Cette édition
Pambazuka News 96: Les producteurs africains posent les jalons de la souveraineté alimentaire
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Résumé de l'Édition Anglaise, 4. Arts & livres, 5. Zimbabwe, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Mouvements sociaux, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Environnement, 15. Média & liberté d'expression, 16. Plaidoyers & campagnes, 17. Conflits & urgences
Sommaire de cette édition
CHRONIQUE : Le défi de la souveraineté alimentaire est possible, mais…
COMMENTAIRES & ANALYSES : Les défis de la société civile africaine.
RESUME DE L’ÉDITION ANGLAISE : L’Afrique du Sud retient son souffle avant la présidentielle du 22 avril.
ARTS & LIVRES : Sénégal : Baaba Maal remonte sur scène au profit de trois villages du Fouta.
ZIMBABWE : Le gouvernement va enquêter sur l’occupation des fermes des Blancs.
FEMMES & GENRE : Gabons : Les femmes rurales, véritables flambeau du développement.
DROITS HUMAINS : Côte d’Ivoire : Les juges vont entendre Mme Gbagbo sur l’affaire Kieffer.
ELECTIONS & GOUVERNANCE : Algérie : Les partis d’opposition veulent s’allier pour survivre.
CORRUPTION : Burundi : Le vice-président de l’OLUCOME assassiné.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Création d’un fonds d’investissement pour aider l’agriculture.
SANTE & VIH/SIDA : Afrique : Les chefs d’Etat africains passent à l’offensive contre l’ulcère de Buruli.
EDUCATION : Burkina : La machine anti-fraude aux examens est lancée.
ENVIRONNEMENT : Ethiopie : Renforcement de la production électrique neutre en carbone.
MEDIA & LIBERTE D’EXPRESSION : Congo : Protestations contre la suspension d’une télévision.
PLAIDOYERS & CAMPAGNES : Lettre à Sarkozy : Accordez la légion d’honneur à Alexandre Dumas.
CONFLITS & URGENCES : Burundi : L’ONU se félicite de la démobilisation de 12 enfants.
Chroniques
Le défi de la souveraineté alimentaire est possible, mais…
2009-04-21
Tidiane Kassé
http://pambazuka.org/fr/category/features/55774
La 10e édition de la Foire internationale agricole et des ressources animales (FIARA) vient de se tenir à Dakar, du 9 au 19 avril. Ils ont été près de cinq cents participants, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, guérisseurs traditionnels, venus d’Afrique de l’Ouest, à converger vers ce rendez-vous dont la dimension internationale se confirme de plus en plus. Au-delà de l’aspect commercial et de la mise en valeur des produits locaux, cette 10e FIARA a aussi été l’occasion d’échanges sur les politiques agricoles, avec un thème général portant sur la souveraineté alimentaire. Une question devenue centrale au moment où se met en place une Révolution verte, poussée par des institutions internationales et des multinationales, qui va changer les conditions et les finalités de la production agricole en Afrique.
Pour plusieurs producteurs interrogés par Pambazuka News au cours de cette FIARA, le miracle paysan ne viendra pas de cette révolution verte, encore moins d’une quelconque autre politique conçue dans l’ignorance du savoir faire paysan et sans la mise en place d’un environnement porteur.
Pour Kouao Sylvain, administrateur, chef de projet à l’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire (ANOPACI), «La Révolution verte est nouvelle forme de servitude».
Samba Mbaye, animateur rural de l’Union des groupements paysans de Mékhé (UGPM), au Sénégal, avertit : «La souveraineté alimentaire passe par le savoir-faire paysan»
Samba Guèye, président du Conseil national de concertation des ruraux (CNCR) du Sénégal, fixe le cadre : «Un marché agricole africain est un début de souveraineté alimentaire».
Sanou Issouf, coordonnateur des programmes Fédération nationale des organisations paysannes du Burkina Faso (FENOP), énonce un préalable : Les organisations paysannes ont besoin de s’unir
Lalayssa Niaré, responsable commerciale de la Maison du Karité de Siby, au Mali, dénonce : «Nos Etats se sont beaucoup fourvoyés en matière de politique agricole».
* Tidiane Kassé est le rédacteur en chef de l'édition française de Pambazuka News
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La Révolution verte est nouvelle forme de servitude
2009-04-21
Kouao Sylvain
http://pambazuka.org/fr/category/features/55775
Les politiques agricoles que nous menons dans nos pays restent les mêmes que ceux héritées de la colonisation. Il nous faut créer une rupture. Il est temps de rompre avec la logique de pays fournisseurs de matières premières pour les industries des pays du Nord. Il est temps de produire pour se nourrir, dégager des surplus et être concurrentiel dans nos marchés. A défaut d’une telle réorientation des politiques agricoles, la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaires resteront un leurre en Afrique.
Une politique agricole cohérente doit tenir compte de notre environnement. Elle doit reposer sur nos capacités à infiltrer les marchés intérieurs et les marchés sous régionaux. Mais elle doit aussi s’accompagner d’une politique d’éducation nutritionnelle de nos enfants, pour qu’ils reviennent à des valeurs de consommation que nous avons a perdues. Redonner sa place au mil, au sorgho, etc., dans l’alimentation permettrait de créer des marchés sur lesquels nous serons dominateurs, des marchés où nos producteurs pourront entrer en compétition avec leurs propres moyens et gagner le pari de la sécurité alimentaire.
Des préalables sont cependant nécessaires pour mettre le paysan africain dans les conditions de mener le combat de la sécurité et de la souveraineté alimentaire. Le savoir-faire pour produire, nous l’avons. Ce qui nous manque, c’est la formation. Il nous manque aussi un environnement favorable qui reposerait sur une politique d’accès au crédit, aux semences, aux facteurs de productions et à la terre.
Le monde n’est plus à une époque où le paysan africain doit continuer à utiliser la daba pour cultiver. Cela nous installe dans un cycle continu de forte natalité. Cultiver à la daba nécessite des bras. Dès lors, il faut faire des enfants pour entretenir les champs. La question est alors de savoir à quel moment on pourra arrêter d’en mettre au monde pour pouvoir les nourrir.
Il faut également comprendre que le travail de la terre n’est pas un pis-aller. Ce n’est pas ce qui reste à faire quand on ne sait plus comment gagner sa vie. Etre paysan, c’est un métier. Le regard qu’on doit poser sur ce paysan est celui qu’on a pour un chef d’entreprise. C’est-à-dire, quelqu’un qui travaille pour améliorer sa production et gagner plus d’argent, dégager des surplus pour tendre vers la dimension industrielle. Cette option politique manque à nos Etats.
Aujourd’hui, la question agricole, plus que tout autre, est une question de souveraineté. Les options venues d’ailleurs ne rejoignent pas toujours nos intérêts et il faut que nos gouvernants arrêtent de succomber aux effets de mode pour revenir à nos valeurs culturales. Il nous faut produire pour vivre d’abord, avant de penser à des cultures d’exportation. C’est nous qui avons faim, pas les autres.
La Révolution verte va nous enfermer dans un piège d’où nous ne pourrons jamais nous dégager. Malheureusement, nous sommes déjà dans l’engrenage. Un cartel de producteurs de riz est en train de se former. Qu’est-ce que nous faisons ? Nous allons pour signer des contrats. Aujourd’hui, quand le Vietnam décide de ne plus livrer du riz sur le marché international, chacun de nos Etat se rue pour essayer de signer un contrat de garantie. Oublié le sorgho, oublié le manioc.
Une des priorités actuelles, pour le monde paysan africain, est de faire une étude nutritionnelle sur le continent africain pour avoir une idée des priorités de consommation dans nos différents pays. Cette carte en main, nos pays pourront produire et échanger sans dépendre d’un marché international qui ne fait que nous enfermer dans la servitude.
* Kouao Sylvain est Administrateur, chef de projet à l’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de cote d’ivoire (ANOPACI)
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La souveraineté alimentaire passe par le savoir-faire paysan
2009-04-21
Samba Mbaye
http://pambazuka.org/fr/category/features/55776
La souveraineté alimentaire ne découle pas de slogans. Il y a nombre de préalables à assurer. Une de ces priorités me paraît importante : c’est la recherche. Mais une recherche qui associe les paysans. Nous avons un savoir faire, nous connaissons notre environnement et nous avons une meilleure idée de nos contraintes et de nos besoins. Avec un monde paysan tenu à l’écart du travail que mènent les chercheurs faute d’articulations, certains résultats dorment dans les tiroirs. Or les innovations et les inventions n’ont aucune utilité tant que l’expérimentation n’a pas fait ses preuves au niveau des champs. On peut dire la même chose du transfert de technologie, faute de mécanismes articulés.
Pour un développement agricole en Afrique, il est important de trouver des passerelles qui permettent d’exploiter le savoir-faire paysan et le coupler aux découvertes de la science moderne. Cette synergie doit reposer sur une volonté politique qui dépasse les simples programmes, surtout décrétés par l’Etat sans l’avis des producteurs. Depuis des années c’est ce à quoi on assiste au Sénégal, à la place des stratégies définies à long terme. Or, la sécurité alimentaire doit reposer sur une démarche sérieuse et concertée. Elle part de l’exploitation familiale qui est la cellule de base, le niveau de planification le plus bas. De là on peut réfléchir au niveau du village, puis des collectivités locales, de la région, avant d’atteindre la dimension pays.
A chaque niveau d’élaboration de cette politique, des accompagnements sont nécessaires. Aussi bien dans la technicité que dans la technologie à mettre en place, en encore dans le conseil et le suivi. Aujourd’hui, le monde rural manque de conseils agricoles. Le Sénégal dispose d’une Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural. Mais que peut faire une seule structure quand elle est chargée de suivre une communauté rurale de plus de 100 villages ? Au regard de ces limites, notre Union des groupements paysans cherche à se prendre en charge. Cependant, une telle entreprise va au-delà de nos capacités. Rien que de poser de bons diagnostiques pour comprendre et accompagner la logique et les mécanismes de l’économie familiale prend du temps.
