Cette édition
Pambazuka News 55: LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE DOIT PRIMER SUR LE COMMERCE
Le journal électronique qui fait autorité est une plateforme de la justice sociale en Afrique.
Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847
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CONTENU: 1. Chroniques, 2. Commentaires & analyses, 3. Zimbabwe, 4. Moniteur de l'Union Africaine, 5. Droits humains, 6. Réfugiés & migration forcée, 7. Développement, 8. Santé & VIH/SIDA, 9. Éducation, 10. Racisme & xénophobie, 11. Environnement, 12. Terres & droits fonciers, 13. Conflits & urgences
Chroniques
Cheikh Tidiane Dièye : «La souveraineté alimentaire doit primer sur le commerce »
2008-05-09
Ousseini Issa
L’agriculture en Afrique est en faillite. Elle n’arrive plus à nourrir les populations qui dépendent aujourd’hui des exportations alimentaires pour leur survie. Les émeutes de la faim qui ont secoué ces derniers temps plusieurs pays du continent en constituent la preuve la plus évidente. Si l’Afrique est incapable d’assurer sa souveraineté alimentaire, ce n’est point qu’elle manque de ressources pour relever ce défi. Les terres agricoles sont encore peu exploitées, l’eau est disponible à profusion et les bras valides pour remuer les sols sont là. La dépendance alimentaire dans laquelle se trouve le continent est tout simplement due aux chaînes des politiques néolibérales qui l’entravent.
Les puissances du Nord, qui détiennent le cordon de la bourse, interdisent aux Etats pauvres d’investir dans l’agriculture, sous le prétexte que leurs produits ne sont pas compétitifs sur le marché. En vérité, c’est pour maintenir les Africains et, de façon générale, tous les peuples déshérités du Sud dans une situation de dépendance alimentaire permanente. Or, les analystes économiques ont démontré qu’aucun n’a peuple, dans l’histoire de l’humanité, ne s’est développé avec la faim. Pour que l’Afrique amorce son véritable développement, il faut qu’elle assure sa souveraineté alimentaire. Mais les conditions permettant d’y accéder ne seront réunies qu’après avoir fait sauter les verrous posés par les puissances du Nord, à travers l’organisation mondiale du Commerce (Omc), pour contrôler l’agriculture mondiale.
Cette question de souveraineté alimentaire a été débattue, le 21 avril, par des organisations de la société civile actives dans l’agriculture (Le Roppa et Enda Tiers monde), à l’occasion de la Cnuced XII dont les travaux ont débuté le 20 avril 2008, à Accra, la capitale ghanéenne.
A l’issue des échanges, l’annonce d’une nouvelle initiative mondiale permettant à l’Afrique d’accéder à la souveraineté alimentaire a été faite. Portée par Enda Tiers monde et le Roppa, cette initiative qui partira de l’Afrique de l’Ouest –comme la bataille engagée pour le coton- vise à modifier les règles du commerce mondial de l’Omc dans le secteur de l’agriculture. Coordinateur du Programme Commerce à Enda Syspro, Cheikh Tidiane Dièye parle de ce nouveau chantier qui va mobiliser, pour les années à venir, la société civile mondiale et les gouvernements des pays en voie de développement, selon lui.
Entretien
Une nouvelle initiative se prépare, dont l’objectif est de créer les conditions pour l’accession de l’Afrique et les autres continents déshérités à la souveraineté alimentaire. Qu’est-ce qui a suscité la mise en marche d’une telle initiative ?
Cheikh Tidiane Dièye : Différents éléments nous ont motivés à mettre en place cette nouvelle initiative qui est une démarche nouvelle par rapport à tout ce qu’on a connu jusqu’ici et elle s’appuie sur un certain nombre de conditions. La première, c’est que le constat est évident que les règles du commerce mondial sont injustes. Ce sont des règles inéquitables et la plupart d’entre elles sont dépassées. Et Pascal Lamy, lui-même, l’a reconnu à cette conférence de la Cnuced, en disant que les règles du commerce mondial, telles qu’elles fonctionnent, ne sont pas favorables aux pays en développement.
Deuxième élément, c’est qu’aujourd’hui beaucoup d’acteurs qui appartiennent à cette mouvance libérale – donc qui sont des acteurs importants du système mondial libéral - ont démontré que le système tel qu’il est configuré reste favorable au pays développés et laisse très peu de place aux pays en développement, en particulier aux pays les moins avancés, Je vais citer, entre autres, Joseph Stiglitz qui, dans son dernier livre, a montré comment le système agricole aujourd’hui et les règles du commerce en matière d’agriculture faussent l’objectivité des échanges, comment ça profite aux multinationales et aux pays développés, et comment ça affaiblit les agricultures des pays en développement.
