Cette édition
Pambazuka News 84: Mains basses sur les terres du Niger
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Arts & livres, 4. Zimbabwe, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Mouvements sociaux, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. LGBTI, 15. Média & liberté d'expression, 16. Bien-être social, 17. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Mains basses sur les terres du Niger.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Pourquoi cette haine contre Mugabe ?
ARTS & LIVRES : Afrique : Etats faibles et sécurité privée.
ZIMBABWE : Tsvangirai annonce une rencontre avec Mugabe.
FEMMES & GENRE : Gabon : Les NU financent des projets pour les femmes victimes de violences.
DROITS HUMAINS : Guinée : Les Nigérians sur leurs gardes face aux militaires au pouvoir.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Afrique : La France multiplie les accords sur l’immigration.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Afrique : Ces tripatouilleurs de Constitution qui confisquent le pouvoir.
CORRUPTION : Cameroun : révélations sur un réseau d’émigration clandestine.
DEVELOPPEMENT : Afrique : La pauvreté pourrait encore peser pendant deux cents ans.
SANTE & VIH/SIDA : Burkina Faso : Les populations réticentes forcées à se faire vacciner.
EDUCATION : Afrique : L’accès à l’éducation freinée par les conflits.
LGBTI : Sénégal : Le président français ému par la condamnation de 9 homosexuels.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Afrique : Le pouvoir de la presse entre guerre et paix.
BIEN-ETRE SOCIAL : Ghana : L’or prive les paysans du droit à la vie.
CONFLITS & URGENCES : Somalie : L’armée éthiopienne débute son retrait de Mogadiscio.
Chroniques
Mains basses sur le delta du Niger
2009-01-15
Juliette Abandokwe
http://www.pambazuka.org/fr/category/features/53266
L'Afrique, dévastée par les conflits et les dictatures provoqués par une expansion capitaliste sauvagement et systématiquement destructrices des peuples et des sociétés, vit une sinistre escroquerie. Le système économique mondial, imposé par une société néolibérale en pleine dissolution sociale, propagé sur toute la planète au détriment de la plus grande partie de l'humanité et légitimé par une production effrénée d'expertises et de rapports rutilants, étale toute son horreur funeste sur le continent africain, où il se mesure en termes de vie et de mort.
Le Kivu à feu et à sang, ses presque 6 millions de morts, ses viols systématiques de femmes et ses enfants-soldat, sont un exemple hurlant de désespoir d'une société détruite à la racine. Les prédateurs ont le sang aux yeux et sur les mains. Ils sont comme des chiens enragés et ne voient plus rien. Tout le monde sait, mais plus personne ne veut ou ne peut plus rien. Les soldats des FARDC, délaissés sur les routes de l'est du Congo par un commandement central liquéfié et inexistant, drogués et hilares, seront parmi les seules images que l'opinion publique occidentale gardera en mémoire de la guerre au Congo.
Les images de masses de populations dans le dénuement le plus total sont devenues trop habituelles déjà, et ne sont plus si spectaculaires. Autant d'images qui ne correspondent à rien dans un esprit occidental petit et cantonné dans son confort médiatique soigneusement entretenu par des chefs qui savent parfaitement ce qu'ils font. La prédation globale bat sont plein dans le silence le plus assourdissant.
L'unité africaine faisant encore très gravement défaut, certains conflits débordant les frontières de la pure Françafrique ne sont que rarement abordés dans nos médias angéliques, à l'image du désastre frappant au Nigeria le peuple Ogoni – environ 500 000 âmes - dans le delta du Niger, depuis plus de quatre décennies.
L'écrivain très engagé Ken Saro-Wiwa s'adressait, en 1992 à Genève, à l'Organisation des Peuples et Nations Non Représentés, en ces termes :
"L'exploration pétrolière a transformé le pays ogoni en immense terrain vague. Les terres, les rivières et les ruisseaux sont en permanence entièrement pollués ; l'atmosphère est empoisonnée, chargée de vapeurs d'hydrocarbures, de méthane, d'oxydes de carbone et de suie rejetée par les torchères qui, depuis trente-trois ans, brûlent des gaz vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout près des zones d'habitation. Le territoire ogoni a été dévasté par des pluies acides et des épanchements ou des jaillissements d'hydrocarbures. Le réseau d'oléoducs à haute pression qui quadrille les terres cultivées et les villages ogoni constitue une dangereuse menace."
Le pétrole a déjà été au centre de la guerre du Biafra, qui a fait un million de morts entre 1970 et 1976, les victimes étant principalement originaires des régions pétrolifères du delta. Malgré l'avancée de l'Histoire et une démocratisation relative depuis l'avènement d'Obansanjo, rien n'a changé pour le peuple ogoni aujourd'hui, et selon un rapport de Minority Rights International, il est l'une des minorités africaines dont on ne respecte pas les droits fondamentaux, malgré une des exploitations les plus frénétiques et les plus destructrices d'Afrique sub-saharienne.
Les compagnies pétrolières continuent leurs abus sous le couvert du gouvernement fédéral nigérian. En avril 2005, une des communautés ogoni, appelée Agip Waterfront, a été simplement détruite afin de faciliter l'expansion de la compagnie NAOC (Nigerian Agip Oil Company). L'environnement est complètement dévasté par les centaines de déversements de pétrole brut dans les eaux du delta. Il n'y a plus de poissons, les racines des mangroves sont imbibées de pétrole, l'environnement est détruit.
La première découverte de pétrole dans cette région date de 1958. La destruction de l'environnement causée par l'extraction du pétrole en terre ogoni, ainsi qu'un manque de partage des richesses du pétrole sont à l'origine d'une relative opposition du peuple autochtone lors des premières extractions de pétrole. La négligence du gouvernement fédéral, le manque de services sociaux et la marginalisation politique dont souffre cette communauté ont été incontestables. À l'échelle internationale, les premiers boycotts de Shell, dus aux abus commis au Nigeria, remontent aux années 1960. Mais dans l'ensemble, la mobilisation internationale a été pratiquement nulle dans ce drame silencieux.
Face aux abus de la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell notamment, et du gouvernement nigérian, le Mouvement pour la Survie du Peuple Ogoni (MOSOP), un mouvement social dirigé par le charismatique Ken Saro-Wiwa, réclame au gouvernement fédéral, dès 1990, une certaine autonomie, une urgente protection contre les dégradations environnementales, une part honnête des revenus produits par l'extraction des ressources situées sur leurs terres ainsi que des droits culturels, comme l'utilisation de leur propre langue.
Mouvement non-violent, il fait rapidement face aux persécutions militaires interdisant d'abord les rassemblements populaires, et finalement réprimant violemment toute tentative de protestation. Des dizaines de villages ogoni sont détruits. De 1994 à 1995, les leaders principaux du mouvement sont assassinés. Ken Saro-Wiwa, plusieurs fois emprisonné sans jugement, est finalement exécuté, malgré les alertes de l'opinion internationale.
En 1999, Amnesty International et le Conseil Œcuménique des Eglises sont de ceux qui s'alarment de la situation de plus en plus précaire du peuple ogoni et de son habitat. Mais la radicalisation des mouvements de protestation deviendra inéluctable devant l'immobilisme morbide de la communauté internationale, alliée naturelle et implicite des compagnies pétrolières ainsi que du gouvernement nigérian.
Dans les années 2000, le MOSOP perd de son importance, mais face à une situation socio-économique complètement désespérée des peuples locaux, d'autres groupes plus radicaux comme le MEND (Mouvement d'Emancipation du Delta du Niger) prennent les devants de la lutte contre les compagnies pétrolières et le gouvernement fédéral.
Aujourd'hui, le MEND est complètement diabolisé dans les médias occidentaux, et le côté gangster du mouvement est largement exploité dans l'opinion publique occidentale. Les gouvernements prédateurs se plaignent et se révoltent contre les enlèvements de travailleurs expatriés, et peignent en noir sur la muraille la para-militarisation du MEND. Une fois de plus, c'est le pyromane qui ameute les pompiers. Et le feu est déjà si étendu qu'il est bien difficile à éteindre.
Le véritable esprit du MEND est bel et bien infiltré par des gangsters locaux devenus millionnaires, offrant une bonne excuse pour dissimuler aux yeux de l'opinion publique les vraies souffrances des peuples indigènes du delta du Niger. CNN filme des rebelles du MEND masqués et s'amusant à tirer dans l'eau avec leur mitraillette. Mais là n'est pas l'essence des choses. Il s'agit d'une pure propagande pro-compagnies pétrolières!
