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Pambazuka News 54: La Mauritanie à l’épreuve de l’islamisme et des menaces terroristes

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Nécrologie, 5. Arts & livres, 6. Zimbabwe, 7. Moniteur de l'Union Africaine, 8. Femmes & genre, 9. Droits humains, 10. Réfugiés & migration forcée, 11. Mouvements sociaux, 12. Elections & gouvernance, 13. Afrique & Chine, 14. Corruption, 15. Développement, 16. Santé & VIH/SIDA, 17. Éducation, 18. Environnement, 19. Média & liberté d'expression, 20. Bien-être social, 21. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

Dans ce numéro

2008-05-02

http://www.pambazuka.org/fr/category/highlights/47835

CHRONIQUE : La Mauritanie à l’épreuve de l’islamisme et des menaces terroristes.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Afrique : Journaliste ou opportuniste ?
NECROLOGIE : Afrique : Décès du journaliste Elimane Fall
ARTS ET LIVRES : Global : Achille Mbembe rend hommage à Césaire.
ZIMBABWE : Dans l’attente des résultats de la présidentielle.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : Jean Ping fera-t-il mieux que Konaré ?
FEMMES ET GENRE : RD Congo : Le deuxième Salon des femmes prêche pour la paix.
DROITS HUMAINS : Congo : Un trafiquant de pygmées dans les filets de la justice.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Guinée équatoriale : De nouvelles conditions de séjour pour les étrangers.
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : L’image de la France se dégrade.
CHINE & AFRIQUE : Afrique : La Chine s’engage à continuer son soutien au développement.
CORRUPTION : Tshisekedi dénonce l’économie de prédation.
DEVELOPPEMENT : Afrique : L’Espagne renforce sa présence sur le continent.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : L’OMS renouvelle son engagement aux soins de santé primaires.
EDUCATION : Afrique : Dix pays harmonisent leurs programmes d’éducation.
ENVIRONNEMENT : Un sommet pour sauver le fleuve Niger en péril.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Cameroun : Une imprimerie privée sauve la liberté de la presse.
BIEN-ETRE SOCIAL : Côte d’Ivoire : Le redéploiement des services tarde à se concrétiser au Nord.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : La prévention des conflits, élément clé de l’instauration de la paix.





Chroniques

La Mauritanie à l’épreuve de l’islamisme et des menaces terroristes

2008-05-02

Armelle Choplin

http://www.pambazuka.org/fr/category/features/47831

En quelques semaines, la Mauritanie a été confrontée à plusieurs attaques terroristes revendiquées par Al-Qaïda au Maghreb. L’islamisme radical n’est pas nouveau dans ce pays mais le terrorisme et la violence des actes perpétrés sont quant à eux inédits. Si les courants radicaux gagnent en audience, ils ne doivent pour autant être confondus avec le terrorisme qui n’a pas d’ancrage en Mauritanie. La menace vient pour l’instant de l’extérieur.

Le 24 décembre 2007, veille de Noël. Quatre touristes français sont froidement assassinés en Mauritanie. La piste du crime frauduleux est rapidement abandonnée pour celle de l’acte terroriste. Deux jours plus tard, trois soldats mauritaniens sont tués dans la base militaire de Al-Ghallaouia, située au Nord-Est du pays. L’attaque est revendiquée par la Brigade d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (BAQMI), ex GSPC algérien (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat).

Le 5 janvier 2008, les organisateurs du Paris-Dakar décident d’annuler la « mythique » course, préférant suivre les directives du gouvernement français qui met en garde contre de possibles menaces terroristes en Mauritanie, pays dans lequel doit se dérouler la majeure partie des épreuves. Dans la nuit du 1er février 2008, le « V.I.P », la plus grande boîte de nuit de Nouakchott, et l’ambassade d’Israël mitoyenne, sont pris pour cible : six individus ouvrent le feu sur les lieux, blessant une Française et deux Franco-mauritaniens. L’attaque est là encore revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb.

Pays méconnu il y a encore quelques semaines, la Mauritanie est désormais sous les feux des médias : située entre le Monde arabe et l’Afrique noire, dans cette « zone grise » saharo-sahélienne qui inquiète l’Occident et plus particulièrement les Américains, elle serait aujourd’hui traversée par des courants extrémistes maghrébins qui élargissent leur terrain d’installation et gagnent en écoute. Le changement est brutal car de la Mauritanie, on retenait principalement son islam tolérant, son peuple ouvert et hospitalier. Encore récemment, l’ONG International Crisis Group laissait entendre que le fondamentalisme musulman n’avait qu’une assise limitée en Mauritanie et donnait pour explication à cette particularité l’organisation sociale et religieuse basée sur le tribalisme et des confréries musulmanes puissantes qui freinaient le développement de ces idées (ICG, 2005).

Dans ce papier, nous tenterons de livrer quelques clefs de lecture, susceptibles d’expliquer ce revirement de situation et de sortir des raccourcis par trop souvent simplistes établis entre islamisme et terrorisme. Les analyses ne sont nullement exhaustives dans la mesure où il est aujourd’hui malaisé de saisir tous les tenants et les aboutissants de cette question en Mauritanie.

Nous verrons dans un premier temps que le pouvoir central a toujours entretenu des relations ambiguës envers l’islam en général et les courants islamistes en particulier. Cette brève rétrospective permettra de comprendre pourquoi ces derniers commencent à trouver une certaine écoute, dans un contexte marqué par des espoirs déçus et une paupérisation croissante, propice à la montée des contestations. Nous ne manquerons de rappeler cependant que l’islamisme mauritanien n’est pas directement en lien avec les actes terroristes, inédits et perpétrés au nom de groupuscules étrangers, Al-Qaïda au Maghreb en l’occurrence.


De la République Islamique de Mauritanie à la montée de l’Islamisme en Mauritanie

La dénomination officielle de « République Islamique de Mauritanie » peut porter à confusion, alors même qu’un Etat islamique n’est rien d’autre qu’un Etat musulman. Mais, la dérive lexicale entre « islamique » et « islamiste » est rapide, l’amalgame ayant d’ailleurs été facilité avec l’exemple de la bien plus connue « République Islamique » d’Iran de Khomeiny. Cette dernière, au caractère révolutionnaire et radical, ne ressemble en rien à la « République Islamique de Mauritanie », laquelle s’est toujours réclamée d’un islam dit « tolérant ».

Ce nom, choisi à l’indépendance en 1960, répondait alors à des objectifs politiques. Le premier président Mokhtar Ould Daddah entendait faire de son pays un « trait d’union » entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Pour dépasser la double appartenance culturelle et assurer la cohésion entre les populations Maures et « négro-mauritaniennes » (Halpulaar, Soninké, Wolof) qui composent la société, l’islam fut mis en avant. Il légitime depuis lors l’existence de l’Etat mauritanien et se veut le ciment d’une nation à 100 % musulmane.

Lorsque le Colonel Haïdallah s’empare du pouvoir en 1980, il cherche à renforcer la place de l’islam et sa pratique dans le pays. Pour cela, il instaure la sharî`a (loi islamique) en 1982. Maouiyya Ould Sid’Ahmed Taya, qui lui succède à partir de 1984, poursuit cette logique de référence politique à la religion en interdisant, entre autres, l’alcool. Pourtant, au début des années 1990, sous la pression extérieure, Taya est contraint de « démocratiser » le pays. Dans ce nouveau contexte, les islamistes, passibles d’intégrer le jeu politique, inquiètent le régime : en 1991, Taya veille à limiter leur audience en interdisant la constitution de partis à caractère religieux.

De 1994 à 2005, de grandes rafles ont lieu, régulièrement suivies de grâces. En réalité, le régime adopte une stratégie pour le moins ambiguë puisqu’il les menace plutôt qu’il ne lutte véritablement contre eux. Taya, à plusieurs reprises, insiste sur le fait qu’il n’y a pas de place pour l’islamisme en Mauritanie dans la mesure où tout le monde est musulman. De l’avis d’ICG (2005), le régime de Taya aurait monté en épingle le « péril islamiste » pour demander son soutien à l’Occident et ainsi faire oublier le déni de démocratie.

Suite au coup d’Etat du 3 août 2005, la position du gouvernement envers les islamistes évolue. Le Comité Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) s’empare du pouvoir et jette les bases du renouveau démocratique (ICG, 2006). Souhaitant rompre avec les méthodes coercitives du régime de Maouiyya Ould Taya qui s’était maintenu pendant plus de 20 ans à la tête de l’Etat, le CMJD, mené par Ely Ould Mohamed Vall, se lance dans de multiples consultations de la société civile et réformes démocratiques. Dans ce climat d’ouverture, des islamistes sont rapidement relâchés. Les membres du CMJD s’engagent par ailleurs à ne pas se présenter aux élections présidentielles afin de rendre le pouvoir aux autorités civiles. L’élection présidentielle de mars 2007 parachève la transition démocratique initiée par la junte militaire : Sidi Ould Cheikh Abdallahi est élu démocratiquement à la tête de l’Etat.

Le nouveau gouvernement se montre lui aussi beaucoup moins virulent à l’encontre des islamistes. En juin 2007, un procès d’individus supposés appartenir à des courants islamistes s’achève par un acquittement, faute de preuve à l’appui. Or, parmi ces individus acquittés se trouvait Sidi Ould Sidna, l’un des meurtriers des quatre touristes français. Ce changement de regard porté sur la mouvance islamiste s’observe encore par la reconnaissance durant l’été 2007 du parti Tawassoul (Rassemblement National pour la Réforme et le Développement), dirigé par le député Mohamed Jemil Ould Mansour, leader islamiste modéré. Son parti dispose désormais d’un siège en plein cœur de Nouakchott, symbole de sa légitimité.

