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Pambazuka News 4: LA FORTE PRÉSENCE CHINOISE EN AFRIQUE - NOUVEL IMPÉRIALISME ?
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Courrier, 4. Arts & livres, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Terres & droits fonciers, 17. Média & liberté d'expression, 18. Plaidoyers & campagnes, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie, 22. Collecte de fonds & ressources utiles, 23. Cours, séminaires, & ateliers, 24. Emploi
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Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : La présence chinoise en Afrique serait-elle un impérialisme de type nouveau ? Stephen Marks fait une revue exhaustive de la question
COMMENTAIRES ET ANALYSES :
- Nairobi 2007 : Mouhamadou Tidiane Kassé jette un regard critique sur la participation africaine au Forum social mondial et dessine les contours d’une plus efficiente présence des altermondialistes africains
- Hakim Ben Hammouda estime que l’Afrique doit utiliser ses rapports privilégiés avec la Chine pour (enfin) amorcer son développement
- Pour Achille Mbembe, l’heure est venue de faire table rase des statues et autres monuments coloniaux
ARTS ET LIVRES : Humour et émotion dans un nouveau film sur les tirailleurs sénégalais qui sort en salle le 12 avril
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Le Soudan toujours à l’ordre du jour dans les pourparlers
CONFLITS ET URGENCES : Charles Taylor plaide non coupable au TSSL
DROITS HUMAINS : Forum Social mondial : d’un continent à l’autre, les problèmes sont analogues
FEMMES ET GENRE : Les femmes sont l’espoir politique de l’Afrique
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Les autorités soudanaises refusent l’accès au Darfour à Jan Egeland
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Boni Yayi promet des changements aux Béninois
DEVELOPPEMENT : La consommation des noirs connaît un boom en Afrique du Sud
CORRUPTION : Une ‘générosité’ suspecte des candidats à la présidentielle
SANTE ET VIH/SIDA : La méningite fait des ravages au Burkina et au Niger
ÉDUCATION : La fuite des cerveaux est devenue un sujet d’inquiétude pour l’Afrique
RACISME ET XENOPHOBIE : Des héros de dessin animé ‘caricaturent’ le racisme
ENVIRONNEMENT : Le Rwanda serait la source la plus lointaine du Nil, révèlent trois explorateurs
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Un directeur de journal emprisonné aux Comores
NOUVELLES DE LA DIASPORA : La Mauritanie, une filière prisée mais dangereuse pour les émigrés clandestins
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : La lutte contre la pauvreté placée en tête des priorités selon un sondage mondial
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Une étude révèle que l’usage prolongé du portable est dangereux pour la santé
PLUS : Informations sur les cours, séminaires, ateliers et offres d’emploi…
Chroniques
La forte présence chinoise en Afrique - nouvel impérialisme ?
2006-04-03
Stephen Marks
Depuis les champs pétrolifères soudanais jusqu'aux fermes zimbabwéennes, partout en Afrique la présence chinoise se voit et se fait sentir. Selon Stephen Marks, la relation sino-africaine s'est récemment modifiée, passant d'une idéologie de la Guerre Froide à une poursuite-type d’intérêts personnels économiques. Mais le tableau n'est pas tout aussi sombre que l’on pourrait le croire - alors que le géant économique mondial grandit, de nouvelles perspectives se présentent pour l'Afrique.
Sur une plus grande échelle, une présence chinoise plus intense en Afrique fait partie de l’effort de créer un paradigme de la mondialisation qui favoriserait la Chine. Dans le passé, la présence chinoise en Afrique a pu profiter d'une histoire partagée en tant que cible d’un impérialisme européen et à cause de son engagement idéologique contre l’impérialisme et pour la libération nationale.
La Chine a déclaré son respect du principe de la souveraineté nationale et la non interférence dans les affaires internes. Non seulement une telle approche séduisait les dirigeants qui faisaient face à la menace de conflits internes pour des raisons peu nobles mais elle contrastait aussi avec les mobiles douteux des ex-pouvoirs coloniaux.
Mais plus récemment, la politique chinoise a abandonné l’idéologie de la Guerre Froide pour entreprendre une poursuite-type de ses intérêts personnels économiques sous forme d'accès aux matières premières, aux marchés et aux sphères d'influence à travers l'investissement, le commerce et l’aide militaire – à un tel point que la Chine peut être soupçonnée de couver des ambitions d'impérialiste.
La nouvelle orientation s'est manifestée lors du premier Forum de Coopération Sino-africaine qui a eu lieu à Beijing en 2000 - mécanisme dont le but était de promouvoir les relations diplomatiques, le commerce et l'investissement entre la Chine et les pays africains. Pendant la même année, le commerce sino-africain a passé le cap des US$10 milliards pour la première fois [1]. En 2003, il a atteint US$18.5 milliards et selon certaines estimations, cette année il est en cours d'atteindre US$30 milliards [2]. Des estimations chinoises plus récentes affirment que le commerce sino-africain approche déjà la barre de US$40 milliards [3].
En 2004, il y avait déjà presque 700 entreprises chinoises qui étaient implantées dans 49 pays africains [4]. Le Forum de décembre 2003 à Addis Abeba auquel étaient présents le Premier Ministre chinois Wen Jiabao et le Secrétaire Général de l’ONU Kofi Annan, a attiré 250 hommes d'affaires d’Afrique et 150 de Chine.
La phase « idéologique » précédente des relations sino-africaines faisait partie d'une stratégie mondiale qui vers le milieu des années 70, a vu quelques 15 000 médecins et plus de 10 000 ingénieurs agricoles venant de Chine exercer leurs fonctions à travers les pays du Tiers-Monde. En Afrique, la Chine a entrepris d’ambitieux projets d'infrastructures tels que la construction de la voie ferrée Tamzam reliant la Tanzanie à la Zambie, en parallèle à un système routier financé par les pays occidentaux.
L'influence chinoise a été également promue par l’offre de compétences techniques, de médecins, de bourses et d'aide. Aujourd'hui, plus de 900 médecins chinois travaillent toujours dans des pays africains [5]. L'aide militaire s’est concentrée sur les alliés idéologiques (y compris à diverses époques l'Ethiopie, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie). En 1977, le commerce avec l'Afrique avait atteint le record de US$817M [6].
La Politique d'aide chinoise
Certes, il existe des éléments de continuité avec la politique chinoise précédente. Des prêts à des taux d'intérêt bas, renouvelables ou annulables ont été accordés lors des Forums de Coopération Sino-africaine, ce qui a permis à la Chine de bénéficier d’un soutien diplomatique au sein de l’ONU (par exemple au sujet de Taiwan).
Des équipes médicales, agricoles et d’ingénieries chinoises continuent à travailler dans plusieurs pays africains.
« Depuis 1963, quelques 15 000 médecins chinois ont travaillé dans 45 états africains soignant presque 180 millions de patients séropositifs ou atteints du SIDA. A la fin de 2003, 940 médecins chinois travaillaient toujours à travers le continent. Pour des raisons évidentes Beijing préfère proposer aux pays africains un support technique plutôt qu’une aide financière quelconque. L'aide financière met à rude épreuve les ressources et écarte le capital des besoins importants du pays. Aussi les investissements dans le commerce et les projets qui pourraient ramener des recettes, sont-ils plus populaires qu’une aide directe ou que des projets d'emprunt.
Le fait que la Chine continue à renforcer les projets éducatifs et l’offre d’experts permet de qualifier ce pays de modèle de pouvoir « indulgent ». Cela dit, les 15 000 étudiants africains qui ont étudié en Chine depuis les indépendances [6] ont évidemment apporté à la Chine des atouts sur le plan commercial et politique.
Le Rôle économique de la Chine
« Aujourd'hui presque chaque pays africain témoigne d'une présence croissante chinoise, depuis les champs pétrolifères à l'est jusqu'aux fermes dans le sud, en passant par les mines du centre du continent. Selon un rapport récent de Reuters, des fermes gérées par des Chinois en Zambie approvisionnent en légumes le marché ouvert de Lusaka, et les entreprises chinoises - en plus de lancer des satellites nigérians - détiennent quasiment le monopole dans le domaine de la construction au Botswana [2].
« Les 674 entreprises chinoises présentes en Afrique ont investi non seulement dans des secteurs florissants tels que les mines, la pêche, les bois précieux et les télécommunications, mais aussi dans d'autres secteurs qui avaient été délaissés, voire abandonnés, par l'Occident faute de rentabilité. Par conséquent, aujourd’hui les mines de cuivre de Chambezi en Zambie fonctionnent à nouveau et les réserves de pétrole gabonaises qui étaient soi-disant épuisées, sont maintenant réexploitées.
En 2004 les investissements chinois représentaient plus de US$900M des US$15 milliards investis directement en Afrique. Sur ces milliers de projets en cours, 500 sont exclusivement dirigés par la China Road and Bridge Corporation, entreprise d'état dont l’objectif est de placer les 43 entreprises chinoises qui se trouvent parmi les 225 meilleures de la région.
En Ethiopie, la Chine est impliquée dans les télécommunications, en République Démocratique du Congo, elle a contribué à l'exploitation minière étatique Gecamine, au Kenya elle a réparé la route reliant Mombasa à Nairobi et c’est elle qui a lancé le premier satellite spatial du Nigéria. Comme motivation pour les ressortissants chinois, huit pays africains ont été officiellement désignés destinations touristiques » [6].
Pour la Chine, l'Afrique représente :
·Une source clé de matières premières, surtout de pétrole brut, dont la Chine est actuellement le deuxième plus grand consommateur de la planète, avec plus de 25% de ses importations de pétrole venant du Soudan et du Golf de Guinée [6].
Selon les statistiques douanières chinoises rapportées par la BBC en janvier 2006, pendant les 10 mois précédents, le commerce entre l'Afrique et la Chine a augmenté par 39% pour atteindre plus de US$32 milliards, ce commerce étant alimenté dans une large mesure par les importations de pétrole venant de l’Afrique, principalement du Soudan. Selon l'agence américaine, EIA (Energy Information Administration), depuis les quatre dernières années la Chine représente plus de 40% de la croissance nette en besoins de pétrole du marché international [7]
·Un créneau pour les produits chinois à faible coût de production.
·La possibilité d’investir dans les infrastructures [centrales hydro-électriques, oléoducs, usines, hôpitaux]
Il s’agirait surtout de créneaux potentiels où des entreprises occidentales pourraient se laisser dissuader de par leurs préoccupations politiques telles que les sanctions ou l'instabilité.
En effet, là où les entreprises occidentales peuvent être découragées par des pressions intérieures de la part des ONG ou par l'impact sur leur réputation que pourrait avoir leur association avec des régimes répressifs et corrompus, la Chine, elle, profite des deux côtés - le fait d'être indemne de ces pressions fait d’elle une collaboratrice attirante aux yeux de certains régimes, et l'absence de toute concurrence de la part des multinationales occidentales crée la possibilité de plus de recettes [1].
Le Soudan
« La Chine, à travers la Coopération Nationale Chinoise de Pétrole (CNPC), est l'investisseur le plus connu et le plus important du Soudan dans les domaines de l'exploitation de pétrole, la transportation et les infrastructures associées à la production pétrolière. En 1999 ces investissements ont permis au Soudan de se lancer dans l'exploitation pétrolière et de finir par devenir exportateur net de pétrole. Même si la capacité actuelle de production de 310 000 barils par jour (bpj) du Soudan est relativement peu importante par rapport à la production mondiale qui est approximativement de 82M bpj, le produit est de haute qualité.
Sur le marché mondial, il existe une pénurie de ce type de pétrole « brut-léger-doux » qui se vend au prix fort, relatif au pétrole brut venant du Moyen Orient dont la quantité de soufre est élevée. Grâce à l'investissement chinois dans la capacité de production de pétrole soudanaise, celle-ci représente actuellement 5% des importations nettes chinoises. Il est impératif de reconnaître que la Chine est le plus grand consommateur de pétrole soudanais, ayant importé plus de la moitié des exports soudanais en 2003 » [1].
