Cette édition
Pambazuka News 60: Hommage à Ousmane Sembène
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Zimbabwe, 5. Moniteur de l'Union Africaine, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Mouvements sociaux, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Racisme & xénophobie, 15. Environnement, 16. Média & liberté d'expression, 17. Bien-être social, 18. Conflits & urgences, 19. Internet & technologie, 20. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Hommage à Ousmane Sembène, l’Aîné des Anciens.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Les faux-fuyant de la presse française à propos de l’Afrique.
ARTS & LIVRES : RD Congo : Interdictions de clips à la télé pour obscénités
ZIMBABWE : Des observateurs américains dénoncent des «crimes horribles».
FEMMES & GENRES : Afrique : Le combat des femmes pour le droit foncier.
DROITS HUMAINS : Angola : Des ONG réclament des sanctions pour violations des droits humains.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Cameroun : Des populations fuient Bakassi après une attaque armée.
CORRUPTION : RD Congo : L’affaire de la séquestration de trois députés discrédite le Parlement.
DEVELOPPEMENT : Global : Le Danemark veut faire de l’Afrique une priorité.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Les ratés du programme régional du sida.
EDUCATION : Ghana : Les enseignants quittent les classes pour d’autres secteurs.
RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du Sud : Xénophobie, violence, pourquoi ?
ENVIRONNEMENT : Afrique : Khadafi appelle à dresser la «Muraille verte».
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Côte d’Ivoire : Un collectif interpelle Gbagbo sur la disparition de Kieffer.
BIEN-ETRE SOCIAL : Rwanda : La fin des va-nu-pieds.
CONFLITS ET URGENCES : Côte d’Ivoire : Les relations s’améliorent avec la France.
Chroniques
Hommage à Ousmane Sembène, l’Aîné des Anciens
2008-06-19
Boubacar Boris Diop
Ousmane Sembène nous a quittés le 9 juin 2007, sans avoir jamais assigné la moindre limite à son mépris du qu’en-dira-t-on. A quatre-vingt-cinq ans, il se sentait si bien dans sa peau, qu’il se faisait appeler par dérision, l’«Aîné des Anciens». Le fait est, cependant, qu’il a vécu très longtemps en réussissant à préserver sa jeunesse d’esprit. Il y a là quelque chose de magique et peut-être, ce miracle est-il précisément celui d’une liberté dont il a choisi, jusqu’ à son dernier souffle, d’être l’esclave. Le 9 juin dernier, premier anniversaire de sa mort, un hommage national et officiel lui a été rendu. L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop témoigne.
Dans les années trente, un adolescent de Ziguinchor (Ndlr : ville au sud du Sénégal) fait le désespoir de ses parents. Aux murs froids des salles de classe, il préfère la mangrove, les parties de pêche et les escapades sur les berges du fleuve Casamance. Bagarreur, il n’aime pas les embrouilles. Un certain Paul Peraldi, directeur de l’école Escale, l’apprendra à ses dépens : l’élève est exclu après l’avoir expédié au tapis d’un violent coup de poing à la tête. Que faire du fils de Moussa Sembène et Ramatoulaye Ndiaye ?
Il sait à peine tracer son nom sur une feuille de papier et à vrai dire, personne ne le voit devenir commis aux écritures, ce qui était alors une position assez enviable pour un jeune Sénégalais ambitieux. On l’envoie chez un de ses oncles, à Dakar, où il arrive précédé d’une sulfureuse réputation. Mais dans la capitale de l’Aof, il n’a même pas le temps de regretter ses bolongs du Sud. Le cancre a, en effet, au moins un don : celui d’entendre battre le cœur du réel, de dénicher la vraie vie partout où elle se trouve. S’il y parvient aussi aisément, c’est que déjà, il ne se reconnaît qu’un maître : son désir de liberté.
Et dans le quartier du Plateau où se concentrent les pulsations urbaines et les contradictions d’une société qui ne voit pas la guerre (Ndlr : La Première Guerre mondiale) lui foncer dessus, il y a certes mieux à faire que d’ânonner toute la sainte journée, des leçons de calcul et de grammaire à la rue de Thiong. Les plages de Gorée et de l’Anse Bernard sont toutes proches et il y passe le plus clair de son temps à batifoler dans l’eau et à griller du poisson et des fruits de mer. Le «docker noir» se souviendra-t-il, bien des années plus tard sur les quais de La Joliette à Marseille, comme il aimait, enfant, vagabonder entre les ruelles d’un autre port, celui de Dakar ?
Dans cet univers sans pitié, les caïds veillent sur leur territoire, putes et marins se font des signes de connivence et l’enfant se délecte du pétillement de mille langues surgissant de bouches inconnues. Là, entre les étals des marchandes de beignets et de cacahuètes, il est dans son monde, il est heureux. Se voulant lui-même un dur, il se saoule du spectacle des muscles bandés, des corps en sueur sous les tricots sales et déchirés, de la poussière et de la fumée. Ces prolétaires pleins de gouaille, à la clope coincée entre les lèvres et aux yeux troubles, comme ils sont différents des petits fonctionnaires instruits, que Sembène voyait trotter comme des chiots derrière leurs maîtres blancs.
Toute son œuvre montrera, par la suite, qu’il a très tôt éprouvé une répulsion instinctive pour “l’évolué”. Il lui est très vite apparu comme une chose à forme humaine, ce larbin en complet-veston gris ou beige, aux phrases fleuries et aux manières suaves. Il impressionne tout le monde, le soi-disant civilisé, car il cause bien. Pour Sembène, il est juste méprisable, car sa fausseté pue à plein nez. Sembène a plus de respect pour “l’héroïsme au quotidien” des gens ordinaires, qu’il observe de près en toutes occasions.
Du Plateau, il connaît par cœur les moindres recoins. Gambetta. Valmy. Carnot. Le marché Sandaga et la rue Jules Ferry. Autant de lieux aux noms étranges, qu’il arpente nuit et jour. Les bateaux qui croisent au large, le font rêver et en particulier, aux dires d’un de ses amis d’enfance, le “Médie II”… Dans l’attente du départ – car ce gamin partira un jour, c’est écrit dans ses yeux vifs et avides de tous les lointains – il rôde autour des salles de cinéma.
Les affiches à l’entrée du Plaza ou d’El Malick, tout près du quartier de Rebeuss, lui parlent. Elles lui font pressentir, au-delà de son horizon normal, bien d’autres univers. Ces films, il n’est pas question qu’il les rate. Puisqu’il est sans le sou – il est d’un milieu modeste – il fait le mur, à ses risques et périls. Et de fait, il lui arrive souvent d’être pris et malmené par le propriétaire du Rialto, un certain Maurice Jacquin.
En dépit de sa haine viscérale de l’école – ou peut-être grâce à elle ? – Sembène raffole de la lecture. Toujours aussi débrouillard, il se fait des amis chez les commerçants libano-syriens du Plateau. Ces gosses de riches l’approvisionnent en Zembla, Miki-le-Ranger et autres bandes dessinées célèbres de l’époque et qu’on appelait d’ailleurs, d’un mot magique, des « aventures » (1).
Celui qui allait devenir un des plus grands romanciers et cinéastes de son temps, s’est ainsi initié à ces deux expressions esthétiques par la resquille. Ce goût de l’effraction sera toujours au cœur de son éthique libertaire. De la même manière, en septembre 1946, il s’embarquera clandestinement pour Marseille à bord du Pasteur…
Sembène s’est élevé très haut par le culte de l’effort mais aussi, en faisant du passage en force, une règle de conduite. Que l’on ne compte pas sur lui pour en éprouver du remords : personne ne doit payer pour ce qui appartient à tous. Il ne faut donc pas s’étonner de le voir devenir un militant actif de la Cgt puis du Parti communiste français, peu de temps après son arrivée dans la cité phocéenne.
Il est tentant aujourd’hui, de chercher à sublimer son histoire personnelle, compte tenu de tout ce qu’on a fini par en savoir. Certains n’hésitent pas à en proposer une lecture quasi christique. Les souffrances et humiliations endurées ne l’auraient ainsi pas été pour de vrai, car elles étaient de simples moyens vers la réalisation d’une fin supérieure. C’est une façon comme une autre de gérer un désarroi bien naturel face à un parcours aussi peu ordinaire.
Sembène a été mécanicien et apprenti-maçon à Dakar, tirailleur au 6e Régiment d’Artillerie coloniale dans le désert nigérien, pendant la Seconde guerre mondiale, et docker à Marseille. Avec le recul, on est tenté de s’extasier : «Quelle vie aventureuse ! Il n’a eu qu’à la raconter pour devenir le puissant écrivain que l’on connaît !» Est-ce vraiment si simple ? La misère, à elle seule, n’a jamais transformé personne en artiste de génie.
Rien ne serait pire que de frustrer Ousmane Sembène des épreuves de ses années marseillaises et dakaroises. Elles lui ont fait connaître l’oppression, la misère et le sentiment de son propre néant. Il n’avait pas choisi d’être en première ligne dans la guerre des autres : pendant dix-huit mois, il a risqué d’y être tué chaque jour ; de même, il n’était devenu docker que faute de mieux, car il savait à quel point ce métier était dégradant et pénible. Il n’a d’ailleurs pu cesser de l’exercer qu’à la suite d’une fracture de la colonne vertébrale – dont il a gardé jusqu’à la fin, de lourdes séquelles.
Il ne s’attendait sans doute pas à une vie de farniente en prenant le chemin de l’exil. Mais il était loin de s’imaginer une existence aussi minable, rue des Dominicaines, parmi la lie de la société marseillaise. Lui, le jeune homme fier, a dû souvent garder la tête baissée quand, tel petit chef lui hurlait des insanités. C’était ça ou crever de faim. Né pour être de ces “hallucinés de l’azur” dont parle Rabemananjara, seul le grand large pouvait contenir son cœur fou : il est resté des années confiné dans un taudis, comme un rat dans son trou.
Jusque-là, rien que de très normales anomalies de cette société de classes, que Sembène voue aux gémonies : ses camarades dockers et lui – tel Chaïba, l’Algérien, le compagnon de bardée qui a donné son nom à une nouvelle de Voltaïque - souffraient de n’être pas du bon côté de la barrière. Dans le cas de Sembène, il s’agissait aussi de payer au prix fort son rejet d’un certain modèle de réussite sociale, impliquant un renoncement à soi qu’il n’a jamais pu, ni supporter ni même comprendre. Raser les murs, acquiescer en toutes circonstances à l’ordre établi, n’avoir jamais son mot à dire, cela revenait pour lui à “vivre comme un tube digestif”, selon une expression qu’il utilisera souvent par la suite, avec bonne humeur.
