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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Fahamu a été sélectionné par le Tech Museum of Innovation parmi 301 candidats représentant 64 pays pour recevoir un prix Tech Museum Award . Ces candidats représentent « l’élite des technologistes dont les innovations bénéficient à l’humanité ». Fahamu est l’un des cinq lauréats Tech dans la catégorie éducation.

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VOIX AFRICAINES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA JUSTICE SOCIALE

book cover EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004
Édité par Firoze Manji & Patrick Burnett
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Pambazuka News 40: Pour une démocratie au service du développement

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Moniteur de l'Union Africaine, 7. Femmes & genre, 8. Droits humains, 9. Réfugiés & migration forcée, 10. Mouvements sociaux, 11. Elections & gouvernance, 12. Afrique & Chine, 13. Corruption, 14. Développement, 15. Santé & VIH/SIDA, 16. Éducation, 17. Média & liberté d'expression, 18. Plaidoyers & campagnes, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie

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Sommaire de cette édition

Dans ce numéro

2008-01-23

CHRONIQUE : Pour une démocratie au service du développement
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Guerre contre le terrorisme : Ce qui a mal tourné dans la politique américaine.
ARTS ET LIVRES : Global : Publication d’un livre pour répondre au discours de Sarkozy.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : Khadafi ne croit pas à l’Union africaine à partir des intégrations régionales.
FEMMES ET GENRE : Burkina : Inquiétudes face à la multiplication des grossesses non désirées.
DROITS HUMAINS : Guinée : La commission sur les tueries de 2006 et de 2007 sans moyens.
MOUVEMENTS SOCIAUX : Maroc : Un Forum social aux grandes ambitions.
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Centrafrique : Nomination d’un nouveau Premier ministre.
AFRIQUE ET CHINE : Afrique : L’union africaine pose le début sur les relation sino-africaines.
CORRUPTION : Afrique du Sud : L’opposition accuse l’ANC de protéger ses membres corrompus.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Hausse des prix en vue en Afrique de l’Ouest.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Alerte aux épidémies de méningite.
EDUCATION : Algérie : Les lycéens protestent contre le trop plein de matières
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Centrafrique : Deux ans de prison requis contre un journaliste
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Niger : Les organisations des médias sonnent l’alerte.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : La lente installation des Noirs africains en France.
CONFLITS ET URGENCES : Côte d’Ivoire : Paris annonce une forte réduction de ses troupes.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Panos lance un concours pour les journalistes.





Chroniques

Pour une démocratie au service du développement

2008-01-23

Abdoulaye Niang

La démocratie dont l’un des fondements essentiels réside, par-delà les considérations liées à la séparation des pouvoirs et à la garantie constitutionnelle des libertés fondamentales, dans la libre, volontaire et effective participation des citoyens dans la gestion des affaires de la cité, et suivant des modalités réglementaires susceptibles de changer dans le temps, favorise l’expression de la différence dans les idées, les opinions, les initiatives, les pratiques. Car elle est dans son fondement principiel même la condition qui permet la compétition de visions et d’actions différentes voire antagonistes, mais sans qu’il ne puisse en résulter pour les acteurs qui portent celles-ci une situation de conflits aux conséquences préjudiciables à la société.

Le jeu d’opposition ou d’alliance qui est consubstantielle à cette compétition qui se déroule au niveau des idées, des initiatives, des actions, etc., a pour enjeu final spécifique pour les acteurs concernés, la conquête et la conservation du pouvoir ou encore de toutes influences sur la conscience collective qui permettraient d’orienter avec plus ou moins de légitimité le destin collectif. Mais ce pouvoir ou ces influences, tant convoités, ne peuvent être conquis et conservés durablement en démocratie que pour autant qu'ils bénéficient de la présomption favorable d'être exercés pour servir les intérêts de la communauté, dont les besoins se manifestent et se révèlent dans les aspirations collectives diversement exprimées et dont seule la prise en compte réelle ou supposée probable, dans un avenir prochain, par les gouvernants, les leaders politiques, etc., peut conforter durablement la légitimité de ces derniers.

L’alternance démocratique qui, en démocratie, traduit toujours une opération de rupture dans la force d'adhésion des citoyens aux différents visions et projets de société incarnés par les tenants du pouvoir, n’intervient que quand la communauté, dans la diversité des composantes sociales qui la constituent, a des exigences pour la promotion de son bien-être et pour la construction du développement national, que les gouvernants en exercice, en raison des limites et contradictions qui leur sont propres, ne peuvent satisfaire, alors qu’en même temps l’espoir pour le changement tant souhaité est incarné fortement par d’autres groupes constitués engagés dans la bataille pour la conquête et ou l'exercice du pouvoir.

De ce point de vue, un autre enjeu véritable de la démocratie semble bien être, par-delà la conquête ou la conservation du pouvoir légitime, d’orienter le destin collectif, la construction réelle du bien-être général auquel aspirent les populations dans un futur certain temporellement définissable : la situation de non développement et ou de non satisfaction des populations, de leurs conditions d’existence présentes et de l'aspiration collective forte à un développement à construire, qui devrait venir corriger le déficit de développement et de bien-être existants, constituent dans leur alternance même le moteur de l'alternance démocratique pour tout peuple qui nourrit en permanence une forte ambition d'accès à un bien être général pour lui-même et les générations à venir.

Un peuple qui se satisfait de peu, qui est peu exigeant pour son bien-être, qui manifeste peu de souci pour la qualité de son environnement, qui ne se projette pas dans des modèles ambitieux de grandeur à construire, ce peuple-là ne peut être un auteur et un acteur actifs d’une alternance démocratique qui favorise le changement, et surtout le développement. Car le développement, que porte le changement et qui sort des flancs de celui-ci, pour survenir dans un peuple a besoin que ce dernier soit habité par deux subjectivités extrêmes : un sentiment d’insatisfaction et de frustration pour sa condition présente à un moment donné, d’un coté, et un sentiment d’estime de soi élevé ainsi qu’une forte ambition pour lui-même en toutes choses, de l’autre.

C’est de cette grande tension psychologique et psychique, qui se situe à l’échelle collective, que naissent les grands desseins salvateurs pour les peuples ; desseins que vont porter de grands hommes issus en leurs seins en des moments cruciaux dans leur histoire.

Les grandes œuvres humaines qui sont toujours identifiées, d’une manière ou d’une autre, à de grands hommes charismatiques et historiques indiquent bien que tout changement significatif, de grande envergure, intervenu au cours de l’histoire d’un peuple, a reçu ou l’acte initiatique ou l’acte de consolidation de grands hommes hors du commun dotés de qualités intrinsèques qui les rendent aptes à traduire les aspirations et les desseins collectifs en actes réels de grands changements en divers domaines de la vie.

S'il n’y a de développement que dans des changements concrets, significatifs, de haute portée, constamment renouvelés, dans divers domaines articulés de la vie, alors, pour qu'un peuple se développe, il doit nécessairement être en mesure de produire, de façon cyclique, des hommes exceptionnels qui puissent porter et ou conduire de tels changements qui le plus souvent sont hors de l’ordinaire. De tels hommes qui sont des innovateurs peuvent tout aussi bien être des visionnaires dont les idées catalysent, orientent et mobilisent les énergies sociétales vers des buts prometteurs pour l’avenir, que des technocrates au sommet de leur art, ouverts au changement et suffisamment inspirés et motivés pour traduire les aspirations collectives en actes concrets de développement.

En conséquence, la démocratie en tant que cadre institutionnel de définition, d’orientation et de canalisation de l’expression des libertés individuelles et collectives qui en résultent, ne peut devenir véritablement source de développement que si elle suscite l’émergence d’une conscience collective ouverte à des schémas de rupture et qui favorise en conséquence une adhésion massive à des leaderships de renouveau, source de grands changements à venir et à construire. Mais la formation d’une telle conscience collective de rupture doit aussi forcément s’accompagner de la formation d’une disposition mentale générale chez les leaders politiques, médiatiques, etc., qui lui soit favorable, afin que puisse se créer rapidement une synergie à l’échelle nationale qui soit catalysante pour le développement.

En effet, la mise en cohérence des ambitions pour servir le pays, ainsi que des compétences et capacités qui peuvent les soutenir et qu’il faut aller chercher où qu’elles se trouvent, ne peut être un atout pour l’accélération du processus de développement.que pour autant que la logique qui la fonde soit le plus largement partagée au sein des populations.

La démocratie et le développement sont liés par la même exigence de renouvellement et de changement qui les traverse tous à la fois, et dont la finalité réside invariablement dans une élévation toujours supérieure du niveau de leur état. Et ce n’est que quand la démocratie, source de libertés, de nouveaux droits à conquérir sans cesse, d’ambitions en compétition pour la conquête ou la conservation du pouvoir, mais aussi de compromis dynamiques à devoir sceller, quand cela est nécessaire, dans l’intérêt de l’unité nationale, des citoyens, etc., se soumet dans son fonctionnement et dans la motivation des acteurs qui l’animent aux impératifs du développement et de la quête constante d’un bien être collectif pour le peuple, que ce dernier peut espérer voir vaincre rapidement ses diverses misères et atteindre une qualité de vie supérieure.

Mais quand la démocratie se disjoncte du développement et de ses impératifs, et se soumet à d’autres logiques qui sont étrangères à ces derniers, alors elle devient plutôt le moyen le plus sûr, mais peut être aussi le plus légitime, et le plus légitimant pour les actions qu’elle permet, pour faire sombrer tout un peuple dans les misères les plus sourdes, et pendant longtemps.
La démocratie, comme outil de confortation de l’unité nationale

La démocratie favorise, non seulement la compétition des idées, des visions, des pratiques, mais aussi celle des différents acteurs qui les portent, lesquels en définitive, nonobstant la noblesse prétendue de leurs idéaux, n'ont d'autres buts pour leurs actions que de bien se positionner dans l'échelle des pouvoirs (ou des prestiges) à gagner, afin d’être dans de meilleures postures pour mieux influencer les décisions qui vont concerner la vie dans la société. Mais, étant donné que la finalité de tout pouvoir détenu est justement de renouveler sans cesse les fondements matériels et immatériels qui le confirment et le confortent, afin de pouvoir se déployer et s'exprimer sans limites, et à l’exclusion de tout autre pouvoir concurrent, alors dans ce cas, la démocratie, pour être en mesure de discipliner véritablement, selon ses principes de base, l’expression du pouvoir, et de tous les pouvoirs, a besoin de moyens de régulation qui ne soient pas seulement des règles institutionnelles impersonnelles - lesquelles ne peuvent que renvoyer à sa dimension formelle et extrinsèque - ; elle a également besoin, en particulier, de s’appuyer sur des valeurs, sur une morale, sur un code tacite de conduite, plus ou moins partagés de tous, pour fonder sa dimension subjective, intrinsèque ; dimension qui doit se manifester, chez les acteurs du jeu démocratique, dans des attitudes particulières et profondes fondées sur des valeurs qui vont donner à l’expression de leurs action démocratique une forme et une finalité dernières.

