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Cette édition

Pambazuka News 85: RD Congo : Un Etat fragilisé entre guerres et impunité

Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.

Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

Pambazuka News, le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique. Il fournit des commentaires et des analyses approfondies sur la politique, les sujets d’actualité, le développement, les droits humains, les réfugiés, les questions de genre et la culture en Afrique.

Pour nous lire sur Internet, consultez le site http://www.pambazuka.org

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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Courrier, 5. Nécrologie, 6. Arts & livres, 7. Les écrivains africains, 8. Zimbabwe, 9. Femmes & genre, 10. Droits humains, 11. Réfugiés & migration forcée, 12. Mouvements sociaux, 13. Elections & gouvernance, 14. Développement, 15. Santé & VIH/SIDA, 16. Éducation, 17. Environnement, 18. Média & liberté d'expression, 19. Bien-être social, 20. Conflits & urgences, 21. Cours, séminaires, & ateliers




Sommaire de cette édition

CHRONIQUE :
- L’Affaire Mbemba et les méandres de la Justice pénale internationale.
- La politique africaine contemporaine vue sous le prisme de la RD Congo.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Kanere, un journal indépendant pour réfugiés cherche soutien
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : L’Aube de l’ère Obama : pour la mémoire des ancêtres.
COURRIER : Obama, un rayon de soleil sur l’humanité.
NECROLOGIE : La veuve de Félix Moumié retrouvée étranglée.
ARTS & LIVRES : Afrique : La presse privée francophone à la loupe.
ZIMBABWE : Nouvel échec des négociations de gouvernement, prochain sommet le 26 janvier.
FEMMES & GENRE : RD Congo : Le combat d’une femme pour l’affirmation des Congolaises.
DROITS HUMAINS : Libéria : Mandat d’arrêt contre un ancien proche de Charles Taylor.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Burundi : Des milliers d’habitant fuient la crise alimentaire dans le Nord.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Centrafrique : Le président Bozize dissous le gouvernement.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Des avancées dans le classement Doing Business.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Nouvel espoir de vaccin contre le paludisme.
EDUCATION : Bénin : Bientôt une université Barack Obama.
ENVIRONNEMENT : Afrique : Disparition inquiétante des espèces d’oiseaux d’eau.
MEDIAS & LIBERTE D’EXPRESSION : Cameroun : Quatre journalistes interpellés depuis septembre.
BIEN-ETRE SOCIAL : Côte d’Ivoire : 20 000 branchements sociaux à l’eau potable financés par la BM.
CONFLITS & URGENCES : Côte d’Ivoire : Sore appelle les ex-rebelles à s’impliquer dans la paix.
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Lancement d’un programme de bourses pour les chercheurs des universités.




Chroniques

L’Affaire Mbemba et les méandres de la Justice Pénale Internationale

2009-01-23

Dr. Yav Katshung Jospeh

http://www.pambazuka.org/fr/category/features/53550

L'Afrique, particulièrement l'Afrique Centrale et la région des Grands Lacs, est souvent confrontée au difficile héritage des graves violations et abus des Droits de l'homme. Encre, salive voire le sang ont coulé et continuent de couler sans que justice ne soit – effectivement - faite. Dans cette quête de justice, la Cour Pénale Internationale (CPI) fut créée par le traité de Rome du 17 juillet 1998 (Traité ou Statut de Rome). Le Statut de Rome exigeait 60 ratifications pour sa création ou son entrée en vigueur. Ces 60 ratifications ont été rassemblées en 2002 et la République Démocratique du Congo (RDC) est le 60e pays qui a déposé ses instruments de ratification le 11 avril 2002 pour permettre à cette Cour de fonctionner à partir du 1er juillet 2002. À partir de cette date, les crimes de génocide, le crime contre l'humanité et le crime de guerre, relèvent de la compétence de ladite Cour.

Le Statut a introduit en son sein un principe important qu'est la responsabilité des chefs militaires et des chefs hiérarchiques. Ce principe déroge du principe pénal de la responsabilité pénale individuelle en posant l'axiome qu'en cas de commission d'un crime de la compétence de la CPI, le défaut du chef militaire ou du supérieur hiérarchique, ayant eu connaissance des faits, de prévenir ou de mettre fin ou même de sanctionner, engage sa responsabilité pour le crime commis par les hommes placés sous son commandement.

Ce principe est aujourd'hui au cœur d'un débat fort passionné à travers le monde à la suite de l'arrestation du sénateur Jean Pierre Bemba par la Belgique, sur base du mandat d'arrêt international lancé en son encontre par la CPI et des vacillements dans le dossier de Thomas Lubanga.

Le principe de responsabilité du supérieur hiérarchique ne manque pas de poser problème quant à son application. En effet, la grande difficulté reste la mesure dans laquelle elle est engagée, d'autant plus que la preuve de son existence n'est pas facile à rapporter. Il est vrai que les cas d'imputabilité personnelle en cas de commission d'un acte criminel posé par la personne incriminée sont faciles à relever, mais il arrive que les faits soient présentés différemment et qu'il soit difficile de prouver la responsabilité de tel ou tel criminel.

Certes, il est des cas qui s'expliquent par eux-mêmes, car on connaît d'avance qui agit sous le contrôle de qui, encore que dans d'autres circonstances, le lien de subordination entre tel subordonné et tel supérieur n'apparaît pas à première vue. D'où l'intérêt de l'affaire Jean-Pierre Bemba, qui nous donne l'occasion de cogiter sur les contours et les méandres de la responsabilité pénale du supérieur hiérarchique, notion plus qu'importante dans la continuation et l'aboutissement de l'affaire a quo. Toutefois, il est opportun de relever que loin pour nous l'idée - dans la présente réflexion - de prendre position sur la culpabilité ou non de Monsieur Jean-Pierre Bemba.

Des faits reprochés à Jean-Pierre Bemba et l'état de la procédure à ce jour

Jean-Pierre Bemba est le premier suspect de la CPI pour les crimes présumés avoir été commis en République Centrafricaine (RCA) où le Bureau du Procureur poursuit ses enquêtes. L'audience de confirmation des charges dans l'affaire Le Procureur c/ Jean-Pierre Bemba Gombo[1] s'est tenue du 12 janvier 2009 au 15 janvier 2009.

En effet, Jean-Pierre Bemba, président et commandant en chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), fut arrêté le 24 mai 2008 par les autorités de la Belgique, suite à un mandat d'arrêt délivré sous scellés par la CPI le 23 mai 2008.[2] Il a été remis à la CPI le 3 Juillet 2008 où il est détenu au quartier pénitentiaire situé dans la prison de Haaglanden, à Scheveningen (La Haye). Le 16 décembre 2008, sa demande de mise en liberté provisoire a été rejetée par la Chambre préliminaire de la CPI.[3]

Il est accusé de cinq chefs de crimes de guerre (viol, torture, atteinte à la dignité de la personne, pillage et meurtre) et de trois chefs de crimes contre l'humanité (viol, torture et meurtre) commis sur le territoire de la RCA. Ces crimes auraient été commis pendant la période allant au moins du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, où un conflit armé prolongé a eu lieu en RCA, opposant d'une part une partie des forces armées nationales de M. Ange Félix Patassé, président de la RCA à cette époque, alliées à des combattants du MLC dirigées par Jean-Pierre Bemba, et d'autre part les forces de M. François Bozizé, ancien Chef d'Etat major des forces armés centrafricaines.

Dans le cadre de ce conflit armé, les forces du MLC auraient mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et auraient commis les crimes susmentionnés, notamment dans Bangui, Point Kilomètre 12 (« PK 12 »), Point Kilomètre 22 (« PK 22 »), Mongoumba, Bossangoa, Damara, Bossembélé, Sibut, Bozoum, Kabo, Batangafo, Kaga-Bandoro et Bossemptélé.

Suite à cette audience dite de confirmation de charge – qui a tenté de déterminer si les charges retenues contre Jean-Pierre Bemba peuvent être confirmées pour permettre le début d'un procès -, conformément à la norme 53 du Règlement de la Cour, la Chambre préliminaire III doit rendre sa décision par écrit dans un délai de 60 jours à compter de la fin de l'audience de confirmation des charges. Elle doit donc, endéans ce délai, décider de confirmer ou non les charges retenues par le Procureur à l'encontre de Jean-Pierre Bemba et de le renvoyer, le cas échéant, en procès. Ainsi, tous les yeux sont maintenant braqués sur les trois juges.[4] C'est donc d'ici le 15 mars 2009 que nous saurions si Jean Pierre Bemba sera relaxé ou pas.

Sans préjuger sur le fond, relevons tout simplement que quatre scénarios sont possibles. La Chambre préliminaire peut :

· Confirmer les charges pour lesquelles elle a conclu qu'il y a des preuves suffisantes, auquel cas l'affaire est renvoyée en jugement ;
· Refuser de confirmer les charges pour lesquelles elle a conclu qu'il n'y a pas de preuves suffisantes ;
· Ajourner l'audience et demander au Procureur d'apporter des éléments de preuve supplémentaires ou de procéder à de nouvelles enquêtes ;
· Ajourner l'audience et demander au Procureur de modifier toute charge pour laquelle les éléments de preuve produits semblent établir qu'un autre crime que celui qui est reproché a été commis.

Notons qu'en cas de procès proprement dit, tout se jouera sur la question de la responsabilité pénale de Jean-Pierre Bemba pour les crimes prétendument commis par les troupes sous son commandement. Le point suivant essaye donc de mettre de l'eau au moulin en essayant de décortiquer le fondement de la responsabilité du supérieur hiérarchique, ce terrain glissant sur lequel tout le combat juridico-politique de l'affaire Jean-Pierre Bemba se déroulera.

Les contours de la responsabilité du supérieur hiérarchique

Telle qu'une partie de ping-pong, l'accusation[5] et la défense[6] ne cessent de se lancer des quolibets fustigeant la responsabilité engagée ou non de Jean-Pierre Bemba. En effet, il ressort de l'accusation que Jean-Pierre Bemba est le président et commandant en chef du MLC. Il était investi d'une autorité de jure et de facto par les membres de ce mouvement pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire. De ce fait, il savait que le comportement des membres du MLC s'inscrivait dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique lancée contre la population civile centrafricaine puisqu'il s'est rendu au moins deux fois en RCA et que, lors de ces visites, il a été informé des plaintes de la population locale concernant les crimes qui auraient été commis par les membres du MLC.

Ce qui est réfuté par la défense. En effet, pour les avocats de Jean-Pierre Bemba, nul ne peut prétendre accuser leur client - Bemba - dans une affaire où il n'était ni dans la chaîne de commandement, ni dans le dispositif logistique arrêté pour faire face à la rébellion. Ses hommes en armes avaient été mis à la disposition de l'Etat-Major de l'armée Centrafricaine, placés sous la férule de Patassé. C'est donc ce dernier qui est responsable et non Jean-Pierre Bemba. En conséquence, cette affaire nécessite de voir comment la notion de responsabilité du supérieur pour les actes du subordonné est née, constituée et évolue.

Évolution et Base légale

La notion de la responsabilité du supérieur pour les actes du subordonné n'est pas nouvelle. Elle fut reconnue en 1907 par la Convention de la Haye. Dans le rapport préliminaire présenté à la Conférence de paix, à Versailles, le 29 mars 1919, a été reconnue la possibilité d'attribuer la responsabilité sur les personnes en position d'autorité qui ont failli à leur devoir de prévenir les violations des lois ou coutumes de la guerre commises au cours de la Première Guerre Mondiale.[7]

Aussi, le Statut du Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et le Statut du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) consacrent la responsabilité criminelle d'un supérieur qui savait ou avait des raisons de savoir » qu'un subordonné était sur le point de commettre un crime ou avait commis un acte criminel, et que, en tant qui supérieur, « s'est abstenu de prendre les mesures nécessaires et raisonnables pour prévenir de tels actes ou punir leurs auteurs. Ainsi, les supérieurs qui s'abstiennent de prévenir ou de réprimer les actes illégaux de leurs subordonnés peuvent engager leur responsabilité.

La CPI n'est pas en reste. Cette notion de responsabilité des chefs militaires et autres supérieurs hiérarchiques est consacrée par l'article 28 du Statut de Rome. Sur pied dudit article, outre les autres motifs de responsabilité pénale au regard du Statut de Rome pour des crimes relevant de la compétence de la CPI:

a) Un chef militaire ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour commis par des forces placées sous son commandement et son contrôle effectifs, ou sous son autorité et son contrôle effectifs, selon le cas, lorsqu'il ou elle n'a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces forces dans les cas où:
I) ce chef militaire ou cette personne savait, ou, en raison des circonstances, aurait dû savoir, que ces forces commettaient ou allaient commettre ces crimes; et
II) ce chef militaire ou cette personne n'a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher ou en réprimer l'exécution ou pour en référer aux autorités compétentes aux fins d'enquête et de poursuites;


b.) En ce qui concerne les relations entre supérieur hiérarchique et subordonnés non décrites au paragraphe a), le supérieur hiérarchique est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour commis par des subordonnés placés sous son autorité et son contrôle effectifs, lorsqu'il ou elle n'a pas exercé le contrôle qui convenait sur ces subordonnés dans les cas où:
I) le supérieur hiérarchique savait que ces subordonnés commettaient ou allaient commettre ces crimes ou a délibérément négligé de tenir compte d'informations qui l'indiquaient clairement;
II) ces crimes étaient liés à des activités relevant de sa responsabilité et de son contrôle effectifs; et
III) le supérieur hiérarchique n'a pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher ou en réprimer l'exécution ou pour en référer aux autorités compétentes aux fins d'enquête et de poursuites.

Ainsi, le supérieur hiérarchique encourt une responsabilité pour cause d'omission ou d'infraction commise par une personne placée sous son contrôle. Tel est semble-t-il, la raison pour laquelle Monsieur Jean-Pierre Bemba est attrait devant la CPI. C'est pour répondre des actes et faits infractionnels au regard du Statut de Rome commis par les soldats du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) en République Centrafricaine (RCA) dont il est et fut président et conséquemment, supérieur hiérarchique et/ou chef militaire. Il sied ici de noter que trois éléments fondent cette responsabilité du supérieur hiérarchique et qu'il est nécessaire de décortiquer pour la bonne compréhension et sur base desquels l'accusation et la défense dans l'affaire Bemba vont s'empoigner comme du temps des romains - nous espérons cette fois, loyalement-.

Le fondement de la responsabilité du supérieur hiérarchique

Trois éléments fondent cette responsabilité du supérieur hiérarchique : La qualification du supérieur hiérarchique, la connaissance ou les informations qui peuvent y conduire et l'obligation de prendre les mesures pour empêcher ou réprimer l'infraction.

A. La qualification du supérieur hiérarchique

Cet élément est important car, il ne s'agit pas de n'importe quel supérieur placé dans la chaîne de commandement, mais seulement d'un supérieur qui a une responsabilité personnelle à l'égard de l'auteur des agissements en question, parce que ce dernier, étant son subordonné, se trouvait placé sous son contrôle. Cela ne signifie pas que la responsabilité pénale de ceux qui, par omission, ont eux-mêmes directement causé une infraction grave n'est pas engagée.[8] Du point de vue objectif, il est nécessaire que les activités criminelles des subordonnés relèvent du domaine effectif de responsabilité et de contrôle du supérieur hiérarchique.[9]

Toutefois, la notion de « supérieur » est plus large et doit être prise dans une perspective hiérarchique englobant la notion de contrôle. En réalité, la notion du supérieur s'applique à toute personne investie d'un pouvoir hiérarchique. Néanmoins, ce principe ne se limite pas aux personnes ayant été officiellement désignées comme commandants ; il recouvre aussi bien l'autorité de facto que de jure.[10] C'est-à-dire, bien que la capacité effective du supérieur hiérarchique soit un critère pertinent, il ne faut pas nécessairement que le supérieur ait été juridiquement habilité à empêcher ou à punir les actes commis par ses subordonnés. L'élément qu'il convient de retenir est sa capacité matérielle qui, au lieu de donner des ordres ou de prendre des mesures disciplinaires, peut par exemple se traduire par le fait d'adresser des rapports aux autorités compétentes afin qu'elles prennent des mesures appropriées.

