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FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

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VOIX AFRICAINES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA JUSTICE SOCIALE

book cover EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004
Édité par Firoze Manji & Patrick Burnett
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Cette édition

Pambazuka News 56: Paix et développement : Les voies et moyens

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

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CONTENU: 1. Sommaire de cette édition, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Elections & gouvernance, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. LGBTI, 15. Racisme & xénophobie, 16. Environnement, 17. Média & liberté d'expression, 18. Bien-être social, 19. Conflits & urgences, 20. Internet & technologie




Sommaire de cette édition

Dans ce numéro

2008-05-15

CHRONIQUE : Paix et développement : Les voies et moyens pour «plumer l’œuf».
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Césaire, Bien aimé de l’Humanité, mal aimé des dirigeants politiques africains.
ARTS ET LIVRES : Bénin : «Africa Paris» ou l’immigration en sens inverse.
ZIMBABWE : La violence proche du «niveau critique» selon l’ONU.
FEMMES & GENRE : Djibouti : Lancement d’une campagne pour éliminer la mutilation génitale féminine.
DROITS HUMAINS : Afrique du Sud : Face à un apartheid des salaires.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Algérie : Vingt candidats à l’émigration clandestine arrêtés au large.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Sénégal : Enième révision constitutionnelle.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Le co-développement actuel est de la poudre aux yeux.
SANTE ET VIH/SIDA : Bénin : La «cécité des rivières» vaincue.
EDUCATION : Rwanda : Les enfants de la rue en formation de métier.
LGBTI : Sénégal : Les homosexuels dans un environnement hostile.
RACISME ET XENOPHOBIE : Global : les Services secrets américains devant la justice pour racisme.
ENVIRONNEMENT : Afrique du Sud : Le braconnage suscite des inquiétude.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Burundi : une employée de la télé publique assassinée.
BIEN-ETRE SOCIAL : Afrique : Lancement d’un projet de Handicap International dans six pays.
CONFLITS ET URGENCES : Afrique : Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan.
INTERNET & TECHNOLOGIES : Afrique : La clientèle des mobiles a bondit 33% en 2007.





Chroniques

Paix et développement : Les voies et moyens pour «plumer l’œuf»

2008-05-15

Yacouba Konaté

Dans « La natte des autres », Joseph Ki-Zerbo terminait son propos comme suit : « L’homme patient finit par plumer un œuf. Plumer un œuf, telle est la finalité du développement. » En fait, l’historien avait déjà indiqué les voies et moyens pour plumer l’œuf lorsqu’il notait que « pour l’Afrique d’aujourd’hui, trois conditions majeures semblent s’imposer pour un développement endogène : L’intégration de l’espace africain, la recherche participation-action, la démocratie (1) ».

Nous sommes quelque peu éloignés de la définition du « développement économiste » qui, selon John Kennett Galbraith, "consiste et très largement, à imaginer une stratégie qui permettra de vaincre la tendance des hommes à imposer des limites à leurs objectifs en ce qui concerne leurs revenus, donc des limites à leurs efforts." Cette conception peut se schématiser dans le productivisme : produire toujours plus et mieux. Quant à la paix, je la définirais comme le loisir de disposer de soi-même dans un environnement qui se donne les moyens de conjurer l’éclatement violent des conflits personnels ou collectifs.

Pouvoir vaquer à ses occupations, c’est en avoir, car à la vérité, un homme au chômage n’est pas vraiment en paix. Et la faculté d’aller et venir en paix, suppose résolue la question de la sécurité : sécurité physique et morale dans un monde sans tracasserie ni terreur ; sécurité alimentaire dans un monde qui ne connaît pas la famine... La paix n’est pas une manne qui tombe du ciel, elle est un produit de l’organisation sociale et politique nationale et régionale. C’est en substance, l’idée qui soutient ce texte.

Lorsqu’au détour des années 1990, presque partout en Afrique, chacun se met à bousculer son dictateur, on sort d’une trentaine d’années qui, dans le meilleur des cas, a produit quelque croissance comme dans la Côte d’Ivoire de 1960 à 1975, mais de développement point ou si peu.

Trente ans de paix relative n’ont pu consolider l’unité nationale alors qu’elles ont fixé des limites drastiques aux soifs de libertés et à l’éthique de la bonne gouvernance. Et quand il a fallu, comme on le dit rapidement, « démocratiser » dans un contexte de faillite des politiques publiques, de programmes d’ajustement structurel, de privatisations, de retraites anticipées, de licenciements massifs, les partis uniques n’ont concédé que le strict minimum.

La démocratisation à pas forcés a conduit à des faux-semblants d’institutions et de pratiques qui ont vidé le système démocratique de sa vertu de légitimation. Dans le même temps, la prolifération pléthorique des partis politiques, courtiers en strapontins ministériels, et la saturation de l’espace public par les sociétés civiles de papier et en papier, ont désactivé et l’efficacité de la politique et celle du gouvernement. Dès lors, la montée en légitimité du Souverain, seul maître à bord, dépend de ses propres capacités à se limiter.

Au total, on peut dire que le passage au pluralisme politique comme prêt à porter universel, a été institué dans des conditions peu propices. Cette situation qui, sous certains rapports, impose de faire l’amour en temps de choléra, (cf. le roman de Garcia Marquez), est de retour dans l’agenda politique. Il faut faire les élections les plus parfaites de notre histoire, tout en sortant d’un conflit dont le bilan est en cours. Même à rappeler que le Japon s’est développé sous un régime monarchique qui a fait l’économie de la démocratie, l’exigence de démocratisation garde toute sa valeur.

Elle n’est pas absurde en ce que, à l’échelle de l’histoire, très peu de réformes politiques sont intervenues à l’heure pile. L’histoire avance également par l’appel des nécessités et l’énergie du volontarisme. La démocratie reste le meilleur système politique jamais imaginé par les hommes. Au surplus, l’exigence de démocratisation procède d’une bonne identification des causes des conflits. En effet, la fonction essentielle des élections est de fonder la légitimité politique. Et les guerres domestiques ont en partie liée avec le caractère discutable et discuté de la légitimité au sommet.

Déficit de légitimité et légalité de basse intensité

La grande majorité des conflits qui ont cours en Afrique ou qui sont en voie d’extinction font suite à des contentieux électoraux. Les élections font autant partie du problème que de la solution. Dans leurs principes, elles sont pourvoyeuses de légalité et de légitimité. Dans la pratique, des élections bâclées, reconnues par des observateurs internationaux qui considèrent que des scrutins inacceptables en Europe, peuvent l’être au Togo, ne conduisent ni à la paix, ni au développement.

C’est dire que la paix repose sur la légalité d’une part, sur la légitimité d’autre part. On notera par ailleurs que légalité et légitimité peuvent se renégocier et s’acquérir comme du reste elles peuvent se perdre. Mwai Kibaki au Kenya est sorti des dernières élections de décembre 2007, avec un grave déficit de légitimité et une légalité de basse intensité. Les Etats-Unis qui s’étaient empressés de féliciter ont dû retirer les fleurs envoyées.

Les accords finalement conclus sous la médiation de Koffi Annan et de l’ONU, renforcent cette légalité tout en lui conférant une basse légitimité que le président mal élu se devra de renforcer. En Côte d’Ivoire, que la déclaration d’autoproclamation d’Henri Konan Bédié comme nouveau président de la République de Côte d’Ivoire, à la télévision nationale, fut immédiatement suivie de la lecture du message de félicitations du président français Jacques Chirac.

Peut-on en conclure que la communauté internationale est pourvoyeuse de légalité et de légitimité ? Cela fait un moment que Mugabe n’a reçu aucun message de félicitations des Premiers ministres de l’Angleterre, il n’en a pas moins continué à ruiner inexorablement son pays, affamant son peuple réduit à un exil massif.

Le Zimbabwe n’est pas en guerre, mais les Zimbabwéens sont-ils en paix ? Et c’est l’Afrique du Sud de Thabo Mbeki, quelques souverains plus discrets de cette sous-région, et une partie notable de l’opinion africaine, dont des élites qui applaudissent cet homme dont la capacité de nuisance est avérée. Si on convient avec Karl Popper que la qualité d’une démocratie se mesure à sa capacité à éconduire pacifiquement les dirigeants devenus indésirables, alors on est en droit de douter de l’existence de la démocratie au Zimbabwe et ailleurs.