En fait, ce sont ces valeurs-là, diversement intériorisées par les acteurs de la scène démocratique, qui, en orientant secrètement les conduites individuelles et collectives de ces derniers, fixent en définitive les limites éthiques de la démocratie dans une société donnée et à un moment donnée de son histoire. C’est du contenu de ces valeurs et de leur degré d’ancrage dans la communauté, et en particulier chez les acteurs du jeu démocratique, que dépendra pour beaucoup l’orientation comportementale de la démocratie dans un pays à un moment donné : ce que la morale collective occidentale permet, la pratique de la démocratie occidentale en fait une norme, et c’est pour cela que les écrits malveillants sur le Prophète Mahomet (PSL) ainsi que les caricatures sur sa personne dont les auteurs sont bien connus en Occident n’y ont pas soulevé des vagues de protestations ; au nom d’une certaine liberté d’opinion, fondée sur une démocratie permissive, la frontière entre le bien et le mal du point de vue da la morale s’y est dissoute.

Ce n’est que dans d’autres pays démocratiques qui, en raison de leur culture, leur histoire sociale, leur morale collective propres ont une vision et une pratique de la démocratie moins permissives que vont s’élever les protestations les plus hautes et les plus vives contre ces expressions de la liberté démocratique occidentales ; protestations qui indiquent en même temps, peut-être, qu’il existe une éthique démocratique universelle implicite qui fixe des limites à ne pas dépasser dans la pratique de la démocratie, afin que les identités sensibles soient respectées.

La démocratie, dans sa pratique de tous les jours, est donc inévitablement traversée par la morale ambiante, ainsi qu’une certaine vision des choses qui légitime celle-ci ; cela qu’on le veuille ou non, qu’on en soit conscient ou non. Et c’est pour cela qu’un des enjeux majeurs de la démocratie, si celle-ci doit se mettre au service du développement et non de personnages en quête de pouvoir pour leur propres intérêts et ceux de leurs entourages, devient la formation d’une culture partagée de la démocratie qui doive se fonder sur un certain nombre d’exigences éthiques : la quête constante de sauvegarde de la paix sociale et de la concorde nationale, l’ouverture au compromis avec ceux avec lesquels on est en conflit dans l’intérêt de la nation, la recherche permanente du bien être collectif à construire par le travail et la bonne gouvernance, l’acceptation du changement quand il se fait au profit de l’intérêt des citoyens, la tolérance de la différence, le respect des institutions et du verdict populaire par les urnes, etc.

Les modalités pratiques dans les domaines politique, social, économique, etc., qui doivent exprimer une telle culture, doivent évidemment se définir en tenant compte des impératifs du développement. Développement qu’on ne peut construire de façon accélérée en vue de combattre rapidement le sous-développement et ses divers maux que si on fait un bon usage de la démocratie.

A cet effet, chaque alternance démocratique doit être source d'un nouveau souffle, d’un renouveau, par les grands réalisations de toutes sortes qu’elle permet, qui élèvent encore plus haut l’étendard du développement : c’est ce faisant, alors, que la démocratie, par le truchement de la politique et du verdict populaire, va devenir un facteur de progrès pour le bien être général.

Cette vision de la démocratie dans son rapport au développement rompt évidemment avec cette autre vision qui faisait de la démocratie un simple moyen d’alternance politique, sans aucune perspective réellement pensée pour un développement qui doit l’accompagner. Dans les pays en voie de développement, selon des images tirées de la langue wolof (principale langue nationale au Sénégal), la démocratie du lamb golo (à l’image de l’arène des singes, où la devise est : « qui se lève tombe », afin que nul ne puisse se maintenir debout durablement) ou la démocratie du fuukk di gass, fuukk di suul (pour un même trou, les uns cherchent à l’approfondir et les autres à le remblayer, de sorte qu’il n’y ait de progrès dans aucun sens) ou encore la démocratie du raw gaduu (le gagnant dans une compétition électorale a tous les droits et peut exclure de l’exercice du pouvoir tous ses adversaires) ou du ma teey (l’anarchie et l’arbitraire se substituent aux règles) qui sont des modèles de démocratie de la vindicte, de l’exclusion, de la défiance et de la déviance tous azimuts par rapport aux règles et aux instituions, etc., doivent être particulièrement évitées, parce qu’elles sont une source d’instabilité politique, de mal gouvernance préjudiciables à l’unité nationale, au changement tant attendu et travaillent à inverser ou à ralentir le processus de développement.

Toutes ces considérations contribuent à indiquer que la démocratie ne peut être déconnectée ni du sociétal existant qui la porte, et dont elle doit manifester certaines des exigences, ni de l’avenir à construire dont elle doit être un des instruments ; instrument à réinventer avec génie, dans un esprit de concorde et de partage, et pour une plus grande efficacité dans l’œuvre de construction du développement national. En Afrique, cette démocratie à réinventer, dans le partage, doit pouvoir se construire autour de trois nécessités au moins : nécessités de l'établissement et en la croyance de critères moraux et techniques objectifs qui portent la barre haut dans le choix des dirigeants devant présider aux destinées de chaque pays ; nécessité de la mise en synergie et en cohérence des volontés, des efforts, des compétences et expertises qui veulent se mettre au service du développement de la nation, ce qui implique forcement une posture politique, de la part de ceux qui ambitionnent de diriger le pays, qui transcende les clivages partisans d'exclusion et qui ne s’intéresse en définitive qu’à l’intérêt national et à l’unité de la nation ; nécessité de la garantie institutionnelle des libertés fondamentales, de la séparation des pouvoirs, de l’existence d'instances multiples de participation à l'élaboration des décisions d’Etat (Assemblée Nationale, Senat, etc.) qui respectent la diversité des postures et sensibilités politiques ou collectives.

Les effets dysfonctionnants de l’excès démocratique

La démocratie, dans chacune de ses formes concrètes, poursuit toujours une finalité dominante, que celle-ci soit cachée ou explicitement exprimée. La démocratie américaine, la démocratie anglaise et la démocratie française, bien que toutes inspirées par les mêmes idéaux du libéralisme triomphant du 18e siècle, n’en sont pas moins différentes, car étant chacune marquée par le génie et le projet spécifiques du peuple concerné sur son devenir ; peuple qui a voulu, en toute souveraineté, indépendance et responsabilité, poursuivre son propre dessein : leurs systèmes électoraux, leurs instances de représentation, ainsi que leurs systèmes de compétition sociale, diffèrent beaucoup déjà.

Mais force est cependant aussi de constater que les conduites réelles des acteurs du jeu démocratique, dans un pays donné, peuvent s’écarter, dès fois, des orientations originelles définies. Ce qui peut, en cas de récurrence, être soit une source de préjudices pour le système démocratique, soit au contraire un atout pour son innovation.

Dans les pays occidentaux de grande démocratie, quand les pratiques de libertés démocratiques s’écartent de l’orientation éthique de la démocratie, telle qu’elle existe, les ondes de choc de ces pratiques déviantes peuvent être aisément amorties, absorbées par le système sociétal même, grâce à ses organes et mécanismes de régulation bien rodés, la flexibilité ou la permissivité de la morale collective : si tel est le cas, alors le système démocratique a acquis la capacité de maîtrise de ses excès démocratiques à potentialité dysfonctionnante ; et il peut être considéré dans ce cas comme tolérant et stable, qualificatifs qui vont devenir en Occident une composante et un repère essentiels de la vitalité même de la démocratie.

Cependant, l’expression des libertés démocratiques, qui est toléré en Occident jusqu’à faire partie de la normalité de la démocratie elle-même, constitue souvent en Afrique, par effet de mimétisme démocratique, un objet fort de la demande ou de la revendication démocratiques, alors même que les ondes de choc qui l’accompagnent peuvent ne pas être absorbées par la société elle-même, celle-ci n’ayant pu s’y être préparée du fait de la configuration sociologique de ses populations, des clivages politiques profonds ou encore tout simplement de ses exigences morales multiples, etc.

En fait, si en Occident l’éthique de la démocratie fondée sur l’exigence permanente de l’ouverture au compromis pour les acteurs du jeu démocratique, de la préservation de la cohésion sociale et de l’unité nationale, de la tolérance morale, est marquée par l’histoire de la démocratie elle-même, laquelle, le plus souvent, est articulée à celle de la constitution des nations occidentales ; ce qui ne peut que favoriser une coïncidence entre cette éthique d’une part et la culture ambiantes de l’autre. Par contre, en Afrique, cette cohérence entre l’éthique de la démocratie et la culture ambiantes n’existe guère, l’histoire de la démocratie y étant encore trop récente pour pouvoir avoir un impact profond sur les attitudes et les comportements collectifs : il n’existe pas encore une cohérence entre la morale sociale, encore restrictive, et la morale démocratique sensée être toujours plus ouverte, plus permissive.

Alors souvent, il va résulter de cette situation un grand décalage, entre d’un coté les exigences de la morale sociale ambiante, et de l’autre certaines pratiques de la démocratie, lesquelles, parce qu’elles se référent en toute évidence à des modèles d’expressions démocratiques occidentales, ne peuvent jouir d’une pleine légitimité dans le contexte socio moral africain actuel. Mais force est aussi de constater que cette légitimité, même si elle demeure faible, indique déjà que la morale sociale en Afrique est train de changer et que les limites de sa tolérance, par rapport à certaines expressions démocratiques excessives, peuvent, selon un certain schéma, être encore reculées. Surtout dans certains domaines socialement plus ouvertes à la critique démocratique : c’est parce que certaines pratiques de la démocratie ne se laissent pas enfermer dans les exigences de la morale sociale ambiante que celle-ci, à force de subir leurs assauts répétés et d’être constamment travaillée pour son déliement, va dans certains cas, évoluer vers ses limites extrêmes de tolérance ou encore vers ses autres facettes plus légitimantes pour les critiques formulées.

C’est ainsi que les excès démocratiques, dans certains cas, vont contribuer à l’accélération de l’évolution de la morale sociale, vers plus de permissivité ou vers plus d’acceptation des critiques jugées jusque là comme excessives. Mais, il faut aussi le dire, ces excès démocratiques, dans quelques contextes socioculturels caractérisés notamment par des identités multiples peu cohésives, une tension sociale et ou politique exacerbée, etc., peuvent être, au contraire, source d’une déchirure extrême du lien social : la non dénonciation de ces excès ou l’absence de réactions de l’Etat, par rapport à ceux-ci, peuvent être interprétées, à tort ou à raison, comme la manifestation d’une crise morale ou d’une faiblesse de l’autorité. Ce qui peut, dans tous les cas, avoir pour conséquence leur rapide multiplication et l’élargissement de leurs champs à l’échelle de tous les domaines de la vie en société. Il risque d’y avoir alors une fièvre incontrôlée de l’excès démocratique, susceptible d’évoluer rapidement vers une anarchie démocratique généralisée.

