Pambazuka News 12: Obama e inequidades raciais no Brasil

Le Burkina a déposé au secrétariat de l’Union Africaine le 09 août 2006, ses instruments de ratifications du protocole. Nous recensons à ce jour, 20 ratifications et 42 signatures du protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) relatif aux droits de la femme.

Toutes nos félicitations aux autorités du Burkina et à nos collègues, qui ont œuvré inlassablement et parcouru un long chemin depuis le 19 mai 2005 où la loi autorisant ratification du protocole avait été adoptée par le parlement.

En effet, par décret 2006/126/PRES/ le Président de la République du Burkina Faso avait promulgué la loi n° 021/2005 du 19 mai de l’Assemblée Nationale autorisant le gouvernement burkinabé à ratifier le protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), relatif aux droits de la femme. Par un autre décret 2006/179/PRES/PM/MAEC/MPF/MFB du 24 avril 2006, le Président a ratifié le protocole.

L’instrument de ratification, qui vient d’être reçu par l’Union Africaine avait été envoyé à cet effet à son secrétariat. Nous réitérons, à tous les comités de suivi ainsi qu’aux organisations de femmes impliquées dans ce dossier notre exhortation et encouragement à continuer le travail de lobbying pour la ratification universelle du protocole et sa mise en oeuvre par tous les États africains.

Meilleures salutations !

Le Malawi célébrera vendredi la Journée de la Médecine traditionnelle africaine, dont le thème cette année est "Accroître la collaboration entre les guérisseurs traditionnels et les médecins conventionnels", a appris APA de source informée. Le secrétaire à la Santé Wesley Sangala a affirmé que le gouvernement avait intégré la médecine traditionnelle dans le système sanitaire du pays dans le cadre des soins de santé primaires.

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Le gouvernement sénégalais a décidé d’augmenter la caution à verser au trésor public par les candidats à l’élection présidentielle et législatives prévues en février 2007, a appris APA de source officielle. Selon un arrêté du ministère de l’Intérieur, la caution à l’élection présidentielle passe de 6 à 25 millions de francs Cfa, et celle des législatives, de 2 à 15 millions de francs Cfa.

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Au total 191 établissements d’enseignement privé laïc (primaires et secondaires) ont été déclarés fermés à compter de la rentrée scolaire 2006, indique un communiqué du ministère gabonais de l’éducation nationale. « En dépit des multiples rappels à l’ordre, lesdits établissements ne sont pas toujours en conformité avec les dispositions de la loi (...) fixant les conditions d’ouverture et de reconnaissance d’utilité publique des établissements d’enseignement privé », précise le communiqué.

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Aucune manifestation n’a été organisée cette année en guinée à l’occasion de la fête nationale de la femme guinéenne, célébrée le 27 août pour marquer l’anniversaire du soulèvement des femmes contre la police économique de Sékou Touré survenu 29 années auparavant, a constaté APA. Une mesure d’interdiction prise par le ministère des affaires sociales, de la promotion féminine et de l’enfance a empêché cette année la célébration de cet anniversaire

Des femmes africaines, ministres et parlementaires, participent à Accra à un atelier de cinq jours pour renforcer la participation de la femme dans la gouvernance en prônant davantage de responsabilités, a constaté APA mardi, dans la capitale ghanéenne. L’atelier vise à les encourager à concourir lors des élections afin de pouvoir prendre part au processus décisionnel.

Le Projet national de téléphonie rurale (NRTP) du Nigeria coûtera 500 millions de dollars américains, a estimé jeudi le ministre nigérian des télécommunications, Chief Cornelius Adebayo. Le gouvernement nigéria a l’ambition de ficeler un programme destiné à développer le secteur de l’économie des télécommunications en permettant aux zones les plus reculées d’avoir accès aux services et aux infrastructures de téléphonie.

Les communicateurs burkinabè ont mis en place vendredi le Réseau des communicateurs en langues nationales (RECOLAN), à Ouagadougou et destiné à faire connaître l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans les langues locales. Le réseau s’est donné pour objectif "de diffuser et de vulgariser les objectifs, les activités et des réalisations de l’UEMOA en langues nationales dans les médias ..."

Y aura-t-il une résolution 1633 bis de l'ONU, qui maintiendrait encore Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d'Ivoire au-delà du 31 octobre 2006 ? Question noeudale qui trotte désormais dans tous les esprits, après l'annonce faite par l'ONU le 23 août dernier d'un report probable de la présidentielle qui devait avoir lieu, "au plus tard le 31 octobre 2006". Pierre Schori, le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire, n'a pas laissé planer le doute quant à une telle éventualité.

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Le standard de la station météorologique de Vacoas a été assailli d'appels, hier soir, après 20 h 30. Coups de fil émanant surtout d'habitants de la rue Edgar-Adolphe, à Beau-Bassin. Ils disent avoir ressenti de faibles secousses telluriques quelques minutes plus tôt. C'est ce que raconte Swalley Khodaboccus, fonctionnaire domicilié dans cette rue.

Le Secrétaire général a qualifié aujourd'hui d'événement « historique » l'adoption vendredi, par un Comité de l'Assemblée générale, d'une convention internationale pour la protection et la promotion des droits des handicapés, après cinq ans de négociations. « Les personnes handicapées ont jusqu'ici manqué d'une protection adéquate de leurs droits », a rappelé Kofi Annan dans message transmis à New York.

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La technique est avantageuse pour la protection de l'environnement. La chaleur produite par l'incinération des déchets peut être récupérée, soit pour produire de l'électricité, soit pour faire fonctionner des appareils de chauffage ou des séchoirs. On parle alors de bioénergie. A la Sosucam par exemple, toute l'énergie utilisée est produite par la bagasse des cannes à sucre.

Félix Péné vient de publier une enquête sur la place de cet outil dans les quotidiens camerounais. La publication de Félix Péné s'intitule "Internet: Un danger ou une chance pour le Cameroun ?" D'emblée, on se croirait face à une étude académique ou un essai sur l'usage global de l'outil Internet. Que non! Le travail est orienté sur l'exploitation que les médias, plus précisément, les quotidiens paraissant au Camerou, font des Ntic (nouvelles technologies de l'information et de la communication).

Le camp des réfugiés de Nickla (Guiglo) fermera ses portes en décembre 2006. C'est ce qu'a annoncé le haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), AZAM SABER, le jeudi 17 août dernier. Lors de l'audience à lui accordée par le chef de gouvernement, son excellence Charles Konan Banny. M. Azam a demandé l'appui du Premier ministre, afin que cette question soit débattue en Conseil des ministres.

L'ONU a condamné aujourd'hui un programme mené par le gouvernement soudanais de destruction des logements d'un groupe de 12.000 personnes déplacées et offert son assistance en la matière. La Mission des Nations Unies au Soudan indique que les autorités soudanaises ont commencé hier la destruction des logements d'un groupe de Soudanais originaires de l'Ouest du pays, déplacés depuis les années 80, à Dar Eassalam, à 43 kilomètres de Khartoum.

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Selon un communiqué rendu public le 25 août par le porte-parole de la Maison-Blanche, le président Bush et son épouse accueilleront, en décembre à la Maison-Blanche, un colloque visant à mobiliser l'appui en faveur de l'initiative mise en oeuvre par le gouvernement des États-Unis afin de réduire le nombre de cas de paludisme dans le monde.

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L'élite féminine marocaine mène une active campagne pour obtenir un quota d'un tiers des sièges lors des élections de 2007 mais les partis politiques se montrent peu enthousiastes et pour nombre de femmes, surtout rurales, survivre au quotidien prime sur ce débat des villes. (...)Pour elles, peu importe qu'il y ait 10 ou 30 % de femmes élues au parlement. Dans un quart de siècle peut-être, on en parlera.

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Les Africains qui tentent de percer le monde québécois des affaires se mettent résolument au golf cet été. Leur but ? Fraterniser avec les gens qui comptent. Komlan Messie est tout sourire en ce beau matin d'été sur le terrain de pratique Golf-Cité, à un jet de balle du centre-ville de Montréal. ''Ne soyez pas timides et jouez, vous êtes là pour ça !'' s’exclame joyeusement le président du Réseau des entrepreneurs et professionnels africains (REPAF), pour détendre l'atmosphère.

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L’Ouganda a remis en vigueur l’interdiction des châtiments corporels dans les écoles et les collèges, pour freiner une série de blessures subies par les élèves ces derniers temps. En cas de transgression « les coupables seront tenus criminellement responsables de leurs actions », explique la circulaire du ministère de la Jeunesse.

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John Fru Ndi, le leader du Social Democratic Front (SDF), l’opposition historique au Cameroun, a été mis en examen, mardi, pour « complicité d’assassinat, blessures simples et blessures légères ». Il est accusé d’être impliqué dans la mort de Grégoire Diboulé, un militant dissident du SDF, survenue à la suite de violences au siège provincial du parti, le 26 mai dernier, à Yaoundé.

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Qu’elle devient rapidement obsolète cette information en temps de guerre. Qu’elle lasse vite, insupporte et finit par indifférer surtout en temps de conflits. 31è jour de combat au Liban, l’armée israélienne a tiré une énième roquette sur le Sud Liban, annonçait un présentateur. Quelques jours plus tard, l’Onu obtient le cessez le feu tant attendu, la trêve porte l’espoir...

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L’ex-Président du Burundi, Domitien Ndayizeye, aujourd’hui sénateur et l’un des ténors du plus important parti d’opposition dans le pays, a été arrêté lundi à Bujumbura. Il est accusé d’avoir fomenté une tentative de coup d’Etat. Huit personnes ont déjà été écrouées et interrogées dans cette affaire, dont l’ancien Vice-président Alphonse-Marie Kadege.

Les policiers des Renseignements généraux sont accusés d'avoir constitué un fichier de délinquants sur la base de leur origine ethnique dans une plainte avec constitution de partie civile déposée mardi à Paris par SOS-Racisme, annonce l'association. Cette procédure incrimine un rapport des Renseignements généraux daté du 6 janvier 2005 répertoriant l'origine ethnique "de 436 meneurs recensés dans 24 quartiers sensibles".

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Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a invité les candidats au deuxième tour de la présidentielle prévue le 29 octobre en République démocratique du Congo (RDC), à faire preuve d'un sens élevé des responsabilités et à mettre fin aux affrontements opposant leurs partisans depuis lundi à Kinshasa, la capitale.

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Plus de 3.000 Nigérians sur les 4.000.000 officiellement recensés au Cameroun, selon les statistiques du consulat général du Nigeria à Douala, ont quitté lundi la capitale économique du Cameroun à bord du bateau "Angel Gabrial" vers 21 heures locales (20 heures GMT), pour la ville portuaire de Calabar, au Nigeria, a constaté sur place la PANA. Il s'agit du deuxième contingent en deux jours et le troisième en un an.

Le leader de la Convergence socialiste, un mouvement affilié au Parti socialiste (ancien parti au pouvoir), Barthélémy Dias, jugé le jeudi dernier par le tribunal des flagrants délits de Dakar pour "diffusion de fausses nouvelles" et "outrage à magistrat", a été condamné mardi à six mois de prison ferme. M Dias, 30 ans, avait été placé sous mandat de dépôt le 17 août après 48 heures de garde-à-vue à la Division des investigations criminelles (DIC).

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Le volume des échanges entre le Nigeria et l'Afrique du Sud, deux des géants économiques du continent, ont fait un bond en passant de 36,7 milliards de nairas en 1999 à 130 milliards de nairas à 2005, a rapporté la presse locale ce mardi en citant le Haut commissariat du Nigéria en Afrique du Sud. (130 nairas = 1 dollar US). Cette information a été rendue publique en prévision de l'ouverture du forum des affaires entre les deux pays à Johannesburg.

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"Lorsque nous allons nous rencontrer encore à Maseru, disons dans dix ans, j'aurais aimé voir au moins trois ou quatre femmes chefs d'Etat parmi vous", a déclaré Letsie III, monarque du Lesotho, au cours d'un banquet qui a rassemblé les dirigeants de la SADC -- tous des hommes -- offert dans la capitale Maseru, où s'est déroulée la réunion de deux jours. Les dames déléguées présentes à la cérémonie ont répondu à ses remarques par un hululement assourdissant.

La promesse de nouveaux vaccins et des programmes de prévention plus efficaces manqueront d'arrêter l'expansion du VIH/SIDA à moins que la peur et le stigmate social puissent également être éliminés -- y compris parmi ceux qui vivent avec la maladie, estiment des experts. Au-delà de la misère personnelle que cela apporte, ce stigmate signifie également que beaucoup de gens refusent de subir un test ou d'attacher du prix aux résultats, ou même de suivre des médications qui prolongent la vie.

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Si une remarque faite par le ministre sud-africain des Affaires foncières doit être prise au pied de la lettre, le pays pourrait commencer par exproprier les propriétaires blancs de leurs fermes au début de l'année prochaine. "Nous avons donné six mois pour des négociations. Si cela échoue, nous allons commencer par exproprier les terres", a déclaré Lulu Xingwana aux journalistes le 11 août à Polokwane -- la capitale de la province septentrionale du Limpopo.

