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La verite cover La vérité aux puissants
Une sélection de cartes postales panafricaines

Tajudeen Abdul-Raheem

La mort prématurée du Dr Tajudeen Abdul-Raheem, le jour de la commémoration de la Libération de l'Afrique 2009, a frappé de stupeur le monde panafricain. Cette sélection de cartes postales panafricaines montre quel brillant orfèvre des mots il fut.

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PUBLIÉ PAR FAHAMU

FahamuPambazuka News (Pambazuka signifie levez-vous ou réveillez-vous en Kiswahili) est un outil pour le changement social progressif en Afrique. Pambazuka News est produit par Fahamu, une organisation qui utilise les technologies de la communication et de l’information pour couvrir les besoins des organismes et des mouvements sociaux qui aspirent à un changement social progressif.

Surveillance de l’UA

Ce site a été établi par Fahamu dans le but de réguliérement fournir des informations sur ce qui se passe au sein de l’Union Africaine. Dans l’immédiat, nous téléchargerons réguliérement des informations depuis le sommet de Khartoum à partir du 26 janvier 2006.
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Food Rebellions! Food Rebellions! Crisis and the hunger for justice Eric Holt-Giménez & Raj Patel.

Food Rebellions! takes a deep look at the world food crisis and its impact on the global South and under-served communities in the industrial North. While most governments and multilateral organisations offer short-term solutions based on proximate causes, authors Eric Holt-Giménez and Raj Patel unpack the planet's environmentally and economically vulnerable food systems to reveal the root causes of the crisis.

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Pambazuka News 335 : Autocratie en Gambie - Crimes israéliens - Sommet Usa/Afrique tronqué

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Pambazuka news (Ed. française) ISSN 1753-6847

CONTENU: 1. Urgence, 2. Chroniques, 3. Commentaires & analyses, 4. Plaidoyers & campagnes, 5. Femmes & genre, 6. Droits humains, 7. Réfugiés & migration forcée, 8. Elections & gouvernance, 9. Développement, 10. Santé & VIH/SIDA, 11. Environnement, 12. Terres & droits fonciers, 13. Justice Alimentaire, 14. Média & liberté d'expression, 15. Conflits & urgences




Sommaire de cette édition

URGENCE : Soudan du sud : L’Onu appelle à agir rapidement pour éviter la famine.
CHRONIQUE : Gambie : Vingt ans de pouvoir autocratique, six fait marquants.
COMMENTAIRES ET ANALYSES : Egypte : Un programme d’austérité à la mode du FMI !
PLAIDOYERS ET CAMPAGNES : Désaccord des citoyens sénégalais sur les accords de partenariat économique
FEMMES ET GENRE : Maroc : Le rude combat des mères célibataires.
DROITS HUMAINS : Cameroun : Peines de prison pour 14 membres de Boko Haram.
REFUGIES ET MIGRATION FORCEE : Afrique : Quelque 100 000 migrants ont gagné l’Europe via la Méditerranée.
ELECTIONS ET GOUVERNANCE : Burkina Faso : Le 14 août 1984, Thomas Sankara créait le Burkina Faso.
DEVELOPPEMENT : Afrique : Appel à «l’emploi des jeunes» pour éviter une «catastrophe».
SANTE ET VIH SIDA : Afrique : Les chauves-souris africaines dans le viseur de la FAO.
ENVIRONNEMENT : Afrique du sud : 77 ans de prison pour un braconnier de rhinocéros.
TERRES ET DROITS FONCIERS : Les étrangers ne pourront plus acheter de terre
JUSTICE ALIMENTAIRE : Afrique : La FAO demande un soutien d’urgence contre l’insécurité alimentaire.
MEDIAS ET LIBERTE D’EXPRESSION : Bénin : Boni Yayi exige des réformes pour asseoir une presse libre.
CONFLITS ET URGENCE : Afrique : Une force commune pour lutter contre Boko Haram dans la région du grand lac.




Urgence

Soudan du Sud: L'ONU appelle à agir rapidement pour éviter la famine

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/action/92651

Le Programme alimentaire mondial de l'Onu et l'Unicef ont appelé à renforcer rapidement l'aide au Soudan du Sud pour éviter la famine dans ce pays ravagé par la guerre où un tiers de la population est menacé par la faim. Près d'un million d'enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère, soulignent le Pam et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) dans un communiqué commun publié vendredi 25 juillet après une visite de responsables des deux organismes au Soudan du Sud.

http://bit.ly/1rV6uO3





Chroniques

Gambie : Vingt ans de pouvoir autocratique, six faits marquants

Hamidou Tidiane Sy, Madiambal Diagne, Demba Jawo, Chérif Sy, Boukary Dao

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/92598


cc CO
La Gambie a célébré, ce 22 juillet 2014, les vingt ans de présence au pouvoir du président Yahya Jammeh. Une célébration dans la douleur pour beaucoup de Gambiens qui ne peuvent plus exercer leurs droits les plus élémentaires.

En ce jour fatidique du 22 juillet 1994, le président Dawda Jawara à la tête du pays depuis son indépendance en 1965, est renversé par un groupe de jeunes soldats, dirigés par le capitaine Yahya Jammeh. Mais très vite l’euphorie laisse la place au doute puis à l’inquiétude. Le jeune prend goût au pouvoir et n’entend plus le lâcher. Vingt ans après, il est toujours là, plus avide de pouvoir que jamais.

Deux après son accession au pouvoir, Yahya Jammeh organise une élection présidentielle pour légitimer son pouvoir. Avec un retour à un régime civil, le président qui gouvernait par décret, espère, grâce au scrutin, faire revenir la communauté internationale et les bailleurs de fonds qui avaient déserté le pays dès le lendemain du coup d’Etat. Jammeh qui avait pourtant promis un retour du pouvoir aux civils, remportait avec 55% des voix cette consultation très populaire où le taux de participation avoisinait les 90%. Il sera ensuite réélu en 2001, 2006 et 2011. La transparence des derniers scrutins a été fortement contestée.

Dix ans après le putsch, l’assassinat de Deyda Hydara, journaliste réputé, intervenu en décembre 2004, fut un révélateur et tournant pour les défenseurs des Droits de l’homme. Le crime jusqu’ici impuni allait être suivi par d’autres exactions contre des journalistes dont une bonne partie a pris le chemin de l’exil. Selon des estimations faites par des rapports d’Ong, pas moins de 100 journalistes gambiens ont été contraints à l’exil.

Deux ans après l’assassinat de Hydara, un autre journaliste, Ebrimah Manneh dit « Chief Manneh » était porté « disparu » et les services de sécurité gambiens sont soupçonnés d’être mêlés à cette disparition.

Ces deux faits confirment une tendance observée depuis le début des années 2000, avec un gouvernement qui foule au pied les libertés publiques et la dignité humaine. Le 10 avril 2000, les forces de l’ordre avaient déjà violemment réprimé une manifestation d’élèves, faisant 14 morts. Le seul tort de ces élèves était de réclamer justice suite à la mort d’un des leurs aux mains des pompiers et le viol d’une de leur camarade par un homme en tenue.

Comme les affaires Hydara et Manneh, ces morts viennent rejoindre une longue liste d’actes impunis tout au long des 20 années de pouvoir de Jammeh et de ses services de sécurité, notamment la National Intelligence Agency (Nia).

Au-delà des journalistes dont certains ont subi les affres de la torture, à défaut d’être physiquement éliminés, les atteintes du régime touchent aussi les politiques et les acteurs de la société civile muselés par un pouvoir qui ne tolère aucune parole dissidente.

En aout 2012, Yahya Jammeh, jetait un nouveau pavé dans la marre en faisant exécuter neuf prisonniers, brisant ainsi un moratoire de près de 30 ans sur la peine de mort en Gambie où la dernière exécution remontait à 1985.

Cette énième « folie » de Jammeh suscita l’émoi un peu partout dans le monde, d’autant que les condamnés n’ont pas eu droit, selon les observateurs à des procès équitables. Sur place à Banjul, seul un homme en l’occurrence l’imam Baba Leigh à oser braver la peur ambiante et dénoncé publiquement ces exécutions. Il sera arrêté et attrait dans les locaux de la Nia, il fut torturé avant d’être libéré sous la pression montante de la communauté internationale

Dans la foulée, du retour de la peine de mort, les critiques contre le régime gambien s’amplifient. Le gouvernement britannique, à travers un rapport accablant du Foreign Office, ajoutait sa voix au concert de condamnations.

Dos au mur, le président Jammeh annonçait en octobre 2013, à la surprise générale, Le retrait de son pays du Commonwealth, qu’il traite d’institution « néocoloniale ». Une façon pour lui de se venger de l’ancien colonisateur anglais qui fédère sous la coupole du Commonwealth plus de 50 pays. La Gambie était membre depuis 48 ans.

Cette décision prise à l’emporte-pièce est aussi vue comme un acte de défiance vis-à-vis de cette communauté internationale qui commence à sortir de sa léthargie en ce qui concerne la Gambie. Par l’exemple l’Union européenne, principale partenaire au développement de la Gambie est actuellement en train de revoir son aide à ce pays après avoir reçu des délégations de la société civile et d’opposants gambiens en exil.

En juillet 2013, la paranoïa du régime et son opposition à la liberté d’expression prenait une nouvelle tournure à travers le vote par le parlement d’une loi très contraignante, relative à l’information et à la communication.

Selon les dispositions de cette loi, de lourdes sanctions (15 ans de prison et 63000 euros d’amende) sont prévues contre toute personne, reconnue coupable de diffusion de « fausses nouvelles » sur le gouvernement ou des fonctionnaires, de publication de caricatures ou de déclarations désobligeantes à l’encontre de fonctionnaires, d’incitation au mécontentement ou instigation à la violence contre le gouvernement.

A travers cette loi qualifiée de « scélérate », Yayha Jammeh vise à amoindrir la liberté d’expression dont jouissent ses compatriotes sur Internet. Jusqu’ici son régime avait du moins en interne réussi à bien museler la presse dont la branche privée en est même réduite aujourd’hui à l’autocensure. Sur Internet qui demeure une véritable bouée de sauvetage pour la diaspora et les exilés, son régime y est dépeint dans toute sa cruauté avec l’effet amplificateur des réseaux sociaux.


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** Hamidou Tidiane Sy est journaliste sénégalais, Madiambal Diagne est journaliste sénégalais, Demba Jawo est journaliste gambien, Chérif Sy est journaliste burkinabé, Boukary Dao est journaliste malien

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**** Les opinions exprimées dans les textes reflètent les points de vue des auteurs et ne sont pas nécessairement celles de la rédaction de Pambazuka News


Le tourment de Gaza, les crimes d'Israël et notre responsabilité

Noam Chomsky

2014-07-28

http://pambazuka.org/fr/category/features/92603


cc GLP
Il est important de se rendre compte de ce qu’est la vie à Gaza lorsqu’Israël fait preuve de « retenue », entre deux crises régulièrement provoquées comme celle-ci.

À trois heures du matin, heure de Gaza, le 9 juillet, en plein milieu de la dernière démonstration de barbarie israélienne, j’ai reçu un appel téléphonique d’un jeune journaliste palestinien qui se trouvait à Gaza. En arrière-plan, je pouvais entendre les cris de son fils au milieu des explosions et le bruit des avions de combat qui tiraient sur tout civil en mouvement, et aussi sur les habitations. Il venait de voir voler dans les airs un ami à lui qui circulait dans un véhicule clairement identifié comme faisant partie de la presse. Suite à une explosion il a entendu des cris provenant de maisons voisines, mais il ne peut pas sortir au risque de devenir lui-même une cible. Il s’agit d’un quartier tranquille, sans objectifs militaires… à l’exception des Palestiniens qui sont des cibles faciles pour la machine de guerre ultramoderne qu’Israël possède grâce aux Usa. Mon ami m’a raconté que 70 pour cent des ambulances ont été détruites, et que l’on comptait 70 morts et plus de 300 blessés, dont environ les deux tiers sont des femmes et des enfants. Peu de militants du Hamas ont été touchés, et peu de sites de lancement de roquettes. Juste les victimes habituelles.

Il est important de se rendre compte de ce qu’est la vie à Gaza lorsqu’Israël fait preuve de « retenue », entre deux crises régulièrement provoquées comme celle-ci. On peut en avoir une bonne idée dans le rapport à l’Agence des Nations-Unies pour les Réfugiés de Mads Gilbert, le courageux médecin norvégien qui a longtemps travaillé à Gaza et a vécu de l’intérieur la cruelle et meurtrière opération « Plomb Durci ». De tout point de vue, la situation est désastreuse. Pour ne citer que la situation des enfants, Gilbert rapporte : « Les enfants palestiniens de Gaza vivent une souffrance énorme. Une grande proportion souffre de malnutrition imposée à cause des conditions créées par le blocus israélien de Gaza. L’anémie prévaut chez les enfants âgés de moins de deux ans (72,8% sont touchés). La dénutrition, le retard de croissance et l'insuffisance pondérale touchent respectivement 34.3, 31.4 et 31.45% de tous les enfants du territoire. » Et cela ne fait qu’empirer au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture du rapport.


Quand Israël se « comporte bien », plus de deux enfants palestiniens sont assassinés chaque semaine, un chiffre constant depuis 14 ans. La cause profonde de tout ceci est l’occupation criminelle des territoires palestiniens et toutes les mesures prises contre Gaza pour que sa population puisse à peine survivre, tandis que les Palestiniens de Cisjordanie sont obligés de rester cantonnés dans des zones invivables et où Israël s’empare de ce qu’il veut, le tout dans une violation flagrante du droit international et des résolutions explicites du Conseil de Sécurité des Nations Unies, sans parler d’un minimum de décence humaine. Et tout ceci continuera tant que ce sera soutenu par Washington et toléré par l’Europe – pour notre honte éternelle.


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** Noam Chomsky est un linguiste et philosophe américain – Texte Traduit pour Le Grand Soir par Luis Alberto Reygada

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Pourquoi l’opposition au Grand Ethiopian Renaissance Dam est injustifiée

Minga Negash, Seid Hassan, Mammo Muchle

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/features/92599


cc VA
Le projet éthiopien de barrage a suscité une forte opposition en Egypte, pays qui craint pour ses bénéfices provenant de l’eau et qui résultent de traités tordus datant de l’époque coloniale sur la question du partage des eaux.. Considérant les questions légales, historiques, économique et environnementales, l’opposition de l’Egypte est sans fondement. Afin d’éviter une guerre de l’eau, les pays riverains du Nil doivent s’accorder une nouvelle fois sur une répartition équitable.