Que peuvent les populations du Zimbabwe devant une telle calamité ? Elles luttent et elles prient... beaucoup, comme un peu partout dans l’Afrique du God-business... Elles prient et j’imagine que parfois elles se demandent si Dieu n’a pas attrapé la maladie du sommeil, une maladie bien tropicale.

Mieux que les messages de félicitations de Paris, de Londres ou de Washington, l’harmonie entre l’Etat et la société civile est porteuse de légitimation. Dans les sociétés modernes qui se veulent républicaines, cette harmonie repose à titre principal sur le fonctionnement régulier d’institutions qui garantissent la séparation des principaux pouvoirs et dispensent la justice.

Dans les pays passablement démocratiques, un chef passablement sage qui pille son pays, mais laisse les hommes vaquer à leur occupation, suffit de préserver la paix. C’est triste de dire, mais on a vu des peuples se contenter d’un doux dictateur, dés lors qu’il avait un gouvernement compétent. La compétence du gouvernement peut produire de la légitimation et de la paix sociale.

Au-delà de la justice, l’équité est fondatrice de paix sociale et partant de légitimation politique. On peut la tenir également pour l’un des antidotes de la mauvaise gouvernance qui freine l’essor de l’économie et développe le sous-développement, et accroît le fossé entre les populations et les élites.

La compétence n’est pas seulement un attribut du politique ou du technocrate. Il y a une compétence en matière de capital humain. Elle concerne ce que le sociologue Marc Lepape désigne par le terme d’énergie sociale. Elle met en œuvre des « savoirs pratiques ordinaires qui contribuent à la construction des statuts sociaux (2) ».

La vendeuse d’aloko du quartier n’est élue par personne. Le guérisseur du village n’est élu par personne. C’est leur savoir faire respectif qui les impose et qui d’une certaine manière les nourrit. La réputation d’un homme dans sa communauté, sa crédibilité, sa parole, sont des sources de légitimité utiles dans le règlement des conflits locaux. Les sociétés en crise s’acharnent à disqualifier leurs ressources en termes de médiations et de réputation.

Or ce sont elles qui ont vocation à aider à restaurer l’humain en chaque homme qui viendra à se sentir blessé, humilié. Le pauvre a de l’amour propre ; l’étranger a de l’amour propre. Il a besoin d’être reconnu et respecté non pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il sait faire ou pour ce qu’il a fait. Mais dès lors qu’on tue un enfant, une femme, un homme, juste pour ce qu’il est, qu’il ait fait quelque chose ou qu’il n’ait rien fait, la porte est ouverte à la violence, à une grande violence.

Le regard que l’homme pose sur l’homme est à même de transpirer la haine ou d’irradier le respect. L’insulte est une forme de la haine. L’avez-vous remarqué ? Le policier qui tire à bout portant sur un chauffeur de gbaka (véhicule de transport en commun en Côte d’Ivoire) l’insulte, exactement comme le Hutu insultait le Tusti avant de le couper d’un coup de machette.

Il n’y a pas de guerre civile là où une partie de la population n’a pas pris l’habitude d’insulter une autre, notamment dans les médias d’Etat, impunément. On devrait méditer davantage ce proverbe qui ne doit pas être seulement bambara et qui dit : l’insensé peut se tromper sur la part du repas à lui réservée, mais il ne se trompera jamais sur l’insulte qui lui est adressée.

(…) Quant à la loi, elle doit mettre un terme à l’impunité. C’est un problème institutionnel et c’est un droit civique pour lequel toute société civile conséquente devrait pouvoir compter sur l’appui des partis politiques et des intellectuels. La question qui reste posée et qui nous interpelle tous est : combien de chauffeurs de gbaka laisserons-nous encore abattre avant que le chauffeur de gbaka soit respecté par ceux qu’il appelle « les corps habillés » comme un autre eux-mêmes ?

La réponse n’est pas dans le vent. Elle est dans notre indolence à l’égard des Droits de l’homme. Elle est dans la détermination des pouvoirs publics et des leaders d’opinion à rompre avec la culture de l’impunité. Ce ne sont pas seulement les tueurs de gbaka qui bénéficient de l’impunité qui dure mais aussi tous les prédateurs qui sévissent dans les différentes filières économiques et dans l’appareil d’Etat.

Dans « La stratégie des antilopes »(3), Jean Hatzfeld dit à peu près ceci. L’Afrique n’est pas congénitalement liée à la guerre et à la violence. Elle est seulement condamnée à rejeter sur elle-même la totalité de son potentiel de violence, là où l’Europe et l’Amérique ont eu la possibilité historique de déverser sur les autres une partie de leur excès de violence.

L’Afrique peut lutter institutionnellement contre les tentations violentes qui la traversent et que les faiseurs de paix peuvent aider à conjurer. L’Afrique peut s’équiper d’une économie sociale productrice de paix, un peu comme elle s’est dotée d’une économie productrice de café et de cacao. C’est aussi cela, plumer l’œuf.

* Professeur titulaire de Philosophie à l’Université d’Abidjan-Cocody Institut Goethe Abidjan. Peace counts project. 11 mars 2008

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org


Notes :

(1) Joseph Ki Zerbo. - La natte des autres, (Editions du Codesria, Dakar, 1992), p.56

(2) Marc Lepape. - L’énergie sociale à Abidjan, (Paris, Karthala, 1997), p. 25

(3) J Seuil, Paris, 2007





Commentaires & analyses

Césaire, Bien aimé de l’Humanité, mal aimé des dirigeants politiques de l’Afrique

2008-05-15

Jacques Depelchin

Après avoir parlé haut, fort, inlassablement pour l’émancipation de l’humanité, Aimé Césaire s’est éteint sans pouvoir être témoin de ce qu’il était en droit d’espérer après avoir tant essayé de guérir de ce qu’il avait décrit de mille et une façons, et que ses vers suivant (extrait du Calendrier Lagunaire dans Moi, Laminaire, 1982) résument admirablement :

J’habite une blessure sacrée
J’habite des ancêtres imaginaires
J’habite un vouloir obscur

En ces trois petites lignes notre Bien Aimé Césaire respirait, inspirait et expirait mieux que quiconque son rapport à une souffrance présente, passée et future.

A peine commencé son voyage pour rejoindre ses « ancêtres imaginaires », l’Africain « Fondamental/Vertical » a dû se sentir un brin amer en constatant que les leaders politiques de l’Afrique brillaient par leur absence alors que l’auto-proclamé professeur d’histoire africaine, Sarkozy, avait senti la singularité de l’homme et du moment.

Face à ce constat, il est difficile de ne pas se demander ce qu’aurait dû faire Césaire pour ne pas être le Mal Aimé de ceux qui sont à la tête de l’Afrique d’aujourd’hui ? Vu l’histoire de notre Continent, et la manière dont les voix les plus prophétiques sont trop souvent maltraitées, serait-il que Césaire aurait été trop radical, pas assez, trop poète, pas assez, trop philosophe, pas assez ? Trop vrai, trop fidèle à une histoire et à une humanité qui continuent d’être violées ?

Il est permis d’imaginer qu’il a dû se sentir, comme tant d’autres avant lui, de Toussaint Louverture (dont il a écrit une biographie) à Thomas Sankara, Samora Machel, Jean-Bertrand Aristide, en passant par Frantz Fanon (Martiniquais aussi) et Patrice Lumumba (théâtralisé à travers « Une saison au Congo »). Tous des héros déclarés, mais, parfois et/ou trop souvent, seulement du bout des lèvres, surtout en Afrique. Presque comme si, dans cette blessure sacrée qu’est l’histoire africaine, la peur et la honte entravaient la volonté de guérir la blessure. Ingrédients qu’on retrouve parmi ceux qui ont subi la même séquence génocidaire, tels les Nègres des Amériques et des Caraïbes.

