Cette édition
Pambazuka News 87: Côte d'Ivoire : Pourquoi la classe politique ne veut pas des élections
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Résumé de l'Édition Portuguaise, 5. Nécrologie, 6. Arts & livres, 7. Zimbabwe, 8. Moniteur de l'Union Africaine, 9. Femmes & genre, 10. Droits humains, 11. Réfugiés & migration forcée, 12. Elections & gouvernance, 13. Corruption, 14. Développement, 15. Santé & VIH/SIDA, 16. Éducation, 17. Racisme & xénophobie, 18. Bien-être social, 19. Plaidoyers & campagnes, 20. Conflits & urgences, 21. Cours, séminaires, & ateliers
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : La Côte d’Ivoire piégée par ses élites politiques.
COMMENTAIRES & ANALYSES : Enjeux et mécanismes des sanctions face aux coups d’Etat militaires
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : Zimbabwe : Se rendre, la meilleure forme de défense ?
RESUME DE L’EDITION PORTUGAISE : Obama et la vague noire.
NECROLOGIE : Côte d’Ivoire : Décès du président du Cnca, Diégou Bailly.
ARTS & LIVRES : Global : Le procès Manu Dibango-Michael Jackson vidé le 17 février.
ZIMBABWE : Tsvangirai sera le Premier ministre de Mugabe.
MONITEUR DE L’UNION AFRICAINE : Afrique : L’Autorité remplace la Commission à l’UA.
FEMMES & GENRE : Afrique : Le Kenya à la traîne pour l’accès des femmes au leadership.
DROITS HUMAINS : Algérie : Boutéflika dénonce les silences coupables sur Gaza.
REFUGIES & MIGRATION FORCEE : Centrafrique : Afflux des réfugiés centrafricains dans l’Est du Tchad.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Algérie : Un parti islamiste annonce son boycott de la présidentielle.
CORRUPTION : Afrique : La CEMAC demande un audit de la Banque de l’Afrique centrale.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Forum sur l’entreprenariat des jeunes.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Le cancer n’est pas une «maladie de Blancs».
EDUCATION : Togo : Grève d’avertissement de 48 heures dans l’enseignement.
RACISME & XENOPHOBIE : Global : La coupe du racisme en France déborde.
BIEN-ETRE SOCIAL : Sénégal : Un havre de paix pour les enfants de la rue.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : RD Congo : Contre une solution à la française dans les Grands Lacs.
CONFLITS & URGENCES : Libéria : Du maquillage contre les armes, mais toujours pas d’emplois
COURS, SEMINAIRES & ATELIERS : Afrique : Atelier méthodologique du CODESRIA pour l’Afrique du Nord.
Chroniques
La Côte d’Ivoire piégée par ses élites politiques
2009-02-06
Venance Konan
http://www.pambazuka.org/fr/category/features/53852
Au mois d’octobre 2006, lorsqu’il devint évident que l’élection présidentielle prévue pour se tenir au plus tard le 31 octobre de cette année ne pourrait pas avoir lieu, les Nations Unies avaient adopté la résolution 1721 qui prolongeait le mandat du chef de l’Etat ivoirien, maintenait le Premier ministre Charles Konan Banny qui avait été nommé un an plus tôt et renforçait les pouvoirs de ce dernier, tout en fixant pour la fin du mois d’octobre 2007 la tenue des élections. Elle précisait également que cette prolongation du mandat du chef de l’Etat ivoirien serait la dernière, et qu’en cas d’échec de cette nouvelle transition, la classe politique ivoirienne serait écartée au profit d’autres personnalités de la société civile. Mais aujourd’hui rien ne permet d’indiquer l’échéance à laquelle la présidentielle ivoirienne va se tenir. Dans la situation actuelle, tout indique que personne, dans la classe politique, ne veut en fait de cette élection, même si le chemin semblait bien balisé.
Au mois de décembre 2006, le chef de l’Etat lança l’idée d’un dialogue direct entre lui et le chef des Forces Nouvelles qui occupent le nord du pays, M. Guillaume Soro. Ce dialogue eut lieu à Ouagadougou sous les auspices du chef de l’Etat burkinabé Blaise Compaoré et donna naissance, le 4 mars 2007, à l’Accord de paix de Ouagadougou. Cet accord fut vu par plusieurs analystes comme une façon pour le chef de l’Etat ivoirien de se débarrasser de la résolution 1721 et du Premier ministre qui lui avait été imposé, afin d’être le véritable maître du processus de sortie de crise.
Au terme de cet accord qui était assorti d’un chronogramme précis, les élections devaient avoir lieu au plus tard dans le premier trimestre de l’année 2008. Mais auparavant, la « zone de confiance » qui sépare les deux belligérants et qui était tenue par les forces impartiales devait être supprimée et remplacée par des forces mixtes composées d’éléments des Forces nouvelles et des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) réunies au sein d’un Centre de Commandement Intégré (CCI), les audiences foraines destinées à donner des actes de naissance aux Ivoiriens qui n’en avaient pas devraient se tenir, l’administration se serait déployée sur tout le territoire, les milices auraient été démantelées et les Forces nouvelles désarmées et regroupées dans des centres bien identifiées.
Cet accord a été accepté par toutes les forces politiques ivoiriennes, bien que les principaux partis aient été exclus des négociations. Un nouveau gouvernement a été mis en place, dirigé par M. Guillaume Soro, le chef des Forces Nouvelles, et qui comprend tous les partis signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis. Peu de temps après sa nomination à la tête du gouvernement, M. Soro a été l’objet d’un attentat sur l’aéroport de Bouaké, mais cela n’a semble-t-il pas eu de conséquences sur l’avancée du processus de paix.
Un accord dit intérimaire, signé au cours de l’année 2007, a prolongé jusqu’au 30 juin la tenue des élections. Date qui n’a pas été respectée. Entre temps, les audiences foraines s’étaient tenues et avaient permis de donner des actes de naissance aux personnes qui n’en avaient jamais eu.
D’autres accords intérimaires ont ensuite été signés qui tous fixaient de nouvelles dates pour les élections. La dernière date arrêtée fut le 30 novembre 2008. Elle ne fut pas plus respectée que les autres. Un quatrième accord intérimaire a été signé avant la fin de l’année 2008, mais il n’a pas fixé de nouvelles dates. Il a laissé le soin à la Commission Electorale Indépendante (CEI) de fixer un chronogramme avant le 31 décembre 2008. Cette date est passée sans qu’un échéancier n’ait été fixé.
La CEI invoque le fait que le processus d’identification, que l’on appelle enrôlement, qui devait permettre à la fois de donner de nouvelles cartes d’identité aux Ivoiriens et des cartes d’électeurs n’est pas achevé. A ne pas confondre avec les audiences foraines qui servaient uniquement à donner des actes de naissance. C’est avec cet acte de naissance que l’on se fait enrôler. Ce processus s’est achevé à Abidjan et a commencé à l’intérieur du pays. La date du 28 février a été fixée pour sa finalisation dans ces régions, mais des débats ont lieu en ce moment pour savoir si cette date sera respectée.
C’est que le processus rencontre plusieurs difficultés dans son déroulement. Il y a d’abord des problèmes financiers qui ont fait que plusieurs fois les agents chargés de l’opération sont entrés en grève, pour salaires impayés. Des actes de violence ont aussi émaillé le processus lorsqu’il avait débuté à Abidjan, avec des accusations de fraude.
Ces accusations proviennent toujours du camp du président de la République, qui soupçonne les ressortissants d’Afrique de l’ouest, du Burkina Faso et du Mali, notamment de vouloir s’inscrire sur les listes électorales sans avoir la nationalité ivoirienne. Le chef de l’Etat lui-même a plusieurs fois mis en garde les étrangers qui chercheraient à se mêler des affaires des Ivoiriens. Dans le même temps, plusieurs personnes originaires du nord de la Côte d’Ivoire se sont plaintes de se voir refouler dans les centres d’enrôlement, au motif qu’elles ne seraient pas Ivoiriennes.
Lorsque le processus avait commencé, il y eut des actes de violence dans le quartier de Williamsville, entre les populations et des étudiants de la FESCI, le syndicat estudiantin proche du chef de l’Etat. Ces étudiants avaient décidé de monter la garde devant les centres d’enrôlement afin d’empêcher les étrangers d’y avoir accès. En se basant sur leurs faciès et leur habillement. L’ivoirité est encore bien vivante comme vous le constatez. Toujours est-il que le processus d’identification continue son petit bonhomme de chemin, mais lentement.
Pendant ce temps, le désarmement des ex-rebelles n’a toujours pas eu lieu. Plusieurs fois, des opérations de regroupement ou d’installation d’ex-rebelles sur des parcelles agricoles se sont déroulées devant la presse, mais aussitôt les journalistes partis, les choses sont redevenues comme auparavant. On a assisté en 2007, à Bouaké, à la cérémonie de «La flamme de la paix », qui a consisté à brûler symboliquement des armes devant plusieurs chefs d’Etats africains. Mais les armes sont toujours entre les mains des ex-rebelles qui contrôlent les ressources des zones sous leur coupe.
L’accord de Ouagadougou avait prévu ce qu’on appelle l’unicité des caisses de l’Etat, c’est-à-dire que toutes les taxes et autres impôts de la Côte d‘Ivoire devaient être prélevés par l’Etat. En 2008, un groupe de douaniers avait été installés à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Mais aussitôt le ministre de l’Economie et des Finances parti, les Forces Nouvelles ont chassé les douaniers venus d’Abidjan. La date du 15 janvier 2009 avait été annoncée comme devant marquer à nouveau l’unicité des caisses. Elle n’a pas été respectée. On parlait alors du 2 février…
Concernant les milices, un démantèlement symbolique a eu lieu en 2007 à Duékoué, dans l’ouest du pays en présence du chef de l’Etat, mais les milices existent toujours et s’expriment régulièrement dans les médias. A Abidjan elles ne se cachent pas pour faire leur jogging.
Même si les préfets et sous-préfets se sont déployés dans les zones tenues par la rébellion, les chefs de guerre contrôlent toujours leurs zones et y détiennent le vrai pouvoir. Rappelons, pour mémoire, que selon l’ONG britannique Global Witness, les Forces nouvelles perçoivent chaque année quelques 15 milliards de francs sur le cacao qui transite par leur zone pour être vendu au Togo, en passant par le Burkina Faso. Sans parler des diamants, du bois, du café, du coton et des autres richesses qui se trouvent dans ces zones et qui sont systématiquement pillées. Ajoutons que l’agence de la BCEAO de Bouaké a été pillée en toute impunité.
De temps à autre, un débat surgit entre le FPI, le parti de Laurent Gbagbo, et les Forces Nouvelles, sur la question de savoir s’il faut organiser les élections avant le désarmement ou après. Les Forces Nouvelles ont plusieurs fois déclaré qu’elles ne désarmeront pas avant les élections, pendant que M. Affi N’guessan, le président du FPI, répète inlassablement que son parti n’acceptera pas d’élection sans le désarmement.
Le sentiment qui commence à gagner bon nombre d’Ivoiriens est que le chef de l’Etat et son premier ministre font tout pour retarder au maximum la tenue de l’élection présidentielle, en profitant de l’incroyable passivité de l’opposition politique.
Le chef de l’Etat, qui, selon plusieurs sources, serait menacé par le Tribunal Pénal International, à cause des crimes commis par les escadrons de la mort et lors des manifestations du mois de mars 2004, ne voudrait en aucun cas perdre l’élection présidentielle, car son maintien au pouvoir est sa seule garantie de ne pas se retrouver devant ce tribunal. Mais en dehors de cela, M. Laurent Gbagbo n’est pas enclin à abandonner le pouvoir, pour lequel il a lutté pendant plus de trente ans, à ses adversaires que sont MM. Bédié et Ouattara. Plusieurs fois dans des allocutions, il a rappelé tout ce qu’il a enduré avant d’arriver au pouvoir, et plus d’une fois il a déclaré que jamais il n’abandonnerait son pouvoir. Il l’a répété encore lors des cérémonies de présentation de vœux au chef de l’Etat cette année.
Mais M. Gbagbo n’est pas assuré d’avoir la majorité. Il sait que sa base électorale était très mince au moment où il accédait au pouvoir, et qu’il lui aurait été très difficile de devenir président, si les principaux candidats qu’étaient Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara n’avaient pas été éliminés de la course par Robert Guéï. M. Gbagbo sait également que son bilan est loin de satisfaire la majorité des Ivoiriens, tant la corruption, les abus des Droits de l’homme, l’impunité et la pauvreté se sont généralisés en Côte d’Ivoire sous son règne.
En 2008 des femmes ont manifesté contre la vie chère et la police les a chargées, faisant deux morts. Il y a eu l’affaire des déchets toxiques et plusieurs autres scandales. Dès lors, M. Gbagbo ne veut pas prendre le risque d’aller aux élections avec la hantise qu’il a de perdre. Il n’y ira que lorsqu’il sera sûr de gagner sans risque.
De plus, depuis fort longtemps l’Assemblée nationale ne siège pratiquement plus et M. Laurent Gbagbo n’a jamais eu autant de pouvoir qu’en ce moment. Au point où pour la troisième année consécutive, il a fait adopter le budget par ordonnance sans passer par l’Assemblée nationale. Pendant longtemps il a géré les revenus du pétrole sans en rendre compte à qui que ce soit, utilisant une partie de cet argent pour construire des palais à Yamoussoukro. C’est devant l’insistance des institutions financières internationales qu’il a fini par faire arrêter les dirigeants de la filière du cacao, la principale ressource de la Côte d’Ivoire, qui détournaient sans vergogne les revenus de ce produit pendant que les paysans croupissaient dans la misère.
Ce sont encore ces institutions financières qui ont exigé que les revenus du pétrole soient désormais publiés. Signalons que le fonds de souveraineté du président de la république était de 60 milliards de francs l’année dernière. Il s’agit d’une somme dont il peut disposer comme il l’entend sans en rendre compte.