L’accord d’allocation de l’eau de 1929, signé entre l’Egypte et le Royaume-Uni (qui excluait l’Ethiopie et presque tous les pays du bassin supérieur du Nil) allouait 48 milliards de m³ d’eau (65%) par an à l’Egypte et 4 milliards au Soudan. L’accord de 1959, entre l’Egypte et le Soudan, avait attribué respectivement 55,5 milliards de m³ (75%) et 18,5 milliards de m³ à l’Egypte et au Soudan. Cet accord excluait les autres nations riveraines du bassin supérieur du Nil. L’Egypte veut donc conserver les accords de l’époque coloniale et celui de 1959.

Cette allocation inéquitable des eaux du Nil a permis à l’Egypte de construire le barrage d’Assouan, mais les deux pays ne se sont jamais donnés la peine de consulter les pays du bassin supérieur du Nil. Selon Badr Abdelatty, [1] le porte-parole du ministère égyptien des affaires étrangères, l’Egypte veut maintenir le statu quo parce qu’elle a besoin "de tous les 55 milliards de m³ alloués par an pour satisfaire à des besoins vitaux comme l’eau de boisson, la toilette et la lessive et l’assainissement" d’ici à 2020. Ceci indique clairement le désir de ce pays de conserver les bénéfices accrus des eaux du Nil intacts, tout en niant aux autres pays riverains (subsahariens) le droit d’utiliser leurs eaux pour réduire la pauvreté et pour promouvoir le développement durable. L’Initiative du Bassin du Nil (Ibn), formalisée en 1999, [2] à laquelle l’Egypte est partie, dit maintenant que tout changement aux accords de l’époque coloniale revient à affecter ses intérêts stratégiques et menace de façon répétée de faire usage de tous les moyens possibles si l’Ethiopie persiste dans la construction du Grand Ethiopian Renaissance Dam (Gerd).

L’Egypte continue cette escalade de la confrontation en dépit des affirmations de l’Ethiopie, qui soutient que le barrage n’aura pas d’impact négatif significatif pour l’Egypte. Ensemble avec les autres pays riverains du Nil supérieur, elle fait objection aux privilèges que l’Egypte s’est octroyée et considère le monopole du Caire sur les eaux du Nil comme une violation de sa souveraineté. Se basant sur les accords d’Entebbe de 2010, les pays en amont (Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie en plus du Soudan et du Soudan du Sud), l’Ethiopie insiste sur le respect de ces plans et poursuit la construction du barrage.

A partir des facteurs économiques, historiques, légaux, sécuritaires et environnementaux, on peut chercher à analyse les raisons qui fondent l’opposition égyptienne au Grand Ethiopian Renaissance Dam. Nous essaierons de trianguler ces facteurs, espérant contribuer au débat et avoir une meilleure compréhension des tensions actuelles entre l’Egypte et l’Ethiopie. Nous tenterons de faire une analyse du problème de partage de l’eau entre les pays en amont et ceux en aval.

En accord avec les théorie et les cas vécus, nous supposons que l’eau a été et va continuer à être la cause de conflits dans de nombreuses régions du monde. [3] Or les guerres de l’eau tendent à être irrationnelles, insupportables et destructrices au plan économique et social. Le partage des cours d’eau transfrontaliers et les problèmes de pollution ne sont jamais résolus par des approches hégémoniques, militaristes ou ultranationalistes.

Des voies dissidentes se sont toujours faites entendre face à des méga projets comme le Gerd et ce n’est pas nouveau [4], les critiques allant du coût aux retards (comme l’a montré une récente étude de Ansar, Flyvbjerg, Budzier et Lunn de l’université d’Oxford [5]) à l’impact sur les populations déplacées, la corruption, la transparence dans l’octroi des contrats, la provenance du financement, les impacts sociaux et environnementaux dans les pays en amont et en aval et la question de la sécurité de l’eau.

Ainsi les Ethiopiens peuvent légitimement se poser des questions sur la façon dont leur gouvernement gère le projet. Dans cet article, toutefois, nous considérerons les problèmes environnementaux transfrontaliers, l’usage équitable de l’eau du Nil et aborderons la question des préoccupations des Egyptiens. Ceci est important dans la mesure où la construction du Gerd a ravivé la question persistante d’une utilisation équitable de l’eau du Nil. Nous croyons aussi que les menaces de guerre – contreproductives - et les diverses formes d’offensives diplomatiques requièrent l’attention de quelques intellectuels de renom et de politiciens.

Les préoccupations et les aspirations des Egyptiens concernant les eaux du Nil remontent dans l’histoire bien au-delà de la formation de l’Etat/nation égyptien, même si cette question a commencé à dominer la scène politique du pays avec la génération du militarisme et l’ultranationalisme ( des menaces de guerre de Nasser au président Sadate, jusqu’aux actuels dirigeants de l’Egypte qui ont juré de ne pas perdre même "une goutte d’eau"). [6] La récente instabilité en Egypte doit avoir fait de la question du partage transfrontalier des eaux du Nil un sujet opportun. Des rapports indiquent en effet que l’Egypte est entrain de planifier "la destruction du barrage avant que l’Ethiopie ne le remplisse d’eau afin de ne pas courir le risque d’inonder les plats territoires orientaux du Soudan par la destruction du barrage". [7]

Un rapport de Wikileaks révèle que l’Egypte, en collaboration avec le Soudan, prévoyait de "construire une piste d’atterrissage dans le but de bombarder le barrage de Blue Nile River Gorge en Ethiopie" [8]. Dans son analyse de juin 2013, sur les options militaires de l’Egypte, Straighter, une firme d’analyse globale, indique que le pays a les moyens militaires de frapper les barrages éthiopiens mais que la distance représente une contrainte majeure. Toutefois, l’option militaire reste possible à partir du Soudan, de Djibouti et de l’Erythrée, [9] ainsi que par le recrutement de "militants" qui empêcheraient la construction du barrage.

L’Ethiopie est bien sûre consciente des considérations égyptiennes et de son ancienne aspiration de contrôler les sources du système nilotique. Par exemple, le 17 avril 2014, parmi les rapports selon lesquels l’Egypte essayait de séduire le Sud Soudan pour qu’il prenne parti en sa faveur sur la question des eaux du Nil [10], Voice of America a rapporté que le président du Sud Soudan a assuré les autorités éthiopiennes que les accords de coopération militaires et économiques récemment signés entre l’Egypte et le Sud Soudan, ne permettraient pas à l’Egypte d’attaquer l’Ethiopie ni des activités subversives.

La politique égyptienne à l’égard des pays en amont est surtout motivée par son intérêt pour l’eau qui doit contribuer à réduire la misère dans les pays en aval, apparemment sans aucune forme de réciprocité substantielle. A la différence des relations entre l’Egypte et l’Ethiopie d’aujourd’hui, leurs ancêtres, en dépit de leurs connaissances géographiques et hydrologiques limitées, avaient une meilleure compréhension de l’économie du partage de l’eau.

Richard Pankhurst, historien réputé, a écit que le sultan turc, qui régnait sur l’Egypte avant les Anglais, a "payé 50 000 pièces d’or annuel aux souverains d’Ethiopie " par crainte que ceux-ci ne divertissent les aux du Nil. [11] Aujourd’hui, même le ministre des antiquités est opposé à ce barrage. [12] En fait, la mémoire institutionnelle et d’abondants documents couvrant ces soixante dernières années révèlent, non seulement des incohérences, mais également l’énorme dommage subi par l’Ethiopie et le Soudan du fait de la politique étrangère égyptienne.

L’interférence de l’Egypte dans les affaires internes de l’Ethiopie et du Soudan a beaucoup à voir avec l’usage que ces deux pays font des eaux du Nil. [13] Par exemple, l’Egypte s’opposait aux mouvement d’indépendance du Sud Soudan mais a fait la promotion de la séparation de l’Erythrée et la création d’un des pays enclavé le plus densément peuplé du monde. La Communauté internationale n’est pas sans savoir cela, mais l’Egypte, par sa situation stratégique et son rôle central dans la politique du Moyen Orient, n’a pas permis aux puissances du jour d’appeler un chat un chat.

Depuis peu, des organisations intergouvernementales comme l’Union africaine, qui étaient autrefois muettes sur le comportement de dirigeants égyptiens militaires successifs (lesquels contrôlaient souvent le pouvoir politique et économique, sous le couvert d’élections truquées et de révolutions), ont maintenant reconnu le problème du système nilotique. Le partage équitable des eaux du Nil entre pays riverains en amont est maintenant à l’agenda africain, bien que des membres clés de la Ligue arabe persistent à soutenir la prise de position de l’Egypte [14]

Le droit de l’Ethiopie d’utiliser l’eau qui jaillit de ses propres terres devrait inclure, en plus de l’hydroélectrique, l’irrigation, ainsi que la navigation et l’usage récréatif, la prévention des inondations, le stockage et la distribution de l’eau. Mais il est donc évident que les barrages sont économiquement bénéfiques. A l’instar de tout méga projet, les barrages ont aussi des effets secondaires néfastes aussi bien du point de vue écologique et de l’environnement, social (déplacements forcés de population), économique et même politique.

D’autres préoccupations concerne l’évaluation et la gestion des risques associés à la construction d’un barrage, ainsi que la question de savoir si les produits du barrage, le Gerd dans notre cas, seront à la hauteur des attentes pour ceux concernés comme la fourniture en électricité. Un cadre raisonnable concernant la construction d’un barrage serait une analyse approfondie du coût /bénéfice et non seulement la question de l’argent qu’il va falloir. C’est là une de nos principales préoccupations à l’égard des écologistes et certains de leurs partisans éthiopiens qui font campagne contre le barrage de 6000MégaWatt

Les écologistes traitent le Gerd "d’éléphants blancs" [15] malgré le fait que les documents concernant le projet et qui sont du domaine public, dont il est allégué qu’ils ont été préparés par un groupe d’experts internationaux, montrent des bénéfices financiers et sociaux pour l’Ethiopie et le Soudan. Les écologistes, comme l’International River Network (Irn) [16] doivent par conséquent, quantifier la magnitude des effets secondaires indésirables du projet et ne devraient pas se baser sur des informations " clandestines " ou de" deuxième main". Surtout, plutôt que d’êtres les papillons de la région du Nil oriental, ils doivent :

1) reconnaître le droit souverain de l’Ethiopie à faire usage de ses propres ressources en accord avec le droit international et sans préjudices pour les populations en aval,
2) identifier des stratégies d’atténuation afin que des problèmes réels soient abordés avant que la construction soit finalisée et
3) faire des propositions quant au financement de ces stratégies d’atténuation.

En avril 2014, un groupe de pression international basé en Californie qui conteste toute construction de barrage en Afrique et en Asie, a permis la "fuite" d’un long document confidentiel de 49 pages, élaboré par un groupe d’expert concernant le Gerd [17]. Maintenant que ce document confidentiel est dans le domaine public, il est possible à chacun de considérer les préoccupations de ceux qui sont pour et de ceux qui sont contre la construction du barrage.

Les éléments principaux du rapport d’experts peut se résumer ainsi :
1) à la différence de projets plus petits qui auraient favorisé les projets d’irrigation, le Gerd doit produire de l’énergie et toute crainte concernant une diminution importante et permanente du flot vers les pays en aval est infondée,

2) le remplissage du barrage se fera par étape, tenant compte des pluies et de la zone de captage,

3) les analyses préliminaires coût/bénéfices au plan social et financiers pour les pays en amont et en aval sont favorables et les préjudices attendus pour les pays en aval ne sont pas irrémédiables,

4) les résultats préliminaires concernant les effets secondaires en Egypte sont actuellement insuffisants et il y a donc un vide d’informations hydrologiques et beaucoup des craintes et allégations actuelles de l’Egypte sont infondées,

5) au moment d’écrire ces lignes les travaux ont progressé et sont achevés à 30% et la diversion de l’eau a été réalisée avec succès,

6) la perte en eau prévue en raison de l’évaporation n’est pas pire que ce que l’Egypte perd actuellement dans ses projets peu écologiques et suite à sa mauvaise gestion de l’eau, [18]

7) des études géologiques et hydrologiques récentes ont révélé des nappes phréatiques abondantes dans les pays du bassin du Nil [19] et donc les pays en aval n’auront pas soif si les pays en amont construisent des barrages qui génèrent de l’électricité. Il est donc clair que la politique égyptienne d’opposition à la construction de grands barrages producteurs d’électricité dans les pays en amont est injustifiée et demande une nouvelle approche de la part du Caire.

Comme l’observe le professeur Aaron Wolf de l’Oregon State University, il y a environs 261 rivières transfrontalières dans le monde et à moins d’être gérée avec soin, une proportion significative de ces rivières pourrait être la cause de conflits. Wolf a documenté les sources d’eaux qui ont été cause de tensions politiques entre nombre de pays, y compris, mais pas seulement, les Arabes et aux Israéliens, les Indiens et aux Bangladais, les Américains aux Mexicains, la Chine et des pays en aval, le Brésil et le Paraguay et les dix Etats riverains du Nil. Il remarque que "la guerre de l’eau n’est ni rationnel du point de vue stratégique, ni effective du point de vue hydrographique ni viable économiquement". [20]

En d’autres termes il n’y a pas de raison pour une guerre de l’eau entre l’Egypte et l’Ethiopie. Les deux pays peuvent aussi apprendre à partir d’autres projets de développement dans des régions de rivière transfrontalière qui ont réussi. Il y a l’allocation du bassin de la rivière du Colorado entre les Etat riverains américains et le Mexique, l’accord de la Rivière Columbia entre les Etats-Unis et le Canada et de nombreux projets de collaboration en Europe comme la gestion intégrée des eaux du Rhin.

En particulier, l’Egypte et l’Ethiopie auraient beaucoup à apprendre de l’Afrique du Sud qui paie le Lesotho pour étancher sa soif croissante grance au Lesohto Highland Waters Project. [21] Le cadre d’exploitation du bassin du Niger, du bassin du Zambèze et l’initiative du bassin du Nil pourrait servir de point de départ utile pour une coopération. [22]

En dépit de ce qui précède, les politiciens égyptiens avancent souvent qu’ils ont un droit historique et connectent la question de l’eau avec la civilisation antique du delta du Nil et oublient l’histoire de la formation des nations et des Etats. Evidemment ces arguments sont dans leur intérêt et ignorent les tensions historiques entre les populations noires de la région (le Soudan actuel, le Sud Soudan, le Niger, l’Erythrée, l’Ethiopie parmi d’autres) et la controverse sur la race, l’origine africaine de l’humanité et l’histoire de la vallée du Nil (voir par exemple Black Athena de Martin Bernal, 1987, Cheikh Anta Diop et d’autres). [23] Ainsi, les politiques entourant le système du Nil ont une dimension arabe et africaine et intéressent donc l’agenda panafricaniste et celui du panarabisme. Donc si un conflit entre l’Egypte et l’Ethiopie devait éclater, il est probable que celui-ci aurait des répercussions pour le reste de l’Afrique.

