; le ministre du Service public Moses Akaranga ; le Ministre de la santé Paul Sang ; le ministre des Routes Simeon Nyachae ; le ministre de la Défense Njenga Karume ; le ministre de l’Environnement Newton Kulundu ; le ministre de l’Agriculture Kipruto Kirwa ; le ministre du Tourisme Morris Dzoro ; le ministre des Terres Kivutha Kibwana.

Autrement dit, les résultats des législatives se sont avérés désastreux pour le camp de Kibaki, la quasi-totalité de son état-major de campagne étant boutée hors du Parlement par l’opposition. Au total, sur 210 circonscriptions, l’ODM a remporté 97 sièges, contre seulement 33 pour le PNU (le résultat de plusieurs circonscriptions n’est toujours pas connu – ou n’a pas encore été diffusé –, comme par exemple ceux de Kajuado en pays Maasai). Plusieurs autres formations mineures (dont l’ODM-Kenya de Kalonzo Musyoka), ou alliées des deux grands partis en lice, se partagent les autres sièges.

Les résultats des élections législatives marquent donc un renouvellement profond de la classe politique kenyane. Parmi les rescapés de la « vague orange », se trouvent le ministre des Transports Ali Mwakwere, le ministre des Finances Amos Kimunya et le ministre de l’Education George Saitoti, réélu de justesse à Kajuado Nord. Cependant, de forts soupçons pèsent sur la régularité de l’élection de ce dernier, après la découverte de plusieurs urnes dont le sceau officiel de la commission électorale avait été remplacé par du sparadrap.

La très forte polarisation régionale du vote doit également être soulignée, tant aux législatives qu’à la présidentielle (même en se basant sur les résultats truqués). La quasi-totalité des élus PNU proviennent de la Province centrale (à forte majorité kikuyu, l’ethnie du président) et de la province de l’Est. Dans la Province centrale, Mwai Kibaki recueille en sa faveur une moyenne de suffrage supérieure à 95 %. Les élus ODM et Raila Odinga sont très fortement majoritaires dans cinq provinces : le Nyanza (plus de 90 % pour Raila, 100 % de députés ODM), la Rift Valley, l’Ouest, Nairobi, et la Province du Nord-Est. De telles disparités géographiques prouvent que l’establishment ne garde de soutiens que dans ses fiefs traditionnels et rendent compte de la volonté d’écarter du pouvoir les élites politiques sortantes, en particulier le leadership kikuyu.

Bien au-delà d’une polarisation ethnique, en soi, du scrutin (du type « Tous contre les Kikuyu »), c’est davantage le bilan de Kibaki et de ses alliés qui est en jeu. Le parti du président sortant paie sans doute sa politique favorisant la croissance économique des réseaux kikuyu au détriment de l’unité nationale. En effet, malgré une croissance moyenne de 6 % depuis 2002 et la chute de Moi, de nombreuses régions du Kenya n’ont pas bénéficié des fruits de la reprise économique (comme par exemple les provinces du Nyanza ou de la Rift Valley). Face à cela, Raila Odinga, issu du Nyanza, et élu des bidonvilles luo de Nairobi (il est député de la circonscription de Lang’ata dont une grande partie recouvre Kibera) incarne la promesse inédite d’un rééquilibrage – au moins géographique – des inégalités du pays.

La fraude

Le véritable scandale de ces élections est évidemment le processus de décompte et d’addition des votes. Relayé en temps réel par les différentes chaînes de télévision, qui bénéficiaient d’un réseau étendu de correspondants dans les bureaux de vote, il a mis en évidence plusieurs anomalies. Elles ont confirmé les soupçons pesant sur l’Electoral Commission of Kenya (ECK), dont 18 commissaires sur 21 ont été nommés par le président Kibaki.

Les élections ont eu lieu le jeudi 27 décembre, et les résultats ont été définitivement proclamés le dimanche 30 au soir. Les premiers résultats significatifs se sont dégagés dès le lendemain du vote. Pour le scrutin présidentiel, Raila Odinga (Orange Democratic Movement – ODM) bénéficiait d’une avance considérable, même si seuls 50 % des votes étaient alors comptabilisés (soit 3,3 millions de voix pour Odinga, et 2,4 millions pour Kibaki le 28 décembre au soir). Raila Odinga demanda alors à Kibaki de reconnaître sa défaite. Le lendemain, l’écart s’est progressivement réduit à 30 000 voix, alors que parvenaient à l’ECK réunie au Kenyatta International Conférence Centre (KICC) de Nairobi, des résultats de circonscriptions massivement favorables au président sortant.

Raila Odinga et l’ODM ont alors manifesté leur désir de vérifier les dossiers officiels parvenus à l’ECK. Le président de l’ECK, M. Kivuitu, a accédé à leur requête en autorisant deux représentants par parti à consulter les documents de décompte, pendant la nuit de samedi à dimanche. Au même moment, des émeutes éclataient à Kisumu, Kericho et Nairobi, les manifestants réclamant une annonce rapide des résultats et accusant l’ECK de trucage électoral.

Le lendemain, dimanche, Raila Odinga a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il déclare avoir la preuve d’irrégularités dans le décompte de 48 circonscriptions, sur 210 : de formulaires de résultats manquants ou corrigés à la main, non signés, photocopiés ; taux de participation aberrant (il atteint 120 % dans certaines circonscriptions de la Province centrale). Il prouve également que les résultats annoncés dans les circonscriptions par les représentants régionaux de l’ECK – et transmis aux médias par leurs correspondants depuis les bureaux – différaient largement de ceux proclamés à Nairobi : ils étaient modifiés par les commissaires de l’ECK. Un membre de l’ECK a d’ailleurs confirmé la véracité de ces accusations.

Les personnes présentes à l’annonce des résultats ont alors vivement protesté contre cette triche généralisée. Le président de l’ECK, M. Kivuitu, a appelé la police anti-émeute, qui a violemment procédé à l’évacuation de la salle, tandis que les observateurs étrangers et les médias étaient priés de quitter le KICC et que la police paramilitaire (le General Service Unit), cernait le bâtiment. Quelques minutes plus tard, sur KBC (la télévision gouvernementale), seule autorisée à rester dans les lieux, M. Kivuitu annonçait que Mwai Kibaki était vainqueur de l’élection présidentielle, avec 250 000 voix d’avance (4 584 millions de voix pour Kibaki, 4 352 millions pour Odinga). Moins d’une demi-heure plus tard, la même chaîne diffusait des images la cérémonie d’investiture de Mwai Kibaki, devant un parterre de proches alliés du régime. Au même moment, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, John Michuki, émettait alors une directive interdisant aux médias de diffuser toute information politique en direct, alors que les émeutes touchaient différentes villes du pays.

Sur les violences et les « affrontements inter-ethniques »

La nature de cette violence est assez équivoque. Les événements tendent à montrer, certes de manière bien paradoxale, que beaucoup de Kenyans ont intégré les normes démocratiques du vote bien mieux que leurs propres élites. Cette extrême brutalité est d’abord un signe de frustration vis-à-vis d’un scrutin volé. En témoigne la « charge » lancée dimanche contre State House, partie de Kibera et étouffée dans le sang. Mais la seule composante politique ne semble pas pouvoir expliquer cette recrudescence de violence contre des cibles qui souvent n’ont rien à voir avec le scrutin : la mise à sac des supermarchés de Kisumu, l’incendie des commerces et du Toi Market de Kibera, de même que les nombreux cas de viols attestent une criminalisation de la haine politique.

Bien au-delà des clivages identitaires, le « coup d’Etat civil » de Kibaki et de son entourage a anéanti l’espoir d’une réhabilitation sociale des plus pauvres dans leur ensemble (et non ses seuls Luo) que portait Raila Odinga. Plusieurs bandes luos de Kibera ont effectué des raids contre les Kikuyu du quartier de Kawangware à Nairobi, alors que les milices de la secte kikuyu Mungiki leur répondaient par des raids punitifs.

Le trucage des élections a été assimilé par beaucoup à une tentative de mainmise des Kikuyu sur le pouvoir. Cette lecture « ethnique » de la violence, si elle ne doit pas être mise de côté, ne tient pas compte de la répression policière et de la dimension sociale de la révolte. Cette dernière est pourtant primordiale, bien qu’elle soit parfois attisée par des rivalités plus profondes, foncières en particulier, qui cristallisent des identités conflictuelles, sur des lignes de fracture géographiques et ethniques déjà anciennes. La mémoire des « nettoyages ethniques » contre les Kikuyu, opérés au début des années 1990 par le régime Moi sur fond de conflits fonciers, est ainsi particulièrement vive dans la Rift Valley.

