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Pambazuka News 282 : Les nouvelles guerres et manipulations de la Françafrique - L'Afrique face à l'homosexualité
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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
CONTENU: 1. Urgence, 2. Chroniques, 3. Annonces, 4. Commentaires & analyses, 5. Plaidoyers & campagnes, 6. Femmes & genre, 7. Droits humains, 8. Réfugiés & migration forcée, 9. Elections & gouvernance, 10. Corruption, 11. Développement, 12. Santé & VIH/SIDA, 13. Éducation, 14. Environnement, 15. Média & liberté d'expression, 16. Conflits & urgences, 17. Internet & technologie
Sommaire de cette édition
URGENCE : Angola : Plan d'aide dans le sud où la malnutrition menace
CHRONIQUE : Afrique : L’obstacle français
ANNONCES : Appel à contribution d'articles pour Pambazuka News
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Manger des insectes pour résoudre la faim dans le monde ?
CAMPAGNES & PLAIDOYERS : Lettre ouverte aux participants du New York Forum for Africa 2
URGENCE : Angola : Plan d’aide dans le sud où la malnutrition menace.
FEMMES ET GENRE : Kenya : Le défi d’être une femme masaï.
DROITS HUMAINS : Afrique du sud : 23 morts lors de circoncisions rituelles.
REFUGIES ET MIGRATION : Global : L’émigré et son destin : pour un retour au bercail.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Afrique : Le Bénin offre l’asile politique au putchiste malien Amadou Sanogo.
CORRUPTION : Afrique : Les receleurs en politique.
DEVELOPPEMENT : Burkina Faso : La pauvreté persiste, la solution piétine.
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Le Sénégal cité parmi les pays ayant éliminé le tétanos maternel et néonatal.
EDUCATION : Côte d’Ivoire : Le pouvoir confronté au malaise des étudiants.
LGBTI : Maroc : Les homosexuels ne veulent plus se cacher.
ENVIRONNEMENT : Algérie : Découverte de déchets radioactifs provenant de Chine.
MEDIA ET LIBERTE D’EXPRESSION : Algérie : Un patron de presse accusé d’atteinte à la sécurité de l’Etat.
CONFLITS ET URGENCE : Cameroun : Le Tchad demande le départ de Bozizé du Cameroun.
INTERNET ET TECHNOLOGIE : Afrique : Face à une menace grandissante de la cybercriminalité.
Urgence
Angola : Plan d'aide dans le sud où la malnutrition menace
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/action/87417
Chroniques
Afrique : L’obstacle français
Sanou Mbaye
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/features/87517
Ces dernières années, la Chine et l’Afrique ont formé l’un des partenariats économiques et commerciaux les plus florissants de l’ère moderne. La Chine bénéficie du pétrole, des ressources minérales et des marchés africains, tandis que les échanges commerciaux et les investissements chinois en matière d’infrastructures, de santé, d’éducation, de Pme et de faibles et moyennes technologies profitent à l’Afrique.
Certains observateurs occidentaux – et africains, aussi – ont dénoncé les participations de la Chine sur le continent comme une nouvelle forme de colonialisme. Mais une telle critique est parfaitement déplacée. Le modèle de développement que la Chine facilite, et qui associe des investissements et des échanges commerciaux productifs à des prêts et à de l’aide, permet de rompre le cycle de sous-développement en Afrique – un objectif auquel les stratégies de développement occidentales ne sont pas parvenues.
De plus, les pays africains s’appuient sur leurs relations avec la Chine pour développer leur coopération avec d’autres marchés émergents, dont l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie, le Brésil et la Malaisie. De tels efforts ont renforcé la demande globale pour les matières premières, tout en permettant une diversification des économies africaines et une relance de la capacité productive des fournisseurs locaux. Aujourd’hui, le taux de croissance de l’Afrique se place en deuxième position après celui de l’Asie.
Il se peut que ce ne soit que le début. Le marché africain compte aujourd’hui un milliard d’individus, et il devrait exploser à 3 milliards en 2045 – dont 1,1 milliard d’individus en âge de travailler (plus que la Chine ou l’Inde) ; ses perspectives économiques et commerciales à long terme rappellent donc celles de la Chine à l’époque où elle s’ouvrait au monde il y a plus de trente ans.
Ces développements incitent les investisseurs américains et européens à revoir leurs stratégies en Afrique pour une redéfinition des termes d’échanges avec un intérêt renouvelé pour les marchés régionaux en expansion de ce continent.
Le progrès, cependant, n’a pas été distribué de manière équitable dans toute l’Afrique. Certains pays, comme par exemple le Ghana, le Nigeria, le Kenya, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud, le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola, le Mozambique, et le Zimbabwe – ont bénéficié de manière substantielle des participations chinoises, et sont parmi les économies dont la croissance est la plus rapide au monde. Mais d’autres, dont les quatorze pays réunis en zone franc (dont 12 sont des anciennes colonies françaises) – ne profitent pas des importants investissements chinois, et passent à côté du boum économique africain.
Aux difficultés de la Zone franc s’ajoutent des politiques monétaires et économiques tronquées et dysfonctionnelles. La croissance du Pib de la Communauté financière africaine (Cfa) était largement supérieure à celle du reste de l’Afrique dans les années 90, mais elle est depuis en recul. De plus, la Zone franc doit encore établir un régime tarifaire extérieur commun fonctionnel, et les échanges commerciaux internes de cette Zone franc ne se montent qu’à 12% des importations et des exportations totales de ses membres.
Dans ce contexte, la décision de préserver le franc Cfa, une monnaie commune librement convertible étalonnée à l’euro à un taux de change substantiellement surévalué, est douteuse. Le système actuel engendre des déficits budgétaires structurels, une dépendance excessive sur les importations, une corruption endémique, du blanchiment d’argent, des trafics de drogues, et une évasion massive des capitaux.
Ce qui pose problème en particulier sont les réserves de change de 17,7 milliards de dollars que la France préserve sur un compte spécial du Trésor à un taux d’intérêt de seulement 1,5%, assurant ainsi la convertibilité du franc CFA qu’elle garantit. En d’autres termes, la France utilise les réserves africaines pour financer une partie de son déficit budgétaire à un taux d’intérêt concessionnel.
Dans le même temps, les banques françaises appliquent des taux de 5 à 6 % sur les prêts qu’ils accordent aux gouvernements africains afin de financer leurs déficits budgétaires. Avec un taux appliqué aux prêts commerciaux de 18%, les crédits bancaires accordés au secteur privé de la zone franc ne représentent plus que 12,7% du Pib ; ils sont à 36,5% du PIB en Afrique sub-saharienne et à 78,9% en Afrique du Sud, première économie de la région.
Le Premier ministre sénégalais, Abdoul Mbaye, a déclaré que les taux d’intérêt élevés constituent un frein majeur à la croissance du Pib. Et en novembre dernier, lors de la conférence organisée à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest, le président sénégalais Macky Sall a plaidé pour une baisse des taux d’intérêt.
Mais ni le quasi contrôle de l’argent et du crédit par la France, ni sa forte influence sur la politique et la sécurité ne peuvent être tenus pour uniquement responsables de la situation de pauvreté et d’instabilité dans laquelle se retrouvent les pays de la zone franc. En s’appropriant à tort les fonds publics pour leur usage personnel, les dirigeants de la zone franc sont aussi complices de l’exploitation institutionnalisée par la France des pays Cfa et de leurs citoyens.
La Côte d’Ivoire, première économie de cette Zone franc, était un exportateur net de riz au début des années 70, jusqu’à ce que l’élite du pays suive les conseils des expatriés français d’importer du riz plutôt que de le produire. Grâce aux licences d’importation, le ministre des Finances de l’époque, Konan Bédié, a gagné son premier milliard de francs Cfa en moins d’un an. A la même époque, Félix Houphouët-Boigny, ancien président ivoirien et figure de proue des mouvements d’indépendance africains, avertissait publiquement les Africains des risques de préserver leur fortune en Afrique.
Plus récemment, Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, a été arrêté pour présomptions d’enrichissement personnel pour un montant d’environ 1,5 milliard de dollars accumulés au cours de la présidence de son père, alors qu’il occupait différents postes ministériels.
Il est temps pour les dirigeants de la Zone franc de rompre ce cycle, et de définir des stratégies nationales efficaces de développement pour leurs pays. Ils devraient commencer par s’émanciper totalement de la France, abandonner le franc Cfa, et développer des relations avec la Chine, et d’autres pays, désireux d’établir des relations commerciales mutuellement bénéfiques avec l’Afrique.
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** Sanou Mbaye est économiste et écrivain sénégalais, auteur de « L’Afrique au secours de l’Afrique », Editions de Atelier, Ivry, 2009. Copyright: Project Syndicate, 2013 - Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats
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Mali : Situation politique incertaine et convoitises des grandes puissances
Enjeux et succession d’évènements
Nouhoum Keita
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/features/87513
L’espace saharien est le plus grand désert du monde avec une superficie de 8,5 millions de Km2. Il traverse l’Afrique de l’Atlantique à la Mer rouge et de la Méditerranée au Sud du Cancer et couvre dix pays : Algérie, Egypte, Libye, Maroc (Sahara Occidentale), Mali, Mauritanie, Niger, Soudan, Tchad, Tunisie.
De nos jours, cet espace saharien constitue un enjeu géostratégique (1) majeur et pose des problèmes extrêmement complexes lesquels dépassent largement le cadre national du Mali.
Cependant, il est indispensable de comprendre qu’au delà de ces enjeux, il y’a eu des processus internes qui ont conduit à des crises successives de l’Etat et qui ont occasionné sa faillite. Il s’agit donc avant tout d’une crise de l’Etat en tant qu’institution.
Certains analystes soutiennent que la catastrophe que notre pays connaît aujourd’hui a été provoquée par le coup d’Etat du 22 mars 2012. En fait de coup d’Etat, il s’agit en réalité d’une banale mutinerie de soldats qui ont exprimé un mal-vivre et une extrême exaspération devant la trahison de leur hiérarchie qui les a conduits à la boucherie (surtout après le massacre d’une centaine de soldats à Aguel Hoc par les rebelles du Mnla appuyés par les combattants d’Aqmi, du Mujao et d’Ansar-Eddine), devant la trahison de leur hiérarchie qui les avait à plusieurs reprises, conduits à la boucherie pendant deux mois sur les différents théâtres de bataille pour défendre l’intégrité territoriale du Mali dans ses régions septentrionales.
Le Mali n’en est pas à sa première rébellion dite touarègue, mais à sa quatrième depuis l’Indépendance acquise en 1960. Mais une lecture à la fois historique, politique, sociologique, géostratégique et géopolitique de cette crise nous amène à comprendre aisément que toutes les rébellions qui ont secoué notre pays ont été téléguidées de l’extérieure et quels qu’en soient les prétextes, elles ont toujours bénéficié du soutien politique, financier et militaire de l’ex-puissance coloniale qu’est la France.
Pour illustrer ce constat, il suffit de s’appuyer sur des exemples historiques et l’abondante littérature fournie par une légion de chercheurs français, notamment des anthropologues, parmi lesquels André Bourgeot. Celui-ci a expliqué comment est né l’Organisation commune des régions sahariennes suivant une loi votée par l’Assemblée nationale française en 1957 et qui devait comprendre une partie de l’Algérie, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad, du Mali.