La peur et la honte ne sont pas seulement l’apanage de ceux qui furent victimes de séquences génocidaires. La combinaison se retrouve du côté de ceux qui craignent que les victimes, tôt ou tard, se rendent compte de l’immensité des crimes qui furent commis pour mettre sur pied le système aujourd’hui communément connu sous le nom de globalisation. En dehors de la globalisation, nous disent-ils, point de salut. Plus rapide sera la fuite en avant qu’est la globalisation, plus rapide aussi sera l’ « effaçage », de la mémoire collective, des crimes contre l’humanité. Lors de la Conférence de L’ONU contre le Racisme et l’Intolérance, tenue en Afrique du Sud en août/septembre 2001, on a pu voir comment la peur et la honte de reconnaître ces crimes amena les grands de ce monde à tout faire pour saborder la Conférence.

Parmi les vautours, il y en a qui ont appelé à l’installation des restes de notre Bien Aimé au Panthéon de Paris, sous le même toit que le sarcophage de Napoléon, celui qui tenta, vainement, de restaurer l’esclavage à Haiti. Là aussi, malgré les bons sentiments affichés, il est difficile de ne pas y avoir une autre fuite en avant visant à montrer, mine de rien, que la grandeur de Césaire est telle que seul le Panthéon peut être à la hauteur de sa sépulture. Une autre façon de dire que l’histoire de l’Afrique ne peut valoir à l’aune de l’humanité que si elle est découverte par l’Europe des Lumières.

Le grand départ de notre Bien Aimé rappelle d’autres départs d’un Continent qui continue d’être saigné de ses forces les plus vives, humaines, naturelles, minérales. Jusqu’à quand les dirigeants politiques du continent continueront à profaner la blessure en la traitant comme un fait divers ? Pire, en prétendant qu’elle n’a jamais existé, qu’elle n’a jamais fait mal à personne.

Cette blessure sacrée doit-elle s’éterniser ?

L’histoire de la blessure est bien connue, on pourrait même presque dire mieux connue par ceux qui l’ont infligée que par ceux qui l’ont subie, du moins à voir le comportement de ces derniers. Ce comportement n’est pas si difficile à comprendre, si l’on sait - et nous le savons, rappelons-nous la mort de certains de nos héros (Kimpa Vita, Lumumba, Sankara, etc.) - que la blessure reste ouverte parce qu’elle ne fut possible qu’avec l’assistance de ceux-là mêmes qui ont failli dans le devoir de protéger l’humanité.

Pour preuve, la France, sous Chirac n’a-t-elle pas déclaré l’esclavage un Crime contre l’Humanité ? Le même Chirac, cette fois allié avec Bush et d’autres, s’est rebiffé quand le Haiti, de Toussaint à Aristide, a suivi le pas en exigeant la restitution de l’amende imposée contre les Africains qui s’étaient libéré de l’esclavage. L’exil d’Aristide, se terminera-t-il comme celui de Toussaint, tout simplement parce que les puissances qui n’ont jamais aimé l’Afrique que pour et par ce qui les enrichissaient insistent qu’il n’y a que leur manière d’aimer qui compte ?

On peut supposer que c’est pour avoir vu à travers cette mystification que Césaire notre Bien Aimé s’est retrouvé, comme beaucoup d’autres moins bien connus, Le Mal Aimé de ceux qui préfèrent être au service de ce qui les enrichit que de servir l’humanité.

A entendre la multiple voix de notre Bien Aimé, c’est comme si on entendait les voix de ceux qui furent arrachés, terrorisés, vendus, embarqués, sans que ceux-là dont ils avaient l’habitude de recevoir soutien, appui et réconfort fassent le moindre effort ou, pire, versent la moindre larme. C’est cette rupture, cet écorchage à vif, vécu dans un climat de terreur, que Césaire appelle la blessure sacrée, mais qui, dans la littérature/histoire de ceux qui en ont le plus profité, sera traitée comme une petite égratignure. Ajoutant, en guise d’excuse ( ?) que sans l’œuf cassé, l’omelette (le capitalisme) n’aurait pu être savourée. Ce discours est constamment remis à jour en disant qu’il faut cesser de se plaindre (mettre fin à la victimologie). Cela, ils n’oseraient pas le dire aux rescapés des camps de concentration de la deuxième Guerre Mondiale.

Il y a eu des tentatives, parfois héroïques, individuelles et collectives, de guérir. Il faudra des volumes pour en compter l’histoire de tous ceux qui, comme lui, ont vécu, résisté en fidèles de l’humanité. Aux massacreurs de l’humanité, ils ne cessaient de dire : en nous tuant, vous vous tuez, en nous torturant, vous vous torturez, en nous tuant, vous tuez notre humanité à tous. Parfois, cela dépendait des contextes, ceux et celles qui l’ont fait avec le plus d’intransigeance ont été éliminés avec le plus de férocité et le plus de rage comme ce fut le cas pour Lumumba. Trop souvent, le seul fait d’être noir pouvait, dans certaines zones de cette Planète de plus en plus profanée, conduire à des lynchages les plus terribles que l’humain puisse imaginer, comme, par exemple, ceux de femmes enceintes, tuées littéralement à petit feu.

La flamme de l’émancipation brûle depuis les débuts de l’Humanité. Notre Bien Aimé Césaire en a fait une lame de fond, une flamme inextinguible, éternelle, immortelle comme l’Humanité qui l’a animé toute sa vie. Il nous reste, vis-à-vis de notre Bien Aimé Césaire, un serment sacré : maintenir, avec la même simplicité, le même courage, le même amour, la volonté obscure de fidélité patiente et persistante à cette humanité commune. Au nom de notre Bien Aimé Césaire, nous poursuivrons ses efforts de guérison de la blessure. Elle est sacrée parce qu’elle ne s’oublie pas. Ne pas l’oublier ne veut pas dire interdiction de guérir.

* Jacques Depelchin est co-fondateur et Directeur exécutif de l’Allliance International pour la paix en RD Congo.

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Zimbabwe : Le cynisme des nations

2008-05-15

Achille Mbembe

Il n’est pas certain que l’extrême personnalisation du conflit et la diabolisation de l’un des principaux protagonistes - Robert Mugabe en l’occurrence - aient aidé en quoi que ce soit à clarifier les enjeux de la lutte sociale et politique en cours au Zimbabwe. D’une part, en faisant de cet autocrate un monstre absolu et le parangon de l’irrationalité, on se prive des moyens d’expliquer comment, pendant les quinze premières années de son règne, il est parvenu à bâtir un pays relativement moderne, doté d’infrastructures viables et d’une économie sans doute insuffisamment diversifiée, mais à plusieurs égards productive.

On fait également l’impasse sur le fait qu’au cours de cette période, il a assuré à une bonne partie de ses citoyens un minimum de sécurité sociale. Au passage, le Zimbabwe a enregistré d’importants progrès en matière de scolarisation et de santé, fructifiant ainsi son capital humain et portant celui-ci à des niveaux que n’avait jamais atteint le régime colonial.

D’autre part, en faisant comme si Mugabe était à lui tout seul la cause de tous les malheurs du Zimbabwe, on oublie que jusqu’à la fin des années 1990, son pouvoir reposait sur une base sociale relativement élargie. Il bénéficiait en effet du soutien actif de groupes d’intérêt et d’une caste passablement bien organisée, bien représentée au sein de l’appareil d’État, de l’armée, de la bureaucratie et dans les entreprises en particulier, et profondément enracinée dans la société.

Contrôlé par le parti dominant (ZANU-PF), l’État décidait des avantages et des exemptions, accordait des faveurs, distribuait des subsides et garantissait la transmission des avantages acquis. En contrepartie des possibilités d’ascension sociale, de mobilité professionnelle et d’accumulation des richesses, cette constellation d’intérêts toléra plus ou moins, au cours de la même période, un modèle d’assujettissement fait de répression policière, de paternalisme et d’accommodement négocié.

Auréolé de la légitimité forgée au cours de la lutte contre le régime raciste et minoritaire de Ian Smith, Mugabe était parvenu par ailleurs à instiller au sein de la population zimbabwéenne une sensibilité et une fierté patriotique, nationaliste et anticolonialiste. Les affiliations partisanes nonobstant, cette sensibilité fait désormais partie intégrante de la culture politique de ce pays et contribue à en façonner l’identité sur la longue durée.