Ousmane Sembène, “un célèbre inconnu” ? L’expression, de toute beauté, est de son biographe. Samba Gadjigo a voulu ainsi souligner le paradoxe – un de plus – d’un homme dont chacun sait tant de choses, mais que personne ne peut se targuer de vraiment connaître. En effet, bien avant sa mort en juin 2007, Sembène était devenu une importante figure publique. Les événements les plus marquants de sa vie nous restent aujourd’hui encore, aussi familiers que son visage massif et goguenard, son regard rieur, sa pipe et sa casquette.
Mais il ne suffit pas de rappeler la singularité de son itinéraire ni même d’en souligner les douloureuses aspérités pour en être quitte avec l’énigme Sembène. Après tout, quelques-uns avant lui - le tirailleur Bakary Diallo par exemple – avaient réussi à se faire un nom en dehors du cercle restreint des élites formatées par l’école coloniale. Mais Sembène est le seul qui, sans être passé par Ponty, Maisons-Alfort ou la Sorbonne, a pu se prévaloir de ce qu’on peut appeler, sans réticence ni moue dubitative, une œuvre tant au cinéma que dans la littérature.
Seule une prodigieuse volonté a pu lui permettre de se jouer ainsi du destin. Il sait, en débarquant à Marseille, qu’il n’est plus seulement question de grimper le long d’un mur pour s’assurer une place au Rialto. Cela, c’était au propre comme au figuré un jeu d’enfant. Désormais, il a presque le choix entre réveiller le grand homme qui sommeille en lui ou se résigner à être une épave humaine. Il s’agit donc de franchir la ligne. C’est une entreprise bien plus périlleuse et complexe que tout ce qu’il avait connu auparavant. Il s’en donne pourtant les moyens, avec l’obstination silencieuse des âmes supérieures.
La misère est déjà, à travers les souffrances qu’elle lui inflige, sa meilleure école. Et c’est elle qui lui ordonne dans les moments d’abattement : lève-toi et marche ! Lucide, Sembène sait qu’il a tout à apprendre. Il dévore les livres à la bibliothèque du Parti et s’intéresse au Septième Art, au point de faire une brève apparition dans « Le rendez-vous des quais » du réalisateur communiste Paul Scarpita. Plus tard, dans sa quarantième année, il n’hésitera pas à être, sous la férule de Mark Donskoï, le plus vieil étudiant de cinéma de l’Académie Gorki de Moscou.
Tout en gardant les yeux ouverts sur le monde, il décrypte patiemment les mécanismes de création des romanciers qui le fascinent : Jack London, Richard Wright, Claude Mac Kay et Émile Zola. (2) D’être occupé à acquérir du savoir ne l’empêche pas de continuer à se battre et de se montrer solidaire de toutes les luttes anticoloniales de l’époque (Guinée dite portugaise, Indochine et Algérie.) D’une formidable énergie, cet émigré décidément pas comme les autres, suscite l’admiration de ses camarades. Mais seuls les plus fins, les vrais connaisseurs de l’âme humaine, devinent l’extraordinaire complexité du personnage.
Cet ouvrier discipliné, combatif, studieux et en plus, venu des colonies, n’est-ce pas trop beau pour être vrai ? Ses mentors ont bien raison de penser parfois que la mariée est, pour ainsi dire, trop belle… Malgré les apparences, Sembène ne peut en effet être réduit à l’image d’Épinal dans laquelle, on voudrait l’enfermer un peu trop hâtivement. Il n’est pas seulement le courageux travailleur s’arrachant aux griffes empoisonnées du Capital par la lecture des œuvres complètes de Lénine… Et cette méprise initiale est peut-être une première clef pour comprendre pourquoi, rien n’a pu faire sombrer son écriture dans un manichéisme grossier.
La puissance créatrice de Sembène s’exprime autant dans sa volonté de dépasser son statut de prolétaire-colonisé que par son aptitude à garder intactes son identité et sa sensibilité personnelle. Il a réalisé d’une certaine façon, l’idéal de Rabindranath Tagore dont le poème Ekla cha lore (Walk alone, que l’on se permettra ici de traduire librement par Éloge de la solitude) invite l’artiste à être au cœur de la mêlée sociale, sans jamais y aliéner son indépendance d’esprit.
Cette double exigence - la nécessité de préserver son individualité tout en étant fortement présent au monde – remonte assez loin dans l’expérience de Sembène. Bien avant ses camarades marseillais, ses compagnons de jeu du Plateau avaient été frappés par sa capacité de dédoublement. Ils devinaient derrière le Sembène de tous les jours – exubérant, fouteur de bordel, peut-être un peu fanfaron – un autre Sembène, le vrai sans doute, qui en était l’exact opposé. Celui-là, très secret, prenait la vie au sérieux et, apparemment tendu vers un but, se montrait bien plus désireux de capter les vibrations de l’univers que de s’agenouiller devant un maître d’école.
On pouvait aussi pressentir l’autre moi du futur écrivain, à la mélancolie qui voilait parfois son regard, à ses silences obstinés et à son goût de la solitude. Peu le croyaient capable d’une opinion personnelle, au moment même où il était hanté nuit et jour par de vastes visions. En somme, cachant bien son “Je”, il voguait à l’insu de tous, en une dérive maîtrisée, sur ce que Césaire aurait appelé sa «caravelle des lointains intérieurs». Sur quel rivage voulait-il aborder ? Il n’en avait, certes, aucune idée. On peut même penser qu’il s’était livré pieds et poings liés à sa propre errance.
Sembène Ousmane a dû avoir bien souvent le sentiment que sa vie lui échappait par tous les bouts. Mais il est un point sur lequel il ne s’est jamais montré prêt à céder : le refus d’une existence étriquée. Sa vocation artistique, désir de conquête du monde, est née de cette haine précoce de la médiocrité. De ce point de vue, purement négatif, le singulier parcours de Sembène fut moins un accident qu’un projet.
On a souvent souligné, à juste titre, la cohérence de son univers romanesque. Elle ne doit pas étonner. Même s’il veille à ce que ses personnages débordent parfois leur position sociale, celle-ci finit toujours par s’avérer déterminante. Isnard le contremaître blanc de la Régie et Doudou l’ajusteur nègre symbolisent deux conceptions du monde et il n’est pas un seul de leurs gestes ou de leurs mots qui n’en témoigne (Ndlr : dans « Les Bouts de bois de Dieu ». Il en est de même dans « Xala » pour Abdel Kader Bèye et son frère le mendiant aveugle incarné, en une éblouissante composition, par Douta Seck.
Leur affrontement est celui des principaux acteurs des Indépendances des années soixante. Dans chacun de ces deux cas, Sembène indique clairement son camp. La fameuse scène finale de Xala montre, du reste, à quel point son parti-pris peut être à la fois violent et jubilatoire.
Mais le politically correct, même sous le généreux habillage du réalisme-socialiste, n’a jamais suffi à faire de quiconque, un bon romancier ou cinéaste. C’est surtout la richesse intérieure de Sembène qui lui a permis de pallier les lacunes de la curieuse doctrine littéraire jdanovienne. Dans un contexte où tout le prédisposait au simplisme, il a réussi à donner à Oumar Faye et Bakayoko, mais aussi au « Borom Saret » et à « La Noire de… » une réelle épaisseur psychologique.
Si son œuvre réussit à exprimer avec aisance, le meilleur des êtres et leur part la plus ténébreuse, c’est que la perspective humaine n’en est jamais absente. Il lui suffit d’une légère inflexion du récit pour faire entrevoir, derrière les certitudes militantes de Bakayoko, un simple mortel qui doute, le clair-obscur d’une conscience, bien plus en souffrance qu’il ne veut le laisser voir dans la fureur de la bataille.
« Les bouts-de-bois-de-Dieu » c’est, comme chacun sait, une saga de la lutte ouvrière. Mais ce roman serait-il un tel chef-d’œuvre, sans quelques personnages apparemment peu décisifs : la vieille Niakoro, Adjibi’dji la fillette à l’esprit si vif, Penda la prostituée ou Sounkaré ? La touche Sembène, c’est aussi le choix de réduire au silence le Conseiller blanc de « Xala », pour souligner son pouvoir occulte. Et le simple fil tendu de « Moolaade » marque, avec plus de force que des bataillons en armes, l’inviolabilité d’un territoire…
Ousmane Sembène n’oublie, toutefois, jamais que le vrai justicier est avant tout un chroniqueur et que le simple fait de nommer le monde, vaut parfois les plus radicales subversions. Dans ses films comme dans ses romans, il s’attarde pour décrire avec finesse et précision des scènes de la vie quotidienne. Celles-ci peuvent paraître de vaines digressions, parfois intéressantes, sans plus. En fait, bien que situées à la marge du récit, elles lui infusent toute sa sève. Pris en lui-même, chaque détail du tableau reste muet, mais l’ensemble est une fresque vivante, sans quoi l’histoire aurait moins d’allure et de rythme.
Sembène se livre d’ailleurs à ce jeu avec une telle gourmandise que, souvent, la peinture de mœurs envahit tout l’espace narratif. « Le mandat », par exemple, est censé brosser le portrait d’une société sénégalaise où «l’honnêteté est un délit». Pourtant Sembène y instruit, en creux, le procès de la polygamie. Cette institution a tout pour horrifier un marxiste comme lui. Et de fait, il la juge avec sévérité. Mais a-t-on vu avec quelle infinie tendresse, il filme le tyran domestique Ibrahima Dieng au milieu de ses deux épouses ? Son déjeuner solitaire, par lequel tout commence, est un grand moment de cinéma. Rien ne nous est épargné : le lavage des mains, les solides bouchées de ceebu jën (Ndlr : plat de riz au poisson) hâtivement avalées, les arêtes coincées entre ses gencives, le dessert, le “croquage” de cola et surtout ses rots mémorables.
Prenant tout son temps, Sembène ne lâche pas Ibrahima Dieng jusqu’au moment où il ressort de la maison, pauvre diable fauché mais majestueux, quasi impérial. Dans l’intervalle, nous l’avons vu se faire masser par sa plus jeune épouse, avant de plonger dans un sommeil profond, ponctué de très graves ronflements. Il aura également raté, pour cause de repas trop copieux, sa prière du vendredi sans paraître du reste en faire un drame… On aurait cependant tort de déplorer ici des longueurs : aucun coup de pinceau n’est de trop dans cette description qui révèle, surtout, la relation privilégiée entre Sembène et son personnage.
Le romancier-cinéaste n’est pas en quête d’un héros prolétarien “positif”. Le sien n’est pas un Surhomme, il est plutôt un brave type écrasé par les forces aveugles de l’Histoire. Sembène invite Ibrahima Dieng à se regarder dans le miroir, à oser affronter ses faiblesses pour se corriger. Le cinéaste peut le faire en maniant l’humour et l’ironie, car il n’est pas dans la position arrogante de celui qui dispense ses lumières à un individu ignare. Non, Ibrahima Dieng est de son cercle d’amis, il est un copain déconneur et avec qui il ne va surtout pas se gêner.
