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Pambazuka News 73: Les scandales caché des industries extractives
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Résumé de l'Édition Portuguaise, 5. Arts & livres, 6. Zimbabwe, 7. Moniteur de l'Union Africaine, 8. Femmes & genre, 9. Droits humains, 10. Réfugiés & migration forcée, 11. Mouvements sociaux, 12. Elections & gouvernance, 13. Développement, 14. Santé & VIH/SIDA, 15. Éducation, 16. Racisme & xénophobie, 17. Environnement, 18. Média & liberté d'expression, 19. Bien-être social, 20. Conflits & urgences, 21. Emploi
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Les scandales caché des industries extractives
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Les défis de l’industrie minière mondiale.
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : Célébration du 400e numéro de Pambazuka News ?
RESUME DE L’EDITION PORTUGAISE : L’Angola, 33 ans après.
ARTS ET LIVRES : Les pays d’Afrique de l’Ouest mobilisés contre la piraterie des œuvres d’art.
ZIMBABWE : Tsvangirai dénonce un blocage sur le partage des pouvoirs.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : L’UA réitère son soutien au président déchu.
FEMMES ET GENRE : Des femmes franchissent le pas vers le pouvoir local.
DROITS HUMAINS : Cameroun : Lettre à M. Biya pour sauver le pays d’une dérive.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Angola ; Rapatriement de 228 émigrants illégaux.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique du Sud : L’ANC au bord de la scission.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Prévision de ralentissement économique.
CORRUPTION : Mali : Démission d’un ministre en rapport avec une enquête de l’UE.
DEVELOPPEMENT : Afrique du Sud : Le développement retardé par la crise financière interntionale.
SANTE ET VIH/SIDA : Afrique : Le Sénégal et le Libéria interdisent la vente de produits laitiers chinois.
EDUCATION : Togo : La gratuité de l’école n’est pas synonyme de dérive, avertit un ministre.
RACISME ET XENOPHOBIE : Afrique du Sud ; Meurtre xénophobe contre une famille somalienne.
ENVIRONNEMENT : Côte d’Ivoire : Le procès des déchets toxiques suspendu.
MEDIAS & LIBERTES D’EXPRESSION : Côte d’Ivoire : Autre rebondissement dans l’affaire Kieffer.
BIEN-ETRE SOCIAL : Rd Congo : L’énergie solaire bientôt dans les maisons.
CONFLITS ET URGENCES : Congo : Environ 1 200 Congolais cherchent refuge dans le Sud Soudan.
Chroniques
Les scandales cachés des industries extractives
2008-10-12
Tidiane Kassé
http://www.pambazuka.org/fr/category/features/51180
De certains pays africains, on a pu dire qu’ils sont des scandales géologiques. Mais que ce soit la bauxite de la Guinée, l’or du Mali, le diamant de la Rd Congo, le cuivre de la Zambie ou l’uranium du Niger, les richesses du continent ont plus nourri des scandales et conduit à des drames multiformes, que favorisé le développement de ses populations. De sorte que les industries extractives passent pour faire le malheur des peuples plutôt que leur bonheur, alors que les richesses profitent à des intérêts bâtis dans l’opacité.
Dans une opacité entretenue par un réseau de complicités et de corruption, mais aussi du fait de l’incapacité des gouvernants à mettre en place des politiques respectueuses de l’intérêt national, des multinationales pillent le continent. Une situation que leur facilite des Etats déliquescents, mais surtout une opinion publique pas assez informée des scandales qui se perpétuent pour pouvoir se mobiliser dans la défense des intérêts nationaux. Et les pillages se perpétuent impunément jusqu’à ce que les drames commencent à éveiller les consciences. C’est avec la rébellion touarègue qu’on a commencé à ouvrir les yeux sur les conditions d’exploitation de l’uranium au Niger. On sait que guerre au Libéria a été longtemps nourrie par les «diamants du sang». Ailleurs, sous d’autres formes, les populations africaines souffrent de vivre sur des terres «trop riches pour elles» et qui assouvissent des appétits peu soucieux de leurs intérêts.
Pour permettre «l’accès et la diffusion d’une information fiable et indépendante, destinée aux citoyens en général et aux communautés affectées en particulier, à chaque étape du processus d’exploitation des ressources naturelles (exploration, mise en exploitation, gestion et redistribution des revenus)», l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) a organisé, du 6 au 10 octobre, un atelier de formation de journalistes sur les industries extractives. Quinze journalistes du Mali, du Niger et du Sénégal y ont pris part. L’activité s’inscrit dans le cadre d’un programme de promotion de l’information sur les industries extractives. Elle va se prolonger par une campagne médiatique destinée à informer davantage et mieux sur le sujet, à poser les enjeux liés à ce secteur dont l’importance économique n’a d’égal que les effets déstabilisateurs multiformes dans les pays où il se développe.
Cette campagne prend en charge un thème qui sera sans doute un des axes phares dans les débats qui seront soulevés à l’occasion du prochain Forum social africain (FSA) prévu au Niger, du 20 au 25 novembre 2008. Le débat a souvent été agitée à l’occasion du FSA, mais il devrait prendre cette fois une dimension plus importante, au regard du niveau de mobilisation de la société civile nigérienne sur la question des industries extractives.
Pour les besoins de la formation des journalistes, des experts sur les questions relatives aux industries extractives ont fait différentes communications et mis à la disposition des journalistes des documents devant les aider à avoir une meilleure compréhension des enjeux, afin mieux informer les opinions publiques. Cette édition de Pambazuka News vous propose quelques textes présentés à cette occasion. Notamment sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux de ces industries.
* Tidiane Kassé est le rédacteur en chef de l’édition française de Pambazuka News
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Les impacts économiques et sociaux des industries extractives
2008-10-11
Moussa K. Traoré
http://www.pambazuka.org/fr/category/features/51173
Parler des industries extractives en Afrique de l’Ouest est un exercice assez difficile et délicat. Difficile dans la mesure où plusieurs étapes ont ponctué l’extraction minière en Afrique de l’Ouest. Pour cette raison, plusieurs lois et règlements ont été adoptés pour harmoniser / réglementer l’extraction minière. Tantôt les lois ont été dissuasives, tantôt elles ont été laxistes, tantôt elles sont dites attractives. Parfois il n’y avait même pas de lois et il a fallu en «fabriquer» pour faire face aux urgences du moment. C’est donc dire qu’à certains moments, la loi a été antérieure et /ou postérieure à l’implantation de l’industrie extractive. Cela induit du coup une diversité d’avantages et d’inconvénients.
En raison du fait que les mines ne sont pas ouvertes en même temps et que les méthodes extractives diffèrent, chaque pays voulant se monter plus attractif que l’autre, il s’en est suivi une diversité de textes sur l’industrie extractive, parfois au détriment même des codes miniers. Pour cette raison, les conséquences et impacts des industries extractives se mesurent selon les pays.
Le fait est important parce que depuis quelques décennies les industries extractives sont en train de prendre un essor fulgurant, pour devenir le principal pourvoyeur de fonds des budgets de nos Etats. Si autrefois la majorité des revenus budgétaires de nos Etats provenaient du secteur primaire (agriculture, élevage, pêche), actuellement la tendance est renversée. Nos pays sont confrontés à plusieurs difficultés et contraintes internes et externes qui freinent l’impulsion du secteur primaire.
Les revenus autrefois provenant du secteur primaire sont en train d’être substitués par ceux tirés de l’industrie extractive et autres formes d’extractions. Or il n’est un secret pour personnes que l’industrie extractive s’adosse à d’énormes intérêts, notamment financiers, à ramifications multiples. Pour cette raison, dans nos pays, selon les humeurs des gouvernants, l’implantation des industries extractives passe par des tractations, des négociations, des entrevus, des démarches qui ne sont pas toujours transparentes, connues des administrations à plus forte raison des populations.
Avec les revenus immenses tirés ou attendus des industries extractives, les attentes des populations sont énormes vis-à-vis des gouvernants. Malheureusement, l’implantation des industries extractives semble une « malédiction » pour nos pays en général et pour les zones d’implantation des mines de façon spécifique.
Le constat est sombre : les populations des zones minières souffrent ; elles ont faim et soif. La faune et la flore sont décimées. L’environnement est laminé (le paysage lunaire fait son apparition et s’installe). Les us et coutumes sont transgressés. La pauvreté et la misère deviennent endémiques. Les maladies et les perversions deviennent monnaie courante. Bref, l’avenir devient hypothéqué dans les zones d’implantation des industries d’extractives. Après l’industrie extractive, c’est le désarroi total.
Alors, les questions fondamentales qui se posent sont les suivantes :
- Sur quelles bases, critères et conditions, les grandes compagnies minières sont-elles autorisées à s’implanter chez nous ?
- Quels sont les impacts réels de l’implantation des industries minières chez nous ?
- Quels sont les avantages que nos populations, nous gouvernements tirent réellement de l’implantation des industries minières dans nos pays ? autrement dit à qui profite réellement l’implantation des industries extractives chez nous ?
Quelles sont les dispositions prises après le départ des compagnies d’industries extractives ? etc.
Autant de questions qui viennent renforcer l’aspect délicat/ critique de notre thème. Car dans les réponses à chacune des questions se trouvent partout. Elles se trouvent auprès des compagnies d’industries extractives, des institutions internationales et nationales, de nos populations, de nos cadres, de nos responsables, de nos gouvernants.
1 - Rappels sommaires du contexte des industries extractives en Afrique de l’Ouest, spécifiquement au Mali
Pour un rappel, il est bon de savoir que l’extraction minière ne date pas que du 20e siècle en Afrique de l’Ouest. En effet, l’extraction minière a été de tout temps pratiquée partout en Afrique de l’Ouest sous ses différentes formes traditionnelles. C’est ainsi que depuis l’empire du Ghana / Ouagadou (6e ou 7ecsiècle) qui couvrait une partie de l’actuel Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, les écrits anciens parlent déjà à cette époque des parures et attributs en or des souverains. En Côte d’Ivoire et au Ghana, les parures en or des Ashantis et de l’impératrice Pokou des Baoulés, prouvent que ses peuples connaissaient l’or. En Guinée, au Mali, au Sénégal, couvrant l’ancien empire manding, les exploits de l’empereur Kankou Moussa ont montré que la localité était prospère en or. Il en était de même quand à l’usage de l’or au niveau de l’empire Songhoi ( Mali, Niger, Nigeria, Bénin etc) et du Royaume Mossi du Yatenga.
C’est donc dire que partout en Afrique de l’Ouest, il existait une forte tradition d’orpaillage traditionnel. C’est avec l’invasion coloniale et l’implantation des comptoirs que datent les ambrions de compagnies minières chez nous. Donc, on peut dire que c’est avec l’histoire de la colonisation qu’est apparue, en Afrique de l’Ouest, l’extraction minière sous sa forme industrielle telle que nous la connaissons de nos jours. Elle a débuté dans les pays anglophones, notamment au Ghana, avec l’or du pays ashanti. Dans les pays francophones elle a débuté en Guinée par le fer puis plus tard avec la bauxite.
Après un temps d’accalmie, entre 1960 et 1990, nous assistons, depuis quelques décennies, à la croissance exponentielle des industries extractives dans la sous région ouest-africaine. Pratiquement, aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, il n’existe aucun pays qui ne dispose de son industrie extractive.
Par exemple, au Mali, entre 1994 et 2007, environ 150 permis d’exploitations ont été délivrés aux compagnies nationales et étrangère, plus de 25 autorisations d’exploitation ont été délivrées, plus de 200 permis de recherche ont été délivrées. Dans les conditions normales, cette croissance en nombre devrait être parallèle à celle du développement de nos Etats et de nos populations, notamment celles qui se trouvent dans les zones d’emprise des industries extractives.
La production d’or du Mali est passée de moins d’une tonne vers les années 1980 à plus de 50 tonnes vers les années 2007. Les recettes perçues de l’exploitation minière sont passées de moins de 10 milliards en 1995 a plus de 300 milliards en 2007. La part des recettes minières dans le montant total des recettes budgétaires est passée de moins de 1 % vers 1989 à 3% en 1993, puis à presque 18 % en 2007. Pour le cas du Mali, l’or a pratiquement remplacé le coton et cela est quasiment similaire dans tous nos pays de la sous-région. C’est donc dire que la part des recettes de l’exploitation industrielle est en train de remplacer celles des cultures de rente dans nos Etats.
Paradoxalement, le développement de nos Etats ne semble point refléter les quantités d’argent perçues. Du coup, on est en droit de se poser la question de savoir pourquoi l’industrie extractive ? Tenter de répondre à cette question revient à essayer de faire ressortir les impacts des industries extractives pour nos pays. Par exemple tout le monde au Mali se pose la question de savoir : «Que gagnons nous dans cette affaire d’or ?»
L’une des premières réponses est que, selon une petite enquête, ce sont les mêmes compagnies provenant de certains pays qui se retrouvent partout sous divers noms selon les zones d’extraction. Pour éviter de se faire découvrir, les compagnies ont trouvé le subterfuge de donner le nom du lieu de découverte du minerai ou de quelque chose d’important du pays à la société d’exploitation là ou elle est implantée. Ainsi, la même compagnie peut se retrouver sur toute l’étendue d’un même territoire à l’insu des profanes en la matière.
La plupart des compagnies qui évoluent dans la sous région ouest-africaine sont les mêmes. Elles utilisent toutes les combinaisons possibles, d’un pays à l’autre. La plupart des compagnies qui évoluent dans notre sous-région sont originaires des pays suivants : Afrique du Sud, France, Etats Unis, Canada, Angleterre (avec l’Afrique du Sud, les Etats Unis ou le Canada interposés), la Russie, l’Australie, la Suisse, la Corée du Sud, la Chine.
Il ne faut point occulter le fait que les compagnies sont adossées à de véritables réseaux bancaires, dont les ramifications se retrouvent partout dans nos pays et jusque dans le tréfonds des institutions internationales.
2 - Impacts économiques des industries extractives en Afrique de l’Ouest et spécifiquement au Mali
L’industrie extractive a des impacts, et non des moindres, sur les économies de nos pays. Ses impacts se font ressentir et sont perceptibles à plusieurs niveaux, dont les revenus, les emplois, l’expropriation des populations, les déplacements des populations, la santé, l’environnement, l’éducation, la culture, le cadre de vie de façon générale.
