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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Fahamu a été sélectionné par le Tech Museum of Innovation parmi 301 candidats représentant 64 pays pour recevoir un prix Tech Museum Award . Ces candidats représentent « l’élite des technologistes dont les innovations bénéficient à l’humanité ». Fahamu est l’un des cinq lauréats Tech dans la catégorie éducation.

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VOIX AFRICAINES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA JUSTICE SOCIALE

book cover EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004
Édité par Firoze Manji & Patrick Burnett
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Pambazuka News 42: Les bévues des relations franco-tchadiennes ?

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

Pour nous lire sur Internet, consultez le site www.pambazuka.org

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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Moniteur de l'Union Africaine, 7. Femmes & genre, 8. Droits humains, 9. Réfugiés & migration forcée, 10. Mouvements sociaux, 11. Elections & gouvernance, 12. Corruption, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. LGBTI, 17. Média & liberté d'expression, 18. Plaidoyers & campagnes, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Internet & technologie, 22. Collecte de fonds & ressources utiles, 23. Cours, séminaires, & ateliers, 24. Emploi

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Sommaire de cette édition

Dans ce numéro

2008-02-07

CHRONIQUE : Les bévues des relations franco-tchadiennes ?
COMMENTAIRES ET ANALYSES : L’Afrique peut s’inspirer du modèle chinois
ARTS ET LIVRES : Cameroun : Les jumeauix de Masao apportent un nouveau souffle à la musique.
ZIMBABWE : L’ancien ministre Simba Makoni vise le trône de Mugabe.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Jean Ping ou le retour de l’ordre ancien à l’UA ?
FEMMES ET GENRE : Afrique : Les Premières dames décidées à combattre les violences faites aux femmes.
DROITS HUMAINS : Global : L’Arche de Zoé et le cannibalisme humanitaire.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Maroc : 86 clandestins interpellés.
MOUVEMENTS SOCIAUX : Maroc : Le Forum social de Bouznika organisé avec succès.
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : La France arrête une enquête sur les biens mal acquis des dirigeants africains.
CORRUPTION : Bénin : Libération d’un député impliqué dans un dossier de crime économique.
DEVELOPPEMENT : Bénin : Réduire la pauvreté grâce aux micro-crédits.
SANTE ET VIH/SIDA : Burkina : 450 millions de dollars de médicaments pour soigner les maladies «négligées».
EDUCATION : Afrique : Accord de coopération entre les universités de Nouakchott et de Saint-Louis.
LGBTI : Sénégal : 5 personnes en garde en vue après un mariage homosexuel.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Gambie : Des journalistes publient un livre à la mémoire de Deyda Haydara.
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : La société civile interpelle la Côte d’Ivoire et le Ghana sur les APE.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : 8e Forum économique des diasporas africaines à Paris.
CONFLITS ET URGENCES : Comores : Intervention militaire imminente sur l’Iles d’Anjouan.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Le satellite panafricain Rascom enfin sur orbite.





Chroniques

Les bévues des relations franco-tchadiennes

2008-02-07

Kamis, Wardougou, Eriteïro et Nadji

Des voix s’élèvent, au sein du gouvernement français, pour demander au Président Sarkozy la rupture d’avec les pratiques de la Françafrique dans les relations entre la France et l’Afrique. Ce serait entendre la raison. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement.

Il faut seulement que la France change de philosophie et des manières de faire. Elle ne peut continuer avec cette idée de vouloir faire le bonheur des peuples d’Afrique contre eux. Alors qu’elle continue de soutenir, par sa force et ses magouilles, des types de dirigeants qui n’ont ni le savoir, ni la volonté de changer leurs pays.

Le Tchad apparaît, dans cette relation France-Afrique, comme le maillon le plus faible du dispositif français. Voilà un pays à qui Dieu a donné le pétrole mais à qui cette ressource ne sert pratiquement à rien. Le président Idriss Déby Itno achète à tours de bras armes, avions, missiles et autres vétilles afin de s’imposer aux rebelles et museler son peuple. L’argent, le pouvoir, le prestige restent le privilège de la famille Itno. Les institutions de l’Etat sont complètement détruites. On tue et on pille à volonté.

(...) La colonie française au Tchad, à la tête de laquelle se trouvent l’ambassadeur et le consul de France, sait très bien que le Tchad ne remplit pas les normes internationales d’un Etat et que le pouvoir de Deby veut se maintenir à tout prix. Mais ces deux représentants de Paris clament haut et fort que Deby a la parfaite maîtrise de la situation. Les Tchadiens doivent comprendre que tant que Déby aura des soutiens dans l’armée française, les services spéciaux et bien sûr à l’Elysée, ils doivent se taire et subir ce que la famille Déby fait du Tchad et des biens de leur pays. Mais la mémoire collective des Tchadiens rejette ce diktat. Elle pense que Paris en fait trop et que la France doit changer de fusil d’épaule.

Les relations entre le Tchad et la France ne peuvent être effacées par les intérêts mafieux et conjoncturels. Ce sont des relations de sang, de souffrance et de lutte. La France doit une portion de sa gloire aux peuples du Tchad. Ils ont pris part aux guerres d’Indochine, de Madagascar, d’Algérie et du Cameroun, pour ne citer que celles-ci. Ils ont été le noyau dur de la colonne Leclerc. Pour avoir pris part à la deuxième guerre mondiale, une dizaine de tchadiens au moins ont la décoration et reconnaissance des « Compagnons de la libération ».

Le Tchad, malgré ses maigres ressources, a fait le bonheur de Boussac, qui s’est enrichi grâce à son coton. Les tchadiens ont participé massivement à la construction du chemin de fer Congo-Océan. Partout où l’honneur et la gloire de la France étaient en jeu, les tchadiens ont donné de leur sang et de leur vie. Ils voudraient, en retour, une coopération apaisée avec Paris où bénéficiant de la technologie et de la langue de Molière, construire leur propre destin et leur propre économie. Mais rien n’y fait. Ils ne récoltent que mépris et mort d’hommes.

En effet, de la colonisation à ce jour, l’armée française n’a pratiquement jamais quitté le Tchad. Mais notre pays n’a connu que la guerre et l’insécurité. La France, par son armée interposée, n’a cessé d’alimenter les conflits politiques, religieux et tribaux. Elle a soutenu toutes les dictatures dont celle de la triste Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) avec Habré et ses 40 000 morts. Elle regimbe avec Idriss Déby et ferme totalement les yeux sur le drame humain que charrie ce régime. Assassinats d’hommes politiques, de syndicalistes, d’hommes de presse et de leaders d’organisations de droit de l’homme. Massacres des populations innocentes dans toutes les régions.

A ces occasions, les avions de l’armée française transportent les soldats de Déby et la logistique opérationnelle. Et lorsque les forces expéditionnaires du président ont fini de réprimer, alors que fument encore les champs des durs affrontements, les soldats français récupèrent ceux de Déby et par Transal entiers les acheminent vers les hôpitaux où ils seront bien traités. Les civils, eux, seront évacués par des moyens rustiques vers des centres soi-disant médicaux où ils attendront patiemment que Dieu leur enlève le dernier souffle.

Oui, tous les ambassadeurs de France au Tchad savent tout ça. Mais jamais leurs rapports n’ont signalé une situation de crise politique grave dans notre pays. C’est ainsi que l’armée française sait combien de Tchadiens ont péri, de part et d’autre, dans les affrontements de Hadjer-Miram, Hadjer Marfeïne, Ganatir, Hadjer Hadid, Abou Gouleigne, Kapka… Des centaines de morts et des milliers de blessés. Mais elle estime que ces morts n’ont pas atteint le seuil de l’intolérable pour s’émouvoir. Tout le Tchad peut donc passer au compte de pertes et profits dans les corbeilles des échanges mafieux entre Paris et N’Djamena.

Ces genres de relations sont en effet celles de la mafia. Le parrain, par son soutien inconditionnel au protégé soumis, laisse ce dernier agir à sa guise. Pourvu que les intérêts de l’organisation et du chef soient préservés. Alors Déby, soutenu d’abord par Chirac, puis par Sarkozy, n’est tenu par aucun engagement et aucun serment. Les chefs d’Etat français peuvent ainsi se fabriquer des « amis » en Afrique contre leurs peuples et contre toutes les lois de protection du genre humain.