Ce coté entre-nous-on-peut-bien-se-dire-la-vérité donne un sens particulier à l’engagement de Sembène. Tirant sa force de l’authenticité d’un vécu, il est aussi un engagement de proximité. Sembène ne parle pas à l’humanité en général, mais à des êtres de chair et de sang autour de lui. Il les exhorte à se libérer tout à la fois de leurs chaînes et des pesanteurs parfois criminelles – comme il le montre dans « Vehi Ciosane » – de leur société.
Au fond, ce dialogue entre l’ancien docker et les siens ne nous regarde pas. Loin d’être de ces intellectuels délicats qui disent se mettre au service des opprimés par élégance morale, Sembène ne prétend pas être le porte-parole du peuple : cela aurait signifié qu’il est au-dessus ou en dehors de lui. Et si ses descriptions sont d’une si saisissante vérité, c’est que de Boudody (Ndlr : quartier de Ziguinchor) au Vieux-Port, en passant par Marsassoum (Ndlr : village de Casamance) et Teeru Baay Sóogi (Ndlr : plage de Dakar), des personnes réelles ont précédé dans sa mémoire, les personnages de toutes ses oeuvres.
Ce souci de rester au plus près du réel explique d’ailleurs, l’absence du fantastique dans une si riche production. Il lui interdit également de se mettre lui-même au centre de sa création (3). Il importe à cet égard de noter qu’à l’exception de Diaw Falla du « Docker noir » et d’Oumar Faye de « O pays, mon beau peuple ! », très peu de ses héros lui ressemblent. En chacun d’eux, on trouvera certes tel ou tel trait de caractère de Sembène, un tic ou une particularité physique, mais l’essentiel est toujours pour lui de restituer, avec soin, une dynamique collective, de celle qui donne une allure si épique à son maître-livre, « Les bouts-de-bois-de-Dieu ». On y est aux antipodes des angoisses métaphysiques du quasi desaxé Ahmed Nara de Mudimbe ou de Diouldé, «le jeune homme de sable» de Sassine. Généreux – ou naïf ? – au point de ne voir dans son art qu’un levier du changement social, Sembène considère une certaine littérature existentielle, comme un mensonge typiquement petit-bourgeois sur soi-même.
Parti du bas de l’échelle sociale, il a eu la pudeur de ne jamais présenter son ascension comme un exploit. Un autre en aurait fait pendant des années, de livre en film, le récit émerveillé. Il était, en vérité, plus fier des épreuves que la vie lui avait imposées et de sa capacité à les surmonter que de son statut d’homme célèbre. Même si celui-ci lui a ouvert les portes d’un autre monde, il s’y est toujours comporté en insider, l’observant avec soin pour mieux en dire la lente décomposition.
Lorsque Ousmane Sembène revient au Sénégal en 1960, il n’a plus rien à voir avec le jeune homme qui en était parti une quinzaine d’années plus tôt. On imagine les regards ébahis de la plupart de ses amis du Plateau et la perplexité de ceux qui n’avaient pas deviné qu’il était promis à une destinée exceptionnelle. La France leur a bien changé leur Ousmane, hein ! Il a publié des livres et à ce qu’on raconte, il prépare « Borom saret » ; il ose tirer à boulets rouges sur l’agrégé de grammaire Sédar Senghor et sur Maître Lamine Guèye «le premier avocat africain». Il ne respecte même pas nos hommes de Dieu… Serait-il devenu fou là-bas chez les Tubaab, comme le Sarzan de Birago à son retour de la guerre ?
A Dakar, Sembène ne crée pas de parti. Il était déjà membre du Pai et avait implanté à Marseille une section du Paigc d’Amilcar Cabral. Et de toute façon, il n’a jamais fait confiance aux politiciens, quel que soit leur bord. Selon une expression qui lui est chère il «préfère militer à travers [son] art». Cela ne veut pas dire qu’il va s’enfermer dans sa tour d’ivoire. Le pays connaît une grande effervescence idéologique et il assume une fonction critique dans sa création et dans les médias. Il n’apprécie pas les choix politiques de Senghor et le dit haut et clair. Entre ces deux hommes que tout sépare, les passes d’armes ne sont pas rares et leurs querelles prennent souvent un tour personnel.
A l’époque, le journal Afrique-Asie était la Bible des milieux progressistes du Tiers-Monde et Sembène s’y fendit un jour d’un court poème au vitriol, “Le prix Nobel cherche son Nègre”. On connaît l’épisode de « Ceddo », interdit par Senghor pour manquement à l’orthographe. Il faut aussi se souvenir que Sembène avait lancé avec le linguiste Pathé Diagne, le journal Kàddu, voué à la défense des langues nationales du Sénégal.
Mais le plus important reste l’impact très fort de ce retour au pays sur sa production littéraire et cinématographique. « Le dernier de l’Empire » est d’une certaine manière, son chant du cygne. J’ai été furtivement - et par pur hasard - témoin de la gestation de ce livre. Un vieux compagnon marseillais de Sembène, rentré lui aussi au Sénégal, était en difficulté et nous étions allés, mon frère et moi, demander à l’écrivain de se porter à son secours. Nous sommes arrivés à Gàlle Ceddo au crépuscule et l’homme paraissait heureux d’une journée d’écriture bien remplie. Je l’ai senti à sa gaieté, à son ton badin et à quelques autres petits détails de ce genre. Il était en short kaki et il se dégageait de toute sa personne, une impression de sérénité et de force.
A un moment donné, il a dit avec un geste significatif, vers les feuilles dispersées sur sa table de travail : «Nous autres, nous écrivons, nous écrivons et nous laissons cela ici pour les jeunes !» Plus tard, je saurai qu´il parlait du « Dernier de l´Empire ». Ambitieux et volumineux roman à clés, ce texte de politique-fiction a probablement déçu les énormes attentes de Sembène. Trop tributaire du contexte de l’époque, l’ouvrage est une sorte de déclaration d’amour de l’auteur à son public sénégalais. Il était, justement, un peu trop dans l’air du temps. Ce temps est vite passé et avec lui une œuvre terriblement datée, où on reconnaît si aisément Léopold Senghor sous les traits de Léon Mignane et où défilent, entre autres, Babacar Bâ, Abdou Diouf et Jean Collin (4).
On peut aussi se demander si, au contraire, « Le dernier de l´Empire » n’était pas arrivé avec un léger retard. Redigé du temps de Senghor, il a été publié peu de temps après son retrait volontaire du pouvoir. Cela a fait perdre au roman son mordant. Il ne rimait plus, littéralement, à rien. Il est donc normal qu’il soit passé inaperçu en dépit de son potentiel explosif.
Au début des années 80, un nouveau cours politique s’annonce et, pour des raisons à élucider, on note l’éloignement progressif de Sembène de la scène publique. Il est vrai que c’est l’époque où il est au sommet de sa gloire. Membre de tous les jurys de cinéma qui comptent, honoré dans le monde entier, il n’en reste pas moins productif et reçoit prix sur prix. Pourtant après ses nombreux voyages, il s’emmure dans le silence à Gàlle Ceddo. A-t-il décidé de se consacrer exclusivement à son art ? Peut-être en a-t-il juste assez de faire semblant de supporter les feux de la rampe.
En 1993, il reçoit le prix du président de la République du Sénégal pour l’ensemble de son œuvre littéraire. C’était une belle occasion de retrouvailles entre l’artiste et un public qui n’avait jamais cessé de le vénérer. Las, Sembène n’est pas preneur d’effusions sentimentales : au moment où la salle se lève pour l’applaudir, il a disparu depuis longtemps. Accès soudain de timidité ou lassitude ? On aurait toutefois tort de voir dans cette prise de distance, un brusque désintérêt pour l’actualité politique.
J’ai été très surpris de constater dans cette période, lors de quelques rencontres, que Sembène était pratiquement au courant de tout et qu’il lisait avec une grande attention, les titres les plus significatifs de la presse nationale. Le projet sur lequel il a travaillé jusque sur son lit de mort, « La confrérie des rats », devait, du reste, raconter l’émoi suscité dans un pays imaginaire par… l’assassinat d’un juge. On voit d’ici la mention au générique : «Toute ressemblance avec des faits réels serait une pure coïncidence.» Dommage, on se serait tous bien marrés avant même le début de ce thriller politique !
« Samory » est un autre film de Sembène que nous ne verrons pas. Pourtant il l’a porté si profond en lui qu’il n’a pas hésité à dire dans les années soixante dix à un journaliste de Jeune Afrique : «Si je meurs sans avoir réalisé Samory, je vous autorise à écrire qu’Ousmane Sembène a raté sa vie.» Cette forte déclaration montre surtout, qu’il considérait Samory comme son grand œuvre. Il m’en a montré le scénario dans son bureau de Gàlle Ceddo. C’était un travail colossal, effectué à partir de patientes et solides recherches et si je me souviens bien, il a longuement parcouru ce jour-là, avec ses croquis, la «Route de la Cola» au temps de l’Almamy… Sur cette route d’ailleurs, se trouvait Dierisso, le village burkinabé où il est allé tourner Moolaade. Comme par hasard… Il a dû renoncer à faire Samory pour une raison très simple : le cinéma africain, privé de moyens, l’est aussi du droit de choisir et ses sujets et leur traitement (5).
Samory aurait eu une place de choix dans cette période de sa vie où, à l’écart du tumulte national, Sembène a renoué (Guelwaar et Camp de Thiaroye) avec une vision panafricaine déjà présente dans « Les bouts-de-bois-de-Dieu ». « Moolaade », tourné en dioula au Burkina-Faso avec des acteurs maliens, ivoiriens et burkinabé, poussera jusqu’au bout cette logique.
Ousmane Sembène nous a quittés le 9 juin 2007, sans avoir jamais assigné la moindre limite à son mépris du qu’en-dira-t-on. A quatre-vingt-cinq ans, il s’habillait comme cela n’est même plus permis dès la quarantaine : blue-jeans, veston de cuir, casquette etc. Sa mise vestimentaire et sa vivacité physique n’étaient cependant pas destinées chez lui à dissimuler les atteintes, du reste quasi invisibles, de l’âge. Il se sentait si bien dans sa peau, qu’il se faisait appeler par dérision, l’«Aîné des Anciens». Le fait est, cependant, qu’il a vécu très longtemps en réussissant à préserver sa jeunesse d’esprit. Il y a là quelque chose de magique et peut-être, ce miracle est-il précisément celui d’une liberté dont il a choisi, jusqu’ à son dernier souffle, d’être l’esclave.
Notes
1- Ces deux anecdotes, sur le cinéma et la lecture, sont rapportées par le professeur Samba Gadjigo dans son ouvrage : Ousmane Sembène, une conscience africaine, Éditions Homnisphères, Paris 2007
2- Plus tard, au cours d’un entretien que j’eus avec lui pour le mensuel Afrique-Tribune, il relativisera lui-même l’influence de l’auteur de Germinal par un : «Zola, j’étais obligé de me le taper, parce que j’étais au syndicat !», suivi d’un grand éclat de rire.