La police guinéenne et les autres forces de sécurité gouvernementales torturent, agressent, volent, voire assassinent régulièrement les civils qu’elles sont chargées de protéger, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Le rapport de 33 pages, intitulé « Le côté pervers des choses: Torture, conditions de détention inadaptées et usage excessif de la force de la part les forces de sécurité guinéennes, » décrit les pénibles tortures infligées par la police à des hommes et des garçons placés en garde à vue.

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Reporters sans frontières condamne la fermeture par l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT) de l’antenne à Ngozi (Nord) de la Radio publique africaine (RPA, indépendante), le 18 août. La radio aurait “largement dépassé” la durée d’exploitation de la fréquence prévue par la licence. Pour le directeur de la RPA, Alexis Sinduhije, cette décision est politique.

Depuis plus de deux ans, le Darfour est dans l'impasse. La redéfinition de la carte du Darfour à travers la destruction de nombreux villages et les massacres d'une partie de la population reste inchangée. Les populations concentrées dans les villes qui n'ont pas été détruites vivent en huis-clos, en situation de dépendance totale.

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Près de 4.000 enfants malades du sida sont traités par trithérapie antirétrovirale (ARV) dans les programmes MSF. Une petite frange de l'ensemble des malades pris en charge par MSF - 100.000 persones dont 60.000 bénéficient d'une trithérapie dans 65 programmes répartis dans 32 pays* - pour laquelle le traitement est plus difficile que celui des adultes par manque de formulations pédiatriques adaptées et de diagnostic pour les tout-petits.

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A Dakar, la monogamie ne fait plus recette. Et ce n’est pas un simple effet de mode. Même le chanteur Youssou N’Dour a récemment cédé à la tentation en prenant une seconde épouse. Il serait temps de savoir comment on devient polygame. Les sociologues devraient se pencher sur la question car, malgré tout le bénéfice du mieux-être qu’offre le mariage monogame, la polygamie fait de la résistance.

Courbé, de l’eau jusqu’aux genoux, Abrahim Conteh verse un nouveau tas de gravas dans son tamis qu’il secoue d’un mouvement circulaire tout en scrutant les pierres à la recherche de diamants. Koidu, une province diamantifère de l’est de la Sierra Leone, ressemble à un paysage lunaire, avec des monticules de terre qui s’étendent à perte de vue et au milieu desquelles des douzaines d’ouvriers travaillent sans relâche à creuser, tamiser et ratisser pour moins d’un dollar américain par jour.

Les Nations unies se sont engagées mercredi dernier à aider le gouvernement libérien à reprendre possession d’une deuxième plantation d’hévéas exploitée illégalement par d’ex-miliciens, afin d’instaurer un climat de sécurité dans la région et de relancer une économie anéantie par quatorze années de guerre civile. La semaine dernière, les autorités libériennes, soutenues par les Casques bleus des Nations unies, ont repris possession de la plantation d’hévéas de Guthrie.

La mission de paix des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) vient de publier un rapport accablant sur le système pénitentiaire ivoirien qui dénonce le surpeuplement des cellules, les mauvaises conditions d’hygiène des prisons et les graves problèmes de malnutrition, une des premières causes de mortalité parmi la population carcérale. Le rapport cite également les gardes à vue prolongées, l’absence de soins de santé et les infrastructures vieillissantes comme étant des problèmes communs aux trente-trois prisons ivoiriennes.

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« La borréliose est une maladie bactérienne », explique Georges Diatta, docteur en biologie animale à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Dakar, « elle est transmise par la piqûre de l’ornithodoros sonraï, une tique mole, qui loge dans les terriers de rongeurs ». La borréliose est une maladie mortelle qui touche de plus en plus les populations d’Afrique de l’Ouest.

Pambazuka News 11: Pobreza e direitos humanos em Angola.

Le Président de la Commission est attristé et choqué par le bombardement meurtrier et sans discernement du village de Cana, au Sud Liban, par les forces de défense israéliennes. Il condamne, dans les termes les plus fermes, cette attaque qui ne peut, sous aucune circonstance, être justifiée et qui va à l’encontre des règles fondamentales du droit international humanitaire.

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Salvador de Bahia (Brésil) était, du 12 au 14 juillet dernier, le point de convergence des éminences grises de l’intelligentsia africaine du continent et de la diaspora. Sous l’égide de l’Union Africaine et avec l’appui du gouvernement brésilien, la deuxième édition de la Conférence des Intellectuels Africains et de la Diaspora (CIAD II) a enregistré une participation de quelques 1000 femmes et hommes de lettres et de sciences, artistes, acteurs politiques et représentants de la société civile. Puisant ses fondements dans les assises de la CIAD I tenue à Dakar en Octobre 2004, la CIAD II a permis de consolider les acquis de la première édition en servant de cadre de synergie entre les intellectuels se réclamant d’une quelconque africanité qu’ils vivent au sein ou hors du continent. Un formidable succès mais beaucoup d’écueils se profilent à l’horizon.

La CIAD II s’est tenue dans un contexte assez précaire du fait que pas plus tard que la semaine d’avant, les médias se faisaient l’écho des malversations financières qui seraient survenues lors de la première CIAD en 2004. Le spectre du vieux démon planait encore dans la mémoire de tous ceux qui avaient foi en une nouvelle ère avec la création de l’Union Afrique (UA) et avec son corollaire de nouvelles initiatives tels le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et le Mécanisme Africain de Revue des Pairs (MARP).

C’est justement dans la dynamique du nouvel enthousiasme engendré par l’UA que la CIAD a été initiée. La rencontre d’Octobre 2004 à Dakar (Sénégal) fut une première car jamais avant les intellectuels africains et de la diaspora n’ont été conviés dans un cadre aussi officiel que celui de l’UA pour réfléchir ensemble sur le destin du continent et celui de ses enfants vivant en son sein et dans d’autre contrées. Ces derniers ont été pour la plupart extirpés du continent dans des conditions dramatiques (traite des esclaves, main-d’œuvre ouvrière et agricole pendant la colonisation) et portent encore les stigmates d’un passé douloureux et d’un présent semé d’embûches car jalonné de discrimination raciale, d’extrême pauvreté et de précarité psychologique.

En dehors de l’hôte, le Président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva¸ du Président la Commission de l’Union Africaine, Alpha Omar Konaré, la présence de sept chefs d’Etats et de Gouvernements (Abdoulaye Wade du Sénégal, John Kuffor du Ghana, Pedro Pires du Cap-Vert, Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale, Festus Mogae du Botswana, Ali Mohamed Shein, Vice-Président de la Tanzanie et Portia Simpson Miller, Premier Ministre de la Jamaïque) témoignent de l’intérêt que suscite une telle manifestation.

La tenue de la CIAD II à Salvador de Bahia (Nord-est du Brésil) est hautement symbolique pour deux raisons : le Brésil est considéré comme la deuxième patrie des Noirs après l’Afrique car il abrite la plus vaste population de Noirs en dehors du continent. La ville de Salvador, dans l’Etat de Bahia, au Brésil, était l’un des premiers ports d’entrée de millions d’esclaves extirpés d’Afrique et convoyés vers les Amériques pendant la traite négrière. C’est aussi le lieu où l’on a connu l’une des plus violentes révoltes d’esclaves survenues dans la diaspora. Donc, c’est à partir de perspectives historique, émotionnelle et épistémologique que les réflexions sur des relations plus étroites entre Africains vivant dans le continent et Africains de la diaspora ont été menées.

Quatre sessions plénières avec des tables rondes regroupant jusqu’à dix intervenants et vingt-quatre sessions parallèles ont permis à plus de 1000 universitaires, artistes, leaders politiques et représentants d’organisations de la société civile africaine de passer en revue diverses questions liées à la renaissance politique, culturelle et économique de l’Afrique et des Africains de la diaspora. La lancinante question étant comment arriver à une participation effective et efficiente de tous les Africains à cette ambition qui se situe au cœur des missions que s’est assignée l’Union Africaine.

Une large panoplie de sujets

Le thème général de la CIAD II était celui de la renaissance politique, culturelle et économique de l’Afrique, et la rencontre a permis de mener des réflexions collectives sur la situation politique, économique et sociale des peuples africains. Sans être un exposé d’une litanie de diagnostics macabres et pessimistes sur le sort de l’Africain, la CIAD II a permis un dialogue franc et ouvert entre des enfants d’Afrique désireux de se retrouver pour une meilleure symbiose de leurs actions pour la mère Afrique et sa progéniture.

De par la panoplie de thèmes à l’ordre du jour et de par la richesse des débats, l’organisation de la conférence a été un réel succès. La diversité des sujets était assez remarquable et elle reflète bien les questions-clés qui agitent l’Afrique et la Diaspora à l’orée du XXI ème siècle. Si le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies, Koffi Annan et bon nombre d’intellectuels africains de renom (dont en première ligne les lauréats des Prix Nobel : Wole Soyinka, John Coetzee et Desmond Tutu) sur la présence desquels les organisateurs comptaient beaucoup ont, malheureusement, été absents, il n’en demeure pas moins qu’une large part de la crème de l’intelligentsia africaine a convergé vers Salvador de Bahia.

La présence du musicien africain-américain, Stevie Wonder, a été très remarquée. Invité spécial de la CIAD, son aura et son intervention ont marqué les cœurs et les esprits d’un public qui l’a fortement ovationné. Son cri du cœur fut l’appel à la réunification des histoires de l’Afrique et de la diaspora. Pour ce virtuose de la chanson « notre histoire a été écrite par d’autres. Il y a des gens en Afrique qui ne savent pas l’histoire de l’esclavage ; de même, il y a des gens dans la diaspora qui ne savent pas que l’Afrique abritaient de grands royaumes dans le passé. Toute notre histoire est à réécrire ». En Africaniste convaincu, Stevie Wonder estime que la meilleure manière de re-connecter ces deux peuples séparés par les tragédies de l’histoire est de profiter des miracles de la technologie.

Il gratifiera le public de la lecture des lyriques de l’une de ses plus célèbres chansons ‘If your love cannot be moved’. La phrase “you can’t free the slaves to enslave them differently” fut particulièrement applaudie car en ligne de mire avec la préoccupation ambiante.

D’ailleurs, la dénonciation de la mondialisation uni-directionnelle et du système capitaliste mondial a été l’une des constantes de la CIAD. Dans toutes les discussions, la marche actuelle du monde a été dénoncée et la conférence fut un forum pour réclamer d’une manière générale une connexion plus importante entre pays du Sud.

Le Président brésilien lui-même, Lula, a violemment condamné les règles injustes de la politique mondiale dictées par les superpuissances qui imposent aux pays pauvres commerce inéquitable, lois du marché, et diktat de multinationales et d’organisations financières internationales, entre autres calamités. C’est pourquoi il appellera l'Afrique et sa diaspora à « ne pas s’attendre à de la charité de la part des Occidentaux mais à développer des politiques de coopération viables qui ne doivent pas partir du haut vers le bas mais émerger des masses elles-mêmes ». Il a insisté sur la nécessité pour les pays du Sud d’être plus solidaire, et de se faire un peu plus confiance.

Concernant les Afro-Brésiliens, les grandes questions a l’ordre du jour sont ceux de l’affirmative action et des réparations. Depuis son arrivée au pouvoir, un certain nombre de mesures en faveur d’une meilleur intégration des Brésiliens noirs ont été prises, mais les écarts sont encore trop grands . Nous sommes plusieurs á avoir été frappés par la quasi invisibilité des noirs dans le centre ville de certains quartiers de Salvador, ou même dans les aéroports tels que ceux de Sao Paolo et Salvador.

La table ronde sur Genre et Egalité a été l’une des grandes attractions et réussites de la deuxième CIAD. Neuf brillantes présentations ont été faites par des spécialistes des questions de genre du Brésil, de Costa Rica, de la Martinique, du Burkina Faso, du Tchad et du Sénégal. Du continent et de la diaspora, l’observation dominante est que la femme est la composante la plus vulnérable de la société.

A partir d’angles d’analyses différents, les communications montrèrent que les femmes étaient les principales victimes de la pauvreté, des conflits, des pratiques culturelles et religieuses discriminatoires et de l’inégalité globale entre pays développés et pays sous-développés. Une présentation émouvante par moments de Waïna Sant’Anna, chercheure et activiste brésilienne permit de mieux cerner la situation désastreuse de la plupart des noires brésiliennes. Une profonde vulnérabilité causée par un appauvrissement chronique, une situation sanitaire précaire et bien sûr un faible accès au système éducatif font d’elles des parias de la société.

En guise d’illustration, elle révèlera que l’espérance de vie des brésiliennes noires n’est que de 69 ans (contre 73 ans pour les hommes). Le pire dans tout cela c’est que la précarité vécue par les Afro-brésiliens affecte davantage les femmes parce qu’elles en portent davantage le lourd fardeau. La dislocation des unités familiales est un phénomène très commun et quelques-unes des plus douloureuses tragédies auxquelles ces femmes ont à faire face est le sort réservé à leurs enfants.