Pour le Premier ministre, la non tenue d’élection est aussi une bonne affaire, puisqu’il demeure à son poste, ce qui lui permet de se donner une stature d’homme d’Etat, d’effacer son image de chef de guerre, et de se constituer un trésor de guerre pour ses ambitions présidentielles qu’il ne cache plus. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », il avait annoncé qu’il avait hâte d’être au lendemain des élections afin de dévoiler ses ambitions pour le peuple ivoirien.
M. Soro dispose d’un fonds de souveraineté de plus de 20 milliards de francs CFA. De plus, il est toujours le chef des Forces nouvelles qui contrôlent toutes les ressources de la zone nord et ouest de la Côte d’Ivoire. L’on comprend que plus la situation dure, et mieux c’est pour lui. A cause de son jeune âge, 37 ans cette année, il ne peut être candidat à la prochaine élection présidentielle.
Il y a aussi Blaise Compaoré qui gagne beaucoup dans cette affaire. En tant que médiateur des crises ivoirienne et togolaise, il se pose en faiseur de paix avoir été considéré pendant longtemps comme celui qui soutenait les guerres dans la région, notamment celles de Sierra Leone et du Liberia. Et cela lui évite peut-être d’être cité dans le procès de Charles Taylor devant la Cour Pénale Internationale. Mais dans le même temps, toutes les ressources pillées dans le nord de la Côte d’Ivoire sont investies dans son pays. J’ai personnellement vu, à Ouagadougou, les résidences et quelques unes des réalisations des chefs de guerre de la rébellion ivoirienne.
Enfin, Blaise Compaoré est devenu de fait le vrai patron de la Côte d’Ivoire, puisque rien ne se décide désormais dans ce pays sans son avis. Ce qui est une belle revanche sur l’histoire, lorsque l’on sait à quel point les Ivoiriens ont méprisé et exploité les Burkinabé pendant de longues décennies.
Aujourd’hui, l’opinion ivoirienne se montre de plus en plus lasse et impatiente devant les retards accumulés dans l’organisation des élections. L’opposition politique semble s’être fait la complice de ces retards, puisqu’elle ne les dénonce que d’une voix très faible. Si M. Bédié semble s’être réveillé et fait des tournées à travers tout le pays en dénonçant le pouvoir de Laurent Gbagbo, M. Ouattara reste encore étrangement silencieux. Des membres de cette opposition siègent au sein du gouvernement et ses ministres ne semblent pas très pressés de voir des élections se tenir. Il est de notoriété publique que ce sont ces ministres qui alimentent les caisses de leurs partis, en se servant au passage. La presse a publié la photo de la maison du ministre de la Construction et de l’urbanisme, issu du RDR d’Alassane Ouattara, qui aurait coûté plus d’un milliard de francs. Il n’y a pas eu de démenti.
Le sentiment général est que la population est prise en otage par la classe politique dans son ensemble. Car, même s’ils siègent très peu, les députés ont vu eux aussi leurs mandats prorogés de facto et ils gardent tous leurs avantages. Il en est de même des maires, des conseillers généraux, des conseillers économiques et sociaux, etc. Les mandats des députés auraient dû prendre fin en 2005 et ceux des maires et conseillers généraux en 2006.
Pendant ce temps, la pauvreté prend de l’ampleur, au point où M. Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée national,e a avoué que plus de 70% des Ivoiriens ne font qu’un seul repas par jour. La Banque mondiale a estimé que le taux des Ivoiriens vivant en dessous du seuil de pauvreté est d’environ 50%. Pendant ce temps plusieurs cas de corruption sont régulièrement dénoncés, qui touchent aussi bien des proches de M. Gbagbo que des membres de l’opposition.
Le mécontentement est de plus en plus grandissant et perceptible. Même des supporters de M. Gbagbo ne cachent pas leur déception. Au sein même du FPI, le parti de M. Gbagbo, des voix se sont élevées pour dénoncer la gestion de M. Gbagbo. Il est vrai que l’opposition est très faible aujourd’hui et ne semble pas prête à appeler à un soulèvement populaire. Mais les manifestations du mois d’avril 2008 indiquent clairement que le peuple n’attendra pas des mots d’ordre pour descendre dans la rue. Des manifestations spontanées et désordonnées sont à craindre. Elles pourraient donner lieu à une violente répression, compte tenu de la propension des forces de l’ordre ivoiriennes à tirer à balles réelles sur les manifestants. Et ce serait alors la porte ouverte à toutes les éventualités, dont celle d’un coup d’Etat militaire n’est pas à écarter.
Certains observateurs n’excluent pas une reprise des hostilités entre les deux forces armées qui ont toujours les armes à la main. Car malgré les accolades et les gentillesses de façade, la confiance ne règne guère entre les deux camps.
Il importe dès à présent que des pressions, aussi bien de la société civile ivoirienne que de la communauté internationale soient exercées sur les dirigeants ivoiriens afin qu’ils libèrent leur pays.
* Venance Konan est un journaliste et écrivain de Côte d'Ivoire. Avec « Négreries » parue en 2007, il en est à sa troisième production littéraire.
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Commentaires & analyses
Enjeux et mécanismes des sanctions face aux coups d’Etat militaires
2009-02-09
Lô Gourmo Abdoul
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53965
Avocat mauritanien, membre du Front National de Défense de la Démocratie, Me Gourmo Abdou Lô, explique la logique, la portée et l’utilité des sanctions internationales contre les régimes putschistes, ainsi que la Mauritanie vient d’en faire l’objet de la part du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine. De même, il analyse les dangers qui pourraient résulter du silence de la communauté internationale face aux dérives militaristes qui commencent à resurgir en Afrique. En effet, l’embellie née des élections ghanéennes, qui ont porté au pouvoir Nana Akufo-Addo, le 28 décembre 2008, ne suffit pas à masquer les errements que connaissent les processus démocratiques en Afrique, face aux tendances putschistes qui subsistent. Notamment, au regard des deux derniers exemples que l’Afrique a connus, avec la Mauritanie et la Guinée.
Le 6 août 2008, les militaires mauritaniens renversent le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en 2007. Le 23 décembre, profitant de la situation confuse née du décès du président Lansana Conté, une junte s’installe également au pouvoir en Guinée. Les condamnations et les menaces de sanctions fusent de la part des instances africaines et internationales, avec des ultimatums pour un retour à l’ordre démocratique. Le 5 février dernier, le CPS de l'UA a donc décidé de franchir le pas, en prenant des sanctions contre les membres civils et militaires de la junte. Selon son président, Manuel Domingos Augusto, ambassadeur d'Angola auprès de l'UA, les sanctions portent sur "une prohibition des déplacements des membres civils et militaires de la junte, le refus systématique des visas, le contrôle des comptes bancaires".
Le pouvoir établi à Nouakchott avait été averti d'une telle éventualité, mais n’avait pas réagi en conséquence. En effet, le 22 décembre dernier, l'UA avait décidé "d'imposer des sanctions ciblées à l'encontre de toutes les personnes, aussi bien civiles que militaires, dont les activités ont pour objet de maintenir le statu quo anticonstitutionnel en Mauritanie si, d'ici au 5 février 2009 , l'ordre constitutionnel n'est pas rétabli et (...) de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour qu'il confère un caractère universel à ces mesures". Or, l’orientation prise par la junte mauritanienne est d’organiser une nouvelle élection présidentielle le 6 juin 2009, avec la possibilité, pour le général Abdelaziz qui a pris le pouvoir, de présenter sa candidature, plutôt que rétablir l’ancien pouvoir dans ses droits.
La décision prise par le CPS de l’UA a été portée au Conseil de sécurité de l'ONU afin qu'elles «deviennent universelles (et) que tous les pays membres de l'ONU les appliquent ». Le pouvoir militaire mauritanien se trouve donc le dos au mur, n’ayant plus d’échappatoire après avoir usé de différents artifices pour masquer son illégalité derrière un soutien populaire, renforcé par une alliance avec une partie de l’opposition. Désormais, il s’impose donc à la junte de coopérer avec «la commission de l'UA « pour le retour immédiat à l'ordre constitutionnel et la résolution de la crise politique dans ce pays », afin d’éviter un enchaînement des sanctions qui pourrait être lourd de conséquences.
Ce 7 février 2009, au lendemain des sanctions prononcées contre la Mauritanie, et comme instruite par ces mesures, la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara a engagé le ministre de l'Administration du territoire et des affaire politiques et le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) «à respecter les engagements pris devant le peuple de Guinée et la communauté internationale d'organiser des élections libres, transparentes et crédibles pendant le dernier trimestre 2009 ».
Abdoul Gourmo Lô défend donc cette détermination à faire barrage aux putschistes, rappelant qu’«il est définitivement et unanimement accepté que les changements anticonstitutionnels de gouvernement sont désormais une menace contre la paix et la sécurité internationale, en raison de ses risques potentiels sur la stabilité du pays et de la région concernée et en raison également de ce qu’il représente en lui-même, comme attentat contre la volonté populaire».
L’usage a consacré les « sanctions » comme terme générique pour qualifier les contre-mesures légitimes prises par le reste du monde à l’encontre d’un Etat qui ne respecte pas ses obligations internationales. C’est ainsi que, dès le lendemain du Coup d’Etat, des « sanctions » ont été invoquées contre la Mauritanie voire appliquées par certains de ses partenaires étrangers (suspension de participation à l’Union Africaine et à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), restriction de voyage de certains officiels membres ou proches de la junte par les Etats-Unis etc…). Aujourd’hui, la question de savoir si, suite aux différents « ultimatum » de la part de principales institutions internationales, il devrait ou non y avoir des « sanctions » internationales et si oui, lesquelles, cette question est au cœur des crispations politiques nationales et des préoccupations de la communauté internationale.
« Mesures conservatoires » et « sanctions »
Sur le plan interne, les forces qui luttent avec acharnement pour le rétablissement pur et simple de la légalité constitutionnelle, estiment que ces « sanctions » , si elles devaient s’abattre sur le pays comme un mauvais sort, ne seraient que la conséquence dramatique de la prise de pouvoir illégale par des Généraux. Tant que ces derniers maintiennent leur ligne de rejet de toute formule de compromis fondé sur le préalable du retour du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi au pouvoir, ces sanctions sont inévitables et le peuple doit s’y préparer, en ne les considérant que comme l’ombre du putsch lui-même, sa compagne encombrante et funeste. Les putschistes devront en assumer toutes les conséquences.
Ces mêmes considérations, liées aux inévitables « dommages collatéraux », amènent certains acteurs internationaux à se montrer hostiles au principe même de ces « sanctions » . Le président sénégalais Abdoulaye Wade, sans doute dans un grand élan sentimentaliste à l’égard du peuple mauritanien frère, s’est dit hostile aux « sanctions » puisqu’elles ne frapperaient d’après lui, que le peuple et non les dirigeants, sinon marginalement. Mais, il est vrai qu’il n’a pas tiré les conclusions de ses prémisses, à savoir l’adoption des « sanctions » contre ces dirigeants et non contre leur peuple innocent…
(…) Suivant la vieille tactique consistant, pour le pyromane, à crier au feu, les putschistes font du bruit partout pour accuser les partisans de l’ordre constitutionnel de soutenir les « sanctions » contre leur pays en préconisant une grande fermeté de la communauté internationale dans l’application des « mesures appropriées » de la part de ses institutions les plus représentatives, pour faire fléchir la junte (UA, Ligue Arabe, UE, OIF, OCI…). Nombre de ceux qui s’expriment à propos de ces « sanctions » et « mesures appropriées » amalgament toutefois les réactions convenues dans des accords internationaux, auxquels les parties sont liées (y compris la Mauritanie), et celles qu’offrent au reste du monde les ressources du droit international général suivant l’appréciation faite de la gravité de l’évènement que représente un coup d’Etat dans les relations internationales actuelles.
Il en est ainsi, dans la première hypothèse, des « mesures » prévues par l’accord de Cotonou (UE/ACP), dont l’art 96 prévoit la possibilité, pour les parties, d’entreprendre des contre-mesures légitimées par la violation par l’autre de ses obligations en matière de Droits de l’homme, de respect des principes démocratiques et de l’Etat de droit. Auquel cas, vont s’ouvrir les fameuses « consultations » avec la partie fautive pour l’amener à se remettre dans le cadre défini par l’accord dans la matière considérée.
(…) Les « sanctions » conventionnelles sont celles qu’appréhende aujourd’hui la junte puisqu’elles sont de nature à réduire fatalement ses marges financières (plusieurs centaines de millions d’euros en « manque à gagner ») en raison de l’éventuelle suspension des avantages de toutes natures résultant de l’application de l’accord. Intervenant dans le contexte d’une crise financière et économique mondiale sans précédent, elles mèneraient rapidement le pays à la faillite totale. Pure et simple.
C’est donc à leur propos, et par autodérision, que les thuriféraires de la junte jouent à se donner du courage en louant les vertus d’une « souveraineté nationale » dont ils se souviennent subitement de l’existence, en jouant la fibre de l’étroitesse nationale puisque ce sont elles qui provoqueraient le plus de « dommages collatéraux » dans la vie courante des gens (même si la coopération dite humanitaire était maintenue).
Pourtant, au risque de surprendre, on peut affirmer que, sur le plan strictement juridique, la situation visée par l’art 96 (violation par l’une des « parties » , de ses obligations essentielles notamment au plan de la démocratie pluraliste) n’est pas tout à fait celle que connaît aujourd’hui la Mauritanie.
Dans le premier cas, c’est l’Etat lui-même, dans sa constitution et sa représentation normales (gouvernement légal), qui viole ses engagements et qui, dès lors, à travers ses représentants légaux, assume les conséquences externes de ses actes. Ce serait le cas si c’était la Mauritanie, telle que dirigée avant le coup d’Etat, qui avait accompli une violation essentielle de ses obligations en matière de Droits de l’homme, de gouvernance démocratique etc. Il est clair que dans une telle situation c’est l’Etat qui se trouverait, en tant que tel, engagé par l’action (ou l’abstention) de ses représentants légitimes. On serait donc bien dans une logique de « sanctions » au sens du droit international, c’est-à-dire une contre-mesure qu’assumerait l’Etat, éventuellement d’ailleurs, devant une instance judiciaire internationale (Cour Internationale de Justice par exemple), quels que soient ses dirigeants. Dans notre cas actuel, il en est autrement.