Par assentiment, par peur ou par habitude, la contrainte avait été peu à peu internalisée même si la dissidence en tant que telle n’avait jamais été totalement étouffée. Dans les zones rurales, l’éthos du pouvoir était plus ou moins partagé par la population, et la répression, virtuelle, occasionnelle ou récurrente, n’explique pas à elle seule les formes d’adhésion culturelle dont bénéficia ce projet de domination.

Du reste, c’est la combinaison de ces facteurs qui explique qu’après 28 ans au pouvoir et malgré la défection de certains de ses soutiens historiques (syndicats, classes moyennes désormais appauvries, jeunes sans emploi des bidonvilles et cadres frappés par la clochardisation), Mugabe commande encore aujourd’hui près de 43% des suffrages, soit un peu moins de la moitié de la population en âge de voter.

Le mélange d’hystérie et d’hypocrisie qui, à l’intérieur et hors du continent accompagne la tourmente en cours ne contribue qu’à obscurcir davantage encore ce qui, n’eut été l’ampleur des souffrances inutiles endurées par la population et notamment par les plus démunis, ne serait qu’une banale crise d’une dictature essoufflée, dont la perversité n’a d’égale que la sénilité. Après tout, la manière dont Mugabe aura colonisé la société zimbabwéenne et exercé le pouvoir depuis 1981 est loin d’être unique dans les annales des satrapies africaines.

Si l’on écarte les massacres perpétrés dans le Matabeleland au début des années 1980 et qui, de l’avis de nombreux observateurs, vaudraient sans doute un passage devant le Tribunal pénal de la Haye, il est responsable de bien moins de morts que de nombreux autres tyrans africains. Après tout, les coresponsables du génocide au Rwanda et les seigneurs des guerres d’Angola, du Mozambique, du Darfour, d’Éthiopie et d’Érythrée, du Burundi, d’Ouganda, de l’Est du Congo Démocratique, de la Sierra Leone ou de la Somalie portent bien sur leurs têtes - calcul macabre s’il en était - au minimum deux ou trois bons millions de victimes directes et indirectes. La plupart jouissent pourtant d’une totale impunité et les chances de les assigner un jour en justice sont quasi-inexistantes.

Sur un autre plan, Mugabe n’est pas le seul tyran sénile à vouloir, par tous les moyens, rester au pouvoir jusqu’à sa mort. Qu’il s’agisse de Paul Biya (Cameroun), Omar Bongo (Gabon), Idriss Deby (Tchad), Eduardo dos Santos (Angola), Denis Sassou Nguesso (Congo), Lansana Conté (Guinée), Ben Ali (Tunisie), Yahya Jammeh (Gambie), Hosni Mubarak (Égypte), Muammar Gaddaffi (Lybie), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Yoweri Museveni (Ouganda), Meles Zenawi (Éthiopie), Paul Kagame (Rwanda) ou Teodoro Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), la durée au pouvoir de nombreux autocrates africains varie entre 20 et 40 ans. La possibilité de renverser par la voie électorale les régimes établis n’existant pratiquement pas, seule la mort du despote sous sa forme naturelle (maladie) ou criminelle (meurtre, assassinat) est susceptible de mettre un terme (et encore) à la tyrannie.

Finalement, en matière de « bonne gouvernance », le Zimbabwe n’est pas le seul pays africain à avoir fait l’expérience de fraudes électorales. Dans la plupart des pays francophones par exemple, la corruption électorale et la brutalité politique constituent, depuis l’époque coloniale, des rouages essentiels du maintien au pouvoir. Par ailleurs, en dépit de la confiscation de propriétés redistribuées ensuite aux hommes de main du régime, la fortune personnelle de Mugabe est de très loin inférieure au butin amassé des décennies durant par les kleptocrates du Kenya, du Nigeria, du Gabon, de Guinée ou du Cameroun où la privatisation des ressources publiques, la prédation et la vénalité constituent des modes à part entière de gouvernement.

Misères du nationalisme anticolonial

Comment se fait-il donc que dans un continent généralement livré au cynisme et à la perversité, cet ancien héros de l’indépendance, symbole d’une certaine idée de l’émancipation africaine, soit tombé si facilement dans la trappe du mépris et de l’opprobre et ait été si prestement désigné pour servir de bouc émissaire aux turpitudes de tous, Africains et non-Africains, alors que ses agissements relèvent de ce qui, ici, a fini par tenir lieu de norme ?

Aux yeux de nombreux Africains, l’explication tient en un mot. Mugabe est mis à l’index parce qu’il aurait attenté à la propriété des fermiers blancs. Se serait-il limité à brutaliser ses congénères noirs que ses agissements n’auraient suscité aucun cri de haine de la part de ceux qui, aujourd’hui, veulent sa tête sur le plateau d’argent des droits de l’homme et de la démocratie.

Mais l’on peut également faire valoir que par-delà l’hypocrisie et le cynisme des nations, la raison principale de son échec tient à la faillite politique et morale d’une certaine idée de l’émancipation africaine héritée des nationalismes anticoloniaux de l’après-guerre.

La présence de fortes minorités blanches a marqué d’une empreinte singulière l’expression des nationalismes africains en Afrique australe. Dans cette sous-région caractérisée dès le XVIIIe siècle par l’implantation de colonies de peuplement, des États racistes avaient été mis en place dans la foulée de la conquête européenne. Dans la mise en œuvre de cette politique des races, ces États avaient érigé la ségrégation, la cruauté et l’expropriation économique des Africains en autant d’éléments décisifs de leurs modes de gouvernement. Pendant longtemps, l’Afrique du Sud constitua l’emblème paroxystique de cette perversité.

Or, de l’idéologie coloniale et raciste, les nationalismes africains ont repris, sur un mode mimétique, deux éléments centraux.

D’une part, ils ont adhéré à l’idée alors répandue au long du XIXe siècle selon laquelle la colonisation fut un processus de conquête, d’asservissement et de « civilisation » d’une race par une autre. Au demeurant, la plupart des mouvements armés luttant pour l’indépendance de l’Afrique ont internalisé la fable selon laquelle l’histoire elle-même se ramènerait à un affrontement des races. Dans cette lutte pour la vie, les conflits de race ne se superposeraient pas seulement aux conflits de classe. La race serait la matrice des rapports de classe et, à ce titre, le moteur de la guerre sociale.

L’idéologie de la suprématie blanche (dont les nationalismes africains étaient la réponse) partait exactement du même postulat. Au sein des États racistes de l’Afrique australe, les indigènes n’étaient pas des citoyens. Ils étaient des sujets raciaux considérés comme des ennemis tant qu’ils ne se soumettaient pas sans conditions à un ordre politique gouverné par la violence. Politique et violence formaient, dans tous les cas, un seul et même faisceau, une distinction étant cependant établie entre la violence supposée pure des mouvements de résistance et la violence jugée immorale des colonisateurs.

Dans le même esprit, les mouvements armés anticoloniaux considéraient que l’ennemi était toujours, par principe, d’une autre race. L’émancipation consistait, quant à elle, à purifier constamment la société de cette autre race, de préférence en inversant radicalement les rapports de propriété et en restituant aux Africains tout ce qu’ils perdirent au moment de l’affrontement initial (terres, traditions, dignité).

Le deuxième élément que les nationalismes africains empruntèrent à l’idéologie coloniale avait trait à l’identification de la politique et de la guerre. Là où cette conflation de la politique et de la guerre fut poussée jusqu’au bout comme ce fut le cas en Angola et dans une moindre mesure au Mozambique, la conséquence fut la défaite militaire des colons blancs, leur départ massif et l’accaparement de leurs biens par les nouveaux régimes, l’instauration d’États nègres, l’avènement d’une nouvelle classe dominante suivi d’une guerre civile prolongée et opposant cette fois-ci les Noirs entre eux.

Dans les cas où en dépit de la lutte armée, les conditions d’une victoire militaire nette ne furent jamais réunies, les mouvements de libération utilisèrent la violence en tant qu’élément complémentaire d’une stratégie de négociation et de compromis foncièrement politique. Au terme de tels compromis, ces États se sont retrouvés avec de substantielles minorités blanches. Défaites sur le plan politique, ces minorités ont néanmoins conservé l’essentiel de leurs biens après la décolonisation. Dans nombre de cas, ces minorités raciales continuent d’exercer une hégémonie culturelle sur la société. Il en est ainsi de l’Afrique du Sud et, dans une bien moindre mesure, de la Namibie et du Zimbabwe.