L’Etat doit se pencher sur cet encadrement paysan pour le rendre efficient et efficace. Mais surtout le faire d’une manière qui tienne compte de nos intérêts et de nos réalités. A ce propos, une prise de conscience se développe dans le monde paysan. Nous devons attentifs et prudents par rapport à toutes ces initiatives qui tendent à nous replonger dans une forme nouvelle de recolonisation. Car c’est ainsi que nous percevons la révolution verte et l’intervention de toutes ces multinationales qui nous viennent avec leurs semences, leurs intrants et leurs Ogm. Nous comprenons les mécanismes de dépendance qu’elles veulent mettre en place.
Aux semences venues d’ailleurs nous préférons les nôtres. Elles peuvent être performantes si leurs conditions d’exploitation sont améliorées. Nous sommes également pour une fertilisation basée sur l’organique. De même, nous souscrivons à des techniques de production qui n’épuisent pas nos ressources. Il est aussi important de noter que le développement du monde paysan repose aussi sur l’affermissement de la dynamique ville-campagne en matière de production. Il faut promouvoir les petites exploitations familiales dans une perspective qui leur permet de nourrir les centres urbains. Mais cela suppose un changement des comportements alimentaires. Dans les conditions actuelles de colonisation alimentaire qui font que nous mangeons du pain français au petit déjeuner alors que nous ne produisons pas du blé, et laissons de côté le couscous ou la bouille matinale, on ne peut parler de politique de développement agricole.
* Samba Mbaye est animateur rural de l’Union des groupements paysans de Mékhé (UGPM), au Sénégal
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Un marché agricole africain est un début de souveraineté alimentaire
2009-04-21
Samba Guèye
http://pambazuka.org/fr/category/features/55777
Le défi de la sécurité et de la souveraineté alimentaire n’est pas une utopie. Il y a un engagement paysan fort pour y parvenir. Reste à assurer l’accompagnement efficace qu’il faut cela passe, entre autres, par la réalisation de grands aménagements permettant une bonne maîtrise de l’eau, par l’utilisation d’engins adaptés l’exploitation de superficies importantes, par la mise à disposition de semences et d’intrants de qualité.
Le monde paysan a aussi besoin de structures pour la transformation des produits à travers une chaîne de valeurs. Le développement agricole doit se faire par un passage à l’échelle. Il faut des circuits de stockage, de transformation et de commercialisation qui permettent l’écoulement de la production d’amont en aval, vers des marchés porteurs dont les paysans ne se limiteront plus à subir les tendances. Il s’agit donc de réfléchir en termes de jonction avec l’agro-industrie et l’agroalimentaire.
Mais tout cela découle d’une planification qui dépasse la dimension nationale. Comme l’Europe a eu son Plan Marshall au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Afrique doit aussi penser à mettre en place un plan d’intervention globale, avec des passerelles qui garantissent des politiques durables et fiables. Au niveau de la sous-région ouest-africaine, par exemple, une politique agricole globale est en train de se mettre en place, pour marché de 250 millions à 300 millions de personnes. Si on applique les conventions de libre circulation des personnes et des biens et qu’on organise ce marché commun, on va se retrouver avec un important espace de développement.
Cette approche endogène du développement agricole me paraît plus pertinente que d’avoir à se lancer dans ces initiatives comme la Révolution verte dont nous ne connaissons ni les tenants les aboutissants. Sauf qu’on a déjà vécu ces politiques qui ne sont que des éléphants blancs et imposent une nouvelle forme d’exploitation. Ce qui les intéresse les multinationales et les organisations qui cherchent à promouvoir cette approche, c’est le marché mais pas notre souveraineté alimentaire nationale et la sécurité alimentaire pour le paysan. Le paquet technologique et les OGM avec lesquels ils débarquent ne servent qu’à nous aliéner, à nous faire perdre le contrôle de nos systèmes et de nos moyens de production, finalement à nous asservir.
L’avenir de la production agricole pour le développement est d’abord dans la disponibilité de semences locales en qualité et en quantité, mais aussi dans la promotion de l’exploitation familiale pour la souveraineté et la sécurité alimentaire.
* Samba Guèye est président du Conseil national de concertation des ruraux (Cncr) du Sénégal
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Les organisations paysannes ont besoin de s’unir
2009-04-21
Sanou Issouf
http://pambazuka.org/fr/category/features/55778
Jusqu’à présent nous ne sommes pas encore assez informés sur la révolution verte et sur AGRA (Alliance for Green Revolution in Africa). . En tant que techniciens et producteurs, ces politiques internationales ne nous rassurent guère. Ce sont souvent des formes d’expérimentation qu’on développe et dont les échecs nous retombent dessus. Et tout cela me fait penser aux OGM. Aucune politique agricole ne peut faire le bonheur des Africains si elle ne repose pas sur une protection de l’environnement, si elle ne se développe pas en osmose avec celle-ci.
Tout ce qui se dit autour de la révolution verte, alors que nous souffrons d’un déficit d’information doit pousser les organisations paysannes à se mobiliser davantage, à s’unir et à s’épauler pour agir ensemble de manière concertée et structuré. Au Burkina, par exemple, existent plus de dix organisations paysannes. C’est trop. Il faut des synergies plus efficaces pour renforcer les capacités, aller dans le sens de la professionnalisation, aider les paysans à mieux planifier, à savoir mettre l’accent sur des spéculations qui peuvent leur rapporter.
Mais rien ne se fera de positif sans l’Etat. Les organisations paysannes ont besoin d’intrants, d’équipements, de facilités d’accès au crédit, etc. Faute de toute cela, nous serons toujours dans l’insécurité alimentaire. Faute de circuits de commercialisation efficaces et de prix incitatifs sur les marchés locaux, la situation ne changera pas non plus.
* Sanou Issouf est coordonnateur des programmes Fédération nationale des organisations paysannes du Burkina Faso (FENOP)
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Nos Etats se sont beaucoup fourvoyés en matière de politique agricole
2009-04-21
Lalayssa Niaré
http://pambazuka.org/fr/category/features/55779
Les décideurs politiques africains doivent réfléchir davantage avant de se lancer dans des programmes agricoles. Et cette réflexion ne peut se mener à l’exclusion du mouvement paysan. Tout doit commencer et se terminer par les producteurs à la base. Faute de se plier à une telle évidence, on s’est souvent fourvoyé. Il y a quelques années, au Mali, on a beaucoup motivé le paysan à se lancer dans la culture du coton. Où en est-on aujourd’hui ? A un constat d’échec.
Les intrants et le matériel étaient sur place, mais on s’est rendu compte, au niveau des producteurs que nous sommes, que beaucoup de paramètres n’avaient pas été maîtrisés. Ni à la base, ni au niveau de l’Etat. Le drame c’est qu’on avait laissé la culture du riz, du mil pour se lancer dans le coton. Ce qui, justement, nous faisait vivre.
Aujourd’hui, le Mali revient au riz, avec une initiative qui occupe une place importante dans le secteur agricole. Les résultats sont appréciables, mais là encore, il ne sert à rien de produire si d’autres en profitent pour vivre sur le dos des paysans. Or, des spéculateurs se sont saisis de très grandes quantités de riz qu’ils ont bloqués. Le Malien ne vit toujours pas de son riz et les prix restent à des niveaux inaccessibles. On se disait que le kilogramme de riz, principale nourriture des populations, allait baisser jusqu’à 200 ou 250 francs, mais on est toujours 300 à 400 francs (environ 1 $). On se demande à qui cette politique du riz a servi. Quand l’Etat lance un programme et laisse des spéculateurs ruiner des efforts de millions de paysans, on se pose des questions sur les volontés politiques ou sur les capacités de nos Etats à faire preuve d’indépendance.
* Lalayssa Niaré est responsable commerciale de la Maison du Karité de Siby, au Mali
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Commentaires & analyses
Les défis de la société civile africaine
2009-04-17
Michael Edwards
http://pambazuka.org/fr/category/comment/55692
Le fort soutien dont la société civile faisait l’objet au début des années 2000 est entrain de décliner. Ceci résulte partiellement du fait qu’on a usé et abusé du concept de société civile à des fins diverses et contradictoires. L’invasion américaine de l’Irak, par exemple, a été justifiée, par certains, comme une tentative de construction d’une société civile au Moyen Orient comme contrepoids à l’extrémisme. Cependant, de l’autre côté, Moscou a placé la société civile au cœur de sa politique de retour stratégique en développant une infrastructure officielle d’ONG pour déstabiliser les gouvernement pro-occidentaux et retrouver son influence dans des endroits comme l’Ukraine. Ces deux exemples démontrent l’aspect éminemment malléable de ce concept ou du moins l’usage qui en a été fait par certains politiques.
Aucun concept ne peut survivre à ce genre de manipulations. Au cours des cinq dernières années, on s’est éloigné de l’affirmation excessive qui veut que la société civile soit la nouvelle baguette magique pour les problèmes de démocratie et de développement. Comme le formulait un spécialiste, « l’église de la société civile » a perdu de sa magie et quelques-uns de ses membres. Il est certainement bon d’avoir un débat plus rigoureux, de se forcer à une approche plus analytique du potentiel de la société civile dans son rôle de vecteur de changements cruciaux et d’instrument pour une meilleure compréhension de notre monde.
Nous ne pouvons nous permettre de nous montrer trop romantiques à un moment où la pratique de la société civile se trouve défiée par les développements politiques et économiques dans tant de pays.
Du côté politique, les tentatives de restreindre ou de fermer les espaces pour des actions indépendantes de citoyens ont augmenté à mesure que les gouvernements, de la Russie au Brésil, de l’Egypte au Cambodge et de l’Ouganda aux Etats-Unis, ont édicté des lois et des règles ainsi que les conditions d’enregistrement plus restrictives pour les ONG et autres groupes de la société civile. Beaucoup de ces tentatives ont été justifiées par la guerre contre le terrorisme et la nécessité de serrer les vis à des organisations présentées comme susceptibles de financer le terrorisme. Compte tenu du peu de cas de poursuites en justice, il est plus vraisemblable que ces mesures ont été prises pour des raisons autres. Comme la crainte de l’influence croissante de la société civile, le prix inévitable de son succès.