Le troisième est dernier élément, c’est le cas concret qu’on observe tous les jours sur le terrain. La crise de l’agriculture se vit, ce n’est pas une culture qu’on professe. Elle se vit au quotidien au Cameroun, elle se vit au quotidien au Sénégal, au Burkina Faso, au Niger, au Mali. Vous avez aujourd’hui des émeutes dans toutes ces capitales qui sont liées à la crise de cette agriculture qui ne nourrit plus les populations. Nous nous sommes posés la question de savoir pourquoi. Nous avons remonté aux mécanismes d’élaboration des règles pour nous dire : si le jeu n’est pas équitable, il faut alors changer les règles du jeu. Cette initiative a pour objectif justement de retourner là où les règles du jeu sont élaborées pour les changer à la racine. C’est cela la base de l’initiative.
Votre nouvelle initiative s’inscrit dans le sillage de la bataille du coton autour duquel il y a eu une grande mobilisation en Afrique ces dernières années. Peut-on savoir à quel niveau se trouvent aujourd’hui les négociations sur ce coton ?
Si nous parlons, à cette session de la XII Cnuced, de souveraineté alimentaire, ce n’est point parce que nous avons laissé tomber le coton. Vous savez que la mobilisation sur le coton est parti de l’Afrique de l’Ouest ; c’est un produit important qui nourrit beaucoup de populations dans cette région du monde. Et comme le système commercial multilatéral était plus ou moins inéquitable par rapport à la question du coton, nous avons levé cette initiative au niveau sous régional pour la porter au niveau international, avec un degré de visibilité jamais atteint par aucun autre produit.
Nous comptons avec cette nouvelle initiative sur la souveraineté alimentaire prendre la même démarche que ce qui a été fait sur le coton, c'est-à-dire travailler au niveau local, remonter une sorte de force de propositions populaires, paysannes, pour la faire porter par les Etats qui en feront des propositions de négociation. Mais il est évident qu’aujourd’hui la question de coton, malgré le fait qu’il a connu une grande de popularité, n’avance au niveau du système commercial multilatéral. On s’est dit qu’on va utiliser cet exemple, mais pour la souveraineté alimentaire on va moderniser, intégrer des nouvelles stratégies, pour avoir un impact un beaucoup plus important sur cette question là.
Quelles vont être ces stratégies pour éviter de se retrouver dans une situation de blocage comme pour le cas du coton ?
La première partie de cette démarche, c’est ce que nous sommes en train de faire, c’est déjà de la populariser, expliquer l’initiative et essayer de fédérer toutes les forces, toutes les propositions et toutes les autres alliances, parce que vous savez que la question de la souveraineté alimentaire n’est pas nouvelle. Il y a eu des initiatives un peu partout dans le monde. L’idée pour nous est d’agir à un premier niveau pour fédérer ces initiatives internationales autour de notre nouvelle démarche. Une fois que nous l’avons, nous allons travailler sur le contenu de la proposition. Le contenu de la proposition, c’est d’identifier dans les règles de l’Omc toutes les parties qui faussent aujourd’hui les échanges.
Une fois que nous les aurons identifiées, nous travaillerons à mettre en place de nouvelles propositions de règles élaborées par des experts juridiques et des acteurs du terrain, que nous soumettrons à l’Omc.
Réfléchissez-vous à des synergies qui pourraient se faire autour de cette initiative ?
En tant que société civile, Enda, le Roppa et toutes les autres organisations qui s’intéressent à cette initiative, nous allons constituer une force de mobilisation populaire, qui va appuyer politiquement les Etats qui auront porté l’initiative. Et à l’Omc, il ne s’agit pas seulement de la faire porter par des Etats de l’Afrique de l’Ouest ; il faut bâtir une alliance internationale avec le G33 qui est un groupe qui travaille sur les questions de produits spéciaux et les mesures de sauvegarde, avec le G90 qui réunit les pays en développement (le groupe africain, les Acp et les Pma) et de manière générale avec l’ensemble des pays en développement qui ont aussi un intérêt évident dans la question de souveraineté alimentaire. Nous comptons attaquer l’Omc avec une nouvelle force politique et stratégique pour faire basculer les rapports de force afin que les règles actuelles prennent effectivement compte de la question de la souveraineté alimentaire.
Est-ce seulement l’Omc qui est au centre de cette crise ?