Déracialisation de la propriété

Déracialiser le pouvoir et la propriété au bénéfice des Africains, tel a donc toujours été le moteur des nationalismes anticoloniaux en Afrique australe. En dépit des compromis passés au moment de la transition des « pouvoir pales » aux « pouvoirs nègres», l’idée d’un renversement radical des rapports coloniaux de pouvoir et des rapports de propriété a continué de hanter l’imaginaire politique de ces pays longtemps après les indépendances.

C’est ce qui est arrivé au Zimbabwe lorsque, sur fonds de crise économique au début du XXIème siècle, l’ancien mouvement de libération a été obligé de faire face à une opposition interne et structurée.

Afin d’étouffer cette opposition, le régime au pouvoir a alors fait main basse sur l’extraordinaire gisement symbolique qu’a toujours représenté, dans la société et la culture, le rêve de déracialisation de la propriété. En même temps, il a réactivé la ressource imaginaire que fut, au moment de la mobilisation anticoloniale, la lutte des races. Mais cette fois-ci, la race en question est composée à la fois des fermiers blancs et de l’opposition noire.

Dans un bouillonnement brouillon qui n’avait rien de révolutionnaire, la lutte pour le maintien au pouvoir a été assimilée à la lutte anticoloniale. Sous le couvert d’une réforme foncière menée dans une brutale improvisation, il a confisqué des fermes appartenant à des zimbabwéens blancs avant de les transférer à ses affidés, à la manière d’un butin de guerre.

Puis, faute d’armer purement et simplement tous ses partisans, il s’en est pris aux structures de l’économie dans le but d’instrumentaliser le désordre et le chaos. Il en a résulté une dégradation dramatique des conditions matérielles des populations et une paupérisation généralisée que les problèmes de ravitaillement, la dévaluation vertigineuse de la monnaie, le recours aux réquisitions et au contrôle des prix et des salaires n’ont fait qu’accélérer. La quasi-confiscation des élections ne constitue qu’un épisode de plus de ce long processus.

Sortir de l’indigénisme

Qu’il s’agisse de la colonisation ou de l’apartheid, l’expérience des « pouvoirs blancs » en Afrique a été désastreuse. Qu’il en ait été ainsi s’explique largement par le fait que ces pouvoirs étaient mus par la logique des races et l’esprit de violence qui en était le corollaire.

Dans leur forme comme dans leur contenu, les nationalismes africains se sont malheureusement contentés de récupérer à leur profit et dans un geste purement mimétique et cette politique des races, et son esprit de violence. Au lieu d’embrasser la démocratie, ils ont mis cette logique et cet esprit au service d’un projet de perpétuation de leur propre pouvoir. C’est ce projet d’un pouvoir sans autre justification que lui-même qui, aujourd’hui, rencontre ses limites au Zimbabwe et ailleurs sur le Continent.

Dans la crise au Zimbabwe se jouent par conséquent deux ou trois questions décisives pour l’avenir de l’Afrique. D’une part, si le rêve d’émancipation africaine n’a été que l’envers mimétique de la politique et de la violence de la race mise en branle par la colonisation, alors il est temps d’imaginer une sortie du nationalisme qui ouvre la voie à une conception afropolitaine et post-raciale de la citoyenneté, faute de quoi les Africains d’origine européenne n’ont aucun avenir en Afrique.

D’autre part, les Africains d’origine européenne n’auront d’avenir en Afrique que si l’on procède effectivement à une déracialisation et une mutualisation de la propriété. Déracialiser la propriété ne signifie pas expropriation pure et simple des blancs, mais investissements multiformes en vue de la fructification de l’ensemble du capital humain disponible. Or, cette fructification de l’ensemble du capital humain disponible n’est guère possible dans un contexte de tyrannie. D’où l’inconditionnelle nécessité d’un véritable passage à la démocratie. Tel étant le cas, Mugabe – et tous les autres - doivent partir. Mais qui peut jurer aujourd’hui que leurs successeurs feront nécessairement mieux ?

* Achille Mbembe est professeur sénior de recherche en Histoire et Politique à l’Institut de recherche économique et social de l’Université de Witwatersrand (Wits Institute for Social and Economic Research - WISER), à Johannesburg.

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Arts & livres

Bénin : Africa Paradis' ou l'immigration dans le sens inverse

2008-05-15

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4063

Et si l'immigration changeait de sens? Et si les Occidentaux commençaient désormais à immigrer vers l'Afrique? Ce scénario a été imaginé par un réalisateur béninois, Sylvestre Amoussou, dans un film intitulé 'Africa Paradis' qui a du succès dans plusieurs pays du monde. 'Africa Paradis' est une fiction construite autour d'un couple de Français, Olivier, ingénieur en informatique et Pauline, institutrice, qui arrivent clandestinement en Afrique, devenue riche et prospère alors que l'Europe a commencé à sombrer dans la misère et la déchéance.





Zimbabwe

La violence proche du "niveau critique", selon l'ONU

2008-05-15

http://tinyurl.com/47kxgp

L’ONU a prévenu le 13 mai que la violence politique au Zimbabwe approchait d'un niveau "critique" avant le second tour de la présidentielle et a souligné que les opposants au régime du président Robert Mugabe étaient principalement visés. Cette mise en garde est intervenue alors que Morgan Tsvangirai, qui a remporté une victoire historique au premier tour, s'apprête à regagner son pays pour affronter Robert Mugabe au second et que les pressions internationales pour un scrutin juste s'accentuent.


Le délai pour le 2e tour étendu au 31 juillet

2008-05-15

http://tinyurl.com/4flec6

La Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a étendu à 90 jours le délai pour le second tour de l'élection présidentielle qui devra donc se tenir au plus tard le 31 juillet, selon un document à publier au journal officiel du 15 mai. "Le délai durant lequel un second scrutin pour le mandat de président doit avoir lieu est étendu de 21 à 90 jours à partir de l'annonce des résultats du premier tour", qui avaient été communiqués le 2 mai, selon ce document.


Les observateurs occidentaux et de l'ONU interdits aux élections

2008-05-13

http://tinyurl.com/3w2dyl

Le gouvernement zimbabwéen a annoncé qu'il interdirait la présence d'observateurs des pays occidentaux et de l'ONU au second tour de la présidentielle, à moins que les sanctions à son encontre ne soient levées. Le ministre de la Justice a estimé que plusieurs pays occidentaux étaient des "acteurs" de la politique zimbabwéenne et souligné que le régime du président Mugabe ne cèderait pas à la pression de l'opposition qui souhaite la présence d'observateurs internationaux.





Femmes & genre

Djibouti : Lancement d'une campagne pour éliminer la mutilation génitale féminine

2008-05-14

http://tinyurl.com/3o45jh

DJibouti a lancé un programme conjoint avec le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations unies pour la population (FNUP) pour éliminer la mutilation génitale féminine (FGM) dans le pays, selon un communiqué de presse publié vendredi sur le site internet de l'ONU. Le programme, le premier de ce genre, a pour but de laisser les filles et les femmes éviter des souffrances non nécessaires, ajoute le communiqué.





Droits humains

Afrique du Sud : Face à un apartheid des salaires

2008-05-14

http://tinyurl.com/3vbthd

L'Afrique du Sud a pu abolir du jour au lendemain les lois ségrégationnistes du régime d'apartheid, mais tarde à franchir le pas en matière de salaires, en raison d'un système éducatif qui privilégie toujours les Blancs. Quatorze ans après les premières élections multiraciales, les Sud-Africains blancs gagnent en moyenne cinq fois plus que leurs concitoyens noirs ou de race mixte, révèle une étude dont la publication, il y a quelques jours, a secoué la "Nation arc-en-ciel".


Cameroun : Les pygmées et les Bororos menacés

2008-05-15

http://tinyurl.com/4yfjhg

Les Pygmées et les Bororos n’ont certainement pas fini de se plaindre. Sous l’encadrement du Bureau international du travail (Bit), ces peuples indigènes et tribaux (Pit) ont entrepris de mettre en avant leurs principaux problèmes et de les communiquer au gouvernement camerounais. Au cours de l’atelier que le Bit a organisé à leur intention du 10 au 20 mars, ces populations ont fait part de leur inconfort et dépaysement dans les zones de recasement qui leur sont attribuées.