Par ailleurs, la société civile a été également remise en cause à propos de la question de la responsabilité. Il s’agit d’une question qui préoccupait depuis longtemps des groupes de la société civile eux-mêmes (et qui a été l’objet de progrès substantiels ces dernières quelques années), mais qui a été utilisée par ses détracteurs pour remettre en cause plus largement la voix, le rôle et la légitimité de celle-ci.
Ceci constitue une évolution importante, parce que l’histoire récente nous apprend que les relations ONG-gouvernements, ainsi que les mouvements sociaux et les formations émanant de la société civile ont plus de chance de pouvoir se développer dans un régime ouvert. Par conséquent, restreindre la liberté d’expression, d’association ainsi que l’accès à l’information rendra encore plus difficile l’identification et le renforcement de la connexion que nous devons établir entre la vie associative, la sphère publique et la société, laquelle connexion constitue le thème central du débat concernant la société civile.
Le second groupe de défis provient de la sphère économique, de la crise financière globale qui affecte tous les budgets et dotations de la société civile, mais aussi de l’empiètement par les affaires et le marché dans des domaines considérés comme la chasse gardée de celle-ci.
Pendant de nombreuses années, il y a eu tension entre l’interprétation radicale et néo-libérale de la société civile. Cette dernière s’affirme comme une plateforme sociale, culturelle et politique à partir de laquelle mettre en cause le statu quo et proposer de nouvelles alternatives. De l’autre côté on la perçoit comme le pourvoyeur de service du secteur non lucratif rendu nécessaire par les faillites de l’économie de marché.
C’est cette deuxième approche qui a le vent en poupe, surnommée philanthro-capitalisme par le journaliste Mathew Bishop, est caractérisée par une manie qui consiste à tout voir au travers du prisme du business et à générer des revenus provenant du commerce. Ce qui induit une compétition entre des groupements de la société civile qui sont supposés produire de meilleurs résultats. Ce qui manque à ce tableau, ce sont les aspects plus traditionnels de l’action collective : les prises de décision démocratique, l’organisation communautaire et les valeurs non commerciales de solidarité, de service et de co-opération. « Une société qui réduit toute chose à des aspects marchands divise inévitablement ceux qui peuvent acheter de ceux qui ne peuvent pas, minant ainsi le sens des responsabilités et, avec, la démocratie’’.
Par conséquent, nous devons nous demander si ces deux développements du philanthro-capitalisme et les contraintes croissantes des gouvernements, menacent le potentiel de transformation de la société civile en réduisant la possibilité ou la volonté de groupes de citoyens à demander des comptes aux pouvoirs publics et privés pour leurs actions, de générer des idées alternatives et des positions politiques, de pousser pour des changements fondamentaux dans les structures de pouvoir et d’organiser des actions collectives à grande échelle afin d’obtenir des changements durables dans les relations sociales, politiques et économiques.
Ces préoccupations sont étayées par des critiques plus fondamentales de la société civile, en théorie et en pratique. A savoir qu’elle répond à des intérêts et des ordres du jour extérieurs. Il y a aussi la récrimination selon laquelle la société civile est un dangereux divertissement des forces qui devraient être consacrées à la construction d’une identité nationale inachevée ainsi qu’au développement d’Etats ayant autorité et légitimité pour la distribution des terres et autres ressources, de même qu’à donner une direction cohérente au développement économique et social. Le refrain est donc là, que les sociétés africaines sont trop divisées par leurs particularités pour avoir un sens de la chose publique ou des intérêts communs. S’y ajoute l’étiquette dont sont affublés les militants de la société civile comme étant des élites urbaines sans électorat au-delà du Café Internet et du hall de départ de l’aéroport pour Davos ou le pour Forum Social Mondial.
Récemment, dans un écrit provocateur concernant le Zimbabwe, Mahmood Mamdani, dans la London Review of Books, écrivait : « Ces arguments ne sont pas nouveaux, jetant les champions de la souveraineté nationale et du nationalisme étatique contre les défenseurs de la société civile et de l’internationalisme. Un groupe accuse l’autre d’autoritarisme et d’autosatisfaction intolérante ; il répond que ces détracteurs pataugent dans les largesses des bailleurs de fond. Les nationalistes parlent de racisme historique qui aurait migré des milieux gouvernementaux vers la société civile à la fin de l’époque, coloniale cependant que les militants de la société civile parlent d’un nationalisme épuisé, déterminé à alimenter les vielles injustices. Les nationalistes ont réussi à résister aux oppositions provenant de la société civile, renforcés par les sanctions occidentales, parce qu’ils sont soutenus par un grand nombre de paysans. »
La vision de la société civile est trop rigide, trop statique, trop absolue, trop biaisée et trop distante des réalités vécues à travers les actions citoyennes qui fournissent la plus importante source d’apprentissage et d’expérience pour la discussion. Il s’agit d’une vision trop étroitement focalisée sur une certaine définition de la société civile dominée par les ONG financées par l’étranger. Il faut se souvenir que la société civile représente bien plus que cela. Elle signifie un type de société marquée du sceau de la légalité et de la justice, de la démocratie et de la tolérance ; elle signifie toutes les formes d’actions collectives bénévoles, formelles et informelles, traditionnelles et modernes, religieuses et séculaires et non seulement les activités de quelques ONG. Et parce que ces diverses associations génèrent des visions en compétition les unes avec les autres, concernant les tenants et les aboutissants d’une société meilleure, ceci induit aussi des endroits et des espaces, réels et virtuels dans lesquels ces différentes visions peuvent être réconciliées et les sociétés peuvent s’assurer d’un consensus politiques sur la meilleure manière de progresser.
La société civile est simultanément un objectif à atteindre, un moyen pour l’atteindre et un cadre pour discuter les moyens nécessaires pour cette finalité. Lorsque ces trois aspects convergent et intègrent les différentes perspectives dans un cadre de soutien mutuel, le concept de société civile peut expliquer nombre de choses concernant le cours de la politique et les changements sociaux et peut servir de cadre pratique pour organiser la résistance et proposer des alternatives aux problèmes sociaux, économiques et politiques.
La société civile représente le cours infini du pouvoir créatif de l’entreprise humaine exprimé dans la quête collective de la société idéale, avec des myriades d’aspects différents, mais ayant à faire face à des questions et dilemmes qui dépassent les limites du temps, des nations, de la langue et de la culture. Et, en tant que telle, elle est aussi une idée compliquée qui ne génère pas de prescriptions politiques simples et universelles. Mais ces complications rendent – paradoxalement- plus facile la compréhension de ce que nous pouvons faire afin de protéger et d’étendre le rôle de la société civile dans le monde, avec les nuances et le raffinement nécessaire.
A quoi ces idées renvoient-elles à propos de la société civile en Afrique ? De toute évidence, il est impossible de généraliser au vu de contextes aussi divers que celui de l’Egypte, du Sénégal, de la Somalie, du Malawi ou de l’Afrique du Sud. Je ne me reconnais pas d’expertise particulière pour l’un ou l’autre de ces contextes, mais une esquisse rapide des problèmes principaux pourrait commencer par la reconnaissance que le début du travail sur les sociétés civiles en Afrique - qui tendait à nier la pertinence du concept ou qui recherchait les schémas de la vie associative familière à l’Occident - a été remplacé par une nouvelle approche, formulant des théories et générant une pratique nettement africaine.
Au centre de cet effort, il y a la nécessité de réinterpréter et de recombiner les relations entre des associations basées principalement sur des allégeances tribales et de clans (une conséquence naturelle de la façon dont les sociétés africaines ont été structurées) et celles qui transcendent les liens et les affiliations et qui ont pris une importance croissante au cours de ces cinquante dernières années.
Nous savons que les deux types d’association existaient dans l’Afrique coloniale, où les mouvements nationalistes émergeaient aux côtés d’églises indépendantes, de groupements féminins d’entraide, de regroupements professionnels et de voisinage, des syndicats, des organisations paysannes et des réseaux politico-culturels qui ignorent les limites traditionnelles, etc. Ces associations ont été stimulées par l’urbanisation et l’exode rural qui ont amélioré l’accès à la scolarisation et à la formation et favorisé le développement de l’économie de marché (les deux nécessitant et créant une palette toujours plus étendue d’intermédiaires, de groupes de mutuelles et d’associations ayant des intérêts en communs). Elles ont été aussi favorisées par la lutte pour l’indépendance dans laquelle les militants de la société civile ont souvent joué des rôles déterminants. Autre élément structurant : la tendance à la décentralisation et à la démocratie dans la période suivant l’indépendance, lorsque les ONG de défense des Droits de l’Homme et pour le développement ont commencé à émerger à travers tout le continent.
Au cours des années 1980, l’éclosion des démocraties en Europe de l’Est et la controverse croissante à propos de politiques économiques tels les ajustement structurels, ont donné une nouvel élan aux ONG et aux organisations communautaires. Celles-ci recevaient toujours plus d’aide étrangère dans le but d’exiger davantage de responsabilité de la part de gouvernement nouvellement élu, de pourvoir des moyens additionnels pour la participation des citoyens, là où les systèmes politiques étaient insuffisants et de fournir des prestations liées au développement pour les populations économiquement faibles ou autrement marginalisées.
Le futur de la société civile en Afrique (et beaucoup d’autres choses) sera déterminé par l’interaction de ces différents types d’associations et le changement de la nature de l’Etat, de l’économie et des forces internationales. Est-ce que de nouveaux publics vont émerger qui sont assez forts pour faire fi de leurs allégeances premières ou est-ce que ces identités vont continuer a être la principale source de sécurité (et donc de loyauté) pour ceux qui se sentent exclus des bénéfices politiques et économiques du progrès ? Peut-être que le futur contiendra des éléments des deux, compte tenu qu’on ne peut pas affirmer que toutes les nouvelles associations sont bonnes et que toutes les anciennes sont mauvaises.