Cette nouvelle position envers les courants islamistes est taxée par certains de complaisante. Pour d’autres, le regain de « religiosité », qui s’est manifesté par le retour du week-end musulman (férié le vendredi et le samedi), la construction d’une mosquée dans le palais présidentiel et de nombreuses descentes de policiers et d’arrestations dans les bars et restaurants de Nouakchott supposés vendre de l’alcool, se veut rassurant en ce moment de crise.


Un climat de crise socio-économique propice à la contestation

La « transition démocratique » et l’installation d’un nouveau gouvernement élu ont fait naître un grand espoir de changement auprès des populations. Cette transition a été applaudie à l’extérieur et érigée en modèle à suivre. Au même moment, la Mauritanie est rentrée dans le cercle très fermé des pays producteurs de pétrole. L’exploitation d’un gisement off-shore en 2006 a créé les conditions du renouveau économique et suscité de nouvelles aspirations. Mais, la production pétrolière a dû être revue à la baisse suite à des problèmes techniques, et le développement économique tant attendu ne profite pour l’instant qu’à une infime minorité de la population.

Trois ans après l’annonce du pétrole et le début de la transition, l’enthousiasme qui avait soulevé les foules a cédé la place à la déception et à l’anxiété. D’une part, les Mauritaniens découvrent que la rupture tant annoncée par la « transition démocratique » n’est que toute relative : il n’est qu’à regarder le nom de ceux qui détiennent les rouages de l’Etat pour découvrir qu’ils demeurent inchangés. D’autre part, ils constatent avec amertume la dégradation des conditions de vie, alors même qu’on leur avait promis un enrichissement rapide grâce à cette fameuse manne pétrolière et une redistribution des ressources avec la démocratisation. A l’automne 2007, les « émeutes du pain », qui éclatent dans plusieurs villes suite à une augmentation des prix des biens de consommation, trahissent ce désarroi. Ce contexte social, marqué par la crise, explique que le peuple soit d’autant plus réceptif aux discours extrémistes.


Parce qu’ils prônent une moralisation de l’Etat, ces discours trouvent une large écoute auprès des plus indigents qui voient la capitale Nouakchott se couvrir de villas, toutes plus extravagantes les unes que les autres. Jamais richesse n’avait été affichée d’une façon aussi visible. Bon nombre s’interroge sur la provenance de cet argent. La corruption est l’une des premières explications. L’aide au développement, particulièrement importante dans ce pays qui est considéré comme un bon élève pour les bailleurs de fonds, est régulièrement détournée.

Le nouveau régime entend lutter contre ce « fléau » mais les résultats se font attendre. Le trafic de drogue est également source d’enrichissement rapide. Le pays est depuis peu présenté comme l’une des plaques tournantes des réseaux mafieux. De nombreuses prises ont eu lieu ces derniers mois, l’une d’entre elle mettant en cause le fils de l’ancien président Haïdallah. Le peuple ne peut que constater la rupture entre lui et la nouvelle élite urbaine. Les mœurs occidentales et parfois jugées dépravées de cette dernière fait l’objet de vives critiques.

La radicalisation des discours et la forte mobilisation des habitants sont principalement observables en ville, lieu de débat, d’expression et de politisation. Or, l’urbanisation a été massive ces trente dernières années, suite à de grandes périodes de sécheresse. La capitale Nouakchott, créée ex-nihilo en 1957 est, avec son million d’habitants, la meilleure illustration de cette croissance urbaine spectaculaire (Choplin, 2006). Les néo-urbains se sont alors connectés à d’autres réseaux et canaux : l’information circule à travers les chaînes arabes, en particulier Aljazeera, ou Internet. De facto, c’est en ville que les individus prennent conscience de leur marginalité et cherchent à faire entendre leurs voix (Choplin, Ciavolella, 2008).

Face à la paupérisation croissante, quelques uns se sont tournés vers des courants politiques profondément critiques, mobilisant parfois l’imaginaire religieux. Une lecture wahhabite de l’islam, véhiculée par l’influence saoudienne et des ONG islamistes, a fait une intrusion dans les quartiers défavorisés de la ville. Le sociologue Yahya Ould El Bara (2003), spécialiste de l’islam mauritanien, démontrait que le nombre de mosquées avait considérablement augmenté ces dernières années : en 2003, la ville comptait 617 mosquées contre 17 en 1967. Il précisait que sur ces 617 mosquées, 322 étaient gérées par des bienfaiteurs étrangers originaires du Golfe Persique, dont 17 par des fondamentalistes.

La plus célèbre des mosquées dites fondamentalistes s’élève dans un quartier pauvre de la capitale. Une bonne partie des fidèles qui la fréquentent sont de jeunes haratin (les descendants d’anciens esclaves), particulièrement sensibles aux discours égalitaristes d’un islam dit pur (ICG, 2005). Ces haratin rejettent en effet l’islam confrérique mauritanien qui n’a jamais remis en cause les hiérarchies statutaires traditionnelles oppressantes. A l’opposé, les courants fondamentalistes sont un moyen de dénoncer l’hégémonie des chefs de tribus maraboutiques qui se désignent comme les uniques dépositaires de l’islam.


Islamisme mauritanien versus terrorisme étranger

La montée des discours fondamentalistes évoquée précédemment n’implique pas pour autant que tous les Mauritaniens soient désormais des sympathisants de Ben Laden et prêts à commettre des actes terroristes. Ces derniers ont été très largement condamnés par la population qui ne partage pas forcément les mobiles des malfaiteurs. Le meurtre des quatre Français a suscité beaucoup d’indignation et d’émois. L’attaque du VIP n’a pas gagné l’assentiment populaire, alors même que cette discothèque était fréquentée par de nombreux étrangers et connue pour être un lieu où circulaient en toute impunité alcool, drogue et prostituées.

Quant à l’ambassade d’Israël, les assaillants ont certainement cherché à dénoncer la politique du gouvernement mauritanien qui, suite à des pressions américaines, entretient des liens avec l’Etat hébreu depuis 2000. Si de nombreux Mauritaniens, et en en particulier certains Maures qui revendiquent une affiliation du pays au monde arabe, se sont toujours farouchement opposés à ce rapprochement politique, ils ne se sont pas nécessairement réjouis de cette attaque. Beaucoup de Mauritaniens se sont pareillement indignés à l’annonce de l’annulation du « Paris-Dakar », ne comprenant pas comment leur pays avait ainsi pu basculer d’une image de « pays tranquille » à celle d’« ennemi dangereux de l’Occident ».

Car, faut-il le rappeler, l’islamisme en Mauritanie, aussi radical puisse-t-il être, n’a jamais servi d’assise à des mouvements « terroristes » comme cela a pu s’observer dans d’autres pays (Kepel, 2000 ; Roy, 2002 ; Gomez-Perez, 2005). Les partis islamistes mauritaniens eux-mêmes rappellent qu’ils n’ont jamais invité leurs fidèles à faire usage de la violence et qu’ils ne sont aucunement liés à Al-Qaïda au Maghreb. Dans une récente interview accordée à Radio France Internationale8, Jemil Ould Mansour, chef islamiste modéré, condamnait fermement les actes terroristes, qu’il jugeait isolés et attribuait à des groupes inorganisés. La menace terroriste est donc perçue comme venant de l’extérieur et sans lien avec l’islam radical qui s’est enraciné localement. Un autre fait corrobore cette idée : après le meurtre des quatre Français, les tueurs ont fui dans les pays voisins, signe là qu’il n’y a aucune base arrière terroriste en Mauritanie susceptible de les protéger.


Ainsi donc, les rapports entre montée de l’islamisme et terrorisme islamiste ne sont pas implicites en Mauritanie. Les Mauritaniens sont aujourd’hui inquiets et d’autant plus angoissés que les autorités ne semblent aucunement maîtriser la situation. Ils récusent l’idée qu’ils puissent être désormais perçus comme des terroristes et ne cessent de rappeler à travers des manifestations qui condamnent les attaques ou de nombreux articles parus dans les forums de discussion. Pour autant, on est en droit de se demander si l’audience grandissante des courants radicaux à l’échelle urbaine locale ne pourrait pas, à terme, favoriser de nouveaux actes terroristes. La frontière entre les deux « mondes » demeure pour l’instant marquée, mais elle peut se révéler poreuse comme l’atteste la trajectoire de quelques individus qui ont glissé des courants islamistes mauritaniens, non violents, aux groupuscules « djiadistes » étrangers.


Armelle Choplin (armelle.choplin@gmail.com) est maître de conférences en géographie à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Chercheur associée à l’UMR PRODIG où elle a réalisé sa thèse, elle travaille sur les questions urbaines en Mauritanie et au Soudan.

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org

* Vous pouvez aussi consulter ce texte à l’adresse suivante : http://echogeo.revues.org/document4363.html





Commentaires & analyses

Afrique du Sud : Le pilier du néolibéralisme en Afrique

2008-05-02

Danièle Obono

http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/47832

Depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du sud est régulièrement présenté comme un ‘modèle’ pour le reste du continent africain. En plus de son poids politique, économique et stratégique réelle, l’apport historique de ce pays en termes de luttes de masses des opprimés et des exploités, et donc d’expériences et de leçons pour l’ensemble du mouvement ouvrier en Afrique et ailleurs, appelle une attention particulière à la trajectoire et aux dynamiques qui s’y développent actuellement.

Une des premières données générales importantes à analyser sur l’Afrique du sud est sa place dans les rapports de forces économiques mondiaux. Par exemple, c’est ainsi que le magazine attitré de l’establishment africain décrit le positionnement du pays : « Après tant d’années d’autarcie l’Afrique du sud a fait le pari de la mondialisation. La reconversion de l’appareil productif – au prix de centaines de milliers de licenciements visant à le rendre plus compétitif – et la libéralisation des échanges ont favorisé son intégration dans l’économie mondiale » (1).