Tchad : Les humanitaires demandent à l'Eufor de mieux assurer leur protection

2008-05-13

http://tinyurl.com/4yrjyk

Les organisations non gouvernementales qui fournissent de l'aide humanitaire dans l'est du Tchad ont demandé le 7 mai, à Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure et de sécurité, en visite au Tchad d'assurer davantage la protection de leurs membres sur le terrain. En forme de réponse, Javier Solana a jugé obligatoire d'améliorer leur protection mais, leur a prévenu qu'il n'y aurait pas de solution miracle. Depuis le mois de janvier 2008 ces ONG ont déjà perdu dans les agressions des bandes armées, trois de leurs camarades ainsi que de nombreux véhicules.





Réfugiés & migration forcée

Algérie : Vingt candidats à l'émigration clandestine arrêtés au large

2008-05-15

http://tinyurl.com/3zgzhx

Vingt candidats à l'émigration clandestine ont été arrêtés mercredi au large des côtes algériennes. Les 20 "harraga", comme on les appelle en Algérie, tentaient de gagner les côtes espagnoles, à bord d'un canot semi-rigide, Selon le bilan des gardes-côtes, pas moins de 200 candidats à l'émigration clandestine ont été interceptés depuis le début de l'année et remis aux mains de la justice.


Cameroun : Controverse autour de l’aide aux réfugiés de Maltam

2008-05-13

http://fr.allafrica.com/stories/200805080864.html

Après un début de distribution des vivres aux 9 000 réfugiés tchadiens du camp de Maltam (Kousseri), le 7 mai 2008, l'opération a été très vite interrompue. Et pour cause, de nombreux meneurs de troupes voulaient gripper la machine des Nations unies. Les raisons variaient d'une faction à l'autre. Certains estimaient que la quantité de nourriture distribuée était maigre ; d'autres criaient à tue-tête, réclamant à manger, ne serait-ce que pour leurs enfants.


Burundi : Des affrontements font 20 000 déplacés

2008-05-14

http://tinyurl.com/4qut78

Au moins 20 000 personnes ont été déplacées près de Bujumbura, à la suite d'affrontements entre l'armée et les rebelles, ont indiqué les autorités le 9 mai. Ces affrontements, qui opposaient l'armée aux rebelles des Forces nationales de libération (FNL), se sont déroulés essentiellement à Kabezi et aux alentours, à 20 kilomètres au sud de Bujumbura. Kabezi est une commune de la province du Bujumbura Rural, qui entoure la capitale.


Global : Le guet-apens des préfectures françaises pour les immigrés

2008-05-15

http://tinyurl.com/67awf2

Le 28 février 2008, la Direction de la population et de la citoyenneté de la préfecture des Hauts-de-Seine a fait passé une note de service aux agents des sections Accueil et Contrôle, afin de faciliter l'interpellation des étrangers en situation irrégulière et leur reconduite à la frontière. En avril, la cour d'appel de Versailles a jugé légale les interpellations au guichet. Des associations dénoncent un « guet-apens » : les préfectures attireraient les sans-papiers sur place sous prétexte de « réexaminer leur dossier » pour pouvoir les interpeller à leur arrivée au guichet.


Global : Le «suicide» d’un émigré en instance d'expulsion gêne Bruxelles

2008-05-15

http://www.camer.be/index1.php?art=2005

Le débat politique autour des régularisations vient de refluer suite au suicide d’un camerounais au centre fermé de Merksplas. La direction du centre a confirmé que le corps de Folefack portait des traces de violence donnant ainsi raison à l’avocat de la victime. Aujourd’hui, une autre interrogation reste encore sans réponse : s’est-on préoccupé de l’état de santé de Folefack violenté à l’aéroport Zaventem ? De retour de l’aéroport où il avait résisté à son rapatriement le 26 avril dernier, la victime avait été placée dans une cellule d’isolement.


Global : Les policiers français gagnent des voyages grâce aux expulsions d'immigrés

2008-05-15

http://www.afrik.com/article14285.html

Les policiers français chargés des expulsions par voie aérienne récoltent des points de fidélité à chacune de leurs opérations. Cette information, révélée au grand public puis confirmée par le ministère de l’Intérieur fin avril, a fait grand bruit. Plus la distance parcourue est longue, plus ils gagnent de points. Lorsqu’ils atteignent un nombre suffisant de « miles », ils peuvent bénéficier de vols et de voyages gratuits comme tous les voyageurs ordinaires.


Kenya : Aide de l’Algérie pour reloger les personnes déplacées

2008-05-13

http://tinyurl.com/3ow274

L'Algérie a promis d'aider le Kenya à reloger les villageois qui avaient été forcés de fuir leur foyer en raison des violences inter-ethniques à la fin de 2007. La promesse a été faite après que Nairobi eut lancé un appel pour un montant de 30 milliards de shillings (492 millions de dollars ou 319 millions d'euros) pour aider au retour dans leur foyer des familles déplacées, alors que le pays n'avait pu collecter qu'un milliard de shillings (16,4 millions de dollars,10,6 millions d'euros).


Libye : plus de 300 Nigérians expulsés

2008-05-15

http://tinyurl.com/3umm6l

Le ministre nigérian des affaires étrangères a annoncé le 12 mai que les quelques 314 immigrants clandestins nigérians devant être déportés de Libye sont attendus au Nigeria le 14 mai. Selon lui, cette décision fait suite à une réunion interministérielle tenue par le gouvernement nigérian pour étudier les cas de déportation d’immigrants Nigérians de la Libye.


Maroc : L’armée noie une trentaine de clandestins, dont quatre enfants

2008-05-13

http://tinyurl.com/3guno8

L’équipage d’un navire de la marine marocaine a fait noyer une trentaine d’immigrants subsahariens, le 28 avril dernier, dont quatre enfants, au large d’El Hoceima au nord-est du Maroc. Les soldats marocains ont délibérément fait couler un canot pneumatique à bord duquel 70 immigrants tentaient de faire la traversée vers l’Espagne, en le crevant à coups de couteau.





Mouvements sociaux

Global : 68, l'année qui a changé le monde

2008-05-13

http://tinyurl.com/5s2kuj

Des campus américains à la Sorbonne, de Prague à Mexico, de l'Occident à l'Asie, c'est une secousse historique qui a ébranlé la planète. Quarante ans après, quelles leçons en retenir ? En fait, sous la joie collective et l'utopie émerge le malaise international. La mondialisation s'annonce et la France de Mai y occupe une place modeste.





Elections & gouvernance

Sénégal : Enième révision constitutionnelle

2008-05-13

http://www.nettali.net/spip.php?article6669

Ismaïla Madior Fall, professeur de Droit constitutionnel à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar note que le Sénégal bat le record des révisions constitutionnelles en Afrique. Il réagissait, ainsi, suite à l’adoption en Conseil des ministres, le 9 mai, du projet de loi constitutionnelle modifiant l’article 27 alinéa 1 de la Constitution, et qui vise à faire passer la durée du mandat du président de la République de 5 à 7 ans, renouvelable une fois.





Développement

Afrique : Le co-développement actuel est de la poudre aux yeux »

2008-05-15

http://www.afrik.com/article14248.html

Co-développement ? Au terme éminemment politique et institutionnel répond des réalités pour le moins contrastées. S’il y a à boire et à manger en matière de co-développement, ceux qui mangent et qui boivent ne sont pas toujours, loin s’en faut, ceux qui en ont le plus besoin.Quatre responsables Patrick Bidilou de la Coopérative de financement et d’appui au développement économique et solidaire se livrent à une critique acerbe et partagent la propre vision que l'organisation met en œuvre depuis trois ans en Afrique et en France. Interview.


Afrique : Une absence de vision et de courage dans le développement

2008-05-15

http://www.lefaso.net/spip.php?article26842&rubrique7

Le Pr Ki-Zerbo, historien et homme politique burkinabè, au soir de sa vie, nous a laissé cette question en héritage, à travers son livre "A quand l’Afrique ? ". Le continent a du mal à se mettre débout et à inventer lui même son avenir. Il faut à l’Afrique du courage car ceux qui profitent, à peu de frais, du labeur de ses fils, ne se laisseront pas faire. Les pressions ne manqueront pas. Mais une fois que l’Afrique aura une claire vision de ce qu’elle souhaite pour ses fils, la moitié du chemin sera déjà accomplie.