* A suivre : la seconde partie paraîtra dans le prochain numéro de Pambazuka News
* Michael Edwards est un chercheur et écrivain de renom sur la société civile et les questions de développement. Ce texte est une allocution introductive à une conférence animée organisée par Trust Africa à Dakar, en février 2009
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Sénégal : Les dérives d’un bicéphalisme politico-religieux
2009-04-17
Sanou Mbaye
http://pambazuka.org/fr/category/comment/55700
Le revers infligé au président du Sénégal, Abdoulaye Wade, par un chef religieux qui a remis en cause sa décision de faire construire une école française à Touba (capitale du mouridisme, une confrérie séngalaise), a réjoui un grand nombre de personnes. Les images juxtaposées des déclarations de Wade en la matière et du démenti cinglant que lui fit le chef spirituel ont fait la Une de la presse nationale et internationale. La joie que suscite la déconvenue de Wade chez certains aurait été légitime si elle avait célébré, comme lors des élections locales qui viennent de se dérouler, la sanction des dérives d’un pouvoir ivre de ses excès. Mais peut-on décemment se réjouir d’un tel camouflet, même si c’est Wade qui en est le destinataire ? En effet, l’opposition d’un chef religieux à l’implantation d’une école républicaine dans son fief constitue un déni constitutionnel. Le Sénégal est, de par sa Constitution, un Etat laïque, une laïcité qui n’a cessé, il est vrai, d’être mise à mal par une oligarchie religieuse, avec la complicité des classes dirigeantes du pays.
Le Sénégal est confronté à des défis énormes pour reconstituer ses valeurs dilapidées, moderniser ses institutions et son appareil productif. Ce sont des esprits modernes, libérés des ténèbres de l’ignorance et guéris des stigmates de l’idolâtrie qui pourront s’attacher aux taches gigantesques en attente, et non des forces obscures politico-religieuses dont l’engouement pour les richesses du monde n’a d’égal que l’inaptitude politique et religieuse dont elles font montre.
Au plan politique, l’alliance entre les élites occidentalisées à la tête du pays et les héritiers des fondateurs des deux principales confréries religieuses (« tidjane et mouride ») du Sénégal, s’est instituée au Sénégal avec le concours intéressé de Léopold Sédar Senghor, le premier président du pays. Ce bicéphalisme politico-religieux de l’exercice du pouvoir servait les ambitions des deux camps. Celles de Senghor, que son appartenance à la communauté chrétienne fragilisait dans un pays à majorité musulmane, et celles des héritiers des chefs religieux soucieux de se constituer des rentes viagères.
Senghor se servit de la délégation de pouvoir qu’il fit aux religieux pour neutraliser ses principaux opposants, d’abord Lamine Guèye, puis Mamadou Dia, deux progressistes qui, bien que musulmans, voulaient, à l’instar de Sékou Toure en Guinée, croiser le fer avec les membres des dynasties religieuses qui n’avaient d’autre légitimité que celle que leur conférait leur statut de descendants d’hommes que leurs contemporains avaient plébiscités et vénérés comme leurs chefs spirituels.
En effet, au 19eme siècle, ces hommes, El Hadj Malick Sy, le fondateur de la confrérie tidjane, et Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de la confrérie mouride, jouèrent un rôle éminemment important. Ils donnèrent un nouveau sens, une nouvelle direction et une organisation sociale et religieuse régénérée à des populations plongées dans les désarrois de la mécréance et de l’occupation étrangère. En perte de repères, les populations s’identifièrent d’autant plus à ces héros qu’ils incarnaient non seulement des qualités humaines hors du commun, mais ils étaient également auréolés d’un halo d’érudition, d’ascétisme et de sainteté.
Au plan économique, la coalition des élites politiques et religieuses a contribué à asseoir l’économie du pays sur une seule culture de rente, l’arachide. Un choix scellé par l’opposition radicale des pouvoirs religieux aux programmes de reforme du secteur agricole du premier président du Conseil du Sénégal, Mamadou Dia. L’attitude des marabouts ne devait rien à la spiritualité et tout au mercantilisme. Ils avaient une mainmise totale sur la culture de l’arachide qui constituait leur principale source de revenus et celle du pays. Mais la culture de l’arachide a la caractéristique de transformer les terres arables en terres arides.
Avec l’épuisement continu des sols, des cultivateurs, pour trouver de nouveaux sols plus riches, émigrèrent en grand nombre vers les terres grasses de Casamance, bouleversant le rythme des cultures traditionnelles de cette région du sud et causant de graves problèmes politiques, fonciers et communautaires qui ont engendré des conflits dont les retombées se font sentir encore aujourd’hui. Pire, le maintien de l’appareil productif hérité du pouvoir colonial français, et dont l’arachide constitue la pièce angulaire, demeure l’une des causes premières des ennuis présents et passés du Sénégal.
Au plan social, l’allégeance des populations à des guides religieux qui se distinguent d’avantage par leur affairisme, leur esprit du lucre, leur insatiable propension à consommer et leur capacité à vivre sur le dos de l’Etat et des contribuables, que par leur contribution à l’éducation religieuse et à l’éveil des esprits et des consciences. Ils entretiennent un obscurantisme des esprits qui se nourrit de la survivance de croyances et de pratiques d’un autre âge : idolâtrie, sorcellerie, charlatanisme, superstitions, etc.
En conclusion, ne nous réjouissons pas du camouflet infligé à Wade par le maitre de Touba, car ce revers là est aussi celui de la république et des forces progressistes du changement.
* Ressortissant sénégalais basé à Londres, auteur de « l’Afrique au secours de l’Afrique », Les éditions de l'Atelier, Ivry-sur-Seine, France, 2009".
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Togo : Querelle de famille autour du fauteuil présidentiel
2009-04-16
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=96768
Depuis la mort de leur père, en 2005, les frères Gnassingbé s'entre-déchirent pour lui succéder. Faure, qui a pris la place du général-dictateur, tente par tous les moyens d'écarter ses frères de la fonction suprême. Depuis le 14 avril, Kpatcha Gnassingbé est arrêté et inculpé pour complot et tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat par le régime de son frère. Ce feuilleton politico-familial à forts relents de bataille pour le pouvoir éclate à quelques mois seulement de la présidentielle pour laquelle tous les autres candidats se préparent activement.
Résumé de l'Édition Anglaise
L’Afrique du Sud retient son souffle avant la présidentielle du 22 avril
2009-04-17
Sanusha Naidu
http://www.pambazuka.org/en/category/features/55643
Dans cette édition spéciale de Pambazuka News, consacrée à l’élection présidentielle qui se tient le 22 avril, Sanusha Naidu a analyse le contexte dans lequel se déroule ce scrutin et présente les analyses faites par différents auteurs. Alors que certains ont choisi de mettre l'accent sur la nature changeante de la domination politique de l’ANC et de ses difficultés actuelles, d'autres ont mis insistent sur l'absence d'une véritable libération pour la majorité pauvre, quelque 15 ans après l'élection historique de Mandela, en 1994. Il en est encore qui appellent au boycott de l'élection. Mais touts ont en commun un désir d'offrir une lecture profonde du paysage politique en Afrique du Sud, dans la perspective de scrutin à venir.
Arts & livres
Sénégal : Baaba Maal remonte sur scène au profit de trois villages du Fouta
2009-04-16
http://tinyurl.com/cvecze
Baba Maal et son orchestre se produiront le 25 avril à Paris, dans le but de lever des fonds au profit de trois villages défavorisés du Fouta, dans le nord sénégalais. Après l’étape de Paris, Baaba Maal poursuivra son odyssée sur les grandes scènes du monde notamment en Angleterre, dans plusieurs grandes villes d’Europe, en Amérique du Nord. Il est aussi attendu cette année au Montreux Jazz Festival (Suisse) prévu en juillet prochain.
Zimbabwe
Le gouvernement va enquêter sur l’occupation des fermes des Blancs
2009-04-17
http://tinyurl.com/dgdqkt
Le gouvernement zimbabwéen a l'intention de lancer une enquête sur les récentes occupations de fermes appartenant à des Blancs, a annoncé le 16 avril le vice-président et ancien opposant Arthur Mutambara. "Une équipe représentant les différents partis va se rendre dans les fermes pour comprendre ce qui s'y passe et agir en conséquence. Nous essayons de régler rapidement ce problème (...) C'est une question de vie ou de mort", a-t-il déclaré. Depuis la formation d'un gouvernement d'union en février, les fermiers blancs ont subi une nouvelle vague de violences, qui va à l'encontre de l'accord de partage du pouvoir signé entre Mugabe et Tsvangirai.
Femmes & genre
Gabon : les femmes rurales, véritable flambeau du développement
2009-04-16
http://www.afrik.com/article16425.html
Les femmes des départements de la province de l’Estuaire (où est située Libreville), frappées de plein fouet par la pauvreté et la cherté de la vie, ont décidé pour la plupart de se lancer dans les activités commerciales et agricoles. Face à la conjoncture économique actuelle et devant la flambée vertigineuse des prix des produits de base, ces femmes n’ont qu’une alternative : valoriser les terres de leurs ancêtres.
Niger : Dix villages renoncent à l’excision
2009-04-16
http://tinyurl.com/dnxqta
Le combat contre les pratiques traditionnelles néfastes, enregistre quelques succès au Niger. Ainsi, 10 villages de la zone de Makalondi, à une centaine de kilomètres de Niamey, ont décidé de renoncer, une fois pour toutes, à l’excision. La lutte contre cette pratique a connu quelques progrès au Niger, après des années d’un silence complice dicté par les tabous et autres non-dits. Aujourd’hui les langues se délient et l’État nigérien a, pour sa part, mis en œuvre tout un arsenal juridique pour combattre les mutilations génitales des filles.
Droits humains
Global : Les albinos toujours pourchassés
2009-04-16
http://www.cameroun2011.com/blog/?p=2048
Stefan, un albinos, est arrivé en Italie il y a deux ans après avoir fui le Cameroun, où il est né. L'Italie lui a accordé l'asile humanitaire. Il vit actuellement à Turin. Formé au journalisme, il est, pour l'instant, sans emploi. «J’ai quitté mon pays pour échapper aux discriminations dont sont victimes les albinos comme moi. On parle de plus en plus de la souffrance des albinos de Tanzanie, mais la situation est la même au Cameroun. Dans le Sud-Ouest, où j’ai fait mes études, une vieille croyance dit que, lorsque qu’il y a une éruption volcanique, seul le sang des albinos peut calmer le dieu de la montagne», témoigne Stefan, ainsi que d’autres albinos.