Impacts (économiques) sur les revenus
En matières d’mpacts sur les revenus, l’extraction industrielle révèle des aspects à la fois positifs et négatifs qu’il faut savoir percevoir et comprendre. D’abord, il est important de savoir que les revenus tirés de l’exploitation industrielle proviennent :
- des recettes perçues au moment de la constitution compagnies
- des recettes perçues au moment de la délivrance des divers permis, autorisations d’exploration et d’exploitation
- des recettes douanières lorsque la durée de vie de la compagnie s’allonge au delà de 03 a 05 ans
- des recettes perçues comme prise de part de nos états dans le capital des compagnies 18 % maximum sur injonction de la Banque Mondiale
- des impôts et taxes perçues sur les salaires et émoluments des travailleurs nationaux
- de certaines taxes pour la formation professionnelle
- de la TVA pour certains produits achetés généralement sur le marché national, etc.
Par contre, il y a de sérieux manques à gagner de la part de nos Etats en raison des exonérations totales ou partielles, temporaires ou permanentes. Ses aspects concernent :
- les impôts fonciers généralement sur au moins 3 ans
- les impôts sur les bénéfices Industriels et commerciaux sur entre 5 et 10 ans
- les impôts sur les revenus des valeurs mobilières, durant toute la durée de la convention
- les contributions des patentes sur 3 à 5 ans
- les taxes sur les véhicules automobiles : 3 à 5 ans
- la taxe sur les biens de mains morte : 3 à 5 ans
- les taxes sur les prestations de service : 3 à 5 ans
- les droits d’enregistrement, à la phase de recherche a généralement : 3 à 5 ans de l’année de production
- les droits de timbre : 3 à 5 ans
- les taxes d’assurance : 3 à 5 ans
- les acomptes sur divers impôts et taxes : 3 à 5 ans
- les droits de douanes sur les équipements de production : 3 à 5 ans, à partir de leur date d’acquisition
- les droits fiscaux à l’importation : 3 à 5 ans
- les divers prélèvements communautaires : 3 à 5 ans
- la TVA : 3 à 5 ans à l’importation
- la TVA à l’exportation : 3 à 5 ans
- les impôts et taxes pour admission temporaire du matériel et équipements : 3 à 5 ans
- l’amortissement fiscal des frais de recherche et développement : souvent prévu sur 10 ans
- le coût de restauration du site : souvent laissé au bon vouloir de la compagnie – même si un taux est prévu .
- les incitations au réinvestissement : peuvent atteindre 27 à 30 % de la valeur du carreau de la mine généralement il peut aller jusqu’à 50 % du bénéfice net sous forme de provision d’un fond de reconstitution de gisement
- l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux : généralement les compagnies négocient cette exonération selon les conventions.
Compris dans ce sens, on peut valablement avancer que les manques à gagner, en termes de revenus, sont de loin supérieurs au gain de nos Etats. En effet, les différentes exonération peuvent constituer jusqu'à 60 à 70 % des revenus tirés de l’exploitation minière durant les trois premières années de l’exploitation industrielle.
En termes de revenu, les exploitations industrielles, notamment les compagnies minières, redistribuent des revenus énormes par an dans nos pays. Par exemple la mine d’or de Sadiola, au Mali, a versé en 1998 :
- environ 2 milliards de FCFA comme taxes d’INPS sous forme de part
patronale à l’emploi
- environ 1 milliard de FCFA comme taxe de contribution a la formation de
l’employé
- plus de é2 milliards de FCFA comme IGR sur les salaires
- presque 5 milliards de FCFA comme total des taxes sur les salaires
- la mine de Sadiola, à elle seule, a contribué pour presque 18 milliards comme
redistribution ou reversement directs à l’économie nationale.
En plus de ces reversements officiels, les industries extractives contribuent, au niveau de leurs localités, sous formes d’apports, en termes de construction des écoles, routes, ponts, centre de santé, achats de médicaments, d’équipements sanitaires, etc
Les industries extractives contribuent sans conteste à l’essor de redistribution de revenus dans nos pays. Cependant le gros problème réside dans :
- la non création d’activités pérennes permettant aux populations de survivre après l’industrie extractive ;
- le non investissement dans des actions productives pérennes capables de permettre aux populations de gagner des revenus décents durant la phase d’exploitation ;
- généralement le non recrutement des populations autochtones parmi les travailleurs permanents des industries extractives ;
- le déguerpissement des populations de leurs lieux de survie habituelle pour les affecter ans des milieux souvent inadaptés voire hostiles ;
- le fait que généralement les pertes des populations sont calculées sur l’immédiat, tandis qu’elles vont s’étendre désormais pour l’éternité à partir de l’après industrie ;
- les manques à gagner des générations futures qui ne sont ni calculées, ni pris en compte dans les gains à percevoir durant la phase d’implantation et d’exploitation des industries extractives. Même quand cela est imposé par les institutions internationales, comme ce fut le cas avec le pétrole du Tchad, nos gouvernants sont les premiers à transgresser, à fouler au pied de telles dispositions )
Impacts (économiques) sur les emplois
En terme d’emplois, les industries extractives créent plusieurs formes d’emplois. On retrouve :
- les emplois directs permanents ou temporaires sur les sites et rémunérés par les compagnies ;
- les emplois indirects sous formes de prestations de services offerts à l’industrie extractive par des opérateurs privés ;
- la création/ implantation de plusieurs prestataires de services qui peuvent être formels ou informels, dans la mesure où la mine entraîne un très fort déplacement des populations et de nouveaux besoins.
- l’implantation des infrastructures et administrations qui accompagne l’industrie extractive et que l’Etat lui-même est obligé et qui crée des emplois permanents.
Cependant, l’analyse de l’impact des industries extractives en termes d’emplois devrait se faire en rapport avec les populations autochtones. Là, on se rend à l’évidence que :
- 97 % du personnel pris en charge par l’industrie extractive provient d’autres contrées ;
- plus 60 % du personnel est non originaire du pays/ de la localité d’implantation de l’industrie extractive ;
- moins de 10 % du personnel sont composé de femmes. Et quand les femmes sont embauchées, c’est pour occuper des postes de sous emploi, secrétaires, cuisinières, employées de maison, etc. A titre d’exemple, pour toutes les mines d’or du Mali, et jusqu’en 2003, il n’ y avait qu’une seule femme employée en qualité d’ingénieur. D’ailleurs, son salaire était de loin inférieur a celui de ses collègues hommes. Pourtant plusieurs femmes sortent chaque année de la célèbre école des ingénieurs du Mali !
- Avec l’industrie extractive, les emplois habituels de survie (agriculture, élevage, pêche, chasse, etc) sont perdus par les autochtones, sans en créer d’autres pour elles en contre partie. La perte est sèche et très sèche alors.
Impacts (économiques) en termes d’expropriation
Dans nos pays, l’Etat est le propriétaire de la terre. Pour cette raison, il en attribue l’usufruit à qui de droit selon les circonstances et dans des conditions qu’il détermine.
Malgré le fait que nos gouvernements soient signataires des diverses conventions, concernant les droits des hommes et des populations, malgré l’existence de lois dans nos pays en matière de protection des hommes et de leurs biens, malgré l’existence de lois et coutumes dans nos villes et villages, malgré la signature des divers accords sur l’environnement, malgré nos Constitutions, etc., nos gouvernements procèdent à l’expropriation souvent forcée des détenteurs des lieux. Plusieurs conflits naissent suites aux méthodes et procédures d’expropriation, notamment à cause de l’excès de zèle de la part de nos cadres et autorités chargés de la mise en application des résolutions en la matière.
Dans certains cas, malgré les dispositions prises par les compagnies, l’appât du gain aidant, les mesures d’expropriations se font avec assez de discriminations. Par exemple, à Sadiola, lors du recensement pour l’expropriation, les veuves concessionnaires sans maris avaient été sciemment exclues du lot. De tels cas sont fréquents.
Impacts (économiques) en matière de déplacement des populations
Quand le besoin se fait sentir, les populations sont déplacées et/ déguerpies, selon les cas sans dédommagements convenables. D’ailleurs, dans la majorité des cas, les populations ne sont informées ou impliquées qu’au moment de l’installation des compagnies : les études sont menées à leur insu, les contrats son signés à leur insu et les autorisations sont données à leur insu. Ce n’est que quelque temps avant l’implantation de la compagnie qu’il leur est proposé de nouveaux sites de recasement, des indemnités pour leurs habitats, champs, pâturages, etc.
Alors, au risque de tout perdre, les populations sont parfois obligées d’accepter les propositions faites. Par exemples, dans la commune de Sadiola, quarante-trois villages ont été directement concernés par les déplacements liés à l’implantation de la mine. A Fourou, pour les mines d’or de Syama, cent vingt et un villages étaient concernés, soit environ 200 000 habitants.
Généralement, les promesses faites aux populations ne sont pas toutes tenues. Des écoles promises ne sont pas construites ou mal construites ; les habitats promis ne respectent pas les données climatologiques de la localité ; il n’y a pas d’adduction d’eau potable ou leur nombre est insuffisant ; le centre de santé promis ne répond pas aux normes ; les terres de cultures perdues ne sont pas récupérées ailleurs ; les zones cultivables ne sont pas aménagées, etc.
Le déplacement et le recasement des populations reste un véritable casse-tête au moment des implantations des industries extractives. Ils sont source de conflits et de frustrations de tous ordres. Malheureusement, nos autorités et cadres affectés pour la cause sont à la fois laxistes et corruptibles ce qui ne facilite point encore une certaine équité de la chose.
3 - Impacts social des industries extractives en Afrique de l’Ouest et spécifiquement au Mali
Sur le plan social, l’industrie extractive a des impacts non des moindres au plan social sur les populations.
Impacts sociaux sur la santé
En implantant leurs sociétés extractives, généralement les compagnies implantent des centres de santé à l’intention des populations riveraines. Il arrive aussi que sur demande des autorités locales, l’industrie extractive apporte, de temps à autres, son concours au centre de santé de la localité sous forme de donations en ambulances, médicaments, appareils médicaux, moustiquaires imprégnées produits lors des vaccinations généralisées, etc. Mais, généralement, ces centres sont sous équipés et offrent tout juste le minimum de services tandis qu’a l’intérieur de la compagnie l’hôpital dispose d’un plateau technique qui n’a rien à envier aux grandes structures modernes de l’occident.
Lors d’une de nos visites à Sadiola et à Syama, les médecins étaient très fiers de nous dire que leurs matériels étaient si performants, qu’il leur était possible d’effectuer des opérations à cœur ouvert. C’est donc dire jusqu’où peut aller la perfectionnement des hôpitaux des industries extractives. Pendant la même période les centres de santé de Syama et de Sadiola manquaient cruellement de médicaments essentiels.
Avec les industries extractives, certaines maladies autrefois méconnues des populations prolifèrent de façon exponentielle. Par exemple, avec les cas des mines d’or, nous avons assisté au une augmentation vertigineuse des cas d’IST et MST, de VIH /sida, de maladies pulmonaires, de maladies diarrhéiques, d’avortements, etc.
Impacts sociaux sur l’éducation
L’ouverture des industries extractives avec le déplacement des populations, est accompagnée de construction d’infrastructures scolaires. Les autorités locales peuvent aussi, dans le cadre de leurs programmes de développement local, solliciter l’appui de l’industrie pour la construction de salles de classes dans plusieurs localités. Ce fut le cas à Sikasso, par exemple.
Généralement des écoles modernes et équipées sont construites. Les industries extractives aident, dans la majorité des cas, ne serait ce que les premières années, à la prise en charge de certains frais. Par exemple à Sadiola et à Syama, la mine a assuré la prise en charge des salaires de certains enseignants sur plusieurs années, procédé chaque années à l’achat de fournitures scolaires et de matériels didactiques à l’intention des élèves et des enseignants, assuré l’électrification solaire des salles de classe pour permettre aux élèves de réviser durant les nuits, octroyé des moyens de déplacement durant les fins d’années pour acheminer les élèves sur les lieux d’examen
Dans les conditions normales l’ouverture des industries extractives devrait accroître les taux de scolarisation et de fréquentation scolaire. Dans la réalité l’ouverture d’industries extractives entraîne le phénomène contraire. En effet, la cherté de la vie accompagnant l’implantation des mines, les parents déscolarisent leurs jeunes garçons pour essayer de les faire embaucher auprès de la compagnie. N’ayant pas un niveau scolaire, les enfants déscolarisés de façon précoce vont plus tard augmenter le lot des sans emplois après la fermeture de l’industrie extractive. Les jeunes filles sont enlevées de l’école par leurs parents pour en faire soit des bonnes chez les travailleurs de l’industrie extractive, soit des aides de leurs parents. A la longue il s’en suit des grossesses non désirées, des MST, IST et autres maladies.
A la longue, on se rend finalement à l’évidence que ce sont les enfants des travailleurs de l’industrie extractive ou d’autres travailleurs arrivés avec l’industrie qui parviennent à étudier convenablement. Après la fermeture de l’industrie extractive, les populations locales se retrouvent avec des salles de classes dépeuplées et des infrastructures dont l’entretien exige des montants hors de leur portée. Les industries extractives sont un problème pour la réussite scolaire des enfants des localités d’extraction. Quand arrive l’après industrie extractive, les localités font l’objet de désolation en terme de personnes humaines, en terme de niveaux scolaires pas du tout élevés chez les garçons, à plus forte raison chez les jeunes filles.
Impacts sur les us et coutumes
L’ouverture d’une industrie extractive est très souvent accompagnée d’une forte concentration de populations venant d’horizons divers. Du coup des personnes, avec des diversités culturelles, des croyances différentes, des traditions, us et coutumes totalement opposés sont contraintes de tout partager.
Généralement, dans les localités d’implantation des industries extractives certaines attitudes s’installent. Ce sont la prostitution, la prolifération des bars, débits de boissons et des maisons closes, la prolifération de la délinquance juvénile, des vols, des violences et autres effets pervers sociaux, le coût de l’habitat qui devient élevé, la cherté de la vie qui s’installe, etc.