Si donc l’honneur et la grandeur de la France ont été les plus grandes valeurs du Gaullisme et qu’elles ne semblent plus caractériser les rapports à l’heure actuelle de la mondialisation, il reste tout de même un fond que le commerce et les chiffres de gains de calculettes ne peuvent effacer. L’Allemagne reste l’Allemagne avec ses peuples de l’Est. De l’empire austro-hongrois à l’Union Européenne, l’Allemagne reste l’Allemagne. D’où nous vient cette clique de responsables français qui n’ont aucune lecture de l’histoire, de la sociologie, de l’économie et de la politique des relations entre les peuples d’Afrique et de France ? D’où nous vient cette conception rachitique de la coopération qui détruit tous les bons sentiments qui unissent des populations qui ont partagé certaines douleurs dans leur passé ?

Les Tchadiens peuvent répondre à ces questions qui fâchent. Mais les autorités françaises le pourront-elles ? Si oui, qu’elles donnent un signal de renouveau dans ces rapports exécrables entre les locataires de l’Elysée et du palais Rose. A la grande satisfaction des peuples tchadien et français.

* Kamis, Wardougou, Eriteïro et Nadji : Les auteurs de ce texte l’ont aussi publié sur le site www.tchadactuel.com

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org





Commentaires & analyses

L'Afrique peut s'inspirer du modèle chinois

2008-02-05

James Kathuri

L'économie chinoise est en plein essor. Les ressorts du modèle chinois qui sont peu connus, pourraient servir d'inspiration aux économies de plusieurs pays africains. Le processus de transition économique en Chine est très instructif dans la mesure où il peut fournir un certain nombre d’enseignements intéressants et importants pour d'autres économies en transition, quant à la stratégie de réforme à poursuivre : son rythme, les secteurs à cibler en priorité, son ordonnancement et les ingrédients clés.

Premièrement, l’état initial de l’économie à réformer détermine laquelle de l’approche graduelle ou de la thérapie de choc est la stratégie de réforme la plus appropriée. Ainsi, la Chine a commencé son processus de réforme dans une position relativement avantageuse. En effet, même si l'économie ne fonctionnait pas efficacement en raison des distorsions générées par le système de planification, il n’en demeure pas moins qu’elle affichait une croissance positive, une inflation et des déficits faibles, une épargne élevée et un faible endettement extérieur.

C’est la raison pour laquelle, l’économie chinoise n’avait pas besoin de commencer sa transition avec un programme de stabilisation macroéconomique. Par ailleurs, la Chine a maintenu le contrôle politique centralisé entre les mains du parti communiste, à la différence des autres économies de transition en Europe qui ont vu la fin de leurs Etats communistes. Pour la Chine la réforme politique n'était pas à l'ordre du jour. Ainsi, le point de départ de la réforme économique en Chine résidait dans une relative stabilité économique et politique.

Deuxièmement, la réforme a été initialement focalisée sur un secteur de l’économie qui offrait les plus fortes chances de réussite. Dans le cas de la Chine, c'était le secteur agricole. Il s’agit d’un secteur clé en termes d'emploi, qui a été sacrifié pendant la période de planification centralisée. Etant donné le potentiel considérable et la probabilité de réussite de sa réforme, il représentait un bon tremplin pour la mise en œuvre de réformes ultérieures.

Sa croissance rapide pendant la première période de réforme a amélioré considérablement la productivité à travers la réallocation des ressources, la croissance de la production et l’augmentation du revenu des paysans. Cette dernière a généré une épargne rurale considérable et donc des fonds pour l'investissement dans les entreprises des communes et des villages, qui allaient constituer la composante dynamique majeure du secteur non étatique. Suite à ce premier succès, la cible des réformes est devenue le secteur industriel, au milieu des années 1980, où l’accent a été mis sur une plus grande autonomie des entreprises.

Troisièmement, dans le secteur industriel, la Chine possède un ingrédient unique et dynamique : les Entreprises des Communes et des Villages (ECV). En effet, les ECV contribuent de façon majeure aux exportations, au développement de l’économie de marché, elles ont créé environ 100 millions de nouveaux emplois depuis le début du processus de réforme et favorisé l’industrialisation du monde rural. Bien que les aspects du phénomène TVE soient spécifiques à la Chine, leur expérience fournit des enseignements intéressants pour les autres économies en transition, notamment l'importance de la libéralisation des marchés et de la concurrence, la nécessité de soumettre les entreprises à la sanction de la contrainte financière, et le besoin d’incitations appropriées pour les collectivités locales.

Quatrièmement, les économies en transition devraient s’intégrer, le plus vite possible, à l'économie mondiale. A cet égard et depuis le début de la réforme économique, la Chine s’est progressivement ouverte et intégrée dans l’économie mondiale, ce qui s’est traduit par une augmentation de son commerce extérieur et des flux d’investissements directs étrangers en sa faveur. Il faut souligner ici que le choix par le gouvernement chinois de l’ouverture et de l’intégration économique a été en grande partie inspiré par les expériences de ses voisins régionaux dynamiques.

Un choix payant puisque en moins de deux décennies, la part de la Chine dans les exportations mondiales a presque triplé. La politique d’ouverture a permis à la Chine d’accéder à la technologie et aux idées occidentales par le biais des investissements directs étrangers (IDE), lesquels ont joué un rôle clé dans son processus de développement économique. Par ailleurs, la Chine jouit d’une position avantageuse grâce à ses liens culturels, familiaux et historiques avec Hong-Kong et Taïwan. Enfin, avec une main-d'oeuvre relativement bon marché, qualifiée et flexible, la Chine restera une destination attractive pour les IDE, notamment ceux portant sur les industries à forte intensité en main d’œuvre.

James Kathuri est enseignant à l’Université Méthodiste du Kenya.

Avec la collaboration de l’African Executive et www.UnMondeLibre.org


Migration et dérives : explication d'un phénomène

2008-02-07

Ouraga Obou

Synonyme de s’en aller ou de se déplacer, la migration est la manifestation d’un mouvement continu ou discontinu, à savoir le flux et reflux migratoire à l’intérieur d’un ou différents espaces. C‘est dire que le phénomène migratoire est mouvement. Mouvant, cette mobilité s’inscrit dans le temps ou durée. En fait, on a souvent un mouvement cyclique, dont la durée de vie est nécessairement subordonnée à la volonté du migrant et de l’Etat d’accueil. Au plan historique, la migration constitue un phénomène ancien sans lequel il n’y aurait certainement pas eu d’économie mondiale (esclavage, recrutement de gré ou de force des travailleurs étrangers). Après l’esclavage, la récession économique mondiale et les dictatures en ont fait un fléau. C’est ainsi que l’humanité compte officiellement, en l’an 2006, 200 millions de migrants, pour des causes multiples :

- persécutions (questions sécuritaires, ostracismes politiques, guerres);
- recherche d’un meilleur niveau économique ou mieux-être social;
- regroupement familial.
Que faut-il entendre par migration? Quels sont ses causes et ses effets?

I - Définition de la migration

Ambivalent, le phénomène migratoire se construit autour de plusieurs référents, distincts ou complémentaires. Au sens large, la migration, synonyme de mouvement, vise aussi le déplacement à l’intérieur de l’espace national, c’est-à-dire quitter une contrée pour s’établir dans une autre. Du moins, définie lato sensu, en fonction du seul référent mouvement, la migration englobe à la fois, les réfugiés, les personnes déplacées, les migrants économiques. Mais dans sa définition restrictive, la migration incorpore à la fois, les concepts d’émigrant, immigrant, émigré, immigré. C’est dire qu’immigration et émigration s’incrustent dans la migration. Ce sont en fait, deux notions distinctes et complémentaires.

Deux notions distinctes

L’immigration vient du verbe immigrer. Du point de vue sémantique, elle désigne l’entrée des personnes étrangères dans un pays autre que le leur, afin de s’y établir durablement ou définitivement. Ce qui exclut les séjours temporaires. En revanche, par opposition à l’immigration, l’émigration ou action d’émigrer, signifie quitter son pays pour s’installer dans un autre. De ce fait, la migration met nécessairement en relation au moins deux pays. Cela revient à considérer que les déplacements à l’intérieur de l’espace national ne devraient pas relever de la définition de la migration. Certes, il y a mouvement. Toutefois, du point de vue juridique, la règle applicable aux personnes concernées est d’ordre interne, tandis que le migrant est régi par le droit international. Mais au fond, dans le processus migratoire, l’immigrant ou immigré, est-il si différent de l’émigré ou émigrant? N’est-ce pas le même individu en mouvement, avec un double statut, dissocié ou associé, en fonction de l’espace?

