En Gambie, exprimer son suffrage avec des billes, c'est très simple. Dans le bureau de vote, l'électeur est introduit dans une salle isolée des regards où sont placés trois bidons de métal sur le flanc desquels ont été peints les trois candidats en lice. A l'intérieur du bidon percé d’un trou, un tuyau canalise la bille jusqu'à une sonnette de bicyclette. Ding ! En la heurtant, le son caractéristique informe les assesseurs présents dans la pièce d'à côté que le votant a voté. Pour plus de sûreté, tous les vélos sont interdits dans un rayon de 500 mètres les jours de vote : on ne sait jamais, une confusion est vite arrivée. L'avantage du système, fait-on valoir du côté du gouvernement, c'est qu'il est très économique. Les bidons sont indestructibles et le stock de billes n'est pas prêt de tarir. Taïwan a fait don à la Gambie de 1,5 million de billes de verre, solide matériau électoral qui risque de porter encore et encore Yahya Jammeh au pouvoir, jusqu'à la consommation des temps électoraux.
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