La Mauritanie, comme « partie » de l’accord de Cotonou, n’a remis en cause aucune de ses obligations. Bien au contraire, elle les a toutes scrupuleusement respectées durant les quinze mois qui se sont écoulés depuis l’établissement du régime de M. Mohamed Sidi Ould Cheikh Abdallah jusqu’à son renversement le 6 août 2008. A moins de considérer que le coup d’Etat, acte inconstitutionnel (et donc anti-étatique) et contraire au droit international par définition, soit néanmoins imputable à l’Etat mauritanien - ce qui serait le comble de l’absurdité juridique.
Le Coup d’Etat est le fait d’un nombre particulièrement réduit d’officiers supérieurs, de surcroît limogés au moment du forfait par le détenteur légal de l’autorité suprême d’Etat. Il n’engage donc pas le pays mais seulement ses auteurs, devant leur peuple et devant la communauté internationale. Aucune plainte, de quelque nature que ce soit, ne pourrait être déposée, devant quelque instance que ce soit, contre l’Etat mauritanien du fait de cette rupture illicite de son ordre constitutionnel. Au 6 août, la Mauritanie en tant qu’Etat n’a pas violé ses engagements susceptibles de déclencher des sanctions contre elle au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou.
Etait-il possible, pour autant, de laisser courir l’accord de Cotonou, au motif que l’une des conditions de sa violation (à savoir l’imputation de ladite violation à un « Etat partie » ) n’était pas remplie ? Bien sûr que non ! Les autres Etats parties à l’accord étaient non seulement en droit, mais dans l’obligation d’en suspendre l’application, non pas comme mesure de sanction mais comme mesure conservatoire puisque l’une des qualités essentielles de la partie concernée (pour la Mauritanie), fait défaut provisoirement : être gouverné par des autorités représentatives.
Il est vrai que, sauf conséquence en matière de pleine juridiction internationale, « sanctions » et « mesures conservatoires » se confondent dans leurs résultats pratiques puisque, dans les deux cas, l’Etat peut se trouver « suspendu » dans la jouissance de son droit de représentation internationale et dans le bénéfice de certains autres avantages (matériels ou financiers par exemple). En cas de prise de mesures conservatoires, l’Etat ne perd pas ces avantages (ce qui pourrait être le cas en matière de sanctions). Ceux-ci sont « gelés » jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel normal. C’est la position la plus répandue aujourd’hui au sein de la communauté internationale.
Ces considérations, apparemment très théoriques, m’amènent aux remarques pratiques ci-après, en ce qui concerne les « sanctions » envisagées actuellement par la communauté internationale :
1°) En tant que « sanctions » , les contre-mesures envisagées par la communauté internationale ne peuvent, en aucun cas, être prononcées contre l’Etat mauritanien (et donc contre notre peuple) puisque cet Etat n’est pas responsable de l’atteinte portée contre son propre ordre constitutionnel.
2°) En tant que « sanctions » , ces contre-mesures, tout à fait légitimes (nous verrons pourquoi) ne peuvent viser que les auteurs de l’acte considéré comme suffisamment grave pour entraîner ces réactions internationales. Ils ne représentent pas l’Etat, au plan du droit. Ils ne représentent que leurs personnes respectives et, de ce fait, doivent être traitées comme des autorités de fait (avec les conséquences juridiques internationales découlant de l’exercice d’une autorité de fait).
3°) Les parties étrangères doivent suspendre, avec ces autorités de fait, toutes relations de nature à engager la poursuite de leur entreprise et, à plus forte raison, de l’amplifier, de la consolider ou de la reproduire. Toute attitude contraire leur est opposable en droit, en particulier, s’il y’a lieu, devant les instances judiciaires pertinentes.
Il va de soi que toute mise à la disposition de la junte, de ressources financières découlant de la mise en œuvre de conventions ou contrats internationaux se ferait aux risques et périls de la partie complaisante, comme ce fut le cas, dans le cadre des clauses de l’accord de pêche avec l’Union européenne, après le coup d’Etat. En particulier en cas de détournement ou de dilapidation de la manne financière, sauf, bien entendu, acceptation au moins tacite de ces relations par les représentants légitimes de l’Etat, en liberté…
Depuis le Coup d’Etat, la doctrine officielle des putschistes est d’en nier la réalité. Il s’agirait d’un mouvement de « rectification » qui, tout en mettant fin au pouvoir du président légitime et son gouvernement –accusés de tous les maux de la terre et d’ailleurs - aurait tout de même maintenu les « autres institutions démocratiques » (Sénat et Assemblée Nationale). Cette ruse de guerre, dont l’apparence n’est même plus sauvegardée depuis l’adoption de la « charte constitutionnelle » des militaires qui inféode officiellement lesdites institutions au « Haut Conseil d’Etat » (art 8 et 9) et les « tripatouillages » du règlement intérieur de l’Assemblée en violation de la constitution légitime, cette ruse de guerre a tout de même troublé certains de nos frères et partenaires étrangers.
C’est le cas du président Wade qui en conclût que ce Coup d’Etat « n’est pas comme les autres » (outre le jugement porté sur les conditions de limogeage des généraux, de leur commandement. ) ou encore le cas du Secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie M. A. Joyandet, au tout début de l’ouverture des négociations internationales avec la junte, quand il releva que le putsch avait, par ses aspects institutionnels, « une connotation particulière ».
Pourtant, à supposer que cela fût vrai (ce qui est l’exact contraire de la vérité !) il est constant que la participation d’un organe de l’Etat (quelque prestigieux et légitime qu’il soit) à une entreprise de violation du droit ne valide pas pour autant cette violation. La caution apportée par le Parlement au renversement d’un régime démocratique par une voie non constitutionnelle ne légalise pas le Coup d’Etat qui en résulte. L’expérience du rejet unanime en Afrique, et dans le monde, du coup d’Etat fait au Togo par l’armée à la suite du décès du général Eyadéma Gnassingbé, le 5 février 2005, pour empêcher l’accession au pouvoir du président de l’Assemblée Nationale, conformément à l’article 65 de la Constitution togolaise, est riche d’enseignement dans ce sens.
Pour réussir leur coup et lui donner des atours démocratiques, les officiers togolais avaient convoqué une « session extraordinaire » (tiens, tiens !) de l’Assemblée Nationale, le 6 février 2005, tout en empêchant le président légal de l’Assemblée, en escale au Bénin, de regagner le pays, étant en voyage à l’étranger au moment du décès. Faure Gnassingbé (le fils du président défunt) est donc présenté par l’armée à sa place comme président de l’Assemblée nationale pour assurer l’intérim présidentiel pour le reste du mandat de feu son père, soit jusqu’en 2008. Le vote des parlementaires est sans appel et ferait mourir de jalousie nos parlementaires frondeurs : l’unanimité des membres présents (67) sur 81 (nombre total des députés).
Malgré cette extrême onction parlementaire, le Coup d’Etat fut unanimement condamné et échoua en définitive par rapport à son plan initial. En Mauritanie également, la caution apportée par une majorité parlementaire frondeuse n’a pas eu la vertu de changer le plomb en or, l’artifice en réalité, le Coup d’Etat en « rectification » démocratique.
Comme au Togo, à Sao Tomé et Principe, en Guinée Bissau…, comme partout où eut lieu un coup d’Etat ou une tentative, au cours de ces dernières années en Afrique, le « mouvement de rectification » en Mauritanie a fait l’objet d’une condamnation unanime, suivi d’un appel aux contre mesures nécessaires pour le faire échouer.
La méconnaissance des règles internationales élémentaires (ou la mauvaise foi, ou les deux ?) ont amené d’éminentes personnalités de la junte ou leurs soutiens actifs à s’offusquer de « l’ingérence étrangère » dans les affaires intérieures de notre pays à travers les menaces de sanctions brandies par la communauté internationale. Le « mouvement de rectification » serait un acte de souveraineté nationale dont les conséquences ne concerneraient que les Mauritaniens. Cette attitude teintée de populisme va à l’encontre de l’évolution actuelle des relations internationales et contredit de manière frappante les engagements internationaux de la Mauritanie et le droit international.
L’extrême précision et l’ampleur de la condamnation des coups d’Etat en Afrique et dans le monde sont attestées par les textes de plus en plus nombreux et les attitudes systématiquement convergentes de la communauté internationale. L’Afrique est en pointe dans cette affaire. Et la Mauritanie a été, ironie du sort, le premier pays du continent à avoir ratifié la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance peu avant le Coup d’Etat (en juillet 2008), Charte qui constitue, en la matière, un modèle du genre, tant dans la condamnation de principe que dans l’organisation prévue des réactions, comme on le verra plus loin. Il en résulte très précisément un droit d’ingérence de la communauté internationale pour y faire face et y mettre fin.
La réponse la plus cinglante et la plus profonde qui puisse être opposée à ceux qui se plaignent de cette « ingérence étrangère » est celle apportée aux putschistes par le ministre tanzanien des Affaires étrangères : « Le coup d’Etat est un revers grave pour les Mauritaniens parce qu’il a volé au peuple son droit fondamental à élire librement les dirigeants de son choix » (source : AFP). On a là le fondement et la justification juridiques et politiques de l’ingérence progressiste de la communauté internationale dans les « affaires intérieures » d’un pays victime du fléau du coup d’Etat.
Du fait qu’il viole l’une des règles fondamentales du droit international général (le droit du peuple à choisir librement son gouvernement) , le coup d’Etat ouvre à la communauté internationale non seulement la faculté d’intervenir mais lui fait obligation de le faire en assistant le peuple qui en fait l’objet et le gouvernement légitime qui en est victime. C’est le premier enjeu des sanctions qui est donc de protéger l’intégrité et la pérennité de la volonté populaire à travers la sauvegarde de sa représentation nationale légitime. Exactement comme s’il s’agissait de la protection de son intégrité territoriale ou de son indépendance nationale.
Le second enjeu des sanctions internationales concerne le maintien de l’ordre et de la stabilité des relations internationales qui est une préoccupation essentielle des Etats et l’un des facteurs majeurs de la paix et de la sécurité internationales.
Chaque coup d’Etat introduit, en effet, un élément de très grande incertitude quant à l’évolution des évènements intérieurs mais également à l’extérieur, particulièrement dans le voisinage immédiat de l’Etat concerné. C’est un facteur de risque potentiel majeur pour les intérêts du reste du monde, puisqu’il frappe par surprise au cœur même du dispositif des rapports internationaux : le système de représentation gouvernementale. La prudence des Maliens et la position… normande du Sénégal pourrait s’expliquer en partie par leur souci d’éviter que le Coup d’Etat ne dégénère en un conflit interne ouvert aux conséquences incalculables pour le pays et pour toute la sous région. Sans parler du risque de contamination cyclique inhérent à ce genre d’aventure, aussi bien à l’intérieur du pays que dans les pays voisins. C’est la loi de l’« exemple » que constitue un coup d’Etat réussi pour d’autres militaires…
Il est très probable que la lenteur des négociations avec les putschistes mauritaniens et les délais successifs qui leur sont accordés pour rendre le pouvoir ait inspiré les auteurs de la récente tentative de coup d’Etat en Guinée Bissau (fin novembre 2008). Comme il est certain que la réussite du coup d’Etat mauritanien sera fatalement interprétée, dans bien des casernes et corps spéciaux, comme un signe de levée de l’interdiction que la communauté internationale s’efforçait jusqu’alors de maintenir, contre vents et marées, spécialement en Afrique, contre un tel forfait.
Le combat de la communauté internationale contre les coups d’Etat est mené désormais, principalement, à travers un dispositif institutionnel de plus en plus rôdé dont l’objectif final est de ramener l’armée dans ses casernes et de rétablir l’ordre constitutionnel. Par deux fois (en 2005 et 2008), ce dispositif a été mis en œuvre « pour » la Mauritanie.
L’expérience montre que ce dispositif se déploie en paliers, suivant la zone d’appartenance géographique du pays concerné et les engagements résultant de cette appartenance. Pour un pays africain, arabe, francophone, membre du groupe ACP comme la Mauritanie, les « sanctions » seront envisagées et appliquées le cas échéant, suivant cette appartenance multiple, l’ONU étant, évidemment, l’institution de dernier recours dont la décision ultime (par le Conseil de sécurité) est susceptible de clore le processus « sanctionnateur » international.
Cette multi appartenance présente à la fois des avantages et des risques potentiels pour l’application des mesures de sanctions. S’il y’a la moindre faille, la moindre nuance dans l’appréhension des évènements et des conséquences qui en résultent, l’efficacité des sanctions sera en cause. Au contraire, si le front international est solide, et que les différents partenaires institutionnels s’expriment « d’une seule voix pour une seule voie » de sortie de crise, les chances de voir l’ordre démocratique rétabli seront multipliées d’autant. Aussi, comme on le voit aujourd’hui, les partisans du putsch sont-ils constamment aux aguets pour relever la moindre nuance dans les propos tenus par tel ou tel des principaux protagonistes par rapport aux positions communes, afin de tenter des manœuvres et de gagner du temps pour reculer aussi loin que possible, l’échéance de la mise en œuvre des sanctions, ou pour éviter le désespoir de ses partisans toujours « courageux hors de l’arène » à ce propos...