Afrique : La BAD met en garde contre la hausse des prix

2008-05-15

http://tinyurl.com/48ng3z

La Banque africaine de développement a prévenu le 11 mai que le presque doublement des prix d'aliments de base au cours des derniers mois avait des répercussions graves en Afrique, en particulier pour les pays les plus pauvres. Dans un rapport intitulé Perspectives économiques en Afrique, rendu public avant le sommet annuel de la Banque cette semaine, l'institution a souligné le besoin urgent d'agir.


Global : «L’humanitaire ne devrait pas être une façon de revivre l’ère coloniale »

2008-05-15

http://www.afrik.com/article14289.html

Laurent Bucchini a travaillé de nombreuses années en tant que médecin dans des missions humanitaires, notamment avec Médecins sans frontières (MSF) et Action contre la faim, mais aussi au sein d’ONG de plus petite taille. Il a publié en octobre 2007 un roman, "La méprise humanitaire", dans lequel il met en scène Marc, un jeune médecin français arrivé au Rwanda en 1993, avant le génocide, et qui sera confronté à de multiples désillusions.Derrière le parcours du personnage, Laurent Bucchini brosse un portrait sans concession des associations caritatives.


Global : Le Tchad et le Niger dernier au classement de Save the Children

2008-05-13

http://www.afrik.com/article14247.html

Save the Children a rendu public, le 7 mai, son 9ème rapport-classement annuel sur la situation des mères dans le monde, dont les derniers rangs sont attribués au Tchad et au Niger. Le rapport a comparé la situation des mères et de leurs enfants dans 146 pays du monde. Alors que les pays nordiques (la Suède en tête) se placent au premier rang des pays où la situation des mères est la meilleure, les pays de l’Afrique subsaharienne dominent les derniers rangs.


Sénégal : Les boulangers accélèrent l’introduction de céréales locales dans le pain

2008-05-13

http://www.walf.sn/economique/suite.php?rub=3&id_art=46297

Un nouveau pain à base de céréale locale va bientôt être lancé sur le marché par la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs). Un projet qui vise à pallier la crise alimentaire sur l’ensemble du territoire national en changeant les habitudes alimentaires et en encourageant la consommation locale. Les boulangers opèrent en partenariat avec l’Institut de technologie alimentaire (Ita).


Sénégal : La population sceptique face au plan agricole du gouvernement

2008-05-15

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4068

La crise alimentaire, qui frappe actuellement le Sénégal et d'autres pays africains, n'est pas la première du genre, et les différents gouvernements sénégalais ont toujours proposé sans succès, depuis l'indépendance en 1960, une politique agricole pour atteindre une autosuffisance alimentaire. La Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (GOANA) lancée le mois dernier par le président sénégalais Abdoulaye Wade, s'inscrit dans cette vision. Mais, la plupart des Sénégalais n'y croient pas, et les experts en agriculture sont sceptiques.





Santé & VIH/SIDA

Bénin : La «cécité des rivières» est vaincue

2008-05-13

http://fr.allafrica.com/stories/200805110024.html

Il y a vingt ans, le Bénin faisait partie des pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés par la maladie de Robles, un mal endémique. Aujourd'hui, cette maladie, qui provoque une cécité et une irritation chronique de la peau, et serait responsable d'un ralentissement de la croissance économique chez les populations qu'elle affecte, a presque été totalement éradiquée.


Côte d'Ivoire : Une épidémie de Fièvre jaune se signale

2008-05-14

http://tinyurl.com/3ppswn

Le ministère ivoirien de la Santé et de l'Hygiène publique a invité le 12 mai les populations à se faire vacciner et à assainir leur environnement suite à l'épidémie déclarée de Fièvre jaune dans la commune de Treichville (Quartier d'Abidjan). Un cas suspect de fièvre jaune, notifié dans le district sanitaire de Treichville et confirmé par l'Institut Pasteur de Côte d'Ivoire et le laboratoire de référence de l'OMS de Dakar, a sonné l'alerte


Ethiopie : Mission au Sénégal pour s’imprégner de l'expérience de lutte contre le sida

2008-05-14

http://tinyurl.com/3qxx29

Des spécialistes éthiopiens de la santé viennent de terminer une mission d'une semaine au Sénégal. Dirigée par le président de l'Association éthiopienne de santé publique, la délégation a été impressionnée par le rôle des associations religieuses dans la lutte contre le Vih de même que le système décentralisé et l'application stricte de la méthode de suivi-évaluation. Elle a procédé à des échanges d'expériences avec des structures comme l'Alliance nationale pour la lutte contre le Sida (Ancs), Swaa Sénégal ou l'Ong Jamra.


Afrique : L’UNIFEM veut aider les Etats à éradiquer la fistule

2008-05-15

http://tinyurl.com/534uff

Le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes (UNIFEM) va s’engager aux côtés des Etats et des communautés pour éradiquer la fistule féminine, a indiqué sa directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest. Selon elle, « on ne peut pas prétendre à la promotion de la femme et au développement de la société s’il existe encore, ce genre de maladies qui font souffrir des milliers de femmes ».


Nigeria : Un besoin de 300 000 infirmières

2008-05-15

http://tinyurl.com/4284yl

L’Association nationale des infirmières et sage-femmes du Nigeria (NANNM) a fait savoir le 12 mai qu'il faudrait environ 300 000 infirmières pour pallier le manque de personnel dans cette profession auquel sont confrontés hôpitaux et cliniques. La presse nigériane souligne qu'avec la mise en oeuvre des réformes du service public et l'aggravation du phénomène de fuite des cerveaux, ce chiffre pourrait augmenter dans les prochains mois.


Sierra Leone : Saisie de dentifrice toxique venant de Chine

2008-05-15

http://tinyurl.com/52kjpy

Les autorités sanitaires de Sierra-Leone ont saisi le 9 mai un container en provenance de Chine et rempli de dentifrice interdit, contenant à de fortes doses une substance toxique pouvant entraîner des problèmes aux reins et au foie. Selon un membre du Conseil de Pharmacie de Sierra Leone, les marques Maxam, Close-Up Gel et Arpifresh figuraient sur les tubes saisis.





Éducation

Rwanda : 329 enfants de la rue en formation de métier

2008-05-13

http://tinyurl.com/6kxthw

Dans le souci de réduire le nombre d'enfants de la rue, un camp de formation vient d'être ouvert à Rwamagana où se trouvent 329 enfants issus du dépotoir de Nyanza (Kicukiro), du marché de Kicukiro et de Gisimenti (Remera) dans la Mairie de la Ville de Kigali. « Ces enfant sont libres de rester dans ce camp. Ils ont un bon moral et coopèrent au programme qui prépare leur avenir », selon la ministre du Genre et de la Promotion de la Famille.





LGBTI

Sénégal : Des homosexuels dans un environnement hostile

2008-05-15

http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4056

Pape Mbaye, 24 ans, est un griot de profession qui ne cache pas son homosexualité dans son pays, le Sénégal. Mais l'homosexualité est punie depuis 1965 par la loi, et des homosexuels ont même été déjà traduits en justice dans ce pays d'Afrique de l'ouest dont la population est musulmane en majorité. Le Code pénal sénégalais punit ''d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 100.000 à un million de francs CFA'' (de 238 à 2.380 dollars environ) tout acte considéré comme contre-nature, notamment un acte sexuel entre personnes de même sexe.





Racisme & xénophobie

Global : Les Services secrets américains devant la justice pour racisme

2008-05-15

Dans le procès qui opposent dix agents noirs des Services Secrets américains à leurs supérieurs, accusés de racisme, de nouvelles preuves sont apparues récemment. Le 9 mai 2008, devant une cour fédérale du District de Columbia, les avocats de l'accusation ont fait état d'une série d'emails échangés entre les supérieurs hiérarchiques des plaignants. Ceux-ci rabaissaient les agents de couleur noire, allant jusqu'à plaisanter à propos de l'assassinat du Révérend Jesse Jackson.