L'existence du MEND devrait tout d'abord inspirer un questionnement sur le rôle joué par les compagnies pétrolières dans la vie quotidienne des peuples indigènes, en termes d'accès à une vie décente, avec de l'eau potable et de la nourriture mangeable, en termes d'environnement adéquat, et en termes de développement socio-économique humain. Pour le moment, un tel questionnement ne se solderait que par un bilan profondément négatif. Mais qui donc connaît même l'existence du peuple ogoni ? Et qui peut bien se soucier de leur droit à une existence décente…
Les méthodes non-violentes du MOSOP n'ayant pas trouvé grâce aux yeux de la communauté néocoloniale et des vautours du gouvernement, et n'ayant rencontré que persécutions et exactions militaires, on ne peut que conclure que la guerre engendre la guerre. La mal gouvernance centrale et la corruption massive généralisée au sein de la classe dirigeante, appuyées et soutenues par les puissances occidentales, sont donc clairement à l'origine de cette rebellion montrée du doigt de façon si démagogique !
Entre populations paupérisées à l'extrême, gangs et gouvernements maffieux, et compagnies transnationales abonnées aux milliards de billions, nous nous retrouvons toujours dans le même schéma. Un manque général et total d'éthique humaine à tous les niveaux. La notion de Droit de l'homme devient d'ailleurs de plus en plus ridicule, puisque notion définie par une société occidentale très arrogante, et se plaçant surtout au-dessus de tout soupçon.
A quand donc la culture d'une nouvelle éthique sociopolitique, tendant vers une intégrité même relative, et surtout vers un sens de la responsabilité civile accru, conscient des véritables enjeux du continent africain à long terme ?
Et à quand une nouvelle formulation des Droits de l'homme, où la responsabilité des multinationales serait questionnée avec précision, et où la notion d'impunité serait définie comme un crime contre l'humanité, ainsi que l'ennemi public no 1 ?
* Juliette Abandokwe se définit comme une citoyenne du monde (abandokwe.over-blog.com)
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Commentaires & analyses
Pourquoi cette haine contre Mugabé ?
2009-01-15
Demba Moussa Dembélé
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53268
Il y a une haine à peine contenue contre le régime de Mugabe et ceux qui le défendent. De telles attitudes sont inadmissibles dans un débat d’idées. En quoi le soutien au régime de Mugabe serait-il « honteux » et « malhonnête »? En quoi ce soutien devrait-il susciter du « dégoût » sauf chez les ennemis jurés de Mugabe et de la ZANU-PF ? Et pourtant, tous les faits évoqués pour soutenir le leader zimbabwéen sont avérés et connus de tous. Ses détracteurs ont le droit de détester Mugabe et d’être en désaccord avec celles et ceux qui le défendent mais ils n’ont pas le droit de l’insulter. Chacun doit pouvoir exprimer librement ses opinions sur ce qui se passe au Zimbabwe, ou dans tout autre pays africain, sans recourir à des invectives contre ceux ou celles qui expriment des opinions contraires.
Mugabe, ici ou là, est qualifié de « dictateur », de « corrompu » et de « despote », termes que l’on trouve généralement dans les médias occidentaux, notamment britanniques et américains ! Mais d’où viennent la hargne et la haine avec lesquelles certains attaquent Mugabe et son régime ? Au nom, semble-t-il, de la défense « des masses laborieuses » et du « peuple » du Zimbabwe. Mais qui leur a donné le droit de parler au nom du « peuple » du Zimbabwe ? Et pensent-ils se soucier plus du sort de ce « peuple » que Mugabe lui-même et son parti? Celui-ci et tous ceux qui le défendent seraient-ils donc des « ennemis » du « peuple » du Zimbabwe tandis que ceux qui l’attaquent seraient les « vrais amis » de ce « peuple » ?
Dans ce débat, il ne faut pas prendre de liberté avec la vérité historique et les faits.
Les Accords de Lancaster House
Les Accords de Lancaster House, qui organisaient la transition vers l’indépendance de la Rhodésie ont été signés le 21 décembre 1979 après trois mois d’âpres négociations entre la délégation du Front Patriotique (ZANU et ZAPU), la clique de Ian Smith et la Grande Bretagne, puissance de tutelle. Ces accords prévoyaient une période de transition avant les élections législatives prévues au premier trimestre 1980. Durant cette période on ne devait pas toucher aux institutions de la Rhodésie. Ces Accords stipulaient que tous les signataires devaient: 1) respecter les arrangements obtenus pendant la période d’avant indépendance ; 2) respecter toutes les clauses de la Constitution devant mener à l’indépendance. En outre, les Accords octroyaient à la minorité blanche 20% des sièges du futur Parlement, ce qui lui conférait de fait un droit de veto sur tout changement constitutionnel, et ce, jusqu’en 1987.
C’est après les élections législatives de février 1980, gagnées par la ZANU à une très confortable majorité, que Mugabe assuma la fonction de Premier Ministre à partir du mois de mars 1980. Et c’est seulement à partir de ce moment que la ZANU commença à mettre en œuvre son programme. C’est ainsi que les deux principales branches de l’armée de Ian Smith furent démantelées : l’Infanterie Légère de Rhodésie (ILR) et les Selous Scouts (SS). Une bonne partie des effectifs de l’ILR et certains membres des SS furent incorporés dans la nouvelle Armée zimbabwéenne sous commandement des officiers de la ZANLA, l’aile militaire de la ZANU. Seuls quelques officiers de l’ancienne Armée rhodésienne, qui avaient accepté la règle de la majorité noire, furent retenus pour contribuer à la formation de la nouvelle Armée.
La politique de redistribution des terres
La question de la réforme agraire fut un des points les plus litigieux durant les négociations de Lancaster House. Il faut noter qu’au moment de l’indépendance, quelque 6000 fermiers blancs contrôlaient 15,5 millions d’hectares –soit 40% de toutes les terres- et sur la partie la plus fertile du pays. Par contre, environ 4,5 millions de fermiers noirs n’avaient que 16,4 millions d’hectares situés sur la partie aride du pays. Mais au moment des Accords de Lancaster House, la Grande Bretagne accepta de financer la redistribution des terres mais seulement sur une base volontaire, selon le principe « achat volontaire, vente volontaire ». Et cette politique devait durer entre 1980 et 1990.
Dès son arrivée au pouvoir en 1980, la réforme agraire était parmi les priorités du régime zimbabwéen. Mais la politique d’achat et de vente volontaire incita les fermiers blancs à la spéculation, provoquant ainsi une hausse exagérée des prix des terres. Ce qui limita la portée du programme du régime. Entre 1980 et 1992, la Grande Bretagne dépensa 44 millions de livres sterling dans le cadre des engagements qu’elle avait pris. Mais à cause des prix élevés demandés par les fermiers blancs, les terres redistribuées étaient très limitées et la plupart étaient dans des régions arides.
En 1997, quand les travaillistes vinrent au pouvoir avec Tony Blair, Claire Short, la Secrétaire chargée du Développement international, écrivit au régime zimbabwéen pour dire que la Grande Bretagne n’avait plus aucune intention de tenir ses engagements quant à la réforme agraire. Dès lors, la pression s’intensifia sur le régime pour autoriser la confiscation des terres sans indemnisations. Donc, c’est la violation par la Grande Bretagne de ses engagements résultant des Accords de Lancaster House qui a amené le régime zimbabwéen à décréter la confiscation des terres et leur redistribution. Cette politique, loin d’être « démagogique » ou un expédient électoral, était au contraire très populaire et approuvée par l’écrasante majorité du peuple zimbabwéen.
Ceux qui critiquent Mugabe à l’intérieur du pays ne remettent pas en cause cette politique, même s’ils pensent que d’autres méthodes auraient pu être utilisées. D’ailleurs, dans l’Accord signé au mois de septembre 2008 entre Mugabe et Morgan Tsvangirai, le leader du MDC, il est stipulé que la politique de redistribution des terres était irréversible. En outre, l’Accord souligne que la Grande Bretagne est responsable de toutes les indemnisations dues aux fermiers blancs qui ont perdu leurs terres. C’est sans doute une des raisons qui ont poussé les parrains du MDC, notamment la Grande Bretagne et les Etats-Unis, à faire pression sur Tsvangirai pour qu’il refuse la mise en œuvre de cet Accord.
Certains critiques de Mugabe semblent condamner la politique de redistribution des terres et même regretter le départ des fermiers blancs, présentés comme les piliers d’un secteur agricole qui s’est effondré, de sorte que le Zimbabwe ne fut plus le grenier de l’Afrique australe qu’il était. Avec pour conséquences, la chute brutale de la production agricole, la baissedes recettes d’exportation, la famine, l’exode rural, exode massif de la population vers l’étranger. (1)
Ainsi donc, le régime Mugabe est-il rendu seul responsable de tout cela ! On oublie les effets des sécheresses récurrentes qui ont frappé le pays. On oublie surtout le sabotage organisé par ces mêmes fermiers et leurs soutiens, non seulement en Occident, mais aussi dans les pays limitrophes du Zimbabwe ! Car les tenants de l’ancien système d’apartheid en Afrique du Sud et en Namibie, et qui continuent à détenir l’essentiel des rouages économiques et financiers dans ces pays, n’avaient aucun intérêt à voir la politique du gouvernement zimbabwéen réussir.