3- On notera toutefois une incursion fugace dans Le dernier de l’Empire, sous sa véritable identité. De même apparaît-il, comme pour se moquer de lui-même, dans nombre de ses films. Ce qui peut aussi être perçu comme une façon de les signer…
4- Un de mes aînés journalistes m’a rapporté que Jean Collin (Ndlr : ancien ministre et homme fort du régime sous Abdou Diouf) s’est vanté auprès de lui, de n’avoir pas fait interdire « Le dernier de l’Empire », ajoutant : «Votre ami Sembène voulait nous pousser à faire la même erreur qu’avec « Ceddo ». Cette fois-ci on a laissé l’ouvrage en librairie. Résultat : personne ne l’a lu et personne n’en a parlé.» Le plus dur, c’est qu’il a bien eu raison.
5 - Faute de volonté politique des Etats, le cinéma africain existe grâce aux subsides de la Coopération française, dont on peut dire aussi qu’elle l’empêche d’exister !
° Boubacar Boris DIOP est un écrivain sénégalais.
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Commentaires & analyses
Les faux-fuyant de la presse française à propos de l’Afrique
2008-06-19
Sénouvo Agbota Zinsou
Le problème de certains journalistes français, lorsqu’ils abordent les relations entre leur pays et l’Afrique, est de savoir dans quel (s) sens orienter leurs articles et comment dire les choses pour atteindre ces objectifs qui sont à la fois d’informer sur une réalité et fournir des renseignements qui permettront aux politiques de leur pays de se faire une idée de ce que les Africains attendent d’eux, surtout que maintenant les Chinois sont apparemment en train de prendre leur place en Afrique et dans le cœur des Africains. En même temps, il s’agit, pour ces journalistes, d’influencer et de manipuler une certaine opinion africaine que l’on tente encore de regagner à la sympathie française.
Tout le monde sait que les notions de neutralité et d’objectivité parfaites des journalistes relèvent de la pure utopie. Je prendrai l’exemple d’un reportage du journaliste du « Monde », M. Philippe Bernard à Yaoundé et Douala, publié le 3 juin 2008. Le titre en est : «Les jeunes Camerounais déçus par une France timorée sur les Droits de l'homme en Afrique». On s’aperçoit bien vite, à la lecture de l’article, que les sentiments que M. Bernard décrit vont bien au-delà de la simple déception et qu’il ne s’agit pas seulement de l’attitude de la France face au respect ou plutôt au non-respect des droits de l’Homme en Afrique. Les termes récurrents qui décrivent ces sentiments, termes auxquels le journaliste du « Monde » ne résiste pas sont : dépit, procès, réquisitoire, griefs ordonnés, aigreur, hostilité antifrançaise, colère, attaque, rogne, animosité, les jeunes Camerounais enragent, etc. Tous ces sentiments et attitudes sont nourris et tournés contre la France, bien sûr.
Je ne peux croire que l’article de M. Bernard soit hors sujet. Plus grave, ce qui frise la contradiction, c’est que, oubliant peut-être son titre, il ait écrit dans le même article : «Mais c'est dans le domaine économique, ultrasensible pour une jeunesse massivement condamnée au chômage, que l'aigreur est la plus marquée...» L’information est certainement juste. Les Français, à qui elle est destinée, ne manqueront pas de la remarquer et de changer d’attitude : il n’y est pas seulement question d’exploitation économique, mais il est question aussi de rapports entre Français et Camerounais. Les premiers se comportant comme s’ils étaient encore dans leur colonie ; les seconds, frustrés, ne supportant pas le rang auquel ils sont réduits. Si l’on devait parler de Droits de l’homme sur ce plan, les violations seraient alors du côté, non pas des autorités camerounaises contre lesquelles, bien sûr, les citoyens ont bien des raisons de se plaindre, mais du côté des Français installés au Cameroun, même si c’est un pouvoir camerounais corrompu qui favorise cet état de choses. M. Bernard le dit sans le dire.
La réalité de ce sentiment antifrançais est là, que l’on veuille le dire ou non : l’idée qu’étant en Afrique, dans un pays indépendant, l’on subisse la loi de la France et des Français, n’est pas plus supportable au Cameroun qu’au Togo, au Sénégal ou ailleurs. Le soutien apporté par la France officielle aux dictateurs (si elle ne les a pas simplement installés au pouvoir), les interventions des chefs d’Etat français, qui se sont succédé à l’Elysée, de l’armée française dans les anciennes colonies, nourrissent ce sentiment. Et tôt ou tard, si les Français veulent vraiment regagner la confiance et la sympathie des Africains, ils doivent accepter que l’on discute de ces questions à tête reposée.
Mais, voilà, comme toujours, certains Français ont besoin d’un faux-fuyant, mieux, de justifier leur comportement. Et il leur semble facile d’aller dénicher leurs justifications là où ils le peuvent et de les diffuser grâce à leurs médias qui écrasent par leur puissance ceux dont disposent les Africains. C’est à ce réseau de rhétorique qu’appartiennent les propos du genre : De façon inattendue, Nicolas Sarkozy a plutôt bonne presse parmi ces jeunes en rogne contre la France. Ils sont nombreux à le créditer d'une énergie inépuisable dont il ne peut sortir que du bien. «Il a demandé aux Africains de se prendre en main. Mais certains trouvent plus commode d'accuser la France», affirme une étudiante.
«Ils sont nombreux... Et combien sont-ils ?»
Combien de jeunes Camerounais M. Bernard a-t-il interrogés au cours de son reportage ? Déjà un sondage d’opinion chiffré est bien loin d’être parole d’évangile. Quelle valeur peut-on alors donner à ce «nombreux» ? Pour écrire ce «nombreux», il n’est pas besoin de faire une enquête, il n’est pas besoin d’aller au Cameroun, il n’est même pas besoin d’être journaliste. On ne peut pas, pour tenter de comprendre ce reportage et ses motivations, ne pas se souvenir que ce M. Bernard s’était livré à un commentaire sur «L’Afrique répond à Sarkozy», l’ouvrage collectif des intellectuels africains qui ont critiqué le discours de Sarkozy à Dakar.
Le moins qu’on puisse dire est qu’il s’agissait beaucoup plus de dénigrer l’ouvrage et ses auteurs que d’en faire une véritable critique. Cela, bien sûr, est facile. Aux yeux de M. Bernard, ce n’était qu’un «étalage souvent atterrant d'absurdités, d'approximations et de conformisme intellectuel..., outrance grandiloquente...et délire» [Des intellectuels africains en colère“ par Philippe Bernard, Le Monde du 28 février 2008]. Il faut tout de même avouer que lorsqu’on parle en ces termes du travail de vingt trois intellectuels, on est bien loin de la critique crédible (celle que l’on enseigne même dans les écoles françaises) et l’on tombe dans le véritable «délire»... Parmi les auteurs de l’ouvrage, un seul avait trouvé grâce aux yeux de M. Bernard, celui qui «voit dans la provocation de M. Sarkozy une invitation à construire une politique de l'universel-concret que "nulle“ (sic) autre que la France n'est mieux placée (...) pour inspirer».
La France, même si elle n’est pas le centre du monde est en tout cas le passage obligé de l’Afrique vers le développement, ou même le bonheur, selon M. Bernard!
Il fallait donc que M. Bernard ait la confirmation, du moins à ses propres yeux, de ce qu’il avait avancé, et qu’il puisse, à cette nouvelle étape de son cheminement, proclamer que le discours de Sarkozy avait atteint son but, malgré les protestations qui se sont élevées ça et là. Et qui sait si la véritable mission de son voyage au Cameroun n’était pas juste dans la suite logique de celui de Sarkozy en juillet 2007 ? Ce qu’il oublie, c’est qu’«ils sont nombreux» aussi les Africains qui sont au courant de l’actualité en France et qui pourraient se demander quel est le bien que les Français tirent depuis plus d’un an de l’énergie débordante de Sarkozy. Serait-ce l’ennui, comme l’exprime un numéro du Canard Enchaîné qui «célèbre» ce « bien » en termes de «Premier Ennuiversaire» ?
Au fond, dans le reportage de M. Bernard, tout est dans ce «contre toute attente» qui ne trompe que qui veut être trompé, qui n’apporte d’illusions qu’à celui qui veut être bercé d’illusions. Il exprime au moins le doute chez ceux qui ont rédigé et prononcé le discours du 26 juillet 2007 et chez ceux qui tentent de le défendre, même si Guaino [1] clame haut et fort qu’il «l’assume ligne à ligne, mot à mot, à la virgule près.» S’il était si sûr, aurait-il eu besoin de le crier sur tous les toits ? Et si on était si convaincu à l’Elysée, pourquoi n’est-ce pas Sarkozy lui-même qui réclame la paternité de son discours, puisque c’est lui qui l’avait prononcé ? Si les deux hommes étaient si tranquilles après le tollé que le discours avait provoqué dans la presse sénégalaise surtout, pourquoi ne se taisaient-ils pas simplement après le 26 juillet 2007 ? Et, M. Bernard lui-même n’avait-il pas alors écrit, comme s’il craignait la chose, «Le faux pas africain de Sarkozy» ? [2]
Nul ne peut nier que politiciens et hommes de médias français sont préoccupés de connaître l’état de l’image du président en Afrique et je doute fort que les vrais résultats d’une enquête commandée sur ce sujet soient publiés dans un journal comme Le Monde, qui a par ailleurs refusé de publier le droit de réponse des auteurs de «L’Afrique répond à Sarkozy». Cette fameuse étudiante camerounaise (sans nom dans le reportage) dont M. Bernard fait le porte-parole de Sarkozy ou qui, en tout cas, se livre à une si laborieuse explication de texte du discours de Dakar, si elle existe, cette étudiante, poursuit parfaitement le boulot entrepris par le journaliste.
«Paris éternelle (sic) responsable ?», se demande ou nous demande M. Bernard. Et il donne la parole à un député camerounais pour répondre : «Voilà une rhétorique du passé dont il est difficile de se passer, tranche Jean-Jacques Ekindi, député de l'opposition. Le véritable problème du Cameroun, ce sont les Camerounais.» Qui dit le contraire ? Seulement, je compléterai le jugement du député camerounais par ceci, dans le cadre des relations entre la France et l’Afrique : maladie éternelle de certains Français (pas tous pour ne pas faire de l’anthropologie à la Guaino [3]) qui n’arrivent pas à se défaire de cette prétention à être servis et suivis partout en Afrique comme les maîtres, comme les donneurs d’ordres et de leçons : voilà un type de comportement du passé dont il faut guérir.
Le véritable problème des Français en Afrique et face aux Africains, ce sont les Français eux-mêmes. M. Bernard devrait d’ailleurs être d’accord avec moi sur ce point, puisqu’il nous fournit un précieux témoignage de certains Camerounais sur ce genre de comportement : «Le réquisitoire est récurrent. Les Français exploitent notre port, notre bois, nos bananes. Ils se réservent les postes de direction... Ils donnent des ordres, mais ne vont jamais sur le terrain, ils ne construisent rien de visible.»