Comme la plupart des pays africains postcoloniaux, l’Egypte moderne et indépendante est née des cendres du colonialisme (voir par exemple Achille Mbembe et Samir Amin, entre autres). L’intérêt colonial des Anglais pour le barrage sur le Nil du Lac Tana (source principale du Nil Bleu/Abay) est à la base des revendications historiques et légales égyptiennes sur ces eaux. Toutefois l’intérêt des Anglais était prioritairement orienté vers l’irrigation dans la colonie du Soudan de leurs grandes plantations de coton qui devait alimenter l’industrie en Grande-Bretagne. Les plantations égyptiennes modernes de coton dépendent entièrement des sédiments qui proviennent des hauts plateaux éthiopiens.

Dans une série de courts articles, Dr Yosef Yacob [24] a documenté l’histoire du colonialisme dans la région et montre comment l’empereur Ménélik (1844-1913) et l’empereur Haïlé Sélassié (1892-1975) ont réussi a échapper aux ambitions coloniales des Anglais sur les hauts plateaux éthiopiens. Il révèle aussi comment l’empereur Haïlé Sélassié était visionnaire en invitant une compagnie d’ingénieurs américains pour éviter la main mise des Anglais sur le lac Tana et tenter de financer la construction du barrage en obtenant des garanties financières des Etats-Unis. En d’autres termes, si les désirs de l’empereur avaient été réalisés, le Gerd aurait été construit il y a longtemps. Nous attendons toujours des critiques raisonnables du traité du Dr Yacob de la part de ceux qui s’opposent au barrage.

La prochaine démarche de l’opposition égyptienne est le recours au droit international. Là aussi l’argument s’effondre devant l’examen des juristes. Les officiels égyptiens se réfèrent souvent aux accords de la période coloniale de 1929 et des accords signés entre l’Egypte et le Soudan (tous deux anciennes colonies britanniques) et auxquels l’Ethiopie n’est pas partie et n’a jamais rien consenti.

D’abord il est important de noter que les traités coloniaux n’ont pas de pertinence directe pour résoudre les problèmes de l’Afrique contemporaine. Les pays du bassin du Nil les ont déjà rejetés. Ainsi le point de vue dominant est que les avoirs transfrontaliers appartiennent aux Etats postcoloniaux et que les nouveaux Etats doivent accepter de partager leurs avoirs communs.

Deuxièmement, l’Ethiopie était et reste un Etat indépendant et n’était pas partie aux accords de 1929 et de 1959. Des documents historiques indiquent également que la Grande-Bretagne, l’Egypte et le Soudan ont conspiré ensemble et ont exclu l’Ethiopie des négociations. A cet égard, Wuhibegezer Fered et Sheferawu Abebe, écrivant sur l’efficacité des traités sur l’eau dans le bassin du Nil oriental, soulignent deux approches qui découlent des principes du droit international. [25] Les auteurs démontrent les différences fondamentales entre les pays en amont et ceux en aval dans le sens où les pays en amont (Ethiopie, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi, Kenya, la République démocratique du Congo, l’Erythrée et le Soudan) semblent préférer une politique nouvelle, pendant que les pays en aval (Soudan et Egypte) sont en faveur des traités coloniaux. [26] Abstraction faite de l’un ou l’autre des principes légaux, l’insistance de l’Egypte à se référer aux traités coloniaux ne tient pas simplement parce que l’Ethiopie n’était pas une colonie britannique ou celle d’un quelconque autre pays européen

Maintenant que nous avons démonté les arguments historiques de l’Egypte, voyons le troisième argument de la position égyptienne : les aspects écologiques du barrage. La littérature indique que les émissions de carbone et la contamination des rivières transfrontalières sont des exemples de problèmes écologiques transfrontaliers. Ainsi l’élaboration de politiques requiert des traités globaux applicables, de saines politiques nationales et l’intégration des progrès dans diverses disciplines. [27] De plus, l’investissement dans des grands projets nationaux comme des stades, l’extraction de minerais, de pétrole et de gaz, la création de canaux, de grands barrages, d’autoroutes et de grands projets architecturaux ajoutent une dimension comportementale et politique à la science, la technologie et à l’économie de telles entreprises.

La plupart des plus beaux bâtiments et stades construits dans les pays hôtes de la Coupe du monde satisfont la fierté nationale. Les facteurs comportementaux et émotionnels dominent les arguments financiers. En d’autres termes, les projets nationaux, de par leur nature, ont une dimension comportementale et ne peuvent être enfermés dans le paradigme de la rationalité et de leur valeur nette. L’avenir nous dira si le barrage éthiopien sera différent.

La littérature dominante, dans le domaine de l’économie écologique, focalise sur la mesure du bien-être, de la durabilité, les changements technologiques, l’externalité et le "bilan vert". La Commission mondiale pour l’environnement et le développement (la commission Bruntland 1987), par exemple, déclare que "le développement durable c’est satisfaire aux besoins de l’actuelle génération sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire aux leurs". En accord avec cette définition, le système nilotique a des aspects nationaux et transfrontaliers pour les Etat riverains, et donc l’Egypte, qui, en théorie, a des raisons à ses préoccupations. Toutefois ces préoccupations peuvent trouver une réponse au travers des instruments internationaux et des institutions et des relations bilatérales basées sur le respect et la confiance mutuelle.

La convention internationale sur la protection et l’usage des lacs transnationaux, signée par presque 40 pays n’est pas l’outil pour résoudre la dispute et de toute façon aucun des pays africains, y compris l’Egypte, ne l’a ratifié. Toutefois, elle peut être un point de départ. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement peut aussi être un facilitateur. De plus, comme noté précédemment, l’initiative du Bassin du Nil a été un développement institutionnel majeur qui permet à tous les Etats riverains de coopérer et d’agir sur un pied d’égalité. Les efforts de l’Egypte de saborder ce projet est une erreur.[28]

D’autres données du rapport du panel international d’experts révélé couvrent les principaux aspects du projet. Entre autres, il confirme que :

1) Gerd est économiquement faisable,
2) les plans correspondent aux standard internationaux mais nécessitent des corrections mineures,
3) la firme contractée est fiable et a une large expertise internationale et une bonne réputation dans la construction des grands barrages,
4) l’étude écologique en Ethiopie est adéquate et les effets transfrontaliers sur le Soudan sont favorables et ils permettent de contrôler les flux,
5) la section qui concerne les effets transfrontaliers sur l’Egypte dit que ceux-ci requièrent des études additionnelles, impliquant des modèles complexes et des datas de terrain actuelles plutôt que du travail de bureau.

Bref. Les auteurs du rapport confidentiel de 48 pages n’ont pas dit qu’ils s’attendent à une catastrophe et à la disparition de la nation égyptienne si le projet devait aboutir. Pour résumé, cette conclusion a des répercussions pour les institutions multilatérales qui refusent de financer le projet. L’opposition de l’Egypte au Gerd est en effet injustifiée. Son retour à la table des négociations, l’Union africaine et la ratification de la Nile River Basin Cooperative Framework and Convention on the Protection and Use of Transboundary Watercourses and International Lakes, sont autant d’avenues pour résoudre cet épineux problème du partage de l’eau. [29]


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** Minga Negash est professuer de comptabilité à la Metropolitan State University of Denver, Colorado et à l’université de Witwatersrand, Johannesburg ; Seid Hassan est professeur d’économique à la Murray State university ; Mammo Muchie* est professeur en "innovation studies" a Tshwane University of Technology (Pretoria) et senior research associate à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) - Cet article a initialement été publié dans Sudan Tribune, en avril 2014 – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

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Commentaires & analyses

Egypte : Un programme d'austérité à la mode du Fmi !

Rabha Attaf

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92596


cc PTV
Jusqu'à présent, aucun gouvernement égyptien n'avait osé s'attaquer au système de subventions, redoutant certainement des mouvements de contestation sociale. Mais à peine élu, le maréchal Al-Sissi a finalement annoncé la couleur. Pourquoi cette coupe drastique dans le programme de subventions de l’État aux produits de première nécessité ? Tout simplement parce que depuis janvier 2011, l’Égypte tente d'obtenir du Fmi un prêt de 4,8 milliards de dollars.

Au matin du 5 juillet, les Égyptiens se sont réveillés avec une douche glacée ! Il est vrai que la température estivale est élevée, surtout en ce mois de Ramadan. Mais c'est d'autre chose qu'il s'agit : les prix des carburants vont désormais flamber. La veille au soir, le gouvernement a annoncé une vaste restructuration des subventions des produits pétroliers. En clair, « restructuration », signifie baisse des subventions... et donc hausse des prix!

Les plus fortes concernent les carburants les plus couramment utilisés, à savoir le diesel et l'essence 80 octane. Le premier passe de 1,10 LE (livre égyptienne) à 1,80 LE, et le second de 0,90 LE à 1,60 LE - soit respectivement 64% et 78% de hausse [1 LE = 0,10 €]. Parallèlement, les heureux propriétaires de moyennes et de grosses cylindrées auront à supporter une augmentation de 40% pour les premiers, et de seulement 6,4% pour les seconds. Ce traitement de faveur est certainement du au fait que la subvention de leurs carburants respectifs (le 92 octane et le 95 octane) a été progressivement supprimée depuis 2012.

Quant au gaz naturel, utilisé par un grand nombre de taxis, son prix fait un bond de 175% (1,10 LE le m3 contre 0,40 LE antérieurement) ! La colère des chauffeurs de taxis ne s'est d'ailleurs pas faite attendre. Dès ce samedi matin, ils ont bloqué plusieurs routes du Caire et d'autres gouvernorats. Déjà pénalisés par les pénuries récurrentes de carburant -qui les obligent parfois à se fournir sur le marché parallèle - ils redoutent le déchaînement de colère de leurs clients à l'annonce de l'augmentation conséquente du prix de la course !

Sans compter le fait que, déjà accablés par la hausse des denrées alimentaires en cette première semaine du mois de Ramadan, la grande majorité des Égyptiens - dont 34 millions, selon le gouvernement, vivent au dessous du seuil de pauvreté - va devoir se serrer, encore plus, la ceinture. Indépendamment du prix du carburant à la pompe, ces hausses se répercuteront, en effet, sur le coût du transport de la nourriture et des biens, sur les transports en commun, sur l'électricité et les bonbonnes de gaz déjà rationnés, sans oublier les services. Pour la grande majorité des Égyptiens, cette suppression de l'aide de l’État aux carburants et aux produits de première nécessité (cf « Égypte : rationnement du pain high-tech ») va donc avoir une conséquence désastreuse. Leur pouvoir d'achat va s'en trouver drastiquement réduit, car c'est le programme des produits subventionnés qui leur permettait de boucler péniblement leur fin de mois. De plus, en l'absence de réglementation des prix, ils peuvent désormais s'attendre à une valse anarchique des étiquettes !

Bref, la pilule va être dure à avaler, car jusqu'à présent, aucun gouvernement n'avait osé s'attaquer au système de subventions, redoutant certainement des mouvements de contestation sociale. Mais à peine élu, après une campagne présidentielle axée sur son prestige et non sur un programme clair - on sait maintenant pourquoi !- le maréchal Al-Sissi a finalement annoncé la couleur, et défendu le programme d'austérité, appelant les Égyptiens à faire des sacrifices pour l'économie de leur pays. L'heure est à la restriction budgétaire ! Excepté pour les « chouchous » du régime, comme les militaires dont la retraite à été revalorisée, ou la police désormais équipée de tenues et de véhicules anti-émeutes dernier cri !

Pourquoi cette coupe drastique dans le programme de subventions de l’État aux produits de première nécessité ? Tout simplement parce que depuis janvier 2011, l’Égypte tente d'obtenir du Fmi un prêt de 4,8 milliards de dollars. Les récentes mesures d'ajustement structurel en cours - concernant les produits pétroliers mais aussi la farine - seront sans doute perçues comme un signal fort pour la reprise des discussions avec le banquier international, jusque-là restées au point mort.

Logiquement, la prochaine étape de ce plan devrait toucher un secteur hyper-sensible de la société égyptienne : l'administration publique tentaculaire qui emploie des millions de fonctionnaires. Cela signifie des charrettes de chômeurs en perspective. Autant dire que les Égyptiens, qui vivent déjà sous haute tension sécuritaire et avec une épée de Damoclès dissuasive -« The protest law », la loi anti-rassemblements qui criminalise les manifestations- vont devoir avaler amèrement les couleuvres de la Sissicratie !


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** Rabha Attaf est journaliste indépendante franco-algérienne. Auteure de Place Tahrir, une révolution inachevée, éditions workshop19, Tunis, 2012 (Source: http://place-tahrir.blogspot.com)

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Et si nous parlions un peu des Comores

Mohamed Ahamed Ben Ali

2014-07-28

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92601


cc OW
Tous les Comoriens avaient l'espoir de vivre mieux et donc d'avoir une vie meilleure. Outre les misères que font subir les gouvernants comoriens au peuple des Comores, ces derniers sont confrontés à un énorme problème avec le plus souvent des conséquences dramatiques voire mortelles

Et si nous parlions un peu des Comores : un archipel jadis constitué de quatre îles. Grande-Comores, Anjouan, Mayotte et Mohéli constituait une même entité jusqu'en 1975, date à laquelle ce territoire français d'outre-mer a unilatéralement proclamé son indépendance à trois, car Mayotte a choisi, suite à un référendum, de rester sous le joug de la France avec le statut de collectivité territorial française. Ce jusqu'en 2013, date à laquelle Mayotte a obtenu la départementalisation et devenue donc le 101ème département français d'outre-mer.

Quant aux trois autres îles (Grande-Comores, Anjouan et Mohéli) elles sont devenues indépendantes en 1975 avec l’appellation de République Islamique des Comores pendant un certain temps, puis Etat comorien depuis l'assassinat du père de l'indépendance, feu Ahmed Abdallah Abdérémane Cheikh, par des mercenaires dont le chef fut le fameux Bob Denard agissant sous les ordres du Sac (Service d'action civique) heureusement dissout par le chef de l'Etat français de l'époque, M. François Mitterrand, lors de son premier mandat présidentiel.

Pratiquement, tous les Comoriens avaient l'espoir de vivre mieux et donc d'avoir une vie meilleure. Outre les misères que font subir les gouvernants comoriens au peuple des Comores, ces derniers sont confrontés à un énorme problème avec le plus souvent des conséquences dramatiques voire mortelles.