Soulignons en outre que le principe de responsabilité du supérieur hiérarchique ne manque pas de poser problème quant à son application. En effet, la grande difficulté reste la mesure dans laquelle elle est engagée, d'autant plus que la preuve de son existence n'est pas facile à rapporter. Il est vrai que les cas d'imputabilité personnelle en cas de commission d'un acte criminel posé par la personne incriminée sont faciles à relever, mais il arrive que les faits soient présentés différemment et qu'il soit difficile de prouver la responsabilité de tel ou tel criminel. Mais, il est toujours possible d'établir le lien qui unit le supérieur à un subordonné. Ce lien fait généralement ressortir une responsabilité pour omission dans le cas du supérieur hiérarchique.

B. La connaissance ou les informations qui peuvent y conduire

Si le supérieur savait et si la preuve peut être apportée qu'une infraction était commise ou allait être commise par exemple parce qu'il a eu connaissance d'actes préparatoires ou de violations antérieures, le problème ne se posera pas. Dans le cas contraire, il peut se poser en revanche des problèmes d'appréciation.

Certes, la connaissance ne saurait être présumée. Cependant, cette connaissance peut être établie sur la base des moyens de preuves directs ou conjecturaux. Ainsi, par exemple, pour établir que le supérieur avait nécessairement la connaissance requise, on peut tenir compte entre autres du nombre, du type et de la portée des actes illégaux, la période durant laquelle ils se sont produits, le nombre et le type de soldats qui y ont participé, les moyens logistiques éventuellement mis en oeuvre, le lieu géographique des actes, le caractère généralisé des actes illégaux similaires, les officiers et le personnel impliqués et le lieu où se trouvait le commandant au moment où les actes ont été accomplis.

En règle générale, le défaut de connaissance ne dégage pas les supérieurs hiérarchiques de leurs responsabilités si cette ignorance est imputable à une faute de leur part. Le fait que les infractions sont de notoriété publique, nombreuses, étalées dans le temps et dans l'espace est à prendre en considération lorsqu'il s'agit de présumer que les personnes responsables ne pouvaient pas les ignorer. Si donc un commandant a exercé la diligence due dans l'accomplissement de ses devoirs mais ignore pourtant que des crimes sont sur le point d'être commis ou l'ont été, cette ignorance ne peut être retenue contre lui. Cependant, lorsque compte tenu de sa position personnelle dans la hiérarchie et des circonstances du moment, l'ignorance résulte d'une négligence dans l'accomplissement de ses devoirs, elle ne saurait constituer un moyen de défense car, ce commandant avait des raisons de savoir.

C. L'obligation de prendre les mesures pour empêcher ou réprimer l'infraction

Le principe ici est que le supérieur hiérarchique responsable informé doit agir pour empêcher ou réprimer l'infraction. Cette règle vise aussi bien les commandants directs que leurs supérieurs et exige aussi bien des actions préventives que des actions répressives. Mais elle limite raisonnablement l'obligation des supérieurs aux mesures pratiquement possibles, car il n'est pas toujours possible d'empêcher une infraction ou de punir ses auteurs.

Ces personnes violent leurs devoirs et engagent leur responsabilité si elles s'abstiennent de prendre les mesures qui s'imposent ou si, les ayant prises, elles n'en assurent pas l'application continuelle et efficace. Cette responsabilité subsiste si, ayant connaissance que les violations sont commises, elles s'abstiennent de prendre les mesures appropriées et qui sont en leur pouvoir pour les prévenir à l'avenir.

En fait, cette responsabilité qu'encourt le supérieur hiérarchique dans cette circonstance (ne pas prendre les mesures appropriées pour arrêter les actes criminels) découle d'une omission de sa part. Évidemment, les mesures à prendre dépendent du poste occupé par le supérieur. Il s'ensuit que c'est à la lumière du degré effectif de contrôle du commandant, de sa capacité matérielle, qu'il convient de déterminer si le commandant a raisonnablement pris les mesures requises pour empêcher le crime ou en punir les auteurs. Partant, dans certaines circonstances, un commandant peut s'acquitter de son obligation d'empêcher ou de punir en signalant l'affaire aux autorités compétentes.

IV. Affaire Jean-Pierre Bemba : Un Cocktail Molotov ?

Depuis l'arrestation de Jean-Pierre Bemba, le champagne a coulé dans certaines sphères politico-judiciaires du monde. Ainsi, avec ce cas que d'aucuns qualifient d'affaire du « gros poisson », la justice internationale semble être au-devant de la scène. Cela est d'autant vrai que, au regard de l'état dans lequel se trouve la justice nationale actuellement dans la plupart des pays africains concernés par les affaires devant la CPI (RDC, RCA, Soudan et Ouganda), il n'est que normal que la justice internationale soit au devant de la scène dans la lutte contre l'impunité. Tout en ayant à l'esprit que la justice internationale vient renforcer celle nationale.

Ainsi, l'on doit faire confiance aux deux échelles de la justice « nationale et internationale » car elles ne sont que les deux facettes d'une même pièce de monnaie. La justice internationale est complémentaire à la justice nationale pour que les criminels ne puissent vaquer librement et dans toute impunité à leurs besognes. Toutes concourent donc vers le rétablissement de la vérité et de la justice, car il est honteux et inadmissible de constater que malgré, l'ampleur et l'horreur des crimes perpétrés dans le monde et en Afrique, seule une poignée de responsables – dans la plupart de temps, des démunis et « petits poissons » - sont déférés à la justice.

Malheureusement, la justice internationale ne fait pas que des heureux. Il sied ici de relever que depuis cette affaire Bemba, certains observateurs estiment que la RDC est devenu un champ d'expérimentation de la CPI et les Congolais ses cobayes. L'on rétorquerait aisément qu'il n'y a pas que des Congolais et des crimes commis en RDC qui soient concernés par la CPI. Il y a le cas des Ougandais avec Joseph Kony et ses généraux, le cas du Soudan, etc. Il se pose juste un problème d'exécution de ces mandats d'arrêt internationaux ou mieux de coopération des Etats pour exécuter ces mandats. Mais au finish, n'y a-t-il pas une certaine dose politique dans la sélection et traitement des dossiers ?

La réponse à cette question est une interpellation qui vaut son pesant d'or afin qu'il n'y ait pas une justice à double ou quatre vitesses ; une justice des « blancs » et celle des « noirs ». Les tergiversations dans les affaires du Soudan et de l'Ouganda n'augurent rien de bon ! Le silence –coupable- au sujet des crimes internationaux commis en Irak, en Afghanistan, dans la bande de Gaza, etc., laisse croire que malgré la CPI, il y a encore des intouchables qui se cachent derrière le fait qu'ils ne sont pas parties au Statut de Rome pour échapper à la justice internationale. Cela suscite une question :Quid du Soudan qui n'est pas aussi Etat partie au statut de Rome ? Dans ce cas, le Conseil de Sécurité de l'ONU a usé de son pouvoir pour déférer l'affaire du Darfour à la compétence de la CPI –comme c'est permis par le Statut de Rome en matière de saisine. Est-ce une démonstration que toute chose n'est pas égale par ailleurs ? Ainsi, le cas Bemba risque de jeter de l'huile au feu si la politique influe sur la justice.

V. Que conclure alors que le dossier reste tout entier ?

Notons que l'on ne doit récolter que ce que l'on aura semé. Si nous semons la haine, les crimes, nous ne récolterons que haine et crimes. Les gouvernants et gouvernés du monde et particulièrement de l'Afrique - actuels et à venir- doivent avoir à l'esprit que nous vivons désormais dans un village planétaire où le moindre habitant des antipodes devient notre plus proche voisin. La justice pénale n'a pas été en reste et, au fil des ans, on a vu se bâtir une architecture supranationale censée prendre le relais ou, du moins, jouer les garde-fous d'une justice nationale qui n'est exempte ni de faiblesses, ni d'errements. Ainsi, ils doivent savoir que l'impunité dont ont bénéficié les auteurs des pires atrocités infligées à l'humanité, à savoir les crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre, crimes de torture, n'est plus de mise. Ils seront une fois prouvés responsables des crimes sous le coup de la justice.

Toutefois, dans toutes les affaires qui sont pendantes devant la CPI, il sied pour nous tous d'avoir présent à l'esprit qu'en vertu du principe de « la présomption d'innocence » qui veut que toute personne soit présumée innocente jusqu'à ce qu'une décision de justice finale coulée en force de chose jugée ne le condamne, la libération éventuelle de qui que ce soit ne peut étonner personne. Jean-Pierre Bemba est présumé innocent car aucune décision finale ne l'a condamné. Si la Cour peut estimer que les moyens de preuve ne sont suffisants pour fonder sa conviction, il ne serait que normal que le prévenu soit relaxé. Mais, la crainte dans cette affaire est que cela ne puisse faire tache d'huile sur le plan purement politique. Ça risque de fragiliser la confiance que les peuples placent dans la justice surtout internationale. Il sied donc pour la CPI de bien examiner cette situation.

Mais, au demeurant, peut-on juger et condamner Jean-Pierre Bemba, en l'absence de sieurs Patassé et Bozizé ? Cela me fait penser à la fable de la fontaine : « tous étaient frappés, mais tous n'en mourraient pas ! »

La crédibilité de la Cour est toute dans la manière dont elle dira le droit, dans cette affaire. Il va de soi que la justice internationale soit à la hauteur des attentes des uns et autres. Attendons donc de voir dans 60 jours -soit d'ici le 15 mars 2009-, si oui ou non il « existe des motifs raisonnables de croire » que Jean-Pierre Bemba est l'auteur des crimes dont il est accusé, pour nous faire l'idée sur cette affaire qui est au carrefour de plusieurs aspirations et contradictions. Wait and see !

Notes
[1] L'audience de confirmation des charges, une innovation par rapport aux procédures pénales internationales, ne préjuge pas de la culpabilité du suspect mais vise à protéger ses droits en s'assurant que les affaires renvoyées en jugement présentent des éléments de preuve suffisants pour établir l'existence de motifs substantiels de croire que la personne a commis les crimes qui lui sont imputés.

[2] Le mandat délivré le 23 Mai 2008 fut remplacé par celui du 10 juin 2008

[3] Bien plus, le 27 mai 2008, la Chambre préliminaire III a adressé au Portugal une « décision et demande en vue d'obtenir l'identification, la localisation, le gel et la saisie des biens et avoirs » de Jean-Pierre Bemba. Le 10 octobre et le 14 novembre 2008, ladite Chambre a décidé de rejeter la demande de la défense en main levée de la saisie des biens et avoirs de M. Bemba. Elle a également ordonné au Greffier de contrôler, en consultation avec les autorités portugaises, la distribution d'un montant de 36 620 euros par mois, retiré sur un compte que détient Jean-Pierre Bemba dans une banque portugaise afin de lui permettre de répondre à ses obligations financières à l'égard de sa famille et de ses conseils. Le 25 août 2008, le Greffier a décidé à titre provisoire que M. Jean-Pierre Bemba n'est pas indigent et que, par conséquent, il ne pourra bénéficier d'aide judiciaire, totale ou partielle, aux frais de la Cour.

[4] La Juge Ekaterina Trendafilova -juge président-, le Juge Hans-Peter Kaul et le Juge Mauro Politi

[5] Le Bureau du Procureur est représenté par Fatou Bensouda et Petra Kneuer

[6] Les Conseils de la Défense sont : Nkwebe Richard Liriss, Karim Asad Ahmad Khan, Aimé Kilolo-Musamba et Pierre Legros

[7] Hague Convention, No. IV, Respecting the Laws and Customs of War on Land, October 1907, in The American Journal of International Law, supplement 90-117,1908.
[8] CICR (1999), La Répression Nationale des Violations du Droit International Humanitaire : Omission et Responsabilité du Supérieur.
[9] Louise ARBOUR et alii, (2000), Le Procureur d'une Cour Pénale Internationale Permanente, éd. Iuscrim, Freiburg im Breisgau, p. 56.

[10] Jugement du TPIY , les affaires « Pavo » et « Zenga », affaire IT-96-21T, 16 novembre 1998, par. 370.

* Maître Yav Katshung Joseph est Docteur en Droit de l'Université de Lubumbashi (UNILU)

* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org


La politique africaine contemporaine vue sous le prisme de la RD Congo

2009-01-23

Ernest Wamba dia Wamba

http://www.pambazuka.org/fr/category/features/53588

Le continent africain continue d’être bousculé avec la connivence des dirigeants africains eux-mêmes favorisant la convoitise extérieure sur les ressources africaines, participant et facilitant le pillage éhonté de celles-ci, organisant la prédation de l’économie dite nationale, permettant l’économie de crime (blanchiment d’argent, trafic des drogues, et des armes, l’esclavage ou tourisme sexuel), etc. Il y a certainement des exceptions. Mais nous centrons nos analyses sur le cas de la République Démocratique du Congo, le cœur troublé de l’Afrique (Robert B. Edgerton, 2002.)

La recherche de la paix durable

(…) Depuis qu’elle a eu son indépendance nationale, la RDC est dans une crise sans fin. Pendant la période de l’Etat indépendant du Congo, la phase initiale du pays, les conflits s’exprimaient en guerres opposant les conquérants coloniaux, les esclavagistes arabisants, les populations et des fragments d’Etats en crise résistant aux conquêtes. Ils se résolvent par la création forcée d’un « Etat », décidé par l’accord des puissances impérialistes à la Conférence internationale sur le Congo à Berlin (1884-1885).

L’indépendance nationale fut octroyée précipitamment. Les nouveaux dirigeants, paniqués, sans boussole, naviguaient à vue. L’Occident soupçonneux des communistes russes pouvant profiter de la crise pour vite entrer au centre de l’Afrique, met le pays sous l’éteignoir. Le premier Premier ministre Patrice E. Lumumba et d’autres nationalistes sont ciblés. La décision d’éliminer Lumumba, par exemple, est prise dans les hautes sphères des Etats américain et belge. Les occidentaux veulent alors préserver, à tout prix, leurs intérêts au Congo et sont prêts à écarter tous ceux qui y porteraient atteinte.

Depuis lors, les crises et les conflits se sont succédés au Congo, dans une spirale sans fin, mais sur des bases bien connues. Comment résoudre le conflit et ramener la paix ? L’assassinat de Lumumba et d’autres nationalistes n`a fait que l’aggraver. L’Occident pense que ses intérêts ne peuvent être préservés au Congo que si le Congo indépendant reste aux mains de leurs alliés (marionnettes) des forces congolaises pro-occidentales. Il ne s’occupe pas de la légalité ni des intérêts de la majorité des Congolais.

Pour sortir de cette logique de guerres sans fin, la RD Congo a intérêt à développer une vision pouvant guider le processus de transformation d’un territoire, colonisé et décolonisé précipitamment, en une Nation autocentrée répondant positivement aux intérêts et aspirations de la majorité de la population. Un discours —quelque émancipateur qu’il soit dans les intentions - prononcé devant les adversaires et les ennemis possibles, ne peut être la meilleure manière de formuler, en synergie avec ses citoyens, une vision utile.