L’industrie extractive peut être qualifiée de monstre de la transformation sociale négative. Mais elle n’est pas totalement négative pour les populations. Elle s’accompagne aussi de l’entrée des progrès scientifiques et techniques permettant d’accroître les commodités de vie des populations. Par exemple l’implantation des compagnies minières a accéléré l’accès des localités de Sadiola et de Fourou aux NTIC et à leurs accessoires, au système bancaire et financier, à l’accroissement du transport routier, etc
Impacts sur la quiétude sociale et les foyers
Généralement les statistiques ne sont pas toujours disponibles dans ce domaine. Cependant, il nous a été donné de remarquer qu’avec l’implantation des industries extractives la quiétude sociale est perturbée. Au niveau des foyers, il y a une instabilité liée au déséquilibre éducationnel, affectif due à l’absence prolongée de l’un des conjoints. Les vertus cardinales du mariage et de l’éducation des enfants sont foulées au pied. La seule chose qui compte est la force de l’argent. Tout est fait en se disant qu’un jour ou l’autre « je m’en irai d’ici à la fin de mon contrat »
Les divorces sont fréquents, les pères alcooliques ou ivrognes deviennent nombreux. L’infidélité s’installe à cause de la puissance de l’argent. Certains comportements ne deviennent plus répréhensibles, moralement et socialement proscrits, honteux. L’argent devient le moteur de la vie sociale. Travailler au sein de l’industrie extractive devient une sorte de privilège qui place certains hommes au-dessus d’autres. Les valeurs sociales et morales disparaissent.
4 - Conclusion
Si les industries extractives sont des sources de revenus pour nos gouvernants, qu’elles font beaucoup, elles peuvent faire davantage. C’est pourquoi la nécessité d’un contrôle citoyen s’impose sur l’usage et la destination des revenus générés par les industries extractives. Un dialogue croisé, c'est-à-dire la communication, l’information sont indispensables afin de permettre aux populations victimes de bénéficier des retombées de la dégradation de leur cadre de vie.
Certaines dispositions sous forme de cadre de concertation des pays de l’Afrique de l’Ouest permettront à nos Etats de faire face à la puissance des compagnies minières. Plusieurs voies, méthodes et moyens dont la presse sont nécessaires pour arrêter la gabegie actuelle de nos richesses nationales en commençant par celles extractives. Les compagnies sont unies pour extraire nos richesses c’est unis aussi que nous sauront tirer profit de notre sol et sous sol.
* Moussa K. Traoré est consultant économiste-financier malien - Bureau d’Expertise en Management
et Conseils en Entreprise
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Commentaires & analyses
Les défis de l’industrie minière mondiale
2008-10-12
Keith Slack
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/51185
L'exploitation minière est à la fois l’une des plus vieilles industries du monde et l’une des plus importantes pour l’économie de nombreux pays en développement. Compte tenu du niveau record des prix des minéraux tels que l'or et le cuivre, son importance et son influence ont augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières années. L’exploitation minière industrielle à grande échelle présente un large éventail de défis économiques, sociaux et environnementaux pour les gouvernements et les communautés locales riveraines des sites où elle se déroule (…)
Caractéristiques de l’exploitation minière moderne
L’exploitation minière moderne se fait sur une très grande échelle. Elle implique l'excavation d’énormes mines à ciel ouvert qui peuvent atteindre jusqu'à 4 km de large et 1,5 km de profondeur. Les déchets miniers constitués par la roche extraite non utilisée dans le processus d'exploitation sont empilés en blocs massifs, pouvant atteindre 100 m de haut dans certains cas. Dans l'exploitation de l'or, le minerai extrait des puits est pulvérisé avec une solution de cyanure pour extraire l'or de la roche environnante. Les résidus de traitement connus sous le nom de "tailings" sont un autre sous-produit de l'exploitation minière. Ceux-ci sont entassés dans d’énormes bassins qui peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres de profondeur et des centaines de mètres de longueur.
L’or produit dans les mines lointaines est souvent transporté hors de la mine à bord de petits jets privés qui atterrissent sur des pistes construites sur le site minier lui-même. Dans certaines mines de cuivre, celui-ci est transporté à travers un gazoduc vers des installations portuaires situées à des centaines de kilomètres de la mine.
Les mines sont généralement exploitées par des sociétés basées en Australie, au Canada, aux États-Unis ou en Europe. On peut énumérer parmi les plus grandes entreprises, BHP-Billiton, AngloAmerican, Barrick Gold et Newmont. A côté de ces grandes entreprises, il existe des milliers de petites entreprises dites "junior", qui ont seulement un projet dans leur portefeuille. Beaucoup d’entres elles sont basées au Canada, où elles ont facilement accès aux capitaux à la Bourse de Toronto. En général, ces petites entreprises font le travail préliminaire sur un site minier (exploration, études de faisabilité), avant de vendre les droits relatifs au projet à une grande entreprise qui a la capacité d’exploiter effectivement la mine.
Au cours des dernières années, les sociétés minières occidentales ont dû faire face à une concurrence accrue des entreprises chinoises, qui recherchent énergiquement des minéraux pour soutenir le développement de l’économie chinoise. Les entreprises chinoises ont ainsi été actives en Amérique Latine, en Asie et, en particulier, en Afrique.
Les préoccupations environnementales
L'exploitation minière est l’une des industries les plus polluantes du monde. Selon l’inventaire des rejets toxiques des Etats-Unis, elle est de loin l’industrie qui produit le plus de produits chimiques toxiques dans le pays. Ainsi, les produits chimiques toxiques utilisés dans l’exploitation minière, notamment le cyanure, peuvent se répandre dans les eaux souterraines et de surface qui sont à proximité des sites miniers, tuant les poissons et rendant l'eau impropre à l'irrigation ou la consommation. Au Ghana, les fuites de cyanure ont été un problème chronique. Elles ont détruit les cours d'eau et contribué au développement de problèmes de santé au sein des communautés locales vivant à proximité des mines.
Pareillement, dans le cadre du processus de fusion d’or, les mines produisent d'énormes quantités de mercure qu’elles rejettent dans l'air. Celui-ci peut contaminer le sol, l'eau et l'air à des centaines de kilomètres de la fonderie. Le mercure est une neurotoxine puissante, en particulier pour les enfants. L'exposition à ce produit peut causer d'importants troubles neurologiques de même que des problèmes de développement. Il s’agit notamment des déficits d'attention et de langage ainsi que des troubles de la mémoire, de la vision et des fonctions motrices.
L'un des plus graves problèmes environnementaux que causent les importants sites miniers est appelé "le drainage acide minier". Il s’agit du processus chimique par lequel les résidus miniers contenant des sulfures produisent de l'acide sulfurique, une fois exposés à l'air libre et à l'eau. Cet acide infiltre les nappes phréatiques et les eaux de surface, tuant la vie végétale et animale, tout en rendant l'eau inutilisable pour quelque fin que ce soit. En outre, une fois ce processus de génération acide entamé, il est impossible à arrêter. Si les eaux acides peuvent être traitées, cela doit être fait à perpétuité. Or, de nombreux pays en développement n'ont pas les ressources nécessaires pour réaliser cette opération.
Dans certains pays de la région Asie/Pacifique, les sociétés minières déversent leurs résidus liquides directement dans les rivières locales et/ou l'océan. Ces méthodes d'élimination sont appelées "dépôts de résidus miniers subaquatique" et sont très controversées. Elles sont interdites aux États-Unis et au Canada en raison de la réglementation sur la qualité de l'eau. Les sociétés minières font valoir que la technologie est sans danger et que dans les régions d’instabilité sismique, elle est plus sûre que le stockage des résidus liquides sur terre. Les scientifiques n'ont cependant pas définitivement prouvé que ces méthodes d'élimination ne posent pas de risques à long terme pour l'environnement et la santé humaine.
En 2006, la société américaine Newmont Mining Corporation a versé une indemnisation de 30 millions de dollars au gouvernement indonésien, à la suite d’accusations de pollution relatives à l'immersion de déchets dans une baie de l'océan. Selon les communautés locales, cela aurait causé de graves problèmes de santé.
L'exploitation minière requiert d’énormes quantités d'eau dans le cadre du processus de traitement des minerais. Les mines doivent aussi pomper de l'eau hors du sol (ou "assécher") afin de prévenir l’inondation des puits. Une mine aux États-Unis pompe 380 000 mètres cubes d'eau souterraine par jour. Pareillement, dans une région du Chili, la demande d'eau de l'industrie minière s'élève à 20 000 litres par seconde.
Pour effectuer une réglementation efficace de l’activité d'exploitation minière, les organismes gouvernementaux doivent disposer d'un corps de professionnels qualifiés et bien formés, ayant accès à toutes les informations pertinentes nécessaires pour faire leur travail efficacement. Malheureusement, dans de nombreux pays en développement, les gouvernements n’ont pas vraiment la capacité d’effectuer un contrôle efficace sur l'industrie minière. Dès lors, il est très difficile pour eux d’essayer de faire en sorte qu'un projet minier se conforme aux lois environnementales. Même aux États-Unis, où il existe une importante Agence de protection de l'environnement, l'exploitation minière a été à l’origine de très graves problèmes environnementaux.
Les préoccupations sociales
L'introduction d'une grande exploitation minière dans une communauté rurale peut souvent avoir un énorme effet perturbateur. Un grand nombre de personnes peuvent être physiquement déplacées par l'opération et être contraint de se réinstaller dans des zones inconnues, inhospitalières et dépourvues de ressources. Les sociétés minières amènent souvent avec elles des employés allogènes aux valeurs culturelles différentes de celles de la communauté locale. Ceci peut également entraîner des perturbations de l'ordre social existant. Par ailleurs, l'exploitation minière est souvent liée à une augmentation significative des taux de prévalence du VIH/Sida, de l'alcoolisme, de la prostitution et de la violence familiale.
D’importants problèmes liés aux droits de l'Homme sont fréquemment associés aux projets d'exploitation minière à grande échelle. Dans certaines circonstances, les populations locales ont subi des atteintes aux droits humains commises soit par les forces de sécurité des compagnies minières, soit par les forces de sécurité du gouvernement agissant à la demande des sociétés minières. Au Ghana, des mineurs artisanaux ont été battus et tués par les forces de sécurité des compagnies minières. En Indonésie, les communautés autochtones vivant près de la grande mine de Grasberg ont été victimes de viol, de torture, de détention et de meurtres commis par l'armée indonésienne.
Les peuples autochtones sont souvent victimes des effets négatifs de l'exploitation minière. Généralement, ils reçoivent peu d'information sur les avantages et inconvénients des projets miniers. En outre, ils n’ont pas d’influence significative sur la mise en œuvre desdits projets. Dans certaines situations, les peuples autochtones peuvent considérer la création d'une mine comme une menace à leur survie culturelle.
Au cours des dernières années, les protestations sociales liées à l'exploitation minière ont augmenté de façon spectaculaire. Au Pérou, d'après les estimations du gouvernement, il y a aujourd’hui plus de 45 conflits sociaux liés à des projets miniers. Cette augmentation des conflits reflète le développement de l'exploitation minière, en raison de la volonté des sociétés minières de tirer profit des prix élevés des minéraux. Parfois, les protestations des communautés indigènes et les conflits ont forcé les sociétés minières à modifier ou à abandonner complètement leurs projets dans certaines zones. Ce fut le cas à Tambogrande au Pérou, où les protestations locales ont forcé le gouvernement à refuser d’accorder un permis à une société minière canadienne. Il en a résulte une perte de 60 millions de Dollars US pour ladite société.
Dans ce contexte, les militants et les communautés locales en appellent de plus en plus aux compagnies minières pour qu’elles démontrent qu'elles ont un "permis social d'exploitation». En d'autres termes, les sociétés minières doivent non seulement avoir un droit légal à une concession accordée par le gouvernement mais, elles doivent également démontrer que leur présence est acceptée par la communauté locale. Les sociétés minières devraient respecter le droit des communautés à un "consentement libre, préalable et éclairé", autrement dit, ne pas engager leur exploitation sans le consentement exprès de la population locale.
L’économie de l’exploitation minière
L'exploitation minière peut être extrêmement rentable pour les sociétés minières. En effet, les prix de minéraux étant actuellement à des niveaux élevés, les sociétés minières ont généré des profits record. Malheureusement, la plupart des gouvernements tirent peu de profit de l'exploitation des mines dans leur pays en raison des importants avantages fiscaux accordés afin d'attirer les investissements miniers. Dans certains cas, cela signifie que les pays reçoivent peu ou pas du tout d'impôt sur le revenu des entreprises minières, jusqu'à ce que celles-ci aient récupéré leur investissement initial. Cette période de franchise fiscale peut durer au moins cinq ans. Certains projets non rentables ne génèrent pas des recettes fiscales du tout pour les gouvernements.
Il existe deux principaux types de taxes d'exploitation minière:
1- les taxes sur le profit, qui sont prélevées sur les bénéfices que les sociétés minières tirent des minéraux qu’elles extraient ;
(2) les redevances, qui sont établies sur le volume de minerai extrait, mesuré par exemple en onces d'or ou en tonnes de cuivre.
Les sociétés minières préfèrent payer les taxes sur les bénéfices plutôt que les redevances, car ces dernières sont indépendantes des coûts et des prix du marché. Certains pays appliquent des redevances nulles ou très faibles (1 a 3%) pour attirer l'investissement minier.
Dans les années 1990, de nombreux pays en développement tributaires de l'exploitation minière, ont réformé leurs secteurs miniers afin d'attirer les investissements étrangers. Ces réformes ont souvent été menées à la demande de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. De nombreux pays ont ainsi privatisé leurs sociétés minières publiques et procédé à une réduction de l’imposition et des taux d’imposition du secteur. Cela s'est produit à une période au cours de laquelle les prix des minéraux étaient faibles. L’on croyait alors que de telles mesures étaient nécessaires pour inciter les entreprises étrangères à investir dans des pays où les risques étaient plus élevés.
Toutefois, aujourd'hui, de nombreux gouvernements procèdent à la révision des concessions minières accordées à cette époque et revendiquent une plus grande part des bénéfices issus de l’exploitation. Certains gouvernements ont demandé la renégociation des contrats miniers ainsi que l'augmentation des taxes et redevances. La Zambie, l'un des principaux producteurs de cuivre, en est un exemple.