Non, nous entendons initier aussi cette démarche contre d’autres institutions, en particulier des Nations Unies. Vous savez qu’aujourd’hui, la Cnuced est en train d’être affaiblie, d’être dessaisie, par le système capitaliste et financier international, qui voudrait avoir les coudées franches pour pouvoir opérer en toute impunité. Or, c’est la Cnuced qui agit au niveau des pays en développement pour les aider en matière d’analyse, en matière de propositions. Nous voulons également au niveau de l’Onu, en particulier de la Cnuced, opérer le même rapport de force favorable aux pays en développement pour qu’un nouveau système de hiérarchie des normes soit bâti au niveau international et que les questions de droit à l’alimentation soient supérieures aux questions de commerce. Il faut qu’en matière juridictionnelle et de façon contraignante, les questions de droit à l’alimentation soient inscrites dans le système des échanges internationaux.
Quelles sont les chances d’aboutissement de l’initiative quand on sait l’impasse dans lequel se trouve le coton aujourd’hui du fait du refus de l’Omc de modifier les règles ?
Il y a plusieurs éléments. C’est vrai que le coton est un produit important pour les pays africains, en particulier de l’Afrique de l’Ouest. Mais il ne faut pas perdre de vue que cette question de souveraineté alimentaire est une initiative globale. Ce n’est pas une initiative seulement ouest africaine même si elle est née dans cette région. Elle a pour vocation de se propager à l’ensemble des pays membres de l’Omc. Evidemment, il faudrait qu’un seul groupe ou un seul ensemble de pays la porte au départ, et ce sera, nous l’espérons, l’Afrique de l’Ouest.
* Ousseini Issa est un journaliste nigérien
Commentaires & analyses
flambée des prix des matières premières : Comment gérer l’abondance des ressources financières ?
2008-05-09
Bréhima Touré
La Cnuced révèle, dans une note publiée à l’occasion de sa XIIe conférence, que depuis 2002 les produits de base augmentent après avoir diminué fortement à partir de 1995-1997. Le pétrole a vu son cours multiplié par 10 environ depuis1999, année où il a était au plus bas. Et depuis 2008, il a franchi la barre symbolique de 100 dollars et culmine aujourd’hui à 120 dollars.
L’indice des prix des produits de base hors combustibles mis au point par la Cnuced affiche une progression de 107% depuis 2002. « La hausse généralisée des prix a été alimentée par la flambée des prix des métaux et des minéraux qui ont augmenté de 224% depuis 2002 », analyse l’instance onusienne. Naturellement, les pays producteurs profitent des ressources financières colossales générées par ces produits et parmi ceux-ci les exportateurs de pétrole sont les plus nantis.
Continent riche en matières premières, l’Afrique peut-elle tirer profit de cette nouvelle situation dont elle souffre pour l’instant ? Des ministres et hauts responsables qui ont pris part à la 12e CNUCED, organisée à Accra du 20 au 25 avril dernier, ont été interpellés sur la question.
Angola : Les effets négatifs de la manne pétrolière
« L’Angola est un producteur important de pétrole. Joaquim David, ministre angolais de l’industrie l’affiche volontiers et indique que l’or noir est une « manne céleste » pour son pays qui en tire 90% de ses recettes d’exportation. Le revenu par habitant est passé de 400 à 2000 dollars. Les ressources du pétrole permettent au pays de réhabiliter ses infrastructures détruites par 40 années de guerre civile. L’inflation a été réduite. « Mais notre économie reste vulnérable parce que nous dépendons du pétrole dont les prix sont volatiles », a-t-il dit, expliquant que le pétrole est une industrie de capitaux et non de main d’œuvre. Le défi auquel l’Angola est confrontée aujourd’hui, est de savoir comment faire pour tirer profit des ressources financières générées par le pétrole.
Ghana : Opacité autour des recettes des sociétés minières
Le pays hôte de la conférence exporte essentiellement du cacao et des minéraux. « Le Ghana est connu comme étant le pays de l’or depuis longtemps, a rappelé le ministre. Le prix de l’or monte tous les jours. Mais la nation n’en profite pas. » Ministre des Terres, des Forêts et des Mines, Mme Esther Obeng Dapaah a annoncé à cet effet la révision du code minier qui avait été élaboré pour attirer le investisseurs. Ce texte fait la part trop belle aux sociétés étrangères qui exploitent les mines d’or du Ghana. La ministre l’avoue : « Nous n’avons pas une idée des profits réalisés par les sociétés minières à l’extérieur. L’industrie minière doit cesser d’être un îlot qui échappe au contrôle de l’Etat », a souligné Mme Esther Obeng Dapaah, assurant que le gouvernement cherche à installer des raffineries pour que le pays puisse profiter de la valeur ajoutée de l’or. Elle a annoncé aussi un programme en faveur des petits exploitants du métal qui auront facilement accès au crédit, seront dotés de matériels et bénéficieront de formation.
