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Pambazuka News 52: Cameroun : Une nouvelle crise se prépare-t-elle ?
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Elections & gouvernance, 11. Corruption, 12. Développement, 13. Santé & VIH/SIDA, 14. Éducation, 15. Racisme & xénophobie, 16. Environnement, 17. Média & liberté d'expression, 18. Bien-être social, 19. Nouvelles de la diaspora, 20. Conflits & urgences, 21. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
Dans ce numéro
2008-04-16
CHRONIQUE : Cameroun : Une nouvelle crise se prépare-t-elle ?
COMMENTAIRES ET ANALYSES : La pauvreté du journalisme international face à la crise kenyane.
ARTS ET LIVRES : Afrique : Youssou Ndour lance le sommet mondial des «étoiles pour la terre».
ZIMBABWE : Le pouvoir et l’opposition s’enlisent dans la bataille de procédures.
FEMMES ET GENRE : Sénégal : Les femmes dénoncent leur marginalisation dans la politique.
DROITS HUMAINS : Egypte : Des manifestants enchaînés à leur lit d’hôpital.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Gabon : Nouvel accord avec Paris sur les migrations.
MOUVEMENTS SOCIAUX : Afrique : Les effets de la crise du riz.
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Cameroun : Emeutes, morts et arrestations pour rien ?
CORRUPTION : Maroc : La partie visible de l’iceberg.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La facture céréalière des pays pauvres s’envole.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : les changements climatiques favorisent les épidémies.
EDUCATION : Algérie : La fuite de cerveaux devient préoccupante.
RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du Sud : La tradition d’hospitalité mise à rude épreuve.
ENVIRONNEMENT : Afrique : D’ici 2050, 50% des populations vivront un manque d’eau.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Burkina : 29 nouvelles chaînes de radios et de télés autorisées à émettre.
BIEN-ETRE SOCIAL : Le pays toujours à court de carburant.
NOUVELLES DE LA DIASPORA : Global : L’expulsion d’une sans-papiers malade du cancer fait scandale en Angleterre.
CONFLITS ET URGENCES : Mali : Marche des jeunes contre le laxisme de l’Etat dans la crise du Nord.
COURS, SEMINAIRES ET ATELIERS : Concours du Global Forum for Health Research et The Lancet.
Chroniques
Cameroun : Une nouvelle crise se prépare-t-elle ?
2008-04-16
Dr Nsame Mbongo
Nous avons procédé à une analyse non conventionnelle de la grave crise sociopolitique qui a secoué le Cameroun en février 2008 (voir pamabazula News n° 46 : Cameroun : Eléments explicatifs d’un soulèvement populaire) et dont les deux principaux éléments déclencheurs étaient le caractère insupportable de la vie chère et de la modification douteuse de la Constitution. Le fond de cette analyse consistait à situer les principales responsabilités au niveau de la politique antisociale de la bourgeoisie régnante et du comportement social provocateur d’une caste qui tient à s’éterniser au pouvoir. Toutes choses qui vont à l’encontre des attentes des populations défavorisées et des couches moyennes.
C’est ainsi que la résistance populaire s’est spontanément exprimée avec une force légitime correspondant à la gravité des préjudices sociaux et politiques subis depuis au moins deux décennies. Après une répression sanglante qui a fait des dizaines de morts dans la population, plus de 1500 citoyens condamnés à la prison ferme avec des peines parfois très lourdes, et des dizaines de blessés par balles dont la plupart s’en sortiront handicapés pour la vie, Paul Biya a promis de résoudre le problème. Qu’en est-il plus d’un mois après ? Nous fournissons ici des éléments complémentaires, relatifs aux développements de la situation post-crise.
Sur le front socio-économique
Un journal crédible de la place note : « Un mois après les décrets présidentiels défiscalisant certains produits de première nécessité, la situation n’a véritablement pas changé dans les marchés ainsi que d’autres commerces et supermarchés. En réalité, le sel, la farine, le poisson congelé et le riz ne se vendent pas encore aux proportions arrêtées unanimement entre le ministère du commerce et un groupuscule d’importateurs. Bref, ces produits coûtent toujours chers » (Nouvelle Expression du 08/04/2008). Il y aurait des divergences difficiles à gérer entre le ministère, les importateurs, les grossistes et les détaillants. Inutile de dire que les populations s’impatientent et se plaignent.
Le même organe de presse fait état de l’opinion mitigée du Gicam (Groupement Interpatronal du Cameroun). « Le patronat est encore réticent sur plusieurs points. L’inquiétude des opérateurs économiques réside dans le financement des mesures (gouvernementales). Ils se demandent où l’Etat prendra l’argent pour supporter les 8 milliards de F Cfa de plus sur la masse salariale et pour compenser les 45 milliards environ de pertes sur les recettes douanières. Pour Gicam, le risque est grand de voir apparaître de nouveaux impôts ou une accentuation du harcèlement fiscal, toutes choses qui, selon lui, "ne feraient qu’accentuer la précarité de la plupart des entreprises tout en compromettant dangereusement la situation de l’emploi". Dans l’ensemble, le patronat souhaite que l’Etat se prononce clairement sur le financement de ces mesures ».
La situation spéciale du gaz domestique et du ciment est la suivante : Le prix du ciment augmente depuis quelques mois et encore davantage ces dernières semaines, et le mouvement de hausse se poursuit toujours, sur fond de pénurie de ce produit. Il en est quasiment de même à propos du gaz domestique. Pour les deux produits, l’on invoque des travaux annuels de maintenance industrielle qui stoppent ou ralentissent la production. La spéculation de certains commerçants qui stockeraient la marchandise pour créer la rareté et hausser en conséquence les prix est aussi mise en cause.
Toujours est-il que les pouvoirs publics ne semblent pas en mesure d’assainir une situation qui dure depuis des années pour ces deux articles stratégiques, pénalisant lourdement les ménages. On en est arrivé au point où une pénurie de carburant a eu lieu il y a une semaine, entraînant la constitution de longues files d’automobilistes dans des stations services, notamment à Douala. La même explication avait encore été fournie officieusement : maintenance industrielle à la SONARA (Société Nationale de Raffinage).
Rappelons l’essentiel des mesures gouvernementales visant à répondre à la crise de février, dans le langage officiel :
- Allègement des charges sur les importations de certains produits de grande consommation ;
- Consolidation des aides à l’emploi des jeunes ;
- Recrutement de nouveaux agents dans la fonction publique ;
- Réexamen des prix des carburants, des tarifs téléphoniques et des commissions de banque ;
- Augmentation des salaires du secteur public de 15% et hausse de l’indemnité de logement de 20% ;
- Réexamen de la tarification et des coûts de la consommation d’électricité.
Il s’agit manifestement d’une très bonne littérature administrative. Mais à ce propos, la plupart des Camerounais demeurent sceptiques, étant donné qu’ils sont habitués aux promesses non tenues du pouvoir sur l’amélioration de leurs conditions de vie. Cette méfiance mêlée d’incrédulité et de mécontentement se manifeste d’autant plus facilement que les citoyens sont au courant des manœuvres dilatoires et des techniques de fuite des responsabilités que l’administration utilise après de beaux discours. Par exemple, il y a le procédé des réductions symboliques des prix. C’est le cas du carburant qui a baissé de 5 F. Cfa, alors que ses augmentations récentes étaient 10 fois plus élevées.
Il y a aussi la technique de la rumeur. On fait courir le bruit que les solutions sont imminentes, mais sans véritable précision ni moindre concrétisation immédiate. Mais comme elles sont imminentes, il serait sage d’attendre encore un peu et de ne pas interpréter les choses en termes d’inertie volontaire des pouvoirs publics. Beaucoup de manipulation et peu d’action significative : tel semble être le mot d’ordre officiel ici. En substance, il règne en ce moment une réelle insatisfaction populaire au Cameroun, par rapport à la tenue des promesses socio-économiques officielles.
Sur le front sociopolitique
Deux grandes affaires sont ici concernées : la révision de la Constitution et l’arrestation des grands pilleurs de fonds publics. Les gens appellent la première « opération "éternisation" au pouvoir » et la seconde : « opération épervier » (du nom d’un filet de pêche qui attrape les gros poissons : ces milliardaires mal enrichis bénéficient du sobriquet de baleines ; mais c’est aussi la désignation d’un oiseau de proie qui se saisit férocement de poussins imprudents et gourmands s’éloignant de la mère poule).
La modification de la Loi fondamentale du pays porte quant à elle ce nom parce que le principal article expressément désigné par le chef de l’Etat au cours d’une déclaration publique, comme devant être amendé, est le fameux article 6, alinéa 2, relatif à la durée du mandat présidentiel. Ce point précisait auparavant : « Le Président de la République est élu pour un mandat de sept (07) ans renouvelable une fois ». Le nouveau «6. 2» émanant encore de Paul Biya en personne, et qui lui est applicable, est le suivant : « Le Président de la République est élu pour un mandat de sept (07) ans. Il est rééligible ». En d’autres termes, la présidence à vie est maintenant instituée, étant donné que dans la plupart des « démocraties avancées et apaisées » africaines, parmi lesquelles le Cameroun, le Gabon, le Togo, le Tchad, etc., se vantent de figurer en bonne position, il est interdit, par une loi non écrite trônant au-dessus de la Constitution, que l’opposition remporte une quelconque élection d’envergure nationale.
Au sujet de la révision constitutionnelle, il faut dire que le projet de loi a été subrepticement introduit à l’Assemblée nationale le vendredi 4 avril 2008, pour être adopté le vendredi 11, à la veille du week-end, période par excellence de démobilisation des forces vives. Le texte a été jugé recevable par la commission des lois constitutionnelles au terme d’un débat de pure forme, malgré les objections fermes des partis d’opposition autonomes qui souhaitaient la voie d’adoption référendaire au cas où la thèse de la révision était retenue finalement.
Dominée comme l’ensemble du parlement par le parti-Etat RDPC, la commission a rejeté presque tous les amendements proposés, y compris ceux de certains députés du RDPC adeptes du mandat de 5 ans. Tout ce processus se déroule dans le huis clos. On notera que l’Union Européenne avait prôné un large débat national avant toute éventuelle révision constitutionnelle au Cameroun. La présidence a préféré ne pas suivre ce conseil d’ami.