L’Afrique du sud a ainsi réussi son intégration dans l’économie capitaliste mondiale, et se positionne largement comme un des premières puissances économiques sur le continent africain, avec par exemple le PIB le plus élevé du continent (130 milliards de dollars en 2003 contre 60 pour l’Algérie et 40 pour le Nigeria). Depuis plusieurs années le pays fait même preuve d’un expansionnisme économique continental qui frôle la tentative d’hégémonisme (sous)impérialiste.

Les investissements sud-africains ont en effet su profiter de la vague de libéralisation imposée en Afrique par les programmes de réajustement structurels et l’ouverture de nouveaux marchés, rendue possible par la fin des conflits touchant la région (RDC, Angola) . Ils sont passés de 1 milliard de dollars en 1991 à 9 milliards en 2002. Les exportations de capitaux ont quant à elles augmenté à 10 milliards de dollars de 1995 à 2003, soit 60% du total des investissements étrangers directs sur le continent.

Les entreprises sud africaines sont ainsi en première ligne sur le continent. Les sept seules compagnies africaines parmi les cinquante plus importantes multinationales basées dans les pays ‘en voie de développement’ sont sud africaines, parmi lesquelles : la compagnie papetière Sappi, la compagnie pétrochimique Sasol, la compagnie de télécommunication MTN, les brasseries SAB Mille (2ème mondiale) et le géant minier Anglogold (1er producteur mondial). Cet expansionnisme économique se développe principalement autour des secteurs minier et aurifère, ainsi que du contrôle des sources énergétiques et hydrauliques.

Cette dynamique économique n’est pas sans créer certaines tensions et inquiétudes parmi ses « compétiteurs » africains, tellement la politique d’exportation sud-africaine est jugée parfois trop « agressive ». Ainsi en Afrique australe où l’Afrique du sud représente 80% de l’économie des pays de la SADC (acronyme anglais de la communauté pour le développement de l’Afrique australe qui regroupe …..) et où l’héritage des années d’apartheid pendant lesquels le pouvoir blanc imposait des accords économiques totalement déséquilibrés aux pays de la région, sans compter les nombreuses interventions militaires meurtrières, le nouvel ‘impérialisme’ économique sud-africain est très mal perçue.

Mais c’est de manière plus générale que les velléités sud-africaines de se poser en puissance continentale a suscité la méfiance d’une partie des classes dirigeantes africaines. Il a alors fallu une sensible réorientation de la politique étrangère du régime post-apartheid, amorcée véritablement avec l’accession de Thabo Mbeki à la présidence en 1999, pour que la stratégie hégémonique sud africaine puisse finalement s’imposer, même si elle repose sur des bases encore fragile. Pour mieux faire passer la rapacité économique de son capital, l’Etat sud africain s’est ainsi doté d’une nouvelle rhétorique et de tout un programme politique ‘panafricaniste’ afin de rallier les sceptiques et les hésitants.

‘Renaissance africaine’ et Nepad

On observe en effet deux phases distinctes dans la politique sud-africaine face au reste du continent. De 1994 à 1998 en gros, la « croisade » droit de l’hommiste portée par le charisme d’un Nelson Mandela a malgré tout très vite montré les limites d’un unilatéralisme ‘donneur de leçons’ à la manière des puissances occidentales, et qui cachait mal la pénétration agressive et croissante des capitaux sud-africains un peu partout sur le continent. En 1999 elle a fait place une stratégie plus ‘pragmatique’ et multilatérale de Thabo Mbeki qui s’est beaucoup plus appuyé sur les outils institutionnels tels que la SADC et l’OUA pour dégager un consensus continental sur les grandes lignes de sa nouvelles vision pour une ‘renaissance africaine’.

Ce thème n’était certes pas absent de l’offensive diplomatique sud-africaine au temps de Mandela et il y a une vraie continuité idéologique entre les deux présidences. La différence est plutôt dans la démarche générale, beaucoup plus inclusive à partir de l’arrivée au pouvoir de Thabo Mbeki. Ce nouveau projet politique qui a remplacé le nationalisme panafricain des années 1960-70 et l’afro-pessimisme des années 1980 est censé redonner des perspectives politiques et idéologiques aux élites africaines.

« La Renaissance africaine suggère un effort continental conduit par l’Afrique du Sud afin de promouvoir une thèse familière du type “fin de l’histoire”… La Renaissance africaine telle qu’elle est perçue par l’Afrique du Sud (le choix des mots est ici important) serait incarnée par une chaîne d’économies qui, avec le temps, pourraient devenir l’équivalent africain des Tigres asiatiques… Dans cette interprétation, la Renaissance africaine définit l’Afrique comme un marché prospère en pleine expansion, à côté de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique du Nord, un marché dans lequel le capital sud-africain est appelé à jouer un rôle particulier à travers le développement du commerce, de partenariats stratégiques, etc. Pour son action en faveur de la globalisation, le continent offrira à l’Afrique du Sud une option préférentielle sur ce que sont ses largesses traditionnelles : le pétrole, les minéraux et les mines. » (2).

Le président sud-africain s’est fait le héraut de cette politique, tout d’abord auprès des grandes puissances occidentales auprès desquelles il est allé chercher l’approbation primordiale, puis auprès de ses collègues dirigeants africains. A force de négociations et de compromis, il a ainsi réussi à faire accepter comme nouvelle stratégie de développement pour le continent son Nepad (acronyme anglais pour le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) qu’il partagenotamment avec ses confrères sénégalais, algérien et nigérian (A. Wade, A. Bouteflika et O. Obasanjo {Ndlr : après une réunion tenue à Dakar en avril, en les chefs d’Etat initiateur du Nepad, le projet a été porté au niveau de l’Union africaine).

L’objectif de ce projet est de combler le fossé entre l’Afrique et les pays développés et d’intégrer le continent au sein de l’économie mondiale avec une double stratégie : la mise en avant de la région comme espace central de développement et l’appel au secteur privé comme acteur clé de la croissance et de l’investissement. « C’est Mbeki (…) qui a tout fait pour tisser des liens étroits avec les grandes puissances, avant même le lancement du Nepad. Pour l’essentiel, le Nepad sert les intérêts des fractions du capital orientées vers l’extérieur, et c’est sur cette base que se sont regroupées les élites africaines qui voient leur pays en butte aux mêmes politiques commerciales protectionnistes du Nord.

Plutôt que de repenser l’architecture du commerce mondial, le Nepad et l’Afrique du Sud essaient d’acclimater le néolibéralisme à tous les pays africains. Le Nepad peut donc être décrit comme une tentative d’insertion plus profonde de l’Afrique dans l’ordre capitaliste mondial, mais selon des termes renégociés octroyant quelques faveurs aux élites africaines les plus extraverties » (3).

Le nouveau gendarme du continent

Un des facteurs majeurs qui a permis à Thabo Mbeki de surmonter les réticences de ses pairs (4) a été son alliance avec un certain nombre d’autres dirigeants africains, notamment avec le Nigérian O. Obasanjo. Etant donné, en effet, la taille et l’importance de ce pays sur le continent, qui fait figure de seconde puissance continentale après l’Afrique du sud justement, ce partenariat stratégique entre les deux ‘grands’ de l’Afrique, bien qu’encore assez fragile car il repose essentiellement sur les relations entre les deux dirigeants, a été assez fructueux à plusieurs niveaux.

Outre une augmentation générale des échanges commerciaux entre les deux pays (de 100 millions de dollars en 1999 à 500 millions en 2002, le Nigeria étant devenu le 5ème partenaire africain de l’Afrique du sud), la collaboration diplomatique nigériano-sud-africaine a gagné la remise en cause commune du principe d’inviolabilité des Etats de l’OUA (Organisation de l’unité africaine), ce qui permet désormais à la nouvelle Union africaine (UA) qui a remplacé l’OUA en 2002, de décider des interventions dans les affaires intérieures d’un Etat membre.

Cette ‘victoire’, saluée comme telle par de nombreux commentateurs étrangers qui se félicitent ainsi en gros du fait que les Africains eux-mêmes feront le ménage chez eux entre eux, correspond à la volonté politique des puissances internationales de ‘déléguer’ aux dirigeants locaux la gestion des crises internes, afin d’être le moins possible taxées d’interventionnisme abusif. Elle rejoint les ambitions du « sous-impérialisme » sud-africain, et dans une moindre mesure de l’hégémonisme régional nigérian, et s’est traduit par l’implication de plus en plus grande des armées de ces deux pays dans les conflits africains.

Ainsi, après avoir ‘restructuré’ l’armée de l’apartheid désormais commandé par des officiers noirs, dont la plupart sont les anciens militants de la branche armée du mouvement de libération nationale qui organisaient la guérilla contre le régime Blancs et son armée (sic), l’Afrique du sud s’est impliquée dans des opérations de « maintien de la paix, gouvernance et reconstruction post-conflit » d’un certain nombre de pays dont le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo, la Guinée Bissau, la Côte d’ivoire, le Liberia, le Mali Sao Tom é Principé, la Somalie et le Soudan. Ce sont, même si ils n’en ont pas encore les forces suffisantes, les nouveaux ‘gendarmes’ du continent, qui comme tous bons gendarmes, ne répugnent pourtant pas à armer ou soutenir logistiquement des belligérants, à travers les ventes d’armes et entreprises de mercenariat plus ou moins officielles (5).

Allié à une diplomatie qui a enregistré quelques succès notamment avec la médiation et les accords de paix en RDC en 2002, et malgré des débuts difficiles, l’interventionnisme militaire, aujourd’hui sous couvert ‘humanitaire’ ou de médiation, participe amplement au renforcement des intérêts politiques, économiques et stratégiques de l’Afrique du sud en tant que puissance moyenne émergente. Mais cette politique hégémonique n’est pas sans contradictions, dont la plus forte n’est rien moins que sa propre situation et politique intérieure, qui influe à la fois sur sa crédibilité continentale et sa capacité à mettre en œuvre son orientation néolibérale.