Mauritanie : Le fer ne suffit pas à tout
Le fer est le principal produit d’exportation de la Mauritanie. Le pays en produit 11 millions de tonnes par an. La Mauritanie possède aussi du cuivre, de l’or et mène des recherches sur l’uranium et le phosphate. Elle a commencé à produire le pétrole en quantité pas très importante. « Aujourd’hui, notre pays reçoit une manne financière de la vente de ces produits dont les prix ont grimpé. Le prix du fer a augmenté de 68% en trois ans », a révélé le ministre mauritanien du Commerce et de l’Industrie qui s’est demandé s’il faut affecter à l’achat de nourriture les ressources générées par les produits d’exportation.
Il a expliqué que l’Etat mauritanien, à l’instar de nombreux africains, est obligé, pour stopper la flambée des prix des produits alimentaires, de renoncer à des recettes douanières en défiscalisant l’importation. Ces décisions ne sont pas sans danger pour l’équilibre des budgets de ces pays, a fait remarquer le ministre mauritanien. Mais «ces mesures sont indispensables parce que le pouvoir d’achat des populations s’es érodé avec cette hausse des prix », a souligné Sid’Ahmed Ould Raiss qui a par ailleurs exprimé son inquiétude de voir la réémergence de distorsions dans le commerce des céréales, avec la décision de l’Inde et de la Chine de limiter l’exportation de leur riz.
Pour Sid’Ahmed Ould Raiss, le marché du tout libéral conçu il y a 15 ou 20 ans n’est plus en mesure d’assurer l’approvisionnement des pays en produits alimentaires. « Les Etats sont obligés d’importer. Des sociétés en appellent aux gouvernements pour qu’ils interviennent auprès de leurs homologues étrangers pour faciliter l’importation. C’est à l’encontre des règles libérales du commerce », a-t-il constaté.
Tunisie : Haro sur les fonds spéculatifs
Choukri Mamoghli, secrétaire d’Etat tunisien chargé du Commerce, pointe du doigt l’influence des fonds spéculatifs sur la situation de crise des produits alimentaires. Cette cause de la crise, selon lui, n’est pas suffisamment évoquée, alors qu’elle y est pour beaucoup. Pour étayer son propos, il a révélé que les fonds de pension anglosaxons et des fonds souverains sont à l’origine d’au moins 30% de la hausse généralisée des prix. « Si une denrée coûte 30 dollars, au moins 6 sont le fait de la spéculation », a-t-il précisé.
Selon lui, ces fonds se promènent à travers le monde à la recherche d’opérations rentables à réaliser sans se soucier des conséquences de la spéculation à laquelle ils s’adonnent. Ceux qui gèrent ces fonds ont comme unique souci de les faire fructifier. Ils ne mesurent peut-être pas les souffrances qu’ils font subir aux Etats et aux populations. Choukri Mamoghli a plaidé pour la prise en compte du rôle négatif des fonds de pension dans la recherche de solution à la hausse des prix.
Venezuela : Des investissements dans le social
La manne pétrolière a dopé les recettes de l’Etat au Vénézuéla, un grand pays producteur de pétrole en Amérique latine. Déléguée de son pays à cette 12e Cnuced, Carolina Escara a expliqué que les ressources colossales tirées du pétrole servent à financer des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la défense, pour relever le niveau de vie des populations. Pour elle, la crise alimentaire est due au fait certains pays ont privilégié la sécurité énergétique par rapport aux besoins de consommation. Elle faisait allusion à l’utilisation de certaines céréales comme le maïs par les Américains pour produire du biocarburant. Les relations internationales ne doivent pas être basées sur le commerce seulement. Elles doivent reposer surtout sur la solidarité et l’entraide en faveur des démunis.
Oman : Le pétrole, source de diversification
Oman, pays du Golfe, tire 66% de ses recettes budgétaires du pétrole qui lui fournit 45% de son PIB. A Oman, explique le sous-secrétaire au Commerce et à l’industrie de ce pays, Ahmeed Bin Hassan Al Dheeb, le gouvernement a engagé des actions pour diversifier les branches de l’économie. Il a révélé à cet effet que l’industrie, le gaz et le tourisme sont les secteurs choisis dans le cadre de cette diversification. « L’Etat a voté un budget de 3 milliards de dollars pour construire des sites balnéaires et d’autres commodités pour attirer les touristes. Des actions sont en cours pour faire venir des investisseurs dans le secteur du gaz et de l’industrie », a révélé Ahmeed Bin Hassan Al Dheeb qui a ajouté que le pétrole a permis de relever le niveau de vie et créer de nombreuses infrastructures dans les domaines de l’éducation, de la santé et d’autres services sociaux, a détaillé le sous-secrétaire au commerce et à l’industrie.