Au contraire ! Il ne faut pas oublier que le système bancaire et financier dans la sous-région est largement dominé par les groupes financiers occidentaux et qui sont donc des ennemis de Mugabe. Par conséquent, même si les gouvernements des pays voisins soutiennent Mugabe, il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont pas beaucoup d’influence sur les décisions des entreprises et banques privées. Et ces dernières ont contribué à organiser une fuite massive de capitaux hors du Zimbabwe sans que les autorités des pays voisins puissent faire quelque chose contre cela!
Mais de nos jours, tous ceux qui mettent l’impérialisme en cause dans les problèmes internes du continent africain sont accusés d’utiliser cela comme « alibi » afin de passer sous silence, voire de couvrir les méfaits ou crimes des « dictateurs africains » et autres « régimes corrompus ». Ces critiques sont abusés par les idéologues et médias occidentaux qui font croire qu’après plusieurs décennies « d’indépendance » les pays occidentaux, en particulier les anciennes puissances coloniales, n’ont plus rien à voir dans les problèmes « internes » des pays africains.
Une ingérence constante
Ce que ces critiques semblent oublier c’est que l’impérialisme est un système mondial ayant un « centre » et une « périphérie », pour utiliser l’analyse de Samir Amin. Donc, quand on critique ce système, ce n’est pas occulter les responsabilités des dirigeants africains. Ainsi, quand on dénonce la Françafrique, on ne fait pas seulement référence à la politique de l’impérialisme français, mais également aux régimes qui lui sont inféodés ou aux forces manipulées par la France et qui lui servent d’instrument de déstabilisation et de subversion contre des régimes « récalcitrants ».
C’est par l’intermédiaire de ces relais que se fait le sale boulot et qu’on présentera ensuite comme un « problème interne». Quand Thomas Sankara est tombé sous les balles des assassins au service de la Françafrique, c’était « un problème interne ». Quand Kwame Nkrumah a été renversé par l’impérialisme britannique, c’était un « problème interne ». Quand Lumumba et ses compagnons furent sauvagement assassinés sur ordre de la CIA et des services belges, c’était « un problème interne ». Quand l’impérialisme US fit assassiner Salvador Allende au Chili en 1973, c’était un « problème interne ». Quand, en 2002, ce même impérialisme fomenta un coup d’Etat contre Hugo Chavez, c’était « un problème interne ». Ou encore quand, il y a quelques semaines, il essaya de diviser la Bolivie par l’intermédiaire de gouverneurs de région à la solde de la CIA, c’était encore un « problème interne » !
Bref, quand l’impérialisme utilise ses relais en Afrique et ailleurs dans les pays du Sud pour déstabiliser, tuer, massacrer, cela est présenté comme « un problème interne ». Par contre, si ce sont ses obligés qui se trouvent en mauvaise posture, alors ce n’est plus un « problème interne », mais une « agression extérieure ». Ainsi quand Idriss Deby du Tchad fut sur le point de tomber en janvier 2008, la France de Sarkozy vola à son secours sous prétexte qu’il était confronté à une « agression extérieure» de la part du Soudan !
Les mutations de l’impérialisme
En réalité, la main visible ou invisible de l’impérialisme se trouve toujours derrière les troubles « internes » des pays du Sud. En fait, l’impérialisme n’a jamais été une réalité aussi incontestable qu’à notre époque où il prend un caractère de plus en plus terroriste sous les traits des Etats-Unis et de l’OTAN. Ce que certains ignorent, sans doute, c’est que l’impérialisme a subi de profondes mutations. Il est certes toujours représenté par les Etats et leurs machines de guerre ainsi que par les grands groupes industriels et financiers, plus connus de nos jours sous le nom de multinationales. Mais l’ancienne politique de la canonnière n’est utilisée qu’en dernier ressort, car elle a un coût de plus en plus exorbitant sur le plan militaire, économique et politique. George Bush en sait quelque chose avec les désastres d’Irak et d’Afghanistan.
On préfère alors recourir à d’autres formes d’intervention, plus subtiles et moins onéreuses C’est pourquoi, de nos jours, l’impérialisme se présente également sous les traits d’organisations internationales, comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC et de bien d’autres encore. L’impérialisme se présente aussi sous les traits d’organisations dites « humanitaires », de « défense des Droits de l’homme », de « promotion de la démocratie », de « fondations » de « Think Tanks », bref de toute une myriade d’ONG et autres organisations de la société civile dont certaines ont des budgets qui dépassent ceux de nombre de pays du Sud. Enfin et surtout, l’impérialisme du 21ème siècle est symbolisé par la formidable machine médiatique dont les principaux groupes sont contrôlés par les sociétés transnationales. Une machine médiatique qui répand les mensonges, distille la haine, procède à un extraordinaire lavage de cerveau et à la manipulation de l’opinion publique, le tout avec une efficacité redoutable. Imaginez qu’aujourd’hui, tout musulman est « un terroriste » potentiel !
La guerre implacable contre le Zimbabwe
Donc, l’impérialisme du 21ème siècle se présente comme un monstre à plusieurs têtes. Et son ingérence visible ou invisible, en Afrique ou ailleurs, est une réalité et le restera aussi longtemps que ce monstrueux système continuera d’exister. Et le Zimbabwe constitue un exemple flagrant de cette ingérence impérialiste que d’aucuns qualifient de terroriste de la part des Etats-Unis et de l’Europe. Certes, on ne peut pas imputer tout ce qui se passe au Zimbabwe à cette ingérence. Mugabe et la ZANU-PF ont une grande part de responsabilité dans cette situation.
Mais c’est un fait que, depuis 2000, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et leurs alliés ont décidé de déclencher une guerre économique, financière et médiatique sans équivalent en Afrique contre Mugabe et son régime. En 2001, le Congrès des Etats-Unis adopta un projet de Loi enjoignant les représentants US dans toutes les institutions internationales de s’opposer à toute forme d’aide ou de coopération avec le Zimbabwe. Et les principaux sponsors de cette Loi étaient Jesse Helms, sénateur républicain d’extrême droite et fervent soutien du terroriste Ian Smith, et… Hillary Clinton !
Dans le cadre de cette Loi, l’Administration Bush mit en place en 2002 un programme dénommé « gouvernance et démocratie » doté de 6 millions de dollars destiné à aider l’opposition à Mugabe (MDC, syndicats, groupes religieux, ONG, médias « indépendants » etc.). Au plus fort de la campagne de redistribution des terres, les Etats-Unis s’opposèrent à l’aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et en 2004 ils s’opposèrent à l’appui du Fonds mondial contre le sida au Zimbabwe!
Non contents de déclarer leur propre guerre, les Etats-Unis et la Grande Bretagne poussèrent l’Union européenne à prendre des sanctions contre le Zimbabwe à partir de 2002 et cela en violation de l’Article 98 de l’Accord de Cotonou signé en 2000 entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).3 Comme quoi, l’impérialisme ne respecte ses propres règles et lois que quand celles-ci vont dans le sens de ses intérêts. Tous les fonds destinés à l’éducation et à la santé furent suspendus par les pays occidentaux, pourtant grands donneurs de leçons sur « les droits de l’homme » et qui prétendent combattre Mugabe pour « sauver » le peuple zimbabwéen !
Sous la pression des mêmes pays, le FMI et la Banque mondiale mirent fin à toute forme de coopération avec le Zimbabwe. Et si on ajoute à tout cela le lynchage médiatique quotidien le plus ignoble – un véritable terrorisme médiatique -, on peut considérer que le Zimbabwe connaît une situation similaire à celle qui prévalait en Irak avant l’invasion impérialiste de 2003. Les appels à la démission de Mugabe et à l’intervention militaire lancés ces temps derniers par les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France montrent qu’ils n’ont pas tout à fait renoncé à rééditer le scénario irakien. Ils avaient d’ailleurs essayé d’obtenir l’aval des Nations-Unies en juillet dernier en présentant une résolution qui ouvrirait la voie à l’utilisation de la force, en prétendant que la situation au Zimbabwe représentait « une menace pour la sécurité internationale » ! Sans doute une « menace » pour les intérêts et « la sécurité » de ceux qui veulent recoloniser le Zimbabwe.
La résolution fut rejetée par un double veto chinois et russe et également par le Vietnam, l’Afrique du Sud et la Libye. Par contre, le Burkina Faso de Blaise Compaoré, l’assassin de Sankara, avait voté pour cette résolution, sans doute dans le but de donner davantage de gages de sa fidélité à la Françafrique.
Défendre Mugabe
Ainsi donc, il est certainement plus facile aujourd’hui de crier avec les chiens et les loups impérialistes pour vilipender Robert Mugabe, le traîner dans la boue que de le défendre. Les pays occidentaux ont non seulement entrepris une campagne haineuse et méprisable contre le dirigeant zimbabwéen et son régime, mais également fait pression sur les dirigeants africains pour « l’isoler ». Cette campagne politico-médiatique est relayée par quelques dirigeants africains, dont Wade qui a rejoint récemment la meute de chiens demandant « la démission » de Mugabe.4 Mais elle a également fini par ébranler certains esprits « progressistes » voire « révolutionnaires » sur le continent.