Cette création répondait à une vision coloniale de mise en valeur de cet espace extrêmement riche en ressources stratégiques. L’ex-puissance coloniale voulait ponctionner ces immenses ressources pour les besoins de son industrie et son développement économique. Afin d’assurer une exploitation rentable de ces ressources stratégiques et les drainer vers la méditerranée pour être ensuite évacuer vers la métropole, l’ex-puissance coloniale avait envisagé dès 1875, la construction d’une ligne de chemin de Fer.
Et à partir de 1953, le Bureau de recherche géologique et minière (l’ancêtre de la Cogema) avait élaboré la carte géographique et géologique du Sahara. Il en a conclu que son sous-sol renfermait du pétrole. A cette époque, le journal « le Monde » du 23 juillet 1957 avançait le chiffre de 6 à 7 millions de tonnes de pétrole comme production potentielle annuelle du Sahara. L’Office français des pétroles avait envisagé de construire en Bourgogne une raffinerie pour l’exploiter. Le ministre français des Pétroles, Max Lejeune (2) à déclaré lors de l’inauguration du pipeline n°1 en Algérie que la «France, dans quelques années, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les Usa et l’Urss la troisième puissance énergétique mondiale».
Il y avait beaucoup d’autres ressources stratégiques comme l’uranium, le zinc, l’étain, le plomb, le gaz, le fer, le charbon, le phosphate, le sel gemme, le manganèse, mais aussi l’une des plus importantes réserves d’eau douce dans le monde. On cite la mer de Savornin (800.000 km2 avec 50 millions de m3) et le Bassin de Kattara (3 milliards de m3). La nappe la plus importante va de la Mauritanie à la Somalie en passant par le Mali, l’Algérie, la Lybie, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Ethiopie.
Mais le projet colonial d’exploitation de ces immenses ressources a échoué grâce à une formidable accélération de l’histoire à travers la guerre d’indépendance victorieuse de l’Algérie et les luttes d’émancipation menées par l’Usrda dans toute l’Afrique occidentale française, l’Afrique équatoriale française. Contrainte d’accorder l’indépendance à ses anciennes colonies, la France s’exécutera mais non sans semer les germes de la division entre les différentes communautés qui coexistaient pendant plusieurs siècles auparavant avec un modus vivendi partagé et un sentiment commun d’appartenance à une même entité étatique.
C’est le cas au Mali et au Niger où le colonisateur distillera dans l’esprit des communautés blanches qu’il était inacceptable qu’elles soient dirigées par les populations noires et barbares. On assistera à la création d’une sorte d’identité culturelle avec beaucoup de mythes qui seront véhiculés sur « l’homme bleu du désert au regard fier » qui va être dominé par des noirs venus du Sud ! C’est ainsi qu’a éclaté la première rébellion de 1962 contre le régime du président Modibo Keita, alimentée par la France.
Par la suite, il y a eu la rébellion de 1990, celle de 1996, de 2006 et 2012. A chaque rébellion, on voit surgir des revendications identitaires, ses soutiens extérieurs et cette volonté de mettre en avant des spécificités, alors que toutes les populations qui vivent dans cette zone sont frappées par les mêmes problèmes. Mais la caractéristique essentielle de cette dernière rébellion est qu’en plus de son caractère irrédentiste, elle a pris une dimension religieuse à travers l’entrée en scène de trois composantes qui se sont ralliées au Mnla : Aqmi, Ansar-Eddine, Mujao.
Par ailleurs, il existe une thèse fortement répandue sur la provenance des armes qui ont permis à ces différentes rébellions de conquérir le Nord du Mali. Selon cette thèse, ces armes hautement sophistiquées et d’une redoutable efficacité proviennent essentiellement des stocks de l’armée libyenne. Cependant, même si le chef d’état-major du Mnla, le colonel Ould Najem s’est copieusement servi dans l’arsenal libyen, les enquêtes menées par certains experts sur la question permettent de relativiser l’ampleur de ces armes en provenance de la Lybie. Elles soutiennent plutôt que les armes du Mnla lui ont été livrées par la France via la Mauritanie.
Au Mali, on sait que l’indépendance de l’Azawad a été proclamée en France par le Mnla qui y disposait d’une Représentation diplomatique, tout comme au Burkina-Faso et en Mauritanie. Par la suite, le Mnla qui a scellé des alliances avec les autres composantes de la rébellion notamment Ansar-Dine et le Mujao a vu augmenter sa force de frappe.
Mais comment ces combattants touaregs de la légion islamique se sont-ils emparé des armes en Lybie ont pu traverser le Sahara et ont réussi la prouesse de pénétrer en territoire malien sans être ni vus des satellites militaires, ni des avions de l’Otan qui surveillent sans arrêt cette immense zone ?
La responsabilité du gouvernement du président ATT est indéniable : c’est d’avoir accepté que ces anciens combattants de la légion islamique entrent au Mali avec leurs armes alors que le Niger voisin avait pris soins de désarmer les leurs ! D’ailleurs, le Niger avait également alerté les autorités maliennes sur les risques que cela pouvait faire courir à la sécurité du Mali. Mais le président ATT a donné l’autorisation aux autorités nigériennes de laisser les combattants rentrer avec leurs armes. Un accueil chaleureux leur a été réservé et plusieurs ministres ont été mobilisés en cette occasion avec espèces sonnantes et trébuchantes ! Ils seront reçus quelques semaines à grande pompe au palais présidentiel à Koulouba par Amadou Toumani Touré lui-même.
Pourquoi le président ATT a –t-il laissé entrer ces anciens de la légion islamique ?
Il y’a plusieurs réponses qui sont données par des analystes et spécialistes de la géopolitique du Sahara. Certains parmi eux parlent d’un accord qui aurait été conclu entre l’Otan, les soldats touaregs de la légion islamique, la France et le Mali. Cet accord visait à amener les soldats de la légion islamique, qui se trouvent être les plus aguerris au combat, à abandonner Mouammar El Kadhafi et à rentrer au Mali où ils étaient assurés d’avoir un territoire, concrétisant ainsi leur rêve d’indépendance.
D’autres par contre voient dans l’attitude du président ATT une manœuvre visant à résoudre des problèmes de politique intérieure à quelques mois des élections présidentielles et législatives. La fin de son mandat ne lui assurait aucune possibilité de trouver un remplaçant capable de lui sauver les meubles. C’est pourquoi il aurait instrumentalisé la rébellion dans l’espoir de faire reporter ces élections et de préparer plus sereinement sa succession. Mais dès que la rébellion a été déclenchée on n’a pas pu en saisir les dimensions multiples qu’elle a revêtues. En apparence, l’effondrement de l’Etat a été si rapide, si fulgurante alors qu’en réalité, sa décrépitude avait commencé dès le Coup d’Etat du 19 novembre 1968 !
De cette période à nos jours, il y’a eu un pourrissement lent qui s’est accentué avec l’avènement de la démocratie en 1991, puis de la troisième République à partir de 1992. L’Etat en tant qu’entité située au dessus de toutes les ambitions individuelles est devenu progressivement un instrument au service de clans, de coteries, des intérêts de boutique. La corruption et l’impunité ont été érigées en mode de gestion politique. C’est pourquoi, une banale mutinerie de soldats a permis à des officiers subalternes et des soldats de rang de s’emparer du pouvoir comme un fruit mûr.
Une fois qu’ils ont conquis le pouvoir, ces jeunes officiers et soldats de rang, n’ayant aucune conscience politique (mis à part quelques rares sous- officiers) ni vision et objectifs stratégiques clairs se sont trouvés confrontés à la dure réalité de la situation.
NOTES
1) Lire Pr. Issa N’Diaye, Géopolitique du Sahara, Crise généralisée du Capitalisme mondialisé, Crises identitaires et avenir de l’Etat-nation : Le cas du Mali
2. Les projets sahariens de la France en 1960. L’Ocrs : Une tentative de main mise française sur le Sahara. Source : Maliweb.net du 15 octobre 2012 relayé par alterinfo.net. Voire aussi Aujourd’hui l’Afrique N° 126/décembre 2012.
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** Nouhoum Keita est secrétaire administratif du Bureau politique Sadi
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Magouilles en Côte d’Ivoire
Gary K. Busch
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/features/87516
Ouattara a été théoriquement responsable de la Côte d’Ivoire depuis que l’armée française et les Nations Unies ont loué des hélicoptères ukrainiens pour attaquer le palais présidentiel et enlever le président Gbagbo, légitimement élu. La "victoire" était supposée permettre une transition démocratique, au cours de laquelle la population oublierait que Ouattara a perdu les élections, et serait contrainte de croire que les bandes de voyous rebelles, mercenaires étrangers, Dozos et autres tueurs, responsables de la mort de milliers de civils ivoiriens, deviendraient mystérieusement des démocrates respectueux de la loi. Ce qui c’est passé en réalité est que les abus de pouvoir qui se sont étalés sur plusieurs décennies dans la moitié nord de la Côte d’Ivoire, des rebelles opérant sous le nom de Forces Nouvelles, on§ été étendus pour mettre en coupe réglée le sud conquis.
Ouattara n’a pas de prise sur le pays malgré son titre. Il vit dans la crainte d’être assassiné de la main de ceux qui l’ont mis au pouvoir. Il voyage sans cesse, généralement à l’étranger, tant il a peur d’être assassiné. Guillaume Kigbafori Soro, le chef au plan national des Forces Nouvelles, nommé Premier ministre sous la contrainte par Gbagbo, suite aux Accords de Paix de Ouagadougou, est depuis mars 2012 président de l’Assemblée Nationale. Lui aussi a peur d’être tué et se cache derrière un cordon de gardes du corps partout où il va. Il se souvient de la tentative d’assassinat à son encontre en 2007, lorsque l’avion dans lequel il se trouvait était sur la piste de l’aéroport de Bouaké et avait été attaqué, faisant quatre morts et dix blessés. Il avait accusé des bandes rivales dans les Forces Nouvelles. Le fait qu’il soit chrétien n’a pas amélioré sa situation auprès d’un leadership rebelle largement musulman.
Au cours de la rébellion de 2002, les forces rebelles étaient composées principalement de musulmans du nord, auxquels s’ajoutent des musulmans du Burkina Faso, du Niger et du Mali. Le président Blaise Campaoré était le meneur de la rébellion et était en relation étroite avec Mamadou Tandja du Niger et Amadou Toumani Touré du Mali. Ces trois étaient le point de contact entre les sponsors français de la rébellion et Ouattara, connu comme le Parrain de la rébellion. Les mercenaires étrangers venant de la Sierra Leone et du Libéria ont combattu pour l’argent et le pillage mais n’avaient que peu d’influence sur la rébellion. La division du pays entre le nord et le sud, une frontière patrouillée par les troupes françaises et plus tard par les Casques Bleus, a permis que le nord soit divisé en "com zones" contrôlées par des seigneurs de la guerre autoproclamés et généralement intouchables.
