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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Fahamu a été sélectionné par le Tech Museum of Innovation parmi 301 candidats représentant 64 pays pour recevoir un prix Tech Museum Award . Ces candidats représentent « l’élite des technologistes dont les innovations bénéficient à l’humanité ». Fahamu est l’un des cinq lauréats Tech dans la catégorie éducation.

Surveillance de l'UA

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Visitez le site de Surveillance de l'Union

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VOIX AFRICAINES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA JUSTICE SOCIALE

book cover EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004
Édité par Firoze Manji & Patrick Burnett
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Pambazuka News 6: Côte d’Ivoire : le feu garant de l’immobilisme

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Moniteur de l'Union Africaine, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Corruption, 10. Développement, 11. Santé & VIH/SIDA, 12. Éducation, 13. Racisme & xénophobie, 14. Environnement, 15. Terres & droits fonciers, 16. Média & liberté d'expression, 17. Plaidoyers & campagnes, 18. Nouvelles de la diaspora, 19. Conflits & urgences, 20. Internet & technologie, 21. Collecte de fonds & ressources utiles, 22. Cours, séminaires, & ateliers

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Sommaire de cette édition

CHRONIQUE : Yveline Dévérin nous livre une nouvelle analyse de la crise ivoirienne axée cette fois-ci sur les événements de Janvier 2006
COMMENTAIRES ET ANALYSES :
- À propos de la fuite des cerveaux africains, une recherche de EQUINET constate que le débat devrait être accentué en ce qui concerne les dégâts occasionnés dans le secteur de la santé.
- Charles Abugre estime que la société civile africaine devrait concentrer ses énergies dans les domaines de l’aide, de la dette et du commerce
ARTS ET LIVRES : Les ressources archéologiques égyptiennes pourraient être mieux protégées
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Un nouveau délai aux rebelles soudanais
CONFLITS ET URGENCES : Côte d’Ivoire, la paix pourrait être désormais une option selon ICG
DROITS HUMAINS : Côte d’Ivoire, les violations des droits humains vont être punis, estime le MIDH
FEMMES ET GENRE : La « lutte va continuer » malgré l’acquittement de Zuma
REFUGIÉS ET MIGRATION FORCÉE : Les réfugiés mauritaniens en veulent au HCR
ÉLECTIONS ET GOUVERNANCE : Pour l’accélération du Mécanisme Africain de d’Evaluation par les Pairs
DEVELOPPEMENT : Les Africains, toujours face au dilemme de la mondialisation
CORRUPTION : Que la société civile marocaine s’implique dans la lutte contre la corruption, estime TI
SANTÉ ET VIH/SIDA : Le NEPAD s’implique dans la lutte contre les carences en vitamines
ÉDUCATION : Les enfants issus de l’immigration sont défavorisés par les systèmes éducatifs des pays de l’OCDE
RACISME ET XÉNOPHOBIE : Le racisme croît en Belgique
ENVIRONNEMENT : Les riches doivent montrer l’exemple en ce qui concerne le réchauffement climatique
MEDIA ET LIBERTÉ D’EXPRESSION : Les ‘prédateurs’ de 2005, selon Rsf
NOUVELLES DE LA DIASPORA : La diaspora au secours du développement en Afrique
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Les expulsés maliens contre la visite de Sarkozy en Afrique
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Et si Internet craquait un jour, les frayeurs se multiples
PLUS : Informations sur les cours, séminaires, ateliers et offres d’emploi…




Chroniques

Côte d’Ivoire : le feu garant de l’immobilisme

Regard sur les événements de janvier 2006

2006-05-17

Yveline Dévérin

Le mois de janvier 2006 a connu du 15 au 19 janvier 2006 une nouvelle flambée de violences dont elle est désormais coutumière. Durant quatre jours, à Abidjan, mais aussi dans l’ouest et dans différentes localités de la zone sud, les troupes de la « galaxie patriotique » ont occupé la rue, occupé ponctuellement la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI) pour faire passer leurs messages, rançonné les automobilistes, et surtout, fait sans précédent, elles ont attaqué les locaux et même les casques bleus de l’ONUCI, les obligeant à se replier dans la « zone de confiance » qui sépare la zone gouvernementale de la zone « ex-rebelle ».

Pour mesurer les tenants et aboutissants de cette nouvelle crise, il convient de revenir sur les circonstances générales qui ont conduit à cette situation.

Un immobilisme en marche forcée depuis septembre 2002
L’immobilisme est en marche, et rien ne saurait l’arrêter.
Edgar Faure

Sans revenir ici sur les différents épisodes de la saga de la crise ivoirienne, il convient de revenir sur le contexte récent de ces événements. Il faut rappeler que la Côte d’Ivoire fait du « sur-place » depuis septembre 2002. Six accords, des dizaines d’opérations de médiation n’ont pas réussi à faire progresser la situation. Nous sommes en 2006 dans une phase où la population est exaspérée. A l’expression « on est fatigué », répétée régulièrement à Abidjan depuis deux ans, on ajoute maintenant « même les Bété sont fatigués ».

On arrive en janvier à une période de fortes tensions cumulées, liées aux différentes échéances que la population vient de connaître. Coup de force annoncé, élections présidentielles, nomination du premier ministre, formation du gouvernement. Chaque fois, la population craint une reprise de la guerre et vit donc dans une anxieuse expectative.

Le coup de force annoncé du Général Doué : avec d’autres militaires en exil, l’ancien Chef d’État Major envoie plusieurs lettres ouvertes via Internet à la presse abidjanaise. Alors que certains voient dans ces courriers invérifiables un vulgaire montage, coup de tonnerre : dans sa dernière édition du 19 août 2004, RFI diffuse un entretien avec le général en disgrâce.

« J`ai choisi de rompre le silence parce que j`estime que la situation a trop duré et que le départ du Président GBAGBO est la condition unique au retour de la paix en Côte d`Ivoire. Si la communauté internationale ne veut pas s`engager à le faire partir en douceur, moi je vais le faire par tous les moyens ; bien entendu cela ne se fera pas sans dégâts ».

Il ne se passe rien, mais l’attente est nerveusement épuisante pour tous. La mystérieuse attaque des camps militaires d’Akouédo le 2 janvier 2006 fait remonter la tension d’un cran (conditions et raisons de l’attaque non encore élucidées début avril 2006).

Élections : prévues constitutionnellement le 30 octobre 2005, les élections n’ont pas eu lieu, laissant place à un vide constitutionnel. Le 20 octobre, l’ONU, constatant l’impossibilité de la tenue d’élection, décide, suivant sa résolution 1633, de prolonger le mandat du président Gbagbo pour 12 mois, (il reste « chef de l’État ») mais en déléguant une grande partie des pouvoirs exécutifs à un premier ministre « acceptable par tous » ( !?!) qu’il reste à trouver. Le tout est sous la surveillance du « GTI » (Groupe de Travail International), composé de membres de l’UA, de la CEDEAO, de l’ONU, de l’UE, de la France.

Nomination du premier ministre « acceptable par tous ». Après d’incessantes tergiversations (gros problèmes de nuance entre « par tous » et « pour tous »), Charles Konan Banny, gouverneur de la BCEAO (Banque Centrale de Etats d’Afrique de l’Ouest) est enfin accepté / désigné comme premier ministre le 4 décembre 2005.

Formation du gouvernement : Après plus de trois semaines d’âpres discussions, Charles Konan Banny forme son gouvernement le 28 décembre 2005. Les tractations ont porté essentiellement sur les partages de postes, leur nombre et la compétence des personnalités choisies (les partis préférant leurs « cadres du Parti », Charles Konan Banny souhaitant des techniciens).

Au-delà des enjeux politiques, l’enjeu est économique, tant pour le financement des partis, que pour l’enrichissement personnel : les ivoiriens parlent de « ministère juteux » terme qui résume le véritable problème !

Le problème du Ministère des Finances : Celui-ci est de loin le plus « juteux » des ministères. Grande source de revenus, il revient, dans ce gouvernement, à la primature, échappant ainsi au FPI qui se trouve coupé d’une grande partie de ses approvisionnements. C’est un fait majeur pour comprendre la suite des événements.

L’Assemble Nationale : L’année 2004 a bien montré comment elle est utilisée comme outil de blocage des réformes par Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi une manne financière. Les primes des députés sont d’un montant non négligeable, surtout dans une Côte d’Ivoire affaiblie, où nombreux sont ceux qui ont perdu leur emploi ou vu baisser leurs revenus à la suite des événements de novembre 2004. Le FPI y est largement majoritaire.

C’est un moyen important de reverser les prébendes aux militants : « Il partage, il distribue. Ca c’est le militant » fait déclarer le « le Patriote »quotidien proche de l’opposition RDR à un un mystérieux et anonyme « cadre du comité central [qui] interpelle Gbagbo » [Le Patriote 7/01/2006].


Le feu aux poudres :

Dans ces circonstances, se posait le problème du mandat des députés qui arrivait constitutionnellement à expiration le 16 décembre 2005. Comme pour le Président Gbagbo, se posait le problème de sa prolongation. La question est posée au Groupe de Travail International qui doit « consulter toutes les parties ivoiriennes pour que les institutions ivoiriennes fonctionnent normalement jusqu’à la tenue des élections », conformément à la résolution 1633 des Nations Unies.

Sa position est nette : elle prend note du fait que le mandat des députés a pris fin le 16 décembre 2005. : « 4. Conformément au paragraphe 11 de la Résolution 1633 du CSNU relatif à l’expiration du mandat de l’Assemblée nationale, le GTI a tenu des consultations approfondies avec les parties ivoiriennes sur le fonctionnement des institutions de l’Etat. Le GTI a tiré la conclusion que le mandat de l’Assemblée nationale, qui a expiré le 16 décembre 2005 n’a pas à être prolongé. » [Communiqué final - Réunion du GTI du 15 janvier 2006]

Au demeurant, ce communiqué ne fait que reprendre les termes de la résolution 1633.
La réaction est très violente, (les députés, le FPI, la « rue publique » des « jeunes patriotes ») mais on remarquera que les députés qui ont protesté se sont illustrés dans la revendication non pas de leur fonction, mais de leur statut : ils veulent bien ne plus avoir de pouvoir législatif, mais il tiennent à continuer être député… autrement dit, à toucher les primes. Les ivoiriens ne sont pas dupes d’où la faible mobilisation (3000 « patriotes » ont neutralisé le pays). Cette partie des négociations a été redoutable pour l’image de marque des députés vis-à-vis de la population.

Cette réaction prend des formes nouvelles par rapport aux précédentes émeutes. La « galaxie patriotique » de la mouvance présidentielle est toujours sur le devant de la scène, mais elle ne mobilise plus les foules de janvier 2003 ou de novembre 2004. Son pouvoir de nuisance est intact, et même concentré. Le thème de l’indépendance bafouée par la Communauté Internationale est repris, comme dans les cas précédent.

En revanche, on observe peu d’attaques physiques anti-française (largement faute de cibles), mais fait historique, ces attaques sont dirigées contre l’ONU et les casques bleus. Le siège de l’ONU est attaqué, au point que l’ONU est obligé d’évacuer son personnel. Ils s'attaquent à tous les symboles des Nations unies, ils pillent, saccagent et mettent le feu aux bureaux de certaines agences des Nations unies et d'organisations non gouvernementales telles que OCHA, le HCR et Save the Children. Cette attaque des ONG est aussi un phénomène nouveau.

Autre fait qui marque la différence avec les flambées de violence de 2003 et 2004 : cette fois, c’est dans toutes les villes de la zone sud que des mouvements sont observés (Daloa, Guiglo, Douékoué, San Pedro, Yamoussoukro). Dans l’Ouest, lors de l’attaque de la base des Nations Unies à Guiglo, il y a eu quatre morts dans les rangs des «patriotes ».

Partout le matériel de travail (ordinateurs, etc.) est pillé. Le matériel militaire a été abandonné sur place lorsque les casques bleus bangladais ont du évacuer leurs bases de Douékoué et Guiglo, et se replier dans la zone de confiance, protégés par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ivoiriennes. [AFP 18/1/2006]. Les mêmes forces de sécurité que nombre d’observateurs ont vues appuyer ouvertement les milices sur le champ des opérations, par exemple, en leur ouvrant les portes de la RTI.

Les patriotes réclament le départ de l’ONU. Pascal Affi N'Guessan, le secrétaire général du FPI (le parti présidentiel) a été très clair sur ce point. Dans une déclaration, il a «exigé le départ du pays de toutes les forces onusiennes et de «Licorne», forces d'exploitation et d'asservissement de la Côte d'Ivoire». De même, sur les intentions d'Abidjan, il a appelé à «la mise en place d'un gouvernement de libération nationale regroupant toutes les forces patriotiques».
Ce qui serait la fin du gouvernement si péniblement mis en place par Charles Konan Banny.