Même si en 1995 la Chine s’est fait accepter sa soumission d'exploiteur pétrolier au Soudan, c'était en fait la décision prise deux années plus tard par Washington de couper tout lien avec ce pays qui a permis à la Chine d'y intervenir. Alors que Washington maintient toujours des sanctions partielles contre le pétrole soudanais, la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial du Soudan, important 60% des exports pétroliers de ce pays, ce qui représente 9% des besoins chinois en matière de pétrole.
« On est parti de zéro au Soudan », déclare Li Xiaobing, directeur adjoint au sein du Ministère Chinois du Commerce, responsable des Affaires africaines. « Quand on a débuté, le Soudan était importateur de pétrole, et maintenant il en est exportateur. Nous avons construit des raffineries et des oléoducs et nous nous sommes engagés dans la production ». Écartant une question portant sur le dossier des droits de l'homme soudanais, il préfère dire, « Nous nous approvisionnons en pétrole de toute source possible » [8].
De son côté, la Chine a menacé d’utiliser son droit de veto au Conseil de Sécurité pour caler ou bloquer toute résolution sur le Darfour. Au dire du Ministre adjoint chinois des Affaires étrangères, Zhou Wenzhong : « Je pense que la situation interne au Soudan ne concerne que le pays lui-même ; nous ne sommes pas en mesure de leur imposer quoi que ce soit.»
Ce mélange d'investissements dans les infrastructures, de soutien commercial et politique auprès de l’ONU constitue « un ensemble complet » [5].
Et le compliment est retourné. Selon Awad al-Jaz, le Ministre soudanais de l'Énergie et des Mines, « les Chinois sont très aimables. Ils ne se mêlent pas à la politique ou aux problèmes. Les affaires se passent bien » [5].
L’Angola
La capacité chinoise à présenter « un ensemble complet » dépourvu de toute conditionnalité extra commerciale s’illustre également par le cas de l’Angola qui est actuellement son deuxième partenaire commercial le plus important en Afrique et lui vend 25% de sa production de pétrole [6].
Vers la fin de 2004, Eximbank, banque d'exportation chinoise, a approuvé un crédit de US$2 milliards pour la reconstruction des infrastructures détruites lors de la guerre civile. En contrepartie, la Chine recevait 10 000 barils de pétrole par jour.
La ligne de crédit - à 1,5% sur une période de 17 ans – semble peut-être défavoriser la Chine à court terme, mais les entreprises chinoises se taillent la part du lion en se faisant garantir des contrats lucratifs pour la reconstruction nationale. Les gens du pays sont mécontents. Comme le précise l'économiste indépendant Jose Cerqueira: « Il y a une clause dans le contrat de prêt qui stipule que 30% des affaires seront sous-traités aux sociétés angolaises, mais cela laisse encore 70% qui ne le seront pas. Cette situation inquiète les hommes d'affaires angolais puisqu'ils perdent l'occasion de décrocher des contrats, d'autant plus que la construction est un secteur dans lequel les Angolais espèrent trouver du travail » [6].
Certains disent que c’est la disponibilité du prêt chinois qui a encouragé l'Angola à résister à la pression exercée par le FMI et les pays occidentaux pour que ce pays que l’on considère comme le plus corrompu de toute l’Afrique, améliore la transparence de son secteur pétrolier et qu’il mette en place d'autres réformes. Un colloque à l'intention de donateurs, fixé pour la mi-2005, a été reporté. Toutefois l'ambassadeur chinois en poste en Afrique du Sud a qualifié d’injustifiée l’insistance sur la transparence comme condition préalable au colloque [5].
Cela dit, l'Angola a aussi été témoin de l'une des rares occasions où la Chine est intervenue pour assurer que son aide ne soit pas utilisée à des fins troubles. Le 9 décembre 2004, en raison de la pression de la part des Chinois, l'intermédiaire commercial Antonio Pereira Mendes de Campos Van Dunem a démissionné de son poste de Secrétaire au Conseil des Ministres Angolais après que Global Witness, organisme britannique de contrôle pour la transparence, avait annoncé que l'argent risquait d'être détourné vers d'autres fins. En effet, une partie de la somme a contribué à financer la propagande gouvernementale pour les élections générales de 2006 [6].
Malgré ce détournement, cette ligne de crédit a rendu possible le financement de réparations ferroviaires, la construction de routes, de bureaux et d'un réseau en fibres optiques [9].
Le Zimbabwe
Au Zimbabwe, la Chine a également saisi l'occasion présentée par le désengagement des pays de l'Ouest et par l’insistance mise par ces derniers sur la transformation. Elle s’est portée source alternative d'investissement et d'aide inconditionnelle. Faisant partie de ce que Robert Mugabe qualifie de sa politique « orientée vers l'Est », la Chine a remis à l'armée zimbabwéenne douze chasseurs à réaction et cent camions lorsque le pays était sujet à un embargo sur les armes imposé par les pays occidentaux [10].
En 2004, une délégation de 100 hommes d'affaires chinois, menée par Wu Bangguo, président du corps législatif chinois, a conclu des marchés de collaboration dans les domaines de l’exploitation minière, des transports, des communications et de l’énergie [2]. De plus, il serait question de l’envoi de caisses de t-shirts chinois destinés aux partisans du parti majoritaire lors des élections de 2005. La Chine aurait également fourni à une base militaire située en dehors de la capitale un dispositif de brouillage de radio qui aurait empêché les stations de radio indépendantes de diffuser des émissions pendant la campagne électorale.
La Chine aurait aussi conçu la nouvelle demeure de 25 chambres de Robert Mugabe au coût de US$9M, et aurait fait don des tuiles en ardoise bleu cobalt. Comme l’affirme Emerson Mnangagwa, Speaker du Parlement zimbabwéen : « Avec des amitiés inconditionnelles comme celle de la République Populaire de Chine…le Zimbabwe ne sera jamais seul. »
La Sierra Leone
À un stade de football, qui était à l'origine un don de la Chine pendant les années 70 - durant l'étape initiale de la phase idéologique des relations sino-africaines – viennent maintenant s’ajouter un bâtiment de bureaux gouvernementaux , un édifice parlementaire, et un quartier général militaire de construction chinoise. Des entreprises chinoises ont aussi investi dans un centre de production sucrière, une usine de tracteurs, et un complexe industriel, aussi bien que dans la rénovation et la gestion du plus grand hôtel.
« L'investissement chinois nous convient parce qu'on se réunit une seule fois, on discute de ce qu'ils veulent faire, et puis ils vont de l'avant », affirme l'ambassadeur sierra léonais à Beijing, Sahr Johnny, à Lindsey Hulsum de la BBC. « Il n'y a ni test d’évaluation de performance ni conditions requises, aucune évaluation des éventuels impacts sur l'environnement. Si l’un pays du G8 nous avait proposé de reconstruire le stade, nous en serions toujours en phase de réunion. »
Cependant, d’après Hilsum, c'était justement cela qui inquiétait les militants locaux dans leur lutte contre la corruption, dont Zainab Bangura, du Groupe pour la Responsabilité Nationale de la Sierra Leone, qui dit : « Nous avons consacré quinze années à travailler sur des conventions contre la corruption ; maintenant les Chinois arrivent et ils n'en souscrivent à aucune. Ils sont de nature secrète et ils ne traitent qu'avec des gouvernements - ils ne consultent ni la société civile ni personne d’autre d’ailleurs. Je crains que les gouvernements africains perçoivent la Chine comme étant une alternative aux pays du G8, parce qu’avec les Chinois, ils n'ont pas à se soucier de la bonne gouvernance, entre autres » [4].
La Chine - nouvel impérialiste?
Le président adjoint de l'Institut Sud-Africain des Affaires Internationales, Moeletsi Mbeki, qualifie les relations entre l'Afrique du Sud et la Chine d’« une répétition de la vieille histoire du commerce sud-africain avec l'Europe ».
Tout en reconnaissant les avantages du commerce, il signale que les exportations de la Chine et de Hong Kong vers son pays sont deux fois plus importantes que celles de l'Afrique, et presque deux fois plus importantes de ce que l'Afrique du Sud exporte vers la Chine. « Nous leur vendons des matières premières et en retour ils nous fournissent des biens manufacturés. Le résultat est prévisible : une balance commerciale négative pour l'Afrique du Sud » [2].
On dirait la répétition-type des relations commerciales établies par l'impérialisme européen : l'Afrique du Sud, tout comme d'autres états africains, exporte des matières premières vers la Chine et importe des produits chinois à faible coût de production qui se vendent moins chers et rivalisent avec les industries locales. La Fédération des Syndicats Sud-africains, COSATU, a demandé que les importations chinoises soient réduites et a vivement conseillé aux détaillants de favoriser tout produit de fabrication locale, et cela à un minimum de 75% [4].
Les militants sud-africains n’ont qu’à signaler les exportations chinoises de textiles vers l'Afrique du Sud qui ont augmenté de 40% pour atteindre 80% vers la fin de 2004. De plus l'industrie se trouve dans une position défavorable à cause de la croissance des exportations chinoises à faible coût de production vers les Etats Unis et l'Europe, ce qui détruit tout espoir pour l'Afrique de pénétrer dans ces marchés.
Cet impact se fait sentir de manière plus aigue depuis que l'Accord de Multifibre (MFA) a expiré « Une fois que l'accord avait expiré en janvier 2005, les exportations chinoises vers les Etats Unis sont montées en flèche et les exportateurs africains se sont rendu compte qu'ils ne pouvaient pas leur faire concurrence. Plus de 10 usines textiles au Lesotho ont fermé leurs portes en 2005 et, par conséquent, au moins 10 000 employés se sont retrouvés sans emploi. Les exportations de vêtements sud-africains vers les Etats Unis ont chuté de US$26M à US$12M au cours du premier trimestre des années 2004 et 2005 respectivement» [5].
En octobre 2005, des syndicalistes représentant les industries de vêtements, de textile, de chaussures et de cuir de plusieurs pays - le Ghana, le Kenya, le Malawi, Madagascar, l’île Maurice, la Namibie, la Tanzanie, le Nigeria, le Lesotho, le Swaziland, la Zambie, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud - se sont réunis au Cap dans le but de discuter des effets de l'expiration de l'Accord Multifibre (MFA).
Leur conclusion ? - que le continent africain a perdu plus de 250 000 emplois ces dernières années puisque les marchés domestiques africains avaient été inondés de produits textiles à faible coût de production ainsi que d’importations de vêtements en provenance de la Chine [11].
Ces syndicalistes ont demandé aux gouvernements africains d’imposer les mesures préventives temporaires acceptées lors de l'accession de la Chine à l'OMC, mesures qui limitent l'invasion chinoise du marché domestique à 7.5% jusqu'en 2008. Les Etats-Unis et l'Union Européenne ont déjà conclu de tels accords dont l’impact pour les manufacturiers africains sera des plus avantageux : le rythme auquel les exportations chinoises qui déplacent celles en provenance de l’Afrique, arrivent aux Etats-Unis et en UE ralentira.
Pour reprendre les mots de la Commission Européenne, l’accord « fournit également la chance de s'adapter aux fabricants dans les pays en voie de développement, dont les exportations en textiles vers l'UE se faisaient déplacer par l’accroissement d’importations chinoises» [12].
Peut-être en anticipant qu'un tel quota soit imposé, l'ambassadeur chinois près l'Afrique du Sud a-t-il récemment annoncé que la Chine « limiter[ait] volontairement les exportations de vêtements et de quelques produits textiles vers l'Afrique du Sud » [13]. Des fonctionnaires sud-africains ont confirmé que les négociations étaient toujours en cours, et que la Chine leur avait proposé de les aider en matière de formation dans les industries du textile et de l'habillement.
Cette déclaration a été accueillie avec circonspection par l'industrie et par l'Union des Travailleurs Sud-africains du Secteur du Textile et de l'Habillement (SACTWU), dont les membres avaient perdu quelques 60 000 emplois entre janvier 2003 et novembre 2005. Selon des sources industrielles, les importations de vêtements en provenance de la Chine avaient augmenté par 40% pendant les neuf mois précédents.
Sur les 250 usines de textiles zambiennes qui fonctionnaient il y a 20 ans, il n’en reste que 20 ; la concurrence chinoise en serait responsable [14]. Leonard Hikaumba, président du Congrès des Syndicats Zambiens, a déploré ce qu'il nommait le «dumping » de produits textiles à faible coût de production et de biens électroniques par les exportateurs chinois. « Ce sont eux qui profitent de cette situation, non pas nous » dit-il [15].