2. La ‘nouvelle’ Afrique du sud : postapartheid et néolibéralisme

Dix ans après la fin de l’apartheid, le formidable espoir de libération et d’émancipation des millions de Sud Africains, pour la grande majorité noirs et pauvres, qui avaient porté au pouvoir l’ANC sont loin d’avoir été réalisé, et de plus en plus loin de l’être. Selon l’indicateur du développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Afrique du Sud a reculé de 35 places dans leur classement entre 1990 et 2005, constatant l’appauvrissement général de la population.

Le pays est toujours miné par des inégalités sociales extrêmes : 51% du revenu national annuel est détenu par 10% des foyers les plus riches contre moins de 4% de ce revenu pour les 40% des foyers les plus pauvres. 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté avec 25% de chômage selon les chiffres officiels. Cette situation socio-économique particulièrement grave a conduit à un niveau de criminalité et de violence parmi les plus forts du monde.

Pour certains ce constat justifie l’affirmation que les espoirs suscités par la fin de l’apartheid étaient irréalistes et devaient immanquablement faire face à la réalité de l’exercice du pouvoir et de la gestion des affaires par les vainqueurs de la lutte de libération. Ce sont donc les masses qui ont eu tort de croire trop fort à une rapide transformation sociale et économique de leur vie et de leur société, en même temps que la victoire politique. La vérité, comme toujours, est ailleurs. Si l’espoir d’une grande majorité de Sud Africains d’un changement profond de société ne s’est pas réalisé, ce n’est pas parce qu’il état mal fondé, mais surtout mal placé et mal dirigé. C’est dans l’acceptation du système capitaliste et la conversion au néolibéralisme de la direction du mouvement qu’il faut chercher les raisons du ‘gâchis’ sud africain.

La nouvelle bourgeoisie noire

(…) L’accession au pouvoir de l’ANC fut en effet accompagnée par l’arrivée d’un grand nombre de militants et cadres du mouvement de libération à de nombreux postes souvent très bien payés de l’appareil d’Etat (ministères, consultants, haut fonctionnariat, députés, etc.). Selon un processus assez semblable finalement à celui observé dans les anciennes colonies du continent au moment des indépendances des années soixante, une élite dirigeante majoritairement blanche et raciste a fait place à une élite un peu plus multiraciale avec la formation d’une couche de nouveaux bourgeois noirs. S’il n’y a pas eu de redistribution de la richesse qui est restée entre les mains d’une minorité, une partie de la petite bourgeoisie noire a réussi à s’élever socialement grâce aux politiques gouvernementales d’ ‘affirmative action’ et de ‘black economic empowerment’.

La politique d’affirmative action vise officiellement à promouvoir une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs du pays (administration, services publics et parapublics, sociétés nationalisées et privées). Ainsi, dans de nombreux secteurs, des Blancs ont été invités à faire valoir leurs droits à la retraite ou à accepter des licenciements, moyennant une forte indemnité de départ. Mais il apparaît de plus en plus clairement qu’elle n’a substantiellement vraiment profité qu’aux proches de l’ANC et favorisé la constitution d’une classe moyenne noire qui s’est empressée d’investir certains quartiers chics réservés autrefois aux seuls Blancs au lieu d’aider au développement des anciens townships.

Dans le même temps, de nombreuses entreprises sud-africaines embauchaient des Noirs souvent pour de la figuration afin de se conformer aux exigences du gouvernement dans le cadre de ‘Black empowerment’. C’est ainsi que, par exemple, sur la base du volontariat, pratiquement tous les grands groupes miniers et les banques ont cédé entre 10 et 26 % de leur capital à des Noirs, Indiens et Métis. Cette politique n’a encore permis qu’à une petite élite noire, issue des leaders de l’ANC, de se reconvertir avec succès dans les affaires en bénéficiant de grosses cessions de capital d’entreprises. Le plus riche d’entre eux est Patrice Motsepe qui a accumulé une fortune de plus de 500 millions de dollars en à peine dix ans.

Depuis 2000, des objectifs précis ont été négociés dans certains secteurs (mines, banques, distribution du pétrole, etc.). Ainsi, selon la charte minière de 2002 toutes les compagnies doivent céder 26 % de leur capital d’ici à 2014. Les Noirs devront représenter 40 % des cadres en 2009. Mais les entreprises et capitalistes sud-africains ont un intérêt certain à participer à cette politique : cela leur donne ainsi des ‘passes’ d’entrée dans les plus aux hauts ministères, grâce aux liens et connaissances de nombre de ces anciens ‘camarades’ devenus millionnaires.

Si l’ANC bénéficie encore d’un large soutien populaire c’est bien cette étroite couche de la bourgeoisie noire qui constitue sa base sociale dominante et ses politiques sont directement définis pour défendre ses intérêts, qui sont intimement liés au capital monopolistique sud africain. Ainsi la conversion des élites dirigeantes noires au néolibéralisme.

3. Résistances et mouvements sociaux

L’échec patent de l’ANC à transformer la société sud africaine et sa conversion au néolibéralisme a créé malaise, tensions et finalement résistances au sein du mouvement de masse qui l’avait porté au pouvoir, à commencé au sein de ses alliés historiques de la Cosatu et de Sacp. Mais ces derniers portent également une responsabilité certaine dans les nouvelles orientations prises par l’Anc au sein de l’Alliance tripartite.

Le malaise des alliés historiques (Sacp et Cosatu)

En effet, que ce soit pendant les élections de 1994 ou de 1999, plusieurs membres dirigeants de la Cosatu sont devenus députés, parlementaires ou élus locaux et provinciaux. Ces membres ont souvent été mis en avant au sein du gouvernement par exemple, pour soi disant « représenter » les intérêts du mouvement ouvrier. Mais aucun n’a fait preuve au cours de ces années de la moindre volonté de se battre pour les intérêts de la majorité, bien au contraire. Certains ont même été parmi les plus fervents défenseurs des politiques les plus antisociales mises en place par les gouvernements successifs.

Ces évolutions sont loin d’être des caractéristiques personnelles ou des trajectoires purement individuelles. Au-delà des scandales financiers et des affaires de corruption dans lesquelles se retrouvent trop souvent quelques uns de ces anciens leaders du mouvement, leurs actions sont à mettre en lien avec l’orientation idéologique et ses conséquences pratiques qui ont émergé au cours des années 1990 au sein de ces organisations.

La direction de la Cosatu a ainsi effectué un net tournant à droite en abandonnant ce qui avait fait précisément sa force pendant la lutte anti-apartheid, c’est-à-dire un syndicalisme radical et militant, pour une politique plus corporatiste et co-gestionnaire. (6) Comme l’explique F. Barchiesi, « La radicalisme de la Cosatu était efficace quand l’Etat de l’apartheid était affaibli par l’isolement international mais subit de nouvelles contraintes de la part des nouvelle institutions démocratiques dans un contexte de libéralisation économique et de soutien du capital transnational au gouvernement de l’ANC » (7).

Ainsi comme le montre le chercheur, l’hégémonie du mouvement ouvrier en termes de mobilisation de masses a été remplacée par l’hégémonie de l’ANC en tant que principale force de transformation sociale. Comme dans un système de vase communicant, l’Alliance tripartite a fonctionné dans le sens d’une ‘aspiration’ du pouvoir de la Cosatu en tant que force indépendante au profit d’une certaine influence au sein du gouvernement. Influence qui s’est vite révélée toute relative, au vue du peu de cas dont continue à faire preuve le gouvernement à l’égard des forces du mouvement ouvrier par rapport aux capitalistes.

Ainsi « tandis que l’Etat reconnaît le rôle du capital en tant que partenaire faisant face à des dynamiques ‘internationales’, le rôle de monde ouvrier est de mobiliser sa base au sein d’un projet de développement défini et dirigé par l’Etat pour servir les ‘vrais’ intérêts (…) de la classe ouvrière. (…) L’institutionnalisation du mouvement ouvrier dans un contexte d’hégémonie néolibérale a permis d’appeler à sa démobilisation » (8). L’Etat sud-africain a ainsi mis en place un ensemble législatif et procédurier pour mieux institutionnaliser et contrôler le mouvement ouvrier, comme le Labour Relations Act de 1995, dont l’objectif affiché est de « de promouvoir la paix sociale comme moyen d’attirer la confiance du monde des affaires au niveau intérieur et international ».

De même des structures comme le NEDLAC, institution corporatiste constituée de quatre chambres avec des représentants du gouvernement, du monde des affaires, du monde du travail et un ‘forum’ des organisations de la société civile, participent de cette stratégie.

La situation est devenue suffisamment problématique aux yeux de tous que même la direction de la Cosatu a été obligée de reconnaître, dans un document interne (9), la nature anti-ouvrière et antisociale de la politique de l’ANC. Malgré cela elle maintient toujours son soutien à l’Alliance et à l’ANC. Les solutions proposées pour inverser la tendance consiste à (re)construire l’ANC par en bas afin d’influencer sa direction et de la pousser à mener des politiques plus sociales. Cette stratégie fait totalement l’impasse sur les raisons objectives et idéologiques qui ont conduit l’ANC a embrasser le credo libérale, tout comme les profondes transformations qu’a subi ce parti au cours des dernières années, notamment en terme de bureaucratisation et de perte d’adhérents, qui en font un véritable instrument de la classe dominante aujourd’hui.

Ceci ne signifie pas sous estimer l’influence réformiste majoritaire que garde ce parti dans les masses, mais comprendre qu’il faudra plus qu’un toilettage institutionnel pour changer fondamentalement les données de la politique actuelle de l’ANC. Ainsi s’explique le soutien apporté par une bonne partie du mouvement syndical à Jacob Zuma. Derrière la défense de cette figure qui est très loin d’être celle d’un réel ‘réformateur’, il y a bien la volonté des dirigeants syndicaux de signifier à l’ANC un certain désaveu de sa politique, personnifié par le président Mbeki. Mais J. Zuma est loin d’être une véritable alternative. Il est plutôt l’arbre qui cache la forêt de la dégénérescence de l’ANC en un parti de la classe dirigeante.