Si la question de la paix concerne des contextes différents et des situations spécifiques (contextes mondial, régional, sous-régional et national), elle passe d’abord par un vrai projet congolais de construction de la démocratie participative.
Le continent africain continue d’être bousculé avec la connivence des dirigeants africains eux-mêmes favorisant la convoitise extérieure sur les ressources africaines, participant et facilitant le pillage éhonté de celles-ci, organisant la prédation de l’économie dite nationale, permettant l’économie de crime (blanchiment d’argent, trafic des drogues, et des armes, l’esclavage ou tourisme sexuel), etc. Il y a certainement des exceptions. Mais nous centrons nos analyses sur le cas de la République Démocratique du Congo, le cœur troublé de l’Afrique (Robert B. Edgerton, 2002.)

La recherche de la paix durable

(…) Depuis qu’elle a eu son indépendance nationale, la RDC est dans une crise sans fin. Si on remonte jusqu’à la phase initiale de sa création par des guerres des conquêtes coloniales, son histoire a été marquée par un processus des crises. Adam Hochschild, dans King Leopold’s Ghost (1998), examine ce qu’il appelle « l’holocauste oublié » pendant la période de l’Etat indépendant du Congo, la phase initiale du pays. Ici, les conflits s’expriment en guerres opposant les conquérants coloniaux, les esclavagistes arabisants, les populations et des fragments d’Etats en crise résistant aux conquêtes. Ils se résolvent par la création forcée d’un « Etat », décidé par l’accord des puissances impérialistes à la Conférence internationale sur le Congo à Berlin (1884-1885).

Les esclavagistes sont battus et les populations autochtones sont conquises. C’est un cas, dans la typologie de Cheikh Anta Diop sur la formation des Etats dans l’histoire, de la formation de l’Etat par conquêtes. Les conquérants n’ont pas exterminé les conquis, parce qu’ils ont eu besoin d’eux pour piller les ressources. Mais l’organisation du travail dans l’économie dite de cueillette reposant sur la force brute —coupure des têtes ou des mains des travailleurs forcés ne remplissant pas le montant exigé de caoutchouc ou d’ivoire—entraîna une réduction de la population estimée à 20 millions (1885) à 8 millions (1908). Cela donna naissance éventuellement, suite à un grand mouvement international de protestation plus ou moins dirigé par Edmund D. Morel, à un Etat colonial dont la terreur répressive à l’endroit des colonisés sera adoucie par un paternalisme raciste.

Bien que les colonialistes belges aient retenu comme politique de civilisation de ne pas former des élites (« pas d’élites pas des troubles »), la colonisation fut marquée par beaucoup de troubles et de conflits : des mutineries au sein de la Force Publique, organisée comme armée d’occupation pour tenir les colonisés à l’œil, des grèves réprimées violemment et surtout, dès 1921, un mouvement prophétique exigeant la libération politique et spirituelle des Congolais, etc., ont eu lieu.

Le mouvement prophétique était dirigé par Kimbangu Simon et d’autres prophètes dont Ntwalani Thomas, Filipo Mbumba, Matai Muanda. En six mois (avril-septembre 1921) les fondements politico-idéologiques de la colonie étaient ébranlés — du moins dans la partie occidentale de la colonie. Les travailleurs des entreprises avaient déserté, les hôpitaux étaient vidés des malades, les Eglises coloniales avaient perdu des croyants. Un état d’exception était proclamé, une répression était organisée et une arrestation massive était faite. Au moins 38 000 des prophètes et leurs disciples étaient déportés vers les autres parties de la colonie. Les dirigeants étaient jugés par un Conseil de guerre. Kimbangu Simon sera condamné à mort et puis à vie. Il mourra en prison après 30 ans de servitude pénale, accusé de xénophobie à l’endroit des Blancs dont il prédisait qu’ils partiraient.

C’est le prisonnier politique africain qui soit resté le plus longtemps en prison. Beaucoup de ces « ntumwa » sont morts en prison et, pour ceux qui fuyaient le persécution, en brousse. Près du village Kindiati, 1062 personnes se cachant dans un tunnel sont mortes suite à l’éboulement.

L’indépendance nationale fut octroyée précipitamment. Il fallait surprendre ou prendre de vitesse les colonisés qui s’organisaient pour arracher l’indépendance. Ceux-ci n’ont pas eu le temps pour développer un minimum nécessaire des capacités (surtout politique et spirituelle) pour maîtriser les exigences de l’indépendance nationale, surtout dans l’époque de la Guerre froide. Quatre jours seulement après la proclamation de l’indépendance, le 30 juin 1960, il y a eu crise : une mutinerie de la Force Publique et des grèves ouvrières importantes ont eu lieu. Cela ouvrira une histoire post-coloniale marquée des conflits récurrents.

Il y a eu dérapage général : les nouveaux dirigeants, paniqués, sans boussole, naviguaient à vue. Les colonialistes belges qui quittaient le pays, pris à partie par les mutins, interviennent militairement. L’Occident soupçonneux des communistes russes pouvant profiter de la crise pour vite entrer au centre de l’Afrique, à travers l’ONU, entre autres, invitée précipitamment par le gouvernement Lumumba, cherche à contrôler la situation en traquant les possibles sympathisants des communistes pour les éloigner du pouvoir. Le premier Premier ministre Patrice E. Lumumba et d’autres nationalistes sont ciblés. La décision d’éliminer Lumumba, par exemple, est prise dans les hautes sphères des Etats américain et belge. Les sécessions (du sud Kasai et du Katanga) sont provoquées et discrètement soutenues par certaines puissances occidentales pour casser le gouvernement de Lumumba. Les fonctionnaires belges, retenus dans l’Administration publique, quittent. De même que les officiers belges dans la Force Publique devenue l’Armée Nationale Congolaise.

Lumumba, comme chef du gouvernement, ne se rend pas clairement compte de la gravité de la situation mondiale. Il met sa confiance dans l’ONU pour s’opposer à la Belgique, membre plus influent dans l’ONU que le Congo ; en invitant l’ONU à intervenir au Congo, c’était comme si pour contrer un ennemi, on invitait d’autres ennemis possibles. Lumumba se montre, en plus, très intransigeant—conformément à la position nationaliste-- ; il utilise une mauvaise tactique, celle de menacer de faire appel à l’URSS si l’Occident ne l’aidait pas. Il est vite perçu par les dirigeants occidentaux (le directeur de la CIA, Allan Dulles, par exemple, qui pensait que Lumumba était comme Fidel Castro, sinon pire.) de pro-communiste. Les occidentaux veulent préserver, à tout prix, leurs intérêts au Congo et sont prêts à écarter tous ceux qui y porteraient atteinte.

Très vite donc, sur terrain, le conflit oppose les forces pro-occidentales (fortement soutenues par l’Occident) à celles se disant nationalistes, soupçonnées, par l’Occident, d’avoir des sympathies communistes et ne recevant un peu de soutien que des pays se disant non-alignés. Cette opposition conduit à la balkanisation du pays en quatre centres politiques : Léopoldville, Elisabethville, Stanleyville et Bakwanga.

Comment résoudre le conflit et ramener la paix ? L’assassinat de Lumumba et d’autres nationalistes n`a fait que l’aggraver. L’Occident pense que ses intérêts ne peuvent être préservés au Congo que si le Congo indépendant reste aux mains de leurs alliés (marionnettes) des forces congolaises pro-occidentales. Il ne s’occupe pas de la légalité ni des intérêts de la majorité des Congolais. Il faut que les intérêts occidentaux priment sur ceux des Congolais. Pour l’Occident, résoudre le conflit c’est rétablir le contrôle sur le Congo, c’est priver du pouvoir les nationalistes lumumbistes. C’est pourquoi, les nationalistes penseront qu’il faut relancer la lutte pour la Deuxième Indépendance.

(…) Quels devaient être les intérêts occidentaux dans cette conjoncture ? Nous pouvons avancer les hypothèses suivantes : l’intérêt géostratégique, celui de maintenir le contrôle sur l’Afrique, garder celle-ci dans le giron de l’Occident, c’est-à-dire dans le camp occidental de la Guerre froide ; continuer d’avoir la mainmise sur les ressources dont l’Occident a besoin ; ne pas permettre à ce que l’Afrique s’organise et se développe de façon à menacer les intérêts occidentaux tels que perçus de ce côté là ; protéger les investissements occidentaux en Afrique, au besoin contre l’intrusion communiste ; continuer de jouir des taux élevés de profit en Afrique en gardant les producteurs africains dans les conditions misérables ; ne pas permettre, en Afrique, l’émergence d’un Etat capable de menacer l’équilibre mondial. L’Occident considère les intérêts des peuples africains, non seulement en dernier lieu sinon pas du tout, mais surtout comme devant soutenir et favoriser les intérêts occidentaux.

Lumumba et ses collègues nationalistes considéraient d’abord la dignité humaine de l’Africain. C’est-à-dire, construire dans l’Africain un sentiment d’estime de soi, presque disparue à cause de l’humiliation du Noir en général ; ne plus être considéré comme un macaque (« Nous ne sommes plus vos macaques », avait dit Lumumba dans son discours du 30 juin 1960). Ce désir de désaliénation est compris par l’Occident comme « une haine » du Blanc.

La communication s’avère impossible. Le nationaliste exige des preuves pour faire confiance à celui qui n’a fait jusque-là que l’opprimer et le mépriser. L’Occident veut que l’Indépendance soit la continuité du système qui préserve leurs privilèges et intérêts. Même politiquement indépendant, le Congolais doit continuer d’être à sa place - celle du damné de la Terre, dirait Frantz Fanon.

Pour le nationaliste lumumbiste, la désaliénation culturelle et politique doit précéder tout. Ce sont les militants congolais désaliénés qui ferraient l’histoire de l’Indépendance. Malheureusement, le colon a pris le colonisé de vitesse. Lumumba met ses pieds dans des souliers trop grands. Le temps de définir le projet de la construction d’un Etat digne, respectueux des droits de tous les Congolais n’est plus là. Le contrôle de l’Etat—encore colonial—échappe et glisse des mains des nationalistes. Ils battent en retraite et de façon dispersée : « Quand on tombe dans un trou, on ne regarde pas la couleur de la main qui vient à votre secours », dira Lumumba.

Le Congo va vivre onze phases de guerre. La Guerre froide qui se termine par l’effondrement de l’URSS ne finit pas par un vrai accord de paix. Le militarisme du victorieux ne fait que s’aiguiser davantage. Sur le plan national, on n’a même pas pensé à faire le bilan de l’impact de cette guerre sur le pays. Une communauté divisée ne peut faire un bilan réaliste. Les conférences nationales se disant souveraines qui se sont tenues ici et là, en Afrique, semblent l’avoir été sous la protection, sinon sur incitation du triomphalisme capitaliste et du «nouvel ordre mondial » proclamé par Bush, le père. L’heure était à la démocratisation du monde, et donc de l’Afrique. On pense que la meilleure manière de résoudre les conflits c’est par la démocratisation.

Qu’aurait dû être l’intérêt national congolais ?

Nous avançons les hypothèses suivantes : les dirigeants devaient :

- savoir qu’on était dans une conjoncture mondiale bipolarisée et donc savoir éviter de se faire une herbe victime de deux éléphants qui se battent ou font l’amour ;

- savoir que l’indépendance ayant été précipitée —pour sauver les intérêts des colonialistes— les capacités du leadership national étaient insuffisantes ; le leadership devait chercher à y remédier le plus vite possible et il aurait fallu éviter de faire du pays un champ de batailles des puissances antagonistes ;

- se donner un plan à long terme (avec étapes spécifiques) pour pouvoir maîtriser l’effort pour l’indépendance. Il fallait donc se retenir de faire des provocations inutiles et improductives et solliciter les aides nécessaires pour réaliser ce plan ;

- savoir identifier ses propres forces nationales et s’appuyer sur elles en priorité, les aides extérieures (toujours liées et jamais bénévoles) ne devant être que complémentaires ;

- éviter les interventionnismes extérieurs qui causent la dépendance exagérée sur l’extérieur, la division profonde dans la population, la mise en exergue d’un leadership national pas nécessairement le meilleur pour le pays, l’aggravation des problèmes plutôt que leur solution, l’imposition d’une routine presque coloniale y compris la reproduction simple ou élargie des modalités de fonctionnement de l’Etat colonial.

Bref, le pays a un intérêt à développer une vision pouvant guider le processus de transformation d’un territoire, colonisé et décolonisé précipitamment, en une Nation autocentrée répondant positivement aux intérêts et aspirations de la majorité de la population. Un discours —quelque émancipateur qu’il soit dans les intentions - prononcé devant les adversaires et les ennemis possibles, ne peut être la meilleure manière de formuler, en synergie avec ses citoyens, une vision utile.

Le leadership doit avoir confiance en ses propres gens ; c’est un des moyens de minimiser la division au sein du leadership lui-même. Le gouvernement Lumumba était tout sauf uni. C’est dans l’intérêt du pays de développer, le plus vite possible, la conscience publique requise par la position géopolitique du pays ainsi que sa position géostratégique dans les calculs des puissances du monde. C’est dans l’intérêt national de maîtriser la dimension internationale du pays (qui a neuf voisins et se trouve au centre du continent et dispose d’énormes ressources naturelles hautement convoitées).

Il faut que l’intérêt national, dans chaque conjoncture, soit compris, d’une part, en articulation avec ceux des puissances du monde et, d’autre part, avec ceux des pays voisins. Avec ceux-ci, en alliance d’intérêts, on peut faire un front commun dans les négociations avec les puissances. Pour vaincre l’esprit colonial qui habite encore les institutions et les gens —les ex-colonisés-, il est nécessaire de développer, dans les gens, l’indépendance de l’esprit.

Dans l’absence de l’intellectualité politique résumée ci-devant, les conflits sont vite confiés à la « médiation internationale », sous prétexte de manque des moyens matériels pour les résoudre. L’appel à l’ONU ou à cette sorte de médiation dénote une carence réelle de leadership national et pas nécessairement une marque de maturité du leadership. Le fait que la RDC ait fait appel à l’ONU montre la profondeur de la crise et la faiblesse de leadership capable d’éviter, par ailleurs, les sollicitations extérieures dues aux convoitises des ressources immenses du pays. La paix n’est pas à faire ; elle est à vivre.

Le recours à la méthodologie onusienne de résolution des conflits a montré ses limites. Elle évite d’organiser une palabre proprement dite sur les causes profondes de la crise, pour ne pas éclabousser les grands de ce monde qui bénéficient de la crise et des conflits. Elle se focalise, tout de suite, sur la question du partage « exclusif » du pouvoir comme cause du conflit. Les conflits se réduisent à ceux qui prétendent au pouvoir —l’exclusion de certains prétendants constitue la cause du conflit. Les impératifs du partage du pouvoir décident de tout. La médiation se fait donc indispensable et utilise le manque de temps et les limites des ressources pour éviter une vraie palabre participative entre adversaires, d’une part, et victimes des conflits d’autre part. La nature des contradictions, responsables des conflits, n’est pas explicitée. Le rôle du facilitateur, loin d’être identifié à celui du « Nzonzi » (facilitateur intellectuel de la palabre), par exemple, est assimilé au modérateur des réunions.