Au Nigéria, le Syndicat des Ouvriers du Secteur de l'Habillement et du Textile estime que pendant les 5 dernières années, quelques 350 000 emplois ont été perdus, phénomène directement lié à la concurrence chinoise, plus 1,5M de manière indirecte. Selon le secrétaire général du syndicat, « La majorité des entrepôts à Lagos ont été transformés en églises parce qu'il n'y a plus aucun bien manufacturé à y entreposer. » [15]
L'industrie de l'habillement kenyane a également prévu des pertes d'emplois additionnelles comme l'afflux des importations chinoises empêche l’accès des fabricants locaux au marché domestique ainsi qu’au marché européen, où l'on attend un assouplissement des quotas sur les importations chinoises (voir ci-dessus). À la fin de 2005 des entreprises de la Zone Industrielle et d'Exportations (EPZ) du Kenya ont rapporté que 14 usines avaient fermé leurs portes et que, par conséquent, 7 000 emplois avaient été perdus depuis janvier de cette même année. Celles qui survivaient, fonctionnaient à 50% de leurs capacités [16].
De surcroît, la politique de la Chine concernant la vente des armes inquiète plus d’un. La Déclaration de Beijing, adoptée en octobre 2000 lors du premier Forum pour la Coopération Sino-africaine, a prévu que la Chine collaborerait au projet de mettre fin à la production illégale, à la circulation et au trafic des armes légères en Afrique. Pourtant, des armes chinoises - voire des mines terrestres - ont été retrouvées au Burundi et au Congo sans parler de la vente légale d’armes aux régimes tels qu’ils existent au Zimbabwe et au Soudan. Trois usines d'armes légères auraient été construites par la Chine à l'extérieur de Khartoum ; par la suite, leurs produits se trouvaient parmi les armes saisies par les rebelles du sud.
L’Avenir : les défis pour l'Afrique
Il serait injuste de suggérer que l'impact chinois ne fasse naître que des problèmes, ou qu'il soit tout simplement une répétition d'impérialismes précédents. Le fait que des sociétés commerciales et des gouvernements occidentaux doivent faire face à une forte concurrence, peut permettre aux états africains une marge de manœuvre plus importante ainsi qu’une alternative aux ordres émis par le FMI.
Il est tout naturel que les ONG, les militants pour les droits de l'homme et les syndicalistes se soient tous concentrés sur les moments où cette marge de manœuvre a été exploitée par des régimes répressifs qui cherchaient à éviter les pressions venant des gouvernements de l'Ouest, ceci dans une tentative de renforcer au moins quelques uns des droits de l’homme et un minimum de bonnes pratiques environnementales. Mais cela ne veut pas dire que « l'option chinoise » ne pourrait pas être également exploitée pour inclure tous les états africains, non pas seulement ceux qui ne respectent pas les droits de l'homme.
A cet égard, la volonté de la Chine d'offrir un prêt à l’Angola - quelles que soient les conditions imposées par le FMI - peut s'avérer être un précédent bénéfique pour d'autres cas. Et la volonté de la Chine d'investir dans des secteurs que les investisseurs occidentaux ont négligés - la production du coton en Zambie, par exemple - devrait être bien accueillie même si la Chine n’investit dans ces secteurs peu lucratifs que pour promouvoir ses propres intérêts économiques.
En effet, au moins un africaniste américain a ébauché un scénario optimiste (voire utopique pour certains) selon lequel les Etats-Unis et la Chine collaboreraient sur un programme qui promouvrait les droits de l’homme et le développement durable en Afrique, ce qui servirait à long terme l'intérêt des deux pays.
« Alors, la question se pose : la Chine veut-elle être perçue en Afrique comme le défenseur des états solitaires, en quête agressive de ressources naturelles africaines, sans égard pour la transparence, le développement ou pour la stabilité de ce continent ? Y a-t-il une possibilité de développer quelques règles générales, des objectifs communs ? Est-il possible de promouvoir la stabilité et la démocratie en parallèle avec des bénéfices économiques chinois dont profiteraient l'Afrique ainsi que la Chine ? Les Etats-Unis peuvent-ils offrir un système de primes - plus de collaborations commerciales, plus d'initiatives en commun pour l'exploitation et la préservation des ressources naturelles en Afrique (ses forêts tropicales, par exemple) ?
Autrement dit, est-il possible d’augmenter les occasions en Afrique où les Etats-Unis et la Chine pourraient gagner à tous les coups ? Il vaut mieux explorer ces possibilités que tenter de restreindre l'influence de la Chine, ce qui serait difficilement envisageable, tout du moins dans un proche avenir » [5].
Pour peu probable que les deux grandes puissances - notamment Washington et Beijing –suivent ces conseils, il est impératif que la société civile africaine trouve le moyen de réagir face au défi chinois de manière à, d'une part, ne pas tout accepter et de l'autre, à ne pas tout rejeter. Il faut certes tirer des leçons des expériences vécues par d'autres nations du « monde majoritaire » en s'engageant avec le dynamisme économique chinois de façon à ce qu'un problème devienne une ouverture, à ce qu’une Afrique émerge « qui sache dire non » [17] pour reprendre les mots de Chris Alden.
Les régimes stigmatisés par l'Ouest pour être des « états solitaires » (souvent à juste titre d'ailleurs) ne voudront ni pourront imposer de conditions en contrepartie d’une aide chinoise vitale. Mais cela ne devrait pas empêcher la société civile africaine de faire des recherches sur une éventuelle série de mesures qui pourraient faire partie intégrante d’un ensemble d’investissements chinois. Ces mesures pourraient inclure des formations, le transfert technologique, la stimulation du savoir-faire local en matière de gestion et l’obligation de réserver un certain pourcentage des investissements et projets d’infrastructures chinois aux entreprises et à la main d’œuvre africaines.
L'expérience faite par certains états de l'Amérique du Sud pourrait servir d'exemple. Le Brésil, le Chili, le Mexique et le Venezuela ont tous vécu la hausse du commerce et des investissements chinois mais ils ont su l’allier à une balance commerciale positive, en partie grâce à des accords bilatéraux favorisant l'accès de ces états aux secteurs clés.
Plus récemment, selon le site web du Ministère du commerce brésilien, il a été convenu que la Chine fixerait des quotas sur huit types d’exportations de textiles vers le Brésil. Ces produits représentent 60% des importations textiles brésiliennes [18]. Des recherches plus poussées et un échange d'informations montreraient dans quelle mesure l'expérience sud-américaine pourrait être généralisée dans le but de déterminer des politiques applicables au contexte africain.
Tout laisse croire que la Chine pourrait envisager des quotas semblables pour l'Afrique du Sud, ce qui est encourageant, tout comme le dialogue qu’ont entamé ces deux nations sur une aide possible en formation et restructuration. Il ne serait pourtant pas trop cynique de voir en de telles initiatives le désir d’éviter des mesures ultérieures plus rigides. Il faut un ensemble plus détaillé, négocié à l'échelle africaine, surtout vu que les accords sur les quotas établis par l'OMC expireront en 2008, et que, de toute façon, certains pays ne les respectent pas [12].
Comme Alden l'a proposé, plus de recherches pourraient relever le potentiel d'intégrer dans un ensemble des éléments tels que:
·Renforcer l'accord existant par lequel la Chine s’engage à annuler les dettes bilatérales;
·Soulever devant le comité responsable des conflits de l’OMC les pratiques de dumping de la Chine; ou bien lier la démarche chinoise et d’autres problèmes commerciaux aux futurs accords portant sur les matières premières;
·Promouvoir dans toute affaire de commerce et d’investissement l’intérêt des consommateurs et l’économie au niveau local;
·Intensifier l’engagement existant de la Chine à soutenir l’Union Africaine relatif au désarmement au Darfour, ainsi que son engagement précisé par la Déclaration de Beijing de 2000 par lequel elle respecterait la régularisation de la vente des armes illégales ; chercher à faire étendre cet engagement pour qu’il inclue un contrôle plus responsable des ventes légales d’armes.
Il faut également entamer des recherches sur le bien-fondé de la proposition selon laquelle le Forum de Coopération Sino-africaine puisse constituer un outil institutionnel pour un tel projet, avec code de conduite adopté et renforcé par un rapport annuel sur les progrès réalisés, et en parallèle un forum pour la société civile, similaire à celui introduit à la demande de l’Afrique du Sud, lors des sommets du Mouvement Non-Aligné.
Une étude plus approfondie des procédures qui s’opèrent lors de la prise de décisions politiques ainsi que de l’évolution de la pensée chinoise pourrait indiquer s’il serait envisageable que la Chine accepte et participe à un tel processus. Comme le conclut Chris Alden:
« Alors que la stabilité est considérée comme une condition préalable au développement, la proximité de Beijing ou de ses entreprises étatiques aux gouvernements africains qui, systématiquement, ne respectent pas les droits de l’homme de leurs citoyens ne fait que mettre en péril la réalisation de ce but final. Après tout, la Chine n’a qu’à se rappeler sa propre expérience faite de décennies de banditisme avant 1949 pour comprendre les effets dévastateurs que les conflits nourris de l’extérieur peuvent avoir sur une société et ses aspirations à développer son économie ».
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org
* Stephen Marks est écrivain et chercheur indépendant spécialiste des questions de développement et de droits humains
* Texte traduit de l’original sous la direction de Vanessa Everson (maître de conférences à l’Université du Cap) par Frances Chevalier et Kesini Murugesan
Références
[1] Economic growth and soft power: China's Africa Strategy
Drew Thompson
http://www.jamestown.org/print_friendly.php?volume_id=395&issue_id=3170&article_id=2368982
[2] China's African Safari
Paul Mooney
YaleGlobal, 3 January 2005
http://yaleglobal.yale.edu/article.print?id=5106
[3] New highlights in China-Africa comprehensive cooperation
http://english.people.com.cn/200601/14/print20060114_235306.html
[4] The Chinese are coming
Lindsey Hilsum
New Statesman
4 July 2005
http://www.newstatesman.com/200507040007
[5] China's Rising Role in Africa: Presentation to the US-China Commission
Princeton N. Lyman
July 21, 2005
http://www.cfr.org/publication/8436/chinas_rising_role_in_africa.html
[6] China's trade safari in Africa
Le Monde Diplomatique
May 2005
Jean Christophe Servant
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[7] China-Africa trade jumps by 39%
BBC News 6 January 2006
http://newsvote.bbc.co.uk/mpapps/pagetools/print/news.bbc.co.uk/2/hi/business/4587374.stm
[8] China in Africa: all trade with no political baggage
New York Times, August 8 2004
http://www.globalpolicy.org/socecon/develop/africa/2004/0808africantrade.htm
[9] Boston Globe 24 December 2005
http://www.boston.com/news/world/asia/articles/2005/12/24/china_scooping_up_deals_in_africa_as_us_firms_hesitate?mode=PF
[10] A rising China counters US clout in Africa
Abraham McLaughlin
Christian Science Monitor March 30 2005
http://www.csmonitor.com/2005/0330/p01s01-woaf.html
[11] http://www.pambazuka.org/index.php?id=29776
[12] The Emperor's New Clothing Deals
Business Day (Johannesburg)
February 21, 2006
http://allafrica.com/stories/printable/200602210354.html
[13] Textiles: China Voluntarily Cuts Back Exports to South Africa
20-01-06
http://www.agoa.info/news.php?story=629
[14] http://www.panos.org.uk/global/tradingplaces_feature2.asp
[15] `Tsunami of cheap goods' overwhelm African jobs
Reuters, 20-12-05
http://www.nzherald.co.nz/category/print.cfm?c_id=151&objectid=10360687
[16] http://www.textileandapparel.com/story/2005/11/22/202435/17
[17] Leveraging the Dragon: Toward "An Africa That Can Say No"
Chris Alden
eAfrica, 1 March 2005
http://yaleglobal.yale.edu/display.article?id=5336
[18] Domestic textile exports to face quotas in Brazil
China Economic Net 13 Feb 2006
http://en-1.ce.cn/Business/Macro-economic/200602/13/t20060213_6065807.shtml
Commentaires & analyses
Forum social mondial Nairobi 2007 : L'heure de sortir des sentiers battus pour les Africains
2006-04-03
Mouhamadou Tidiane KASSE
Quand les Africains participent aux premières éditions du Forum social mondial (Fsm) à Porto Alegre, ils ne sont qu'une trentaine, noyés parmi plusieurs dizaines de milliers de personnes. A la quatrième édition à Mumbai (Inde, 2004), leur délégation est beaucoup plus fournie, mais ils ne sont guère plus de cinq cents dans une marée d'altermondialistes qui dépassent la centaine de milliers. Leur présence est presque dérisoire. Leur voix porte néanmoins au niveau du Conseil international du Fsm quand elle s'élève pour réclamer l'organisation de la grand-messe altermondialiste en Afrique.
