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Au sujet de la traite négrière, une question demeure taboue et divise l’intelligentsia africaine et afro-américaine: la responsabilité des Africains eux-mêmes dans le commerce de leurs semblables. En octobre 2003, les évêques africains réunis à Gorée au Sénégal publiaient une déclaration dans laquelle ils demandaient «le pardon de l’Afrique à l’Afrique». En fait, la prise de position des évêques n’était pas sans précédent: en 1999 déjà, le président Matthieu Kérékou du Bénin avait étonné son public en tombant à genoux devant une congrégation noire de Baltimore et demander pardon aux Africains-Américains et à toute la diaspora pour le rôle «honteux» que les Africains ont joué durant la traite.