Cependant, le saccage de Kibera a touché indifféremment habitations et habitants, indépendamment de leur groupe ethnique. L’interprétation des conflits en cours sur un registre purement « ethnique », aux relents essentialistes, est donc erronée. Elle a été facilitée par l’emploi de ce registre d’interprétation par les politiciens kenyans, de l’ODM d’abord, puis du camp présidentiel. Raila Odinga a ainsi su jouer d’un lexique du « nettoyage ethnique » propre à mobiliser l’attention des médias et de la communauté internationale sur un pays et un régime dont la dérive autoritaire s’effectuerait sinon dans une relative indifférence. C’est cette habile opération de communication que les médias internationaux ont souvent relayée, sans le recul nécessaire.

Malgré le peu d’informations disponible au Kenya (beaucoup de faits, très peu de sens) la violence semble loin d’être le signe précurseur d’une « guerre interethnique » : elle demeure très localisée, circonscrite à certaines agglomérations et à certains quartiers. Surtout, elle ne doit pas être interprétée de manière univoque et globale. Elle n’est d’ailleurs pas relayée niveau politique, au contraire : tous les leaders, sans exception, appellent au calme et condamnent les émeutes. Bien qu’Odinga et Kibaki se renvoient la responsabilité des échauffourées, aucun leader d’envergure nationale n’a intérêt à ces violences. De fait, la « guerre civile » promise aujourd’hui par des médias tels que CNN apparaît davantage comme un fantasme politique insalubre que comme une réalité tangible.

Plus largement, ces dernières élections et l’impasse sur laquelle elles débouchent pour le moment doivent conduire à interroger la nature du régime Kibaki et sa « brutalisation ». La férocité de la répression policière (tirs sans sommation sur les manifestants, interdiction de la cérémonie d’investiture alternative organisée par Raila Odinga à Uhuru Park le lundi 31 décembre et menace d’arrestation de ceux qui s’y rendraient), la brutalité de certaines mesures (interdiction du « direct » politique dans les media, couvre-feu à Kisumu) peuvent surprendre quiconque voyait en Kibaki la promesse d’une rupture démocratique et légale avec le régime de Moi.

La criminalisation de l’opposition n’est cependant pas nouvelle. En témoigne la répression, également féroce, de la secte Mungiki l’été dernier, marquée par de nombreuses exécutions extrajudiciaires - une organisation de défense des Droits de l’homme a récemment découvert les charniers (500 corps pour la plupart exécutés par balle entre juin et octobre 2007 et retrouvés aux alentours des commissariats de police, il y a deux mois).

Au-delà du caractère de plus en plus répressif de la présidence Kibaki, son futur gouvernement suscite également nombre d’interrogations : avec 97 députés ODM pour 33 PNU, le Kenya connaît sa première « cohabitation ». Autrement dit, le pays est pour le moment ingouvernable, tant il semble improbable que la nouvelle assemblée accorde sa confiance à un président aussi illégitime (Ndlr : L'opposition kényane a remporté, le mardi 15 janvier) le poste de président du Parlement, obtenant ainsi une victoire hautement symbolique. Kenneth Marende, le candidat du Mouvement démocratique orange, a été élu avec 105 voix contre 101 accordées au postulant du camp présidentiel, Francis Ole Kaparo). Mais Kibaki aurait déclaré que cela n’est pas véritablement un problème, la Constitution kenyane disposant qu’il n’y a pas obligation de réunir le Parlement plus d’une fois par an. Cependant, le refus de Raila Odinga d’entamer toute négociation avec Kibaki tant que ce dernier n’a pas reconnu sa défaite, rend improbable, à court terme, l’hypothèse d’un gouvernement d’union nationale ; sauf à prendre considération la tradition kenyane du nomadisme politique, et à voir un à un les députés ODM « achetés » par le camp présidentiel.

En termes de pratiques politiques, ce dangereux retour en arrière interroge également les nouvelles formes de l’opposition politique. Raila Odinga appelle aujourd’hui à des manifestations pacifiques en sa faveur, et à des mouvements de masse dans tout le pays, sans que l’on puisse encore discerner l’efficacité potentielle de tels rassemblements. Par ailleurs, le refus de certaines télévisions et radios de se plier à l’interdiction d’émettre est rassurant. Comme le sont les déclarations de Samuel Kivuitu, qui affirme désormais qu’il a agi sous pression et qu’il ne sait pas lui-même qui est le vainqueur de la présidentielle. Il y a donc un sentiment assez largement répandu du « juste » politique qui dépasse et critique les émanations d’un régime devenu autoritaire.


* Dominique Connan est Doctorant à l’Institut français de recherche en Afrique (IFRA) Nairobi et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
* Florence Brisset-Foucault est Doctorante en science politique à l’Université Paris 1. Membre du comité de rédaction de Mouvements.

* Article paru dans Mouvement, une revue d’information critique, d’enquêtes sociales et d’interpellation politique

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Commentaires & analyses

Kenya : Les origines de la crise

2008-01-16

Gérard Prunier

http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/45444

Pour beaucoup de par le monde – et même pour nombre des Kenyans, la violence qui a suivi l’élection présidentielle du 27 décembre 2007 au Kenya se présente comme une surprise. Malheureusement, cela n’aurait pas dû être le cas. La conjugaison de facteurs économiques et ethnico-politiques au Kenya avait créé un mélange explosif qui n’attendait que le bon – ou « mauvais » moment pour exploser. Lors de l’élection de 2002, on avait presque frôlé la catastrophe; cette fois par contre les circonstances favorables qui l’avaient entourée ne se sont pas présentées à nouveau.

La « démocratie » dans la vie politique au Kenya

Pour comprendre la crise au Kenya dans le contexte de sa situation nationale, régionale et mondiale, il est nécessaire de s’intéresser à la nature du régime qui a suivi l’indépendance en 1963. La Grande Bretagne s’était retiré du pays sur fond de peur bleue que la révolte anticoloniale Mau Mau de 1952-1960 pourrait empiéter sur la pratique politique du nouvel Etat et déboucher sur une violence accrue. Rien de pareil ne s’est passé, en partie grâce à l’accession à la présidence du leader du mouvement nationaliste Jomo Kenyatta qui, une fois arrivé au pouvoir, est passé d’un nationalisme radical à une pratique politique conservatrice de type bourgeois.

Kenyatta appartenait au groupe ethnique des Kikuyu (ou Gikuyu) et l’énigmatique mouvement Mau Mau était en grande partie un phénomène Kikuyu (la plupart des 12 000 rebelles ou "suspects" tués par les forces coloniales dans une brutale campagne étaient des Kikuyu). Ceci avait fait croire à tort aux Britanniques que Kenyatta était le leader des Mau Mau. Mais dans tous les cas, en devenant président, Kenyatta – chef de l’Union Nationale Africaine du Kenya (Kanu) dans un système de parti unique – adhérait à la politique extrémiste tribaliste et a gagné à ses vues la nouvelle bourgeoisie « kenyane » composée des Kikuyu et des membres des tribus connexes telles que les Embu et les Meru. Au moment de sa mort en 1978, la plupart des richesses du pays et le pouvoir étaient entre les mains de l’organisation qui regroupaient toutes ces tribus : L’Association Gikuyu-Embu-Meru (GEMA).

Le Kenya compte quarante huit tribus, dont trois à elles seules - les Kikuyu, les Luo et les Luhyia – représentent près de 65% de la population. Au même moment, les tribus GEMA qui pendant le règne de Kenyatta (1963-78) représentaient près de 30% des Kenyans, s’étaient concentrés dans la région montagneuse de la province centrale. (…) Pendant le règne de Kenyatta le deal était simple: les Kikuyu et leurs parents de moindre envergure, après s’être mis en accord avec les tribus minoritaires, géraient tout. Les Luo, qui ont finalement tenté de défier ordonnancement, ont été marginalisés par la force sous les yeux des Luhyia plutôt prudents.

Après la mort de Kenyatta en 1978, son vice-président Daniel arap Moi – qui appartenait à la tribu minoritaire des Kalenjin – a hérité du pouvoir, avec l’assentiment qu’il ne violerait pas l’arrangement conçu pour maintenir les deux autres grandes tribus (et en particulier les Luo) hors du pouvoir. Mais Moi a utilisé son nouveau statut pour diviser de manière intelligente ses alliés Kikuyu (parmi eux l’homme qui devait lui succéder comme président, Mwai Kibaki), dans le but évident de les reléguer au second plan.