Malgré le scepticisme des uns et des autres, jusque parmi les délégués africains eux-mêmes, à pouvoir accueillir une telle mobilisation populaire sur le continent, à abriter un tel espace d'expression libre là où tant de libertés sont brimées, la requête accroche. La tenue du Fsm en Afrique deviendra réalité en 2007. Il reviendra au Kenya de l'accueillir. Derrière l'enthousiasme, les défis ne manquent pas aux Africains.
Quand le Forum social indien s'est engagé pour délocaliser un événement attaché à Porto Alegre et le transposer à Mumbai, ce fut pour en ajouter à la dimension populaire, à la richesse thématique et à la bonne organisation. D'autres enjeux étaient apparus sur le continent asiatique, dans la palette des déséquilibres qui structurent les inégalités dans le monde. Car celles-ci ne sont pas seulement verticales entre le Nord et le Sud. Elles sont aussi horizontales, endogènes et traversent les sociétés et les Etats du Sud. La question des castes en Inde avait ainsi marqué le Forum de Mumbai.
Le succès indien avait renforcé les envies africaines d'accueillir la grand-messe altermondialiste. Malgré les doutes sur l'environnement politique face à des débats iconoclastes et dénonciateurs de l'ordre établi. Malgré les doutes aussi sur les capacités d'accueil et d'organisation d'un espace d'évolution pour des dizaines de milliers de personnes. Et encore sur les aptitudes à assurer une réelle mobilisation populaire.
Jusqu'au Forum social mondial polycentrique de Bamako, en janvier 2006, les rendez-vous du mouvement social africain n'ont jamais été que des conclaves quasi confidentiels. Le Forum social africain de Lusaka, en décembre 2004, n'a guère polarisé plus de mille personnes, dans un Mulungushi International Conference Center qui sonnait désespérément creux. Pour organiser une marche dans les rues de Lusaka, il n'y avait pas plus d'une cinquantaine de personnes. Une interdiction de manifester fera d'ailleurs avorter la procession squelettique qui n'avait pas parcouru 500 mètres hors du centre de conférence.
Le premier Forum social ouest-africain de Conakry (novembre 2004) avait laissé entrevoir d'intéressantes capacités de mobilisation locale (environ 2000 personnes), mais d'un événement à un autre, le mouvement social africain manifeste à ce niveau des limites récurrentes qui restreignent sa portée. Le manque d'ancrage populaire est évident. Nulle part, en dehors du dernier Fsm de Bamako qui a revendiqué quelque 30 000 participants, l'événement n'a pu constituer un temps fort dans l'agenda local. Comme s'il y avait une rupture entre le quotidien des populations et ce bouillonnement en vase clos.
Le mouvement social africain manque encore de visibilité, même si la pertinence des idées, des causes défendues et des mobilisations initiées répond aux principales urgences qui interpellent l'Afrique dans la construction d'un monde meilleur. En fait, les passerelles tardent à se mettre en place pour permettre à cette dynamique d'irradier jusqu'à la base et offrir une mobilisation réellement populaire.
D'un rendez-vous à un autre, le débat peine à sortir du cercle des initiés. Les panels rassemblent pour l'essentiel les mêmes personnes, ressassant des idées plusieurs fois partagées ensemble, peinant à avoir un ancrage sur le réel. La forme d'organisation mérite d'être interrogée, les acteurs à mettre en scène gagneraient aussi à être reconsidérés.
Mise en orbite
Membre du Forum social marocain, Said Saadi laissait ainsi entendre au Forum social africain de Lusaka : «Nous sommes à un tournant après trois éditions. Le forum doit se renforcer en s’ouvrant à tous les autres groupes qui luttent sur le terrain. Je veux parler des syndicats par exemple (...) Il faut qu’on évite d’apparaître comme un groupe d’Ong qui aime beaucoup voyager et qui ne travaille pas sur le terrain. La tenue du forum doit être un moment de dresser le bilan et de tracer le programme de lutte pour les années à venir, avec un chronogramme précis.» Dans le même tempo, Abdouramane Ousmane du Niger ajoutait : «Il est temps qu’on développe des alternatives qui prennent en compte les aspirations des populations à la base, avec un ancrage démocratique qui leur donnera toute leur légitimité».
Le Forum social reste bien sûr un espace où la participation ne se prédétermine pas. Il s'agit de convergences que nul ne cherche à formater, mais à organiser de manière à ce que les idées se fécondent réciproquement et que les expériences d'ici puissent inspirer les mutations d'ailleurs. Mais des tendances peuvent être favorisées. Les ruptures ne peuvent être réelles sans que les véritables acteurs du changement ne soient au cœur du processus. Que ce soient les syndicats où les mouvements paysans, les forces sociales aujourd'hui organisées en Afrique sont fort peu présentes. Les thématiques discutées dans les panels et ateliers les englobent, le futur d'un «autre monde possible» se dessine à travers leurs perspectives, mais leur dynamique propre ne se fait pas sentir.
Posée au Forum social africain de Conakry, en décembre 2004, dans un panel, la question syndicale en Afrique face à la mondialisation, s'analysait bien à travers la nécessité de sa réorientation. Celle passant d'abord par un impératif de solidarité. «Quand les multinationales s'allient pour faire chanter les travailleurs, il n'y a pas meilleur rempart que la solidarité syndicale. Le chemin pour y arriver ? La fusion des centrales et des organisations syndicales à l'échelle nationale et à l'échelle du monde. Sur ce plan, les pays anglophones seraient très avancés. La Cosatu en Afrique du Sud est un exemple».
La seconde étape identifiée faisait cas de la promotion des normes internationales. «Elle se fait à deux niveaux. Les accords, les traités ainsi que les politiques des institutions onusiennes, de la Banque mondiale et du Fmi doivent intégrer les libertés syndicales qui symbolisent la dimension sociale des politiques de développement».
La dernière étape vers un syndicalisme moteur d'un «autre monde possible» devait aller vers «l'élargissement du champ d'action du mouvement syndical. Cette mutation doit s'opérer en plusieurs étapes. La mobilisation des adhérents, la recherche des moyens financiers, la démocratisation du mouvement syndical et la construction d'un partenariat avec les gouvernements et les multinationales». Mais la représentation syndicale à Conakry n'était pas assez conséquente pour poser un réel débat sur cette «feuille de route».
Depuis cinq ans qu'elle se structure dans l'altermondialisme, le mouvement social africain n'a pas encore identifié le moteur de sa mise en orbite. Des acteurs clés du changement sont identifiés, les pesanteurs et les voie de «libération» sont spécifiées, mais les forces qui peuvent s'approprier la dynamique restent marginales par rapport à l'événement. Le «Tribunal des femmes» lancé à Lusaka en 2004, repris à Bamako en 2006, peut-il pousser à la mobilisation qui changera la condition de la femme, au-delà des dénonciations et des condamnations habituelles des violences et les négations de droits de toutes sortes qui, à force d'être ressassées, risquent de finir en anecdotes. ? Le «Forum des jeunes» sera-t-il cet espace de conscientisation où l'avenir se construira une identité autour de valeurs en rupture avec les politiques aujourd'hui dénoncées ? La fougue est souvent dans le discours, mais le chemin du changement n'est ni encombré ni clairement balisé.
Baliser la voie pour les jeunes
Engagé au sein de cette jeunesse du mouvement social africain, l'Ivoirien Ouattara Diakala, laissait entendre, lors du Forum social africain de Conakry, que «la jeunesse est en déphasage par rapport (...) aux objectifs du Fsa. La lutte contre le néolibéralisme, c'est quoi ? Quels sont ses tenants et ses aboutissants ? Quand quelqu'un ne maîtrise pas une situation donnée, il lui est difficile de s'engager. Il va falloir trouver un mécanisme d'appui pour que les jeunes puissent participer en masse à ces espaces de discussion, afin qu'ils dégagent plus d'actions à partir desquelles la jeunesse peut travailler localement».
Au Forum de Bamako, en 2006, le ralliement s'est fait autour de Thomas Sankara, symbole d'un refus, défini comme un altermondialiste avant l'heure dans l'âme et dans la pratique, pour tracer la voie aux jeunes. Mais un responsable d'Ong au Burkina Faso, se montrait peu convaincu de l'impact que tout cela pouvait avoir. «Sankara a vécu ce qu’il a vécu, mais l’important c’est ce qu’il a fait. Il avait une forte intuition et c’est ce que les jeunes d’aujourd’hui doivent imiter. Cette jeunesse me paraît plus idéologue que pragmatique. Il faut qu’elle donne un contenu à ses discours, en se remettant au travail». Car un monde ne change pas uniquement par les discours.
Le secrétariat du Fsa est conscient de l'importance que le Forum de Nairobi peut avoir dans la structuration du mouvement en Afrique. Le choix du Kenya, parmi plusieurs autres candidatures plus ou moins officiellement avancées, comme celle du Maroc, s'est fait à travers des critères établis et approuvés lors du Conseil du Forum social mondial tenu en mars 2005. Elle implique, au niveau du pays d'accueil, la possibilité d'«une libre expression des opinions, y compris à travers des marches publiques et des manifestations, des publications, des émissions de radio et de télévision, des contacts entre la population et les personnes ou organisations venant de l'étranger».
Mais il est aussi question d'une bonne capacité de «mobilisation du mouvement social». A cette fin, et pour assurer «un impact important du Forum social mondial, la candidature doit émaner de l'ensemble du mouvement social du pays candidat et de la sous région». De même, «le mouvement social du pays candidat doit prouver un certain niveau d'organisation et de dynamisme ainsi que des capacités à mobiliser la population autour d'enjeux nationaux, continentaux et internationaux».
En prenant le flambeau à Bamako en janvier, le mouvement social kenyan et le secrétariat du Fsa se trouvent devant un chantier où il y a encore beaucoup à faire. Au niveau de la structuration du mouvement social africain comme au niveau de la conscientisation et de la mobilisation des forces sociales. A l'intérieur des pays, mais aussi dans la dynamique de solidarité régionale.
De Bamako à Nairobi, un des mots d'ordre est de favoriser des «passerelles» pour donner une réalité voire une identité au mouvement social africain. De bâtir une solidarité continentale qui dépasse les clivages linguistiques et les accointances sous-régionales qui ont beaucoup marqué l'évolution du Fsa à travers des polémiques et des conflits internes.
Bamako a aussi identifié une piste : au-delà de toutes les résistances politiques, culturelles, économiques, sociales qui fondent l'altermondialisme, un des enjeux de Nairobi sera de relancer le processus d'établissement d'une Charte de l'unité des peuples et du futur africain, dont les bases avaient été posées il y a seize à Arusha. D'ici là, un processus consultatif doit se mettre en place à travers tous les fora sociaux et au niveau des mouvements sociaux, avant d’aboutir à des rencontres de réflexion et de synthèse et une assemblée de validation à Nairobi en 2007.
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org
* Mouhamadou Tidiane KASSE, journaliste sénégalais, est Coordinateur de Flamme d'Afrique, un quotidien publié par Ipao et Enda, à l'occasion des forums du mouvement social.
Afrique : Mettre la coopération avec la Chine au service du développement !