Tout le contraire des vertus prêtées aux «partenaires» chinois... «Je comprends que dans une situation économique pénible, le chômage soit la raison première de l’aigreur de la jeunesse. Ce qu’il m’est difficile de comprendre, c’est que M. Bernard lie les griefs des jeunes Camerounais contre les Français au problème du chômage. Cela relève peut-être de la haute psychologie, sinon, ces Camerounais auraient été plutôt contents de voir des expatriés, Français, Chinois ou Américains, créer des emplois dans leur pays, si toutefois les choses se passaient dans le respect des uns et des autres, le respect des intérêts de toutes les parties. La comparaison avec les Chinois à qui les Camerounais prêtent des vertus (imaginaires, peut-être) n'intervient que parce que les Français semblent ignorer ou oublier ces vertus, pour la simple raison qu’ils se sentent en Afrique comme en pays conquis».
Sans le savoir, peut-être, M. Bernard, qui n’avait pas hésité à prononcer un jugement d’autorité sur l’ouvrage de 23 penseurs et scientifiques africains (c’est son droit), est parfaitement susceptible d’être rangé dans cette catégorie de Français jouissant du fait qu’ils viennent de Paris et lui, encore plus, en qualité de journaliste du Monde. C’est lui-même qui nous le dit : «Nul besoin d'orienter la conversation sur l'image de la France au Cameroun. La présence d'un journaliste blanc suffit à la déclencher, quitte, parfois, à forcer le trait...» Et lui, M. Bernard n’a même pas besoin de forcer la vérité qu’il détient exclusivement, puisqu’il vient de Paris et est journaliste au « Monde ».
Que personne donc parmi les Camerounais qu’il aurait interviewés, ceux qu’il aurait cités ou simplement les lecteurs de son reportage ne s’avise de lui envoyer un droit de réponse : il ne le publiera pas. Là aussi, c’est son droit. Je ne formule donc pas de jugement de valeur, mais je laisse le lecteur juger lui-même des dimensions réelles de l’esprit de M. Bernard, de ses outils intellectuels pour faire de la critique et même pour faire du journalisme (même si l’objectivité n’est pas la qualité première qu’on attend de ceux qui exercent ce métier) sur des sujets sensibles, telles que les relations entre la France et l’Afrique. Et, ne sont-ils pas «nombreux» ces journalistes, ces reporters de la taille de M. Bernard que les grands journaux, les puissants médias de l’Occident chargent de traiter des sujets concernant l’Afrique ?
Le reportage de M. Bernard est le symbole même de la gêne et de la confusion que l’on doit ressentir en tant que Français face à l’Afrique. Mais, comme toujours, maladie incurable oblige, on prendra les précautions pour que cette gêne ne soit pas perçue et surtout exploitée par des Africains qui seraient à l’affût d’arguments pour conclure qu’ils ont raison de critiquer la politique africaine de la France et tout particulièrement celle de Sarkozy. Il faut bien que l’image de marque du grand président français soit hors d’atteinte, malgré l’image négative de la France que M. Bernard a lui-même décrite dans son reportage au Cameroun. Ce n’est pas un paradoxe, puisque tout est clair, tout se comprend.
Je ne crois pas que M. Bernard croit que lorsque la France interviendra, en gendarme, pour faire respecter les droits de l’Homme en Afrique, elle aura gagné le cœur de la jeunesse africaine, à l’assaut de laquelle Sarkozy semble parti depuis le 26 juillet 2007. Peut-être, ce reportage est-il une suggestion faite aux autorités françaises de lancer leur prochaine offensive en Afrique, dans un domaine où les Chinois ne pourront pas les battre : celui de la condamnation des violations des Droits de l’homme. Mais même dans ce domaine, nous les avons vues à l’œuvre, ces autorités françaises. Nous connaissons bien leurs formules, surtout quand ces violations sont le fait de ceux qu’elles aident elles-mêmes à conquérir et à conserver le pouvoir, avec qui elles sont en complicité sur plusieurs plans. Il ne faut pas trop charger les frêles épaules de Rama Yade d’un poids lourd de plusieurs décennies de colonisation et de pseudo-indépendance.
Le mal est plus compliqué que le titre d’un article dont le développement s’éloigne complètement. Je suis tenté de paraphraser ici un proverbe mina qui exprime bien ce type de situation dans laquelle la France s’est mise en Afrique : le galeux prend des précautions pour ne pas se gratter au vu et au su de tous, mais c’est lui et lui seul que la plaie démange, surtout dans cette partie du corps qu’on ne nomme pas en public.
[1] Guaino est le conseiller de Sarkozy qui a rédigé le discours de Dakar
[2] Le faux pas africain de Sarkozy, par Philippe Bernard, Le Monde du 23 août 2007. Article paru dans l'édition du 24 août 2007
[3] Guaino prétend avoir fait de l’anthropologie en décrivant l’homme africain comme il l’a fait dans le discours
* Sénouvo Agbota Zinsou est un écrivain togolais
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Arts & livres
Rd Congo : Interdiction de certaines clips "pour obscénité"
2008-06-18
http://tinyurl.com/6ogogu
La Commission nationale congolaise de la censure a décidé, le 11 juin, d'interdire, "pour obscénité", la diffusion des clips de certains artistes musiciens congolais, notamment le dernier album de Ngiama Makanda dit "Werrason" de Wenge Musica Maison Mère, le musicien le plus populaire du moment à Kinshasa. "Ces clips sont interdits de diffusion pour n'avoir pas obtenu une autorisation préalable écrite de la commission. La deuxième raison, la plus importante, est que toutes ces chansons ont des cris et des danses qui choquent les mœurs", a expliqué le président de la Commission nationale de censure.
Sénégal : Grande première du film sur le Bembéya Jazz de Guinée
2008-06-19
http://tinyurl.com/3n7r4c
Une soirée cinéma avec la projection du film sur l’orchestre « Bembéya Jazz national » de Guinée a été du goût des cinéphiles de Dakar qui ont répondu à l’invitation de la clôture, le 17 juin, de la huitième édition du festival de cinéma ‘’Image et vie’’. Le film de 80 mn du réalisateur burkinabé Abdoulaye Diallo « Sur les traces du Bembéya jazz national », qui retrace l’épopée de ce groupe mythique né de la volonté du premier Président de la Guinée, feu Ahmed Sékou Touré, est une description fidèle de la guinée post indépendance avec « une forte affirmation de l’identité culturelle ».
Zimbabwe
Des observateurs africains dénoncent des "crimes horribles"
2008-06-18
http://tinyurl.com/45237n
Des observateurs africains des élections présidentielles du Zimbabwe ont recueilli des récits "horribles" de violences politiques dans le pays, a rapporté leur porte-parole le 17 juin. Marwick Khumalo, qui dirige une mission d'observation de 64 membres du Parlement panafricain, placée sous l'égide de l'Union africaine, a notamment décrit le meurtre épouvantable de la femme d'un chef de l'opposition, apparemment tuée par des partisans de Robert Mugabe, et évoqué le sort d'une autre femme, "décapitée". Et ces incidents ne sont pas uniques en leur genre.
Jacob Zuma sceptique sur la présidentielle
2008-06-18
http://tinyurl.com/4ye6d6
Jacob Zuma, chef de l'ANC au pouvoir à Prétoria, a déclaré ne pas s'attendre à ce que le second tour de l'élection présidentielle zimbabwéenne du 27 juin soit libre et équitable. Zuma, qui s'est fait élire en décembre à la tête de l'ANC aux dépens de Thabo Mbeki, s'est montré beaucoup plus ferme que ce dernier dans ses critiques à l'encontre de Mugabe. "Je pense nous aurons de la chance si les élections sont libres", a déclaré Zuma .
La répression hypothèque les chances d'une élection libre
2008-06-18
http://tinyurl.com/5sy5tg
L'intensification des mesures de répression contre les leaders de l'opposition et des organisations non-gouvernementales est une preuve de plus que le deuxième tour de la présidentielle du 27 juin ne sera pas libre et transparent, a déclaré, le 14 juin, Human Right Watch. Les observateurs électoraux internationaux de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et de l'Union africaine doivent surveiller et rendre publique les abus du parti au pouvoir au Zimbabwe, l'Union nationale africaine du Zimbabwe- Front patriotique (ZANUF-PF0).
L'Union Africaine met en garde contre la violence
2008-06-18
http://tinyurl.com/6z7lss
Le chef de la mission d'observation de l'Union africaine a mis en garde le 17 juin contre la violence au Zimbabwe et les menaces de "guerre" du président Robert Mugabe à l'approche du second tour de l'élection présidentielle, le 27 juin. "La violence est maintenant en tête de l'ordre du jour de ce processus électoral", a déclaré Marwick Khumalo, du Parlement panafricain, organe de l'Union africaine (UA), dont le groupe d'observateurs commençait à se déployer au Zimbabwe.
Un tribunal rejette la demande de mise en liberté du N°2 de l'opposition
2008-06-18
http://tinyurl.com/6om3rq
Un juge a rejeté, le mardi 17 juin, la demande de mise en liberté de Tendai Biti, numéro 2 du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition au Zimbabwe. "Je ne suis pas satisfait par les arguments du demandeur qui estime que la détention continue est illégale", a déclaré le juge Samuel Kudya. Le MDC avait déposé une demande urgente pour que son secrétaire général Tendai Biti soit relâché, alors qu'il n'a pas encore été officiellement inculpé de trahison et que sa détention a dépassé le délai légal de 48 heures.
Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : Khadafi demande l'élimination des communautés régionales
2008-06-18
http://www.fraternite-info.com/article.php3?id_article=1369
Le président Kadhafi a critiqué les communautés régionales notamment la CEDEAO (pour l'Afrique de l'ouest) et la SADC (pour l'Afrique australe), dont il constate "l'échec" et appelle à "l'élimination", à l'ouverture du 10e sommet des chefs d'Etat de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (Cen Sad), le 17 juin à Cotonou, en présence d'une dizaine de chefs d'Etat membres. "Il est une urgence de mettre en place le gouvernement de l'Union pour trouver les mécanismes d'application des conventions qui sont restées jusque-là dans les tiroirs", souligne le dirigeant libyen.
Femmes & genre
Afrique : Le combat des femmes pour le droits foncier
2008-06-18
http://tinyurl.com/5q9hc7
« Ce n’est que quand l’acheteur est venu nous expulser que nous l’avons appris», explique Mme Kures. Elle a réussi à récupérer l’usage de cette parcelle grâce à l’assistance juridique de l’Uganda Land Alliance, groupe de la société civile qui défend les droits fonciers. Ce genre de situation n’est pas rare en Afrique, bien que Mme Kures ait eu plus de chance que la plupart des autres femmes qui, après un divorce ou la mort de leur époux, sont nombreuses à ne jamais recouvrer l’accès ou les droits aux terres détenues en commun. Les Africaines sont à l’origine de 70 % de la production alimentaire. Mais elles ne disposent souvent d’aucuns droits fonciers.