Consciente des enjeux que représente cette solidité du front extérieur face aux manœuvres du régime putschiste, la communauté internationale maintient son credo, en renforçant sa cohésion, comme le montre le texte du communiqué final de la Réunion consultative sur la Mauritanie tenue à Addis-Abeba le 10 novembre 2008 et qui a regroupé tous les partenaires institutionnels du pays. A savoir que «les participants sont convenus de la nécessité pour toutes les organisations concernées de travailler étroitement ensemble, pour continuer à envoyer des signaux concordants et mobiliser un appui encore plus soutenu aux efforts en cours de la communauté internationale pour promouvoir une sortie de crise conforme à la Constitution mauritanienne et aux engagements internationaux de la Mauritanie. » (§ 4).
Une fois constatée et proclamée l’existence d’un coup d’Etat (peu importent les formules byzantines employées par ses auteurs pour le qualifier et se dédouaner), le plus important sera le maintien d’une ligne de cohésion active de la part du reste de la communauté internationale. A ce jour, hormis quelques légères et inévitables nuances (épisode insolite de la fameuse résolution de circonstance du Parlement européen en octobre 2008), cette ligne de cohérence internationale est remarquablement maintenue. Elle s’avère à la fois souple (pour indiquer la bonne voie à tous, y compris à la junte) et ferme, donnant parfois l’impression d’une ligne brisée, alternant le chaud et le froid, la rudesse des propos et la complaisance du discours.
En fait, cette ligne reflète la complexité du dispositif diplomatique-institutionnel existant. Elle est la suivante : chaque institution applique sa « procédure en vue des sanctions » selon ses propres textes et pratiques et, il faut bien le dire, son « tempérament ». L’UE n’est pas la Ligue Arabe ni l’UA et l’OIF n’est point l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) ! Les unes et les autres agissent néanmoins de façon coordonnée, afin que chaque échéance définie par l’une, puisse trouver auprès des autres institutions la résonance nécessaire, grâce à des rencontres communes, préparées, et dont le calendrier est fixé au rythme d’évolution des rapports avec la junte.
On assiste, en définitive, à un véritable ballet diplomatique dont la synchronisation est « déléguée » aux uns ou aux autres, au gré de ces rapports avec les autorités de fait, les autorités légitimes encore en liberté et le reste de la classe politique et la société civile, tous sollicités en permanence à « coopérer » pour l’objectif final : le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Dans le cas actuel de la Mauritanie, les deux « chefs d’orchestre » de fait sont l’Union Européenne et l’Union Africaine, dont les positions communes sont « portées » dès le départ, par l’OIF, puis la Ligue Arabe et, officiellement, par les Nations Unies qui renvoient à leurs décisions en la matière, en attendant, pour cette dernière, de prendre peut-être le relais
Que peut-il se passer en effet si, au terme des différentes « échéances » fixées par les institutions concernées, les autorités de fait invitées à rétablir l’ordre constitutionnel, refusent néanmoins de s’y conformer ? Que peut faire la communauté internationale ? C’est la grande question que tous se posent et à laquelle il est difficile de répondre, en dehors de l’examen de ce que représente le coup d’Etat comme infraction particulière au plan international et des pratiques suivies dans des cas similaires par la communauté internationale pour y faire face. C’est tout le problème de la raison d’être et de l’efficacité des sanctions internationales…
Face aux exigences de retour à l’ordre constitutionnel formulées par les forces démocratiques et la communauté internationale unanime, la junte au pouvoir répond par l’enfermement sur soi, la fuite en avant, les manœuvres dilatoires, la répression tous azimuts et l’achat des consciences. Le pouvoir, conquis par la force brutale, est considéré comme un butin de guerre dont l’utilisation est supposée octroyer à terme, la reconnaissance interne et internationale.
La « reconnaissance » qu’espère la junte devrait en effet lui permettre, d’une part, de continuer sa gouvernance de fait transformée, de jure, en « gouvernance de transition », disposant en toute impunité et de plein droit, de l’ensemble des prérogatives du gouvernement légitime renversé, et d’autre part, de préparer, à grande échelle, les conditions de la future victoire de son candidat à la future élection présidentielle inscrite dans son agenda politique (la fameuse « feuille de route ») comme le seul horizon de sortie de la crise.
Echouant totalement à convaincre la communauté internationale du bien fondé de leur « mouvement de rectification », les putschistes ont vite réorienté leur ligne tactique en direction de l’intérieur, dans le but ultime d’imposer au reste du monde leur fait accompli, tumultueusement présenté comme irrésistible puisque cautionné par le « peuple ». Tous les moyens de l’Etat (le butin de guerre !) sont mobilisés pour entraîner les masses déshéritées dans un vaste mouvement de « soutien », auquel celles-ci sont par ailleurs habituées depuis plusieurs décennies, de la part des régimes successifs, et qui les laissent par conséquent de marbre, en dépit des apparences radiophoniques ou télévisuelles soigneusement élaborées. Mais peu importe : pour un gouvernement d’apparat, seule importe, précisément, l’apparence !
Dans cette configuration de l’évolution politique imaginée par la junte, le temps joue un rôle essentiel. Il s’agit de jouer la montre, pour enraciner et consolider son pouvoir de fait à l’intérieur du pays et pour imposer au reste du monde, en définitive, son programme stratégique de restauration du régime d’avant 2005, (le régime de l’ex-président Ould Taya), avec sa nouvelle figure de proue, adoubée par des « élections libres et transparentes » fortement « impulsées » par le Haut Conseil d’Etat.
Aussi, depuis le coup d’Etat et les toutes premières démarches de la communauté internationale pour rétablir l’ordre constitutionnel, le seul vrai programme de la junte est de gagner du temps, avec comme mot d’ordre donné à ses envoyés spéciaux et émissaires plénipotentiaires : reculer les échéances… quitte à faire multiplier les ultimatums des institutions internationales ! Cette approche négative très pragmatique de la junte est la seule qui puisse concilier le risque des sanctions qui pèsent sur elle (et qu’elle craint par-dessus tout) et la durée nécessaire pour réaliser son programme. C’est le seul gage de réussite complète du putsch...
Mais cette approche de la junte ignore délibérément, non seulement les fragilités inhérentes à la nature même de l’Etat et du régime, - fragilités décuplées par l’état d’urgence économique mondiale ambiante et la raréfaction systémique des ressources financières - mais aussi les risques encourus par elle, du fait des engagements réitérés de la communauté internationale de ne pas accepter la réussite du coup d’Etat et la menace des sanctions contre elle.
La nature des sanctions brandies et le profil de solution de sortie de crise qui se déduit des prises de position exprimées par les différents partenaires du pays apparaissent comme antagoniques avec l’attitude générale de la junte et, spécialement, sa « feuille de route » de sortie de crise.
Chaque institution internationale est libre de décider du type de sanction qui lui semble adapté aux circonstances particulières de la Mauritanie. Ces sanctions, par principe, sont adressées à la junte, en tant qu’organe de pouvoir de fait et à ses membres pris individuellement, en tant qu’auteurs, co-auteurs ou complices d’une infraction internationale. Nous avons vu, précédemment, que le pays, en tant que tel, ne pouvait être visé puisque l’Etat mauritanien n’a pas commis une telle infraction.
Le communiqué de la réunion consultative sur la situation en Mauritanie, tenue à Addis Abeba le 10 novembre 2008 entre l’ensemble des institutions de coopération a clairement annoncé la couleur, en mettant en garde « les auteurs du coup d’Etat et leurs soutiens civils contre les risques de sanctions et d’isolement au cas où ils ne répondraient pas aux demandes de la communauté internationale… », en visant particulièrement, « le dirigeant de ces autorités (qui) assume une responsabilité particulière à cet égard. ».
C’était la position qu’avait prise le 22 septembre 2008, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine en s’adressant directement et personnellement aux principaux responsables du coup d’Etat, position à laquelle les membres du Conseil de sécurité avaient dit s’associer, dans le même communiqué de la réunion consultative.
La logique de ces sanctions individuelles est de faire assumer aux putschistes seuls la responsabilité de leur acte devant la communauté internationale. Leur isolement, notamment par la restriction de leurs voyages, est assurément le premier palier dans la hiérarchie des possibilités. Il en va de même du gel de leurs avoirs et du blocage de leurs comptes et opérations monétaires et financières à l’étranger. Il est clair, cependant, que de telles sanctions « minimales » ont des répercussions négatives globales sur une économie de monopoles nourris par un clientélisme politique actif au service de certains grands opérateurs économiques aux liens étroits divers avec les gouvernants du moment.
Restreints dans leurs déplacements à l’étranger, comment ces autorités pourraient-elles assurer, à terme, même la simple expédition des affaires économiques courantes pour un pays qui compte, avec Haïti, parmi les pays les plus dépendant du monde ? Comment leurs soutiens privés pourraient-ils assurer la poursuite de leurs fructueuses relations d’affaires avec l’étranger, à moins de recourir, en masse, à certains expédients dangereux (planche à billets, blanchiment d’argent et trafics crapuleux en tous genres…) et de transformer le pays en jumeau économique du Zimbabwe ?
La Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance de l’Union Africaine va plus loin dans cette logique des sanctions individuelles. Son Chapitre VIII, dédié aux « sanctions en cas de changement anticonstitutionnel de gouvernement », offre à l’UA la possibilité non seulement de décider de formes variées de sanctions à l’encontre des auteurs du coup d’Etat, y compris des sanctions économiques (article 25.7) mais aussi de traduire ces auteurs « devant la juridiction compétente de l’Union » (article 25. 5). A défaut de la mise en place de cette justice commune, les Etats parties « jugent les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ou prennent les mesures qui s’imposent en vue de leur extradition. », (article 25. 9), ce qui constitue une véritable révolution juridique internationale.
A cela, il faut ajouter une autre sanction tout aussi lourde de conséquence pour les auteurs du putsch : leur exclusion de toute éventuelle élection destinée à rétablir l’ordre constitutionnel. Pour la Charte (article 25.4), « Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur Etat » . Cette disposition de bon sens avait déjà été invoquée par l’organe central du Mécanisme pour la Prévention, la Gestion et le Règlement des Conflits de l’UA en juillet 2004, à l’occasion du putsch de Sao Tome et Principe qui finira d’ailleurs par la restitution du pouvoir au Président élu exilé au Nigeria et l’amnistie des putschistes.
L’organe de l’UA avait, en effet, rejeté, par principe, « toute participation, notamment comme candidats, des auteurs d’un coup d’Etat…aux élections organisées en vue de restaurer l’ordre constitutionnel » . L’actuelle majorité parlementaire putschiste en Mauritanie, qui a voté, dans une belle unanimité, la loi autorisant la ratification de la Charte, se rend–elle compte de l’ironie succulente de la situation dans laquelle elle se trouve par rapport à l’applicabilité actuelle de cette disposition à leurs actuels mentors ?
Certes, adoptée en janvier 2007, la Charte n’est pas entrée en vigueur puisque le nombre requis de ratifications (15) n’a pas encore été atteint. Cependant, le fait pour la Mauritanie de l’avoir, pour sa part, d’ores et déjà ratifiée depuis juillet 2008, n’est pas sans conséquence sur son opposabilité à son égard, au nom du principe de bonne foi en droit international qui impose aux Etats qui, avant les autres, ont signé ou ratifié une convention, certaines obligations liées à la sauvegarde de l’objet même de ladite convention. Les sanctions prévues dans cette convention sont en principe invocables et applicables aux auteurs du changement anticonstitutionnel de gouvernement par les autres Etats membres de l’UA et à plus forte raison par les instances compétentes de l’UA.
En fonction de leur propre appréciation de l’évolution des rapports de la junte avec le reste de la communauté internationale et des risques inhérents au maintien du statu quo putschiste, les partenaires, alternativement ou parallèlement à leurs sanctions spécifiques, peuvent décider de s’en remettre pour la suite de ces rapports, au Conseil de sécurité des Nations unies. Potentiellement, c’est la phase la plus redoutable des relations de la junte avec le reste du monde, une fois celui-ci convaincue de l’échec des tentatives de règlement pour une sortie de crise acceptable.
Le Conseil peut, bien évidemment, décider de la suite à donner, en fonction des solutions préconisées par les institutions régionales concernées, de sa propre appréciation de la situation, des risques potentiels du coup d’Etat sur la stabilité du pays et de la sous région, de l’impact que génère le putsch comme exemple négatif en Afrique et dans le monde, du degré de mobilisation de ses membres les plus éminents pour un règlement acceptable du dossier etc. Mais sa décision sera sans recours.
Au terme du ballet diplomatique euro-africain actuel, avalisé par le reste de la communauté internationale, le statu quo putschiste se poursuivant, l’agenda prévu est, le cas échéant, de transférer le dossier mauritanien au Conseil de Sécurité, instance souveraine de maintien de la paix et de la sécurité internationale. Dès le lendemain du coup d’Etat, le 19 août 2008, le Conseil a condamné le coup d’Etat et « exigé » la « libération immédiate du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et le rétablissement immédiat des institutions légitimes, constitutionnelles et démocratiques. » . Ayant pris note du rôle de premier plan de l’UA et de l’appui dont elle bénéficie dans ce sens par les autres institutions internationales, le Conseil « demande à tous d’aider à rétablir rapidement l’ordre constitutionnel en Mauritanie », en promettant de continuer de suivre l’évolution de la situation.
Aussi est-ce sans surprise que les membres permanents et les membres africains du Conseil de sécurité qu’avaient rencontré, à l’issue de leurs travaux, les participants de la réunion consultative sur la situation en Mauritanie d’Addis Abeba du 10 novembre 2008, ont « réaffirmé leur plein appui aux efforts de l’UA et des organisations partenaires, et souligné leur disposition à examiner de nouveau la situation à la lumière de l’évolution des efforts visant à régler la crise et à restaurer l’ordre constitutionnel en Mauritanie. » (Voir texte du Communiqué issu de la réunion consultative).
(…) Pour une situation comme celle que connaît la Mauritanie après un putsch aussi absurdement contraire aux valeurs démocratiques universelles actuelles et potentiellement aussi dangereux pour la paix et la sécurité du pays, le Conseil de sécurité des Nations unies ne peut qu’ « agir » pour mettre fin à un tel défi et briser les ressorts de la dynamique putschiste, ce fléau d’un continent, en quête de stabilité et de paix. Auquel cas, cette « action » pourrait se fonder, en théorie, sur deux chapitres distincts de la Charte des Nations Unies, animés chacun d’une logique internationale spécifique : le Chapitre VI et le Chapitre VII.