Conséquences

Paris sort enfin du périlleux tête-à-tête avec Abidjan. Pour une fois, « Licorne », la force d’interposition française, n’est pas en première ligne.
En revanche, le discrédit est total pour les Nations Unies : une fois de plus elles brandissent des menaces qu’elles ne se pressent pas d’appliquer (depuis trois ans des sanctions sont régulièrement annoncées), il faudra attendre le 3 février 2006 pour que trois noms soient proposés, les sanctions tombant le 7 février 2006.

Mais les sanctionnés sont des « second commis » : les chefs des deux mouvements patriotiques Charles Blé Goudé et Eugène Djué, et pour faire équilibré, un chef de guerre du Nord, Fofié Kouakou le « com’zone » de Korhogo (responsable d’atteintes aux droits de l’homme). Il a fallu qu’on mette le feu à ses installations et qu’on mette ses soldats en déroute pour que l’ONU prenne des sanctions.

Et encore, sur des « valets », les responsables politiques ne sont pas effleurés. L’ONU a tout de même réussi à vaincre son dilemme : oser sanctionner malgré la crainte d’une reprise de la violence contre ses personnels et installations, pour ne pas montrer que la peur de ces dernières empêche toute efficacité.

Surtout, on assiste au discrédit total de l’ONUCI (Casques Bleus). Ils ont été attaqués et n’ont dû leur salut à l’ouest (Douékoué et Guiglo) qu’aux Forces Armées ivoiriennes qui les ont escortés jusqu’à Bangolo (en zone « de confiance » !) pour y être protégés par la Force Licorne). A Abidjan, ce sont les soldats français de la Force Licorne qui ont du intervenir par hélicoptère pour les « exfiltrer » de leur Quartier Général où ils étaient assiégés….

Discrédit d’autant plus fort que les casques bleus étaient déjà dénoncés comme « touristes » avant cette crise . Parlant d’eux, certains journaux les qualifient de « touristes armés ». Comble surréaliste : en février, les transferts de militaires libérés par la paix au Liberia sont effectués, non pas pour sécuriser les populations, mais pour sécuriser les agents de l’ONU.

Les conséquences politiques sont importantes : Les casques bleus devaient assurer la sécurité des ministres du « G7 » (groupe des 7 partis d’opposition). Les Forces Nouvelles refusent de faire confiance à des soldats incapables d’assurer leur propre sécurité ! Elles demandent donc le retour de leurs ministres dans la zone nord sous leur contrôle ou la possibilité d’assurer elles-mêmes leur sécurité, ce qui supposerait laisser entrer des ex-rebelles armés dans Abidjan ! Face à la montée de la violence, John Bolton, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, a déclaré au Conseil de Sécurité qu'il était possible que l'ONUCI « soit plus un problème qu'une solution à la crise ivoirienne » [Agence de presse des Nations Unies IRIN, 2 02/ 2006].

Les « Forces Nouvelles » trouvent dans ces événements, une excellente argumentation et une raison supplémentaire pour reculer les échéances du désarmement. C’est d’ailleurs ce qui est affiché à partir du 21 janvier sur leur site : « Désarmement unilatéral des Forces Nouvelles ? FPI quitte dans ça ! »). L’incapacité de l’ONUCI à assurer sa fonction, ajoutée au soutien ouvert des Forces de Sécurité ivoiriennes aux patriotes n’est en effet pas fait pour les rassurer.

Cependant la communauté internationale a réaffirmé son soutien à Konan Banny dont le pouvoir peut paraître renforcé de ce fait.

La « galaxie patriotique » a montré qu’elle mobilisait peu de monde (environ 3000 patriotes –contre plusieurs centaines de milliers en novembre 2004- ce faible effectif a cependant réussi à mettre en déroute les 7000 casques bleus de l’ONU…).

Manifestement il y a des fissures au sein de la « galaxie patriotique », en particulier entre les partisans de Blé Goudé et ceux d’Eugène Djué qui ont déjà protesté contre le fait qu’ils étaient moins bien considérés (entendre : payés…) que ceux de Blé Goudé. Ce sont ceux-là qui ont tardé à « libérer la rue » le 19 janvier 2006. Il ne faut pas oublier que les « barrages » étaient aussi des opportunités de racket….

Les troubles ne pouvaient durer trop longtemps : les forces armées qui prélèvent aussi leur prébende sur la population ne pouvaient pas laisser trop longtemps les civils « patriotes » les remplacer aux barrages qui leur font concurrence : « Les forces de l’ordre [sont] de retour pour racketter » [Le Front No: 1118, 21 Janvier 2006].

Le facteur financier est essentiel pour comprendre les tensions à l’intérieur des groupes. En particulier au sein même de l’armée ou de la galaxie patriotique. C’est donc un élément important pour décrypter la crise. Jouer sur les fissures de l’autre est en effet aussi une composante de la lutte entre « G7 » (rassemblement des Houphouétistes, opposition) et FPI de Laurent Gbagbo. Couper le FPI de ses ressources, par le biais de la redistribution des ministères était un des éléments de la stratégie permettant de l’obliger à négocier pour aller vers la paix.

Conclusion

Nous sommes loin du bout du tunnel. Parfois même on serait tenté de se demander s’il n’est pas circulaire… Les sanctions que l’ONU s’est enfin décidée à appliquer (blocage de comptes, interdiction de voyager) n’ont touché que des figures intermédiaires, sans atteindre ni ceux qui tirent le plus gros profit de la crise, ni ceux qui l’alimentent.

Les « patriotes » touchés ont transformé la sanction en adoubement (grande cérémonie à la gloire des héros), leurs investissements fructueux en Côte d’Ivoire (cyber-cafés, stations service, acquisition de biens immobiliers) ne sont pas atteints, et ils continuent de recevoir des prébendes du milieu présidentiel qui lui, n’est pas touché par les sanctions.

Tous ceux qui ont le pouvoir de faire évoluer la situation vers la paix, ont intérêt à ce que cette crise continue car non seulement la crise est lucrative mais elle est valorisante. Et ce, aussi bien du côté du pouvoir en place, que de celui de l’opposition et de la rébellion.

On peut raisonnablement se dire qu’une baisse considérable des revenus liés à la crise ferait perdre à celle-ci une grande part de son intérêt, surtout si cette baisse était assortie d’une promesse de comparution devant le Tribunal Pénal International qui rendrait la « retraite » inconfortable. Mais il faudrait alors sanctionner tous les responsables. Des deux côtés. Et donc affronter le risque d’une autre flambée de violence anti-ONU, d’autant plus difficile à envisager que joue la solidarité entre chefs d’État.

*Yveline Dévérin est Maître de conférences de géographie a l'Université de Toulouse-le-Mirail GRESOC-UTM SEDET-Paris VII.
Veuillez envoyer vos commentaires a : editor@pambazuka.org

* Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 253. Voir : http://www.pambazuka.org/en/issue/253#cat_3





Commentaires & analyses

Fuite de richesses africaines : conséquences néfastes pour la santé du continent

2006-05-17

EQUINET

Lors de la Fête internationale de la santé de cette année, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sort son rapport annuel consacré aux ressources humaines dans le domaine de la santé. Comme nous l’avons signalé dans des éditoriaux précédents (les bulletins EQUINET, Réseau régional pour l’égalité en Afrique australe, sont consultables en ligne www.equinetafrica.org,), nous constatons en Afrique un « transporteur à bande mondial » qui transporte les professionnels de santé depuis les services primaires publics des régions rurales jusqu’aux cliniques privées des villes, depuis les régions et pays pauvres jusqu’aux régions et pays riches de la région entière ainsi que de tout le continent ; il les transporte depuis des endroits où les besoins en soins médicaux sont élevés mais les ressources, elles, sont insuffisantes, vers des pays développés (à revenus élevés), tels que les Etats-Unis, le Canada, le Royaume Uni et l’Australie. Cette fuite entraîne une perte considérable de l’investissement public et des ressources sociales, perte qui l’emporte sur tout rendement sous forme de versements ou d’aide en matière d’éducation.

Pourtant, les professionnels de santé continueront à aller là où ils pourront travailler dans des services disposant de ressources suffisantes, là où ils trouveront un emploi convenable leur permettant de subvenir aux besoins de leur famille. Ce qui soulève la question plus générale de comment en Afrique assurer les ressources nécessaires pour garder et faire valoriser les professionnels de santé, et, sur une plus grande échelle, pour satisfaire les besoins des populations en matière de santé ?

L’avant-projet le plus récent de EQUINET (rédigé par Patrick Bond et constituant un travail de collaboration EQUINET / Centre pour la justice économique de l’Afrique australe) se réfère à une fuite Sud-Nord de richesses africaines, fuite qui sape les ressources destinées à la santé et au développement et qui augmente la perte de professionnels de santé ainsi que la dépendance du Nord global dans laquelle vit l’Afrique.

Le rapport de la Commission pour l’Afrique sorti en 2005 donne l’impression d’un continent bénéficiaire d’un afflux important d’aide, avec des investissements directs étrangers (IDE) en hausse, des remboursements de dettes viables et d’amples versements originaires de la diaspora africaine destinés à financer le développement.

Notre avant-projet interprète différemment les faits : il cite la « fuite importante de ressources africaines vers le Nord, fuite qui est radicalement en hausse et qui sape le continent des ressources nécessaires à son propre développement, y compris dans le domaine de la santé ». Le document fait la synthèse des données relatives à la fuite des richesses africaines, pour révéler les facteurs qui sont à l’origine du sous-développement chronique du continent et en fait le point de départ pour une proposition de politiques destinées à inverser cet afflux.

Les chiffres en disent long sur un continent qui se voit petit à petit déposséder de ses richesses, et par la suite des ressources dont il a besoin pour améliorer la santé et le développement humain de ses populations:

· Crise de dette avec, dans les années 80 et 90, remboursements 4,2 fois plus importants que les niveaux stipulés en 1980 ; remboursements de dettes annuels trois fois plus importants que l’afflux des prêts et, dans la majorité des pays africains, beaucoup plus importants que les gains à l’exportation, d’où un déficit net de $6.2 milliards en 2000.

· Manque de parité dans le commerce et les politiques de libéralisation du marché qui fait baisser le potentiel industriel de l’Afrique, et non pas le contraire, politiques qui font un gros trou dans l’Afrique Sub-Saharienne, estimé à $272 milliards pendant les 20 dernières années.

· Mouvements de fonds africains privés représentant un afflux net dans les années 70, qui se transforment d’abord en fuites progressives dans les années 80 et puis en fuites beaucoup plus importantes dans les années ‘90.

· Chute d’investissements directs étrangers (IDE) qui dans les années 70 s’élèvent à environ un tiers des IDE dans les pays du Tiers Monde, jusqu’à moins de 5% dans les années 90 ; glissement vers les investissements spéculatifs et extrêmement risqués des bourses et marchés monétaires ; effets d’instabilité et, dans l’ensemble, impacts négatifs sur les devises et économies africaines.

Le continent africain est souvent – mais à tort – représenté comme le bénéficiaire (indigne) d’un vaste apport d’aide. En effet, les afflux d’aide ont chuté de 40% dans les années 90 ; selon une enquête, l’aide « fantôme » qui revient aux pays donataires sous forme de frais techniques et administratifs, constituerait $42 milliards sur les $69 milliards qui seraient le total officiel de l’aide pour 2003, ce qui ne laisse que $27 milliards d’aide « réelle » pour les populations pauvres.

Il existe également une subvention « perverse » dans la mesure où les pays développés exploitent le stock mondial des ressources naturelles non-renouvelables. Il s’agit de l’exploitation de ressources naturelles africaines et de minéraux par les investisseurs du Nord en contrepartie d’investissements ou de royalties peu importants. Il s’agit aussi de l’utilisation des « biens mondiaux », tels que l’air propre de la planète.

L’on estime, par exemple, que les forêts dans l’hémisphère Sud, qui absorbent le carbone dans l’atmosphère, fournissent aux pollueurs du Nord une subvention annuelle s’élevant à $75 milliards. Selon une méthode utilisée par la Banque Mondiale pour mesurer l’épuisement des ressources, plus le pays dépend de l’exploitation de ses ressources, plus son PIB baisse, et ceci de 9% par pourcentage de dépendance croissante. Cela signifie qu’en 2000 chaque Gabonais, par exemple, aurait perdu $2,241 en fonction de l’exploitation pétrolière menée par l’industrie du pétrole.