Grande-Comore, Anjouan et Mohéli se trouvent dans un gouffre et vivent dans un pays où la vie est un enfer et où il n'y a ni infrastructures sociales ou économiques. Pas le moindre aide à la population des Comores de la part de l'Etat comorien dont les dirigeants n'ont qu'une devise : se remplir les poches et bien renflouer leurs comptes bancaires tout ça au détriment du peuple.

Les Comoriens affrontent un autre problème, se hasarder à embarquer dans ce qu'on appelle "Kwassa-Kwassa" qui sont en fait des embarcations de fortune avec des passeurs sans foi ni loi, avec comme but, se rendre à Mayotte restée française, à la recherche d'un monde meilleurs. D'innombrable ressortissants de Grande-Comores, d'Anjouan et de Mohéli périssent pratiquement tous les jours en mer avec des embarcations de fortune qui devraient les emmener à Mayotte à la recherche d'une vie meilleure. Et pourtant ils sont conscients qu'à Mayotte, à terre ou dans les eaux territoriales mahoraises, la Paf (Police de l’air et des frontières) les attend pour les renvoyer d'où viennent-ils.

Plus inhumain encore, ceux qui ont réussi à passer au travers des maillons s'installent dans des baraquements, mènent une vie d'enfer et malgré cette vie plus que difficile font des enfants. Puis, un beau jour, ils se font attraper par les forces de l'ordre qui les embarquent et les conduisent au centre de rétention en attendant leur rapatriement à Anjouan. Mais quant aux enfants, ceux nés à Mayotte, ils sont laissés, livrés à eux-mêmes, n'allant même pas à l'école. Qui en est responsable ? J'aurai tendance à dire que les Comores et la France sont les seules responsables de cette situation.

Le gouvernement comorien devait prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre la vie meilleure aux Comores et à la France de proposer à l'Etat comorien un certain nombre d'accords en privilégiant surtout des échanges et notamment des personnes. Est-ce trop demander aux dirigeants comoriens et à la France ? Je n'en crois pas. Aussi je demande à Pambazuka de bien vouloir étudier cette situation et de nous aider à trouver une solution négociée. (1)

NOTES
1) Pambazuka News serait heureux d’abriter un tel débat. Il appartient d’abord aux Comoriens de l’intérieur comme de la diaspora, chercheurs, universitaires, hommes politiques, activités, membres de la société civile de s’y engager. Mais c’est aussi un débat pour tous les panafricanistes, de n’importe quel pays qu’ils sont, qui voient l’avenir du continent dans une démarche qui impliquent tous ses fils.

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** Mohamed Ahamed Ben Ali est un citoyen comorien

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Israël et l’Arabie saoudite : Une alliance forgée dans le sang des Palestiniens

David Hearst

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92597

Pourquoi l’Arabie Saoudite et Israël font-ils à ce point bon ménage ? Pendant des décennies, les deux pays éprouvaient une sensation identique quand ils regardaient autour d’eux : la peur. Leur réaction a été similaire.

Il y a beaucoup de mains derrière l’attaque de l’armée israélienne sur la bande de Gaza. L’Amérique n’est pas malheureuse de voir le Hamas devoir supporter tant de coups. Alors que les images des scènes de carnage dans les rues de Shejaiya venaient d’être diffusées, John Kerry a déclaré sur Meet Nbc, le même jour, qu’Israël avait le droit de se défendre, et l’ambassadeur américain Dan Shapiro a déclaré sur la chaîne israélienne Canal 2 que les États-Unis feraient en sorte que les forces modérées soient [après le conflit] dominantes dans la bande de Gaza, ce qui veut dire [qu’Israël amènerait dans ses fourgons] l’Autorité palestinienne.

L’Égypte n’est pas non plus écrasée de douleur. Son ministre des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, a tenu le Hamas pour responsable de la mort des civils, après que le mouvement a rejeté le cessez le feu [concocté par l’Égypte et Israël et totalement à l’écart du Hamas - NdT].

Un troisième partenaire non déclaré dans cette alliance contre nature a cependant donné un feu-vert à Netanyahu, le couvrant à l’avance pour une opération militaire d’une telle férocité. Nous ne parlons pas d’un allié aussi impuissant que les États-Unis, car cette autorisation ne peut venir que d’un État arabe. L’attaque sur Gaza a été lancée avec une approbation royale saoudienne.

Ce mandat royal n’est rien de moins qu’un secret de polichinelle en Israël et l’ex-ministre de la Défense comme celui qui est en fonction en parlent d’une façon très ouverte.

L’ancien ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz a surpris le présentateur sur Canal 10 en disant qu’Israël devait attribuer un rôle à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dans la démilitarisation du Hamas. Interrogé sur ce qu’il entendait par là, il a ajouté que des fonds de l’Arabie saoudite et des Émirats devraient être utilisés pour reconstruire Gaza une fois le Hamas anéanti.

Amos Gilad, homme-clé au ministère israélien de la Défense dans les relations avec l’Égypte de Moubarak et aujourd’hui directeur du département israélien des Relations politico-militaires, a déclaré récemment à l’universitaire James Dorsey : «Tout est souterrain, rien n’est public, mais notre coopération sécuritaire avec l’Égypte et les États du Golfe est unique. C’est la meilleure période de sécurité et de relations diplomatiques avec les pays arabes ».

Les félicitations sont réciproques. Le roi Abdallah a fait savoir qu’il avait téléphoné au président Abdel Fattah El-Sisi pour approuver une initiative égyptienne de cessez-le-feu qui n’avait même pas été soumise au Hamas, ce qui a incité des analystes cités par le Jerusalem Post à se demander si un cessez-le feu avait été sérieusement proposé.

Le Mossad et les responsables saoudiens du renseignement se réunissent régulièrement. Les deux côtés se sont concertés lorsque l’ancien président égyptien Mohamed Morsi était sur le point d’être déposé en Égypte, et ils sont main dans la main en ce qui concerne l’Iran, à la fois dans la préparation d’une attaque israélienne qui traverserait l’espace aérien saoudien, et dans le sabotage du programme nucléaire. Il y a même été dit de bonne source que les Saoudiens financent l’essentiel de la très coûteuse campagne d’Israël contre l’Iran.

Pourquoi l’Arabie Saoudite et Israël font-ils à ce point bon ménage ? Pendant des décennies, les deux pays éprouvaient une sensation identique quand ils regardaient autour d’eux : la peur. Leur réaction a été similaire. Chacun sentait qu’ils ne pouvaient se prémunir contre ses voisins en les envahissant (Liban, Yémen) ou par le financement de guerres et coups d’État (Syrie, Égypte, Libye). Ils ont des ennemis ou rivaux en commun : l’Iran, la Turquie, le Qatar, le Hamas dans la bande de Gaza, et les Frères musulmans ailleurs. Et ils ont des alliés communs : les lobbys militaro-industriels américains et britanniques, l’homme fort du Fatah et l’atout des Etats-Unis, Mohammed Dahlan, qui a essayé autrefois de prendre le contrôle de Gaza et qui serait probablement prêts à le faire à nouveau.

La différence aujourd’hui, c’est que pour la première fois dans l’histoire de leurs deux pays, une coordination militaire a été mise en place. Le prince Turki, neveu du roi Abdallah, est le visage public de ce rapprochement rendu visible par la publication d’un livre sur l’Arabie écrit par un universitaire israélien. Le prince s’est rendu à Bruxelles en mai pour rencontrer le général Amos Yadlin, l’ex-chef du renseignement israélien qui a été inculpé par un tribunal en Turquie pour son rôle dans l’abordage du Mavi Marmara.

On pourrait faire valoir qu’il n’y a rien de sinistre dans l’implication du prince Turki dans le débat israélien et que ses motivations sont à la fois paisibles et louables. Le prince est un fervent partisan d’une initiative de paix proposée par le roi saoudien Abdallah. L’Initiative de paix arabe soutenue par 22 États arabes et 56 pays musulmans aurait effectivement été une base pour la paix si Israël ne l’avait pas ignoré il y a quelques 12 ans.

Le prince Turki est très lyrique sur les perspectives de paix dans un article publié par « Haaretz ». Il y écrit : « Et quel plaisir ce serait d’être en mesure d’inviter non seulement les Palestiniens mais aussi les Israéliens que j’allais rencontrer de venir me rendre visite à Riyad, où ils pourraient alors visiter ma maison ancestrale dans Dir’iyyah, qui a souffert aux mains de Ibrahim Pacha le même sort qu’a subi Jérusalem aux mains de Nabuchodonosor et des Romains ».

Ce sont les moyens utilisés, pas la fin en soi, qui exposent le véritable coût humain de ces alliances. La promotion par le prince Turki de l’Initiative de paix arabe se fait au prix de l’abandon par le royaume de son soutien historique à la résistance palestinienne.

L’analyste saoudien Jamal Khashogji fait ce même constat, quand il parle en langage codé du nombre d’intellectuels qui attaquent la notion de résistance : « Malheureusement, le nombre de ces intellectuels ici en Arabie Saoudite est plus élevé que la moyenne. Si une telle tendance se poursuit, elle va détruire la louable prétention du royaume d’avoir soutenu et défendu la cause palestinienne depuis l’époque de son fondateur, le roi Abd Al-Aziz Al-Saoud ».

La paix serait en effet la bienvenue pour tout le monde, et surtout pour Gaza en ce moment. Mais les moyens par lesquels les alliés d’Israël en Arabie saoudite et l’Égypte veulent y arriver, en encourageant Israël à donner au Hamas un coup fatal, amènent à douter de ce qui se trame vraiment. Le père de Turki, le roi Faisal bin Abdulaziz se retournerait dans sa tombe s’il voyait ce que son fils fait en son nom.

Cette alliance israélo-saoudienne est forgée dans le sang, le sang palestinien (…).


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** David Hearst est rédacteur en chef de « Middle East Eye ». Il est éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal « The Guardian », où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais. Avant de rejoindre « The Guardian », il était correspondant pour l’éducation au sein du journal « The Scotsman ». Site : info-palestine

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La fin d'Israël

Gilad Atzmon

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/comment/92602


cc Wiki
Dans son discours au pays, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a reconnu hier (20 juillet) que la guerre contre Gaza est une bataille pour l'existence de l'État juif. Netanyahu a raison. Et Israël ne peut pas gagner cette bataille ; il ne peut même pas définir ce que serait une victoire. Certes, la bataille n'a pas pour enjeu les tunnels ou l'utilisation par les militants (palestiniens) des souterrains, les tunnels ne sont que des armes de la résistance plutôt que la résistance elle-même.

Les militants du Hamas et de Gaza ont attiré Israël sur un terrain de combat où celui-ci ne pourra jamais gagner et c'est le Hamas qui a fixé les conditions, a choisi le terrain et a posé les conditions nécessaires pour mettre un terme à ce cycle de violence.

Pendant dix jours, Netanyahou a fait tout ce qu'il pouvait pour empêcher une opération terrestre de Tsahal. Il était confronté à une réalité : Israël n'a pas une réponse militaire à la résistance palestinienne. Netanyahou savait qu'une défaite au sol allait éradiquer le peu de pouvoir de dissuasion qui reste à Tsahal.

Il y a cinq jours, Israël, au moins aux yeux de ses partisans, tenait le haut du pavé. Il voyait ses citoyens soumis à un incessant barrage de roquettes, mais il faisait preuve d'une relative retenue, ne tuant des civils palestiniens que de loin, ce qui a servi à véhiculer une image imaginaire de force. Mais cela a changé rapidement depuis qu'Israël a lancé son opération terrestre. Israël est maintenant, une fois de plus, impliqué dans des crimes de guerre colossaux contre une population civile et pire, au moins sur le plan stratégique, ses commandos d'infanterie d'élite ont été éliminés dans une bataille de rue face-à-face à Gaza.

En dépit de l'évidente supériorité technologique et en puissance de feu israélienne, les militants palestiniens sont en train de gagner la bataille sur le terrain et ils ont même réussi à déplacer la bataille sur le territoire israélien. En outre, le barrage de roquettes sur Tel Aviv ne semble pas s'arrêter.

La défaite de Tsahal dans la bande de Gaza laisse l'État juif sans espoir. La morale est simple. Si vous insistez pour vivre sur la terre de quelqu'un d'autre, la puissance militaire est un ingrédient essentiel pour décourager les dépossédés d'agir pour réclamer leurs droits. Le nombre de victimes de Tsahal et le nombre de corps de soldats d'élite israéliens rentrant chez eux dans des cercueils envoient un message clair à la fois aux Israéliens et aux Palestiniens. La supériorité militaire israélienne appartient au passé. Il n'y a pas d'avenir pour un État-pour-les-seuls-Juifs en Palestine ; ils devraient peut-être essayer ailleurs.


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** Gilad Atzmon est un musicien multi-instrumentiste. Il dirige l’Orient House Ensemble en plus d’être un auteur prolifique et souvent controversé : ses essais circulent beaucoup et ses deux romans Guide to the perplexed et My One And Only Love ont été traduits l’un dans l’autre en 24 langues. (Source: http://www.gilad.co.uk/writings/the-end-of-israel.html - Traduction pour Tlaxacala : Fausto Giudice)

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Le mouvement berbère au coeur des luttes démocratiques marocaines

Jules Crétois

2014-07-27

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cc OTG
Le mouvement berbère marocain ne porte plus seulement des revendications culturelles et identitaires. Parties prenantes du Printemps de 2011 et actifs dans différentes luttes sociales de ces dernières années, les Amazighs veulent maintenant trouver leur place dans les forces du changement à l’œuvre au Maroc.

En novembre 2013, deux regroupements d’associations voient le jour : la Fédération nationale des associations amazighes (Fnaa) et la Coordination nationale amazighe (Cna). Chacune entend regrouper les 900 associations que compte le mouvement berbère qui recrute largement dans un pays en majorité berbérophone dont le quart le serait exclusivement. Si la Fnaa, dans son texte fondateur, met l’accent sur des revendications culturelles et identitaires proprement amazighes [1], la Cna se propose d’emblée d’œuvrer à l’édification d’un Maroc fédéral et laïc. Une différence de taille dans la « hiérarchisation » de leurs objectifs qui témoigne du virage que prend le vigoureux mouvement amazigh marocain et des défis qui sont devant lui.