* Bréhima Touré est journaliste malien
Hausse des prix en Afrique : Un mois d'avril des plus fous
2008-05-09
Noël K. Tadegnon
Au moment où se tenait à Accra la 12e CNUCED, les pays africains faisaient face à une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Une flambée des prix à l’origine de manifestations et de troubles dans plusieurs pays du continent. Tour d’Afrique des marchés, pour un mois d’avril qui restera mémorable.
En Guinée, le réajustement des prix des produits pétroliers à la pompe intervenu le 1er avril a eu des effets sur les marchés. Le riz est passé de 140 000 F guinéens à 160 000 F.
Pendant ce temps, en Centrafrique, le prix du sac de farine est passé de 16 000 à 28 000 F CFA, soit une hausse de plus de 60%. Celui d’un morceau de savon est passé de 125 à 200 F, tandis que celui d’un litre d’huile de cuisine a augmenté de 1000 à 2000 F.
Le Bénin n'a pas été épargné par le phénomène. Le kilogramme du maïs vendu à 150 F est passé à 250 F, le riz de 300 à 450 F, le litre de l’huile de palme de 500 F à 900 F, le haricot de 300 à 400 F, la boîte de sardine de 250 à 300 F et le paquet du sucre de 250 à 350 F.
Au Togo, comme dans la plupart des pays africains, l'inflation influe sur l'habitude alimentaire des populations. Confrontés à la flambée des prix des produits de première nécessité, bon nombre de Togolais envisagent de réduire le nombre de repas quotidiens. Le bol de maïs, vendu auparavant à 250 F, est monté à 500 F, soit une augmentation de 100 %. Le kilo de poisson chinchard vendu à 850 F revenait à 950 F. Le litre d’huile alimentaire d’arachide qui était à 500 F est à 700 F.
Le bol de sel vendu à 300 F coûte 1000 F alors que celui de la farine de manioc est fixé à 500 F au lieu de 400 F. Le bol de haricot varie de 1000 à 1200 F au lieu de 750 F. L’huile rouge de palme était vendue à 1500 F contre 700 F
Le carton de lait affichait 12 700 F au lieu de 11 900. Le prix de la baguette de pain oscillait entre 75 et 100 F. Les pâtes alimentaires qui étaient à 350 F sont proposées à 400 F et le sac de riz est cédé dans les marchés togolais à 13500 F au lieu de 11500 F.
En Afrique du sud, l’augmentation des prix des denrées a accéléré de 14,1% en février, dépassant ainsi la prévision d’inflation de 9,4% par an.
Au Ghana, les récentes pénuries de denrées de consommation courante ont porté le taux d’inflation à 14,2%.
En Algérie, L’Office national algérien des statistiques (ONS) a révélé que le niveau moyen d’augmentation des prix à la consommation a atteint 4,4 % sur une année (de février 2007 à février 2008).
Au Burkina, entre décembre 2007 et janvier 2008, les prix des produits ont augmenté de 10 à 67%. Le litre d’huile est passé de 600 F à 900 F, soit 50% de hausse et le sac de 50 kg de riz vendu à 14.500 F a connu une augmentation de 13,8%.
Le litre d’huile s’est vendu entre 850 F et 1000 F contre 650 F auparavant, alors que le kilogramme de la viande est passé de 1400 à 1800 F. Le savon et le lait ont aussi connu une hausse allant de 25 à 80%.
Au Gabon, le prix du sac de riz de 50 kg est passé de 14.000 à 18.000 F en 2007. Le gouvernement gabonais a décidé de mettre sur pied un comité interministériel ad hoc chargé de gérer une éventuelle flambée des prix des produits de première nécessité.
Au Congo, les prix des produits alimentaires ont connu une augmentation sensible dans la capitale, passant de 24 000 Francs congolais (1 dollar = 550 FC) à 26 000 FC soit une hausse de 8 %). Le sac de 50 kg de cossettes de manioc qui coûtait 27.000 FC est monté à 32.000 FC (+18 %) de même que le sac de maïs ; ces denrées constituent deux des principaux produits de grande consommation.
Le prix du riz a également connu une majoration, un sac de 25 kg s’achetant à 13.500 FC contre 12.700 FC (7,8 %) auparavant. L’augmentation des prix concerne aussi la farine de blé, passéd de 25.000 FC à 26.000 FC (4 %).
