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Un terroriste présumé a été tué par les forces de l'ordre marocaines et un second s'est fait exploser au moment où elles procédaient à son arrestation mardi matin à Casablanca, a indiqué la police. "Deux terroristes, qui détenaient des explosifs, ont trouvé la mort lors d'une course-poursuite avec des membres des services de sécurité marocains mardi à l'aube dans le quartier El Fida à Casablanca".
Des centaines de bêtes sont mortes ces derniers mois dans la province de l'Equateur, au nord- est de la RDCongo, sans qu'on en connaisse la cause. Les médecins vétérinaires provinciaux parlent de la fièvre aphteuse. L'alerte a été donnée au mois de février dernier par des voyageurs venant de Basankusu, un territoire de la province de l'Equateur. Ils faisaient état d'une "mystérieuse maladie" qui décime des centaines de têtes de bétail.
Le procès de Hissène Habré, ex-président du Tchad, va nécesssiter un financement de 43 milliards de francs CFA, a estimé un groupe de travail, chargé par le gouvernement sénégalais, d’évaluer son organisation, a appris APA, mardi de bonne source. Dans un rapport déposé auprès du président Abdoulaye Wade, le groupe de travail pose des problèmes de d’indemnisation des juges, chargés du procès, et des critères du jugement, entre autres.
Le directeur général de l’Organisation internationale des migrations (OIM), Brunson McKinley, dont l’organisation est préoccupée par la situation des bateaux "négriers" interceptés entre l’Afrique et les îles Canaries, est attendu ce mardi à Madrid. M. McKinley devrait évoquer avec les responsables espagnols la question des deux bateaux "négriers" interceptés récemment par l’Espagne, au large des îles Canaries, le "Marine I", et au large du Sénégal, le "Happy Day".
Le gouvernement soudanais a accepté lundi la mise en oeuvre de la seconde phase du plan de soutien de l'ONU à la force de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour, a assuré le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Saïd Djinnit. "Le gouvernement du Soudan avait formulé une série de remarques et de questions, aujourd'hui (lundi) l'UA et l'ONU lui ont fourni toutes les clarifications et il a accepté la deuxième phase", a déclaré M. Djinnit.
Martinho Dafa Cabi a été nommé nouveau Premier ministre de Guinée Bissau, aux termes d’un decret présidentiel rendu public lundi dans la soirée à Bissau. Cette nomination qui met fin à trois semaines d’impasse politique, intervient 22 jours après le vote par l’Assemblée nationale populaire (ANP) d’une motion de censure contre le gouvernement de l’ex-Premier ministre Aritides Gomes, contraint à la démission le 28 mars dernier.
L’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), qui vient de fêter le 50e anniversaire de sa création, se prépare actuellement à ouvrir un programme d’enseignement du chinois avec le concours de la Chine, a affirmé son recteur. Le professeur Abdou Salam Sall a fait savoir qu’il venait de demander à la Faculté des Lettres et sciences humaines de son Université de contacter l’Ambassade de Chine au Sénégal sur ce sujet.
Des organisations de la société civile sénégalaise veulent rencontrer le président Abdoulaye Wade pour éviter un boycottage par l'opposition des élections législatives prévues le 3 juin, a appris l'AFP lundi auprès de leur Collectif. "Le principal objectif de la médiation est d'éviter que le boycottage (des législatives par l'opposition) ne soit définitif", a dit le coordonnateur de ce Collectif, Babacar Guèye.
Après la nomination de Guillaume Soro comme Premier ministre, le nouveau gouvernement de transition en Côte d'ivoire, comprenant 33 portefeuilles repartis entre le camp présidentiel, la rébellion des Forces nouvelles (FN) et l'opposition, a été rendu public samedi alors que le retrait des troupes étrangères est annoncé pour la mi-avril. C'est le quatrième en cinq ans de crise après l'accord de paix conclu le 4 mars dernier à Ouagadougou.
Selon les medias d'Etat chinois, l’émissaire de Pékin a lancé cet appel à l'issue d’un entretien à Khartoum avec le président soudanais, Omar el-Béchir. La Chine est perçue comme l'un des pays les plus influents au Soudan du fait de la coopération étroite entre les deux pays, une coopération très importante dans le domaine pétrolier. La Chine absorbe en effet près des deux tiers de la production pétrolière soudanaise.
Le panel intergouvernemental sur le réchauffement planétaire a présenté cette semaine à Bruxelles un nouveau rapport qui évalue les effets du réchauffement planétaire dans diverses régions de la terre. Cinq années de travaux scientifiques et quatre jours de débat entre chercheurs et bureaucrates gouvernementaux permettent de constater une réalité inquiétante: la terre se réchauffe, et les conséquences sont implacables.
La politique sud-africaine visant à l'émancipation économique des Noirs présente des défauts et devra être réexaminée, a plaidé le ministre sud-africain des Finances Trevor Manuel. "Il devra y avoir un réexamen" de cette politiquemise en place en 1994, , affirme t-il soulignant qu'au cours des dernières années, "les entreprises ont fait un tas de choses, certaines bonnes et d'autres mauvaises, certaines cyniques et d'autres honnêtes".
Après quatre jours de violents combats, un calme fragile semble être revenu à Mogadiscio. Alors que le gouvernement de transition se prépare à une prochaine conférence de réconciliation, prévue pour la mi-avril, les organisations internationales s'interrogent sur les méthodes employées par Addis-Abeba, en charge de l'improbable mission de stabilisation du pays et de sa capitale.
Les étudiants guinéens n’ont pas attendu les cent jours, traditionnellement accordés à un nouveau régime pour qu’il fasse ses preuves, avant de manifester leur impatience. Les étudiants, qui ne voulaient pas être en reste du mouvement conduit par les travailleurs au début de l’année, s’étaient déjà distingués en séquestrant «gentiment» le directeur de leur établissement. Ils avaient prévenu que sa libération et le calme retrouvé sur les campus n’étaient pas un aveu d’échec.
Selon un rapport publié récemment par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, l’aide envers les pays en développement (APD) a baissé, en 2006, de 5,1% par rapport à l’année précédente. Après neuf ans de progression constante, les aides allouées aux pays en développement par les 22 pays riches du CAD (les principaux donateurs à l’échelle mondiale), ont enregistré un net recul l’année dernière. Les ONG sont montées au créneau.
La Commission nationale des droits de l’homme en Mauritanie, désignée en mars dernier, a été installée dans ses fonctions lundi à Nouakchott, a constaté APA. Le président de la Commission, Mohaldmed Said Ould Homedi, et ses membres ont ainsi prêté serment lundi devant la Cour suprême, réunie en séance plénière pour la circonstance. Créée le 12 juillet 2006, la Commission est une institution publique indépendanteµ.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé un nouveau site Web pour les enseignants du programme « Explorons le droit humanitaire » (EDH), qui vise à familiariser les élèves de l’enseignement secondaire aux règles de base et aux principes fondamentaux du droit international humanitaire. Ce programme se caractérise par la création de ce nouveau site Web, intitulé « le campus virtuel du programme EDH ».
La télévision mobile personnelle suscite aujourd'hui un engouement certain. Mais, au-delà de cette belle promesse technologique, se posent des questions liées aux premiers usages réels constatés. "La télévision mobile personnelle ou chronique d’un succès annoncé", tel aurait pu être le titre de cette tribune, tant les acteurs de la chaîne de valeur de ce nouveau marché semblent persuadés que ce nouveau service va connaître une audience et une diffusion importantes en France.
Une exposition de l'ONU marquant le 13e anniversaire du génocide rwandais a été repoussée en raison d'objections turques concernant une mention du meurtre des Arméniens en Turquie pendant la Première guerre mondiale. L'expo devait ouvrir lundi en présence du secrétaire général Ban Ki-moon. La Turquie a protesté contre une phrase du texte, qui expliquait comment les meurtres d'Arméniens avaient contribué à la création du terme 'génocide'.
Environ 124.000 personnes ont quitté depuis février Mogadiscio, théâtre de violences régulières, selon les derniers chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) obtenus dimanche. Les précédents chiffres, communiqués fin mars par le HCR, faisaient état de près de 100.000 personnes ayant fui la capitale somalienne. Beaucoup manquent de tout ou presque (abri, eau, nourriture), a constaté l'AFP.
Une attaque dans l’Ouest du Soudan se serait soldée par une trentaine de morts, lundi, lorsque l’armée tchadienne aurait affronté des militaires soudanais. Après la Chine, l’Afrique du Sud tente ce mardi de convaincre le Soudan d’accepter une force hybride de soldats de l’Union africaine et des Nations Unies pour stabiliser la frontière tchado-soudanaise.
Le jeudi 29 mars, le conseil municipal de St Denis (commune de l’Ile de France, située dans le département 93) prenait officiellement la décision de donner le nom d’une future avenue à Amilcar Cabral, héros de la lutte contre la colonisation portugaise en Afrique. L’initiative voit le jour dans une ville de la périphérie parisienne, une zone urbaine dense en constante augmentation et dont la population est très métissée.
Une adolescente égyptienne a contracté le virus H5N1 de la grippe aviaire, hautement pathogène et potentiellement mortel, portant le nombre de cas humains à 34 depuis l'apparition du virus dans le pays l'année dernière, a annoncé l'agence de presse d'Etat égyptienne dimanche. La fille de 15 ans du Caire a été hospitalisée dans la capitale jeudi à cause d'une fièvre. Elle a contracté le virus par des oiseaux domestiques infectés.
Une adolescente égyptienne a contracté le virus H5N1 de la grippe aviaire, hautement pathogène et potentiellement mortel, portant le nombre de cas humains à 34 depuis l'apparition du virus dans le pays l'année dernière, a annoncé l'agence de presse d'Etat égyptienne dimanche. La fille de 15 ans du Caire a été hospitalisée dans la capitale jeudi à cause d'une fièvre. Elle a contracté le virus par des oiseaux domestiques infectés.
La coalition de partis soutenue par Boni Yayi, l'actuel président du Bénin, arrive en tête des législatives avec 35 sièges sur les 83 disponibles au parlement, d'après des résultats définitifs publiés samedi par la Cour constitutionnelle et dont quelque copies sont parvenues aux agences AFP et Reuters. Selon ces résultats définitifs, Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), une coalition d'une vingtaine de partis soutenus par M. Yayi.
Le Minsanté a présidé jeudi dernier à Yaoundé, une réunion d'information sur les mécanismes de la mise en oeuvre de la politique de gratuité des médicaments. La réunion d'information de jeudi dernier était en fait une séance de travail. Ceci afin d'imprégner les différents acteurs, principalement les médecins, sur la mise en oeuvre de la politique de gratuité des antiretroviraux (ARV) sur le terrain, surtout au niveau hospitalier.
L'Afrique veut désormais résoudre elle-même ses problèmes, y compris celui du développement humain. Faut-il donc croire que le développement humain en Afrique a connu un grand coup d'accélérateur le week-end dernier à Rabat ? On est bien tenté de le dire au vu des résultats auxquels les participants sont parvenus au terme de deux jours d'intenses travaux vendredi et samedi derniers.
Le site web « elections-mali.net » est un portail Internet créé par une société malienne pour donner l'occasion aux candidats à la présidentielle et aux législatives 2007 au Mali de battre campagne sur la toile mondiale. Le lancement officiel du site a eu lieu samedi dernier au Centre du secteur privé. Les élections présidentielle et législatives sont avant tout la rencontre d'un homme avec les citoyens.
Depuis hier, la Fondation Orange Cameroun organise à Yaoundé une formation pour ces formateurs spécialisés. Pour les formateurs et enseignants des malvoyants, " le séminaire de formateurs pour malvoyants " n'est pas de tout repos. Car il faut comprendre les techniques, apprendre à utiliser le matériel que Françoise Magna et Marie Réné Hector (malvoyante) de l'Institut national des jeunes aveugles de Paris en France, ont apporté pour les besoins de formation.
L'aménagement paysager et l'horticulture ornementale embellissent, améliorent la qualité de notre environnement et contribuent positivement au développement durable. Mais qu'en est-il quand ces espaces verts tant cherchés se trouvent abandonnés à leur propre sort ? Du nord au sud, le constat est le même. Les Marocains délaissent leurs jardins publics.
La RDC héberge, depuis des décennies, un nombre important de réfugiés angolais. Ces derniers sont, pour la plupart, installés à Kinshasa, au Katanga et dans le Bas-Congo. Le HCR vient de fermer ses antennes dans cette dernière province, pour des raisons d'ordre financier. Près de cent mille réfugiés angolais vivant dans le Bas-Congo, sont actuellement abandonnés à leur triste sort.
Les partis d'opposition du Nigeria ont prévu une réunion mercredi à Abuja, la capitale fédérale, dans le but de former un front commun contre le Parti démocratique des peuples du Nigeria (PDP) au pouvoir avant les élections de cette semaine. La réunion est organisée à la demande du candidat à la présidentielle du All Nigeria Peoples Party (NPD), Muhammadu Buhari, et regroupera les 23 autres candidats de l'opposition à la présidentielle.
Les pays riches ont consacré moins d’argent à l’Aide publique au développement (APD) en 2006 comparé à 2005. Une tendance qui inquiète les experts de l’Organisation de coopération et de développement économiques à l’origine du constat rendu public ce mardi. Il intervient alors même que les pays riches s’étaient engagés, en 2005, à doubler l’APD en direction de l’Afrique d’ici 2010.
L’Angola augmentera cette année sa production de pétrole de 1,6 million à 2 millions de barils par jour, a révélé, jeudi, le ministre des Pétroles, Desidério Costa. Le ministre des Pétroles s’exprimait lors de l’inauguration d’un champ dans les eaux profondes du Bloc 17 à quelque 135 km de la côte, qui a permis d’augmenter la production pétrolière de 1,4 million à 1,6 million de barils par jour.
L’apprentissage : un livre sur Internet, sous forme d’abécédaire, pour dire en 100 mots comment la France adopte ses enfants de migrants. Véritable "Lettres persanes" du XXIe siècle, l’initiative de la journaliste/auteur Nadia Khouri-Dagher a séduit Afrik.com qui a décidé de vous offrir deux mots par semaine. A savourer, en attendant la parution du livre courant 2007.
Face à la progression du VIH/sida, l’Afrique doit relever de nombreux défis pour démocratiser l’accès aux antirétroviraux. Cherté des thérapies, pénurie de personnel, tabous liés au virus… Autant de thèmes abordés lors de la quatrième conférence francophone VIH/sida. Un million d’Africains ont aujourd’hui accès aux antirétroviraux (ARV) au sud du Sahara. Mais les patients relevant d’un traitement sont quatre à cinq fois plus nombreux.