Côte d’Ivoire : les juges vont entendre Simone Gbagbo dans l’affaire Kieffer
2009-04-16
http://tinyurl.com/co43wq
Les deux juges français en charge de l'affaire de la disparition du journaliste Guy-André Kieffer, seront en Côte d'Ivoire du 19 au 26 avril. Ils devraient auditionner l'épouse du président ivoirien ainsi que le ministre ivoirien du Plan et du développement, Paul-Antoine Bohoun Bouabré. Ce déplacement interviendra trois jours après le cinquième anniversaire de la disparition du journaliste franco-canadien, aperçu la dernière fois le 16 avril 2004 à Abidjan. Les deux personnalités ivoiriennes ont accepté le principe de ces auditions après avoir refusé, à deux reprises l'an passé, de se rendre en France pour y être entendu comme témoins.
RD Congo : le Bas-Congo se révolte contre les affectations budgétaires
2009-04-16
http://digitalcongo.net/article/57512
Toutes tendances politiques confondues, les députés provinciaux du Bas-Congo s’étonnent que le gouvernement central ne tienne pas compte du compromis national intervenu l’année dernière dans le cadre du budget 2009 en ce qui concerne la part des recettes revenant à leur province. Celle-ci était « chiffrée à quelque 70 milliards de francs congolais au lieu de 42 milliards unilatéralement imposés », ont-ils déploré. D’autres provinces pourraient leur emboîter le pas.
Soudan : 9 Darfouris pendus pour le meurtre d'un jounaliste
2009-04-16
http://tinyurl.com/cvrtxz
Neuf hommes originaires du Darfour, reconnus coupables en 2007 du meurtre d'un journaliste, ont été exécutés au Soudan. Les neuf hommes ont été pendus à la prison Kober à Khartoum. Cette affaire était jugée sensible par le pouvoir central soudanais, qui avait interdit la diffusion de toute information à l'exception de celles délivrées par la presse officielle. Les neuf hommes étaient originaires du Darfour. Le corps décapité du journaliste, rédacteur en chef et propriétaire d’un journal en langue arabe, avait été retrouvé sur une route de Khartoum en septembre 2006.
Tunisie : HRW appelle à laisser visiter les prisons
2009-04-17
http://tinyurl.com/cpbk89
L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a appelé, le 16 avril, la Tunisie à respecter son engagement pris, il y a un an, devant le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, de laisser les ONG visiter ses prisons. Une des conditions posées par la Tunisie est de n'autoriser l'ONG à s'entretenir "qu’avec un échantillon de prisonniers" acceptant d'être interrogés. Human Rights Watch demande la possibilité de parler avec "des prisonniers spécifiques choisis sur la base de son actuel suivi de la situation dans les prisons", explique-t-elle.
Mouvements sociaux
Gabon : Situation dramatique dans les hôpitaux à cause de la grève
2009-04-16
http://tinyurl.com/dzmwyf
En raison de la grève nationale des travailleurs de la santé au Gabon, qui dure depuis trois mois, les hôpitaux publics renvoient chez eux des personnes gravement malades. Le principal syndicat de travailleurs de la santé, le SYNAPS, a prévenu que le service minimum serait aussi suspendu fin avril si leurs revendications de longue date concernant les salaires et les conditions de travail n'étaient pas satisfaites. Les professionnels de la santé sont en grève au Gabon depuis le 12 janvier, à l'exception d'une courte interruption en mars suite au décès de la Première dame du Gabon.
Maroc: Les transports paralysés par la grève
2009-04-16
http://tinyurl.com/c6lnbs
Casablanca, est menacée de paralysie par une grève des chauffeurs de taxis et des transporteurs routiers entamée il y a près d'une semaine. Ils protestent contre un vaste projet de réforme du code de la route, prévoyant la mise en place d'un permis à points et des peines de prison en cas d'infractions graves. Depuis le 6 avril, la majorité des petits taxis rouges (trajets interurbains) et des grands taxis blancs (trajets extra-muros) ont arrêté de travailler. Les grévistes réclament le retrait pur et simple de la réforme.
Soudan : Emeutes après l'exécution de neuf Darfouris
2009-04-16
http://tinyurl.com/cp4a4u
Une foule de quelque 5.000 personnes a assisté à Khartoum aux obsèques de neuf hommes originaires du Darfour exécutés le 13 avril après avoir été reconnus coupables d'avoir trempé dans l'assassinat, en 2006du rédacteur en chef d'un journal en langue arabe. En dépit d'un importante présence policière, ce défilé a donné lieu à des débordements. Des participants, dont certains scandaient des slogans en faveur de rebelles du Mouvement de Libération du Soudan, ont incendié trois magasins et une dizaine de véhicules et en ont endommagés d'autres.
Elections & gouvernance
Algérie : les partis d’opposition veulent s’allier pour survivre
2009-04-17
http://www.afrik.com/article16603.html
Le Conseil constitutionnel a proclamé officiellement, le 13 avril, Abdelaziz Bouteflika réélu à la présidence de l’Algérie pour un troisième mandat avec 90,23% des voix et un taux de participation de 74,56%. Cette élection, contestée par l’opposition, a poussé les partis du FFS et du RCD à envisager un rapprochement. Les deux entités s’affairent à revoir leur feuille de route pour pouvoir survivre à ce tsunami électoral du 9 avril et ont affiché leur volonté de se rapprocher pour faire face à la menace de recul démocratique.
Afrique : Réunion extraordinaire des chefs d’Etat des Grands Lacs en mai
2009-04-16
http://tinyurl.com/cm2359
Fixée initialement le 31 janvier à Addis Abeba, la réunion extraordinaire des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs est programmée pour le 15 mai 2009, à Nairobi. Il sera question du dépôt officiel du rapport sur les négociations directes entre le gouvernement de RD Congo et le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP). Le report de la rencontre était intervenu à la suite des changements intervenus sur le terrain des combats au Nord-Kivu. Notamment le limogeage du général Laurent Nkunda, la déclaration de cessation de guerre par le CNDP, le déclenchement de l’opération militaire conjointe entre la RD Congo et le Rwanda.
Côte d'Ivoire: l'ex-rébellion appelle Soro à ne plus être Premier ministre
2009-04-16
http://tinyurl.com/cgpfuj
L'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) a appelé le 13 avril son chef Guillaume Soro à quitter le poste de Premier ministre, pour qu'il ne soit pas "comptable" de la "manoeuvre" menée, selon elle, par le parti au pouvoir pour "empêcher les élections". Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion, les ex-rebelles estiment que l'"objectif réel" du FPI "est de mettre tout en oeuvre pour empêcher les élections de se tenir, tout bloquer afin de sauvegarder tous les privilèges acquis" depuis l'élection de Laurent Gbagbo à la présidence en 2000.
Algérie : l’étrange plébiscite de Bouteflika
2009-04-16
http://www.afrik.com/article16595.html
L’opposition dénonce des fraudes massives lors de l’élection présidentielle en Algérie, dont les résultats ont été prononcés le 10 avril. La vraie surprise a été le taux de participation. A moins de 10% à la mi-journée, selon certains observateurs, il a curieusement grimpé à un peu plus de 74% le soir, à la fin du scrutin. Ce taux est même supérieur à celui de la dernière présidentielle de 2004 alors que, sur le terrain, les observateurs ont constaté qu’il n’y a pas eu d’affluence.
Guinée : Le chef de la junte menace d'"ôter la tenue" pour être candidat
2009-04-17
http://tinyurl.com/dyhb47
Le chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre en Guinée a menacé, le 15 avril, d'"ôter la tenue" militaire pour se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue en décembre. Le capitaine Moussa Dadis Camara a souligné qu'il avait maintes fois déclaré n'être pas candidat à la présidentielle, mais a évoqué "un acharnement des leaders d'opinion contre le CNDD" (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte). "S'ils (les leaders politiques) ne reconnaissent pas le CNDD comme nous les avons reconnus, s'ils ne mettent pas de l'eau dans leur vin, je vais ôter la tenue et je vais me présenter aux élections prochaines contre eux", a-t-il menacé.
Guinée-Bissau : Kumba Yala de nouveau candidat à la présidence
2009-04-16
http://gaboneco.com/show_article.php?IDActu=13149
L'ancien président de Guinée Bissau Kumba Yala, élu en 2000 et renversé par l'armée en 2003, a été investi par le Parti de la rénovation sociale (PRS) comme candidat à l'élection présidentielle du 28 juin, au cours d'une réunion très houleuse du bureau politique du PRS. La présidentielle doit avoir lieu moins de quatre mois après le double assassinat du chef d'état-major de l'armée Batista Tagmé Na Waié (le 1er mars) et du président de la République Joao Bernardo Vieira (le 2 mars).
Kenya : Démission courageuse de la ministre de la Justice
2009-04-16
http://tinyurl.com/d7yl3o
La démission la ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles du Kenya, Martha Karua, est un acte de courage exemplaire en Afrique. Empêchée de mener des réformes dans son ministère, elle a donc préféré claquer la porte du gouvernement. Or, en Afrique, les ministres préfèrent se la boucler, avaler des couleuvres plutôt que de rendre le tablier, un geste perçu comme un suicide. Sa démission met aussi au grand jour l’immobilisme du gouvernement de coalition qui peine à entreprendre les réformes pour lesquelles il a été formé.
Mauritanie : Boycott de la présidentielle par l'opposition
2009-04-16
http://tinyurl.com/c9667d
Le général Ould Abdel Aziz se présentera à la présidentielle du 6 juin en position de force, sans rival de poids en raison du boycott de l'opposition. En novembre, le chef de la junte affirmait que les militaires avaient été contraints de renverser le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi pour "sauver le pays" et non "par désir de prendre le pouvoir et encore moins pour y rester". Mais, le 12 avril, il a mis fin à un faux suspense en annonçant qu'il allait démissionner "avant la fin de la semaine", de l'armée comme de la présidence du Haut conseil d'Etat (junte), pour se "porter candidat à la présidentielle". "Ce n'est pas une surprise: il fait campagne depuis des mois et des mois, en voyageant à travers le pays", constate un chercheur de l'Institut français des relations internationales, Alain Antil.