Comme tout le monde le sait, la seule et unique source de cette furie impérialiste est la confiscation des terres des fermiers blancs. Et pourtant, comme on l’a vu, cette confiscation n’a commencé que quand la Grande Bretagne a officiellement renié sa parole. En outre, cette confiscation est plus que légitime puisqu’elle vise à restituer aux Africains ce qui leur avait été volé par la force durant la colonisation britannique. Mais pour les Britanniques et les pays occidentaux, Mugabe s’est attaqué au fondement même de leur domination: le pouvoir économique. En effet, aussi longtemps que quelques milliers de fermiers contrôlaient l’essentiel des terres les plus fertiles du pays, le pouvoir économique et financier resterait entre leurs mains. Les cas de l’Afrique du Sud et de la Namibie en sont une bonne illustration.
Donc, il ne fallait pas que Mugabe réussisse, car s’il réussissait ce serait le tour de l’Afrique du Sud, de la Namibie et même au-delà. La réussite de la politique de redistribution des terres serait un coup terrible porté à tout le système de domination directe ou indirecte en Afrique. La libération économique est une guerre encore plus difficile et plus terrible que la guerre de libération sur le plan politique. Beaucoup d’Africains ont compris que ce qui se passe au Zimbabwe est une illustration de ce qui attend tout pays africain qui décide de s’engager dans la voie de l’émancipation économique.
C’est pourquoi nous avons choisi de soutenir Mugabe dans la crise qui secoue son pays. Nous le faisons, parce qu’il est le symbole de l’insoumission et de la résistance à l’impérialisme occidental, comme le souligne si bien Aminata Traoré dans son texte (http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53094). Un symbole qui a ses forces et ses faiblesses. C’est l’un des très rares dirigeants africains qui peut aujourd’hui se targuer de prendre des décisions sans qu’elles soient dictées par l’Union européenne, les Etats-Unis ou encore le FMI et la Banque mondiale. Voilà pourquoi il représente un symbole dangereux aux yeux du système de domination impérialiste. Tout comme Hugo Chavez ou Evo Morales en Amérique latine. Les mêmes épithètes infamantes collées à Mugabe par les médias occidentaux sont également appliquées à ces dirigeants sud-américains.
Mais notre soutien à la résistance que mènent Mugabe et la ZANU-PF n’est nullement synonyme de soutien à toutes leurs politiques, dont certaines sont franchement condamnables et même inacceptables. C’est un fait que des fautes et des abus ont été commis dans la politique de confiscation des terres et dans les relations avec l’opposition. Mais face au système impérialiste, la solidarité et le soutien des forces conscientes des enjeux de la crise au Zimbabwe sont nécessaires et justifiés.
Le Président Mao Ze Dong nous a appris depuis longtemps déjà que toutes les contradictions n’ont pas la même importance et qu’il est nécessaire de les hiérarchiser pour en trouver le fil conducteur. Voilà pourquoi nous ne pouvons confondre l’impérialisme et ses agents, d’une part, et les régimes africains agressés et en butte au terrorisme et au banditisme des pays occidentaux, comme celui de Mugabe, d’autre part, même s’ils sont « capitalistes ou libéraux ».
Oui, comme le dit Aminata, Nous sommes tous des Zimbabwéens ! Nous soutenons le symbole de l’insoumission face à la meute de chiens impérialistes et leurs auxiliaires africains !
Note
1 - L’auteur répond à une contribution parue dans la presse sénégalaise.
Voir aussi : Mamdani, Mugabe et la communauté scientifique africaine face au cauchemar du Zimbabwe ( http://www.pambazuka.org/fr/category/features/52948)
* Demba Moussa Dembélé est Directeur du Forum africain des alternatives
* * Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
La vraie nature de la crise financière internationale
2009-01-16
Musengeshi Katata
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53270
Surprenante analyse que celle développée dans l’article publiée récemment dans Pambazuka, intitulé « La crise financière et ses enjeux pour l’Afrique » (1). On voit que l’auteur a une formation classique aujourd´hui dépassée par des faits. Ou alors il faut croire que le réalisme objectif ici fait gravement défaut. D´abord, s´il y a une relation entre l´économie réelle et l´économie financière, il s’agit de deux choses sont bien distinctes, même si elles appartiennent au même système économique.
Cette crise n’a rien à voir avec un cours d´histoire économique, parce qu´elle se différencie totalement des crises cycliques classiques.
La crise actuelle est une crise de saturation par laquelle les producteurs poussés, depuis longtemps par une crise latente et se refusant á réagir économiquement, se sont pervertis à étouffer et à ruiner leurs futurs clients (africains notamment) en les empêchant systématiquement de se développer. La Chine et l´Inde qui sont passés á travers les mailles, par ailleurs, deviennent des concurrents sérieux. Cela rétrécit le marché international et provoque un manque à gagner qui déclenche le chômage et l´expatriation des unités de production vers les pays aux coûts de production moins chers.
La crise financière dont nous allons connaître, au plus tard en avril 2009, les effets désastreux, a été causé par l´émission abusive d´un surplus tendancieux de masse monétaire. Lequel a été employé par Wall Street à de fausses titrisations et au financement, abusif encore une fois, du marché hypothécaire de l´immobilier américain. Il y a donc environ et pour le moins 44 000 milliards de dollars de fausses valeurs financières en circulation, ce qui freine le mouvement des banquiers craignant de recevoir en paiement ces valeurs pourries.
Pourquoi 44.000 milliards ? Parce que suite au «9/11» le gouvernement américain a doublé le plafond financier du monde qui est de 44.000 milliards de dollars de valeurs réelles, en injectant 90 000 milliards de valeurs financières de financement. Ceci a été fait d´autorité, sans consulter qui que ce soit des partenaires mondiaux. Ce qui est d’autant plus abusif que cet argent a été systématiquement employé à des buts douteux.
L´Amérique qui a voulu frauder ou tromper le monde entier va en payer un prix incroyablement lourd : elle doit en effet payer cet endettement cannibale. Et croyez-moi, cela va faire on ne peut mal. Le fait que la côte d´épargne américaine soit de -0,5 %, que son endettement public soit de 10 300 milliards de dollars, et privé de 87 000 dollars par tête d´habitant va aggraver les choses énormément. Pour les Occidentaux exportateurs et même la Chine, le gel du crédit bancaire international va les contraindre à vivre uniquement de leurs marchés intérieurs. C´est un peu cela l´explication rapide de cette crise.
Musengeshi Katata -
Forum Réalisance
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Ghana : Les tortueux chemins de la démocratie
2009-01-16
http://tinyurl.com/9gvk4o
En ce mercredi 7 janvier la presse internationale se félicite, à juste titre, du résultat récent des élections présidentielles au Ghana : le candidat de l’opposition John Atta Mills prête serment aujourd’hui comme nouveau président après avoir a gagné la course avec une majorité de 50,23 % des voix. Une victoire aussitôt reconnue par le candidat du parti au pouvoir. Sans violence, sans heurts. Une victoire de la démocratie en Afrique. Mais une victoire qui trouve son origine dans deux coups d’Etat !
Rêvons toujours pour l’Afrique !
2009-01-15
Waly Ndiaye
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53267
Il est à la fois si lointain et si proche, ce jour de l’année 1987, qui vît s’asseoir ensemble, ici à Dakar, une poignée significative d’afrikaners progressistes et quelques membres de l’ANC qui, usés par les nombreuses années d’exil entre Dar Es Salam et Alger, avaient enfin consenti à envisager une issue non violente au conflit qui en Afrique du Sud opposait les populations noires au régime de l’Apartheid.
Depuis, malgré l’usure du temps, l’ampleur du malheur et les signes de la fatale damnation, quelques continuateurs de ce rêve de démocratie et de développement pour l’Afrique, sur l’île historique de Gorée, comme sur un nuage, rêvent toujours de sociétés africaines paisibles, équitables et autosuffisantes.
Depuis, la Nation Arc-en ciel, a tenté de gommer les scories d’un système dont le moins qu’on puisse dire est qu’il était abject.
Ailleurs en Afrique, le Sénégal a vu M. Abdoulaye Wade succéder au Président Diouf qui avait accueilli cette fameuse rencontre de 1987. Au Bénin, au Mali, au Niger et ailleurs encore, l’alternance au pouvoir à pu se réaliser.
Bien avant, à l’aube des années 90, le vent de démocratisation issu de la conférence de la Baule avait soufflé sur l’Afrique francophone, arrachant partout, de Niamey à Bangui, les régimes postcoloniaux des trônes dans lesquelles ils s’étaient incrustés, semant ainsi parmi les peuples affamés par des décennies de règne de parti unique, un espoir de salut dont ils n’avaient jamais rêver au paravent.