Gauche(s) radicale (s)

Mais il est vrai néanmoins que le mouvement de soutien réel qui s’est développé derrière Zuma correspond à une colère plus grande que les illusions des directions syndicales. C’est celle de millions de travailleurs et d’opprimés qui se sentent aujourd’hui trahis par l’ANC et consorts. Si Zuma a pu apparaître comme une opposition au sein du gouvernement, c’est qu’aucune autre force n’est parvenue à émerger comme une véritable alternative à l’ANC. Le SACP n’est plus que l’ombre de ce qu’il était, et de ce qu’il avait de meilleur. Comme l’explique A. Callinicos, « (…) bien que fortement soutenue par les meilleurs des ouvriers organisés et l’intelligentsia de gauche, le SACP était devenu une organisation social-démocrate aux liens distendus » (10).

En fait le SACP a été victime de la Chute du mur et de la fin des illusions portées en l’URSS comme la patrie du « socialisme réel ». En pleine confusion idéologique ses dirigeants ont finalement embrassé la social-démocratie. Aujourd’hui, malgré une certaine influence dans de nombreux milieux, et loin de l’image que certains commentateurs ultra-libéraux développent parfois de cette organisation comme l’éminence grise ultra-radicale de l’ANC, le SACP n’est en fait plus qu’un appendice de cette dernière dont elle soutient mordicus la politique. A sa gauche aucune organisation significative n’émerge comme point focal de la colère et des résistances qui ont vu le jour au cours des dernières années.

Les différentes « sectes » d’extrêmes gauches ont maintenu longtemps une attitude extrêmement sectaire par rapport à l’ANC et le SACP, notamment pendant la période cruciale du début des années 1990 quand ces organisations représentaient véritablement l’espoir de millions de sud-africains pour leur libération et leur émancipation, et que la principale démarcation était alors entre ces derniers, notamment l’Anc, et les représentants de l’ordre ancien et défenseurs de l’apartheid comme le NP. Cette attitude les a coupés de milliers de travailleurs qui soutenaient les partis de l’Alliance et ont voté massivement pour eux. Mais elle a eu également pour conséquence de les rendre incapables de répondre aux aspirations de ceux qui ont commencé, très vite, à perdre leurs illusions vis-à-vis du gouvernement d’union nationale et de l’ANC.

C’est donc majoritairement vers des courants ‘populistes’, comme celui dirigé par Winnie Mandela, que se sont tournés dans un premier temps une majorité des déçus, de plus en plus nombreux, de l’ANC.

Les nouveaux mouvements sociaux

Mais il serait faux de croire par là même que le mouvement est pour autant totalement paralysé et les résistances inexistantes. Malgré la trahison de leurs dirigeants historiques, les travailleurs sud-africains ont gardé réactivité et combativité. Si les chiffres des grèves et des mouvements sociaux sont certainement loin des niveaux de mobilisation qui ont pu être ceux des années de luttes anti apartheid, depuis 1994 la classe ouvrière sud africaine n’est pas restée inactive face au attaques libérales de ‘son’ gouvernement. Et bon gré mal gré, les syndicats ont été obligé de suivre ou de soutenir ici et là les nombreux mouvements de grève qui se développent.

Ainsi, en juin dernier, alors que la veille, l’ANC commémorait à Kliptown sur la place Walter Sisulu, l’adoption de la Charte de la Liberté, des milliers de Sud-africains manifestaient, dans le cadre d’une campagne pour l’emploi et contre la pauvreté menée par la Cosatu, pour dénoncer une politique qui ne leur a toujours pas apporté « à tous emploi et sécurité » comme le dit la Charte de la Liberté.

De 1995 à 2002, près de cinq millions de personnes sont entrées sur le marché du travail mais seulement un million d’emplois ont été crées. Les salaires restent très bas, maintenant ainsi la tradition du régime d’apartheid qui reposait sur une main d’œuvre à bon marché. Les salaires à moins de 1000 rands par mois (environ 120 euros) sont courants dans de nombreux secteurs d’activité. La grève organisée à cette occasion était suivie dans tous le pays dans les secteurs de la métallurgie, des mines, du textile qui ont vu des milliers de postes de travail supprimés ces dernières années.

Cet été également a eu lieu la plus grande grève dans les mines d’or du pays depuis 18 ans. Les 10 000 mineurs blancs affiliés au syndicat Solidarity se sont joints aux 100 0000 mineurs noirs du NUM qui avaient commencé la grève. Les mineurs demandaient notamment une augmentation de salaires qu’ils ont réussi à gagné. C’est que la grève paralyse les mines des principales compagnies sud-africaines, soit près de 90% de la production d’or du pays.

En septembre 2004, ce sont également des milliers de travailleurs de la fonction publique qui montraient leur mécontentement envers leur employeur en descendant dans la rue lors d’une autre grève ‘historique’ revendiquant des augmentations de salaires et une amélioration des conditions de travail, et largement soutenue dans la population. Ces exemples sont loin d’être anecdotiques. Ils traduisent la permanence d’une combativité au sein du mouvement ouvrier parmi le plus radical au monde il y a encre quelques années.

A ces mobilisations des travailleurs s’ajoutent en outre celle de ‘nouveaux’ mouvements sociaux, à savoir celui des nombreux coalitions et autres mouvements locaux en lutte contre les politiques néolibérales de l’Anc et leur conséquences désastreuses. Comme par exemple le Treatment Action Campaign qui a gagné devant les tribunaux son action contre le gouvernement sud-africain pour le forcer à procurer des médicaments contre le sida aux populations infectées. Ou la révolte des habitants des townships contre les expulsions et destructions de leurs habitations par les autorités locales qui s’organisent au sein de comités à la base à travers tout le pays et s’opposent régulièrement à la police et aux élus ANC. Ou encore les commandos des comités locaux anti privatisations qui reconnectent l’eau et l’électricité des familles, reprenant ainsi les traditions de la lutte anti-apartheid.

Ces luttes locales ne sont pas déconnectées des luttes des travailleurs au sein de leurs entreprises et de leurs usines. En effet, la majorité des travailleurs vivent au sein des townships et des communautés qui s’organisent contre les politiques de l’ANC.

C’est dans la construction et l’articulation concertée et organisée de ces résistances qui voient le jour à tous les niveaux de la population sud-africaine, que se trouvent les clés pour l’émergence d’une direction alternative en Afrique du sud.

Notes

(1) Augusta Conchiglia, « L’Afrique du sud, puissance hégémonique ? », Géopolitique Africaine, n° 18, avril 2005, p. 169-179, p.171.

(2) P. Vale et S. Maseko, « South Africa and the African Renaissance », International Affairs, 74 (2), 1998, p. 279. Cité dans Ian Taylor, « La politique sud africaine et le Nepad », Politique africaine, n°91, octobre 2003, p. 127

(3) Ian Taylor, « La politique sud africaine et le Nepad », Politique africaine, n°91, octobre 2003, p. 128.

(4) Ces derniers étaient moins dérangés par l’idée d’une « projection de l’Afrique dans une modernité culturelle et économique » (Augusta Conchiglia, op. cit., p.172) que par l’éventuel mise en danger de leurs intérêts et circuits particuliers d’exploitation et d’accumulation que pouvait signifier un Nepad au service exclusif de certains intérêts sud-africains. Il ne s’agit donc pas là d’une simple opposition entre les ‘modernes’ et les ‘traditionnels’, entre certains dirigeants qui seraient plus ouverts aux changements et à la démocratie que d’autres, mais de deux stratégies différentes au sein des classes dirigeantes africaines.

(5) Voir à ce sujet Jean-François Bayart, Stephen Ellis et Béatrice Hibou, « L’Afrique du Sud à la veille d’une consultation décisive », Politique africaine, n° 73, mars 1999, p137-145.

(6) Voir notamment Martin Jansen, « The State of COSATU, the Social Movements and the Tasks of Socialists », paper prepared for the Khanya College Conference on COSATU 20-22 October 2005 and completed in December 2005.

(7) F. Barchiesi, op. cit., p.199.

(8) F. Barchiesi, ibid., p.206.

(9) Martin Jansen, op. cit.

(10) Alex Callinicos, « South Africa after apartheid », International socialism, n° 70, mars 1996.

* Danielle Obono, chercheuse en science politique, spécialiste des études africaines et militante à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section française de la IVe Internationale).

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Nécrologie

Afrique : Décès du journaliste Elimane Fall

2008-04-30

http://tinyurl.com/6fquap

Journaliste à Jeune Afrique, Elimane Fall est décédé le 25 avril à Paris, à l’âge de 53 ans. D'origine sénégalaise, il a rejoint la rédaction de ce magazine en 1983. Il ne l'a plus jamais quitté, si ce n’est pour une excursion de quelques années. Rédacteur en chef adjoint, il avait en charge la section Afrique subsaharienne de l’hebdomadaire. Diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris en 1981, il commencé sa carrière de journaliste par la radio, à Europe N° 1, en France.





Arts & livres

Global : Achille Mbembe rend hommage à Aimé Césaire

2008-04-30

http://tinyurl.com/43pdap

Le glas ayant sonné, Césaire est donc parti. Désormais allongé, étendu seul, il est là, ici, partout et nulle part, fiché horizontalement, à la manière de ce qui plus jamais ne se relèvera. Passé au pays du grand sommeil, le veilleur s’est finalement délivré de soi. Et ayant rejoint le revers du temps, celui-qui-guettait-la-nuit s’est frayé un chemin solitaire dans la nuit, la grande nuit de l’innommé.


Global : L'oeuvre de Cesaire bientôt réintroduite dans les programmes scolaires français ?