DEUX COMBATS INSEPARABLES

Certes, les revendications culturelles et linguistiques berbérophones ont été, dans une certaines mesure, prises en compte par le pouvoir. Dès 2001, le roi Mohammed VI, dans son discours dit « d’Ajdir », a reconnu l’existence de l’« amazighité » et créé l’Institut royal de la culture amazigh. Avant 2011, date de l’inscription dans la nouvelle Constitution de la composante amazighe de l’identité marocaine, le mouvement a remporté des succès, à l’instar de la création en 2010 de Tamazight, une chaîne de télévision publique chargée de présenter la culture amazighe. Malgré tout, le scepticisme reste de mise chez les plus militants : « Rien n’a été réalisé et on attend toujours la mise en œuvre pratique de l’officialisation de la langue [2] et de la culture », résume Ahmed Assid, intellectuel et écrivain, une des figures de proue du mouvement qui a publié en 2010 Lettres à l’élite marocaine.

Pour autant, même s’il reste beaucoup à faire pour concrétiser les concessions consenties sur la langue et la culture berbère, Assid, comme de nombreux autres militants, refuse de circonscrire la lutte aux seuls revendications culturelles. Il s’est aussi fait connaître de l’opinion marocaine par ses nombreuses polémiques avec les islamistes du Parti de la justice et du développement (Pjd) qui dominent au gouvernement comme avec les partisans d’une monarchie « forte ». Berbériste, il défend l’établissement d’une démocratie politique sans restriction et la consécration effective des libertés individuelles.

Son avis, partagé par de nombreux militants et chercheurs, est que les deux combats sont inséparables. Le mouvement amazigh s’est construit au cours des années 1970 contre les valeurs mises en avant tant par la monarchie que par les islamistes et par les vieux partis marocains, les « historiques », plus ou moins proches de l’idéal panarabe. Confrontés à ces acteurs politiques qui défendent une histoire officielle construite autour de l’identité arabo-islamique, les militants Amazighs ont proclamé leur attachement à « un Maroc pluriel » selon les mots de Assid. L’un d’eux, Mounir Kejji, bien connu dans son pays, le rappelle : « Les activistes amazighs ont été les premiers à manifester devant le Parlement, dans les 24 heures qui ont suivi les attentats de Casablanca [3]. Non seulement pour condamner ce crime haineux, mais aussi “pour appeler à séparer plus largement, le religieux du politique”. »

UN DISCOURS CULTUREL AVEC UN HORIZON POLITIQUE

Hostile aux options politiques dominantes, le mouvement s’attache en premier lieu à proposer des alternatives. Au début des années 2000, son travail théorique s’accélère. Des associations signent un Manifeste amazigh en mars 2000, où, selon Ahmed Assid, « la discrimination ne fait plus qu’un, qu’elle soit linguistique, identitaire ou sociale ». Le discours devient ouvertement « culturel avec un horizon politique ». De nombreuses associations amazighes marocaines se rapprochent des altermondialistes, ce qu’illustre leur forte présence au Forum social maghrébin de 2008 tenu à Bouznika, entre Rabat et Casablanca. « Déjà dans les années 1980, le mouvement était fort, parlait des droits culturels, du pluralisme de la société et exigeait le droit à la liberté d’association, alors que les réseaux associatifs se lançaient encore timidement », se souvient, Kamal Lahbib. Le président du Forum des alternatives Maroc (Fmas) ne s’étonne pas « qu’aujourd’hui, le mouvement soit à ce point impliqué aux côtés des progressistes et des altermondialistes dans la recherche d’alternatives sociales, économiques et politiques. »
Malgré tout, encore au sein du mouvement, certaines causes ne font pas l’unanimité et l’articulation entre luttes culturelles et combats politiques peut être source de conflit. Ainsi, « la laïcité continue à être un sujet de controverse, car en mettant en cause une base solide du régime marocain, elle risque d’avoir des conséquences sur le terrain de la reconnaissance identitaire », souligne Jacopo Granci, un chercheur qui travaille au Centre Jacques Berque de Rabat sur la question amazighe [4].

LE 20 FEVRIER ET LES LUTTES SOCIALES

Durant les manifestations du 20 février 2011 qui accompagnent le Printemps arabe en Tunisie et en Égypte, le mouvement se joint aux marches de protestation ; jusqu’à Rabat, la capitale, des drapeaux amazighs sont brandis dans les cortèges unitaires où flottent des banderoles écrites en tifinagh5. Un nouveau manifeste, L’Appel pour Timmouzgha est lancé par plusieurs personnalités amazighes alors que la contestation bat son plein. Son texte est « encore plus politique et “dissident” dans ses tons et sa formulation », souligne Granci. C’est aussi à ce moment que la force du mouvement éclate aux yeux du chercheur : « il a aidé à la tenue de manifestations importantes dans des villages reculés du Maroc, où la population reste attachée à la culture berbère. Il a ainsi participé à “démocratiser” des revendications souvent cantonnées jusque-là à un cercle élitiste ». Un phénomène positif mais pas étonnant pour Ahmed Assid : « Depuis quelques années, des associations amazighes réparties sur tout le territoire du royaume se sont attaquées aux problèmes des terres confisquées et des ressources naturelles spoliées ». Des milliers d’hectares qui composent les terres tribales sont souvent sources de conflit entre l’État ou des investisseurs puissants désireux de s’y implanter et les populations en place qui défendent leur moyen de subsistance et leur mode de vie.

Kejji abonde dans le même sens : « Le mouvement n’a plus rien de culturaliste. Il incarne aujourd’hui la lutte contre l’expropriation des terres des tribus dans le monde rural et la défense des enfants qui meurent de froid comme à Angfou », un petit village du Moyen Atlas enclavé et oublié de la puissance publique où des enfants meurent chaque hiver, forcément rigoureux à cet altitude (1 600 m). Son ancrage dans les campagnes a fait du réseau amazighiste un soutien et un relais pour de nombreuses luttes sociales, comme celle des « diplômés chômeurs » d’Al-Hoceïma au nord du Maroc, ou plus récemment, à Imiter, à l’est du pays, où la population manifeste contre la précarité et l’exploitation sans précautions d’une mine d’argent par la Société métallurgique d’imiter (Smi), côtée à la bourse de Casablanca et propriété de la famille royale.

POUR UN ETAT FEDERAL

Le mouvement amazigh saura-t-il renforcer sa participation à la lutte démocratique ? Le risque existe de voir ses revendications identitaires l’éloigner de certaines secteurs de l’opinion. Malgré tout, Granci remarque que durant les événements du 20 février, les militants berbéristes ont su marcher et cohabiter avec les autres forces contestataires, islamistes ou de gauche. « Le langage et la rhétorique du mouvement a changé : si au début on y revendiquait l’identité amazighe en opposition à l’identité nationale, maintenant on revendique une amazighité commune à tous les Marocains et pas seulement aux berbérophones. »

Son rejet des idéologies particularistes, désavouées par de nombreux militants progressistes et révolutionnaires depuis 2011, lui a aussi permis de se présenter comme un quasi-mouvement d’avant-garde. « Notre mouvement est la seule force à proposer l’édification d’un État fédéral. Nous savons à quel point les Berbères ont souffert du centralisme et de l’État », rappelle Ahmed Assid. Leurs associations travaillent activement aussi à la construction d’une union des pays du Maghreb et à la réouverture des frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie fermées depuis 1994.

Indépendants des partis et des pouvoirs, les militants berbéristes créent une culture politique autonome et leur mouvement abrite souvent des débats audacieux. C’est par exemple une association amazighe du Rif, au nord du Maroc, qui a soumis aux autres forces politiques, en décembre 2013, un projet de loi visant à légaliser la culture du cannabis qui est la principale ressources du Rif, longtemps l’une des régions les plus pauvres du pays. L’idée a été reprise et le Parlement en discute en ce moment même à Rabat.

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** Jules Crétois est journaliste, membre de la rédaction de la revue marocaine Tel Quel.

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NOTES

1] Ndlr : Le pluriel « amazigh(e)s » est une francisation de « Imazighen ».

2] Ndlr : Ce débat s’inscrit dans un autre débat concernant les langues et qui divise le pays, entre partisans de l’arabe littéraire et du dialecte darija

3] Les attentats perpétrés le 16 mai 2003 visaient entre autres des établissements fréquentés habituellement par des étrangers ou des membres de la communauté juive marocaine. La majorité des 45 victimes étaient des Marocains. Les attentats ont été attribués par les autorités à un groupuscule terroriste islamiste.

4] Cédric Baylocq et Jacopo Granci, « 20 février ». Discours et portraits d’un mouvement de révolte au Maroc », in Année du Maghreb, 2012.





Plaidoyers & campagnes

Désaccord des citoyens sénégalais sur les Accords de partenariat économique

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/92605

Pouvons-nous vraiment prendre la responsabilité de conduire l'Afrique, qui abritera, dans quelques années, le plus grand nombre de personnes vivant avec moins de un dollar par jour, vers davantage de chaos, sous couvert de respecter les règles de l'Omc ?

A son Excellence Madame Dominique Dellicour, Ambassadeur et Chef de la Délégation de l’Union Européenne,

Excellence,


L’heure est grave! Nous prenons la plume ce jour non pas pour exercer un quelconque talent de scribe mais bien pour vous demander de nous édifier sur la problématique des Accords de partenariat économique communément appelés Ape et dénoncer aussi un attentat sans précédent qui ne dit pas son nom.

Quand l’Europe a jugé bon de faire la paix en son sein, elle a balkanisé notre cher continent au mépris des réalités ethniques, sociales et économiques. Pour sauvegarder son intégrité territoriale pendant les deux grandes guerres, la même Europe a encore fait appel sans vergogne à l’Afrique. Et après la dernière grande guerre, l’Europe devait se reconstruire en s’unissant d’abord mais surtout en exploitant à foison les ressources humaines et du sous-sol de l’Afrique pour financer son développement.

Depuis, l’Europe ne s’est pas convertie aux valeurs humanistes, démocratiques qu’elle prônait partout. S’organisant toujours pour mieux préserver ses acquis et ceux de ses générations futures, votre Europe a organisé lentement mais sûrement son essor au mépris des conséquences graves que cela pouvait avoir sur ses « sujets d’outre-mer ». C’est ainsi que votre dernière trouvaille fût les Accords de Partenariat Economique qui sonnent comme un glas pour nos économies déjà très fragiles.

En effet, ces Ape que vous obligez nos Etats à signer, ont été dénoncés dans leur essence même par le Parlement européen. Nous en voulons pour preuve un document intitulé Rapport d’information déposé par la Délégation de l'Assemblée Nationale pour l'Union européenne sur la négociation des Accords de partenariat économique avec les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ; et présenté par M. Jean-Claude Lefort, député. Nous en avons extrait les passages suivants qui ne militent pas en faveur d’une mise en œuvre des Ape :

• « UN CHOC BUDGETAIRE, à la suite du démantèlement des droits de douane, qui affectera les ressources des pays pauvres au sein desquels les tarifs à l'importation constituent, à ce stade de leur développement, un optimum fiscal, tandis que les solutions de remplacement préconisées sont irréalistes et consistent à taxer, de manière disproportionnée ou régressive, les entreprises ou les ménages ;

• UN CHOC SUR LA BALANCE DES PAIEMENTS, imposant des ajustements sur les revenus, les prix intérieurs ou les services sociaux existants qui seront d'autant plus brutaux que les taux de change des monnaies de nos partenaires seront fixes ;

• UN CHOC INDUSTRIEL, exposant les pays ACP à un risque de désindustrialisation, par la disparition du réseau des petites et moyennes entreprises, lesquelles font vivre les familles qui veulent éduquer leurs enfants et contribuer ainsi à la mise en valeur du potentiel humain et économique de pays dont les richesses sont parfois pillées par des « hauts » personnages locaux ;

• UN CHOC AGRICOLE, qui remettra en question la pérennité des agricultures vivrières de subsistance, dont l'existence et le développement constituent les conditions clefs du recul de la pauvreté dans des pays majoritairement ruraux. »

« Ainsi, lorsque le libre-échange est mis en œuvre, sans le moindre discernement, dans des pays qui ne sont pas en situation de force pour le supporter, car ils souffrent d'un déficit d'alimentation, d'éducation, de santé, d'infrastructures, de technologies et d'épargne, l'avenir de leur population réside dans la survie dans une « économie de souk », dans un exode rural réalisé dans les pires conditions et dans le départ, dans des conditions effrayantes, des habitants les mieux formés et/ou en situation de désespoir vers l'Europe. Tous les travaux de la Cnuced, du Pnud, de la Fao et de la Commission économique pour l'Afrique de l'Onu tendent à le montrer. »

Deux questions fondamentales sont soulevées à la suite de ce qui précède :

En effet, la seule question qui vaille est : en quoi les Ape aideront-ils l'Afrique subsaharienne à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement adoptés par l'Onu en septembre 2000 ? En rien ! Alors que certains d'entre eux ne seront réalisés, dans cette partie du monde, selon le Pnud, qu'avec un siècle de retard. Pouvons-nous vraiment prendre la responsabilité de conduire l'Afrique, qui abritera, dans quelques années, le plus grand nombre de personnes vivant avec moins de un dollar par jour, vers davantage de chaos, sous couvert de respecter les règles de l'Omc ? Croit-on que ce chaos se limitera à l'Afrique, ce qui serait déjà insupportable ? »

« D'autre part, la Commission s'est-elle jamais interrogée sur le fait de savoir pourquoi l'Afrique se positionne constamment face à nous, à l'Omc ? Beaucoup répondront que le coupable se cache dans nos subventions agricoles. Ce n'est qu'une partie de la vérité : nous sommes en train de nous aliéner définitivement nos partenaires parce que nous négocions un cadre dans lequel nous nous engageons à maintenir l'accès de pays très pauvres à notre marché, tout en leur disant qu'il faut maintenant qu'ils ouvrent les leurs sans restrictions réelles. On fait ainsi monter sur un même ring un poids plume et un poids lourd, et on voudrait que l'on nous saute au cou ? »

En plus de toutes les conséquences légitimes relevées par le Parlement Européen, nous pouvons ajouter que ces Ape ne favoriseront même pas à terme les économies européennes. Nos économies ne pouvant plus supporter les importations massives et subventionnées de l’Union Européenne, cela entrainera la disparition des PME et donc de la classe moyenne et il s’ensuivra de facto une implosion du pouvoir d’achat des 300 millions de consommateurs sur lesquels vous comptez pour vous aider à sortir de la crise que vous traversez.

A cela il faudra assumer un flux migratoire exponentiel que vous ne pourrez pas gérer et la disparition totale de la force vitale de sociétés entières qui auraient pu être vos alliés pour combattre enfin les effets « boule de neige » de vos économies moribondes. Rappelez-vous que nous sommes désormais dans un monde où tout est lié et que les actions positives ou destructrices des uns affectent nécessairement tout le monde et même leurs initiateurs.