Dans le cadre du Chapitre VI, le Conseil ne serait pas dans une logique de « sanctions » mais de « règlement pacifique ». Saisi le cas échéant par d’autres parties (en l’occurrence ici, le panel des institutions internationales), le Conseil, sur la base de l’article 33 de la Charte, « invite les parties à régler leur différend » par des moyens pacifiques (négociation, enquête, médiation, médiation, conciliation, recours aux organismes ou accords régionaux etc.). Il peut décider lui-même de mener des enquêtes sur la situation pour savoir si elle est de nature à menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationale (article 34). Dans tous les cas, s’il le juge nécessaire, il peut recommander aux parties les procédures ou méthodes d’ajustement appropriées, aux termes de l’article 36.
Il apparaît donc, au vu de ces dispositions de la Charte, que le recours au Chapitre VI serait parfaitement en discordance avec la logique du règlement pacifique déjà entrepris dans le cadre du panel des institutions internationales mené par l’UA et l’UE et dont l’échec seul permet précisément d’expliquer, en définitive, le recours au Conseil. Si ce dernier recourrait à son tour à ce même dispositif, il ne ferait que reproduire le cheminement suivi jusqu’alors par les parties et qu’il a accompagné pas à pas. Ce serait, de sa part, participer à son corps défendant aux manœuvres dilatoires destinées à assurer et prolonger la poursuite du coup d’Etat à moindre frais. Ce serait contraire à sa propre demande à tous
Le recours au Chapitre VII par le Conseil entérine l’échec des efforts pour trouver une solution acceptable de sortie de crise et confirme la volonté des Nations Unies de mettre fin, le plus rapidement, à une situation considérée comme une menace contre la paix, une rupture de la paix et un acte d’agression. La question de savoir si un coup d’Etat entre dans le champ de définition de ce Chapitre est désormais dépassée.
Il est définitivement et unanimement accepté que les changements anticonstitutionnels de gouvernement sont désormais une menace contre la paix et la sécurité internationale, en raison de ses risques potentiels sur la stabilité du pays et de la région concernée et en raison également de ce qu’il représente en lui-même, comme attentat contre la volonté populaire. Les mesures de sanctions peuvent revêtir plusieurs formes n’impliquant pas la force armée et pouvant se traduire notamment par un embargo plus ou moins complet (article 41).
Mais elles peuvent au contraire entraîner un tel recours si ces mesures sont considérées comme inefficaces. Dans ce cas, la pratique suivie consiste à autoriser la mise sur pied d’une force d’intervention, soit explicitement comme ce fut le cas en Haïti en juillet 1994, soit implicitement en « laissant faire » et en suivant de près une intervention régionale comme ce fut le cas au Libéria, par l’ECOMOG, en août 1990, et en Sierra Léone, en 1997 et, plus récemment aux Comores en mars 2008 de la part d’un groupe de d’Etats mandatés par l’UA (Soudan, Lybie, Tanzanie et Sénégal pour ce dernier cas), pour mettre fin au putschisme et aux velléités sécessionnistes du Colonel Mohamed Bacar, après le constat de l’inefficacité des sanctions économiques décidées contre son régime.
Le modèle d’ « action » le plus significatif, en termes de recours par le Conseil à ses pouvoirs dans le cadre du Chapitre VII est celui donné par sa fameuse résolution 940, par lequel l’ONU « autorise des Etats membres à constituer une force multinationale placée sous un commandement et un contrôle unifiés et à utiliser dans ce cadre tous les moyens nécessaires pour faciliter le départ d’Haïti des dirigeants militaires(…) et le prompt retour du président légitimement élu, ainsi que pour instaurer un climat sûr et stable(…). ».
Après avoir imposé des sanctions économiques sévères et constaté la poursuite du coup d’Etat malgré les accords de sortie de crise conclus entre les autorités de fait et les autorités légitimes, le Conseil de sécurité donna donc son feu vert pour une action militaire qui se solda, trois longues années après le déclenchement du coup d’Etat, par le départ du général Raul Cédras, son auteur principal. Il faut dire qu’une telle solution n’a été possible que par la détermination de la superpuissance américaine dont l’opposition quasi personnelle au général Cédras avait joué un rôle décisif dans l’intervention étrangère minutée par les troupes américaines.
En définitive, comme on le voit, le choix d’une solution de sanctions est largement ouvert, aussi bien sur le plan régional (avec l’UA, l’UE et les autres institutions régionales) que celui des Nations Unies. Ce qui se dessine n’est pas de bon augure et, il faut bien le dire, risque de nous entraîner bien plus loin que l’on ne puisse imaginer.
Au vu de l’évolution des démarches de règlement international de la crise en Mauritanie, il apparaît clairement que celle-ci, peut-être au corps défendant de ses principaux protagonistes, est en train d’atteindre un seuil critique, un point de non retour dont les conséquences pourraient être catastrophiques pour le pays et pour longtemps. La gravité de la crise provient du fait que sa dimension politique n’est que la partie visible, spectaculaire de l’iceberg. C’est une crise existentielle, totale, qui requiert de chacun la claire conscience des enjeux et l’immensité du poids de nos responsabilités respectives.
La communauté internationale fait les efforts qu’elle peut et nous donne la réponse que nous méritons d’elle, en bien ou en mal. Elle dispose, pour ce faire, de la panoplie des moyens de pression qui, les unes autant que les autres, sont redoutables. Dans le contexte de crise mondiale actuelle, la seule perspective de la moindre sanction aura forcément des répercussions dangereuses. Mais le fait est que la réussite du coup d’Etat, forcément par le durcissement du régime, sa militarisation de plus en plus ouverte, sa « dictatorialisation », sera pire.
Le mieux, pour nous, serait donc de ne pas jouer avec le feu, d’éviter l’engrenage des sanctions et de recourir au compromis qu’appellent de leur vœu la communauté internationale et notre peuple qui, quand même, est celui qui fut frustré de sa volonté souveraine de choisir ses dirigeants. Il faut rétablir l’ordre constitutionnel en assurant le retour du Président légitime, tel est le sens des exigences communes. Entre nous Mauritaniens, dans la limite du respect de cette volonté commune, tout doit être négociable, tout doit être possible, pour éviter les sombres perspectives qui se profilent à l’horizon…
* Me Lô Gourmo Abdoul est membre du directoire de l’Union des forces de progrès et du Front national de défense de la démocratie
Suite...
La question arabo-juive en Palestine
2009-02-06
Gandhi
http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/53878
En tant que témoins de l'attaque barbare sur la Palestine perpétrée par Israël, à travers l’«Opération Plomb durci» qui a fait 1 300 morts, il pourrait être utile de lire ce que Mahatma Gandhi avait eu à dire au sujet de la création d'Israël et de la politique sioniste de l'époque.
J'ai reçu plusieurs lettres dans lesquelles on me demande d'exposer mes vues sur la question arabo-juive en Palestine et la persécution anti-juive en Allemagne. Ce n'est pas sans quelque hésitation que je me risque à offrir mes opinions sur cette question très délicate.
Toute ma sympathie est acquise aux Juifs. J'ai connu certains d'entre eux, d'une manière très intime, en Afrique du Sud, et certains d'entre eux sont devenus des amis pour la vie. Grâce à ces amis, j'ai pu mieux connaître la persécution à laquelle ils ont été soumis depuis la lointaine histoire. Ils ont été, en quelque sorte, les intouchables de la Chrétienté. La similarité entre le traitement que les Chrétiens leur ont infligé et celui que les Hindous infligent aux Intouchables est frappante. Un jugement de nature religieuse a été invoqué dans les deux cas pour justifier les traitements inhumains qui ont été infligés aux uns comme aux autres. A part les amitiés qu'il m'a été donné de nouer avec certains d'entre eux, ma sympathie pour les Juifs ressortit donc à des raisons de caractère universel.
Mais ma sympathie ne me rend pas sourd aux exigences de la justice. L'appel à un foyer national pour les Juifs ne me séduit guère. La légitimité en est recherchée dans la Bible et dans la ténacité dont les Juifs ont depuis tout temps fait preuve dans la formulation de leur attachement à un retour en Palestine. Pourquoi ne pourraient-ils pas, comme les autres peuples sur Terre, faire de cette contrée leur pays où naître et où gagner sa vie ?
La Palestine appartient aux Arabes de la manière dont l'Angleterre appartient aux Anglais ou la France aux Français. Il serait injuste et inhumain d'imposer (une domination par) les Juifs aux Arabes. Ce qui se passe en Palestine, de nos jours, ne saurait être justifié au nom d'un quelconque code moral de conduite. Les mandats n'ont pas d'autre justification que la dernière guerre mondiale (la guerre 1939-1945). Ce serait à n'en pas douter un crime contre l'humanité de contraindre ces Arabes si justement fiers à ce que la Palestine soit restituée aux Juifs en tant que leur foyer national, que ce soit partiellement, ou en totalité.
Une alternative bien plus noble serait d'insister sur un traitement équitable des Juifs où qu'ils soient nés et où qu'ils aient été élevés. Les Juifs nés en France sont Français dans l'exact sens où les Chrétiens nés en France le sont. Si les Juifs n'ont pas d'autre foyer national que la Palestine, vont-ils accepter l'idée de devoir être contraints à quitter les autres parties du monde où ils sont installés ? Ou bien voudront-ils une double patrie, où ils puissent demeurer selon leur bon plaisir ? La revendication d'un foyer national pour les Juifs ne fait qu'offrir sur un plateau une justification présentable à l'Allemagne qui expulse ses Juifs.
Mais la persécution allemande des Juifs semble ne pas avoir de parallèle dans l'histoire. Les tyrans de jadis n'étaient jamais allés aussi loin dans leur folie que semble l'avoir fait Adolf Hitler. Et il continue à le faire avec un zèle religieux. N'est-il pas, en effet, en train de prôner une nouvelle religion faite d'un nationalisme militant et exclusif, au nom duquel toute inhumanité devient un acte d'humanité devant être récompensé, ici et maintenant ? Le crime d'un jeune leader certes intrépide, mais non moins complètement dément, est en train d'être imposé à l'ensemble de son ethnie avec une férocité absolument incroyable. Si jamais une guerre pouvait être justifiée, au nom de l'humanité, et pour elle, une guerre contre l'Allemagne, destinée à prévenir la persécution délibérée d'une race humaine toute entière serait totalement justifiée. Mais je ne crois en aucune guerre. Discuter le pour et le contre d'une telle guerre est, par conséquent, complètement hors de propos pour moi.
Mais s'il ne peut être question d'une guerre contre l'Allemagne, même avec l'énormité du crime commis contre les Juifs, il ne saurait être question, non plus, d'une alliance avec ce pays. Comment une alliance pourrait-elle être conclue entre une nation qui revendique la défense de la justice et de la démocratie et une nation qui est l'ennemi déclaré de l'une comme de l'autre ? Ou bien, alors, peut-être l'Angleterre est-elle en train de glisser vers une dictature armée avec tout ce que cela comporte ?
L'Allemagne est en train de démontrer au monde entier comment la violence peut être utilisée efficacement lorsqu'elle n'est entravée par aucune hypocrisie ni aucune faiblesse se faisant passer pour de l'humanisme. Elle montre aussi à quel point sa violence est hideuse et terrible dans son horrible nudité.
Les Juifs peuvent-ils résister à cette persécution planifiée et éhontée ? Ont-ils un moyen de préserver leur dignité, et de ne pas tomber dans le désespoir et l'abandon d'eux-mêmes ? Je fais le pari que c'est possible. Nul être humain croyant en un Dieu vivant ne doit se sentir impuissant ou abandonné. Jéhovah, le Dieu des Juifs, est un Dieu plus personnel que celui des Chrétiens, des Musulmans ou des Hindous, bien qu'il s'agisse, en fait, par essence, du Dieu commun à tous ces croyants, c'est leur Dieu unique, sans associé et échappant à toute description.
Mais comme les Juifs attribuent à Dieu une personnalité et croient qu'Il commande chacun de leurs actes, ils ne devraient pas se sentir impuissants. Si j'étais juif et né en Allemagne, si j'y gagnais ma vie, je proclamerais que l'Allemagne est mon pays, autant qu'elle peut être le pays de l' aryen gentil le plus baraqué, et je le défierais de me tuer ou de m'enfermer dans sa forteresse ; je refuserais d'être expulsé ou soumis à un traitement discriminatoire. Et pour ce faire, je n'attendrais pas que mes coreligionnaires juifs viennent me rejoindre dans la résistance civile, mais j'aurais la certitude qu'à la fin du compte les autres seraient amenés à suivre mon exemple (...)
(...) Et maintenant, un mot aux Juifs de Palestine. Je suis absolument persuadé qu'ils se fourvoient. La Palestine biblique ne correspond à aucun territoire géographique. Elle est dans leurs coeurs. Mais s'ils doivent absolument considérer la Palestine de la géographie comme leur foyer national, c'est un péché inexpiable d'y pénétrer à l'ombre du canon britannique. Un acte de nature religieuse ne saurait être posé avec l'assistance des baïonnettes et des bombes. Ils ne peuvent s'installer en Palestine qu'en respect de la bonne volonté des Arabes. Ils devraient s'efforcer de se gagner le coeur des Arabes. C'est le même Dieu qui commande aux coeurs des Arabes et à ceux des Juifs... Ils trouveront le monde à leurs côtés dans leur aspiration religieuse. Il y a des centaines de manières de s'entendre avec les Arabes, pour peu qu'ils écartent résolument l'aide que leur apporte la baïonnette britannique. Telles que les choses se déroulent actuellement, ils sont co-responsables avec les Britanniques de la spoliation d'un peuple qui ne leur a jamais porté un quelconque tort.