Avant 1986, Moi avait concentré la réalité du pouvoir – et l’essentiel des avantages économiques qui vont avec – entre les mains de sa tribu des Kalenjin et une poignée d’alliés appartenant à des groupes minoritaires. Mais la domination des Kikuyu avait seulement été contenue, pas détruite. Sous le règne de Jomo Kenyatta, ces derniers – qui jouaient les martyrs en raison de leurs souffrances pendant “l’état d’urgence” Mau-Mau, et comptant sur le soutien tacite du gouvernement - avaient étendu leur influence bien au-delà de leurs territoires traditionnels et « repris les terres qui leur volées par les Blancs », même lorsque ces dernières appartenaient précédemment à d’autres tribus. Ainsi, les « colons » Kikuyu s’étaient déployés partout au Kenya, créant souvent de sourdes hostilités en milieu rural.
Daniel arap Moi, fera montre d’un art consommé pour tourner l’équilibre ethnico politique à son avantage. Les deux premières élections multipartites, suite à l’émergence d’autres mouvements défiant le Kanu (en 1992 et 1997), ont ainsi été l’occasion pour l’Etat de gérer avec doigté la violence ethnique en vue de réaliser deux objectifs : mettre les kikuyu hors d’état de nuire et dresser les alliés minoritaires des Kalenjin les uns contre les autres afin de mieux les contrôler.

Cependant, au moment où survient l’élection de 2002, le système avait fini de suivre son cours : les bailleurs de fonds étrangers se détournaient du pays, le président Moi (après vingt-quatre ans de règne) vieillissait, et l’opposition “démocratique” prenait de la vitesse. Mais si tout le monde s’accordait sur le principe de débarrasser le Kenya de son Etat autoritaire dirigé par les Kalenjin, la question de savoir qui le remplacerait restait ouverte.

Moi pensait que la meilleure façon pour lui de maintenir son influence sur la politique, après avoir quitté la présidence, serait de choisir le propre fils de Kenyatta, Uhuru, comme candidat du parti au pouvoir. Cette manœuvre, à ses yeux, rallierait tous les Kikuyu derrière un symbole prestigieux mais vide (Uhuru n’était pas particulièrement brillant et son nom sonnait plus fort que sa personnalité). Mais le stratagème a eu l’effet inverse et l’opposition se rallia à l’homme politique chevronné kikuyu qu’était Mwai Kibaki, créant ainsi une situation exceptionnelle dans laquelle tous les deux candidats les plus en vue appartenait à l’ethnie kikuyu. Toutefois, ils étaient très différents à bien des égards : l’un incarnait le fantôme de la quasi-dictature d’hier, tandis que l’autre était perçu comme une lueur d’espoir de voir l’ouverture démocratique se produire.

Ce contraste a fort heureusement débarrassé l’élection de son caractère ethnique, la transformant en une confrontation entre l’ancien et le nouveau. A l’époque, Raila Odinga, homme politique le plus en vue de l’ethnie luo, battait une campagne sans relâche pour Kibaki et mobilisait ses partisans tribaux derrière un homme perçu comme le candidat du changement. Le marasme économique qui a caractérisé les années précédentes a fait que la plupart des espoirs placés en Kibaki étaient à caractère économique, avec cette vision qu’il relancerait l’économie et procéderait ensuite à une répartition plus équitable des retombées.

L’Administration Kibaki

Mwai Kibaki a été élu président de la république en décembre 2002 avec plus de 62% des voix. Les bailleurs de fond étrangers du pays se sont empressés de qualifier le scrutin de “triomphe de la démocratie”. Ils avaient raison d’une certaine manière – le scrutin avait été libre et démocratique, et le candidat du changement avait été élu. Mais, sous un autre rapport, c’était comme prendre ses désirs pour des réalités, car ce qui apparaissait comme une “détribalisation” de l’élection était plus un concours de circonstances fortuites qu’une perte de vitesse de la force d’attraction de la politique à caractère ethnique.

N’empêche, les mots clés qui ont dominé la campagne avaient été l’« espoir » et le « changement », et dans une certaine mesure la nouvelle administration Kibali a réussi à tenir ses promesses. L’économie a effectivement été relancée et le Kenya a enregistré une reprise économique spectaculaire largement basée sur les recettes économiques keynésiennes et profitant d’un environnement international favorable.

Ceci s’illustre par le taux annuel de croissance durant la période 2002-2007, qui révèle une amélioration progressive passant de -1,6 % en 2002 à 2,6% en 2004, 3,4 en 2005 et une estimation de 5,5% en 2007. Mais ceci n’était qu’une seule face de la pièce. De l’autre côté, les inégalités sociales se sont intensifiées, les fruits de la croissance économique ont été distribuées de manière disproportionnée en faveur des riches (et, parmi ceux-ci, aux riches Kikuyu) et la corruption a atteint des proportions inédites qui rappellent à bien des égards les excès des années du règne de Moi.

Lorsque John Githongo, l’homme nommé par le président Kibaki pour combattre la corruption, a sonné l’alerte en janvier 2005, il a dû aller se réfugier en Grande Bretagne craignant pour sa vie. Githongo est lui-même Kikuyu, et sa dénonciation d’une longue série de scandales financiers dans laquelle des centaines de millions de dollars avaient disparu avait été perçue comme une trahison de sa tribu ainsi que du gouvernement qu’il servait.

En outre, la situation sécuritaire au Kenya s’était vite détériorée, les citoyens ordinaires étant les principales victimes d’un triple processus:
- une montée fulgurante de la criminalité dans les zones urbaines,
- des revendications agraires rivales débouchant sur des batailles rangées entre des groupes ethniques se battant pour la possession des terres, surtout autour du Mont Elgon et à Kisii,
- une vendetta entre la police et la secte Mungiki, qui a causé la mort de plus de 120 personnes au cours de la période de mai-novembre 2000.

Mungiki est un croisement bizarre le néo-traditionalisme pré-chrétien des Kikuyu et une bande d’extorqueurs de fonds. La secte a effectué des rackets de protection sur les itinéraires empruntés par les matatu (taxi collectifs), qui l’ont aidée à prospérer dans les voisinages urbains les plus pauvres et dans les squatter des paysans sans terres de la province centrale ; elle a également une tradition consistant à louer les services de ses nervis à des candidats en lice au cours des campagnes électorales.

En 2002, les Mungiki avaient soutenu le camp perdant d’Uhuru Kenyatta. Cette alliance leur ayant coûté cher en termes d’influence politique, ils ont tenté en vain de reconquérir le terrain perdu en intensifiant leur emprise terroriste sur la population vivant dans des taudis et sur les propriétaires des matatu.

Le résultat conjugué de ces diverses opérations était un sentiment de profond mécontentement – pas autant envers la personne du président Kibaki que de son entourage, avec ses inconditionnels voleurs, et avec son incapacité à compatir et à faire quelque chose au sujet du sort des pauvres Kenyans (rendu d’autant plus choquant par le niveau de croissance économique que connaissait le pays). Raila Odinga, le candidat du Mouvement Démocratique Orange (MDO), était alors en mesure de faire fonds de cette frustration d’une manière qui faisait apparaître des motivations de divers ordres:
- ethnique : les Kikuyu s’étaient emparé de tout et toutes les autres tribus avaient perdu,
- politique : Kibaki n’a pas tenu ses promesses de changement,
- social : la criminalité et la violence sont hors de contrôle
- économique : à quoi sert la croissance économique si ses retombées ne sont pas ressenties par les citoyens ordinaires.

Alors que la campagne électorale s’approchait de son point d’orgue en décembre 2007, l’opposition représentée par le MDO jouissait d’une large avance dans les sondages d’opinion et semblait prête à bouter hors du pouvoir le Parti de l’unité Nationale de Kibaki (PNU)

L’élection de décembre 2007

Les élections du 27 décembre 2007 ont été à la fois des élections présidentielle et législatives. Au niveau législatif, 2.548 candidats issus de 108 partis politiques se sont disputés 210 sièges ; au niveau présidentiel, trois candidats – le président sortant Mwai Kibaki , le leader du MDO Raila Odinga et l’ex-ministre des Affaires étrangères Kalonzo Musyoka (qui est entré en dissidence contre le MDO) – étaient en lice.

Tout le monde (y compris lui-même) savait que Kalonzo Musyoka n’avait aucune chance de remporter l’élection présidentielle et qu’il cherchait simplement à occuper la position stratégique d’allié post-électoral qui pourrait vendre son soutien au candidat sorti en tête du scrutin avec une légère avance sur son rival, pour lui reporter ses voix. Kalonzo Musyoka appartient à l’ethnie des Kamba, et les Kamba – quoique étroitement liés aux Kikuyus avaient choisi de soutenir le camp britannique durant la révolte des Mau Mau. Ceci leur confère un statut hybride dans le paysage ethnico politique du Kenya, dans lequel ils ont la capacité de s’allier aux Kikuyus ou de voter contre eux.

Le scrutin a été controversé pour un certain nombre de raisons. Les listes électorales ont fait l’objet d’une révision incomplète ou, dans certains cas, n’ont même pas été révisées. Les noms de personnes décédées figuraient encore sur les listes électorales et les électeurs ayant changé de domicile n’ont pas vu leurs noms rayés et se sont réinscrits à leur nouvelle adresse. Les règles régissant l’assistance qui pourrait être donnée aux électeurs analphabètes (près de 80% du corps électoral dans des circonscriptions éloignées) n’ont pas été rigoureusement appliquées. Les observateurs nationaux et étrangers n’avaient pas toujours accès aux bureaux de vote, et plus tard aux bulletins de vote.