Ces fuites épuisent les ressources qui auraient pu permettre un développement producteur et humain. Leurs effets se font sentir (principalement) chez les femmes et communautés pauvres et entravent tout progrès vers la réalisation d’une sécurité humaine pour la majorité des Africains.

Il faut comprendre que, pour réaliser un réel développement et assurer une sécurité sociale ainsi que des infrastructures de base, les sociétés et décideurs africains doivent d’abord identifier et ensuite mettre fin aux énormes fuites de richesses existantes et potentielles du continent.

En ce moment les réformes qui sont à l’ordre du jour n’abordent pas ce problème. Alors qu’il est question de dettes et de pratiques commerciales injustes, il ne s’agit pas d’inverser la fuite des richesses africaines.

Les luttes populaires et mouvements sociaux progressifs sont à l’origine de campagnes dont le but est d’inverser les flux de ressources et de contester les subventions « perverses ». On pense aux mouvements qui s’opposent à la privatisation et à la transformation des services de base en denrées rares, qui exigent le droit aux anti-rétroviraux génériques, et qui refusent que le développement humain soit empiété par le commerce et les politiques macroéconomiques qui ne font qu’intensifier les inégalités.

Ces mouvements populaires pourraient être consolidés par les gouvernements nationaux, ainsi que par une coopération régionale, afin d’améliorer la transparence des afflux financiers et pour faire appliquer en Afrique des politiques qui empêcheraient les fuites de ressources et qui favoriseraient la présence de ressources en investissements domestiques.

L’avant-projet précise plusieurs propositions : non-paiement systémique sur les remboursements de dettes, stratégies pour exiger le réinvestissement domestique de fonds de retraite, d’assurances et d’autres fonds institutionnels ; au niveau national réglementation des transferts financiers provenant de paradis fiscaux étrangers; une identification et une négociation plus claires de l’aide « fantôme » ou « liée» ; un calcul et une négociation plus précis des coûts des IDE (et non pas simplement des avantages), y compris l’épuisement des ressources naturelles, les prix de transfert et les flux profit/dividende.

EQUINET se réjouit de l’accent mis cette année par la Fête mondiale de la santé sur un domaine dans lequel l’Afrique se laisse saper – la perte de ressources humaines. Pourtant, nous croyons fermement que pour résoudre convenablement ce problème qui marque notre continent, et pour traiter à l’échelle mondiale des injustices qui affectent les ressources nécessaires à atteindre nos objectifs en matière de santé et de développement humain, il faut approfondir le débat.

En 1998 EQUINET affirme déjà qu’un élément essentiel pour assurer l’équité, est le pouvoir (et la capacité) que possède l’individu de faire des choix relatifs aux éventuels apports médicaux afin de garantir une meilleure santé pour tous. Dans le contexte africain, le contrôle des ressources en matière de santé et de développement devrait être de nouveau entre les mains des Africains.

* Cet article a paru pour la première fois dans le bulletin d’avril 2007 du Regional Network on Equity in Health in Southern Africa (EQUINET). Il est disponible à www.equinetafrica.org Vous pouvez trouver le numéro le plus récent de EQUINET en consultant http://www.equinetafrica.org/bibl/equinetpub.php Veuillez envoyer tout commentaire ou éventuelle question sur les thèmes soulevés dans cet article à admin@equinetafrica.org Le travail de EQUINET sur la politique économique et la santé est disponible au site-web EQUINET www.equinetafrica.org

*Cet article a d'abord paru dans l'édition anglaise de Pambazuka News numéro 250. Voir : http://www.pambazuka.org/en/issue/250#cat_3

Traduction française du texte original anglais faite sous la direction de Vanessa Everson de l’Université du Cap par Frances Chevalier.


Un bateau qui prend de l'eau: Le rôle de la dette, de l’aide et du commerce

2006-05-17

Charles Abugre

La logique qui sous-tend « l’aide accrue et améliorée, la suppression de la dette et les politiques commerciales plus justes » est que ces dernières créeront les conditions de s’assurer des ressources adéquates pour financer le développement de l’Afrique. Sans nul doute, ces dernières vont, si elles sont entièrement respectées, mettre plus d’argent dans les mains des gouvernements et des gens et assoupliront la contrainte de ressources.

Nous soutiendrons cependant que, pris isolément, peu importe la qualité de l’aide, la vitesse de l’annulation de la dette, le degré d’ouverture dans le Nord et la fin des subventions d’exportation - ces revendications ne vont pas fournir les ressources adéquates pour le financement du développement de l’Afrique.

Ces revendications, bien qu’elles soient pertinentes, sont quelque peu déplacées vu le fait qu’elles se penchent singulièrement sur les sources de « flux de recettes » en ignorant l’ensemble des mécanismes des « flux de sorties ». C’est l’équilibre des entrées et des sorties qui crée les ressources nettes pour le développement.

Nous soutiendrons également que le fait de mettre l’accent uniquement sur les « entrées » enracine le sens de dépendance de l’Afrique et perpétue le mythe de pauvreté de l’Afrique en ressources et l’impuissance du continent. En outre, en se bornant uniquement sur la politique commerciale en soi en excluant ce qui sous-tend le commerce, nous manquons une explication fondamentale à la persistance des gouvernements sur la libéralisation – au-delà du point de vue selon lequel ils sont insouciants, ignorants, impuissants et insensibles.


« Accroissement et amélioration de l’aide »

Notre revendication que les gouvernements du Nord remplissent leur obligation d’accorder 0,7% des Produits Nationaux Bruts au développement international est correcte. C’est en effet un droit des pays africains, en particulier, de faire cette revendication en raison du fait que cette promesse a été utilisée, de manière répétitive dans le passé, comme un appât pour obtenir les réformes économiques et sociales en Afrique.

Mais de façon réaliste, nous savons qu’elle ne sera pas exaucée. La lenteur du rythme et le niveau bas du volume des accroissements de l’aide engagés à la réunion du G8 en 2005 en dépit de tout le bruit, et la menace qui s’ensuivit, de la part des Etats-Unis, de faire baisser même la cible de 0,7%, montrent comment il est difficile et risquant de se fier aux volumes croissants de l’aide pour le développement de l’Afrique.

L’explication est simple, dans la mesure où l’aide traditionnelle continue de dépendre des contribuables dans le Nord, ses flux et reflux dépendront de la température politique et de la performance économique dans le Nord, spécialement l’Europe. Mais les problèmes-clés de l’aide sont son objectif ou sa gouvernance et son impact sur la psychologie et la responsabilité de nos gouvernements et de notre élite.

L’aide au développement officielle est à peine totalement altruiste ou a un objectif unique ou est à peine totalement détachée de la politique étrangère. En conséquence, nous allons constamment passer d’opposition à une chose ou à l’autre associée avec l’octroi de l’aide, par ex. aide enchaînée, conditions dans le cadre des politiques ; conditions dans le cadre des droits humains, influence des politiques et, plus récemment, le lien croissant avec la guerre contre le terrorisme.

Quelle que soit la rhétorique, l’aide ne peut être séparée des objectifs de la politique étrangère et, selon la mesure dans laquelle ces derniers changent, l’objectif de l’aide changera. En tout cas pourquoi pas ? Pourquoi les contribuables dans le Nord ne devraient-ils pas exiger que leurs taxes servent des valeurs et des buts qu’ils tiennent pour précieux chez eux ? Pourquoi ne devraient-ils pas attendre de leurs gouvernements qu’ils rendent compte de l’impact de l’aide, et ainsi mettent sur pied des mesures visant à s’assurer que leur argent rencontre l’objectif pour lequel il a été donné.

La série de conditions est une question importante pour l’Afrique surtout parce que l’aide constitue une part si grande des budgets, ainsi les risques associés à la politique de l’aide sont plus significatifs pour l’Afrique que pour les autres continents où l’aide constitue une proportion minuscule. Alors qu’il convient de continuer de s’assurer que les conditions associées à l’octroi et à la gestion de l’aide n’aggravent pas les problèmes du développement de l’Afrique, le véritable défi est de réduire son importance dans le développement de l’Afrique.

L’impact plus débilitant de l’aide au développement est ce qu’il fait à la mentalité de l’élite africaine et au processus de démocratisation et de gouvernance responsable. Les gouvernements ont développé le mythe selon lequel leurs économies ne peuvent pas survivre sans aide. En réalité, ce sont leurs gouvernements et les systèmes de patronage qui les maintiennent qui sont menacés sans le mécanisme de l’aide.

La compétition entre les gouvernements africains pour l’inclusion dans le club des nations favorisées mène à l’abandon délibéré, aux donateurs, de la souveraineté gagnée au prix des vies humaines lors de la lutte anti-coloniale. L’organisation du soutien au budget par de nombreux donateurs est une manifestation de cette perte de souveraineté.

En l’absence d’une rupture dans la mentalité de dépendance sur l’aide, l’Afrique n’a aucune chance de bâtir une démocratie fondée sur la responsabilité devant les citoyens. Pire encore, la métaphore filée selon laquelle les agences d’aide - privée et officielle – trouvent nécessaire de se déployer en vue de soutenir l’intérêt politique local pour l’aide est souvent un affront à la personnalité et à l’esprit africains, diminue l’estime personnelle et perpétue les stéréotypes négatifs.

Alors que nous ne pouvons pas ignorer l’aide, nous ne devrions pas non plus la glorifier. Parfois nous qui sommes dans la société civile contribuons inconsciemment à l’érosion de la souveraineté et à la perte de l’estime personnelle. Nous nous hâtons parfois de revendiquer ou d’endosser « la série de conditions de gouvernance » là où l’aide et le relèvement de la dette sont conditionnés au progrès dans ces domaines.

Pour en contrôler le respect, il faut souvent même plus d’ingérence et de pouvoir des donateurs dans la gouvernance locale. C’est comme si l’on disait que certaines formes de colonisation sont admissibles compte tenu des droits humains. Ceci est dangereux.

Pourtant, il y a des cas où les abus de droits humains, la dictature et la corruption sont à un niveau tel que l’impact du relèvement de la dette et l’aide vont servir à renforcer la répression et à enrichir peu de gens plutôt que de promouvoir le développement. Que faisons-nous dans cette situation ?

Il y a lieu de baser une solution sur le principe selon lequel les corps politiques régionaux sont mieux placés pour gérer les problèmes politiques au sein des Etats membres. Ceci est un principe appliqué par la CEDEAO, la SADC et l’UA dans la résolution des conflits et la reconstruction/ le maintien de la paix.

Ceci est également le principe qui sous-tend le Mécanisme Africain de Revue par les Pairs (MARP). Notre proposition est qu’il y ait un Fonds de Garantie des Pairs devant être géré par l’UA et utilisé comme le muscle financier derrière le MARP. Le relèvement de la dette et les fonds humanitaires destinés aux pays qui abusent les citoyens seront payés dans ce Fonds, quitte à être gardés sous forme de garantie pour le pays et à être libérés par l’UA au fur et à mesure que le pays concerné fait des progrès dans les domaines de préoccupation au niveau de la gouvernance.

Un tel mécanisme va :
- Renforcer l’UA et lui donner la denture (la rendre offensive) dans son désir et sa capacité de promouvoir la gouvernance responsable et démocratique dans la région ;
- Agir comme un muscle et une motivation pour le MARP ;
- Enlever l’excuse des créditeurs pour ne pas supprimer les dettes dues à l’Afrique ou différer l’aide nécessaire pour des objectifs humanitaires mais qui, pour les raisons signalées ci-dessus, ne peut pas être canalisée directement vers un pays qui abuse ses citoyens ou vers les ONG ;
- Permettre aux Africains et à leurs institutions politiques de conduire leurs propres réformes politiques ;
- Mettre un terme aux moyens arbitraires et sélectifs par lesquels les donateurs appliquent la série de conditions en matière de gouvernance.
Ainsi, que devrions-nous faire à propos de l’aide ?
- Soutenir les efforts de nos partenaires du Nord pour amener leurs gouvernements à s’acquitter de leur part du compact mondial mais à réduire son importance dans le plan d’action de l’Afrique ;
- Soutenir la création d’un Fonds de Garantie des Pairs devant aider l’UA à traiter la question de gouvernance ;
- Accroître les intérêts des OSC locales et leur implication dans les processus budgétaires en vue de réduire l’influence des donateurs sur la gouvernance des budgets et pousser les budgets à délivrer les services publics et lutter contre la corruption ;
- S’opposer aux arrangements de gestion des budgets inspirés par les donateurs, arrangements qui diminuent la supervision du parlement, et proposer des procédures de supervision parlementaire qui sont transparentes et incluent la société civile.
Alors que ces actions sont nécessaires pour améliorer la qualité de l’aide et pour réduire ses dégâts, elles ne s’attaquent pas au problème de déficit de ressources en soi.