C’est pour ces raisons, brièvement analysées, s’appuyant sur la RDC, que la recherche de la paix durable est rendue difficile. Le mode même de pensée et d’existence ne montre pas que les dirigeants africains ou les aspirants veulent vivre la paix. La résolution des conflits est devenue un autre moyen de préparer un conflit futur. Dans la mesure où les responsables des conflits sont aussi ceux qui prétendent être au centre des activités prétendument de prévention des conflits, celle-ci échoue toujours. Pour vivre la paix, il faut réellement la vouloir. Pour la paix durable, également, il n’ y a pas de volonté politique.

En résumé, la question de la paix concerne des contextes différents et des situations spécifiques. Il s’agit des contextes mondial, régional, sous-régional et national.

Le contexte mondial est marqué par des menaces sur une paix durable : les forces mondiales qui cherchent des modalités d’une politique capable d’instaurer la paix durable sont confrontées aux activités irresponsables des entreprises transnationales dont le seul objectif est de faire l’argent de par tous les moyens possibles, à l’hégémonisme américain post-Guerre froide (entraînant une reprise de réarmement par les puissances mondiales), au système mondial de l’économie de crime (comprenant le trafic d’armes, de la drogue, le blanchiment d’argent), à la crise mondiale de la politique d’émancipation (avec la domination de la pensée unique d’un matérialisme démocratique faisant usage parfois de la force), à l’accumulation mondiale de la pauvreté et à la concentration de la richesse mondiale entre de moins en moins des mains, à un humanitarisme de charité (plutôt que de solidarité s’accommodant aux conflits), à la crise de la civilisation capitaliste et à la rareté d’un leadership visionnaire mondial.

Le contexte régional africain est caractérisé par l’absence de développement capable de soutenir les rapports sociaux renforçant le mode de pensée et d’existence paisibles. Toute politique régionale de paix est confrontée, en plus de l’absence de volonté politique, à une incapacité matérielle qui oblige de recourir à l’interventionnisme extérieur. « Pour le continent africain », a écrit Makhtar Diouf, « la mondialisation actuelle a toutes les allures d’un scénario de recolonisation clandestine et collective, mais cette fois, sans conquête territoriale ; ceci pour assurer son intégration plus complète à l’économie mondiale. »

Paradoxalement, l’Afrique semble être maudite et réduite au sous-développement à cause de ses ressources potentielles immenses. Les conflits violents se concentrent là où s’exploitent les ressources naturelles convoitées de partout, dans l’absence d’un vrai Etat.

Le contexte sous-régional des Grands lacs et de l’Afrique centrale semble souffrir de la vérité suivante : sans partage équitable des ressources naturelles, dans les conditions d’absence d’un vrai projet de construction d’Etat, pas de paix durable. Toutes les sortes des violations de la dignité humaine ont été vécues ici : traite négrière, génocides, massacres divers, « l’holocauste oublié », anthropophagie, deux chefs d’Etat (Maréchal Idi Amin Dada et Maréchal Bokassa) accusés d’avoir pratiqué le cannibalisme, chasse à l’homme pour des fétiches, ‘répression comme politique’, assassinats politiques des dirigeants et/ou adversaires politiques, guerres récurrentes, interventionnismes extérieurs récurrents, etc.

Dans les pays comme le Rwanda et le Burundi, dont le processus de génération de surplus économique, par rapport à la croissance démographique galopante, est incapable de satisfaire, par une justice sociale, les besoins fondamentaux croissants de la majorité de leurs populations respectives, les conflits se sont souvent transformés en véritables génocides. Pendant la colonie, le surplus de la population était orienté vers le Congo Belge à chaque fois qu’il y avait des cas de famine. C’est d’ailleurs dans ces pays que les ethnies ont été, pour ainsi dire, créées artificiellement. Les populations ont les mêmes cultures et croyances religieuses ainsi que la même langue, mais les communautés qui s’opposent de par le fonctionnement d’Etat colonial, sont assimilées à des ethnies.

Le grand défi, dans cette région, se résume à travers les questions suivantes : comment trouver une politique de paix, c’est-à-dire, comment transformer la dynamique qui alimente le militarisme comme politique ? Comment transformer cette zone des conflits récurrents en une zone de paix ? Comment partager les immenses ressources sans recourir au militarisme ? D’où peut émerger l’intérêt général par rapport à l’appropriation des ressources ? Comment transformer le rapport pouvoir/ethnie/cliques militaristes/Etat ? Comment transformer les Etats des cliques en Etats pour tous ? Comment prescrire à l’Etat la multiplicité pour son horizon, afin de corriger son caractère discriminatoire ?

Les guerres qui se sont répétées n’ont pas été pour la paix, ni même pour des objectifs politiques. Ce sont des guerres au service du pillage des ressources accessibles. Les guerres pour la « sécurité » ne seraient-elles pas un cas de guerre pour la puissance pure ? La RDC a jusqu’ici échoué de jouer son rôle possible de puissance pacificatrice de la sous-région par un partage équitable de ses ressources, par une coopération sous-régionale mutuellement bénéfique.

(…) Il faut éviter les conditions de conflit capables de menacer la paix et de conduire à la guerre. Les Etats coloniaux fonctionnaient sur des modalités discriminatoires. Les Etats post-coloniaux n’ont pas fait rupture avec ce fonctionnement ; ils sont toujours organisés sur la base de la discrimination ethnique, régionaliste, religieuse, clientèle, linguistique, raciale et sexuelle. C’est pourquoi les conditions qui menacent la paix sont souvent reproduites. Les Etats africains, dans leur majorité, n’ont pas eu de paix civile depuis leurs indépendances.

Aucune guerre, en RDC, ne s’est terminée par une réconciliation nationale sur fond de vérité. Ce qui explique le fait qu`après les conflits l’Etat a continué de fonctionner de façon discriminatoire. Les conditions de guerre, même après la fin officielle de la guerre, continuent de prévaloir en RDC.

La recherche de la démocratie participative

Nous sommes à l’époque de la mondialisation impérialiste dominée par l’hégémonisme américain. La mission de démocratisation, même par la force, est un objectif affiché de cet hégémonisme. On peut se demander s’il y a un projet, proprement africain, de construction de la démocratie. Depuis la fin de la guerre dite froide qui a amené le retour en Afrique du multipartisme, on a l’impression que c’est à travers les rapports politiques dominants dans chaque pays, essentiellement extravertis, que se formulent et s’exécutent des « projets » de construction de la démocratie.

Ce qui est clair, c’est que les « élites » africaines, surtout politiques, sont plus proches, culturellement, politiquement et socialement des forces extérieures que des masses populaires qu’elles prétendent diriger. Partout ou presque où les masses populaires sont parvenues à s’organiser, plus ou moins indépendamment de ces élites, les expériences démocratiques ont débouché sur des conflits. Le cas du Kenya, par exemple, illustre cette situation.

On ne peut pas dire qu’il y a un vrai projet congolais de construction de la démocratie participative. Aucun débat sérieux n’a eu lieu sur la question. Mais la conviction se fait entendre que les conflits, les crises et même le sous-développement seront vaincus par la démocratie ; et on réalise de plus en plus que le multipartisme, qui caractérise le noyau de la forme dominante de la démocratie, non seulement reflète le fractionnisme politique mais semble aggraver la division.

Les premières expériences des élections démocratiques (1960, 1964-65), en RDC, ont été interrompues par des coups d’Etat provoqués, entre autres, par l’internalisation des conflits des puissances opposées de la Guerre froide. La première expérience de multipartisme (1990-1996), après l’achèvement de cette guerre, était interrompue par les rebellions fomentées par le fonctionnement dictatorial de l’Etat sous Mobutu, et surtout son utilisation de la politique dite de « géopolitique » tendant à renforcer l’aspect discriminatoire de l’Etat post-colonial, allant jusqu’à la révocation du droit de nationalité à certains groupes et la déportation forcée de « non-originaires » de certaines provinces.

Le renversement du régime dictatorial de Mobutu, le 17 mai 1997, par une grande convergence des forces et des acteurs, revendiquant le départ de Mobutu, n’a pas abouti à une réconciliation nationale sur fond de vérité ou à un équilibre satisfaisant de différents agendas concernant l’après-Mobutu. Il n’a donc pas apporté une paix civile. La guerre avait repris et s’est terminée par deux Accords : les Accords de Lusaka, signés le 10 juillet 1999, de caractère régional et les Accords de Sun City, conclus et signés le 3 avril 2003, focalisés sur le conflit congolais. Malgré la volonté politique des dirigeants africains, exprimée par le feu Mwalimu Julius Nyerere, de résoudre la crise congolaise indépendamment de la communauté internationale qui était responsable de l’accession de Mobutu au pouvoir pour résoudre la première crise de l’indépendance congolaise, cette communauté a éventuellement pris le contrôle de ce processus de résolution et a donc orienté la mise en application de ces Accords.

Le Dialogue intercongolais a été tout sauf un vrai dialogue entre Congolais. Lequel dialogue devait d’ailleurs se tenir au pays même, pour impliquer toutes les couches de la population congolaise. C’est pourquoi, une fois encore, le succès de l’application de ces Accords était placé sous la garantie de la communauté internationale. La période de transition (2003-2006) qui devait jeter les bases pour les élections démocratiques était dominée par cette communauté qui bénéficiait presque d’un droit de veto pour trancher tout conflit possible entre groupes congolais.

Il est vrai que sans la pression de cette communauté, aucun objectif de la transition n’allait probablement être réalisé. Celle-ci devait mettre en exergue la nécessaire inclusivité dans le partage du pouvoir, l’impérative non-conflictualité de cette transition, l’impérieuse obligation de réaliser une réconciliation nationale sur fond de vérité ainsi que l’intégration des armées (ou des milices) dans une armée structurée, républicaine et nationale, pour réaliser les élections démocratiques et résoudre la crise de légitimité politique. En d’autres termes, la transition devait mettre en place les conditions nécessaires pour la démocratie.

Tout au long de la transition, les gens souffrant des sentiments d’exclusion du partage de pouvoir (ou d’inclusion insuffisante) n’ont pas disparu. La conflictualité jusqu’au sommet de l’Etat a prévalu. Deux grandes confrontations armées, opposant les dirigeants (le président J. Kabila à son vice-président, J.P. Bemba) ont eu lieu, dont l’insuffisante gestion continue d’influer même l’après-élections. Les grands responsables n’ont pas voulu se réconcilier et la réconciliation nationale sur fond de vérité n’a pas eu lieu.

La réussite d’une telle réconciliation allait certainement priver la communauté internationale de sa position de contrôle. Toutes ces insuffisances ont, enfin, retardé sinon bloqué la mise en place d’une vraie armée intégrée, restructurée, républicaine et nationale. Le caractère discriminatoire de l’Etat, encore fragmenté, n’a pas disparu. C’est sur cette base des insuffisances que les élections démocratiques ont eu lieu et les institutions de formalisme démocratique plaquées.

Le processus pour arriver à la démocratie était plus extraverti qu’intraverti ou endogène. Les divisions dans la société, occasionnées par la longue dictature de Mobutu et les rébellions, n’ont pas été traitées correctement, faute d’avoir réalisé la réconciliation nationale avec vérité. Les conditions d’insécurité ont prévalu, faute d’avoir réussi l’intégration et le restructuration des armées et des milices. Aujourd’hui encore, la tension entre les ex-FAZ (les soldats de l’ancienne armée de Mobutu) et les milices des ex-rébellions persiste ; une partie des FAZ reste exilée à l’Etranger.

Le processus d’élaboration de la nouvelle Constitution s’est fait en dehors de l’implication active du demos congolais, dont l’éducation civique n’a même pas bénéficié d’une attention convenable. Comme c’est l’Union Européenne qui a financé la grande partie des élections, sur la base de ses conditions, la souveraineté du processus était hors de toute considération. Tout est apparu comme étant une importation, plutôt qu’une initiative du peuple congolais.

Les consultations de la population, par le Sénat de la transition, ont été faites en vitesse et ont pour l’essentiel été artificielles. Le peuple devait seulement choisir parmi les concepts (fédéralisme contre unitarisme, par exemple) dont il n’avait pas la compréhension utile. Le sens même du referendum échappait à beaucoup d’électeurs. Une électrice, par exemple, qui pensait que Referendum était une personne, voulut voir sa photo avant de voter. L’analphabétisme ayant pris de la croissance, beaucoup d’électeurs devaient être assistés, souvent par des électeurs intéressés, pour exercer leur droit démocratique.

(…) La vision du futur n’a pas fait l’objet de débat social. Même quand la loi électorale exigeait les débats entre candidats, dans les campagnes électorales, ils n’ont pas eu lieu. Le caractère sinistré de notre société et le processus pour sortir le pays de cette situation catastrophique n’a pas fait l’objet de débats ni de déclaration de la part des dirigeants. Les anti-valeurs décriées depuis l’époque de Mobutu ont non seulement été reproduites, mais n’ont pas fait l’objet de critère de choix entre les dirigeants. Les campagnes électorales étaient baignées par les anti-valeurs : l’achat des consciences par la distribution d’argent ou des biens matériels. Les élections étaient une occasion pour les riches de déployer et exhiber leur richesse.

Dans ce contexte, la démocratie tend à être une confirmation des rapports politiques existants plutôt que leur transformation. On a vu qu’en Afrique rares sont les cas des élections démocratiques qui ont amené des alternatives politiques nouvelles au pouvoir plutôt qu’une simple confirmation des occupants du pouvoir.

(…) Le président élu est aujourd’hui entouré d’une armée fonctionnant comme une milice personnelle, inconsciente du fait qu’elle devrait, en démocratie, servir fidèlement tout le peuple congolais et non le harceler pour ses moyens de vie. Le désir, par le vainqueur, d’avoir la majorité au Parlement et contrôler le pouvoir, bloque le fonctionnement utile des institutions démocratiques. Ce sont ces limitations qui font que la démocratie, en RDC, ne développe pas des racines profondes. La manière de forcer les choses, pour asseoir la démocratie dans le pays, par nos « éducateurs de démocratie » occidentaux, fait qu’on finit souvent par accoucher d’une souris.

Quelques institutions démocratiques sont en place. Mais cela n’a pas empêché le conflit armé de se poursuivre à l’Est du pays. Les premiers exercices de droits démocratiques, par exemple la protestation au Kongo Central contre des votes extorqués et par menaces, ont rencontré, de la part des élus, une répression disproportionnée causant mort d’hommes. Ce qui a entraîné un approfondissement de la crise de légitimité politique et sociale qui a donné lieu à l’ « affaire Bundu dia Kongo ». Ce mouvement a été réprimé et ses adhérents (makesa) ont été massacrés, leurs paroisses (maziku) détruites et leurs corps précipitamment jetés dans le fleuve (à Luozi) ou dans des fosses communes ailleurs.

On ne peut construire la démocratie sur un terrain des ruines. Le recours à la force ou à la menace pour museler les citoyens exerçant leurs droits démocratiques de protestation contre toute violation de leurs droits ne peut renforcer la démocratie. La stabilité de cimetières ne peut conduire à une vraie construction de la démocratie.

La recherche de la solution appropriée à la question nationale

Très tôt, dans le cadre de l’OUA, les pays africains, après leurs indépendances, ont adopté la décision de l’intangibilité des frontières coloniales. Cette décision a compliqué plutôt que facilité le processus de l’unification politique de l’Afrique qui n’est possible que par la transformation des dites frontières. Les pays africains, à quelques exceptions près, sont la conséquence des guerres des conquêtes coloniales.