Mais tout compte fait, la partie législative des élections s’est correctement déroulée. Vingt deux partis ont obtenu des sièges, quoique seuls quatre partis politiques puissent être considérés comme “sérieuses” (les dix-huit autres ont eu entre un et trois députés, partageant un total de vingt huit sièges) :
- Le MDO de Raila Odinga a obtenu quatre-vingt douze sièges,
- Le PNU de Mwai Kibaki a obtenu trente quatre sièges
- L’ODM-K faction dissidente de Kalonzo Musyoka a obtenu seize sieges
- Le Kanu de Uhuru Kenyatta a obtenu onze sièges.
Les résultats parlent d’eux-mêmes : avec 45% des députés, l’opposition dispose d’une majorité absolue sur l’administration actuelle.

Voilà ce qui explique que les résultats de l’élection présidentielle sont effectivement suspects. La Commission électorale du Kenya (ECK) a déclaré le 30 décembre que Kibaki avait recueilli 4.584.721 voix contre 4.352.993 pour son rival Raila Odinga, et a immédiatement procédé à l’installation officielle du président sortant comme président de la république. Cette faible marge (d’un peu plus de 230.000 voix, soit environ 2,5% des suffrages exprimés) est très fragile en raison des faits suivants.

Dans soixante douze des circonscriptions électorales, les chiffres sur les feuilles d’émargement signés par les membres de la ECK et les représentants des candidats sont différents des chiffres publiés par la Commission nationale de recensement des votes. Dans la circonscription de Ole Kalou, par exemple, les chiffres de la ECK locale créditent Mwai Kibaki de 72.000 voix et Raila Odinga de 5.000 voix sur 102.000 suffrages enregistrés. Avant que les chiffres pour la même circonscription ne soient publiés au niveau central, le décompte des voix de Kibaki avait atteint 100.980 voix (soit 99% des électeurs inscrits).

La même tendance s’était répétée ailleurs. Dans la circonscription de Elmolo, la ECK locale avait crédité Kibaki de l’avoir remporté avec 50.145 voix, ce chiffre a été porté par la suite à 75.261 voix au niveau national. Dans celle de Kieni, l’écart était de 54.337 (au niveau local) et 72.054 (au niveau national). Dans diverses autres circonscriptions (Lari, Kandara, Kerugoya) plusieurs autres centaines avaient "voté" dans l’élection présidentielle que dans les législatives, même si les deux scrutins ont eu lieu en même temps.

Tout ceci laisse penser à une forme limitée mais généralisée de bourrage des urnes qui n’aurait pas eu de telles conséquences désastreuses si la course à la présidence n’avait pas été si serrée. Le 1er janvier, le président de la ECK, Samuel Kivuitu, a reconnu : "Je ne sais pas celui qui a remporté l’élection et je ne le saurai que lorsque j’aurai accès aux archives originales, ce que n’est actuellement pas dans l’ordre du possible à moins que les tribunaux ne l’autorisent".

Il semble que le vote en faveur de Mwai Kibali ait été artificiellement gonflé, et que celui pour Raila Odinga n’ait fait l’objet d’aucune manipulation. Les preuves en attestent à suffisance : même si le redécoupage abusif des circonscriptions électorales avait dénaturé le scrutin des législatives par rapport à la présidentielle (pendant le règne de Moi, les circonscriptions kikuyu “défavorables” avaient vu leur poids démocratique fortement érodé de cette manière là), comment la tendance pro-MDO au niveau parlementaire pourrait-elle se transformer en un soutien contradictoire en faveur du président anti-MDO ? La perspective d’un vote à double personnalité est lointaine, puisqu’elle requiert que presque tous ceux qui votent pour les partis minoritaires votent également pour Kibaki.

La suite sanglante

Les résultats de cette manipulation ont été désastreux (Ndlr : le chiffre de 700 morts est avancé). Presque immédiatement après que la ECK a déclaré Kibati vainqueur, les taudis de Nairobi et la province occidentale ont explosé, la violence des habitants des taudis exprimant leur frustration sociale et les attaques des habitants de la province occidentale à coup d’incendie criminel et d’attaques à la machette, le fruit de la haine des « colons » Kikuyu. La violence politique doit donc être perçue comme ayant un caractère à la fois tribal et socio-économique ; parce que, même si tous les Kikuyus bénéficient des largesses du régime, plusieurs bénéficiaires riches du régime sont des Kikuyus. Une telle situation rappelle – surtout pour les Luo – les frustrations des années 1960 et 70.

Cependant, le vote en soi était d’abord et avant tout un vote contre le régime, plutôt qu’un vote simplement anti-Kikuyu : six membres du gouvernement seulement ont survécu au raz-de-marée, et nombre des victimes – y compris le vice-président Moody Awori, le ministre du plan Henry Obwocha, le ministre des routes Simeon Nyachae, et le ministre du tourisme Moses Dzoro – n’étaient pas d’origine kikuyu. Même les quelque Luo ou autres habitants de la province occidentale qui étaient membres du PNU ont perdu leurs sièges. Plusieurs survivants de l’administration Moi – tels que l’ex-ministre Nicholas Biwott ou le propre fils de Moi, Gideon Moi – ont également été battus à plate couture, souvent par des candidats inconnus qui ont facilement conquis leur siège. C’est la raison pour laquelle les partis minoritaires ont remporté autant de sièges : le fait d’être député sortant était un handicap et les électeurs semblaient être prêts à élire quiconque emblait prêt à promouvoir le changement.

C’est lorsque la tendance vers le changement tant attendu semblait sur le point d’être bloquée, encore une fois, par l’homme qui l’avait déjà trahie après 2002 que la violence a explosé. La configuration des deux rapports - Luo-Kikuyu, et Kikuyu avec le pouvoir – signifiait, dans les circonstances actuelles, que la situation ne pouvait tourner qu’au désavantage des Kikuyus.

Pendant que les Luo ont massacré les colons Kikuyu en leur sein dans l’ouest, les bandits Mungiki ont rallié la tribu et se sont mis à tuer les Luo dans les taudis de Nairobi, espérant entrer dans les bonnes grâces des grands patrons de Kiambu, Nyeri et Murang'a. Il y a déjà 250 000 personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et des réfugiés (en Ouganda). Les usines ne fonctionnent pas, plusieurs routes sont fermées et les crises alimentaires et humanitaires pointent à l’horizon. En Ouganda, au Rwanda et dans la partie orientale de la RD Congo, l’interruption des approvisionnements en carburant venant de Mombasa constitue une menace contre le transport. Même la Tanzanie commence à sentir les contrecoups des perturbations. Selon une estimation conservatrice, l’économie kenyane est en train de perdre $30 millions de dollars par jour et les pertes pour la région dans ensemble doivent être beaucoup plus lourde.

Le 2 janvier 2008, Kibaki a annoncé qu’il était prêt à dialoguer avec les parties concernées". Ceci constituait un bon départ mais, encore une fois, le président, âgé de 76 ans, semble prisonnier de son passé (et peut-être de son entourage). Il a fait patienter Desmond Tutu venu d’Afrique du Sud dans un effort de médiation (ce qui contraste avec l’attitude de Raila Odinga qui a immédiatement reçu Tutu) ; et lorsque le 3 janvier le procureur général Amos Wako a annoncé la création des trois comités destinés à trouver une solution à la crise (sur la paix et la réconciliation, sur les aspects médiatiques de la situation et sur les questions juridiques), ces structures étaient remplies de politiciens en perte de vitesse comme Simeon Nyachae, Njenga Karume ou George Saitoti, dont la plupart avaient perdu leurs sièges au terme de l’élection.

Le 7 janvier, Kibaki a invité le président du Ghana, John Kufuor, à reprendre l’effort de médiation qui était proposé au tout début de l’escalade de la violence ; et a proposé de créer un gouvernement d’union nationale avec l’opposition qui (selon une déclaration officielle) "réaliserait non seulement l’unité des Kenyans, mais aussi aiderait dans le processus de salut et de réconciliation". Ceci constitue une rupture habile avec la vantardise de son mot de remerciement précipité du 30 décembre, lorsqu’il avait déclaré: "Mes chers concitoyens, vous m’avez accordé votre confiance en me confortant dans les valeurs et principes... que nous avions définies il y a cinq ans. Vous avez choisi les dirigeants que vous souhaitez être à votre service au cours des cinq prochaines années".