2008-04-30

http://tinyurl.com/4u63bq

Aimé Césaire est parti mais son oeuvre reste gravée à jamais dans les mémoires. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, a affirmé, le 29 avril, sa volonté de réintroduire dans les programmes scolaires les poèmes de l'écrivain, poète et homme politique martiniquais décédé le 17 avril dernier. Le ministre interrogé sur LCI a déclare : "Je vais rencontrer prochainement Xavier Darcos pour voir comment, sans surcharger les programmes scolaires, on peut faire que celui qui a été un grand poète, un grand penseur de l'identité, de la négritude, soit réintroduit".


Global : Youssou Ndour affirme ses convictions sur le monde

2008-04-30

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4053

Si un fan européen de la musique rock a juste un album d'un artiste africain dans sa collection, il y a une chance plus forte que la moyenne qu'il soit enregistré par Youssou N'Dour, le chanteur sénégalais. De même qu'il enchante les spectateurs par ses prestations exubérantes en direct, N'Dour fait pression régulièrement sur les dirigeants du monde, les exhortant à faire preuve d'une détermination plus grande à s'attaquer à la pauvreté africaine. Entretien sur les dossiers qui agitent actuellement le monde.





Zimbabwe

Dans l'attente fébrile des résultats de la présidentielle

2008-04-29

http://tinyurl.com/3qukan

Le Zimbabwe espérait, le 27 avril dernier, dans un climat toujours tendu, que l'incertitude sur l'issue du scrutin présidentiel sera rapidement levée après la défaite historique du parti du chef de l'Etat Robert Mugabe aux élections législatives du 29 mars. La commission électorale avait indiqué, le 26 avril, qu'elle devrait terminer le comptage des suffrages de la présidentielle au plus tard le 28 avril et qu'elle inviterait immédiatement les candidats à vérifier les résultats pour les annoncer au plus vite.


La justice ordonne d'inculper ou de libérer 200 opposants

2008-04-29

http://tinyurl.com/4ggzrv

Un tribunal de Harare a ordonné à la police d'inculper ou de libérer plus de 200 partisans de l'opposition arrêtés le 25 avril, lors d'un raid sur le siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a indiqué leur avocat "Ils devront être inculpés et déférés devant la justice sans quoi le tribunal a donné l'ordre de les remettre en liberté", a déclaré ce dernier, après avoir introduit un recours en urgence le 28 avril.


Le pouvoir accuse l'opposition d'attiser les tensions

2008-04-30

http://tinyurl.com/5eqybn

Le gouvernement du président Robert Mugabe a accusé, le 29 avril, l'opposition "d'attiser les tensions" consécutives aux élections du 29 mars et averti qu'il ne laisserait pas le pays sombrer dans "l'anarchie". "Il y a une avalanche de déclarations irresponsables - depuis l'intérieur et l'extérieur du pays - par des personnes et des organisations qui veulent nuire (au Zimbabwe) à la suite des élections qui ont eu lieu dans un climat de paix", indique le porte-parole du président Robert Mugabe, dans un communiqué.


Mugabe prêt à accepter le verdict du 2e tour

2008-05-02

http://tinyurl.com/4lxdll

Robert Mugabé qui s’entretenait avec le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, le Dr Cheikh Tidiane, le 1er mai à Hararé peu avant la publication des résultats de la présidentielle, a assuré à l’émissaire du président Wade qu’il apprécie à sa juste mesure l’initiative consistant à s’enquérir de la situation du Zimbabwe. Selon un communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères, Mugabe a invité l’opposition «s’engager dans le 2ème tour avec bonne foi et volonté ferme d’accepter le verdict du peuple délivré dans une élection transparente, libre et démocratique, sans contestation possible ».


Pas de consensus sur le résultat du scrutin présidentiel

2008-05-02

http://tinyurl.com/57olxn

Les discussions entre la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) et l'opposition sur l'issue du scrutin présidentiel ont été suspendues le 1er mai sur un désaccord, l'opposition affirmant l'avoir emporté dès le premier tour face au chef de l'Etat Robert Mugabe. La réunion à huis clos, qui visait à aboutir à un consensus sur les élections du 29 mars, a été interrompue en fin d'après-midi et devait reprendre le 2 mai.


Pressions internationales sur le Zimbabwe où règne un climat de violence

2008-04-30

http://tinyurl.com/682k48

Un mois jour pour jour après le scrutin présidentiel du 29 mars dont l'issue reste incertaine, le Conseil de sécurité de l'ONU se penchait mardi sur la situation au Zimbabwe, accentuant encore la pression internationale sur un pays où règne un climat de violence. Alors que le régime du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis près de trois décennies, accusait l'opposition d'attiser les tensions, six experts de l'ONU ont dénoncé des agressions "organisées et coordonnées" et le recours à la torture contre les opposants.





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : Jean Ping fera t-il mieux que Konaré à l'Union Africaine

2008-04-30

http://tinyurl.com/3ntgct

C’est désormais fait. Alpha Omar Konaré a cédé, de manière solennelle, sa place à Jean Ping à la tête de la Commission de l’Union africaine (UA). Une page se tourne pour l’organisation panafricaine, d’autant plus que ce sont deux personnages de styles différents qui se succèdent au sommet de l’UA. Jean Ping réussira-t-il à chausser les bottes de son prédécesseur ? Rien n’est moins sûr.


L’Ethiopie fait ses adieux à Alpha Oumar Konaré

2008-04-29

http://tinyurl.com/4qsgjj

Le gouvernement éthiopien a organisé, le 26 avril, une cérémonie d’adieux en l’honneur du président sortant de la Commission de l’Union africaine, l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré. M. Konaré, 62 ans, qui a dirigé la Commission de l’Union au cours des cinq dernières doit passer le flambeau à son successeur nouvellement élu, M. Jean Ping du Gabon. Le Premier ministre éthiopien a également organisé un banquet d’adieux pour les autres membres sortant de la Commission, notamment l’ambassadeur Saïd Djinit du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union.





Femmes & genre

RD Congo : Le deuxième salon de la Femme prêche pour la paix

2008-04-30

http://fr.allafrica.com/stories/200804280696.html

La Synergie « Femmes médias », une plate forme des organisations des médias qui défendent et promeuvent le travail de la femme dans les médias, organise, du 2 au 11 mai 2008, le deuxième salon de la femme sur le thème ; « Rendre plus visible le travail de la femme pour la consolidation de la paix en RDC après les élections ». Cette édition se tient en application des recommandations du premier salon tenu en 1994.





Droits humains

Congo : Un trafiquant d’enfants pygmées dans les filets de la justice

2008-04-29

http://www.afriquechos.ch/spip.php?article3180

Un ancien conseiller départemental congolais est gardé à vue pour enlèvement et disparition forcée, en 1989, d’une enfant pygmée. C’est ce que révèle un communiqué conjoint de l’Observatoire Congolais des Droits de l’homme (OCDH) et l’Association pour la Promotion Socio Culturelle des Pygmées du Congo (APSPC). Héritier d’une famille « propriétaire de Pygmées », ce dernier avait amené l'enfant vers une destination inconnue sans l’assentiment de ses parents. Les multiples demandes de ces derniers sont restées sans suite.


Kenya : une ONG accuse l'armée d'avoir torturé 4.000 personnes

2008-04-30

http://tinyurl.com/5catbd

L'armée kényane a torturé plus de 4.000 personnes lors d'une l'opération lancée début mars dans la région du Mont Elgon (ouest) et visant le démantèlement d'une milice, selon un rapport publié le 28 avril par une organisation kényane de défense des droits de l'Homme. L'Unité médico-légale indépendante (IMLU) accuse l'armée d'avoir commis des abus systématiques lors de cette opération contre la milice de la Force de défense des terres des Sabaot (SLDF), accusée de la mort de plus de 600 personnes.



RD Congo : La CPI lance un mandat d’arrêt contre un chef de milice

2008-05-01

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article16377

La Cour pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt contre Bosco Ntaganda, chef d’état-major du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du général déchu Laurent Nkunda. Bosco Ntaganda est accusé d’avoir joué un rôle essentiel dans l’enrôlement et la circonscription d’enfants de moins de 15 ans, entre juillet 2002 et décembre 2003, en Ituri, dans la province Orientale, au nord-est de la République démocratique du Congo.


Tunisie : Sarkozy crée la polémique sur les Droits de l'homme

2008-04-30

http://tinyurl.com/4ay57l

En visite d'État en Tunise, les 28, 29 et 30 avril 2008, le président français Nicolas Sarkozy a estimé que « l'espace des libertés [progressaient] en Tunisie ». Une déclaration qui n'a pas eu l'heur de plaire aux organisations tunisiennes de défense des Droits de l'homme. Celles-ci sont immédiatement montées au créneau, pour dénoncer ce "brevet de respectabilité" attribué à Ben Ali. En effet, elles accusent les autorités de Tunis d'attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme – au nom de laquelle un millier de personnes auraient été arrêtées depuis 2003, selon des avocats.





Réfugiés & migration forcée

Guinée Equatoriale: De nouvelles conditions de séjour pour les étrangers

2008-04-30

http://tinyurl.com/6d4vga

Le gouvernement équato-guinéen vient de réviser les modalités de résidence des étrangers. L'obtention d'une carte de séjour est ainsi conditionnée à la production d'un dossier comprenant les pièces comme une autorisation du gouverneur, une attestation d'ouverture de compte, un certificat de bon voisinage, un certificat d'imposition, un certificat de bonne conduite, une attestation de non-endettement, une photocopie du passeport avec visa d'entrée en terre de Guinée, mais aussi les résultats d’un test Vih, entre autres.


Kenya : Début de l'opération de réinstallation des déplacés

2008-04-30

http://tinyurl.com/65auxt

Le président du Kenya, Mwai Kibaki, et le Premier ministre dans le nouveau gouvernement de coalition, Raila Odinga, se sont lancés dans un difficile exercice de réinstallation des milliers de Kenyans qui avaient été déplacés par les violences enregistrées dans le pays après les élections générales contestées de décembre 2007. Quelque 100.000 Kenyans au moins ont été déplacés, alors que 1.000 personnes ont été tuées au cours des violences qui ont éclaté au lendemain de l'élection présidentielle.