C’est avec une forte conviction et un militantisme à fleur de peau que Waïna Sant’Anna dénonce le “pernicieux” système qui, à travers « une politique sciemment orchestrée, tente de présenter les mères noires comme des gens incapables de prendre en charge leurs enfants et de leurs inculquer une bonne éducation car moralement et économiquement dépravées ». Elle disqualifie cet « hideux projet politique » qui vise à mettre enfants et mères noirs dos à dos et affecter dans ses pans les plus sensibles la population noire pour continuer à la dominer et la contrôler. Par-delà tout, Waïna Sant’Anna a cloué au pilori la « culture de dénégation » du système brésilien qui ne fait que « nier, nier et nier ».

Parlant de la situation de l’Afrique, la sociologue sénégalaise, Maréma Touré Thiam, a souligné qu’à côté des discriminations et de la pauvreté, qu’une large frange de femmes africaines sont au quotidien confrontées à de sérieux défis posés par l’existence de diverses situations qui leurs sont très défavorables. Au problème racial, il faut rajouter les injustices du système des castes, les antagonismes de classes et les pratiques culturelles traditionnelles.

Elle soulignera qu’en Afrique, malheureusement, les études féminines sont doublement colonisées car définies de l’extérieur et soumises à l’agenda des bailleurs de fonds. Elle plaide pour la liberté des Africaines de s’exprimer en fonction de leur propre sensibilité car l’Afrique et les Africaines doivent lire leur histoire, interpréter leur présent et modeler leur futur, non pas à partir des lunettes des autres, mais à partir de leurs propres concepts.
Maréma Touré Thiam a tenu à insister sur le fait que les femmes de l’Afrique et de la diaspora sont des héroïnes de la résistance silencieuse en ce sens qu’elles sont à l’avant-garde de la résistance culturelle. Cette dernière étant le socle de l’émancipation de toute société.

Une belle mobilisation des Afro-brésiliens

Au niveau local, une mobilisation impressionnante des Afro-brésiliens, furent-ils universitaires, artistes ou activistes, a marqué de son empreinte la CIAD II. Pendant les trois jours qu’ont duré les travaux de la Conférence, les salles n’ont point désempli. En dehors des participants étrangers, des dizaines de Brésiliens convergeaient tous les matins vers le Centre de Convention qui abritaient les travaux et ne quittaient que le soir à la fin des séances. L’aspect le plus formidable de cette participation était la forte mobilisation de jeunes étudiants, femmes et hommes qui participaient activement aux débats.

Il faut situer cet état de fait à un double niveau : d’abord, à n’en point douter un travail colossal de préparation et de sensibilisation a été abattu par la partie brésilienne ; ensuite, il est clair que la tenue de la conférence à Salvador revêt une importance capitale pour les Afro-brésiliens. Toute la Conférence, indifféremment du thème à l’ordre jour des discussions –que ce soit dans les plénières ou dans les sessions parallèles des groupes thématiques- a été marquée par un désir des Afro-brésiliens de conscientiser les participants sur la situation de désoeuvrement que vit cette communauté victime d’une profonde discrimination raciale. Tour à tour, la mauvaise situation sanitaire, la dépravation économique, le faible taux d’alphabétisation et d’insertion professionnelle et l’appauvrissement chroniques des Noirs ont été dénoncés par une communauté décidée à mettre à nu le racisme institutionnel du système brésilien.

Près de 80% des trois millions de personnes qui constituent la population de Salvador de Bahia est noire. Mais un survol rapide de la ville permet au premier venu d’attester du profond dénuement des Noirs qui sont peu visibles dans les hautes sphères des secteurs clés de l’économie et d’une forte concentration de cette population dans des maisons superposées sur les plaines et dans les bidonvilles. Au niveau national, les chiffres officiels attestent que le Brésil compte 44,7% de Noirs (ces derniers pensent qu’ils constituent en réalité 60% de population) mais si on prend un secteur comme l’Université, le corps professoral ne compte que 1% de Noirs !

Fait important, cette dénonciation et l’appel à la fin de la discrimination raciale émanaient aussi bien du public et des conférenciers afro-brésiliens que des officiels qui, du haut de leurs estrades (durant les plénières) où ils sont sensés véhiculés des messages teintés du filtre du ‘politiquement correct’ dénonçaient le système avec virulence. Ainsi, la médaille de l’Ordre de Rio Branco (l’une des plus hautes distinctions de l’État Brésilien) fut décernée au fervent militant des droits des Noirs, Abdias do Nascimento, qui l’a reçue des mains du président Luís Inácio Lula da Silva, mais cela n’avait rien de fortuit.

La ministre Matilde Ribeiro, Secrétaire Spécial des politiques de Promotion de l’Égalité Raciale, dira que le créateur du Teatro Experimental Negro (Théâtre Expérimental Nègrer), aujourd’hui âgé de 94 ans, était une légende vivante de la lutte contre la marginalisation des Noirs que mène les Afro-brésiliens, en tant qu’instigateur de la reconnaissance officielle par l’Etat brésilien de l’existence dans le pays d’une discrimination raciale. Elle soulignera ensuite que le racisme est plus présent que jamais au Brésil.

Une autre officielle brésilienne qui a fait forte sensation, c’est Nilcéia Freire, Ministre, Secrétaire Spéciale aux politiques pour les femmes, qui affirmera que la société brésilienne est marquée par une double subordination des femmes noires qui sont victimes à la fois d’hégémonies raciale et sexuelle, bien sûr venant des Blancs et de la gent masculine.

L’élément qui a le plus marqué la CIAD II est indéniablement l’irruption au milieu d’une séance plénière (à laquelle participaient Gilberto Gil, Ministre de la Culture du Brésil, Wangari Maathai, prix Nobel de Paix, Frene Ginwala, ancienne présidente du Parlement sud-africain entre autres), d’une centaine de manifestants afro-brésiliens scandant des slogans, érigeant des pancartes dénonçant la discrimination des Noirs et appelant à l’élaboration d’une politique de discrimination positive dans le système éducatif brésilien et même appelant à des réparations. Ce fut un moment historique ! La manifestation était menée sous l’égide du Movimento Negro Unificado (Mouvement Noir Unifié).

Une chose est sûre, les Afro-brésiliens ont réussi à rallier les Africains à leur cause parce que c’est debout et avec des applaudissements que ceux-ci ont salué l’incorporation de leur revendication portant sur la discrimination positive dans la Déclaration de CIAD II qui n’en faisait point référence dans sa mouture initiale.

Perspectives d’avenir

A l’heure du bilan, il faut citer parmi les aspects positifs de la CIAD II la formidable occasion de networking (réseautage) pour les intellectuels africains et de la diaspora, la tenue de manifestations culturelles dans différents endroits dans la ville de Salvador d’où une participation effective des populations brésiliennes aux activités de la CIAD et la prise de conscience au niveau des intellectuels africains-- qui ont découvert le Brésil et sa forte population d’Afro-brésiliens—de la complexité de la problématique de la diaspora africaine et de ses relations avec le continent.

S’agissant des aspects les moins reluisants, il y’a le peu de dialogue véritable entre les chefs d’Etat et les autres intellectuels présents à Salvador. Les Présidents africains sont venus, ont livré leurs discours et sont repartis. Tout laissait croire qu’en réalité ils n’ont pas d’intérêt véritable à écouter ce que les intellectuels africains ont à dire. La preuve, le programme était élaboré de telle sorte qu’ils étaient les premiers panélistes et ils n’ont pratiquement eu l’occasion d’écouter aucune des communications faites par l’intelligentsia africaine.

En outre, les dirigeants africains présents à la conférence, à l’exception de deux d’entre eux, ont manifesté peu de compassion à l’endroit des Africains de la Diaspora, y compris ceux du Brésil, en rapport avec la situation qu’ils vivent. Du moins, l’on n’a pas relevé une expression de sentiments de solidarité vis-à-vis de ceux-ci dans la plupart des discours prononcés par les chefs d’Etat et de gouvernement.

En somme, tout se passait comme si l’Afrique attendait beaucoup des pays et ressortissants africains de la diaspora alors qu’il faudrait plutôt envisager nos rapports avec la diaspora avec beaucoup plus de réciprocité.

Sur un autre plan, la conférence semblait manquer une vision d’ensemble, ou plus exactement un concept unificateur, même si un thème central (la renaissance africaine) a été défini. Les difficultés rencontrées pour rédiger une déclaration commune à la clôture de la CIAD II dénote de l’existence de certaines dissensions quant à l’orientation que les uns et les autres veulent donner à cette initiative. Tout laisse croire que l’emprise du politique est trop prégnante sur la rencontre qui se veut un forum des intellectuels africains et de la diaspora.

Certes, le ‘politiquement correct’ a fini par dicter sa loi grâce à l’immense tact dont a fait montre une Frene Ginwala, dont l’expérience de négociations au parlement Sud-africain et à la Commission mondiale sur la Sécurité humaine a dû peser sur la balance. Il n’en demeure pas moins que la longueur des délibérations entre ceux qui étaient préposés à la finalisation de la Déclaration et par la suite la pression sur les panélistes, au vu et au su de tout le monde, de groupes et de pays visiblement insatisfaits de son contenu ont marqué les esprits des participants. Il faut dire qu’en fin de compte, la Déclaration ne sera point lue car il était clair que les différentes parties ne s’étaient pas accordées sur son contenu final.

Un autre fait à relever est la faible représentation de l’élite politique de pays qui pèsent pour beaucoup sur la scène politique continentale, tels le Nigeria et l’Afrique du Sud, et l’absence de la quasi-totalité des pays de l’Afrique du Nord à l’exception de l’Algérie, dont le Président a fait parvenir son allocution. Une autre absence qui ne manque pas de susciter des interrogations est évidemment celle de la Libye, dont le guide s’est auto érigé chantre de l’Union Africaine et des Etats-Unis d’Afrique !!!

Au total, la CIAD II a été un grand événement qui restera comme une étape marquante dans le tissage des liens entre intellectuels et masses africains vivant dans le continent et ceux de la diaspora. Il reste cependant beaucoup á faire pour que le dialogue et la solidarité entre les frères et sœurs africains du continent et de la diaspora puissent vraiment se traduire par une amélioration des conditions de vie de tous les africains, et un re-haussement de leur dignité, partout oú ils puissent être dans le monde. Reste à savoir si ce forum, la CIAD, saura trouver une forme d’institutionnalisation qui lui permettra de jouer pleinement et durablement un rôle positif dans le rapprochement des communautés africaines de la diasporas et du continent.

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Les revendications de 777 trillions de dollars américains de réparations pour l’esclavage telles que formulées par une commission de vérité de 1999 sur les Réparations du Monde Africain à Accra sont-elles réalistes ? Par où peut-on commencer à imaginer les revendications pour réparations dans un contexte historique et social plus large lorsqu’il s’agit de siècles d’exploitation ?
M.P. Giyose de Jubilee South Africa présente le dossier qui fait comprendre les réparations en tant qu’une transformation des modes de fonctionnement du monde, servant en définitive au rétablissement et au maintien de la civilisation humaine.

Lorsqu’une armée romaine victorieuse rentrait de ses conquêtes, tant avant qu’après l’époque républicaine, elle entrait dans la cité de Rome dans une marche de triomphe. Bien entendu, le triomphe était accompagné de toutes sortes de dépouilles qui retournaient en tant que butin de guerre. Certains des meilleurs trésors saisis de force chez les peuples vaincus rentraient dans la trésorerie romaine en tant que partie des gains matériels de la guerre. Les armées impériales de conquête de l’Angleterre, de la France et de l’Allemagne aux 18ème et 19ème siècles ont suivi la vieille tradition romaine. Ce genre de « recettes » doit être distingué clairement de ce que nous appelons réparations dans la présente discussion.

Au 19ème siècle, les faiseurs de guerre européens avaient déjà depuis longtemps développé la coutume de taxe de réparations. Une nation défaite en guerre était une nation à punir doublement. Au stade de la signature d’un Traité de Paix ayant pour objectif de mettre fin à la guerre, la nation vaincue recevait une énorme facture ou taxe qu’elle devait payer à la partie victorieuse, non pas en tant qu’une façon de rendre hommage mais plutôt en tant que compensation des « pertes » ou « des dépenses de la guerre » encourues par la nation victorieuse au cours de la conduite de la guerre en question. Avec cette taxe, les vainqueurs étaient supposés réparer n’importe quels dégâts ils avaient subis pendant la guerre. Bien entendu, ceci était une mesure purement punitive, oppressive à tous les égards. Comme résultat, les nations défaites ont toujours compris ceci comme une forme de vengeance.

Nous devons rejeter en bloc toute connexion entre ce que nous évoquons dans la présente discussion avec ce genre de tradition. Le parallélisme le plus proche que nous pouvons adjoindre à la notion de réparations est celui des dommages tel qu’il est défini dans les différentes branches de la loi. Exprimé succinctement sous un aspect juridique pratique, le but des dommages est de rétablir la partie offensée dans la position où elle se trouverait si elle n’avait pas encouru de pertes. Et au moment où ceci est possible juridiquement dans la pratique, et où les mesures peuvent se rapprocher de l’exactitude scientifique, le processus semblable est beaucoup plus complexe dans le domaine de l’économie politique.