Global : L'histoire de l'esclavage sera enseignée à l'école en France

2008-05-15

http://tinyurl.com/3gnzeu

Le 10 mai, Nicolas Sarkozy a participé à une cérémonie consacrée au 160è anniversaire de l’abolition de l’esclavage. A cette occasion, il a annoncé que l'esclavage figurerait dans le programme du primaire. Pour le président français, il faut "regarder lucidement cette histoire car c’était l’histoire de France (...) cette histoire, alors, deviendra notre histoire commune, l'histoire de tous les Français, pas simplement l'histoire d'une partie d'entre eux."





Environnement

Afrique du Sud : Le braconnage suscite des inquiétudes

2008-05-13

http://tinyurl.com/3nkcgu

Le Parc national du Kruger en Afrique du Sud, un des sanctuaires animaliers les plus célèbres au monde, est devenu le point névralgique du braconnage des mammifères, rapporte le ministère de l'Environnement et du Tourisme. Selon ce ministère, au moins 44 rhinocéros blancs et 31 buffles ont étés tués par les braconniers durant les quatre dernières années.
Au total 249 mammifères ont été tuées par les braconniers à Kruger durant cette période, a t-il déclaré.


Congo : L’atmosphère de Brazzaville polluée par les voitures importées

2008-05-14

http://tinyurl.com/3qlt7z

Brazzaville, capitale du Congo, est devenue l’une des villes d’Afrique centrale la plus polluée. La principale source de cette pollution reste la fumée rejetée par les voitures d’occasion massivement importées d’Europe et d’Asie qui roulent avec de l’essence frelatée. Les spécialistes craignent la multiplication des cancers des voies respiratoires. Déjà on déplore la recrudescence de nombreuses maladies respiratoires.


Kenya : La sécurité alimentaire menacée

2008-05-13

http://tinyurl.com/4vp2qg

Au Kenya, une invasion de chenilles processionnaires a détruit quelque 30 000 hectares de maïs depuis le début du mois de mai, mettant en péril la sécurité alimentaire du pays. Des destructions de culture sont signalées dans les districts de Kirinyaga et de Tharaka, près du mont Kenya, au nord-est de la capitale, Nairobi. Des champs de millet et de sorgho ont aussi été ravagés.


Sénégal : Le gouvernement du Sénégal n'interdira pas la chasse à la baleine

2008-05-13

http://tinyurl.com/5bfh6z

Le gouvernement du Sénégal va adopter une approche systémique dans la conservation des ressources baleinières, sans en interdire la chasse. La révélation est du ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, des Pêches et de la Pisciculture, Souleymane Ndéné Ndiaye. Autant dire que les navires japonais vont pouvoir y poursuivre leur razzia en toute impunité.





Média & liberté d'expression

Burundi : Une employée de la télé publique assassinée

2008-05-15

http://tinyurl.com/4jmfrh

Reporters sans frontières appelle les autorités burundaises à mener une enquête sérieuse sur l'assassinat, le 12 mai 2008, de Cécile Ndikumana, employée du service commercial de la chaîne publique Radio télévision nationale du Burundi (RNTB), et la tentative d'assassinat du caméraman


Egypte : Un patron de presse inculpé pour des images sur les émeutes de la faim

2008-05-13

http://fr.allafrica.com/stories/200805071182.html

Reporters sans frontières s'inquiète des poursuites judiciaires lancées contre Nader Gohar, propriétaire de la Cairo News Company (CNC), une agence de télévision égyptienne. Il a été inculpé, le 5 mai 2008, pour avoir diffusé sans autorisation des images des manifestations qui ont eu lieu dans le nord du pays en avril. Plusieurs journalistes et blogueurs ont été interpellés pendant les événements qui ont secoué la ville de Mahalla en avril 2008", a déclaré l'organisation.


Maroc : Suspension de la diffusion du journal d'Al Jazeera

2008-05-13

http://tinyurl.com/6mxzxq

Le gouvernement marocain a déclaré que sa décision de suspendre la diffusion, depuis Rabat, du journal du " Magreb Arabe" de la chaîne Al-Jazeera, est due à des raisons techniques et juridiques. Cependant, cette décision est considérée plus généralement comme étant liée à une information diffusée par la chaîne dans laquelle le célèbre journaliste égyptien, Hassenein Heykal, a affirmé que l'ex-roi Hassan II du Maroc avait des liens étroits avec les services secrets israéliens.





Bien-être social

Afrique : Lancement d'un projet de Handicap international dans six pays

2008-05-13

http://tinyurl.com/4b3v9e

Un projet de l'ONG Handicap international a été lancé le 8 mars à Lomé et concerne six pays de l' Afrique de l'ouest : le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo. Ce projet vise le renforcement des capacités d'interventions individuelles et collectives des organisations des personnes handicapées de ces six pays de l'Afrique de l'Ouest.





Conflits & urgences

Afrique : Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan

2008-05-15

http://tinyurl.com/528ezp

Alors que de nouveaux combats armés ont entraîné un regain de tension entre le Tchad et le Soudan, N'Djamena a annoncé le 12 mai 2008 la fermeture de sa frontière avec son ennemi voisin, ainsi que la rupture de leurs relations économiques. La veille, Khartoum avait fait part de l'abandon des relations diplomatiques entre les deux pays, après l'attaque surprise des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) à Khartoum.


Sénégal : Le MFDC nie les mutilations de civils en Casamance

2008-05-13

http://tinyurl.com/5dg6dj

Les inconnus ont coupé l'oreille gauche à 17 civils, le 7 mai, près d’un village en Casamance, dans le sud du Sénégal, théâtre depuis de nombreuses de violences séparatistes en voie de résorption. Les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ont immédiatement nié avec force toute implication, condamnant fermement "cet acte barbare". Les victimes récoltaient des noix de cajou près de ce village situé non loin de la frontière avec la Guinée-Bissau.


Soudan : Une attaque politiquement suicidaire contre Khartoum

2008-05-13

http://tinyurl.com/3zy6by

En s'infiltrant dans la capitale soudanaise Khartoum et en lançant des attaques, le principal mouvement rebelle dans la région ouest soudanaise du Darfour ne pouvait subir que de graves pertes et une condamnation unanime de la communauté internationale, ont affirmé dimanche des analystes locaux. Ils ont considéré l'attaque lancée par le Mouvement rebelle pour la justice et l'égalité (JEM) contre la zone d'Omdurman (nord- ouest de Khartoum) comme "une attaque politiquement suicidaire" et "un risque militaire inconsidéré".


Soudan : Quand les pastèques servent à résoudre les conflits

2008-05-15

http://tinyurl.com/4m6fxp

Dans la région soudanaise du Darfour, les deux communautés du village de Gereigikh, dans l’Etat du Nord-Kordofan, ont appris à apaiser les tensions en plantant des pastèques. Les agriculteurs ont découvert qu’à chaque fois que la tribu des Kawahlas amenait son bétail dans les champs, le crottin de leurs bêtes permettait d’améliorer la production. Alors, les membres de la tribu des Gawamhas se sont mis à planter des pastèques pour attirer les bêtes dans leurs champs.


Tchad : N’Djamena vit dans la psychose d’une attaque venant du Soudan

2008-05-15

http://tinyurl.com/6du8xf

De nombreux habitants de la capitale du Tchad s’attendent à des représailles soudanaises dans les prochains jours. Depuis l’attaque de la capitale soudanaise par les rebelles du MJE, une certaine psychose semble s’emparer des habitants de N’Djamena, encore sous le choc des violents combats du 2 et 3 février dernier, entre les forces gouvernementales et les rebelles tchadiens.





Internet & technologie

Afrique : La clientèle des mobiles a bondi de 33% en 2007

2008-05-15

http://tinyurl.com/6knjdn

En 2007, 70 millions d'Africains supplémentaires ont souscrit leur premier abonnement de téléphonie mobile, soit une augmentation de 33%. Par ailleurs, la couverture sans fil du continent s'est largement accrue, selon la GSMA, association mondiale des opérateurs. Cette augmentation porte désormais à 280 millions le nombre d'Africains disposant d'un téléphone portable, sur une population de 960 millions d'individus. Cependant, plus de 300 millions d'âmes ne bénéficie toujours pas d'une couverture réseau.





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