Je ne défends pas les excès des Arabes. J'eusse aimé qu'ils eussent adopté la non-violence dans leur résistance à ce qu'ils considèrent à juste titre comme une agression inqualifiable contre leur pays. Mais si l'on se réfère aux lois généralement admises du bien et du mal, rien ne peut être dit contre la résistance des Arabes à une injustice massive.
Laissons les Juifs qui prétendent être le peuple élu en apporter la preuve par choix qu'ils feront de la non-violence afin de revendiquer une place sur cette terre. Tout pays est le leur, Palestine y comprise, non pas en conséquence d'une agression, mais en vertu d'un service altruiste envers leur prochain. Un ami juif m'a envoyé un livre intitulé "La contribution juive à la civilisation", écrit par un Cecil Roth. Ce livre énumère tout ce que les Juifs ont apporté à la littérature, aux arts, à la musique, au théâtre, à la science, à la médecine, à l'agriculture etc... de part le monde. Avec un tel héritage, les Juifs sont fondés à refuser d'être traités comme les déchets de l'Occident, d'être méprisés ou traités avec condescendance. Ils peuvent obtenir le respect et l'attention du monde en se montrant dignes d'avoir été choisis par Dieu, au lieu de tomber dans la déchéance des brutes oubliées de Dieu. Ils peuvent ajouter à leurs contributions, innombrables et inestimables, (à l'Humanité) celle, suprême, de l'action non-violente.
* Texte écrit par le Mahatma Gandhi (Harijan, le 26 novembre 1938) - Extrait de "Ma Non-Violence"
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Résumé de l'Édition Anglaise
Se rendre, la meilleure forme de défense ?
2009-02-06
Tendai Dumbutshena
http://www.pambazuka.org/en/category/features/53848
Après le putsch perpétré le 27 juin par Robert Mugabe, les signes étaient toujours là que le MDC allait vers la résignation. Cela s'est officiellement passé le 30 janvier 2009, lorsque le leader de l'opposition, Morgan Tsvangirai, a décidé de rejoindre le gouvernement d'unité. De manière quasi perverse, il est devenu le sauveur de Mugabe à un moment où le despote est proche de la mort politique, écrit Tendai Dambutshena.
Résumé de l'Édition Portuguaise
Obama et la vague noire
2009-02-06
Raquel de Luciana Souza
http://www.pambazuka.org/fr/category/summarypt/53880
Dans cet article, Rachel de Souza effectue une analyse des différentes significations de l'élection de Barack Obama par rapport à la question raciale au Brésil. Il s'agit d'une lecture de la vague noire qui a soulevé des passions au Brésil, en même temps qu'elle déconstruit le mythe selon lequel un président africain-américain aux États-Unis permet de résoudre immédiatement les problèmes fondamentaux de la population noire en Afrique et dans la diaspora. Mais cette analyse ne nie pas que des perspectives positives se dessinent.
Nécrologie
Côte d’Ivoire : Décès du président du Cnca, Djégou Bailly
2009-02-05
http://news.abidjan.net/h/318431.html
Après le décès, le 6 janvier dernier, de l’ancien ministre de l’Information Amadou Thiam à Rabat, c’est Jérôme Diégou Bailly, président du Conseil national de la Communication audiovisuelle et journaliste de renom, qui disparu le 1er février. Avec l’avènement du multipartisme suivi de la pluralité de la presse, Diégou Bailly et certains confrères et amis avaient créé Nouvel Horizon, au début des années 1990. Il participe ensuite à la création de Notre Temps, puis du Jour et du Sentier. Il quitte les rédaction en juin 2001 pour devenir président du Conseil national de la communication audiovisuelle.
Arts & livres
Global : Le procès Manu Dibango - Michael Jackson vidé le 17 février
2009-02-05
http://tinyurl.com/bgl398
Manu Dibango a assigné devant le tribunal de Paris les maisons de disque des chanteurs Michael Jackson et Rihanna pour avoir utilisé sans son autorisation le thème musical de l'un de ses titres. Le verdict est prévu le 17 février. Dans les années 1980, Michael Jackson avait intégré dans son album « Thriller » une partie du morceau "Soul Makossa". Une procédure contre le chanteur américain s'était soldée par un arrangement financier. Alors que l'affaire aurait dû s'arrêter là, elle a rebondi récemment, lorsque que Michael Jackson a autorisé Rihanna à utiliser son titre qui contient lui-même le morceau composé par Manu Dibango.
Zimbabwe
L’UA demande la levée des sanctions
2009-02-09
http://tinyurl.com/b2y75q
L’UA a demandé, le 7 février, la levée des sanctions contre le Zimbabwe. Cette demande a été formulée à la suite de la décision, le 6 février, du leader de l'opposition Morgan Tsvangirai de participer à un gouvernement d'union nationale avec le président Robert Mugabe. Dans le texte adopté par les ministres des Affaires étrangères de l'UA, l'organisation dit accueillir « avec satisfaction le calendrier convenu pour la formation d'un gouvernement inclusif ».
Tsvangirai sera le Premier ministre de Mugabe
2009-02-05
http://www.afrik.com/article16174.html
Le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai a accepté le 30 janvier d’être le Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale au Zimbabwe. Ce dernier entrera en fonction le 13 février prochain. Après plusieurs mois de tractations qui avaient achoppé sur la répartition des postes-clés du gouvernement, notamment celui du ministère de l’Intérieur, le MDC a finalement consenti à entrer au gouvernement après avoir obtenu « des assurances de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) sur la prise en compte de (ses) problèmes ». Un comité commun de surveillance et d’application (Jomic), composé de douze membres issus du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et du MDC suivra « les avancées, les plaintes, les inquiétudes et les interrogations » relatives à cet accord.
Moniteur de l'Union Africaine
Afrique : «L’autorité» remplace la Commission à l’UA
2009-02-06
http://tinyurl.com/bfblvr
Les travaux du 12e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaine, prévu pour durer deux jours, se sont finalement prolongés jusqu'au 4 février. L'organisation continentale butait sur le contenu à donner au gouvernement de l'Union, une idée chère au guide libyen Mouamar Khadafi. Le temps (ou la fatigue) aidant, un accord est survenu confirmant la transformation de la Commission de l'Union en Autorité de l'Union. Cette décision prise à l'unanimité est une avancée majeure qui met fin à tous ces débats sur la manière de faire avancer l'UA que nous avons depuis plus de trois ans, a souligné Jean Ping, le président de la Commission
Afrique : Faut-il continuer à rêver d’un gouvernement de l’Union Africaine ?
2009-02-06
http://tinyurl.com/bk968u
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique ne se sont pas bousculés au 12e sommet de l’Union africaine qui a ouvert ses travaux au siège de l’organisation à Addis-Abeba en Ethiopie. Seulement une vingtaine de chefs d’Etat africains sur les 53 membres que compte l’Union. Faut-il lier cette faible participation au sujet qui s’annonçait comme le plus délicat : la constitution d’un gouvernement de l’UA qui devrait conduire, à terme, aux Etats-Unis d’Afrique ?
Nigéria : 2 500 milliards de francs CFA pour le MAEP
2009-02-05
http://tinyurl.com/bkjp4l
Le gouvernement du Nigeria a annoncé qu'il va consacrer 756 milliards de nairas (soit 2 588 milliards de francs CFA) à la mise en œuvre du Programme d'Action du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs (MAEP), un volet du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). Le MAEP est un mécanisme lancé à l’échelle continentale et qui cherche à promouvoir la bonne gouvernance économique et politique sur le continent. Le MAEP cherche en outre à encourager l'adoption de normes en vue de promouvoir la bonne gouvernance sur le continent. En Afrique de l'ouest, outre le Nigéria, le Ghana, le Bénin et le Burkina Faso se sont soumis à cet exercice.
Sommet de l’UA : Alerte devant les effets de la crise économique
2009-02-05
http://tinyurl.com/d8hbqp
Le sommet de l’Union africaine (UA) s’est alarmé le 3 février, au dernier jour de ses travaux, des répercussions - humaines, sociales, économiques - de la crise économique mondiale sur le continent le plus pauvre de la planète. Dès avant le début du sommet le 1er février, dont le thème officiel est le développement des infrastructures du continent, le président de la Commission de l’UA, avait déjà insisté sur la gravité de la situation. Si l’Afrique a conservé une croissance globale robuste de 5,4% en 2008, elle est néanmoins en baisse de 1,5 point par rapport à l’année précédente et 2009 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, selon la Banque mondiale (BM).
Femmes & genre
Afrique : Le Kenya à la traîne pour l’accès des femmes au leadership
2009-02-05
http://tinyurl.com/bqeq7g
Là où le Kenya peine à faire des progrès en matière d’augmentation du nombre des femmes dans des positions clé de leadership, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie voisins ont fait de pas géants dans ce domaine. En 2007, un amendement constitutionnel, qui aurait créé 50 sièges spéciaux pour les femmes au parlement kenyan, avait été rejet faute de quorum pour le mettre au vote. Par contre, la constitution de l’Ouganda a sauvegardé une mesure de discrimination positive pour accroître la représentation des femmes au sein du gouvernement et dans le service public, depuis 1995. Une initiative similaire a été prouvée en Tanzanie par le Parlement en 2000. Le cas du Rwanda a été le plus spectaculaire, qui présente actuellement le taux le plus élevé de femmes au parlement – 56 % – dans le monde.
Burkina Faso : Une politique genre contre la discrimination à l'égard des femmes
2009-02-05
http://tinyurl.com/b28acp
Le gouvernement burkinabè veut faire du Burkina Faso, une société débarrassée de toutes les formes d'inégalités et d'iniquités de genre, dans la perspective d'assurer à l'ensemble des citoyens et citoyennes, la sécurité essentielle pour leur épanouissement social, culturel, politique et économique. A cet effet, le ministère de l'Economie et des Finances, en collaboration avec le ministère de la Promotion de la femme, a organisé un atelier national de validation de la politique genre, le 29 janvier.
Droits humains
Algérie : Bouteflika dénonce les silences complices sur Gaza
2009-02-06
http://tinyurl.com/bxnd8t
Le président algérien a porté au coeur de la 12e session de la Conférence des chefs d’Etat africains le drame de la population palestinienne. Faisant le parallèle avec le mandat d’arrêt lancé par la Cour pénale internationale contre le président soudanais pour son «implication» dans les crimes massifs commis contre les populations du Darfour, il s’est interrogé sur l’absence de réaction contre Israël. En mettant à nu cette justice du deux poids, deux mesures, Bouteflika aura porté au coeur de l’Afrique le drame de la bande de Ghaza.
Bénin : 1,5 millions d’actes de naissance délivrés
2009-02-05
http://tinyurl.com/cdtqqq
Les populations en majorité, ne sont pas fichées à l’Etat civil faute d’actes de naissance, ce qui est un handicap à l’accès au développement. Et c’est pour pallier cette insuffisance que le «Recensement Administratif du Bénin à Vocation d’Etat Civil (Ravec) a été mis sur pied. Selon le coordonnateur du RAVEC, depuis que le processus a commencé à la fin de l’année 2006, 58 communes sur les 77 ont pu être couvertes et les audiences foraines ont permis de délivrer 1 million 560 000 actes de naissance.
Sénégal : Wade pose les conditions pour le procès de Habré
2009-02-05
http://tinyurl.com/b9hdoq
Le procès de l’ancien président tchadien, Hissène Habré, aura lieu au Sénégal, si et seulement si, l’argent promis par les donateurs est disponible. C’est la condition posée par le chef de l’Etat sénégalais pour la tenue de ce procès dont le coût est estimé à quelque 20 milliards de francs Cfa. ‘On peut parfaitement nous laisser commencer ce procès et ensuite, nous laisser seul avec le dossier et ce sera une catastrophe’, a-t-il souligné, expliquant qu’il avait, dès le départ, déclaré que le Sénégal ne paiera pas les frais de ce procès. Selon lui, l’Union Européenne, Human Rights Watch et la France avaient fait des promesses dans ce sens.
Sénégal : La police restitue à l’ex-Premier ministre son passeport
2009-02-05
http://tinyurl.com/arz6w7
L'ancien président de l'Assemblée nationale qui fut Premier ministre de Abdoulaye Wade, M. Macky Sall a retrouvé son passeport. Macky Sall avait vu son document de voyage lui être confisqué par la police qui l'avait convoqué et auditionné le 26 janvier. Cette audition faisait suite à un communiqué du ministère de l'Intérieur indiquant qu'une enquête avait été ouverte par les autorités sénégalaises à propos d'une affaire de blanchiment d'argent. M. Sall avait quitté le parti au pouvoir (PDS) après sa destitution de la présidence de l’Assemblée nationale et créée une formation politique d’opposition.
Tanzanie : Des albinos pourchassés vivent terrés et terrorisés
2009-02-06
http://tinyurl.com/bwzoxv
Quand il marche dans la rue, Alfred Kapole sait que ses jambes, ses bras, sa peau, sa langue et ses cheveux valent des milliers de dollars : en Tanzanie les organes des albinos, recherchés pour leurs pouvoirs soi-disant magiques, se vendent à prix d'or. Alors il se cache. "Un jour on allait à l'hôpital avec le secrétaire et le trésorier de l'association des albinos quand des ouvriers ont commencé à crier: « Tiens, voilà une bonne occasion de se faire du fric", raconte Alfred, président de cette association pour la région de Mwanza (nord). Les ouvriers furent arrêtés puis relâchés. "Il y a trop d'impunité, c'est pourquoi nous vivons dans la peur", poursuit-il.
Tchad : Des opérations de démolition font des milliers de déplacés
2009-02-05
http://tinyurl.com/b7wfjg
A N’Djamena, capitale du Tchad, quelque 10 000 à 15 000 personnes ont été expulsées de leur domicile dans le cadre d’un programme public de démolition de logements qui, selon les autorités, se trouvent sur des terrains appartenant à l’Etat. Les démolitions, démarrées en 2008, sont en cours. Les habitants qui ont perdu leurs logements ont dit qu'ils n'avaient reçu aucune indemnisation, ni aucune aide au relogement de la part du gouvernement.