Mouvements sociaux

Sénégal : L’opposition marche contre la faim

2008-04-29

http://tinyurl.com/4uveu3

Des milliers de personnes ont marché le 26 juin à Dakar et à l’intérieur du pays, pour manifester contre la cherté du coût de la vie. Mais aussi contre le report des élections locales, la situation catastrophique du monde rural, et la confiscation des libertés individuelles et collectives. Après plusieurs interdictions de marche, celle-ci avait été autorisée.


Sénégal : Marche contre la vie chère

2008-04-30

http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2787&md=1

Une marche autorisée a été organisée le 26 avril à Dakar par les jeunes du ‘'Front Siggil Sénégal'', une coalition politique qui regroupe l'essentiel de l'opposition dite significative, pour protester notamment contre la vie chère et le report des élections locales. Au nombre de 3000, selon les organisateurs - 600 selon la police -, les marcheurs qui scandaient des slogans tels que ‘'le riz est cher'', réclamaient également la publication d'un audit des comptes de l'Agence nationale de l'Organisation de la conférence islamique (ANOCI).


Togo : L’impossible débrouille face à la vie chère

2008-04-29

http://www.afrik.com/article14184.html

La hausse des prix est aujourd’hui une question qui préoccupe le monde entier. De plus en plus, les tensions augmentent dans les pays pauvres du globe, dont ceux d’Afrique, où plusieurs émeutes ont éclaté ces derniers mois. Au Togo rien ne va plus, mais la population continue de murmurer ses souffrances.





Elections & gouvernance

Afrique : L'image de la France se dégrade selon le journal "Le Monde"

2008-04-30

http://tinyurl.com/47q9v3`

Selon le journal "Le Monde", en date du 26 avril 2008, l’image de la France en Afrique se serait dégradée. C’est ce qui ressort des constats effectués par une quarantaine d’ambassadeurs en poste sur le continent africain, qui, à l’automne 2007, ont effectué une série d'analyses à la demande du Quai d’Orsay. Un diplomate qui a participé aux travaux, est cité par le journal : "La France n'est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l'admettre."


Bénin : Le fiasco des élections locales

2008-04-30

http://tinyurl.com/4848xo

Ceux, des observateurs de la scène politique qui citaient le Bénin en exemple de laboratoire de démocratie en Afrique de l’Ouest, doivent déchanter aujourd’hui. En effet, à la lumière de l’organisation chaotique des élections municipales et locales couplées du 20 avril dernier, le Bénin, de champ de l’excellence en matière de démocratie, se mue brutalement, en champ de laideur. Des cas de fraudes excessives sont dénoncées dans certaines circonscriptions électorales, impliquant parfois des membres et même des responsables de la Commission électorale nationale autonome (CENA).


Côte d'Ivoire: Le RDR demande la mise à l'écart de la Cour suprême pour la présidentielle

2008-05-01

http://tinyurl.com/4qo6um

L'ancien Premier ministre ivoirien et président du Rassemblement des républicains (RDR), Alassane Dramane Ouattara, a demandé, le 29 avril, à Abidjan la mise à l'écart de la Cour suprême et du Conseil constitutionnel de l'élection présidentielle prévue le 30 novembre. "Elles n'ont plus de légitimité, elles sont à l'origine des problèmes du pays. Il faut les tenir à l'écart pour obtenir des élections correctes", a-t-il affirmé.


Malawi : L'opposition parlementaire boycotte le discours de président

2008-05-01

http://tinyurl.com/5ekhvp

Les députés de l'opposition du Malawi ont boycotté la session parlementaire du 28 avril au cours de laquelle le président Bingu wa Mutharika a prononcé un discours sur l'état de la Nation. L'opposition exige du président de l'Assemblée nationale, Luis Chimango, l'exclusion de l'institution de plus de 70 députés de l'opposition qui ont rallié le parti au pouvoir, le Parti démocratique progressiste (DPP).





Afrique & Chine

Afrique : La Chine s'engage à continuer son soutien au développement

2008-04-30

http://tinyurl.com/6s22nj

Un haut responsable chinois a déclaré le 22 avril, à Accra que la Chine continuerait à apporter son assistance au développement économique des pays africains, tant que ses ressources le permettraient. Le vice-ministre chinois du Commerce, Yi Xiaozhun, qui s'est exprimé à la 12ème session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, a rappelé que depuis plus de 50 ans, l'aide chinoise avait permis la réalisation de plus de 800 projets en Afrique, accordé plus de 60 crédits préférentiels à une vingtaine de pays africains et formé environ 20.000 personnes de 53 pays africains.


Afrique : La Tanzanie accueille le Forum Chine-Afrique des Affaires

2008-04-30

http://tinyurl.com/68v3ez

Près de 300 membres des milieux d'affaires de 10 pays africains et de Chine se sont réunis à Arusha, les 28 et 29 avril, pour le Forum Chine-Afrique des Affaires 2008 qui vise à faciliter les investissements dans le secteur privé en Afrique. Près de 120 chefs d'entreprise chinois et des entrepreneurs de Tanzanie, du Kenya, d'Ouganda, de Zambie, du Mozambique, du Nigeria, du Ghana, du Bénin, de Namibie et d'Egypte ont pris part au forum qui devait voir la signature d'accords de coopération économique et commerciale.





Corruption

RD Congo : Tshisekedi dénonce l'économie de prédation

2008-04-30

http://tinyurl.com/577ktc

L'opposant congolais Etienne Tshisekedi dénonce la persistance d'une "économie de prédation" et du règne de l'impunité en République démocratique du Congo (RDC), en dépit de la mise en place d'institutions démocratiques. Le leader historique de l'Union pour la démocratique et le progrès social (UDPS) note, dans un communiqué diffusé le 24 avril, la persistance en RD Congo d'"une économie de prédation sans cesse florissante" et du règne de l'impunité favorisée notamment par une Cour des comptes "sans infrastructures, ni compétences suffisantes, ni ressources conséquentes".





Développement

Afrique : L'Espagne accroît sa présence sur le continent

2008-04-30

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4048

L'Espagne étend sa présence en Afrique par la signature des accords de coopération commerciale avec l'Egypte et la République démocratique du Congo (RDC). Ces deux accords devraient faciliter l'accès des entreprises espagnoles au marché africain. En 2006, l'Espagne arrivait en huitième position sur la liste des principaux fournisseurs européens de l'Egypte. Elle est devenue également le troisième plus gros investisseur dans la construction des implantations de gaz liquéfié de 'Union Fenosa' au port de Damietta, à 200 kilomètres du Caire.


Global : Israël conclut un accord commercial avec quatre pays africains

2008-05-01

http://tinyurl.com/6kyt4k

Le Rwanda est l’un des quatre pays africains qui devaient signer le 30 avril une déclaration sur le commerce et la coopération économique avec Israël. Cette déclaration vise à offrir de nouveaux débouchés pour les produits du Rwanda, du Burundi, du Bénin et du Libéria et à les aider à développer leurs infrastructures et capacités technologiques. Cette signature s’inscrit dans le cadre du congrès international des affaires dont le thème est "L’approche d’une Nouvelle Ere" pour les pays africains qui s’est ouvert le 28 avril à Jérusalem et qui devra durer quatre jours.





Santé & VIH/SIDA

Afrique : L’OMS renouvelle son engagement aux soins de santé primaires

2008-04-29

http://tinyurl.com/54yyne

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a entamé le 28 avril une conférence internationale sur les « soins de santé primaires et les systèmes de santé en Afrique ». Cette conférence se proposait de revitaliser le développement des soins de santé primaires (SSP) de même que les systèmes de santé dans la région africaine, afin d’atteindre les objectifs du millénaire en matière sanitaire.


Afrique : L'ONU donne au monde 1.000 jours pour éradiquer le paludisme

2008-04-29

http://tinyurl.com/4qhzgv

Le secrétaire général de l'ONU a lancé, le 25 avril, un plan ambitieux visant à mettre fin en moins de 1.000 jours à l'hécatombe causée par le paludisme en Afrique, c’est-à-dire d'ici à fin 2010, à condition que la communauté internationale se mobilise. Plus d'un million de personnes meurent du paludisme chaque année dans le monde. La plupart des cas et des décès surviennent en Afrique subsaharienne où un enfant de moins de 5 ans décède toutes les 30 secondes.


Global : Baisse des prix de médicaments de seconde ligne pour le sida

2008-04-30

http://tinyurl.com/3utoxq

Deux organisations de lutte contre le sida ont annoncé, le 28 avril, de nouveaux accords avec des fabricants de médicaments génériques pour réduire de façon significative le prix des médicaments antirétroviraux de seconde ligne et rendre disponibles six nouveaux traitements adaptés aux enfants. Un traitement de seconde ligne est nécessaire pour les patients chez lesquels les traitements donnés en premier (dits de première ligne) sont devenus inefficaces, les souches virales étant devenues résistantes à leur action.


Guinée-Bissau : Interdiction d’entrée de viande de boeufs contaminée

2008-04-29

http://tinyurl.com/4urqz7

Les autorités sanitaires bissau-guinéennes ont interdit le 24 avril, et ce jusqu’à nouvel ordre, l’entrée à Bissau, de viande de boeufs en provenance des régions de l’intérieur. L’annonce a été faite par le chargé de la prévention et de l’éducation au ministère de la Santé publique. « Ces mesures visent à prévenir la vente et la consommation de viande de boeufs atteints par la maladie du charbon qui sévit en ce moment dans certaines localités de l’intérieur », a-t-il déclaré.