La dette

La question de la dette n’est pas tellement ce que nous revendiquons mais celle de savoir à qui nous adressons quels messages. Premièrement le message de mettre fin au fardeau de la dette a été orienté largement dans un seul sens – les créditeurs. Le message en soi a été celui de lancer un appel à la compréhension, que celle-ci soit basée sur la justice ou sur l’empathie. Ceci n’a rien de mal tant que cet appel provient de nos partenaires du Nord et est dirigé à leurs publics et gouvernements.

Quelles qu’elles soient, les stratégies qu’ils trouvent faisables pour exercer la pression pour l’action doivent être bien accueillies par nous aussi longtemps que ces stratégies ne diminuent pas la dignité africaine ni ne réduisent les messages provenant des Africains. Mais l’orientation de nos énergies vers le lancement d’appel à nos créditeurs du Nord suggère notre manque de croyance au pouvoir des débiteurs.

Cependant, l’effort de relèvement de la dette nigériane, si insatisfaisante fut-elle, et l’initiative de reconstruction de la dette argentine suggèrent que les débiteurs sont bel et bien puissants et peuvent forcer le changement. Dans le cas du Nigeria, c’était la menace par le Parlement de différer l’appropriation pour le paiement de la dette et les manifestations de rue qui s’ensuivirent que les comités conjoints du parlement ont entrepris en Europe et en Amérique de ramener chez eux leur menace qui ont forcé le club de Paris à se précipiter de confectionner une offre de relèvement de la dette.

Dans le cas de l’Argentine, une fusion économique et politique résultant des années de respect fidèle des conditions du FMI et le paiement fidèle de la dette a forcé l’Argentine à imposer un moratoire unilatéral sur le paiement de la dette et puis, par la suite, unilatéralement réduire de 75% ses instruments de dette. Après le soulagement et le soupir, tant le FMI que les créditeurs privés ont accepté d’assumer leur part et l’économie de l’Argentine a rebondi.

La dette de l’Afrique qui surplombe plus de 200 milliards de dollars fournit un muscle pour une menace africaine collective. Ceci est la tâche de l’Union Africaine et nous devrions rendre cela résolument clair. L’annulation de 200 milliards de dollars ne pose aucune menace au système financier mondial mais peut sauver des millions de vies.

Même une menace d’un moratoire collectif va envoyer un message clair et très audible, spécialement si cette menace est accompagnée par un engagement réalisable pour la transparence et la lutte contre la corruption et la canalisation de l’argent ainsi récupéré vers la réorganisation des services publics. Nous ne devrions pas célébrer des initiatives divisionnistes de relèvement de la dette comme celle accordée à Gleneagles même si nous pouvons célébrer la victoire en termes de principe général, c-à-d que toutes les dettes, y compris le stock de dettes dues aux IFI, doivent être annulées.

Quelle direction prenons-nous donc à partir d’ici en ce qui concerne la dette :
- Accueillir le principe d’annulation du stock de la dette convenu à Gleneagles et à la réunion annuelle de la FMI/Banque mais condamner le sélectionisme et l’approche divisionniste ;
- Elaborer une stratégie de faire pression sur l’UA et ses Etats membres pour adopter une stratégie guidée par les débiteurs ;
- Faire la campagne pour une Loi Internationale devant réglementer la dette internationale.
Le Commerce
Le centre d’intérêt en politique commerciale a résidé dans quatre domaines :
- Défendre nos marchés locaux contre une libéralisation dangereuse supplémentaire ;
- Défendre nos producteurs – spécialement nos fermiers – contre la mort résultant du « dumping » des
importations subsidiées ;
- Chercher l’accès au marché sans obligation d’ouvrir des marchés réciproques ;
- Promouvoir l’intégration régionale.

Ces revendications sont pertinentes et nous devrions continuer d’y maintenir notre accent.

Nous devrions donner la priorité en particulier à ce qui suit :
- Les intérêts défensifs de nos gens : par exemple, notre accent sur l’agriculture devrait être guidé par les objectifs de sécurité alimentaire et de développement rural plutôt que par la promotion des exportations. Non seulement cette dernière ne peut, de façon réaliste, être atteinte de manière significative (sauf les denrées traditionnelles) mais aussi elle distrait des besoins de l’Afrique pour l’instant. Dans ce sens, le principal centre d’intérêt est de prévenir toute autre ouverture supplémentaire de marché (libéralisation), que ceci se fasse à travers des transactions de l’aide et de la dette ou à travers des négociations multilatérales.

Mieux encore, le but devrait être de protéger l’espace pour la politique flexible grâce à laquelle les pays peuvent varier la politique tarifaire pour qu’elle cadre avec les objectifs de développement, en commençant par les biens du consommateur et le passage aux apports intermédiaires de biens capitaux – tout en rendant flexibles les importations de biens du consommateur – au fur et à mesure que l’économie se développe. C’est cet usage flexible et progressiste des tarifs qui est essentiel en tant que stratégie d’industrialisation.

Condition pour l’industrialisation : Ceci se recoupe avec l’intérêt défensif. Le facteur contraignant clé pour l’industrialisation est la demande – la compétition provenant des biens du consommateur étrangers qui fait qu’il soit impossible `a la production locale de se poursuivre, encore moins de se rénover. L’investissement dans l’infrastructure, y compris les routes et l’énergie, va contribuer à réduire le coût des transactions mais n’est pas, tout au plus, contraignant pour l’industrialisation.

Nous ne devrions pas être distraits par le soi-disant argument en provenance des fournisseurs, argument qui suggère que les investissements en infrastructure vont corriger les pressions de compétition. La revendication politique est de ne plus donner d’accès au marché à travers les négociations de Non-Agricultural Market Access (NAMA) et d’autres tout en sauvegardant l’espace nécessaire en politique pour permettre l’usage flexible de la politique commerciale.

- Défendre les services publics : la poussée agressive sur laquelle se sont embarqués l’UE et les USA aux pourparlers en cours pour l’ouverture du secteur des services reflète le changement dans la structure de ces économies en services. Elle reflète également l’importance croissante des services pour des bénéfices et des services en tant que moyen de gagner le contrôle des ressources naturelles rares telle que l’eau.

Hormis les fournitures universelles de services par le secteur public, l’Afrique n’a aucune chance de réduire la pauvreté, de gérer l’inégalité et les conflits et faire croître la force de travail pour l’avenir. Nous devrions mettre toute l’énergie que nous pouvons mobiliser pour faire la campagne pour la fourniture universelle des services publics par le secteur public, la minimisation de la philosophie commerciale dans les services élémentaires et le fait d’éviter les engagements d’ouverture de marchés.

Marché régionaux : La question clé ici est de soutenir l’UA et les blocs commerciaux sous-régionaux afin qu’ils résistent à la pression de faire des concessions en matière d’ouverture des marchés et des tarifs aux tiers avant que les mécanismes de commerce intra-régional soient élaborés, pas moins dans les questions du Singapore. Ceci suggère la nécessité de reporter à plus tard les aspects d’accès aux marchés des Accords de Partenariat Economiques (APE) avec l’UE et de faire passer l’énergie vers la conduite de la campagne en vue d’une réforme de l’Article 24 de la composante des Accords Commerciaux Régionaux de l’OMC afin de protéger le principe moins que la réciprocité totale.

Dans l’entre-temps nous devrions appuyer l’appel de la campagne stop EPA pour une réforme des règles des aspects d’origine de « Tout Sauf les Armes » ( TSA) en vue de la rendre significatifs pour les LDC africains.

Le mandat de l’OMC et la résolution des différends : Les pays en développement, et en particulier l’Afrique, n’attendent que la perte avec une OMC ayant en mains un programme étendu plutôt qu’étroit. Ceci c’est parce que l’Afrique a au moins la capacité de défendre, encore moins de promouvoir leur intérêt aux multiples forums de négociation. La lourde dépendance du continent sur les IFI pour les ressources l’expose aux pressions unilatérales de libéralisation.

Une fois qu’on aura embarqué sur la libéralisation unilatérale, il y a toujours le risque d’engager facilement les secteurs libéralisés au blocage – dans le mécanisme de l’OMC. En plus, faire des engagements sur plusieurs fronts impose un fardeau de mise en œuvre dont le coût est relativement plus élevé pour les pays plus pauvres que pour les pays riches. C’est donc dans l’intérêt de l’Afrique qu’il faut voir une OMC plus mince.

Cependant, la décision de mettre l’accent sur le commerce à l’exclusion des investissements est une limitation grave. D’abord, l’Accord en matière de services et le programme de Singapore sont essentiellement à propos de l’investissement. Il importe de noter également que les concessions qui sous-tendent l’accès aux marchés que les gouvernements africains donnent au Nord, spécialement en services, est une attente des investissements directs étrangers et sa valeur mythique comme la solution au sous-développement.

De la même manière, les attentes du FDI sous-tendent les politiques macroéconomiques de lutte contre l’inflation par les gouvernements et le respect du paiement de la dette. La croyance au FDI est si forte que les gouvernements ont joyeusement adopté des politiques fiscales négatives pour attirer les compagnies étrangères.

Pour avoir une chance d’élaborer des politiques commerciales et macroéconomiques qui promeuvent le développement, empêcher nos gouvernements de faire des concessions d’accès au marché de façon irréfléchie et canaliser l’attention vers les ressources locales pour les investissements, nous devons d’abord efficacement promouvoir des attentes plus réalistes et moins chauvines associées avec le FDI.

Que faisons-nous donc en rapport avec le commerce et l’investissement ?
- Encourager les gouvernements nationaux à être plus proactifs dans la protection de leurs marchés spécialement dans le domaine des biens de consommation, en agriculture et dans les services publics essentiels. Ils ne vont pas nécessairement subir une action punitive. Même si cela se faisait, leurs économies pourraient toujours s’en sortir en meilleur état.
- Prêcher sur place aux gouvernements nationaux que l’ouverture des marchés ne va pas nécessairement amener le FDI et que même si cela était le cas, le FDI ne va pas nécessairement apporter le développement.
- Poursuivre la campagne en faveur de la flexibilité et mettre un terme à la libéralisation coercitive. Ceci est crucial pour la défense des producteurs de l’Afrique.
- Réduire la concentration des exportations de l’agriculture (accès au marché dans le Nord/et mettre l’accent sur ses objectifs de sécurité alimentaire et de développement rural.
- Soutenir la campagne « Stop EPA »

Financement du Développement : Au-delà du relèvement de l’aide et du commerce.
Ce qui compte pour s’assurer que les gouvernements disposent de ressources adéquates pour financer le développement, ce sont les flux nets. Ceci signifie capitaliser non seulement sur les flux d’entrées tels que les gains en provenance du commerce, ou l’aide ou les versements de fonds mais aussi ce qui est perdu au reste du monde.

Le paiement de la dette est l’une des flux de sorties. Mais il y a plusieurs autres voies par lesquelles les ressources sont perdues au continent. En effet, la réalité de l’Afrique est que les ressources qui font eau dépassent de loin celles qui y entrent.

Voilà pourquoi l’Afrique est une exportatrice nette de capitaux. Et les sommes ne cessent de s’accroître. Njukumana et al. estiment qu’entre 1970 et 2000, alors que l’Afrique a reçu environ 100 milliards de dollars en aide (y compris les prêts), elle a perdu 274 milliards de dollars en vol de capitaux, perte encourue à travers la dette, la facturation commerciale mal faite et les intérêts imputés.

Ajoutez les pertes cumulatives dues aux termes du commerce des pays de l’Afrique sub-Saharienne non producteurs d’huile, estimées par la Banque Mondiale autour de 400 milliards de dollars ou 120% des PIB combinés. Ajoutez aussi les pertes que les pays africains ont encourues tout simplement en ouvrant leurs marchés. L’Afrique a été amenée à réduire leurs taux de protection à un rythme trois fois aussi rapide que les pays de l’OECD.

Ceci a laissé le continent ouvert de façon ridicule, par rapport à son stade de développement. Christian Aid a récemment fait des calculs selon lesquels au cours des deux dernières décennies, l’Afrique a perdu, en termes de revenus, l’équivalent d’au-delà de 270 milliards de dollars en provenance des seuls effets négatifs de la croissance de la libéralisation commerciale. Ce montant à lui seul fait plus que l’équivalent de la valeur cumulée des subventions, des prêts et des FDI nets canalisés vers le continent.

Ajoutez les pertes dues à la compétition fiscale, l’évasion des impôts et le fait d’éviter les taxes. La taxation qui a bien servi aux pays développés en tant que moyen de redistribution et de source de capitaux d’investissement mais qui a été réduite à travers la déréglementation pratiquée qui a promu la compétition fiscale, l’évitement des taxes et les havres fiscaux.