2006-04-03
Hakim Ben Hammouda
Depuis quelques années, les vols de toutes les capitales d’Afrique de l’ouest vers les aéroports de Nairobi au Kenya et d’Addis Ababa en Ethiopie sont pleins à craquer ! On y trouve des commerçants, des fonctionnaires, des hommes d’affaires et des « monsieur tout le monde » ! S’agit-il de touristes qui vont découvrir les charmes des hauteurs d’Addis ou les parcs du Kenya et les plages de sable blanc de Mombassa ? Sommes-nous en présence de visiteurs qui viennent rendre hommage à Lucy, la mère de l’humanité et qui se repose dans l’un des musées de la ville d’Addis ? S’agit-il de citoyens qui viennent visiter le siège de l’Union africaine et expriment ainsi leur solidarité avec cette institution en charge de la construction panafricaine ? Eh bien, c’est non !
Nous avons fait fausse route et nos hypothèses sont fort éloignées de la réalité de ces flux incessants de personnes qui tout les jours quittent l’Afrique de l’Ouest en direction des deux grands aéroports de l’Afrique de l’Est ! Il s’agit tout simplement de commerçants et de personnes de tous les milieux en quête d’affaires ! Elles transitent par Nairobi ou Addis en direction des grandes villes asiatiques et particulièrement chinoises pour acheter des marchandises et les écouler sur les marchés de Dakar, de Bamako ou de Lagos !
Un mouvement qui ne cesse de grandir depuis quelques années et qui a progressivement remplacé les voyageurs à destination de Paris, de Rome ou d’autres capitales africaines et dont la presse parle peu préférant se concentrer sur les migrants clandestins vers l’Europe et les embarcations du désespoir qui traversent chaque jour la Méditerranée pour déverser leurs lots de détresse et de misère de l’autre côté de la rive !
Ces flux d’immigrants d’un jour ou parfois de quelques heures dans les villes chinoises afin d’acheter produits électroniques, vêtements et autres jouets et de rebrousser chemin parfois dans le même avion n’est qu’un petit élément d’un changement majeur qui est entrain de s’opérer sur le continent et qui concerne la coopération entre la Chine et le continent africain !
En effet, ce pays est entrain de devenir le plus important partenaire économique du continent ! Une évolution qui n’est pas sans rapport avec l’avènement de la Chine comme l’une des puissances émergentes de l’économie mondiale ! Mais, une évolution qui inquiète les partenaires traditionnels de l’Afrique comme l’Europe ou les Etats-Unis dont le Congrès vient de consacrer une audition spéciale récemment à « L’influence de la Chine en Afrique. »
Les inquiétudes de ces partenaires ne sont pas sans fondements tant la présence de la Chine est devenue forte et importante ces dernières années ! Que l’on juge ! La Chine est le principal bénéficiaire de l’énorme programme de construction d’infrastructures entamé en Algérie après des décennies de crise du budget de l’Etat. Ensuite, on trouve les Chinois partout sur les grands chantiers en Afrique. De l’immeuble du Sénat et de la Cité de l’information à Libreville aux infrastructures routières au Kenya et au Rwanda, des fermes agricoles en Tanzanie à la modernisation du réseau ferroviaire en Angola, les chinois sont partout ! Mais, c’est surtout le secteur des hydrocarbures qui attire les investisseurs chinois en Afrique ! Au Nigeria, ils ont acquis pour 2 milliards de $ une importante participation dans un gisement. Les entreprises chinoises ont acquis des permis de recherche au Gabon, en Mauritanie, au Nigeria et en Angola.
Par ailleurs, la Chine est devenue depuis quelques années le premier client du pétrole du Soudan. Avec 30% de son approvisionnement pétrolier en provenance d’Afrique, la Chine est devenue un important concurrent des Etats-Unis qui cherchent depuis la guerre du Golfe à diversifier leurs importations et à réduire leur dépendance par rapport aux gisements du Moyen Orient !
Un autre secteur semble également séduire les entreprises chinoises est celui des télécommunications où elles ont pris le contrôle de certaines entreprises publiques comme au Zimbabwe. L’accélération de cette coopération a eu un effet de boom sur les échanges commerciaux entre la Chine et le continent et le commerce a progressé de 50 et de 60% en 2002 et 2003. Par ailleurs, l’Afrique du Sud est le principal partenaire commercial de la Chine et concentre près de 20% des échanges du Continent avec ce pays !
Progressivement, une situation nouvelle semble se dessiner et où la Chine est entrain de devenir le principal partenaire commercial de l’Afrique ! Mais, la question qui se pose est de savoir si cette coopération sera capable de sortir des sentiers battus et d’aider l’Afrique dans son développement ? Ou si elle épousera les contours des schémas classiques de coopération où l’Afrique ne sera perçue que comme un gisement de matières premières et un marché d’écoulement des produits chinois ?
La réponse à cette question dépendra beaucoup de la capacité des pays africains à imposer une nouvelle philosophie de coopération avec les entreprises chinoises. Cette nouvelle philosophie pourrait reprendre à son compte le proverbe chinois qui dit « ne me donnes pas un poisson mais apprends moi à pêcher ! » Les entreprises chinoises pourraient par exemple mettre en place de nouveaux contrats dans le domaine pétrolier et aider les pays africains à faire face aux contrats d’un autre âge que les grandes entreprises pétrolières leur imposent !
Les autorités chinoises pourraient aussi, par exemple, aider les Africains à construire la compétitivité de leurs secteurs manufacturiers, comme le textile, qui souffrent des exportations chinoises ! La chine pourrait aussi aider les pays africains à maîtriser les secteurs des nouvelles technologies et de la téléphonie mobile ! Une voie dans laquelle semble s’engager le nouveau Président bolivien Morales qui adressé des requêtes qui vont dans ce sens aux autorités chinoises lors de sa dernière visite en Chine ! Alors pourquoi l’Afrique ne saisirait-elle pas cette occasion pour mettre en place une nouvelle coopération au service de son développement ?
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org
*Hakim Ben Hammouda est le Directeur de la Division du Commerce et de l'Intégration Régionale de la Commission Economique des Nations-Unies pour l'Afrique
Que faire des statues et monuments coloniaux ?
2006-04-03
Achille Mbembe
Les mêmes – toujours les mêmes qui refusent d’entendre – diront qu’il y a des choses plus urgentes à faire que de se préoccuper, maintenant, des reliques, effigies et autres monuments laissés par la colonisation. Les mêmes feront valoir que le passé est passé et qu’il faut le restituer au passé.
Ils affirmeront qu’au lieu de s’en prendre aux statues érigées par l’État colonial, les Africains feraient mieux de s’attaquer aux « vraies » questions, celles que leur impose le présent – la production agricole, la bonne gouvernance, les finances, les nouvelles technologies, ou encore la santé, la nutrition et l’éducation, bref ce que, depuis près d’un demi-siècle, les Nègres s’échinent, souvent sans réfléchir, à épeler : le « dé-ve-lo-ppe-ment ».
D’autres encore iront plus loin. Ils diront que si et seulement si les indigènes s’étaient montrés capables de préserver le peu que la colonisation leur a laissé, ils se porteraient sans doute mieux aujourd’hui. Or, à peine leurs anciens maîtres partis, ils se sont attelés à détruire l’héritage que ces derniers leur ont si gracieusement légué.
Zélotes de l’amnésie
De tels raisonnements – auxquels d’ailleurs de nombreux Africains souscrivent - ont toutes les apparences du bon sens. Ils reposent pourtant sur de fallacieux présupposés.
Et d’abord, ceux qui préconisent l’amnésie sont incapables de nommer la sorte d’oubli qu’ils nous recommandent. S’agit-il d’un oubli sélectif ou s’agit-il vraiment de tout oublier du passé – tout le passé ? À quelle autre communauté humaine cela a-t-il jamais été prescrit ?
Supposons, un instant, que cela soit possible : comment, dans de telles conditions d’amnésie radicale, pourrons-nous répondre de notre nom, c’est-à-dire assumer, en toute connaissance de cause, notre part de responsabilité et d’implication dans ce qu’a été notre histoire ?
Par quels signes reconnaîtrons-nous ce que notre présent est capable de signifier ? Car, même s’il est vrai qu’une distance relative par rapport au passé est absolument nécessaire pour « faire la paix avec le passé » et ouvrir le futur, le passé n’appartient jamais qu’au seul passé.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la plupart des sociétés humaines portent un tel souci pour leur histoire et mettent tant de soin à s’en souvenir à travers des commémorations et, davantage encore, par la mise en place de maintes institutions chargées d’activer la créativité culturelle et de gérer le patrimoine national (musées, archives, bibliothèques, académies).
Au demeurant, il n’existe de communauté proprement humaine que là où la relation au passé a fait l’objet d’un travail conscient et réfléchi de symbolisation. Plutôt que d’oublier tout le passé, c’est ce travail (critique) de symbolisation du passé (et donc de soi-même) que les Africains sont invités à effectuer.
Deuxièmement, les zélotes de l’amnésie se méprennent sur les multiples significations des statues et monuments coloniaux qui occupent encore les devants des places publiques africaines longtemps après la proclamation des indépendances.
L’on sait que pour être durable, toute domination doit s’inscrire non seulement sur les corps de ses sujets, mais aussi laisser des marques sur l’espace qu’ils habitent et des traces indélébiles dans leur imaginaire. Elle doit envelopper l’assujetti et le maintenir dans un état plus ou moins permanent de transe, d’intoxication et de convulsion - incapable de réfléchir pour soi, en toute clarté.
L’on comprend que dans ce contexte, les statues et monuments coloniaux n’étaient pas d’abord des artefacts esthétiques destinés à l’embellissement des villes ou du cadre de vie en général. Il s’agissait, de bout en bout, de manifestations de l’arbitraire absolu. Puissances de travestissement, ils étaient l’extension sculpturale d’une forme de terreur raciale. En même temps, ils étaient l’expression spectaculaire du pouvoir de destruction et d’escamotage qui, du début jusqu’à la fin, anima le projet colonial.
Mais surtout il n’y a pas de domination sans une manière de culte des esprits – dans ce cas l’esprit-chien, l’esprit-porc, l’esprit-canaille si caractéristique de tout impérialisme, hier comme aujourd’hui. À son tour, le culte des esprits nécessite, de bout en bout, une manière d’évocation des morts – une nécromancie et une géomancie.
De ce point de vue, les statues et monuments coloniaux appartiennent bel et bien à ce double univers de la nécromancie et de la géomancie. Ils constituent, à proprement parler, des emphases caricaturales de cet esprit-chien, de cet esprit-porc, de cet esprit-canaille qui anima le racisme colonial et le pouvoir du même nom – comme, du reste, tout ce qui vient après : la postcolonie. Ils constituent l’ombre ou le graphe qui découpe son profil dans un espace (l’espace africain) que l’on ne se priva jamais de violer et de mépriser.
Car, à voir ces visages de « la mort sans résurrection », il est facile de comprendre ce que fut le pouvoir colonial - un pouvoir typiquement funéraire tant il avait tendance à réifier la mort des Africains et à dénier à leur vie toute espèce de valeur.
Le rôle des statues et monuments coloniaux est donc de faire re-surgir sur la scène du présent des morts qui, de leur vivant, ont tourmenté, souvent par le glaive, l’existence des Africains. Ces statues fonctionnent à la manière de rites d’évocation de défunts aux yeux desquels notre humanité compta pour rien - raison pour laquelle ils n’avaient aucun scrupule à verser, pour un rien, notre sang, comme du reste on le voit aujourd’hui encore, de la Palestine à l’Iraq en passant par la Tchétchénie et d’autres culs-de-sac de notre planète.
À cause de ces masques de terreur maquillés en visages humains, nous continuons donc de vivre, ici même, chez nous, à l’ombre du racisme colonial dont on sait que l’idée première faisait de nos pays des contrées peuplées par une « sous-humanité ». Ces statues célèbrent, chaque matin de notre vie, le fait que dans la logique coloniale, faire la guerre aux « races inférieures » était nécessaire à l’avancée de la « civilisation ».