(…) Des communautés plus ou moins homogènes, à différents niveaux de développement culturel et social (qui sans Etat, qui avec Etat embryonnaire, qui avec un royaume ou même empire en crise), ont été fragmentées et des fragments différents collés ensemble pour former des colonies. Celles-ci ont donc eu des frontières artificielles par rapport à l’intégrité des communautés d’avant les conquêtes. Il y a eu des communautés scindées en deux : l’une ou l’autre partie a vu ses terres se retrouver dans l’autre côté de la frontière coloniale. Les habitants de Luozi, en RDC, ont, pour certains d’entre eux, leurs terres claniques au Congo-Brazzaville, par exemple.

Quand il y a d’importantes ressources naturelles le long des frontières, les Etats postcoloniaux se disputent les frontières. C’est le cas du conflit frontalier opposant le Cameroun au Nigeria dans une région riche en pétrole, conflit qui devait se résoudre par un recours à la Cour Internationale. C’est le cas, récemment de Kahemba, en RDC : l’Angola et la RDC ont eu à revisiter les frontières coloniales, suite à l’accusation par les habitants de Kahemba de la présence sur le territoire des troupes angolaises exploitant le diamant. Même les Etats se disant progressistes ou révolutionnaires, l’Ethiopie et l’Erythrée, sont allés en guerre autour d’une dispute des frontières.

La tension entre le Rwanda et la RDC prend parfois la forme d’une violation des frontières coloniales que le Rwanda n’a pas toujours acceptées. Il fut un temps, le régime rwandais revendiquait la nécessité d’une autre Conférence de Berlin pour retracer des frontières à nouveau.

L’intégration régionale, dans le respect de l’intangibilité des frontières coloniales, a été souvent conçue en termes d’intégration économique suivant le modèle de l’Union Européenne. Les expériences africaines d’intégration régionale n’ont pas été très performantes. La tentative d’unité continentale est confrontée au refus systématique, de la part des Etats, d’aliéner les souverainetés nationales des Etats en se fusionnant en un Etat continental africain. L’unification graduelle, par l’intégration économique, dans la mondialisation, n’a peut-être pas de chance de réussir comme l’Union Européenne qui, d’ailleurs, semble être poussée à penser à son unification politique si elle veut être une vraie superpuissance mondiale.

A l’indépendance, le problème de la question nationale se posait en termes de formation de la nation indépendante, transcendant les divisions ethniques jusque-là entretenues par l’Etat colonial. C’était en fait la nécessité de la transformation de l’Etat colonial en un Etat digne garantissant les droits de chacun et de tous. (…) La construction de la nation par l’Etat a été conçue comme une intégration nationale des communautés ethniques, par exemple, qui étaient forcées d’être ensemble par la colonisation et dont l’autonomie était parfois préservée par l’Etat colonial dans sa dynamique de diviser pour régner. Si l’Etat indépendant ne parvient pas de se défaire du caractère discriminatoire, il devra faire face aux revendications d’autonomie communautaire, sous la forme de lutte de l’autodétermination pouvant même conduire à la sécession.

(…) En Afrique, la question tribale qui est au centre des difficultés pour réussir les démocraties et la construction des Etats dignes, est une indication de la difficulté qu’il y a de résoudre la question nationale. Ni le fédéralisme ethnique, comme l’a tenté l’Ethiopie, ni la création des nations ethniques ne pourront peut-être résoudre cette question. La plupart des expériences africaines de construction de la nation à partir de l’Etat post-colonial, soit en mettant l’accent sur l’unité pour l’unité justifiée par « les impératifs du développement », soit par un recours partisan aux traditions culturelles africaines, ont échoué.

Il n’y a pas longtemps, le slogan de Kenneth Kaunda : « Un pays, une nation ; une nation, un parti politique ; un parti politique, un dirigeant : Kaunda ! » était partagé par bien des dirigeants africains. Des partis uniques étaient devenus des véhicules pour construire la nation. Pour expliquer l’échec, il faut revenir au mode historique de la politique de lutte (armée ou non) populaire de libération nationale qui a dominé tout le mouvement des indépendances depuis celle de l’Inde en 1948, jusqu’à l’assassinat de Salvador Allende et Amilcar Cabral, en 1973. A travers ce mode (les théoriciens militants pour l’Afrique étaient Frantz Fanon et Amilcar Cabral), la nation était comprise comme se formant dans le processus des luttes populaires pour l’indépendance nationale.

Les mouvements de lutte de libération nationale se sont rapidement transformés en partis et plus tard en Etats. Il y en avait même qui fonctionnaient comme Etats en attente, avant même la victoire finale. Ils ont eu une forte croyance en l’Etat comme facteur émancipateur. Ce qui a donné naissance à l’étatisme rampant.

(…) Tous les lieux de cette politique, bien que variables, comprenaient un mouvement de masse, des organisations de masses, la guerre de guérilla et les communautés paysannes. Avec la déviation étatique, le militarisme s’est formé et les solutions militaires aux problèmes dominaient sur les solutions politiques. Les mouvements de libération nationale devinrent, en pratique, l’image-mirroir de la politique coloniale. Durant les 30 dernières années, nous avons vécu la péremption de cette politique.

La question nationale et même celle dite des conflits ethniques sont les résultats du retrait de la politique de libération nationale, une politique d’émancipation et de fonctionnement des Etats postcoloniaux avec des modalités de fonctionnement de l’Etat colonial. Pour les résoudre, il faut qu’émerge un nouveau mode historique de la politique de la lutte contre la mondialisation impérialiste.

La recherche d’un développement endogène pro-peuple.

Il y a, en Afrique, un grand besoin de démystifier le terme « développement », comme d’ailleurs « la science économique. » En grande partie ils dénotent des idéologies de et pour l’évolution des sociétés capitalistes. Le développement nc’est avant tout le développement capitaliste qui, initialement, s’est construit, entre autres mais principalement, sur la traite négrière et l’esclavage Atlantique. Il se construit donc sur la base de la dévastation de l’Afrique. La trajectoire des sociétés africaines, vue du Congo, va du pillage des forces humaines africaines, à peine sédentarisées et plus ou moins organisées, au pillage actuel des ressources naturelles, principalement pour les forces extérieures.

(…) Le Congo a vu, pendant plusieurs décennies, l’investissement du capital étranger et la création des richesses se faire sur la base de l’extraction des ressources naturelles. Ce capital et ces processus n’ont pas produit les bénéfices attendus par la société congolaise. L’honnêteté oblige que soit éclairci le rapport entre le développement (et surtout son absence) de notre pays et les richesses que nos ressources ont générées pour les autres nations dans un rapport de partenariat avec une minorité de l’ « élite » congolaise. Ce qui est clair, c’est que le résultat de cette histoire a été, en termes humains et en termes de conditions socioéconomiques de la société congolaise, un échec complet et total. N’est-ce pas que cet échec socioéconomique est une des causes structurelles des conditions qui perpétuent l’instabilité, les conflits et la guerre en RDC ?

La plupart des investisseurs étrangers s’accorderont avec moi sur le fait que les coûts économiques de cet échec, en termes d’incapacité congolaise de créer un environnement basé sur l’Etat de droit, la création des marchés opérationnels, la stabilité macroéconomique et une politique fiscale et monétaire responsable, sont importants.

L’expérience congolaise a montré qu’on ne peut pas organiser une économie sociale en dehors et contre les intérêts vitaux des masses de la population sans souffrir des crises économiques et politiques majeures, dans le long terme.

La « décolonisation » était l’ensemble des pratiques politiques et positions idéologiques prise par des colonialistes en vue d’accorder l’indépendance politique de telle manière que celle-ci soit en continuité dans le maintien des privilèges colonialistes dans le nouveau système. Il en est de même du « développement ». C’était d’abord et avant tout un ensemble des pratiques politiques et économiques, ainsi que des positions idéologiques du monde occidental, pour l’évolution des sociétés qu’il a toujours subjuguées dans la continuité de ses privilèges économiques.

(…) Le développement, qui doit être endogène, ne peut être poursuivi que consciemment. Il ne peut pas être laissé aux mains des autres. (…) Dans la situation présente, le développement en Afrique doit être conçu dans une perspective de pensée puissante qui émergera d’un grand mouvement de promotion de la liberté de la pensée. Cette pensée devra reprendre, comme enracinement, toutes les pensées critiques du vaste mouvement de refus historique de toute pensée unique et de toute conception linéaire de l’histoire. Peut-être n’est-il pas possible de sortir du monde capitaliste, mais ne devons-nous pas nous accorder sur les contours d’un capitalisme favorable aux intérêts profonds des peuples africains ?

Pour le moment, la crise de la société africaine tourne autour de l’incapacité d’un traitement approprié du rapport entre la ville et la campagne rurale. C’est à la campagne rurale qu’habite la majorité de la population, en RDC, par exemple. Mais jusqu’à 85% du budget national restent à Kinshasa. Les milieux ruraux n’en recevant au maximum que 5%, sont absolument négligés. Alors qu’ailleurs, comme en Amérique latine, les « latifundia » sont en train d’être démantelés, en RDC, on semble s’orienter vers la création de cette forme de gestion de terres. (…)

La recherche d’un leadership visionnaire

L’Afrique a produit des grandes figures, avec un certain rayonnement dans le monde, dans plusieurs domaines d’activités humaines : dans la culture (musique, religion), dans les sciences, dans la politique, etc. Mais dans l’état où se trouve l’Afrique aujourd’hui, l’impact de ces figures n’a pas apporté grand chose.

Après avoir étudié les 50 dernières années des indépendances des pays africains, Martin Meredith (2005) a conclu : « Au centre de la crise se trouve l’échec des dirigeants africains de promouvoir un gouvernement efficace. Peu de pays ont eu une expérience d’un leadership sage et compétent… Dans la plupart des cas, l’Afrique a souffert terriblement des mains de ses Grands Hommes et des élites régnantes. La préoccupation de ceux-ci a été de garder le pouvoir avec l’objectif de s’enrichir. Les systèmes patrimoniaux qu’ils ont utilisés pour se maintenir au pouvoir ont fait couler une grande proportion des ressources de l’Etat. Ils ont confisqué d’autres richesses, comme gardiens, des compagnies étrangères. La majeure partie de la richesse acquise a été dépensée sur une vie de luxe ou placée dans des comptes des banques étrangères et des investissements étrangers. »

On a eu, certes, des leaders clairvoyants comme Nelson Mandela, Julius Nyerere, Kwame N’Krumah, etc. Mais ces genres de leaders n’ont pas été nombreux. Des générations à venir vont continuer de vivre les conséquences des passages des leaders comme Mobutu, Idi Amin, J-B. Bokasa en Afrique. Les 32 années de pouvoir de Mobutu, en RDC, ont beaucoup coûté à celle-ci : l’état sinistré actuel du pays a été la conséquence.

Sous la direction de Julius Nyerere, la Tanzanie a pratiqué l’idée de Platon (dans La République) selon laquelle le gardien de la communauté doit être soustrait des intérêts personnels ou de groupe pour éviter d’être corrompu. La Tanzanie s’était donnée un code de leadership pour tous ceux qui servaient dans les institutions supérieures de l’Etat et du parti TANU. Aucun de ces leaders ne devait être impliqué dans les affaires pendant qu’il était dans ces institutions. En Afrique, en général, les leaders, à commencer par le sommet de l’Etat, sont mêlés dans des affaires. C’est cela aussi qui rend la corruption endémique sur le continent.

Le leadership concerne le fait d’avoir une vision, la discipline de travailler pour sa réalisation et la capacité d’entraîner les autres dans cette réalisation. La discipline implique aussi le fait d’être préparé à payer le prix pour ses profondes convictions. C’est d’avoir l’engagement d’être fidèle aux conséquences de la réalisation des prescriptions découlant de sa vision. C’est là aussi une expression de la volonté politique d’agir qui fait souvent défaut aux dirigeants africains.

Pour un pays comme la RDC, la vision doit tenir compte de son histoire complexe des souffrances, de sa position géostratégique en Afrique et dans le monde, de l’évolution mondiale globale, de ses richesses culturelles et spirituelles dans leur diversité, des ennemis potentiels et réels qui convoitent ses ressources, de la centralité des forces humaines et des éléments futurs contenus dans le présent.

La première vision de la nation congolaise, dans sa formation même, était celle du mouvement de l’indépendance. Son leadership initial (dont les piliers étaient Simon Kimbangu, Joseph Kasa-Vubu et Patrice Emery Lumumba) avait réussi à en imprégner la population congolaise pour s’orienter vers l’effort pour l’indépendance. La discipline de travail pour que cet effort arrive jusqu’à son terme a été mise à l’épreuve par la précipitation belge de la décolonisation qui a abouti à la proclamation de l’indépendance, le 30 juin 1960, avant que le leadership local ait pu, par la lutte, acquérir la maturité et la capacité voulues pour entraîner toute la nation congolaise dans la réalisation des conditions d’existence de l’indépendance réelle. Pris de vitesse, le leadership visionnaire battait en retraite ou s’était ravisé et avait cédé sur sa fidélité à la vision.

La contribution africaine à la recherche des alternatives mondiales.

L’Afrique, par rapport au reste du monde, a toujours donné l’impression d’une domestique très influente dans une maison royale. Le roi ne peut pas se passer des considérations de sa domestique, mais il doit nier qu’il est sous son influence. Il est difficile d’imaginer ce que serait le monde d’aujourd’hui sans l’Afrique - même si ce n’est que pour servir d’étalon de comparaison avec les autres. Et pourtant, les contributions africaines à la construction du monde moderne sont rarement sollicitées ou reconnues et appréciées quand elles sont offertes.

Les considérations mondiales, de reconnaissance, de la contribution de Nelson Mandela, par sa façon d’être même, ne semblent pas être comprises comme des prescriptions au monde d’aujourd’hui qui devrait modifier ses modalités de fonctionnement. Même ceux qui donnent un coup de chapeau à cela, ne sont pas fidèles aux conséquences de ces prescriptions.

D’autre part, pour des raisons de complexe d’infériorité ou de manque d’estime de soi après avoir, pendant des millénaires, été humiliés, les Africains hésitent d’affirmer haut leurs idées sur comment reconstruire ce monde pour qu’il soit de solidarité et mette en avant non pas l’argent mais l’ « humain ». Même les timides élaborations du « socialisme africain» n’ont pas été poursuivies avec conviction, originalité et authenticité. Les expériences d’Ujamaa étaient abandonnées sans qu’on en fasse un vrai bilan populaire. Ceci explique aussi la timidité qu’on constate dans l’affirmation des droits de l’Afrique.

L’Afrique a participé à la construction de l’Occident, jusque dans ses guerres dites mondiales pour la défense, comme on dit, de la « liberté ». Mais, ses exigences d’égal traitement sont regardées avec suspicion de la part des Occidentaux. Face à tous les cataclysmes subis (de la traite négrière, l’esclavage Atlantique, le colonialisme et le néocolonialisme, le pillage effréné des ressources, etc.), l’Afrique ne serait-elle pas en droit de réclamer, revendiquer des réparations ? Avant l’Etat indépendant du Congo, jusqu’à 12 millions de Congolais ont été massacrés pour l’enrichissement du roi Léopold II ; il n’ y a pas eu ni de demande de pardon officiel ni réparations.

(…) L’éthique, sous le capitalisme, qui domine est une éthique de l’enfant, une concurrence effrénée entre enfants, celle de Caïn qui a avait répondu à la question de Dieu, « Où est ton frère ? », en ces termes : « Suis-je le gardien de mon frère ? » Si Dieu demandait aujourd’hui concernant les Africains aux Occidentaux : « Où sont vos frères et sœurs africains et pourquoi sont-ils misérables ? » ne répondraient-ils pas comme Cain ?