Comme résultat, alors que le revenu des gouvernements en provenance de la taxation dans les pays développés est en moyenne 30% du PIB entre 1990 et 2000, en Afrique sub-saharienne ceci a baissé au fur des années pour atteindre une moyenne de 17,9% du PIB. Les pertes résultant de la compétition fiscale ont grandement profité aux compagnies multinationales tandis que la charge fiscale a été transférée aux salariés et aux petites entreprises.

Certains analystes suggèrent que les producteurs d’huile africains gouvernent moins de 20% des bénéfices. Le reste est perdu à un réseau compliqué de pratiques commerciales injustes. Le transfert de revenus aux havres fiscaux par ces compagnies et ces individus riches aggrave davantage la perte de revenus.

On estime qu’au moins 11,5 trillions de dollars sont actuellement tenus dans à peu près 74 havres fiscaux – perdus aux autorités fiscales – par des individus riches. Ceci n’inclut pas les profits blanchis d’affaires qui fonctionnent à travers les havres fiscaux afin d’éviter les taxes et n’inclut pas non plus l’argent illégalement transféré à l’étranger à travers la corruption, les drogues et le blanchissement d’argent. Les éléments qui viennent d’être cités renferment, dans tous les cas, une part de pertes de ressources beaucoup plus petite que l’on ne croit en général.

Comme il ressort évidemment des lignes ci-dessus, l’Afrique n’est pas aussi pauvre ou aussi impuissante qu’on la présente souvent. Par contre, c’est un continent qui fait eau gravement. La tâche est de colmater ces fuites. Pour faire cela, la société civile africaine doit tourner l’attention sur les préoccupations suivantes :

- Soutenir des campagnes visant la transparence au sein des compagnies ;
- Campagnes contre les concessions fiscales et pour les politiques fiscales progressistes ;
- Travailler avec les réseaux pertinents pour mener la campagne visant à mettre un terme à
l’occultisme bancaire et aux havres fiscaux ;
- Faire le suivi de la recommandation du rapport de la Commission Afrique chargée de poursuivre et retourner les richesses volées à l’Afrique et de mettre en place des mesures destinées à décourager les transferts illicites à l’étranger.

Au fait, les taxes et le fait de se fier aux sources locales pour le financement du développement fournissent aussi un climat plus propice à la promotion de la responsabilité démocratique que la dépendance sur l’aide. Nous avons une obligation de colmater les fuites.

* Charles Abugre est actuellement responsable de la politique et de la plaidoirie auprès de Christian Aid. Il fut militant du développement au Ghana et dans plusieurs parties de l’Afrique et de l’Asie. Le présent article est une version abrégée d’un document présenté lors de la réunion de concertation organisée en Afrique par Global Call for Action Against Poverty (GCAP), réunion qui s’est tenue à Harare, Zimbabwe, du 7 au 10 novembre 2005. Veuillez envoyer vos commentaires à l’adresse editor@pambazuka.org

* Cet article a d'abord paru dans l'édition anglaise de Pambazuka News numéro 240. Voir : http://www.pambazuka.org/en/issue/240#cat_3

Traduction française du texte original anglais faite sous la direction de Jean Nepo Simbayobewe





Arts & livres

Côte d'Ivoire : Crimes contre l'humanité, Jacques Vergès en colère contre Jacques Chirac

2006-05-16

http://fr.allafrica.com/stories/200605160040.html

Problèmes administratifs ou obstructions politiques en France, la plume de l'avocat français, le célébrissime Jacques Vergès, n'a pu être étouffée ou cassée. L'encre a abondamment coulé. Le livre qu'il a écrit depuis plus de six mois pour dévoiler les crimes odieux commis en Côte d'Ivoire vient de paraître aux Editions Pharos. Une véritable bombe contre les criminels ivoiriens et leur parrain français. Nous l'avons lu pour vous.


Egypte: Les richesses archéologiques égyptiennes en quête de prise en charge

2006-05-16

http://fr.allafrica.com/stories/200605150714.html

Le patrimoine archéologique égyptien, qui représente le tiers du patrimoine archéologique mondial et dont une grande partie remonte à l'Antiquité pharaonique fait l'objet de vols et de contrebande de la part de réseaux organisés aux plans local et international, avec la complicité de certains responsables du secteur.


Global : Oif, Abdou Diouf à Cannes pour célébrer les cinémas du Sud

2006-05-17

http://fr.news.yahoo.com/060510/226/4yv0o.html

Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, sera présent à l'ouverture du Festival international du film de Cannes le 17 mai pour participer à l'hommage spécial rendu cette année aux cinémas francophones du Sud avec « francofffonies » le festival francophone en France. Le 18 mai, il participera, avec Renaud Donnedieu de Vabres, ministre français de la Culture et de la Communication, à la rencontre « Cinéma et diversité culturelle » organisée par le ministère français de la Culture.





Moniteur de l'Union Africaine

Afrique : Le Congo accueille une réunion France-UE-UA sur le maintien de la paix

2006-05-17

http://www.jeuneafrique.com/fluxafp/fil_info.asp?art_cle=29461

Européens et Africains se retrouvent à partir de mercredi à Brazzaville pour une réunion visant à aider les pays africains à assurer eux-mêmes des missions de paix sur le continent, à partir d'une initiative française. Quelque 250 responsables civils et militaires sont attendus à cette rencontre copilotée par l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA).


Comores : Une élection présidentielle "exemplaire", selon l'Union africaine

2006-05-16

http://www.jeuneafrique.com/fluxafp/fil_info.asp?art_cle=29448

L'élection présidentielle comorienne, dont le candidat islamiste modéré Ahmed Abdallah Sambi est donné grande favori, a été "exemplaire" et "sans magouille", a jugé mardi à Moroni l'envoyé spécial de l'Union africaine (UA) aux Comores, José Francisco Madeira. "On a eu une élection exemplaire" qui a permis "de donner aux Comoriens un président vraiment populaire, sans magouille et sans fraude", a déclaré à la presse M. Madeira.


Soudan : L'UA accorde un nouveau délai aux rebelles, évoque des sanctions

2006-05-16

http://tinyurl.com/rqehz

L'Union africaine (UA) a donné lundi soir aux deux groupes rebelles soudanais récalcitrants jusqu'au 31 mai pour signer l'accord de paix du Darfour, en brandissant la menace de "sanctions ciblées" s'ils n'avaient pas paraphé le texte à cette date. "Aujourd'hui (lundi), nous avons décidé que la période pour signer (l'accord de paix) sera prolongée jusqu'au 31 mai", a déclaré à la presse à Addis Abeba le ministre nigérian des Affaires étrangères.





Femmes & genre

Afrique: Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique

2006-05-14

Ci-après figure le plus récent point d’information trimestriel (pour la période de janvier à mars 2006) qu’Egalité Maintenant a reçu des membres du Mouvement de solidarité pour les droits des femmes en Afrique (Solidarity for African Women’s Rights, SOAWR) impliqués dans la campagne pour la popularisation, la ratification et la transposition en droit interne du Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique, ainsi que d'autres organisations travaillant en liaison avec le Protocole. Vous y trouverez également diverses informations relatives à la situation en matière de ratifications, aux réunions auxquelles prenaient part des membres de SOAWR et des événements à venir.
Mise à jour sur la Campagne pour la popularisation, la ratification et la transposition en droit interne du Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique

Par Egalité Maintenant, janvier à mars 2006

Ci-après figure le plus récent point d’information trimestriel (pour la période de janvier à mars 2006) qu’Egalité Maintenant a reçu des membres du Mouvement de solidarité pour les droits des femmes en Afrique (Solidarity for African Women’s Rights, SOAWR) impliqués dans la campagne pour la popularisation, la ratification et la transposition en droit interne du Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique, ainsi que d'autres organisations travaillant en liaison avec le Protocole. Vous y trouverez également diverses informations relatives à la situation en matière de ratifications, aux réunions auxquelles prenaient part des membres de SOAWR et des événements à venir.

Tout d’abord, bienvenue aux nouveaux membres de SOAWR, FIDA-Kenya et Human Rights Law Service (HURILAW) au Nigeria et Women Direct, une organisation régionale basée au Nairobi. SOAWR compte désormais 21 membres et quelques autres devraient bientôt rejoindre ses rangs. Le comité directeur a revu les critères d’adhésion qui ont, depuis lors, été communiqués aux groupes intéressés.

Mise à jour à l’échelon national

Burkina Faso
Le 24 février 2006, le conseiller constitutionnel a rendu un avis favorable à la ratification du Protocole. Il a fixé la date du 23 mars 2006 pour la présentation, lors de la séance du cabinet au cours de laquelle le décret de ratification sera préparé, d'un avis relatif au processus de suivi.

Ce retard semble être d’ordre administratif, mais Voix de Femmes estime que le processus de ratification a désormais atteint son stade ultime. Dans l’intervalle, Voix de Femmes a élaboré divers thèmes à partir du Protocole, dans le but de lancer le processus de sensibilisation et de popularisation, pour que le Protocole puisse être plus facilement incorporé au droit interne, après ratification.

Ethiopie
Avec l’aide d’Action Aid Ethiopia, L’Association des Femmes avocates éthiopiennes (EWLA) a édité le Protocole en langue amharique, ainsi qu’un livret, et elle a commencé à les diffuser à l'occasion des ateliers de sensibilisation organisés par elle.

L’EWLA s’inquiète des défis liés à la mise en œuvre, et bien que l’Ethiopie n’ait pas encore ratifié le Protocole, elle se prépare à organiser des formations relatives au Protocole à l’intention des fonctionnaires et agents publics chargés de faire appliquer la loi. L’organisation travaille également en étroite collaboration avec le tout nouveau Ministère des droits de la femme dans le but de faire avancer le processus de ratification.

Gambie
L’ACDHRS (African Center for Democracy and Human Rights Studies) organise chaque année deux forums destinés aux ONG avant les Sessions de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples. L’organisation planifie actuellement le premier forum de l’année, qui se déroulera à Banjul du 8 au 10 mai 2006.

Le forum permettra de présenter des informations relatives aux atteintes aux droits humains dans l'ensemble du continent et recevra en outre un rapport sur l'état d’avancement de la ratification du Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique et ses implications en matière de réparation maintenant que la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples est en cours d’installation. La commissaire Angela Melo devrait participer à l’événement, notamment pour s’exprimer au sujet du Protocole et de ses liens avec la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Kenya
La COVAW (Coalition on Violence Against Women) a organisé, entre le 9 et le 27 janvier 2006, trois réunions avec le nouveau ministre des Droits de la femme, des sports et de la culture, afin de le sensibiliser aux dispositions du Protocole, et de l’amener à prendre conscience de l’urgente nécessité, pour le pays, de sa ratification.

La COVAW a également rendu visite au ministère des affaires étrangères et s’est entretenue avec un haut responsable du département des traités au sujet de problèmes juridiques émergeants et de la procédure conduisant au dépôt de documents nécessaires à la ratification par Addis-Abeba. Deux réunions avec le procureur général ont également eu lieu, en novembre et décembre 2005, au sujet du suivi du processus de ratification.

Le 1er février 2006, le nouveau ministre des Droits de la femme a, avec le ministre des Affaires étrangères et le procureur général, signé le mémorandum révisé du cabinet qui décrivait les dispositions du Protocole et la nécessité, pour le Kenya, de le ratifier. La COVAW a participé à une réunion de suivi avec le directeur des Droits de la femme.

A cette occasion, elle a appris que le cabinet avait débattu sur le document révisé le 7 février 2006 et l’avait approuvé [tout en l’assortissant de réserves]. Le document de ratification approuvé a désormais été transmis au département des Affaires africaines du ministère des Affaires étrangères, pour transmission ultérieure à l'Union africaine.

La COVAW a sollicité un rendez-vous auprès du ministre adjoint en charge de ce portefeuille afin de faire le point sur l’état d’avancement du dossier, mais, à ce jour, aucune date n’a encore été convenue. Tout en continuant le processus de ratification, la COVAW poursuit également d’autres informations concernant son programme de militantisme.

La COVAW a fait appel aux services d’un consultant, qui a élaboré, à l’intention des parlementaires, ainsi que d’autres parties prenantes, telles que des juges, professionnels ou non, ou des avocats, un exposé de politique relatif au Protocole. L’organisation met également en place des forums destinés à présenter l’exposé de politique.

En liaison avec ses interventions, la COVAW collabore avec ICJ-Kenya (dans le cas des juges, professionnels et non professionnels) et LSK (Law Society of Kenya) pour accroître l’implication des milieux juridiques. L’exposé de politique cible les décideurs qui devraient peser sur les discussions parlementaires relatives au Protocole concernant l’autorisation de la transposition en droit interne.