Les dégâts perpétrés à travers l’histoire sont hautement rapaces au niveau de leur commission. Ils s’accompagnent de grandes pertes de vies de même que des dégâts matériels incalculables. Ils portent également une tradition historique qui fait reculer une nation de plusieurs années en arrière. Si nous comprenons les réparations comme étant un grand genre, nous devons aussi accepter qu’elles ont un certain nombre d’espèces. Il est difficile, au niveau du résultat, de définir les réparations tant en termes de ses caractéristiques générales que ses spécificités. Et le problème est créé tant par le contenu historique que le contenu social dans l’ensemble du processus.

Nous devons ainsi nous contenter d’une indication purement descriptive des réparations et procéder à notre analyse tant en termes généraux qu’en termes spécifiques. En définitive, l’objectif ici sera de tracer un avenir économique pour les pays du Sud, en termes d’un modèle économique mondial qui est conçu pour devancer la redoutable histoire des conquêtes, du pillage économique et du pillage financier.

Réparations Mondiales

Sont-Elles Possibles ? Commençons par présenter la totalité du processus historique et social à partir duquel les réparations sont en train d’être déterminées actuellement. D’un point de vue purement européen, le capitalisme commence d’abord à relaxer ses muscles durant les croisades, préservant de la sorte un passage d’échanges de biens à travers l’Asie Mineure vers le sous-continent indien et la Chine. Ceci fut renforcé plus tard lors du passage autour du continent africain.

Simultanément, d’autres tentacules se répandent loin et largement jusque dans l’Atlantique et les Caraïbes, et, plus tard, sur les Iles du Pacifique. Les anciens Etats-Cités italiennes de Venise, Florence, Genoa, etc., furent ainsi capables de faire une transition rapide à travers la féodalité vers une base capitaliste. Le commerce des esclaves est l’un des facteurs de renforcement qui ont intégré une économie africaine, qui était en même temps en train d’être retardée conjointement avec les Iles caraïbes et les Amériques. La route était dès lors ouverte pour un transfert de richesses et de pouvoir des banquiers de la péninsule méditerranéenne et ibérienne vers une assurance de pouvoir économique par les classes marchandes en Angleterre, en Hollande et en France.

Deuxièmement, à ce moment-là, la question de conquête étrangère avec le brigandage écologique concomitant était une question tranchée. Troisièmement, dès assez auparavant, les acquisitions étrangères du 20ème siècle ont pris une coloration financière et industrielle. Et ce fut une perfection de ce processus qui porta les choses à un stade plus avancé vers la fin du 20ème siècle. L’âge de la mondialisation fut un âge de subjugation, strictement et purement à travers le pouvoir et l’argent.

Chacune de ces quatre étapes du développement capitalistes a assassiné non pas juste les libertés des autres nations ; il devint crucial dans l’expropriation de leur richesse. A chaque étape, les liens d’asservissement ont revêtu une variété de moyens, à savoir : l’écologie, le travail, le commerce, la dette, l’investissement. A travers cette histoire, le véritable endettement des sociétés du Nord s’est tenu en proportion directe avec les changements dans ces moyens. La question que nous devons poser à ce stade est –comment le Nord peut-il assumer le règlement d’une dette si monumentale envers les sociétés du Sud ? Un tel règlement est-il pratique ?

La question doit être posée en tout cas sans tenir compte des mensonges et des promesses délibérées données en contrepartie par de telles classes dirigeantes que celles aux USA, lorsqu’elles ont prétendu des programmes de restauration de promotion aux esclaves qu’ils ont pris suite à l’économie de plantation du Sud. Est-ce que le Nord peut vraiment élaborer un programme de réparations pour le Sud dans l’économie en émergence à notre époque ?

Illustrons ces questions en donnant deux exemples de revendications formulées par des groupes représentatifs des gens ressortissant du Sud Economique du monde. En 1999, une commission de vérité devant délibérer sous l’égide d’African World Reparations à Accra a fait une demande de compensation de la part des nations du Nord pour le commerce des esclaves, compensation correspondant au montant de US $ 777 trillions devant être payée en 5 ans.

Les questions immédiates qui se posent sont les suivantes : Qui est exactement visé par cette facture ? Quelles sont les spécificités directes du délit ? Envers qui les débiteurs sont-ils responsables ? Le processus de ces types de réparations a-t-il pu établir le nombre réel d’esclaves qui furent extraits hors de l’Afrique ; le nombre réel de ceux qui sont morts pendant le parcours; le nombre réel de ceux qui ont atterri en Amérique ; les sociétés réelles d’où les esclaves ont été tirés de l’Afrique ? Ces nombres consistent-ils en cent millions, ou dix millions, ou un autre nombre entre les deux ? A-t-on procédé à déterminer les pertes exactes en heures de travail des nations ou des groupes particuliers de nations en Afrique ? Ou, le quantum de cette revendication est-il un tir dans l’obscurité ?

Ces problèmes sont indiqués de manière assez articulée dans le deuxième exemple à citer. Dans un document remarquable soumis devant les nations qui avaient « découvert » une découverte qui avait été faite 40.000 ans auparavant, The Native American Chief Guaicaipuro Cuautemoc fait une déposition qui est pleine de mépris, de sarcasme, d’esprit et d’intelligence. Au plus chaud de l’exposé, il déclare : « Sur cette base, et en appliquant la formule européenne de l’intérêt composé, nous informons nos « découvreurs » qu’ils ne nous doivent, en tant que premier paiement de la dette, qu’une masse de 185.000 kilos d’or et 16 millions de kilos d’argent, les deux à la puissance de 300. Ceci est égal à un nombre qui demanderait 300 chiffres pour le transcrire sur papier et dont le poids dépasse totalement celui de la planète Terre.

Quelles piles immenses d’or et d’argent! Combien pèseraient-ils si on les calculait en sang ? Ceci est une performance magistrale. Ça se réfère à une petite revendication couvrant une courte période de temps de pillage historique dans une localité particulière en Amérique, c’est-à-dire de 1503 à 1660. Considérées à une échelle mondiale, les revendications des pays du Sud sont littéralement tant astronomiques et immesurables. Sur cette base, il n’est peut-être pas trop difficile de conclure que les sociétés actuelles du Nord ne possèdent pas une capacité, en dépit de leur richesse incroyable, de repayer la dette qu’ils doivent au Sud.

Dans une interprétation punitive des réparations égale à celle des puissances européennes au 19ème siècle, les capacités combinées de toutes les sociétés du Nord ne seraient pas capables de satisfaire un remboursement livre par livre de tout ce qu’ils doivent au Sud. Ceci n’est pas uniquement une mesure des proportions gargantuesques de la dette du Nord ; c’est un indicateur du degré imaginable en consommation extravagantes qui est devenu la part des sociétés du Nord au cours des six cents dernières années. De manière claire, une méthode rationnelle doit être conçue et adoptée afin que les échelles de l’histoire soient repesées d’une façon qui permettrait la survie durable de la civilisation humaine en termes d’obligations admises par tous les côtés dans la société actuelle.

Propositions Pratiques Immédiates

En définitive, la question des réparations est, par conséquent, loin d’être discutable. Ce qui commence à nous préoccuper pour le moment en tant que mesure pratique immédiate, c’est le véhicule dont nous semblons dépendre pour négocier la question des réparations. Etant donné le fait que cette affaire doit être examinée sous l’angle de l’économie du monde entier, il devient clair que cette question ne peut être traitée qu’en termes de solution systémique.

A notre époque, la question de l’une ou l’autre forme de réparations s’est dressée devant les responsables des politiques. Actuellement, l’intellectuel le plus verbeux parmi les tendances nationalistes sur le continent africain est le Président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud. Parlant lors du Forum Economique Mondial à Davos en 2001, Mbeki a dédaigné l’idée – même de projeter la question de développement économique en Afrique sur base d’une quelconque notion de ce genre. Maintenant, la chose clé est qu’il y a un Thabo Mbeki dans chaque battement de cœur de chaque autre leader dans les pays du Sud – sauf une ou deux exceptions.

Comment cette série de personnes peut-elle alors devenir nos agents pour un programme de réparations, quel que soit son caractère ? C’est pourquoi nous devons reculer en vue de l’élaboration de stratégie et de l’exécution des tâches sur cette question sur les mouvements politiques dynamiques opérant tant dans le Sud qu’ailleurs dans le monde.

Certaines fois, le travail de réparations survient en termes de mesures isolées en faveur de la justice restauratrice. Certains de ces derniers pourraient être des luttes pour la survie menées par les peuples des milieux ruraux pour la redistribution des terres. A d’autres moments les conflits pourraient être joints, conflits basés sur certains aspects de la question de la dette. Les exemples importants de ceci sont ceux des luttes au sujet de la dette odieuse.

Celles-ci sont particulièrement pertinentes dans les pays du Sud où les régimes qui créent les dettes pourraient avoir été constituées par des dictatures, ou tout au moins, il pourrait exister une tradition continuelle provenant du viol colonial qui pourrait contraindre les gouvernements démocratiques successeurs à s’enfoncer dans une dette avec des intentions correctives. Et à d’autres moments encore, la justice restauratrice pourrait réussir dans la sphère de l’extension des droits humains dans la loi. Politiquement, il faut appuyer tous ces efforts spécialement s’ils se produisent sur la base d’une position fondamentale dans le cadre des programmes.

En termes de promotion d’un programme systématique de réparations, les idées qui s’offrent cette fois-ci sont basées sur la prémisse des forces intégrantes dans la situation actuelle du monde. Cette situation consiste en trois parties. On nous présente un système politique mondial unique. Celui-ci relève d’un système économique unique qui existe sur la base d’un système écologique unique qu’il devrait, à son tour, alimenter. Les trois parties forment un système politique mondial unique.

Il n’est plus possible pour nous, par conséquent, d’offrir de solutions aux problèmes des nations du Sud, si celles-ci font l’objet de ségrégation et que les solutions ne peuvent être exprimées qu’à travers la division. Un atout cardinal d’un monde intégré consiste à comprendre que séparation et séparée signifie avec « leurs propres » institutions, et ne peut conduire qu’à l’inégalité.

Etant donné ces circonstances, les mesures en faveur des réparations peuvent uniquement être basées sur la construction et le maintien d’une économie d’un seul monde – pas celle de plusieurs morceaux de ce dernier. Des caractéristiques égalitaires au sein de la construction de la nation s’exprimeront réellement au mieux quand elles seront fonctionnelles en conformité avec les autres expressions du même principe sur une échelle mondiale. Nous en arrivons donc à la conclusion que la réorganisation du monde doit se produire sur base de nouvelles fondations sociales ; elles sont devenues la force vitale-même de l’économie, de l’écologie et de la politique.

Conclusion

Les réparations peuvent par conséquent être comprises comme un moyen par lequel la vie sociale dans les nations actuelles telles que nous les connaissons aujourd’hui peut être réformée. De cette manière, elles peuvent être vues comme un agent de la création d’ « une meilleure vie » pour les sections appauvries de l’humanité. Le besoin de réparations de ce genre est le plus urgemment ressenti dans les pays du Sud. Cependant, dans une plus longue perspective de l’histoire humaine, les réparations ne peuvent pas être vues comme purement et simplement des mesures d’amélioration même si elles sont vues en termes de justice restauratrice.

Il y a un système incorporé à l’intérieur de « profits en diminution » dans cette méthode de soutenir les réparations. Dans la perspective plus longue de développement historique, les réparations devraient être vues comme une agence de restauration et de continuité de la civilisation humaine. Et de cette manière, elles ne peuvent pas être purement une question nationale. Elles sont un phénomène international englobant les fortunes combinées de toute l’espèce humaine et de toute la faune et la flore qui poursuit la marche avec nous dans notre domaine naturel.

* M.P Giyose est Président de Jubilee South Africa.

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* Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 240.
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Vers la fin de l’an 2005, l’International Labor Rights Fund a déposé à la Cour Fédérale des Etats-Unis en Californie une requête ayant trait à l’Acte portant sur les Allégations de Torture des Etrangers contre Bridgestone, faisant état de « travail forcé, l’équivalent moderne de l’esclavage » sur une Plantation de Firestone à Hargel, Libéria. Le procès indique : « Les travailleurs de la Plantation allèguent, entre autres choses, qu’ils restent coincés par la pauvreté et la coercition dans une Plantation gelée dans le temps exploitée par Firestone d’une façon identique à celle dont elle était initialement gérée quand elle fut ouverte pour la première fois par Firestone en 1926». Robtel Pailey examine le visage moderne de l’esclavage sur le « sol des hommes libres».

Au début des années 1820, le Libéria s’est transformé en terre d’exil pour les esclaves américains rapatriés. En fait, le pays était un refuge proverbial des gens qui fuyaient les conditions dégradantes, déplorables du régime d’esclavage aux Etats-Unis. Ainsi, dès que le terme « plantation » était mentionné, les Libériens tremblaient visiblement de l’héritage historique que beaucoup de ses descendants ont enduré.