La plupart des leaders d’opinion parlent de « forfaiture ». L’état d’esprit des Camerounais concernant cette situation évolue entre l’étonnement et l’abattement ou la grande colère. On n’arrive pas à croire que, nonobstant les risques de réactions incontrôlables d’origines diverses et même de troubles graves que comporte cette modification rejetée par la quasi-totalité du peuple camerounais et incomprise par l’opinion internationale, l’« opération "éternisation" au pouvoir » puisse tout de même avoir lieu.
Cette vaste entreprise d’autopromotion politique se déroule sous le couvert de l’« opération épervier ». Un cercle inconnu de réflexion occupant certainement une position centrale au sein de l’entourage se permet, de temps à autre, de désigner à la vindicte populaire tel ou tel ancien ou actuel dignitaire du régime, accusé d’importants détournements de fonds publics. Des interpellations policières hautement médiatisées et des campagnes de presse, financées ou non par le pouvoir, sont orchestrées depuis quelques semaines dans ce cadre. Il faut que le peuple, qui croupit dans la misère et qui sait casser à l’occasion, identifie les supposés responsables de sa situation et s’en prenne à eux au lieu d’en vouloir au régime et de refuser sa modification constitutionnelle.
On lance cet os au chien pendant que des détournements gigantesques continuent en douce. L’affaire Elf n’a-t-elle pas révélé que les dirigeants d’Afrique centrale encaissent personnellement un certain pourcentage sur chaque baril de pétrole ? Il est bon de rappeler que l’une des victimes de cette cabale, qui a écopé de plusieurs dizaines d’années de prison, avait signalé qu’il soustrayait des valises d’argent à sa banque des communes (Feicom) pour le compte de « qui on sait ». Telle est la mise en scène chargée de distraire les citoyens pour violer leur Constitution.
En réalité, beaucoup de gens ne sont pas dupes, bien que le montage ait des effets idéologiques inhibiteurs et trompeurs certains. L’on peut imaginer que s’il fallait vraiment appliquer aujourd’hui le mot d’ordre « rigueur et moralisation » lancé il y a un quart de siècle par Paul Biya, presque sans suite, la neutralisation des pillards professionnels de catégorie supérieure enlèverait aux Camerounais une si précieuse bourgeoisie bureaucratique et affairiste au point que, privés de leurs bienfaiteurs, les travailleurs se suicideraient tous, plongeant ainsi le pays dans le chaos. Ne serait-ce que pour cette raison, il vaut sans doute mieux interpeller seulement quelques malchanceux, et au moment opportun ! Dès lors, le déploiement de l’épervier marin ou céleste nous sort-il de la logique de la manipulation des symboles et des consciences ?
Sur le front sécuritaire
La décision de transmettre le projet de loi de révision de la Constitution a été précédée d’un renforcement de la militarisation du pays qui a fait dire à certains que le Cameroun était en état de siège. Selon Le Messager n° 2586, « on a sonné le rassemblement, le 3 avril 2008, au Quartier général des forces armées à Yaoundé. Même des militaires permissionnaires ont rappliqué. Et il y a comme une patrouille discrète qui sillonne la capitale. De source bien informée, les forces de défense sont en état d’alerte. Une situation pas du tout fortuite. C’est que, relève-t-on, le gouvernement RDPC a parachevé sa stratégie pour saisir l’Assemblée nationale en vue de l’introduction du projet de modification de la Constitution ».
Traduisant le sentiment général, le journal pense que si le projet aboutit, « le gouvernement devra affronter une rude résistance de la rue (car) le souhait d’une bonne partie du peuple était que l’on maintienne le dispositif de limitation du mandat présidentiel à 7 ans renouvelables une seule fois. Donc que le projet du gouvernement ne rentre jamais au Parlement ».
Le 7 avril, la même publication revient sur le sujet en constatant que des barrières des forces de répression sont présentes dans les grands axes routiers du Cameroun et notamment entre Douala et Yaoundé. Il y en a au moins trois où de nombreux policiers, gendarmes ou militaires descendent tous les passagers des bus interurbains, contrôlent leur papiers et prennent 1000 F Cfa à ceux qui sont dépourvus de pièces officielles. Le journaliste précise : « Aucune information n’ayant circulé quant à cette militarisation soudaine des grandes villes du Cameroun, les supputations vont bon train. En fait, il semblerait que le gouvernement de Paul Biya, méfiant depuis les évènements sanglants de février dernier, a décidé de prendre les devants en anticipant toute tentative éventuelle de soulèvement après le dépôt à l’Assemblée nationale, vendredi 04 avril, du projet de loi portant sur la révision constitutionnelle. On sait que lors des manifestations violentes de la dernière semaine de février 2008, des slogans hostiles à cette révision se sont fait entendre, allant de fait dans le même sens que les positions de nombre de leaders politiques de l’opposition et de la société civile. Ces positions tranchées prévenaient contre toute modification de la Constitution, notamment l’article 6. 2 qui fixe la limitation du mandat présidentiel ».
La paranoïa sécuritaire n’a pas cessé depuis les évènements de février. Si les tueries gratuites perpétrées par les forces de répression ont pris fin, le harcèlement et l’intimidation des populations se poursuivent. Ainsi par exemple, le député SDF Jean-Michel Nintcheu a été interdit de sortie du territoire à l’aéroport de Douala, où son passeport a été saisi et où il fut gardé à vue au mois de mars 2008. On pourrait aussi mentionner des contrôles abusifs, des patrouilles nocturnes de militaires et des rafles sauvages dans certains quartiers des villes contestataires, notamment Douala et Bamenda.
Outre ces tracasseries, l’on continue de procéder à des arrestations arbitraires. C’est ainsi que Lapiro de Mbanga, le musicien bien connu, vient d’être incarcéré cette semaine pour avoir commis le crime gravissime de produire une chanson intitulée « Ne touche pas à ma Constitution ». On peut rappeler que ce titre a un rapport avec un vaste mouvement de la société civile qui fédère de nombreuses associations de jeunes et d’adultes opposées à la présidence à vie, pudiquement baptisée « révision constitutionnelle ».
L’artiste Joe la conscience défend la même cause. Il est emprisonné depuis février, coupable d’avoir voulu marcher seul entre sa bourgade de Loum et le palais présidentiel (plus de 300 km) pour dire NON à l’amendement du 6. 2. Quant au maire RDPC et président de la sous-section du parti-Etat dans la localité de Njombe-Penja, Paul Eric Kingue, il a été suspendu de ses fonctions par la hiérarchie et incarcéré à Nkongsamba depuis le 27 février, sous les motifs de « complicité de pillage en bande et incitation à la révolte » lors des évènements, alors que les médias avaient plutôt laissé entendre qu’il jouait un rôle d’apaisement, étant relativement influent dans la région. La « démocratie avancée et apaisée » compte ainsi de nouveaux et authentiques prisonniers politiques dans ses geôles, auprès des Edzoa Titus et autres.
Sur le front de la démagogie périlleuse
Une immense activité de bavardage politicien d’intoxication est entreprise depuis fin février jusqu’à maintenant par des provocateurs officiels. Leur démagogie touche à la question ethnique et à la question des « apprentis sorciers » (supposés organisateurs cachés des « émeutes et pillages » de février). L’Etat a ainsi poussé certains chefs traditionnels et personnalités autochtones de Douala et Yaoundé à s’en prendre aux ressortissants bamiléké et anglophones résidant dans ces villes, les accusant d’avoir quitté leurs quartiers périphériques pour piller et casser dans les quartiers des natifs de ces cités.
Ce qui suppose que les membres des autres ethnies ne se sont pas impliqués dans le vaste mouvement de résistance populaire à la vie chère et à la présidence à vie, et qu’ils sont d’accord avec la politique en vigueur. Ce qui suppose aussi que les Bamiléké et les Anglophones sont capables de tout pour prendre le pouvoir aux Camerounais civilisés. Bien sûr, on sait que de telles choses n’ont pas de sens et sont fausses, mais il faut chercher des boucs émissaires et briser la solidarité populaire transethnique que les évènements ont mis en évidence, quitte à créer des faux conflits.
A la suite du discours inquisiteur et musclé du chef de l’Etat le 29 février, divers hauts responsables politiques du parti-Etat et autres éléments rompus dans l’art de la recherche antiscientifique ont mis principalement en cause le parti d’opposition dite radicale SDF et son chef. On a également parlé du CODE, mouvement de Camerounais fonctionnant à l’étranger et très peu connu au Cameroun. Curieusement, aucune preuve n’a été fournie et aucune arrestation n’a eu lieu. Bref on est dans la dénonciation calomnieuse. En réalité on sait que la thèse des « apprentis sorciers » est une fable et qu’on cherche simplement à faire peur aux gens et à montrer qu’on a des services de renseignements efficaces. Mais si tel était le cas, comment se fait-il qu’on n’ait pas pu prévoir ces évènements et les étouffer dans l’œuf ?
Si des manipulateurs ont existé, peut-être alors provenaient-ils de certains milieux du parti-Etat où grouillent des pêcheurs en eaux troubles et autres semeurs de confusion, prêts à n’importe quoi pour s’éterniser dans l’entourage et bien vivre éternellement aux dépens du peuple !
* Dr Nsame Mbongo est professeur à l’université de Douala
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou faire vos commentaires en ligne à l’adresse suivante www.pambazuka.org
Commentaires & analyses
La pauvreté du journalisme international face à la crise kenyane
2008-04-16
John Barbieri
Même si la paix et la stabilité ne sont pas encore totalement revenues, le Kenya sort peu à peu des violences dramatiques que le pays a connu dans les semaines qui ont suivi les élections de fin décembre 2007. Les images de ce pays à feu et à sang se sont estompées sur les petits écrans à travers le monde, mais le drame kenyan, en attendant qu’on en parle au passé, laisse encore quelque amertume dans la manière dont les médias occidentaux ont braqué leurs caméras et distillé leurs commentaires sur cette crise. Des mythes dangereux et des généralisations abusives ont été notées, que John Barbieri dénonce.
Il importe, d’emblée, de mentionner que le titre de cet article est emprunté à la journaliste kenyane Rebecca Wanjiku [1]. Comme beaucoup d’autres personnes, j'ai regardé avec consternation les événements au Kenya, après l'annonce le 30 décembre 2007, des résultats (truqués) des élections. J'ai été, de la même manière, sinon plus, consterné, outragé et dégoûté par la façon dont la situation et les violences qui s’y sont déroulées, ont été décrites et schématisées dans la presse internationale, particulièrement aux Etats-Unis. Dans presque toute couverture et tout commentaire, il y a eu trois mythes et transformations qui ont été répandus, particulièrement dangereux. Tous ces mythes fait l’objet de commentaires plus avisées que les miens, mais il est peut-être utile de reprendre et de commenter davantage sur tous les trois à un même endroit.