Dans les circonstances actuelles, la prétention n’a été ni véridique ni réaliste. On ne sait pas si les dernières manoeuvres de Mwai Kibaki représentent un véritable changement de position ou un réajustement tactique à des conditions difficiles. De toute façon, la formation d’un gouvernement d’union nationale est maintenant le seul compromis, quoique pénible, disponible pour que la violence au Kenya puisse être contenue et que des progrès soient réalisés au delà ce cauchemar. Après tout, une appréciation juste et franche de ce qui est arrivé au Kenya doit être tenté.

* Gérard Prunier, historien et chercheur au CNRS, spécialiste du Soudan, de l'Afrique de l'Est et de la région des Grands Lacs

* Texte publié par OpenDemocracy, un site web sur les affaires internationales...

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NDLR : voir d'autres articles sur la situation au Kenya dans la rubrique Conflits et urgences





Arts & livres

Afrique : Les Etats appelés à intégrer la culture dans la microfinance

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51656

Le directeur du Centre de microfinance de l’Université de Pretoria, en Afrique du Sud, Gerhard Coetzee, a invité les Etats africains à tenir compte des cultures locales en important des stratégies de microfinance à partir des pays développés vers l’Afrique. La plupart des pays africains ne tiennent pas compte de la culture des populations dans leurs politiques de microfinance, rendant ainsi difficile la réussite de telles politiques, a-t-il regretté.


Niger : Un jeune réalisateur porte la corruption à l’écran

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51749

Le jeune cinéaste nigérien, Malam Saguirou, vient de porter à l’écran un film documentaire sur le phénomène de la corruption au Niger intitulé « La chèvre broute, je mange, tu manges ». Ce film, qui a été réalisé dans le cadre d’un projet du PNUD à travers le programme « bonne gouvernance au Niger » débute par des témoignages saisissants de simples citoyens, souvent victimes de la corruption.


Sénégal : 2e réunion d'orientation du Festival des arts nègres

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51999

La 2ème réunion du Comité international d’orientation (CIO) du Festival mondial des arts nègres (FESMAN) s'est tenue à Dakar les 14 et 15 janvier. Sur le thème « Renaissance africaine et NTIC » cette réunion vise à valider le plan d’actions 2007-2009 mais aussi définir la place des NTIC comme moyens d’impulsion de la renaissance africaine. Il s'agit de la 3ème édition du FESMAN après celle de 1966 à Dakar et la 2ème édition à Lagos en 1977.





Zimbabwe

Toujours pas de maison, quatre ans après l’opération Murambatsvina

2008-01-16

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76167

Des centaines de familles zimbabwéennes délogées au cours de l’opération Murambatsvina (Enlever les ordures), menée par le gouvernement en 2005, attendent toujours d’être relogées. Cette campagne, menée à l’hiver 2005 et qui avait pour but d’évacuer les bidonvilles et de débusquer les criminels, a au contraire privé plus de 700 000 personnes non seulement de leur toit, mais aussi, bien souvent, de leurs moyens de subsistance.


Un journaliste vedette de la BBC a enquêté malgré l'interdiction

2008-01-16

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP21648unjounoitci0

La BBC a défié l'interdiction faite à ses journalistes de travailler au Zimbabwe en envoyant dans ce pays l'un de ses reporters vedettes, qui a enquêté en secret sur l'opposition au président Robert Mugabe au sein de son propre parti, a révélé la chaîne. John Simpson, chef du service étranger de la BBC, a passé une semaine dans cette ancienne colonie britannique, multipliant tournages et interviews avec pour seul déguisement une casquette de base-ball. Il a même réalisé une intervention en direct, de nuit, près de Harare, dans le grand journal de 22H00 GMT.





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : Le prochain sommet de l’UA élira le remplaçant de Konaré

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51945

Le remplaçant du président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, sera élu lors du prochain sommet de l’Union africaine, à Addis Abeba du 31 janvier au 2 février 2008. Le sommet va également élire le vice-président, les commissaires et membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Parmi les questions à l’ordre du jour du sommet figurent le budget de l’organisation pour l’année 2008, les rapports du Conseil exécutif sur l’audit de l’Union et le comité ministériel sur le gouvernement de l’Union.





Droits humains

Liberia : Un témoin charge Taylor à son procès

2008-01-16

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP52238untmoslivic0

Un témoin au procès de l'ancien président libérien Charles Taylor devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) a détaillé, mardi 15 janvier, comment les rebelles du RUF utilisaient les civils comme bêtes de somme, les violaient et brûlaient leurs villages. Selon l'accusation, Charles Taylor dirigeait en sous-main le RUF afin de contrôler les ressources abondantes, notamment en diamants, de Sierra Leone. Il plaide non coupable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité et des 11 chef d'inculpation.


Tchad : La France rejuge l'affaire de l'Arche de Zoé

2008-01-15

http://www.afrik.com/article13367.html

Une peine de substitution de huit ans d’emprisonnement a été requise le 14 janvier, devant le tribunal de Créteil, contre les six membres de l’Arche de Zoé qui avaient été condamnés à huit ans de travaux forcés par la Cour criminelle de N’Djamena au Tchad, en décembre 2007. Dans cette affaire, la France est soumise aux termes de la convention judiciaire franco-tchadienne de 1976 qui prévoit que des personnes condamnées dans un des deux pays peuvent, à leur demande, exécuter leur peine dans leur pays d’origine.





Réfugiés & migration forcée

Afrique : 85 Maliens expulsés de Mozambique endommagent l’avion

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52022

Quatre-vingt cinq Maliens expulsés du Mozambique ont eu le 15 juin une violente altercation avec des policiers sud-africains à bord de l’avion qui les ramenait à Bamako occasionnant de nombreux et des dégâts matériek importants. L’avion sud- africain, qui a transporté les expulsés maliens, reste immobilisé à l’aéroport de Bamako, en attendant l’évaluation des dégats causés à l’appareil. C’est la deuxième fois que des expulsés maliens s’attaquent à l’avion qui les tranporte à destination de Bamako, le premier, appartenant à Air -France, avait subi le même sort en 2000.





Mouvements sociaux

Gabon : Les grèves se multiplient dans le pays

2008-01-15

http://www.afrik.com/article13368.html

Depuis quelques jours, à Libreville, plusieurs administrations et services ne fonctionnent plus à cause des mouvements d’humeur des travailleurs qui réclament soit le payement de leurs salaires, soit l’amélioration de leurs conditions de travail. Cette situation tend à se généraliser. Même la rencontre avec leur ministre de tutelle André Mba Obame qui a tenté de calmer et de rassurer n’a pu changé la position des grévistes qui exigent aujourd’hui la satisfaction totale de leurs revendications.


Gabon : Répression à l’encontre de la société civile

2008-01-16

http://survie-france.org/article.php3?id_article=1075

Les principales associations de la société civile gabonaise ont tenu une conférence de presse, le mercredi 9 janvier 2008, pour dresser un constat accablant de l’état actuel du Gabon après le remaniement gouvernemental du 28 décembre dernier. Le jour même, le ministre gabonais de l’Intérieur André Mba Obame a annoncé la « suspension » sine die d’une vingtaine d’associations, accusées d’avoir tenu des propos « politiques » lors de cette conférence de presse.


Guinée : Faible soutien populaire au mouvement de grève

2008-01-16

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76260

Le limogeage d’un important responsable politique réformiste et la réaffirmation par le président Lansana Conté de son contrôle sur l’action du gouvernement ont confirmé les craintes d’un blocage du processus de réforme politique. Cependant, la réticence générale des Guinéens à vivre une nouvelle grève, prévue le jeudi 10 janvier par les centrales syndicales, laisse penser que le soutien apporté aux manifestations populaires est en train de faiblir. Les Guinéens ont déjà connu quatre mouvements de grève générale au cours des 13 derniers mois.





Elections & gouvernance

Afrique : Sarkozy appelé à rompre avec la politique de la Françafrique

2008-01-16

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP81948franadratpo0

Le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Jean-Marie Bockel, a appelé, le 15 janvier, le président Nicolas Sarkozy à concrétiser ses promesses de "rupture" dans les relations franco-africaines en défendant la nécessité de signer "l'acte de décès de la Françafrique". Cette prise de position de M. Bockel, un ministre venu de la gauche, devrait contribuer à alimenter le débat sur la politique toujours controversée de Paris vis-à-vis de ses anciennes colonies.


Afrique du Sud : L'affaire Zuma met à l'épreuve l'indépendance de la justice

2008-01-15

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP23128laffaecitsu0

L'indépendance de la justice post-apartheid en Afrique du Sud est mise à rude épreuve à l'approche d'un procès pour corruption du président du parti au pouvoir qui ravive les soupçons de manipulation du judiciaire par le politique. Elu à la mi-décembre à la tête du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma doit comparaître en août pour répondre de corruption, racket, blanchiment d'argent et évasion fiscale.
Depuis que l'assignation lui a été délivrée, le 28 décembre, ses partisans crient à la machination politique, une accusation très populaire dans un pays marqué par la justice instrumentalisée du régime d'apartheid.