Assez ironiquement, un développement récent suggère que le Libéria lui-même a servi de terrain propice pour le visage moderne de l’esclavage déguisé sous forme de ce que certains pourraient appeler servitude invétérée pour l’entreprise américaine, Firestone. Déclaré la première république de l’Afrique en 1847, le Libéria a été entraîné dans une relation asymétrique avec le géant du caoutchouc depuis que l’entreprise a atterri pour la première fois sur les côtes du pays en 1926. Quatre-vingts ans plus tard, des groupes de défense des droits humains ont dénoncé les pratiques abusives alléguées contre Firestone et ont intenté une action judiciaire contre la compagnie américaine pour violations des lois sur le travail des mineurs, pratiques de travail cruelles et inhabituelles, et dégradation de l’environnement. Ces pratiques, indiquent-ils, ne diffèrent en rien de ce qu’elles étaient à l’époque de l’ouverture de la plantation. Depuis 1926, Firestone se serait appuyé sur le travail forcé, l’asservissement involontaire, l’insouciance, la négligence dans le recrutement et la supervision, des pratiques d’enrichissement injuste et d’affaires non-équitables.

Introduite au nom des travailleurs à la plantation et de leurs enfants en se servant de pseudonymes, la requête nomme la compagnie nippone parente Bidgestone, Bridgestone Americas Holding, Bridgestone Firestone North American Tire et d’autres branches en tant que prévenus.

L’International Labour Rights Fund (ILRF) a intenté le procès au nom de 12 travailleurs libériens et leurs 23 enfants qui ont gardé l’anonymat pour se protéger contre les actes de vengeance. Les plaignants sont en train de déposer leur dossier aux USA parce que le système judiciaire libérien a été érodé dans le désordre de la décadence civile. « Les travailleurs de la plantation sont privés de leurs droits, ils sont isolés, ils sont à la merci de Firestone pour toute chose de la nourriture aux soins de santé et à l’éducation, ils risquent l’expulsion et la mort certaine de la faim s’ils soulèvent même les moindres plaintes, et la compagnie se sert délibérément de cette situation pour exploiter ces travailleurs comme ils l’ont fait depuis 1926, » allègue le procès. L’ILRF et ses alliés – les avocats et les activistes libériens des droits humains – servent comme un instrument de plaidoirie pour la défense des droits sanitaires et légaux des travailleurs de Firestone à Harbel, Libéria.

L’histoire de Firestone au Libéria est révélatrice. En 1926, la compagnie a signé un accord de concession avec le gouvernement du Libéria pour une période de 99 ans. Cet accord couvrait environ un demi-million d’hectares de terrain, loué à bail à six cents par demi-hectare pour un prix annuel total de $ 60.000. De grands secteurs de population indigène furent déplacés pour céder la place à l’installation de la plus grande plantation de Firestone à Harbel. Même à l’époque du jeune âge de la compagnie, les Libériens étaient recrutés pour accomplir le travail forcé en récoltant et en cultivant des arbres du caoutchouc, après quoi ils s’engageaient dans le « tapage », l’acte plein de labeur intensif qui consiste à utiliser des instruments primitifs pour taper le latex à l’état cru hors des arbres de caoutchouc pour exportation. Les ouvriers étaient initialement appelés au travail sous la menace des fusils, et beaucoup de descendants de ces ouvriers servent de plaignants dans le dossier judiciaire contre Firestone aujourd’hui.

Malgré une insurrection de mécontentement civil et des cris réclamant la démocratie en 2005, Firestone a signé un nouvel accord de 37 ans avec le gouvernement de Transition au Libéria pour qu’il octroie le terrain à 50 cents par demi-hectare, « une grande hausse » par rapport à l’accord original de location à bail. Selon un rapport récent publié par Save My Future Foundation, Firestone a exporté 167.165 tonnes de caoutchouc entre 2000 et 2003. Le prix du caoutchouc atteint des sommets astronomiques aujourd’hui à $ 486 par tonne. Suivant les calculs de transactions commerciales actuellement, Firestone reçoit $ 81.242.190 en provenance de sa production au Libéria. Tout le caoutchouc produit au Libéria est envoyé aux Etats-Unis pour le traitement des pneus, et d’autres matériaux. Il n’y a pas de traitement ni de fabrication ni d’autre production de valeur ajoutée qui se font au Libéria. Le niveau de pauvreté au Libéria est si étonnant que les gens accourent vers la plantation pour un simple repas. Le tapeur moyen génère $ 900 mensuellement pour la compagnie, et pourtant il reçoit de Firestone à peine un dixième de cela en tant que compensation une fois que les frais et les services sont déduits des rémunérations. Comme résultat, les tapeurs travaillent durement pour 3,19 dollars seulement par jour. Après avoir travaillé chez Firestone pendant 50 ans, certains ouvriers de la plantation qui vont en retraite reçoivent apparemment moins de $ 50 par mois comme frais de pension.

A part le fait d’affronter la pauvreté due à la servitude grave, les ouvriers de Firestone doivent faire face aux infirmités liées à la santé. Les tapeurs exposent leurs yeux au latex qui a la potentialité de les rendre aveugles, en appliquant des pesticides et des fertilisants dangereux aux arbres du caoutchouc. Le latex à l’état cru en provenance des arbres du caoutchouc est fatal lorsqu’on l’applique aux yeux, si bien qu’il y a eu d’innombrables rapports de cas de travailleurs qui souffrent en permanence de problèmes d’yeux suite au fait de s’exposer. Ils sont forcés de transporter des seaux pesant 75 livres et débordant de quota de latex collecté pour le jour. N’étant pas informés des dangers qui accompagnent les produits qu’ils manipulent, les travailleurs ne savent pas demander l’équipement de sécurité. Beaucoup de tapeurs portent des traces graves de plaies et des anomalies d’os et de muscles qui résultent des activités de tapage.

Les ouvriers travaillent entre 12 et 15 heures par jour, puis ils doivent faire la liste de choses que leurs familles (y compris les jeunes enfants et les épouses) vont accomplir afin de compléter un quota journalier pour s’assurer de leur rémunération hebdomadaire. Pas de congés, pas de vacances payées, pas de congé pour raison de maladie. Un phénomène honteux dans le mode de fonctionnement de Firestone est son soutien implicite au travail des enfants. La plupart des enfants travaillent sur les plantations au lieu de fréquenter l’école. Le peu d’enfants qui fréquentent l’école se rendent aux écoles ne remplissant pas les normes requises et dans des conditions misérables. Firestone prétend qu’il dispense un enseignement gratuit aux enfants de ses travailleurs, mais en réalité les travailleurs doivent payer une taxe sur le revenu, taxe déduite automatiquement de leurs rémunérations mensuelles en vue de couvrir les coûts des soi-disant dépenses éducationnelles.

Les enfants et leurs familles triment sur la plantation pendant la journée, et ils rentrent la nuit dans les conditions sordides de vie primitive sans électricité ni eau de robinet. Firestone blâme la guerre civile qui a frappé le pays pendant plus d’une décennie pour la rupture de l’infrastructure, pourtant les membres du clan de Firestone ont aidé et encouragé le rebelle devenu président Charles Taylor afin d’éviter que la plantation ne soit endommagée quand la guerre faisait rage. Certaines des armées rebelles de Taylor étaient même stationnées à Harbel, jouissant des fruits du sang, de la sueur et des larmes -dans le sens littéral- de leurs frères et sœurs compatriotes.

Se trouvant à mille miles des conditions de vie déplorables de la force ouvrière libérienne, les cadres chargés de la gestion de la compagnie bénéficient des richesses du caoutchouc, jouissant du luxe des bungalows climatisés et même arrêtant leur travail « qui casse le dos » comme superviseurs pour faire une séance de golf sur la cour érigée tout près. Des huttes en terre battue et celles faites de branchages cohabitent avec des maisons de fortune à l’air immaculée. Firestone prétend que les huttes en terre ont été créées par les Libériens déplacés à l’intérieur qui ont accouru vers la plantation au cours de l’escalade de la guerre civile dans le pays. Pourtant, Firestone possède le terrain et détient toutes les responsabilités relatives à son entretien. De plus, certaines des conditions existaient avant la guerre civile et s’étaient enracinées pendant des années.

Le scénario complet représente un microcosme de règles commerciales non-équitables qui bénéficient aux grandes entreprises occidentales qui exploitent la matière première dans le monde en développement, laissant les peuples indigènes avec des débordements environnementaux, des souffrances physiques, et un moral brisé. Le cas de Firestone au Libéria est un microcosme de rachat d’une entreprise américaine et un mépris flagrant des droits indigènes. C’est une extension du commerce transatlantique des esclaves, et ça devrait être exposé en tant que tel.

* Natif de Buchanan au Libéria, Robtel Neajai Pailey preste actuellement en tant qu’Editeur Assistant du journal communautaire de Washington, D.C, « The Washington Informer ».
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* Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News numéro 240.
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La nouvelle direction de la brigade anti-corruption a procédé à d’importants recrutements. C’est dans le cadre de la restructuration annoncée de cet organisme après le départ de son directeur des investigations, Roshi Bhadain, le 9 juin. Le nouveau titulaire du poste est le senior magistrate Vinesh Ragobur. Une nomination faite par le board en consultation avec le Premier ministre. L’ex-assistant commissaire de police à la retraite, Chimanlall Ghoora, occupera lui, le poste d’assistant directeur des investigations.

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Jusqu'à une heure ce matin, c'était l'incertitude quant à l'issue de l'élection présidentielle aux Seychelles. Mais c'est finalement le président sortant James Michel qui a été reconduit avec 53,73 % des voix. Son rival, Wavel Ramkalawan lui a tenu la dragée haute (45,71 % – voir bas de page). Le scrutin s'est déroulé dans le calme hier. S'il y a une chose qui sautait aux yeux, c'est que les Seychellois prennent leur devoir très au sérieux.

Le ministre centrafricain chargé de l'Education nationale, Charles Ndoubane, a promis lundi avant le démarrage des épreuves écrites du baccalauréat de châtier les fraudeurs pendant ces épreuves, a appris GABONEWS. "J'en appelle au sens de responsabilités des enseignants impliqués dans la surveillance, la correction et les différents jurys des épreuves écrites du Baccalauréat pour une réussite digne de cet examen", a déclaré le ministre Ndoubane.

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Ce week-end a vu le Premier ministre somalien Mohammed Ali Gedi échapper à un vote de défiance initié par des députés qui accusent son gouvernement de n'avoir pas pu ramener l'ordre et la réconciliation dans ce pays est-africain. Le vote a couronné une semaine tumultueuse au cours de laquelle un membre du gouvernement a été assassiné et un autre député atteint d'un coup de feu. Au cours de la même semaine, onze ministres ont démissionné de leurs postes selon un porte-parole du gouvernement.

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Craignant une disparition totale des arbres de la ''ceinture verte'' de Niamey, les autorités communales ont décidé de faire déguerpir les habitants qui squattent dans ce bois servant de rempart contre l'avancée du désert et les intempéries à la capitale nigérienne. Trois mois après l'expiration de l'ultimatum, les squatters, qui ont été sommés de déguerpir du bois au plus tard le 30 avril 2006, sont toujours sur place, a constaté IPS.

Le Président sénégalais Abdoulaye Wade a confirmé officiellement jeudi qu’il briguera un nouveau mandat lors des élections présidentielles de 2007. « Il est évident, et moi je ne passe pas par quatre chemins, les Sénégalais veulent que me présente, puis mon parti veut que je me présente… et je me présenterai », a expliqué jeudi le Président sénégalais qui est presque octogénaire.

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Des Congolais vivant en France ont exprimé leur frustration et leur colère d'avoir été écartés des élections présidentielle et législatives qui ont lieu ce dimanche en République démocratique du Congo. Rencontrés par un correspondant de la Pana à Château-Rouge, un quartier de Paris, ces Congolais ont affirmé ne pas comprendre les raisons de leur exclusion des premières consultations libres et pluralistes de leur pays depuis près de 40 ans.

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De nombreux pays africains ont dénoncé l’offensive aérienne perpétrée par Israël et qui a touché, dans la nuit de samedi à dimanche, le village de Cana, dans le Sud du Liban. Cette attaque, qui a fait une cinquantaine de victimes, pour la plupart des enfants, est la plus meurtrière depuis le début de l’offensive lancée par Tsahal contre le Hezbollah dans le Sud Liban.

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C'est au terme d'une enquête de quatre mois (du 17 mars au 1er juillet 2006) menée par la Croix Rouge Camerounaise (Crc) dans le cadre de la lutte contre la transmission du Vih/Sida et les pratiques socioculturelles dans l’arrondissement de Garoua-Boulaï à dans l'Est du pays qu'un réseau d'exciseuses a été décelé. (...) Au total, c'est 16 exciseuses, majoritairement de vieilles femmes qui ont été découvertes.