Mythes et transformations
Premièrement, il ne s’agit pas ici d’un « conflit ethnique ». Comme la plupart des conflits africains sont présentés par la presse, il y a partout une description de la situation telle que le conflit n’a d’autre cause que les appartenances ethniques et on parle « conflit tribal » ; Il s’agit d’une description raciste, désuète et inexacte de la situation. Bien qu'il y ait eu un facteur ethnique dans le conflit kenyan, cet élément a été exagérée au détriment du facteur plus dominant, lié aux inégalités entre les riches et les pauvres à travers et suivant les appartenances ethniques.
Comme beaucoup d’autres l’ont dit de manière plus articulée, la situation kenyane doit être re-décrite comme un conflit politique. Plus spécifiquement, la violence organisée qui a suivi les élections doit être comprise comme une situation où des élites politiques sont en train de manipuler leurs militants et sympathisants (notamment en payant et en équipant des milices armées et en servant des éléments armés de l'Etat) pour qu’ils déclenchent la violence à leur place (…)simplement en tant que moyen de pression envers la communauté nationale et internationale pour obtenir/garder le pouvoir. Les deux parties en ont été coupables, mais en particulier l'homme que l’on a fait prêter serment comme président et qui a fait un usage disproportionné d’une force brutale de la police et de l’armée, notamment la General Service Unit.
Les répercussions de cette tendance consistant à décrire les conflits par l’appartenance ethnique peuvent se voir dans les distorsions de l'histoire et du contexte de tous les conflits en Afrique et ailleurs. L’une des fausses interprétations historiques les plus répandues est particulièrement évidente dans la documentation populaire et la mémoire collective du génocide rwandais, qui continuent de décrire ce drame comme le simple résultat d’un conflit tribal au départ. Le contexte et l'histoire du génocide s’en retrouvent assombris par la négligence du rôle permanent que joue l’héritage brutal de la puissance coloniale (la Belgique dans le cas du Rwanda) et de la politique nationale, régionale et internationale après l' «indépendance».
Deuxièmement, il ne s’agit pas ici d’un « choc » avec le conflit kenyan. Il faut s’attaquer aux mythes et allégations qui parlent de « choc » pour un « symbole de stabilité, de démocratie et de croissance économique en Afrique. » N’importe qui qui connaît l'histoire du Kenya, l'histoire du colonialisme et l'histoire depuis l' «indépendance », sait que ces évolutions ne constituent pas un choc ; elles sont fomentées pendant longtemps. Les événements du Kenya sont directement liés à l'incapacité du gouvernement de maîtriser les répartitions des pouvoirs héritées du régime britannique, notamment la Constitution elle-même. Elle s’est reflétée dans la tension ethnique fomentée par Kibaki (PNU) et Odinga (ODM).
Dire aussi que le Kenya est un grand « symbole de stabilité, de démocratie et de croissance économique en Afrique » est une présentation erronée des difficultés et des injustices auxquelles la grande majorité de Kenyans font face, sans espoir, et chaque jour. C’est aussi se faire une fausse image des cinq dernières années de « croissance économique éclatante » dont témoigne le régime de Kibaki, qui, à travers une corruption à grande échelle et une inégalité croissante en terme de revenus, a assuré que les avantages de cette croissance économique forte n’atteigne, en gros, que la seule et même élite.
Troisièmement, et c’est peut-être le plus important, il y a le rôle des Etats-Unis. Aussi bien au Kenya qu’à travers l’Afrique de l’Est. Les Etats-Unis ont essayé avec enthousiasme de construire un bloc d’alliés dans cette région et dans la Corne de l’Afrique, afin de contrecarrer les autres pays qui sont vus comme une menace dans la région. Avec pour alliés clés le Kenya, la Tanzanie, l'Ethiopie, Djibouti, l'Ouganda et le Gouvernement Fédéral de Transition de la Somalie. Ces alliés sont censés contrebalancer la menace du Soudan (le régime de Bashir), de l'Erythrée et de l'Union des Tribunaux Musulmans (UIC) en Somalie.
L'administration Bush a clairement soutenu le président Kibaki, vu que son gouvernement a été l'un de ses principaux alliés dans la « guerre contre le terrorisme » en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. L'administration Kibaki a coopéré étroitement avec les Etats-Unis dans les raids qu’on disait viser les terroristes le long de la côte kenyane. L'unité kenyane chargée de la lutte contre le terrorisme (avec l'appui américain et anglais) a mené ces opérations anti-terroristes extrajudiciaires, avec pour cible l’importante population musulmane qui réside dans cette zone.
Selon les organisations de droits humains au Kenya, ces opérations anti-terroristes ont consisté notamment à rassembler, à torturer et à extrader des musulmans (en Somalie, en Ethiopie et ailleurs) sans inculpation ni jugement, dans une procédure du même genre que les opérations de guerre contre le terrorisme menées ailleurs. Les gens qui sont ciblés, presque tous des musulmans, sont soupçonnés d’être des agents d’Al Qaeda ou de faire partie d'autres organisations terroristes subversives.
De la même manière, le Kenya était un allié pendant l'invasion de la Somalie par des forces éthiopiennes, il y a un an, avec le soutien américain, pour renverser l'Union des Tribunaux Musulmans (UIC) au sud de la Somalie. Ce qui était et demeure oublié par routine dans l'histoire de l'UIC, reste la manière dont elle a contribué à faire respecter l’ordre, la stabilité et les services sociaux que l’on n’avait pas vus au sud de la Somalie depuis près de quize ans ; mais aussi comment l'UIC avait réussi à déposer les chefs de guerre corrompus (dont beaucoup étaient soutenus par les Etats-Unis). En plus, elle ne cherchait pas à imposer un mouvement international jihadiste du genre Al Qaeda, comme le prétendaient ou le prétendent beaucoup de gens.
Le rôle du Kenya (c’est-à-dire de l’administration Kibaki) dans les opérations militaires consistaient, notamment, à travailler avec les forces américaines le long de la frontière Kenya-Somalie et à partager en permanence les renseignements ; mais ils ont aussi joué un rôle plus direct. Au début de l'invasion, l’armée kenyane, apparemment à la demande des Etats-Unis, a fermé sa frontière avec la Somalie et a refusé l’entrée à tous les Somalis, y compris les réfugiés qui essayaient de fuir le sud de la Somalie. Peu après, les Etats-Unis ont mené des attaques aériennes au sud de la Somalie, faisant au moins trente morts, dont la plupart, si pas tous, étaient probablement des civils qui fuyaient, et non des agents d’Al Qaeda comme on l’a prétendu.
En bref, l'administration Bush avait des ambitions claires de « sécurité nationale » en voulant que Kibaki, en tant que principal allié dans la guerre contre le terrorisme en Afrique de l’Est, reste au pouvoir. Ajoutez à cela les intérêts des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et d’autres pays européens dans le domaine des affaires au Kenya, qui ne se souciaient probablement pas de la plateforme socio-démocratique d’Odinga qui faisait planer une menace d’accroissement des impôts et de redistribution des richesses.
Le plus grand coup à la crédibilité et à la neutralité des Etats-Unis dans ce dossier est cependant intervenu juste après que les résultats de l’élection furent annoncés. De manière incrédule, le Département d’Etat américain s’est manifesté rapidement et a félicité l’homme qu’on a fait prêter serment comme président à la suite de sa « victoire ». Ceci s’est fait alors que chaque diplomate dans le pays avait clairement connaissance des irrégularités dans les élections et du processus hâtif de prestation de serment par le président.
Se rendant compte de son erreur, le département d'Etat se déploya rapidement pour retirer la déclaration de félicitations et sortit une déclaration pour lancer un appel à mettre fin à la violence et à ce que la situation soit résolue en passant par des « solutions constitutionnelles et légales ». Cependant, il est bien évident que ces solutions sont visiblement favorables au président et qu’elles ne vont que maintenir le statu quo : Kibaki et la corruption.
Cela ne devrait pas non surprendre que les quelques chefs d'Etat qui se sont manifestés et ont félicité Kibaki à l’occasion de sa « victoire » sont également ses alliés dans la guerre contre le terrorisme avec l’administration Bush. Il s’agit notamment de Yoweri Museveni de l'Ouganda (qui a reçu beaucoup d'aide de la part de l'administration Bush et qui a fourni une aide cruciale dans l’approvisionnement de troupes de l’Union Africaine en Somalie), du président de transition de la Somalie, Abdullahi Yusuf (que les Etats-Unis, l'Ethiopie et le Kenya ont aidé à reprendre son poste après son renversement par l'UIC), Sheikh Sabah du Kuweit, le Roi Mohamed VI du Maroc et le Premier ministre Themba Dlamini du Swaziland.
Ça vaut la peine de citer un extrait du message de félicitations du président somalien Abdullahi Yusuf, au président Kibaki: « Nos deux pays doivent rester des partenaires forts dans la guerre mondiale contre le terrorisme et des alliés inlassables dans la protection de la liberté.»
(…) Comme d’autres l’ont déjà clarifié (Mukoma wa Ngugi [ 2 ], Wandia Njoya [ 3 ], etc.), on ne devrait pas supposer qu'Odinga est opposé aux intérêts des Etats-Unis et au capital international; les grands bruits qui ont entouré la Hummer d'Odinga ont peut-être été un exemple qui illustre sa vraie nature en tant que membre d’une élite qui se réjouit fortement de ses connexions avec l’occident et aime vivre bien au-dessus du reste des Kenyans. En outre, on ne devrait pas croire que le soutien des Etats-Unis aux leaders et autocrates kenyans corrompus a commencé avec Bush-Kibaki. Des archives montrent bien comment les Etats-Unis ont profondément soutenu et armé le précédent régime dictatorial de 24 ans de Daniel arap Moi, pendant les dernières années de la géopolitique de la guerre froide et au-delà.
Tout ceci ne suggère pas une responsabilité américaine directe pour ce qui est de la manipulation des résultats des élections, mais toujours est-il que les intérêts et le rôle des Etats-Unis, ainsi que des autres acteurs internationaux au Kenya doivent être clarifiés (pour des faits et chiffres supplémentaires sur les liens militaires entre les États-Unis et le Kenya et le président Kibaki, lire l'excellent article de Daniel Volman <http://www.concernedafricascholars.org/080110-volman.php>[ 4 ].)