Les exploitations minières ont tendance à être des "enclaves" isolées du reste de l'économie nationale. Dans la plupart des cas, très peu d'activité économique «en aval» se développe autour de l'exploitation minière. Cela est en grande partie dû au fait qu'il n'est généralement pas rentable de développer des produits à plus grande valeur ajoutée dans les pays où les minéraux sont extraits. Ainsi, il s’avère moins cher d'expédier le cuivre de Zambie vers la Chine pour être transformé en fil de cuivre, plutôt que de construire une usine de transformation sur place. Dans le même ordre d'idées, l'industrie minière à grande échelle exige relativement peu de main-d'oeuvre. Parfois, seules quelques centaines de personnes sont nécessaires pour exploiter une grande mine. Ainsi, les avantages de l'exploitation minière en termes de création d'emplois ont tendance à être assez minimes.
A cause de son manque d’intégration avec les autres secteurs économiques et de son taux relativement faible de création d'emplois, le bénéfice global qu'un pays tirera de son secteur minier se limitera presque exclusivement aux recettes fiscales. Dès lors, il est d'autant plus important que celles-ci soient gérées de façon adéquate transparente par les gouvernements. C’est pour cette raison que ces dernières années, la publication par les sociétés minières de leurs paiements aux gouvernements est devenue un sujet majeur de développement international.
Ces préoccupations ont conduit à la création de l’Initiative pour la Transparence des industries Extractives (ITIE). Elle rassemble des gouvernements, des entreprises et des organisations non gouvernementales afin d’examiner et de publier sur un plan national les revenus que les gouvernements reçoivent des sociétés minières et pétrolières.
Un autre sujet de préoccupation qui a émergé au cours des dernières années dans les secteurs pétrolier et minier, est celui des contrats de production signés entre les gouvernements et les sociétés pétrolières et minières. Ces contrats déterminent habituellement le montant des recettes que le gouvernement va tirer d'un projet donné. Ils contiennent parfois des clauses dites "de stabilisation", qui servent à "geler" les lois et règlements qui s’appliquent à une entreprise tout au long de la mise en oeuvre d'un projet. Ces clauses visent à protéger les intérêts des investisseurs contre les modifications arbitraires des lois et règlements pertinents après la signature d’un contrat. Malheureusement, elles ont également l'effet pervers d'exonérer lesdites entreprises de l’observance des nouvelles réglementations qu'un pays pourrait adopter en matière de Droits de l'Homme et de protection de l'environnement, après la signature d'un contrat de production avec une entreprise.
Les économistes ont constaté que la dépendance économique à l'exploitation minière est associée à une variété de problèmes socio-économiques y compris le faible taux d'éducation, la baisse des niveaux de soins de santé et la plus grande propension aux conflits et à la guerre civile. Cela peut être attribué à la facilité avec laquelle les revenus tirés des ressources naturelles peuvent être manipulés par les gouvernements et dirigés vers des usages peu constructifs. La concurrence entre factions armées pour le contrôle des ressources minérales peut être également être un moteur de violents conflits, comme cela a été le cas en République Démocratique du Congo.
* Keith Slack, Directeur du programme Industries Extractives à Oxfam-America - Réalisé en collaboration avec l’Institute for Policy Dialogue
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L’impact de l’activité minière et les exigences de protection de l’environnement
2008-10-11
Souleymane Dembélé
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/51172
Comme les autres activités de l'homme, l'industrie minière pose aujourd'hui des problèmes d'environnement très aigus. La difficulté majeure que pose l'approche des problèmes de l'environnement dans l'industrie minière vient de l'extrême diversité des situations rencontrées, ce qui implique des solutions particulièrement variées, faisant souvent appel à des compétences et à des technologies très spécifiques, le plus souvent inexistantes dans les pays en voie de développement.
Du secteur minier informel à la petite mine mécanisée, jusqu'aux grands projets industriels, il existe une gamme très large d'activités minières. Dans chaque cas, la sensibilité aux nuisances susceptibles d'être causées à l'environnement et les capacités techniques des sociétés minières sont des aspects très variables alors que les risques environnementaux sont parfois très convergents.
Les différentes législations minières prévoient dans leurs dispositions la prise en compte de l'aspect environnemental dans l'exécution des projets industriels. Malheureusement force est de constater que les services géologiques nationaux ne disposent ni de moyens ni de spécialistes capables d'appréhender tous les aspects liés à l'étude et à la protection de l'environnement minier. Face à la matérialisation et à l'intensification de ces problèmes, il devient urgent d'intégrer désormais les exigences de la protection de l'environnement dans la politique de relance du secteur minier dans les pays africains. Il s'agira de concilier la nécessité d'une production minière, génératrice de revenus et d'emplois pour l'économie nationale, et le désir légitime de maintenir un environnement sain dans nos pays.
Cet article se propose de faire une analyse sommaire de l'impact de l'activité minière sur l'environnement et d'ouvrir un débat sur les stratégies à adopter pour une gestion améliorée de l'environnement, aux différents stades de la recherche et de l'exploitation minière,
I. – Impacts environnementaux liés à la phase de prospection
Beaucoup de techniques de prospection, comme la géophysique aéroportée, les levés géologiques ou géochimiques, les travaux miniers légers, etc., ne causent pas de dommages majeurs à l'environnement.
D'autres méthodes peuvent générer des impacts environnementaux mineurs qui sont réglables le plus souvent par l'application de mesures de correction et/ou de mitigation. Il s'agit par exemple des essais d'échantillonnage gros volume, des tests métallurgiques, des essais de traitement, etc. En phase d'exploration, on se préoccupera notamment des impacts liés aux opérations suivantes:
Impacts liés à l'ouverture des voies d'accès : La principale atteinte à l'environnement causée par la plupart des opérations de prospection est la perturbation du relief due à la construction de routes et de plates-formes de sondage, et à l'utilisation de matériels lourds. En effet, l'acheminement du matériel lourd sur le site de travail, constitué en général d'ateliers de forage, de tarière mobiles ou d'équipements logistiques divers, peut affecter l'environnement si le site est localisé dans une zone écologiquement sensible, comme par exemple une forêt classée, un site archéologique, un habitat naturel d'espèces protégées, etc. Mais ces perturbations sont relativement mineures par rapport à celles de l'ensemble d'un projet minier
Impacts liés au camp de prospection : Les camps de prospection qui peuvent être fixes ou mobiles, regroupent en général beaucoup de personnes et peuvent constituer des sources de pollution potentielles pour l'environnement, à travers la production de déchets ménagers et d'eaux usées. Dans ces camps, l'on veillera, comme pour toute autre activité humaine, à éviter de dégrader ou de polluer le site et à le remettre en état après l'arrêt des activités.
Impacts liés aux travaux d'exploration proprement dits : Comme indiqué plus haut, les levés géologiques classiques et l'échantillonnage géochimique, n'engendrent pas d'impacts majeurs sur l'environnement. Toutefois, dans le tracé des profils et la matérialisation des points de prélèvement, l'on veillera à la protection des sites archéologiques traversés et à la sauvegarde des plantes en voie d'extinction.
- Les tranchées et les ouvrages miniers sont souvent utilisés en prospection, en particulier dans les zones sans affleurements. Ces ouvrages qui peuvent fragiliser le sol et le couvert végétal, ne peuvent être exécutés qu'après accord des services techniques ou de l'administration. On prendra soin de limiter leur importance dans la mesure où ils resteront utiles aux objectifs de la prospection. Leur largeur peut être réduite au minimum pour permettre à un géologue d'y faire les levés nécessaires. Après leur documentation, les tranchées seront comblées en utilisant le matériel excavé laissé à proximité.
- En exploration par forages, dès lors qu'on exécute un nombre important d'ouvrages pour reconnaître les caractéristiques d'un gisement, on peut créer des drains artificiels qui peuvent avoir des effets sur le système hydrogéologique local ou régional. Les sondages devront donc être réalisés en respectant le site et l'eau nécessaire devra être prélevée sans nuire aux usages existants. Il importe de prendre en considération les nappes traversées par le sondage et d'étanchéifier les passages du trou dans l'aquifère, pour éviter de les mettre en communication. A la fin de chaque sondage, le site sera remis en état et la sortie du trou sera obturée ou cimentée.
- Dans les travaux géophysiques, l'utilisation de certaines méthodes comme la sismique, par exemple, impose l'observation des réglementations concernant l'utilisation des explosifs (tant vis-à-vis du personnel que vis-à-vis des populations environnantes). Comme la sismique en exploration minière est presque toujours sous-traitée à des compagnies spécifiques, celles-ci connaissent en général tous les règlements liés à sa mise en oeuvre.
2 - Impacts environnementaux liés aux travaux de faisabilité
L'étude de faisabilité ne se limite pas à la seule confection d'un rapport technico-économique. Un tel rapport en est la conclusion et la synthèse qui démontrent la fiabilité technique de l'exploitation et sa rentabilité. Beaucoup de travaux doivent donc être effectués pour recueillir les do~nées qui seront nécessaires à un tel rapport. Les impacts associés à ces activités peuvent affecter les ressources hydrauliques, le sol et le couvert végétal, l'habitat naturel, la faune et parfois les sites archéologiques d'intérêt culturel.
Dans la plupart des cas, les impacts majeurs liés aux travaux de faisabilité doivent être analysés dans une note d'évaluation environnementale où des mesures correctives appropriées sont proposées pour leur mitigation. Parmi ces travaux qui peuvent générés différents impacts, on citera, entre autres:
Les sondages : Les travaux de faisabilité exigent en général l'exécution de nombreux sondages à maille serrée pour estimer les réserves. Les risques d'atteinte à l'environnement liés à la réalisation de ces ouvrages sont généralement constitués par les boues de forage. En effet, l'eau est l'agent de forage utilisé dans la prospection des métaux communs. Le matériau broyé par le trépan est remonté à la surface par l'eau. Lorsque leur décantation n'est pas complète, les boues de forage peuvent poser des problèmes environnementaux. L'eau de forage étant dans la plupart des cas recyclée, il est indispensable que les boues soient parfaitement décantées. Les sondages effectués pour des études hydrogéologiques ou géotechniques génèrent des impacts comparables et sont donc soumis aux mêmes contraintes.
Les travaux miniers : Les excavations, les puits, les descenderies, travers-bancs ou galeries souterraines, sont susceptibles d'avoir une influence nettement plus grande sur l'environnement que les sondages. Ces ouvrages miniers, qu'ils soient souterrains ou aériens, doivent être menés en tenant compte de l'environnement et en suivant les directives administratives qui sont d'ailleurs les mêmes.
Les essais de traitement : Les essais de traitement sont des opérations minières qui aboutissent à la définition d'un procédé technologique, nécessitant le prélèvement de plusieurs dizaines de tonnes de minerais et l'utilisation de produits chimiques pour la détermination des procédés technologiques. Au cours de ces essais, l'impact le plus important est surtout l'utilisation des produits chimiques qui, s'ils ne sont pas contrôlés peuvent avoir des effets sur la faune, la flore et sur les ressources hydrauliques.
3 - Impacts environnementaux liés à la phase d’exploitation
Parmi les impacts prévisibles associés à l'exploitation d'une mine, qu'elle soit à ciel ouvert ou par carrière, on retiendra les perturbations et les déséquilibres qui sont susceptibles d'affecter non seulement l'écosystème air-eau-sol, mais également l'environnement humain et socioculturel. On retiendra, entre autres :
Perte de la végétation naturelle et de l'habitat de la faune : Les activités minières, à cause de l'ouverture des carrières, de l'utilisation d'engins lourds et d'autres types de machines, sont susceptibles d'entraîner un important déséquilibre de l'environne:ment naturel, en affectant la végétation locale, l'habitat naturel et la vie animale.
Dégradation du sol et du couvert végétal : Les activités minières sont susceptibles d'entraîner un déboisage massif avec comme conséquences, une accélération des phénomènes d'érosion, la perturbation de la diversité biologique et du couvert végétal, des glissements de terrain ou des affaissements de sols. Ces impacts sont classés dans la catégorie des impacts majeurs et sont généralement associés à l'exploitation minière par carrière.
Perte de vue panoramique : L'exploitation minière par carrière à ciel ouvert engendre le déplacement d'importantes quantités de roche, de stériles ou de déchets qui sont déposés au-dessus du sol sous forme de terrils, entraînant des impacts visuels et la création « d'aspect lunaire» dans tout le paysage. Ces impacts qui sont inhérents à l'exploitation elle-même, sont corrigés dans certains cas par des travaux de restauration et de réhabilitation des sites. Les grandes excavations des mines à ciel ouvert, les terrils et les installations de surface sont souvent autant de plaies qui défigurent le paysage. Les aménagements annexes tels que voies d'accès, embarcadères, pistes d'atterrissage, lignes électriques, etc., peuvent aussi être particulièrement offensants pour la vue, tant pendant l'exploitation qu'après la fermeture de la mine.
Changement de la qualité des ressources hvdrologiques : L'industrie minière rejette plusieurs milliers de tonnes de stériles et de résidus chaque année. La majeure partie de ces rejets provient de l'exploitation de dépôts sulfurés desquels sont extraits l’or. Ces résidus miniers sont exposés à l'air et à l'eau, où ils s'oxydent en présence de certaines bactéries, comme le thiobacillus ferrooxidans. Les eaux de ruissellement entraînent avec elles ces produits de l'oxydation, de l'acide sulfurique et des métaux sulfurés nouvellement formés, les libérant dans l'environnement sous forme de drainage acides. Ce phénomène aboutit à la formation d'eaux acides qui véhiculent des métaux lourds dont certains sont particulièrement dangereux pour la santé humaine et animale. Ces effluents acides peuvent atteindre la nappe souterraine et entraîner ainsi une contamination des eaux profondes.
Par ailleurs, d'autres effets sur les eaux superficielles et/ou profondes situées dans le voisinage d'un gisement, peuvent entraîner des modifications des débits du système hydraulique local ou apporter des changements dans la qualité des eaux (Ph, anions et cations, matières en suspension,, etc...);
Bruits et vibrations : Les sources de bruit dans l'industrie minière se répartissent principalement entre les installations fixes, l'équipement mobiles des opérations d'exploitation et celui des opérations de transport. Les installations fixes recouvrent une vaste gamme d'équipements dont les concasseurs, les cribles, les broyeurs, les compresseurs, les ventilateurs, les ateliers et les points de chargement.