Le document d’exposé de politique sera, le moment venu, disponible sur le site Internet de la COVAW. La COVAW contribue à la traduction, en Kiswahili et diverses autres langues locales, de la version simplifiée du Protocole ; elle édite en outre des fiches techniques consacrées au contenu du Protocole. Au cours du trimestre suivant, la COVAW organisera des forums de sensibilisation au Protocole ciblant des magistrats et des avocats, ainsi qu’un forum destiné aux représentants de la société civile qui travaillent également sur le Protocole.

Tout membre de la SOAWR désirant obtenir une copie de l’exposé de politique ou de tous autres documents peut écrire à la COVAW, à info@covaw.org.ke, ou simplement placer un message sur le site protocol@fahamu.org, à l’intention des autres membres de la COVAW.

Mali
L’Association des juristes maliennes a poursuivi ses activités de sensibilisation relatives au Protocole. En collaboration avec d’autres organisations locales, elles ont participé à une réunion organisée par l’ONG italienne No Peace Without Justice.

Cette réunion s’est déroulée à Bamako le 21 février 2006 et il en est résulté un plan d’action destiné à assurer la mise en œuvre du Protocole. La diffusion des contenus du Protocole par l’information et la formation de la population était également prévue dans le plan.

Maurice
Le 6 février, Loga Virahsawmy (présidente de Media Watch Organization - Gender and Media Southern Africa MWO-GEMSA) a écrit à M. Rama Valayden, procureur général et ministre des Droits de l'homme de Maurice. Mme Virahsawmy a participé, en septembre 2005, à la conférence de l’AU/la SOAWR, et à cette occasion, elle a indiqué à l'assemblée qu'elle avait eu un entretien téléphonique avec le procureur général, lequel lui avait alors répondu que Maurice prévoyait de déposer son instrument de ratification au plus tard à la fin 2005.

Dans son courrier, Mme Virahsawmy rappelait au procureur général ses déclarations antérieures, ainsi qu'une citation extraite d’une allocution ayant fait date de la commissaire aux Affaires politiques de l’Union africaine, présentée par elle à l’occasion d’un Symposium de la SOAWR organisé à l’Ahfad University for Women, en partenariat avec des organisations soudanaises ; dans son intervention, elle affirmait :

« L’entrée en vigueur du Protocole n’est pas une fin en soi… elle s’intègre dans un processus qui a débuté avec la rédaction du Protocole et qui ne s’achèvera que lorsque des politiques et des mesures législatives appropriées auront été mises en place par les 53 Etats membres de l’Union africaine afin de mettre en pratique les dispositions du Protocole au niveau régional, national et local.

Notre mission, en 2006 et au-delà, consiste par conséquent à combiner nos efforts dans le but d’atteindre cet objectif final. C’est également pour encourager les Etats membres n’ayant pas encore signé ou ratifié le Protocole à le faire, en témoignage de leur engagement en matière d'égalité des sexes et de défense des droits des femmes. »

Mme Virahsawmy concluait sa lettre par un appel au procureur général et ministre des Droits de l'homme, l’invitant à accélérer le dépôt de l’instrument de ratification et insistant sur son engagement à lutter contre la violence et les discriminations à l’égard des femmes.

Mozambique
Une coalition nationale conduite par le Forum Mulher a élaboré un programme militant visant à populariser le Protocole et à placer le gouvernement devant ses responsabilités au regard de la lenteur de la transposition du texte en droit interne et de sa mise en application.

Entre autres activités qu’elle envisage de mettre en œuvre figurent des actions militantes visant aussi bien le parlement que le gouvernement, la production de documents de popularisation du Protocole, des programmes de radio et de télévision, ainsi que des rencontres régulières réunissant les membres de la coalition pour les aider à renforcer leurs interventions dans le cadre de la campagne.

Nigeria
WRAPA, l'Alternative pour la protection et l'avancement des droits des femmes (Women's Rights Advancement and Protection Alternative a pris part à deux émissions de radio interactives autour de la Journée internationale de la femme. Le 31 mars 2006, WRAPA a participé à une tribune libre radiophonique d’une heure dans l’une des 3 principales langues nigérianes (hausa).

L’émission a été diffusée dans 9 états, et le thème en était les femmes au pouvoir et dans les processus de prise de décision, dans le contexte de la journée internationale de la femme et des dispositions du Protocole relatif aux droits de la femme, dans la perspective d’une participation de 30 % des femmes par le biais de pratiques de discrimination positive.

Deux invités participaient au débat : il s’agissait de M. Awwal Rafsanjani Musa, musulman du nord, d’origine hausa, militant des droits humains, et de Saudatu Mahdi, de WRAPA. La participation des auditeurs a été importante, mais 11 des 23 personnes ayant appelé estimaient que les femmes n’avaient aucun rôle à jouer dans la prise de décision.

Parmi ces 11 auditeurs, certains acceptaient la présence de femmes aux niveaux décisionnaires subalternes, mais rejetaient toute idée selon laquelle une femme pourrait occuper un poste supérieur. La plupart d’entre eux invoquaient, à l'appui de leur opinion, des principes religieux selon lesquels les femmes ne pourraient jouer aucun rôle dans la vie publique.

Sept (7) des auditeurs ayant appelé étaient partisans de la participation des femmes et plaidaient en faveur de réformes législatives destinées à accroître l’implication des femmes, avec le soutien de campagnes de sensibilisation plus vigoureuses et d’un militantisme plus engagé.

Huit (8) autres auditeurs ayant appelé n’avaient pas d'opinion arrêtée quant à l'opportunité d'intégrer les femmes, mais n'étaient guère convaincus par l’idée que cette intégration devait intervenir immédiatement, ni par le fait qu'il existait, d'ores et déjà, des femmes compétentes en nombre suffisant aptes à prendre une place nouvelle dans la société.

Le message global qui est ressorti de cette activité mettait l’accent sur la nécessité d’une action accrue auprès des institutions religieuses et traditionnelles du Nigeria comme moyen de dissiper nombre d’erreurs relatives à l’intégration et au rôle des femmes dans la vie publique. WRAPA poursuivra ses activités de sensibilisation.

Somalie
Le 23 février 2006, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement fédéral provisoire de Somalie, M. Abdullahi Ismail Sheikh, a signé les 17 traités de l’Union africaine que la Somalie n’avait pas signé jusqu’alors, le pays étant plongé dans une guerre civile. La Somalie est devenue l’un des quatre seuls pays à avoir signé la totalité des traités de l’UA/OUA. Au nombre de ceux-ci figuraient le Protocole de l’Union africaine relatif aux droits de la femme.

Des membres de SOAWR ont rencontré le ministre à l’occasion de l’ouverture de la session du Conseil exécutif, lors du Sommet de Khartoum, au mois de janvier 2006, et ils lui ont, pour la deuxième fois, remis un carton rouge (la première fois, cette remise avait eu lieu au cours du Sommet d’Abuja, un an plus tôt), en l’exhortant à prendre des mesures pour ratifier le Protocole. Même si SOAWR accueille avec satisfaction la signature du Protocole, un suivi plus approfondi doit être mis en œuvre pour faire en sorte que la Somalie ratifie le Protocole.

Soudan
La 5ème session ordinaire de l’Union africaine s’est déroulée à Khartoum en janvier 2006. Elle était l’occasion de mobiliser des organisations de la société civile soudanaises pour les inviter à se joindre à la campagne pour la popularisation, la ratification et la transposition en droit interne du Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique, et de poursuivre sur la voie du militantisme régional, en tirant parti ainsi de la visibilité remarquable obtenue à ce stade pour la campagne.

Concernant les interventions à Khartoum, SOAWR a sollicité la collaboration du réseau SIHA (Strategic Initiative for the Horn of Africa), de la Babiker Badri Scientific Association for Women, de l’Ahfad University for Women et de la Direction des droits des femmes, de l'égalité des sexes et du développement (Women, Gender and Development Directorate) de la Commission de l’Union africaine.

Un symposium a eu lieu à l'Ahfad University for Women concernant le Protocole et les droits des femmes en Islam. Il a réuni une centaine de participants appartenant à des organisations de la société civile, des étudiants, des membres des médias, ainsi que des représentants des Nations Unies et d'organisations étatiques. Les principaux intervenants étaient le Dr Tabita Butrus, Ministre de la santé du Soudan, et Mme Julia Joiner, commissaire pour les Affaires politiques de l’Union africaine.

Toutes deux ont mis l’accent sur l’importance du Protocole pour la promotion des droits des femmes (l’intervention de Mme Joiner est disponible à cette adresse : http://www.pambazuka.org/aumonitor/) Un membre de SOAWR a remis un carton rouge à la ministre juste avant qu’elle ne parte, et lui a demandé de le faire parvenir au président tout en exhortant également le Dr Tabita Butrus à jouer un rôle moteur en liaison avec la ratification du Protocole par le Soudan.

Un certain nombre de participants soudanais ont joint leur voix à cet appel, en insistant sur le fait que le message adressé au président émanait des femmes soudanaises réunies pour le Symposium. Les participants ont, à la fin de la réunion, élaboré une déclaration en faveur de la ratification (disponible à cette adresse :

http://www.pambazuka.org/aumonitor/) ;

ils l’ont, par la suite, largement diffusé au sein des diverses fonctions du sommet (l’ouverture de l’Assemblée, la première conférence des femmes), et elle a été reprise par plusieurs sources organes de communication, au nombre desquels SUNNA, la principale lettre d’information publique, et divers autres journaux populaires, tels que le Khartoum Monitor.

A titre de suivi des activités de Khartoum, de réseau SIHA a demandé au Sub-Saharan Informer de consacrer une page, parmi ses pages d'informations hebdomadaire, à l'état d'avancement des ratifications et à l’absence de toute ratification du Protocole dans la corne de l’Afrique. Le Sub-Saharan Informer a publié l’information, avec une présentation de divers membres du SIHA, le 24 mars et l’a publiée à nouveau le 31 mars.

Avant le Symposium, SOAWR a également mis en place des consultations avec des organisations de la société civile soudanaise ; elle a eu des échanges fructueux concernant diverses questions, largement centrées sur les droits des femmes et la situation au Darfour. D’autres interventions sont présentées dans le cadre des actions militantes régionales.

Ouganda

Akina Mama wa Afrika a poursuivi son action axée sur le Protocole, et ce en dépit de la vigoureuse opposition de l’Eglise. La Conférence des évêques d'Ouganda a acheté une page de publicité dans le Daily Monitor, un grand quotidien local.

Dans cette annonce, l’Eglise ougandaise dénigrait les pays qui avaient ratifié le Protocole et invitait les autorités ougandaises à ne pas les suivre dans cette voie, en précisant que ce texte ouvrait la porte à l’avortement. La publicité achetée ne portait sur aucun autre aspect, en dehors de l’interprétation mensongère de l’article 14(2) (c).

Le pays a organisé des élections présidentielles et législatives au début du mois de mars, et le nouveau parlement devrait entrer en fonction en mai. Akina Mama wa Afrika se prépare à inviter les membres du nouveau cabinet et les parlementaires à soutenir la ratification du Protocole par l’Ouganda.

La FIDA (Uganda Association of Women Lawyers), en collaboration avec INTERIGHTS (International Centre for the Legal Protection of Human Rights), a organisé, à Kampala, du 27 au 29 mars 2006, un atelier consacré à l’utilisation du droit international pour engager des poursuites en liaison avec des faits de violences sexuelles et domestiques.

L’atelier était consacré aux violences sexuelles et domestiques et abordait les diverses manières dont elles pouvaient être réprimées, par voie judiciaire, en particulier par référence à des instruments et mécanismes régionaux et internationaux, au nombre desquels, le Protocole. L’atelier a formé 15 avocats spécialistes des droits des femmes, venant de toutes les régions d’Ouganda.

Pour l’essentiel, les participants étaient des avocats en charge de dossiers mettant en cause les droits des femmes, particulièrement désireux de porter des affaires devant des organes régionaux et internationaux. Cet exercice intensif a attiré ses participants réellement intéressés et véritablement motivés.