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Le procès pour corruption de l'ancien vice-président sud-africain Jacob Zuma, qui devait débuter lundi devant la Haute cour de Pietermaritzburg (est), a été reporté au 5 septembre, a annoncé le président de la Haute cour. Le président, Herbert Msimang, a ordonné à l'accusation "de faire parvenir ses réponses au plus tard le 14 août" à la défense qui a demandé un abandon des charges pesant contre Jacob Zuma. "L'audience pourra commencer le 5 septembre", a-t-il ajouté.

Le collectif des avocats de la défense des cinq proches de l'ancien président Maaouya Ould Taya, placés en détention préventive depuis près de 15 jours, a dénoncé des "cas de multiples formes de tortures" exercées sur ces personnalités et annoncé son intention de requérir l'ouverture d'une enquête.
Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeny s'exprimait au cours d'un point de presse dimanche à Nouakchott.

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La chargée du Programme Afrique de l'ONG internationale de défense de la liberté de presse "Article 19", Fatou Jagne Senghor, a exprimé son souhait de voir disparaître les restrictions à la liberté d’expression au Sénégal dans le but, a-t-elle dit, de consolider la culture démocratique. Selon Mme Senghor, le cadre juridique et institutionnel dans lequel évoluent les médias sénégalais méritent des modifications dans la perspective de renforcer la liberté d’expression.

Deux Bushmen ont été arrêtés et inculpés pour avoir illégalement chassé une antilope dans la Réserve naturelle du Kalahari central. Ils ont passé une nuit en prison. Le jour suivant, ils ont été emmenés dans la Réserve et obligés de courir devant un véhicule de police pendant six heures sous la chaleur jusqu’au lieu où ils avaient tué l’antilope. Ils comparaîtront devant la Cour en octobre prochain.

Le gouvernement du Malawi a brutalement abandonné lundi la totalité des 42 chefs d'accusation de corruption à l'encontre de l'ex-président Bakili Muluzi, a-t-on appris de source officielle. "Je reconnais avoir ordonné que toutes les charges portées contre le Dr Muluzi soient abandonnées", a confirmé lundi à la PANA au téléphone, le directeur du parquet (DPP), Ishamel Wadi.

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Le gouvernement béninois a décidé de baisser de 20 à 30% les coûts des services et prestations offerts par les services des opérateurs GSM, a annoncé lundi le chef de l’Etat dans son discours à la nation dans le cadre du 46ème anniversaire del’indépendance du pays célébré ce mardi. Cette réduction se fera dans un délai de deux mois au plus tard à compter du 1er août, a indiqué le chef de l’Etat.

Le président de la République, Me Adoulaye Wade, a réitéré sa menace de plainte contre certains syndicats d'enseignants pour « atteinte aux droits des enfants ». La plainte sera adressée au Bureau international du travail (BIT) et aux organisations de défense des Droits de l'enfant, a indiqué Me Wade, hier, en marge de la cérémonie officielle de remise des prix de l'édition 2006 du Concours général sénégalais, au Théâtre national Daniel Sorano.

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L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique dresse un constat accablant du système éducatif mauricien. L’échec au CPE reste le problème majeur. Le constat est une fois de plus alarmant. Système élitiste, passage automatique en classe supérieure, cours particuliers, programme d’études inadéquat… ne sont que quelques défauts identifiés par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), placée sous l’égide de l’Unesco.

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De plus en plus de Sud-Africains apprennent le français : une nécessité pour un pays qui affirme son rôle de leader du continent africain. Les cours se multiplient donc dans les administrations et les entreprises. Mais il y a pénurie de professeurs, une pénurie aggravée par les contradictions politiques du gouvernement sud-africain.

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Le président sortant de Sao Tomé et Principe, petit archipel du Golfe de Guinée situé au large du Gabon, l'a emporté dès le premier tour dimanche avec plus de 60% des voix, selon des résultats encore partiels rendus publics lundi par la commission électorale nationale. Son principal adversaire, Patrice Trovoada, crédité de 38%, a reconnu sa défaite. Pour Fradique de Menezes, l'euphorie de la victoire risque d'être de courte durée.

Le Zimbabwé a dévalué sa monnaie dans le cadre de nouvelles mesures visant à accroître sa performance économique comme l’a annoncé la Banque centrale du pays, lundi. Cette dévaluation verra l’introduction d’une nouvelle "gamme de chèques porteurs" d’ici le 21 août pour remplacer les anciens qui étaient en circulation depuis décembre 2003, a affirmé la Banque centrale.

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Le Groupement des patriotes pour la paix a fait une apparition inattendue et brutale dans la grève des agents de la Police maritime. Les habitants du Plateau ont été réveillés hier par des coups de feu entendus entre 6 h et 8 h à la Cité administrative. Plus d’une centaine d’éléments du Groupement patriotique pour la paix (GPP) se sont attaqués aux agents de la police maritime en grève depuis la semaine dernière à la Tour A.

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En juillet on apprenait que le citoyen sahraoui Freik Mohammed ould Brahim ould Mahmoud avait été arrêté le 8 juin 2006 près d'El Ayoun par la gendarmerie royale marocaine. Transporté vers une destination inconnue, il a été torturé et détenu jusqu'au 14 juillet 2006 sans connaître les raisons de son enlèvement. Il devrait déposer plainte auprès du procureur général, qui restera sans suite, comme les centaines de plaintes déja déposées.

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M. Taïeb Hadhri, ministre de la Recherche scientifique, de la Technologie et du Développement des compétences, a ouvert, samedi, à Sousse, les travaux d'une conférence coorganisée par l'université de Sousse et le pôle technologique sur «l'apport de la recherche et de l'innovation technologique pour l'amélioration de la compétitivité». Cette conférence est tenue en marge du 3e Salon de la créativité et de l'innovation technologique.

Le Directeur de publication du journal Le Temps, Michael DIDAMA, par ailleurs correspondant de GABONEWS au Tchad, a été entendu ce lundi matin par la Brigade Criminelle de la Police judiciaire suite à une plainte du Cheikh Hassan Hissein Abakar, imam de la Grande Mosquée Roi Fayçal de N'Djamena et président du Conseil supérieur pour les Affaires islamiques.

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Quelques 24 heures avant la fin de la campagne électorale pour les scrutins présidentiel et législatifs du 30 juillet prochain, des centaines de kinois de Brazzaville, préalablement enrôlés dans les listes électorales, ont traversé vendredi en masse le fleuve Congo qui sépare Brazzaville de Kinshasa dans l'espoir de voter dimanche leur futur président de la République et leurs députés.

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Le Congrès sur le VIH/SIDA le plus important au monde fournit un forum international, ouvert et indépendant permettant l’échange des idées, des connaissances et des travaux de recherche qui alimenteront les programmes de lutte contre le VIH/SIDA et renforceront les efforts de prévention, de traitement et de soins dans le monde entier. Le thème du Congrès AIDS 2006, qui se tiendra du 13 au 18 Août 2006 à Toronto (Canada), est 'Passons aux actes'.

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L'Initiative de recherche en santé mondiale (IRSM) invite les équipes de chercheurs canadiens et africains désireuses de renforcer leurs capacités d’essais en matière de prévention du VIH-sida à présenter des demandes de subvention. Le but de cette initiative consiste à permettre aux institutions africaines de mener des essais en matière de prévention du VIH-sida en favorisant l’établissement de partenariats entre équipes africaines et canadiennes ainsi qu’en renforçant les partenariats qui existent déjà entre cellesci.

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Depuis cette semaine, fleurissent en Afrique de nombreuses initiatives pour se doter du carburant bioéthanol. A long terme, ce produit à base de sucre à vocation de faire rouler nos véhicules. L’occasion de permettre aux pays du continent de lutter contre la hausse des prix pétroliers. Une alternative énergétique de taille face à l’augmentation des prix du pétrole.

Le président Olusegun Obasanjo du Nigeria a pris l'engagement de faire toute la lumière sur le meurtre de Funso Williams afin de mettre un terme aux crimes politiques, de plus en plus fréquents dans le pays. "Nous sommes déterminés à démasquer et traduire en justice les assassins de Funso Williams. Je pense que les crimes vont continuer si celui-ci reste impuni", a déclaré le président Obasanjo.

Les premières tendances à l'issue des élections générales congolaises indiquent que le leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) et vice-président, Jean-Pierre Bemba, ainsi que le président sortant Joseph Kabila arrivent nettement en tête à Kinshasa. Selon les mêmes tendances, recoupées au lendemain du scrutin qui s'est globalement déroulé dans le calme, le président Kabila récolte la quasi-totalité des voix dans l'est du pays.

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En visite au Sénégal, l'Evêque du Nigeria C. N. Williams de l'Eglise Shalom International a été nommé samedi dernier, Ambassadeur de bonne volonté du troisième Festival mondial des arts nègres (Fesman III) de 2008 par le Ministère de la Culture et du patrimoine historique classé. Reçu au siège du Fesman par le coordonnateur de la troisième édition, Alioune Badara Bèye, l'Evêque C.N Williams précise, cependant, que 'le Fesman n'est pas une affaire sénégalaise. Il est une rencontre de toute l'Afrique'.

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Séminaire international de stratégies des mouvements sociaux pour affronter l’impérialisme, la guerre, le néolibéralisme et le patriarcat
Camarades des réseaux et organisations sociales qui travaillons ensemble depuis plusieurs années invitons (voir en Annexe, les antécédents à cette convocation) au Séminaire stratégies des mouvements sociaux qui se tiendra les 28, 29, 30 septembre et 1er octobre à Bruxelles en Belgique.

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Le 7ème Forum Social Mondial – qui aura lieu du 20 au 25 janvier 2007, à Nairobi (Kenya) – doit relever le défi d’être encore plus lié aux actions concrètes pour la construction de « l’autre monde possible ». Cette préoccupation a été plusieurs fois soulevée lors des réunions du Conseil International du FSM et des évaluations qui ont été réalisées sur le processus du Forum. Ce que l’on cherche à réaliser effectivement constitue un des objectifs explicité dans la Charte de Principes du Forum: « Le Forum Social Mondial est un lieu ouvert de rencontre pour l’approfondissement de la réflexion, le débat démocratique d’idées, l’élaboration de propositions, le libre échange d’expériences et l’articulation pour des actions efficaces ».
C’est pour cela que l´on entreprend aujourd’hui cette consultation préparatoire.

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La situation des femmes africaines n'a pas toujours été morose, soutient l'Anthropologue Fatou Sarr. Elle revisite l’histoire d'une Reine sénégalaise Ndatté Yalla et affirme qu'elle "nous enseigne qu’en ce qui concerne le statut de la femme, les civilisations africaines étaient de loin en avance sur celles des vainqueurs". Des Reines avec plein pouvoir se sont succédées à la tête de royaumes puissants et ont même opposé une farouche résistance aux colons français. Cet article offre des éléments historiques fort instructifs et démontre encore une fois que le patriarcat est bel et bien un élément externe à bon nombre de sociétés africaine et qu'il a été imposé à l'Afrique.

Mesdames messieurs, hier à l’ouverture de la deuxième conférence des intellectuels d’Afrique et de la diaspora, Le Président Alpha Omar Konaré s’est adressé au feu Président poète Léopold Sédar Senghor. Je crois, que du fond de sa tombe, il l’a entendu, car Birago Diop, l’autre poète sénégalais, nous a appris que les morts ne sont jamais morts, ils sont dans l’eau qui dort, ils sont dans le vent qui frémit…..

Hier, de la fenêtre de ma chambre d’hôtel, face à l’autre rive de l’océan atlantique, les murmures du vent m’ont rapporté le message de Ndatté Yalla, dernière souveraine du Waalo au Sénégal, pour vous dire, que si le cours de l’histoire ne s’était pas arrêté, à la place hommes qui siégeaient à la table ronde des chefs d’Etats c’est des femmes qu’on aurait du y trouver.

L’histoire de la Reine Ndatté Yalla, nous enseigne qu’en ce qui concerne le statut de la femme, comme ce fut le cas entre les Gaulois et les Romains, les civilisations africaines étaient de loin en avance sur celles des vainqueurs.

La première force de résistance que les Français ont rencontrée dans leur politique de colonisation du Sénégal en 1855 avait pour chef une femme, qui non seulement gouvernait mais savait aussi conduire son armée. Or, Il a fallu attendre 1869 pour voir le premier état d’Amérique du Nord, le Wyoming accorder le droit de vote aux femmes. Quant aux vainqueurs de la Reine Ndatté Yalla, il leur a fallu attendre 1945, soit 90 ans plus tard, pour daigner accorder un statut de citoyenne à leurs femmes. Et un siècle et demi après la défaite de la Reine, on ose espérer que les Français atteindront le niveau de civilisation du Waalo du 19eme siècle, en portant Ségolène Royale à la Présidence de la république.

Donc, en ce qui concerne le statut de la femme, l’Occident a beaucoup à apprendre des civilisations africaines. L’histoire de la dernière souveraine du Royaume du Waalo, suffit à elle seule, s’il en était encore besoin, pour convaincre ceux qui par manque de culture, par ignorance de notre histoire s’évertuent à nous faire croire, que c’est l’Occident et l’Occident seul qui doit nous donner la direction sur les question d’équité et d’égalité de genre.