Qu’autant de ces monuments soient consacrés à la gloire des soldats et des militaires indique à quel niveau de profondeur gît désormais, dans notre inconscient collectif, l’accoutumance au massacre. Tout y est donc, dans ces monuments de notre défaite : la célébration d’un nationalisme étranger guerrier et conquérant ; celle des valeurs conservatrices héritées des contre-Lumières et qui trouvent un terrain d’expérimentation privilégié dans les colonies ; celle des idéologies inégalitaires nées avec le darwinisme social ; celle de la mort réifiée qui accompagna l’ensemble ; et, aujourd’hui, l’abjection qui, partout nous poursuit, sans repos ni pitié, à l’étranger comme ici même, chez nous.
La réalité est que rien n’a été simple ni univoque dans l’attitude des nationalismes africains postcoloniaux à l’égard des reliques du colonialisme. Trois types de réponses ont vu le jour. Et d’abord, dans la foulée des conflits liés à la décolonisation ou encore à la faveur des bouleversements politiques dont ils ont fait l’expérience dans les années soixante-dix et quatre-vingt notamment, un certain nombre de pays ont cherché à se libérer des symboles de la domination européenne et à imaginer d’autres modes d’organisation de leur espace public. Pour bien marquer leur nouveau statut au sein de l’humanité, ils ont commencé par l’abandon des noms mêmes qui leur furent affublés au moment de la conquête et de l’occupation.
L’affaire du « nom propre »
L’idée était qu’en commençant par le nom, ils redevenaient non seulement propriétaires d’eux-mêmes, mais aussi propriétaires d’un monde dont ils avaient été expropriés. Au passage, ils renouaient les lignes de continuité avec une histoire longue que la parenthèse coloniale avait interrompue.
En octroyant à l’ancienne entité coloniale de la Gold Coast le nouveau prénom de Ghana (ancien empire ouest-africain) ou encore en passant de la Rhodésie au Zimbabwe, voire de la Haute Volta au Burkina Faso, le nationalisme africain cherche, avant tout, à reconquérir des droits sur soi-même et sur le monde et, au passage, à précipiter l’avènement du « dieu » caché en nous.
Mais l’on sait également que ce souci du « nom propre » n’est pas allé sans ambiguïté. Pour des raisons plus ou moins apparentes, le Dahomey (nom d’un ancien royaume esclavagiste de la côte ouest-africaine), par exemple, est devenu le Bénin. D’autres pays ont cherché à redessiner leurs paysages urbains en rebaptisant certaines de leurs villes. Salisbury est devenu Harare au Zimbabwe. Maputo s’est substitué à Lourenço Marques au Mozambique. Léopoldville est devenu Kinshasa. De Fort Lamy, l’on est passé à Ndjamena, tandis que Fort Fourreau est devenu Kousseri, et ainsi de suite.
De manière générale cependant, l’on a conservé les grands repères architecturaux de la période coloniale. Ainsi, l’on peut se promener aujourd’hui sur l’avenue Lumumba à Maputo tout en admirant, dans le même geste, les bâtiments en bordure de l’avenue et qui constituent la parfaite expression de l’Art Déco transplanté dans leur colonie par le Portugal.
La cathédrale catholique est, quant à elle, l’indice même d’une acculturation religieuse qui n’a guère empêché l’émergence d’un syncrétisme culturel des plus marqués. Ainsi, à Maputo par exemple, Karl Marx, Mao Tse Tung, Lénine cohabitent avec Nyerere, Nkrumah, et d’autres prophètes de la libération noire. Si la révocation des signes coloniaux a bel et bien eu lieu, celle-ci a donc toujours été sélective.
Mais c’est dans l’ex-Congo Belge que l’enchâssement des formes coloniales et nationalistes a atteint le plus haut degré d’ambiguïté. Ici, le « nativisme » s’est substitué à la logique raciste tout en récupérant, au passage, les idiomes principaux du discours colonial et en les ordonnant à la même économie symbolique : celle de l’adoration mortifère du potentat – mais cette fois, du potentat postcolonial. D’abord, sous prétexte d’authenticité, le pays a été affublé d’un nouveau nom, le Zaïre. Paradoxalement, les origines de ce nom sont à chercher, non dans quelque tradition ancestrale, mais de la présence portugaise dans la région.
Une autre configuration, mélange de créativité et d’inertie, est l’Afrique du Sud, pays sans doute le plus urbanisé du continent, et où a sévi, jusque très récemment, le dernier racisme d’État au monde, après la Seconde Guerre mondiale. Depuis la fin de la suprématie blanche en 1994, les noms officiels des rivières, des montagnes, des vallées, des bourgades et des grandes métropoles ont peu changé. Il en est de même des places publiques, des boulevards et des avenues.
Aujourd’hui encore, l’on peut rejoindre son lieu de travail en remontant l’avenue Verwoerd (l’architecte de l’apartheid) pour rejoindre son bureau, aller dîner dans un restaurant situé le long du boulevard John Vorster, rouler le long de l’avenue Louis Botha, se rendre à la messe dans une église située à l’angle de deux rues portant, chacune, le nom de quelque lugubre personnage des années de fer du régime raciste.
Montés sur de grands chevaux, l’armée sinistre et rougeoyante des Kruger, Cecil Rhodes, Lord Kitchener, Malan et autres dispose toujours de statues sur les grandes places des grandes villes. Des universités, voire de petites bourgades portent leurs noms. Sur l’une des collines de Pretoria, capitale du pays, trône toujours le Vortrekker Monument, sorte de cénotaphe aussi baroque que grandiose érigé à la gloire du tribalisme Boer et célébrant le mariage de la Bible et du racisme.
Paradoxalement, le maintien de ces vieux repères coloniaux ne signifie pas absence de transformation du paysage symbolique sud-africain. En fait, ce maintien est allé de pair avec l’une des expériences contemporaines les plus frappantes de travail sur la mémoire et la réconciliation.
De tous les pays africains, l’Afrique du Sud est en effet celui où la réflexion la plus systématique sur les rapports entre mémoire et oubli ; vérité, réconciliation avec le passé et réparation a été la plus poussée. L’idée, ici, est non pas de détruire nécessairement les monuments dont la fonction, autrefois, était de diminuer l’humanité des autres, mais d’assumer le passé comme une base pour créer un futur nouveau et différent.
Tel est, au demeurant, le sens des processus de mémorialisation en cours. Ceux-ci se traduisent par l’ensevelissement approprié des ossements de ceux qui ont péri en luttant ; l’érection de stèles funéraires sur les lieux mêmes où ils sont tombés ; la consécration de rituels religieux trado-chrétiens destinés à « guérir » les survivants de la colère et du désir de vengeance ; la création de très nombreux musées (le Musée de l’Apartheid, le Hector Peterson Museum) et de parcs destinés à célébrer une commune humanité (Freedom Park) ; la floraison des arts (musique, fiction, biographies, poésie) ; la promotion de nouvelles formes architecturales (Constitution Hill) et, surtout, les efforts de traduction de l’une des constitutions les plus libérales au monde en acte de vie, dans le quotidien.
L’on aurait pu ajouter, aux figures qui précèdent, celle du Cameroun. Pris dans une commotion orgiaque depuis plus d’un quart de siècle, ce pays représente, pour sa part, l’anti-modèle de la relation d’une communauté avec ses trépassés et notamment ceux dont la mort est la conséquence directe des actes par lesquels ils s’efforçaient de changer l’histoire.
Tel est, par exemple, le cas de Ruben Um Nyobè, Félix Moumié, Ernest Ouandié, Abel Kingue, Osende Afana et plusieurs autres. C’est que, ici, la conscience du temps est le dernier souci de l’État, voire de la société elle-même. Pressés par les impératifs de survie et minés par la corruption et la vénalité, beaucoup, ici, ne voient pas que cette conscience du temps et de l’histoire constitue une caractéristique fondamentale de notre être-humain. Ils ne voient pas qu’un pays qui « s’en fout » de ses morts ne peut pas nourrir une politique de la vie. Il ne peut promouvoir qu’une vie mutilée – une vie en sursis.
Penser et lutter
La question, aujourd’hui, est de savoir préciser les lieux depuis lesquels il est encore possible de penser et de lutter. Comme on le voit en Afrique du Sud, ceci commence par une méditation sur la manière de transformer en présence intérieure l’absence physique de ceux qui ont été perdus, rendus à la poussière par le soleil du langage. Il nous faut donc méditer sur cette absence et donner, ce faisant, toute sa force au thème du sépulcre, c’est-à-dire du supplément de vie nécessaire au relèvement des morts, au sein d’une culture neuve qui ne doit plus jamais oublier les vaincus.
À cause de notre situation actuelle, une très grande partie de cette lutte porte, de nécessité, sur la critique de l’ordre général des significations dominantes dans nos sociétés. Car, face au désœuvrement, il est facile de disqualifier ceux qui s’acharnent à penser de manière critique les conditions de réalisation de l’existence africaine, sous le prétexte qu’il faut en priorité nourrir les affamés et soigner les malades.
L’accouchement d’une nouvelle conscience dépendra en effet de notre capacité à produire chaque fois de nouvelles significations. Il faut donc reprendre, comme tâche centrale d’une pensée toujours ouverte sur l’avenir, la question des valeurs non mesurables, de la valeur absolue – celle qui ne peut jamais être réduite à l’équivalent général qu’est l’argent ou la force pure.
Car ce que, paradoxalement, nous enseignent la colonisation et ses reliques, c’est que l’humanité de l’homme n’est pas donnée. Elle se crée. Et il ne faut rien céder sur la dénonciation de la domination et de l’injustice, surtout lorsque celle-ci est désormais perpétrée par soi-même – à l’ère du fratricide, c’est-à-dire cette époque où le potentat postcolonial n’a rien à proposer d’autre que l’évidence nue d’une existence dénudée. L’enjeu symbolique et politique de la présence des statues et monuments coloniaux sur les places publiques africaines ne peut donc être sous-estimé.
Que faire, finalement ? Je propose que dans chaque pays africain, l’on procède immédiatement à une collecte aussi minutieuse que possible des statues et monuments coloniaux. Qu’on les rassemble tous dans un parc unique, qui servira en même temps de musée pour les générations à venir. Ce parc-musée panafricain servira de sépulture symbolique au colonialisme sur ce continent.
Une fois cet ensevelissement effectué, qu’il ne nous soit plus jamais permis d’utiliser la colonisation comme prétexte de nos malheurs dans le présent. Dans la foulée, que l’on se promette de ne plus jamais ériger de statues à qui que ce soit. Et qu’au contraire, fleurissent partout bibliothèques, théâtres, ateliers culturels – tout ce qui nourrira, dès à présent, la créativité culturelle de demain.
© Le Messager 2006
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org
*Achille Mbembe est historian et il est actuellement Chercheur au Wits Institute for Social & Economic Research (WISER) (Afrique du Sud).
Courrier
Merci à toute l'équipe de Pambazuka News
2006-04-03
Franck Barrau / Forum mondial des droits de l'Homme
Au titre de la diversité culturelle, cette version française est un très bel effort qu'il convient de saluer. Et un jour peut-être la technologie nous permettra de traduire instantanément nos textes dans certaines langues dites "minoritaires"... Merci à toute l'équipe dePambazuka News et de Fahamu et rendez-vous au prochain Forum de Nantes
: 10 - 13 juillet.
http://www.forum-droitsdelhomme.org
http://www.forum-humanrights.org
http ://foro-derechoshumanos.org</p>
Arts & livres
Afrique : « Les enfants du pays » ou la Balade des Tirailleurs
2006-04-03
http://www.afrik.com/article9680.html
Seconde Guerre Mondiale, mai 1940, un village déserté des Ardennes (France), 5 tirailleurs sénégalais, Gustave le paysan et ses deux petits-enfants, tel est le décor du film de Pierre Javaux Les enfants du pays. Une production pleine d’humour et d’émotion dont la sortie en salle est prévue le 12 avril prochain en France.
Afrique : Art africain : vol d’image, viol culturel
2006-03-31
http://www.afrik.com/article9646.html
L’Afrique, continent aux multiples richesses dont culturelles, n’a cessé tout au long de son histoire de se faire piller. Deux artistes, Alioune Bâ de l’association Seydou Keïta et Jean-Baptiste Ganne, échangent leurs points de vue sur la question. Jean-Baptiste Ganne et Alioune Bâ se sont entretenus à Bamako, au siège de l’association Seydou Keïta. Alioune Bâ est né en 1959. Il est artiste et co-fondateur de l’association Seydou Keïta. Il vit à Bamako. Jean-Baptiste Ganne est né en 1972. Il est artiste. Il vit à Amsterdam.