Cameroun : Des associations féminines œuvrent pour l’éducation de la jeune musulmane
2008-06-18
http://tinyurl.com/6764aj
La promotion de l’éducation des filles au Cameroun, dans la partie septentrionale du pays à majorité musulmane et animiste, est au centre des préoccupations de l’Association pour la promotion de la jeune fille (APJF). L’Association se fixe l’objectif de sensibiliser les parents et les jeunes filles musulmanes à aller à l’école afin de sortir de l’analphabétisme.
Gabon: Florence Mbani, première femme à la tête d'un média d'Etat
2008-06-19
http://tinyurl.com/4dex94
Florence Mbani a été installée le 18 juin comme nouveau Directeur général de la deuxième chaîne de Radiodiffusion Télévision Gabonaise (RTG 2). Elle devient ainsi la première dame à être hissée à tête d'un média public, succédant à Jules Legnongo, décédé le 19 mai dernier. Mme Mbami a dit, compter sur l'apport de tous ses agents pour l'aider à relever ce nouveau challenge.
Globale : Plus de 529.000 femmes meurent des suites d'hémorragies
2008-06-18
http://fr.allafrica.com/stories/200806180343.html
Chaque année, plus de 529.000 femmes, dont 99% dans les pays en développement, meurent pendant la grossesse ou l'accouchement. Les hémorragies, entraînant des pertes massives de sang, sont la principale cause de mortalité maternelle dans le monde entier. Le monde a célébré, le samedi 14 juin 2008, la Journée de la transfusion sanguine. A cette occasion, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié les principaux faits et chiffres sur la transfusion sanguine.
Sénégal : Le silence des femmes battues
2008-06-18
http://tinyurl.com/6x8uo8
Au Sénégal, une femme sur quatre est victime de violences conjugales, pourtant la plupart des victimes souffrent en silence, en raison d’une culture d’impunité profondément ancrée et de l’inertie du gouvernement, selon les experts du secteur. D’après une étude sur les violences domestiques menée en 2000 par le Centre canadien d’études et de coopération internationale (CECI) à Dakar et à Kaolack, à 150 kilomètres au sud-est de la capitale, 27,5 pour cent des femmes se voient infliger des violences physiques par leur partenaire.
Droits humains
Angola : Des Ong réclament des sanctions pour violations des droits de l'Homme
2008-06-18
http://tinyurl.com/6eovw9
Des organisations ecclésiastiques et de développement basées en Grande Bretagne exigent que ce pays ainsi que d’autres entretenant d’étroites relations bilatérales avec l’Angola, adoptent une position plus ferme contre les violations répétées des droits de l’homme dans ce pays. Les pressions surviennent après que Luanda eut ordonné la fermeture du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme en prélude à la tenue des premières élections législatives dans le pays depuis la fin de la guerre civile qui a duré 27 ans.
Burundi : Bras de fer entre la Cour suprême et le Parquet général
2008-06-18
http://tinyurl.com/43dgrd
Un bras de fer inédit oppose la Cour suprême du Burundi, qui s'est déjà prononcée en appel en faveur de la relaxe immédiate de six auteurs présumés de l'assassinat d'un ancien fonctionnaire de l'OMS, et le Parquet général de la République. Ces six anciens hauts responsables des corps de Police et de sécurité publique ont régulièrement comparu pour répondre de leur rôle présumé dans l'assassinat, en novembre 2001, de l'Ivoirien Kassi Manlan, alors représentant à Bujumbura de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Guinée équatoriale : 32 ans requis contre le mercenaire Simon Mann
2008-06-18
http://tinyurl.com/6zn5db
Le parquet de Guinée équatoriale a requis mardi 32 années d'emprisonnement contre le mercenaire britannique Simon Mann, accusé d'avoir fomenté une tentative de coup d'Etat en 2004. Dans son réquisitoire, présenté dès l'ouverture du procès, le procureur général, José Olo Obono a également accusé Mark Thatcher, fils l'ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher mis en cause directement par Mann, d'être l'un des instigateurs de la tentative de coup d'Etat.
Mauritanie : L’administration et la justice accusées de complaisance sur l'esclavage
2008-06-18
http://tinyurl.com/56qoe9
Les autorités administratives et la justice mauritanienne font preuve "de complaisance et se rendent complices en couvrant des féodaux et dignitaires s’adonnant encore à des pratiques esclavagistes", selon le chargé de mission de l’ONG "SOS Esclaves", une organisation de défense des droits humains. Plusieurs plaintes des victimes et des ONG contre ces féodaux et anciens maîtres adeptes des pratiques "esclavagistes et rétrogrades", auprès de l’administration et de la justice, "sont restées sans suite", indique le responsable de l’ONG.
Mauritanie : Pour une loi sur le passif humanitaire
2008-06-18
http://tinyurl.com/6daqfe
Un collectif de plusieurs ONG et associations dit des victimes de la répression (COVIRE) en Mauritanie a réclamé, le 14 juin, l’adoption d’une loi d’orientation et la constitution d’une commission d’enquête indépendante et autonome sur le passif humanitaire, pour faire toute la lumière sur cette période sombre de l'histoire récente du pays. Hérité du régime de l'ex-président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya renversé le 3 août 2005, la vocable "passif humanitaire" désigne, en Mauritanie, les violations massives des droits humains, (tortures et exécutions extra-judiciaires) de militaires noirs dans les casernes entre septembre 1990 et février 1991.
Niger : Interdiction d'une marche de la société civile
2008-06-18
http://tinyurl.com/6q3hh7
La marche de protestation initialement prévue le mardi 17 juin par la Convergence citoyenne pour dénoncer la mauvaise gestion des deniers publics et la cherté du coût de la vie au Niger a été interdite par les autorités de la commune de Niamey 3. Cette interdiction serait motivée par le fait que l'Assemblée nationale va entamer l'examen de la demande de mise en accusation de l'ancien Premier ministre Hama Amadou. La société civile rejette l'argument, soutenant que ce ne sont pas les partisans de l'ancien Premier ministre qui voulaient organiser la marche de protestation.
Niger : Amnesty International épingle l’armée
2008-06-18
http://tinyurl.com/5wgo43
“L’armée nigérienne aurait exécuté de manière extrajudiciaire au moins 16 civils et deux journalistes ont été arrêtés en raison de leurs liens présumés avec le Mouvement des Nigériens pour la justice, (MNJ)", indique Amnesty International dans un rapport publié le 15 juin. L'organisation de défense des droits de l'Homme épingle ainsi les autorités de Niamey, accusées de "détentions arbitraires, de tortures et d’homicides, d’atteinte à la liberté d’expression”, dans le cadre de la gestion de la crise du Nord.
RD Congo : La CPI aggrave le cas de Jean-Pierre Bemba
2008-06-18
http://tinyurl.com/5dcu6z
La Cour pénale internationale (CPI) a fait parvenir à la justice belge une lettre accompagnée d'un acte d'accusation, aggravant le cas de Jean-Pierre Bemba, le leader du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), arrêté le 24 mai à Bruxelles. Selon un porte-parole du tribunal de Bruxelles, le nouvel acte d'accusation est plus lourd que celui qui avait été émis le 23 mai par la CPI et qui avait conduit à l'arrestation de l'ancien vice-président congolais. Il fait état de trois crimes contre l'humanité dont des cas de viols, tortures et meurtres.
Rwanda: 4 officiers supérieurs arrêtés pour crimes de guerre
2008-06-18
http://tinyurl.com/5tvzo9
Le Parquet général de la République à Kigali vient d'autoriser l'arrestation de quatre officiers de l'armée rwandaise poursuivis pour crimes de guerre, notamment pour leur implication présumée dans l'assassinat de 13 dignitaires religieux, dont cinq évêques catholiques hutus, durant le génocide de 1994, a-t-on appris le 12 juin de source judiciaire à Kigali. Les quatre officiers supérieurs rwandais ont été arrêtés pour leur responsabilité directe présumée dans l'assassinat des hommes d'église.
Rwanda ; L'enquête sur le rôle de la France dans le génocide dévoilée début juillet
2008-06-18
http://tinyurl.com/459bhu
L'enquête rwandaise sur le rôle de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda sera publiée début juillet, a annoncé le président Paul Kagame au cours d'une conférence de presse tenue le 18 juin. La Commission rwandaise chargée de cette enquête avait remis mi-novembre à M. Kagame son rapport de 500 pages contenant "divers témoignages recueillis sur la responsabilité du gouvernement français dans le génocide de 1994".
Rwanda : Deux officiers plaident coupable du meurtre d'hommes d'Eglise en 1994
2008-06-18
http://tinyurl.com/3smy7f
Deux des quatre officiers poursuivis par la justice rwandaise pour leur rôle présumé dans le meurtre en juin 1994 de 13 hommes d'Eglise, ont plaidé coupable lors de leur première comparution le 17 juin devant un tribunal à Kigal. Les capitaines John Butera et Dieudonné Rukeba ont plaidé coupable, tandis que le général Wilson Gumisiriza et le major Wilson Ukwishaka ont clamé leur innocenceion provisoire de leurs clients, arguant d'irrégularités dans l'arrestation et la mise en détention. Les quatre officiers étaient membres de la branche armée du Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion actuellement au pouvoir à Kigali).
Réfugiés & migration forcée
Cameroun : Des populations fuient Bakassi après une attaque armée
2008-06-18
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=66568
Plus de soixante-douze heures après l’attaque perpétrée le 9 juin, contre une embarcation camerounaise, des milliers de Camerounais et de Nigérians, sont en train de quitter Bakassi, par peur d’embrasement. Cette attaque avait fait au moins trois morts et six personnes disparue. Si du côté du Nigeria les populations riveraines « par peur de représailles de l’armée camerounaise » fuient la zone par centaines, on remarque également les mouvements des populations vers Douala et d’autres villes environnantes.
Libye : 40 clandestins morts et 100 disparus dans un naufrage début juin
2008-06-18
http://tinyurl.com/6lyvaf
Au moins 40 personnes ont péri et près de 100 sont portées disparues après le naufrage d'un bateau transportant des immigrés clandestins de la Libye à l'Italie,. Ce navire a sombré le 7 juin peu après son départ du port libyen de Zouweira. Les autorités libyennes ont informé l'ambassade égyptienne de ce drame le week-end passé, des ressortissants égyptiens faisant partie des naufragés.