Elle n’était pas une reine fantoche, instrumentée par des hommes bien au contraire.

Pour comprendre comment des femmes sont parvenues à un contrôle effectif du pouvoir, il faut remonter le fil de l’histoire et analyser les luttes pour le contrôle du pouvoir entre les trois familles DIOSS, LOGGAR et TEDIEK, renvoyant aux trois lignées fondatrices du Waalo qui seules pouvaient prétendre au trône.

Auparavant, il est signalé qu’au 13ème siècle, huit femmes ont présidé successivement aux destinées de ce royaume (Boubacar Barry, 1985). Et à la fin de leur règne il fut mis fin à l’accession des femmes au trône. Mais le système politique leur accordait une fonction importante. En effet, à côté du Brack (nom donné au Roi), était désignée une Linguère. Cette fonction qui revenait selon des règles très précises à une femme de la lignée maternelle du Brack permettait de faire respecter un équilibre entre les familles. Ces femmes qui étaient les gardiennes du trésor familial, jouaient un rôle parfois déterminant dans le choix du Brack et très vite, elles vont utiliser cette position stratégique d’influence pour arriver à un contrôle absolu du pouvoir.

Ce rôle d’influence peut être illustré par la lutte au pouvoir entre les LOGGAR et les TEDIEK au XVIIeme siècle. Sous le règne de Bër Tyaaka, arrivé au pouvoir en 1683, sa sœur la Linguère Dyambur-gel a exigé du Roi le limogeage de son neveu consanguin nommé au poste de premier dignitaire après le Brack pour le remplacer par un autre de la lignée maternelle. En posant un tel acte, elle voulait, qu’après la mort du Brack, le pouvoir restât aux mains de sa lignée maternelle. Cela a conduit à une crise et une tentative d’assassinat du Roi par les dissidents qui finirent par s’exiler. Ils se fixèrent à WUL ou OULI, dans un pays riche en or, situé probablement dans l’actuel Mali. Selon les archives coloniales « durant leur long séjour dans ce pays, ils envoyèrent souvent en cadeau de l’or en poudre, en vrac ou travaillé à leur parent Althiaca Diogamaay du Waalo » (Sèye, 2003).

La famille Tédiek, évincée en 1683, finira par prendre le pouvoir en 1716 et le gardera jusqu’en avec 1766 (soit 50 ans). Le pays connaitra par la suite 29 ans de guerre civile durant lesquels, six Brack se succédèrent et seront tous éliminés physiquement par leurs concurrents. En 1785, les Tédiek reprendront le contrôle du pouvoir jusqu’en à la fin du royaume en 1855 (soit, 70 ans).

La famille Tédiek à laquelle appartient la reine Ndatté Yalla s’est enrichie au cours de son exil au pays de l’or et son long règne lui a permis d’accumuler une fortune et des armes, grâce à des échanges avec les comptoirs français. Cela va jouer plus tard en faveur des femmes gardiennes du trésor familial.

C’est en 1795 qu’on note un tournant décisif dans la stratégie de contrôle du pouvoir par les femmes. La Linguère Tègue Rella, suite à la folie de son frère, le Brack Ndiack Coumba, prit le contrôle après avoir pris soin de cacher la maladie du Roi en l’exilant hors de la capitale. A partir de cette date, ce sont les femmes qui dans l’ombre exerçaient le pouvoir.

En 1805, la Linguère Fatim Yamar Khouriaye qui a remplacé sa sœur Tègue Rella, proposa son cousin exilé dans un royaume voisin au Cayor, du Nom de Kouly Baba Diop, pour occuper la fonction de Brack. Ce qui lui permit d’avoir le contrôle absolu du pouvoir, le Brack élu n’incarnait pas la légitimité, au regard des principes voulant que seul les Mbodj puissent assumer cette fonction.

A la mort de Kouly MBaba Diop en 1816, la Linguère Fatim Yamar, détenant la réalité du pouvoir, épousa un homme du nom de Amar Fatim Borso et le fit élire Brak.

Avec Fatim Yamar Khouriaye Mbodj, on comprend que les Linguères étaient préparées à diriger leur peuple, politiquement et militairement. Elles étaient formées au métier des armes et savaient défendre le Royaume, même en l’absence des hommes comme l’attestent les évènements de Nder.

En effet, le mardi 7 mars 1820, les principaux dignitaires du royaume étaient à St Louis en compagnie du Roi qui devait s’y faire soigner. L’ennemi, composé de guerriers des deux états voisins maures et toucouleur, en profita pour attaquer la capitale. Surpris de la forte riposte des femmes déguisées en hommes, les assaillants se replièrent ; mais les femmes crièrent victoire très tôt, et en ôtant leurs turbans elles dévoilèrent leur féminité. L’ennemi dans un sursaut d’orgueil mâle revint à l’attaque et finalement eut raison de ces braves guerrières. La Linguère Fatim Yamar Khouryaye Mbodj qui avait organisé la résistance a préféré se brûler vive avec plusieurs de ses compagnes, préférant la mort au déshonneur. Mais en décidant de faire échapper ses deux filles, Djeumbeut Mbodj et Ndatté Yalla, pour disait-elle perpétuer la lignée, elle avait pris un acte de haute portée politique. En effet, ces dernières finiront par diriger le Royaume.

A la mort de Fatim Yamar, sa fille Djembeut sera proclamée Linguère. En 1825, à la mort de son père Amar Fatim Borso, c’est leur cousin Yérim Bagnick Tëg Rela qui arrive au pouvoir. Mais en 1827, la Linguère Djeumbeut fort de l’expérience du pouvoir de sa mère proposa un Brack du nom de Fara Peinda Adam Sall, qui ne pouvait pas lui porter ombrage. La réalité du pouvoir était entre les mains de Djeumbeut, elle décida en 1833 de se marier avec le roi du Trarza, Mohamed El Habib. Au-delà des diverses interprétations parfois tendancieuses, elle voulait sauver son peuple face aux multiples agressions des voisins Toucouleurs et Maures. Mais aussi en fin politique, elle savait que le fils qui en naitrait pourrait par sa lignée maternelle prétendre être à la tête du Waalo (Sénégal) et par sa lignée paternelle régner sur le Trarza (Mauritanie).

A la mort de Fara Peinda Adam Sall en 1840. Les deux sœurs Djeumbeut et Ndatté ont pu imposer leur candidat, Ma Mbodj Malick, au détriment de celui de la colonie, Yérim Mbagnik Mbodj. En fines stratèges, elles avaient réussi à influencer le collège des électeurs. Selon les archives coloniales, elles ont offert pendant les 3 jours que durèrent les consultations 1500F de l’époque. La tradition orale nous précise qu’elles ont offert des repas princiers et un kilo d’or par jour. Elles ont fait élire leur cousin Mambodj Malick, mais ce sont les deux sœurs Ndjeumbeut et Ndaté Yalla qui dirigeaient réellement le royaume.

C’est d’abord Djeumbeut qui aura la charge du pouvoir. Son règne est marqué par la volonté de donner un répit à son peuple agressé de toute part par les voisins Maures et Toucouleurs.

Dernière souveraine du Waloo, la Linguère, Ndatté Yalla Mbodj a été installée le 1er octobre 1846 à la mort de sa grande sœur. Elle a exercé le pouvoir comme un véritable BRACK en s’appropriant tous les attributs. C’est ainsi qu’elle fut prise par Abbé David Boilat, le 2 septembre 1850, fumant sa pipe d’honneur, entourée, de plus cinq cent femmes en grande tenue, en face desquelles se trouvaient tous les princes et les guerriers de la Reine.

Son règne sera marqué par une défiance permanente des Français contre lesquels elle a livré une bataille acharnée. Dès 1847, elle s’opposa au libre passage des Sarakolés qui ravitaillaient l’Isle de St-Louis en bétail et adressa une lettre au gouverneur exprimant sa volonté de défendre le respect de sa souveraineté sur la vallée en ces termes : « c’est nous qui garantissons le passage des troupeaux dans notre pays ; pour cette raison nous en prenons le dixième et nous n’accepterons jamais autre chose que cela. St Louis appartient au Gouverneur, le Cayor au Damel et le Waalo au Brack. Chacun de ces chefs gouverne son pays comme bon le lui semble » (Barry, 1985 : 275).

Elle finit par faire prévaloir ses droits sur l’ile de Mboye et sur l’ile de Sor (actuelle ville de St Louis) qu’elle affirma n‘avoir jamais vendu à personne. Ndatté continua les pillages autour de St-Louis et n’avait cure des menaces du gouverneur. Elle refusa de rembourser les dommages commis comme le réclamait les français.

Le 5 novembre 1850 elle interdisait tout commerce dans les marigots de sa dépendance. Avec cette mesure, la guerre devait inévitable car les français voulaient assurer la sécurité de leur commerce dans la vallée du fleuve. Avec l’arrivée de Faidherbe en 1854, le Walo va être le premier à subir les coups de la politique de conquête du Sénégal. Le 5 février 1855 Faidherbe déclencha la bataille et les troupes du Waalo seront finalement battues le 25 Février 1855 par la puissance technologique de l’ennemi.

Après sa victoire sur la Reine, Faidherbe emmena son fils Sydya, âgé de dix ans, à Saint-Louis où il sera scolarisé à l’école des otages et sera envoyé plus tard en 1861au lycée impérial d’Alger. En 1863, il demanda à revenir au Sénégal où, il poursuivit pendant quelques mois les cours de l’école des frères. Il fût baptisé et eut pour parrain Faidherbe qui lui donna le prénom Léon.

En 1865, âgé de 17 ans, la Colonie lui confia le commandement du canton de NDER, mais il ne tardera pas à refuser d’être un relais docile de cette administration et finira par la défier. Il va poursuivre le combat nationaliste initié par sa mère.

Devant une grande assemblée de dignitaires et de son peuple, il sacrifia à la tradition des Brack. Après s’être débarrassé de ses habits européens, il prit le bain rituel dans les eaux du fleuve, se rhabilla en tenues traditionnelles et jura de ne plus jamais parler la langue du colonisateur. Ensuite il se fit faire des tresses de Thiédo (actuels dread locks) à Thianaldé marquant le symbole de son appartenance sociale.

En novembre 1869, SIDIYA dirigea une insurrection générale contre les français et fit subir de lourdes pertes aux troupes françaises. Mais l’administration coloniale ne cessa de le traquer. Arrivé chez Lat Dior pour la concrétisation d’un front de libération national, il fut trahi par ses guerriers qui le livrèrent au Gouverneur Valère à Saint-Louis le 25 décembre 1875. Il sera déporté au Gabon en 1876 où il mourut en 1878 à l’âge de 30 ans. Les cendres de Sidiya doivent rejoindre celle de sa mère.

Pour être Sidiya, il fallait avoir comme mère la Reine Ndatté Yala

Il a fallu une mère admirable pour avoir pu inculquer à un enfant âgé d’à peine 8 ans, les valeurs suprêmes, qui lui ont permis d’opposer aux français une résistance culturelle et militaire. Faidherbe a tenté en vain de le dépouiller de son identité et de sa religion traditionnelle en le nommant Léon et en le faisant baptiser comme un chrétien. Malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à dompter le fils de Ndatté, profondément enraciné dans la culture des siens, et porteur des valeurs de fierté et de nationalisme défendues par sa mère.

Au terme du rapide parcours de la vie des Linguères du Waalo Ndatté Yalla, Djeumbeut MBodj, Fatima Yamar, Tègue Rella, Khouryaye Mbodj, Dyambur-gel et des huit femmes qui ont porté le titre de Brack, vous pouvez comprendre que quand nous parlons d’égalité des sexes et de conquête du pouvoir c’est de notre propre histoire que nous tirons nos références.

Nous nous sommes arrêtée sur Ndatté, car c’est avec elle qu’on assiste au parachèvement du processus du contrôle du pouvoir initié par les Linguères, dès le 17 éme siècle. Ainsi, si en 1819, dans les accords signés entre le Waalo et les français il ne figurait que des hommes, à partir de 1846, tous les actes officiels portaient le nom de Ndatté Yalla. Elle finit par reléguer, le Brack et les autres dignitaires au second plan. Parfois les Français ne s’adressaient qu’à Ndatté, et il arrivait que les lettres envoyées au gouverneur ne portent que sa seule signature. Dans une correspondance adressée le 23 mai 1851 à Faidherbe, elle s’exprimait en ces termes : « Le but de cette lettre est pour vous faire connaitre que l’Ile de Mboyo m’appartient depuis mon grand-père jusqu’à moi. Aujourd’hui, il n’y a personne qui puisse dire que ce pays lui appartient, il est à moi seule ». Ndatté se considérait comme le seul souverain de ce Royaume.