La Pauvreté du Journalisme International
Somme toute, ce fut dégoûtant de voir la façon dont les journalistes ont été enthousiastes pour documenter et fournir des commentaires inexacts et inhumains sur le carnage au Kenya, mais aussi la manière dont ils se sont trop peu préoccupés d’essayer de comprendre réellement la situation et de rapporter ce que les Kenyans disent et pensent en réalité ; ceci ne devrait cependant pas surprendre. L'inspiration et le titre du présent article vient du blog de la journaliste kenyane Rebecca Wanjiku « La Pauvreté du Journalisme International », et le présent extrait au sujet d'une émission de la CNN vaut la peine d’être longuement cité:
«Il est très important de comprendre la langue locale lorsqu’on fait un reportage de l’étranger. Par exemple dimanche [le 6 janvier 2008], il y avait sur l’écran de la télévision un homme blessé et ceux qui le transportaient ont dit en swahili « tunampeleka hospitalini » (nous l’emmenons à l'hôpital) Mais la traduction du journaliste fut qu’on lui avait demandé « t’a-t-on tiré dessus ou s’agit-il d’une coupe ? »avec la réponse répétée comme quoi il avait été victime de tirs. Il est peu probable que ceci ait été une erreur innocente, le journaliste pourrait tout simplement s’être peu soucié de ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas, et il est peu probable aussi que l’on s’en soit rendu compte ailleurs dans le monde. Mais en donnant des images vidéo de la sorte pour s’attarder sur une histoire que vous montez ,c’est faire un reportage malhonnête. J'ai confiance dans le fait que les Kenyans vont bientôt s'embrasser, et que nous retournerons à notre urgente tâche plus mondaine de kujitafutia riziki- trouver quelque chose à manger. J’espère que CNN sera tout près pour couvrir cela et non simplement pour se précipiter sur la prochaine grande nouvelle. A propos, comment se fait-il que la CNN ne couvre pas les soldats ou les civils américains en train de saigner et de grogner de douleurs, et pourquoi la chaîne ne réfléchit pas une seconde fois sur la dignité des morts et des moribonds d'autres pays ? »
Ce sont des journalistes et bloggeurs kenyans, comme Rebecca, et d'autres journalistes locaux qui ont été les vrais champions de la description et l’analyse authentiques de la situation, et qui sont réellement en train de soulever les véritables préoccupations des Kenyans. Plutôt que d'analyser et de traiter avec condescendance la situation à partir de Londres, New York ou même de l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi (qui est, bien que pas aussi géographiquement éloignée, aussi éloignée des préoccupations des Kenyans), les médias traditionnels doivent écouter, comprendre et rendre claire l'histoire et le contexte de la situation, et cesser d’en parler avec tant d’ignorance et d’arrogance.
(…) La situation au Kenya, comme tous les conflits politiques (par exemple, à l’est de la République Démocratique du Congo, la Somalie, le Darfur, l’est du Tchad, l'Irak, le Pakistan, la Birmanie, le Sri Lanka, etc.), devrait faire l’objet de reportage rigoureux. Elle doit être placée et décrite correctement en y intégrant un contexte historique approprié et la perspective des gens sur terrain. On doit raconter les perspectives/histoires des gens et ne pas les présenter de façon simpliste et sensationnelle, comme cela se fait si souvent, particulièrement dans l’esprit simpliste du reportage « télévisé ».
Il est regrettable que dans le reportage télévisé américain on entende rarement les voix réelles des personnes qui racontent leurs histoires de par le monde ; trop souvent, nous avons plutôt une voix hors champ d’un (e) reporter à l’intonation occidentale. Pourquoi ne pas utiliser les sous-titres ? Pourquoi ces gens doivent-ils voir leurs opportunités de faire entendre leurs voix dérobées ? Ou pourquoi ne pas trouver des gens qui peuvent parler correctement anglais afin qu’ils parlent en leur nom propre, et non les humilier dans leur statut d’étranger en utilisant des sous-titres indésirables ? Et pourquoi devons-nous attendre les situations de crises pour entendre ces voix ? Pourquoi devons-nous n’entendre, ou plutôt devons-nous juste voir, que ce qui est mauvais ? Pourquoi n'entendons-nous pas de bonnes choses, des choses amusantes, des plaisanteries, des histoires pour jouer et promouvoir les gens racontées au quotidien ? Pourquoi n'entendons-nous pas et ne voyons-nous pas des histoires approfondies au sujet de l’amour et des rêves de la même manière que nous voyons des histoires superficielles portant sur les pertes et le désespoir ?
Les informations qui manquent un sens approprié de l'histoire et du contexte sont juste une liste de mi-vérités brouillées, des informations sans intérêts pour des gens qui sont réellement affectées et qui ne sont qu’une liste de stéréotypes.
*John Barbieri est un journaliste indépendant qui a vécu au Kenya de janvier à juin 2007. Il est fondateur de la US Coalition for Peace with Truth and Justice in Kenya (Coalition américaine pour la Paix avec la Vérité et la Justice au Kenya). Il peut actuellement être joint à l’adresse kenyanpeace@gmail.com
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Notes:
1. Rebecca Wanjiku (1/7/08). ‘The Poverty of International Journalism.’ Kenya Imagine. <http://www.kenyaimagine.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1015&Itemid=141>
2. Mukoma wa Ngugi (1/10/08). ‘Let us not find revolutionaries where there are none.’
(Ne cherchons pas des révolutionnaires là où il n’y en a pas) Pambazuka News. <http://www.pambazuka.org/en/category/features/45291>
3. Wandiya Njoya (1/1/08). ‘Kenya's Crisis: A Drama Scripted For The Last Five Years.’ The Zeleza Post. <http://www.zeleza.com/blogging/u-s-affairs/kenyas-crisis-drama-scripted-last- %0D five-years> Lisez également tous les autres articles terribles et pleins d’inspiration sur Zeleza Post. Five-years <http://www.zeleza.com/blogging/u-s-affairs/kenyas-crisis-drama-scripted-last- %0D five-years>
4. Daniel Volman (1/5/08). ‘U.S. Military Activities in Kenya.’ Association of Concerned African Scholars. (« Activités Militaires américaines au Kenya ». Association de Chercheurs Africains Préoccupés) <http://www.concernedafricascholars.org/080110_volman.php>
5. Arno Kopecky (1/5/08). ‘Violence and cynical foreign news crews.’ (Violence et équipes de journalistes étrangers cyniques) The Daily Nation. http://www.nationmedia.com/dailynation/nmgcontententry.asp?category_id=39&newsid=113971
Sénégal : La presse dans le piège de ses contradictions
2008-04-16
Frank Wittmann
Ces dernières années, les mass médias ont régulièrement été au centre de l’intérêt public au Sénégal. Ce n’est bien sûr pas un hasard, puisque si l’on regarde sur la longue durée, on peut dire que la presse est soumise à un changement dynamique depuis le début des années 1970, et cela s’est encore intensifié au début des années 1990. Aujourd’hui, la fin de cette mutation n’est toujours pas d’actualité. Au cours des processus de libéralisation, de pluralisation et de popularisation, le marché des médias s’est différencié. Il s’est aussi partiellement institutionnalisé. Quant à l’usage des médias, il a également augmenté. Néanmoins, il nous semble opportun de ne pas nous arrêter à la description de ces aspects mais de nous demander, quelles sont les raisons profondes de l’évolution des médias ? Où ils en sont aujourd’hui ? Quelles sont les défis les plus sérieux auxquels ils font face?
De façon simplifiée, on peut dire que la sphère publique sénégalaise est constituée d’acteurs politiques, économiques, religieux, médiatiques et d’acteurs de régulation. Cette sphère est peu transparente, car les rôles de ces différents acteurs ne sont pas complètement séparés. Il est vrai qu’une partie considérable du processus de démocratisation et du développement d’une conscience citoyenne est le fait de la presse, mais, paradoxalement, les transformations qu’elle a subi ces dernières années ont contribué, en contrepartie, à un noyautage des fondations démocratiques. Cela s’observe en particuliers dans la non-séparation des pouvoirs entre sphère exécutive et judiciaire, de même qu’entre sphère politique et religieuse.
La séparation de ces sphères est ancrée dans la Constitution, mais elle est loin d’être fonctionnelle dans la réalité. Les acteurs religieux pénètrent de plus en plus directement dans les sphères politique et médiatique. Les conséquences sautent aux yeux dans le secteur de la presse où journalistes, politiciens, commerçants et marabouts collaborent certes, mais se battent le plus souvent pour l’influence, le contrôle et la propriété. Tous les groupes d’acteurs disposent d’organes de presse et essaient d’exercer une influence sur les contenus rédactionnels des médias qui ne leur appartiennent pas. Tandis que les acteurs politiques s’intéressent principalement à une couverture positive et peu critique des faits d’actualité qui les concernent, les acteurs religieux, eux, essaient de favoriser le conformisme journalistique. Si les rédactions osent les contrarier, elles prennent alors le risque de représailles qui peuvent prendre des contours violents.
C’est la raison pour laquelle la liberté de presse est en danger au Sénégal, lorsque les journalistes enquêtent et révèlent les agissements illicites des politiques ou de personnalités en vue dans la bonne société. Afin d’endiguer un journalisme d’investigation et critique, le gouvernement - et la justice qui lui est soumise - utilisent une législation incohérente et arrêtent de façon arbitraire des journalistes. Ces pratiques visent une autorégulation prononcée et à terme, une autocensure des journalistes.
L’expérience a montré que ce genre de conflits trouve souvent une résolution qui suit un modèle typique : la société civile proteste et essaie d’intervenir de manière informelle auprès des représentants du gouvernement, puis les journalistes arrêtés sont finalement libérés. Au-delà, quand on parle de violations répétées de la liberté de presse, il faut aussi comprendre violence morale qui se manifeste par des menaces psychologiques et pas seulement agressions physiques.
Compte tenu la concurrence économique des entreprises médiatiques et la stratégie de popularisation des journaux, ce contexte conflictuel a contribué à une crise d’identité des journalistes sénégalais. En fait, les journalistes ne savent pas comment se comporter dans ce contexte avec ses exigences contradictoires. Le manque d’orientation ne se reflète pas seulement dans des conceptions de rôle variables, mais aussi dans les contenus des journaux. A l’exception des journaux professionnels comme Le Quotidien, Sud Quotidien et Wal Fadjri, des critères de qualité de base sont violés. Ceci est démontré par l’orientation idéologique ainsi que par la violation des règles de l’objectivité, de la crédibilité de l’information, de la pondération de l’agenda thématique et du respect de la sphère privée.