De ce point de vue, la pratique de la démocratie se révèle comme une pratique de la responsabilité : elle implique, certes, la responsabilité des individus et des groupes qui doivent jouir de leurs droits à toutes les libertés garanties par la Constitution, mais aussi celle de l’Etat qui, ayant la charge du commandement social, doit garantir la cohésion sociale, l’unité de la nation et empêcher que les contradictions au sein de la société, ou encore les ambitions personnelles ou de groupe, ne soient exploitées en des termes qui favorisent le chaos. Tout Etat doit assumer pleinement cette responsabilité d’endiguement des excès démocratiques porteurs de désordres, de chaos et préjudiciables à la paix sociale : la seule différence entre les Etats de ce point de vue réside dans la fréquence de ces excès à gérer, leur niveau de préparation à les gérer convenablement, le seuil de tolérance dans l’excès démocratique à ne pas dépasser.

* M. Abdoulaye Niang enseigne la sociologue à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
Email :pniangabdou@yahoo.fr

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Les effets dysfonctionnants de l’excès démocratique

La démocratie, dans chacune de ses formes concrètes, poursuit toujours une finalité dominante, que celle-ci soit cachée ou explicitement exprimée. La démocratie américaine, la démocratie anglaise et la démocratie française, bien que toutes inspirées par les mêmes idéaux du libéralisme triomphant du 18e siècle, n’en sont pas moins différentes, car étant chacune marquée par le génie et le projet spécifiques du peuple concerné sur son devenir ; peuple qui a voulu, en toute souveraineté, indépendance et responsabilité, poursuivre son propre dessein : leurs systèmes électoraux, leurs instances de représentation, ainsi que leurs systèmes de compétition sociale, diffèrent beaucoup déjà.

Mais force est cependant aussi de constater que les conduites réelles des acteurs du jeu démocratique, dans un pays donné, peuvent s’écarter, dès fois, des orientations originelles définies. Ce qui peut, en cas de récurrence, être soit une source de préjudices pour le système démocratique, soit au contraire un atout pour son innovation.

Dans les pays occidentaux de grande démocratie, quand les pratiques de libertés démocratiques s’écartent de l’orientation éthique de la démocratie, telle qu’elle existe, les ondes de choc de ces pratiques déviantes peuvent être aisément amorties, absorbées par le système sociétal même, grâce à ses organes et mécanismes de régulation bien rodés, la flexibilité ou la permissivité de la morale collective : si tel est le cas, alors le système démocratique a acquis la capacité de maîtrise de ses excès démocratiques à potentialité dysfonctionnante ; et il peut être considéré dans ce cas comme tolérant et stable, qualificatifs qui vont devenir en Occident une composante et un repère essentiels de la vitalité même de la démocratie.

Cependant, l’expression des libertés démocratiques, qui est toléré en Occident jusqu’à faire partie de la normalité de la démocratie elle-même, constitue souvent en Afrique, par effet de mimétisme démocratique, un objet fort de la demande ou de la revendication démocratiques, alors même que les ondes de choc qui l’accompagnent peuvent ne pas être absorbées par la société elle-même, celle-ci n’ayant pu s’y être préparée du fait de la configuration sociologique de ses populations, des clivages politiques profonds ou encore tout simplement de ses exigences morales multiples, etc.

En fait, si en Occident l’éthique de la démocratie fondée sur l’exigence permanente de l’ouverture au compromis pour les acteurs du jeu démocratique, de la préservation de la cohésion sociale et de l’unité nationale, de la tolérance morale, est marquée par l’histoire de la démocratie elle-même, laquelle, le plus souvent, est articulée à celle de la constitution des nations occidentales ; ce qui ne peut que favoriser une coïncidence entre cette éthique d’une part et la culture ambiantes de l’autre. Par contre, en Afrique, cette cohérence entre l’éthique de la démocratie et la culture ambiantes n’existe guère, l’histoire de la démocratie y étant encore trop récente pour pouvoir avoir un impact profond sur les attitudes et les comportements collectifs : il n’existe pas encore une cohérence entre la morale sociale, encore restrictive, et la morale démocratique sensée être toujours plus ouverte, plus permissive.

Alors souvent, il va résulter de cette situation un grand décalage, entre d’un coté les exigences de la morale sociale ambiante, et de l’autre certaines pratiques de la démocratie, lesquelles, parce qu’elles se référent en toute évidence à des modèles d’expressions démocratiques occidentales, ne peuvent jouir d’une pleine légitimité dans le contexte socio moral africain actuel. Mais force est aussi de constater que cette légitimité, même si elle demeure faible, indique déjà que la morale sociale en Afrique est train de changer et que les limites de sa tolérance, par rapport à certaines expressions démocratiques excessives, peuvent, selon un certain schéma, être encore reculées. Surtout dans certains domaines socialement plus ouvertes à la critique démocratique : c’est parce que certaines pratiques de la démocratie ne se laissent pas enfermer dans les exigences de la morale sociale ambiante que celle-ci, à force de subir leurs assauts répétés et d’être constamment travaillée pour son déliement, va dans certains cas, évoluer vers ses limites extrêmes de tolérance ou encore vers ses autres facettes plus légitimantes pour les critiques formulées.

C’est ainsi que les excès démocratiques, dans certains cas, vont contribuer à l’accélération de l’évolution de la morale sociale, vers plus de permissivité ou vers plus d’acceptation des critiques jugées jusque là comme excessives. Mais, il faut aussi le dire, ces excès démocratiques, dans quelques contextes socioculturels caractérisés notamment par des identités multiples peu cohésives, une tension sociale et ou politique exacerbée, etc., peuvent être, au contraire, source d’une déchirure extrême du lien social : la non dénonciation de ces excès ou l’absence de réactions de l’Etat, par rapport à ceux-ci, peuvent être interprétées, à tort ou à raison, comme la manifestation d’une crise morale ou d’une faiblesse de l’autorité. Ce qui peut, dans tous les cas, avoir pour conséquence leur rapide multiplication et l’élargissement de leurs champs à l’échelle de tous les domaines de la vie en société. Il risque d’y avoir alors une fièvre incontrôlée de l’excès démocratique, susceptible d’évoluer rapidement vers une anarchie démocratique généralisée.

De ce point de vue, la pratique de la démocratie se révèle comme une pratique de la responsabilité : elle implique, certes, la responsabilité des individus et des groupes qui doivent jouir de leurs droits à toutes les libertés garanties par la Constitution, mais aussi celle de l’Etat qui, ayant la charge du commandement social, doit garantir la cohésion sociale, l’unité de la nation et empêcher que les contradictions au sein de la société, ou encore les ambitions personnelles ou de groupe, ne soient exploitées en des termes qui favorisent le chaos. Tout Etat doit assumer pleinement cette responsabilité d’endiguement des excès démocratiques porteurs de désordres, de chaos et préjudiciables à la paix sociale : la seule différence entre les Etats de ce point de vue réside dans la fréquence de ces excès à gérer, leur niveau de préparation à les gérer convenablement, le seuil de tolérance dans l’excès démocratique à ne pas dépasser.

La démocratie et la quête de nouveaux repères

Une nation est toujours hétérogène du point de vue des caractéristiques socioéconomiques, ainsi que des références identitaires des différents groupes humains qui la composent. Et cette hétérogénéité peut exposer, du fait des contradictions exacerbées qu’elle peut susciter, dans certaines conditions, des risques réels d’éclatement de la nation, nonobstant l’existence de l’Etat et le partage de certaines valeurs communes.

Ce risque est grand quand des composantes importantes du peuple se mettent en ordre de bataille et se mènent au nom de la démocratie, ou plutôt d’une certaine vision de la démocratie, une guerre politique et médiatique sans merci, installant ainsi une tension sociale potentiellement explosive et qui mine l’autorité, ou encore quand le peuple aspire fortement à une expression libre de ses aspirations au changement, alors que la démocratie fait défaut ou est boiteuse, parce que manquant d’équité ou de mécanismes de régulation efficaces.

Par contre ce risque est réduit à son niveau le plus simple quand la démocratie existe suivant des modalités consensuelles qui permettent l’expression libre et manifeste des aspirations les plus diverses, favorisent les changements souhaités et que des mécanismes culturels et ou institutionnels de facilitation pour l’instauration d’un dialogue politique, social, dans le but d’arriver à des compromis résolutoires dynamiques, existent et fonctionnent bien.

En conséquence, la démocratie, bien que permettant en principe de faciliter l’expression des aspirations dans des formes acceptables et d’assigner à celles-ci des directions normalisées, ne semble pas pouvoir, si elle n’est pas accompagnée dans sa pratique d’autres mesures de renforcement, de bien remplir sa fonction de préservation et de sauvegarde de l’unité de la nation. Mais pourquoi donc réellement ?

Il faut retourner à la société et la questionner dans les domaines majeurs de son existence pour pouvoir répondre à cette question. Trois questionnements nous semblent pertinents à ce propos : quel est le vécu de la majorité des populations dans la société ? A quoi croit la société ? A quoi aspire la société ?

Ce que vivent les populations concrètement, dans le quotidien, c’est-à-dire leurs frustrations et leurs joies dans leur récurrence et leur intensité mêmes, les prédispose à développer des tendances collectives dominantes en certaines circonstances et dans certains domaines : ces tendances collectives résultent de pulsions sociétales, c'est-à-dire de pulsions communes, orientées et déterminées par un contexte sociétal donné. Elles expriment, en particulier, les directions de réactions collectives plus ou moins profondes et durables vers lesquelles la situation sociétale d’ensemble actuelle prédispose, sans autres formes de considérations.

Ce à quoi croit la société, c'est-à-dire ses valeurs, normes, règles, croyances, etc., toutes plus ou moins fortement intériorisées et partagées par les populations, la prédispose à accepter, favoriser, ou encore à décourager, condamner, au nom de celles-ci, certaines actions, pratiques, à tel ou tel moment : la société examine les événements qu’elle vit à la lumières de ces valeurs et normes, dont la pression sur les jugements sur les choses peut être plus ou moins grandes.

Mais des contradictions peuvent bien surgir entre les tendances qui se développent à partir de ce qui est vécu et celles qui résultent de ce à quoi on croit encore. Et de telles contradictions trouvent toujours, finalement, leur dénouement dans ce à quoi la société aspire fortement, et qui s’exprime pour celle-ci dans sa capacité de se projeter dans un avenir à devoir construire.

De ce point de vue, ce qui est acceptable pour la société dans le présent, qui se définit avec ses multiples possibles pour le futur, devient ce qui dans ce présent, et grâce à son usage, peut déjà la faire espérer fortement pour ce demain qu’elle veut construire : c’est cet attrait pour ce demain à construire, avec les moyens qu’offre le présent ou ce qu’on peut inventer à partir de ce dernier, qui rend souvent légitime aux yeux du peuple l’usage de ceux-ci (les moyens), sans autres considérations pour leurs natures.