La division du pays a entraîné l’exode des fonctionnaires, des éducateurs, des médecins et autres membres de la classe professionnelle du nord vers le sud. Les paysans pauvres qui restèrent ne payèrent pas d’impôts, de loyers, de droits de douane, encore moins pour les services fournis par le gouvernement central. Ces redevances étaient payées aux seigneurs de la guerre. Les riches récoltes de cacao, de coton, de bois dur, normalement exportées du nord vers les marchés mondiaux, passaient en contrebande par le Burkina Faso, le Togo et le Mali pour finir dans les mains d’intermédiaires français. Aucun impôt n’était payé au gouvernement central basé dans le sud, aucun revenu ne parvenait aux légitimes propriétaires des récoltes. Les mines de diamant et d’or, et des mines de métaux de moindre importance ont été accaparées par d’importants seigneurs de la guerre qui exportaient leurs biens de contrebande par le Burkina Faso où Campaoré avait une part du profit. Il n’y avait aucun contrôle douanier et aucun compte n’était tenu pour le manque à gagner. En échange, des seigneurs de la guerre de moindre importance étaient autorisés à amener des scooters pour les vendre, exonérés de taxe.
Ceci est devenu un système bien rôdé de "taxation parallèle". La Côte d’Ivoire a peut-être un seul président mais elle a deux "trésoreries" La première est la trésorerie officielle. L’autre est alimentée par les péages routiers continuels, des loyers et autres taxes prélevées par des anciens rebelles. Au cours de la rébellion, le gouvernement a été aboli et seuls les rebelles encaissaient "les taxes". Ceci n’a pas changé même avec l’arrivée de Ouattara au pouvoir. En août 2011, l’International Crises Group (Icg) a publié une étude [1] qui disait :
"Les anciens rebelles des Forces nouvelles, qui ont aidé Ouattara a gagner le pouvoir par la force à Abidjan, jouent un rôle disproportionné dans les Frci. Les soldats du mouvement du Premier ministre Soro dominent Abidjan et l’ouest, en plus du nord du pays qu’ils ont contrôlé ces 8 dernières années. Ils sont mal formés, indisciplinés et commandés par des seigneurs de la guerre qui ne sont pas en position d’imposer l’autorité de la loi. Si le gouvernement ne parvient pas à s’imposer rapidement aux commandants des régions sous la coupe des Forces nouvelles, l’autorité du président subira un dommage irréparable"
L’Icg reconnaît qu’il n’y a pas de justice possible dans un tel système, où l’impunité règne en maître. Il recommande que "l’intégralité du système de justice civil soit remis sur pied si l’on veut mettre un terme à l’impunité. Le nord du pays n’a pas eu de tribunal pendant 8 ans. Dans des régions demeurées sous contrôle gouvernemental, les juges ont souvent été nommés selon des critères ethniques ou politiques. Il était facile de payer des pots de vin pour obtenir le jugement approprié" [2]
La situation en Côte d’Ivoire s’est aggravée au cours de 2012 et au début de 2013. Les Nations Unies ont dépêché un groupe d’experts pour examiner la situation du pays. Leurs conclusions accablantes ont été publiées dans un rapport au secrétaire général en avril 2013. [3] Le rapport fait état d’une situation qui dégénère. Les seigneurs de la guerre et commandants militaires de Côte d’Ivoire se font des centaines de millions de dollars en pillant l’exportation du cacao et autres ressources du pays, selon ce rapport d’experts des Nations unies.
Les dirigeants des milices des Forces nouvelles, qui ont pris parti pour le président Alassane Ouattara lors de sa confrontation avec Laurent Gbagbo en 2011, font partie d’un "réseau militaire et économique" qui profite d’un système de contrebande étendu et d’un réseau parallèle de taxe, selon les experts. Les anciens chefs rebelles ont été intégrés dans l’armée nationale "sans que les commandants aient renoncé à leurs activités économiques prédatrices, style seigneur de la guerre, qu’ils ont maintenant étendu à tout le territoire ivoirien". Les points saillants du rapport montrent que :
(a) Bien que la Côte d’Ivoire soit le premier exportateur mondial de cacao, elle a perdu environ 153 000 tonnes sur un total de 1,47 millions de tonnes produites au cours de la saison de 2011-2012, au profit des contrebandiers, selon les chiffres du gouvernement cités par les experts. La valeur du cacao perdu est estimée à 400 millions de dollars, dont une bonne partie est allée au Ghana, disent les experts.
(b) Un tiers des 450 000 tonnes de noix de cajou du pays, d’une valeur d’environ 130 millions de dollars, a été perdu au profit des contrebandiers. La Côte d’Ivoire est le deuxième producteur mondial de ces noix.
(c) La Côte d’Ivoire est le quatrième exportateur mondial de graines de coton en Afrique de l’Ouest, après le Burkina Faso, le Bénin et le Mali. Pour la saison 2011/2012, l’exportation du coton se montait à 130 000 tonnes. Les estimations indiquent qu’au cours de cette période 2000 tonnes sont sorties du pays en contrebande, représentant une perte de 1 million de dollars et 100 000 dollars en revenu fiscal.
(d) En Côte d’Ivoire, l’industrie du bois est traditionnellement l’une des plus affectée par les activités prédatrices des contrebandiers qui génère des revenus et permet aussi l’acquisition illicite d’armes. L’Icg a recueilli des preuves et des témoignages fiables concernant l’exploitations illégales et le trafic de bois de teck actuellement exacerbé par des anciens combattants des Forces Nouvelles travaillant pour des compagnies exploitant illégalement le bois à Bouaké, ceci en raison de leur connaissance des forêts. Par exemple, entre février et décembre 2012, il y a eu sept saisies de grumes pour un total de 478,6 m³.
(e) La contrebande et les réseaux illégaux ont tous deux un impact sur les exportations et les importations. L’économie du pays a aussi été affectée par les flux de produits étrangers et le gouvernement a été dans l’incapacité d’obtenir des taxes d’importation sur toute une série de produits, y compris le sucre (dont un stock invendu de 60 000 tonnes pour la saison 2011/2012), des milliers de tonnes d’engrais et une grande variété de produits alimentaires.
(f) La Côte d’Ivoire est particulièrement sous-développée dans le domaine de l’exploitation des mines d’or, compte tenu de sa géologie et de sa ceinture de néphrite riche en ores d’or. Il est également possible de conclure que l’extraction artisanale et à petite échelle va probablement croître en parallèle avec l’industrie minière. Selon les chiffres obtenus du ministère, les exportations d’or, produit par les grandes mines d’or exploitées industriellement en 2012, dépassaient les 600 millions de dollars au cours mondial actuel de l’or. Chose intéressante, ces mêmes chiffres officiels mentionnent également 213 kg d’or, d’une valeur approximative de 12 millions de dollars sous la rubrique "autres". Dans ce cas, "autres " fait référence à la trentaine de détenteurs de licence pour l’achat et l’exportation, accordés par le ministère, ce qui représente, pour 2011, une augmentation de 3000% de l’exportation d’or par les détenteurs de licence pour la petite industrie d’extraction, lesquels, officiellement, exportent 6,6 kg d’or. Comme les détenteurs de ces licences n’achètent pas l’or des compagnies minières établies, Icg en déduit que l’or est acheté auprès des orpailleurs artisanaux qui exploitent les mines d’or éparpillées dans le pays. Les estimations de la valeur réelle de ces extractions artisanales pourraient facilement être multiplié par cinq. Chose intéressante, et bien que l’exploitation artisanale à petite échelle soit légale en Côte d’Ivoire, c'est-à-dire qu’il y a des dispositions dans la législation actuelle qui permettent d’obtenir une licence, le ministère n’a pas octroyé de telle licence. Icg en conclut que les détenteurs de permis d’importation et d’exportation achètent l’or illégalement extrait mais légalement exporté.
Le Groupe d’Experts a laissé de côté la question de la quantité massive de diamants sortie en contrebande chaque année par les seigneurs de la guerre. Au Burkina Faso, sous les auspices de Blaise Campaoré, les principaux seigneurs de la guerre de Côte d’Ivoire ont été introduits auprès des acheteurs du Hezbollah et d’Al Qaeda. La Côte d’Ivoire a des mines de diamants. L’extraction illégale de diamants dans le nord du pays se poursuit et fournit une quantité substantielle de diamants à Al Qaeda, en particulier à Al Qaeda islamique du Maghreb (Aqmi).
Il y a quatre grandes mines : Bobi, Diarabala, Seguela et Tortiya. En 2012, les Etats-Unis ont envoyé une équipe de la Cia pour découvrir ce qu’il se passait. Elle a tenté de remonter aux origines d’environs 300 000 carats extraits en Côte d’Ivoire en 2011 et qui ont généré des gains de 25 millions de dollars. Ce marché est surtout contrôlé par deux seigneurs de la guerre : Issiaka Ouattara, alias "Wattao" et Hervé Touré, alias "Vetcho". Les diamants sortent en contrebande principalement par le Mali et la Guinée avant d’aboutir sur le marché international à Tel Aviv.
Le groupe d’experts a souligné le problème de "la trésorerie parallèle". Il a écrit qu’il y avait un réseau militaro économique incrusté dans l’administration ivoirienne. Ce réseau a adopté un système de taxation similaire à celui utilisé par l’ancienne trésorerie centrale des Forces nouvelles, "la Centrale", mais a un peu changé et opère actuellement de façon plus discrète. Un système de taxation parallèle a donc été mis en place pour différentes activités commerciales, y compris l’agriculture (cacao, coton et noix de cajou), le commerce, l’extraction artisanale et le transport. Le réseau a recruté d’anciens étudiants de la ville centrale de Bouaké pour les placer dans toutes les principales villes pour gérer les revenus qu’il obtient.
Le rapport cite nommément Martin Kouakou Fofie, qui était sur la liste des sanctions des Nations Unies, Ouattara Issaika, Hervé Touré, Kone Zakaria et Cherif Ousmane comme étant tous à "des postes stratégiques" avec des quantités significatives d’armes.
Et le président Alassane Ouattara dans tout cela ? Il est impuissant face aux alliés qui l’ont porté au pouvoir. Les Français sont satisfaits de collaborer avec les seigneurs de la guerre comme ils l’ont fait au cours de la décennie écoulée. Des compagnies françaises participent au transport et à la commercialisation des biens de contrebande cependant qu’ils traversent le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Togo. Ouattara n’a aucun pouvoir. Il n’a aucun contrôle sur l’économie ou la politique du pays et se trouve totalement isolé et dépourvu de contact avec les Frci dirigés par les seigneurs de la guerre, la Gendarmerie et ce qui tient lieu d’administration civile au niveau local.
C’est un gouvernement fondé sur le racket, la contrebande et l’usage arbitraire du pouvoir par des voyous non élus qui opèrent en toute impunité. C’est une suprême ironie que les Nations Unies envoient un groupe d’experts pour mettre en lumière les échecs des Nations Unies dans sa guerre illégale et peu judicieuse contre Gbagbo et le peuple de Côte d’Ivoire. Alors que les actions et la complicité des Français dans la promotion et le soutien à un tel système ne devrait surprendre personne, on aurait néanmoins espéré mieux de la part des Nations Unies
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** Dr. Gary K. Busch est un syndicaliste international, un intellectuel, un homme d’affaire et un consultant en affaires politique et commerciales depuis 40 ans – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger
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NOTES
[1] ICG, “ A Critical Period for Ensuring Stability in Cote D’Ivoire”, Africa Report N°176 – 1 August 2011
[2] ibid
[3] Final report of the Group of Experts on Côte d’Ivoire pursuant to paragraph 16 of Security Council resolution 2045 (2012) 17 April 2013.