Les raisons de la crise identitaire sont à chercher dans le contexte sociopolitique et les pratiques culturelles. Prenons par exemple les acteurs politiques et religieux : ils aspirent, généralement, à une visibilité publique et à l’accès aux différentes ressources. De cette façon, ils limitent la marge de manoeuvre des journalistes et de la société civile. Cependant, les journalistes, eux aussi, s’aventurent dans des sphères et jouent des rôles qui ne sont pas les leurs.
Un caractère essentiel du contenu de la presse d’information générale consiste dans le mélange des différents genres journalistiques, notamment le compte rendu, l’analyse et le commentaire. Ce mélange ne donne aucune indication de décodage aux lecteurs. Au-delà, la presse populaire viole de façon continue les règles de l’éthique et de la déontologie. Mais elle est aussi un moteur du changement social, car elle permet de briser des tabous. Des thèmes comme la délinquance, la violence, la criminalité, le sexe, le voyeurisme ou la dénonciation des personnes privées et publiques devraient assurer l’attention du public. En cela, la presse devient un parasite social.
Même si certains titres de la presse populaire arrivent, grâce à des gros titres provocateurs, à atteindre un tirage élevé, ce sont avant tout des journalistes jeunes, mal formés qui les animent. D’un côté, il y a un pluralisme effréné de la presse, mais de l’autre on assiste à un nivellement par le bas de la qualité des journalistes. La précarité est donc un caractère important des mass médias sénégalais. Elle est responsable d’une fluctuation significative des journalistes et des titres. La précarité est le résultat aussi des revenus marginaux engendrés par la publicité et le manque de propension des Sénégalais à dépenser de l’argent pour acheter un journal. Le journalisme reste une affaire déficitaire que les subventions publiques ne peuvent compenser. Une des conséquences les plus graves de cette situation précaire, c’est qu’un nombre considérable de journalistes sont « corrompus », acceptant de l’argent ou des cadeaux des politiques ou des personnalités qui veulent s’assurer une couverture agréable.
Afin de survivre économiquement, bon nombre de rédactions collaborent avec des commerçants informels qui ne s’occupent pas seulement de la distribution des journaux, mais qui se chargent également des coûts d’impression, de papier et même des salaires. D’un côté, cette stratégie assure la survie à court terme du titre, mais de l’autre côté, les journalistes se livrent aux commerçants informels qui abusent de leur pouvoir économiquement.
La conflictualité des médias fait référence au manque de régulation dans le secteur, et à un déficit d’Etat de droit, résultat d’un Etat faible. Les acteurs politiques au Sénégal n’ont jamais réussi à atteindre une légitimité entière et une autorité intégrale. Ce manque de régulation nous réfère aussi aux déficits démocratiques. Les violations répétées de la liberté de presse et le dysfonctionnement de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et la judiciaire ainsi qu’entre la sphère politique et religieuse font du Sénégal un état semi-autoritaire.
Malgré tout, ce ne serait pas apprécier les mass médias sénégalais à leur juste valeur que de ne pas reconnaître que les acteurs compensent ces déficits par des accords interpersonnels au sein des réseaux organisés de façon clientéliste. Ces accords s’inscrivent dans la culture sénégalaise de la «teranga» (hospitalité, bonnes manières), établie depuis des siècles. Elle règle les relations des membres de la société et garantit la fonctionnalité de ces relations. De cette façon, l’insécurité est réduite et la base pour l’informalité est créée.
L’informalité s’est montré le modèle de pratiquement tous les acteurs, y compris les journalistiques. Ils représentent des rôles différents pour s’adapter à des situations différentes. Selon le contexte, ils choisissent le rôle du reporter, du chien de garde, de l’avocat ou du griot qui se montre sensible à la réception illicite de l’argent ou des cadeaux. A cause de l’ambivalence des différents rôles et du manque de professionnalisme, la presse sénégalaise ne dispose que d’une faible crédibilité dans la population.
Vu l’illettrisme très répandu, c’est un exploit que de voir le nombre de Sénégalais qui s’informent à travers la presse. Cela dit, leur accès est majoritairement de nature informelle : au lieu d’acheter des journaux, ils se réfèrent surtout à des modèles privés et para-commerciaux. Mais la «teranga» concerne aussi le contenu des journaux : au Sénégal, il n’est pas habituel d’adresser des critiques directes, ce qui contribue à reléguer l’investigation journalistique en marge.
Au-delà de ça, le mélange des différents genres journalistiques et le journalisme d’opinion, très présent dans la presse sénégalaise, se laisse expliquer d’une manière assez simple : la tradition orale et la culture du charme et de la séduction à la sénégalaise ont largement imprégné la presse. Le lecteur veut être courtisé d’un point de vue stylistique, et séduit grâce aux thèmes. Voilà pourquoi le journaliste ne peut pas se contenter de donner des informations sèches. Il se doit de laisser transparaître son opinion et d’écrire avec verve. Les Sénégalais aiment les belles plumes. Aujourd’hui, la tradition orale ne signifie pas l’absence des pratiques de lecture mais l’intégration des éléments stylistique oraux dans la communication écrite.
Le pluralisme et la popularisation des mass médias ont cependant contribué à une croissance de leur utilisation par le populations. Même si les différences entre les groupes socio démographiques et les endroits géographiques restent significatifs, l’usage médiatique est un élément intégral des pratiques sociales au Sénégal aujourd’hui. La radio, diffusée en majorité dans les langues nationales, est écoutée par 95.5% des interviewés, dans une étude que nous avons réalisée. Elle est désormais perçue comme le média le plus informatif, le plus divertissant mais aussi le plus crédible. Pratiquement tous les interviewés l’utilisent quotidiennement.
La télévision, qui est souvent regardée en groupe, jouit également d’une grande popularité. Tandis que son usage en milieu urbain atteint presque l’usage radiophonique, il décline en milieu rural. La presse écrite, quant à elle, est lue par 28.6% des Sénégalais interrogés, mais elle trouve un plus grand public au sein des auditeurs de la revue de presse. De même, l’étude montre que la presse écrite a quitté les cercles hermétiques de l’élite traditionnelle. Aujourd’hui, ce ne sont plus uniquement les universitaires, les politiciens et les entrepreneurs qui lisent, mais également certains apprentis, employés des secteurs formels et informels ainsi que les femmes de ménage, les retraités et les chômeurs. Au-delà, il arrive que des illettrés regardent des photos des journaux ou se laissent lire le contenu.
Si quelques journaux en langues nationales sont publiés, leur signification sociale et économique est plutôt marginale.
La lecture des journaux reste tout d’abord un phénomène dakarois, car plus on s’éloigne de la capitale, plus la fréquence diminue. Les quotidiens tirent généralement entre 3 000 et 20 000 exemplaires. Mais les journalistes sont confrontés à des fluctuations énormes : 79.9% des interviewés ne lisent les journaux qu’en cas de scoop ou d’événements importants. La décision d’acheter un journal est généralement faite spontanément au kiosque et lorsqu’on rencontre des vendeurs ambulants. Il faut voir là le fait que les clients peuvent comparer les titres des différents journaux. En d’autres termes, les journaux n’ont pas encore réussi à atteindre une grande fidélisation de la clientèle.
Le lecteur prototypique est aussi bien masculin que féminin et a moins de 45 ans. Il travaille comme employé ou est en formation. Deux tiers sont d’origine sénégalaise et un tiers étranger. Il s’intéresse à la politique et veut s’informer ou se laisser conforter dans son opinion personnelle. Le lecteur prototypique préfère les rubriques politique, sport, médias et société, mais souvent il ne lit que les articles qui sont présentés avec un titre attirant. La lecture est relativement courte et peu intense. Quelque 53,5% des interviewés lisent moins de dix minutes et se limitent aux titres et à parcourir certains articles. Généralement, la lecture se fait de façon régulière à occasionnelle et de préférence le matin ou au cours de la matinée.
Vue la pauvreté chronique qui caractérise la majorité de la population sénégalaise, les lecteurs préfèrent généralement emprunter plutôt qu’acheter des journaux. Une copie achetée est souvent lue par dix personnes, voire plus. Ce comportement exerce une influence sur le lieu de la lecture, puisqu’il se fait généralement là ou les lecteurs ont accès à leur journal. Il s’agit souvent du lieu de travail, d’un télécentre ou de lieux publics. Si la lecture se fait dans l’espace public, l’interruption de la lecture à cause des interactions sociales est fort probable. Quant aux personnes qui achètent des journaux, ils préfèrent les lire à la maison, au bureau ou dans les transports publics. Après la lecture, ils gardent le journal, le prêtent à d’autres personnes ou l’utilisent à d’autres fins.
* Frank Wittmann est directeur de l’Unité des affaires internationales de l’Université des Sciences Appliquées à Zurich en Suisse.
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Arts & livres
Afrique : Youssou Ndour, fer de lance du sommet mondial des "Etoiles pour la Terre"
2008-04-15
http://www.xibar.net/index.php?action=article&numero=9165
En amont du premier Sommet mondial "Étoiles pour la Terre", prévu à Ouagadougou au Burkina Faso du 21 au 23 novembre 2008, Youssou Ndour a pris le temps d'expliquer la mission que lui a confiée le président burkinabé Blaise Compaoré. Il devra réunir des personnalités mondiales de la musique, du cinéma ou du sport, avec l'aide du public via Internet, pour "que l'Afrique se réapproprie la question environnementale".
Cameroun : L'Afrique, la France et le regard "bantou" de Monga
2008-04-15
http://tinyurl.com/2a6hmw
On avait laissé Célestin Monga intellectuel dissident à Douala. On le retrouve quinze ans plus tard "Lead Economist" auprès du Vice-Président de la Banque Mondiale à Washington... Et auteur d'un essai passionnant, bilan personnel d'un itinéraire conduisant des geôles camerounaise et de l'idéalisme des années 80 en Afrique au réalisme froid d'aujourd'hui.