Dans ce cas, tout moyen, de quelque nature qu’il soit, qui permet de donner une satisfaction aux aspirations collectives fortes du moment, devient acceptable et son usage adéquat légitimé. Alors, en conséquence, et en ce moment précisément, la démocratie considérée comme un moyen d’accès au pouvoir de gouvernance, suivant des modalités de détermination du choix populaire, peut se retrouver dans une situation qui favorise la quête ou la conquête de nouveaux repères ou de nouvelles modalités qui soient plus en adéquation avec les exigences du changement souhaité du moment : ce qui est en jeu ici, semble bien être la définition du profil d’un nouveau système de repères pour la démocratie, plus susceptible de permettre d’atteindre les objectifs de changement fixés.

Ainsi, la démocratie comme moyen de conquête du pouvoir ou de gouvernance, semble bien ajustable dans ses modalités mêmes et peut, en conséquence, bien changer d’un régime à un autre, et doit même changer pour rester en cohérence avec les exigences de celui-ci sur la période que ce dernier couvre : on cherche à changer les règles du jeu démocratique afin de pouvoir avoir une marge de gouvernance plus importante sur une période donnée ou d’inverser le rapport des forces sur la scène de compétition démocratique. La démocratie apparaît, ici, comme un simple instrument au service du pouvoir, à conserver ou à conquérir.

C’est pendant des moments de grandes quêtes pour de nouveaux repères et ou modalités dans le système démocratique que le risque de dérives démocratiques, mais aussi de contestations réactives exacerbées à de telles dérives, est évidemment le plus grand. Et ce risque peut prendre sa source aussi bien dans le camp du parti au pouvoir que dans celui de l’opposition, des medias, de la société civile, etc. Car tous, dans le but de conquérir et ou de conserver un pouvoir quelconque sur les choses, peuvent bien abuser de la démocratie dans la pratique, d’une manière ou d’une autre. Du coté de l’opposition, des médias et de la société civile, il y a une tendance naturelle à une surenchère démocratique, avec des risques réels d’enflures démocratiques : cela est d’autant plus vrai que les excès démocratiques, en bravant les règles et ou la morale, ont toujours un effet médiatique sensationnel qui fait sortir l’auteur concerné de l’ordinaire, car les excès démocratiques ont toujours un effet publicitaire.

Du coté du parti au pouvoir, la surenchère démocratique est de type tantôt réactif, tantôt anticipatif, et porte le plus souvent sur des mesures institutionnelles, lesquelles peuvent être plus ou moins contestées. Et d’excès démocratique en excès démocratique, la République et la démocratie risquent d’en pâtir : chaque acteur du jeu démocratique, en voulant, pour divers motifs profiler la démocratie à la mesure exacte de ses ambitions spécifiques, lesquelles évidemment ne peuvent point toujours coïncider avec celles du peuple et des citoyens dont les intérêts majeurs transcendent très souvent les intérêts partisans et personnels, contribue à faire de la démocratie non pas un espace de dialogue et de compromis pour construire le développement national tant attendu, mais plutôt un espace de déni réciproque de représentativité, de confrontation tous azimuts en vue d’une exclusion ou d’un anéantissement réciproques.

* M. Abdoulaye Niang enseigne la sociologue à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
Email :pniangabdou@yahoo.fr

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Commentaires & analyses

Guerre contre le terrorisme : Ce qui a mal tourné dans la politique américaine

2008-01-23

Paul Rogers

Le monde entre dans la septième année d’une guerre sans fin en vue. Il y a à peine six ans, à la fin décembre 2001, tout semblait différent. La campagne dirigée par les États-Unis avait mis fin au régime des talibans en Afghanistan, et les discussions à Washington concernaient déjà l’Irak de Saddam Hussein. Après le traumatisme des atrocités du 11 Septembre, l’administration de George W. Bush était en marche - et la force de ce que l’on commençait à peine à appeler la « guerre contre le terrorisme » commençait déjà à recréer la vision d’un « nouveau siècle américain ».


En janvier 2002, le discours sur l’Etat de l’Union du président célébrait la victoire en Afghanistan et élargissait la guerre contre Al-Qaida à un « axe du mal » d’Etats voyous (l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord). Ce message a ensuite été durci dans le discours qu’il a prononcé lors d’une cérémonie de remise de diplômes à West Point, en juin 2002, date à laquelle il a réaffirmé le droit de l’Amérique d’agir préventivement contre les menaces futures.

Il devenait alors évident que le régime des talibans n’était que le premier à devoir être éliminé, et que les ambitions de Washington s’étendaient au « changement de régime » dans un certain nombre de pays. A l’époque, sa devise dans les relations internationales devenait « Vous êtes avec nous ou contre nous » - et ceci s’est amplifié quand les préparatifs en vue de la confrontation avec l’Iraq se sont intensifiés en 2002-03.

Le renversement du régime de Saddam Hussein dans la guerre de mars-avril 2003, a été saluée en mai dans un nouveau discours solennel sur le pont du porte-avions nucléaire USS Abraham Lincoln, avec en toile de fond une bannière géante ou on pouvait lire « Mission accomplie. » A ce moment, marquant peut-être le point culminant de la démesure américaine - l’Afghanistan et l’Iraq étant considérés comme des succès, et l’insurrection en Irak n’ayant pas encore atteint un point critique - la voie semblait libre pour le plus grand et le plus audacieux projet politique et militaire de Washington : la transformation radicale du Moyen Orient et de sa périphérie.

L’Afghanistan lui-même était censé évoluer vers un Etat pro-américain avec des bases militaires permanentes à Bagram et Kandahar ; le pays devait aussi fournir un accès aisé pour de nouveaux oléoducs vers l’océan Indien. Dans le voisinage, les bases établies en Ouzbékistan (et peut-être d’autres Etats d’Asie centrale) auraient pour effet, à la fois, d’assurer l’influence considérablement augmentée des États-Unis dans les régions riches en pétrole dans le bassin de la Mer caspienne et d’accomplir le dessein géopolitique primordial consistant a contrer l’influence de la Russie et de la Chine.

Le projet de rêve

Cela seul constituait déjà un projet extraordinaire, mais l’Irak promettait d’être une récompense encore plus grande. La domination de Saddam Hussein avait été remplacée par le contrôle exercé par l’Autorité Provisoire de la Coalition (CPA) sous la direction du «vice-roi» Paul Bremer. Les réécritures complaisantes de l’histoire du CPA suggèrent aujourd’hui qu’il n’a représenté et supervisé guère plus qu’un chaos imprévisible. C’est faux : la réalité était qu’il existait un plan néo-conservateur précis visant la création d’un régime client des Etats-Unis, dont le rôle serait de favoriser une économie de marché libre extraordinairement flexible.

L’intention était de procéder à une privatisation complète de tous les avoirs de l’Etat (des sociétés israéliennes faisant partie des investisseurs étrangers), une participation étrangère massive dans l’industrie pétrolière, un système fiscal à taux d’imposition unique, le tout sous-tendu par une quasi-absence de réglementation financière. Le résultat imaginé aurait été une sorte d’«économie de rêve », d’un genre qu’il serait impossible de créer même aux États-Unis, étant donné la présence de syndicats gênants, de mouvements citoyens, de régulation des entreprises et d’autres obstacles réglementaires.

Les États-Unis auraient soutenu ce fantasme économique en maintenant fermement au pouvoir un État irakien client, en le protégeant (et le supervisant) par l’intermédiaire d’un réseau de grandes bases militaires à travers le pays. Le fait qu’un dixième des réserves mondiales de pétrole soit en territoire irakien (et représentant quatre fois celles de l’ensemble du territoire américain, y compris l’Alaska) signifiait qu’un Irak sous contrôle américain améliorerait grandement la sécurité pétrolière de la patrie. Enfin, et peut-être surtout, le succès de cette stratégie porterait un coup au véritable ennemi, l’Iran, dans la mesure où il ne serait peut-être même pas nécessaire de mettre fin au régime de Téhéran. Après tout, avec deux des voisins de l’Iran (à l’est, l’Afghanistan et l’Iraq à l’ouest) fermement aux mains des Etats-Unis, et avec la marine américaine contrôlant le golfe Persique et la mer d’Arabie, l’élite au pouvoir à Téhéran - quelle que soit sa couleur politique - hésiterait à mettre en péril sa sécurité nationale désormais vulnérable.

Le grand fossé

En mai 2003, tels étaient les plans et les attentes. A quoi tout cela ressemble-t-il aujourd’hui, vu à la dure lumière de la réalité ?

En Afghanistan, les talibans et d’autres milices ont fait un retour remarquable et font maintenant pression sur les 50 000 soldats étrangers. Au-delà de la frontière, dans l’ouest du Pakistan, de vastes zones sont hors de contrôle du gouvernement et à la disposition d’Al-Qaida, des Talibans et de leurs affiliés comme autant de territoires sûrs à partir desquels ils peuvent se préparer, lancer des opérations et se replier.

En Iraq, plus de 100 000 civils ont péri dans les violences, plus de 4 millions d’Irakiens ont été déplacés de leurs foyers (près de la moitié d’entre eux contraints de chercher refuge dans d’autres pays). Des dizaines de milliers d’Irakiens ont succombé à la maladie et la malnutrition, y compris des maladies nées de la pauvreté, tel que le choléra. Plus de 100 000 Irakiens ont été détenus sans jugement. Le coût humain inclut aussi la mort de 3895 soldats américains (en date du 19 décembre 2007) et des blessés par dizaines de milliers.

En 2007, un renforcement des effectifs américains a eu un certain effet dans la lutte contre la violence en Iraq ; mais la stratégie n’est pas soutenable et a utilisé des tactiques à courte vue qui pourraient n’avoir que gelé des problèmes qui risquent de resurgir plus tard. En dépit de la rhétorique de l’administration Bush au sujet d’un « retrait » d’Irak, la volonté d’y rester est évidente comme cela apparaît dans les négociations pour une présence à long terme avec le gouvernement de Nouri al Maliki et la construction de la plus grande ambassade du monde à Bagdad.

Dans le même temps, la pression des talibans sur l’armée américaine en Afghanistan (ainsi que sur d’autres contingents de l’OTAN) implique qu’il sera nécessaire d’y consacrer plus de troupes. La plupart des Etats de l’OTAN, cependant, sont résolus dans leur détermination à ne pas s’engager encore plus ; il n’est même plus acquis désormais que les importants contingents néerlandais et canadiens puissent être maintenus au niveau actuel.

Dans ce contexte, le mouvement Al-Qaida continue d’opérer. Son « image de marque » est capable d’attirer des recrues, d’entretenir des réseaux, s’insérant lui-même dans des conflits locaux, et (comme en Algérie, le 11 décembre 2007) de monter des opérations meurtrières. L’utilisation par les Etats-Unis de la « force brute » s’est révélée être un cadeau pour ses ennemis.