L’homosexualité en Afrique, un tabou persistant
L’exemple de la Rd Congo
Christophe Cassiau-Haurie, Sylvestre Luwa
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/features/87512
L’homosexualité reste encore très mal acceptée dans la majorité des pays du continent. La République démocratique du Congo n’échappe pas à cette règle. Dans cet immense État d’Afrique centrale dominé par la culture bantoue, les réactions sont toutes très négatives quoique assez variées. Absence de virilité pour les hommes, sorcellerie et mauvais esprits, passage obligé pour s’enrichir ou avoir le pouvoir, tous les stéréotypes y passent. Pour d’autres, l’homosexualité est un phénomène importé de l’Occident, introduit durant la colonisation. Par la suite, la modernité et le développement des médias avec son corolaire d’images prônant l’homosexualité aurait continué à "corrompre" les mentalités sur le continent noir.
Peu de gens savent que des relations intimes entre deux hommes ou deux femmes ont pu exister dans les sociétés traditionnelles du continent. Pourtant, Stephen O. Murray et Will Roscoe font un minutieux travail de recherche dans leur ouvrage « Boy-wives and females husbands (studies in african homosexualities » (1), véritable récolte de l’ensemble des informations disponibles sur les pratiques homosexuelles en Afrique Noire. Ils s’appuient notamment sur des documents ethnologiques témoignant de l’existence historique et culturelle mais aussi actuelle de ces pratiques au sein des sociétés africaines. L’ouvrage permet notamment d’accéder à la pluralité de formes, de fonctions et de sens que peuvent recouvrir ces relations sexuelles, donnant la possibilité de s’ouvrir à l’idée qu’il n’existe pas sur le continent une mais des homosexualités.
Daniel Vangroenweghe consacre, lui, un chapitre de son ouvrage « Sida et sexualité en Afrique » à l’homosexualité et la bisexualité, reprenant l’idée d’enracinement développée par Murray et Roscoe et mettant à jour ces informations, tout en les replaçant dans le contexte de l’épidémie de sida (2).
HOMOSEXUALITE ET SORCELLERIE
L’homosexualité est classée parmi les actes liés au mysticisme. Ce fait est en partie justifié par certaines pratiques initiatiques ancestrales. Par exemple, chez le peuple Sanga de la province du Katanga, on retrouve des cas où des sorciers ont fait avaler des organes sexuels masculins à des hommes pour les rendre plus fort. Cette association entre homosexualité et pratiques mystiques a conduit certaines personnes à mal interpréter les amours entre deux individus de même sexe et à associer cette forme de relation à la sorcellerie et à l’occultisme.
Depuis plus d’une décennie, la Rdc, à l’instar de l’ensemble de l’Afrique, connaît un phénomène sans précédent. Il s’agit de la prolifération des églises dites de réveil, dérivé du protestantisme, dans la capitale congolaise et ses environs. Ces églises plus strictes que les églises classiques catholiques et protestantes, condamnent tous les péchés du monde sauf l’avarice et la cupidité de leurs propres responsables. Le fait que les relations sexuelles entre deux hommes soient aussi considérées dans la Bible comme un acte immoral incite ces évangélistes à considérer l’homosexualité comme un comportement satanique et soutiennent que les homosexuels sont des "occultistes". Ils vont même plus loin, en déclarant que tous ceux qui seraient attirés par cette forme de sexualité sont des possédés ou des personnes envoûtées par les mauvais esprits.
On peut y voir une lointaine similitude avec la philosophie vaudou haïtienne qui soutient qu’un homme attiré par un autre homme est habité par l’esprit d’une sirène. En Haïti, les homosexuels vénèrent une déesse vaudou et sont convaincus qu’elle est responsable de leur orientation sexuelle.
Pour l’église chrétienne, majoritaire en Rdc, la Bible condamne l’homosexualité et les responsables religieux africains ne ratent pas une occasion pour condamner l’homosexualité. En janvier 2004, le responsable de l’église anglicane en Rdc en avait fait la demande aux dirigeants des autres confessions (3). Le phénomène est le même dans d’autres pays. Au Cameroun, en 2005, au cours de la messe de la saint Sylvestre, Monseigneur Tonye Bakot a profité de son homélie à la cathédrale de Yaoundé pour dénoncer l’homosexualité (4) qu’il considère comme une pratique contre nature, un complot contre la famille et le mariage. A Kampala, une organisation évangélique américaine, Family Life Network, a organisé un séminaire en mars 2009 afin de "définir les causes et les traitements de l’homosexualité, ainsi que pour prévenir son apparition".
HOMOSEXUALITE ET DROIT
Selon l’organisation International Lesbian and Gay Association (Ilga) (5), l’homosexualité est illégale dans 23 pays africains (6). Un rapport belge de 2002 cite le chiffre de 29 Etats (7). Pour l’association Africagay, 38 des 84 pays ayant des législations interdisant les rapports sexuels entre personnes du même sexe sont africains. Cette interdiction s’exprime soit de façon explicite soit par un biais plus implicite : l’interdiction de la sodomie (8).
Au Zimbabwe, un gay encourt une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix années de travaux forcés. Le président Robert Mugabe n’hésite pas à afficher son homophobie en public (il a déclaré qu’ils étaient inférieurs aux "cochons et aux chiens" lors d’une campagne électorale en 1995). Il existe pourtant dans cet Etat des associations homosexuelles très militantes, (9) dont certaines ont même gagné des procès. L’homophobie officiellement avouée n’a toutefois donné lieu à aucune mesure importante notamment parce que le gouvernement n’avait pas de politique relative à cette question, autre que celle d’approuver machinalement les interventions du président.
Le Galz (Gays and Lesbians of Zimbabwe) est dûment enregistré et parfaitement déclaré et ses locaux n’ont pas été pillés depuis 1996 (10). On estimait ses effectifs, à la fin des années 90, à environ 4000 membres essentiellement des Noirs. En 2000, son principal dirigeant, Keith Goddard, fut même innocenté d’accusations de viols (sur une femme…). Cependant, le combat n’est pas gagné d’avance, car Mugabe surfe sur une opinion publique favorable à ses propos. En effet, comme le rappelle Roméo Tshuma, agent de santé du Galz, cité dans un article de 2000 : "L’homosexualité est dans la culture de ce pays un tabou total. Les langues principales du Zimbabwe ne connaissent pratiquement pas de termes neutres pour homosexualité et homosexuels. En revanche, les termes péjoratifs ne manquent pas. (11)"
Il y a quelques années, une affaire de meurtres commise par l’aide de camp du premier président noir (poste à l’époque honorifique) du Zimbabwe, Canaan Sodindo Banana, avait révélé son homosexualité. Il sera finalement jugé pour sodomie sans que le procès ne puisse aller jusqu’au bout, du fait de son décès.
En Ouganda, le président Yoweri Museveni affiche un comportement identique à celui de Mugabe. En 1999, il est allé jusqu’à demander publiquement à la police d’emprisonner les gays. La même année, les militants de l’association homosexuelle Right Companio ont été arrêtés et déportés vers un lieu appelé « safe house ». L’article 140, section C du code pénal ougandais (12) stipule que les personnes condamnées pour homosexualité risquent jusqu’à 7 ans de prison. Les jeunes ne sont pas épargnés. Ceux qui sont soupçonnés d’homosexualité sont purement et simplement renvoyés de l’école et privés du droit à l’éducation.
Au Cameroun, la section 347 du Code pénal condamne les rapports homosexuels d’une peine pouvant aller de 6 mois à 5 années de prison ferme et 200 000 F CFA d’amende. Cette peine peut doubler si une des personnes impliquées est âgée de moins de 21 ans. Dans un entretien datant de 2007, le Camerounais Charles Gueboguo indiquait : "En 2005, 35 personnes soupçonnées d’être homosexuelles ont été raflées par la police dans un bar. Neuf d’entre elles sont restées un an en prison. (13)" En 2007, l’une d’entre elles, séropositive, est morte faute de soins (14).
Au Nigeria ainsi que dans quelques autres anciennes colonies britanniques, la loi victorienne héritée de la Grande Bretagne associe la sodomie à l’homosexualité. C’est ainsi que dans ces pays, les homosexuels sont passibles de 14 ans de peine d’emprisonnement. Dans les 12 Etats du Nord du Nigeria, la situation est encore plus difficile du fait de l’application de la loi coranique qui prévoit la peine de mort. De même au Soudan.
Au Sénégal, la répression des homosexuels s’appuie sur l’article 319, paragraphe 3 du Code pénal sénégalais : "Sans préjudice des peines plus graves prévues par les alinéas qui précèdent ou par les articles 320 et 321 du présent Code, sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.000 à 1.500.000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe. Si l’acte a été commis avec un mineur de 21 ans, le maximum de la peine sera toujours prononcé." (…) Le 6 janvier 2009, neuf jeunes homosexuels furent condamnés à huit années de prison ferme (15). Ils ont été libérés en avril, après que la Cour d’Appel de Dakar ait ordonné l’annulation de la procédure.
A côté de ces Etats qui condamnent légalement les rapports entre personnes de même sexe, il y a aussi ceux qui les ignorent en n’en faisant pas mention dans la législation, créant ainsi une situation ambiguë (16). Cette non-reconnaissance laisse place à une homophobie très visible et parfois violente. En 2001, une cinquantaine de personnes accusées d’avoir eu des relations sexuelles entre hommes au Caire (Egypte) ont été condamnés à des lourdes peines. L’année suivante, deux jeunes créateurs d’un site web pour les homosexuels ont été sommés de le fermer par le gouvernement.
En Namibie, le président Sam Nujoma ne rate pas une occasion pour exprimer sa haine vis-à-vis des homosexuels. Bien qu’il n’y ait aucune loi réprimant les amours entre deux hommes ou deux femmes dans ce pays, les personnes engagées dans ces rapports ne jouissent d’aucune liberté. Par exemple, il y a quelques années, un député namibien du nom de Jeremiah Nambingo prévoyait de criminaliser ces relations qu’il jugeait "démoniaque" (17). En septembre 2000, le ministre de l’intérieur namibien de l’époque, Jerry Ekandjo, est allé plus loin en demandant à la police de faire disparaître les gays et les lesbiennes de la Namibie. Malgré cette hostilité si présente, les associations homosexuelles sont nombreuses et très actives, comme au Zimbabwe. En juin 1999, une lesbienne européenne accusée d’avoir une relation avec une citoyenne namibienne a gagné un procès lui donnant les droits identiques à ceux accordés aux couples hétérosexuels.
En février 2009, le gouvernement burundais a présenté un projet visant à criminaliser l’homosexualité, mais celui-ci fut repoussé par le Sénat, ce qui provoqua des manifestations dans Bujumbura.
En Somalie, autre Etat où il n’existe aucune législation, les gays sont exposés à tous les risques une fois qu’ils sont repérés ou dénoncés. Deux lesbiennes en ont été victimes en 2001. Une fois arrêtées, les autorités se sont basées sur la charia pour les punir.