Réfugiés & migration forcée
Centrafrique : Afflux de réfugiés centrafricains dans l'est du Tchad
2009-02-05
http://tinyurl.com/bthzts
Plus de 4.500 réfugiés originaires de République centrafricaine (RCA) sont récemment arrivés dans le sud-est du Tchad, fuyant les attaques de groupes rebelles et par crainte de nouveaux combats entre les forces gouvernementales et les rebelles dans la partie nord de leur pays, a affirmé le 30 janvier, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). La plupart des nouveaux réfugiés sont des femmes et des enfants. Les réfugiés ont affirmé que les rebelles contrôlent toujours la zone, ce qui la rend dangereuse pour un éventuel retour.
Mauritanie : Un nouveau groupe réfugiés rentre du Sénégal
2009-02-05
http://tinyurl.com/czy2q9
Le processus de retour des réfugiés mauritaniens au Sénégal se poursuit. Un groupe composé de 53 familles, comptant 208 personnes, a été accueilli le 2 février et hébergé dans des sites provisoires, en attendant de les munir de pièces d'état civil et et de soigner les malades parmi elles ,avant de les transférer incessamment dans leurs localités d'origine. Une centaines de milliers de Mauritaniens noirs avaient été expulsés ou avaient fui vers le Sénégal en 1989, suite à des incidents frontaliers entre les deux pays, qui avaient dégénéré en violences communautaires.
Elections & gouvernance
Guinée : La junte ramène les élections au dernier trimestre de 2009
2009-02-09
http://tinyurl.com/cduxaj
Les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée fin décembre, au lendemain de la mort du président Lansana Conté, ont demandé le 7 février, à l'administration "d'organiser des élections pendant le dernier trimestre 2009", sans préciser le type de scrutin. Au lendemain de leur putsch, les militaires avaient d'abord promis d'"organiser des élections libres fin décembre 2010" mais les partis et les organisations internationales avaient jugé ce délai beaucoup trop long. Puis la junte s'était engagée auprès de l'Union africaine, fin janvier, à organiser "en 2009" des élections auxquelles ses membres ne participeraient pas.
Algérie : Un parti islamiste annonce son boycott de la présidentielle
2009-02-05
http://tinyurl.com/akauq4
Le leader islamiste Abdallah Djaballah a déclaré qu’il ne participera pas à la présidentielle de 2009. En estimant que les prochaines élections seront «à sens unique», il soutient que «dans un climat normal, comme cela est le cas dans les pays démocratiques, la participation aurait été nécessaire, mais, en Algérie, des élites ont démontré qu’elles ne veulent pas de la démocratie, que le triumvirat de partis qui compose l’Alliance présidentielle n’est intéressé que par ses propres intérêts».
Burkina Faso : Le poids de la chefferie coutumière se confirme
2009-02-05
http://tinyurl.com/c5v6th
«Chasser la chefferie coutumière des institutions de la République, elle revient au galop.» C’est la principale leçon qui transparaît des résultats du dernier sondage d’opinion réalisé par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). A la faveur d’une enquête sur la compréhension que les Burkinabè ont des institutions démocratiques, nombre de personnes enquêtées disent faire plutôt confiance à ces institutions coutumières considérées à tort ou à raison comme «informelles», alors qu’elles influent de près ou de loin sur le jeu politique au Faso.
Cameroun : L'organe chargé des élections contesté
2009-02-05
http://tinyurl.com/dxb3pg
Le principale parti de l'opposition camerounaise, le Social Democratic Front (SDF), a annoncé le 1er février qu'il n'y aura plus d'élections au Cameroun tant que l’ELECAM, le nouvel organe chargé des élections, ne sera pas dissout. Nommés le 30 décembre 2008 par le président Paul Biya, les 12 membres de l’ELECAM avaient provoqué un tollé de protestations dans les rangs de l’opposition camerounaise avec pour tête de file le SDF qui avait introduit, auprès de la Cour suprême, une demande d’annulation desdits membres, du fait de leur appartenance antérieure au parti au pouvoir.
Côte d’Ivoire : Pari impossible pour une présidentielle en 2009
2009-02-06
http://www.africatime.com/CI/index.asp
«L’élection présidentielle n’aura pas lieu en 2009», selon Anaky Kobena, le leader du MFA (Mouvement des forces d’avenir). Une position qu’il est pour l’instant le premier à avoir exprimé publiquement. Se fondant sur les écueils qui jonchent le chemin qui mène au prochain scrutin présidentiel, M. Kobena pense qu’il ne faut point se bercer d’illusion : il n’y aura rien cette année encore. Et ils sont de plus en plus nombreux, les Ivoiriens qui commencent à penser comme lui.
Ghana : Une démocratie sur la bonne voie ?
2009-02-06
http://tinyurl.com/dh65te
Alors que le continent a été le théâtre, en 2008, de conflits sanglants en RD Congo, d’élections violentes et contestées au Kenya et au Zimbabwe, le Ghana, démontre qu’il n’y a pas « de fatalité en Afrique ». Après 2000, c’est la deuxième fois qu’un chef d’Etat élu au Ghana transmet le pouvoir à l’opposition de manière paisible sans que cela engendre des violences postélectorales. La leçon donnée par le Ghana ne se limite pas à cet événement puisque le nouveau président du Ghana, le professeur John Atta Mills met en place les fondations d’un fait politique rare sur le continent : une administration publique de taille raisonnable.
Guinée : Fin de la révision des listes électorales en avril
2009-02-06
http://tinyurl.com/df8bjz
A quand les élections en Guinée ? C'est la question que bon nombre de Guinéens se posent. En attendant la date exacte retenue pour les autorités militaires qui dirigent le pays, le président de la Commission Nationale Électorale Indépendante a laissé entendre que la fin de l'opération de révision des listes électorales est prévue le 16 avril 2009. La junte s'est engagée à organiser des élections générales transparentes et crédibles pour rendre le pouvoir aux civils à la fin de la transition en cours. Mais aucune date n’a encore été fixée dans ce sens.
Madagascar : 28 morts et une crise qui s’aggrave
2009-02-05
http://tinyurl.com/d2mh7n
Madagascar s'est enfoncée dans la crise, le maire d'Antananarivo promettant de continuer la "lutte" contre le pouvoir au lendemain d'une manifestation de ses partisans réprimée par la garde présidentielle, qui a tué au moins 28 personnes le 7 février. Cette journée de samedi a sans doute marqué un tournant dans la crise ouverte depuis mi-décembre entre les deux hommes. La garde présidentielle a en effet tiré sur des partisans d'Andry Rajoelina qui marchaient, à l'appel du maire, sur le palais abritant le bureau du président dans le centre d'Antananarivo.
Niger : Les députés déposent une motion de censure
2009-02-05
http://tinyurl.com/de5xp
Douze députés ont déposé le 29 janvier une motion de censure visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Seïni Oumarou, accusé d'inertie face au coût élevé de la vie et d'encourager "la rupture de l'égalité" des Nigériens devant la justice. Parmi les signataires figurent plusieurs députés du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) et proches de l'ex-Premier ministre Hama Amadou, incarcéré depuis plus de six mois. La motion de censure devait être soumise au débat et au vote des députés deux jours après son dépôt, selon le règlement du parlement.
Niger : Le Parlement nigérien s'oppose à une volonté du chef de l'Etat
2009-02-06
http://tinyurl.com/alpgcw
A priori, c’est un signe de vitalité démocratique. De quoi s’agit-il ? Du refus, le lundi 2 février 2009, du Parlement nigérien de suivre l’exécutif dans sa volonté de lever l’immunité de trois députés. Une désobéissance parlementaire donc, en rupture avec le suivisme servile qui a toujours caractérisé nombre de Parlements africains dans leurs rapports avec l’Exécutif. Le président nigérien avait demandé à l’Assemblée nationale de lever l’immunité parlementaire de trois de ses membres afin qu’ils puissent être jugés pour leur implication présumée dans un détournement de fonds.
Sénégal : Le parti pouvoir accusé de fraude sur les listes électorales
2009-02-05
http://tinyurl.com/dk8ot6
La cacophonie générale règne dans la confection des listes en direction des élections locales de mars 2009. Le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) est accusé de violeer les dispositions du Code électoral en imposant des listes forcloses, en sus de substitutions de listes. Tirant les conséquences de cette situation, la Commission Nationale Electorale Autonomie a décidé «de saisir la Cour d’Appel de Dakar aux fins d’annulation de ces listes et de toute autre liste irrégulièrement déposée». Et qui plus est, elle «saisira les juridictions compétentes de tout autre manquement constaté sur les listes publiées sur toute l’étendue du territoire national» et «se réserve le droit de proposer des sanctions».
Sénégal : Le président Wade assure que sa succession se fera par les urnes
2009-02-05
http://tinyurl.com/c8xtb8
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, a fait part de sa volonté de se faire remplacer à «l’issue d’un vote populaire» en organisant des «élections libres et démocratiques». L’entrée de son fils sur la scène politiques et ses charges de plus en plus importantes dans les affaires de l’Etat font croire que son père le prépare pour assurer sa succession. Me Wade a précisé : «Lorsque je quitterais le pouvoir, je ne sais pas quand, il m’appartient d’organiser la transmission du pouvoir. Ce sera fait par des élections libres et démocratiques, tout le monde pourra se présenter. Et j’espère que le prochain président du Sénégal qui me remplacera, sera issu d’un vote populaire, sans absolument aucune contestation…».
Somalie : Le chef des islamistes modérés élu président
2009-02-05
http://tinyurl.com/ar6h53
Le chef des islamistes modérés somaliens, cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a été élu le 31 janvier président de la Somalie par le Parlement somalien réuni à Djibouti, avec pour tâche de ramener la paix dans un pays en guerre civile depuis 1991. L'élection a eu lieu à Djibouti, en raison des violences en Somalie. Elle marque une nouvelle étape d'un long processus qui a jusqu'à présent échoué à ramener la paix dans ce pays de la Corne de l'Afrique. Aussitôt élu, le chef religieux a appelé à un gouvernement de large union et invité tous les groupes armés en conflit en Somalie à rejoindre le processus de paix soutenu par l'ONU.
Corruption
Afrique : La CEMAC demande un audit de la Banque de l’Afrique centrale
2009-02-05
http://tinyurl.com/bfbhyd
Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), tenu à huis clos le 30 janvier à Libreville, a demandé aux Etats membres de prendre des mesures pour contrer les conséquences de la crise financière. Mais selon le communiqué final de la rencontre, le sommet a aussi recommandé la tenue d’un audit de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique Centrale. Cet audit a été sollicité suite aux informations selon lesquelles les dirigeants de cette banque commune à six pays d’Afrique centrale auraient effectué des placements de fonds. Ces opérations, effectuées en violation des statuts de la banque, auraient occasionné d’énormes pertes estimées à 300 milliards de francs Cfa (526 millions d’euros)
Afrique du Sud : Le procès de Jacob Zuma fixé au 25 août
2009-02-05
http://tinyurl.com/bmdm2u
Un tribunal sud-africain a fixé au mercredi au 25 août 2009 la date du procès pour corruption du chef du parti au pouvoir Jacob Zuma, donné favori pour accéder à la présidence du pays à l'issue des élections générales du second trimestre 2009. Jacob Zuma se présentait "pour la 38e fois devant la justice sur une période de 7 ans et demi", a relevé un porte-parole de l'ANC, estimant "peu probable qu'il ait un procès juste et équitable."
Côte d’Ivoire : Une secrétaire de Gbagbo arrêtée
2009-02-06
http://tinyurl.com/cwsffe
Une secrétaire du chef de l’Etat ivoirien a été arrêtée le 3 février par la gendarmerie. Elle est poursuivie pour les faits d’escroquerie portant sur la somme exacte de 65 millions 542 610 FCFA. Selon un communiqué de la présidence de la République, confirmé par des sources proches de la justice, la secrétaire, usant de sa fonction, aurait utilisé le nom du Président Laurent Gbagbo pour se faire remettre cette somme d’argent par une société de téléphonie mobile.
Développement
Afrique : Forum régional sur l'entreprenariat des jeunes
2009-02-06
http://tinyurl.com/cc6e53
Une cinquantaine de jeunes venus du Bénin, du Burkina Faso et du Niger ont entamé, le4 février à Ouagadougou, un forum régional sur l'entreprenariat des jeunes en vue de développer des initiatives permettant à cette frange de la population de s'insérer dans la vie active. Trois jours d'échanges devraient permettre, dans un contexte marqué par un taux élevé de chômage des jeunes, de faire, entre autres, le bilan du club d'entrepreneurs étudiants lancé en 2007 à Ouagadougou. Ce forum sera guidé en cela par des personnes averties du monde des affaires d'Afrique et d'Europe.
Burundi : La dette extérieure annulée
2009-02-05
http://tinyurl.com/bkrysd
Les Conseils d`Administration de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International ont pris les décisions d’annuler la dette extérieure du Burundi qui s’élevait à 1400 millions de dollars. Dans son discours à la nation à l’occasion du nouvel an 2009, le président de la République avait promis qu`une fois cette remise de dette accordée, le gouvernement allait "organiser des séances de débat sur la problématique des salaires des fonctionnaires pour réduire les écarts qui existent et viser leur harmonisation, sans oublier l`exploration des ressources sur base des recettes nationales".
Cameroun : La collaboration avec le Fmi révisée
2009-02-06
http://tinyurl.com/by35hf
Selon le ministre des Finances du Cameroun, son pays ne sollicitera plus des prêts du FMI et va ficeler son propre programme économique. Yaoundé a conclu, le 31 janvier dernier, son 5ème programme économique avec cette institution financière international, dont la représentante résidente au Cameroun souligne que c'est non seulement le second programme (sur les 5) qui arriveà terme, mais est conclu avec satisfaction.