Action militante à l'échelon régional

Sommet de l’Union africaine

En plus du symposium organisé lors du sommet (évoqué précédemment dans la rubrique Soudan) et des consultations avec des organisations de la société civile soudanaise, l’équipe a également mis en œuvre les activités suivantes :

1) Conférence de presse : SOAWR et ses partenaires soudanais ont organisé une conférence de presse, qui a connu un succès satisfaisant, et qui a bénéficié d’une couverture de la part de la presse, ainsi que des radios et télévisions locales, mais également de Voice of America et d’Al Jazeera. Le communiqué de presse est disponible à l’adresse suivante http://www.pambazuka.org/aumonitor/

2) Un dossier militant, comportant (a) un exposé de politique relatif au Protocole ; (b) un numéro spécial de Pambazuka ; et (c) un carton de notation (rouge, jaune ou vert, selon le cas) a également été préparé et distribué aux membres du Conseil exécutif de l’UA, lors de la session d’ouverture. Certains des délégués ont été photographiés plongés dans la lecture de leurs cartes de situation. Des membres de SOAWR ont eu la possibilité de s’entretenir avec plusieurs de leurs délégués, et voici les informations qui leur ont été communiquées par certains d’entre eux :

- Burundi : l’Ambassadeur a accepté le dossier et a indiqué qu’il s’entretiendrait avec son ministre au sujet de la ratification.

- Congo Brazzaville : le délégué a indiqué que l’instrument était en cours de discussion au parlement et que, d’après les prévisions, il devrait être finalisé très bientôt. La directrice régionale pour l’Afrique d’Egalité Maintenant a eu la possibilité de rencontrer le deuxième secrétaire de l’Ambassade du Congo à Addis-Abeba. Elle l’a informé de la campagne, lui a demandé de bien vouloir suivre le processus de ratification du Protocole dans son pays, et lui a indiqué que SOAWR attendait énormément du Congo, ce pays assurant alors la présidence de l’Union africaine. Le diplomate congolais lui a promis de suivre le dossier.

- République centrafricaine : il a été indiqué que le parlement étudiait actuellement le document et que le ministre en charge de l’égalité des sexes assurait le suivi du dossier. La RCA pourrait déposer son instrument de ratification dans le courant de l’année (2006).

- République de Guinée : le ministre a indiqué que le conseiller Juridique de la présidence étudiait le Protocole et qu’après cet examen, le président devrait signer l’instrument de ratification. Elle a déclaré qu’elle informerait du suivi le ministre de la Parité.

- Algérie : a indiqué qu’elle s’inquiétait de la formulation, en langue arabe, de certains des articles et qu’elle avait engagé des conversations sur ce point avec des responsables de l’UA. Les représentants algériens espéraient finaliser très bientôt ces négociations.

3) Une note d’information sur le Protocole a également été préparée pour diffusion publique. Elle a été placée sur la page Internet d'AU-Monitor gérée par FAHAMU, entité membre de SOAWR. Pour plus de détails, consultez http://www.pambazuka.org/aumonitor/

4) Après la remise aux ministres des dossiers militants, SOAWR a distribué aux représentants des medias un communiqué de presse pour les informer de l’intervention de SOAWR. Le communiqué de presse (disponible sur http://www.pambazuka.org/aumonitor/) insistait sur les progrès réalisés depuis janvier 2005. Le nombre de pays ayant ratifié le Protocole depuis le mois de janvier 2005 a plus que doublé, tandis que celui des pays ayant reçu un carton rouge (pour ne pas avoir encore signé le Protocole) a encore diminué ; mais l’accent a été mis sur la nécessité d’une ratification et d’une application universelle du Protocole, de manière à ce que toutes les femmes africaines puissent profiter de ces droits.


Lettres du Botswana et du Soudan
Le président Fetus Mogae, du Botswana, a adressé à SOAWR une lettre en date du 20 décembre 2005 (reçue en janvier 2006) en réponse au courrier que lui avait adressé le Secrétariat du SOAWR le 28 novembre 2005. Dans sa lettre, le président Mogae indiquait que, bien que son pays n’ait pas encore ratifié le Protocole, le Botswana était à l’avant-garde en matière de promotion des droits des femmes et indiquait qu’au Botswana, des femmes occupaient des postes à responsabilité au sein de la fonction publique.

Au nombre des autres mesures énumérées figuraient la réforme de la loi relative à la citoyenneté, qui autorise désormais une femme mariée à un ressortissant étranger à transmettre leur nationalité à leurs enfants, ainsi qu’un amendement aux dispositions en matière d’enregistrement des actes donnant la possibilité aux femmes, qu’« elles soient, ou non, mariées sous le régime de la communauté de biens, à bénéficier du transfert ou de la cession du bien, comme si elle n’était pas mariée sous le régime de la communauté et si la puissance maritale ne s’appliquait pas ». Le Secrétariat de SOAWR écrira au président pour l’inviter à faire procéder à la ratification.

Le 14 mars, Egalité Maintenant a reçu une lettre du gouvernement soudanais (en date du 14 février 2006) en réponse au courrier envoyé par l’organisation au Président, le 28 novembre 2005. Dans leur lettre, les autorités soudanaises indiquaient que, bien qu’elles soient relativement réservées quant à certains articles du Protocole, elles prenaient en compte, dans la perspective d’une ratification, tous les aspects du Protocole, considéré dans son ensemble.

Le Secrétariat de SOAWR écrira au gouvernement pour l’inviter à encourager une ratification rapide. Les efforts accomplis lors du sommet de Khartoum et la participation à la campagne d’organisation de la société civile soudanaise devraient contribuer vigoureusement à l’obtention de la ratification du Protocole par le Soudan.
Etat des ratifications

Ci-après figure un état des signatures et des ratifications, avec deux nouveaux pays signataires (Seychelles et Somalie). Le total des signatures s’élève désormais à 40 et celui des ratifications à 17, c’est-à-dire, 7 ratifications de plus qu’il y a un an. Le Protocole est entré en vigueur le 25 novembre 2005, 30 jours après sa quinzième ratification, par le Togo, le 26 octobre 2005.

Etat des signatures et des ratifications En mars 2005 En mars 2006
Total des signatures 38 40
Total des ratifications 10 17


Pays ayant reçu un carton rouge
01) Angola02) Botswana03) Cameroun04) République de Centre-Afrique05) Egypte06) Erythrée 07) République démocratique arabe sahraoui08) São Tome & Principe09) Soudan10) Tunisie

Pays ayant reçu un carton jaune
01) Algérie 02) Burkina Faso 03) Burundi 04) Tchad 05) Congo 06) Côte d’ivoire 07) Rép. démocratique du Congo 08) Guinée équatoriale 09) Ethiopie 10) Gabon 11) Ghana 12) Guinée 13) Guinée-Bissau 14) Kenya 15) Liberia 16) Madagascar 17) Maurice18) Niger 19) Seychelles 20) Somalie 21) Sierra Leone 22) Swaziland 23) Tanzanie 24) Ouganda 25) Zambie 26) Zimbabwe

Pays ayant reçu un carton vert
01) Bénin 02) Cap-Vert 03) Comores 04) Djibouti 05) Gambie 06) Lesotho 07) Libye 08) Malawi 09) Mali 10) Mauritanie 11) Mozambique 12) Namibie 13) Nigeria 14) Rwanda 15) Sénégal 16) Afrique du Sud 17) Togo

Réunions
Ci-après sont présentées un certain nombre de réunions auxquelles ont pris part des membres de SOAWR.

1) Commission de la condition de la femme (CCF) des Nations Unies
Plusieurs membres de SOAWR ont assisté à la 50ème Session de la Commission de la condition de la femme (CCF) qui s’est déroulée à New York du 27 février au 10 mars 2006. Cette année, l’accent a été mis, lors de la session de la CCF, sur deux thèmes majeurs :
(i) « une participation accrue des femmes au développement ; un environnement favorable à l’égalité des sexes et à l’amélioration de la condition de la femme, en prenant en compte, entre autres, les domaines de l’éducation, de la santé et du travail » ; et
(ii) une « participation égale des femmes et des hommes aux processus de prise de décisions à tous les niveaux ». Cette session a été, pour des membres de SOAWR, l’occasion de faire équipe avec l’EASSI (East African Sub-regional Support Initiative), et de convoquer ensemble une réunion le 3 mars.

La réunion, intitulée « Parallèle entre les Plates-formes d’action de Pékin et le Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique », visait à considérer le Protocole de l’UA relatif aux droits des femmes dans le contexte de la Plate-forme d’action de Pékin (PAP), et a permis de noter que l’application du Protocole constituait l’opportunité d’en finir avec les lois discriminatrices, entre autres atteintes aux droits des femmes, comme prévu par la PAP.

La réunion a également été l’occasion pour les participants de manifester leur adhésion à l’histoire de la campagne de SOAWR, et aux stratégies fonctionnant bien, permettant une ratification rapide du Protocole et la mise en œuvre, couronnée de succès, de stratégies contentieuses. Quelques 25 participants étaient présents, et nombre d’entre eux ont manifesté leur souhait d’en savoir plus sur l’expérience de SOAWR et d'être tenus au courant des progrès de la campagne. Un groupe éthiopien basé aux Etats-Unis a également fait part de son souhait d'adhérer à SOAWR.

2) Rencontre avec Rachel Mayanja
Des membres de SOAWR ont également profité de leur présence lors de la session de la Commission de la condition de la femme de New York pour obtenir un entretien privé avec Mme Rachel Mayanja, Conseillère pour l’égalité des sexes auprès du Secrétaire général des Nations Unis, le 7 mars 2006. A cette occasion, des délégués de SOAWR l’ont informé de la campagne.

3) Réunion des experts en politique sociale
La réunion a été convoquée par la commission des Affaires sociales de la Commission de l’Union africaine qui s’est déroulée à Addis-Abeba du 28 au 30 mars. Lors de la réunion a été abordé le projet de cadre de politique sociale pour l’Afrique dans le but d’améliorer le document avant sa présentation lors de la 4ème Session ordinaire de la Commission du travail et des affaires sociales, qui sera organisée au Caire du 22 au 27 avril 2006. Il a été recommandé que le cadre de la politique sociale englobe et lie son objet aux décisions/engagements pris par des Etats membres de l’UE, tels que le Protocole relatif aux droits de la femme et la Déclaration solennelle des chefs d’Etat sur l’égalité des sexes en Afrique.

Evénements à venir

v Table ronde des femmes africaines sur le VIH et le SIDA : cette réunion devrait se dérouler à Johannesburg du 6 au 7 avril 2006. Il s'agit d'une collaboration conjointe de nos quatre organisations : The Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), African Women’s Development Fund (AWDF), United Nations Development Fund for Women (UNIFEM) et Action Aid International (AAI). Les objectifs de la réunion étaient de générer un ensemble de positionnements militants autour des droits des femmes et du VIH/SIDA.
Le résultat se nourrira des conversations et procédés ultérieurs concernant les politiques en matière de VIH/SIDA, pour faire en sorte que les préoccupations et les propositions des femmes africaines soient prises en compte. Le thème de la réunion a une incidence directe sur les droits en matière d'hygiène de la reproduction prévus par le Protocole, y compris en matière de pratiques traditionnelles préjudiciables, de mariage, de droits des femmes dans les conflits armés et dans d'autres secteurs, tels que celui des successions. Pour plus d’information, contactez Action Aid à l’adresse suivante www.actionaid.org

V RPC/Réunion des experts juridiques, du 10 au 16 avril 2006 – Les services du conseil juridique du CUA organisent cette réunion qui, entre autres choses, permettra de discuter de la fusion de la Cour de justice africaine et de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. L’issue de cette réunion revêt un intérêt particulier au regard de la campagne, lors de la période postérieure à la ratification, la cour africaine des droits humains et des peuples étant compétente pour connaître des questions d’interprétation découlant de l’application ou de la mise en œuvre du Protocole.

v Faire campagne en Afrique : expériences et nouvelles frontières est un atelier organisé par OXFAM GB, qui se déroulera à Nairobi du 19 au 22 avril. Il réunira quelques 30 participants appartenant à Oxfam et à plusieurs de ses partenaires. Les objectifs de l’atelier sont les suivants :

1.une compréhension commune des principes et des pratiques des campagnes ;

2.des perspectives partagées concernant les tendances politiques, sociales et économiques, ainsi que les scénarios futurs, en Afrique, sous l’angle du pouvoir, des inégalités et des droits ;

3.des stratégies partagées, ayant fait l’objet d’un examen critique, permettant la représentation par elle-même des circonscriptions concernées et renforçant la coalition sur la base du militantisme en faveur de la politique et des campagnes publiques ;

4.une réflexion concernant leurs pratiques actuelles (en théorie et en pratique) et les performances personnelles proposées modifie les objectifs
La campagne relative au Protocole constituera l’un des divers modèles couronnés de succès qui seront partagés et analysés lors de la réunion.

v La première session de la Cour africaine des droits de l’omme et des peuples : les services du conseil juridique du CUA organisent, à Addis-Abeba (12-15 juin 2006), cette réunion qui devrait permettre d’exposer les modes de fonctionnement de la Cour des droits de l’homme et des peuples, après l’élection des juges lors du sommet de l’UA à Khartoum. La présence d’observateurs ne sera autorisée que lors de la séance, ouverte au public, de la première journée. Ci-après figure la liste des juges nommés lors de la 6ème Session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine de Khartoum :