C’est du bidonville Sekouila, à la périphérie de Casablanca, que sont issus les deux "kamikazes"qui projetaient de commettre un attentat dans la métropole marocaine, en mars dernier. Ce quartier de misère est une école de la violence pour les jeunes. Le Maroc, aidé par l’UE, tente de réagir, mais ses projets piétinent. Dans cette ambiance, plus de 30 000 habitants, selon les chiffres officiels, vivent dans quelque 7 000 taudis.
Maurice, déjà bien connu comme destination touristique, cherche à attirer les étrangers qui souhaitent investir dans des villas de luxe ou créer des entreprises en résidant sur place. Objectif : créer de l'emploi et se procurer des devises. Jusqu’ici, une vingtaine de projets pour la construction de plus de 5 000 villas ont déjà été lancés, certains déjà concrétisés et vendus. Le gouvernement espère ainsi créer entre 10 000 et 12 000 emplois directs.
Vols de motos, crimes crapuleux, braquages, se multiplient ces derniers mois au Bénin. Peu nombreuses et sans grands moyens, les forces de l’ordre semblent débordées par des malfrats souvent mieux organisés et mieux équipés qu'elles. Les Béninois ont peur. Ces derniers mois, un sentiment d’insécurité grandissant règne à Cotonou, la métropole économique, et dans d’autres villes du pays.
Nombreux sont les Maliens qui vivent difficilement en France et aimeraient rentrer au pays. Mais ils se sentent pris au piège. Leurs familles, ignorantes de leur sort voire indifférentes, ne veulent pas entendre parler de leur retour. Reportage à Paris et Bamako. "C'est très facile de venir en France. Le plus difficile c'est de savoir comment retourner au pays." Hamidou, la quarantaine entamée, ne se fait plus d'illusions. Cela fait bientôt vingt ans qu'il est en France.
A Kisangani, des élèves des meilleures écoles de la ville se sont regroupés pour combattre la tricherie, très en vogue dans les salles de classe. Une initiative qui ne fait pas l'unanimité… "Tricher pour réussir, étudier pour comprendre"; "Nous ne trichons pas, nous collaborons…" En République démocratique du Congo, les élèves adeptes de la fraude sont sans complexes et nombreux ! Celui qui ne triche passe pour un original.
Droit séculaire pour les uns. Flux à canaliser pour les autres. La migration est perçue différemment en Afrique et en Occident. Exemples dans deux villes de transit, Agadez au Niger et Gao au Mali, où candidats à l'exil et refoulés vivent de la débrouille, en attendant de gagner un jour le Maghreb puis l'Europe. Même si elles en percevaient l'utilité, les autorités maliennes et nigériennes auraient bien du mal à surveiller seules leurs frontières.
KABISSA-FAHAMU NEWSLETTER 20
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Dans les provinces du Nord Kenya où l’illettrisme touche particulièrement les femmes, l’ignorance et la grande pauvreté contribuent à accroître la vulnérabilité des populations au VIH/SIDA, ont noté des agents de santé. Le nombre de personnes séropositives dans les quatre districts de Garissa, Mandera, Wajir et d’Ijara était passé à 20 000 et avait doublé en l’espace de deux ans, la plupart des personnes infectées étant des femmes.
Des milliers de femmes ont récemment organisé une marche dans les principales artères de Freetown, la capitale sierra léonaise, pour dénoncer les violences sexuelles. Cette marche, qui s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle initiative visant à mettre fin aux violences faites aux femmes, a vu également la participation de jeunes filles âgées parfois d’à peine dix ans, et a bloqué la circulation dans de nombreux quartiers de la ville.
Machozi est une jeune femme séropositive, originaire de la République démocratique du Congo, réfugiée en Zambie pour échapper au conflit dans son pays. Son état de santé s’est dégradé et sa numération des lymphocytes CD4 (un test permettant de déterminer l’état du système immunitaire) est de 124. Aussi, son médecin lui a conseillé de commencer un traitement antirétroviral (ART), mais Machozi l’a informé de sa décision de retourner en RDC.
L’attaque lancée le week-end dernier contre deux villages de l’Est du Tchad a été la plus meurtrière des six derniers mois, mais les humanitaires craignent des représailles plus graves qui pourraient provoquer l’exode de milliers d’autres personnes. « Il n’y a pas eu d’attaques d’une telle envergure depuis octobre 2006 », a déclaré mercredi Matthew Conway, porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Un collectif d’ONG espagnoles a déposé une plainte contre le gouvernement de Madrid, l’accusant d’avoir créé en Mauritanie un « petit Guantanamo » où sont internés des immigrants clandestins asiatiques et africains, a appris jeudi APA de source autorisée. Dans leur plainte, qui vient d’être déposée devant le ministère public, le collectif d’Ong assure que les autorités espagnoles ont violé la Convention Internationale sur la Recherche et le sauvetage maritime.
Un groupe d’enfants camerounais, allemands, suisses et congolais (RDC), vont planter quelque 1000 arbres, du 9 au 16 avril dans un camp de reforestation international à Mbalmayo, à une cinquantaine de kilomètres de Yaoundé. Organisé par le Centre pour l’environnement et le développement (CED), ce camp forestier est une composante de la campagne Kids for Forests de l’organisation non gouvernementale (ONG) Greenpeace.
Le ministère sénégalais de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’application de la parité homme/femme pour l’établissement des listes électorales, en vue des élections législatives du 3 juin 2007, invoquant un « recours » introduit auprès du Conseil d’Etat par le Parti socialiste (PS, opposition) contre cette mesure votée il y a une semaine par le parlement. « Le respect de cette loi n’est plus une condition de recevabilité, du fait du caractère suspensif de ce recours ».
Environ huit millions d'adultes au Kenya soit 40% de la population âgée de plus de 15 ans sont analphabètes, révèlent les conclusions d'une enquête nationale rendue publique jeudi à Nairobi. Le rapport indique que 60% des adultes analphabètes sont des femmes. Ceci traduit un bon significatif par rapport au recensement national de 1999, qui montrait que 4,2 millions d'adultes kenyans n'ont pas fait l'école primaire.
Bien qu'elle ait déjà payé un lourd tribut pour assurer les opérations de maintien de la paix dans plusieurs endroits d'Afrique en proie à des troubles, l'Union Africaine (UA) a déclaré jeudi la nécessité de renforcer, avec six bataillons, sa force présente dans la région du Darfour située à l'ouest du Soudan. Cette décision, prise par le Conseil de paix et de sécurité(CPS) de l'UA, a été motivée par l'augmentation des attaques contre les troupes de la Mission de l'UA au Soudan (AMIS)
Les Etats-Unis arrêteraient et emprisonneraient des centaines de personnes sur le territoire éthiopien. C’est ce qu’a révélé hier l’ Associated Press, dont l’enquête sur le terrain a abouti à la découverte de plusieurs prisons américaines secrètes protégées par le régime d’Addis Abeba. Ces centres de détention feraient partie de la vaste offensive menée par Washington contre Al Qaïda dans la Corne de l’Afrique avec le soutien de l’Ethiopie.
Hier, Grace Droba a failli être expulsée vers son pays d’origine, le Centrafrique. Selon les autorités, elle est restée au centre de rétention de l’aéroport de Lyon après avoir refusé d’embarquer à bord de l’avion censée la rapatrier. La version de son avocat, Maitre François-Xavier Matsunga, diffère : la jeune femme, sans passeport et sans laisser passer centrafricain, aurait été refusée à bord par le commandant de ligne.
Le succès des efforts du continent africain visant l'instauration d'une éducation de base universelle et obligatoire a, chose étrange, mis à jour un nouvel enjeu encore plus important pour l'enseignement secondaire. Les pays africains peinent à réaliser l'éducation primaire pour tous (EFA) d'ici l'année 2015 mais le taux d'inscription scolaire a connu une progression notable, en passant de 73%, en 1990, à 93% en 2004.
"L'ingérence partisane" du gouvernement dans le processus électoral et son refus de régler la question de la violence politique pourraient entacher les élections générales prévues au Nigeria les 14 et 21 avril prochains, a averti "Human Rights Watch" (HRW), un organisme basé à New York, dans une déclaration publiée mercredi à Lagos. La déclaration a aussi exhorté le gouvernement à respecter les décisions juridiques qui ont réfuté la disqualification de certains candidats présidentiels.
Interrogé au micro de RTL, Yannick Noah a déclaré soutenir la candidature de Ségolène Royal pour l’élection présidentielle 2007. Le chanteur justifie ce choix politique en faveur du Parti Socialiste : pour lui, pour tous les travailleurs immigrés, pour tous les gens qui sont obligés au quotidien de prouver qu'ils sont Français, même pour ceux qui sont nés en France, comme lui. Il a ajouté que ce vote était une évidence pour lui, et qu’il serait extrêmement déçu si Nicolas Sarkozy était élu.
La République démocratique du Congo abrite la deuxième forêt tropicale primaire de la planète, avec 86 millions d’hectares dont près de 60 potentiellement exploitables. Un enjeu écologique et économique majeur que Kinshasa veut mieux contrôler. Entre le gouvernement et les gouvernorats de province, c’est la forêt qui a allumé l’incendie... Les autorités provinciales sont déniées du pouvoir de prendre des décisions en ce qui concerne l’exportation du bois.
Une manifestation de protestation contre l’assassinat dans la nuit de samedi à dimanche de Ibrahima Sylla, étudiant guinéen de 28 ans, a lieu ce vendredi à Marseille (sud de la France). Elle est organisée par la Coordination des associations guinéennes en France (CAGF). Le corps de Ibrahima Sylla a été découvert dimanche matin, à moitié calciné, près de la cité universitaire de Liminy, dans un quartier Sud de Marseille.
Dans un discours récemment prononcé lors du 50ème Anniversaire de la Première Conférence Internationale des Ecrivains & Artistes Noirs à Paris, Wole Soyinka a lancé une mise en garde contre la négligence de ceux qui demeurent silencieux envers les crimes contre l’humanité à Darfour: «Comme les armées de l’Etat soudanais s’amassent pour le dernier massacre de son plan d’extermination raciale déterminé depuis longtemps, cet avenir va vous stigmatiser tout un chacun, vous appellera collaborateurs et complices si vous abandonnez les gens de Darfour à ce sort terrible, un sort qui, de manière aveuglante, traîne son nom au travers des sables et montagnes suppliantes de Darfour- Génocide ! »
N’est-ce pas ici, sur ce même sol français, dans cette nation fière de sa culture qui parfois apparaît comme renfermer la notion - même de civilisation avec tout ce qui est uniquement français, qu’un combattant culturel a une fois mené sa lutte il y a quelques années ? Sa mission était d’arrêter la marée d’un néo-barbarisme qui, pour les Français, est synonyme de tout ce qui est américain. Perdue sur ce protecteur de pureté culturelle française se trouvait une pensée qui doit avoir chatouillé la mémoire collective des anciennes colonies françaises : la macdonalisation ou la disneyisation du paysage urbain français était une justice poétique dans un jeu inverse de l’histoire. Les Macdonalds étaient arrivés d’une ancienne colonie d’une autre puissance européenne pour défier l’hermétisme culturel d’un ancien colonisateur.
Les circonstances, et l’action directe de la réponse de bulldozer différaient en quelque sorte de la stratégie qu’avaient adoptée le poète et homme d’Etat Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Léon Damas, Diop, René Depestre et d’autres militants culturels-en vue d’adopter la propre expression de Senghor - dans leur propre temps.
Ils protestaient également – étant juste sur le terrain - même de leurs colonisateurs, et en tant que protagonistes d’une civilisation se trouvant à distance – contre l’ascendance des autres en ce qui concerne leurs propres cultures et civilisations. Leur préoccupation était, bien entendu, une protestation à grande échelle, initiée au sein du camp ennemi, contre le dialogue inégal entre la France et ses possessions, un dialogue qui avait tourné l’esprit africain en un pur et simple réceptacle culturel de la France, le collant à l’identité et aux valeurs européennes. Ainsi, la Négritude - pour lui donner son nom - fut contrainte de commencer par une stratégie apparemment séparatiste, celle qui a repris une matrice culturelle africaine en contradistinction avec celle de l’Europe.
L’implication de ceci, sur le plan superficiel, était que les tenants de la Négritude ont commencé avec une proposition de deux cultures distinctes, parallèles, deux monologues - l’une, celle de l’Europe, l’autre, noire africaine. C’était, en langage cru, une stratégie de battre le feu par le feu. Ceux ou celles qui se rappellent de la phase du nationalisme noir aux Etats-Unis et en Afrique du Sud sous l’Apartheid - Back to Africa (Retour en Afrique), Black is Beautiful (Le Noir est Joli), Black Consciousness (Prise de Conscience Noire) etc. - pourront facilement reconnaître en la Négritude l’héritier et le précurseur d’une tradition qui est née du déplacement, de la domination et de la dépossession. Sa stratégie a provoqué des accusations de contre racisme en provenance de la pensée des blancs - formulées peut-être bénignement par Jean-Paul Sartre comme –racisme anti-raciste.
Tout le discours racial existant - toutes les propositions et projets contemporains de séparatisme culturel étaient également bénins, et même, dans le cas présent, propices à l’harmonisation de la race humaine. Car même cette assurance séparatiste était finalement guidée vers le prédicat de convergence avec les autres. Cette vision optimiste, l’insémination mutuelle des cultures, sous l’historicisme inlassable de Léopold Sédar Senghor, s’est élargie pour embrasser le monde arabe et ses réalités, ce à quoi il a donné le nom –Arabite. Ce fut l’annonciation culminante de ce qui résulterait inexorablement - dans la formulation de Senghor- en tant que l’Equilibre de l’Humanisme du Vingtième Siècle, la civilisation l’universel.
Ce serait plus que suffisant, à mon avis, si notre rassemblement aujourd’hui ne réalisait rien de plus qu’une mention de cet optimisme, une réunion d’esprits, une célébration d’identité et d’origine, et une ouverture de la mémoire collective pour interrogation, pour déterminer ce dont on doit se débarrasser, et ce qui doit être renforcé en tant qu’une contribution raciale à la recherche de l’universel. Cela resterait toujours profondément suffisant si nous n’avions que seulement répondu à l’impulsion humaine vers la célébration, en nous taillant une brève pause pour nous-mêmes, des exigences cinglantes d’un monde de plus en plus instable, ses côtés négatifs, ses saisons de crainte et de menace, simplement pour se prélasser, pendant deux ou trois jours dans la bravoure d’une initiative de 50 ans qui cherchait à ôter de ses limites racistes un monde fermé, impérial et agressif.