Ce manque de statut légal ne protège donc personne et relève surtout du tabou. On fait semblant de l’ignorer. Avant la crise du 19 septembre 2002, Abidjan était devenue depuis quelques années la ville où les homosexuels pouvaient s’afficher (18). Elle le reste encore et continue d’attirer les gays des pays voisins bien que le Code pénal punit l’homophobie (même si personne n’y fait référence). Cet Etat figure pourtant parmi ceux qui n’ont officiellement ni légalisé ni interdit l’homosexualité. Mais les mentalités sont quand même assez tolérantes et laissent les homosexuels vivre assez librement, même s’il existe une répression sauvage des agents de police en uniforme.
En Rdc, les relations entre deux hommes ou deux femmes ne sont mentionnées nulle part dans le Code pénal. Cependant, l’article 172 réprimant les atteintes à la morale peut être utilisé contre des relations homosexuelles.
Sur l’autre rive, la République du Congo fait partie des rares pays africains à avoir dépénalisé les amours entre personnes de même sexe. Dans cette liste, figurent aussi le Gabon, le Tchad, le Burkina Faso, l’Erythrée, la République sud-africaine, les Comores et le département français de l’île de la Réunion. Dans ces pays, la situation est moins grave. Autorisé sur le plan légal, personne ne peut ouvertement s’attaquer aux homosexuels. Ceux-ci jouissent donc d’une certaine forme de reconnaissance, même si elle reste limitée. Deux personnes du même sexe ne peuvent en effet se marier, adopter un enfant ou célébrer librement la Gay Pride. Le chemin est encore long.
En République sud africaine, la situation est différente. La ville de Cape Town, reconnue pour sa tolérance (19) est considérée comme la San Francisco d’Afrique. La Rsa est l’un des rares pays du Sud (avec Maurice) à célébrer la Gay Pride, journée de la fierté homosexuelle. Pour certains, la raison de cette ouverture d’esprit est due à la présence de la culture occidentale représentée par la minorité blanche sud-africaine qui constitue aussi une force d’influence indéniable. Ce pays présente une situation particulière puisqu’il a été le premier État au monde à avoir intégré l’égalité des sexualités au sein de sa Constitution. Mais cette ouverture ne s’est pas faite du jour au lendemain et a largement profité des apports positifs engendrés par la fin de l’Apartheid.
Avec la chute du régime extrémiste au début des années 90, l’Afrique du Sud a opté pour une politique plus ouverte où l’exclusion d’une communauté, quelle que soit sa couleur, n’était plus acceptée. Cet élargissement, étendu jusqu’aux minorités sexuelles, a permis le développement des mouvements homosexuels à travers le pays et renforcé le dynamisme des associations dans la lutte contre le sida. En 2006, le parlement sud africain ira plus loin en accordant aux homosexuels le droit de se marier.
ABSENCE DE MILITANTISME
Il y a peu de mouvements homosexuels sur le continent hormis à Maurice, en Rsa et au Zimbabwe. Quelques uns sont visibles sur le site commercial www.afriboyz.com mais ce sont pour la plupart des associations de vulgarisations sur le Vih et autres formes de maladies sexuellement transmissibles (Mst). Elles sont pour la plupart anglophones (nigériane, zimbabwéenne et kenyane) (20). Cependant, on ressent certaines avancées perceptibles. En octobre 2007, suite à l’atelier de Ouagadougou, l’association française Aides a créé Africagay une association visant à informer sur les droits des homos et à combattre l’épidémie dans les milieux homosexuels (21).
En mai 2007, Johannesburg a accueilli une conférence régionale de la Fédération Internationale Gay et Lesbienne qui a permis de donner naissance à la branche africaine de cette association. Toujours en Afrique du Sud, on peut aussi citer Behind the Mask, site axé sur les gays et les lesbiennes en Afrique (22). Il permet notamment de connaître leur situation légale et sociale dans chaque État du continent, reportant les différents événements d’actualité les concernant et proposant des contacts avec les représentants des mouvements identifiés dans chaque pays. A Maurice, le collectif Arc en ciel milite pour une meilleure compréhension du phénomène Lgbt (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et lutte contre l’homophobie. Ils organisent d’ailleurs, chaque année, un festival de cinéma Lgbt dont la première édition se déroula au Centre culturel français et la seconde au Kitch pub à Ebène, dans le centre de l’île.
En Rdc, il n’y a aucun mouvement militant. Les mouvements associatifs sous forme d’amicales sont par contre nombreux mais pratiquement inactifs dans l’encadrement des gays rejetés par leurs familles ou la lutte contre le sida. Ils ont principalement pour but de réunir les homosexuels pour des soirées de fêtes ou des sorties entre amis. Tout cela pousse à la méconnaissance d’une communauté marginale certes, mais qui contribue aussi au développement et à la reconstruction économique du pays. Ce manque de militantisme est évidemment dû à la peur de la stigmatisation que peut entraîner la très grande hostilité de l’immense majorité de la population.
De fait, l’Etat ne prend pas en compte cette communauté. Pour preuve, le gouvernement congolais n’a pas tenu compte des homosexuels dans le Programme national de lutte contre le sida (Pnls) et le récent Programme national multisectoriel de kutte contre le sida (Pnmls). Initié pourtant depuis 1987, le premier programme de lutte contre la pandémie ne s’oriente à ce jour que vers la majorité hétérosexuelle. La même année au cours d’une émission télévisée sur le VIH, un personnel de la santé avait souligné que la transmission du virus par relation homosexuelle était infime au Zaïre (nom de l’époque). Pire encore, un diplomate zaïrois, en poste en Belgique, avait osé déclarer, à cette époque, de forte mobilisation que l’homosexualité n’existait pas en Rdc (23).
Plus de vingt ans après, les messages contre les sida négligent encore le fait que bon nombre de jeunes congolais réputés hétérosexuels peuvent aussi être bisexuels (24). De plus, avec la crise socio-économique aigue, beaucoup de jeunes hétéros se prostituent, aux côtés de jeunes bisexuels ou homosexuels. Le taux de prévalence du Vih en Rdc serait actuellement de 5% et la tranche la plus atteinte est celle allant de 20 à 29 ans (25), tranche comprenant une bonne majorité de la population sexuellement très active. Mais, du fait de cette totale opacité, aucune étude fiable n’existe sur la séropositivité des homosexuels de Rdc. Tout juste quelques données dans un rapport de l’association Africagay : "En 2006, l’étude du CNLS portant sur 17 000 hommes a répertorié seulement 79 hommes à déclarer des rapports homosexuels….. Sur les 9736 hommes dépistés par ACS/AMO-Congo en 2006, seulement 50 se sont déclarés Msm et 11 se sont avérés séropositifs, soit 22%. (26)"
Le mépris face à l’homosexualité est si prononcé que cela donne parfois lieu à des situations assez ridicules. En 2005, lors du référendum sur la Constitution congolaise, certains politiciens mécontents de ce projet ont pris notamment pour cible l’homosexualité pour pousser la population à voter massivement non. En effet, le projet de constitution contenait certains articles qui ont donné lieu à des spéculations, particulièrement à Kinshasa. L’article sur le droit du mariage stipulant que : "Tout individu a le droit de se marier avec la personne de son choix, de sexe opposé, et de fonder une famille…" est devenu sujet de controverse. Pour bon nombre de kinois, l’article était vague et accordait aux homosexuels le droit de se marier. Du jour au lendemain, la nouvelle s’était répandue comme une traînée de poudre sans que la plupart des personnes n’ait réellement lu le projet de constitution. Dès lors pour la majorité des habitants de la capitale congolaise, cette constitution était "immorale" car elle pouvait aussi autoriser des relations "contre nature n’ayant rien à voir avec les coutumes locales". Certains intellectuels passèrent même à la télévision afin d’appuyer cette idée en soulignant que l’article 40 n’était pas assez détaillé et qu’il pouvait donner lieu à des confusions.
Cette incompréhension conduira certains responsables des églises à demander à leurs adeptes de ne pas se rendre aux urnes le 17 et 18 décembre 2005, jours prévus pour le vote. D’autres personnes allèrent jusqu’à avancer que le projet de Constitution aurait été rédigé par les occidentaux pour assurer leur domination en Rdc d’où l’adoption de certains articles non conformes aux mentalités du pays. La Constitution fut adoptée à une assez large majorité dans le pays, mais l’écart fut plus faible dans la ville de Kinshasa.
Malgré ses quartiers d’ambiance dont la renommée a traversé les frontières du pays (Matonge, Yolo, Bandalungwa, Bon Marché, etc.), la capitale congolaise n’offre pas de lieu propice pour les rencontres entre les hommes ou les femmes. Bon nombre d’entre eux fréquentent les bars, ou boites de nuits hétérosexuelles. Le fait qu’il n’existe pas de lieu de rencontre spécialisé à Kinshasa complique la vie à bien des homosexuels. Fréquenter les boites de nuits ou les bars hétéros pour y rencontrer des probables partenaires signifie prendre le risque de s’afficher. Il faut donc savoir où aller pour draguer. Il y a quelques années, l’un des lieux les plus libéraux de la capitale était le Maisaf, un night-club très en vogue situé dans la commune de Bandal. Ce club était réputé pour son ambiance tolérante. On pouvait y rencontrer les personnes de toutes tendances sexuelles. Et dernièrement, c’est le bar le 3615 sur le boulevard du 30 juin dans la commune de la Gombe qui était en vogue. L’avantage est que ce lieu très cosmopolite permettait de rencontrer des hommes de différentes nationalités.
HOMOSEXUALITE ET MEDIAS
La peur des homosexuels au Congo-Kinshasa est largement amplifiée par les médias qui abordent généralement peu le sujet. Lorsqu’ils le font, c’est souvent sous l’angle du blasphème, en particulier la télévision.
En Rdc, il existe un grand nombre de chaînes de télévision. Kinshasa en compte près de 30 dont une bonne moitié chrétienne à forte dominance protestante, le reste étant des chaînes généralistes. Cette multiplication de stations, due au libéralisme politique des années 90, a entraîné une diffusion d’images non contrôlée, véhiculant des messages souvent inconnus auparavant. Prises sans contrôle sur les télévisions satellitaires, ces programmes fictifs ou réels ont fait découvrir aux Congolais, en général et aux Kinois, en particulier, une certaine forme de liberté des mœurs : les films érotiques, autrefois interdits sur le petit écran, sont largement diffusés les week-ends, les clips vidéos osés ne sont plus censurés, les télé-réalités américaines ou françaises sont très prisées (The Jerry Springer Show ou Ça va se savoir !), etc.
Parmi ces images diffusées, celles abordant l’homosexualité ont été librement diffusées, les programmateurs de chaînes étant peu soucieux du contenu de ces émissions étrangères. Dernièrement, ces mêmes stations ont lancé des programmes locaux à téléphone ouvert où des téléspectateurs s’attaquent, avec la complicité des animateurs, sans retenue, à la façon de vivre de certaines personnes. Ces chaînes de télévision commerciales cherchent l’audience par n’importe quel moyen en s’inspirant de la télé réalité : provocation, débat sur la sorcellerie, la magie noire, l’insolite et évidemment l’homosexualité.