RD Congo : De nombreuses Congolaises expulsées d'Angola victimes de viols
2008-06-19
http://fr.allafrica.com/stories/200806180361.html
Parmi les femmes qui arrivent dans les différentes régions de la province du Kasaï Occidental, faisant partie d'une nouvelle vague de quelque 27.000 personnes expulsées d'Angola, beaucoup ont subi des violences sexuelles, selon un représentant des autorités sanitaires locales. Selon le porte-parole de la mission des Nations Unies en RDC (MONUC), quelque 22.230 citoyens congolais expulsés d'Angola entre la fin du mois de mai et le 9 juin se trouvent actuellement entre Kahungua et Tembo, à quelque 95 kilomètres de la frontière angolaise.
Mouvements sociaux
Sénégal : Grève et service minimum à l’aéroport Léopold Senghor
2008-06-18
http://www.ferloo.com/spip.php?article788
Une grève des travailleurs de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique (ASECNA), engagée le 18 juin, a entraîné une diminution du volume du trafic aérien. En attendant que leur ministre de tutelle, daigne ouvrir les negations sur leurs revendications, les travailleurs de l’Asecna assurent le service minimum à l’aéroport Léopold Sédar Senghor.
Corruption
RD Congo : L'affaire de la séquestration de trois députés discrédite le Parlement
2008-06-18
http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2930&md=1
L’Assemblée nationale de la RD Congo a connu une fin de session parlementaire laborieuse le 14 juin. La motion portant séquestration de trois députés par un ressortissant libanais suscite désormais plusieurs interrogations sur les valeurs intrinsèques de certains élus, au-delà de toute la classe politique. Car avec cette affaire la magouille est mise à nu, jetant ainsi le discrédit sur les institutions nationales.
RD Congo : L'argent de Mobutu dort toujours à Bruxelles
2008-06-18
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4112
La Suisse ne sait plus très bien ce qu'elle doit faire des 8 millions de francs suisses (environ 5 millions d'euros) de l'ex-dictateur congolais Mobutu Sese Seko décédé en 1997 et qui dorment toujours dans ses banques. Berne se dit prête à restituer cet argent à la République démocratique du Congo (RDC), mais Kinshasa ne semble pour l'instant pas vraiment intéressée. L'an dernier, les autorités suisses avaient invité le gouvernement de la RDC à désigner un plénipotentiaire afin qu'une solution puisse être rapidement trouvée et que cet argent soit restitué au peuple congolais, mais Kinshasa ne semble pas encore avoir entrepris de démarches en ce sens
Développement
Global : Le Danemark veut faire de l'Afrique une priorité
2008-06-18
http://tinyurl.com/47479d
Le Danemark a mis en place une Commission pour l'Afrique. Il s’agit d’une plate-forme destinée à renforcer la priorité politique internationale en vue de promouvoir la croissance en Afrique, selon le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen. "Le travail de la Commission n'est pas de reproduire ce qui est en train de se faire mais de reproduire les meilleures pratiques et de nouveaux moyens innovants de créer pour les jeunes Africains des emplois favorisant la création de valeur".
Global : Espoirs et limites du rapport de Bourges sur la Francophonie
2008-06-18
http://tinyurl.com/3sew8n
Hervé Bourges a rendu le 4 juin son rapport sur la Francophonie. Il en ressort que cet ensemble souffre d’un de manque visibilité et d’ancrage dans les opinions, particulièrement en France. Pour corriger sa réputation d’organisation inefficace, impopulaire, Hervé Bourges plaide pour qu’on en fasse une « agora, sorte d’antichambre expérimentale pour la politique internationale ». Par ailleurs, si Hervé Bourges avance que « le français constitue une langue d’avenir », il n’en reconnaît pas moins l’affaiblissement.
Global : La Troisième Guerre mondiale a commencé, pour la survie
2008-06-18
http://tinyurl.com/5td2qy
La situation est simple : après quatre millions d'années d'évolution, après des millénaires de civilisation — l'humanité du 21ème siècle se retrouve à lutter pour sa survie. Les ressources planétaires font l'enjeu d'un combat sans merci entre les pays du monde entier. Et depuis quelques années, peu à peu, les foyers de conflits se multiplient. Bienvenue dans le monde de la Guerre de Survie. Se nourrir, se loger, se chauffer… vous n'en avez peut-être pas encore conscience, mais vos besoins de base sont menacés. Gravement.
Zambıe : Les agriculteurs déplorent l’interdiction d’exporter le maïs local
2008-06-18
http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=66448
Le Syndicat des agriculteurs de Zambie (ZNFU) a fait remarquer le 11 juin que l’interdiction faite aux agriculteurs d’exporter du maïs est la preuve que le pays n’exploite pas pleinement son potentiel agricole et décourage la culture de cette céréale. Le président de la ZNFU s’exprimait devant un parterre d’investisseurs internationaux lors d’une conférence sur l’investissement tenue à Lusaka. Le gouvernement a interdit les exportations de maïs pour assurer l’autosuffisance alimentaire dans le pays.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Les ratés du programme régional du sida
2008-06-18
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4107
Malgré les progrès remarquables réalisés par certains pays africains dans la prévention et le traitement du VIH/SIDA depuis 2000, quelque 14 millions d'Africains sont morts du SIDA dans ce laps de temps, et 17 millions d'autres sont infectés, indique un nouveau rapport sur le VIH/SIDA sur le continent. Selon le rapport ''Assurer notre avenir'' lancé lundi par la Commission sur le VIH/SIDA et la gouvernance en Afrique, la maladie réduit les capacités dans tous les secteurs sociaux et économiques, minant et retardant le développement général de la région.
Cameroun : La bilharziose se propage dans les villes
2008-06-18
http://tinyurl.com/66nnwz
Selon les autorités médicales camerounaises, la bilharziose, une maladie causée par une larve d'eau, qui provoque des lésions internes susceptibles d'être mortelles si elles ne sont pas traitées, est endémique à la fois dans les quartiers riches et pauvres de Yaoundé et d'autres villes, en raison de la mauvaise qualité de l'eau et des infrastructures d'assainissement. «Nous avons découvert que 32 pour cent des habitants de Mballa I-Dragage, un quartier résidentiel très chic situé à quelques minutes du centre de Yaoundé”, avaient contracté la bilharziose », a expliqué un responsable de la santé.
Éducation
Ghana: Les enseignants quittent les classes pour d'autres secteurs
2008-06-18
http://tinyurl.com/6lx4gt
Les professeurs expérimentés de mathématiques et de sciences du Ghana abandonnent l'enseignement pour des métiers plus rémunérateurs comme les banques et la santé. Cet exode vers d'autres professions s'explique les bas salaires en vigueur dans l'enseignement, précise la même source. ''Des propositions de changement des conditions de traitement des enseignants préconisées depuis belle lurette dorment dans les tiroirs'', déplore le secrétaire général de l'Association nationale des professeurs du Ghana.
Mali : Les examens de fin d'année sous menace de boycott
2008-06-18
http://tinyurl.com/5gxlcu
La Coordination des syndicats de l'enseignement secondaire (COSES) a menacé de boycotter les examens de fin d'année au Mali à l'issue d'un meeting tenu le 12 juin .Le mot d'ordre de boycott est maintenu pour tous les examens, y compris le baccalauréat". Il résulte, selon les syndicalistes, d'un rejet en " bloc" de l'ensemble des points de revendication qui, l'année dernière, avaient fait l'objet d'un accord avec le gouvernement malien.
Togo : Signature d'une convention sur l'établissement d'un institut Confucius
2008-06-18
http://tinyurl.com/49oqlo
Une convention de coopération sur l'établissement d'un institut Confucius à l'Université de Lomé a été signé le 17 juin à Lomé entre la Chine et le Togo. Selon la convention, les deux parties vont créer de façon coopérative un institut Confucius à l'Université de Lomé. L'institut va adopter diverses formes pour enseigner la langue chinoise, former des enseignants de chinois pour des écoles primaires et secondaires et des établissements de l'enseignement supérieur du Togo, donner des cours de chinois aux populations de divers milieux de la société togolaise, etc.
Racisme & xénophobie
Afrique du Sud : Xénophobie, violence, pourquoi ?
2008-06-18
http://renapas.rezo.net/article.php3?id_article=236
L’Afrique du Sud est sous le choc de la vague de violence qui a déferlé dans les townships, les condamnations de ces actes barbares fusent de toutes parts, les fantômes hideux du passé sont invoqués, mais au-delà de l’indignation et de l’émotion comment expliquer cette folie meurtrière ? Des analystes, des chercheurs et des dirigeants politiques donnent des pistes de réflexion.
Afrique du sud : Un Mozambicain brûlé vif dans un township
2008-06-18
http://tinyurl.com/5brjwm
Un ressortissant mozambicain a été brûlé vif le 14 juin par une foule dans un township de Pretoria, un mois après une vague de violences xénophobes en Afrique du Sud. "La victime, un homme de 30 ans de nationalité mozambicaine, a reçu des pierres avant d'être brûlé vif par des résidents du quartier de Brazzaville dans le township d'Atteridgeville", a déclaré à la police.
Mozambique : La crainte d'une révolte des rapatriés d'Afrique du Sud
2008-06-18
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4111
Graça Machel, l'ancienne Première dame du Mozambique, a mis en garde contre un éventuel soulèvement des dizaines de milliers de Mozambicains ayant fui les violences xénophobes en Afrique du Sud. S'exprimant à Maputo, à l'occasion d'une conférence régionale sur l'impact du nettoyage ethnique, Mme Machel, qui dirige l'une des ONG les plus respectées du pays, la Fondation pour le développement communautaire (FDC), a affirmé que les personnes qui étaient jusqu'ici rentrées d'Afrique du Sud bénéficient de l'assistance de leurs familles, mais risquent de se tourner bientôt vers le gouvernement pour solliciter son aide.
Environnement
Afrique : Khadafi appelle à dresser la "Muraille verte"
2008-06-18
http://tinyurl.com/6jze6d
Lutte contre la désertification en Afrique - le guide de la Révolution libyenne, Moammar Kadhafi, a prôné, mardi 17 juın à Cotonou, la mise en oeuvre effective du programme de la "Muraille verte" destiné à contrer les effets néfastes de la désertification en Afrique. Le programme de la "Muraille verte" vient en appui à des projets planifiés ou en cours d’exécution et exprime la forte volonté politique des Etats à consolider leurs actions nationales de lutte contre la désertification.
Zambie : Virage vers l'écotourisme
2008-06-18
http://tinyurl.com/5msgnm
La Zambie ambitionne de donner une meilleure place à l'écotourisme dans le pays, une nouvelle orientation qui découle de la prise en considération des conclusions d'une récente étude réalisée par le Forum consultatif des ressources naturelles (NRFC). L'étude, rendue publique le 15 juin, définit l'écotourisme comme une activité qui met en scène des touristes internationaux qui visitent des attractions touristiques nationals et mènent des activités axées sur la vie sauvage ou l'aventure.