Ce serait suffisant de célébrer ce moment, il y a cinquante ans, quand les citoyens du continent de dédain, et leurs frères et sœurs de la Diaspora ont rejoint les esprits pour démolir les doctrines sur lesquelles la mission de colonialisme fut soulevée, et défier les écritures - tant religieuses que philosophiques - dont l’autorité de commerce inhumain en chaire noire - arabe et européenne - avait été justifiée. La célébration pourrait choisir de se limiter à l’euphorie de cet événement, mais celle qui pourrait aussi être suivie de sobriété du « matin suivant » lorsque la réflexion prend le dessus, et les convocations expressives ou implicites de l’occasion commencent à resurgir, enjoignant une replanification de l’avenir, un repositionnement d’attitudes, un remplacement de la complaisance par le réengagement, troublant sa paix d’esprit par les convocations d’un impératif familier: une tâche qui demeure non - finie, même après cinquante ans.
La perspective - même d’une telle réunion, même avant l’événement, pourrait cependant avoir provoqué un état d’alerte aux réalités courantes, thématiquement contingentes, réalités qui exposent les provocations - même qui n’ont, en aucun cas, créé la nécessité de ce rassemblement initial, sur et au-delà de la simple volonté d’une rencontre d’esprits. Les réalités qui rendent le bulldozer presque un acte bienveillant, puisque cet agent d’éradication culturelle a depuis cédé le passage aux camions blindés, à la lance-flammes, à l’avion mitrailleur et à la bombe de fragmentation.
Les réalités où- pour ramener tout au présent- un Etat supposé être moderne, avec son armement massif de coercition, a remplacé le franc-tireur local, agit en toute confiance du contrôle de ses propres frontières, et dans un projet d’altération de la démographie d’un espace humanisé, son histoire, le caractère unique de sa culture-en peu de mots, un projet d’éradication de son humanité prospère.
Même pendant que nous parlons, même au moment où le monde est distrait par d’autres zones du globe où la situation est chaude, un tel projet est en train de se dérouler sur le continent noir, avec la complicité passive de ce continent.
Ceux qui ont eu le privilège douteux de lire les manifestes de la pointe d’une politique étatique de nettoyage ethnique, les Janjaweed soudanais, un programme prononcé, sans ambiguïté, comme l’arabisation de la nation soudanaise -vont sûrement se tordre devant le langage nu de l’incitation raciale, ses prétentions de supériorité raciale, complétées par le langage de la haine et du dédain pour l’autochtone africain. Ce n’est pas précisément ce que Senghor avait à l’esprit quand il a embarqué sur sa fraternelle annonciation de l’arabite et sa proposition d’une collaboration nord-sud, négro-arabe entre cultures. Je ne parle même pas d’arabisme….je parle d’arabite, de cet arabite qui est le foyer irradiant des vertus de l’éternal Bedouin.
Comment Senghor, idéaliste humaniste, frissonnerait aujourd’hui devant la perversion de cette vision sur la lecture des tracts contemporains dans lesquels un Etat s’engage -à travers ses substituts- pour l’éradication de partenaires dans cette aventure optimiste, cautionne activement l’élimination de ces partenaires culturels qui, pour en rajouter à la sombre ironie, étaient des autochtones de cette terre longtemps avant l’arrivée des apôtres actuels de la suprématie raciale, une erreur pernicieuse que l’on espérait avoir été rejetée par les criminalités raciales monumentales du passé - l’esclavage arabo-européenne et le commerce de la commodité des peuples africains, par la culture de Jim Crow de la gouvernance par les foules à lyncher et des lois de la ségrégation dans le « nouveau monde brave » de la Grande Amérique, par les leçons de l’Holocauste, les atrocités de l’Afrique du Sud sous l’Apartheid, et même, si récemment, les horreurs du Rwanda.
C’est clairement l’ambition du gouvernement soudanais de battre les records de manque d’honneur, et le monde semble accepter qu’il mérite le succès, qu’il est bon et juste qu’une nation africaine joigne son nom au long catalogue d’infamie raciste. Réjouissez-vous de la sévérité et de la concision des directives contenues dans les documents authentifiés pris du quartier général d’un certain Sheik Musa Hilal, dirigeant reconnu des Janjaweed: changer la démographie de Darfour. Vider cette région de toutes les tribus africaines.
La nation qu’est le Soudan appartient à deux familles de la communauté mondiale-les Arabes et les Africains. Ces dernières sont structurées, et sont mondialement reconnues, en tant que la Ligue Arabe, et l’Union Africaine. Il est déprimant d’observer l’indifférence étudiée de l’une-la famille arabe - face à la criminalité de l’un de ses membres, une nation historiquement placée comme, suivant l’architecture culturelle de Senghor, le monde de l’Afrique du Nord Arabe représente le pont entre l’Afrique et l’Europe. La famille africaine, pour sa part, manifeste une impotence qui pousse à la honte et qui permet une nouvelle promulgation d’une histoire qui a forgé les chaînes coloniales.
Mais il y a aussi une troisième, une famille qui est à cheval sur les deux et qui est commune aux deux côtés – les Nations unies. Lorsqu’une branche déviante de cette famille de nations ignore le reste, et en effet choisit d’abandonner les normes les plus élémentaires de la décence humaine, est-il réellement justifié d’évoquer l’excuse comme quoi il y a un protocole qui exige la permission de cette entité arrogante même, celle qui, sans aucune ambiguïté, fait face à un acte d’accusation au tribunal de censure universelle, avant qu’elle n’aille secourir ses victimes abusées, violées, et traitées de façon inhumaine?
L’on trouve bizarre que cet alibi pour le manque d’action n’ait pas été invoqué devant l’intervention rigoureuse dans l’ancienne Yougoslavie, une intervention qui a non seulement délogé un régime aberrant, mais aussi supervisé le retour et la réhabilitation des populations dispersées de personnes d’ethnie albanaise et de Croates Musulmans. Si la vitesse d’éclair avec laquelle l’ONU a répondu à la dernière guerre au Moyen-Orient et à ses conséquences est expliquée par la volonté des belligérants d’accepter, au fait de demander la présence d’agents pour faire respecter la loi de la part des Nations Unies, nous demeurons toujours sans explication pour l’exemple de l’intervention au Centre de l’Europe dans le cas de la résistance vigoureuse des régimes meurtriers.
Dans quelle catégorie exactement cela laisse-t-il la situation africaine? Egaux devant les structures concernant les droits et les responsabilités au niveau de la famille, ou encore une fois, cinquante ans après la première attaque organisée contre un ordre racial, ou des orphelins marginalisés de l’histoire?
Au moment où nous parlons, l’Union Africaine se prépare à abandonner les peuples de Darfour, les laissant à la merci des adeptes de la doctrine raciale qui tuent, qui violent et qui brûlent, en retirant même ses forces de protection dont l’inefficacité est pathétique et qui, tout au moins, assurait une présence morale et un minimum de retenue. Nous parlons d’une nation où le viol en masse est donné comme un compliment à la vision de métissage culturel de Senghor. Ceci est le profil établi d’un régime qui a donné à ses pairs leurs ordres de marche, qui leur a lu la loi sur les grèves et prononcé son ultimatum, et la famille africaine a choisi d’obéir, de battre en retraite, la tête entre les jambes. La Famille Arabe, celle à laquelle appartient la première autorité morale peu importe le lieu de son membre sur le continent noir, a vigoureusement refusé d’appeler le Soudan à l’ordre, au fait elle a placé des obstacles sur la voie plutôt que des sanctions. Mais par quel droit cette personne qui parle impose-t-elle cette responsabilité morale au monde arabe?
Aucune du tout, sauf avec l’autorité des protagonistes de culture arabe eux-mêmes, concernant leurs propres prétentions historiques, tels que l’Arabiste auto-proclamé, le premier ministre soudanais, Ismail Al- Azhari, qui, en 1965, a fait la déclaration suivante:
‘Nous sommes fiers de notre origine arabe, de notre arabisme et d’être Musulmans. Les Arabes sont venus sur ce continent, en tant que pionniers, pour propager une culture authentique et promouvoir des principes qui conviennent qui ont apporté la lumière et la civilisation à travers l’Afrique au moment où l’Europe était plongée dans une abîme d’obscurité, d’ignorance, et de mouvement rétrograde en termes de doctrines et d’éducation. Ce sont nos ancêtres qui ont porté plus haut le flambeau et conduit la caravane de libération et de progrès; et ce sont eux qui ont fourni les meilleurs ingrédients aux cultures grecque, perse et indienne, en leur donnant la chance de réagir avec tout ce qui était noble au sein de la culture arabe, et de les remettre au reste du monde en tant que guides à ceux qui souhaitaient les frontières de l’apprentissage”
Cette belle déclaration,– ne vous souciez pas de ses accents hyperboliques – mais certainement une déclaration que Léopold Sédar Senghor aurait endossée comme l’hymne spirituel de l’Arabite, fut faite juste moins d’une décennie après la première rencontre des écrivains et artistes noirs du monde, forcée également par le besoin de situer adéquatement leur race et leur héritage dans un monde raciste. Les affirmations de la civilisation noire n’étaient pas moins résonantes lors de cette conférence, pas moins fières, la mission de retour à la race pas moins passionnée. Et la question que nous devons poser au gouvernement soudanais est tout simplement celle-ci: comment l’actuel manifeste des Janjaweed, les champions de l’Arabisme, ses projets d’extermination culturelle, correspond-il au manifeste d’illumination d’Al-Azhari – parmi tant d’autres ?
Examinez les contenus des affirmations reprises par les missions des Nations Unies sur la détermination des faits, examinez même les dossiers qui ont eu pour suite des actes d’accusation scellés contre des individus nommés tant au sein du gouvernement qu’au sein de l’ordre autonome des Janjaweed, les frères d’âmes des Milesovics, des Radovan Karavics, des Radkos de l’Est de l’Europe, et dites-nous si l’emblème d’illumination d’Al-Azhari n’a pas été terni par ses apôtres hitlériens.
Et la famille africaine? Je me réfère à la famille de l’idéalisme humaniste sur lequel les poètes et philosophes ont chanté ou prêché – Aime Césaire, Léon Damas, Marcelino dos Santos John Mbiti, Ogotimeli, Tierno Bokar et tous les autres. N’ont-ils pas enseigné que l’humanisme africain n’implique pas une préoccupation, et une responsabilité envers “mon voisin”? Et cette responsabilité se termine-t-elle par la puissance de l’éloquence et la commodité du compromis? Cette famille africaine, qui désire l’honneur culturel de la part de toutes les races du monde, fera l’objet de notre rencontre ici, donc pour l’instant, nous laisserons cette question en suspens: Cette famille a-t-elle fait une quelconque tentative de dénoncer ouvertement ou de rejeter ce membre rebelle?
Ce qui se passe dans des caucus privés à huis clos du soi-disant “mécanisme africain de revue par les pairs”du NEPAD et d’autres structures de restreinte tant vantées, est le confort froid de ceux qui sont violés chaque jour, qui luttent contre le vent chaud et granuleux à cause des haillons couvrant leurs derrières, le soleil impitoyable pour l’humidité, les chameaux pour les touffes sèches d’herbes, qui ont échappé à la colère des arsonistes Janjaweed. Et pendant qu’ils abandonnent leurs camps, purement et simplement par résignation, à la recherche de plus de nourriture, ne voient-ils pas les maraudeurs Janjaweed se jeter sur eux, les abattre, les violer, les laissant mutilés et dépouillés des derniers lambeaux de leur dignité innée?
Pour la famille de tous, les Nations Unies, qui, à plusieurs reprises ont été forcées d’avouer, ‘Plus Jamais’, elle continue de tenir des rencontres impotentes et de mener des débats stériles. Des actes d’accusation scellés contre les violateurs identifiés de l’humanité sont admirables, mais ils ne peuvent pas remplacer la rigueur et l’honneur de la prévention.
Il n’y a pas un seul membre de la famille onusienne qui ait exprimé son mécontentement en renvoyant les diplomates soudanais hors de ses frontières. Il n’y a pas un seul qui ait demandé que des sanctions soient universellement appliquées à la fosse d’aisance de l’impunité pénale. Pour des décennies, la Libye fut déclarée « l’intouchable » de la communauté internationale pour suspicion et / ou preuve de complicité dans des actes de terrorisme, et de cacher des terroristes au sein de ses frontières – elle a été ostracisée. D
e quelle dimension supplémentaire de terrorisme d’Etat le monde a-t-il besoin pour agir lorsqu’un gouvernement lâche ses substituts, armés jusqu’aux dents, soutenus, approvisionnés, et logistiquement rendus capables par ses propres forces et ses services de renseignement, autorisés par des mandats bien documentés de nettoyage ethnique, ses actes vus par des témoins, enregistrés et repris dans les rapports des agences - même des Nations –Unies, ses résultats ont présenté le paysage soudanais comme ayant des terrains formant des cimetières communs, des ruines de villages brûlés, des puits empoisonnés, des bétails massacrés, au milieu d’une armée gonflée de survivants mutilés, de victimes de viols en masse, de camps de réfugiés débordants et frappés par des maladies.
Les mots sont comme notre stock à vendre, et les écrivains ne tardent pas à le constater lorsqu’un mot crie haut à travers son absence et le fait de l’éviter. Maintenant quel est ce mot que les Nations Unies, encore une fois, a scrupuleusement emballé, en l’évitant stratégiquement, un responsable moral qui a conduit, l’on se rappelle très récemment, au - Rwanda? Les protocoles sont clairs. La reconnaissance d’une certaine dimension de criminalité contre un peuple, sa culture, contre l’existence - même du peuple de Darfour, force les Nations Unies d’agir. Mais non, Darfour n’est pas au coeur de l’Europe.
Ce n’est pas le coeur du Liban ou les frontières d’Israël. Il est situé dans la terre du dédain, reconnu uniquement comme le domicile de l’envie et, par occasion,– des ressources matérielles très recherchées. Donc, qu’est-ce au juste ce mot qui accuse, condamne, et ne sera pas réduit au silence? Quel est ce mot pour lequel tant de substituts sont amassés, bien que dérobé de l’impératif inexorable, dans les corridors et les chambres des Nations Unies?
En tant qu’écrivains, nous ne pouvons pas cesser de reconnaître et d’embrasser notre mission de témoigner et de tendre des pièges aux esprits évasifs. Ceux qui sont vivants aujourd’hui pour être témoins de cette perfidie renouvelée, et leurs successeurs vivants ou non - encore nés pour ce qui est de la mission d’avertir et de témoigner, ne vont pas oublier. Permettez que les mots, tout au moins, soient mobilisés vers l’accomplissement des responsabilités de ceux qui sont chargés de la protection des faibles et des sans défense, ceux qui sont temporellement désavantagés, permettez qu’ils persistent en vous disant, tous ceux qui tiennent les premiers contrôles de la direction de l’avenir du continent, que cet avenir ne va pas oublier, ni ne pardonnera pas.