Par conséquent, il va sans dire que la meilleure option qui vous reste consiste à doter les Acp de moyens réels pour soutenir et développer leurs économies pour en faire des partenaires à part entière susceptibles de créer des effets de levier positifs pour nos économies respectives.

Enfin, nous disons Non de la manière la plus forte à la signature des APE par nos Etats et nous comptons sur votre bonne lecture de ce qui précède car nous sommes prêts à donner notre vie pour éviter d’être encore tenus comme des otages.

Dans l’attente d’une réaction progressiste et humaniste, nous vous prions, Excellence, de recevoir l’expression de notre considération distinguée.


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** Le Collectif Non aux Ape regroupe des organisation de la société civile sénégalaise

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Le Sommet Etats Unis-Afrique et la société civile

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/advocacy/92604

Du 4 au 6 août 2014, le président Obama accueillera le tout premier Sommet des dirigeants américano-africains à Washington Dc. Bien que cette initiative soit louable, elle ne va pas assez loin pour que la société civile africaine ait un siège à la table, et soit un partenaire égal lors du Sommet.

Selon le communiqué de presse de la Maison Blanche : « Le Président Obama accueillera le Sommet Etats-Unis-Afrique mardi 5 août et mercredi 6 août 2014 à Washington Dc. Ce sommet historique, le premier de la sorte, rassemblera les dirigeants du continent africain dans la capitale de la nation et resserrera les liens avec l’une des régions les plus dynamiques et avec la plus forte croissance du monde. Le thème du sommet est d’investir sur la prochaine génération. S'appuyant sur les progrès réalisés depuis le voyage du président Obama en Afrique l'été dernier, le sommet se concentrera sur le commerce et l'investissement en Afrique et il soulignera l'engagement de l'Amérique pour la sécurité de l'Afrique, pour son développement démocratique et en faveur des idées des jeunes ».

Pourtant, la société civile n’est pas invitée à participer aux discussions bilatérales entre gouvernements pendant le Sommet. Dans son discours de 2013 devant l’Assemblée générale de l’Onu, le président Obama a demandé « Qui sommes-nous pour ne pas croire que les défis d'aujourd'hui ne peuvent pas être surmontés, alors que nous avons vu quels changements l’esprit humain peut apporter ? Qui dans cette salle peut affirmer que l'avenir appartient à ceux qui cherchent à réprimer cet esprit, plutôt qu’à ceux qui cherchent à le libérer ? »

C’est la société civile africaine qui est en première ligne pour s’opposer à la répression et pour libérer le peuple du continent. La société civile doit faire partie du Sommet.

En juin 2014, des représentants de la société civile africaine se sont rencontrés à Washington Dc pour dresser la liste des recommandations adressées au gouvernement américain, aux chefs d’États africains et à la société civile africaine dans le but de faire de réels progrès.
Cliquez ici pour lire les recommandations

LA PETITION

President Barack Obama

The White House

1600 Pennsylvania Avenue
NW
Washington, DC 20500

Cher Monsieur le Président

Nous pensons que le Sommet des dirigeants américano-africains, qui aura lieu à Washington Dc du 4 au 6 août, est une opportunité sans précédent pour honorer l'engagement de votre administration envers la promotion de la bonne gouvernance et le respect des droits humains. Nous comprenons que la priorité lors du sommet sera accordée au renforcement des échanges et des investissements, ainsi qu’aux efforts visant à accroître la sécurité et lutter contre l'extrémisme. Le sommet vous offre une chance tout aussi importante, celle de soutenir ces personnes qui font avancer la cause des droits humains à travers l'Afrique, souvent au prix de grands sacrifices personnels.

De nombreuses organisations africaines et internationales craignent que le sommet ne néglige les questions fondamentales de gouvernance et de droits humains, qui empêchent les Africains ordinaires de vivre avec dignité. Ignorer ces questions conduit souvent à la prolifération des groupes extrémistes, à l'instabilité sociale, à la corruption et au sous-développement systémique. Un élément essentiel de la lutte contre ces problèmes persistants et pour parvenir à un large développement humain, est d'assurer la participation significative et l'implication de toutes les parties prenantes, y compris le gouvernement et la société civile.

Afin que les dirigeants des États-Unis et d’Afrique soutiennent et étendent le développement inclusif et pour qu’ils promeuvent la paix et la sécurité, la société civile doit jouer un rôle significatif. Nous vous demandons respectueusement de donner à la société civile africaine l'opportunité de participer officiellement à ce Sommet et de profiter de cette occasion pour souligner ses importantes contributions en Afrique. Ce faisant, vous enverrez un message fort et sans équivoque au monde, affirmant que les États-Unis prennent en compte ces voix indépendantes comme des partenaires essentiels du développement.

Nous croyons fermement que les acteurs de la société civile et les défenseur-ses des droits humains sont des parties prenantes égales dans l'élaboration de l'avenir de l'Afrique, et donc, qu’ils doivent être traités en tant que tels lors du Sommet.

Nous vous remercions sincèrement pour votre considération réfléchie que vous portez à nos préoccupations et à notre demande afin que la société civile participe officiellement au Sommet des dirigeants américano-africains. Nous vous souhaitons bonne chance pour ce que nous espérons être la première de nombreuses autres rencontres productives entre les États-Unis et les chefs d'État africains.


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** Voir le site : http://www.we-are-africa.org/rec-fr.html

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Femmes & genre

Maroc : Le rude combat des mères célibataires

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/92636

Depuis 1985, l’association marocaine Solidarité féminine se bat pour offrir une meilleure vie aux mères célibataires qui sont exclues de la société. Les enfants nés hors mariages en effet ne sont pas tolérés et pointés du doigt, au Maroc. De nombreuses femmes se retrouvent démunies après des promesses de mariage non tenues par les pères de leur enfant. Même si le chemin est long pour qu’elles retrouvent leur place au sein de la société, l’association Solidarité féminine n’abdique pas de son côté, et compte bien les aider à retrouver leur dignité.

http://bit.ly/WWNQed


Sénégal : La parité mise à mal

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/wgender/92638

La violation de la loi 2010-11 du 28 mai 2011 sur la parité dans l'installation des élus locaux vient allonger la liste des manquements de cette norme discriminatoire en faveur des femmes dans les institutions totalement ou partiellement électives. Dans la mise en place des bureaux et commissions des conseils municipaux, la parité n’a ainsi pas primée. Des hommes sont maires et adjoints au maire. Des femmes pourtant investies n’arrivent pas à être membres du bureau ou présidentes de commission. Est-ce une nouveauté ? En tout cas, devant l’absence d’une assemblée paritaire à l’hémicycle, les parlementaires ont servi des explications : «Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale est régi par une loi organique tandis que la parité est prévue par une loi ordinaire».

http://bit.ly/1l3Udll





Droits humains

Cameroun : Peines de prison pour 14 membres de Boko Haram

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92640

Quatorze islamistes du groupe armé nigérian Boko Haram ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de 10 à 20 ans par la justice militaire camerounaise, a rapporté vendredi 25 juillet, la radio-télévision d’Etat camerounaise (Crtv). Au cours de «l’audience publique» qui s’est tenue jeudi 24 juillet, au tribunal militaire de Maroua (Extrême-Nord), région frontalière où la secte nigériane est active, 14 personnes interpellées en mars lors de la découverte d’une cache d’armes «ont confessé leur appartenance à la secte Boko Haram», a affirmé la radio-télévision. Selon elle, les accusés ont reconnu les faits pour lesquels ils étaient jugés : «détention et port illégal d’armes et de munitions de guerre, préparatifs dangereux et insurrection».

http://bit.ly/1nJMkXW


Burundi : Pas de liberté provisoire pour Pierre Claver Mbonimpa

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92614

La Cour d’appel de Bujumbura a confirmé, lundi 21 juillet, le maintien en prison de Pierre Claver Mbonimpa, détenu depuis deux mois pour avoir divulgué d’éventuels entraînements militaires de jeunes Burundais proches du pouvoir en Rdc, dans la localité de Kiriba. Président d’une Ong locale de protection des droits des détenus et humains, il a été accusé d’atteinte de sureté intérieure et extérieure de l’Etat.

http://oran.ge/1tOiX6j


Guinée : Dadis Camara entendu comme témoin dans le massacre de Conakry

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92625

L’ancien président de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara au pouvoir lors du massacre du stade de Conakry, en septembre 2009 a finalement été entendu comme témoin dans l’affaire actuellement en cours devant la justice guinéenne. Le procès-verbal de l’audition de Moussa Dadis Camara a été transmis aux juges pour décider de la suite de l’affaire. En 2009, une manifestation de l’opposition avait été réprimée dans le sang par l’armée guinéenne. Bilan du massacre : 160 morts et une centaine de viols. La justice a estimé que Moussa Dadis Camara, alors président du Conseil national pour la démocratie et le développement, est un témoin-clé des événements qui se sont produits avant, pendant et après le drame du 28 septembre 2009.

http://bit.ly/1lI68oM


Madagascar : Des domestiques malgaches devenues esclaves dans le Golfe

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92628

Comme des dizaines de milliers de Malgaches depuis une quinzaine d'années, Solange, 34 ans, avait quitté Madagascar pour travailler dans une famille. Elle est morte le 26 janvier, moins d'un an après son arrivée, d'un arrêt cardiaque sans cause apparente selon le rapport médical saoudien qui cite "la volonté de Dieu". Pourtant, elle avait lancé un appel de détresse un mois avant sa mort. Plus largement, le Bangladesh, l'Indonésie, le Sri Lanka, les Philippines ou le Népal fournissent des milliers d'ouvriers ou d'employés de maison aux pays du Golfe. Et les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent régulièrement de mauvais traitements et même des tortures.

http://bit.ly/1q1jQWT


Mali : Le capitaine Sanogo jugé avant la fin de l’année

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92630

Le procès du capitaine Amadou Haya Sanogo, présumé innocent dans l’assassinat des bérets rouges, aura lieu d’ici la fin de l’année 2014. Après étude du dossier, le parquet général pourrait alors décider d’ouvrir un procès. Parmi la quinzaine de militaires inculpés dans cette affaire figure le capitaine Amadou Haya Sanogo, accusé de «complicité d’enlèvement et d’assassinat» après la disparition d’une vingtaine de parachutistes fidèles à l’ex-président Amadou Toumani Touré, qui avaient tenté un contre coup d’Etat fin avril 2012. «Plusieurs militaires auraient été torturés, certains à l’électricité», avant d’être assassinés et «au moins deux militaires auraient été enterrés alors qu’ils respiraient toujours».

http://bit.ly/1ppOp6O


RD Congo : 1 214 violations des droits de l'homme pendant le premier semestre

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92608

Le Bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l'homme en République démocratique du Congo a enregistré 1 214 violations Des droits de l'homme sur toute l'étendue du territoire congolais, a déclaré mercredi 23 juillet, SON directeur. Selon lui, ces chiffres représentent une légère baisse par apport au nombre de victimes enregistrées pour la période de juillet à décembre 2013 qui représentait 1 264 violations. Les types de violations des droits de l'homme les plus documentés-globalement et mensuellement sont les atteintes au droit à l'intégrité physique, puis les atteintes au droit à la liberté et sécurité de la personne, suivies des atteintes au droit à la propriété et des atteintes au droit à la vie.

http://bit.ly/1nKQhLZ


Soudan : La chrétienne condamnée à mort est arrivée en Italie

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92655

Dernier rebondissement en date, qui en sera peut-être l’ultime. Le cauchemar de Meriam Ishag a pris fin jeudi 24 juillet lorsque la Soudanaise a atterri en Italie accompagnée de sa famille. Un véritable soulagement pour la jeune femme, et plus généralement pour la communauté chrétienne internationale. Si les jours de Meriam ne sont désormais plus comptés, son cas n’est pas isolé et les condamnations autour de l'apostasie sévissent toujours dans plusieurs pays musulmans. Accueillie par le Premier ministre Matteo Renzi et des membres de la classe politique, la famille semble enfin loin de la tourmente, et Meriam Ishag peut souffler.


Afrique : L’Etat tchadien partie civile au procès Habré

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/rights/92649

L’Etat du Tchad sera fixé le 13 août prochain à propos de sa requête de se constituer partie civile dans le procès Hissène Habré, a-t-on appris le mercredi 23 juillet de source judiciaire dans la capitale sénégalaise. La Chambre d’accusation des Chambres africaines extraordinaires (Cae) chargées de juger l’ancien président tchadien, a mis l’affaire en délibéré après une audience à huis-clos. Lors d’un premier jugement en mai dernier, le parquet général des Cae avait rejeté cette demande, estimant que de l’Etat du Tchad ne peut être considéré comme une victime des crimes qui relèvent de la compétence de ce tribunal spécial.

http://bit.ly/1uv078t





Réfugiés & migration forcée

Afrique : Quelque 100 000 migrants ont gagné l'Europe via la Méditerranée en 2014

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/92629

Afrique : Quelque 100 000 migrants ont gagné l'Europe via la Méditerranée en 2014
Près de 100 000 migrants ont rejoint les pays de l'Union européenne en traversant la mer Méditerranée depuis le début de l'année, soit 60 % de plus que pour l'ensemble de l'an 2013, indique-t-on jeudi 24 juillet auprès de l'Onu. Sur ce chiffre, quelque 800 personnes ont trouvé la mort alors qu'elles tentaient désespérément d'atteindre le continent européen. En six mois, le nombre d'immigrants ayant effectué la traversée a dépassé le bilan annuel de 2013 qui faisait état de 60 000 migrants. Plus de 75.000 personnes, dont plus de dix mille enfants pour les deux tiers seuls ou séparés de leurs familles, ont fait le voyage via la méditerranée au cours du premier semestre, atteignant les côtes italiennes, grecques, espagnoles ou maltaises. D'après l'agence de l'ONU, le flux des migrants vers l'Europe ne cesse de prendre de l'ampleur puisque 21.000 migrants ont rejoint l'Italie depuis seulement début juillet.
http://bit.ly/1ro9h0T


Global : Un nouveau projet de loi sur l'immigration en France

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/refugees/92635

Le gouvernement français aurait-il peur des réactions à son nouveau projet de loi sur l'immigration ? Annoncé en 2013 et plusieurs fois retardé, il devait être présenté le 23 juillet en Conseil des ministres, en pleine période estivale, pour une adoption avant la fin de l'année. Il est vrai que l'avant-projet fait apparaître des mesures qui facilitent l'emploi des étrangers dans un pays où le chômage ne cesse d'augmenter. Mais pour ses promoteurs, il s'agit avant tout d'attirer diplômés, investisseurs et entrepreneurs étrangers afin de doper l'attractivité de la France dans un contexte de concurrence entre pays développés. Le projet de loi s'inscrit donc dans la continuité de la politique d'immigration "choisie" chère à l'ancien président Nicolas Sarkozy.

http://bit.ly/WWNJPH





Elections & gouvernance

Burkina Faso : Le 4 août 1984, Thomas Sankara créait le Burkina Faso

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92633

C'était il y a trente ans. En vertu d'une ordonnance du 2 août 1984, le capitaine Thomas Sankara, désireux de faire table rase du "passé réactionnaire et néocolonial", rebaptise la Haute-Volta en République démocratique et populaire du Bourkina Fâso (orthographe originelle). Le premier mot signifie "homme intègre" en langue mooré et le second "terre natale" en dioula, soit "le pays des hommes intègres". Ses sept millions d'habitants ne sont plus des Voltaïques mais des Bourkinabè. Ce changement de nom de l'ancienne colonie française est célébré deux jours plus tard, le 4 août, jour du premier anniversaire de la révolution de Thomas Sankara…

http://bit.ly/1xhRF8E


Gambie : Yahya Jammeh, président, guérisseur ou dictateur ?