Deux notions complémentaires

Du côté du pays de départ, celui qui quitte son pays d’origine pour se rendre dans un autre, est un émigré. C’est un national qui émigre dans un espace différent du sien. Cependant, dès que l’émigré franchit les frontières nationales pour s’établir dans un autre espace, s’y installe ou s’y établit durablement ou définitivement, il s’inscrit dans un mouvement d’immigration. Il devient ainsi un immigrant ou immigré.

Au sens de l’article premier de la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, l’expression «travailleurs migrants désigne les personnes qui vont exercer, exercent ou ont exercé une activité rémunérée dans un Etat dont elles ne sont pas ressortissantes»1. Ainsi défini dans le mouvement, le temps et dans l’espace, le migrant est soit, un émigré ou émigrant, soit un immigré ou immigrant.

Au total, l’émigration s’insère dans la migration, de sorte qu’on a un transfert de populations d’origine étrangère vers un autre Etat, afin de s’y fixer pour une longue durée. Cette population étrangère, ayant sa culture, sa religion ou son particularisme, vient se greffer ou s’intégrer à la population locale d’un Etat. Dans ce sens, le phénomène de migration s’analysant en une sorte d’addition, il peut y avoir crise identitaire, lorsque la population immigrante aspire à une intégration. De la sorte, dans certains pays, la lutte contre le flux migratoire sert souvent de prétextes à des pratiques discriminatoires, telles que la xénophobie et le racisme. Aussi, conviendrait-il, pour une maîtrise du phénomène migratoire, d’inventorier ses causes ainsi que ses effets.

II - Causes structurelles de la migration

La migration peut être volontaire, forcée ou choisie. Si la migration volontaire ou choisie requiert a priori le consentement du migrant, il en va autrement pour la migration forcée ou migration contrainte (persécutions, famine, pauvreté, guerres), même si les deux se réalisent pratiquement dans les mêmes conditions. En effet, la migration forcée ou trafic illicite des personnes à des fins lucratives est souvent clandestine. En fait, elle s’analyse en un franchissement illicite des frontières des Etats par des demandeurs d’emploi ou d’asile. Ce qui constitue une violation des lois relatives à l’entrée sur le territoire d’un Etat. De façon générale, au-delà de ce que l’on pourrait qualifier de migration légale, distincte de la migration illégale, on identifie au moins trois principaux facteurs : alternatifs, convergents ou cumulatifs.

Migration économique

Définie au sens strict, la migration économique exprime la dégradation des conditions de vie des personnes dans leur espace national. En effet, sous l’effet conjugué de la mauvaise gouvernance, notamment en Afrique et des effets mal maîtrisés de la mondialisation, on assiste de plus en plus au démantèlement des services publics nationaux, à la faillite des entreprises, à la déforestation et à la désertification des espaces. Ce qui provoque un exode des populations à la recherche d’un mieux-être.

Fondamentalement, la migration économique prend sa source dans la pauvreté, de sorte que désormais, la migration décrit un processus de déplacement d’individus fuyant la misère. Aussi, ces personnes vulnérables, empruntent-elles des embarcations de fortune, et tentent de franchir clandestinement ou illégalement des frontières, en quête de la prospérité. Certaines d’entre elles sont abandonnées en plein désert, tandis que d’autres sont jetées par-dessus bord à la mer. En dernière analyse, c’est la recherche de ce gain espéré qui justifie la migration économique, distincte de la migration politique.

Migration pour raison politique

Ce phénomène migratoire est essentiellement lié aux excès des régimes répressifs ou à des conflits. En effet, poussées par la crainte d’être persécutées ou agressées, ces personnes franchissent illégalement des frontières, pour se soustraire à des persécutions politiques, religieuses, ethniques, raciales. Ces migrants dont certains proviennent des zones de conflits, ne sont pas à assimiler aux migrants économiques. On en dénombre plus de 6,6 millions dans le monde à la recherche du droit d’asile. Cependant, à la pratique, du point de vue sémantique, la distinction entre migrants pour cause économique, politique et regroupement familial, est souvent d’application malaisée.

Regroupement familial

A l’aspect individuel de la migration, s’oppose le regroupement familial, synonyme de migration collective. Ce droit est certes consacré, notamment par l’article 16 alinéa 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme: «La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat». Mais, ce principe est gravement contrarié dans son application par la législation sur l’immigration des Etats d’accueil. A preuve, la France impose désormais aux candidats au regroupement familial, le recours au test d’ADN.

Diversement interprété, ce projet de loi uniquement fondé sur le «référentiel biologique, ethno-racial», est un sujet qui divise. Si le Premier ministre français M. Fillon le considère comme de nature à «rendre à la France le droit de contrôler son immigration», de sorte qu’il qualifie l’amendement relatif au test d’ADN, de «détail», en revanche, le Comité consultatif d’éthique, déplore la présomption de fraude et l’atteinte au «secret de filiation», qu’il implique. Ce qui est à craindre pour «famille recomposée après le divorce, enfant adopté». Ces clefs d’explication de la migration ainsi exposées, quels peuvent être les effets susceptibles d’en résulter ?

III. Migration et situation de précarité du migrant

La migration affecte à la fois l’économie et les rapports sociaux. Qu’elle soit économique, politique ou d’ordre familial, la migration peut résulter pour certains, d’une quête d’identité, d’un déracinement ou encore d’une situation sociale précaire due à la guerre ou à la misère. Du reste, dans ses effets discriminants, ce phénomène migratoire, se traduit au moins d’une part, par la vulnérabilité du migrant clandestin, et d’autre part, par l’exploitation sexuelle du migrant.

Vulnérabilité du migrant clandestin

En cas de migration clandestine, le risque est que le migrant clandestin, dans la crainte de se faire dénoncer, peut s’abstenir de déclarer la naissance de ses enfants (incitation à la dénonciation des élèves sans papiers en France). Dans cette hypothèse, l’enfant non déclaré se retrouverait a priori sans nationalité, synonyme d’apatridie. Au surplus, il serait privé de certains droits vitaux de la vie courante, du fait qu’il serait inconnu à l’état civil (difficulté d’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi ; difficulté de contracter mariage, de vendre ou d’acheter des biens meubles et immeubles etc.). Et pourtant, aux termes de l’article 29 de la Convention Internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, «Tout enfant d’un travailleur migrant a droit à un nom, à l’enregistrement de sa naissance et à une nationalité»2.

Exploitation sexuelle du migrant

La migration apparaît comme une des clés d’explication de la traite des femmes et des enfants. En effet, dans le cadre du commerce sexuel illégal, de milliers de femmes, de jeunes filles ainsi que des enfants sont pris de leur pays d’origine et convoyés vers d’autres. Ils sont l’objet de vente ou de prostitution. Tandis que d’autres, se livrent au vol et à la mendicité pour le compte de réseaux criminels. De façon générale, cette exploitation sexuelle touche en particulier les personnes qui vivent dans une extrême pauvreté. Selon les chiffres estimatifs de l’OIT, en 2000, pas moins de 1,8 million d’enfants sont exploités à des fins de prostitution ou de pornographie dans le monde. Certains réseaux criminels prétextent des demandeurs d’asile, pour introduire en Europe, uniquement à des fins d’exploitation sexuelle, des femmes et jeunes filles déplacées, originaires des zones de conflits, et déjà rendues vulnérables par le déracinement, les traumatismes, les humiliations, à la suite des abus sexuels de la part des groupes armés.

Conclusion

C’est un truisme que la migration n’est, ni une recette miracle ni une alternative durable pour des Africains en vue d’un mieux- être. Comment inverser cette tendance et sortir de ce cercle vicieux ? Cela suppose :

- l’option irréversible en faveur de la démocratie, synonyme de liberté et de réprobation des persécutions politiques, de manière à éviter la migration pour cause politique ;
- la bonne gouvernance, facteur de redistribution équitable des pouvoirs et des richesses, de transparence dans la gestion de la chose publique, de sorte à conjurer le gaspillage et le détournement des deniers publics, et ainsi limiter l’ampleur de la migration économique et le regroupement familial ;
- l’intensification des contrôles aux frontières et le recours à un fichier d’état civil sécurisé, afin de lutter efficacement contre la double identité des personnes, les mariages et adoptions fictifs, la migration clandestine, au point de rassurer les partenaires extérieurs de l’Afrique, quant à sa volonté de sanctionner la fraude et la corruption;
- la prise de conscience des migrants africains, quant à la dégradation récursive de leur identité, afin que la délinquance ne soit plus pour certains, minoritaires soient-ils, un remède miracle à leurs problèmes, de façon à modifier progressivement le regard accusateur du pays d’accueil sur le migrant.