Au moment où les armées de l’Etat soudanais s’amassent pour le dernier massacre de son plan d’extermination raciale déterminé depuis longtemps, cet avenir va vous stigmatiser tout un chacun, vous appellera collaborateurs et complices si vous abandonnez les gens de Darfour à ce sort terrible, un sort qui, aveuglement, traîne son nom au travers des sables et des montagnes suppliants de Darfour – Génocide!
• Le présent document du Professeur Wole Soyinka fut présenté lors du 50ème Anniversaire de la 1ère Conférence Internationale des Ecrivains & Artistes Noirs - Paris, du 19 au 22 septembre 2006. Il est reproduit ici avec l’autorisation de l’auteur. Il a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° : 273.
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Muhammad Yunus est le fondateur de Grameen Bank qui a promu les microcrédits pour des millions, des prêts aux femmes trop pauvres pour remplir les conditions traditionnelles de prêts auprès des banques. Il est le Prix Nobel de la Paix 2006 pour “…des efforts en vue de créer un développement économique et social à partir d’en- bas”. Mais il y a plus de battage que de substance, indique Patrick Bond, derrière la prétention selon laquelle les programmes microcrédit ont été efficaces dans l’allègement de la pauvreté. Il y a un tas de preuves pour défier les allégations des prétendus bénéfices des programmes microcrédit.
Quelle sorte d’idéologue dogmatique à libre marché utiliserait-il la volonté des gens pauvres (souvent socialement organisés) pour le crédit afin de justifier l’affaiblissement des politiques de bien-être déjà en difficulté des Etats misérables du Tiers-Monde?
Considérons cette revendication outrée: ‘Je crois que le « gouvernement, » tel que nous le connaissons aujourd’hui, devrait se retirer de la plupart des choses à l’exception de l’application de la loi et la justice, la défense nationale et la politique étrangère, et laisser le secteur privé, un “ secteur privé grameenisé”, un secteur privé dirigé par la conscience sociale, prendre en charge les autres rôles.’
Grameen est la « banque des sans –souliers » du Bangladesh qui est spécialisée dans l’octroi de prêts aux femmes à faibles revenus. Et l’économiste formé par Vanderbilt University qui a fait cette déclaration, Muhammad Yunus (dans son autobiographie intitulée « Banker to the Poor), a juste gagné le Prix Nobel de la Paix.
Yunus a immédiatement annoncé à une conférence de presse de Dhaka: ‘Maintenant la guerre contre la pauvreté sera davantage intensifiée à travers le monde. Elle consolidera la lutte contre la pauvreté à travers les microcrédits dans la plupart des pays.’
Pourtant cette tentative apparemment bénigne, qui date de trois décennies, d’encourager l’entreprenariat parmi les femmes frappées par la pauvreté, a attiré des critiques intenses tant à la base que chez les professionnels.
Sans surprise, la presse des entreprises aime Yunus, à peu près autant que l’aiment Bill et Hillary Clinton. Le journal « The Financial Times » a fait le présent argument, qui n’est appuyé par aucune recherche évidente: ‘La microfinance a joué un rôle central dans le succès du Bangladesh à réduire la pauvreté de presque 10 pour cent pendant les cinq dernières années, à 40%, un taux qui place le Bangladesh en ordre pour réaliser les Objectifs de Développement du Millénaire consistant à réduire de moitié la pauvreté d’ici l’an 2015.’ Bien plus, ‘Le modèle d’affaires de Grameen est impoliment malade.’
Le journal « The Wall Street Journal » a placé le portrait de Yunus sur sa première page il y a cinq ans: ‘Pour beaucoup, Grameen prouve que le capitalisme peut marcher tant pour le pauvre que pour le riche,’ ayant « aidé à inspirer des gens estimés à 7.000 appelés microlenders avec 25 millions de clients pauvres dans le monde entier.’
Pourtant en voyant de plus près, les reporters du journal – dont feu Daniel Pearl (qui fut follement décapité par des extrémistes Musulmans) – ont concédé la prévalence de la comptabilité du style Enron. Un cinquième des prêts de la banque en fin 2001 avaient dépassé leur échéance de plus d’une année: ‘Grameen serait en train d’accuser des pertes aiguës si la banque suivait les pratiques de comptabilité recommandées par les institutions qui aident à financer les microlenders à travers des prêts à faible intérêt et les investissements privés.’
Une astuce typique de Grameen est de reprogrammer les prêts à court terme qui sont non-remboursés pour plus de deux ans, au lieu de les effacer, laissant les débiteurs accumuler les intérêts à travers de nouveaux prêts tout simplement pour faire rêver qu’un jour on va rembourser les anciens prêts.
Même les techniques de pression extrêmes – tel qu’enlever les tôles des toits des maisons des femmes délinquantes, selon le reportage du Journal – n’ont pas amélioré les taux de remboursement dans la plupart des zones les plus cruciales, où Grameen avait auparavant gagné sa réputation mondiale parmi les néoliberaux qui considèrent le crédit et l’ entreprenariat comme les prérequis du développement.
A ce niveau, même l’industrie de la microfinance « qui est pleine de gens peu crédibles » s’est sentie trahie: ‘Grameen Bank avait été inactive, et plus probablement au pire, menteuse dans ses rapports sur sa performance financière’, a écrit le leader des promoteurs de la microfinance J. D. Von Pischke de la Banque Mondiale en réaction aux révélations de WSJ. ‘La plupart d’entre nous dans le commerce avions probablement soupçonné depuis longtemps que quelque chose était louche.’
Ross Croulet de la Banque Africaine de Développement en convient: ‘Moi – même j’ai soupçonné pendant longtemps la véritable situation de Grameen si souvent déguisée par le statut de star du Dr. Yunus sur le plan mondial.’
Plusieurs années auparavant, Yunus ne recevait pas le gros de son soutien international de la part des bailleurs de fonds, qu’on dit être de 5 million de dollars par an, qui avait jusque-là réduit le taux d’intérêt dont il avait besoin pour taxer les débiteurs et pourtant avoir un profit. Grameen était devenu ‘durable,’ auto-financé, avec des coûts entièrement supportés par les débiteurs.
Il s’était aussi battu contre les attitudes patriarcales et religieuses rétrogrades au Bangladesh, et son grand travail élargissait le crédit à des millions de gens. Le secret était que les femmes pauvres sont typiquement organisées dans des groupes de cinq: deux recevaient la première tranche du crédit, laissant les trois autres servir de « chasseurs » devant harceler pour le remboursement, afin qu’à leur tour elles puissent recevoir les prêts suivants.
Mais au moment de nouveaux concurrents, les mauvaises conditions climatiques (spécialement les inondations de 1998) et la réaction brutale des débiteurs qui ont recouru à la puissance collective de non - paiement, Grameen a imposé des augmentations dramatiques au niveau des prix de remboursement de crédits. Et c’est ici que la principale position philosophique de Grameen Bank – ‘Nous considérons le crédit comme un droit humain’ – était réduit simplement à un argument pour l’accès, et non la capacité de l’aborder.
A cet égard, Yunus est entièrement différent de tous les mouvements sociaux basés sur les droits humains qui ont réclamé ‘les droits’ dans le sens d’accès libre aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à la terre, à l’eau, à l’électricité et à d’autres choses du genre.
‘Les microcrédits sont un cas presque parfait d’un phénomène qui en est arrivé à être en grande partie caractéristique de l’assistance au développement – un écart qui s’élargit entre la réalité et la propagande,’ soutient le consultant de la microfinance Thomas Dichter qui travaille à la publication de SA Institute for International Affairs, ‘Hype and Hope: The Worrisome State of the Microcredit Movement’ (Battage et Espoir : La Situation Terrifiante du Mouvement des Microcredits): ‘Le gros de l’Afrique offre un cadre stérile pour emprunter uniquement vu que les seuls clients disponibles aux pauvres sont les autres personnes très pauvres. Dans de tels contextes économiques stériles, les gens de la base sont par définition ceux qui ont le plus besoin de crédit, mais qui peuvent en faire le moins possible.’
Dichter continue, ‘En partie à cause de ce qui a été judicieusement appelé « évangile de la microfinance », la perspective de véritables intérêts des microcrédits mis à la disposition des entreprises solides est devenue moins probable. Ceci c’est parce que ceux qui peuvent réellement modifier les choses par un petit prêt ne sont pas les plus pauvres parmi les démunis… Une imitation supplémentaire est que beaucoup de clients de microcrédits sont réduits au comportement de “copieurs”, tout le monde vendant la même chose, et de plus en plus de vendeurs saturant le marché au fur et mesure que les microcrédits deviennent disponibles. Dans ce sens, l’expansion des microcrédits peut en réalité faire baisser les revenus.’
Qu’en est-il de l’impact de Yunus dans son milieu natal? Au Bangladesh, selon Dichter, ‘Les microcrédits sont tellement une intervention si commune en développement que beaucoup de gens empruntent d’un projet pour rembourser dans un autre. Dans ce cadre, même si une femme qui a pris le crédit augmente ses quantités vendues de 100% disons de 10 régimes de bananes à 20, elle reste limitée par son incapacité d’augmenter la valeur à ce qu’elle vend, limitée par ses propres aptitudes qui sont basses, et la structure de copieur qui a presque toujours prévalu à l’autre bout du secteur informel.’
Même si critiquer Grameen ‘est toujours une opinion de la minorité’ et que Yunus a accompli des ‘miracles’ en faisant rouler le crédit vers les masses, selon Munir Quddus, qui est président du Département d’Economie et de Finances à l’université de Southern Indiana, la publicité nécessite plus d’enquêtes que le comité qui lui a donné le Prix Nobel ne semble avoir faites: ‘La nature – même de créer des groupes laisse dehors les gens réellement pauvres qui seraient perçues par leurs camarades membres comme n’ayant pas l’habileté de générer le revenu et ainsi à haut risque.’
Quddus poursuit: ‘D’autres ont souligné que les micro-crédits approfondissent tout simplement l’exploitation des femmes puisque les taux d’intérêt que taxe la banque en réalité [après l’inflation] sont assez élevés; par conséquent, le crédit empire souvent la situation de dette et donne même aux maris plus d’influence.’
Gagner de l’influence auprès de femmes – au lieu de leur donner une libération économique – est une accusation familière. En 1995, le magazine New Internationalist a enquêté sur Yunus concernant les 16 ‘résolutions’ qu’il exigeait à ses débiteurs d’accepter, y compris ‘des familles plus petites’.
Quand New Internationalist a suggéré cette emprise sur le « contrôle de la population’, Yunus a répliqué, ‘Non, il est très aisé de convaincre les gens d’avoir moins d’enfants. Maintenant que les femmes gagnent aussi de l’argent, avoir plus d’enfants signifie qu’on perd de l’argent.’
Dans l’esprit de rendre commode tout, Yunus a créé des liens avec Monsanto pour promouvoir la biotechnologie et les produits agrochimiques en 1998, ce qui, rapporte le New Internationalist, ‘fut annulé suite à la pression du public.’
Comme l’a reporté Sarah Blackstock dans le même magazine l’année suivante: ‘Loin de leurs foyers, des maris et des ONG qui leur accordent des crédits, les femmes se sentent à l’aise pour dire ce qu’on ne peut pas mentionner au Bangladesh – les microcrédits ne sont pas tout ce qu’on fait croire qu’ils sont… Ce qui a réellement vendu les microcrédits ce sont les aptitudes d’éloquence de Yunus qui sait cajoler.’
Mais cette aptitude, explique Blackstock, permet à Yunus et à ses plus grands imitateurs d’ « attribuer la pauvreté au manque d’inspiration et de la dépolitiser en refusant de voir ses causes. Les propagandistes du microcrédit sont toujours les premiers à défendre que les personnes pauvres ont besoin d’être capable de s’aider elles-mêmes. Le genre de microcrédít qu’ils promeuvent ne consiste pas réellement à gagner le contrôle, mais à assurer les bénéficiaires-clés du capitalisme mondial qu’ils ne sont pas forcés de prendre une quelconque responsabilité pour ce qui est de la pauvreté.’
Même si je n’ai jamais été au Bangladesh et que je n’ai discuté de ces problèmes avec Yunus qu’une seule fois (il y a plus d’une décennie quand j’ai visité Johannesburg), le système astucieux de la microfinance a certainement causé des dégâts en Afrique australe.
Par exemple, en 1998, quand la crise des marchés en émergence a augmenté les taux d’intérêt à travers le Tiers - Monde, une augmentation de 7% imposée pendant deux semaines alors que la monnaie locale perdait sensiblement la valeur a conduit à la faillite beaucoup de Sud - Africains qui avaient des prêts ainsi que leurs créanciers.
La personnalité la plus visible sur le plan local et qui défend les microcrédits est la Première Dame Zanele Mbeki. Mais son projet Womens Development Banking (projet de banque de développement des Femmes) a non seulement financé les femmes rurales, selon la compagnie pétrolière BP, un supporter. Il a aussi fait des ‘investissements dans le domaine des affaires de haute croissance’ telles que Ceasars Gauteng et ‘Siza Water Company, la première compagnie d’eau à être privatisée’ au KwaZulu-Natal – les deux étant, on peut en discuter, des contre-exemples d’éradication de la pauvreté.
Au Zimbabwe, voisin immédiat, un torrent de 66 millions de dollars EU de financement de la Banque Mondiale dans les années 1980 (au lieu des réformes foncières) a revigoré un secteur de microcrédit rural initié sous le régime raciste de la Rhodésie à la fin des années 1940. Le programme de la Banque a finalement atteint 94.000 foyers. Mais sur l’étendue d’une décennie, le résultat fut le taux de défaillance ou d’insolvabilité de 80% chez les paysans dans les « zones communales » (l’équivalent des Bantustans dans le contexte de l’apartheid) .
La capacité de remboursement était un facteur majeur, puisque les frais généraux du bénéficiaire de crédit typique et les dépenses liées à la collecte représentaient de 15 à 22 % du montant pour un petit prêt, y compris l’inclusion d’un taux de défaillance de 4 %. Au Zimbabwe, le remboursement de prêt même juste de quelques centaines de dollars EU représentait des fardeaux énormes lorsque, selon l’une des enquêtes du Ministère de l’agriculture en 1989, le profit net des cultures par heure de travail était juste de 0,15 dollar.