La mauvaise réaction

Le constat de cette réalité projette une lumière plus réaliste sur les décisions prises et la stratégie adoptée dans la période qui a immédiatement suivi le 11 septembre 2001.

Dès le début, les réponses aux atrocités commises à New York et Washington ont été inadaptées. Le mouvement Al-Qaida a été vu comme une bande d’extrémistes sataniques n’ayant pour objectif que la mort et la destruction plutôt qu’un mouvement transnational révolutionnaire complexe, centré sur une idéologie perverse aux fondements religieux. Avec de telles fondations, ses dirigeants et idéologues n’ont pas, comme la plupart des mouvements révolutionnaires le font, prévu de réussir de leur vivant. Même des objectifs à court terme tel que l’éviction des forces « croisées » des terres musulmanes et la destruction des régimes de l’« ennemi proche » au Moyen Orient pourraient prendre des décennies, alors que les objectifs à plus long terme tels que la création d’un califat islamiste pourrait prendre un siècle.

Pour une telle organisation, la réponse de l’administration de George W. Bush à ces assauts - reposant presque entièrement sur l’utilisation de la force - est exactement ce qu’elle voulait. Les campagnes successives en Afghanistan et en Iraq purent ainsi être habilement présentées (par l’intermédiaire d’une machine de propagande sophistiquée utilisant les nouvelles technologies et faisant appel à des sentiments populaires existants) comme des agressions commises par des « croisés » (et des « sionistes ») contre le cœur du monde islamique. En outre, Al-Qaida et ses alliés dans ces deux pays bénéficièrent d’un avantage précieux en se voyant fournir des zones d’entraînement au combat pour les nouvelles générations de jeunes combattants.

Une réponse aux attaques du 11 septembre, basée sur une compréhension et une prévision raisonnées, aurait eu bien plus de chances de connaître une issue juste et humaine. Elle aurait dû considérer ces évènements meurtriers comme d’horribles exemples de criminalité transnationale, et permis aux Etats-Unis, avec de nombreux partenaires volontaires, de construire une redoutable coalition dans le monde entier pour traduire les coupables en justice. Il aurait sans doute fallu des années et cela aurait été un processus complexe et difficile, mais les bénéfices en auraient été évidents : couper l’herbe sous les pieds du mouvement al-Qaida, qui ne bénéficiait alors en 2001 que d’un appui limité, et éviter les désastres de l’Afghanistan et de l’Irak avec leur énorme coût humain.

Au lieu de cela, l’administration Bush est tombée droit dans le piège. Depuis lors, des dizaines de milliers de personnes innocentes ont été tuées (en Afghanistan, en Iraq et dans d’autres théâtres de la « guerre contre le terrorisme »), plus encore ont été détenus, avec de nombreux cas de tortures et mauvais traitements. La réponse de Washington au 11 septembre a créé les bases d’un conflit qui peut durer des décennies.

Le prochain paradigme

La nature du « paradigme du contrôle, » profondément ancré dans la pensée militaire des Etats-Unis, signifie qu’un changement significatif de la politique est difficile à envisager et sera extrêmement difficile à entreprendre, même si les Démocrates s’emparent de la Maison Blanche en novembre 2008. À un certain stade, cependant, il faut que la réalité s’impose et elle s’imposera : l’impact profondément contre-productif de la conduite de la guerre contre le terrorisme viendra à être reconnu et des politiques plus judicieuses mises en œuvre.

En effet, c’est dans le caractère profondément contre-productif des politiques des six dernières années que se trouvent peut-être quelques motifs d’espoir. L’échec cuisant de ces politiques offre un espace pour une remise en cause de la posture occidentale à l’égard de la sécurité qui pourrait s’étendre à bien d’autres questions de sécurité globale.

Les vrais moteurs de conflit entre 2008 et 2030 seront probablement des questions de profonde inégalité mondiale, de désespoir économique, de mouvements de migrations, et de limites de l’environnement - toutes accentués par le changement climatique. Dans de telles circonstances, il serait trop facile que la principale exigence de l’Occident en matière sécurité soit le maintien du contrôle dans un monde fracturé. Dans la septième année d’une guerre sans fin en vue, les défaillances du renseignement qui ont marqué son début peuvent après tout être le point de départ d’une nouvelle approche de la sécurité humaine et planétaire dans les décennies à venir.

* Paul Rogers enseigne à l’université de Bradford dans le département Peace Studies (Cet article est aussi publié sur le site Alternatives Internationales)

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Migration : Interroger la nouvelle politique de migration : un enjeu de souveraineté

2008-01-23

Cheikh Tidiane Touré

La gestion des migrations est devenue un enjeu de débat qui influence fortement les relations publiques internationales et réveille les tensions entre peuples de différentes régions, l'Europe et l'Afrique en particulier, comme a pu récemment en témoigner le récent sommet UE-Afrique. Aujourd'hui, l'Europe cherche à déconstruire ce paradigme qui a longtemps nuit à la qualité du dialogue Nord-Sud, pour lui substituer un modèle nouveau qui vise à porter un regard plus positif sur le phénomène migratoire et la politique qui la sous-tend. Le concept de « co-développement » qui véhicule une idée de solidarité, de rapports plus profitables aux deux parties est de plus en plus usité. Cependant, une analyse critique et plus approfondie de cette politique et de sa mise en pratique est nécessaire si l'on veut véritablement prendre la mesure des enjeux et préserver les intérêts du continent.

Nouveau paradigme de la migration et enjeux globaux

La gestion des flux de migration irrégulière a connu des développements importants au cours de ces dernières années, tout particulièrement depuis le ralentissement de la croissance en Europe et concomitamment à la montée de l’extrême droite d’une part, et à une fuite des cerveaux et des forces vives du continent africain d’autre part. Désormais, il ne s'agit plus de réagir à des situations ponctuelles nécessitant le rapatriement de clandestins mais d'anticiper une politique à long terme pour une gestion effective et rationalisée de ce phénomène.

Dans ce sens, l’expérience de valorisation de la femme à travers la prise en considération de la dimension genre enseigne que le « mainstreaming » des anglophones apparaît comme un outil de mise en relief. Tout comme une meilleure prise en compte du genre dans les stratégies de développement permet de faire participer, au même titre, les hommes et les femmes, dans la définition des politiques de développement et leur mise en œuvre ; le « mainstreaming » de la migration doit permettre à nos gouvernements de développer une politique de migration maîtrisée, pour œuvrer en faveur du développement.

Le « mainstreaming » suppose dans ce contexte une approche de gestion de la migration qui s'insère dans un cadre global et amène les pays en développement à définir une politique de migration en tant que levier d'un développement harmonieux et durable pour leurs populations. Cette approche suppose qu'on puisse analyser et traiter la migration en tant que stratégie de développement dans la formulation des politiques publiques. Si une telle démarche présente quelques avantages pour les pays en développement, force est de reconnaître que l'Occident a beaucoup plus intérêt à ce quelle soit mise en œuvre, et pourrait en tirer beaucoup plus profit que les pays en développement.

La vérité est qu'aujourd'hui, la migration est devenue cette complexité autour de laquelle se jouent des enjeux de relations à la fois politiques, sociales, économiques et culturelles et qui organisent les nouveaux rapports entre l'Afrique et l'Occident. Cet effet pervers de la mondialisation, système basé sur « le laisser-faire », vient troubler le schéma d'un nouveau « Berlin » qui définit les règles bien plus subtiles du partage des ressources du monde, disons de l'Afrique, qui seule se prête généreusement à ce jeu de partage.

La mondialisation accepte que l'on déplace les biens et les capitaux, mais pas la force de travail. N'y a-t-il pas là un paradoxe qui s'oppose au principe de rationalité économique ?

L'indignité politique des africains à aller chercher les ressources là où elles se trouvent, prend un sens dans une certaine forme d'économisme. En effet, c'est l'Europe qui doit dire aux Africains comment entrer dans la mondialisation, non pas qu'il faille partir pour être dans la mondialisation, mais que la mobilité des biens et des capitaux s'accompagne forcément de mobilité des hommes et des femmes. A travers les accords signés par des pays comme le Sénégal, l'Europe nous indique comment entrer dans ses statistiques économiques de façon à se rendre prévisible. En revanche, la planification économique des Etats africains est injustement bouleversée par les mesures de l'OMC, qui renforcent les règles dictées par les institutions de Bretton Woods, qui leur demandent de laisser faire. L'Etat perd des recettes qu'il compense difficilement au profit d'un secteur privé national qui a du mal à s'imposer pour prendre la relève. Rappelons à cet égard, que la période récente de libéralisation du commerce a valu à l’Afrique sub-saharienne de perdre les deux tiers de ses parts de marchés internationaux, et une bonne partie de ces marchés domestiques nationaux et régionaux.

Devant cette situation, c'est toute la notion de souveraineté qui est déconstruite avec l'arrivée de nouveaux paradigmes qui viennent légitimer l'arbitraire d'un système déséquilibré de compétition tous azimuts.

Vers une instrumentalisation de la notion de co-développement

Le terme « co-développement » est quasi systématiquement mis en lien avec les questions de migration telle que la participation de la diaspora au développement de leur pays et de leur région d'origine. Sa vocation est, dit-on, de « valoriser les efforts des migrants décidés à mettre leurs compétences et savoir-faire au service de leur communauté ou encore d'y promouvoir des activités productives et des projets sociaux ». Le différentiel de change aidant, il est évident que les migrants ont plus de facilité à investir dans leurs pays d'origine plutôt que dans celui d'accueil.

Le concept de co-développement en soi peut également présenter un intérêt en ce qu'il permet de revendiquer, aussi, une défiscalisation de l'épargne des migrants, l'allégement des conditions de transfert dont le cumul annuel serait supérieur à la totalité de l'Aide Publique au Développement.

Si les projections intellectuelles permettent d'envisager d'énormes possibilités pour les gouvernements africains, il y a un risque de déboucher sur une vision instrumentale qui, d'ailleurs, ne pourrait s'appliquer qu’à un nombre relativement restreint de ces migrants.

Par ailleurs, il faut souligner que dans sa pratique, le co-développement est encore limité par une approche sécuritaire de la migration. En France par exemple, le co-développement est rattaché au ministère chargé de gérer les flux migratoires. Une telle association suscite quelques inquiétudes, notamment le paradoxe qui s'observe entre les efforts de rationalisation pour rendre l'aide publique plus efficiente et une réorientation en quelque sorte des priorités des bénéficiaires autour des priorités des donateurs.

En effet, les « actions de co-développement » vont être comptabilisées au titre de l'aide publique au développement, censée obéir aux principes d'appropriation et d'alignement derrière les priorités définies par les Etats bénéficiaires et non pas par les pays donateurs. D'ailleurs, on ne s'étonnerait pas de voir les hélicoptères et autres moyens de surveillance alloués au ministère de l'Intérieur, figurer dans l'enveloppe d'aide allouée au titre de l'aide publique au développement ; ce qui réoriente les destinations de l'aide.