(1) Convention adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 45/158 du 18 décembre 1990 (non entrée en vigueur en 2002).
(2) Convention adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 45/158 du 18 décembre 1990(non entrée en vigueur en 2002).

* M. Ouraga Obou est professeur de Droit constitutionnel à l'Université d'Abidjan-Cocody – Il a fait paraître ce texte dans le quotidien ivoirien Fraternité Matin.

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org





Arts & livres

Cameroun : Les jumeaux de Masao apportent un nouveau souffle à la musique

2008-02-05

http://www.afrik.com/article13467.html

Initiés dès leur plus jeune âge aux rythmes traditionnels, Ben et Peter Ndocko alias Les jumeaux de Masao publient « Mukeng », leur deuxième album. Ils créent une musique qui puise au plus profond de la tradition camerounaise pour la moderniser et l’offrir en partage au public. Depuis le milieu des années 1990, ils se sont installés à Sarcelles, dans la banlieue parisienne. Depuis, leur parcours leur a permis d’étoffer leur bagage artistique. Interview.


Global : L'Afrique répond à Sarkozy

2008-02-06

http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2578&md=1

Le discours prononcé par le président Sarkozy le 26 juillet 2007 à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, dont le contenu avait été jugé insultant pour la dignité des Africains, a suscité une réponse formulée par vingt-trois intellectuels de différents pays africains. Le livre-réponse qu'ils ont publié en commun paraît le 24 février prochain. Réalisée sous la direction de Makhily Gassama, ancien ministre de la Culture du Sénégal et fonctionnaire de l’Unesco à la retraite, il a vu la participation d'auteurs de différents pays.





Zimbabwe

L'ancien ministre Simba Makoni vise le trône de Mugabe

2008-02-06

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP34738simbaebagum0

Simba Makoni, qui s'est déclaré prêt à défier le président zimbabwéen Robert Mugabe à la présidentielle du 29 mars, n'a jamais eu peur de critiquer le chef de l'Etat dont il a longtemps été l'un des plus proches lieutenants. M. Makoni, qui a quitté le gouvernement il y a quatre ans tout en restant membre de la direction du parti au pouvoir, a annoncé le 5 février qu'il avait décidé de se présenter comme candidat indépendant "à l'issue de consultations avec des membres et des militants du parti à travers le pays, et d'autres hors du parti".





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : Jean Ping ou le retour à l'ordre ancien à l'UA ?

2008-02-06

http://www.grioo.com/ar,union_africaine_jean_ping_ou_le_retour_a_l_ordre_ancien,12889.html

Le 10e sommet des chefs d’Etats membres de l’Union Africaine (UA) a consacré le retour à l’ordre ancien et célébré la «France-Afrique», en confiant les rênes de l’organisation au Gabonais Jean Ping. La rupture a été consommée avec le départ d’Alpha Oumar Konaré qui avait su impulser une dynamique progressiste au mouvement panafricain envers et contre tous. Avec l’installation d’un fonctionnaire, il ne faudra pas s’étonner des prises de position de l’UA qui s’efforcera avant tout de conforter les chefs d’Etat au détriment des peuples africains désormais en lutte ouverte contre la mal gouvernance.


Alpha Oumar Konaré : L'engagement d'un homme pour l'Afrique

2008-02-06

http://www.malikounda.com/nouvelle_voir.php?idNouvelle=16137

Finalement, c'est le Gabonais Jean Ping qui a été élu pour succéder à Alpha Oumar Konaré à la présidence de la Commission de l'Union africaine. Un vrai challenge que de prendre le témoin dun homme déterminé et engagé. A la tête de l'Union africaine depuis le 10 juillet 2003, il a été la «locomotive » dont l'UA avait besoin pour entamer sa marche vers l'intégration économique et politique. Et pourtant, jugé souvent intransigeant sur ses principes, il ne bénéficiait pas d'un préjugé favorable.


Sénégal : Le ministère des AE parle "de graves dysfonctionnements des organes" de l'UA

2008-02-06

http://www.afriquenligne.fr/actualites/politique/afrique%3a-gadio-parle-%22de-graves-dysfonctionnements-des-organes%22-de-l%27ua-2008020516339/

Le ministre d'Etat sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a déclaré mardi à Dakar, que "l'audit de l'UA (Union africaine) a révélé de graves dysfonctionnements des organes", appelant le continent à "reconstituer son unité autour des questions essentielles". M. Gadio a noté que "le véritable problème de l'Union, c'est le manque de volonté politique des dirigeants africains", soulignant que "les auditeurs ont fait un travail considérable qu'il serait judicieux de prendre en compte".





Femmes & genre

Afrique : Les Premières Dames décidées à combattre les violences faites aux femmes

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54082

L’Organisation des Premières Dames d’Afrique a décidé de lancer un important programme contre les violences faites aux femmes et aux enfants, a indiqué un rapport publié en Ethiopie le 3 février. Selon ce rapport, les Premières Dames ont également décidé, à l’issue de leur réunion en marge du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, de joindre leurs efforts et de mobiliser des ressources pour combattre le fléau de la transmission du Vih/Sida de la mère à l’enfant.


Afrique du Sud: Débat sur la légalisation de la prostitution

2008-02-06

http://www.afriquenligne.fr/actualites/societe/afrique-du-sud:-debat-sur-la-legalisation-de-la-prostitution-2008012915908/

Un membre du Congrès national africain, George Lekgetho, a dit souhaiter que la prostitution soit légalisée durant la Coupe du monde 2010 qui va se dérouler dans ce pays. M. Lekgetho, qui s'adressait le 5 février à la Commission des arts et de la culture du Parlement sud-africain, a estimé qu'une telle mesure pourrait contribuer au succès du tournoi, appuyé par d'autres députés pour qui cette question doit être publiquement débattue.


Soudan : Des femmes violées du Darfour rompent le silence et réclament justice

2008-02-05

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54045

Une douzaine de femmes réfugiées du Darfour installées dans le camp de Djabal à Goz Beida (991 km de N’Djamena) ont décidé de rompre le silence sur les viols répétés dont elles ont été victimes avant de venir se réfugier dans l’est du Tchad. Celles qui ont ainsi décidé de briser le silence ne représentent en fait que la partie visible de l’iceberg. Tour à tour, elles ont pris la parole et décrit, avec des mots simples mais poignants, les affres qu’elles ont vécues dans leur pays. Seule la fuite leur a permis d’avoir le salut.





Droits humains

Global : L’Arche de Zoé et le cannibalisme humanitaire…

2008-02-05

http://www.afrik.com/article13500.html

Les justices tchadienne puis française ont comdamné les membres de l’ONG L’Arche de Zoé et son président Eric Breteau pour avoir, prétextant les sauver, menti et tenté d’enlever une centaine d’enfants tchadiens qui n’avaient nul besoin de leur aide. Cette affaire est révélatrice de la perversion de l’action humanitaire qui, transformée en humanitarisme, produit les effets les plus dévastateurs. Pour éviter la cannibalisation de toute politique de développement réel de l’Afrique, il faut d’urgence tourner la page du « tout humanitaire ».


Global : Un émigré sénégalais remporte un procès contre l’administration américaine

2008-02-05

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=53934

Un immigré sénégalais a accusé des agents fédéraux américains de lui avoir injecté de force un produit pendant qu’il était sur le point d’être rapatrié, en février 2007. Sa plainte, déposée en même temps que celle d’un autre étudiant contre le gouvernement américain, a conduit à un changement dans la façon dont ces médicaments sont utilisés sur les détenus. La victime s’était rendu aux Etats-Unis pour une formation supérieure. Mais il avait été arrêté le 29 mars 2005 pour expiration de son visa d’étudiant.