Bénin : Les élections locales fixées au 17 février 2008

2008-01-15

http://www.fraternite-info.com/article.php3?id_article=93

Les élections locales au Bénin vont se tenir le 17 février prochain. La décision annoncée par le président YayI BONI ne manquera pas de changer la donne dans les états-majors des partis politiques. Ces derniers étant désormais fixés sur leur sort, vont devoir mobiliser leurs militants en élaborant une feuille de route pour la conquête des mairies. Ainsi, les trois prochains mois promettent en évènements politiques. Et sans fausse modestie, c’est la démocratie béninoise qui avance.


Cameroun : La société civilisée mobilisée contre un 3e mandat présidentiel

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52019

La Plate-forme de la société civile pour la démocratie du Cameroun a décidé de l’intensification «Referendum citoyen» qui lui permettrait, au soir du 9 février prochain, de recueillir 1 million de signatures pour s’opposer à la modification annoncée de la Constitution en vue d’annuler la limitation du nombre de mandats présidentiels. Dans son discours de Nouvel an, le président Paul Biya, qui faisait état de «nombreux appels favorables à une révision», avait laissé subodorer la possibilité de se présenter pour un troisième mandat.


Côte d'Ivoire : Le Conseil de Sécurité approuve le projet de résolution sur les élections

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52020

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a approuvé le projet de résolution soumis par la France, devant amener tous les acteurs politiques de la Côte d’Ivoire à redoubler d’efforts pour la tenue des élections et la prorogation du mandat des casques bleus et de la Force Licorne déployés dans le cadre du processus électoral en cours dans le pays. Le projet de résolution devrait proroger jusqu’au 30 juillet prochain. L’élection présidentielle est en principe prévue avant juin 2008.





Afrique & Chine

Afrique : Le président de la Commission de l'UA loue la coopération africano-chinoise

2008-01-15

http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-01/11/content_558256.htm

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré a loué, le 11 janvier, la coopération africano-chinoise, la qualifiant de "sincère et amicale". Lors de sa rencontre avec le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi, M. Konare a dit que les Africains pensent que la Chine continuera à se tenir aux côtés de l'Afrique dans la poursuite de la paix et de son développement. Les pays africains s'en tiennent fermement à la politique d'une Chine et la réunification de la Chine, et sont opposés à l" indépendance de Taiwan", a-t-il ajouté.


Global : La Chine se déclare prête à un partenariat avec l'UE en Afrique

2008-01-16

http://www.aujourdhuilachine.com/informations-chine-la-chine-se-declare-prete-a-un-partenariat-avec-l-ue-en-afrique-5370.asp?1=1

La Chine s'est déclaré ouverte à un partenariat avec l'Union européenne en Afrique, tout en précisant que cela devait se faire dans le respect et l'écoute des Africains. "Nous sommes prêts à discuter avec l'Union européenne du renforcement de la coopération et des échanges sur la question africaine", a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "Nous pensons également que la communauté internationale, lorsqu'elle cherche à renforcer la coopération en Afrique, devrait respecter et écouter les opinions des Africains", a-t-elle ajouté.


Malawi : L'établissement des relations diplomatiques avec la Chine confirmé

2008-01-15

http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-01/15/content_560035.htm

La ministre malawienne des Affaires étrangères a confirmé le 14 janvier que son pays a établi des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine. Cela signifie la fin de 41 ans de relations du Malawi avec Taïwan, qui devient ainsi le 170e pays dans le monde à avoir des relations diplomatiques avec la Chine. Le Malawi et la Chine ont formalisé leurs relations à la fin de l'année dernière par la signature d'un communiqué conjoint à Beijing.





Corruption

Afrique du Sud : Démission du directeur sud-africain d'Interpol

2008-01-15

http://www.grioo.com/info12656.html

Les partis d'opposition en Afrique du Sud se sont réjouis de l'annonce de la démission du directeur de la police nationale, Jackie Selebi à la tête de l'agence policière internationale, Interpol, indiquant avoir reçu une lettre de ce dernier confirmant sa décision de rendre le tablier "de propre gré". Le président Thabo Mbeki avait déclaré que Selebi allait prendre un congé prolongé après que le Département national des poursuites a confirmé son intention de l'inculper pour corruption.


Gabon : Poursuivie pour corruption, elle est nommée ambassadrice

2008-01-15

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP15208uneprecirda0

Une ancienne administratrice d'un fonds gouvernemental gabonais, Jeanne Ngoleine Ossouka, poursuivie depuis 2006 pour détournement de deniers publics, a été nommée ambassadrice du Gabon auprès de l'ONU à Genève. Cette nomination intervient alors que le 1er décembre, à la veille du 40e anniversaire de son arrivée au pouvoir, le président gabonais Omar Bongo Ondimba avait promis de lutter contre "l'impunité ambiante", accusant l'administration d'avoir fait "main basse" sur les fonds destinés au développement.


Nigeria : Abuja dément manoeuvrer contre une enquête sur Obasanjo

2008-01-15

http://www.grioo.com/info12620.html

Le gouvernement fédéral du Nigeria a démenti les informations qui lui attribuaient la volonté d'arrêter une enquête contre l'ex-président Olusegun Obasanjo, mettant au défi tous ceux qui souhaiteraient porter plainte contre lui de le faire. Deux groupes au moins, dont la Conférence des partis politiques nigérians (CNPP), une coalition des formations de l'opposition, ont saisi la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) de plaintes visant des transactions entachées de faits de corruption qui auraient été effectuées par l'administration Obasanjo.





Développement

Afrique : Entrée en vigueur de la Zone de libre échange de la SADC

2008-01-15

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?breve6770

La Zone de libre échange (ZLE) de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) est entrée en vigueur au début de cette année dans beaucoup de pays — sauf en Angola et en République démocratique du Congo. Ainsi la plupart des marchandises produites dans la région peuvent désormais entrer dans les pays membres sans taxes douanières et peuvent circuler librement entre les Etats membres même si certains pays vont continuer à exiger des tarifs qu’ils estiment susceptibles de les aider à protéger certaines de leurs industries naissantes.


Global : Les africains anti Ape manifestent à Bruxelles

2008-01-16

http://www.bilaterals.org/article.php3?id_article=10941

Environ 3.000 personnes selon les estimations des organisateurs et de la police belge ont répondu par leur présence ce vendredi 11 janvier 2008 dans les rues longeant les institutions Européenne de Bruxelles à l’appel du Collectif anti Ape. Plusieurs délégations ont fait le voyage depuis Dakar. Le cortège s’est rendu à la Commission européenne où une délégation a rencontré les représentants de la Commission européenne pour leur signifier le rejet par l’Afrique des Ape et leur remettre des propositions alternatives.





Santé & VIH/SIDA

Bénin : Prise en charge des orphelins et enfants vulnérables du Sida

2008-01-15

http://www.africatime.com/Benin/nouvelle.asp?no_nouvelle=373931&no_categorie=

Plus de la moitié des 370 873 orphelins et enfants vulnérables du Sida au Bénin, vont bénéficier « dans les jours à venir », d’une prise en charge. Selon cette source proche du Comité national de lutte contre le VIH/SIDA au Bénin, ce programme vise à accroître de 3 à 50 pour cent, d’ici à 2010, la proportion des orphelins et enfants vulnérables du Sida au sein des ménages bénéficiant d’au moins un soutien externe.


Liberia : Lancement d'un nouveau vaccin contre les maladies infantiles

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51756

Un nouveau vaccin contre les maladies infantiles a été, pour la première fois, lancé au Liberia, le 11 janvier. Utilisé dans certains pays d’Afrique sub-saharienne, ce vaccin protège les enfants contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’Heamophilus influenzae de type B et l’hépatite, pour une durée de 6 à 14 semaines. Selon l'OMS, le gouvernement libérien a mené avec succès de la campagne de vaccination de l’année dernière, avec plus de 80 pour cent des enfants vaccinés.


RD Congo : Les vendeurs d'eau propagent les maladies hydriques

2008-01-15

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4855

La demande en eau potable et la rentabilité du commerce de l'"eau pure" ont multiplié le nombre de producteurs d'eau en sachet à Kinshasa, sans que les contrôles d'hygiène arrivent à suivre cette expansion. L’"eau pure" vendue dans les rues rafraîchit les habitants de la capitale de la RDC, mais les expose dès lors à des maladies d’origine hydrique.





Éducation

Burkina : Des associations tentent d'assurer l'éducation des enfants séropositifs

2008-01-15

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3919

Elysée Koné (un nom d'emprunt), né séropositif, et aujourd'hui âgé de 17 ans, n'a pas de souci de santé. Dans la ville de Bobo-Dioulasso (sud-ouest du Burkina Faso) où il vit, il est plutôt tourmenté par un manque de moyens financiers qui pourrait le forcer à rester à la maison cette année scolaire. Elysée fait partie des 140 enfants nés séropositifs et pris en charge par l'Association de lutte contre le SIDA R+ (Rêve plus) basée à Bobo-Dioulasso pour les aider à poursuivre une scolarité normale.