L'autre paradoxe est qu'actuellement « les plus gros bénéficiaires de l'aide publique au développement ne sont pas les pays qui présentent le plus grand risque migratoire ». Selon certaines sources, il y aurait en France dix fois plus de Maliens que de Gabonais, mais le Gabon reçoit dix fois plus d'aide que le Mali. Y aurait-il un autre lien entre co-développement et le statut de producteur de pétrole ? Qui sait … ?

A l'évidence, les contours du co-développement demandent à être affinés pour que l'Afrique puisse y trouver son compte. Autrement, il ne constituera qu’une vaste illusion d'un pseudo-partenariat qui viendra s'ajouter au panier de frustrations déjà exprimées par une Afrique qui se débat encore timidement.

Que disent les Organisations de la Société Civile (OSC) ?

Les OSC sénégalaises, en dépit de l'indépendance qu'on leur prête, seraient de grands consommateurs de clichés et de modèles souvent importés d'ailleurs. Tout porte à croire que leur souveraineté est tout aussi compromise que celles de leurs Etats, si tant est que cette souveraineté existe. Les OSC sénégalaises oublient que les modèles sont des construits humains déterminés à prendre en charge une préoccupation particulière, en rapport avec des intérêts ciblés. Au Sénégal, nombre d'OSC se sont engouffrées allégrement dans les interventions qui leur ont été proposés pour soi-disant, arrêter le désastre de l'émigration clandestine. Ce faisant, elles exécutent l'agenda de l’Europe.

Les messages de campagne et les plans d'action qui les accompagnent condamnent fortement le départ des migrants qui passent par la mer, et tentent d'y apporter une solution mais, n'interrogent jamais les causes de cet acharnement de toute une génération à regagner l'autre rive. Ainsi l'on pourrait, dans les cinquante prochaines années, continuer à combattre l'émigration irrégulière à travers différents projets sans jamais attaquer le mal à la source.

Cette complicité des OSC pourrait être analysée soit comme hypocrisie, soit comme absence de vision stratégique qui les rendrait incapable d'analyser ce phénomène en rapport avec les inégalités, l'incidence des mesures de l'OMC sur les économies locales, la problématique de l'APD, la mal gouvernance, etc.

Ces organisations qui prétendent représenter les populations qu'elles assistent dans leurs difficultés ne sauraient-elles pas poser les bons diagnostics ? Comment expliquent-elles qu'un problème d'une si grande portée sociale et politique soit placé sous la responsabilité du Ministère de l'Intérieur qui joue les premiers rôles ?

* Cheikh Tidiane Touré est Coordinateur régional du programme Non Governmental Diplomacy au Conseil national des Ong africaines pour le Développement (Sénégal)
Email: congad@ngo-diplomacy.org

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Arts & livres

Global : Publication d'un ouvrage pour répondre au discours de Sarkozy

2008-01-22

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=APA00748publiyzokra0

Le Comité scientifique de Mémoire-Afrique, une structure qui a vu le jour suite à l'appel lancé en septembre 2007 par Mme Adam Bâ Konaré, l'épouse du président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a annoncé, lors de sa première réunion le 20 janvier à Bamako, la publication d'un livre pour répondre aux détracteurs du continent africain. L'ouvrage a été publié en réaction au discours prononcé en juillet 2007 à Dakar par le président français Nicolas Sarkozy.


Guinée-Bissau : Analphabétisme et pauvreté, freins à l’édition et à la lecture

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52520

Le taux élevé de l’analphabétisme, la pauvreté et l’absence de politique pour inculquer aux jeunes le goût et les avantages de la lecture constituent un frein pour l’édition des livres en Guinée-Bissau, selon le directeur des Editions « Ku Si Mon », Abdulai Sila. En l’absence de soutien de l’Etat et compte tenu de l’étroitesse du marché, les éditeurs bissau-guinéens travaillent à perte.


Niger : Les écrivains invités à produire dans les langues nationales

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52245

Le ministre nigérien de la Culture invite les écrivains de son pays à s’intéresser davantage à la production d’ouvrages en langues nationales, en vue de contribuer à la diversité culturelle. Le recours aux langues du terroir « ne doit pas être perçu comme un repli sur soi, mais comme la volonté de nous enraciner profondément dans nos valeurs culturelles afin de mieux appréhender la part féconde des apports extérieurs et contribuer ainsi à la diversité culturelle », a indiqué le ministre.


Sénégal: "Hommage national" à Ousmane Sembène en juin

2008-01-22

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080122/tcu-senegal-cinema-sembene-0b4785e_1.html

Un "hommage national" sera organisé au Sénégal en juin prochain à l'occasion de la commémoration de la mort du pionnier du cinéma africain qui s'est éteint le 9 juin 2007 à l'âge de 84 ans. Cet hommage national se tiendra les 8 et 9 juin ou les 9 et 10 juin. Il sera organisépar le ministère de la Culture, la société de production qu'avait mise en place Sembène et les associations de cinéastes et d'écrivains du Sénégal, avec la participation de nombreux universitaires.





Zimbabwe

Mbeki tente de relancer les discussions

2008-01-21

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3936

Sous l'égide de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), les pourparlers au Zimbabwe pour mettre fin à l'impasse politique entre le parti au pouvoir, la ZANU PF et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de l'opposition, ne tiennent qu'à un fil. Les discussions ont repris le 13 janvier sous la supervision directe du président sud-africain Thabo Mbeki, qui est actuellement sous pression pour conclure les négociations avant les élections. La constitution du Zimbabwe dispose que le mandat présidentiel actuel de six ans prend fin le 31 mars 2008 et convoque la tenue des élections avant cette date.





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : Kadhafi ne croit pas à l’Union Africaine à partir des intégrations régionales

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52415

Le Guide la révolution libyenne, Mouammar El Kadhafi, a rejeté l’idée selon laquelle l’unité africaine doit être précédée de l’intégration des grands ensembles régionaux du continent. Invité spécial de la 33è session des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Ouagadougou, ouverte le 18 janvier, Kadhafi a estimé à l’occasion que l’intégration régionale ne s’aurait être le premier pas décisif vers l’intégration continentale.


Afrique : L'industrialisation et élections au menu du sommet de l'UA

2008-01-22

http://www.ouestaf.com/Sommet-de-l-U-A-fin-janvier-a-Addis-Abeba-Industrialisation-et-elections-au-menu-des-chefs-d-Etat_a1377.html

Les chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Africaine (U.A), qui doivent tenir leur dixième sommet du 31 janvier au 02 février prochain à Addis Abeba, vont se pencher sur la "l'industrialisation" du continent et procéder à l'élection des principaux dirigeants de la commission de l'U.A dont le président.
Divers autres points sont inscrits à l'ordre du jour, mais la question de l'élection du président de la Commission de l'UA risque de dominer les débats, à côté du thème officiellement retenu pour ce dixième sommet.


Afrique : L'UA proroge ses sanctions contre Anjouan

2008-01-22

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=APA31948luaprnauojn0

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), réuni le 21 janvier 2008 à Addis-Abeba sur la crise anjouanaise, a décidé de proroger d'un mois les sanctions précédemment prononcées contre les autorités rebelles de l'île d'Anjouan (gel de leurs avoirs financiers et une interdiction de voyager contre près de 145 personnes proches du colonel Mohamed Bacar). Le Conseil s'est abstenu de prendre de nouvelles mesures contre le gouvernement anjouanais en attendant la réunion ministérielle des pays de la région dont aucune date n'a été arrêtée.





Femmes & genre

Burkina : Inquiétudes face à la multiplication des grossesses non désirées

2008-01-21

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76332

Chaque année au Burkina Faso, près de 500 filles tombent enceintes contre leur gré et bon nombre d’entre elles abandonnent leur nouveau-né dans des toilettes, des poubelles ou derrière des immeubles. Ce phénomène choquant devient particulièrement fréquent à Ouagadougou, la capitale, à mesure que de plus en plus de personnes quittent les campagnes pour venir s’y installer. Pas instruites, ces filles ne comprennent même pas pourquoi elles ont leurs règles, et ne savent pas vers qui se tourner.





Droits humains

Guinée : La commission sur les tueries de 2006 et 2007 manque de moyens

2008-01-22

http://www.afrik.com/article13433.html

La commission qui doit faire la lumière sur les tueries de juin 2006 et de janvier-février 2007 en Guinée manque de moyens pour accomplir sa tâche. Le président de la structure a déjà exprimé ses craintes dans une lettre envoyée au Premier ministre. La Commission d’enquête est chargée de "faire des investigations sur les crimes, délits et violations des droits de l’homme" commis dans cette période où la Guinée a connu une situation socio-politique tendue, entraînant des affrontements entre les forces de sécurité et les populations.





Réfugiés & migration forcée

Comores : L'exode risqué vers Mayotte

2008-01-21

http://www.afrik.com/article13414.html

Les Comores sont l’un des Etats les plus pauvres de la planète alors que Mayotte, territoire français situé 70 kilomètres plus au sud, fait partie de l’Union européenne et est une île prospère. A mesure que se creuse l’écart économique entre ces deux îles, de plus en plus de migrants comoriens pauvres sont prêts à braver la mer pour se rendre à Mayotte à la recherche d’une vie meilleure. La traversée, à bord d’embarcations branlantes en bois, n’est pas sans risque. On estime le nombre de victimes entre 200 et 500 chaque année.





Mouvements sociaux

Maroc : Un Forum social aux grandes ambitions

2008-01-21

http://alternatives-international.net/article1628.html

La rencontre de Bouznika des 25-26 et 27 Janvier 2008 s’inscrit dans la mobilisation mondiale des mouvements sociaux. Et de ce fait les thèmes qui y seront abordés sont à dimension maghrébine, africaine et mondiale. Ils ne sont pas spécifiques au Maroc. Bien qu’ils soient abordés selon une sensibilité locale et sur la base du vécu et des expériences locales, ils découlent des exigences de lutte commune et de dialogue entre les mouvements sociaux du Maghreb, de l’Afrique et du monde entier.


Mali : Aminata Traoré souligne l'importance du FSM

2008-01-22

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3939

Aminata Dramane Traoré, un des leaders du mouvement altermondialiste au Mali et en Afrique, estime que le Forum social mondial est un mouvement associatif nécessaire pour la lutte commune des peuples opprimés contre un ''ordre économique mondial violent'' qui bafoue souvent les droits fondamentaux de ces peuples. En l'absence d'un Forum social mondial cette année, différentes activités nationales ou régionales sont au programme des altermondialistes.





Elections & gouvernance

Centrafrique : Nomination d'un nouveau Premier ministre

2008-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP31858lerecertsin0

Le président centrafricain François Bozizé a nommé, le mardi 22 janvier, le recteur de l'université de Bangui, Faustin-Archange Touadéra, au poste de Premier ministre. Il remplace Elie Doté, dont le gouvernement a démissionné le 18 janvier par souci de "préserver la paix sociale, la cohésion et la concorde nationales". Nommé à ce poste le 12 juin 2005, après la victoire de François Bozizé à l'élection présidentielle, M. Doté, 60 ans, a fait les frais des contestations syndicales nées des réformes sociales.