Afriques: Aux Etats-Unis d’Afrique - Abdourahman Waberi revisite notre monde
2006-03-31
http://www.afrik.com/article9677.html
Dans son dernier roman, Aux Etats-Unis d’Afrique, l’écrivain djiboutien Abdourahman Waberi renverse l’ordre du monde. La fédération des Etats-Unis d’Afrique, riche et moderne prospère avec ses mégalopoles, ses savants et artistes mondialement reconnus tandis que l’Euramérique ravagé par la pauvreté, est à feu et à sang. L’auteur revient pour Afrik, sur cette fiction satirique.
Moniteur de l'Union Africaine
Soudan : UA, 7ème round des pPourparlers de paix inter-Soudanais
2006-04-03
http://www.africatime.com/afrique/
Dr. Salim Ahmed Salim, Envoyé spécial et Médiateur en chef de l’Union africaine pour les pourparlers de paix inter-soudanais sur le conflit au Darfour, a reçu en audience, aujourd’hui, samedi, 1er Avril 2006, M. Ian Pronk, Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Soudan. Ils ont procédé à un échange de vues sur la situation qui prévaut au Darfour et sur les efforts actuellement déployés dans le cadre du processus de paix d’Abuja, en vue de résoudre le conflit dans cette région.
Soudan : L'UA souhaite conclure un accord de trêve de Darfour d'ici la fin d'avril
2006-04-03
http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-04/02/content_236133.htm
L'Union africaine (UA) a indiqué samedi qu'elle souhaitait conclure un accord de cessez-le- feu formel entre le gouvernement soudanais et les rebelles de la région du Darfour, ouest du Soudan, d'ici la fin de ce mois-ci. Nur al-Din al-Mazni, porte-parole de la mission de l'UA au Soudan, a indiqué par téléphone à l'Agence Xinhua, depuis la capitale nigériane d'Abuja où se déroulent les négociations de paix sur le Darfour, qu'un comité de médiation de l'UA travaillait pour finaliser un projet de cessez-le-feu.
Soudan : La Ligue arabe soutient la mission de paix de l’UA
2006-03-31
http://www.afrik.com/article9671.html
Le Soudan voulait le maintien de la mission de paix de l’Union africaine au Darfour, en proie à une guerre civile depuis 3 ans. A-t-il atteint son objectif en obtenant de la Ligue arabe qu’elle finance le coût d’une opération que l’UA ne peut plus supporter ? Un fardeau dont les Nations Unies sont prêtes à la décharger, ce que refuse Khartoum. La Ligue arabe s’est dite prête, mardi, lors de son 18e sommet qui s’est tenue à Khartoum, à soutenir financièrement et matériellement la mission de la paix de l’Union africaine (UA) au Darfour.
Femmes & genre
Afrique : Les femmes, un espoir politique pour l'Afrique
2006-03-31
http://www.africatime.com/afrique/index.asp
L'arrivée au pouvoir d'Ellen Johnson–Sirleaf, élue présidente du Liberia en novembre 2005, est un premier pas vers une révolution tranquille qui va transformer l'Afrique : la prise du pouvoir par des femmes, dégoûtées de la domination masculine dans la vie politique où règne la corruption. "Dans une douzaine de pays du continent africain les femmes sont en train de desserrer l'étau masculin. Elles influent sur les institutions et appellent d'autres femmes à les suivre", rapporte l'hebdomadaire américain Newsweek.
Côte d'Ivoire : Le phénomène de l'excision a pris un caractère urbain
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603290680.html
L'une des exciseuses qui a officiellement déposé son couteau au cours d'une cérémonie initiée en novembre dernier par le ministère de la famille et des affaires sociales et l'ONEF à la mairie d'Ab. La journée internationale de la femme célébrée récemment à Yamoussoukro a été l'occasion pour le ministère de la Famille et des Affaires sociales de dénoncer l'excision.
Maroc : L'angoisse de mourir en donnant la vie
2006-04-03
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4372
Au Maroc, une femme meurt toutes les six heures lors d’un accouchement. L’absence de structures d’accueil adéquates et de personnel compétent en milieu rural, due au manque général d'investissements dans la santé, est à l'origine de ces drames. À Izerki, sur le versant sud du haut Atlas, Aicha est soucieuse. Sa grossesse n’en est encore qu’à ses débuts, mais les conditions de son accouchement la hantent déjà.
RDC : La lutte contre l'impunité préoccupe la RDC et la communauté internationale
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603310342.html
Du 27 au 29 mars 2006, une délégation mixte du gouvernement congolais, Nations Unies et l'ambassade de Belgique a séjourné à Mbandaka pour plancher sur la lutte contre les violences faites aux femmes et enfants. Le viol massif des femmes perpétré à Songo Mboyo par un bataillon des Forces armées de la Rdc a été l'un des principaux sujets abordés par cette délégation mixte.
Droits humains
Global : Forum Social Mondial -Continents différents, problèmes analogues
2006-03-31
http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3051
Beaucoup de choses séparent l'Afrique et l'Asie, en particulier l'ethnie, la culture et la langue. Mais, alors que la troisième et dernière phase du Forum social mondial (FSM) de cette année prend de l'ampleur à Karachi, la capitale économique du Pakistan, l'espoir est que des groupes civiques en ajouteront aux aspirations communes des deux continents.
Global : La dette reste un outil de domination de la Banque mondiale sur les pays pauvres
2006-03-31
http://www.africatime.com/afrique/index.asp
e Conseil d’administration de la Banque mondiale a pris, il y a peu, la décision d’annuler 100% de la dette de 17 pays pauvres très endettés. Cette décision qualifiée d’historique par le président de la Banque mondiale est par contre jugée insignifiante par Damien Millet et Eric Toussaint, présidents du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (Cdtm), respectivement en France et en Belgique.
Afrique : quand être un opposant devient un délit
2006-03-31
http://www.grioo.com/info6512.html
Militer dans l’opposition, en Afrique, est dangereux. L’indigence légendaire des opposants à qui tout est refusé est bien connue. Non seulement, ils ne bénéficient pas de subventions conséquentes pour mener convenablement leurs activités, mais en plus, toutes les personnes qui veulent les soutenir sont découragées, voire intimidées d’une façon ou d’une autre.
Tunisie : La situation de Me Mohamed Abbou s’aggrave
2006-03-31
http://www.fidh.org/article.php3?id_article=3207
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, expriment leur vive préoccupation au vu de la détérioration de l’état de santé de Me Mohamed Abbou, ancien dirigeant du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et de l’Association internationale pour le soutien des prisonniers politiques (AISPP), en grève de la faim depuis le 11 mars 2006.
Réfugiés & migration forcée
Guinée Bissau-Sénégal : Risque de grave pénurie alimentaire pour des villageois isolés
2006-03-31
http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=6820
Dans une embarcation en bois chargée de vivres et de carburant, Sœur Ruth a entrepris un voyage de près de cinq heures qui lui fera traverser la rivière et la mer pour venir en aide aux populations des villages du nord de la Guinée-Bissau, totalement isolés par les récents combats et les mines antipersonel. Partie de la ville portuaire de Cacheu, dans le nord du pays, sa pirogue descendra la rivière Cacheu, puis naviguera sur l’océan Atlantique avant d’arriver dans la ville de Suzana.
Ile Maurice : Voyage aux Chagos: Un grand départ pour un grand retour
2006-04-03
http://fr.allafrica.com/stories/200603310397.html
Des larmes aux yeux, et des sourires aux lèvres, des au revoir poignants, le départ du "Trochetia" pour les Chagos a donné son lot d'émotions, hier. Des sourires, enfin. Ils ont illuminé hier après-midi les yeux de tous ceux présents au départ du Mauritius Trochetia pour les Chagos. Une centaine de Chagossiens a embarqué pour un bref mais déchirant voyage vers l'archipel qui leur est interdit depuis plus de trois décennies.
Maroc-Sénégal : 83 clandestins sénégalais renvoyés dans leur pays
2006-04-03
http://fr.news.yahoo.com/03042006/5/le-maroc-renvoie-83-clandestins-senegalais-dans-leur-pays.html
Les autorités marocaines ont procédé dans la nuit de dimanche à lundi au rapatriement de 83 ressortissants sénégalais en situation irrégulière, annonce le ministère marocain de l'Intérieur dans un communiqué. Selon ce texte, l'opération s'est déroulée sur la base du volontariat, "en étroite collaboration avec les services diplomatiques sénégalais accrédités à Rabat" et "dans le cadre du renforcement de la coopération sud-sud en matière de gestion de la problématique migratoire".
Ouganda : Rébellion ougandaise, L'ONU consternée
2006-04-03
http://www.bbc.co.uk/french/highlights/story/2006/04/060401_uganda_egeland.shtml
Les activités des rebelles ougandais de l'Armée de Résistance du Seigneur sont la pire forme de terrorisme", a déclaré le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires. Jan Egleand a indiqué que la sécurité doit être renforcée dans la région, où les rebelles de l'ARS continuent de se livrer à une campagne d'enlèvements d'enfants et d'attaques.
Soudan : Jan Egeland persona non grata au Darfour
2006-04-03
http://fr.allafrica.com/stories/200604030674.html
Le gouvernement soudanais a refusé d'autoriser la visite au Darfour du responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, Jan Egeland, ajoutant qu'il n'était pas non plus bienvenu à Khartoum, la capitale. « La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais) regrette la décision du gouvernement du Soudan de ne pas accepter la visite de Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU », indique un communiqué publié aujourd'hui à Khartoum.
Soudan : Le HCR condamne le recrutement forcé de réfugiés soudanais du Darfour
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603310284.html
L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a condamné avec fermeté le recrutement forcé de réfugiés soudanais du Darfour par divers groupes armés dans certains de ses camps dans l'est du Tchad, au mépris de leur nature civile et de leur rôle d'asile. « Nous appelons toutes les parties impliquées à cesser ces activités dans nos camps, y compris à Tréguine, Breidjing et Farchana », a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Ron Redmond.
Elections & gouvernance
Bénin : Le futur président promet des changements « avec la bénédiction de Dieu »
2006-04-03
http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=6839
Boni Yayi, l’ancien banquier et nouveau venu sur la scène politique devrait être investi cette semaine comme nouveau président de la République du Bénin, après avoir promis, « avec la bénédiction de Dieu », un changement radical dans ce petit pays d’Afrique de l’ouest. Cet économiste de 54 ans qui succédera le 6 avril à Mathieu Kérékou, l’actuel président, est un évangéliste fervent qui a publiquement remercié Dieu après avoir remporté le premier tour des élections présidentielles – son premier combat politique.
Mali : Les résultats des législatives partielles proclamées à Bamako
2006-04-03
http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-04/03/content_236480.htm
La Cour constitutionnelle du Mali a proclamé, dimanche après-midi à Bamako, les résultats définitifs des élections législatives partielles du 26 mars dernier dans la commune V du district de Bamako et dans la commune urbaine de Mopti (680 km au Nord de Bamako), a-t-on appris de sources en provenance de la capitale malienne.
Nigéria : Un troisième mandat n'est pas à l'ordre du jour, selon Obasanjo
2006-03-31
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=PAN60026untroojnasa0
Le président nigérian Olusegun Obasanjo a déclaré, jeudi, qu'un troisième mandat "n'était pas à l'ordre du jour" pour l'instant, mais qu'il soutenait les amendements constitutionnels en cours qui pourraient donner lieu à trois mandats pour le président et les gouverneurs d'Etat, a appris la PANA de source officielle. "Je ne suis pas un habitué des manoeuvres politiques, je ne suis pas un manipulateur, je suis un démocrate", a-t-il affirmé.
RDC : L'UDPS de Tshisekedi absent des élections
2006-04-03
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP80926leudpsnoitc0
Le principal parti d'opposition en République démocratique du Congo, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne Tshisekedi, sera le grand absent des élections présidentielle et législatives de 2006, les premiers scrutins libres en 40 ans dans l'ex-Zaïre. L'UDPS n'a en effet présenté aucun candidat à ces deux scrutins dimanche soir, date limite de dépôt des candidatures, a constaté l'AFP dans les locaux de la Commission électorale indépendante (CEI) à Kinshasa.