Pendant ce temps, l’Ouganda et la corne de l’Afrique voyaient Mohamed Siad Barre, Mengistu et Idi Amin Daddah partir vers des destinations plus clémentes, alors qu’en Afrique australe, les régimes issus des luttes de libération nationale s’attachaient encore à entretenir la flamme de l’espoir né des longues années de sacrifice suprême. Nous rêvions tous !
Puis, comme dans ces contes eschatologiques dont seuls les peuples insatisfaits de leur présent et incapables de façonner leur futur ont le secret, advint… le pêché, puis l’interminable punition.
Partout sur le continent, les conséquences désastreuses des Plans d’ajustement structurel combinées aux dommages de la mal gouvernance de régimes impudiques, corrompus et insouciants, firent le lit des marchants d’armes et autres chercheurs de matières premières et de pierres précieuses, et contraignirent les peuples à la révolte, les gouvernants à la répression, et les factions armées à la radicalisation.
Depuis bientôt deux décennies, rien que des guerres sanglantes : au Libéria, au Rwanda, en Somalie, au Tchad, au Congo, au Burundi, en Côte d’Ivoire, au Soudan, etc.
Encore aujourd’hui, partout en Afrique, rien que rêves d’exil et des futurs incertains : en Côte d’Ivoire, au Tchad, sur la bande sahélo saharienne, dans le delta du Niger, au Zimbabwe et …en Afrique du Sud.
Aujourd’hui que le résultat le plus visible du dialogue inter congolais reste la persistance des attaques du chef de guerre Laurent Nkunda, l’Afrique du Sud qui, pendant des mois, à offert Sun City aux belligérants mafieux du Congo, cette Afrique du Sud qui a fait rêver plus d’un Africain, semble bien terne et chancelante, vivant un moment de doute et d’errance.
Et nous rêvons toujours !
Sommes-nous alors de ces rêveurs dont T. E. Lawrence disait qu’ils sont des gens dangereux, car voulant toujours agir sur leur rêve avec les yeux ouverts, pour le rendre possible? Serait-ce trop prétentieux ?
* Waly Ndiaye est Directeur des Programmes de Gorée Institute
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Arts & livres
Afrique : Etats faibles et sécurité privée
2009-01-16
http://tinyurl.com/6ukx5b
Qui fait la police, dans les pays du Sud ? Telle est la question arpentée avec force exemples tout au long de cet ouvrage par Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Le tableau dressé ici est sombre : des polices d'Etat africaines inefficaces, minées par la corruption, devenues même, parfois, les premières organisations mafieuses du pays, sont remplacées par des sociétés privées qui garantissent la sécurité à leur place, dans un processus qui n'est même plus de "reprivatisation" tant le monopole étatique de la violence physique légitime n'a jamais été autre chose qu'une chimère de l'Etat importé.
Afrique : Un livre pour montrer que l’Afrique à les cartes du développement en main
2009-01-15
http://www.editionsatelier.com
«L’Afrique au secours de l’Afrique», livre de Sanou Mbaye est annoncé pour bientôt. Ancien haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement, il est devenu chroniqueur politique et économique. Ses écrits sur le développement des pays africains proposent des politiques alternatives à celles mises en place, en Afrique, par les Occidentaux et leurs bras alliés : le FMI et la Banque mondiale. Ce livre de Sanou Mbaye se place à contre-courant et démontre que l’Afrique a toutes les cartes en main pour assurer son propre développement. A partir d’un diagnostic lucide, il propose un large éventail de solutions novatrices et montre que cinquante ans après les indépendances, l’Afrique peut et doit se réaliser pleinement.
Bénin : Des pinceaux d'enfants pour peindre la gratuité de l'école
2009-01-15
http://tinyurl.com/8h5lqr
Art plastique, Design et architecture, écrit et illustration telles sont les rubriques dans lesquelles les candidats au Concours national d'art scolaire (Conaasco) exprimeront leur talent. Officiellement lancée le 12 décembre dernier, ce concours vise l'éclosion des talents en milieu scolaire. La quatrième édition qui se déroule cette année s'intéresse au thème de la gratuité de l'école au Bénin.
Zimbabwe
Tsvangirai annonce une rencontre avec Mugabe
2009-01-15
http://tinyurl.com/a9fpa3
Le principal leader de l'opposition au Zimbabwe Morgan Tsvangirai a annoncé le 15 janvier qu'il rencontrerait "dans la semaine qui vient" le président Robert Mugabe et le chef de l'Etat sud-africain Kgalema Motlanthe pour discuter de l'accord de partage du pouvoir, signé mi-septembre. M. Tsvangirai a réaffirmé son soutien dans l'accord de partage de pouvoir, signé il y a quatre mois pour régler la crise au Zimbabwe et resté depuis lettre morte. "Un accord politique reste le meilleur moyen d'empêcher le Zimbabwe de devenir un Etat en faillite", a poursuivi le chef du MDC. "Mugabe n'est pas un partenaire crédible mais je dois faire avec", a-t-il dit.
Femmes & genre
Gabon: Les NU financent des projet pour les femmes victimes de violences
2009-01-15
http://tinyurl.com/935wz5
Plus de 5.000 femmes victimes de violences liées à la crise qui déchire la Côte d'Ivoire depuis 2002 vont bénéficier d'un projet financé par les Nations unies pour leur permettre d'exercer une activité. Le projet est financé par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD). Le coût du projet pour les localités de Bouaké, M'Bahiakro et Sakassou s'élève à 30 millions de francs CFA.
Tchad : Révolte des femmes contre les violences qu'elles subissent
2009-01-15
http://tinyurl.com/6wntjr
Les Tchadiennes ne gardent plus le silence devant les violences faites aux femmes. Ainsi, une manifestation a été organisée dernièrement dans la ville tchadienne de Guelendeng, à 153 kilomètres de N’Djamena, la capitale. Un fait rare, selon les observateurs, qui traduit le drame que consituent ces violences. Au cours des huit derniers mois, au moins deux femmes ont été tuées par leurs époux à Guelendeng, selon les manifestantes. A la même période, ont-elles indiqué, de nombreuses femmes ont été gravement blessées par leurs maris dans la région. A N’Djamena, en novembre, un homme a tué son épouse et sa belle-mère.
Droits humains
Gabon : Liberté provisoire pour deux responsables d’ONG et un journaliste
2009-01-15
http://www.afrik.com/article16076.html
Les deux leaders d’ONG, un journaliste et un gendarme gabonais, arrêtés pour "détention d’un document en vue de sa diffusion dans un but de propagande orale ou écrite en vue de l’incitation à la révolte contre les autorités" du pays, ont été mise en liberté provisoire. Ils avaient placés sous mandat de dépôt le 7 janvier.
Guinée : les Nigérians sur leurs gardes face au nouveau pouvoir
2009-01-15
http://tinyurl.com/9ba99o
Les membres de la Communauté nigériane de Guinée semblent redoubler de méfiance depuis le coup d'État du 23 décembre, au lendemain de la mort du président Lansana Conté. Les nouvelles autorités de Conakry ont en effet déclaré une lutte sans merci au trafic de drogue et à la corruption, deux "business" dans lesquels quelques Nigérians excellent. Mais c'est l'ensemble de cette communauté qui s'inquiète de l'arrivée au pouvoir de jeunes soldats qui, pour certains d'entre eux, avaient pris l'habitude de les "harceler".
Liberia : plusieurs anciens chefs de guerre devraient être inculpés
2009-01-15
http://tinyurl.com/a6ljgw
Plusieurs anciens chefs de guerre libériens devraient être inculpés par la Commission vérité et réconciliation pour les crimes commis pendant la guerre civile (1989-2003). Selon Prince Johnson, un de ces ex-chefs de guerre, qui se dit lui-même concerné, ces décisions sont contenues dans un rapport confidentiel de la commission auquel il a eu accès. "Dans le rapport, je suis inculpé pour crimes de guerre pour avoir tué (l'ancien président) Samuel Doe et avoir commis des massacres dans la région de Bong Mines", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Prince Johnson, ancien chef de guerre et actuellement sénateur.
Libéria: Le fils de Charles Taylor condamné à 97 ans de prison aux Etats-Unis
2009-01-15
http://tinyurl.com/93xo9r
Charles McArthur Emmanuel Taylor, fils de l’ancien président du Liberia Charles Taylor, a été condamné à 97 ans de prison aux Etats-Unis. Plus connu sous le nom de "Chuckie" Taylor et âgé de 31 ans, ce dernier, qui est né aux Etats-Unis et possède la nationalité américaine, avait été reconnu coupable, le 30 octobre 2008, de complot en vue d'assassinat et de tortures entre avril 1999 et juillet 2003. Avant le prononcé de la peine devant la cour fédérale de Miami (Floride), il a eu à déclarer : "Pardon à mes frères pour ce qui s'est passé pendant les 14 ans de guerre au Liberia (...), j'honorerai mes obligations quelles qu'elles soient".