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92624

Les homosexuels ? Des vermines. Le sida ? Guérissable par ses soins. Les journalistes ? Des opposants à museler. Les frasques du président gambien provoquent souvent des levées de bouclier de la part des organisations internationales. À l’occasion du vingtième anniversaire de son coup d’État, retour sur le parcours de Yahya Jammeh.

http://bit.ly/1xhRv11


Guinée Equatoriale : Intégration à la CPLP

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92653

La Guinée Equatoriale vient d’être admise en tant que membre à part entière au sein de la Communauté des pays de langue portugaise (Cplp). Cette adhésion a eu lieu lors du 10e sommet de cette organisation, qui s’est déroulé du 17 au 23 juillet 2014 au Timor Oriental. Pour ce petit pays d’Afrique Centrale, la demande d’adhésion à la Cplp a été formulée par le gouvernement équato-guinéen en 2004, à l’occasion du 5e sommet de cette organisation. Elle n’a été examinée qu’à partir de 2007, date à laquelle le portugais est devenu une langue officielle de ce pays. La Guinée Equatoriale fut une colonie portugaise entre 1648 et 1778, avant d’être cédée au Royaume d’Espagne, et devient ainsi le 6e pays africain à intégrer la Cplp.

http://bit.ly/1rqgmhz


Sénégal : L'inspection générale d'Etat épingle le président Macky Sall

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92657

En faisant au président de la République, le vendredi 25 juillet, un résumé succinct du rapport public sur l'état de la gouvernance et de la reddition des comptes, le vérificateur général de l'Etat a épinglé Macky Sall. Au chef de l'Etat, il est reproché d'abuser de son pouvoir dans les décrets portant répartition des services de l'État et du contrôle des établissements publics, des sociétés nationales et des sociétés à participation publique entre la présidence de la République, la Primature et les ministères. Dans le même sillage, l’Inspection générale a aussi décelé pour le déplorer une médiocrité dans la rédaction administrative, des dysfonctionnements dans la nomination à certains postes de responsabilité où souvent le choix des personnes ne répond pas toujours au profil administratif.

http://bit.ly/1lJCDTF


Tchad : Le retour surprise de Jean-Bernard Padaré

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92634

Jean-Bernard Padaré, l’ancien garde des Sceaux tchadien tombé en disgrâce et poursuivi dans plusieurs affaires, s’était réfugié en France il y a quelques mois. Alors que des affaires judiciaires le concernant sont pendantes et qu’on le croyait parti pour un long exil, il a décidé de rentrer au pays jeudi 24 juillet, à la surprise générale. Affaire à suivre…

http://bit.ly/1otPrm7


Togo : Pour son règne sans fin, le Prince traque ses frères Kabyè

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/elections/92648

Togo : Pour son règne sans fin, le Prince traque ses frères Kabyè
Depuis 2005 où il a accédé au pouvoir au Togo, suite au décès brutal de son père Eyadèma, le Prince (Ndlr : Faure Eyadéma) s’est lancé dans un lugubre projet de musellement de tous les Kabyè qui ont une aura ou qui sont susceptibles de lui tenir tête et de lui dire la vérité en face. Plus le temps passe, plus l’on se rend compte que le jeune a un plan inavoué derrière la tête qui répond fondamentalement à un désir inextinguible de règne sans fin sur le Togo, exactement ou même pire que son papa défunt.
http://bit.ly/1q4dXbi





Développement

Afrique : Appel à «l’emploi des jeunes» pour éviter une «catastrophe»

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/development/92644

Les chefs d’Etat de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (Cirgl), réunis hier jeudi 24 juillet 2014 à Nairobi (Kenya) en Sommet extraordinaire sur la « lutte contre le chômage des jeunes par le développement des infrastructures et la promotion des investissements», ont lancé un vibrant appel en faveur de « l’emploi des jeunes». La population de la région des Grands Lacs est composée de 70 à 80% de jeunes dont l’âge est inférieur à 30 ans et qui, malheureusement, sont presque tous en chômage, rapporte le communiqué final à l’issue de ces assises.

http://bit.ly/1ppOO9A


Afrique : Egypte, Tunisie, Kenya, comment faire revenir les touristes ?

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/development/92620

Ce sont trois pays qui ont toujours été de grandes destinations touristiques mais souffrent depuis trois ans. Révolutions, attentats et instabilité politique ont eu raison de leur attractivité et ces difficultés pèsent sur leurs économies respectives. Certains ne s'en sortent toujours pas, d'autres retrouvent petit à petit leurs touristes. L'Egypte, la Tunisie, le Kenya, des pays qui, aujourd'hui, doivent rassurer pour relancer le secteur. Explications

http://rfi.my/1jXMgTx





Santé & VIH/SIDA

Afrique : Les chauve-souris africaines dans le viseur de la FAO

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92626

L'organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture s'inquiète du danger que représente la consommation de la chauve-souris frugivore, soulignant son rôle direct dans la propagation de l'épidémie d'Ebola en Afrique. Principal animal ciblé, avec certains primates et différentes espèces de céphalophes (antilopes africaines, ndlr), la chauve-souris frugivore est un mets très apprécié dans cette région du globe.

http://bit.ly/WWNvYV


Afrique du Sud : Dépister toute la population et généraliser les ARV

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92612

Le gouvernement sud-africain entend généraliser les tests du sida à toute la population et mettre rapidement tous les séropositifs sous traitement, a annoncé le 23 juillet le ministre de la Santé. Revenant de la conférence internationale sur le sida de Melbourne, M. Motsoaledi en a rappelé les objectifs : que 90 % des gens connaissent leur statut en 2030, que 90 % des séropositifs soient sous traitement et que 90 % des personnes sous traitement n’aient plus de charge virale.

http://bit.ly/UqvPDi


Cameroun : Le choléra a fait 50 morts dans la région de l’Extrême-Nord

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92641

Selon le Délégué régional de la Santé publique de l’Extrême-Nord du Cameroun, le département du Mayo Tsanaga est le plus touché par le choléra qui sévit dans cette zone, tous ses six districts de santé étant affectés. Les arrondissements les plus touchés sont Mogodé, avec 887 cas déclarés, la Vina, avec 221 cas et Bora, qui compte déjà 102 cas. En outre, 157 personnes souffrant du choléra ont été contaminées en touchant un malade décédé de choléra, bien que la majeure partie des malades sont contaminés à l’eau de boisson. Selon la même source, le fait que 75 pour cent de malades arrivent à l’hôpital dans un état de déshydratation très modéré ou sévère n’arrangent pas les choses.

http://bit.ly/1rInhGk


Côte d’Ivoire : L’ouest de la Côte d’Ivoire menacé par le virus Ebola

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92619

Le ministère ivoirien de la Santé et de la Lutte contre le sida a tiré la sonnette d’alarme le mercredi 23 juillet 2014, dans un communiqué sur le risque très élevé de propagation de la fièvre Ebola sur le territoire ivoirien. Cette sortie des autorités est consécutive à l’enregistrement d’un cas suspect de ce tueur impitoyable dans un village du Libéria qui fait frontière avec la Côte d’Ivoire.

http://bit.ly/1k1AYxC


Rd Congo : Vaccination de 38 000 enfants contre la rougeole

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/hivaids/92642

Dans le cadre de la campagne de vaccination menée dans différentes zones de l’est de la Rdc, l’équipe d’urgence Msf de la province du Sud-Kivu a achevé, la semaine dernière, une campagne de vaccination contre la rougeole dans le district de Minova. Près de 38 000 enfants âgés de 6 mois à 15 ans en ont bénéficié. L’équipe d’urgence s’est à présent déplacée vers la région voisine de Kalonge, également située dans la province du Sud-Kivu, pour continuer les vaccinations. Quelque 65 000 enfants devraient être immunisés dans les deux prochaines semaines.

http://bit.ly/1otPPky





Environnement

Afrique du sud : 77 ans de prison pour un braconnier de rhinocéros

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/environment/92613

Un braconnier sud-africain a été condamné à 77 ans de prison pour avoir abattu trois jeunes rhinocéros, alors que le massacre de ces animaux pour leur corne s'accélère d'année en année. «C'est l'une des plus lourdes peines jamais prononcées (en matière de braconnage) et nous espérons que cela enverra un message ferme aux braconniers», a commenté le porte-parole des Parcs nationaux sud-africains.

http://bit.ly/1AkCBeH


Cameroun : Les sacs plastiques indésirables

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/environment/92615

Au Cameroun, la traque contre l'utilisation des emballages plastiques non biodégradables est en cours. A la faveur d'une campagne lancée par le ministère de l'Environnement et de la Protection de la nature, les autorités annoncent avoir saisi 215 tonnes d'emballages plastiques. Cela fait quasiment deux mois que la commercialisation des emballages plastiques non biodégradables a été interdite dans le pays mais certaines grandes surfaces refusent d'appliquer la règlementation en vigueur. Selon les responsables de la protection de l'environnement, la circulation de ces sachets plastiques non autorises est le fait de sociétés illégales. Le ministère de l'Environnement camerounais déplore aussi la présence d'emballages en plastique non biodégradables frauduleusement importés des pays voisins.

http://bbc.in/1ppO1FA


Guinée : 4 millions d'euros pour assainir Conakry en six mois

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/environment/92656

Les autorités guinéennes viennent de valider un budget destiné à l'assainissement de la capitale du pays, Conakry, à hauteur de 36 milliards de francs guinéens (4 millions d'euros), sur une période de six mois. Ce budget a été adopté au terme d'un atelier initié par le Premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana, qui a regroupé des acteurs du secteur, dont des petites et moyennes entreprises de ramassage d'ordures. Désormais les candidatures aux postes de chefs de quartiers et maires de la cité devraient être soutenues par "la présentation d'un projet de sécurité et d'assainissement".

http://bit.ly/WIOtIl





Terres & droits fonciers

Afrique du Sud : Les étrangers ne pourront plus acheter de terre

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/land/92611

Le gouvernement sud-africain a annoncé son intention de «limiter» l'accès au sol des ressortissants étrangers «aux baux à long terme, avec un minimum de trente ans». Il ne devrait cependant pas exproprier ceux qui en possèdent déjà, a précisé le ministre du Développement rural et de la réforme agraire. Via cette mesure, le gouvernement souhaite accélérer sa politique de réforme agraire. Toutefois, cette loi ne devrait pas être présentée au Parlement avant la fin de l'année et, en cas d’adoption, elle n’entrerait pas en vigueur avant la fin de la législature, c’est-à-dire dans cinq ans. En 1991, la majorité noire du pays ne possédait que 13% des terres, selon une loi de 1913.

http://bit.ly/WIq1qC





Justice Alimentaire

Afrique : La FAO demande un soutien d'urgence contre l'insécurité alimentaire

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/food/92650

La Fao a appelé vendredi 25 juillet les bailleurs de fonds à renouveler l'engagement de lutte contre la faim et l'insécurité alimentaire au Sahel en protégeant et en renforçant la résilience des familles pauvres et extrêmement pauvres de la région. Les impacts de plusieurs conflits en cours et sécheresses récurrentes, ont exacerbé l'insécurité alimentaire dans la région. En février, la Fao a lancé un appel pour 116 millions de dollars en faveur de plus de 7,5 millions de personnes vulnérables au Sahel, dont seulement 16 millions de dollars, soit moins de 14%, ont été reçus à ce jour.

http://bit.ly/WIOr3d





Média & liberté d'expression

Bénin : Boni Yayi exige des réformes pour asseoir une presse libre

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92610

Le président béninois Boni Yayi a exhorté les nouveaux membres de la cinquième mandature de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac) instance de régulation des médias, à engager des réformes pour asseoir au Bénin une presse libre et suffisamment responsable et des médias respectueux de la déontologie et contribuant à la paix sociale et au développement du pays. "Au titre de ces réformes s'inscrit par exemple la dépénalisation qui préoccupe mes compatriotes de la presse", a-t-il indiqué à l'installation des nouveaux membres de la Haac dans leur fonction.

http://bit.ly/1rKfy98


Egypte : L’ambassade du Maroc au Caire traîne Amany El Khayat en justice

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92622

Malgré les excuses prononcées en direct sur la chaîne l’employant, ON TV, Amany El Khayat a été l’objet d’une plainte pour diffamation, déposée par des représentants légaux de l’Etat marocain en Egypte. Trois représentants de l’ambassade du Maroc au Caire, se sont rendus au bureau du procureur général de la république d’Egypte, pour y déposer une plainte et une demande de réparation, contre la présentatrice télé égyptienne, qui s’était adonnée en direct sur le plateau de la chaîne ON TV, à une tirade d’insultes contre le Maroc et son Roi.

http://bit.ly/1kgXvXv


Egypte : Une journaliste licenciée pour avoir créé un incident diplomatique avec le Maroc

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92621

La speakerine de la chaîne privée ON Tv, Amany El Khayat, a finalement été licenciée. Elle est à l’origine d’un incident diplomatique entre l’Egypte et le royaume du Maroc. En effet, au cours d’une émission qu’elle présentait, Amany El Khayat a déclaré que « le Maroc était une maison close, dont l’économie dépend prioritairement de la prostitution » et que « le peuple marocain serait la population la plus touchée par le virus du VIH». La présentatrice a même accusé «le Roi Mohammed VI d’avoir fait le lit des islamistes afin que son trône ne soit emporté par les révoltes du printemps arabe». L’extrait n’est guère passé inaperçu et a circulé sur Internet. Puis a suivi la colère des autorités du Maroc qui considèrent les propos d’Amany El Khayat comme des insultes.

http://bit.ly/1q1jGi9


Congo : L’Etat utilise plus de 250 journalistes pigistes et bénévoles sans salaire