Deux cas d’émissions suivis sur deux stations émettant à Kinshasa nous ont choqué par leur approche ainsi que par les déclarations rapportées. La première est une émission diffusée en octobre 2004 sur Télé Kin Malébo (Tkm). Intitulé « À la barre » et programmé le vendredi en début de soirée, ce programme ayant pour objectif la vulgarisation du droit, est présenté par un juriste de formation. Le numéro diffusé ce soir là avait pour thèmes la sorcellerie et l’homosexualité. Le présentateur (et producteur de surcroît) n’avait pas pour but de parler des droits des gays et ceux des personnes responsables d’actes de sorcellerie mais des sanctions juridiques prévus à leurs intentions.
Dans la première partie consacrée aux sorciers, les intervenants ont reconnu qu’aucune sanction n’était légalement prévue pour ces personnes. Cela ne les a cependant pas empêché de déclarer que le supplice du collier serait le remède pour les punir. La seconde partie fut sur le même mode. Les intervenants ne différenciaient pas les deux thèmes. Certains participants estimaient d’ailleurs que les homosexuels n’avaient aucun droit et que "le châtiment corporel était l’unique chose qu’ils méritaient".
L’amalgame fait entre ces deux thèmes très différents a entraîné une énorme confusion en particulier pour les personnes n’ayant pas bien suivi le début du programme.
L’autre émission choquante a été diffusée en mars 2005 sur la chaîne commerciale Antenne A. Intitulé « A nous deux », ce programme sentimental, se déroulant à téléphone ouvert, est censé procurer des conseils aux personnes ayant vécu des peines de coeur. Ce jour-là, l’animateur n’en donna aucun mais passa son temps à critiquer et à condamner les homosexuels. Après quelques minutes de débat très homophobe avec les invités, les interventions téléphoniques furent l’occasion d’une véritable dénonciation des jeunes présumés gays dans les quartiers, les dortoirs des universités, dans les écoles, etc. Heureusement, aucun nom de personnes ne fut cité.
De fait, faire semblant d’être hétérosexuel est la destinée de beaucoup d’homosexuels en République démocratique du Congo où rares sont ceux à vivre leur sexualité au grand jour Mais cette responsabilité des médias n’est pas propre à la Rdc. Les exemples abondent. Au Cameroun, le journal L’Anecdote a publié en 2005 un top 50 des personnalités présumées homosexuelles. Le journal s’est vendu à plusieurs milliers d’exemplaires et son prix est rapidement passé de 300 à 2000 F Cfa. En 2008, au Sénégal, le n° 20 d’un magazine people, avait publié les photographies d’un mariage gay qui avait été célébré à Petit Mbao, à 20km au sud-est de Dakar. Les 5 jeunes reconnaissables sur la photo, furent interpelés par la Division des investigations criminelles. Rien de moins… (27)
Mais parfois, les journaux jouent leur rôle d’information et d’éveil. Ce fut le cas en mars 2008, lorsque Maroc Hebdo publia un dossier intitulé : "Faut il légaliser les homos ?" (28). On peut même voir en Côte d’Ivoire, des séries télé mettant en scène des homosexuels.
IMAGE SOCIALE
Dans la société congolaise l’union entre un homme et une femme revêt souvent un sens sacré. Les personnes non mariées ne jouissent donc d’aucune considération. La crise que connaît le pays a favorisé une forme de concubinage surnommée en lingala "yaka tofanda" qui peut se traduire par "viens vivre avec moi". Ce phénomène de société, inconnu auparavant, s’explique par l’impossibilité pour l’homme de payer la dot de la femme. Vivre en couple demeure fondamental au Congo-Kinshasa où le célibat est très mal accepté voir méprisé. D’ailleurs, les églises évangéliques n’hésitent pas à inciter les jeunes à se marier et à fonder une famille, allant même jusqu’à dire que ceux qui ne se marient pas sont possédés par un esprit appelé "mari de nuit" ou "femme de nuit". Ces discours provoquent un malaise auprès de certains jeunes encore célibataires ayant atteint la trentaine. Face à cela, chacun peut comprendre qu’un homosexuel n’a pas le choix dans une telle société. Pour ne pas éveiller les soupçons de leur entourage ils sont contraints de se marier dès qu’ils atteignent un certain âge.
Les mariages précoces sont d’ailleurs fréquents en Rdc où la loi, datant d’avant la constitution de la troisième République, fixait l’âge de la majorité pour la jeune fille à 14 ans. En 2000, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) avait placé le Congo-Kinshasa en tête des Etats favorisant les unions entre des hommes adultes et des filles mineures. En effet, 74% de filles se mariaient avant d’avoir atteint 18 ans, âge minimal universellement reconnu pour la majorité.
Dans la lutte contre le sida, les homosexuels restent ignorés. L’Ong congolaise Association santé famille (Asf) ne s’intéresse jamais à la communauté gay dans ses campagnes sur le port du préservatif. Ses spots et ses dépliants ne montrent que les images des rapports hétérosexuels. Ce fait est général à toute l’Afrique. Selon les résultats d’une étude menée en 2007, par la Commission internationale pour les droits des gays et des lesbiennes (Iglhrc), intitulée "Off the map : comment les programmes Vih/sida échouent à prendre en compte les pratiques entre personnes du même sexe en Afrique", les homosexuels sont exclus des programmes de lutte contre l’épidémie à travers le continent africain. En juin 2008, trois Ougandais furent même emprisonnés durant 48 heures suite à une conférence sur le sida car ils demandaient "à ce que les politiques de prise en charge et les outils de prévention du Vih, s’adressent également aux gays et aux lesbiennes". La justice ougandaise leur donna finalement raison en décembre 2008, en jugeant discriminatoire leur emprisonnement.
Nous sommes allés un jour dans leurs bureaux de Kinshasa pour en connaître la raison. L’un des leurs responsables nous a tout simplement répondu que des campagnes destinées à cette minorité sexuelle ne sont pas prévues dans leurs projets.
Les communautés homosexuelles africaines sont pourtant cruellement touchée par la maladie : "les quelques études réalisées montrent que le taux de prévalence de l’infection à VIH est nettement supérieur chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qu’au sein de la population générale. Fort taux de prévalence auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes : 21,7 % contre 0,7% auprès de la population générale au Sénégal d’après les chiffres de la Division sida du ministère de la Santé. Une étude similaire au Kenya suggère une séroprévalence de 40% chez les Msm contre 6,1% en moyenne. (29)".
LE KIPOPO : UN LANGAGE SECRET POUR COMMUNIQUER
En Rdc et plus particulièrement à Kinshasa, les homosexuels ont créé un dialecte pour communiquer sans être repérés. Ce langage secret appelé dans le milieu "kipopo", utilise des mots codés pour exprimer un message. Incompréhensible pour les non initiés, ce dialecte est très courant chez les homos kinois. Il s’est surtout développé au cours de ces deux dernières décennies suite à l’oppression morale que subit cette communauté dans le pays.
Il faut noter que le mot kipopo vient de popo, nom donné dans les années 30-40 aux Africains de l’Ouest, précisément aux Béninois, aux Togolais et aux Ghanéens venus travailler dans les usines des colons belges de Léopoldville. Les gays de Kinshasa ont simplement emprunté ce mot et l’ont rebaptisé kipopo c’est-à-dire le popo, la langue des popo ou ce qui est propre aux popo. Ils ont détourné des mots ou des termes lingala ou français de leurs sens originels pour leurs attribuer d’autres significations. Ainsi, ils peuvent s’exprimer librement sans éveiller des soupçons ni être repérés (30).
Cette difficulté à vivre sa sexualité est courante en Afrique où l’homosexualité reste tabou même au cinéma et dans la littérature où elle n’est que très discrètement abordée. En littérature, tout juste peut on citer « Lalana » (31) de la malgache Michèle Rakotoson (32) et « La fête des masques » (33) du Togolais Sami Tchak. On connaît également un témoignage écrit, celui de Charles Gueboguo en 2006 (34). Au cinéma, le seul long métrage de fiction est « Dakan » du guinéen Mohamed Camara (35). En matière de documentaires, on peut en citer deux sur les travestis : le magnifique « Woubi chéri » de Philip Brooks (36) qui se déroule en Côte d’Ivoire et pour Haïti, « Des hommes et des dieux » d’Anne Lescot et Laurence Magloire. Mais le bilan reste assez restreint à l’échelle du continent…
Pourtant l’enjeu est d’importance, sans parler de tolérance et du respect dû à chaque individu de vivre sa vie comme il l’entend, il n’en est pas moins vrai que le silence et la stigmatisation tuent. En effet, le sida fait des ravages en Rdc et le combat pour une meilleure prévention des risques est crucial.
En attendant, la vingtaine de personnes rencontrées au cours de cette longue enquête - étendue sur quatre années - ont toutes fait part de leur calvaire et de leur souffrance. Toutes ont réclamé le plus total anonymat, toutes nous ont demandé de gommer le moindre indice permettant de les reconnaître, ce qui ne nous a pas permis d’exploiter l’ensemble des informations recueillies. Elle ne réclamaient pourtant qu’une chose, résumée par une formule souvent galvaudée, mais qui, ici, a du sens : le droit à l’indifférence. Tout simplement.
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NOTES
1. Publié aux éditions Palgrave Mac Millan à New York en 1998.
2. Vangroenweghe Daniel, Sida et sexualité en Afrique, éditions EPO, 2000, 480 pages.
3. Source : afrol.com
4. In Afrique magazine n° 247, avril 2006
5. Source : afrol.com
6. On y compte l’Angola, la Zambie, le Botswana, le Swaziland, le Mozambique, le Zimbabwe, le Malawi, le Soudan, l’Ouganda, le Kenya, l’île Maurice, le Cameroun, le Nigeria, le Togo, Djibouti, la Guinée Conakry, le Liberia, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et le Cap Vert.
7. Le sida et les rapports sexuels entre hommes en Afrique Noire par Robin Sappe en 2002, visible sur http://semgai.free.fr/doc_et_pdf/Se..
8. C’est le cas en Tunisie (qui prévoit jusqu’à trois années d’emprisonnement) et à Maurice. Force est de constater dans ce dernier cas cependant que les seules personnes incriminées sous ce motif étaient des hétérosexuels (dans des cas de viol par exemple ou de divorce à problèmes).
9. En particulier le Galz (Gays and Lesbians of Zimbabwe) dont les membres se font régulièrement arrêter, mais plus comme partisans supposés du MDC (mouvement d’opposition) que pour leur orientation sexuelle.
10. Cf. les déclarations de Keith Goddard, directeur du GALZ en réponse à des demandes d’informations de la Commission canadienne de l’immigration : http://www2.irb-cisr.gc.ca/fr/reche..
11. Cité par Bochow Michael, Enjeux de la prévention chez les homosexuels et bisexuels masculins au Sud et au Nord, Transcriptase Sud, n°5, Paris, automne 2000.
12. Un article de Jeune Afrique du 16 mars 2009 parle même d’emprisonnement à vie au sujet de l’Ouganda.
13. Confidences de Charles Gueboguo, Jeune Afrique N°2428, du 22 au 28 juillet 2007, p. 47.
14. Cf. http://www.africagay.org/docs/CP-06...
15. Un des jeunes qui était arrivé à s’échapper, Pape Mbaye, a obtenu le statut de réfugié politique aux Etats-Unis.
16. Il s’agit de la Rdc, du Burundi, du Rwanda, de la Namibie, du Lesotho, de Madagascar, des Seychelles, de la Somalie, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée équatoriale et de l’Egypte.