Mali: Plus de 76 000 euros récoltés pour les albinos africains
2009-01-15
http://tinyurl.com/7duzs8
Plus de 76 000 euros ont été recueillis en faveur des albinos victimes d'une recrudescence des crimes rituels dans plusieurs pays d'Afrique. C’était lors d'un téléthon organisé à Bamako, le 10 janvier. La manifestation, qui a réuni un millier de personnes, s'est tenue en présence des présidents du Mali, Amadou Toumani Touré, et de l'île autonome de Grande Comore (Ngazidja) de l'Union des Comores, Mohamed Abdouloihabi, un albinos. Plusieurs cas de crimes ont été rapportés ces derniers mois dans des pays d’Afrique de l’Est.
Niger : Le silence autour de la répression des Touaregs
2009-01-15
http://tinyurl.com/73hgtw
Pendant que Nicolas Sakozy s’agite pour régler le conflit israelo-palestinien, une autre guerre, dont le gouvernement français est accusé d’être responsable par le biais de la société d’uranium AREVA, se déroule dans une totale indifférence. Cette multinationale exploite l’uranium dans le nord du Niger, une région où la rébellion touareg fait face à l’armée nigérienne. Un conflit qui, jusqu’à présent, se déroule dans l’indifférence de la communauté internationale.
Niger : Le silence autour de la répression des Touaregs
2009-01-15
http://tinyurl.com/73hgtw
Pendant que Nicolas Sakozy s’agite pour régler le conflit israelo-palestinien, une autre guerre, dont le gouvernement français est accusé d’être responsable par le biais de la société d’uranium AREVA, se déroule dans une totale indifférence. Cette multinationale exploite l’uranium dans le nord du Niger, une région où la rébellion touareg fait face à l’armée nigérienne. Un conflit qui, jusqu’à présent, se déroule dans l’indifférence de la communauté internationale.
Rwanda : Rose Kabuye, poursuivie par la justice française, rentre à Paris
2009-01-15
http://tinyurl.com/7jth9n
Rose Kabuye, une proche du président rwandais Paul Kagame inculpée à Paris, a quitté Kigali pour rentrer en France. Elle avait été autorisée par la justice française à passer les fêtes de fin d'année dans son pays. Le justice française la soupçonne d'avoir pris part à l'attentat commis le 6 avril 1994 contre l'avion du président rwandais de l'époque Juvénal Habyarimana, un Hutu, qui avait été tué. Cet attentat avait été déclencheur d'un génocide qui a fait environ 800. 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi. Rose Kabuye nie les faits qui lui sont reprochés.
Zambie : Les dénonciations continuent contre les miniers chinois
2009-01-15
http://tinyurl.com/8q648k
Les spectaculaires investissements chinois en Zambie, notamment dans le secteur minier, ne parviennent plus à masquer les injustices qui les accompagnent. Une vidéo qui circule vient encore noircir le tableau. Sur les images, on distingue à peine les rails et le tunnel de la mine, éclairés par la faible lueur d’une lampe frontale. Soudain, le mineur fait un bond sur le côté pour éviter un wagonnet qui arrive à vive allure, tous phares éteints. "Les conditions de travail ici sont bien pires que dans toutes les mines alentour détenues par d’autres investisseurs étrangers », affirme un mineur interrogé à la sortie de la mine.
Réfugiés & migration forcée
Afrique : La France multiplie les accords sur l'immigration
2009-01-15
http://www.afrik.com/article16081.html
Brice Hortefeux peut être heureux. Le ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale réussit à rallier à sa politique le continent africain. La preuve, depuis sa prise de fonctions, huit accords de gestion concertée des flux migratoires ont été signés et, pour l’instant, seul le Mali se montre reticent. A l’heure du bilan 2008, des questions se posent : pourquoi les pays africains cèdent-ils à la France ? Qu’ont-ils donc à gagner ? Le 10 janvier, à Ouagadougou, le ministre de l’Immigration a encore gagné du terrain. Il a signé avec le ministre burkinabé des Affaires étrangères, un accord sur la gestion des flux migratoires.
Afrique du Sud : Une nouvelle loi sur l’immigration en préparation
2009-01-15
http://tinyurl.com/87vask
Le ministère de l’Immigration sud-africain vient d'annoncer qu'il va réviser sa politique d’immigration et pourrait annoncer, début mars, la création d’un permis temporaire pour les migrants économiques. Cette décision viendrait juste au moment où un nombre grandissant de Zimbabwéens traverse la frontière. Si cette mesure pourra s’appliquer à tous les ressortissants de la SADEC (Communauté de développement d'Afrique australe), son but premier est, bien sûr, de répondre à l’afflux de réfugiés en provenance du Zimbabwe.
Mouvements sociaux
Côte d’Ivoire : Des fournisseurs non payés par l’Etat annoncent une grève de la faim illimitée
2009-01-15
http://tinyurl.com/9aoeb4
Depuis le mois de mai 2008, le Syndicat des fournisseurs de l’Etat de Côte d’ivoire (SYNAFECI) a entamé des négociations avec le Gouvernement en vue de trouver une voie de règlement des factures impayées par l’Etat qui s’élèvent à plus de 243 milliards de FCFA. Mais selon son président, les négociations ont échoué. «Les négociations n’ont pas abouti. Ceux qui entourent le Président de la République ne prennent pas au sérieux les problèmes des fournisseurs », a-t-il fait savoir, annonçant une autre alternative de revendication, avec le déclenchement d’une grève de la faim illimitée.
Mauritanie : Les femmes dénoncent les attaques israéliennes sur Gaza
2009-01-15
http://tinyurl.com/9z548s
Les femmes d'Atar, en Mauritanie, ont joint leur parole aux manifestations contre l’invasion militaire et les bombardements israéliens sur Gaza. Ce qui arrive aux femmes et enfants de GAZA est un holocauste, un génocide que la dignité humaine ne saurait laissée durer plus longtemps, soutiennent-elles. Tous les pays arabes, musulmans ou épris de paix et justice doivent rompre leurs relations avec Israël, demandent-elles. La Mauritanie est l’un des rares pays arabes à avoir établi des relations diplomatiques avec Israël.
Sénégal : L’Etat force les boulangers à baisser le prix du pain
2009-01-15
http://tinyurl.com/9439ql
Le gouvernement est décidé à faire appliquer, au besoin par la force, la baisse du prix du pain. Et, pour veiller à l'application de la mesure et contraindre les boulangers à respecter la nouvelle grille tarifaire, l'Etat a 'lâché' ses agents du contrôle économique. Ces derniers ont investi les boulangeries qui refusent de se soumettre à la directive de l'Etat et ont entamé des mouvements de résistance. Dans certaines boulangeries, ces agents ont vendu le pain à la place des boulangers.
Tchad : Le Syndicat des enseignants menace d’appeler à la grève
2009-01-15
http://tinyurl.com/6uuumz
Dans un communiqué rendu public le 11 janvier, le syndicat tchadien, qui demande une augmentation des salaires, appelle aussi ses militants à «se tenir prêts pour le déclenchement d’un mouvement de grève. Selon ses responsables, ces revendications se justifient, entre autres, par la détérioration des conditions de vie face à la cherté de vie. «Face à cette condamnation à une morte certaine, les enseignants ne sauraient rester longtemps sous silence», lancent-ils.
Elections & gouvernance
Afrique : Ces tripatouilleurs de Constitution qui confisquent le pouvoir
2009-01-15
http://tinyurl.com/9q9g2a
Les putschs, l’année dernière, en Guinée et en Mauritanie, ont provoqué une vague de protestations au sein de la communauté internationale. Mais il existe, en Afrique, une autre forme de coup d’Etat devant laquelle cette communauté reste bien silencieuse : les manipulations de Constitution pratiquées par des chefs d’Etat pour s’éterniser au pouvoir. Ces dernières années, elles se sont multipliées sur le continent.
Afrique du Sud : La campagne de l'ANC ternie par les déboires judiciaires de Zuma
2009-01-15
http://tinyurl.com/8lz82f
L'ANC a été le premier parti à lancer son programme électoral, le 10 janvier, promettant des emplois décents, moins de criminalité et une meilleure éducation. La manifestation a eu lieu devant quelque 80.000 militants et sympathisants. Le leader du parti, populaire mais controversé, Jacob Zuma a également promis de combattre la corruption. C’était deux jours avant sa nouvelle inculpation dans une affaire de pots-de-vin impliquant le groupe français d'armement Thales, alors qu'il était vice-président du pays (1999-2005).
Côte d'Ivoire : Le rendez-vous manqué de la réunification
2009-01-16
http://tinyurl.com/9uh2qk
L'autorité de l'Etat ivoirien et le contrôle des impôts dans la moitié nord du pays, toujours tenue par les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN), n'ont pas été restaurés à la date butoir fixée le 15 janvier. Bien qu'ils aient approuvé plusieurs plans prévoyant la réunification et la tenue d'élections, les ex-rebelles rechignent à remettre le pouvoir aux civils et continuent à collecter impôts et droits de douane qui se montent à plusieurs millions de dollars par mois.Le retour dans les caisses de l'Etat de ces taxes pourrait compenser la piètre récolte de cacao et contribuer à un processus de paix mis à mal par les difficultés budgétaires, selon l'avis des Nations unies.