Cameroun : Les écoles confessionnelles ont la côte

2008-01-16

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52116

Le dernier classement des meilleurs établissements scolaires de l’enseignement général et technique pour l’année 2007 publié le 16 janvier par l’Office du baccalauréat du Cameroun (OBC), se traduit par une domination des établissements confessionnels catholiques qui occupent largement le peloton de tête. Sur 624 établissements scolaires classés, les collèges catholiques occupent les 4 premières places au classement général.





LGBTI

Egypte : Un baiser lesbien provoque un scandale

2008-01-15

http://www.afrik.com/article13348.html

Le film Hina Maysara crée une vive polémique en Egypte, où il est diffusé depuis le mois de décembre. En cause, les scènes évoquant l’homosexualité. Des érudits musulmans appellent les Egyptiens à boycotter le film et l’un d’entre eux entend poursuivre son réalisateur, Khaled Youssef, et les deux actrices qui s’embrassent dans le film.





Média & liberté d'expression

Centrafrique : Arrestation d'un Directeur de publication

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51924

Le Directeur de publication du journal «Les collines de l’Oubangui », Faustin Bambou, interpellé le vendredi 11 janvier 2008, a été incarcéré le même jour à la Section de recherche et d’investigation (SRI) pour troubles à l’ordre publique. Le ministère public accuse M. Bambou d’avoir, par ses écrits, incité les fonctionnaires affiliés à l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC) à déclencher une grève qui paralyse l’administration centrafricaine et les établissements scolaires du secteur public, depuis le 2 janvier dernier


Gambie : Lancement d'une radio liberté en ligne

2008-01-16

http://www.radioavg.com

Un groupe de journalistes gambiens basés au Sénégal et en Gambie ont récemment lancé une radio en ligne qui traite principalement des problèmes affectant la Gambie. La Radio «Voix Alternative» accessible sur le site web www.radioavg.com offre des programmes en Anglais, Manding et Wolof. Cette station se veut un espace de liberté devant l'atmosphère politique qui règne en Gambie, caractérisée par une violence contre les journalistes et des restrictions à la liberté de presse.


Niger : L'affaire Moussa Kaka en délibéré

2008-01-15

http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=19

La chambre d’accusation de la cour d’appel de Niamey a mis en délibéré au 12 février 2008 sa décision sur la recevabilité des écoutes téléphoniques utilisées pour accuser Moussa Kaka, correspondant de Radio France Internationale (RFI), de "complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat". Trois autres journalistes – un Nigérien et deux Français - sont incarcérés au Niger pour leur travail d'information sur la rébellion touareg dans le nord de ce pays. Les deux journalistes nigériens risquent la prison à vie. Quant aux Français, ils sont passibles de la peine de mort pour avoir voulu réaliser un reportage sur la rébellion.


Tunisie : Naissance du premier syndicat national de journalistes

2008-01-15

http://www.afrik.com/article13370.html

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a vu le jour le 13 janvier, après un congrès qui a réuni quelque 400 personnes. Cet organe, le premier du genre dans le pays, remplace l’Association des journalistes tunisiens afin de mieux défendre les intérêts des acteurs de la profession. Précisions de Néji Boughouri, membre du bureau du SNJT. Néji Boughouri, l’un des neuf membres du bureau du SNJT, explique avec une certaine prudence les aspirations du nouveau syndicat.





Plaidoyers & campagnes

Guinée : Déclaration de la société civile sur la crise au sommet de l’État

2008-01-16

http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2058

Devant le contexte socio politique de ces derniers jours en Guinée, marqué par une tension vive au sommet de l’Etat qui menace la paix sociale avec son corollaire de violences, la société civile guinéenne appelle à des actions rapides afin d’éviter des violences susceptibles de rompre l’équilibre sociopolitique indispensable à la paix sociale et à la poursuite des efforts allant dans le sens des attentes légitimes et urgentes des guinéens exprimées par les populations en janvier 2007.


Kenya : Déclaration d'organisation préoccupées par la situation

2008-01-16

http://www.pambazuka.org/fr/category/advocacy/45445

Déclaration de personnes préoccupées par la situation au Kenya et d’organisations de défense des Droits de l’homme, de gouvernance et d’affaires juridiques

Nous parlons au nom des organisations de défense des droits de l’homme, de la gouvernance et des affaires juridiques au Kenya, ainsi que de celui des citoyens préoccupés par la situation du pays, qui nous ont contacté et ont choisi de travailler avec nous au cours des deux dernières semaines.

Nnous avons relevé qu’au coeur des trois formes de violence que nous connaissons actuellement, partout dans le pays — désorganisée et spontanée, l’activité organisée des milices et l’usage disproportionné de la force par les forces de la police et de l’Unité des Services Généraux au Kenya — figure la violation des libertés fondamentales et des droits directement liés au processus électoral.

Il est clair que les irrégularités et mauvaises pratiques relevées au cours du recensement des votes ont été si graves qu’ils peuvent dénaturer les résultats. Certaines de ces irrégularités et mauvaises pratiques sont illicites—rendant ainsi le résultat supposé de la présidentielle non seulement illégitime mais aussi illégal. Nous considérons donc que Mwai Kibaki est toujours dans l’exercice de son premier mandat.

Nous notons maintenant, avec une vive préoccupation, l’annonce faite par l’homme qui a été officiellement installé comme président de la République. Nous considérons que cette annonce a été faite par un homme exerçant un pouvoir illégitime et illégal, et donc nul et non avenu. Nous avons également relevé que cette annonce a effectivement aggravé et exacerbé la violence actuelle — comme en attestent les protestations désorganisées et spontanées auxquelles nous avons assistées en réaction à l’annonce qui a été faite. Nous estimons que l’annonce a gravement compromis l’environnement de la médiation. Nous refusons de permettre à l’homme qui a été investi comme président de la République de continuer à mettre la nation devant ce qui, en réalité, est une série de faits accomplis.

Par conséquent, nous réitérons nos exigences selon lesquelles :

1. Les Etats africains et le reste de la communauté internationale, surtout les Etats-Unis étant donné son approche unilatérale actuelle peu coopérative, de continuer à plaider en faveur d’une médiation régionale sous la direction du président John Kuffour du Ghana, président ex exercice de l’Union Africaine, entre le Parti de l’Unité Nationale et le Mouvement Démocratique Orange pour trouver une issue heureuse à la mascarade électorale qui a eu lieu;

2. Le processus de médiation doit être mené pour, prioritairement, s’entendre sur un organise intérimaire de supervision des élections pour procéder à une vérification judiciaire du processus de vote et de recensement des voix en vue de recommander, sur la base de ses conclusions, un nouveau décompte ou une reprise du scrutin dans un délai bien précis;

3. Les Etats africains et le reste de la communauté internationale doivent, dans la période intérimaire, dénier toute reconnaissance officielle à l’homme qui a été investi comme président de la République et à son prétendu gouvernement ;

4. Tous ceux qui ces soi-disant membres du gouvernement doivent refuser de pendre fonction pour permettre la poursuite du processus de médiation:

Ont signé :
- Africa Centre for Open Governance (AfriCOG)
- Awaaz
- Centre for Law and Research International (CLARION)
- Centre for Multiparty Democracy (CMD)
- Centre for Rights, Education and Awareness for Women (CREAW)
- CRADLE
- Constitution and Reform Education Consortium (CRECO)
- East African Law Society (EALS)
- Fahamu Kenya
- Haki Focus
- Hema la Katiba
- Independent Medico-Legal Unit (IMLU)
- Innovative Lawyering
- Institute for Education in Democracy (IED)
- International Commission of Jurists (ICJ-Kenya)
- Kenya Human Rights Commission (KHRC)
- Kenya Leadership Institute (KLI)
- Kenya National Commission on Human Rights (KNCHR)
- Kituo cha Sheria
- Law Society of Kenya (LSK)
- Media Institute
- Muslim Human Rights Forum
- National Constitution Executive Council (NCEC)
- Release Political Prisoners (RPP)
- Society for International Development (SID)
- Urgent Action Fund (UAF)-Africa
- Youth Agenda


Veuillez contacter Linda Ochiel, Chargée des droits de l’homme, des médias et de la communication, à la Commission nationale des droits de l’homme au Kenya (KNCHR) CVS Plaza, Lenana Road

Boite postale No : 743559-00200 Nairobi-Kenya Tél :254-20-2717908/2717928/2712664

Téléphone cellulaire: 254-722-583-200/254-727-642193 
haki@knchr.org


Kenya :La FIDH soutien l’Initiative des Kenyans pour la Paix, la Vérité et la Justice

2008-01-16

http://www.fidh.org/spip.php?article5084

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) soutien la décision prise par l’Initiative des Kenyans pour la Paix, la Vérité et la Justice – une coalition d’ONG indépendantes dont fait partie son organisation affiliée, la Kenya Human Rights Commission (KHRC), de porter plainte contre les auteurs d’infractions pénales en relation avec les élections.