* Pr Wamba Dia Wamba est sénateur honoraire et ancien vice-président de la Commission permanente du Sénat sur les affaires administratives et juridiques, de l’administration de transition de la République démocratique du Congo. 
 Cet article est extrait d’un texte utilisé par l’autre comme document de base pour ses conférences dans les universités du Brésil

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Commentaires & analyses

Kanere, un journal indépendant pour réfugiés cherche soutien

2009-01-23

Bethany Ojalehto et Qaabata Boru

http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53567

«Ce sera une bougie dans ce camp de réfugiés », déclare un réfugié dans la nouvelle presse libre du camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya. «Kakuma News Reflector», plus connu sous le nom de Kanere, est un journal indépendant des réfugiés consacré aux rapports sur les droits de l'homme et la vie des camps. Les réfugiés regroupés à Kakuma y ont vécu pendant presque deux décennies, sans voix. Aujourd’hui, Kanere cherche à changer cette réalité. Mais les moyens financiers lui manquent.

Camp de réfugiés de Kakuma. A l'instar de nombreux autres dans le monde, il est administré par le HCR. Bien que cette organisation des Nations Unies publie occasionnellement des rapports sur le camp, il n'y a pas de couverture médiatique sur ses aspects de la vie courante. Kanere est aujourd’hui un des premiers journaux de camp de réfugiés à atteindre un public international.

Bien que ces emplacements sont des espaces d'aide humanitaire, les conditions de vie y sont misérables. Les 50.000 réfugiés de Kakuma dépendent du HCR pour la nourriture, l'eau, le logement, l'éducation, les autorisations de circuler, la protection juridique, etc. En retour, ils n'ont presque rien à dire dans les politiques qui affectent leur vie. Il y a peu de suivi indépendant des droits de l'homme dans les camps.

Dans l’animation d’une presse libre pour le réfugié, leur vision s’exprime ainsi : «Nous parlons dans le respect des Droits de l'homme et la primauté du droit afin de créer une société plus ouverte dans les camps de réfugiés et de développer un forum pour un débat public sur les réfugiés. »

Ce n'est pas la première fois que les réfugiés de Kakuma prennent la parole. Depuis 1993, le «Kakuma News Bulletin» a servi de moyen d'expression locale pour les réfugiés du camp. Il a perdu son élan en 2005, ne laissant qu'un petit groupe de journalistes continuer de faire vivre l'esprit d’un reportage indépendant.

Quand un chercheur Fulbright est arrivé à Kakuma en octobre 2008, les journalistes ont suggéré l’instauration d’une collaboration. Les germes d’un journal de réfugiés ont alors vu le jour. Aujourd’hui, en janvier 2009, Kanere est une équipe de 15 membres, avec des représentants des communautés de tous les grands camp.

Le premier numéro en ligne de Kanere a été publié le 22 décembre 2008. Le tirage du journal, prévu pour 1000 exemplaires, n'a pas encore commencé à cause d'un manque de fonds. Or peu de réfugiés sont en mesure d'accéder à la publication en ligne.

Tous les journalistes y travaillent actuellement sur une base volontaire, sans accès à des ordinateurs, à Internet, ou à des fournitures de bureau. Le groupe cherche des soutiens financiers auprès des organisations internationales et de l'ambassade américaine. Kanere veut publier aussi bien une version imprimée qu’une version en ligne du mensuel.

Le blog d'information en ligne, www.kakuma.wordpress.com, vise à informer les réfugiés, à servir de forum pour des débats publics sur leurs conditions, à les sensibiliser sur les Droits de l'homme afin qu’ils puissent veiller plus efficacement à leur propre situation et de demander réparation des torts qui leur sont faits.

Pour de nombreux réfugiés qui se sentent emprisonnés dans le camp de Kakuma, Kanere représente un espoir de changement. Comme l’a déclaré l’un deux, "les défis sont toujours là dans ma vie, mais aucune réponse n'est donnée par le gouvernement du Kenya ou le HCR... Maintenant, nous pouvons commencer à prendre en charge nos problèmes quotidiens de manière démocratique, quand il s'agit d’aller à une prise de décision."

* Le blog de Kanere peut être consulté à l’adresse suivante : www.kakuma.wordpress.com

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Premières tensions entre Obama et son parti

2009-01-23

http://tinyurl.com/ab49wm

Beaucoup de démocrates ne comprennent pas pourquoi Obama se montre autant à l'écoute des républicains. Ni pourquoi il refuse d'enquêter sur les programmes controversés de Bush. En 2004, malgré une marge de victoire nettement inférieure à celle d'Obama quatre ans plus tard, celui-ci n'avait laissé aucun doute qu'il dépenserait le « capital politique » qu'il avait acquis pour réaliser le programme de son parti. Obama, lui, s'évertue à témoigner du respect à ses adversaires et affiche son ambition de gouverner « autrement », se montre à l'écoute des idées des conservateurs (par exemple au sujet de la relance de l'économie) et refuse d'enquêter sur les programmes les plus controversés de la politique de sécurité intérieure poursuivie par George W. Bush.





Résumé de l'Édition Anglaise

L'aube de l'ère Obama : Pour la mémoire des ancêtres

2009-01-23

T. Paul Zeleza

http://www.pambazuka.org/en/category/features/53459

Paul Zeleza Tiyambe fait un tour d'horizon des différentes opinions autour de l’installation au pouvoir du président Obama. Pour lui, "le plus grand défi auquel le président Obama va faire face est de savoir comment gérer le relatif déclin historique de la suprématie mondiale américaine, dans un monde où de nouvelles puissances émergent, avec une intolérance croissante contre l'autoritarisme à l’intérieur ou entre les nations. Bref, un monde plus global et plus nationaliste, impatient face aux anciennes injustices, aux hiérarchies de pouvoir et de bien-être, ainsi que face à la faim, pour le développement, la démocratie et l'autodétermination.





Courrier

Et si le coton bio du Burkina était transformé sur place ?

2009-01-23

Maurice Oudet


http://www.pambazuka.org/fr/category/letters/53570

Si l'industrie textile européenne a presque disparue du fait de la concurrence de la Chine, il existe quelques exceptions. C'est ainsi qu'il y a quelques jours une chaine de télévision présentait une entreprise française installée en Bretagne qui fabriquait des vêtements en coton et qui faisait des bénéfices. Une entreprise textile qui ne connaissait pas la crise. Son secret ? Elle transformait du coton biologique.

Or justement, il y a trois semaines, avec un ami, j'ai eu l'occasion de faire la route Po – Diébougou, au Burkina Faso. Je me suis arrêté pour bavarder avec des producteurs de coton qui étaient en train de charger leur récolte. Le chauffeur du camion nous a dit qu'il allait conduire sa marchandise jusqu'à Banfora. J'ai manifesté mon étonnement : « Pourquoi ne pas la décharger à l'usine d'égrenage de Diébougou ? » C'est alors que j'ai appris qu'il s'agissait de coton bio-équitable.

En poursuivant la conversation, j'ai appris (si je ne me trompe pas !), qu'ils allaient le vendre à 272 F le kilo, plus une prime dite « équitable » de 34 F pour leur association. Ce qui fait un total de 306 F (à comparer aux 165 F du coton conventionnel). Ils étaient relativement satisfaits de leur récolte, même s'ils n'avaient pas atteint leur objectif. Ils avaient obtenu un rendement de 550 kg/ha au lieu des 600 kg, ou plus, escomptés.

Il est vrai que le coton bio-équitable, demande plus de travail que le coton conventionnel. Mais il est vrai aussi que les dépenses financières sont moindres. Surtout si cette culture est associée à la culture du sésame biologique. Cela permet d'économiser sur les coûts de certification.

Mais on peut poursuivre la réflexion... Depuis octobre 2001, où le cours mondial du coton était au plus bas, combien de rencontres internationales où l'on répète qu'il faudrait transformer le coton africain sur place? Mais on ne voit toujours rien venir. C'est que la question est simple, mais la solution difficile. Le coût de l'énergie est très élevée au Burkina. Comment développer une industrie textile tout en faisant venir massivement des fripes du monde entier ?

L'exemple de la Bretagne devrait nous faire réfléchir. La solution n'est-elle pas de s'orienter de façon significative vers le coton biologique et de le transformer sur place ? La question mérite d'être approfondie.

Koudougou, le 14 janvier 2009


Maurice Oudet
 est le président du Service d'édition en langues nationales du Burkina Faso (SEDELAN)


Quel avenir pour le dialogue de Nairobi ?

2009-01-23

http://www.pambazuka.org/fr/category/letters/53478

Merci pour vos nouvelles, toutefois, il me serait bon que je sois informé sur le dialogue de Nairobi et les conséquences que peut engendrer la division de la CNDP. Meilleurs voeux à toute l'équipe
gamanya.mateka@yahoo.fr





Nécrologie

Cameroun : La veuve de Félix Moumié retrouvée étranglée

2009-01-23

http://tinyurl.com/d7xvhk

Marthe Ekemeyong Moumié, l'épouse de Roland Félix Moumié, l'un des leaders historiques de l’Union des populations du Cameroun, a été retrouvée morte le 9 janvier à Ebolowa, dans son domicile. Une disparition qui va sans doute faire encore couler beaucoup d'encre après la mort déjà très controversée de son mari, un héros des lutes pour l’indépendance assassiné par les forces coloniales. Selon certaines sources, le corps de Marthe Moumié présentait des séquelles caractéristiques d'un viol, et la mort serait survenue suite à une strangulation.





Arts & livres

Afrique : La presse privée francophone à la loupe

2009-01-23

http://tinyurl.com/b9fpza

Un livre sur la presse privée en Afrique francophone. Il est l’oeuvre de Mor Faye, professeur de sociologie à l’Université de Saint-Louis. Sur plus d’une centaine de pages, l’auteur, après avoir décliné et expliqué les différents mécanismes de la corruption d’une corporation, se propose de montrer qu’en Afrique, bon nombre d’organes de presse privée écrite sont devenus de véritables instruments de pression et de lobbying au profit d’intérêts occultes : couverture d’actes de détournement de deniers publics, défense d’hommes d’affaires douteux, accès d’opérateurs économiques et patrons de presse aux marchés publics sans respect des procédures, cristallisation des «clivages ethniques» à des fins politiques au profit des partis au pouvoir et des partis d’opposition...





Les écrivains africains

Obama, un rayon de soleil sur l’Humanité

2009-01-23

Dre Aoua B. LY-TALL

http://www.pambazuka.org/fr/category/African_Writers/53569

Lentement, tu apparais dans un ciel clair obscur, tu t’élèves, tu t’élèves

D’abord, très peu d’attention, tu suscites ; au plus, un peu d’étonnement et quelques curiosités

Mais, ta lumière éblouissante finit par éclairer les visages et à entrouvrir les yeux et les cœurs
Au regard de ton ascension, certains se souvinrent de ce "I have a dream" prophétique
Cependant, les doutes persistaient et d’aucuns se demandaient : ce rêve ne se réalise-t-il pas trop tôt ?
Est-ce possible, à peine 40 ans après que le Révérend Martin Luther King l’eut proclamé ?
Obama, n’es-tu pas aussi le symbole de ce que l’académicien français, l’humaniste africain
Et ancien président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor prédisait :
"L’avenir appartient au métissage biologique et culturel! "

Biologiquement métissé, ton physique dégage l’unité de l’Humanité : le Blanc et le Noir ;
Culturellement, ton histoire est par excellence la convergence des religions et des civilisations,
Celles de l’Orient et de l’Occident :
Fils d’un père musulman et d’une mère chrétienne,
Né d’un père africain, adopté par un oncle asiatique[1] et élevé par une grand-mère américaine ;
Frère d’une sœur africaine et d’une autre sœur indonésienne,
Et enfin, époux d’une femme Afro-américaine,
Tu incarnes à Toi, tout seul, le rêve du Révérend King : "de voir dans son pays, l’Amérique,
L’enfant blanc et l’enfant noir, la main dans la main"

Rayon de soleil, Barak Hussein Obama tu es là, tel un enfant prodige : beau, brillant, percutant
Mieux, de ta bouche sortent des mots de rêve : réconciliation, liberté, dignité, justice sociale, ...
De l’Amérique, tu rayonnes sur l’Univers : en Afrique, en Europe et en Asie, on se réjouit
Tu réchauffes les cœurs et donne l’Espoir de retrouver la part d’Humanité perdue
Tu tires le monde de la morosité créée par les crises sociale, économique, spirituelle, etc.
Tu marques un tournant de l’Histoire et ouvres la marche de la fin des déchirements humains

Avec toi, le monde recommence à croire que le chaos n’est pas inéluctable
Que la guerre des sexes, des races, des générations, des religions est évitable
Que les guerres, les idéologies et les stéréotypes qui divisent les humains peuvent s’estomper
Que le dialogue peut être renoué entre les communautés, les cultures, les religions,
Les genres et les générations

Que Dieu te garde et te fortifie afin que, de la Maison Blanche, tu puisses continuer à projeter beaucoup de chaleur humaine et mille lumières qui permettront à l’Humanité de se réconcilier avec elle-même et de créer un monde de Paix, d’Équité/Égalité et de Justice, qui nous rendra dignes des Pères fondateurs et qui verra enfin le rêve du Révérend King se réaliser, tant en Amérique qu’à travers le monde!

Note
[1] indonésien

Dre Aoua B. LY-TALL est Sociologue et Chercheure associée à l’Institut des Études des Femmes
Université Ottawa, Canada
E-mail : aouab.ly.tall@ymail.com





Zimbabwe

Nouvel échec des négociations de gouvernement, prochain sommet le 26 janvier

2009-01-22

http://tinyurl.com/89hkv3

Une nouvelle fois, des pourparlers au plus haut niveau sous l'égide de l'Afrique australe pour un gouvernement d'union au Zimbabwe ont échoué le 20 janvier ; une nouvelle fois, les pays de la région se réuniront le 26 janvier en sommet extraordinaire pour tenter de trouver une issue à l'impasse. Le lundi 19 janvier, le président zimbabwéen Robert Mugabe et son rival, le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) Morgan Tsvangirai avaient repris à Harare leurs chaotiques négociations pour un partage du pouvoir. Les protagonistes, eux, s'accusent mutuellement d'avoir provoqué la rupture.





Femmes & genre

Rd Congo : Le combat d’une femme pour l’affirmation des Congolaises

2009-01-22

http://tinyurl.com/8hfm5l

Experte en matière du Genre et développement, Mme Eale Mboyo supervise les actions de communication pour le changement des comportements que le ministère du Genre, Famille et Enfant entreprend en faveur de l'éveil de la conscience de la femme à Kinshasa. Pour elle, «la femme est le socle de la société. Quand elle aura le pouvoir, je crois que les guerres n'auront plus lieu en RDC». Elle s'inspire du Libéria où l'on n'entend plus de crépitements de balles depuis l'avènement d'Helen Searleaf à la présidence de la République.





Droits humains

Libéria : Mandat d'arrêt contre un ancien proche de Charles Taylor

2009-01-23

http://tinyurl.com/ddmt74

Le ministère de la Justice du Liberia a ordonné, l’arrestation de l’ancien directeur des services de sécurité de l’ancien président Charles Taylor, Benjamin Yeaten, par ailleurs accusé de meurtres. Les autorités de Monrovia ont chargé les services de sécurité à travailler avec leurs homologues des pays voisins, en Sierra Leone, en Guinée et en Côte d’Ivoire, ainsi qu’avec ceux d’Interpol, pour arrêter et rapatrier Yeaten au Libéria. « On ne sait pas où il se trouve actuellement, mais on estime qu’il vivrait au Togo », souligne t-on du coté gouvernemental.