Au Niger, selon l’Institut de la statistique sur l’indice harmonisé des produits de consommation du Niger, les prix du poisson et des fruits connaissent des hausses de 14,4 % et 2,6 %.
Un sac de 50 kilos de riz précédemment vendu à 15 000 F est cédé entre 17 000 et 20 000 F. Le sac de 100 kilos de mil est à 15 000 F contre 12 000 F, celui de sorgho à 14 000 F au lieu de 11 000 F, le maïs à 16 000 F au lieu de 13 000 F. Pendant ce temps, le sac de niébé se vend à 21 000 F au lieu de 12.500 F, alors que le panier de tomate est passé de 3 000 F à 3500 F.
Selon Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, les prix des denrées alimentaires au niveau mondial ont bondi de 45 % sur les neuf derniers mois et il y a de sérieuses pénuries de riz, de blé et de maïs. Des mesures urgentes lui paraissent nécessaires pour s'assurer que les conséquences négatives à court terme de la hausse des prix des denrées alimentaires n'affectent pas de façon encore plus alarmante les plus pauvres.
* Noel Tadégnon est journaliste togalais, correspondant de l’agence panafricaine ApaNews (Sources : APA News, IRIN, ActionAID, FAO)
Zimbabwe
Le bilan des violences s'alourdit selon l'opposition
2008-05-08
http://www.jeuneafrique.com/fluxafp/fil_info.asp?art_cle=45542
Au moins 25 militants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition au Zimbabwe, ont été tués depuis les élections générales du 29 mars, a annoncé le MDC dans un nouveau bilan publié le 7 mai. "Nous en avons répertoriés 25 jusqu'à hier (mardi 6 mai), mais nous pensons que le bilan réel des morts est encore plus élevé, étant donné que certaines zones rurales sont bouclées par les milices" favorables au régime du président Robert Mugabe, a déclaré le porte-parole du MDC.
Moniteur de l'Union Africaine
Jean Ping rencontre Mugabe
2008-05-08
http://tinyurl.com/56fzr9
Le président de la commission de l'Union africaine (UA) Jean Ping était au Zimbabwe le lundi 5 mai 2008. Il a été reçu par Robert Mugabe, le président sortant, pour faire le point sur la crise électorale qui ébranle le pays depuis près de cinq semaines, alors qu'aucun candidat n'aurait obtenu la majorité absolue au premier tour de l'élection présidentielle du 29 mars dernier. L'UA semble estimer qu'un un second tour est nécessaire, mais le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai n'a toujours pas annoncé sa participation.
La crise zimbabwéenne au menu de la réunion de l’UA à Arusha
2008-05-08
http://tinyurl.com/6zxp5q
Les troubles politiques actuels au Zimbabwe ont été inscrits à l’ordre du jour d’une réunion extraordinaire des ministres africains des Affaires étrangères qui se déroule à Arusha. Ce 11ème Conseil exécutif extraordinaire devrait soumettre ses propositions au Comité des chefs d’Etat appelé le Comité des 12 qui devrait se réunir à Arusha dans le courant de ce mois.
Droits humains
Cameroun : Un demandeur d’asile serait mort de violences policières en Belgique
2008-05-08
http://www.afrik.com/article14236.html
Les proches du jeune Camerounais, Ebenizer Folefack Sontsa, demandeur d’asile, retrouvé mort le 1er mai dans un centre de rétention en Belgique, ont introduit une demande officielle pour qu’une autoptie soit pratiquée. Selon une amie de la victime, le corps ne présente aucune trace de strangulation au cou, ce qui laisse supposer que le suicide aurait été simulé. La jeune femme affirme que le corps porte plutôt des traces de violence, que le Camerounais aurait subie durant une tentative d’expulsion de la Belgique, une semaine plus tôt.
RD Congo : Les cas de violences sexuelles ont triplé au Katanga
2008-05-08
http://tinyurl.com/6zxp5q
Le nombre des cas de violences sexuelles commises contre les femmes a triple dans la province du Katanga au cours du premier trimestre de l’année en cours, selon le rapport d’une Organisation Non gouvernementale de lutte contre les violences faites aux femmes travaillant en partenariat avec l’antenne provinciale du Fonds des nations Unies pour la population. Le rapport, rendu public vendredi le 2 mai, indique que les victimes de violences sexuelles sont généralement des filles de 14 a 19 ans.