Gabon : Indignation du gouvernement contre les propos d'un ministre français

2008-01-21

http://www.grioo.com/info12691.html

Le Conseil des ministres du Gabon, réuni le jeudi 17 janvier, s'est élevé contre les propos tenus par le secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel. Ce dernier avait exhorté le président Sarkozy à "ne plus céder à un certain nombre de caprices, un certain nombre de demandes incohérentes de certains pays qui ont d'un côté une rente pétrolière qu'ils ne consacrent pas aux investissements qu'ils nous demandent de financer". Pour le gouvernement gabonais, "de tels propos ne peuvent être mus que par l'ignorance des réalités de la coopération franco-africaine".


Cameroun : Biya interdit les marches contre la révision de la Constitution

2008-01-21

http://www.grioo.com/info12690.html

Les manifestations contre la modification de la Constitution du Cameroun sont interdites dans la province du Littoral, dont Douala. Dans son message à l'occasion du Nouvel an, le président camerounais, Paul Biya, avait annoncé la révision prochaine de la Constitution du pays, notamment son article limitant à deux les mandats présidentiels. Selon les dispositions actuelles de la Constitution camerounaise, le président Biya, dont le mandat expire en 2011, ne pourra plus se représenter. Arrivé au pouvoir en 1982, suite à la démission de Ahmadou Ahidjo, il avait été élu en 1997 et réélu en 2004.


Kenya : Koffi Annan entame sa médiation dans une atmosphère tendue

2008-01-23

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP34858violeipcals0

L'ancien secrétaire général des Nations, Koffi Annan, est arrivé au Kenya le 23 janvier pour entreprendre un médiation, alors que la situation reste marquée par les violences et les assassinats. Dans ce contexte, l'Union africaine (UA) a condamné "les violations massives des droits de l'Homme", au moment où le pouvoir comme l'opposition ont décidé de porter les violences post-électorales qui ont fait au moins 700 morts depuis fin décembre devant la Cour pénale internationale (CPI). A La Haye, la CPI est aussi inondée de telles demandes de poursuites venant de différents pays, qui restent sans suites.


Zambie : Le président Mwanawasa déclare ouverte la course à sa succession

2008-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP80758leprsnoisse0

Le président zambien, Levy Mwanawasa, dont le mandat se termine en 2011, a déclaré ouverte la course à sa succession, en avertissant les éventuels candidats de ne pas négliger leurs fonctions gouvernementales pour mener campagne, sous peine d'être limogés. Il vait précédemment mis en garde les responsables de son Parti pour une démocratie multipartite (MMD) qu'ils devraient démissionner s'ils se mettaient en campagne. Le chef de l'Etat termine son second mandat en 2011 et le MMD devrait désigner le candidat à sa succession lors de son congrès l'an prochain.





Afrique & Chine

Afrique : l'Union Africaine pose le débat sur les relations avec la Chine

2008-01-22

http://www.ouestaf.com/Relations-sino-africaines-l-Union-Africaine-pose-le-debat_a1373.html?PHPSESSID=0a5bfb8edaec1b6a41a946930da39442

Les relations sino-africaines ont été au centre d'une conférence tenue à Addis Abeba ce 18 janvier à l'initiative de la Commission de l'Union Africaine (U.A). La rencontre était animée par le sénégalais Adama Gaye, auteur d'un ouvrage sur la question, qui avait à ses côtés le professeur Chris Alden de la London School of Econmics (LSE) et le Dr Harry Brodmann de la Banque mondiale, à Washington. La rencontre eu lieu en présence des diplomates accrédités auprès de l'UA.





Corruption

Afrique du Sud : L’opposition accuse l’ANC de protéger ses membres corrompus

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_topic&id_mot=9

Le Congrès National Africain (ANC) essaye de protéger quelques uns de ses membres contre les Scorpions, l’unité de la police chargée de réprimer la répression, ont indiqué des partis de l’opposition. Selon l’Alliance Démocratique (DA, opposition) et le ‘United Democratic Movement’ (Mouvement Démocratique Uni, UDM), l’ANC n’a jamais donné de raisons valables pouvant justifier la dissolution de l’unité des Scorpions exerçant les fonctions de police et qui devraient être reversés dans la police nationale en juin 2008.


Cameroun : 22.877 fonctionnaires en situation obscure recensés

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52756

Le ministère camerounais de la Fonction publique et de la Réforme administrative a débusqué 22.877 fonctionnaires en situation obscure dans 37 administrations, à l’issue des opérations d’assainissement du fichier solde de l’Etat qui se sont achevées en fin août 2007. Dans le lot des personnes dont la situation reste à clarifier, 2.734 agents publics présentent des faux actes de carrière (actes de nomination, faux avancements et reclassements, indemnités).





Développement

Afrique : Hausse des prix en vue en Afrique de l'Ouest

2008-01-22

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76351

Déjà élevés pour cette période de l’année, les prix des produits alimentaires ne cessent de grimper dans les marchés des quatre coins de l’Afrique de l’Ouest ; fortes de ce constat, les organisations humanitaires devraient se préparer à une crise alimentaire, peut-être grave, susceptible de survenir dans le courant de l’année. En effet, bien que l’Afrique de l’Ouest ne manque pas de vivres, les populations de cette région pauvre risquent de ne plus avoir les moyens de s’en procurer assez pour vivre.


Afrique : Gbagbo dénonce le manque de soutien de la Cedeao dans les APE

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52533

Le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo a estimé que la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui ont paraphé des accords intérimaires de partenariats économiques (APE) avec l'Union européenne, n’ont pas bénéficié de la solidarité de cette institution. Selon lui, «la Commission de la CEDEAO n’a pas fait son travail », sachant qu’au 31 décembre 2007 tombait l'échéance pour la signature des APE.


Afrique : Les parlementaires africains réfléchissent sur les lois de population

2008-01-22

http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2521&md=1

"39 millions de grossesses non planifiées en Afrique subsaharienne, 1 million 731 138 décès maternels issus de grossesses non intentionnées". Ces chiffres sont tirés d'une étude révélés par le vice-président du forum des parlementaires africains et arabes pour la population et le développement, El Hadj Malick Diop, à l'ouverture de leur atelier, le 21 janvier 2008 à Ouagadougou. La rencontre a pour but d'évaluer et de mettre à jour les agendas législatifs des onze pays participants.


Afrique : Un Ivoirien à la tête de la BCEAO

2008-01-21

http://fr.allafrica.com/stories/200801180104.html

L'Ivoirien Philippe-Henry Dacoury-Tabley est le nouveau gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Il succède ainsi à un autre Ivoirien, Charles Konan Banny. Mais sa nomination intervient après deux années marquées par des velléités de certains pays membres de l'Uemoa à vouloir changer le gentleman agreement qui a toujours prévalu, à savoir que la présidence de l'institution revienne toujours à la Côte d'Ivoire. Le principe de rotation au niveau de la gouvernance, ainsi souhaité, interviendra avec le prochain mandat.


Afrique du Sud : La première économie du continent va rationner son électricité

2008-01-22

L'Afrique du Sud s'apprête à rationner l'électricité pour des années, incapable de faire face à la demande croissante de la première économie du continent. Face à la colère suscitée par des coupures répétées, qui ont déjà causé d'énormes pertes, le gouvernement a annoncé le 21 janvier qu'il allait mettre en place des quotas de consommation et des sanctions contre les contrevenants. Cette réglementation, préparée avec la compagnie publique d'électricité Eskom, pourrait entrer en vigueur dans les trois mois.


Cameroun : Les étrangers dominent à plus de 80 pour cent la pêche artisanale

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52481

La pêche artisanale au Cameroun est contrôlée à plus de 80 pour cent par les étrangers, notamment les Ouest-africains, selon les services du ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA). Selon la direction de la Pêche, sur les 25 000 pêcheurs répertoriés dans ce secteur de production, les Camerounais ne représentent que 16,5 pour cent des effectifs, derrière les Nigérians (68 pour cent). Les autres communautés les plus représentatives sont les Béninois, les Ghanéens, les Libériens, Maliens, Sénégalais et Sierra léonais.


Congo : Plus de 1.600 milliards FCFA pour le budget 2008

2008-01-21

http://www.grioo.com/info12693.html

Le gouvernement congolais a arrêté l'avant-projet du budget de l'Etat pour l'exercice 2008, fixé en recettes et en dépenses à la somme de 1 671 milliards de FCFA. L'enveloppe est en hausse de 294 093 milliards de FCFA par rapport à l'année précédente. Pour ce budget, les recettes pétrolières sont estimées à 1 321 milliards de FCFA, contre 1 054 milliards de FCFA en 2007, alors que les recettes hors pétrole devraient atteindre 300 milliards de FCFA, en augmentation de 32,9 milliards de FCFA par rapport à l'année précédente.


Kenya : Les activités du Port de Mombassa se normalisent

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52748

Le gouvernement kenyan a annoncé le lundi 21 janvier que les opérations ont repris de façon normale au port de Monbasa, avec le transit de plus de 680 conteneurs expédiés vers plusieurs destinations, notamment l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi (pays enclavés) et le Congo. Le commerce international, notamment les importations et les exportations avaient été durement affectées par la montée de la violences qui ont suivi la réélection de Mwai Kibaki à la tête du pays, mais qui s’est à présent apaisée.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Alerte aux épidémies de méningite

2008-01-21

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76331

’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que des épidémies de méningite s’étaient déclarées dans trois pays d’Afrique de l’Ouest, marquant le début de ce qui pourrait être, selon les experts, l’épidémie de méningite la plus grave qu’ait connu l’Afrique depuis 10 ans. « Au Burkina Faso, un district est en état d’alerte, une épidémie a été signalée dans une des régions du Nigeria et deux cas ont été observés au Niger, ainsi que plusieurs en République démocratique du Congo », a expliqué le responsable du Centre de surveillance pluripathologique de l’OMS à Ouagadougou.


les personnes les moins éduquées, principales victimes du VIH

2008-01-22

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76354

Le sida a longtemps été caractérisé comme une maladie liée à la pauvreté. Cependant, selon les résultats d’une nouvelle évaluation, un changement s’est opéré au cours des 10 dernières années au niveau du profil socio-économique des Africains les plus vulnérables au VIH. Une équipe de chercheurs a découvert que les personnes les plus éduquées étaient plus susceptibles d’être infectées au VIH que les individus les moins éduqués. parce que plus aisées, plus mobiles et plus enclines à avoir des partenaires sexuels multiples.