Effets de souffle : L'un des effets indésirables des tirs est d'induire à proximité des déplacements de surface dont l'ampleur est fonction de la distance au point de tir, de l'énergie libérée par les explosifs et des conditions géologiques locales.
Affaissement de terrains : En exploitation souterraine, l'excavation de matériaux est une cause potentielle de mouvements de terrain et donc de déformations de la surface. Les circonstances dans lesquelles ces phénomènes peuvent se produire sont très variables. Les principaux paramètres en sont la géométrie, la méthode d'exploitation, la nature du gisement et des morts terrains. Dans de nombreux cas, la prise en compte des lois de la mécanique des roches permet une prévision qualitative relativement fiable des risques d'affaissement.
Les dégâts potentiels consécutifs à un affaissement sont notamment des fissures majeures en surface, capables d'endommager sérieusement bâtiments et installations. Ces fissures discontinues peuvent être de largeur variable de quelques millimètres à plusieurs mètres, ou une déformation continue de la surface, par exemple une cuvette d'effondrement. Un déplacement uniforme ne provoque que rarement des dégâts importants. Les déplacements différentiels peuvent jouer sur J'écoulement des eaux de surface, modifier la pente des routes, des voies ferrées, des conduites d'eau ou de gaz, etc.
Lors de l'abandon des exploitations à ciel ouvert, d'importants effondrements des flancs de fosse peuvent survenir. On recommande de ménager un périmètre de sécurité autour des fosses abandonnées. Un certain nombre d'organismes ont publié des directives relatives à ces périmètres et autres mesures de sécurité, qui sont en général adaptées aux conditions géologiques et climatiques locales.
Pollutions : L'exploitation minière peut provoquer une contamination de l'air par les poussières résultant de la fragmentation et du déplacement des roches, et par les gaz issus de l’utilisation d'explosifs. L'utilisation d'explosifs, de générateurs électriques et d'engins de terrassement constitue une source de nuisances sonores dans l'exploitation minière. Dans le cas des gisements aurifères par exemple, le traitement du minerai est réalisé en général par attaques chimiques diverses. Il s’agit de procédés essentiellement basés sur la cyanuration et l'utilisation d'autres produits chimiques très toxiques. Bien que réalisés dans des cuves, ces procédés peuvent avoir pour conséquence, une émission de dioxyde de soufre dans l'air et une dispersion plus ou moins importante de cyanure dans les bassins de décantation.
Les effets sur l'environnement de ces produits cyanurés peuvent être particulièrement dangereux si des infiltrations se produisent à partir du bassin à rejet. La gestion du bassin à boues et des produits chimiques constitue l'un des impacts environnementaux les plus importants dans les mines industrielles exploitées à ciel ouvert. Les mesures de mitigation qui sont envisagées dans la plupart des cas, devront permettre d'assurer une sécurisation de ces installations et de minimiser les dangers potentiels pour les humains, la flore et la faune
Risques d'accidents : Une mine en activité ou même abandonnée peut être une source d'accidents liés à la circulation d'engins lourds ou à l'émanation de gaz toxiques. Ceci est particulièrement le cas pour les mines de charbon où les principaux gaz susceptibles d'être rencontrés sont le méthane (CH4), le gaz carbonique (CO2), du monoxyde de carbone (CO), le sulfure d'hydrogène (H2S) et l'azote. Ces gaz ou mélanges de gaz sortant d'un puits peuvent présenter des risques d'asphyxie, de toxicité, d'inflammabilité ou d'explosion.
Les risques d'explosion dépendent de plusieurs paramètres et en particulier, de la composition du mélange gazeux, de la violence de la source d'inflammation, du confinement du mélange, des obstacles qui peuvent induire des turbulences, etc. L'application des mesures de protection collective et/ou individuelle et le respect des normes de sécurité et d'hygiène, sont en général les moyens les plus utilisés dans les mines pour circonscrire ces risques d'accidents professionnels.
4 - Impacts sociaux liés à l’exploitation
Déplacement involontaire des populations : Les activités minières sont susceptibles d'entraîner un déplacement involontaire des populations de leur lieu d'origine vers de nouveaux sites, créant de ce fait, des effets sociaux perturbateurs sur les familles et les résidents autochtones. Les projets miniers qui déplacent involontairement des populations donnent en général lieu à de sérieux problèmes économiques, sociaux et environnementaux. Des systèmes de production sont démantelés; les biens de production et les sources de revenus sont perdus ; les populations sont déplacées dans des zones où leur capacité de production peut être inadaptée et où la concurrence pour les ressources sont plus rudes. Les structures communautaires et le tissu social peuvent être affaiblis ; les groupes d'affinités peuvent être dispersés; l'identité culturelle et l'autorité traditionnelle peuvent être perturbées.
Le déplacement involontaire peut donc être source de difficultés à long terme en entraînant un appauvrissement des populations touchées et causer des dégâts à l'environnement.
Afin de faire face à ces contraintes, la planification du déplacement des populations est généralement régulée par des directives spécifiques, dont l'application est désormais exigée par certaines institutions internationales, comme la Banque Mondiale, la SFI, la BAD, etc. L'objectif de telles directives est de s'assurer que les populations déplacées par un projet, en reçoivent des avantages avec la fourniture de ressources et d'opportunités suffisantes pour partager les bénéfices du projet.
Impacts liés à la fermeture des mines
Les sites miniers sont généralement situés dans des zones où ils constituent la principale ressource économique. Leur fermeture a donc des répercussions socio-économiques importantes. La gestion de l'après-midi et la reconversion de la main-d'oeuvre et des sous traitants locaux doivent donc être programmées, en étroite collaboration entre la compagnie minière, les populations concernées, le gouvernement et les autorités locales.
Impacts liés à l’exploitation minière par drainage
Le développement du potentiel minier a entraîné une diversification de la recherche aurifère dans plusieurs pays africains, à travers l'utilisation des dragues à succion. Cette opération qui se pratique principalement en lit vif sur des fleuves et rivières, comprend essentiellement trois étapes, à savoir le dragage ou l'extraction du gravier minéralisé du fond de la rivière, le lavage du gravier et la récupération de l'or par amalgamation du concentré.
L'extraction de l'or par la voie chimique d'amalgamation, constitue l'impact négatif le plus redoutable dans les opérations de dragage. En effet, entre 50% et 70% de la quantité d'or totale extraite par dragage sont faits par amalgamation au mercure. Le point d'ébullition du mercure est de 357°C, mais il a une légère tendance à s'évaporer à la température ambiante. D'après les normes de l'OMS, le seuil maximum toléré est de 4 microgrammes/litre et à partir de 50 microgrammes, le mercure devient très toxique et son inhalation peut entraîner des troubles neurologiques et des lésions cérébrales grave s; ce qui constitue des préjudices pour la santé des hommes.
En chauffant l'amalgame sur feu ouvert, le mercure est évaporé et peut contaminer l’air ambiant. Par ailleurs, le mercure perdu par amalgamation peut pénétrer dans le réseau de drainage et provoquer une contamination de la chaîne alimentaire, à travers les poissons.
Dans certains pays d'Amérique latine, l'utilisation du mercure a atteint des seuils écologiques irréversibles dus aux déversements de mercure dans l'air et dans le sol. Ces conséquences écologiques sur l'environnement naturel sont, pour la plupart, imputables à l'extraction artisanal de l'or par amalgamation. Les risques liés à l'amalgamation et à la manipulation du mercure constituent donc des dangers potentiels aussi bien pour l'homme que pour les ressources naturelles que l'on se doit d'éviter. Les mesures de protection environnementale liées à l'utilisation du mercure doivent viser à réduire les risques de déversement et d'évaporation de cette substance dans l'eau et dans l'air.
Pour ce faire, il est recommandé l'utilisation d'appareil appelé Cornue, spécialement conçu pour minimiser l’impact de l'amalgamation sur l'environnement. Le principe de base de cet appareil est basé sur la distillation du mercure et sa récupération par refroidissement dans un système étanche et fermé. Testé avec succès dans plusieurs pays miniers d'Afrique, la Cornue est un appareil qui permet non seulement d'augmenter le rendement jusqu'à 12%, mais aussi d'empêcher l'échappement des vapeurs de mercure dans l'atmosphère et dans le milieu environnant, lorsqu'on chauffe le concentré d'amalgame contenant de l'or.
D'utilisation facile et très pratique, la sécurité fonctionnelle et l'étanchéité de la cornue fait de cet appareil, l'instrument le plus fiable recommandé dans l'extraction aurifère par amalgamation.
5 - Impacts environnementaux liés à l’exploitation artisanale
Impacts écologiques
L'exploitation artisanale se pratique dans beaucoup de pays africains mais de façon rudimentaire et informelle. Mais dans certains pays comme le Mali, la Guinée ou le Burkina Faso, les mineurs commencent à acquérir des équipements de plus en plus perfectionnés (marteau-piqueurs, compresseurs hydrauliques, broyeurs mécaniques, etc.). En l'absence d'un encadrement des orpailleurs, les exploitations traditionnelles conduisent à une destruction anarchique des sols et au déboisement des zones exploitées. Dans ces gigantesques et parfois éphémères zones d'exploitation, le souci de l'environnement n’existe pas dans l'esprit des orpailleurs. Tout au plus, l'administration essaie de minimiser quelque peu les effets les plus graves sur la sécurité des exploitants. Mais ces mesures semblent dérisoires face aux conséquences de ces exploitations.
Certaines de ces conséquences existent certainement depuis longtemps, mais ne sont découvertes aujourd'hui que grâce à la sensibilité du milieu aux nuisances minières, ou n’apparaissent que maintenant en raison de la lenteur et des effets cumulatifs de certaines contaminations. De par leur fréquence et en l'absence de tout effort pour une régénération et une revalorisation des sites exploités, l'orpaillage peut avoir des conséquences environnementales majeures sur l'écosystème.
Avec l'orpaillage, des centaines de milliers de puits sont souvent abandonnés, et offrent ainsi le sol au ravinement et à des processus d'érosion intensive, aboutissant à une destruction totale du couvert végétal. Ce déséquilibre provoque, en plus, un sur-alluvionnement des vallées et leur asphyxie plus ou moins profonde. Ces processus sont quasiment irréversibles et peuvent devenir catastrophiques à l'échelle de quelques générations. Ces exploitations anarchiques peuvent provoquer des effets convergents et causer de graves perturbations dans le drainage naturel des cours d'eau.
Dans les techniques de traitement des minerais aurifères, les orpailleurs font de plus en plus usage de produits chimiques, tels que les acides ou le mercure. De telles méthodes qui sont employées à l'heure actuelle de façon très discrète dans beaucoup de pays, compromettent dangereusement la salubrité des eaux et des sols. En effet, ces produits chimiques perdus par amalgamation se retrouvent dans les systèmes de drainage, provoquant ainsi une contamination progressive de la chaîne alimentaire, à travers les poissons.
Impacts sociaux
L'afflux massif de populations diverses sur les sites, dû à l'appétit d'un enrichissement facile et rapide, entraîne en général, une dégradation rapide des moeurs sur la plupart des sites miniers. C'est ainsi que la prostitution, l'usage de stupéfiants, la délinquance, l'escroquerie, le banditisme et même la criminalité, ont tendance à s'y développer. Ce danger est d'autant plus réel que, souvent, il y a une nette insuffisance d'infrastructures sociales élémentaires, notamment aux plans santé, éducation et sécurité.
Par ailleurs, un autre type d'impacts négatifs concerne les fréquents accidents mortels dus, à la fois, à l'inexistence des équipements de protection et aux excavations désordonnées. En particulier, dans les exploitations artisanales à forte concentration de populations, les creusements de puits et galeries, en dehors de toute règle de sécurité, accompagnés d'accumulations anarchiques des stériles, entraînent de fréquents éboulements meurtriers. Pour ce qui concerne les risques d'accidents, ceux-ci sont d'autant plus élevés que, parfois, sur la base de certaines croyances erronées, ces accidents sont interprétés comme un tribut nécessaire à payer pour trouver le métal précieux.
Dans ces conditions, l'orpaillage traditionnel au lieu d'être une activité rémunératrice pour l'orpailleur, apparaît, au contraire, comme un facteur de paupérisation des zones rurales minières. Les potentialités offertes par l'artisanat minier sont des atouts favorables qui doivent être appuyer pour susciter une large participation des services techniques et des collectivités de base, en vue de faciliter leur engagement dans des activités productives durables et améliorer l'accès aux services sociaux de base.
6 - Conclusion
Comme les autres activités de l'homme, l'industrie minière pose aujourd'hui des problèmes d'environnement parfois très aigus. Du secteur minier informel à la petite mine mécanisée jusqu'aux grands projets industriels, il existe une gamme très large d'impacts environnementaux qui ont été décrits dans les paragraphes précédents. Face à la matérialisation et à l'intensification de ces problèmes, il devient urgent d'intégrer désormais les exigences de la protection de l'environnement dans les politiques de développement du secteur minier. Il s'agira, pour ce faire, de concilier la nécessité d'une production minière génératrice de revenus et d'emplois pour l'économie nationale, et le désir légitime de maintenir un environnement sain dans les sites miniers.
La prise en compte de la composante environnementale doit être analysée dès le stade de définition du projet et à toutes les phases de l'exploitation. La concertation avec l'administration et avec les intervenants locaux (collectivités, associations, ONG, etc.) permet de valider les différentes options choisies tout en optimisant les coûts pour permettre à l'exploitant de développer son activité sans subir de préjudice et supporter des coûts imprévus.
Des paramètres indicateurs de l'état environnemental du site doivent être disponibles pouf permettre de suivre l'évolution des sites et corriger les changements intervenus par rapport à l'état initial.
* Souleymane DEMBELE est Coordinateur général de Guamina, ONG malienne intervenant dans le secteur de l’environnement social et de l’économie solidaire
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
L'Affaire Probo-Koala : Dans quel monde sommes-nous donc tombés ?