Rwanda : une ex-ministre condamnée à la prison à vie pour génocide

2009-01-22

http://tinyurl.com/8hur9t

L'ex-ministre de la Justice rwandaise, Agnès Ntamabyariro, seul membre du gouvernement intérimaire de l'époque à être jugé par un tribunal rwandais pour son rôle présumé dans le génocide de 1994, a été condamnée à la prison à vie. L'ex-ministre avait clamé son innocence et demandé son acquittement lors du procès. Mme Ntamabyariro, de père hutu et de mère tutsi, a notamment été reconnue coupable d'avoir commandité l'assassinat de l'ancien préfet tutsi de Butare (sud), Jean Baptiste Habyarimana, qui s'était opposé au génocide dans sa prefecture.





Réfugiés & migration forcée

Burundi : Des milliers d’habitants fuient la crise alimentaire dans le nord

2009-01-21

http://tinyurl.com/9zfrkf

Quelque 1 375 familles ont le nord du Burundi fui vers la Tanzanie ou le Rwanda voisins en quête de vivres. L’exode touche surtout les zones de Kirundo qui ont été frappées par la crise alimentaire, dont Bugabira, où 340 familles ont été recensées et dans une moindre mesure Gitobe, qui en compte 276, ainsi que la commune de Kirundo (250). La province de Kirundo, autrefois considérée comme le grenier du Burundi, est confrontée à des pénuries alimentaires récurrentes en raison de faibles précipitations.


Mali : Bamako résiste à l’accord avec la France sur l’immigration

2009-01-22

http://tinyurl.com/8tzja4

Brice Hortefeux, avant de quitter son ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, aurait bien voulu signer avec le Mali le type d’accord “de gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire” qu’il est déjà parvenu à faire accepter au Gabon, au Congo, au Bénin, au Sénégal, à la Tunisie, à Maurice, au Cap Vert et au Burkina Faso. Mais le Mali, qui compte la plus grande communauté de migrants africains en France, a refusé de se laisser entraîner dans un accord qui aurait octroyé le chiffre très réduit de 1.500 autorisations de travail par an à ses ressortissants. La dernière séance de négociation à Bamako s’est achevée sur un communiqué lénifiant, masquant à peine le désaccord entre les deux pays.


Mauritanie : Les réfugiés de retour reçoivent leurs pièces d’état civil

2009-01-21

http://tinyurl.com/7gthgj

Le ministre mauritanien de l'Intérieur et de la Décentralisation, M. Mohamed Ould Maaouya a supervisé la distribution des extraits d'actes de naissance et des cartes d'identité nationale aux réfugiés mauritaniens de retour au pays en provenance du Sénégal. Selon le ministre, l'opération de retour qui a démarré depuis le 6 août 2008 a permis le retour 1815 familles, dont 1322 dans la wilaya du Brakna et 493 familles dans la wilaya du Trarza soit 7036 citoyens.


Somalie : Des centaines de migrants portés disparus au large du Yémen

2009-01-22

http://tinyurl.com/97qqqq

Des centaines de migrants africains en provenance de Somalie étaient portés disparus après le naufrage au large du Yémen, le 17 janvier de plusieurs embarcations transportant environ 400 personnes. Une dizaine de cadavres ont été retrouvé sur les plages, selon la directrice du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU à Aden, ville côtière du sud du Yémen. Des centaines de migrants clandestins africains meurent chaque année dans les eaux dangereuses du Golfe d'Aden, attaqués par les pirates, jetés par-dessus bord par les passeurs, ou dans des naufrages d'embarcations surchargées.





Mouvements sociaux

Cameroun :1er anniversaire des massacres de février 2008

2009-01-22

http://tinyurl.com/834t93

Du 23 au 29 février 2008, plusieurs jours de manifestations réprimées par les forces de sécurité avaient fait des dizaines de mort au Cameroun. A l’occasion du 1er anniversaire de ces événements, le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) lance une série d’actions qui vont s’étaler du 15 au 28 février 2009. Ces actions auront lieu à Londres, Bruxelles, Washington, etc.


Gabon : Mutinerie sanglante à la prison centrale de Libreville

2009-01-22

http://tinyurl.com/7n9ekf

La mutinerie qui a eu lieu le 19 janvier, à la prison centrale de Libreville, a fait deux morts et 5 blessés du côté des mutins qui ont pris en otage, dès les premières heures du jour, quatre de leurs gardiens dont une femme enceinte, laquelle a été violée par les prisonniers. Des sources accusent un ancien gouverneur, écroué depuis une année pour vols à main armée et association de malfaiteurs, d’être à l’origine de cette mutinerie.





Elections & gouvernance

Centrafrique : le président François Bozizé dissout le gouvernement

2009-01-21

http://tinyurl.com/8cus2o

François Bozizé a dissous, le 18 janvier, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Faustin-Archange Touadéra, formé en janvier 2008. Aucune explication n'a été officiellement fournie dimanche sur la dissolution du gouvernement, mais les Centrafricains attendaient depuis quelques semaines la formation d'un cabinet d'ouverture recommandé par un forum sur la paix qui s'était tenu du 8 au 20 décembre à Bangui.


Ghana: Le nouveau gouvernement hérite d'une situation économique délicate

2009-01-23

http://tinyurl.com/bjf4y6

Le Ghana, souvent cité comme modèle, se trouve dans une situation économique délicate selon la nouvelle équipe arrivée au pouvoir, une analyse partagée par la Banque Mondiale qui a récemment fait part de ses inquiétudes. «En un mot, le gouvernement du Ghana est «à sec», a estimé l'équipe mise en place par le nouveau chef d'Etat John Atta-Mills, chargée d'assurer la transition avec l'administration sortante de John Kufuor (2000-2008). "Dans le passé, le déficit fiscal a été financé par les revenus tirés de la privatisation d'actifs appartenant à l'Etat (...) tandis que le déficit des comptes courants était financé par des réserves étrangères, mais ces sources ne sont plus disponibles", relève la BM.


Ghana : Villas, voitures et argent pour les ex-présidents

2009-01-22

http://tinyurl.com/8stn4s

Le précédent gouvernement ghanéen a accordé des avantages luxueux à l'ex-président John Kufuor qui vient de quitter le pouvoir. Ces avantages ont été entérinés par le parlement sortant qui siégeait pour la dernière fois. En vertu de ces mesures chaque ex-président ghanéen bénéficiera, après la fin de son mandat, de deux maisons meublées, et six voitures avec chauffeur, ainsi que de versements non imposables calculés en fonction du nombre d'années passées au pouvoir et d'autres sommes à sa disposition pour ses loisirs et ses voyages à l'étranger.


Guinée : les débiteurs de l’Etat interpellés

2009-01-23

http://tinyurl.com/c87kva

Une quinzaine d’opérateurs économiques et d’anciens ministres ont été convoqués au Camp Alpha Yaya Diallo. Le Comité des audits et de surveillance des secteurs stratégiques de l’Etat, mis en place par la junte au pouvoir, a rendu publique, le 20 janvier 2009, une première liste des débiteurs de l’Etat. La majorité de ces débiteurs sont des opérateurs économiques. Certains sont d’anciens ministres. Une des mesures annoncée par la junte militaire dirigée par Moussa Dadis Camara, après la prise du pouvoir, était de mener une lutte contre la corruption et le pillage des deniers publics.


Kenya : Célèbration dans la liesse de la réussite d’Obama

2009-01-22

http://tinyurl.com/9j96mn

On a tué le taureau ou la chèvre, fait des réserves de boisson et installé de grands écrans de projection: le Kenya a laissé de côté ses rivalités internes le 20 janvier pour célébrer l’investiture du petit-fils du pays Barack Obama à la présidence des Etats-Unis.. En outre, , fils d’un Kényan noir et d’une Américaine blanche, l’élection d’Obama à la présidence des Etats-Unis représente un symbole d’unité pour un continent encore déchiré par des luttes ethniques et où les plus vieux ont vécu la colonisation.


Mauritanie : Un chef de parti critique la communauté internationale

2009-01-22

http://tinyurl.com/82zvtw

Depuis août dernier, le président mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est assigné à résidence. Au cours de l’été, un coup d’Etat éclair a vu le retour au pouvoir des militaires. Le général Mohamed Ould Abdel-Aziz a pris les commandes du pays. La communauté internationale a protesté. Puis, rien ! Chef du Parti mauritanien du renouveau (Pmr), ancien candidat à l’élection présidentielle de 2007, Rachid Moustapha tente de réveiller la conscience des occidentaux. Chef du Parti mauritanien du renouveau, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2007, il affirme incarner une nouvelle génération «en rupture, épuisée d’avoir à supporter les coups d’Etat.


Sénégal : Clôture du dépôt des listes pour les élections locales

2009-01-23

http://tinyurl.com/chp6ws

Le dépôt des listes pour les élections locales prévues en mars au Sénégal a eu lieu le 21 janvier. Mais une coalition de partis de l’opposition demande un report du délai pour permettre aux formations en compétition de compléter les pièces manquantes. Nombre de partis n’ont pu déposer à temps des listes complètes, voire des listes dans toutes les circonscriptions.


Sénégal : Le fils du président Wade candidat aux élections municipales

2009-01-23

http://tinyurl.com/df7v8e

Le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, Karim Wade, souvent cité comme successeur potentiel de son père, est pour la première fois candidat à un scrutin, à l'occasion des élections municipales du 22 mars. Karim Wade est le président de la Génération du concret, mouvement politique créé en novembre 2006 avec des proches du chef de l'Etat sénégalais, parmi lesquels on compte le secrétaire général de la présidence de la République, ainsi qu’un des responsables de la communication présidentielle.





Développement

Afrique : Des avancées dans le classement Doing Business

2009-01-22

http://tinyurl.com/975k78

Derrière Singapour, Nouvelle Zélande et Etats Unis, trois premiers pays du monde par la facilité des affaires selon le classement Doing Business 2009, il faut descendre jusqu'à la 25ème marche pour un premier pays africain (Maurice) et à la 31ème marche pour l'un des premiers partenaires économique du continent, la France. Le rapport Doing Business 2009 de la Banque mondiale relève 239 réformes qui ont facilité l'environnement des affaires dans le monde et 16 qui l'ont compliqué. L'Afrique du Sud est au premier rang en ce qui concerne les réformes liées à la création d'entreprises, devant l'Albanie, l'Angola, le Botswana (8ème), l'Egypte (14ème), le Ghana (19ème), le Kenya (24ème), (Maurice 30ème) et Mauritanie (31ème).


Burkina : Production agricole record, rareté des céréales et inquiétude

2009-01-22

http://tinyurl.com/8phueq

Grâce à une bonne pluviométrie et à une subvention en intrants de la part de l’Etat burkinabé, la production céréalière de 2008-2009 a atteint plus de 4.200.000 tonnes dont un excédent de 717.000 tonnes. Malgré ces bonnes récoltes, le pays connaît une rareté des céréales dont souffrent les populations. Ces dernières expliquent que dès l’annonce de bonnes récoltes, des commerçants des pays voisins se sont rués vers le Burkina Faso pour acheter les céréales.


Global : Comment faire face à la crise des prix alimentaires

2009-01-23

http://tinyurl.com/ak9c7u

L’inflation des prix alimentaires a suscité un débat entre les organisations humanitaires qui veulent renoncer aux versements de subventions pour revenir aux distributions alimentaires, et celles qui préconisent d’indexer les subventions par rapport au prix des produits alimentaires. Le débat « distribution alimentaire contre versements de subventions » fait partie des différentes questions abordées dans un intitulé The Global Food Price Crisis: Lessons and Ideas for Relief Planners and Managers (La crise mondiale du prix des vivres : enseignements et idées pour les planificateurs et les responsables des opérations de secours).





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Nouvel espoir de vaccin contre le paludisme

2009-01-23

http://tinyurl.com/ac4pod

Deux études cliniques porteuses d’espoir ont été menées au Kenya et en Tanzanie sur un candidat-vaccin contre le paludisme. La première étude a permis d’obtenir une baisse de 65% du nombre d’infections et une réduction de 59% des accès palustres après infection, tandis que la seconde qui portait sur un adjuvant particulier a, elle aussi, permis de réduire le nombre de cas de contamination.


Centrafrique : Faire enfin fonctionner l'argent du sida

2009-01-22

http://tinyurl.com/8kgw2a

Fonds non décaissés, médicaments gaspillés, décentralisation des soins retardée : après des années passées à tenter de faire marcher l'argent du sida, la République centrafricaine (RCA) se dit aujourd'hui enfin prête à répondre aux attentes désespérées des patients infectés par le virus. Confronté à de gros problèmes dans la mise en œuvre des programmes dans un pays dévasté par des années de conflits où les structures nationales ont été affaiblies, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), choisi par le Fonds mondial comme principal bénéficiaire de ses subventions en RCA, a tardé à mettre en œuvre les programmes.


Côte d'Ivoire : Démarrage d’une campagne de vaccination de 10 000 enfants

2009-01-21

http://tinyurl.com/7vn8ob

Une campagne de vaccination contre la fièvre typhoïde a été lancée à Abidjan. Initiée par la Fondation Children of Africa, cette opération qui sera menée durant 8 semaines vise 10 000 enfants âgés de 3 à 12 ans. Selon la présidente de la Fondation, le vaccin contre la fièvre typhoïde a été retenu à la suite d’une étude faite par son organisation, montrant que ce fléau prenait des proportions dramatiques en Côte d’Ivoire.


Sénégal : Un projet pour désintoxiquer des populations contaminés par le plomb

2009-01-22

http://tinyurl.com/7kuxt2

Le projet de dépollution du sol et de désintoxication des personnes contaminées par le plomb à Thiaroye-Sur-Mer, un quartier de la banlieue de Dakar, a fait l'objet, le 20 janvier, d'une réunion d'échanges avec les partenaires techniques et financiers. Le coût du projet est estimé à 6,577 milliards de francs et d'une durée de douze mois. Il s'agit, selon les exposants, de résoudre, d'une part, l'exposition de la population au plomb qui risque de s'aggraver avec le temps et de procéder, d'autre part, au traitement des patients qui exige le déguerpissement temporaire des populations de la zone contaminée.


Zimbabwe : L'UNICEF débloque 5 millions de dollars pour la santé

2009-01-22

http://tinyurl.com/a5hot3

Devant les menaces qui pèsent sur les enfants zimbabwéens avec l'épidémie de choléra au Zimbabwe, l’UNICEF a annoncé qu'il débloquait 5 millions de dollars pour répondre à l'effondrement du système de santé de ce pays. La situation en milieu sanitaire et telle que la catastrophe dépasse la seule épidémie de choléra. «L'épidémie de choléra n'est que la partie émergée de l'iceberg », selon la directrice exécutive de l’UNICEF.