Nouvelles de la diaspora

Global : L'Etat du New-Jersey s'excuse au sujet de l'esclavage

2008-01-15

http://www.grioo.com/info12622.html

L’Etat du New-Jersey a officiellement exprimé le lundi 7 janvier "son profond regret" pour la pratique de l’esclavage et est devenu le premier Etat du Nord des Etats-Unis à le faire. Un comité de l’assemblée du New-Jersey avait approuvé la résolution le 3 janvier dernier. Le New-Jersey avait un des codes législatifs les plus répressifs envers les esclaves dans les colonies du Nord et fut un des quelques Etats du Nord à appliquer le "Fugitive slave act" de 1850 qui visait à forcer les autorités des Etats libres à retourner les esclaves en fuite à leurs propriétaires.





Conflits & urgences

Côte d'Ivoire : Le désarmement, un espoir de vie meilleure pour les ex-rebelles

2008-01-15

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP41658ledsaselleb0

Massés en files indiennes devant une caserne de Bouaké (centre de la Côte d'Ivoire), plus d'une centaine d'ex-rebelles ivoiriens attendent leur démobilisation, l'espoir pour beaucoup d'une vie meilleure après cinq ans de crise. Tenté en vain à plusieurs reprises, ce processus a été relancé le 22 décembre par le président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN). Selon les premières estimations du gouvernement, il concernerait environ 45.000 combattants, dont 33.000 ex-rebelles et 12.000 supplétifs aux troupes du président Gbagbo.


Kenya : c’est l’économie et non le tribalisme qui explique la crise

2008-01-15

http://www.afrik.com/article13365.html

La vague de violence qui s’est abattue sur le Kenya à la suite des élections présidentielles a été qualifiée, par bon nombre, de nature tribale ou ethnique. Toutefois, pour des analystes de ce pays d’Afrique de l’Est, c’est l’économie de base qui est véritablement à l’origine des troubles. Dans un pays qui pratique un capitalisme jugé inhumain et qui encourage une concurrence féroce pour la survie, les richesses et le pouvoir, l'ethnicité n'aurait pas été la cause principale des affrontements dont le bilan est fixé à quelque sept cents morts.


Kenya : La neutralité de la BM dans la crise remise en cause

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51635

La Banque Mondiale éprouve des difficultés à convaincre de sa neutralité dans le conflit politique né du contentieux électoral au Kenya. Ces difficultés sont surtout aggravées par la sortie simultanée de deux mémos confidentiels relatifs à la crise et qui semblent favorables au président Mwai Kibaki, déclaré vainqueur depuis lors. Dans l’une des deux notes de service dont le Financial Time a pu obtenir copie, M. Colin Bruce, Représentant de la Banque Mondiale au Kenya, défend la victoire de Kibaki, sur la base d’informations que lui auraient fourni des officiels des Nations Unies.


Kenya : La situation critique des réfugiés

2008-01-15

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3931

Un groupe d'hommes qui, il y a deux semaines, étaient occupés au travail se serrent les uns contre les autres, dans l'oisiveté. Ils sont fatigués de ressasser les histoires de leurs expériences épouvantables aux mains de ceux qui étaient jusqu'ici leurs voisins et amis. C'est ainsi que des milliers de Kenyans, hommes, femmes et enfants vivent dans les églises et autres lieux où ils se sont réfugiés, attendant les secours et les dons qui les font survivre. Avec la tension qui continue de régner, suite aux violences post-électorales qui ont fait quelque sept cents morts, nul ne songe à encore à essayer de rentrer chez lui.


Kenya : La crise fait perdre 46 millions de dollars de recettes touristiques

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51521

Le secteur touristique du Kenya, le plus grand secteur porteur du pays, a enregistré un déficit de plus de 46 millions de dollars, à la suite des turbulences électorales. Selon le porte-parole du Bureau kenyan du tourisme, l’annulation, au mois de janvier, de 90 pour cent des arrivées serait à l’origine de ce déficit. S'y ajoute l’annulation de beaucoup de voyages vers le Kenya par des compagnies aériennes et des organisateurs de voyages en groupe. Selon, le ministre Kenyan des Finances, l’économie pourrait connaître un déficit d’un milliard de dollars.


Kenya : C’est l’économie, idiot (plus que le « tribalisme ») !

2008-01-16

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76205

La vague de violence qui s’est abattue sur le Kenya à la suite des élections présidentielles a été qualifiée, par bon nombre, de nature tribale ou ethnique. Toutefois, pour les analystes de ce pays d’Afrique de l’Est, c’est l’économie de base qui est véritablement à l’origine des troubles. Selon un rapport publié par la Society for International Development (SID) de Nairobi, le Kenya est dixième sur la liste mondiale des pays qui présentent les écarts les plus importants en termes de richesses.


Liberia : Sentiments mitigés sur l’intérêt de la Commission vérité

2008-01-15

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76231

Bon nombre de Libériens ayant suivi, le 8 janvier, l’ouverture de la première audience publique de la Commission vérité et réconciliation (CVR) dans leur pays s’interrogent sur l’intérêt de ces audiences si les auteurs de crimes ne sont pas ensuite traduits en justice. De nombreuses victimes des violences qui ont ensanglanté ce pays pendant une guerre qui a duré plus de dix ans viennent témoigner des drames qu'ils ont vécus.


Rwanda : Survivants du génocide et génocidaires se réconcilient avec le passé

2008-01-15

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76236

Avant le génocide rwandais, Mutiribambi Aziri et Jacqueline Mukamana habitaient dans des maisons voisines dans la ville de Nyamata, au sud de Kigali, la capitale. Mais pendant les 100 jours de massacre, qui ont commencé en avril 1994, Mme Mukamana, jeune élève tutsie, et M. Aziri, paysan hutu, se sont retrouvés dans des camps opposés tandis que 800 000 Tutsis et Hutus modérés étaient massacrés par des miliciens hutus, baptisés Interahamwe, et des citoyens rwandais ordinaires. Plus de 13 années plus tard, ils sont voisins de nouveau.


Tanzanie : 12 millions de dollars de recettes perdus à cause de la crise kenyane

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51713

La Tanzanie a eu un manque à gagner de 11,8 millions de dollars dû aux perturbations du commerce transfrontalier causées par les troubles post-électoraux au Kenya. Le responsable des Douanes et des Impôts au niveau du Fisc a révélé que les recettes douanières hebdomadaires à la frontière avaient chuté de six à 2 millions de dollars depuis le début de la crise kenyane. Selon lui, si la situation perdurait, les revenus nationaux mensuels tirés des impôts et autres droits de douane allaient tomber de 2 millions à 600.000 dollars par semaine.





Internet & technologie

Afrique : Retrait du partenaire clé du projet "un enfant, un ordinateur portable"

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51423

Le projet international dénommé « un enfant, un ordinateur portable» (OLPC), destiné aux enfants d’Afrique Sub-saharienne, a subi une baisse considérable de financement après le retrait, le 8 janvier, d’un de ses principaux initiateurs, Intel. Le projet avait pour objectif de réduire la fraction numérique au niveau des classes chez les enfants en Afrique à travers l’utilisation d’ordinateurs portables à bon prix. Les autorités de Intel à Londres ont annoncé que leur organisation s’était retirée du bureau du projet et avait décidé d’annuler son programme « un enfant, un ordinateur portable ».


Cameroun : 40% de la population ont accès au téléphone

2008-01-15

http://www.cameroon-one.com/site/news/index.php?op=view&id=33984

Plus de cinq millions de Camerounais soit un peu plus de 40 pour de la population du pays ont accès au téléphone fixe et mobile, a indiqué l'Agence de régulation des télécommunications (ART). Ces chiffres cumulés jusqu'au 31 décembre 2007 appartiennent aux trois opérateurs des télécoms au Cameroun, dont l'entreprise publique, la Cameroon telecommunications (CAMTEL) qui possède deux licences pour l'exploitation du téléphone fixe et mobile.


Global : Mieux gouverner grâce à l'Internet

2008-01-15

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=51993

Quelque 60 responsables gouvernementaux de 25 pays africains se réunissent du 14 au 19 janvier dans la ville marocaine de Tanger, dans le cadre d’un séminaire sur le recours aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) pour optimiser la gestion des affaires gouvernementales. Cette rencontre se veut une plateforme pour encourager les pays africains à doter les secrétariats généraux de gouvernements de réseaux informatiques pour assurer une liaison en temps réel avec les départements gouvernementaux.





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