Global : L'état de santé d'Aimé Césaire est "stable et préoccupant"
2008-04-15
http://tinyurl.com/48et72
Ces derniers jours, des rumeurs sur la santé d'Aimé Césaire avaient circulé, ce dernier ayant été hospitalisé le mercredi 9 mai au CHU de Fort-de-France suite à des problèmes respiratoires et cardiaques. L'ex-maire de Fort-de-France, écrivain et homme politique, personnalité emblématique du monde noir, est dans un état "stable et préoccupant" selon le dernier communiqué des médecins paru le 12 avril. Mais les informations contradictoires continuent de circuler.
Guinée : Un film sur la vie artistique du Bembéya Jazz
2008-04-15
http://tinyurl.com/4c8gbd
Après 45 ans d’existence, le Burkinabé, Abdoulaye Diallo réalise un film documentaire « Sur les traces du Bembéya Jazz ». D’une durée de 72 minutes, cette œuvre se veut un regard inédit sur ce mythique orchestre africain. Le groupe est suivi dans sa vie quotidienne à Conakry, à Beyla (ville où naquit le groupe) et pendant une tournée régionale au Sénégal et au Burkina Faso. Ce film ouvre également une fenêtre sur son histoire mouvementée à travers des archives rares.
Zimbabwe
Le pouvoir et l'opposition s'enlisent dans une bataille de procédures
2008-04-15
http://www.wikio.fr/article/52899020?wfid=52899020
L'opposition et le pouvoir zimbabwéen se sont lancés dans une bataille de procédures autour des résultats des élections du 29 mars, dont la publication rapide a été demandée par les pays de la région lors d'un sommet extraordinaire qui s'est achevé le 13 avril à Lusaka. L'impasse était totale au Zimbabwe, quinze jours après les élections générales. La Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a annoncé dans la presse d'Etat, le 13 avril, qu'un recomptage des suffrages dans 23 des 210 circonscriptions serait organisé samedi prochain, en raison de soupçon d'erreurs dans le décompte.
La FAO annonce de graves conséquences liées à la sécheresse
2008-04-15
http://tinyurl.com/6ru9ss
La sécheresse extrême dans plusieurs provinces du Zimbabwe aura probablement de graves conséquences pour la principale récolte de maïs en 2008, a averti, le 17 avril, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cette situation pourrait aggraver une situation déjà précaire dans le pays, selon la FAO. Sur les 1,03 million de tonnes de céréales importées nécessaires pour 2007/2008, 839.000 tonnes seulement, soit 81% du total, ont pu être importées jusqu'à présent.
Femmes & genre
Sénégal : Les femmes dénoncent leur marginalisation dans la politique
2008-04-16
http://tinyurl.com/3vkfwr
Le constat fait par les femmes cadres de différents partis politiques sénégalais, lors d’une conférence organisée le 11 avril, est que les femmes ont depuis toujours été mobilisées dans l’arène politique, mais « le paradoxe est qu’elles sont marginalisées dans un système où l’homme est le bénéficiaire absolu ».
Droits humains
Egypte : Des manifestants enchaînés à leurs lits d'hôpital
2008-04-15
http://tinyurl.com/5p6ox4
Plusieurs dizaines d'Egyptiens, blessés au cours de manifestations la semaine dernière dans la cité industrielle de Mahalla, sont maintenus en détention et enchaînés à leurs lits d'hôpital, a dénoncé, le 13 avril, l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (IEDP). "Les victimes de la brutalité policière doivent être soignées, non pas subir plus de violations", souligne un responsable du Programme des Droits de l'Homme à l'IEDP.
Maroc : Emprisonné sous trois rois, le plus vieux détenu politique redécouvre la liberté
2008-04-15
http://tinyurl.com/572ql3
Le plus vieux détenu politique du Maroc, qui a goûté au cachot sous les trois souverains chérifiens, savoure à 73 ans au pied des montagnes du Moyen-Atlas à Béni Mellal, la liberté qu'il vient de recouvrer le 4 avril à la faveur...d'une grâce royale. "Je ne mérite pas la grâce royale car je n'ai commis aucun délit. Une grâce royale après huit mois de détention, c'est une humiliation. Les autorités ont dû classer mon dossier sous la pression internationale", affirme Mohamed Bougrine, ce militant de gauche de 73 ans.
Niger : Une Nigérienne réclame à son pays 100.000 dollars pour esclavage
2008-04-15
http://tinyurl.com/58qb77
Une femme nigérienne qui poursuit son pays devant la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour asservissement a réclamé une réparation d'environ 100.000 dollars. Le procès engagé contre le gouvernement du Niger par Hadijatou Mani Koraou, entamé le 7 avril devant un tribunal de la CEDEAO, constitue la première affaire d'esclavage au Niger à être portée devant la justice.
Réfugiés & migration forcée
Gabon: Nouvel accord sur les migrations avec Paris
2008-04-15
http://tinyurl.com/554wb7
L'Assemblée nationale française a accordé son feu vert à la ratification par Paris d'un accord France-Gabon sur "la gestion concertée des flux migratoires et le codéveloppement", signé par les deux pays le 5 juillet 2007 à Libreville. L'accord prévoit notamment la suppression des visas de court séjour pour les titulaires de passeports de service et instaure des "visas de circulation" de deux ans à entrées multiples "notamment pour des motifs économiques, professionnels, médicaux ou familiaux".
Djibouti : 7.000 clandestins arrêtés depuis le début de l`année
2008-04-15
http://tinyurl.com/3quyjh
Près de 7.000 clandestins, pour la plupart somaliens et éthiopiens, ont été arrêtés cette année à Djibouti et rapatriés, a annoncé la police. Des milliers d'habitants de la Corne de l'Afrique risquent leur vie chaque année en s'embarquant à Djibouti, plus sûr que la Somalie voisine, pour tenter la traversée du golfe d'Aden en direction du Yémen, porte d'entrée du Proche-Orient ou étape vers l'Europe.
Mouvements sociaux
Burkina Faso : la colère du peuple qui a faim
2008-04-15
http://desirsdafrique.blogspot.com/2008/04/burkina-faso-la-colre-du-peuple-qui.html
Des émeutes contre la vie chère éclatent dans de nombreux pays d’Afrique touchés par la flambée des produits de première nécessité. En quelques jours, des ministres sous pression peuvent trouver des solutions concrètes pour alléger un peu les souffrances de leurs compatriotes. Quel dommage qu’il faille si souvent passer par la violence pour arriver à cette prise de conscience !
Global : Bush débloque une aide d'urgence devant la crise alimentaire
2008-04-15
http://tinyurl.com/3k7cqs
Le président américain, "très inquiet" après les émeutes survenues dans plusieurs pays, a décidé de prélever 200 millions de dollars dans un fonds dédié à l'aide alimentaire. George W. Bush a décidé, le lundi 14 avril, d'accorder 200 millions de dollars d'aide d'urgence aux pays ayant récemment soufferts d'émeutes en raison des prix élevés des denrées alimentaires.
Elections & gouvernance
Cameroun : Emeutes, morts et arrestations pour rien ?
2008-04-15
http://tinyurl.com/59o3k3
Envers et contre tout, la constitution a été modifiée au Cameroun pour permettre au président Biya de se présenter à nouveau à l’élection présidentielle. Emeutes, soulèvements, arrestations et condamnations d'éventuels révolutionnaires n’y ont rien fait. Tout a commencé lorsque Paul Biya, comme tout président qui se respecte, a fait son discours de fin d'année 2007. Si habituellement, le peuple camerounais n'a pas grande écoute de cet évènement devenu banal, cette fois-là le discours du chef de l'Etat avait teneur différente, puisqu'il a déclaré vouloir (une énième fois) modifier la constitution du Cameroun, ayant entendu les voix du peuple qui voulaient qu'il reste au pouvoir.
Kenya : Une douzaine de morts dans des affrontements entre la police et la secte Mungiki
2008-04-15
http://tinyurl.com/6nqrvf
Au moins douze personnes ont été tuées, lundi 14 avril, dans des violences impliquant des membres de la secte interdite Mungiki qui protestaient contre le meurtre de l'épouse du leader de ce gang actuellement en prison. "Six membres présumés des Mungiki ont été tués par la police et trois personnes tuées par les Mungiki", a indiqué un haut responsable policier précisant que ces violences s'étaient déroulées dans les environs de Nairobi et dans la province centrale.
Kenya: Odinga à la tête d'un gouvernement de 40 ministres et de 53 ministres adjoints
2008-04-15
http://tinyurl.com/5svo8x
Le président kényan Mwai Kibaki a annoncé, le 13 avril, la nomination du chef de l'opposition Raila Odinga au poste de Premier ministre, en rendant publique la composition d'un gouvernement de coalition devant régler la sanglante crise post-électorale qui a ébranlé le pays. Le président de la Commission nationale kényane sur les Droits de l'Homme a dénoncé la taille du gouvernement de coalition, regrettant le "prix élevé à payer" pour les contribuables kényans.
Kenya : Enfin, après 1500 morts...
2008-04-15
http://fr.allafrica.com/stories/200804150337.html
Enfin ! Après avoir fait massacrer 1500 Kenyans, leurs compatriotes, et forcé 300 000 autres à émigrer de l'Est à l'Ouest du pays et vice versa, à la recherche d'une terre d'asile, les politiciens du Kenya se réconcilient. Toute honte bue et sans remords. Le président Mwai Kibaki et son ancien rival, Raila Odinga, devenu premier ministre par la magie de la médiation de Kofi Annan, ont donc formé un gouvernement de coalition nationale. Avec, à la clef, la répartition fifty-fifty de la quarantaine de postes ministériels.
Corruption
Maroc : La partie visible de l’iceberg
2008-04-15
http://www.yabiladi.com/article-societe-2400.html
«La cellule d'écoute de l'Observatoire de la corruption et du développement de la transparence au Maroc n'a reçu qu'un dizaine de plaintes». Ce sont les propos de Mohamed Ali Lahlou, directeur de cette instance créée, il y a près d'un an, par Transpareney Maroc. Un chiffre qui en dit long sur le travail qui reste à accomplir pour inciter le citoyen marocain à stigmatiser la corruption et à participer à la lutte contre ce fléau pernicieux qui gangrène la société.
Mali : Des parlementaires s'impliquent dans la lute contre la corruption
2008-04-15
http://www.mediamali.org/reflet/actualite/corruption329.htm
La corruption et la délinquance financière seraient de plus en plus ancrées dans nos mœurs. Pour aider les autorités politiques engagées à combattre efficacement le phonomène, des parlementaires maliens ont initié un réseau. Le plan d'actions de ce réseau se résume par le renforcement du dispositif législatif et institutionnel au Mali, le contrôle de l'action gouvernementale, les études prospectives et l'information du grand public.