Éducation

Bénin : Bientôt une Université Barack Obama

2009-01-22

http://tinyurl.com/9eqrwc

La pose de la première pierre de l’université internationale afro-américaine Barack Obama a eu lieu le 20 janvier au Bénin, le même jour que l’installation du président des Etats Unis. Prévues pour commencer en Octobre 2010, les activités de cette université se dérouleront, après homologation des autorités compétentes, sur le site retenu pour abriter les infrastructures, c'est-à-dire à Sègbohouè. Et plusieurs matières y sont prévues pour être enseignées. Notamment l'Anglais, l'Agronomie, les sciences économiques, l'informatique, le génie civil, les techniques bancaires, le journalisme et la communication


Gabon : Le spectre d’une année blanche plane

2009-01-23

http://tinyurl.com/c3c53l

La rentrée prévue le 5 octobre dernier n’a toujours pas eu lieu au Gabon. Les enseignants du public poursuivent leur grève et en appellent au chef de l’État. Ils réclament une amélioration de leur traitement, mais les négociations, jusqu’ici, ont échoué. Début janvier, une demande d’audience auprès du chef de l’État a été déposée. Pour d’autres, l’essentiel ne concerne pas « le porte-monnaie », mais les conditions de travail en général. « Le principal problème est pédagogique : comment apprendre quelque chose à des élèves qui sont 80 par classe et qui ratent les contrôles le matin parce qu’il n’y a pas de transports publics ?», fulmine un professeur.


Sénégal : 5 000 bacheliers condamnés au chômage

2009-01-21

http://tinyurl.com/79jqoj

Cnq mille bacheliers de 2008 n'ont pas été orientés cette année à l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD). N'ayant plus aucun espoir de décrocher cette orientation, ils ont décidé d'initier des actions violentes dans le campus pour se faire entendre. Pour les autorités universitaires, l’UCAD a déjà fait son plein de nouveaux bacheliers et ne peut en accueillir d’autres.


Togo : La suppression des frais de scolarité crée un déficit budgétaire

2009-01-21

http://tinyurl.com/9ah7n6

Cette année, au Togo, les premières suppressions de frais de scolarité pour les élèves du primaire et du préscolaire ont fait grimper le nombre d’inscriptions scolaires, et l’on s’interroge sur la manière dont les écoles pourront financer les salles de classe, les enseignants et le matériel scolaire supplémentaires qu’il leur faut. Selon les estimations du gouvernement, les inscriptions ont augmenté de 54 pour cent pour le préscolaire et de 12 pour cent pour le primaire. L’écart entre filles et garçons est presque inexistant. Mais un directeur d’école primaire, dans un village du centre du Togo, regrette cette gratuité de la scolarité. Car ce sont les frais de scolarité payés par ses élèves qui permettaient de couvrir les dépenses de l’école.





Environnement

Afrique : Disparition inquiétante des espèces d’oiseaux d’eau

2009-01-21

http://tinyurl.com/a5ydbx

Dans le rapport de Wetlands International sur l’état de la conservation des oiseaux d’eau publié en 2008 suite aux opérations de dénombrement effectuées en Afrique et dans le reste du monde, on note que 41 % des espèces sont en déclin. Le document révèle que parmi les oiseaux d’eau protégés à l’échelle internationale par l’accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (Aewa), 19 espèces sont classées globalement menacées. Quant au déclin des oiseaux d’eau sur les itinéraires de migration d’Afrique-Eurasie les causes, selon les experts, sont à rechercher dans la destruction de leurs habitats, l’exploitation non durable des zones humides et les effets des changements climatiques.


Sénégal : 40 milliards mobilisés pour dépolluer la plus grande plage de Dakar

2009-01-21

http://tinyurl.com/88nbac

Le Sénégal va signer, le 26 janvier, des conventions de prêts grâce auxquels sera menée la première opération de dépollution industrielle jamais réalisée dans ce pays. Cette opération, qui touche la plus grande plage de Dakar coûtera 40 milliards de francs Cfa financés par la France et la Banque européenne d'investissement (Bei). D'un coût de 40 milliards de francs Cfa, ce projet a pour finalité la restauration durable de la qualité des eaux de la baie de Hann, affectée depuis des décennies par une forte pollution industrielle.


Tchad : Les populations désarmées par l’interdiction d’utiliser du charbon de bois

2009-01-22

http://tinyurl.com/9w47x4

L’interdiction imposée par le gouvernement de l’utilisation du charbon de bois à N’Djamena, capitale du Tchad, a créé des conditions qualifiées difficiles pour les familles qui recherchent désespérément une source d’énergie pour pouvoir cuisiner. Selon les syndicats et autres organismes de la société civile, le gouvernement n’a pas préparé la population, ni mis d’autres sources d’énergie domestique à la disposition de la population avant d’interdire complètement le transport du charbon et du bois de chauffe dans la capitale en décembre. Les autorités déclarent avoir pris la mesure pour préserver l’environnement.





Média & liberté d'expression

Cameroun: Quatre journalistes en prison depuis septembre

2009-01-23

http://tinyurl.com/cknpkk

Quatre journalistes camerounais sont emprisonnés depuis septembre "suite à des reportages politiques", selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Parmi eux, figure Lewis Medjo, directeur de publication de La Détente libre (hebdomadaire), arrêté le 22 septembre et incarcéré à Douala, puis condamné le 26 septembre à trois ans de prison et 2 millions de FCFA d'amende. Son journal n'a pas paru, depuis. Trois autres directeurs de publication de journaux sont en prison à Yaoundé: Michel Mombio de L'Ouest républicain (bimestriel), Armand Ondoa du Régional (hebdomadaire) et Flash Zacharie Ndiomo du Zénith (hebdomadaire). Le CPJ demande la dépénalisation des délits de presse dans une lettre au président camerounais Paul Biya.


Global : Une équipe de journalistes africains pour couvrir le Forum social mondial

2009-01-23

http://flamme.panos-ao.org/

Pour la prochaine édition du FSM qui se tiendra à Belém au Brésil du 27 janvier au 1er février 2009, l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) donnera à 6 journalistes africains de la radio et de la presse écrite (venant du Mali, Cameroun, Bénin, Cap Vert et Libéria) la possibilité d’assurer, à travers le bulletin Flamme d’Afrique, une production intensive d’informations sur les débats qui animeront cet évènement qui fera converger plus de 100 000 personnes vers l’Amazonie. L’accent sera mis sur la diffusion électronique des contenus écrits et audio pour une meilleure diffusion auprès des publics africains suivant à distance le FSM.


Nigéria : Une journaliste échappe à une tentative d’agression à son domicile

2009-01-22

http://tinyurl.com/axc45p

Des individus armés ont fait irruption dans l’enceinte abritant le domicile de Janet Mba, éditrice du magazine The Scroll, le 15 janvier 2009, à Arepo dans l’Etat d’Ogun (sud-ouest du pays). Les assaillants étaient à la recherche de la journaliste qui, ayant réussi à appeler la police à temps, n’a pas été agressée. Reporters sans frontières a recensé au moins dix agressions et huit cas de menaces sur des journalistes en 2008 au Nigeria.


Zimbabwe : Mobilisation contre l’enlèvement d’un journaliste et d’une activiste

2009-01-21

http://tinyurl.com/9y473g

L’arrestation, par les autorités zimbabwéennes du journaliste Anderson Shadreck Manyere et de l’activiste Jestina Mukoko, accusés de complot terroriste en vue de renverser le président Robert Mugabe, suscitent une mobilisation dans le milieu des organisations pour la liberté de presse. L'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA), des groupes membres de l'IFEX, Reporters sans frontières (RSF) et la Fondation internationale des femmes dans les médias (International Women's Media Foundation, IWMF) ont dénoncé ces arrestations. IWMF a mis sur pied une pétition au sujet de l'enlèvement de Mukoko et demande sa remise en liberté.
Consulter les sites suivants :
- MISA : http://www.misa.org
- CPJ : http://tinyurl.com/88vz34
- Human Rights Watch : http://tinyurl.com/9d3k2h
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=29933
http://www.iwmf.org/subcatdetail.aspx?sc=letter





Bien-être social

Côte d'Ivoire : 20 000 branchements sociaux à l’eau potable financés par la BM

2009-01-21

http://tinyurl.com/a3nlxf

Dans le cadre de la mise oeuvre du Projet d'urgence infrastructures urbaines (Puiur), financé par la Banque mondiale, l'Etat de Côte d'Ivoire a signé le 14 janvier une convention avec la Société de distribution d'eau de la Côte d'Ivoire (SODECI), pour la réalisation de 20 000 branchements sociaux à Abidjan. Le montant global de cette convention est de 2 milliards de francs Cfa. Et permettra l'accès à l'eau potable de 300 000 personnes, issues des milieux défavorisés.





Conflits & urgences

Côte d’Ivoire : Soro appelle les ex-rebelles à "s'impliquer" dans la paix

2009-01-21

http://tinyurl.com/7y9bln

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), a appelé dimanche les ex-rebelles à "s'impliquer" dans la mise en oeuvre du dernier accord de paix. M. Soro en clôturait un séminaire de la branche militaire des FN dans leur fief de Bouaké. L'accord de paix interivoirien, signé par le camp présidentiel et les FN en mars 2007 à Ouagadougou et complété en décembre 2008, prévoit la réunification du pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat de la rébellion en septembre 2002.


Côte d'Ivoire : Gbagbo perd sa base arrière en Guinée

2009-01-22

http://tinyurl.com/8cctk7

La mort du président guinéen Lansana Conté a plongé son pays dans un avenir incertain. Mais son décès n'a pas seulement affecté sa famille ou encore le peuple guinéen. Il a créé une onde de chocs dans la classe politique ivoirienne notamment, au sein du clan présidentiel. Non pas parce que Conté était un grand ami de la Côte d'Ivoire, mais bien parce qu'il avait donné son accord pour que son pays soit la base arrière de l'armée ivoirienne…


Mali : La principale base du rebelle Ibrahim Ag Bahanga "détruite"

2009-01-22

http://tinyurl.com/9mr92j

Le ministère malien de la Défense a annoncé le 20 janvier que la "principale" base du chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga, située à Tinsalak dans le nord-est du Mali, avait été "détruite" le 19 janvier par l'armée. es "munitions" et du "ravitaillement" en vivres et en carburant ont également été saisis. Nuançant l'annonce du ministère de la Défense, une source militaire étrangère dans le nord, a affirmé que la «base principale» d'Ibrahim Ag Bahanga était tombée aux mains de l'armée malienne, mais sans "grand combat" puisque les militaires n'avaient pas rencontré de résistance à leur arrivée.


RD Congo: Le chef rebelle Laurent Nkunda arrêté au Rwanda

2009-01-23

http://tinyurl.com/d9ssaw

Le chef tutsi de la rébellion congolaise Laurent Nkunda, qui déstabilisait l'est du Congo et le pouvoir de Kinshasa depuis plusieurs années, a été arrêté le 22 au Rwanda, à la suite d'une offensive des forces congolaises et rwandaises dans l'est de la RDC. Les forces rwandaises et congolaises étaient arrivées le 22 janvier aux portes de Bunagana, fief du chef du CNDP, dans la province du Nord-Kivu. Après de brefs affrontements, Nkunda serait parti avec quelques hommes en territoire rwandais, vers Bigogwe, près de Ruhengeri. Un camp de réfugiés tutsi originaires de la région congolaise du Masisi se trouve dans la région.


RD Congo : Un tournant décisif vers la paix dans le Nord Kivu ?

2009-01-22

http://www.afrik.com/article16107.html

«Nous, membres de l’état-major du CNDP, devant le peuple congolais tout entier, déclarons la fin, à dater de ce jour, 16 janvier 2008, des hostilités entre le CNDP et les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo)». Dans un communiqué publié le 17 janvier, une douzaine de commandants dissidents du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) entendent ainsi mettre un terme au conflit qui ensanglante le Nord Kivu depuis plusieurs années. Ils ont diffusé ce texte juste après avoir rencontré des officiers de l’armée congolaise (FARDC), le ministre congolais de l’intérieur et le chef d’état-major des forces rwandaises.


Rd Congo : 620 personnes tuées par la guérilla ougandaise

2009-01-22

http://tinyurl.com/9xh3yq

Au moins 620 personnes ont été "massacrées" par la guérilla ougandaise de l'Armée rebelle de résistance du Seigneur (LRA) depuis Noël dans le nord de la République Démocratique du Congo (RD Congo), a déclaré Human Rights Watch (HRW) à Kinshasa. Sur plusieurs sites où les tueries ont eu lieu, les chercheurs ont trouvé des tombes fraîchement creusées, des mares de sang séché, des cordes utilisées pour attacher les prisonniers, des massues et des haches tachées de sang ayant servi à tuer les victimes.


Somalie : La Marine américaine reçoit un aval pour arrêter les pirates

2009-01-21

http://tinyurl.com/9co5tp

La Marine américaine pourra prochainement arrêter et amener devant la justice les pirates somaliens sévissant dans le Golfe d'Aden, a affirmé le commandant de la Vè flotte américaine, basée à Manama,. Selon lui, "le département d'Etat est sur le point de conclure un accord avec l'un des pays de la région". Ce pays, qu'il a refusé d'identifier, devrait accepter de se voir livrer les pirates faits prisonniers et de les juger. Selon les données de la Vè Flotte, seuls quatre actes de pirateries ont été menés avec succès au cours de six dernières semaines, grâce aux mesures défensives prises par la communauté internationale.


Tchad : Huit mouvements rebelles s'unissent contre le président Déby

2009-01-22

http://tinyurl.com/84nw9c

Huit mouvements rebelles tchadiens ont mis fin à des mois de brouille pour créer l'Union des forces de la résistance (UFR), dont l'objectif est de "libérer le peuple tchadien" et qui procèdera à des «préparatifs militaires». Les mouvements négociaient depuis cinq mois. "Tous les chefs étaient présents à la signature", a souligné le vice-président de la commission ad hoc de l'UFR. Un mouvement uni de rébellion, l'Alliance nationale (AN) dirigée par le général Mahamat Nouri, avait mené en février 2008 une offensive sur N'Djamena et avait été tout près de renverser le régime du président Idriss Déby Itno, acculé à son palais.





Cours, séminaires, & ateliers

Afrique : Lancement d’un programme de bourses pour les chercheurs des universités

2009-01-23

http://www.pambazuka.org/fr/category/courses/53480

Le Groupe Coimbra , une association de 38 universités européennes, vient de lancer la deuxième édition du programme de bourses pour chercheurs des universités africaines. Ce programme permet aux chercheurs de moins de 45 ans d’effectuer une partie de leur recherche (en principe pendant une période d’un mois ou maximum 3 mois) dans une université du Groupe Coimbra. La date d’échéance pour les candidatures est le 15 mars 2009. Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur ce lien: http://www.coimbra-group.eu/hospitality/03-AFRICA.php


Afrique : Le CODESRIA offre des subventions pour les mémoires et thèses

2009-01-23

http://www.pambazuka.org/fr/category/courses/53535

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) lance la dix-huitième compétition de son programme de petites subventions pour la rédaction de mémoires et de thèses. Peuvent faire acte de candidature les étudiants et enseignants africains inscrits uniquement dans les universités africaines et qui préparent une maîtrise, un DEA ou un doctorat dans une des disciplines des sciences sociales ou dans toute autre discipline qui implique l'analyse sociale ou économique.
Le formulaire de candidature peut être téléchargé à partir du site web du CODESRIA (www.codesria.org).


Afrique : Le ROCARE offre des subventions pour la recherche

2009-01-23

http://www.pambazuka.org/fr/category/courses/53479

Le Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche en Education (ROCARE) lance son programme des subventions pour la recherche en éducation, à l’endroit des jeunes chercheurs, enseignants, doctorants, administrateurs de l’éducation des pays membres du ROCARE. Vingt-cinq études seront financées sur les thèmes suivants : Défis du millénaire et éducation pour le développement ; Education et intégration socio-économique (Femme et développement); Réformes des curricula et renforcement des apprentissages; Education non formelle : les méthodes traditionnelles de l’enseignement du Coran.
Délai de soumission : 15 mars 2009 Pour toute information, voir : http://www.ernwaca.org/grants2009/fr/index.htm





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