Mauritanie : Le président déchu ne se présentera pas à la présidentielle
2009-04-16
http://tinyurl.com/ckfp3q
Sidi Ould Cheikh Abdellahi, premier président mauritanien démocratiquement élu en avril 2007 et renversé lors d'un coup d'Etat en août 2008, a déclaré qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle qui aura lieu le 6 juin prochain. Il a qualifié cette élection de "véritable farce (…) organisées unilatéralement par la junte militaire, en dehors d'un cadre constitutionnelle".
Niger: Le président Tandja accusé de vouloir "suspendre" la Constitution
2009-04-16
http://tinyurl.com/coc6ye
L'opposition au Niger accuse les partisans du président Mamadou Tandja de fomenter, "avec sa bénédiction manifeste", un plan visant à "suspendre la Constitution" pour permettre une prolongation de son mandat qui expire officiellement en fin 2009. Le président Tandja a plusieurs fois promis de se retirer à la fin de son mandat. Pourtant, lors d'une visite fin mars du président français Nicolas Sarkozy à Niamey, il n'a pas écarté la possibilité pour lui de rester plus longtemps que prévu à la tête du Niger pour "boucler" les projets en cours. Une grande manifestation est prévue le 21 avril pour protester contre toute éventuelle prolongation du mandat présidentiel.
Sénégal : Les risques diplomatiques d’une brouille avec le Maroc
2009-04-17
http://tinyurl.com/chuq2u
La crise à Air Sénégal international (Asi), qui empoisonne les relations d’affaires entre le Sénégal et le Maroc, partenaires dans la compagnie, présente des risques diplomatiques pour Dakar. «Le Maroc est le pays d’entrée des pays africain en Arabie Saoudite. Si le Sénégal s’aliène le royaume, il risquerait de se voir fermer les portes dans le Moyen-Orient», selon un diplomate sénégalais à la retraite. Lui et beaucoup de ses pairs se disent peinés par la tournure que prennent les relations entre Dakar et Rabat. Depuis quelques années, les relations entre Dakar et Rabat ont connu plusieurs couacs.
Soudan : Hassan al-Tourabi se retire de la scène politique
2009-04-16
http://tinyurl.com/cbb3wx
L'opposant soudanais Hassan Al Tourabi n'envisage pas de se présenter à l'élection présidentielle de 2010. Agé de 77 ans, le vieil opposant au président Omar el-Béchir invoque des questions d'âge et souhaite laisser la place à la jeune garde. Hassan al-Tourabi dirige le Parti du congrès populaire (PCP), formation qui n'a pas encore indiqué si elle présenterait un autre candidat en 2010 face au président sortant Omar el-Béchir. Hassan al-Tourabi veut se mettre en retrait, écrire des livres, dit-il, pour inspirer ou guider les gens.
Corruption
Burundi : Le vice-président de l'OLUCOME tué à son domicile
2009-04-16
http://www.africatime.com/burundi/index.asp
Le vice-président de l’Observatoire de Lutte Contre la Corruption et les Malversations Economiques (Olucome - la principale organisation de lutte contre la corruption au sein de la société civile burundaise), Ernest Manirumva, a été assassiné à son domicile dans la nuit de mercredi 8 au jeudi 9 avril à Bujumbura et des documents ont été dérobés. Tout semble indiquer que ce grand militant de la lutte anticorruption a été victime d’un meurtre de sang-froid. Ses assassins l’auraient attendu, cachés dans sa propriété, et ils ont pris soin d’emporter un certain nombre de documents, assure le directeur adjoint de la police.
Niger : La société civile exige un procès contre les députés véreux
2009-04-16
http://tinyurl.com/czu38u
La société civile nigérienne, qui mène depuis des mois un combat contre les députés qu’elle accuse d’avoir « perçu des sommes indues», a décidé de poursuivre son mouvement pour amener les parlementaires à rembourser les montants en question et à faire face à la justice pour «violation de la Constitution». Les députés sont accusés par la société civile de s’être accordés, lors de leurs délibérations, des indemnités et avantages illégaux au vu de la loi.
Développement
Afrique : Création d'un fonds d'investissement pour aider l'agriculture
2009-04-17
http://tinyurl.com/cfbtjv
Un fonds d'investissement, qui devrait à terme atteindre 500 millions d'euros, a été créé pour aider le développement des petites entreprises agricoles en Afrique, ont annoncé, le 15 avril, le secrétariat français à la Coopération et la Banque du continent africain (BAD). Après les émeutes de la faim et face à la crise économique mondiale, "il faut réinvestir dans l'agriculture", a souligné le président de la BAD, lors de la signature d'une lettre d'intention portant création de ce fonds avec le secrétaire d'Etat français à la Coopération. Selon ce dernier, le "Fonds d'investissement pour l'agriculture en Afrique (FIAA) sera un atout pour l'agriculture familiale" et l'objectif est "d'être des accompagnateurs, des partenaires".
Afrique : Le corridor routier entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe se met en place
2009-04-16
http://www.africatime.com/djibouti/index.asp
Les bailleurs de fonds internationaux ont promis plus de un milliard de dollars pour la remise en état et le développement d’axes de transport en Afrique de l’est et en Afrique australe. Le projet de corridor Nord-Sud a pour but d’acheminer plus rapidement et à un moindre coût les marchandises sur les marchés grâce à de meilleures infrastructures et à des formalités douanières plus efficaces. Les fonds proviendront de la Banque mondiale, d’institutions financières de développement et du secteur privé. Le Royaume-Uni a également promis une aide de plus de 140 millions de dollars lors d’une conférence en Zambie.
Burundi : Chute vertigineuse de la production cotonnière
2009-04-16
http://tinyurl.com/c9cqce
La Compagnie nationale de gérance du coton (COGERCO) du Burundi a vu sa production annuelle passer de 9.000 à 3.000 tonnes au cours de ces 14 dernières années, suite aux effets conjugués de la guerre civile, de la réduction constante des surfaces cultivées, la stagnation des prix au producteur et de la faillite généralisée des industries textiles du Burundi. La surface cultivée du coton est passée de 11.500 à 5.000 hectares au cours de la même période, a fait savoir le directeur général de la COGERCO, qui a expliqué cette situation par la reconversion massive des paysans du secteur aux cultures vivrières, plus rentables.
Congo : la Banque Centrale vole au secours du Franc congolais
2009-04-16
http://www.groupelavenir.cd/spip.php?article24617
Depuis janvier 2009, le taux de change du Franc congolais est passé sur le marché parallèle de 666 FC à 853 FC pour 1 dollar américain, soit une dépréciation de 28%. Cette situation a conduit à une détérioration considérable du pouvoir d’achat de la population. Pour stabiliser durablement le taux de change, la Banque Centrale du Congo a décidé d’intervenir en usant de ses réserves.
Congo : Objectif, être premier producteur africain de potasse en 2012
2009-04-16
http://tinyurl.com/cfzf36
Le Congo envisage d'être, à l'horizon 2012, le premier producteur africain et le treizième au niveau mondial de potasse. MagMinerals Potasses Congo, qui mène la prospection de ce minerai depuis quatre ans dans le Kouilou, du sud du pays, est la filiale de la société canadienne Magindustries qui gère ce projet et détient 90% de son capital contre 10% pour l'Etat congolais. Selon les études, les réserves de potasses à produire sur le site de Mengo (à 15 km à l'Est de la capitale économique congolaise) sont estimées à 600 000 tonnes par an et s'étalent sur 58 ans.
Global : Les effets néfastes des APE dénoncés
2009-04-17
http://tinyurl.com/ccuh95
Plusieurs conférenciers se sont accordés pour dire que les APE feront plus de mal que de bien aux pays ACP, au cours de l’atelier qui s’est tenu à Johannesburg, début mars. Ces accords assembleront les économies de ces régions dans une zone de libre-échange avec l’Europe et donneront aux grandes entreprises européennes un monopole, qui est en lui-même anti-développement, ont-ils noté. Et d’ajouter qu’ils empêcheront les pays africains d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies. Plusieurs exemples ont été cités dans la SADC, indiquant les dangers de l’ouverture des marchés locaux sans considérer les implications de la libéralisation.
Global : Le prochain choc pétrolier se profile
2009-04-17
http://tinyurl.com/dhhdl4
Le prix du pétrole va bientôt remonter en flèche. Le prix actuel d’un baril, autour de 50 dollars, est en dessous du prix nécessaire correspondant à la demande actuelle durant une période soutenue, et il est bien en dessous du prix correspondant à la demande mondiale lorsque l’économie rebondira. De plus, avec l’impressionnante expansion monétaire initiée par la Federal Reserve aux Etats Unis – qui va continuer du fait de l’explosion des dépenses publiques – le dollar baisse face aux autres devises. Etant donné que le prix du pétrole mondial est exprimé en dollars, il va augmenter comme il y a deux ans.
Sénégal : Actionnaires et travailleurs de la SONATEL mobilisés contre France Telecom
2009-04-16
http://www.seneweb.com/news/article/22243.php
La décision du gouvernement du Sénégal de vendre 9,87 % de ses actions dans la Société nationale de télécommunication (SONATEL) à France Télécom, suscite une levée de boucliers. Avec cette vente, les Français deviendraient en effet majoritaires, avec 52,2 % du capital. La Sonatel est une des entreprises leaders au Sénégal, et l’opération menée par l’Etat est perçue comme un bradage de souveraineté. En cas de nécessité de vente, souligne-t-on, l’actionnariat local aurait dû être privilégié.