Développement
Afrique : La facture céréalière des pays pauvres s’envole
2008-04-15
http://tinyurl.com/6grta8
La facture des importations céréalières des pays les plus pauvres du monde devrait augmenter de 56 % en 2007/2008 après une hausse significative de 37 % en 2006/2007, indique la FAO. Pour les pays à faible revenu et déficit alimentaire en Afrique, cette facture devrait augmenter de 74 %, selon le dernier bulletin Perspectives de récoltes et situation alimentaire de la FAO. La hausse est due à l’envolée des cours internationaux des céréales, des tarifs du fret et du prix du baril de pétrole.
Afrique : Le Comité de mise en oeuvre du NEPAD demande des réalisations concrètes
2008-04-16
http://tinyurl.com/4x5zy4
La réunion du Comité de mise en oeuvre du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) qui s’est tenue le 15 avril à Dakar a appelé à l’accélération des réalisations concrètes pour le continent. «Il y a eu un bilan critique du NEPAD ; maintenant il faut attendre les réponses des chefs d’Etat », a prôné le ministre sénégalais des Affaires étrangères. Selon lui, le comité a discuté de la manière d’accélérer le processus d’intégration du NEPAD dans les programmes de développement de l’Union Africaine afin d’en devenir partie intégrante.
Cameroun : La CAMAIR exclue de l'IATA pour non respect des normes
2008-04-16
http://afriquenligne.fr/actualites/economie/transport-aerien:-la-camair-exclue-de-l%27iata-200804151921.html
La compagnie camerounaise de transport aérien, Cameroon Airlines (CAMAIR), vient d'être exclue de l'Association internationale du transport aérien (IATA). L'IATA reprocherait, entre autres à la CAMAIR "l'absence de comptes fiables et d'audits indépendants pendant près de quatre ans". L'absence de politique nationale de sécurité aérienne, le non respect des normes internationales de maintenance de ses aéronefs et le vieillissement de sa flotte font également partie des griefs de l'IATA contre la CAMAIR.
Ethiopie : Lancement d`un programme contre l`insécurité alimentaire en Afrique
2008-04-15
http://tinyurl.com/5thfl9
La Fédération internationale des associations de la Croix-rouge et du Croissant-rouge a lancé le 17 avril, à Addis-Abeba, un programme de promotion de la sécurité alimentaire destiné à 15 pays d'Afrique. Ce programme, qui doit démarrer en octobre, sera financé par un appel de fonds de 43,5 millions de dollars américains. Le programme va comprendre des projets de micro-finance, des programmes d'irrigation à petite échelle et la mise en place de systèmes de surveillance communautaires de la sécurité alimentaire.
Madagascar: Les exportations pénalisées par une monnaie locale forte
2008-04-15
http://fr.allafrica.com/stories/200804120057.html
La monnaie malgache connaît une appréciation spectaculaire face au dollar américain. Un regain de santé qui constitue une arme à double tranchant pour le milieu des affaires. Ces performances réduisent en effet considérablement la marge bénéficiaire des entreprises qui opèrent sur le marché américain. Cela peut toucher plusieurs secteurs comme le textile, la crevette ou la vanille.
Global : La Banque mondiale sonne l'alerte devant la crise alimentaire:
2008-04-15
http://tinyurl.com/6lg8dx
La Banque mondiale, qui réunissait le dimanche 13 avril son comité pour le Développement, a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir d'urgence pour éviter que la crise alimentaire n'appauvrisse encore davantage quelque 100 millions de personnes dans le monde. "Sur la base d'une analyse sommaire, nous estimons que le doublement des prix alimentaires au cours des trois dernières années pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres", a expliqué le président de l'institution Robert Zoellick.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Le changement climatique favorise la propagation des épidémies
2008-04-15
http://tinyurl.com/6pnbm9
Le changement climatique est en passe de devenir une grave menace à la santé des populations et ajoute une pression supplémentaire aux systèmes de santé publique, en Afrique en particulier. «Il provoque une élévation du niveau de la mer, accélère le phénomène de l’érosion côtière, augmente l’intensité et la fréquence des catastrophes naturelles et la disparition des espèces », a rappelé le directeur Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « L’impact sur la santé humaine est encore plus grand », ajoute-t-il
Bénin : L`Etat prend en charge les frais de césarienne
2008-04-15
http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=609500
Le gouvernement béninois prendra désormais en charge les frais de césarienne pratiquées sur les femmes lors de l`accouchement, selon une décision du conseil des ministres. Selon cette décision, l`Etat a décidé de "rendre gratuite au Bénin la prestation obstétricale qu`est la césarienne" dans un effort national de solidarité à l`endroit des populations les plus vulnérables. Les modalités de mise en oeuvre de cette mesure sociale seront précisées dans les brefs délais par le ministre de la Santé.
Burkina Faso : Epidémies de méningite dans les régions vaccinées
2008-04-15
http://tinyurl.com/5ssjgx
Les personnes vaccinées contre la méningite sont censées être protégées contre la maladie pendant trois ans, mais des responsables de la santé ont annoncé que des épidémies de méningite s’étaient déclarées dans plusieurs régions où les populations avaient été immunisées il y a peu. Des chercheurs spécialistes de la santé «sont actuellement en train de recueillir les informations pour déterminer les facteurs qui expliquent la récurrence de l’épidémie», a indiqué le responsable du service de surveillance épidémiologique du ministère de la Santé.
Egypte: 22e cas de décès de la grippe aviaire
2008-04-15
http://www.wikio.fr/article/52737772?wfid=52737772
Une Egyptienne de 30 ans est décédée de la grippe aviaire, devenant la 22e personne tuée par le virus H5N1 depuis son apparition en Egypte en 2006, a annoncé, le 11 avril, le ministère égyptien de la Santé. C'est le second cas mortel dû à la grippe aviaire en une semaine. Samedi dernier, un jeune homme de 19 ans originaire du delta du Nil est décédé après son admission dans un hôpital.
Kenya : Alerte après la mort de 60 personnes due au choléra
2008-04-15
http://tinyurl.com/6zhxbc
Le Kenya a lancé le 9 avril une alerte après l'apparition de cas de choléra qui a tué 60 personnes ces dernières semaines, et qui aggrave les conditions sanitaires dans le pays touché durant plusieurs mois par des violences politiques. Le directeur des services médicaux kenyans James Nyikal a déclaré que des cas de choléra avaient été signalés dans seize districts de l'Ouest du pays, la région la plus affectée par les violences post-électorales qui ont éclaté après la réélection contestée du président Mwai Kibaki.
Madagascar: Médecins au chômage faute de budget
2008-04-15
http://tinyurl.com/3vz7ne
De nombreux médecins malgaches sont au chômage. Le ministère de la Santé manque de personnel, mais n’a pas les moyens pour recruter comme il faut. Plus d’un millier de postes budgétaires sont disponibles cette année au sein du ministère de la Santé, du planning familial et de la protection sociale. Pourtant, le nombre de médecins à recruter atteint seulement 330, dont 80 spécialistes.
Niger : Rougeole et méningite ont fait 59 morts
2008-04-16
http://www.wikio.fr/international/afrique/niger?wfid=52956867
Quelque 59 personnes ont succombé de la méningite (48 décès) ou de la rougeole (11 décès) ces trois derniers mois au Niger. Au moins 3493 cas de rougeole tous âges confondus ont été déjà notés cette année contre dans le pays contre 104 cas dont 1 décès à la même période en 2007. Selon la directrice du Système national d’information sanitaire (SNIS), ces cas de décès au delà de la tranche d’âge de 6 mois à 5 ans ont été enregistrés du fait du retard intervenu dans le démarrage de la campagne qui devrait intervenir depuis 2007.
RD Congo : La première dame mobilise 400 millions de francs contre le Sida
2008-04-15
http://tinyurl.com/5dcw2w
Dans le cadre de la poursuite du Programme de lutte contre la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME), l'épouse du Chef de l'Etat congolais, présidente de la Fondation Congo assistance (FCA), a organisé récemment un gala de solidarité à Paris (France) au cours duquel plus de 400 millions de francs CFA ont été collectés et serviront à appuyer les pouvoirs publics dans la lutte contre la pandémie du SIDA au Congo.
Sénégal : L’abandon de la chloroquine contribue à la baisse du paludisme
2008-04-15
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=60282
L’abandon, en 2003, de la chloroquine comme traitement préventif et curatif du paludisme, encore impensable au début des années 1990, a eu une incidence positive sur la lutte contre le paludisme au Sénégal, selon un chercheur de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) basé à Dakar. La prévalence du paludisme est tombée autour de 2% dans les zones urbaines et touche essentiellement les enfants âgés de 0 à 6 ans.
Éducation
Algérie : La fuite des cerveaux est devenue préoccupante
2008-04-15
http://tinyurl.com/3vphe6
Plus de 80 000 diplômés algériens ont quitté le pays depuis 1979 et la fuite de cerveaux coûte chère à l'Algérie. La majorité d'entre eux sont médecins, informaticiens et chercheurs dans divers domaines, et leur destination préférée reste le Canada et les États-Unis, selon le quotidien. Cette saignée ne concerne pas seulement les universitaires.
Afrique : L’enfer des enseignants qui « saignent »
2008-04-15
http://www.wikio.fr/international/afrique?wfid=52967634
Du Cap à Tunis, du Sénégal à l’Erythrée, les écoles privées souffrent de la même crise des moyens. Et pourtant, elles ont été agréées par les Etats, pour leur venir en aide dans l’éducation et l’instruction des enfants. C’est pourquoi une subvention leur est accordée chaque année. Toutefois les exceptions existent, avec une mention spéciale aux écoles créées par des institutions religieuses, à savoir catholiques, protestantes et musulmanes.
Bénin : Frais d`inscription supprimés pour étudiants non boursiers
2008-04-15
http://www.wikio.fr/international/afrique/benin?wfid=52891755
Le Bénin va supprimer dès la rentrée prochaine, les frais d`inscription dans les universités publiques pour les étudiants ne bénéficiant ni de bourses d`études ni de secours universitaires, selon une décision du Conseil des ministres. Selon cette décision, l`Etat prendra en charge ces frais d`inscription pour compter de la rentrée académique 2008-2009, permettant ainsi aux étudiants concernés de s`inscrire gratuitement dans les universités publiques.