Global : La Banque mondiale aux côtés de l’Afrique face à la crise
2009-02-05
http://www.afrik.com/article16193.html
Les pays africains ont besoin de l’aide de la Banque mondiale pour traverser la crise financière mondiale. Prenant part au sommet de l’Union africaine, qui a pris fin le 4 février, les responsables de l’institution de Bretton Woods ont tenté de rassurer les Etats africains en s’engageant à mettre plus de fonds à leur disposition. La vice-présidente pour l’Afrique de cette institution a insisté sur le fait que son institution allait veiller à ce que «les pays africains ne souffrent pas du manque de crédit» que ne pourront plus éventuellement leur accorder les pays industrialisés.
Global : La crise mondiale de l’emploi n’épargnera pas l’Afrique
2009-02-05
http://tinyurl.com/bzexoy
Le ralentissement économique mondial va renforcer les conditions difficiles de travail, selon le Bureau International du Travail (BIT) qui vient de publier son rapport annuel sur les tendances mondiales de l’emploi. Dans ce document dénommé GET, il prévoit une augmentation du nombre de chômeurs de 18 à 51 millions de personnes en 2009 à travers le monde. Ce chiffre dépendra de l’évolution de la crise. En Afrique, les prévisions ne sont guère réjouissantes. Le continent qui compte déjà le plus grand nombre de travailleurs pauvres du monde pourrait voir sa situation s’aggraver.
Mali : L'or a rapporté 1.000 millards de FCFA ces dernières années
2009-02-06
http://tinyurl.com/b3n393
Le ministre malien des Mines, de l'Energie et de l'Eau, a déclaré, le 2 février, que l'or a injecté au Trésor public 1.000 milliards de francs CFA (environ 2 milliards de dollars US) ces dernières années, alors que les sociétés minières ont versé 1,3 milliard de FCFA (2,6 millions de dollars US) à l'Institut national de prévoyance sociale (INPS) à titre de contribution. Le Mali compte aujourd'hui cinq mines d'or produisant en moyenne 50 tonnes d'or par an, ce qui fait du pays le troisième producteur d'or africain, après l'Afrique du Sud et le Ghana. Cette ressource apporte 70% des recettes d'exportation et 15% du PIB du pays.
Sénégal : La crise alimentaire mondiale a revalorisé la culture du riz
2009-02-05
http://tinyurl.com/dze2xl
"Quand le riz va, tout va" dit-on dans le delta du fleuve Sénégal. Or la riziculture s'y porte mieux depuis un an, dans un contexte de crise alimentaire qui incite le Sénégal à valoriser sa production locale. Entre Ross Béthio et Mboundom (nord-ouest), les bovins qui s'abreuvent au marigot et les rares singes cachés au bord de la piste voient passer de plus en plus de carrioles chargées de paille et de camions débordants de sacs de riz. "A présent, il y a des efforts du gouvernement, notamment pour subventionner à 50% le sac d'urée (engrais), constate M. Seck. Et nos revenus s'améliorent «un peu, un peu...»
Tchad : Le pétrole rapporte 1.500 milliards de FCFA en 4 ans
2009-02-06
http://tinyurl.com/c2w3cn
Le pétrole a rapporté, en 4 années d’exploitation, près de 1.500 milliards de francs CFA (plus de 3 milliards de dollars US) de recettes à l’Etat tchadien, selon le président de l’Union des syndicats du Tchad, Michel Barka. Mais le pétrole n’a rien changé au sort des huit millions de Tchadiens", a estimé ce dernier, lors d’une conférence de presse tenue le 3 février à Paris. Un mécanisme dit de "pré-affectation" et une structure associant la Société civile avaient été mis en place en 2004 pour assurer la bonne gestion des revenus pétroliers, sur insistance de la Banque mondiale.
Santé & VIH/SIDA
Afrique: Le cancer n’est pas «une maladie de Blancs»
2009-02-06
http://tinyurl.com/dgaxxd
La journée mondiale contre le cancer est consacrée aux pays en voie de développement. Le chiffre est alarmant. D’ici 2020, il pourrait y avoir un million de nouveaux cas de cancer en Afrique. La Journée mondiale contre le cancer organisée le 4 février a été consacrée aux pays en voie de développement, les plus touchés par cette maladie. A l’origine de la prolifération de ce fléau, les gouvernements qui n’appliquent pas des programmes de santé publique adéquats. Or, contrairement aux idées reçues, le cancer ne toucherait pas que les pays riches.
Gabon : La grève du personnel de santé se durcit
2009-02-06
http://tinyurl.com/b96atj
Le Syndicat national du personnel de santé (SYNAPS) du Gabon a décidé, le 2 février, de poursuivre son mouvement de grève entamé il y a plus de deux semaines sur l’étendue du territoire national. Ils continuent de demander l’ouverture de négociations sérieuses avec la tutelle sur les points inscrits dans leur cahier des charges. Le mouvement de grève avait déjà été durci en fin de semaine dernière par la suspension du service minimum mis en place dans les principaux centres de santé du pays
Sénégal : 700 nouveaux cas de cancer chez les enfants par an
2009-02-05
http://tinyurl.com/amfedq
Au Sénégal, environ 700 enfants développent une tumeur chaque année. Et ce nombre pourrait atteindre les 800 cette année 2009. Le chef du service de l'Unité d'oncologie pédiatrique d’un hôpital de Dakar, qui a révélé ces statistiques, souligne qu’un million de francs est nécessaire pour la prise en charge d'un enfant souffrant de cancer. Pour 12 millions d’habitants, le Sénégal compte près de cinq millions d’enfants âgés de moins de 15 ans. La plupart des cas de cancer chez l’enfant surviennent avant l’âge de cinq ans. Et parmi les enfants qui développent une tumeur au Sénégal, seuls 20 %, soit le cinquième bénéficie d’une prise en charge.
Zimbabwe : près de 63.000 malades du choléra et 3.229 morts
2009-02-05
http://tinyurl.com/aalq9o
Près de 63.000 cas de choléra ont été diagnostiqués depuis le début de l'épidémie en août dernier au Zimbabwe où 3.229 personnes sont mortes de la maladie, a annoncé le 2 février l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La barre des 60.000 cas diagnostiqués signe le "scénario du pire", selon les organisations humanitaires qui luttent contre la maladie. L'épidémie marque le pas à Harare, la capitale, mais fait de plus en plus de victimes dans les zones rurales, selon les données transmises par l'OMS.
Éducation
Togo : Grève d’avertissement de 48 heures dans l’enseignement
2009-02-06
http://tinyurl.com/ag77a2
La Fédération des syndicats de l’enseignement du Togo (FESEN) vient de lancer un mot d’ordre de grève de 48 heures pour les cycles primaire et secondaire à partir de jeudi 5 février, sur l’ensemble du territoire national. «C’est une grève d’avertissement au gouvernement», a déclaré le secrétaire général de la FESEN. Les enseignants entendent dénoncer par cette grève, leurs conditions de vie et de travail ainsi que la « lenteur dans l’exécution des mesures d’accompagnement promises après la suppression des frais de scolarités au Togo ».
Racisme & xénophobie
Global : La coupe du racisme en France déborde
2009-02-05
http://www.afrik.com/article16189.html
Le 1er février 2009, au journal télévisé de la chaine télévisée publique France 2, l’information suivante tombe : un médecin noir, urgentiste, s’est vu interdire l’accès à un malade pour lequel il avait été appelé en intervention au commissariat de la ville. L’agent de police auteur de ce forfait semblait douter de ses compétence. Le médecin n’a donc pas pu examiner le malade et celui-ci serait, parait-il, décédé. La chaîne a montré ensuite une interview du médecin concerné, en cachant son visage, il disait que s’il avait été blanc les choses ne seraient pas passées ainsi, car le policier lui avait demandé s’il était médecin.
Bien-être social
Sénégal : Un havre de paix pour les enfants de la rue
2009-02-05
http://tinyurl.com/a9p5lu
Ils sont jeunes, les enfants qui « terrorisent » les routes et ruelles de Dakar. Par dizaines, ils vagabondent dans les rues, à la recherche de quelque chose à manger, un peu d'argent, ou un endroit pour dormir. Parfois ils ne font rien spécialement, ils s'assoient sur un trottoir en discutant avec les vendeurs de la rue. Depuis quelques années, un premier cadre d'accueil avant le retour en famille a été ouvert pour les encadrer. L'Empire des enfants est une maison de protection et de réhabilitation pour les ex-enfants mendiants, orienté par la police vers le centre.
Plaidoyers & campagnes
RD Congo : Contre une solution à la française dans les Grand lacs
2009-02-06
http://www.pambazuka.org/fr/category/advocacy/53877
Les Congolais de la diaspora prévoient d'organiser pendant trois jours, à partir du 13 février, des manifestations devant l'Assemblée nationale française pour dire non au projet de Nicolas Sarkozy pour la paix dans la région des Grands Lacs. Jamais nous n'accepterons, disent-il dans un communiqué, "que le Kivu soit annexé au Rwanda, que la souveraineté et l'intégrité du territoire congolais soient violées, que les millions de morts congolais et les milliers de femmes violées soient sacrifiés pour les intérêts du Rwanda et de ses alliés, que les criminels de guerre aient la bénédiction de la France.
Assemblée Nationale
Contact : unionducongo@gmail.com
Conflits & urgences
Libéria : Du maquillage contre des armes, mais toujours pas d’emplois
2009-02-05
http://tinyurl.com/crf8x6
Tony Clarke a échangé deux grenades contre un ensemble de peignes, de pinceaux de maquillage et de vernis à ongles et une brève formation au métier de cosmétologue. Il fait partie des centaines de milliers de Libériens, dont bon nombre étaient encore enfants à l’époque, qui ont combattu durant la guerre ; une guerre qui a fait plus de 330 000 déplacés, des dizaines de milliers de blessés et un nombre de morts indéterminé. Il compte également parmi les 101 000 anciens combattants qui participent au processus de désarmement, démobilisation, réhabilitation et réinsertion (DDRR) mené par les Nations Unies depuis la fin de la guerre, il y a six ans. Mais pour l’instant, on ignore dans quelle mesure cette démarche leur sera profitable, puisque de nombreux apprentis ayant participé au programme n’ont toujours pas de travail.
Mali : Peut-on encore faire confiance au chef de la rébellion touarègue ?
2009-02-06
http://tinyurl.com/c9zqjw
Amed Ag Oussouf, connu pour être un proche du chef rebelles Ibrahim Ag Bahanga, a annoncé, le 3 février, la décision de l’Alliance Touareg du Nord-Mali pour le changement (ATNM) de rentrer dans les rangs de la République. Coup de bluff ou stratégie de combat ? Toujours est-il que cette décision est prise à un moment où l’ATNM est mise en difficulté sur le terrain par l’armée malienne, qui a déclenché depuis janvier une offensive d’envergure contre les positions de la rébellion. Une offensive à succès qui a contraint, dans un premier temps, les hommes d’Ag Bahanga à demander, le 1er février, un cessez-le-feu vite rejeté par les forces loyalistes.
Rd Congo : Kabila fixe le départ des militaires rwandais
2009-02-05
http://tinyurl.com/deb3n4
Le président Joseph Kabila assuré, lors d’une conférence de presse tenue le 31 janvier à Kinshasa, que les troupes étrangères impliquées dans les opérations militaires menées conjointement avec Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), au Nord-Kivu et en province Orientale, rentreront dans leurs pays respectifs dans les délais impartis. Le chef de l’État congolais a confirmé que dans quinze jours, les unités de renseignement du Rwanda et les FARDC procèderont à l’évaluation des opérations conjointes qu’elles mènent au Nord-Kivu contre les réfugiés hutu rwandais.
Rd Congo : MSF dénonce «l’inaction» des Casques bleus
2009-02-06
http://www.africatime.com/rdc/index.asp
L’ONG Médecins sans Frontières dénonce « l’inaction » de la force de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). « Sur le terrain, on a un grand nombre de villes et villages qui ont déjà été attaqués par l’Armée de résistance du seigneur», explique le responsable de MSF en RDC. Les attaques sont fréquentes à la sortie des villages, contre les habitants qui tentent de se rendre dans leurs champs, a-t-il expliqué. Des forces de la Mission de l’Onu en RDC (Monuc), M. Gaudry dit qu’on « ne les voit pas sur le terrain ».
Rwanda : Plus de 335 rebelles hutus rapatriés
2009-02-06
http://tinyurl.com/b3pk8h
L’opération conjointe FARDC-Armée rwandaise contre les rebelles hutus rwandais dans l’Est de la RDC porte de bons fruits. Les rebelles se présentent massivement à la Monuc pour regagner le Rwanda. Le responsable de la Division de démobilisation, rapatriement, réinsertion et réinstallation (Ddrrr) de la Monuc a révélé que sa section a identifié, le 3 février 2009, 217 combattants hutus rwandais et leurs dépendants qui sont dans différents centres. Parmi eux, 60 combattants et 157 dépendants et civils. La même source précise aussi que du 4 janvier au 3 février, 335 ex-combattants FDLR et leurs dépendants ont été rapatriés dans leur pays.
Cours, séminaires, & ateliers
Afrique : Atelier méthodologique du CODESRIA pour l’Afrique du Nord
2009-02-05
http://www.pambazuka.org/fr/category/courses/53851
L’atelier méthodologique du Codesria sur les sciences sociales, pour la session 2009, destiné aux étudiants doctorants et aux jeunes chercheurs africains de la sous-région d’Afrique du Nord, aura lieu à Oran, en Algérie. Les pays concernés sont tous les pays d’Afrique du Nord. Les langues de travail sont le français, l’anglais et l’arabe. La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 7 août 2009
Pour plus d’information voir : http://www.codesria.org
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
http://www.fahamu.org
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ISSN 1753-6839


Yash Tandon (2008) Ending Aid Dependence.
Dorothy-Grace Guerrero and Firoze Manji (ed) (2008) China’s New Role in Africa and the South: A search for a new perspective.