1.Mme Sophia A.B. AKUFFO, Ghana (mandat de 2 ans)
2.M. G.W. KANYIEHAMBA, Ouganda (mandat de 2 ans)
3.M. Bernard Makgabo NGOEPE, Afrique du Sud (mandat de 2 ans)
4.M. Jean Emile SOMDA, Burkina Faso (mandat de 2 ans)
5.M. Hamdi Faraj FANOUSH, Libye (mandat de 4 ans)
6.Mme Kelello Justina MAFOSO-GUNI, Lesotho (mandat de 4 ans)
7.M. El Hadji GUISSE, Sénégal (mandat de 4 ans)
8.M. Fatsah OUGUERGOUZ, Algérie (mandat de 4 ans)
9.M. Modibo Tounty GUINDO, Mali (mandat de 6 ans)
10.M. Jean MUTSINZI, Rwanda (mandat de 6 ans)
11.M. Gérard NIYUNGEKO, Burundi (mandat de 6 ans)

Après avoir présenté les règles de fonctionnement de la cour, la réunion sera consacrée aux relations entre la cour et divers autres organes de l’UA, et notamment la Commission africaine des droits humains et des peuples.

v La 39ème Session ordinaire de la Commission africaine des droits humains et des peuples se déroulera du 11 au 25 mai 2006, et au cours de celle-ci seront abordées la question du Protocole relatifs aux droits de la femme, ainsi que la Déclaration solennelle sur l’égalité des sexes en Afrique. Le Centre africain pour les études sur la démocratie et les droits humains (African Centre for Democracy and Human Rights Studies) représenteront SOAWR lors de cette Session et organiseront au préalable un forum destiné aux ONG.

v Le Forum destiné aux ONG de la 39ème Session ordinaire de la Commission africaine des droits humains et des peuples devrait avoir lieu à Banjul du 8 au 10 mai. La 13ème Foire africaine du livre sur les droits humains aura lieu parallèlement. Pour plus d’informations, contactez ACDHRS à legal@acdhrs.org, ou à l’adresse : training@acdhrs.org

v Atelier OXFAM/SOAWR : OXFAM organise en collaboration avec SOAWR, à Johannesburg, du 22 au 24 mai 2006, un atelier qui réunira des partenaires de SOAWR en provenance de 10 pays (Angola, Burkina Faso, RDC, Ethiopie, Liberia, Ghana, Sierra Leone, Soudan, Tanzanie et Zambie) dans le but d’accélérer la ratification du Protocole dans ses pays, ainsi que d’accroître le nombre des membres de la coalition, permettant ainsi l’implication d’un plus grand nombre de pays. Des membres de SOAWR partageront leur expérience de la campagne et commenceront à nouer des liens avec les collaborateurs d’Oxfam et leurs partenaires au niveau national.

v L’édition 2007 du Forum social mondial se déroulera à Nairobi, au Kenya, du 20 au 25 janvier. Parallèlement au forum lui-même se déroulera un Dialogue féministe qui précèdera le FSM. FEMNET et Akina Mama Wa Afrika (toutes deux membres de SOAWR) font partie du comité organisateur. Les deux organisations peuvent être consultées pour de plus amples informations relatives au programme du Dialogue féministe et diverses autres informations liées. Les préparatifs du Forum pourront être suivi sur un site Internet que celui-ci mettra, le moment venu, à la disposition des internautes. Des bulletins d’information bimensuels consacrés aux FSM seront publiés tout au long de l’année 2007. Ce sera, pour SOAWR, l’occasion de mobiliser d’autres mouvements sociaux et/ou d'établir des liens avec ceux-ci dans la perspective de la campagne pour la popularisation, la ratification et la transposition en droit interne du Protocole.

v Sommet de l’UA : la 7ème Session ordinaire de l’Assemblée se déroulera à Banjul du 1er au 2 juillet 2006. La 13ème Session du Comité des représentants permanents (CRP) se déroulera les 25 et 26 juin et sera suivie de la 9ème Session ordinaire du Conseil exécutif, qui se déroulera les 28 et 29 juin. Des membres de SOAWR prévoient d’organiser des interventions militantes, y compris un forum public, une conférence de presse et le lancement de l’ouvrage de l’UA/de SOAWR intitulé, Breathing Life into the African Union Protocol on the Rights of Women [Insuffler la vie au Protocole de l’Union africaine relatif aux droits de la femme].

v La Direction des femmes, de l’égalité des sexes et du développement de la Commission de l’Union africaine accueille un Forum sur l’égalité des sexes qui se déroulera du 26 au 27 juin, à Banjul. Le thème de la réunion sera « Promouvoir une gouvernance sensible aux droits des femmes dans les pays en situation de sortie de conflit ». Diverses organisations de femmes de tout le continent devraient y participer. Divers membres de SOAWR envisagent également d’être présents.

v Au nombre des autres réunions de l’Union africaine susceptibles d’intéresser des membres de SOAWR figurent :

o La 2 ème Conférence de l’UA sur les Institutions nationales dans le domaine des droits humains, 1er au 3 mai 2006, Addis-Abeba
o Réunion du Comité directeur provisoire du réseau africain pour la paix et la gouvernance du double point de vue des femmes et des hommes (African Network on Gender Peace Building & Governance), 2 et 3 mai 2006, Addis-Abeba.
o Session spéciale de l’Assemblée de l’UA sur la malaria, le VIH/SIDA et la tuberculose, 2 au 4 mai 2006, Abuja.
o Assemblée sur les droits humains et des peuples (9 au 24 mai 2006, Addis- Abeba) comportera trois volets : (a) séance de réflexion sur la Commission africaine des droits humains et des peuples ; (b) consultations entre les organisations de l’UA en matière de promotion et de protection des droits humains ; et (c) la session de la Commission africaine à Banjul (mentionnée ci-dessus).

Bureau régional africain d’Egalité maintenant
2006 mars

Suite...


Afrique du Sud : Zuma acquitté -- mais ''la lutte continue''

2006-05-12

http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3098

Pendant que le procès pour viol de l'ancien vice-président sud-africain Jacob Zuma - prenait fin lundi avec un acquittement pour l'accusé, des appels ont été lancés pour que le verdict ne soit pas perçu comme ébranlant la lutte pour réduire le viol. << Demain, si vous allez au tribunal de Johannesburg, vous aurez six autres femmes attendant que leurs affaires de viol soit jugées >>, a déclaré à IPS devant la Haute Cour de la ville, Dawn Cavanagh de 'Gender AIDS Forum', une Ong basée à Johannesburg. <<Alors, la lutte continue >>.


Libéria : Enquête suite à la publication d’un rapport sur les abus sexuels

2006-05-12

http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=6918

Le gouvernement libérien et les Nations unies ont promis d’ouvrir une enquête à la suite d’un rapport de l’organisation caritative anglaise Save the children faisant état d’abus sexuels contre des femmes et des fillettes au Liberia. Dans son rapport publié lundi, l’organisation révèle que beaucoup de fillettes – dont certaines ont à peine huit ans - se prostituaient pour de l’argent, de la nourriture ou d’autres services.





Droits humains

Global : CDH, au delà des premières élections, le défi de l’effectivité

2006-05-12

http://www.fidh.org/article.php3?id_article=3305

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) accueille les premières élections des membres du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Cette élection a été l’occasion d’améliorations dans le processus de sélection des membres du principal organe intergouvernemental des Nations unies relatif aux droits de l’Homme.


Global : Travail des enfants, l’espoir d’en finir bientôt, sauf en Afrique

2006-05-12

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4412

Le travail des enfants dans le monde diminue. Mais l’Afrique reste le continent où la proportion d’enfants au travail est la plus élevée : un sur quatre. En cause : la pauvreté, le sida et une certaine méconnaissance du problème. Le dernier rapport du Bureau international du travail (BIT) consacré au travail des enfants respire la satisfaction. Rendu public le 4 mai dernier, il s’ouvre sur ces mots : "Un avenir sans travail des enfants est enfin à notre portée."


Rwanda : Détenus illégalement par centaines dans un ancien entrepôt

2006-05-16

http://hrw.org/french/docs/2006/05/12/rwanda13371.htm

Des centaines de personnes, dont de nombreux enfants, sont incarcérées dans des conditions déplorables dans un centre de détention non officiel situé dans le quartier Gikondo de la capitale rwandaise Kigali, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans un document d’informations.


Rwanda : débat national sur la peine de mort

2006-05-12

http://www.syfia.info/fr/article.asp?article_num=4413

La suppression de la peine de mort du Code pénal est actuellement en débat au Rwanda. Elle est souhaitée par une bonne partie de la population, les magistrats et le gouvernement soucieux de faire venir à Kigali les prévenus du Tribunal pénal international. Les mille personnes condamnées à mort au Rwanda ces dix dernières années, à la suite du génocide, devront peut-être la vie à la suppression de la peine capitale dans le Code pénal rwandais actuellement en discussion.





Réfugiés & migration forcée

Angola : Possibilité d'un rapatriement volontaire des réfugiés angolais depuis l'Afrique du sud

2006-05-16

http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/news/opendoc.htm?tbl=NEWS&id=44634fab2

Jeudi, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Gouvernement d'Afrique du sud ont lancé une campagne pour informer les réfugiés que le programme de rapatriement volontaire mis en place par l'UNHCR prendra fin en 2006. « Nous espérons que les Angolais saisiront cette chance et la considéreront comme une opportunité unique de pouvoir contribuer à l'amélioration de la situation dans leur pays », a indiqué Jeff Maqetuka.


Sénégal : Pour indifférence à leur égard, les réfugiés mauritaniens pestent contre le Hcr

2006-05-16

http://www.walf.sn/actualites/suite.php?rub=1&id_art=28666

Les réfugiés Mauritaniens refusent d'être les victimes d'‘une mise à mort sélective’ et programmée, selon eux, par les représentants du Haut commissariat des réfugiés (Hcr) basés au Sénégal. En effet, selon leur porte-parole, Samba Amadou Niasse, depuis 1989, date de leur arrivée au Sénégal, ‘le Hcr ne s'est jamais rendu au niveau de (leur) site d'hébergement pour s'enquérir de (leur) situation’. Et, ajoutera-t-il, l'actuelle représentante du Hcr manifeste une indifférence qui frise le ’mépris’ à leur égard.


Soudan : L'UNHCR a ouvert un nouveau camp pour les réfugiés tchadiens au Darfour

2006-05-16

http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/news/opendoc.htm?tbl=NEWS&id=446475fb2

L'UNHCR a transféré près de 500 réfugiés tchadiens hier depuis des zones en proie à l'insécurité le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan vers un nouveau camp de réfugiés à Um Shalaya, situé à l'extrémité ouest du Darfour occidental. Les réfugiés ont été installés temporairement à Habila, à quelque 95 kilomètres au sud de la capitale de l'ouest du Darfour, El Geneina.





Elections & gouvernance

Afrique : Le Forum africain sur la gouvernance prône l’accélération de l’évaluation par les pairs

2006-05-16

http://content.undp.org/go/newsroom/may-2006/africa-governance-forum-20060511.fr?categoryID=408194&lang=fr

Le Sixième Forum Africain sur la Gouvernance s'est terminé à Kigali par un dialogue entre les présidents Paul Kagame du Rwanda et Blaise Compaoré du Burkina Faso ainsi que les délégués, qui ont réaffirmé que les africains devaient gérer et s'approprier le Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs (MAEP) et proposé des recommandations pour son amélioration.


Afrique : Des députés débattent de l'opportunité de la démocratie en Afrique

2006-05-15

http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3102

Une rencontre de parlementaires peut paraître un endroit bizarre pour assister à la remise en cause des mérites d'élections régulières. Mais des discussions sur ce sujet, et une multitude d'autres questions, ont eu lieu ces derniers jours à une réunion de l'Union interparlementaire (UIP) dans la capitale kényane -Nairobi.


Afrique du Sud : Zuma de nouveau vice-président du parti au pouvoir

2006-05-16

http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-05/16/content_253771.htm

Le parti au pouvoir de l'Afrique du Sud a décidé de restituer à Jacob Zuma son poste de vice-président du parti, peut-on lire lundi à la une du quotidien local Star. "Le vice-président de l'ANC Jacob Zuma reprendra son poste dans le parti avec effet immédiat", selon le journal. "Ceci a été décidé par le comité exécutif national de l'ANC après une réunion de trois heures tenue dimanche dans la nuit au Parc Kempton", a précisé le reportage.


Comores : Large victoire de l'islamiste Sambi à la présidentielle

2006-05-17