Mali : Les enseignants en grève boycottent les compositions
2008-04-15
http://www.bamanet.net/actualite/Generale/6817.html
Le bureau exécutif national de la Coordination des syndicats de l'enseignement secondaire (COSES) décide de maintenir son mot d'ordre de rétention des notes, de non évaluation et de boycott de toutes les compositions en vigueur respectivement depuis le 12 novembre et le 10 décembre derniers, et cela jusqu'à la satisfaction de ses doléances. Telle est la principale conclusion à retenir du meeting d'information sur le point des négociations avec le gouvernement.
Sénégal : Les enseignants du Cesti en grève
2008-04-15
http://tinyurl.com/47b6aq
Après 6 mois d'enseignement sans salaire, le Collectif des enseignants vacataires du Centre d'étude des sciences et techniques de l'information (Cesti), l’école de journalisme de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, sont entrés en grève le 14 avril afin de réclamer le paiement de leur salaire et la révision de leur statut.
Racisme & xénophobie
Afrique du sud : La tradition d’hospitalité mise à l’épreuve
2008-04-15
http://tinyurl.com/6q2sx2
Les récentes agressions dont ont été victimes des migrants somaliens, zimbabwéens et mozambicains en Afrique du Sud ont été qualifiées de xénophobes : mais ces agressions ne traduiraient-elles pas un problème bien plus important que la simple peur de l’étranger, un problème bien plus national ? Il y a moins d’un mois, trois hommes ont été tués au cours de lynchages visant des ressortissants étrangers vivant dans les campements sauvages de Brazzaville, Saulsville, Phomolong et Vergenoeg, à l’ouest de Pretoria, la capitale sud-africaine.
Environnement
Afrique : D'ici 2015, 50 % des populations vivront un manque d’eau
2008-04-15
http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=42425
Le rapport 2007 sur le développement en Afrique note une inégale répartition des ressources en eau, avertissant que d’ici 2015, 50 pour cent des populations vivront dans des zones de pénurie. ‘’Les pénuries les plus graves toucheront les pays de l’Afrique du Nord, le Burundi, le Rwanda, le Kenya et le Burkina Faso’’, indique le rapport présenté le 10 avril par la Banque africaine de développement (BAD).
Afrique : Grande vulnérabilité aux changements climatique
2008-04-15
http://www.wikio.fr/international/afrique?wfid=52893244
L'Afrique demeure le continent le plus vulnérable aux changements climatiques, selon les participants au premier Forum des marchés émergents d'Afrique, qui a prin fin le 16 avril à Rabat, au Maroc. Les participants estiment entre 75 millions et 220 millions les personnes d'Afrique qui seraient exposées d'ici 2020 à des problèmes de pénurie d'eau, de famine et autres dus au réchauffement de la planète.
Afrique du Sud : Les oiseaux migrateurs pris au piège par une vague de froid
2008-04-15
http://www.wikio.fr/international/afrique?wfid=52858144
En tentant de rejoindre les zones au climat plus clément, certaines espèces d'oiseaux migrateurs ont connu quelques problèmes. Cela s’est passé en Afrique du Sud. En effet, les oiseaux ont été pris au piège par une vague de froid… En pleine traversée d’une province d’Afrique du sud, des hirondelles n’ont pas pu tenir le rythme de vol et sont mortes en plein ciel. Les habitants de la région de Limpopo ont alors assisté à une véritable pluie de cadavres de volatiles et ont tout de suite pensé que ces derniers avaient été empoisonnés.
Global : Un combat pour la vie sur terre
2008-04-15
http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=35315
Le réchauffement de la terre, le dérèglement des hivernages et les inondations constituent des phénomènes naturels dont les conséquences dans la production agricole, la vie biologique et végétale dans les forêts, contribuent dangereusement à la dégradation de la vie sur toute la planète. Loin d’être une quelconque malédiction qui tomberait du ciel, les changements climatiques ne sont que le résultat des actions abusives de l’homme sur l’environnement.
Sénégal : Un paysan piège la mouche des mangues avec de la muscade
2008-04-15
http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4914
Comment venir à bout de la mouche des mangues qui depuis 2003 ravage les vergers d'Afrique de l'Ouest ? En ce printemps tropical où les manguiers fleurissent au Sénégal, producteurs, exportateurs se demandent s’il faut encore miser sur la promesse des fleurs. En effet, depuis quatre ans, les mangues d'Afrique de l'Ouest sont attaquées par des mouches. Alors que les chercheurs sont mobilisés, un paysan sénégalais observateur piège les insectes mâles grâce à la muscade.
Média & liberté d'expression
Burkina Faso : 29 nouvelles chaînes de radios et de télés autorisées à émettre
2008-04-15
http://tinyurl.com/4a8rsj
Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a autorisé l'ouverture de 29 nouvelles chaînes de radios et télévisions par la signature de convention avec 20 promoteurs privés. Quelque 17 radios et 12 télévisions ont reçu l'aval du CSC d'émettre. Les dossiers de ces promoteurs ont été sélectionnés suite à l'appel à candidature lancé le 17 septembre 2007.
Ethiopie: La peine de mort pour intimider les journalistes
2008-04-15
http://fr.allafrica.com/stories/200804141681.html
Le journalisme est devenu de plus en plus une activité dangereuse en Ethiopie au cours des dernières années. Des mesures de répression sur les médias, dans le sillage des élections de 2005, continuent, pendant que certains membres de la presse se sont même trouvés confrontés à la peine capitale. L'autocensure est monnaie courante pour les journalistes, spécialement pour ceux qui vivent et travaillent à Addis-Abeba, la capitale. Toute forme de critique et toute attaque contre le président ou le gouvernement peuvent entraîner des menaces téléphoniques, l'intimidation ou même l'arrestation et (une) peine de prison...
Egypte: Arrestation de neuf journalistes
2008-04-15
http://tinyurl.com/5mz6cy
Neuf journalistes, des photographes et un caméraman égyptiens font partie des dernières personnes arrêtées dans la ville de Mahalla Al Kubra, à 120 km au nord du Caire, dans le Delta du Nil, le 13 avril. Leur arrestation et garde-à-vue mettent en exergue les difficultés à exercer la profession de journaliste dans ce pays d'Afrique du Nord, où le gouvernement tente d'empêcher la couverture médiatique du soulèvement de la population. Des affrontements intermittents se sont produits tout au long de la semaine suite à la protestation de travailleurs contre la hausse des prix et la faiblesse des salaires.
RD Congo : Un journaliste interpellé alors qu’il enquêtait sur la vie chère
2008-04-15
http://fr.allafrica.com/stories/200804101114.html
La dernière révision à la hausse des produits pétroliers est encore de brûlante actualité. Aussi, dans le souci de recueillir les réactions du commun de Kinois, Radio Okapi a largué un de ses journalistes sur le terrain. Le 9 avril, l’un d’eux a été interpellé alors qu’il était en train d'interviewer quelques personnes au niveau du parking des taxis, avant d'être conduit dans un sous-commissariat de police proche pour s'expliquer sur son « infraction », il a eu le temps d'alerter sa hiérarchie.
Bien-être social
Gambie : Le pays toujours à court de carburant
2008-04-15
http://tinyurl.com/3umyrd
Un mois à peine après d'importantes pénuries de carburant, les stations d'essence de Gambie sont de nouveau à sec depuis une semaine, une situation attribuée à la forte hausse du prix des importations d'hydrocarbures. Les compagnies de pétrole sont à court de carburant, ce qui entrave les déplacements des chauffeurs de véhicules commerciaux et même des véhicules officiels.
Nouvelles de la diaspora
Global : L’expulsion d’une sans papiers cancéreuse fait scandale en Angleterre
2008-04-15
http://quotidiensanspapiers.free.fr/w/spip.php?article1127
L’expulsion, la semaine dernière, d’une Ghanéenne atteinte d’un cancer en phase terminale a ému les Britanniques. Pour appliquer cette décision, le ministère de l’Intérieur s’est pourtant appuyé sur le fait que son cas n’était pas exceptionnel. En France aussi, les autorités se sont récemment signalées en expulsant des étrangers malades contre l’avis même des inspecteurs de la santé publique.
Conflits & urgences
Mali : Marche des jeunes contre le laxisme de l’État dans la crise du Nord :
2008-04-15
http://tinyurl.com/4ph5hs
Excédés et révoltés par la gestion de la crise au nord, des jeunes maliens, pour la plupart militants du Cadre de réflexion et d’action des jeunes (CRAJ) et du collectif des jeunes libres, sont descendus dans la rue le samedi 12 avril 2008. Au cours d’une marche, ils ont dénoncé le laxisme affiché par l’État dans le traitement de cette crise. Et ont demandé aux jeunes maliens de s’engager comme des volontaires auprès de l’armée nationale.
Somalie : Les rebelles intensifient les attaques
2008-04-16
http://tinyurl.com/6mmeze
Les insurgés ont intensifié les attaques contre le gouvernement somalien et les troupes éthiopiennes ces derniers jours, a affirmé la police somalienne. Les rebelles, qui attaquent souvent les objectifs des troupes éthiopiennes et du gouvernement somalien à Mogadiscio, ont récemment multiplié les opérations dans le sud et sur le centre du pays, en saisissant brièvement de grandes villes.
Soudan : Les agressions de convois humanitaires perturbent les distributions au Darfour
2008-04-15
http://www.wikio.fr/international/afrique/afrique_du_nord
Les récentes attaques de camions affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies pour acheminer des vivres dans le Darfour et au Sud Soudan ont ralenti les distributions et réduit les capacités de l’agence onusienne à fournir une aide aux rapatriés, a indiqué l’agence. « En raison des détournements des convois de camions, nous n’acheminons qu’environ la moitié des vivres qui devraient être envoyés dans le Darfour en prévision de la saison des pluies », a indiqué le porte-parole du PAM à Nairobi.
Cours, séminaires, & ateliers
Concours du Global Forum for Health Research et The Lancet
2008-04-15
http://www.globalforumhealth.org/
Le Global Forum for Health Research et The Lancet lancent conjointement un troisième concours d'essais pour les moins de 30 ans sur le thème "Changement climatique et santé des populations vulnérables: quels défis pour la recherche?" Les gagnants seront invités à participer au Forum ministériel mondial sur la recherche en santé qui aura lieu à Bamako, Mali, du 17 au 19 novembre 2008, tous frais pris en charge. Pour plus de détails sur la soumission des essais, veuillez consulter : http://www.globalforumhealth.org/
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6839


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004