Global : Le Rapport 2008 de HRW épingle plusieurs pays africains

2008-02-06

http://hrw.org/french/docs/2008/01/31/usint17942.htm

Le nouveau Rapport Mondial 2008 de HRW examine la situation des droits humains dans plus de 75 pays et déplore la complaisance des démocraties établies à l'égard des "parodies de démocratie" dans plusieurs de ces pays. Le rapport dénonce aussi les nombreuses exactions commises au nom de la lutte antiterroriste. Le rapport dénonce les États qui se cachent derrière l'organisation d'élections pour se dire « démocratique ». Des pays comme le Keyna, le Nigeria ou la Somalie sont ainsi épinglés


Mauritanie : Amnesty pour le retour de deux Mauritaniens emprisonnés à Guantanamo

2008-02-06

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=XIN80028amnesomanat0

Une délégation d'Amnesty International, en visite à Nouakchott, le 5 janvier, a demandé "aux autorités mauritaniennes d'intercéder pour que les deux Mauritaniens se trouvant encore à Guantanamo puissent revenir dans leur pays. Les discussions avec les autorités mauritaniennes ont également porté sur les questions liées au respect des Droits de l'homme





Réfugiés & migration forcée

Maroc : 86 clandestins subsahariens interpellés

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54247

Les autorités marocaines ont arrêté le 5 février quelque 86 Subsahariens alors qu’ils projetaient de gagner les côtes sud d’Espagne. Les clandestins étaient sur le point de prendre le large à bord de deux zodiacs, équipés de deux moteurs de 25 CV. Depuis le début de l’année, 466 clandestins ont été arrêtés dans la même zone. En 2007, les autorités marocaines ont fait avorter environ 10.200 tentatives de migration clandestine vers les côtes espagnoles. Ces opérations ont conduit au démantèlement de quelque 260 réseaux de trafic des migrants.


Mauritanie : les réfugiés commencent à rentrer

2008-02-06

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4866

Les quelque 24 000 réfugiés mauritaniens, en exil au Sénégal voisin depuis près de 20 ans ont commencé à rentrer au compte-gouttes, depuis le 29 janvier. Les nouvelles autorités de Nouakchott, qui ont facilité leur retour, s’activent à présent pour leur réinsertion. Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la quasi-totalité des 24 000 réfugiés ont exprimé leur souhait de rentrer. L’opération qui débute est prévue pour durer 17 mois.





Mouvements sociaux

Maroc : Le Forum social de Bouznika organisé avec succès

2008-02-06

http://alternatives-international.net/article1694.html

La rencontre de Bouznika des 25, 26 et 27 Janvier 2008, qui s’inscrit dans la mobilisation mondiale des mouvements sociaux à l’appel du Forum Social Mondial, a mobilisé de larges composantes des mouvements sociaux du Maroc. La dimension africaine et mondiale, tant au niveau de la participation que du contenu des débats et des conclusions, a aussi été réalisée avec des participants venus de différents pays.





Elections & gouvernance

Afrique : La France arrête une enquête sur les biens mal acquis des dirigeants africains

2008-02-05

http://www.liberationafrique.org/spip.php?article2083

Une enquête préliminaire française pour le chef de détournement de biens publics contre plusieurs présidents africains vient d’être classée sans suite en dépit de la révélation de biens de luxe, de voitures et de dizaines de comptes en banque valant des dizaines de millions de dollars appartenant aux dirigeants, à des membres de leurs familles ainsi qu’à de proches collaborateurs. L'enquête épingle les familles dirigeantes d’Angola, du Burkina Faso, du Congo Brazzaville, de la Guinée équatoriale et du Gabon.


Cap-Vert: L'opposition boude la candidature l'ex-PM

2008-02-06

http://www.afriquenligne.fr/actualites/politique/cap%11vert%3a-l%27opposition-boude-la-candidature-l%27ex%11pm-2008020516316/

Le Mouvement pour la démocratie (MPD), le plus grand parti de l'opposition au Cap-Vert renonce à soutenir la candidature de son ancien leader et ex-Premier ministre (PM), Gualberto do Rosario, à la mairie de Sao Vicente, lors des élections locales de mai prochain. Bien que le MPD a déjà manifesté publiquement son appui à la re- candidature de l'actuel maire, Isaura Gomes, la semaine dernière, Gualberto do Rosario a déclaré son intention de concourir à la deuxième plus grande mairie de l'archipel.


Afrique : Ibn Chambas invite à des élections crédibles dans les pays de la CEDEAO

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54228

Le président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Dr Mohamed Ibn Chambas, a invité le 5 février, les pays membres de l’organisation favoriser des élections libres et transparentes, "gage de stabilité et de paix’’. Dr Chambas s’exprimait lors d’un atelier sous-régional à Conakry (5 au 7 février) ayant pour thème ‘’ défis et opportunités des structures nationales d’organisation des élections en Afrique de l’ouest : l’exemple de la Sierra Leone’’.


Afrique du Sud : La crédibilité de Mbeki mise en doute par l’opposition

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54205

La présidente de l’Alliance Démocratique (DA, opposition), Mme Helen Zille, a indiqué le 5 février que le message du président Thabo Mbeki sur la situation nationale, qui sera délivré le 8 février prochain, serait sa tâche la plus ardue et probablement la plus préjudiciable à sa crédibilité s’il ne le faisait pas dans les règles de l’art. Selon elle Mbeki est confronté à un « dilemme cornélien » où il pourrait soit mettre le pays sur la voie d’une véritable démocratie constitutionnelle, soit permettre au Congrès National Africain (ANC) de continuer ses agressions répétées contre les institutions indépendantes.


Global : Jean-Marie Bockel persiste et signe contre la Françafrique

2008-02-06

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN03028bockeengist0

Le 15 janvier dernier, le secrétaire d’État français à la Coopération, Jean-Marie Bockel, jetait un pavé dans la mare des relations franco-africaines, dont il a réclamé la refonte. Cette sortie contre la Françafrique, avec une invite au président Sarkozy de rompre avec ses pratiques, n'a pas eu l'heur de plaire dans certaines capitales africaines. Les présidents Bongo Ondimba, Sassou Nguesso et Biya s’en sont émus et l’ont fait savoir à l’Élysée, mais le ministre français persiste et signe, ainsi qu'il le confirme dans cet entretien


Kenya : Début de pourparlers sur la question du partage du pouvoir

2008-02-05

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP12248dbutdriovuo0

Le gouvernement kényan et l'opposition ont entamé le 5 février des discussions sur le partage du pouvoir, le point le plus sensible des pourparlers entamés la semaine dernière pour mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays depuis plus d'un mois. Les pourparlers entre négociateurs de MM. Kibaki et Odinga ont démarré le 31 janvier, sous l'égide du médiateur de l'Union africaine, Kofi Annan, et étaient consacrés jusqu'à présent aux moyens de mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays et à la crise humanitaire qu'elles ont engendrées.


Niger : Un réseau des députés sur le commerce mondial mis en place

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54265

Les députés nigériens ont mis sur pied un réseau sur l’Organisation mondiale du commerce (RNP-OMC) pour contribuer à la production des textes sur le commerce mondial. Le RNO-OMC «prendra toutes les dispositions nécessaires pour que les parlementaires soient impliqués, aux côtés de l’exécutif, à la conception, à l’initiation et aux discussions de projets de textes sur le commerce mondial», a indiqué son président.





Corruption

Bénin: Libération d'un député impliqué dans un dossier de crime économique

2008-02-06

http://www.afriquenligne.fr/actualites/politique/benin%3a-liberation-d%27un-depute-2008020516317/

Le tribunal de première instance de Cotonou a prononcé la libération provisoire et sans caution de l'homme d'affaires béninois Séfou Fagbohoun, président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (MADEP, un parti de la minorité parlementaire), incarcéré depuis 20 mois dans un dossier de crime économique. Cette décision prise le 4 février par le juge d'instruction chargé d'élucider l'affaire de la cession de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (SONACOP).





Développement

Bénin : réduire la pauvreté grâce aux micro-crédits

2008-02-06

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4867

Pour la première fois de son histoire, l’État béninois a mis au point un ambitieux programme de micro-crédits, financé sur fonds propres et destiné aux plus pauvres. Une initiative accueillie avec grand enthousiasme par les bénéficiaires qui en vantent les mérites. Selon le Fonds national de la micro-finance (Fnmf), organisme chargé de la gestion du programme, en l’espace de neuf mois, plus de 160 000 personnes, hommes et femmes, jeunes et vieux, avaient déjà souscrit à cette initiative.


Botswana : Inquitudes devant le déficit d’approvisionnement en électricité

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=53577

Le déficit d’approvisionnement en électricité, qui sévit en Afrique australe, a contraint la compagnie nationale d’électricité du Botswana, la Botswana Power Corporation (BPC), à chercher des voies et moyens de préserver l’économie du pays d’une paralysie. Le Botswana importe 70 pour cent de son électricité à partir d’ Eskom, en Afrique du Sud, qui fait face actuellement à un déficit. L’industrie minière, dont la contribution est énorme dans l’économie du pays, n’a pas encore affectée par les coupures de courant .