Nigeria : Record africain de mortalité maternelle et infantile

2008-04-30

http://tinyurl.com/6f95dw

Le Nigeria détient le record de mortalité maternelle et infantile en Afrique sub-saharienne. Le présidnt de l'Association médicale nigériane (NMA). a révélé cette information le 24 avril, lors d'une conférence scientifique. D'après lui, 1 500 femmes sur 100 000 meurent en accouchant et un nouveau-né sur 10 ne survit pas au delà de 5 ans. "L'espérance de vie au Nigeria est de 42 ans à cause du VIH/ sida, du paludisme, des accidents de la route et d'autres maladies évitables par la vaccination", a-t-il souligné.


Sénégal : Le fonio n’est pas antidiabétique, selon la Direction de la Santé

2008-04-29

http://tinyurl.com/4mavrz

Le fonio ‘’ne peut pas être considéré comme une substance +antidiabétique+’’, puisqu’il est ‘’de la même classe que le mil, le sorgho et le riz’’, précise le bureau diabète de la division de la Lutte contre la maladie de la Direction de la Santé du Sénégal. Un responsable de cette structure réagissait ainsi à un article publié récemment dans la pesse et qui attribue un ’’rôle antidiabétique’’ à cette céréale.





Éducation

Afrique : Dix pays africains harmonisent leurs programmes d’éducation

2008-04-29

http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=290034

Le groupe de liaison de l’Organisation internationale de la Francophonie pour l’Afrique de l’Ouest (OIF) a tenu une réunion du 22 au 25 avril à Abidjan, pour réfléchir à l’harmonisation des programmes au niveau de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, partager les expériences. Des experts des 10 pays, dont le Cap Vert, Sénégal, Togo, Guinée-Bissau, etc., y ont pris part.





Environnement

Afrique : Un sommet pour sauver le fleuve Niger en péril

2008-04-30

http://tinyurl.com/6bngvp

Les présidents des neuf Etats du bassin du Niger se sont retrouvés le 30 avril à Niamey pour examiner un important programme financier censé sauver le fleuve en péril et garantir la survie de plus de 110 millions de personnes. En plus du programme d'investissement de "sauvetage" du fleuve d'un coût estimé à quelque 5,5 milliards d'euros sur les 20 prochaines années, le sommet a adopté "la Charte de l'eau" de l'Autorité du bassin du Niger (ABN) qui réglementera la gestion des ressources du bassin.





Média & liberté d'expression

Cameroun : Une imprimerie privée sauve la liberté de la presse

2008-04-30

http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2795&md=1

Depuis 1998, à Douala l'imprimerie Macacos édite les deux-tiers des journaux camerounais et un quart des journaux gabonais, permettant ainsi à de nombreux titres de presse d'échapper aux "censures" des imprimeries gouvernementales. De nombreux journaux, que les imprimeries d'Etat refusaient d'imprimer ou publiés en retard à cause du non-respect des délais prévus, sont désormais imprimés à la Macacos. Désirant la liberté de la presse, la Macacos imprime tous les journaux quels qu'ils soient sans se préoccuper des contenus.


Afrique: Journaliste ou opportuniste?

2008-04-29

http://fr.allafrica.com/stories/200804240714.html

Qu'est-ce qu'un journaliste ? Ou plutôt quelle est la différence entre la fonction d'un journaliste et celle d'un officier de relations publiques ? Un journaliste, par définition, est responsable de la collecte et de la dissémination de l'information. Par contre, un officier de relations publiques est un individu qui est payé pour faire de la publicité pour un client. La différence paraît claire… Du moins, La chroniqueuse Faten Aggad le pensait jusqu'à ce qu’elle soit confrontée à une différente réalité en Afrique sub-saharienne.


Gambie : Le procès d'une journaliste interdit au grand public

2008-04-29

http://fr.allafrica.com/stories/200804240980.html

Le tribunal gambien qui juge la journaliste basée aux États-Unis, Fatou Jaw Manneh, pour sédition présumée a restreint, le 21 avril 2008, l'accès du grand public au procès en statuant que seuls les membres de la famille de Manneh et deux journalistes devraient être admis au tribunal. La décision fait suite à une requête préalable introduite par le Procureur Général. Il avait déjà demandé au tribunal de protéger les témoins à charge en dissimulant leur identité.





Bien-être social

Côte d'Ivoire : Le redéploiement des services tarde à se concrétiser au Nord

2008-05-01

http://tinyurl.com/64gspy

La crise politique qui a coupé la Côte d’Ivoire en deux, après le lancement d’une insurrection armée en 2002, a laissé des traces à Bouaké, fief de la rébellion, dans le centre du pays. En dépit d’un accord politique signé en 2007, la reprise de certains services, comme les services VIH/SIDA, se fait toujours attendre. Outre de nombreux bâtiments publics délabrés, vidés de leurs équipements et aujourd’hui envahis par les herbes, la rareté des véhicules circulant sur des routes en piteux état est l’un des multiples signes de la paupérisation de Bouaké et de sa population au cours des dernières années.


Gabon : Suspension de la TVA sur les produits de première nécessité

2008-04-30

http://tinyurl.com/6p2sc7

Le gouvernement gabonais a décidé de suspendre, avec effet ''immédiat'', pour six mois, la perception de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur l'huile, le poisson importé, le lait et la farine pour lutter contre le phénomène de la vie chère dans le pays. La mesure concerne également la pêche locale qui bénéficie d'une réduction de 37% des prix du gasoil, pour baisser le prix du poisson.


Tchad : Des machines qui changent la vie des populations

2008-04-30

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4052

Une décortiqueuse multi-céréales, un moulin pour des céréales sèches, un autre pour des céréales humides, une concasseuse, un chargeur de batterie, un atelier de soudure et un moteur diesel pour faire tourner le tout, et la vie dans certains villages du Burkina Faso s'en trouve changée. Les villageois les appellent des plates-formes multifonctionnelles, mais ils auraient bien pu les appeler ''plates-formes miraculeuses'' au regard des profonds changements que ces machines apportent dans la vie des villages où elles sont installées dans ce pays d'Afrique de l'ouest.





Conflits & urgences

Afrique : La prévention des conflits, élément clé de l'instauration de la paix

2008-05-01

http://tinyurl.com/5nvoch

La prévention des conflits est devenue, ces dernières années, la pierre angulaire de la consolidation de la paix en Afrique de l'Ouest, a déclaré le directeur du Système d'alerte précoce de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO). Dr Abdou Guèye a fait cette déclaration à l'ouverture du séminaire sur le renforcement des capacités pour une alerte et une réaction rapides organisé par la CEDEAO.


Gambie : Les relations se détériorent avec les indépendantistes casamançais

2008-04-29

http://tinyurl.com/6z2zqa

L'aile combattante du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), un groupe irrédentiste sénégalais, s’en prend au gouvernement gambien, suite à l'emprisonnement de certains de ses membre. Dans un communiqué daté du 22 avril 2008, un responsable du MFDC dénonce l'attitude de la Gambie qui aurait emprisonné et torturé des membres du mouvement, accusés de connivence avec le putschiste gambien Ndour Thiam et d'espionnage. M. Thiam est accusé d’avoir tenté de renverser le président Jammeh le 21 mars 2006.


Kenya : Installation d’un organisme régional de gestion des catastrophes

2008-04-29

http://tinyurl.com/5pw9qf

Le Kenya abritera le siège d’un centre d’excellence régional pour la gestion des catastrophes (RDMCOE) destiné à renforcer la réduction des catastrophes et les capacités de réaction et de réponse. Le RDMCOE est une organisation intergouvernementale établie à Nairobi par 11 pays africains, dans le cadre d’une initiative conjointe avec le gouvernement des Etats-Unis. Sa formation résulte des effets des catastrophes aussi bien naturels qu’anthropiques dans la région.


RD Congo : Les violences persistent, malgré l'accord de Goma

2008-04-29

http://tinyurl.com/4tp8yd

Trois mois après la conclusion d'un accord de paix dans l'est de la République démocratique du Congo, des groupes armés continuent de tuer et de violer des civils et de recruter des enfants, et les affrontements opposant l'armée à des rebelles rwandais chassent des milliers de personnes de leur domicile. Les organisations humanitaires ont exhorté la communauté internationale, qui a appuyé l'accord de paix du 23 janvier à Goma, à prendre des mesures d'urgence afin que cet accord se traduise dans les faits par une véritable sécurité pour les civils de la région.


Somalie : Un expert des droits de l'Homme dénonce les combats

2008-04-29

http://tinyurl.com/6g8csa

L'expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'Homme en Somalie a dénoncé, le 23 avril, le meurtre de civils dans le pays. Dans un communiqué, Ghanim Alnajjar a lancé un appel au cessez-le-feu immédiat entre les troupes du gouvernement somalien appuyées par l'Ethiopie et les insurgés islamistes. M. Alnajjar, qui a effectué plusieurs missions en Somalie, a condamné le recours aux armes lourdes dans des zones où les civils sont concentrés, et où on a enregistré jusqu'à présent 81 morts et une centaine de blessés parmi la population.


Somalie : Le pape appelle à la fin des violences au Darfour et au Burundi

2008-04-29

http://tinyurl.com/4fjfsv

Le pape Benoît XVI a dénoncé les "drames humanitaires en Somalie, au Darfour et au Burundi", appelant "les responsables politiques locaux et la communauté internationale à respecter leurs engagements pour faire cesser les violences". "En Somalie, de violents affrontements armés rendent la situation humanitaire de plus en plus dramatique pour cette chère population, opprimée depuis de trop longues années par la brutalité et la misère", a lancé le pape, le 27 avril dernier.


Soudan : 100 morts dans des violences entre tribus

2008-04-29

http://tinyurl.com/5w7ndw

Environ 95 personnes ont été tuées dans des violences tribales dans le sud du Soudan qui ont également pris pour cible des équipements et des installations servant au premier recensement effectué dans le pays en quinze ans, a indiqué la presse locale. Les affrontements tribaux, provoqués par des vols de bétail, sont fréquents dans le sud du Soudan, mais ils atteignent rarement un tel niveau de violences meurtrières dans la partie semi-autonome de ce grand pays africain.





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