17. Source : Ilga
18. Pour info, lire Le Pape Marc, Vidal Claudine, Libéralisme et vécu sexuel à Abidjan in Cahiers Internationaux de la sociologie, volume LXXVI, 1984.
19. Il y a même une communauté de musulmans gays dans cette ville.
20. On peut y ajouter L’Ilga (http://www.ilga.org) et l’Ilghrc (http://www.iglhrc.org), deux associations qui s’engagent pour le respect des droits des homosexuels et transsexuels ainsi que des personnes séropositives à travers le monde.
21. Africagay a été créé par 18 organisations de lutte contre le sida venues de 10 pays d’Afrique : Burkina-Faso (Aas, Alavi, Revs+), Burundi (Anss), Cameroun (Alternatives Cameroun), Mali (Arcad/sida), Maroc (Kénégoudou Solidarités, Alcs), Niger (Mvs, Arc en ciel plus), Cote d’Ivoire (Rsb, Ruban Rouge), République démocratique du Congo (Acs/Amo-Congo), Sénégal (Ancs), Tunisie (Atl) et France (Colibri, Aides).
22. http://www.mask.org.za
23. Toutes les anecdotes relatées dans cet article sont le fruit d’entretiens avec différentes personnes. Elles ne font pas forcément l’objet de notes de bas de page indiquant des références.
24. Ce fait n’est pas propre à la Rdc et est également souligné dans le rapport de Robin Sappe sur le Sénégal (Le sida et les rapports sexuels…. Op. Cit.)
25. Source : Rapport 2004 Onusida
26. Pratiques homosexuelles et prévention du Vih/sida en Afrique, Actes de l’atelier de Ouagadougou, 1-5 octobre 2007, p.16.
27. Au Maroc, on a même vu un journal trop prompt à révéler l’homosexualité de certaines personnes, condamné pour diffamation à plus de 500 00 € d’amendes…..
28. Maroc Hebdo, N°829, 6-12 mars 2009.
29. http://www.africagay.org/index.html mais ces chiffres ont été communiqués par Off the map.
30. Petit dictionnaire du kipopo : Beyanga : sucer (tiré d’une célèbre chanson du même nom du chanteur Tabu Ley), Etre à douze heures : être très excité (en référence à l’aiguille indiquant midi), Kitambo : passer l’acte sexuel entre partenaire de même sexe (à l’origine kitambo est le nom de la plus vieille commune de Kinshasa) Kowumba ou kowoumba : pénétration anale, Kiassa : la position du missionnaire, Lisamboli : coming out, sortir du placard, se faire repérer ou démasquer. Lotobo : anus, Mades : passif, Mari bongola : versatile (du français mari = époux et lingala bongola= changer), Mobambu ou mobambou : pénis, Mur de Berlin : personne homophobe ou qui ignore cette forme de sexualité. Mwana mama Maria : partenaire de race blanche, Ntolomo : gros pénis, Pacha : actif
31. Lalana. París : L’Aube, 2002, ISBN 2-87678-783-0
32. On peut lire l’entretien qu’elle a accordé en 2005 dans le numéro Afrique rose de Africultures, visible sur http://www.africultures.com/php/ind..
33. La fête des masques, 2004, Paris, Gallimard (traduit en italien : La festa delle maschere, Morellini, 2005)
34. Charles Gueboguo, La question homosexuelle en Afrique : le cas du Cameroun, L’Harmattan, 2006.
35. Cf. http://www.africultures.com/php/ind..
36. 1998. Documentaire de 62’ réalisé par Philip Brooks et Laurent Bocahut.
Kinshasa (Rdc) - Rose Hill (Île Maurice) Enquête et entretiens effectués de 2004 à 2007.
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Appel à contribution d'articles pour Pambazuka News
Pambazuka News prépare un numéro spécial sur « Le Brésil en Afrique »
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/Announce/87519
Avec un lectorat qui atteint 26 000 personnes chaque semaine, Pambazuka News prépare une édition spéciale sur «Le Brésil en Afrique» et lance un appel à contribution à ses lecteurs. Les textes soumis peuvent porter sur l'un des thèmes suivants (ou sur un un autre thème ou une autre question de votre choix) :
- Les liens historiques entre le Brésil et l'Afrique
• Les liens géopolitiques Sud-Sud entre l'Afrique et le Brésil via les Brics
• Les questions relatives aux femmes, aux jeunes, aux multinationales, à la justice sociale, aux questions environnementales, aux médias, aux liens culturels (musique, littérature, arts) entre le Brésil et l'Afrique
• Des idées sur la façon de bâtir des liens plus étroits et une meilleure compréhension entre le Brésil et l'Afrique
Les textes doivent être envoyés à: editor@pambazuka.org
Longeur : les textes doivent avoir entre 1000-3000 mots
DATE LIMITE de soumission : 30 Juin 2013
Votre nom et une présentation (titre, fonction) en deux lignes doivent être présentées à la fin de l'article
Commentaires & analyses
Manger des insectes pour résoudre la faim dans le monde ?
Esther Vivas
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/comment/87518
Je n’ai rien contre la consommation de « bêbêtes », une pratique qui, sous d’autres latitudes est courante. Selon la Fao, aujourd’hui dans le monde, au moins deux milliards de personnes en consomment régulièrement : coléoptères, chenilles, abeilles, fourmis, sauterelles, et un long « etc. ». Un total de 1 900 espèces sont mangées dans des pays d’Afrique, d’Asie et aussi d’Amérique latine. Et, selon ce rapport, elles ont un haut contenu en protéines, matières grasses et minéraux. Dans nos pays par contre, l’idée même de porter à notre bouche ces insectes provoque notre dégoût.
Les discussions et les débats médiatiques de ces derniers jours qui ont tourné autour de la proposition de la Fao l’ont fait à partir d’une perspective clairement ethnocentrique sur ce que nous mangeons. Associant la consommation d’insectes à un comportement primitif, comme si nous avions la vérité absolue sur ce que l’ont peut manger ou non. On peut pourtant se demander ce que pensent les gens dans d’autres pays des escargots en sauce, du lapin rôti ou même de la paella de riz au lapin et aux escargots. Je crois que dans plus d’un pays européen on ne supporterait même pas de rester deux minutes à table en imaginant son lapin mascotte favori cuisiné comme un bifteck et entouré de mollusques baveux…
Mais au-delà de ces considérations culturelles, je crois que le problème de la faim doit être abordé à partir d’une autre perspective. Il ne s’agit pas, comme si c’était une solution magique, d’opter pour l’ingestion d’insectes, indépendamment des vertus nutritives qu’ils peuvent apporter. Le nœud de la question est de nous demander comment il se fait que dans un monde où les aliments existent en abondance il y a autant de personnes qui n’ont rien à manger. Aujourd’hui, le problème de la faim ne réside pas dans la production mais bien dans la distribution. Il ne s’agit pas de produire plus, ou de chercher de nouvelles sources de comestibles, mais bien de distribuer la nourriture déjà existante et de la rendre accessible aux gens.
D’après la Fao elle-même, on cultive aujourd’hui suffisamment de nourriture pour alimenter 12 milliards de personnes alors que nous sommes 7 milliards sur Terre. De la nourriture, il y en a. Le problème est : aux mains de qui est-elle ? Les aliments sont devenus une source de profit pour une poignée de multinationales de l’agro-industrie, qui donnent priorité à leurs intérêts privés, face aux besoins alimentaires des personnes. Ceux qui n’ont pas les moyens nécessaires pour payer le prix chaque jour plus élevé de la nourriture ou qui n’ont pas accès aux moyens de production (la terre, l’eau, les semences,…) ne mangent tout simplement pas.
En finir avec la faim passe par l’exigence de justice et de démocratie dans les politiques agricoles et alimentaires. Et par le fait de rendre aux peuples leur souveraineté alimentaire, leur capacité de décider ce qu’on produit et comment on le produit, sur sa distribution et sa consommation. Accorder la priorité aux droits et non aux privilèges. Et opter pour un autre modèle d’agriculture et d’alimentation : de proximité, paysanne, agro-écologique, etc. Ce n’est qu’ainsi que tout le monde pourra manger.
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** Esther Vivas est une militante espagnole auteure de plusieurs livres et de publications sur les mouvements sociaux, la consommation responsable et le développement durable - Traduit par Ataulfo Riera (Source: tlaxacala.org)
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Plaidoyers & campagnes
Lettre ouverte aux participants du New York Forum for Africa 2
Quel sens prendra votre présence au Gabon
Grégory Ngbwa Mintsa, Blanche Simonny Abegue, Marc Ona Essangui
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/87514
Madame, Monsieur,
Vous avez été pressentis par M. Richard Attias pour prendre part, au Gabon, à la deuxième édition du New York Forum for Africa (Nyfa), du 14 au 17 juin 2013, dont l’objectif ultime demeure la glorification d’Ali Bongo.
Nous sommes convaincus, à bien des égards, que nous partageons les valeurs que vous défendez. Comme vous, nous croyons en la démocratie. Comme vous, nous sommes attachés à la liberté d’expression. Comme vous, nous croyons que l’État doit être fort et juste, qu’il doit protéger les faibles et garantir la sécurité des puissants. Comme vous, nous savons que l’Afrique finira bien par s’éveiller et par offrir à ses populations la qualité de vie à laquelle elles aspirent légitimement. Comme vous, nous soutenons les progrès scientifiques, technologiques et sociétaux.
Cependant, nous nous devons de vous rappeler que le Gabon est une République et non une monarchie dynastique. Nous nous devons de vous rappeler qu’Ali Bongo a succédé à son père qui a dirigé le Gabon pendant plus de quatre décennies, dans des conditions scabreuses et en faisant usage de la force. Nous nous devons de vous rappeler que l’arrivée d’Ali Bongo à la tête du Gabon s’est imposée au prix du sang des Gabonais, tombés sous les balles d’une armée transformée en milice privée et dirigée par des membres de la parentèle d’Ali Bongo. Ces faits historiques et vérifiables ne peuvent être ignorés de vous.
Nous ne vous ferons pas l’injure de dresser un tableau exhaustif de la situation des droits humains et plus largement de la gouvernance au Gabon, car nous sommes convaincus que vous en savez autant que nous.
Nous croyons fermement que vous savez que le Gabon est un pays où la corruption, les détournements de deniers publics, l’enrichissement illicite ont été érigés en principes de gouvernement.
Nous sommes convaincus que vous savez que la justice gabonaise est instrumentalisée à des fins politiques et personnelles.
Nous sommes convaincus que vous savez que la presse est l’objet de harcèlement et de répressions systématiques de la part d’un Conseil National de la Communication aux ordres.
Nous sommes convaincus que vous avez entendu parler de cette pratique barbare de sacrifices humains pudiquement nommée "crimes rituels". Oui, nous sommes convaincus que vous savez que depuis l’avènement d’Ali Bongo au pouvoir, nous assistons à une recrudescence des crimes rituels dont les coupables et les commanditaires jouissent d’une impunité totale. Devons-nous vous signaler que ces crimes consistent à prélever, à vif, les organes d’un individu (yeux, langue, clitoris, poumons, cœur, sang…) à des fins fétichistes ?