2008-10-10
Tanella Boni
http://tinyurl.com/52h9u6
Deux ans après les faits, un procès s'est ouvert le 29 septembre 2008 à Abidjan, celui du Probo-Koala, le cargo de la mort et de la honte. Mais, dans cette affaire, les zones d'ombres sont nombreuses. On cherche des responsables et chacun se dédouane comme si ces déchets toxiques étaient tombés du ciel sur la ville d'Abidjan, tuant quelques dizaines de personnes, intoxiquant des milliers d'autres ! Et ne parlons pas des conséquences à plus ou moins long terme sur les sols, les nappes phréatiques, la mer, la lagune et la forêt.
Résumé de l'Édition Anglaise
Célébration du 400e numéro de Pambazuka News
2008-10-12
Firoze Manji
http://www.pambazuka.org/en/category/features/51020
Le 400e numéro de Pambazuka News est paru. Comme une heureuse coïncidence pour marquer cet événement, nous avons reçu aujourd'hui, pour la 4e année consécutive, la distinction qui classe Pambazuka News parmi les dix principaux sites web «qui changent le monde de l'Internet et de la politique». Un prix décerné par Politics Online and eDemocracy Forum.
Repère politique et nouvelle aube du panafricanisme
2008-10-12
Issa G Shivji
http://www.pambazuka.org/en/category/features/51014
Célébrer le 400e numéro de Pambazuka News revient à célébrer le panafricanisme. Avec son demi million de lecteurs et son millier de contributeurs à travers l'Afrique, Pambazuka a réellement allumé les balises d’une panafricaine intellectuelle ; et comme l’a dit un militant, « l'insurrection des idées précède l'insurrection des armes ». Pambazuka n'est certainement pas un appel aux armes (matériel), mais un appel aux insurrections intellectuelles et idéologiques. Nous avons besoin de Pambazuka News si la vision panafricaine - pas un rêve - est de survivre et de continuer à guider à nos pensées et actions comme Africains. Ainsi que le dit Souleymane Bachir Diagne, nous devrions faire du panafricanisme une catégorie de la pensée intellectuelle.
Mbeki, Zuma : un séisme politique
2008-10-12
William Gumede
http://www.pambazuka.org/en/category/features/51032
Après la démission du président sud-africain Thabo Mbeki, William M. Gumede explore le futur de l'ANC et les conséquences probables d'une présidence de Jacob Zuma. Tout en suggérant qu'un Zuma élu ne provoque une implosion politique globale à court terme, Gumede analyse les événements qui tendent vers une reconfiguration véritable de la politique sud-africaine.
Résumé de l'Édition Portuguaise
L’Angola, 33 ans après
2008-10-12
José Patrocinio
http://www.pambazuka.org/pt/category/features/50697
Avec la Révolution des œillets au Portugal, le 25 avril 1974, s'ouvre une page dans l'histoire de ce pouvoir colonial et de ses colonies d’alors. L’Angola entre dans un processus de décolonisation qui lui conduit à l'indépendance le 11 novembre 1975. Pendant ce processus de transition, nombreux ont été les espaces de participation ouvertes aux Angolais. Des commissions ont été ainsi créées dans tous les domaines, pour les étudiants, les travailleurs, etc. Les espérances liées à la construction démocratique étaient partout manifestes. Les manifs se multipliaient et les grèves se déclenchaient un peu partout dans le pays. Les mots d'ordre se mélangeaient dans ce contexte marqué par la révolution portugaise et l’affirmation de différents mouvements de libération (FNLA, MPLA et UNITA).
Arts & livres
Afrique : Les pays d’Afrique de l’Ouest mobiliisés contre la piraterie des oeuvres d’art
2008-10-10
http://tinyurl.com/4fz66k
La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a réitéré à Abidjan, à l’entame de sa première conférence portant sur les arts et la culture, la nécessité de doter la sous-région d’une stratégie commune pour combattre la piraterie des œuvres d’arts. Le chargé des Affaires culturelles de l’organisation sous-régionale a aussi insisté sur la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire de promotion des Arts et de la Culture et de lutte contre la piraterie des oeuvres d’art et de la culture.
Kenya : Un auteur américain hostile à Obama expulsé du pays
2008-10-10
http://tinyurl.com/4e38v9
L’auteur américain Jerome Corsi, qui a publié il y a quelques mois un ouvrage intitulé « The Obama Nation : leftist politics and the Cult of Personality », dans lequel il attaquait Barack Obama a été expulsé du Kenya le 7 octobre. Corsi accusait notamment Obama d’être un enragé de la cause noire et de ne pas être prêt pour la présidence des Etats-Unis. Il était arrivé au Kenya pour promouvoir son livre, ayant apparemment oublié que Barack Obama y est considéré comme un enfant du pays.
Sénégal : Décès du peintre sénégalais Iba Ndiaye
2008-10-10
http://www.sudonline.sn/spip.php?article14241
L'artiste peintre sénégalais Iba Ndiaye est décédé le 4 octobre à Paris à l'âge de 80 ans, a-t-on appris mardi à Dakar auprès de sa famille. Il était l'un des fondateurs de l'Ecole des arts de Dakar, au Sénégal, et avait participé à plusieurs grandes expositions à travers le monde. M. Ndiaye était le commissaire de l'exposition d'art contemporain lors du 1er Festival mondial des arts nègres, en 1966 à Dakar. Aimé Césaire disait que l'art d'Iba Ndiaye «est de ceux qui redonnent confiance dans l'avenir de l'Afrique».
Zimbabwe
Tsvangirai dénonce un blocage sur le partage du pouvoir
2008-10-10
http://www.orange.gq/actu/news/?p=417780
Le leader de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai a dénoncé le 9 octobre un "blocage" dans les discussions avec le président Robert Mugabe sur la composition d'un gouvernement d'union et a estimé que seule une médiation régionale pouvait le résoudre. Les négociateurs du principal parti d'opposition et du parti au pouvoir au Zimbabwe se sont rencontrés le 8 octobre pour tenter de trouver un accord sur l'attribution de postes-clés dans un gouvernement d'union, mais ont une nouvelle fois échoué à s'entendre, selon l'opposition.
Moniteur de l'Union Africaine
Mauritanie : L’UA réitère son soutien au président déchu
2008-10-10
http://www.agoraflux.com/article16471.html
L’Union africaine réitère sa position, à savoir le rétablissement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé le 6 août dernier. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié le 7 octobre à Addis Abeba, à l’issue de consultations entre une délégation de la junte mauritanienne et le président de l’Union africaine, Jean Ping. L’Union avait donné aux nouveaux dirigeants mauritaniens jusqu’au 6 octobre, pour s’exécuter sous peine de sanctions. En dehors d’Addis Abeba, la junte mauritanienne a également dépêché des missions au Burkina Faso et en Europe.
Mugabe Met en Péril le Processus de Paix
Moniteur de l'UA: Résumé Hebdomadaire 155, 2008
2008-10-16
http://www.aumonitor.org
La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a exprimé son inquiétude sur la détérioration de la situation sécuritaire en République Démocratique du Congo (RDC), particulièrement au Kivu, avec la reprise des combats entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et le Congrès National pour la Défense du Peuple de Laurent Nkunda. La CIRGL réitère son soutien au Programme Amani pour trouver une solution durable dans le pays et dans toute la région des Grands Lacs. De plus, le président de la Commission de l'Union Africaine (UA), Jean Ping, s'est entretenu avec les autorités de la RDC et celles de certains de ses pays voisins à la recherche d'une solution.
Par ailleurs, l'UA a invité ses états membres à ne pas reconnaître les auteurs du coup d'Etat en Mauritanie et a appelé à ses partenaires internationaux à mobiliser d'autres soutiens aux efforts déployés par l'Union pour le retour de l'ordre constitutionnel dans ce pays. L'Organisation internationale de la Francophonie, en solidarité avec l'UA et l'Union européenne (UE), a déclaré qu'aucune délégation de la junte militaire au pouvoir en Mauritanie ne sera autorisée à atteindre son sommet prévu du 17 au 19 octobre à Québec, au Canada. De plus, la Commission de l'UA, lors d'une réunion de son Conseil de paix et de sécurité, a demandé un financement immédiat, flexible et durable pour les missions de paix qu'elle initie sur le continent. Le groupe des sages de l'UA a tenu sa troisième réunion annuelle consacrée aux crises et tensions liées aux processus électoraux en Afrique et il organisera un atelier sur ce thème en décembre prochain auquel participeront les Communautés économiques régionales, des institutions africaines et internationales compétentes ainsi que d'autres experts. Une coalition d'organisations non gouvernementales kenyanes, Kenyans for Peace, Truth and Justice, a appelé mardi, entre autre, à la dissolution de la Commission électorale kenyane et a invité l'UA à aider le pays à nommer un comité de transition avant la formation d'un nouvel organe électoral. L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, le médiateur de la Communauté de Développement de l'Afrique australe était attendu au Zimbabwe pour résoudre l'impasse politique lié à l'attribution des ministères clés aux parties opposants.
Dans d'autres nouvelles, la Commissaire de l'UA au Commerce et à l'Industrie a déclaré que les Accords de partenariat économique négociés avec l'UE devraient principalement se concentrer sur le renforcement du processus d'intégration régionale ainsi que sur le commerce et les capacités de production et non pas seulement sur la libéralisation des échanges et l'ouverture. Finalement, la troisième conférence ministérielle sur la coopération économique entre la Corée et l'Afrique se tiendra du 28 au 31 octobre 2008 à Séoul sur le thème «Promouvoir des Synergies entre l'Afrique et la Corée ».
Femmes & genre
Madagascar : Des femmes franchissent le pas vers le pouvoir local
2008-10-09
http://tinyurl.com/45629b
Madagascar dispose de 22 chefs de régions -- dont trois femmes -- qui sont responsables du développement local et nommés par le Conseil des ministres. Pour l’une d’elle, la nomination à ce poste depuis deux ans est la réalisation d'une ambition et une réponse envers l'attachement qu'elle a pour sa région. C'est aussi un pas en avant pour la participation des femmes dans la prise des décisions. Beaucoup de femmes n'osent franchir le pas et certaines personnes découragent quelques fois la prise de pouvoir des femmes
Niger : Des musulmanes en croisade contre les gaspillages
2008-10-09
http://tinyurl.com/3oztlq
Au Niger et au Nigeria, des musulmanes, leaders religieux, vont de baptême en mariage demander aux familles d'arrêter de gaspiller argent et nourriture lors de ces cérémonies. En ces temps de crise alimentaire, leur message semble être entendu : les comportements commencent à évoluer. Il s’agit là d’une petite révolution, car il n'y a pas si longtemps la coutume était d'épater à tout prix ses invités.
Sénégal : Les femmes conductrices de taxi à Dakar, un an après
2008-10-09
http://www.afrik.com/article15363.html
Depuis un an, neuf femmes sillonnent Dakar au volant de taxi flambant neuf. Intronisées par le président Wade à travers un projet d’entrepreneuriat féminin, ces « Taxi sisters » expérimentent un nouveau métier jusque-là dévolu exclusivement aux hommes. Avec un but : rembourser en cinq ans le prêt de 7 350 000 FCFA qui leur a été consenti par le fonds mis en place, pour acheter leur taxi. Cette initiative soutenue par le Ministère de la famille espère « favoriser l’insertion des femmes dans le tissu socio-économique ». Un an après, le bilan.
Droits humains
Cameroun : Lettre à M. Biya pour sauver le pays d’une dérive
2008-10-12
http://www.camer.be/index1.php?art=3413
Excellence, Monsieur le Président de la République. Au vu de graves incidents survenus dans notre pays au courant de cette année 2008 ; émeutes de février dernier, les quelques tentatives d’évasions massives au sein du pénitencier de New-bell à Douala, surtout cet incendie provoquée par certains pensionnaires dudit pénitencier, la succession d’agressions ayant eu lieu à Bakassi, tous des événements qui pouvaient bien être évités, nous venons très respectueusement auprès de votre haute responsabilité, vous faire des propositions concrètes et quelques petites observations dont la prise en compte effective pourra faire éviter d’autres situations plus catastrophiques encore.
Ethiopie : Libération de Kenyans arrêtés la guerre en Somalie
2008-10-09
http://tinyurl.com/3nx5yp
L'Ethiopie a accepté de libérer neuf Kenyans détenus dans ses prisons depuis l'invasion de la Somalie par son armée, en 2006 pour chasser le régime installé dans ce pays par les tribunaux islamiques. Les 9 Kenyans faisaient partie d'un groupe d'au moins 150 personnes détenues par les forces de sécurité kenyanes au moment où elles tentaient de passer la frontière entre la Somalie et le Kenya pour fuir l'avancée des troupes éthiopiennes.
Guinée : Les griefs des enfants des victimes du camp Boiro
2008-10-10
http://www.sudonline.sn/spip.php?article14239
Les festivités ayant commémoré, le 2 octobre, le cinquantenaire de l’accession de la Guinée à la souveraineté nationale ont été un échec, a estimé le président de l’Association guinéenne des victimes du camp Boiro (AGVCB). Il a dénoncé le refus des pouvoirs publics d’accepter que les enfants des victimes du camp Boiro défilent et a déploré que des hommages n’aient pas été rendus à tous les fils du pays qui ont conduit le pays à l’indépendance aux côtés du premier président, feu Ahmed Sékou Touré et aux victimes du camp Boiro où les opposants politiques à ce dernier étaient enfermés.
Rwanda : Confirmation du refus du TPIR de transférer des accusés au Rwanda
2008-10-10
http://tinyurl.com/4ntzcf
La décision du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de ne pas renvoyer vers la justice rwandaise un de ses accusés, l'ancien commerçant Yussuf Munyakazi, a été confirmée le 8 octobre en appel. Munyakazi, 73 ans, est accusé de génocide, de complicité de génocide et d'extermination. Cet arrêt est d'autant plus crucial que la chambre d'appel est saisie de deux autres recours du procureur contre des rejets similaires de demande de transfert des accusés vers la justice rwandaise.
Réfugiés & migration forcée
Angola : Rapatriement de 228 émigrants illégaux
2008-10-10
http://tinyurl.com/5ytf6d
Les Services angolais de l'immigration et des étrangers (SME) ont rapatrié dès la fin du mois de septembre au moins 228 étrangers qui se sont installés illégalement dans la province de Lunda Norte (nord) en Angola, a déclaré le 8 octobre un responsable des SME. Parmi les 228 immigrés clandestins, 195 venaient de la RDC, 18 de la Guinée, sept du Mali, quatre de la Côte d'Ivoire, trois de la République du Congo et un de la Guinée-Bissau.