L’étude détaillée de Michael Drinkwater du Centre du Zimbabwe a montré que l’amélioration de l’accès des fermiers au crédit a placé beaucoup d’entre eux dans de sérieuses difficultés » rendues complexes par « un lancement trop zélé d’un programme de crédits pour groupes » et la viabilité douteuse des offres d’engrais à coûts élevé » qui ne sont pas appropriés pour un climat irrégulier. L’accroissement de l’utilisation du crédit signifie que les fermiers ont davantage à vendre pour rester solvables…Au niveau du ménage, ce sont communément des dettes et non des profits qui sont en hausse. »
Pour affronter la crise, la Banque Mondiale a, en 1991, promu même davantage, mais sans y parvenir, le crédit de groupes de type Grameen, bien qu’avec l’avertissement comme quoi l’expérience du Zimbabwe jusqu’à date pour ce qui est de l’octroi de crédit aux groupes n’a pas été favorable. L’organisation des groupes est initialement chère et prend beaucoup de temps, et « des problèmes majeurs sont devenus apparents. »
Pas loin de là au Lesotho, l’anthropologue James Ferguson a étudié un rapport de la Banque Mondiale en 1975, rapport qui guidait la stratégie de développement du pays. » Dans un Pays Moins Développé ,» où l’économie monétaire est sur une base aussi précaire, il doit y avoir [selon la Banque] « un manque manifeste de crédit pour l’achat des intrants agricoles, » et il est évident que « le crédit va jouer un rôle critique dans tous les projets agricoles majeurs dans l’avenir. »
Comme l’a réfuté Ferguson, « il n’y est jamais expliqué exactement pourquoi la nécessité de crédit est aussi critique. Il est vrai que la plupart de Basotho investissent très peu dans l’agriculture probablement du fait de leur appréciation intelligente du faible potentiel et des hauts risques de l’agriculture intensive capitale au Lesotho, mais d’habitude ceci n’est pas une question d’incapacité d’obtenir les fonds pour faire un tel investissement. La plupart de familles ont accès aux gains de salaires ou à des paiements, et cet argent vient le plus communément en grands montants qui pourraient facilement être utilisés pour les intrants agricoles, mais pour la plupart du temps ils ne le sont pas. Pourtant dans l’image du « développement », la nécessité de crédit est presque un axiome. »
Le technicien ougandais de l’économie politique, Dani Nabudere a également discrédité « l’argument qui soutient que les gens pauvres du monde rural ont besoin de crédit qui leur permette d’améliorer leur productivité et modernise la production .» Pour Nabudere, ceci « doit être rejeté pour ce que c’est – un grand mensonge. »
Même au sein de la Banque Mondiale, ces leçons avaient été évidentes à cette époque. Sababathy Thillairajah a revu les programmes de crédit de la Banque pour le paysan africain en 1993 et conseillé à ses collègues : « Laissez les gens (Fichez - leur la paix !). Quand quelqu’un vient et vous demande de l’argent, la meilleure faveur que vous puissiez lui donner est de dire « non »… Nous apprenons tous à la Banque, Avant nous pensions qu’en apportant de l’argent, l’infrastructure et les institutions financières seraient construites – ce qui n’est pas fait rapidement. »
Mais pas longtemps après, Yunus s’introduisit pour aider la Banque Mondiale par un soutien idéologique, comme cela revigorait la microfinance grâce à 200 millions de dollars en tant que ligne globale de crédit orienté vers les femmes pauvres en août 1995, juste avant la conférence de Beijing sur le genre.
Le groupe Attac du mouvement de justice mondiale possède à Oslo une branche excellente qui, la semaine dernière, a publié un nouveau livre, « Economic Apartheid (L’Apartheid Economique). Ses membres m’ont relevé que Yunus était fortement soutenu par ses amis de la classe dirigeante norvégienne, y compris un ancien bureaucrate du ministère des finances et des autorités officielles de Telenor, la compagnie téléphonique du Norvège. Telenor possède 62 % de Grameenphone, qui contrôle 60 % du marché de cellulaires au Bangladesh.
Au moment où le gouvernement du centre –gauche du Norvège a un haut profil pour
avoir en partie annulé la dette illégitime du Tiers – Monde et menacé de décaisser la Banque Mondiale, les deux actions étant applaudies par les activistes locaux, les gens qui prennent ces décisions étaient conscients de ce qu’il est important que le Norvège projette la possibilité du capitalisme à face humaine.
La question est de savoir s’ils ont examiné assez rigoureusement les conflits générés par les crédits, niant ainsi la signification du Prix Nobel de la Paix – et ce pour la première fois.
* Patrick Bond est directeur du Centre pour la Société Civile à l’Université du KwaZulu-Natal. Son livre le plus récent est Looting Africa: The Economics of Exploitation (Piller l’Afrique: L’Economie de l’Exploitation), disponible auprès de Zed Books et UKZN Press.).
Cet article a d’abord paru dans l’édition anglaise de Pambazuka News n° : 275.
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Malgré les multiples scandales financiers, la mal gouvernance manifeste et la cherté de la vie sous le magistère de Me Abdoulaye Wade, il vient d’être réélu à près de 56% des suffrages dès le premier tour de l’élection présidentielle de février 2007. Le sociologue Abdoulaye Niang soutient dans cet article que voir se construire le Grand Sénégal de son rêve, tel est le sens du vote de la majorité du Grand peuple du Sénégal. A l’inverse de la majorité des analystes sénégalais, Professeur Niang défend que loin d’être mues par des considérations affectives ou morales, le vote des Sénégalais a été un acte rationel.
Introduction
Le peuple sénégalais avait à choisir le 25 Février 2007 entre 15 prétendants à la magistrature suprême. La liste des candidats à cette élection présidentielle était composée de quatre indépendants, cinq chefs de coalitions de partis et six chefs de partis. Beaucoup d’observateurs et analystes politiques avaient prédit non seulement un second tour inévitable entre le Président sortant Maître A.Wade et un des chefs de partis ou coalition de partis de l’opposition dont les plus en vue étaient Idrissa Seck, Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse, mais aussi la défaite de Maître A. Wade à l’issue ce celui-ci : cette prédiction était basée essentiellement sur la cherté de la vie, des scandales financiers, etc. Mais le peuple sénégalais en a décidé autrement en élisant Maître A.Wade dès le premier tour, avec un score qui frise les 56%.
Le peuple Sénégalais a signifié par son vote massif en faveur de Maître Wade, candidat à sa propre succession, qu’il n’était pas un peuple alimentaire exclusivement préoccupé par les besoins du ventre, mais qu’il était, au contraire, un peuple réfléchi et ambitieux, aspiré par un devenir à venir, mais à construire et dont les premières bases de sa fondation se trouvent déjà dans les réalisations de grande envergure faites durant la période post alternance par Maître A Wade.
Les résultats de l’élection présidentielle de février 2007, par leur caractère surprenant sont riches d’enseignements dans divers domaines et niveaux de réalités qu’il faut explorer.
L’opinion politico-médiatique a soumis l’esprit scientifique
Les résultats de l’élection présidentielle ont été à l’envers de ce qui était prévu par les analystes et observateurs de la chose politique, car tous avaient conclu à l’inévitabilité d’un second tour et à la victoire certaine d’un candidat de l’opposition. Et c’est le contraire, en tout, qui s’est passé. Il y a eu véritablement une insuffisance de rigueur scientifique dans la conduite de l’analyse critique par les intellectuels dont l’esprit scientifique a pu, sur une longue période après l’alternance, être piégé et pollué par une opinion médiatique et politicienne forte construite à partir d’arguments critiques, mais néanmoins tendancieuse et résolument oppositionnel.
Il y a eu une ambiance intellectuelle normative du point de vue de ses orientations qui exerçaient une certaine emprise sur les hommes de science, les prédisposant à réfléchir et à penser d’une façon déterminée sur les choses de la société d’une façon générale. Et alors ne pouvait être considéré comme un vrai intellectuel que l’intellectuel qui pensait suivant le modèle normatif imposé par l’opinion politico-médiatique, laquelle bien que procédant de la démocratie par sa dimension critique et émanant de personnes ayant une certaine hauteur de vue, n’en sont pas moins de simples opinons dont la formation a obéi à des logiques qui sont très éloignés des préoccupations et de la démarche de l’homme de science.
Au cours de la période post alternance, les médias et la politique, tous en enflure, se sont soumis la science et l’esprit scientifique pour les phagocyter, les domestiquer, les asservir aux fins de conférer une légitimité scientifique à ce qui dans ses fondements n’est en fait dans le meilleur des cas que préjugés favorables ou défavorables et dans le pire des cas simples projets manipulatoires des consciences. Que de sondages électoraux supposés être menés avec toute la rigueur scientifique requise en la ma matière, mais aussi que de résultats annoncés absolument invalidés par la réalité des urnes par la suite. C’est toute la problématique de la collusion entre média, politique et science qui se trouve posée ici.
La science en perdant son indépendance par rapport à l’opinion médiatique et à l’opinion politicienne a perdu alors aussi la chose essentielle qui fonde son identité et permet de lui attribuer la valeur la plus élevée en rigueur, en objectivité et en prévisibilité parmi toutes les formes de réflexion et de construction de pensée. C’est en gardant donc son indépendance à ces opinions là que la science et la pensée scientifique pourront se retrouver dans la bonne posture épistémologique qui leur permettront de contribuer à la formation d’une opinion qui reflète le mieux la réalité.
Et c’est seule cette posture qui peut véritablement permettre à la science et à l’homme de science de contribuer au progrès de la société en éclairant ses opinons. Mais par delà ces considérations, le caractère surprenant des résultats de l’élection présidentielle de février 2007 révèle toute la faiblesse de la recherche en sciences sociales au Sénégal, les quelles pour cette raison se trouvent dans l’incapacité manifeste de participer à l’effort de développement, en le motivant, en l’orientant, en éclairant ses dirctions.
La majorité du peuple a désiré voir se terminer les grands chantiers commencés et s’ouvrir de nouveaux
Le peuple sénégalais a choisi comme priorité pour l’action gouvernementale non pas la baisse immédiate des prix des denrées de première nécessité, mais la continuation impérieuse de l’exécution des grands chantiers du Chef de l’Etat déjà annoncés, et l’ouverture de nouveaux chantiers tout aussi ambitieux. Le vote du peuple Sénégalais indique que celui-ci dans sa grande majorité partage la vision ambitieuse de Maître Wade de faire du Sénégal, un pays émergent. Mais, il indique aussi que les entorses supposées faites à la démocratie par le régime de l’Alternance ou encore, les actes de détournement ou de corruption dont seraient coupables certains gestionnaires de la chose publique, pèsent moins lourd dans leur choix, contre toutes attentes, que les possibilités réelles pour un développement émergent qu’offre la vision du développement du Président sortant.
La démocratie dans sa forme d’expression actuelle est considérée par la majorité du peuple comme un champ de bataille politico-médiatique où tous les coups son permis entre les adversaires qui se disputent le pouvoir. Et si la majorité du peule n’a pas sanctionné les entorses supposées faits à la démocratie (les nombreuses convocations adressées par la DIC à des journalistes et des leaders politiques et qui sont des fois suivies d’enferment) par un vote de rejet du candidat Maître Wade, comme d’aucuns le pensaient et l’espéraient, c’est parce que soit elle avait compris que cette démocratie ne s’exprimait pas pour elle, soit elle avait déjà choisi son camp et souhaitait, en particulier, le renforcement du pouvoir de l’alternance contre les attaques qu’il subissait de tous côtés, espérant à tort ou à raison que ce faisant elle allait contribuer à rendre plus efficace les décisions de changement.
N’entendait-on pas dire pendant les moments les plus critiques, en opposition entre les adversaires politiques des deux camps: Gorgui, bayi leen ka mu liiggey’, c’est à dire en parlant du Président de la République sortant :« il faut que ses adversaires politiques le laissent travailler tranquillement».Ceci veut dire pour la majorité du peuple qui n’avaient d’yeux que pour les réalisations de l’alternance qui la fascinaient que ce n’est pas la démocratie qui fait réellement le développement et permet au pays de sortir concrètement de son état de sous développement, mais plutôt des réalisations concrètes, tangibles et significatives, ayant un impact durable certain sur la vie des populations. En effet, la démocratie, tout au plus ne peut-elle être, et seulement dans certaines conditions, qu’un accélérateur du processus de développement : c’est notamment le cas quand elle favorise l’éclosion des initiatives heureuses, la synergie des actions développantes, la recherche collective de l’intérêt national, la critique positive, etc.
Quoi qu’il en soit, l’expression de la démocratie au Sénégal, eu égard à la façon dont elle est perçue par la majorité du peuple, mérite d’être revue, analysée et au besoin corrigée, le but visé devant être de l’adapter à certaines exigences fondamentales : les impératifs d’un développement endogène et durable, la recherche constante d’un compromis durable pour tout conflit et la sauvegarde la cohésion nationale et de l’intérêt national. Le pacte social et le pacte républicain constituent déjà des débuts de réponse à cette interrogation sur ce que doit être la démocratie dans un pays en voie développement où le peuple et ses dirigeants se préoccupent du développement national.
La majorité du peuple a condamné l’agressivité verbale politicienne et médiatique dirigée contre Maître Wade
Le peuple sénégalais a sanctionné négativement une certaine conduite politicienne et médiatique faite de diverses formes d’agressivités verbales frisant par moment l’insolence et l’incivilité, dirigées particulièrement contre Maître Wade durant la période post alternance. Cette conduite tranche d’avec une certaine éthique collective dont les composantes essentielles s’appuient encore sur les valeurs traditionnelles cardinales de notre société : teguinn, yarr, (sérénité, discipline) etc. Certains hommes politiques de l’opposition, ainsi que certains hommes de média, qui se sont montrés particulièrement virulents contre le Président, en réaction à une situation politique ou un événement qui les interpellaient directement sont caractérisés par la conscience populaire comme des personnes yu ñiak-tegginn (c'est-à-dire des personnes qui manquent de tenue).
Un tel jugement devient une condamnation frappant les personnes concernées quand les actions qui leur sont incriminées sont fréquentes, non apparemment justifiées et s’adressent directement aux figures les plus sacrées de la société : les personnes âgées et les chefs charismatiques, notamment. Or, Maître Wade, comme par accident incarne à la fois ces deux figures sociales hautement valorisées par la culture sénégalaise. Et alors, aux yeux de la majorité du peuple, chez qui la morale doit encore se mêler de la politique pour discipliner ses expressions dans un contexte de démocratie, la compétition politique ne saurait ni autoriser, ni excuser un harcèlement moral excessif sur de telles figures, ici confondues dans un seul personnage.
La majorité du peuple, en votant pour la réélection de Maître Wade a voulu symboliquement se substituer à ce dernier et le venger politiquement contre ses détracteurs et ses adversaires considérés comme inciviles. D’ailleurs dés la sortie des premiers résultats provisoires donnés par les bureaux de vote, n’entendait-on pas dire à l’adresse des candidats qui avaient de très bas scores et qui se trouvaient être aux de la majorité du peuple les plus redoutables adversaires du Président sortant : niaaw c'est-à-dire : c’est très bien fait pour eux. De ce point de vue, le vote de la majorité du peuple en faveur de Maître Wade doit être considéré à la fois comme un acte morale et politique.