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92623

Les journalistes pigistes et bénévoles des médias d’Etat congolais ont observé la semaine dernière un sit-in et une grève de la faim parce qu’ils trouvent ridicule la cinquantaine de postes créés part l’Etat, alors que plus de 250 journalistes attendent d’être intégrés dans la Fonction publique congolaise. Après leur formation à l'université Marien-Ngouabi et dans des écoles professionnelles pour beaucoup, ils ont été recrutés et affectés, sans salaire, dans des organes et les médias de l’Etat.

http://bit.ly/1qFEkt8


Madagascar : Le tribunal ordonne la libération de deux journalistes

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92627

Un tribunal d'Antananarivo a ordonné vendredi 25 juillet la libération des deux journalistes de « Madagascar Matin » détenus depuis lundi 21 juillet pour avoir publié un courrier de lecteur accusant des responsables gouvernementaux d'être impliqués dans un trafic de bois de rose. Les ministres avaient annoncé à la presse jeudi soir le retrait de leur plainte. L'un d'entre eux, Rivo Rakotovao, avait expliqué qu'ils avaient accédé à une demande du président Hery Rajaonarimampianina, après avoir reçu des excuses du journal. Le président Hery Rajaonarimampianina avait, ce même jour, appelé à l'apaisement, rappelant que la presse est libre à Madagascar, tout en demandant aux journalistes de "faire attention aux informations qui risquent de conduire au conflit, à la haine, qui risquent de causer des problèmes pour la réconciliation", alors que le pays sort d'une longue crise politique.

http://bit.ly/1nJhwVz


Swaziland : Un journaliste et un avocat condamnés à deux ans de prison

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92654

La condamnation d’un rédacteur en chef et d’un avocat spécialiste des droits humains à deux ans de prison pour outrage à magistrat à l’issue d’un procès manifestement inique traduit la volonté scandaleuse des autorités au Swaziland de faire taire les voix discordantes, a déclaré Amnesty International. Bhekithemba Makhubu, rédacteur en chef du mensuel d’information The Nation, et Thulani Maseko, avocat spécialiste des droits humains, ont été condamnés vendredi 25 juillet à deux ans de prison, sans avoir la possibilité de s’acquitter d’une amende en substitution. Les deux hommes ont été arrêtés en mars sur la base de mandats insuffisants, n’ont pas été autorisés à consulter un avocat et ont été placés en détention provisoire à l’issue d’une procédure sommaire qui s’est déroulée à huis clos.

http://bit.ly/WIOsEd


Zimbabwé : La diffamation criminelle supprimée de la loi fondamentale du Zimbabwe

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/media/92647

Dans un verdict historique pour le secteur des médias du Zimbabwe, le vice-président de la Cour suprême a rejeté comme indéfendable dans un État démocratique la section 31 du Code pénal qui rendait passible de sanctions pénales la publication de fausses déclarations sapant l'autorité des forces portant l'uniforme. La Cour a estimé que cette loi, qui prévoyait une peine de 20 ans d'emprisonnement pour le contrevenant, était une atteinte à la liberté d'expression telle qu'elle est inscrite dans la nouvelle Constitution adoptée l'année dernière par ce pays. La Cour a rendu ce verdict dans le cadre d'une affaire dans laquelle deux journalistes locaux travaillant pour un journal privé ont été accusés de diffamation criminelle suite à la publication par leur journal d'un article dénonçant nommément des agents des forces de sécurité qui auraient enlevé des militants de l'opposition et de la défense des droits de l'Homme en 2008.

http://on.china.cn/1tPQwVI





Conflits & urgences

Afrique : Une force commune pour lutter contre Boko Haram dans la région du lac Tchad

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92639

Le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun ont annoncé la création d'une force commune destinée à lutter contre Boko Haram, une secte islamiste est considérée comme une menace croissante pour la région. Chacun de ces quatre pays fournira 700 hommes afin de constituer cette force commune. Une force qui vient s'ajouter au partage du renseignement et aux mesures de coordination de la sécurité aux frontières déjà mis en place par ces pays.

http://bit.ly/UBW6yv


Bénin : Grande mobilisation derrière les magistrats

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92645

La troisième marche organisée le jeudi 24 juillet 2014 par les magistrats béninois pour exiger le retrait de la loi interdisant le droit de grève aux magistrats a connu plus de mobilisation que les deux premières. Un engouement systématique et spontané des populations que d’aucuns justifient par la détermination des populations à dire leur indignations au régime en place, suite aux propos déplacés tenus dimanche 20 juillet 2014 par le ministre de l’Agriculture au sujet d’un supposé troisième mandat pour le chef de l’Etat. D’ailleurs, les manifestants n’ont pas manqué d’expliquer que cette question du troisième mandat devra s’ajouter aux revendications des marcheurs.

http://bit.ly/1AkDdRM


Centrafrique : L'accord de fin des hostilités signé à Brazzaville

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92618

Mohamed-Moussa Dhaffane, représentant l’ex-rébellion des Seleka, et Patrice Ngaïssona, pour les anti-Balaka, ont signé, main dans la main, un accord de cessation immédiate des hostilités. En tout, neuf articles engagent les deux parties à ne plus commettre un certain nombre de crimes, comme les exécutions sommaires, par exemple, la torture ou encore l’incendie de villages. Les deux parties s’engagent aussi à cantonner leurs hommes dans un délai raisonnable et à ce que l’Etat ait désormais accès à l’ensemble de son territoire. En clair, plus de barrages ou d’administrations parallèles. Par contre, il n’y figure aucun engagement sur le désarmement. Ce texte se limite vraiment à une cessation des hostilités. Résultat : pour les critiques, c’est un accord a minima, sans aucun engagement de désarmer.

http://rfi.my/1qCeplZ


Centrafrique : Les Peuls, une communauté oubliée

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92616

Les Peuls Mbororos, de simples éleveurs ou gardiens de bétail, dont ils ne sont souvent même pas propriétaires, sont depuis plus de vingt ans la cible des différents régimes qui se sont succédé en Centrafrique. À chaque alternance, le nouveau pouvoir les accusant d’être à la solde du précédent, ils ont subi représailles, amendes, taxes illégales, vols de bétail… Leur situation est encore pire aujourd’hui dans ce pays où l’on chasse « les étrangers musulmans ». Les Peuls de l’ouest du pays ont fui en masse les massacres, les viols, les pillages… Quelque 60 000 se sont réfugiés au Cameroun, et 40 000 au Tchad, se mêlant aux milliers d’autres musulmans qui ont fui le pays. Quelques communautés sont restées piégées et vivent encerclées par les anti-Balaka.

http://bit.ly/1mQNxXu


Centrafrique : Marche des musulmans de Bangui pour la partition du pays

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92617

La communauté musulmane, retranchée à la Mosquée centrale, dans le 3è arrondissement de Bangui, a organisé une marche pacifique, mercredi 23 juillet, pour exprimer son accord au projet de partition de la Centrafrique suggéré par des Sélékas au forum de Brazzaville. Ils brandissaient des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire : ‘’Oui à la partition de la Rca» ou ‘’Oui à la partition condition sine qua non du retour de la paix entre les musulmans et les chrétiens». La partition du pays n’agrée pas toute la communauté musulmane de Centrafrique, car à Alindao, l’une des sous-préfectures de la Basse Kotto (534 km de Bangui), les populations ont marché pour «dire non à la division» de la Centrafrique.

http://oran.ge/1qFEiRS


Centrafrique : Un accord de cessez-le-feu, oui, et après ?

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92607

"Que peut apporter ce fameux accord de cessez-le-feu sur le terrain, dès lors que l'ex-Séléka continue de massacrer et que les Balaka le font aussi ? Sangaris et Misca, à quoi servez-vous sur la terre centrafricaine ?", interpelle le quotidien de Bangui, « l'Agora ». La dizaine de petits quotidiens de Bangui et les habitants de la capitale partagent ce scepticisme, après des mois de terribles violences, quant à la volonté des groupes armés de faire taire les armes et à la capacité des forces française Sangaris et africaine Misca de faire respecter ce cessez-le-feu.

http://bit.ly/1rKfu9m


Global : Les Etats-Unis ferment leur ambassade en Libye

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92609

Les Etats-Unis ont fermé leur ambassade en Libye et évacué le personnel vers la Tunisie pour raison de sécurité, a annoncé samedi le Département d'Etat américain. La porte-parole du département d'Etat américain a fait savoir que les diplomates américains continuent à travailler sur les dossiers libyens à Tunis, à Washington, ou dans d'autres endroits de l'Afrique du Nord. L'administration Obama est particulièrement préoccupée par la sécurité de sa mission diplomatique en Libye après la mort de l' ambassade Chris Stevens et de trois autres Américains dans une attaque contre le consulat américain à Benghazi, la deuxième plus grande ville de la Libye le 11 septembre 2012.

http://bit.ly/1o45qlU


Kenya : La ville de Mombasa confrontée à une insécurité croissante

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92637

Au Kenya, la sécurité ne cesse de se détériorer dans la ville côtière de Mombasa et la confusion règne sur l'identité des responsables. La police pointe tour à tour l’opposition et le mouvement shebab. Après deux fusillades et le meurtre d’une touriste allemande, jeudi 24 juillet, le deuxième en l’espace d’un mois, l’inquiétude dans la ville s’accroît. Si un commandant de police a évoqué les recrues shebab entraînées en Somalie et revenant au pays, le chef départemental a accusé l’opposition d’inciter à la violence afin de pouvoir blâmer le gouvernement, allégations que le mouvement démocratique orange a qualifié de honteuses. Les agendas politiques se superposent à l’existence bien réelle de cellules terroristes sur la côte, risquant de fragiliser la stabilité à la fois politique et ethnique dans le pays.

http://bit.ly/1o305ez


Libye : La CPI va poursuivre les auteurs des attaques contre les civils

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92646

Face au chaos qui règne en Libye, la Cour pénale internationale (CPI) est de plus en plus préoccupée. Elle a menacé, le samedi 26 juillet, de poursuivre en justice les responsables d’attaques contre les civils et biens publics en Libye, théâtre de violences meurtrières depuis près de deux semaines. Depuis le 13 juillet dernier, en effet, la capitale libyenne est le théâtre de combats entre groupes armés rivaux pour le contrôle de l’aéroport. Les heurts ont fait au moins 47 morts et 120 blessés. Des affrontements font rage aussi à Bengahzi, dans l’est du pays, entre des groupes islamistes radicaux et des forces de l’armée.

http://bit.ly/WYYSj4


Libye : Le gouvernement met en garde contre "l'effondrement de l'Etat"

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92632

Le gouvernement libyen a mis en garde vendredi 25 juillet contre "l'effondrement de l'Etat" au moment où les combats faisaient toujours rage entre milices rivales à Tripoli pour le 13e jour consécutif. L'aéroport international de Tripoli est en effet fermé depuis le 13 juillet, début des combats qui ont fait au moins 47 morts et 120 blessés. Ces affrontements, les plus violents à Tripoli depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, ont éclaté après une attaque menée par un groupe armé composé de combattants islamistes et d'ex-rebelles de la ville de Misrata (200 km à l'est de Tripoli) qui tente de chasser de l'aéroport les ex-rebelles de Zenten. Les Zentanis sont accusés par leurs rivaux de compter parmi leurs rangs des combattants et officiers de l'armée de l'ex-régime de Kadhafi, qui avaient participé à la répression de la révolte de 2011.

http://bit.ly/1tOjfdq


Maroc : Alerte orange pour Terrorisme dans les McDonald’s au Maroc

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92631

Une "alerte orange" aurait été décrétée au niveau de tous les restaurants américains au Maroc, principalement les "McDonald’s" en prévision d’une éventuelle attaque terroriste. Le ministre de l’Intérieur a affirmé devant le conseil du gouvernement que le Maroc était visé par une menace terroriste réelle. Le Maroc observe l’état d’alerte maximale pour faire face à cette situation. Les menaces terroristes prises très au sérieux par les autorités marocaines, seraient proférées par des djihadistes marocains, dont certains seraient parmi les dirigeants de l’Etat islamique en Irak et au Levant.

http://bit.ly/WIq71s


Nigéria : 11 000 Nigérians en fuite au Cameroun

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92643

L’horreur des exactions de ces dernières semaines commises par Boko Haram à Gambarou (Ngara), au Nigeria, est à l’origine d’une ruée massive vers le Cameroun. La localité de Fotokol dans le Logone et Chari a déjà enregistré, en l’espace de 48h, près de 11 000 déplacés. Au regard de l’ampleur du phénomène, ces statistiques devraient s’alourdir. Une situation qui intervient au moment où l’on n’est pas encore sorti de l’auberge, en ce qui concerne les difficultés liées à la prise en charge des refugiés nigérians installés à travers l’Extrême-Nord. Au moment où les populations nigérianes affluent en nombre sur le sol camerounais, ces mêmes forces nigérianes voudraient s’appuyer sur l’armée camerounaise pour traquer d’éventuelles infiltrations.

http://bit.ly/1l3UkNP


Soudan : Au Darfour, les violences gâchent la fête de l'Aïd

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92606

Exode, violence, mort. Au Darfour, dans l'ouest du Soudan, les habitants, qui vivent leur onzième année de guerre civile et voient la situation sécuritaire empirer, n'ont pas le coeur à fêter l'Aïd, qui marquera la fin du Ramadan. Cette année, les violences, au plus haut depuis dix ans, ont déjà fait 257.000 déplacés. Le nombre de personnes vivant dans des camps de déplacés a atteint 2,2 millions, les Nations unies mettant en garde contre les risques sanitaires dus à la surpopulation. Une fois dans les camps, les déplacés ne se sentent pas à l'abri.

http://bit.ly/1ntKitX


Tanzanie : Une banque accusée de financement au terrorisme

2014-07-27

http://pambazuka.org/fr/category/conflict/92652

La Banque fédérale du Moyen-Orient (Fbme), basée en Tanzanie, est depuis quelques jours, visée par une enquête, pour blanchiment d’argent et financement au terrorisme. Cette enquête fait suite à des accusations portées par le Département du Trésor des Etats Unis, contre cette banque qui aurait récemment abrité, dans des circonstances floues, des transactions financières d’un montant de 875 millions de dollars. Selon le gouverneur de la Banque centrale de la Tanzanie, la Fbme a été placée sous la surveillance de l’Unité de renseignements sur les finances (Fiu de l’anglais Financial Intelligence Unit). L’ouverture de cette enquête n’a pas manqué de susciter des inquiétudes auprès des clients de la Banque, concernant notamment la sécurité de leurs dépôts.

http://bit.ly/1khywDt





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