Nous savons que les crimes rituels sont commandités par les hommes du pouvoir, à la recherche de la gloire, du pouvoir et de l’argent. Devons-nous vous indiquer que des ministres du gouvernement actuel, réputés proches parmi les proches d’Ali Bongo, ont été nommément cités dans ces affaires sans que ce dernier ne s’en émeuve le moins du monde, qu’en avril 2013, le gouvernement a interdit l’organisation d’une marche pacifique de la société civile contre les sacrifices humains et que les forces d’oppression ont dispersé et gardé à vue les manifestants de celle qui s’est, malgré tout, tenue le samedi 11 mai dernier ?
Nous vous informons que notre lutte contre le fléau de crimes rituels au Gabon nous a valu le soutien des cyberactivistes Anonymous dans un message d’avertissement envoyé le 13 avril dernier au pouvoir, et que nous continuons à nous battre pour que justice soit faite.
Nous en sommes donc à nous demander quel sens prendra votre présence au Gabon. Nous en sommes à nous demander quelle part les cautions d’Ali Bongo réservent-elles au respect des droits des citoyens et de la vie humaine. Nous en sommes à nous demander si les valeurs que vous professez ont une portée universelle, si ce qui est valable sous d’autres latitudes l’est aussi chez nous. Comment devons-nous interpréter le fait que vous soyez prêts à venir cautionner un pouvoir illégitime, brutal, anti-démocratique et qui prive de nombreux Gabonais de leurs droits civils et politiques au seul prétexte qu’ils ont affirmé haut et fort leur opposition à une dévolution monarchique du pouvoir ?
Comment expliquer que vous soyez indifférents au sort de nos enfants égorgés à des fins fétichistes ? Comment expliquer que l’on puisse fermer les yeux devant le fait que nos enfants s’entassent dans des salles de classes de plus de cent élèves, qu’Ali Bongo n’ayant pas jugé utile de construire une seule école depuis son accession au pouvoir en vienne à réquisitionner les vestiaires d’un stade de football en guise de salles de classe ?
Comment comprendre que vous soyez prêts à vous associer à une manifestation onéreuse dans un pays où des femmes accouchent encore à même le sol et où les étudiants de l’unique université du pays étudient dans des conditions plus que déplorables (cf. reportage de France 24, Les Observateurs, diffusé le 6 avril 2013) ?
Convaincus que vous portez en vous les nobles valeurs d’humanité, de liberté, d’égalité de chances et que vous placez la dignité humaine au-dessus de tout, nous vous demandons d’examiner, en conscience, l’opportunité de votre participation au Nyfa.
Nous en appelons à votre conscience, à votre humanité et vous demandons de renoncer à prendre part à cet événement qui n’est que pure opération de communication à la gloire d’Ali Bongo. Sauf, bien entendu, si vous estimez que les retombées de la 1ère édition du Nyfa sont pertinentes et tangibles. Pour notre part, nous ne voyons absolument pas en quoi cette édition a profité aux peuples du monde, d’Afrique ou du Gabon. Nous savons que vous avez le sens de l’histoire et vous demandons d’analyser la portée historique de votre participation à cet événement. Parce que le peuple gabonais serait très honoré de vous accueillir en d’autres circonstances, nous affirmons que votre participation au New York Forum Africa sera, pour nous, une prise de position ouverte contre le peuple gabonais.
Pour la bonne règle, nous vous informons que le contenu de la présente sera communiqué à la presse et aux organisations de la société civile et de défense des droits de l’Homme à travers le monde.
Nous espérons que vous comprenez notre démarche.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
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** Pour le Mouvement des Indignés du Gabon - Grégory Ngbwa Mintsa est Prix de l’Intégrité Transparency International
** Pour le Collectif des femmes contre les crimes rituels – contact : Mme Blanche Simonny Abegue
** Pour le mouvement citoyen « ça suffit comme ça », Marc Ona Essangui, Prix Goldman 2009
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Lutte contre la pêche la pêche illégale en Afrique de l’Ouest
Greenpeace appelle à la responsabilité et à la solidarité des Etats
Marie Suzanne Camara et Bakary Coulibaly
2013-05-23
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Femmes & genre
Droits humains
Afrique du Sud : 23 morts lors de circoncisions rituelles
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87420
Afrique du Sud : Mandela refuse que ses enfants soient impliqués dans la gestion de son patrimoine
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87446
Burundi : 5,6 millions de jeunes exclus par les Accords d’Arusha
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87431
Global : Deux Marocains incarcérés à tort pendant 13 ans en France, libres
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87441
Nigéria : Poursuivre les rebelles nigérians pour crimes de guerre
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87457
Tunisie : Accord sur l'indemnisation des victimes de la dictature
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87458
Zimbabwe : Trois mois de prison pour un professeur qui a insulté Mugabe
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/rights/87444
Réfugiés & migration forcée
Global : L'emigre et son destin : pour un retour au bercail
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/refugees/87451
Elections & gouvernance
Afrique : Le Bénin offre l’asile politique au putchiste malien Amadou Sanogo
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87452
Afrique du Sud : Des dissidents tentent de faire trembler l’Anc
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87439
Algérie : Les jeunes réclament le changement
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87429
Centrafrique : Pourquoi Bozizé a-t-il été lâché par ses «frères»?
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87435
En janvier 2013, les présidents Idriss Déby Itno, Denis Sassou Nguesso et Ali Bongo Ondimba volent à l’unisson au secours de leur « frère » franc-maçon, François Bozizé, en grande difficulté. Trois mois plus tard, les mêmes ne lèveront curieusement pas le petit doigt pour empêcher la Seleka, la rébellion armée, de s’emparer du pouvoir à Bangui. Décryptage.
http://rfi.my/ZPp2xR
Djibouti : Affrontements entre policiers et militants de l'opposition
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87440
De violents affrontements ont eu lieu à la sortie de la grande prière de vendredi entre des militants de l'opposition djiboutienne et les forces de l'ordre.
Ces heurts ont été observés dans plusieurs quartiers de la banlieue de Balbala et surtout au quartier appelé Kartileh qui est connu pour être l' un des bastions de l'opposition et dont sont originaires deux des trois dignitaires religieux arrêtés dans les premiers affrontements post-électoraux et condamnés pour incitations à l'insurrection et troubles à l'ordre public à 18 mois de prison ferme.
http://bit.ly/17QYwh1
Egypte : Des manifestants réclament le départ de Morsi
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87424
Mali : Les bailleurs internationaux réunissent 3,2 milliards d'euros
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87461
Somalie : Un ex-seigneur de guerre élu "président" d'une importante région
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87449
Tchad : Malgré le risque d’arrestation, l’opposant Saleh Kebzabo prêt à rentrer
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87456
Tchad : Mandats d'arrêt internationaux contre des personnalités du régime Habré
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87422
Zambie : La suppression des aides au maïs fait exploser l’inflation
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87445
Zimbabwe : Tsvangirai promet de revenir sur l'indigénisation en cas de victoire
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/elections/87467
Corruption
Global : Le Fbi débarque à Conakry pour enquêter sur les licences minières
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/87442
Une équipe du Fbi était à Conakry du 6 au 12 mai dans le cadre de l'enquête menée par les États-Unis sur les conditions de l'attribution des licences minières du groupe minier Bsgr, accusé de corruption. « Six agents fédéraux ont été dépêchés dans la capitale guinéenne pour interroger deux douzaines de personnalités guinéennes liées au dossier, dont Ibrahima Sory Touré, ancien vice-président de Bsgr Guinée et frère de la 4ème épouse de Lansana Conté, ainsi que des fonctionnaires du ministère des mines», confie un avocat américain impliqué dans le dossier.
http://bit.ly/14lnwZK
Sénégal : L’ancien ministre de l’Energie soupçonné dans une affaire de surfacturation
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/87437
Sénégal : La Css va arrêter sa production jusqu’en juillet
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/corruption/87450
Développement
Burkina Faso : La pauvreté persiste, la solution piétine
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/development/87430
Côte d’Ivoire : Cherche porte de sortie pour le diamant
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/development/87438
Global : Le Fmi a t-il raison de dire que l'Afrique est le prochain eldorado ?
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/development/87432
Santé & VIH/SIDA
Afrique : Le Sénégal cité parmi les pays ayant éliminé le tétanos maternel et néonatal
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/87448
Madagascar : La fistule obstétricale touche près de 2 000 femmes par an
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/87423
Éducation
Côte d'Ivoire : Le pouvoir confronté au malaise des étudiants
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/education/87419
Environnement
Algérie : Découverte de déchets radioactifs provenant de Chine
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/environment/87425
Algérie : Morts, inondations et routes coupées
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/environment/87426
Encore une fois, la pluie ne fait pas que le bonheur des fellahs. Elle fait aussi des victimes et des dégâts. C'est le cas dans la commune de Bologhine, à Alger, où deux personnes ont trouvé la mort, suite à l'effondrement d'une habitation précaire, sous les trombes d'eau qui se sont abattues. Plusieurs routes ont été coupées à la circulation dans plusieurs régions du pays. Même la capitale n'a pas été épargnée par cette situation. La vague d'intempéries a provoqué des inondations dans de nombreux quartiers.
http://bit.ly/15ZGTfe
Mozambique : Il n’y a plus de rhinocéros dans le pays
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/environment/87453
Média & liberté d'expression
Algérie : Un patron de presse accusé d'atteinte à la sécurité de l'État
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/media/87465
Burundi : 12 000 signataires contre la loi sur la presse
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/media/87433
Guinée Equatoriale : Sites de l'opposition et réseaux sociaux coupés à dix jours des élections
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/media/87447
Conflits & urgences
Cameroun : Le Tchad demande le départ de Bozizé du Cameroun
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87434
Mali : A Tombouctou, le retour des enfants sur le chemin de l'école
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87436
Niger : Deux attaques suicide, dont une contre un site Areva
2013-05-23
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87520
Nigeria : L'armée mène des raids aériens meurtriers contre Boko Haram
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87443
Soudan : Ban Ki-moon demande 1.000 Casques bleus supplémentaires pour Abyei
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87460
Soudan du Sud : Un hôpital saccagé, des milliers de personnes sans soin
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87421
Tunisie : 100 jours après, la vérité tarde sur l'assassinat de Chokri Belaïd
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87463
Tunisie : Des jihadistes ont assassiné un officier de police après une fatwa
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87418
Des salafistes jihadistes ont assassiné un officier de police tunisien sur la base d'une fatwa (décret religieux) de leur imam, a révélé mercredi 15 mai, Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement. Le chef d'Ennahda a haussé le ton contre les jihadistes, les plus radicaux de la mouvance salafiste, responsables de violences en Tunisie après la révolution de 2011.
http://bit.ly/12N0Yzu
Tunisie : Face à la violence islamiste radicale
2013-05-19
http://pambazuka.org/fr/category/conflict/87427
Internet & technologie
Afrique : Face à une menace grandissante de la Cybercriminalité
2013-05-20
http://pambazuka.org/fr/category/internet/87466
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ISSN 1753-6847