Mais il est en plus pour la majorité des sénégalais, une véritable déclaration d’opposition contre cette idée véhiculée durant des années après l’alternance par les adversaires politiques de Maître Wade âgé d’environ 80 ans et selon la quelle : « un vieillard ne peut et ne doit diriger un pays parce qu’il est un moribond». Idée à finalité stratégique dont la visée était de faire douter le peuple des capacités cognitives et de maîtrise de la situation nationale de Maître A.Wade.
Mais cette idée considérée par nombre de sénégalais comme wox bu niaw (c'est-à-dire comme de mauvaises paroles) a eu sur la majorité du peuple un effet tout à fait contraire à celui qui était attendu, car non seulement elle était massivement condamnée, mais en plus elle se trouvait à l’opposée à ce dicton populaire, à visée morale et politique, bien ancré dans la mentalité collective, comme une vérité sociale, et qui dit : mak meet na bayi ci rew, c'est-à-dire : une personne de troisième âge est bien utile à la communauté, au pays. Ici la morale politique s’est opposée à la morale sociale et cette opposition a porté préjudice dans une certaine mesure à l’opposition.
La majorité de peuple a eu davantage confiance au candidat de la coalition Sopi
L’absence de confiance aux capacités des leaders de l’opposition et autres candidats à l’élection présidentielle pour construire le Grand Sénégal du rêve de la majorité des citoyens a certainement amené celle-ci à jeter son dévolu sur le candidat Maître A. Wade, déjà accrédité de plusieurs réalisations de grande envergure durant son septennat. En fait, depuis l’alternance, le Sénégalais est habité par une nouvelle citoyenneté faite certes de la conscience qu’il peut, par son vote, peser sur le destin politique de son pays, mais aussi de rêve de grandeur pour son pays alimenté par des promesses électorales titanesques (celles de Maître Wade lors de l’élection présidentielle de février 2000) qui faisaient rêver d’aucuns, mais dont certains de ses adversaires disaient qu’elles n’étaient que des éléphants blancs, tant les projets auxquels elles renvoyaient semblaient hors de portée de la capacité et de l’intelligence des sénégalais.
C’est ce Maître A. Wade qui dans l’imaginaire de la majorité des sénégalais porte et incarne ce rêve de grandeur pour le Sénégal, ce rêve d’un Grand Sénégal, que les sénégalais dans leur majorité ont choisi en février 2007 pour occuper à nouveau la magistrature suprême. Le rêve du Grand Sénégal doit être prolongé, mais surtout réalisé par celui-la qui l’incarne le mieux : Maître A.Wade, par ses nombreuses distinctions honorifiques reçues de par le monde, ses multiples projets modernistes et ambitieux pour le Sénégal, etc., a reçu une aura qui le place nettement au dessus de beaucoup d’hommes politiques de son temps dans le monde et qui a fait grandir la confiance des sénégalais en lui, en ses capacités. Par les distinctions reçues par Maître Wade et qui attestent de la reconnaissance de ses mérites par la communauté internationale, c’est aussi le citoyen sénégalais qui gagne en valeur de par le monde, comme cela fut aussi le cas du temps du L.S. Senghor, premier Président de la République du Sénégal, dont le prestige était mondial.
Par les réalisations de Maître Wade, c’est aussi le citoyen sénégalais qui gagne en ferme croyance en la possibilité de développement de son pays : les changements rapides et bénéfiques qui caractérisent le développement sont observés quotidiennement par le citoyen qui pour la première fois fait l’expérience personnelle du développement. Celui-ci désormais sait que par la volonté politique, s’étayant sur une vision ambitieuse et réaliste et le prestige qui ouvre les portes des bailleurs de fonds, tout leader politique peut en s’appuyant sur des hommes déterminés et compétents construire le développement de son pays. L’alternance de ce point de vue apparaît alors comme une vaste pédagogie du développement.
Mais une question se pose malgré tout : comment un peuple atteint par la pauvreté dans une proportion de 60% de sa population peut-il adhérer à des projets aussi grandioses qui semblent éloignés de ses préoccupations quotidiennes de survie? Véritablement la majorité du peuple a été fascinée par l’ampleur des grands travaux et les qualités de l’homme qui incarne la vision qui leur a donné jour. Cette fascination du peuple a amené celui-ci à refouler progressivement ses pulsions les plus alimentaires, ou à tout le moins à différer le moment de leur satisfaction, et à s’élever spirituellement pour participer à la construction d’un destin national qui le dépasse, un destin de rêve, un destin d’aspiration, mais un destin devenu petit à petit accessible et auquel il croit de plus en plus.
En participant à ce grand rêve d’un Grand Sénégal à construire, le peuple a sublimé la demande sociale alimentaire, même si cette opération de sublimation peut n’être que provisoire : la demande sociale alimentaire se confond provisoirement dans une demande de Grand Sénégal à construire et ne s’inscrit plus alors de ce fait même pour sa satisfaction dans une urgence qui ne peut attendre. Sa satisfaction s’inscrit désormais dans un processus qui requiert patience et engagement du peuple, même s’il faut le dire le gouvernement a tout intérêt pour pouvoir continuer à bénéficier de la caution du peuple à alléger le plus rapidement possible les charges domestiques du citoyen.
Le peuple, en faisant sien le rêve de grandeur de Maître Wade pour le Sénégal, va développer des comportements collectifs cohérents par rapport à son engagement, mais qui soient néanmoins susceptibles d’être interprétés dans un sens opposé à celui qu’il leur donne intimement, ce qui peut tromper des analystes.
En effet, au cours des sept dernières années, le champ social était fortement agité par de nombreuses grèves de revendications accompagnées de critiques plus ou moins acerbes des leaders syndicaux contre l’Etat, surtout si ce dernier tardait à réagir dans le sens voulu. Une telle situation a pu faire penser à l’existence d’un mouvement de contestation d’opposition du front social qui allait déteindre négativement sur le comportement électoral des travailleurs concernés, lesquels allaient naturellement sanctionner Maître A. Wade lors de l’élection présidentielle. Mais, cela ne fut pas évidemment pas le cas, car Maître A. Wade contre toutes attentes a été plébiscité.
Ce paradoxe dans le comportement électoral de la majorité des Sénégalais s’explique dans le fait que les divers mouvements sociaux de contestation dans le front social exprimaient plus l’espoir que l’opposition : la contestation apparaît ici comme un appel au secours adressé à un homme, Maître A. Wade notamment, dont on a pensé à tort ou à raison qu’il était disposé et avait la capacité d’y répondre favorablement et efficacement. Ces contestations étaient donc motivées non pas par un procès d’intention avec des clichés négatifs sur la personne de Maître A.Wade, mais plutôt par un immense crédit d’intention qui les sous-tendait. D’ailleurs, le port de brassards rouges, en beaucoup de situations tensionnelles, exprimait le même sens : l’espoir et non l’opposition.
La deuxième conséquence qui découle de la situation de fusion entre Maître A. Wade et une partie importante du peuple est le rejet inconscient par celui-ci des leaders d’opinion et leaders politique dont l’action est perçue comme une entrave à la réalisation du rêve du Grand Sénégal ou comme un facteur de détérioration de l’image de Maître A. Wade. Dans l’esprit de beaucoup de Sénégalais, tous ceux qui ne portent pas le rêve du Grand Sénégal, tel que présentement incarné par Maître A. Wade, sont des empêcheurs de développement et méritent à ce titre d’être neutralisés, rejetés.
Mais, ce rejet comporte diverses modalités dont deux méritent d’être mentionnées : il y a le rejet manifesté par des signes d’engagement partisan qui sont visibles dans des comportements conséquents( ceux du militant par exemple) et il y a le rejet discret non exprimé de façon visible, parce que tout simplement, le sentiment qui le porte est refoulé dans le quotidien , l’environnement de l’individu étant peu propice à son expression , laquelle va alors être différée à ce moment ultime où il sera seul dans l’isoloir, moment où sa voix, jusque-là étouffée sera enfin audible et aura la même portée que n’importe quelle autre voix. C’est précisément ce moment là que le citoyen silencieux, effacé en politique, non écouté et anonyme, aura choisi pour enfin prendre sa revanche sur les autres, et notamment sur tous ceux qui se sont opposés à Maître A.Wade qui est sa figure d’identification.
La majorité du peuple a fait un choix de vote sur la base de considérations plus rationnelles qu’affectives ou morales
Les citoyens ont opéré un choix plutôt rationnel en plébiscitant Maître A.Wade. En effet, plusieurs faits indiquent que le choix du peuple a été plus rationnel qu’affectif ou moral, même si des considérations affectives ou morales ont pu aussi influencer leurs votes. Si l’alternance a été le moment d’aboutissement d’un long processus de recomposition mentale sanctionnée par l’émergence d’une volonté collective de rupture totale par rapport à l’ancien régime socialiste, la période post-alternance, apparaît elle, comme un temps de gestation pour la formation et la consolidation de nouveaux repères: l’alternance a détruit les anciens repères et la post-alternance ouvre une période de conquête et de construction de nouveaux repères.
Et parmi ces derniers, trois méritent d’être discutés en raison de leur rapport avec l’élection présidentielle et le choix effectué par la majorité du peuple au cours de celle-ci :
* la fermeture du citoyen à des influences électoralistes de type alimentaire, les quelles se présentent le plus souvent à travers des propos de campagne tenus par des candidats de l’opposition, du genre : le gaz, l’électricité, le riz, etc. sont chers et le seront de plus en plus si vous réélisez Maître A. Wade. Mais de tels propos n’ont pas fait mouche apparemment, même si partout les populations ont admis et déploré la cherté de la vie. Cherté qui d‘ailleurs les aura obligées pour jouir des nombreuses gratifications électoralistes, en argent ou en nature, distribuées à des fins d’achat des consciences par des candidats à l’élection présidentielle de prendre tout offre qui leur sera fait et indifféremment de la couleur politique de l’offreur.
Cependant elles resteront toujours, ou à tout le moins le plus souvent, habitées par une volonté de fidélité à leur intime choix de vote, effectué antérieurement à cette tentative d’achat de conscience. Ainsi le citoyen pourra t-il accepter de l’argent de tous les acheteurs de conscience, mais dans la solitude de l’isoloir voter selon son intime choix, comme un citoyen tout à fait libre;
* la quête par le citoyen de l’information contradictoire par tous les moyens à sa disposition : les radios, les journaux, la télévision, la bouche à oreille, l’observation directe sont autant de sources sollicitées par le citoyen afin de pouvoir progressivement construire sa propre opinion sur les choses touchant les affaires du pays et en définitive fonder ses critères de jugement, ses repères, ses convictions. Nous avons affaire à un citoyen de moins en moins pulsionnel et naïf, superficiel et affectif, et de plus en plus vigilant et surtout rationnel dans la détermination de son choix de vote.
D’ailleurs, lors de la campagne, ce sont les mêmes citoyens, dans diverses localités qui formaient l’auditoire des leaders politiques en compétition qui s’y rendaient, ce qui était la traduction de la volonté des citoyens d’aller s’informer à la source sur les programmes et projets de société des divers candidats qui briguaient la magistrature suprême, afin de pouvoir les évaluer et le moment venu faire un bilan évaluatif global ; de même dans les maisons, le journal de la campagne(qui est diffusé à la télé)était massivement suivi pour les mêmes motifs. Partout, le citoyen s’informait sur les candidats et leurs programmes ou projets de société, échangeait avec d’autres citoyens sur les mêmes questions, faisait le bilan de ses observations et informations reçues en matière de changements survenus depuis l’alternance dans son environnement proche ou lointain.
Et tout ceci donnait évidemment lieu à un climat de grande effervescence intellectuelle mettant en synergie ou en compétition des analyses et des convictions différentes : si certaines positions ont pu rester figées, d’autres par contre ont pu évoluer. La période de la campagne est apparue comme une grande école pour la formation de la conscience citoyenne et d’un choix de vote citoyen fondé sur la raison, l’intérêt bien compris du citoyen et de la nation ;
* la recherche par le citoyen du meilleur profil de candidat pour les exigences du développement auquel il aspire. Le citoyen a une certaine vision du développement et de l’intérêt national et il se met en quête du meilleur candidat pour réaliser cette vision. Et les réponses à cette quête ne sont pas stables, car elles varient et dès fois très vite même, comme c’est notamment le cas au cours des sept dernières années, si l’on en juge par la grande différence des scores enregistrés par les leaders de partis ayant brigué la magistrature suprême en 2000 et 2007 : il y a eu un grand recul pour tous, sauf pour Maître Wade.
En fait, entre ces deux dates, la conscience citoyenne et le vécu de la citoyenneté ont beaucoup évolué : la confiance en la République pour une conduite impartiale des élections et la volonté collective de sauvegarder la paix civile ont fini par prendre le dessus sur le sentiment de suspicion à l’endroit des institutions organisatrices des élections et sur l’intempérance collective pré et post électorale, comme peuvent l’attester le calme et la sérénité des citoyens partout au Sénégal dans la journée du vote du 25 février 2007 et après la proclamation des premiers résultats provisoires.
Ce qui était loin d’être le cas pour les élections passées, les quelles étaient toujours marquées par des violences fondées par la suspicion ; un intérêt accru pour les affaires de l’Etat, dû sans doute à la presse privée très dynamique qui livre des informations ciblant particulièrement les institutions et leurs dysfonctionnement, mais aussi à une plus grande écoute de l’Etat des doléances populaires, ainsi qu’à une curiosité accrue, depuis l’alternance, du peuple sur la manière dont est géré l’Etat. L'Etat de l’alternance issu de sa volonté de rupture ; un sentiment national en enflure, fait de croyance en la nécessité de défendre l’intérêt national et de préserver du Sénégal une bonne image et dont l’un des facteurs explicatifs le plus important se trouve dans cet acte républicain préventif et hautement citoyen de félicitation anticipative de Abdou Diouf, Président de la République sortant, et présumé perdant de l’élection présidentielle de février-mars 2000 au vu du cumul des premiers résultats des divers bureaux de vote, adressé à son challengeur du moment, Maître Abdoulaye Wade, présumé victorieux de cette même élection, avant même la proclamation officielle des résultats électoraux .
Cet acte d’homme plaçant l’intérêt national au dessus d’intérêts partisans a pu sauver le Sénégal d’un chaos post électoral, qui serait né de révoltes populaires de contestation suscitées par une éventuelle manipulation ultérieure des résultats tendant à les inverser. Cet acte qui a été hautement apprécié et loué de par le monde a fortement rehaussé le prestige du Sénégal et grandi celui-ci en image.
La nouvelle citoyenneté qui a émergé de l’alternance et de la période post-alternance peut se définir autour de quatre dispositions attitudinales essentielles pour le citoyen :
· Une plus grande confiance en la République et une plus grande disposition pour la préservation de la paix civile ;
· une vigilance plus soutenue et plus critique sur ce qui concerne la conduite des affaires de l’Etat ;
· une forte aspiration pour un Grand Sénégal et pour la préservation de l’intérêt national ;
· la dominance de la raison sur les sentiments en matière de choix de vote, de l’indépendance sur la servitude.