Santé & VIH/SIDA

Burkina : 450 millions de dollars de médicaments pour soigner les maladies « négligées »

2008-02-05

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76542

Plusieurs firmes pharmaceutiques se sont engagées à fournir au Burkina Faso des lots de médicaments d’une valeur de quelque 450 millions de dollars américains pour lutter contre certaines maladies « négligées », responsables de la cécité ou d’autres formes d’infirmité chez des millions de personnes dans le pays, a révélé le ministre de la Santé. Ce programme national vise cinq des maladies que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle des « maladies tropicales négligées » ou MTN : la filariose lymphatique, l’onchocercose, la schistosomiase, le trachome et les vers intestinaux.


Guinée Bissau : Les croyances traditionnelles entravent la PTME

2008-02-05

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76516

Un cochon, la moitié d’un sac de riz, un peu de maïs noir et cinq litres d’eau-de-vie de sucre de canne : voilà les ingrédients qu’utilise un guérisseur traditionnel, en Guinée-Bissau, pays d’Afrique du l’Ouest, pour pratiquer un rituel qui permettrait, selon les croyances populaires, d’empêcher les femmes qui ont accouché de contracter le VIH. Si ces rituels revêtent une telle importance, c’est parce que le VIH est encore relativement inconnu en Guinée-Bissau, même si le taux de prévalence du VIH dans le pays est estimé à quatre pour cent..





Éducation

Afrique : Accord de coopération entre les Universités de Nouakchott et de Saint-Louis

2008-02-06

http://www.afriquenligne.fr/actualites/education/universites%3a-nouakchott-et-de-saint%11louis-signent-un-accord-2008020516306/

Les recteurs des universités de Nouakchott et de Saint-Louis ont signé, le 4 février, un accord de coopération entre les deux institutions dans les domaines de la recherche scientifique, de l'enseignement supérieur et du développement économique. Les deux parties ont également convenu de renforcer leur coopération dans les domaines de projets intégrés de recherche, d'échange d'enseignants et d'étudiants, de missions d'appui pédagogique, entres autres.


Afrique du Sud : Affrontements entre étudiants et policiers

2008-02-05

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=XIN80028affrodusude0

Etudiants, police et gardes de sécurité se sont affrontés le 4 février sur le campus Steve Biko de l'université technologique de Durban (DUT), en Afrique du Sud. LLes troubles ont éclatéquand le personnel de sécurité de la DUT a fait usage de gaz pour disperser les quelque 400 étudiants qui tentaient de pénétrer dans les locaux de l'administration de l'université. Dans un communiqué, la porte-parole de l'université a informé que l'insitution allait resterait fermée jusqu'au 8 février.





LGBTI

Sénégal : 5 personnes en garde à vue après un mariage homosexuel

2008-02-05

http://www.seneweb.com/news/can2008/article.php?artid=14605

Cinq personnes ont été placées en garde à vue à Dakar, et plusieurs autres étaient recherchées dans le cadre d'une enquête sur un mariage homosexuel présumé. Toutes étaient interrogés sur des faits "d'outrage à la pudeur et de mariage contre nature". Ces interpellations font suite à des menaces de mort proférées contre le directeur de publication du mensuel people Icône, ayant consacré dans son numéro de février un dossier aux mariages homosexuels au Sénégal, pays à majorité musulmane où l'homosexualité est interdite.


Sénégal : Des associations françaises demandent la libération d'homosexuels

2008-02-06

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP33428desaslagnsu0

Des homesexuels qui avaient été interpellés le week-end dernier pour avoir participé à l'organisation d'un mariage homosexuels, ont été libérés le 6 février. Des associations françaises de lutte contre le sida ont dénoncé, le 5 février, leur arrestation et critiqué "le comportement schizophrène du Sénégal". Cinq personnes avaient été placées en garde à vue à Dakar, et plusieurs étaient recherchées dans le cadre d'une enquête sur ce mariage homosexuel présumé rapporté par la presse.


Global : Aides, Sidaction et Act Up-Paris dénoncent l’arrestation de militants gays au Sénégal

2008-02-07

http://www.actupparis.org/article3287.html

Les associations françaises Aides, Sidaction et Act Up-Paris ont dénoncé, le 5 février, l’arrestation de militants gays. Pour ces organisations, le fait que le gouvernement sénégalais finance des programmes de prévention et de prise en des charge des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, dans le cadre de la lutte contre le sida, est une reconnaissance des pratiques homosexuelles. Elles appellent à la libération des personnes interpellées et l'abolition des lois contre les homosexuels.





Média & liberté d'expression

Gambie : Des journalistes publient un livre à la mémoire de Deyda Hydara

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=54266

Un livre dédié à la mémoire Deyda Hydara, journaliste gambien assassiné en décembre 2004, a été publié cette semaine à Dakar par deux de ses confrères. Le livre de 216 pages , intitulé « A Living Mirror – The Life of Deyda Hydara » porte une photographie du journaliste assassiné sur la page de couverture et environ une douzaine d’autres à l’intérieur, qui retracent la vie du vétéran du journalisme dans sa Gambie natale et partout dans le monde. Le livre a été écrit par Aloa Ahmed Alota et Demba Ali Jawo.


Bénin : 16 télévisions et 43 radios agréées

2008-02-06

http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=53993

La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC, instance de régulation des médias au Bénin) vient d’agréer 16 télévisions privées et 43 radios privées au titre de l’année 2007. Selon la décision de la HAAC publiée le 1er février, au nombre de ces 16 télévisions agréées, on dénombre deux télévisions privées non commerciales et 14 autres commerciales. En ce qui concerne les 43 radios privées agréées, on compte 18 radios privées commerciales et 25 autres non commerciales.


Kenya : Les médias ne sont pas innocents

2008-02-05

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=3957

Un atelier sur le thème ''Trente jours en paroles et en images : la réaction des médias du Kenya pendant la crise électorale '', organisé par Internews a permis aux professionnels des médias de faire leur ''propre audit'' du rôle que la presse locale a joué dans les violences post-électorales. L'audit a révélé que la presse - spécialement des stations de radio en langue vernaculaire - serait en parti responsable des violences actuelles déclenchées par l'annonce de la victoire de Mwai Kibaki aux élections du 27 décembre.





Plaidoyers & campagnes

Afrique : La société civile interpelle la Côte d'Ivoire et le Ghana sur les APE

2008-02-01

Réunis à Lomé au Togo dans le cadre du quatrième Forum social ouest africain (FSAO 4) les représentants de la société civile ont fustigé dimanche dernier les accords provisoires de libre échange que « l'Union européenne tente d'imposer à certains Etats ACP » et ont invité la Côte d'Ivoire et le Ghana à reconsidérer leur intention de signer des APE intérimaires et individuels.

Au cours d'une « marche de protestation contre les APE intérimaires et de soutien à la position de la CEDEAO », ayant conduit du Centre togolais des expositions et foires (CTEF) au siège de la Banque d'investissement et développement de la CEDEAO, les représentants de la société civile ont scandé sur plusieurs kilomètres des slogans hostiles aux accords de partenariat économique. Dans la déclaration lue et transmise aux autorités de l'Uemoa et de la CEDEAO, la société civile a fait constater que « l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest présente aujourd'hui le tableau inquiétant et dangereux d'un processus totalement en panne ».

Cette marche conduite par le président du présidium du quatrième Forum social ouest africain, le professeur Honorat Aguessy du Bénin, est l'une des activités marquant la fin des travaux du forum.

La quatrième édition du Forum social ouest africain a eu lieu au Centre togolais des expositions et foires à Lomé au Togo les 25, 26, et 27 janvier 2008 sur le thème « Gouvernance et souveraineté alimentaire ». Elle a connu, selon les organisateurs, la participation de plus de 2000 représentants d'organisations de la société civile et de mouvements sociaux venus des seize pays de l'Afrique de l'Ouest et d'autres régions du monde.
(Voir ci-dessous l'intégralité de la déclaration)



FORUM SOCIAL OUEST AFRICAIN 4ème EDITION A LOME (TOGO)

Déclaration de la société civile au FSAO 4
La quatrième édition du Forum social ouest africain a eu lieu à Lomé au Togo les 25, 26, et 27 janvier 2008 sur le thème « Gouvernance et souveraineté alimentaire » Elle a connu la participation de plus de 2000 représentants d'organisations de la société civile et de mouvements sociaux venus des seize pays de la sous-région et d'autres régions du monde.
A l'issue des travaux, marqués par d'intenses réflexions sur la situation actuelle de la région en matière d'intégration régionale et de développement comme principaux défis en rapport avec le thème du FSOA, les acteurs de la société civile de l'Afrique de l'Ouest, présents au forum, ont adopté la déclaration suivante :

Nos constats

Durant les cinq dernières années, beaucoup d'efforts ont été entrepris par l'UEMOA, la CEDEAO et les Etats membres dans le sens de l'approfondissement de l'intégration régionale;

Malgré ces efforts, de nombreux défis restent à relever pour rendre effective la libre circulation des biens et des personnes;

En dépit des efforts de gouvernance et de réformes économiques, la pauvreté reste endémique dans la plupart des Etats de la région et la souveraineté alimentaire est de plus en plus menacée par les politiques commerciales néo-libérales;

Comme l'ont toujours défendu les organisations de la société civile, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont reconnu à juste titre que l'Afrique de l'ouest n'est pas prête pour la signature d'un accord de libre échange avec l'Union européenne avant le 31 décembre 2007.