L’histoire des Linguères Ndatté Yalla et Djeumbeut MBodj, nous révèle qu’elles n’ont jamais été dans des compromissions avec le pouvoir colonial. Elles ont dirigé avec le sens du sacrifice de leur personne, le sens de la dignité. Cette histoire nous enseigne aussi que le Sénégal du 19eme siècle était sans aucun doute beaucoup plus ouvert et plus favorable aux femmes, les rapports sociaux entre les sexes y étaient plus égalitaires qu’au 21eme siècle.

Nous avons encore beaucoup à apprendre de cet espace socio culturel, de l’histoire de ces femmes au pouvoir, mais surtout nous avons beaucoup à partager avec le reste du monde.
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Au-delà de Ndatté et de toutes les Linguères, il s’agit de comprendre comment dans le Sénégal précolonial les femmes sont passées d’une position d’influence à une position d’exercice effective du pouvoir. Pour cela, nous pouvons relever deux faits :

1) Il y avait une instabilité des hommes au poste de Brack et une plus grande stabilité des femmes au poste de Linguère. Djeumbeut et Ndatté ont cumulé à elles deux au moins 28 ans d’expérience de gestion du pouvoir (1827 à 1855). Leur lignée maternelle a cumulé 60 ans d’exercice du pouvoir. Le long séjour dans les couloirs du pouvoir à permis aux femmes de devenir des orfèvres de la politique

2) Les femmes avaient des ressources économiques, fruit d’une longue accumulation de génération en génération et elles ont su l’utiliser à des fins politiques.

Aujourd’hui, ce sont les hommes qui bénéficient de la durée dans l’exercice du pouvoir et qui en même temps détiennent les ressources économiques. Ce basculement est le fait du pouvoir colonial, qui est venu avec un projet de société patriarcal, excluant les femmes de l’espace publique en leur refusant toute possibilité de participer au jeu politique.

D’une position où elles faisaient les rois et où elles dirigeaient leur peuple, les femmes se sont retrouvées subitement exclues de tout. Mais il est venu le temps de recourir à l’histoire, pour reconstruire une Afrique adossée sur ses propres valeurs fécondes et porteuses de progrès.
Il est venu aussi le temps de voir émerger d’autres Ndatté Yalla.
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Sources documentaires
Mamadou DIOUF(1990) Pouvoir Ceddo et conquête. Paris Edition Karthala, 1990.
Boubacar BARRY (1985) Le royaume du Waalo : Le Sénégal avant la conquête. Paris, Edition Kharthala.
El Hadj Amadou Sèye (2003) Waalo Brack. Dakar, Les Edition Maguilen.
Archives de Samba Thiamca Diaw acine Chef de canton de Louga
Ckeikh Niang, Historien traditionaliste du Waalo
Abbé David Boilat (1853 et 1984) Esquisse Sénégalaise. Paris Editions Karthala.

* Fatou SARR est Chercheure à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (Ifan) - Université Cheikh Anta Diop – Dakar (Sénégal). Cette communication a été présentée à la Deuxième Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora (CIAD II), Salavador de Bahia, du 12 au 14 juillet 2006)

* Veuillez envoyer vos commentaires à ou faire vos commentaires en ligne sur www.pambazuka.org

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La corruption est répandue au Maroc, selon le dernier classement de Transparency International (TI) qui place le royaume au 78ème rang, avec une note de 3,2 sur 10. Cette position dévoile l'ampleur d'un phénomène qui semble gangrener toutes les facettes de la vie publique. Des petits services administratifs quotidiens aux grands appels d'offre et transactions économiques, la corruption règne en maître, au point de passer pour un acte qui n'est passible d'aucune sanction.

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Malgré les rumeurs visant à prouver le contraire, l'Union africaine forte de 53 membres a refusé de renoncer à sa demande de droits de veto pour deux sièges permanents qu'elle revendique dans un Conseil de sécurité de l'ONU élargi. La demande incessante de droits de veto de la part de nations africaines constitue l'une des pierres d'achoppement politiques auxquelles sont confrontés les quatre autres aspirants au titre de membres permanents : le Japon, l'Allemagne, l'Inde et le Brésil.

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Elles se comptent par milliers, les personnes vivant avec le VIH/SIDA tant dans la ville de Bukavu que dans toute la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Mais elles sont un peu isolées dans la société. Le Programme national multisectorel de lutte contre le SIDA (PNMLS) les évalue à près de 500.000 sur toute la province du Sud-Kivu.

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A l'Organisation mondiale du commerce, les négociations sur la libéralisation des échanges ont été prématurément suspendues le 24 juillet. Presque simultanément, des producteurs de coton américains, en visite au Mali, condamnent le système de subventions actuel et tentent de peser sur la loi agricole de leur pays. La déclaration ressemble à s'y méprendre à un mea culpa...

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Pour la première fois en Belgique, les étrangers non-européens pourront voter aux élections communales d’octobre 2006. Ils ont jusqu'au 31 juillet pour s’inscrire. Peu l'ont fait pour le moment. Une première dans l’histoire du suffrage en Belgique ! Selon une loi de 2004 issue de négociations politiques houleuses, les étrangers non européens, à la suite des étrangers européens en 2000, pourront voter aux élections communales d’octobre 2006.

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La dernière phase des Gacaca qui démarre actuellement devra juger, en deux ans, plus de 750 000 personnes accusées d'avoir participé au génocide. Une épreuve pour les Rwandais inquiets de ces si nombreux procès qu'ils estiment pourtant nécessaires. La dernière phase des Gacaca, ces tribunaux traditionnels mis en place au Rwanda en 2001 pour accélérer les jugements des présumés coupables du génocide, lutter contre l'impunité et favoriser la réconciliation, a démarré le 15 juillet.

Au Nigeria, dans la région pétrolière du Delta du Niger, les destructions d'installations et les enlèvements d’expatriés sont de plus en plus réguliers depuis le début de l’année. Ces actions, menées par des groupes armés séparatistes, ont fait chuter de 30 % la production journalière du brut. Les dirigeants s’inquiètent, mais n’arrivent pas à juguler la crise.

De plus en plus de pays donateurs lient leur aide au développement à leur sécurité nationale. Les régions du monde les plus pauvres feront-elles les frais de la lutte contre le terrorisme ? Au Canada, les ONG actives dans le développement international sont inquiètes de la tendance des pays donateurs à comptabiliser certaines dépenses liées à la sécurité dans leur Aide publique au développement (APD).

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Des milliers de civils déplacés par les fréquentes attaques des milices Mai-Mai dans la province du Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), sont rentrés dans leurs villages, ont annoncé les Nations unies. Des vagues de retour de déplacés ont été enregistrés dans la région centrale du Katanga, qui a longtemps été le théâtre de fréquentes attaques de miliciens.

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Allongée par terre pour tenter de soulager les terribles douleurs qui l’empêchent de s’asseoir, Masoka Furha, les larmes aux yeux, se remémore son calvaire. «Les soldats sont arrivés dans le village, ils ont réuni une partie de ma famille dans notre case, puis ils y ont mis le feu. Ensuite, ils ont violé toutes les femmes». Cette jeune femme de 32 ans, qui en paraît 10 de plus, lutte toujours contre des infections sexuellement transmissibles (IST) et les nombreuses blessures que ses agresseurs lui ont infligées.

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Les hackers marocains de Team Evil ont piraté, le 28 juin, plus de 750 sites israéliens en réponse à une offensive de l’Etat hébreu dans la bande de Gaza. La riposte israélienne ne s’est pas faite attendre : quelque 400 vitrines Internet du Royaume ont récemment été attaquées. La guerre sur le Web semble lancée. Les spécialistes qui estiment que les hackers marocains sont de petits joueurs ont dû avoir un choc.

Les festivités marquant le 159e anniversaire de l’indépendance du Liberia, ont été quelque peu ternies par le violent incendie qui a frappé l’Executive Mansion, le palais présidentiel. D’autant plus qu’une partie de la capitale Monrovia venait de renouer avec l’électricité. Une première depuis 1990. L'incendie a surtout touché les bureaux du chef de l’Etat, Ellen Johnson Sirleaf, situés au quatrième étage de l’Executive Mansion.

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Le chef de l'Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, a présidé, jeudi à Dakar, une conférence ministérielle sur la création de l'Association des pays africains non producteurs de pétrole (PANPP). Cette réunion d'une journée permettra aux participants, venant d'une vingtaine de pays africains, d'examiner le projet de statuts de l'Association des pays non producteurs de pétrole.

Aase Smedler, coordonnatrice des programmes des Nations unies à Maurice, tire la sonnette d’alarme. Elle affirme que la prévalence du virus du sida est un élément préoccupant. “Il y a un problème de sensibilisation à tous les niveaux.” La représentante des Nations unies, qui est arrivée au terme de sa mission, explique que la propagation du virus peut être due à l’augmentation du nombre de toxicomanes dans une tranche d’âge sexuellement très active.

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Sans être Cassandre, nous disons que l’heure est au fourbissement des armes en Côte d’ivoire. En dépit des déclarations de bonnes intentions, des appels à des comportements de paix, personne n’est dupe dans ce pays, l’heure est grave. Les dernières tueries de Divo, les violences de Grand-Bassam hier et l’occupation la semaine écoulée des rues d’Abidjan par le général Blé Goudé et son Alliance des jeunes patriotes "pour voir clair dans les audiences foraines" sont symptomatiques que le mal ivoirien a empiré. De l’eau s’est mélangé au gaz.

Le 26 juillet 2006, Jean Léonard Rugambage a été acquitté en appel par les juges du tribunal populaire “gacaca” de Mbati, dans le district de Ruyumba, de sa condamnation, le 23 novembre 2005, à une peine d’un an de prison pour “outrage à la cour”. “Jean Léonard Rugambage a donc été acquitté d’une peine dont il a déjà purgé huit mois, mais il n’en a pas pour autant été remis en liberté...”, a déclaré Reporters sans frontières.

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Que les gens aient faim en Afrique au 21ème siècle n’est ni inévitable ni moralement acceptable. La réponse d’urgence que le monde apporte à ce problème doit être revue intégralement afin que les populations qui souffrent du manque de nourriture puissent bénéficier d’une assistance rapide, équitable et efficace soit fournie aux populations. Plus fondamentalement, les gouvernements doivent s’attaquer aux causes qui sont à l’origine de la faim.

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Le Dr Mamy et Soeur Henriette ont marché durant cinq kilomètres sous le soleil pour pouvoir atteindre un petit village de la région de Miandrivazo, au sud-est de Madagascar. Leur équipe d'agents sanitaires s'est rendue sur les lieux pour protéger du tétanos des mères de famille comme Maximillian, 24 ans. « Je ne me serais jamais souvenue que j'avais besoin d'une seconde injection pour nous protéger tous les deux, moi et l'enfant que je porte, du tétanos, affirme Maximillian. »

Youssou Ndour, star internationale et musicien reconnu est aussi un citoyen africain, investi dans de nombreuses causes solidaires où sa notoriété pourrait aider, la lutte contre le paludisme en fait parti. Homme d’affaires averti, il rencontre également les contraintes liées à ces activités, la concurrence de l’informel, de la piraterie, etc. Son point de vue est donc d’un intérêt certain sur sa perception de l’Afrique, du Sénégal d’aujourd’hui, les combats à gagner, les chemins parcourus.

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Une chaîne amazighe viendra s'ajouter aux chaînes de télévision et stations de radio existantes. IRCAM, SNRT et ministère de la Communication travaillent sur le concept de ce futur nouveau-né du paysage audiovisuel national. Le PAPU (Pôle de l'audiovisuel public uni) verra prochainement l'arrivée d'un nouveau-né. Il s'agit d'une chaîne amazighe généraliste dont le projet est piloté par le ministère de la Communication, l'Institut royal pour la culture amazighe (IRCAM) et la Société nationale de la radio-télévision (SNRT).

Le trafic des enfants en Afrique de l'Ouest "continue de prendre des proportions inquiétantes", malgré l'adoption de plusieurs accords et conventions multilatéraux de lutte contre ce fléau, ont déploré cette semaine des experts de neuf pays, réunis en Côte d'Ivoire. Elle a débouché sur l'adoption d'un plan d'action qui prévoit la promulgation de lois au niveau de chaque pays reprimant le trafic des enfants.

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Treize ans après une première intervention, le président burkinabé Blaise Compaoré a été appelé une fois de plus à la rescousse pour tenter de débloquer le dialogue politique intertogolais, enlisé notamment dans des débats autour des modes de scrutin. Il a reçu mercredi une délégation du Bureau du dialogue intertogolais conduite par son président, Me Yawovi Agboyibo, et accepté formellement l'offre de médiation qui lui a été proposée à "l'unanimité" par l'ensemble de la classe politique togolaise.

La main-d’œuvre Zimbabwéenne a chuté de 4% depuis plus d’une décennie passant de 12% de la population en 1994 à 9% en 2006 selon une étude réalisée par un groupe de réflexion et publiée jeudi à Harare. Le VIH/SIDA ainsi que l’exode des travailleurs qualifiés sont les grandes causes de ce dépeuplement, révèle l’étude réalisée par l’Institut de Recherches sur le Développement (IRD).

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