Gabon : La France accusée d’ignorer l’accord sur les flux migratoires
2008-10-12
http://www.afrik.com/article15406.html
L’accord signé le 5 juillet dernier entre les autorités françaises et gabonaises relatif à la gestion concertée des flux migratoires paraît largement ignoré aux frontières françaises et dans les préfectures de Police, déplorent à Libreville les autorités gabonaises. Un incident sur la durée de validité d’un titre de séjour (portée de 6 à 9 mois en vertu de l’accord) est intervenu récemment entre un jeune Gabonais et un fonctionnaire de Police français, qui a passé outre l’accord de flux migratoire signé entre la France et le Gabon.
Mali : Inauguration d'un centre de gestion des migrations
2008-10-09
http://tinyurl.com/5xz5ho
Présenté comme une première en Afrique, un "centre d'information et de gestion des migrations" (CIGEM) a été inauguré le 6 octobre à Bamako pour tenter de gérer les flux migratoires entre le continent africain et l'Europe. Le centre doit permettre d'informer les migrants potentiels vers l'Europe mais aussi ceux qui reviennent dans leur pays d'origine. La Commission européenne financera le fonctionnement et les actions du CIGEM à hauteur de 10 millions d'euros pour les cinq prochaines années. Quelque 4 millions de Maliens vivent à l'étranger, essentiellement en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal...) et quelque 200.000 en Europe.
Maroc : Une cinquantaine de clandestins portés disparus au large des côtes
2008-10-10
http://tinyurl.com/4uommv
Les autorités marocaines ont annoncé le 9 octobre qu’une embarcation de fortune a chaviré au large de Kénitra (au nord de Rabat), avec à bord une cinquantaine de Subsahariens clandestins qui projetaient de gagner les côtes espagnoles. Selon les premiers éléments d’enquête rapportés par les médias officiels marocains, les opérations de ratissage se poursuivaient par voie aérienne pour retrouver d’éventuels survivants.
Mouvements sociaux
Guinée-Bissau : La Fonction publique paralysée par une grève
2008-10-10
http://tinyurl.com/44gf6o
Le président Joao Bernardo Vieira a exprimé le 9 octobre ses regrets de voir l’administration handicapée par 72 heures de grève de l’Union Nationale des Travailleurs de Guinée Bissau, entamée le 7 octobre et dont les organisateurs affirment qu’elle a été suivie par 98 % des personnels concernés. Selon lui, la porte de dialogue n’est pas fermée. La grève a été lancée, selon les syndicalistes, pour pousser le gouvernement à payer les salaires et les arriérés de salaires.
Sénégal : Manifestation contre les délestages de courant
2008-10-10
http://tinyurl.com/5457zu
Plusieurs habitants de la banlieue dakaroise ont manifesté le 9 octobre à travers les artères de leur localité leur "ras-le-bol" face aux incessants délestages de la SENELEC, société nationale d’électricité, en brûlant des pneus et saccageant la devanture du siège de l’agence de la société d’électricité. Les manifestations de colère ont fait suite à de longues coupures du courant devenus fréquentes dans la capitale sénégalaise.
Elections & gouvernance
Afrique du Sud : L'ANC au bord de la scission ?
2008-10-10
http://tinyurl.com/3h57kh
Les spéculations sur une éventuelle scission du Congrès national africain (ANC) se sont intensifiées le 8 octobre, après l'annonce par l'ex-ministre de la Défense Mosiuoa "Terror" Lekota qu'il avait "remis sa lettre de démission". M. Lekota n'a pas confirmé la rumeur croissante selon laquelle il allait créer un nouveau parti, mais il a invité "tous ceux qui partageaient ses préoccupations à se joindre à un effort collectif pour défendre notre mouvement et notre démocratie". Il a aussi critiqué la nouvelle direction de l'ANC, et particulièrement son président, Jacob Zuma.
Côte d’Ivoire : Des planteurs dénoncent le nouveau comité de gestion de la filière cacao
2008-10-12
http://tinyurl.com/3geka6
Des planteurs de cacao de Côte d'Ivoire ont dénoncé, le 8 octobre, la récente création d`un comité de gestion pour remplacer les structures de régulation de la filière, mises à mal par une enquête judiciaire. "On ne saurait utiliser des problèmes de gouvernance (...) pour retirer à des structures existantes (...) leurs pouvoirs de fonctionnement", a estimé le président de la Coordination nationale des délégués des producteurs (CNDP). La quasi-totalité des dirigeants de la filière café-cacao ivoirienne sont incarcérés depuis juin, la justice les soupçonnant d`importants détournementsde fonds.
Mauritanie : Manifestations en série contre la junte au pouvoir
2008-10-10
http://tinyurl.com/3q4bwp
Les forces de l'ordre ont dispersé le 7 octobre, à l'aide de grenades lacrymogènes une manifestation - la deuxième en trois jours à Nouakchott - d'opposants à la junte militaire qui a pris le pouvoir le 6 août en renversant le premier président élu démocratiquement de Mauritanie, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. La manifestation avait été organisée par des organisations syndicales sur un marché du centre-ville malgré l'interdiction officielle frappant toutes les manifestations sur la voie publique…
Développement
Afrique: Prévision de ralentissement économique
2008-10-10
http://tinyurl.com/3qqhsy
La crise économique mondiale devrait provoquer d'ici quelques années un ralentissement de la croissance en Afrique, relève le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport publié le 8 octobre. L'impact du ralentissement mondial devrait se faire sentir le plus dans les pays ayant une forte dépendance aux importations et de faibles revenus, la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne, alors que les pays exportateurs de pétrole et d'autres matières premières comme le cacao, le café et le coton, subiront moins la récession, en bénéficiant de la hausse des cours de ces matières.
Afrique: La zone CFA à l'abri de la crise financière
2008-10-10
http://fr.allafrica.com/stories/200810080294.html
Les 15 pays africains membres de la Zone franc sont "relativement épargnés" par la crise financière, mais doivent faire preuve d'une "vigilance accrue", ont estimé le 7 octobre, à Yaoundé, les ministres des Finances de cet espace monétaire. « Nous constatons que nous sommes épargnés directement par la crise parce que notre marché financier n'est pas aussi développé que les marchés occidentaux et que nous n'avons pas de produits sophistiqués", a expliqué le gouverneur de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Afrique : Des places financières encore loin de la crise mondiale
2008-10-09
http://fr.allafrica.com/stories/200810030562.html
Pendant qu'Européens, Américains, Asiatiques s'affairent dans le monde pour juguler la crise financière qui continue de défrayer la chronique, que se passe-t-il au niveau des places financières africaines ? Est-t-il exact qu'au niveau de ces entités aucune répercussion ne sera perceptible? Des responsables d'institutions financières apportent un éclairage sur les conséquences indirectes de la crise sur l'Afrique.
Guinée : Un pont en construction entre la Guinée et la Sierra Leone
2008-10-10
http://www.reussirbusiness.com/spip.php?article1111
Le gouvernement guinéen vient a lancé le 6 octobre les travaux de construction d’un pont à l’entrée de la ville de Forécariah, située à près de 200 km de Conakry en Basse Guinée, pour faciliter les transactions frontalières avec la Sierra Leone voisine. Ces travaux qui vont s’étendre sur 18 mois pour un coût total de 6 millions 300 mille Euros, soit environ 4 milliards de FCFA, seront financés par le gouvernement guinéen et l’Union européenne à travers le 9e FED.
Kenya : Projet de construction d’une centrale nucléaire
2008-10-12
http://tinyurl.com/4seyqs
Le Kenya a besoin d'un milliard de dollars américains pour construire une centrale nucléaire qui l'aiderait à mettre fin à sa crise énergétique, a déclaré le ministre de l'Energie. S'adressant à la presse à l'occasion de la Conférence nationale du Kenya sur l'énergie, le 9 octobre, il a affirmé que des investisseurs européens s'étaient déjà montrés intéressés par la production de l'énergie nucléaire.
Nigéria : Six banques injectent 3,7 milliards d'euros pour redresser le marché
2008-10-10
http://tinyurl.com/4rcenl
La bourse du Nigeria (NSE) a accepté l'offre de six banques nigérianes d'injecter au total 600 milliards de nairas (3,7 milliards d'euros) dans le marché national afin de le redresser. Le volume de transaction sur la place boursière nigériane a atteint en septembre son niveau le plus bas depuis vingt mois. Le ralentissement sur le marché du Nigeria - puissance pétrolière qui se dispute avec l'Angola la place de premier producteur de brut en Afrique sub-saharienne - est une conséquence de la crise financière internationale, elle-même générée par la crise aux Etats-Unis, selon des analystes.
Guinée-Bissau : Boé, une zone défavorisée qui peine à avoir accès à l’eau
2008-10-09
http://tinyurl.com/3l7m2e
A 217 km de Bissau, une ville au nom évocateur vit les affres du manque d’eau, qui frappe toute la Guinée Bissau. Boé est étroitement lié à la lutte de libération de la Guinée Bissau conduite par le PAIGC, fondé par le leader historique Amilcar Cabral. Il est prêté à ce dernier d’avoir dit de Boé, qu’elle serait la capitale économique du pays, une fois l’indépendance acquise. Trois décennies après l’accession à la souveraineté internationale, Boé ne revendique pas une position de pôle économique.
Ethiopie : Faibles précipitations et crainte de pénuries alimentaires
2008-10-09
http://tinyurl.com/4bqbhk
Les faibles précipitations observées en Erythrée, conjuguées à la diminution de la production vivrière et aux retombées de la flambée des prix dans le monde, vont avoir des conséquences néfastes pour les groupes de population vulnérables du pays, cette année, ont averti les organisations humanitaires. On observe une recrudescence de la malnutrition sévère chez les enfants, dans différentes régions d’Erythrée.
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Le Sénégal et le Liberia interdisent la vente de produits laitiers chinois
2008-10-10
http://tinyurl.com/47meca
Le Sénégal et le Liberia ont interdit à leur tour la vente de produits laitiers en provenance de la Chine, à la suite du scandale du lait contaminé à la mélamine, a-t-on appris le 6 octobre auprès de médias nationaux des deux pays. Plusieurs pays africains ont déjà interdit les produits laitiers chinois, notamment la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Burundi, le Gabon, le Togo, le Bénin, la Tanzanie et la République démocratique du Congo (RDC). En Chine, quatre nourrissons sont morts et quelque 53.000 enfants sont tombés malades après avoir consommé du lait contaminé à la mélamine, une substance chimique utilisée dans la fabrication de plastique, et qui dope faussement la teneur du lait en protéine
Afrique du Sud : Apparition d'une maladie mystérieuse
2008-10-10
http://tinyurl.com/49jqkn
Le personnel médical sud africain demande au public de rester serein suite à l’apparition d’une maladie étrange similaire à la mortelle fièvre hémorragique. La première victime est une Zambienne transportée en Afrique du Sud pour traitement. L’auxiliaire médical qui l’avait accompagnée est décédée par la suite, selon les autorités médicales qui confirment suivre de près la maladie.
Cameroun : Des femmes séquestrées à la maternité de Yaoundé
2008-10-09
http://tinyurl.com/3zut9w
Une quinzaine de femmes pauvres sont retenues, certaines depuis trois mois, en otage et sous la surveillance des employés d’une société privée de gardiennage, pour non paiement des frais médicaux à l’hôpital central de Yaoundé. En dehors du remboursement des frais du kit d’urgence, qui coûte 175.000 FCFA, ces jeunes mères doivent également faire face à d’autres types de charges financières liées à l’hébergement, et surtout aux ordonnances médicales. La facture peut aller au-delà de 500.000 FCFA.
Ouganda : Les personnes handicapées isolées dans la lutte contre le sida
2008-10-09
http://tinyurl.com/3lcmzp
Dans le nord de l’Ouganda, les personnes souffrant d’un handicap, pour bon nombre d’entre elles après avoir été blessées au cours du long conflit entre le gouvernement et la rébellion de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), ont lancé un appel au gouvernement pour bénéficier d’une réponse VIH mieux adaptée à leur situation. Bien qu’il n’y ait pas eu d’attaque rebelle dans la région depuis plus de deux ans, la LRA a posé des mines dans toute la zone et les populations locales continuent de trouver des munitions non explosées. De sorte que les structures engagées dans la sensibilisation et la prise en charge évitent la zone.
Malawi : Des solutions face à la pénurie de personnel de santé
2008-10-09
http://tinyurl.com/4fts6j
Le manque chronique de travailleurs sanitaires au Malawi paralyse le système de santé, mais en modifiant leur manière de fonctionner et en faisant intervenir de nouveaux acteurs, des professionnels ont réussi à atténuer l’impact de ces pénuries. Des tâches accomplies habituellement par des médecins sont confiées à des infirmières. Des responsabilités assumées par des infirmières sont assurées par des travailleurs de santé communautaire. Enfin, certaines tâches effectuées auparavant par des travailleurs de santé communautaires sont maintenant accomplies par les patients ou leur famille.
Sénégal : 10 morts du choléra depuis la mi-juillet
2008-10-09
http://tinyurl.com/4tc8pb
Dix décès dus au choléra ont été enregistrés depuis la mi-juillet dans un département de l'Ouest du Sénégal où plus de 600 personnes ont été touchées par la "maladie des mains sales", a indiqué le 3 octobre une source au ministère de la Santé à Dakar. "Nous avons dénombré 508 cas, dont 10 décès, dans le département de Kaolack (192 km à l'est de Dakar) et 104 cas dans le département de Mbacké (180 km à l'est de Dakar)", en deux mois et demi, a précisé un responsable ministériel.
Togo : Deux sociétés impliquées dans un trafic de faux médicaments
2008-10-09
http://fr.allafrica.com/stories/200810030761.html
Qui sont les deux sociétés togolaises destinataires d'un important lot de médicaments contrefaits en Inde, principalement des analgésiques et des comprimés contre le paludisme ? Les douanes belges qui ont intercepté la marchandise la semaine dernière, à l'aéroport de Bruxelles le savent certainement. Les deux sociétés basées au Togo devaient utiliser le pays comme base commerciale de réexportation sous-régionale pour écouler les 2 millions de faux médicaments.