Rwanda : L’ombre du génocide de 1994 hante l’église
2008-05-08
http://www.afrik.com/article14231.html
De passage en France, le pasteur Elisée Musemakweli, président de l’Eglise presbytérienne du Rwanda, et le docteur Ezéchias Rwabuhihi, député et ancien ministre de la santé du Rwanda (1999-2003), ont tenu une conférence de presse au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) à Paris. Ils sont revenus sur le rôle des religions avant, pendant et après le génocide de 1994, ainsi que les récentes tensions diplomatiques entre la France et le Rwanda.
Soudan : Rapport accablant d'Amnesty International sur les violences
2008-05-08
http://www.rfi.fr/actufr/articles/101/article_65904.asp
Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité se multiplient en Somalie. C'est ce que dénonce Amnesty International dans son dernier rapport. L'organisation de défense des Droits de l'homme dénonce l'augmentation des exécutions extrajudiciaires de civils. L'insécurité permanente qui règne tant en ville que sur les routes et dans les camps de réfugiés. Amnesty stigmatise plus particulièrement l'armée éthiopienne coupable selon l’organisation d'égorger ses victimes « comme des moutons ».
Réfugiés & migration forcée
Maroc : Arrestation d’immigrants clandestins dans le nord du pays
2008-05-08
http://tinyurl.com/6gnxap
Trente -quatre immigrants clandestins ont été interpellés le 6 mai par les forces auxiliaires marocaines, opérant le long des côtes de Ouled Amghar, dans le nord du Maroc. Les personnes arrêtées, originaires de divers pays d'Afrique subsaharienne, ont été appréhendées par les forces auxiliaires au moment où elles s'apprêtaient à prendre le large à bord d'un zodiac à destination des côtes sud de l'Espagne.
Togo : L’ambassade américaine assiégée
2008-05-08
http://www.afrik.com/article14242.html
Plusieurs dizaines de personnes, constituées en « Collectif des victimes du Diversity Immigrant Program », organisent depuis plus de deux semaines un sit-in devant l’ambassade américaine à Lomé. L’indifférence des diplomates américains face à leurs revendications les pousse à passer à l’étape supérieure : la grève de la faim. Les manifestants entendent ainsi protester contre le refus des autorités consulaires américaines de délivrer le visa aux gagnants.
Développement
Afrique : La Russie s’engage dans de nouveaux investissements
2008-05-08
http://tinyurl.com/5js7lw
Le géant russe de l’aluminium, United Company Rusal, a dévoilé des plans visant à s’étendre dans de nouveaux pays en Afrique, après avoir implanté une fonderie au Nigeria, a révélé le directeur chargé de la stratégie de la compagnie. Selon les analystes, le regard que la compagnie a sur l’Afrique reflète la tendance plus large des entreprises russes qui considèrent le pétrole, le gaz et les autres ressources minières du continent comme la clé de leurs ambitions globales.
Afrique : Une conférence pour résoudre la crise de l’électricité
2008-05-08
http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=4061
Attirer des investisseurs sur le marché des réseaux d'électricité du continent africain. Tel est l'objet d'une conférence internationale ouverte le 6 mai à Accra. Objectif : fournir de l’électricité à 250 millions de personnes qui en sont privées. En effet, du Sénégal au Burundi, en passant par le Cameroun ou la République démocratique du Congo, les délestages font partie du quotidien de millions d'Africains. Une plaie pour bien des aspects de la vie quotidienne. La rencontre regroupe des représentants d'industrie électrique, gouvernements, bailleurs de fonds et organisations non gouvernementales.
Global : Le directeur de la FAO renvoie Wade "aux problèmes du Sénégal"
2008-05-08
http://tinyurl.com/6l9xgs
Le directeur général de la FAO), Jacques Diouf, a jugé "inopportunes" les chaudes déclarations du président sénégalais Abdoulaye Wade demandant la dissolution de l'agence spécialisée de l'ONU et renvoyé le chef de l'Etat sénégalais "à ses problèmes". Le directeur général de la FAO donnait la réplique à la sortie virulente du président sénégalais contre son institution, le 4 mai dernier.
Global : Les biocarburants risquent de provoquer la faim dans le monde d’ici 15 ans
2008-05-08
http://tinyurl.com/6kfx34
Près de six cents millions de personnes risquent d’être confrontées à la faim dans le monde d’ici les 15 prochaines années si la demande croissante de biocarburant atteint le niveau prévu, a averti Oxfam, dans un communiqué publié le 5 mai dans la capitale tanzanienne. Selon Oxfam, les commandes des pays riches en biocarburants sont reconnues comme étant à l’origine du renchérissement des prix des denrées alimentaires et de la spéculation.