Média & liberté d'expression
Cote d'Ivoire : Un collectif interpelle Gbagbo sur la disparition de Kieffer
2008-06-18
http://tinyurl.com/62yhj7
Un collectif de journalistes ivoiriens a "exhorté" le président Laurent Gbagbo à ne pas "banaliser" la disparition en 2004 du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, estimant qu'il est de "son devoir" d'aider à le retrouver. Ce collectif "prend acte des engagements" du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui a affirmé avoir parlé "au moins dix minutes" du dossier Kieffer, lors de son entrevue samedi 14 juin avec le président Gbagbo.
Mauritanie : Sale temps pour la presse
2008-06-18
http://tinyurl.com/6hqhyh
Trois organes de la presse privée nationale, parmi lesquels le Calame arabe, étaient convoqués au parquet, la semaine dernière, suite à diverses plaintes. Au cours du week-end du 12 au 14 juin, la pression est montée de plusieurs crans, avec l’interpellation et le placement en garde à vue du directeur de publication de l’hebdomadaire arabophone «Al Houriya». De retour d’un voyage présidentiel en Libye, il a été cueilli, au salon d’honneur de l’aéroport, par trois policiers en civil et conduit au commissariat spécial de police judiciaire de Tevragh-Zeina.
RD Congo: Le promoteur d'une télé privée interdit sur tous les médias
2008-06-18
http://tinyurl.com/5puo2m
Le promoteur de la chaîne privée Molière Télévision émettant depuis Kinshasa, a été interdit sur tous les médias congolais pour une durée de trois mois par la Haute autorité des médias (HAM). L'organe de régulation des médias congolais, qui a pris la décision le 16 juin, reproche à M. Nembalemba "sa rébellion contre les institutions de la République, des attaques personnelles à l'endroit des personnalités investies du pouvoir d'Etat, la dépravation des moeurs à travers les médias et l'incitation à la désobéissance civique".
Tunisie : Le syndicat des journalistes tunisiens dénonce des "entraves"
2008-06-18
http://tinyurl.com/4kwp3o
A peine six mois après sa création, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) s'est plaint le 18 juin de "pressions" qui, selon ses dirigeants, visent à "entraver" son action pour la défense de l'indépendance de la profession et des intérêts de ses quelque 800 affiliés. Ce syndicat, le premier du genre à voir le jour en Tunisie, a été constitué en janvier dernier à l'issue d'élections qualifiées de "démocratiques" qui ont donné la victoire à une majorité de candidats indépendants. Lors d'une conférence de presse, son président du SNJT a dénoncé les "manoeuvres" tendant à la création de "syndicats parallèles" au sein de nombre d'entreprises de presse.
Bien-être social
Rwanda : La fin des va-nu-pieds
2008-06-18
http://tinyurl.com/3u9j2d
Les Rwandais s'habituent peu à peu à porter des chaussures depuis que le gouvernement les a rendues obligatoires, il y a deux ans, pour des raisons d'hygiène. L'obligation pèse depuis la signature, en 2006, des contrats de performance entre le président de la République et les maires des districts. Lutter contre les maladies résultant de la saleté, les chiques, les blessures des pieds causés par les cailloux ou les objets tranchants… très répandues dans les villages. Mais tous ne s'y font pas.
Conflits & urgences
Côte d’Ivoire : Les relations s’améliorent avec la France
2008-06-18
http://www.mediaf.org/fr/medias/fiche.php?itm=2928&md=1
Pour la première fois depuis la tentative de coup d'État contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, en septembre 2002, puis la crise de novembre 2004 entre Paris et Abidjan, un chef de la diplomatie française a fait le déplacement à Abidjan, dans une tentative pour normaliser les relations entre les deux pays. Bernard Kouchner, qui était, le week-end dernier, en visite en Côte d'Ivoire, a déclaré : «une page est tournée dans les relations entre la Côte d'Ivoire et la France. Je suis optimiste sur l'avenir, les choses n'étaient pas imaginables il y a deux ans ».
Côte d'Ivoire: D'ex-combattants des forces nouvelles manifestent à nouveau à Bouaké
2008-06-18
http://fr.allafrica.com/stories/200806181155.html
Plusieurs ex-combattants des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) ont à nouveau manifesté le 18 juin à Bouaké. Selon des témoignages, les manifestants ont érigé des barrages sur les grandes artères de la ville, empêchant toute circulation normale. « Les soldats affirment qu'ils revendiquent le paiement des primes de regroupement. Ils ont bloqué les grands axes routiers, et le marché est fermé », a témoigné un habitant d'non loin du centre-ville, où ont eu lieu des manifestations.
Global : La crise s'enlise entre la RD Congo et la Belgique
2008-06-18
http://tinyurl.com/5dv4wv
Visiblement agacé d'être harcelé de questions sur la crise belgo-congolaise qui dure depuis plus de 50 jours, le Premier ministre, Yves Leterme, a lancé, le 12 juin, à un député belge : "Si le président Joseph Kabila veut me parler, il n'a qu'à m'appeler. Il a mon numéro de téléphone". Soucieux de voir la crise réglée entre Bruxelles et Kinshasa, des députés belges ont demandé au chef du gouvernement où en était cette affaire, au cours d'un débat au Parlement à Bruxelles.
Guinée : Des militaires traquent les policiers grévistes à Conakry
2008-06-18
http://tinyurl.com/6y7thg
Les militaires ont commencé, le mardi 17 juin, à traquer dans les rues de Conakry les policiers qui ont déclenché une grève pour réclamer, entre autres, des avancements en grades, des salaires substantiels. Les policiers réclament aussi la libération de leurs collègues emprisonnés à la Maison d'arrêt de Conakry depuis plusieurs mois pour "trafic de drogue", estimant que des soldats, qui ont encore du sang sur les mains à la suite de la grève générale de janvier et février 2007, ont été relaxés récemment.
Guinée : Au moins deux morts lors d'affrontements entre policiers et militaires
2008-06-18
http://www.gaboneco.com/show_article.php?IDActu=8331
Au moins deux policiers ont été tués et des dizaines de personnes blessées le 17 juin à Conakry lors d'affrontements entre des policiers, en grève pour une augmentation de leurs salaires, et des militaires. Selon une source militaire, une centaine de policiers ont été arrêtés par des militaires et emmenés au camp Alfa Yaya Diallo, le plus grand du pays, situé près de l'aéroport international. Des militaires avaient donné l'assaut en fin de matinée, le 17 juin contre les locaux de la Cmis, où s'étaient regroupés les policiers grévistes.
Tchad : La force d’interposition européenne prise à partie
2008-06-18
http://tinyurl.com/4dqkcy
« Nous sommes en droit de nous interroger sur l’efficacité de cette force et l’utilité de sa présence au Tchad », a souligné,16 juin, le président tchadien Idriss Deby. Il critiquait l’attitude passive de la force européenne Eufor-Tchad-Centrafrique, qui s’est contentée de procéder à quelques tirs de sommation, alors que les rebelles ont entamé une nouvelle offensive le 11 juin contre les forces de N’Djaména. L’amertume de M. Déby exprime surtout ses inquiétudes personnelles : au pouvoir depuis 1990, il est régulièrement menacé par une rébellion abritée par le Soudan. En février dernier, il aurait probablement été renversé, si la France – et ses moyens militaires sur place – ne l’avait soutenu.
Tchad : L'armée affirme avoir remporté une bataille décisive dans l'est
2008-06-18
http://tinyurl.com/6caysj
L'armée tchadienne a affirmé le 18 juin avoir remporté à Am Zoer (80 km au nord-est d'Abéché, est) une "victoire décisive" qu'elle présente comme devant mettre fin à l'offensive des rebelles qui sillonnent l'Est du Tchad depuis une semaine. L'objectif affiché des rebelles est de se rendre à N'Djamena, comme ils l'avaient fait les 2 et 3 février, étant alors à deux doigts de renverser le régime du président Idriss Deby Itno. Lors de cette offensive dans l'est, ils ont successivement pris Goz Beida, Am Dam, Biltine et Am Zoer sans jamais chercher à les conserver longtemps.
Internet & technologie
Afrique : Les SMS au secours des droits de l’homme
2008-06-18
http://tinyurl.com/6l6ezb
Comment utiliser les nouvelles technologies pour faire avancer la cause de la démocratie et des droits de l'homme en Afrique ? Cette question est au cœur de la réflexion de nombreux militants, activistes et membres de la société civile. La récente crise politique kenyane a été un "laboratoire " intéressant. C'est ainsi que le site Ushahidi est né, dont les visiteurs pouvaient localiser, sur une carte du Kenya, les régions les plus explosives. Dès lors, il devenait plus difficile de massacrer à huis clos. Lors des dernières violences à caractère xénophobe en Afrique du Sud, Ushahidi a fait un petit: le site United For Africa.
Maroc : Le SMS passe le Bac
2008-06-19
http://fr.allafrica.com/stories/200806180839.html
Le 17 juin, en milieu de journée, le site du ministère marocain de l'Education nationale a été «hacké» par deux importants providers de la place. La raison : empêcher que le nombre prévisible de «hits» d'élèves en quête de résultats du Baccalauréat, ne le fasse «planter». Au lieu et place de la « homepage » de ce département, un «fishing» concocté par Casanet et Ménara et, partant, par Maroc Telecom, une entreprise dont le capital n'est nullement détenu par l'un des départements ministériels marocains, mais bel et bien par la toute française Vivendi Universal.
Tunisie: Symposium sur les tic et l'education
2008-06-19
http://tinyurl.com/4gngwh
À l'initiative du gouvernement tunisien, un symposium réunira, les 26 et 27 juin 2008, à Tunis, environ 200 experts et spécialistes du secteur des nouvelles technologies de l'information et celui de l'éducation, ainsi que des ministres de divers pays francophones autour du thème : « Les Tic au service de l'éducation ». Le symposium de Tunis aboutira à l'adoption d'une Déclaration finale et d'un plan d'action. Cette rencontre s'inscrit dans la continuité du Sommet mondial sur la société de l'information (Genève 2004 et Tunis 2005) auquel la Francophonie a apporté une contribution élaborée dans le cadre de la Conférence ministérielle de la Francophonie sur les technologies de l'information (Rabat, 2003).
Cours, séminaires, & ateliers
54 diplômes via l’Agence universitaire de la Francophonie
2008-06-18
http://www.auf.org/formation-distance et http://foad.refer.org
L'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) propose pour la cinquième année consécutive un ensemble de formations ouvertes et à distance et offre des allocations d'études à distance aux meilleurs candidats sélectionnés par les universités, selon des critères élaborés par son Conseil scientifique.Une priorité est notamment accordée, à qualité scientifique égale, aux candidatures féminines. Cette année, une priorité serait accordée aux formations à distance relevant des domaines de la santé et de l'enseignement (pédagogie, usage des technologies).
Fin des périodes d'appels à candidatures :
- le 4 juin pour les diplômes débutant en octobre 2008 et
- le 31 août pour les formations commençant en janvier 2009.
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
http://www.fahamu.org
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ISSN 1753-6839

EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004