Éducation
Togo : La gratuité de l’école n’est pas synonyme de dérive, avertit un ministre
2008-10-09
http://tinyurl.com/3pmuky
Le ministre togolais de l’Enseignement primaire et secondaire a averti, le 7 octobre, que la suppression des frais scolaires qui a engendré un mouvement énorme vers les écoles primaires et secondaires, "n’est pas synonyme de dérive". «Seuls sont autorisés les enfants ayant 6 ans ou qui vont avoir 6 ans au cours de l’année scolaire», a-t-elle précisé. Par ailleurs, on craint que cette nouvelle disposition n’engendre des difficultés réelles. Des parents ont commencé à retirer leurs enfants des écoles privées pour les inscrire dans le public.
Gabon : La rentrée a eu lieu malgré la grève des enseignants
2008-10-10
http://tinyurl.com/3nxmyk
La rentrée scolaire a eu lieu le 6 octobre au Gabon malgré un mot d'ordre de grève lancé le 4 octobre par les enseignants du secteur public pour faire aboutir leurs revendications salariales. La majorité d'établissements scolaires de Libreville étaient ouverts. De nombreux parents se sont rendus dans ces établissements pour inscrire leurs enfants, d'autres cherchant à obtenir le dossier de transfert de leurs enfants vers une autre école.
Global : Pénurie d'enseignants dans le monde
2008-10-09
http://tinyurl.com/3uh5hh
Le 5 octobre 2008, le monde a célébré la Journée des enseignants. Dans une déclaration conjointe, l'Unesco, le Bureau international du travail, le PNUD, l'Unicef et le président international de l'éducation estiment que 2 millions de nouveaux postes et 18 millions d'enseignants supplémentaires sont nécessaires dans le monde si l'on veut réaliser l'enseignement primaire universel d'ici à 2015. L'Afrique, à elle seule, a besoin de 4 millions d'enseignants.
Racisme & xénophobie
Afrique du Sud : Meurtre xénophobe contre une famille somalienne
2008-10-09
http://fr.allafrica.com/stories/200810070960.html
La Haut Commissaire aux Droits de l'homme a condamné, le 6 octobre, dans un communiqué, l'assassinat d'une famille somalienne réfugiée en Afrique du Sud, appelant les autorités à prendre des mesures pour protéger les migrants et les réfugiés. La mère a reçu plus de 100 coups de poignards. Son corps a été retrouvé aux côtés de ceux de ses deux fils, de 19 et 14 ans et de sa fille de 12 ans. La mère comme la fille semblent avoir été violées », précise le communiqué.
Environnement
Côte d’Ivoire : Le procès des déchets toxiques suspendu
2008-10-10
http://tinyurl.com/5yx9a
La cour d'assises de Côte d'Ivoire a suspendu jusqu'au 13 octobre le procès sur le déversement des déchets toxiques du cargo Probo Koala en raison du désistement de plusieurs avocats de la défense pour protester contre l'absence de Trafigura, l'affréteur du cargo. Les avocats de cinq des neuf accusés jugés par cette cour ont refusé de défendre leur client, bloquant le procès.
Côte d’Ivoire : Le gouvernement vise 150 000 ha à reboiser avant 2015
2008-10-09
http://tinyurl.com/53f85y
Le gouvernement ivoirien envisage le reboisement d’une superficie de 150 000 hectares avant 2015, en vue de faire face à la disparition du couvert forestier. Ce projet est confié à l’Agence nationale pour le développement des forêts du domaine rural (Andefor), une nouvelle structure créée par le gouvernement pour la gestion durable du couvert forestier ivoirien. De 16 millions d’hectares de forêt en 1900, la Côte d’Ivoire ne dispose plus que de 6,38 millions d’hectares dont 4,2 millions d’hectares de forêts classées.
Média & liberté d'expression
Côte d’Ivoire : Autre rebondissement dans l’affaire Kieffer
2008-10-09
http://tinyurl.com/4uhz6q
La famille du journaliste Guy-André Kieffer, disparu à Abidjan en 2004, a demandé, le 6 octobre, l'ouverture d'une enquête sur d'éventuelles pressions exercées sur un témoin, notamment de la part du conseiller à l'Elysée pour les affaires judiciaires, Patrick Ouart. La femme du journaliste, son frère et Reporters sans frontières (RSF), tous parties civiles dans ce dossier instruit depuis 2004, ont rencontré le 6 octobre le juge chargé de l'enquête, qui a évoqué des "faits nouveaux dans le dossier", selon Mme Kieffer.
Côte d'Ivoire : La fraude sur les journaux asphyxie les éditeurs
2008-10-09
http://fr.allafrica.com/stories/200810030525.html
Une pratique frauduleuse menace de tuer la presse ivoirienne : la location des journaux. La pratique consiste, pour les petits vendeurs à louer les journaux destinés à la vente qui les amène à leur bureau. Là-bas, on se les passe. Les lecteurs lisent donc jusqu'au soir et puis à partir de 17 heures, 18 heures, le petit vendeur revient voir ceux à qui il a remis les journaux, ils lui remettent 100 francs, 200 francs. L’éditeur va ensuite récupérer ses invendus.
Niger : La libération de Moussa Kaka, une embellie pour la presse
2008-10-09
http://www.afrik.com/article15390.html
Au lendemain de la libération provisoire du journaliste Moussa Kaka, Laoual Sallaou Ismaël, secrétaire général de l’Association Nigérienne des Editeurs de la Presse Indépendante et directeur de publication de la revue indépendante La roue de l’Histoire, parle des conditions de travail des journalistes dans son pays. Il dresse un tableau plutôt sombre.
Togo : Les journaux intimés à se doter de siège
2008-10-10
http://letogolais.com/article.html?nid=3613
La Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) du Togo, organe de régulation, a instamment appelé le 7 octobre les journaux du pays à se doter de siège en bonne et due forme au plus tard fin mars 2009. Elle a déploré que des journaux ne disposent pas jusqu'alors de siège en bonne et due forme et a appelé les directeurs de publication à prendre les dispositions nécessaires.
Bien-être social
Rd Congo : L’énergie solaire bientôt dans les maisons
2008-10-12
http://tinyurl.com/4bmdf4
Les kinois vont, dans les jours à venir, se procurer de l'énergie solaire pour couvrir certains besoins ménagers. Les installations nécessaires sont disponibles. Pourvu d'une durée de vie estimée à trente ans, le tableau, fournisseur du courant, peut être utilisé dans un endroit dépourvu d'électricité. Un panel de matériels branchés au système a été présenté au ministre de la communication…
Conflits & urgences
Congo : Environ 1.200 Congolais cherchent refuge dans le sud du Soudan
2008-10-09
http://tinyurl.com/3nmnpp
Environ 1.200 Congolais cherchent refuge dans le sud du Soudan ces derniers jours pour échapper aux offensives brutales des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), selon un communiqué publié par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), le 2 octobre. "Les réfugiés sont désormais, et ce après quatre jours de trajet à pied, en sécurité derrière les lignes de la SPLA (Armée de Libération du Peuple du Soudan) dans le sud du Soudan".
Ouganda : Le procureur de la CPI appelle à l'arrestation du chef de la LRA
2008-10-10
http://www.monuc.org/news.aspx?newsID=18335
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a appelé le 6 octobre à "une reprise des efforts" visant à aboutir à l'arrestation de Joseph Kony, le chef de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA). Selon des informations recueillies par l'accusation, fin 2007, Joseph Kony a donné des ordres pour enlever 1.000 personnes dans le but d'élargir les rangs de la LRA. Avec deux principaux chefs de son mouvement, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen, il sont visés par des mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, délivrés en 2005.
Rd Congo : Le pays saisit l'ONU et accuse le Rwanda de préparer une attaque
2008-10-10
http://www.monuc.org/news.aspx?newsID=18369
La République démocratique du Congo (RDC) a demandé, le 8 octobre, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur les combats dans l'est de son territoire, accusant le Rwanda de se préparer à attaquer Goma, a annoncé son ambassadeur à l'ONU. Ce dernier a affirmé qu'une concentration de troupes rwandaises observée ces dernières heures dans la ville rwandaise de Gisenyi, jumelle de Goma, laissait présager une attaque sur Goma, capitale du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.
RD Congo : La Monuc demande des renforts face à la tension
2008-10-09
http://tinyurl.com/4c49k8
La force de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a besoin de renforts pour mieux faire face au regain de violence causé par les milices et groupes armés dans le nord-est du pays, a affirmé le 3 octobre son chef, Alan Doss. Il n'a pas précisé combien d'hommes supplémentaires et quels moyens il avait réclamé, se contentant d'indiquer que la Monuc avait notamment besoin de "davantage de mobilité aérienne". Avec plus de 17.000 soldats, la Monuc est la plus importante force de maintien de la paix de l'ONU, mais elle doit aider les forces gouvernementales à faire régner l'ordre dans une région immense et instable depuis des années, aux confins du Rwanda, de l'Ouganda, du Soudan et même de la République centrafricaine.
Rd Congo : Des enfants-soldats comme monnaie d'échange
2008-10-09
http://tinyurl.com/527zru
Le recrutement forcé d'enfants-soldats s'est intensifié depuis les accords de paix de Goma, en janvier dernier. Certaines de leurs dispositions poussent les chefs des groupes armés à gonfler leurs effectifs dans l'espoir de grades plus élevés dans l'armée régulière. Selon l’Unicef, entre février et mars dernier, 100 enfants ont été recrutés au Nord-Kivu. Un responsable de la division de la protection de l’enfance de la Monuc (la force des Nations unies en RDC) le confirme, précisant que la majorité des enrôlements actuels sont le fait du CNDP de Laurent Nkunda.
Emploi
Sénégal : Chercheur et Représentant pour l’Afrique francophone
Centre de Ressources sur les Entreprises & les Droits de l’Homme
2008-10-16
http://www.pambazuka.org/fr/category/jobs/51220
Le Centre de Ressources sur les Entreprises & les Droits de l’Homme, ONG internationale qui traque la conduite sociale et environnementale (positive & négative) de plus de 4000 entreprises, cherche une personne très motivée pour être son chercheur et représentant pour l’Afrique francophone. Le site internet du Centre de Ressources (www.business-humanrights.org) est reconnu comme le principal centre d’information en ligne sur le sujet. Date limite: 28 octobre 2008.
Chercheur et Représentant pour l’Afrique francophone
Business & Human Rights Resource Centre (Centre de Ressources sur les Entreprises & les Droits de l’Homme)
Poste de consultant à mi-temps
Date limite: 28 octobre 2008
Les candidats doivent avoir :
* Une maîtrise parfaite du français & une aisance pour travailler en anglais ;
* Le droit de travailler au Sénégal ; et
* Avoir travaillé, ou été bénévole dans une ONG, dans le domaine des droits de l’homme, droits du travail, du développement, de l’environnement ou autres questions sociales.
Le Centre de Ressources sur les Entreprises & les Droits de l’Homme, ONG internationale qui traque la conduite sociale et environnementale (positive & négative) de plus de 4000 entreprises, cherche une personne très motivée pour être son chercheur et représentant pour l’Afrique francophone. Le site internet du Centre de Ressources (www.business-humanrights.org) est reconnu comme le principal centre d’information en ligne sur le sujet.
Vous serez, comme premier représentant du Centre de Ressources en Afrique francophone, sous la responsabilité du Directeur et du Responsable de la Recherche, travaillant avec eux ainsi que les autres membres de l’équipe afin de développer l’organisation et son site internet.
Vos responsabilités seront notamment :
* Recherche en ligne et traitement de données sur le site du Centre de Ressources ;
* Représenter le Centre de Ressources régionalement aux réunions et conférences ;
* Etablir des contacts et chercher des informations auprès d’un large spectre de personnes travaillant, en Afrique Francophone, pour des ONG, des entreprises, des médias, des investisseurs, des universités, des gouvernements, etc;
* Faire un effort particulier pour attirer l’attention sur des sujets et cas peu abordés dans la région;
* Inviter les entreprises à répondre aux préoccupations et inquiétudes liées à leur conduite, afin que leurs réponses soient inclues sur notre site et dans nos Actualités Hebdomadaires (envoyées à plus de 7000 personnes dans le monde).
Vous devez avoir la capacité de représenter notre organisation en Afrique francophone et d’établir un large éventail de contacts. Vous devez avoir de fortes compétences en matière de recherche et capacités analytiques pour identifier la documentation utile et pertinente pour le site internet, catégoriser les informations et rédiger de brefs résumés. Vous devez être prêt(e) à contribuer de manière significative à la collecte d’informations en ligne pour permettre de maintenir le site à jour. Rigueur et caractère méticuleux, solide jugement politique et capacité de présenter des informations de manière objective et impartiale sont également nécessaires.
Vous devez avoir une bonne maîtrise du traitement de texte, la capacité de travailler sous pression et gérer une charge de travail importante. Bonne organisation, communication et capacités interpersonnelles, et un engagement Important pour les droits de l’homme sont essentiels. Vous devez être indépendant(e) tout en étant capable de travailler en équipe ; avoir l’esprit d’initiative, pouvoir établir vos priorités avec un minimum de supervision. Vous devez pouvoir gérer seul(e) les tâches administratives.
Dans la mesure ou nous n’aurons pas de bureau au Sénégal, vous devez être prêt(e) à travailler depuis votre domicile et/ou depuis une institution qui vous hébergerait (par exemple, une université basée à Dakar ou une ONG qui accepterait de fournir un bureau).
Rémunération (en francs CFA): de 550.000 à 690.000 FCFA par mois (6.600.000 à 8.280.000 FCFA par an) pour un mi-temps (selon expérience et formation).
La rémunération est l’équivalent de 1.100.000-1.380.000 FCFA par mois pour un travail à plein temps.
Pour plus d’information à propos de ce poste (notamment la description du poste & le formulaire de candidature), reportez vous à la section “Announcements” de notre site internet: www.business-humanrights.org Le formulaire de candidature est nécessaire, nous n’acceptons pas de CV.
Suite...
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ISSN 1753-6839

EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004