Gambie : Un officier gambien arrêté pour ses liens avec le FBI
2009-01-15
http://tinyurl.com/7alc2k
Un haut responsable de l'Agence nationale du renseignement de la Gambie (NIA) a été arrêté après avoir été soupçonné d'être un agent du Federal board of investigation (FBI), le service de renseignement américain. M. Yankunba Badjie est détenu au quartier général de la police gambienne à Banjul, où il aide la police dans certaines investigations
Guinée : La junte fixe un ambitieux programme au gouvernement
2009-01-16
http://tinyurl.com/7u9f38
La junte militaire au pouvoir en Guinée depuis la mort du président Lansana Conté a fixé un programme ambitieux au nouveau gouvernement, notamment pour éradiquer la corruption et revoir les contrats miniers. Dans un discours de 40 minutes retransmis à la télévision, le président Moussa Dadis Camara à dévoilé un programme axé sur l'amélioration des services publics et la relance d'une économie très largement dominée par la bauxite, dont la Guinée est le premier producteur mondial.
Guinée : La CEDEAO suspend la Guinée suite au coup d'Etat
2009-01-15
http://tinyurl.com/a3d7x7
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a suspendu la Guinée des activités de l'organisation après le coup d'Etat du 23 décembre. Selon le président de la commission de l'organisation régionale, Mohammed Ibn Chambas., le sommet extraordinaire des chefs d'Etat réuni à Abuja, a "fermement condamné le coup d'Etat du 23 décembre. La CEDEAO offre cependant son soutien pour assurer la transition vers un retour à "l'ordre constitutionnel". Le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui avait apporté son soutien aux putschistes, s’est ainsi vu désavouer par ses pairs.
Sénégal : Retour de l’ancien Premier ministre dans le parti au pouvoir
2009-01-15
http://tinyurl.com/8f9lh2
L’ancien Premier ministre Idrissa Seck, destitué en 2004 puis exclu du parti au pouvoir, le PDS, a annoncé son retour dans ce parti. La décision fait suite à une rencontre qu’il a eue avec le président de la République, Abdoulaye Wade. Lors de la destitution, puis l’exclusion de M. Seck, il avait été fait état de malversation dans la gestion des finances publiques. Il avait même été emprisonné pendant plusieurs moi. La procédure judiciaire encore en cours n’a toujours pas établi sa culpabilité.
Corruption
Cameroun : Révélations sur un réseau d'émigration clandestine
2009-01-15
http://tinyurl.com/842kpd
Un vaste réseau d'immigration clandestine vers les Etats Unis, entretenu par de hautes autorités, est signalé au Cameroun. Il pourrait s'agir d'une filière huilée où on servirait des documents standard (passeports et ordres de mission) à des individus dans l'optique de faciliter leur départ pour l'exil. Ces documents reviennent par divers services postaux pour servir à d'autres candidats à l’émigration bien intégrés dans la filière. La presse accuse des responsables du parti au pouvoir, notamment basés au niveau de l’Assemblée nationale.
Maroc : Un réseau de trafic de drogue impliquant des forces de sécurité démantelé
2009-01-15
http://tinyurl.com/9ekljl
Un important réseau mettant en cause des trafiquants de drogue et des militaires a été démantelé le 11 janvier au Maroc, selon le ministère chérifien de l’Intérieur. Fortement équipé, le réseau aurait acheminé vers l’Espagne « plusieurs dizaines de tonnes » de drogues à bord d’embarcations rapides. Plusieurs éléments de la Gendarmerie, de la Marine et des Forces Auxiliaires, présumés complices, ont été suspendus de leurs fonctions sur ordre du parquet qui a diligenté une enquête. C’est le premier coup de filet d’envergure annoncé depuis près de deux ans au Maroc
Rd Congo : Détournement des salaires des enseignants
2009-01-15
http://preview.tinyurl.com/98n9g7
L’Assemblée nationale a déclaré recevable, le 13 janvier, le rapport de l’enquête parlementaire sur le détournement des fonds destinés à la paie des enseignants dans le district du Sud-Ubangi (Equateur). La forfaiture porte sur la somme de 85 millions 243.546 FC destinée à la paie complémentaire des salaires de mars et avril 2008. Le rapport incrimine le gouverneur de la province ainsi que le chef de District. L’affaire va se retrouver devant la justice.
Développement
Afrique : La pauvreté pourrait peser encore pendant 200 ans
2009-01-15
http://tinyurl.com/7novpq
Une extrême pauvreté continuera de peser sur l’Afrique subsaharienne pendant encore 200 années, à moins que l’action pour la maîtriser soit intensifiée. Dans un nouveau rapport, «Social Watch», qui est un réseau de groupes de campagne, a conçu une mesure dénommée "les indices fondamentaux de capacité" pour évaluer le niveau de pauvreté à travers le monde. Selon le rapport, 80 pays -- hébergeant la moitié de la population mondiale -- évoluent difficilement. Parmi eux, le Tchad, le Niger, le Malawi, le Bénin, l’Ouganda, le Nigeria, Madagascar et le Ghana ont été listés comme des pays en stagnation.
Afrique : Les ministres prônent plus de participation au FMI et à la BM
2009-01-15
http://tinyurl.com/98hg4
Les ministres africains des Finances, , doivent discuter du renforcement de la participation de l'Afrique dans les institutions de Bretton Woods, la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI). Au début de leur réunion, initiallement prévue pour discuter de la formation d'une Bourse panafricaine, les experts ont dit que la participation des ministres africains dans les deux institutions était essentielle au développement du continent, notament dans ce contexte.
Afrique : Trois groupes bancaires à la conquête du continent
2009-01-15
http://tinyurl.com/7eqly3
Durant l'année 2008, trois groupes bancaires africains ont poursuivi leurs politiques d'expansion. Il s'agit de la Nigériane UBA, de la Marocaine Attijariwafa Bank et de la panafricaine Ecobank. Ces plans d'expansion se croiseront inévitablement en 2009 et cette perspective n'est pas sans inquiéter quelques ténors maghrébins qui ne se sont pas encore faits à l'idée d'une concurrence subsaharienne sur leurs propres terres.
Maroc : L’Office du phosphate se positionne en leader mondial
2009-01-15
http://tinyurl.com/9y44xm
En dépit de la crise internationale, le Maroc poursuit son développement économique. C'est en tout cas le message qu'il veut faire passer. Le 12 janvier, les responsables de l'Office chérifien des phosphates (OCP) et de la Banque centrale populaire (BCP) ont annoncé qu'ils s'engageaient dans un partenariat stratégique à travers une prise de participation croisée. Une première dans le secteur public au Maroc. Mais c'était surtout l'occasion pour l'OCP d'affirmer sa volonté de renforcer sa position de leader mondial des phosphates.
Niger : Un groupe français hérite de la plus grande mine d’uranium d’Afrique
2009-01-15
http://www.afrik.com/article16046.html
Le groupe nucléaire français vient de se voir attribuer un permis d’exploitation de la mine d’Imouraren, le plus grand gisement d’uranium de toute l’Afrique. L’accord de convention dans ce sens a été signé le 12 janvier, à Niameye, entre la présidente du directoire du groupe nucléaire français et le gouvernement nigérien. AREVA exploite déjà des gisements d’uranium au Niger depuis des décennies, dans le nord du pays, une région en proie à la rébellion des populations touaregs.
Santé & VIH/SIDA
Burkina Faso : Les populations réticentes forcées à se faire vacciner
2009-01-15
http://tinyurl.com/8k2zss
Au Burkina Faso, des fonctionnaires de santé publique locaux ont récemment menacé de faire usage de la force contre les foyers refusant de recevoir le vaccin contre la fièvre jaune. Le 31 décembre, à quatre heures du matin, des membres de la police militaire ont accompagné les médecins locaux dans les foyers des villages de Sokouraba et Samogohiri, où les enfants n’avaient pas été immunisés. « Nous savions qu’à cette heure-là, ils ne pourraient pas dire à leurs enfants de s’enfuir et que les familles seraient à leur domicile », a indiqué un responsable de la santé.
Cameroun : La rougeole fait des ravages dans l'Extrême-Nord
2009-01-15
http://tinyurl.com/7qz8wd
Près de 160 cas de rougeole sont signalés dans les différentes formations sanitaires du Nord du Cameroun, avec à la clé deux morts. Selon les autorités médicales, les cas ainsi signalés sont loin de refléter la réalité et la menace d’épidémie de rougeole est réelle. En effet, populations des zones rurales rechignent à fréquenter les formations sanitaires, sauf dans les cas très graves,.