Mozambique : Le Brésil va installer une fabrique d'ARV

2008-01-21

http://www.grioo.com/ar,le_bresil_va_bientot_fabriquer_des_arv_au_mozambique,12721.html

Une usine pharmaceutique de production de médicaments antirétroviraux va s'installer au Mozambique dans les 18 prochains mois, a annoncé l'ambassadrice du Brésil à Maputo. Lors de son voyage au Mozambique, en novembre 2003, le président Luis Inacio Lula da Silva avait promis que le Brésil construirait une telle unité pharmaceutique pour produire des médicaments génériques antirétroviraux destinés à toute la région de l'Afrique australe.





Éducation

Algérie : Les lycéens protestent contre le trop plein de matières

2008-01-21

http://fr.allafrica.com/stories/200801210006.html

Des milliers de lycées sont sortis dans les rues d'Alger le 20 janvier, entraînant l'intervention des forces de l'ordre. Les élèves évoquent de mauvaises d'études, avec notamment la surcharge de matières : «Nous étudions 16 matières dans des conditions très difficiles, même les enseignants éprouvent la plus grande peine à assurer leurs cours.», dénoncent-ils.


Mali : Une grève paralyse le secteur secondaire

2008-01-22

http://fr.allafrica.com/stories/200801220530.html

La Coordination des syndicats de l'enseignement secondaire (Coses) a mis à exécution sa menace de grève de 48 h à compter du 21 janvier. Mécontente du flou qui entoure l'adoption d'un plan de carrière et de la non-satisfaction de certains points de son cahier de doléances, la Coses observe une grève allant du 21 au 22 janvier. Cette grève sera reconductible le lundi 28 et mardi 29 janvier, dates correspondant aux examens du premier trimestre 2008.


Nigeria : La pénurie de salles de classe menace l’accès à l’éducation

2008-01-21

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76298

Avec le succès que connaît le programme Universal Basic Education (UBE), dont l’objectif est de garantir l’accès à une éducation gratuite à tous les enfants nigérians, le nombre d’écoliers ayant achevé leur cursus primaire a plus que doublé en 2007, un problème épineux auquel les responsables de l’enseignement secondaire essaient d’apporter une solution. Plus de 49 000 écoliers ayant achevé leur cursus primaire en 2006, dans la ville de Kano (nord du Nigeria) pourraient ne pas être admis dans des écoles secondaires en raison d’un grave manque d’enseignants qualifiés et de salles de classe.





Média & liberté d'expression

Centrafrique : Deux ans de prison requis contre un journaliste

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52678

Le procureur de la République, Firmin Féïdiro, a requis lundi une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et une amende de trois millions de FCFA contre le directeur de publication du journal «Les collines de l’Oubangui», Faustin Bambou. M. Bambou est poursuivi pour diffusion propagande de nature à inspirer aux citoyens le mépris des autorités et inciter à la révolte. L’affaire a été renvoyée en délibéré pour le lundi 28 janvier prochain.


Niger : Les deux journalistes français sont sortis de prison

2008-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP54108lesdenosirp0

Les deux journalistes français Pierre Creisson et Thomas Dandois, inculpés et incarcérés au Niger pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" depuis près d'un mois, sont sortis de prison le 18 janvier, après le paiement d'une caution fixée à 10 millions de francs CFA (15 257 euros) chacun. Deux autres journalistes nigériens, Moussa Kaka et Ibrahim Manzo, sont toujours détenus. Tous deux risquent la peine de mort.


Niger : Le harcèlement des journalistes, un obstacle au développement

2008-01-21

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76284

Les organismes de défense de la liberté de la presse s’accordent à dire que la multiplication des arrestations et des actes d’intimidation et de harcèlement à l’encontre des journalistes au Niger entrave le développement de ce pays, qui compte parmi les plus pauvres du monde. Au moins 14 journalistes ont été arrêtés au Niger, en 2007. Dans son enquête annuelle, publiée le 9 janvier, la Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest (MFWA), sise au Ghana, a annoncé avoir observé 23 cas de violation de la liberté de la presse au Niger en 2007.





Plaidoyers & campagnes

Niger : Les organisations du secteur des médias sonnent l'alerte

2008-01-21

http://alternatives-international.net/article1614.html

Depuis quelques temps, les journalistes nigériens vivent dans la tourmente. Les arrestations, les actes de violence, les menaces et les privations de liberté d'expression se multiplient. Cette situation a poussé les organisations socioprofessionnelles du secteur des médias à lancer «un appel à la solidarité et à la mobilisation pour faire échec aux velléités des prédateurs de la liberté de la presse tapis dans certains partis politiques et institutions publiques».





Nouvelles de la diaspora

Global : La lente installation des noirs africains en France

2008-01-21

http://www.grioo.com/info12652.html

Si jusqu’aux années 60, la France détient un vaste empire coloniale, l’installation de ses anciens sujets en métropole avant comme après les indépendances est un processus lent. Les ressortissants d’Afrique noire se sont installés par petites vagues, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Le vrai tournant prend place dans les années 70. Une étude réalisée par l'Institut national de l’étude démographique, donne un aperçu précis de la composition du flux de population qui se rend en France.


Global : Oprah Winfrey aura sa propre chaîne de télévision !

2008-01-21

http://pourelle.grioo.com/gpe647.html

Oprah Winfrey vient de faire l’acquisition de la chaîne câblée américaine Discovery Health Channel (DHC). Lancée en 1999, cette chaîne, regardée par plus de 68 millions de foyers américains, est une propriété du groupe Discovery Communications (également propriétaire de Discovery Channel). Sa programmation est dédiée aux différents aspects de la santé et du bien-être. DHC va disparaître pour laisser place à OWN, la future chaîne de télévision de la businesswoman de 53 ans.


Global : 200 millions d'euros pour l'intégration des immigrés en Espagne

2008-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=APA13718deuxcengaps0

Le gouvernement espagnol vient de doter le Fonds d'appui à l'accueil et l'intégration des immigrés, d'un budget de 200 millions d'euros, pour le financement de programmes au profit de cette catégorie d'étrangers. Une initiative du gouvernement socialiste de doter ce Fonds de ressources supplémentaires s'était déjà heurtée au refus de l'opposition de droite. Quelque 786 000 ressortissants de divers pays africains vivant en Espagne, disposaient, au 30 juin 2007, d'une carte de séjour, dont plus de 600.000 Marocains, première communauté étrangère dans ce pays européen.





Conflits & urgences

Côte d'Ivoire : Paris annonce une forte réduction de ses troupes

2008-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP83108parissepuor0

Après plus de cinq ans d'interposition en Côte d'Ivoire, Paris va réduire d'un quart les effectifs de sa force Licorne, arguant de "l'amélioration de la situation sécuritaire" alors que des élections sont prévues d'ici juillet pour sortir ce pays de la crise. Les effectifs de Licorne seront ramenés dans les deux prochains mois de 2.400 à 1.800 militaires, a annoncé l'état-major des armées, le dimanche 20 janvier.


Kenya : Le pays en «rupture de stock»

2008-01-21

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3938

L'enfer a commencé quand le 30 décembre, quand le président de la Commission électorale du Kenya (ECK) a déclaré Mwai Kibaki gagnant des élections présidentielles controversées du 27 décembre. Certains jeunes ont barricadé les routes et lancé des pierres aux véhicules, tandis que d'autres ont mis le feu à des boutiques pour manifester leur colère à propos de ce qu'ils considéraient comme une élection volée. Dans l'atmosphère de violence qui s'est installée, toutes les activités commerciales ont cessé et d'un magasin à un autre, la réponse est vite devenue la même ; «Rupture de stock».


Kenya : Nairobi exige des explications de Londres

2008-01-22

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=52687

Le ministre kenyan des Affaires Etrangères, Moses Wetangula, a convoqué le lundi 21 janvier le Haut Commissaire Britannique au Kenya, Adam Wood, au sujet des déclarations du Sous-secrétaire britannique aux Affaires Etrangères et au Commonwealth, Meg Munn affirmant que la Grande-Bretagne ne reconnaissait pas le gouvernement de Mwai Kibaki. Pour M. Wetangula, la situation politique actuelle que vie le pays est un problème à la fois kenyan et africain et que le Kenya avait les mécanismes nécessaires pour prendre en charge la crise.


Liberia : UN ex-rebelle confesse le meurtre de 20 000 personnes

2008-01-21

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=XIN80028lexresennos0

Milton Blayee, un ancien rebelle libérian surnommé "général Butt Naked", a reconnu avoir tué environ 20 000 personnes avec ses confrères. Cet ancien rebelle, devenu aujourd'hui pasteur évangéliste engagé, a confessé devant la Commission Vérité et Réconciliation ( CVR) qu'il lui faillait faire un sacrifice humain avant d'aller combattre au front, et il s'agissait d'une tradition en sa qualité du prêtre de l'ethnie Krahn. Milton Blahyi était un combattant redouté du Mouvement uni de libération pour la démocratie (Ulimo) favorable au président Samuel Doe.


Mauritanie : Arrestation de présumés membre d'Al Qaeda

2008-01-21

http://www.afrik.com/article13424.html

Au moins trois personnes d’origine maghrébine et un Mauritanien, considérés comme proches de la mouvance terroriste salafiste, ont été arrêtés ce week-end par la police mauritanienne. Dans le même temps, quatre personnes suspectées d’avoir aidé les assassins des quatre touristes français retrouvés morts près d’Aleg, le 24 décembre dernier, ont été inculpés par la justice.


RD Congo : La clôture de la conférence de paix au Kivu a été repoussée

2008-01-23

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP33148lacltessuop0

La clôture de la conférence de paix au Kivu, initialement prévue le mardi 22 janvier, a été repoussée du fait de blocages avec l'un des principaux groupes armés de ces régions troublées de l'est de la République démocratique du Congo (RDC). "Nous allons poursuivre la (réunion) plénière demain (mercredi) et la cérémonie de clôture sera probable(ment) demain", a déclaré le rapporteur général de la conférence, censée formuler après 15 jours de débats à Goma une série de "recommandations" pour la paix et le développement dans les deux provinces du Kivu.





Internet & technologie

Afrique : Panos lance un concours pour les journalistes

2008-01-22

http://www.haayo.org/Prix-IPAO-Societe-de-l-Information.html

L’Institut Panos Afrique de l’Ouest lance un concours de production médiatique sur les NTIC en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce concours est ouvert aux journaliste, francophone ou anglophone, de la presse écrite et audiovisuelle de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale. Les intéressés doivent soumettre un article ou une production radiophonique sur le thème : « NTIC et élections en Afrique », au plus tard le 15 mars 2008.


Afrique : Quand le téléphone sert de banque

2008-01-22

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4852

C'est par le téléphone portable que passeront à l'avenir les transferts d'argent. Les premiers essais sont déjà en cours dans plusieurs pays d'Afrique. Une solution séduisante pour simplifier les envois d'argent des migrants, les faire rentrer dans les circuits officiels et favoriser l'investissement. Déjà au Kenya, l'opérateur de téléphonie Safaricom s'est allié à des banques pour monter le système Pesa ("argent mobile", en swahili) qui permet avec un simple SMS de recevoir ou d'envoyer jusqu'à 400 dollars.





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