Santé & VIH/SIDA
Nigeria : Deux nouvelles souches de grippe aviaire découvertes
2008-05-08
http://tinyurl.com/5sualz
Une équipe française du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) annonce l'identification au Nigeria de deux nouveaux virus grippaux aviaires. Il s’agit d"une souche H5N2 hautement pathogène prélevée sur des canards sauvages, et un virus H5N1 mutant. Tous deux représenteraient des sources potentielles de pandémie", rapporte la même source.
Éducation
Burkina Faso: Violence bien inquiétante à l'école et au campus
2008-05-08
http://fr.allafrica.com/stories/200805050739.html
Une vingtaine de personnes ont été blessées, dont certains à l'arme blanche, suite à un affrontement sanglant sans précédent sur le campus de l'Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB). A Ouagadougou, quand des étudiants ne décident pas de boycotter délibérément des examens programmés longtemps à l'avance, c'est l'administration qui est l’objet de menaces verbales. Ainsi la violence s’installe dans le milieu universitaire au Burkina.
Burkina Faso: Violence bien inquiétante à l'école et au campus
2008-05-08
http://fr.allafrica.com/stories/200805050739.html
Une vingtaine de personnes ont été blessées, dont certains à l'arme blanche, suite à un affrontement sanglant sans précédent sur le campus de l'Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB). A Ouagadougou, quand des étudiants ne décident pas de boycotter délibérément des examens programmés longtemps à l'avance, c'est l'administration qui est l’objet de menaces verbales. Ainsi la violence s’installe dans le milieu universitaire au Burkina.
Racisme & xénophobie
Global : Dérapages racistes d’un fonctionnaire du ministère français de l'Immigration
2008-05-08
http://tinyurl.com/5adctb
C’est "Le Canard Enchaîné" du 30 avril 2008, qui révèle l’histoire. L’affaire se passe le samedi 26 avril dans le magasin parisien. Un vigile de race noire emporte pour les vérifier les papiers d’un client qui a émis un chèque de 528,06 euros (la procédure exige un contrôle des pièces pour tout chèque d’un montant supérieur à 250 euros). L’homme dont les pièces sont emportées pour vérification, entre dans une grosse colère et traite le vigile de "Sale Noir". Précision utile, celui-ci travaille pour le ministère de l’immigration et de l’identité nationale.
Environnement
Rwanda : La chasse aux sachets plastique favorise la lecture
2008-05-08
http://tinyurl.com/676bc6
Depuis la campagne de sensibilisation contre l’utilisation de sacs plastiques en 2006, les vendeurs emballent leurs marchandises avec des journaux. Conséquence, l’information circule… et elle est lue. Les enfants revendent à moindre prix des journaux plus anciens et jusque dans les campagnes les gens se bousculent pour les acheter.
Terres & droits fonciers
Afrique du Sud : La réforme foncière sous le feu des critiques
2008-05-08
http://tinyurl.com/5amgqy
La réforme foncière en Afrique du Sud a raté ses cibles et continuera dans ce même sens à moins que l’Etat ne s’éloigne de son approche à la zimbabwéenne, a déclaré le Centre pour le développement des entreprises (CDE) dans une déclaration publié le 7 mai. La Directrice exécutive du CDE a déclaré que l’Afrique du Sud faisait présentement face à la pire situation par rapport à 2005, lorsqu’il avait publié sa première étude sur la réforme foncière. Le pays a maintenant deux trajectoires : personne ne gagne et personne ne perd, a-t-elle indiqué.
Conflits & urgences
Burundi : Inquiétude sur le sort de 500 enfants-soldats
2008-05-08
http://fr.allafrica.com/stories/200805070131.html
La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a salué la libération de 232 enfants-soldats au Burundi, mais reste préoccupée par le sort d'environ 500 autres qui seraient associés au Palipehutu-FNL d'Agathon Rwasa. «Cette libération est le résultat de huit mois de négociations concernant le gouvernement, la société civile, les agences de l'ONU et d'autres intervenants avec une faction dissidente du Front national de libération Palipehutu (P-FNL.
Ghana: Le bilan des violences intercommunautaires s'est alourdi
2008-05-08
http://tinyurl.com/6nwo2p
Le bilan des affrontements ethniques à Bawku, dans le nord-est du Ghana, s'est alourdi à cinq victimes, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Des témoins présents dans la ville où les violences ont éclaté entre les Kusasis et les Mamprusis, le 4 mai, fixent le bilan à six morts et plusieurs blessés. Plus de 30 personnes ont été arrêtées pour avoir participé à ces combats.
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Fahamu – Réseaux pour la Justice Sociale
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ISSN 1753-6839


EDITORIAUX DE PAMBAZUKA NEWS 2004