Rd Congo : Ebola déjà aux portes de Kinshasa, Lubumbashi et Kisantu
2009-01-15
http://tinyurl.com/8w8mzg
Des cas d'alerte au virus Ebola ont été signalés à Kinshasa, à Lubumbashi et à Kisantu, dans le Bas-Congo. Les familles supposées affectées sont sous observation pendant 21 jours pour éviter le risque de contagion. Le 13 janvier 2009, une journée de plaidoyer en faveur de la lutte contre l'épidémie a été organisée dans les locaux de l'Organisation mondiale de la santé à Kinshasa. Appel a été lancé aux partenaires internationaux pour aider à faire aux risques, mais aussi aux autorités locales de renforcer les mesures de prévention.
Swaziland : La pauvreté empêche les malades de la tuberculose de se soigner
2009-01-15
http://tinyurl.com/6wnk8f
Pour n'avoir pas pu payer le transport à l'hôpital le plus proche, des malades de la tuberculose, au Swaziland, ont échoué à maintes reprises à suivre le traitement contre la maladie. L’une d’elles, qui vit dans le petit village de Lulakeni, dans le sud du Swaziland, confie : "Je n'arrive pas à payer les frais de transport à l'hôpital pour me réapprovisionner en comprimés [pour mon ordonnance] tous les mois". Beaucoup d’entre-elles deviennent ainsi des «portés disparus» et l’épidémie se propage, alors qu’on bon suivi des traitements permet de venir à bout du mal.
Éducation
Global : L’accès à l’éducation limité par les conflits
2009-01-15
http://tinyurl.com/9a8dp7
Plus de la moitié des enfants dans le monde, qui n’ont pas achevé le cursus primaire, vivent dans des pays touchés par les conflits armés. Selon deux experts qui ont mené une étude dans ce sens, dont un rapport a été publié par l’Overseas Development Institute, les urgences limitent gravement l’accès des enfants à l’école. Ainsi, notent Susan Nicolai et Carl Triplehorn, un enfant réfugié en Afrique rurale a une chance sur 16 de fréquenter un établissement secondaire, et pour les enfants déplacés internes, les chances sont encore plus faibles
Global : Le vécu difficile de l'enfant dyslexique à l’école
2009-01-15
http://tinyurl.com/8con5w
Selon des études scientifiques réalisées à travers le monde, 10% des enfants scolarisés sont dyslexiques. Pourtant, ce trouble d'apprentissage qui touche les enfants en bas âge et qui se manifeste au cours des premières années de la scolarité reste méconnu des parents et de la plupart des enseignants et des autres cadres éducatifs. Bien qu'ils aient un QI plus élevé que la moyenne, ils montrent beaucoup de lenteur et de difficultés de compréhension dans diverses activités scolaires.
Madagascar : Une réforme pour l'adéquation formation-emploi
2009-01-15
http://tinyurl.com/7jv9w6
Un projet de réforme de l'éducation à partir du secondaire est en gestation à Madagascar. Il vise à faire coïncider les diplômes et le développement économique du pays. «L'enseignement post-fondamental à Madagascar est de qualité médiocre, coûte cher, est inefficace et produit peu de diplômés... Il ne produit pas des diplômés qualifiés pour participer à l'économie de demain», a expliqué un responsable local de la Banque mondiale. La première réforme de l'éducation à Madagascar date de 1970.
Madagascar : Diplômes en suspens à l'université
2009-01-15
http://tinyurl.com/a9hdnx
La délivrance des diplômes de fin d'études à l'université d'Antananarivo, à savoir licence, maîtrise et autres, reste en suspens. Cette situation inquiète surtout les étudiants voulant poursuivre leurs études à l'étranger. Le problème est apparu au lendemain de la révocation du président de l'université, Wilson Rajerison, la semaine dernière. Mais la solution ne tardera pas, selon le vice-président de l'université.
Nigéria : L'UNESCO forme 500 000 enseignants
2009-01-15
http://tinyurl.com/86pdum
L’UNESCO) a annoncé avoir formé 500 000 enseignants techniques et professionnels dans le nord du Nigeria aux techniques d'enseignement modernes. Il a fait savoir que les bénéficiaires, qui ont reçu cette formation dans différents aspects de l'éducation technique et professionnelle comme la menuiserie et la sidérurgie, ont également été formés aux Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) ainsi qu'aux principes de gestion.
LGBTI
Sénégal : Le président français ému par la condamnation de 9 homosexuels
2009-01-16
http://tinyurl.com/7cpcyf
Le président français Nicolas Sarkozy a fait part, le 14 janvier, de son "émotion" après la condamnation de neuf homosexuels à huit ans de prison au Sénégal, sujet sur lequel le ministre français de la Santé a interpellé le conseil des ministres. Dans un communiqué, Mme Bachelot, qui s'était faite l'avocate des droits des homosexuels en France ces dernières années, a également fait part de "son indignation". Elle y précise avoir demandé au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner "d'intervenir auprès des autorités sénégalaises, afin d'obtenir la remise en liberté de ces personnes".
Sénégal : Paris appelé à protester contre la condamnation d'homosexuels
2009-01-15
http://tinyurl.com/73syv2
Parmi les neuf homosexuels condamnés le 7 janvier à 8 ans de prison à cause de leur orientation sexuelle, figure le président de Aides Sénégal. Dans un courrier adressé à la ministre française de la Santé Roselyne Bachelot, à la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade et à Carla Bruni-Sarkozy, épouse du chef de l'Etat français et ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre le sida, Aides "appelle les autorités françaises à réagir contre cette atteinte aux droits humains, en violation des normes internationales". Les homosexuels ont été condamnés pour « conduite indécente et actes contre nature et association de malfaiteurs ».
Média & liberté d'expression
Afrique: Le pouvoir de la presse entre guerre et paix
2009-01-15
http://tinyurl.com/6sky6b
En 2003, deux journalistes de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) étaient condamnés pour crimes de guerre dans le génocide du Rwanda -- illustrant le rôle dangereux que les médias peuvent jouer en relayant des discours haineux ou des rumeurs pendant des conflits violents. Aujourd’hui encore, des experts et observateurs de l’ONU des pays de post-conflit estiment qu’il est nécessaire que des organismes de maintien de la paix développent une approche coordonnée en direction des médias locaux, avec des acteurs clés des agences internationales telles que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Banque mondiale et la Commission de maintien de la paix de l’ONU.
Cameroun : Un journaliste condamné à trois ans de prison
2009-01-15
http://tinyurl.com/8bqwfc
Un journaliste camerounais qui était poursuivi pour "propagation de fausses nouvelles" a été condamné à trois ans de prison ferme et à 2 millions de FCFA d'amende. La décision de justice qui frappe le directeur de La Détente a été rendue le 14 janvier. Arrêté en septembre, il avait été placé en détention. Evoquant sa santé "de plus en plus précaire", les membres de sa rédaction exigent sa mise en liberté.
Sénégal : Des travailleurs du quotidien Le Soleil menacent d’aller en grève
2009-01-15
http://tinyurl.com/a6w4z2
La section SYNPICS du «Soleil», le journal gouvernemental au Séngal, a annoncé le 13 janvier qu’elle pourrait aller en grève pour lutter contre les retards de salaires des travailleurs. Cette situation dure depuis plusieurs mois et traduit la crise que connaît cet organe de presse. Selon son directeur général, ’’des actes ont été posés pour résoudre la crise’’. Mais pour les syndicalistes, « il faut se pencher sur une crise aussi aiguë, qui dure depuis des années, et essayer d’y apporter des solutions ».
Bien-être social
Ghana : L’or prive les paysans du droit à la vie
2009-01-15
http://tinyurl.com/7wt2jf
Sept cents personnes privées du droit à la terre et à l’eau : c’est, d’après l'Ong FIAN, le résultat de l’exploitation par la société sud-africaine AngloGold Ashanti du site minier d’Iduapriem, au Ghana. "Le ministre de la Justice du Ghana a reconnu en septembre que des militaires étaient engagés sur le site minier d’Iduapriem pour protéger la concession et dit qu’ils seraient retirés. Mais trois mois plus tard, je n’ai pas vu de changement", expliquait, fin 2008, le coordinateur au Ghana de l’ONG FoodFirst International Action Network. Le ministre donnait ainsi raison a posteriori à 700 paysans de la région de Wassa West et aux organisations qui les défendent. Tous affirment depuis longtemps que leurs droits humains sont violés.
Conflits & urgences
Somalie : L'armée éthiopienne débute son retrait de Mogadiscio
2009-01-15
http://tinyurl.com/74vhhs
L'armée éthiopienne a commencé son retrait de la capitale somalienne Mogadiscio en abandonnant deux de ses principales positions dans le cadre de son plan de retrait du territoire somalien, ont rapporté des témoins. Les contingents éthiopiens, installés depuis deux ans dans le camp militaire d'Heylebarise et dans une ancienne usine de fabrication de pâtes, situés dans le nord de la ville, ont quitté les lieux dans la nuit de lundi à mardi 13 janvier.
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6839


Yash Tandon (2008) Ending Aid Dependence.
Dorothy-Grace Guerrero and Firoze Manji (ed) (2008) China’s New Role in Africa and the South: A search for a new perspective.