Malgré cette décision courageuse qui vise à préserver la solidarité et l'intégration régionale, le Ghana et la Côte d'ivoire se sont démarqués en optant pour la signature individuelle d'un accord de partenariat économique (APE) intérimaire avant l'échéance du 31 décembre 2007.

Cette entorse à l'intégration régionale est intervenue dans un contexte où l'implication de la société civile qui a caractérisé le processus de négociation depuis le début, a cédé la place, à des prises de décision excluant totalement les organisations de la société civile.

Au total, les négociations commerciales entre l »Afrique de l'Ouest et l'Union européenne se trouvent aujourd'hui dans une impasse avec de nombreuses implications sur la souveraineté alimentaire, l'intégration et la gouvernance régionales.

L'intégration régionale en Afrique de l'Ouest présente aujourd'hui le tableau inquiétant et dangereux d'un processus totalement en panne.


Nos exigences

Face à tous ces constats qui n'augurent pas un avenir meilleur aux citoyens de l'Afrique de l'Ouest, les participants au quatrième Forum social ouest-africain exigent que :

la Côte d'Ivoire et le Ghana reconsidèrent leur intention de signer des APE intérimaires et individuels;

la CEDEAO et l'UEMOA veillent au respect scrupuleux des dispositions de leurs Traités actuellement en violation par la Côte d'Ivoire et le Ghana;

les gouvernements des Etats membres et les commissions de la CEDEAO et de l'UEMOA fassent de l'approfondissement de l'intégration régionale le préalable absolu et non négociable à toute signature d'accord de libre échange avec l'Union européenne ;

la CEDEAO et l'UEMOA mettent à la disposition des Etats un tableau comparatif des impacts de la signature et de la non signature des APE sur le commerce intra-régional, la stabilité des Etats et le niveau de vie des populations;

la CEDEAO et l'UEMOA prennent toutes les dispositions pour une participation effective, efficace et plus accrue des organisations de la société civile au processus de négociation, notamment pour le suivi de la mise en oeuvre de la nouvelle feuille de route adoptée par la région et projetant en 2009 la signature d'un APE.

les ressources appropriées soient mises à la disposition des plates formes nationales de la société civile pour le renforcement des capacités des organisations de la société civile et l'amélioration de la qualité de leur participation au dialogue sur les enjeux de politique économique, de gouvernance et d'intégration régionale.


Nos engagements

En appui à nos exigences, nous nous engageons à :

informer largement l'opinion publique et les citoyens de la région sur la situation actuelle des négociations et les risques qu'elle fait planer sur le processus d'intégration régionale, la stabilité des Etats et le niveau de vie des populations.

mobiliser nos forces et nos énergies, aussi bien à l'intérieur des Etats qu'au niveau régional, pour sauver l'intégration régionale et relever les autres défis de développement;

contribuer par nos réflexions, nos actions et nos prises de position, à mieux éclairer les prises de décisions concernant toutes les questions de développement de la région, notamment, le processus d'intégration régionale et les négociations commerciales.

Fait à Lomé, Togo le 27 janvier 2008





Nouvelles de la diaspora

Global : 8ème forum économique des diasporas africaines à Paris

2008-02-05

http://www.grioo.com/ar,8eme_forum_economique_des_diasporas_africaines_avec_africagora,12873.html

Le 8ème forum économique des diasporas africaines se tient le 7 février. Il va donner lieu à deux conférences sur les thèmes : S’investir en Afrique avec les diasporas et Entreprendre en France dans la diversité. Des sujets comme le poids des entrepreneurs d’origine africaine dans l’économie française, la place des diasporas africaines dans le co-développement et la politique de la France en Afrique, entre autres, seront abordés. Le président du Forum explique.


Global : ''The Root'', un nouveau site web dans la galaxie afro-américaine

2008-02-05

http://www.grioo.com/ar,_the_root_un_nouveau_site_web_dans_la_galaxie_afro-americaine,12887.html

Le "Washington-Post" vient d'annoncer le lancement d'un site à destination de la communauté afro-américaine, appelé "The Root" Il sera dirigé par Henry Louis Gates Jr, historien reconnu et responsable des études afro-américaines à l’université de Harvard. Selon M. Gates Jr, "The root" combinera le potentiel du web à la passion pour l’histoire dans le but de créer une chronique "fascinante" de notre époque. Le site vise essentiellement la communauté afro-américaine, mais pas seulement puisqu’il a aussi pour ambition de traiter de sujets concernant l’Afrique, la diaspora, aux Etats-Unis et en Europe.


Kenya : La famille kényane de Barack Obama se plaint de l'afflux de journalistes

2008-02-06

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP81508lafamsetsil0

La famille kényane de Barack Obama est débordée par l'afflux, dans leur village, de journalistes du monde entier désireux d'en savoir plus sur les origines africaines du candidat à l'investiture démocrate aux Etats-Unis. "Certains jours, nous rencontrons jusqu'à dix équipes de journalistes qui viennent ici, et nous ne pouvons répondre à toutes ces demandes", a expliqué Saïd Obama, porte-parole officiel de la famille, qui vit dans le village natal du père de Barack Obama, situé dans l'ouest du Kenya. Barack Obama, 46 ans, né aux Etats-Unis d'une mère américaine, avait rendu visite, en 2006, à Nyang'oma, à sa grand-mère, Sarah, aujourd'hui âgée de 85 ans.


Tchad : Une Franco-Tchadienne candidate aux municipales en France

2008-02-05

http://www.grioo.com/ar,seybah_dagoma_candidate_ps_a_la_mairie_du_1er_arrondissement_et_avocate,12809.html

Jeune avocate née de parents tchadiens à Nantes et ayant grandi à Sarcelles, Seybah Dagoma brigue actuellement la mairie du 1er arrondissement de Paris, pour les élections de mars prochain Titulaire d’un DEA de droit des affaires et de l’économie, elle a adhéré au Parti socialiste français en 2007. Novice dans l'arène politique, même si elle fréquente le milieu depuis plusieurs années, elle s'explique sur les raisons qui l'ont poussée à se lancer et trace les contours de son militantisme.





Conflits & urgences

Comores : Intervention militaire imminente sur l’île d’Anjouan

2008-02-05

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76540

Une intervention militaire visant à rétablir le contrôle du gouvernement de l’Union sur l’île comorienne dissidente d’Anjouan semble imminente : « une question de jours », ont prévenu les autorités comoriennes. « La position du gouvernement est de faire débarquer l’armée sur l’île pour y rétablir l’ordre – il n’y a pas d’alternative », a confié le ministre de l’Education et porte-parole du gouvernement de l’Union. La crise entre les autorités d’Anjouan et celles des deux autres îles de l’archipel de l’Océan Indien, la Grande Comore et Mohéli, se prolonge depuis les élections organisées sur chaque île en juin 2007.


Mauritanie : Les menaces de la montée de l’extrémisme religieux

2008-02-06

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76593

L’attaque de l’ambassade d’Israël en Mauritanie le 1er février et les deux attentats, très médiatisés, de décembre dernier pourraient remettre en question le projet des nouvelles autorités d’instaurer une République islamiste moderne et tolérante. Selon les Mauritaniens, ces attaques sont le symptôme d’une radicalisation progressive de la société, visible depuis le coup d’Etat de 2005, qui a mis fin à une succession de régimes répressifs et a porté au pouvoir un gouvernement de réformateurs.


RD Congo : Kabila crée le « Programme Amani » pour la sécurisation du Kivu

2008-02-06

http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2577&md=1

Le président de la RD Congo a signé, le samedi 2 février 2008, l’ordonnance créant le programme de sécurisation des deux Kivu. Ce programme a pour objectif, l’application des recommandations de la conférence de Goma. Il est composé des délégués du gouvernement, des groupes armés et de la communauté internationale. Le « Programme Amani » est placé sous l’autorité du président de la République et a une durée d’exécution de six mois renouvelable.