Deux de ces dispositions citoyennes ont été particulièrement favorables pour la réélection de Maître Wade. Il s’agit notamment de l’aspiration du peuple pour un Grand Sénégal et de sa plus grande confiance en la République, à l’Etat et en ses possibilités pour satisfaire ses doléances, nonobstant certains manquements décriés. Les deux dimensions dominantes de la nouvelle citoyenneté post-alternance sont en fait inspirées par deux modèles de personnalité, devenus des modèles d’identification pour une majorité de Sénégalais : Abdou Diouf et Maître A.Wade qui dans l’imaginaire du peuple incarnent l’un le juste et le sage républicain qui sauva le Sénégal d’une guerre civile postélectorale et l’autre le visionnaire et le bâtisseur qui réalisera le rêve du Grand Sénégal.
L’influence des moyens utilisés et des actions de soutien sur la réélection de Maître A. Wade
D’importants moyens ont du être déployés par le PDS pour la réélection du candidat de Sopi. Mais ces moyens, quoi que constituant un atout certain, ne sont pas déterminants dans l’issue de l’élection : en février-mars 2000 le candidat du parti socialiste qui était le parti au pouvoir avait perdu à l’élection présidentielle face à face à Maître A. Wade, candidat de la coalition Sopi qui regroupait des partis de l’opposition qui étaient peu outillés en moyens. C’est un ensemble d’effets convergents, redondants issus de facteurs différents qui contribuent à faire gagner une élection, surtout quand les champs social et politique sont complexes comme au Sénégal.
Mais pour revenir aux moyens, il faut dire que leur influence est surtout marquante dans les domaines suivants :
o la mobilisation des militants et la diffusion de l’information en leur sein : les réunions de militants, le maintien de contacts répétés avec les leaders, la diffusion de l’information militante, partout dans le pays où il en est besoin, implique la disposition et la mobilisation de moyens importants par le parti concerné ;
* la propagande tous azimuts en vue de l’élargissement de la base du parti nécessite également la mobilisation d’importants moyens en animation pour favoriser l’intégration, en déplacement ;
* les messes politiques de démonstration de force qui nécessitent la mobilisation d’importants moyens logistiques pour transporter les gens de leurs localités vers les lieux de meeting et vice versa constituent un élément très important du marketing politique à cause de son effet d’appel ou de l’influence qu’il exerce sur la mentalité politique ;
* le transport des militants de leurs lieux de résidence aux bureaux de vote et vice versa ainsi que l’assurance de leur restauration constituent une garantie de leur vote effectif en faveur du candidat du parti concerné. Et un parti doit disposer d’importants moyens financiers pour pouvoir le faire sur toute l’étendue du territoire ;
* l’envoi de représentants dans tous les bureaux de vote pour garantir la transparence du scrutin implique également la disposition pour le parti de moyens importants pour la prise en charge de cela.
* la générosité du parti ou de ses leaders à l’endroit de gens nécessiteux de leur entourage contribue à favoriser un élan de sympathie envers ceux-ci, ce qui se traduit le plus souvent un vote en faveur de leurs candidats ;
De tous les candidats en compétition pour l’élection présidentielle en 2007, seuls trois à savoir les candidats de la Coalition Sopi 2007, du Parti Socialiste et de la Coalition And Ligguey Sénégal disposent de moyens permettant à leur parti, et à des degrés divers, de satisfaire en moyens les exigences posées dans les différents domaines précités. Mais dans la hiérarchie des possibilités à satisfaire ces exigences, le candidat de la Coalition Sopi 2007 vient en tête et laisse loin derrière lui les autres candidats.
Quant aux actions de soutien pour la réélection de Maître A. Wade, elles furent nombreuses et se sont développées partout sur le territoire national, avec des niveaux d’organisation et d’emprise différents. Mais ce qu’il y a eu de nouveau par rapport au passé dans ce domaine, c’est surtout l’apparition de nouvelles formes d’action et de nouveaux acteurs caractérisés en particulier pour les unes par leur spontanéité et pour les autres par leur faible envergure d’action ou d’influence due à leur faible prestige social, leur non adhésion au PDS : le rayon de leur action est limité au cercle familial, au voisinage, etc., mais celle-ci est intense et efficace, car s’inscrivant dans un champ de rapports de proximité bien maîtrisés. De tels acteurs que l’on peut considérer comme de nouveaux grands électeurs se divisent en plusieurs catégories :
* les gratifiés du système formel composé d’un coté des salariés, retraités, étudiants et de l’autre de ministres et hauts cadres de l’Etat, lesquels ont bénéficié d’une gratification quelconque leur ayant apporté un haut niveau de satisfaction. De telles personnes, par dette de reconnaissance à l’endroit de l’initiateur de telles mesures salutaires qui se trouvent être le Président de la République développent spontanément des actions de soutien dans leur entourage immédiat en vue de sa réélection : cet entourage est d’autant plus facilement gagné à leur cause qu’elles ont pu faire preuve de générosité solidaire à son endroit, en redistribuant à son bénéfice une partie des gratifications reçues.
En particulier, l’élite composée par tous les ministres, directeurs généraux de sociétés, etc., nommés à ces fonctions dans la période post-alternance et qui ont du s’engager avec des membres de leurs familles, leurs amis dans des actions de soutien pour la réélection de Maître A.Wade, a joué un rôle non négligeable en l’avènement de celle-ci. A ce titre, les nombreux changements de ministres durant les six premières années de l’alternance et qui ont été tant dénoncés et décriés, parce que apparaissant aux yeux de beaucoup d’analystes de la chose politique comme une preuve de mauvaise gestion des affaires de l’Etat, se sont révélés comme des atouts pour la réélection de Maître Wade, en même temps qu’ils constituent pour celui-ci une réserve de cadres expérimentés dans l’exercice du pouvoir et susceptibles donc d’être réutilises à tout moment dans l’intérêt du pays;
* les électeurs communautaires, composés des personnes d’une localité qui a vu s’installer dans ses espaces de nouvelles infrastructures répondant aux besoins de leurs populations. Dans ce cas, la vue par le citoyen de chacune de ces infrastructures exerce sur lui une pression morale de soutien et de vote en faveur de la réélection de Maître Wade ;
* les électeurs d’intérêt public qui sont composés par tous les usagers du service public qui sont satisfaits des améliorations enregistrées dans ce domaine et qui par acquis de conscience citoyenne, et dans l’espoir aussi que de telles améliorations puissent aussi s’étendre plus tard dans de nombreux autres secteurs, sont engagés dans des action de soutien pour la réélection de Maître A. Wade ;
* les électeurs idéologiques qui rassemblent ceux qui partagent, dans l’essentiel, la même vision dans la conduite des affaires du pays que Maître A. Wade. Ils peuvent être des militants politiques du parti de celui-ci, mais ils ne le sont pas toujours forcément, car le lien idéologique est indifférent de l’appartenance organique à un parti. Cependant, leur patriotisme et leur aspiration pour un Sénégal émergent, développé, grâce à une action d’investissement soutenu sont manifestement partagés par tous ;
o les électeurs affectifs qui regroupent des inconditionnels du personnage et de sa vision. Ils se recrutent tant à l’intérieur du PDS qu’à l’extérieur de celui-ci ; ils sont particulièrement fascinés par le personnage qui apparaît à leurs yeux comme un démiurge, par ses qualités ou ses capacités jugées peu ordinaires;
* les électeurs transhumants constitués par tous ceux qui sont venus d’autres partis politiques rallier le PDS, en drainant à leur suite un nombre plus ou moins important de membres de leur ancien parti. Quelque soit le motif qui a pu guider à l’origine l’acte des transhumants, ceux-ci sont en général très engagés pour la réélection de Maître A. Wade : la victoire de ce dernier constitue une source de légitimation et de valorisation de leur nouvel engagement, lequel il faut le dire peut des fois traduire un changement profond dans leur foi politique.
* les électeurs chefs des partis de la coalition Sopi qui ont mobilisé leurs militants, sympathisants, parents, etc. pour faire réélire leur candidat.
Conclusion
Une grande majorité des sénégalais a voté le 25 février 2007 pour la réélection de Maître A. Wade à la tête du pays. Ni durant la campagne électorale, ni pendant le jour du scrutin ou au moment de la proclamation des résultats provisoires donnant victorieux le président sortant, il n’y eut scènes de violences collectives quelconques, ce qui est un témoignage de la maturité et du sens de responsabilité du peuple sénégalais. De ce point de vue, on peut dire que Maître A .Wade a été vraiment bien élu.
Cependant force est de constater 44,1 % des Sénégalais ont voté pour d’autres candidats et contre Maître Wade. Ce qui veut dire que leurs rêves pour un Sénégal Nouveau sont bien portés par d’autres leaders politiques. Si Sopi veut dire changer, Sellal, Jappanté liguey, tekki, (qui veulent dire : rigueur et transparence ; union pour construire le Sénégal ; être utile pour son pays) et j’en passe, qui sont les slogans phares des autres partis ou coalition de paris dont les leaders ont battu campagne, indiquent comment ce changement, dans certains de ses aspects pourraient être pensés dans l’intérêt du Sénégal. Car, chacun de ces slogans cache un diagnostic du mal dont souffre le Sénégal et des solutions supposées les mieux adaptées pour le guérir ou le soulager.
Si pour construire le Grand Sénégal il faut un grand peuple qui accepte de prendre en charge un tel projet, et ce grand peuple a déjà émergé, il faut aussi de Grands Guides d’Hommes qui acceptent, au nom de l’intérêt national, de mettre en synergie toutes leurs capacités, toutes leurs possibilités, et de s’ouvrir réciproquement à des meilleurs dispositions d’acceptation et de collaboration.
Je dis bien de Grands hommes, car même si Maître A. WADE est incontestablement un Grand Homme et un Grand Guide d’Hommes, la construction à un rythme accéléré du Grand Sénégal exige l’engagement dans cette œuvre de tous ses Grands Fils, de tous ses Grands Hommes contemporains.
L’ambition d’un Grand Sénégal habite en fait tous les Grands Fils du pays. Et il a existé dans le passé des tentatives de conceptualisation de cette ambition collective : majorité d’idées, pacte républicain, gouvernement d’union nationale, etc., témoignent de cette ambition pour un Grand Sénégal, pour un Autre Sénégal qui doit se développer dans un climat de concorde nationale, où la démocratie en tant que volonté commune de vivre ensemble, à travers la recherche constante de compromis et de synergies pour promouvoir et servir l’intérêt national et celui des citoyens sera au cœur des préoccupations de tous.
* Professeur Abdoulaye NIANG est Sociologue. Il enseigne à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Senegal). Il peut être joint à cette adresse : [email][email protected]
* Veuillez envoyer vos commentaires à [email protected] ou commentez en ligne sur www.pambazuka.org
Le gouvernement sud-africain finalise un nouveau plan contre le sida qui vise à réduire de moitié le nombre de nouveaux séropositifs et à augmenter considérablement les traitements et les services de soins au cours des cinq prochaines années, ont rapporté mardi des médias locaux. Le projet de Plan de stratégie nationale contre le sida sera sera soumis dans sa version finale au Conseil national sud-africain contre le sida d'ici la fin du mois.
Le gouvernement tanzanien envisage de porter, d'ici l'année prochaine, de 60.000 à 450.000, le nombre de personnes recevant gratuitement des antirétroviraux (ARV) dans le cadre de la lutte contre le SIDA, rapporte mardi la presse locale. L'annonce a été faite lundi par le ministre de la Santé, David Mwakyusa à l'occasion de l'inauguration d'un hôpital dans la région de Kilimanjaro (nord).
Le chef de l'Etat rwandais, Paul Kagamé, a exprimé, mercredi, sa détermination à rappeler les troupes rwandaises en mission de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) dans la région soudanaise du Darfour, en proie à un conflit meurtrier, devant la passivité de la communauté internationale. "Si la présence des troupes rwandaises au Darfour ne donne aucun résultat, je ne vois pas le but de rester dans cette région", a estimé M. Kagamé.
Le ministre malien de l'Industrie et de Commerce, Choguel Kokalla Maïga, a appelé mardi à Paris les hommes d'affaires étrangers à investir "massivement" dans l'agriculture de son pays, leur promettant des "facilités importantes". "Le développement de l'agriculture est une priorité absolue pour le Mali, pays sahélien qui cherche à assurer son autosuffisance alimentaire (...)", a-t-il affirmé.
"Mon problème ici, c’est que je me sens très seul. Je suis seul tout le temps. Je viens de loin ; personne ne me rend visite. Cela fait un an que je n’ai plus vu quelqu’un que je connais". C'est Donatien C., 14 ans, qui purge une peine de 10 ans pour viol, prison de Gitega (Burundi), qui parle ainsi le 23 mai 2006. Un rapport de Human Rights Watch examine la violation des droits des enfants en détention...
Mme Sidibé Aminata Diallo, universitaire malienne et présidente d'un petit parti, le Rassemblement pour l'éducation à l'environnement et au développement durable (REDD), a été investie lundi par son parti candidate à l'élection présidentielle dont le premier tour est prévu le 29 avril prochain a appris mardi la PANA, auprès de la direction de ce parti.
Le tribunal criminel du Libéria a accordé mardi à Monrovia une liberté sous caution à l'ancien président du Liberia, Gyude Bryant, accusé de corruption. Un des avocats de M. Bryant a déclaré à la presse que son client était accusé d'avoir volé plus d'un million de dollars américains quand il dirigeait le Liberia pendant la transition, d'octobre 2003 à janvier 2006.
Un total de 84 immigrants illégaux africains ont débarqué dans la nuit de mardi à mercredi aux Canaries, portant à 1.400 le nombre de clandestins arrivés sur l'archipel espagnol depuis le début de l'année. Les 84 immigrants, dont une femme et au moins deux mineurs, sont arrivés à 00H40 GMT à bord d'une même embarcation de fortune, après avoir été localisés par un avion de secours aérien et remorqués par un bateau du secours en mer.
Quatre fois sur cinq, un candidat « d’origine hexagonale ancienne » est favorisé par rapport à un demandeur d’emploi français d’origine africaine, selon un rapport du Bureau international du travail publié mercredi. Le verbatim de l’enquête, réalisée à partir de « testings », est éloquent. A pleurer de rire ou d’affliction.
Un total de 31 Egyptiennes sont devenues les premières femmes juges, après que leur nomination eurent été entérinée par le Conseil suprême judiciaire, a rapporté la télévision nationale égyptienne. Ces premières femmes juges ont été sélectionnées parmi les 124 candidates en fonction de leurs notes aux examens écrit et oral organisés par le Conseil suprême judiciaire.