Zimbabwe : Le bout du tunnel est loin pour sortir de la crise
2009-04-17
http://tinyurl.com/cy244u
Le gouvernement de Morgan Tsvangirai a réussi à réduire l’inflation, mais le pays reste sinistré. Et la fin du tunnel n’est toujours pas en vue. Pour sortir de la crise, il manque 8,5 milliards de dollars et une bonne dizaine d’années d’austérité… Le plus difficile est maintenant de convaincre les bailleurs de fonds de reprendre leur aide. Seules les dépenses d’urgence, comme la lutte contre le choléra ou l’aide alimentaire, reçoivent encore l’argent de la communauté internationale. Pour le reste, il faudra d’abord que le gouvernement d’union fasse ses preuves.
Santé & VIH/SIDA
Afrique: Les chefs d'Etat africains passent à l'offensive contre l'ulcère de Buruli
2009-04-16
http://tinyurl.com/cvavnq
L’ulcère de Buruli fait partie des maladies tropicales dites " négligées " selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Pour rectifier le tir, une importante réunion internationale vient de se tenir à Cotonou, du 30 mars au 4 avril 2009, en vue d’adopter de nouvelles orientations politiques. A cette occasion, le point a été fait sur la mise en œuvre de la déclaration de Yamoussoukro sur l'Ulcère de Buruli. On a noté que de grands progrès avaient été accomplis dans la connaissance de la maladie, mais de nombreux autres défis restaient à relever.
Algérie : La fièvre typhoïde sème la panique
2009-04-16
http://tinyurl.com/c9ezuz
La fièvre typhoïde sévit en Algérie et n'épargne plus aucune région. Durant le seul premier semestre de l'année 2008, pas moins de 295 cas d'hospitalisation avaient été enregistrés sur l'ensemble du territoire national. Cette année encore, la progression de la maladie ne faiblit pas. Cinquante-cinq cas confirmés de personnes atteintes de cette maladie, sur un total cumulé de 107 personnes hospitalisées, ont été enregistrés en à peine dix jours dans la ville de Jijel, a indiqué à ce sujet un communiqué du ministère de la Santé, rendu public le 11 avril.
Burkina-faso : La plus vaste épidémie de rougeole en plus de 10 ans
2009-04-16
http://tinyurl.com/cmhltx
Alors que les fonctionnaires de santé ont entrepris des campagnes de vaccination en Afrique de l'Ouest pour lutter contre les épidémies de méningite et de poliomyélite, au Burkina Faso, la rougeole a pris le pas sur ces deux maladies dans la plus vaste épidémie qu'ait connue le pays depuis plus d'une décennie, d'après le ministère de la Santé. Selon le ministère burkinabè de la Santé, plus de 19 000 cas de rougeole et 150 décès, ont été recensés depuis le 5 avril. Ce chiffre est 10 fois plus important que celui des années précédentes, depuis 1997.
Mali : La coopération sanitaire chinoise prend du volume
2009-04-16
http://tinyurl.com/d3yljc
Dans 18 mois, un hôpital ultramoderne verra le jour sur la rive droite du fleuve Niger à Bamako. Le nouvel établissement sanitaire qui viendra s’ajouter à nos centres hospitaliers universitaires (CHU) sera baptisé "l’Hôpital du Mali". « L'Hôpital du Mali » disposera de 150 lits. Il n'aura donc pas les mêmes capacités d'accueil que les grands centres hospitaliers universitaires comme les hôpitaux Gabriel Touré ou le Point G. Mais il aura le grand mérite de désengorger ces différentes structures sanitaires. La Chine assure la moitié du financement de cette infrastructure.
Éducation
Burkina-Faso : La machine antifraude aux examens est lancée
2009-04-17
http://lefaso.net/spip.php?article31343&rubrique2
C’est une première au Burkina Faso. Le 14 avril 2009, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat a envoyé les 21 membres de la Commission Nationale de Pilotage des Examens et Concours directs, devant le Tribunal prêter serment. Cet acte, selon le ministre, annonce les couleurs de la lutte contre les fraudes qui entachent l’organisation des examens et concours au Burkina.
Lesotho : De l'argent pour pousser les enfants vers l’école
2009-04-16
http://tinyurl.com/dfngao
A partir de ce mois d’avril, 5 000 orphelins et enfants vulnérables de trois districts du Lesotho commenceront à bénéficier d’un nouveau projet gouvernemental destiné à réduire la pauvreté qui les empêche d’aller à l’école, d’avoir suffisamment à manger et de rester en bonne santé. Environ 55 pour cent des quelque 180 000 enfants orphelins de ce petit royaume montagneux, qui affiche le troisième taux d’infection au VIH le plus élevé au monde, ont perdu un, ou leur deux parents, à cause de l’épidémie. Ce qui réduit leurs possibilités de scolarisation.
Sénégal : Sur 2000 profs de maths, 300 n'ont pas la licence
2009-04-17
http://tinyurl.com/dd6gy4
L'enseignement des mathématiques au Sénégal souffre d'une crise de désaffection dont les origines sont multiples. Pour le directeur de l'Institut de Recherche pour l'Enseignement des Mathématiques, de la Physique et de la Technologie (IREMPT) de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD), il y a dans ce phénomène une part qui relève de l'incompétence des enseignants. Selon lui, beaucoup parmi ceux «qui enseignent les mathématiques ne devaient jamais le faire. Car ils n'ont jamais été formés pour cela et ils n'ont pas le niveau requis. Ainsi, sur deux mille professeurs de mathématiques, les trois cents n'ont pas le niveau de la licence contrairement à ce qui se passe dans les autres disciplines», s'interroge-t-il.
Environnement
Ethiopie : Renforcement de la production électrique neutre en carbone
2009-04-16
http://tinyurl.com/dhz4a7
L'Ethiopie va renforcer sa stratégie pour la production électrique neutre en carbone, ou développement vert, a déclaré le 13 avril le Premier ministre Meles Zenawi. Lors d'une conférence de presse, M. Meles a indiqué que la conception du projet hydroélectrique Gilgel Gibe III dans le sud-ouest de l'Ethiopie tient autant compte de l'impact social et environnemental que de la faisabilité économique. L'évaluation de l'impact environnemental du projet a été menée entièrement par le gouvernement éthiopien, la Banque africaine de développement, qui a financé le projet, ainsi que par des financiers indépendants, a-t-il indiqué.
Rd Congo : les caisses d’emballage de motos sauvent la forêt
2009-04-17
http://tinyurl.com/c2glga
A Butembo, importante ville économique au nord de Goma, les caisses d’emballage des motos importées d’Asie sont réutilisées par les habitants tantôt pour construire à moindre frais des cabines de téléphone ou des latrines, tantôt comme bois de chauffe… Pour le service de l’Environnement, c’est une aubaine qui peut limiter la déforestation. Depuis près d’une année, les habitants de Butembo se désintéressent ainsi, petit à petit, des matériaux locaux de construction au profit du bois d’emballage des diverses marchandises importées, notamment des motos venant d’Asie.
Média & liberté d'expression
Congo : Protestations contre la suspension d’une télévision
2009-04-16
http://tinyurl.com/czltf6
Le Comité pour la Protection des Journalistes, basé à New York, s’élève contre la suspension de la télévision privée « Canal Plus Bénédiction (CB Plus) depuis le 12 février 2009. La chaîne avait diffusé des images de la Conférence Nationale Souveraine de 1991, qui avait marqué la transition du régime du parti unique du président Denis Sassou-Nguesso à une démocratie multipartite. Le Conseil Supérieur de la Liberté de la Communication justifie la mesure par le fait que les images diffusée contenaient des «déclarations violentes et abusives, y compris des témoignages sur l'assassinat en 1977 de l'ancien Président Marien Ngouabi».
Plaidoyers & campagnes
Lettre à Nicolas Sarkozy : Accorder la Légion d’honneur à Alexandre Dumas
2009-04-17
Claude Ribbe
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/55706
Monsieur le Président de la République,
J’avais pris naguère la liberté de vous alerter sur le cas de Thomas-Alexandre Dumas dit le général Dumas en vous demandant de lui attribuer la Légion d’honneur à titre posthume.
Vous avez bien voulu répondre à cette requête par courrier en date du 23 octobre 2008 par lequel, sans écarter explicitement cette demande, déjà formulée à mon initiative, et sans succès, auprès de Monsieur Jacques Chirac, président de la République française, vous rappelez que « Le code de la Légion d’honneur réserve désormais, dans le mois qui suit leur décès aux soldats morts au combat » les décorations à titre posthume. Ces dispositions, prévues par le Décret n° 81-998 du 9 novembre 1981 art. 1 (Journal Officiel du 11 novembre 1981) ont été effectivement ajoutées par votre prédécesseur, Monsieur François Mitterrand. Elles ne me paraissent pas, cependant, s’appliquer exactement au cas d’espèce.
Je me permets à cet égard de rappeler que l’article 3 du code dispose que « Le Président de la République est grand maître de l'Ordre. Il statue comme tel, en dernier ressort, sur toutes questions concernant l'Ordre. Il prend la présidence du conseil de l'ordre quand il le juge utile. » Outre ce pouvoir, le code de la Légion d’honneur peut être réformé par décret du président de la République. Tel fut le cas récemment pour l’attribution de la Légion d’Honneur aux anciens Premiers ministres.
Vous avez donc toute latitude, Monsieur le président de la République, d’interpréter le code de la Légion d’Honneur et s’il ne paraît pas adapté à tous les cas de figure, de le réformer par décret.
J’ai noté avec satisfaction qu’il est inutile de vous rappeler les mérites du général Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie dit Alexandre Dumas puisque vous écrivez dans votre courrier qu’il était « un ardent républicain, encore trop peu connu des Français» ; que l’œuvre de Driss Sans Arcidet qui vient d’être inaugurée, à mon initiative, relevez-vous, place du général-Catroux à Paris «mieux qu’une décoration […] rappellera à tous ce que la France doit au général Dumas »
Vous vous réjouissez que, par l’installation de ce monument « s’efface ainsi l’affront fait à sa mémoire en 1943 » et qu’on rende ainsi hommage « à l’un des plus grands hommes que la Caraïbe a donnés à la France.»