Tchad : Le jeu trouble de la France

2008-02-06

http://www.lefaso.net/spip.php?article25466&rubrique7

Momentanément interrompue donc ce que les Tchadiens appellent eux-mêmes par autodérision, la "musique tchadienne" (celle de la canonnière) tant elle est permanente, on redoute maintenant une catastrophe humanitaire avec ces hordes de populations jetées dans les rues. Aujourd’hui donc, une paix fourrée s’est installée à Ndjamena sans qu’on sache véritablement quelles sont les intentions des différents protagonistes. Pas plus que de la France qui, après avoir déclaré qu'elle n’interviendra pas dans le conflit actuel, a laissé entendre qu’elle pourrait s’impliquer davantage si les rebelles ne cessaient pas leurs attaques


Tchad : Des rebelles d’accord pour un cessez-le-feu

2008-02-05

http://www.afrik.com/article13547.html

Des rebelles tchadiens qui ont failli prendre N’Djamena ce week-end ont annoncé mardi qu’ils acceptaient le principe d’un cessez-le-feu si le président Idriss Déby Itno se retirait. Cette déclaration fait suite aux pressions internationales exercées par les Nations Unies et la France, qui s’est dite prête à intervenir militairement. Le chef rebelle Mahamat Nouri entend toujours, pour sa part, faire tomber le chef de l’Etat.


Tchad : Une autre « dernière chance » pour le président Déby ?

2008-02-05

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=76572

Les 2 et 3 février, troupes rebelles et soldats de l’armée tchadienne se sont affrontés dans des combats de rue à N’Djamena, la capitale. Pour les autorités du Tchad, l’offensive de la rébellion a été repoussée, mais pour les rebelles, il s’agit d’un repli tactique sur les faubourgs de la ville. En avril 2006, un mois avant les élections présidentielles, les troupes rebelles avaient failli prendre le contrôle de la capitale et du pays. L'attaque du 2 février est le point d'orgue d'une succession d'épisodes dont la chronologie est ici retracée et qui fraglise le pouvoir du président Déby.


Tchad : Les préoccupations ciblées de la France

2008-02-06

http://survie-france.org/article.php3?id_article=1084

« Notre seule préoccupation, c’est l’évacuation des ressortissants français ». Ainsi s’exprimait, le 2 février, le ministre français de la Défense. Pas un mot sur les Français d’origine tchadienne « oubliés » dans le plan d’évacuation, ni sur la disparition d’opposants historiques, encore moins sur les risques encourus par la population civile. Cette déclaration ministérielle laisse présager un désintérêt manifeste de la France pour sécuriser (même partiellement) la capitale en profitant de ses 1100 soldats déjà présents dans le pays.





Internet & technologie

Afrique : Le satellite panafricain RASCOM 1 enfin sur orbite

2008-02-06

Le premier satellite panafricain de télécommunications et de télévision en direct RASCOM-1, qui avait eu quelques problèmes peu après son lancement par la fusée Ariane le 22 décembre dernier à Kourou, en Guyane française a été finalement placé sur son orbite définitive le 4 février. Lancé dans l'objectif de réduire la fracture numérique entre l'Occident et l'Afrique, RASCOM-1, dont la convention avait été signée en mars 2005 par 45 pays africains, sur un total de 53, est également perçu comme un "moyen puissant d'intégration politique, économique, commerciale et culturelle".





Collecte de fonds & ressources utiles

Radios communautaires : guide technique du néophyte

2008-02-01

http://www.panosparis.org/fr/newsletter.php#adecouvrir1

"Community radio: a user's guide to the technology" est un manuel technique réalisé par l'Unesco à destination de tous les opérateurs de radios communautaires potentiels, agents communautaires, travailleurs sociaux, qui n'y connaissent rien en technique ou en technologie mais qui aimeraient les maîtriser afin de monter une radio… Il est réalisé au départ du contexte indien, mais ses leçons sont valables et applicables ailleurs dans le monde.
Vous pouvez télécharger la version anglaise du manuel sur le site : http://www.panosparis.org/fr/newsletter.php#adecouvrir1





Cours, séminaires, & ateliers

Opportunité de formation en DESS de Droit Communautaire

2008-02-05

L'Institut de Droit Communautaire, en partenariat avec l'UFR des sciences juridique, administrative et politique de l'Université de Cocody (Côte d'Ivoire), ouvre, au titre de l'année académique 2007-2008, le Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) de Droit Communautaire Africain (UEMOA, CEDEAO, OAPI, OHADA, CEMAC, CIMA).

Le DESS de Droit Communautaire Africain est animé par une équipe administrative et pédagogique hautement qualifiées d'Enseignants ivoiriens et internationaux.

L'intérêt du DESS :

* Offrir aux Etudiants, une formation de qualité donnant plus d'opportunités de travailler dans les Grandes Institutions d'intégration régionale, les entreprises nationales et multinationales, les cabinets d'expertise juridique et fiscale.
* Offrir aux Professionnels du droit et aux Opérateurs économiques, un outil efficace de renforcement des capacités relativement aux différentes normes communautaires.

RENTREE ACADEMIQUE : MARDI 19 FEVRIER 2008

NOMBRE DE PLACES LIMITE A 25 PERSONNES

Stage garanti auprès de nos partenaires nationaux et internationaux :

1. Cour de Justice de l'UEMOA, Ouagadougou.
2. Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) Cotonou.
3. Secrétariat Permanent de l'OHADA, Yaoundé.
4. Organisation Africaine de la propriété Intellectuelle , Yaoundé.
5. Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, Abidjan.
6. Commission de la CEDEAO, Abuja.
7. Cabinets d'Avocats, Administrations Publiques, Entreprises multinationales...
8. Centre d'arbitrage du Groupement Inter patronal du Cameroun (GICAM).
9. Compagnie de Réassurances des Etats Membres de la CIMA (CICARE).
10. Centre du Commerce International (Genève).
11. Cour Internationale d'Arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale (Paris).
12. Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI-Genève).

Ce DESS bénéficie de l'appui de l'Union Européenne, dans le cadre du Programme de Promotion en Côte d'Ivoire des droits de résidence, d'établissement et de libre circulation des ressortissants.

Renseignements et inscriptions

Siège de l'IDC sis au II Plateaux Vallons îlot 156 rue J 107 Villa 1647
Tél. : (225) 22 41 16 16 / 22 41 12 60; Fax : (225) 22 41 13 23
Email : info@idc-org.net ; idroitcom@yahoo.fr

Télécharger le formulaire de préinscription

L'IDC est agréé par le FDFP
L'IDC est membre observateur de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI)


Séminaire pour Doctorants 3e cycle

2008-02-05

Le Centre de Recherche sur les Politiques Sociales (CREPOS) organise à l’intention des doctorants (3e cycle) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar un séminaire annuel pluridisciplinaire de renforcement des capacités de recherche et d’écriture des doctorants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Le séminaire est destiné aux étudiants de Lettres et Sciences Humaines, de Sciences Economiques et de Gestion, de Sciences Juridiques et Politiques titulaires au moins d’un DEA.

Le dossier de candidature comprend :
- Une demande de participation (indiquer vos contacts : téléphone, email, adresse postale)
- Un projet de recherche indiquant l’intitulé du sujet de thèse, la problématique, la méthodologie, une bibliographie (maximum 10 pages)
- Une photocopie de la carte d’étudiant de l’année universitaire 2006-2007
- Un Curriculum vitae
- Une lettre de référence du Directeur de thèse
La date limite d’envoi des dossiers est fixée au 12 février 2008 à 12 heures à l’une des adresses suivantes : crepos@refer.sn ; tekrur@refer.sn
WARC, Rue E x Leon G. Damas, Fann Residence, Tel : 33 865 22 77





Emploi

RD Congo : La radio La Benevolencija recherche un gestionnaire de projet

2008-02-01

La radio La Benevolencija recherche un gestionnaire de projet en République démocratique du Congo. Les candidats doivent se prévaloir d'une expérience dans la gestion de projet pour la promotion de la réconciliation, la gestion des traumatismes liés aux conflits et la construction de la paix en RDC. Concrètement, la personne engagée aura au moins une expérience de 5 ans dans la gestion, le développement et la coordination de programme radiophoniques éducatifs.

Contact
Courriel : info@labenevolencija.org





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