Aïssa, réfugiée qui tente de survivre à la violence et aux pénuries, est l'héroïne d'un petit jeu video présenté mercredi par une ONG espagnole, dont les bénéfices iront à des camps de réfugiés au Tchad. Ce jeu téléchargeable sur téléphone portable, baptisé "Refugee", permettra de lever des fonds pour deux camps de réfugiés au Tchad, Djabal et Goz Amer, selon l'ONG Intermon Oxfam, branche espagnole de la Britannique Oxfam.
La première école algérienne dédiée à l'"intelligence économique" (IE) verra le jour en septembre prochain, a rapporté dimanche la presse locale. Ce projet, initié en partenariat avec l'Ecole européenne de l'IE,vient combler un grand vide dans ce domaine où le concept de l'IE est quasiment ignoré par les entreprises et institutions publiques et privées, a estimé le quotidien indépendant "El Watan".
Dans ce pays d’Afrique centrale, la disparition du mari laisse souvent l’épouse dans le désarroi, parce qu’elle devient la cible privilégiée de la famille de son défunt mari. Quelle que soit la tribu ou les coutumes en place, la veuve est une proie pour les uns et les autres, et chaque acte posé sur elle est de nature à porter atteinte à sa dignité.
Tsvangirai Mukwazhi et Tendai Musiyu, respectivement photographe et journaliste indépendants, collaborateurs de l’agence Associated Press (AP), ont été remis en liberté le 13 mars 2007 dans la soirée, avec les militants de l’opposition arrêtés lors de la répression, par la police, de la manifestation du 11 mars.
Depuis un certain temps, mais particulièrement depuis ces dernières années, l’on remarque que, de par le monde, le mouvement pour la paix (ou mouvement contre la guerre) a atteint un niveau non négligeable. Même si la paix est un idéal ou une valeur non exclusive, cependant des observateurs attentifs constatent que dans cette mobilisation mondiale actuelle pour la paix, les femmes (et les jeunes) y jouent un rôle de premier plan.
« Contrôle citoyen des politiques et budgets de développement » est le thème d'un atelier sous-régional qui a ouvert ses portes hier à Bamako. Trois jours durant, les participants venus de dix pays de la sous-région chercheront, à travers des débats et échanges, à appréhender le rôle de la société civile dans le processus d'élaboration des politiques et budgets de développement dans un pays.
Depuis deux ans, les opérateurs mobiles proposent à leurs abonnés des offres de télévision sur les réseaux 3G et Edge. Le succès de cette première forme de télévision mobile est difficile à évaluer : sur un total de 15 millions d'utilisateurs actifs mensuels de services multimédia mobile fin 2006 (source : Arcep), un peu plus de 500.000 seraient abonnés à la télévision.
Les poulets congelés expédiés vers l'Afrique de l'ouest menacent la sécurité alimentaire des consommateurs. Des organisations non gouvernementales (ONG) veulent les limiter leur importation pour raison de santé et réclament l'aide des pays exportateurs. Depuis quelques années, les poulets congelés en provenance du Brésil, de l'Union européenne ou des Etats-Unis ont envahi les étals africains, mettant sérieusement à mal la production et l'économie locales.
La Chine va travailler avec l'Ethiopie et d'autres pays africains pour édifier un nouveau type de partenariat stratégique ayant pour caractéristiques l'égalité politique, la coopération réciproque et les échanges culturels, a dit mercredi à Beijing un haut responsable du Parti communiste chinois (PCC). "La Chine attache de l'importance aux relations avec l'Ethiopie et elle pense que ces relations seront renforcées grâce aux efforts conjugués".
L'Ethiopie a exprimé son intérêt pour la perspective de recruter des enseignants du Bangladesh, ce pays d'Afrique souhaitant développer les relations bilatérales, a rapporté mercredi l'agencede presse bangladaise UNB. « L'Ethiopie peut envoyer à cette fin une mission de recrutement au Bangladesh en août ou septembre », a déclaré mercredi Genet Zewide, ambassadeur éthiopien nouvellement nommé.
La militante congolaise des droits de l'homme, Christine Schuler-Deschryver, en vient à se demander si elle ne va pas à son tour prendre les armes pour lutter contre tant de violence. Lundi dernier encore, elle a retrouvé le corps d'un bébé de un an décédé à la suite d'un viol, démembré par la sauvagerie de ses assaillants. Dans son Kivu natal, en République démocratique du Congo, le viol est devenu une pratique systématique. En marge du FIFDH, elle livre son témoignage.
Les investissements de la Chine et ses nombreux projets d'infrastructures en Afrique constituent une opportunité pour le continent en croissance, a estimé le chef exécutif du secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), Firmino Mucavele. Le manque d'infrastructures est un grand obstacle à l'expansion des investissement en Afrique, a t-il souligné.
Le concours d’essais sur le développement est un moyen pour le CODESRIA d’attirer l’attention sur la contribution du Professeur Mhone et encourager la eune génération de chercheurs intéressés par les questions de développement de s’inspirer de ses travaux. 2007 est l’année de la première compétition et le thème, cher à Mhone, en est Réinventer le secteur public pour le développement démocratique.
Historique:
Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) invite les candidatures de chercheurs des universités et centres de recherche d’Afrique dans le cadre du programme d’essai sur le développement organisé en mémoire du Professeur Guy Mhone, décédé le 1 mars 2005.
Le Professeur Mhone était l’un des plus grands penseurs du développement africains. Ayant reçu une formation d’économiste, il a puisé dans sa connaissance profonde de la discipline et des perspectives des autres disciplines des sciences sociales et des humanités pour construire une critique interdisciplinaire unique, avec des produits d’avant-garde originaux.
De sa théorie d’« enclavité » dans laquelle il a exploré la nature et les conséquences de la relation centre-périphérie entre l’Afrique du Sud et les économies de réserve de main d’œuvre du reste de l’Afrique australe, et sa réflexion sur le secteur informel des économies africaines, à son évaluation du rôle que l’Etat pourrait jouer dans l’élimination du sous-développement en Afrique, et son engagement – intellectuel et pratique – dans la recherche d’alternatives africaines, Mhone a, avec succès, ouvert de nouvelles pistes dans la pensée sur l’Afrique dont nous nous sommes enrichis. Il l’a fait avec un mélange unique de théorie et de pratique qui, à différents moments de sa carrière, l’ont fait contribuer en tant qu’enseignant et chercheur, tout en servant dans plusieurs postes de conseiller politique.
Thème et éligibilité:
Le concours d’essais sur le développement est un moyen pour le CODESRIA d’attirer l’attention sur la contribution du Professeur Mhone et encourager la jeune génération de chercheurs intéressés par les questions de développement de s’inspirer de ses travaux. 2007 est l’année de la première compétition et le thème, cher à Mhone, en est Réinventer le secteur public pour le développement démocratique. Les jeunes chercheurs qui, en ce moment, entreprennent des études doctorales dans des universités africaines ou qui ont complété leur doctorat dans les cinq dernières années sont invités à concourir.
Les essais ne devraient pas dépasser 15000 mots, en incluant les références. Ils sont invités à explorer les enjeux d’une réinvention du secteur public en Afrique. Les contributions théoriques et empiriques sont également les bienvenues. De plus, les essais devront être soumis en copie papier ou électronique en anglais ou en français. Les candidats devront également envoyer leurs CV et indiquer clairement leur affiliation institutionnelle actuelle. Le Conseil se réserve le droit de vérifier l’éligibilité des candidats.
Procédures de sélection:
Tous les essais reçus seront soumis à l’évaluation anonyme par un comité de sélection indépendant d’éminents chercheurs en développement. Les candidats seront informés des résultats de la sélection à la fin des délibérations. Le comité de sélection choisira trois gagnants par ordre de mérite.
Récompense des gagnants:
Les trois essais gagnants sélectionnés par le Comité de Sélection recevront des prix en espèces de 2000 USD et 1000 USD selon leur rang. Les essais seront également publiés par le Conseil en français et en anglais dans sa série Interventions pour jeunes universitaires. De plus, les auteurs des essais gagnants seront invités à participer, tous frais payés, à une conférence internationale sur les réformes du secteur public que le CODESRIA organise à Zomba, Malawi, en août 2007.
Date de clôture et procédure de soumission de candidatures:
Toutes les candidatures devront être reçues au CODESRIA au plus tard le 30 juin 2007. Les candidatures reçues après cette date ne seront pas considérées par le Comité de Sélection. Les candidatures devront être envoyées à:
CODESRIA,
(Compétition d’essais Guy Mhone sur la recherche sur le développement),
BP 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal.
Tel.: +221 8259822/23 - Fax: +221 824 1289
E-mail: [email][email protected] – Site Web: www.codesria.org
La presse féminine marocaine est en plein essor. Si les magazines francophones dominent le marché publicitaire, leurs homologues en langue arabe, au lectorat de plus en plus important, pourraient bientôt secouer le cocotier. L’homme de médias, Kamal Lahlou, a mis tout son arsenal en branle: annonces sur Casa FM, pages dans les autres magazines du groupe de presse. Il faudrait être vraiment une femme sourde et aveugle pour ignorer que 'Lalla Fatima' est dans les kiosques depuis une semaine.
Le Trublion du Cinéma africain jette un Diamant dans la mare. « Le soleil ne se couche jamais. C'est l'homme qui s'éloigne de la lumière ». Chaque famille a son enfant terrible. Balufa Bakupa-Kanyindé est le mouton noir de la famille du cinéma africain. Sociologue, historien et philosophe, ce cinéaste est un intellectuel engagé qui a préféré les chemins de traverses aux raccourcis menant à la gloriole et aux salons feutrés tant convoités par l'élite du Continent.
Recueils de poèmes, romans, nouvelles... En Afrique, les femmes de plume sont de plus en plus visibles à travers une production régulière et de qualité. 'Les femmes ont des choses à dire et ne se gênent plus pour les dire. Elles savent bien que la littérature est une arme assez forte pour faire entendre leur voix', lance Adélaïde Fassinou. La cinquantaine, ce professeur de français est l'une des figures les plus en vue de la littérature béninoise.
Chaque année, depuis 1994, le CODESRIA organise un institut sur le genre qui réunit entre 12 et 15 chercheurs pendant 4 semaines de débats intenses, de partage d’expérience et de construction de savoir. Le thème choisi pour l’institut 2007 est l’élite féminine africaine : origines, idéologies et pratiques. La date limite de soumission des candidatures est fixée au 16 avril 2007 et l’institut aura lieu du 4 au 29 juin 2007.
Le gouvernement soudanais n’a pas protégé les populations civiles du Darfour et a orchestré et commis des atrocités contre son peuple, a accusé la mission spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la situation dans cette région du Soudan. Le rapport a dénoncé notamment les meurtres, tortures, viols en réunion, déplacements forcés et arrestations arbitraires
Un guide de prise en charge pédiatrique du VIH/SIDA vient d’être élaboré pour aider les personnels sanitaires à mieux dépister, diagnostiquer et traiter les enfants séropositifs, dont moins de trois pour cent bénéficient d’antirétroviraux (ARV). "A quel âge et avec quels moyens dépister un enfant? Quel traitement lui donner et à quel dosage?" sont quelques unes des questions auxquelles cet ouvrage entend répondre.
L’Union Africaine (UA) a invité les dirigeants de l’Union des Tribunaux Islamiques (UIC) en Somalie, de retourner dans leurs pays, pour prendre part à la conférence nationale de réconciliation prévue le 16 avril prochain à Mogadiscio. “Nous invitons les dirigeants de l’UIC où qu’ils se trouvent de revenir au bercail afin de participer à la conférence de stabilisation et de réconciliation nationale”.
Une centaine de maisons d’habitation ou en chantier, construites sur le site délimité comme zone de prolongement de l’aéroport international de la Luano, à Lubumbashi, ont été démolies, a constaté APA. Cette opération de démolition des constructions anarchiques érigées dans la zone d’emprise de l’aéroport international de la Luano est menée par la mairie de Lubumbashi (RDCongo).
"Nous n’avons d’autre choix que de signer les Accords de partenariat économique avec notre partenaire, l’Union européenne", a déclaré lundi à APA, Richard L. Bernal, directeur général du staff carribéen de négociateurs à Königswinter. Nos équipes ont bien travaillé en direction de la date butoir de fin décembre 2007 avec l’entrée en vigueur du nouvel accord", a précisé M. Bernal.
Le gouvernement béninois a décidé d’acquérir dans l’immédiat, des turbines à gaz d’une capacité globale de 100 mégawatts, pour mettre un terme à la crise énergétique que traverse le pays depuis près d’un an, indique un communiqué officiel publié lundi à Cotonou. L’offre d’énergie électrique au Bénin provient principalement de trois sources que sont le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria.
Le gouvernement béninois vient d’élaborer un répertoire des prix de référence pour les achats des biens au profit de l’administration publique, a appris APA de source officielle, lundi à Cotonou. Selon un communiqué officiel, l’élaboration du répertoire des prix de référence est motivée par les mauvaises pratiques contraires à la bonne gouvernance révélées par l’état des lieux de l’administration pblique.
Des soldats angolais lourdement armés occupent 11 villages congolais. Le ministre angolais de l'Intérieur était mardi à Kinshasa pour ce problème. Le ministre angolais de l'Intérieur s'est rendu mardi à Kinshasa pour tenter de régler un problème frontalier entre les deux pays, dont les limites ont été fixées par un accord belgo-portugais en 1891.
Le taux de scolarisation des filles en Guinée Bissau a connu une relative hausse au cours de ces deux dernières années, grâce notamment à la politique mise en place par le gouvernement, avec le soutien des partenaires au développement comme l’Unicef, a déclaré le Directeur général de l’enseignement de base et du secondaire, Emmanuel Espirito Santo Vaz de Almeida.
Le FMI est souvent critiqué. Par les gouvernements africains, par des associations... Il est beaucoup plus rare que les attaques viennent de l’intérieur. C’est pourtant le cas avec le rapport du bureau indépendant d’évaluation (IEO) rendu public mardi. La charge est assez violente surtout pour un audit interne du FMI...
Le député nigérien Sanoussi Jackou a appelé ses collègues parlementaires à faire barrage au projet de loi portant adoption du protocole additionnel à la Charte africaine des droits de la femme, a appris vendredi APA. « Il est inacceptable qu’on demande à un pays comme le Niger de ratifier un protocole qui met la femme musulmane à la même place que la femme chrétienne, juive ou païenne », s’est désolé Sanoussi Jackou.
A la faveur du boom des cybercafés constaté ces dernières années à Niamey, la capitale du Niger, de nombreuses jeunes Nigériennes, non scolarisées ou en chômage, rêvent de rencontrer, via internet, des Européens ou des Américains fortunés en vue d’un mariage, alors que certaines sont en quête de partenaires d’affaires, a constaté APA, dans la capitale nigérienne.