Si je me félicite, comme vous, qu’une œuvre monumentale à la mémoire du général Dumas, réalisée, c’est vrai, à mon initiative et après sept années de combat opiniâtre, et financée par la ville de Paris, orne désormais une place de Paris, les amis du général Dumas, chaque jour plus nombreux, apprécieraient que l’État s’engage significativement pour permettre au général Dumas de retrouver sa place dans la mémoire populaire. S’ils ont salué, à l’inauguration, la présence de M. Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’Egalité des Chances, qui avait répondu à leur invitation, les amis du général Dumas n’ont pas eu le plaisir, en revanche, d’y croiser aucun membre du gouvernement. Et les mêmes fonctionnaires du ministère de la Culture, qui avaient refusé, en 2006, d’inscrire le bicentenaire de la mort du général Dumas sur la liste des commémorations nationales ont refusé, en 2009, la moindre participation de l’État à l’organisation de cette journée historique. On pourrait y voir comme une divergence profonde par rapport au sens de votre lettre.
Il me semble donc que si la France a une « dette », comme vous le dites, vis-à-vis du général Dumas, rien ne peut se substituer à un geste fort du Chef de l’État pour s’en acquitter. Et le plus beau geste serait de faire en sorte que le général Dumas figure dans l’ordre national de la Légion d’honneur. Cela nous semble possible de deux manières. Soit à la faveur un décret modificatif du code pour reconnaître que la Légion d’Honneur peut être, à titre exceptionnel, attribuée à titre posthume à des personnes qui avaient qualité pour faire partie de l’ordre, mais que les préjugés ou une réglementation contraire aux droits de l’homme ont manifestement écartées de manière injuste.
Vous ne pouvez ignorer que si Alexandre Dumas est le seul général de l’histoire de France à avoir été privé de cette décoration, c’est à cause de la couleur de sa peau et du fait qu’il était né esclave, fils d’esclave.
Vous ne pouvez ignorer que l’ordre de la légion d’Honneur a été créé le 19 mai 1802 et l’esclavage rétabli le lendemain, que les militaires « noirs » et « de couleur » furent bannis de l’armée française et assignés à résidence par deux arrêtés consulaires secrets du 29 mai 1802.
Vous ne pouvez ignorer que les « nègres et autres gens de couleur » furent interdits à l’entrée du territoire par un texte de juillet 1802.
Vous ne pouvez ignorer qu’une circulaire du 8 janvier 1803 proscrivit les mariages dits « mixtes ».
Je pense donc que vous admettrez que, dans un pareil contexte, il était peu probable que la légion d’honneur fût attribuée au général Dumas, qui pourtant, la méritait plus que tout autre.
Ce serait faire honneur à l’Ordre et lui donner tout son sens que d’y admettre enfin le général Dumas. C’est d’ailleurs un grand chancelier, le général Février, qui fut à l’origine du premier monument, abattu par les collaborateurs en 1943.
Les récentes recherches que j’ai pu mener ouvrent une autre voie. Le général Dumas avait reçu en 1798 un sabre d’honneur du général Bonaparte. C’était au moment de la prise d’Alexandrie. Il en fait mention dans un rapport de captivité que j’ai récemment publié, dont je vous ai adressé un exemplaire (Le Diable noir) et dont l’original est conservé au musée de Villers-Cotterêts.
Au moment de la création de l’Ordre, tout titulaire d’un sabre d’honneur y était admis de droit. Ainsi, le général Dumas était-il membre de droit de la Légion d’Honneur. Mais les circonstances plus haut évoquées l’ont empêché de faire valoir ce droit.
Il me semble que lorsque des textes contraires aux Droits de l’homme empêchent un Français de faire valoir ses droits, aucune prescription de peut être opposée à la réparation de cette injustice et que, par conséquent, le grand maître de la Légion d’Honneur peut parfaitement ratifier par décret l’appartenance de plein droit du général Dumas à cet Ordre.
Vous avez exprimé à maintes reprises votre attachement à la promotion de la « diversité ». Comment pourrait-on promouvoir la diversité sans réhabiliter les plus grandes figures de cette « diversité » ?
La France est aujourd’hui confrontée à une crise grave Outre-mer. Comment résoudre cette crise si celui dont vous dites vous-mêmes qu’il est «l’un des plus grands hommes que la Caraïbe a donnés à la France» n’est pas enfin reconnu comme un général français à part entière et, à ce titre, décoré de la Légion d’Honneur comme tous les généraux français l’ont été depuis 1802 ?
Les Antillais réclament justice et ils ont raison. Cette justice n’est pas seulement économique. Elle est aussi symbolique, vous le savez bien.
Quel symbole plus fort que de rendre enfin justice à ce brave Antillais jusqu’ici méprisé par la nation ?
Et quelle meilleure manière que de rendre hommage aux esclaves et à leurs descendants que de voir le Chef de l’État se rendre, le 10 mai, place du général-Catroux, muni de la croix symbolique qui honorerait l’un des plus valeureux d’entre eux ?
C’est pourquoi, en vous rappelant qu’une demande similaire vient de vous être transmise par Monsieur le maire de Villers-Cotterêts, où repose le général Dumas, (demande qui ne fait que refléter l’opinion de la France dite profonde, révoltée par le racisme et l’iniquité) j’ai l’honneur de solliciter, Monsieur le Président de la République, à la faveur d’un nouvel examen de ce dossier, l’admission, par décision posthume ou de plein droit, comme vous voudrez, du général Dumas dans l’ordre national de la Légion d’Honneur et je prie les femmes et les hommes de bonne volonté, sans distinction de couleur, de se joindre à cette requête dictée non seulement par l’humanité, mais par le simple par le bon sens.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.
Signer la pétition pour que le Président de la République française attribue la Légion d'Honneur au général Dumas :
http://www.claude-ribbe.com/index.php?option=com_petitions&view=petition&id=47&Itemid=74
* Claude Ribbe, écrivain, dirige l’Association des amis du général Dumas
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Conflits & urgences
Burundi : L'ONU se félicite de la démobilisation de 112 enfants
2009-04-16
http://tinyurl.com/cqyy6n
Au Burundi, le processus de démobilisation d'anciens enfants soldats, associés aux Forces Nationales pour la Libération (FNL) a finalement démarré. Quelque 112 ex-enfants soldats, dont deux filles, ont été démobilisés des rangs du groupe rebelle FNL. Les FNL ont promis de faciliter prochainement la démobilisation d'un autre groupe de 200 enfants qui sont dans leurs rangs. L’opération est lancée grâce à l’intervention du facilitateur sud-africain, avec l'aide du Système des Nations Unies.
Congo : Un quartier de Brazzaville touché par des obus
2009-04-16
http://www.africatime.com/Congo/index.asp
Au moins quatre obus de mortier sont tombés dans la nuit du 13 au 14 avril dans le quartier de Ouenzé, un quartier populaire du nord de Brazzaville, sans faire des victimes mais causant des dégâts matériels. Ces tirs surviennent alors que devait s'ouvrir, dans l’après-midi du 14 avril, à Brazzaville le "Dialogue républicain" regroupant les représentants des partis de la majorité, de l'opposition et la société civile dans la perspective de la présidentielle de juillet. L’origine des tirs n’a pas été officiellement établi. Une dizaine de personnes se sont déjà portées candidates aux élections présidentielles dont la date exacte reste à fixer. Le président Sassou Nguesso, élu en 2002, ne s'est pas encore officiellement prononcé mais son entourage lui prête l'intention de se représenter.
Maroc : Rien ne va plus entre la RAM et le Sénégal
2009-04-16
http://www.yabiladi.com/article-economie-2063.html
Le bras de fer opposant la Royal Air Maroc (RAM) au Sénégal a atteint son apogée. Depuis mercredi 8 avril, la RAM ne dessert plus la capitale sénégalaise avec ses propres avions « jusqu'à nouvel ordre », et a « rapatrié » dans la même journée, un de ses appareil utilisé par Air Sénégal International (ASI). Les avions de la RAM ne vont plus à Dakar et jusqu'à nouvel ordre. La compagnie marocaine ne s'arrête pas à l'interruption de ses vols vers Dakar. Elle a aussi fait appel ou du moins a «rapatrié» un de ses appareils exploité précédemment par ASI. Les deux partenaires, marocains et sénégalais, ne s’accordent pas sur les conditions de rétrocession de la compagnie qui avait été montée en partenariat en 2000.
Rd Congo : Les attaques contre les travailleurs humanitaires en hausse
2009-04-16
http://tinyurl.com/c3njpj
Les attaques contre les travailleurs et les convois humanitaires ont augmenté dans l’est de la République démocratique du Congo depuis le début de cette année, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). On relève en moyenne onze attaques par mois, soit un incident tous les trois jours. Des attaques violentes, comme des vols à main armée de bureaux et de domiciles privés sont particulièrement nombreux à Gomaoù de nombreuses organisations non gouvernementales ont installé leur siège
Rd Congo : les civils du Nord-Kivu livrés à la vengeance des FDLR
2009-04-16
http://www.afrik.com/article16604.html
Les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) continuent de massacrer les populations du Nord-Kivu. Non seulement l’opération conjointe menée jusqu’à fin février par les militaires rwandais et congolais n’a pas réussi à les déloger, mais elle a aussi exposé les civils aux exactions de ces armées régulières. Les FDLR, installés dans le Nord-Kivu, s’en prennent aux populations civiles en guise de représailles. Le HCR ainsi que de nombreuses ONG comme Human Rights Watch, signalent depuis plusieurs semaines des exactions.
Somalie : La piraterie, un casse-tête pour la communauté internationale
2009-04-17
http://www.afrik.com/article16610.html
Rien ne semble pouvoir arrêter les groupes armés qui ont fait de la piraterie, dans le golfe d’Aden, leur principale activité. Malgré la forte présence de forces navales internationales au large de la corne de l’Afrique, les pirates somaliens ont attaqué, le 14 avril, quatre bâtiments dont deux ont été capturés. Des experts estiment qu’une lutte efficace contre ce fléau doit prendre en compte le développement économique de la Somalie.
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ISSN 1753-6847

Issa G. Shivji (2009) Where is Uhuru?.