Sao Tomé et Principe : Demande d'annulation des élections législatives
2006-03-31
http://www.africatime.com/afrique/index.asp
Quatre petits partis ont déposé devant le tribunal constitutionnel de Sao Tomé et Principe des demandes d'annulation des élections législatives de dimanche dans l'archipel en dénonçant des "achats de voix. "Ils ont demandé l'annulation générale des élections, ils disent qu'il y a eu des irrégularités à cause du +banho+", a déclaré le président de la Commission électorale nationale (Cen) José Carlos Barreiros.
Sénégal : Le pouvoir intimide les hommes politiques de l'opposition et les journalistes
2006-04-03
http://www.africatime.com/afrique/
Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 2000 après une alternance démocratique qualifiée d'exemplaire en Afrique, accumule les contentieux avec son opposition. Ces contentieux portent en particulier sur le respect des libertés et l'organisation des élections législatives et présidentielles que le président sénégalais a décidé de "coupler" en 2007.
Tchad : L'opposition boycottera la présidentielle de mai
2006-03-31
http://www.africatime.com/afrique/
Les principaux partis de l'opposition tchadienne boycotteront l'élection présidentielle de mai qui verra le chef de l'Etat sortant, Idriss Déby, briguer un troisième mandat, comme le confirme la liste officielle des candidats publiée jeudi par le Conseil constitutionnel. Ancien chef d'état-major de l'armée, Déby est arrivé au pouvoir en 1990 par un coup d'Etat. Il a depuis remporté deux élections présidentielles, en 1996 et en 2001.
Corruption
Cameroun : Lutte contre la corruption, l'ultimatum de Paul Biya aux sceptiques
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603310042.html
Aéroport international de Yaoundé Nsimalen, dimanche, 26 mars 2006. Le président de l'Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril regarde Paul Biya partir vers l'avion, d'un air mâtiné de préoccupation. Cavaye Yeguié Djibril venait d'être reçu en audience par Paul Biya. Occasion pour le chef de l'Etat de redire à la deuxième personnalité de l'Etat, combien il entend aller plus loin dans l'opération d'assainissement des moeurs managériales au Cameroun.
RDC : la "générosité" des candidats mise en cause à l'approche des élections
2006-03-31
http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-03/31/content_235524.htm
Le quotidien "La Référence Plus" en édition dans la capitale de Kinshasa a mis en cause, dans un article jeudi, "la générosité suspecte" des candidats à l'approche des élections qui commenceront en juin prochain. Il ne se passe pas un jour sans que les médias annoncent avec pompe des dons. Des bus, des ambulances, des médicaments, des sacs de riz, des bidons d'huile, des cartons de savon, des sacs de sel . .. sont distribués à grand renfort de publicité, a écrit l'auteur, Franck Mona, avec ironie.
Développement
Afrique du Sud : Boom de la consommation noire
2006-03-31
http://www.grioo.com/info6527.html
Selon une étude de l'université de Cape Town, la middle class noire émergente en Afrique du Sud représente plus du quart des 600 milliards de rands (81,2 milliards d'euros) dépensés chaque année par les consommateurs dans le pays. La middle class noire compte 2 millions de personnes (sur une population totale de 45 millions d'habitants dans le pays) et devrait croître de 50 % par an.
Afrique : Les ACP dénoncent les lenteurs des négociations sur les APE
2006-03-31
http://www.grioo.com/vfilinfo.php?code=fre121973
Pour le président du Comité des ambassadeurs ACP, les APE doivent être des outils de développement et non des simples accords de libre échange, car, a-t-il indiqué, "le commerce doit être mis au service du développement". Il a cité à cet égard l'exemple des droits de douane qui devraient disparaître au moment de l'entrée en application des accords de libre échange qui entraîneront, de ce fait, des pertes de recettes financières nécessitant la mise en place des
compensations versées par l'Union européenne aux pays qui en seraient affectés.
Afrique : La ligne maritime Tanger-Nouakchott-Dakar opérationnelle en 2008
2006-03-31
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=PAN60026laligneelle0
La ligne maritime Tanger-Nouakchott-Dakar sera opérationnelle au plus tard en 2008, avec l'entrée en service du port Tanger-Méditteranée, a annoncé le PDG de la Compagnie marocaine de navigation (Comanav), Toufiq Ibrahimi, cité jeudi par l'agence de presse MAP. Le PDG de la Comanav a précisé que la mise en service de ce port va entraîner une augmentation du trafic international à destination du Sénégal et des autres pays de l'Afrique, nécessitant le lancement d'une ligne maritime pour répondre à cette demande croissante.
Éthiopie : La croissance de la demande stimule les producteurs
2006-03-31
http://www.grioo.com/vfilinfo.php?code=fre121971
La prise de conscience d'une demande croissante sur le marché pousse les agriculteurs éthiopiens à augmenter leur production et à accorder plus
d'attention aux conseils des professionnels sur l'amélioration de la productivité, a indiqué le quotidien pro-gouvernemental The Ethiopian Herald. Contrairement à l'idée reçue qui veut que la taille de son grenier est le gage de réussite d'un producteur, désormais ce sont la quantité et la qualité de sa production ainsi que les revenus qu'il en tire qui comptent.
Nigéria : Une banque licencie 540 employés
2006-03-31
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=PAN60026unebasyolpm0
La Union Bank Nigeria PLC, l'une des institutions financières majeures du pays, a annoncé mercredi le licenciement de 540 employés dont quatre administrateurs et d'autres cadres de la banque. "Cette opération de licenciement a été rendue nécessaire par la volonté de la banque d'imposer sa dynamique dans une ère de post reconstruction où la concurrence est rude", explique l'institution financière.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : En deux ans, l'accès aux thérapies a triplé dans les pays pauvres
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603300897.html
1,3 million de personnes sont désormais sous traitement antirétroviral (ARV), contre 400.000 en décembre 2003. C'est ce qui ressort du nouveau rapport de l'organisation mondiale de la santé (OMS) et du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) rendu public le mardi 28 mars dernier. Le rapport fait cependant observer que l'accès au traitement a été élargi dans toutes les régions du monde grâce à l'initiative.
Afrique Australe : Un horizon sombre sur le SIDA
2006-03-31
http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3052
Un ancien directeur de la Commission des Nations Unies sur le VIH/SIDA et la gouvernance en Afrique a peint un tableau sinistre des efforts pour contenir la pandémie à travers le continent. ''Il n'y a absolument rien d'optimiste à propos du VIH en Afrique, 25 ans après que le virus a été découvert'', a déclaré Nana Poku, qui est maintenant un professeur au Département des études sur la paix à l'Université de Bradford, au Royaume-Uni.
Burkina - Niger : Méningite, plus de 660 décès sur près de 7.000
2006-04-03
http://fr.news.yahoo.com/03042006/202/meningite-plus-de-660-deces-sur-pres-de-7-000.html
Quelque 668 personnes sont mortes de la méningite cérébro-spinale depuis le début de l'année sur 6.912 cas recensés au Burkina Faso et au Niger, indique lundi un rapport de l'Onu transmis à l'AFP à Niamey. Au Burkina, pays le plus frappé, "6.110 cas dont 616 décès ont été enregistrés du début de l’année à la semaine du 18 mars, soit un taux de létalité de 10,08%", note le rapport publié par le bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires de l'Onu (OCHA).
Maroc : La lèpre, "maladie honteuse" qui frappe encore le pays
2006-04-03
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=61461
"La lèpre existe encore au Maroc. Des dizaines de nouveaux cas apparaissent chaque année. Un seul centre est prévu dans le pays pour les accueillir et quelques centaines de lépreux y sont en cours de traitement", rapporte La Gazette du Maroc. Un hôpital qui manque terriblement de moyens, "ce sont souvent les patients hospitalisés qui s'occupent volontiers de certaines tâches internes."
Éducation
Afrique : L'inquiétude augmente au sujet de la fuite des cerveaux vers l'Europe
2006-03-31
http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3049
Des groupes d'universitaires en Grande-Bretagne ont exprimé des inquiétudes au sujet de l'exode croissant des chercheurs et professionnels africains. ''Il est difficile d'estimer le nombre de ceux qui partent puisque les statistiques sont difficiles à obtenir, mais nous savons qu'il y a un flux net de compétences universitaires hors de l'Afrique'', a déclaré à IPS, Brian Everett, secrétaire général adjoint de l'Association des enseignants de l'Université (AUT) en Grande-Bretagne.
Côte d'Ivoire : L'université de Bouaké rouvre ses portes
2006-04-03
http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=6837
Contrainte de fermer en raison de la guerre civile, l’université de Bouaké, fief de la rébellion dans le nord de la Côte d’Ivoire, a officiellement rouvert ses portes la semaine dernière, redonnant ainsi espoir à toute une génération de jeunes privés d’enseignement pendant plus de trois ans. Des centaines d’étudiants et plusieurs dizaines de professeurs ont assisté mardi à la cérémonie d’ouverture que beaucoup d’entre eux ont considéré comme un pas important vers un retour à la normale dans le nord du pays.
Afrique : Clôture de la 6ème biennale sur l'éducation en Afrique
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603310322.html
C'est depuis le 27 mars 2006 au palais international des conférences de Libreville que se tient la biennale sur l'éducation en Afrique. Ont procédé à l'ouverture de ces travaux, les présidents Bongo du Gabon et Pires du Cap Vert. Environ 400 personnes, notamment une soixantaine de ministres en charge de l'éducation, participent à ces travaux dont le thème est « Eduquer plus et mieux : comment assurer l'efficacité des apprentissages ? ».
Comores : Rétablir un équilibre entre les langues à l'école
2006-03-31
http://fr.allafrica.com/stories/200603300701.html
Comment garantir la réussite scolaire de l'élève alors que l'enseignement dispensé est dans une langue qui lui est peu familière ? Les acteurs de l'éducation se penchent sur la question. Les petits mahorais se retrouvent pris au piège par le nombre de langues, et la langue à être utilisée en salle de classe. Combien d'enfants ont répété 1+1 = 2 sans comprendre ?" interroge le linguiste Mohamed Ahmed Chamanga. Réponse : une bonne partie de la population de l'archipel.
Racisme & xénophobie
Global : Les supers héros de « Minoriteam » luttent contre le racisme
2006-03-31
http://www.afrik.com/article9667.html
Les Noirs courent vite. Les juifs ont de l’argent. Les Mexicains sont jardiniers. Qui eût cru que ces stéréotypes se trouveraient un jour rassemblés à la télévision pour lutter contre le racisme ? Et pourtant. La section américaine de Cartoon Network diffuse « Minoriteam » depuis le 19 mars. Un dessin animé qui joue avec humour sur la caricature de cinq supers héros d’origines diverses pour faire reculer le racisme et les discriminations, incarnés par White Shadow (l’Ombre Blanche) et ses acolytes.
Global : Un Français sur trois se dit raciste
2006-04-03
http://www.afrik.com/article9635.html
Un Français sur trois se dit être raciste. C’est ce qui ressort du rapport 2005 de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Ce rapport, remis mardi au Premier ministre Dominique De Villepin, dévoile une banalisation croissante du racisme en France. Il livre ainsi, à la date même de la journée mondiale de lutte contre le racisme, un constat très alarmant sur l’évolution des mentalités françaises.
Environnement
Afrique : Trois explorateurs identifient la source la plus lointaine du Nil au Rwanda
2006-04-03
http://fr.news.yahoo.com/03042006/202
Au cours d'un voyage de 80 jours, une équipe d'explorateurs britannique et néo-zélandais a remonté le Nil pour arriver pour la première fois jusqu'à ce qu'ils ont identifié comme sa source la plus lointaine, au coeur de la forêt de Nyungwe au Rwanda. Neil McGrigor, un Britannique de 44 ans, et Cam McLeay et Garth MacIntyre, deux Néo-Zélandais de 43 ans, sont arrivés vendredi dans la forêt, là où un filet d'eau jaillit d'un trou vaseux à une altitude de 2.428 mètres.


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004